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La Boulangerie de la Plage: Une Tarte Traîtresse (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 5)

La Boulangerie de la Plage: Une Tarte Traîtresse (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 5)

Автор Fiona Grace

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La Boulangerie de la Plage: Une Tarte Traîtresse (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 5)

Автор Fiona Grace

Длина:
264 страницы
3 часа
Издатель:
Издано:
1 февр. 2022 г.
ISBN:
9781094345062
Формат:
Книга

Описание

"Extrêmement divertissant. Cet ouvrage a sa place de choix dans la bibliothèque de tout lecteur amateur d’enquêtes savamment construites, riches en rebondissements, à la trame captivante. Vous serez conquis. L'ouvrage idéal par les froides journées d'hiver !"
--Books and Movie Reviews, Roberto Mattos (Meurtre au Manoir)

LA BOULANGERIE DE LA PLAGE : UNE TARTE TRAÎTRESSE est le 5ème tome de la toute nouvelle série policière jubilatoire - absolument charmante - de Fiona Grace. Son bestseller Meurtre au Manoir (Roman Policier de Lacey Doyle) compte déjà près de 200 commentaires cinq étoiles. Le Tome 1, UN CUPCAKE FATAL, ouvre la marche.

Allison Sweet, 34 ans, second de cuisine à Los Angeles, ne supporte plus les clients médisants, son patron exigeant, sa vie sentimentale ratée. Un incident la contraint à prendre un nouveau départ et réaliser son rêve : ouvrir sa boulangerie dans une petite ville.

Un concours de mangeurs de hot-dogs attire les foules, manne providentielle pour la boutique d'Allison - jusqu'à ce que le champion en titre meurt dans sa boulangerie.

Comble de malchance : la police conclue à un empoisonnement.

Allison, coupable idéale, n'a d'autre choix que résoudre le meurtre. Le timing ne pourrait plus mal tomber : la boutique d'à côté baisse le rideau, seule chance pour Allison d'agrandir la boulangerie de ses rêves.

A condition de résoudre le meurtre et sortir blanchie de cette sombre affaire.

Allison et son chien adoré remporteront-ils la partie ?

LA BOULANGERIE DE LA PLAGE : une série policière désopilante mêlant intrigues, rebondissements, romance, voyage, cuisine et aventures ; des heures de lecture hilarantes qui vous tiendront en haleine, craquez pour sa nouvelle protagoniste.

Tome 6 (COOKIE FUNESTE) bientôt disponible !
Издатель:
Издано:
1 февр. 2022 г.
ISBN:
9781094345062
Формат:
Книга

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La Boulangerie de la Plage - Fiona Grace

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LA BOULANGERIE DE LA PLAGE :

UNE TARTE TRAÎTRESSE

(Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 5)

FIONA GRACE

Fiona Grace

Fiona Grace est la nouvelle autrice des séries policières cosy LACEY DOYLE, qui comprend neuf livres; ROMAN À SUSPENSE EN VIGNOBLE TOSCAN, qui comprend sept livres; UN COSY MYSTERY D’UNE SORCIÈRE DOUTEUSE, qui comprend trois livres ; LA BOULANGERIE DE LA PLAGE, qui comprend six livres; et UN COZY MYSTERY AVEC CHATS ET CHIENS, qui comprend six livres.

Fiona aimerait avoir de vos nouvelles, alors rendez-vous sur www.fionagraceauthor.com pour recevoir des ebooks gratuits, connaître les dernières nouvelles et rester en contact.

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Copyright © 2021 par Fiona Grace. Tous droits réservés. Sauf dans la mesure permise par la loi américaine sur le droit d’auteur de 1976, aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, ni stockée dans une base de données ou un système d’extraction, sans l’autorisation préalable de l’auteur. Ce livre électronique est réservé à votre profit personnel uniquement. Il ne peut être revendu ou donné à d’autres personnes. Si vous souhaitez partager ce livre avec une autre personne, veuillez acheter un exemplaire supplémentaire pour chaque destinataire. Si vous lisez ce livre sans l’avoir acheté, ou s’il n’a pas été acheté pour votre usage personnel, veuillez le retourner et acheter votre propre exemplaire. Nous vous remercions de respecter le travail de cet auteur. Il s’agit d’une œuvre de fiction. Les noms, personnages, entreprises, organisations, lieux, événements et péripéties sont soit le produit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictionnelle. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, est entièrement fortuite. Illustration de couverture © Soulart, utilisée sous licence de Shutterstock.com.

PAR FIONA GRACE

UN COZY MYSTERY AVEC CHATS ET CHIENS

UNE VILLA EN SICILE : MEURTRE ET HUILE D’OLIVE (Tome 1)

UNE VILLA EN SICILE : DES FIGUES ET UN CADAVRE (Tome 2)

UNE VILLA EN SICILE : VIN ET MORT (Tome 3)

UNE VILLA EN SICILE : CÂPRES ET CALAMITÉ (Tome 4)

UNE VILLA EN SICILE : VENGEANCE ET ORANGERAIE (Tome 5)

SÉRIE POLICIÈRE COSY LA BOULANGERIE DE LA PLAGE

UN CUPCAKE FATAL (Tome 1)

UN MACARON MEURTRIER (Tome 2)

UN POP-CAKE DANGEREUX (Tome 3)

UN PAIN AUX RAISINS MORTEL (Tome 4)

UNE TARTE TRAÎTRESSE (Tome 5)

UN ROMAN POLICIER ENSORCELÉ

SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE MEURTRE (Tome 1)

SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE CRIME (Tome 2)

SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE MORT (Tome 3)

LES ROMANS POLICIERS DE LACEY DOYLE

MEURTRE AU MANOIR (Tome 1)

LA MORT ET LE CHIEN (Tome 2)

CRIME AU CAFÉ (Tome 3)

UNE VISITE CONTRARIANTE (Tome 4)

TUÉ PAR UN BAISER (Tome 5)

RUINE PAR UNE PEINTURE (Tome 6)

RÉDUIT AU SILENCE PAR UN SORT (Tome 7)

PIÉGÉE PAR UN FAUX (Tome 8)

CATASTROPHE DANS UN CLOÎTRE (Tome 9)

ROMAN À SUSPENSE EN VIGNOBLE TOSCAN

MÛR POUR LE MEURTRE (Tome 1)

MÛR POUR LA MORT (Tome 2)

MÛR POUR LA PAGAILLE (Tome 3)

MÛR POUR LA SÉDUCTION (Tome 4)

MÛR POUR LA VENGEANCE (Tome 5)

MÛR POUR L’AMERTUME (Tome 6)

MÛR POUR LA MALVEILLANCE (Tome 7)

SOMMAIRE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

CHAPITRE HUIT

CHAPITRE NEUF

CHAPITRE DIX

CHAPITRE ONZE

CHAPITRE DOUZE

CHAPITRE TREIZE

CHAPITRE QUATORZE

CHAPITRE QUINZE

CHAPITRE SEIZE

CHAPITRE DIX-SEPT

CHAPITRE DIX-HUIT

CHAPITRE DIX-NEUF

CHAPITRE VINGT

CHAPITRE VINGT-ET-UN

CHAPITRE VINGT-DEUX

CHAPITRE VINGT-TROIS

CHAPITRE VINGT-QUATRE

CHAPITRE VINGT-CINQ

ÉPILOGUE

CHAPITRE PREMIER

— Ali ! hurla Piper depuis la boulangerie. On n’a plus de macarons !

— Des macarons non plus ? s’exclama Ali.

Elle jeta un coup d’œil au saladier de pâte à cookies dans lequel ses bras étaient plongés jusqu’aux coudes. La dernière fournée avait été vendue en un temps record, et maintenant il semblait que les macarons étaient partis tout aussi vite.

— D’accord, je m’en occupe ! répondit-elle.

Ali Sweet – commerçante et boulangère hors pair – avait l’habitude de travailler dur et d’avoir des matinées chargées depuis qu’elle avait ouvert sa boulangerie sur la promenade, Desserts de la Mer, quelques mois plus tôt. Après quelques difficultés initiales, la boulangerie s’était avérée très populaire auprès des habitants et des touristes de la petite ville côtière californienne de Willow Bay. L’activité avait atteint un niveau normal. Mais la journée n’avait jamais été aussi chargée. Elle cuisinait depuis cinq heures du matin pour faire face à l’afflux constant de commandes.

— Ça doit être la saison, se dit Ali à voix haute. (Elle versa la pâte sur le plan de travail et prit un rouleau à pâtisserie.) Ou peut-être que ça a à voir avec cette scène près de la jetée ?

Souvent, des animations étaient organisées en ville, comme le festival de la gastronomie qui avait attiré Ali à Willow Bay en premier lieu, avant qu’elle ne tombe amoureuse de l’endroit et décide de s’y installer définitivement. Elle ne vivait pas ici depuis assez longtemps pour connaître le programme touristique complet de la ville, mais elle avait repéré une scène provisoire installée du côté de la jetée pendant qu’elle longeait la plage pour venir travailler ce matin, un signe certain qu’une sorte de fête était à l’horizon. Quel genre exactement, cela restait à déterminer.

Ali se mit à rouler la pâte à cookies à toute vitesse. Elle devait finir les biscuits au plus tôt si elle voulait refaire le plein de macarons en temps voulu. Mais elle n’avait guère avancé dans sa tâche quand elle fut interrompue par le bip-bip-bip du minuteur qu’elle avait réglé quelques minutes plus tôt, après avoir mis la fournée au four.

Ali cessa de rouler la pâte, enfila ses épaisses maniques et ouvrit la porte du four. Un souffle chaud frappa son visage déjà en sueur lorsqu’elle sortit les cupcakes. Normalement, elle aurait appelé Piper pour qu’elle vienne chercher la nouvelle fournée. Mais cette dernière bouffée ardente fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Même si Ali adorait sa boulangerie, la cuisine était petite et souvent étouffante, surtout avec le four constamment en marche, et elle méritait de voir la lumière du jour et le bel océan scintillant ! Donc elle préféra porter la fournée elle-même. Peut-être pourrait-elle demander à Piper de changer de place, juste pour une demi-heure, afin d’avoir un peu de relations humaines avec ses clients.

Elle prit les deux plateaux, un dans chaque main, chacun contenant vingt-quatre cupcakes parfaitement cuits, et traversa en marche arrière les portes battantes en acier qui séparaient la cuisine de la boulangerie.

— Cupcakes ! annonça-t-elle à Piper.

Sa blonde assistante, qui tenait la caisse dans la boulangerie très lumineuse, sursauta à la voix de sa patronne. En se retournant pour lui faire face, Ali aperçut la salle de restauration pittoresque de la boulangerie pour la première fois depuis qu’elle y était entrée ce matin à l’aube. À sa grande surprise, la boutique était calme. Pas de clients. Pas de brouhaha.

Ali fronça les sourcils. Vu la quantité de viennoiseries qu’elle avait préparées ce matin, elle s’attendait à voir toutes les tables occupées et une file de clients s’étirant jusqu’à la porte. Mais à sa stupéfaction, toutes les places sauf une étaient vides.

Inquiète de devenir folle, Ali vérifia la vitrine. Sur le millier de gâteaux qu’elle avait mis au four, il ne restait qu’une misérable poignée de miettes. Donc les gens les avaient vraiment achetés. Simplement, ils n’avaient pas décidé de rester les manger dans la boulangerie.

Ali se demanda pourquoi. Pour quelle raison avaient-ils choisi de ne pas manger sur place ? Après tout, cela faisait partie de l’expérience Desserts de la Mer, et Ali avait fait beaucoup d’efforts pour s’assurer que le style shabby-chic collait à l’ambiance de sa boulangerie super mignonne avec ses tissus floraux en chintz, ses étagères et des tables en bois non verni, et sa palette apaisante de couleurs pastel qui ajoutaient à la bonne impression des touristes qui s’y arrêtaient. Bien sûr, il y avait des moments – lorsque le temps était particulièrement beau et la mer particulièrement attrayante, par exemple – où les touristes étaient plus enclins à manger dehors qu’à l’intérieur. Mais Ali n’avait jamais vu cela à ce point. C’était comme une apocalypse zombie !

— Où est tout le monde ? demanda-t-elle à Piper.

Elle s’interrogea à nouveau sur la scène sur la jetée. Peut-être que ce qui s’y déroulait avait commencé et avait fait fuir tous ses clients.

Piper lui lança un regard complice, avec un éclat de malice dans ses yeux verts préhnite.

— Regarde, chuchota-t-elle d’un ton conspirateur.

Le front d’Ali se plissa de confusion.

Piper s’éclaircit la gorge et appela l’homme seul assis dans la boulangerie :

— Monsieur, vos cupcakes sont prêts !

De plus en plus perplexe, Ali regarda l’homme soulever sa large et corpulente carcasse de la délicate chaise en bois. Il était imposant, tant par la taille que par le poids. À vue de nez, pas loin de deux mètres et de deux cents kilos. L’un de ses bras portait un plâtre dont le blanc immaculé indiquait sa pose récente.

L’homme s’avança lentement sur le carrelage en damier vers le comptoir.

— Toute la fournée est pour lui ? demanda discrètement Ali à Piper du coin de la bouche.

— Entièrement, confirma Piper.

C’était rare, mais il arrivait que des gens achètent d’un coup des fournées entières. Ali tendit le cou pour tenter d’apercevoir par la fenêtre la famille ou les amis de l’homme à l’extérieur. Ils l’avaient sans doute envoyé à l’intérieur avec leurs commandes de cupcakes et attendaient avec impatience qu’il les apporte.

Elle ne vit personne traîner sur la promenade devant sa boutique, mais elle ne s’en soucia guère. C’était peut-être pour un anniversaire ou un événement à fêter au bureau.

Reportant son attention à l’intérieur de sa boulangerie, Ali remarqua que Piper avait pris la pince en argent au lieu de la cuillère à glaçage.

— Hé, Ali, tu ne lui demandes pas quel glaçage il veut ?

— Nan, fit Piper. Il n’en veut pas, crois-moi.

Devant Ali qui fronçait les sourcils de plus en plus, Piper entreprit d’empiler les cupcakes sur une assiette, l’un après l’autre, créant ainsi un monticule de cupcakes rappelant une pyramide de profiteroles.

— Pourquoi tu ne les mets pas en boîte ? chuchota encore Ali, observant d’un œil méfiant la pyramide qui vacillait de façon précaire. (Piper était connue pour prendre de mauvaises décisions et celle-ci avait toutes les caractéristiques d’un désastre en préparation.) Ce sera plus facile pour lui de les emporter.

Mais Piper secoua la tête comme si elle avait tout sous contrôle.

— Regarde juste… souffla-t-elle.

L’homme parvint enfin au comptoir, soufflant et haletant comme s’il venait de gravir une montagne. Il avait l’air bien mal en point, songea Ali, avec ses joues rondes et rouges aussi brillantes que des pommes, et son obésité choquante lui amena soudain une pensée troublante. Cet homme allait-il s’asseoir et manger quarante-huit cupcakes nature ? Tout seul ? En une seule fois ?

Piper lui passa l’assiette remplie d’une montagne de cupcakes à travers la vitrine.

— Voilà. Je vais l’ajouter à l’addition.

— Merci. (L’homme tenait l’assiette maladroitement à cause de son bras plâtré.) Et dans combien de temps les cookies seront-ils prêts ?

Mon Dieu, non, pensa Ali. Il ne va pas manger tous ces cupcakes puis prendre aussi des cookies ? Pas possible !

— Ooh, je ne sais pas trop, répondit Piper. Mais notre boulangère peut sûrement vous le dire. (Elle regarda Ali par-dessus son épaule, sourcils haussés façon « je te l’avais dit ».) Ali ? Quand la fournée de cookies de ce gentil monsieur sera-t-elle prête ?

Ali dut retenir sa mâchoire de tomber. Non seulement cet homme allait réellement manger une fournée entière de cupcakes à lui tout seul, mais il s’avérait qu’il prévoyait aussi de manger une fournée entière de cookies !

Un tableau stupéfiant commença à se former dans l’esprit d’Ali tandis qu’elle additionnait tous les indices : la familiarité de Piper avec le client, comme s’ils avaient déjà fait plusieurs fois affaire ; le fait qu’elle lui ait permis d’avoir une ardoise (ce qu’elles n’accordaient en général qu’à de grands groupes d’anniversaires pour qu’ils puissent tout payer à la fin plus facilement), indiquant qu’il avait au moins une commande antérieure à celle-ci. Ali se surprit à se demander, avec un mélange de choc et de crainte respectueuse, si ce monsieur avait acheté toutes les fournées qu’elle avait préparées ce matin.

— Ils seront près dans qu-quinze minutes, bafouilla-t-elle finalement.

Elle savait pertinemment qu’il ne lui faudrait que dix minutes maximum pour couper et cuire tous les biscuits à la perfection, mais elle ajouta cinq minutes supplémentaires au cas où elle serait trop abasourdie pour se rappeler comment faire.

— Quinze minutes, répéta l’homme. Super. Ajoutez-les à la note. Merci.

Puis il s’en alla en se dandinant, le bord de son T-shirt vert se soulevant à chacun de ses pas pour révéler une brioche qui battait toutes les brioches.

Ali se tourna vers Piper, les yeux écarquillés.

— Cet homme a-t-il été le seul client de toute la matinée ? demanda-t-elle à voix basse.

— Oui ! acquiesça Piper en souriant jusqu’aux oreilles, comme si elle avait attendu toute la matinée sur des charbons ardents que le rebondissement inattendu lui soit révélé.

Mais Ali ne trouvait pas ça drôle. Toute la matinée, elle avait cuisiné sans relâche. Elle avait supposé que Piper avait été aussi débordée à s’occuper des clients dans la boutique qu’elle dans la cuisine. En fait, il s’avérait qu’elle n’avait fait que servir un seul homme toutes les dix minutes. À aucun moment elle n’avait pensé à retourner en cuisine pour expliquer ce qui se passait ou proposer d’alléger cette charge de travail déséquilibrée. Elle était simplement restée dans la boulangerie pendant qu’Ali trimait dans la petite cuisine chaude et étouffante, probablement sans guère faire plus que rester bouche bée devant l’étrange client.

— Piper ! s’exclama Ali. Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

Mais avant qu’elle ne puisse dire à sa malheureuse assistante ce qu’elle pensait de son attitude, Piper l’interrompit :

— Ooh, regarde. Regarde ! C’est là que ça devient vraiment intéressant.

Poussant un soupir, Ali se retourna pour observer l’homme. Il avait rejoint sa table et s’était de nouveau calé sur la petite chaise – laquelle risquait de s’effondrer sous son poids à tout moment, remarqua Ali. Puis très curieusement, l’homme appuya sur plusieurs boutons de sa montre comme s’il programmait un chronomètre ou une minuterie, prit plusieurs respirations profondes, appuya sur un dernier bouton, et se mit à dévorer les cupcakes l’un après l’autre.

Ali ne pouvait que le contempler. C’était comme observer un boa constrictor ou un avaleur de sabre, comme s’il possédait le pouvoir surnaturel de disloquer toute sa mâchoire pour laisser les aliments glisser directement dans son gosier sans même les mâcher. De cette façon, il ne pouvait en aucun cas goûter les délicieuses saveurs de ses cupcakes préparés à la perfection, et Ali en était horrifiée et fascinée à la fois.

— Tu vois ? lui susurra Piper à l’oreille en lui donnant plusieurs coups de coude dans les côtes. C’est dégueu, non ?

Ali se raidit en réalisant qu’elle était en train de dévisager l’homme impoliment, de la même manière qu’elle avait accusé Piper de le faire. En d’autres circonstances, elle n’aurait jamais toléré de commérages sur les clients dans leur dos. Ce n’était pas parce que celui-ci avait un comportement alimentaire étrange qu’il fallait laisser faire maintenant.

Elle lança à Piper un regard d’avertissement. Son assistante mit aussitôt la main sur sa bouche, comme si elle prenait conscience de sa transgression.

— Désolée ! s’écria-t-elle. Je voulais dire… bizarre.

Guère mieux, se dit Ali, mais elle dut reconnaître que Piper avait au moins tenté de choisir un mot plus délicat. Et même si Ali aurait préféré que son assistante ne chuchote pas dans le dos des clients, elle devait admettre que ce dont elle était témoin en ce moment était pour le moins bizarre.

L’homme corpulent enfonça le dernier cupcake dans sa bouche, appuya sur sa montre et lança en l’air un poing triomphant.

— Il a fait ça toute la matinée, l’informa Piper.

C’en fut trop pour Ali. Elle ne put se retenir. Elle était d’une nature curieuse, et la situation la dépassait. Car qui serait assez fou pour acheter une fournée entière de cupcakes nature et tous les manger aussi vite que possible ? En se chronométrant ?

— Je vais lui demander, décida-t-elle.

C’était indiscret, bien sûr, mais elle détestait les commérages et elle trouvait bien plus poli de demander directement que de rester là à mater, chuchoter et s’interroger. Et à moins que l’homme ne soit un vrai cinglé, il devait s’attendre à ce que son comportement fasse froncer les sourcils.

Ali se faufila sous la trappe du comptoir et se dirigea vers l’homme sur la pointe des pieds, à moitié prudente mais totalement curieuse.

— Excusez-moi, l’interpela-t-elle. Désolée de vous déranger, mais puis-je vous demander ce que vous faites ? Avec la montre et la fournée de cupcakes ?

L’homme lui adressa un grand sourire, gonflant ses joues en forme de pomme.

— Je m’appelle Bob. Mais vous me connaissez peut-être sous le nom de Bob Puits-Sans-Fond ?

Il lui lança un regard interrogateur, comme si ce nom était censé avoir un sens pour elle. Ali jeta un coup d’œil par-dessus son épaule à Piper, qui haussa les épaules. Elle avait l’air aussi perdue qu’Ali.

— Euh… fit Ali sur un ton d’excuse, revenant à Bob. J’ai bien peur de ne pas vous connaître.

— Vraiment ? s’étonna-t-il. Ah. Eh bien, je suis mangeur de compétition. Et ce que je fais avec la montre et les cupcakes s’appelle de l’entraînement. (Il tapa son ventre bedonnant de sa main valide.) En gros, je prépare mon corps pour le concours.

— Le concours ? Quel concours ?

— Celui de Mad Frank, répondit l’homme. (Dévisageant les traits vides d’Ali, il répéta d’un ton plus insistant :) Mad Frank ! Ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu parler de Mad Frank ?

Ali commençait à se sentir un peu gênée à présent. Elle n’était pas très au fait de la culture des jeunes, mais elle était réconfortée de voir que Piper avait l’air aussi perplexe qu’elle.

— Vous allez devoir m’éclairer. C’est quoi Mad Frank ?

— C’est juste le premier championnat de mangeurs du monde.

— Attendez, devina Ali. C’est pour ça qu’il y a une scène sur la jetée ?

— C’est ça, opina-t-il.

Il fouilla dans sa poche et en sortit un prospectus rouge fluo et or, qu’il tendit à Ali.

— « Le Gobage de Mad Frank », lut-elle à haute voix, tandis que ses yeux parcouraient le flyer brillant en papier glacé. « Le championnat de bâfrage et de mâchathon préféré de tous est de retour, et cette

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