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ÉCLAIRAGE

QUELLES PERSPECTIVES POUR 2018? L’ANNÉE DU GRAND RETOUR À LA NATURE

L es sondages récents et tous les chasseurs de tendances sont formels, l’année 2018 marque un changement sensible, celui du retour à une vie plus simple et surtout plus en contact avec la nature

et le monde réel. Passé les explorations et les découvertes des nouveaux écrans en tous genres, nous serons toujours plus nombreux à tirer la prise pour revenir à un quotidien plus harmonieux, en échappant ainsi au fracas du monde. Cette réaction est une bonne nouvelle, surtout pour notre environnement. Certes, le progrès numérique permet d’amé- liorer les performances énergétiques, la production contrô- lée, le développement révolutionnaire des capteurs utiles et il faut soutenir cette dynamique. Mais ces avancées sont aussi l’occasion de revenir à un modèle de société plus attentive à la nature et que les réseaux sociaux ont aussi engagé sur la voie d’un nouveau partage de tout ce qui nous entoure.

Jura. Le regard du jeune renardeau. En 2018, retrouver et observer la nature, pour mieux la préserver. © Alain Prêtre

En retrouvant du temps disponible, les Suisses sont les pre- miers à afficher qu’ils le consacreront à la nature, pour plus de la moitié d’entre eux. Ils veulent sortir de l’écran pour voyager, pour une balade sur les rives de nos lacs, pour dévaler les pentes enneigées dans le plus beau paysage du monde ou mieux encore, en s’engageant pour la préserva- tion de cet environnement. Disparition des abeilles et des myriades d’insectes qui s’écrasaient sur nos pare-brises, asséchement des marais, mitage du territoire, le cœur des Alpes n’est pas encore un modèle de développement durable et ce retour à moins de frénésie reste l’occasion de défendre plus concrètement cette nature proche, en se ressourçant de ses beautés pour mieux les préserver. Alors, 2018, année sereine et positive? C’est ce que toute l’équipe d’Animan vous souhaite, en vous remerciant encore de votre fidélité.

Thierry F. Peitrequin Rédacteur en chef

SOMMAIRE

14 ÉRYTHRÉE NOSTALGIQUE

LA VIE, CE N’EST PAS SEULEMENT RESPIRER, C’EST AVOIR LE SOUFFLE COUPÉ!

Alfred Hitchcock

Le charme du pays opère toujours sur le visiteur. L’Unesco a même inscrit Asmara sur la liste du Patrimoine culturel mondial en août dernier. Par Eric Lafforgue

26 IRAN SURPRENANT

Dès l’aéroport, le ton est donné: «Je suis heureux de voir les Européens venir visiter mon très beau pays. Les Iraniens aiment les Occidentaux, c’est notre gouvernement qui veut faire croire le contraire…» Par Tuul et Bruno Morandi

35 PORTFOLIO LUMINEUX

Toutes les lumières du monde. En 15 images, les plus étonnants paysages saisis à l’aube ou au crépuscule par des photographes devenus poètes.

52 RUSSIE IMPRESSIONNANT

Le métro de Moscou est l’un des plus beaux du monde. En 1933, les meilleurs architectes de l’ère soviétique ont marqué le paysage urbain en créant un site exprimant l’héritage culturel de la Russie. Par Didier Bizet

62 SÉNÉGAL DÉPAYSANT

A Saint-Louis la belle endormie, embarquement sur le mythique bateau «Bou-el-Mogdad» pour remonter le fleuve Sénégal jusqu’aux anciens comptoirs français de Podor. Par Sandrine Mercier et Virginie Suères

70 SUISSE SAUVAGE

Le Jura est une terre d’exigence pour le photographe animalier. La nature sauvage s’appri- voise avec difficulté, mais la récompense se présente au bout du téléobjectif pour qui sait décrypter ses secrets et ses mystères. Par Alain Prêtre

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SOMMAIRE

Image de la couverture:

Ispahan, Iran. © Bruno Morandi.

© fotolia

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Le nouvel objectif SIGMA 100-400mm F5,0-6,3 DG OS HSM | Contemporary se distingue par une performance optique extraordinaire, un volume compact et un poids réduit. Grâce à la combinaison de qualité et fonctionnalité hors du commun, cet objectif répond pleinement à l’attente des professionnels et amateurs exigeants.

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«Ma vie, ce sont

les montagnes

Depuis des générations, la famille d’Adrian fabrique dans l’alpage de Jänzimatt des fromages de montagne fromagère qui fait la fierté d’Adrian nous offre un produit Pro Montagna typique à la saveur unique. Et pour de montagne. coop.ch/promontagna

Le meilleur de nos montagnes. Le meilleur de nos paysans.

c’est pourquoi je produis un authentique

fromage de montagne.»

Adrian, paysan de montagne Pro Montagna

au goût généreux. Le lait utilisé provient de vaches qui ont brouté la bonne herbe des Alpes. Cette tradition que cette tradition perdure, une partie du prix de vente est reversée au Parrainage Coop pour les régions

COUP DE CŒUR

L’IMAGE QUI A SÉDUIT LA RÉDACTION

TOUS LES NOUVEL AN DU MONDE

Célébrer la nouvelle année, un rituel que connaissent toutes les communautés. Au Tibet, il reste un moment d’apparat et de célébrations perpétuées sans faille. Pour Losar, les hommes du monastère Gelugpa, à Labrang, dans l’ancienne province tibétaine de l’Amdo, revêtent coiffes et étoles en peau. Cette fête remonte au premier roi tibétain Nyatri Tsenpo, dont le règne débuta en l’an -127 av. J.-C. Le Losar coïncide avec le premier jour de la nouvelle année lunaire et la date est choisie conformément à l’astrologie tibétaine. © Michel Gottin / hemis.fr

VOYAGES

TENDANCES

DESTINATION GUADELOUPE VIVRE EN BUNGALOWS ANTILLAIS

Dans le cadre sauvage et préservé de la Pointe-des-Châteaux, les bungalows du gîte Le Ti’ Colibri se trouvent dans un havre de paix bercé par les alizés. La nature y offre de sublimes nuances de bleus et de verts ainsi que le calme absolu. Les quatre bungalows au style créole sont à quelques pas de l’Anse de Tarare, une plage réputée pour sa tranquillité et son lagon, idéal pour explo- rer les fonds. Ces bungalows offrent des équipements modernes à des condi- tions très économiques, dès 400 euros par semaine. Cet ensemble est géré par Nathalie Biedermann et son mari guadeloupéen qui ont pris soin de tra- vailler avec des personnes locales. Les bungalows sont équipés de panneaux et chauffe-eau solaires, la climatisation est hybride afin d’être le plus possible en respect avec la nature. La bourgade la plus proche, Saint-François, propose toutes sortes d’animations et d’activités sportives.

www.gite-colibri-guadeloupe.com / info@ticolibri.com Tél: 00 590 690 93 44 48.

LE VERRE DE PUNCH QUE L’ON VA BOIRE, RIEN QU’À LE REGARDER, PARFAITEMENT PARFAIT, LA JOIE VIENT. TOUTES LES ANTILLES TIENNENT DANS CE VERRE.

Jean Raspail. Secouons le cocotier

L’AÉROPORT D’AMSTERDAM-SCHIPHOL UNE PORTE SUR LE MONDE

Amsterdam-Schiphol est le troisième aéroport de correspon- dance européen. A partir de ce «hub», KLM Royal Dutch Airlines offre à ses passagers l’accès à 150 destinations du monde entier. En coopération avec Air France et grâce à d’autres partenariats, la compagnie néerlandaise vole vers les quatre coins du monde. L’an dernier, plus de 63 millions de passagers ont transité par Amsterdam-Schiphol. Les correspondances se prennent en toute simplicité. Grâce à la bonne signalisation, il est facile d’y transiter, avec des connexions européennes dans les 40 minutes. Tous les avions décollent et atterrissent d’un même terminal, ce qui permet un transfert facilité et rapide à pied. Ainsi, le temps maximal de transfert ne dépasse pas les 50 minutes, même pour les vols intercontinentaux.

www.schiphol.nl

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VOYAGES TENDANCES

NOUVELLES HYBRIDES UNE KIA ÉCOLOGIQUE ET SPACIEUSE

La nouvelle Kia Niro se présente comme un crossover à propulsion hybride ultramoderne. Ses dimensions exté- rieures sont modestes, mais avec beaucoup d’espace dans l’habitacle. L’ensemble hybride, avec moteur 1.6 litres et moteur électrique, développe 141 ch. La Kia Niro se classe dans la catégorie de rendement énergétique A. Sa consom- mation est de 6,5 l /100 km. De nombreux éléments tech- nologiques assurent un niveau de sécurité élevé: sept air- bags, programme de stabilité, aide au démarrage en côte, assistant de maintien de la voie, alerte de circulation trans- versale, régulateur de vitesse, alerte de collision et assistant de freinage avec détection des piétons. Elle affiche une aérodynamique et un design soigné qui se poursuit dans l’habitacle. Un modèle d’avenir à découvrir à Genève, dans un showroom axé sur les nouvelles technologies.

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CULTURE

AGENDA

RETROUVER LA MONGOLIE DE GENGIS KHAN

«Il y a sept cents ans un homme a presque conquis la terre. Il s’est rendu maître de la moitié du monde connu…» écrit Harold Lamb. Immense et contrastée, la Mongolie de Gengis Khan s’étend des confins de la Sibérie et du lac Baïkal jusqu’à la Perse, en passant par l’Ouzbékistan et flirte avec les frontières de la Chine. Des étendues glacées jusqu’au désert de Gobi, de la légendaire Samarkand jusqu’à l’Iran, Tuul et Bruno Morandi sont allés mettre leurs pas dans ceux de la gigantesque cavalerie nomade qui a sidéré les mondes passés. Spécialistes reconnus de cet immense territoire, ils partagent dans leur nouveau livre des images somptueuses collectées dans les lieux les plus éloignés et proposent un retour sur cette stupéfiante histoire.

«Entre Ciel et Steppe-La Mongolie de Gengis Khan». Editions Hozhoni

S’ÉVADER AU MUSÉE D’ETHNOGRAPHIE DE GENÈVE

Avec son exposition «L’effet boomerang - Les arts aborigènes d’Australie», le MEG dévoile jusqu’au 7 janvier l’une de ses plus belles collections et révèle la richesse du patrimoine culturel de l’Australie. Près de 400 objets issus des collections sont mis en valeur, accompagnés de prêts de peintures contem- poraines, de photographies, de vidéos, de sculptures monumentales ainsi que des installations de Brook Andrew, un artiste aborigène contemporain. Avec le projet Ghostnet Art, les insulaires du détroit de Torrès façonnent des animaux marins avec des fragments de filets de pêche fantômes perdus en mer (ghost nets). L’art est donc investi comme un vecteur de dénonciation écologique. L’art autochtone d’Australie constitue aujourd’hui un outil de revendication identitaire ainsi que de reconnaissance culturelle et politique. Le titre de l’ex- position «L’effet boomerang» renvoie au fait que les tentatives de suppression de la culture aborigène depuis près de 300 ans se sont soldées par un résultat inverse de celui désiré.

www.ville-ge.ch/meg

LA CULTURE EST UN ANTIDOTE À LA VIOLENCE, CAR ELLE NOUS INVITE À LA COMPRÉHENSION D’AUTRUI ET FÉCONDE LA TOLÉRANCE, EN NOUS INCITANT À PARTIR À LA RENCONTRE D’AUTRES IMAGINAIRES…

Renaud Donnedieu de Vabres, ministre français

PHOTOGRAPHIER AVEC UN ZOOM PLUS LÉGER

Sigma propose un ultra téléobjectif zoom à stabilisateur optique qui permet de photographier dans pratiquement toutes les situations. L’angle de vue réduit permet de compresser les perspectives et de érer les effets de plan. Ces optiques présentaient aussi jusqu’à présent quelques inconvénients bien caractéristiques; ils étaient plutôt gros et lourds et par conséquent difficiles à porter. Visant une optique bien plus pratique, Sigma a doté ce zoom 100-400mm f/5-6,3 DG OS HSM | Contemporary de ses technologies les plus modernes. Combinant avec brio performance optique et compacité, cet objectif est une petite merveille qui offre la compacité, la légèreté et le rapport qualité-prix d’un 70-300mm. Cette optique est disponible en montures Canon, Nikon et Sigma.

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CULTURE AGENDA

SPÉCIAL FÊTES

IDÉES CADEAUX

POUR UN NOËL EN BEAUTÉ

LA MONTRE OMEGA SEAMASTER AQUA TERRA MASTER CHRONOMETER

Ce modèle a toujours incarné l’équilibre parfait entre sophistication et esprit maritime. Pour cette nou- velle collection de Master Chronometer, les fonctions les plus appréciées ont été améliorées ou subtile- ment revisitées pour offrir à la montre une touche supplémentaire d’élégance et de nouveauté. Premier changement notable, le motif «teck» du cadran de l’Aqua Terra, inspiré du ponton des yachts de luxe et véri- table signature de la collection, n’est plus vertical, mais horizontal. Le guichet de date a été déplacé à 6 h pour plus de symétrie et pour rendre hommage au design de la Seamaster Calendar automatique de 1952, la première montre Omega pourvue d’un guichet de date. La forme des boîtiers a été modifiée pour renforcer la symétrie et l’équilibre de leur design. Le cadran est plus épuré et une nouvelle couronne conique, inspirée de la forme ondoyante au revers de la montre, vient parachever la réinterpré- tation de ces modèles. Cette montre, de 41 mm, est en acier inoxydable et en or, avec un cadran argenté, des aiguilles et des index noirs. Nouveauté pour l’Aqua Terra, elle repose sur un bracelet en caoutchouc noir, qui se fond au design du boîtier grâce à son maillon en or. Il suffit de retourner la montre pour découvrir le motif ondoyant du boîtier et son verre saphir, révé- lant le calibre Omega Master Chronometer 8900. Cette montre et son superbe mouvement ont atteint le plus haut degré de précision et de performance, certifié par l’Institut fédéral suisse de métrologie (METAS). Elle est garantie 4 ans. Son prix: CHF 8’000.– www.omegawatches.com

L’APPAREIL PHOTO LEICA SOFORT «LIMOLAND BY JEAN PIGOZZI»

Leica Camera AG présente la première édition spéciale au monde de son appareil photo instantané polyvalent. Cette version spéciale particulièrement voyante et colorée a été créée en collaboration avec le photographe, entrepreneur et collectionneur d’art franco-italien Jean Pigozzi. L’élément central de cette édition est le logo «Mr. Limo», logo du label de mode Limoland fondé par Jean Pigozzi, qui orne la face avant et le dos de la version blanche de l’appareil Sofort. Cette édition colorée incarne une fois de plus le plaisir pur de la photographie instantanée. Une sangle rouge en nylon de haute qualité et ornée d’éléments en cuir d’Artisan&Artist fait partie de l’équipement de l’édition spéciale. Cette sangle est également pourvue du motif bleu Mr. Limo. L’appareil est fourni avec un double pack de pellicules couleur de 20 photos au total. L’équipement technique du Leica Sofort correspond à celui des modèles de série de l’appareil de photographie ins- tantané Leica proposés dans les couleurs menthe, orange ou blanc. Il dispose des modes Automatique, Personnes et réceptions, Sport et action, Macro, des programmes créatifs pour la surimpression et la pose longue, du mode Selfie et d’un déclencheur automatique avec deux temps de déclenchements différents. Le miroir carré sur l’avant permet de composer des selfies parfaits. Jean Pigozzi, qui, à titre de plaisanterie, se dit être l’inventeur des selfies, aime particulièrement ce type de photos. Son prix: CHF 445.– www.leica-camera.ch

LES COFFRETS WONDERBOX EUROPE ET TABLES DE GRANDS CHEFS

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Un prêtre orthodoxe dans sa modeste maison. Les principales religions du pays sont le christianisme et l’islam, à part égales. Modernité à droite pour la station-service Fiat Tagliero qui est toujours aussi impressionnante près d’un siècle après sa construction.

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ÉRYTHRÉE ENTRE NOSTALGIE ET DÉSILLUSION

ÉRYTHRÉE

ENTRE NOSTALGIE ET DÉSILLUSION

Texte et images: Eric Lafforgue

Longtemps utilisées comme taxis, les antiques Fiat ont été recyclées en auto-écoles. Un jeune Asmarino qui rêve de devenir un autre Daniel Teklehaimanot. Au Tour de France 2015, il était devenu le premier Africain au maillot de meilleur grimpeur. Ambiances. La poste centrale d’Asmara, datant de 1916, a été aussi utilisée comme tribunal. Quant aux bars, ils regorgent d’antiques percolateurs. La belle allure des villas Art déco qui sont louées aujourd’hui par les délégations étrangères.

«Le président Afeworki aime venir ici boire un café! Vous aurez peut-être la chance de le croiser…» Ainsi parlait le serveur du bar du Cinéma Roma en me tendant un Caffè macchiato en 2003, à Asmara. Le petit poucet érythréen et ses 4 millions d’habitants avaient tenu tête à l’ogre éthiopien et ses 80 millions de sujets après une interminable guerre d’indépendance de 30 ans. Afeworki était un héros national et un parfum de dolce vita planait sur la capitale. Aujourd’hui, à l’image de son président reclus, le pays est devenu l’une des pires dictatures du monde, se refermant sur elle-même en détenant le triste record des migrants illégaux vers l’Europe.

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ÉRYTHRÉE ENTRE NOSTALGIE ET DÉSILLUSION

L e charme du pays opère pourtant toujours sur le visiteur. L’Unesco a même inscrit Asmara sur la liste du Patrimoine culturel mondial en août dernier. La petite ville perchée à 2’300m d’altitude est un véri-

table musée à ciel ouvert: plus de 4’000 édifices de différents styles architecturaux (Art déco, moderniste, futuriste) ont été construits par les Italiens entre 1869 et 1941. Dès 1935, Mussolini décida de faire d’Asmara la vitrine colo- niale du régime fasciste, avec l’ambition de créer un second Empire Romain en annexant aussi la Libye et la Somalie. Des architectes italiens d’avant-garde étaient encouragés à rejoindre la ville pour mettre leur touche sur les édifices administratifs, les habitations, les magasins, les lieux de culte, les cinémas, les hôtels et même les usines. La cité était aussi conçue sur un mode ségrégationniste. Le centre abritait la population italienne blanche et la périphérie le «village indigène». L’apartheid régnait. A l’époque fasciste, la moitié des 100’000 habitants de la Piccola Roma étaient italiens. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Erythrée sera annexée par l’Ethiopie et ils seront nombreux à s’exiler.

Les Asmarinos à la peau foncée sont désormais fiers et un brin revanchards en habitant dans les résidences interdites à leurs parents et grand-parents à l’époque fasciste. Ghirmay est fonctionnaire et vit dans l’ancien immeuble des cadres d’Alfa Roméo et il confesse: «J’ai de la chance d’habiter un si grand appartement, même s’il a été scindé en deux pour loger une seconde famille…»

ENTRE FOOT, FELLINI ET FIAT

La ville est d’une rare propreté: pas un papier ne traîne dans les rues. Les conducteurs sont disciplinés: le stationnement en double file et les coups de klaxons intempestifs sont inconnus. Les panneaux publicitaires urbains sont absents. Dans un bar où s’époumonent d’antiques percolateurs tout en chromes et en courbes, des anciens endimanchés en ce jour de semaine me saluent d’un sonore «Come va?» Je manque de provoquer un incident diplomatique lorsque je me rends aux toilettes avec mon sac à dos: «Laissez-le, personne ne vous le volera en Erythrée! Où vous croyez-vous?»

En page de gauche, l’opéra d’Asmara ne vibre plus des oeuvres de Puccini, mais des matches diffusés dans son bar. Quant à la piscine, elle a été imaginée par Arturo Mezzedimi à l’âge de 22 ans, en 1944.

Recueillement devant une église d’Asmara. La ville résonne à la fois des prières du muezzin et de celles des prêtres orthodoxes, bien plus longs et bruyants. La cathédrale Enda Mariam et ses deux tours carrées. Audacieux en 1938. Au coucher du soleil, clocher, campanile et minaret s’alignent à la perfection dans le ciel de la capitale. Au marché aux métaux Medebar, les bidons d’essence sont recyclés en croix.

Les jeunes préfèrent se retrouver devant un écran de télévision pour suivre les matches de football. L’ancien club fasciste ou le bar de l’Opéra et son décor fellinien sont très prisés. La ville ressemble à un gigantesque plateau de cinéma. 80 ans après sa construction, la station-service Fiat Tagliero est toujours aussi impressionnante. Sa structure en forme d’ailes d’avion conçue par l’architecte Giuseppe Pettazzi en 1938 n’a rien à envier aux travaux de Franck Lloyd Wright. La Municipalité exigea que l’architecte ajoute deux piliers sous les ailes pour valider le projet. Le jour de l’inauguration, Giuseppe Pettazzi décida de les retirer. La légende raconte que les ouvriers refusèrent de lui obéir et qu’ils finirent par obtempérer lorsque l’architecte sortit son pistolet!

CAMPANILE, CATHÉDRALES ET MOSQUÉES

Les monuments religieux sont aussi remarquables. La cathédrale Saint-Joseph, construite en 1923, domine la ville du haut de son campanile de 57 mètres. Romane et gothique à l’extérieur, mauresque à l’intérieur. La cathédrale ortho-

doxe Enda Mariam, qui date de 1938, offre elle aussi un audacieux mélange architectural: ses deux tours carrées sont couronnées de toits en forme de huttes indigènes. La mosquée Al Khulafa al Rashedin mixe une architecture rationaliste italienne qui rappelle le célèbre Palais de la civilisation italienne à Rome et un style islamique. Les trois lieux de culte s’alignent à la perfection. Une image de carte postale qui ne doit pas faire oublier une liberté de culte très écornée de nos jours dans le pays. Mais avec un revenu annuel par habitant de 300 dollars, l’Erythrée est aussi l’un des dix pays les plus pauvres de la planète. Sans les transferts de fonds de la diaspora, la popu- lation peinerait à survivre. Le gouvernement prône une politique d’autosuffisance appliquée à la lettre au marché aux métaux Medebar. Un univers à la Zola où vieillards et enfants partagent de minuscules ateliers surchauffés par les fours des forgerons et les toits en tôles. De vieux bidons sont transformés en croix orthodoxes, cloches d’églises, chaises ou fours…

Le regard franc d’une fillette d’Asmara, une mère et sa fille sur un marché aux nattes et une jeune femme au marché aux épices. Ces sourires ne doivent pas faire oublier qu’avec un revenu annuel par habitant de 300 dollars, l’Erythrée est l’un des dix pays les plus pauvres. En page de gauche, portrait d’un homme du marché de Keren. L’influence du Soudan tout proche est palpable dans cette ville.

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ÉRYTHRÉE ENTRE NOSTALGIE ET DÉSILLUSION

L’hôtel Torino de Massawa et son architecture ottomane accueillent les visiteurs dans la ville ancienne écrasée de chaleur et qui ne s’éveille qu’au coucher du soleil.

MASSAWA, SON PASSÉ, SES REQUINS

La route qui mène d’Asmara à Massawa compte plus de 1’500 virages et vous plonge dans un autre siècle: celui des conquêtes ottomanes de la Mer Rouge. La ville côtière a beaucoup souffert de la guerre. Rimbaud, qui y fit escale en 1887, aurait du mal à reconnaître la perle de la Mer Rouge. Rares sont encore les moucharabiehs en bois qui recouvraient les fenêtres des fortins turcs et égyptiens. Seules les fenêtres sculptées rappellent l’opulence passée du port. La ville écrasée de soleil se réveille en fin d’après-midi. Les lits sont installés dehors, les femmes s’affairent, les hommes discutent, les enfants jouent. On se régale pour quelques euros d’un mérou cuit au four yéménite et terminé au chalumeau, tout en jouant à cache-cache avec le restau- rateur musulman qui interdit l’alcool dans son restaurant… La mafia italienne aurait investi dans le Dahlak Hôtel, un 5 étoiles surdimensionné et désert. Elle rêve d’y déverser des charters de plongeurs européens pour concurrencer Hurghada en Egypte. Le projet est au point mort. Les seuls

La route d’Asmara à Massawa compte plus de 1’500 virages et fait grimper le thermomètre de 20 degrés en été. Un bateau de pêcheur dans les eaux claires des Iles Dahlak, au large de Massawa. Des eaux pas si paisibles, car infestées de requins chassés pour leurs nageoires.

qui profitent de l’archipel voisin, ce sont les pêcheurs yémé- nites qui chassent les requins pour leurs ailerons revendus

à prix d’or aux Chinois.

Ma visite aux îles en compagnie du capitaine italien Giuseppe,

natif de Massawa, sera écourtée quand celui-ci se sera fait arracher la moitié du bras par un requin à quelques mètres du rivage. Les dépouilles des prédateurs délestés de leurs nageoires étant rejetés à la mer par les braconniers, les squales attendent désormais leurs rations quotidiennes dans les eaux cristallines…

DANGERS ET RAISONS D’UN EXIL

A la sortie de Massawa, des tentes dans le désert abritent les

Rashaidas. Originaires d’Arabie Saoudite, ils nomadisent le long de la Mer Rouge, jusqu’en Egypte. Ils ont mauvaise répu- tation. Ils sont méfiants et le rituel thé de bienvenue a un goût amer. Lorsque j’interroge Ahmed sur son activité, il me répond:

«J’élève des chameaux que je revends très cher au marché de Al-Ain, dans les Emirats…»

Keren, seconde ville d’Erythrée et son marché du lundi qui voit débarquer des centaines de chameaux chargés de bois. De jeunes Erythréens posent devant une fresque à la gloire des combattants qui ont libéré le pays de l’envahisseur éthiopien. En page de gauche, un homme de la tribu Rashaida, vers Massawa. Les gitans du désert se sont longtemps cantonnés à de petits trafics, mais ils sont désormais impliqués dans les enlèvements de migrants érythréens qui fuient par le désert du Sinaï. Une jeune femme orthodoxe prie contre le baobab sacré de Keren qui abrite dans son tronc une vierge noire.

Les gitans du désert, comme on les surnomme, se sont long- temps cantonnés au trafic de cigarettes, d’alcool, de subs- tances illicites et d’armes. Désormais, ils sont impliqués dans les enlèvements de migrants érythréens: après avoir traversé le Soudan, beaucoup de candidats à l’exil sont kidnappés dans le désert du Sinaï où ils sont torturés jusqu’à ce que leurs proches versent une rançon de plusieurs milliers d’eu- ros pour leur libération. Les Rashaidas sont les seuls citoyens érythréens à ne pas effectuer leur service militaire. Il est pourtant obligatoire et d’une durée illimitée. Les recrues sont une main-d’oeuvre gratuite pour le gouvernement. La conscription est une des principales causes de fuite des migrants qui sont à 75% des hommes. La route des candidats à l’exil passe par Keren. La ville a conservé une atmosphère très musulmane, les hommes se promènent en tunique blanche immaculée dans les souks poussiéreux, les femmes se font discrètes, les muez- zins vous réveillent immanquablement dès l’aube avec leurs hauts parleurs crachotants. Le lundi est jour de marché. Des centaines de chameaux chargés de bois (le combustible pour la cuisine) débarquent dans un indescriptible chaos.

AIMER SON PAYS, MAIS PAS SON GOUVERNEMENT

Un peu à l’écart de la ville, la présence d’une vierge noire offerte par des moines lazaristes en 1869 et placée dans le tronc d’un baobab attire chaque 29 mai un pèlerinage ortho- doxe sur cette terre musulmane. Sous les branches déchar- nées, les femmes préparent du café. Elles croient que si un voyageur accepte une tasse de leur breuvage, elles auront des enfants. Le jour du grand rassemblement, j’ai bu ma dose annuelle de café en une matinée! Ironie de l’histoire, pour fuir leur pays, les migrants en sont réduits à aller en Ethiopie, l’ennemi héréditaire, ou vers l’ancien colonisateur qui a opprimé leurs ascendants. On connaît le destin funeste qui attend beaucoup d’entre eux qui n’auront même pas la chance de poser un pied sur les côtes italiennes… Les Erythréens aiment leur pays. Pas leur gouvernement. Tous affirment partir pour mieux revenir. Personne ne se risque à dire quand. Le pays est enchanteur, mais pour les seuls visiteurs.

KASHAN, ISPAHAN, SHIRAZ

RENCONTRES ET POÉSIES PERSANNES

Par Tuul et Bruno Morandi

A Ispahan, tchador et selfie font bon ménage face au dôme turquoise de la mosquée de Sheikh Lotfollah. Narguilé et foulard léger, les femmes iraniennes semblent décomplexées dans la maison de thé Azadegan.

Double page précédente. La place de la mosquée Amir Chakhmaq, lieu de rendez-vous des habitants de Yazd. A Chiraz, la mosquée Nasir-ol-Molk, une merveille architecturale.

Dès l’aéroport, le ton est donné:

«Je suis heureux de voir les Européens venir visiter mon très beau pays. Les Iraniens aiment les Occidentaux, c’est notre gouvernement qui veut faire croire le contraire…» nous déclare le chauffeur de taxi qui nous transporte à très vive allure et nous fait part de son admiration pour Farah Pahlavi, l’ex-impéra- trice d’Iran qui partage sa vie entre Paris et les Etats-Unis.

A rrivés au centre-ville, les clichés semblent pour- tant respectés: fantômes noirs qui se faufilent au milieu de la circulation congestionnée de Téhéran, portraits géants de Khomeiny qui se dressent sur

les pignons des immeubles sans charme, quelques mollahs enturbannés, attaché-case à la main, qui sortent de bâtiments officiels. Mais assez rapidement, les clichés se troublent, l’ap- pel à la prière ne perturbe aucunement le rythme de la vie. Les mosquées sont quasiment désertes. Dans les parcs publics, la jeunesse se conte fleurette, les voiles des jeunes filles ont une fâcheuse tendance à glisser, les femmes osent le maquillage, les garçons arborent les noms des groupes de rock américains en vogue sur des tee-shirts moulants. Dans les rues, on entend régulièrement des «Welcome to Iran!» et dans les villas chics des hauteurs de Téhéran, les soirées ressemblent étrangement aux nuits londoniennes ou parisiennes.

Le pont Khaju, sur la rivière Zayandeh, est un lieu de sortie très prisé. Le Palais d’Ali Qapu, qui fait face à la mosquée Sheikh Lotfollah. Les minarets de la mosquée de l’Imam qui offrent une vue plongeante. La mosquée du Vendredi, qui retrace plus de 800 ans d’histoire de l’art islamique.

Des habitants d’Ispahan se retrouvent dans cette tchaikhana autour d’un thé ou d’un narguilé. L’intérieur de la mosquée Sheikh Lotfollah, dont les faïences bleues se déclinent en d’infinies formes géométriques. Enjambant la rivière Zayandeh, le pont Khaju aligne ses 133 mètres de longueur. Les ruelles couvertes se faufilant en labyrinthe au cœur d’Ispahan forment un des plus grands bazars du pays.

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KASHAN, ISPAHAN, SHIRAZ RENCONTRES ET POÉSIES PERSANNES

Page de droite. Ces toboggans font la joie de ces jeunes filles d’Ispahan. A Yazd, la mosquée du Vendredi éclairée fait écho à l’heure bleue.

Même si Téhéran n’est pas le reflet de l’Iran, l’Iran ne saurait se résumer en de simples poncifs. La volonté de changement du peuple iranien est réelle. Plébiscité lors des élections pré- sidentielles par un vote massif des jeunes et des femmes, Hassan Rohani, le candidat «libéral» a reçu un message clair pour un appel d’air. Et puisqu’une révolution ne s’est jamais faite en une décennie, celle de l’Iran semble encore loin d’être terminée, mais les Iraniens sont patients.

RAFFINEMENT ET HARMONIE

Perse ou Iran? Qu’importe, puisque le plaisir de redécouvrir ce pays est entier. A Kashan, première halte. Le bazar, l’un des plus somptueux du pays, plonge immédiatement le visi- teur dans l’Orient féerique. Plus au sud, à Ispahan, le noir devient couleur, la confusion se mue en raffinement et tout le passé fabuleux s’impose aux yeux. Avec l’air du temps, la Place du Shah a été rebaptisée Place de l’Imam, mais l’harmonie et l’équilibre de cette merveille n’ont

pas changé pour autant. Les coupoles jaillissent, imitant les fontaines des bassins qui leur servent de miroir et narguent de leurs bleus nuancés celui si pur du ciel d’Iran. Sous les voûtes voisines du bazar couvert résonnent les rumeurs de la ville, dans les maisons de thé, les femmes viennent en groupe fumer le narguilé et les ponts qui enjambent la rivière Zayandeh Rud sont autant d’invitations à des promenades romantiques. Direction la partie orientale du pays, où l’une des plus anciennes villes du monde occupe le centre du plateau ira- nien. Yazd aligne ses badgirs, des tours qui captent le vent pour rafraîchir les habitations en pisé, ancêtres de l’air conditionné. Dans cette ancienne ville-étape de la Route de la Soie balayée par les vents du désert, il est agréable de flâner à l’ombre des ruelles tortueuses et immuables. Le Temple du Feu Ateshkadeh, dont la flamme se consume depuis plus de 1’500 ans, attire de nombreux zoroastriens, religion fondée par Zarathoustra il y a 3’000 ans.

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KASHAN, ISPAHAN, SHIRAZ RENCONTRES ET POÉSIES PERSANNES

«DANS LE JARDIN DES ROSES, HIER, L’AUBE POINTAIT. LA NUIT PASSÉE DANS MON IVRESSE S’EFFAÇAIT. J’ÉTAIS PAREIL AU ROSSIGNOL…»

DÉCOUVRIR LE CŒUR DU MONDE

La bande d’asphalte grise et droite court vers l’infini sur une terre ocre et monotone. Le haut-plateau désertique se dresse légèrement vers le sud, puis se froisse pour mieux s’élancer avec des pliures profondes marquées par les ombres du soleil levant. De nombreux caravansérails rythment régulièrement le parcours jusqu’à Kerman, «le cœur du monde» comme aimait la décrire le poète soufi Nemotallah Valli. L’ancien hammam au décor des 1001 Nuits a été reconverti aujourd’hui en une tchaikhana, maison de thé où exhalent les parfums des narguilés, et où la mélodie des chants persans berce les jeunes couples qui sirotent du thé vert très sucré. Les nuances turquoise des faïences du mausolée du poète Valli et les jar- dins Bagh-e-Tarikhi sont autant de prétextes pour faire le détour vers cette région.

POÉSIE ET PRÉDICTIONS

La cité de Shiraz se conjugue au rythme des versets de ses poètes Hafiz et Saadi et de ses élégants jardins symétriques. «Dans le jardin des roses, hier, l’aube pointait. La nuit pas- sée dans mon ivresse s’effaçait. J’étais pareil au rossignol…»

Trois des plus beaux monuments de Chiraz: l’intérieur de la mosquée Nasi-Ol-Mok, le Bagh-e Eram ou jardin du paradis et le mausolée de Shah Cheragh, plus important lieu de pèlerinage de la ville. Page de gauche. Ces jeunes Iraniennes font un selfie dans la maison de thé du hammam Vakil à Kerman et jeux de dômes sur les toits de la tombe datant du 15 e siècle du saint soufi Shah Nematollah Wali.

Portrait d’une jeune fille, tissage d’un tapis et transhumance des nomades Qashqai. Ils nomadisent en Iran entre les pâturages de la province du Fars et le Golfe persique et font partie des peuples turcs qui seraient venus d’Asie Centrale au XI e ou au XII e siècle.

«COMME IL N’EXISTE DANS NOS MAINS QUE LE VENT DE TOUT CE QUI PASSE. COMME CHAQUE CHOSE EST VOUÉE AU DÉCLIN, AU VIEILLISSEMENT, PENSE QUE TOUT CE QUI EXISTE N’A PEUT-ÊTRE AUCUNE EXISTENCE. PENSE DANS LE MÊME TEMPS QU’EXISTE, CE QUI N’EXISTE PAS…»

Non loin de là, les nomades Qashqaï installent leurs campe- ments au pied du site de Persepolis, l’ancienne capitale de Darius le Grand. Sous les tentes de laine noire, les femmes vêtues de couleurs vives perpétuent autour des métiers à tisser l’art du tapis et du gabbeh persan qui font le succès du bazar de Shiraz. Malgré les tentatives de sédentarisation menées sous le Shah, l’automne voit les nomades turco- phones quitter ces montagnes de la province du Fars pour se diriger vers les bords du Golfe Persique. Les Iraniens très épris de poésies et les étrangers de passage lirons peut-être dans les versets du grand poète de Nishapur, Omar Khayyam, une prédiction philosophique: «Comme il n’existe dans nos mains que le vent de tout ce qui passe. Comme chaque chose est vouée au déclin, au vieillissement, pense que tout ce qui existe n’a peut-être aucune existence. Pense dans le même temps qu’existe, ce qui n’existe pas…»

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KASHAN, ISPAHAN, SHIRAZ RENCONTRES ET POÉSIES PERSANNES

PORTFOLIO

LUMIÈRES DU MONDE

PORTFOLIO

LUMIÈRES DU MONDE

Majestic Voyages est fière de s’associer à ce numéro décembre-janvier d’Animan. Les plus belles lumières du monde sélectionnées par la rédaction, des photographies sources de chaleur en cette période hivernale. Des instants chaleureux, nous les vivons avec nos clients, l’écoute, le relationnel et le temps consacré à la réalisation de leurs projets de voyage étant des valeurs que nous partageons avec eux.

1 Brumes et boule de feu sur la baie du Mont-Saint-Michel, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

2 Reflets et rougeoiement en

Patagonie. Le Fitz Roy et le parc national argentin de Los Glaciares.

3 Crépuscule et jeux d’enfants.

Réunion sur les palétuviers du village vézo d’Andrevo, à Madagascar.

4 Zénitude matinale au Japon.

Lumière délicate de l’Ile de Honshu sur les douves du château d’Hiroshima.

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Christian Guy/hemis.fr

Image Source/hemis.fr

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Stéphane Lemaire/hemis.fr

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Markus Schilder/hemis.fr

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Lumière de naissance du monde

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Lumière pastel délicate et brumes

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Quiétude et éclairage rosé sur la

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Eclairage nocturne magique

sur le volcan Bromo et ses fumeroles.

Au loin, l’explosion du volcan Semeru.

de mer pour les pêcheurs sur pilotis de Welligama, au Sri Lanka.

marina Victoria and Alfred Water- front du Cap, en Afrique du Sud.

sur le volcan Kawah Ijen, avec ces étonnantes flammes de soufre de

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Paule Seux/hemis.fr

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Paule Seux/hemis.fr

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Patrick Frilet/hemis.fr

l’Ile de Java, en Indonésie.

 

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Stéphane Godin/hemis.fr

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Lumière vive après le passage

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Soleil du soir et pureté en

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Pinceau de lumière sur la

d’un grain sur le ponton de Deshaies,

Patagonie sur le Parc national chilien

mosquée immaculée du village

berbère de Chenini, dans la région

12 Crépuscule et civilisation. Le Vieux-Québec, classé au

village voisin du Parc national de la Guadeloupe, réserve de biosphère

Torres del Paine. Le lac et l’Hosteria Pehoe.

aride de Ksour, en Tunisie.

Patrimoine de l’Unesco et le paisible Saint-Laurent, dominé

de l’Unesco.

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Walter Bibikow/hemis.fr

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Walter Bibikow/hemis.fr

par le Château Frontenac.

© Patrice Hauser/hemis.fr

13 Balise lumineuse en Bretagne. Le phare de Saint-Mathieu, à Plougonvelin, prend la relève pour la nuit, à côté de l’abbaye et du sémaphore.

© René Mattes/hemis.fr

14 Soleil couchant au pays du Soleil

levant. Ile de Honshu, le Mont Fuji, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

© Didier Zylberyng/hemis.fr

15 Crépuscule et feu de bois

dans la région de Douz, en Tunisie. Un bédouin prépare simplement son pain.

© Lionel Montico/hemis.fr

© Philippe Renault/hemis.fr

Une agence de voyage à votre écoute

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PALACE

Texte et photos: Didier Bizet

Le métro de Moscou est l’un des plus beaux du monde. En 1933, les meilleurs architectes de l’ère soviétique ont marqué le paysage urbain en créant un site exprimant l’héritage culturel de la Russie. Ambiances et rencontres.

Empire de marbre et hommage à Lénine. Ce sont les jeunesses léninistes progressistes qui ont lancé les travaux du métro moscovite. Les décorations de ces couloirs célèbrent toujours la révolution et la défense de la patrie. A droite, la station Taganskaya, ouverte en 1950, offre une des plus belles coupoles du réseau. Double page précédente. Perspective spectaculaire de la station de métro Elektrozavodskaya, inaugurée le 15 mai 1944, pendant la Seconde guerre mondiale.

L orsque Staline et le comité central du Parti com- muniste, les Bolchéviques, décident de lancer sa construction en 1931, le métro moscovite devient un symbole de prouesse architecturale jusqu’alors

inégalée dans le domaine des travaux publics. L’Union des jeunesses léninistes communistes mène les travaux de construction aux côtés de bâtisseurs expérimentés, ce qui leur valu d’être décorés de l’ordre de Lénine. Les plus beaux marbres et pierres blanches d’édifices religieux démolis, dont la cathédrale moscovite du Christ-Sauveur, sont récu- pérés pour bâtir les «stations palais». La cathédrale du Christ-Sauveur a en effet été détruite par Staline en 1931, dans l’intention de construire à sa place un «Palais des Soviets». L’apparence de la ville s’inspire alors d’un fort sen- timent de patriotisme, très largement partagé. L’Union des travailleurs, avec l’aide de Joseph Staline, a donné naissance à ce splendide monde souterrain, un empire

de marbre et de pierre à l’esthétique grandiose. La révolution

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PALACE LENINA

et la défense de la mère-patrie, qui sont les deux concepts- clés de l’URSS et du régime socialiste, sont à l’honneur dans les mosaïques et les sculptures dévoilées dès l’ouverture de la première ligne, le 15 mai 1935. Le métro, qui se voit attri- buer le nom de Vladimir Ilitch Lénine, est conçu pour servir de vitrine au plus grand régime communiste du monde. Avec plus de 8 millions de visiteurs chaque jour, il est aujourd’hui le plus grand métro d’Europe et détient le record mondial de ponctualité.

RETROUVER L’AMBIANCE D’ANTAN

Ce réseau, considéré comme la deuxième attraction touristique de Moscou, permet aux visiteurs de faire un bond dans le passé, pendant l’ère soviétique. Rien d’étonnant à ce que ce théâtre souterrain, avec son style époustouflant et ses passagers sem- blant tout droit sortis d’une autre époque, soit également une source d’inspiration pour le cinéma et le théâtre russes.

L’idée de doter la capitale russe d’un métro voit le jour au début du XX e siècle, mais le projet est abandonné face aux difficultés techniques, à l’avènement de la Première guerre mondiale et aux tourbillons politiques et sociaux de l’époque. Après les années 20, la population moscovite augmente si vite que la question des transports publics redevient un problème majeur. En 1931, le gouvernement soviétique décide alors de résoudre le problème en lançant sur-le-champ le développement d’un projet de voie ferro- viaire souterraine. Joseph Staline prend cette décision malgré une étude géo- logique indiquant que la nature du sol – composé de sables saturés et de calcaires massifs, avec des nappes phréatiques fissurées, d’anciennes érosions et des sables mouvants – va rendre la percée particulièrement difficile. De nombreuses rivières ont également été découvertes. En 1934, 75’000 personnes sont employées par Metrostroï, la société de construction. Le travail est essentiellement manuel étant

donné la pénurie de marteaux pneumatiques et l’absence de tractopelles à l’époque. Le métro ouvre finalement ses portes au public le 15 mai 1935 et des centaines de Moscovites passent la nuit devant les stations pour en être les premiers passagers. En 1940, il

transporte plus d’un million de passagers par jour, contre environ 9 millions aujourd’hui. L’invasion allemande entraîne une interruption temporaire de la construction; en 1941, lors des raids aériens, les Moscovites peuvent s’y réfu- gier jusqu’à 5h00 du matin. 217 enfants y sont nés et plus de 500’000 personnes y ont trouvé refuge. Joseph Staline

y a annoncé, depuis la station Maïakovskaïa, «la défaite

imminente» des Nazis. Durant les 20 premières années de son existence, le métro de Moscou porte le nom de Lazare Kaganovitch, un homme politique soviétique auquel on doit

la construction de la première ligne de métro. En 1955, il est

renommé, en l’honneur de Vladimir Ilitch Lénine.

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PALACE LENINA

Moscou, mai 2017. Dans la station Arbatskaya, il est difficile de se faire un passage aux heures de pointe. Le métro moscovite est le plus important d’Europe. Jeune femme à la station Krasnopresnenskaya. Les bancs viennent de la cathédrale du Christ-Sauveur. Détruite sous Staline en 1931, les sièges restèrent intacts. Les architectes du métro décidèrent de les installer dans certaines stations.

KOLTSEVAÏA, LA PLUS CÉLÈBRE

La ligne circulaire, la ligne Koltsevaïa, est conçue après la Seconde guerre mondiale par de nouveaux architectes qui puisent leur inspiration dans la nouvelle phase de dévelop- pement. Construite en 1950-1954 en tant que ceinture autour

du centre de Moscou, la ligne devient essentielle aux itiné-

raires des passagers. Elle reste la plus célèbre, tirant notam- ment sa renommée de stations construites à l’apogée de l’architecture staliniste. Cette ligne comprend les plus belles stations incarnant l’esprit de patriotisme, de victoire et de glorification des Russes.

La visite de cette fameuse ligne commence par la station Park Koultoury, qui mène au principal parc de Moscou, à savoir le Parc Gorki. On y trouve cinq types de marbre, allant du gris clair veiné au noir et d’autres éléments tels que des lustres de style impérial et des bas-reliefs en marbre. Réalisés d’après

les esquisses d’Isaac Rabinovitch, ces bas-reliefs illustrent le

travail et les loisirs du peuple soviétique, ainsi que les acti- vités pratiquées au célèbre Parc Gorki, comme l’aéromodé- lisme, la danse, le football ou le tennis. Dans la station Taganskaïa, le thème principal est l’architec- ture médiévale. De grands arcs s’y entrecroisent, créant ainsi

des sortes de voûtes croisées, semblables à celles que l’on

trouvait dans les demeures des Boyards russes du XIII e au

XVI e siècles. Les colonnes sont richement décorées de pan-

neaux de faïence, d’un style qui rappelle l’atelier d’Andrea della Robbia, le célèbre céramiste florentin du XVI e siècle. La station Komsomolskaïa, située sous les trois plus impor- tantes gares de la capitale, doit jouer le rôle de «porte d’en- trée» dans Moscou. Avec ses élégants lustres en bronze, ses arcades en marbres et ses somptueuses mosaïques en smalt, elle représente l’apogée du style impérial stalinien. Quant à la station Novoslobodskaïa, elle est l’une des plus solen-

nelles du métro moscovite, célèbre pour ses 32 panneaux de vitrail, tous réalisés par le grand artiste soviétique Pavel Korin.

La

station Kievskaïa est la dernière station à voir le jour

sur

l’anneau central de Moscou. Sa construction est super-

visée personnellement par le Secrétaire général du parti,

Nikita Khrouchtchev, à qui l’on doit la politique soviétique

du «dégel» et la dénonciation du culte de la personnalité

de Staline. Il se dit que l’élégant décor de cette station a été pour Khrouchtchev une façon de rendre hommage à son Ukraine bien-aimée.

Les plafonds baroques de la station Komsomolskaya. Mêmes décors fastueux pour la station Kievskaïa, ouverte en 1954. 18 piliers sont ornés de mosaïques exprimant l’amitié entre les peuples russes et ukrainiens. Les rames de la station Kievskaya. Pendant les heures de pointe, près de quatre heures le matin et quatre heures le soir, il y a une rame toutes les 90 secondes.

Rencontre avec les jeunes femmes des écoles de cadets. Tous et toutes ne choisissent pas la carrière militaire. Plus de 300 diplômés de l’Académie Souvorov de Moscou sont devenus docteurs

et candidats en sciences, académiciens et professeurs. Dans les couloirs du métro, on croise aussi

bien de belles élégantes que les habituels jeunes militaires. Entretien à la station Kievskaya (1954).

Les marbres sont lustrés trois fois par jour. La station Novoslobodskaya, l’une des stations préférées des Moscovites. Elle exprime la grandeur du socialisme et la beauté de la patrie soviétique.

A

droite, les nettoyages se font toujours à la sciure de bois, qui permet de poncer et de polir

le

marbre. Rencontre féminine sous le regard de Lénine à la station Plochtchad Ilitcha.

Dans la station Teatralnaya, Yuri joue un concerto. Chaque année, 200 musiciens sont sélectionnés sur 1’000 demandes et n’offrent rien d’extravagant: de la pop gentillette, de la musique classique et des chants soviétiques patriotiques. Une fois de plus, tout est organisé pour qu’il n’y aie pas de débordements.

EFFICACITÉ ET PONCTUALITÉ

Avec 88’000 employés pour 206 stations et 14 lignes, le métro de Moscou est aujourd’hui le moyen de transport le plus efficace, emprunté par plus de 60% des Moscovites. Il détient le record mondial avec exactement un train toutes les 90 secondes aux heures de pointe, durant quatre heures le matin et quatre heures le soir. La ponctualité du trafic atteint 99,99%, un autre record mondial. Les règles y sont très strictes, les stations principales étant nettoyées trois fois par jour et les marbres lustrés et nettoyés à la sciure. En hiver, durant les épidémies de grippe, le service d’entretien intervient toutes les heures. La propreté est une incroyable obsession. Les musiciens sont triés sur volet pour éviter tout style inapproprié. Le métro est très respecté par les Moscovites, qui s’efforcent de garder bien propres les cou- loirs, les rames et les stations. Alors que se profile déjà la perspective de la Coupe du monde de football 2018 dans la capitale russe, le métro moscovite, fréquenté chaque jour par plus de 9 millions

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PALACE LENINA

de passagers, est en pleine métamorphose afin d’accueillir au mieux les innombrables touristes que cet événement va attirer. Sa rénovation prend de multiples formes: nouvelles rames dotées d’une connexion wifi, bornes automatique, messages d’annonce diffusés en anglais (une petite révo- lution). Des rames spéciales font la promotion des causes chères à l’Etat russe: la sauvegarde des tigres et des léopards, le cinéma et l’art russe Si la jeune génération a oublié que le vrai nom du métro de Moscou était Vladimir Ilitch Lénine, les Moscovites n’en sont pas moins fiers de leurs palais souterrains. Car leur métro n’est pas qu’un moyen de transport, il est également un mor- ceau de l’histoire des Russes. Pour l’ensemble des généra- tions, le patriotisme est un apprentissage; c’est une manière intelligente d’être russe. Mais 2017 a beau être l’année du 100 e anniversaire de la révolution russe, Vladimir Poutine n’a prévu aucune célébration. Certes, Lénine n’a jamais fait figure de héros pour le gouvernement actuel, mais il reste néanmoins la personnalité la plus représentative de la Russie, surtout à l’intérieur du plus beau métro du monde.

Décors et réalités humaines. Dmitry Khabarov est conducteur depuis 17 ans dans le métro. Il avait travaillé dans les trains et trouve cet emploi moins stressant. Inna Smirnova et ses collègues. L’employée au chapeau fait partie de la nouvelle chorale et participe aux répétitions du 82e anniversaire du métro. C’est l’opéra «Tolkenien» qui a été joué en juin dernier dans la station de Vystavochnaya. Modernité en gris et rouge pour les stands d’information des stations. La direction a décidé d’aider les visiteurs en diffusant aussi des messages en anglais.

EMBARQUEMENT IMMÉDIAT

AU FIL DU FLEUVE

SÉNÉGAL

Texte: Sandrine Mercier • Images: Virginie Suères

A Saint-Louis la belle endormie, embarquement sur le mythique bateau «Bou-el-Mogdad» pour remonter le fleuve Sénégal jusqu’aux anciens comptoirs français de Podor.

Dans la lumière de Saint-Louis, les maisons ocres et rouges éclatent encore de couleurs, mais sont laissées à l’abandon en attendant l’intervention de l’Unesco. Le sable envahit inlassablement les ruelles. Jeux de zim-zim, heures de couture et bonne humeur pour une journée langoureuse dans l’ancienne colonie. Double page précédente. Le fleuve tranquille, un piroguier et le vénérable «Bou-el-Mogdad», véritable légende flottante.

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EMBARQUEMENT IMMÉDIAT AU FIL DU FLEUVE SÉNÉGAL

A droite, Guet N’Dar, le quartier des pêcheurs, réunit encore celles et ceux qui sont tournés vers la mer. Leurs pirogues aux couleurs vives et aux étraves relevées partent affronter la barre, ses déferlantes et les brumes du large pour une pêche devenue difficile avec la concurrence des chalutiers.

U ne île effilée comme une pirogue, retenue au rivage par un grand pont métallique sans quoi le fleuve Sénégal l’emporterait jusqu’à l’océan; c’est Saint- Louis. D’ici partent dès le XVII e siècle les expé-

ditions coloniales vers l’intérieur du continent. Le commerce de la gomme arabique, ou sève de l’acacia, et la traite des esclaves assurent la prospérité de l’île devenue ville. Déchue en 1902 de son titre de capitale de l’Afrique Occidentale Française au profit de Dakar, elle sombre peu à peu dans l’oubli. L’Aéropostale la choisit bien comme base de ses liai- sons en 1925, mais rien n’y fait. La belle s’est assoupie. Le long des ruelles tracées au cordeau et recouvertes de sable, des bâtisses décaties aux murs jaunes et ocre flanqués de balcons en fer forgé parlent d’une époque ancienne. Faute d’entretien, beaucoup menacent de s’écrouler. Une centaine sur mille devrait être rénovée grâce à la vigilance de l’Unesco, mais on attend encore les subventions. Attendre, voilà une chose que les habitants de Saint-Louis savent faire en gar- dant le sourire.

LES CHARMES D’AMINATA

S’il est un quartier de Saint-Louis où l’activité est trépidante, c’est bien Guet N’Dar, le quartier des pêcheurs. 25’000 habi- tants dans un mouchoir de poche, une densité digne de Calcutta. Ici, on ne vit que du poisson, mais tous les pêcheurs le disent: «Le poisson se fait de plus en plus rare et par consé- quent, il est de plus en plus cher…» Les hommes partent sou- vent plusieurs jours pour pêcher au large ce que les chalutiers européens et asiatiques ont bien voulu laisser. Ils partent sur des pirogues multicolores, taillés comme des pointes de lance pour franchir la redoutable barre qui défend l’accès à l’océan. Retour de pêche, les femmes attendent sur la plage le déchargement: murènes, dorades, espadons ou thons sont déversés sur le sable. Elles s’en emparent, puis se mettent sans délai à l’ouvrage. Assises en grappes, avec des bébés accrochés dans le dos ou agrippés à un sein, elles grattent les écailles, coupent les têtes avant de se rendre au marché pour la vente. Chaque jour, 30’000 tonnes de poisson tran- sitent par Guet N’Dar. C’est là que s’approvisionne Aminata. Elle est mareyeuse. Son boulot consiste à revendre le pois- son sur les marchés des grandes villes. On craint son sens des affaires, on admire ou jalouse selon que l’on est un homme ou une femme ses formes affriolantes.

Le «Bou-el-Mogdad» est prêt à larguer les amarres. Lancé en 1950, il a repris le service en 2005 entre Saint-Louis et Podor et accueille ses passagers dans 25 cabines. A la barre, le capitaine Mamadou Goudiaby remonte le fleuve qui marque la frontière entre Mauritanie et Sénégal. Il fait aussi escale au Parc national des oiseaux du Djoudj qui abrite trois millions de migrateurs, dont ces pélicans. A gauche, ambiances, jeux de couleurs et rencontres à Saint-Louis, Podor et Richard-Toll.

Quand elle ne s’occupe pas de poissons, Aminata prodigue à qui veut l’entendre ses conseils pour garder son mari et éviter qu’il prenne une seconde épouse: «Le soir, tu mets un pagne en coton blanc avec des bine-bine autour de la taille et de l’encens sous le minou pour parfumer ton trésor…» Pardon? «Oui, des bine-bine, des gros colliers de perles qui font gling-gling pendant l’acte sexuel; ce bruit excite beau- coup les hommes…»

AVEC LE CAPITAINE MAMADOU GOUDIABY

Amarré au quai Roume, à l’ombre des fromagers, le navire attend paisiblement ses passagers. Le «Bou-el-Mogdad» est une légende. Sa carrière débute en 1950 sur le Sénégal. Pendant vingt ans, il assure le transport de marchandises et des hommes entre Saint-Louis et le nord du pays. La construction d’une route précipite sa déchéance. Il passe quelques années à rouiller, d’autres à faire des croisières en Sierra Leone et sur le Siné Saloum. Grâce à Jean-Jacques Bancal, le bateau reprend du service en 2005 entre Saint- Louis et Podor après avoir reçu une cure de jouvence à

Dakar. 25 cabines, une piscine, le voilà prêt pour accueillir les voyageurs: «Pour respecter la tradition, explique son proprié- taire, nous avons fait des offrandes à Mama Coumba Bang, la déesse du fleuve. Devant l’équipage et la population massée sur le quai, on a jeté dans le courant du lait caillé, des bis- cuits et du sucre afin d’éloigner le mal du bateau.» On largue les amarres. Cap sur Podor, à six jours de là. Le bateau commence à remonter le fleuve qui marque la fron- tière entre la Mauritanie à babord et le Sénégal à tribord. Sur les rives défilent les cases en banco, la terre séchée, les plantations de manguiers et les rizières. Les pieds dans l’eau, des femmes lavent leur linge, tandis que des pêcheurs sur leurs pirogues jettent les filets. Ceux-là, le capitaine Mamadou Goudiaby ne les aime pas: «Pour montrer leur bravoure ou pour mettre un peu de piment dans leur jour- née, ils s’amusent à nous couper la route.» Avant d’obliquer plein est, le Sénégal longe le Parc national des oiseaux du Djoudj. C’est la troisième réserve ornitho- logique du monde. Trois millions d’oiseaux migrateurs s’y arrêtent pour se reposer après la longue traversée du Sahara. Le «Bou» fait aussi escale.

Une épaisse fumée monte des champs de cannes à sucre au crépuscule. Le feu permet d’éloigner les phacochères et les serpents et d’éliminer les feuilles sèches. Posant dans son studio photo avec le livre consacré à son père, le jeune Mamadou essaie de perpétuer la prise d’images dans un local en bout de course où des milliers de clichés attendent un sauvetage et une protection.

ESCALE SUCRÉE À RICHARD-TOLL

Après deux jours de paisible navigation, le bateau jette l’ancre à Richard-Toll. La ville doit son nom au botaniste français Richard auquel a été rajouté le mot toll qui en wolof signifie jardin. Ici, c’est le domaine de la canne à sucre. L’installation de la Compagnie Sucrière du Sénégal dans les années 1970 a transformé un paisible village en une cité grouillante. Avec 7’000 salariés, l’entreprise est devenue le premier employeur privé du pays. Le champ de canne s’étale sur 40 km le long du fleuve. Pape Ba, un ingénieur à la retraite conduit le long de routes rectilignes un bus rempli de touristes: «Chaque matin, 2’500 coupeurs s’échinent dans la plantation pour 300 euros par mois. Le Sénégal court après l’autosuffisance en sucre, mais c’est difficile compte tenu du niveau de notre consommation. Ici on raffine le moindre grain. Nos ancêtres les Gaulois nous ont appris à aimer le sucre blanc. Tout ce qui est bon est blanc, alors il faut que le sucre soit blanc-blanc, sinon on nous le retourne » Tandis que la nuit tombe, une parcelle de cannes à sucre s’embrase. On y a mis le feu pour faire fuir les phacochères et les serpents et éliminer toutes les feuilles sèches. Ambiance de fin de monde dans le coucher du soleil avec de hautes flammes et des tourbillons de fumée noire. Au petit matin, l’armada des coupeurs pourra se remettre à la tâche pour ce qui est sûrement le plus dur métier du monde.

PAUSE PHOTO À PODOR

Sur les berges de Podor, de belles bâtisses aux murs jaunis évoquent le faste de l’époque coloniale quand le commerce de la gomme arabique battait son plein. Dans un ancien comp- toir, le Français Eric Sylvestre a ouvert l’auberge du Tekrour, mais il a aussi voulu rendre hommage au grand homme de la ville: Oumar Ly. Dans un petit musée, il expose quelques-uns des clichés en noir en blanc pris à partir de 1963 par l’un des pionniers de la photographie en Afrique de l’Ouest. Pendant plus de cinquante, Oumar Ly a tiré le portrait des habitants de Podor et de la brousse. Son décès soudain a surpris tout le monde. A deux pas du marché, le studio photo de Omar est resté ouvert. Son fils Mamadou, 23 ans, essaie de reprendre le flambeau. Le studio est resté dans son jus:

les mêmes décors peints sur le mur, le tapis et les nattes, le petit banc en métal. «Mon père était militaire, mais à l’Indé- pendance, tout le monde avait besoin de photos d’identité, alors il est parti dans la brousse faire des milliers de clichés et il a ouvert ce studio.» Aujourd’hui, le plafond s’effondre et les négatifs s’écornent à l’air libre. Des milliers de clichés attendent qu’on les sauve de la poussière et du sable…

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EMBARQUEMENT IMMÉDIAT AU FIL DU FLEUVE SÉNÉGAL

BONS PLANS

POUR RETROUVER LA MAGIE DU FLEUVE SÉNÉGAL

ALLEZ-Y. Si pour vous la vie est un long fleuve tranquille… Vous voulez retrouver le plaisir de payer en francs, vous avez un peu de temps à la fin des repas pour boire les trois thés à la menthe façon ataya, vous rêvez d’un karaoké avec une drianké, vous aimez d’un amour égal le Sénégal et le Sénégal.

EVITEZ. Si vous prisez assez peu les salamalecs du genre «Bonjour, comment ça va? La famille, ça va? Les enfants ça va? La santé ça va…» Et aussi si vous n’êtes pas du genre à croire aux vertus du bine-bine ou si vous buvez votre thé sans sucre.

L’agence Comptoir des Voyages propose de découvrir le Sénégal en naviguant sur le fleuve Sénégal à bord du «Bou- el-Mogdad» (croisière de 6 jours entre Saint-Louis et Podor) et en passant une nuit sur l’île de Gorée. Expériences en immersion unique à Saint-Louis: décoration d’une pirogue avec un artisan local, balade photo avec un reporter-photo, hébergement dans une élégante maison d’hôtes tenue par Marie-Caroline. Cette moite-moite (métisse) comme elle dit, n’est pas avare de conseils sur sa ville. www.comptoir.fr

LES MEILLEURES DATES? Durant la période sèche de novembre à avril, l’alizé maritime rafraîchit le pays.

POUR SE LOGER Il existe un campement de charme à 30 km de Saint-Louis. Tentes et bungalows posés sur le sable à l’ombre des tamaris. Surtout ne rien faire. Des kayaks sont tout de même à dis- position pour explorer les alentours. Logement proposé par

Comptoir des Voyages. www.oceanetsavane.com

Logement aussi à l’Hôtel de la Résidence, à Saint-Louis. Ambiance gentiment coloniale. Cuisine métisse, huîtres chaudes et dorades

grillées. www.hoteldelaresidence.com

Une autre bonne adresse: L’Agneau Carnivore, à Saint-Louis. Une caverne d’Ali Baba située dans un ancien bâtiment de commerce de gomme arabique. Tout sur l’histoire de Saint- Louis: livres, photos, cartes, tableaux

À LIRE Le Dictionnaire insolite du Sénégal. Par Christophe Parayre, chez Cosmopole.

LE JURA SAUVAGE

DANS L’OBJECTIF

Texte et photos: Alain Prêtre

Le Jura est une terre d’exigence pour le photographe animalier. La nature sauvage s’apprivoise avec difficulté, mais la récompense se présente au bout du téléobjectif pour qui sait décrypter ses secrets et ses mystères.

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LE JURA SAUVAGE DANS L’OBJECTIF

La fierté du grand tétras et le regard profond du renard. En page de gauche, la rare gélinotte des bois et l’accouplement des cincles plongeurs. Double page précédente. Un blaireau et trois marmottons au spectacle. Deux renardeaux en mode gladiateur et trois chouettes de tengmalm à la fenêtre. Un lièvre dans l’or du soir et un jeune chamois au galop.

J’ ai pour habitude de dire qu’il est plus facile de revenir du Kenya avec une image de guépard que de saisir la scène d’un pic noir nourrissant ses petits dans une forêt du Val-de-Travers.

A l’exception du bouquetin squattant les falaises du Creux

du Van, les animaux sauvages ne sont pas des proies faciles pour le chasseur d’images jurassien. La gélinotte des bois, par exemple, l’une de mes récentes conquêtes, ne s’offre pas au premier venu. Relativement rare, elle est surtout très farouche. Impossible de surprendre ce splendide gallinacé toujours sur le qui-vive. La photo de cette poule des bois m’a imposé des journées de repérage pour localiser son territoire. J’ai ensuite enchaîné les affûts de la pointe du jour jusqu’en milieu de matinée. Au terme de soixante heures de planque sous ma tente de camouflage, la récompense est enfin venue. L’élégante prin- cesse des pâturages boisés s’est présentée devant mon téléobjectif de 500mm. Une pause furtive, d’une poignée de

secondes, avant qu’elle ne disparaisse dans un sorbier. Juste

le temps pour moi d’effectuer les réglages ad hoc, de cadrer et

de déclencher. C’est cela le quotidien du photographe natura- liste dans le massif jurassien. La patience, la persévérance et l’expérience sont des quali- tés essentielles pour immortaliser sur la carte mémoire la vie intime et secrète de la faune sauvage de nos tourbières d’alti- tude, forêts profondes et falaises abruptes. Ecole d’humilité,

la

photo animalière est promesse de rencontres inoubliables

et

frémissantes.

SAVOIR CHOISIR

Saison d’amour et de jeux, le printemps place le photographe devant des choix cornéliens tant les opportunités de clichés sont abondantes. La raison m’invite à sélectionner quelques espèces plutôt que de me disperser tous azimuts. Le cincle plongeur, seul passereau à nager sous l’eau, est l’un de mes oiseaux favoris. Mon assiduité à le suivre durant sa période de reproduc- tion n’est pas toujours synonyme de succès. Ce printemps, j’ai assisté avec bonheur à la construction de son nid sur l’Areuse, mais ma jubilation fut de courte durée. La crue l’arracha à la berge. Un mois plus tard, la possibilité de fixer sur la pellicule le nourrissage s’offrait à moi. C’était sans compter sur la prédation, sous mes yeux ébahis, de la couvée par un rat musqué. Scénario identique au printemps 2016, mais cette fois avec le renard dans le rôle du serial kil- ler, lors d’un affût d’oiseau, le traquet motteux.

MALGRÉ SA RUDESSE, LE JURA A NOURRI MES RÊVES, CASSÉ LES NUAGES QUI OBSCURCISSENT PARFOIS LE COURS D’UNE EXISTENCE, ENTRETENU MA CAPACITÉ D’ÉMERVEILLEMENT, ET AIGUISÉ MON AMOUR DE LA VIE SOUS TOUTES SES FORMES.

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LE JURA SAUVAGE DANS L’OBJECTIF

Rideau de neige sur le hibou des marais. En page de gauche, le regard du chevreuil et le festin royal de la buse. Le chamois et le sorbier et un bouquetin en rut.

L’infortune n’est heureusement pas la règle. Le bonheur se présente aussi fort heureusement dans le viseur. La nature m’a ainsi gratifié de deux cadeaux durant le rut du chevreuil. J’ai non seulement immortalisé l’accouplement de ce gra- cieux cervidé, mais, à ma très grande surprise, un grand cerf a traversé le pâturage alors que le canton de Neuchâtel en compte moins d’une dizaine. Une heure et demie plus tard deux renardeaux de l’année firent irruption dans l’arène pour se livrer à un combat n’ayant rien à envier à ceux des gladiateurs.

GARE AU TAUREAU

Le Jura n’est pas l’Afrique avec ses redoutables «big five», mais il arrive parfois que le cœur du photographe s’emballe face à un taureau plus que menaçant ou devant un grand tétras devenu fou qui vous décoche de violents coups de becs. Ces rencontres inamicales font partie du risque du métier. Le «prix à payer» pour enrichir sa photothèque et noircir son carnet de terrain d’anecdotes piquantes. L’automne approchant, le manque de lumière en sous-bois complique la tâche du photographe. Les conditions de prises de vue vont singulièrement se durcir l’hiver venu. J’ai le souvenir d’un affût à l’hermine, assis dans la neige par une température de -16°c. Il faut résister coûte que coûte à la morsure du froid, ce qui signifie évidemment d’être chau-

dement habillé, mais aussi de garder le moral pour ne pas battre en retraite avec une carte mémoire vide. Les animaux sauvages sont moins accessibles, reclus sou- vent dans des sites à l’accessibilité difficile, sauf à se lancer dans de pénibles et longs déplacements raquettes aux pieds. L’ascension de la Dôle (Jura vaudois) avec douze kilos dans le sac à dos pour rejoindre les zones de gagnage des chamois ne relève certes pas d’une expédition himalayenne, mais exige tout de même une farouche détermination. L’hiver n’est pour autant pas une saison maudite du guetteur d’images, car elle lui offre bien au contraire des paysages magnifiés par le givre et la poudre blanche. Ce décor de rêve ajoute une dimension supplémentaire aux photos d’animaux réalisées dans ces conditions. Cet hibou des marais en hiver- nage dans la région pontissalienne (France, département du Doubs) en est un exemple éclatant. Droit comme un hibou au faîte d’un arbre dépouillé, ce rapace nocturne provenant du cercle boréoarctique semblait seul au monde sous une pluie de confettis bancs. Sublime. Malgré sa rudesse, le Jura a nourri mes rêves, cassé les nuages qui obscurcissent parfois le cours d’une existence, entretenu ma capacité d’émerveillement, et aiguisé mon amour de la vie sous toutes ses formes. Pour le photographe naturaliste que je suis, arpenter le Jura en toutes saisons vaut tous les voyages vécus autour de la planète. www.alainpretre.ch

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LE JURA SAUVAGE DANS L’OBJECTIF

Saut de truite et surprise de la marmotte. Danse des grèbes et sérénité de martin-pêcheur.

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LE JURA SAUVAGE DANS L’OBJECTIF

Regards de chouette et de chamois. Neige et chevreuils, chamois en automne.

MOBILITÉ ET TENDANCES 2018

P ionniers des véhicules hybrides en Suisse, les Centres automobiles du groupe Emil Frey proposent une gamme unique de ces modèles axés développement durable. C’est le cas du Centre Emil Frey aux Vernets

de Genève dont le directeur précise les réalités de 2018: «La ten-

dance va vers une mobilité plus économique et responsable, avec des choix orientés vers les technologies hybrides, voire tout électrique, et un recul des motorisations diesel».

Attaché à des valeurs de proximité, le Centre automobile de Genève préserve son succès depuis plus de 90 ans. L’entité Emil Frey des Vernets travaille ainsi avec 5 marques de qualité, propose un large choix de véhicules d’occasion soi- gnés et reste fidèle au credo de son fondateur, une relation qualité-prix excellente, un travail professionnel, un service clientèle impeccable et un engagement personnel de chaque collaborateur. Avec les offres et les conseils des spécialistes confirmés de cette enseigne, l’achat d’une nouvelle voiture et la découverte d’une nouvelle technologie est un véritable plaisir.

LE SUCCÈS DES HYBRIDES

Avec Toyota et Lexus, les pionniers du tout hybride, c’est un large choix de modèles tout confort qui est proposé, avec des motorisations traditionnelles ou hybrides. Le Toyota C-HR, le crossover urbain lancé en début d’année, connaît ainsi un grand succès, surtout dans sa version hybride. De son côté, Lexus n’est pas en reste avec le lancement de la LC 500h cet

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MOBILITÉ ET TENDANCES 2018

automne, le splendide coupé sportif doté d’un moteur V6 combiné à un moteur électrique qui affiche 360ch pour une consommation moyenne de 6.5l/100km.

DES MODÈLES ÉCONOMIQUES ET TOUS BUDGETS

Les marques Subaru et Suzuki offrent une large palette de modèles 4x4 pour tous les besoins et tous les budgets. La nou- velle Suzuki Swift compte déjà parmi les best-sellers. Quant à Kia, la marque étonne et réjouit avec un design dynamique et une offre très diversifiée. Deux nouveautés sont annoncées pour 2018: l’époustouflante et racée Kia Stinger et le Kia Stonic, petit crossover urbain au style affirmé.

DES MODÈLES D’OCCASION GARANTIS

Les véhicules d’occasion proposés par le Centre visent tous des critères de qualité avancés. Expertisés et recondition- nés avec soin, tous les véhicules bénéficient d’une garantie FreyOccasion de 12 mois, jusqu’à 10’000km. Le site www.emilfrey.ch/vernets présente un aperçu des offres des marques et chacun peut ainsi se renseigner sur les véhicules de stock en promotion et sur les occasions disponibles. Il est également possible de réserver des rendez-vous en ligne, que ce soit pour un essai routier ou pour un entretien au ser- vice après-vente. Actif sur les réseaux sociaux, le Centre com- munique régulièrement ses meilleures offres et propose des concours et informations pratiques sur le monde automobile.

UN SERVICE CHALEUREUX ET PERFORMANT

La relation clientèle ne s’arrête pas à l’acquisition d’une voi- ture et le service après-vente prend le relais pour le suivi du véhicule, afin d’assurer son fonctionnement optimal sur la durée. Conseils, pose d’accessoires, offre de nettoyage profes- sionnel, hôtel de pneus, service-express, contrôle rapide avant les vacances, une multitude de services est proposée par des conseillers clientèle à l’écoute des besoins de chacun. A l’atelier mécanique, les collaborateurs bénéficient en continu de formations dispensées par les marques pour rester constam- ment à la pointe de leurs compétences. En devenant client du Centre Emil Frey aux Vernets, chacun rejoint une famille soucieuse de satisfaire et recevra ponctuellement des invita- tions de privilégiés pour les événements réguliers organisés par l’enseigne.

TROIS QUESTIONS À M. URS BURGER, DIRECTEUR DU CENTRE

Quelles sont les tendances pour vos marques en 2018? Actuellement, on nous cache encore quelques nouveautés, mais je peux vous garantir qu’il y aura de belles surprises! La tendance va vers une mobilité plus économique et responsable, avec des choix orientés vers les technologies hybrides, voire tout électrique, et un recul des motorisations diesel. Cette ten- dance nous est plutôt favorable, notamment avec nos marques Toyota et Lexus, leader mondial de la technologie full hybrid, mais aussi avec des moteurs performants et économiques dans l’ensemble des modèles de toutes nos marques.

Quels nouveaux services pour les clients? Une plus grande connectivité et réactivité pour communiquer avec nos clients grâce à Internet, par exemple. Nous offrons aussi une multitude de services pour combler de A à Z les attentes de nos clients en ce qui concerne leur mobilité. Entretien, répa- rations, nettoyage, service de climatisation, accessoires, finan- cement, assurance, visites techniques, véhicules de location, etc. Nous offrons la palette la plus complète de services possible, tout cela avec professionnalisme et expertise.

Quel est votre véhicule préféré pour vos déplacements? Si je me rends en ville et que je veux éviter les soucis de par- king, je choisis une petite Kia Picanto, une Suzuki Ignis ou encore une Toyota Aygo. Pour les longs trajets, j’aime le confort et la sobriété du Lexus RX ou la sécurité avancée des modèles Subaru avec assistance à la conduite EyeSight. Et si je veux me faire vraiment plaisir, je roule avec le nouveau Lexus LC, le coupé époustouflant de Lexus.

Page de gauche. Reportage et exploration. Le véhicule Toyota du photographe d’Animan utilisé en octobre dernier pour explorer la Nouvelle-Calédonie. Ci-contre: Le Centre Emil Frey aux Vernets. La Kia Stonic et la Lexus hybride LC500h.

PARTENARIAT ANIMAN ET EMIL FREY 10 ANNÉES EN PIONNIERS DE L’HYBRIDE

Depuis 2008, l’équipe du magazine Animan participe concrète- ment à la découverte des véhicules de demain grâce à un parte- nariat modèle avec l’équipe d’Emil Frey aux Vernets. C’est ainsi que nous avons été parmi les premiers à circuler en Suisse avec une Toyota Prius, véritable icône historique des voitures hybrides. Que ce soit pour les déplacements liés à la vie du magazine ou pour la distribution des numéros aux hôteliers du Léman en été ou des Alpes au cœur de l’hiver, la Prius, puis les autres modèles fournis nous ont fait découvrir la sérénité d’une conduite électrique en ville, mais surtout la satisfaction de participer ainsi au mouvement visant à un développement durable. En 10 ans, ces véhicules révolutionnaires nous ont permis de réa- liser des économies de consommation considérables, tout en profitant d’une évolution exemplaire dans la sécurité ou l’aide à la conduite, tout cela dans un silence et une harmonie nouvelle. Une réalité à découvrir lors d’un essai à Genève. (Réd)

SOLIDAIRE

L’IMAGE QUI ENGAGE LA RÉDACTION

NE PAS OUBLIER L’ÉRYTHRÉE

Une mère et son enfant, deux sourires venus d’Erythrée, la corne de l’Afrique. Une image positive captée par le photo- graphe Eric Lafforgue qui souligne bien dans le reportage de ce numéro l’autre réalité qui se cache encore dans ce pays où les nouvelles générations sont désemparées faute

d’avenir actif. Une situation bloquée dont la responsabilité incombe au régime en place qui met ainsi sur les routes des réfugiés, accueillis en Suisse, et qui sont à la recherche d’un espoir et d’un quotidien simplement plus humain. © Eric Lafforgue

Le magazine international

RÉDACTEUR EN CHEF (RESP.)

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POUR LA FRANCE:

d’Animan Publications SA Rue du Saugey 9 CH-1026 Echandens office@animan.ch Tél. +41 21 701 05 61

Thierry Peitrequin thierry.peitrequin@animan.ch

100’000 lecteurs (MACH Basic 2017-2)

Mme Dominique Breschan Chemin du Bugnon 1 / CP 32 CH-1803 Chardonne Tél. +41 79 818 27 55 dominique.breschan@mhdsa.ch

Asendia Press Edigroup SA Immeuble Antares ZAC Etoile Sud-Ouest 15 Avenue Emile Zola 74100 Annemasse – France Tél. +0810 210 420 clients@gpa-abo.fr CPPAP: 1115 K 82232 No ISSN 1660-1025

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