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SÛRETÉS

Sous la direction scientifique de Laurent AYNÈS et Philippe DELEBECQUE, Professeurs à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I), et de Pierre CROCQ, Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)

Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II) Par Maxime JULIENNE Agrégé des Facultés de droit,

Par Maxime JULIENNE

Agrégé des Facultés de droit, Professeur à l’Université d’Angers

Î RLDC 5464

ÎRLDC 5464

Sous-cautionnement, fusion et obligation de couverture

Par cet arrêt rendu le 7 janvier 2014, la Cour de cassation renforce la sécurité des opérations de cautionnements bancaires en décidant que la fusion d’un garant personne morale ne met pas fin à son obligation de couverture. Si l’on peut saluer cette décision, sa portée doit être doublement précisée. D’une part, l’arrêt ne remet pas en cause les solutions relatives à l’extinction de l’obligation de couverture en cas de fusion des parties au rapport principal, ou de décès d’une caution personne physique. D’autre part, cette décision étant relative, non à un cautionnement classique mais à un sous-cautionnement, elle laisse entrevoir les difficultés que peut susciter la présence de deux sûretés garantissant une même opération, mais non les mêmes obligations.

Cass. com., 7 janv. 2014, n° 12-20.204, P+B+R+I

1. Quand on connaît la phrase de Rodière selon laquelle en passant

de deux à trois sujets on décuple la complexité d’une opération juridique (Rodière R., préf. in Utudjian A., La location de véhi- cule pour le transfert routier de marchandises, Librairies tech- niques, 1964, p. 6), c’est avec prudence que l’on aborde la figure du sous-cautionnement, qui rassemble, par trois conventions,

quatre personnes : un crédit est consenti par un créancier à son débiteur ; un cautionnement garantit ce créancier ; un sous-cau- tionnement assure à la caution le recouvrement des sommes qui lui seraient dues par le débiteur. Actionné en paiement par la caution de premier rang, le contre-garant avait, dans la pré- sente affaire, refusé de payer. Ou plutôt, la société ayant ab- sorbé la banque qui s’était initialement portée sous-caution refusait de payer.

2. Elle faisait valoir que « le cautionnement donné par une socié-

té fusionnée ne couvre que les dettes nées antérieurement à la fusion ». En d’autres termes, et pour reprendre une terminologie que l’on doit à Christian Mouly (Mouly Ch., Les causes d’extinction du cautionnement, thèse Montpellier, préf. Cabrillac M., Librairies techniques, 1979, n os 255 et s.), la société absorbante soutenait que la fusion avait mis fin à l’obligation de couverture souscrite par la société absorbée (nous n’entrerons pas ici dans la contro- verse relative à la nature juridique de cette couverture, v. Mazeaud D., L’obligation de couverture, préf. Jourdain P., IRJS, 2009). L’ar- gument n’avait rien de farfelu. On sait, depuis un célèbre arrêt Ernault, que les héritiers d’une caution personne physique ne ga- rantissent que les dettes nées antérieurement au décès (Cass. com., 29 juin 1982, n° 80-14.160, Bull. civ. IV, 258, D. 1983, jur., p. 360, note

Numéro 116 I Juin 2014

Mouly Ch.), et l’on pensait que la solution était transposable au cas où la société caution fait l’objet d’une fusion (v. par exemple Barthez A.-S. et Houtcieff D., Les sûretés personnelles, LGDJ, 1 re éd., 2010, n° 1093), ce que Mouly lui-même avait d’ailleurs sug- géré (Mouly Ch., Les causes d’extinction du cautionnement, thèse précitée, n° 357, invoquant un souci « d’unification des régimes »). Le pourvoi s’appuyait également sur une jurisprudence qui prévoit que l’obligation de couverture de la caution s’éteint en cas de fu- sion de la société créancière ou débitrice (v. Aynès L. et Crocq P., Les sûretés, La publicité foncière, LGDJ, 7 e éd., 2013, n os 275 et s.). Ces décisions étant fondées sur l’article 2292 du Code civil, siège du principe d’interprétation stricte du cautionnement, c’est ce texte qu’invoquait la sous-caution dans la seconde branche de son moyen, pour justifier sa libération.

3. Ces précédents n’empêchèrent pas la Chambre commerciale de rejeter le pourvoi, en affirmant « qu’en cas d’absorption d’une société ayant souscrit un engagement de sous-caution, la société absorbante est tenue d’exécuter cet engagement dans les termes de celui-ci ; qu’ayant relevé que le contrat de sous-cautionnement avait été conclu antérieurement à la fusion, la cour d’appel en a exactement déduit que la banque (absorbante) était tenue de l’exécuter ». L’obligation de couverture de la sous-caution survit donc à la fusion dont elle fait l’objet : voici l’apport principal de l’arrêt, d’autant plus important qu’il est transposable à un cau- tionnement classique. Mais dans le même temps, cette décision met incidemment en relief la spécificité du sous-cautionnement. Le pourvoi faisait en effet valoir que l’obligation de règlement de la sous-caution n’apparaît qu’au jour du paiement réalisé par le

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