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APPERCU PRESENTE AU COMITE DES MONNOIES DE LIASSEMBLEE NATIONALE, Des avantages qui peuvent réfulter de la converfion du métal de cloches en Monnoie moulée, pour faciliter Péchange des petits affignats. Par M. PAbbé Rocnon, de Académie des Sciences, Membre de la Commiffion des Monnoies, Low tonnoie regoit fa valeur intrinséque des matiéres premiéres qui fervent a {a fabrication ; ainfi, toutes les fois qu'un métal eft employé 4 fervir de figne au prix de toutes chofes , non-feulement on doit confidérer 1a valeur abfolue du métal 4 raifon des frais d’exploitation & de rédu@ion du minerai, mais encore il faut joindre a cet examen, fes wufages plus ou moins étendus , plus ou moins appropriés aux befoins & aux commodités de Ja vie. A C2] Les métaux qui fervent chez toutes les nations 3 la fabri tation des monnoies, font les matiéres d'or, d'argent & de cuivre. Les matiéres d'or & d'argent font les feules fubftances qui circulent librement dans le commerce général que les nations font entr'elles, L’on doit fentir par-la, pourquoi les frais de braffage ou de fabrication de ces métaux doivent étre les moindres pofibles, puifqu’ils font abfolument de nulle valeur, ou du moins de trés-peu de valeur vis-a-vis des nations ¢trangéres. Mais’ puifque les matitres d'or & d'argent font, daris tous les pays, les mefures communes & comparatives de toutes chofes , il importe d’en régler le titre d'une maniére invariable; il importe encore de les rendre uniformes & @une divifion commode. Dés qu’on aura trouvé un mode plus univerfel & plus avantageux au commerce, on aura pleinement rempli les vues bienfaifantes de VAffemblée Nationale, exprimées par un Décret dont Vexécution eft eonfiée aux foins.de Académie des Sciences. Avant que ce mode foit bien déterminé & bien connu, il ne faudra rien faire qui puifle le contrarier; & jufqu’d ce moment qui n’eft pas éloigné, on devroit peut-étre fe bor- ner a porter Pordre , l'économie & Ja célérité dans tous les travaux de la fabrication des monnoies, fans fe permettre den changer. le titre & le poids. ; Le commerce le plus avantageux qui a Mice entre les nations, fe fait fans doute par des échanges réciproques 5 mais fi le commerce eft aif, il eft difficile qu’il n’y ait prs des efpéces Vor & dargent , verfées @un pays dans un autre. Ainfi, quand la France vend al’Efpagne plus de marchan- difes qu’elle n’en regoit, l'excédant du prix des marchan- difes importées & exportées, fe folde en efpéces d’or & Sargent ; tele eft Ja marche imple & naturelle de Vimpor- £3] tation des métaux ptécieux en France. C’ef donc a un commerce adtif, 4 une induftrie qu’aucune géne n’entrave que les nations doivent l’abondance du numéraire univers fel; Ceft-a-dire , des efpéces d’or & d’argent, -D’aprés ces principes, l’on doit natureflement conclure que le furhauffement du prix des monnoies d’or & d’argent, wf une véritable calamité. Ce furhauffement n’augmente pas Ja valeur intrinstque des métaux, il n’eft propre qu’d excitet la fraude & 4 Palimenter. Ces notions générales fuffifent pour les efpeces dor & @argent; mais la circulation des monnoies de cuivre érant plus citconfcrite & plus limitée, on a cru quil y ayoit pew dinconvénient a ajouter 4 la valeur abfolue de ces fignes déchange, une valeur idéale & de convention ; pourvu que cette valeut fiGive n’excédat pas certaines limites, Jexaminerai bientdt fi cette mefure ne produiroit pas un effet bien facheux dans Je cas d’une petite monnoie furabondante; & ce cas eft abfolument le nétre , attendu la néceflité d’avoit um numéraire commun, capable de ré= pondre 4 velonté, aux échanges des affignats qui font ré+ pandus avec profufion dans la circulation. Si PAffemblée Nationale veut promptement une émiffion. de plufieurs millions de petite monnoie de pitces de 3 , 6 & 12 deniers, elle fe met dans la néceffité d'accepter toutes les foumiffions de flaons de cuivre qui lui ont été faites. Ces foumiffions réunies font a peine fuffifantes pour I’gb= jet qwelle fe propofe. Cependant , avant de fe décider fur cette importante opération, je defirerois qu’on voulit bien confidérer que les Anglois ont fur les aucres nations, des avantages incalcu- vdables pour la fabrication de monnoies de cuivre. J'ai pris ace fujet, dans un yoyage que jai fait en An, Aad ' C4] pleterre, des renfeignemens certains ; ce n’eft pas fang peine, ce n’eft pas fans foins que je fuis parvenu 4 me les procurer, La mine de cuivre pyriteufe que les Anglois pofstdent dans la petite ile d’Anglefey, eft d’une exploitation peu difpendierfe & d'une abondance extréme. Le combuftible néceflaire pour réduire & fondre le minerai , eft, dans cette ile, 4 un prix trés-bas; le tonneau du poids de deux milliers de charbon de terre de bonne qualité, ne revient pas 4 livres tournois. Nous favons que la compagnie de la mine d’Anglefey , a fourni en France le cuivre en mafle au prix de 73 livres le quintal. Le cuivre d’Anglefey‘, quoique trés-bon pour beaucoup d’ufages , eft inférieur en qualité 4 celui de Suéde. Ce cuivre contient du plomb en affez grande quantité, & cet alliage !'empéche de fervir au doublage ‘des vaifleaux. Ceci prouve combien l’affinage du cuivre exige de dépenfes & de foins, puifque, malgré la reffource d’un combuftible abondant & a bas prix, les Anglois préférent de tirer du Nord le euivre qui fert au doublage de Jeurs vaiffeaux. On n’e& pas furpris qu’ils prennent un parti fi contraire a leur induftrie , fi oppofé a leur maniére ordinaire d’opérer , lorfqu’on connoit le danger d@employer du cuivre de qualité médiocre au doublage des vaifleaux. L’affinage du cuivre , porté 4 un haut degré de perfeGion , eft une opération longue, difpendieufe ; ceft par la calcination & par des refontes , qu’on parvient a épurer le cuivre. Cette opération exige encore un feu violent , un bain qui préfente a lair une grande furface ; * il faut employer des fels pour attaquer & divifer “la ma- tiére en fufion; alors le vent d’un foufflet ou une injec- tion coritinuelle d’eau, principalement lorfqu'elfe eft fatu- rée de nitre, agite le bain & accélere 1a rédu@ion des mpatitres hétérogenes en fcories & en chatx. I faut enfuite \ \ Cs] es enlever avec un racloir; mais, parce que Ie plomb eff plus pefant que le cuivre, ces moyens font fouvent infuffi- fans, & dans tous les cas ils font lents, trés-onéreux, lorf* Qu’on veut atteindre a un affinage parfait. Le cuivre en maffe, avant d’étre frappé, a befoinde di- verfes préparations qui exigent, pour la célérité , unnom- bre confidérable de grands cylindres; il faut trois fyftémes de laminoirs pour le fervice d’un feul balancier qui, étant bien monté, peut frapper par jour jufqu’au nombre de quinze mille pitces. La monnoie de cuivre eft portée par les réglemens au prix de vingt fous le marc ; ainfi on a intérét a la con- trefaire, lorfque les frais de tranfport font peu confidé~ rables: ces frais font peu de chofe pourles Anglois, quis pour fe rendre dans nos ports, n’ont que la Maoche a traverfer. D'ailleurs , M. Boulton a auprés de Birmenghen une grande ufine, parfaitement montée en machines 2 monnoyer, dont les forces motrices font des machines % vapeur 4 double effet, de l’invention de M. Walt. Aucune ufine connue ne peut foutenir la concurrence avec celle de Birmenghen, Cette ufine célébre a été entreprife d’a- prés un plan propofé 4 M. Pitt, de fabriquer une belle monnoie de cuivre pour l’utilité du commerce intérieur de YAngleterre. Ce projet n’avoit pas eu la fanGion du miniftre des fix nances, 4 mon départ de Londres. - Quoi quvil en foit, d’aprés la connoiffance particulitre que j'ai de Ja richefle des mines de cuivre de ile d’An- giefey, & celle du degré de perfedtion & de célérité avec lequel M. Boulton peut , dans fon ufine, monnoyer toute efpéce de métaux, je penfe que cet habile manufaGurier pourroit fournit 4 dix fous le marc, les pitces de 3, & & 12 deniers décrétées pag SAffemblée Nationale , & faire As C6] encore un grand bénéfice ; mais il exifteroit dans’ cette opération que plufieurs perfonnes traiteroient , non fans bonnes raifons , d'impolitique , des dangers trés-réels & trés-durables, N’eftil pas en effet indifférent qu'une monnoie commune ‘& circonfcrite dans un pays, foit moulée ou frappée ? St on m’objeGe que les efptces mouldes regoivent des eme preintes moins nettes, moins belles que les efpéces frap~ pées, je répondrai que cette différence n’eft pas affez fen- fible , affez importante pour compenfer la diminution qui réfulte dans les frais de fabricatian. Il ef notoire que les efpéces communes moulées , ont far les mémes efpéces feappces le double avantage de la célérité & de économie; car Celt furtour fur le moulage qu’eft fondé Part défat-_ treux de contrefaire les monnoies. Mais ce n’eft pas encore ci le lieu. de montrer la différence de prix qui exifte entre ges deux méthodes d’opérer le monnoyage ; il me fulht dobferver que la petite monnoie devant fervir aux befoins de tous les inftans, aux ufages du plus grand nombre, le frottement fera perdre 1a fleur du coin, altérera promp= tement la beauté de J’empreinte. Ceux qui. cultivent les arts, favent qu'il faut un grand degré d’habileté, & des yeux bien’ exercés, pour diftinguer dans les efpéces frayées une monnoie moulée d'une monnoie frappee, D’ailleurs, yeft-il pas indifférent au propriétaire d’une petite monnoie , qu'elle foit frappée ou moylée , pourvu qu'elle puiffe en= ¢rera volonté dans la circulation & {ans obftacle? Certes, ce-feroit une grande calamité, fi, dans le commerce de détail, il s’élevoit fréquemment dans les marchés , des con= teflations fur des pitces de 3, 6 & 12 deniers! Cependant, il faut Pavouer, & cette vérité ne peut fe contefter, il gxifte dans Ja circylation un fort grand nombre de pieces. de cuivre de trés-bas aloi, & qui ont toutes été mouléess 37] Mais parce qwil faut étre jufqu’d un certain point expert pour les reconnoitre & les diftinguer, parce que tous ont un intérét égal 4 n’étre pas difficiles fur des objets @auffi mince valeur, cette fraude qui, fous bien des rapports , occafionne a la nation des pertes confidérables & impof-° Gibles 4 réparer, fur-tout dans le cas d'un numéraire com- mun furabondant, n’a pas dans la circulation & dans le commerce intérieur des effers bien ficheux; cependant if fera trés-utile, il fera tres-urgent de s’en préferver, de sen garantir, fi on trouve par la fuite des moyens qui n’entrainent pas des inconvéniens plus onéreux. Je ne peux me difpenfer de montrer qu’on ne doit pas fe permettre de négliger les frais de fabrication de mon- noie de cuivre; car ils ont été jufqu’d ce jour un cin- quigme ou un fixitme de la valeur intrinséque du métal; & d’aprés cette réflexion, n’eft-il pas 4 craindre qu'indé- pendamment de la fraude, une trop grande émiffion de monnoie de cuivre eit des fuites facheu‘es pour la nation, puifqu’il eft difficile de bien régler la quantité néceffaire de petite monnoie? & fi on fe permet de la régler, n’eft-on pas dans le cas de demander fur quelles données pofis tives, on établit une émiffion affez grande pour faire difpa roitre de la circulation une partie des efpéces d’or & d’ar- gent, le(quelles font néceffaires au commerce que les nations font entr’elles? > La farabondance de la petite monnoie ne pourroit par la faite étre employée dans les arts qu’avec une perte ‘énorme pour Ja nation. L’on voit donc que Don eft fondé 4 contefer l’opinion généralement adoptée fur la petite monnoie circonfcrite & limitée, qui attache 4 un métal quelconque , contre tous les principes monétaires, une valeur idéale & de conyen~ tion , plus grande que fa valeur intrinseque. Cetee aflertion » As £8} Jofe le dire, ne peut pas foutenir la difcuffion, & il faut s’écarter de toute régle, pour affigner 3 la monnoie de cuivre une valeur plus grande que celle de fa valeur in- trinstque. C’eft en obfervant rigoureufement les vrais & feuls principes de la fcience monétaire , qu’on parviendra , finon a éteindre , du moins & diminuer la fraude. On ren- dra encore, par cette fixation, aux arts utiles & aux ma= nufa@ures un fervice éminent , puifqu’on donnera fans perte aux artiftes & ‘aux manufa@uriers la faculté d’employer Ia partie furabondante de la petite monnoie 4 des arts utiles, a des manufa@ures importantes, N’eft-ce pas ainfi qu’ch doit fe délivrer d'un numéraire commun, furabondant? & “cette opération feroit fage & mefurée, telle enfin qu’on peut, qu’on doit la défirer : tout autre moyen pourroit occafionner une commotion viatente , une dangereufe fub- werfion. La vérité eft une, elle n’eft pas comme Yerreur, fafteptible de prendre toutes fortes de formes. On me difpenfera fans doute de prouver que je n’ai pas ici le “deffein de propofer la méme opération pour les matiéres. Wor & d'argent, parce que ces précieufes fubMances peu- vent ‘etre indiff‘remment moulées ou frappées, fans que les frais de fabrication influent fenfiblement fur le Gs ‘de leur valeur intrinstque- La France a peu de mines de cuivre; les frais d’ explot- tation des mines de ce genre que nous poffédons, font “gels qu*il n’y a que cele de Saint-Bet prés Lyon, que l'on puiffe jufqu’a préfene exploiter avec avantage; par confé- quent, une grande fabrication de petite monnoie ne peut manquer de faite renchérir ce métal ff néceffaire aux arts, & ce feroit porter dans ce moment un grand préjudice & Yinduftrie, 4 la richeffe de Ja nation, que de convertir en monnoie un métal fi néceflaire aux arts. On m’a affuré que Ya (eule fabrication des boutons de la garde nationale , avoir C9] fait hauffer de cing pour cent le prix des rognures de cuivre, Un tel furhauffement ne permet pas de douter quill - Py en ait un plus confidérable , dans Je cas d'une grande fabrication de plufieurs millions de monnoie de cuivre. La plus grande partie du cuivre deftiné au monnoyage , vient de Pétranger: c'eft donc échanger de I’or & de V'are gent pour un numéraire qui n’entre pas dans la circulation générale ? Eft-ce bien dans un temps de pénurie , dans un temps od Ia difparition des efpéces d’or & d'argent prive Je commerce d'un numeéraire plus avantageux & plus né- ceffaire 4 fon aétivité , qu'une telle opération, fi elle n’ef néceflitée par des circonftances impérieufes., doit fe pra- tiquer? D’ailleurs, comment reconnoitre , comment dif tinguer le cuivre de bas aloi & falfifié par le plomb, qui Sintrodyira dans le royaume lorfqu’on fera des demandes énormes 4 I’étranger de flaons, lefquels n’exigent pour étre frappés, que de fupporter fans fe brifer l’effert du ba- Tancier? Si le métal des cloches pouvoit nous procurer 4 peu de frais une bonne monnoie; fi la fraude étoit plus aifée & reconnoitre & 4 arréter en employant cette fubfance 5.4 ce métal nous difpenfoit d’avoir recours 2 I’étranger pour Ja fabrication d'un numéraice qui n’eft deftiné que pour notre commerce intérieur; & méme l’excédant de ce au- méraire, en fuppofant une furabondance qu’on ne peut ni prévoir ni calculer, pouvoit s’écouler avec avantage chez les nations veifines, parce qu’on ne lui auroit affigné] de valeur que celle que lui donnent fon emploi, fon utilitg dans les arts , certainement nous n’aurions. pas 4 regretter Je parti que nous aurions retiré de cette nouvelle branche - de richefle nationale. Ceft un bien difponible , épars & répandu avec profufion fur Ja furface de la France, & C10] wecumulé depuis des fitcles fans profit & fans ae pour le commerce. Le projet de faire du métal de cloches une monnoie © commune , a fans doute beaucoup d’avantages qui militent. en fa faveur; mais plus il eft (€duifant, plus il faut le snéditer. Lorfqu’il s'agit de changer Ja nature ‘de la mon- Boie commune d'une grande nation, une innovation de cette importance ne peut pas, ne doit pas étre adoptée de confiance. Il faut confulter lopinion publique, il faut réfoudre toutes les objections; je dis plus, on doit épui+ fer toutes: les conjedures, rechercher les combinaifons les plus contrairés , les plus défavorables 4 un projet de cette onféquence. C’eft fans doute avoir pris une tache bien au-deflus de mes moyens ; mais j’efpere qu’on daignera me feconder dans cette pénible entreprife; I'intérét publie le commande: tous ont unm droit égal 4 arréter une mefure ni pourroit comprometire la fortune de Ja fociété. Il nett aucun individu qui ne foit appellé a découvrir la vérité . far un fujet qui eft effentiellement lié au bonheur de Vingt-cing millions hommes. Ce n’eft pas fans crainte , ce n’eft qu’avec effroi que j'ofe préfenter mes vues fur un ebjet de cette importance , & qui eft, je I'avoue, em quelque forte ctranger 2 I’étude des fciences exadtes dont fai fait toute ma vie ma principale occupation : mais les Jumitres des perfonnes qui m’honorent de leur attention; contribuent infiniment 4 me raffurer ; il eft probable que Jes erreurs involontaires dans lefquelles je puis étre tom- bé, feront fenties & n’échapperont pas a leur fagacite. Le métal des cloches eft, comme on fait, compofé de evivre & @étain : Pétain eft abfolument indifpenfable pour rendre le cuivre élaftique & fonore ; aucun des métaux em demi- métaux connys jufqu’d ce jour, ne peut y fuppléera Cy] AinG , quoiqu’on puiffe, avec du plomb, du zinc, de Tanti: moine & de I'arfenic, rendre le cuivre d'une teinte pew diftérente de celle du meétal de cloches, cette fraude feroit trop facile & reconnoitre pour qu’on osat fe la per- mettre, puifque ce nouveau mélange feroit 4 peine fonore & dlaitique. Si quelques fondeurs de cloches fe fone permis des additions, des mélanges reprchenfibles dans la compofition de leur fonte , on a pu s’en apercevoir par la nature du fon que ces inftrumens on rendu lorf{qu'on les éprouvés ; encore ne peuvent -ils mettre que -cent livres de potain fur deux mille cing cents livres de métal. Le potain eft, comme on fait , un mélange de cuivre de bas aloi & d’un cinquiéme de plomb, Ce feroit fe rendre bies difficile que d’exiger dans la fabrication de la monncie commune avec le métal de cloches, un titre aufli exa@e- ment déterminé que celui qui fixe la valeur des efptces dor & d'argent, Cependant nous croyons néceflaire , avane de fe déterminer 4 cette opération, d’ordonner des re= cherches fur la nature & la quantité de cette richeffe natio~ nale difponible, afin de les mettre fous les yeux de PAG femblée Nationale , au moment of elle fe propofera de vendre le Décret qui doit invariablement fixer la natura & la quanticé de numéraire commun , qui eft deftiné princi« palement aux échanges des petits aflignats, Déja la come miffion des monnoies a demandé au direGoire du département de Paris les facilités néceffaires pour prendre promptement les renfeignemens dont elle a le plus urgent befoin, & bientét la méme demande fera faite A tous les direGoires des autres départemens, Jufqu’d ce que nous ayons des données plus certaines, il doit nous étre permis de fuppofer que la généralité des cleches eft faite par un mélange de cuiyre pur ou de roferte & d’étain : on évalue 4 29 & méme a 22 livres létain qui entre {12} dans cette compofition , par quintal de cuivre rofette. L’étain étant plus cher que le cuivre, parce que les mines d’étain font plus rares & de plus difficile exploitation , il me pareit impoffible de faire une objeGion folide 4 celui qui ne mettre au prix du métal de cloches, que la valeur du cuivre rofette qui fe vend en maffe dans-le commerce , fans avoir paflé par aucune préparation, - Ceux qui ont propofé de {éparer ces deux métaux pour faire de la petite monnoie, n’ont pas connu Putilit¢é du métak de cloches dans les machines & dans les arts. Sans doute ce métal compofé a des ufages moins étendus que le cuivre pur , mais il n’eft pas pour cela fans valeur ; fi on veut acet égard connoitre la vérité , qu’on interroge les artiftes, & l'on faura quil mérite par fon utilité @étre recherché, Ceux qui fe dépriment, ou n’en connojffent pas l’emploi , ou cherchent 4 Paccaparer 3 mais ceux qui en feront ’acquifition, ou ils feront bien mal avifés, ou bien ils fe garderont de vouloir Faffiner ;. ils confommeroient en pure perte beaucoup de eombuftibles , puifque ces deux métaux ne peuvent fe- fépater qu’en employant du nitre & des fels, & dans . @ette féparation on éprouveroit des déchets énormes , puifque.ce n’eft qu’en fe calcinant & en fe fcorifiant , que Yétain plus léger que le cuivre fe dégage de ce dernier métal ; ainfi on perdroit prefque tout I’étain, métal plus précieux, plus rare en France que le cuivre; & beaucoup de cuivre fe calcineroit avec l’étain. Cette opération ne pourroit donc étre pratiquée qu’au-. tant que le métal de cloches feroit d’un emploi rare & peu commun dans les manufa@ures & dans les arts : mais tous les artiftes conviennent que le métal de cloches doit étre préféré & caufe de fa dureté & de fon élafticité 3 la fonte de fer, pour exercer uue grande preflion. Tous les grands cylindces qui fervent aux papeteri¢s , au calandrage des ctoffex t33) de Jaine, de fil & de foie, jufqu’aux cylindres qui font enployés dans les colonies au preffurage de la canne a fucre, devroient étre fabriqués avec ce métal, qui étant en fufion prend facilement toutes fortes de formes ; en ajoutant au métal de cloches un pew d’étain, alors le meilleur acier trempé ne peut pas Pentamer; auffi eft-il recherché pour faire des mortiers, des pilons , des robinets, & des rouets de poulie de toutes grandeurs. Enfin, on fait un grand ufage de ce métal pour éviter dans les machines les frotte- mens, en l’employant a des fupports, a des palliers ow couffinets, Une plus longue énumération des ufages du métal de cloches deviendroit faftidieufe , car depuis long- temps les artiftes le connoiffent , & les bons efprits, fans étre verfés dans la connoiffance des arts, verront, en y réfiéchiffant , qu'on peut fans crainte le mettre dans le commerce & dans la circulation. Cependant je ne puis paffer fous filence fon utilité dans Vartillerie, Les canons de bronze & les mortiers deftinés 4 jetter des bombes, font faits d'uh mélange de cuivre roferte , Pétain & de laiton. Les proportions de ces trois métaux varient, de maniére qu’en France on eft dans l'ufage de mettre fur cent livres de- cuivre pur, vingt livres de laiton & huit livres d'étain: les Anglois & la plupart des autres nations, mettent dans leur fonte jufqu’a vingt-deux livres détain. Je ne chercherai pas ici la caufe de cette différence, mais je dois obferver qu’on s’expoferoit 4 avoir dans les canons de bronze des chambres ou foufflures ‘fans. la grande quancité d@étain qui donne au cuivre une parfaite fluidicé , & lui fait prendre au plus haut degré de perfedtion la forme qu’on doit lui donner. Diailleurs, Ia grande élafticité de ce métal répond a fon ufage ; 1a force de Ja poudre 3 ganon, loin de fe perdre dans un corps élaftique , eft” Cita] tepercutée dans toute fa violence au moment de J'ex= plofion. Mais fi le métal de cloches a un emploi auffi avantageux , . pourquoi le deftiner 4 la fabrication d'une monnoie com- mune & circonfcrite? pourquoi l’enlever aux arfenaux, 2 Partillerie. & aux manufa@ures od il peut étre employé ayec avantage? pourquoi le préférer au cuivre? Si vous ne lui affignez que fa valeur intrinséque dans le commerce, alors vous ferez difparoitre la petite monnoie de la circula- tion , puifque les artiftes trouveront du bénéfice A employer dans leurs ouvrages , un métal rout préparé faus une forme commode. Mais n’eft-ce pas 1a plutét un avantage quiiin inconvénient, puifqu’on empcche par cette mefure , que la furabondance momentanée d'un numéraire d'un ufage limité & circonfcrit, ait de l'influence fur la livre nominale, c’efts a-dire, fur la livre rournois? Liintérét du commerce exige que la livre nominale ne foit en rappori dire qu’avec le mare @argent , parce que c’eft argent & non Je cuivre qui eft Ja monnoie univerfelle des nations. Ainfi, quand la majeure partie de petite monnoie décrétée par l’Aifemblée Natio= nale pour favorifer le crédit des petits affignats & lui fervir de bafe., difparoitroit de la circulation au boue d'un nombre d’années limitées & lorfque V’opération des aflignats feroit confommée par la vente des biens nationaux’, quel effet ficheux en réfulteroit -il? Les biens nationaux font Ja meilleure hypothéque, Ja plus sire caution de la valeur du papier-monnoie que Yon a mis dans la circulation mais parce que la majeure partie de la nation ne peut atteindre aux moyens d’acquérir ces biens, parce qu’ils ne peuvent pas étre affez fubdivifés pour étre 4 la portée du plus grand nombre, il falloit y fuppléer par un numéraire abondant qui facilite 4 l’inflant les échanges, fans quoi le C1) : difcrédit le plus redoutable , le plus terrible dans fes effets, fe mettroit infailliblement dans ces papiers , quelque folides, quelque bien appuyés qu’ils puiffent étre. Enfin, puifque ces papiers repréfentent une maffe de biens énormie, dont la vente ne peut s’opérer que fucceffivement, il eft peuteétre. . a défirer qu’au moment of cette grande opération {era confommée, il ne refte plus dans la circulation que la quantiré de petite monnoie abfolument néceflaire aux befoins de la vie, parce que cette monnoie fera, dés quil n’y aura plus de petits affignats qui la repréfentent , incommode pat fon poids & onéreufe, puifqu’elle ne peut, 4 caufe des frais de tranfport , avoir cours chez Ies nations voifines fans fubir une perte confidérable. . Sous tous ces points de vue , la monnoie faite avec du métal de cloches me paroit encore préférable 4 la monnoie fabriquée avec du cuivre, puifque le cuivre pur a des ufages beaucoup plus généraux, beaucoup plus érendus que le métal de cloches. Sans la diminution des frais de fabrication, il feroit indifférent qu'une monnoie commune & d'un ufage limité , fit frappée au lieu d’étre moulée, pourvu qu’on ne s’écarte pas du principe fondamental du fyftéme monétaire ; cat quel que foit le fajet qu’on embraffe , toutes les fois qu'on héglige le principe, on ne peut plus répondre des confé- quences. Ainfi nous avons défiré que la petite monnoie de métal de cloches, ne fit jamais d’un prix au-deflus de celui qu'il auroit en maffe dans le commerce, ou du moins sil s’en éloigne un peu, que ce ne foit jamais qu’2 raifon des frais de fabrication, en les réduifant encore a la Moindre quantité poffible. Il eft evident, & aucune per- fonne un peu inftruite ne conteftera cette vérité, que les frais de fabrication tombent en dernitre analyfe fur la nation qui les fupporte en totalité; ainG toute opération C16) qui tendra 3 diminuer les frais de fabrication, principale- ‘ment pour la petite monnoie of ces frais font toujours confidérables par rapport 4 la valeur intrins¢que du métal, rendra un fervice important. Ces vues conduifent encore 4 préférer la petite monnoie moulée 4 la petite monnoie frappée ; cac en raflemblant toutes les préparations néceffaires pour jeter en moule le métal , je ne peux douter, d’aprés les renfeignemens certains & des expériences qui ont été faites fous mes yeux, qu'un entrepreneur qui fe chargeroit de cette fabri~ cation 4 Vintérét de cing pour cent, mettant a part les déchets , fe réferveroit un grand bénéfice fi cette efpéce de monnoyage montoit a plufiéurs millions, Mais fi ce projet eft adopté, s'il remplit les voeux de PAffemblée Nationale, on.ne doit défirer que furveillance & concurrence. L’opéra- tion la plus longue, Ja plus difficile eftcelle de fairc le moules ‘Au lieu d’employer la méthode ordinaire, au lieu de faire ufage de la preffion des doigts, preffion ‘toujours in¢gale & qui exige des hommes. d'une profeffion particulitre , on peut y fuppléer par des preffes femblables 4 celles des imprimeurs en taille-douce ; dlors je vois un grand nombre de mouleurs fupprimés , & l’opération acquérir plus de stireté & plus de célérité. Je fens tellement Pimportance ou plutde .Vimpérieufe néceffité d’émettre dans le public un numéraire “ abondant pour favorifer Péchange des affignats , que toute autre confidération, dans la circonftance préfente , doit céder 4 cette mefure. Ainfi, pour peu qu'il foit praticable - dopérer le moulage dans le métal, ce dont je pourrai yous rendre compte fous trés - peu de jours, il feroit peut- étre avantageux de préférer ce moyen 4 la méthdde ordinaire de mouler dans le fable, quand méme les empreintes feroient moins nettes & moins belles que celles que j’ai eu Thonneur de vous préfenter, parce que cette opération, acquiert, ao acquiert par-1a plus de célérité. Il feroit utile, il feroie expéditif au cas qu’on foit forcé de mouler dans le fable, de faire ufage pour la premiére couche , d'une compofition de foufre & de molybdéne , ou de mine de plomb. Vous n’exigerez pas de moi, Meffieurs, plus de détails far le moulage ; le réfultat eft la feule chofe qui vous importe. Un bon mouleur peut faire par jour vingt - quatre moules, chacun de cent piéces de monnoie, ainfi il fera fans peine 2400 pitces de douze deniers dans fa journée. Si ces pitces étoient de vingt-quatre deniers, il n'y mettroit pas plus de temps. Les pitces de vingt- quatre deniers feroient peur-étre préférables dans le moment préfent aux piéces de’ moindre valeur ; on pourroit les . mommer des dixains, afin de commencer 4 fe préparer 4 Ja numération décimale ; & fi on ordonnoit par la fuite, des piéces plus petites du méme métal, on pourroit les nommer des centains ; pourvu que ces piéces ne fuffent que la dixiéme partie du dixain. II eft fi urgent de vous préfenter. un premier appercu de Yutilité de convertir fans délai le méral de cloches en monnoie , que j’efpére que vous voudrez bien traiter avec indulgence un travail qui a ét¢ fait avec la plus grande rapidité, dans la feule vue de répondre a la confiance dont vous avez daigné m’honorer ; ainfi vous me par- donnerez -de n’avoir pas mis dans la réda@ion de ce travail, ordre & Ja clarté dont il étoit fulceptible. En adoptant les piéces de vingt- quatre deniers dans la fonte - a@uelle, on auroit le double avantage d’accélérer l’opéraa tion & d’éviter la comfufion qui peut réfulrer de deux monnoies différentes ayant la méme valeur. Le moulage en fable, fait a l’aide de preffes en taille-douce , & avec des couches compofées de foufre & de molybdéne, abrége : 5B : C18] tellement Topération, que fur le nombre -de vingt mou- leurs , a peine en faut-il conferver un pour furveiller Ye eravail & réparer les accidens inféparables d'une grande fabrication. , Si on veut encore accélérer ce monnoyage, il fuffira de ‘multiplier dans le royaume les atteliers; on pourroit méme , a la rigueur & afin d’éviter les frais de tranfport, fondre & mouler le métal de cloches fous les clochers. Quelque parti que l'on prenne a cet égard, les édifices nationaux peuvent fervir momentanément a cet ufage. De grands fourneaux de fufion, dont le bain fera au moins de dix milliers , afin que la charge ne refroidiffe jamais le mécal en fufion, fuffifent 4 cette opération. Ces fourneaux font dune exécution facile, & par-tout on trouvera des fom— deurs intelligens , qui , 4 Paide de machines fimples & des procédés que nous avons indiqués, termineront d'une ma- niére économique & prompte, fous la furveillance des municipalités , la grande fabrication de petite monnoie or~ donnée par les décrets de l’Affemblée nationale. Les mu- nicipalités pourront ‘étre auffi dépofitaires des matrices qui erviront 4 former le moule. Les efpéces, 4 mefure quelles feront fabriquées , pourront étre verfées dans les caifles deftinées aux échanges des affignats. H eft inutile que je décrive ici le moyen fimple & trés-économique de faire des matrices commodes & bien appropriées au moulage : * ces détails ne peuvent ni ne doivent entrer dans ce mé- “moire ; mais je le répéte, plus on multipliera les atteliers, ~ plus promptement l’opération fera confommée. : Ces difpofitions doivent étre méditées avant d’étre ré- giées, & ce n’eft peut-étre qu’aprés avoir confulté les départemens , qu’on peut prendre un bon parti 4 cet égard. Les bureaux établis pour l’échange des affignats , doivent €tre tellement multipli¢s, telement répandus, qu’lls puiffent C19) recevoir ou donner de la petite monnoie farts perte & fans difficultés , felon le befoin des campagnes & des villes. Une refponfabilité & un intérét proportionné aux peines & aux foins des perfonnes chargées de ces échanges , Gabliront un crédit bien néceffaire au commerce & a la Circulation intérieure ; dés-lors PobjeGion fondée fur le poids de cetre monnoie, ceffera de faire obftacle 4 l'adop= tion de ce fyfttme, : Quoi quil en foit, il feroit bien facheux de. donner une valeur idéale 4 la petite monnoie , pour en diminuer Je poids & pour en faciliter le tranfport. Je doute qu'un homme qui calcule s'accommode de ce moyen: il aimera Mmieux une monnoie plus pefante dont la valeur eft bien affurée , qu’une plus légére qui n’aura qu'une valeur fi@ive & de convention ; dans ce cas méme il préféreroit le papier 5 puifqu’il eft infiniment plus portatif. Ainfi Pobjedtion faite fur la petite monnoie de métal d¢ cloches, relativement 4 fon poids, s'affoiblit toujours a raifon du nombre des bureaux établis pour Péchange des affignats ; au refte, cette obje@ion eft la méme pour le cuivre, qui n’a, a raifon de fon poids, que la cent ving- titme partie du prix de Pargent. Ainfi il faudroit avoir recours A ‘une petite monnoie in+ termédiaire , compofée de cuivre & d'argent, & dans cette hypothéfe , j’aurois quelques idées que je crois intéreffantes 2 vous préfenter; mais on a jugé qu'il n’étoit pas encore urgent de s’en occuper. Je fuis enfin parvenu a Varticle le plus difficile , 4 article oii toutes les données me manquent a la fois. Pour quelle fomme faut-il créer de petites monnoies fans craindre une furabondance nuifible au commerce? La quantité de cloches difponibles eft-elle fuffifante ou infuffifante? fi elle ne faffit pas, comment y fuppléera-t-on? fi on n’en emploie . Ba [20] qu'une partie, que fera-t-on de Pexcédant? fion le vend, ne faudra-t-il pas en foutenir le prix dans le commerce pour éviter la fraude? & en adoptant cette mefure , eft-on bien affuré d’en trouver un prompt débit? Telles font , ce me. femble5 les queftions qui ont été faites, & auxquelles je ne puis répondre que par des conje@ures. Jobferverai @abord que la quantité de monnoie de cuivre a@uelle- ment exiftante , feroit bien fuffifante pour repréfenter Jes: centains de la livre nominale, mais la mauvaife divifion de cette monnoie en denier s’y refufe. Quant a la quantité de dixains qu'on pourra fabriquer , on ne Ja connoitra que dans quelque temps: la quantité de quintaux de cloches difponible n’eft pas encore calculée, & comme je Pai déja dit, la feule demande de ce genre qui ait été faite, ne regarde que le département de Paris; ainfi fur cette queftion , aucune réponfe ne peut étre faite dans le moment préfent, & toute conje@ure 4 cet égard feroit prématurée (a). (2) Un habile expert, accompagné d’un fondeur, a bien voulu , & ma demande, prendre un relevé du poids & de la qualité des cloches a@uellement difponibles dans la ville de Mantes. Les an- ciennes cloches fe font trouvées de meilleure qualité que les nou- . velles , mais cependant fans des differences importantes , 2 en juger par le grain & 1a couleur de Ja caffe. Le poids total des cloches a@uellement difponibles dans cette ville, fe monte & dix mille fix cent trente livres. Aucune marque n’indique le poids de chaque cloche , il a fallu en faire I’évaluation en mefurant leur dimen- fion. Les fondeurs s’accordent a n’eftimer une cloche de bonne qualité, que lorfqu’elie eft compofée d’un cinquitme d’étain fin far quatre cinquigmes de cuivre rofette pur. Le cuivre rofette bien affiné yaut dans le commerce vingt-deux fous la livre, & J’étain fin vingt- C21] Pour quelle fomme peut-on créer de petites monnoies fans craindre une furabondance nuifible au commerce? Dans tout état de caufe, la folution de cette grande quef- ? fix fous , & méme il fe vend, lorfqu’il eft de premitre qealicé, trenre fous. Les fondeurs font dans l’afage de remettre aux commiffaires des fabriques , un petit lingot d’un alliage de quatre cinquitmes de cuivre pur fur un cinquieme d’érain fin. Ce limgot fert 2 I'effai de leur fonte; par ce moyen on conftate que le mécal eft au titre porté par l’ufage, en cas de conteftation. On met fous le feellé Te petit lingot jufqu’au temps de V’effai; I’on voit par-Ia que la fraude ne peut pas étre bien dangereufe. Néanmoins, en prenant du cuivre de médiocre qualité & de I’étain en faumon allié 3 une certaing quantité de plomb, on obtient un métal de moindre qua- lité ; mais le plomb ne peut jamais entrer dans les faumons d’étain , d'une quantité plus grande que le dixitme du poids total de I’étain, fans quoi I'étain cefferoit de craquer en fe brifant. Dans les pro- vinces, la fraude pent étre plus grande, far-tout dans les cam- pagnes: ce font des fondeurs qui viennent de Lorraine, qui font Ja plupart des entreprifes de fonte de cloches ; ils fe fervent de potain & d’uftenfiles de cuivre jaune brifés; ils prennent encore de la vicille vaiffelle d’étain qui eft toujours de bas aloi, car, les potiers d’étajn y introduifent du fer, afin de donner plus de con- * fiftance & leur vaiffelle. Voici comme ils s’y prennent ; il faut que le fer foit en limaille on en copeaux ; avant de le fondre avec 1’é- tain, il eft néceffaire qu'il foit bien lavé. Quelquefois ils préférent & Vétain le régule d’antimoine , queique ce régule foit plus cher que I’étain. Ce procédé eft moins une fraude qu'un fecret des potiers d’étain. Les fondeurs difent que le plomb chaffe 'étain , car le plomb s’allie mal lorfqu’il eft en quantiré avec I’érain & le cuivre ; on le voit en petites bulles , ce qui rend le grain du mé- tal poreux. On voit par ces détails combien Ia fraude eft peu dangereufe dans le métal de cloches ; car pour peu qu'il y entre de plomb, le metal cefle d’étre élaftique, le fon devient fourd & la vibration s'¢teint promprtentent, (27 tion ef finoh impoffible , du moins trés-difficile; mais & aut de la pénurie des efpeces d’or & d’argent, & de la aéceffité de foutenir le crédit des petits affignats, il faut mettre gle public 4 portée d’échanger & volonté & ‘fans obftacles , les petits aflignats contre la petite monnoie. Il faut donc un numéraire immenfe , & qui ne me paroft pas dans de telles circonftances pouvoir étre furabondant , Puifque les échanges du papier fe fot alors contre des Waleurs réelles, contre des valeurs intrinstques, qui peuvent prendre fous la main des artiffes & des manufa@uriers , tels ufages (qu'il leur conviendra d’adopter. ° Ce font lesfeules réponfes que je puis faire 4 toutes ces queftions, J’aurois défiré d’en donner de plus péremptoires, de plus fatisfaifantes. Si l’on peut attacher quelqu’impor- tance 4 la beauté d'une monnoie commune, celle qui ‘fera faite avec du métal de cloches , acquerra par le frai une couleur analogue a celle de l’acier médiocrement poli. Le verd-de-gris ne la rongera pas comme le cuivre; fa dureté I'empéchera de fe déformer. En donnant a ces pitces ’épaiffeur que l’expérience prefcrira , elles feront fo- mores fans étre fragiles. Ces pitces auront moins d’odeur que celles de cuivre , & nie noitciront pas les mains : de forte que, fous tous les rapports, le métal de cloches - réunit les qualités qui doivent le rendre agréable au public, puifque la majeure partie des artiftes & des manufaQuriers en font un grand ufage , & quiils ont intérét 4 prévenir & 4 arréter toute fraude qui leur feroit préjudiciable. Le procédé de mouler les monnoies, eft beaucoup plus ancien que celui de les frapper. Mais eft-ce bien 14 une raifon valable de profcrire une méthode qui réunit, dans les citconftances préfentes, économie a la célérité, pour les objets qui pat leur énorme fubdivifion font de la plus petite valeur. Liart du moulé s'eft bien perfedtionné dans ces der- C23) niers “temps ; les ouvrages des modernes font en ce gente teés-fupérieurs 4 ceux des anciens. Mais les matiéres d'or, @argent & de cuivre, 4 moins d'un alliage confidérable, n’acquiérent pas dans la fufion le degré de fluidité nécef- faire pour recevoir un beau moulé. Telle ef, ce me femble, la raifon pour Iaquelle on a préféré la méthode de frapper la monnoie a celle de la mouler. Diailleurs , pour les matitres d’or & d’argent, on eft beaucoup plus affuré du poids en taillant en flaons ces métaux précieux y qu’en les moulant , & cette dernitre confidération eft d'une importance majeure. Si les dixains de métal de cloches fervent a l’échange des petits affignats, dans ce cas ni la valeur de la livre tournois , ni celle des petits affignats ne pourront effuyer aucune altération fenfible ; mais fi la monnoie de cuivre eft adoptée de préférence a ces dixains, alors ‘on doit s'attendre 4 éprouver dans Ja livre nominale, & par con- féquent dans les affignats, une perte qui fera en rapport dire@ avec la différence qui exifte entre la valeur fiGive du cuivre monnoyé & fa valeur intrinstque dang le com- merece. FIN,

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