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POUSSEES ET DEFORMATIONS

DES COFFRAGES DE TUNNEL


PENDANT LE BÉTONNAGE

POUSSÉS ET DÉFORMATIONS par PRESSURES AND DEFORMATIONS


DBS COFFRAGES DE TUNNEL OF TUNNEL SHUTTEMNG DURMG
PENDANT LE BÉTONNAGE Michel LEGRAND, CONCRETING OPERATIONS
Scefauroute
Les différentes méthodes de calcul Alain MERCUSOT, The various known design calculation
connues concernent des ouvrages Centre d'Etudes des Tunnels methods appîy to current structures.
courants. Appliquées aux tunnels, elles Used for tunnels, they yield fairly
donnent des résultats assez concor- consistent results. Thèse resutts remain
dante. Ces résultats restent compara- comparable to thé results ofmeasure-
bles aux résultats de mesures effec- ments carried out in thé Seelisberg
tuées au tunnel du Seelisbergpuis sur tunnel and then on two French motor-
deux tunnels routiers français. way tunnels.

AVANT-PROPOS I. SYNTHÈSE BIGLIOGRAPHIQUE

- En règle générale, la conception des coffrages de tunnel et Ll. AVERTISSEMENT


la mise en œuvre du béton à l'intérieur de ceux-ci résultent
d'une approche semi-empirique qui a rarement donné satis- Les règles et normes existantes pour déterminer la poussée
faction et conduit à conclure au sous-dimensionnement des du béton frais sur les coffrages concernent la réalisation
outils. En effet les efforts exercés sur les coffrages en cours de d'ouvrages verticaux définis par des plans (murs et poteaux).
bétonnage varient en fonction de plusieurs paramètres à Une tolérance sur la verticalité est parfois admise : ± 5° dans
savoir, et cette liste n'est pas exhaustive : la norme DIN 18218 [9] *.
- l'épaisseur du béton. fl s'agit donc d'ouvrages simples dont les conditions d'exécu-
- les caractéristiques du béton frais tion sont assez éloignées de celles rencontrées en tunnel. En
- la déformabiMté du coffrage particulier, la géométrie et les conditions d'appui d'un cof-
- la vibration du béton frage de revêtement de tunnel ne sont comparables à aucun
autre cas existant dans les constructions à l'air libre.
- la vitesse de remplissage du coffrage
- le niveau et la symétrie du remplissage. Malgré ces réserves, il convient d'examiner ces textes avec
attention :
- Les paramètres ne sont pas indépendants. Par exemple, 1. parce que ce sont les seules règles publiées existantes ;
l'effet de la vibration dépend à la fois des caractéristiques du
béton frais et du volume à vibrer. En effet, plus le béton est 2. parce que les seules hypothèses communiquées par les
consistant et le volume important, plus le temps de vibration constructeurs sont issues de ces règles.
doit être long. Sachant que la vibration a une influence sur la Les autres hypothèses et règles éventuellement prises en
résistance du béton et l'aspect du parement, on comprend compte par les constructeurs tiennent au "savoir-faire" de
l'utilité de cette opération. chacun d'eux et sont rarement explicitées dans les notes
Par contre, une vibration excessive entraîne un accroisse- justificatives présentées.
ment des poussées s'exerçant sur le coffrage et suivant sa Par ailleurs, il faut remarquer que les défauts ou incidents
déformabilité, les déplacements peuvent être importants et constatés sur les chantiers tiennent bien plus souvent au
en final mettre en péril la géométrie intérieure de l'ouvrage. non-respect des règles de mise en œuvre des coffrages qu'à
des hypothèses de dimensionnement qui peuvent paraître
fl en est de même pour la vitesse de remplissage. Un béton simplistes à priori
frais s'élevant trop rapidement dans un coffrage est assimila-
ble à un liquide dont la poussée est proportionnelle à toute sa
hauteur et l'effet de prise progressive est beaucoup trop lent L2. POUSSÉE DU BÉTON FRAIS
par rapport à la vitesse de montée pour limiter les poussées. SUR UN COFFRAGE VERTICAL
Dans ce cas, on dépasse vite les hypothèses de calcul des
outils. L'ensemble des auteurs admet que les pressions dévelop-
pées par du béton frais sur un coffrage vertical augmentent
- Les exemples montrent la complexité du problème à de façon hydrostatique jusqu'à un maximum et restent alors
résoudre pour appréhender les efforts à prendre en compte constantes.
dans la conception des coffrages ainsi que pour la mise au
point des notices d'emploi de ces outils. Cette règle est applicable tant que le béton est compacté par
vibration interne sur une profondeur inférieure à hmax. En
- Aussi, cet article traitera dans une première partie des cas de vibration externe par le coffrage, la pression est
études déjà réalisées sur le sujet en France et à l'étranger, hydrostatique sur toute la hauteur concernée.
puis dans une seconde partie des mesures réalisées in situ
dans les tunnels de Ponserand (Savoie) et des Iles (Corrèze) * Les chiffres notés entre [-] indiquent la référence bibliographique figurant en
par le Centre d'études des tunnels. fin d'article.

30 TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994


Seuls, quelques auteurs se sont intéressés à la possibilité L2.4. Ciria [4] et [5]
d'appliquer des facteurs de réduction liés au début de prise
du béton des premières gâchées, la rhéologie du béton en La pression maximale sur un coffrage vertical est prise
cours de prise étant particulièrement complexe. comme égale à la plus petite des trois valeurs suivantes :
Nous proposons quelques exemples d'évaluation de Pmax — la pression hydrostatique
et de hmax parmi les plus significatifs. Pmax = 24 h (kPa)
— lorsque l'épaisseur du mur est inférieure à 0,5 m il est
possible d'appliquer une formule qui tient compte de
l'effet d'arc (arch criterion)
Pmax = 14,37 + 0,094 d + 3,14 R (kPa)
h. max. — dans tous les cas, on peut appliquer une formule qui
dépend de l'effet de début de prise
Pmax = - cRt
1+c f—Y
l tinax.1
+ (4,6 -1,89 R) (kPa)


R = vitesse de montée du béton (m/h)
d = épaisseur minimale de béton (mm)
t = temps depuis le début du bétonnage (h)
F/g. 1 - Variation des pressions sur un coffrage vertical. tmax = temps de prise (h)
c = constante de vibration.

L2.1. Rodin[l] L2.8. Gardner [8]

Après des essais en laboratoire où 0 a été possible de faire


La formulation proposée par Rodin est valable pour un béton varier un grand nombre de paramètres, Gardner propose la
présentant un slump de 150 mm à la température de 21°C. formule suivante :
h max. = 1,63 R 1/3 (m)
p max. = 23,4 Hmax (kPa) Pmax = r>A v,- -L. 3000 HP_j_ 400 VR / 100 "\ _,_ slump -75
d 18 + T yOO-F/ 10
où R est la vitesse de montée du béton en m/h. où
ni = profondeur des vibreurs internes (m)
Hp = puissance des vibreurs
1.2.2. AGI [2] * d = épaisseur minimale de la structure (mm)
R = vitesse de montée du béton (m/h)
T = température du béton (°C)
L'AGI propose les formules suivantes en admettant comme F = % de cendres volantes
hypothèses que le béton a un slump inférieur à 10 cm et que slump en mm.
les vibreurs internes intéressent moins de 1,20 m de béton en
surface.
— R < 2,14 m/h 1.2.6. Din 18218 [9]
Pmax = 7,19 + 785 R (17,78 + T) (kPa)
Pmax < 23,5 h ou 95,8 kPa La norme allemande ne tient compte que de 3 paramètres :
— 2,14 < R < 3 m/h - R la vitesse de montée du béton(m/h)
Pmax = 7,19 + (1155 + 244R) / (17,78 + T) (kPa) - la température du béton
Pmax < 23,5 h ou 95,8 kPa - la maniabilité du béton définie dans la norme Din 1045.
— R > 3 m/h
Pmax = 23,5 h (kPa) Consis- Propriétés Propriétés Compa- Etale- Mode
Pmax < 95,8 kPa tance du du cité ment de
ou mortier béton serrage
h = hauteur totale de coffrage (m)
Kl Un peu Encore De 1,45 Vibreur
R = vitesse de montée du béton (m/h) Béton humide incohé- à 1,26 puissant
T = température du béton (°C). raide rent
K2 S'écoulant De 1,25
Béton Mou tout à 1,11 <40 Vibreur
L2.3. Adam [3] plastique juste
K3 Faible- De 1,10 De 41
Adam a étudié en laboratoire, l'effet du type de ciment, des Béton Liquide ment à 1,04 à50 Piquage
adjuvants, de la granularité, de la vitesse de mise en place, du mou liquide
slump et de la vibration. Ses études peuvent être résumées
de la façon suivante : Pmax est déterminé par les formules suivantes pour une
température de 15°C.
P max
Vitesse en m/h Pmax = 21 + 5 R (kPa) béton raide
en kPa R<2 R>2 Pmax = 19 + 10 R (kPa) béton plastique
Pmax = 18 + 14 R (kPa) béton "mou"
< 5° 19,6+ 12,3. R 40,1 + 1,96 . R Pmax = 17 + 17 R (kPa) béton fluidifié
T° 15°C 19,6+ 9,8. R 35,3 + 1,96 . R Des corrections doivent être apportées en fonction de cer-
tains paramètres : température différente de 15°C, emploi de
>25°C 19,6+ 9,8. R 35,3 + 1,96 . R retardateur de prise...

TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994 31


L3. APPLICATION A UN CAS TYPE D'après les calculs réalisés, la réduction de la force appliquée
sur les coffrages est de l'ordre de 30 %.
A partir d'un cas type dont l'ordre de grandeur des paramè-
tres correspond à un tunnel routier à 3 voies, nous pouvons
comparer les valeurs obtenues pour chacun des auteurs. L4. MESURES IN SITU
Données de base
Hauteur de coffrage ......................... 8m Le seul cas d'études expérimentales réalisées en tunnel
Epaisseur minimale de béton................. 350 mm publié à notre connaissance, concerne le tunnel du Seelis-
Température du béton ....................... 21°C berg sur l'autoroute N2 d'accès au St Gothard [12].
Sump ...................................... 150 mm Les données de base sont les suivantes (fîg. 3) :
Vitesse de montée du béton ................. 4 m/h
Masse volumique du béton frais .............. 2,4 T/m3 - longueur du coffrage ...................... 8,10 m
La formulation proposée par Gardner ne peut être retenue - hauteur du coffrage........................ 9,40 m
compte tenu du poids important des paramètres liés à la - développée............................... 2420 m
vibration interne qui n'est que partiellement utilisée en tun- - surface coffrée ............................ 196,02 m2
nel. - le coffrage est butonné en pied (200 kN) et au niveau de la
La pression maximale obtenue avec les différentes formules rotule supérieure (500 kN)
est la suivante : - e/c = 0,58 - 0,60 (0,65 pour le clavage)
Pression hydrostatique : 192 kPa (8 m X 2,4 T/m3). - Consistance : plastique
- Affaissement en cône : 6-5 cm
Formule Pmax (kPaj
- Température de l'air : 16°C.
RODIN «3,55
AGI 62,14(1)
ADAM 41,00(2)
CIRIA 62
DIN 18218 60,68
(1) L'application stricte de la règle AGI donnerait une valeur de 953 kPa
(2) La formule appliquée pour tenir compte de la température est
Pmax = 33 + 2 R

Quatre des valeurs trouvées sont très proches. Cette appa-


rente homogénéité des résultats doit être appréciée avec
prudence.
A titre d'exemple, dans le cas de l'application des règles
CIRIA, si l'épaisseur minimale de béton est de 500 mm au lieu
de 350 mm, Pmax passe de 62 kPa à 77 kPa, toutes choses
égales par ailleurs.
A partir de ses essais conduits en laboratoire, Adam note que
pour des vitesses de bétonnage importantes (R > 4 m/h), la F/g 3 - Section d'essais
pression maximale est indépendante de l'épaisseur du mur. au tunnel du Spielberg.
Par ailleurs, Adam constate que pour des hauteurs de béton
supérieures à 2 m et compte tenu de la déformation des
coffrages, le béton tend vers un équilibre de butée qui peut
exercer sur les coffrages une pression égale à une valeur
réduite de la pression maximale (60 % à 90 %). Cette remar-
que est encore plus vraie en tunnel où la forme voûtée de Pour l'anneau concerné par les mesures, les données étaient
l'anneau accentue l'effet de butée dès que le niveau du béton les suivantes :
dépasse le diamètre horizontal. - Durée du bétonnage ...................... 4 h 103mn
Ces constatations sont à rapprocher du travail réalisé par - Volume bétonné.......................... 115 m
SPECHT [ 11 ] à propos de l'application de la DIN 18218. Specht - Epaisseur minimale ....................... 40 cm
raisonne non plus seulement en fonction de la pression - Epaisseur moyenne de béton .............. 58 cm3
maximale (Pb) mais également en fonction de la force totale - Cadence moyenne de bétonnage .......... 28 m /h
(Vb) exercée par le béton sur le coffrage en intégrant la - Vitesse moyenne de montée
hauteur du béton frais et du béton en cours de prise. du béton................................. 2,35 m/h
Le bétonnage a été conduit en 9 phases, y compris le clavage
(1. à 9.).
Le dispositif de mesures comportait :
LVb = - 5 mesures de pression (Messdose 1 à 5)
- 6 mesures de déplacement (Uhr 1 à 6).
Le diagramme des pressions est donné en figure 4.
Pb J-BL
mox mox max La valeur maximale obtenue (129 kPa) ne peut s'expliquer
b par la seule poussée du béton frais qui au maximum pouvait
développer une pression de 75 kPa égale à la pression
F/g 2 - Différents diagrammes de variation des pressions. hydrostatique. L'auteur n'explique pas ce phénomène "para-
(a) diagramme selon DIN 18218 site". De la même façon, la pression en clé de voûte varie
(b) diagramme expérimental rapidement à chaque coup de pompe, jusqu'à atteindre sur
(c) diagramme du modèle proposé. une courte durée 73 kPa au moment du clavage.

32 TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994


Ces valeurs devront être vérifiées par des essais sur les
chantiers.

II. MESURES RÉALISÉES PAR LE CETu

Les mesures ont été réalisées pendant les bétonnages des


revêtements des tunnels de Ponserand en Savoie et des nés
en Corrèze.
Le Centre d'Etudes des Tunnels a fait appel au Laboratoire de
Mécanique des Roches du CETE de Lyon pour la réalisation
pratique de ces mesures.

Fig. 4 - Diagramme des pressions mesurées.


Finalement Muller admet le diagramme des pressions de la
figure 5.
C ]" KURZFRISTIGE SP1TZENWERTE

\\

Fig. 6 - Coffrage du tunnel de Ponserand.

El.PRmOPEETDESCRIPTIONDUDISPOSITIF DE MESURES
Fig. 5 - Diagramme théorique des pressions.
Les déformations observées ont été les suivantes (en mm) : n.1.1. Mesures de pression
Les capteurs utilisés ont été mis au point par le Centre
Déf. maximale Déf. finale d'Etudes et de Construction de prototypes d'Angers (CETE
Piédroit - 24,50 - 24,20 de l'Ouest).
Chaque capteur de pression totale est constitué d'un "cous-
Rein -27,10 — 26,70
sin" déformable de 180 millimètres de diamètre. A l'intérieur
Clé + 15,50 + 14,00 de celui-ci, un volume d'huile est chargé de transmettre la
pression exercée sur le coussin à un capteur de pression à
électronique intégrée.
Le raccourcissement des butons horizontaux a été de : Chaque capteur a été fixé par collage sur la peau coffrante
Piédroit................. —43,50mm avant la mise en place du coffrage. Pour chaque série de
Rein.................... — 47,60 mm mesures, six capteurs ont été placés dans un même plan
tranversal.
LB. CONCLUSION DE L'ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE n.1.2. Mesures de déplacement
D'après la bibliographie recherchée, l'étude de la poussée du Des capteurs de déplacement rectiligne ont été fixés sur un
béton sur les coffrages de tunnel voûté n'a pas été très déve- bâti rigide indépendant du coffrage.
loppée. Quatre capteurs ont été installés au niveau des ceEules de
Par contre, la poussée du béton sur les coffrages verticaux de pression de piédroit et permirent de mesurer le déplace-
murs et de poteaux a fait l'objet de nombreuses recherches et ment suivant une direction normale à la surface du coffrage
réglementations. L'extrapolation des résultats obtenus aux (rayon).
coffrages de tunnel ne paraît pas évidente à priori. Deux autres capteurs ont été placés en clé de voûte pour
Toutefois, les valeurs moyenne et maximale admises recou- mesurer les déplacements suivant deux directions orthogo-
pent assez bien les résultats obtenus au tunnel du Seelisberg. nales (verticales et horizontales).
En première analyse, on pourrait admettre les valeurs sui-
vantes qui doivent être modulées en fonction de la plasticité n.1.3. Mesures de température
du béton, de la vitesse de montée du béton dans les coffrages
et pour des températures de béton situées entre 15°C et Des capteurs de pression ont été équipés de sondes de
20°C: température à résistance de platine permettant de connaître
- pression moyenne 40 à 50 kPa la température à proximité du capteur pour chaque mesure
- pression maximale 70 kPa. de pression.

TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994 33


n.1.4. Acquisition des résultats des mesures Ponserand — Essai 1
Graphe : Pressions/temps
Le conditionnement, la saisie et le prétraitement des signaux
ont été réalisés à l'aide d'une centrale d'acquisition de
mesures avec un enregistrement sur support magnétique.
La fréquence des cycles de mesures était comprise entre 2 et
10 minutes.

H.2. CONDITIONS GÉNÉRALES DES ESSAIS

ïï.2.1. Tunnel de Ponserand


Essai 1 Essai 2
3
Quantité totale de béton mise en oeuvre. .80m 143m3
0,40m 0,70m
3 h 20 4h30
6 7 8
3 m/h/p 2,25 m/h/p
temps (h)
0,50m 0,50m
24 mVh 31 m3/h
Ponserand - Essai t
10 à 15 cm 10 à 15cm Pressions maximales
5,15m 5,15m
Température extérieure movenne ........ 5°C 5°C 7.8T/m 2

H.2.2. Tunnel des Des

Quantité totale de béton mise en œuvre 125m3


Epaisseur moyenne du revêtement...... 0,50m
Temps de remplissage total............ 6 h 15
/or/m* lOT/m*
Vitesse de montée du béton/piédroit.... 2 m/h/p
Dénivelée maximale entre piédroits ..... 0,50m
Débit moyen du bétonnage ........... 20mVh i Ponserand - Essai n° 2
Affaissement moyen du béton.......... 8 à )2cm
Rayon intrados du revêtement ......... 6,83m Ponserand - Essai 2
Position des capteurs
Température extérieure moyenne....... 20°C Epaisseurs du béton

0.70m 0.40m
H.3. RÉSULTATS DES MESURES
—— P1
—— - p4
ïï.3.1. Mesures de pression —— P2
—--- P5
L'allure générale des courbes de pression en fonction du ——— P3
——— P6
temps montre que la pression passe par un maximum puis se ____ n'y
stabilise à un niveau légèrement inférieur.

• Ponserand - Essai n° 1 Ponserand — Essai 2


Graphe : Pressions/temps

Ponserand — Essai 1
Position des capteurs
Epaisseurs du béton

0.40m
ntoytn

6 7 8
temps (h)

34 TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994


Ponserancf — Essai 2
H.3.2. Mesures de températures (de surface du béton)
Pressions maximales
Ponserand Ponserand Les
Essai 1 Essai 2 Iles
3T/mZ Température extérieure
5 0 21
moyenne j°Q
p Oh 8 5 23
<D u*
1 25
I -S- ?? 1h 10 12
| Jilfs 2h 12 17 25
§y «|s"° 5h 12 18 30
-® KO _ c CL lOh 13 25 37
Q. -û-fj O
5,8T/mZ 1 -o t~ï 15h 16 25 37
* Oh = début du bétonnage
Température du béton 25°
• Les Hes à la livraison 18° 18°

ïï.3.3. Mesures de déplacements


0,50m
moyen Dans les deux séries d'essais, les mesures de déplacements
montrent que le coffrage subit des déformations dissymétri-
ques. Une légère ovalisation du coffrage vers le haut se
Les Isles produit au moment du remplissage, laquelle diminue au
Position des capteurs moment du clavage. Cette diminution se traduit par une lente
Epaisseurs du béton
augmentation de la pression en naissance de voûte due à la
poussée du coffrage sur le béton.
Les plus grandes déformations se situent en piédroit du fait
que le coffrage ne peut revenir à sa position initiale, la prise
du béton ayant commencé.

- Ponserand - Essais 1 et 2
Les Isles
Graphe : Pressions/temps - Au cours du remplissage la déformation verticale du cof-
frage en clé, vers le haut, était de 17,5 mm. Au clavage cette
1 Pressions (T/m*)
valeur a été réduite à 13 mm (vers le haut).
.)•1 Q> - Horizontalement la clé a subi un déplacement de 10,5 mm
du côté opposé au premier remplissage. Cette valeur a été
8. 1
•1 *o réduite à 9 mm au moment du clavage.
7 . •S ^>
$ VQ,
St, ta
- En piédroits les déformations, au coulage et au clavage, sont
6 .
•O
sensiblement égales. Du côté du premier remplissage, le
'4
5 . •w0
coffrage s'est déformé vers l'intérieur du tunnel de 14 mm
environ et du côté opposé, également vers l'intérieur du
4 . -1 •———**•*. / ————— P6
tunnel, de 8 mm environ.
3. ."** .— — -" ~~~~~
^^"^ / /^t=0£ ^ + „
2.
1 . r^
r~ ^—
_ -^V^
rr^
Ponserancf - .Essais f et 2
Déplacements et déformations
0 . ! / ° t J . . 1 .-..J...-..J........1... 1 . . ., I 1 »-
. .
__
' l ' , . [ , . . —| i , | -1 . , , . ] , . ^v——

0 2 3 4 5 6 7 8
temps (h.)

Les Isles
Pressions maximales

défornatlon avant clavage


déformation après clavage
• Les Des
- Au cours du remplissage, la clé de voûte subit un déplace-
ment vertical vers le haut de l'ordre de 10 mm qui s'inverse au
moment du clavage et qui conduit à une déformation rési-
4T/m2 duelle vers le bas de 5 mm.

TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994 38


- Du côté du premier remplissage les déformations du cof- - Epaisseur moyenne du béton ............. 0,40 m
frage vers l'intérieur du tunnel ne varient que très peu au - Vitesse de montée du béton/piédroit...... 2,50 m/h/p
moment du clavage et sont voisines de 10 mm. - Dénivelée maximale entre piédroits ....... 0,50 m
- Du côté opposé au premier remplissage, les déformations - Affaissement moyen du béton ............ 13 cm
résiduelles, vers l'intérieur du tunnel sont de l'ordre de 4 mm. - Température extérieure .................. 15°C
- Rayon intrados de coffrage ............... 5,50 m
de dimensionner le coffrage, son ancrage de fondation et son
étalement en prenant compte dans le calcul, des pressions
radiales de l'ordre de 100 kPa ( 10 T/m2) en base de piédroit,
80 kPa (8 T/m2) à mi-hauteur et 50 kPa (5 T/m2) en clé en
limitant les déformées maximales à 5 millimètres en tous
points.
Enfin d'autres paramètres propres aux conditions réelles de
bétonnage en tunnel devront être pris en compte :
- chargement dissymétrique
- présence de hors-profils
- pression de clavage.
Ces paramètres ont une influence déterminante sur le com-
portement du coffrage et ainsi sur ses déformations.
Nous recommandons que les règles d'emploi du coffrage
———— défornation avant clavage (vitesse de montée, dénivelée maximale, pression de cla-
— — défornation après clavage vage...) figurent clairement dans le Plan Qualité de l'Entre-
prise.
H.3.4. Conclusions
Remerciements
• Ponserand A MM. Mazzoleni Gérard et Richard Jean-Claude, du Labora-
toire de mécanique des roches du CETE de Lyon, pour la
Les deux séries de mesures ont mis en évidence 2 facteurs mise au point des matériels de mesures et de saisie et la
importants ayant une influence sur les pressions exercées réalisation des essais sur les sites de Ponserand et Les Iles.
sur le coffrage. A M. Bredillet Gérard du CETu pour la réalisation des graphi-
* la vitesse de remplissage du coffrage. ques.
Pour un débit de livraison de béton déterminé et constant,
c'est pour les faibles épaisseurs que l'on relève les effets les
plus importants en raison de l'efficacité de la vibration et de la BIBLIOGRAPHIE
vitesse de remplissage, qui est d'autant plus grande que
l'épaisseur est réduite. 1. RODIN S. — " Pressure of concrète on formwork ", Structu-
ral concrète (Londres) V 1, N° 10, Juillet-Août 1963, pp.
* la déformabilité du coffrage, 445-453.
Les résultats des mesures ont démontré que le clavage du 2. AGI Commitee 622 — "Pressures on Formwork", AGI
béton en clé de voûte générait (notamment en piédroits), des Journal Proceedings V 55, n° 2, Août 1958, pp. 173-190.
contre-déformations conduisant à des augmentations des 3. ADAM, M. et al. — "Poussée du béton frais sur les cof-
pressions sur le coffrage du fait du début de prise de béton. frages", Annales de 1TTBTP, série Béton, 1965, Mars-Avril,
n° 207-208, pp. 401-425.
• Les Iles 4. CIRIA Research Report n° 1 — "The pressure of Concrète
on formwork", Construction Industry Research and Infor-
En comparaison des essais réalisés sur le coffrage de Ponse- mation Association, Londres, 1965, 42 pp.
rand, les mesures effectuées sur celui du tunnel des Ees 5. Concrète Society Technical Report n° 13 — "Formwork",
mettent en évidence des pressions nettement moins impor- The Concrète Society, Londres 1977, 76 pp.
tantes. Elles sont dues notamment : 6. DOUCLAS, B. et al.—"Field measurements of latéral pres-
- à une vitesse de remplissage plus faible, sures on concrète wall forms", Concrète International
- à une consistance du béton supérieure, Novembre 1981, pp. 56-62.
- à une température du béton plus élevée. 7. GARDNER, NJ. — "Pressure of concrète on formwork -
Par contre, on constate également une augmentation des A review", AGI Journal, Septembre-Octobre 1985, pp. 744-
valeurs de pressions après le clavage de clé, liée à la défor- 753.
mabilité importante du coffrage. 8. "Concrète pressure on formwork", Proc. Inst. Civ. Eng.
(Londres), Février 1986, pp. 145-159.
9. DIN 18218 — "Frischbetondrûck auf lotrechte Schalin-
III. CONCLUSION GÉNÉRALE gen", Septembre 1980 - Deutsches Institut fur Norming
eJc. (traduction CETu).
• Dans un premier temps, nous constatons que les valeurs de 10. SPECHT M. — "Der Frischbetondrûck nach DIN 18218
pressions s'exerçant sur les coffrages pendant le bétonnage, - Die Grundlagen und wichtigsten Festlegungen", Die
obtenues soit par formules, soit par des essais, sont relative- Bautechnik, Berlin, Août 1981, Heft 8, pp. 253-261.
ment voisines, 60 kPa (ou 6 T/m2) pour la moyenne des 11. SPECHT M — "Théorie des Frischbetondrûcks- gegen-
valeurs obtenues par formules et 40 à 100 kPa (ou 7 T/m2 wârtiger Stand und ungeklàrte Problème", Bautechnik,
moyenne) pour les valeurs résultant d'essais. Berlin, Mars 1987, Heft 3, pp. 73-78.
• Dans un second temps, nous aurions tendance à recom- 12. MULLER, Ch. — "Belastungs- und Deformationsmessun-
mander, pour un bétonnage s'effectuant dans les conditions gen an einer Tunnelschalung", Schweizerische Bauzei-
ci-après : tung, Zurich, Septembre 1978, Heft 37, pp. 693-695.

36 TUNNELS ET OUVRAGES SOUTERRAINS — N° 121 — JANVIER/FÉVRIER 1994