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De la nature de la matière et de l'âme

Grand Évangile de Jean Tome 2 Chapitre 210 Jacob Lorber

1. (Le Seigneur) : « Voici le corps est matière, et il est formé des substances primitivement spirituelles
les plus grossières, qui, par la puissance, la sagesse divine de l'esprit éternel, ont été mises sous cette
forme organique correspondant à tous les besoins d'une âme plus libre qui vient y demeurer.
2. L'âme demeurant dans ce corps n'est pour commencer guère plus pure que son corps, car elle est
également issue de Satan déchu. Pour l'âme encore impure, le corps n'est qu'une machine très utile à sa
purification.
3. Dans l'âme demeure déjà la pure étincelle de l'esprit de Dieu activement perçue dans la voix de la
conscience selon l'ordonnance divine.
4. Outre cela, le corps est muni de divers sens, l'ouïe, la vue, le toucher, l'odorat, le goût, qui informent
l'âme de tout ce qui se passe de bon, de vrai, de mauvais, de faux dans le monde extérieur.
5. Par le jugement de l'esprit qui demeure en elle, l'âme sent vite ce qui est bon ou mauvais. Par les sens
extérieurs de son corps elle fait l'expérience de sensations bonnes et mauvaises, agréables et
douloureuses, etc. De plus, Dieu montre à l'âme la voie de l'ordonnance divine, intérieurement par la
révélation extraordinaire, et de l'extérieur par la parole.
6. Ainsi armée, l'âme peut se conformer librement à l'ordonnance divine facile à reconnaître, et
naturellement, il ne peut en être autrement, sinon il serait impossible à l'âme de parvenir à une existence
éternelle, en soi totalement achevée et cependant libre.
7. Car chaque âme, pour pouvoir subsister, doit être capable de se construire par les moyens qui lui ont
été attribués en propre, sinon elle ne peut finalement se détacher du corps ou elle le quitte quand elle
n'est développée qu'aux trois-quarts, parce que ce corps complètement usé ne peut plus servir à la
poursuite et à l'achèvement de sa formation. L'âme est alors obligée de poursuivre son perfectionnement
d'une façon généralement beaucoup plus triste et plus douloureuse dans une machine beaucoup plus
inconfortable.
8. Le corps est l'enfer au sens le plus strict pour chaque homme et en chaque homme, parce qu'il est
composé de parties encore soumises au jugement le plus bas, et c'est pourquoi il est mortel ; la matière
de tous les mondes est l'enfer au sens large où l'homme se situe par son corps.
9. Qui se soucie beaucoup de son corps, soigne manifestement son propre enfer, nourrit et
augmente son jugement, sa mort, et sa propre perte.
10. Le corps doit bien recevoir une certaine nourriture pour être capable de servir l'âme dans
l'accomplissement des hauts objectifs de son existence, mais qui se soucie trop anxieusement de son
corps ou qui s'en occupe jour et nuit soigne manifestement son enfer et sa mort.
11. Lorsque le corps incite l'âme à se satisfaire sensuellement dans toutes ses activités, c'est toujours
sous l'influence des nombreux esprits impurs et damnés de la matière, qui forment la propre existence
du corps. Si l'âme écoute par trop les exigences du corps, elle entre alors en commerce avec ces esprits
et descend elle-même de cette manière dans son propre enfer et dans sa propre mort ; et quand l'âme fait
cela, elle commet un péché contre l'ordonnance de Dieu.
12. Si l'âme se complaît dans l'amour de ses délices, elle est aussi impure que les esprits impurs et
damnés de son corps, elle reste alors dans le péché, dans l'enfer et dans la mort. Si elle continue de vivre
dans son corps sur cette terre, elle est pour ainsi dire déjà morte, elle sent la mort en elle et elle en a
peur, car l'âme a beau faire tout ce qu'elle veut, dans son péché et dans son enfer, elle ne trouve pas la
vie à laquelle elle tient plus qu'à tout !
13. Voilà la raison pour laquelle des milliers de milliers de gens n'en savent pas plus sur la vie de l'âme
après la mort du corps qu'un caillou de la route, et si on leur en parle, ils éclatent de rire ou se fâchent et
vous mettent à la porte avec le conseil d'aller colporter de telles idioties mensongères aux pourceaux !
14. Tout homme, avant sa trentième année tout au plus, doit achever la formation de son moi, qui lui
enseignera qu'une vie spirituelle et libre continue après la mort du corps, aussi assurément que l'aigle
poursuit son vol dans les hauteurs de l'air libre.
15. Mais les hommes qui ne s'en préoccupent que plus tard en sont bien éloignés, et plus éloignés encore
en sont ceux qui ne veulent pas en entendre parler et qui traitent la foi d'idiotie dont il ne vaut même pas
la peine de rire. Ces gens-là se trouvent toute leur vie terrestre dans un parfait enfer et sont déjà dans la
mort.
16. Mais une âme peut s'être déjà totalement purifiée et avoir encore besoin qu'un certain temps lui soit
accordé pour purifier son corps encore impur ainsi que les besoins qui l'habitent, afin que les cellules les
plus nobles de ce corps accèdent aussi par l'âme à l'immortalité, et qu'après la mort de ses cellules les
moins nobles, le corps ressuscite aussi avec l'âme pour sa plénitude.
17. Il arrive aussi que de telles âmes pures soient parfois tentées par leur corps, c'est-à-dire l'enfer des
désirs, et se retrouvent brièvement dans leur propre enfer, en d'autres mots, dans les désirs du corps et de
ses esprits. De telles âmes ne peuvent plus être totalement souillées, elles ne sont impures qu'aussi
longtemps qu'elles sont dans le gouffre infernal des esprits de leur corps, mais, ne le supportant pas
longtemps, elles retournent aussitôt à leur état de pureté et redeviennent aussi pures que si elles n'avaient
jamais été impures ; pendant ce temps-là, elles ont mis en ordre et en paix leur enfer et sont alors
d'autant moins dérangées dans la lumière de leur esprit où elles peuvent se mouvoir et grandir.
18. Qui a une réelle compréhension des choses comprendra ce que Je viens de dire, et toi, ami Cyrénius,
dis-Moi sans ambages si tu M'as parfaitement compris ! »

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