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LES PRETRESSES INDIGENES DANS LEGYPTE. HELLENISTIQUE ET ROMAINE: UNE QUESTION A LA CROISEE DES SOURCES GRECQUES ET EGYPTIENNES Frédéric Coun (Strasbourg) Carissimae sorori meae Nous connaissons tons ce passage d'Hérodote (II 35) présentant les rives du Nil comme un monde ott tout se passe a Penvers, oit le climat et les couttumes sont Pantithése de ceux des autres peuples. auteur éra- blic en effec un paralldlisme entre la géogeaphie physique et les meeuts humaines': Les Egyptiens, qui vivent sous un climat singulier, au bord d'un fleuve offrant un caracetre différent de celui des autres fleuves, ont adopté aussi presque en routes choses des meeurs et des coutumes a Vinverse des autres hommes (trad, Ph, Legrand). Hérodote décrit le bouleversement, pour des yeux helléniques, du role et des comportements réservés aux deux sexes: ce sont Jes femmes qui vont au marché, les hommes restent & la maison pour tisser; les hommes portent les fardeaux sur la téte, les femmes, sur Pépaule; les femmes urinent debout, les hommes, accroupis, Plus importanc dun point de vue social, la responsabilité de nousrir ses parents, cest-A-dire de suppléer & leur ‘retraite’, incombe aux filles (Quyzepa1), non aux gar- cons (raxat)?, Du point de yue du culte, Hérodote affirme qu’en Egypte, * Comme le souligne D. Lenranr, Mitiew naturel et difrenceserbniques dans la por- ste grecque classique, in Ktema x6 (3991), p. 1, sous la phime d'Hézodote, ce parallisme rimplique pas esplicitement un lien de cause & effet entre le climac et Jes meus. Sur le theme de Finfluence du milieu naturel sur les peuples dans la liteérature classique, voir aussi R ONIGA, Sallstioe Peiografia (Maveilie discussioni per Panalisi dei testi classici 12), Pisa 1995, pp. 24-50 (qui omet de citer la préaédente référence). * Sura responsabilité quavaient les enfants grecs (en eéalité garcons e filles) de nowr- rit leurs parents, voir P Entewx. commentaire p. 66: des EvredEere sont formulées, dans le 396 42 Fr, COLIN “Tova wo uty obdepla offre Epacvog Oeod otite Gyadye, dufpec BE adr Aucune femme ntexerce le sacerdoce, ni d'un diew ni d'une déesse,tandis que les hommes sont préues de toutes les divinités, masculines ou féminines. Lexposé d’Hérodote s‘atticule autour du schéma de inversion de Vordie naturel des choses —- naturel aux yeux de son ‘lecteur modele. Sur cette voie, Pauteur place sur le meme pied des paradoxes d’ordre physique ou pratique — utiner debout ou accroupi — et d’ordre culsurel ou social — la présence ou l'absence des femmes dans le culte, Au lecteur aujourd'hui de confronter le logos & ce que l'on peut savoir du milieu sacerdotal égyptien tel qu’il éait organisé dans les derniess sitcles de son histoire. Le discours d'Hérodote est-il entidxement inféodé & la figure esthétique de linversion ou bien contient-il des éléments conformes a la réalité historique? Cette interrogation, initiale, qui pourrait se résumer con “les fernmes avaient-elles ou non accés au rang sacerdotal?”, se déve- loppe en questions plus précises: “avaient-elles & ce titre aurane de res- ponsabilicés cultuelles que les hommes? Accomplissaient-elles les mémes tiches, cote 4 cdte avec les hommes, ou les activités étaient-elles spécia- lisées? Les prétresses s organisaient-elles dans une structure propre, avec leur propre hiérarchie, ou éiaientelles insérées dans Porganigramme masculin? Quelles conditions devaientelles remplir pour aceéder & la dignicé de prétresse?” Dans un commentaire du Livre II paru en 1976, Alan Lloyd sefforca dexpliquer Passertion d’Hérodote sur Puni-sexisme du clergé égyptien, Fid2le 2 sa démarche de ‘sauver’ le plus souvent possible le Pére de PHistoire, le savant estime qu’aux yeux d'Hérodote “no woman in Egypt performs the divine cult of any deity or occupied the pre-eminent réle in worship which would make her equivalent to what be would call a {pet in Greece”. De la sorte, ce ne serait nullement existence des prétresses égyptiennes qui serait dénige, mais la réaité de leur r6le dans Pexécution conertte du culte. Selon Lloyd, les Egyptiennes pourraient seulement (1) incarner une déesse & des fins rituelles; (2) constituer un harem pour rilieu des Grecs installs en Egypte au II sitle avant note te, & Pencontte de fils et de filles qui ne respectnt pas leuts dewies visavie de leas pies. Sut cette obligation & Athénes, cf par exemple H. HANSEN, La démocratie athénienne a lipoque de Démosebone, Pats 2995 p 1 Y AB. Lio, Herodotus Book II. Commentary 1-98 (EPRO 43), Leiden 1976, p. st 397 g : : E : i i { PRETRESSES INDIGENES DANS LEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 43 le dieu et participer & certaines cérémonies comme chanteuses et dan- seuses; Gj) orner les images divines au moyen de fleurs etc, En revanche, cet auteur affirme que “There is, however, no evidence whatsoever that in. H's time they would participate in rites and functions analogous to those which could be pesformed by Gk. priestesses and regarded as inseparable from that office”, Ainsi, il ne reviendrait pas aux femmes: (0) accompli un sacrifice, @) de veiller & la construction et entretien d'un sanctuaire (“care for the fabric of the temple”), G) de faite respecter un comportement décent aux visiteurs, (4) de soccuper de Padministration financiére de temples mineurs. Cependant, cette analyse ne traduic pas la réalité révélée par les docu- ments papyrologiques et épigraphiques, du moins ceux que Pon rencon- tiera en nombre croissant & partir du régne des Ptolémées, Hérodore visita Egypte & peine plus de cent ans avant Pinstallation du gouverne- ment macédonien, et il est peu probable que les rapports entre les hommes et les femmes, dans le domaine de la vie religicuse, se fussent radicalement modifiés dans Pintervalle, Néanmoins, avec les nouvelles structures greeques du pouvois, les conditions sociales et économiques ont parfois changé ou évolué, ce qui risque occasionnellement de fausser les compataisons avec le temps d’Hérodote. Mais si l’on souhaite fonder tune étude sur une documentation suffisamment abondante et diversifiée (papyrus et monuments égyptiens et grecs) pour aborder Ia question du statut sacerdotal, on est nécessairement contraint de se concentrer sur les époques greoque et romaine — et c'est généralement ce que font, expli- citement ou non, les commentateuts d’Hérodote. ‘Avant de chercher & préciser la place de la femme au sein du systéme, et de la comparer a Ia situation de 'homme, notre attention se focalisera @abord sur ce dernies, afin de dégager bridvement les grandes lignes du satut et des activités sacerdotales — ce détour est dicté tant par la nature des questions posées que pat la disproportion sexuelle des sources. Pour chercher “Yi existe des prétresses”, il faut préalablement se demander “qutest-ce qu’un prétte égyptien?”. Pour tenter de répondre, la référence aux clergés des religions actueles serait un guide dangereux, dont on Sefforcera de libérer nos réflexions, voire nos jugements plus intuiifs. Pour décrite le statut d'un prétre, il est utile Penvisager trois étapes différentes; ou plurdt, dans la mesure oit ces étapes peuvent étre simul- 398 44 ‘Fr. COLIN tanées, mieux vaut sans doute parler de ‘trois aspects’ de la condition sacerdotale, On rfoubliera cependant jamais que la description de ces trois aspects ne se fonde pas sur des textes normatifs antiques, mais sur une observation empirique de cas particuliers; sil est Idgitime de struc- turer explicitement une grille d’analyse du phénomene, et donc de pro- céder nécessairement & une certaine génétalisation, Voutil fourni par cette démarche limitée doit étre utilisé sans rigidité, 1° Lindividu acctde an rang sacerdosal A cette fin, il répondait généralement & plusieurs conditions: premitre ment, étre d'ascendance sacerdotale. En cas de contestation, la preuve de Pappartenance parentale & fordre des prétues (elvax yévous leparrocot) fut par- fois réclamée'. Lhomogénéité fréquente de Tanthroponymie des prétres adeptes d'une divinité décerminée témoigne & la fois de leur attachement & leur diew et & ses snnaoi (des éléments théophores apparaissent de fagon sépéttive) et de leu apparvenance & un cercle familial resteeint ott les mémes roms propres se reproduisent perpétuellement au fil des générations* Deuxitmement, il fallait sans douce acquérir une cestaine compécence professionnelle; en 162. p.C:, du moins, un ‘Tebrynite fit reconnaitre la legitimité de son statut de prétre contesté en démontrant sa capacité & lire les tepatamd xat Atybrna ypdppars, cest-a-dire, d'une part, les écri- tures sacrées, hiéroglyphes et hiératique (en égyptien mdw ner, “paroles divines’, ou sf n pring, “Geriture de la Maison de vie"), et, de Pautre, Vécticure administrative indigtne, le démotique®. Les “exercices sco- Jaires”, listes de conjugaisons, onomastica, exercices décriture higrogly- «Pour tin exemple d'enquéte sur le statue contesté de prétes 4 Pépoque romaine, P Tobe. M291 363 47. ‘* Voit Fe. COUN, Onomastique et rcicee. Problomes et méthode le lumée des dciaments de gypte bellisique et romaine, in M. DONDIN-Pa¥e ~ M."Th, RAEPSAET:CHARLIER Eds), Noms, identies euluoeter et romanization sous le Haui-Empire, Pacis 200% pp. 56. 5 Voir le récapitultif sur la question chez M. Deravw, A Companion to Demotic Sta ies, Bruxelles 1997, pp. 19-21. © PB Tebe Hh 2g1, lignes 41-42. Sur le probléme de la compétence professionnelle des prtivesses, Fr. DUNAND, Le starut des hiereisi en Egypte romaine, in M.B. Dt BOER ~ TA. Bribe (Eds), Hommager MJ. Vermaseren (EPRO 68.1), Leiden 1978, pp. 362-3655, voir ausi le commentaite de S. SAUNERON, Les conditonsd'aceds ala fonction sacendotale a epegue gréc-romaine, in BIFAO 6x (962), pp. 36-57, su une presctiption du temple de Dendara: “ninttoduis personne qui ne soit versé dans V'ériture™. 399 iret PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 45 phique ou de comptabilité cémotique découverts parmi les ostraca reje- tés par les prétres de Soknebtynis aux abords du grand sanctuaire tebty- nite’, sont les indices de activité scolaire, voire scolastique quotidienne de certains membres du clergé, dont les fragments d'oeuvres littéraires, démotiques et hiratiques, issues de la bibliothéque du temple, consti tuent un autre témoignage’, Ces deux caractétistiques, ascendance et compétence sacerdotales, traduisent d’ailleurs & a base deux aspects d'un méme phénoméne: instruction des candidats prétres est assurée en par- tie par leur éducation au sein d'une tradition familiale fermement éta- blic, de ke méme fagon qu'un artisan apprendra son métier 2 son fils. Lune des sections du fameux texte décrivant le rituel des fetes osiriaques au mois de Khoiak, gravé en higroglyphes sur les parois du temple de Dendera, est intitulée: “connaitre le mysttre que l'on ne voit pas, dont con iventend pas (patles), ct que le pore sransmet & son fils (di.n ft n si=f)” (rad. E. Chassinas)?. De méme, les instructions morales gravées sur Jes montants d’une porte par oit passaient les officiants du temple d’Edfou rappellent & ceux-ci que la maniée dont ils conduisent les affaires cul- tuelles du sanctuaire a valeur dexemple pour Pinstruction de leurs propres enfants “Les directives du sanctuaire sont entre vos mains, elles sont tan enseignement pour vos enfants” (se bust-nty br “wy2tn m ship n msutw=e), ‘Néanmoins la natute et le degré d’approfondissement de ces connais- sances professionnelles vatiaient vraisemblablement selon différents fac- curs, tels que ka fonction spécifique du prétre, importance socio-éco- nomique ou la situation géographique du sanctuaire auquel il appartenait. Certains de cos textes, découverte parla mission fancoitaliesine dtigée par Cl. Gale laa, sont en coues de publication. * Voir par exemple RJ. FRanDseN (Ed), The Carkbere Papyr, 1. Demoic Texts fom the Colleton (CNI Publications, 1), Copenhague 1991; J. OSING, The Carkberg Papyri 2, Hiervscse Papyrus Tebeunis I(CN1 Publications, 17; Copenbague 19985 J. Otis — G., Rosani, Ppiv greg efertici de Tebryns, Firenze 1998. »E. GHASSINAT, Le mytire d'Oxrs a moit de Kboiah, 3, Le Caiee 1966, p- 7. Une for- mule eres proche apparaiten outre & Edfou dans Vnsculé de fa reette complexe dune substance quiun pret doit peépaser pour Purser dans un situel: “Cest un secret qui rest ni yu ni entendy par petsonne, I ze tamsmet de Tainé son fis", Fefow XM, pl CCCXCVI, co. 2-3, <6. 8 MONE, Fades sur quelques prétres et fontionnairs di dieu ‘Min, in INES o (1950), p 2. "© Edjow ML 362, 4, cf M. AULIOT, Ls ene Horus & Edfow au temps des roles ( BAB XX), Le Caite 1949, p86 ef SAUNERON (ae, noe 3), p. 23 400 46 Pr, COLIN En,outre, on tolérait peut-étte une compétence moins technique pour certains personages influents & qui l'on attribuaie une prestigieuse fonc- tion sacerdotale pour les honorer. On songe par exemple 2 cet Herods", fils de Démophén, citoyen de Pergame, officier supérieur de Parmée lagide & Syéne et, & ce titre, haut dignitaire de la société ptolémaique (ry d1a38ye0»), qui porte entre autres la titulacute sacerdotale de “pro- phéte de Khnoum et archistoliste des sanctuaires d’Eléphantine, de PAbaton et de Philé” dans une inscription qui dédie en commun avec es cing tribus? de prétres du grand Khnoum: maitre d’Eléphantine (“Khnomdnebieb”) aux souverains régnants et aux dieux de la cataracte (is2-45 a.C). Pour accéder aux fonctions importantes de prophéte et archistoliste, Hérédts suivitil une longue formation afin @apprendre le démotique, voire les éeritutes sacrées? Eut-il le temps de se consacrer A de telles études dans sa jeunesse ou lors de sa formation militaire ~ pour peu qui naquit bien en Egypte et ne dat son politique ‘Hepyay- vbe! quia Pun de ses ancétres? En tout cas rien ne prouve quiil ait fré- quenté le clergé d'Eléphantine ds le débuc de sa carriére, car il dédia "1 Bg Nub, Lowere 14; Pr. Ptol IL 2059; 2083, cf dernitrement FH, HINEN, Fin ricer Fnktionar des Prolemiersaates als Prete dgyptscher Kale B. BUNCK, Hele ‘enismus. Beitrge ur Esfrsctung von Alekuluration nnd poitischer Ordmurg in den Staa- ten des bellenistven Zeitabers. Akten des Internationalen. Hellenismns-Kolloguinns 9-14 ‘Mars-1994 in Berlin, Tbingen 1997, pp. 339-3475 voit aus les exernples mentionnés dans les notes 18 ot 19 de Particle cite A. etE, Bemand (L. Th. Sx 302, p. 262s JH. Nub: Louore 14, p. 40), caduisene of ‘00% [ape fmeve}apydas (20) par “Tous les au “de cinguitme divisio s préices de fa cinguiéme elas” ou hnéanmoins, pour rendre cette idée, on attendrait plutdt une expression tlle que & puhiig ou néuerns ovis je préffre done comprendie,& la suite de W. O80, Priester und Tempel ie bellenaizehen Agypten I Lipzg- Berlin 1905. p- 25 (et index 52), que meraponta designe les cing plat de prétes dans leur ensemble (voie usage dans plusicuts papyrus d’époque romaine, pat exemple: BGU 1 16 = W.Chr. 114, 6- 7 (éewmération de prétres qui font partie du conseit de la eveaunie. pendant toute Ia durée de Pannée en cones}; IH 43%, 6; 8; 9-10 [énumétation de prétres apparcenane & dif- Fercntes txibus (og. | 9-7 publ et formant pa ailleurs fe conseil de fa weveaeunix, selon tune restitution probable (I. 10); Teb4, 11299, 8). ‘Aw moment oit la rédaction de mon texte est terminés, je prendls connaissance de H. Hewnens, Boéthon fondatenr de poets en Ezypte ptolémeique (OGIS I 11 et sun nouveau apyras dela callecion de Tides) in L. MOOREN (Eel), Paitin, Administration and Society in the Hellenic and Roman World. Proceedings ofthe International Colloguivan, Berinoro 19-24 July e997 (Studia Hellenistica 36), Leven 2000, p. 134, qui Sexprime d 401 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 47 Dendera une table d’offiande & Harbaktés alors qu’il exergait une fonc- tion militaire en rapport avec des mines. Ou alots, une fois en fonction comme phrouraque de Syéne, combla-t-il le retard en faisant venir régu- ligrement dans ses bureaux quelque précepteur égyptien? Pourquoi pas? Mais & ces interrogations de roman on est tenté de préférer une hypo- thise sans doute plus vraisemblable: il est possible quic les prétres d’E1é- phantine, auxquels il s'associait pour consacrer une dédicace au bénéfice d'un collégue grec plus haut gradé — Parchisdmatophylaque et strarége Boéthos —¥, Paient honoré d'un titre sacerdotal élevé pour la raison cessenticlle qu’en tant que commandant de la gatnison de Syne il faisait partie des notables les plus en vue et les plus puissants du district. En décidant d’élever cette stéle pour entretenir leurs bonnes relations avec le pouvoir, les prétres ‘hellénisaient’, au sens étymologique du terme, et on peut se demander si leur comportement ne s'inspire pas, musatis mutan- dis, des usages de la diplomatic grecque: lorsqu’une cité-Etat attribuait la citoyenneté A un chef d’Erat étranger puissant quelle espérait se conci- lier, le bénéficiaire était réellement fondé & jouir de ses nouveaux droits civiques légalement acquis, mais personne ne s'attendait vraisemblable- ment A le voir sinstaller en petmancnce dans sa ‘pattie d’'adoption’ pour y fréquenter les assemblées et y exetcer des magistratures!®, Hérédes, quant & lui, jouit peut-étre 2 occasion de son privildge prestigieux en participant au rituel journalier des sanctuaites dont il était archistoliste. Toujours est-l que le temps quill y consacra ne Pempécha pas d’ceuvrer son avancement, car quelques années plus tard, alors qu’on le retrouve comme co-aureur une dédicace aux mémes divinités, il est désormnais monté en grade dans administration prolémaiquie (stratege) et dans la higrarchie aulique (archis6matophylaque), En occurrence les co-dédi- cants de l'inscription font partie dune association grecque — ou hellé. nisée — de basilistes, et Héréd8s ne porte plus aucune titulature sacer- dorale égyptienne, comme si sa qualité de “prophéte de Khnoum et archistoliste des sanctuaires ¢’Ekphantine, de PAbaton et de Phil” > 1, Portes x3, Sur ce personage et sa relation hiérarchique avec HérOdes, Hemten (a.c. note 12), pp. 132-1345 ID, Der erierns Boethor und die Binvicheung einer neuen Stadt (I), in APF 43 1997), pp. 340-358 "CE Ph, GAUTIER, Les citer grecguer et leurs bienfaiteurs(IVe-fersdele avant JC) Contribution & Ubistvve der institutions (BCH suppl. 12), Paris 1985, pp. 149-162. 16 1, Th, Sp 303, 6 HEINEN (a. note 1), pp. 347-38 402 48 Fe, COLIN, réaic qu'un titre de circonstance utilisé principalement pour la fié- quentation de la société des prétres”, Mais le cas de cet officier grec res- sort sans doute plus des exceptions que de la norme. Enfin, pour accéder & Vordre sacerdotal, il fallait répondre & une troi- sime condition: rencontrer 'assentimene du pouvoit central. En effet, celui-ci continue, au moins en théorie, d'exercer sa prétogative sur tous les temples de Egypte, & l'image du pharaon traditionnel qui constitue, sur le plan théologique, lofficiant virtuel jusque dans les sanctuaires les plus reculés de la campagne. Instructives & cet égard sont les différentes tournures utilisées, dans les trois langues du décret de Canope, pour évo- quer Pintroduction des postulants dans Pordze des prétres". Le grec et le démotique pratiquene un registre administratif sec: cog (...) yeyernud- vous tepeic? fait sculement allusion au stacut nouvellement acquis; ev éronyPidow els 1d milo”, “lorsquils (les prétres) ont été introduits dans le corps (sacerdotal)” nvexprime pas plus que lentiée dans la collectivité des prétres, De méme, les versions démotiques correspondantes usent de expression ir (n) wt, “etre, devenir prétre”; ainsi, la seconde proposi- tion grecque citéc est rendue en démorique par “Lorsqu'ils ont été faits préues” (iw iir-w irsw n w’)*. Exprimant le méme événement, le texte hiéroglyphique, comme souvent, dépasse au contraire le simple langage administratif, pour décrire davantage les faits religieux de Pinté- rieur: “Lorsquiils ont été introduits par fe voi dans le temple” (ft bs=10 in nsw r at-nte)*. West ainsi rappelé que, quelle que fat la procédure réelle et concrete de l'admission, celle-ci demeurait, au moins sur le plan HINEN (a note 1), p. 351 de son edté, semble avoir éeétenté par une hypothtse analogue: "Wir wisen auch nicht, wie Hezodes sine Amter als Propher des widderkip- figen Gotees Chnum und als Oberankkeideprester vetsah wiellics nur hurz und gw sermafenebrenbalber"s FisiNEN (oe. nore 14), p. 154: “On peut penser qurentte les Mains Vn officer giec, ce poste ypiquemene égyptien devait ee largemens honrifiqu, la difference de Voflice quovdien des préies cans les temples’ (le soulgne). Voir deja M, LaUNey, Rechercher sur les armies hellénstignes (BEEAR 169), Patis 1950, p. 986: “Meme particllemens hoorifigues, des ttes aussi précis lisene entrvoir une participa tion effective au cule” (je souligne) Voir deja Fr. Dauwas, Les moyens dlexpresion du gre er de Uyptien compart dans de derets de Canope et de Memphis (SASAE 16), Le Caie 1952, . 179, S100 a 1 Prose 8,26 9, 26-27 © 1, Prse 8, 605 9,7. *W, SMEGELAERG, Der demorsce Text der Prieterdekrete von Kanopus und Memphis (Rosetrana), Heidelberg 1922, p35, A. bhi p38, C3435 403 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 49 théologique, le fruit d'une décision royale, La stéle hiéroglyphique (BM 886) de Psenptais 11, qui aceéda a la dignité de grand prétre de Prah & Memphis en 76 a.C:, fournit un exemple concret de cette prérogative royale, qui était manifestement encore exercée & la fin de Pere prolé- ‘matque, au moins pour les plus hautes fonctions sacerdotal Jravais passé 15 ans sous le regard de mon noble pete, quand le roi de Haute et de Basse Egypte Philadelphe-Philopacor-Osiris le jeune, m'a conféré par décret Ja haute fonction de Grand chef des artisans, alors que j'avais qua- torze ans (trad. Ph. Derchain), La tournure exprimant la nomination de Psenptais TU désigne expli- citement Prolémée Aulete comme le royal auteur de In décision: wd (tisulature de Prolémée) n=? that wnt m... “Ptolémée a ordonné que me soit conférée la haute fonction de...”. Dans le contexte des institutions ptolémaiques, on comprendra & la suite de Ph. Derchain (“conféré par décret”) que cet ordre prit vraisemblablement la forme d'un mpbasarypa €pistolaire. Il est cependant clair que la désignation royale tenait large ment compte des traditions et des souhaits locaux, car lorsque Pon peut suivte sur plusieurs générations la succession des grands prévres d'un clergé, leur fonction se maintient durablement & Pintérieur d’une méme famille de notables: 4 Memphis on peut observer ce phénomene sur pas moins de dix générations*, A Pépoque romaine, Pantique prérogative du souverain est en quelque sorte reprise au compte de administration impériale. En effet, pour étre admis au rang de prétee, le jeune homme deyait subir le rite de passage de la circoncision, Le pére ou la méte du futur prétre demandair par écrit & Pégyvepedc d’Egypte d’autoriser Pexé- cation du tite; ce fonctionnaire romain, chargé du contréle des sanc- tuaires du pays, faisait alors procéder & Perlxpiors, la vérification du sta- tut du candidat, avant de donner son accord, % Ph, Denciawn, Le piguenique de UAubte, in Studies J. Quacgebeur I, p- 1575 sur Prenptais I, voir aussi DJ. CRAWFORD, Prolemy, Piah and Apis in Hellenistic Memphis in Dy. Crawrono ~ J. QuaEGEBELR — W. CLARYSSE, Sauios om Peolemic Memphis (Su dla Hollenistica 24), Lovanit 1980. pp. 39-4. ™ DJ. THOMPSON, The High Prits of Memphis under Polemaic Rule, in M. BEARD ~ J. Norn, Pagen Priests Religion and Power in the Ancient World, New York 1990, . 101 table 25 sur la conservation des fonctions de prétes et de préeesses au sein des mémes famille: 4 Tépoque romaine et sur Tendogamic des milieu sacerdotaus, voir DUNAND (Ge, nate 6), pp. 365-366 © Sue Pepi voir detnitrement P. Dis, Les ej (08) ntew ox @exyok. Fonction slic sleuse et place des le ve civil, in BIFAO 95 (1995), pp. 164-162, par. noe 52; bibliog 404 50 Pe, COLIN Si l'ensemble des conditions éraient remplies, le jeune prétte pouvait aure admis au sein du xAq00¢%, le corps sacerdoral d’un temple déter- miné: & Tebtynis, en 142 avant notre ere, cette admission faisait Pobjet dune décision d'un college de prétres issus des cing phylai de Soknebty- nis, que désignait Pexpression 1g w'b.w nty iw mng-me p3 inpy bry, “les précres formant le conseil du temple susdie”’; apres des papyrus démotiques récemment découverts a Tebtynis**, ce conseil de Soknebty- nis aurait été constitué de 15 membres, 3 représentants par phylb (au Tiew des 25 membres, 5 par phyl institués en 238 pat le décret de Canope”). Le nouveau pretre (w‘) était alors inscrit dans la phy? paternelle”? et habilité & exercer sa profession sacerdotale, 2° Le préte exerce des viches vitwelles particulibres et en pergoit les revents. La simple mention des titres w' ou fepeve portés par un individu, dans leur acception large et générale, nous apprend peu de choses sur ses activités professionnelles conerétes. En soi le statut de prétte ne signifie pas autre chose que cette habilitation & prester une certaine catégoric de services — au sens économique autant que religieux dur terme, Encore fallaitil étre employé & une tache liturgique particulitre. Le cadre dans lequel stexersait le métier de prétre devait vatier largement selon Pim- portance du remple auquel celui-ci était rattaché, Dans les sanctuaies les plus importants, le corps sacerdotal ait structuré, hidrarchisé, et com- prenait un certain nombre de fonctions spécifiques auxquelles corres- pondaient des titulatures et des revenus détermines. A l'époque prolé- maique, les prétres payaient la taxe du teheowx6y pour pouvoir entrer en. charge. Quelques papyrus tebtynites de la premigre moitié du IF sitcle phie générale dans PJ. SuPEsTEDN, Some Remarks on the epicriss of ot ano traaztor in Osyrhyuchns, in BASP 13 (6976), pp K-90, part. note t % 1 Prose 8,195 8, 60s 9, 243 9, 71 Ces également le terme woe qui désigne, en 163ft64 de note dre, le comps sacerdoral dun sanctuaire indigne, dans un papyrus oxy thynchite, R Mert 17,8 M. VANOONE, Perso riedizione del P Merton IT 7 i Aegyp- 115 47 (967), Bp. 243-246. SRK. GLANVILLE, The Adninion of a Priest of Sonebynis in the Second Century B.C. Merton Demotic Papyri in JEA 19 (1939) pl IX. 7. Loss de la campagne de 1999. 1 Prowe 8, 23-243 9, 29-8. © L Prose 8,243 9, 29 » On peut ronvoyer au chapitte de “1 PREAUX, Eicononuie royale des Lagides, Bruxelles 405 PRETRESSES INDIGENES DANS LKGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 51 de notre de® nous enseignent que, lorsqu’une charge sacerdotale presti- gictuse — ot rentable — était laissée vacante, le prétre qui souhaitait sen occuper devait ‘acherer’ ia fonction 4 Padministration romaine pour un montant parfois trés élevé. Mais cette somme était proportionnelle aux revenus espérés par le prétre, qui rentabilisait son. investissement en quelques années; pour exercer 2 leur tour cette charge héréditaire, Jes descendants du prétre navaient plus qu’a payer Peloxperoxéy, une “taxe admission” d'un montant plus modeste. Dans les ‘entreprises’ sacerdo- tales de moindre échelle, les tiches et les revenus se transmettaient peut- étre d'une fagon plus confidentielle au sein, parfois, dune seule et méme famille. Lun des principes fondamentaux du rituel des temples égyptiens est bien connu: do ut des, Pofficiant offre un service ou un bien 4 la divinité dans 'attente d'une contrepartie proportionnelle A la toute puissance divine, Lorsque les gestes de consécration des offrandes ont été exécutés, que le dieu sien est satisfait, les produits offerts retombent dans Vescar- celle du prétre, Il faut bien vivre, le ‘virement’ des offrandes constitue le salaie de la prestation fournie pour la communauté, Au temple d'Edfou, Thiérogrammate qui décora sous Evergte II les montants de la porte du pronaos par ott passaient les offrandes journalidres jugea ailleurs néces- saire de rappeler aux prétres qui entraient chargés de victuailles qu’ils étaient pas censés recevoir leur prébende avant que le dieu ne se soit servit “On vit des provisions (df.u) des diewx, (mais) on appelle ‘provi- sions’ ce qui est procuré par Pautel aprés que le dieu s'en est rassasié”. 1939, pp. 493-405, quil serait utile de revoir & la humigee des papyrus grecs et surtout sdémotiques parus entre-temps. © BP Tibe ML ag4-a97 ps 645 294, comm. L 20. 2» Réju 1 361, 3-43 ALLIGT (0.6. note 10), pp. 184-185: S. SAUNERON, Ler prétres de Tancienne Egypte, Pats 1957, pp. 28-29. Vidés selon laquelle le diew doit “se satsfaire, se rassasir” (hip) de Foflrande avant que les prétres ne se servené est anciennes on la trouve par exemple sur laste de Padoption de Niroctis, sous Psammétique I*, of sont énumé res les fondations teligieuses dont les revenus reviendront aa divine adorateice “Ce que sa Majesté Ini a donné dane Héqa-Adj (XIII nome de Basse Egypte), (provenant) dia sanctuaire de RAtoum, en tane que Aip-ner(tevemn alimentaire du dieu) qu’s fond sa ‘Majesté: de Pépeautre de premitre qualité 3 har —aprés quvon Pa offer en présence (dt dlcu) quotidiennement et gue le dieu sen et rasesie® (RA. Cansin0s, The Nitocris Adep sion Stola, in JEA 30 964), pl X, © 24, cf M. ROMER, Gottes- wd Priester Herschaft in Agypten am Ede des Neuen Reiches. Fin Religonsgeschichtiches Phnomen tnd eine ezie- den Grundlagen (Agypten uid Altes ‘Testament 21}, Wiesbaden 1994, p. 3st $386) 406 52. Fr. COLIN Dans la décoration des temples, Vofftande “de la campagne” — le roi offre des deux mains le signe-mot {Ql} (sp.2) désignant les champs, une Jangue de terre dont émergent des végétaux — représente sur fe plan vir- tuel et iconographique la consécration au diew de tous les domiaines agri- coles appartenant au temple, On peur se demander si ensemble des récoltes sactées subissait systématiquement un traitement rituel, fitil synecdochique, avant dentrer dans les réserves des préttes — quelques “iquettes’ inscrites sur des fragments Pamphores découverts aux alen- tours du grand temple de ‘Tebrynis comportent tout simplement l'indi- cation “Offiande divine de Soknebrynis” (bip-ner (1) Sbh-nb-t3-n), désignant donc le contenu comme des teat npbaod00%; dautres dipinti portent fa formule votive “pou”, “en présence de Soknebtynis” (pat cxcmple dans le texte bilingue Zoxv(eA)rfiver 2] | m-bih Sbh-nb-t"), signifiant probablement que la céramique inscrite, ou son contenu, était destinge & étre consacrée “en présence” (m-b3h) de la divinités mais il est clair, en tout cas, que ces revenus constituaient une source essentielle de Ja prospérité des prétres, De la sorte, les offeandes passées un instant dans le domaine imaginaire retournaient rapidement dans le monde éco- nomique d'ici bas", Files recevaient ds lors le méme traitement que les auttes formes de biens: afin d’éviter les conflits entre les bénéficiaires H Les cextes commentant le rituel de Poffrande de la campagne, dans les séries con pleses du temple d'Edfou, élargisent rhétoriquement lee Himites du domaine offere & celles de PUnivers enter cf Fr. Lastiour, Sélitigue ef eiologie& Efi. Levtuel de of. frande de la campagne: étude dele composition (OLA 51), Leuven 1992, pp. 87-88; 90; 156; 291. La eprésentarion de Foffiande de la campagne ext abasigénéralement présente dans Je cinte des sles commémorant les donations royales et privée ce teres aus temples, cf, 1D. Mans, Las donations anc temples dans LEgypte dw P* millinaire avant J-Cy in E, Laravskt (Ed), State and Temple Ezononiy in the Ancient Near East. Proceedings of the International Conference erganized by the Katholcke Universitit Leuven, 1-14 April 1978 (OLA 6), I, Leuven 1975, pp. 626-628. » Par exemple n’ archéologique, et d'encegistement: A7o0r-6/48)0 et A700} olay * D'apris les versions du décrot de Canope, SMEGELBERG (ae: note 21), p. 36 (1. 71 TC. 3A)s L. Prose 8.60.6 9.7172 p bepntr = ob Sepa mpbanbau NP achologique ce d'entgistement: A 7001-104/4864, On trouve en général seu lement lexpression démorique m-63h + nom de la divinit ® Sur les activités économiques des prétres, voir notaminene J. QuaeGeatun, Docu iments eypuens et vile éconnmique di clegd en Heypte hellnitique, in LAMNSKI foe. note 3a), pp. 723-726, et surtout W. CLARYSSE, Eeyprian Eidae-Holders in che Prolemaic Period, iid, pp. 732-797. 407 PRETRESSES INDIGENES DANS UEGYFTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 53 remporels, pour régler aussi le partage des droits familiaux lors de suc- cessions, les prétres, grands amateurs de paperasserie Iégale, pouvaient stipuler par voie contractuelle les parts auxquelles chacun avait droit. La terre et sa récolte appartenaient au dieu, bien entendu, mais le clergé pouvait en gérer librement la jowisance en divisant les droits & lexercice du service liturgique en périodes comptabilisées, par exemple, en “jours de service” (br mi), voire en fractions de “jours de service”. Pour pra- tiquer concrétement leur métier, les prétres devaient entrer en possession de ces droits par le biais d'héritages, d’achats, de dons... Ainsi, une par tie importante de la vie quotidienne des préttes tournait autour de ces questions de dépenses, de revenus, de gestion trés matérielle du domaine rural dépendant du temple. 3° La participation & une association. Comme les membres des autres catégories proféssionnelles, les prétres un lieu de culte avaient la possibilité de se lier par contrat pour former tune “association” (swn.r en démotique, Dlaaog ou avo8oc en grec), dont le reglement était renouvelé chaque année”, Ce réglement, Ap ou vépos, était dment enregistré, comme les autres sortes de contrats*®, et V'admi- istration veillait le cas éhéant A en faire exécuter les clauses par les sM. Le vépog contenait un certain nombre dobligations cul- signatai Les dudes foncamentales sur les associations tligicuses sont dues 8 Fr. DE CENIVAL, Les asociauions das les tmpleregpsiensd'npis fs données fories par ls papyrus démo- tigues, i Religions en Egypte hellnisique ex romaine. Collogue de Seasbnrg 16-18 mai 965, Paris 1960, pp. 5-195 EAD., Les asociationt relgiensesen Egypte d'apds les documents démo- tiqnes (BdE. 46), Le Cate 1972; EAD. Dens papyrus intdits de Lille, in Eneboria 7 (97). Dp 1-49; EAD., Comptes d'une asvocition relgiensethébaine datant des anndes 290 33 roi ‘Amasis (2 deat. Louare E 7840 bis, in RE 37 (986), pp. 9-295 EAD. Papyrus Seymour ide Riess le pls ancien des viglements diasociation religiense (4 stele ax. J.-C), in RAE 39 (6988), pp. 37-46: M. MusZessk, Ler ‘asaciationsreligiuse! en Exypte dupes les sources birglypbigues,démoties et grecgues in OLP 8 (1997), pp. 14s-r74s B. BRESCIAN), Nuovi suatusi domosic: di ‘Confort’ dalla neropoli dei Coccodvil a Tebtis (P. Vogl. demot Ian. 77 € Inu 78, in Acta Demosica. Act of the Fifth Intemational Conference for Demotins, Pica, ath. Sth Seprember 1993 (2 EVO 47), Pisa 1994, pp. 49-67. Voir ausi Cl, PREAUX, A propos des eswciations dana FExgptegréc-ronaine, is RIDA s (948), pp. 189-198 4® A Gpaque romaine, voir dans les archives du grapheion de Tebtynis, par exemple P Mich, Wag # Ml, ays ef B Mich. V 246 © Voir les equétes dindivides demandant au roi gide de faire especter les auses butouées d'un réglement dassaciation (par exemple P Fazere 21, oi a soeur et le mati 408 54 FR COLIN tuclles®, y compris les contributions pécuniaires afférentes, régissait les relations de respect mutuel entre les prétres et leur assurait une solidarité dans plusieurs domaines, dont Porganisation. des funérailles si fonda- mentales dans la religion égypticnne. Les associations contribuaient & Vesprie de corps et & la structuration des milieux sacerclorawx: il sera spé- cialement instructif de voir si les femmes avaient accts & cette forme organisation du groupe et, dans laffirmative, si elles étaient ou non absorbées dans les structures masculines, Cette troisitme dimension du statue sacerdotal intéresse particulitrement [’historien, parce qu'elle engendte la production de documents administratifs au travers desquels transparaissent parfois Jes activités quotidiennes du clergé. On songera néanmoins aussi que les institutions des associations religieuses ont peut- ttre été plus sujettes aux influences exogtnes propres & la ‘société hellé- nistique’ que ne le furent d'autres secteurs de la vie des préttes. Cette grille danalyse en wois niveaux permet d'envisager d'un point de vue qualitatif les questions formulées plus haut: les femmes égyp dane femme ayant exeroé pendant quatre ans fa prétrise d'un thiase féminin. portent plainte conte les membres de celui-si, qui refsent de payer le capexéy (voir inf) © Dans cette perspective, la déicace / Bg. Nub, Lowwre 14, 30, que nous avons com: mentée plus haut, fournit un exemple incéressant dallusion probable au [auvoSodiv ely] de Fassociation des prétes, comme U. WHCKEN, in APF's, 1906, p. 323, Pav bien compris. Le progrés des connaissances grice aun éudes pares depuis lors sur les ssociations rigiewses ne justifie pas, } mon sens, le retour d'E, Bernand & Fancienne lec- tute [Pacrdodby vépoly), ni son commentaite (p. 5): "Cet honneur particulier (la fete annuclle de la famille royale et le jour anniversaire de Bodthos) rlevait dune décision royale qui semble avoir pis la forme d'une loi générale téglant les cérémonies (950%), plocdt que d'ane décision de association, ce qui fait préferer la eatiction de Strack, addmise par Dittenberger, 2 celle proposte par Wileken” (wuivi wéemment par HEINEN foe note r2h p. 33). Dans 2 fice, 22, 5 (ec comm), est en effet Fexpression (@iacdroey xGucy (restitution aussi possible pour / Ee: Nub. Loner x4 30) gui designe le glement de Fassociation, Un décret (pephisina) honorifique oetroyé par les prétes thé bins? Amoncasonthis,éliceé conformément aux praiques législatives des cites grecques (me tion, etc), démontre par ailleurs qu‘une assemblde de prétces pouvait en droit accorer des honneuts similares 3 ceux que des cites grecques accordaient & des bienfaiceursprivést notamment, un jour de féce éponynie est instauré pour célébrer Fanniversare du strate Kallimachos (R. Hunmacttee, Das Bhyenelvet fir den Stategn Kallimachos (Beitige nur Klassischen Phitologie 17], Meisenheim am Glan 1965; pp. 22-35; 72). Quant aux hon nneurs cultuels royaux, olebeds dans les temples & Foccasion des fetes de la dynastic, is Grain également réglementés dans les hp / vyi0e des assoctations, cf DE Cental, Les casocations religicwes (.e. nove 39) p12 des cesponsables, atendus, formule de sanction, solution, clause de publica 409 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 55 tiennes pouvaient-elles tre prétresses? Formulée ainsi, la question est vite réglée: on rencontre dans la documentation des fernmes prétresses depuis l’Ancien Empire", pour Pépoque gréco-romaine, du moins, le tableau brossé par Alan Lloyd est trop minimaliste, car des fernmes par ticipent aux ttois dimensions de lactivieé sacerdotale définies & Pinstant — accés un corps sacerdotal, exercice effectif d'une fonction, enga ment contractuel dans une association, Dans les documents grecs de la chins, et plus particuliérement & Pépoque romaine, des femmes égyptiennes détiennent pacfois le titre sgénérique de igpers ou de idpicax renvoyant, dans un langage adminis- tuatif, au statut de préwesse, sans que fa nature du culte soit nécessaire- ment précisée. II sera inutile d'approfondir ici étude de ces documents, cat Fr. Dunand a dgja monteé, dans une belle étude, cout ce que Phi totien peut en conclure sur le stacut socio-éonomique privilégié de ces dames, qui appartenaient & de vieilles familles de prétres. Nous nous bornerons & ajouter au dossier des prétresses attestées dans les documents, grecs de Pépoque romaine un perit document bilingue, qui illustrera concrétement notre propos: Eviquette de momie bilingue inédite de Ulnstituc dgyptologie de Strasbourg inv. n° 3039 (= F 21 Spiegelberg)* (fig. 1-2). Cette tabla faisait partie de Ia collection d’étiquettes de R. Forter lorsque W. Spiegelberg la vit & Strasbourg durant Phiver 18933 comme les © Voir par exemple AIM. BLACKMAN, On the Peston of Women in the Ancient Egyp- tian Hierarhy, it JEA 7 (w921), pp. 8-93 143 W. WARD, Fsays on Feminine Tits of the Middle Kingdom and Relawed Subjects, Beivour 1986, pp- 6-10 (w'bt et brim): HAG. Fiscuier, Worwen in the Old Kingdom and the Heracleepolivan Pevid, in BS, Lesko (Ed.), Worment Earliest Records fon Ancient Exype and Western Asia, Proceedings of the Conference ‘on Women in the Ancient Near Ease Brown Universicy, Providence, Rhode ilond November 7, 1987 (Brown Judaic Stadies 166), Atlanta 1989, pp. 1819; WA, Wand, Now Royal Women and their Occupations in the Middle Kingdoms, io L85KO (0). pp. 3435: G. Rows, Some Image of Women in New Kingdom Are and Literasur, in LESKO (o.e)s pp. 107-108; B. MENU, Women and Busines Life in the First Millenium B.C, in L8SKO (e.), pp. 204-205 (femmes choschytes); S-A- NAGUIB, Le clergéfominin mon thebain (OLA 38), Leuven 1990; G. RoBiNs, Women in Ancient Egypt, London 1993; pp. 2-14 +" DUNAND (o.c. note 6, pp. 352-374. On vesea également les quelques documents ott apparaisent des femmes détentrices d'un kttesacerdotal dans RONTANDSON, Women nd Saciey, pp. 55-62 (inédit au moment du présent colloque) 4 Je remercie avec phisic Cl. Traunecker, Directeur dle Fastin dégypeologie de Strasbourg, de miavoir autorisé & publier ce document 410 4% 56 FR, COLIN, autres pitces du dossier, elle avait écé expédiée 2 Pantiquaire suisse au départ d’Akhmim ou de Sohags, origine confirmée par Vorigo Bompat. Le savant allemand dut la copier, car il tient compte des noms propres quelle contient dans son étude sur les Agyptische und Griechische Eigen- namen’”, Létiquette serait finalement entrée dans la collection de PInsti- tut eégyptologie en 1958 ou en 1962, en: “don de Madame Forrer aprés le décts de son mari”, Il Sagit d’une tableite opisthogeaphe en bois, de forme & peu pres ree- tangulaire, aux angles Iégtrement attondis, surtout du cété du trou de fixation, Longueur 19,6 cm, largeur 6,7 em, épaisseur 1 cm. Le texte est écrit dans le sens de la longueur; écritures claites et grandes, comprenant peu (grec) ou pas (démotique) de ligacures entre les lettres ou les groupes de signes. Les textes grecs des deux faces sont de la méme main, mais on notera la forme différente du B de MaxGéa dans les deux versions. Le grec de la face B est écrit de fagon un peu plus aérée que sur Pautre face, et comprend une information supplémentaire, Page de la défunte. Conformément & la mise en page la plus babituelle®, le trou de fixation est situé & gauiche du texte grec (sur la face B) et & droite du texte démotique (sur la face A). En revanche le texte grec de cette dernigre est situé A gauche du trou, il a done été écrit aprés que le texte démorique avait déja déterming Forientation de la tablette; les lignes démotiques préctdent d'ailleurs les lignes grecques. 6 WG SmecELBERs, Agyprische und Gricchtche Eigennamen aus Mnieneiketton der Rimischen Kaiverzet, Leiptig 1901, p. Vi 1. A cette Epoque, Foréer na pas encore effectué son voyage ent Egypte (entrepris en mats 1894), et les objets égyptiens de sa collection sont done coujouts des achats provenant du commerce des aniquités: B, SCHNITZLER, Robere Farrer (1866-1947) archnlogue, drinan et antiguaire, Bar le Duc 1999 (Recherches et doct- ments 6), ps st # SptEGELBERG (oe. note 46), pp. 1471 23" 49" # La question de la date d’entrée de eet objet dans la collection, en compagnie autres pitces, doit ue écudiée par A. Schwyteet, que je remercie vivement pour les informations fournies, La mention “don de Madame Porter apits le décts de son mari” est datée de 1962, mais une auwe fiche des archives de l'Institut fait état, propos de cette dtiquett, d'un “achat Forres” en 1958 (le décds de R. Forrer remonte au 9 avril 1947 et sa seconde épouse Ini survivra jusqu'en 1978 (SCHNITZLER [ac, aote 46], p. 1933 195). © CE J. Quatcststin, Thre Bilingual Muminy Label Memioning Children of Apolo- aos and Senaremephis,in PWV, DESIMAN, Texts eres, démoviges et bilingues (Pap. Luge. Bar. 19), Leiden 1978, pp. 239-240. ail PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 57 Date: probablement HII sitele, en tout cas aprés 212 d’aprts le genti- lice Aurelia, Face A: 1 piyas by rims Wair Sqr m-b3h p3 mir 3 nb Tbe AdpnNla Oueatdrg Anon éitog heyouevog Taner pared Tapimoc tépiaax dmb Bop(na). Face B: Aden hla Buemtdrs Arodrés- roc ReySpevoc Hamper warps Taplmoc prox dnd Boprerh, &Bloaey eriiv elkoot névte, AL get BL. 2, lire Neyopévov. Face A démotique: “Puisse son ba servir Osiris Soqar, en présence du grand diew maitre d’Abydos”. Face A grec: “Aurelia Thmésiés, fille d’Apollds dit Papbel, et de sa mre Taripis, prétresse, originaire de Bompat”. Face B; “Aurelia Thmésids, fille d’Apollds dit Papbel, et de sa mere “Taripis, prétresse, originaire de Bompaé, vécut 25 ans”. Fig. 1 Eniguette de momie bilingue de Plnsticut ’égyptologie de Strasbourg inv. n? s03, face A (cliché Claude Traunecker). 412 58 Fe COLIN Fig. 2 Etiquette de momie bilingue de Plastitat d égyptologic de Strasbou! 1g inv. n® 3039, fice B (cliché Claucle Traunecker).. Dans la formule funéraite habituelle, Pépithéte (p3) mur suit immé- diarement le nom d’Ositis; sur la face A, |. 2, le scribe a cependant intro- duit la préposition m-b3h, qui est inutile. On retrouve la méme particu Jarité sur une autre étiquette de La collection Forrer (Fas Spiegelberg, désormais inv. n° 841 da Musée de Berlin), appartenant & un pto- phere; de surcroit, d’aprés le fae-similé publié par G, Méller, la paléo- graphic des signes démotiques de ce document et celle de notre tablette sont proches: il n’est pas impossible qu'il sagisse de la méme main, Si le nom Thinesids, qui se référeraic & une divinité de Fenfante- ment®, n'est pas rare, Taripis, en revanche, est beaucoup moins fié- quent, Quant au sumnom Papbel, “Celui de Foeil”, selon interpre tion de Spiegelberg®, il est exceptionnel, car on n’en connaissait jusquici quiun seul exemple, qui du reste n'a pas écé recents dans les dictionnaites de Preisighe ct de Foraboschi, En effet, a lecture de ce nom, sur une éti- quette de momie achetée dans le commerce des antiquités (“don du Dr. Sandwich”) et conservée au Musée gréco-romain d’Alexandrie, avait posé R, Dematiche Texte aus den Konighichen Mascon au Berlin, | Mhumien- schilder, Leipzig 1013, 1° 38. ’ % SMEGELRERG (2. note 46), p. 15%. On notera une autre Aurelia Thmésids, égale- ment Bompae (C: Feig. Mam 1834 = T- Mom. Lowore 46) Seulement trois exeimplestrouves par une recherche lexicale assstée par ordinateur » SmpcELBERG (ae, note 46), p23" 413 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 59 les difficultés aux premiers éditeuts, jusqu’ ce que, dans fe volume I du Sammelbuch (3473), Br. Preisigke propose d’aprés la photographie la {econ suivante: Bijoug ulde Anode Hamper, Taine 4 wh(en)p ado, (riiv) Plutdt que le patronyme d’Apollés, Papbel pourraic étre ici son sur- nom, Dans ce eas, éeant donné la grande rareté du nom Papbel et Piden- tité du nom de sa femme sur les deux ériquettes, il est possible que les Apollés alias Papbel de ces documents soient un seul et méme homme, ce qui ferait de Besis un fitre de notre prétresse Thmeésibs: Apollds a dit Papbet in 1, Basis Aurelia Thmésiés Fig. 3 Stemma généalogique de la prétresse Thmésids Dans cette hypothése, la lecture de Fr. Preisighe, qui était mise en doute par une lecon concurrente Hezezs, proposée par PL. Meyer et inséeée dans les Zusiitze und Berichtigungen du méme volume du Sam- melbuch, se verrait confirmée’, et létiquette conservée & Alexandrie proviendrait probablement de la région de Sohag, voire plus précisé- ment de Bompaé. On remarquerait aussi que, contrairement 2 sa soeur putative, Besis, qui avait pourtant déja 19 ans, ne portait pas de titre sacetdotal, ce qui pourrait indiquer que tous les enfants d'une famille sacerdotale n’accédaient pas nécessairement au statut de prétre; et si Pon se risquait 4 pousser plus loin, on constaterait encore que le nom de Bésis nétait pas précédé du gentilice Aurelius, ce qui indiquerait tun décés avant 212, et partant, situerait Pétiquette de sa soeur (Stras- bourg) plutét au début du ILI*sidcle. Mais on se défiera de argument © App. crits ne... Botti, Tlenfed (2) Breccia. % Le seribe a noté un eréma sur le 1 de vis, ° Les teaces visibles sur fa photographie ce B. BRECCIA, huscriptiones Graerae Aegypti pp. 230, ph LIX, n 141, sont en effet compatibles avec Ia lecture Flan (de préférence & Tlapcya) mais fe manque de comtraste de kx partie droice de fa tabletce nécesstersic un examen a a loupe cle Totiginal pour faire fa part de Vencre et des taches la fin du moc. 414 60 Fe. COLIN asilentio, cat rien ne dit que Fidentité (Aurclius?) et le stacut (prétre?) du jeune défune avaient éé exprimés de fagon exhaustive sur Péti- quette de sa momie — qui n'est pas un document d°état civil. En ce qui concemne les conditions d'admission 4 ordre sacerdotal, peu dinformations nous sont disponibles; du moins le crittre de Phéré- dité devait-il jouer pour les deux sexes, et le métier de prétresse suppo- sait vraiscmblablement, comme pour les hommes, l'exetcice de certaines compétences. Les jeunes femmes étaientelles tenuies de se liveer & un tite de passage analogue & la citconcision, qui permettait & administration romaine de controler acets au rang sacerdotab”? De notre point de vue, les seules mentions des titres tépeun et EEpuaae, aussi peu informatives soient-elles, constituent la preuve la plus immeé- diate de ce que les femmes égyptiennes pouvaient accéder 4 un statut jugé comme équivalent & celui des “prétresses” grecqutes Crest un theme récurrent de la bibliographic égypeologique que de se demander si les titulacures de prétresses correspondaient & une fonction réelle ou seulement une distinction honorifique, virtuelle, ou, plus astucieusement, si les femmes détentrices d'un titre sacerdotal exergaient clles-mémes le culte dont elles percevaient les revenus, Il serait hasar- % On notera au passage la réflexion d’A.M. Romi, Liyptian Phyles in the Old King- dom. The Eooution of a Sytem of Social Organivation (SAOC. 48), Chicago 1991, p. 75, 4 propos de ladinission aux phylai de F Ancien Empire: "The possible connection of phyle membership with a tual of circumcision need not have prevented the initiation of women, as a corresponding operation is still sometimes performed in Egypt and the Sudan today though its occurrence in antiquity is much-debated question”. En ce qui concerne VEgypte actuelle, “sometimes” est certainement optimist; la presse éyptionne Evoque ene 95 e& 97% de lt population Féminine excsée, bien qu'il soit évidemment impossible de verifier ces statistiques, surtout depuis que Pexcision a éréinterice par le gouvernement égyptien ® Dans une belle ede, J.H. JOHNSON, Women, Weald and Work in Exprian Society of the Polemaic Period, in Studies J Quacgebeur,p. 1407, Sinterrogesi rou récernment: “This use and non-use, of tikes raises interesting questions: Were women carrying out the jobs associated with shis property or only receiving the income?"; de méme, M. Deraww, The lionomas or in-wwy, in Studi]. Quaegebeur, I, p. 2440: "Filly doe. 30, in which the (male) ionomos grant his liturgic days in two sei to his wife and daugh- ‘er agsin indicates tha, although they may not have performed the cliiousdusies themselves women could at last have the ustfict of these priesthoods” (M. Depauw me confie avoir inséré Fincise que je souligne uniquemene par soucis de prudence, sans idée pré congue sur une éventuelle incompatbilitérituelle lie aux fetes, et pour fe doc. 30 commenté, it seul Phomme auteur du testament en faveur de son pe we ot de sa fille 415 PRETRESSES INDIGENES DANS L'SGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 61 deux de vouloit proposer une téporise générale, qui puisse se vérifier dans tous les cas particuliers. Néanmoins, méme si le doute des com mentateust se justfie dans certaines citconstances, rout porte 4 croire {que les femmes prétresses pouvaient réellement effectuer les actes rituels de la fonction. Un exemple tebtynite montrera que les femmes partici- paient en tout cas aux activités économiques artachées & Ja profession sacerdotale: pat un document “d’éloignement” démotique (tw=n wy r- br=1) &abli on 100 avant notre ere, deux firtres, Pétosiris Pain€ et le jeune, dont au moins Je premier était prétre, reconnaissenc & leur soeur cadetie, Ta-rpy, le droit de jouir des revenus de deux jours de service (hrw ins) auprés du sanctuaite d’Hermouthis?. Bn pratique, ce docu- ‘ment gatantit & la jeune femme le bénéfice de deux trentitmes des reve nus dofliandes mensuelles (br bt nb) versés au compte de la chapelle de cette déesse agraite, sise 8 Pest du dromos de Soknebtynis —- monument bien visible grice aux fouilles récentes, dont Pétude archéologique vient d'etre réalisée par la mission conjointe de PUniversité de Milan et de ut se comprendre). Voir aussi en tue sued Torr ce precept cape Reewcil,p. 5: “nos tivis préees ont hérité leurs droits et leurs devoirs de quatre parents parm xgue iy ait ois emmes: es emnes powaentcles asset ex ale el 8. Quirke, Women in Ancient Egypt: Temple Titles and Panenary Papyr, io. A Tarr, Studies on Ancient Egypt in hononr of HS, Smith, Occ. Publ 3, 1999s p. 229: “Its not my intention here to debate whether or not a woman might have see ved the statue of a godess in daily elt, providing food and drink offerings and robing the image”. Lauter formule ensuite une hypothése intéessante, selon laquelle les fernmes ttlaies da tte de ‘prophérese d'Hathor" sous Ancien Empire, an débue du Moyen Empire et & la Basse époque ne seraient pas des prétteses spécifiques d’Hathor, mais des épouses de notables que leur haute position sociale amenait & ten le 6le de imusiciennes dans le cadre de cérémonies culcuelles, P Cait. IL 30620, f. B JBLINKOVA-REYMOND, Deus contnats dématiques concernant Ue vente des evens ltngigues in RIDA II, x (i954) p 38-43. Le sanctus d'Fleemouthis est connu depuis longtemps grice & ces textes démoriques, mais on s'a pas remargué qui rat probablemenc nomuné également dans un papyrus grec du grsphrion: “Bpyoiens ‘equiv (pour iepés) (P Mich. V 329-330. I 5, €'aprés tne intexprézation de P. Heilpovn, qui ie imal itp bt se mca das nw. 796 com plet dans inv. 750 + 707). Lorthographe greeque, ‘Bonoibts (sans Vaticle fri), cor- Tepond 3 ell des dacunens digs, Rn gve ne pede as Parle 2) Cai, I 50620, 6; 30617 2, 25 b, 35 caus un compte sur extricon découvert en 1998 dans le grand dépotair 3 Fest dr temple de Soknebrynis: fics) n Runs so, “La chapelle aFlermouthis, so” [n* dobjet dans FUS A 7001-14 ligne x + 6) [époque romaine? apres la minceue des pleins er des dis) 416 62 Fr, COLIN PRETRESSES INDIGENES DANS L’EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 63 Fig. 4 Dans la chapelte de la décsse agraire Hermouthis officiaient notamment des prétresses, dont certaines portérent le nom théophore “Chermouthis”. Cliché IFAO 92-646 (ean-Frangois Gout, © TAO) TIFAO® (fig. 4-5). Le document précise que ces jours de liturgie “ont attcine” (pp) la bénéficiaire, Ticrpy, “au nom de” [w rm (n)] sa mere Thermouthis (1, 10): cette formule successorale pourrait faire supposer que les revenus ont été transmis d'une mére 4 sa fille sous la forme d'un héritage. Mais & cette date Thermouthis est toujours bien vivante, car lle poursuivra ses activités pendant deux ans ate moins‘, TH convient done de rejeter Phypothise selon laquelle les deux fidres auraient revendu 2 leur soeur leur part de jours liturgiques, dont ils auraient © C, Gattazzi ~ G. Happ-Mivactou, Tebypnis, I, Le Caite 2000 (Fouilles fianco= italiennes). II mest agéable de remercier le Prof. Cl. Gallazsi, Directeur des fouilles le ‘Tebynis, de mYavoir aurorisé& publier des clichés de la chapelle d’Hermouthis (ig. 4-5) © CEP Cain I 30617, dont la datation sera discutée plus loin, 417 Fig. 5 Vue générale de la chapelle d’ Hermouthis et de son dromos (voir fig, 4), perpendiculaires au dtomos du temple de Solenebrynis, dont Nentrée est & droite sur la vue, Cliché IPAO 92-673 (Jean-Frangois Gout, © IFAO) hétité dune mere décédée; Pabsence de document “de paiement dar gent” (Gb m rbe-bd), complément invariable des documents “d’dloigne- ment” (vb » wy) dans le cas des ventes réelles, ne doit pas tre imputée au “hasard des découvertes’, mais confirme au contraire notre conclusion. Il faut bien constater que Thermouthis transmit de son vivant des revenus sacerloraux 2 sa fille, en engageant ses deux fils aings & respecter cet acte Le texte du documene stipule que les jours de service constituent “Lalimencation” [n3yw=¢ s'nb(.v)] de la jeune femme ([. 10); si le terme revét ici fe sens technique qu'il a dans les contrats de mariage — biens dotaux configs & Pépoux pac la famille de la mariée en échange de son entretien —, il est permis de se demander si les revenus liturgiques ne ont Finterptétation dE. JELINKOVE-REYMOND [ac nove 55), pp. 38-45 418 64 Fr. COLIN servirent pas & constituer la dot de la cadette & aries. Quoi qu'il en fite, cette opération sinscrivaie dans le cadre plus vaste de la transmission et du partage entre collatéraux des biens de la famille, car le document favorable 2 Teerpy fait allusion 2 un autre document “d’éloignement”, Etabli le méme jous, par lequel la jeune femme reconnaissait de son coté les droits de ses fidres sur tous les biens immobiliess, maisons et terrains, appartenant & Pétosisis le jeune, fils de Pétositis (I. x4). *Pétosiris « Thermouthis. voprwsue, Pétosiris tainé _Pétosiris le joune Fig. 6 ‘Transmission de jours de service (hrw Js) de “Thermouthis & sa fille™, Lattribution spécifique de revenus liturgiques d'une mére & sa fille pourrait résulter de ce que ces revenus étaient attachés & une prétrise féminine, Mais, jusqu'ici, aucune formule positive et explicite n’exclut que la méze, puis Ja fille aient seulement possédé les revenus équivalant \ deux jours de liturgie, sans procéder elles-mémes aux tiches rituelles de Ja fonction sacerdotale. Autzement dit, peut-étre ces femmes ne partici- paient-elles qu’a la dimension économique du processus, en possédant des droits professionnels hérieés de leur lignée, dont Pexercice concret aurait été laissé aux époux, Une nouvelle transaction, effectuée deux ans plus tard, réfute cette objection. En effet, en 98%, notre Thermouthis © Selon une suggestion de W. Clarysse, qui m’a fie observer gue Pabsence de contrat “de paiement argent” (sh » tb+hd) pourtait sexpliquer de ceice fagons sur lesa, PEsT- MAN, Marriage, p. 107 © Les personages manquds de Partérisque (*) portent un tive sacerdoral yp... donc la Jecture a posé probléme. W. SMEGELAERG lit 1p'p..2 (P. Gain: I 30620, pp. 56-57): E, JELOSKOVA-REVUOND, nep'y mer bonnie (ac. nose 59, ps 28m, 5-6}; C. D1 CERRO, 1p'y nery (comennication personnel). SP Cair IL 30617 arb, cf, JBLINKOVA-REYMOND (ae, ote 59, pp. 23-38). Ce dernier auteur (p. 27, n 1) eonsidéeait que ces documents avaient éiéérablis Pan 10 di rg, est rant quils devaient nécessairement-étte antérieurs au P Cair. 1 30620 (sans doute alt sensée y supposer le déets de Thetouthis). Cependang, la Ieee del date greeque de Fenregistrement du dociment au graphcion ne fait pas dffculeé: Erove i (2 Cate 1, ph XXVIN).-— ee i serait ers éeonnane que le docu Papr’s Fexpression ph wr m, qui 419 PRETRESSES INDIGENES DANS L’EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 65 achtxera 4 ois demi-frdzes et soeurs un jour et demi de service mensuel auprés de la méme chapelles cette fois, il sagit bien d'une vente réelle, car les cédants, Tiegty, Tacit et Pa-H'py, produisent a la fois un docu- ment “d’éloignement” (sh » wy) et un document “de paiement argent” (ih nm thi-bd). En Voceurrence, les trois demi-fitres et soeurs doivent avoir hérité leurs parts de service, sans doute chacun un demi-jour, de eur mete Té-'py, “au nom de” (777 (n)] laquelle ces parts leur ont été transmises (ph)®. “NBIC% Tet py | [Ta-gny Todss Fig. 7 Vente & Thermouthis de jours de service (bri Sins) héricés une femme, ‘Thermouthis occupe désormais le rdle actif de Pacquéreur, les revenus Jiturgiques en possession desquels elle entre ne lui reviennent ni d’un don parental, ni des hasards d'une succession; et les termes de clétuze du contrat, ddment enregistré au grapheion, évoquent cxplicitement les tiches rituelles que la dame sera en droit d’accomplir: (Ioi, Thermouthis), ta accomplias le service et rendas le culte (o»itost ir 3 Sis. 93 ‘r£s0) — (pout Péquivalent de) ce jour et demi de liurgie done question plus haut —~, et tw toucheras leurs revenus (m= £3) nlyety ine), lear [...] et leurs biens (13y=w ih.2e) & partic du jour susdie®, Supposer que Pexpression ir mi hms, 23 ‘iw, “accomplir le service et rendre Ie culte”, revéte une signification différente selon qu’elle sap- plique aux hommes ou aux femmes, ou encore imaginer que le scribe iment eit &é enregisré 7 ans aprés sa rédaction, En wéalité, dans fe protocole du 2 Ca 14061 a, le chife démotique 10 est séparé de Vindication du mois par un espace tres effacé,tandis que, dans le Car 30617 by i est suv d'une lacus fa lecture 17] pro porée i Forigine par W. Spiegelberg doit done erze maintenue. 6 B Cain. 30617 a, 13. % P Cain I 30617 4,56, pl. XXVII han et XVI haut. propos des revere ser dotaux mentionnés dans les P Cain. 30617 et 30620, voit M. MALININE, Chatc de sexes nvidiques en bidratique ‘anormal et en dématgue, I, Pats 1953. pp. 180-12, n. 420 66 FR, COLIN auteur du document, ne tenant pas compte du sexe de sa cliente, ait cal- qué son texte sur un formulaire standard destiné anx hommes (rout en accordant les pronoms suffixes au gente féminin!) — en Pabsence dar- gument positif —, ce serait adopcer une démarche hyper-critique, ou ethnocentriste, si l'on se réfere inconsciemment au sexisme clérical des religions révélées, Force nous est de constater que cette femme, dont le nom théophore “Celle-d’Hermouthis’ évoquait Pappartenance & la déesse, exersait de plein droit la fonction de prétresse de cette divinixé ophidienne. ‘Au travers de ces documents, les transactions régissant P organisation matérielle du culte d’Hermouthis et de ses reverts apparaissent comme des ‘affaires de famille’, qui concernent aut premier chef les ferames: en 100, Ia prétresse Thermouthis transmet 2 jours de service & sa fille, afin de constituer son s'nps aucune clause ne stipule que la bénéficiaire exé- cutera elle-méme la liturgie correspondant aux revenus, dont la respon- sabilité demeure peut-étre entre les mains de la mére prétresse. En revanche, lorsque celle-ci achérera en 98 un jour et d trois demi-firéres et socurs qui Pavaient hérité de leur mére, il ese bien spécifié qu'elle “accomplira le service et rendra le culte’. On soulignera que la dame dont provenait fa propriété de ces revenus, Zi-Fi'py, les transmit aux enfants de trois lits différents. Tout se passe comme si les devoirs liturgiques et les revenus afférents étaient wansmis Pune mere aux enfants des deux sexes, sans que la parenté paternelle intervienne, pour étte ensuite recentralisés sous fa forme d'une vente & une femme prétresse du clan familial, Au lieu de constituer des ventes ordinaites, ces transactions ségis- saient, de fagon contractuelle, Ia répartition des revenus divins transmis de génération en génération au sein dune ou de plusieurs familles sacer- dotales qui assuraient le culte dans la chapelle. Nous disposons cepen: dant de trop peu. de documents pour savoir si le culte d’Hermouthis n'étaic jamais rendu par des hommes; on évivera done de cirer des conclusions dune portée trop générale au départ de ces quelques pices darchive, Néanmoins, on retiendra que les charges et les bénéfices mensuels ligs a Pusage du petit sanctuaire étaient fractionnés en autant de jours de ser vice, dont la propriété érait divisée entre plusieurs personnes, qui pow vaient acheter ou aligner leurs droits. Concrétement, parmi les modes possibles de distribution des revenus, on peut imagines, par exemple, de service 2 424 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE. 67 que les rentides courantes (offrandes du culte quotidien, produit des tettes appartenant & la déesse) étaient divisées en un certain nombre de parts dont limportance absolue variait selon le montant quotidien des rentrées, parts équivalant chacune & une fraction de revenu de “jour de service”, Dans cette hypothése, nos prétresses recevaient régulitrement un nombre de parts de ces revenus proportionnel & la quantité de “jours de service” & laquelle elles avaient droit pour une période décerminge Une méthode de distribution particuliére était peut-etre établie pour les revenus exceptionnels, par exemple lors des fétes importantes — les conttats régissant les droits respectifs des prétres de certains sanctuaires, en rout cas, stipulaient que lors des fétes anniuclles tous les prétres parti- cipaiene solidairement & la ficurgie®, I peut étre utile de garder tour ceci & Vesprit lorsque l'on considére certaines mentions de fetmes dans les documents ‘économiques’ rédigés par les prétres de Tebtynis, En effet, les listes et les comptes inscrts, notamment, sur les ostrace démoriques inventés dans les environs du semenos de Soknebtynis sont génécalement des documents de travail pro- duits par les préttes qui vaquaient & Porganisation matérielle des affaires du temple: vente de la production agricole du domaine divin, dépenses pour Fentretin du culte, contributions pécuniaires versées par les prétres, listes de prétres orconnés par tribus, memento en rapport avec les tiches quotidiennes. des prétres... Voyons, par exemple, un compre démotique écrit sur un ostracon découvert par la mission de PIFAO et de PUniversité de Milan &’Tebtynis dans un contexte non daté (vadim)®, dont a paléographie n'évoque ni la haute epoque ptolémaique ni Pépoque romaine avancée. La premitre ligne de la premitze colonne nous apprend que ce compte concemne une femme nommée Thermou- this (T3-Rrn.#). En regaud de son nom sont comptabilisées trois unités, qui constiuent une somme; les éléments composant celle-ci sont détaillés aux lignes suivantes: la deusitme ligne enregistre “la nourriture (wnm) du deuxiéme jour (du mois)”, quantifige au moyen dune frac: tion, et les lignes suivantes continuent de détailler cette comptabilité, jour par jour, jusqu’au septitme jour du mois. 6 Céxait casa tounnane de I tdi Hse dans wn sancti itt sur fe er 1d Séapeum de Memphis, ef Recep. 93 21. N° objec dans 'US 7801 272, n® SAE 4214 (année 1996); je emercie vivement “Ola EL-Aguizy de avoir permis d'éadier ce document et den fire ar ici i fit pa sie dm dossier dastrarn dont Mine Bk:Aguiy prépae Ulicion 422 68 COLIN Col. I Col. PeRon.ts3 ‘Thermouthis: 3,4 savoir umm nsw} noutriture du deuxibme jour: sw 3: 2 twoisitme jour sia 4: 4 ‘quateitme jour su 5 3 sw 6: 3 sixitime jour sw 7: i. sepritme jour Le compte est bon, car Paddition des fractions notées devant chacun des six jours aboutit aux trois unités mentionnées en face du nom de Thermouthis, Une seconde colonne spécific des produits végétaux, sésame et lupin Q) Gif), ec probablement leur valeur cn monnaie (Los Shy brlge 2 /2's 2-32 BL... “gt 57; puis note le montane d'un solde: sp bt 7.... “teste: 7 deben...” (. 4). Lostracon doit avoir été rédigé par le responsable d'un budget décerming, en espéce et/ou en nature. La colonne I enregistre des: dépenses faites pendant la premitre semaine dun mois au profit de Thermouthis; la seconde colonne indique veai- semblablement la nature des produits consticuant “la nourviture” (wnm) attribuée & cette bénéficiaire, A moins quelle ne mentionne d'autres dépenses additionnelles; et le compre se cloture par le solde du budget. Le texte, comme il est naturel pour ce genre de documents laconiques, niindiqne pas & quel ticte Thermouthis bénéficie de ces versements de “nourriture”, et nous ignorons donc tout de son statut. Néanmoins, tis hypothéses peuvent étre formulées: on ne saurait exclure, tout d'abord, qu‘dle fite prétresse elle-méme, et que la “nourriture” provienne de reve~ nnus arcachés 2 sa charge sacerdotale — sur d’auttes ostraca et papyrus analogues, dans des listes Phommes dont nous savons quiils étaient prétres, seuls quelques-uns voient mentionné leur titre sacerdotal (en général un titre bien spécifique, comme mrin, mer-mi ou hm-ntr n Ist, par exemple). Dans cette premitze hypothése, comme nous savons que des femmes Pune famille active au HI sitcle furent responsables de la licurgie et des revenus de la chapelle d’Hermouthis, il serait possible que notre compte journalier se rapporte précisément aux revenus attachés & xt édifice: 73-Rnn.t-Thermouthis ferait ainsi partie du méme clan fami- lial que la prétresse dont nous avons étudié plus haut Pactivieé liturgique — on notera au passage que cette derniére fut surnommée Thermouthis HII par Spiegelberg, qui dénombraic dans cette famille pas moins de 423 PRE-TRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 69) Fig. 8 Ostracon démotique 7801-272/4214. Cliché IPAO 97-1121 (Jean-Frangois Gout, © IFAO). quatre dames homonymes en Mespace de quatre générations. Les frac tions (des tiers), dont le rout aboutie a trois unités®, représenteraient autant de parts de reven quotidien, correspondant peut-étre 3 la pos- session de “jours de service” (rw ims), réparties sur six jours de la pre- mitre semaine du mois. Les données puisées dans un fameux texte de kégislation sacerdorale, le décret dle Canope édicté en 238 par Passemblée des prétres égyptiens du pays entier, permettent daffiner cette analyse. Comme la princesse Bérénice venait de mourir on bas age, les prétres décidérent de la divini- ser et Pintroduite, entre autres inovations cultuelles, une fete en son © La nature de Punicé ese pas précis, seule la demnitre fraction ext suivie de deux points qui pourraient éventuellement se lire Jr, mais cette expression ne semble pas a priori se référer aux fractions susmentionnees, car elle les sui. 424 70 Fr, COLIN honneur lors des rites isiaques des Aikellia’, au mois de Khoiak. De plus, en mémoire de enfant défante, ils prirent des dispositions spéci- fiques en faveur des filles (sai¢ Ouyarrpdow) de prétres”; les termes utili- sés en égyptien (dém. m3 hrr.w spon.twt, hirogl. 13 msuiw fm.w), litera Jement “les enfants femelles”, insistent sans doute autant, voire davantage sur l'enfance des bénéficiaires que sur leur filiation. Désor- ‘ais, les filles de prétres percevront d&s leur naissance une rente alimen- taire (sp0p%, hr-t) prélevée sur les revenus sactés des dieux (at tepal mpé- odor, dém. p3 hip-nir n n3 norm), dont le montant sera détermin€ par le conseil des prétres de chaque sanctuaire (ot Bovrcurad iepeis, dém. nz w'bw ty mng-mtn 73 inpy) en fonction de Vimportance des revenus sacrés. Par ailleurs, les pains que recevaient dé’ avant cette date les femmes adultes mariées & des prétres (ui yuvatxes séiv lepécov) porteront une marque patticuliére et seront nommés “pains de Bérénice” La compataison des différentes versions permet de définir plusicurs termes de vocabulaire: on peut tout d'abord distinguer, d’une part, les revenus sacrés (al tepat mpbaodor, dém. p3 bip-ntr n n3 nerw ou simple- ment p3 hip-nir, bidtogl. /ap.w mu ner, bip.w-nsy), qui sont la pro- priété des dieux (et comme telle leur sont virtuellement “offerts” dans le rituel), et, autre part, des “rentes alimentaires” (xpopaé) prélevées sur ces revenus ct perguies par différents groupes d’individus”. Parmi les zpopa, deux catégories sont mentionnées: premiérement “on donne aux préctes les provisions qui (ortent) des sanctuaires" (lepetiow 7 Sur cate fete, Fe. PeRomiou-THORAS, Fes d'Eeypte prlémaigue ef romaine dapres 1 docionentaton papyrelogique grecqne Seadia Hellenistica 3), Lovanii 1995, pp. 103-1053, sur la exéation du cute de Béténice, voir Fe DUNAND, Fete, edition, propaganee: les ert monies en Pbonneur de Béréniee,flle de Prolimde Il, en 238 a. in J. VERCOUTTER (Ed), Linre de centenaire 1880-1980 (MIFAO 104), Le Caite 1980, pp. 289-301 % ‘StEGELBERG (ec. note 21), p. 36 (BL. y¥-723 Cl. 3435): . Prove 859-61; 9:70°72. Sur ce passage, voir OFTO (ae: note 13), , p35 Contrirement & ce quiafieme ROMER (oc note 52), pp. 348-349, S384, citane B. Gown, The Sila of Apres at Mitrabing in ASAE 27 (927), p29, dans ce passage du déctet, ‘pug et zpos) ne eeaduisene pas 3 proprement pacler hyp-ntr, mais ftp tout court et bee % Dans. Pre p. 263 33, A. Berman tradi: "Lee noutieares données awe prétres sont prélevées sur les efiandes, e si Von ne tent compre que de ka version grecque, 00 peut en effec hésiter sur la eraduction de Fexpression éx si fp, Mais les versions égyp: inoque, x ep par gecprie et sippy, “sancesices”. Du reste, dans note passage, fa version grecque dstngue nettement +8 eed ~ apyae sanctanites") etal lepal epbooBoe = p3 byp-mr (Voffrande du dieu”, “les revenussicré") 425 PRETRESSES INDIGRNES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 71 BBoveae al spor Bx sv ten)”. En dautres termes, ces “provisions” sont Ja part alimentaire revenant au prétre aprés que le dieu sest servi — la méme idée est exprimée dans l'instruction aux préttes d’Edfou déja citée plus haut: “on appelle dB. (provisions, ‘alimentation’) ce qui est procuré par Pautel apris que le dieu sten est rassasié””*, Tandis que les revenus sacrés du dieu étaient nommés brp-ntr dans les versions égyptiennes du décret, es -xpoat sacerdotales sont appelées “hip.2v” tout court. Pour en revenir & l'os- inacon de Tebtynis, cans Phypothése formule plus haut (Thermouthis serait une prétresse), ce sont ces xporpad — hp. — dB. sacerdotaux que désignerait expression “nourtiture (wam) du deuxitme jour” (Col. I, |. 2). ‘Mais il existe un autre type de reo, celle que le décret de Canope octroie aux filles de prétres (probablement célibataires et dépendant encore de leur pere). Linstitution de cette rente alimentaire, nommée en égyptien brs, “le nécessaire (vital)”, ouvre la voie & unc deuxitme hypo: thse: la Thermouthis & qui est versée quotidiennement de la “not tute” (wom) pourrait érte la fille d’un prétre — si du moins les instruc tions du décret étaient appliquées A Tebtynis & cette époque (on a vu plus haut que le conseil de Soknebtynis comprenait 15 membres; au liew des 25 préconisés & Canope). Enfin, & cOté dles fepat mpbao8o | yp.w-ner, issus du domaine propre ddes temples, il est question, dans le décret de Memphis (196), de la obv- at qui était versée annucllement par Etat aux sanctuaires?; or on sait que cette contribution en nacure ou en argent, dont le démotique trans- crit phonétiquement le nom gree (sntgyy), pouvait &tre payée & des femmes, comme E, Owto” Pa montré depuis longtemps dans le dossier des jumelles du Sarapieion de Memphis (voir infia). On ne saurait done cxclute, non plus, que notre document fit en rapport avec le versement de la osveatic en rémunération d’un service cultuel accompli par une prétresse, Nous ne disposons pas, & ce stade, d’argument pour trancher entre les trois hypotheses. Diautres dispositions du décret de C nice lots des kifellia concernent les femmes: nope relatives & la Fete de Béré- () Que les jeunes filles des preves fassent faire une autte statue de Béré nice VS.F, souveraine des jeunes filles, et quielles fassent pour elle un 26 Nie supra, note 3. 2 SpuEGELBERG (oe. note 24), p: 44 (DL 8: H 14) % OTTO (a6 nove 1), 1 pp. 166-384 426 72 Fx, COLIN sacrifice par le feu ainsi que les autres actes quil est de regle dexécurer pendant les jours de ta féte susnommée, et (I) en outie quil soit possible aux (autres) jeunes filles qui (le) veulent, (de) fate les actes quiil est de rgle de faire pour la déesse comme il ese écrit plus haut, et (HI) qu‘ele soit aussi invoquée par les chanteuses (im'j.21) que 'on-a choisies pour servir ns) les dieux, candis qu’elles sont coiffées des couronnes des dieux aux- quels elles sont attachées comme prétresses; quand la premitre croissance des récoltes est apparue, que les chanteuses (3n'p10#) apportent des épis et ‘qu'elles les offrent ala statue sacrée de la déesse; et (IV) que les chanteurs (sie), hommes et fernmes, chantent pour elle quotidiennement, ainsi que lors des processions et des ftes des autres diewx, conformément aux hymnes que les scribes de la Maison de vie composeront et quils donne- ont aux mattres de chant, et dont ils écriront une copie dans les volunuina de fa Maison de vie (version démotique’. Conformément & ce texte de loi souvent commenté”, quatre catégo- ties de femmes seront habilitées 4 participer activement au rituel de ce nouveau culte: ) Les “jeunes filles des prétres” (ot naévor yy, dém. md ra.wt s.bm.ut n n3 w'b.w), qui procéderont & un sacrifice par le few (avy cedtsovery Ousle)) — une offrande de premitre importance comme le suggére Pétymologie supposée de expression démotique iry grr (déter- minatif [])”, ‘Pholocauste", Elles accomplirone en outre, pour Béréi des autres rites habituellement consacrés & Isis lors des hikellia (E1) La possibilité Pexécuter ce rituel sera en outre élargie aux jeunes filles n’appartenant pas nécessairement 2 une famille sacerdotale (ai dine wapllévor, dém. 23 hy rm.001). (LUD) Les “prétresses” proprement dites, at i€pete ~ wwe) ~ Ah, pourvues de leur titre sacerdotal féminin Jm'yavs, que rend Pexpression grecque af iepat rapHvor, prient (divi) la déesse en pronongant des hymnes (Spveto8as) — cet acte rituel, dont Pexpression constituait, par excellence, le titre dive nér des “divines adoratrices’ du Nouvel Empire ELBERG (oe. note 21), pp. 3995 Le choix de taduire ici version démorique plurds que lr greeque ne signifie pas que je lx sippose peemiéze parm le tois versions; il permet seulement dle souligner les termes n égypeiens ® Ort0 (ae. note 12), Lp. 92-995 BLACKMAN (2¢, note 4), p 2 25: 26; DAUMAS (Ge. note 18), p. 187, §t0t €: DUNAND (as note 6), . 355 Sur cette exptession, voit J. QUAEGEBEUR, Lante-2fé et abattoir en Exypte tar dive in J. QAEGEBEUR (Ea), Ritual and Sacrifice i the Ancient Near East, Proceeding of the International Conference organized by the Katbolicke Universitit Leven from the 17th 10 the 20h of April 1gpt (= OLA 55), Leuven 193, pp. 342-547, 427 DRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYFTS HELLENISTIQUE BT ROMAINE 73 A Pépoque hellénistique™, suppose nécessairement la mattrise de compé- tences techniques particulitres. En outre, ds que les champs commen- cent & croitre, les Jm'y.ue offrent A la statue divine de jeunes épis qui symbolisent sans doute lenfance fauchée de la princesse™, (On aimerait en savoir plus sur la procédure, trop laconiquement évo- quée, par laquelle les jeunes filles Jmm‘xsve étaient “choisies” (stp): qui choisissait-on, selon quelles conditions, et quel statut sacerdotal décer- miné ce choix conférait-il aux fepal napOévor? Les prétresses qui part paient aux kikellia devaient-elles étre sélectionnées parmi les jeunes femmes non mariées, comie le laisserait supposer l'expression greoque? Du moins leur revenaicil, dapres le cexte, de “servir” (ns) les diews, Cest-A-dire de participer au rituel journalier, de “suppléer aux besoins des dieux” (rag yoelag nvpezousvoy vig Heoig); elles étaient attachées de fagon spécifique a des divinités particuliéres, dont eles portaient les cou- ronnes respectives. (IV) Comme pour les eérémonies des autres divinités, des chanteuses forment, avec leurs collagues masculins (ot re Qi8ol doBpec xat at syovatixes, dém. n3 hsv but rm n3 bs. s.hm.0), des choeurs dirigés par les mattres de chant (8 eBo8Siiaxardos, dém. m3 hs.w sbi, higrogl. mrsb3 n psu), qui célébrent Bérénice dans des hymnes composés par les hiéro- gtammates travaillant dans la bibliothéque du temple (ct tepoypay- erate, dém, nj sh.w pr-“nf). Ces femmes, qui formeraient une catégorie professionnelle ou semi-professionnelle, travaillent de concert avec les hommes et ne sont pas pourvues d'un titre féminin spécifique, ni ne sont définies comme des prétresses (dpeiat - w'b. wt La présence de femmes parmi les chanteurs (fs) était coucumitre des fetes de toutes les divinités, La faculté d'exécuter un rite n’était ni Yapanage des hommes, ni celui des prétres — les dispositions du culte % A Balfou, dans le catalogue géographique, la préuesse de référence du IV%nome de Haute Egypte ct celle du XII nome de Busse lgypte portaent tout implement lettre de duh, “Tadoratice™ (H IV, XI, fle commentaire c-dessous). % On a aussi songé &Finfluence posible du culte de Déméter — en Foveurrence pla- x3t de Kort, C. Onasch, Zur Kiniaidologie dev Ptolemiier in den Dereten von Kanopua tind Memphis (Roxetana), in APF 24-25 (1979), p. 147 © Dans la version greeque du décret, le verbe exprimant le choix, &abyourt, nous apprend peu. Dans le P Mert. 73 (cf. VANDONT (2, note 26}), en 163/164 de notte dre, crest e terme yetpauz (3), pew instrwetf également, qui évoque la lap napbbvec (1) au sein du corps sacendoral d'un temple indigtne. 428 74 Fr, COLIN de Bérénice en sont Pillustration; a fortiori te décret de Canope confirme-t-il que les prétresses proprement dites, les pei - w'bws, pouvaient jouer un rdle concret dans le rituel. Le titte de 4m}.t, souvent seul & définir le statut dune femme dans les documents égyptiens®, défi- nissait celle-ci comme une prétresse en mettant l'accent sur sa fonction musicale, spécifiquement féminine’, Dans le contexte de ces honneurs rendus & la dynastie par le synode général des prétres du royaume lagide, plus, peut-ue, que dans toute autre circonstance, lincertitude plane sur ce que les institutions décrites doivent respectivement aux cultures grecque et égyptienne. Certaines entre elles sont clairement indiggnes, comme Ia titulature royale ou fa divinisation post mortem (éxOéwote) de la princesse accomplie & Pimage des rites réservés & Apis et au Mnévis (voir énfia)*, Cependant la forme méme du document, qui se définit comme un psiphisma, s'inspire des décrets dassemblées grecques, avec a mention de Porgane responsable de la décision (les prétres du pays réunis & occasion des jours anniver- saires du roi), les attendus, la résolution, la clause de publication®, Quant au contenu général, il ne détonnerait pas dans un décret honor: fique édicté par une cité grecque en remerciement des bienfa évergtte. Certes, les combats menés par fe roi conte les ennemis du royaume et ses qualités de souverain juste assurant le bon ordre dans son administration terrestre pourraient étre attribués aussi a un Pharaon; mais en outre, a la suite d'une mauvaise récolte, Ptolémée LI Evergéte ct Bérénice HI ont fait importer du blé 4 un prix élevé, depuis la Syrie, la Phénicie, Chypre et de nombreux autres lieux, pour le vendre probable- ment & bas prix en Egypte afin de sauver la population de la famine”: s d'un * Dans 20 stiles fanérares sur 60 appartenanc 3 des femmes & Pépoque prolémaique, Ja propritaire porte ce seul titte, comme I's monteé JOHNSON (a. note 58), p. 1599. 86 BuAckMAN (a., note 43) pas. % Ce nest sans doute pas un hasard si fa plus ancicnne attestation du terme &éwors appara précisément dans notre passage dit décret de Canope évoquant la divinisation de la petire Berénice (voir C. HANiCHT, Gotsmenscentume snd Griechiwhe Stidte (Zevemata 14)), Miinchen 1970, p. 176; cf aussi dxodéwoig p. 175). Ine Sait pas fk d'un emprunt 2m vieux bagage lexical de fa zeligion greeque, mais plus veisemblablement une exes tion ad bre pour nommer la eérémonie égypticane de tansformation en reine divinisée Du reste, parla suite, le terme sera tts pou utilisé dans Is ledrature grecque % Voir le commentaire de Onascit (o.e. note 8), pp. 137-155. % 1, Prose 8, 14s 9517-18 429 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 75 cet évergétisme frumentaire s'inscrit dans les habitudes de ensemble des bienfaiveurs royaux de l’époque hellénistique. Enfin, cest probablement dans la forme méme des honneurs octroyés que les prétres ‘hellénisene le plus. On sait on effet que les Egyptiens choisirent fe terme grec “guia” pour traduire V'insticution des quatre 31, Jes différentes ‘sections’ dans lesquelles les prétres attachés 4 un culte étaient inserits depuis la plus haute antiquité pharaonique, Certes les deux institutions avaient des caractétistiques communes qui justi- fiaient le rapprochement: habituellement, le critére d’appartenance & un s3sacerdotal ou & une gor civique est gentilice et héréditaire: le fils sera inserit dans la tribu de son pize (via son inscription & un déme, en ce qui concerne la cité), Dans les deux cas, 1a division segmentaire détermine Padministration et le fonctionnement des institutions; ainsi, le conseil un temple est constitué d'un nombre déterminé de membres: de chaque 33, de méme que chaque tibu athénienne, par exemple, fournit 50 de ses membres au conseil de la cité. Mais la comparaison s'aréte Ia Dans un temple égyptien, tous les membres des différentes tribus confondues étaient unis aucour du culte d’un méme cercle de divinicés, tandis qu’ Athénes des liens particuliers atcachaient les membres d’une méme tibu au culte d'un héo éponyme individuel. En outre, Pen- semble des vial dune cité représente tout le corps civique d'un Bear; Pappartenance & une phratrie, A un déme et 3 une tribu détermine Pac cés 4 la citoyenneté commune, En revanche, les s3.w ne constituent pas un Etat, mais une communauté religieuse au sein de PEcat; Papparte- nance i uns définit seulement une profession et le statue quelle confre, Comme pour toute Zaterpretatio, quelle soit religieuse ou insti- tutionnelle, les deux termes mis en équation ne sont pas exactement Equivalents, Or voici qua Canope les prétres du pays réunis en assem bide décident de créer une cinquidme tribu (63 / gukf) dans chacun des sanctuaites et de lui ateribuer les souverains régnants pour éponymes en la nommant “cinquitme tribu des dieux Evergetes"™, C’était une inno- vation rematquable aprés la stabilité millénaire de ce systéme d'organisa- tion, Tl n'y a pas & douter que les préctes se sont directement inspiés d'une procédure honorifique qui s était développée & partir de la fin du TV¢ sitcle dans les cités grecques. En Egypte méme, les cités d’Alexan- 9 1, Prose 8,195 9 24-2. % OTTO (ee. note 12), 1, pp. 27-28, avait Aga songé aver pracence (unter allem Vor- 430 76 Fe, COLIN drie et de Prolémais avaient nommé une de leurs tribus “Ptolémais” en Phonneur de Prolémée I* Séter”. Mais dans le cas de ces cités ‘not velles,, ’éponymat n'avait pas été accompagné d'une modification d'un nombre de tribus consacré depuis longtemps. Aussi est-ce probablement a Athtnes quiil faut chercher la source dinspiration la plus proche de la décision prise par les prétres. En effet, en 307, Démétios Poliorctte avait libéré Athénes du joug de Démétrios de Phalere et restitué & la cité ses institutions démocratiques. En remerciement, les Athéniens accordérent leur bienfaiteur et & son pére Antigone des honneurs cultucls tout & fait remarquables", Entre autres dispositions, instauration d'un prétre et un autel des Sdtdzres, création Pune féte annuelle en leur honneur avec concours, procession et sacrifices, Passemblée d’Athénes décida de créer deux nouvelles tribus & leur nom, la Démétrias et 'Ancigonis, qui aug- menteraient de deux unités le nombre des dix tribus qui n’avait plus &é modifié depuis les réformes de Clisthéne (507). La décision fut réelle- ment appliqués et la cité fonctionna avec douze tribus jusqu’en 224, date A laquelle fue créée une uvizitme tribu en Phonneur de Prolémée HL Evergete. De méme, les cinquitmes tibus de prétres fondées & Canope en 238 sont attestées dans fa documentation jusque sous PEmpire romain, En faic il serait vain de vouloir tracer une frontiére nette entre deux mondes, car précisément les prétees cherchent a Canope a foridte leur propre monde, quills ne renient pas, dans celui de la dynastie au pou- voir: ils forment, & Poccasion de ces synodes, une société proprement ‘hellénistique. On ne saurait écarter cette dimension en adoptant un point de vue strictement égyprologique. En prenant en compte ce préalable méthodologique, on notera que la prédominance féminine dans laccomplissement. ces cérémonies en Thonneur de Bérénice est to a fai panticulidre & ee culte commémo- behal) une nmition a pat de Page ds cies grecgues, mail vogue cas Aken dea ction debs Plan Thon vp ones oe % HABICHT (0.¢. note 85), p. 153. Sar cet eid p48 » On pew compares towed ce de Canopeet cle de Diodoredctvant les bonnes atts Demin et Antigens: rae 9:9 24) wpe ote viv dneyaionsovsgx qu); Dadore XX 46 Ge) ge Bde Gd ina nde 431 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 77 rant le décts d'une princesse encore muplévac. Le décret élargit, au fond, Paccés aux rites & routes les femmes, indépendamment de leur qualité de prétresses ou de filles de prétres, pour peu quielles soient rwapBévor & image de la défunte princesse. Il n'y a la rien de choquant aux yeux dun Egyptien, Néanmoins, on ne peut sempécher de songer 2 la créa- tion autres cultes grees dans le monde hellénistique, pour lesquels Videntité des officiant(e)s est soigneusement définie par analogie avec P*événement dynastique” commémoré. Prenons un seu! exemple. Entre 195 ct 189, la reine séleucide Laodike, souhaitane prolonger personnelle- ment Pévergétisme de son royal époux Antiochos TIL, ordonne pour dix. ans une livraison annuelle de blé au profit de la cité d’lasos; Ja vente dune partie du grain est destinge & constituer des “dots pour les filles des citoyens pauvres", afin de leur permettre de se marier®. En remercic~ ment, Passcmblée c’Tasos décide d’instaurer une nouvelle série de dispo- sitions cultuelles en Phonneur du roi et de la reine. Or Porganisation des rites qui s'adressent & Laodike rappelle implicitement son acte de géné- osité envers les jeunes filles & maries, car ce sont précisément elles qui officieront: Que le peuple dlise. chaque année une jeune fille vierge (xp0év0s) comme prétresse de la reine Aphrodite Laodike; lors des sorties (pour les cérémo- nies du culte), qu'elle porte un bandcau mélé de blanc; et quill ne lui soit pas permis d'exercer cette prétrise deux fois; comme pour les iepatl mapOévor du décret de Canope (upra TI), le décret stipule qu’on choisita une jeune fille xap8év0s pour exercer la fonction de prétresse de la reine assimilée & Aphrodite, déesse du désir amoureux et de la fécondité présidant en Poccurrence aux réjouissances du mariage; de méme qu’a Canope, il est fait allusion & la coiffe de la prétresse, qui identifie spécifiquerment — mais & Tasos le texte est plus explicite sur le crittre du choix, puisquill sagira d'une dlection sur Je modele des magistratures annuclles, Le décret instaure aussi une féte en Phonneur de Laodik? le jour de son anniversaire; a cette occasion, il faur- dia que “ceux et celles qui se matient fassent au moment méme de la cérémonie du mariage un sactifice & la reine Laodiké, chacun selon ses moyens”; toutes les prétresses et Jes jeunes filles sur le point de se marier PL daos 1 gy by 1525. 98 J Tasos 14, H, 79-82 432 78 Fe COLIN participeront en ontre & une procession». De la sorte, les officiantes du nouveau culte de la reine prendiont par ‘sympathie’ les traits des jeunes filles nap0évor bénéficiaires de la donation royale. A Canope, méme si Pévénement commémoré est malheureux, puisquiil frappe la maison royale, le principe de ‘sympathie’ mis en ceuvre est analogue: les filles encore raplévo: prenant en charge Jes nouveaux rites rappellent la jeu- nese de la petite dispatue; le sexe et lige des officiantes sont done déterminés par la nature méme de la commémoration, La création du culte honorant la princesse Bérénice, cn Egypte, et celle des honneurs cultuels pour la reine Laodik, a Iasos, pacticipent d'un monde oit les phénoménes religicux prennent des formes parfois similaires d'une rive & Pautre de la Méditerranée. Dans Ia seconde moitié du II sigcle avant notre ére, un aucre exemple fameux de femmes investies d'une fonction sacerdotale pour les besoins spécifiques du culte nous est fourni par le dossier des jumelles Thaués et Taous: rattachées au Sarapicion de Memphis fineraire de POsorapis en personnifiant les divines soeurs Isis et Neph- hyo, Les diverses variantes de leur titre collégial de 8¢3oat expriment sans ambiguité la nature cultuelle de leur fonction: si expression “Les jumelles du grand Sarapicion de Memphis” (Avan ai dy vi év Méyoer (npig Menu) peydron Eapamelax))” reste vague, “Les jumelles chargées du service de Sarapis et d'Isis" (at pic. vit Oepacla 708 Bapdreing rat ‘Fg “Lows Bidz), en revanche, indique clairement le caractére cultuel de leurs activités. Une autre tournnre est encore plus explicite: clles assuraient Je culte Les jumelles qui accomplissent le service (religieux) dans le grand pieion de Memphis et effectuent des libations & Osorapis en votre faveur (du 201 ex de la reine) et celle de vos enfants (AiBupas at Revtovp'iioas &y ri év Méupet wevéhor Lapameelar, vist ‘Osopdner pods oxévBovon inte re bpiiv eat cov dperépov revo)”. Les occasions ne manquent pas, dans fes documents produits pour défendre les intéréts des jumelles, d’énoncer solennellement les taches PT tae 1 4, Th, 83-9. % Voir le commentaite d'U. Wileken, UPZI, p. 20: 46 © UPZ Lap, 545 8, 123 25,23) 26, 2537. 78 8 UPZI m9, 69, UPZ.1 19, 3-4, eles vatiantes pls succinetes 20, 2°33 39. 248 40, 2°35 AL, 2235 45, 295 47s a AB, 255 495 2°55 50s 255 5H VS 8 433 i PRETRESSES INDIGENES DANS L'SGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 79 rituelles prises en charge par ces jeunes filles": il leur revient de “ep abe (Osorapis) en faveur du roi", de “hextoupyeiy dans le. sanc- tuaire™, de “heecovpyciv at antydexv pour Asklépios”™, en somme @accomplir un ensemble de rites, +2 &y rr lepiix vouipal™, rag zpelas -réiu Det, yore xi weylovea Des Lapdner vok rare vk voyntopewe®, cenfin rhe &y cit lepine Retsovpr/lag (var. weybiias Revrouprlag vi Bede om encote thy xar’ fuaig Aevroupylay rie peyloron Dein Lapdmes)". A ces devoirs liturgiques cortespondait une rente sacerdotale, la aby- -éts, prélevée sur les fonds dl rois ces revenuis en nature étaient const. ads, d'une part, d’huile de sésame et de Aiki directement fournie par le Pnoewedg royal, autre part, d'une ration alimentaire. (vk Beévea) en pains d’oljra cuits au sein du temple — les irégularités dans fa pet- ception de cette rente motivérent dailleurs la plupart des requétes que “Thau’s, Taous et leur protecteur Ptolémaios adresserent au roi et & ses fonctionnaires. Le brouillon de Pune de ces requétes, relative & des charges cultuelles que nos prétresses accomplissaient en. outre en faveur dAsklépios, offte une image vivante des démélés qui les mettaient aux prises avec dautres employés subalternes du temple: Ce qui revient aux jumelles de la part de VAsklépicion, 3 pains cuits jou, elles ne Pont pas regu depuis fe deuil (de lApis) jusqu’au jour d’au- jourd hui, Considére la décision, que Pon a prise pour les précédentes jumelles: Asklépios posséde des coupes a libation en pierre en haut, att Sarapieion. Lusage est de faire des libations & Asklépios chaque jour et le prétre-bouvier (Booxbto<) d’Osorapis regoit les mémes pains. ll advine aux Gumelles précédentes) de ne pas accomplir le service liturgique et cle ne pas faire de libation & Askdépios. Le bouvier alla les accuser en disant: “Puis- quielles n'accomplissent pas le service litargique et ne font pas de libation A Asldépios, mais que moi je fais les libations pour elles, je vous demande we Sur les formules de conclusion des requtes au toi e 8 ses fonetionnaires, particu Jitrement daborées dans les document issu de membres du cles, voir A. D1 BITONTO, Le petzione al re. Studio sul formularo, in Aegyptus 47 (1967) P46 e EAD. Le pevzions ‘ai fnzionar nel pviedotoleinaico, in Acgyptes 48 (1968), pp. 102-103 PZ 7, 56 SUPE 46, 2223; 50.3895 UPZI 51.89 Wo UPZ1 43, 73. ‘UPL 17, 2698 v6 UPZ 1 4s, 20-25; 42 Th 48-5 9 UPZY su 33-235 17, 16175 205 Ih 6-4 158 UPZ, commentate pp. 178-1795 245-246: 288; 294-295 434 80 Fx. COLIN de lent éter les pains et de me les donner, parce que c'est moi qui fais pour elles les libations”. La décision fat la suivante: on dta les pains des jumelles ct on les donna au bouvier. Puisqu’a présent elles (les jumelles actuelles) accomplissent le service liturgique pour elles-mémes ct pour le bouvier, alors que le bouvier sen est allé en abandonnant son service licurgique, il est raisonnable d’6rer les (pains) du bouvier et de les donner aux jumelles. Sls avaient quelque chose & rétorquer A propos de ceci, qu’on intetpelle les scribes dAsklépios, et quils fassent par écrit une déclaration sous serment par le roi, Sois heurewx"™, Ainsi se monnayaiene les caches rituelles accomplies par nos pré= tresses. allusion aux ‘jumelles précédentes”, qui étaient en charge avant les cérémonies de deuil du présent Osorapis, montre quiau-del& de la possible gémellité biologique des jeunes femmes, leur titre correspondait rellement & une fonction transmissible, les nouvelles Biya entrant en fonction lorsque la mort transformait PApis en Osiris-Apis™. Lensemble de ces faits témoigne de ce que Thauts et Taous exergaient pleinement une fonction sacerdotale spécifique, accomplissant un. ser- vice liturgique et percevant les revenus de leur profession, I! faut néan- moins constater quiclles paraissent occuper une position relativeent subalterne dans le temple" elles peinent & obtenis leur dé de la part des employés du sanctuaire préposés & la aiveatic; et celle-ci constitue le seul revenu que nous leur connaissions, & exclusion d’autees droits litur- giques dont elles auraient hérité de leur famille. En réalité, nos jumelles ne semblent pas répondre & la norme de Phérédieé de la fonctio dorale, Ni leur mére, installée en concubinage avec un soldat grec, ni eur pére, qui fait Memphis devant son rival, puis décéda dans le nome Heéraklépolite, ne sont désignés comme des préttes", Du moins le sort réservé Ala dépouille mortelle du second n’estil pas conforme au statut des w'b.w défini dans quelques rglements dassociations religieuses: ses fréres vinrent la récupérer pour la rapatrier dans la nécropole de Mem phis; et les jumelles font observer que leur mére fa toujours pas eu le cocur dorganiser ses funérailles. (Déjax)"*, Or les séglements susdits sacer- ‘© UPZI 7, “© UPZI, commentaire p. 47. “Sans pour suane qu’aucun élément ne les désigne explicitement comme des fe Bovros, of UPZ I, commentaire p. 46. "© UPZA, commentate p. 46551 " UPZTB ev. "© UPZ LAB, ass 19, 157. 435 cue PRETRESSES INDIGENES DANS UEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 81 ptescrivaient que le soin de rapatrier un prétre most hors du village et ka prise en charge de ses funénalles incombaient & ses collégues sacerdo- taux, qui devaient participer au deuil avec la famille. Certes, les synodes de prétres r’étaient pas toujours prompts & payer 'indemnité des funéralles (couxty), comme en témoignent quelquefois les plaintes de patents d'un prétre décédé", et cous les corps sacerdotaux du pays métaient pas nécessairement tenus par des devoirs de solidarité iden- tiques, Néanmoins, la négligence funéraire dont est victime le pére des jumelles — “il est encore toujours éragoc aujourd’hui""” — sacconde mal avec le statut d’un homme qui appartiendrait au milieu des prétres. En fait, Pintroduction des 8é8vya dans le petit monde du Sarapieion semble plutde lige & une circonstance contingente quau déterminisme social: leur pére y avait un amit retenu en xa:voy¢4, Ptolémaios, qui leur offtit refuge et protection “sur ordre du dieu” (wari npboxayva toi Heot)", installa dans leur sle de jumelles sacrées, pour participer au deuil, puis au culte funéraire de POsorapis™, Un réve que leur protecteur Prolé- maios raconte & un ami, dans une lettre datée de 159 avant notre ere, cing ans aprés leur entrée en fonction, fournit peut-€ure quelques indices de leur statut religieux particulier Ensuite, lorsque PApis: mourut en 164 avant notre &e, on les Ex jleus beaucoup d'autres songes, et A nouveat j'ai prié Sarapis et Isis en ‘ccs termes: “Viens & moi, déesse des déesses, en te montrant favorable, exauce-moi, aie pitié des jumeles: clest toi qui les as introduites en tant aque jumelles. Décharge-moi, vois mes cheveux gris, mais je sais que dans peu de temps jen aurai fini, ce sone des femmes! Si elles sont souillées, elles ne seront plus jamais pures”™. Dans les paroles dictées par son inconscient, Prolémaios exprime la lassitude qui le gagne dans Ia mission protectrice ordonnée par Sarapis; demande a sa partdre d’avoir pitié pour les jumelles, autrement dit de mettre un terme aux soucis matériels qui les accablent, afin de le ibérer du devoir dont il Sacquivte conformément au mpéareype divin, Pour sensibiliser La déesse, il lui rappelle qu’elle méme a “découvert et fait DE CENWAL, Les auocations relies (ae. note 39) pp. 187185 ™ Par exemple B Enzo, 20 eta © UPZLi8 5 UPZI 20,27. % UREA 8, 10 "© UPZI Ra 19, 23-24 436 82 Pe. COLIN connaitre, introduc” les soeuts jumelles (a0 xarxéBikae 8:84). Entin, il Evoque le moment proche oit les BiByye ne seront définitivement plus en état de pureté rituelle (ex@apu), parce que —~ devenues femmes (rowatnec) —, elles aurone éé souillées (jxav0fm) par des rapports sexuels, Comme cette perspective signifie pour lui la dissolution de son. rdle protecteus, il faut probablement en déduite que les jumelles, pour accomplir leur fonction spécifique, devaient etre xap0évo1; une fois Epouses, elles quitteraiene leur sacerdoce et passeraient sous la proce d'un autre homme. La conclusion de la pridre de Ptolémaios peut étre rapprochée d’un passage bien connu de Strabon, qui évoque au I* sidcle avant notre xe La jeune fille en charge du culte d’Amon: Le culte de Zeus, quills véntrent entre tous, est rendu par une vierge (map Dévoc tepizvas) d'une trds grande beaut et de la plus ilustte origine, que les Grecs appellent pallas. Celle-ci joue le réle de la concubine (rahdarxedet) et feéquente qui elle veut, jusqu’au moment oit sont survenues les menstrua- tions. Aprés les menstruations, on fa donne 2 un homme; ‘qu‘ele ne soit donnée, on accomplit son deuil, mettant terme & la période du concubinage (sacré) (litt. werd wov cig mathovelag xaepsy)™. La prétresse décrite par le géographe, concrairement aux jumelles, est de la plus noble extraction, issue probablement des familles de notables du haut clergé égyptien: & titre de comparaison, dans la langue contem- poraine du Principat, iaynpévaros, qualifiant Porigine de la jeune fille, est I’épithére par excellence des hommes et des femmes appartenant 4 Pordre sénatorial. Quant & Pattraie de ses formes, “ebedSeardry?, il devaie Ja distinguer parmi les jeunes femmes — sans qu'il fille imagines, dans Vadjectif utilisé par Sabon, une queleonque allusion 4 un titre sacerdo- tal qui paraphraserait une des qualités déclarées de certaines officiantes, comme la grande prétresse de Memphis: “Celle aux belles images/aux "Les conséquences définitives dela souillure (ob fo) nénoxe) impliquent que Ptolé- maios ne songeit pas aux menstruations, dont fa pollution rituelle éait eyctique: du moins dans un stactuaire sans doute grec de Peokémais, dont un aeglement teat 3 ka ppureté cule nous a écé conscrvé Jes Femmes réglées devaient-elles observer un délai de purification de sept jours avant d'entrer dans le cemple (L Prov 47,13); au moment oi Peolémaios eve il considéxe manifestemene gj les jumelles comme des femmes pubéres {atira 8 -yuvixée elon), mais elles ne sont pas encore souillées (cf, Péventuel 2 ace). Sa réflexion ne se comprend donc que si 'impurecé definitive ec A venir devait découler de la perte de leu virgin © Stcabon XVI 1.46 (© C B16). 437 eatin PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 83 belles statues” (rie ewe)”, Cest probablement le liew d’évacuer un vieux fantasme d’égyptologue*: & moins d'imaginer des pratiques pédo- philes, le texte de Strabon rfoblige pas & comprendre que la prétresse impubére avait des relations sexuelles avec les hommes quelle voulait. Tlakhoxedet, évoquant son réle rime! auprés de la divinité, nlimplique pas de telles relations, mais seulement lidée de la “jeunesse” des offi- Giantes qui prennent en charge le “Soin journalier” du dieu", candis que Te sens sexuel de abveysr ne représente qu'une des significations du verbe parmi d'autres acceptions plus neutres — opposition. ensre la “liberté de fréquentation” (s6vearwv ols Botherat des fillettes et leur “apparce- nance” (SiBoras, & savoir un des verbes de I'ekdésis matrimoniale”) & un ‘mati lorsque survient la puberté pourrait traduire simplement une réalité sociale: la fin de la liberté que subissent les gamines ds le jour du mariage, Quoi quiil en soit, dans le récit épistolaite de son réve, Peolé- maios ne met pas accent sur les menstruations, au contraire de Strabon, mais le processus évogué par les deux hommes est probablement simni- 9 Voir le cableau infna B.L. En rappott avec Thor, dieu des atisans et dane notamn- iment dee scalpteure, ce tte steerdotal se rire plas probablement & Pesthérique des images de cule qu’ exlle de leurs desservantes 8G. LeGRAIN, Sur wn groupe d'nmon et mdnints Bin RI 1909), pp. 4-H BLAcKWUAN (ae note 43), pp. 19-205 P. CHARVET ~ J. YOROTIE, Sirabon. Le mpage en Fgypte. Un regard romain, Pats, 1997, 9.176177 "SB Chimrmaint, Dictionnaie eymolegigne de la langue grecque, Hisive des mot, Paris 1968-1980, p. 853: “La seule notion qui permette de séunic tous ces mots sur wn méme champ sémantique est celle de “jeunesse” qui convient & Athéna, aux jeunes gar ‘ons et & la concubine, qu ex dabord la jeune esclave que le mari prend en surplus de Feponse” ‘6 Je rejoins sur ce point B. LEGRAS, La prositution feminine dans UBypte ptolé aig, in Symposion 99s. Vortrige sur grichiehen und bellenistvchen Rechisgerchichte (Kerf, 1-5. September 19g), Kn-Weimar-Wien 1997, pp. 252-253. Chater ~ YOYOTTE (ac. note 124) p. 176, citene & Pappui de leur interprétation du texte (raRdoxsses = "lle se prosttue”) un autre passage de Sabon (XI 14.16), oft celui-ci roque la prostitution sacrée des jeanes filles des notables arméniens; of ce passage met préciséinent «x doute Fidée selon laquelle, chee Strabon, ranraxetessignifcrat “elle se prostitue™, puisque les termes utiliés par le géographe pour désigner la prostitution, xarznoprenetoxs, mop- sede, sont explictes et sans rapport étymologique avec naaranteet (absent da passage. En outte, Strabon tonne, 3 propos de la prostitution sacrée arménienne, que les hommes les plas bonorables y livren leurs files er que les Futur maris len congoivent aucune honte; en revanche, pas d’éonnement & propos les nanrddec de Thebes d Egypt. Voir Av-M, VeRuMac ~ Ch. Vian, Le mariage grec die VP siete ans JC. a Vipogue ¢Auguate (BCH suppl. 32), Pais 1998, pp. 232-245, 438 84 Fe, COLIN faire: une fois puberes, les prétresses mapDévor peuvent s'unir 2 un homme, mais la perte de leur pureté vinginale les disqualifie désormais pour les fonctions rituelles dont elles sacquittaient jusqu’alors ‘Les deux caractéristiques évoquées plus haut, la “sélection” des 3(3upeu par Isis et leur virginité, ne sont pas sans rappeler le statut des prétresses Jm’y.we qui participaicnt aux cérémonies des: hikellia”. Comme les jumelles, celles-ci étaient “choisies’, stp ou émdeyopevae" selon la langue. Comme elles, elles étaient iepat rexp0év0e, Chacune était inves- tie @une fonction spécifique: les 3i3yja personnifiaient vraisemblable ment Isis et Nephthys, tandis que les dim'xwe étaient “coiffées des cou- ronnes des diewx auxquels elles étaient attachées comme prétresses”. Les unes et les autres étaient chargées du culte d'un étre que la more avait ’Apis défune bénéficiait d’un deuil (rév00¢" ax, qui le transformait en Osorapis!; selon le mame schéma, les prétes au synode de Canope avaient accompli “les rites funéraires usage pour la divinisarion (&6é«ors) de (Bérénice) et Ia rupture du deuil (révBoc), magnifiquement et avec grand soin, comme il ext coueume que cela se fasse aussi pour VApis et pour le Mnévis'™, Enfin, les mémes et d'une drole "8 Voir le commentaite supra "9 1 Prose 8, $63 9, 67 Ibid © UPZ V8, 203 19, 23-24 % W.Ohr 5, 8, ef UPZ 1, commentaire p. 20. Sur a divinsation pose morters des animaux sacés, on mentionnera ausi Fexpression uézpe rar neootray db Boge repay 1 drathaovnévor kept iho U. Fay IL 16, 26-27), désignant Pune des limites €'une zone sucrée bénéficiane du deoie d'asile accondé en 36 avane notte &re au sanctuaice de Pephets, 2 Théadalphie. Enfin, voir D. Kessurx, Die beiligen Tiere und der Konig. | Beitrge su Organisation, Kus wid Theologle der spitzcidlichen Tinfiedhife (Agypren und Ales Testament 16), Wiesbaden 1980, pp. 79-80, sur le paralldisme entre Vapothéose de Apis ex celle du toi (on observera cependans, 4 propos de Palfirmation “Die Griechen bezcichneten den gesamten Bestactungsvorgang des Apis als Apothose des Apis’ (p. 79}, aque les textes auequels il ex ait allusion one certes éeééerits en langue grecque, mais par des prétres dgyptiens. 1 Pro 8, ay-adi 9, 53-54. Ce passage répond % hi question posée dans Fexedlent commentaire d'U. Wileken: “Ob und wie weit dies (le fait que HApis seré ne devenait tun diea quaprés sa divinisation post marten) auch fir die aheren Zeiten [cest-idire avant !épogue impériale gle, ist noch mu untersuchen” (UPZ I, commentaire p. 20). On notera encore lt parencé entre la dernitre expression (vetsion démorique: 1 13 nty st n irew n Hpy 1 Moser, “comme ce qu'il est dusage de fire pour Apis et pour Mnévis" 439 PRETRESSES INDIGENES DANS LEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 85. termes grecs désignaient le service qu'assuraient jumelles et Jin'yivt pour assouvir les “besoins” quotidiens des dieux: wc ypelac emirehoBaat 1c Gesu ou tae yoetag mapexouéveor tig Beoie"®, Il est vrai que jamais Thauds et ‘Tous, contraicement aux fmjwr du décret de Canope, ne sont qualifies de peua; néanmoins, cet argument a silensio n’oppose peut-étre pas une objection sérieuse au rapprochement, car, dans les papytus, Pemploi du terme {pee pour désigner des prétresses indigenes, plus feéquene & P'époque romaine, est uds rare sous les Peolémées™”, Nous ignorons en définitive quel terme grec générique un scribe leur aurait attribug, & défaut du titve spéeifique de 88op2e. Parmi les compétences religieuses dont les femmes auraient été exclues, il fallait compter, selon A. Lloyd, la faculté de construite ou entretenir un sanctuaire (“care for the fabric of the temple”). Pourtant nous possédons des documents qui témoignent de Pactivité des femmes dans ce domaine également: en effet, en 222 et en 221 avant notre ate, deux éveedterg furent advessées par des femmes au roi, afin dobtenir Pautorisation de détruire, puis de reconstruire un sanctuaire vécuste qui leur appartenait*, On constate & cette démarche que, si nos probables pretresses possédaient les droits d'exploitation de leur chapelle, le souve- rain n'en conscrvait pas moins la prérogative de controler tous les temples de PEgypre, done il érait, en bonne tradition pharaonique, le préere par excellence, une de nos dames, Epoeris, fille de Pants, habi- tanc Athénas kéme dans le Fayoum, porte le titre Piesovdyoc, ou “admi- nistratrice de isieion” qu'elle posstde — il fant y reconnaitte une fonc- (Srreceuatsc fac. note ai}, p27) et wn texte démotique unilingue tel Le comb pow la circ dinars ob m3 mtwoso iron n EU irm Mr-sr p3 Pr p33 nec, “comme on le fait pour Apis ainsi que pour Mnévis et pour le Pharaon, les tvois dieux” [. HOFF- sant, Der Kamp nom don Paneer des Inavor (MPER NS. 26), Wen 1996, pp. 202-203 Vill 16). De la sore, Penterremen din souverain éaic taditioanellement mis en paral lel avec ecli de PApis et da Mnévis — et partant, la divinsation de Bérénice est Ia conséquence naturelle de son cowronnement comme reine (ef iwaw sy has. Pr'tt, “Tandis qu'on la fie apparatre en tant que reine" (SPEGELAERG (0 nove 21), p. 2) UPZ1 47, 26-28 5 f Prose 9 67. % UPZ 1, commencite p. 46, 98. © DUNAND (@. note 6), p. 355 8 B Entews, 6 7, Deatw (oc. note 5), 135 (n® 9); PREAUX (0. 31), pp. 30% 303; U. WILCKEN, i APE 10 (ios), p. 247% pour une éeade du Formulire de ces demandes, Di BITONTO (oe. note 160), pp. 4-44 440 86 Fe, COLIN tion sacerdotale, cat, entre autres arguments, Péquivalent démotique in- wwy du titre iovbpos, dans un document bilingue du III sidcle .C., cst traduit par expression “lepeds “Lavoe”. Lenteuxis d’Epodtis se era- duit ainsi: ‘Au roi Ptoléinée, salut, Epodis, fille de Pants, sfonomnos,établie & Athénas ome, de la mévis de ‘Thémistos. Dans le village susmentionné m’appar tient un isicion, dont il se fait quil est délabré et qu’a cause de cela je ne peux y demeurer, de crainte quil ne seffondre. Je te prie donc, 6 roi, sil te plait, d'otdonner & Diophanés, le stratge, déctire aux fonetionnaires cconcernés afin que, si ce que j'ris est vrai, a permission de (procéder 8) Ja desituction (de Vision) me soit accondée, & la condition quien le recons- truisant je le restaure dans Pérat dorigine ec qui les sacrifices par le feu y soient accomplis pour «a sauvegarde, celle de ta socur et de tes enfants. Ceci écant, j/aurai bénéficié de ta bienveillance, sois heureux (eI. 1-8). Dans Papostille, le strarége donne instruction au fonctionnaire com- pétent aller vérifier sur place les dies de la requérante, en compagnie de Pépistate et clu kbmogrammate locaux, et de Pautoriser & détruire le batiment “en prenanc bien soin qu’il soit reconstruit dans un état qui ne le cade pas & Pisieion initial” (@" I. 10-1). Notre dame veille done pleine- ment & Pérat physique de Pédifice religieux, entreprend avec succts les lémarches oflicielles destinges & intervenir lourdement sur le bati et sen- gage tant Aen respecter la configuration d'origine qu’a y faire accomplir les rites favorables & la dynastic. Si administration royale se permet ainsi de dicter ses exigences sur In qualité de la construction ct si Bpotris sou- haite réaliser des travaux importants, cest vraisemblablement que le sanctuaite est pour elle un immeuble de rapport: de son point de vue, le Tieu de travail done elle tirait des revenus devait étre en état de fonction- ner; dav poine de vue public, le niveau du service offert ne pouvait pas diminuer"®. On observera au passage que la réponse du strattge et les instructions par lui dictées remontent au 13 du mois de Khoiak: cette date est vrai- ©» A ce sujet voir Particle élatane de Denavw (oc note, $8), pp. ar-maay di Fr DUSAND, Le cue Phi dens basin oriental de le Médternnde (EPRO 28) 1, Leiden 7p. 175-176 et kes commentaires de 2 Ents 6 ps 17-18, nt et de 8 Tebe. 1797, 4 est probablement aussi a Fapproche dane fete comportant des sites iinques qulune ane dame iionome avait confi un himation Asis 8 un foulon apres une cntowxis de 247 a.Cy cf. T. CAULEIELD — A. ESTAER ~ S. SYEPAENS, Complaint of Police Brutality, in ZPE 76 (1989), p. 244-245 (DEPAUW Lac not, 3A, p 454, doe. 10). p. 250, 4a ' ' | | | ' | | PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 87 semblablement fortuite — néanmoins il n'est pas impossible que Pap- proche des fetes ositiennes, qui comprenaient des rites isiaques, ait incité Pisionome Epottis, mise une fois encore aux pieds du mus, & entamer les démarches nécessaives pour entretenit son sanctuaice d'Isis qui tombait en ruines. Le rémoignage de cette entenris rédigée au nom d'une dame nest pas sans importance pour cerner le statut des femmes détentrices de titres sacerdotaux; ot, il importe de le soulignes, le cas d’Epodtis n'est pas unique: les hommes isionomes sont généralement plus nombreux que leurs collegues féminines — cette inégalicé quantitative se constate du reste pour toutes les fonctions sacerdotales —, mais un dépouillement systématique a permis de répertorier plusieurs autres fernmes chargées de cette fonction, Les femmes avaient accés au rang sacerdotal et elles pouvaient en cette qualité exercer de réelles fonctions rituelles, économiques et de gestion A ces fonctions correspondaient des titulatures déterminées, dont la documentation égyptienne nous a conservé des mentions plus riches dinformations que les expressions génériques tee et w'b(.). Ainsi, dans le couloir mystérieux du temple d’Edfou, sur fe soubassement du mur extérieur du naos*®, un véritable ‘catalogue’ des richesses re! des nomes du royaume comprend entre autres les titres de leurs grands prétres et prétresses principaux". Deux théories de personnages présen- tant des aiguitres en offrandes y convergent vers Horus Behedery: de part et d’autre, le chef de file, Ptolémée IV Philopac, est suivi des per- sonnifications des nomes de la Haute (série gauche, est) et de la Basse Egypte (série droite, ouest) figurés sous aspect de génies de la fécondité que coiffent les signes notant leurs noms géographiques respectif, Le roi annonce au divin faucon qu'il est venu lui offtir les provinces du pays ainsi que les institutions religieuses qu’elles contiennent, sur lesquelles veillent diewx et déesses, chacun dans sa chapelle. Du obté est, Ia liste de ces institutions, énoncée par le souverain, commence en ces termes: 4 Denauw (a4 note, 58), p. 140. "Bijou |, pp. 329-348 “ Dlaprés Panalyse de dossiers prosopogeaphiques, J. YOVOTTE, in AEHE V sect, 88 (1979-1980), p. 193, a développé dans ses cous Vide selon laquelle “A partir de Vépoque fibyenne, 4 Fexception des tttes héiopolitain et memaphite, ees distinctions ne ‘appl aqua plus & des grands prétes (uniques)” (la pacenthise est de moi); "les titres de onde focaux dénombrés dans le Grand Texte d'Edn étaient portés par des colleges enters 442 88 Fx, COLIN “J savoir leurs prétres-’g., qui accomplissent les rites (ir §.4) pour leurs ka (des dicux), et leurs prétresses-musiciennes (Jw), qui jouent du sistre devant leurs visages”. De méme, dans la scéne ouest symétrique: “A savoit leurs prétres-w'b.w, qui les adorent (dws), et leurs prétresses- chanteuses (Hpi), qui font de la musique (gn) pour leurs ka”, Ces paroles prononcées par le roi introduisent en quelque sorte le discours tenu par chacune des personnifications de nomes; les termes techniques utilisés par le premier pour évoquer les prétres, hommes et femmes, ont tune valeur génétique, ceux dont usent les secondes, en revanche, repren- nent les titulatutes spécifiques des prétres et prétresses représentatifs de chaque province. Comme dans le discours royal, ces derniers, sauf exception, sont dits respectivement “accomplit les rites” (ir f.2) pour le ‘ha des dieux et “jouer du sistre devant leurs visages”. II est ainsi possible de dresser, pour les cultes locaux mentionnés par les hiérogrammates d'Edfou, une liste de tittes sacerdotaux spécifiques inclus sous les dési- ghations générales de %.1 [“les (peétres) qui pénetrent (dans le temple)”] etde w'b.w ["les (prétres) puss”), pour les hommes, ainsi que de bat et de Jm)iwt, pour les femmes. Le ou les auteurs apollonopolites de cette composition décorative se fondaient eux-mémes, & nen pas douter, sur une copie sur papyrus dur catalogue géographique des nomes, dont il semble que plusieurs temples dans le pays, sinon la plupart d’entre eux en disposaient, car des exem- plaites d’époque romaine (Ie/II*s.) one éé découverts aussi bien dans le nord, 4 Tanis, qu’a Tebtynis dans le Fayourn'. La liste sacerdotale cano- nique qui peut ete établie grace aux documents édités est présentée dans Je tableau suivant'®; la lecture de certains titres est difficile ou incertaine, mais ensemble permet de comprendse les principes générawx qui prési- dene 2 leur formation: COsinic (oe. note 8), pp. 255-2475 267-2723 OsING — ROSATI (0.6, no%e 8), pp. 30-43 6 Pour désgner les versions tebtynits,jadopte les sigles A (ids Tebt. 1,2) ec B (P bier Tbr. 1, 3) défins par Osinc ~ ROsAT! (a. note §), p. 32 €tje nomme C Ia version dinde par ces auteuts aux pp. 30-43; de meme FE correspond & la version d'Bdfou. ta panu inutile de fare figurersystématiquemenc dans ce tableau les informations issues des processions sacerdotales lorsque les titres masculine ne sont pas accompagnés de cires féminins, comme sur le soubastement de la chapelle ositienne est de Dendeca (partci- pants & fs te de Khoi) (Dendava X 8, 2-24, 50): on en rouvera une lite commode dans Dendara X, pp. 12-0. 443 HL Eléphancine® | “Qebebon, en tant PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 89. PRINCIPAL ETABLISSEMENT DU NOME (PRESENTS PAR LE GENIE) DIVINITES NOMMEES DANS LA VERSION: D”EDFOU PRETRES ET w' ET im’gsot PRETRESSES Jtot “Le sitge de Re” | “La prétresse nb” ont (EB wise RY "Satis" 1) "Le sitge de Re”, | (E sk ou Ste”) 2) “le prophite de Hapy" (D wise Ri ban-ntr Hp) que Khnoum sous son aspect aux plumes bigarrées” HL I Apolionopolis | “Hlorus Behedery, en | “Le préposé ala Magna — Edfou® | rane que Re (..2” proue, le harpon- | trdne” neut, le prétre gobs" | (E hryt ns.t=) CE iny-bhe, msn, gms) 3) “Le serviteur d'Horus’, 2) “Le préposé & la proue” (D hon Ei, iry-bi) “Celle qui est sur son HL Il Bileithyias | “Nekhbet, en tance | “Le serviteur de la} “La geile” Polis — EL-Kab™ — | queT'ceil de Re" | Blanche” fe f"e" Or (E bm bd.” “Le serviteur de sa Majesté” (D bmn bm=3) 6 La numérotaion adopeée suit Vordre dans lequel les nomes sont répertriés sur Je soubassement extévieut che naos d'Edfou: les womes de Haute-Fgypte sont abrégés H. 1, HLH, etc, ceux de Basse-Egypte, B. 1, etc. Edf 1 37, 5-6; Dendara X 9575 94 93 OSING (oe. now 8), p. 267; cf R Monrer, Géographie de "Egypte ancienne, I, Pais, 1961, p-195 24 "47 Graphie di nom de Sais influencée par Uhigratique? \ Eafe L337, 10-15; Dendare X.9, 12-9, 14; OSING (0. note 8), p. 267; ct Mower (06. note 146) p. 33535 0 fou} 337, 16-38, 1» Dendana X10, 2 cl MONTE (0. note 46) P44 Sur ce vtre probablement originaice d'E-Kab (apes fe catalogue géographique ct d’apets une sta d’El-Kab [Caiee JE &gr2i)), qui far adopt€ pour une fonction sacer- dotale chébaine, voir CL TRAUNECKER, Les gfe des fdves Hovaiss et Hlorembeb. Une ‘famille de piers tusks dernier Preléones, is Studies J. Quacgebeur My p. 1218 ep. 128. La lecture de ce tite apple quelques réerves, eat A 'époque ot S, CatileetD. Devauchelle ont véifé la collation de Rachemonteix et Chassinat, seul le ~~ inital et le dézcrminati€éeaient encore presents su he piere. La photographie publiée dans Fdfou XY, pl 9a ne permet pas de se faire une idée, 444 PRETRESSES INDIGENES DANS V'EGYFTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 91 | 90 R COLIN PRINCIPAL DIVINITES PRETRES ‘GET wb | PRETRESSES fret PRINCIPAL DIVINITES PRETRES GET w' | PRETRESSES bow | ETAMUISSEMENT DU | NOMMEES DANS LA Er i'puor | fErapusseMeNT DU | NOMAEEES DANS LA Er Jon'pwe NOME (PRESENTE | VERSION D'EDFOU i NOME (PRESENT, | VERSION D’EDFOU PAR LE GENIE) | PAR LE GENIE) nauTe-tovere see : Havre. torte | ; i H, IV Thebes “Cali qui sest fait |"Celui qui ouvse les} “Ladoratsice” 5 “Le musicien, celui (Onasei! Jui meme roides [deux vancaux du | (B, B dus) iE aqui apaise sa Majesté” di Ciel” LG (CD, shop (nom d’Amon B, B wn Ly np.) Ee Lbra.eoafy demeure “cache” { Sar DRSeiee ence aastanaat=| ecu 7 (fae) au moyen de | H, VIL Diospois lephihys, Hathor” | “Le contleur (des | — Lacune - ao | Parva — How” comptes du temple), | Ln LO peripeae| SCreeeererSeeeeel to le préposéla | H. V Coptos'® “Horus, en tant que | “Le prétre smity, “La prétresse m3ty” ; répartition (de | Min” Papiculteus” , B my) Tolfiande divine)” E, sien, FB D sip, iy sin | ee ae ' H, VII — Laine | —Lacune — Lacune — Lacune — | 2} “Tapiculteur”, i = (This, Abydos} See et gee Eee 3) “Le serviteur I HX — Lacune — | — Lacane — Lacune Lacune — Horus’, 4) apie | iPanopots} culteur de Min”, { — ~ -- — ~ 3) “Les fagonneurs de L HX Tjeboy? {Seth} — Laine “[La J d’Antyouy, Min’, 6) "Le grand I Vaimnable” del" ft Ea] ‘ntyey) | 7 smios by bone i TH. XI Shorep™ “Khnoum, en tant | "Le consécrateur de | “Celle qui apaise” i fd Mae, nbusw | A sehen d o Who | oo que Seigneur de bse jeer eee i Shotep (nb Siysbip)” | UB ore HVE Tengyra— | “Leeil de R&, en cant | “Le grand céunisseur | “La musicienne” : = f er ee Dendeta* aq HHathor la grande” des formes, celui gui | (Bs Cz dns) i “Vain Cant, ex pre pique de Dende in Ral 49 (992), pp 195202. apaise son coca” "Bufo 399, 6 (E: wr sm ire, ship \ Cas ties répetorés dans le catalogue des chapellesosiiennes de Dendara (Den- dart X 2,2) sont mentionnés pour mémoite, cae rien ne dit que kes auteurs des cata logues lacunaites e'Edfou et de Tebrynis avaient mis en exergue les mémes fonctions ° Eafow 1 339,175 ef. MONTE (06. note 140) p. 190. © Monrer (ne, note (46). p. 20, mentionne le tive de ba.e ne ‘ngs, “La musi mae Soe cel ees ae a) H. XX Hérakléopolis| “Dinsiticf, Kebyp, | “Le fils quil aime” | “La puissante” ou |. - a foe ae ~ Magna — Rig” (i mr=fi™ (B, A, ©) | "La puissance du Hi. XIX Seper-Merow |Aprés la mention des | “Celui ta face existe pas de Ehnassya™ phallus (nome Onythyn- —frliques des deux |fennemi” (yh) | préposte 3 hx | Kobe (B36)} chitey® fidwes, “Les jambes |B, A, C) punition” @) pt - - — — du Grand et les | Titre réel ou formule | (B nn wom in(.) st») H.20d Alanchén | "Horus, en tant que | "Le modeleur des | “La fagonneuse testicules de Seth sur | sarcastique? Formule négative et — Navet-peb Celui qui fagonne | corps (bnm.) lewis étendaris péjocative alfirmane rm) les corps’ | (E, A qellbues bw) speci’ exe ana Hi. XXII Pardee | “liom tant E—lLacne— | “La concubine” @ ‘une “Image ania qu'Hathor maftresse | A “Le prétre semen | (E fbs.t (2))" veda st Fe dos 7 a xD | de” hat, le 18s terrfiane” | “La prétresse un ory” fait Sproat (A smn b3.t, wr sekhemayt apparerment office (A phy) ro” dmb) de théonyme een __] a “a —— Sree | 7 Bf y42, 10-1; e& MONTE (oe, note 140), P75 8 Ch Dendare X17, 2 et | SING (a. note 8), p. 236, héste entte dew interpretations di tire de prétresse i orié dans te payptus tebeynite (A) (on nosera que le décrminatf du tte y est un homme sss, non ne ferme): “dm 'zwy ‘die beiden Tufigel ausstreckend’ ist vom ttt Sinn hee so befiemalich, da8 man eher eine verderbre Schreibung des gelaufigen zm ‘207 t (© Edfou 1 343, 53 cf. MONTEF (o.c. note 146), p. 188-189. Tebtynis: OsinG ~ Rosart “ie iden Tug! nen ode, in Anfehnang an den Namen des Gagowes dn | ietcny onc ae “wy ‘ie beiden Are austreckendannchmen mvchte™.Préférane la premidre hypothise, i "8 Ch Dendane X ap Je savant dee par conséquentcortger I legon en fam ‘xy (p. 235). Néanmoins, la ver~ | ‘Selon qu‘on lia Te signe du phallus ou quvon le comprendra comme in déermi- sion paralléle d'Edfou serait plurdt favorable & la seconde hypothtse, car le titre de la pré f nnatif: la seconde hypothise de lectuse, qui ferat allusion & une fonction masturbatoite, est teese semble y dre abnégé en tum (plutét que wn). Selon cette hypothise, il faudraie | plus satafzane of O8NG (oe note, po, canstater que x consobne inital de dn serac note dans la version apollonopolite, ce | “Edn | 343, sor; c&, MONTET (ac. note 148), p. 196-499. OSING (ee. nate 8), {qui n'est pas inhabituel en prolémaique ct & Edfou en particulier (WiHSON fac. note 165), i p. 160, 1.1187), ec que le seribe di papyrus eebrynire aurait noté phonétiquement = pow <3, i 9% Edo L343, 16-73 ef, MONTET (ae. note 146), p. 203. Eafe Edfow V 42, 17) & MONTE (0 note 146), p. 18. Tebsynis: OsIne ~ | 17 Qane (ae note 8, p. 238, noted Rosai (ae. note 8), p. 35; OSING (ac. nove 8), p. 237. 7 | * Osie (ac. note 8), p. 238, suggére prudemment cette solution tentante, non sas 8 Une autte solution consisterait & fice: wn r issn, “Rien rvexiste face au (‘par : ‘exclure dauctes possibilités de legons telles que qr, Js, auxquelles on peut ajouter, sans rapport au’) puinisseur” (2). Pour sa part, OSING (a.c. note 8), p. 237, propase de tra : Ia prléren, Fhypothse de lecture rms" rave” “Die au Bestrafen da is", sans tenir compte de ly négation, iL 449 450 96 COLIN eRETRESSES INDIGENBS DANS LIEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 97 PRINCIPAL DIVINITES PRETRES ‘g ET wb | PRETRESSES hs.t0e PRINCIPAL DIVINETES “PRETRES ‘q EC DRETRESSES fm.wt [ETABLISSEMENT DU | _NOMMERS DANS LA ET Jon'yot EYABLISSEMENT DU | NOMMERS DANS LA ET Sm'ywt NOME (RRESHNTE | VERSION D'EDFOU Nome (eres | VERSION b'eDROU AR LE GEN eo) BASSE-EGYFTE [_oasse-tovere [| i B, 1 Memphis" “Ptah-Tatenen, Irta”_ | “Le ditecteur en chef | “Celle aux belles | corps divin dans le (wr hb, bm n ths) des artisans, le prétce | images (ou aux belles Nil-Sud (bpy- (BA) sen” statues)” EH err srere ee ceeeee te oe moe | (afer nese) “La grande nagcuse, | “Le consécrateur des | “La grande” (wn?) is | enane que Neith | deux sanctuaires” | (E) B, If Létopolis “Le Grand lion, (2) “Le préwe-wnr” | “La mére du dieu” occupée & préserver | (brp Awty) (E, cf. A) Khem — Ausim® — Jen tant qu'Horus | (2) “Celui qui est en | (omaus mtr) Mait @) dans les maitre de Khem” — | rerre” 4,0) deux tertes”9?” tee B. VI Xois — “REen eantque ‘Le | “Le caché” Gun) | “Celle qui consacre” ES re Khasoou — Sakkha™ | caché’ (ou Amon), le | (Bs A) (orp) [BOI Pemnebe | “Leffcayante “Le jeune” rnp) | Calle qui allaice™ lion terrible vénéré & | imaou —Kom el | (Senedjy), en tant | (, A, C) (ing.t) (E) Hapimiso Hisn” 1? Hathor maitresse ean Fa i anal bearcoradaia is B.ViI—PerHa [E—Lacune— | “Laine” (ons) “La belle” ou neb-imentet?? A “Ha” {E, A) “La veilleuse” (neon rst) BiIV Djekapyr™ | “Paisse-vil préserver |(1) “Le chasseur en | "La biillante” 4ermellement’, en | chef Ch) (BAO) son nom de ‘Sobek | (2) “Le servitenr de ccupé & garder le | vache (edleste)” B. VU Tekou— | “Le serpent-Atoum | Pas de titularure | “Les deur grandes” Pichon vénérable, ‘masculine: (B wre) en tant que le grand | “Les dewx dames, les | “Les deux grandes dieu qui vit & Tekou” | deux soeurs sont ses. | Aout et Ouadjie” (A: Osiris et Bastee) | prétees” (rhigg sty | (A, B wwreye Such m whwefi (E) voidy) “Les deux pleureuses, Jes deux socurs” (dats, sty) (A, B) % afoul 329, 10-1 ef P MONTET, Géographie de PBgypteancienne, 1, Pati 1957, pp 3596. OSING ~ ROSATT (0.6 note 8), pp. 36-37: OSING (ae. note 8), p. 259 ° Pour la lecture ec Finterprétaion de ee tite, voir OSING (oe. note §), p. 239, n.b (e bras notant le ‘ayn initial de “hw est malheureusernent endommagé, ce qui ne permet pas de consider la lecture comme parhaitement assure) il est tentant ce penser, avec H, De MEULENAERE, Le Grand préte memphite Sthétepibré-ankh, in Feri xan 130 jébri- gen Benchen des Berliner Agyptschen Museums, Betin 1974, pp. 183-184, que ce tiee est une épith&te divine de Ptah. *% Enfou L330, 4-5: c& MONTEY (oe. note 185), pp. st-52. Tebrynis: OsiNG ~ Rosart (oe. note 8), p. 373 OSING (ae. note 8), p. 239. La présence de deux déterminatify semble indiquer que les deux expressions constiaent chacune une tculature distinete; sur le tive du prée de Létopolis wn, R Kantowy, Der Titel wnr() nach Spruch 820 der Sagtete, in MIO 2 (1966), pp. 157365, part 9.89, p. 160. Edlfow 1 330, to-n; cf, MONTEF (ee. note 189), p. 60. Tebyynis: OsiNc ~ Rosart (Ge note 8), pp. 3738: OSING (ae note 8), p. 24. ™ Edo 1 330, 17; £ MONTET (a note 189), p. 77-78. Tebtynis: OSING ~ Rosai (o«. note 8), p. 38; OSING foe. note 8), p. 240. Pluxét qulun verbe de perception (cf Ia lecture de MONTET [ac. note 189) p. 78, deyof nb), ls graphic % pourrait évoquer le cerme wd, anguel, au vu de Pépithere de Sobek “occupé dgarder le comps divin", on songe & reconnaite une valeur causative (cE B. XV, et la valeur causative prise oceasionnellement par d'autres verbes intranstfs, comme dv, €gyptien de tradition [voir par exemple Witson (ac. note 165), p. r247)i sans cecte valeur, la traduction serait moins saisfasante: "Puisse-eiléere sau éetnellernene”. 96 elon 133, 6-73 ef, MONTET (2., note 389), pp. 84:84. OSING (ae. note 8), p. 240, Diapets fa copie de Rochemonteis et Chassinat la lectre mit sfest pas assure % falow | 31, n-14; cf, Monet (ae note 189), p. 93. QSING (oe. note 8), p. 240. 1% Edw 331,17: c& MONTET (0, note 189) p. 71. OSING {oe nove 8), p. 248 Edfou \ 33m 51 of MONTET (a note #89), p. 215. OSING (ae, note 8), p. 2415 269. 451 452 98 COLIN PRINCIPAL DIviNtrés PRETRES “g ET wb ErABLiSseMENT DU | _NOMMEES DANS LA NOME (PRESENTE | VERSION »’EDFOU PAR LE GENIE) BASSE-RGYPTE PRETRESSES Grn.we Et input |B. 1X Bousitis— | “Celui aux membres | "Le chef du | Abousir™ réunis, en tant excellent” () qu Osiris mattre de | (E mar ner mnd) @) Djedou"™ B. X Hathribis “Horus, en cant que_| “Lhabilleur des cing ‘Tell Atri le Maitre de la terre” | (bbs 3) (E) “Lhabilleur des cing dicux” bs nar) (A) Seth, diew local, west | “Le Vilain | "Celle au grand placenta’ () (Bune py “La protectrice” (E bryiyos “La [materesse] de ha capture” i | (A fabs] rth) B. XI Hesebou iste | “I nfexiste pas de [pas mentionné, par | pas, on ne se (ferme) divine antipathie souvient pas de son | patmi les musicien~ nom nes’ (E nn tm ntrpe (BE nm wn nbd, n sp3 | (2 man b.wt) “La gardienne de Maat” () (A sie mid) Le Vilain” (A nbd) 1B. XI Sebennytos [Le Matte du har- | 3) “Le combattant “Ladoratrice” | — Tjeb-nesjer— | pon” (Onouris- i inspire la terreur | (B dw3.0) Samannoud* Chou) ©" (EB nrw () | “La transportée de 2) “Le prétre si} w'6” | joie” (Ab) BA) 2 Edfow 1 332, 9:105 of MONTET (0. note 189), p. 99. OSING (o.: note 8), p. 242. On pourrait aussi songer & reconnaftre en @ une graphie phonétique pour % rnotant 1rd, équivalene féminin de wr, zeesté comme sitee sucerdoral, ef. Wh 1336.85 Pour la comparason, le personnel sacerdotal de Min comprait des “eilewses” writ, cf. L Gauriisr (ae note 154), p. m8. Néanmoins, mime si le passage de £4 4 ext parfoisattesté A Fafou (H.W. Pama, An dntraducton tothe Sdy of Ptolemaic Signs and their Vay, in BIFAO 43 945), p77), la lectne writ, que seule suggtte une ‘pitouetee™ phonétique, serait des plus incertaines °) Faw L332. eas: cf: Monier 2+ Dans la version C, bre dst note 189), p. 123. Osi ipicltse dane des divintés d Hathsibis (Osing ~ (oe. note 8), p. 242. © Edfou L333, 25 cf MONTEr (a6. note 189), p. 130. Osing (ae. note 8), p. 243. “4 Fdfow 1333, 6-73 cf. MONTES (@.. note 189), p. 106: OSING (ae. note 8), p. 243° 244 453 PREYRESSES INDIGENES DANS LEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 99) PRINCIPAL DIVINITES PRETRES “q ET w' | PRETRESSES Jr.wor franuisseManT DU | NOMMERS DANS LA ED Smut Nome (eRésenrré | VERSION p’EDFOU PAR LE GENIE) ASSE-EGYPTE (Gaeeeeia B, XIII He B. XV Mendés — Rosati (ae. note 8} p. 39). | [ E polis” | "Ré le grand, en tant | “Le prétre wr mi, le | “Celle qui dirige la ‘que celui qui est la | supérieur des secrets” | cadence” ou “La téte de Howt-ser” | (wr m33, bry-sit3)™ | directtice de celles qui donnent fa cadence” (E wnt don, A wnt br) B. XIV Hermopolis | “Thor dans ses () “Le vengeur de | “La juge équitable” Parva — Per- Fourrés" (63. son pete, celui qui’ | (B wp. m2)" Dichousy-oup-rebouy sépate les deux “Le bel Occidene" () — Tell el-Bagliya’” ‘compagnons” (A Elmnjt.t nfi:t) (2) “Le chauve” (End teaf up rhwy | fk) ‘Le ba vivant de Ré | “Celui qui cache les | "Celle qui préserve Amdid*" réunia ses deux | purrefigs? son ba (du dieu)” poussins” (B finn ftp) (E sed B3=f™ 3) “Celui qui cache | “La trancheusella Jes pucrsfis” laboureuse” 2) *Colui qui arbitre | (A bbs.) les deux diewx” 3) "Le bien-aimé” (A fom foey us wp- niteauy, mrwt(y)) 2 lf L335, 1-325 ef MONTET (06, note 183), p. 162. OSING (2, nove 8), P-244 9 Sut cee tits, voit OSING (oe. note 8), p. 16. 2 Ff 33, 16-175 «6 MOWTET (ae note 18), p. 139. OSING (0. noLe 8). p. 244 + YovOrTe: (ec note 143). 194, propose de voi ie “le views titve Pouperctet, ‘La nate, métaphore se rane & a Lane” jou L334, 4-55 ch MONET (4, note 185), p. 149. OSING (04, note 8), p. 246; 2 Diapts le sens, il ext tentant dinterpréter wd} comme un partcipe de méme saleur que lecausaif st’ (cf B, IV; 8. CAUVILLE, Le temple de Dendara Les ehaplles oi Fiennes, Indee (BAE 119}, p. 141); & defaas nous taduitions "Son ba est en bonne sence”, expression de sens analogue renvoyant de toute manitic a “ba vane de Re”, le belies de Mendés dont Ia prétresse prenait soi. 454 100 COLIN PRINCIPAL DIVINITE sraauissemenT ov | NOMMBES DANS LA Er im'yaur NOME (PRHSENTE | VERSION D’EDFOU PAR LE GENIE) BASSE-ECPTE | prernes ‘ger w' | PRETRESSES fr.or B. XVI Tjarow® | “Lefion,en tant | “Le mature de “Les deuix oreilles” qu Horus qui justification” (idnsy ow mide) mattrise ses ennemis" | (B, A nb mi-pru) B.XVIE Peciowen- | “Rehorakhy, en tant | “Le sacré” ( men —Balamoun™ | que celui qui sest | “Le diew sac ( tdhyst eb) exéé luieméme” (A ntr de) B. XVIII Boubastis | “Le ba dss, en tant | “Le serviteur de la | “Celle au vétement “Tall Basta que Bastet” | Majesté, le chef du | pourpre” (ns)*”™ | papyrus” (me m brn.s, wr wid ors “Calle du Dela? B. XIX Per Sopdou | “Shou, en cant que | “Le portier de Prah” | “La présresse gm — Saft el-Henna®® | Sopdou qui fiappe | (wm Pf)" | Gn) les Mentyou | B. XX Bouto Isis, en tant que | "C'est Fenfane” | “Celle qui apaize Ince Ouadjie maitresse | (ty pro) Vaakhou” (ship.s 38) @imet” Une question liminaire doit éue envisagée dts Pabord: quelle valeur historique reverent ces mentions? En Pabsence, pour chacun des titres, dane confirmation de son utili porain, on ne saurait écarter en théorie ’hypothése selon laquelle les h tion sur un monument privé contem- 2» edou 1334, 10-1; of. MONTE (oc, note 189), p. 191. OSING (oe note 8), p. 246. 1% Edo V 334, 15-16: MONTET (0. note 189) p. 314, OSING (0c, note 8) p. 247 » lou L335, 4-55 66. MONET (a. nose 189), pp. 177-178. >» D'aprts ha collation de S. Cawville et D. Devauchele, wid pluie que % 7 Tite tr une epthave de Sektimer et de Baste, cf MONTET (0. note 189), p78 > Edw 1333, 9-105 ef, MONTET (a. note 88), p. 209. 2% MONTET (ac. note 189), p. 209, taduit “Youvreur de I's , mais Ia mérathse graphique metant Pep en éuidence plaideraie phutdt pour un théonyme 1° Fedfw 1 335, 15-16; cf, MONTET (a note 189), p. 184 % Monrer (e.. note 189), p. 18, isait omy pu, “celui qui est I8"; cependant le déter avin) wanscric dans Pétion de Rocheaonteix et Chasint, portant le doige 3 la bouche invite 8 inerpréer le groupe QAM) fay (enfune) comme dans ke nom du nome ex de la méropol. 455 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE LOI rogrammates auraient_mentionné des institutions et des tivulatures archaiques, qui ne seraient plus d’actualité & 'époque oils composaient leurs textes. Néanmoins, Ia recherche systématique des petits monu- ments privés dans chacun des nomes concernés, par exemple les stéles funéraires de membres des clergés locaux, permettrait bien souvent de confirmer Phistoricité et Pactualicé des titres mentionnés dans les cata- logues. En soulignant, d’un point de vue épistémologique, qu’aucun indice posit niinvite & douter de la réalité des titres répertoriés, on se bornera 3 rappeler ici l’exemple de quelques-uns d’entre eux dont Pusage est confirmé par des dossiers bien étudiés, Ainsi la itulature attribuge au grand prétce officiant dans le I nome de Basse-Egypte n'est ni une eréation ad hoe de higrogrammate, ni une expression désuéte que Yon aurait recopiée par gotit de la tradi- tion: le responsable du plus haut sacerdoce memphite fut qualifié de sor ‘63 bmu(.w) et prétre-s(z)m cout au long de l'époque hellénistique — au moins cing de ces dignitaires seront encore en activité au I sigcle 4.C., dont un sous le rgne d’ Auguste. Le titre féminin de nfi:t ut.w, entegisteé dans la liste des nomes parallélement & celui de wr “13 bmw) ex précre-s(2m, fut lui aussi réellement porté sous les Pto- Idmées, puisquune titulaize de cette dignité, connue par quelques documents, vécut au III*sitcle a.C.; cette dame, comme on pouvait s'y attendre daprds le catalogue d’Edfou, faisait bien partie de la famille des grands prétres de Memphis, car elle cut un mari, puis un fils. wr ‘63 brow. (w), s(n": pout le 1¥ nome de Basse-Egypte, du moins, le choix de titres opéré dans le catalogue est fidele a la réalité observable dans les documents contemporains. Dans la méme perspective, dans le VIF nome de Haute-Egypte, plusieurs titres sacerdoraux connus par les textes du temple de Dendera, par exemple le ship bm.t=s et le sms irw de notte tableau, seront encore portés vers la fin de Pépoque prolé- maique par un prétre Petarsomtous, comme l'indique sa stéle funéraire trouvée & Dendera™4, J, QUABGEDEUR, Contribution i le prowpognaphie des préves memphites Fépoque prolimaigue, in. AneSoe 3 (1973), p. 102; 10., The Genealogy of the Mempbite High Priest Family in the Hellenistic Period, in CRAWFORD ~ QUAEGEBEUR ~ CLARYSSE (06. NO16 23) pp. 7274 © QUAECEDEUR, Contribution (2.0. note 232), pp. 103-104; 1D., Genealogy (ae. note 222), p. 66 (n"7) =" CAUVILLE (a2; note 356), p. 1993 ef: MoT, DeRcHAIN-Unitet, Pricer im Rempel Wiesbaden 198, pp. 4-44 456 102 Fe, COLIN Si les éléments de titularure mentionnés dans le ‘catalogue’ correspon- dent & des fonctions réelles, il sven demeure pas moins vrai que leur énu- mération nvest pas exhaustive: Phigrogrammate choisit, dans l'ensemble des charges locales, celles qui seprésentaient le mieux a ses yeux le clergé local, masculin et féminin, Le titre “Celui qui ouvre les deux vancaux du Ciel” (wn ‘3.wy n p.), par exemple, indiquane Phabilité de son détenteur a accéder au Saint des Saints, constituait seulement une des dignités sacerdotales, parini d'autres, que pouvaient revétir ceux des prétres de Karnak qui prenaient part aux cursus les plus prestigieux*. Le catalogue tient plus d'un florlége dinstitutions religieuses que d’une encyclopédie qui ferait la somme de la materia sacra une fois pour coute. Le but, & Edfou, est de donner pour chaque nome une indication érudite qui colote une valeur locale le culte décrit, en ne suggérant la ‘totalité’ des terroirs offetts au divin faucon ni par des définitions en extension (liste scrupuleusetnent exhaustive), ni par des définitions en intention (For- mules qui engloberaient sans les énumérer les patticularités locales du culte), mais par la multiplication d’annotations pittoresques et précises. Par conséquent, Vexactitude des informations choisies entre toutes est précisément Ja garantie de Pefficacité de Poffrande pariétale du pat moine religieux du pays. En résumé, d’un point de vue historique, les institutions mentionnées par ce document ne sont pas arbitraires ou théoriques, mais correspondent au contraite & des notions chéologiques et cultuelles bien précises, quoique sélectionnées par un choix ‘rituel” autant que ‘litéraite, diceé par le genre et fa fonction du catalogue. Crest donc & a fois une source précieuse en ce qui conccrne les uradi- tions locales et tds partielle dit point de vue stricremene ‘administratif” ‘Avant de considérer les titres des desservants du culte, voyons con ment Phiérogrammate proctde pour nommer les divinités bénéficiaires. Pour chaque province, 'aureur du ‘catalogue’ apollonopolite met en relief , yoire un conglomérat de divinités, en fa présentant souvent ses une di sous la forme de dewx expressions équivalentes et complémencaires © en équation par un m de prédication (cette construction binaise connait des exceptions™). I! serait difficile d’énoncer une rele absolue présidant 2 Yoir par exemple es longues numérations oi igure ce tice poré par deux prétes de Karnak qui véeurene Fan sous Evergbte 1, VIL, TRAUMECKER (a. note 150), p. 1206, n. js 244 26H IV; Vly XUll, XVM; XVIL, XX, B Us JVs XM XIVs XVe_ Les abréviations Haute Egypte) I, I, BGste-Egypee) I, I, etc. renvoient aux cases dt tableau, ire sans doute jusque sous Cléopitre 487 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYTTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 103 aut choix et & Pordte des termes de ces Equations. Le plus souvent, le pre- ier élément est un théonyme; alors, le second verme est soit un autre nom divin: “Horus en tant que Min” (H. V); soit, Péquation a pour deuxitme élément une épithéte, parfois complexe, de la divinité nom- mée: “Nekhbet en tant que Pecil de Ré” (H. IID), “Khnoum en tant que Seigneur le Shotep” (H. X1), “Maat en tant que a d’Hathor” (H. XIV), “FJorus en tant que faucon sur le dos de Porys” (H. XVI, “Ré en tant que ‘Le cache’, le lion terrible vénéré & Hapimis" (B. VI), “Le serpent- Atoum vénérable en ant que le grand dieu qui vit & Zekow” (B. VIII), “Horus en tant que le Maitre de la terre” (B. X), “Ré le grand en tant que i qui est & la téte de Howe-r” (B. XIII), “Rehorakhty en rant que qui sest créé lui-méme” (B. XVID). Bt les deux constructions se trouvent combinées lorsque le théonyme du second membre est accom- pagné dune épithate: “Isis en tant qu’ Hathor mattresse de...” (H. XD), “Shou en tant gue Sopdou qui frappe les Mentyou” (B. XIX), “Isis en tant que Ouadjie maitresse d'Zmet" (B. XX). Dans tous ces exemples, le premier terme présente le ‘sujet’ divin, tandis que le syntagme introduit par le m de prédication ajoute des informations sur la personnalité locale de la divinité, Cependane il arrive aussi que Pépithéte préctde le nom divin; néanmoins, méme dans ce cas de figure, le théonyme du second terme est A son tour qualifié soit par un bref commentaire [“Le cceur de RE en tant que Thot — il est sanctifié dans la chapelle du filer (buss ib1)” (HL. XV), soit par une autre épithéce ["“Puisse-til préserver éternelle- mene’ en tant que (litt, “en son nom de”) ‘Sobek occupé & garder le corps divin dans le Nil-Sud (ipp-ry)” (B.1V), “La grande nageuse en tant que Neith occupée & préserver Maat (?) dans les deux terres” (B. V)}. Comme précédemment, la premitre épichéte constitue un ‘sujet’, que le second membre, nom divin et commentaire ou adjectif, définit avec plus de pré- nen expliquant quel ‘aspect? de la divinité cette épithéce désigne. Enfin, Péquation peut simplemenc réunir deux épithétes, dont la pre~ mitre a valeur d’épicltse: "L’Horus-faucon de FOr en cane que faticon sur Vorys” (H XID), ou encore, les noms de plusieurs divinités différentes sont énumeérés a la suite: “Nephthys, Hathor” (H. VII), “Horus, Anubis” (H. XVII), “Prah-Tatenen, Ina” (B. 1; dans expression “Ositis qui poursuit son ennemi” (H. XVID), un nom qualifié par une épithéte est seul mentionné. Ce foisonnement onomastique tranche avec la simplicité parfois réductrice des noms de divinités égyptiennes transorits ou coulés dans 458 104 Fe, COLIN une interpretatio Graeca & laquelle nous accoutume la documentation épigraphique grecque, Dans les textes hiéroglyphiques, parallélement & la myrionymie des divinités évoquées, la grande richesse sémantique des titulacures des prétres contraste avec les expressions génériques lepedg et 1w'b de la langue administrative”, Loin de sen tenir 2 la simple affirma- tion de lappartenance a l'ordre sacerdotal, certains titres évoquent une activité déterminée au sein du temple, un acte rituel ou une qualité propre 4 Faccomplissement du culte: u’s prosaiquement, gérer les comptes du domaine sacré et contrbler la répattition lige au virement des offrandes [*Le contrdleur (des comptes du temple), le préposé & la sépartition (de Foffrande divine)” (H. VII, Dendera)]; surveiller et ouvtir les issues du sanctuaite [“Le gardien des portes” (H. XII), “Le portier de Preah (B. XIX) et “Llouvreur des deux vantaux du ciel (soih le Saint des Saints)” (H. IV); habiller (pbs) les statues divines dans le ritwel journalier {*Lhabilleue des manifestations (divines)” (H. XIII), “Cha billeur des cing” (B. X)]; consacrer (frp) les offrandes du dieu ou de sa statue {"Le consécrateur de Pane...” @) (A. X1), “Le consécrateur des deux sanceuaires (B. V)]; porter son naos (“Le porteur du ciel” (H. XIID)]; connaitre les prescriptions secretes des rites et conserver & Pabri des regards les étres qui doivent rester cachés {"le supérieur des secrets” (B, XII), “Celui qui cache les putréfiés” (B. XV)}. A cbté des expressions renvoyant aux différentes facettes de activité sacerdotale dans les temples’, une catégorie de titres spécifiques recon- nue depuis longeemps® fait allusion & une caractéristique de fa théolo- ©” Expressions comespondant & ce que YOWOTTE (ne. note 143) p. 193, appelle “Tes tives sacerdoraux oxdinaires’ 8 On notera qu'une expression renvoyane 4 un aete ituel accompli par les prétces peut dans le méme temps constituer une allusion 3 un épisode mythologique, érant donné les liens ensretenus entre le mythe et les ites 29 J, Yovorrs, Prires et sancuaives de name heliopoite a la Base Epoque, in BIFAO 54 (1954), p- 109: "On sit que les officiants locaux étaient souvent dénommés par un (qualifcaif notable de la divinicé quils servaient”; De MEULENAERE (o.c, note 190), p 8s “ese bien connw que les fonctions sacerdorales qui se dissimulent sous ce que nous avons Chabitude dappeler ‘tvs spécifiques’ sinspitent souvent dune qualité du dieu, transfée 8 son offciant"; YowOrTe (@. nove 143), p. 193: “On a cappelé en préambule la distinction quit convient eéablic entee les titres sacerdotaus ordinaites, formellement comparables aux autres ites administratfs ou techniques, qui se rérent aux range te2- dltionnels eles clrgés t 3 la clvinté ow la focal 3 laquelle Vintéressé était attache, et les ties sacendotaux ‘spécifiques’. Ceus-ci se présentent sous fa forme de locations ori 459 | | | | PRETRESSES INDIGENES DANS U'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 105 gie ou & un épisode de la mythologie locales. Cette relation & un théme mythologique peut prendre plusieurs formes: le titre “Le sidge de Re” (wts.t R’) (H. 1) est tout simplement un toponyme religieux. Mais le plus souvent, expression renvoie & un des termes de la structure ter- naire organisant les familles divines — couple de partdres et dicu enfant —. Le prétre est régulitrement titulaire Pune épithére du dicu masculin principal: ainsi le titre “Le modeleur des corps” (gdifws hw) renvoie & Tidentité locale d'“Horus en tant que Celui qui fagonne (ham) les corps? (H. XX}; “Le préposé & la proue, le harponneur” (H. Tl) se réfere A Horus Behedery pourfendanc Phippopocame séthien; “Le chasseur en chef” (B. IV) convient parfaitement & un Sobek crocodile; “Le directeur en chef des artisans” renvoie I’écho d'une des fonctions de Prah (B. 1); “Le caché” (mn) reprend littéralement P’épithéte de “Ré en tant que ‘Le caché” (B. VI); les préeres “Celui qui sépate les deux com- pagnons” et “Le maitre de justification” héritent des titres des diewx Thot et Horus, quils desservent respectivement (B. XIV, XVI). Enfin le titre “le triomphaceur” (wngy) exprime en un seul mot Picone suggérée par Pépithtte périphrastique d'"Horus en tant que faucon sur le dos de Poryx’ (H. XVI) — du reste, au lieu de la graphic phonétique employée dans le papyrus de Tebtynis, l'épithére wnty est régulitrement écrite au moyen de idéogramme d'un faucon perché sur le dos d'un onyx. En revanche, pas ateribut transsexuel pour les hommes: les qualirés ou épitheres de déesses ne sont pas conférées & des prétres masculins; mais ceux-ci peuvent endosser le role du dieu fils protégé de sa mére ou héritier de son pére. “Le jeune” (rp) (B, IM) et “C'est Penfant” (lomsy (pw) (B. XX) se réferent aux divins rejetons d’Hathor et d'Isis-Ouadjit dans leurs fonctions maternelles. $. Cauville 2 souligné le méme phéno- mine parmi les titulatures sacerdotales spécifiques de Dendera: “éhy ‘Penfant-musicien’ et frur ‘le jeune homme’ font allusion & enfant de la déesse dont le rble est illustré par un autre titre: Ship-hmet ‘celui qui rales e plus souvent des allusions chéologiques, qui caracttisent le vtulsire comme un officiantspéialement attaché a sevice d'un diew particulier (..)"; "Quelques tes sp cifiquesconnus pa les sources tardives sont manifestement des qualia idendfiant le prétre au diew majeur qu'il cert ou fui fusane assumner tne fonction qwexerqait dans le mythe une divinitéausilaire"; Cauvir (ae. note 156), p. 195: "Dans chaque cité relic gieuse d Egypte, il exits une catégorie de préues portant des noms & sésonance mytho- Togique qui ippeliient an cae caratérstique des divinils locales” 460 106 Fe, COLIN apaise Sa Majesté”™®, Quant aux titres “Le vengeur de son pre” (B. XIV) ot “le préere sem” (H. XVIU, B.D, ils évoquent 'épithéte et la fonction du dieu fils hévitier. IL est significatif de constater que les principes observés pour la for- mation des titres masculins est également & l’ceuvre pour les prétresses. ‘Tout dabord, un certain nombre d’épithates sont fondées sur les actes rituels pratiqués par les femmes; or on a souvent soulligné, et & juste titre, leur role musical dans le culte — Jes termes géndriques les dési- gnant dans introduction du catalogue apollonopolite sont d’ailleurs fn.wt, “les musiciennes”, et ém'pwt, “les chanteuses”. On insistera avec A.M. Blackman sur importance primordiale de la musique pour le fonctionnement du rituel et pour la satisfaction des dicux, dont les pré- tresses n’étaient pas de vulgaites figurantes subordonnées & Paction des hommes; lors de la fete de la victoire & Edfou, par exemple, un choeur de chanteuses dirigées par Isis-prétresse, didment introduites (ds) dans Je deame. rituel, excite Horus au combat contre l'hippopotame séthien*®, De méme, sur la face interne du mur denceinte, devant Horus dressé & la proue d'une barque, une scéne représente la reine Cléopatre HL du vemps de sa co-régence avec son fils Prolémée X ‘Alexandre (107-101), suivie de deux registres de trois jeunes femmes décrites comme les filles royales ct les femmes de Pé, Dep et de Men- des (fig. 9). La rei d'agiter les sistres sechechee et selbem devant le dieu, tandis que les six dames frappent sur des tambourins Jevés devant leur visage en composant pour Horus un joyeux concert (nhm n HP), Bien quielles ne portent pas de titre sacerdotal déter- miné, la position de ces femmes au sein de la famille royale en fait les officiantes féminines par excellence, & Vimage du roi-premier précre du pays. Selon leurs propres paroles, les six musiciennes “frappent sur leurs tambourins’ (sgr=n m=k son’), “entonnent des pritres” au diet (w3i=n n=h9), “poussent des clameurs pour sa statue” [i= n tht=k esten 0 9 Cauvitte (0, note 158) p. 199. 2 BLACKMAN (0.c-note 43). 23. ¥ ALuIOr (oe. note 10), p. 7005 pp. 724-726. ° Kafou V1 82, 2-83, 43 Edo XL, pl. 509. 14 Edo VI 82, 95 83, 25 la dimension musicale de cette démonstration de joie est cxptimée par le détermninaif, une femme assse jouant du tambourin, % Bafou V1.8, 4 6 Bef VUB2, 12 461 PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 107 {allicération)””1, “envoient leur joie” au lointain faucon “jusqu’en haut du ciel” (=n nak hy r qiw n p.2) et déclinent sous toutes ses gammes Ja bruyante jubilation qui les emporte & sa vue (uhm, mshi, J, bk), Diaprés le titre de la scéne, Fensemble du rite consiste a “faire de la re pout le ka” du dieu (bye n 3%); Cest done un acte rituel nécessaire 2 la vital de la divinité au méme titre que les autces formes de rites accomplis par les hommes “pour le ka des dieux”. Et en effet, tout au long de la procession géographique ¢'Edfou, les spheres activités ‘complémentaires des prétres et des prétresses sont définies par les memes phrases courtes et parallales: Phomme “accomplit les rites (ir 6.#) pour le ka de la divinité” et la femme “joue du sistre devant son visage”. Plusieuts titres évoquent cet aspect du sacerdoce féminin: “La musicienne” (pn.t) (HL VP) reprend tout simplement la formule génétique, tandis que “Celle qui dirige la cadence” (E wrt db) (B. XI) avait manifestement autorité sut une troupe musicale; quant au titre difficile & lite de la prétresse du XXIE nome de Haute Egypte, il et déterming par une femme assise qui parait tenir un cambourin, lequel évoquerait aussi la musique. Néanmoins, ces excimples sont minositaires et on observera avec inté- rée que les titres des prétiesses font aussi allusion & leur role dans les autres actes cultuels, & Pinstar des hommes: adorer la divinité {"Ladora- ” (dw3.i) (H. IV, B, XID} et lui témoigner sa joie (“La transportée de joie” (A 6°.) (B. XID], habiller la statue du dieu {“Lhabilleuse” (bbs.2) (HL. XID}, pratiquer des fumigations aromatiques ("Celle qui fait briler Lencens” (nerd) (2), si mon hypothése de lecture est exacte], consacrer les offrandes [*Celle qui consacre” (rp) (B. VD} Mais, comme pour les hommes, les titres spécifiques Jes plus fré- quents sont ceux qui renvoient & une notion mythologique ou chéolo- 2» Eu N1 83,5, 2° Edfou 18241. *9 Felfow VU 89, 10; 83,3 2 Fdfou W182, 10. 2» Ede V1 82, 1. 26 Rafou VIB: +0. fou VI 82, 4; WSON (ee, note 165), p. 104, interpréte Hp comme wn ke féminin, mais 'y vermis plus ici Fintualé de h setne &Vinfincif, 21 Les actes et les ats évoqueés par ces deus titres, d'une part, les performances musicales des preveesses, de Fautte, se recouvsene Paillewts en patie. 462 108 463 Fk. COLIN Fig. 9 mur ouest, 1 regste, ro eableau, extrait de E. Chassinar, Le temple d’Edfou, XU, Le Caite 1934, pl. 509. Edfou, mur d’enceinte, face interne ( PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 109 gique locale. A Eléphantine, la prétresse porte tout bonnement le nom “Satis” de la partdre du maitre des lieux Khnoum (H. 1); le titte de “La protecttice” (E fuy.) (B. X) est en réalieé Pépiclise dune des déesses @'Hathribis, comme nous Papprend la version tebtynite C du cata- logue; & Létopolis, c'est naturellement 'épithéte isiaque “La mere du dicu” (mut ner) qui qualific la prétresse Pune forme locale d'Horus (B. 11); la précresse “La grande” (wri) regoit Pépithéte du nom composé de a déesse Mby ture (B. V); “Celle qui allaite” (6ng.t) se réfere & la fonc- tion matetnelle d’Hathor mattresse Fou (B. III); les épithétes “Celle au vétement pourpre” (ns) (B. XVIII) et “La griffe” [E f"" @] (H. HD sont héritées respectivement de Bastet et de Nekhbet, et la prétresse “La brillance” (3.2) (B. TV) doit vraisemblablemenc aussi son titre A une déesse. Dans le VIIIF nome de Basse-Egypte, oit le catalogue ne réper- torie pas de titre masculin, les femmes occupent toute la scéne: deux prétresses incarnent Ja fonction de pleurcuses veillant sur un diew défunt. Les différentes versions les nomment en effet “Les deux pleu- reuses”, “Les deux dames”, “Les deux soeurs”, “Les deux grandes: Aout et Oundjie’. On retrouve ici une fonction sacerdotale analogue & celle qwéclaire le dossier papyrologique des deux soeurs jumelles Thats et Taous, qui assumaient au Sarapieion de Memphis le culte funéraire de PApis défane en prenant les craits des divines soeurs Isis et Nephthys (voir supra). Autant les épithétes sacerdotales endossées par les prétres sont hétitées de dieux masculins, autant celles de leurs compagnes se référent la plu- part du temps & un nom ou & une épithéte de déesse, en sorte que les officiants des deux sexes incarnent dans la liturgie les qualités de Pen- semble de la structure familiale composée des dieux, des déesses et des enfants divins, Dans cette perspective, le réseau tissé par les membres des deux sexes ‘organise donc selon un principe de complémentarité, Aussi le dicu mis en exerguc, le prétre et la prétresse forment-ils quelquefois un véritable trio fonctionnel, complémenaire ou symétrique: 1° Hathor, 2° “Le jeune” et 3° “Celle qui allaite” (B. 11) (complémencaticé); 1° Horus qui fagonne les corps, 2” “Le modeleur des corps” et 5° “La fagonneuse” (H. XXI) (symétric); 1° Hathor, 2° “Le musicien” et 3° “Celle qui fait de la musique” (A. VIC) (symétrie). Les femines pouvaient done patticiper aux deux premiéres dimen- sions de la condition sacerdotale, le droit d’accéder au statut de prétresse et d’en porter le titre, ainsi que Ihabilité & accomplir des charges rituelles 464 110 Pe. COLIN er & en percevoir les revenus, Venons-en & présent au troisitme aspect de la vie sociale et religieuse des prétres: la possibilité de former des asso- ciations organisées et hiérarchisées. Au début du XX* sitdl, on savait peu de choses sur Porganisation des miliewx sacerdotaux féminins. D’aprés la mention dune prétresse de la premitee phy/? du dieu Soknopaios, en 183 de notre ere, Walter Orto™ avait remarqué que les prétresses attachées & des temples suffisamment importants devaient étre organisées en phylai, comme les hommes. Or nous savons désormais que organisation des prétresses pouvait auteindre le méme degré de développement que chez les. hommes: en effet, les femmes également étaient aptes 2 se lier par contrat afin de for- mer des associations religicuses, En témoigne notamment une enteuxis adressée én 218 A Ptolémée IV Philopator par Madame ‘Therdus et son beau-fitre Teos (22 Entei. 21, prov. Magdéla). Ceux-ei portent plainte contre les membres d'un thiase™* composé de femmes éyyptiennes: Nous sommes lésés par Temsdis, Sénéméndpis, Téteimt ] et Hérieus, et par les aurres femmes membres elu méme thiase habitantes de Kerkéthoetis, dans la métis de Polémén. Ma soeur Soétis, femme de Tés ci-dessus nommé, était membre du méme thiase que les femmes susnommées et avait exereé pendant quatre ans la prétrise du thiase, lorsquelle est venue A mourir (trad, Guéraud). “TherOus et Teos reprochent ensuite aux membres du thiase de ne pas leur avoir yersé le rwouxéy, l'indemnité de funérailles. Méme si nous niavons pas conservé de nomos d'association Féminine, cette plainte constitue un indice probant de leur existence. En effet, Cest bien dans les clauses des réglements démotiques d’associations religicuses qu'étaic inscrite obligation, pour celles-ci, de participer et de pourvoir aux dépenses des cérémonies funéraires pour les prétes décédés, en faisant + OFTO (06. note 12), I, p. 3s, citant le RGU T 28, 10-1, Voir aussi les exemples dis- ceués par DUNAND (o.. note 6), p. 361, et 52 conclusion: “On doic done en conclure que Je fonctionneiment des colldges de prétresses suvait les mémes regles que celui des colleges de prétres 10, Guéraud observe que: "A en juger pat les noms propres le premier texte (2 Entews. 20) conceene une association hommes, d'origine greeque, le second (P Een 21), au contrac, une association de femmes indigenes. Rien ne nous permet assuret que nos deux thiasessoient des associations exelusivemen religieuses. La chose es cependant probable, surtout pour le second, car on voit mal quelle serait, en dchors de la religion, la taison d'étre d'un thiase de femmes égyptiennes” (P Entews. commentaite p. 54). 465 i | | E i f b t PRETRESSES INDIGENES DANS UUEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 111 payer par tous les membres une “ration de deuil”, fe “g hpy"”, conres- pondant probablement au tagixév mentionné dans les documents grecs. Et de fait, dans une enteuxis similaire de.221 4.C. (P Entewx, 20, prov. MagdOla), une femme dont le fide défunt était un ancien membre d’un thiase masculin, accusait les responsables de Passociation de ne pas avoir organisé, ni participé & Penterrement, contrairement aux dispositions réglementaires du thiase ([xa]r% [tov Guxor}tuxcdy vopoy (l. 5)), et de ne pas avoir versé le rxpuxiy, En réponse, le strattge donne dans Papostille des instructions pour qu'un subordonné vérifie fe contenu du nomos de Passociation et en fasse respecter la teneur. La soeur et le mari de Pan- cienne prétresse du P Ente. 21 fondaient trés certainement leur plainte sur le méme type de nomos, nous ne possédons pas 2 proprement parler de reglement d’associa- tion féminine, trois papyrus démotiques provenant des cartonnages de horn (Fayour), publiés par Frangoise De Cenival’, ont vraisembla- blement été produits dans le cadre dune telle organisation. Ces docu- ments, qui dacent apres la paléographie de la haute époque ptolé- maique, comportent quatre listes cle personnes. La premitte, sur le recto du P Lille dem. 1 97 (fin IV") début INK sidcle), répertorie des noms et patronymes masculins. La deuxitme, au verso du méme document, est tune liste de ferames prétresses semblable aux listes qui suivent les régle- ments d’associations masculines. En téte de la seconde colonne sont nommées les femmes assumant les fonctions sacerdotales les plus impor- tantes de Passociation. Leur nom est suivi de leur titre, puis d’une somme d'argent qu’elles sont tenues de payer, probablement en vertu de leur fonetion (le br Bu.t). Un deuxitme papyrus (P Lille dem, I 98, HIF sidcle) comporte au recto deur listes, l'une de prétres, Pautre de pré- tresses, et un dernier papyrus (P Lille dem. 1 31, TIE sitcle) porte encore tune liste de prétresses. Or les titres portés par les femmes prétresses sont trés semblables.& ceux dont se parent les hommes dans les associations religieuses. Ce parallélisme frappant apparait clairement & la comparaison des listes féminines et masculines; par exemple, on peut Capprocher les titres de femmes du début de la liste du 2 Lille dem. Ul 97, verso, de leurs équi- 0 Fr ox Crnovat, Ler anacation eligi (a. noe 39) pp. 187490, 2 Fr ok Cevivat, Der papyrus indi de Lil ec une rvson dr Bd, Lile 36 in Bncoria 7 (97). a9. 466 112 Fe, COLIN valents masculins du début de la liste des prétres membres de associa tion de Soknebtynis &'Tebtynis, cléturant un reglement (hp) établi en 145 (B. Cair. 11 30605 recto); le schéma suivant reproduit ordre dans lequel ils apparaissent ev met en évidence Pidentité des titres masculins et féminins rar-me', mb 2 et bm-ntr®, ‘Titres Pune association masculine dans le Papyrus Caire 30605 dans le Papyrus Lille 97 v° 1-8 pa mr-ms 44) 029 pimh2 13 mb 24 pa ten-nte na ntray 3 rd Bostt 12 Sbke-nb-in seer [i] Hem. 2 amt tne a3 74 (?) 12 mri! Hoe. Er te hotgnp2 wy) 42 ban .t}-nte 82 [ond pz limentr Wsir po 3 Tyzf-qd-wde PoE [od om a lon-ner Br pe line-nte Ist pe foment Bast (2) «Le chef de troupe » «La cheftaine des 29 » «Le second » «La seconde » «Le prophite des dicux » « Le récitant de Soknebtynis » « La supérieure de Bastet » La supérieure d'Horus-...» « La prophétesse des urecus (? » «La chef de troupe dHathor » «La commandante de Tassociati «La prophétesse de. » «Le récitant de [. « Le prophate d Horus » «Le prophite Isis » «Le prophite de Bastet (2) » Fig. 10 : Titres de prétres et de prétresses dans les associations veligicuses. On observera tout dabord quau contraire des catalogues hiérogly- phiques, qui dénotent souvent les fonctions liturgiques endossées par les officiants, ces titres mentionnés dans des documents légaux et contables dlassociations se référent tous & une position higrarchique et administra- 28 Fi, DE CENWAL, Les asecation egies (0 note 39), pp: 222-2254 pl XI ' Dans f Lille 97 v8, pewter #5 bnntr 03 wrly] (piclse Ii), mais ctce hypothe de lesure esters incetaine sans examen de Voriginal 467 ‘Titres d'une association féminine PRETRESSES INDIGENES DANS LEGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 113 tive (‘chef de troupe”, “cheftaine des 29”, “sécond(e)”, “supérieure”, “commandante”) ou a une qualité générique de “prophéte du diew ND”, littéralement de “serviteur du diew ND” (bm-ner), plutdt qu’d une quel- conque référence spécifique & la mythologie. Ensuite, on voit que pour les femmes les titres sont féminisés par la simple adjonction d'un article féminin £3 (un observateur parfaitement non sexiste ajouterait symétriquement que les titres masculins sont for- més au moyen d’un article masculin p3). Au contraire des locuteurs fran- cophones, qui éprouvent parfois des difficultés & féminiser certains titres traditionnellement réservés au domaine des hommes, les scribes égyp- tiens n’ont pas hésité & créer un équivalent féminin pour un titre tel que mr-mi, “chef de croupe, général”, auquel son origine militaire aurait pu conférer des connotations plucdt vitiles; mais il est vrai que Pidée collec- tive de “troupe”, de “bande”, contenue dans le mot mi” composant ce titre, malgré le petsonnage atmé d'un arc et de fléches qui lui sert de déterminatif en hiroglyphes et en higratique, n'est pas nécessairement sexuce, Ce procédé de symétrie entre le masculin et le féminin, notons-le, nest pas inhabituel dans la pensée égyptienne, car on le retrouve pour la formation de paires male-femelle dans lonomastique de divinixés comme “Amon” ct “Amonette” (fnmn, /mn.i)* ou de puissances cosmo- logiques. primordiales. tels le “Noun” et la “Nounette” (Vnw, Nn.t, Pocéan primordial), le “Heh” et la “Hehette” (2b, Hb.t, Vespace infini), le “Kek” et la “Kekette” (Kk, Kk.t, Vobscutité) etc. Dans le méme otdre d'idées, on rappellera encore les titres de deux prétresses du cata- logue géographique d'Edfou, qui féminisent chacun une des épithétes du dieu principal du nome: “La juge équitable” (E wp.e m3‘), pour ‘Thot (B. XIV), et “La fagonneuss” (jnms), pour “Horus en tant que Celui qui fagonne (fn) les corps” (H. XX1). Ainsi, dans le milieu des associations religicuses, le systéme hiérar- chique paratt structuré de la méme fagon pour les femmes et pour les hommes. On observe, au travers de Pétablissement de ces listes, une nette dichotomie sexuelle dans organisation des sacerdoces, Hommes et femmes, chacun dans leur toupeau, sorganisent entre personnes du. méme sexe, Les sociétés masculines et féminines, du moins dans ce % B, Orto, ea Amaunet, in ZAT (1975), col 18. HL AUTENMOLLER, s1 Acktheit, in LAT (3975), coh 56 468 114 Fe, COLIN domaine de la vie associative réglé par un “contrat” (Ip ou nome), ne fonctionnent pas suivant un modéle intégré, mais elles se renvoient Vimage symétrique de leur structure. La répartition des fonctions et des tiches ne se fetait pas entre les individus des deux sexes, mais entre les personnes dune méme catégorie sexuelle: les hommes et les femmes entretiennent ici un rappore plus symétrique que complémentaire. Néanmoins, ceci n'empéchait vraisemblablement pas les organisations masculines et féminines de collaborer dans certains cadres — comme le suggere la présence, sur le méme papyrus P. Lille dem. I 98, de listes de prétresses er de prétres. Lexamen de fa documentation auquel nous avons. procédé infirme done tant Panalyse d’Hérodote que te commentaire d’Alan Lloyd: les fernines pouvaient étre préteesses de dicux et de déesses, i condition de templir les conditions d’accts. Elles pouvaient accomplir des sactifices, initier des travaux de construction et assurer Padministration matérielle et financidre des affaires sacrées. Les titres sacerdoraux qui les désignent sont formés selon les mémes principes que pour les hommes et, comme cour-ci, les prétresses pouvaient se lier contractuellement en associations religicuses Ces conclusions se fondene sur un examen plus qualitatif que quanti- tatif d'un certain nombre de documents importants pour Ia question qui nous occupe. Mais si fon aborde la dimension quantitative du_pro- blame, le constat doit étre nuancé. En effet, les prétresses connues sont beaucoup moins nombreuses que les prétres, comme on sen convaincra en parcourant les volumes III et IX de la Prosopographia Prolernaica. Le fait se confitme & 'époque romaine. Les recherches prosopographiques menées sur les villages du Fayoum, par exemple, sont révélacrices & cet égard. Ainsi 4 Théadelphie, sur environ 10.000 personnes, Jacques France comptait en 1997° 35 preéttes, actestés du II sidcle avant jusqu’au TV® sitcle de notre &re, avec un sommet au IIf sitcle de notre tre. A Buhéméria, deux prétres étaient répertoriés sur environ 1800 personnes, Be sur Pensemble de ces 37 prétres, on ne rencontre aucune ferme! Si Pon considére les documents issus des préttes ew-mémes, nous possé dons onze réglements associations en démotique, mais aucun ne pro- vient d'une association de femmes. D’une fagon générale, les listes sur documents comptables ou administeatifs établies par des gestionnaires ° Je remercie avec plaisir Jacques France de miavoir faie pare de ces informations 469 me PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 115 de domaines sacrés sont le plus souvent des listes d’hommes, méme si des femmes y apparaissent quelquefois (a Tebrynis, on a trouyé ces der nidzes années des osinaca démotiques comportant des listes 'individus, ott Fon peut bien souvent soupgonner des membres cu personnel de Soknebtynis; on y rencontre quelques listes mixtes ou féminines, mais le statut exact des personnes est rarement connui). Nous n’allons pas passer cen revue ici tous les documents ot les fernmes n'apparaissent pas ou peu, car J. Johnson s'est largement acquittée de cette tache récemment, Ce contraste entre la possibilité avérée pour les femmes daccéder & tous les niveaux de la vie saccrdotale et la grande rareté des prétresses dans la documentation illustre toute Ja différence entre la définition légale ou coutumitre d'un fait et sa réalité sociologique. Apparemment tien, dans la coutume, rvempéchait les femmes dexercer les fonctions principales du sacerdoce. Mais d'autres facteurs, d'ordre socio-écono- mique, avaient pour effet damoindrir leur participation. Dans. cette perspective, il ne faut pas oublier de considérer les temples dans leur dimension économique. Leur prospérité était avant tout fondée sur les revenus de domaines agricoles. Les prétres des villages sont dans leur majorité des prétes-paysans (propri€taites), la gestion des biens fonciers du diew constituant une de leurs activités principales, Les oseraca démo- tiques inédits découverts & proximité du temple de Soknebtynis jettent un. éclairage concret sur les activités économiques quotidiennes qui occupaient les préttes, Parmi les centaines de textes de cette nature, la catégoric de documents la mieux représentée regroupe les etiquettes @amphores, qui donnent des informations sur le contenu de ces réci pients appartenant au domaine du dieu: date, propriétaire ou respon- sable (en général un simple nom), champ dont provient la densée, nature de celle-ci (plusieurs fois du blé); or aucune femme s’apparait parm les anthroponymes mentionnés. Les champs done le produit écait desting & Poffiande au grand dieu local et, au-dela, aux réserves des prétres, étaient gérés essentiellement par des hommes. Crest le liew de rappeler les résultats de P’étude de Deborah Hobson Jes registres conservés dur grapheion de Tebtynis, datés du milieu du I sige de notre tre. Ces longs documents enregistraient jour par jour tun certain nombre d’informations sur les contrats passés par les habi- tants du village. Or Pauteur a montré que, selon ces documents, “Le rale 2 JOHNSON (ae note 58), passim 470 116 Pe COLIN des femmes dans la vie économique de Tebtynis apparatt (...) limité de fagon tout a fait spécifique a leurs fonctions d’épouses (par exemple dans les contrats de mariage, au travers des dots, des contrats de nourrice), ou comme filles (pat exemple lors des ventes ou partages de biens immobi liers hérités de leurs familles). Elles ne semblene pas participer direete- iment & la vie agricole ou commerciale du village, comme en témoigne leur absence de transactions telles que les préts & intérét, les ventes d’ani- mau, les contrats de services ou les baux de terre agricole”*®. Dans cette perspective économique, que rejoignent les faits de mentalieé — homme est plus naturellement investi des fonctions actives & Pextéricur du foyer —, la position de retrait occupée par les femmes dans le monde des temples refléte; entre autres, la position qu’elles occupent au sein de la communaueé agricole en général. Le métier de prétre était un métier de paysan; le métier de paysan était un métier d’hommes. ensemble de ces realia de la condition sacerdotale féminine a été tra- duit sur le plan de Pimaginaite par les hiérogrammates de l’époque hel- Ienistique. En effet, si le roi était aux yeux des Egypticns le prototype de tous les officiants du pays, la reine peur étre regardée en quelque sorte comme la premiére prétresse d’Egypte. J. Quaegebeur, & qui j'ai souvent songé en rédigeant ces pages, a montré le réle parfois important dévolu aux reines dans l'iconographie des temples ptolémaiques; on les retrouve notamnient en compagnie du roi dans le r6le dofficiantes: en adoration devant les dicitx égyptiens, elles leur présentent des offrandes'”. Une scene du temple de Philae commentée par le savant illustre visuellement nos différentes observations: face & “Isis la grande, la mére du dieu”, Pto- Kémée IX, Cléopitre II et Cléopitre II font tous trois le geste de Vof- frande™*, Dans Pespoir d'une générosité réciproque, le premier donne & Ja déesse le signe de la campagne (sb.1). C'est Poffrande par excellence du tesroir agricole, dont le roi se charge en prétre-paysan gestionnaire duu domaine terrestre, Mais, méme si le souverain occupe naturellement la ptemitre position dans la théorie d’officiants, les reines ne sont pas inac- tives, car la premitre offre deux cruches de vin, tandis que la seconde fait » Monson, The Role of Women, p. 380 6 Jonnson (ae note 3), p-1395 2 J. QuaroRseUR, Reins proiatues et inition: deyptionne in H. MABHLER — MN. Staocka (Ea), Dar polemic Agypten. Aton des internationalen Spmposons27.- 2. September 1976 in Berlin, Maine am Rhein 1978p 256. 8 id, ig. Le 4am PRETRESSES INDIGENES DANS L'EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 117 une main une fumigation d’encens et leve Pautre en signe dadoration, — geste exprimant, au travers de Pimage, la méme action rituelle que le titre des prétresses “adoratrices” (dwt) de certains nomes (H. IV, B. x1). Conciwsion La place réservée a étude du role des femmes dans les cultes égyp- tiens aux époques hellénistique et romaine est restée secondaire dans plusieurs grandes synthtses. Ainsi, S, Sauneron parle peu des femmes dans son ouvrage de référence sur Les prétres de Lancienne Egypte, Paris 1957, tandis que le chapitre portant sut les “Priestesses” (pp. 55-59) dans le livre consacré par S.B. Pomeroy aux Women in Hellenistic Egypt from Alexander to Cleopatra, New York 1984, ne dit pas un mot des cultes indigtnes. Néanmoins, quelques éucles particulitres ont fait progresser fa question du statue des femmes, qui a connn depuis au moins une génération un nouvel intérét en égyptologie et en papyrologie comme dans les autres disciplines des sciences humaines*®. Déa en 1921, Particle de A.M, Blackman jetait un éclairage novateur sur The Position of Women in the Ancient Egyptian Hierarchy (o.e. nove 43), montant notamment la réalité du role joué par les femmes dans le culte égyptien ct illustrant Pimportance de leurs fonctions musicales dans la liturgie, Cetce éeude a d’ailleurs influencé positivement les auteurs qui one écrit par la suite sur le clergé féminin. Le domaine des papyrus grecs, plus particuligrement de Pépoque romaine, a été éudié par Fr. Dunand, qui a montré en 1978 tout ce quvils pouvaient apporter & la connaissance du Statut des hierciai en Egypte romaine (0.0. note 6). Ce statut se transmet encore toujours, sous les empereurs, aur sein des mémes grandes familles de notables, qui pratiquent en quelque sorte une endogamie sacerdotale, maintenant la cohésion du groupe; les femmes prétresses, comme leurs compagnons des mémes milieux, connaissent en général une situation économique privilégiée, Plus récemment (1998), J.H. Johnson a exploré le theme Women, Wealth and Work in Egyptian Society of the Ptolemaic Period (0.c. note 58), essenticllement dans la documentation égyptienne. ° Voir par exemple B. Miu, Lat condition de le fenme dans UEgypte pharnonigue Recherches sur Ubstire juridique, Gonorique et sociele de Uancienne Egypte, \ (Bd 12), Le Caire 198, etl bibliographie répertorige p43. 1.12 42 118 Fa COLIN attachant & Péude des stéles funéraires hiéroglyphiques datées de Pépoque ptolémaique, la savante a notamment montré que les proprié- taires masculins de ces monuments sont plus fréquemment pourvus de tires et que ceux-ci sont plus développés que ceux des femmes. D’une manitre générale, dans la documentation démotique, les femmes portant tun titre de statut ou de fonction sont de loin moins nombreuses que leurs compagnons, Néanmoins, poussant sans doute trop loin les consé- quences de ces observations intéressantes, J.H. Johnson tendait & douter de la réalité des fonctions exereées par les femmes méme lorsqu'elles y étaient officiellement attitrées*®. Létude des femmes dans Phistoire agit en général comme un repous- soit vis-A-vis du monde masculin, permettant de révéler des structures telles que la répartition sexuelle des tiches et la disparité des status, qui contribuent & Videntité d'une société particuliére; en outre, ce sujet négligé par le passé ouvre parfois des horizons de recherches neufs ct peu cexploités. A cet égard, Pétude du clergé féminin dans I'Egypte gréco- romaine est révélatrice: on constate en effet que quelques questions fon- damentales n’ont pas é¢é régldes, malgré les études récentes sur ce théme la raison doit en étre cherchée dans la démarche “unilingue’ qui pré- vaut souvent, fondée soit exclusivement sur les documents égypticns, soit uniquement sur les papyrus grecs. En réalité, si les études techniques ct les éditions de textes dans chaque domaine linguistique demeurent indispensables, toute tentative de synthése historique devrait aujourd'hui prendre simultanément en compte, et de premitre main, les sources grecques et égyptiennes. Mais illne suffit pas de’ lire’ le gree et !égyptien (ce qui est la portée de nom- breux égyptologues, ct sans doute moins souvent des hellénistes), il faut aussi sefforcer de situer les documents grecs, égyptiens et bilingues & la fois dans le contexte du monde classique et dans celui de PEgypte de tra- dition phataonique — exercice parfois arcu aux époques hellénistique et romaine, oli précisément les deux mondes empruntent & autre pour ne plus former finalement qu'une seule société complexe. Lessai dinterpré- tation de documents quon a lu ici n'est ni exhaustif, ni définicif. Plu- 4 Jonson (0.4 note 58), pp. 1407-1409; Pexposé se termine powrtant, 24x pp. 1409- 41, par he miention des listes démotiques de pretresses membres associations, qui contredit évidemment Phypothise selon laquelle les femmes nfexerceraient pas conerite iment de responsablieéscultueles 473 PRETRESSHS INDIGENES DANS |/EGYPTE HELLENISTIQUE BT ROMAINE. 119 sicurs dossiers envisagés, la dédicace d’Héx6d’s, le décret de Canope, les jumelles du Sarapicion de Memphis, les enceureis, le catalogue géogra- phique d’Edfou, sont connus et éuudiés depuis longtemps. Mais en croi- sant les perspectives classique et égyptologique, on peut espérer faire progresser encore notre compréhension de ees documents passionnants, Pour répondte & la question somme toute un peu naive “existe-il des prétresses incligtnes aux époques hellénistique et romaine?”, il a d’abord fallu se demander “qu'est-ce qu'un prétre?”. Trois aspects de l'activité sacerdotale ont ainsi été mis en évidence pour définir le métier de prétre égyptien: 1° Lindividu accéde au rang sacerdotal; pour jouir du statut de prétie, i] remplic généralement plusieurs conditions (mais cette norme sourflie des exceptions): appartenir 8 une famille sacerdotale, acqueétit des compétences professionnelles et se faire octroyer officiellement le droit daceéder au monde sacré des temples par le roi ou, 8 l'époque romaine, par Parchiereus d'Egypte, 2° Le prétre exerce des tiches rituelles particu- lidres et en pergoit les revenus, réguliers ou occasionnels, Ce versant &co- nomique du processus de do ut des de la liturgie égyprienne occupe une place essentielle dans la vie quotidienne du prétre, dont il assure la pros périté. 3° Comme les membres des autres catégories professionnelles, les prétres d'un lieu de culte pouvaient se lier pat contrat pour former une association religieuse Lorsque l'on interroge les sources d'un point de vue qualitatif, on constate que des femmes pouvaient participer réellement a ces trois niveaux de Pactivité sacerdotale. Quiles aicnt ace’s au rang et au statut sacerdotal apparatt clairement dans le titre de tépewz ou de téptaae dont cer- taines sont décentrices, méme si nous ignorons les modalités précises de Jeur admission. En outre, l'étude de quelques dossiers démotiques, grecs ou bilingues montre que les prétresses avaient un dle réel dans exécution coneréte du situel et dans exploitation des bénéfices du culte, Au-deld de la dimension purement matérelle du culte, les titres sacerdoraux spéci- fiques portés par les femmes sont construits selon les mémes principes que pour les hommes et renvoient souvent & des épisodes de la mythologie locale du lieu ot les officient. Rien n'indique donc que, sur lc plan ritwel ou théologique, le monde des femmes fonctionne «és différemment du monde des hommes. Bain, les femmes prétresses avaient la méme possibi= Jité que leurs compagnons de former une association scellée par un contrat. Dans organisation sexuctle du clergé, on a vu a locuvse deux prin- cipes rellétant des mécanismes sous-jacents de la pensée égyptienne: la 474 i | | 120 x, COLIN complémentatité et la syméttie, Complémentarité, par exemple, dans le réle joué pat les hommes ct les femmes dans le culte, Lunivers divin est sexu, les déesses y tiennent une place aussi importante que les dicuxs par conséquent, les officiants chargés de les satisaire incarnent des fone tions cultuelles sexuellement complémentaires: le titre du prétre d'une déesse dans sa fonction maternelle Passociera & un dieu ‘enfant’, tandis que celui de sa compagne de sacerdoce fera d’elle une nourrice qui ‘allaite, A. c6té des autres actes rituels, “faire de la musique pour satis- faire le ha des dieux” est un aspect du rituel dans lequel les femmes avaient un r6le propre & jouer. D’autre part, organisation des associa tions religicuses féminines telle qu’elle tansparait dans quelques listes démoriques de prétresses est parfaitement symétrique de celle de leurs pendants masculins. Les mémes titres, qui se réferent essentiellement & des positions higrarchiques au sein de l'association ou a la fonction géné- rique de serviteur de telle ou telle divinité, seront attribués & des hommes ou & des femmes indifféremment: if suffit d’adapter le genre mascuin (p3) ou féminin (¢3) de Particle déterminant Pexpression. Ces deux prineipes bien attestés dans les documents égyptiens nous raménent A la lecture du passage d’Hérodote par lequel, & la suite autzes commentateurs, nous avions introduit notre réflexion, I vaut fa peine danalyser précisément la construction de la fameuse petite phrase: ‘Ipiae yuh wiv obBeula. oBre pcevos cod otize OyAens, ivBpeg 38 navewy re voli Rae ‘Tout dans le balancement régulier de cette phrase est construit sur le modile d'une parfaite symétrie des gentes, et cest la participation des femmes & cette symeétrie qui est nige. En outre une complémentarité centre les deux membres de la phrase est érablie griice d Pusage du singu- lies, dans le premier, et du pluriel, dans le second. Soit ‘N’ le genre fémi- nin et 'B’ le genre masculin, la succession est: 0h obBepa) b Epsevos) a (Omens) B (dvBped) b (évre) a (races) Lopposition fondamentale porte sur les substantifs A ‘femme’ et B ‘hommes, et Pordre des genres est inversé pour les adjectifs b masculins et a féminins dans chaque membre. Ici comme ailleurs dans son enquéte, Hérodote aime faire passer dans Ia forme du texte les structures gue son esprit d’analyse ethnographique pense avoir mises en évidence. Et on peut se demander si lélégance dur style ex de la démonsttation ne 475 PRETRESSES INDIGENES DANS L'¥EGYPTE HELLENISTIQUE ET ROMAINE 121 Tone pas emporté parfois plus loin que le fond de sa pensée, En effet, on nia pas manqué de faire remarquer qu'Hérodote admettait | Pexistence de “femmes préteesses” (yoveteag lepelac) en Egypte, comme ‘on témoigne son récit sur Fenléyement des prétresses thébaines par des pirates phéniciens* Heérodote nie en fait surtout Pidée d'une repartition entre hommes et femmes des fonctions cultuelles attachées aux divinités des deux sexes. Or de ce point de vue Pétude du catalogue géographique dEdfou Jui donne largement tore, comme un tableau le récapitulera aisément: -méme a Titre sacerdotal issu du nom ou |b Titre sacerdotal issu du nom ou de Pépithite d'une déesse de Pépithéte d'un diew A Préwesses |HI, H 3, BUI, B1V, BY, B XVII | HXX1, B XIV BPréucs | HI, BI, BM, BLY, B VI, B XI, B XIV, B XVI, B XX Du point de vue de leur identification & un dieu ou & une déesse au travers de leuts titres, prétresses et prétres sont d’aprés ce tableau dans wn rapport de complémentarité, quoiqu’s deux occasions tne officiante soit méme pourvue de I épithete féminisée d'un dieu male (H. XXI, B. XIV). I serait done difficile de soutenir qu’ “aucune femme n'est prétresse, ni une divinité masculine, ni dune divinité féminine, mais que les hommes se chargent des dieux et des déesses” Cependant il ese vrai que, dans une perspective statistique, Pétranger de sexe masculin voyageant en Egypte et se faisant expliquer par un offi- ciant indigtne les particularités locales des cultes égyptiens avait beau- coup plus de chances davoir pour interlocoteur un homme qu'une femme. Hérodore dut un peu tricher— seulement un peu — pour faite entrer les faits dans son schéma d’analyse structurale fondé sur Pinver- sion. Mais ses épigones structusalistes du XX sitcle, dans des études au demeurant novatrices et fructucuses, n'ont pas toujours eu plus de scru ples que fui % Hérodote I 54; 56, ef BLACKMAN (2. note 43), . 8 DUNAND (a. note 6), P33; 1 5; Fe Coun, Let findateurs du sanctunire Amon a Siva (Desert bib). Atour din Bronce de donation inédit in Studies . Quacgeber le p38. 476 122 Fr, COLIN Dans le monde grec classique, om met souvent en avant fa fonction des cultes féminins comme moyen d'intégrer les femmes dans la cité, & aquelle elles nfavaient pas accts dans les autres cadres de la vie publique. Participer aux cultes, eétait mettre un pied bien contrdlé dans le club des hommes. $'l fallait d'une fagon analogue caractériser le rapport des femmes égyptiennes & leurs fonctions sacerdotales, en tenant compte de Jeur minotité quantitative dans ensemble de la documentation, on dlirait plut6t que dans les villages, la prétrise est bien davantage Pexercice d'une activité professionnelle comme une autre, d’un business des ames — celles des diewx et des humains —- auquel est associé un business des champs. A ce titre, les fernmes se voient confirmer dans le monde du temple la place secondaite quéelles occupent au sein des autres profes- sions d’extérieur de la communauté agricole. 477