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BLANCHIMENT DES DENTS DÉVITALISÉES

Travail d’entretien clinique I


MDD-22747

Présenté à
Dre Monick Valois

Superviseure
Dre Cathia Bergeron

Par
Joannie Durepos 04 195 376
Claudia Goulet 04 195 608
Marie-Pier Sanfaçon 03 174 125
Valérie Tilkin 04 181 236
Faculté de médecine dentaire, Université Laval
Vendredi, le 10 février 2006

1
Table des matières

p.
Introduction………………………………………………………………………………… 2
Historique du blanchiment…………………………………………………………………. 3
Causes des décolorations…………………………………………………………………... 3
Indications et contre-indications …………………………………………………………... 10
Étapes préliminaires au blanchiment………………………………………………………. 10
Techniques et trucs à suivre pour assurer le succès du traitement…………………............. 11
Résumé du mécanisme d’action du blanchiment…………………………………………... 20
Agents de blanchiment……………………………………………………………………... 21
Précautions postopératoires………………………………………………………………... 24
Barrière…………………………………………………………………………………….. 24
Temporaires………………………………………………………………………………... 26
Restauration permanente de la cavité d’accès……………………………………………... 27
Pronostic………………………………………………………………………………........ 27
Suggestions pour un blanchiment de dent dévitalisée plus sécuritaire…………………….. 28
Risques du blanchiment……………………………………………………………………. 31
Questions concernant la toxicité, mutagénicité ainsi que le risque de cancer……………... 37
Conclusion…………………………………………………………………………………. 41
Bibliographie………………………………………………………………………………..42
Références………………………………………………………………………………….. 44

2
Introduction

De tous les temps, l’esthétique corporelle a été une préoccupation pour la plupart des
gens. On a expérimenté toutes sortes de moyens et de produits sur son corps pour l’embellir. Les
résultats n’ont pas toujours été concluants. Avec l’avancement de la science, nous pouvons
maintenant compter sur des méthodes et des recettes qui ont fait leurs preuves. La médecine
dentaire aussi a fait d’énormes progrès dans son domaine sur le plan de l’esthétique. Pour les
besoins de notre étude, ne mentionnons que le blanchiment des dents, une activité fortement en
demande depuis quelques années. Cependant, là où les résultats paraissent évidents en voyant les
belles dents blanches de toutes les vedettes du cinéma, le blanchiment n’est pas toujours aussi
spectaculaire lorsqu’il s’agit de dents dévitalisées. Pour retrouver cette blancheur, il y a plusieurs
options : les traitements de restauration comme le pivot-couronne et la facette qui sont plutôt
invasifs et irréversibles, et le blanchiment intra et/ou extracoronaire avec un agent de
blanchiment. Plusieurs études ont été menées sur cette dernière technique afin de trouver des
moyens sûrs, efficaces et durables pour redonner à ces dents dévitalisées leur couleur naturelle.
C’est de ces études dont il sera question dans notre exposé.

3
Historique du blanchiment

Le blanchiment des dents dévitalisées décolorées a été décrit pour la première fois en
1864. Une variété d’agents de blanchiment étaient alors utilisés, tels le chlorite, l’hypochlorite de
sodium, le perborate de sodium et le peroxyde d’hydrogène, seuls ou en combinaison, avec ou
sans activation par la chaleur. La technique du walking bleach a été introduite en 1961. À cette
époque, un mélange de perborate de sodium et d’eau était placé dans la chambre pulpaire qui était
ensuite scellée entre les visites du patient chez le dentiste. Plus tard, la méthode a été modifiée et
l’eau a été remplacée par du peroxyde d’hydrogène 30-35%, pour améliorer l’effet blanchissant.1

Causes des décolorations

Avant de proposer au patient un quelconque traitement pour remédier à la décoloration de


sa ou de ses dent(s) dévitalisée(s), il est essentiel d’avoir diagnostiqué la cause exacte de ce
changement de couleur. D’ailleurs, le succès d’un blanchiment dépend de plusieurs facteurs dont
les plus importants sont la cause de la décoloration de la dent, le diagnostic adéquat du problème
ainsi que le bon choix du type et de la technique de blanchiment. Différents phénomènes peuvent
faire en sorte que les dents traitées endodontiquement deviennent plus foncées.

La décoloration d’une dent peut survenir durant ou après la formation de la dentine et de


l’émail, et peut être associée au patient lui-même ou à des traitements effectués par le dentiste.
Les décolorations associées au patient peuvent être superficielles ou incorporées à l’intérieur de
la structure dentaire. En ce qui concerne les décolorations associées au dentiste, elles sont
habituellement prévisibles et devraient être évitées.

1
J.E Dahl et U. Pallesen. «Tooth Bleaching – a critical Review of the Biological Aspects», Critical Reviews in Oral
Biology and Medicine, 2003. 14 (4) 292. En ligne le 2003-09-25
http://crobm.iadrjournals.org/cgi/content/full/14/4/292

4
Causes associées au patient lui-même

Nécrose pulpaire

L’irritation de la pulpe, qui peut être causée par des bactéries ou par un stimulus chimique
ou mécanique, entraîne la nécrose du tissu et la libération de produits de désintégration du tissu.
Ces substances peuvent pénétrer dans les tubuli dentinaires et décolorer la dentine. Le degré de
décoloration est directement proportionnel à la durée de la nécrose pulpaire. En effet, plus
longtemps les substances sont présentes dans la chambre pulpaire, plus la pénétration à l’intérieur
des tubuli dentinaires est profonde et plus importante sera la décoloration. Ce type de
décoloration est habituellement corrigé par un blanchiment intracoronaire.

Hémorragie intrapulpaire

L’hémorragie à l’intérieur de la pulpe et la


lyse des érythrocytes peuvent être le résultat
d’une blessure traumatisante de la dent. Le
produit de la désintégration du sang,
principalement des sulfites ferreux, est introduit à
l’intérieur des tubuli dentinaires et décolore le

tissu dentinaire.2 L’hémorragie à l’intérieur de la


Traumatisme ayant causé une hémorragie
dentine est d’ailleurs la cause la plus fréquente intrapulpaire
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
d’une couleur foncée de la dent dévitalisée.3 En Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated
Guide, Thieme Medical Pub, 2001.)
fait, une étude in vitro faite par Marin, Bartold et
Heithersay en 1997 a démontré que la cause principale de décoloration suite à une hémorragie
dans une chambre pulpaire stérile est la présence de l’hémoglobine intacte ou de parties

2
S. Cohen, R.C. Burns. «Bleaching Nonvital and Vital Discolored Teeth», dans Pathways of the Pulp. Septième
édition. Mosby inc. St-Louis, MO, États-Unis.1998. pp. 674 à 692.
3
R. M. Waite, D. L. Carnes Jr. et W. A. Walker. «Microleakage of Term Used with Sodium Perborate/Water and
Sodium Perborate/Superoxol in the « Walking Bleach » Technique», Journal of Endodontics, 1998. vol. 24, no 10,
pp. 648 à 650

5
d’hémoglobine. Cependant, pour les dents étudiées, la présence d’ions ferriques libres et
d’hémosidérine n’a pas été observée, ce qui va à l’encontre de la théorie de la décoloration due à
l’extravasation d’érythrocytes et de fer libre. Cette hypothèse suggère que le fer libre se combine
au sulfite d’hydrogène produit par les bactéries en formant un sel foncé (sulfite de fer) qui
augmente significativement le degré de décoloration de la dent.4

Si la pulpe commence à nécroser, la décoloration persiste et devient généralement plus


sévère avec le temps. Si la pulpe récupère et devient plus saine, la décoloration peut être
renversée, redonnant ainsi à la dent sa teinte originale. En général, un blanchiment intracoronaire
donne de bons résultats pour les colorations ayant pour cause l’hémorragie.

Hypercalcification dentinaire

Une formation excessive de dentine irrégulière dans la chambre pulpaire et sur les parois
des canaux radiculaires peut survenir suite à une blessure traumatisante de la dent. Dans un tel
cas, une désintégration temporaire du sang se produit et est suivie de la destruction des
odontoblastes. Ces derniers sont alors remplacés par des cellules mésenchymateuses
indifférenciées qui forment rapidement de la dentine irrégulière sur les parois pulpaires. Il est
possible de remarquer comme résultat la diminution graduelle de la translucidité de la couronne
et une augmentation de la coloration jaunâtre ou brunâtre. Le premier traitement à considérer
dans un tel cas est le blanchiment externe. Il se peut cependant, dans certains cas, qu’un
traitement endodontique doive être effectué suivi d’un blanchiment intracoronaire.

Âge

Chez les personnes âgées, un changement de la couleur de la couronne survient de façon


physiologique et constitue en fait le résultat d’une apposition excessive de dentine, de la
diminution de l’épaisseur de l’émail et d’un changement optique. La nourriture et les boissons
amènent aussi un effet cumulatif de décoloration qui devient plus prononcée avec le

4
S.W. Dalhstrom, G.S. Heithersay et T.E. Bridges. «Hydroxyl radical activity in thermocatalytically bleached root-
filled teeth», Endodontic Dental Traumatology, 1997. 13, pp 119-125.

6
vieillissement en raison du phénomène de craquement de la dent et d’autres changements qui
adviennent sur la surface de l’émail et sur la dentine sous-jacente.

Défauts lors de formation de la dent

Défauts de formation de l’émail :

Les défauts lors de la formation de l’émail peuvent être de l’hypocalcification ou de


l’hypoplasie. De l’émail hypocalcifié apparaît comme une zone distincte brunâtre ou blanchâtre
et se situe habituellement sur les surfaces labiales des couronnes affectées. L’émail est toutefois
bien formé et la surface est intacte. Ce type de défaut peut être corrigé à l’aide d’une technique de
micro-abrasion de l’émail qui donne de bons résultats. Dans un cas d’hypoplasie, l’émail est
plutôt déficient et poreux. Ce défaut peut être héréditaire ou être causé par des facteurs
environnementaux tels des infections, des
tumeurs ou des traumatismes. Il s’agit
probablement de la matrice qui s’est
altérée sans s’être minéralisée
adéquatement durant la formation de
l’émail. L’émail défectueux est

rapidement décoloré par différentes


Défaut de formation de l’émail
substances de la cavité orale. Tout (GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated Guide,
dépendant de la sévérité et de l’importance Thieme Medical Pub, 2001.)

de l’hypoplasie et de la nature de la décoloration, la surface d’émail d’une telle dent peut être
blanchie avec différents degrés de succès.

Conditions systémiques :

Plusieurs conditions systémiques peuvent causer la lyse massive des érythrocytes. Si cela
survient dans la pulpe à un jeune âge, les produits de désintégration du sang peuvent être
incorporés à l’intérieur de la pulpe et décolorer la dentine en formation. Une haute fièvre durant

7
la formation de la dent peut entraîner l’hypoplasie et une désintégration temporaire de l’émail en
formation, ce qui produit une décoloration. La porphyrie, une maladie métabolique, peut aussi
provoquer une décoloration rouge ou brunâtre de la dentition. La thalassémie et l’anémie dues à
des cellules défectueuses peuvent également causer une décoloration intrinsèque bleue, brune ou
verte. De surcroît, l’amélogénèse imparfaite peut mener à une décoloration jaune ou brune, tandis
que la dentinogénèse imparfaite donne plutôt une couleur brune à violet, jaunâtre ou grise à la
dentition. Ces types de décoloration ne peuvent cependant pas être améliorés par des traitements
de blanchiment, mais seront plutôt corrigés par des techniques de restauration.

Défauts liés à des substances pharmaceutiques :

L’administration ou l’ingestion de certains produits durant la période de formation de la


dent peut causer une sévère décoloration de l’émail et de la dentine.

Tétracycline : Une cause commune de décoloration est l’ingestion de tétracycline par les
enfants. La dent prendra alors une couleur jaune, brune, gris foncé ou bleue dépendant du type de
tétracycline, de la dose ingérée, de la durée de l’ingestion et de l’âge du patient au moment de
l’ingestion. La décoloration est habituellement bilatérale, affectant plusieurs dents dans les deux
arches. Le mécanisme de décoloration par la tétracycline n’est pas encore bien compris. En fait,
la tétracycline se lie au calcium et s’introduirait à l’intérieur des cristaux d’hydroxyapatite de
l’émail et de la dentine. Deux approches sont utilisées pour traiter ce type de décoloration : le
blanchiment externe de la surface de l’émail et le blanchiment interne accompagné d’un
traitement endodontique.

8
Taches de tétracycline
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al.
Bleaching Techniques in Restorative Dentistry :
An Illustrated Guide, Thieme Medical Pub,

Fluorose dentaire : L’ingestion de quantités excessives de fluor durant la formation de la


dent peut entraîner un défaut dans les structures minéralisées, particulièrement dans la matrice de
l’émail, causant l’hypoplasie. La sévérité et le degré de la décoloration dépendent généralement
du degré de l’hypoplasie et sont directement reliés à la quantité de fluor ingéré durant
l’odontogenèse. Les dents ne seront pas décolorées dès leur éruption, mais leurs surfaces
poreuses absorberont plutôt graduellement les produits colorés présents dans la cavité orale. Ce
type de décoloration est habituellement bilatéral, affectant plusieurs dents dans les deux arches. Il
présente différents degrés de sévérité. Dans les cas les moins sévères, on retrouvera des zones
blanchâtres, des régions crayeuses et opaques, une décoloration jaune ou brune. Par contre, dans
les cas les plus sévères, un émail ayant une surface tapissée de petits trous sera rencontré. Dans
tous ces cas, c’est le blanchiment externe qui est conseillé. Encore une fois, le succès du
traitement dépend du degré et de la durée de la décoloration.

Causes associées aux traitements effectués par le dentiste

Causes provenant d’un traitement endodontique

Tissu pulpaire restant :

Les tissus restant dans la chambre pulpaire se désintègrent graduellement et peuvent causer de
la décoloration.5 Il y a alors une fuite de toxines provenant du contenu de la pulpe infectée. La
pulpe contenue dans les cornes pulpaires doit toujours être inclue dans la cavité d’accès pour
s’assurer d’enlever tous les tissus restants. Dans ces cas, le blanchiment intracoronaire est tout à
fait indiqué.

5
S. Cohen, R.C. Burns. Idem

9
Produits intracoronaires :

Plusieurs produits intracoronaires sont reconnus comme étant des causes de la


décoloration interne de la dentine. Les scellants à base de phénol et d’iode introduits dans la
chambre pulpaire et dans les canaux radiculaires sont en contact direct avec la dentine et parfois
pour une longue période, ce qui permet leur pénétration et leur oxydation. Ces substances ont
tendance à décolorer graduellement la dentine.

Matériaux obturateurs :

C’est le type le plus fréquent et le plus sévère de décoloration de dents seules, c'est-à-dire qui
ne s’applique pas à l’ensemble des dents. Lorsque les matériaux obturateurs sont ne sont
complètement retirés de la chambre pulpaire en complétant le traitement, il s’ensuit une
coloration foncée. Cela peut donc être évité en retirant complètement le matériau obturateur à un
niveau juste en dessous de la gencive marginale.

Causes provenant d’une restauration

Amalgame :

Ce produit a des effets sévères sur la


dentine en raison de ses composants
métalliques de couleur très foncée,
particulièrement l’argent, qui donnent à la
dentine une couleur gris foncé. En fait,

Restauration en amalgame
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated Guide,
Thieme Medical Pub, 2001.) 10
l’apparence très foncée de la couronne est due à la restauration en amalgame que l’on peut
percevoir à travers la structure dentaire. Afin de corriger le problème, il est possible de remplacer
l’amalgame par un matériau plus esthétique. Sinon, ce type de décoloration est très difficile à
blanchir et tend à récidiver avec le temps.6 Certains ions métalliques sont difficiles à enlever ou à
modifier par blanchiment.7

Composite :

La micro-infiltration autour du composite amène une certaine coloration de la dent.


Lorsqu’il y a un espace à la margination, les substances peuvent pénétrer entre la restauration et
la dent et décolorer la dentine sous-jacente. De plus, les composites peuvent se décolorer avec le
temps et affecter la couleur de la couronne. La situation peut généralement être corrigée en
remplaçant l’ancienne restauration de composite par une nouvelle, cette fois-ci bien scellée.8

Indications et contre-indications

Indications
- Décolorations originant de la chambre pulpaire
- Décolorations de la dentine
- Décolorations qui ne peuvent être traitées par un blanchiment extra-coronaire

Contre-indications
- Décolorations superficielles de l’émail
- Défaut de formation de l’émail
- Perte sévère de dentine

6
Ibid.
7
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive et
de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. «Review of the Current Status of Tooth
Whitening with the Walking Bleach Technique», Internationnal Endodontic Journal, 2003. 36, pp 313 à 329.
8
S. Cohen, R.C. Burns. Idem

11
- Présence de caries
- Composites décolorés
- Jeune dent avec apex non-formés9

Étapes préliminaires au blanchiment

Avant d’entreprendre le blanchiment interne, il est important de déterminer jusqu’à quel


point la décoloration de la dent est de nature intrinsèque. Pour ce faire, il est pertinent de bien
nettoyer la surface de la dent afin d’estimer le degré de décoloration externe.

De surcroît, il importe que le patient soit bien informé à propos du traitement qu’il
recevra. Le dentiste devra aviser le patient que les résultats des thérapies de blanchiment ne sont
pas parfaitement prévisibles et qu’il ne peut garantir un rétablissement total de la couleur
originale de la dent. Le dentiste devra également informer le patient des différentes étapes du
traitement, des complications possibles et de la possibilité que le traitement doive être répété dans
le futur pour obtenir des résultats optimaux.

Préalablement au traitement de blanchiment, il est également nécessaire de prendre une


radiographie afin vérifier la qualité de l’obturation canalaire de la racine. Pour assurer le succès
d’un traitement endodontique, le canal radiculaire doit être complètement nettoyé et densément
obturé ce qui doit être vérifié sur la radiographie. Cette étape est importante, car s’il y a des
risques d’échec trop grand du traitement de canal, il serait préférable de ne pas procéder au
blanchiment sachant que le pronostic de la dent est faible. Donc, si à la radiographie on voit que
l’obturation de la racine est déficiente, avant de procéder au traitement de blanchiment, il faudra
la refaire convenablement. La dent doit également présenter une absente de lésions carieuses ou
de restaurations déficientes. Si la dent dévitalisée présente une carie, cette lésion devra être
restaurée avant le commencement de la thérapie de blanchiment. Une restauration défectueuse

9
L. Greenwall, G. Freedman et al. Bleaching Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated Guide, Thieme
Medical Pub, 2005.

12
devra aussi être remplacée, mais on peut choisir de le faire seulement après le blanchiment pour
assurer un choix de couleur adéquat du matériau obturateur.10

Techniques et trucs à suivre pour assurer le succès du traitement

Les méthodes les plus couramment utilisées pour blanchir les dents traitées
endodontiquement sont le walking bleach et la technique thermocatalytique. Les techniques
thermo/photo et interne/externe sont également des techniques de blanchiment de dents
dévitalisées. Le walking bleach est préférable, car cette technique requiert moins de temps en
cabinet et est plus sécuritaire et confortable pour le patient.

Technique du Walking Bleach

Avant de commencer le traitement, il faut informer le patient de la technique utilisée, des


résultats attendus et de la possibilité d’une récidive de la coloration.

Vérification de l’obturation des canaux, des restaurations existantes et de la substance


dentaire

1. Prendre des radiographies périapicales pour évaluer l’état des tissus périapicaux et la
qualité de l’obturation endodontique. Si celle-ci est insatisfaisante ou douteuse, il est
impératif de retraiter la dent avant d’entreprendre le traitement de blanchiment.

2. Évaluer la qualité et la teinte des restaurations présentes sur la dent décolorée et les
remplacer si elles sont défectueuses, car la décoloration de la dent est souvent le résultat
d’une fuite ou d’une restauration décolorée. Dans ces cas, nettoyer la chambre pulpaire et
remplacer la restauration défectueuse s’avèreront suffisants.

10
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem

13
Évaluer la dent avec le guide de couleur et, si possible, prendre des photographies au
début et durant le traitement, car cela constituera un point de référence pour une
éventuelle comparaison.11 Bien nettoyer et polir la dent à traiter afin d’éliminer toutes les
taches extrinsèques. 12

Préparation de la chambre pulpaire

3. Isoler la dent avec une digue.

(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching


Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated
Guide, Thieme Medical Pub, 2001.)

4. Enlever les matériaux de restauration fermant l’accès à la cavité pulpaire et retoucher cet
accès. Vérifier que toute la chambre pulpaire soit adéquatement accessible et nettoyée.13
Tous les restes de matériaux de restauration et de tissus pulpaires nécrotiques doivent être
enlevés complètement.14

Pour ce qui est du matériau d’obturation canalaire se retrouvant à l’intérieur de la


chambre pulpaire, ce dernier doit être enlevé jusqu’à une profondeur de un (1) millimètre
à l’intérieur du canal de la racine.15

Une chambre pulpaire complètement obturée avec un matériau esthétique présente


des difficultés techniques, car le composite est difficile à distinguer de la dent elle-même.

11
S. Cohen, R.C. Burns. Idem
12
P.Carrotte. «Endodontic problems», British Dental Journal. 2005; 198, 127-133. En ligne le 2005-09-21
http://www.nature.com/bdj/journal/v198/n3/full/4812037a.html
13
S. Cohen, R.C. Burns. Idem
14
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne.Idem
15
P.Carrotte. Idem

14
Il est important d’enlever tout le composite afin de permettre aux agents de blanchiment
de bien pénétrer dans les tubuli dentinaires. Il faut noter qu’il est important d’enlever tous
les matériaux jusqu’à un niveau juste en dessous de la limite gingivale.

(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al.


Bleaching Techniques in Restorative
Dentistry : An Illustrated Guide, Thieme
Medical Pub, 2001.)
Scellement radiculaire

5. Appliquer une couche de verre ionomère sur la gutta percha afin de maintenir le
scellement de l’obturation canalaire.16

Application de l’agent de blanchiment

6. Mordancer les bords externes de la cavité avec du H3PO4 à 37 % afin de permettre


l’adhésion du matériau de restauration temporaire.17

16
S. Cohen, R.C. Burns. Idem
17
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem

15
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al.
Bleaching Techniques in Restorative Dentistry :
An Illustrated Guide, Thieme Medical Pub,
2001.)

7. Préparer une pâte d’agent blanchissant en mélangeant du perborate (tetrahydrate) de


sodium et de l’eau stérile ou de la solution anesthésique et l’insérer dans la cavité

Obturation temporaire

8. Appliquer de la résine adhésive au pourtour externe de la cavité préalablement mordancé.


Déposer ensuite une rondelle de composite pour fermer l’accès à la cavité. Enlever les
excès et polir.

9. Informer le patient que l’agent de blanchiment travaille lentement et que les résultats
devraient être visibles seulement quelques jours plus tard. Revoir le patient chaque
semaine et répéter la procédure. Il faut en moyenne 4 à 6 visites pour atteindre les
résultats escomptés.18

Restauration de la cavité d’accès et radiographie postopératoire

10. Lorsque la dent dévitalisée aura atteint la couleur voulue, restaurer la cavité d’accès avec
un composite.
Pour obtenir un lien adhésif optimal entre le matériau de restauration et les tissus durs de
la dent, il est conseillé de procéder à la mise en place de la restauration permanente après
une période d’environ 10 jours minimum après la dernière thérapie de blanchiment. Le

18
S. Cohen, R.C. Burns. Idem

16
traitement de blanchiment laisse les tissus dentaires sursaturés en oxygène, ce qui inhibe
la polymérisation des résines.

11. Prendre une radiographie de la dent blanchie à tous les rendez-vous annuels afin de
diagnostiquer le plus tôt possible les résorptions cervicales.19

Technique thermocatalytique ou thermo/photo

C’est une technique qui implique l’utilisation de peroxyde d’hydrogène, à haute


concentration, soit à 30 ou 35% dans la chambre pulpaire suivie d’une application de chaleur par
un appareil de chaleur électrique ou un instrument chauffé avec un quelconque brûleur ou d’une
application de lumière par des lampes spéciales. De plus, des applications de chaleur et de
lumière peuvent être faites dans le même traitement.20,21

De plus, une boulette de coton imprégnée de H2O2 30-35% est utilisée pour remplir
temporairement la cavité.22

Voici un résumé des différentes étapes de cette technique :

1) Une barrière protectrice de ciment d’au moins


2 mm d’épaisseur est appliquée dans le canal
de la dent.
2) Puis, une boulette de coton imbibée de
peroxyde d’hydrogène est insérée dans la
chambre pulpaire. De la chaleur et/ou de la

19
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
20
S. Cohen, R.C. Burns. Idem
21
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
22
S. Cohen, R.C. Burns. Idem

17
lumière est ensuite appliquée. Si nécessaire, on peut appliquer à nouveau le peroxyde et la
chaleur. Toutefois, si la dent devient trop sensible, il faut arrêter immédiatement.
3) Après avoir enlevé la source de chaleur ou de lumière, on laisse reposer la dent durant
cinq minutes, puis on la rince à l’eau tiède durant une minute.
4) Il faut ensuite assécher la dent et insérer de la pâte de walking bleach dans la chambre
pulpaire.
5) Le patient sera finalement rappelé deux semaines plus tard pour vérifier la différence de
couleur et si cela s’avère nécessaire, toute la procédure peut être reprise à nouveau.23

(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al.


Bleaching Techniques in Restorative
Dentistry : An Illustrated Guide, Thieme
Medical Pub, 2001.)

Cette technique a longtemps été considérée comme étant la meilleure en raison de la


grande réactivité du H2O2 par l’application de chaleur. Effectivement, la décomposition du H2O2
en oxygène réactif est accélérée par l’application de chaleur ou de lumière. Cependant, il y a
aussi des conséquences négatives à cette technique qui ne doivent pas être banalisées. Ces
inconvénients majeurs seront mentionnés ultérieurement dans la section : «Suggestions pour un
blanchiment de dent dévitalisée plus sécuritaire». Comme les agents de blanchiment à base de
H2O2 sont très instables, il est important de les conserver dans un endroit frais et sombre.24

Technique du blanchiment interne/externe

Lorsqu’un agent ne réussit pas à éliminer une tache complètement ou lorsque plusieurs
taches de différentes origines sont présentes sur une même dent, une combinaison de techniques
de blanchiment peut être utilisée.

23
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
24
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem

18
La technique de blanchiment interne/externe combine un blanchiment intracoronaire et un
blanchiment extracoronaire que le patient peut faire à la maison. Cette technique est à la fois
simple et efficace.

Protocole

1. Préparer une barrière intracoronaire selon les principes déjà mentionnés dans ce
document.
2. Nettoyer la cavité d’accès et éliminer les constituants restant dans les cornes pulpaires.
Placer une boulette de coton dans cette cavité pour éviter l’infiltration de nourriture dans
celle-ci.
3. Noter au dossier du patient la couleur initiale de la dent dévitalisée et celle des dents
adjacentes.
4. Laisser partir le patient avec la cavité
d’accès ouverte, en lui donnant les
consignes suivantes : Retirer la
boulette de coton de la cavité d’accès à
l’aide d’un cure-dent avant de
procéder au blanchiment. À l’aide
d’une seringue, appliquer l’agent de

blanchiment directement dans la


(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
chambre pulpaire avant de mettre la Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated
Guide, Thieme Medical Pub, 2001.)
gouttière en place ou appliquer l’agent
de blanchiment partout dans la gouttière et en excès vis-à-vis l’endroit où la dent
dévitalisée est située. Après la période de blanchiment, irriguer la dent dévitalisée avec
une seringue d’eau et ajouter une nouvelle boulette de coton dans la cavité.

19
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated Guide,
Thieme Medical Pub, 2001.)

Il est à noter qu’après un repas, la dent devra être irriguée avec une seringue d’eau et
la boulette de coton devra être remplacée.
5. Si le patient peut changer la solution d’agent de blanchiment à toutes les deux heures,
cinq à huit applications peuvent être suffisantes pour obtenir la couleur voulue. Le
traitement ne prendra alors que quelques jours, car plus souvent la solution est changée,
plus les résultats seront obtenus rapidement.
6. Revoir le patient après trois à sept jours pour évaluer les résultats.
Il est à noter que plus longtemps la dent est restée tachée ou plus la dent est tachée,
plus le traitement prendra de temps pour donner le résultat désiré.
7. Sceller la cavité d’accès avec un matériau de restauration temporaire. Le scellement
permanent ne pourra être fait qu’après deux semaines pour permettre à l’oxygène de
s’échapper de la dent et ainsi optimiser la qualité du lien émail/composite.
La cavité d’accès est d’abord irriguée avec de l’hypochlorite de sodium pour éliminer les
débris pouvant être restés. L’angle cavosurface, l’émail à la périphérie de la cavité d’accès
et la dentine de la chambre pulpaire sont mordancés pendant 15 secondes avec de l’acide
phosphorique à 37%. Un adhésif amélo-dentinaire est ensuite appliqué. La cavité est
ensuite scellée par une restauration en composite.

Avantages

20
1. Plus grande surface disponible pour que l’agent de blanchiment pénètre la substance
dentaire.
2. Concentration nécessaire d’agent de blanchiment plus faible (peroxyde de carbamide à
10% avec un pH neutre).
3. Nul besoin de changer de matériau de restauration de la cavité d’accès parce que celle-ci
est laissée ouverte.
4. Échappement normal de l’oxygène libéré durant le processus de blanchiment et donc, pas
d’augmentation de pression qui délogerait la restauration temporaire comme dans le cas
des autres techniques.
5. Le traitement peut est interrompu facilement lorsque la couleur désirée est obtenue.
6. Nul besoin d’utiliser de la chaleur pour activer l’agent de blanchiment.

21
Résumé du mécanisme d’action du blanchiment25

Dentine et émail
possèdent la

Propriété de semi-perméabilité

permet le
Libre passage de
grâce à son grâce à la

L’AGENT DE
BLANCHIMENT
Nature pénétrante
Poids moléculaire des radicaux
relativement bas provoque d’hydrogène et
d’oxygène

Oxydation Oxygénation
entraînant la
transformation des

Pigments jaunes de la dent


(Xanthopterin)
en

25
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
Pigments blancs
Leucopterin 22
Agents de blanchiment

Les produits les plus couramment utilisés pour le blanchiment sont le peroxyde de
carbamide, le perborate de sodium ainsi que le peroxyde d’hydrogène comme tel ou une
combinaison de ces produits. 26Le blanchiment des dents est aujourd’hui basé sur l’utilisation du
peroxyde d’hydrogène comme agent actif. Le peroxyde d’hydrogène peut être appliqué seul ou
produit par une réaction chimique du perborate de sodium ou du peroxyde de carbamide. 27Pour
ce qui est du peroxyde de carbamide (CH6N2O2), lors de sa réaction, ce dernier se dissocie en
peroxyde d’hydrogène (H2O2) et en urée (CH4N2O). D’autres produits de blanchiment utilisent
plutôt le perborate de sodium comme ingrédient actif. Lors de la réaction, un complexe oxygène
est créé durant l’élimination du perborate de sodium. Un gel de peroxyde libre est alors produit à
ce stade. Ce gel interagit avec la structure dentaire et devient alors activé. Le complexe oxygène
interagit avec la dent, sature et modifie les aminoacides et double les liaisons de l’oxygène qui est
responsable de la décoloration de la dent. Le peroxyde d’hydrogène, quant à lui, est utilisé en
différentes proportions dans la plupart des produits de blanchiments et se dissocie en eau et en
oxygène. Cependant, nous savons que les produits à base de perborate de sodium peuvent
contenir du peroxyde d’hydrogène parce que celui-ci constitue un sous-produit de la dissociation
du perborate de sodium, comme c’est également le cas du peroxyde de carbamide tel que
mentionné ci-dessus.28 Le peroxyde d’hydrogène étant soit le principal constituant de l’agent de
blanchiment, soit le produit de dissociation du peroxyde de carbamide ou du perborate de
sodium, agit comme un agent oxydant en entraînant la formation de radicaux libres, de molécules
d’oxygène réactives et d’anions de peroxyde d’hydrogène. Ces molécules réactives attaquent la

26
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. «Effect of
Internal Bleaching Agents on Dentinal Permeability of Non-Vital Teeth : Quantitative Assessment», Dental
Traumatology, 2003. vol. 19, pp. 85 à 89
27
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem
28
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. Idem

23
longue chaîne de molécules chromophores de couleur foncée,29 c’est-à-dire les pigments
organiques colorés de la dent qui lui donnent sa teinte non esthétique,30 et les séparent en petites
molécules.31 Ces dernières voient alors certaines de leurs caractéristiques altérées, notamment
leur coloration. La dent retrouve donc sa couleur originale ou, du moins, une couleur plus pâle.32
Il faut aussi mentionner que le succès du blanchiment dépend principalement de l’habileté de
l’agent à pénétrer profondément dans les tubuli dentinaires jusqu’à l’atteinte des molécules
chromophores. La réussite de ce traitement dépend également de la concentration de l’agent
blanchissant et de la durée pendant laquelle cet agent est en contact avec les molécules
chromophores.33

Les agents blanchissant existent en plusieurs concentrations, mais les différentes études ne
s’entendent pas sur la concentration idéale au point de vue du pouvoir blanchissant et de la
préservation des tissus buccaux. La revue Dental Traumatology conclut que le produit idéal est le
peroxyde de carbamide à 37%.34 Selon le International Endodontic Journal, le peroxyde de
carbamide à 35% et le peroxyde d’hydrogène à 35% sont les plus efficaces pour blanchir, mais le
premier est préférable au deuxième, car il est moins agressant pour les tissus.35 La raison pour
laquelle le peroxyde d’hydrogène est nocif pour les tissus est qu’il relâche des radicaux libres
toxiques et des anions perhydroxyl.36 Le Journal of Endodontics, quant à lui, affirme que le
perborate de sodium à 2 grammes/ml est préférable au peroxyde d’hydrogène à 30%.37 Bref, ces
trois périodiques scientifiques concluent que le peroxyde d’hydrogène est trop nocif pour les
tissus et qu’il est recommandé d’utiliser un produit alternatif, de préférence, le peroxyde de
carbamide, sinon le perborate de sodium.

29
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem
30
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. Idem
31
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem
32
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. Idem
33
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem
34
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. «Effect of
Internal Bleaching Agents on Dentinal Permeability of Non-Vital Teeth : Quantitative Assessment», Dental
Traumatology, 2003. vol. 19, pp. 85 à 89.
35
M.Y. Lim, S.O.Y. Lum et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université nationale de Singapour.
«An In-Vitro Vomparison of the Bleaching Efficacy of 35% Carbamide Peroxide with Established Intracoronal
Bleaching Agents», International Endodontic Journal, 2004. vol. 37, pp.483 à 488.
36
S. Cohen, R.C. Burns. Idem
37
Y. Kinomoto, D.L. Carnes et S. Ebisu. «Cytotoxicity of Intracanal Bleaching Agents on Periodontal Ligament
Cells In Vitro», Journal of Endodontics, 2001. vol. 27, no 9, pp. 574 à 577.

24
D’autres études (Weiger 1992) ont conclu que le perborate de sodium mélangé à de l’eau
distillée dans un ratio de 2 :1 (g ml-1) est un agent de blanchiment convenable et contribue à
prévenir ou, du moins, à minimiser la résorption cervicale externe de la racine, une conséquence
importante bien que rare du blanchiment interne, 38,39 par comparaison avec un agent blanchissant
non-combiné avec de l’eau. Dans les cas de décolorations sévères, du peroxyde d’hydrogène
(H2O2) à 3 % peut être mis à la place de l’eau. L’utilisation de H2O2 à 30 % n’est pas conseillée,
toujours à cause des risques de résorption externe.40

D’autres auteurs ont concentré leurs recherches sur la comparaison entre le peroxyde
d’hydrogène et le peroxyde de carbamide afin de répondre aux interrogations de dentistes. Ils en
ont conclu qu’en fait, tel que mentionné précédemment, ces deux produits contiennent du
peroxyde d’hydrogène et fonctionnent bien tous les deux. Il semble toutefois, selon les dires des
manufacturiers, que le H2O2 donne les résultats espérés plus rapidement et nécessite un traitement
plus court ainsi qu’un temps d’exposition moindre que les solutions de peroxyde de carbamide.
De plus, il y a moins de chance qu’il survienne une déshydratation des tissus durs de la dent
traitée avec le H2O2 étant donné que ce système est à base de gel aqueux, contrairement au
système de peroxyde de carbamide qui est à base de gel anhydride. Le peroxyde de carbamide
semble cependant être plus doux pour les tissus, possiblement dû au fait que la concentration en
ion hydroxyle, acide, urée ammonium ou acide carbonique est moins grande.

Dans tous les produits de blanchiment, on peut retrouver d’autres substances tel un agent
épaississant comme le Carbopol. Cette substance permet une réaction plus lente, mais sur une
plus longue période, en modifiant le taux de libération d’oxygène. De plus, l’urée que produisent
naturellement les glandes salivaires peut également se retrouver dans les gents blanchissants.
L’urée se dissocie en ammoniac et en dioxyde de carbone. En plus de stabiliser le peroxyde
d’hydrogène, il a des propriétés anticariogéniques telles que l’élévation du pH de la solution et la

38
R. M. Waite, D. L. Carnes Jr. et W. A. Walker. «Microleakage of Term Used with Sodium Perborate/Water and
Sodium Perborate/Superoxol in the « Walking Bleach » Technique», Journal of Endodontics, 1998. Vol. 24, No. 10,
p 648-650.
39
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
40
Ibid.

25
stimulation la salivation.41 Le pH élevé facilite également les procédures de blanchiment. Cela
s’explique par le fait qu’en solution basique, une plus faible quantité d’énergie est requise pour la
formation de radicaux libres provenant du peroxyde d’hydrogène et le niveau de réaction est alors
plus élevé, ce qui amène un meilleur rendement, en comparaison avec un environnement acide.42
Les produits blanchissants contiennent aussi de la glycérine à cause de ses propriétés à augmenter
la viscosité du produit et à faciliter la manipulation de ce dernier. Cependant, elle peut causer la
déshydratation de la dent. Un surfactant est aussi utilisé pour permettre au peroxyde d’hydrogène
de diffuser dans la dent. Des pigments dispersants, quant à eux, ont pour fonction de garder les
pigments en suspension. Finalement, un agent de conservation fait en sorte d’augmenter la
durabilité et la stabilité du produit.43

Précautions postopératoires

Si la dent dévitalisée présentait, au départ, une restauration fonctionnelle mais décolorée,


une fois le traitement de blanchiment effectué, cette restauration peut être remplacée avec du
matériel de même couleur que la dent dévitalisée blanchie.

Il importe de prendre une radiographie de la dent blanchie au début du traitement et une à


chaque année, après la fin du traitement, afin de diagnostiquer le plus tôt possible les résorptions
cervicales externes.44

Barrière

La barrière protectrice constitue généralement en un recouvrement de la gutta percha avec


une couche de verre ionomère modifié utilisé généralement comme fond protecteur. Cette
barrière que l’on place sur l’obturation canalaire sert à bloquer l’ouverture des tubuli dentinaires

41
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
42
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem
43
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
44
Ibid.

26
provenant de la chambre pulpaire qui atteignent la surface externe de la dent au niveau de
l’attache épithéliale, et ce, dans le but que les agents blanchissants demeurent à l’intérieur de la
cavité. Si ces agents venaient à sortir jusqu’au niveau de l’attache épithéliale, soit par les tubuli
dentinaires, soit par un défaut dans la jonction énamo-cémentaire, il est possible que cela induise
une résorption radiculaire et/ou osseuse due à une réponse inflammatoire.45,46 D’ailleurs, dans
aucun des cas cliniques rapportés de résorption radiculaire post-blanchiment, il n’y avait eu
utilisation de barrière protectrice. L’épaisseur de la barrière et sa relation avec la jonction énamo-
cémentaire sont les éléments les plus importants à considérer.47

La barrière devrait avoir une épaisseur d’environ 1 mm. La méthode pour déterminer la
localisation de la barrière protectrice se fait à l’aide d’un sondage mésial, distal et labial, en
utilisant la jonction énamo-cémentaire comme guide. Le niveau intracoronaire de la barrière est
positionné à 1 mm plus gingival que le niveau de la gencive marginale. La raison pour justifier ce
positionnement est que les tubuli dentinaires remontent légèrement vers l’incisif à partir de
l’intérieur de la chambre pulpaire. Pour que la région cervicale soit bien blanchie en surface de la
dent, il faut dégager les tubuli un peu plus cervicalement dans la chambre pulpaire.

45
D.R. Steiner et J.D. West. «A Method to Determine the Location and Shape of an Intracoronal Bleach Barrier»,
Journal of Endodontics, 1994. vol. 20, no 6, pp. 304 et 305
46
L. Dias de Olivieira, C.A. Talge Carvalho et al. des départements de bioscience, de diagnostique et de dentisterie
restaurative. «Sealing Evaluation of the Cervical Base in Intracoronal Bleaching», Dental Traumatology, 2003. vol.
19, pp. 309 à 313.
47
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.

27
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al.
Bleaching Techniques in Restorative Dentistry :
An Illustrated Guide, Thieme Medical Pub,
2001.)

Les autres produits qui peuvent être utilisés pour former cette barrière sont le ciment
polycarboxylate, le ciment de zinc phosphate, les verres ionomères48,49 et le composite50.
Cependant, de nos jours, on utilise principalement le verre ionomère modifié pour recouvrir la
gutta percha et créer une barrière protectrice. Une étude publiée dans la revue Dental
Traumatology conclut que l’utilisation d’une barrière protectrice ne prévient pas la fuite d’agent
blanchissant par les tubuli dentinaires, mais elle empêche quelque peu la fuite apicale de cet
agent, surtout si la barrière utilisée est faite de verre ionomère modifié. Malgré cela, l’étude
conclut qu’il devrait être tout de même recommandé de mettre une barrière protectrice.51

Temporaires

La technique walking bleach nécessite un bon scellement autour de la cavité d’accès


généralement obtenu avec du composite afin d’assurer l’efficacité de l’agent de blanchiment,
d’empêcher une quelconque fuite de ce produit dans la cavité buccale et de prévenir la re-
contamination de la dentine par des microorganismes ou des substances pouvant causer d’autres
décolorations. Il est à noter que ce scellement maximal ne peut pas être garanti si un matériau
d’obturation temporaire est utilisé.

Les techniques de blanchiment pour les dents dévitalisées nécessitent bien souvent
plusieurs rendez-vous avec le patient avant que la procédure soit complétée et que la couleur

48
D.R. Steiner et J.D. West. Idem
49
L. Dias de Olivieira, C.A. Talge Carvalho et al. Idem
50
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
51
L. Dias de Olivieira, C.A. Talge Carvalho et al. Idem

28
désirée atteinte. Entre ces traitements, pour s’assurer qu’il n’y ait aucune contamination du canal
radiculaire par divers débris, fluides ou microorganismes provenant de la cavité buccale, un
matériau de restauration temporaire doit donc être placé dans la cavité afin de sceller la chambre
pulpaire entre les rendez-vous. De surcroît, la restauration temporaire est importante pour
prévenir la fuite des agents de blanchiment hors de la dent. Il existe plusieurs types de matériaux
qui peuvent être utilisés pour la fabrication de restaurations temporaires. Cependant, lors du choix
d’un matériau en particulier pour restaurer une dent dévitalisée ayant été traitée par la technique
de walking bleach, il faut s’assurer de la compatibilité de celui-ci avec les produits ayant servi à
la procédure de blanchiment.

Restauration permanente de la cavité d’accès

Il est important que la restauration soit bien attachée par un lien adhésif à l’émail et à la
dentine. D’une part, cela permet d’éviter la re-contamination de la dent par des bactéries ou par
des substances au pouvoir décolorant. La restauration doit permettre le scellement des tubuli
dentinaires, ce qui constitue un pré-requis pour le succès du traitement de blanchiment.
Cependant, l’adhésion des composites ou des ciments d’ionomère de verre à de l’émail et à de la
dentine qui viennent d’être blanchis est temporairement réduite. Des photographies prises avec un
microscope électronique montrent, qu’après avoir mis en contact pour quelques minutes une
solution de H2O2 à 35 % et des spécimens d’émail, il y a formation d’un précipité à la surface de
cet émail. Ce précipité devient encore plus important lorsque de l’acide (H3PO4 à 37 %) à
mordançage est appliqué sur la surface d’émail. En fait, la réaction d’oxydoréduction du
blanchiment fait en sorte que la surface de la dent devient à haute teneur en oxygène, ce qui
inhibe la polymérisation du composite. Bref, ce changement qui survient dans l’émail a une
influence négative sur l’adhésion des restaurations en composite. C’est pourquoi des cavités
d’accès de dents dévitalisées blanchies qui ont été restaurées de façon permanente avec du
composite montrent occasionnellement de l’infiltration marginale. Pour réduire l’influence
négative qu’a le H2O2 contenu dans les agents blanchissants, il est recommandé de biseauter

29
modérément la cavité avant le mordançage avec l’acide. Pour obtenir un lien adhésif optimal
entre le matériau de restauration et les tissus durs de la dent ayant été blanchis, tel que mentionné
précédemment, il est conseillé de procéder à la mise en place de la restauration permanente après
une période d’au moins 10 jours après la dernière thérapie de blanchiment.52

Pronostic

Le succès du blanchiment commence à apparaître après une à quatre visites. Pour que le
résultat soit pleinement satisfaisant, il faut en moyenne prévoir entre 3 et 6 visites.

Certains prétendent que les dents avec décoloration depuis plusieurs années ne répondent
pas aussi bien au blanchiment que les dents récemment ternies, mais cette affirmation demeure
controversée. Quant à lui, Brown (1965) signale qu’il y a 95% de chances de réussir le
blanchiment pour une décoloration provoquée par traumatisme ou par nécrose en comparaison
avec des valeurs moindres pour des dents dont la décoloration est le résultat de médicaments ou
d’une restauration. Les dents ayant une décoloration interne causée par de la médication à
l’intérieur du canal, par le type de matériau d’obturation canalaire ou par des restaurations
métalliques tels que des amalgames ont un piètre résultat de succès de blanchiment. Les dents
antérieures avec plusieurs restaurations proximales donnent parfois un moins bon résultat que les
dents avec seulement un accès palatin à la cavité. C’est probablement dû au fait que les
composites ne peuvent être blanchis. Dans ces cas, tel que mentionné précédemment, pour
obtenir un résultat optimal, on recommande le remplacement de la restauration en place après le
traitement de blanchiment.53

Suggestions pour un blanchiment plus sécuritaire de dent dévitalisée

52
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
53
Ibid.

30
Isoler efficacement la dent à blanchir

Il est recommandé lors du blanchiment interne d’utiliser une digue de caoutchouc afin
d’assurer cette isolation. Pour une protection supplémentaire, la digue peut être ligaturée autour
de la dent à blanchir.

Protéger la muqueuse orale

Une crème protectrice telle que de l’Orabase ou de la Vaseline devrait être appliquée sur
la muqueuse orale avoisinant la dent à blanchir dans le but de prévenir des brûlures chimiques
pouvant être causées par les oxydants caustiques.

Vérifier adéquatement l’obturation endodontique

Avant même de commencer le traitement de blanchiment, il est essentiel de vérifier


cliniquement et à la radiographie la qualité de l’obturation du canal ou des canaux radiculaire(s).
Une obturation adéquate assurera un meilleur pronostic de la dent traitée endodontiquement.54
D’ailleurs, en tenant compte des frais et de l’ensemble de la procédure du traitement de
blanchiment, un tel traitement vaut logiquement plus la peine d’être effectué sur une dent
décolorée traitée endodontiquement ayant un bon pronostic que sur une dent semblable ayant un
pronostic faible. Donc, il est clair qu’une vérification adéquate de l’obturation endodontique est
nécessaire. En outre, une bonne obturation canalaire constitue une barrière additionnelle contre
les dommages pouvant être causés par les oxydants au ligament parodontal et aux tissus
périapicaux.

Utiliser des barrières protectrices

54
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.

31
Tel que mentionné précédemment, ces barrières sont primordiales pour prévenir la fuite
des agents de blanchiment au niveau du ligament parodontal par l’intermédiaire des tubuli
dentinaires.55

Eviter le mordançage des parois de la cavité pulpaire

Dans certains rapports, il est recommandé, lors de la préparation de la cavité pulpaire,


d’enlever la boue dentinaire avec du H3PO4 à 37%. Dans d’autres, il est suggéré de nettoyer la
cavité d’accès avant l’application de l’agent blanchiment avec de l’alcool afin de déshydrater la
dentine. Ces étapes feraient en sorte que l’agent de blanchiment pénètrerait plus facilement dans
la dentine, d’où une efficacité accrue. Cependant, d’autres études ont démontré que l’élimination
de la boue dentinaire n’augmentait pas l’efficacité de H2O2 ou du perborate de sodium. Il est
plutôt déconseillé de mordancer la cavité pulpaire car l’application d’acide peut mener à une
augmentation de la diffusion des agents de blanchiment vers le parodonte, ces agents étant alors
davantage capables de pénétrer facilement la dentine.56 L’utilisation de produits chimiques
corrosifs dans la chambre pulpaire est donc à éviter, car une irritation du ligament parodontal
pourrait en résulter.57 Cependant, il importe de mordancer les bords de la cavité constitués
d’émail avec du H3PO4 à 37 % afin de permettre l’adhésion du matériau de restauration
temporaire.58

Éviter l’utilisation d’oxydants puissants

L’utilisation d’oxydants trop forts dans ce type de traitement devrait être évitée s’ils ne
sont pas essentiels à l’obtention du degré de blanchiment voulu. Les solutions de 30 à 35 % de
H2O2, que ce constituant soit seul ou combiné avec d’autres agents, ne devraient pas être utilisées
de façon régulière lors des blanchiments intracoronaires.

55
Ibid.
56
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
57
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
58
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem

32
Application de chaleur lors du traitement de blanchiment

Une chaleur excessive appliquée au niveau du cément, du ligament parodontal, de la


dentine ou de l’émail peut causer des dommages importants à ces structures, particulièrement
lorsque cette chaleur est utilisée avec des oxydants puissants.59 Par exemple, l’utilisation du
peroxyde d’hydrogène à 30% avec une application de chaleur apportée par un instrument chauffé
peut contribuer à l’initiation de cette résorption cervicale.60 Madison et Walton ont également
montré que la technique thermocatalytique contribue au développement de la résorption externe.
L’application de chaleur aide à la diffusion de molécules dans la dentine, donc à rendre le
peroxyde plus actif. Cependant, une application de chaleur provoque la libération de radicaux
hydroxyles du H2O2 qui sont extrêmement réactifs et, par conséquent, capables de dégrader les
composants du tissu conjonctif et de provoquer une résorption externe radiculaire.61 Par
conséquent, l’application de chaleur lors du traitement de blanchiment est proscrite.

Revoir le patient périodiquement

Des dents ayant été blanchies intracoronairement devraient être fréquemment examinées
cliniquement et, également, à l’aide de radiographies. Une résorption radiculaire peut, dans
certains cas, être détectée aussi tôt que six (6) mois après le blanchiment. Or, une détection
précoce augmente le pronostic parce qu’une thérapie correctrice pourrait encore, dans ce cas, être
appliquée.62

Risques du blanchiment

59
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.
60
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. Idem
61
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
62
L. Greenwall, G. Freedman et al. Idem.

33
Friabilité

L’augmentation de la friabilité des dents suite à un traitement de blanchiment est un


important effet secondaire clinique. Le peroxyde d’hydrogène à 30 % a des effets négatifs sur des
propriétés biomécaniques de la dentine, telles que les forces en tension et en cisaillement. Le
mélange de perborate de sodium et de peroxyde d’hydrogène à 30 % a, quant à lui, des effets
négatifs moins importants sur ces types de forces que le peroxyde d’hydrogène à 30 % seul.

Fractures

Entre les thérapies de blanchiment, l’obturation temporaire n’est attachée seulement


qu’aux bords d’émail de la cavité d’accès. La chambre pulpaire est remplie avec l’agent de
blanchiment et non avec un matériau de restauration attaché par un lien adhésif. Donc, l’intérieur
de la dent n’est pas bien stabilisé et la dent se retrouve, par le fait même, fragilisée. Par
conséquent, le risque de fracture est augmenté. C’est pourquoi il est recommandé de s’assurer
que l’occlusion soit adéquate afin d’empêcher que la dent soit surchargée.

En général, il n’y a pas de fractures de dent ayant subie un blanchiment interne qui ont été
rapportées dans des études réalisées à ce sujet. Cependant, lorsqu’une couche de dentine est
enlevée à une dent (lors du traitement de blanchiment interne), cette dent devient plus faible à
cause de la diminution de la quantité de substance dentaire. Donc, on peut s’attendre à une
augmentation de risques de fracture lorsque la dent est déjà affaiblie par une telle perte de tissu
dentaire.

Résorption cervicale externe

Une résorption cervicale externe


qui se produit après une intervention de
blanchiment interne est une complication
grave, mais toutefois plutôt rare. Une
résorption radiculaire est habituellement

34
(GREENWALL L., G. FREEDMAN et al. Bleaching
Techniques in Restorative Dentistry : An Illustrated Guide,
Thieme Medical Pub, 2001.)
asymptomatique et est normalement détectée uniquement par une radiographie de routine. Selon
l’étude de Heithersay (1999), une résorption cervicale a été causée dans seulement 3.9% par
blanchiment intracoronaire. Une combinaison de traitement de blanchiment interne avec l’une ou
l’autre des causes citées (traitement d’orthodontie, traumatisme ou chirurgie) est responsable de
13.6% des cas de résorption cervicale.63

Des recherches ont été faites pour étudier la corrélation entre le blanchiment fait par la
technique thermocatalytique utilisant du peroxyde d’hydrogène à 30% et la résorption cervicale
externe. Voici un résumé d’une de ces études.

En 1979, Harrington et Natkin mettaient en évidence une association entre les procédures
sur les dents traitées endodontiquement et la résorption cervicale. Friedman et al. (1988) ont par
la suite supporté cette évidence en rapportant une résorption cervicale sur 6,9% des 58 dents
étudiées sur une période de 1 à 8 ans. Heithersay et al. (1994) suggèrent cependant une incidence
de moins de 2% sur une période de 1 à 19 ans avec un échantillon de 204 dents. Harrington et
Natkin (1979) suggèrent que la cause de résorption suite au blanchiment pourrait être la fuite
d’agent blanchissant à partir de la chambre pulpaire à travers les tubuli dentinaires et dans le tissu
parodontal durant les procédures de blanchiment. Cette infiltration peut entraîner des dommages
du tissu parodontal et la résorption radiculaire. Les défauts présents dans les couches de cément
au niveau cervical, qui sont apparus de façon traumatique ou développementale, vont faciliter les
dommages des tissus parodontaux et initier la résorption au niveau de la racine.

Rotstein et al. (1991) ont démontré le passage du peroxyde d’hydrogène de la chambre


pulpaire des dents traitées endodontiquement vers la surface externe de la racine. Des études
expérimentales ont prouvé la nature toxique du peroxyde d’hydrogène qui est considéré comme
étant un type d’oxygène réactif. Il génère des radicaux hydroxyl, un radical libre dérivée de
l’oxygène, lorsqu’il est combiné avec un sel de fer. Il s’agit du résultat de la réaction de Fenton.
Le fer contenu dans l’hémoglobine est disponible pour cette réaction lorsqu’il est en présence de
peroxyde d’hydrogène. Les cellules de défense de l’hôte (macrophages, neutrophiles,
éosinophiles et monocytes) utilisent l’action des radicaux d’oxygène pour détruire les micro-

63
Ibid.

35
organismes ingérés. Toutefois les radicaux détruisent aussi les tissus et sont responsables de
plusieurs processus pathologiques. Les radicaux agissent dans la destruction des composantes du
tissu conjonctif dont le collagène et l’acide hyaluronique. Ils sont aussi capables d’altérer la
séquence de l’acide désoxyribonucléique (ADN) et de détruire la membrane cellulaire par la
peroxydation des phospholipides.

But, matériel et méthodes :


Le but de l’étude menée par Dahlstrom et al. (1997) était de tester l’hypothèse selon
laquelle des radicaux hydroxyl sont générés dans le
canal radiculaire décoloré par le sang lors de Boulette de
coton
traitements de blanchiment au peroxyde
d’hydrogène. Le traitement étudié est une méthode
Scellement de
thermo-catalythique. La production de radicaux cire et vernis

hydroxyl est déterminée par la présence des Cavit

produits de réaction de ceux-ci.


Gutta-percha

Les 40 dents ont été conservées dans une Solution de


salicylate de sodium
solution tampon phosphate saline isotonique (pH
7.4) à 4 °C. Ensuite, le ligament parodontal a été
retiré à l’aide de gazes stériles afin d’éviter toute contamination par des agents chimiques qui
aurait pu affecter les résultats pour la détection de radicaux hydroxyls.

Toutes les dents ont été traitées endodontiquement à l’aide de limes endodontiques et d’un
irrigant d’hypochlorite de sodium 1%. Toute trace d’irrigant a été rincée avec une solution saline
isotonique. Il n’y a eu aucun contact de la surface externe de la racine avec l’hypochlorite. Deux
premiers groupes ont été créés : vingt dents décolorées expérimentalement par le sang et les vingt
autres non décolorées. Des vingt dents décolorées, un groupe de dix dents présentaient un défaut
et une décoloration et les autres dix dents ne présentaient pas de défaut mais seulement une
décoloration. Du second groupe non-décoloré, dix dents présentaient un défaut et les dix autres
n’étaient pas altérées.

36
Suite au traitement endodontique et à la décoloration expérimentale de vingt des quarante
dents, les canaux radiculaires ont été remplis avec de la gutta-percha et un ciment (AH26).
Ensuite, 2mm de Cavit a été placé au-dessus afin d’assurer une cloison entre le canal radiculaire
et l’agent de blanchiment.

Avant de procéder au blanchiment, les chambres pulpaires de la moitié des dents de


chacun des 4 groupes expérimentaux ont été remplies de solution EDTA (afin d’enlever boue
dentinaire). Toutes les dents ont subi un traitement thermo-catalytique intracoronaire. Le
peroxyde d’hydrogène (μ20l, concentration 30%) a été pipeté à l’intérieur de la chambre pulpaire
qui contenait une petite boulette de coton. Par la suite, l’agent a été chauffé en place à l’aide d’un
brunissoir (chauffé rouge avec une flamme bleue). Le brunissoir était en contact avec la boulette
de coton.

La production de radicaux hydroxyl a été mesurée par sa réaction avec la solution de


salicylate de sodium (1mmol/l) dans laquelle repose la racine et le tiers gingival de la dent. En
présence de salicylate de sodium, les radicaux hydroxyl produisent 3 molécules différentes : 2,3-
Dihydroxybenzoate, 2,5-Dihydroxybenzoate et Pyrocatéchol.

Résultats :
Ces trois molécules ont été repérées à l’intérieur des 4 groupes expérimentaux. Malgré les
différences entre les groupes, les produits de réaction (molécules) sont relativement constants. Il
n’y a pas eu de produit de réaction pour les dents du groupe contrôle. L’ajout de EDTA n’a pas
eu d’effet significatif sur la production de produits de réaction. La présence de défauts au niveau
de la jonction énamo-cémentaire n’a pas influencé non plus cette production de molécules de
réaction.

Discussion :
Il est donc possible d’affirmer que des radicaux hydroxyl sont générés lors du
blanchiment thermo-catalytique des dents traitées endodontiquement. Cette production est
directement affectée par la décoloration par les produits sanguins. On peut déduire que l’ion
ferreux est capable de catalyser la production de radicaux hydroxyl. Cela ne supporte pas

37
nécessairement l’hypothèse suggérant que la décoloration à la suite d’un traumatisme est due à
une lyse des produits de l’hémoglobine ou à des ions de sels de fer libres dans la dentine. La
source la plus probable serait plutôt l’hémoglobine intacte elle-même qui relâcherait des ions de
fer par la réaction de Fenton lorsqu’il y a présence assez élevée de peroxyde d’hydrogène.

Le fait de générer des radicaux hydroxyl près de la chambre pulpaire ne cause pas de
dommage aux tissus en soi, mais les radicaux d’oxygène de durée plus grande, formés par
l’action de ceux-ci, peuvent affecter la surface externe de la dent et les tissus environnants.

Conclusion :
Cette étude prouve la formation de radicaux hydroxyl lors du blanchiment thermo-catalytique,
avec du peroxyde d’hydrogène 30%, des dents traitées endodontiquement et décolorées par les
composantes du sang. Ces radicaux (espèces toxiques) peuvent avoir des effets dommageables
sur les tissus parodontaux et causer une résorption radiculaire.64

De plus, tel que mentionné précédemment, l’utilisation du peroxyde d’hydrogène à 30%


avec l’application de chaleur apportée par un instrument chauffé, tel qu’il est recommandé de
faire dans la technique thermocatalytique, peut contribuer à l’initiation de cette résorption
cervicale.65 Cependant, selon une étude sur ce sujet effectuée par Madison et Walton (1990), la
technique du walking bleach qui a été mise en application avec une solution de perborate de
sodium H2O2 n’a pas causé de résorption cervicale même un an après le blanchiment. Cette
constatation peut s’expliquer par le fait que le perborate de sodium entrave la fonction des
macrophages qui, habituellement, stimulent à la fois la résorption osseuse par les ostéoclastes et
la destruction de dentine et de cément introduits par des traitements lytiques dans le tissu
parodontal.

D’autre part, l’augmentation de la perméabilité de la dentine causée par H2O2 à 30 % peut


mener également à une contamination bactérienne de la dentine, qui, à son tour, peut contribuer à

64
S.W. Dalhstrom, G.S. Heithersay et T.E. Idem.
65
L.D. Carrasco, I.C. Fröner et al. du département de dentisterie restaurative de l’Université de Sao Paulo. Idem

38
l’occurrence de résorptions cervicales externes. Ceci peut s’expliquer par le fait que la solution de
H2O2 à 30 % avec son pH de basse valeur provoque un agrandissement des tubuli dentinaires,
d’où une perméabilité bactérienne accrue. Selon une étude de Heling et al (1995), la perméabilité
de la dentine au Streptococcus faecalis est d’ailleurs significativement plus grande avec une
solution de H2O2 à 30 % qu’avec une solution de sodium de perborate et d’eau.

Finalement, les patients ayant reçu un traitement de blanchiment à un jeune âge présentent
souvent une résorption externe. On peut trouver une explication possible dans le fait que le H2O2
a plus de facilité à pénétrer le parodonte à cause des tubuli dentinaires plus larges des dents plus
jeunes. On a vu des cas où la mise en place d’hydroxyde de calcium dans la partie intracoronaire
de la préparation peut parfois prévenir la progression de la résorption externe.

Réduction de la microdureté

L’irrigation d’une dent avec du H2O2 à 30 %, autant à 37 qu’à 50 °C, provoque une
réduction de la microdureté de la surface de l’émail et de la dentine. Cependant, selon des études,
la microdureté de la dent n’est pas influencée lorsqu’elle est traitée avec un mélange de perborate
de sodium et de H2O2 aux mêmes conditions de température. Les agents de blanchiment, dans
leur action, selon leur composition, attaquent les composants inorganiques de la dent. Ce
changement de composition ou de structure des composants inorganiques de la dent amènerait un
changement du ratio calcium/phosphate de l’apatite de l’émail, de la dentine et du cément. À ce
sujet, des résultats différents ont été obtenus tout dépendant les études effectuées. Selon Rotstein
et al (1996), ce ratio n’est pas significativement affecté lorsque l’agent utilisé est une solution de
perborate de sodium et d’eau. Cependant, le ratio calcium/phosphate de l’émail, de la dentine et
du cément se retrouve significativement réduit quand de H2O2 à 30 % est utilisé pour le
blanchiment. Par contre, ces résultats ne correspondent pas à ceux trouvés par Ruse et al (1990)
qui n’a constaté aucun changement dans ce ratio au niveau de l’émail après une application de
H2O2 à 35 %. Dans d’autres recherches sur la dentine et le cément, une réduction de la solubilité
de la dentine et du cément survient lorsqu’on utilise un mélange de perborate de sodium et de
H2O2 à 3 % plutôt qu’un mélange de perborate de sodium et de H2O2 à 30 %.

39
Toxicité de l’agent de blanchiment

On a prouvé que les formulations composées soit de H2O2 seulement ou en combinaison


avec du perborate de sodium sont plus toxiques pour des cellules de ligament parodontal qu’une
suspension d’une combinaison perborate-eau. On sait que le H2O2 diffuse à travers la dentine
ainsi que par les canaux radiculaires et que le pH du H2O2 à forte concentration est faible. Ces
deux éléments peuvent être considérés comme des facteurs provoquant des dommages
tissulaires.66 De surcroît, le peroxyde d’hydrogène aurait un potentiel d’induction locale
carcinogène, car les radicaux libres formés à partir du peroxyde d’hydrogène sont capables
d’attaquer l’ADN. Cet agent de blanchiment à une concentration de 3,6 % augmenterait le risque
de cancer individuel, à l’exception faite des personnes qui présentent un risque de cancer de la
cavité buccale accru à cause de leur consommation abusive d’alcool ou de tabac ou de leur
prédisposition génétique.67 Somme toute, la toxicité que peuvent présenter les agents de
blanchiment explique l’importance d’utiliser une digue de caoutchouc lors des thérapies de
blanchiment.

Questions concernant la toxicité générale et le potentiel


carcinogénique

L’utilisation du peroxyde de carbamide comme agent de blanchiment amène-t-elle des


risques de toxicité locale ou systémique ?

Tel que mentionné précédemment, le peroxyde de carbamide est formé d’urée et de


peroxyde d’hydrogène. D’une part, l’urée fait partie des constituants normaux du corps humain.
De plus, dans la dose de peroxyde de carbamide administrée de cette façon par les dentistes,
l’urée qui s’y trouve n’apporte pas de conséquences toxicologiques. D’autre part, en ce qui

66
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem
67
J.E Dahl et U. Pallesen. Idem

40
concerne le peroxyde d’hydrogène, après l’application du peroxyde de carbamide sur les dents, il
y a une lente émission du peroxyde d’hydrogène provenant du produit. Il est par la suite absorbé
à l’intérieur des dents qui deviennent alors plus pâles. À ce sujet, plusieurs dentistes se
demandent s’il y a des risques locaux ou généraux de toxicité résultant de l’émission de peroxyde
d’hydrogène par le peroxyde de carbamide. Dans les seuls décès d’humains rapportés étant dus à
une ingestion accidentelle de solutions de peroxyde d’hydrogène, ces solutions comportaient 30 à
40 % de H2O2. Les effets toxiques de ce produit sont généralement reliés à leur action corrosive
sur le tractus gastro-intestinal. La toxicité dermique, quant à elle, est faible. En effet, les solutions
de H2O2 comportant moins de 35 % ne sont pas classifiées comme des produits irritant sur la
peau de lapins, tandis que les solutions de 50 % et plus sont corrosives. Chez les humains, une
solution de 3 % de H2O2 neutralisée se trouvant dans la bouche ne cause pas d’irritation. De
surcroît, on retrouve normalement des quantités importantes de H2O2 dans le corps humain. En
effet, il y en a dans les aliments que nous ingérons, tels les légumes. De plus, il est un produit du
métabolisme cellulaire normal et est impliqué dans de nombreuses réactions enzymatiques du
corps humain. Donc, étant donné que le H2O2 est impliqué en tant que produit dans le processus
de conversion des aliments en de l’énergie utilisable par l’humain, le H2O2 peut se trouver dans
toutes les cellules du corps en tant que métabolite endogène. Or, dans le corps humain, le H2O2
est rapidement et efficacement décomposé en oxygène et en eau à son lieu d’exposition par
différentes enzymes. Il s’agit d’ailleurs de la principale raison pour laquelle il n’y a pas de
conséquences négatives résultant de l’utilisation du peroxyde de carbamide contenant cette
génération de H2O2.

Est-ce que le peroxyde de carbamide peut avoir des effets carcinogènes ?

En effet, comme dans bien des ingrédients naturels que nous consommons, le peroxyde de
carbamide peut générer des radicaux d’oxygène mutagènes qui risquent de causer des dommages
à l’ADN. Heureusement, ces dommages sont convertis en mutations stables durant la division
cellulaire. Cependant, les agents qui stimulent cette division augmentent les risques que ce
dommage à l’ADN soit transmis aux cellules filles. Le risque de cancer est alors augmenté. Il ne
faut cependant pas s’alarmer avec le produit de blanchiment, puisqu’il ne contient qu’une petite
quantité de peroxyde de carbamide.

41
Est-ce que l’exposition au peroxyde de carbamide augmente la résorption ?

De nombreuses études ont été menées à ce sujet et la grande conclusion qui en ressort est
que la résorption cervicale survient seulement lorsque la dent est traumatisée. Ce trauma survient
lors de l’utilisation d’un produit de blanchiment contenant une quantité trop élevée de peroxyde
d’hydrogène ou lorsque de la chaleur est appliquée pour accélérer le traitement. Sinon, il n’y a
aucun risque de résorption.

La sensibilité associée à l’usage du peroxyde de carbamide constitue-t-elle un important


problème ?

Schulte et Morisette (1994) ont procédé à étude clinique auprès de 28 patients ayant
utilisé du peroxyde de crabamide 10% pour un blanchiment à domicile. De ce nombre, 4
patients ont mis fin au traitement avant son terme en raison d’une sensibilité thermale. Les
patients ayant complété leur traitement ne présentaient aucun changement de leur lecture pulpaire
avant et pendant le blanchiment.

Une autre étude d’une durée de 3 semaines menée par Sterrett et al. (1995) a démontré
une sensibilité moyenne transitoire commune à tous les patients observés. Cette sensibilité cessait
suite à l’arrêt du traitement.

À la lumière de ces deux études et des rapports publiés sur la méthode traditionnelle
utilisant le peroxyde d’hydrogène, il a été démontré que la sensibilité est principalement associée
à l’utilisation de chaleur et de fortes concentrations de H2O2 (Cohen et Chase 1979, Nathanson et
Parra 1987).

Est-ce que le blanchiment affecte la dureté de la dent ?

Lewinstein et Hirschfeld (1994) affirmait que le peroxyde d’hydrogène réduit la dureté de


l’émail. Toutefois, leur étude était faussée en raison de l’utilisation de H2O2 de pH 3. Il est

42
évident qu’à ce pH, l’émail subit une déminéralisation. Or, nous savons que la plupart des gels
de peroxyde de carbamide possèdent un pH à peu près neutre.

Dans tous les cas, la diminution apparente de la micro-dureté se situait à la limite de


la signification statistique.

Le peroxyde de carbamide peut-il être utilisé pour le blanchiment interne ?

Lorsque nous sommes en présence de taches intrinsèques, le produit blanchissant doit


pénétrer dans la dentine afin de produire son action. Le peroxyde d’hydrogène émit par le
peroxyde de carbamide appliqué à la surface de la dent pénètre l’émail et la dentine pour éliminer
les taches conséquente à la prise de tétracycline (Haywood 1997).

Dans tous les cas, le peroxyde de carbamide peut être utilidé pour le blanchiment interne
si on évite toute introduction de bactérie à l’intérieur du canal radiculaire.

43
Conclusion

On peut traiter avec succès la décoloration des dents ayant subi un traitement de canal en
utilisant la technique du walking bleach. Le blanchiment se fait en plaçant temporairement un
mélange de perborate (tétrahydrate) de sodium et d’eau dans la chambre pulpaire. Ce mélange
libère le H2O2 qui est capable de réagir avec les substances colorantes. On ne recommande pas
l’utilisation de la méthode thermocatalytique en chauffant une solution de 30% de H2O2 vu que
cette méthode augmente le risque de résorption cervicale externe. Pour la même raison, on ne
devrait pas utiliser non plus 30% de H2O2 pour la technique du walking bleach. Afin d’éviter la
diffusion externe de l’agent de blanchiment par la dentine, il est nécessaire de placer un matériau
obturateur compact, c’est-à-dire de la gutta percha, et une barrière cervicale supplémentaire,
produite avec du verre ionomère, avant d’entamer la technique du walking bleach. Pour obtenir
un succès à long terme, il paraît important de restaurer la cavité d’accès avec un matériau
d’obturation adhésif, ce qui prévient l’infiltration de bactéries et de taches.68 Le fait de bien
suivre ces procédures apportera un caractère beaucoup plus sécuritaire à la technique du
blanchiment, dans le but bien sûr de préserver l’intégrité de la dent et surtout, des tissus
environnants, tout en conservant un résultat optimum. Malgré tout, ce traitement comporte un
minimum de risques. Il est donc à souhaiter de voir apparaître sur le marché, grâce au domaine de
la recherche sans cesse grandissant, un produit procurant les avantages d’un blanchiment
efficace, tout en éliminant les risques associés.

68
T. Attin, F. Paqué, F. Ajam et Á. M. Lennon du Département de Dentisterie Opératoire, de Dentisterie Préventive
et de Périodontologie de l’Université de Göttingen à Göttingen en Allemagne. Idem

44
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46