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Grand Evangile de Jean (Tome 4) Auteur: Jacob Lorber

CH1,4 De la vraie sagesse et de la vénération active de Dieu. Je dis : En vérité je


vous le dis : nul ne viendra à moi si le Père ne l'attire jusqu'à moi ! Avant cela, chacun
devra franchir avec moi la porte étroite du complet renoncement à lui-même, jusqu'à ce
qu'il devienne ce que je suis. Chacun doit cesser d'être quelque chose à lui-même pour
pouvoir devenir tout en moi. Aimer Dieu par-dessus tout signifie s'absorber et se
dissoudre en Dieu et de même, aimer son prochain signifie ne faire qu'un avec lui, sans
quoi on ne pourra jamais l'aimer totalement, et un demi amour ne sert ni celui qui aime,
ni celui qui est aimé. Et c'est là pour vous, la plus grande sagesse, devenir sages par
l'amour le plus actif. Au contraire, tout le savoir ne sert de rien sans l'amour ! C'est
pourquoi vous ne devez pas tant vous soucier de beaucoup savoir que de beaucoup
aimer, et l'amour vous donnera ce qu'aucun savoir ne peut vous donner. Rien n'est plus
haut ni plus proche de moi que le véritable amour agissant !
CH5,4 : Jarah dit : Le vrai et pur amour ne ment jamais et ne peut mentir, car il
respecte le prochain, qui est aussi un enfant de Dieu, plus que lui-même, mais avant
tout, il respecte Dieu ! Moi qui suis pleine d'amour pour Dieu, donc aussi pour mon
prochain, serais-je capable de te donner une fausse nouvelle ?

CH8,4 : Repos extérieur et activité intérieure . Oran s'était mis à penser


sérieusement à repartir avec la grande vérité qu'il avait découverte, vers le peuple dont il
était le roi et à rendre ainsi ce peuple aussi heureux que possible. Il voulait être roi d'un
peuple raisonnable et sage, et non de simples larves d'hommes et de machines
humaines qui vont comme des bêtes de somme, sans discernement et sans volonté.

CH9,2 : Les espions d'Hérode. Je dis : Amis, va dire ceci aux espions d'Hérode qui
attendent qui attendent derrière ta maison : Le fils de l'homme agit et parle ouvertement
au vu et au su de tous, et ne veut avoir aucun secret avec quiconque - ainsi, qui veut me
parler et traiter avec moi quelque affaire que ce soit, doit venir à moi et parler et agir lui
aussi très ouvertement ! Avec moi il n'est pas question de murmurer discrètement à
l'oreille ni de traiter et de délibérer en cachette ; c'est une coutume condamnable des
enfants de ce monde, lorsqu'ils ne se risquent pas volontiers au grand jour, parce que, à
cause de leurs mauvaises intentions, ils craignent les autres hommes. Quand à moi,
j'agis ouvertement et parle toujours à haute voix, et je n'ai aucune crainte des hommes,
car mes intentions envers eux sont bonnes !

Ch12,3 : Zinka dit : J'ai dis tout à l'heure que je ne croyais plus désormais à aucun Dieu
; car tout ce qu'on enseigne de lui au temple est mensonge, le mensonge le plus noir et
le plus éhonté ! Un Dieu pareil n'a jamais pu exister ! Notre malheureux ami Jean
Baptiste enseignait véritablement au peuple à reconnaître un Dieu juste, et son
enseignement était fort nécessaire et faisait le plus grand bien à tous ceux qui
n'appartenait pas au temple et n'étaient pas pharisiens. Mais cette doctrine du vrai Dieu
n'en était que plus odieuse au temple. Les gens du temple auraient depuis longtemps
donné à Jean le coup de grâce s'il n'avaient craint le peuple, dont une grande partie voit
à présent assez clair derrière ses mensonges et ses sinistres tromperies. C'est pourquoi
ils imaginèrent un plan et firent croire à Hérode que Jean nourrissait en secret le projet
d'exciter le peuple en lui faisant miroiter toutes sortes d 'espérances, à une terrible
rébellion contre son oppresseur Hérode. Hérode, alla voir lui-même Jean où il se
trouvait, afin de rendre compte par lui-même si l'affaire était véritablement aussi sérieuse
! Malgré l'examen très critique auquel il le soumit, il ne put trouver la moindre trace de
tout ce que lui avait raconté les templiers, et il se trouva très en colère contre la
bassesse du temple et de ses habitants. Hérode dit aux templiers qu'il ne condamnerait
jamais aucun homme contre sa propre conviction, sur le conseil et le désir de
misérables chiens voraces A cette réponse, les tristes sires se retirèrent, et soudoyaient
d'assassiner Jean. Lorsque Hérode l'apprit, il eut pitié
de l'honnête prophète , et le fit mettre en sûreté dans une prison où ses disciples purent
le voir librement. Les templiers se mirent à délibérer comment Hérode pourrait lui-même
donner la mort à Jean. Jean dit à Hérode : Abstiens-toi de tout commerce avec
Hérodiade et sa mère ; car la vieille est un serpent et la jeune une vipère . Hérode pris
cela à cœur et décida de se tenir à l'écart d'Hérodiade. Mais le vieux serpent et la jeune
vipère mirent tout en couvre pour l'éblouir. Et le cœur d'Hérode s'enflammait de plus en
plus. Mai malgré tout son savoir faire et ses artifices Hérodiade en était toujours au
même point. Les templiers entendant cela, se disent entre eux ! La faute n'en est qu'à
ce prophète baptiseur auprès de qui Hérode s'est entiché de son salut !
Débarrassons-nous de ce prophète et Hérode nous mangera dans la main Hérode
apprenant cela se gratta la tête et dit : La question était bien là, je l'avais remarqué
depuis longtemps, mais qu'y faire ? II mis donc Jean à l'écart pour le protéger d'un
assassinat, et pour sauver Jean, permis à ses femmes de venir le voir ! Cependant il se
produit un incident entre lui et Hérodiade, car elle resta quelques jours sans le voir. Mais
ces quelques jours ne firent qu'enflammer le coeur d'Hérode pour la belle Hérodiade, et
parce que son âme fut saisi par une passion amoureuse, le triomphe qu'elle célébra
ensuite sur lui le jour de son anniversaire n'en fut que plus assuré. C'est à ce moment là
qu'elle lui demanda la tête de Jean, lorsque il lui promis de lui donner ce quelle désirait.

CH17,3 : La politique du temple. Zinka dit : La bonne raison d'état, grâce à laquelle,
presque de tout temps et dans tous les pays de la terre, la prêtrise a le privilège de
pouvoir faire bien des choses qui seraient un crime pour d'autres. Les prêtres ont assez
d'audace pour s'imposer aux hommes comme de véritables dieux et pour prétendre
devant tous, lorsque cela leur convient, que dieu lui-même parle par leur bouche. Et
personne ne s'élève contre eux, et l'empereur lui-même doit considérer leur impudence
avec indulgence, parce que les vieilles superstitions maintiennent les hommes dans
l'obéissance et la soumission et les empêchent de s'élever contre le souverain de leur
pays lorsqu'il leur donne des lois difficiles à respecter et fait peser sur eux des impôts
difficiles à payer.

CH18,4 : L'enseignement du Prophète Galiléen. Jésus s'adresse à Zinka et lui dit :


Cher ami, je connais moi aussi ce Jésus de Nazareth, et aussi bien que moi-même ; tout
ce que je peux dire c'est qu'il n'est l'ennemi d'aucun homme, mais au contraire un
bienfaiteur pour tous ceux qui viennent à lui et lui demandent son aide. II est vrai qu'il est
l'ennemi du péché, mais non celui du pécheur qui se repent et qui revient humblement
au bien. Aucun homme n'a encore jamais été jugé et condamné par lui, ses péchés
fussent-ils plus nombreux que les grains de sable. Brièvement résumée, sa doctrine
enseigne que l'homme doit reconnaître Dieu et l'aimer par-dessus tout, et aimer son
prochain quel qu'il soit, grand ou humble, riche ou pauvre, homme ou femme, jeune ou
vieux, tout autant que lui-même. Celui qui pratique cela constamment et se garde du
péché, éprouvera très vite en lui-même qu'un tel enseignement est vraiment divin et
n'est pas sorti de la bouche d'un homme, mais de celle de Dieu ; car nul homme ne peut
savoir ce qu'il doit faire pour atteindre la vie éternelle et ce qu'est celle-ci. Dieu seul le
sait, et aussi, peut-être celui qui l'aura entendu de la bouche de Dieu. II enseigne
également que tous les hommes qui veulent accéder à la vie éternelle doivent être
enseignés par Dieu ; ceux qui n'apprennent que des hommes, sont encore loin du
royaume de Dieu. Car ils entendent sans doute les paroles qui s'échappent d'une
bouche mortelle ; mais, de même qu'est mortelle la langue qui a prononcé ces paroles
de même la parole est mortelle en l'homme qui l'a entendue. II n'en tient aucun compte
et ne la rend pas vivante par son action. Mais la parole qui vient de la bouche de Dieu
est vivante et non morte, et elle incite le cœur et la volonté de l'homme à l'action, et
donne ainsi la vie à l'homme tout entier. Et quand l'homme a ainsi reçu la vie par la
parole divine, il demeure éternellement vivant et libre et ne sentira ni ne goûtera plus
jamais la mort, dût-il mourir mille fois selon le corps.
Zinka dit : Certes, d'autres grands sages ont posé ce principe que l'amour pur était le
fondement de toute vie, et que les hommes devaient cultiver l'amour, car de lui seul
pouvait naître le bonheur de l'homme ; mais ils n'ont pas expliqué la véritable essence
de l'amour. Pourtant, l'amour a autant de mauvais côtés que de bons, et l'on finit par ne
plus savoir quel côté de l'amour on doit réellement cultiver comme salutaire. Mais ce que
tu viens de dire énonce de façon lumineuse quelle sorte d'amour l'homme doit cultiver et
ériger en principe de sa vie. C'est pourquoi un tel enseignement ne peut originellement
provenir d'un homme, mais seulement de Dieu, et cela prouve donc entre autres qu'il y a
vraiment un Dieu. Nous étions d'une certaine façon tous plus ou moins athées ; à
présent, du moins, il me semble que nous avons trouvé le Dieu perdu, ce qui est pour
moi très réjouissant et agréable. Jean s'était pourtant donné beaucoup de mal pour me
convaincre de l'existence d'un Dieu éternel ; mais il n'arrivait à rien avec moi ? Je lui
disait très franchement tout ce que je pensais, mais il ne résolvais pas tous mes doutes,
et je suis donc resté jusqu'à cet instant dans mes vieilles incertitudes. Mais à présent,
s'en est bien fini de tous les doutes ! Comme c'est singulier! Oui, vraiment, si on ne
trouve pas la bonne porte dans un labyrinthe, on n'arrive pas au palais du roi, même s'il
se dresse en plein milieu ; mais toi, tu m'as montré et ouvert la bonne porte, et
maintenant, je trouve le chemin facile pour entrer au plus vite dans le grand palais
éternel du roi.

Ch23,9 : Le dialogue avec Dieu par la parole intérieure du coeur. Raphaël dit Celui
qui aime véritablement Dieu le Seigneur, est constamment près de Dieu et en Dieu. Et
s'il veut entendre et apprendre quelque chose de Dieu, il le lui demande dans son coeur
et reçoit aussitôt, à travers les pensées du coeur, la réponse la plus complète, et c'est
ainsi que tout homme peut être à chaque instant et en toute chose, instruit et enseigné
par Dieu.

CH24,3 : Comment cultiver le coeur humain. Raphaël dit à Jarah : Vois-tu, le coeur de
l'homme est aussi un jardin, certes tout petit, mais s'il le travaille vraiment avec zèle
selon l'enseignement reçu de la bouche du Seigneur et qu'il n'épargne pas sa peine
pour mettre en pratique tout ce qu'il a appris, il possède bientôt en telle abondance dans
son coeur la bénédiction et la faveur des cieux, qu'il finit par devenir capable de vivre par
ses propres moyens en ce qui concerne l'âme et l'esprit, et qu'il n'a plus besoin de nous
demander constamment aide et conseil Car c'est précisément le but que le Seigneur se
fixe avec l'homme : Qu'il devienne un citoyen parfaitement autonome du ciel, selon
l'ordonnance éternellement et immuable de Dieu ; lorsqu'il y parvient tout est dit.
Jarah dit : Tes paroles ont apporté à mon coeur une puissante consolation, et je les
érigerai pleinement en action, de façon à ce qu'elles deviennent en moi une vérité vécue
pleine de joie et de félicité. M'enseigner et voir ton enseignement se transformer en fait
accompli ne devrait pas être pour toi la tâche la plus difficile de ta vie. Mais les autres
hommes feront-ils tous ce que tu m'as si loyalement conseillé ? Raphaël dit : Pour
l'instant, ne t'occupe que de toi ; quand aux autres, le Seigneur y pourvoira
CH29,4 : Cyrénius dit : Je suis bien quelque chose sur cette terre, tant qu'il me laisse
vivre (le Seigneur) ; mais là-bas, dans le grand au-delà, nous sommes tous égaux, et
nos trésors d'ici-bas demeurent sur cette terre croûte terrestre inanimée pour être jetés
en pâture au temps qui dévore tout. C'est pourquoi ma position élevée ne doit pas te
gêner ; car je n'en suis dépositaire que pour le bien de l'humanité, pour autant qu'il est
en mon pouvoir.

CH30,8 : De la parole et de l'action. Raphaël dit : II est bien mieux d'agir bien et
beaucoup , que de parler bien et beaucoup ! Des bonnes actions nombreuses rendent
les coeurs généreux et ouverts. Un coeur généreux et ouvert est toujours la meilleure
pépinière de la vraie sagesse, et il saura en outre toujours parler bien et justement
lorsque ce sera nécessaire. Tu dois donc parler peu, mais écouter et agir d'autant plus.
Ceux qui devront un jour discourir et prêcher seront spécialement choisis pour cela par
le Dieu ; mais ceux qu'il n'aura pas spécialement choisis pour parler et enseigner sont
destinés par lui uniquement à agir selon sa parole et sa doctrine, et devront donc
toujours faire cela seul à quoi le Seigneur les a incontestablement destinés. Cependant,
le Seigneur te laisse être heureux à présent sur cette terre afin que tu puisses un jour
faire beaucoup de bien ; si le Seigneur t'avait appelé à être un orateur et un professeur,
il te dirait : viens et suis-moi partout où je vais, et apprends à connaître toute la
sagesse du royaume de Dieu Car vois-tu, pour discourir et enseigner, il en faut
beaucoup plus que pour agir, et c'est pourquoi l'action est l'essentiel et la parole et
l'enseignement ne font qu'en montrer le chemin ! Et celui qui fait beaucoup de bonnes et
nobles actions peut aussi lorsque c'est nécessaire, parler bien et justement ; car un
coeur ouvert et généreux n'est jamais privé des lumières du ciel. Et celui qui les reçoit
en proportion du nombre de ses bonnes et généreuses actions saura aussi toujours
clairement où, quand et dans quelle mesure il doit parler.

CH33,4 : Cyrénius dit : Ce qui est triste pour les honnêtes gens de cette terre, c'est
qu'ils découvrent très vite le mensonge sans aucun effort, mais qu'ils ne peuvent
atteindre la vérité que par une difficile quête souvent semée de grands et multiples
dangers. Mais comme le bon vieux mensonge a toujours régné sur les hommes, ils se
sont trouvé et s'en trouvent encore très bien. A vrai dire le problème, selon moi, ne serait
pas tant de renoncer au mensonge ; mais c'est lorsqu'il s'agit de renoncer aux
avantages qu'il a procurés jusqu'ici, que le bât blesse !

CH34,2 : La loi de la nécessité et du devoir. C'est pourquoi Dieu nous a donné une
double loi. La première est la loi purement mécanique de la nécessité. Cette loi est à
l'origine de toutes les formes, avec l'organisation qui les rend utilisables ; de cette loi
mécanique, jamais le moindre détail ne pourra jamais être modifié. Mais l'autre loi est
celle qui dit “ Tu doit ” . Et celle-là seule est concernée par la doctrine de vie ! Selon la loi
de la vie, tu peux supprimer ou même anéantir tous les éléments d'un tout sans que cela
fasse la moindre différence ; ce qui en lui doit être libre le sera nécessairement dès les
premières étapes de son développement ! II aura beau se défigurer complètement dans
son être intérieur libre, il ne pourra pas pour autant abolir la loi de la nécessité qui pèse
sur lui ; car dans sa forme, continue de résider le germe qui se remet à pousser dans la
juste ordonnance, reprend possession de ce qui a été corrompu dans la sphère de
liberté de la vie et le ramène à la juste ordonnance. C'est ainsi que tu peux voir des
peuples de la terre tombés dans une totale dépravation en ce qui concerne l'âme ; mais
la forme leur reste, et en les voyant, tu dois reconnaître qu'ils sont des hommes.
Leurs âmes sont certes déformées par toutes sortes de mensonges, de perfidies, et de
méchanceté ; mais, en temps utile, j'envoie au germe une chaleur accrue, et il se remet
à pousser, consume l'ancien désordre de l'âme, de même que les racines de l'herbe
boivent aussi bien les gouttes d'une eau corrompue et qu'il en sort ensuite un brin
d'herbe parfaitement sain, plein de force de vie et pur dans toute ses parties, avec fleur
et semence. Pour cette raison, vous ne devez en aucun cas porter sur un peuple
corrompu un jugement trop sévère !
Car aussi longtemps que la forme demeure, le germe pur subsiste en l'homme, et s'il
subsiste, même un diable peut encore devenir un ange ! Ce sont habituellement les
maîtres égarés et le désir de pouvoir et de possession de quelques puissants, ainsi
que la possession temporaire par de mauvais esprits qui s'emparent de la chair et du
système nerveux des hommes, qui sont la cause constante de la corruption des
hommes et de leurs âmes ! Mais il ne saurait en être question qu'une complète
corruption atteigne le germe de vie profonde. Bien sûr, il y a des différences entre les
hommes. Certaines âmes viennent d'en haut . Elles sont plus fortes que les autres, et les
esprits malins de cette terre ne peuvent rien ou très peu de chose contre elles . Ces
âmes peuvent donc également subir de plus grandes épreuves dans la chair sans en
éprouver de trop grands dommages . Lorsque l'esprit, c'est à dire le germe originel
caché de la vie, est éveillé chez de tels hommes et qu'il envoie alors dans l'âme tout
entière les racines éternelles de vie, le peu de cette âme qui a été corrompu est aussitôt
guéri, et c'est un homme parfait qui apparaît alors.

CH36,9 : Des maladies de l'âme et de leur traitement.


Je dis : Pour un corps pourri et entièrement mortel, vous avez des hôpitaux sans
nombre, des apothicaires, des bains, des onguents, des emplâtres, des breuvages
salutaires ; mais pour l'âme immortelle, vous n'avez pas encore érigé une seule maison
de santé !
11 : II est vrai que de tout temps, des médecins des âmes emplis de l'esprit de Dieu ont
été envoyés en ce monde et ont prêché la bonne voie de la guérison des âmes.
Beaucoup en ont tenu compte et n'ont pas manqué d'être guéris ; mais les soi-disant
grands et puissants de ce monde continuaient de se considérer comme saints d'esprit
et, méprisant les médecins de âmes par moi envoyés sur terre, finissant par les
persécuter et par leur interdire d'exercer leur œuvre de guérison sur les âmes malades et
c'est ainsi qu'à cause des grands et des puissants de ce monde, la doctrine de la grâce
comme moyen de guérir les âmes malades des hommes n'a jamais pu s'enraciner
suffisamment pour devenir un jour un arbre de salut en pleine force. Et lorsque, quelque
part, uns semence saine et puissante était pourtant déposée, les égoïstes enfants de
cette terre, avides de pouvoir, s'y entendaient à dépouiller l'arbre, prenant les branches
qui leur paraissaient superflues et grattant l'écorce indispensable à son existence
jusqu'à ce que l'arbre finisse par se dessécher. Et c'est aussi pourquoi, jusqu'à cette
heure, on n'a institué et mis à la disposition des hommes d'autres hôpitaux pour soigner
les âmes malades que des lois terriblement sévères, des mises aux arrêts, des prisons
préventives, d'effroyables geôles punitives, enfin le glaive tranchant et inexorable et
toute sortes d'instruments de supplice et de mort dans la souffrance et le martyre. Et ce
sont les produits d'âmes certes très malades elles aussi, mais fortes ;

CH37,2 : Des hôpitaux des âmes et des médecins des âmes. Je dis : II sera toujours
difficile de maintenir de façon permanente un tel hôpital des âmes malades, parce que
certains hommes en viendront toujours à sentir qu'il porte préjudice à leurs droits dans
leur monde illusoire. L'amour de soi et du monde, qui est le souffle de l'enfer dans la
poitrine de l'homme, se dressera toujours contre lui, refusera d'être guéri de ses
mauvaises maladies et ne voudra pas renoncer aux moyens du monde que son les lois
rigoureuses et difficiles à respecter, avec leurs jugements et leurs punitions.
CH38,1 : De la véritable justice. Je dis : Je ne vous ai pas dis de détruire toutes les
prisons et tous les lieux de détention, qui restent un mal nécessaire contre le mal que
sont des âmes très malades, ni de briser toutes les chaînes et toutes les épées ; oh,
non, ce n'est pas du tout cela ! Au contraire, les âmes atteintes de graves maladies
contagieuses doivent être soigneusement isolées des âmes saines et maintenues sous
bonne garde jusqu'à ce qu'elle soient foncièrement guéries. Mais ce ne sont pas votre
colère et votre ressentiment qui doivent les maintenir solidement enfermées, mais votre
amour du prochain et le plus profond souci, inséparable de cet amour, d'assurer si
possible leur complète guérison ! Si le juste esprit d'amour vous indique que, pour tel ou
tel grand malade, une potion amère est nécessaire, ne la lui refusez pas, car ce serait
une pitié bien inopportune et prématurée ! Mais vous devez donner cette potion au
grand malade que par amour véritable, car c'est ainsi qu'elle produira chez lui à coup sûr
la guérison souhaitée, et qu'une grande partie de la bénédiction retombera sur vous !
Mais si un homme, animé seulement par la colère et la soif de vengeance tourmente et
martyrise un criminel supposé, de la façon la plus impitoyable, il devient lui-même un
bien plus grand criminel et devra un jour déguster une potion d'autant plus amère. Selon
la mesure dont vous usez, il vous sera un jour rendu avec cette mesure ! A celui qui
mesure avec un véritable amour, il sera rendu un jour dans la même mesure ; mais à
celui qui mesure dans la colère et la vengeance, il sera rendu un jour pour sa guérison
exactement le même remède, mais dans une mesure plus que doublée, et il ne sortira
pas du sévère établissement de l'au-delà une seconde plus tôt qu'il ne faudra pour que
chacune des fibres endurcies de son âme devienne blanche et douce comme laine.
7 : O vous qui jugez et qui, par vos sentences, rendez plus malades encore les pauvres
âmes qui l'étaient déjà, réfléchissez sérieusement à ce que vous êtes et à ce que vous
devriez être en vérité, et à ce que vous devez faire pour vous conformer à l'ordonnance
divine Vous, juges et puissants qui régnez sur la faiblesse de peuples qui, finalement,
sont eux-mêmes toute votre puissance, votre force et votre dignité, vous devez être de
vrais pères pour vos peuples, et, comme tels, vous préoccuper grandement de la bonne
santé des nombreux enfants qui vous sont confiés et prendre soin avec amour et un vrai
souci paternel du bien de leur âme! Vous n'avez pas besoin d'être des médecins des
corps, mais il vous faut être d'autant plus des médecins des âmes !
8 : Mais vous qui êtes de bons parents, vous réprimandez vos enfants en faute avec
une sévérité au moins apparente, et, dans les cas les plus graves , les corrigez aussi
avec la verge salutaire. Si les enfants en deviennent meilleurs, vous en conserverez
sans doute une grande joie ; car ce sera pour vous un vrai plaisir que de voir les âmes de
vos enfants demeurer saines. Faites de mêmes, puissants juges, envers tous les êtres
humains, et votre joie n'aura pas de fin Imaginez-vous à la place de ceux qui doivent en
toute justice vous obéir et qui acceptent et respectent vos lois. Ne serait-ce pas bon
pour vous si, devenus vos juges, ils vous épargnent le plus possible ? Faites-leur donc,
lorsqu'ils comparaissent devant vous avec leur âmes malades, ce que vous pourriez
raisonnablement souhaiter qu'ils vous fassent si comparaissiez vous-même devant eux
avec vos âmes malades

CH39,7 : Le principe éternel de l'amour du prochain. Je dis : Oui, lorsque vous


répandrez ma doctrine, vous devrez toujours faire bon visage ; car avec ma doctrine,
vous apportez aux homme les plus aimables et les plus réjouissantes nouvelles du ciel,
et vous devez donc les leur annoncer avec la mine la plus réjouie et la plus aimable !

CH40,4 : Cependant, quiconque impose les mains doit le faire en mon nom, sans quoi
ce traitement restera sans utilité et sans effet. Pour cela, une foi ferme et inébranlable et
une volonté tout aussi ferme et inébranlable sont nécessaires. II faut s'efforcer de faire
cela du plus profond du coeur et avec un véritable amour du prochain, alors la force
d'amour emplit les mains de celui qui les impose et, passant par l'extrémité de ses
mains, se répand ensuite comme une douce rosée dans les nerfs du malade et soulage
la douleur lancinante ou cuisante. II faut cependant remarquer qu'il est plus difficile de
plonger un homme qu'une femme dans ce sommeil extatique ! Dans certains cas, une
femme peut aussi faire entrer un homme dans cet état de sommeil ; mais cette femme
pieuse n'y parviendra qu'avec l'aide d'un ange invisible qui se tiendra à son côté, et dont
elle se sera assuré les services par la prière et par la pureté de son coeur. Cornélius dit
: Et comment une femme peut-elle parvenir à une telle dévotion ? Je dis : Très
facilement ! II faut d'abord une bonne éducation, ensuite une instruction approfondie de
la jeune fille ayant atteint la pleine maturité. Mais cette instruction ne doit pas être
donnée à une jeune fille, si mûre soit-elle, sans qu'ait été éprouvée la véritable piété de
son coeur. Mais il est également possible à des hommes d'assister une parturiente par
l'imposition des mains et de lui apporter un grand soulagement !

CH41,2 : Pureté corporelle et pureté spirituelle. De la guérison à distance. Je dis :


Désormais plus rien ne peut te souiller, si ce n'est les pensées, les envies et les désirs
mauvais et impurs, la médisance, le mensonge et la calomnie, l'humiliation et la
diffamation.
Telles sont les choses qui souillent l'homme ; tout le reste, soit ne le souille pas du tout,
soit ne souille tout au plus que sa peau, et dans ce cas, l'eau suffira à nettoyer cette
impureté extérieure.
4 : Mais l’être humain ne parvient à la véritable pureté que par une vraie pénitence, par
le regret des péchés commis envers son prochain, par la ferme intention de ne plus
pécher, donc l'amélioration et le perfectionnement de son existence. L'eau sert à laver le
corps, mais le coeur et l'âme se lavent par une bonne volonté résolue et dévouée à Dieu
en toute chose ; et de même que l'eau propre et fraîche fortifie les membres du corps,
de même une volonté ferme et dévouée à Dieu fortifie le coeur et l'âme. Des âmes
fortifiées peuvent alors imposer les mains à un malade en mon nom même en esprit et à
une très grande distance, et ce malade ira mieux. Mais celui qui manque encore de
fermeté dans le perfectionnement de son coeur et de son âme, qu'il ait recours aux
effleurements dont j'ai parlé dans mon premier discours, et il procurera aussi un grand
soulagement aux douleurs physiques d'un malade. II l'amènera aussi au sommeil
extatique, et le patient dira dans son sommeil ce qui peut l'aider.
Cette prédiction doit être ensuite appliquée très soigneusement, et, au bout de
quelques temps, le malade ira mieux, mais certes pas aussi vite que si un homme
spirituellement accompli lui avait imposé ses mains bénies, auquel cas la guérison peut
intervenir instantanément. Chacun peut ainsi s'assurer que dans le sommeil extatique,
même l'âme par ailleurs la plus stupide, et aussi bien celle d'un enfant, peut prophétiser,
parce qu'elle est à ce moment-là en relation avec son germe de vie tout spirituel.
Lorsque le germe de vie profond revient à son lieu de repos à la fin du sommeil
extatique, l'âme s'éveille de nouveau dans sa chair, et elle ne sait plus rien de tout ce qui
est arrivé et de tout ce quelle a elle-même dit. Mais cela montre précisément qu'aucune
âme n'est jamais si corrompue qu'elle ne puisse être guérie.

CH47,1 : Des conditions préalables au traitement hypnotique. Cyrénius dit :Tu ne


peux t'en aller, mais si tu dois rester, ce n'est pas pour subir une punition, mais
uniquement pour ton salut ! Nous autres Romains, nous n'avons jamais pris plaisir à la
punition des pécheurs, mais seulement à leur authentique et complet amendement. S'il
est possible de l'obtenir sans recours à la sévère férule, nous préférons toujours cela de
beaucoup !

Nous ne prenons la férule en main que lorsque tous les autres moyens ont échoué.
C'est ainsi qu'il ne sera pas demandé compte trop sévèrement à celui qui n'aura offensé
qu'une fois la saine loi en vigueur ; cela ne se produira que s'il commet cette offense de
façon répétée, soit par trop grande insouciance, soit même par une malice
particulièrement pernicieuse. Celui qui, de propos délibéré, offense la loi à plusieurs
reprises, doit être puni délibérément ! Quand à toi, tu n'as péché selon tes vieux
principes spartiates que par nécessité, et c'est la première fois que tu comparais devant
un juge ! Pour cette seule raison, tu ne seras pas maudit et condamné ; mais tu dois
maintenant reconnaître la méchanceté et la stupidité de tes idées et y renoncera ! Ton
âme bien malade sera guérie, et tu devras comprendre les bienfaits des lois sages et t'y
tenir fermement par la suite, et alors seulement, tu pourras rentrer chez toi en homme
tout à fait libéré et même en avoir une grande joie, car tu, seras réellement devenu un
homme plus pur et plus libre. Mais pour qu'une telle guérison puisse réussir, un homme
pur, physiquement et spirituellement fort, de notre compagnie devra poser ses mains
salutaires sur ta tête et sur ta poitrine ; et ce traitement particulièrement doux éveillera et
animera les notions assoupies en toi qui te permettront de reconnaître ensuite la nature
salutaire des lois ordonnées par Rome et de leur application rigoureuse, et même de
t'en réjouir! Zorel dit : Quel est donc l'homme qui posera sur moi ses puissantes
mains ? Cyrénius me demande à part si le moment est venu. Je dis : Encore un peu de
patience ; laisse encore un peu de temps à l'âme pour digérer tout cela ! A présent,
l'homme est rempli de pensées agitées, et il ne serait pas prêt à entrer dans le
sommeil extatique . Zorel fait toutes sortes de suppositions sur ce qu'on peut lui
vouloir, qui peut certes être bon en soi, mais qu'il pourrait bien, lui, trouver mauvais.
Mais ayant examiné nos visages, il conclut en lui-même : Non, ces gens ne respirent
pas le guet-apens ; on peut se fier à eux ! Ils ne peuvent faire que le bien, et rien de
mal ! Cette attente était en soi une préparation nécessaire pour entreprendre le
traitement, et sans elle, l'imposition des mains par notre Zinka eût été peine perdue.
Car lors de tels traitements, le patient lui-même doit être mis dans un certain état de foi
et de confiance sans lequel il ne serait pas facile de l'amener au bienfaisant sommeil
extatique, malgré toute la puissance substantielle si abondante qu'elle soit, dont peut
disposer l'âme humaine. Ah, il en va tout autrement avec des hommes nés à nouveaux
de l'esprit et en esprit ! A ceux-là, tout comme à moi, il suffit d'une impulsion de leur
volonté, et l'acte de guérison est accompli ! Mais lorsque des hommes qui ne sont pas
nés à nouveau traitent ainsi un malade, il faut d'abord éveiller et stimuler l'homme à
traiter, sans quoi, comme je l'ai dit, le traitement est peine perdue.

CH48,7 : Zorel se découvre lui-même. Zinka pose les mains de la manière dite, et
aussitôt Zorel tombe dans le sommeil extatique. Au bout d'un quart d'heure, Zorel tombe
dans le sommeil extatique, et les yeux bien clos se met à dire : O Dieu quel homme
misérable je suis donc, et quel homme honnête et droit je pourrais être pour peu que je
le veuille ! Mais c'est précisément là la malédiction du péché, du mensonge et de
l'orgueil, qui sont vraiment tous deux les plus grands péchés, car ils ne cessent de
croître et de se multiplier. Je suis un fieffé voleur, je suis un menteur, et plus je mens,
plus je dois mentir encore pour conforter l'ancien mensonge par un nouveau et le faire
passer à tout prix pour une vérité.
16 : Mais frère Zinka, n'y a t-il pas un moyen de donner à mon âme une apparence un
peu meilleure ?

CH49,1 : L'âme du somnambule se purifie. Là-dessus, Zorel se met à gémir dans son
sommeil, et certains croient qu'il se réveille. Mais je leur dis : II n'en est rien ! Ce n'était
là que la première étape de son sommeil ; il va encore dormir plus d'une heure et se
mettra bientôt à parler dans un autre état plus élevé de sa conscience. Dans ce premier
état, l'âme se défaisait de toutes les passions de son corps et de ses sens terrestres,
qu'elle voyait comme de véritables maladies sur sa forme corporelle d'âme et contre
lesquelles elle devait être prise du plus profond dégoût. Mais contre ces maux de l'âme,
le seul remède est d'abord de les reconnaître, puis de les prendre profondément en
horreur, enfin d'avoir la ferme volonté de s'en débarrasser entièrement au plus tôt. Une
fois que la volonté est là, la guérison progresse sans peine. Zorel dit : Je pleurais alors
ma grande misère, et de mes larmes est né n étang . Et je me baigne dans cet étang
guérit les multiples blessures, ulcères et bubons du corps de mon âme ! Mais comment
est-il possible qu'un étang entier soit né apparemment de mes larmes ?
L'étang est environné d'un paysage magnifique ; c'est le pays de la consolation et du
doux espoir. L'eau devient de plus en plus claire à présent et son effet sur moi devient
bienfaisant ! Quelque chose en moi remue, comme une forte volonté, et derrière cette
forte volonté, je perçois comme l'impulsion d'une parole, et cela dit nettement : je veux,
je dois, je dois parce que je veux ! Qui peux empêcher en moi ce que je veux ? Je suis
libre de ma volonté ; J'ai le droit de ne pas vouloir ce que je dois, mais ce que je veux, je
le veux par moi-même ! Ce qui est vrai et bon, je le veux parce que je veux le vouloir
moi-même, et nul ne peut m'y empêcher Je connais maintenant la vérité ; c'est une
lumière divine qui vient du ciel ! L'étang est devenu aussi grand qu'un lac autour de moi !
L'eau me vient à peine à la taille, elle est limpide sans poisson ! L'eau devient très pure,
et le fond lui-même n'est qu'herbe verte très belle ! Et voici que l'herbe pousse à vue
d'oeil et commence à prendre la place de l'eau ! Oui, l'espérance devient plus forte que
la connaissance et la crainte qui l'accompagne ! Je vois un homme sur la rive, il me fait
signe ! J'ai crainte que ce soit plus profond dans d'autres endroit ! Mais une voix retentit,
sortant de l'eau : je suis de la même profondeur d'un bout à l'autre ! Tu peux me
traverser sans peur ; va vers celui qui t'appelle, il te conduira et te guidera ! Même l'eau
et l'herbe parlent J'ai honte parce que je suis tout nu, pourtant il faut que j'y aille ; je suis
attiré par ses signes ! Zorel se tait un moment, et Zinka demande : Comment peut-il
voir tout cela et marcher dans l'eau alors qu'il gît ici comme mort ? Je dis : Les choses
que son âme voit à présent ne sont que les conditions de son amélioration ; celle-ci
constituent en elle un monde intérieur propre, et ce que tu nommes ici un mouvement de
la pensée se manifeste dans le domaine de l'âme comme un mouvement d'un lieu à un
autre. L'étang né de ses larmes et dont l'eau a guéri son âme, représente son repentir
des péchés commis, et le fait de s'y baigner désigne la vraie pénitence issue de ce
repentir. L'eau pure représente la juste reconnaissance de ses péchés et de ces crimes ;
et lorsque l'étang devient un lac, cela exprime la volonté de plus en plus forte de se
purifier et de se guérir soi-même. La belle herbe sous l'eau signifie l'espoir d'atteindre la
guérison complète et l'état supérieur et libre de la grâce divine. Celle-ci apparaît
visiblement sur la rive, encore éloignée ; c'est moi-même en esprit et volonté. La
progression vers moi représente le cheminement de l'âme vers sa véritable amélioration.
Mais tout cela n'est pour on âme qu'une apparence propre à lui montrer ce qu'elle est et
comment elle agit intérieurement pour s'amender, dans ce cas, bien sûr, seulement en
intention, sans action extérieure effective. Celle-ci n'aura lieu qu'à l'état d'éveil, lorsqu'il
se trouvera complètement réuni à son corps. Mais maintenant attention, tout ce qu'il dit
est en rapport avec l'état intérieur de son âme ! Beaucoup de confusion se manifestera
jusqu'à ce qu'il entre dans le troisième stade, l'union temporaire avec son pur germe de
vie. C'est dans ce troisième stade que vous pourrez constater la cohérence et la
sagesse de ses paroles ! A présent seule parle son âme en cet instant purifiée ; mais au
troisième stade, c'est l'esprit qui parlera en lui ! Et vous ne découvrirez en lui aucune
faille ; il vous fera un discours qui vous réchauffera le coeur II est maintenant sur la rive
et il dit : je suis maintenant près de toi noble ami, comme ce voyage a été fatigant ! J'ai
terriblement honte de ma nudité !

Je lui dit, par mon esprit et ma volonté qui lui sont visibles : Sors de l'eau, et tu seras
vêtu selon tes oeuvres L'âme de Zorel dit: O ami, ne parle pas de mes oeuvres, car elles
sont mauvaises ! Si mon vêtement lui ressemble, il devra être affreusement noir et
souillé Je dit : S'il en est ainsi, il y a ici assez d'eau pour le blanchir Zorel prend ce
vêtement, et sa saleté le dégoûte, ce qui et bon signe. II le prend cependant, mais
l'emporte dans l'eau et commence à le frotter, enfin à le secouer L'habit est propre, mais
il n'ose pas le vêtir car encore humide. Mais je lui signifie qu'il doit le revêtir. Zorel se dis
: Tout à l'heure, le lac tout entier ne me faisait rien , et maintenant, j'aurais peur d'une
chemise humide ? Et il se vêtit Zinka se posa alors cette question : L'âme a-t-elle aussi
un corps ? Zorel répondit Bien sûr que l'âme a aussi un corps, éthérique certes, mais
pour l'âme, son corps est aussi accompli que l'est pour la chair son corps de chair. Rien
de ce qui est propre au corps de chair ne manque à l'âme. Tu ne peux bien sûr le voir
avec tes yeux de chair, mais moi, je peux voir, entendre, toucher, sentir et goûter tout
cela ; car l'âme possède les mêmes sens qu'a le corps pour communiquer avec son âme.
Les sens du corps sont les rênes qui, entre les mains de l'âme, permettent à celle-ci de
maîtriser son corps dans le monde extérieur. Si le corps n'avait pas ces sens, il serait
totalement inutilisable et constituerait pour l'âme un fardeau insupportable. Imagine un
homme qui serait complètement aveugle et sourd, qui ne ressentirait rien, ni la douleur,
ni le bien être de la santé, qui n'aurait ni goût ni odorat ; crois-tu qu'avec un tel corps
l'âme serait servie en quoi que ce soit ?
Dans sa conscience par ailleurs claire et entière, ne devrait-elle désespérer ? Puisque
l'âme possède les mêmes sens que le corps, elle perçoit elle aussi aisément et
précisément, par ses sens subtils, ce que les sens du corps ont perçu du monde
extérieur. Mais comme à présent ( dans le sommeil extatique) je suis libéré de presque
tout mes liens avec mon corps et que je ne peux avoir aucune action sur les sens de
mon corps, à mon retour dans mon corps, je ne saurais absolument plus rien de tout ce
que je vois, entends, sens et dis et de tout ce qui m'arrive à présent. L'âme a bien en
elle-même une mémoire et peut donc se souvenir de tout ce qu'elle a vu se passer
devant elle, jusqu'aux plus petites choses ; mais elle ne le peut que dans l'état de liberté.
Si elle se trouve dans un corps entièrement enténébré, elle ne voit, n'entend et ne sent
que les impressions grossières qui fond le plus bruit et qui est assourdit tout ce qui est
spirituel ; mais bien souvent, elle se perçoit à peine suffisamment elle-même pour être
consciente de sa propre existence, et à plus forte raison n'a-t-elle aucune conscience
des impressions spirituelles supérieures et profondes qui demeurent en elle. Tu as toi
aussi une âme pareille à cette âme parfaitement libre que je suis maintenant ; mais tu ne
savais sur toi-même que peu de chose, sinon rien.
La raison en est dans l'obscurité de la chair qui, pour un temps, enveloppe toute âme.
C'est seulement à présent, parce que, par la voix de ma bouche corporelle encore
animée, j'ai imprimé certaines choses sur tes nerfs occipitaux et que, en tant qu'âme, tu a
pu lire en toi-même grâce à ces impressions le mêmes marques originelles, que tu sais à
présent en tant que chair que tu as une âme et que, par ta pensée et ta volonté, tu es
toi-même une âme dont l'être corporel éthérique a la même forme que ton corps. Après
cela, tu ne dois plus t'étonner si je te dis maintenant qu'à mon réveil à la vie terrestre, je
ne saurai plus rien de tout ce que je viens de te dire.

CH52,1 : L'âme de Zorel sur le chemin du renoncement à soi-même. Zorel :


Maintenant, l'ami me dit : Viens, Zorel quitte ces lieux, et je te conduirai dans une autre
contrée ! Nous suivons une belle avenue et les arbres s'inclinent devant celui qui me
précède. L'avenue devient de plus en plus étroite, mais en même temps de plus en plus
serrés, et devient si encombrés d'épines et de broussailles que nous ne passons plus
qu'à grand-peine ! Je demande à l'ami pourquoi nous avons pris un chemin si
irrémédiablement mauvais. Mais l'ami répond : Regarde à droite et à gauche, et tu
verras des deux côtés une mer sans

fond ! Ce chemin, bien que très étroit et épineux pour finir, est la seule bande de terre
ferme qui s'étend entre ces deux mers sans fin. Elle relie tout le monde terrestre à la
grande terre du paradis des bienheureux. Les broussailles servent à protéger cette
langue de terre des tempêtes souvent violente de la mer Grâce à l'enchevêtrement de ce
taillis épineux, les flots se brisent contre lui et déposent entre ses branches serrées leur
écume qui se solidifie peu à peu en pierre, et c'est ainsi que cette langue de terre si
essentielle se renforce au contraire de plus en plus. Car toutes deux, l'humilité comme le
vérité, ont de tout temps été pour l'homme pleines d'épines ! Zorel dit : Je ressent en
moi une clarté singulière et commence à percevoir dans mon coeur, un mouvement qui
est une lumière, et en son centre une forme qui ressemble à l'embryon dans le sein de
la mère ! Mais le voici qui devient grand et fort ! C'est certainement la flamme même de
la vie née de Dieu dans le vrai coeur de l'homme ! La langue de terre s'élargit, les
rivages des deux mers s'éloignent de nous, j'aperçois une terre aux très belles
montagnes, et vois rayonner au dessus des montagnes comme une magnifique aurore

CH53,1 : Zorel au paradis. Zorel dit Oh, comme cette lumière fait du bien à mon être !
Elle m'apparaît maintenant sous la forme d'un enfant de quatre ans gracieux. Oh, je
reconnais bien maintenant qu'il y a qu'un seul vrai Dieu ; mais seuls verront sa sainte
face ceux qui seront parfaitement purs dans leur coeur ! Nous allons à présent aussi vite
que le vent. L'homme de lumière en moi a déjà la taille d'un garçon de huit ans. Nous
sommes proche des hautes montagnes où demeurent sans nombres les plus beaux des
êtres humains ! Ils passent devant nous très vite, sans avoir l'air de nous voir! Nous
sommes parvenus au sommet. Cependant mon homme de lumière est déjà aussi grand
que moi-même, et à présent j'ai sommeil Cyrénius dit : Seigneur, pourquoi faut-il que
Zorel s'endorme ? Je dis : si son âme était à l'état pur, cela pourrait avoir lieu sans aucun
sommeil ; mais du fait que son âme encore reliée par certains liens à son corps, il faut
que se produise avant le changement de stade un certain assoupissement au cours
duquel l'âme entre sans s'en apercevoir, dans le nouveau stade. C'est seulement au
troisième stade qu'elle parvient à une véritable clairvoyance, et ce qu'elle dira alors sera
la parfaite vérité.
Cyrénius dit : Qu'est donc que ce sommeil, comment naît-il, d'où vient-il ? Je dis : Ton
vêtement doit se conformer à la volonté de ton corps, de même que ton corps se
conforme à la volonté de ton âme. Lorsque tu prend ton bain, tu ôtes tes vêtements, et ils
ne fond plus aucun mouvement. En sortant du bain, tes vêtements retrouvent leur
mouvement et se remettent à vivre avec toi. Dans le bain, tu t'es fortifié, et le vêtement
qui t'était devenu pesant te paraîtra après le bain léger comme une plume. Lorsque ton
âme est accablée et affaiblie par les fatigues du jour, le besoin naît en elle d'un repos
réconfortant et fortifiant. L'âme fatiguée quitte son vêtement de chair articulée, et entre
dans le bain fortifiant de l'eau de l'esprit, où elle se lave, se purifie et se renforce ;
lorsqu'elle est redevenue forte, elle reprend son habit de chair et fait de nouveau
mouvoir très facilement les membres pesants de celui-ci. Le récit de Zorel t'a fait
percevoir qu'un autre homme de lumière encore plus intérieur a commencé à se
développer au coeur de son âme, homme envers lequel l'être de l'âme se conduit presque
de la même façon que le corps matériel envers l'âme. Eh bien, cet homme de lumière
n'avait jamais reçu, dans cette âme qui est son vêtement articulé, aucune nourriture
d'aucune sorte ; il se tenait là au coeur de l'âme comme l'oeuf dans le sein de la femme
lorsqu'il n'est pas animé et éveillé par l'homme. Par ce traitement, ma parole et celle de
Zinka ont animé et éveillé le véritable germe de vie originel, et lorsque cela a été fait, il
s'est mis à grandir jusqu'à remplir son âme tout entière, le vêtement de son être spirituel.
Cet homme spirituel qui a été éveillé d'une manière artificielle spirituelle et forcé à une
croissance rapide, est encore faible pour porter une âme pesante, et il aspire à se
reposer. Ce sommeil n'est que l'esprit se dévêtant des parties matérielles de son âme - il
ne
conserve de l'âme que ce qui est semblable à lui, et c'est pourquoi le reste doit se
reposer, de même que le corps se repose quand l'âme se renforce, ou que ton vêtement
repose pendant que ton corps se réconforte se rafraîchit dans le bain.
Cependant, lorsque les parties extérieures les plus grossières et les moins nobles se
reposent pour permettre aux sphères plus nobles de se renforcer, un lien subsiste
toujours entre elles. Si quelqu'un prenait le vêtement que tu as ôté pour le détruire, ton
amour naturel et nécessaire pour ton vêtement y opposerait violemment son veto. C'est
une relation encore plus puissante qui existe entre le corps et l'âme ; celui qui voudrait
prendre à celle-ci avant son temps son habit de chair, recevrait d'elle un traitement fort
curieux. Mais la relation entre l'âme et l'esprit est la plus intense de toute, parce que
l'élément fondamental de l'âme surtout lorsqu'elle est très pure, est lui-même purement
spirituel, et l'esprit serait pris d'une agitation terrible si l'on cherchait à lui arracher
complètement son corps et son vêtement. Pourtant, l'âme doit d'abord se défaire de tout
ce qui est matériel pour que l'esprit puisse attirer à lui comme étant sien ce qui lui est de
même nature en elle et pour s'y unir ensuite en un moi parfait. L'aspect matériel de l'âme
réside dans ce qui habile l'âme. Ce vêtement est l'aspect extérieur encore matériel de
l'âme, qui doit être ôté et mis au repos pour que l'homme spirituel intérieur et divin puisse
passer pleinement dans l'âme qui est désormais très semblable à lui et s'unir à elle. Le
moment de ce passage prend toujours un peu de temps, parce que tout ce qui
appartient à proprement parler au domaine de la vie libre, doit d'abord entrer dans une
relation pleine et entière ( union spirituelle) avec le nouvel être plus noble pour, que le
nouvel être, le nouvel homme céleste, puisse se manifester en tant qu'être capable de
tout ressentir, penser, voir, entendre, sentir, goûter par lui-même et agir de lui-même.
Dans ce sommeil, se produit cette migration spirituelle nécessaire ; lorsque cette
migration est accomplie, le nouvel homme est achevé et n'aura éternellement plus
jamais besoin d'une nouvelle transformation pour demeurer cet être spirituel désormais
parfaitement pur. Dans cet état, cependant, l'être humain est parfaitement accompli et
ne peut plus être davantage dans son essence ; c'est seulement par la connaissance et
par le perfectionnement constant dans l'amour et la sagesse céleste les plus purs et
dans sa puissance qui ordonne, régit et dirige tout l'infini, qu'il lui est possible de croître
constamment en éternité et ainsi d'atteindre également une félicité toujours plus grande,
conséquence d'un amour plus grand, d'une sagesse et d'une puissance toujours plus
grands. C'est en tant qu'homme spirituel ainsi accompli, que Zorel va nous parler à
présent de l'accomplissement de son humanité.

CH56,1 : De la nature de l'homme et de sa vocation créatrice. Zorel dit : Dieu


lui-même est en soi l'être humain originel éternel le plus élevé et le plus parfait de tous ;
autrement dit, l'être humain est en soi un feu dont la sensation est l'amour ; une lumière
dont la sensation est intelligence et sagesse ; enfin une chaleur dont la sensation est la
vie même dans la sphère la plus large de la conscience de soi. Tout a donc son origine
première dans l'être originel unique de Dieu et se développe jusqu'à devenir semblable
à la nature première de l'homme originel, et dans cette ressemblance, l'être issu de Dieu
existe ensuite dans une liberté parfaitement indépendante sous la forme humaine,
comme un dieu lui-même et dans une parfaite affinité avec le Dieu originel, car il est de
même nature que le Dieu originel lui-même.
4 : Chose étrange, je peux voir toutes mes pensés, mes sentiments et mes désirs, et
ma volonté semble donner une enveloppe extérieure à ce que j'ai pensé et ressenti !
Voici donc comment la Création se renouvelle constamment !

CH57,2 : Zorel donne un aperçu des processus naturels d'évolution. Zorel dit : Je te
le dis Zinka ! Tout ce que tu as pensé, dit et fait sur cette terre depuis ton enfance, ainsi
que dans ton existence d'âme avant cette vie terrestre, tout cela est inscrit dans le livre
de la vie ; ton âme en porte un exemplaire dans sa tête, mais le plus grand exemplaire
est posé, toujours grand ouvert, devant Dieu. De ces tiennes pensées ainsi
enregistrées, naîtront aussi un jour de nouvelles créatures.
Habituellement, ces pensées, paroles et actions enregistrées deviennent d'abord des
corps célestes petits ou grands. Ceux-ci sont exposés au feu des soleils jusqu'à ce qu'ils
soient ensuite poussés avec une grande force dans l'espace de la création et laissés
peu à peu et de plus en plus à leur développement spontané.
Peu à peu, grâce au feu et à la lumière du germe de vie contenue en elles, se développe
dans ce monde nouveau né, comme les graines plantées dans la terre, les nombreux
milliers de milliers de pensées et d'idées individuelles qui servent alors de base à ce
nouveau monde pour constituer par la suite toutes sortes d'êtres, tels les minéraux, les
plantes, et les animaux, dont les âmes constituent avec le temps des âmes humaines.
Tu vois donc par là que même la plus petite pensée qu'un homme ait conçue sur terre
ou ailleurs, ne peut absolument jamais se perdre ; et les esprits dont les pensées,
paroles et actions ont constitué un tel nouveau monde par la volonté de Dieu,
reconnaissent très vite, grâce à leur état d'accomplissement, que ledit monde est l'oeuvre
de leurs pensées, paroles, idées et actions et acceptent alors volontiers et avec une
grande félicité de diriger, de parfaire, d'animer entièrement et d'organiser intérieurement
de façon appropriée ce corps céleste lui-même et en définitive toutes les choses et les
être qui devront y subsister. Tu considère à présent notre terre et n'y vois qu'une matière
apparemment morte.
Je vois certes bien, moi aussi, les formes apparemment mortes de cette matière ; mais
j'y vois bien d'autres choses que tu ne verras jamais de tes yeux ? Je vois les choses et
les êtres spirituels qui y sont retenus, je perçois leur efforts et les vois travailler sans
relâche à leur perfectionnement intérieur et au façonnement de formes plus précises et
appropriées, et je vois encore d'innombrables autres esprits grands et petits s'activer
sans relâche tels les grains de sable d'un sablier romain ? Ils ne prennent jamais de
repos, et c'est par leur incessante activité que se fait de façon appropriée, tout le
développement de toute vie naturelle. Je te le dis : dans chaque goutte de rosée
limpide qui frémit sur la pointe d'une herbe, je vois déjà comme dans une mer se
presser en tous sens des myriades d'êtres ! L'eau de cette goutte n'est que la première
et commune incarnation d'une pensée de Dieu.
A partir d'elle, les petits esprits qui y sont emprisonnés constituent ensuite leur
enveloppe propre, où ils prennent aussitôt quelque forme particulière déjà bien différente
de celle de leur enveloppe extérieure commune ; mais dans ce processus, la goutte
d'eau disparaît en tant que telle, et les formes nouvellement constituées en elle en tant
que chrysalides déjà porteuses de vie, s'introduisent alors dans la plante ou dans ce sur
quoi la goutte d'eau s'était formée. Mais ces petites chrysalides se rassemblant,
deviennent aussitôt une nouvelle forme, et les centaines de milliers n'en font plus
qu'une.
Une nouvelle peau se constitue autour de la nouvelle forme, à l'intérieur de laquelle les
nombreuses petites formes sous l'influence de la lumière et de la chaleur, deviennent
l'organisme approprié à la nouvelle forme plus grande, et le nouvel être ainsi créé,
commence une nouvelle activité, qui le prépare à passer derechef dans une autre forme
toujours plus complexe, où il se remet à travailler pour passer dans une forme encore
supérieure et plus accomplie. C'est ainsi que l'activité visible de tout être ayant déjà une
forme déterminée n'est rien d'autre que sa préparation à devenir une forme supérieure
et plus accomplie destinée à renforcer constamment la vie de l'âme et finalement, sous la
forme humaine, la vie purement spirituelle.

CH58, 3 : Ne jugez pas. Je dis : vous avez désormais tous entendu et éprouvé qu'en
tout âme, si malade soit-elle, réside un germe de vie parfaitement sain ; et lorsque cette
âme est rendue à la santé par vos efforts fraternels, ce que vous avez alors gagné,
aucun monde ne pourra vous en payer le prix ! Quelle ne sera pas par la suite l'utilité
d'un homme ainsi accompli ! Qui peut en mesurer la portée ?! Vous, les hommes, ne le
savez pas, mais je sais, moi, quel est le prix d'une telle peine ! C'est pourquoi, je vous le
dis : soyez toujours miséricordieux, même envers les grands pécheurs et les criminels
qui ont enfreint vos lois et celles de Dieu !
Car seule une âme malade est capable de pécher, jamais une âme saine ; l'âme saine ne
peut pécher, car le péché n'est jamais que l'effet d'une âme malade. Et qui parmi vous,
les hommes, peut condamner et punir une âme pour avoir enfreint un de mes
commandements, alors que vous êtes tous soumis à la même loi ? Et l'une de mes lois
dit précisément que vous ne devez juger personne ! C'est pourquoi vous devez avant
tout prendre garde à ne juger personne, et faire comprendre cela à tous ceux qui seront
un jour vos disciples ! Car en observant ma doctrine, vous ferez des hommes des
anges, mais en ne l'observant point, vous en ferez des diables et des juges contre
vous-mêmes. II est vrai que personne n'est parfaitement accompli sur cette terre ;
mais le plus accompli en intelligence et par le coeur doit être le guide et le
médecin de ses frères et soeurs malades, et celui qui est lui-même fort, doit porter le
faible, sans quoi il succombe avec le faible, et ils n'avancent ni l'un ni l'autre ! II est vrai
que votre manière de juger appartient toujours au monde, et il sera difficile d'écraser
complètement la dure tête de diamant du dragon de la tyrannie, car la terre est
précisément le monde où sont mis à l'épreuve mes futurs enfants ; mais il ne devra plus
en être ainsi parmi vous, car les fruits du ciel ont été répandus parmi vous avec leurs
graines abondantes.
Zorel vous a montré clairement en détail quel nouveau fruit merveilleux naissait
lorsqu'une graine était semée dans le coeur. Agissez ainsi, et vous ferez naître la vie
comme de vous-mêmes et obtiendrez aussi la vie éternelle dans toute la perfection qui
vous est désormais connue !

CH59,10 : La où les hommes, qui sont méchants, mais qui se veulent sages, n'ont pu
trouver par eux-mêmes suffisamment de lois pour opprimer l'humanité, ils ont mis en
place des penseurs très inventifs qui, marchant à pas comptés avec des grimaces
extatiques, révélaient quantité de lois qu'ils disaient, en mentant, bien sûr, dictées par
les dieux, apportant ainsi de nouveaux tourments à la pauvre humanité sous la menace
ridicule des punitions éternelles les plus terribles et des plus extraordinaires
récompenses, mais cela bien sûr, après la mort du corps, ce qui est bien sûr bien payé,
car les morts n'ont plus besoin de rien.

CH60,5 : Zorel critique la morale et l'éducation. Si un pauvre diable, poussé par la


nécessité, prend de quoi satisfaire ses besoins les plus urgents là où il trouve un
superflu, on lui en demande compte avec la plus grande rigueur et il est aussitôt très
sévèrement puni ; mais le protecteur de la loi qui vole, assassine et trompe chaque jour
et en toute occasion est au dessus de la loi, ne la respecte en rien et ne croit lui-même à
rien, sinon aux grandes exiges de son intérêt en ce monde ! Peut-on vraiment nommer
divine une institution qui entre dans une contradiction si flagrante avec les exigences
pourtant bien modestes de la pauvre humanité ? ! Quelle raison tant soit peu logique
peut bien approuver cela ?

CH61,5 : Des erreurs du matérialisme. Je dis : Ami, tant que tu mets les droits des
hommes au même niveau que ceux des bêtes ; tes droits naturels fondamentaux sont
parfaitement justifiés ; je ne peux rien leur objecter, et toute loi qui protège la propriété,
de même que toute loi morale, est alors d'un ridicule parfaitement achevé ! II faudrait
être stupide pour imposer aux oiseaux dans le ciel des lois de protection des biens et
autres prescriptions morales, car tout homme doit savoir que pour ces créatures, la
nature est le seul législateur !
Mais si l'homme, comme cela est très possible, est ou devrait être ici-bas dans quelque
but supérieur dont, bien sûr, tu n'as encore jamais eu la moindre idée jusqu'ici, car ta
sagesse qui ne plaide que pour les besoins inférieurs en témoigne fort clairement, tes
principes mathématiques deviennent alors boiteux et chancelants !
Mais que tout homme ait été placé sur cette terre dans un but supérieur devrait déjà
t'apparaître dans le fait qu'à sa naissance, il est bien moins avantagé que n'importe
quel animal, et ne commence à devenir un être humain qu'après plusieurs années se
soins constants. II est contraint de se plier à une règle quelle qu'elle soit, et de gagner
son pain par toutes sortes de justes peines et de loyaux combats.
Mais s'il a reçu des lois, c'est aussi pour qu'il vois en elles la première indication du
chemin qu'il doit suivre pour atteindre son but supérieur, et qu'il les observe de son plein
gré pour le bien de l'évolution et de la détermination autonomes qui seules, par la
suite, lui permettront d'accéder finalement à sa vocation supérieure qui n'est cependant
en aucun cas de devenir un homme-animal doué d'un entendement si aiguisé soit-il,
mais un homme-humain parfaitement accompli._

CH62,6 : Je dis : Vois-tu, c'est parce que tu n'es toi-même pas particulièrement ami du
travail et encore moins de la mendicité que tu as toujours eu en aversion la vieille loi qui
défend la propriété, et c'est pourquoi tu t'es donné à toi-même le droit de prendre
chaque fois que tu pouvais prendre sans être vu ni puni

CH63,8 : Zorel était tout saisi de voir Jean informé de toutes ces choses que lui-même,
pour des raisons bien compréhensibles , n'avait jamais révélés à personne, aussi
demande-t-il à Jean Mais pourquoi raconter tout cela devant tout le monde ? Jean dit :
Sois tranquille, ami ! Si je faisais cela pour te nuire moralement ou physiquement, je
serais un méchant homme ; mais si je dois à présent te découvrir entièrement devant les
hommes, c'est pour ton salut, afin que tu n'apparaisses à personne tel que tu n'es pas !
Si tu veux devenir parfait, tu dois te découvrir, et ton âme ne doit plus dissimuler aucun
secret ; c'est seulement quand tout ce qui est désordre en toi aura été exprimé, que tu
pourras commencer à travailler à ton accomplissement.
Tu pourrais certes te défaire complètement de tes nombreux péchés dans le secret de
ton âme et devenir un homme meilleur, que les hommes respecteraient et honoreraient
pour cela ; car ils ne connaîtraient de toi que le bien et rien du mal, et beaucoup
suivraient ton bon exemple ! Mais si, avec le temps, ils apprenaient d'un témoin digne
de foi quel vulgaire grand pécheur tu as été sans rien en dire, de quels yeux
soupçonneux ne se mettraient pas à te considérer peu à peu tous ceux qui t'honoraient
jusque-là comme un homme pur et suivaient ton exemple !
Toute ta vertu ne serait plus qu'une peau de brebis sous laquelle on commencerait à
imaginer un loup féroce, et, en dépit de toute ta vertu par elle-même irréprochable, on te
fuirait et on éviterait ta compagnie pourtant si instructive. Tu vois par là que pour être
parfait, on doit éviter non seulement la réalité du mal, mais même son apparence, faute
de quoi il est difficile de se rendre véritablement utile à son prochain, ce qui est et doit
être en définitive la principale tâche de tout homme, car on ne peut imaginer sans cela de
société vraiment heureuse sur cette terre !
Si, tous apprennent dès à présent qui tu as été, ce que tu as fais, et comment tu as
vécu, et que désormais tu t'améliores et deviennes au vu et au su de tous un autre
homme parfaitement conscient de ses anciens méfaits et empli à leur égard du plus vrai
et du plus profond dégoût, chacun concevra envers toi la confiance la plus justifiée et la
plus grande bienveillance et t'aimera comme un frère pur aime son frère pur . C'est
pourquoi il faut d'abord ici que tout ce qui te concerne soit rendu public, afin que tu
puisses ensuite adopter utilement une meilleure doctrine.

CH67,10 : Cyrénius s'indigne des crimes de Zorel. Je dis : L'exposition publique qui
en est faite à présent, entre certes dans les détails, parce qu'il est nécessaire qu'il en
soit ainsi ; mais cela ne doit pas te heurter, car je ne laisse arriver cela que pour vous
montrer dans sa totalité une âme malade, et pour finir, le remède qui peut encore la
guérir. Je t'ai déjà montré tout à l'heure qu'il serait stupide et maladroit de punir des
verges et du cachot un homme malade dans son corps pour la raison qu'il est tombé
malade ; mais combien plus stupide et plus maladroit encore est-il de punir
physiquement et moralement un homme par des coups mortels à cause de son âme très
malade !

CH73,1 : De la volonté de connaissance et de la volonté de jouissance en


l'homme. Zorel dit : Il est tout de même remarquable qu'à chacune de mes mauvaises
actions, même les pires, ma volonté ne soit jamais intervenue ! A chaque fois, j'y était
entraîné comme par hasard, et il arrivait exactement le contraire de ce que je voulais
en réalité ! Comment cela se fait-il ? Je dis : Vois-tu la volonté de l'homme est double : la
première de ces deux volonté est celle sur laquelle la connaissance de la vérité possède
un pouvoir de direction et d'attraction, celui-ci toujours assez faible ; quand à la seconde,
le monde des sens et ses messages délicieusement parfumés possède également une
force d'attraction, mais celle-ci puissamment confortée par toute sortes d'habitudes de
vie. Dès que le monde te laisse entrevoir un bon morceau et l'occasion de t'en emparer
facilement, cette puissante force d'attraction se met à tirer violemment sur la corde de la
volonté de ton coeur, et même si la force moins puissante du vrai se met alors elle aussi
à tirer de son côté, cela ne sert pas à grandchose, car de tout temps la force l'a emporté
sur la faiblesse. Pour être agissante, la volonté doit se montrer ferme et résolue et
n'avoir peur de rien.
Elle doit considérer avec l'indifférence la plus stoïque et tourner en dérision tous les
avantages du monde, et suivre le lumineux sentier de la vérité, fût-ce au prix de la vie du
corps qu'elle habite.
C'est alors que la volonté de connaissance, qui sans cela demeure faible, devient forte
et puissante et s'assujettit pleinement la volonté purement mondaine des sensations et
du plaisir. Celle-ci finit par entrer elle-même totalement dans la lumière de la volonté de
connaissance, et l'homme est ainsi enfin unifié, ce qui est d'une importance capitale
pour l'accomplissement de sa nature immortelle.
Car si tu veux être en accord avec toi-même et avec ta pensée, comment pourras-tu
dire : J'ai reconnu la vérité dans toute sa plénitude et sa profondeur, si tu demeure en
toi-même divisé, donc un mensonge pur et simple ? Mais le mensonge n'est rien d'autre,
comparé à la vérité, que ce qu'est la plus épaisse des nuits pour le jour le plus lumineux.
Une nuit ne connaît pas la lumière, et un homme qui est un mensonge en soi ne peut
reconnaître aucune vérité lumineuse, et c'est pourquoi, chez les hommes qui se sont
trop usés en ce monde, la volonté de connaissance a si peu de force qu'elle est jetée
aux orties et vaincue par la moindre traction de la volonté de jouissance mondaine. Du
fait que, chez beaucoup d'hommes, la volonté de jouissance en ce monde a vaincu et
étouffé pour toujours la volonté de connaissance, en sorte qu'il s'en est suivi pour eux
une espèce d'unité intérieure dans l'ignorance, ces hommes sont mort en esprit et sont
donc en soi des damnés qui ne pourront éternellement revenir à la lumière que lorsque
leur matière grossière aura brûlé au feu allumé par leur concupiscence. Mais la matière
de l'âme a la vie bien plus dure que celle du corps, et il faut un feu très puissant pour
consumer et anéantir toute cette matière de l'âme. Seul l'homme qui, par sa volonté
énergique et lucide de connaissance, a totalement vaincu la volonté de jouissance et
c'est donc unifié intérieurement dans la lumière et la vérité, est devenu toute lumière et
toute vérité, et donc la vie même. Pour cela, comme je te l'ai dit, il faut toutefois un
renoncement à soi-même véritablement stoïque. Si tu es capable de cela tu seras
secouru en ce monde et éternellement ; mais si tu ne le peux pas, et ce malgré ta propre
capacité de reconnaître la vérité, c'en est fait de toi, et tu ne pourras plus être secouru,
ni ici bas, ni dans l'au-delà.

CH75,9 : Zorel dit: Si j'avais pu autrefois rencontrer un homme qui m'eût éclairé d'une
aussi brillante lumière sur ce qui est juste et injuste que l'a fait ce Jean , je ne serais
jamais tombé si, profondément dans le vice ; mais j'ai toujours été contraint d'être pour
moi-même le plus intelligent !
Ch764 : Jean dit : Si tu veux apprendre un art quelconque, il te faut aller voir un artiste
qui te montre ses tours de main ; ensuite vient la pratique assidue qui te permet
d'acquérir ces tours de main de telle sorte qu'ils égalent ceux du maître, et tu deviens
alors un artiste comme ton maître. Si tu veux apprendre à penser, tu devras aller chez
un philosophe ; I te fera prendre conscience des causes et des effets, tu commenceras
alors à penser et à conclure et tu diras : l'eau, étant un liquide, peut aisément être mise
en mouvement ; en vertu de son poids, elle doit couler vers l'aval, car, selon l'expérience
commune acquise jusqu'ici, en vertu de la force d'attraction des profondeurs terrestres,
tout ce qui a poids s'est toujours précisément dirigé vers les profondeurs de la terre et
doit continuer de la faire selon la volonté immuable du créateur, ce qui est une loi
obligée dans toute la nature. II s'ensuit cette conclusion : plus un corps est liquide, plus il
contient en lui d'aspiration au repos ; et plus il est facile de le mettre en mouvement.
Mais plus un corps élémentaire doit être facile à mettre ne mouvement, plus il faut qu'il
soit liquide. Tu vois par cet exemple comment on apprend à penser à l'école des
philosophes, et comment on apprend à conclure de la cause à l'effet ainsi que l'inverse.
Seulement, toute pensée de cette nature se meut dans un cercle auquel elle ne trouve
jamais d'issue, car il ne peut y en avoir. C'est pourquoi une telle pensée est de peu ou
d'aucune utilité à l'homme pour son être, sa volonté et sa pensée intérieurs et spirituels.
Cependant, si tu peux acquérir un art quelconque qu'auprès d'un artiste et une pensée
rationnelle organisée qu'auprès d'un philosophe, de même, tu ne peux apprendre la
pensée intérieure spirituelle que d'un esprit, à savoir l'esprit de Dieu qui pénètre tout, tel
qu'il existe en toimême, autrement dit, seul un esprit peut éveiller un esprit ; car un esprit
voit et reconnaît un autre esprit comme un oeil en voit un autre et sait que c'est un oeil
et comment il est fait. L'esprit est la vue intérieure de l'âme, et sa lumière pénètre tout,
parce qu'il est la lumière la plus intérieure et donc la plus pure. Tu vois maintenant par là
comment se passe l'apprentissage des différentes sortes de sujets, et comment, pour
tout ce que l'on veut apprendre, il faut toujours avoir le professeur le plus capable, si l'on
ne veut pas demeurer un éternel maladroit ; mais même si l'on a trouvé le meilleur des
professeurs, il reste très important de faire très exactement et avec beaucoup de zèle ce
que le maître a ordonné ou conseillé. Quand l'esprit s'éveillera en toi, tu percevras sa
voix comme une pensée lumineuse dans ton coeur. Tu dois écouter ces pensées et te
régler sur elles pour tout ce qui concerne ton existence, procurant ainsi à ton propre
esprit un espace d'action toujours plus grand, de la sorte, ton esprit grandira en toi
jusqu'à atteindre la taille d'un homme, et il imprégnera ton âme tout entière et avec elle
tout ton être matériel. Seulement maintenant tu dois apprendre ce qu'il faut faire pour
éveiller ton esprit. “ Eveille-toi à l'amour en Dieu et de là à celui de tes frères, au nom de
celui qui est et fut de toute éternité, et qui sera éternellement !

CH77,5 : Zorel demande à Jean : Mais comment Jésus est-il parvenu à une telle
perfection ? Jean répond : Autant demande de quelle manière Dieu est parvenu à l'infini
perfection de sa sagesse et de sa puissance ! Dieu lui-même a choisi celui-ci pour être
sa demeure vivante ! Telle est la grande bénédiction qui, à travers cet élu, advient à tous
les peuples. L'aspect humain que tu lui vois est en quelque sorte le fils de Dieu ; mais en
lui réside la pleinitude de l'esprit de Dieu ! II n'a fait et ne fait encore tout cela que pour
que les hommes aient en lui le modèle le plus parfait possible, afin qu'ils le suivent
comme le principe et le maître authentique de toute vie et de toute créature.
Mais lorsque tu iras vers lui, vas-y dans l'amour de ton coeur, et non avec ta seule
raison ! Car ce n'est que par l'amour que tu peux et dois accéder à lui et le comprendre
dans sa divinité ; mais avec ta raison, cela te serait à jamais impossible ! Car l'amour pur
est seul capable de croître éternellement, tandis que la raison a ses limites au-dessus
desquelles elle ne pourra jamais se hausser !
Plus cet amour sera puissant en toi, plus il fera clair dans tout ton être! Car le pur amour
envers Dieu est un feu vivace et une lumière qui brille d'un vif éclat. Celui qui avance
dans cette lumière ne verra jamais la mort éternelle, comme il l'a dit lui-même. Zorel dit
: Ami plus je pense et repense à tes paroles, plus il me paraît difficile de l'approcher et
de lui demander, moi qui suis si indigne de sa grâce, qu'il me montre lui-même le
lumineux chemin de la vie ! Car je sent émaner de lui une sainteté qui me dit sans cesse
: Arrière, homme indigne ! Fais d'abord pénitence 78,une année entière, et ensuite
seulement, reviens me voir si tu peux toucher le bord de mon vêtement

Jean dit : C'est bien ainsi ; l'humilité du coeur doit toujours précéder le vrai amour
envers Dieu le Seigneur ! Patiente encore un peu dans cette juste contrition de ton
coeur devant lui ; mais quand il t'appellera, n'hésite plus et va à lui en toute hâte ! A ces
mots, Zorel retrouve un peu le calme, mais il pense beaucoup à la bénédiction que ce
serait de pouvoir s'avancer sans péché vers le Très-Saint.

CH78,3 : Le chemin de la vie éternelle. Je dis à Zorel : Ainsi viens à présent vers moi,
et je t'indiquerai ce que mon disciple ne peut t'indiquer, c'est-à-dire le seul vrai chemin
de la vie, de l'amour et de la vraie sagesse née de celui-ci ! Ami, le chemin qui mène à la
vie de l'esprit est étroit et épineux ! Autrement dit, tout ce que, dans cette vie, tu
rencontreras de colère, d'amertume et de désagrément de la part des hommes,
combats-le par la patience et la douceur, et à celui qui te fait du mal, ne rends pas la
pareille, mais agis au contraire de lui, afin qu'il en soit honteux.
A celui qui te frappe, ne rends pas la monnaie de sa pièce, mais laisse-toi plutôt frapper
une fois de plus afin que la paix et la concorde reviennent et demeure entre vous, car
c'est seulement dans la paix que s'épanouit le coeur, et que l'esprit peut croître dans
ton âme.
Si quelqu'un te demande un service ou une aumône, ne les lui refuse pas, à condition
que le service demandé ne soit pas contraire aux commandements divins ni aux lois de
l'état, ce que tu sauras bien apprécier. Si quelqu'un te demande ta tunique donne-lui
aussi ton manteau, afin qu'il connaisse que tu es un disciple de l'école de Dieu !
S'il le reconnaît, il te laissera ton manteau ; mais s'il le prend, c'est que sa
connaissance est encore trop faible , et tu ne dois pas regretter ton manteau, mais que
ton frère n'ait pas encore reconnu l'approche du royaume de Dieu ! Celui qui te
demande de l'accompagner une heure, reste deux heures avec lui, afin que ta bonne
volonté soit pour lui un témoignage de ce que doit être l'école dont est issu celui qui est
capable d'une telle abnégation ! De cette manière, même les sourds et les aveugles
recevront le signe que le règne de Dieu est presque arrivé. C'est à vos ceuvres que l'on
reconnaîtra que vous êtes mes disciples ! Car il est plus facile de bien prêcher que de
bien agir. Mais à quoi bon une parole creuse, si l'action ne lui donne vie ! Seule l'action a
une valeur.

CH79, 2 : De la pauvreté et de l'amour du prochain. Je dis : Celui qui est déjà pauvre
demande l'aumône nécessaire à ses frères mieux nantis ; s'il se heurte à des coeurs
endurcis, qu'il se tourne vers moi, et il sera secouru ! La pauvreté et le dénuement
n'excusent pas le vol, et encore moins le meurtre du volé ! Celui qui est pauvre sait
désormais vers où se tourner.
La pauvreté est certes une très grande plaie pour l'humanité, mais elle porte en elle le
précieux germe de l'humilité et de la vraie simplicité, et c'est pourquoi elle demeure
toujours parmi les hommes ; cependant, les riches ne doivent pas la laisser devenir trop
grande, sans quoi ils seront en très grand danger ici-bas et aussi un jour dans l'au-delà.
Les mauvais esprits s'empareront de l'âme au coeur dur, et ils la corrompront et la
rendront pareille à une âme animale, et c'est ainsi également qu'elle se manifestera dans
l'au-delà. Mais un coeur doux et tendre sera bientôt et facilement traversé par la grâce,
dont l'essence est elle-même de tendresse et d'extrême douceur, et je viendrai alors
moi-même demeurer dans ce coeur dans toute la plénitude de mon amour et de ma
sagesse.

Ch80,2: De la concupiscence. Après ce désagréable fléau de la pauvreté, venons en à


un autre domaine, qui est celui du désir de la chair. C'est là qu'en réalité réside peu ou
prou le plus grand mal pour tous les hommes. Car c'est de ce désir que naissent
presque toutes les maladies du corps, et surtout tous les maux de l'âme , soyez-en
absolument sûr et certains. L'homme renonce plus facilement à tous les autres péchés
qu'à celui-ci ; car ceux-ci n'ont que des motivations extérieures, alors que celui-ci porte
sa motivation en lui-même et dans la chair pécheresse. Aussi devez-vous détourner les
yeux des dangereux attraits de la chair tant que vous ne serez pas devenus les maîtres
de votre propre chair ! Protégez les enfants de la première chute et préservez leur
pudeur ; ainsi à l'âge adulte, ils maîtriseront sans peine
leur chair et ne succomberont pas aisément ; mais il suffit d'une négligence, et l'esprit
malin de la chair en prend aussitôt possession !
Car aucun diable n'est plus difficile à chasser de l'homme que ce diable de la chair, qui
ne peut en sortir qu'à force de jeûne et de prière. Gardez-vous de harceler les petits ou
de les stimuler et d'enflammer leur chair par un excès d'ornements et de vêtements
provocateurs ! Malheur à celui qui se rendra ainsi coupable de péché contre la nature
des enfants !
Car une fois que la chair est devenue fragile, l'âme, n'étant plus fermement soutenue, ne
progresse plus que difficilement vers son accomplissement. Quel travail pour une âme
faible que de guérir une chair faillie et de lui rendre son intégrité ! Avant sa
vingt-quatrième année, l'homme ne doit pas toucher à une fille, vous savez comment il
faut l'entendre avant tout, et la jeune fille doit avoir au moins dix-huit ans révolus, ou
pour le moins dix-sept ; avant ce temps, elle n'est mûre qu'au pis-aller et ne doit
connaître aucun homme !
Car avant ce temps, il arrive que l'une d'elle ou l'autre atteigne une maturité précaire ; si
un homme luxurieux la touche prématurément, sa chair devient fragile et son âme faible
et souffrante. II est difficile de guérir la chair faillie d'un homme, mais combien plus
difficile celle d'une jeune fille, lorsqu'elle a été brisée avant le temps !
Car premièrement, elle ne mettra pas souvent au monde des enfants sains, et
deuxièmement , cela l'amènera de semaine en semaine à rechercher davantage le
commerce charnel, pour devenir finalement une vraie prostituée, c'est-à-dire une
pitoyable flétrissure pour le genre humain, non pas tant en elle-même qu'en ceux dont
l'incurie l'a menée là. Cependant, malheur à celui qui profite de la pauvreté d'une jeune
fille pour briser sa chair !
En vérité, pour celui-là, mieux vaudrait ne jamais être né ! Mais celui qui couche avec
une prostituée déjà corrompue au lieu de rechercher les justes moyens de l'éloigner de
la voie de la corruption et de l'aider à trouver le bon chemin, celui-là devra un jour subir
par moi un jugement très sévère et multiplié ; car celui qui frappe un homme sain ne
pèche pas aussi gravement que celui qui maltraite un infirme. Celui qui couche avec une
jeune fille tout à fait mature et saine est aussi pécheur, il est vrai ; mais comme le mal
ainsi commis n'a pas de conséquences particulièrement néfastes, surtout si les deux
parties sont parfaitement saines, il n'est soumis qu'à un jugement mineur.
Mais celui qui, par pure luxure déjà enracinée, traite une jeune fille, même mûre,
comme il ferait d'une prostituée, et cela sans qu'un fruit vivant soit conçu dans le sein de
la jeune fille, celui-là encourt un double jugement ; et s'il fait cela avec une prostituée,
c'est alors un décuple jugement qu'il devra encourir ! Car une prostituée est une jeune
fille totalement ruinée dans sa chair et dans son âme. Celui qui, d'un coeur loyal et qui
m'est fidèle, l'aide à sortir de cette grande misère, celui-là sera un jour grand dans mon
royaume.
Mais celui qui couche à vil prix avec une prostituée et la rend pire qu'elle ne l'était,
celui-là recevra un jour le même salaire que reçoivent les meurtriers dans le bourbier
réservé à tous les diables et à leurs serviteurs. Malheur au pays, à la ville où se pratique
la prostitution, et malheur à la terre lorsque ce grand mal se mettra à dominer sur son
sol ! A de tels villes et à de tels pays, je donnerai pour maîtres des tyrans, et ceux-ci
imposeront aux hommes de lourds tributs qui affameront leur chair et la détourneront
des actions scélérates qu'un homme est capable de commettre contre ses pauvres
contemporains ! Une prostituée perd tout honneur et tout respect par ceux-là mêmes qui
usent d'elles à vil prix, et sa chair sera ensuite la proie de toute sortes de maladies
épidémiques incurables ou pour le moins difficilement guérissables. Mais si elle
s'amende véritablement, elle sera de nouveau en grâce devant moi !
Si, pour satisfaire sa luxure, un homme recourt à d'autre moyens que le réceptacle
disposé par moi dans le sein de la femme, il lui sera difficile de contempler un jour ma
face ! Eloignez de tels pécheurs de vos communautés, laissez-les dans un grand
dénuement au lieu de leur bannissement, et ne les reprenez que lorsqu'ils viendront
presque nus aux frontières du pays, pour les mettre dans un hôpital des âmes qu'ils ne
devront pas quitter avant d'être parvenus à une complète guérison. Ce qui sera plus
salutaire que de les laisser contaminer les hommes non corrompus d'une communauté.
Aussi garde toi de tout excès ; car c'est dans l'excès et la démesure que se trouve la
semence de la luxure ! Ne te laisse jamais entraîner dans la démesure dans le manger
comme dans le boire, sans quoi il te sera difficile de dompter ta chair !

CH81,3 : Du vrai don agréable à Dieu. Le vol naît principalement de l'égoïsme, car
de celui-ci résultent la paresse et le penchant pour la bonne vie et l'inaction. II s'ensuit
un certain manque de courage qui, associé à une timidité orgueilleuse, fait que l'on ne
condescend pas, il est vrai, à des sollicitations importunes, mais que l'on se résout
d'autant plus aisément à voler et à prendre en cachette. Dans le vol reposent donc
quantité de faiblesses, parmi lesquelles l'égoïsme exacerbe est la cause très évidente
de toutes les autres. C'est toujours par un véritable amour vivant du prochain que ce mal
de l'âme sera le mieux combattu.
Les oeuvres de l'amour du prochain ne s'accomplissent pas uniquement par le don,
mais avant tout par toutes sortes de bonnes actions et de services loyaux et sincères, ce
pour quoi la bonne volonté ne doit bien sûr pas faire défaut. Car la bonne volonté est
l'âme et la vie d'une action ; sans elle l'action la meilleure en soi n'a aucune valeur
devant le tribunal de Dieu.
Si, voyant ton prochain dans quelque nécessité, tu éprouve vivement le désir, même
sans aucun moyen, de l'aider de quelque manière, et si cela pèse à ton coeur de ne
pouvoir le faire, alors ta bonne volonté vaut bien plus devant Dieu que l'œuvre d'un autre
qu'il aurait d'abord fallu convaincre de quelque manière. Tu vois par là qu'aux yeux de
Dieu, et pour le bien de sa propre vie spirituelle intérieure, tout homme, qu'il soit riche ou
pauvre, peut exercer l'amour du prochain ; cela ne dépend que la bonne volonté vivante
avec laquelle chacun fait de bonne grâce et en toute abnégation ce qui lui est possible.
Et ce que tu fais ou donnes, tu dois aussi le faire ou le donner avec beaucoup de joie ;
car celui qui donne et agit de bonne grâce vaut deux fois plus devant Dieu, et il est aussi
deux fois plus proche de la perfection spirituelle ! Ainsi la joie et l'amabilité de celui qui
donne ou agit est-elle précisément cette abondante si recommandable de la vraie
chaleur vitale spirituelle intérieure, grâce à laquelle l'âme peut et doit mûrir deux fois plus
vite pour accueillir pleinement l'esprit dans tout son être, parce que cette chaleur
représente précisément le passage de l'esprit éternel dans l'âme où il réside, passage
grâce auquel cette âme devient toujours plus semblable à lui. Un donateur joyeux et
aimable, console et élève le coeur de celui qui reçoit et l'amène à des pensées de
gratitude. De plus il l'emplit d'une confiance pleine d'amour et d 'espoir en Dieu et dans
les hommes, et son joug naguère encore si pesant lui devient un léger fardeau qu'il
portera ensuite avec plus de patience et de dévouement qu'il ne l'avait fait jusque là.

CH82,1 : De l'humilité et de l'orgueil. Je dis : Il existe en tout être un sentiment de


grandeur et d'amour propre qui ne s'enflamme que trop aisément, à la moindre
occasion, en une colère passionnelle qui ne pourra s'apaiser, voire s'éteindre tout à fait,
avant d'avoir dévoré la victime qui l'a offensé.
Mais cette terrible passion détruit l'âme et la rend matérielle au point qu'elle devient bien
moins propre à l'accomplissement intérieur spirituel que le sable brûlant du grand désert
africain ne l'est à étancher la soif ! Voyez ce roi fier que son voisin a offensé par quelque
vétille, telle est sa devise sans rémission “ Contre l'offenseur infâme, la plus terrible
vengeance ”
La conséquence bien connue et fort triste est une guerre dévastatrice dans laquelle des
centaines de milliers d'hommes doivent se laisser pitoyablement massacrer pour leur fier
et arrogant monarque. De sa tente, le roi courroucé contemple alors avec satisfaction la
furieuse tuerie et récompense magnifiquement par de l'or et des pierres précieuses ceux
des guerriers les plus enragés qui ont pu infliger les pertes les plus grandes et les plus
sensibles à la partie adverse. Gardez-vous donc avant tout de l'orgueil ; car rien ne
détruit davantage l'âme que l'orgueil et la fierté sans cesse écumants e colère ! Celui qui
sert l'orgueilleux finissent eux aussi par devenir orgueilleux lui-même ; comment sans
cela, pourrait-il le servir ?
CH3,2 : De l'apprentissage de l'humilité. Je dis : Comment donc un homme peut-il se
prémunir contre cette passion pire que toutes les autres, si toute âme en porte en elle le
germe, qui bien souvent atteint dès l'enfance un développement considérable ? Cela
n'est possible que par l'humilité ! Et c'est précisément pourquoi, sur cette terre, la
pauvreté est tellement plus répandu que l'aisance parmi les hommes, afin que par là, les
rênes soient toujours tenus serrés à l'orgueil. Essaie de mettre un pauvre mendiant sur
un trône de roi, et tu constateras bientôt que sa patience et son humilité précédentes
s'enfuient plus vite que l'éclair.
C'est pourquoi il est très bon qu'il y ait fort peu de rois et beaucoup d'humbles
mendiants. Tout âme possède en elle, hérité de Dieu dont elle est l'idée et la volonté, un
sentiment de majesté dont on note déjà fort bien la présence dans la pudeur des
enfants.
Ce sentiment de pudeur et de honte des enfants représente la sensibilité de l'âme qui,
commence à s'éprouver elle-même, et qui manifeste ainsi mutuellement son
mécontentement de se voir, en tant qu'esprit, revêtue d'une chair pesante et incommode
dont elle ne saurait se débarrasser sans douleur ; plus le corps d'une âme est tendre et
sensible, plus son sentiment de honte sera fort. Mais si un bon éducateur sait orienter
cet inévitable sentiment vers une juste humilité, il crée à l'enfant à partir de ce sentiment,
un esprit protecteur et le met sur une voie qui, s'il la suit, le mènera sans peine à un
accomplissement spirituel précoce ; mais si la direction donnée à ce sentiment inné
dévie tant soit peu, cela peut le conduire aussitôt à l'orgueil et à la fierté.
C'est donc une grave erreur que de dévier ce sentiment de honte des enfants vers ce
qu'on appelle l'amour propre et l'ambition car l'enfant commence très vite à se croire
supérieur aux autres. II s'offense et se froisse aisément et en pleure avec amertume ;
par ces pleurs, il indique clairement qu'on l'a blessé dans son sentiment de dignité. Mais
si des parents faible et peu prévoyants cherchent alors à calmer l'enfant offensé en
rejetant, même pour la forme, la responsabilité et la faute sur l'offenseur, ils déposent
ainsi en l'enfant, le premier germe du désir d'apaisement de la soif de vengeance ; et si
ces parents persistent à
Si, au contraire, les parents sont intelligents et montrent constamment à l'enfant dès
son plus jeune âge qu'il doit accorder la plus grande valeur aux autres personnes et
enfants, orientant ainsi son sentiment de honte vers une juste humilité, ils feront de leurs
enfants des anges qui seront plus tard pour les autres de véritables exemples vivants,
les éclairant comme les plus belles étoiles dans la nuit de la vie terrestre et les
réconfortant par leur douceur et leur patience. Mais comme les enfants ne reçoivent
que rarement une telle éducation qui éveille l'esprit dans leur âme, l'homme parvenu à
l'âge adulte et à une connaissance plus pure doit avant tout veiller à s'appliquer de toutes
ses forces à une vraie et juste humilité.
II ne peut entrer ni ici-bas ni dans l'au-delà dans la pleine perfection spirituelle avant
d'avoir effacé en lui le dernier résidu de sentiment d'orgueil. Si quelqu'un veut éprouver
en lui même s'il est parvenu à une complète humilité, qu'il interroge son coeur et se
demande s'il peut être offensé par quoi que ce soit, s'il peut pardonner facilement et de
bon coeur à ses plus grands offenseurs et persécuteurs et faire le bien à ceux qui lui ont
causé du tort, s'il n'éprouve jamais le moindre désir d'une quelconque gloire en ce
monde, s'il lui est même agréable de se sentir le plus humble parmi les humbles afin de
pouvoir servir chacun en toute chose !
Celui qui peut tout cela sans peine ni tristesse, celui-là habite dès ce monde le plus
haut ciel de Dieu et y demeure pour l'éternité ; car, par une si vraie humilité, l'âme devient
une, non seulement avec son esprit, mais aussi avec la plus grande partie de son corps.
C'est pourquoi également un tel homme ne sentira et n'éprouvera jamais la mort du
corps, parce que toute la partie éthérique du corps, qui est à proprement parler celle de
la vie naturelle, est devenue immortelle dès ce monde avec l'âme et son esprit. Par la
mort physique, c'est seulement la structure apparente, sans vie ni sentiment, qui se
détache de l'âme, ce qui ne peut causer à l'âme ni crainte ni aucune sorte de douleur,
parce que tout ce qu'il y a de sentiment vivant dans le corps s'est depuis longtemps uni
à l'âme ; en conséquence, n homme d'une nature aussi accomplie ne peut davantage
éprouver la perte d'un corps extérieur apparent de toute façon déjà dépourvu de
sentiment, et donc mort, que lorsque, pendant le temps de sa vie naturelle, il coupe à ce
corps les cheveux ou les ongles là où ils sont hors de sa chair, ou lorsqu'une petite
écaille se détache ici ou là de la partie superficielle déjà insensible dans le corps ne peut
pas davantage être sensible lorsque l'âme se retire totalement du corps, puisque tout ce
qu'il y a de sensible et de vivant dans le corps s'est dès auparavant totalement uni à
l'âme et ne forme plus avec elle qu'un seul être qui n'en sera plus jamais séparé.
Tu sais ce qu'est à présent la vraie humilité et quel sont ses effets, et tu t'appliqueras
ainsi par la suite à pratiquer cette vertu ! Qui vit et agit selon elles est sur le chemin de la
vraie perfection intérieure et spirituelle de la vie

CH8417 : Bonnes résolutions de Zorel. Zorel dit : Quand à moi, je travaillerai et je


servirai les hommes en tout ce qui est juste devant Dieu ; je peux fort bien travailler, car
j'ai acquis au cours de ma vie des savoir-faire et puis donc me rendre utile. Mais le
temps me sera-t-il accordé de faire correspondre mes actions à la destinée que je me
suis fixée pour le temps qui me reste et pour l'éternité ? Je dis : Puisque tu es si changé
à présent tu es également pourvu pour l'avenir. Tu me seras un bon instrument . Tu as
tout ce qu'il te faut ; l'esprit de la vérité t'enseignera le surplus. Quand tu auras à parler, il
ne te seras pas nécessaire de réfléchir, car les mots te seront mis à l'instant dans le
coeur et dans la bouche, et les peuples t'entendront et loueront celui qui t'a donné une
telle sagesse et une telle force.

CH86,9 : De la vraie humilité. Je dis La vraie humilité et le vrai amour du prochain


demeurent en vérité dans vos coeurs, et non dans votre apparence extérieure. Ne jugez
surtout pas au vêtement ou à quelque dignité extérieure, mais seulement à la conduite
de l'homme selon son coeur et ses sentiments ! Si celle-ci est noble, douce et patiente,
annoncez-lui alors l'évangile et dites-lui La paix soit avec toi au nom du Seigneur, et
avec tous les hommes de bonne volonté sur cette terre ! Cette bien heureuse paix
demeurera en lui et l'évangile qui lui aura été annoncé portera bientôt les plus beaux
fruits célestes !

CH90,5 : De l'âme et du corps. Je dis : Je vais vous parler de la relation entre l'âme et
le corps ! L'âme qui est un mélange d'éléments composites assemblés, est par nature
entièrement faite de substance éthérique. Mais comme le corps est lui aussi
fondamentalement composé se substance éthérique, il a une parenté avec l'être
substantiel de l'âme. Et c'est précisément cette affinité qui unit l'âme au corps, du moins
tant que celui-ci, avec le temps, ne devient pas trop exclusivement matériel, car il n'a
plus alors qu'une affinité très faible, voire nulle, avec l'être organique de l'âme, et même
lorsqu'il en reste quelque chose, cette substance de l'âme doit d'abord se séparer du
corps par le processus de putréfaction avant d'être ramenée à l'âme en quelque sorte
nue dans l'au-delà.
Mais si l'âme elle-même a fini par prendre en elle trop de matérialité du corps, alors la
mort du corps l'atteint elle aussi et elle doit pourrir avec le corps et se réveiller seulement
au bout de plusieurs années terrestres, étant bien sûr très imparfaite, et il lui est alors
très difficile de s'élever vers une plus grande lumière, parce qu'elle n'existe qu'en tant
qu'obscur objet terrestre où ne demeure qu'un peu de vie, et les ténèbres de toute part.
II ne peut être question d'un éveil de l'esprit en elle avant que le temps, le dénuement et
toutes sortes de mortification aient détaché de l'âme et entraîné loin d'elle tout ce qui est
obscurité matérielle du monde et substance grossière ou en quelque façon corporelle .
Mais ce qui est déjà visible et même tangible dans la nature extérieure est d'autant plus
développé et prononcé dans le royaume des esprits. En toute vie déjà constituée existe
le besoin insatiable de s'intégrer toujours plus de vie ; et ce principe d'unification est en
vérité l'amour ?
Si ce principe n'était pas premier en toute vie, il n'y aurait dans l'infini de l'espace ni
soleil, ni terre, et pas davantage de créatures sur eux et en eux.
Mais le principe d'unification de la vie demeure dans la vie même, et que toute vie libre
s'efforce sans relâche de s'unir à une autre vie qui lui soit semblable et analogue, un
grand nombre de vies et d'intelligences séparées finissent par ne plus former qu'une
seule vie et une seule intelligence multiple, donc d'une portée très étendue, et c'est ainsi
que se constitue également, à partir de nombreux petits êtres doués de peu de raison,
un être pourvu de beaucoup de raison et d'intelligence.
Ch91,5 : Du perfectionnement des âmes pauvres dans l'au-delà. Je dis : Pour des
âmes trop immatures et nues, une révélation supérieure les lierait et les enfermerait par
un jugement dont elles ne pourraient plus jamais se libérer . La vérité la plus haute et la
plus pure deviendrait entre leurs mains, la plus noire des superstitions et s'enracinerait si
bien que pour finir, je n'aurais moi-même plus aucun moyen de les en délivrer.
C'est pourquoi il est nécessaire qu'ils demeurent tels qu'ils sont pendant mille ans
encore. Alors seulement, ils pourront recevoir la visite d'hommes à l'esprit vraiment
éveillé, qui ne leur donneront cependant encore de longtemps aucun enseignement,
mais seulement un exemple qui les éveille quelque peu.
Par la suite, de telles surprises leur seront envoyées de plus en plus souvent pour les
éveiller. Au bout de quelque siècles de cela , ces peuples nus seront un peu plus vêtus,
physiquement et spirituellement, et deviendront alors peu à peu mûrs pour une
révélation supérieure. II en va de même, mais plus péniblement, dans l'au-delà pour le
perfectionnement et l'accomplissement de la vie d'une âme naturelle complètement nue.
Elle doit être laissée à elle-même dans une complète absence de lumière jusqu'à ce
que, poussée par sa propre misère, elle se secoue de sa léthargie encore plus qu'à
demi matérielle et se mette à concevoir intérieurement des pensées tant soit peu plus
nettes. A mesure que ces pensées s'esquissent de plus en plus nettement et
précisément, une lueur commence à poindre dans cette âme et elle trouve sous elle un
sol sur lequel elle peut se tenir à peu près debout et aussi, peu à peu, commencer à se
déplacer. Ce déplacement représente le passage d'une pensée à une autre, d'une
impression à une autre.
C'est une quête, et il faut que cette quête soit suivie de quelque découverte, sans quoi le
chercheur, s'il ne trouvait rien pendant trop longtemps, serait finalement affaibli par ses
efforts infructueux et contraint de retomber dans son ancienne léthargie.
Mais la moindre chose trouvée par l'âme qui a entrepris cette quête active lui donne un
nouvel élan encore plus grand pour chercher et explorer toujours plus loin et plus
activement, et lorsqu'elle commence à découvrir des traces de l'existence de ses
semblables, elle part à leur poursuite comme un chien de chasse et n'a de cesse qu'elle
n'ait trouvé quelque chose qui témoigne au moins de la proche présence de ses
semblables.
Mais cette quête sans cesse élevée à une puissance supérieure, la fait en même temps
mûrir et elle cherche à se nourrir de tout ce qu'elle trouve au hasard pour recouvrir son
corps substantiel d'âme. Et elle trouve aussi, ici ou là, de quoi remplir son estomac, fût-ce
maigrement, et apaiser sa soif souvent brûlante.
Car lorsqu'une âme devient ainsi vraiment avide à cause du feu vital toujours plus actif
en elle, elle trouve devant elle en quantité toujours plus grande tout ce dont le besoin a
pu s'éveiller en elle.

CH92,1 : Je dis : Cependant, il faut alors que l'esprit qui dirige et guide une telle âme
comme à distance fasse preuve de la plus grande prudence, afin que cette âme ne
trouve effectivement, au cours de sa quête, que ce qui peut la mener plus loin dans son
accomplissement. Avec le temps, elle pourra ainsi rencontrer une âme semblable à elle,
et pressée par des besoins presque identiques, avec laquelle elle entre naturellement, et
se mettent peu à peu à délibérer sur ce qu'elles pourraient faire pour rendre leur sort un
peu plus supportable. II est bien entendu que la seconde âme ne doit ressembler qu'en
apparence à la première, à peine sortie de son complet isolement ; sans quoi ce serait
donner pour guide à un aveugle un autre aveugle : ils tombent trop facilement tous deux
dans un fossé, et se trouvent alors en plus mauvaise posture que ne l'était le premier
dans sa solitude.
Or, l'esprit humain qui rencontre comme par hasard la jeune âme en quête ne doit rien
laisser paraître de sa perfection, mais au contraire être au début exactement pareil à la
jeune âme. Rit-elle, il rit avec elle ; pleure-t-elle, il pleure aussi ! Seulement, lorsque l'âme
s'irrite contre son destin et se met à jurer et à maudire, l'esprit ne fait bien sûr pas de
même, mais s'il fait mine au début d'être lui aussi quelque peu contrarié de son sort ( en
apparence ) semblable, il joue surtout l'indifférent à qui tout ce qui lui arrive est égal !
Si les choses ne veulent pas aller mieux, eh bien, qu'elles restent comme elles sont !
Cela rend la jeune âme plus accommodante et lui apprend à se satisfaire du moindre
petit avantage qu'elle découvre en chemin, là encore comme par hasard. Quand dans
l'au-delà, une âme comme celle-ci s'est trouvé une petite place, on l'y laisse aussi
longtemps qu'elle n'éprouve pas d'elle-même le besoin d'améliorer son sort ; car de
telles âmes sont semblables à ces hommes qui ici-bas, se contentent fort bien d'une
toute petite terre, pour peu qu'elle leur rapporte juste de quoi se suffire à eux-mêmes.
Tout ce qui est plus élevé, plus accompli et meilleur ne leur inspire aucune envie et ils
ne s'en préoccupent pas. Que leur importent les occupations d'un empereur ou d'un
général ! Qu'ils aient seulement de quoi manger et leur petite tranquillité, et ils s'estiment
parfaitement heureux et ne désireront jamais rien de plus. II en va donc ainsi, dans un
deuxième temps, de l'âme qui, comme nous l'avons dit, est sortie de son dénuement et,
par ses efforts, s'est procuré de quoi pouvoir considérer son état comme supportable et
ne plus se soucier de rien d'autre, chose qu'elle fuit et redoute d'ailleurs, car elle déteste
tout ce qui pourrait lui demander quelque effort.
Notre âme dans l'au-delà est donc à présent pourvue en cela qu'elle a par exemple
trouvé chez d'assez bonnes gens un service qui lui procure le nécessaire, l'esprit guide
n'a désormais plus rien à faire que de laisser cette âme jouir tranquillement pendant
quelque temps de ses possessions. Lui-même doit s'éloigner momentanément, faisant
comme s'il allait chercher fortune ailleurs, puis revenir et raconter qu'il a trouvé mieux,
mais cela méritait beaucoup plus d'efforts et de travail !
L'âme demandera en quoi consiste ces efforts, ce que le guide expliquera. Si l'âme en
éprouve l'envie il l'y conduira ; sinon il la laissera, et fera en sorte que son jardin
devienne de moins en moins productif et finisse par ne plus donner le strict nécessaire !
Et comprenant l'inutilité de ses efforts, elle exprime le souhait d'abandonner cette
demeure et d'entrer dans un service où elle pourra, assurément sans que son travail et
sa peine en soient accrus, trouver une pitance suffisante.
Lorsqu'un tel désir s'est assez vivement exprimé dans l'âme, celle-ci est amenée et
établie dans un service qui lui donne beaucoup de travail. Le guide la quitte alors de
nouveau sous un quelconque prétexte, faisant mine d'avoir lui-même trouvé ailleurs un
service certes contraignant, mais fort bien doté. L'âme est alors mise à la tâche, qu'elle
doit accomplir avec une grande rigueur.
On lui dit et lui laisse entendre que toute négligence sera sanctionnée d'un retrait sur
les gages convenus, mais qu'en revanche un travail bénévole en sus de ce qui est
convenu sera considéré comme très louable.
A présent, l'âme va soit exécuter la tâche convenue et au-delà, soit trouver qu'on lui en
demande trop, devenir paresseuse et tomber ainsi dans une misère encore plus grande.
Dans le premier cas, elle s'élèvera et entrera dans une condition plus libre et déjà
sensiblement plus agréable, où il lui sera donné davantage à penser et à sentir.
Mais dans le second cas, le guide l'abandonnera à une grande misère et la laissera
revenir à son pauvre domaine, où elle ne trouvera qu'une pitance fort insuffisante. Au
bout de quelque temps, comme une misère pressante s'est installée, le guide, ayant à
présent bien meilleure allure, reviens en riche propriétaire de biens, demandant à l'âme
la raison de sa négligence pour un service si bon et prometteur. L'âme se justifie que les
efforts demandés sont trop grand pour ses faibles forces ; mais on lui montre que sa
peine et ses efforts son plus grand sur ce maigre petit domaine pour un gain de misère.
Ainsi, l'âme est amenée à réfléchir et prend un nouveau service où elle fera mieux que la
première fois. On l'aidera à progresser en la laissant dans le sentiment qu'elle n'est pas
encore morte dans le corps ; car les âmes matérielles ne sentent pas cela avant
longtemps, étant instruites de cela par des voies appropriées.
Elles reçoivent d'autres révélations, lorsque le germe de leur esprit commence à bouger
en elles. Lorsqu'une telle âme est parvenue au point d'accepter l'idée qu'elle se trouve
dans le monde des esprits, que son sort éternel dépend d'elle seule, il lui est montré le
seul vrai chemin de l'amour en moi et envers le prochain, qu'elle doit suivre selon son
plein libre arbitre et de sa propre décision parfaitement libre. Quand lui est montré le but
à atteindre, le guide la quitte derechef et ne revient que lorsqu'elle l'appellera dans son
coeur de la façon la plus pressante.
Si elle ne l'appelle pas, elle peut cependant être sur le bon chemin ; mais si elle s'en
écarte pour en prendre un mauvais, il la laisse retomber dans un dénuement en
proportion de son erreur. Si elle comprend son faux pas, et souhaite le retour de son
guide, il vient et lui montre la complète inanité de ses peines et de ses efforts.
Si elle émet alors le voeu de s'amender, il doit lui proposer un nouveau service, et si
elle y remplit ses devoirs, elle sera de nouveau promue, mais pas aussi vite que la
première fois, afin de ne pas tomber dans son ancienne léthargie matérielle, où il lui
serait plus difficile que la première fois d'en sortir, à chaque nouvelle rechute, elle
s'endurcit davantage.

CH93,1 : La progression de l'âme sur terre et dans l'au-delà. Je dis : Il s'agit ici d'une
règle fondamentale selon laquelle l'âme, ici-bas, et plus encore dans l'au-delà, est
conduite à s'élever au-dessus d'une matérialité qui paralyse la vie en elle. Il existe
d'innombrables exceptions à cette règle, dont chacune doit être traitée un peu
différemment ; malgré tout, il faut qu'il y ait une règle fondamentale à laquelle, en
définitive, toutes les autres doivent de conformer, de même que le sol doit être fécondé
par la pluie pour que les graines qui y ont été semées puissent germer.
Comment, ensuite, les différentes semences qui ont été mises en terre pour s'y éveiller,
tirent de la goutte de pluie ce qui leur convient, ceci est l'affaire de l'intelligence
particulière des esprits qui habitent le germe, et qui savent fort bien s'occuper de leurs
intérêts.
Tout cela pour comprendre qu'il est difficile dans l'au-delà le chemin de
l'accomplissement de la vie intérieure, et combien plus aisé et sans contraintes ici-bas,
où l'âme a encore autour d'elle son corps matériel . Mais ce n'est pas aussi facile dans
l'au-delà, l'âme sans corps matériel, ne foule plus aux pieds le sol matériel, mais un sol
spirituel, fait de ses pensées et de ses idées, mais pas du tout apte à recevoir la matière
dont l'âme veut se séparer et à la garder enfouie pour toujours.
Ainsi donc, lorsque l'âme dans l'au-delà veut éloigner d'elle tout ce qu'elle a de grossier
et de matériel, il faut qu'une force supérieure agisse en elle : la force qui réside dans ma
parole et dans mon nom ! Car il est écrit : Devant ton nom fléchiront tous les genoux, au
ciel, sur terre et sous la terre ! Ainsi, c'est seulement par ma Parole et par mon Nom,
qu'une âme peut être totalement purifiée.
Dans l'au-delà, l'âme doit s'entraîner longuement à accomplir d'elle-même toutes
sortes d'actions avant qu'il lui soit possible de recevoir en elle ma Parole et pour finir
mon Nom lui-même. Capable de cela, il sera facile à l'âme d'éloigner de tout son territoire
jusqu'au dernier atome matériel, en sorte qu'il ne retombe jamais sur elle.

CH94,3 : L'évolution de la vie de l'âme. Je dis : L'oeil attentif de celui qui étudie les
choses de la nature ne peut manquer de remarquer, comme chaque chose est utile à
une autre et comme chacune existe pour permettre à une autre de croître et de
survivre. Lorsque la vie animique est entièrement passée dans la forme humaine, servir
devient sa vocation première. II existe plusieurs services naturels, imposés comme une
contrainte à toute forme humaine ; mais l'homme est aussi chargé d'accomplir un
nombre considérable de services parfaitement libres. Et quand l'être humain s'est
montré en tout point un serviteur fidèle, il s'est également élevé par là lui-même à la plus
grande perfection de la vie.

CH95,1 : Le but du service. Je dis C'est par le service que s'exerce et se développe le
mieux l'humilité. Plus un service paraît subalterne, mieux il convient à la véritable
éducation de la vie. L'humilité elle-même n'est cependant rien d'autre que la
condensation toujours plus grande et plus forte de la vie en ellemême, alors que l'orgueil
en est le développement toujours plus relâché, par lequel elle se disperse de plus en plus
dans l'infini et finit par se perdre presque complètement, ce que nous appellerons la
seconde mort ou mort spirituelle. Avec l'orgueil, c'est la fin de tout service et donc, pour
la vie, de tout perfectionnement et de tout développement.
Si la formation de la vie dépendait de la domination orgueilleuse des autres, j'aurais
ordonné le monde en sorte que chaque homme ait un droit illimité à la domination ; mais
puisque mon ordonnance éternelle va à l'encontre de cela, il faut que tout homme et tout
ange s'accommode de servir et finisse même par trouver dans un service éternel et
toujours plus large la plus grande félicité.
Sans le service, il n'y a à proprement parler aucune vie, aucune permanence de
celle-ci, ni bonheur, ni béatitude , ni amour, ni sagesse, ni plaisir de vivre, que ce soit
ici-bas ou dans l'au-delà ; et celui qui s'imagine un ciel fait tout entier d'inutilité, de
paresse et d'une débauche d'oisiveté, celui-là se trompe grandement .
Le but de l'enseignement que je vous donne à tous est donc premièrement de vous
permettre de vous accomplir véritablement dans le domaine de votre vie intérieure,
deuxièmement de faire en sorte que vous puissiez également devenir ensuite pour moi
des auxiliaires zélés et puissants, dès ce monde et surtout un jour dans l'au-delà de mon
royaume. Ma volonté est que désormais vous, mes enfants, mettiez pleinement en
oeuvre toutes mes pensées et mes idées, dès ce monde pour l'âme, le coeur et l'esprit
de vos frères et sueurs, mais aussi dans l'au-delà dans toutes les grandes vérités,
depuis la sphère profondément spirituelle de leur naissance jusqu'à leur manifestation
matérielle la plus extérieure, et de là, jusqu'à leur retour dans une vie spirituelle parfaite,
pure et indépendante accrue.
Et pour cela il faut toujours beaucoup de temps et de patience et une grande activité,
ainsi qu'une sagesse et une force également grandes et tout-englobantes !
CH96,1 : Un aperçu des mystères de la création. Je dis : Pour qu'un monde tel que
cette petite terre soit créée, il faut un nombre de myriades d'années terrestres que vous
ne sauriez imaginer. Vous ne pouvez concevoir le temps nécessaire simplement pour
qu'un monde soit prêt à voir naître un homme !
Combien d'espèce de plantes et d'animaux doivent d'abord avoir fertilisé le sol terrestre
de leur décomposition, avant que se forme sur ce sol et dans la pourriture du règne
animal et végétal l'humus d'où la première âme forte pourra tirer son corps et l'organiser
selon l'ordonnance divine, en sorte qu'il soit apte à servir et capable de concevoir une
postérité identique, ce qui permettra aux âmes déjà prêtes et libres, mais encore
dépourvues de corps de ne plus avoir à attendre des siècles pour se constituer un corps
concentré à partir de nuées, mais de le fabriquer bien plus rapidement dans un utérus
déjà parfaitement pourvu de tout ce qu'il faut pour cela.
Tout cela demande beaucoup de temps et de sagesse, beaucoup de patience, et une
puissance infinie ! Là où il y a beaucoup à faire, il y a aussi beaucoup à servir, selon le
niveau des capacités de ceux à qui les tâches seront attribuées. A celui qui aura acquis
beaucoup de qualités selon mon ordonnance, il sera donné beaucoup à faire ; mais celui
qui n'aura que peu de qualité n'aura aussi que peu à faire.
Cependant, celui qui n'aura acquis ici-bas aucune capacité devra bien sûr languir et
croupir dans la nuit de l'au-delà jusqu'à ce que, par ses efforts intérieurs libres et
indépendants, il soit devenu capable d'entrer dans un quelconque service, si humble
soit-il. S'il s'acquitte bien de ces fonctions réduites, il sera bientôt placé dans d'autres
plus importantes ; mais s'il les accomplit mal, il perdra rapidement jusqu'au peu qu'il
avait pu très aisément acquérir par ses capacités, si faibles qu'elles fussent. A celui qui a
déjà, il sera donné plus encore, afin que sa mesure soit pleine ; mais à celui qui n'a pas,
il sera repris même ce qu'il avait, et la nuit et toutes sortes de privations seront sont lot
jusqu'à ce qu'il condescende à devenir actif.
C'est pourquoi, vous tous, devez être actifs en ce monde et ne pas vous laisser éblouir
par ses richesses, car elles s'en iront comme la forme matérielle de toute cette création
visible aux yeux charnels, mais accumulez d'autant plus les richesses de l'esprit, qui
dureront éternellement. Plus vous accumulerez de richesses spirituelles par toutes
sortes de bonnes actions, mieux vous vous en trouverez dans l'au-delà

CH97,1 : Du juste exercice de l'amour du prochain. Je dis : Je vois s'élever chez


certains, une mauvaise pensée que Satan vous a murmuré en secret ! La voici ! Il vous
a coûté beaucoup de peine et de travail pour obtenir l'or que vous avez acquis pour vous
et vos descendants, et présent, il faudrait le prodiguer à ceux qui ont dilapidé leur vie
dans la paresse ? Qu'ils travaillent et gagnent leur pain auprès de vous, et vous saurez
bien le leur mesurer selon leur mérite chichement ! Celui qui ne peut ni ne veux
travailler, n'a qu'à creuser comme un chien en pleine rue Oh, je vous le dis, comment un
aveugle travaillerait-il ? Pourtant, il est votre frère et a le même droit de vivre que vous
qui voyez, entendez et vous tenez droits.
Comment les pauvres vieillards et les enfants de parents appauvris travailleraient-ils,
quand la force nécessaire leur manque ? Comment les estropiés et les paralytiques
travailleraient-ils, même pour le salaire que vous voulez leur mesurer aussi chichement
que possible. Comment travailleraient ces hommes qui cherchent du travail de jour en
jour et n'en trouve jamais ?
Car chaque personne à qui ils s'adressent les envoie plus loin en disant qu'elle n'a pas
de travail à lui donner pour le moment. Et pourtant, votre mauvaise pensée envoie cet
homme chercher un travail qu'il ne trouvera pas plus ailleurs que chez vous.
L'un finit par devenir mendiant, et vous l'insultez et le traitez de fainéant. Un autre
devient voleur; vous le capturez comme une bête féroce et le jetez dans un cachot, non
sans l'avoir maltraité. Un deuxième devient un assassin ou pour le moins un redoutable
bandit de grand chemin. Si vous le prenez, il sera jugé, jeté au cachot et bientôt mis à
mort sous la torture. De telles pensées appartiennent à l'enfer, elles ne doivent pas
trouver place dans vos âmes.
Il ne vous est pas demandé de distribuer tout votre bien aux pauvres ; mais vous devez
êtres de sages administrateurs des biens qui vous sont confiés, et faire en sorte de ne
pas laisser indûment dans la misère et la faim les pauvres qui viennent à votre porte
N'accordez de valeur à toutes richesses que parce qu'elles vous permettent de remettre
sur pied des pauvres d'autant plus nombreux. Je donnerai à chacun selon sa confiance
et selon sa foi, qui est le fruit de l'amour en moi et envers le prochain. Soyez serviable
les uns envers les autres, consacrez-vous à faire le bien, car la vocation de mes enfants
est de s 'exercer dès cette terre à ce qui sera un jour leur grande occupation dans mes
cieux.
Car il n'y sera question que de l'amour seul, et toute sagesse qui ne sera née de la
flamme de l'amour ne trouvera jamais place dans mes cieux et n'y trouvera rien a y faire
non plus !

Ch98,1 : De l'argent prêté et donné. Je dis : Celui qui prête son argent qu'à ceux qui
peuvent lui rendre capital et intérêts à la date convenue, ou même, dans certains cas, y
seront contrains par la force de la loi, celui-là a déjà pris sa récompense sur cette terre
et n'en a plus aucune à attendre de moi ; car ainsi il ne m'a pas servi, mais seulement le
monde et lui-même. Si quelqu'un a de l'argent et qu'un ami en ait besoin et vienne lui
demander un prêt, il ne doit pas le lui refuser.
S'il le lui prête moyennant l'intérêt légal, il a sans doute accompli envers lui une bonne
action qui sera reconnue dans les cieux. Mais il est également du devoir de
l'emprunteur, de rendre très scrupuleusement au prêteur, non seulement l'agent prêté
avec les intérêts convenus, mais plus encore ; s'il a gagné beaucoup, il doit aussi, par
un libre mouvement de son coeur, partager son gain avec le prêteur, car c'est bien
uniquement grâce à l'argent de celui-ci qu'il a pu réaliser ce gain.
Cependant le prêteur ne doit l'exiger. Tout cela peut se faire en toute amitié, mais il ne
faut pas pour autant oublier l'autre ! Mais celui qui a quelque argent à prêter, voit venir à
lui un très pauvres duquel il ne peut attendre qu'il sache ou veille employer utilement et
profitablement la grosse somme qu'il pourrait lui prêter, je ne fais obligation à
personne de prêter à un tel pauvre l'argent qu'il demande, parce que ce serait jeter sans
motif l'argent par la fenêtre sans qu'il serve vraiment à quiconque, et cela donnerai
seulement l'occasion au pauvre emprunteur de se sentir poussé à toutes sortes d'excès
auxquels, si c'est dans sa nature, il ne manquera pas de se livrer.
Une telle action ne pourrait donc être dite particulièrement bonne, mais plutôt, sinon
tout à fait mauvaise, du moins très bête, ce qui ne saurait être agréable à mon amour et
encore moins à ma sagesse. C'est tout autre chose, si un pauvre homme vient vous
demander de lui prêter de l'argent, et si vous savez qu'il en usera à bon escient et qu'il
ne s'est appauvri que par un hasard contraire ; à celui-là, vous ne devez pas refuser un
prêt, même sans intérêts et sans la garantie ferme que le capital vous soit jamais
remboursé ! Lorsque cet homme aura bien employé l'argent, il s'aura bien , comme
votre frère, ce qu'il a alors à faire ; car il a les mêmes obligations envers vous que vous
envers lui.
S'il devait cependant ne pas être en mesure de rembourser l'argent prêté, vous ne
devez pas lui en garder rancune ni exiger votre créance auprès de ses descendants ;
car cela serait cruel et tout à fait contraire à mon ordonnance. Mais si les descendants,
en particuliers les enfants ou les premiers petits enfants parviennent à quelque aisance,
ils s'acquitteront de la dette contractée par leur pauvre père ou grand-père auprès d'un
philanthrope.
Si cela se produit, le philanthrope saura bien lui aussi ce qu'il doit faire de cet argent
pour l'amour de moi et de son prochain ! Aussi, lorsque je dis que vous devez aussi
prêter votre argent à ceux qui ne pourront vous le rendre, j'entend par là uniquement et
précisément que vous devez vous conduire avec votre argent ou vos autres réserves,
de la façon que je viens de vous indiquer ; en faire plus ou moins serait soit stupide, soit
fort nuisible, donc un grave péché contre le véritable amour du prochain .

CH99,1 : Du vrai et du faux service. Je dis : Servir est donc le grand mot d'ordre dans
toutes les sphères de l'infini, aussi bien dans le grand règne de la nature que dans le
royaume illimité des esprits ! Même les méchants habitants de l'enfer savent ce que
c'est, à une grande différence près par rapport au service des habitants du ciel : en
enfer, chacun veut en fait être servi ; et même si l'un sert l'autre, ce n'est qu'un service
apparent, c'est-à-dire toujours un simulacre de service hautement égoïste et intéressé,
par lequel l'un cherche à tromper l'autre afin de le tenir d'autant plus sûrement à sa
merci à la première occasion et de tirer un profit personnel de sa chute.
Ainsi, lorsque vous vous servez les uns les autres, faites-le dans l'amour et la véritable
fraternité, comme il est d'usage dans les cieux ! Si quelqu'un vous demande un service,
accomplissez-le en toute joie et en tout amour, et ne demandez pas votre récompense
avant même d'avoir rendu ce service .
Mais si quelqu'un t'a rendu un bon service, tu ne dois pas non plus lui demander de
combien est ta dette ! En revanche, tu dois récompenser de ton mieux, selon tes forces
et avec tout l'amour et l'amitié de ton coeur, le bon service que t'a rendu ton ami.
Lorsque celui qui t'a rendu ce service s'en apercevra, il te serrera dans ses bras et dira
: Noble ami, je ne t'ai rendu qu'un bien faible service, et tu m'en récompenses si
largement !
Vois-tu, j'ai plus qu'assez du dixième, et même de cela, je ne l'accepte qu'en
témoignage de ton coeur de frère qui m'est si cher Quand le serviteur parle ainsi au
servi du plus profond de ses vrais sentiments vivants, celui qui a rendu le service,
comme celui qui l'a reçu ne deviennent-ils pas alors de véritables frères selon le ciel ?
Très certainement, et ce n'est pas autrement que le vrai royaume de Dieu viendra à
vous et régnera célestement sur vous avec le spectre de la lumière et de la grâce
absolue ! CH100,7 : De la doctrine de Moïse et de celle du Seigneur. Je dis :
Combien fou serait celui qui dispose de ma doctrine et qui l'a reconnue comme
éternellement vraie, et qui demeure pourtant un vieux boeuf de labour dans toute sa
conduite !

7 : II est vrai qu'en ce temps-là, Moise a donné au peuple d'Israël une loi pour régir la vie
domestique et tous les besoins et nécessaire de l'humanité ; mais cette loi a déjà été
complètement dénaturée, et même sans cela , elle ne conviendrait plus à ma doctrine.
Car lorsqu'on laboure, on ne peut récolter; mais quand le blé semé est parvenu à
maturité, on engage des moissonneurs et la charrue n'a rien à faire parmi eux. Moïse a
labouré, les prophètes ont semé, et désormais vient le temps de la moisson et de la
récolte, où l'on ne peut plus recourir avec sa charrue. Nous allons à présent récolter
dans nos granges tout ce qui a mûri ; mais après la récolte, la charrue de Moïse sera
remise entre vos mains pour que vous ameublissiez à nouveau le sol et y fassiez de
nouvelles semailles du grain le plus pur des cieux, et des gardiens seront désignés qui
prendront bien garde qu'aucun ennemi ne vienne semer la mauvaise graine parmi le
grain très pur
Ch101,5 : Du bon grain et de l'ivraie. Récoltez d'abord le blé et portez-le dans mes
granges, mais ensuite, récoltez aussi la mauvaise herbe, liez-la en bottes, faites un feu
et brûlez toutes ces bottes, afin que leur semence ne retourne pas dans la terre et ne la
souille pas à nouveau ! Je vous dis que cela est facile à comprendre .
Le champ est comme le coeur de l'homme ici-bas ; le grain très pur est ma doctrine ; le
laboureur et le semeur, c'est moi-même, et vous avec moi. Les gardiens désignés, c'est
également vous ainsi que ceux que vous appellerez en mon nom. Le maître, c'est moi,
et mes granges sont les cieux. Mais c'est Satan qui est l'ennemi, et sa mauvaise graine
est le monde du mal avec tous ses mauvais désirs néfastes.
Les moissonneurs nouvellement engagés sont le messagers que, le temps venu
j'éveillerai à nouveau dans les cieux pour les envoyer récolter le blé et brûler toute la
mauvaise graine, afin qu'elle ne ouille plus facilement le champ et le blé.
9 : Je vous donne le champ, la charrue et le grain et j'embauche les moissonneurs ;
mais ensuite, vous devez travailler vous-même ! Si la force vous manque , vous savez
que je vous en pourvoirai, si vous me la demandez dans votre coeur, et vous pourrez
bien travailler avec une un force renouvelée ; mais travailler pour vous, je ne le peux ni
ne le dois au grand jamais, afin que vous soyez des hommes libres, vivant, pensant et
agissant par vous-même ! Tout cela doit vous faire très clairement comprendre que le
service mutuel tel que je viens de vous l'enseigner est la condition essentielle de toute la
vie !
Cyrénius dit : Cependant, j'aimerais apprendre de ta bouche, comment l'enfer et son
prince agissent sur les hommes ! Comment apportent-ils leur mauvaise herbe dans le
champ du ciel ?

CH102,1 : Des pensées et de leur réalisation. Je dis : Rien de plus simple ! Je vous ai
déjà montré que tout homme devait suivre le chemin de la loi, s'il voulait parvenir à la
liberté et à l'indépendance de son être et de sa vie. Mais s'il existe une loi donnée aux
hommes en quelque sorte de l'extérieur, il faut aussi qu'il existe en l'homme un attrait
selon lequel il est plus facile et plus amusant pour lui, ne fût ce que dans l'instant, de
transgresser cette loi que de s'y tenir strictement.
C'est ainsi qu'avant toute création matérielle, des esprits ont été appelés à la vie par
moi, de la façon que je vous ai montrée, afin que vous la compreniez ; car vous-mêmes,
lorsque vous créez quelque chose, vous suivez aujourd'hui cette même ordonnance.
Si vous laissez votre idée mûrir pleinement en vous, et si c'est le rayonnement même
renvoyé par votre idée qui vous a fait voir toujours plus clairement ce qu'il fallait pour
que cette forme ait l'existence concrète la plus durable et la plus parfaite possible, ce
que vous construirez durera autant que les pyramides, qui à ce jour, comme le savent
tous les mortels érudits, défient toutes les tempêtes depuis deux mille ans déjà, et
seront dans quatre fois ce temps, tout juste un peu effritées extérieurement.
Les bâtisseurs ont nourri des années entières l'idée conçu par eux et ayant pleinement
pris forme, l'amenant ainsi à maturité, on comprend que leur idée transposée dans la
matière emplisse aujourd'hui encore d'étonnement le voyageur. Par la suite, les hommes
ont certes appris à penser très vite et, en additionnant leurs réflexions, à développer
rapidement une idée parfois très complexe, et à la mettre en oeuvre le plus souvent ;
mais comme l'idée avait été développée rapidement et facilement, elle était également
mise en oeuvre rapidement et facilement. Mais l'oeuvre était donc elle-même légère et,
à cause de la maturation trop brève de l'idée, très vite périssable. Bref, tout ce qui est
facile demeure léger, et tout ce qui est difficile demeure lourd

CH103,1 : De l'évolution de la matière. Je dis : Lorsque au commencement, les esprits


sont sortis de moi comme mes idées parvenues à maturité, et que je les ai emplis de ma
force en sorte qu'ils se mettent eux aussi à penser et à vouloir, il a fallu aussi leur donner
l'ordonnance selon laquelle ils pourraient penser, vouloir et enfin agir. Cependant, avec
cette ordonnance que je leur donnais et leur indiquais, il fallait aussi que soit mis dans
ces esprits l'attrait pour le non respect de l'ordonnance fixée, sans quoi ils n'auraient
jamais pu faire le moindre usage de leur volonté.
Cet attrait placé en eux y a produit un premier vrai mouvement de vie grâce auquel ils
ont pu commencer à juger, à choisir, à affirmer leur volonté et à agir. Sachant cela, on
comprend aisément qu'une certaine mauvaise graine devait déjà commencer à se
manifester chez le premiers esprits créés, car cet attrait a fait sortir de la règle un grand
nombre de ces premiers esprits et ils ont dû finalement s'endurcir dans une résistance
toujours plus forte, offrant ainsi une base à la création matérielle du monde.
Tout ce qui est et se nomme matière aujourd'hui a été un jour de l'esprit qui, ayant quitté
la bonne ordonnance de Dieu, s'est fondé sur les attractions contraires et s'y est
endurci, ce qui a alors formé et constitué la matière. La matière elle-même n'est donc
rien d'autre que du spirituel qui a été jugé et s'est endurci de lui-même ; autrement dit,
c'est l'enveloppe ou la plus l'incarnation la plus grossière et la plus lourde du spirituel.

CH104,2 : L'égoïsme comme origine de la matière. Je dis : Tout ce qui a nom monde
et matière, est une déviation, une tendance constante et nécessaire à s'opposer au
véritable ordre spirituel de Dieu, parce que cet attrait contraire a du être disposé à
l'origine pour permettre l'éveil du libre arbitre dans l'idée vivante sortie de Dieu toute
formée en tant qu'être autonome, et c'est donc cela qu'il faut considérer comme la
véritable mauvaise graine dans le seul vrai champ de la vie, qui est purement spirituel.
Mais si la mauvaise graine est bien à l'origine une nécessité pour que s'établisse une
vie spirituelle parfaitement libre, il faut cependant qu'elle soit finalement reconnue
comme telle par l'être humain devenu libre et qu'elle soit librement rejetée, parce qu'il
est impossible à la vie spirituelle de subsister avec elle.
Elle est certes un moyen nécessaire pour atteindre le but, mais ne peut en aucun cas
se confondre avec ce but. II faut bien que l'attrait de la transgression du commandement
soit présent ; car c'est lui qui éveille la capacité de connaissance et le libre arbitre. II
emplit l'âme de plaisir et de joie aussi longtemps que, tout en étant bien consciente de
cet attrait, elle n'y cède pas, mais au contraire le combat constamment avec ce même
libre arbitre qui a précisément été éveillé et animé en elle par cet attrait ; ainsi donc,
l'âme libre utilise celui-ci comme un moyen, non comme un but atteint pour lui-même.
8 : Mais en quoi consiste la mauvaise graine dont la décomposition doit servir d'engrais
à la vie ? Quel nom porte cet attrait contraire à la loi qui a été déposé dans la forme
animée ? II s'appelle amour de soi, égoïsme, orgueil et enfin despotisme. Il est vrai que
par l'amour de soi, une forme animée rentre en elle-même, mais avec une avidité qui lui
fait désirer non seulement de tout absorber, mais aussi de le renfermer en elle pour
toujours et d'empêcher qui que ce soit d'autre d'en tirer parti, et cela par peur de jamais
souffrir elle-même d'un quelconque manque !
Cette façon qu'a l'être de renfermer en soi tout ce qu'il peut s'assimiler de l'ordre divin
qui nourrit et maintient toute chose, lui apporte une densité croissante, une certaine
solidité et une certaine prépotence temporelles, et par là une singulière autosatisfaction,
ce qui est au plein sens du terme la signification de l'égoïsme, qui cherche à toute force
à élever son propre moi, perçu comme essentiel, au-dessus de tous les autres moi, et
cela par tous les moyens à sa disposition, fussent-ils de la pire sorte.
Lorsque l'égoïsme a atteint ce qu'il souhaitait, il se dresse au-dessus de tout ce qui lui
ressemble et, en quelque sorte ivre de joie, le considère d'en haut avec mépris ; et ce
mépris est pareil au dégoût que ressent un estomac trop plein pour les plats qui sont
devant lui, et c'est là ce qu'on appelle l'orgueil.
Cependant, l'orgueilleux est lui-même particulièrement insatisfait, parce qu'il continue
de constater que tout n'est pas encore à son service comme il le voudrait. II passe donc
en revue tous ses moyens et ses forces et découvre qu'il pourrait tout s'asservir s'il
jouait diplomatement les grands seigneurs. Bientôt tous les faibles et le affamés se
pressent autour de lui et se laissent régenter sévèrement, parce qu'ils espèrent
maintenant happer au passage quelque richesse de l'orgueilleux. Ils lui obéissent
désormais comme des esclaves, augmentant ainsi sa puissance, et l'orgueilleux aspire
bientôt à se rendre taillables et corvéable à merci le plus de gens, tous s'il le peut.
Cette soif inextinguible est au plein sens du terme ce qu'on appelle le despotisme, où
ne subsiste plus aucun amour. Que le despotisme, et avec lui la véritable domination,
soit pareil à la matière la plus dense, en témoigne les forts et les remparts très solides
derrière lesquels se retranchent les despotes.
Je n'entends certes pas par là, les souverains et les potentats que l'ordonnance divine a
établis ici-bas, afin de contenir le besoin de pouvoir qui existe en chaque homme,
comme les piliers et les gardiens de l'humilité, de la simplicité, de l'amour et de la
patience. Désignés par Dieu qui les pousse et les guide vers l'amélioration des peuples.
De tels despotes ne sont pas désignés par Dieu ( l'amour du prochain ), mais par eux--
mêmes (l'amour de soi-même).

CH105,1 : De la naissance des système solaires. Voyez-vous, de même que les


hommes, par l'amour-propre, l'orgueil et le besoin de pouvoir qui en découle,
s'emplissent à présent de tant de matière qu'ils ne pourront s'en libérer complètement
avant des milliers et des milliers d'années, de même il y eut autrefois des esprits les
premiers créés, qui eux aussi, par l'attrait dont il leur avait été donné de disposer,
s'emplirent d'amour-propre, d'égoïsme, d'orgueil et finalement de despotisme, et la
conséquence en fut qu'ils se changèrent en la plus pure matière.
Parce qu'ils s'engageaient toujours plus avant dans la voie de l'amour-propre et de
l'égoïsme, de l'orgueil né de ceux-ci et enfin du besoin de pouvoir absolu, les
innombrables formes de vie finirent par se contracter selon la loi de pesanteur qui était
née spontanément de l'amour-propre et de l'égoïsme.

CH108,2 : Du mal original de l'amour de soi. Je dis : L'amour propre, mère du


mensonge et de tous les maux, manifestation de l'orgueil et du besoin de puissance.
Tout cela est certes né de l'attrait nécessaire que j'ai dû déposer dans les esprits pour
qu'ils reconnaissent leur libre arbitre ; mais, bien que cet attrait fût nécessaire, que le
monde matériel devînt ensuite pécheur n'en était absolument pas une conséquence
nécessaire.
Un grand nombre d'esprits n'ont pas voulu résister à cet attrait, alors même qu'ils
l'auraient pu, tout autant que l'ont pu des esprits originels six fois plus nombreux. Prenez
bien garde que l'ennemi, c'est-à-dire l'amour propre en vous, ne prenne pas même la
place d'un seul atome ; car cet atome est déjà la semence de la mauvaise herbe, qui
avec le temps peut s'emparer de votre libre arbitre, et votre esprit se transforme en
l'ivraie de la matière, et vous devenez vous-même pur mensonge, car toute matière est
en tant que telle à l'évidence le plus pur des mensonges.
Vous devez sonder votre coeur et chercher s'il ne subsiste pas dans son amour quelque
atome de mauvaise herbe. Si vous en trouvez, arrachez-la jusqu'aux plus petites
radicelles, et agissez selon mon ordonnance qui ne vous est pas inconnue, c'est ainsi
que vous récolterez le vrai bénéfice de la vie

CH109,2 : Rédemption, renaissance et révélation. Beaucoup en écoutant ces


miennes parles s'exclamaient à grand cris : O Seigneur, quand serons-nous délivrés de
cette vieille malédiction ? Je dis : Dès à présent, car je bénis moi-même toute matière
dès lors que je sui moi-même introduit dans votre vieille malédiction, lui apportant la
bénédiction toute l'ancienne ordonnance des anciens cieux a pris fin, et les cieux
eux-mêmes, et sur le fondement de la matière désormais bénie par moi, s'établiront une
nouvelle ordonnance et un nouveau ciel, et toute la création, y compris cette terre,
recevra une nouvelle organisation. Que chacun prenne garde à ne pas se rendre
impur par la mauvaise herbe de l'amour propre
Et quand l'esprit pur régnera seul en vous, alors, en lui et par lui, renaîtront à la vie
parfaite et éternelle non seulement vôtre âme, mais aussi votre chair et votre sang, et
votre corps tout entier
CH110,6 : Du baptême. De la trinité en Dieu et dans l'homme. Ce n'est pas le nom
qui sanctifie l'homme, mais seulement la libre bonne volonté d'agir justement et selon ce
qu'il sait être bon sa vie durant. Tout nom peut-être sanctifié par la volonté et par l'action
; mais l'inverse est impossible. En outre la baptême de l'eau n'est pas indispensable à
cette sanctification ; seuls sont nécessaires la connaissance et l'action selon la juste
connaissance de la vérité de Dieu.
Le seul baptême valable à me yeux, est celui du feu de l'amour en moi et envers le
prochain, celui du zèle ardent de la volonté, celui de l'esprit saint de la vérité éternelle
venue de Dieu. L'amour qui est le véritable père ; la volonté qui est la parole vivante et
agissante ou le fils du père ; l'esprit saint, qui est la juste compréhension de la vérité de
Dieu, telle quelle se manifeste activement en l'homme et en lui seul !
16 : Le père est exactement au fils ce que l'amour est à la sagesse ou la chaleur à ; la
lumière. Je vous ait montré que de la chaleur naissait toujours une lumière, parce que la
chaleur est la première expression de toute activité définie ; mais la manifestation visible
de cette activité est la lumière, qui se renforce de même que se renforce toute activité
ordonnée.
CH1112 : De l'alimentation selon la loi Mosaïque. Je dis : Toute la matière est
désormais bénie et sanctifiée, du fait que je sois moi-même entré dans la matière! II y
avait et il y a cependant dans la matière une progression par degrés entre une dureté
très grande, plus ou moins et très faible . plus une matière quelconque est dure, plus
elle est grossière et en soi impure, parce que le spirituel aggloméré en elle contient dans
la même proportion d'autant plus de la mauvaise graine que nous savons.
Les animaux qui sont devenus les compagnons tout au début du peuple de cette terre,
tels la vache, le mouton, la chèvre, et parmi les oiseaux la poule et le pigeon, sont
assurément d'une nature plus pure et d'un caractère plus doux, et leur chair était
assurément, eu égard à la préservation de la pureté de l'âme, la plus bénéfique pour
l'homme venu d'en haut ; il fallait seulement que ces animaux soient pas abattus
pendant la période de rut, car pendant cette période, même les animaux habituellement
purs deviennent impurs. CH

CH 112,10 : Une prédiction sur la présente révélation. Je dis : Pour percevoir la


parole secrète et intérieure, qui va de mon coeur au coeur de celui qui la reçoit en
lui-même ; il faut pour cela une lignée d'êtres spécialement préparés, capables
intérieurement de supporter la toute puissance et la force de ma parole ! Mais lorsque
cette parole est écrite, des hommes de bonne volonté et doués de raison, peuvent fort
bien la lire ; non seulement elle ne les tuera pas, mais elle les fortifiera et les confortera
pour la vie éternelle.
Mais si des hommes par trop attachés au monde la lisent dans le but de la railler, alors,
même seulement écrite, elle les tuera eux aussi

CH113,7 : C'est assurément une belle mission que d'avoir la faculté d'entendre la voix
de mon amour, d'écrire ce qu'elle dit et de la transmettre aux autres hommes à qui cette
faculté fait défaut, s'ils en sont assoiffés ; mais c'est une faculté tout aussi belle que de
pourvoir conserver en son coeur ce qu'on a entendu et d'y conformer sa vie.

CH115,14 : Jarah et les esprits de la nature. Le petit homme ( esprit de la nature ) dit
à Jarah : Ne soit pas trop fière de tes avantages ; car chez toi, ils sont surtout le bien de
quelqu'un d'autre Jarah dit : Ah oui ? Explique-moi donc un peu cela Le petit homme dit :
Si quelqu'un qui a beaucoup voyagé et qui a ainsi acquis à grand-peine toutes sortes de
connaissances et d'expériences te fait part de ce qu'il a vu et appris, tu sauras alors toi
aussi ce qu'il sait et connaît lui-même ; mais peux tu en tirer la moindre gloire ? Peux-tu
te faire un mérite d'avoir hérité de ces expériences et de ces connaissances ?
Vois-tu, tu es ici comme un livre ouvert de connaissances et d'expériences bonnes et
utiles, mais tu es encore bien loin d'en être le sage auteur Vois-tu, tu es un livre bien
écrit, mais pas du tout un auteur ! Tu n'as pas de quoi être fière ! CH

116,1 : De l'essence et des activités des esprits de la nature. Jarah dit à Jésus : Qui
aurait cru trouver tant de sagesse dans ce petit homme si léger ! Ils savent très bien
distinguer le vrai du faux. Que va-t-il donc advenir de ces êtres, s'ils ne veulent pas
suivre le chemin de la chair ? Je dit : Seules peuvent les y amener une grande
expérience et beaucoup de connaissance, et les espérances meilleures qui s'ensuivront.
Ils séjournent dans les montagnes, ils vont dans les demeures de gens simple modeste
et pauvres, et y font le bien ; mais il ne faut pas les offenser, car il ne fait pas bon les
avoir à sa table.
Elles fréquente en secret les écoles et apprennent beaucoup des hommes. Elles
indiquent les filons aux mineurs et aident les bergers et les animaux qui pâturent . II en
existe qui sont restées très longtemps sans être entrées dans la voie de la chair. Elles
s'en accommoderaient bien , si elles n'étaient retenues par la crainte de perdre leur
mémoire, ce qu'elle considèrent comme une sorte de mort de leur être actuel.

CH117,3 : Une pelote de substance animique. Je dis : Tout ce qui existe au monde est
matière de l'âme. Lorsque la cohésion de cette matière est détruite pour une quelconque
raison et qu'elle devient donc libre en tant qu'âme, elle s'assemble à nouveau, après la
destruction sous son ancienne forme matérielle et demeure encore quelque temps ainsi.
Lorsque, avec le temps, cette forme a suffisamment Mûri en intelligence, la matière
animique commence peu à peu à quitter l'ancienne forme pour entrer dans une autre
plus apte à la vie. Lorsque par exemple, en quelque point de la terre, de grands
bouleversements des éléments, dont l'origine est bien sûr une grande agitation des
esprits ou âmes de la nature, s'annoncent très proches, toutes les âmes animales sont
également prises d'une grande inquiétude . Alors, toutes les espèces se rapprochent les
unes des autres et forment une société parfaitement pacifique.
La vipère et le serpent ne se soucient plus de leur venin ; les bêtes féroces ne
s'attaquent plus aux paisibles agneaux ; les abeilles et les guêpes rentrent leur dard
comme un guerrier met son épée au fourreau.
Bref tout change de nature ; même les plantes baissent leur tête. Cependant, tout ce
qui, à l'exception de l'homme, a été détruit en une telle circonstance (un incendie ) se
rassemble après la destruction et, sous l'effet de la peur persistante, cette substance
animique revêt une enveloppe de fortune. Après une centaine d'année, les éléments
animiques à l'origine différenciés, se sont rapprochés les uns des autres et ont
commencé à s'unir peu à peu, constituant ainsi une, voire plusieurs âmes très fortes
d'hommes de la nature. De telles pelotes se forment régulièrement lors de violents
incendies, d'éruptions volcaniques et aussi de grandes inondations.
En somme, il apparaît que les vapeurs, ont pour origine soit la décomposition de
matière animale grossière ou de matière végétale encore plus grossière, soit
simplement des fermentations minérales, il ne se développe que des âmes végétales de
toute sorte, dont les plus grossières s'unissent aux racines, celles qui sont un peu plus
nobles aux feuilles, les plus nobles s'unissant lors de la fécondation des fleurs à une âme
végétale jaillie du germe et devenue active, ce qui constitue la multiplication fertile des
graines et de leurs germes
Les parties spécifiques les plus grossières de telles âmes végétales demeurent par
exemple dans la matière du tronc et des fibres de bois, celles qui sont un peu plus
nobles vont dans le feuillage plus tendre, celles qui sont encore plus nobles déterminent
le fruit lui-même et ce qui le précède et le suit, et les plus nobles de toutes s'unissent
alors en germe de vie déjà pourvu d'un intelligence propre et qui peut ensuite soit
s'éveiller dans une nouvelle vie identique pour y reprendre depuis le début la même
activité, soit passer sans transition dans une âme animale, voire humaine, en étant
mangé par un animal ou un humain.
C'est pourquoi l'homme ne mange guère des plantes que les fruits, afin que les âmes
contenues dans le germe puissent s'unir aussitôt à son âme, les parties un peu plus
grossières du noyau et du fruit ne s'unissant quand à elles, qu'à sa chair et à son sang
ainsi qu'à ses os et ses cartilages, toutes choses qui, étant encore par trop impures,
doivent encore après la mort retourner plusieurs fois se purifier dans le règne végétal,
jusqu'à ce qu'elles soient tout à fait mûres pour devenir des esprits du germe et être
assimilées par une nouvelle âme animale ou même humaine. A présent, vous avez
également appris au passage comment naissent ces pelotes, comment elles se
développaient et quel était leur but final
.Sachez que ce vous venez de voir est l'explication de l'échelle de Jacob, et cela pour
que vous sachiez quelle est la relation entre le céleste et le terrestre et comment, sur
chacune des marches de l'échelle, l'un se transforme constamment dans l'autre.

CH118,3 : De la nature de l'oxygène. Zinka dit : Seigneur, je vois à la surface de l'eau


comme un infinité de serpents de feu qui courent en tous sens, certains plongent même
sous l'eau, mais la vitesse de leur mouvement n'est pas ralentie par sa masse. Les
poissons sautent hors de l'eau pour les atteindre. O Seigneur qu'est-ce donc que cela ?
Je dis : Ce que vous voyez là est la substance nourricière même de la vie, c'est le sel de
l'air et le sel de la mer ; les savants de la nature appelleront un jour cet élément
oxygène.
Cette substance est dans son principe la substance même de l'âme, et elle correspond à
l'état des pensées avant le moment où elles se rassemblent pour former une idée. Nos
serpents de feu s'amassant par milliers en des sortes de tas. Cet assemblage est déjà la
concrétisation d'une idée sous une forme ou une autre.

CH119,1 : Raphaël explique comment se créent les êtres organiques. Raphaël dit :
Dieu est en soi éternel et infini. L'espace tout entier n'est rempli que de lui. En tant que
la pensée la plus haute, la plus pure la plus accomplie, il peut
concevoir sans relâche, de ces pensées qui proviennent de lui. ; mais nous ( les
anges originels ) qui sommes ses idées vitales mûries indépendantes et emplies de
lumière et de sagesse de savoir et de volonté, nous avons à notre service une
quantité infinie d'esprits qui sont en quelque sorte nos bras, qui connaissent notre
volonté et la mettent aussitôt en oeuvre.
Nous accueillons les pensées vitales de Dieu qui se présentent sous forme de grandes
langues de feu et nous façonnons sans relâche, selon l'ordonnance divine qui est en
nous, des formes et des êtres. Ces grandes langues de feu semblables à des serpents,
sont les matériaux spirituels à partir desquels a été fabriqué tout ce que l'infini tout entier
contient qui soit d'essence matérielle.

CH120,2 : De la procréation chez les animaux et chez les hommes. Chez tous les
animaux, l'acte d'accouplement n'est qu'une stimulation de ce qui est déjà présent dans
le corps de la femelle ; car les amas de vie animique des plantes et des animaux
s'assemblent en nombre et en ordre déterminé au lieu prévu de la matrice.
Une fois là, ils excitent d'abord la mère, dont l'excitation à son tour stimule le mâle, et
celui-ci vient alors féconder la femelle, non en y déposant une nouvelle semence, mais
seulement pour éveiller à l'activité l'amas vivant déjà présent dans la mère.
Voici comment cela se produit : la semence du mâle„ constituée d'esprits vitaux plus
libres et non liés, provoque pour cette raison même une véritable révolution chez les
esprits vitaux liés dans l'amas vivant maternel et les contraint à l'activité, contrainte sans
laquelle ils s'oublieraient dans leur douce oisiveté et ne s'assembleraient jamais pour
constituer intérieurement une créature.
Les esprits de la semence du mâle taquinent et démangent sans relâche les esprits
vitaux qui sont dans la femelle et ne leur laissent pas de paix, ce à quoi les esprits vitaux
de la mère résistent également sans relâche, parfois jusqu'au point, s'ils sont
suffisamment forts, de réduire au silence les esprits de la semence du mâle, et les
paysans disent que la semence ne prend .pas. Car les esprits vitaux de l'amas maternel
sont trop enclins au repos pour accepter de bon gré une quelconque activité continue et
ordonnée.
14 : Mais il ne faut pas transposer cet exemple à la conception et à la formation d'un
être humain de cette terre ; bien qu'il y ait là, bien des choses semblables, elles ont une
cause fort différente ! II est vrai que la femme de l'espèce humaine a aussi déjà en elle
une substance naturelle ; mais lorsque la conception intervient, une petite masse de
substance est bien sûr là aussi fécondée et stimulée, mais elle est transportée comme
un grain de raisin détaché d'une grappe à la place qui doit être la sienne, et une âme
déjà achevée la rejoint alors et prend soin pendant quelque temps de ce grain de vie
jusqu'à ce que la substance de celui-ci en arrive au point où elle-même concentrée, peut
pénétrer dans l'embryon d'une consistance plus fluide, tâche à laquelle l'âme se consacre
pendant deux lunes.
Une fois qu'elle a pris pleine possession de l'embryon dans le sein de la mère, l'enfant
prend vie de façon sensible, et il croît ensuite rapidement jusqu'à la taille normale. Tant
que les nerfs de l'enfant de chair ne sont pas pleinement constitués et actifs, l'âme
travaille consciencieusement et avec le plus grand zèle, pour organiser le corps selon
ses besoins ; mais une fois que tous les nerfs sont constitués et que l'esprit qui n'a
cessé de se développer en eux fonctionne de façon tout à fit ordonnée, l'âme s'adonne
de plus en plus au repos et finit par s'endormir complètement dans la région des reins.
Elle n'est désormais plus du tout consciente 'elle-même et se contente de végéter, sans
le moindre souvenir de l'ancien état de nature où elle était nue. Ce n'est que quelques
semaines après la naissance, qu'elle commence peu à peu à se réveiller, ce que l'on
remarque bien avec la diminution de la somnolence ; mais il faut encore du temps pour
parvenir à quelque forme de conscience. Quand l'enfant entre en possession du
langage, alors seulement une véritable conscience se fait jour dans l'âme sans aucun
souvenir; car aussi bien, ceux-ci ne serviraient à rien pour la poursuite du
développement supérieur de l'âme. A présent, l'âme, contenue toute entière dans la chair,
ne voit ni ne connaît rien d'autre, pour le moment, que ce que lui représentent les sens
du corps, et elle ne peut rien reconnaître d'autre en elle-même, parce qu'elle est et doit
être plongée dans l'obscurité par la masse de sa chair de telle sorte que, le plus
souvent, elle ne sait pas du tout qu'elle pourrait exister par elle-même et sans la chair.
Pendant très longtemps, elle se sent parfaitement identique à la chair, et il en faut
beaucoup pour amener une âme incarnée jusqu'au point où elle commence à se sentir et
à se considérer comme quelque chose en soi, ce qui est pourtant de la plus haute
nécessité ; car sans cela, elle ne pourrait renfermer l'esprit en elle et bien sûr encore
moins l'éveiller. C'est seulement quand l'esprit commence à s'éveiller dans l'âme que la
lumière se fait peu à peu en elle; elle commence à mieux se connaître et à découvrir
tout au fond d'elle-même des choses cachées dont, bien sûr, elle ne sait encore guère
que faire.
Ce n'est que lorsque l'esprit et sa puissante lumière sont un fait pleinement accompli
dans l'âme, que celle-ci retrouve toute sa mémoire, mais cela bien sûr sous un nouveau
jour radieux. II n'y a plus lors, ni erreur ni illusion, mais seulement une vérité céleste
éclatante, et l'âme elle-même devient une avec son esprit divin, et tout en elle et au -
dehors devient toute joie et toute félicité

CH 121 ,13 : De la raison des révélations du Seigneur. Jules dit Pourquoi donc faut-il
que je vois, entende, apprenne et comprenne une aussi énorme masse de choses ? Je
dis : Ain que tu connaisses aussi par là, combien l'homme est peu de chose par
lui-même, et que son existence, son savoir, son jugement et ses facultés ne tiennent
qu'à Dieu !
Ces choses ne vous sont pas montrées à tous pour que vous les imitiez, mais
seulement afin que vous reconnaissiez pleinement le Dieu en moi et que votre volonté
soit d'autant plus ferme pour agir selon ce que moi, le créateur de toute vie, je vous ai
enseigné et ordonné pour l'accomplissement de votre vie.
II vous suffit que votre volonté embrase ma volonté, c'est-à-dire que vous soumettiez
librement votre volonté à la mienne dans l'action et que vous travailliez scrupuleusement
à ce que ma volonté telle que vous l'avez reconnue
devienne souveraine en vous, et mon esprit s'anime alors pleinement en vous et pénètre
bientôt tout votre être. Et cette reconnaissance doit vraiment être désormais la bride par
laquelle vous guiderez votre volonté vers la mienne ; car vous devez à présent avoir
reconnu à mes actes que je suis bien celui que je ne cesse de vous donner à connaître
en moi. Si quelqu'un vous conseille un chemin et que vous remarquez à ses paroles qu'il
ne le connaît peut-être pas parfaitement lui-même, vous hésiterez sans doute à suivre
ce chemin qu'il vous indique et direz mieux vaut rester où nous sommes ! Mais si ses
paroles vous font comprendre aisément qu'il est parfaitement instruit de ce chemin,
parce qu'il vient justement de cet endroit dont il vous a décrit le chemin avec exactitude
dans les moindres détails, alors vous direz : Celui-là sait de quoi il parle, et il est de
bonne volonté, il ne peut ni ne veut nous tromper, et nous allons emprunter ce chemin
sans hésitation .
Puisque je me présente à vous, en paroles et en actes presque jusqu'au moindre
atome, et que je vous prouve avec toute ma sagesse, mon amour et ma puissance que
je suis vraiment tel que je me suis montré à vous, le résultat est assuré ! Un maître
vraiment sage ne fait rien sans raison. C'est pourquoi vous devez être initiés aux
mystères de mon royaume et de mon essence, et connaître toute la nature de l'homme
lui-même, de son origine la plus lointaine, jusque, si possible, son accomplissement le
plus haut et son accession à la pleine ressemblance de Dieu !

CH122,24 : Le Seigneur dévoile Judas. Thomas dit à judas: Comme tu es visiblement


toujours au même point, je ne puis m'empêcher de t'admonester en toute occasion,
chaque fois que tu manifeste ton double langage méchant et traître ; car tout homme
qui pense d'une façon et parle d'un autre, trahit le caractère sacré de la vérité. C'est
pourquoi tu devrais bien te laisser admonester et, à l'avenir, ne plus jamais parler tout à
fait à l'inverse de ce que tu penses et ressens !
Car c'est là, la manière des loups féroces qui s'avancent afin de mieux faire tomber
sous leur griffe mortelle le tendre et innocent agneau. Je ne suis certes pas ton ennemis
en tant
qu'âme malade, mais pour ce qui est de la maladie elle-même, je suis bien son ennemi !

CH123,8: Je dis : Vous avez pu voir par vous-même quel mal constituent l'avidité et I
'amour du monde ; ainsi gardez-en soigneusement vos coeur! Car il est impossible à un
coeur avide, de comprendre quoi ce soit aux choses de l'esprit et il n'y parviendra jamais
pleinement, et ne pourra donc être suffisamment éclairé pour concevoir ce qui serait
utile à son salut. La raison en est son extrême cupidité, et cela parce qu'il est paresseux
et indolent.
Le paresseux aime l'oisiveté et veut mener la belle vie aux dépens de son prochain
travailleur, il devient alors menteur, escroc et voleur, à seul fin d'accumuler suffisamment
de richesses pour pouvoir vivre comme un roi. Celui dont l'âme est spirituelle peut
aisément concevoir le spirituel ; mais celui dont l'âme aspire à la matière, il est
impossible de concevoir ces choses hautement et purement spirituelles!

CH124,1 : De l'éducation des enfants . Nulle âme n'a été mise dans la chair sans libre
arbitre et sans intelligence propre. La cause fondamentale de la corruption des âmes
humaines se trouve principalement dans la toute première éducation et dans l'amour
aveugle qui l'accompagne. On laisse le petit arbre croître tant mal que bien, et l'on
contribue encore, par toutes sortes de cajoleries intempestives, à faire pousser le tronc
tout à fait de travers. Mais une fois que le tronc s'est endurci, toutes les tentatives
ultérieures de le redresser n'y font généralement plus rien, ou pas grand chose ; une fois
poussée de travers, il est bien rare que l'âme redevienne parfaitement droite !
Vous tous, faites donc pousser droit vos enfants lorsqu'ils sont jeunes et faciles à
diriger, et bientôt il ne se trouvera guère d'âme si matérielle qu'elle ne puisse comprendre
le spirituel et ne se résolve aisément à bien agir selon les voies de la véritable
ordonnance divine ! Jusqu'à sa septième année, un enfant demeure de loin beaucoup
plus animal qu'humain. Car l'homme dans l'enfant est encore pour la plus grande part
plongé dans un profond sommeil.
Mais comme l'enfant est beaucoup plus animal qu'humain, il a donc surtout des besoins
animaux et très peu de besoins véritablement humains.
II ne faut donc leur donner que le strict nécessaire. Qu'on les habitue assez tôt à toutes
sortes de privations, qu'on ne fasse jamais de louanges exagérées à ceux qui sont
aimables, mais qu'on ne soit jamais trop dur non plus envers ceux qui sont moins
aimables et moins doués, et qu'on les traite au contraire avec un amour et une patience
justifiés. Qu'on les fasse s'exercer à toutes sortes de choses bonnes et utiles, et qu'on
ne rende jamais un enfant, si aimable soit-il, frivole, égoïste et présomptueux.
Faites en sorte que les enfants, surtout s'ils ont quelque beauté physique, ne portent
jamais de beaux et riches vêtements qui les rendent encore plus vains et arrogants que
de tels enfants ne le sont déjà facilement par nature.
Qu'on les tienne propre, mais sans jamais en faire les idoles reconnues de la maison, et
on les mettra dès la naissance sur la voie qui les mènera avant l'âge adulte au point où
vous tous ne parvenez qu'aujourd'hui grâce à moi.
La jeune fille atteindra en toute chasteté et modestie l'état honorable de mère, le garçon
entrera dans l'âge d'homme avec une âme mûre d'homme dans laquelle l'esprit est déjà
éveillé, et il sera une bénédiction pour les siens ainsi que pour la terre et toutes ses
créatures.
Mais si vous cédez trop aux convoitises et aux passions animales de vos enfants, vous
ouvrirez ainsi grand la porte à tous les vices, et par cette nouvelle porte, ils pénétreront
en foule dans ce monde avec toute leur corruption ; et quand ils seront installés, c'est en
vain que vous partirez en guerre contre eux par tous les moyens, vous ne pourrez rien
contre leur force et leur puissance ! Prenez donc garde que les petits arbres poussent
bien droit vers le ciel, et nettoyez-les soigneusement de toute excroissance nuisible !

CH125,1 : La vie de Judas L'Iscariote. II fut le fils d'un père très riche et d'une mère
qui l'aimait de la façon la plus insensée. Les deux parents choyèrent aveuglément leur
fils, supportant tout de lui et lui donnèrent tout ce qu'il désirait. En conséquence, il
chassa ses parents de la maison et vécu une vie de débauche avec des femmes
vénales ? Après avoir rongé la fortune de ces parents, il devint pauvre et fut réduit à la
mendicité.
II se dit : Que faire à présent, sans argent sans maison, sans travail, sans pain ? Voler
serait le plus facile mais risqué ! Je vais acquérir un art quelconque, dussé-je apprendre
cette stupide poterie qui a enrichi mon père ! II devint maître potier. Son épouse eut
souvent à pâtir de sa dureté. II laissait ses ouvriers manquer de tout et suer sang et eau
sur leur tâche. Pour se procurer un autre revenu, il se consacra à la magie naturelle,
ayant constaté que les mages gagnaient beaucoup d'argent.
Mais il se convainquit qu'il était lui-même la dupe, et il tourna le dos à ces maîtres
distingués. Cependant il entendit parler de moi ( Jésus ) et de mes prodiges. Telle fut
donc l'unique raison pour laquelle il me suivit et abandonna tout chez lui, afin
d'apprendre de moi comment on accomplit des prodiges et de gagner beaucoup
d'argent. Mon enseignement lui importait peu.
Voulant seulement m'entendre expliquer comment ,avec quels moyens réaliser les
prodiges. Mais, n'apprenant rien qui puisse lui servir, le rend constamment morose. Du
reste, il aura fait avec moi en ce monde un très mauvais calcul. Un acte de trahison suivi
du plus noir désespoir le poussera au suicide.
Car il y a ceux qui veulent tenter Dieu, ce qui est et doit être un grand sacrilège. La
cause du suicide est toujours une sorte de stupidité née du désespoir, et celui-ci est le
résultat de quelque sacrilège commis contre Dieu ou contre ses commandements.

CH126,6 : Des conséquences de la mauvaise éducation. Je dis : Si l'on aime


vraiment ses enfants, il importe avant tout d'éduquer leurs âmes en sorte qu'ils ne soient
pas absorbés par la matière. Quand les âmes sont élevées dans la juste ordonnance,
elles deviennent très vite capables d'accueillir l'esprit en elles, elles ne seront donc plus
jamais faibles et il ne sera pas question pour elles de suicide. Mais avec l'éducation
ridicule que vous donnez à vos enfants, particulièrement dans les villes, il ne peut en
être autrement ? Aussi, accoutumez très tôt vos enfants à chercher le vrai
royaume de Dieu dans leurs coeurs, et vous les aurez ainsi plus que royalement
parés et leur aurez laissé le plus bel héritage en ce monde et pour l'éternité !
Quand aux enfants trop choyés, ils ne font jamais rien de grand ! Quand bien même il
ne leur arrive ou qu'ils ne font eux-mêmes pas d'autre mal, avec le temps se développe
en eux une forme de faiblesse qui ne supporte pas la moindre offense ni même la
moindre allusion.
Dès que l'on touche à ce point faible ou, pire, qu'on l'offense, c'en est fait de notre
homme. II deviendra enragé et furieux et cherchera à coup sûr à se venger de
l'offenseur par tous les moyens, ou pour le moins le menacera et l'avertira très
sérieusement qu'à l'avenir, toute plaisanterie de ce genre aurait pour lui les pires
conséquences. Une telle faiblesse n'est pas un mal issu du libre arbitre et de la
connaissance ; mais elle n'en est pas moins une faille de l'âme, un point où elle sera
constamment vulnérable, et cela non seulement ici-bas, mais aussi pour longtemps
dans l'au-delà.
Prenez garde de ne laisser lesdits points faibles se développer chez vos enfants, car
ils deviennent à l'âme, ce que les maladies mal guéries, dites chroniques sont au corps.
De même, qui éduque des enfants doit être un vrai pilote connaissant bien la vie et ne
pas mener ses petits bateaux de vie sur n'importe quelle eau peu profonde semée des
écueils du monde, mais se risquer sur les eaux profondes de la vie intérieure, et il
gardera ainsi les petits bateaux des dangereux écueils et gagnera pour lui-même la
couronne d'un vrai timonier de la vie ! Bienheureux ceux qui inscriront ces paroles dans
les coeurs ; ils seront bénis, eux-mêmes et leurs proches !

CH127,1 : De la crainte de la mort. Je dis : La naissance d'une chose, d'un être et


plus encore d'un homme a assurément quelque chose de réjouissant, alors que leur
disparition apparente et leur dissolution, surtout celle d'un être humain, a toujours au
contraire en soi quelque chose de triste que tout coeur humain ressent avec une
certaine mélancolie. Cette tristesse naît tout d'abord de la peur de la mort, et ensuite
de bien d'autres causes que j'exposerai par la suite.
Lorsqu'une âme s'est pleinement régénérée et agit désormais tout entière selon la vraie
vie, tout chagrin et toute vaine crainte de mourir ou de disparaître s'est bien sûr
évanouie en elle ; mais chez les hommes dont l'âme n'a pas encore atteint le degré
nécessaire d'accomplissement de la vie intérieure, il demeure toujours quelque chose
de la tristesse causée par la mort du prochain et de la crainte de la mort pour
eux-mêmes, crainte dont ils ne seront complètement délivrés en ce monde que lorsque
leur âme aura grandi en elle.
Observez un enfant vraiment gâté et qui n'a pas été accoutumé très tôt à une grande
activité progressivement croissante ; quelle triste figure fera-t-il, si, ayant atteint par
exemple l'âge de douze ans, il se voit contraint à une activité sérieuse et continue,
même proportionnée à ses forces ! Il se met à pleurer, devient triste et découragé, mais
aussi plein de colère et de ressentiment contre ceux qui l'ont forcé à ce travail
astreignant.
Voyez au contraire un enfant qui a été occupé dès sa plus tendre enfance à des tâches
toujours plus sérieuses, bien qu'à la mesure de ses forces ! Avec quelle joie et quel
plaisir cet enfant se démène-t-il toute la journée sans se lasser! Cependant, de même
que l'âme paresseuse porte en elle une grande crainte de l'activité sérieuse et continue,
de même la crainte de la mort, voire de quelque maladie tant soit peu dangereuse, est
toujours présente dans cette âme et naît de la même source.
Vous avez sans doute eu assez souvent l'occasion vous-même de constater que les
hommes vraiment travailleurs étaient loin d'avoir aussi peur de la mort que ceux qui
fuient le travail, mais n'en aiment que plus mener la bonne vie ; et cette peur subsiste
tant que ces âmes ne se mettent pas au travail sérieusement. Vous pensez bien sûr que
cette crainte n'est qu'un effet de l'incertitude sur ce qu'est l'au-delà. Mais je vous le dis :
cette incertitude n'est elle-même qu'une conséquence de l'aversion pour l'activité
profondément enracinée dans l'âme et, comme l'âme a le pressentiment secret que son
existence future, après la perte de son corps, sera extrêmement active, cela la
désespère et elle entre dans une sorte d'incertitude concernant sa survie dans
l'au-delà.

CH129,2 : D e ce qui se passe lorsque l'âme se sépare du corps. Je dis : Pour l'âme
en train de se séparer, c'est un effort extraordinaire que de se maintenir dans son
existence consciente d'elle-même. Toute ses parties entrent dans une vibration
extraordinairement violente. 5 : Quand l'âme, au moment de la séparation, sort du corps
ravagé, brisé et désormais inutilisable, elle vibre selon des oscillations souvent large
d'un empan, et si rapidement qu'on ne peut distinguer quoi que ce soit de sa forme
humaine. Lorsqu'elle revient enfin tout à fait au calme, elle devient visible sous une
forme parfaitement humaine, à condition qu'elle n'ait pas été auparavant trop défigurée
par toute sortes de péchés.

CH132,8 : La fin des bandits crucifiés Quand ces âmes terribles furent tout à fait
séparées du corps, elles prirent soudain une apparence un peu plus humaine et se
mirent à marcher en silence, avec un air triste et souffrant, et l'esprit qui venait que
trancher les fils par lesquels les âmes étaient encore attachées au corps, les apostropha
en ces termes : Partez vers le lieu de votre mauvais amour; il vous vêtira ! Tels vos
actes, tel votre salaire Mais les sept âmes s'écrièrent : Si nous devions être damnées,
cela pouvait attendre !
Pourquoi avons-nous été dû être martyrisées, si ce qui nous attend à présent est la
damnation éternelle ? Le puissant esprit répondit : Tout dépendait et dépend encore de
votre amour! Changez-le selon l'ordonnance divine de Dieu, qui vous est connue, et
vous serez vos propres rédempteurs ; mais, hormis vous-même, nul dans tout l'infini de
Dieu ne peut vous délivrer !
Cette vie est la votre, et cet amour est le votre ; si vous pouvez changer votre amour,
celui-ci transformera à son tour toute votre vie et votre être ! A présent partez Mais
qu'adviendra-t-il de ces sept demanda-t-on Et l'esprit se redressa et dit seulement Ce
qu'ils voudront, eux et eux seuls !
Pour eux, ce n'est pas l'éducation qui a fait défaut, ni le savoir, et ils n'étaient pas
davantage possédés, ce ne fut que leur propre mauvais vouloir. Leur destin sera tel
qu'ils en décideront eux-mêmes par leur amour. Ici, les occasions ne leur manqueront
pas, même si ce n'est qu'en apparence, d'être tentés par un mal encore plus grand ou
au contraire de s'améliorer.

CH139,5 : Je dis: Venons à la chambre mortuaire du vieux Lazare. Tu n'y as pas vu


flotter au-dessus du cadavre une forme nébuleuse et brouillée, mais une forme
humaine déjà accomplie. La cause en est le grand amour de l'activité, ce qui est déjà
signe d'une vie intérieure et spirituelle accomplie, parfaitement libre de toute crainte
devant le grand travail qui l'attend dans le royaume infini des cieux. Le fil extrêmement
fin qui relie l'âme au corps indique qu'elle n'a de tout temps que très peu songé aux
choses terrestres, donc également une séparation du corps tout à fait facile et sans
douleur.
Quand à l'apparition lumineuse au-dessus de la tête de l'âme, elle indique la très
puissante volonté de l'âme elle-même, la colonne exprimant l'inflexibilité, et la lumière,
qui résulte d'une juste activité, correspondant à l'ordre divin du ciel de Dieu, et cette
lumière rayonnante imprègne sans cesse le jugement de l'âme et l'éclaire
abondamment, afin que la volonté n'agisse pas aveuglément, mais avec clairvoyance.
Cependant, comme la pensée du juste naît essentiellement du coeur, qui est de
même l'unique siège de l'amour et de la volonté, la lumière de la volonté de l'âme libre,
qui n'a pu agir au cours dé la vie terrestre qu'en union avec la raison de la tête, se
manifeste désormais autour des reins de l'âme libre comme la ceinture du vêtement
d'amour, de justice, de patience et de tolérance .

CH140,4 : Je dis: Nous n'avons plus guère à nous préoccuper que des choses
spirituelles. Car à quoi serviront à l'homme les sciences et les connaissances du
monde, s'il ne se connaît pas lui-même jusque dans ses plus profondes racines,
c'est-à-dire dans le domaine de la vie et de la survie de son âme et de son esprit ? !
Aussi, loin de vous tout ce que peuvent détruire la rouille et les vers ! Seul ce qui est
de l'esprit demeure éternellement immuable ; mais tout ce qui appartient à la matière
sera soumis à des transformations souvent innombrables avant d'accéder à l'état de
spirituel. Ainsi posez des questions sur l'âme et l'esprit, mais plus jamais sur les choses
de ce monde !

CH143,2 : Sur le déluge. Je dis : Si l'homme tente de se révolter contre cette


ordonnance et de transformer le monde, il en sera puni non par la colère arbitraire de
Dieu , mais par la rigoureuse ordonnance qu'il aura lésée et que Dieu a fixée dans les
choses elles-mêmes, qui doivent être ce quelles sont.
Tu te demande à présent à part toi si le déluge doit être considéré comme une
conséquence naturelle et nécessaire du comportement fourvoyé des hommes . Mais
leur volonté de mal faire était telle que, non contents de railler mes messagers dans
leur aveuglement, ils allèrent jusqu'à en tuer un grand nombre, me déclarant ainsi une
véritable guerre.
Mais, je les laissais agir et faire la triste expérience que leur déraison et leur ignorance,
dont ils portaient eux-mêmes la responsabilité, ne leur donnaient aucunement le droit
de faire de la grandeur de la nature et de l'ordonnance divine ce qui leur plaisait dans
leur aveuglement.
Vois-tu, tu es parfaitement libre de monter sur cette grande falaise qui est au sud d'ici,
haute de près de cinq cents hauteurs d'homme, et de te jeter au bas la tête la
première ! Mais selon la nécessaire loi de pesanteur de tous les corps, il est évident
que cette action délibérée te coûtera la vie de ton corps. Tu peux voir les hautes
chaînes de montagnes couvertes d'épaisses forêts. Vas-y avec dix fois cent mille
hommes, mets y le feu et fais brûler toutes les forêts afin que ces montagne soient
entièrement pelées. Qu'en résultera-t-il donc ?
Les nombreux esprits de la nature ainsi rendus oisifs et nus déchaîneront leur fureur
dans les airs. Des éclairs sans nombres, d'effroyables pluie torrentielles et une grêle
incessante ravageront toute la région alentour. Tout cela étant le résultat parfaitement
naturel de l'acte de dévaster la forêt.
Et quand dix fois cent mille hommes se mettent en devoir de raser les montagnes et de
combler de grands lacs, ou de tracer des routes d'une largeur énorme pour que les
armées y passent et fassent ainsi la guerre plus facilement ; quand les hommes
entaillent toute une chaîne de montagne sur une distance de plusieurs jours de
marche et une hauteur de quatre à cinq hauteur d'homme, ou creusent autour de ces
montagnes des fossés profonds de deux cents hauteur d'homme, ouvrant ainsi des
canaux internes où l'eau circule sous la terre, de telle sorte que les montagnes
commencent à s'enfoncer dans les bassins ainsi vidés et que l'eau monte si bien qu'il
commence à se former en Asie une sorte de mer montant presque jusqu'aux plus hauts
sommets, à quoi il faut ajouter que, lors de ces grandes destructions de montagnes,
des centaines de milliers de milliers d'arpents des plus belles forêts ont été détruites, et
qu'à cette occasion, des myriades sans nombre d'esprits de la terre et de la nature,
jusque là pleinement occupés par cette luxuriante végétation, ont été subitement libérés
et privé de leur activité, imagine quel tumulte ces esprits ont dû se mettre à faire dans
les régions aériennes !
Quelles tempêtes, quelles pluies torrentielles quels déluges de grêle, quels éclairs
sans nombre ont dû alors s'abattre sur la terre pendant quarante jours, et quelle
énorme masse d'eau a dû alors recouvrir presque toute l'Asie, tout cela pour des
raisons purement naturelles.

CH144,1 : De l'origine des catastrophes. Je dis : vivez seulement cinquante années


dans la juste ordonnance divine, et vous n'aurez plus jamais à voir, à connaître ou à
sentir aucune calamité ! Je vous le dis : toutes les calamités, les épidémies, les
maladies de toute sorte, le mauvais temps, les années maigres et stériles, les grêles
dévastatrices, les inondations qui emportent tout, les ouragans, les grandes tempête,
les invasions de sauterelles et bien d'autres catastrophes ne sont que le résultat des
agissements déréglés des hommes !
Si les hommes vivaient autant que possible dans l'ordonnance qui leur a été fixée, ils
n'auraient pas à subir tout cela. Les années se succéderaient comme les perles d'un
collier, chacune aussi fertile que la précédente. La partie habitable de la terre ne
souffrirait jamais ni d'un trop grand froid, ni d'une trop grande chaleur. Mais comme les
hommes sont tellement habiles et supérieurement intelligents qu'ils décident
d'eux-mêmes toutes sortes de choses qui dépassent de loin leurs besoins, lorsqu'ils
entreprennent sur la terre de trop grandes constructions et des améliorations
exagérées, rasant des montagnes entières pour faire passer des armées, lorsqu'ils
détruisent des centaines de milliers d'arpents des plus belles forêts, lorsque, pour
l'amour de l'or et de l'argent, ils creusent de profonds trous dans les montagnes,
lorsque enfin ils vivent eux-mêmes dans la discorde permanente alors qu'ils sont
constamment entourés de la grande foule des intelligents esprits de la nature, de qui
dépend tout le temps qui fait sur terre ainsi que la pureté de la salubrité de l'air, des
eaux et du sol, faut-il s'étonner si cette terre est de plus en plus affligée par des maux
sans nombre et de toute espèce ? Des hommes avares et cupides mettent à leurs
granges des cadenas e des verrous et font encore garder sévèrement leurs trésors et
leurs richesses qui vont bien au-delà de tout superflu, et malheur à qui s'en
approcherait sans autorisation !
En vérité, celui-là serait traité aussitôt de la plus rude manière ! Je ne veux pas dire par
là que l'on ne doive pas protéger un bien durement gagné ; je ne parle ici que du
superflu devenu énorme et parfaitement inutile. Ne serait-il pas facile de construire des
granges qui resteraient ouvertes aux pauvres et aux faibles, fût-ce sous la surveillance
d'un dispensateur avisé, afin qu'aucun pauvre ne prenne davantage que ce qu'il lui faut
pour se nourrir ?
Si l'avidité et l'avarice disparaissaient ainsi de la surface de la terre, aussitôt
s'enfuiraient toutes les années maigres. Lorsqu'on connaît soit peu le fonctionnement
d'ensemble de la nature, non seulement on comprend cela très vite, mais on peut
véritablement le toucher du doigt !
Voyez devant nous cette plante bienfaisante, et un peu plus loin cette plante
vénéneuse extrêmement néfaste. Toutes deux ne se nourrissent-elles pas absolument
de la même eau, du même air, de la même lumière et de la même chaleur ?
Pourtant, celle-ci est emplie d'une substance salutaire, et celle-là du poison le plus
mortel ! Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que la plante bienfaisante,
grâce à la bonne ordonnance de sa nature intérieure, se concilie tous les esprits vitaux
naturels qui l'entourent et que ceux-ci à leur tour s'empressent auprès d'elle, de
l'extérieur comme de l'intérieur, en toute paix et amitié, et la nourrissent de telle sorte
que tout dans la plante devient salutaire et qu'à la lumière du soleil, ses émanations et
les esprits naturels qui l'entourent exercent, même de loin, l'influence la plus salutaire
sur les hommes et sur de nombreux animaux.
Mais avec la plante vénéneuse que voilà, qui renferme en elle une nature profondément
égoïste, farouche et coléreuse, les mêmes esprits de la nature, affectés par ce
tempérament, sont totalement transformés ; comme ils se pressent autour de la plante
pour la nourrir, toute leur nature devient homogène à elle de la plante.
Et l'environnement de celle-ci comme ses émanations sont empoisonnées et néfastes à
la santé de l'homme, et, avec leurs narines sensibles, les animaux ne s'en approchent
point.
CH145, 1 : De l'influence du mauvais sur le bon. Je dis: Mais l'homme avare et
cupide, tout son entourage d'esprits naturels, qui s'étend très loin, son souffle, tout le
cercle de sa vie extérieure adopte le même caractère que sa vie intérieure ; cependant,
les esprits naturels qui l'entourent, devenus mauvais, agissent sans relâche sur les
esprits naturels encore bons qui affluent ver eux, et les rendent comme eux mauvais,
avares et cupides.
Mais comme ces esprits de la nature se trouvent en conflit permanent non seulement
avec l'homme, mais aussi avec les animaux, les plantes, l'eau et l'air, ils sont
constamment à l'origine de toutes sortes de luttes, de frictions et d'agitations inutiles
dans l'air, l'eau, la terre et le feu et chez les animaux. 5 : II se trouve aussi que sur terre,
ce qui est mauvais a beaucoup moins de peine à s'assimiler ce qui est bon que le bon à
rendre aussi bon que lui ce qui est mauvais ! Voyez par exemple un homme très en
colère, qui dans sa rage et sa fureur, voudrait tuer tous ceux qui l'approchent ! Si mille
homes très bons l'observent, ils finissent eux-mêmes par se sentir fort courroucés et
tomberaient volontiers tous ensemble sur le furieux pour lui faire passer sa colère, si
seulement il y avait place sur sa peau pour toutes leurs mains impatientes.
Pourquoi un furieux peut-il déclencher la colère de mille hommes, et pourquoi, à
l'inverse, ces mille hommes débonnaires ne peuvent-ils amener le furieux à une parfaite
bonhomie ? Tout cela vient de ce que, spécialement sur cette terre et pour les besoins
de l'édification des enfants de Dieu, l'attrait du mal et de la méchanceté est et doit être
beaucoup plus grand que celui du bien.
13 : C'est pourquoi il faut attirer à soi de toutes ses forces tout ce qui est bon, si l'on ne
veut être absorbé par la surabondance du mauvais. Cherchez donc à parfaire votre vie
intérieure en suivant activement mon enseignement, et les poisons du monde ne seront
plus en mesure de vous faire le moindre mal !

CH 146,12 : La plante vénéneuse. De l'essence de la lumière et des ténèbres, du


bien et du mal. Je dis : Ceux qui sont en soi des hommes de bien auront également
une bonne influence sur ceux qui sont plus ou moins bons, et seront pour ces hommes
moins bons de vraies plantes curatives. Cependant, si les hommes vraiment bons par
nature arrivent chez des gens foncièrement mauvais et indisciplinés, ayant la
méchanceté à fleur de peau, ils se laisseront très aisément et très vite corrompre, parce
que l'ordre intérieur de leur vie n'est pas assez fort pour faire contrepoids ; mais
lorsqu'un homme est en lui-même parfait, il agit à l'instar du petit rayon de lumière
solaire dans un vaste espace de ténèbres.

CH150,12 : La malédiction et la damnation sont une invention des hommes et le


résultat de l'aveuglement et de l'ignorance de la nature humaine. Les fautes commises
par l'homme encore en formation sont des épreuves par lesquels il apprend l'usage qu'il
doit faire de son libre arbitre pour devenir indépendant, et les actes de l'homme sont la
manière dont il exerce son autodétermination dans le domaine de la connaissance ainsi
que dans le celui de sa liberté d'agir à l'intérieur d'une certaine ordonnance, ainsi établie
pour le nombre infini des grandes créations du seul et unique sage créateur que
l'existence temporelle et éternelle d'un être, n'est concevable qu'à l'intérieur de cette
ordonnance. La malédiction des hommes est une invention maligne de leur aspect
nocturne ; ils se corrompent eux-mêmes et leurs semblables et finissent par jeter les
gens dans la plus grande misère, la détresse et le désespoir complet, triste produit du
très humain orgueil divinatoire° °(orgueil de celui qui se prend pour un dieu).

CH 151,5 : Je dis: Mais comment empêcher qu'une vie totalement déchirée par
l'influence du monde et de ses convoitises infernales ne soit complètement
dilapidée et perdue, pour la sauver et la ramener peu à peu sur la bonne voie ? N'est-il
pas normal et nécessaire qu'une telle vie soit si durement frappée ? Il est vrai sans
doute que ce moment où la vie est arrachée, a pour celui qui y assiste quelque chose de
particulièrement repoussant ! Le passage par la plus étroite des portes n'est certes pas
aussi agréable à considérer que le visage d'une jeune fiancée en pleine santé ; mais il
conduit l'homme à la vie, et à la vraie vie éternelle immortelle !
7 : Les purs enfants de la terre sont constitués, tant dans leur âme que dans leur corps,
de l'ensemble de tous les éléments organiques de la genèse de cette terre. La preuve
en est déjà fournie par la grande variété de la nourriture que l'homme donne à son
corps, alors que l'animal est beaucoup plus limité dans le choix de ses aliments.
Afin que l'homme puisse apporter à toutes les particules d'intelligences dont son âme est
constituée, une nourriture animique qui leur convienne à partir des aliments naturels qu'il
absorbe, il lui est donné de tirer une nourriture très variée des règnes tant animal et
végétal que minéral ; car la substance du corps de l'âme est nourrie et mûrie tout comme
le corps de chair, par la nourriture naturelle absorbée. Cela dépend cependant aussi de
quelle sphère de créatures est principalement issue antérieurement l'âme de l'homme
purement de cette terre.
Et il faut aussi considérer ici que, surtout chez les enfants, l'âme continue de porter en
elle des traces de la nature des créatures antérieures à partir desquelles elle a ensuite
pris forme humaine. Lorsque l'enfant reçoit dès l'abord une bonne éducation, la créature
primitive prend bientôt tout à fait forme humaine, et celle-ci se renforce de plus en plus.
Mais lorsque l'éducation de l'enfant est très négligée, la forme de la créature primitive
prend de plus en plus d'importance dans son âme et entraîne même toujours plus le
corps déjà constitué vers la forme de ladite créature primitive, et c'est ainsi qu'on
reconnaît sans peine, chez bien des hommes frustres, la forme qui domine à coup sûr
dans leur âme.
11: De même que l'organe de la vue doit être au repos pour reconnaître un objet pour
ce qu'il est, de même l'âme a besoin d'un certain calme intérieur pour être capable d'une
conscience sûre et claire d'elle-même.
Plus l'âme est troublée intérieurement, plus elle perd sa conscience claire d'elle-même ;
et lorsque l'âme est en proie à la plus grande agitation possible, elle ne sait pour ainsi
dire plus rien d'elle-même tant qu'elle n'est pas revenue au calme. Et ce phénomène est
d'autant plus fort chez un mourant, que son âme se situe à un échelon plus bas dans
l'évolution de la vie.

CH152,8 : Des différentes catégories de suicidés, et de leur statut dans l'au-delà.


Lorsqu'une âme, par suite d'une mauvaise éducation, a perdu tout amour, y compris
d'elle-même, l'enfer tout entier, qui est le pire ennemi de la vie, pénètre cette âme tout
entière, qui devient elle-même l'ennemie de sa propre vie et de son être, et n'aspire plus
alors qu'à détruire cette vie par quelque moyen indolore ! Lorsqu'il existe une telle haine
de la vie, celle-ci doit nécessairement finir en se dissociant, et l'âme ne peut donc
apparaître dans l'au-delà autrement que réduite en ses différents éléments de vie
antérieurs, eux-mêmes n'étant plus que des squelettes dépourvus de chair, ne portant
en eux que le nécessaire jugement.

CH158,3 : Du poison dans les minéraux, les plantes, les animaux et l'homme. Je
dis : Voyez-vous, il y a sur cette terre des minéraux empoisonnés, des plantes
vénéneuses, et aussi des animaux venimeux ! Les minéraux empoisonnés sont tout
poison, les plantes vénéneuses le sont dans leur plus grande partie, et les animaux
venimeux ne le sont
que pour une partie minime de leur être. Mais vous m'avez également entendu dire que
les âmes des hommes purement de cette terre sont des conglomérats d'âmes minérales,
végétales et animales. Vous connaissez la juste et vraie ordonnance divine, mais vous
en connaissez aussi les excentricités ( déviations ) ; vous pouvez les concevoir, les
ressentir, les éprouver !
Or, ce que vous pouvez, Dieu le peut également ; il est bien sûr celui qui connaît et
comprend le mieux son ordre éternel, mais donc également toutes les exceptions et
transgressions possibles de cet ordre, et il faut donc aussi qu'il les conçoive e les
éprouve très profondément.
Plus encore, Dieu doit disposer dans les créatures destinée devenir libres et
indépendantes et qui possèdent un libre arbitre, c'est-à-dire l'attrait de le rébellion contre
l'ordonnance, afin qu'il en résulte pour eux une véritable autodétermination parfaitement
libre.
Mais la conséquence très claire en est que Dieu doit être tout aussi familier avec ce qui
peut aller contre son ordonnance qu'avec la bonne et vraie ordonnance de vie. Parmi les
pensées et les sentiments conformes à l'ordonnance, les pensées et les sentiments de
la contreordonnance, en Dieu comme dans l'homme, correspond donc au minéraux,
végétaux et animaux vénéneux.
C'est de cette source originelle qu'est précisément né l'essentiel de la création
matérielle soumise au jugement. Mais comme celle-ci est appelée à servir les
créatures spirituelles non pas seulement comme un poison qui éprouve la vie, mais
aussi, lorsqu'il en fait un bon usage, comme un baume de vie salutaire. II est prévu
également dans l'ordonnance que les pensées substantielles originelles par trop
contraires à l'ordonnance se séparent de celles qui lui sont beaucoup moins contraires,
et constituent dans chacun des trois règnes de la nature des choses visibles, extérieures
et toutes matérielles, l'ordre de créature vénéneux déjà observé.
Les poisons se tiennent donc d'abord dans la matière très grossière des minéraux, puis
ils arrivent, déjà quelque peu atténués, dans la partie appropriée du règne végétal, enfin,
réduits à peu de chose, ils deviennent dangereux, dans certains animaux d'espèce
inférieure, pour la vie extérieure meilleure, c'est-à-dire positive, et peuvent même, dans
certaines circonstances, nuire gravement à la vraie vie intérieure toute positive, sinon la
détruire complètement.

CH162,3 : De la création d'Adam et d'Eve. Je dis : Voyez-vous, tout ce que dit Moïse
dans sa genèse a trait essentiellement et presque exclusivement à l'éducation et à la
formation spirituelle des premiers êtres humains, symbolisés et représentés par le tout
premier couple humain. Par ailleurs, le corps d'Adam a bien été créé et formé par ma
volonté et selon l'ordonnance établie telle que je vous l'ai montrée, partir des éléments
éthériques du plus fin limon ; et lorsque, par ma volonté, plein de l'expérience acquise, il
eut atteint une force suffisante pour se constituer autour de lui une sphère de vie
extérieure particulièrement intense, et que, Fatigué par le labeur et les voyages, il fut
tombé dans un profond sommeil, c'est alors qu'il fut temps de faire entrer dans cette
sphère de vie extérieure d'Adam une âme naturelle assemblée à partir de tous les
échelons de la nature que vous connaissez.
8 : Les côtes sont le solide bouclier qui protège extérieurement les tendres organes
vitaux intérieurs. Moïse a donc employé cette côte dans l'écriture premièrement parce
qu'elle protège la vie ; mais deuxièmement, parce qu'une femme bonne, fidèle et
aimable, doit également être considérée comme une protection, un bouclier et un refuge
pour la vie de l'homme, et elle peut donc fort bien être représentée symboliquement
comme une côte de l'homme ; enfin troisièmement, l'éther vital extérieur est lui aussi
une toute puissance protection de la vie naturelle de l'âme contenue dans l'homme,
protection sans laquelle celui-ci ne saurait vivre plus de quelques instants.
Par ailleurs, Eve est née, du moins pour son tendre corps, du trop-plein de cet éther
vital extérieur d'Adam ; et comme cet éther vital émane de la région des côtes, du creux
de la poitrine, pour environner ensuite l'homme de toute part et jusque assez loin, Un
Moïse qui maîtrisait parfaitement la langue des symboles a pu fort justement faire
naître Eve de la côte d'Adam, et dire ensuite que Dieu recouvre ou remplace la
blessure d'Adam par la chair d'Eve. Car puisque Eve était précisément devenue la chair
d'Adam, étant née de son éther vital extérieur, Dieu a pu combler avec elle le manque
dans l'éther vital d'Adam, autrement dit recouvrir l'emplacement de la blessure avec la
chair d'Eve, si agréable à Adam, et qui était aussi à proprement parler la chair d'Adam.

CH163,1 : Je dis : Voyez-vous, c'est ainsi qu'il faut lire Moïse et le comprendre par
l'intelligence naturelle ! II y a certes également une compréhension purement spirituelle
plus profonde et plus intérieure selon laquelle il faut entendre essentiellement, dans
toute cette histoire de la création, l'entreprise d'éducation des hommes par Dieu, afin
qu'ils se connaissent et s'aiment et le connaissent et l'aiment comme étant tout pour
eux.
Ainsi, Dieu avance en esprit avec Adam, l'enseigne, lui donne des lois, le punit lorsqu'il
commet une faute et le bénit à nouveau lorsque Adam, où plutôt la première humanité
de cette terre, reconnaît Dieu, l'aime et suit son ordonnance. Aussi y a-t-il même quatre
façons de lire et de comprendre Moïse, toutes très justes et claires.
Premièrement: selon le simple sens naturel, et l'on y vois alors une évolution
nécessaire selon des périodes définies conformes à l'ordonnance divine éternelle et
immuable. Deuxièmement à la fois selon la nature et selon l'esprit. Ce domaine
également d'une très grande vérité, est le meilleur pour les hommes qui aspirent à plaire
à Dieu, car les deux aspects, marchant main dans la main, se manifestent de façon
visible et compréhensible dans l'action et dans la réalité.
Troisièmement : dans un sens purement spirituel qui ne se préoccupe pas le moins du
monde des événements naturels, de leur état et de leurs changements temporels. II ne
s'agit plus alors que de la formation spirituelle de l'homme. Enfin quatrièmement: le
sens purement céleste, où le Seigneur est toute chose et où toute chose se rapporte à
lui. Mais vous ne saurez entendre cela que lorsque, par la complète renaissance de
votre esprit, vous serez un avec Moi.

CH164,1 : La clé de la compréhension des écritures spirituelles. Je dis : Tant que tu


n'est pas né à nouveau en esprit,

aucune règle ne peut t'être d'aucun secours ; mais quand tu le seras, tu n'auras plus
besoin d'aucune règle, parce que ton esprit éveillé trouvera très vite et très facilement ce
qui lui est semblable, même sans l'aide d'une règle générale. Si tu demeures dans la foi
et l'amour en Moi, le juste sens te viendra de lui-même, et ce en très peu de temps !
Mais au demeurant, il ne sera pas mauvais que tu relises souvent l'écriture ; car ton âme
en sera maintenue dans une activité de recherche et de réflexion.
6 : Mais à celui qui s'obstine dans les apparences d u monde, tout cela paraîtrait une
grande folie qui le mettrait fort en colère s'il l'apprenait. C'est pourquoi il vaut mieux que
le monde n'en sache rien ; mais il est nécessaire, pour vous affermir, que vous
compreniez vous-mêmes les mystères du royaume de Dieu, et c'est assez pour le reste
du monde !
Si tu as bien compris cela, tu sauras également ce que vous devrez en tout temps
prêcher aux peuples lorsque je vous enverrez vers eux : Aimez Dieu, votre Père éternel,
pardessus tout, et votre prochain comme vous-même, et respectez les commandements
que Dieu a donnés à tous les hommes à travers Moïse, voilà résumé tout
l'enseignement que vous devez prêcher aux peuples en mon nom, il n'en faut pas
davantage. Tous ce que vous apprenez ici par surcroît n'est destiné qu'à vous.

CH165,2 : Des vrais enseignants de l'Evangile. Je dis : Si je vous montre et vous


explique toute ces choses inouïes, c'est parce que je vous forme pour enseigner; mais
tout enseignant accompli devra d'abord être enseigné par Dieu, tout comme vous l'êtes
à présent.
C'est le Père céleste qui doit le conduire, sans quoi il ne parviendra pas à la vérité dans
toute sa lumineuse profondeur ; et celui qui n'y sera pas parvenu et ne sera pas devenu
par là lui-même lumière, comment pourrait-il éclairer la nuit de ses semblables ? !
4 : C'est pourquoi un maître qui n'a pas été instruit par Dieu est pire que pas de maître
du tout ! Car ce maître ténébreux n'est qu'un sac rempli de mauvaises semences,
duquel toute l'ivraie de la plus noire superstition sera répandue dans les sillons de la vie
humaine, par nature toujours et nécessairement d'une pauvreté spirituelle.
Pour la propagation de Ma doctrine, dialogueront avec moi dans leur coeur, car celui
qui enseigne ses frères, grands ou petits, en mon nom, ne doit pas puiser à sa propre
source, mais toujours à la mienne ! II ne faut pas qu'il ait à penser : Que dirai-je lorsque
je paraîtrai devant tel ou tel pour lui annoncer la parole du Seigneur ?
Car en ce cas de besoin, ce qu'il devra dire lui sera mis dans le coeur et sur la langue.
Mais celui à qui cette grâce est accordée, qu'il n'hésite pas, par timidité devant un
puissant ou parce qu'il craint de le froisser ou même de le mettre en colère, à ;parler
haut et fort !
Car celui qui craint le monde plus que moi, celui-là n'est vraiment pas digne de moi ni
de la plus petite de mes grâce, et il n'est plus propre à être un messager du ciel.

CH167,14 : Du jeûne et de la joie. Jeûner à outrance et sans motif, est autant une folie
et peut-être même tout aussi bien devenir un péché que se goberger à outrance. Celui
qui veut vivre dans une juste ordonnance, doit être mesuré en tout ; car à la longue,
toute démesure ne peut qu'avoir des conséquences néfastes pour le corps, l'âme et
l'esprit !
A présent, mangez et buvez tout à votre aise, et soyez gai et joyeux !
Un coeur gai et joyeux m'est bien plus agréable que celui qui est affligé, triste, plaintif et
morose, mécontent de tout, donc sans gratitude et renfermant à coup sûr bien peu
d'amour ; car c'est dans le coeur joyeux que résident l'amour, l'espérance et une
confiante certitude.
Lorsqu'un homme affligé pour une raison grave en rencontre un autre de gai et enjoué,
il s'accorde bientôt à la gaieté de cet autre, son âme commence à se mouvoir plus
librement et la lumière de l'esprit peut éclairer plus facilement l'âme apaisée, alors qu'une
âme triste se ratatine littéralement et finit par devenir tout à fait obscure et morose.
J'entend cette gaieté et cette joie qui emplissent le coeur d'un couple honnête et sain, ou
qu'éprouvent les êtres pieux après une bonne action agréable à Dieu.

CH 174,1 : Des anciens principes pharisaïques de Gabi. Le Seigneur demande à


Gabi : Lorsque tu t'es voué au temple, ne croyais-tu donc alors en aucun Dieu, pour
t'être aussitôt mis à pratiquer la tromperie et avoir consacré toutes tes pensées à
devenir un vrai pharisien formé et rompu à toutes les malices ?
Comment as-tu jamais pu laisser germer dans ton coeur une pensée si foncièrement
mauvaise ? Servir les hommes autant qu'il est possible, n'est-il donc pas en soi une
raison de vivre des plus merveilleuses.
Un Socrate n'a-t-il pas dit : Homme mortel, si tu veux honorer dignement les dieux, sers
tes frères ; car ils sont comme toi, l'oeuvre la plus précieuse des dieux ! Si tu aimes les
hommes, tu sacrifies à tous les dieux bons, et ceux qui sont méchants ne pourront t'en
punir ! Les romains disaient Vis honorablement, ne nuis à personne et donne à chacun
son dû Gabi dit : Dieu, Seigneur et Maître de toute éternité, si j'avais eu la moindre
occasion d'entendre ne fût-ce que le centième de ce que j'ai entendu ici en ces trois
jours, je n'aurais certes pas conçu une si misérable opinion ; mais l'exemple attire,
j'avais devant moi des exemples et des modèles de la pire espèce qui fût !
Et ces exemples s'en trouvaient bien, et d'autant mieux qu'ils maîtrisaient mieux l'art
de berner copieusement le peuple et de lui en faire accroire. Ceux qui instruisaient le
peuple ne devaient donc se soucier que de maintenir le commun des bêtes humaines
dans la superstition la plus épaisse !
Tant que l'on conserverait ce but, les vrais hommes d'esprit vivaient bien ; mais dès que
l'on montrerait au peuple la vérité et le détromperait, les vrais hommes d'esprits
devraient prendre eux-mêmes en main la houe, la charrue, la bêche et la faucille et
gagner durement et péniblement leur pain à la sueur de leur front.
L'homme véritable devait même chercher à faire en sorte que les bêtes de somme
humaines le considèrent pour le moins comme un demi-dieu. Ayant atteint ce but, il
devait se refermer sur sa lumière comme un tombeau égyptien et s'entourer de toute
lueurs trompeuses et de fumées entêtantes ; les bêtes humaines se mettraient alors
bien vite à l'adorer tout de bon, et d'autant mieux s'il savait de temps à autre leur être en
apparence de quelque utilité.

Ch175,7 : Je dis : Tu vas comprendre pourquoi et comment cette jeune fille est attachée
à moi de tout son amour. Car aucun d'entre vous ne m'aime autant que cette jeune fille;
votre amour est davantage un étonnement devant Ma sagesse et mes prodiges pour
vous inconcevables.
Mais cette jeune fille m'aime purement et simplement pour moi-même, parce qu'elle sait
une fois pour toute qui demeure en moi. Et cela vaut mieux que d'admirer Dieu en moi,
puisque aussi bien, n'importe qui peut savoir qu'à Dieu toute chose est possible. Cette
seconde raison n'est certes pas mauvaise ; mais la première est meilleure. Que,
préférerais-tu toi-même; que l'on t'aime déjà pour la simple raison que tu es un être
humain, ou bien seulement parce que, étant un être humain, tu es sage et expert dans
toutes sortes d'arts ?
Le premier amour vient de la vie et attire à son tour la vie, tandis que le second n'est
qu'une question de goût et ne touche que le sens artistique et le savoir de celui qui les
possède. Ainsi, dis-moi lequel de ces deux amours tu tiendra en plus haute estime ?
Simon dit: Le premier, évidemment! Car celui qui m'aime déjà en tant qu'être humain
m'aimera d'autant plus en tant que sage et artiste ; mais celui qui m'aimera avec l'idée
que je suis un sage et un artiste, aura tôt fait de ne plus m'aimer pour peu qu'il apprenne
que je ne suis ni l'un ni l'autre !
Ainsi donc, le très pur amour de cette jeune fille pour toi, ô Seigneur, est véritablement
un amour exemplaire et nous dépasse tous de très loin !
II est certes plus facile et plus naturel à une jeune fille d'aimer un homme pour lui-même
qu'à un homme d'aimer un autre homme de la même manière; mais si un homme
s'interroge plus en profondeur, avec sa raison et ses sentiments, sur la valeur d'un autre
être humain, d'un frère, il sentira et comprendra sa propre valeur et se mettra alors à
respecter et à aimer son prochain quelles que soient les qualités bien cachées et très
estimables, il l'en aimera sans doute d'autant plus

CH176,8 : Simon reconnaît ses faiblesses charnelles. Simon dit Seigneur, qu'ai-je
donc fait pour que tu me témoignes tant de bienveillance ? Car je suis un pécheur, et ma
chair est trop faible. Les belles jeunes femmes me font une grande impression, et des
pensées inconvenantes reviennent régulièrement m'assaillir. Et bien souvent, je me
complais avec une sorte de joie et de plaisir dans ses pensées, non pas dans leur
accomplissement, par manque d'occasion, mais du moins dans mon for intérieur qui, en
de tels moment d'ardeur, m'approuve sans réserve. Je dis : Ami et frère, que t'importe la
chair et tout ce qui s'y passe ? !

Ch177,1 : Si je n'avais pas implanté dans la chair cette propriété, quel homme prendrait
donc femme et éveillerait en elle la vie d'un fruit humain ? ! Si je n'avais pas mis dans
l'estomac le besoin physique de manger, qui se donnerait jamais la peine de se nourrir ?
Et de quelle autre manière les éléments spirituels naturels pourraient-ils passer dans le
sang et les autres sucs du corps, de là dans l'éther nerveux et, ainsi purifiés, devenir la
substance de l'âme ? Par la puissance de ma volonté, il est vrai, dans l'ordonnance
primitive ; mais qu'en serait-il alors de la perpétuation ?
N'est-ce pas moi qui ai inspiré aux yeux la faculté de voir, aux oreilles la capacité
d'entendre, à la langue la faculté de parler et de goûter, au nez l'odorat ? Tous ses sens
t'ont bien été donnés pour percevoir les formes des choses, pour comprendre la
sagesse des discours et pour percevoir les esprits bons, mauvais ou nuisibles dans la
matière brute et encore inerte
Certes, tu peux pécher par les yeux, les oreilles, le nez, le palais et la langue, si tu Te
sers de ces sens de façon désordonnée, si tes yeux ne se dirigent que là où la chair
trouve son compte, si tu n'entends volontiers et avidement les blasphèmes, les injures et
les obscénités, si tu prends plaisir à respirer des choses malodorantes qui rendent la
chair impure, malade et incapable de travailler.
Tu pêches aussi par le palais et la langue si tu maîtrises pas une trop grande
concupiscence envers les morceaux de choix les plus coûteux ; car comment aurais-tu
le droit de flatter ton estomac d'une débauche de mets somptueux, quand près de toi
bien des pauvres meurent de faim et de soif ? !
Nourris-toi de mets simples et fraîchement préparés, mais quand tu t'adonnes à la
gloutonnerie et à l'ivrognerie, tu vas visiblement à l'encontre de toute ordonnance divine.
Mais ce n'est pas du tout le cas avec toi, au contraire, tu es déjà parvenu de toi-même
à bien des victoires glorieuses sur ta chair ! C'est ainsi que tu es devenu mesuré en
toute chose et sobre dans tes désirs. Tu ne rejetais pas pour autant l'écriture ; tu
souhaitais seulement une lumière et une explication, et c'est pourquoi d'ailleurs tu
étudiais les différentes philosophies, sans parvenir à y voir plus clair ; extérieurement, tu
restais un pharisien, il est vrai, mais à l'intérieur, tu n'en étais pas moins demeuré un
chercheur de vérité assidu. Désormais, tu ne pourras plus retomber dans la nuit

CH178,13 : De la nature des anges . Du coeur et de la mémoire. Je dis : Les anges


ne sont que des formes animées par ma volonté, que peuvent-ils avoir de personnel ?
Quelles pensées peuvent-ils concevoir par eux-mêmes, puisqu'ils ne sont en vérité
qu'une émanation de ma volonté, un réceptacle de mes pensées, de mes idées et de
mes intentions ?
S'ils devaient penser, vouloir et agir par eux-mêmes, il faudrait d'abord que, comme
vous, ils mangent à la table des enfants et viennent sur cette terre dans la chair ! Vous
devez faire entrer mes paroles plus profondément dans vos coeurs, et elles vous
resteront alors plus fidèlement en mémoire . Ce que le coeur a compris, passe dans la
vie même et demeure à jamais !
Je vous le dis, de tout ce que, dans ce monde, vous n'aurez absorbé que dans votre
mémoire, il ne demeurera pas un iota dans l'au-delà ; c'est pourquoi tous les érudits
desséchés paraissent dans l'au-delà comme des sourds des aveugles et des muets qui
ne savent plus rien et ne se souviennent plus de rien.
Lorsqu'il fait sombre dans le coeur de l'homme, l'homme est dès lors tout entier dans
l'obscurité ; et lorsqu'il y fait clair et lumineux, il fait clair dans l'homme tout entier, et
l'obscurité ne pourra plus jamais y régner !

CH183,7 : Du malheur de la grande civilisation égyptienne. Le grand prêtre dit :


Jadis, il y a deux mille ans, ceux qui vivaient dans ce pays étaient plus des dieux , et ses
monuments étaient tels que leurs vestiges étonneront encore nos lointains descendants
sur cette terre ! Mais ce que nous faisons maintenant n'est plus que destruction, tant
dans la matière que dans l'âme elle-même !
Si vous voulez vivre véritablement heureux en tant qu'hommes sur cette terre,
tenez-vous-en à votre ancienne simplicité ! Tout d'abord, celle-ci ne vous coûte que peu
de peine et de travail, et ensuite, vous n'avez que très peu de besoins matériels, faciles
à satisfaire.
Le bétail de vos grasses prairies de montagne n'exige de vous que peu de travail et de
soins, et quand à l'agriculture, que vous pratique très peu, elle compte autant dire pour
rien ; vos vêtement aussi sont simples et faciles à confectionner. Vous n'avez donc à
penser très peu de temps à satisfaire vos besoins matériels, et pouvez ainsi vous
consacrer d'autant mieux et d'autant plus exclusivement aux occupations spirituelles.
Et vois-tu, cela a bien plus de valeur que de bâtir de tels palais au prix de la sueur et du
sang de cent mille fois cent mille vies humaines, afin que l'indestructible dent du temps
puisse ensuite les ronger à satiété des millénaires durant ! Et qu'est-ce finalement qu'un
te tas de pierres artistement empilées les unes les autres, comparé à un brin d'herbe qui
fut conçu par le grand esprit de Dieu ?
Je te le dis : rien du tout Chaque brin d'herbe, chaque arbre est un édifice de Dieu, il
croît sur cette bonne terre sans nous demander aucune peine, et en très peu de temps,
il peut réjouir nos estomacs de la douceur de ses fruits. Mais quelle peine et quelle
terrible labeur un palais comme celui-ci exige des hommes
Et qu'en ont-ils de plus lorsque leur oeuvre est achevée, après bien des années
sanglantes ? Rien d'autre qu'un pitoyable aliment à leur orgueil, que l'envie suscitée
chez d'autres peuples, et, à la longue, la guerre et toutes les persécutions possibles !
Vois-tu, c'est un bonheur bien misérable que celui d'un peuple qui fut assez bête pour
couvrir de ces palais inertes ses plus beaux pâturages, où, sans cela des milliers
d'arbres généreux auraient pu déverser leurs fruits exquis sur des hommes satisfaits,
vivants dans de simples huttes !
Vois, à l'endroit où s'élève cette ville, dix mille hommes avec leurs grands troupeaux
auraient pu trouver toute la nourriture qu'il leur fallait ; et à présent, près de cent mille
hommes vivent sans doute entre ses murs délabrés ! Mais quelle vie mènent-ils pour la
plupart ! Des milliers d'hommes, dans cette ville comme celle-ci, ne font aucun travail, se
promènent chaque jour avec désœuvrement, entretiennent des femmes vénales avec
qui il n'est pas rare qu'ils se divertissent de la manière la plus vilement bestiale, ce qui
provoque sans cesse une foule de maladies . Tu vois, quels sont les bienfaits que les
hommes tirent de leur grande civilisation de la pierre

CH184,1 : De la bénédiction de la culture primitive des hommes simples. Aussi,


demeurez dans votre pureté originelle et n'éprouvez jamais la moindre envie envers la
culture d'un pays si misérable ! Ne bâtissez surtout pas de villes ! Gardez vos simples
huttes, et vous pouvez demeurer pour toujours le peuple le plus heureux de la terre,
surtout si vous en tenez à la vraie connaissance du seul et unique vrai Dieu éternel et si
vous n'honorez et n'aimez que lui seul ! II vous donnera toujours la force nécessaire
pour tenir à l'écart tous les éléments hostiles à l'homme.
3 : Oh, quelle existence merveilleuse que celle d'un homme juste dans toutes les
contrées, et combien misérable la vie des hommes dans les villes envahies par l'orgueil
et l'égoïsme le plus infect ! Toute la force vitale des origines les a quittés ; dans le
royaume de la nature qui les entoure, ils sont devenus des corps étrangers, des
créatures étrangères qui ont perdu tout lien avec Dieu, donc avec les autres créatures.
Ils doivent construire des forteresses et des palais pour se garder et se préserver autant
que possible d'une nature devenue ennemie !
Leur domaine de vie extérieure n'est plus leur moi divin, mais un moi vulgaire animal, et
c'est pourquoi il n'y a plus aucune force en eux et encore moins autour d'eux. La nature
extérieure ne voit plus en eux le but supérieur et ultime de son être créé, mais
seulement la dépravation et la ruine totale de ce niveau auquel toute créature doit
accéder pour accomplir sa plus haute destinée. Et c'est parce qu'elles n'ont plus rien à
attendre que toutes les créatures sont dans cette disposition hostile à l'égard d'une telle
humanité et cherchent à la détruire par tous les moyens.

CH 187,1 : Les Nubiens reconnaissent le Seigneur. Je dis : Les Nubiens sont des
hommes de la pure nature encore parfaitement intègres, ils sont encore de vrais
maîtres de la nature et peuvent accomplir, par la fermeté et l'entièreté de leur foi et de
leur volonté, bien des choses qui sembleraient miraculeuses à un homme déjà
profondément dégradé par la vulgarité du monde. Ils ne connaissent pas la maladie,
leurs anciens atteignent toujours un âge avancé, et leur mort n'était jamais qu'un
endormissement tranquille et indolore. Ils ne perdaient jamais leurs enfants, qui, conçus
selon la bonne ordonnance, étaient aussi mis au monde à la bonne maturité et
parfaitement sains ; ils étaient ensuite également nourris selon la loi naturelle, et c'est
pourquoi aucune maladie n'avait prise sur eux.

CH 188,2 : De l'humilité exagérée. Le chef des Nubiens Oubratouvishar dit : O grâce


insigne ! Toi qui es tout, tu invites un misérable ver de terre à dire devant toi ce dont il a
besoin. Mais dans l'excès de son respect pour toi, ce ver de terre n'ose prononcer une
parole, de peur de te déplaire
5 : Je dis : Mais, ami, cette sorte d'humilité devant moi n'est pas du tout sage, mais au
contraire inepte et extravagante !
Car lorsque tu te considères toi-même comme trop médiocre et sans valeur, tu me dis
en face tout à fait clairement qu'avec toute ma création, je ne suis qu'un misérable
bâcleur.
Mais lorsque, au contraire, tu reconnais avec raison en toi-même ma valeur et ne te
considères pas comme trop infiniment médiocre pour t'entretenir avec moi de telle
chose, c'est moi-même que tu honores en toi, et tu reconnais dans ta personne même,
mon excellence divine ; c'est dans de telles dispositions que tu peux véritablement tirer
de ma présence tout le bénéfice qui est la seule raison de ta venue ici.
Du reste ton humilité excessive devant moi n'est pas de ta part un péché envers moi ;
car elle est fondée sur la très pieuse éducation que tu as reçu dès l'enfance. C'est
pourquoi il faut, ici comme ailleurs, laisser quelque peu prévaloir la raison et te
demander ce qui est bon et juste dans chaque circonstance de la vie, et tu sauras te
sortir honorablement de toutes les situations et en tirer le plus grand bénéfice pour ta
vie.

CH191,2: Aimez-moi de toutes vos forces comme votre créateur, Père, Maître et
Seigneur, aimez aussi vos frères comme chacun s'aime lui-même, et vous resterez dans
mon amour, dans ma force et dans ma puissance, et ma lumière ne vous quittera plus
jamais ! Car toute force, tout pouvoir et toute action réussie en mon Nom, ne viennent
que par l'amour envers moi, et de là envers le prochain ! Mon Nom ne fait rien à lui seul,
mais seulement l'amour en lui, par lui et pour lui, et de là envers le prochain

CH193,9 : Le grand temple de la montagne d'Abou Simbel. Oubratouvishar raconte


sa visite du temple : Le temple des rochers de IA BU, SIM, BIL ( c'est-à-dire : J'étais, je
suis, je serais ) ! L'intérieur est divisé en trois salles par une arcade ; des deux côtés de
chaque salle se dressent sept de ces géants, soit quatorze géants dans chacune des
trois salles. Ce sont là les symboles des sept esprits issus de Dieu.
La grande salle compte donc dans ses trois sections, six fois sept de ces géants ; cela
signifie que Dieu, dès le début de la création, a instauré six espace de temps, et que
dans chacune de ces périodes d'une durée infinie et s'interpénétrant constamment, ces
mêmes sept esprits ont porté toute chose et agi en tout lieu.
Une inscription au-dessus de la porte exhorte le visiteur de ces lieux saints à ne
pénétrer dans ces salles sacrées qu'avec un esprit recueilli.
14 : Comme notre coeur battit quand nous parvînmes à la porte du grand temple de la
montagne ! Quelle impression indescriptible nous causa le spectacle des quatre
éléments personnifiés, en pénétrant avec des torches dans les salles intérieures du
temple ? Pourquoi donc étions-nous si violemment émus par tout cela ? Parce que nous
pensions être là, plus que nulle part ailleurs, proche de l'être véritable du Dieu très haut.
Et quand nous eûmes quitté le merveilleux temple au milieu des larmes et que le grand
prêtre nous appris tant de chose sur les premiers temps de la terre, tout cela nous édifia
et nous émut si bien que, pour finir, nous voyions la terre entière comme un temple de
Dieu ! Nous
n'avions pas remarqué s'il avait fait chaud ou frais pendant ces deux jours ; car nos
esprits étaient entièrement occupés de tout ce qui pouvait nous rapprocher du Dieu
créateur.

CH194,4 : Oubratouvishar désigne Jésus aux siens comme le Dieu incarné. Oh ce


récit du grand prêtre nous réconforta grandement, parce qu'il nous permit de
commencer à envisager la possibilité d'un Dieu qui fût en soi une personne ! Ce n'est
qu'à partir de ce moment là, que nous avons commencé à aimer le Dieu très haut, et il
ne fait aucun doute que c'est à cause de cet amour que j'ai reçu ces sept visions qui
nous invitaient à venir ici, et, sans lesquelles nous ne serions assurément jamais venus.

CH197,5 : Des avantages et désavantages spirituels des noirs. Je dis : Cette race
humaine noire, a la particularité d'être capable de conserver une doctrine ou une
coutume mille ans et plus dans toute sa pureté, exactement comme elle l'a reçue au
commencement. Ils n'en retrancheront rien et n'y rajouteront rien. Mais tout cela ne
prouve pas qu'ils soient, en tant qu'être, supérieurs à vous qui avez la peau blanche ;
au, contraire, en tant que descendants de Caïn, ils sont à un échelon inférieur et ne
peuvent devenir des enfants de Dieu, précisément parce qu'ils sont des hommes
purement de cette planète.
Ce sont des créatures uniquement terrestres, douées de raison, d'intelligence et de
conscience, mais ayant moins de libre arbitre que vous, homme blanc. Pourtant, si leur
volonté est moins libre, elle est beaucoup plus ferme que la vôtre qui est parfaitement
libre !
Leur seul aspect témoigne déjà à quel point ils sont plus constants dans leurs faits et
geste que vous, descendants de Seth. Vous autres blancs, vous tombez souvent
malades, et votre peau subit toutes sortes de maux; mais ceux-là lorsqu'ils conservent
leur nourriture habituelle, ne connaissent pas les maux du corps. La plupart meurent de
l'affaiblissement de l'âge.
Mais, de même que leur nature extérieure est déjà moins changeante que la vôtre ; de
même le caractère de leur âme est tout autre et bien plus ferme que le vôtre ; mais c'est
précisément pour cette raison que leur esprit, comparé au vôtre, progresse beaucoup
moins dans son éducation, parce que, pour cela, la flexibilité de la volonté leur fait
presque entièrement défaut.
II est certes possible d'incliner quelque peu leur volonté ; mais il y faut toujours une
raison sérieuse, et beaucoup de peine et de travail. Quand à vous, la supériorité de
votre âme et de votre esprit ne réside pas dans cette fermeté assuré et presque animale
de la volonté, mais au contraire dans la capacité de discernement de l'âme, lorsqu'elle a
reconnu ce qui est vrai et bon, de faire que la volonté s'en saisisse rapidement et le
fasse passer dans l'action, sans laquelle ce que l'âme sait ne sert à rien.

CH 198,2 : De la diversité des climats et des races sur la terre. Nous ne leur en
contestons nullement la capacité, car ils sont parfaitement capables d'apprendre
l'architecture ; mais il leur manquera le très flexible esprit d'entreprise nécessaire à
l'homme pour l'accomplissement de toute oeuvre !
8 : Selon mon ordonnance, chaque nécessité en entraîne une autre, et qu'une
température égale d'un pôle à l'autre de la terre ne peut exister, mais qu'il est par ailleurs
nécessaire que la terre soit autant que possible peuplée en tous lieux, afin que les âmes
issue de créatures antérieures et devenues plus libres, puissent entrer dans un corps
correspondant à leur nature.
( Le chef des Nubiens tente de convaincre ses compatriotes de la divinité de Jésus )
Constatant un doute de leur part, Je dis Patiente encore un peu, jusqu'à ce que la chose
ait suffisamment mûri, et alors seulement nous viendrons au secours du chef. Mais il est
bon qu'il en soit ainsi, sans quoi il n'aurait pas été facile de les convaincre d'une chose
encore par trop contraire à l'idée de Dieu dont ils se sont pénétrés à Memphis.
II leur paraît impossible de concilier l'infinité de Dieu avec ma personne ; mais lorsque
la pâte aura suffisamment levé, nous en viendront vite à bout ! Chaque fois que
quelqu'un exprime un injuste soupçon à l'égard d'un juste miracle, iI doit en être puni par
un châtiment exemplaire ! Ainsi, plus ces noirs seront corrigés et confondus par la parole,
plus facilement et plus fermement ils nous demeureront ensuite fidèles.

CH199 ;1 : De la compréhension lente ou rapide d'un juste enseignement. Je dis


:Ceux qui comprennent aisément une chose sans avoir auparavant sérieusement
travaillés, oublient aussi très facilement et très vite cette chose aisément appréhendée
et comprise, alors que ceux qui en viennent à appréhender et à comprendre une
doctrine en quelque sorte à leur corps défendant et après l'avoir durement éprouvée ne
risquent plus guère de l'oublier. Certains appréhendent toutes ces choses vite et
facilement et les comprennent sans doute ; mais lorsque survient nécessairement le
moment de l'épreuve, ils pensent à leur avantage terrestres, craignent de trop sacrifier et
cherchent alors à oublier et à se débarrasser autant que possible de ces choses
spirituelles qui, bien que d'une vérité pour eux évidente, ne leur sont d'aucun profit en ce
monde.
C'est pourquoi, les hommes qui appréhendent au début avec quelque difficulté les
vérités supérieures valent mieux pour le royaume de Dieu que ceux qui comprennent
vite ; car ils préservent ensuite fidèlement ce qu'ils ont compris dans la chaleur de la vie.
II y a parfois des hommes qui appréhendent aisément une vérité, la préservent et
continuent ensuite de briller même dans la nuit comme lumineuse étoiles, ce qui est très
bon pour eux comme pour les autres ; mais ils sont exceptionnels.
6 : Celui qui est entré sans peine en possession d'un bien considérable en viendra tout
aussi aisément et rapidement à bout ; car il n'a jamais été accoutumé aux privations et
n'a jamais cherché à épargner. Lorsqu'il entre en possession d'un bien par héritage ou
de quelque autre manière facilement accessible, il ne respectera pas ce bien, car son
idée et son sentiment, sont qu'il est très facile d'acquérir une grande fortune.
Mais celui qui acquis un tel bien par le travail de ces mains sait ce qu'est la peine et
combien de gouttes de sueur lui a coûté chaque sou ; c'est pourquoi il respecte son bien
durement gagné et, à coup sûr, ne le gaspillera ni ne le dissipera jamais à la légère. II en
est de même pour les richesses spirituelles. Celui qui les acquiert aisément les respecte
peu, parce qu'il pense et sent en lui-même soit qu'il
ne pourra jamais les perdre, soit que, s'il en perd une partie, voire la totalité, il pourrait
retrouver très facilement tout ce qu'il aurait perdu.
Mais il en est pas ainsi ; car lorsqu'on perd quelque chose spirituellement, on ne
gagne pas ce qu'on a perdu aussi facilement la deuxième fois que la première. Car le
matériel vient alors aussitôt prendre la place du spirituel perdu, et c'est là un jugement
qu'il n'est pas aussi facile de repousser qu'au tout début.
Car de même que tout ce qui est spirituel devient sans cesse plus spirituel et plus libre,
de même ce qui est matériel devient toujours plus matériel, plus mondain et envahi par
le jugement et la mort ; et celui qui se soumet une fois à ce jugement, et enchaîne ainsi
sa volonté et son discernement, retrouve difficilement, sinon jamais, sa liberté.
Lorsqu'on a reçu ma parole, il faut la préserve et la garder immuable en soi, non pas
uniquement par le savoir, mais principalement en agissant selon ma parole ; car sans
les oeuvres, le savoir et la foi ne sont rien, et ne peuvent avoir la moindre valeur pour la
vie
12 : Mais celui qui agit un peu selon ma parole, mais fait aussi par ailleurs ce qu'exige
la licence du monde, celui-là est semblable à un homme qui fait la moitié du chemin qui
mène en un lieu et, parvenu à mi-chemin, tourne le dos et refait en sens inverse le
chemin déjà parcouru.

CH208,6 : Des coutumes des Nubiens et de celles des blancs. Le chef Nubien dit : II
est vrai que nous n'avons rien dont nous puissions nous glorifier devant toi, ô Seigneur ;
mais nous savons pourtant que, n'étant que des hommes, nous sommes tous l'oeuvre
d'un seul et même créateur et ne pourrons donc jamais imaginer qu'aucun de nous
dépasse les autres comme s'il étais un demi-dieu dominateur, chose que nous avons
vue chez les blancs, où il y a toujours quelqu'un pour se croire un Seigneur et vouloir
que tous les autres s'inclinent devant lui jusqu'à terre, et faire aussitôt battre de verges
ceux qui ne le feraient pas.
Seigneur, nous n'avons pas aimé cette vertu des blancs, et il nous semble qu'il y a bien
peu de sagesse dans une telle discipline.
Nous ne frappons jamais nos enfant, ni un animal ; mais avec patience et indulgence,
nous enseignons
sans relâche à nos enfants tout ce que nous avons reconnu comme bon, vrai et
nécessaire. Et une fois que nos enfants sont devenus grands, forts et raisonnables,
nous ne les traitons plus comme des esclaves à vie, mais comme nos frères et nos
égaux, nés tout comme nous, leurs parents, de la main de Dieu avec tous les droits de
la vie. Pourtant nos enfants nous aiment infiniment, et jamais un fils ou une fille ne trahit
son père ou sa mère !
Chez les blancs nous avons vu des enfants ramper et gémir de crainte comme des
chiens devant les visages sévères de leurs parents ! On aurait pu en conclure que c'était
des anges que l'on formait ainsi. Mais lorsqu'il arrivais que de tels enfants ne soient plus
sous les yeux de leurs parents, ils changeaient du tout au tout, et on aurait pu aisément
les prendre pour des disciples du diable, tels ceux dont le grand prêtre de Memphis
nous a appris la maligne présence dans les abîmes de la terre.
CH209,1 : De la formation de l'intelligence et du coeur. Chez nous, une véritable
éducation consiste d'abord à ennoblir autant que possible les sentiments de nos enfants
selon ce que nous sommes ; une fois que le coeur est en ordre, alors la raison reçoit à
son tour l'éducation qui est la nôtre. Les blanc eux, commencent par former la raison de
leurs enfants dès leurs premiers balbutiement, et ils croient qu'une fois que l'intelligence
de l'enfant sera parfaitement constituée, elle saura bien s'occuper elle-même des
sentiments ! O Seigneur quelle n(est pas la stupidité des blancs à cet égard, pour qu'ils
ne voient pas qu'une raison formée la première ne fera jamais que tuer le coeur ! Car
l'intelligence pure rend l'enfant vaniteux et orgueilleux ; et une fois que la vanité, la
suffisance et l'orgueil se sont rendus maîtres des sentiments, quiconque tentera de
changer ces derniers aura tôt fait de se convaincre qu'un vieil arbre poussé de travers
ne se laisse plus jamais redresser.
II n'y a chez nous ni juges, ni cachots, et pas d'autres lois que celles que prescrit à
l'homme un coeur bien fait. Et c'est pourquoi le péché n'est pas connu chez nous et les
crimes n'ont pas de nom, et les châtiments n'existent donc pas davantage, car chacun
d'entre nous fait au prochain autant et plus que ce qu'il juge bon pour lui-même.
Mais chez les blancs hommes de raison, nous avons trouvé exactement le contraire.
C'est presque le grand nombre qui a la plus haute idée de soi-même et n'estime son
prochain que pour autant qu'il peut le servir en quoi que ce soit. Si, un égoïste s'aperçoit
que tel ou tel autre ne peut ou ne veut lui être d'aucune utilité, il lui préférera n'importe
quel animal ! Chez nous, au contraire, on estime les hommes d'abord en tant qu'êtres
humains.
Si un autre ne peut m'être utile, je peux lui être utile moi-même, et ceci compense cela.
J'ai sans doute un serviteur; mais je ne l'ai jamais contraint d'aucune manière à me
servir, il le fait entièrement de son plein gré. Nous nous servons sans doute davantage
l'un l'autre, qu'aucun blanc n'est jamais servi pour les misérables gages du devoir; au
contraire, pas une seule volonté n'est asservie à une autre par des moyens extérieurs,
et ce que chacun fait, il le fait librement et sans aucune contrainte !
C'est pourquoi nous n'avons ni palais ni grandes demeures de pierre, mais des huttes
très simples et toutes semblables. Si quelqu'un n'a pas de hutte et ne peut trouver place
dans celle de l'un ou l'autre, il n'est pas obligé de s'en construire une par ses seuls
moyens ou d'aller mendier pour cela dans une communauté éloignée, mais nous lui
construisons aussitôt de plein gré, par amour et par respect pour son humanité toute
semblable à la nôtre, une hutte identique à celles que nous avons ; c'est ainsi que la
paix et la concorde règnent avec constance entre nous.
Et que fait un blanc, avec toute son éducation raisonnable, lorsqu'il tombe à l'eau ? II
coule et se noie ! Mais nous autres pouvons à volonté nous déplacer à la surface de
l'eau comme sur la terre ferme.
Celui qui le veut peut toujours plonger ; mais cela lui demande toujours beaucoup
d'efforts. Les serpents venimeux fuient à notre approche ; les méchantes termites
craignent notre voisinage et nos poules, et les vautours et les aigles se nourrissent de la
chair des lions, des panthères et des renards morts. C'est ainsi que semble perdurer
chez nous autres Noirs, l'ordonnance qui prévalait sans doute au commencement selon
la volonté du créateur et aurait dû continuer de prévaloir parmi les hommes, quelle que
soit la couleur de leur peau ; car si le premier couple humain avait été mis sur terre dans
la mauvaise ordonnance des hommes blancs actuels, j'aimerais bien savoir comment il
se serait défendu contre les attaques de toutes les bêtes sauvages et féroces !
Car avant que le premier couple humain foulât cette terre, la terre pullulait de bêtes
féroces de toute espèce, comme le sage grand prêtre de Memphis nous l'a clairement
indiqué. Ainsi, selon ce que le grand prêtre nous a enseigné, si le premier couple
humain avait été aussi faible dans tout ses éléments vitaux que le sont à présent les
hommes à la peau blanche, n'aurait-il pas été cent fois déchirés et dévorés par des
meutes entières de bêtes féroces ? ! Mais si les premiers hommes de cette terre étaient
semblable à nous dans tous leurs éléments vitaux intérieurs, alors, naturellement, ils
n'avaient pas besoin d'armes pour être, par leur force intérieure, les maîtres et les
Seigneurs de tout le monde des bêtes, des plantes et des éléments !
Parce que nous sommes tous ainsi faits, il me semble que si tu nous adressais
quelques paroles de vie, elles prendraient très profondément racine en nous ! Et si tu
voulais, ô Seigneur nous dicter des lois ou des règle de vie, nous nous y conformerions
à coup sûr très strictement ; car lorsque nous avons reconnu la vraie et juste
ordonnance, nous savons nous y tenir comme sans doute peu de blancs.
O Seigneur, toi l'éternel nous t'implorons par ma bouche d'accepter de nous dire
toi-même quelques mots !

Ch210,1 : Du but de l'incarnation du Seigneur. Les noirs témoignent de la véritable


humanité des origines. Je dis : Je ne vais pas vous dicter de nouvelle lois, mais
seulement confirmer celles que j'ai moi-même gravées dans vos coeurs dès l'origine des
temps d'une écriture ineffaçable. Je suis venu en ce monde précisément et
essentiellement afin de ramener, par la doctrine, l'exemple et les actes, l'humanité
entièrement dénaturée et sortie de mon ordonnance première à l'état originel qui était
celui des premiers hommes, vrais maître de toutes les autres créatures. C'est pourquoi
ces hommes à la peau claire ont besoin de ma doctrine et de mes actes, afin de
reconnaître qui est celui qui les enseigne et ce qu'il veut.
Mais vous, vous êtes encore dans ce glorieux état originel. Votre école de vie débute où
il faut et par les bons moyens. Vous apprenez à l'homme à être un homme en
commençant par ce qui doit être formé d'abord et avant tout, et c'est ce que les blancs
devront faire dans l'avenir ; car je leur en montre à présent le chemin.
Mais il faudra beaucoup de peine, d'enseignement, d'actes et de temps pour que ces
blancs en arrivent au point où vous en êtes à présent. Ils sont les égarés, ceux qui se
sont fourvoyés et qu'il faut remettre dans le droit chemin, ils sont les malades qui ont
besoin du médecin qui saura les guérir. Aussi allez-vous à présent donner devant eux
quelques témoignages de la pureté première de votre humanité, afin d'ouvrir les yeux à
tous ces frères aveugles et encore bien égarés ! Quelques uns parmi eux sont très
proches de I'accomplissement; mais aucun ne va aussi loin en tant qu'homme que le
moindre d'entre vous !
Cependant, j'avais moi-même besoin de vous pour être ici les témoins de mon
ordonnance première, et ma volonté vous a guidés et en vérité poussés jusqu'ici, afin
que ces blancs voient ce qu'est et doit être l'homme dans son état intact. Voulez-vous
faire cela pour l'amour de moi ? Oubratouvishar dit : O Seigneur tu peux tout nous
commander, nous ferons tout ! Je dis : Et bien, montrez d'abord la maîtrise des homes
primitifs sur l'élément eau, et marchez à la surface de celle-ci Les nubiens se mirent à
marcher glisser sur l'eau si rapidement, qu'une hirondelle en plein vol n'aurait pu les
rejoindre.

CH211,4 : Comment les noirs dominaient les eaux. Mais il ne peuvent jamais rester
longtemps sous l'eau, parce que leur puissante sphère de vie intérieure et extérieure
rend la matière de leur corps plus légère que l'eau. A présent, ils sont assis sur l'eau, et
par la force de leur volonté ils attirent les poissons de très loin ! Ils les sortent de l'eau à
la main et mettent ceux qu'ils veulent garder dans la pièce d'étoffe, et dans cette position
assise, reviennent très vite vers le rivage. Leur voiles et leur gouvernail sont constitués
par leur seule volonté, ils n'ont qu'à le vouloir dans toute la certitude de leur foi
inébranlable, et tout se passe comme ils veulent ! Aussi, le chef adresse ces paroles aux
blancs : Ce que nous venons d'accomplir sur l'eau, nous hommes simples de la nature,
nous est aussi naturel que vous le sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher.
L'homme endurci et égaré dans son âme devient également plus lourd dans son corps
et de plus en plus semblable à une pierre, qui ne peut flotter sur l'eau parce qu'elle est
plus lourde que l'eau. Nous sommes, nous, semblables au bois, dont les esprits vitaux
intérieurs sont déjà beaucoup plus libres que ceux, fortement soumis au jugement, de
n'importe quelle pierre.
C'est pourquoi l'eau est considérée chez nous comme une bonne épreuve de la qualité
intérieure d'un homme. Celui que l'eau ne porte plus tout à fait comme il faut a subi à
coup sûr quelque dommage à son âme, et l'élément ne sera plus aussi bien disposé
envers lui et ne lui rendra pas tous les services qu'il voudra. O, que vous êtes donc loin
de la véritable humanité ! II vous faut toutes sortes d'armes pour mettre un ennemi en
fuite.
Si nous recevons de vous les instruments les plus nécessaires, nous nous en servirons
avec d'autant plus d'amour du prochain ; mais aucune arme ne nous rendra jamais le
moindre service !

CH212,2 : Comment les noirs dominaient les animaux. Je dis : Voyez là-haut cette
colline qui tombe abrupte vers la mer. Elle grouille de serpents très venimeux et de
vipères, il faut que vous chassiez ces bêtes pour moi ! Nous partîmes et nous
dirigeâmes rapidement vers ladite colline, nous trouvâmes cette colline, qui était assez
étendue fort animée par les serpents et les vipères ; il s'en élevait un sifflement si
intolérable que l'on s'entendait à peine parler. Et tous ces milliers d'animaux se
précipitèrent dans la mer et se mirent à filer sur les flots, la colline en fut débarrassée en
peu d'instant.
Cependant, le chef vint vers moi et dit : Seigneur, tous les serpents, du plus vieux
jusqu'à ceux qui sont à peine sorti de l'oeuf, sont partis ; qui va aller chercher ceux dans
les nids au fond des innombrables trous ? Car dans six mois ce monticule sera aussi
animé qu'il était jusqu'ici !
Qui le nettoiera alors ? Car nous ne pouvons rester ici pour étouffer ces bêtes par la
persistance de notre influence extérieure. Je dis : Laissons cela ! Je mettrai moimême
de l'ordre à tout cela ! Quand nous montâmes sur le vaste plateau, un grand vol de grues
passa, haut dans le ciel. Et je dis au chef : Ami, ces oiseaux vous sont-ils soumis aussi ?
Le chef regarda alors ses compagnons et dit : Désirez-le avec moi, afin que nous
accomplissions la volonté du Seigneur
Dès que le chef eut prononcé ces paroles, les grues commencèrent à descendre, et en
quelques instants elles furent au milieu des noirs ; cependant elles évitaient les blancs.
Le chef leur signifia qu'elles devaient repartir, et elles s'envolèrent. Le chef dit alors aux
blancs : A présent, faites descendre vous-mêmes ce couple de vautours qui tournent en
cercle ! Cyrénius dit au chef:
Pourquoi nous adresser cette mise en demeure qui paraît bien arrogante ? Le chef dit
: Tu penses que c'est en quelque sorte pour me faire valoir que je vous ai invités à faire
descendre ces deux vautours ? Oh, tu te trompes ! C'est uniquement pour vous rappeler
plus profondément, à vous frères blancs l'ampleur de votre erreur, et ce rappel ne peut
faire de mal à aucun d'entre vous Comment pourrions-nous nous glorifier de nos
capacités naturelles ? ! Vous arrive-t-il à vous, de vous glorifier de voir ou d'entendre ?
Car si nous devions concevoir de l'orgueil de facultés qui nous paraissent merveilleuses,
nous ne les posséderions plus depuis longtemps ; mais cela nous est impossible, nous
continuons d'être en possession de ces facultés apparemment merveilleuses , dont
vous allez avoir une nouvelle preuve ! Descendez, ô habitants des airs ! A cet appel à
haute voix, les deux oiseaux vinrent se poser sur la main droite du chef avec une visible
amitié.

CH213,1 : Comment les noirs dominaient les plantes et les éléments. Là-dessus je
dis à oubratouvishar : Au commencement il a été donné à l'homme dans sa pureté, une
maîtrise sur les esprits de l'air, afin que ceux-ci le servent chaque fois qu'il en aurait
besoin !
Aussi montrez-nous à quel point vous êtes pourvus de cette faculté vitale originelle Le
chef des Nubiens au milieu de dix de ses compagnons qui tendirent les mains vers lui,
quitta le sol et flotta tout à fait dans les airs, à une hauteur d'homme. Dans cette
situation, il me demanda s'il devait s'élever encore ou si ce témoignage suffisait.
Je dis :C'est assez tu peux revenir II revint et demanda s'il devait montrer autre chose.
Je dis : Comment déracinez-vous les arbres, et comment déplacez-vous de grosses
masses rocheuses ?
Le vieux Marc désigna un cèdre âgé pour le moins de cinq cent ans ! Les noirs posèrent
très légèrement leurs mains autour du tronc, au bout d'un demi-quart d'heure, l'arbre
commença à tourner, d'abord lentement en faisant entendre des craquements.
Cependant, comme l'arbre tournait de plus en plus avec les treize qui l'étreignaient
légèrement , il tournais désormais en l'air, avec le bloc de terre.
Au même instant, les noirs qui encerclaient l'arbre le lâchèrent, sautèrent à bas du
monticule et coururent vers nous. Et l'arbre se mit à vaciller en l'air avant de s'incliner du
côté de son centre de gravité naturel et se coucha au sol doucement. Je dis au chef:
Soulevez ce rocher, et placez-le dans le trou ménagé par l'enlèvement de l'arbre ! Les
noirs l'encerclèrent de la même manière que l'arbre.
Le roc se trouva suspendu en l'air plus vite encore que l'arbre. Chacun pouvait se
rendre compte que mille hommes des plus robustes eussent été bien loin de suffire à
vaincre le poids de ce rocher. A présent je dis au chef de montrer comment ils
provoquent le feu et le maîtrisent.
Aussitôt, tous les noirs présents formèrent un demi-cercle autour d'un vaste fourré, ils
étendirent les mains, les doigts écartés comme des rayons vers les buissons. En peu
d'instant, de hautes flammes jaillirent . Quand le fourré entier fut en flammes, les noirs
se couchèrent face contre terre, et le feu fut parfaitement éteint.

CH214,1 : De la connaissance de soi chez les hommes. Je dis aux noirs que j'allais
expliquer aux blancs ce qu'ils venaient de faire. Le chef des Nubiens demanda s'il
pouvait assister, avec ses compagnon à mes explication. Je dis : Sans le moindre
inconvénient ; car il faut bien que vous connaissiez votre vie !
Vous êtes certes encore en pleine possession de la force vitale originelle de l'homme,
et, à ma grande joie, également encore parfaitement maîtres de la nature entière,
toutes choses qui tiennent à votre confiance absolue et à la fermeté de votre foi et de
votre volonté.
Mais cette force qui est la votre, vous ne la connaissez pas mieux que tout homme ne
connaît celle qui met ses membres en mouvement, qui fait circuler le sang dans ses
veines et battre son coeur, qui contraint ses poumons à inspirer l'air selon les besoins de
l'existence et selon leur activité interne, en relation avec le plus ou moins de chaleur
occasionnée en eux dans le sang par la plus ou moins grande activité des parties du
corps.
C'est là l'expérience quotidienne de tout homme, et pourtant, nul ne la comprend,
parce que nul ne se connaît lui-même. ; et combien moins sont comprises vos
extraordinaires facultés de vie, à l'évidence plus profondes que celles qui s'expriment
simplement dans votre organisme physique ! Cependant, si je vous explique ces
facultés plus profondes, vous les comprendrez plus vite que si je vous expliquais
l'organisation du corps et la relation de celui-ci avec l'âme.
6 : Pour comprendre l'édifice organique du corps humain, en connaître les plus petits
atomes et vraiment savoir pourquoi il n est ainsi et pas autrement, il faut d'abord s'être
accompli dans l'esprit. Quand l'esprit et l'âme ne font qu'un, l'âme accomplie et lucide peut
regarder de l'intérieur dans son corps, en reconnaît d'un seul regard l'architecture
artistiquement organisée, se souvient de la raison d'être et de l'origine de la moindre
partie organique et en connaît le mécanisme parfaitement approprié. Mais tant qu'une
âme n'a pas atteint la perfection de la vie, elle ne peut accéder à la connaissance
profonde de l'organisation de son corps. II en va tout autrement de son pouvoir
spirituel !
Celui-ci peut être expliqué à l'âme à grand traits, et il est d'ailleurs nécessaire qu'elle
l'identifie au plus tôt et sans peine. Car sans cette reconnaissance effective, l'âme
pourrait bien ne jamais parvenir à une véritable union avec son esprit, sans laquelle,
cependant, une connaissance de soi intérieure et profonde est impossible.

CH215,2 : De la sphère vitale extérieure de l'âme humaine et de la sphère


extérieure lumineuse du soleil. Je dis : L'identité parfaite avec mon être divin originel
était déjà présente, parfaitement accomplie, dans le premier couple humain, et c'est
ainsi qu'il put exercer pleinement sa maîtrise sur toutes les créatures. Mais comment
cette influence a-t-elle lieu ? Ecoutez ! L'âme intérieurement parfaite demeure certes
quand à elle dans le corps de la forme humaine accomplie ; mais ce qu'elle ressent et
veut, rayonne et agit au loin dans toutes les directions, tout comme la lumière du soleil.
Et plus on se rapproche de l'âme, plus le rayonnement constant de la pensée, des
sentiments et de la volonté est intense et efficace. La sphère lumineuse extérieure du
soleil, où se trouvent cette terre, la lune et bien d'autres corps célestes de toute nature,
est en quelque sorte pour le soleil sa sphère vitale extérieure, à travers laquelle tout ce
qui est à sa protée s'éveille à une certaine vie physique.
Tout doit ainsi se conformer plus ou moins à l'ordonnance du soleil, qui est donc un
législateur et un maître pour tous les autres corps célestes, où qu'ils se trouvent dans
son domaine de rayonnement lumineux. On ne peut dire que le soleil pense et veut ;
mais sa lumière n'en est pas moins une très grande pensée, et la chaleur de sa lumière
une très ferme volonté qui, cependant, ont leur origine non dans le soleil mais en moi, et
agissent à travers l'être organique du soleil. Ainsi plus un corps céleste est proche du
soleil, plus il doit percevoir en lui-même la force agissante de la sphère vitale extérieure
du soleil et accepter tout ce que la lumière et la chaleur du soleil veulent faire naître en
lui et sur lui.
Or, l'âme intacte qui a gardé sa perfection originelle, qui est donc pleine
de vie de foi et de volonté, est comme le soleil, qui agit sur les corps céleste par
l'influence de sa sphère ce vie extérieure Une telle âme est toute lumière et toute chaleur,
elle rayonne au loin, et ce rayonnement continuel constitue sa puissante sphère de vie
extérieure.
Et, tout comme ma volonté partout agissante s'exprime dans la sphère vitale extérieure
du soleil sans qu'aucune force puisse s'y opposer, de même la volonté d'une âme
parfaite, qui parce qu'elle est dans mon ordonnance, est également ma volonté,
s'exprime par des actions. Mais le fait que le moindre dérangement local tant soit peu
visible, même de courte durée, et même s'il ne se produit que sur la plus grande surface
du soleil, c'est-à-dire son enveloppe superficielle, ait aussitôt des conséquences
défavorables sur les planètes, cela est démontré par les tâches noires assez fréquentes
que vous voyez parfois sur le soleil lorsqu'il se lève ou se couche.
Dès que vous apercevez une tâche semblable, de la taille d'un point, vous pouvez être
assurés que ce trouble va se manifester sans tarder sur la terre par des tempêtes et des
intempéries. Mais pourquoi il en est ainsi ?
Pour les esprits vitaux sensibles de la terre, il en résulte un manque de lumière et de
chaleur déjà perceptible. Ils s'en inquiètent aussitôt et s'activent immodérément, et c'est
ainsi que les mugissements des tempêtes, les nuages, la grêle et la neige s'ensuivent,
parce que se désordre se transmet à la sphère vitale extérieure du soleil, dont l'influence
s'étend bien au-delà de notre terre dans le vaste espacé de la création. De même qu'en
temps ordinaire, lorsque son ordonnance n'est pas perturbée, sa lumière et sa chaleur
ont une action bienfaisante sur ces corps célestes qui dépendent de lui.

CH216,1 : De l'influence du caractère humain sur les animaux domestiques. Je dis


: Songez à présent qu'une âme humaine dans son intégrité originelle est un véritable
soleil au milieu des créatures animées aux âmes également composites qui, toutes, se
sont soumises à l'âme humaine parce qu'elles tirent de sa sphère de vie extérieure,
lorsque celle-ci est, comme l'âme elle-même, dans la bonne ordonnance, la lumière et la
chaleur vitales spirituelles qui permettent à la sphère de vie de leurs âmes de continuer
de s'élever peu à peu, et qu'elles deviennent ainsi douces patientes et obéissantes.
Car les âmes des plantes comme celles des animaux ont pour destinée, certes encore
mal connu de vous, de devenir elles aussi un jour des âmes humaines. Les plantes, et
plus encore les animaux, ne sont rien d'autre que les récipients idoines disposés par ma
sagesse et mon discernement pour recueillir puis développer et rassembler ce que l'on
pourrait appeler la force vitale commune aux âmes naturelles présentes dans l'espace
incommensurable de la création, d'où vos âmes qu'elles se soient constituées à l'origine
sur cette terre ou sur une autre, ce qui est presque la même chose, sont issue.
Ces âmes animales perçoivent ce qui émane d'une âme humaine bien ordonnée et la
sphère extérieure de lumière et de chaleur vitales ainsi constituée. Dans cette sphère
vitale extérieure parfaite, les animaux prospèrent à l'instar des plantes dans la lumière et
la chaleur du soleil, et nul animal n'a le pouvoir de s'élever contre la volonté d'une telle
âme humaine parfaite ; au contraire, il se tient humblement auprès d'elle comme une
planète tournant autour du soleil, et dans sa lumière spirituelle et sa chaleur, il se
prépare de la meilleure façon qui soit à passer ensuite à un niveau supérieur.
Rendons-nous chez un maître au coeur dur et rempli d'orgueil, et regardons en esprit
les animaux qui sont chez lui. Ses chiens sont plus méchants que les loups des forêts,
ses vaches sont craintives, ses moutons fuient tout être humain et se laissent
difficilement prendre, ainsi que toutes les volailles.
Chez leurs ânes, chevaux, chameaux et boeufs, on ne trouve guère trace d'une
quelconque civilité animale. Seuls des cris farouches, des imprécations continuelles,
d'incessants coups de fouet, de bâton et d'aiguillon peuvent les amener à faire le travail
qu'on leur destine, et même alors, il s'en faut souvent de peu qu'un accident arrive !
Pourquoi les animaux domestiques sont-ils donc si frustres, si farouches et si dociles
chez notre propriétaire dur et
orgueilleux ?
L'âme de leur propriétaire est pour eux un soleil de vie dans un bien grand
désordre ! Ses serviteur et ses valets deviennent rapidement pareils à leur maître et
sont donc également loin d'être des soleils de vie pour les âmes désormais glacées des
animaux confiés à leur garde et à leur direction !
Chacun cri, maudit et frappe tant qu'il peut ! Comment les bêtes d'un tel propriétaire
pourraient-elles être dans cette disposition bénigne que l'on peut estimer être dans
l'ordre des choses ? ! Comment les bêtes d'un tel propriétaire pourraient-elles être
obéissante dans ce cas. Mais allons à présent chez un bon berger, et observons ses
animaux domestiques. Ni les vaches ni les brebis ne quittent leur maître !
Qu'il les appelle une seule fois, et elles accourent vers lui, et se plient à la volonté du
bon berger à la lumière de l'âme duquel elles viennent de se fortifier. Bref tous les
animaux domestiques d'un maître bon et doux sont paisibles, écoutent sa voix et l'on
note chez ses animaux une douceur certaine . L'origine de tout cela est donc, comme
nous l'avons dit, la présence lumineuse d'une ou plusieurs âmes saines et intègre autour
desquelles s'étend une sphère animique renfermant tout ce que l'âme comporte en elle
d'éléments de vie amour, foi, confiance, connaissance, volonté, réussite.

CH217,1 : Des avantages d'une bonne formation des âmes. Je dis : Mais si l'âme de
l'homme est enfouie sous toute sortes de préoccupations matérielles ou si elle
commence à s'y enfouir, elle trouble ainsi son être de lumière, et il finit par faire tout à
fait noir en elle. II ne s'y trouve plus alors de grandes forces d'amour, mais une infime
quantité qui lui suffit à peine pour elle-même ; c'est de là que vient l'égoïsme, cet amour
qui ne peut plus se tourner vers personne d'autre.
Mais quand l'amour est ainsi réduit, d'où une foi et une volonté puissantes
pourraient-elles venir, puisque la foi est la lumière de la flamme d'amour et que la
volonté est la force tout-agissante de cette lumière ? ! Lorsque de tels hommes avares
d'amour commencent enfin à apercevoir en eux-mêmes, fût-ce très vaguement, que
c'est à cause de la faiblesse de leur amour que rien ne leur réussit et qu'ils voient la
plupart du temps leurs projets déjoués, ce dont ils sont responsable, car aucun
résultat ne peut se produire là où manque la force nécessaire, ils pourraient encore être
secourus ; mais cela ne fait que les emplir de colère et d'amertume contre chaque
succès des autres.
II est vrai que la colère elle aussi ne manque pas d'éclat, mais c'est un éclat nuisible.
A sa lueur diabolique, ces hommes commencent à entrevoir toutes sortes de moyens
trompeurs qui pourraient leur procurer le bien-être. Ils éprouvent bientôt ces moyens,
ceux-ci parce qu'ils sont fallacieux échouent la plupart du temps. Mais, loin de les
instruire, ces fréquents échecs ne font que les exaspérer et les rendre plus coléreux. Ils
deviennent fiers et pleins d'orgueil, commencent à chercher des moyens violents et
même à les mettre en oeuvre. Enhardis par quelques succès, ils deviennent cruels et
cherchent à se débarrasser de tout ce qui leur paraît un obstacle sur le chemin de ce
qu'ils pensent être leur bonheur. Ayant ainsi atteint par les pires moyens une aisance
considérable, ils ne connaissent plus d'autre vraie et bonne voie que celle par laquelle ils
ont eux-mêmes fait fortune. Les enfants de tels gens ne peuvent être élevés autrement
que selon la manière dont leur parents ont réussi en ce monde, par toute sortes
d'astuces de ce monde.
Ils font apprendre à ces enfants quantités de choses, mais tout cela uniquement pour le
monde ! De l'éducation de l'âme, qui devrait être considérée avant tout, il n'est tenu
absolument aucun compte, et il ne peut en être autrement, puisque les parents, tout
comme les professeurs et les éducateurs qui cherchent à leur plaire par amour du gain,
n'ont eux-mêmes plus aucune idée de la vie intérieure.
Tout est mis en œuvre pour former et aiguiser au plus tôt l'intelligence.
L'enfant est stimulé autant qu'il est possible par toutes sortes de présents et de
récompenses, et dès son plus jeune âge, avec le développement de son intelligence, il
s'exerce autant que possible à l'égoïsme et à l'avidité, porte de beaux vêtements et des
ornements, et il n'est pas rare qu'avant l'âge de dix ans il ne se sente plus d'orgueil.
Malheur au pauvre enfant, voire au pauvre homme qui ne témoigne pas à cet enfant
perverti les honneurs qu'il désire, ou qui se moque de lui !
Car il se fait de cet enfant gâté un ennemi à vie ! 8 : Au contraire, lorsque l'âme de
l'homme est correctement formée, elle est et demeure à la fois tournée vers l'intérieur et
active, et ce que vous appelez intelligence est le rayonnement de l'activité intérieure de
l'âme.
La lumière extérieure de l'intelligence éclaire toutes les circonstances extérieures, si
critiques soient-elles, dans lesquelles se trouvent l'âme, et la volonté de l'âme passe alors
dans cette lumière extérieure et, par son action merveilleuse, fait fructifier et prospérer
toute chose ; car parce que l'ordonnance de l'homme est disposée selon mon
ordonnance, sa volonté et sa confiance sont également issues de moi ou de ma volonté
toute puissante, à laquelle toute créature doit se soumettre.
Lorsqu'un tel homme vient à renaître entièrement de et par son esprit, il est alors
pleinement mon égal et, dans la pleine liberté de sa vie, peut vouloir par lui-même tout
ce que bon lui semble à l'intérieur de mon ordonnance, à laquelle il s'identifie
désormais, et sa libre volonté dit se réaliser.

CH219,3 : De l'action de la lumière solaire. De la structure de l'oeil humain. De la


vision de l'âme. Si le soleil n'était qu'un amas obscur, ce que, malgré sa taille, il pourrait
tout aussi bien être qu'un morceau de calcaire noir, il n'influencerait pas la vie naturelle
sur les planètes. Mais sa structure organique intérieure, bien sûr encore inaccessible à
votre entendement, est conçue de telle sorte qu'une masse énorme de souffles (gaz )
très subtils est émise continuellement par ses entrailles. C'est ce qui, tout d'abord
contraint l'énorme corps solaire à tourner autour de son axe, rotation qui amène alors un
frottement constant de la grande atmosphère du soleil avec l'éther ( air élémentaire ) qui
pèse sur elle, frottement qui, à son tour, stimule continuellement l'activité des
innombrables esprits naturels qui demeurent dans la grande atmosphère solaire, et cette
activité se communique ensuite aux esprits naturels en sommeil dans l'éther de telle
sorte que ceux-ci, aisément excitable, s'animent tous en un instant à une distance de
plus vingt mille lieues en droite ligne du soleil, et de même à l'instant suivant sur une
distance identique, et cela se poursuit de même indéfiniment à chaque instant, jusqu'à
une distance du soleil pour vous incommensurable.
Par cette stimulation concomitante des esprits naturels élémentaires dans l'espace
incommensurable de la création, la lumière originaire du soleil se communique de la
façon que je viens de vous expliquer, aux corps célestes ou planète qui tournent autour
de lui dans sa zone d'influence et provoque dans les atmosphères plus réduites des
planètes une excitation identique des esprits naturels déjà plus lourds des atmosphères,
excitation qui est perçu et ressentie d'autant fortement que l'on descend dans cette
atmosphère, parce que les esprits y sont eux-mêmes de plus en plus lourds et solides.
En effet, si vous frottez deux pierres l'une contre l'autre, le frottement sera plus intense
que si vous frottez l'une contre l'autre deux plumes, raison pour laquelle il fait toujours
plus chaud dans les régions basses de la terre que sur les plus hauts sommets.
Un sage gréco-égyptien, Platon, en donne un témoignage dans les écrits qu'il a laissé,
ainsi que plusieurs autres sages de l'antiquité. Ils s'endormaient et se retrouvaient dans
une mer de lumière où ils pouvaient certes penser, mais non se voir eux-mêmes, ce qui
leur donnait au moins le sentiment délicieux d'être parfaitement unis à la lumière
originelle qu'ils appelaient la vraie divinité.
La raison en était que la vision de l'âme n'était pas encore parfaitement structurée. Et elle
ne l'était pas parce que leur éducation première, bien que rigoureuse, était pourtant
pervertie sur ce point ; car chaque fois que l'éducation de l'intelligence précède celle du
coeur, l'éducation est pervertie.

CH220,3 : De la régénération et de la juste éducation des hommes. Je dis Ainsi, qui


éveille et éduque ses enfants d'abord par la raison construit une maison en commençant
par le faîte du toit et verse de l'eau dans un vase percé de trous. Celui-ci sera sans
doute mouillé aussi longtemps que celui qui verse l'eau se consacrera à ce travail inutile
; pourtant, jamais la moindre goutte de l'eau de la vie n'y demeurera, et c'en sera fait
pour toujours des merveilleuse manifestation de la vie de l'âme. C'est pourquoi je vous ai
recommandé avant tout l'amour du prochain, qui vient de l'amour envers Dieu !
Car lui seul peut vous tirer de votre grand égarement et fait à nouveau de vous des
hommes dans mon ordonnance. Ne vous laissez pas éblouir par le monde ; car tout ce
qu'il peut vous donner est mort et jugement, est un pur produit de la raison ! L'amour
seul peut vous transformer et vous donner la vie ! Le coeur sera façonné par le véritable
amour ainsi que par la douceur et la patience.
Enseignez très tôt aux enfants à aimer le Père céleste, montrez-leur combien il est bon
et plein d'amour; comme tout ce qui existe est parfaitement bon, beau et sage et a été
créé par lui pour le plus grand bien de l'homme, et quelle affection toute particulière il a
pour les enfants qui l'aiment par-dessus tout. Faites-leur remarquer en chaque
circonstance spéciale que c'est le Père céleste qui a ordonné et fait exister toutes ces
choses, ainsi tournerez-vous vers moi le coeur des petits, et vous verrez très vite grandir
en eux l'amour envers moi

CH221,1 : De la vraie compréhension et de la lecture des pensées. La dessus le


chef des noirs dit : Seigneur, nous t'avons fort bien compris, mais je ne saurais affirmer,
que les blancs pour qui tu as donné cette explication en ont eux aussi compris l'esprit et
le sens.
Car il doit bien s'en trouver quelques uns parmis ces blancs qui ne posent pas de
question pour ne pas trahir par le seul fait de questionner la faiblesse de leur
entendement ! A ceux-là, je dirais de renoncer aux vains honneurs de l'intelligence et, de
se déclarer en faveur de la pure vérité, qui ne peut naître que d'une compréhension
pure, faute de quoi la vérité mal comprise ne vaudra guère mieux pour leurs disciples
qu'un vulgaire mensonge ; car une vérité incomprise n'est pas plus utile qu'un
mensonge.

CH222,1 : De la signification de la sphère de vie extérieure de l'âme.


Je dis : Vous êtes loin de comprendre avec clarté ce que représente exactement la
sphère de vie extérieure de l'âme, et comment, dans ses manifestations, cette force peut
agir, sentir, entendre et même voir ! Mais il faudra rassembler sérieusement tous vos
esprits, sans quoi vous continuerez de ne pas comprendre avec une profondeur
suffisante cette question d'une haute importance pour votre vie !
3 : Car celui qui veut véritablement amender son existence et l'amener à la vraie vie,
doit d'abord la connaître dans toutes ses parties, savoir ce qui la soutient, comment elle
s'exprime selon les circonstances et les événements ; comment, lorsqu'elle s'est
corrompue, elle peut être réparée et devenir meilleure, et comment aussi elle doit être
transplantée et transmise aux autres, afin que pour finir il n'y ait plus qu'un seul berger et
un seul troupeau.
Et que la pleine connaissance de la vie soit la chose essentielle pour l'homme véritable,
les grands sages l'ont toujours affirmé. Je suis venu à vous, afin d'exposer à vos yeux la
véritable essence de la vie ; mais il sera de votre devoir de faire aussi comprendre
autant que possible à votre prochain ce que vous aurez compris vous-mêmes !
Un sage ne peut être reconnu et compris que par d'autres sages ! II n'y a rien à changer
à la vie des animaux et des vrais fous, car ce qui doit advenir de celle-ci, mon
ordonnance éternelle y a déjà pourvu. Et quand vous aurez fait des hommes vos vrais
frères et amis, destinés à vous égaler dans la connaissance de la vie, vous connaîtrez
entre vous la vraie joie et vous vous renforcerez dans tout ce qui est bien, que vous
accomplirez sans peine ! Car cent bras en font plus qu'un seul, cent yeux regardent de
tous côtés en voient plus que deux, et la sphère de vie extérieure de milliers d'hommes
réunis est un levier d'une étrange puissance pour détourner tous les dangers et les
maux possibles, de quelque part qu'ils viennent et quelque non qu'ils portent.

CH223,5 : De la force de l'homme accompli par l'amour. Je dis : II est nécessaire


que vous identifiez parfaitement en vous cet état essentiel et que vous enseignez
ensuite aux autres hommes la bonne façon de le reconnaître ! Car celui qui possède
une lumière, ne doit pas la mettre sous le boisseau, mais cette lumière doit être mise sur
un table, d'où elle pourra éclairer tous les assistants !
Bien sûr, chacun doit d'abord posséder lui-même ce qu'il veut donner à son voisin. D'où
l'extrême importance de cet état de la vraie force de vie d'une âme humaine accomplie,
et celle aussi de se connaître soi-même pleinement, ce qui peut être obtenu chez les
enfants par une juste éducation, et que l'homme déformé sans qu'il y ait de sa faute,
peut atteindre dans la plus large mesure possible par la vraie humilité, la patience et
surtout le véritable amour agissant envers Dieu et de là envers le prochain. II ne tient
qu'à vous de poser des questions et, à travers celles-ci, de vos rendre compte par
vous-même de ce qui vous manque encore !
II faut d'abord que vous reconnaissiez en vous ce manque, sans quoi, avec la meilleure
volonté, vous ne sauriez vous en inquiéter ; car lorsque quelqu'un a perdu quelque
chose, mais n'en sait rien, peut-il vraiment se mettre à chercher ce qu'il a perdu ?
Il faut donc d'abord que chacun éprouve très vivement qu'il lui manque quelque chose
et quelle est cette chose qui lui manque, et reconnaisse également la grande valeur de
cette chose, faute de quoi il ne se mettra jamais à sa recherche avec le zèle passionné
qui est nécessaire

CH224,1 : De la faim de nourritures spirituelles. Je dis : L'homme communément


attaché aux choses de ce monde ne peut certes même pas songer aux valeurs
supérieures et authentiques de la vie ; car du moment que son estomac est satisfait, que
peut lui faire qu'il existe d'autres choses importantes dans la vie ? ! II a à manger en
abondance et à boire quand il a soif, une demeure belle et confortable, une couche
moelleuse, de jolis habits et une foule d'autres agréments, et les belles filles
plantureuses ne lui font pas défaut, ni les autres divertissements !
De quoi un tel usurpateur des biens terrestres pourrait-il encore manquer ? Ces pauvres
diables ont certes dû recourir à toutes sortes de savantes idées fournies par leur
imagination constamment affamée, afin d'obtenir les faveurs de tel ou tel riche, de vivre
à ses dépens et de lui en faire accroire ; mais dans tout cela, il n'y a rien de vrai si ce
n'est le besoin du sage affamé et la paresse de ses mains, et le fait qu'il préfère calmer
son estomac par des fantaisies qui ne lui coûtent rien sur un Dieu quelconque et sur la
vie éternelle de l'âme humaine, plutôt que par quelque dur travail de ses mains.
Jugez par cette image fidèle de la réalité s'il manque quoi que ce soit à un homme bien
pourvu des biens de ce monde ! En quoi le concerne cette connaissance de soi
essentielle sans laquelle une vraie connaissance de Dieu est inconcevable ? Va-t-il
jamais se mettre à chercher cette chose qui pourtant lui fait terriblement défaut ?
Assurément non ; car il ne souffre plus de la faim et de la soif qui sont les mobiles
censés pousser à la sagesse et à la connaissance les pauvres diables qui chignent au
travail Comment pourrait-il s'apercevoir sans cela, de ce qui lui manque pour la vraie
vie ?
II en est de même lorsqu'on expose une doctrine . Celui qui se figure l'avoir pleinement
comprise, ne cherchera pas à en savoir davantage. Celui qui est rassasier ne demande
plus à manger ; lorsqu'il sera de nouveau affamé, il cherchera certes à manger de
nouveau. Mais que fera-t-il si le maître queux est absent ? Saura-t-il vraiment se
préparer son repas lui-même ? 9 : Vos sphères de vie extérieure sont très faibles, et
c'est pourquoi votre sens du toucher commence là où commence votre corps, au-delà
de celui-ci, votre âme n'a pas encore un brin de sensibilité

CH225,3 : De la force de ceux qui sont nés à nouveau. Lorsque, non pas par votre
mérite, mais uniquement par mon amour, ma grâce et ma miséricorde, vous renaîtrez
en esprit, vous accomplirez de plus grandes choses que ces noirs, non pas par la force
de la perfection de vos âmes, mais par la force de mon esprit qui imprégnera vos âmes
en elles-mêmes faibles, et par lequel, il est vrai, vos âmes elles aussi verront la force de
vie croître sans cesse en elles !

CH226,1 : De la relation entre l'âme et l'esprit. Je dis : La relation de l'âme avec


l'esprit sera toujours semblable à celle du corps terrestre avec l'âme. Le corps de tout
âme, si parfaite quelle soit, garde lui aussi une sorte de volonté propre de jouissance par
laquelle l'âme peut être corrompue si elle s'y prête. Une âme bien éduquée n'approuvera
certes jamais la gloutonnerie du corps et demeurera toujours maîtresse de son corps ;
mais cela peut bien se produire chez une âme déformée.
Le corps a beau éprouver de son côté tous les désirs possibles et pousser l'âme à les
satisfaire en usant de tous ses aiguillons souvent fort pointus, l'âme accomplie lui oppose
toujours un “ non ” efficace ! Et c'est exactement ce que fait mon esprit dans une âme
lorsqu'il est pleinement entré en elle !
Tant que l'âme entre parfaitement dans la visée de l'esprit, tout se passe exactement
selon la volonté de l'esprit, qui est ma volonté ; mais si le désir de l'âme, à cause de ses
souvenirs, se tourne davantage vers les choses charnelles, en de tels moments, l'esprit
se retire et abandonne à l'âme la réalisation de ce désir, surtout lorsqu'il n'y a rien ou très
peu de chose, dans cette volonté de consommation, qui la justifie spirituellement.
Bientôt, s'apercevant de sa faiblesse et de sa maladresse lorqu'elle est livrée à elle-
même, l'âme renonce sur-le-champ à ses rêveries de plaisir égoïste, s'unit à nouveau
intimement à l'esprit et laisse prévaloir la volonté de celui-ci. Et elle trouve alors
pleinement, ordre, force et puissance.

CH227,1 : Du cerveau et de l'âme. Je dis : A cause d'une éducation fourvoyée, l'âme, et


finalement l'homme tout entier, perd toutes les facultés humaines qu'elle possédait à ma
ressemblance ! Lorsque chez un l'enfant, c'est d'abord l'intelligence qui est soumise à
une certaine éducation, et que le cerveau, bien qu'à peine aux deux tiers mûr, est
contraint de recevoir, sur ses tablettes encore très tendres et aqueuses et de plus en
pleine formation, les symboles correspondant à une infinité de mots, d'images et de
nombres, lesdites tablettes cérébrales sont conduites d'une part à un durcissement
excessif, d'autre part à une complète désorganisation causée par de trop grands efforts
de mémoire.
Le cerveau déjà encombré de toutes sortes de symboles ou signes, a perdu toute
réceptivité aux signes subtils qui, nés au plus profond de l'être, doivent ensuite
s'imprimer sur les tablettes très sensibles du cerveau. L'âme a constamment devant elle
une foule d'images du monde grossièrement matérielles, et s'il lui arrive par instant de
déceler les images floues et délicates venue du coeur, elles lui apparaissent comme une
caricature impossible à comprendre et à distinguer, parce que les grossières images
matérielles viennent s'installer devant l'image spirituelle et pour partie la recouvrent,
pour partie la détruisent.

CH228,1 : De la bonne formation du cerveau. Je dis : Tant que l'âme habite le corps, le
cerveau demeure son principal organe de la vision. Lorsque celui-ci est bien conformé,
l'âme perçoit distinctement les images vitales qui s'impriment dans le cerveau, venant de
la sensibilité' '(impulsions venues du coeur ) , et elle pense, décide et agit selon ces
images .Seule l'âme peut percevoir ce qui est à l'intérieur de la chair.
3 : Ce qui se grave dans le cerveau de l'âme, celle-ci ne peut le voir par ses yeux, qui,
comme ceux du corps, sont tournés uniquement vers l'extérieur, ni l'entendre par ses
oreilles, mais seul l'esprit en elle peut faire cela, raison pour laquelle un homme ne peut
connaître pleinement une chose purement spirituelle que lorsque l'esprit, largement
éveillé dans l'âme, c'est assimilé celle-ci.
Quand à ce qui est intérieur à l'esprit, c'est moi qui le connais, et par moi le connaît à
son tour l'esprit de l'homme qui est devenu pareil à moi ou à mon esprit ; car il est à mon
image dans son âme, de même que le soleil dépose sur un miroir son exact reflet. En
conséquence, tant que l'âme demeure dans un corps, un cerveau corporel bien conformé
est indispensable pour une vision authentique.
Car bien que cela reste gravé pour toujours dans son cerveau spirituel, l'âme n'a pour
ces choses ni yeux ni oreilles, ce que seul l'esprit aura, lorsqu'il s 'éveillera en elle. Ainsi,
lorsque le cerveau a été bien et justement formé à partir du coeur, selon mon
ordonnance, et que les images spirituelles de la vie, qui sont sa lumière, se sont gravées
sur les tablettes du cerveau avant les matérielles, les images du monde qui lui arrivent
ensuite en sont illuminées et peuvent donc être comprises dans toutes leur partie et
appréhendées selon la vraie sagesse.
Et la lumière qui le traverse non seulement emplit alors l'organisme entier de l'homme,
mais étend ses clairs rayons spirituels bien au-delà pour constituer la sphère de vie
extérieure grâce à laquelle, lorsque, avec le temps, elle est nécessairement devenue
plus dense et plus puissante, l'homme peut accomplir des prodiges dans le monde
extérieur.
Ce n'est qu'à travers une vraie humilité, un très puissant amour envers Dieu et le
prochain et une aspiration aux choses spirituelles que les images matérielles du cerveau
s'éclairent et deviennent alors spirituelles, et que le cerveau est ramené par là à un
ordre, du corps. La force de mes enfants doit naître de leur faiblesse

CH229,7 : Je dis : Ces noirs ont certes la peau très sombre, mais leur âme n'en est que
plus lumineuse. Ils connaissent pour l'essentiel les principaux organes vitaux de leur
corps, et les tablettes du cerveau leur sont familières ; car leur âme originelle parfaite
peut voir de l'intérieur dans leur corps, et si quelque chose en lui est malade, ils voient ù
réside le mal et en quoi il consiste.
Par leur sphère de vie extérieure qui, en ces moments-là agit très puissamment, ils
découvrent bientôt l'herbe au moyen de laquelle ils chasseront très vite le mal. C'est
seulement lorsque leurs tendons se relâchent et que leur sang s'épaissit qu'ils ne croient
plus pouvoir trouver aucune herbe capable de guérir leur vieux corps affaibli, fatigué et
rendu paresseux par des causes toutes naturelles ; selon eux, le mieux est alors de
laisser leur âme prendre soin d'elle-même et rassembler ses forces pour abandonner un
corps devenu parfaitement inutilisable et haïssable et rejoindre définitivement, libérée de
tous ses liens terrestres, le pays des bienheureux, entre le soleil, la lune et la terre. Ces
hommes n'ont donc pas la moindre crainte de la mort, et redoutent bien plus la maladie
du corps, car les forces de l'âme sont alors activement mises à contribution en pure
perte, ce qui, à la longue, affaiblit l'âme et la rend imparfaite.

Ch230,1 : Des conséquences de la luxure. Je dis : Pour ce qui est de la chasteté de la


chair et de l'existence et de la vraie pudeur virginale, il n'est sur terre aucun peuple qui
soit davantage voué à cette vertu que ces noirs, et aucun qui connaisse moins le péché
de fornication, de luxure et d'adultère que ces mêmes noirs. Et cela aussi est de la
grande importance pour la vie ; car si les hommes blancs évitaient ce péché et ne
pratiquaient l'acte de chair qu'aussi souvent qu'il est nécessaire pour éveiller un fruit
dans le sein d'une femme honnête, je vous le dis : il n'y en aurait pas un parmi vous qui
ne soit pour le moins un clairvoyant !
Mais tels que sont les moeurs parmi vous, l'homme comme la femme gaspille le
meilleur de leurs forces par la dissipation souvent quotidienne des sucs vitaux les plus
nobles de tous et le plus en affinité avec l'âme, qui, s'il en avaient une réserve suffisante,
permettraient que s'accumule dans l'âme une lumière toujours plus intense
Au contraire, à cause de cela, ils deviennent des êtres avides de jouissance, toujours
plus paresseux et semblables à des polypes. Rarement capables d'une pensée claire, ils
sont craintifs et peureux, très matériels, lunatiques et inconstants, égoïstes, envieux et
jaloux. II comprennent difficilement, sinon jamais les choses spirituelles, car leur
imagination ne cesse de vagabonder parmi les attraits de la chair puante et n'est plus
capable de s'élever vers quoi que soit de supérieur et de spirituel.
Et c'est pourquoi les fornicateurs, adultère et débauchés en tout genre des deux sexes
trouveront difficilement sinon jamais, l'entrée de mon royaume divin ! Et si dans ton
coeur, tu trouves cela dur, essaie toi-même de changer un de ces hommes sensuels !
Tente d'attirer son attention sur les commandements de Dieu en lui disant : La paix soit
avec toi, le royaume de Dieu est proche ! Renonce à ta vie de péché, aime Dieu
par-dessus tout et ton prochain comme toi-même, cherche le royaume de Dieu dans les
profondeurs de ton coeur Renonce au monde et à sa vaine matière, et cherche à éveiller
en toi la vie de l'esprit !
Prie, cherche et agis dans l'ordonnance divine ! ces paroles tomberont dans les oreilles
d'un sourd, capable de violence pour peu que tu insiste sur ce sujet qui le dérange, étant
aveugle et sourd à toute bonté et toute vérité de l'esprit.

CH231,1 : De la bénédiction de concevoir dans l'ordonnance. Je dis : La prédication


s'arrête là où, parmi les hommes, la luxure et la fornication sont si enracinées qu'elles
sont devenues une véritable lèpre pour l'âme ! Mais là où n'est plus et ne peut plus être
prêchée la vérité, qui seule peut fortifier et libérer l'âme et l'illuminer tout entière, parce
que l'âme ne devient agissante et ne s'emplit d'amour, donc de lumière, que par la vérité,
d'où l'âme tirerait-elle une autre lumière, et avec quoi, si ce n'est avec la lumière de vérité
de l'âme, la sphère de vie extérieure pourrait-elle se constituer ? ! Aussi votre premier
souci doit-il être que ce péché ne prenne nulle part racine, et les gens mariés ne doivent
faire que ce qui est indispensable à la conception d'un être humain !
Celui qui dérange sa femme pendant sa grossesse gâte son fruit dès le sein maternel et
y implante l'esprit de luxure ; car le même esprit qui pousse et incite les époux au
commerce charnel au-delà de la mesure naturelle passe renforcé dans leur fruit.
C'est pourquoi, dans la conception elle-même, il faut aussi prendre soin avec le plus
grand scrupule tout d'abord que cette conception n'ait point lieu par simple
concupiscence, mais par amour véritable et par inclination de l'âme, et ensuite, que la
femme qui a conçu soit ensuite laissée en paix au moins jusqu'à sept semaines après
l'accouchement ! Les enfants conçus de cette manière ordonnée et qui se sont
développés sans être perturbés dans le sein maternel, viendront tout d'abord au monde
avec une âme accomplie. Partout où, dans les temps à venir, vous prêcherez ma parole,
cet enseignement ne devra pas être oublié ; car il touche aux fondement et au sol de la
vie et débarrasse celui-ci des épines, des broussailles.
15 : Lorsqu'on travaille à répandre ma parole vivante, la bonne volonté seule ne suffit
pas ; elle doit être guidée par une vraie et juste sagesse de la vie.

CH232,12 : De la structure du cerveau humain. Cyrénius dit : Les anciens Egyptiens,


lorsqu'ils ont construit leurs premières écoles en forme de pyramides, étaient à coup sûr
des hommes aux âmes originellement parfaites. Ces formes pyramidales ont dû leur
paraître comme les plus importante pour la connaissance de l'homme, et c'est ainsi
qu'ils ont choisi cette forme pour construire leurs belles écoles. Ils ont dû étudier et
examiner chaque tablette pyramidale du cerveau avec la plus grande précision et
donner ensuite à chaque pyramide une disposition intérieure semblable, à grande
échelle, à celle qu'ils avaient trouvée dans les pyramides cérébrales !
C'est pour cela qu'il y a à l'intérieur de ces pyramides une telle quantité de couloirs et
de chambres de toute sorte, dont même l'homme le plus sensé ne saurait reconnaître à
quoi les uns ou les autres pouvaient servir
Je dis : Et les Egyptiens ont aussi recouvert les faces des pyramides, surtout
intérieurement, de toutes sortes de signes, d'inscriptions et d'images qui montraient de
façon appropriée tout ce que l'homme devait traverser et affronter sur cette terre,
comment il devait apprendre à se connaître lui-même, et comment le véritable amour
était au centre de toute vie.

CH2331 : De la relation entre le cerveau frontal et le cerveau occipital. Je dis : Ces


obélisques avaient certes une autre destination que les deux colonnes qui sont devant
chaque facette des pyramides du cerveau ; ils indiquaient simplement qu'il fallait
rechercher dans les pyramides la sagesse, ce à quoi, bien en entendu, n'était admis que
ceux dont on avait éprouvé la pureté.
13 : II existe des nerfs qui, partant des facettes des pyramides occipitales où ne sont
dessinés que des sons, rejoignent par la moelle de la colonne vertébrale les nerfs
( ganglions ) du creux de l'estomac et de là le coeur, raison pour laquelle la musique,
lorsqu'elle est très pure, agit essentiellement sur les sentiments, s'en saisit et, bien
souvent, les rend doux et tendres.
Et lorsqu'ils sortent du coeur et en remontent, les sons peuvent alors, à travers la
lumière de l'amour, être représentés comme des formes sur les tablettes du cerveau par
des étoiles des deux petits obélisques, et il n'est pas rare alors qu'ils guident
véritablement l'âme à travers les vaste salles de l'esprit.
Raison pour laquelle une musique appropriée et parfaitement pure peut aider l'âme à
s'unir pleinement avec son esprit. Aussi devez-vous également apprendre et enseigner
la vraie musique telle que la pratiqua autrefois David. Qu'une musique très pure ait un
tel effet, vous pouvez le constater en plaçant en un même lieu des amis et des ennemis
et en faisant jouer au milieu d'eux cette musique pure, et, en place d'ennemis, vous
verrez bientôt apparaître des amis parfaitement débonnaires. Mais seule une très pure
musique peut faire cela ; une musique impure et obscène agit exactement à l'opposé.

CH235,4 : Cerveau intègre et cerveau corrompu. Cyrénius dit : Seigneur pardonne à


ma trop grande stupidité ! Je dis : Je savais que tu la verrais ; mais pour que tu pose
cette question parfaitement inepte, j'ai en quelque sorte provoqué dans ton cerveau
cette réminiscence du monde, et cela te montre quelle sagesse peut offrir à l'âme
assoiffée de vérité, la prétendue raison du monde Aussi gardez-vous de toute sagesse
de ce monde ; car je vous le dis, elle est bien plus obscure et mauvaise que ce que la
philosophie tenue en si grande estime nomme stupidité ! Car il est facile de secourir
l'ignorant selon le monde, alors que cela est très difficile voire impossible, pour celui en
qui la sagesse du monde est profondément enracinée.

CH236,2 : Je dis : Et voyez-vous, tout cela tient à la corruption de la structure du


cerveau humain dès le sein maternel, et ensuite à l'éducation presque pire encore du
coeur de l'âme ; car si du moins une juste éducation du coeur et de l'âme intervenait
après la naissance, elle réparerait en grande partie les dommages causés au cerveau
dans le sein maternel, et les hommes pourraient parvenir ensuite à une certaine clarté et
une certaine force vitale et, par la suite d'une juste humilité et d'une vraie bonté du
coeur, retrouver après des années, ce qui a été perdu.
8 : Toutes les choses matérielles que l'âme aurait fait entrer en ce monde dans son
cerveau de chair totalement corrompu, aucune n'aura pu accéder à son cerveau
spirituel, parce que le moyen essentiel de ce transfert, la lumière de la flamme vivante
de l'amour envers Dieu et de là envers le prochain, lui faisait entièrement défaut !

CH237,6 : Je dis : Ce n'est que par la répétition d'innombrables états de nécessité,


qu'une telle âme se constitue intérieurement une provision des notions, pour le moins
d'une grande tristesse, qu'elle aura d'elle-même, et commencera ainsi à organiser sur
son sol des moyens qui lui permettront de ne plus retomber aussi facilement dans le
dénouement et le désespoir les plus complets !

CH 238,2 : Des difficultés du développement d'une âme mondaine dans l'au-delà.


Je dis : Pour une âme, entièrement corrompue par le monde, il est presque impossible
de l'amener au delà du ciel de sagesse le plus bas : car son cerveau ne perd jamais ses
tristes caractéristiques premières, qui ne cessent de faire renaître en elle par moment
comme un sentiment d'injustice et un principe vindicatif qui, dans son cerveau
désormais de plus en plus éclairé, laissent chaque fois derrière eux une nouvelle image
et portent l'âme à sentir que, s'il est vrai qu'elle se porte fort bien, cette bonne santé
est loin de compenser tout ce qu'elle a subi auparavant.
6 : Ces âmes ne sont donc jamais parfaitement satisfaites, parce que leur nature fait
qu'il leur manque toujours quelque chose. Ils sont pareils à ces hommes qui voudraient
bien voler dans les airs comme les oiseaux et qui s'attristent que leur soient refusées, à
eux qui sont des hommes, les remarquables qualités dont jouissent à haut degré de
perfection d'animaux dépourvus de raison.
Toute âme doit se former elle-même, soit facilement en ce monde, soit difficilement dans
l'autre, ce pour quoi les moyens lui ont été donnés.

CH239, 2 : De l'influence sur le cerveau d'une éducation fourvoyée. Je dis : Nous


allons voir quelles conséquences, lorsque un enfant , à partir de cinq ans environ,
acquerra les premiers traits d'une éducation pervertie par
laquelle on commence à encombrer sa mémoire de toutes sorte de choses à apprendre
par coeur et à l'embrouiller autant que faire se peut.
6 : A force d'y être péniblement contraintes, les tablettes cérébrales disponibles
finissent par se couvrir en grande partie de gribouillages noirs ; la doctrine divine
elle-même est enfournée dans le cerveau avec la table de multiplication, et la formation
de l'âme se résume aux heures où elle se repose de ce ravage matériel de
l'entendement. Ce n'est que lorsque le jeune homme ainsi tourmenté, ayant engrangé
une masse de connaissances dites “ professionnelles ” les études, entre dans quelque
fonction, que son coeur acquiert quelque liberté ; il cherche dans son entourage une
jeune fille qui lui plaise afin de la prendre pour épouse.
La brève période où il est foncièrement amoureux est encore la meilleure pour le jeune
homme, parce que, durant ce temps, il se produit du moins une certaine animation, bien
que très inférieure, dans les sentiments de l'être humain, ce qui amène à son cerveau
assez de lumière pour que, grâce à ce faible éclairage, il commence à comprendre un
peu plus pratiquement tout ce qu'il a appris si péniblement pendant de longues années
et qu'il devienne ainsi un individu un peu plus apte à exercer une formation de ce
monde.
Mais les hommes dont les sentiments n'ont jamais été agités si peu que ce soit même
par cet amour, demeurent des pédants stoïque. Etant donné la formation pervertie de
son cerveau, où les images n'ont fini par demeurer gravées et imprimées plastiquement
sur les tablettes qu'à force de griffonnages, et parce qu'aucune lumière ne s'élève
durablement dans le cerveau faute d'un quelconque mouvement plus vif des sentiments,
l'âme doit se mettre à toucher pour percevoir ses tablettes cérébrales obscures, mais
stéréotypées.
Une telle âme, en définitive, prend pour une illusion ce quelle voit de ses propres yeux
dans le monde extérieur et pour des mensonges ce qu'elle entend ; elle ne tient pour
réalité vraie que ce qu'elle peut palper sur toute ses faces.

CH240,2 : Le cerveau d'un sage selon le monde. Je dis : Aussi, dès que tu
entreprends de parler devant une telle âme de choses supérieures et surnaturelles, elle
te prie aussitôt de te taire ; car si elle devait y réfléchir davantage, elle se ridiculiserait
manifestement. C'est pourquoi il est impossible de parler de quoi que ce soit avec ces
hommes, parce que tu comprends maintenant, ils sont incapables d'appréhender ces
choses.
Car si tu entreprends de lui parler d'une chose trop au-dessus de l'horizon limité de son
savoir, au mieux, il te raillera de bon coeur et te prendra pour un idiot. Et si tu persiste
avec ces choses qu'il juge imaginaire, il deviendra furieux et te montrera la porte furieux.
Cyrénius dit : Mais alors, comment porter ta parole à de tels hommes, qui sont pourtant
innombrables ?
Je dis : Chez des hommes au coeur compatissant, demeurez chez eux et éveillez
autant que possible leurs coeurs où il y a quelque vie. Si vous faites cela, le coeur de
ces hommes, devenant de plus en plus actif, commencera à diffuser dans leur cerveau,
et la chaleur de cette lumière mettra peu à peu dans les tablettes du cerveau un ordre
acceptable; ces hommes deviendront bientôt capable de recevoir une doctrine
supérieure et s'élèveront ainsi graduellement vers une lumière toujours plus pure. Mais
si, chez ceux que vous trouverez un coeur parfaitement mort, repartez au plus vite !

CH241,9 : Mathaël dit : II existe une foule de problèmes insolubles„ où il apparaît


chaque fois à l'évidence que dans la nature, les droits fondamentaux individuels se
lèsent les uns les autres ! Qui est à l'origine de cela ? Il est dit que c'est à cause de la
corruption de notre âme, qui elle-même a été corrompue parce que le cerveau humain
est corrompu dès le sein maternel, et plus encore ensuite par une éducation absurde !
Oui l'humanité est mauvaise et foncièrement corrompue ; mais qui l'a corrompue à
l'origine, et qui l'a laissée corrompre ?
Les hommes ne peuvent plus vouloir qu'à contresens et ne pourront donc jamais
s'amender, mais seulement au contraire, devenir plus mauvais et plus misérables !

CH242,1 : De l'injustice apparente de la direction des âmes en ce monde et dans


l'autre. Mathaël dit : Plus d'un ne s'en tire encore pas si mal en ce monde ! II se fait son
petit paradis à la mesure de ses désirs et de ses moyens. Bien sûr, pour un comme
celui-ci, il y en a mille autres qui souffrent, sans doute parce qu'ils ne s'y entendent pas
si bien que l'astucieux à se créer un petit paradis ! A cause de cela, leurs âmes sont
détruites par l'envie et la colère, et celle du possesseur du petit paradis, par la débauche
et le luxe ! Les premiers sont condamnés par leur pauvreté et leur misère, le riche à
cause de sa joyeuse vie ! Tu as justement montré Seigneur, que tout homme, s'il veut
pouvoir exister face à ta pure divinité, doit se façonner lui-même dans son être, et que tu
ne fais que lui offrir l'occasion et rien de plus !
Je crois pourtant que la grâce et l'amour pourraient là encore remplacer un ordre et
une justice par trop sévère !
CH243,2 : De l'essence de Dieu. De la nécessaire difficulté de l'épreuve terrestre.
Je dis : Oui, c'est là le noeud que j'ai découvert en beaucoup d'entre vous. II va de soit
que Dieu, qui est immuablement l'amour le plus haut et le plus pur, ne pourra jamais être
dépourvu d'amour, et qu'en tant d'amour il mettra en oeuvre très activement tous le
moyens à sa disposition et à son service pour guérir toute âme, si malade soit-elle.
Mais il ne peut ôter à l'âme l'identité propre qui la caractérise, et doit donc laisser l'âme
en venir à une situation qui, lorsque tout le reste a échoué, la ramène par une sorte de
ruse ! Le résultat de la puissante volonté de l'âme, est qu'elle ne veut et ne fait jamais
que ce que bon lui semble ! Aussi ne peut-on lui opposer une force toute puissante,
donc très violente ; car l'âme en éprouverait alors des tortures inouïes, puisque la plus
légère intervention lui cause déjà d'indicibles souffrances ; qu'endurerait-elle alors si l'on
entrait en elle avec trop de force ?
7 : Dans mon ordonnance immuable, un être , une fois qu'il existe, ne peut jamais être
détruit dans la sphère de son âme pour en devenir un autre dans son moi original.

CH244,2 : Le moi de l'homme, seul maître de son destin. Je dis : L'essentiel de la


vie terrestre se passe à avancer parmi les épines et les chardons, et celui qui ne les
aime pas n'aura pour finir pas grand-chose d'agréable et de réjouissant à raconter sur la
vie dans la chair ; et plus il aura été égoïste, plus il aura dû subir d'offenses.
Mais celui dont l'amour de soi aura été le plus faible et qui n'aura fait aucun cas des
moustique de l'été de la vie et des multiples épines qui l'auront atteint et amoindri, celui
que les maux du corps les plus divers, la pauvreté la faim et la soif fréquente, le froid, de
mauvais habits et une demeure tout aussi mauvaise, pas plus que toutes sortes d'autres
misères, n'auront pas su démonter, celui-là pourra, à la fin de son existence, en conter
tous les agréments, alors que même un roi encensé de tous ne trouvera à la fin de sa
carrière qu'à se plaindre d'innombrables insatisfactions.
Car où est le roi qui a mené à bien tout ce qu'il s'était proposé en commençant son
règne ? Parce que cela était impossible, parce qu'il a fini par découvrir dans ses calcul
bien des erreurs grossières, il est connu de longue date que la plupart des rois meurent
par suite d'un secret chagrin. Ainsi donc, l'homme, qui se détermine et s'éduque
lui-même, demeure tout au long de sa vie terrestre dans la conscience de soi,
pleinement décidée par lui, avec laquelle il traverse l'épreuve de cette vie terrestre.
Qu'il le fasse dans mon ordonnance ou en dehors d'elle, nous supposerons pour
l'instant que c'est tout un ; car à tout point de vue, la vie terrestre ne lui a apporté que
peu de joies, et d'autant plus d'amertumes de toute sorte. Qu'un moi ne puisse devenir
et ne devienne pleinement heureux que lorsque, de sa propre décision, il a intégré mon
ordonnance, vous le savez désormais ; car je n'ai fait que vous prêcher cela depuis sept
jours en vous ramenant aux racines de toute création dans le monde spirituel ou
sensible.
Et qu'une âme ne puisse accéder à aucune félicité vraie et durable tant qu'elle ne sera
pas entrée librement, dans mon ordonnance, je vous l'ai également montré. Comment
pourrait-il y avoir donc en moi le moindre manque d'amour et de miséricorde, la moindre
trace de dureté et d'injustice ?

CH245,1 : De l'évolution des âmes humaines appelées à devenir les enfants de


Dieu. Je dis : Les âmes de ces noirs n'ont pas encore été appelées jusqu'ici à la filiation
divine, et pour faire ce qu'ils sont capable de faire, il leur a suffit de préserver une
perfection essentiellement stéréotypée de leur âme ; car cette perfection ne doit pas être
considérée comme le résultat de l'excellence de leur évolution personnelle, mais elle
leur a été donné tout comme la noirceur de leur peau. Mais lorsqu'ils voudront eux aussi
accéder à la filiation divine, tout cela ne leur sera pas donné, mais seulement la
doctrine. Mais tant que la perfection de leur âme leur sera pour les deux tiers donnée et
seulement pour un tiers acquis, ils ne pourront jamais éveiller l'esprit en eux et
demeureront dans l'au-delà ce qu'ils sont ici : de très bonnes âmes accomplies, mais
demeureront dans une félicité plutôt mécanique dont les limites doivent être fixées
comme une nécessité, et à qui il ne sera jamais possible de penser autrement
. 5 : Une telle âme ne ressentira jamais d'elle-même une exigence supérieure, et elle est
aussi heureuse qu'une abeille qui a trouvé une fleur au calice rempli de nectar, mais
n'éprouvera jamais aucun besoin au-delà de ce nectar. Quand l'abeille a ce qu'elle
cherchait, elle a tout, et tous les autres trésors ne lui sont rien.
II en va différemment d'une âme qui se détermine elle-même et s'éduque elle-même
selon la parole divine ! Ce quelle possède est sa pleine propriété, elle dispose de sa
propre substance, grâce à l'esprit d'amour éveillé en elle, de la force divine lui permettant
d'édifier mille cieux, et d'être en toute chose parfait comme le Père éternel. Pour qu'elle
puisse s'accomplir par elle-même, un telle âme a à sa disposition tous les moyens qui ,
lorsqu'elle les utilisera, la mèneront immanquablement au but.
Ces moyens ne sont jamais imposés, ils sont devant elle, comme les matériaux
nécessaires à la construction d'une maison sont présentés à l'architecte avisé.
Matériaux qu'elle sera capable d'utiliser, et elle ne devra pas non plus être chargée d'un
poids qui dépasse ses forces.

CH246,4 : Pourquoi Dieu a voulu que l'âme humaine libre s'accomplisse elle--
même. Je dis : Je peux cependant te dire une chose, à savoir que pas une âme qui sont
ici n'est plus jeune que l'ensemble de la création visibles des mondes ! Créer un soleil et
une terre avec tout ce qu'elle porte est chose facile ! Cela ne prend pas si longtemps. Et
il n'est pas plus difficiles de créer des âmes d'animaux et de plantes soumises au
jugement. Mais fabriquer une âme qui me ressemble parfaitement en tout, c'est là, même
pour le créateur tout-puissant, une chose d'une extrême difficulté, parce que la
toute-puissance ne peut rien y faire, mais seulement la sagesse, la patience et la plus
parfaite longanimité
Car lorsqu'il s'agit d'engendrer une âme toute pareille à moi, donc une seconde divinité,
très peu doit être fait par ma puissance, et tout par le nouveau Dieu en devenir issu de
moi. De moi, il ne reçoit que les matériaux spirituels, mais aussi matériels selon ses
besoins.

CH247,1 : De la possession ? De la lenteur de la propagation de l'évangile. Mathaël


dit : Pire qu'un chien j'était un diable, et je n'ai pas pour autant perdu ma conscience de
moi-même, ni le souvenir de tout ce qui avait précédé ! Comment cela ce fait-il ? Je dis
:Ces esprits se sont emparés de votre organisme physique dans la mesure qu'il leur
fallait pour agir à leur guise, et vos âmes qui n'avaient suffisamment de force contre la
masse de ces esprits, se sont retirées et ont dû laisser les mauvais esprits faire leur
volonté.
Mais vos âmes n'ont pas subi de ce fait le moindre dommage ; car de telles
possessions ne sont permises que dans les corps habités par une âme déjà
suffisamment pure pour que les méchants esprits encore très immatures venues de
l'au-delà n'aient aucune prise sur elle lorsqu'elles reviennent œuvrer dans la chair pour
les besoins supposés de leur amélioration. Une fois que les esprits sont sortis de ton
corps, tu y ressens une grande faiblesse qui dure jusqu'à ce que l'âme soit redevenue
maîtresse de l'ensemble de l'organisme, et l'ancienne âme règne à nouveau sur le
corps. C'est donc le corps et non l'âme qui a été secouru par ma puissance. Mais
lorsqu'une âme se détruit de sa propre volonté, ma puissance ne peut rien y faire, mais
seulement l'amour I 'enseignement et la patience ; tout âme doit entreprendre elle-même
son édification se parachever avec les matériaux fournis.
Le moment est venu d'élucider ces choses, et il vous faudra beaucoup de lumière pour
éclairer au mieux toutes les chambres obscures de la vie de tous les hommes !

Ch248,1 : De l'opportunité des miracles. Je dis : aussi dois-tu éclairer tous tes frères
de ta lumière. Mais éveille aussi ta foi à la puissance de mon nom ; car c'est seulement
en mon nom que tu pourras en cas de nécessité accomplir devant les hommes des
signes qui les éveilleront pour la première fois en moi
La vérité doit parler d'elle-même, et si elle n'est pas comprise, il faut l'expliquer un peu
plus, et cela jusqu'à ce que la vérité soit comprise pour elle-même ! Cependant pour les
besoins de l'explication qui ne suffit pas, auprès des peuples encore très frustres et mal
dégrossis ; il est alors bon par un signe approprié d'éclairer l'explication pour une plus
vive lumière. Que ce bienfait survienne comme un effet de la foi de ceux à qui il et
accordé ; mais en aucun cas, ce signe ne doit contraindre à croire ; car ils ont
suffisamment d'entendement pour reconnaître une vérité pour ce qu'elle est, même en
l'absence de signe.
9 :(Tout est pur à celui qui est pur !)

CH249,2 : Des signes accomplis lors de la propagation de la doctrine du


Seigneur. Aussi longtemps qu'un peuple vit dans une foi fanatique, il n'est possible de
le sauver, qu'en l'instruisant très longtemps en paroles et en actes et en lui expliquant à
la fois très en profondeur de façon compréhensive tout ce qui concerne les miracles
mêmes qui ont maintenu captives leurs âmes .
Mais le meilleur moyen pour cela est l'apparition subséquente de la méchanceté, de
l'hypocrisie et de la fausseté chez les prêtres qui s'imposent aux peuple, pour exhorter,
enseigner, consoler, et secourir avec sagesse et douceur, mais bientôt, ayant acquis la
faveur du peuple, également pour juger, punir et gouverner jusqu'au trône des rois !
Mais il faut deux à trois mille ans pour que le peuple en arrive à ce point ! Aussi, prenez
garde de ne jamais imposer à qui que ce soit ma doctrine, ni par l'épée, ni par des
signes trop impressionnants.
5 : Cependant, que le sort commun ne vous préoccupe guère, vous qui êtes purs ; car
les pourceaux ne deviendront jamais philosophes. Beaucoup n'entendront pas et ne
suivront pas cet appel à la vie !

CH251,2 : De l'épée comme moyen de châtier les peuples incrédules. Je dis


Persévérez jusqu'au bout, et vous serez bienheureux ; car la violence du monde ne fera
aucun mal à vos âmes de purs, et vous qui avez suivi le chemin de la chair dans les
tribulations, la peine et la misère, vous reposerez plus près de mon royaume et je vous
érigerai en juges du monde et de ceux qui vous ont infligés toutes ces peines sans en
avoir reçu de moi le droit !
Bref, mes disciples seront reconnaissables les uns les autres en ce qu'ils s'aimeront
comme je les aime tous, et qu'ils n'annonceront jamais par le glaive mon nom et ma
parole ! Bien sûr, s'il arrivait qu'un peuple vivant dans ma lumière soit menacé par des
étrangers obstinés qui, avec rage et frénésie poursuivent mes agneaux , il serait temps
de prendre l'épée pour chasser le loup en mon nom, très sérieusement, afin que le loup
se souvienne qu'elle a été levée en mon nom. Contre les païens aveugles, trop loin de
mon ordonnance sans comprendre ma parole, mais qui pratiquent leur foi avec un grand
zèle , l'épée ne doit se dresser que pour garder les frontières, jusqu'à ce qu'ils se
mettent peu à peu à suivre mon ordonnance, et ainsi le signe de l'amour fraternel doit
remplacer celui de l'épée ! Quand à ceux qui s'opposeront obstinément à ma parole et la
poursuivront avec le zèle le plus méchant et le plus égoïste oui, contre ceux-là ; il n'y
aura plus d'autre recours que le glaive le plus tranchant ! Parce que, par intérêt et contre
sa conviction intime il aura voulu me tuer, moi et ma parole !

CH255,6 : De l'incarnation du Seigneur dans notre période de la création et sur


terre. De l'omniprésence du Seigneur. Je dis : Pour l'âme finie et limitée, si sage
soit-elle, les notions d'infini et d'éternité sont certes une chose inconcevable qui ne peut
que l'oppresser; mais il n'en va plus
de même pour l'esprit lorsqu'il s'éveille pleinement en elle. Car cet esprit est libre et en
tout semblable à moi, et il fonctionne dès lors de telle sorte que les relations dans
l'espace ne lui sont plus rien, et cela, ami, est bien plus une propriété essentielle de
l'homme spirituel

CH257,4 : De l'omniscience de Dieu. Je dis : O estimable ami noir ! Pour ce qui est
des questions, on ne demande pas toujours, loin de là, ce qu'on ne sait pas déjà
soi-même ! Au contraire, une question est bien souvent une mise à l'épreuve, une
manière d'inciter son prochain à réfléchir. Le noir dit : La principale chose qu'il m'est
difficile à comprendre est l'omniscience de Dieu ! Seigneur comment peux-tu savoir tout
ce qu'il se passe dans l'infini tout entier ? 10 : Je dis : L'espace sans fin de la création
est éternel et infini, et il n'est empli de rien d'autre éternellement et partout que de mon
esprit, qui est pur amour, c'est-à-dire Vie, sagesse, la plus claire conscience de soi et la
plus grande sûreté de sentiment, de perfection, de vision, d'audition, de pensée, de
perfection, de vision, d'audition, de pensée, de volition et d'action.
13 : Mais l'éther de vie extérieure de l'esprit, lui, ne peut en aucun cas rencontrer
d'éléments étrangers, parce qu'au fond, tout est lui-même ; c'est ainsi qu'il peut en toute
liberté et sans le moindre obstacle tout voir et tout sentir en toute chose, et entendre et
comprendre parfaitement toute chose. Et, vois-tu, c'est là dessus que repose de façon
très claire et aisément compréhensible l'omniscience divine qui te paraît si difficilement
concevable !

CH259,5 : Exemples de l'intelligence des animaux. Le noir demanda au chevreuil :


Honorez-vous vous aussi ce grand esprit de lumière ? Le mâle chevreuil dit :Vous n'êtes
tout de même pas plus stupides que nous, faibles animaux ? Quand nous faisons
toujours de bon coeur et sans nous lasser ce que sa volonté a mis dans notre nature,
c'est alors que nous honorons le mieux le grand esprit ! Avez-vous par hasard une
meilleure manière de vous honorer mutuellement qu'en accomplissant

joyeusement la volonté de votre prochain ? Tout est dans fait d'accomplir la volonté de
celui que l'on honore vraiment CH261,5 : De la croissance de la sphère de vie
extérieure de l'homme. Je dis : Une âme part trop matérielle, est incapable de se
constituer une sphère de vie extérieure, ni de sentir elle-même la moindre faculté
exceptionnelle et supérieure. II n'y a pas trace en elle de la maîtrise de toutes les
créatures, ni de la perception de la voix intérieure de l'esprit, encore moins d'une
quelconque compréhension de la langue des animaux, voire des plantes. Car que
pourraient bien éclairer la sphère extérieure spirituelle de l'âme, lorsque, étant sensé
briller ellemême, elle ne parvient pas à émettre suffisamment d'éther vital lumineux pour
se voir exister et savoir qui elle est ? Une telle âme à peine consciente d'exister, elle ne
connaît rien de ses propres fondements, et tout ce qui touche à l'esprit lui répugne. Ah,
lorsque, au contraire, l'esprit se met à souffler sur une âme, comme une nouvelle
confirmée qui arrive, ou comme par une conviction acquise de soi-même, alors elle
commence d'abord à se sentir exister en tant qu'âme et à reconnaître la base sur
laquelle elle repose.
Et à mesure que le souffle se fait plus puissant, devenant elle-même de plus en plus
lumineuse, elle va reconnaître sa propre identité comme toujours plus claire et distincte
de la matière, et sa lumière commencera désormais à s'étendre au-delà d'elle-même et
à éclairer sa sphère de vie extérieure. Lorsque cette dernière, issue de l'âme, atteint
sa plus grande expansion et intensité, ce qui lui permet de régner sur toutes les
créatures, puisque elle rentre dans une correspondance parfaitement intelligente et
puissamment efficace avec toutes les créatures qui se trouvent à proximité.

CH262,1 : La sphère de vie extérieure lumineuse de moïse et des patriarches. Je


dis : En plein jour, l'âme de moïse brillait si fort de son ardent amour pour Dieu, lorsqu'il
l'eut rencontré sur le Sinaï, qu'il dut se couvrir le visage d'un triple voile pour ne pas être
regardé. Son âme avait atteint la perfection la plus haute, toutes les créatures devaient
lui obéir ponctuellement, il se trouvait en correspondance parfaite avec tous les êtres,
mais par là même voyait ma volonté partout, la montrait aux hommes leur indiquant la
voie d'accomplissement de leur âme. A cet effet il institua pour les prophètes une école,
qui de nos jours est fausse, car la vraie, celle de Moïse, a depuis longtemps perdu toute
vertu et tout pouvoir.
Que les anciens sages aient su communiquer non seulement avec les animaux, mais
aussi avec les plantes et même avec les pierres, les métaux, l'eau, l'air, le feu et tous les
esprits de la terre, toute l'écriture en est le témoin manifeste ( le livre des juges, des
prophètes, les cinq livres de Moïse... ).
Mais ces noirs viennent de vous montrer les multiples facettes de la force d'une âme
humaine intacte, et je crois que vous pouvez maintenant accepter cela comme une
vérité entendue.

CH263,1 : De la raison des explications données parle Seigneur. Je dis : Je vous


explique cela, uniquement afin de vous amener, pour le cas où vous rencontreriez ces
choses, à un niveau de connaissance pure à partir duquel vous pourriez juger de tout
cela non avec un émerveillement superstitieux, mais selon I 'entière vérité toute
naturelle, et agir en conséquence. Vous n'avez donc plus besoin maintenant de
perfectionner vos âmes afin d'acquérir toutes ces qualités des anciens que vous
connaissez désormais parfaitement, cela ne donne pas à l'âme la vraie vie éternelle,
mais seulement afin de parvenir suivant effectivement ma parole, ce qui une condition
nécessaire, à la renaissance de l'esprit dans son âme tout entière.
5 : La puissance de l'esprit, lorsqu'il s'est pleinement régénéré à l'intérieur de l'âme,
donc qu'il est né en elle, entre ainsi dans une communion parfaite avec ma toute -
puissance, mon amour, ma sagesse, mon intelligence, mon savoir et ma volonté infinis
et éternels ! Et lorsqu'un homme, devenu dès lors mon véritable enfant, est en pleine
possession de tout cela, comment pourrait-il avoir en lui le désir d'accomplir des choses
que ces ancêtres, comme aujourd'hui ces noirs, ne
pouvaient autrefois réaliser que partiellement et de manière imparfaite
Ce n'est pas votre volonté, il est vrai qui est cause de ce que vous n'en soyez plus
capables aujourd'hui, mais l'époque et ses moeurs fourvoyés. Et c'est pour cela que je
suis venu moi-même, afin de vous donner, au lieu du petit paradis perdu, tout le ciel de
l'esprit très pur et tout-puissant, et c'est pourquoi je dis à votre place que vous pouvez
déjà être pleinement satisfait
8 : Car en vérité je vous le dis : tous ceux qui seront nés à nouveau de ma parole et en
s'y conformant, n'éprouveront jamais la mort du corps et ne l'attendront plus avec
angoisse comme les hommes du monde et bien des animaux, mais ils quitteront
d'eux-mêmes volontiers ce corps lorsque, ayant besoin d'eux à des fins supérieures, je
les rappellerai de ce monde pour venir dans ma maison !

Fin

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