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Cérémonie des vœux de Roissy-en-France

Discours de M. André Toulouse, Maire

À L’Orangerie, vendredi 5 janvier 2018


 

Cérémonie des vœux de Roissy‐en‐France 
Discours de M. André Toulouse, Maire 

A l’Orangerie, le vendredi 5 janvier 2018

Madame et messieurs les Conseillers Départementaux,

Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération « Roissy Pays de


France »,

Mes Chers collègues Maires et Elus,

Messieurs les Présidents de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et de la


Chambre de Commerce et d’Industrie,

Monsieur le Directeur des Aéroports,

Monsieur le Trésorier Général,

Messieurs les Officiers des corps constitués – de la gendarmerie, des sapeurs-


pompiers, et de la police intercommunale,

Monsieur le Président de Roissy Entreprises,

Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises et commerçants,

Madame et messieurs les enseignants,

Mesdames et Messieurs les dirigeants de nos Clubs, Associations et Comités,

Mesdames, messieurs,

Chers amis…

 

Ce soir, avec mon conseil municipal, nous sommes heureux de vous

accueillir pour cette tradition de la cérémonie des vœux, et particulièrement tous

les maires présents ce soir, appartenant à notre grande et belle communauté

d’agglomération « Roissy Pays de France ». Je dois excuser notre Députée en

déplacement.

En mon nom et au nom de mon équipe municipale, il m’est très agréable

de vous présenter tous nos meilleurs vœux de réussite et de bonheur, pour

vous-même et pour tous ceux que vous représentez.

Que 2018 accomplisse l’ensemble de vos vœux et redonne à chacun

l’envie d’avoir envie de respecter l’autre, afin de ralentir la violence qui se

propage dans notre société autant que dans le monde.

Je vous invite à présent à visionner le film traditionnel relatant les faits

marquants, de 2017, pour notre commune.

‐‐‐‐‐Diffusion du film bilan 

 

Le film vous a retracé les grandes lignes des événements locaux vécus l’an

passé. L’importance de certains événements où situations m’amèneront, dans un

second temps, à m’exprimer sur les problèmes de notre territoire.

Mais d’abord, concernant Roissy même… le film nous a permis de

survoler le golf en plein chantier. Projet qui n’échappa non plus aux

« ralentisseurs » de dossiers ! Depuis le temps que je vous en ai parlé, nous

sommes enfin en phase de réalisation. L’idée, lancée en 1990, connût une belle

collection d’embûches, pour aboutir malgré tout, à une inauguration prévue mi

2019, au cours de laquelle nous n’aurons pas beaucoup de remerciements à

adresser, si ce n’est qu’à mes équipes municipales successives et à notre patient

et talentueux architecte Michel Niedbala, ici présent.

Nous n’aurons pas plus de soutien pour le projet ITC qui attend toujours

un geste du gouvernement pour décider les investisseurs pourtant nombreux à

être intéressés par le projet, lequel lui aussi revaloriserait l’image de notre

secteur. Le promoteur brésilien Gilberto Bomeny affiche une foi et une estime

 

indéfectibles pour notre pays, avec Patrick Renaud nous le soutenons comme il

le mérite. Et ce printemps, nous l’espérons, sera décisif.

Concernant notre Office de Tourisme, il est bon de souligner que 2017

aura sonné un nouveau départ avec la fusion des Offices de Roissy, Ecouen et

Luzarches, chacun apportant une touche culturelle ou ludique au Tourisme

d’affaires de « Roissy Clé de France ». En outre, mon collègue maire du

Mesnil-Amelot a officialisé son adhésion lors du dernier Conseil

d’Administration du 5 décembre. D’autres contacts sont avancés ; de même,

nous avons le soutien officiel de la communauté d’agglomération « Roissy

Pays de France » par le biais de « Roissy Développement ». Tout ceci au

moment où le Conseil Départemental témoigne d’un réel engagement pour le

tourisme du Val-d’Oise et vient d’adopter son schéma départemental en accord

avec le Conseil Régional. L’Office de Tourisme s’affirme donc en soutien à

toutes les initiatives lancées par nos communes, tout en renforçant une image

de plus en plus positive et attractive, aussi bien dans notre région qu’à

l’international.

 

Tout ceci est encourageant et motivant pour l’avenir. Au cœur de cet

ensemble se situe le pôle hôtelier de Roissy village, accueillant déjà 2 millions

de visiteurs. Ce pôle est appelé à s’agrandir avec de nombreux projets très

avancés, voire finalisés.

L’obtention des Jeux Olympiques, l’organisation de la coupe du monde de

Rugby, la Ryder Cup, sans parler de l’Exposition Universelle, viendront

récompenser toutes les enseignes hôtelières, qui avaient choisi notre site bien

avant l’obtention de ces événements majeurs sur l’hexagone.

Plus que jamais, nous devons continuer à nous positionner pour gérer ce

futur, et assurer la sécurité du pôle hôtelier. Les autorités concernées ont enfin

compris que c’est l’image de notre pays qui ne peut que souffrir des actes subis

par nos visiteurs. Je ne vous cacherai pas que nous continuons à réfléchir pour

consolider la protection de tous ces « voyageurs-ambassadeurs ».

Tous les problèmes rencontrés dans notre quotidien échappent quelque

peu à l’attention de nos habitants. C’est notre rôle d’Elus d’y pourvoir. En cela,

nous pouvons compter sur une vie associative très dynamique, animée par des

 

bénévoles toujours aussi dévoués, et des Dirigeants méritants, que ce soit dans

nos clubs, associations ou comités. Ces personnes font preuve d’une patience et

d’une volonté exemplaires face à des adhérents de plus en plus exigeants.

En soutien, je tiens aussi à souligner la dévotion et le travail discret mais ô

combien efficace de notre gendarmerie, de nos policiers intercommunaux et

locaux, mais aussi de nos sapeurs-pompiers, pour nous assurer une tranquillité

contrastée par rapport à tout ce qu’ils doivent gérer autour de nous. Qu’il me

soit permis d’apporter notre soutien moral à tous ces hommes et femmes en

uniforme, victimes en service d’actes ignobles. Soyez assurés de notre totale

considération.

N’oublions pas non plus nos enseignants qui s’investissent avec beaucoup

de professionnalisme auprès de nos enfants. Je les remercie pour leur

partenariat auprès de nos actions liées à l’Observatoire de la Réussite Scolaire

et de la Socialisation.

Tout naturellement, nous pouvons compter sur nos agents communaux,

menés par des cadres aguerris, ayant le sens du service public. L’ensemble

nous permet d’assurer la bonne marche de tous nos services.

 

En parallèle, je salue la parfaite harmonie, autant qu’efficace, avec les

cadres de l’agglomération « Roissy Pays de France ».

Notre surclassement de 10 à 20 000 habitants, ajouté au classement de la

commune en « Station de Tourisme », entraîne des exigences et une gestion

rigoureuse. C’est dans ces conditions que l’équipe municipale doit assumer ses

responsabilités, respectueuse de ses engagements, soutenue par de généreux

volontaires Roisséennes et Roisséens dans les Commissions. L’ensemble mené

par des Adjoints et Conseillers municipaux délégués infatigables, sur tous les

fronts. Tous s’évertuent à rendre la vie agréable aux habitants, tout en veillant à

la rendre plus supportable aux plus défavorisés.

A tous celles et ceux qui contribuent ainsi à la vie locale, permettez-moi

de vous adresser mes très sincères félicitations et remerciements.

 

Maintenant venons-en aux problèmes de notre territoire qui est

malheureusement trop souvent l’oublié, pour ne pas dire le « sacrifié » de l’Ile-

de-France.

Ce qu’il me paraît important de souligner : c’est la solidarité mise en place,

portée et soutenue par les élus du secteur, de toutes tendances politiques, pour

défendre l’avenir de notre territoire.

Nous l’avons sans cesse répété. L’amélioration des déplacements et

réseaux de transports franciliens est l’une des attentes majeures des habitants, et

des élus pour leur secteur. Pour exemple, il nous est toujours refusé le barreau de

Gonesse qui pourrait ô combien faciliter la vie des Val - d’Oisiens et des

Picards. Liant la ligne D à la ligne B du RER, il permettrait en effet aux Val-

d’Oisiens notamment d’être reliés par voie ferroviaire aux emplois du pôle de

Roissy.

Par compensation, nous continuons d’agir en soutenant notamment le

projet du Roissyphérique, alors que la liaison Picardie-Roissy est, quant à elle,

toujours en situation favorable de réalisation.

Ce qui ne fait qu’entretenir notre incompréhension.

 

Pour illustrer ce sentiment d’être toujours en marge, où traités au plus juste

des besoins, je vous propose de découvrir une archive de 1976 qui mérite toute

votre attention.

‐‐‐‐‐Diffusion film archive RER 

Il ne vous a certainement pas échappé que déjà les Dirigeants transportés

par le tout nouveau RER B, dont c’était l’inauguration, déploraient qu’il

s’arrête à 1km500 de l’aérogare, ce qui posait déjà à l’époque problème aux

voyageurs avec bagages. Déjà le bus était la solution trouvée pour combler

l’handicapante distance…

Cet épisode a dû inspirer notre Ministre des Transports pour motiver

l’arrêt au Bourget de la ligne 17 du futur métro automatique, et faire relier, par

un réseau de bus, les deux aéroports. Sauf que le trafic routier, congestionné,

est juste incapable de supporter une telle surcharge…

En 1976, il manquait 1km500 ; en 2018, à savoir 42 ans plus tard, il

manque 10 kilomètres pour atteindre la même destination. Décidément on

 

n’arrête pas le progrès ! Et c’est encore nous, au nord-est de la Capitale, qui

bénéficions de ce train de faveur !

Pour essayer de comprendre l’hésitation à poursuivre la ligne 17 jusqu’à

Roissy CDG, nous avons l’étrange sensation d’être entraînés à choisir entre

CDG Express et la ligne 17. Alors que l’un est incontestablement nécessaire

pour les voyageurs, l’autre ne l’est pas moins pour améliorer les conditions

catastrophiques de transport journalier subies par les usagers. L’un ne doit pas

se faire au détriment de l’autre. Et comble de tout : alors que CDG Express

devait être financé par le privé, au moment où nous est annoncé de faire des

économies sur la ligne 17, Bercy débloque 1,7 milliard pour la mise en place

dudit CDG Express. N’est-ce pas une provocation calculée pour nous faire

nous opposer ? Ou pire, un choix arbitraire qui aurait le seul mérite de nous

éclairer sur le silence de Matignon ? Autre brouillard autour de la ligne 17 :

tantôt elle est indispensable pour le projet Europacity, tantôt on nous vend

Europacity pour rentabiliser la ligne 17. Ces deux présentations ne peuvent que

nourrir le débat des « pour » ou « contre » Europacity.

 
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En réalité, il masque le besoin impératif et prioritaire de réaliser la ligne

17 d’une part, et occulte, d’autre part, le problème écologique à trancher au

sommet. Magistrale orchestration de la diversion, thèmes en deux parties pour

mélomanes avertis…

Quelles que soient les raisons et motivations véritables, les Elus auraient

pu espérer un peu plus de considération. Pour ne pas dire de respect. C’est

encore une fois insupportable et inacceptable. Il aurait suffi de recevoir Patrick

Renaud et sa délégation, pour au moins les informer de la suite donnée au

dossier. Les Elus se sont montrés dignes lors des diverses manifestations. Ils

auraient alors intégré la volonté de l’Etat, même en désaccords. Mais pas un

seul quart d’heure n’a été accordé à une délégation représentant, excusez du

peu, trois départements et des centaines de milliers d’usagers excédés par leurs

piètres conditions de transport.

Nous avons le droit d’être en colère ! Nous qui avons œuvré sans relâche

au développement économique du secteur, nous qui avons soutenu, encouragé

tous les projets, toutes les entreprises, tous les regroupements de communes,

d’organisations d’entreprises, pour échanger, améliorer, faire avancer les

 
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mentalités. Tout ça dans le seul but de faire entendre et comprendre à l’Etat,

qu’il n’y a pas qu’un aéroport au Nord-Est de la Capitale, mais bel et bien un

pôle économique qui s’est développé sans même qu’il s’en aperçoive. Ce sera

le mérite du Préfet Canépa de faire cette découverte ; mais il sera, hélas, appelé

à d’autres responsabilités, et bien précipitamment d’ailleurs... Ce n’est donc

qu’un éternel recommencement, nous devons toujours, et toujours convaincre,

nous battre contre toute fracture territoriale. Rien ne nous est épargné.

Pourtant, sur le terrain, autour de Patrick Renaud, qui fait l’unanimité, les

Elus parlent d’une seule et même voix et affichent une solidarité exemplaire,

bien appréciable. Nous savons que notre Députée Mme Zivka Park est très

agissante pour obtenir que nous soyons entendus ; je l’en remercie

publiquement parce que le transport est un sacré dossier à porter et à défendre.

Nous comptons aussi sur notre Députée pour soutenir notre projet d’Université

des Métiers de l’Aérien et de l’Aviation, à la porte même de Roissy CDG ;

Université qui devrait aussi intégrer les métiers du commerce et du tourisme ;

tous ces métiers nécessaires sur, et autour, de la plate-forme aéroportuaire qui

échappent à nos jeunes, parce que trop éloignés des centres de formations

 
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adaptés. Aussi, il ne faut pas s’étonner d’enregistrer un taux de chômage bien

trop élevé par rapport aux très nombreux emplois que nous avons contribués à

créer. C’est aussi pour cela que nous nous accrochons à l’espoir, qui est né

avec l’arrivée annoncée du métro automatique. Nous ne pouvons accepter que

tous nos efforts ne soient pas récompensés comme ils le méritent, surtout pour

nos habitants qui sont loin d’être les plus nantis de l’Ile-de-France. Ces

derniers ont bien besoin d’un peu plus de reconnaissance pour se sentir

franciliens au même titre que tous les résidents de notre exceptionnelle Région

Ile-de-France.

Nous sommes sur un site sous-exploité, parce qu’inconsidéré, alors que

tous les acteurs du terrain, Elus, chefs d’entreprises, directeurs d’hôtels, sont

solidaires pour soutenir tous les projets d’évolution du secteur ; tous éprouvent

les pires difficultés pour enrôler du personnel de proximité. C’est un gâchis qui

dure depuis trop longtemps.

Cette sensation d’abandon de l’Etat, notre commune est particulièrement

bien placée pour en témoigner. Ainsi, ce que peu d’entre vous savent, c’est

 
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qu’en 1977, lorsque je suis élu, je découvre que notre agglomération est classée

en ZAD d’Etat, donc appelée à disparaître lentement. Le processus ? Blocage de

toutes les autorisations de travaux, rachat des habitations à chaque mutation.

Pour le vieux Goussainville, la procédure fut beaucoup plus radicale avec le

rachat de toutes les maisons et murage après avoir relogés les habitants. Pour

Roissy, il me faudra affronter les services de l’Etat, sur le plan juridique, pour

démontrer que nous n’étions dans aucune des zones de bruit A, B ou C. Au bout

de 3 ans, j’aurai gain de cause pour enfin avoir le droit de mettre en place un

Plan d’occupation des sols (POS). Sans cet affrontement, il n’y aurait plus

aujourd’hui de village à Roissy. Tout était prévu, y compris l’absence d’accès

routier depuis l’Autoroute A1. Il me faudra 12 ans, précisons-le, pour obtenir un

accès Sud, dans des conditions « ubuesques ». Que l’on en juge : sur Paris Nord

2 est annoncée l’ouverture d’Usine Center avec des opportunités d’achats à prix

exceptionnels. L’affluence est garantie. Les acheteurs sont là. Mais comment

approcher ce centre commercial ? Visible de l’A1, il est impossible d’y accéder,

ceci est seulement possible par la Seine-Saint-Denis. Alors que faire ? Eh bien

escalader le grillage ! Nous assistons alors à des scènes surréalistes d’abandons

 
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de véhicules au bord de l’Autoroute pour raison de shopping ! Des situations de

panique remontent très vite jusqu’au Préfet de Seine-Saint-Denis, qui diligente

l’aménagement d’un accès côté Hyatt, non construit à l’époque. Problème : nous

sommes dans le Val-d’Oise et sur Roissy ; il n’y a donc eu aucune autorisation

de déposée. Qu’à cela ne tienne ! Le Préfet m’appelle directement pour me

demander, avec beaucoup de courtoisie, de modifier notre POS afin d’intégrer

cette nouvelle voie. Rien que cela ! Je réponds « D’accord, M. le Préfet, à

condition d’aménager à partir de cette même voie un accès direct au village ».

Affaire conclue. Vous voyez, c’est simple, un peu de panique et tout s’arrange !

Quand l’Etat veut...

Avant cela, nous avions accès au village par le Nord, par la voie

desservant la zone d’Air France. De cette voie, un embranchement nous

permettait, et nous permet toujours, d’accéder à Roissy-en-France. Ainsi,

pendant douze ans, venant de Paris, nous devions contourner entièrement le

village. Par l’A1, venant du Nord, il était très hasardeux de pénétrer sur la

plate-forme pour trouver le village. Si bien que nous recommandions à nos

visiteurs, et aux hôteliers de conseiller leurs clients, de sortir à Survilliers et de

 
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prendre la N17 jusqu’à Roissy. Soutenus par le Conseil départemental du Val-

d’Oise et après maintes interventions, il nous faudra quand même 20 ans pour

que Roissy-en-France soit fléché…

12 ans par le Sud, 20 ans par le Nord…

Depuis, nous sommes un village « normal » !

Ces anecdotes préfiguraient ce que nous sommes en train de vivre en

matière de liaison. L’histoire se répète.

Un autre souci qui est passé presque inaperçu au milieu de tous les

évènements de 2016-2017 et qui concerne les regroupements territoriaux :

Récemment, lors des grandes manœuvres décidant la création des Grands

Etablissements Publics autour de Paris, ressurgit la volonté de l’Etat de

rattacher Roissy CDG au Grand Paris, par le fait même d’absorber Roissy-en-

France ; mais ce qui était évoqué également concernait les communes autour de

la plate-forme.

La résistance affichée par tous les membres de l’Agglomération met en

péril cette nouvelle tentative. Mais pour combien de temps ? Cette éventualité,

 
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je l’avais déjà en tête dès 1980, où le 75 de l’époque voulait s’adjoindre

l’aéroport Charles de Gaulle. Mes craintes d’alors ne feront que fixer mon

attention sur la suite de cette annonce.

Autre exemple : nous ne pouvons pas non plus oublier que lors de la

constitution du SIEVO en 1990, le gouvernement s’est ouvertement opposé à

ce regroupement de 32 maires de l’Est du Val-d’Oise, en détachant un haut

fonctionnaire mandaté pour nous imposer les choix étatiques, choix inadaptés

aux vrais problèmes du terrain. Mais nous tiendrons bon. A tel point que lors

de l’Assemblée Générale de Constitution, au dernier moment, à notre grand

étonnement, m’est annoncé la venue du Ministre de l’Intérieur, M. Joxe, pour

présider la séance. Pure visite de courtoisie ou récupération ? Je vous laisse

imaginer…

Dans la foulée, alors Président du SIEVO en 1996, devant les

responsables techniques départementaux et régionaux, j’osais proposer

d’aménager la N17 en voie rapide, partant du Bourget pour se repiquer sur l’A1

au moins jusqu’à Survilliers. Ceci pour soulager les accès Nord et Sud de

Roissy CDG, encombrés de véhicules n’étant pas concernés par l’aéroport. Je

 
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vois encore la tête de mes interlocuteurs. C’est ainsi que l’A1, de Paris à

Roissy, deviendra championne d’Europe en nombre d’usagers… Merci pour le

temps perdu et les vols ratés !

Autre cas, plus récemment : il y eu restriction - transformé en refus -

d’inscrire au Schéma de développement de l’Ile-de-France une gare sur la ligne

du RER B, entre Villepinte et Roissy CDG, très éloignées l’une de l’autre, au

cœur des milliers d’emplois du fret Sud et de Paris Nord 2, plus aujourd’hui

Aéroville. Là encore, une fois de plus, ce sont les employés et les entreprises

qui trinquent, en se déployant sur le réseau routier.

Cette diversité de blocages permanents résume l’absence de soutien et

d’écoute des Pouvoirs Publics que nous sommes en droit d’attendre. Ces

combats cumulés ne feront que motiver notre commune « survivante »,

devenue porteuse, à donner vie en 1994 à la première Communauté de l’Ile-de-

France, justement pour prendre son destin en main.

Cette Communauté, née avec l’accord de 7 maires, entraînera très vite

d’autres collègues à l’entourer et la rejoindre, pour revigorer le secteur. Après

avoir lancé la Communauté « Roissy Porte de France », j’ai souhaité au bout de

 
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8 ans transmettre le relai à Patrick Renaud, pour parfaire les qualités affichées

de notre Communauté et s’occuper de son avenir.

Très vite, un peu trop vite d’ailleurs, l’Etat nous organisera ensuite une

grande union, en toute simplicité, sans trop s’inquiéter de savoir si nous étions

faits les uns pour les autres. Et la corbeille de la mariée dans tout ça ? Bien

vide, seulement garnie de notre bonne volonté. La même qu’il nous faut à tous

aujourd’hui, pour assumer les baisses de dotations, suppressions de taxe

d’habitation, sans en faire pâtir nos concitoyens dans leur quotidien.

Nous vivrons ainsi au 1er janvier 2017 un mariage forcé, concocté pour 42

prétendants désignés, et pour beaucoup résignés. Les préludes de la cérémonie

d’union seront primordiaux pour apprendre à se connaître un peu, beaucoup

mais pas à la folie ! Suffisamment toutefois pour que miraculeusement nous

reconnaissions un seul « Officier » en la personne de Patrick Renaud. Il faut

dire que Patrick n’aura pas ménagé sa peine, se transformant en alchimiste

pour arriver en peu de temps à satisfaire les égos, doser les sensibilités,

maintenir les équilibres, tout en faisant émerger les éléments forts, appelés à

prendre des responsabilités à ses côtés. Ce sera une prouesse, tant la taille et la

 
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diversité des communes rurales et urbaines offrent une ambiance de vie

souvent très contrastée. Au bout d’un an, tout le monde s’écoute, se respecte et

s’investit dans l’intérêt général. Chapeau Patrick !

C’est à ce moment-là que le Grand Paris, en crise de croissance et de

moyens, affirme à nouveau sa volonté de s’adjoindre le pôle de Roissy. Une

fois de plus, notre Président sera omniprésent auprès de toutes les autorités, à

tous niveaux, pour tenter de les décourager dans leurs intentions de fortifier le

Grand Paris, au détriment d’une grande Communauté naissante, laquelle aurait

été privée de ses ressources.

Pour faire bonne mesure, et en même temps, revient à la surface la ligne

17 avec sa suppression ou décalage.

Faut-il rappeler que déjà en 2013 nous avions manifesté parce que le

métro s’arrêtait au Bourget ? Nos écharpes avaient alors pris l’air parisien pour

nous rendre à l’Assemblée Nationale puis au Ministère des Transports. A la

deuxième visite de ce Ministère, la Ministre reviendra sur sa décision, et dans

la foulée, nous obtiendrons que le Métro se prolonge jusqu’au Mesnil-Amelot,

 
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c’est ce qui sera d’ailleurs inscrit dans le dossier de candidature des Jeux

Olympiques à Paris 2024.

Et voilà qu’en 2017, on reste à nouveau sur le quai !

Pour nous tous, c’est la surdose. Quelles que soient les décisions prises à

l’Elysée, toutes ces épreuves ne feront que renforcer la cohésion de la

Communauté et ceci nous le devons essentiellement à l’action et au rôle tenu

par notre Président Patrick Renaud, s’appuyant sur le bloc des 42 maires et de

leurs conseils municipaux.

L’évocation de toutes ces situations vécues, démontre que sur le terrain de

notre territoire, nous sommes tantôt des « commandos » pour obtenir gain de

cause, tantôt un réseau de « résistants » pour se protéger des incohérences de

l’Etat par le biais de certains de ses services, et cela fait plus de 40 ans que ça

dure !

Et si nous avions été ni l’un ni l’autre, en se contentant d’être uniquement

des observateurs passifs ? Je suis persuadé que nous aurions pris depuis

longtemps l’accent Parisien !

 
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Toute cette histoire vécue, ponctuée de manœuvres, n’ayant comme seul

but de neutraliser le rôle des Elus du terrain, ne sauraient m’empêcher de

m’exprimer sur mon ressenti d’une constante volonté de freiner les projets de

l’Est du Val-d’Oise en particulier, et du Nord-Est francilien. Autant l’Etat sait

imposer sa volonté, autant il aura failli gravement, à nos dépens, en oubliant de

mettre en place un schéma de développement, pour gérer l’après-construction,

en plein champs, de Roissy C.D.G.

Alors que cet aéroport a été pensé et conçu avec beaucoup de

clairvoyance, en misant sur une forte évolution du trafic aérien, l’intendance ne

suivra pas pour penser, organiser, gérer tout ce qui participera à son bon

fonctionnement et aux incidences sur son propre environnement.

Des leçons, nous en prenons régulièrement. Et pourtant, cet

environnement, ce sont les Elus du secteur qui l’ont maîtrisé et fait évoluer

avec, trop souvent, beaucoup d’entraves.

Et ça continue…

 
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Mes chers collègues, il ne nous reste surtout que motivation et conviction

pour maîtriser notre avenir, s’appuyant sur un sentiment bien réel et fort : la

solidarité.

Comme dit Johnny : « Ca n’finira jamais ».

Merci à toutes et à tous

 
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