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Art1214 Design Sonore

Travail de Design Sonore


Film : CASHBACK

ART1214 Travail de Design Sonore – Film : Cashback Julien Capone


Les sons ont toujours un rôle extrêmement important dans la compréhension de ce que l’on
regarde. C’est autant le cas dans notre vie de tous les jours qu’au cinéma.
L’utilisation du son au cinéma depuis moins d’un siècle a été un premier temps controversé.
Puis, le public s’y est fait.

La musique est une combinaison de sons. Ils sont plus ou moins complexes, plus ou moins
étoffés selon la musique. Des sons qui forment une mélodie qui peut être calme, douce,
énervante, enivrante, excitante, perturbante… Tout dépend de l’émotion que l’on veut faire
ressentir aux spectateurs lorsqu’il regarde le film. La musique possède un rôle terriblement
important au cinéma lorsqu’il s’agit de faire surgir des émotions aux spectateurs. Cependant,
ces derniers ne sont pas vraiment conscients que la musique aide à stimuler leurs ressenti. Ce
n’est pas pour autant qu’il faille négliger les musiques dans un film. Bien au contraire. Et le
réalisateur Sean Ellis, réalisateur du film Cashback, l’a bien compris et mis en œuvre.

Sean Ellis est un personnage intéressant car il maitrise aussi bien l’image que la musique. Dans
ses deux films, Cashback et Broken, un soin vraiment particulier est fait sur l’image ainsi que sur
la musique.

Nous allons voir ici de quelle façon la trame sonore du film Cashback aide à renforcer l’impact
émotionnel sur le spectateur. Plus précisément, la puissance « image-musique ».

Avant de commencer toute analyse, il est important de raconter rapidement l’histoire du film
Cashback. Il s’agit Ben Willis, un jeune étudiant en art qui rompt avec sa petite amie Suzy. Cette
rupture le touche au plus haut point et lui fait provoque des insomnies. Il n’arrive pas à penser à
autre chose qu’à elle. Après avoir passé ses nuits à relire tous ces auteurs préférés et ne
ressentant aucune fatigue, il décide d’occuper ce temps de non sommeil pour travailler. Ben
trouve une job dans un supermarché pour y travailler la nuit. Cependant, ce travail n’est gère
intéressant. Il est même assez ennuyant. Et pour éviter l’ennui, Ben imagine arrêter le temps.
Tout se fige. Il se balade alors dans cet endroit où le monde est « sur pause ». Il y dessine les
femmes, plus ou moins dénudés. Il ne reste jamais très longtemps « en pause » et on le voit
aussi vivre dans la vraie vie. Il y rencontre d’ailleurs une caissière, au doux nom de Sharon, qui
lui fera oublier petit à petit Suzy… pour finalement mettre fin à ses insomnies.

Ce film montre à différents moments des femmes partiellement ou totalement nues. Ce n’est
pas un film érotique, ni pornographique. Il s’agit d’un film qui fait un honneur à la beauté
féminine. L’image, le dialogue en narration (de ce que pense Ben Willis) et les musiques forment
un trio terriblement percutant et fonctionnel. Il est à noter qu’une bonne partie des musiques
que l’on peut entendre dans ce film ont été joué par le célèbre orchestre London Metropolitan
Orchestra.

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Cashback, un film où les musiques et l’image sont liées.

Le début du film commence avec une voix off avec une image. Celle de Ben Willis. Il dit « Il faut
environ 230 kilos pour écraser un crâne humain. Mais les émotions sont bien plus fragiles. » Le
noir s’estompe et laisse place à Suzy. Elle est en train d’articuler beaucoup d’insultes, au ralenti
et sans qu’on ne les entende. Ben vient de lui dire qu’il la quittait. Elle est de face. Le spectateur
est donc dans la peau de Ben Willis à cet instant-là. Et pour accompagner la voix off qui continue
de parler pour présenter Suzy et de sa vie amoureuse, on peut entendre « Casta Diva » de
l’opéra NORMA. La voix désespérée de chanteuse d’opéra, les violons à l’archet, une
contrebasse au pizzicato et la flûte traversière dans le tempo lent que l’on connait à cet air
rendent les choses terriblement tristes chez le spectateur. L’une des phrases chantée est « ci hai
spezzato per sempre il cuore » que l’on pourrait traduire par « pour toujours, tu nous as brisé le
cœur ». On pourrait croire que c’est ce que dit Suzy. Il s’agit d’une scène véritablement
poignante avec des images particulièrement soignées, l’effet de ralenti qui colle parfaitement à
l’air lent et douloureux de la chanson Casta Diva.

Vers la fin du film, il arrive une scène entièrement similaire à Ben Willis. Il s’agit du moment où il
retourne voir Sharon après qu’elle ait vu Ben se faire embrasser par Suzy. La musique utilisée et
le ralenti sont les mêmes qu’au tout début du film. Seul le texte de la voix-off change et
commence par « Cette vision m’est familière…». Et on pourrait lui répondre « Effectivement,
Sean a tout fait pour le faire remarquer au spectateur ».

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Le leitmotiv de Sharon

Sharon est une caissière du supermarché où travaille Ben Willis. Ils se plairont mutuellement
très rapidement. On remarquera le soupçon de jalousie de Ben lorsque Sharon accepte de sortir
au cinéma avec un autre membre de l’équipe du supermarché.

Sharon possède une musique associée. Elle a lieu chaque fois que Ben souhaite arrêter le temps
ou ralentir le temps car il est avec Sharon.

Cette musique est jouée trois fois dans le film. Elle est composée d’accords de piano et quelques
très légers coups de cymbales. On entend aussi un son très vaporeux. On dirait un peu le son
d’une vieille lampe néon allumé mais auquel on n’aura gardé que les plus basses fréquences.

La musique fait ressentir de la mélancolie et de l’apaisement. Le spectateur se sent comme


voler dans les airs et emporté ailleurs. Totalement transporté dans le film.

La première fois où on entend cette musique, c’est lorsqu’il


est avec Sharon dans l’arrière-boutique. Elle lui prend un
bout de son sandwich et s’en va. Ben essaye de ralentir le
temps pour pouvoir l’admirer autant de temps qu’il veut.
Mais il n’y arrive pas. Elle s’en va tout doucement. On voit
Sharon partir. Différents plans de caméras sont utilisés. Un plan :

 où l’on voit ses pieds marcher


 De dos où l’on voit le dos et les cheveux de Sharon,
 Sur la main droite nette et en arrière-plan la jupe de Sharon

La deuxième fois où l’on entend ce leitmotiv, c’est


lorsque Ben et son ami d’enfance vont dans un bar de
striptease pour trouver une stripteaseuse. Cette dernière
sera embauchée pour faire un striptease au patron de
Ben lors de la fête d’anniversaire. Pendant leur
discussion avec une stripteaseuse, on voit Ben, le regard dans le vide. Puis, on voit Sharon dans
un endroit assez sombre, en petite tenue (telle une stripteaseuse) en train de danser avec une
barre. Cette barre, type des barres que l’on peut trouver dans ce genre d’endroit, possède un
néon à l’intérieur. C’est la seule lumière qu’il y a dans cette scène. Autour d’elle, il y a des objets
qui reflètent la lumière, un peu comme des étoiles qui scintillent. Plusieurs plans d’elle en train
de danser sont faits. On ne voit jamais le corps en entier mais encore une fois, que des parties
du corps. Tout ça pour laisser place à l’imaginaire érotique du spectateur. La musique quant à
elle renforce le côté érotique, doux et beau de la scène. Le spectateur est encore une fois
transporté dans ce monde, comme si c’était lui qui était à la place de Ben.

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La troisième fois où l’on entend ce leitmotiv, c’est
lorsque Ben et Sharon se retrouvent dans l’arrière-
boutique. Sharon demande à Ben s’il est toujours son
cavalier pour l’anniversaire du patron. Il répond oui.
Et elle l’embrasse. Le baiser se fait au ralenti. Seul le
baiser est au ralenti. Aucun dialogue en voix-off n’a
lieu. Le spectateur ressent alors avec la beauté de l’image et de la musique, que ce moment est
véritablement magique.

On pourra entendre que quelques notes du


leitmotiv lorsque Ben se rappelle d’un moment
où il était avec Suzy après que son ami d’enfance
lui demande « A quoi tu as pensé la dernière fois
que tu as pensé à elle ? » et qu’il lui répond « La
poussière ». Quelques notes qui donnent
l’impression d’une mélancolie.

La mélancolie à travers l’image et la musique

Un passage dans ce film permet parfaitement


d’illustrer ce propos. Il s’agit d’un moment où Ben
regarde des photos qu’il avait pris quand il sortait avec
Suzy. Il regarde plusieurs photos. Parfois, elles sont en
gros plan à l’écran.

Les instruments choisis pour interpréter cette musique sont le piano, des violons et des
violoncelles. Le piano est le point central de cette courte musique (appelé « Photos » dans le CD
du film). Il commence par quelques notes rallongées avec la pédale de prolongement et donne
un effet posé de la chose. Les notes jouées sont mediums et aigues. Aucune note grave. Ce qui
donne l’impression que ce n’est pas si grave et que « ça a été ». Les cordes viennent ensuite
pour jouer dans des tendances plus graves et ajoutent donc une notion bien plus douloureuse à
ce moment qu’il nous est donné à regarder.

Je tiens à noter tout de même l’utilisation du silence


lorsque celui-ci s’imagine en train de brûler l’une des
photos. Et lorsque le feu brûle la photo, on n’entend
pas un bruit de flammes qui brulent mais plutôt une
sorte de bruits qui sort du néant. Comme si le fait de brûler cette photo allait emmener tous ses
souvenirs dans un lieu inconnu et cruel. On a presque l’impression qu’il s’agit d’ogres ou d’âmes
qui viennent dévorer ces photos (et donc souvenirs). Le son est vraiment étonnant.

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L’importance de la voix-off

En plus d’accorder une place vraiment importante à la musique, l’utilisation de voix-off


(narration) permet une immersion plus complète du spectateur. Une voix-off, c’est un peu
comme si on l’on nous susurrait à l’oreille ; comme si le dialogue n’était destiné qu’à nous.

Ici, la voix-off n’est pas vraiment là pour faire avancer l’histoire ou la situer dans le temps. Elle
sert à raconter ce à quoi le personnage pense. Cette voix-off, qui d’ailleurs est pendant tout le
film la voix de Ben, c’est un peu comme son âme et ses pensées. Le spectateur se sent donc bien
plus impliqué et est bien plus réceptif. Il s’identifie bien plus rapidement au personnage de Ben
(que ce soit un garçon ou une fille).

Vers le début de l’histoire, cette voix-off raconte la


souffrance et ses regrets qu’il a à propos de sa
rupture avec Suzy. Ensuite, elle sert à raconter
différents évènements qu’il a vécu pendant son
enfance, son premier amour. Par la suite, à un
moment, il gèle le temps pendant une partie de
football. Il se retrouve à se poser des questions sur la vie et si il est le seul à pouvoir arrêter le
temps. A la fête du patron de Ben, il se fait embrasser par Suzy. Sharon voit ça et s’en va. Ben
arrête le temps et parle encore en voix-off. On voit ses actes et on entend ses pensées. Il y dit
que le mal était fait (Sharon qui voit Ben embrasser
Suzy) et que malgré le fait qu’il puisse arrêter le
temps, il ne pouvait rien faire pour réparer ça.
A la fin du film, il arrête le temps avec Sharon et ils
sortent alors qu’il neige dehors. La neige est elle
aussi suspendue dans les airs et il dit « Avant, je me
demandais ce qu’était l’amour. L’amour est là si on le veut. Caché dans la beauté, caché derrière
chaque seconde de la vie. Si on ne s’arrête jamais, on risque de le manquer ». Et là, il embrasse
Sharon. Un happy end avec une musique qui a un tout petit soupçon de rock. Le spectateur est
comme heureux que ça se termine bien, la musique l’emporte dans un rythme gai et planant,
interprété par des guitares, de la voix, des violons, des cymbales et une caisse claire.

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L’utilisation des musiques tierces

Cashback est un film où la moitié des musiques ont été composées pour ce film. L’autre moitié
est des musiques qui existaient déjà et qui ont été consciencieusement choisies pour coller
parfaitement à l’image.

C’est un pari très risqué de faire un tel choix car il faut réussir à garder une cohérence entre les
musiques composées et les musiques tierces. On remarquera d’ailleurs que les musiques
composées sont des musiques plutôt mélancoliques et on notera une grande présence du piano
et des violons dans la plupart des morceaux.

En plus de l’utilisation très judicieuse de la musique « Casta Diva » de l’opéra NORMA, il me


semble que l’utilisation de la musique « Inside » du groupe Bang Gang est l’une des plus
réussies de l’histoire du cinéma.

Cette musique arrive après que Ben ait expliqué


comment les autres membres du supermarché
faisaient passer leurs temps de travail. « L’art de
faire autre chose que son travail rend accro ».
Le début de la chanson commence sur un noir et
ensuite, on voit la caméra qui filme le plafond pour
descendre vers Ben qui marche dans l’allée du marché. Ensuite, on a un plan où on voit Suzy
courir dans un parc (souvenirs). Puis, on voit différents plans de vie au supermarché comme le
boss qui essaye d’impressionner Sharon avec ses exploits, Barry qui envoie du lait sur Matt… Et
à la fin, il explique comment il arrive à passer le temps. La musique s’arrête net quand une
mouche se fait tuer par une lampe. Silence. Et là, on voit une horloge et différents plans arrêtés
et la voix off dit « J’imagine l’inverse. Que le temps se fige. J’imagine la vie en mode ‘pause’ ».
Silence de quelques secondes et une musique au piano commence.

Si nous nous attardons sur les paroles de la musique « Inside », on remarque à quelle point elle
colle parfaitement à l’esprit du film alors qu’elle n’avait jamais été prévue pour. On remarquera
qu’elle a été coupée pour les besoins du film. L’instrument est un synthétiseur (son de violon,
orgue, guitare….). On a aussi une voix qui chante. Elle possède en plus, un léger écho d’une
autre intensité et fréquence. La musique ne dure qu’une petite minute au lieu de trois. Le
couplet dit « How can someone feel like we did out there? Have you lost the dream that was in
our hands? Is it okey now ? » que l’on pourrait traduire par « Comment quelqu’un peut-il se
sentir comme nous dehors ? As-tu perdu le rêve qui était dans nos mains ? Est-ce que c’est ok
maintenant ? ». On peut penser que ces paroles s’appliquent à sa rupture avec Suzy. Il était
heureux à un moment, mais ne s’estimait plus capable de la rendre heureux. Donc il avait perdu
le rêve qui était entre leurs mains. Le rêve d’être heureux.

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Ensuite, le refrain « Find me, Inside every heartbeat, Inside every worry, Keep me in your heart
again » que l’on pourrait traduire par “Trouve-moi, dans chaque battement de cœur, dans
chaque souci, dans ton cœur ». Ici, on pourrait croire à une envie de reconquérir Suzy, retourner
avec elle. Elle est toujours présente à l’intérieur de lui et sa conscience lui rappelle qu’elle est
encore là. En lui. Et qu’il n’arrive pas à l’oublier.

La fin de la chanson (la version longue de 3 minutes) aurait très bien eu sa place dans le film. A
la fin de la chanson, il est chanté « You ran away, And I could not stay, Is it you time ? Or is it
mine ? Is it our time ? » que l’on peut traduire par « Tu t’enfuis, et je ne peux pas rester. Est-ce
ton temps ? Ou est-ce le mien ? Est-ce notre temps ? ». Ici, on pourrait l’interpréter de
différentes manières. Je pense que la manière la plus approprié serait de dire qu’il est temps
pour lui, pour elle, et pour les deux de s’oublier.

Lorsque le spectateur voit cette scène, des frissons vont surement lui apparaitre. Ces plans
accompagnés de cette musique sont tout simplement merveilleux et magiques.

Conclusion

Cashback est probablement l’un des plus beaux films qui existent aussi bien dans son aspect
visuel vraiment très travaillé que par son côté sonore terriblement en accord avec l’image.

Sean Ellis nous offre un film si beau que certaines scènes resteront gravées à jamais dans votre
mémoire. Dès que vous l’entendrez la musique associée à la scène, vous verrez défiler les
scènes du film. Un peu comme l’odeur de la madeleine pour Proust.

ART1214 Travail de Design Sonore – Film : Cashback Julien Capone

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