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Discussion et réflexion sur divers aspects du judo par Ronald Desormeaux

Judo Ron 16: Le rythme en judo

Les activités associées au judo qui impressionnent le plus le judoka sont


celles où il découvre un certain rythme ou harmonie se développant autour
de lui et dans ses séances de formation. Il existe certains mouvements ou
étapes qui, de par leur agencement dans le temps ou qui sont contenus à
l’intérieur de son programme d’étude portent tantôt à la réflexion, à la
détente, au calme, d’autres vont inciter son audace et sa prise de décision
rapide. Certaines activités le conduiront à une montée d’efforts soutenus, à
des fugues périodiques ou encore à des dépenses d’énergies impensables qui
le conduiront à l’épuisement temporaire qui survient après avoir connu une
séance d’entraînement des plus dynamique.

Dans cette panoplie d’activités vivantes et spécifiques au judo, nous


retrouvons un certain rythme, une harmonie que les japonais appellent Cho
Wa et qui représente l’accord entretenu entre les deux partenaires de pratique
concernant l’application et le respect des règles dans l’agencement des
activités individuelles et communes où ils tendent à s’entraider et à se
parfaire physiquement et moralement selon leur capacité réciproques.

L’application de ce rythme et de cette harmonie se veut également présente


dans chacun de nous lorsque nous déclanchons un mouvement technique.
Nous cherchons alors à rassembler tous les éléments ou parties distinctes en
nous pour les unir et les faire concourir à une même fin. Si nous recherchons
à produire des mouvements gracieux et flexibles c’est en fait, notre désir
d’harmoniser les composantes vivantes en nous pour les canaliser à produire
l’énergie nécessaire requise à la création d’une technique efficace et d’une
pureté dont le spectacle sera perçue comme étant vivant, intéressant, et
agréable pour tous.

Tous les professeurs de judo le disent : En combat de judo, il faut établir et


imposer son rythme. Tout débute avec la volonté de réaliser le meilleur de
soi. C’est avoir du Kokoro, l’âme ou le cœur qui s’ouvre avec détermination
de réaliser quelque chose de grand et de sublime. Cet état d’esprit permet
l’initiation et le rassemblement des énergies internes ou Ki qui sont ensuite
exploitées dans l’action du Kake ou la technique décisive.

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Discussion et réflexion sur divers aspects du judo par Ronald Desormeaux

Hyoshi et Wa sont deux autres expressions qui sont utilisées pour exprimer
l’action d’imposer sa signature, de contenir l’autre à l’intérieur d’une
couverture ou enveloppe, d’assurer la continuité, de maintenir l’offensive et
assurer ainsi la succession d’actions concordantes dans le but de faire son
Ippon.

Imposer son rythme débute avec la capacité d’observer tout ce qui bouge
autour de soi sans tourner la tête (Happo Moku), de lire l’autre avant qu’il
n’agisse et de précipiter notre engagement pour mieux consolider une
victoire éventuelle.

Le maître Aida Hikyoshi se servait de l’expression Gensoku to shite


en décrivant le principe général ayant trait à l’usage de l’intuition et à la
sensibilité mentale qu’est le Genshin:
« À l’instant même ou l’opposant exprime le désir de porter son attaque, il
se produit un intervalle mentale, une crevasse ou séparation qui dure qu’une
fraction de seconde avant qu’il puisse passer à la réalisation de son acte.
C’est à ce moment là qu’il faut saisir l’opportunité, de le devancer et de
porter notre attaque le plus rapidement possible.»

Pour enrichir cette observation, les anciens disaient qu’il ne faut pas laisser
rentrer l’autre dans nos pensées car il prendra le commandement de nos
actions et nous perdrons notre liberté d’agir.

On peut dire que le rythme commence d’abord à l’intérieur de soi-même


avant même de se propager dans des conditions de combat. Il faut se
connaître d’abord et se maîtriser avant de conquérir un adversaire. Il faut
définir son tempo et s’harmoniser avec sa cadence et ses battements de cœur
afin de mieux utiliser son énergie. Être trop excité ou trop passif n’est pas à
conseiller pour se livrer à des arts de combat. Il faut être en mesure de
gouverner et canaliser nos énergies tout en demeurant en état d’alerte et
réceptif aux conditions externes.

Notre perception des choses nous permettra alors d’exciter nos sens, nos
muscles et nos réflexes afin de focaliser sur la tache à accomplir. Cette
attitude martiale s’apprend et s’acquiert avec l’expérience du combat. Plus
nous serons exposés à des expériences enrichissantes de combat, plus nous
serons en mesure de percevoir les affinités, les détails et les variantes qui
nous permettrons de développer des gestes efficients et spontanés.

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Discussion et réflexion sur divers aspects du judo par Ronald Desormeaux

Imposer son rythme, c’est démontrer une attitude calme et positive; de


savoir quand s’engager et se retirer; de s’ajuster aux déplacements des plus
forts et des plus faibles; de conserver la liberté de se déplacer dans
différentes directions (Kake Hiki), de prendre, imposer et conserver
l’initiative et surtout, demeurer maître de la situation en tout temps.

En début de carrière comme judoka, notre perception de ce qui se passe


autour de nous sera plustot lente, notre analyse des situations dangereuses ou
des opportunités sera souvent incomplète et nos décisions de bouger
rapidement dans une direction donnée seront hésitantes et souvent tardives
ce qui résulte dans une performance technique qui manque de précision et
d’éclat. L’apprentissage est long, mais pouvoir donner le meilleur de soi est
possible à celui ou à celle qui démontre de la volonté et fait l’effort voulu.

Dans le combat judo, on y trouve des éléments tactiques et techniques ainsi


que certains facteurs dont le temps, l’espace et les attitudes mentales qui
peuvent être plus ou moins difficiles à maîtriser. La perception de que
représente la cible devant nous est quelque chose de vague lorsque nous
confrontons un opposant pour la première fois. Cependant, avec le recueil de
renseignements possible avant et pendant le combat, une meilleure image se
dessine. Ayant senti et perçu d’autres signes physiques et environnementaux
qui entourent la zone de combat et ayant vécu diverses situations de combat
similaires, des analyses plus précises seront effectuées et des prises de
décision pourront être prises plus rapidement.

Un judoka qui s’entraîne assidûment va réussir à mieux percevoir parce qu’il


engage le combat avec une certaine ouverture d’esprit et maîtrise. Il devient
avec le temps, plus agile et rapide dû à sa posture, son rythme varié, son
bagage technique plus étendu et à une meilleure gestion de son temps et
espace. La rapidité de ses interventions et la capacité de maintenir l’initiative
vont en s’accumulant. Il aura mieux appris à exécuter certaines techniques
au bon moment et à une distance idéale.

Nos pensées, nos actes et notre réalisation technique doivent s’enchaîner et


converger vers notre but. Avec une meilleure connaissance de soi et une
orientation spatiale plus poussée, nous pouvons tenter de découvrir
l’opportunité qui se présente, se déplacer avec aisance dans une position
favorable qui nous permettra de prendre l’initiative et d’exécuter une
technique de pointe à l’endroit le plus névralgique.

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Le rythme de nos actions doit se définir dans chaque situation de combat. Si


nous agissons trop lentement, le partenaire va vite découvrir nos objectifs et
tentera sûrement d’esquiver ou contrer nos mouvements. D’autre part, si
nous agissons trop vite et sans coordination, nous risquons de manquer de
contrôle, notre équilibre ne sera pas aussi sûr et nos mouvements seront
moins précis.

Développer son rythme implique travailler avec et utiliser intelligemment les


trois composantes d’une technique, soient le Kuzushi, le Tsukuri et le Kake.

De préférence, le Kuzushi doit s’effectuer en sourdine, avec des


déplacements subtils qui entraînent l’adversaire à prendre des postures
instables et à s’aventurer dans l’appât que nous lui présentons. Dans
l’impossibilité d’entraîner l’opposant dans un piège bien structuré, il faudra
intervenir avec des Kumi Kata plus forts et variés.

Une fois l’adversaire commis dans son déplacement, nous pouvons exécuter
le Tsukuri, soit l’action de se déplacer rapidement et favorablement dans
l’angle et à la bonne distance pour porter la technique choisie. C’est
l’utilisation de l’espace-temps qui va faire la différence.

On entend ici, la gestion de l’espace soit Ma-Ai. Si nous jouissons d’une trop
grande espace entre les participants, nous connaîtrons plus de sécurité car
nous pourrons mieux observer. Ce point d’observation est valable pour les
deux combattants. Si l’espace est moyenne, c'est-à-dire à distance de bras
tendus, les opportunités d’attaque se dessineront mieux et nous serons plus
libre à esquiver ou à s’engager dans l’espace qui nous sépare de l’autre.
Lorsque le contact est trop serré et que les corps se touchent, les chances
d’utiliser la force brute sont plus probables et les esquives sont limitées aux
blocages directs (go no sen).

Le Kake qui suit doit viser juste le point faible et la cible reconnue pour
notre attaque. Le geste doit être fort, vite, accéléré vers la fin et net dans sa
précision. Au moment de l’impact, une grande force énergétique doit
exploser dans le geste final.

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Pour travailler son rythme, il faut rechercher l’harmonie avec l’autre. Ceci
implique connaître ses distances et pouvoir se déplacer à l’aise pour mieux
se rapprocher, se distancer ou pour éviter l’autre. Si nous avons une bonne
distance mais que le moment d’exécution est lent à démarrer, les chances
sont que le partenaire réagira et notre initiative sera perdue. De même, si
nous avons réussi à imposer un rythme et que l’adversaire nous suit mais que
notre distance est mauvaise, il y de bonnes chances que notre technique ou
Kake sera ratée.

Il nous faut bien contrôler notre rythme personnel en tout temps afin de
maximiser nos moments d’observation, de prise en charge et d’exécution
technique face aux diverses situations qui se présentent. Il faut maintenir le
Kokoro. Nos pensées doivent être bien alignées vers le but final sans pour
cela être captives par des moments d’hésitation ou des distractions. Nous
devons demeurer calme et attentif. L’habileté de concentrer doit prendre
charge et l’esprit doit commander la régularisation de notre respiration et
l’engagement des bonnes contractions musculaires, et ce, au bon moment.
En combat, l’état d’esprit sera déterminant.

Une fois maître de nos gestes, il sera important de prendre possession de


l’espace qui nous sépare de l’autre et d’imposer un contrôle par le
truchement d’un bon Kumi kata et par des déplacements agiles du corps
Shintai. Il faut tenter de forcer l’opposant à prendre une attitude défensive et
à oublier de prendre l’initiative.

Dans la pratique courante, nous avons trop souvent constaté que les
adversaires se déplacent au même rythme sans que l’un ou l’autre puisse
imposer un nouveau tempo. En combat, il y a des rythmes qui s’opposent, se
complètent et même qui s’annulent. Devant une étreinte trop serrée de part et
d’autre, dans ce corps à corps massif qui réuni les deux opposants, il faut
lâcher les moments où il y a confrontation de force contre force et briser ces
instants où tout effort est annulé par l’autre.

Il nous faut introduire une nouvelle cadence, un nouveau tempo et rythme.


Parfois, il faut tenter de briser cette étreinte en dégageant de la prise du
judogui ou encore tenter de faire déplacer l’autre par des gestes inusités
pour s’imposer à nouveau ou pour trouver de nouvelles opportunités là où
nous connaîtrons une certaine liberté dans nos déplacements.

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Il faut se rappeler que l’attaque tardive, demande une consommation


supplémentaire d’énergie et beaucoup de temps et d’espaces seront perdus
pour appliquer les tactiques et stratégies. Il faut cependant noter que ce n’est
pas la rapidité qui va décider du sort du combat puisque la vitesse est
souvent reliée au type de technique que nous choisissons, à notre
morphologie et notre poids ainsi que la distance à parcourir dans notre
conquête du Ippon. Ce dernier se réalise dans la précision du geste au bon
moment.

C’est en demeurant ultra mobile et flexible dans le déplacement de notre


corps et ce, durant tout le temps du combat que nous pourrons réussir une
victoire en intégrant les concepts du judo à savoir: meilleure utilisation de
l’énergie par la gestion du temps, de l’espace, du rythme et de l’anticipation.

Dans le but de renforcer notre Shintai ou déplacement on doit surveiller la


conservation de la sa posture naturelle et faire attention à ne pas trop courber
en avant car cette angle tend à ralentir le déplacement. Il faut placer les
hanches bien en avant en angle afin que tout le corps puisse suivre la
démarche. Encore faut-il bien utiliser la jambe de poussée (power leg) et
éviter d’osciller avec le torse de part et d’autre car ce mouvement de
balancier draine l’énergie et la disperse sans usage précis sauf pour fournir
des occasions de déséquilibre qu’il faut combattre constamment. Les bras
doivent trouver un usage positif, non seulement se tenir au judogui de
l’adversaire mais aussi à tirer ou pousser dans la même direction que le
déplacement désiré. Il faut se rappeler que c’est en faisant des petits pas
rapides sur des distances courtes que nous accélérons davantage.

En se déplaçant en Tsugi Ashi (pas chassé), faire glisser les pieds au sol de
sorte que les orteils soient en contact avec le sol donnant ainsi plus de
contact avec le sol d’où plus de force au déplacement et meilleure absorption
des chocs en provenance du sol. Si vous levez la jambe trop haute dans vos
déplacements, vous subissez une perte de force qui est utilisée à faire monter
la jambe plus tôt que servir à vous déplacer.

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Les résultats viennent avec l’effort


Tsuto mureba kanarazu tassu

La pratique régulière de judo doit permettre à tous les judokas d’acquérir


une liberté d’agir en situation de combat, là même, où ils sont contraints
physiquement et psychologiquement par des nombreux facteurs.
L’autonomie personnelle même en situation de conflits doit permettre à
chacun de s’épanouir comme être humain.

Le maître Kano Jigoro aurait écrit dans ses mémoires:


“The spirit of judo is not a spirit of competition
but a spirit of cooperation”

Bonne pratique!

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