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0tbtiot$àquc fl oJyte gniquc.

COURS BI-,BIITENTAIRE

D'ASTROI\OMIE
Concordant lyec les arlicles du Progr.rnrme oflir:icl

rQUn

['[il$ntNBiltBNT DB tA C0$ttOûnÂpilli
DANS LBS IYCÉOS

PAN

M. CH. DEI,AUNAY,
lrEuBnE or I'rrsrrrur (^lceoÉure ues sctexcrs)
. IncÉxrnun DBS xrNgs
PnoFESsEUR I r,'Écolr pol,yrgcnNroun ET A t,A rrcul,rÉ
DES SCIENCES DE PANIS.
,

DEUXIÈUU ÉNTTTON.

'--+++ooûOûooo-"--- -

PAR I.S
LANGtots & LECLERCQ,
I vrcToR MASSON,
Ituedcç llathurins-sr-Jrcques, 10. I ltum rfu l'École-de-rddccine, {2.

1855 \
couns ÉIÉUnNTAIRE

T)'ASTROITOMIE

4i
Purir.
- lrrrpr.irrrerrr. rlc L. Dten.t tNETr rue Dti6rron, i.
I}ROGRAilT[tB

COUAS DB COSilTOGNÂPIITII
(cu.rssr DB nuotonrqun).

Not,r. Lcs nrrrndros indiqucnt lcs parirgrrJrhcs du fturs ëll,merrtabe d'Ashonomie.

il:toiles. -- Distances arigulaires. Sphère céleste (S9, 60, 63).


I\louvemcnl diurne apparent des étoiles. Culmina{ion. Plan
méritlien. -- Axe du monde. Pôles. -
Étoiles circumpolaires.
-
Étoile polaire.- Harrteur du pôle à Paris.
-
Paratlèles ; équateur.
Jour sidéral. -
- - I\Iouvemenl do rol,al,ion do la tcrre autour de la
ligne des pôles , et d'occident en orient (6 7 à 7}i).
Différence des, etoiles en asconsion droit,e. Déclinaisons (79
ù 88).
-
Irescription du ciel. Consl,ellations et principales étoilcs.
- -
Étoiles de divelses granrleurs.
(6û à 66).
- Cornbien en on voit, à l'æil nu
Étoiles périodiques, temporaines, colorées (.'lZO à 323).
Étoiles doubles. Leurs révolutions (32q.
Distance des éloiles à la terre (l ?6).
Yoie lactée (32,5).
Nébulcuses. Nébuleuses résolubles (320 à 334).
De la terre. Phénomènes qui donnent une prcrnière idôc dc sa
forme (s2 à s5).
Pôles. Parallèles. Équatcur.
titucles géographiques (ol à 100).
- I\[éridiens. - Longitudes ct In-
ïaleurs numériqucs des degrés mesurés en lrranco, en Laponie,
au Pérou , et, rapportés à I'ancienne coise. Lcur allongemcnt , à
{
II

I
mesure qu'on s'approche des pôles. Rayon et aplatissement tlc
la teme. Longueur du nrètre (,t O t- :r A O9;.
-
cartes géographiques. + Projections orr,hographique et stéréo-
graphique.- Illappemonde.
- Système de développemenI en usage
rlans Ia construction cle la carte de l'rance (,l,l,l à ,l l3).
Du soleil. tlouvement, annuel âpparenr,. Écliptique.
-
Points équinoxiaux.- (lonstellations zodiacales -(l I f,,l I6, et I -26
à t2e).
Diamètre apparent du soleil, variable avec le temps. Le soleil
; paralt décrire une ellipse autour de la terre. principo des aires
-

l
(t lr ir I L7).
Origine des ascensions droites (t [0).
Ascension droite du soleil. Temps solaires vrai et, moyen. .-
Principes élémentaires des cadrans solaires (,1?S à | 86).
Année tropique. Sa valeur en jours moyens.
-- Calendricr. -
Réforme julienne. Réforme grégorienne (l AZ à 4 9Z).
Distance du soleil à la terre (,| 48).
Rappor[ du volume du soleil à celui de Ia lerre (tB0).
Rapport des masses. Densité du soleil rapportée à la tlonsité
lrroyenne de la terre (3 |-5).
Taches du soleil.-Rotation du soleil sur lui-même ({ b't à N B t).
Du jour eb de la nuit en rrn lieu déterminé de la terre, et de leurs
durêes à différentes époques de I'année.
Saisons.
- Créprrscules (t 3 0 à { 36).
tnégalité de la durée des différentes saisons Ilgg,
-
| 37, ,l38 et, | {7).
Idée de la précession des équinoxes (,164 à t 63).
Mouvement réel de la terre autour du soleil (457 à ,160).
De le lune. Diamètre apparent.
rures.
-
Lumière cendrée (t uf a I SS).
- Phases. Svzygies. Quadra-
-
Révolutions sidérale et synodique.
autour de la terre (906 à 2l t).
- Orbite décrite par la lune
Distance de la lune à la terre. Diamèl,re réel et volume de la
lune.
-
Sa masse (202, 2tr$ s1 298).
-
Taches.
-
Rotation.
de la lune, leur hirutcut.
- Libration en longitude.
ConsLilution volcanique
llontagnes
- de la lune.
-
- Absence d'eau e[ d'a[mosphère (2l5 à 223).
IIT
Éclipses de lune. Blles ont lieu au nromcnt, de I'opposition.
Leur cause.
-
Pourcpoi il n'y en a pûs lors de toutes les op-
-
positions.
-
L'éclipse peu[ être partielle ou totale. Ombre et,
-
pénombre. -_ Influence de I'atmosphère terrestre (927 - à 230).
Éclipses de soleil. Elles ont lieû au monren[ de la conjonction
de la lune.
- il n'y en a pas.lors de [outes les conjonc-
Pourquoi
-
lions. Éclipses partielles, annulaires, totales (234 à 240').
-
Des planètes. Noms des principales. Leurs distances
moyennes. - mouvements autour du
Leurs - soleil s'effect,uent
- de Képler. Énoncé du principe de la gravitation
suivant les lois -_
universelle (z&7 ,2&gr Zbg, Z6 | t26L, Z6t er2g4.).
Planètes inférieurcs. Mercure, Leurs digressions
- Phases doVénus. -
.:

orientale et, occidentalo. -


Vénus (g5t à 2ôi, 266 et
167). - I
!
Jupiter.
-Rotation;
aplatissenrent de son disque.
-
Satellites, r
leurs éclipses. Vitesse de la lumière (257, 269 eL279).
Saturne. Bandes. Rotation; aplatissement. Anneau e[
satellites.
- ,Dimensions- des différentes parl,ies de ce système
(257 er 270).-
Grand nombre de très petites planètes situées entre Ùlars et
.Iupiter (26e et 273). .t
"liH
Des comètes.
- Nature Ide leurs orbites. -Comètes périodi-
Noyau cbevelure; queue. Petitesse do la
rllûsse des conrètes.
ques. Comète de Halley.
-
Cornète de Biela: son dédouble-
-
ment (281 à 284, 986 er 298). -
Phénomène des marées.
mer.
- Flur et reflux. - Haute
Circonstances principales du phénonrène.
et basse
Sa période.
-
Les marées sontdues aux actions conrbinées tle la lune e[ du soleil. -
Marées des syzvgies et des quadratures (307 à B | 0).
-
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CoURS É LSMBNTAIRE
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D'ASTROITOMIE ç
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$ ,l . On donne en général le nom d'rustres au soleil, à la lurrc, e[


à oe[te multitude de points étincelants, ou étoiles, dont le ciel est
parsemé pendant la nui[. L'astronomie a pour objet l'étude des
astres ; elle comprend I'ensemble des connaissances qu'on a pu ac-
quérir sur leurs mouvements, leurs dimensions et leur constitution
physique.
Nous nous proposons d'exposer les éléments de cette science,
en insistant d'nne manière toute spéciale sur ceux des phénomènes
astronomiques qui jouent un rôle important dans noïre existence.
NIais avant d'entrer dans cette étude, nous commencerons par faire
connattre les instruments diyers qui ont servi, et qui servent en-
oore aux observations astronomiques. Ces instruments, grossiers
dans I'origine, se sont perfectionnés peu à peu, à mesure que la
science faisait des progrès, et sont arrir'és, dans ces derniers tempg,
à un degré de perfection extrêmemen[ remarquable. La connaiÉ.
sance des movens d'observation fera mieux saisir les différents ré-
sultats auxquels on est arrivé, permetlra de jugel du degré d'exac-
t,it,ude qrr'ils contportent, et fera concevoir commen[ on pourrait
vérifier après coup la réalité des faits dont se compose la science
astrononrique.
-'
- rji l'' 17

I CHAPITBD PRDITIEII.

I Dris INSTRUMENTS QUr SARVBNT AUX OBSTTnVATIoNS


asTRoNoMrQUrlS.

$ 9. Les ingtrumsnts nécessaires aux observations astrononriques


È sont de trois sortes.
I ,lo Lesuns sont rlestinés à augmenter la puissance de la vue, à
nous faire voir les astres dans des conditions beaucoup plus favo-
rables que celles qui se présentent naturellerncnt à nous, pour étu-
dier leurs formes, leurs apparences, les phénomènes qui se passen[
à leur surface, et entrer, autant que possible, dans la connaissance
de leur constitution physique: ce sont les lrr,ncttas et les lëlescopes.
2' D'aubres sont rlestinés àr la mesure des angles, dont la conuais-
sânce es[ nécessairo pour dé[erminer conplétement ]a position de
chaque astre dans lo ciel.
3" Enfintr les astres étant constamment en mouvement, réel ou
apparent, on peu[ bien tléterminer à chaque instant la posibion de
chacun d'gux au moyen des instruments dont on vient de parler;
mais cela ne sufllt paspour qu'on ai[ unc connaissance cornplète de
lours mouvements. Il faut encore qu'on sache combien de temps
chacun do ces astres nel pour aller d'une prenrière positiou à une
seconde; puis de cette secondo position à une troisième, etc. : on a
donc besoin d'instruments quiservent à mesurer le temps. Ce sont,
les horloges et les alvonomètres.
Nous commenceronspar faire connaibre ces derniers instmments;
ensuite nous déc,rirons les lunettes, Ios télescopes, et les instru-
tnents destinés à la mesure des ansles.

INSTRUMIiNTS QLtl SElt\'tsNT .r illESUREn IrE TBlIlpS.

$l. Prlnelpe de la rneiure du lemps. :


Tou[ le nrdndé a
I'idée de ee que c'est que le temqts. Lorsqrle dertr faits s'accomplis.
sent I'un après l'au[re, on dit qu'entre los tleux il s'est écoulé un
certain intervalle de temps. Cet itrtervalle de teriips est plus du
i'noins long, et I'on conçoib que sa durée puisse être exprimée par
un nombre, tou[ aussi bien que la longueur d'une ligne, le poids
d'un corps, etc. Yofons par quels moyens on peut y atirivêr.
Supposons qu'un même phénomène se repiiocluise plusieurts fois
CI,EPSTDRES.
de la même manière, et dans des circonstances irlentiquement les
mêmes; on sera en droit de regarder comme égaux les intervalles
dc temps qu'il aura employés successivement à se produire. C'es[
3
It
ainsi que, si I'on prend différents cor.ps exactement pareils, eD qu'on
les laisse tomber les uns après les autres, de Ia même hautour, et I
dans un air tranquille, se trouvant toujours dans les rnêmes condi-
tions de tenrpérature e[ d'élasticité, Ie temps qu'un de ces corps
mettra à tomber scra égal à cclui que mettra pour tomber chacun
des autres corps. Si deux de ces intervalles de tcnrps égaux se suc-
cèdent sans interruption, c'est-à-dire si I'instantoir lo second com-
lnence coincide avec celui oir lo premier finit, il en résultera un
intervalle de temps total qui sera double de chacun d'eux. De même
la succession non intemompue de trois, quatre, cinq..., ïntervalles
de.temps ég_aux entre eux formera un intervallo do temps uniquo
-
qui sera triple, quadruple, rluintuple. ... ., de I'un d'eux.
On conçoit, d'après cela, que, pour évaluer un intervalle de temps
quelconque en nombre, il suffira d'observer un phénomèno qui se
reproduise successivement, indéfiniment, sans interuuption, et, dans
des circonstances exactement les mêmes Si la durée de ce phéno-
mène est prisc pour unité de temps, le nombro de fois qu'il se pro-
cluira pendant I'intervalle de temps que I'on veul mesurer sera ra
valeur numérique de cet irrtervalle de temps. Tel est le principe de
la mesure du temps.
Pour reialiser ce qui vient cl'être dit,, on a imaginé divers appa-
reils que nous allonÀ faire connaltre, e[ dans les{uels on a ctreràtro
à se rapprocher autant que possible des conditions rigoureuses que
nous avons indiquées comn)e devant servir de base à la mesureâu
temps. Mais, quel que soit le soin que I'on apporte à la construc-
tion de ces appareils, ils conservent toujours quelque chose de I'im-
perfection cles ceuvres de I'homme. Nous verrons plus tard que c'es[
dans les phénomènes astronomiques que I'on trouve la mesuro du
temps la plus exacte. Jusque-là cependant nous regarderons les
instruments que nous allons dôcrire comme nous fournissan[ les
sculs moyens que nous puissions employer pour mesurer le temps,
et c'est sur leurs indicaùions que nous nous baserons pour ar.ril'er
u la connaissance des lois du mouvemen[ des astres.
$ 4. Clepsydres. Les premiers instruments dont on se soi[
- sont les clepsytlres, ou horloges
servi pour mesurer le temps à eau, qui
onl. été en usage dans I'antiquité, et ont été employées dans différents
lieux aur recherches astronomiques. Voici en quoi ils consistent.
Imaginons qu'un réservoir contienne de I'eau, et qu'un orifice
praLiquti vers sa partie inférieure perniette tru liquide de s'écouler.
i

tI 1r TISTNUMENI'S QTII SER\ ANT A ]II}:SURER I,D :I'[MPS'


Si, par un m6yen quelconque, on parvient à rendro I'écoulemcnt
rôgulier, il soitira du réservoir des quantités égales do liquide en
turpr égaux. Le volume de I'eau écoulée dans un temps quelconque
l! pourra donc servir de mesure à ce temps.
pour obtenir un écoulement régulier de I'eau contenue dans le
réservoir, il suffit d'y entretenir urt nivequ constant; on y arrive
très faciloment au moyen de la disposition suivantc. Le réservoir A,
frg.tl, est constamment alimenté par un robine[ B. l-u quantité
d'eau fournie par
ce robineb ost plus
x- i* lf' grande que
qui doit
celle
traverser
I'orifico C ., Iorsque
l'écoulement est ré-
sulièremcnt établi.
Éar suite de cet ex-
cès du liquiclc qui
arrivc dans le r'é-
servoirÂ, le nit'eau
tond à s'y élever rle
lilus en plus; mais
nne rlôclrargcr lat(:-
lllc I) s'\r (lpposo,clt
la issa n t, c:on statrt-
l,i*. 1. rnenl sorlir lc li-
tluide excédant. Le
niveau de l'eau conserve donc irinsi utte nosition invariable dans
le réservoir A, ot l'écouleurcn[ s'cfftrctuu lrar I'orilice C il\,ec urrc
vitessc qui reste toujours la tnônle .

I)our rnesurcr un inten'allc cle [ernps quclconque, au nroyen de


l'écoulement ainsi obtenu, il n'1 a plus qu'à recueillir I'eau qui
sort du réservoit'penclant ce[ intcrvalle rle tentps, et à en déterrniner
la volume. nlais, au lieu de cela, on ilispose l'appareil demanière t\
lui faire donner des indications conlitrues Il suffi[, en effct, que I'earr
sortant du réservoir tonibe dans nn vase de forme cvlindrique ou
prismaticlue, et s'y accttmule de plus cn plus. Le niveau dc I'eau
rnontera dans cc vase avec une vitesse uniforme, et marquera le
temps par la position qu'il occupera, position quipourra d'ailleursêtle
aisément déterminée au moyen d'une échelle graduée fixée au vase.
Souvent, afin de rendro les indications plus visibles, et aussi
pour donner plus d'élégance à I'appareil, on place un flotl,eur dans
le va.se oir se rend l'eau écoulée : ('e tlot,teur, formé d'un morceau
de liége, porte un index
(;I,[PSYDRES.
quise trouvo à côté d'une écheile graduée,
el vient correspondre successivement aux diverses diviÀions dc
5
t
cette échelle, à mesure que le liquide lo soulève en s'accumulant cle
plus en plus dans le vase. C'cs[ co
que montre la fg. g, qui représente
une clepsydre de ceile espèce.
L'eau, don[ l'écoulement sert à
mesurer le tomps, se rend dans une
capacité que I'on 'n'aperçoit pas,
et qui est située vers Is bas dc
I'appareil ; elle y fait monter pro -
gressivemen[ un {lolteur, qui sup-
porte les deux petit es fi gures placées
de chaque côté de la colonne supé-
rieure I une de ces figures porte une
haguette dont l'extrémité aboutit à
une échelle tracée sur la colonne,
et inrlique le ternps par la division
de l'échelle à laquelle cette baguette
correspond.
Une autre clisposition, qui a été
égalemenL adoptée, avait, pour ob-
jet de faire marquer le ternps par
unc aiguille mobile sur. un cadran,
comme cela. a lieu dans nos hor-
loges actuelles. A cet effet, le ilot-
teur A ,frg.3, auquel I'eau de la
clepsydre communique un mou-
vemenI ascenrlanb , est a[taché i)
. " I'extrémité d'une chalne, qui s'en -

roule autour d'un cvtinoie t,o'ii- =
zonlal B, et, qui supporte r\ strr : : -- - '--'-
autre extrémité un contre-poirls C
un peu plus.léger clue le f'lotteur A. I-e cvlindre B pcut librement
tourner sur lui-même ; il porte à une de ses extrémitiis une aisuille
qui le suit dans ce nrouvemcnt, et, qui parcourt, ainsi toute la cir-
conférence d'un cadran adapté à la face extéricurc de l'appareil.
Lorsque le flotteur A rnonle, le contre-poids c crescenrl, et, la cbalne
fait, tourner le cylindrel), ainsi que I'aiguillc quilui esi lixée; cette
aiguille marque le teniP.i par la posi[ion c1u'clre occupe sur le cadran.
[,es clepsvdres so't les seuls instrumenrs doni res ancicns sc
soient servis poul n]esurer lc temps, clarrs lc,rrs recherches asrrono-
4.
t i:

I INSTRUMENTS QUI SERVENT A \TnSURHR l.ri TErrPS.


miqttes, indépendarnment de I'observalion des astres eux-mêmes.
Ces instruments, dont les in-
clications n'étaient pas suscep-
tibles d'acquérir une grando
,
précision sont complétement
abandonnés do nos jours.
$ ti. Sanfters.-Le sublier
rliffère do la clepsydre en ce
que I'eau y est rcmplacée par
du sable fin. C'est l'écoulement
clu sable par un orifice qui sert
à mesurer le temps.
Un sablier se compose dc
deux vàses de veme Â. Il .
lig. lt , de même fprme, fixés
I'urr à I'autre ile manière que
leurs ouverlures se corres-
porrclenb en 0. Du sable fin el
aussi régulier que possible a
été introcluit dans I'un des dcnx
vascs, avant lcur réunion. Ce
sablc lrcLrl passer dans I'autrc
vilse, lorsqu'on donne à l'ap-
lraleil la position qu'indiquc ll
Iigule; rnais, pour que ce pas-
, Sagc s'cfiecfue lentement, otr
rétrécit l'ouverture C par la-
quollc les deux vases commu-
niquent, I'un avec I'autre. Lr:
sable étant lin et, régulier, eL
I'instrument étan[ disposé sy-
mélriquement de parb et d'au-
tre de I'ouverture C, on peut
admettre que le temps employé
par le sable à passer d'un vase
dans I'aul,re esl toujours le
rnôme, soit qu'il sorte de A
pour aller en B , soi[ qu'all
contraire il sorte de B pour aller
en A.
Pour so servir d'un sablier, 0n le pose sur une table, en ayan[
soin de mettre en haut le vaso qui contient le sable, Aussitôt lo
PREMIIiRIiS HORT,O(iES À POIDS. 7
sâble commence à couler dans ls vase inférieur, et l'écoulement
continus ainsi d'une manièrs très régulière, jusqu'à ce que le vase
supérieur soit conrplé[ement, vit]é. Alors on retourne I'instrument,
of le sable recommence à couler dans la vase qu'il vien[ de quitter.
Lorsque ce second écoulement est, terminé, on retourne de nouveau
le sablier, et ainsi de suite, pendant touto la durée de I'intervalle
de temps dont on veub avoir la mesure.
On voit, par là, que I'emploi tlu sablier es[ beaucoup moins
commode que celui de la clepsydre, surtout poul mosurer des in-
tervalles do temps un peu longs. D'un autre côté, Ies indications
c1u'il fournit sont encore moins précises que celles de cet autre in-
slrument. Aussi, quoiqu'il ait été connu des anciens, ne s'en sont-
ils pas servis pour leurs observations astronomiques.
De nos jours le sablier es[ encore employé dans diverses circon-
sùânces où I'on n'a pas besoin d'une grande précision. Mais, au
lieu de s'en servir pour évaluer en nombre la durée d'un intervalle
de temps qui n'est pàs connu, on s'en sert au contraire pour mar-
quer la lin d'un intervalle de temps dont la duréo est déterminée
(l'avance. Cet usage restreint permet d'éviter les retournements
successifs dont nous avons parlé il n'y a qu'un instant, et fait que
le sablier est, d'un emploi beaucoup plus conrmode : pour cela on
construit, I'instrument de telle manière que le sable rnette à passer
r['un vase dans I'autre précisément le temps que le sablier est des-
tiné à marquer.
$ 6. Premlères horloEer à polde. L'invention des hor-
-
loges à poids, qui remonte à une époquo déjà ancienno, mais peu
connue, a été un grand pas fai[ pour arriver à une mesure exacte
du tomps. Ces horloges, formées uniquement do pièces solides dont
les mouvements sont solidaires, sont susceptibles de présenter
beaucoup plus de const,ance et de régularité dans leur marche quo
les clepsydres eb les sabliers. Elles so trouvettl dans des conditions
beaucoup plus favorables, pour que les mouvements successifs
que prennent leurs différentes pièces aient entre eux ce caractère
d'identité que nous avons indiqué comme devant former la base do
toute mesure artificiolle du temps (S 3).
Les premières horloges à poids qui aien[ é[é construites, étaient
cependant loin de satisfaire à ces conditions de régularité dans le
môuvement. Voici en quoi elles consistenb. Un poids A, fr7.8,
attaché à I'ertrémité d'une corde, tend à faire tourner un cylin-
dro B sur lequel Ia cordeesl enroultle. Co cvlindre, mobile autour
de son axe db figure, porte une roue dentée C, qui tourne néces-
sairement avec lui. [,a roue C, engrenant avec un pignon D, obligo
J
I INSTRUIIENTS eul SERIENT a MEsunER r,u rnlrps.
I'axe B do co pignon à tourner en même temps que le cylindre Ii.
De mêms le mouvement de I'axe E se transmet, par la roue F et,
le pignon G, à un autre
axe H; e[ ainsi, de proche
en proche, un dernier axe
I reçoit un mouvemen[
de rotation, par suite de
l'action du poids A sur
le cylindre B. Cet axe I
porte à son extrémité une,
roue dentée K, d'une
forme particulière, à la-
quelle on donne le nom
de rouo de rencontre. A
côté de cette roue K, se
trouve un axe vertical L,
muni de cleux petites pa-
Ieltes planes U, N, diri-
gées à angle droit I'une
sur I'autre, et tellement
disposées que la premièrc
puisse ôtre rencontrée pl r
les dents inférieures dc
ia roue K, et la seconclc
;lar les dents supérieurcs
de la même roue. Enfin
I'are L porte à sa partiq
supérieure une roue sarls
dents O, nommée bu,lun-
c'ier', sorte de volant ana-
logue à ceux qu'on voi[
clans certaines machines
et qui servent à en régu-
lariser le mouvement. La
présence de I'axeL, avec
ses palettes M, N, s'oppose à ce que la roue de rencontro K prenne
un mouvemenû cotrtinu, par suite de I'action du poids moteur A,
A peine cet,le roue a-t-elle commencé à tourner, que ses donts
rencontren[ I'une dos palettes M, N , e[ transmettent ainsi brus-
rluement à I'axe L un mouvemeni de rotation; bientôt, les dents
de la même roue rencontrenl I'au[re palette , arrêtenl I'arbre L
dans son mouvenren[, et le fonI tourner en sens contraire; puis la
PENDUI,E. 9
première palette es[ rencontrée de nouveau par les dents de la
ioue K, et ainsi do suito. L'arbro vortical L prenrl ainsi un mou-
yement alternatif , et en même temps tout Ie reste du mécattisme,
depuis le cylindre B jusqu'à la rotre de rencontre K, est arrêté
péiiodiquem-ent dans son mouvement. La partio de I'appareil dont
le mouvàmen[ alternatif détermine ces arrêts sur:cessifs se nommo
Ie régulateu,r.
Cétte disposition des premières horloges à poids donn-g bien lieu
en apparencs à la roproduction successive et indéfinie d'un même
phénômène, qui semble s'accomplir toujours 6ans des conditions
identiquement les mêmes. l\lais si I'on y fait attention 91 verra
'-
que ce phénomène, c'est-à-dire lo nrouvement que.prend-l'axe L ,
sbit dans un sens, soi[dans I'autre, par suite de I'action de la roue K
sur une dos palettes l[, N, esb loin de s'effectuer avec ce caractère
apparent de régularité. Le mouvement du régulateur est produit
pài ta pression que I'une des palettes M , N , éprouve. de la part
d'une dès dents de la roue K ; cette pression est le résultat, de I'ac-
tion du poids À'sur le cylindre B, action qui conserve bien constam-
ment la même intensité : mais la transmission'de cette action à la
roue K, par I'intcrmédiaire des rouages dont I'horloge se conrpose'
fait que la pression exercée par les dents de la roue K sur les pa-
lettes trI, N, ne restc pas toujours la mêmo. Il se produit, en effet,
entre los dents des diverses roues qui engrènent, les unes avec les
autres, des frottements qui absorbent une portion de I'action du
poids moteur A ; e[ il esi impossible que les djverse-s dents dc
chaque roue soient taillées avec une telle similitude de forme entre
elles, qu'il n'en résulte pas des changements dans la grandeurde.r
frottements, suivant que c'est telle ou telle dent qui sert à trans '
mel,[re Ie tnouvement. tl S'ensuit que les mouvements pari,iels ci
alternatifs de I'axe L et du balancier O ne s'effecluent pas lous
avec la même rapidité, e[ qu'en conséquence les intervalles dtl
tenrps compris entre les moments d'apêts sucoessifs des rouages
ne sont pas égaux.
L'imp-erfeciion que nous venons de signaler dans les horloges ir
poids, telles qo'on les consIruisait d'abord , faib que pendant long-
iemps on leur a préféré les clepsydres comme étant plus exactes.
Mais, par I'application du pendule à ces horloges, on es[ parvenu
à leur donnef une telle supériorité de marche, que les clepsydres
sont dès lors complétement tombées en désuétude.
$ 7, Pendure. - Le pendulo, dans sa plus gra.nde simplicitti,
conliste en un corps pesan t, fig . 6, de petites dimensiotrs, tel qu'une
balle de plomb suspenclue à l;exlrémité inférieure d'un fil très délié,
l0 INSTRUMDNTS QUI SERvENT A llEsuRER l,B 'l'EMPs.
dont I'extrémité supérieure B ost [ixe. Par suito ds I'action de lt
pesanteur, lo corps A tend naturellement à se placer dars uno po-
ôition d'équilibre telle que le fll AB soit, vertical. Si I'on vient à
déranger Ie pendule pour le
placer dans la position qu'in-
dique la fig.7,, e[ qu'ensuite
/ i'r, on I'abandonne à lui-même, la
I t'
pesanteur le me[tra aussitôt
er) mouvement. Il se rappro-
i
chera ainsi de la position d'é-
I
quilibre CB dont, nous avons
parlé d'abord; mais lorsqu'il
I
I'aura atteinte, il la dépassera
i en vert,u de sa vitesse acquise,
.t. ot, s'en éloignera de I'aulro
c côté, jusqu'à ce qu'il ait pris
Fig, ti. Fig. t. une position A'8, symétriquc
rlo la première AI] , par rap-
port ir la verlicale Cts. Alors le p.endule, a,vant perdu ioute ia
vi[osse, reviendra en serrs conl,raire, par suite de I'action inces-
sante de la pesanteur; il repassera par la position verticale CB, et,
p1*rr .-,.-s'en éloignera ensuite de I'autre côté pour revenir dans sa position

conrms précédenrment , et ainsi de suite. Si ce mouvement oscilla-


toire du pendule s'effectuait dans un espace vide d'air, ot s'il était
possible d'éviter les résistances qui se produisent toujours à son
'r&bpoin[ de suspcnsion B , I'arnplitude rles oscillations succsssires
. resterait, toujours la ntême, et le pendule marcherait indéfininenl.
ti." Mais, err réalité , les résistances dues à l'air dans lequel se meuL
le pendule, et à son nrode de suspension, dinrinuent peu à peu ses
oscillations, et , au boul de quelque temps, elles finissent par dis-
paraltre complétement.
En étudiani lo mouvement du pendule, Galilée a trouvé (en
4639) les deux lois suivantes : 4'La durée des oscillations cl^un
. pendule est sensiblement la même, quelle que soit leur amplitude,
pourvu que cct,te amplitude soit petite. 2" Les durées des petites
oscilla[ions de divers pendules çont entre elles dans lo même rap-
port quo les racines carrées des longueurs de ces pendules. La
connaissance de ces lois lui suggéra I'idée de se servir des oscilla-
tions du pendulepour la mesure du tenrps. ll suffit, en effet, pour
cela de mettre un pendule en mouvernent, e[ de compter les oscil-
lations qu'il effectue tlttns I'intervalle rle temps que I'on veut ôva-
HOul.O(;Bs A l,Ët{Dutr Ïr' Â lroibs. II
Iucr. La dinrinution progressive cre lamplitude de ses oscillations
1'empêche pas que leur-durée reste la rnê*e, comme cela résulle
de la première des lois qui viennent d'êtro énoncéos e[, par
; con-
séqucnt, le mouvement du pendure réalise la succession nôn inter-
rompue de phénomg.lgf uyîn! tous la même durée, ce qui rentre
complétement dans I'idée générale que nous nous sommes faite
sur
Ia rnesure artilicielle rlu temps ($ 3). D'un autre côté, la seconde
des
lois trouvées pal Galilée- môntiè qie l'on peut, donner au penclule
une longuou.r telle, que la durée de chacune de ses petites oscilla-
tions s.oit précisément égale à r'unité de temps que I'on veut, adoptcr.
Galilée, et quelques astronomes après lui, cmployèrent en efiet lc
pendule comme moyen de mesurer ie temps dâns leurs observa-
tions astronomiques.. llais l'emproi de cet instrument, si simple en
lui-même, présentait des diffiôurÉs, à oause de la nécessité de
suivre tous ses mouvemsnls pour compter les oscillations, et aussi
à cause du peu de temps au 6out duqùcr pendule abandonné à
lui-même cesse d'effectuer des oscillations 'n appréciables.
Peu de temps après, en 4 6sy, Hirygens-ùt l'heureuse idée de
construire une horloge, en adaptant lô pendule de Galilée aux an-
ciennes horloges à poids. a partir de I^à, les indications fournies
pol horloges sont devenues incomparablcment plus exactes
-l.es
qu'elles ne l'étaient auparavant, e[ cela o fait faire uo pu* immense
à I'astronomie d'observation.
$ q. Horlogoc à pendnle er à potd Dans les horloges
{ poids dont nous avons parlé précédemmont ($ 6), le poids moreur
donnait un mouvement cle rotàtion à une série â'arbres horizon-
taux communiquant entre eux au moven de roues dentées; et ce
mouvement d'ensemble était arrêté, à ohaque instant, par l;action
des palettes fixées à I'axe du balancier sur res dents de la roue de
rencontre. Les intervalles de temps compris entre les mornents
d'arrêts successifs ainsi produits'n'étaient pâs parfaitement do
ntême durée, ainsi que nous I'avons expliquè. pôur obvier à cot
inconvénient, Huygens remplaça le régùlateur à balancier, dont
les mouvements alternatifs ébaienb uniquement, le résultat de I'ac-
tion du poids nroteur, par un pendule,lônt les oscillations devaient
s'effectuer ind.épendamment de cet,te action; et il disposa la nra-
chinede manière que le mouvement des rouages fat arrgté à cha-
cuhe de ces oscillations.
, P.iuuPq: .dispositions ont été successivernent imaginées potrr
établir la liaison entre les rouages et re pendule. La pattle dn mé-
c-ahisme_{ui a pour objet, d'établir cette fiaison , par l;intermédiaire
dc laquelle le pendule arrête périodiquement le mouvement procluit,
12 TNSIRUùIENTS (JUI SËtt\!:I\ir A MESLIRER LE TEMPS.

par lo poids moteur, se nomme échappemenf . Nous nous contenl,e-


ions dô décrire l'échappement à ancre, un de ceux que l'on emploie
le plus main[enan[, et qui remplissent le mieux I'objet auquel ils
sont, destinés.
Cet échappement est représenté ici' pg. 8. Une pièce ABC , en
forme d'ancre , es[
suspendue à un axo
horizontalD, ebpeut,
librement tourner au-
tonr de ce[ axe. L'an-
cre reçoi[ du pendule
un n)ouvement oscil-
latoire autour rle son
axe de suspension.
Entre sesdeux extré-
mités A et C, se trouve
une roue B, qui est,
firée au dernier arbre
du mécanisme de
I'horloge. Cetle roue
E, à laquelle le mo-
teur tend constam-
men[ à donner un
mouvement de rota-
tion, remplace la rouo
cle rencontre K de la
É9. 5 (page 8). Pen-
dant le mouvemcn[
d'oscillation de I'an-
cre, les dents de ce[te
roue viennenl, alter-
na[ivement s'appuyer
sur la face infériouro
de la partie À, e[ sur Ia face supérieure de la partie C. Ces deur
faces iont d'ailleurs tuillées suivant des arcs de cercle concentri-
ques à I'axe D; en sorte que, pendant, [out, le temps qu'une dent de
là roue ts esb arrèLée par une des extrémités de I'ancre, cette dcnt,
et par suite la roue,, restent complétement. immobiles'
Les deux extrémités A et, Cde I'attcre présentent, du côté de la
roue, deux parties mns PÇ, inclinées en sens con[raire, sur les-
quelles les dents de Ia roue doivent ;4lisser avant d'échapper. Au
ùonrent oir ce glissement se produit, la dent exeroe sur l'ancre une
tlonl.octrs A plt\Dut,rl ['u a pOIDS. l:J
pression qui tend à augmenter sa vitesse, e[ I'ancre réagit de son
c:ôté sur le pendule, pour entretenir son mouvement. Sans la pré-
sence do ces deux petits plans inclinés, I'amplitude des oscillations
du pendule déuottlait progressivement, en raison des résistances
occasionnées par I'air e[ lemode de suspension du pendule, o[ aussi
en raison de celles qui proviennent du frottement dc la roue d'é-
chappemenb sur les faces de l'ancrc : ces résistances rendraient ,
au bout de peu de temps,les oscillations du penduleassez petites
pour que les dents de la roue E n'échappent, plus , e[ I'horlogc
s'arrêl,erait.
La frg.9 montre de quelle rnanière I'ancre est nriso en commu-
nication aver: le pendule. L'axe horizontal D, auquol
elle est fixée, porte à un bout une tige F, qui se
termine inférieurement par une fourchette horizon-
tale G. Le pendule, dans lequel le tll de suspension
esb remplqcé par une tige rigide, est disposé de ma-
nière que cette tige passo entre les branches do la
fourchetto I en sorte que le pendule ne peut pas
osciller sans que I'ancre oscille en même temps.
On comprend aisémen[ le grand avantagc c;ui
résulte de la substitul,ion du penrlule au balancier
des premières horloges a poids. Ici I'action du poids
moteur, modifiée irrégulièremenI par les frottenonts
qui se produisent, dans les rouages, n'a plus qu'une
faible influence sur le mouvemeni oscillatoire qui'
détermine les arrêts successifs du mécanisme ; cetto
influence ne se fait sentir que dans le frottemenù des
dents de la roue d'échappement sur les faces de
I'ancre, froitement qu'on peut, rendre presque nul,
et dans les impulsions que l'ancre reçoit, des dents,
au moment où elles échappent. Il en résulte bien
de légères variations dans I'amplitude des oscilla-
tions du pendule: mais la durés de ces oscillations
n'en est pas sensiblement altérée, en raison de Ia
précieuse propriété clu pendule découverte par
Galilée.
$ 9. On cherche naturellement, à disposer le pendule de nra-
nière à dinrinuer autant que possiblo la résistance occasionnée par
I'air dans lequel il se meut, ainsi que celle qui résulte de son modc
de suspension.
Pour diminuer celle qui pror,ient de I'air atùosptrérique, on
dor,ne habituellemont au corps lnassif qui ternrine inférieuromenr,
c)
tlr rNSluuMENlS r.1ur snRvuNr n lrr$untu i,ii l'niri,s,
le pendule, la fornre d'une lentille dont les plus grandes dirnen-
s.ions sont dirigées dans le plan du mouvement oscillatoire du pen-
dule. Par cette disposition, le pendule ne présente qu'une tâinte
surfaco à I'air, et, la lentillo le rencontrant par sa tranche, en
' écarte les molécules sans srande difficulté.
Quant au mode de susp"ension du pendule, il doit ôtre tel que le
nrouvement oscillatoire puisse s'effectuer sans qu'il se produise de
frottement entre les parties
mobiles et les parties fixes de
I'appareil. On adopte pour cela
deux disposi t.ions difïérentcs.
Dans la suspension
à coutcau,
frg .tl0,la tigedu
pendule porte
àsa partie supérieure une pièce
d'acier, faisant saillie de part
et, d'autre , et se terminant,,
vers le bas, par une arête fine,
rnais non tranchante; cette es-
pèce de ccluteau rel)ose, l)al' son arête, au fond d'un sillon que
l'on a pratiqué sur Ia Iace supérieure d'un support fixe, formé
d'une matière très dure, telle que do I'acier
ou de I'agate. Le pendule, en oscillarrt ,
tourne autour de I'arête du couteau de sus-
ponsion comme autour d'un axe , eb il n'en
résulte pas sensiblement de frottement.
Dans la suspension à ressort,, fig. lI,lt
tige A du pendule esL accrochée à la partic
intérieure d'une pièce BB, formée essen-
tiellemcnt de dsux lames minces d'acier donI
les extrémités supérieures sont fortemerrt
serrées entre les mâchoires d'uno pince fixe.
Le pondule ne peut osciller qu'en faisant
fléchir ces lames d' acier, qui se courben t ain si,
tanl,ôt cl'un côté,, tantôt,de I'autre. Il est évi-
dent, qu'iciil.ne peui pas y avoir de frottements résultant des oscil-
lations du pendule; mais oh peut se dcmander si la roideur des
lessortsdesuspension rre produit, pas le même effet que dee frotte-
ments, en faisan[ obstacle au mouvement du pendule. En y réflé-
chissant, on reconnalt qu'il n'en est rien, c'est-à-dire que la i'oideur
des ressorts n'est pas de nature à diminuer pro[ressivement
l'nmplitude des oscillations, de manière à les faire disparaltre
complétement au bou[ de quelque temps. On voit en effet que 1 si
HORI,OGES A PEI\{I)ULE [T A POIDS. 15
tl'une part la roidour des ressorts tend à diminuer ra vitesse tru
pendule pendant qu'il s'éloigne rle la verlicale, d'une autre parl
leur élast'icité tend à accélérer son mouvement, lorsqu'il s'en rap-
proche; 0n sorte qu'il en résulte une telle compônsation , quc
lorsque le pendule revien[ passer par la position vorlicare, il a cxac-
tement la rnême vitesse que si les ressorls dc suspension n'avaienl
eu aucune intluence sur sa nrarchs, clepuis son dernier passagc
par cetto position.Il esl bon d'observer cependan[ que I'action dcs
ressorts de suspension modifie url peu la- durée dés oscillations.
Mlt. Laugier et Wirrnerl ont rnême riconnu récernmonl, qu'on pou-
l'ait pro{iter de cebte circonstance, pour faire disparattie les trcs
petites différences qui existenr encore entre les durées des oscil-
IaLions d'un pendule, lorsque l'amplitude de ces oscillar,ions r,aric
de zéro à 5 degrés : en combinan[ cônvenablement la force des rcs-
sorts avec le poids d.e la lentillc, on lleut faire que, dans toute ccili,
e[endue, les durées àes oscillations n'aicnt entie elles que dr:s dif-
férences inappréciablcs.
$,10. Les changemcrnts dc tenrpérature , en occasionnant des
variations dans les dimcnsions d'un pendule, dét,crminenl néces-
sairement des var;ations correspondantes dtrns la duréo dc .ses
oscillalions, airrsi que ccla résultc dc la sccontlc des lois trou-
vées par Galilée. On llarvient cependan[ ri me[tre lc pendule l
l'abri cle ces variations ! en le côniposant cle plusieufs parties
formées de maiières diflérentes dont les clilatations se contràrient r
de telle sor[o que, malgré l'élévtr[ion ou I'abaissement de la tonr-
pérature, la duréedo ses,oscillations resle constamment la mônro.
Un pendule construit de manière à satisfaire à cetto conditiorr
se nommo un pentlule compensateur. On en a imaginé plrr-
sieurs; nous nous contentorons de faire connaitre les deux prin-
cipaux.
Le pendule compensatour à grille ost représenté par la fig. tl2.
La lentille L est suspendue à une traverse de laiton aa, fixée aux
extrémités inférieures de deux tiges de fer D, tr I cos deux tiges sonI
elles-mêmes suspendues à une seconde [raverse do laiton c c, qui
srappuie sur les extrérnités supérieures de deux tiges de zinc d,, d;
ces tiges de zinc sont, supportées, vors le bas , par une troisième
lr'averse ee, frxée à la partie inféricure de la lige centrale fg; enfin
cette tige centrale, qui se prolongo vers le hauI jusqu'au point de
suspension du pendule, se compose d'une douille de laiton 1, et
d'une tringlo de fer g qui pénètre dans la douille et y est fixée par
la goupille lr. Lorsque Ia température vient ir s'élever, la tige do
fet'g et la douille /s'allorrgent; la travers(r (,/, s'riloigne donc drr
{6 TNSTRTJMENIs (Jur slRvu,NT A ITESURER r,H i'E\rps.
point de suspension du pendulc Si les tiges
de zinc d, d, ne changeaient pas de dimension,
la traverse cc suivrait la précédente, et s'éloi-
gnerait comme elle du point de suspension,
en glissant le long de la tige g. La dilatation
qu'éprouventen mêmetemps les tigesde ferlr, D,
oblige la traverse on, à s'éloigner de cc; eI
par conséquen[, en vertu de ces allongements
des tiges de fer {, b,b, et, de la douille de lai-
ton /, la lentille L s'abaisserni[ au-dessous
de la position qu'elle occ':paib précédemrnent.
Xlais les tiges de zilc tI, rl, au lieu de con-
server les mêmes dimensious , se dilatent
comme les autres tiges, e[ nême elles se dila-
tent, plus fortement qu'elles; leur dilataùion
suffi[ pour remonter le cadre formé par les
lraverses ue, c c, et par les tiges de fer ûb, de
telle manièrs que la lentille L, qui est sup-
portée par ce cadre, reste à une même dis-
[ance du point de suspension du pendulc,
malgré le changemen[ de température. Jus-
quc-là on ne voit pas à quoi sert, la douille de
laiton /; on aurait pu, en efïet, la supprimer,
el prolong'er la tige de fer g jusqu'à la tra-
verse re, à laquelle on I'aurait fixée. Cette
douille a été arlaptie à I'appareil de suspen-
sion de la lentille, afin qu'on puisse rendrc la
conrpensation du pendule aussi exacte que
possible, après qu'il est, conslruit. En effet,
quelque -soin que I'on prenne pour détermi-
ner d priori les longueurs que I'on doit don-
ner aur diverses tiges métalliques, pour que
la dilatation des tiges de zinc compense exac-
tcment celle des autres tiges , il est rare quo
lcs oscilla[ions du pendulc n'liprouvent pas
cncore quclque légère modification dans lour
\l durée par I'effet, des changenrcnts dc tempé-
rature. tl suffit alors de déplacer la goupille /r,
en la mettant dans un des aut,res trous qui
!'ig. { 9, sonb pratiqués , sur une certaine longueur,
à la fois dans la douille / et dans la tige g.
[,a partie de lrr douille f située arr-dessous de cetle gotrpille, et
HORI,OGES A PENDULË E'T A POIDS. 11
cellc de la tige g située au-dessus, étant évidemment les seules
porlions de ces pièccs dont les dilatations in{luent sur la position
cle lalentille, on remplace par là une cer[aine longueur de fer par'
une mênte longueur de laiton, ou inversementl et commo ces
deux métaux ne se dilatent, pas de même, on peut arriver ainsi,
par le [âtonnement, à rendre la compensation du pendule très
exacte.
La fr9.4 3 représente le pentlule compensateur à mercure. La
tige de fer o supporte à sa partie inférieure deux
vases cylindriques rlo verre b, D, dans lesquels se
trouve du mercure. Le mercure, par sa grando
masse, tient, lieu de lentille; et par sa grande dila-
tabilité il produit la compensation. Lorsque la tern -
pérature s'élève , la lige a s'allonge , et les vases
b, b, s'éloignent du point de suspension du pendLrle ;

mais en môme temps le mercurc se dilatc, e[ sa


surface monte assez dans ces vases pour com-
penser-l'abai-.semenI qui résulte de la dilataLion dc
la tige a,,
L'exaitilude de la mesure du tomps étant ab-
solument indispensable pour les observations as-
trononriques, 0n ne se contente pas encore de se
servir d'horloges dans lcsquelles le pendule a été
mis à I'abri de I'influence de Ia températrrre par
des moyens tels que ceuK que nous venons d'in-
diquer ; mais on place ces horloges dans tles lieux Fis. {3.
tellement choisis e[ tellement disposés, quc la tern-
pératule y varie le moins possible.
$ 4tl. Les fr9.41et,f Smonlrentladisposition générale d'une
horloge à pendule e[ à poids. Le poids moteur A agit à I'extré-
mité d'une cordc qui est enroulée sur le cylindre B; it tend à
faire tourner ce cylindre, et par suite la roue C; cette roue C en-
Srèno avec un pignon D, dont I'axe porte une douxième roue E ;
le pignon F engrène avec la roue E, et sur son axe es[ fixée une
troisième roue G; cette troisième roue engrène à son tour avec le
pignon H, sur I'axe duquel se trouve une quatrièrne roue K; enfin
la roue K engrène avec le pignon L, don[ I'axe porl,e la roue
d'échappernent 1\[. L'ancreNN, mobile autour de I'axe O, embrasse
la partie supérieure de la roueM. L'axe O, frg. 45, porte une tige
S qui se lermine inférieuremen[ par une fourchette T; la tige UU
du pendule, dont Y est la lentille, passe entre les branches
dd ln fourr:lrette T. Le pendule cst suspenclu par lcs deux rcs-
2.
'lti rftsl'RUMnNTS rJUt sERvENT a MEsuRER r,E Tntfrps.
sorts X, X, qui fléchissont dans un sons ou dans I'autre, à mesure
qu'il oscille.
L'unité de tomps principale, à laq'elle on rapporte la mesurc

FiS. t 4.

d'un inten'alle de ûenrps quelconque, est lo jour, dont nous don-


nerons plus tard une définition précise. Le jour se subdivise en
24 heules, I'heure en 60 minutes, et la minute en 60 secondes
Les horloges astronomiques nrarquent les heures, les minutes eù
les secondes, au moven de trois aiguilles qui se meuvent sur un
mênre cadran; de telle manière que, à la seule inspection de ce
il
eadran, on puisse voir immédiatement combien s'est écoulé
IIORI,OCES A PÈNDULE ET A POIDS.

d'heures, de minutes, ol tle socondes, depuis le mo-


ment à partir duquel on compte le temps. Pour cela,
on donne au pendule une longuour telle que la
durée de chacune cle ses oscillations soit précisémonu
tl'une seconde, Comme on ns pout pas espérer quo
ce0te condition soit tout de suite exactement romplie,
quelquo soin que I'on apporle àdonner au pendule los v
dimsnsions convenables, on se réserve la possibilité
d'y arriver après coup, en élevant ou abaissant un peu
la lentille le long de la tige, au moyen d'un écrou qui se
20 INSTRUMENTS QUI SERVENT A IIIESURER I,E TE['IPS.
visse sur I'extrémité inférieure de la tige et qui bupporte la lentille.
L'axo a de la roue d'échappement, /fg. {5, traverse lo centre du
cadran, qui n'est, pas représenté ici, et porte I'aiguille des secondes
à son extrémité. La roue d'échappement est muttie de trente dents,
cb comme il faut deur oscillations du pendule pour qu'une dent
vienne prendre la place de la précédento, il s'ensuiI quo I'aiguillc
des secondes fait, tout le tour du cadran en 60 secondes ou ''l minutc.
Le pignon H, porté par I'axe D de la rouc K, se prolonge à gau-
che de Ia lïgure ; et le prolongentent engrène avec une roue c, Iixée
à un cylindro creux qui enveloppo I'axe a de l'aiguille des secondes,
ct qui porte I'aiguille des ntinutes. A côté de la roue c, e[ sur le
nrêmo axe creux, il existo une seconde rouo d, qui engrèno evec
une roue e I I'axo de la roue e porte un pignon /, qui engrène avec
ln roue g; cette roue g est fixée à un second axe creuxr qui cn-
leloppe le précédent, et qui porto I'aiguille des heures.
Lbrsque le poids moteur a fait déroulcr, en descendant, toute
la corde qui érait enroulée sur le cylinrlre B, il ne peut plus con-
tinuer à agir, à moins qu'on n'eltroule de nouveau la corde, en
faisant renronler le poids. Pour cela, on fait tourlrer lo cylindro B
daus un sens convenable, à I'aide d'une clef percée d'un trou carré
que l'on adapte au prolongemenI carré de I'axe de ce cylindre. Tous
lôs rouages seraienI entralnés dans ce mouvement rétrograde clu
cvlindre B, s'il était invariablement {ixé à la roue C I mais, pour
éiiter qu'il en soit ainsi, on a adopté une disposition particulière,
que I'on voi[ sur la frg . 4 4. Une roue à rochet P est fixée à I'are du
cylindre B, et tourno nécessairement avec-lui,-dans quelque sens
qir'il se meuve. Un doigt Q s'engage entro les dents de la roue [';
ot, un r.tsort R maintient ce doigt constamment appuyé sur la rouo.
Le ressort et le doigt sont at,tachés à la roue dentée C' Lorsque le
cylindro B l,ourne sous I'action du poids moteur A, il fait tourner la
rôue C, par I'in[ermédiaire de la roue à rochet eb du doigt; nrâis
lorsqu'on fait tourner le cylindre en sens contraire, pour remonter
le poids, les dents de la roue à rochet passenl successivement sous
le doigt, of la roue C ne tourne Pas
. Le mode de liaison qui vien[ d'être indiqué, entre le cylindre B
et, la roue C, permet de remonter le poids moteur, ou, commo on
dit, de remonter I'horloge, sans faire plendre un mouvement rétro-
gracle aux aiguilles. Mais pendant loute la durée du remontage,
elles restent stationnaires, e[ elles ne reconimencent à marcher que
lorsquo le remonttrge est terntiné. Ilen résulte, dans les indicaticlns
fle l'horloge, une tliscontinuité qui aurait de grands inconvénients
pour les observations astron0ttriqtres I aussi a-t-ott cherché à 11
IIIONIIRIIS E'r (lHRoNolvtÈTRIls. 2l
faire disparalfte, c'est-à-dire à faire en sorte que I'horloge continue
sa marche, rnême pendant qu'on la remonte' La lùg.'l 6 montre une
des dispositions les plus simples que I'on aib
i.maginéos pour cela.
Deux poulies mobiles A et B sonl soute-
nues par une corde sans fin, qui passe dans
les gorges de doux poulies fixes C et D.
Deux poids P, p, sont accrochés à ces
tleux poulies mobiles. Le plus fort des
'deux, P, tend à entraîner la corde; eb
conrûle les gorges des poulies C et D sont
disposées de manière que les cordons qui
les embrassent ne puissent pas y glisser,
ces deux poulies lixes tendent à tourner
sous I'action du poids P. La poulio C porte
latéralemenl une roue à rochei , dans les
dents de laquelle s'engage uu doigt E,
pressé constamment contre la roue par le
rcssor[ F: et d'après le sens dans leqtrel
lcs dents du rochet sont tournées, Ia poulie
C ne peut pas céder à I'action du poids P.
Quant à la poulie D , elle remplace le cy- ,,;
lindre B des frg, 4rn e[ 4 5 , et es[ fixée à la
première des roues dentées qui cornposent
le nrécanisme do I'horloge I I'actiotr du poids
P fait, tourner ce[[e porrlie, ce qui déterminc
le mouvemen[ de tous les rouages. Le poids
p est destiné Èr tendre suffisamment la
cordc, pour qu'clle ne glisse pas dans les gorges dcs deux poul'cs (i
of D; ôe petit poids monbe, en même Lemps que I'autre-cle:t:crnrl'
Pour remonter l'horloge, il suffit de tirer de haut en bas le cordtln
clui va do la poulie 0 à la poulie B ; ce cordon fait tourner la poulic C,
sans que le doigt E s'y oppose, et le poids P est remonté' sans ces-
scr d'àgir sur le cortlon qui va de la poulie D à la poulie A' l'a
poulio D, él,ant toujours soumise à I'action du poids moteur, mênte
irendant qu'on le rèmonte, faib tourner les rouages et,
les aiguilles
silns tucune inberruplion.
" $ l?. Itlontres et ehronomètres. -- I'our qu'lle horloge à
pen'dule et à poids puisse marcher, il est indispensablequ'elle soit,
installéo à demeure dans un lieu déterminé : une pareille machine
n'est, pas susceptible tl'êlre déplacée sans cesser de fonctionner.
(lette ôondition de fixit,r! r'le I'hoilogc i,ient, d'ttne part à la présenee
22 INS'TRUMDN'Is ()ur srRyntvr A ltESrlRnR LE TEMps.
du poids rnoteur, d'une autre panl à cello du régulateur à pondulo,
Pour construire des horloges portat,ives, ot montrcs, on a dfr enr-
ployer un régulateur et un moteur, qui n'oxigont pas que l'appa-
reil soit, maintenu dans une position invariable.
Le moteur que I'on a substitué au poids es[ un ressor.t formc
d'une lame d'acier mince e[ longue, qui a été travaillée do ma-
nière à s'enrouler d'elle-môme en spiralo? comlne Ie montre la
fiy. tl7. Supposons que l'extrémité extérieure du ressort soit aila-
chrie cn un point fixe, et que son autre ext,rémitti snit liée à un l\0
susceptible clo
tourner sur
lui - même ;
lorsqu'on fera
tourner cet,
axe dans un
sens convena-
ble, il entraî-
rtera avec lui
l'extrénrité irr-
tér'ieLrre tlrr
ressort , le-*
spires se ser-
leront de plus
cn plus sur
son contour,
ct le ressort
prendla la
forme indi-
quée par la
f'g. l8.Si I'on
abandonne cn-
suitc I'lrc ir
Iui-mrlme, lc rcssort, qui tcnrl à r'cprendrc sa forme prirnilive,
lui irnprimefa un mou'ement de roiation; c'est ce môou".ent
rlrte I'on transmeb au mécanismc de la nrontrc. Il est clair que,
après que le ressort a étti tenriu, son extrémitô intérieure pent
ôtre rendue fixe, et qrre, si I'ertrtinite cxtérieure est attaôhée
it une pièce susceptible de loulner autour de, I'axo du ressort,
elle cornmuniqnera également un rlouvemen[ de rotation à cette
I)lee.e.
Quant au régulateul', oll a adoptt" d'abord celui dont on se ser-
ô). tl, régulateur à ba.
vaiL dans les prernières borlogcs à poirls ($
ltoN1'hËs ET (:HRoNouÈTRES. 2:i
Jirnoier e[ à pale[tes lbnctionne en effetde la mème ntanière, quellu
que soit la position que I'on donne à la machine entière.
$'f 3. [,a frg. '19 fait voir la disposition générale d'unenrontre:

cllc a étéconstruite en écartant les roues lt,s nncs des autres, dans
lc sens de la hautcur, e[ placant leurs axcs sur un mênie plau,
a{ln do faire voil tl'r"urc manièr'e plns ncllc tous les détails de celte
tlisposition.
Le ressort A, dont l'extrér-nité extérieure est fixe, tend à faire
tourner I'axe auqrrel est at[achée son extrémiLé intérieure. Cet axe
portc une rouc àr rocbet Il, qui agit sur la roue dentéo C, par l'in-
terrnédiairedu doigt o, Laroue C fait tourner le pignon D, et par
suite la roue E; celle-ci fait tourner le pignon lr ct la roue G ; la
roue G communique son rnollvement au pignon H, e[ I'axe de ce
pignon fait tourner Ia roue \[ pal I'inLermédiaire de Ia roue K et
du pignon L, qui font fonction dc roues d'angle. Iln avanb de la
roue M passel'axe du régulateur à palettes et à balancier. Lespa-
Ictles f, ir de cc régulateur, rencontrées successivement, I'une après
l'autre; par les divcrses dents de Ia roue M, font prendre au ba-
lancier N un mouvement de rotation alternatif ; e[ il en résulte des
umêts successi[s dans la marche clcs rouages, ainsique nous l'avons
déjir expliqué précédemmcnt ($ 6) pour les premières horloges à
poids.
L'aiguille des minutes est fixée à I'extrémitérle I'axe de la roue E,
qui se prolonge et traverse le cadrah en son centre. Il faut dotrc
,h rNS'utuMs,ivrs (!uL sER\EN'l A IIHSURHti I,D t'EMPS.
que lo ressort, moteur et le régulateur soient, disposés de manièr'c
que Cet axe fasSe nn tOur enlier elr une heure. Sur ce même axe
est,monttlunpii;non P,quicngrène avec uno rtlue A; et I'axe de la
roue A porte uripignon R, qui engrène avec une roue S. Ccl,tcdcr-
nière rouc est, fixée a un cylindre creux, dans lequel passe Iillremeni
I'axe fle I'aiguille des minutes, el c'est à I'extrémité de ce cvlindre
creux qu'es[ adaptée l'aiguille des heures.
Le ressort A, quimet tout le mécanisrne en mouvement, ne peut
pas agir indéfiniment; lorsqu'il es[ détendu, il est nécessaire qu'on
ie tende de nouveau, pour que le mouvement puisse conl,inuer :
c'est ce qu'ot) appelle remonter la montre. Potrr cela on adaJrte
une clef à i'extrémité carrée T de I'axe auquel le ressort esl altaché
intérieurement, et l'on fait tourner ccl a5e dans un sens contraire à
celui rlans lequel l'action du ressort le fait habituellement tournct'.
si la roue c éuit firée à cet axe, elle tournerail avec lui, pcndant
qu'on tenclrait le ressort, et elle enl,rirlncrait néCessairement tOut,
lb mécanisnrer y compris les aiguilles, dans ce mouvement rétro-
grade. Pour qu'i[ n'en soit pas ainsi, on emploie le moyen qui-a
clOla OtO indiqué pour les horloges à poids: on fajt agir l'axe dn
ressorl moleur Sur la rgue C, par I'intermédiaire d'une roue à ro-
chet B, et d'un cloig[ o, sur lequel appuie constamment, trn pelit
ressor[ cle pression. De cette manière, la roue C rr'est entralnée par
I'axe que lorsque celui-ci cède à I'action du ressort moteur I et,
lorsqu;on ftrit tôurner ceL axe en sens contraire, pour renonler le
ressôrf , il n'entraînc que la roue à rochel B, dont les dents pas-
sent successivement sous le doigt o.
I { 4. Une montre, construite comme nous venons de I'expliquer,
était loin de marcher mênre aussi bien que les premières horloges à
poids. En effet, la seule différence qu'une pareille montre présente
avec ces horloges, consiste en ce que le mqteur es[ un rOSSorb Au
lieu d'êtrc un poicls. Or, si le poids.' donl, I'action est constante, ne
pouvait pas fournir un mouvemenI bien régulier, en raison des mo-
àifications lilus ou moins grandes que cette action éprouvait de la
par[ des rôuages, avant d'être transmise au régulateur, à plus
for[e raiSon un ressort, dont l'action diminue consl,amment à me-
sure qu'il se détend, ne peul,-il pas donner lieu à la régularité de
nrarche que nécessite une cxacte mesure du [emps. Aussi a-t-on
cherché à perfectionner les montres, non-seulement sous le rapport
rlu régulateurl collrlne pour les horlogcs, nais aussi sous le rap-
port du moteur.
Pour faire disparalt,re I'inconvénient résultant de ce quo I'action
du ressor[ lnoûou] u'esb pas constanLo, on a irtraginé dc le faire agir
}IONTRHS ET CHRONO$IÈTHLS. 25
sur lcs rouages par I'intermédiaire d'une fusée. A cct effet, on
cnl'erme le ressort dans un tambour A, frg. p0, qu'on nomrne le
burillct,' sur la surface de ce barillet est fixée l'extrémité d'une
chaîne arficuléeB, qui, après nvoirfait uh certain nombre detours
sur cel,te surface, r,ient s'enrouler sur une sorte de tambour coni-
rlue C, et s'y fTxo par sa seconde extrérnité. C'est ce tambour co-
rli.que qui porte le nom defusèe; il présente une rainure, en forme
d'hélice, dans laquelle vienrrent se placer les tours successifs de
la chalne. l-orsque le ressort, est conrplétement tendu, ra charne est
enroulée sur toute la surface de la fusée; elle s'en rlétache du côté

dc sa petitc liasc, et vient se terntiner sur la surface du barillet.


rlu'elle ne touche que dans une prrlite lor,gr,reur. Le ressort a son
crtrémité intérieure fixe, et son extrémité extérieure attachée à la
circonférence du barillet : 0n s0 détendant, il fai[ tourner le baril-
l+lt, trt, communique un mouvement de même sens à la fusée, par
l'interntédiaire cle la chatne. Celle-ci se déroule sur la fusée, ct
s'enroule sur le barilletf el Ie mouvcment ne cesse de se produiro
quc lorsqu'elle est enlièrement cléroulée sur la fusée , de manière
à s'en détacher du côté dc la grandebase. On voit que, pendanI
l.ou[ ce mouvement,, la tension de la chaîne, qui est produite par
Ir {brce du ressorL, vâ constamment en diminuant ; mais aussi cettc
tension agit sur la fusée à I'extrémité d'un bras de levier de plus
en plus grand; et I'on conçoit qu'on ait déterminé la forme de la
fusée de manière qu'il y aiI unc compensation exactc, c'est-à-djre
dé rnanièro quo I'action de la chelne produise le même effet qu'uno
forc:e constante appliquée tr l'ertrénrité cl'un bras de levier inva-
riable. Le niouvemen[ de rota[ion qtro prend la fusée, sous I'action
de la chalne, se transme[ à tout, le mécanisnte, pitr I'intermédiaire
dc la roue D, que la fusée entralnc cn tourtanl,.
3
26 I:$STRUMENT$ (JUI SDIiVENT A ÙrESUnUr i,Ë ]'ulrPs,
Lorsque le ressort est complétemenb détendtr, on le l,end dc
llouveaut en faisant tourner Ia fusée cn sens contraire du sens
rlans lequel le rossort la fait habituellement tourner. De cetto ma-
rrière la chalnc , que I'action dr"r ressort avait en[raînée en totalité
sur le contour du harillet, s'enroule de nouveau sur la fusée; en
nrêmc temps lc barillet tourne sous I'acl,ion de Ia chalne, et en-
traine I'extrémilé extérieure du ressort, Qui se serre ainsi de plus
en plus autour de son axe. Pour que le mouvement rétrograde,
imprimé à la fusée pendant le renrontage, ne se transmette pas à
tous les rouages , on lui arlapte unc roue ir rochel, à I'aide de la-
quelle elle agit snr la prcrnière des roues de la monlre, ainsi quo
nous l'avons déjà erpliqué deux fois sur les lig. \ L et 4 9.
Dans les rnontrcs d'une grande précision , qui doivent nrarcher
avec exactitude eb sans interruption pendant un long espace de
temps, il esb important que I'opération du remontage n'empêche
pas les rouages de continuer lc'ur mouvement. Voici commen[ on y
parvient. La roue à rochet A,
frg. ?|, qui fait corps avec la
fusée , au lieu d'agir direc-
tement sur la prenrière rouc
tlu rouage, n'agit sur cetl,o
roue que par l'interrnédiaile
d'une seconde roue à rochct
li , dont les rlents sont, l,our-
nécs en sens contrAirc. Lors-
que le rcssort nroterrl tend la
chatnc et fait, lonruer la fu-
sée, la roue à rochet A , qui
en dépend, tourne dans le
sens de la flèche /, à I'aide
tlu rloigb rir, ccttc rouc fait lourner, duns le môme sens, la roue B
dont Ics clents passent ainsi successivcnrent, s0us Ie doigt ,r. sans
ôtre trullernent gêrrée par cc doigt. LTn ressort abc est fixé d'une
part en a à la roue B, et d'une autre parL en c à la roue C. La
roue B, mise en mouvcment, comme nous \enons de lc dire, tire
I'extrémité a cle ce ressorb: il se tencl, ct tire à son tour Ia roue C,
pour la faire tourncr dans le môme scns. Lorsqu'on fait tourner la
fusée, et par suite la roue A, clans le sens de la flcche /', pour re-
monter la montre, la roue B ne peub pas la suivrc, à cause du
doigt ri clui I'en empôche: I'extrémité a du ressort rrbc ne pouvant
rétrogradcr, la tension de ce ressor[ con[inuc à tirer le point c de
Ia roue C, dans le sens de la flèche /, ct la ntortre ne cesse pas de
IIIONTRES ET CHRONOMÈTNNS. 27
lnarcher. Ce ressorb peut ainsi entrelenir seul le mouvemont des
rouages et des aiguilles, pendanI un temps assez long pour qu'on
puisse romonter complét,ement la montro ; lorsque ensuil,e lo ressort
moteur reprend son aclion, il
restitue au ressort abc la tensiou
c1u'il a perdue pendant le remontage.
$ 45. L'emploi d'une chaiue et d'une fusée, comme intermé-
diaires entre le ressort moteur et les rouages d'uno montre, a mis
cett.e machine au niveau des premièr.es horloges à poicls, en ren-
dant constante I'action du mofeur. trIais le cléiaut du'réguiateur s'\,
faisait encore sentir, tout aussi bien que dans ces horloges. Ello"s
avaient donc besoin d'être modifiées sous ce rapport; la régulanitdr
de leur marche ne pouvait être obtenue qu'autânt qu'on lour ap-
porterait un perfectionnement correspondant à colui qui est ro-
sulté, pour les horloges, de la substitution du pendulo au régula-
teur à palet,tes et à balancier. Yoici comment on y est,parvenu.
Le défaut capital du régulateur à palettes et à balancier tient à
ce que son mouvernent est uniquement produit par les actions suc-
cessives qu'il éprouve de la part des dents de la rouo de rencontie,
ainsi que nous I'avons expliqué 1irécédemment ($ 6). On a donc dfr
chercher à lui substituer un régulateur qui, tont en restant, com-
patiblo avei Ia mobilité de Ia montre, fût cependant de nature à
osciller de lui-méme, sans avoir besoin poui cela de I'action du
moteur. C'sst co qu'a fait Huygens, qui a imaginé pour cela lu
balancier à ressort spiral, sorte de régulâteur qui est exclusive-
tnent employé dans les monl,res, de même que le pendule I'est.
tlans les horloges fixes. Ce balancier n'est autro chose quc celui
rlont nous avons parlé jusqu'à présent, muni d'un ressorl destiné
à lui donner un mouvement d'oscillation. Ce ressort, que I'on
nomûle sinrplernent le spiral, a la rnêmo forme que le ressort mo-
teur décrit précédemmerrt etreprésenté par la frg. 17; mais il est,
beaucoup plus délié, et a par conséquent, beaucoup moins de force.
son extrénrité intérieure est attachéc à I'axe du balancier. comnlc
le montre la fr9. 22 ; et son
autre extrémité est fixée à I'une
des 'platinos de Ia montre. Le
spiral 'prend naturellement uno
certaine forme d'équilibre. Lors-
clir'on fait tourner le balancier
autour de son axe , soit rlans urr
sens, soit.dans I'autre, le spiral
se trouve déformé: en vertu de son élasticité, il tend à reprendre
la fig^ure qu'il avait prôcrîrlcnrnrenl.. e[ raruène lc balancier vers sa
?8 rNsTRUMtiNls eul snRYnNT A MESIIRER l,li rHl{PS.
position primitive, Mais, au moment oir le spiral a repris exacte-
nrent sa figure d'équilibro, le balancier est animé tl'une vitesse en
vertu de laquelle il continue do tourner dans lc même sens; le
spiral se déforrne donc en sens contraire, et, oppose au balancier
une résistance croissante, qui finit bientôt par le réduile au repos.
Alors le spiral, en continuanb à agir sur le balancier, le ramène
de nouveau à sa position prirnitive ; celui-ci la dépasse, ct ninsi
dc suite. Le balancier muni du spiral, lprès avoit'été dérangé dc
sa position d'équilibre, oscille donc de part e I d'autre de cel,te
;losition, do la môme manière qu'un pendule oscille de part eL
rl'autre de la verticale. On perrt dire que le spiral est au bit-
lancier ce que la pesanteur est au pendule. Il est, en outt'o lrès
inrportlnt d'observer que Ia durée des oscillations du balancier
cst. indépendante de leuramplitude, pourvlr que le spiral soit con-
venablement construit.
Un balancier. muni d'un ressort spiral, qui est destiné à servir
de régulal.eur à une nrontre,
doit êlre construit, de telle
rnanière que chacune de ses
oscillations ait une durée
déterminée. Mais conrme on
ne peut pas atteindre ce but
imrnéitiatement avec une en-
tière exactitude, cn donnanI
des dimensions conr,cnablcs
aux diverses part,itrs du ré-
gulateur, on so réserve lc
moyen de nrodifier ultérieu-
remen[ la durée de scs os-
cillations. À cet effet on ,
rlispose, dans lc voisinage de l'extrémité fixc du spiral, une pièce
A, fg. 23, qui présente une échancrufe en B. Le spiral passc
dirns celte échancrure, et, lorsqu'il oscille, il no commence à
se déformer qu'à partir du point B : en sorte clue la portion B0
du spiral es[ conrnre si ellc n'existait, pas, et les choses sc pas-
sent cornme si le spiral se terminait, en B. Cette pièce A peut sc
mouvoir circulairement aulour de l'axe clu balancier ; 0n la dé-
place en faisant Lourner I'aiguille D sur le cadran qui I'acconr-
pagne. Quand on fait marcher cette aiguille, dans un sens ou
dans I'autre, on produit Ie même effet que si I'on augmentait ou
si I'on diminuait la longueur du spiral , et par suite, on fait
varier sa force ; on peut donc attreltor par là le balancier à fairc
ifloN'rntis E'r cHRoNolTlÈTREs. 29
des oscillations d'une durée précisénrent égale à celle c{u'otl You-
lait obtenir.
Les variations de température in{luent sur la durée des oscil-
la[ions d'un balancior à ressorb spiral , tout aussi bien que sur la
tluré-l des oscillations d'un pendule, en déterminant des dilata-
tions ou des contractions qui changent les dimensions des diverses
parties du balancier. Pour obvier à cet inconvénient, on a imaginô
la b r rl anc ie t' compensa terrr, formé de matières inégalemen t dila t ables,
tellemenI disposées, que leur; dilat,a[ions se conl,rarient, ei qu'il
n'en résulte aucun changenrent dans la durée rles oscillations. La
fg. 21, représente nn balanoier ds
cetle espèce. Au lieu d'être formé d'un
anneau continu et massif relié à I'axe
flu moven de rayons, il se conrpose de
deux hras A, A, dont chacun porte à
son extrémité un arc métallique BC.
Ces arcs sont formés par la juxtapo-
sition de dour lames métalliques inéga-
lement,dilatables ; le métal qui se dilate
le plus est à I'extérieur, c'est-à-dire du
côté dc la convexité des arcs. Lorsque
la température s'élèvo, Ies bras A, A,
s'allongent; mais les arcs BC, se di-
latan[ plus sur leurs faces extérieures que sur leurs faces inl.é-
rieures, prennent une courbure plus prononcée: il en résulte
que L;s extrémités, C de ces arcs se rapprochent de I'axe du ba-
lancier. Deux pebites masses D , D , portées par les arcs BC,. se
lapprochent, en mênte temps de cet axe, et I'on conçoit que ces
n)asscs puissent ê[re choisies et installées de telle manière qu'il rie
se ploduiso aucun changement dans la durée des oscillations du
balancier. I

S 46. Les avantages quo présente l'emploi rl'un balancier a


ressor[ spiral, comme régulateur d'une montre , ne suffisen[ pas
pour qu'elle marque le temps avec toute la précision désirable ; il
faut encore que l'échappement soit tol que le balancier soil sous-
[rait, autanl que possible, à l'action du m0[eur, action qui modi-
fierait inégalenrent la durtie des oscillations, suivant qu'elle serait
plus ou moins énergique. Nous allons voir en quoi consistent, les
deur échappements princillaux que I'on emploie maintenant, ct,
qui ont pernis d'amiver à une grande perfection dans la mesllro
rlu temps par Ies montres.
I.e prernier dont notts parlerons est, l'/ràappement ù c1llintIre.
3.
30 TNSTnUMINTS QUI sERvENt' a ltrnsun[fi ui r[jtrps.
L'axo du balancier est taillé d'une rnanière par[iculière, dans une
partio. de sa longueur, ainsi qu'on le voit sur la ftg. 25. La partie
ob a été réduite à un demi-cylindre évidé; et en outre une éctran-
crure c.a pratiquée dans co demi-cylindre. C'est, la parlie
-été
de.mi-cylindrique, située audessns de cet,tô échancrure, qui jàue le
rôle le plus important. La dernière roue clu rnécanisne, câile qu'on
llomme_ roue-d'échappement, es[ placée dans un plan perpend-icu-
laire r\ I'axe du balancior, ct se,s rlents, rlui s'éltivent au-desïus rle sa

Fig. ?5.

surface, viennent s'engager dans le cylindre évidé quo porl,e cel


lxe, É9.,26. L-eq frg.27 et 28 font voirde quelle manière le cylin-
rlre arrête et laisse passer successivernent les dents do la roue.
En vertu des oscillations du balancier, le cylindre A tourne au[our
du centrs B, tantôt dans un sens, tantôt dans I'autre. Une dent C
vient butter par sa pointe contre la surface extérieure du cylindre.
frg. 27 ; nrais bientôt ce cylindre a pris une autre position,'frg.Zg,
et la dent, C, qui a pu marcher sous I'action du moteur, vient butter
de nouveau contre la face intérieuro du cvlindre; le cylindre, reprc-
nant ensuiie sa première position, laisso échapper la dent C, e[
arrêto la dent suivante par sa surflace extérieure, et ainsi de suite.
Dans cet échappement, tant qu'une dent est arrêtée sur l'une
des doux faces du cylindre, elle ne tend, en aucune manière, à le
itoNl'nEs IiT (;I|ll0N0]tÈ't'fitrs. 31
faire mouvoir dans un sens ou tlans l'autre; le cvlindre oscillo sous
la seuloaction du spjral. cepenclant le frottenrent qu'il éprouve do
la part des dents qu'il arrête, joint aur autres résisiances qui s'op-
posent au mouvcment du balancier, tend à diminuer I'anrplitude
rle scs oscillations ; et la nrontre cesserlit bientôt dc marchei, si le

moteur ile restit,uait de temps en temps au balancier lo mouvement


qus ces résistances lui font perdro. C'est pour cela qu'on donno aux
dents la formo qu'elles présentent extérieurement ; au moment oir
la dent, C, après avoir glissé sur la surface.extérieure du cylindre,
fr7. 27,, commence à échapper, sa convexité pousse lo bord D, et
accélère ainsi le mouvemenl du balancier. C'est encore pour la
mênre raison que I'autre bord B du cylindre est taillé en 6iseau :
Iorsque I'extrémité de la dent ail,eint ce bord, elle glisse sur la pe-
tite face oblique, et, doune une impulsion au balancier.
32 TNSIRUMIINTS QUI SERIENI A ùlEsuRER LFI :tF:ltPS.
l,'échappement à c1'lindre, que llous venons de dticrire, est pottr
lo balancior ce que l'échappemenl à anorc est pour le pendule.
Dans ces deux échapppments, [an[ qu'unc dent est arrêtée, soit
par le cylindre, soit par I'ancre, elle reste complétement inrmobile.
Do même , dans I'un comme dans I'autre, le rtlgulateur es[ con-
starnnrent, sous I'influence du ntoteut, influence très faible, il eist
vrai, mais qui n'ett existe pas moins, puisque les dents frottent, sur
la pièce qui les arrôle, et qu'ensuite, au moment oùr elles se met-
[en[ en mouvement, elles donnenl une impulsion à cette pièctl.
L'échappement à cylindre est excellent, e[ suffit bien pour les
montres ordinaires; mais il n'en esl pas de même pour les tnolttrcs
d'une grande précision, auxquelles on donne le nom de chrononè'
tres, nronlres marines, garùe-lemps. Pour la construction de ces
montres, qui cloivenb marcher pendan[ plusieurs mois sans se dé-
ranger sensiblement, 0n a imaginé un aulre échappement, dans
Iequel on a fail disparaitre cette inf]uence continuelle du moteur
sur Ie régulateur, et qui, pour cela, porto le nom rJ'ëchoppement
fitire. Yoici en quoi il consiste.
Un ressort A, frg.99, dont I'épaisseur diminue progressivement

Fig. 99.

d'un bout à I'autre, est fixé à son e,çtrémité amincio, dans un talon
B. Ce ressort porte une saillie C, contre laquelle viennent butter
successivement les diverses dents de la roue d'échappement,. Il
porte en outre un petit talorr D, dans lequel esb fixé un second res-
sor[ très tlexible E. Ce second ressori, passe sous I'extrémité recouï-
bée d'un crochet F, qui termine le premier ressort; en sorte qu'il
peut s'abaisser au-dessous de ce crochet sans que rien s'y oppose;
tandis que, s'il s'élève, il entratne le crochef avec lui, eb soulèr'o
]ION'TRI]S D]] CHRONOIIi.]'TRI.]S. 33
ainsi Ie ressort, A. L'areGdu balancicr esl nuni rl'un doigt o, qtri
oscille en mêntc temps que lui, et qui rencontre I'extrémité du peïit
lessort ts à chaquo oscillation. Lorsquc le mouvement, a lieu dans
ler sens cle la flèche f, le doigt abaisse le petit ressort en passant;
nrais lc ressort A resle immobile, ainsi qué Ia roue d'échappement.
Dans l'oscillation confraire,le doigf c,soulève le ressort E: celui-ci
sorrlève à son tour le ressort A ; la dent qu'arrêtait le saillie c
Passe' et cette saillie, ramenée aussitôt dans sa position par le res-
sorl Â, arrêl.e la dent suivante. Ân moment, ou une deni échappe,
une au{,re denl de Ia mêmc roue d'échappemcnt vient donner une
impulsion au bord rl d'trne entaille pratiquée dans un petit disque
fixé à l'axe clu balanc;ierl cle cette manière, le rnotcur r.est,il,ue au
balancier, par uno aclion presclue instanlanée, le mouvement qu'il
a pu perdre pcndanb qu'il a eft'ectué deux oscillations. Sauf le mo-
menl, oir cette impulsion est donntle au balancier, on voit qu'i[ os-
cillc sans êLre soumis en aucune façon à I'influence do la forco du
tnoteur.
,17. La nature du moteur etdu régulateur que I'on emploie
$ dans
une montre permet de déplacer, comnte on veut, la nrachino entière.
( lependant
ce déplacement a uno légère influence sur la marche de la
rïontre. Cette influence, clui esttoujours négligeable pour les montres
ordinaires , peul devenir sensiblo pour les montrès cl'une grande
précision, surtout lorsqu'elles éprouvent des mouvenrents brusques
ou irréguliers. Aussi. lorsqu'on transporte de pareilles montres, et
qu'on a besoin de compter sur
la grande exactitude de leur
marche, doi[-on plendre cer-
taincs précaulions pollr se
mettre à l'abri des variations
rlri çrourlaien t résult.er du
transporI rnônre. C'est ainsi
qrre les nrontrcs marines. dont
on sc selt clans la navigation ,
porrl la r:léternrination cles lon-
gitudes, conlnte nolrs le ver-
rons lrlus tarcl, sont, installécs
tlirns les nar.ires clc manière
à ne pas parliciper' à tous les
nrouvenreul,s occasionnés ptr l.'ig.30.
los vagues. La lig. 30 fait
i'oil la dispositittn clue l'on adopte pour ceia. Le rnécanisnre de la
tnonlro est contenrr rlans rrnc lroilrr niétallirlue entii'relrielrt recou -
3h JNsrRuMENrs eur sERvENT A IIESUnER r,E l'Ettps.
verte par le cadran. cette boite est munle de deux tourilrons Â, A,
diamétralement opposés, au moven dcsquers elre est suspondue à
un anneau métaliique qui I'environne. La montre poui tou.nu.
librement autour de I'axe fornré par I'ensembre de ces deux tou-
rillons ; son centrs de eravité so trouve d'ailreurs notablenre.nt
au-dessous de cet axe : en sorte que , par la seule aclion cle la
pesanteur, le cadran tend constamnrent à se placer horizontalc-
ment, en supposant toutefois que l'axe ÀA lui-même soit hori-
zontal. L'anneau métallique qui supporte ]es tourillons À, A,est clc
son côté.suspendu au mo]'en des deux tourillons B, B, et peut
tourner librement autour de Ia ligne qui les joint, en cntrainant,
avec lui I'axe AA et la rnontre. Au moyen cle cet,te double suspon-
sion , le cadran de la montro peut rester exacr,ement horizontar,
quelle.quo soit la position que I'on donne à la borte tlui corrtienr.
tt-rut..l'appareil. La pesanteur, cn abaissant toujours uutant ilue
possible lo centre de gravité de la nrontro , faii d'aborrl rourner
I'anneau métallique autour de la lignc BB, de telre nranière rllr()
I'axe ÀA soit horizontal; mais en même tenips elle fait tourneila
montre autour de cet axe, e[ amène ainsi la surface clu cadran qui
la surmonte à n'être inclinée d'aucun côté. Un petil verrou C, que
I'on peut pousser de manière à le faire pénétrer dans une o'\'crr-
ture de I'anneau , ainsi que clans une sorte de douille fixée à la
mont,re, permel d'ailleurs de supprimer à volonté le trouble rnou-
vement autour des axes AA, BB.
Une montre marine, étant installée dans un navire contme nous
venons do I'expliquer, ne conservera cependant pas une position
horizontale, lorsque le navire éprouvera des mouvLments biusques
et irréguliers r elle sera soumise elle-même à des balancements
quelquefois très prononcés. Mais ces mouvements s'effectueront,
toujours avec beaucoup do douceur, e[ sa marche n'en éprouvera
qu'une influence très faible, compara[ivement à ce qui aurait lierr
si ello était liée invariablement au navire, de manièrô à participcr
à tous ses mouvements.
on voit sur la Ég. ro que le cadran de la montrs est surmonté
de quatro aiguilles, dont deux se meuven[ autour de son cen[re.
et les deux autres autour de deux points placés entre son centr.rr
e[ sa circonférence. Les deux premières rnarquent les hcures et
les minutes, comme dans les montres ordinaires. uno troisième
aiguille marque les secondes; c'est celle qui se trouve au centre
d'un petit cadran conrplet tracé sur le cadran principar. Enfin ll
quatrième aiguille, qui ne fait jamais un toui entier autour rle
I'axe qni la ptirte, est tlestinée à intliquer le nombre rle jours qrri
\loN.I'ntis II' cr{Rot{oifriiÏtREs. 35
se sonL écoules depuis que la montrc a é[é remontée. La présence
.e celtc quar.ème aiguille fait qu'on n'a prs à.craindre d'e laisser
la.nrgntle,.faute dela remonter à tàmps, poi*qutùÀ
l.::tu.
a cnaque rnstant de l'état de tension dans lequeise
avertit
tiouve le res-
sor[ nroteur.
{ 8'.Dans un grand nombre de circonstances,
,$
()oservar,lorrs
surtout dans res
asr,ronomiques, on a besoin de noter à un moment
délerminé le temps rnaiqué'par une ]rorroge ou u. chronomètre,
sans..cependant pouvoir
letei res yeux sur Ic cadran. Dans de
ltareils cas, on a recours à divers ,oyenr, p'ur suppléer a fi*-
lros.sibilité da's laquellc on se lrouve dc lire âi.ectemônt et imnré_
oraï,eme.l les nonrbres..d'hcures, minutes, et seco'des,
auxquels
corrcspondent les aiguilles.
Quand il s'agit d une horroge, dans raqueile r'ér:rrappement fait
e'tendro u' bruit ne[ ct distiici à chaquô oscillation'-,iu
pendule,
on regardc d'avance lc temps qu.e marquerrt, Ies aiguilles,
puig on
obse,rvc le phénornène dont on s'occupe, tout,
cn cànrptarit les se-
.'ndes successivc's, à.nresure. qu'on'entenrl le bruii produit par
l'éelrappement. (Jn peut tlonc ainsi connaître
esactcmcnt le nonrbre
0e scco.nctes.nrarqué par l'aiguille des seconcles, à
un moment dé-
te.niné de l'observation, sans a'oir besoirr pour cera aÀ-rugu.oe,
cette aiguille. Quant au-r indications des a;gïilres des
minutes ct
des heures, elles peuvent, êt,re connues sans-rlifficulté.
l'our alteindre le même bur, à r'aide des crrronomè[res,
da's res-
rluels l'échappcmerrr ne fair, pas assez de bruir, por;
(,on)me on vient, de ôi';; opèro
dirc,, on a imaginé tleux inoyen, ,time.ents
rlui sonl, très cornmodes .le
l'un et I'autre]
Le premier consistc à arrê[or instantanément la marche de l,ai-
guille des secondes,,à l'aitre r.r'un bouton que |on poii*r*,
ou o,o-
rrent.où I'on a besoin de connaitre re cemps que
marque re chro-
nomètre; de cetle nra'ière,on pe.ut lire ce temps
un peï plus tard,
lorsque I'observation quc I'on ?ait ne s,y oppose
plus.
m'yen consiete à disposei |aiguiile'clcs secondes de
.rere
,l'u"sccond
rirçonr qu en po.ussanI un bouton, on lui fassedéposer
insr.an-
tanément sur le cadra. une marquc apparentc
tclle qu,un po n[
I en regardanr Ie cadran querqrres irisraitts aj;;, ;; ioit rout
'oirsuite
de dans. quelle posirion se iroui,air |aiguiile .,u ;;;;"
I où r,on
a poussé le bouron, tout aussi bien que si |aiguiile -';l;iï
arrêtée
dans cette position. fr,1. 34 i'dique t, f;;; q;;l;;; donne
lu
potrr cala à I'aiguilledes sccondes. Cefte aiguille
petite larne d'acier abc, fepliée sur eile"-même
,. dornpo., d,une
nière à produire comtne dètrx aiguiiles superposées.
* uiî* *.-
L'aiguiile
a

36 INS'IR. QUI sER\'. A AU(III. I,A I'UISSAN(:E I)Ii I,À \ UT.


inférieure ab est fixée, en tl, à I'extrémité d'un dos axes du
nréoanisme, qui traverse lo centre du cadran; elle présente en rt'
une partie plus lar-
ge, percéed'un trott
cn son milieu, et
destinée à recevoir
une petite goutte
d'encre grasse.L'ai-
guille supérieure ôo
' l"rg'. lt | . ns tient à la pre-
mière qu'en b; elle
porte, au-dc'ssous de son extrémité c, unc petite pointo d'acier qui
ôorrespond à I'ouverture de la partie élargie de I'aiguille inférieure :
elle est d'ailleurs cmbrassée en d, par ttne sorte d'étrier adapté à
un petit cylindre creux, qui enveloppe I'axe dont on vienl, de par-
ler, et qui bourne en même temps que lui'Àu momen[ ou I'on
pousse le bouton du chronomèlre, ce cylindre creux s'abaissc
brusquement, sans cesser de tourner avec l'axe qtli le traverse,
puis se relève aussitôt l'étrier, entratné par le cylindre, obligc
;
i'aiguille bc à fléchir en b,
et à se rlpprocher du cadran la I
petite pointe c traverse la goutte d'cncre que porte i'aiguille a D'
et vient toucher la surface du cadran, sur laquellc elle dépose un
point noir.
Cetto seconde disposition des chronomètres est préférable à Ia
première, en ce qu'elle permet de noLer les tenips correspondant à
divorses phases successives et très rapprochties d'un mêmo phé-
nomène I ces temps seront indiqués par les divers points qtl'oll
aura fait marquer par I'aiguille aux inslants convenables.

INSTRUMENTS QUl tuuTunlonltlGMENrElt LA PUISSANCE

$ 49. vtcton d'un obJet. - Avant cl'en[rer dans la desr:rip-


tion des insbruments qui servent à augmenter la puissanco de la
vue, c'est-à-dire des lunetles et' des tëIescoqtes, examinons d'abord de
quelle manière s'opère la oistlon ù'urt' obiet. Cette étude nous metlra
à-nrême de contprendre sans peine comment la vision est modifiée,
lorsqu'au lieu oo regarder l'objet dircctemen[, ou, conlme on dit,
ù t'æil nu j on le regarde en intcrposant une ltlnetto ou un télescope
entre cetobjet et l'o:il.
Lorsqu'un corps esl lunrineux, soit que la lumière émane du
corps lui-même, soit t1u'il soit sinrpleulent, ét:lairé par un autrt:
l

\IsI0N D'Ut\ onJn'l'. 37


lolps lumincux placo dans son voisinage, on peut considérer chaque
point do sa surface oomme envoyant des ral-ons de lurnière dzins
tontes les directious possibles en dehors de cette surface. pour.
rrgarder ce corps, on place son æil de nranière à permettrc à une
r:erLaine quantité rles riryons de lunrière , qui sont ômis par la sur-
fat:e du cor'ps, de léné[rer ir trar,ers I'orrvcrlure de la- prunelle:
('es rayons éprouvent, dans I'intér'ieur rle l'æil des rléviatiôns occa-
sionnées par lcs divcrses rnatiÈrres transparerrtes qu'ils ont à tra-
verser, et ils arrrivcnt enllrr sur Ia rtitino,.où ils produisent une
sensation qui déterrnine la vision du cc,rps. supposôns maintenant
qu'orr rapproche son tl:il de I'objet que i'on regàrde: Ia vision de
t:et oblet se rnodifie, et lcs modi{icalions r1u'e[e éprouvc peuvent
(\tro él,uiliées soustrois points de vue différènts: ,lJsous rerappor[
rle la nelteté rle Ia vision, g" solrs le rapport de ra grandeur appa-
.ente de I'objet, 3n o'fin sous le rappoif de Ia crarié apparen[o do
la surface de cet, objet.
d'abord ce qui se rapporte a la netteté de la vision,
- Yoyons se
Lorsql'on met successivement à cliverses distances d'un corps
pour le regarder, on voit plus ou moins nettenrent les rJétails que
présente sa surface; et il existe une certaine cristance pour laquelle
lcs détails sc distinguent mieus que pour toute auire distance.
tl'est ainsi c1ue, si I'on vent lire dans un livre dont les caractères
sont trùs fins, 0n place naturellernent le livre à une certainc distance
des yeux; cettc' distance est telle que les caractères se voiont nrieux
que si le livre était plus près ou plus loin. cette distance particu -
li(r'e, qui correspond à la plus graricle netteté de la r.ision, se non,nru
fu rlis/rrnce dc ltr, t;rte distittctc.lrlle n'est pas la mêmc pour touL le
monde; souven[ mônre elle cst différcntc poul lcs deuf veux rl'une
lrôrne persollne. sa valeur cs[ oldinair'ônrcnt rlc g à B c]écirne-
lrcs. Err général, on lieur dirc quc lir vision rl'un objet es[ plus
ou moins nctte, suivant que la distancer]c cet, objct à i'cnilserap.
prochc plus ou rnoins de la distanco de l;r vue disîincl,c.
tlonsirlérons rnaintenant, la vision srtus lo rapport rle la granderrr,
itpparente dc l'objet. Si I'on regar,rle lc corps M,
fry. 32, en 1rla-
t;ant son æil au
ltoin[ O, Ia lignc
droite qui joinI dcux
poinls A et B dc ce
corps sera vue sous
un certain angle
AOI|. Nlais si l'æil, au lieud'ôtre en O, vientse lrlaceron 0,, àune
tlistance de l[, moitié de la distancc précédente, la ligno AB sera
L
3tJ tNs'rn. QUt sERy. ,t iil,clr. T.A puISsAti(;E l)Ii t,^ \'uli.
vue sous un angle AO/B qLri sera double du précédcnt, en adnret,tanf
toutefois que la ligne AB soit petite relativement aux distances
Ol'I et O'M. De urênre, si la distance de l'æil à I'objet se réduit,
au tiers, au quart, eto., de la dislance primitive 0M,l'angle sous
lequel sera vue la lignc;lB deviendra le triple, le quadruple...
de I'angle AOB. Ces angles AOI!, A0'8..,, s0 norumenl les gran-
deurs apparentes de la iignc' ,\B : la grandcur apparcnte d'une
ligne devient donc', double , triple , quadruple,.. . de ce qu'elle ét,ait
primitivement, lorsquo la rlistance de l'æil à cette ligne se réduit à
Ia rnoitié, au tiers, au quart,,... de lir distance prinri[ive. En même
temps, il esl facile de recounaîlre que la grandeur apparente de
la surface du corps auquel cetl.e ligne appartient devient quatre
fois, neuf fois, seize fois,... plus grande. On est ainsi conduit à
cette loi : Lu grunùeur uppûrnûe cl'une des tlintensions cl'un obj,:l
rtrio en, raison irr,oersr tlc In rlislu,nce tle I'æil it, ctt objet, et Ia gr(,n-
rleur appat'cnte de sn surfttce tsat'ie en, i'uisolr. inuet.se du carre de
aette distotrce.
Yovons enfin ce qui a rapporl à la clarté apparente de la sur -
lhr:e de I'objet. L'æil étanl, placé à une certaine distanco du cor.ps M,
fi7.33, reçoiù de la lumière qui émane d'un grand nombre cle
points cle la surlace de ce
cOrl)s ; cousidérons un de
ces points en particulier,
le point r)r , par exentlrlo
Ce point envoie, ainsi que
M nous l'avons dit., ders ravons
cle Iunrière danstoutes les
directions en tlehors de la
surlhce du corps dont il fait
partie : mais de tous ces
Fig. 33.
rayons, l'æil ne rcçoit que
<:eux qui son[ contpris i) l'in-
térieur de la srrrface conique qui a pour sommet le point rtr, e[ pour
base I'ouverturc ub de la pLunelle. Supposons maintenant que l'æil
se rapproche du corps I\I, dc manière à réduire dc moitié la dis-
tarrce i laquelle il se tlouve de cc cgrps, et soit, atlttla nouvcllc
position dà la prunclle. Bn c',ô" les dimensiorls transversales dtt
ôône de lumière rttrtD sont deux fois lilus pelit,cs que les ditltettsitttts
<torresponclantes de ce cône r,erÈ la base rrÛ; la granrleur de la
section transversale du cône r,tt u'li n'est donc tlue le tluart, rltr la
grancleur de la base aÛ de ce cône, t:'e.st-à-dire qu'elle n'esI quc.le
quart, de l'ouvertrlre de la prunelle. Il en résulte que l'ouvert,ut'e
\ lsl0N t)'u\ OtlJ|jT. 39
de la lirunelle en rr'rt laissera pénétrer à I'intérieur de l'æil quatre
fois plus de ral'ons de lurnière émanés du point ?ll, que lorsque ce[te
ourer[Lueétait placée en ali. Ce que nous yenons de dire pour la
luurière émanée du lrbint lr peut (rvidenrnrcnt se répéter pour celle
riui vient de tous les aulres points de Ia surface du corps M qui
sont, dans son voisinage. On en conclura sans peine que, si la dis--
tant:e de l'æil à I'objet dirninue de moitié, lir quantité de lumièr'tr
que l'æil reçoit d'une portion quelconquc dc ltr surface dc ce t objeit
devient quatre fois plus grande. l\[ais, en môme temps, la grandeur
apparente dc cet,tc porl,ion rle surface esl également quadruplée,
ainsi que rrous l'âvons expliqué il n'y a qu'un insian[: elle arrg-
mente donc dans le même rapport que la quantité de lumière que
l'æil en reçcrit, et il en rôsulte quc la clurtë tltt ltt. ytrftrcene chuttgc
pcs. Il en serait évidemmcnt encore de même pour toute nouvollo
llosition que l'æil prendrait far rapport à I'objet.
Ainsi, en résumé,lorsqu'on regarde un objet luniineux successi-
vement à diverses distances :,1" I'objet es[ vu avec une nettetéplus
ou noins grandc, suilant que sa distance à l'æil se rapproche plus
ou moins de la distance cle la vue distincte ; 2" la grandeur appa-
rerrte de clraque dimension de I'objet vario ctt raison inyerse de sa
distance à I'tpil , e[ la grandeur apparente de sa surftrce varie err
raison inverse clu carré clc cette distanco; 3o enfin la clar[é de la
snrface de I'objer reste la nrême, quello que soit sa dislance à
I'aril.
Ce dernier résultat parait en contradiction ayec cê que l'on ob-
serve tous les joursJ ca_ron sait quc, à mesure qu'ç se rapproche
d'une surface, la clarté de celte surface augrnente constamment:
si bien que les peintres, dans leurs tableaux, ne nrettent pas la
ntême teinte sur des surfaces égalemenL lumineuses, qui sont si-
tuées, les unes au premier plan,les aulres au second plan.Ilais
il faut faire attention qu'il y a ici une cause qui modifie la clarté de
I'o$et qu'on regarde, cause qui n'existait pas dans Ic cas sul. lequel
llous avons raisonné tout à l'heure : c'cst la présence de I'air qui
oxiste entre I'objet et, l'æil , en quanl,ité d'autant plus grande que
leur distance est plus considérable. Sans I'interposition de l'air,
un lnur blanc paraltrait également clair, quelle quc fût Ia distance
à latluclle on se trouverait de ce mur pour Ie regarder I nrais, dans
la réalité, ce mur parall de rnoins en moins clair, à nesure qu'olr
s'en éloigne, parce que Ia quantité d'air interposée entre ce mur el
l'æil augrnente de plus en plus, et qu'elle absorbe par conséquent
une quantité de lumière dc plns cn plus grancle , Si, dans les rai-
sonnements qui préct':dent. nons a\,ons fait alrstraction de l'air clui
4(l lNs'fti. QUt sERV. Â ÂuGlt. l,a Pt"lISSÂ,N(:ti I)li LÀ \trL.
s'iuterposo entre l'æil et I'objet, c'est que cela nous élait nécessaile
pour la suite.
$ 20. nroprlétés des lentlltea, - Les lunettes étant formées
par la réunion de plusieurs vorros à surface' sphériquo, ou len-
tflles, nous commencerons pal' rappcler hrièvement les propriéiés
rle ces lentilles.
Les lenl,illes se divisenû en deux classes distinctes, d'après la
manière dont elles agissent sur les faisceaux de rar'ons lumineux :
les unes se nommônL lcntilles conrergentas , les autres lentilles
dirergentcs. Les prenriùres sont celles donl l'é;raisscur est plus
grande au centrc que vers les bords.
J-eurs deux faces sonL ordinairenrenl
convexes I nais l'une tl'elles pcuI
êtle planc , ou urôrne concave : 0ll
sorte que, cn coupanL une pareillo
@
Fig. 3 L.
W
Fig. 35,
h
Fig. 3t.
lcntille en deux , par un plan mcné
suivant son axe de figure, 0n arlril
une section préscntant une des trois
formes indicluées ici,, fur .:] 4, 35 et 36.
Dans les lcntilles clive'rgontcs , arr
contrairo . l'épaisseur est moinrlre lu
cenlro que \,ers les bords I et lerr
sr:ction pr'ésente une dcs trois formes
W W W quc rnontrcnt les fg. 37, 38 et 39.
l.ig. 3 ?. Fig. 38. Fig. l|9. L-onsidérons une lentille ()0nver-
gente , fg. L0, esposée aux l'ayons
de lumière qui émanent, rl'un point lumineux A , situé sur son
axe de figurc , el, suffisamrnent irloigné. Ceux dc ces ral'orrs rlrri

i:'l1r

tombent, sur la lentille, Ia traversent en s'infléchissant plus ou


moins, et vont, après leur sortie, converger à lrès peu près en un
même point o. Si le point lumineux A se rapproche de la lentille ,
le point a, ou convergent les ravons émergents, s'en éloigne. Lo
pointA se rapprochant ainsi de plus en plus, il arrive un moment oir
Ie point o se trouvc à I'infini, c'ost-à-tiirc qne les ravons énrergents
PnoPnlû'ttrls t)ES r.HN'ru,Lls, hl
sottt parallèles , lg. {r,l . La position particulière qu'occupe alors le
point A, est ce que l'on nomme Ic fover principal , ou sim-
plentent le fttyer de
la lentiile ; la dis-
tance de ce foyer
à Ia lentillc se
nomme sa distance
lttcule. Si le point A
se rapproche encoro
Fis. 41.
de Ia lentille . les
l'ayons de lumièr'equ'il lui envoic resl,ent tlivergents après I'avoir
traversée, comne ils l'étaient avant; seulementleur divergence
a
rliminué, et leurs direc.[iors pr.olongées vont passer par un-point
a
situé rlu même côté de la lentille qué le point À,
fig, /;2. L:effet rle la

lenl,ille sur les rayons de lu*ière qui émanent rlu point rl esI
done
rle les rendre convergents, ou de diminuer leur divàrgence,
suir-anI
q.ue ce point est plus loin plus près de ra lentille
9u. ron foyer:
{.,r
si lo point A est au fol,erJui-rnême, la lentille rencl parallèleË les
rayons qui en émanent I rJe mênre, si Ia lentille reçoii un faisceau
rle rayons lumineux pârallèles à son axe, elle les fait converg.er vers
le foyer.
une lentille convergente agit, d'unc nranière entièrement ana-

Iogue sur les rayons de lumière qui émanent d'un poinl A sitné r)
rrno petite distance rle son axe, t'iç1, t+3, ou bien sur les ravons

&.
lr2 rNs'rn. QUI sERv. A ALIG\[. LÀ PIJlssAticE DE LA TUE'

parallèles dont la direction fait un petit angle at'e.c-cet.ax e ', f,g ' tr L '
barnri les ra.vons clue le point A envoie à la lentille,. il y en a né-
cessaircnrent-un cpii n'cst déviil ni d'un côt(r ni d'un autre: on

démontre que ce ravon passe toujours par un mêmc point o, quelle


que soit la' position qubccupc le poinI lumineux À, pourvu qu'il
ne s'éloignc pas bcaucoup de I'axe dc la lcntillo : ce point O se
nomme le centre optique de la lenlillc.
L'action tles lentilles clivergentes sur les faisceaux de rayons cle
lumière est inverse de celle des lontilles c.onvorgentes. Si les rayons
qui arrivent Sur une pareille lentille Sont cottt'crgents, elle les rentl
moins convergents, ou parallèles , og rlivergents; lorsqu'ils sont,
parallèles, ellà les rend divergenl,s; lorsqu'ils sortl ilivergents , elle
augmente leur divcrgence.
.q Zt. Supposons qn'un olrjel lurnincux
AB, fr7. &lt, soit placé

en avant, d'une lentille convergentc, uu delà tlu foyer F tle eell,e


lentille. Lesrayons tle lumièrequi par[enb du poirlt Ade cet objet,
ct clui traversenI Ia lcnti]lc, conrrer€ient ensLrite vers le point rr, les
ravons qui partent du poinl B convcrgent vers le poin[ ô; et il
en est de même pour les rayons qui lrttrtent de tous les autres points
de l'obje[ que l'on corrsidère. Colnétanl,, concevonsquel'ott place son
cBil au delà de l'endroit rrD oii se trouvent les points de concours
rJe ces différents faisceaux dc ravons cle lurnière. Lcs rayons partis
du point, A, rendus convergents pflr la lenlille, et se rencontrattt
au poinl, a , pénétreronl à I'intérieur rle l'æil, cltt v prodtrisant la
PROPRIÉ I'ÉS DES I,ENTII.LIS. tt?t
même_sensation rlre s'ils
provenâicnt, rl'uu point lumineux situé
er u; Ies rayons émanés du point Ii se comporteront comme s'ils
par[aient d'un point Iumineur sit,ué cn û; et àinsi rJes autres. L'æil
tiprouvera donc la mfle sensation que s'il v avait en .l.r un objel
dc même fornre qre l'olrjet AB, nraii ren'eisé; on verra cet objet
tun ab, comme s'il cxistait réellenrcnt. c'es[ co qu'on exprime"crr
disanf que la lcntille produit en rr,b une image renïersée oà lg.

l"jr'. -11;.

.t,ne expér'i0ncc bierr sinrlrlc ptlruct, rle urel[rc r-ourlrlei,.omcnl orr


rivirlencc I'inrage plorlniLe l)ilf ur)c lcntillc. Qrr'on sa n-,..Itn clirrrs rrrru
clrantbnr oir il n'an'ive pas rlc lrrnritilc du rlchols, soiI que toutr,rs
Icr otrvcrturCs -qclit:nt het.nré[irlrreLnonl ferrnces. SOit rlri'r,n opèr,c
litrndant lir nui[; qu 0n rlisposc dans ce L[e chnnrllrc ob*a.,r,., *,,,,
rrner table, rrnc bougie allrrnrirc \,lirt.46, cf ir uno cc,rttino cl,is-
ttrni:c une lentillc B, nroutéc sur ull picrl, ct lounrtlc r]c nranièle
..lLl'unedc -qes faces soir en rcgard dcr li
llaume cle la bougie;qu'on
place cnfin, de I'aulre côté de la lentille, un carton blanà t), à unc
rlistance con'e.able, ct- l'on sur cc carlon urre imagc
lcnversée cle la flamme de la -âpercevra
bougie, ainsi que cl'urre portion cle ia
boysle ellé*mênre, qui est éclairde par Ie,ôisinug" dc la flamnrt,.
$ 92. Lorsqu'on'eut ol-rserve. etirlétail Lrn objËr rte petites r1i-
tnensions, on le regarde a'ec nne /oupe, c'est-à-clire avec unelen-
tille forLenrent convergente, et on le voit ainsi ar,ec dcs tjirnensions
lujoqoop.llus grandes, Yoici conrment cet effet se produit. L'objct
,)B: É,/... 47, étant placé entre la lentille ct, son fo1,s, t,les rayons
ilc'lunrièrequi érnant:lrt, du point:\, et qui t,raversËnI la lentille. ne
Ir/r INS,I]R, (IUI SER\T. A AU(iU. tA PUISSAN(:Ti DE I,A ïUIi.
perdeni pas toute leur divergence; mais eprès-qu'ils I'ofit traversée,
ils semblent venir d'un poinù a, situé au delà du point A , sur le
prolongement, dc ln ligne ,\O qui passe pal' ce point A et, par le
ientre optique O dc la loupo. Les rayons tlui partent du point Ii

épiouvent égalenrent des déviations telles.qu'ils_semblo.nt venil dtt


p'oint A, sitùé sur lc prolongement {.e.la ligne BQ; 9t il.en est de
*O*u pour tous les aùtres points de I'objet AB. L'ceil,,qui.est placé
ds I'auire côté cle la loupe,-et qui reçoib les rayons de lumière éma-
lant cle ceb objet, éprouve donc la même inlpression que si-la loupe
ru'existait pas ôt quo I'objet AB fiit remplatrti par-un objetde môme
lbrnre ab.'L'imag-e crb, que l'æil aperçoit, est plus ou m.oins éloi-
gnée de la loupe-, et par suite de,l'æil , suivant que I'objet Ats est
1iln, oo moins près du -fo:9.t
F. On-conçoii donc que..l'on ltttisse
blu.ff l'obiet à une telle distance de ce fover, qtre I'itnago aû se
irou". rep'ort,ic à la distance de la vue-distincte ($ ,19). Il en re-
sultera quc l'æil pouma voir nettement leg détails de ce[te imaEçe,
donI les himensions sont d'ailleurs beaucoup plus grandes que celles
de I'objet qu'elle remplace I et c'esb cc qu'on exprime en disant clut'
la loupe grossit les objets.
Il est, Éien clair que, plus le foyer' [r sora près de la lentille, plus
I'objeb. AB devra lui-même en être près pour être observé conlnttr
nooi tle le dire, et plus par conséquent le rapport des di-
mensions"*nons
de l'image ab à celle de l'objet sera gratrd ; puisque cel,te
il;g, doit toujouis ôt.e placée à une même distance de l'æil, e1
uariuite de la ioupe. Le grossissemen[ de la loupe dépend donc tltl
ia distance qui existo entre elle eC son foyer; cette. distance es[
à;rotunt pluË petite que les rayons des surfaces sphériques de la
lentille sont eux-mêmes plus petits'
S ZB. Lunertes. -
ies lunettes, dont on se sert 6a.s les ob-
servationS astronomiques, Sont cles instrurnents formtis
par la cont-
tlinaiiol de plnsieurs lentilles' au l'lloven clescluclles on peut' roir
r,rjNfi'rTxs. û 5
les obiets beaucoup mieux que si on les rcgardait à l'æil nu. [Ine
lunelte, réduite à sa plus grande simplicité, so contpose: ,lo d'une
lentilfe conr,ergente L,fig.4fl. dcstinée à produire une intage rulr

de I'objet AB que I'ort observe, conformément, à co que notlsavons


oxpliqud: précédemment ($ 2l); 2" d'une seconde lentille L/, qui
rt'esI aulre chose qu'une loupe ($ 22), clestinée à grossir I'image nÙ'.
La premièrede ces deux lenl,illes,, celle qui est, tournée vers I'objet 4ts,
se nomme pour cettc raison l'objectif ; la seconde, près de lâquelle
I'observateur mct son æil pour regarder dans la lunette, se nomme
I'ocrulafre. Ces deux lentilles sont montées aux deux estrémités
rl'un tuyau noirci à I'intérieur, et destiné à empôcher qu'il n'ar-
live à I'oculait'e des rayons lumineur autres que ceux qui viennent
tlirectemerrt dt' I'objectif. Ce tuyau, dont la présence n'es[ pas
indispcnsahle, selL en outre à r'elier I'oculairo et l'objccbif I'un à
['autre, de sorLe qu'il suffit de le faire mouvoir, pour dd,pltrcer à la
fois les tleur lentilles, e[ amener ainsi la lunette à se diriger vers
tel objet que I'on veut.
[,'image ub ne se produit pas toujours à la môme disLance de
l'objectif ; elle s'en rapproclte plus ou moirts, suivant que I'objel, Ats
est plus ou moins éloigné. Cetl,e image se produit au foyer mône clcr
I'objectif, lorsque I'objet AB est assez éloigné pour que les t'fl)/ons
que chacun do ses points envoie sur tout,e la surface de l'object,if
puissent être considérés conrme parallèles etttrc eur; c'cst ce qui
anrive toutes les fois que I'on observe un astre. D'un autre côté, la
position de I'oculaire par rapport à l'irnage ab varie suivant la vue
rle I'observateur, puisque cet,te position doit être telle clue I'image aÛ
se trouve reportée et a.'lt', à la distance de la vue clistincte, dis-.
taucc qui clrange d'un individu à un autre. C'es[ pottr certte double
raison que I'oculaire esb adapté à un pe[it tuyau clue I'on enfoncc
plus ou utoins clans le tuvau principnl, pour établir unc distanoc
t:onvenable en[re les deux lentilles.
S 24,\toyons de quelle ntanière la vision d'un olljct, se trottvc
nrodiliée par I'interposition (l'une paloillc lunettc enl,rc I'objet, et.
I'rlil:eL pour cela eraniinons I'efTct, lrrodrrit, sous lt-'s troispointsclt'
/r(i lrsln. eul sER\'. A Aucll. l,a PUlssAN(:E DE LA vun.
vue indiqués précédemment ($ 4 9), c'est-à-dire sous le rapport de
la nettelé de la vision, de la grandeur apparente de I'objet, et d0
la clarté apparente de la surface de ce[ objc[.
Il résulte d'abord de l'idee simple que nous nous sommes faite
ri'une lunettc, que les ra,vons Iumincux r-imanés d'trn mênro point de
l'objet, et dévies tlans leur routc par leur passage à travers la
lunette, anivont à l'æil avcc le nlênte degré dc dirergence que s'ils
venaient. rl'un point situé à la distancc rle la vue distincte. On peut
donc dire que, lorsqu'on regarde un olrjct à l'aido d'une lunette,
si I'on a soin d'élnblir unc distancc cont'enable entre I'objoctif el,
I'oculaire, la vision cst l,otrjours rlellc'
Les lune[tes ne grossissent pits récllement les objets, puisqu'il
est, bien évident que I'imagc a'Ô" cl'où les ra1'ons senrblent partir
en sortant de la lunette, es[ heaucoup plus pctite que l'objet AI]
lui- même qui se trouve touiours à une grande distance de I'ob-
jectif. I\fais ce nc sont pas les dintensions réelles de I'objet,, et.
rle I'imageo'b', qu'il faub conrliarcr pour avoir une idée de la puis-
sance do la lunette que I'on enrploic; co sont les grandeurs appâ-
rcnl,es de I'objct et de l'inragc qu'il inrportc cle mettre cn parallèle.
Nous der,ons sculcntenl examiner si I'objet paralL plus gland lors-
qu'on lc regarde avec ltt lunctte, quc lorsqu'on le regarde à l'æil
nu. Or, il cst aisé de voir que la grandeur apparente de la ligne AII
vue tlirectcnrent, c'esl-à-dire sans lunetlcl, es[ sensiblement égale
à I'angle AOB, ou bicn, ce qui levient au tttême' égale à aOÛ : car
la longueur de la lunette pcut êbre complétement négligée relati-
vement à la distance à laquelle se trouve I'objet AB. D'un autrc
côté, on peut, prench'c l'angle u'O'l/ ou bien ruO'bpour la grandeur
apparente de I'image n'b': car I'ccil se illace toujours très près de
l'ôàulaire, et par conséquenb du point O/, pour t'eoevoir les ral'ons
rlui viennent de cetl,e image. Le rapport de la grandeur apparente
de I'inrage o'b' à celle de la lignc AB est donc égal au rapport des
angles nO'D c[ aOà. Ce rapporb se noûln)e le gt'ossfssenralt de ltt
lunet[e. Pour en avoir unc erpression simple' nous observerons
rl'abord que, les anglcs aO'0 et aOD étant torrionrs petits, abpeuL
êt,re indiffércnirnenI rcgardé coû']nle rln arc de cercle ayant pour
'centre
soiI le point O, soiI le point 0/; c'esl-à-dire que le rapport
des angles aO'ô et u0b cst égal au rapport inverse des distances
rle l'image rrli aux cleur points O/ ct O. Nous remarquerons en-
suite quc, vu la grande distarrce à laquelle se trout'e I'objet ÂB'
l'lmagô nb se produi[ sensiblemcnI att fo-ver de I'objectifl ($ 90),
eL que, d'nn itutre côté, I'ocrrlaire doit être placé de telle manière
c1uti,rl, soit trÈrs prt\s clc sott forer. potlr rcporlcr rtrÙ'à la distalrce
I,UNlj'TiIDS. !t7
de la vue dist,inctc ($ 22) : nous pourrons donc dire quc lc grossis-
sement cle la lunette est drgal au rappor[ de la distance focale de
I'object.if à celle tle l'ooulaire. On conçoi[, cl'après cela, qu'en
t:onstruisanf une lunet,te, au mo)'en d'un ol-rjectif et d'un oculaire
convenablement, choisis, on pouma obtenir uu grossissement aussi
lorl qu'on voudra.
Examinons enfin I'effel produit par une lunetl,e, sous le rallport
de la clarté apparente de la surface de I'otrjet qu'on observe. Chaquo
point NI de cet objet envoie des rayons lurnineux sur toute la sur-
lhce de I'objectif. Ces rayons, rendus convergents par I'action de la
lentille, vont passer par un même point rn apparLenant à I'image rrÛ,
frg. !r9; ils coniinuent ensuite leur route, e[ fortnent un faisccau

divergent qui vient tomber sur Ia surftrce de I'oculaire; enfin cette


seconcle lentille diminue leur divergence, de tellc facon qu'ils sem-
bleni venir du lloint ttt' tle I'image ru'bl. Si I'on regardait dirtlc-
l,emenI I'image oD, sans se servir de I'oculaire, ott devrait, mettre
son æil à une distancc de cette image égale à la distance de la
vue distincte; à cette distance, le faisceau des rayons qui pas-
sent par le point nr se trouverait trop large pour pénétrer tout,
entiei par I'ouvertura de la prunelle : l'æil ne recevrait donc
qu'une portion tles raYons que le ltoint \l envoie à I'intérieur de la
lunette. Mais I'oculaire, en dinrinutrnt la divergence de ces ravons
peu après leur passage ltar le point, nr, e[ en permeftant en out.re
à l'æil de se rapproclter bcaucoup de ce point, fait que le fais-
ceau tou[ entier peut traverser la prunelle e[ entrer dans l'æil.
Ainsi l'æil reçoit , de cbaque poinb de I'objet observé, la tolalité
rles rayons que ce point envtiie sur la strrface de I'ob.icctif, en fai-
sant, abs[raction toutefois do la pertc de lurnière qui r'éstrlte du
passage des rayons à lravers les lontilles. Avcc t:ette restriction, on
peut donc dirc que, si I'on t'egardc cl'abord un obje[ à l'æil nu, lluis
i1u'on I'observe au lnoven d'uue lttneil,c, la quantité de lumière
envoyée par chaque point, de I'ohjet à l'intérierrr de l'æil attgmente
dans-le râpport de la surface de I'olrjectif à I'ouverture de la ptu-
lrfl tnslri. (Jl I sllrv. ,\.\u(;\t. t, \ t)titssAtr(:t.: t)l,t t,À \ ut,:.
nelle. En réalité, cel,te quan[ité de lunrière est augrnenti'e dans urr
rnoins grand raltport, en raison de I'absorlitiot tl'une partie dtrs
lavons par les ntasses de velre qu'ils travcrscn[. Si ltr granderrr
apparente de la surlhcre dc I'objct sc trouvaiI augmentée par I'rrfiel.
tle la luncttc, pr'écisémenI dans le ntômc rapport cluc Ia quantité
rle lumièreque I'otil reçoiL de chacun des points de celte surfacc,
la clarté apparente dc la surface rester.ait, la même, ainsi que celn
a iieu lnur la vision directe d'un olrjel, lorsqu'on s'en rafproohe
plus ou nroins (S ,lg). Nlais I'acc,roisscnrent de la grandcui appa.
rernte dc I'objet, résultant de I'ernploi d'unc lunettc, rlépenrl des
dislances focales de I'objectif et de I'oculaire ; tandis qLre I'accrois-
sement de lir quantité de lumière que I'uril recoit dc cheque poinl
rlerÀ surfarcc clc cet objet dépend de la grandcur de I'objectif : ces
rleux causes, étant entièrcmcnt distinctcs, pourront avoir une in-
lluence relative plus ou moins grande , ef Ia clarté apparente de la
surface de I'objet sera augmentée ou diminuée par I'emploi de la
lunc[te, suivant que la seconde cause I'emportem sur la première,
ou inversement.
En résumant ce que nous venons de dire, nous l,crrons que
I'emploi d'unc lunette, pour. observer un ohjet, utoclifie la vision dc
la manière suivantcr :
,1" La vision est toujours nette, puisrlue les ra1'ons reçus par
l'æil, et, émanant d'un même point de I'objet, sernblent venir d urr
Jroint situé à la distance cle la r.ue tlistincte.
2" La grancleur.apparente de clracune des climensionscle I'objet
est augmentée dans le rapport dc la distance focale de l'objectif à
t:elle cle I'oculairc , eb Par conséquent la grandeur a1'paren{e de la
surface cle I'ohjet est, atrgnrerrtée dans un rapport égal au carré du
précédent,.
30 Enfin la clark! apparente de la surfacc de ltrbjei dépend à
la fois du grossissement, de Ja. lunettc, e[ de la grandeur de son ob-
jecti[: de telle sorte que, à égalité de grossisscment, cctte clarté
cs[ d'autanb plus içrandc rluo I'o[{cctif est, lrri-rnêurc plrrs grand : et
(lue, pour un mêrne objectit, elle cst tl'autant, plus faible que le
grossisscnrcnl, esI plus considérablc'.
II est, bon rle remarquer en outrc qne lcs luneiles , tlisposées
conlrne nous I'a\,ons iruliqué, reltversent les objets : c'est-à-dire
qu'elles lbnt voir. en bas la partie de I'objetobservé qui es[ en hauc,
ir gauche ce qui est à droite, et, tice l)ersû. Ce renversement des
gbjets n'a pas d'importance dans lcs observat,ions astionomirlues I
il suflit qu'on en soiI prér,euu pourqu'il n'en réstrltc âucull incon-
vénient.
t,Ulri'r't'uS. 1l!f

9ô. L'einploi dcs lentilles isolées, soit cumuie loupes,.soil;


"s
(:olr)n)e besicles, doit rcmonter à une époque très reculée, le gros-
sissemenJ des objcts , vus à l,ravers un \/itse rotrd tle verre rempli
rl'eilu , a dûr conduire à leur découverle , peu de temps après l'in-
tent,ion du verre. \Iais it rt'en cst;ras de ntênte des ltrnettes, dont
la découverte est, bclueoup plus réctrtrtc. Elles furent jnventées ,

dit-on ., par un oplicicn do \liddelboul'q , dans ]a boutique duquel


rles enfarnts, cn jouan[ avaicttt lbrmé la combinaison de verre-{
,
lenliculaires qui constitue ces merveiilerrr instruments,
(ialilée, avanL entenclu purlcr de ccLl,e iuvenLion 'en 4 609), con-
slluisit lu i-mênre d es luuettcs, cb s'en sen'iI liotrr observer les ttstres.
La disposition qu'il adopta tt'est pits tout à fait la même que celkr
don[ nous avons parlé précédemmenb, ct qui tr'a été ernployée qrro
plus tald : elle en diffère prrr I'oculaire, <1ui cst fonné d'une lentille
rlivergente, au lieu d'une lentillc convergento.Il n'est plus possibkr
rle considérer un pareil oculaire r:omme une loupe, au rnoven cltr
luquelle on observe I'image produitc par I'objectif ; mais on recon-
nait aisérnent t1u'il cotrduit au même résultat. Soit alt, fg, 50 ,

l'irnage dc I'obiet AB, plocluitc pal l'objecr,if L; l'oculaire L'ne se


plncc plus au delà dccette ir-nagc, mais cntre elle ct, I'object,i[, de
manière à recevoir les ravons lumineux , {r\ant qu'ils aient fornré
<rette imagc. Les ravons émtrnés du point A, of rendus convergents
par la lentillo L. ilaient concourir an poinI rr, si la lentille L/ n'eris-
lait pas : la préscnce der ln seconrlc lentillc fait rSre ces ravons , de
cour,ergents qu'ils ét,aicnt. devictrucnt divcrg-i:nts, (,t semblcnt ainsi
vcnir d'rrn poinI rr'. lin plat;ant t:orrvcrtabk:utent I'ourlaire L/, on
llcrrrI faire en sorte tlue I'inrago rr,'û', {l'0u seml-rlcrrl, verrir les rilvons
ilrri entront rlans I'rrril, su Lrouvc à Ia tlistance cle lu vue distinbtrr:
crr sorte (plo? en di:finitive, lc résultat cst absoluurcnI dc même qne
si los ravons allaicnt, réclllrnrent forntor l'intagc aD, pour être en-
suitc soumis à I'actiort d'lrn0 loupe dcstindre à grossir cettc inrage.
l,a lunelte de Galilée présenlc rlcus avantàges srr celle don[ nous
ritons parltl d'nl.rortl : qrrenrièrenrent ellc n,l lenverse pas les objels,
coùlre 0n lc reconnalt snns pcine, frg . ï0 ; ert second lieu, itvec un
,j
i0 trsln. (JUI sDnl,.,t,tucu. r, l,utssÀItr(]E Dt; t,r l,.u[.
nrêrnc objectif, elle u do.longueur que la runct,tc orclinairc,
.moins
on raison dc Ja position quc I'or:ulaile doi[ avoir par rapport àr
I'inragc procluite lrar cet olrjcctif. ccs deux avantages, quin"ont pas
rrne graildc inrportance pour les observaLions astionomiques, ont,
faiI conscrvcr la disposition adoptée par Galilée, clans la ôonstnrc-
tion des lorgncttes de spectacle, donl le but principel est, d'aug-
nrenlcr considérablement, laclarté apparente cles olrjets, tout en lcs
faisant, r'oir ayec beaucoup de ncttet(1. Lc grossissemen't, tlans ces
lorgnettes, s'élèr'e rarenrent au dclà rle J.
Le plus lort grossissenrent des lunettes dont Galiléc s'est senr.i
dans ses observations.as[rononiques est rje r]g. Quelque rcmps
aJrrès, tlu1,'gens et,cassini lloussèrent cc grossissement juéqu'à ,l 0'0;
pour cela ils clonnèrent, à leurs lunet,tes unc lorigueui t]*i plus dcr
I mètres.
Plus tard, vers 4 664, AuzouI construisit un orrjectif qui pernret,-
tait, d'obtcnil un grossisscment, de 600; nnis sa distinci focalc
etait de 9B nrètres, et, ilaurai[été liir:n difticile d'établir c[ cle ma_
ll(xuvrcr une lunel,te d'une aussi grande longueur : aussi AuzouL
supprinra-t-il le tul-au, qu_I. oon)n)e nous l,arlons dit ($ 2B), n'es[
;las absolunrent indispensable. une immense tour de bàjs avait cté
construite peu de tcmps auprrravant pour fecc\,oir Èr son sonrmet lcs
eanx élevées par la machinc dc I\larly, ct.destinées à alirnentcr lcs
résertoirs du chàtcau de ce nont ; cette tour étant devenuc inut,ile,
lorsqu'on cu[ achcvé l'aqueduc cluiexiste cncore aujourd'hui, on lii
Iransporl,a dans les jardins dc l'Obscrvatoire rle paiis; et c,est sur
sa parlie supérieurc qu'Auzout installa son objectif, en le dispo-
Tnt 99 nranière que son axe de lig11e piht, êtrc dir.igé vers la région
clu cicl cluc I'on voulaiI examiner. Quant à I'oculaire de celte im-
mense lunette, il etait tenu à hi nrain par l'obsen'ateur, qui deyair
nécessairemcnt sc placer près du licu où se fornraib l'inrage cle
I'astre soumis à ses obsen'ations. on conrprendra sans peine tout
ce. qu'il y avait de gênant dans ce tto dispo-rition
, qui obligeait
I'observateur à clrangcr dc place à nesure que I'asLre'se clépk(ùit
dans le ciel, et à sc mcttre ainsi, tantôt, au ni\.eau du sol, tantôt à
uno bauteur plus ou nioins grande, suivant que cet astre s'élevai[
plus ou nroins au-dessus de l'horiz-on. D'ailleurs t'objectif et I'ocu-
luire n'élant, pas liés I'un it I'autre, comme clals les junettes ordi-
naires, il c,n résultait qu'ils n'éta_ient presque janrais orientés I'un
comme l'autre, e[ que par suite les inrages obserr'ées nranquaicrrt,
de netteté.
on se dcnrantle nalurellenrcnt pourquoi I'on augnrentait ainsi
outre mesure la distancc focale de I'objectif , et parionséqrrent, la
tiul\E't"r'Es. 51
long.eur de Ta lunette, pour atteinclre de forts grossissenronts.
Norrs avons,vu,ctug le grossissement d'une lunetle"est
nresuré par
le de la dis[ance focale rJe I'objectif à celle de I'oculai..
'apport
($ 2r) ; il semble donc qu'en dinrinua.[ suffisarnment la
seconcle ckr
.es deur distances focales, sans moilifier la prenrière on puisse
,
oblcrrir ur grossissernent aussi grand q,,'ou oôr,,lra. \tais il existe
ttne circonstance, dont nous n'ai'ons pis parlti jusqu'à préscnr,
e[
c11ti s'oPlosc. à.ce q..e le grossissenrerit .oit
augn,enté par la scul*
rliminution de la distance focale cle I'oculaire.'pour quc la
clarté
rles images fournies par une lunettc ne soit, pas tropairaibtie,
il est
indispcnsable d'agrandir |objecr,if , à nresure qo'ôn augmente re
grossissement. sicct, agr:rnrrissemen[ cle I'objecfif s'effeciuait sans
changer. sa dislancc focare, e[ par conséqu-cnt sans changer ]es
ravons des surlaces sphériqucs qui fornrcrri ses deux faceJ, cha-
t:une de ces deux faces tier,:iendr.àit rrnefractio' plus grande de
la
sphère entière,à laqu,cllc ellc appar.tienû. or, on suir quË lur lentillos
rlricomposent la lurnière, et fournissenI dcs iniages dont lcs borrl.s
sont irfsas,'on saiI de plus (rno ccs irisations ànt r-l'aurarrL plrrs
rl'importance relrtivcrnent aui rrjrr;errsions rio I'inrage qu'elles
ar:-
conrl)ag,nent, que lcs faces des le.nr,illos qui les ont
Jlrocluitcs sont,
elles-mêmes plus p".randes par rapp.r.t, .nx sur.Iirces totales dos
spbères donb elles font parr,i-e. on vôit donc que, si I'on augmenre
lc grossissement, d'une lunoftc cn dimjnuant soulemcnt la clistance
focale de I'oculaire, ce qui oblige à agranclir I'objectif, tout cn lui
conseryant une même distance focale, on produit des imagcs dans
Iesquelles les irisations. acquière't ine
[lus granclc im'iortancr:
relative : la confusion qui en ldsulto dans ies rteiails dc cei images
frit. ainsi disparaltro les avantages clui pou*aienf résulter clc I'ac-
croissement du glossissement. Si , -au'contraire, on augnlente ltr
grossissemenl en donnant unc plus granrle disrancc focr,le à I'ob-
,iu.!i{l on peut augmenter les'dimeisions transvcrsales cle cettc
rcn[llre' sa.nr que porlrceltr ses faces cesscnt d'êûrc dc très pelitcs
Iraclions des, sphères arxqueiles elres apparticnnc.nt: et par co.-
stxluent on obtient des images plus granôes, salls ar:croit'e I'inr-
portanco relative des irisltions.
,O.n,n'lyloit pas pu espérer poussef lc grossissenrent au clclà dei
celuide 600 qu'avait obtenu Arrzout, cluni'la Iurrctte colossale dont
rlous avons parlé , siun
Jrlrvsicicn anglais, Dolloncl, lr'avait lrouvé
le rnoyen de corrs[ruire- dôs ohjectifs" acrvoptuliques, c'esr- à-dirc
qui,dévient les ravons de luniière sans lcs àc.orpor*r. cette ini-
portante découverte , qui dato cle ,,l7Sg, a permis non .seulement
tle construire des luncitcs d'une
lirus gianrkl pnissiuce, sans rierr
52 tn's'r'n. (JUI sxR\. a Âu(;u, t.a purssaNcE DH I.A \ut.t.
perdrc du côté dc la netteté des images , mais cncore de réduiro
consitkirablement leurs dimensions, ce qui lcs rond d'un usage lieau-
coup plus commode. LIn objectif achronratique cst forrnri par la
jrrxtaposition de deur lenlillos, ft,J.'il, donf I'une est, convergente,
ct I'au[re divergentc. Ces rletrx lentilles ne sont pas faites
de Ia môrnc espùcc dc vcrro : la premièro cst de verr.c
vert, nommé par les Inglais croLon, gluss ;la seconde csl
do vcrre blanc, nomnré llittt olass. Lorsqu'un fuisceitu do
ravons lumineux, émanés cl'un point cxtérieur, r,ient tom-
ber sur un pareil objectif , il esl soumis succossivemonI
à I'acbion de ces deux lentillcs : la premièrc lc rend con-
vergent, et décompose en même tcmps la lumiùr.e donI il
cst fonné; la sccondc, agissant cn scns contrairo, drilluit
la rlécomposition qui a eu lieu, et diniinuo la convcrgenco
Æ du faisccau, sans cepcndirnt la faire dispalatt.re complé-
Fis. 5{. tement. En sort.e que Ia réunion rle ces deux lerililles
fournit un objcclif qui produit en définitivo le rnême effet
qu'une lentille convergente qui ne décomposerait pas la lurnière.
Depuis I'emploi dcs objectifs achromatiques, on a pn lrousser lc
grossissement des lunettes atr dclà do la limite qu'Auzou[ avait eu
tant dc peine à attcindre, tout en leul conservant des dimensions
rlui pelmettenl, de les rnanceuvrer facilcnrent. 1\[eris, ainsi que nous
I'avons r.u, il est nécessaire d'agrandir l'ob.icctif , cn môure tenrps
(lu'or) augmente le grossisserrent, afln de conscf vcf une clark! suf-
fisante aux irnages ; la difficulté qu'on éprouve à obtcnir de grandes
masges de vcme asscz homogèncs pour scrvir à Ia construction des
objectifs fait qu'on est encorc linrité dans l'accroissemcnt du gros-
sisscment;on ne peu[ guère, jusqu'à prilsent, aller lu delà d'un
grossissemcnt de 3 000, Le plus grancl objectif que I'on ait, encore
construit a 38 centimètres de diamèlre; il sort, des ateliers de \

M. Lerebours. \
Les fortes lunettes sonI habituellenrent nrunies de plusieursocu- ;

laires de rechange, dont on sc sert alternativernent, suivant qu'on


veui grossir plus ou moins I'image lrrorluite par I'objectif.'Quand
on obsen'e un astrc très luniineux, on cmploie un oculaire qui
tlonntl un fort grossissement, et I'on n'a pas à craindre que la cllarté
rle l'image soit trop faible. Si, au contrairc, on observc un aslrtr
tlont la lumière ait peu tl'intensitdr, 0n se sert d'un oculaire qui
rlonne un grossisscment moindrc.
Nous tvons supposé jusqu'à prrlsent, que I'oculaire d'une lunettc
rltail forrné d'unc sirnplc lentille faisant fonction dc loupe. En réa-
litri, l'ot:ulaire cst fornrti rle plusieurs lcrrtilles, rlisposécs dc nra-
I,UNDTTES. 53
riière à obtonir certains avantages t1u'uno lcntille rrniquo ne peut
pas donner. C'est ainsi, par exenrple, qu'on pan'ient à agrandir lo
tltu,tnp rlc l,u, lutettrr, o'es[-à-dire ]a portion de I'espace d'oir I'on
peut recevoir en nême temps des rayons lumineux,, pour chaquo
position donnée à ceb instrument. En faisant unc certainc combi-
naison de lentilles, on parvient. à consLruire des oculaires qui re-
drossont lcs images: les luncttes munies de ce genre d'oculaire se
rronrment lLmctlcs ta"rcstras r pârcê que ce n'est que dans I'obser-
v:ition cl'objets terrestres que lc redressement des images peut
avoir dc l'irnportance. Dans les lunet,tcs astronomiclues, il cst bon
cluc lo champ ne soit pas trop restreint ; mai,s on no doit pas cher-
tltcr à obtcnir lo redressemen[ cles images par I'addition de quel-
rluos lcntilles, donI la présence entraine toujours la perte d'unc
portion de la lumièro qui vient dc l'astre observé.
$ 26. Pour terminer ce qui se rapporte aux lunettes, nous indi-
tluenons la disposition dcs pieds surlesquels on les place ordinaire-
ment, et qui permettent de les dirigcr avec le plus grande facilit(r
vcri telle région du ciel que I'on veu[. [,tr lifl. 52 représente un de
cos picds. II se compose d'un bâti solidc AA s'apouyant surle sol
au moyen de trois roulettcs B, B, ct de deu-r cadres mobiles C, D,
dont le premicr doit supporter directemenb la lunefte Ii sur sa face
supôrieure. I-e caclleC es[ relié au l-râtiÀA par une sorte de char-
nière nrnr, autour de laquello il peut tourner, de manièro à s'in-
cliner plus ou moins sur I'horizon. Le second cadre D est réunido
nrême au précédent par uno charnière nn, qui permet de fairo
varier à volonté I'angle compris entre ces deur cadres. Le côté infé-
rieur oo clu cadre D pcut glisser lc long de la face inclinée pp du
briti AA; et ce mouvemcnt détermino l'élévation ou I'abaissemcnl
rle I'extrémité nn, dn cadre C, qui tourne alors aufour de la char-
nière mnr. Deux chalnes Sans fin r7q sont disposées tle chaquo côtii
rlu birti AA, eb sont attachées chacune à une des extrémités du
côté inférieur oo du cadre D. Un axe ,', terminé par deur mani-
velles .s, .s, porte un pignon qui engrènc avec uno roue montée
sur un second axe t; ce second axe esL muni à ses deux extrémités
de deux pignons dont les dents s'engagent dans les anneaux des
rleux chaînes sans lin qq, En agissanl sur I'une des nranir.elles s, s,
on lait tourncr les axes r, t I le second axe fait marcher les chatnes
11, 17 dans lo sens de leur longueur; le côtô oo du cadro D glisse sur
le plan incliné pp, et ce cadre se relèvo plus ou moins. La lunette E
cst installéc dans une pièce creuse uu, clui n'est a[lachée au ca-
drc C que par un boulon situé r'ers I'extrérnité rln de ce cadre, e[
rlui petrt facilenent, tourrrer aul,our cle ce boulon; cette pièce uru

û,
54 lxsrn. eut sERv. A auclr. I.a purssaN(:E DE r,.{ vur.

porl,e, à son arrtt'c cxtlémil,é, un bou{orr t, muni d'un pignon clui


tungrène avec le ltor.d denté dLr carlro {l:en sorte que, en faisarrl
tounlÉ''l' le houton u sur lni-rrrôrnt, on [hit, rnorrvoir la pièce rrzr et
r'ÉLDScoPES, 55
la lunette sur la face supérieure rlu cadre C, autour du boulon
clui se trouve vers l'extrérnité nn de ce cadre. L'observa[eur', tout,
en ayatrt l'æil à I'oculairc de la lunelte, peuI donc très facilemerrI
changer la direction de cet instrument, en' rnânæuvrant I'une des
rnanivelles .s d'une main, et le boulon u de I'autre rnain : la nrani-
vclle fait élm'cr ou abaisser lc plan cJu cadre C, eL le bouton t'
pcrmcI de fairc varier la direction de la lunet,tc snr ce plan.
Le pieC tout enLicr, donI nous vcncr]s d'indirluer Il dispositiorr,
rloiL naturellcnrent êlrc placé d'abord rlc naniôre cluc la lunette soit
à peu près dirigée vers le point du ciel ou I'on veut fairc dcrs obscr-
vations. A cet effel on sc serb cles roulel,tes B, I], au moyen dcs-
quelles on peut lo dtiplacer comme on veut. Nlais lorsqu'il a étir
ainsi anrené dans une position convenablc, il est imporbant qu'il
r)e conserve plus la nrobilité quc lui donncnI les roulettes B, B. af in
que la lunette soit bien fisée dtrns chacune desdirections qu'on lui
donne à I'aide des nranivelles .s cl du bouton t'. C'est pour cola que
Ios roulettes B, B, ne sont pas dircctemen[ adaptées au bâti ,\.\,
un levier s, que I'on peut élever ou abaisser, en le saisissant, par lir
poignée qui le termine, fait monter ou clescendre lcs roulettcs par rap-
pori au bàti. Lorsqu'on les a fait monter ainsi, elles ne touchent plus
le sol ; le bâli s'appuie alors par les [rois pieils B', B', qui sont clans
leur voisinage : et le tout acquierI une stabilité beaucoutri plus granele.
Une petite lunette ; esb ordinairement adirptée au tuvau de lrr
lunette E qui doit, servir aux observations. Cette pe[ite lunette
porto le nom de clr,ercheur. Blle est, deslinée à faciliter I'opératiorr
qui consiste à diriger la lunette E vers I'astre qu'on veut observcr.
Le champ de cette petite lunette est beaucoup plus grand que cclui
cle la grande; en sorl,e que, cn mettant l'æil à son oculaire, orr
aperçoit le ciel dans une étenclue bien plus considérablo, et I'on
peu[ découvrir l'astrc que I'on cherche, lors nrfinre qu'on est encortr
un peu loin d'avoir dirigé la lunellc exact,enrcnl vers ce[ astre.
On voit alors comnrent on doit déplacer la lunette, pour lui donner
la directiorr convenable.
$ 27. Telescopes. La réflexion de la lurnière sur des miroirs
sphériques donne lieu -à la production cl'images, tou[ aussi bicn
que son passage à travers des verres lenticulaires. Si un objet AB,
ft7. t3, est, placé en avant d'urr miroir col)cave NI, les rayons lumi-
neux, émanés des différents points de cet ob.let, qui tonrbent sur la
surface du miroir, y sont réfléclris dans différentes directions. Les
rayons partis du point A ont, après leur rcflexion, des directions qui
passent très sensiltlemcn[ par un même point n,; ceux qui partent
tlu point I] von[ également passer par un point, L: et il en esl rJc
r-r6 tts't'tt. (JtTt sERv. .{ AUct!t. r,a putssANCti DE r,A vufi.
rnêrne des rayons qui viennent, cle tous les autres points de I'objet
,lB; il se forme donc en aô une image de cet olljcl. 0n conçôit

rl'après cela qu'un miroir sphérique concrlvo puisso remplacer I'ob-


jectif des lunettes. En combinant un miroir de ce genre, avec un
oculaire destiné à observer I'imagc qu'il produit, on forme un in-
strument qui peut remplir le mêrne objet qu'une lunette, et auquel
on dorrne spécialement le nom rle t,ilesaope.
Mais il se présente ici une difflcullé clui tient à la place qu'oc-
cupe I'image al.r, entre I'objet observé ÂB et le miroir sur lequel
les ravons lumineux viennent se réfiéchir. L'observateur ne peut
plus se placer avec un ot:ulaire de manière à recevoir directement
ces rayons après leur passage par I'image nô; car il s'interposerait,
ainsi entre I'ohjet AB et le rniroir, ct empêchorai[ par consécluent
les ral'ons d'amiver au miroir. Yoici quelles sont les principales
dispositions imaginées pour y obvier.
Grégory, inventeur du lélescope, en 4 663, emploie un secoud
nriroir concave N, /,9. 5.i, de petites dimensions transversales,

l'ig. 5{.

destiné à recevoir les rayons lumineux après lour passage pâr


I'image ub, eI à les renvoyer à travers une ouverture pratiquée
ru milieu du miroir l\[, de manière à leur faire produire uno autro
inrase o,tll i ryl oculaire 0 placé eu arrière de cette seconde ima;:,^e
1'Ér,nsc0Ptis. 57
sel'[ ir la grossir, ct à en obsen'er les détails. Au moyen de cette
disposition, le télescope s'emploic absolumenL de la même ntanièt'e
q,,\,ne lunette; l'æil qui y cst, appliqué regarde tlans la tlircction dtr
llolrjet, observdr. Do plus, il est aisé de voir que l'iniagc de cet otr-
jet n'ost pas renversée, comtnc ellc l'efrt été sans la présencc du
second ntiroir N.
Norvtott, qui n'avait pas connaissance du télescopc de Grégor1',
irlagina égalcnrent, en '1666, un lroven tl'obsen'cr I'irnage pro-
rluite par un nriroir concave, Il disposa, à ceb efl'et, un nriroir plarr
N, lig. 55, incliné de 4li' sttr I'axe du rniroir n[, de ntanière it

J
:$
ï
Fig. 55.

réfléchir latéralemen[ les rayons lumineux qui partenI de ce nti-


roir. Ces ravons, qui sans cela auraient formé I'image crb, viennent.
produire une image o'ô' que I'on peut observer att moyen d'tttt
ôculaire O adapté au tu1'au rle la lunette. Le télescope de Nervtotr
csl nroins comrnodc que cclui de Grégorl', parce que, pour s'en
servir, il faut regarrler dans une direction perpendiculairo à celle
de I'objet que I'on observe.
Herschel, qui a tiré un si grand parti du télescope, a adopté unc
disposition différente dcs deux précédenles' pour les télescopes de
grandes dinensions. La réflexiorr de la lumiere, sur une sunface
mélallique polie, ne peu[ pas se faire sans c1u'il y ail, perte d'une
portion très notable de cette lumière; il était donc à désirer, pour
ne pas trop diminuer la clarté des irnages, qu'on pût se passer du
secônd miroir employé par Nerr.'ton ct, Grégory. C'est ce que fib
l{erschel, en inclinant un peu le niiroir courbe par rapport au
luvau qui lui étai[ adapl.é. Par cc moven, I'inrage d'un objet placti
dans la direction du tuvau se trouvait rejctéc un peu de c:ôté,
commo on le voil sur la frg. 56; ct il pouvait I'observer à I'ait]e
tl'un oculaire, en se placant de n-ranièt'e à tourner le dos à I'objet. Il
ost bien clair que la tête dc I'ollservateur vicnl ainsi masquer une
portion de I'ouvertrlre du tuvau, et arrôter pal conséquent une partie
rkl lalumic\rC qui, sans ccla, pourraiI tontbtlr Sur lasurface du mi-
roir r:ourbe; aussi cette disposition n'est-e.lle itt'atttagetlso qrl('
58 rls'rn. eur srinv. A AU(;NL t,a pursslN(:ti DE La \,u[.
pour les téloscopes à large ouverlure, dans lesquels la perte de
lumière ainsi produite est inférieure à celle que piorluiraitirne se-

conde réflexion, comme dans les télescopes de Grégory et de Nervton


.
Le plus grand télescope dont Herschel se soii servi étaiI fornré

TH l
'8À

rl 'rrrr iroil rlc


rrr 1
,,',
,1 7 rlc. riialrri'tlir l.ir rlisttrrrt,c
firr.irlc ilrl r,c rrriloir
rilrrit rltr l?,',; Lr trrrirrr lt'lriL lrar itr,rnstit;uon[, irrrssi t^rrltc Iorrgrrcrrr..
t\st'fit.\riiN'r's (.rut sr^\'tiN'i .t l,,t ]tEstlui t)r,:s ,tIi(;LEr. lt,
p0ur quc I'observateur ptrt regarder I'image, en se plaçant à son
cxtrcinrité, et se scr\.ant d'un oculaire tenu à la main. La eranclcrur
rle l'onver[ulc dc cc[ instrument a pcrmis à Hcrschel de liousscr le
grossissenrcrnt jusqu'à 6 000. on conrprend sans peine c1u;un téles-
eolle cl'aussi grandes dimensions, dont Ic seul nriroir pæait plus clc
| {)00 hilograr)uncs, dcvait être trc\s difficile à nranier. Aussi Hers-
chel fut-il obligé d'établir un immensc appareil de nrâts, de pou-
lics et de cordages, pour pouvoir donnel a son tcrlescope I'inclinâison
corrvenuble pour chaque observiltion. Cette construition, fig.57,
étaiI err 0utre nrontée tout entit)re sur cles roulettes, au nr]\,cn
rlesquelles il pouvait I'olientel comnle il voulait, cn la faisant nrôu-
voir lout. d'une pièce à l'aidc d'un trcuil. une sorte de barcon sus-
pendu à I'extrémité dn tu1'au était ilestiné à recevoir l'observateur.
Il résulte des cxpériences d'Herscliel que, sur I 000 rayons Iu-
rnineur qui tombaicnt dur les rniroirs de ses télescopes, il n'y en
aveit que 673 qui fussenI réfléchis; tandis que si ces ,l 000 rayons
tonrbaienI sur une lame de verre à faces parallèles, et, de l'épais-
seur des oculaires d'un fort grossissement, ilen passail glrg â tra-
'r'erscet[e Iarne. Dans le prenrier cas, la perte étaitclc B2? ravons,
c[ dans le second seulemenI de b?. On conrprencl, d'après'cela,
(lue, pour at,teindre un même grossissentent avec un -télescope
t;u'aveo utre lunelte, il esi indispcnsable de donner au miroir àu
telescope dimensions beaucoup plus grandes que ceiles tle
-des
l'objectif de la lunette.

INSTRI]MENTS QUI SEITYENT A LÀ IIIESURE DES ANGLES.

$ 98. Pour mesurer un angle, on imagine une circonférence de


corcle décrite clans son plan, et de son sommet contnte centre; la
longueur de l'arc de cercle compris entre les deux côtés cle I'angle,
évaluéc au moyen d'un arc particulier pris pour unité, sert cle me-
sure à I'ani;^le proposé. On adopte généralement pour unité d'arc la
troist'ent-soixanliènre part ie de la circonférence entière ; cet t e un i r é
se nomme degrt;,, et I'angle qui lui correspond au cent,re de la cir-
conférence æLl'uryle tl'tm tlegre. Lorsqu'on cherche à déternrincr
la longueur d'un arc dc ccrcle au noyen de I'unité que nous \.e-
nons d'indiquer, il arrivc rarenrent, qu'on trouve un nombrc cx,rcI
de degrés; il reste habituellenrent, un arc plus pelit qu'rrn degré,
(lu'on a besoin d'évaluer cn fractions dc tlegré. Pour cela, on cli-
vise le degLé on soirante parties égales dont chacune es[ une nri-
mûel la minute se subdivise de mêmo en soisante parties égales
donf chucune est, une sscortrle,.enfin les arcsplus petits qn'une se-
(i0 t\si'RU\tHr-1's eLI srirIvEN'r' t t,,r rtnsunE I)ES AI-(il,[s.
r:onde s'évaluent en frircl,ions décimalcs clela secontle. On emploitl
lcs signes o ' ", pott désiq'ner lcs degrels, ntinutes et *secondes:
o'cs[ ainsi que la valeur d'un arc de ,15 degrés 28 rninutes 3Ir sc-
concles et ?-8 centièrnes de seconde s'écrit 4 i;" 28' 3,1//,78.
Il est,inrportant qu'on se fasso une idéc un petl nettedo la gran'
rleur d'un ângle cl'un degré, et de ses subdivisions. I,'anglo t['utr
tlegré es'u rcpréscnté ici, 58. Les angles d'unc ninttte ct t'l'utlc
fg

Fig.58'

secotrde sont trop petits potll' cluc nous puissions les représenter
do mênte. Nous y suppléerons en disan[ que, pour qu'une lignc
avant ,l tlécimètrà clc longueur soit vue sous un angle d'une nli-
nutc, il faub qu'elle se trouve à environ 3âll ntètres de I'r-lbserva-
[cur : e[ que, pour que cette môme ligne soit vue sous un angle d'unc
seconde, il faut qu'elle soil éloignée de I'observa[eur cle plus de
90 kilomètres.
Dans la mesuro dcs angles avec les instruments que,l'on possède
nctuellement, les astronomes peuvent rarctnent répondre de com-
rnettre une erreur moindre qu'ulle seconde. Ce n'esl, que dans la
nresure de très petits angles que I'exact,itude peut être poussé9 plus
loin : alors, par I'e.ploi de moyens spéciaux, dont nous parlerons
lrlus tard, les angles peuvent. êlre évalués à moins d'uil
disième dc
seconde près.
Itorrr inesurer I'angle formé par les l'flyons visuels qui aboul,is-
ssnt à deux points, ttn a tleux opérations à fairc' La première
consiste à faiie colncicler deux rayons d'un ccrcle gradué avec les
clcur cô[és r]e I'angle, ce qui s'effect,ue en visan[ successivement
duns la clirection de chacunde ces cô|.és. La seconde a potrr objet.
d'évalucr le nonrbre de degr(:s, minules, eb secOnries contenus
rlans l'arr: cle cet'cle compris entre ces tleux rayons. Nous allons
rlonc nous o6cuper d'étucùer : ,1, les u)gyenS dC viSée, 2" la lecture
de I'anglc.
?9. ruoyens de vlsée. Les pt'emicrs mo\'cns de ïi-'d:c d<-rtr[
$ -

, lig. bU.

on s'est servi dalls lcs observations ustrottotuiques consisl,ent dals


l'cmploi des cldctodcr c. pitnrlles. Les fg. ti9 ct 6(J représentent deux
llo\tiNs l)ti YlsÉr,. (il
rle r:cs alidades. Ce sont des règles mnnies à louls oxtr.énrités cl'ap*
;tetrdices, ou pinnules, destinés à faire voir si leur direction est bien
cle la ligne droite aboutissant à l'objet que I'on vise. A cel
"slfs on place son aril près
effet de Ia fente cl'une despinnule s, fi11. ,\9,
eI l'orr dirige I'alidade de manière que I'objet, visé puisse êtro vn a
lravers la fente de l'autre pinnule.
Pou.r que la direction ainsi donnée à I'alidade nc cornporle pas
t,r'op d'incerlitude, il est nécessaire de I'airo les fentcs des pinnures
trxtrêtrenrent, é[roites; car sans cela on
liourraib déplacer ]'alidado
t['nne quantité notable, sans quc I'objcL iisé cessàt rl'ôtre aperçu a

Itig. ti0.

t.ravers les fentes des deux pinnules. Mais lo peu de largeur de la


Iente qui traverse la pinnule la plus éloignée de l'æil fai[ qu'on
aperçoi[ dif{icilement I'objet qu'on observo, et qu'on n'est pas bien
sirr de viser précisé-
ment lo point de cet,
objet que I'on doit vi-
ser ; c'est pour celr
qu'on remplace la se-
c:onde pinnule par une
simple tige très déliée ,
lig.6t. Bn plaçant son
æil près de Ia fente de
ll pinnule À, on dirige
I'alidade rle manière
que la pctite tigc B
semble se pro.ieter sr"rr
lc point que I'on veut
viser. f l est bien chir
r;uc cetfo tige poulra
ôt,ro rendue atlssi mirrce
(]n
([rt voudra .
silns
rruire u la J'acilitr! dcr
1'opération, et, t1nc, arr
conIrairc, lrlus clle scrir
rlriliée, rnicrnr on vefril
l'objet vers lequel se rlirigc le rayon visuel.
On loit, sut' la lig. 6,1, dc rlueUe nrurrière uuo alidaclo a lrinrrules
(.t
02 lNSl'RUr\tIN'r's (.!ut slH\'l:NT Â LA tTtEslntE Dr.]s rtNct'.Ës.
s'adapte à un cercle gradué destiné à la mesure des angle-q, L'ali-
dade, nobile autour du centre du cenllo, dont un quart serrlcmcnI
a étô conserr'é ici, peut être dirigée successivement suivant rliflérents
rayons de ce cercle Lorsqu'on a visé un poin[ au no\,cn de I'ali-
rlade, elle indique sur lc limbe gradué l'crlrénité de I'aro cle ccrcle
rlui se termine au ravon visuc'l dirigc du cerrtre clu cerclc vcl's ce
point 0e movcn tie visée appliquô au cerclc a él,r! cn usage porrr
lcs observat,ions astr'onomiques justlue r,crs la fin du xvrr' sièckr.
l,'insbrument, représenté par lzt lig. 0'l esl un dc cclrx dont, se sr:rv,t
le célèbre astt'onottle T),cho Bralié dans son otrservatoire d'[-]rani-
bourg (bâti dans I'ile d'Huène, r\ I'entrée de la ncr llaltiquc).
()n enrploie ellcr)re ntaiutenant cles cerclcs divisés munis d'ali-
des à pinnules, ausrlucls ou donne le nonr de gl'rrplrorlrcilrr.s,
. 62. Ilais ces instrurnents ne scr-
fig
vcnt quc dans les opérntions d'arpcn-
tagc, pour lesquclles la mesure des an-
gles n'a pas besoin d'êLre ell'ecluée avec
unc glancle esar:titude. Les pinnulcs
[irée-q aus ertréurités dc cfraque alidirtlc
sorrt clislrosées rJc tclle nranière que la
visée s'cfîbcluc riornnre avec l'alidadc de
la Êg, 60, nvec cettc ditférence oel)en-
clanl, rluc charlue pinnule portc à la fois
unc fente étroite ct une tige déliée fbr-
nréc d'un crin tenclu, afin qu'on puisse
regarrler indiffércmment à I'une ou à
I'autrc des extrémités de I'alidadc. [,es
alitlades à pinnules ont disparu complé-
teuren[, rlepuis prùs dc deux cenl.s ans,
des instruments destinôs aux obscrvrtlions astronomiclues ; elles ont
été remplacées par les luncttes, dont I'emploi permcb d'arriver à
des résult,ats beaucoup plus exacLs.
$ 30. La substitution d'une lunctte t\ une alidatlc munie de pin-
nules ne semble pas, au prernicr abord , devoir fournir une pltts
grande précision, conrme nloven de visée; car, lorsqu'une lunette
est dirigée vers un obje[, on peut faire subir de légcrs changements
à sa tlirection dilns divcrs setls) sans qu'on cesse ltour cela d'nper-
cevoir le point, de I'objet tluc l'ott visait spécrialement. C'est, ce qui
arriverait, en pffet, si les lunettes, telles qtle noui les avons dé-
crites, n'avaient, pas re(jLt une nrodificttl,ion <lcs plus importantes,
cn verln de laquelle elles sont, devenues tltl mo\en cle viséo incom-
parablernent, plus précis rluc les alidacles. [le[te rnodilicalion con-
l{o't'ENS D[ VtSÉr. 63
siste clans I'introrluction d'un rëlictùe dans la lunet,te, au lieu
même
oir I'image de I'objet observé, procruite par t ot'.iectif. ce
.se .forme
réticule n'est, autre chose qu'une petite pruque n.,bturriquË, percée
r-l rn trorr_circ,ulaire, en travers clucluel
sônt ienr_lus aeuï nis extrê-
ilrenrerrt fins dirigés à angle droit I'un sur l'autre
clrr'on
, lig.
veut viser un poini particulier d'un oltjet, on' "'
63. Lors-
dirige la lunette de teilo nranière que I'imag, ,to .o
point coïncide avec le point de rencontre iles deux
fils du réticule. Pour' 1.rôrr qu'on rlérange la lunette
rJo cette position, I'iniagc riu polnt visb s'éloignera
du point de croistie des fils: on voit clonc que la
direction_que doit prendlc la lunette, pour émntir.
Iir coïncidencc dc ces deus points , est parfaitenrent I"ig.63.
rlételminée.
l-orsqu'on a ainsi complété une lunet,te par I'arldition d'un réli-
cule, on peut se demander quelle est, de ioutes les lignes droites
c1u'on p.eut imaginer dans le ôorps de la lunette, celle riui peulêtrc
t'ugarriée comme étant la ligne de viséc, cellc qui r'ô*plo.u pu.
t:onsiquent_la ligne menée par les fentcs des deuï pinnules d'ùne
llirlade à pinnules, Ég. bg. c'estce que nous trouverons sans dif-
Iiculté, en examinan[ lâ marche dcs iavons Iurnineux à I'intérieur
tl'une ILrlejlea!'.après Jcs principes que n.us avons rapperés précé-
dem*rent (.$ 2l). La.lunerfe élant dirigée de manière que limage
rl'un point lumineux A, fg. 64, coincid-e avec la croiséô B des fiis

il l'ig. 04. t ..a


du r'éticule, tous les rayons r;ui partent, du poirrt A, ct qui rraver-
sont,J'objectif, r'o.[.ensuite ôonve.gt,. uurÀ le point B. Mais, do
ces.divers rayons. lunineur, ir y à' a un qui'n'éprouve pui o,
.<f9v_rq{io1 : c'est celui qui pnsse paï te centre optique'o de I'objectif
{S 20). Le ral.on AO, qui n'ust pos dévié, ïr, .or*e tous les
.utres r passer par le lloint B : rlonc les t,rois points A, O, B, sont
en ligne droite. I\lais les poirrts o, B, apparliànnent à la lunette:
,viscr le point À, c'est diriger la ligne Bô'r,ers ce poinr : donc Bo
csl la ligne de visée de la iunc[te. bn c]onne à cettà ligne cle r.isée
le nom d'aæc optiquc de la lunet,te. Ainsi on peut diie que I'axe
optique d'une lunette-est la ligne droite.qui joint le cdntrd optique
rle I'otrjeotif au point dc rencontre des fils'du réticule.
6t INS'[nuttiiNTS (]uI sllItYEN:l' A LA MESURH DËs aNGLEs.
Il fau[ bicn se garder rle confonclre I'axe optique avec I'axe de
figure du tn1'au , ou bien eneorc avoc la ligne qui joint les c,elttros
rle I'objrtr:[if cf de loculaire, La direction dc I'axe optique esl conr-'
1rlétemenl, inrlépendante de ltpositign de I'oculaile, qui pourrait
ô[re tcnu à larnain, comme une simple loupe, sans c1u'ilen résull,cr
llllcune ntodificatiott dans la ligne cle visée dc la lunet,te' On rloit
oliserver. en oult'c qu'il strffit de cléplacel' lc réticulo transvr:rsille-
ment à I'intér'ietrl tlo la lnncLtc, por.rt' cllanger la tlirccl,ion tlc l'arir
,
opliquc, pftr l'appoff rtu tttyitttdc I'instrrrrnen[, ct, I'anl0ner ainsi ir
'sàtisiairc à ceriaines cotiditions , suivant les cas rians lcsquels lil
lunatte csl cmplolég comrne ll)oYen ds viséc. A ccl effel on disposc
souvent le réticrrle cle tcllc rnanièrc cltt'oll pui-sss lui donner tttt
pelit niouvcmenb transversal dltns deus serls cliffércnts, à I'aide dc
risclont lcs tÔtes font, saillic crt dchors du tuvau dc la lunette'
ll cs[ aiSé dc r,oir qu'rtne lunelLc, tttttttie tl'un réLiculc, fourniI ull
nto\-ell clc visée beaucoup plus exacI qu'Llne alidadc' ir pinnules.
Dans une aliclade, la ligÀe de viséo esf déterminée ptir le s fentel
des deux llinnules: la largeur qu'on doit nécessairctncnt donner à
ces fentes, pouf pouvoir trpet'ccvgir I'objet visé, fait que la lignctltl
r,isée n'est quc giossièrement tléfinie, et que sa directiolr-pcut variet'
d'un angle notable, sans cesserde passer par les deux fentes. Ilerr
est de même, lorsque I'une des deux fentes esl remplacée par un(t
r.ige. déliéc ou uIl crin tendu, dont la grosseur no peui pas ôtre troll
rliminuéc, afitt qu'on puisse toujouls I'apercevoir facilement, ett
Iegalclant à travôrs la fente de la pinnulc que porbc l'autre bou[
dJl'alidade. Dans une lunet,te nrunic d'un réticule, au contraire, la
ligne de visée est, rléterminéc : 4 u par lc cenl.re optiqtre de I'objectif,
qùi est un point sans dimensions, un poitrt mathémalique I 9o par
lâ croisée des fils du rôticulc, qui no présentc que dcs dimensions
transyersales ertrômenrent petiles, ltuisque
les fils, devant êlre obsen'és avec une loupc
(l'oculaire) , pcuvcnt êlre rendus excossivc"
rnent flns.
On prencl quelquefois des fils d'araignée,
pour former le réficulc ; dans ce câs oll
ihoisit,, paruri les fils qui conrposent unc toilc'
d'araignée , ccux qui se dirigcnt du centle a
la circonférellce, tels que OA, OB,0(1.
rrii' uÙ' fg. 65: ils sonl beancoup plus forts tlue les
ûutres. \[ais lc plus habituellemenL 0n sû
serl de tils tlc 1'rlat,inc, obtentts par le procédé de Wollasi.on. Orr
sail rpe ce procédt! collsisto ir pnsstrr rr la lllicre lln mol'cefllr tle plir-
}IOI'ENS DE VISÉE. 65
tirre enveloppé d'une masse d'argent, jusqu'à ce que le fil soit, aussi
lin Lluo cc nloyen ruécapique le comporte, et à clissoudrc onsuite Ia
couchc d'argent qui recouvre le platino, cn plongeanI le fil dans
dc I'acidc azolique. ii"
"
La subslilution clcs ltrnettes munies do réticules, aux alidades à
pinnules , qui a tant conl,ribué à augmenter I'exactitude des obser'
vations, a rtté imaginée en 4 667 par les astronomes français Picart
e[ Auzout.
$ :,t. Nous avons dit (S 23) quc l'oculaire d'une lunetto devait
lrouloir se rapprocherplus ou rnoins do I'objccl,if , en raison de la
rlistance à laquelle sc trouve I'objeb obscrvé, et aussi en raison tle
la vue de I'obsen'ateur. Lorsqu'unc lunette esb munio d'ttn réticule,
conformémcnf, à cc que nous venons dc dire dans lc paragraplrtr
rlni précèclc, il faut aussi quc ce rélicule puissc se rapprocher plus
on moins dc I'objectif, alln qu'on puisse I'amenor à I'endroit même
orr se produit l'iniage de I'objet obserré. A cet, effet, le réticule A,
fig. $6, est fixé à un bout tle tuvau BC, qui s'introduit à frotte-
nrent dans Ie t,uyau principal D de la lunette, et qui peut êtrc en-
lbncô plus ou moins dansce tuyau; d'un autre côté, I'ocrrlaire El"
(qui est formé de deux lentilles, ainsi que nous I'avons dit dans
lo $ 25) peut aussi s'cnfottcer plus ou moins dans le tuvau I](1,

rlo mnnièrc à se placer àdiverses clistances du réticule. Lorsqu'on


veuc se servir d'une lunet,te de ce genre, on cloit commencer pal'
faire varier la distancc de I'oculaire au réticule, jusqu'à ce qu'ott
aperçoive très nettemenb les {ils: ensuite.*chaque. fois qu'on dirige
lri lunette vors un nouvel objet , orffi.qÏapco plus ou tnoins !e
Lur-au BC dans le tuyau f), sans chaf$br les positions rclatives do
I'o'ôulaire et clu réticule, jusqu'a ce qu'on aperçoive très distincte-
rnenl l'image tle I'objeb produite à l'intérieur de la lunette' Il ost
clair en etfet que le rét,iculc ct l'image, dtant ainsi vus distincte-
menl, au moycn de I'oculqipl'doi'r:cnt en être'eloignés do la même
rluantité, et cloivent par dôriséquent se trouYer placé au même en-
, rlroit dans la lunettc.
Lolsqu'on observe urr objet en plein I'ottr, aver', une l'ÉÀette mttnie
rl'nn ré[icule, on voil très facilement les fils dans toute l'étendue clrt
6.
66 INsI'RUMENTS eul SERvENT A r,A tftESURD DES ANcr.Ls.
champ ; mais il n'en est, plus de mêrne dans les observat,ions de
nuit,lorsqu'on observe uno étoile, par e.rernple ll en résulte que si,
par suite d'un léger rnouvement donné à la lunette, l'étoile cesse
d'être aperÇuc, on ne peut pas savoir si son iniage est cachée par
la croisée des fils, ou bien si clle sc tronve seulcment, derrière urr
des deux fils, ou bien encorc si cllc es[ sortie clu clranrp de la lu-
nctte De plus, ne vovanI pas les Iils en ntèmc tcnrps tlue l'étoile',
oll r)e peul, pas sAr'oir dans c;ucl sons on rloit tléplacer. la lunette,
pour amcner l'inrage dc l'étoile ù sc confbntl'e avec lo point, de
rencontre des {ils. Pour fairo disparallre ces inconvénients quo
présenterrl les obsen'iltions do nuit,, on éclairo les fils du réticule,
soit en projctant sul'eus la lurnière rl'unc lanrpe on d'unc hougic,
rlue I'on fait enl.rer par une ouverture lrraticyuée clans le tuyau cltl
la lrrnette, eL qui est rétléchie par un petit miroir placé oblique-
mcnt à I'intérieur de ce tuvau ; soif, en projetant de la lumière dif-
fuse dans la lunettc, à travels I'olrjectif I soit en rendant les fils
eur-mêmes lumineux, au nlovcn d'un courantd'électricité qui les
raverse.
$ 32. Une luneLte adaptée à nn cerclc gradué, quiest rlestirré à lt
mesure des angles, doit evoir son axc olltique parallèle au plan du
cercle. S'i'l en était autrcment, le lllan clu iercle ne seiait pas
parallèle au plan de I'anglc quc I'on vcul mesurer, lorsque I'axe
optique de la lunette aulait été dirigé suivan! un des côtés de cet.
angle, et il en résulierait une crreur tlans la rnesure. Pour s'as-
surer si cette condition est remplie, on se sert d'une lunelte spé-
ciale nommée lunelte ù.'ëTtrtture. Cettc lunetle, frg. 67, qui es[ éga-

r !'ig. ùT.

lenrent munie d'un ré1#fb,.:pré.unrr, vcrs lcs tleur extrérnités de


''collct,s
son tuyau , deux eilÈÔ-eS de saillants dont, le contour est
carré ; ces deux c-g,lpûs ont, exacternent les mêines dimensiorrs. Le
réticule de cefte lunetfê.est, placé de telle rnanière que son ase
optique soit parallèle aux arcltes dw.l4isnie carré dont les deux
collets saillants forment coùrme les derft bascs. On s'assure tle ce
parallélisme en posant, la lunette sur une surface plane, de manièr'e
qu'elle s'y appuie par deux faces correspondantes de ses deux
collets, et en observanI Ie poinl, d'un olljet i.loigné clui scr trou\e
II0]'ENS DFr ïtSÉE. 67
alors dans la rlirecl,ion de l'arie optique I on retourne ensuite la lu-
nette, en Ia faisant successivement reposer sur les diverses autres
faces de ses collets , et, dans chacune de ces nouvelles positions,
I'axe opl.ique doit toujours ponvoir se diriger vers le même point
cle I'objet éloigné, sans que pour cela les rleux collets cesscnt de
toucher la surftrce plarre avec laquelle on les a mis en contact. Otr
cortcoi[ dt\s lors que, pour reconnattre si l'axe optique d'unc lunette
atlaptée à un cercle est bien parallèle au plun du ccrcle, il suffit, cle
poser la lunette d'épreuve sur le cercle, en ayant soin de i'alrpuyer
llar ses deux collets, et de s'assurer si son axe opficlue et, celui de
lit lrrnelte adaptée au celclc peuvenl êLre dirigés yers un mêmo
point trùs éloigné. Si cclte épreuvo fait reconnaitre rlue I'are opti-
que de Ia lunette rr'est pas parallèle au plan du cerclo, on devra
rléplacer le réticule transversalement, dans le sens quc l'expérience
aura indiqué, jusqu'à ce que le parallélisme soit obtenu.
Il est indispensable que les pièces qui relien[ ]a lunelte au cen-
trcdu cercle, et qui sont mobiles avec elle, portent un index très
ritpproché des divisions du linrLe, ct destiné à établir la correspon -
rlancc en[re elles et la lunette. Si un cercle était muni de cleux lu-
rtcttcs, dont chacune devlair ôtro dirigée suivant un des côtés de
I'angle qu'il s'agit de me.rurer , la vrleur de I'angle seraiI fournie
lint' le nonrbre des divisions du limbe crompris entre les index de
t'ts deux lunettes. I\{ais il faudraiL ilour cela quo la correspondauce
eutre I'axe optique de chaque lunette et l'indes qui I'acc:ompagne
pfrt être ét,ablie eI vérifiée avec une grando csacl,iturle ; sans quoi
on courrait le risque de conmettre des erfeurs notables, e[ lout
I'avantage qui résulte de la substitui,ion des lunettcs aux alidades à
pinnules disparaltrait ainsi. Pour se nreltre à I'ahlide I'inconrénient
que présenteraib I'instrumert dans de telles conditions, en raison
tle la difficult.é d'etÏectuer la vérification dont il vient d'ôtre ques-
tion, on n'adapte au cercle qu'une seule lunelte, don[ I'axe op-
ticlue doi[ êt,rc successivement dirigé suivan[ chacun des deux
côtés de I'angle à nresurer. Il est clair quo I'axe optique de Ia luneH,e,
en passant ainsi de la dinection du premier côté dc I'angle à celle
du second côté, parcoult, précisémenL cet angle; I'index qui se
mcut avec la lunel,te tourne nécessairement de la même quantité,
de quelque nranière qu'il soit placé par rapport à I'axe opl,ique; il
-qulfit dunc de compter les rlivisions quc cet index a ainsi parcou-
nres sur le limbe, pour avoir la nlcsuro do I'angle cherché. Ainsi
I'ernploi d'rrne seule lunctte, au lieu dedeux, permet, de placer son
index comme on veut, sur les pièces clui la suivent dans son ntou-
lernent,, sans r{n'on ait, besoin de faire aucune vérificallon sur la
{itt INSTRU}IENTS Qtu snnvtiN'r A'r,a MDSUaE Dr.ls ANcr.us.
correspondance rlo cel, index aveù I'axe optique. Il
est à peine nr!-
ccssairc d'ajouter quc le cerclc doit rester complétement, irnrnobilc,
pendanl que la luneLto csf amenée dc la clircction du premier cr)tti
dc I'angle à cclle de son second côté.
Souvent, dans les grands instrumcnts des obserl.atoires, la lu-
net[e est invaliablement fixéc au linrbe graduti, qui peut tourner
avec clle autour dc son cent,re. Dans cc cas l'inctex, destiné ir
marquer sur les divisions du liurbc la grandeul de I'angle dont
la lunette a tourné en passant d'unc posilion dans une au1re, est
porté par une pièce lixe placée très près de r:es divisions. Au licrr
rlue la lunette emporlc avoc clk: un index clui parcour.t tinsi les
rliverses divisions du limbe, clle en[raîne dans son mouvemcnl
le limbe tout entier, donû les dir,isions viennent passcr successivc-
tnent devanb I'inder imrnobile.
Les poinl,s que I'on vise dans la niesnre des angles, soit pour les
recherclres astrononriclues, soit dans les grandes opérations ayant
pour objet la détermination de la figure de la tere, sont toujours
à.de très grandcs distances dc I'observateur. Il en résulte qu'il
n'est pas indispensablc que l'axc optiqrrc de la lunelte adaptéc à
tun cercle rcncontre la perpendiculaire au plan du cercle rnenér;
par son ccnt,re. L'nse optique peut pa-sser à côté de r:et[e perpcn-
rliculairo, la lunet.tc pcuf mômc ôtrc tout cntiùr'c d'un côtd:ilc i'arc
autour duquel elle effcctuo solt rDouvcrnent dc rotation sur lc cer-
clc, sans qu'il en résulte d'erreur appréciable clans la mesure rlrr
I'angle : la grandcur de la clistance à laquelle se trouve le poinl
visé faif que I'axe optique peut être regardé comme ayant unô tli-
t'ection parallèlc à ccllc qu'il auraiI s'il rencontrait réellement l'i'rse
du cercie.
$ 33. Nous avons dit que I'axe op[ique cl'une lunette se trouve
rléllni par le centro optique de I'ol.rject,if, et par la rencontre rles
deux fils du réticule. I.e premier de cesdeurpoints est un point
mathérnatique ; mais il n'en cst pas de même du seconrl. Le dia-
rnètre des fils, tluclque petit qu'il soit, n'en a pas moins uns cer+
taine valeur qui n'es[ pas nulle, et il ert résulte une légère indtici-
sion ponr la direction de I'axe optique. Lorsqu'on viso une étoile,
par exemple, et que I'image de cette étoile a été amenéc à se
cacher derrière la rencontre des deux fils, on ne sait pas au jusl,e si
cette image se trouve au milieu du très petit espacc dans lequel les
deur fils se croisent, ou bien si elle est près d'un de ses bords.
La position de la luneLte, pour laquellc I'imagc de I'tltoile disparaît
dcrrière la croisée des fils, ne se trouve donc pas parftritcmont clé-
l,erminée. L'erreur quo I'on commet ainsi sur la clirection trs ra
I,E(:TURE Dlj L'ANGI,E. 69
lunette, en raison de la difficulté de faire coincider sxactentent
l'irnage du point visrl avec le milieu de la croisée des fils, se nomme
trrero' de Ttoinlë. Cebte orreur peut aller à une seconde , pour les
observatculs los plus ercrcés, so servant tles instruments les plus
précis que I'on possùdc actucllement.
Souvent, au lieu d'un seul fil delrière lequel on
rloit cacher l'inrage d'une étoile quc I'on observe , on
cn disposc cleus plrallèles ent,re lesqucls on anrône
l'inragc de l'éloile, en la nrettant à cgalc distance de
r:es rlcux lils; fg. 68. On commet uue erreur moindrc
sur Ia direcrtion de la lunclte, en amcnant I'imagc
de l'étoile a paratlre drgalemenl éloignée rlc ces deur Iig. G8.
fils Jraralli'ls.s, qu'cn la faisanl coïncider avec un lll
unique qui les renplaccrnit cn passanl, au rnilieu de I'cspace qui
les sépare.
S 34. Lecture dc I'angle. Lorsque la lunctte adaptée à
run -
ccrcle a étô,dirigée successivement suivant les deux côtés de
l'angle qu'on veut mesurer, il ne s'agif plus que de déterminer,
au novcn rles divisions du cercle, le nombre de degrés, minutes et,
secondes dont cet angle se compose ; pour cela il faut évaluer la
longueur de I'arc parcouru par I'index qui acconrpegne la lunette,
lrendant qu'on I'a amenée de la première posirion à la seconde.
Cel,te évaluation s'effcct,uerait tout de suite et très facilemen't, si le
cercle était divisé en secondes ; il suffirait en effet, de compter les di-
visions du ccrclc que I'index aurait dépassées clans son mouvemelrt,
ce quipourrait être facilité par des numéros affectés à ces divisions,
on au moins à quelques-unes d'entrc elles. lfais si I'on fait at.ten-
tion à la petiteisu ilo I'ur. d'une teconrle sur un cercle tel cyne
ceux dont on se serl dans la mesure des angles, on comprendra
tout de suite qu'il n'esb pas possible de réaliser une graduation telle
rluo celle dont nous venons de parlcr. Sur un cercle dc 45 centi-
rnèlres de diamètre, ce qui est une dimension déjà bien grande
pour.un instrumeirt portalif , un degré occupe une longueur d'un
peu moins de ,l millimèl,res ; la longueur de I'arc d'une minute est,
d'environ -.lu d* millimètre ; et celle de l'arc d'une seconde d'enli-
ron ffi de millimèl,re. On voit qu'il n'y a pas lieu cie songer à rli-
viser un paroil cercle en fractions aussi petites que les secondes:
tlans uno graduation de ce genre, les lignes de division se confon-
draient lcs unes avec les autres. Les cercles dont on se serl dans
les observatoires ont des dimensions beaucoup plus grandes que les
cercles portatifs; mais ils sont loin encore d't\tre assez grands pour
rlue lertr conlour puisse ôtrc divisé en secondes, On sc contenl,e
7II INSTNUtrIENTS QUI SIiRYUN'r A [A }I}:SURE DES AN(IIIIS.
habitueilement do diviser les cercles rlestinés à Ia mesure
des an-
ltles en arcs de 4 0/, ou de S/; e[, pour évaluer les fractiorrs de ces
irrcs' on a re0ours à des moyens particulicrs, qui consistenf, soit,
rlans I'enrploi de t,ernierst soir dani |ernproi aé mnoniii,ri.
$ 35- Pour faire com,prcndre l'emploi du nou. suppo_
'ernier, o'onu iilnu
s'nrgns d abord qu'il s'agisse de mesurer la longueu.
droite- AB, fg' 69. on c.mmen.o par crisposôr r. rong
àe cette

t-i9.60.

ligne droite une regle cD divisée en parties égales, en centimètres


par exemple: et I'on a soin que I'une des ertiéo,ités A ae la
tigne
à mesurer soit oxactement en face d'un des traits cle division
de la
règle. cela'fait, o' [rouve sans difficurté re nombro oÀ .uiriimètres
contenus dans la ligne AB : ici. il y en a g avec un reste oB
, plus
petit qu un centimètre. pour déterminer eniuite la longueur
cle ce
restê aB, évaluée en fraction de centimètrc, on peut
aioir recours
âu poyen suivant. on place à la suite cle la lign'e AI] une
secondtr
rr)g'fe BE, ltg.70, don[ la longueur totale eÀi .tu g
centirnètres.

Fig. 70.

et,a été dirisée en dix partieftgales; puis on cherche, parmi


les
traits de division do-cet[e second"e rcgic, cerui qui se ;;;,i;u
exac_
tement en regard d'un des traits de diïision âe ra ,tgià'
cl , ru
quo porre ce traiL cle la seconde règle inoiqr,eie nombre
lun'tgrg.
de dixièmes de centimètre, ou dc miilinrèiru, .oni.nuJ
dans re
res[e aB s'agissait d'évaluer. Ici on t,rouve que ce resr,e con-
.q_u'il
tient 4 millimètres, puisque c'cst, rc quaLrième trait de clivision
rle
ll fst.n.B[gui est en côincidence oïu. ,,n dcs traits cle divisjon
de la règle CD.
Pour se rendre conrpte rre ce procéiré, ir suffit d'otrserver
cluc ra
Iongueur de la règle BE comprenint g des parties de cD,
et cette r,è-
gtf ele parlagéu..el
,ayant l0 porlions tigalès, chaque division de l]U
esl les ii d u'e des divisions de 0D; la clifféroncc entre les lon-
gueurs de ccs deux divisions es[ clonc de
# ,re la seconrle. Il en
résulte que, par suire de ra cr.ri'cidcncc cru'quatrième
iiuit ou ro
f,ucl:uRE Dli L'AN(;t.li. 7 |
règle l)li avc'c lc trait à de la règle cD, le troisiènre trait tle l|ll
es[ à droite du trait c,de1l de centimètre; le seconrl trait deB], est
à clroite du trait d do 126 cle centimèt,re; re premier trait, de IlIl
est à droite Llu trait c de
nru de centimètre: et ônfin I'extrémité B cltr
la règle BE est à droite d-u trait / de
la lungueur de la pctitc ligne rrB.
il de centimètre, ce qui clonrrc
s-i la règle BIi avait été formée en prcnarlt,
. ^Il,est.bienclairque,
'19 divisions de cD, e[ divisanileur rongueur totale en p0 par.rir,.s
égales ,. cet[e règle aurait perrnis cl'évàruer al] on vingtièmes tle
cenlimèlres; et. que de mênre on pourrait la clisposer clé telle rna-
nière qu'elle rlonnât des trentiènies, des quarantièmes, etc., dcs
divisions. de la règle principalc cD. cc procédé, auési siinpkr
qu,'ingénieux, pour évaluer dôs fraction.s deô divisions d'une règle,
a.éte imaginé par un l'rancais nornmé vernier; e[ c'est ile là
ùient fe nom dc 'aenrier que l'o'donne à la règre BE qui est sJ,[- [ue
cialernent destinée a atteindre ce but.
on comprend tout de suite que le principe du vernier peuûêtrc
appliqué à la mesrrre dos arcs de ceicle, tout aussi bien qu'à la
ûresure des lignes droites I et qu'on arrivern ainsi à évaluer lcs
arcs cn fractions très petites des divisions tracées sur le linrbc
gradué dont, on se sert. A cet effel, les instruments qui serlent ir
la.mesure.des angles sont munis de vcrniers trac:és sïr les
Piôccs
nrôrnes qui portent les index destinés à nrarquer Ies ex(rérrrités rles
arcs correspondanb aur angles cherchés. C'est cc que morrtrc lir
frT.71. Le t,rait a n'est autre chose quo I'inclex q,ri accon,1,,,g,,"
I'alidade à pinnules ou la lunette tixle
à la pièce A. La position de ce trait,
ytarrni les divisions du limbe gradué B, fait
r:onnal[re tout de suite le nombre cnticr
tle ces divisions donl se compose l'at'c
commenÇant à un point connu du linrbe,
et, se terminant en rr. I\fais il r.este ha-
bitucllcnrent, une portiorr de ccI arc,
plus petite qu'unc tlcs divisions rlrr linrl_rc,
rlue I'on a besoin d'évalLrer e'n ltaclions
do ccs divisions : c'est ce quo I'on fait au
l)loyen du vernier porté par la piece A,
et, tracé à partir dc l'inder a, de manièrc
à se trouver toujours placé imrnrlcliut,enreut à la suite do l,arc
donl
on.l'eut trouver la gr'andeur. si, par exenrple, le lirnbo n'csl, rlivisé
(lu'en demi-degrés, et, tlue le vernier ail éte construit
en prenant,
un arc contenant 99 tle ces clivisious, el, err le partageant rrn l]0 par-
L -a; Y r- -. ' llllP-.T 7f.

72 lr{srnuMnNl's ()ur s[RvDNT rt r.A i\rrisunu DUS AN(lr,lrs.


ties égales, ce vernier permettra cl'évalucr les aros en trentit)rrrcs
d'un demi-dcgré, c'est-à-dire en nrinutes.
ThéoriquemenI parlant, Ie vernier permet d'ér'aluer les longueurs
reotilignes, ou les arcs de cercle, cn partics atrssi petitcs qu'on veu{,
des divisions de la règlc ou du linrbe gradué I nrais en réalité cette
subdivision ne peut pas êlre poussée au delà d'uno certaine lirnitc.
Les traits quc I'on a t,r.acés , soit sur le limbe , soib sur le vcrnier,
ont nécessairement une cer[.line largcur. Si I'on vcu[ construire urr
vernier de nranièrc à ér'aluel des fracIions cle lignes ou cl'arcs plus
petitesque la largeur même dos traits tlc rlivision, il amivcra qu'iI
n'y aura pas qu'une seule côïncideucc ent,re un dcs traits du I'olnior
et un de ceux de ln règle ou du linrlie gradué; cette coïncidencc
aura lieu pour plusieurs traits consécutif's, eC il en résultera qu'orr
ne saura pas auiusfe à laquellc dc ces coïncidences ondevra s'ar-
rêier. Dans ce cas , 0n prcndra naturellement cclle qui occuperir
sensiblentent le milieu'pirrrni lcs autlcs. On conqoit donc qu'urr
I'ernier ne peut donner les valcurs dc ligncs rlroites ou cl'arcs rle
cercle err fractions très petilcs tlc I'unité prinr:ipalc, qu'autant que
Ies divisions sont malquées au moJ'en cle traits exlrômenrenl,
Iins et d'une très grando précision :.on regarde alors les divisions
en se servant d'une loupc tlue I'on tfent à la rnain , ou bien qui cst
adaptôo à cet effet ir I'instrumcnt lui-
nrérne.
S 36. Le vernier n'osi iJuère em-
ployé, pour fractionner les divisions
d'nn cercle, que dans les instrunrents

!'iq.'il.

lrortal,il's. l)ans les instrurncnts lircs


rles observa[oires , tln lui subsfitrrc
tle préférence le nricromi lt.c, qrri
pennet de poussel. I'eractitude ltlus
loin. Le rnicronrètle n'cst, autrc
chgse qu'une sorte de peti[e ]rrnettc à réticule AB, /rg. ?2, in-
stallée d'nne manic\ro invariable on regard des divisiouU dq
limbc CD, qui tlans t:cr cas fait corps aveè la lunette cle I inttml
r:

T,ECI'URE DE L'ANGLE. 73
rnen[ et, se nleut avec elle ($ 32). (lci la graduation est supposée
faite sur la tranche du limbe, comme cela arrive quelquefois dans
les instruments dont nous nous occupons ) En mettant son æil
près de I'ocr.rlaire du micromètre, on a;ierçoit une imago agt'andio
d'uno petite partie de la gradual,ion du limbe,, lig.73, et l'on voi[
en môme temps les fils du réiicule se croisant à travcrs cetle image.
Ces fils ne sont pas fixes contme dnns les lunetl.es ordinaires à ré-
ticule; une vis à têtc gracluée u,, lill.72, permeb dc leur dotrner
un mouverlrent de transla[ion. perpendiculairernent à l'axe du mi-
cromètre, et dans la direction ntêrrie dans laquellc on voit marclter
les divisions du limbe, lorsqu'on le fait tournet'autottr de son cen-
l,re. Le rét,icule étanI aurené au commencetrenI de la courso quo
la vis peut ainsi lui faire parcourir, I'axe oplique du micromèlrs
occupe unc position enbièrcmcn[ dé[erminéc ; cet,te direction par-
ticulière de I'axe opbique cons[it,ue, à propremenb parler, I'index
destiné à marquor sur Ie linrbe l'extrémité de I'arc dont ce limbe a
tourné en passanb d'uneposition à une atttre. Si le cercle, en [our-
nanI autour de son centre, à partir d'une position connue, s'arrêtait
dans une secondo position telle que I'un dcs traits de sa gradua-
[ion correspondlt exactement à I'index donl nous venons de parler,
il suffir'ait de connaltre le numéro de ce trait de division pour en con-
clure tout de suite la grandeur de I'arc dont le limbe aurait tourné.
,\lais habi[uellenrent il n'en esI pas ainsi: le point, do rencontre. des
{ils du réticule, que noLls supposons [oujours.rarnené à I'origino du
mouvemenI qu'it peut prendre, se trouve placé entre cleux traits
consécutifs, comme le montre la frg.73. Si les divisions du limbe,
vues ir I'intérieur clu micromètre, ont
marché dans le sens de Ia {lèche, le
tlait nr, est le dernier qui, dans cc mou-
vemen[, ait dépassé le point, de croi- A
sement des fils; on a donc bcsoin de I

mesurer la quantité dont il l'ir clépassé, I


pour savoir dans qucl tapporb elle se A
trouve avec la largeur totale d'unc des
divisions, et.pour trouver lrar consé-
qucnt ce qu'on doi[ ajouter ir la vllcrrr'
qu'aurait I'arc décrit, s'il se Lelnrirail
au Lrait lr. A ceb effet, ou fait rnou-
voir le rébicule au moyen de Ia vis u, fr7.72, jusclu'à ce que son
poiut de croisement vienne se placer exact,emenl sur le trait m :
le nombre de tours et la fraction de toul qu'on a fait faire à la vis,
fait tonnattre Ia grantleur du chemin parcouru par le réticule, clu-
7
1tr INSTRUI\IENTS QUI SERIENI' A LÂ IIDSURE DIIS A|{GLES.
min que I'on évaluera facilement en minutes et secondes. Supptl-
sons, par exemple, que le limbe soit divisé de 5 en 5 nlinutes, que
Ia vis du micromètre.doivc faire exactement 40 tours pour faire
parcourir une division entière au point de croisemen[ des fils,
et que le conlour de la tête do cctte vis soit divisé cn 60 parties
égales; chaque tour de la vis fera marcher le rélicule d'une quat-
tité égale à I'arcde 30/f pris sur le limbe, eIchaque divisionde la
tête de la vis correspondra à un arc d'une derni-seconde.
Un petit miroir b, fig.?2, ûré au micromètre, cst disposi: de
manièrè à renvoyer la lumière d'une lanrpc ou d'un bec de gaz
sur la partie des divisions du linrbe qLri se trouve en face du mi-
cromètre, afin c1u'on pui'.sse voir convenablemenl ces divisions. Le
miroir b, qui se trouve placé entrc le limbe et I'obiectif du nticro-
mèlre, est d'ailleurs percé d'une ouverture c',entrale destinée
à laisser passer les rayons lumineux parl,is du limbe, qui doi-
vent tomber sur I'objectif pour pénétrer' à I'intérieul du micro-
mètrc.
ii S 37. Répétltion des angle L'ei'actitude de Ia mesuro
I rl'u-n angle dépend de différentes circonstances' qui se rapportent,
les unes au moyen de viséo que I'on ernploie, les autres à la lec-.
ture de cet angle sur le limbe gradué de I'instruntent. La lccture de
I'angle peut donner lieu à des emeurs d'une grancle imporl,ance,
surtout lorsqu'otr se sert d'instruments portatifs, qui, pal cela
même, ne peuvon[ pas avoir dc grandes dimensions, Ces erreurs
proviennoni, soit de ce que la graduation du cercle présento des
défauts presque inévitables, soit de co que le vernier ne perhte[
pas de pousser assez loitt la subdivision des parties du ccrcle. Otr
a imaginé un moyen très ingénieux de se mettre à I'abri de ce
genre d'erreurs: ce moven consiste dans la repëtitiotr, des ungles.
Voici quel en est le prinoipe
Concevons que, par une sério d'opérationg successives, on par-
vienne à faire décrire à I'axe optique de Ia lunette adaptée à gr
cercle, plusieurs fois de suite et dans le même sens, I'angle dont
on veut trouver la valeur: de telle sort.e que la lune[te ait tour,né
en totalité, autour du centre du cercle, d'un angle égal à un mul-
tiple de I'angle cherché, se composant par exemple de dix fois cet
angle. On lira sur le linrbela valeur de I'angle total: puis en di-
visànt cettd valeur par 4 0, on aura cellc de I'angle cherché' Mais
si, en opérant ainsi, on comntet une erreur dans la leclure de
I'angle multiple, cette erreur se trouvera ensuite divisée par 'l0' et
en conséquence il n'en résultera qu'une erreur clix fois moindre
sul l'anglô simplo; tandis que si l'ôn s'était contenté de mesurer
CDNCI,E RÉPÉTITEUR, 75
directoment cei angle simple, on aurait pu commetire la rnême
orrour de lecturo quo sur son multiple. Il srrffit de chercher de
même à déterminer! au moyen d'une simple lecture, la valeur
d'un angle 20 fois, 30 fois plus grand que celuiqu'on veut obte-
nir, pour en conclure une valeur cle ce dernier angle qui ne com-
por[e qu'une erreur 20 fois, 30 fois plus petite que celle qu'on
pourrait comnrettre en lo mosurant simplement par le procédé
ordinaire.
L'idée de cstte ingénieuse méthode, qui peut ê[rc regardée
comme annulan[ comtrlétement I'err.eur de lecture dans la mesuro
des angles, puisqu'elle pemre[ de rliminuer ce[te crreur autanb
qu'on veut, est due à I'astronome Tobie l,layer, qui I'a lhi[ con-
naifre en Ni77. Mais c'est Border qui a le premier fai[ construiro
des instrunrcnts clisposés pour la mcttre cn pralique. Nous allons
décrire le ccrclc de Borda, désigné habitucllernent, sous le norn de
crrcle répatiteur, parce qu'il est tlestiné à cffectuer la mesure des
angles, en appliquant le principe de la répétition.
S :]8.'Ccrele répériteur. - Ce[ instrumont consiste en un
cercle gladué AA, fg. 74, porté par un pied qui permet de lui
clonner toutes les directions possibles, ef muni de deux lunettes à
réticule dcstinées à viser suivant les côtés de I'angle à mesurer.
Le cercle AA peut tourneir rlans son plan, autour d'un axe qui lui
esi implanté perpendiculairemenb et en son centro. Cet axe tra-
verse une douille B qui est fixée à l'axe horizontal C, et qui se
termine pilr un renflement pesant D, destiné à faire contre-poids
au cercle et aux deux lunettos, afin d'empêcher que la pesanteur
ne tende à faire basculer le cercle en le faisant tourner autour do
I'axe C. Les ext.rémités de I'axe C sont supportées par les mon-
tants B, E d'une sort,e do fourchc qui surrnonte la colonne F, eb
peuvent tourner librement dans les ouvertures circulaires prati-
quées dans ces montarrts. Enfin la colonne F' peut elle-rnême tour-
ner, 'âvec touI ce qu'efib por[e, aulour d'un axe qui pénètre à son
intérieur, dans une partie de sa bauteur, e[ qui est firé au pied do
I'iristrument. On eonçoit, que, par cet,to disposition, en faisant, tourner
le cercle autdhr de I'axe C, et en mêmo temps tout I'instrument
autour de l'âxe de la colonno F, on peut amener le plan du cerclo
à avoir telle direction qu'on veut.
Uno lunette SS est installée sur la face supérieure tlu cercle,
suivant un do.ses diarnètres, e[ peui tourner librement, autour de
son cenhe, sans I'cntrainer. Une seconde lunefte Il est adaptée de
même sur la face inflérieure du cercle: mais elle n'est pas dirigée
suivant un diamètre, à cause de l'axe du cercle, qui s'y oppose:
INSTRUIIIENTS QUI SNRVENT A LÀ I\IISURE DIS Aî{GI,ES.

Fig. 7'[.
CER(:LE RÉPÉTITEUR. tt
elle est placée ù côté ile cet ase, aul,out' ducluel elle peut égale-
menL tourner librernent et indépendammcnt du cercle. La posi[ion
escentrique de cctte lunette inférieurs n'cnrpêcùe pas qu'on ns
s'en serve absolurnent cie môme que si elle était dirigee suivant un
diamètre. Ainsi quc nous l'avons déià obsen'é (S 3g), il n'en ré-
sulte aucune erreur appréciablo dans .l'observatiott des astres, ou
des objets terrcslres suflisamment. éloigné's
$ 39 Lorsque lc plan du limbe a été amené dans unedirsction
convcnablc, au nroven des mouvements qu'il peut prendro autour
de I'axe C, et autoul de I'axe do la colonne F, on fiiit en sorte que
ces deur mouvetrreuts ne soienl plus possibles, 0n se sen'ant de
vis de pression disposées pour cela. Dès lors le cercle ne peut, plus
prendre de mouvemenb que dans son plan, autour de I'axe qui tra-
verse la douille B; dans ce mouvemenl, il entraîlre les deux luneltes,
qui peuvenl d'ailleurs se nrouvoir seules autour de son centre, ainsi
que nous I'avons déjà dit. Chacun do ces trois mouVements, du
cercle avec les luneLtes, et de I'utte ou I'autre des lune[tes indé-
pendamment, du cercle, peut s'effectuer en dcux fois : rapidemen[
d'abord, avoc la main, pour donneir au cerclc ou .:tllx luncltcs à peu
près la position qu'on vcut, leur
faire prendrc I ensuite lentc-
ment,. au ntoven d'une vis dc
rappel, pour lés amcnu. oxacte-
mq$ dans cctte position. Voici
çé'lle est la disposition adoptôe
à cet effet pour chacunc des lu-
nettes.
La pie\cc t, fr7.75. fait corps
avec la lunctte: c'est, par exem-
plc, pour la luneft,c supérieure,
I'extrénrité de la pièce K, ftg ,7 L.
(lette pielce rr, cst percée rl'une
ouverlure rectangulaire, traver-
sée en son milieu par une vis Ù,
qni peut tourner sur clle-môrne
tlans cles collets (ixés aus tleur
cxLrémités rle cette oul,crturo.
(,n écrou c csl engagé dans la
vis ô, et, cst d'ailleurs atlaché à
unc pince tl, donI lcs r]errx mi\-
choires sont placétrs. I'une au- dessus, I'aut,rc au-dessoris du borcl
arninci du limbe; la vis e est, rlostintic à rapplocher ces cleux
7
.'."

78 TNSTRUMINTS eul s[RY[:NT Â t,,\ ttESUnn dns ÂNGLEs.


mâchoires, de manière à seruer le bord du lintbo entre elles , co
qui fixe pour ainsi dire l'écrou c au limbe. Lorsqu'on veut déplacer
la lunette rapiclenterrt, cl tl'unc quantité un peu grande, on des-
scrre la vis rle pression rr, c0 tlui rentl la lunctte cnl,ièremt;nt' libre
do se nrotrvoir âutour du centre du ccn:le, sous I'inrpulsion de la
main. Lorsque ensuite, ayant donné à lalunette à peu près la posi-
tion dans laquelle elle doit s'arrêter, on veut I'v arnener Bxactemeltt,
0n serre la vis de pression e ; la pince d e[ l'écrou c se trouvent
par là fixés au limbe, alors on fait tourtter Ia vis de rappel D, et
elle marche darrs l'écrou c, en communiqrtant un nlouvement lettt,
à la pièce rr qui entralne la lunc'ttc avec clle.
Une disposilion différente a été adopLée, pour produire d'utte nra-
nière analogue le ntouveruent du cerclc atitour de son centre. L'axe
du cercle , après avoir traversé la douille B, Ég. 7 L , eL le contro-
poids cylinrlrique D, se prolonge cl'unc petitc quantité au delà, et
porte une rouc dentée do mêtne rliamètre quc ce contre-poids. Une
vis sans fin engrène avec cette roue, ct cst portée par des collets
firés au tambour D. C'est ce qtle montre la fig.76. Si I'on fait
tourner la vis sans
fin ab, en la sai-
"sissanI
par une dos
deux têtcs qu'clle
1;orte à ses dc.u:ç
ertrérnités,la r<mc
dcntép ave c Ia-
qucllc clle engrènc
re(:evrtl llll lnOLlve-
ruent rle rotation ,
li'ig.7(i. F'ig' ?7.
auqucl lrnrticiper:r
néccssairement lc cercle qrri cst firé arr tttôutc are qrr'elle. lluis la
vis ab pouL êtrc. éloigntie tlo la roue tJentée, de tuanière à suppri-
mer tor[s conrnrunii:rttiotr cntre elles. Pour cela, il suflfit de fqirc
tourncr un peu lo rloigt.rl autour du petit, arie c altqucl il est fixé; ce
rloigt repousse I'est,rtltuité rr de la vis, qui, dès lors, n'engràne plus
avec la roue dentée , fr7.77, e[ laissccette roue libre de tounier ar.ec
le cerr',Ie, sous I'irnpulsion de la main. Lorsqu'on replace lerioigL rt
dans la position t1u'il avaiL d'abord , la vis est ramenée près de la
rouc dentée par I'action d'un ressort e, et, la cotnrnunication enfro
la lis eb la roue se brouve rétablio. Pour pouvoir donner au
cercle un mouvement, de rotation rapidc autour de son centre, il
suffit de désengrener la vis sans fin, à I'aide du doigt d ; lorsque le
cercle a été ainsi placé à peu près cornme il doit l'être, on réta-
(IIJIiCIIi ITÉPÉTITEUR. 79
ltlit. la communication de la vis sans fin avec
la roue denl,ée, et on faisant tourner ceùte
vis. on amène lentement le cercle à avoir
au.ius[e la position qu'orr veut lui donncr.
!i 40. Àprès avoir fait connal[rt la dis- ûl
position du cerclo répétiteur, e[ la manæu- -.l
vre des diverses pièces dont il se compose, æ

nous allons indiquer le moyen do s'en ser-


vir pour mesurer un angle, en appliquanû
le principe do la répélition des angles
($ 37).
Soien[ À et B, les deux points très éloi-
gnés vers lesquels sotrt dirigés les côtés !D
de I'arrgle à mesurer. Après avoir placé -J
la lunette supérieure du cercle dc manièrc
quc son index coïncide avec Ie zéro de la
grariualion, ct l'avoir fixée au cercle dans
cette position, on dispose lê cerclo rlans lo
plan de I'angle, e[ on Io fait tournet dans
ce plan, jusqu'à ce que la lunette supé-
rieure soit dirigée vers lo poirrt A; on fait
ensuite mouvoir la lunette inférieure seule,
de manière à la diriger vers le poin[ It,
Lorsque le cercle a été amené dans cet,te
position, f,9.78, et. que les Iunettes ont tité
ainsi dirigées suivanf les tleux côtés de I'an-
gle, on faiI tourner le cercle, avec lcs deux
lunetùes, jusqu'à ce que la luneile inférieuro
soit dirigée vers le poin[ A, frg .19 ; on tixo
alors Ie cercle, on en détache la lunette su-
périeure, et on I'amène à êire dirigée vers
Ie point B, fr1.80. Il es[ bien clair que,
dans ce mouvement, la lunette supérieure
décrit un angle double de celui que I'on
cherche, et que son inder parcourl sur le
limbe un arc servant exactemen[ de mesure
à cet angle double : en lisant le nombre de
degrés, minu[es, e[ secondes, auquel corres- :1
gr
pond la nouvelle position de cet index sur @
tg
le limbe, et divisant ce nombre par ?, on
aura déjà la valeur de I'angle chsrché.I\{ais
si l'on ne se contente pas d'avoir doublé
80 nrsrnuMnNTs QUI sËRvENT A LÀ lt[sunn DES AticLDS.
I'anglo, si I'on veut avoir un plus grand multiple, on continuera
I'opération de la manière suivanl,e.
Le cercle et les lunettes se trouvan[ dans h position qu'indique
la fig.80, on fait toLrrner le tout dans le plan de I'angle, c'est-à-
dire autour de I'axe du cerclc, jirsqu'à ce que Ia lunet,te supérieure
soit dirigée de nouveau vers le point A, fg. I I . On détache ensuite
la lunette inférieure, eb on la fait tourner seule dc manière à la
ramener vers le poin[ B, Êg 82, Dès lors I'instrunent se retrouve
exactement comme il était tou[ d'abord, /îg. 78, avec cette diffé-
rence cependant quo l'indcx clc la lunette supérieure n'est plus au
zérode la graduaLion, mais se [rouve à une distance angulaire de
ce zéro égale au dorrble de I'anglo crlrcrclré. On conçoit rlonc rlue
I'on peut partir de cette posi[ion du ccrclc cb des lunetl,es, comme
on est parti de celle indiquée par la Ê9. 78, pour faire une opéra[ion
exactement pareille à celle que I'on a dejà eft'ectuée, et I'on feru
ainsi parcourir à I'index de la lunette supérieure un arrr du limbe
gradué précisément égal a celui qu'il a déjà parcouru : c'est,-à-dire
qu'à la fin de ce[te seconde opéral.ion, l'index se t,rouvera à une
distance angulaire du zéro ôgale à 4 fois I'angle cbcrché.
En répétanl encorc les mêmes manæuvres, el cela autanI de fois
qu'on voudra, on fera parcourir à I'index de la lunette supéricure,
à partir du zéro de Ia graduation, un arc total 6 fois, B lbis,
40 fois,... plus grartd clue celui cSri correstrlond à I'angle dont on
veut détermincr la valeur. ce[ arc lot,al se composera généralenrenI
cl'un cerLain nombre de circonfércnces cntièrcs, et cl'une portion rle
circonférence clont on (rouvera Ia grandeur d'après la posit,ion quc,
I'index occupcra parmi les divisions du limbe. Lorsqu'on aura
ainsi obtenu. lc nonrbre de degrés, minut,es, et secondes, reprt!.-
senlanI Ia valeur du multiple dc I'angle cherché que l'on a fait,
décrire à la lunel[e supérieuro, il suffira dc lo diviser par le nombre
qui manlue ce multiple, pour cn conclure la valcur de l'angle
cherché. , ,
Pour diminuer I'errcur que I'on peut commettre dans ra vareur
de I'angle multiple, par la leclure de la position qu'occupe l'index
de la lunetto supérieure à la {in des opérations, on ariapte à celts
lunettc quatre verniers différcnts, répertis régulièrenrenl, sur tout
le con(ourdu cercle. Un seul dcs inder qui accompagnont oes ver-
niers est employé à détermincr le nombre entier de divisions rJu
linrbe donl, la Iunctte a tourné en totalitd, depuis le commencemcnt
jusqu'à la fin : nais les quatre verniers donnent crhacun une valeur
de la fraction de division que I'on doi[ ajouter à ce nombre enlier,
et c'est la movcnne de leurs indir:ations que I'on adopte comme
NIESURE DES DISTANCES ZÉNI'I'IIAT,[S, 8T
donnant la valeur exacte de cette fraclion cle division. Des mi-
croscopes M, M , lig.7L, sonidisposés dc nranière qu'on puisse
observer facilement les divisions du vernier, et la colncidence de
I'une cl'elles avec une des divisions du linrbe; iles vis perntettent de
les faire mouvoir dans toute la longueur du vcrnier correspottdant.
Unc circolstance inrport,ante à signaler dans la mancl'ut,re du
t'ercle répétiteur, c'est que chaqrre fois qu'on détache unc des lu-
l)ettes du cercle, pour la faire tourner sans que Ie cercle soit, en-
traîné, l'immobilité du limbe peut être constatée à l'aide de I'autre
lunettc, rlonI I'axe optique est dirigé vers I'un dcs deux trloints Â, l],
eL ne doit pas cesser de pesser par ce point. [,e moindre mouve-
ment que Jlrendrail lo cercle, pendanc que I'on Jait mour,oir ulre
tles lunettes, entralnernif une crrcllr inrportanle dans la mesure de
l'anglc ; nrais I'observateur s'apclccvraj i nécessairemen b du dépla-
cement du cercle, à l'aide de la lunette qui lui es[ reslée f]xée.
Si l'on réfléchit à la nanière donl on olitient la valeur d'un
angle. en suivant la marche qui vient d'ô[re indiquée, on reconnaît
que I'erreur de lecture est bien diminuée autanf qu'on veut par le
rnoyên de la répétition de I'angle ; puisque l'erreur commise dans
la lecture d'un angle dix fois,vingt fois,... plus grand que I'angle
cherché, est'clu même ordre de grandeur clue celle que I'on com-
mettrait d:rns la mesure directo de cet angle, et, qu'elle se trouvû
divisée par'l0, 20.... Àlais il n'en es[ pas rio mê.me de I'crretrr dc
pointé (S 33) 0ette erreur ne se produit pas une seule fois dans la
mssure d'un multiple de I'angle cherché : elle se produit cltaque
fois qu'on fait une nouvclle visée. En sor[e c1ue, si toutes les erreurs
de pointé, que l'on commet successivement, étrient de ntêmo sens
et égales entre elles, il en résulteraib en définitive, pour I'angle
cherché, la niêrne erreur que si I'on s'était, contenté de Ic mesurer
sans employer lo principe de la répétition. L'eneur de pointé n'est
at,ténuée, par la répétition des angles, qu'autart[ que les erreurs
commises dans les opérations successives se trouvent les uncs darts
lun sens, les aul.res en sens cont,raire ; le résultat est le même, sous
ce rallport, que si I'on avait mesuré à plusieurs reprises I'angle
clrerché lui-rnême, et qu'on ait ensui[e pris la movenne des nombres
ainsi obtenus.
$ 4'l . mesure des rllstanees zénltrhale Toutes les fois
que les deux côtés de I'angle à mesurer sonb déterminés par des
points que I'on peut observer au moven de lunettes, on opère commo
il vient d'être dit. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et c'est ce qui
arrive notammen[ lorsqu'on veut mesurer la d[stance sënithnle
d'un point.
82 rNSTRUlftEN.fs QUt SERÏnNT A t.{. MESURE DES ANGLES.
La rtr1-ticnla, en un lieu quelconque de Ia [erre, c'est Ia direction
suivanf laquelle agit la pesanteur. Cettc direction nous est indiquée
d'one manière extrêtrenlent nette par I'ins[rumen[ bien
-ffit
- ('onnu sous le nom de fit it' plomb, Fg. 83. On nomttle
|;tinitlr,le point du ciel vers lequel Ia verlicale se dirige.
I Lo ,ti.tonôe zénithale cl'un point , c'csi la distance an-
I gulaire cle ce poinl et du zénitlt: c'est-à-dire I'argle que
I iâ.ovon dirigé \'ers ce point fait avec la verticale du licu
I rl'observation. Le zénith n'csi llas un point visible, quc
I I'oo puisse observer avec tlnc lunette I c'est pourquoi la
V rnes,ite d'une tlistancc zénithale ne peut pas s'effectuer
Fig. on appliquant simplenunt, ce que nous venons de dirc
83.
sllr iatmà.u.e d'un angle en général au moyen du cercle
répétiteur. On ne peut [rouver la valeur dc la distarlce zénithalo
d'ùn point, qu'ctt suivant unc' marche toutc spéciale que nous
allons faire connaltre.
$ 42. Mais auparavant, il faut quo nous disions,
quelques mots
cfu*niuerlru ir, bulli d'uir, instrument d'un usage fréquent dans les
opérations du genre de celle dott[ nous nous occ-upons'.I'e niveau
à'bulle d'air, lig. 8 /l, se compose essentiellement d'un tube de verre
à pen près cYlindriqtte, ferme à
-ses deux extrémités , et rempli
presque complétenient cl'un li-
Irig. 84' quide. La par[ie de la capacité du
tuDe qul
tube qui nn'est occupéc par l€
esr pas oc0upcc le
liquide esl remplie d'air, ou bien de vapeur du liquide lui-mêrne:
c'es[ ce clue I'on nomme la bùle d'air.I'e tube est presque entiè-
remen[ envoloppé par une garnituro métallique destinée à le ga-
rant'ir; ce[te garniture ne laisse apercevoir que la partie supérieure
du tube, dans laquelle se loge la bulle, lorsque le tube est placé
horizontalemenl. Une légère courbure longitudinale, que I'on a
clonnôe au tube à son intérieur, dans la parl,ie que vient occuper la
bulle, fait que cette bullo y prend une posilion déternrinée, e[
qu'une très faiblo inclinaison donnée au tube, dans un sens oil
dans I'au[re , occasionne un déplac.ernent notable de la bullo, qui
cherche toujours à se placer au poinI le plus élevé de I'espace oir
elle est libre de se mouvoir. Ce niveau à bulle d'air est employé
dans deux cirr:onstances différentes: 4n pollr reconnait,re l'hori-
z,ontalité cl'une surfitce plane: 9" pour reconnaltre la ver[icalité de
I'are tle rotation d'un appareil.
Dans le premier cas, la garttiture méLallique du tube porte à'sa
parl,ie inférieure une règle également métilllique, comme le montrc
lIESUliii ftus brS't',ttçr:u,s zÈrt'rùqr,ns. 83
la frg.8&, Dans la construction du niveau, on dispose cetl,e règle
de telle manière que, lorsqu'elle repose sur une surface horizontale,
la bulle d'air occupe Ie milieu tle la longueur du tube. llais on ne
doil jarnais se fie r sur ce que cctte condil,ion est exactement rem-
plie. Pour reconnaitre si une surf'ace esl,llien horizontale dans uno
certaine dilec:tion, on ne devra pas se contenter de poser lo niveau
sur la surface dans cette direo[ion, eb dc rcgarder si la bulle est
bien au rnilieu de la longueur dtt trrbe; après qu'on aura observé
la place qu'ocoupe la bulle dans cette première position tiu niveau,
on devra retourner I'insbrumenI bout pour llottt, e[ voil si, après
cc retournement, la bulle occupc toujours la même place rlans le
tube. Si la bulle reste ett cffct au utôme point du tulle dans ces
deux positiotts inrerses tltt nil'eau, cela indique n(lcessairement que
la surface es[ horizotrttrlc dans la dircction sountise à cctte épreuve,
et cela lors même qne la place occupée par la bulle ne se trouve-
rait pas au milieu de la longueur du tube. Il suflit d'opérer ainsi
r.lans-deux direct,ions diflérentes prises sur la surface plane, dans
deux direc[ions perpendiculaires enLre elles, par exemple, pour
qu'on soit stir que la surface est horizontals.
l,orsque le niveau à bulle d'air est employé pour reconnaitre si
I'axe'de rotation d'un appareil est bien ver[ical, il n'a plus besoin
tl'être nruni {e la règleinférieure dont nous avons parlé prôcédem-
rnent. Il suffit qu'il soit adapté d'une manière quelconque à I'ap-
pareil dont il s'agit, soit qu'il lui soi[ entièrontent, fixé, soit c1u'il
repose simplemont sur certaines parfies de cet appareil. Pour que
I'axc de ro[ation soit exaclement vert.ical, il faub que la bulle du
niveau conserve toujours la mÔmc place dans lc tube, pour toutes
les positions que peut, prendre I'appareil dans son mouventent atr-
tour de cet axe.
Le niveau ir bulle d'air esl un lnsfument extrêmemenl sensible ;
pour peu qu'un plan s'écarte de la direction horizontale, ou qu'un
axe de rotation s'écarte de la direction verticale, on en est averti
par I'ernploi du niveau à bulle cl'air. Afin que I'on puisso recon-
naltre sans peine si la bulle d'air occupe toujours la même place
tlans le tube, on ûrace habil,uellementr sur la paflie supérieure
du tube, un certain nombre cle divisions transversales qui servent
do repères.
$ ,tr3. La première chose à fairo, lorsqu'on veu[ se servir du
cerclo'répôliteur pour mesurer une distance zénithale, c'esl de
rendro I'aie de la colonne l- , frg.74, (page 76), cxacternent ver[ical.
Pour cela on se sert des trois vis calantes G, par lesquelles I'instru-
rnent repose sur son piorl; en faisant tourner ces vis plus ou moins,
'-1

8lr lls'rnutl6\'rs QUI SEftvENT A LA IIIESURI DDS ANcl,US.


dans un sens ou dans I'autre, on parvien[ à faire disparail,re toute
obliquite de l'axe de la colonne, ce que I'on reconnalt au moyen d'un
niveau à bulle d'air adapté
ordinairemen[ au tuvau dc
la lunelte inférieure,. llais
pour arriver d'une nianiùre
certaine, e[ en peu tle
ternps, à oblenir la vcrti-
calité de I'axc, on suib une
marcïre particulière que
nous allons indirluer.
Après avoir fait tourner
le cercle autour do I'axe C,
de manière à arnener son
lrlan à être à peu près ver-
tical, on donne à la lunette
inférieure une clirection ho-
rizonlale, comme on le voit
sur la f0. 85. Lo niveau à
bulle d'air ut, que porte
cette lunette, se trouve alors
dans uno position conve-
nable pour servir à recon-
naitre si I'axe lt est bien
vertical. Cela fait, on amène
lo niveau à bulle d'air à être
dirigé parallèlenrent à la
ligne æn,, 'gui passe par
deux des vis 'calantes ,
frg. 86, en falsant tourner
tout l'instrument autour de
I'axe F : puis on lui fait
faire un demi*tour, autour
de ce mêmê axo, de |na-
nière à ramensr le nileau
---- à ùtre encorc narallèle a la
- lig,,u lin. Si, dans ccs dcux
liositions du niveau, la bullc
!'ig.8{3. occupe Ia mème place sur
le tube, cela indique que
I'axe F n'a
pas d'inclinaison dans le sens de la ligne mn, qu'il
ne penche ni vers I'extrémité m , ni vors I'extrérnité t de cetto
-- r

III'SURE DES DISTANCIS.ZÊNI'TIIAI,XS. 85


igno. Si, au contraire, la bulle du niveaLr ne se place pas de rnênre
dans les deux positions succcssives données à I'instrurnent,, r)'esL
que I'axe F penche vers rr,., ou vers ?ù: on agit alors sur les deux
vis par lesquelles passe la ligne ?lù?r,, ou sur une seulo des deux,
afin de reriresser I'axe, ddns le sens que Ie niveau t inrliqné ;
en même tentps on fail mouvoir la lunctte inférieurc tl'une Jre-
titc quantifé sur le cerole, pour antener lc nivcau à avoir sa butle
placée à peu près au nrilieu de sn longueur ; puis on rccommenco
I'opération efÏectuée déjà précédemnronl , pour recounaltre si
I'on a fait disparattre cornplétemen[ I'obliquité de l'axo dans lc
sens de la ligne mn,.Il est, rare que I'on rôussissc du premier
coup à faire disparaîbre ainsi cette obliquité: nrais on y parvient,
toujours au L,out d'un petit, nombrc de tâtonnements, qui consis-
tenI dans la répétition successive de I'opération don[ nous venons
de parler.
Lorsqu'on s'est rssuré qde I'axe F' n'a plus âucune obliquité
dans le sens do la li$ne 'mn) on fait tourner tout I'inslrument au-
tour de cet, axe F , liour amener le niveau à être dirigé parallèle-
rnen[ à la ligne pr7 , qui passe par la troisième vis calanto, et qui
cst perpendiculaire à la ligne nrn ; puis on répète , pour la direr:-
tion pq, cg que I'on avait, fait pour la directiort ntrn,) cn avant soin
de ne toucher qu'à la troisième vis calante, située sur llq , pour
redresscr l'axe !' dans la directiol dc ctltte lisne. L'axe avant, âinsi
été r'edressé dans cleux directions différentes f,erpencliculaires I'une
à I'autre, doit se trouver eractemenI vertical, et par conséquen[
la bulle du niveau doi[ rcslcr en[re les mêrncs rcpères du tube,
pour toutes les positions quc I'on donne a l'instrument, en le fai-
sanl tourner autoul de I'axe F.
Uuc fois que I'axe dc la colonne a é1.é rendu vertical, il laub en-
oore amener lo plan du limbe à être cxactement vertical, en le
faisant tournsr plus ou moins rrutour de' I'axe horizontal C, fig . 7 & .
La verticalité de co plan se I'econnalt aulmo;'en d'un fil à plomb
très délié que I'on approche du cercle. Pôur lrlus de commodité,
on adapte ar cercle deux appendices saillants de mômc dimension,
I'un à sa partie supérieure, I'autre à sa partie i1f6i1ipur0, et I'on
s'assure, au moyen du fll à plomb, sideux poinl,s de repèro qu'ils
portent sont bien situés sur unc même vcrticale. Ilais atin qu'cn
n'ait pas à,répéter cctte opération 'chaque fois rlu on a à effectuer
une mesfrre de distance zénithale, on adapte àla douille B, fg.7ti,
un petib niveau à bulle d'air, dont Ia bullo se place esactemenl, arr
milieu de la lorlgueur du tube, lorsque le fil à plonrb indique que
le cercle est verlical : en sorte que, habituellemcnt, on so cônlente
E
80 iusrnuunxrs QUI snnvnNr À LA ùtnsunn nns ANGnrs.
d'observer co petit rriveau , pollr constater la
verticalité du cercle.
$ 4[. L'axe de la colonnc du cercle répé-
titeur, et le plan de son limbe avant été ainsi
t-
@ rendus vertirtarrx, I'irrst,runrcnt, se trouve dans
èô
h
les conrlitions conyenables pour servir à lii
rncsure cles clistanccs zénithales. On fait alors
tourner la lunctte supérieure sur le <:crcle,
jusqu'à cc que scln inrler coïncide aveo le zéro
de la grarJuation, e[ trn la fiso au c'ercle dans
ectte po*sit,it'n; puis on fait tourner le cerclc
à avec la lunefte. tl'abord autour de l'axe de
û la colonnc, pour amener Ic plan vertical du
èô
cercle à passer par le point A qu'on vcut ob-
server, cnsuite autour tlo I'axe du cercle ,
pour amener I'axe op[ique de la lunette à
être exactcmentdirigé versce point A, f'9. 87 .
Le cercle étant fixc clans ce[te position ,.au
moyen do la vis tangente qui agitr a I'extré-
mité de son aKe (S 3 9), on faiL faire un demi-
@ tour à tout I'instrument, autour de I'axe de
.èD
la colonnc , pour I'arnencr dans la position
t1u'indique la fg. 88; puis on détache la lu-
notte sulrérieure , et on la fait tourner seulc
autour de l'axe du celcle. de manière à la
ramener vers le point A, frg. 8g.ll est bicn
clair que, dans ce mou\rement, la lunette u
tourntl précisément d'un angie double de la
distanco zénithale AOZ que I'on veut déter-
ëD
mirrer, et qu'en lisant le ncrtnbre de degrés ,
minutes, e[ secondes , do la graduation ,
auquel correspond l'index qui accompagne la
lunctte , on n'aura qu'à prenclre la moitié de
ce nombre, pour avoir la valeur de cette dis-
tance z.ônithale.
L'opération se terminc là, si I'on se con-
{,ente d'avoir mesuré le double. de I'anglo
clrelché.- Mais si I'on veut, déterminer la
valeur cl'un plus grand nrulbiple de ce[ angle,
' otr continue de Ia manière suivahte.,.L'in-
*qtrumcnt étant dans la position qu'indiquo
la fg. 89, on lui fait, faire un demi-tour au-

*
TrrÉoDorrrE. g7
tour de I'axe dc la colonne, ftg.g0; puis on fait tourner
Ie cercre
dars son plan, jusqu.'à.ce que la lunette, qui lui cst rostée
fixée,
soit, de nouveau dirigée vérs lrr point A,'ltg. 9l DOslors
f,in-
strument sc retrou'e da.ns une positi'' irl-eniique avec cellc
qu'on
lui avait donnée d'ab,orcr,, si cr: quc I'i'dàr rre la ri,nlrte, au
''esr
lieu d'ê[re au zéro dg ll grarrLratio', so troule à ure distance
arrgulairo de ce z-éro iloublJrle l'arrglc donI on ctrcr.te,
ia'valeur.
[Jnc nourrclle opération, entiùr.orne"nt pirreillc ir cclte '{ui
vie,,t
tl'ôtre expliquéc, faif déorire à cet index un .rc rJ' rirnbc précisé-
men[ égal à.celui qu'it a déjà clécrit cr^ra nou'elro poiitiuu
; qo'it
occupe, après cette seconde opération, fait connaltre
qladruplo dc.l'angle clrerché.
-on la valcur du
con'çoir, qu'()n ropeiant'succes-
sivement,3 fois, 4 fbis, B f0is,..... cette rnôme opéÀtion,
à,, pur_
-oirgre
ign"t con'aitrc, r)àr une seure Iecturc, ra..vareu'"rrtun
I I
à 6 fois, 8 fois, ,r 0 fois,... la distarrce zénitriaru .rr*.i,i,o*;-
égar
et quo
par suite on peuû en driduire ulre vareur t,rès esacte
de cétte cris-
tanco zénithale.
s 45. Théodotr". cercre répétiteur permct de mesurer
l .L*
avec une grande eractitude I'angle ion, pg.'gg, formé par lcs

Fig. 92.

joignenr les rteux poinrs A et, B au point O orr


Iliry::._9"lit:r-gyi.
on se trotlfe:lltis.le plus sourenI t:e rr'est, pas cet angle
clont on
: c'est I'angle côurpris enrre les plansiverfi.uu*ïO.1, zOtt,
i lî:9i1 cgs de.ux poinrs,
ïitlp*unf .pa1 c'cst_à_dire I'ang.le ,()b for.ié p^
les rntersecrions orr, où de ces dc.x pl.ns vcrtiéat^ aveë lc pian
horizontal HH. La connaissance dc I'aigre AoI], ,,,o*uré
..u n,ouun
du cercle rôpdûiteur, jointc à r:elle rl*s a.glcs Ztl1', Z,OB,
sont, autre r,hose clue les distanccs zénitlùlcs ili;;
des points À et D,

88 trrrs'r'nu-\tlN't's (JUI SERVEN'1" I.A llasuRli Dlls AN(:Ltis
^

.-:
\
-F
THÉODOLITI. 89
suffit pour qu'on pûisse en déduire l'angle aOû, soit par une con-
struction géométrique, soi[ par un calcul trigonométrique. t\tais il
serait beaùcoup plui commorle de pouvoir tnesurer direclernent cet'
angle aOô. tl'èsù dans ce but qu'on a imaginé le llu;otlolitc, doni
uous allons faire la desoription.
Cet instrumep[ estreprésenl.é par h fg. 93. Il se cotnpose es-
serrticlJement cle deux iercles lradués, dont l'un esl vertical, ct
l'autre horizontal. Le prernier de ces deux ccrcles i\, eSt adapt(r à
l'ertrénrité tl'un axe irorizontal IJ. autour duquel il peut touruer
sur lui-rnêne. L'axe B est portô par l'eistrénrité supérieure rl'un
àxs verLical C autour tluquel le cercle A et l'are ll peut'cnt tottrner
d'un mouvement comnlun. Un contre-poids D se,rb à éqrtilibl'er le
'poirls
tiu cercle i\, en ramcr\ant sur I axe verbical C le t:en[re drr
gravité tle [out ce qui est mobile autour do co[ irxe. Le socond cet'-
clo B a son centre exacternell Sitré Sur l'axr; ver[iCal C, e[ peuf
tourner dans solt plan autour de cet, axe.
\r
Le pied clc I'initrument est muni de trois vis calantes, conlme
le cercle répétiteur. U1 niveau F, silué près de la face in.téric'ure
du cercle vôrtical A , sert à rendre I'axe (l exactemcnt yer[ical, en
opérant comme nous I'av0Ds dit pour le cercle répétitetrr (S 43).
C'c niveau ne peut ptts lourner antour du cercle vertical' colnme
r:ela avaiI lieu baDs lo cercls répélit,eur, oùr il étalt porté par la lu-
net[einféricure ; mais on peut luiclonner trn léger tnouvcment, au
rnçyen d'une vis {1., qui pclnot d'élever or"r d'abaisser unede ses
ert;émités d'une petiÉ quantité, on le faisanI tourner aulour d'un
I)ctit axc silué a son aulre exlrén)ité : de cctte manir)re
on peut
iaire en sorte que la bulle du niveau soil exactcnient, au milien de
la longmeur tlu tube, lorsque l'axe C esb vert,ical'
La"verticalité de I'axe i é[anC olitenue, ot) doib arnener le plan rlu
cercle A à êtrc exactementverlical. A cet e{fet, on a disposé I'ax'e I}
de ce cercle de telle manièt;e qtr'il puisse prendre un petit mou-
vemeht aur,our d'un petit, axe b ; une vis c perntet d'élever ou
d'abaisser à volonlé l;extrémité cle I'axc l), cn le faisant tourner
âutour de b, et, par conséquent, de rcndre le cercle
A exactemrrnt vertictrl , dans le cas oùr il se trou-
verai[ légùrenrenL incliné dans uu setrs ou dans
l'aul,re. Pour reconnaitre si ce cercle csl bien vcr-
tical, ou, co qui revient lu même, si faxe B atttour
duquel it touine, esù bien horizontalr on so selt Fig.94.
d'un nive .u mobile, représenté ici à part, fig ' I L '
Ce niveau est muni, à ies tleux ex[rénrittls, dc deux pieds
par les-
q;ri* ;; peuI l'appuver sur dcux llartiss r]e l'ar,c' I] qui sont, cylin-
,.'''
8.
90 INSTRUIIn]{Ts QUr sEnvENl a tA \,rHsuRU r)tis ANGnis.
rlriques et de même diamètre. Une pelitc fourchettc
h, lig, gJ,
soutien[ le corps du nivcau dans cettl position, ei
|r:rnpcche dc
tomber d'un côté ou de I'aut,re.
^{près avoir pàsé i*-niuuoo *u.
I'axe Ii, et avoir observé ra positi'on ,1u'o..upu la buite dans ltr
tube,.on I'erilève pour le poser di nouveau en le rerourn'nt,
e[ r,on
examine si la bulle se ieplace crans ra mênre poriiiàii.-
ôn esr en
mesuro. par là de savoir si l'ase B est bicn horizontal,
ou rrien si
I'on doit faire tourner ra vis c dans.n sens ou dans |autre, pour
obtenir cet [e horizontalité
u'e lu'etfe G est adaptée a'cercllo r,ertical A. cette lu'ette est
fixée à un cercle touL cn.iicr, qui est c0mmc incrusté
crans re cercle
À' et qui sc meut à son'intériéur sans ccssel.de le toucherptrr
torrb
son contour. Dc nrênre [oute.la par.rie tle l'instrument
cJui surnrontc
lo cerc,lc horizonlal ]i est riée inmriablernent à un .Ë..r0
enticr,
qui sc nrcu[ à I'intérieur clu cercle E, cn se raccordaniavec
lui
rle tous les côtés. {Jnc pirrce d, aveo'is_tlo prcssion.ioi.,to.nl,_
pel, sert à fixer le cerôre E au pied tre |instrum."t,
ner ru besoin un m'uvement lent autour dc I'axe c. une do,.'_
*iî rui
autrc
llincc e, analogue à la prdcédcnte, scrt à fixer [out Ie t,uui oe I'ln_
strunlen[ au cercle E. Llntr troisièrno pincc sclt à lixcr
/
de manrù're à.s'oppo^ser à ce qu'ir tourne autou. de
le limbe _{
son centre. I-rn-
trn unc qrratrième pince, que I'on n'aperçoit pt.s
sur la figure, est
destinée à fixer la lunel,te G au c:erclô A.
une seconde lunette lJ.cst adaptée au piccr rJe l'instrunre.[,
eb
ne peui-prenclre c1u'un faible. nrouvcme.t, tlirns rlifÏérentes
clircc-
tions-,. de part et d'aulro cl., sa
Position actuellc. (]ctte luneilc,,ir
pas d'autre objet à rernplir que dà .onst;rtcr quc lc
pied de I'instru-
mont n'a pas bougé pendarit toute ra durée'aes oirerotiour..
t,ou,
cela .n profite du petit mouvcrnc't qu'eile peut pranore,-oou.
n,nu-
a-'te oprique dans ra trirccrion d'un-poini quercoi,q,,e,
111:ir
a reconnaitre, et, silué à u'e distance un pcu grancrc du ri*u
facir*
orr csf
placé I'inslrument,; et de temps en temps,
1ùndanf que l,on nra_
næuvre I'instrument; on s'assirre si I'aic. r,pticlue deia luncttc
H
conserve bien exactement la rJirecl,ion qu'ori.lui avait aoi,rrou
touL
d'abord. IJne vis cle rappel f/ ser[ à faire .rour,oir lcrrternenI
cettrr
lunette, pouf arnener soir axo olitique dans ra di.cctioii âu
point
particulier que I'on prend. ainsipoui point rie repère.
,. $ t0. Iour mesirrerJ'angre cornpris e.tre res deux prans ver-
ticaux qui passent par creux obj.ts, o. fait tourner otuf,*o
tout*
la partie supérieure de I'instrtinrcrt, indépencramrunJïu linrbe
g1adu9 E, jusqu'à ce que l'increx tracé sur ie cercle qui se meut
ir
I'intérieur de'ce limbe coincide exactement avcc lc zéro dc gra_
Ia
THÉODOLIl]|j. 9t
duation, et I'on fixe ce cercle au linrbe E dans cette position, à I'aido
de la pince e; on fait alors tourner le limbe E avec toul ce qui lo
surmont,o, et, I'on thit nrouvoit'on urémc tentps la luuetle G autour
du centrc du cert'lc À, jusqu Èf ce que l'are opt,ique dc ctllto lunet,te
soit eractement dirigé'vers le prernier des deux objets que I'on
vcut, obsenrer; on fixe le linrbe E dans cette,positioll au moyen de
la pince c/, puis, après avoir desserré la pince e, on fait tourner lo
Iraul de l'instrumertt autour de I'ase C, de tuanière à amener I'axe
optique de la lunetle G à passer par Ie second objel : I'index du
corcle qui se meub à I'intérieur du limbe E a dét:rit lrar là, sur
ce limbe, un arLr servaltt de mesure à l'an.gle clterché, arc donl
on peut, lire la t'aleur sur la grtrduation, si I'on tte vcttt pas répé-
ter I'anglg. .cji I'on veut emplol'er le priucipe tle la répétition des
atrgles, on firo le haut dc l'inslrunren[ att limbc E, dans Ia nou-
velle position qu'on lui a donnée ; ùll desserre la pince d, el l'on
fait tourner le limbe E avcc tout ce qui csl au-dessus de lui, jus'
qu'à ce que la lune[te G soit de nottveau clirigéc vers Ie premier
ol4ct; on arrôte alors le cercle E dans cettc position, en Ie fixant
ilu mo\ren de la pince d, liuis on en détache la partic supérieure
de I'instruntent, que I'on f'ait, tourner jusqu'à co quc la lunet.teG
l'isc lescconcl ohjet;il esl clair que, par là, I'intlex du cerclo in-
tr':rieur au linrbe E a décrit, un nouvel arc égal à celui clrr'il avait
déiàr décrit dans la prentière opéraÎ,ion, En conlinuant cle la nêmo
rnanièrc, onpeut faire parcourir'à cet index un ato trois fois. qrra-
tro friis, cinq fois,... pius grand que ccfui qui sert de mesure à
l'anglo clrerché; la lecture clo cet arc nrultiple lburnira donc une
valeur très esacte dc I'anglo. Cet[o lecture se ft'ti[, ooû)me dans le
cercle répél,iteur, au moverl de plusieurs verniers dont, les divisions
sont éclairées par de petites plarlues de verre dépoli nl, ræ I dos
nricroscopes ?1, n, peuvent ôtre amenés au-rlessus de ces Yerniers,
afin qu'on puisse en observer I'acilement les indica[iotts'
Le'îhéoriolite peut ôt.re employé, aussi bien que Ie cercle répé.
titeur, pour la ll)esurc des dislances zénithales ($ lr'A). Dans ce
cas, c'esl sur le cercle verbical A clue se fait la lecturt' de I'angle, ou
plutôt
- 47. du multiplc deceL anglc qui résulte dcs opérations effectuées'
$ Pour définir lir diLccIion suivant laquello on aperçoit utt
objet,, on peut indiquer I'an;4le que cette direction fait avcc la ver-
tiùle, et àn outre i'angle ciuc là plan verlical qui contienI I'objet
faif avec un plan. vertical particulier pris pour plan de comparai-
son; Ia. connaissarice cle ces deux angles suffit, en effet, pollr qu'on
sache, sftns aucuno arnbiguïlé, dans quelle direction sc lrouvo
l'olrjet. Lc plemier csl cc qlle llous avons nommé Ia dislanco
rsqtr

92 INsTnu}ITNTs QUI SER\'[NT A I,A MESUBE DuS ANGTES.


zénithale cle I'ob.iet I le second se nomme son o;inrut. Le théodolite
esl éminemment propre à fournir à la fois les valeurs de ces deux
angles, pou-rvu néanmoins que l'on ne veuille pas en cffect,uer la
répctition. concevons, en effet, que lc limbe ts'ait été firé à l'aide
de la pince d, dans u-ne positiorr telle que, rorsque l index qui sc
meut, le lolg de ces divisions se ùrouve en face. clu zéro, tà tu-
nelte G soit dirigée dans le plan vmtical fixe à parrir duquel se
comptent les azirnuts; conce\ons de plus que le limbe A ait été
placé de telle manière, que I'index mobire avÀc la lunetre G soit an
zéro du ]imbe, lorsque I'axe opLique de Ia lunette es[ exactemenl
verl,ical. Il suffira de faire tourner tout le haut de l'insLrumenr au-
tour de I'axc c., sans entraîner le limbe [ , et la lunette G autour
du centre du celcle A, sans que ce ccrcle lourno, jusqlr'à ce que
I'axe.optiquc dc Ia lunette soit dirigé vers l'objet
farticulier dônt
on s.'occul)e : l'azimut de.cet objet sera fourni-1lai le cerclc B, et
sa clistance zénithale par le cercle A.
Lo cercle horizontal B est, pour cette raison , souvent clésigne
sous le nom de cercle aztnrultrl. Il en est de môme du petit ceùle
gradué que I'on r,oit au bas dû la colonne clu eercle répétiteur,
lrg,.7tn (pngu 76),..et qui sert égaremcnt à nesurer res àzinrur,s,
quoique d'uno rnanière beaucoup nioins exacte.
-. $
48. sexranr. La c|un angre, effectuée a. moyen
d'un des instruments- don[ 'rcsure
nous venons cJe parler,.suppose essen-
rielloment, I'instrumenb ropose sur un support pirfaitement
-quc
fixe : aussi ne peuvent-ils pas qcn'ir ao* marihs pendant leurs
voyag€s, h causc de la mobililé des navires qui lei nortent. Les
nrarins ont cep^enrlant besoin de mesurer de temps en turp, ,er-
tains angles, afin de déterminer-ll position où ils ie trouvenf : c'est
pour cela qu,on a imaginé les instnrnrents ir refieæion, qui peuvent
ôlre employés sans avoir besoin de reposer sur un support"fixe, ct
qui permettent de mesurer,un angle au moyen d'une seule visée.
l'armi les instruments à réflex.ion, la set:kuti est le plus employé
:
c'est le seul quo nous décrirons.
- Le sextant, fig.95, se c'mp'se d'un linrbo gradué AA, qui
forme à peu près la sixième par[ie d:un cercle entie. (d'où le nôm
de sertant). f)eur miroirs plans B, c,
.lui sont, aclaptbs pcrpendi-
culairement à sa surface, et sonI destinés à réfléchir les ravons de
lumiè.e qui objets visés , ainsi que nous allohs I'ex_
pliquer. une'iennent_{ur
lunette DB, lixée à l'un cres borcls de l'instrument, es[
dirigée vers le petit miroir c, eu ser[ à recueillir les ravons de lu-
ntière qui en émnnen[, pour les introrluirc dans l'æil. ie petigrni_
roir c est fisc sur lc serl,ant ; rnàis il n'cn est pas de menrd rlu
-1 '"" lFl

SEXTÀNT. 93
grand miroir B, qui peut tourner au[our du centre du limbe, avec
ine alidade F avec làquelle il fait corps. Un inrlex e[ un vet'nier,

portés par I'extrémité de cette alidade, permettent de lire sur le


iiurbe gradué la quantité dont le grand miroir a tourné I une vis de
pression et une vis de rappel, analogues à celles dont nous avons
itOlir parlé précérlemrnenf ,- serveni à fixer I'alidade au limbe, et' à
luidonner.ïinsi qu'au miroir B, un nr.uvement lent au moyen du-
c;uel on poub les anrener exactemen[ dans la position_qu'ils doivenI
o.,,up.r. Un microscope G est adapfé à I'alitlade 1,.; la.pièce qui le
grorlo peut [ourner auiour du point a, de manit'tt'e à l'amener au-
tlessus des divisions du vernier. Une poignée lI
située au-dessous de I'instrument ser[ à lc
tenir pendan[ qu'on observe, ainsi qu'on le
voit sur la fg. 96. Tandis que la main droitc
de I'observateur saisi[ la poignéc I{, sa maitt
gauohe agit à I'er[rémiÎ,é dc I'aliciade, soit en
la poussant ou la tirant librement le long du
limbe, soit en serrant la lis de plession, pour
tourner ensuite la vis tle rappel, afin d'ametlcr
exaclement le grand miroir dans Ia position
convenablo.
Les deux miroirs B, c, son[ formés rls deux potits morceaux de
.ç"_-.

94 rNsTnurfrENTS eur sERvENT a r,A l,rEsuRE DEs ANGT,ES.


g]ng..u faces planes et parallèles, étnrnés sur reur face postérieuro.
Mais le petit miroir c n'est pas étamé dans tou[e sa hiuteur; une
moitié seulcnrent dc ce miroir est étamôo, jusqu'à la ligne rnn,
[ig,97; en sorto rlue toutc Ia partie située au-dessus'de cettc
Iigne est transparente, eL laisse passer les ravons
de lumière sans leur faire éprouver aucune clér,ia_
tion.
$ t9. lrour mesurer un angle au moven tlu sex_
tunt, on le prend lrar la poignie Il , ct on Ie placc
Fig.07.
devant, sonæil, conlme I'indique la frfl. g6, en I'in_
clinani plus ou nroins, de nranière à i'anener darrs
le plan de I'angle. on le dirige ensuite dans ce 1,ran, dc nranière à
'i'oir, avec la lunetl,e, l'ob.je t par lequcl passe un des côtés de I'aneJo
à, mesurer. Le petit miroir c pas que l'on puisse
ainsi directement cet objel ar,ec''empêchela lunottc; les iavons lumincux'iier
qui
en viennent, trave_rsent la purtic su;rérieurle non étamée clu miroir,
et, pénètrent dans la lunette absolument comme si ce miroir n'exis-
tait pas, on saisit alors I'exlrémité de l'alidade avec la main gauche,
et on Ia fait tourner, avec le grand.niiroir B, autour du centre dri
linrbe, sans cesser de regarder dans Ia lunette; pendant ce moll-
vement, on voit successivement, différentes images passer delant
I'irnage immobile de l'objet lers leqnel la runetle est di.igée , ce
sont les images d'objets
.plus ou moins éloignés du prenrùr, tl'otr
émanent des ravons lumineux qui pénètrenI crans la lunettc, après
avoir subi une première réflexion sur le miroir B, et nne seconde
sur la partie étamée du miroir c. on arrôte I'alidade au nronrenI où,
parmi ces images qui se succèdeni, on aper(oit celle rlc l,objet qui
détermino le second côté de I'angle ; et, après avoir serré livis àe
pression, on fait tourner la vis dc rappel , de manière àr anrener
' I'image mobile de cet objet à coincidôi esactcment avec I'iniage
Iixe de 'objqt vets lequel la luneil.e est dirigée, et, qui se trouve sur
f
le premier côté de I'angle. La position quef index de I'alidaclt oc-
cupe su.r Ie Iinrbe gradué fait alors connatt"rc la grantleur du I'angle
clrerché, ainsi que nous allons le faire r:orrrpren-rlre srns neine. -
_concevons
que I'alidade ait d'abord été placée sur Ie rimbe, de
telle.manière que le grand miroir occupeia position rftl, rians la-
quelle il.est parallèle au petit, miroir c, fri .9 8 . Lorsque la lûnertc DIi
sera dirigée vers un objet R très éloigné, on veira, à son intri-
rieur, non-seulement une image directe cre cet objet, rnais encorc
une seconde image dlT9T" obje-t,, produite par lôs rayons qui se
seront doublenrent réfléchis sur lcs uiiroirs û, c. ltalË .ces deux
irnagcs se confondront tellement I'uno iu'cc I'autre qu;il semblcra
srxrÀx'i. 95
r1n'il nty en a qu'une. 0u voib, en effet, qu'un rdloll }its, qui tombe
sur le grand miroir, sc rétléchit une prcmière fois suivant BC, puis
une seoonde fois 3uivanI une direcfion eractetnerrt parallc\le à sa
direction primitive ; en sorte qu'il esi dans les mêmes condilions
que s'il. rrcnaiI dircclement tle I'objet ôloigné R, sans avoir subi
âucune réflexion. i\lais dès qu'on
dérangc le grand nriroir . B , en
faisant mouvoir I'alidade sur le
linrbe , on voit I'image de I'objet R
se dédoubler : I'image directe reste
irnmobile I I'image produite par
double rétlerion s'en éloigne , eb
est remplacée suocessiyement par
les images de divers autres objets ,
produites également par une double
réflexion sur les deux miroirs.
Lorsque le grand miroir a ôté ainsi
amené dans la position d'dl, c'est
l'image doublement réfléchie d'un
point éloigné S , par exemple, qui
coïncide avec I'image directe du point R. Or le miroin, en passant,
cle Ia position dd I la position tl'd', a tourné d'un angle eBa/; la
perpencliculairc BN à ce rniroir a dtr tourner d'un angle égal NBN',
pour prendre la position BN'; I'angle de réflexion I'{BC s'est dono
accru d'un anglo égal à eBc'. I[ais I'angle d'incidence du rayon
qtri se réfiéohit suivant, BC, angle qui était d'abord RBN , a dû
s'accroitre de la mème quanlité, puisque cet angle est toujours
égal à I'angle do réflexion : donc la sotnnte de ces deux angles ,
o;est-à-dirÀ I'angle'fornré par le raYon incident et Ie ra1'on rétlé-
chi,, a tlfi s'acuoitre d'unb quantité SBR double de I'angle e&e' .
Ainsi I'on voit que, si I'image doublement réfléchie du point S
coincicle avec I'image directe du point R, les directions des
rayons qui viennent de ces deux points font entre elles un angle
rtouUtc dà I'angle cRc,': o'esl-à-dire de I'angle don[ on a fait tourner
I'alirlatle ponr ftmener le grand.miroir cle la position dd à la posi-
t,ion tl'd', rpi a pioduit cette coincidence des imagesdes points R, S.
Pour que ltinde.x de I'alidacle fasse connaltre immédiatement I'angle
formé'par ces cJettr direclions des poiu[s visés Il., S, olr placo le
z.éro tle la gracluation du limbe au point oùr s'arrêle l'inrlex, lorsque
le grancl miroir 6ccupe la position dd, c'est-à-dire lorsqu'il est
paiallèle au peti[ rniroir ; dô plus, oir clivise le limbe, h paftir de
i'e point, eir- parties 6etrx fols plus petites que s'il s'agissait du
96 rnsrnuMrNTs QUr sERvENr a r,a lrEsun[ Dts ÀN(;r,[s.
linrbo d'un cercle orclinaire, tout en leur conservant les mêmes
dénorninalions : ainsi un arcr qui correspond à un angle au cenl,re
de 5 degrés, es[ désigné sur le linrbe comme élant dé d0 degrés.
D'après ccla, Iorsqu'on a établi Ia'coincidence entre I'jnrage diiecte
d'q1 p9in1, et I'image douhlement, réfléchie d'un autrc point, il
suflit de lirc lo nombre de dcgrés, nrinutes et secondes de la gra-
duation auqnel comesponcl I'incJcs de l"alirlade, et, ce nonrbrjesl
la valeur de l'angle conipris cnt,ro les lignes qui joignent ces rlcux
points au lieu de l'obserr,ation.
$ 50. La lunette adaptée au sextant rr'est pas absor'nrent, indis-
pensable. pour I'opérarion qui vicnt d'êtrc indiquée; cile peut être
rernplacée, comms on.le fait quclquefois, pai tn simpic ùuvau
destirré à iixer la dircctiorr suivant lâquelle on doit regarder. lIàis,
outre que la lunette perme[ de distinguer beaucoup miéux les objets
éloignés que I'on observe, elle donne lieu à une particularité inr-
portenle, qui mérite d'être signalée,
supposons, pour fixer les idées, que l'on observe directemcnt un
cercle l,rlanc r, fig .99 , et que le grand niroir du sextant ait été amené

I âttu parallèle au petit mhoir c. si I'on


mène un plan par le cent.re clc
l'æil e[ par la.ligne
nrn qui limite la partie étamée du ietit miroir, co
plan coupera Ie cercle en deux poriions, euivant la ligne pq. L'ôil,
-I
en regardan[ dans la dirsction du petit miroir c, saniintàiposition
do lunette , verra directemen[ la portion du cercle I qui'est au-
dessus de la ligne FÇ t el par rloublc réllexion la portion du cercle
qui est au-dessous de cette ligne; s'il voiI ainsi un cercre conplet,
{"s1 out suite de la juxtaposition des i'ragos de ces deux par:tios.
En faisant mouvoir un peu le grand miroir au mo,ven de l'arid'ado qui
lui esl fisée, on verra la partie supéiieure du ceicle I rester immo-
llile, e[ sa part,ie inférieure sc ddrplacer : les deux port.ions de cercle
ne
_seron[
plus juxtaJrosées de manière à faire un cercle complet.
L'ernploi d'gne lune[[o fait que les choses so passent tout,
autremcnl. Au lieu de ne voir directement que la part"ie tlu cercle I
<1rri est au-dessus de la ligne pq ) oa voit cô cercje tout enl,ier; et
SE\TÀI{I. 97
que Ia portion do
tle rnême, au lieu tlc ne voir par doulllc rétlexion
ce cercle qtri cst tu-6essoui do prJ, on voit {.^alement la totalité
iro ,,u .r.rie. pour le I'aire comprenrlrc, I)renonii un point r situé
au-dessotls de la lignc pr1. tlcpoint ne peut envoller allcun ray9n
,i, fù-,ie* à l'æil, Ïor*qoton nicnrploie pas de .luneltc ; il esI caché
p;; i; parrie étamée du miroir C. ltais lorsqu'on observe avec une
par exem'
iuncttol ccrtaitts rayons partis de ce- poinb, tels que .l"s'
ple, lreuvenL traverscr lô miroir (l dans sa partic trattsparent'e' eI
io*bô, sur l'objectif ; la cléviation que leur fait subir I'objectif lcs
I'obsta-
raniène alo.* oôr* l'æil, et ils peuvcnt y 1rénétrcr,.rnnlgré
cle qui es[ int,trposé entre le point r et l.æiI. Ainst l,æll en regar-
danidans la lunefte, verra'plus sculcmenI la porfion du ccrcle I
'c
situéc au-dessus de \nq, nrais bien le cercle tout cntier,
pourvu tou-
iàioi" q,,u ce cercle'ne soit pap trop granrl. Il en es[ de même pour
ii*^gË doublement rét'l6chie,'qui ïè so rapportera plus seulement
i,'i. pïri. d.,..rcle située uu-àe.sou. de pq, mais. à la totalité miroirs
de

.e ,ôr.le. Le cercle unique que I'on verril, lorsque les deux


de la-juxta-
;;rii; pùiètes I'un ài'auire, nc résultera donc plusavec
uosition de l'imagc directe diune partie du cercle
I'image
lffi;i;;.;i i,ÉiiJ.ïu de I'aut,re poiric; mais il proviendra de la
t"ii-tpttition de deux cercles complets, dont l'un est une image
réfléchie du
directe du cerclc I, et I'autre une in]oge donblement
On comprendra sans peino toute I importance Qle
mêmo cercle.
oele Circonsta'ce p*ot uuoi. poo. ia cornmodité et I'exactitude
des observations.
Lalune[ten'es[pasordinairenient{ixéed'unemanièreinva-
à elle-
riable au sextan[ ; o'n puut la faire mouvoir p^arallèlement
*g*r,-àon* uo piun pirpendiculaire à la surface de l'instrumûf,
c,'est-à-dire l'éloigner b,, ia .upp.oclter pl*s ou
ntoins do cette sur-
.u roonurent' on'filt que fa ligne rtr.tl. du petit rniroir
face, Irar
Se trouve o*orta*unt au niveau du centre de l'olljec'tif, ou bien
plus ou
au-clessus ou au-dessous de ce point, et à une-.distaxce
modification dans les
i,ii"i à.r"rle. Il Âtïioit qu'il en'résuite une
la Iu'
iiii..*it"O. respecrives des'deux images. Quald bn.éloigne
de l'inrago direcle,
nette de I'instrument, on augmenle I'intensité
ei I'on tliminue u" *ôt"r tem"ps celle de I'imagc doublsment rétlé-
le contraire qui a lieu lorsqu'on rapproche la luttette
chie ; c'est
concoit donc quo'l'on puisse amener par là
à" piun àu hmbc, On
Ies deux images i auoi. rlis intensiiés à 1,eù
près.égales, ce- qui
de deur
p,irÀ.i O etablir beaucrup plus exac[euent'la coTncidence
'- leurs points.
de
in[ense'
r,ti.qù'on observe des objets doni la lumièro est trop
I
98 INsrnutrIENTS QUr sERvrN'r À ra lrnsuRri nts AN(;r.[s.
c,omme Ie soleil, et quelquefois Ia lune, on se ser[ de plaques de
verre coloré placées en K, L, frg.95, dont les unes, rnobiles autour
de Ia-charnière b, peuverf venir se placer derrière Ie petif miroir
afin de diminuer l'éclat de I'image directe, et rjont les ârrtres, mo-
Iriles autour dc Ia charnir)re c, peuven[ s'interposer entre les deux
rliroirs, de nianière à affaiblir l'image doublement réfléchie.
.. $ 5'l . Pour que le se.\tanI puisse fournir cles indications exacr,es,
il est nécessaire: {'qugles faccs des deur rniroirs soient bien per-
pencliculaires au plan du limbe; p" que |index de I'alidade soi[
cxacfement au zéro de la graduation lorsque les deux nriroirs son[
parallèles.,Yoici par quels moyens on s'assure que ces conditions
sont remplies. En regardant dans la direction clir grancl miroir, et
lun peu de cô|"é, on peut voir en môme temPs une portion du limhc
rlc I'ins[rument, et,son inrage daçs le miloir: ies c]eux arcs de
eercle,, dont l'un esl vu directement, eL I'autre par'réflexion rjans
le miroir, doivent être c.ractement dans re prolàngernenL I'un de
l'ûutre., sans quoi le rniroir ne serait pas perpendËulaire au plan
du limbe, cctte première vérification étani iaiÉ, si I'on arnène i'in-
dex de l'alidacle au zéro de la graduarion , et quc I'on regarde dans
Ia lunette, 0n ne devln roir qu'une seule image nette de I'objerï
observé; sans quoi, si I'on en voyait deur iniages ne coincidint
t1u à.peu près, cela indiquerait que le petit miràir n'es[ pas pa-
rallèle au grand. Des vis aclaptées aux deur miroirs pormetlent
de.nrodifier lour position, juiqu'à co que ces deux viirifications
puissent sc {aire avec unc grurrde eractitudc.

--<{lreûùr--
THAPITND DIUXID[TE.

DU MOUYDMDNT DIUnNE, BT DE tA FIOURU DE tA TERnE.

PREMIùRES NOTIONS STIR tÀ TERNE.

$ 52. Àvant d'aborder l'étude des phénornènes célestes, il est


naturel que nous cherchions à nous rendre compte des conditiorrs
dans lesquelles nous nous trouvons pour les observer; que nous
tiichions de nous fairo une idée un peu nette de ce que c'est que Ia
terre, que nous habitorrs, qui nous sert pour ainsi dire d'observa-
toiro , et à laquelle nous rapportons les positions successives des
estres, pour déterminer les lois de leurs mouvements.
La première idée qui se présente à nous , c'est que la surface de
la terre est plate et indéfinio dans toutes les directions; et en outre
que la masse de la terre s'étend indéfininient en profondeur. L'étuds
at,tent,ive des faits que I'on observe dans les vovages montre quo
cettc idée est entièrement fausse, ainsi que nous allons le voir.
i $ 53. Bondeur de la surfoee de la Une portion
considérable tle la surface de Ia terre est occupée par les eïux ds
la mer. Or les observations les plus sinrples font voir que la sur-
face de ces eaux est très sensiblemenb anondie. Si l'on es[ placé
au bord de la mer, sur une I'alaise un peu éler'ô0, et que l'on obsen'e
un bateau à vapeur qui s'approche de la côte, on ne voit, d'abord
qu'une porlion de sa chentinée, avec la fumée qui s'en échappe,
/ig. 400. Lo bateau, cn approchant dc plus en plus, semble sort,ir

Fis, {02.

de l'eau: au bout de quelque tentps , on I'aperÇrrit en entier, se


projelant sur le ciel, et reposant sur la ligne bien tranchée à laquelle
Ia mer semble se terminer, f{1. 404. À partir rle là, le bateau pa-
raît descendre snr la surface cle la nier, sur lacluelle il finib par se

i,,r
100 PREMI|JRES NOTIONS SUIT I,A TENRI.
projotor complétement, pg. 'l02. Si le bateau à vapeur-s'éloignait
de 1a côte, au lieu de s'en approcher, on observerait les mêmes
choses, mais en sens contraire. On ls lerrait d'abord se projeter
tout entier sur la surface dc la mer ; il semblerait ntonter de plus
en plus sur cette surface, jusqu'à ce qu'il atteigne la Iigne qui cn
forme la limite apparente; puis il disparaitrai[ peu à peu, et sa
cheminée, que I'on verrait la derniùre, finirait, elle-mêrno par dis-
paraitre entièrement. Si à ce nioment on s'élevait rapidement . en
montant par exemple au haul d'une tour, on pourrait revoir cllcoro
h une portion plus ou ntoins grande du batcau; mais sa niartrhe conti-
nuant tou.lours à l'éloigner, cotte portion que l'on verrait du haut de
la tour diminuerait clle-nrême progressiventeut, et au bout de peu de
temps, on ce.qserait une seconde fois de I'apercevoir. Ces faits, quo
touf le monde a pu observer an bord de la mer, prouvent d'une nta-
nièro irrécusable que la surface de la mer esl arrondie ; la conve,rité
scule de cette surface permeb qu'on s'en rende conrplétcnrent
conrpte. Soit en effet llN, lig. 403,la surface de la mer, et À lo
point oùr est d'abord
placé I'observateur.
Si I'on mène du

- poini À ur)o tan-


î ^4 gente AB à Ia corubq
!'is. tol.' illN, on ao.a dhdË
la limitc à laqWi
la mer senrble se torminer. Le bateau à vapeur é[ant d'abord e.SC'
se préscnte à l'observateur comnte I'indique h lig.'t02; lorsdu'il
atlein[ le point B, il se présente darn la position de la Pg. 'l0l ;
enfin lorsqu'il a dépassé ce point et est vonu en D, l'observateur
n'cn aperçoit plus que la portion qui se trouve au-clessus de la
ligne AB prolongée, fg.'a 00. Si ensuite l'observatour passe do A
en A', la tangente A'B', s'ttbtissanl au-dessous clu prolongemen[
de la tangente AB, lui permct d'apercevoir encore une portion du
bateau pendant quelque temps après qu'il I'a vu disparaltre tout ù
fait étant au point A. Il serait irnpo-ssible, au contraire, d'expliquer
les faits qqe I'on obsen'e, si l'on ne voulait pas admcttre que la
surlace de la mcr esI

,r-
- lï','l1i-i,, x,ï.' J;
c
__.

D B
I

la positiorr du bateau
ig. 10{. sur la mer, en B, en
C, en D, ... frg. 4g{.
on le verrait toujours ent,ièrement du point}, On ne cesserait de
RONI)EUIT I)E I.A 1'ERRE. T()T

l'npercevoir quc lorsqu'iI serrit trop éloigné ; mais ce Ite seraiû pas
alols la part,ie inférieure du batcau qui disparallraiI la première,:
[ant qu'on apercevrait le bitteau, on lc l'errait en totalité.
On pcut, faire une obsclva[ion du môme genre, lorsqu'on se
trouvc sur un navire qui s'éloigne de Ia côte. Pendant quelque temps
on. rperçoi[ conrplé[ement les objets qui sont, au bord do la mer.
ltais bientôt ces objets disparaissenb en parlie : on cesse de voir le
llas des falaises ; lluis ces falaises disparaissent elles-mêmes en to-
talité, et, I'on n'aperçoit plus que les arbres eI les constructions qui
lcs surmontcnt; en(in ces delniers objefs se cachent, à leur tour
rlcrriùro I'cspècc de nrontagne liquide, clui s'interpose entre eux e[
I'observateur, en s'élevant de plus en plus par rapport à eux.
On sait que c'est du traut des mà[s, qu'après une longue traver-
sée, le.; marins coûlmencent à apercevoir{a terre, longtemps at'ant
- puissent la voir du pont
qu'ils de leur navirc
Ce n'est. pas seulenrent, près des côtes qu'on peul recoilrthître
que la surface de la rner est arrondio. Des observations entière-
manl analogues à celles dont nous venons tlc parlcr peuvent éga-
lomenl se faire en plcinc mer. Lorsqu'on est monté sur un navire ,
ct qu'on en aperçoit un autre qui s'approclie de plus cn plus du
premier, on ne voit d'aborcl que le haut de la nrâturc de ce second
navirc ; puis les voiles el les mâr[s se découvrcnt successivenicnt ;
errsuite le navire entier parait posé sur Ie bord apparenI de la mer;
enfin te navire semble descendre dc cs llord cn se rapprochanù
de plus en plus.
$ f /l. Bondeur de la terrc. - Occupons-nous ntaintenant,
dc la partie solide de la l,erre, c'es[-à-dire des contincnts. La sur-
face dà cette partie solide est loin do présenler la régularité que l'on
observe à la surface de Ia mer. On trouve bicn dans quelques lo-
calités des plainos uuies d'une étendue plus ou moins grando;
mais le plus souvont des vallées, des collines, e[ rnême des cltaînos
de rnontagncs, se succèdent de manière à former une surface irré-
gulière, ondulée, et quelquefors fôrtement accidentée. Cep-endant
la soriace du con1inen[, considérée dans Son ensemble, et abstrac-
tion faite des irrégularités dottt nous venons de parler, est agon-
die comme la surface dc, la mer. Voici par quels motifs on est, con-
duit à I'admettre comme une vérité incontestable.
' Les contitrents sont environnÉ's de rnels clui leur serven[ de
limiles de différents c.ôtés, et qui souvent pénètrent très loin à leur
intérieur. or, si I'on examipe les bords des conl,inents, on recon-
nal[ que nulle par[ ils ne s'élèr,ont beaucoup au-dessus du niveaU
des rnors voisines On voif donc cléjà que, par leurs contourst les
9.
IO2 PREilIIÈRES NoTToNS sun I,A TtsRRU.
continents participent à la rondeur do la surface des mers. Mais il
esû aisé de reconnaltre qqe cette rondeur se retrouve partout, même
lorsqu'on s'éloigne des côtes, eI qrr'ou s'enfonce dô plus en plus
dans les lerres I en solte r1ue, si l'on imagine que li surfacc cles
mers soit proloneée dans toute l'étendue des conlinenl,s, cetto sur-
face so trouve généralenrent peu éroignée de la surface clu sol.
Pour donner une idéc nette de ce que nous entendons par ll sur-
face des mers prolorrgée à travers les conrinents, concer,orrs que
I'on ait, prat.iqué dans les terres un canal proflond, débouchant dans
la mer à ses deux cxùrénrités, el faisant ainsi cornnrunicluor libre-
ment les eaux-.qui _baignen[ deux points quelconques ,ler côtes,
.
aussi éloignés I'un de I'auhre que I'on yourjia ; I'eau se mettra en
equilibre dans ce canal,0t s'y élèvcra jusqu'à un certain niveau en
ses différents points: la surfirce déterminée pal lc nivoau cle l'cau
dans toute l'étendue de ce canal, ct dans tous les autrcs canilus 4u
rnême genre que I'on p-eut inraginer à flaver.s le continent, esb co quo
nous appelons la surface dcs 1r,..a Jrrolongee. or, on sait que ies
continen[s son[ sillonnés dans lous lcs sens par une quurrtitéïonsi-
dérable de cours d'eau qui se réunissenI succes..ivemenI p0ur por]er
leurs eaux dans les mers voisines; on sait de plus,, par le pe* de
rapidité quo présentent habituellemerrt cr.s cour* d'eau, ilue la
pente de leur lit est presque toujours extrômement faible, ct qu'cn
conséquence la surface de I'eau y est presque parallèle ir la surfrrcu
des mers prolongée. on doit donc en conclurê quo grinéralemcnt
le sol des continents s'éloigne peu de cette surfaôe làiiale. Il.'v a
d'exception que pour les chalnes de montagnes, donb les sonrmfts
s'élêvent à des hauteurs nolables au-desstis d'clle: et, cependant
elles rre produisent pas mônre, sur ln surlace générale de la t.errc,
des protubérancss conrparables aux rugositéi de Ia
1.,eau d'.nÉ
orang-e. Ainsi on peut dire que le sol des continents, irbstraction
faite des irrégularités qu'on yrencontre, présente dans son ensenbltr
une courbure entièrement pareille à celle que I'on remarque sur la
surface des mers.
La rondeur de la surface des mers et cles <lontinents a été consta-
tée par les voyages qrle lbn a effectués dans toutes les directions,
'" g0.sur.la presque totalité de la surface de ra terre; la possibilité de
:;...*r,
f'aire Ie tour du monde, comme I'ont fait, un granil nonbre do
navigàtours, en fourniû une nouvelre preuve deË plus éc,lalantcs.
cet[e rondeur se présente, d'ailleurs, partout avec les nrêmes ca-
ractères ; en sorte qu'on en conclut nécessairernent que la courbure
de la surface de la tene est sensiblement la niême *n sos tlifférents
points. on est obligé, d'après ccra, de regarcler la terre comlne
orttotn"Ènu r:nnnnsfnn. l0?'
étant un corps à peu près sphérique, ou, suivant I'oxpression ad-
mise, comms étant uu .sphit'oi'dc.
E 55. La terre cst lsoléc dans I'espace; elle peut êlre en
Cetle nrassc qui constitue la tcrre, et qui es[
-Jrrt*-"nr.
arrondie en forme - de botrle, r,.st-elle supporléepar quelque chose?
Tellc est la question qui vient nalurcllement à I'espriI de ceux qui
cntendent poil.. poui la première fois dc la roudcur de la terro.
Il est bien facile d;v répondre. Si la terrc était appuyée sur un corps
voisin, par cluelque point de sa-.surface' ce supporl, Q.'i aurait
nécessairem.nt ,f. très grandes dimensions' s'apercevraiI certai-
nement rl'un grand nornbre des lieux qui ont été. explorés par les
voyâgeurs; oi, lantais personne n'a vu la 'toindre cSgse qui pftt
intiiqîer I'existence cl'un pareil support,. Partout, dans les nonl-
breu.r vovages que les navigateurs onb effecl,ués pour Yisiter les
tliverses paities de la surlace de la terro,0n a to.qours vu qtro
cet,te surface cst entièrement détachée.de toub ce qui perrt exister
au-dessus d'elle. on cst donc oblige d'admettre que le sphéroidc
terrestre e$t u1 corps isolé au milicu de l'espace; qu'il n'cs[ ap-
puyé sur rien I r1u'ii est, par- eremple, dans cles condil,ions analo-
guôs Èr cslles oir s^c trouve un boulet, pris dans une quelconque.des
positions qu'il occrrpe, apr.ès êt[e sorti du canon qui I'a lancé, ct
avant d'avoir atteint le but,.
Mais, dira-t-on, comrneub se fait-il que la terre ne tombs prs, si
elle n'eit supportée par rien ? Nous nè somntes pas en mesure dc
répondre ruintrnanf à cette quesfion, ou du ntoins d'y répondrc
d'une manière complète ; nousajournerons donc la réponse jusqu'à
ce que nous ayons acquis les conuaissànccs nôcessaires pour qu'elle
puiËse êtro bien saisie, sans soulever âuctulc objoction. Pour le
moment,r nous nOuS contenlerons d'admettre' comme résultant
cl'observations nornbreuses e[ irrécusables, que la terre est une
masse à peu près sphérique e[ entièrement isold'e dans I'espaee'
Nous remarquerons, en out.re' quo cettc rnasse' par suite de son
isolentent complet, peub très bien être en mouvement. or, s'il en
drtait ainsi, la mobiliié du lieu oir nous ttous trouvons pourobservcrr
les astres les forait pal'àître animés de mouvements très différents
nous
rle ceux qu'ils peuvônt possédercn réalité. Nous devrorts donc
me[t.re en garde contre les appar"ences, et ctrercher à reconnallre
si les mouvéments observés résident en totalité dans les astres, ou
rri* ri une partic de ces mouvcments ne devrait pas être regardée
qccupe
c6mme prorienan[ cle ce que le lieu d'oit nous les observolls
successivement différentes positions dans I'espace'
56. armosphère rerrestre. L'air, au milieu duquel nous
$ -
{04 pRri}fiÈRES Nollorr*s sutr r, l.tRnr.
vivons, otqui sert à notre respiration, existe parfouI sur la surface
de la terre; à quelquc hauteur tlue I'on se soit, élevé sur les non-
tagnes,0n v err a toujours [rouv(i. Cependanl, cet air ne s'étend
pas indôfiniment, dans I'espace qui environne la l"erre : il ne formc
autour 11'ellc qu'une couche qui I'cni'eloppe de toules parts ct quc
I'on nonrnro l'tr,fnrosphère terreslt'{7, ou simplement, I'atmosllhère.
Quoiqu'on n'aib janrais pu s'élever justlu'à la limito extéricure cle
I'atnrosphère, on a pu néanrnoins dénrontrer (lue cette linrite existe,
et même assigner approximativemcn[ la dist,ance à laquelle alle se
trouvc tlc la surface de la terue, distance qui n'est, autre chose quc
I'épaisseur de la coucbe atmosphérique.
On rlérnontre aisénrent que I'air cst pcsani : un ballon cle verrc
'que
l'on pèsc successivement vide e[ pldin cl'air, n'a
r pâs lc même poids dans les dcux cas. L'alnrosphère
lerres[re doiI donc exercer une pression sur la terre
cn raison du poids de I'air qui la composc. Cette
-l pression se mesure au moven de I'instrument qui est
ici représen Le, frg . 4 0 ô, et que I'on nolnme baromètre .
ll se compose d'un tube de veme recourbé obc, ferrné
en o, ouverl en c, et con[enant une certaine quan-
titri de me,rcure. Lo mcrcure v a été introtluit rle
telle manière que I'esliace qui reite au-dessus de lui ,
dans la grande branche nb soit absolunrent vido de
toute matière. Celte circ,onstanco fait que le liquide
ne s'élèr'e pas à la mêmc hauteur dtrns les deux bran-
ches : la pression atmosphérique, qui s'e:(erce libre-
ntent, dans la petite branchc, rcfoule le mercule dans
l'autre branche, ou il n'éprouve aucune pre-*sion,
e[ I'y mainlienl, à une hauteur plus ou moins grande,
suivan[ qu'elle est elle-même plus ou moins intense.
La différencc de nir.eau des deux surfaces cl, c, du
mercure doit donc servir de mesure à le pression
atmosphérique, au point, oir se Lrouve placer le baro-
mètre. Il est nrêmc facile d'err déduire la valour numé-
rique de ceLte pressiorr, rapportée à I'unité de surface,
et expri'mée en liilogrlmnlcs, ainsi que nous allons ls
voir.
Hig, t05. Imaginons que la branche ouverfe ùc du baromètre
soit prolongée au-dessus de la surface a du mercuro, 0n
eonservant les mêmes dinrensions transversales que dans le voisi-
nage de cette surfacc Si l'on supprirnait toute c,ornmunication de
l'atmosphèro avec cctle branc,lre thr bnromètr.r, et qu'orr voultt
.èpen d i,n I exerce*i :,il ïIJl il:fffii: i,gsuo'i'
i1" l #
i-iti.* maintenir lo mercure dans la position qu'il occupe' en ver-
san[ une nouvelle quantité de mercure rlans la branche ouverte, il
que ce mercure aiidilionnol s'élevtit jusqu'en /,
faudrait ér,idettlment
ilu niveau du point,tïe la grande branchc. llais, dans ce cas, la
,.,rr*rion suppoïti,e par. la surface
du mercure prirnitif en e serail
i'gui, ou pol,ù ou ,nôrroro clue I'on aurait ajoutô : donc on peut dire
au poids
qne la pression exercôe pa;'.1'al'mosphère, en e, esl égale
.i'uno de mercurô qui auraiL pour base la surfaco e, e[ pour
Irauleur la différence du niveau dos deux surfaces d, a' Le baro-
"ôlonno
de ni-
,n,rtt. étant placé prÛs de la surface cle Ia mer, la diflérence
vcau du nt*r'rua,, ,iou* sut deux bratrcltes es[ en moY€nne-de
0""?6;
i- pr.*irti erercéo par I'atmosplerc, sur utte sttrface de 'l centi-
,i,t'Lru .orre , cst don'c 6ans ce cis égale au poids de 76.centimèlres
k,033.
cubes de c'est-à-dire qu' iette prcssion es[ de 'l
'rercure, par
1 est bie' claii, d'un autre ôôté, qot Ia pression exercée
l.iit,rnosplièro, Sur une surface de 4 centimèlro Carré, est égale. au
touiu la quantité d'air contentte dans un cylindre verfical
i';i;i--Aï touto la
l1t,i aurall pour baie ce[te surface, et qu.i s'étendrai[.dans
le
iiaoteur do'l'atmosphère : ainsi le baroùètre nous fait connaitre
i;;i ù;. cetre coloine d'trir, ct peul par consiiquent nous fournir
indications
--1.;,ii"-*t
r-les sur la hauteur à laquolle elle s'tilèvc'
coÀpressible et éiastiilue ; !19 mênre quanlité d'air
occupe un volume rl'au[anI plus peiit qo.'t|u est Plus to*!lt^T^91:
et sc ditate au contraire d'aulanb plus qu'elle éprouve.une presslon
rrlus faible. Ilen résrrlte (|lr) la d'cnsité tle I'air
no doit pas être la
l;;il;;; I rrc,tUuà Oe
iooil I'atrnosphère ; colto densité doit aller
cou-
cnnstamment en diminuan[ à mesure que l'on considère des
clres de plus en ptus éloignées rle Ia surflace do la terre en rarson
'
rlc la dirninuLion progttt.iuu de la prcssion quc.l'air y éprouve
de

fo prrt, dcs .oochàr"supe.iuo.u^* Si cette dlminution tle densité


ii;uiùait pas, si I'air se 1,r'ouvaib à toute hauteur dans les mêmes
de I'atmos-
condirions que pl.es de la surface de la mer, Ialtauteur
alec la facilité : en supposant''
|t*p'*u cléier*iinerait dô.1'air fùt de 0o' auquel cas sa
i,,,,urrurple, que la tenrpérature'lus.grande
rle'siré serait lOa?g-i;i*-plus pctitc que celle du-mercure,la
Itauteur'de I'atmosphère ileirait'êtro égalo à 40 4?? fois
0n"76'
c'est-à-dire qu'elle serait de ? 958"'72'
plus
La hauteur au i'utr**phère doit'êtt* un réalité beaucoup
gruù* q"u celte que noo'* u.noo*. de trouver, en raison du décrois-
!o*u"t p.ogressif de la densité de I'air à mesure quc.sa clistance
6e cette
au niveair ,Ies n.,e.s va en augmentant. La détermination
a

{06 PnBMIÈnEs NoTIoNs sun I,A TERnH.


hauteur présente de grandes diffïcultés, surtout i\ ctusc des
tempir_
ratures différentes que I'on obsen'e dans les dir,erscs ri,gions
ït_
mosphériques. M. Biot, en discutant les nombreuses obser'ations
de pressio' et, de température, faites à criverses rruuluor,
s'élovanI sur le flanc desmontagnes, soit dans lu, a*.unsions, soif en
aéro*
statiques, a rrouvé quo Ia hauTeur de.farmoslrhè;;;;
doit pas
dépasser 4B 000 mètres, c'est-à-dire 4 p rieue.s
do ,l kironrètres.
Ou comprendra sans.peino que cette.ha'te;;;prlrr,
déternriner avec une bien grande exat:titurre, pâr rJds
p's se
obser'alions
faites.uniquenreni yfrs ra partie i'rérieure nÉ i'otnro.ptriiu,
si I,nn
ré{léchit à la difficirlté quô I'on éprouverait à .u.onnirirÀ
au j.sr,
ou se trouve sa limite. supérieure rors nrême qo'on
, po,,*aii se
transporter à cer,te linrito même : I'extrênre raretô
de |tiir dans les
dernières couches atmosphériques mettrait en défaut
res instru-
ments les plus délicars que r'_on pourrair emprol.er
points au-dessus desquers l'aif comnrence à nanquer
p;;; ;;;r,,er res
comprére_
ment.
La limits que nous venons d'assigner à Ia hauteur
,
phère terrestre nous montrs que cerîe atrnosphère
rre I,atmos-

de la terre, une enveroppe d'.une épaisseur


tor*e, autour
rieir rainre, .riitiru*unt
aux dimensions de la teire elre*rnôme. Nous ve*o*
bl.r,tor q.e re
ralron d.e la terre, suppo.sée gphérique, es[ de pr"r
o. o isô
ooo nr,i,
tres : l'épaisseur de l'atmoiphèrô est rronc'uu plur"ieare
4 32e par[ie de ce rayon. Fn sorte que,
à ta
si t'on ."pÂrÀ,ot'to tor..
au moyen d'un grobe de ,f mèrrc dô rriamètro, rrot*o*pt*re
n,o(,_
cuperait sur ce-globe qu'une épaisseur rle moins
de 4 rnillinrètres.
La couche de duvet, qui recouvre ra peau ,r;,inu"po.ire
.'être assez mince pour pouvoir fournrr une rmage est roin
- convenabre rrtr
I'atmosphère terres[re,
$ ô7. Befracrlons atmosphénlques. _ lious nc pouvons ob-
se.rver les asrres rravers r;aLmosihère de t, trr;;: iiJn ,er,,ttn
-qu'à
nécessairement des déviations prus àu moins grancres
dans ra di_
rection des ravons rumineux q_uirs nous.envoient,
rle ces dévialiôns esr de nous i'aire nùr tu.
uilu .o*equence
orri"Jiu,,, àlrîoritiou*
agt'reç.que celles oir ils se trou\,enr réellemont,
plus glande im portance rl'étudier l'i n{l.ence
ri-Àst-àui'. n, rn
clue- l.atnrosphèro peu t
*voir sur les obse^'ations astrononriques, afin
de faire ra prrt rrtr
cette influence, et c|en concrure res rrirccrio's
,uiuont-r-rsiueiles on
verrail les asrres si l'ar'rosphère re*esr* irlririuii;;;.t"
..9n r-r_,t que, lorsqu'.tn .ayon .o lumière AIi;Ë. iri,lrrsu d.rn
milieu'lll dans un au.rre miiierr-][', ir prend gé;,Ë.nir,"odioun.
second milieu une clireclion BC qur i'esr .,,
pài ru ,uomo'q.,e certo
nÉFnÀc't'roNS AT}I0spHÉnrQUEs. r07
fl::lill'|,1y1]e lrc3ic1. -La
réfractiotr, du rayon lumineux (c,esr
alnsr ([re I0n nomniela déviation qu'il éprouvel s'offectus de'telle
nranièrcque le rayon incident, AB,
ct Ic ravon réfracté BC, sont si_
[ués dans un plan perpendiculairc
à la surface DE qui sépare les
deux nrilieux ; mais cés deux
rayons font des angles inégaux
avec Ia perpendiculaire à èette
surface menée par le point B. Si
les deux milieux M et M, soni de
mênre nature et de densités diË
férentes; si ce sont, par e.rcrrnple,
deux masses d'air séparée.s I'unô
de.l'autre par lc plan DE, eI qrre
I'air soit plus dense en M, qotun
\I, ]9 rayol lurnineux, en passanl Fig, 106.
de l{ en IfI', se réfractera de ma-
nière à se rapprocher de ra perpendiculaire
pql. point B, cornme le môntre la figurc. à la surface DE menée
D'après cola, il nous sera facile d"o nous rendre
co.mple de Ia
d'un rayon lurnineux à travers l'atmosphèr, turrr.i.r. pour
T1i.lu
y arrlver, n.us regarderons.l'atmosphèfe
comme se composanl de
couches. sp'd.iques. concentriquu* ôt superposées
desquelles la densité de I'air e.qt la même
, rlans' ,huron"
partout; la densité ne
vadera que lorsqu'on passera d'une couche à un*
uotr.. cïtt, ty_
pothèse ne serait pas àdmissibre si nous
considérions I'atmosphère
l'out entièrc, parce que' comme nous rs verrons
bientôt, lîsurfaco
lg tulte n'est pàs absolument splrériquu; nrui. .àrnru
!g
r avons a nous o.c.p€r'.que nou,
d'une petite portion de l'atmosphère,
peu de clist*nce rour hurour de ra verr,icare du
rlfp1aan1.à
.rrsorl'aron, nous l)''\ions fairc cette hvpothèse
lieu
de couches-tphé_
a.vant leur ccntre commun en un deg points
ItUull.loncentriques,
do ce[te vcrticalc, sans qu'il en résulte aucune erreur
appréciabre.
Soit EÀ,, lirJ.l07, un rayon lumineuxqui vicnt O,on
rlui pénètre dans l'atmosphore en n,. Eri passan[
àÀtù8, eb
du vide dans ra
pfcmière coucho , il éproir'e .nc première
déviati-on, lt"ro dirige
suivant ub., ei se rapprochant cre ia perpcndiculaire
âô it iu .or-
face extérieure de cétie couchr, rnnu!
pàr_re point*. Arrivé en b,
ll éprouve une seconde déviation, en pénétrant dans la seconde
coucle, qui est plus dense quc lâ preinièrc, or
;;;pp;olh, p*.
conséquen[ dc la perpendiculaire OO menée en tr à la surface
de
108 PllElflliin[,$ t\o'l'l0NS suR r,a 1'ERu[.
séparation des deux couches. En continuant ainsi, il éprouve une
siric de déviations successives , toutes dans le même scns, et finit
par arriver en A, après avoir
traversé la dernière couche
suivant Ia direction d"{.
L'observateur, qui se trouve
au point A, e[ qui reçoit co
rayon lumineux, éprouve la
même sensation que si la
lumière, n'ryanl pas subi de
déviation, était venue dans
Ia direction E/4. Il en ré-
sulte qu'il voit l'astrecomme
s'il était, en E'; il le voit plus
rapprocîrd du zénith qu'il ne
I'es[ réellement. D'ailleurs
il est aisé de reconnaltre
que le ravon lumineux, dans
ses déviations successives,
ne sor[ pas du plan mené
par sadirection primitive Eo
et par le point O centre des
couches a[nrosphériques,
plan qui contient par con-
séquent la direction AZ de
Fig. 107.
la ver[icale correspondant
au point À; la direction ap-
parente E'A , suivan[ laquelle I'observateur voi[ I'astre B , ie
trouve donc dans le plan vertical qui passe par la position réelle
de ceb astre. Ainsi on peut dire que les réfrac[ions éprour'ées par
les rayons lumineux qui viennenl d'un astre eb qui trâversent, l;al-
mosphèro , onI pour effet, rle relever cet astre dans le plan vertical
qui le contient, sans le faire sortir de co plan.
$ 58._Pour avoir une connaissance complète rle la déviation que
l'a[mosphère fait éprouver anx rayons lumineur qui la traversent ,
il ne s'agit plus que dc déterminer la quantitô dont la distancc
zénithale d'un astre est, diminuee par I'eflÈt de la réfraction atnros-
phériquc. Cel,te détcrminarion ne peut se faire e:iactemeni qu'à la
eondition que I'on connaisss la .loi suivant laquclle varie la dônsilé
de I'air dans toute la hauteur de I'atmosphère. Mais on no peuû
espérer d'arriver à la connaissance dc cette loi, dont la recheiche
présenterait des difficultés insurmontables , surtout en raison des
RÉ ['RAcTroNS ÂTMospHÉRreuEs. 109
changements continuels de température et de pression, qui ra font
varier d'un moment à un aut,re. Heureusement on a reeonnu que
la_ faible épaisseur de I'almosphère permot de s'en passer, et de
déterminer I'effet de la réfraction, sinon exactement, âu moins avec
une appioximation suffisante, tbutes les fois que le rayon lumineux
que I'on considère ne fait pas un lrop petil anglo'avec le plan
horizontal.
Pour se rendro compte de cet irnportant résultat , il suffit, do se
rappeler que, Iorsqu'un rayon dc lumière LB, ftfl. ,t 08 , travorso
uno série de milieux homo-
gènes M, M', M'r, Ilf/', sépa-
rés les uns des autres par des
surfacss planes et parallèles,
la direction EF que prend ce
rayon dans le dernier milieu
M"'egt exactement la même
que celle qu'il y aurai[ prise,
s'il était tombé directement
sur ce milieu, sans traverser
préalablenrent, les milieux
M, lI', M'/1 en sorte que, si .J
(
I'on connait Ie milieu trI"', et
la direction du rayon inci-
{t
dent, AB, on peut en déduire I'angle que le rayon réfracté EF fait
avec ce rayon incident, sans s'inquiéter de connall,re les milieux quo ,
le ra1'on lumineux a l,raver.sés pour flasser de la direetion ln iL la
direction BF. Or, si un rayon lumineux traverse l'atmosplièro sans
faire urr trop petit, alrgle avec I'horizon du lieu où il vient tonrber,
les points oir il perce les diverses couches atmosphériques rre sont
pas assoz éloignés de la verticalo du lieu pour que la ôourbure de.
ces couches se fasse bion sentir: les choses se passent à très peu
près de la même nranièro que si les couches d'égale densité doni se
oornpose I'a.trnosphère étaient séparées les unes des au[res par des
plans parallèles à I'horizon du lieu ; et la réfraction éprouvéà par le
layon lumineux est sensiblemen[ la môme que si ce rayon pàssait
direct,ement, du vide darrs la couche atmosphériquo or) se trouve
I'observateur, cette couche élant limitée à sa partie supérieuro par
un plan horizontal. On peut donc se placer dans cette dernièro
hypol,hèse, pour cléterminer la rétraction qu'éprouven[ les rayons
lunineux qui viennent des astres, et l'on n'aura besoin pour cela
quo de connalt,re l'état de I'air dans le lieu de I'observaùon , état,
qui sera fourni par les indications du baromètrc of du thernromètre.
,10
tt0 PIIH}IIbTTES I{OTIONS SUII I,A 'TT]IIRE.

Une discussion complète de la question, faito par lI. Biot, a prouvé


que I'erreur que I'on commet, en déterminant la réfraction d'après
cette hypothèse, est tput à fait inappréciable, tarrt que la distance
zénilhale de I'astre dbir vient lo rayon lumineux ne dépasse pas
75 degrés, ou, oe qui est la mêure'chose, tant que sa hauteur au-
dessus de I'horizon est supérieure à,15 degrés. La frg.,109, ou
l'épaisseur de l'at-
mosphère a été fï-
gurée dansdes pro-
por[ions exactes,
D euégard à lacour-
buro qu'on lui a
donnée, fait voir
que, même pour la
distance zénithale
extrême de 75 de-
Itig. | 09. grés,les directions
des couches atmo-
sphériques, aux pointsou elles sont l,raversées par le rayon lumi-
neux AB, peuvent être regardées comme étant les mêmes que cello
du plan horizontal du point A.
_ I,orsque ladistance zénithals d'un astre est de plus rte ?5 degréu,
la réfraction des rayons lumineux qui en viennent n'est plus indé-
pendanto de la constitution des diverses couches atrnosphériques
t1u'ils traversent; on. ne peut donc la déterminer qu'eh pariant
d'une certaino hypothèse sur cet,r,e constitution, hypothèse que I'on
cherche'à rapprocher autan[ que possible de la réalité. Mais les
changenrents qui arrivent constammerrt dans les coucÏes atmosphé-
r.iques,-aussi bien dans les régions élevées de I'atmosphère que
dans celles qui avoisinent, la terre, font que les résultats ainsi ob-
tenus sont tantôt trop grands, tantôt trop petits, sans que I'on sache
au juste de combien on devrait les modifier pour qu'ils aien[ à un
moment donné une exactitude suffisante. cette in-certicude sur la
grandeur de la réfraction éprouvée par un rayon lumineux qui fait
un angle de moins de { 5 degrés avec l'horizon, obligo les astro-
nomes à n'observer les astres que lorsque leur hauteir au-dessus
de I'horizon est supérieure à cet anglei puisque co n'est que dans
0e cas qu'ils peuveut connallre exactement la quantité doni la dis-
tancre zénithale de clraque astre est dinrinuée par I'effet de Ia ré-
fraction, et déduire paCconséquent sa position io.tte de sa position
âppafente.
to tableau suivant ost un extraiI tle ra table tlss réfractions tlrrc
}IOUVEilIENT DIURNE DU CIET,.
''I'I
le Bureau dos longitudes publie tous les ans dans I'ouvrago intitulé
Corrnruissnlce rles tentTts, et qtri a été calculée conformémenL à cc
quc nous venons de dire. Il faii conrraître la valcur de la rôfraction
fourles tlistances zénithales de 5 en 5 degrés, depuis 0"jusqu'à
90o,
bn supposant que la hauteur de la colonne barornétrique soit de
0'',76, eb que la ternpérature soit de ,| 0' centigrades On y a mis
en outro leè réfractions cortespondanles artx'angles de 87' et 89o,
pour faire voir de quelle rnaniàre se fait I'accroissement rapide de
la réfractiou dans le voisinags de I'horizon

D IS'r^il C E DI5TA NCE

edxrrtnre nÉrnecrtor zÉ.\-trHÀLE I RÉrn.rcttoN


spparente. I P pC rente,

0o 35" 40,,,9 70' 2', 38",8


5" 40' ,8",1) /D" 3'34",3
.l0" &it" 58",9 8l)" s' { 9",8
15. 50o I ', 09",3 85' c'54",3
20' 55" l' 93" ,l 87" l4' 28" ,1
9ito (i0. l' 40't ,(j 89" 2L', 91",9
30" 65. 9',01",3 90. ?,3' 1$" r3

On comprendra sans pcino, à I'inspection de ce taltleau'-que.si


I'on a trouvé que la distance zénithale d'un astre est de 65 degrés'
par exemple, ôn devra I'augntenler deg' &",3 pou.r avoir la distance
,énithulu oraie de l'astre, C'est-à-dire celle que I'on aurait obtenue
.si I'atmosphère n'avait, pas tlévié les rayons lumineux ; ce quidon'
i'
nera 6S" L" ,3 pour cette clistance zénithale vraie'
A la Suite de la tabls des réfractions, la Colptoi.ssattce û,es temps
donnc'le moyen de morlifier les résulttrts qu'elle fournit , en raison
cles difl'érencôs qui peuven[ existq entre la pression atmosphérique
ef, la ternpératuie o-bservées au moment de la mesure d'une distance
z.énithale, el, celles qui ont été admises pour faire lo calcul de la
table.

MOUVEMENT DIURNE DU CIO[.

$ 59. Lorsqu'on regardo fe-gie!,,par une belle nuit


sans nÛages,
on"aperçoit uri nombré considérable de_ Jroints lumineux, plus ou
moini biiltants, que I'on désigne en général sous le nom d'itoile.s.
Àu premier abord, ces poini,s brillants paraissentimmobiles; mais
it suffit do les observer attentivemenI pendanl quelque temps, pour
i'lper6gv6ir qn'ilS sont, Att Contrairg, animéS d'un mguyement très
t12 ITOUVE}TINT DIUNNE' DU CIDI.
sens.ible. supposons,.par exemple' qu'on se soit placé de manièrrr
à.voir une étoile particulière dans la direction de i'extrémité supé-
ricure d'un arbleou d'un clocher;si I'on attend, sans changer de
pla.ce,.qu'il se soit écoulé une demi-heure, ou une heure, on'voit
gu'au bout de ce temps l'éloile n'est plus dans la directiôn où on
I'avait vue d'allord : elle s'en est éroignée d'une quantité très appré-
ciable, e[ d'autanù plus grande que |observation aduré ptus iong-
[emps.
cette observation très simple peu[ être faite sur les diverses
étoiles qu,o I'on aperçoit, et I'on reconnait ainsi qu'elles sont toutes
anrmées d'un mouvement plus ou moins rapide. cependant il y cn
a quelqucs-nnes dont le. déplacement est tejlement iaible, qu'on no
pou.rrait pas I'apercevoir par le moven grossier qui vient d'être
incliqué1 ct ce n'est q.u.'en ayant recou.s àîes moyen* plus précis,
d-ont nous parlerons bientô[, qu'on greul cn reconnattre I'existencs
d'rrno manièro incontestable.
En observant les étoiles pendant prusieurs heures do suite, on
les voit. se déplacer d'un nrouvement progressif, e[ occuper ainsi
successivemerrt des positions très différentes par ripport à lihorizon.
supposons, par exemple, qu'on se lourne au côtéhu midi, c'est-
à-dire du'côté où I'on voit le soleil au milieu de la journée. Les
étoiles qu'on aperçoit dans cette dircction sc rneuvent, vers la droi[e,
en s'approchant de plus en plus de l'horizon; bientôt, elles I'attei-
qnglt' et disparaissent. fî,n TêTu ternps orr voit, à gaucho, d'autres
él,oiles qui sembleni sorlir dc l'horiz.on, puis s;élè-venI de plùs cn
plus en sc rapprochant rle la direction du'micli, pour se coôporror
ensuite, au delà de cette direction, de la mêmc inïniere que les pré- .
céden[es. En un mot, en suivant attent,ivemenI les mouvàmenrs des
diverses étoiles que I'on aperçoit dans cette région du ciel, on recon-
naît qu'elles se meuvent à peu près comme lJsoleil: elles se lèuent
conrme lui vers I'orient, el se couch,eu,t comms lui vers I'occident.
si, au lieu de se tourner vers le midi, on regarde vers le nord,
c'est-à-dire du côté opposé au premier, on y veùa encore les étoiles
en mouvemen[ : mais les circonstances t]e- leurs nrouvements se-
ront très différentes. La phrparb d'entre elles ne s'abaissent, jamais
au-dessous de I'horizon; el]91 s'en approcbent plus ou moins sans
I'atteindre; puis elles s'en éloignent jdsqu'à unô certaine rlisrance,
pour s'en rapprocher de nouveau, et ainsi de suite. En môme temps
elles se meuvent dans lo sens de I'horizon, tantôt de droite àgau-
che, lorsqu'elles en sont le plus éloignées, iantôt, de gauche à dt"oite,
lorsqu'au contraire elles en sont, le plus rapprochée"s,
$ 60. Pendantquo lesétoiles sedéplacent ainsi, on les voit, con-
INRADIÂ'TION. M3
ssrver entrc elles les mêmes positions relatives i les figures que
t'on puot imaginer en les reliant deux à deux par des lignes droites
.onslrvunt toijours les mêmes formes. ll semblerai[ que los étoiles
.ànl utfurfrées a la votrte du ciel, e[ que c'est un mouvemen[ de
cetfsvoûte qui les entralne [ou[es ensemblc, Sans que leursdistancss
mu[uelles vàrient en àucune manière. Il n'y a qu'un très petit
nombre d'astres qui fasseSrt, exception à cette règle, et qui, tou[ en
se déplaçant à peû près comme les étoiles qui les avoisinent, mar-
,tuni un p.o pios o:ite ou un pou plus lenl,ement-qu'elles-;.en sor[e
ou;ilr se râpprocbent de quelques-utres d'entre elles, les dépassent'
uoor r'appù.her 6'étoiles situées un peu plus loin, et se compor-
[unC rinËiAe la nrême manière que s'ils marchaienI sur la
voûte
.é|.*tr, à travers les étoiles quo nous imaginions, il n'y a qu'un
instant, y être at,tachées.
le tÉ natt uns division des astres en deux grandes classes : Ia
nremière complend toule cette multitude de points brillants, qui
bonservont los mêmes positions les uns par rapport_aux au[res, eC
auxquels on donne le nom d'dtodles f,nes, ou simplement Ctodles; '
la seconde ronforme les as[res qui occupent successivement ditré-
renles positions au milieu des étoiles fixes, el, auxquels les anclens
ont attribué le nom rJe planètes, c'es[-à-dire astres errants. Le
sofeii et la luno doivent êiro rangés parmi les astres errants: aussi
les anciens les comptaient-ils dans làs planèl,es'
Mais act'uellement'
ie. morpta, ète n'apius qo'une signification restreinte,
et ne désigne
nlus ou'une parlie des âstres de la seconde classe, qui comprend
àn ooi.. le sbleil , los satelliles des planètes eù les comètes.
parmi les as[res de la secpnde classe, il n'y a que quelquos-uDes
rles planèles proprement, dites que I'on plisse confondro, au
pre-
mler auoro, àneà les étoiles. L observation attentive d'un astre,
pendant un temps suffisatnmen[ long, peuitrien tot1io.1l1l faire re-
ôonnaitre si c'eàt une étoile ou une planète, puisqu'il suffi[
de

voir si cet astro conserve ou ne conserve pas la mêm.e position


nu, ,opport aux étoiles qui I'environnent' Mais on'conçoit
qu'il es[
iroo.iuit 4'avoir à sa âisposition des nroyens plus proçpts que
làrli-lt, à I'aide desquels on puisse dire presquo immédiatement si
iurirg que l'on cOnsibère appartient, à la première ou à lâ_seconde
classe. On a recours pour au* caractères_physiqu.es de I'aStre,
"'eiu
habil,uellement de faire faciloment cet[e
caractèrgs qui permeitent
distinction,-airisi que nous allons le voir'
'
ïô; . irradlntion. _ une planèle qui présente, à la simplovuo,
sous un tout autre
à nËu près le même éclat qu'une éloile, se montre
;rb;rd que l'étoile, lorsquton les regarde l'uno e[ l'autre au moyen
t0
I l/r TTOUV}:ilIENT DIURNE DU CIEI,.
d'une.lunette. La planète paralc ordinairement sous la fonme d'un
pelit disque amondi,. quelquefois sous Ia fornre d'une portion
seu_
lement d'un paroil disque. si I'on augmente le grossissement de
ta
lunette, en lui adaptant, un autre ocul-aire ($ gst ru, àiÀâo.ionsrlrr
disquo augmentenù.en
.conséquence. Le mêime !:enre d'observatiorr
étant. appliqué q l'étoile, ls résurra[ obtenu Ëst tout àirerent,
I'étoile ne parelt jamais avoir des dimensions appréciatrtes. be
ptus,
la largeur qu'elle semblait avoir, à ra simple vue, arsparaif ae'pto,
en-plus, à mesuro q.u'9n ernproie un.pruj fort grossissement pour
I'observer ; les plus fortes luriettes ne la fon t
-q".
lamiis ooir" comme
un poinl brillant.
cette différencs d'action des runettes sur une étoile e[ sur une
planète, tient à ce que_ la planète est beaucoup moins éioignée
de
nous que l'étoile. Les lunettes nous font, voir la planète avec
des
dimensions de plus en plus grandes, à mesure que le grossissement
est plus.fort, c-e qui est tout, naturel. Tandis qïe t'éiôlte.rt trttu-
rnent éloignée do nous,. que le grossissement dei lunettes qu'on
onr-
ploie ne peut pas rendre ses climensions sensibles. Un
siossisse-
Trl.t dg.{000 produit. sous ro.rapport de ra grandeuripparenre
de l'étoilg, Is même effel que si nôus la regaràions a l.æ'il nu
en
nous plaçan[ à une distance mille fois phis pelite que ceile qui
existe entre ello et nous : or cette distanôe, oliil* toid plus petiie,
serait encore tellement, grande, par rapport aux dimensions
réelles
de-l'étoile, qu'elle nous parartraiï toujôurs comme rrn point.
Mais alors on va se demander comùrent, ir se fait qo'i l."ir
nu les
planètes ne paraissent pas plus grosses que les étoiles;
à-'ôu uient
qu'elles somblent, au conlraire, àvoir les mêmes dimensions,
tandis
quo vues à travers une mêms lunetle, elles prennent des dimen-
sions apparentes si différentes. cola lisnt à un phénomène
oprique
auquel on donno lo riom d'irratliation.
DgoT objots.ayant oxactement les mêmes dimensions, er, étant
,
placés à une même distance de I'eil no somblent pus
, Ogàux, si
l'éclat do leurs surlaces n'est pas Ie même; celui aeà aeui dont h
le plus de lumière à l'æir,- paraît prus grand quo
il.lr*
t-autre. 1-1vo.ie
t-l'est ce qu'on peut vérifier très tacilemerit a tLioe ae ta
frg. ltl0, sur laquelle on voi[ un cercle blanc or, un cerclo noir qui
ont exactement lg mêmo rayon; si I'on oxamino ces cleux ,:ercles
en même temps, le cercle parait notablement, plus gnod que
le cercle noir. c'est cette !].u"g
illusion qui constitue I'irrïdiatioii,
.on comprend, d'après cela, commentil se fait qu'uneotoit",Br-
raisse aussi grosse qu'une planète, tandis qu*, * raison-de son
énorme éloignement, elle devrait avoir rles rfimensions apparentes
scINTtf,LATIOli. { 15
beaucoup plus petites : la grande quantité de lumière que l'étoilo
nous onvoie occasionne une irradiation consirlérable, qui nous la

l'ig. l { 0.
fait, r,oir sous des dirnensions bien plus grandcs que celles qu'elfe a
rriellenrenl. La planète, au contraire, dont l'éclat, intrinsèque est
incromparablenrent plus faible, ne paralt pas notablemenI agrandie
par l'effet de l'irradiation. Les lunet.tes jouissent de la propriété de
âiminuer I'effet de l'irradiation, et cela d'autant plus qul hu, gro*-
sisscnrent est plus fort; c'est ce qui fait que, tandis qu'elles font
voir l;r planète de plus en plus grosse, elles montrent, ilu c,ontraire,
l'étoilc avec des dimensions cle plus en plus faibles; à mesure que
le grossissement de la lunette augmente, I'étoile et la planète ap-
prochent de plus.en plus de prendre les dimensions relatives sous
lesquelles nous les verrions s'il n'y avait pas d'irradiation.
$ e 2. scinrtllarton. L'n autro caracière, qui permet, souvenl
-
de distinguer une planôte d'une éboile, à la simple vuer repose
sur f e phénomène de Ia scintfllation.Habituellement la lumière d'uno
étoile ne paralt pas tranquille; cette lumière semble s'éteindre, puis
se ranimer tout à coup; elle jette des éclats diversement colorés,
tantôt, verts, tantôt rouges. C'est cette agitation continuelle de la
lunrière d'une étoile que I'on désigne sous le nom de scintillation.
.Or si l'on examine les diverses planètes que I'on peut voir à l'æil
nu, on reconnalf qu'elles scintillent, généralemen[ beaucoup moins
tpe les étoiles, e[ tpe même quelques-unes présentent à peine des
traces sensibles de scintillation; la lumière des planètes paralc
beaucoup plus tranquille que celle des étoiles. L'ingénieuse expli-
câtion que 1!I. Arago a donnée du phénomène de la scintillation va
nous permettre de comprendre à quoi tient celte différence entro
les étoiles e[ les planètes.
,1,16 IIOUVE}IENT DIURNE DU CIE[.
On sait de quelle manière les phénomènes lumineux son[ expli-
qués par les ondulal"ions d'un fluidc extrêmemcnt rare' cl, répanrlu
partoot, auquel on donnc le nont tl'éther. Uno source dc lumière,
quelle qu'clfe soit, détermine un mouvenrent oscillatoire des molé-
oules de l'éther; ce mouventenI se propage tout autour de la source,
en lormant des ospèces d'ondes sphériques concentriques, absolu-
ment de Ia mêmo manière qu'une pieme, lancée sur la surfece d'une
eau tranquille, y produit ces ondes circulaires que l'on voil so suc-
céder e[s;agrandir progressivement,, jusqu'à ce qu'elles aient atteint
les bords de la masse d'eau. Soib A, fry. ll4, une source de lumière
hornogène, do lu-
td
ltl
é tvi mière rougo, par
-im iP in. exemple, eb ÀB
^ Fis. | | t. '"T lf t' une direcbion quel-
conque suivant la-
quello nous allons oxaminer les circonstances do la propagation
dl mouvemenI vibratoire occasionné par celte source de lumière.
Une molécule rn d'éther, priso sur la ligne AB, effectue ses oscil-
latiorrs suivant une ligne m'm" perpendiculaireà AB. Lorsquo cetto
moléculo a commencé à osciller, ellc agit sur la molécule suivanto
qui oscille à son tour; cclle-ci agit sur une troisième rnolécule, e[
ainsi de suite, de telle sorte que le mouvement osciliatoire se pro-
page de procho on proche sur la ligne AB, jusqu'à une distance
indéfinie du point A. C'est ce mouvemenI des diverses molécules
d'éthsr rangées le long d'une ligne telle que AB, qui constituo un
rayon Lumineut,
La propagation du mouvoment vibratoire, le long d'un semblablo
rayon, s'effectue avec une très grando rapidilé; la vitesso..de cet,te
prôpagation t'le la lurnière est,, en effet, d'environ 77000 lieues do
i titometres par seconde. Soit nrn, l'étendue dans laquelle lo mou-
vement, se propage sur la ligne AB, pendant que la moléculo nr
effectue uno oscillation complète de pârt of d'auire de sa position
d'équilibro. La molécule ru commencera sa première oscillation à
I'ins[ant même oir la molécule nr, finira Ia sienno et en recommen-
cera une seconde; ces deux moléculss oscilleront donc ett même
temps et rle la mêlne manière. Lorsqtre la première sera en rn', la
secondc sera en t'1 elles reviendront, en même tomps à leurs posi-
tions primitives m, n; lolsquo la promière sera en nt",la seconde
serù en rt". En un mot., ces deux molér:ules se t,rouveronu à chaquo
instant dans des positions correspondantes, sur les chemins qu'elles
parcourent respectivement, eb elles y serottt animéog de vitesses
égales ct parallèles. Si trou; prenons une aubre molécule d'éther
SOINTILTATION. 117
si[uée en p, au milieu de la distance nrrr, le mouvcment se pro-
pagera do la molécule nr à la molécule p, pcndant que la prenrière
effectuera la moitié de son oscillation complète. La nrolécule m
sera allée en tn', puis sera r'evenue en ??r, à I'instant où la molé-
cule p se mettra en mouvement; la première sera en nr", quand la
seconde sera en p': elles reviendront en même.tenrps en m elp;
la première se retrouvera de nouveau en rn', quand la seconde sera
Eî F", et ainsi de suite. Ces deux molécules ,n, p, seron[ à clraquo
instant animées de vitesses égales et, do sens contraires. La dis-
tance nrn de deur molécules successives dont les mouvements
concordent, complétement, se nomme longueur tl' ondulation,
C'es[ la durée d'uno oscillation éomplète des molécules d'éther
qui détermine la couleur de la lumière; cet,ro durée varie suivant qrre
la lumière es[ rouge, verte, bleue, etc. La vitesse de propagation
est, au conl,raire la même pour les diverses lumières. Il err résulto,
que la longueur d'ondulalion varie d'une couleur à une autre, puis-
quo c'est le chemin parcouru par la lumière en vertu de ceilo vitesse
constante do propagation, pendant, la durée d'une oscillation com-
plète d'uno molécule d'éther, durée qoi n'est pas la même pour les
diverses couleurs. On sait que la lumière lllanche est formée par
la réunion d'une infinité ds couleurs, parmi lesquelles on distinguo
sept couleurs principales, savoir : violet, indigo, bleu, vert, jaune,
orangé, rouge. On a trouvé que, pour le violet, la Iongueur d'on-
dulation est de 0''o,000423; pour lc vert,, de 0n,',',0005,|2; e[
pour lo rouge, de On'u',000 620. On peut,iuger par là de la rapidilé
extraordinaire avec laquelle s'effectuent les oscillations des molé-
cules d'éther, puisque la lumière qui parcaurl'- 77 000 lieues en
une seconde do temps, no parcourt qu'environ la moitié d'un mil-
lième de millimètre pendant Ia durée d'une de ces oscillations.
Ces notions étant rappelées, irnaginons que deux rayons de lu-
rnièr'e ltomoEçène, partis d'un même point lumineux, cheminent à
côté I'un de I'autre. Si l'on vient à recevoir ces deux rayons strr
une lentille oonvergente, ils la traverseront, et, iront errsuite con-
courir en un même point. La molécule d'éther située à co point do
concours sera en conséquence animée à la fois de deux mouvements
oscillatoires, qui se combinorôn[ entre eux de manière à produire
son mouvement définitif. Si les deux ravons, depuis leur départ,
de leur source commune, jusqu'à leur arrivée à ce point de con-
cours, ss sont trouvés identiquement dans les mêmes eonditions,
les tleux mouvements que la molécule d'éther dont il s'agiù pren-
dra en vertu de ces deux rayons, seront, exaclement les mêmes; les
vitesses, daus ces deux mouvements, devront être à chaque instant
I

uE IIOUI'EMENT DIUNNE DU CIET..


rlgales et do même sens : il est clair qu'il en résull,era pour Ia mo-
kicule d'dther un mouvement unique de même nature que r:hacun
de ces rnouvemenl.s partiels, mais rl'une in[ensité double. Si, an
contraire-, par une cause quelconque,l'un des deux rayons a ôpr.ouvé
ttn retard, les choses pourront se passer tout autremen[. Supposons,
par exemple, quo co retard soit, préoisément d'une demi-longueur
rI'ondulation, la molécule d'érher située au point de concouis des
deux rayons ne prendra plus deux mouvements concordants, en
vertu du passago de cos rayons par lo poinb or) elle se trouve : elle
sera, au contraire, à chaque instant, animée de deux vitesses par-
lielles égales ot, opposées I'une à I'autrel et, par suite, elle restera
immobile. Cet,te circonstance àntènera donc une destruction de
lumière au point de concours des deux rayons : il s'y produira une
interférence. Il esb aisé de reconnalùre qu'il y aura âinsi interfo-
rence, toutos les fois que I'un des deur rflyons lumineux aura
éprouvé.sur I'autre un retard égal à une fois, trois fois, cinq fois,
et en général un nonrbre irnpair de fois une demi-longueur-d'on-
dulation; tandis gue, toutes les fois que le retard de I'un des deux
rayons sur I'autro sera d'une, deux, [rois,.. . longueurs d'ondulation,
les choses so passeront absolument ds la même manièrs que s'il
n'y avait, ou aucun retard.
Considérons maintenant une étoile, que nous pouvons regarder
comme un simplo point lumineux, ainsi que cela résulte de co que
nous avons dit précédemment ($ 0l ). Deux rayons lumineux homo-
gènes, partis en même temps de cette éloile, arrivent à l'æil d'rrn
observateur, après avoir traversti I'atmosphère. Les changemenl,s
r:ontinuels qui se produisent, dans la température, la pression, lo
degré d'huntidité de l'qir atmosphérique, font que ces deux rar.ons,
quelque rappnoclrés qu'ils soient I'un de l'autre, ne traversent pas
des masses d'air absolument identiques. Or, on sai0 qu'un rilyon
lumineux est toujours retardé par son passage à travers un miiieu
quelconque, e[ qu'il I'est d'autant, plus que ce milieu ost plus réfrin-
gent. Il résulte de là que les deux rayons venus de l'étoile sont,
retardés chacun d'une certaine quantité, par leur passage à travers
l'atmosphère, et que le retard de I'un est généralement différent
du retard de I'aulre. Si l'excès du retard de I'un des rayons sur le
retard de I'autre est d'un nombre impair de demi-longueurs cl'on-
dulalion, ces deux rayons, rendus convergents après qu'ils ont
pénétré dans l'æil, y produisent une interférence.
Prenons nraintenant tout le faisceau de rayons homogènes,
de ravons rouges, par exemple, que l'étoile envoie à l'intériàur de
l'æil, Les divers rayons qrri le composent, riprouvent, des rel,arrls
ll9
inirgaux de la part des couches atmosphériques qu'ils traversen[ ;
on conçoit donc qu'uno portion 'de ces rayons puisse déCruire
les autres par interférence) après qu'ils se son[ introduits dans
l'æil; mais cell,e destruction pourra n'ê(re quo partielle, et, d'ail-
leurs elle sera plus ou moins grande d'un instant à un autre,
en raison des changements qui arrivent constamment dans les
rnasses d'air que ces rayons rencontront sur leur chemin. La
sensation produite par ce faisceau de ravons rouges émands de
l'étoile sera donc très variable, tantôt faible, tantôt forte,, e[ ces
varia[ions se produiront souvent, avec une pçrande rapidité. Si
l'dtoile n'émettait que des rayons rougesr clle semblerait s'éteindre,
;luis se ranimer I elle présenterait, un éclat variable d'un instant à
un autre.
Mais une étoile n'émet pas quo des rayons rouges; généralement
sa lumière esbblancho, c'es[-à-dire qu'elle so compose des diverses
lumières simples don[ nous avons parlé précédemment. Or, il est
clair que ceque nous avons dil pour les rayons rouges, nous pou-
vons le répéter pour les rayons bleus, pour les rayons verls, etc. En
$orte que, par suit.e des interférences de ces diverses espèces de
rayons, I'étoile présentera un éclat, très variable d'un instant à un
autre. Observons de plus que, les longuours d'ondulation n'étatrù
pas les mêmes pour les.rliverses couleurs, Ie retard d'un rayon sur
ttn tufre ne devra pas être le même pour qu'il y ait interlérenco,
suiùunt que ces rayons seroht rouges, ou vefts, ou violets: on con-
çoit, donc que I'inter[érence de deux rayons rouges ne peut pas se
produire en même temps {ue celle des deux rayons verts, ou bleus,
ou violets, qui suivent, exactement la même route que les prenriers.
Ainsi, dahs I'ensemble des rayohs lumineux que l'étoile envoie à utt
instant, déterminé à I'intérieur de l'æi[, il doit se ptoduire des inrcr-
férences entro les rayons des diversos couleurs; mais ces inteffé-
rences peuven[ être plus nombreuses pour ceftaines couleurs {tte
pour d'autres : les rayons rouges, par ereruple, peuveht se détruire
presque compléternen[, tandis que les rayons verts ne se détruiseht
t1u'en petite quantité. Il en résulte que les diverses couleurs qui
conrposent la lumière blanche venue de l'étoile éprouvenI des dimi-
nulions irrégales d'intensité, et que, par suite, elles ne se trouvent,
plus dans les proportions convenables pour former de la lumière
l-rlanche par leur réunion; l'étoile doit, donc sombler colorée. Cette
coloration de l'étoile doit. d'ailleurs varier d'un instant à un autre,
suivan[ que tolle ou telle couleur devient prédominante, par suil,e
des variations continuelles du milieu que traversent lss ravons en-
vovés par l'étoile à I'intdrrieur de l'æil. La sointillation des étoiles
120 }IOUVEIIIBN'I' DIUNNE DU (]IEt.
s€ trouv€ par là compléterhent, expliquéo: voyons mainlcnant ce qui
doit arriver dans lo cas d'une planète.
. un-e étoils peut être-assirnilée à un point lumineux, puisque les
plus fortes lunel,tes la fon[ toujours voir sans dimensioni apprécia-
blos , mais il n'en est, pas de nrême d'une planète, dont, les climen-
sions sonb rendues l.rès sensibles par I'ernploi des lunottes. Les
rayons lumineux qu'une plauèto nous envoio sonù donc dans les
mêmes conditions que^s'ils.r'cnaient d'une agglomération de points
lumine^ux très rapprochés les uns des autreé, mais pas assez pour
se confondreen un seul. chacurr de ces points luminèux, pris iiolé-
ment,.doi[ -se comporter comme une éioile; les rayons qu'il envoie
dans l'æil doivent, éprouvcr des interférences varia-bles d trn instant
à un autrs; en un mot,. s'il était seul, on le verrait scintiller. Les
divers points lumineux, que nous supposons placés à côté res uns des
autres, scintillen t, tons ensemble : nrais leurs scintillations sont, gé-
néralemenb discordantes. Tandis que I'un d'eux jette un vif éciit,
un aul,re senrble s'd'teindre; lorsque le premier se coloro en rouge,
le sgcond prend une teinte verte ou bleue. ce il'est. qu'accidenteiie-
menl quo les scintillations de ces divers points concôrdent, e[ alors
I'agglomératio' de ces- points scintille ellb-même; maïs, le plus ha-
bituellement les scintillations partielles se contrarient, plus ou moins,
et' ilen résulte, pour l'cnscmblo des points, une scintilration très
faible, sinon tout, Èr fait nulle. On comfrend, par là, comment, il se
fait que le phénomène de la scintillacibn est ireaucoup nroins pro-
noncé- pour les planètes que pour les étoiles, ce qui-permet sou-
vent de distinguer les unes deb autres à la simple vue.
- on a remarqué que la scinlillar,ion des astres se procruit surtout
lorsque,
.l'air ayant été sec pendan[ quelque temps-, do I'humidité
vientà s'y répandreIen sorte que ce phénomène ôst, pour lesma-
rins, un.présrge de mauvais
lepps. Ce fait, vient, corrfiimer I'expli-
cation si ingénieuse et si satisfaisanto que M. Arago a donnée de
la scintillation, e[ que ryus venons d'analyser rapidement. on voit,
en effet que, dans ces circonsjances, I'air se troirve dans los eon-
ditions convenables pour agir inégalement sur rcs divers rayons
qu'gn astre envoio à I'intérieur de l'æil, e[ pour déterminer lei in-
terférences qui donnent lieu au phénomène de la scintillation.
$ q.3 Sphère eélesre - Les étoiles sont des corps disséminés
dans I'espace, et isoJés les uns des autres, ainsi quo nôus le verrons
plus tarcl. Leurs disl,ances à la terre doivent êtie très différentes.
Ainsi dour.étoiles q-ui nous paraissen[ voisines, peuvent être cepen-
dant très éloignées I'une de I'autre : nous les crôyons voisines parce
que nous les apercevons à peu près dans la mènio direcùion, etque
SPHÈRil, CÉLDSTE. L2l
rien ne nous indique si I'une des deur est plus près ou plus loin de
nous que I'autre. Pour sirnplifier les choses', on ramène ordinaire-
nrent., par la pensée, tonles les étoiles à trne même distance du lieu
de I'observation, en laissant cltacune d'elles dans la direc[ion sui-
vant laquelle on I'aPerçoit :
ainsi, fig. rlrl2 , les diverses
étoiles E , B', 8",. .., seront
supposées ètre placées en e. e',
c" ,. .. sur leg lignes EO, E'O,
8"O,... qui vont de leurs Po-
sitions réelles au lieu O de
I'observation , e[ à des dis-
tances eO, eto, et'Or.,, de cg
lieu égales entreelles. Par là,
!"t'
f ;b7
ceg astres se trouveront ra-
menés tous sur la surface
d'une même sphère ayant, Pour
it'
o
cenirs le point O. Le râyon
de cet,[s sphère , que I'on
nomme la sphère céleste, Peu[ Fig. l | 9;
être pris de telle grandeur
qu'on veut: on le suppose ordinairement très grand.
D'après les apparences que présente ls ntouvement des ét.oiles,
et conformémerrt à la convention quc nous venons de faire de les
ramener toutes à une tnême di$tânce de nous, nous pourrons sup-
poser qus la sphère céles[e est, utte sphère solide , creuse, une
sphère de cristal, par exemple, à laquelle les étoiles sont toutes
fixées; et que cette sphère est, animée d'un mouvenlenI qui, cn so
transmettant à chlcune d'elles, lui fait parcourir la ligno que nous
lui voions décrire réellement. Cette idée d'une sphère solide , de
cristal, à laquelle les étoiles sont altachées, date de la plus ltaute
antiquite; les aslrononles grecs la regardaient même comtne é[ant
l'erpression de la réalité.I\lais, pour nous, ce De sera qu'une lict,ion,
qui aura le doublç avantage de nous rappeler constamment, I'irnmo-
bilifé des étoiles les unes par rapporl, aux autres, et, de nous per-
nrettre de représenter simplement leur mouvement d'ensemble.
$ 6É. Classlfleatlon des étolles. II suffit d'un coup d'æil
jeté sur le ciel pour voir quc les.étoiles- ne sont pas toutes égala-
ment brillantes. Tandis que qrrelques-unes sont douées d'un écla0
très vif, d'aul,res sont tellement faibles qu'on a peine à les aperce-
voir; la plus grande parfie des étoiles visibles à I'æil nu sont
comprises entre ces deux limites extrêmes , et présentenb pour
,ll
'
122 ll0u!u,lltiN'r' ÙlultNu llL t)lbt,.
uinsi tlire, toul,es les nuances d'éclab quo I'on peub cOnceVoir pour
passer inserrsiblen{Ent de I'une à I'autre de ces doux limites' Il y a'
ô1 outre, un nombre considérable d'êtoiles que I'on ne peub voir
ou'à I'aide des luneil,es ou des télescopes, et qui ont égalemerrt dos
ûclats très dir.ers, depuis celles que les observateurs, doués d'une
excellente vue, peuvent apercevoir à I'ccil nu, jusqu'à celles que
I'on voit à peine à I'aide des instruments les plus puissants.
'pour tacili[er I'indicalion de l'éclat d'une étoile, on a classé tous
oes astres par ordre de grandeur. Ainsi on di_t_ qu'une_étoile est, de
4"', de ?"; de 3o..... gt'andeur, suivant, qu'elle est plus orr moins
briilante. Le mot grantleu,r', employé ici, ne se rapporte, bien en-
tendu, en aucune manière aux dimensions réelles de l'étoile; mais
il coriespond à I'apparcnce qui résulte pour. irous d-o ces dimen-
sions réôlles, combinêes areo la distance à laquelle ge trouve
l'ét,oile, ainsi qu'avec son éclat intrinsèquo. Ainsi. une étoile de
.l'" grandeur feut ê[re beaucoup plug petite -qu'une étoile de
0" giandeur; il suffit qu'elle soit notablement plus rapproohée du
nous, pour que son éclat, nous paraisse p-lus.grand. -
. On ôonçoit sans peinc tout ce qu'il y a d'arbitraire dans Uro Sgrn*
btable classification des étoiles par ordre de grandeurl aussi n'est'il
l)as surprenant que les astronomes
ne soient, pas com'plélement,
il'uccorà sur le nonrbre des étoiles à placer dans chaque ordre. Inta*
girrons qu'on ait faiU Ia liste de toutes les étoiles visibles des divers
points cl-e la terre, sgit à l'æi[ ttu, soit à l'aide des lunettes et des
iéles"opes, en les rangeant d'apîès leur éclat, et, commençant pal
la plus'briilante, pourlnir par la plus faible;il suffira do fairedos
.oupu.es dans cette liste générale pour former la 'l "", la 2o, la 3"... .
g-randeur. Or, rien n'indique la place ori chaque lgupY.re doit êt're
fiite; telle étoile, que I'on considère comme la rletnière d'uno claese;
pourrait tout ausel bien être prise pour.la-première cle la classe sui=
vante. NoUs allons donner quelques itrdications, pqur faire cott-
naltre la classification, telle qu'elle est gênéralement adoptée.
ôn compte ordinairemeht | 5 à 9O étoiles de 4 r' grandeur, 50 à
60 de 2e gràhdeur, ehyiron 200 de 3" grandeur, et, aihsi de suite. La
6" grandàur comprend les étoiles les plus faibles parmi c.elles qui
soh-t visibles à l'æil nu. On évalue à environ 5 000 lê nombre total
cles étoiles des 6 premières grandeurs, c'êst-à-dire ds celles qui
perrvent, être vues srns le secoufs des lunettes e[ des [élescopes.
i-cs étoiles plus faililes, qu'on désigne souvenI Sous le nom d'étoiles
télescopiquès, composent encore 'l0 grandeurs, depuis la 7" jusqu'à
la ,16', dins laqueile ou rauge les plus petites étoiles que I'on ait
pu obscrvel jus(u'à présenl à t'aide des lune[tos eÙ rlos télescopes.
CONSTET.TATIONS. t23
Le nombre des étoiles que contient chacun de ces ordres de gran-
deur augmente très rapidement à mesure que son uuméro est plus
élevé; pour qu'on s'en fasse une idée, il suffit do tlire que I'on
range environ 13000 étoiles dans la 7" graudeur, 40000 dans
la 8u, et 4 40 000 dans la 9".
$ 65. Constellatrlonr. On ne peut désigner chaque étoile en
particulier, qu'autantqu'on -lui attribue un nom qui la rappelle sans
qu'on puisse la confondre avec aucune autre. Ce nom peut être
choisi arbitrairement, ainsi qu'on I'a fait pour un cerl,ain nombre
des étoiles lesplus brillantos : Sirius, Ia Chèvre, Rigel, Aldébaran,
Wéga, etc., sont autant de noms qui désignent des étoiles dont les
astr'onomes connaissent bien la position dans le ciel. Mais on con-
çoit qu'il n'est pas possible de donner ainsi un nom différent à clra-
cune des étoiles contenues dans les ,16 ordres de grandeur dont,
nous avons parlé; et lors même que I'on aurait trouvé des noms
pour [oute cette multitude d'étoiles, la mémoire des aslronomes ne
suffirait pas pour les retenir. Aussi a-t-on eu recours à un autre
moyen, qui dato de I'antiquité, et qui a été conservé jusqu'à no,s
jours. Yoici en quoi il consiste.
On a imaginé que la surface entière de la sphèro céleste soit
couverte de ligures d'hommes, d'animaux, et de divers objets. Ces
figures, contiguës les unos aur autres, ont divisé Ia sphère en au-
tant de compartiments de diverses grandeurs, eb de formes plus
ou moins irrégulières. L'ensemble des étoiles contenues dans cha-
eun de css compartiments a formé un groupe parl,iuulier, ou, sui-
vanI'expression consacrée, urre rnstellolion, ,' et, I'on a donné à cet,te
constellation le nom de la figure qui en avait cléternrin(r les con-
l,ours. C'est ainsi qu'il y a leS constellations d'Orion, rlu Cocher',
du Lion, de la Grande Ourse, dù Scorpion, de la Lyre, etc., e[c.
L'indication do la constollerl,ion dont une tltoile flait pârt,ie, fait
connaltrs immédiatemerrt la portion du ciel ou elle est plactie. Porrr
la désigner complélemen[, il n'y a plus qu'à la distinguer des autres
ritoiles qui entront dans la même constellation. Quelques étoiles,
placées d'une manièrc toute particulière par rapport aur figures qui
ont, servi à défirrir les constellations, onI recu des noms qui rap-
pellenI leurs positions spéciales. Il y a I'Ctsrl du Taureau, l'Épi de
la Vierge, le Cæur du Scorpion, ct,r:. I\lais ce rr'es[ qu'exception-
nellemont que ce mode de désignation d'une étoile peut être enr-
ployé. Bayer ayant publié en 1603 des cartes célestes sur les-
quelles les lettres grecques d,6, !,..... étaienI placées à côté des
diverses étoiles d'une même consl,ellation, les astronomes suivirent
son exemple, et continuèrent à désigner lcs rltoiles, soit. par des lef-
l2h tlouTliltliN'i' t]ttjR]tE DU (llBt.
tr.es, soit par des numéros. Baver avait attlibuéla lel,tie a à l'étoile
la plus brillante de chaque constellation, Ia lettre € à celle qui était
la plus brillante après la promière, et ainsi de suite. A mesure que'
le noinbre cles étoiles, enregistrées dans les diverses constellations,
rlevinI plus grand, on suivit la mône marche; I'alphabet grec ayan[
ôt(r bientôt 6!puisé, on prit les lettres ordinaires e, b, c,.... en les
uttribuant, do la nrême manière, aux rliverses étoiles, d'après I'or-
dre de leur éclat ; enfin ce second alphabet étant employé en en[ier,
on se contenta d'inscrire les étoiles dans des catalogues avec un
nunréro d'ordre. Les numéros qui servent habituellement à dési-
gner les étoilcs auxquelles on n'a pûs pu at,l,ribuer de lettre de I'un
ou de I'autre des doux alphabels, sont ceux de I'ancien cataloguo
de lrlamsteed (.{), connu sous le nortr tle Catalogue britu,rutiquc.
Lorsque Ie nunréro affecté à une éloile n'cst, pas pris dans ce cala-
logue, on a soin d'indiquer à quel aut,re catalogue il appart,ient.
$ 66. Lorsgu'on veut étndier I'astronomic, il es[ bon de s'exercer
à reconnaître les constcllalions, ainsi quc leurs posil,ions relatives
dans lo ciel. Nous allons indiquer la marche que I'on peut suivre
pour cela, en sc servlrrt, do cartes célestes surlesqueltes Ios étoiles
les plusbrillantes soient.représentées;et nous en proliterons pour
faire connaitre les principales constellations sit,uées dans la partio
du ciel que I'on voi[ en Europe.

I"ig. t tl.

La constellation clc la Glarrrlt ()rlt'::e s{.rra rc(rol}nuc avec la plus


grande facilité, plr la tlisposilion des sepl étoiles brillantes qui la

({) Àslronontc anslrris rrrj ,:n it{{l , niort ur 1710. ll ftrt lc plcnicr rlircctcur dr:
I'obse.rvatoilc tlc Glccnu'iclr, |r'ùs l,ondlcs, cn 'l tiiti,
coNs't'Ijr.LA'froNs. ,l2t)
composent. frg. tltl3. Ces sep[ étoiles sont tou[es de 2o grandeur, à
I'cxception de â qui csi de 3o grandeur. Les trois étoiles s, e , ri, for-
rnon[ la queue rle laGrande Ourse. Cctte constellat,ion rcmarquablc
reste toujours au-dessus dc I'horizon à Paris ;"on".la--rdtr.'yg"ts"ls
or). elle occupcdifférenbes positions, tan,t& p.rèrq., lantôtJoin
-19.r,4,'
dti I'horizon, suivant I'heure à la.guelle on I'observe. On lui donnc
"âtissi quèlqriefoïÈ'ld nôm daChui,ioti at6t y, â, sontlés roues;
e, Ç, r,, sont les ché_vaur ; une toute petite éfoile, situéo lout, près
do (, figure le postillon.
Dès que I'on connalù Ia Grande Ourse, on peut s'en servir pour
trouver d'autres constellations. si I'on mène une ligne droito pal les
etoiles 8ra, et qu'on la prolonge au tielà de ad'une quantité égale
à 5 fois la distance de 6 à a, ou bien encore d'une quanlité égale à la
distance decrà4, ou trouve laPolufue, frg.tl14, dont le nom trou-
vera bientôt son explication. La Polaire, étoile cle B" grandeur, forme
I'extrémité de Ia queuo de la Petite Ourse, constellàtion formée de
septétoiles principales, qui sont disposées à peu près de la même
maniero que celles de la Grande Ourse , mais en sens conlraire.
,En joignant â do la Grande Ourse à Ia Polaire,, et prolongeant
cette ligne d'uno quantité égale au delà de la Polaire, on trouve la
corrstellation de 0ossiapëe, ftg. t44. Elle contient 5 étoiles de

Fig. { { [.

3' g^ranclcur, r1ui, ;tar lour cnsenrble , r'u1r1iellent, la fbrnre d'une XI


ouvcrtc. Si, a ccs S (tloilos, on joint, la petite i;toilc z, on trouve la
forme il'une Çltuist,, nom que I'on donnc quelquefois à cette consl,el-
lation. aeLt sonl les pieds de la chaisttiy e[ xen lbrment lesiége,
et ô, e, le dossier.
Les lignes droites qui joigncnt c et â de Ia Grande Ourse à la
Polaire, elant prololgées au delà dc cette clernirire étoile, compren-
nent entre elles le Carcë de Pëqasc, Ibrrné de 4 rltoilos de 2" gran-
deur, fg. tl I li. Trois dc ces étoik*q apparticnnent à la ccrnstel-
,il.
12ô }IoUVEMENT DIUnN!: DU cIEL.
fat,ion da Péguse; la quatrième fait partie de la cons0ollation d'An-
ilronrèrle. A peu prèe dans lo prolongemenb de la diagonalo du carré

l"rg. | 1 ;-'.

ilrri la rle c tie Pirgase lrouve e eL y d'Anrlro-


à e d',\ntlrornirrlc, otr
rrrr\ilc, puis cr l,outos trois tlc g" grandeur. L'elsenrble dt
cle Pcr.sr;c,
t'es trois étriilcs, cl dos qnutre du cirrrri de I'égaso, fomre une granrle
ligrtre avaltt Lrerncoulr cl'analogienvcc celle rlr: la GrandeOursc.
L'ril,rtilc a rle Pcrstic, rle 2" grandeur, r,t, siludre, commc nous ye-
nons dc lc tliro, sur le ltlolongenrent rlos
trois tiloiles a, 6, T rl'Ânclromède, se lroulL\
cntrerlcux ilut,tes, y do ,/1,' grandeur et ô de
3" grnndeuy , lig. 'l,l6 , qui formcn[ aler:
cllc un irro colrlavc vets la Grande (lurs[' ,
ct, {ac:ilo à distinguer. Du côt(r de la con-
vexité de cet, arc.' ûn voit ,llgol ou 6 dtr
Perstle, donI l'éclat, virrie périodiqucrnent,
ainsi que nous I'cxpliqucrons plus tard. lrrr
prolongeanl l'arc yaô' de Persée en ligne
courlro, on trouve la cftâr.r.e appartenant
l''iii'' 'l 'l li. à la constellation rlu Cocher. Lemêmrl al.r',
prolongé ri'abord âvec une courbure oppû-
stlre, de ntanière à passer entre Algol o[ la constellation du (loclrer,
prr is r:r-utl.irtttt'l err ligtrc rltoite, rtlr{'tur[t'rr les r"toiles r et ( tle Persee,
(;oNSTliLrÂTroNs. 127
et aboutit, au groupe des Ptëiades, formé rl'un amas d'étoiles
très rapprochées les unos des aulres.
En joignant, la Polaire a la
Chèvre, et prolongeant cotte
ligne au delà de la Chèvre, on
trouve Orion,, la plus brillante
des constellations, que I'on re-
connalI d'aillours faDilenrent à
sa forme , fr7. 4,17, sars avoir
bcsoin de recourir aux étoiles
dijà connues. Elle se coûtposc
de sept étoiles principalcs ,
rJorrt qualrc , dt x, OCr.u[)0Ût,
!t 6,.
les lngles d'un glrand quarlri-
latère, et les lrois autres, â, ,, C,
sont serrées en ligne oblique
arr nrilieu de ce quadrilatèr.e.
a eL fi sont de premiure griln-
rlcur ; les cinrl autrcs sont de
?' grandeur. Les trois riloiles
ccntrales ô, e , (, forment le
Iltrrrdricr tl'Oriott,,. on lcs ap-
;lclle aussi les Tr.oi.s ?uis, le
lluk'ttrt.
La ligne du Brrudrier d'Orion,
lrrolongée d'un t:ôté, passe par Sl'rrls, /iry l{ 8, la plus llrillante de
Ioutes les étoiles: cllc appart,icnt, à la constellation du Granrl
(.lrien. Ll mèrne ligne. pro-
longdrc de I'autre côtri, ren-
contre Aldëlturan, ou I'O/if/ rlrr
T'uureart, dtoile de ,l "u gran-
tlcnr : elle fait pirrtie dc
crinslcllation du Tinri'enru. Âl-
ln w
1"-

débaran sc tnouvc égalemernl,


srrr lù liune clui joint a dc la
firancle {)urse à Ia Chèr'r'e.
l,l ligne clui joint ô ct 6 rle
la (illnde LIurse, ÉtarrI pro-
longtic str ffisanturcnt,, r' it 1it sscr.
pril rleux étoiles tlc 3. gran-
tleur, {iaslrtr eL Pallu,r, cle la cons{,sllalion tlcs (}i,mcrtutr, lig. I lg,
lruis lrar' 'sirirrs tlorrl, ntius il\ions rklia lrar'111, ,\ lreu rltl rlisrirrrce
{28 ÙIOUVEMENT DIURNE .DU (]tEI..
de cette même ligne, enile Castor of Sirius, on voi[ une étoile de
,l'" grandeur, Procyotl, qui fait partie de la
constellation du Patit Chien'
La ligne qui join[ a aL I de Ia Grande Ourse,
-a
et qui nous déjà servi à trouver la Polaire,
étant prolongée du côté opposé, traverso la con'
stellaiion du Liott , frg. tl9 0 ' Cette const'ellation

Fig. { 2{).

contient quatle étoiles principales dont I'enscm-


blo {brme un grirrrd tlapi:ze. La plrrs blillantc
rle ces quatre rltoilcs, Rt;qttlrt,s, csL tle 4 "" grarr-
deur. Les trois autles -qonf de 9" grandeur.
lin prolongcarrI lir (llrcuL] tle l:r Grandc Orrrsc,
orr liguc courbe, on t.rorr\'0 .,1lcf uru.s, ôtoile dc
,1"" glandcur tlui fait partiu de la constcllation
ilu ,/lorrt:irr, fir1.4 2'|. À côtdt du Bour-ier, r't,
tlans lir rlirccl,ion des ctoiles P, à, e, ( rlc la
Grrnrltr Orrrsc, on voit la trrrrlntc ltorirtlL',
forrnée de plusicurs étoiles rangées en denri-
I"ii1. { I l) cercle, et dont la plus brillante es[ de ?u gran-
derrr.
La rliago-
nalc a7 do la
Grande Our-
se, prolongec
du côté rlc y,
\ra, passel' par
l'lipi de ltr,
I'ierge , lift.
I 21, itoikr tle
IJi; 1ll. 'l "" granclcur
CONS'TEI.LAI]IC)I{S. { 29
qui. apparfient, à la
cr:nstellation de la Vierge. Elle forme un
triangle équilatéral avec Arcturus et 6 du Lion.

Fig. 199.

II
'igrr
est unc bclle étoilc cle 4 '" grandeur, qui passe tous les jours
au zrinitlr rle l)aris, el, qui dépend de la constcllation tle la Lurt:,

Irjg l-lil ,

It ,1 lllIc frttnre it\ nr ,\ rr'trrlrrs trt lir l',rliriltl tur llitntl tliiur-rlc
.I3() \IOLIVEITENT DIUnNE DU cTET,,

rectangle, donù elle occupe le somme[ de I'anglc droit. A côté do


IVéga sonl deux ôtoiles de 3u grandeur, 6, y, 0t trois rle 4u gran-
deur, ô, c,Ç; lesquatreétoiles 6,7, ô, (, formcnt un parall6lo-
grammo facile à dislinguepj '
Bntre la Lyre e[ Pégaso, se trouve la Cygne, constellation for-
méo do cinq étoiles principales {igurant uno grande croix, fi1. tl?L.

La iignc ilrri joirrt lr'0r gnc nrrs (lértrearrr csl c.ouprie eu rlcur lrarLit's
rigalcs liar lir I'oliiiro. Lit rnlrrne ligrrc, lrrolorrgrlc arr delà rlr"r Cvgne.
Flss{) pilr.ll/rr'r'r', rlc h constrllation de I'rliglrr, étoilc rlc,l." grârr*
rlrrur', rlrru l'ort recourtaiI ai*ti,rncnf ,'ir causo rltl deur éloilcs f" eL T^
I'uno rlc l|'gntntlcur, I'aut,re rlo ,l" grancleur, qui sont à l)cu l)res
err lignr; rlroitc avtlrr ellc, el, à lleu rle rlisl,alce de part et rl'autre.
S (i7, Lois rlrr rnouvenrent diur.nc. Otrcrrpons-lror.ls rrririrr-
lentnl d'rltudiar lcs lois dc r:e rnorrvernent, -rl'enscmlrle, auqucl norrs
nvon.s rcL.onnrr rluc los rlir,erses étoilcs participent.
'Si ntlus trorrs torrfuorrs tlu côtir drr uridi, nous vo\rons lcs tlf,oilrrs
qui sonl ir nolro gauchc s't!lever tle plus en plrrs au-ilessus dc I'ho-
rizon, en nrarchant en même tomps de gâur:ho à droile; au bout
cle qrrelquc temlis, ellcs. cessent de s'drlever, puis bientôt elles
s'abaissenl en $e rapprochanf de plus en plus de l'horizon, tout err
continuûnf à nrartllte.r de g'auche'à droite. Char:unc d'elles, en un
mot, ainsi que llous l'avons déjà romarqué, so nrent à perr près de
nrrlrrre que le soleil, qui, tous les jours, sc lève à I'orient, pour so
couther à l'occiclcnt, aprè$ s'ôtre plus ou ntoins élevé au-dessrrs de
I'horizon dans I'inl,err,alle.
l,ols DU llouvgmtiN'r' t)tultN[. lltl
Intaginons que nous prenions un théodolite ($ 4.$), e[ que nous
l'installions dans un lieu d'otr nous puissions facilemenb eperce-
voir une grande étendue du ciel, tani à droite qu'à gauche du midi.
Àprès avolir rendu I'axe de I'inst,rument eraclemenb vert,icitl ' nous
pô,tuons diriger la lunette du cercle vertical vers une étoile située à
gauche du nridi. si nous avons établi la coinoidence de l'image de
i1étoite avec la croisée des fils du réticulc., et que nous ayons {ixé
la lunette dans cotte position, nous reconnalbrons bientôt que la
coincidence n'oxiste plus; l'é[oile s'écarl.e de plus en plus de I'axe
optiquede la lunette, et s'élève en même temps au'dessus de I'ho-
riron. lfais bientôt I'étoite cosse de s'élever et commenceà se rap-
procher de I'horizon , en marcfiant vers I'occidetrt. On conçoit quÏl
amivera un instant où, en s'abaissant ainsi, ells se retrouvera à la
même distance de I'horizon quo lorsque la lunette a été dirigée vers
clle ; en sortg que, si I'on fait tournÀr toute la partie.supérieure du
théodolite autour de son axe ver[ical, silns changer I'inr:linaison de
la lune[te, On POurra, en attenflant le tnomenI co'nvt'ttable, étahlir
un* ooon*lle ôoincidence de liimage de l'étoile alec le point de
r:roisée des fils du réticule
Lors de la prernière observation, l'étoilc etai[, par exeurple, en E,
fg. l2li, suria sphère céleste donb le t1éoclolite ogcul)e le centrel

ûi

la lunettë, dirigée stiivaht 0E, faisait âvec I'horizon HH' un oer-


tain angle EOttl L'étoile s'élant élevee de E en Qr ttuis s'étant rap-
dans sa po,sition E'
l,;;.hd de I'horizon,, a é.té observée de. nouyeau
I.lOH. L'angle HOHf, dont
fio*r iuqo*lle I'angle E'OH' ost égal à
ie cer.:le vertical îu theoclolite a clù attlour de I'are de
lourtter
{32 }IOUVI'MENT DTURNE DU CIET,.
I'instrument, pour pçS.ef de la première position à la seconde,
peut être mesuré à I'aide du cercle azimutal. connaissanl te[
angle, on peut faire tourner le cercle verticar de manière à I'amener
dans Ie plan zoM q.i le- divise en deux parties égales; puis, déta-
chant, la lunette du cercle, on peut l'abaisser de marrièrà à ta diri-
ger vers quelque objet terrestre facile à observer, tel qu'une lumière
qu'on dis.posera à cef effet, si, comme nous le .oppôsons implici-
temen[, I'observation se fait la nuit,. ayant ainsi Conservé la trat:c
du plan vertical zol[, on pouffa recommencer uno opération toute
pareille, soit sur la même étoile, en la prenant en deux autres
points E, E', de la ligne qu'on lui voit déciire, soit sur uno autrc
étoile. Or, quel que soit le nombre des opérations qu'on effect,uera
ainsi , on trouvera [oujours une mêrne direct.ion pour te plan, tel
que zoM, qui divise en deux par[ies égales I'arrgle tles pians ver-
licaux menés par les deux positions ou l'étoile esi à une ùême hau-
teur au-dessus de I'horizon.
On conclut de là nécessairement : ,1,, que la routo apparento
EE, CE,/ E'dechaque étoile est une courbe symétrique pu. .ap-
por[ à un plan vertical Zol[, qui passe par conséquen[ pai le poirrt
le plus élevé c de cetto courbe; 2" que ce plan de symétrie às ta
courbe décrite par chaque éloile est le même pour tout-es les étoilos,
ce plan de symétrie, qui contien[ toutes fes culminatfon.ç c des
éùoiles,.so nomne le plan, méritlien, ou simplement ls rnëridien rlu
lien ou ies observations ont été flites.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que des éroiles situées du côté du
midi. l\Iais si I'on se tourne du côté du noid, e[ que, sans changer
la position du théodoliûe, on puisse observer avèc'sa runette lss
étoiles qui se trouvent dans ce[te aulre région du ciel, on recon -
naltra de même que le plan méridien, tel que nous venons de le dé-
finir, est aussi un plan de symétrie poLrr les courbes décrites par
ces. étoiles I et que, non-seulemenf il contient leurs culminations
,
mais encore_il passe par les points les plus bas des routes appa-
rentes de celles qui ne s'abaissenC jamais au-dessous de I'horiàn
Il est, bon d'observer quo la réfraction atmosphérique n'a pas
d'influcnce sur le résuhal auquel nous venons de parvcnir; er que
les opéralions peuvent être effectuées absolument de la même ma*
nière que si I'a-tmosphère n'existai[ pas, pourvu toutefois que res
cifconstances de température et, de pression de l'air restent sensi-
blement les mêmes pendant la clurée de ces opérations. On sait, en
cffet,-qu'à égalité de température et de pression atmosphérique,
Ia réfraction ne dépend que de la distance zénithale tte I'astre
observé, ou, ce qui revient au rnême , de sa hauteur au-dessus do
LOIS DU MOUVEMENT DIURNE. , I33
I'horizon ($ 5?). Il en résults quo, lorsqu'une étoile- esl vuc, dans
dcux poiriis différents, à une hême hâuteur au-dessus de I'ho-
rizon, elle es[ rèellement à des hauteurs égales au-dessus de cs
plan;'ct, par suite, les conséquences quo nàus avons déduites do
cette égaliié de hatrteurs no sont pas altérées par cotte clrconstance
que lous avons pris les hauteurl apparentes, e[ non les hau[eurs
vraies.
I68. Le plan méridien étant déterminé conformémenb à ce qui
vifit d'etre dit, nous pouvons faire tourner toute la partio luPé-
rieuro du théodolite, de manièreà amener sou cercle vertical à être
dirigé dans ce plan, puis le fixer invariablenrent dans cetto position '
Si n"ous.faisouÀ ensoite tourner la lunette autour du centrs do ce
cerclo, son axe optique ne sortirapas du plan méridien, dans le-
quel il pourra ç,rendie tou[es les directions possibles. Nous'pour-
ionr, pà. exemple, diriger Ia lunette vers une étoile, au momen[ ou,
on r,.rto du môuvemeni que nous étudions, elle vienb passer dans
le plan méridien; et nous en conclurons facilement sa distance zé-
nithale à I'instant de ce passage.
Concevons que I'on fasse des observafions rJe co genro sur les
étoiles qui soni situées du côté du nord, et, qyi ne s.e couchen[
'Cha.onu
jamais. de ces étoiles traverse le méridien en deux.poinl,s
différents de la route gu'elle parcourt, c'esi-à-dire lorsqu'elle se
trouve au poinI le plus ôlevé ei au pbint le plus bas dc.celte route.
Si I'on déier.rnile la tlistance zônithale d'une do ces étoileg au mo-
ment de son passâge supérieur eu B au méridien, fg' { 96, puis au
mornen[ de son
passage inférieur
en 'E' ; que I'on
corige chacun do
ces deux angles de
I'effet de la réfrac-
tion ($ s8); puis
qu'on prenne la
demi - sontme des
résultats ainsi ob-
tonus, on trouvera
évidemment I'an-
gle Z,OP que la
ver[icale OZ fait
avec la ligne OP
menée dans le plan rnéridien, entre les deux positions E, E' do
l'étoile, et à égale distance de oes deux positions. Si I'on opère de
t2
r34 \louvEM$N't' DlUltNI Dt' (:tlL.
rnôme sur ult nombre quelconque d'autres étoiles qui soient tlarrs
les mêmes cOnditions, on trouvera tguiours Ia même valeur pour
I'angle ZOP; on enconclut[u'il existe, rlans le plan méridien, une
ligné Op jouissant de la propriété de diviser en deur parties égales
tous les angles tels que EOB', compris entre les directions suivant,
lesquelles on voit une ntême étoile, lors de ses passages stlpérieur
et inférieur au méridien. Cette ligne se nomllle ligrrc dcs ptilcs1 on
nomme pdlas les deux points dianrétralement opposés où elle perce
la sphère céleste. Le centre de cettesphère étant au lieu même de
I'obiervation, e[ par conséquenl sur le plan horizontal qui lui cor'-
respond, Ies deux pôles sont situés I'un au-dessus et I'autre au-des-
soui de I'horizon, ài moins de circonstancee toub exceptionnelles sur
lesquelles nous roviendrons plus tard. Le-.pôle qui se trouve au-
desius ds I'horizon à Paris, ef dans toute l'Europe, Se nomttle pdlc
boréat; l'autre pôle, qui occupe une région du ciel constanrnrent
invisible en tsuiope, se nomme pôle rn'stru,l. On désigne aussi sott-
i
ven[ la ligne dos pôles sous le notn d'une d,u, montle nous ver-
rons, dans un ins[ant, la raison de cette seconde dénomination,
Le pôle boréal esI très voisin d'une étoile donc nous avons indi-
t1ué piécédemrnenl la position, et à laquelle on donne porlr celte
rnisoir le nom tï'tjtoite poluire, ou sirnplern en| Poluire (S 6 6).
$ 69. Nous venons déjà d'acquérir deux nobiotls inrportantes sur
le nrouvernent d'ensemble des étoiles. La prernière consiste dans la
sl-rné[rie cles routes apparentes des étoiles par rilpport au plan mé-
ridien I la secqnde tlans une sol'te de s1'mélrie plus particulière qui
exis[e dans le
méridien lui-rnê-
me, par rapporl
à la ligne des
pôles, et dont,
nous n'avons pu
reconnaltrel'exi-
stence que pour
les étoiles qui ne
!9..:loucbent-ia-
mais : nous n'a-
-éæ'r
vons plus qu un
pas à faire pour
arriverà une conr
naissance com-
plète de la nature du mouvement, qui nous occupe. Pour cela ,
cherchons à déterminer la distance angulaire comprise enlre la
I.OIS DU }'IOUVEMENT DIURNE. 13.)
tlirection OE, Ég. ,127, suivant laquelle on voil unc (rtoile à un
instant quelconque, e[ la ligne des pôles OP; ou, ce qui es[ la
même clroso, I'arc BP compris, sur la sphère crileste, entre l'étoilo E
et, le pôle P. C'est pncore le théodolito qui va nous permettre d'of-
fecluer cette d é[erminalion.
Faisons tourner le cercle vertical de ce[ instrumenl,, depuis la
position qu'il occupait précédemmen[ dans lo plan méridien-ZOM,,
jusqu'à co qu'il se trouvo dans le plan vertical ZOA de l'étoile E.
c6 qne nous roconnal[rons en amenrnt I'axe optique de Ia lunetto
dont il esl muni à être dirigé vers l'étoile. L'angle dont le cercle
aura ainsi tourné, e[ dont Ia valour sera fournie par le cercls azi-
mutal de I'insirument, sera précisément l'angle M'OA, ou, ce qui
est, la même chose,l'angle Zdu triangle sphérique PZE. La poèi-
tion de la lunette sur le limbe vert,ical fera connaitre en mênre temps
la distanco zénithals ZOE de I'étoile. Cette distance zénithale,-il
esl vrai, so trouve altérée par la réfraction atmosphérique, qui fait
paralfro l'étoile plus haut qu'elle n'est réellement; mais il est facile,
ainsi que nous I'avons dit ($ 58) , do tenir conrpte de cet, offet de la
réfraction, el do passer de la dislanco zénithale apparente que
fournit l'observation directe, à la distanco zénithale vraie gus I'on
obtiendrait s'il n'v ar,ait pas d'atniosphère. on voit donc qutà I'aide
dn théodolite, employé cômme noos ienons de lo diro, nôus trou-
lons los valeurs de deux des élérnents du triangle sphérique ZPE ,
savoir: I'angle Z, ot le côté ZE qui sert de mesure à I'angle ZOE.
Nous connaissons d'ailleurs I'angle ZOP, d'après ce qui précède
(S 60), et par suite I'arr; ZP qui lui corresponcl. Âinsi I'angle Z.
e[ les rloux côtés ZP, ZE qui lui sont adjacents, sonL connus ; le
triangle ZPE Se trouvs donc entièremen[ déternriné,, et I'on doit,
pouvoir en clérluirs les valeurs des deux angles P, E de ce triangle,
ainsi que celle clu côté PB.
Pour cela, on peuû imaginer que I'on ait à sa disposition un glolm
de bois ou de carton, disposé de manière que I'on puisse fac.ilement
tracer des figures sur sa surface ; au moyen des trois éléments
connus du triangle ZPE, on pourra construire ce trianglo sur le
globo; puis on obtiendra les valeurs des trois autres élérnents par
des mesures e{fectuées sur la ligure qu'on aura lracéo. Au lieu-de
ce procédé graphique, on peul encore employer le calcul trigono-
métrique, qui conduit au même résultal., mais avec une sxactituds
beaucoup plus grando. Cette seconde méthode est celle que les
astronomes emploient exclusivemont, dans toutes les questions qui,
comme celle-ci, se ramènent à la rtlsolution d'un triangle sphti-
nque.
136 iIIOUVETIENT DIURNE DU CIEI..
Quoi qu'il en soit, en opérant d'une manière ou do I'autre, 0n
trouvora le nombre de degrés, minutes, e[ secondes, contenu dans
l'arc de cerclg PE, qui mesure sur la sphère la distance dtr pôle
boréal à l'étoile B, au moment ou elle a été observée à I'aide du
théodolite. ce genrc d'obscn'ation peui être répété autant, de fois
qu'on veut sur une méme étOile, en la prenant dans plusieurs des
positions, telles que E', 8", qu'elle occupe successivement en
iertu de'Son mouvemenl : et, chaquo fois ort peut en déduire de
même la valeur de la distance PE', PB" de l'éf,oile au pôle boréal.
Or, quellos que soientles positions dans lesquelles l'étoile se Ùrouve
sur là route qu'elle dé6it,, on ohtienb loujours le lnême nombre do
degrés, minutes , et secondes , pour cette distance ; les arcs
PE-, PE', PE", son[ tous égaux entro eux' De plus cette constanco
de ia distanco d'une étoile au pôle peuI ss vérilier pour toutes les
étoiles, sâns aucune excePtion.
II nous cst bien facile mairrtenant de délinir d'une manièro lrès
simple le mouvement d'ensentble des étoiles, ou, 9_e qui rcvieni au
rnêrne, le mouvemen[ de la sphère céleste à laquelle nous pouvons
concevoir que les étoiles sont attaohécs. Les résultats auxquels
nous venoni de paruunir nous monl,renl de la manièro la plus évi-
denrs que la sgihère célesto tourne autour de la ligno des pôles
commeiutour d'un axe. Ce mouvemenÙ est Ie seul, en effet, en
vertu duquel ùoutes les étoiles peuvent se maintenir à uno dislance
-comprcnd
invariablô du pôle boréal. On maintenant polrquoi-la
ligne des pôleË est souvent désignée sous le nom d'axe du rnonde.
-Le
méridien d'un lieu a ôté défini précérlemment ($ 67) oonrme
étant, le plan vertical qui divise Ies -courbes décrites par les étoiles
en deux parties synrétriques l'une de I'autre. Nous pouvo.ns main-
tenant en donne. une autre définition plus simple, et dire quo lo
méridien d'un lieu es[ lo plan qui passo par la verlicalo de ce lieu,
et, par I'axe du monde,
$ ZO. Cuttu rotation de la sphèro céleste, dont
nous venons de
reCônnattre I'eriStence, S'effeclue-t-elle avec une vitesse conStante
ou variable? Telle est la question qui so présento nalurellement
ici, et dont,la solution doit, achever de compléter la connaissance
du rnouvement des étoiles. L'Observation nous conduira sans peine
à la réponse qui doiù y être faite, Lorsque nous aYons.indiqué, il
n'y a qu'un initant, la marcho à suivre pour trouver.la dist'ance
d'une ôtoite au pôle, nous avons dii que, oubro cette distance PE,
fig. 427, nous potlviong [rouver égalernenr les angle.* P' q'-S
iriangle ZPE; supposons quo nous déterminions I'angle P, o.u ZI'8,
soit p1r un procédé graphique, soit, par |ln calcul trigonométrique.
T.O]S I)U }IOUïEI{EI\T I}IURNE. IJ'37

Sr nous déterminons do môme I'angle ZPE', lorsqrto l'étoile est


en E', puis I'angle ZPE",lorsqu'elle est, en Ii", ef ainsi dc suite,
nous en décluirons facilement les angles EPI}'. n'PE""., par de
simples soustractions. Or, il suffit de contparor ccs angles aux
tcmps qui se sonl écoulés penclanl que l'étoile esb allée de E en E',
rle E'en 8"..., t,emps que l'on aura trouvés en ttotant l'lreure
nrarquée par un chrônomètro au moûleni de chaque observat'ion,
pour-reconnaltre que l'étoile founre uniformémcnt au[our du pôle:
ies angles EPE', E'PE",... sont proporlionnels aux temps qui leur
corre"pondent. Donc la sphère céleste tournc aulour de la ligne des
pôles àvec une vitesse qui reste cons[ammenI la même.
Le lemps que la sphère céleste emploie à faire ult lour entier,
autour de'la lfne rles pôles, est cl'à peu près un jour (il s'agit, ici
rl'un jour de2L heures, comprenant le jour et la nuit). C'est ce qui
tait que ce mouvement desétoileS so n6mmc mouuement diurne (du
nro[ latin drics qui signilie jour').
$ 7f . Si rrous prenons ult globe A, fry. 'l28,
l,raversé par un
axe PQ, dont les extrémités pé-
nètrent dans l'épaisseur d'ttn cer-
cle I\IM; que ce globe soil mobilc
autour de I'axe, eb qu'il puisse,
avec le cerclo MNI, s'adapter sur
tun picd N, aiqsi que I'irrdique la
figure; nous pourrons, atl moycn "
de ce globe, nous représenter en
petit lc mouvemenL diurtte. I'{ous
en acqucrrons ainsi une idéc
nctte ,pûrco quc nous saisirons
d'un seul coup d'æil I'ensemble
des circonslances que présento
ce nouvement ; et comme nous
pouvons faire tourner ce globe à
volorrté, et répéter le mouvement
autant de fois que nous le vou-
drons, cela nous permettra do
voir en quelques instants ce que
I'observation directe des astres
ne nous aurait pu montrer qu'après un tetnps bien plus long.
Pour cela, inraginons qu'on ait disposé le globe sur son pied, de
manière que I'axe PQ ait, précisémen[ la direction de la ligne idéale
autour de laquelle s'effectue la rotation diurne de la sphère ctileste.
Supposons , en outre, qu'on air liguré sur la surface du globe un
42'
,l3tt \IOtiVIi\IENT DITIRNE DTI CTUT..
certain nolnbre do poirrts, représentnnt les principales étoiles. en
les disposant, les unes parrapport aux autres, et pir rapport, à I'are
de.rotation PQ, de la même uranière que ces étoiies le sànt dans le
ciel. si I'on fait lourner le globe dans un sensconvenable, on velra
chaque éroile déciire un cercle en s'élevant et s'abaissant successi-
v.elent. Les unes, sufflsanrment rapprocbées du pôle boréal p, ne
s'abaissent jamais au-dessous du ôercle HH porie par le pied N,
e-i figurant I'horizon do I'observateur qui est censé omuper le
centre
de la sphère. Les autr€s, au contraire, sont tantôl au-dàssus, tantôt
au-dessous de cc cercle; elles se lèvent d'un côté, montent âe plus
9n
plus, puis s'abaissenl, et linissent pâr se coucher de I'autre c'ôtdr.
D'autres enfin,.r'oisines du pôle austral Q, restent l,oujours au-
dessous de I'horizon HH, et ne deviennent jimais visibles.'Le cercle
[xe M-{ figure le mtirid.ien'..dul. requer cLaque étoire vient passer
deux fois, pendant qu'elle décrit, son cercle diu.no.
$ 72. Jour srdénnl.-on n'r jamais reconnu la nroindre rjiffé-
rence entre les durées des rotations successives rle la sphère céleste.
La durée d'une roùation, c'est-à-dire re temps que la sphère céleste
met à faire un tour entier, est donc émirre.mment prôpre à servir
d'unité pour la mesure du temps; on lui donne ll n'om cle jorrr
*idéral (du mot latin.sidrus, siriarr.l, qui vout dire étolte).
Le jour sidéral e_st.gn peu plus petit que le jour ordinaire, donr.
nous verrons la définition plus tard : il én diffère dbnviron quatre
nrinutes. Il se divisc de nrême en g r heur,es, que I'on nomûle heures
sidérales; l'heure sidérale se diviseen 60 minutes sidérales: e[ la
rninule sicléralo en 6 0 secondes sidérales : le ternps évalué au mo].en
rlrr jour sidéral e[ de ses subdivisions, se nomm e temps sirlër.trl.
$ 73. Grande drnranee des éroiles. que soit le lieu
- Quelqué
de Ia tome oir l'on effectue la série d'opérations nou, venons
d'indiquer, pour arriver au[ ]ois du molvenrent rliurno, on trouve
toujours le nrêmo résultat : I'ensembre des étoiles pu.oît toujours
animci d'un mouvement de rolation autour de la ligne des pbles,
pour chaque licu, comme nous I'avons dit p"récédemment.
{,enn!e.
Il est bien clair ceponda.nt que la ligne des pôles, que I'on trouve
e n un lieu de la terre, pas la même que ceile qu'on trouve en
-n'est
unautre lieu; et que, d'un autro côté, la rôtation diùrne des étoiles
r]g.lreo! pas s'effectuer à la fois autour de plusieurs axes différents.
L'identité des résultats que I'on obtient relâtivemenl, au rhouvement
diurne, dans les tlivers lieux oir l'on s'installe pour faire des obser-
vations a.stronomiques, ne peut s'expliquer qu'aulant qu'on admet
que les diurensions de la terre sont excàssivement petifes en conrr
palaison des distances rlui existent entre elle et les étoiles. on


l1
RO:rA'ilON Dn LA TtiltRD. l3g
yoil cn effet.que , s'il en estainsi, il
suffit que I'are autour duquel
la sphère céleste tourne, ou semble tonrner, passe par uu lieu àé-
ternriné de la terre, pour que son mouvemenf présente exactemen[
les mômes apparenbes pour toub autre lieu d'observation égalonrenI
situé sur la terre; la distance à laquelle I'observateur se tiouve de
I'axs de rotation est tellement faibie, eu égard au grand éloigne-
menldes étoiles, que les choses se passent de Ia même manière
que s'il était situé précisément sur I'aie lui-même; et. les diverses
lignes autour desquelles les différents observateurs voienb tourner
la sphère céleste ne sont autre chose que des parallèles à cet axe
de rota[ion menées par les lieux oir ils Àont plaôés. Autrement, si
les dirnensions de la terue n'étaient pas comme nulles à côtf de la
distance des étoiles, les apparences que présente le mouvemenù
cliurno seraient nécessairement, différentes, suivant qu'on I'obser-
verait tl'un lieu ou d'un aubre.
Nous anivons ainsi à une promière notion sur la grandeur de ra
rlistanco qui nous sépare des étoiles. cet,te notion, nécessairement,
très imparfaite, sera complétée plus loin. Nous veruons, en effet,
qu'on a pu parvonir à mesurer la distance de la terre à un très
petit nombre d'étoilos, celles qui sont le plus rapprochees d* nous;
e[ quelle que soit I'idée que I'on ait pu se faire du grand éloigne-
Inent des étoiles, par les considérations précedentes, ôn reconnàîtra
qu'en réalité cet éloignemenf es[ encore beaucoup plus considérable
qu'orr ne I'avait, cru d'aborrl.
. S 74. Rotatlon rlo tn t€rre. - Avanù d'aller plus loin, cher-
chons à nous rendre compte de ce mouvoment diurne des étoires
rlont nous venons d'indiquer les lois.
Iouq avons dit précédemment ($ 5b) que la teme est une masse
.isolée dans I'espace, et qu'il pouriait bien se faire qu'elre fût en
rnouvement; si cela était, nous qui sommÉs sur la terue, et qui par-
ticipons à son mouvement sans en avoir conscience, nous aitribue-
rions na[urellement aux objets extérieurs un mouvement qui ne
serait qu'une apparence due au déplacement de Ia terre elle.même.
(-l'est ainsi_.gu'un voyageur, placé sur le pont d'un bateau
qui suit
le courant d'une rivière, voit, les objets situés sur les bords marcher
en sens contraire du sens dans lequel le bateau se déplace; et s'il
oubliait Q.u'il e9t lui-même en mouvemont, il regarcJeriit ce dépla-
ccmenb des objets extérieurs comme étant un mouvement réel.
clterchons donc à reconnaltre si le mouvement diurne des étoiles
ne renlrerait pas danl ce cas; si ce ne serait pas une simple appa-
rence rlue à un mouvemen[ dont la terre serait animée.
il n'esf pas ditficile de lro.ver le mouvement que devrait avoir
{h0 ITOUVEMÊI\T DIURNË T}TJ CIEI,'

la lerre, pour donnor lieu attx apparences que présente le mOuve-


ment diurne. Si elle était animée d'un mouvement uniforme dc
rotati6n autour d'un de scs diamè[rcs, I'observal,eur qui parlicipe-
rait à ce mouvement, et qui se croiraiI immobile, a[tribueraiI né-
csssairement, à tous les objets extérieurs, tels que les étoiles, un
mouvement pareil, autour du même Axe, mais_On Se.lls cOntraire. Il
suf{iraib donô d'admettre qqe les étoiles sonb irnmobiles, et que la
terre lourtte uniforméntent, autour d'un axe menti par Son centrc
oarallèlsmenl à la ligne des pôles [elle qu'on la trouve en un lieu
quelconq.re d'observation, eb d'occident en orient, pour rendre
compte à'onu manière complète des circonstances que présente le
*ooie1nent diurne. L'ObServateur,, en nlguvement, avec la terre, e[
Se croyant en repos, verrait l'ensemble des étoiles lourner
unifor-
rnément, d'orien[ en occident, autour de I'axo de rotation de la
terre, ou, .u qui es[ la même chose, à cause de la granrle disÙance
des étoiles, autour d'une pârallèle à cel axe de'rotation ntenée par
le lieu oir cet, obseivateur ost placé.
Ainsi I'on voit que le mouvement diurne peut ètre expliquéde
deux manières différenfes : ou bien la terre est immobile, e[ les
étoiles se nteuvent d'un mouyemeni commun cle rotation, d'orient,
on occident, autgur d'un axe qui passe à son intérieur; ou bien,
au contrairs, les étoiles tre se déplacent pas, et la lcme lourne d'oc-
cident, en orien[ aulour du même axe. Dans I'un et I'autre cas, les
aDOArelces sonb esaclement les mêmes, pour un observateur plaCé
.ur tr terre. Examinons maintetlartt quels sont les motifs qui peu-
yent faire adopter une de ceshypothèsesde préféronc.o à I'autre'
Si les étoilei, conformémenl, aux idées des anciens, étaient, toutes
at.tacbées à la surfaco d'une immense sphère de cristal, il serait,
tout aussi facilo d'admettre I'immobilité de la terre et le mouvo-
ment des é[oiles, que I'immobilité des étoiles et, le mouvement, de
la terre. Iltais il n'èn est rien : I'observation prouve cl'une manière
incontestable, ainsi que noùs le verrons plus tard, que_les étoiles
sont des corps isolésf indépendanls les uns des aulres. De plus, la
terre est un corps extrêmemen0 petit relativemen[ aux distatrces
qui la séparent des étoilesl elle n'est, pour ainsi dire, qu'un grain
du pou**iOre dans l'immensité do I'espace qu'9gc.u.pento les astres.
On ioiU toutde suite combien il est peu vraisemblable : 'l que toutes
les étoiles, sans aucune exception, Soient, animées do mouvetnents
qui concordent tollement entre eux_qu'il semble qu'e!!e-s soient liées
les unes aux autres de manière à former un tout solide; 2" quo Io
nrouvement, de rotation de cet ensemble de corps s'effectue autour
d'un axo passan0 précisément par ce corps si petit que nous habi-
NOTATION I)E I,A iI'ERNE. 1,bl
t,ons, e[ quc nous nommons Ia terre. Il est infirriment plus simple
et phrs naturel d'atlmcttre que cc mouvement diurne des étoiles
n'est, qu'une apparence due i\ la rotation dout la terre es[ animée
autour tl'un tJe ses diantètres.
La grande probabilité qui résulle de ces considérations, en fa-
veur do la rotation de la terre, esl, oncore augmentée par la t:om-
paraison de la terrc aux planètes. Ainsi que nous le verrons plus
tard, la terre doit être rangéeparmi Ies planètesl or, l'observation
fail voir que les planètes sont, toutes animécs de nrouvements de
rotation sur ellcs-mêmes : il est donc tottt naturel d'admettro que
la terre possède aussi un pareil mout'cment, et quo c'est à ce
nrou\,ernenI que sont dues les âppûrences du mottvement diurnc'
Bn examinan[ la question au point de vuc mécaniqtte, olt recon'
nall encore que c'ost la terre, ct lton I'cnscmblc rles étoiles, qui
possède un mouvenrent de rotal,ion autour dc la lignc des pôles. Si
le mouvenrcnt cliurne élait attribué aux étoiles chacune rl'elles
E, E', li", fg. |?9, clécrirait '
unifornrément un ccrcle situé dans un

Tt

Fis. { 99.

plan porpendiculaire à la ligne des pôles TP; et les centres de ces


cercle$ seraient situés aur pieds C, C', C", des perpendiculaires
abaissées des diversesétoilessur cette ligne, c'est-a-dire en despoints
gérréralement très éloignés de Ia teme T. Mais on sail que, pour
qu'un corps décrive un cercle d'un mouvement uniforme, il fdut
qu'il soit attiré vers le centro du cercle par lrne forco conslante,
dont la grandeur dépend à la fois de la vitesse du corps e[ du ravon
du cercle qu'il décrit : les étoiles E, B', B't, ne pourraion[ dono se
mouvoir surles cercles dont nous ven0ns de parler, c1u'autant qu'elles
142 }IOUI'NMINT DIURNI: DTI (]IEI..
seraient attirées vers les points c, c', c", sir,uris sur la lic^ne des
pôles. Or, on nla pas d'exemple, dans la naturé, qu'une lbrcË appli_
quÉe à un corps, suivanl une certaine direction, n'émane pas ci',rn
autre corps situé sur cette direction même; une étoile E ne sau-
rait donc être constamment attirée vers le ccntre c, qu'autant c;ue ce
centre serait occupé par un corps inrnobile dont la présence déter-
minerait, oette attraction, Ainsi, pour qu'on ptt ad'mettre que les
étoiles tournent réellemenl, autoui de ta ligne^ rles pôles, il faudrait
que des oorps fussent distribués toul le lorrg de cette ligne,
-fixes
aux- points C, C', C'/, en aussi grand nombre qù'il y a d'étoiies. ,
L'observetion n'indiquant rien.-cle pareir dans le ôiel, ïn est obligé
de renoncer à regarder les étoiles comnre étant réellement en mou-
vement autour de la ligne.des pôles. D'un.autre côté, I'aplatisse-
ment du globe terres[re, don[ nous parrerons bientôt, trôuve son
explication toute natnrelle dans la rotalion de Ja terre. on voit
donc que les lois de la mécapique repoussent I'idée du mouvement
des étoiles, et appuient au contraire très fortement celle de la ro-
tation diurne du globe terrestre aul,our d'un de ses diamètres.
Il-est impossible de ne pas se rendre à l'évidence qui résulte de
ces diverses raisons, dont, quelques-unes d'ailleurs acquerront plus
de force à que nous avancerons : aussi rcgarde-t-on, dep'is
Tg:.u.g
longternps déjà, le mouvement de rotatiof de la-teme autour d'e la
lignc des pôles commc nne vérité incontestabre, et, le mouveurent,
rliurne des astres comme une sinrpre apparetx:e résultant du dgpla-
temenl, qu-'éprouvc l'obsen'ateur onrpolié par la terre rlans sa rota-
tion. Les belles cxpériences quc M. [,'oucàulr a faites récenrnrent.
et sur lesquellcs.nous reviendrons plus tard avec quelques détails,
sont venues confirnrer encore la réalité de Ia rotation ile la terre:
ou du moins, si elles n'ont pas forrrni aux savants, sur ce sujet,
une preuve plns conrplète que celles que nous venons rl'inrlitlier,
elles ont permis tlo rendre le mouvement de la terre sensible,^pal-
pable, pour ainsi dire, à tout le monde. I\'Ialgré cela, il nous ar-
rivera habit,uellement de par.ler du mouvement diurne des éroiles
oomme d'une réalité; de dire, par exemple, cJ'une étoile, qu'elle
se lèvo, qu'elle se couche, qrr'elle traverÀe ro méridien miis o',
devra bien se rappeler que ce langage, généralement adopté ' par
les astronomes, ne.se rapporte qu'aux apparences, et qu'en toute
rigueur ces expressions devraient être ràmplacées' par'celles qu'T
leur correspondent, dâns l'idée du mouvem-errt de rotation de'la
terre. .$i nous conservons cette rnanière dc perler du mouvement
diurne, c'es[ parce qu'elle est, d'accord avec le témoignage direcr
rle nos sens, er, que d'ailleurs il ne pe.t pas en ràsulier rl'in-
(:Elt(;t,trs l)E LA spllitRU CÉtxsï'E. I1t 3
t;onvéniont, dès le rnornenl, que nous sommes prévonus, une fois
pour toutes' qu'elle se rapporte aux apparences, et non à la réalité.
S 75. Cercles de tn sphère eélesre. Pour,faciiiter I'in-
- céleste, on a ima-
rlication de la position dcs étoiles sur la sptrèro
giné des cercles tracés sur sa surface, à I'aide desqrrels la prace de
chaqueétoile peut ôtrc définie très simplemenr, si rà sphère céleste
grit é_té immobilo, on auraib choisi ces cercles arbitrairement ; mais
la sphère ayanl, au uroins en apparence, un mouvement uniforme
de lotation autour d'un axe de d.irection invariable, il éLait naburel
de prendre les cercles dont nous parlons de manière qu'ils aient
'une liaisôn intime avec ce mouvement,.
I\{enons par le centro C do la sphère céleste, frg. lJ0, trn plan
perpendiculairo à I'axe du monde PQ :
ce plan coupe la surface de la sphère
suivant un grand cerclo EE qu'orr
lromme l'ëquateur celeste. La sphère
cst divisée par ce cercle en deux hé-
o
misphères, dans chacun desquels I'un
des deux pôles occupe une position
centrale I celui des deux hémispbères
qui contient Ie pôle bor.éal se nornmo
I'hëitisphèro borùrl, I'anfre se r)onlr)o
l'/rinlfslr/rrti' r a u,s lt, LtI .
Iln coupant la sphère par un plan
tluelconque parallèlo à I'riquateur, on !'rg. 'l 30
obtient un petit_ cercle qu'on nomme
an pu,rallèlc. Les cercles.RR, ss, TT, sont autant, de parallèles.
chaquo é[oile, en vertu du mouvement tliurne, clécrit un pat'allèle
de la sphère-, L'équateur es[ le plus grand des parallèles; c'est le
cercle quedécrit une étoile située à g0 degrés de distance angu-
Iaire du pôle boréal.
plan quelconque, mené par I'axe du monde pe, ooupe la
.IJn
sphère suivant un grand cercle tel que pEe, qu'on nomme un
cercle de dëclinaison.,' le plan lui-même qui contient ce cercle es[
souvent désigné sous le nonr dè plan hiraire. Les cercles de dé.
clinaison de la sphère tournent avec elle autour de I'axe du monde
PQ, of viennenl ohacun à son tour se placer dans le plan méridien
du lieu oir I'on se trouve.
souvent on considère lo méridien comme é[ant le grand cercld
suiv-ant lequel la sphère esb co'upée par le plan rnéridi-en; nrais on
ne.doit pas confondre co grand cercle avecles cercles de la sphèro
crllesto. Le urr-iridien a uno posifion parfditement dirternrinée'dans
llttr MOUVEIITDNT DIURNE DU CT[[.
chaque lieu d'observation; il ne par0ioipe pas au mouvement diurne,
et tandis qu'il reste immobile, tous les cercles do déclinaison do la
sphère viennent successivement coïncider avec lni, pour I'aban-
donner aussitôb en continuant leur mouvement
$ 76. Équarorlat. - Un des prilcipaux insrrumenls des obser-
vatoires,l'equatoriol, a reçu une disposition spéciale qui dépend
ossenliellemen[ du mouvemen[ diurne tle la sphère céleste. Un axe
AA, Êg. {31, autour duquel tou[ I'instrument peut lourner, ost r]i-
rigé suivant I'axe du monde. Cet axe porte latéralernen[ un cercle
gradué BB, qui peut tourner dans son plan e[ autour de son centro;
une lune[l,e CC, fixée au cercle BB, le sui[ dans son mouvement, et
son axe optique peul ainsi faire un angle variable avec I'axe du
monde. Un second cercle gradué DD, dont lo plan est, parallèle à
l'équateur céleste, est fixé en son cenlre à I'axs AA, de rnanière à
suivro toub l'instrument, tlans sa rotalion autour de cet axe. C'es[ la
position de ce second cercle qui a déterminé le nom attribué à I'in-
strument. Des pinces E, B, avec vis de pression et vis de rappel
($ 39), sonb destinées à tlxer lo cercle BB et la lunette à I'axs ÀA,
en s'opposanl à ce que ce cercle tourno autour de son centre: ces
pinces sont, portées par les pièces b'F qrri font corps avec I'axe AÀ.
Des micromètres G, G, dont nous avons indiqué la disposition pré-
cédemmenb (ffg.Z'À et 73, page 72), sont adaptés à I'extrémitéde
tiges solidemen[ fixôes à l'axe ÂÀ, de manière à permettre d'ob-
scrver les divisions quc le cercle BB porte sur sa tranche. D'auLres
micromètres H, lixés au massif qui porte I'ext,rémité inférieure de
I'axe AA, sont destinés à ohserver la graduation du cercle DD,
gradualion qui a été faite sur la fac.e supérieure de ce cercle, et
non sur sa tranche.
- D'après la disposition de l'instrumen[, on voi[ que I'axe optique
de Ia lunette peu[ êrre dirigé vers tous les points du ciel. En la
faisant lourner avec le cerclo BB , autour du centre de ce cercle,
on pou[ lui faire faire un angle quelconquo avec l'axe du monde.
Si I'on {ixe lo cercle BB dans une position particulière, au moyen
des pinces B, E, et qu'on fasse ensuite t,ourner le tout autour ds
I'axe AÀ, il esl clair que I'axe optiquo do la lunette rencontrera la
sphère célesto successivemen[ aux divors poinls d'un même pa-
rallèle.
Un mécanisme particulier K permet de mettre à volonté le cercle
équatorial DD en communication avec un mouvement d'horlogerie.
Lo pendulo qui régularise ce mouvemen[ d'horloger.io est, disposé
de tells manière que, lorsque la communicacion est é[ablie , le
cerclo DD fasse un tour enf,ier en un jour sidéral. On comprond
Ér1u"l't'oR tr 1,. lll.i
1116 -\tou\ulfllN'l I)n ltr\ij Du (:lrl.
rlès lors que, si l'on a dirigé I'axe optique de la lunetle \,s1's 111,r,
citoile , que l'on ait fixé Ie cerclo BB à I'are A A , et qu'on ait nris
le cercle DD en rappori avec le mouvement d'horlogerie, ce dcr-
nier cercle en[raînera avec lui tout I'insl,rument, et I'axc optiquc
de la lunette ne cessera pas d'ètre dirigé vers la nrt\nre étoilc'. On
a ainsi ull moyen de vérilier Ie mouvement unifolmo de r'otation
de Ia sphère céleste, mouvenlent auquel nous avor)s été condrril
l)ar une série d'observations faites au théodolite. llais la vérifica-
licrn ne peut pas se faire eractement, à cause de la préscnce de
l'atmospbèro, qui fhit voir les astrcs dans des directions autres
tlue celles oir ils sont récllemen[. Nous avons pu trout'er cracte-
rnenI les lois du mouvement diurne, cn nous servanI du tlréodolite,
parce que nous avons eu soin de corriger lcs résultats fournis par
cet, instrumenI des effets de la réfracfion. Ici, au conlrairc, à l'aidc
de l'équatorial , nous obseri'ons le ntouvement, tles étoilcs tel qu'il
paraib à travers I'atmosphère , et llous ne devons pas trouvcr le
mêmo mouvement quo si I'atmosphèrc n'existait pas. Cepcndarrt,
tant que I'astre observén'est pas très près de l'horizon, ctque par
conséquent I'effet de la rélraction n'esI llas très grand, la lunette
de l'équatorial, mue par le Inouvement, rl'horlogerie, suit à peu près
I'astre vers lequel on I'a primitivcntettt rlirigée ; si sott arc opticluo
nepasse pas constamntenl par l'aslre, au nroins il ne s'en éloigne
pas beaucoup, et I'astre reste dans le chanrp de la lrrrrcttc.
Nous ne sommes pas oncore ell ll)csure maintenan[ de fairo cotr-
naltro I'usage auquel l'équatorial est desfiné. Norts tt'ett itvons l'ait
la description ici qu'en raison de la liaison intime qur criste eutrc
sa disposition et le ntouvement de ro[al,ion de la sphtire céleste, c[
pour indiquer la vérification approximative qu'il fourni[ relative-
ment aux lois de ce mouvement. Nous retiendrons bientôt sur cet,
instrument, eb nous verrons à quoi il se,rl, en réalitô.
$ 77. La lunclte de l'équatorial tlevanI pouvoir se rlirigcr vers
les divers points du ciel qui sont, silués au-dessus iltr I'horizon , il
est indispensablo que I'instrument soit installé de ttraniÈrre à n'ôtre
gêné en rien par les objets voisirts. On le placehabituellerncn[ à la
partie supérieure de I'édifice dcstiné aur observations astronomi-
ques. Son axe es[ supporbé inférieuremen[ par trn massif de maçon-
nerie L, f,g.f.32, e[ supérieuremenl, par une piècedefonte NI, que
I'on rend aussi déliée que pos-sible, alin c1u'elle ne masque qu'une
très petite portion du ciel. Pour gârantir I'instruntent de I'intent-
pério des saisons, on Ierecouvre d'un toit N, auquel on donne habi-
tuellement la forme d'un héntisphère. Ce toit prtlsento une ouver-
ture O, longue et peu large, clirigée suivant un plan verfical , et
lr(lUÀ'l'Oll IA 1,. rh7
lrabituellemenL fermée ân moyen de [rappes que I'on peut, faire
ulisser laléralemenf darrs des coulisses. [,orsqu'on a retiré ces

iÈ,
\\
l' i:. i ;l l.

l,fitlipos, rlc rultttiirlc it lrrurllc lilrrc lotrvcLLule (), lit luncLte prrtrl
r\lltl tlili.q'r!c vitls lcs points dn cicl rlni sr: [,rorrrcnl, dans lc Pl;rn lct'-
lical rrené pirt' lc rtiiliou rlr cr-:[[o orrvcrtulc, tieprris lc zénith .ius-
rlrr'ir l'holizor)) ct, itussi r cls les lioin[s siLutls dc part ct tl'anLre de t'c
plrrn lrrscln'ir utrc cclt,airto rlistancc. Iln outlc on pouI faire lonrntrt'
Io toit,r\ tor-rt cnticr. ûutour rle Iir vcrticalc nrcnéc llarsoll certtro, et
in't)rlnol'ainsi I'ouverlure O à r\trc clirigée r-crs lcs tlivclses nlgions
rlu ciel. l)ans rlc nlo{-rveulcnt,, Ie toit roule srrr lcs galcts P, [), rlui lo
suirpor'tcnl,l ol il cst nrtiintcnll snr ccs girlots liar tl'autltrs galets
Irolizontarrx (), Q, placés à son intéricur. Le nrouvenrenf sc procluit
iul lnr)ljen tl'une rranirelle [l, clui fait, tonlncr I'trre vcrlical S, par
l'intcrrnérliaire cie deux roues tl'anglc; ceL ax0 S por'l,e un pignott
rlenlti'f, rlui enpçrène avco les rlcnts iirlaplées à la base clu toit N,
inltilietrrontenL et sur'tortt son lrtrrtour'. Au r.rrirytrrr de ce toit torrr-
llrtt ]touvEt{ENT DIURI'III DU (]ll:I..
nant . on peut diriger la lunette de l'équatorial vers tel lioint tlrr
ciel que I'on veut, sans découvrir complétement I'instrument,; et ,
si I'on veut suivre un astre dans son mout'emettt diurtre, il suffit dtr
faire tourner lc toit de temps en temps, à I'aide de la manilello ll.
rla malière que I'axe optique cle la lunette ne cesse pas de se cliriger'
cntre les deux llords de I'ouverture O du toit'
L'écluatorial de I'Observatoire de Paris , surmorrté de son toit
tournant, est installé au milieu cle la terrasse clui surmonte l'édifice.
$ ?4. Ueas parallaetlques. -
La disposition de l'équatorial,
què nous venons de fairo connaîre , va nous permettre de com-
prendre sans la moindre difllcrrlté en quoi consistent les pfads
ltarallnctiryrcs que I'on adapte aux fortes lunettes.
Lorsqu'on regarde un astre à travers une lunette, SeS dinrensiotls
apparentes sonf agrandies , e[ elles le sont d'autant, plus qtre hr
lunette est plus pttissante. I\tais I'astre élant en rnouYement, la
quantitdr Aont ll se déplaco dans un temps détern-riné eEi égale-
nrent agrandie par la lunette ; c'est-à- dire que sa vitesse apparento
cst augmentéc dans le même rapport que ses dinrensions. Le mou-
ren.rerii diurne d'un as[re,, qui n'est pas sensible à l'æil .nu, doit
donc s'aperceyoir très facilement dans les fortes lunettes. C'est ce
qui arrive en effet,lorsqu'on ernploie un for[ grossissement ; on voib
làs astres se déplacer rapidement, el traverser le champ de ler lrr-
nette en très peu de tenrps. Unc lunette qu'on amène dans.la direc-
lion d'un aslie, c[ qu'on laissc imrnobile dans cette position , ne
perme[ donc de l'observer que pendant un très courl intervalle de
iemps, et elle a besoin d'êtro déplacée à chaque instant pour être
ramônée vers l'astro, pollr peu que I'observation dont on s'occupe
tloive avoir quelque durée. On conçoi[ sans peine combien il est
pénible de faire des observations dans de telles conditions. .Pgol-y
ôbvier, on a eu l'idée de mcltre la lunette en moulemerrt à I'aide
r['un mécanisnte d'horlogerio, de telle manière qu'elle suive I'astrs
danS Son m6uvement diurne, SA1S que I'olSe5'ateur ait à S'en Occu-
per. Par ce moyen, I'observation se fait aussi facilenrent, que_si.le
ino,,.'ement diuine n'existait pas, et que la lunetle restàt immobile.
Tel es[ I'objet cles pieds de lunette auxquels on donne le nom de
pieds parnllactrques. Ce notn vient clo co qu'une lunette, monté(]
lur un pareil pied, et mise en mouyement par le mécartisme d'hor-
logerie qui en-fait partie, se dirige successiYertlent vors les dirers
lroin[s d'un mêtne parallèle céleste,
Qu'on imagine l'équatorial , tel qrre nous l'avons décrit ' avec sa
'lunet,te,
e[ le mécanisrne d'horlogerie qui le fail rnouloir, et qu'otl
supprinre les denx cercles graclués qui entrent. tlatts sa conrpositiott.
ASCEI{STONS I)ROITNS E:[ DÉCL|I'iAISONS. Ih+'
on aura l'itlée (le ce que c'esù qu'une lunefto montée sur ulr piod
parallactique. LTn pied de ce genre cornprend clonc : { o un ax6 de
lotabion qu'on rend parallèle à I'axe du monde; 2n un secônd axe firtl
perpondiculairement au llremier., et autour duquel peut tourner la
pièce qui porte la lunettc; 3o un mouvement d'horlogerie disposé de
rnanière à faire faire un tour entier ti la lunette aut,ourclu premier
axe dans I'espace d'un jour sidéral. La lunette, en tournant autour
tlu sccond axe, peut être amenée à fairc tel angle qu'on voudra avec
la direction du premier, c'cst-à-dirc avec I'axe du monde; en
cornbinant cette rotalion avec celle que le second axe peut effectuer
âutour du premier, en emportant avec lui la lunctte, on voit qu'on
peut diriger ceite lunette vers un quelconque des astres qui sont,
tlissrinrinés dans lo ciel. Il suffit, alors d'établir une liaison conve-
trable enlre le premier des deux axes et le mécanisme d'horlogerie,
porrr que la lunette suive I'astre dans son mouvement diurne.
Le grand t.oit tournant, de forme hémisphérique , qui surmonte
de,puis quelques années la partie orientale de l'Observatoire de
Paris, est destiné à conLenir trn pied parallactique sur lequel on
Fourra installer les plus fortes luneil,es de I'Observatoire.
S 79. Aseenslons droltes et déctlnalsons. Nous avons
- des astres
dit ($ 75) que, pour faciliter I'indication de la position
sur la sphère céleste, on a imaginé sur cette sphère une. séris de
cercles, tels que l'équateur, les parallèles, les cercles de déclinai-
son. \Iovons commerrt on se sert de ces cercles pour atteindre le
but qn'on s'es[ proposé.
Faisons passen par un astre qr:elconque A, frg. ,133, le cerclo do
déclinaison PAQ qui lui correspond,
ce cerple coupera l'équateur Ets en
un point M. Il es0 clair que, si l'on
rlonne la distance angulaire l.t0 du
poirrt M à un point O pris arbitrai-
rement sur l'équateur, et Ia distance
angulaire ADI de l'as[re A au plan do n
l'équateur, la position do I'ast,ro sera
compléleurent rléterminée. La pre-
rnière de ces dcnr qurntités, la dis-
tance 1\IO du pietl du ccrclo de dé-
clinaison qui pâsse par. I'as[re alr q.

lloint fixo O, esl ce que l'on nomnre Fi;;. 'l33.


l'uscensiott droite de l'astre: la dis-
tance angulaire AM tle I'astre à l'équatcur, conrptée sur le cercle
de déclinaison PÂQ est sa ùëcl.innison.
{3.
150 ttouvEMDNT I)IuRNE DU clËr,.
O, qui sert d'origine fl.x ascensions tlroites, peut,
.--,1,u !:lnt
pfrs êt'e
comme 0n vcut,,.sur l'éqrrateur céreste: on peur,
crrôisir, pirr.
exemple, pou'ccttc origine Ie pointde rencontr.e de
l.éqt,arcur..\,(,(l
le ccrcle de ddrcli'aison i|t'nc ôtoilo ,emarquable,
tclle'quc sili.s.
llais ce n'est, pas cc qu'o't fait les asr,rononrcs; ils sc so't
lous
accordés t\ prcntlre pour_origi.e cles asccnsions droitcs
un poirrL clui
rlÉpend du nrouvenrent du sôleir, ct que n,us
ne pourr'ns fai.c co'_
naîlre tlue lo.scguc r0us nors-occupcr'ns de ce mouvu^..nt,.
Quoi qu ir
cn soit, I'asccrrsion droit.e d'un istre se comptc sur
l'éqLratcur, lr
per'lir de I'origi''e adoptée, en mirrchant torijours cle
l,ôccidenr à
l'orient;sa valcur est l,.orrjours conrpri-se entre,0 et 360
dcgrés. La
dér;linaison d'un ast.e.nc 1rc't pas'clcpasser. 90 a*À.0*i eile est
lloréale ou auslrale,.s.ui'ant c1'e I'astrc auquel elle
se ra-pporte esr
situé dans l'lrénrisphèrc lio'e.r ou crans |tii,misphcrc
aiiltr,,t. 0,,
d'après cela, q'0, pour fairc connaltre la déclinaison
'oit,,
jl,.nc cl'.,,, astrr,,
suffit pas de dire dc combien t1e cregrés, ,i;;Ë; Àecon,ro*
elle se compose; nrais c1''il est inrlispcnùbte'o,a3oute'si
.erru ac-
clinaison est boréalc orr irustr.arc. c'ôst cc qui fair que,
lorsqn.orr
écrit la'aleur d'u'c déclinaison, o, faiI suiir.c .,utrcïrruur
d,une
des,lettres B, A, initiales des rnots brr.ria 1., attstr*le.
'forrs les poin[s situés suf ul) môntc parallèle
,leste ont, une rnê*re. c]e la sphère <ré_
dtlclinaison. Tous lcs lroints alt"oa ar."rn mê'ru
cercle de rléclinaison_, ou plutôt sur un nrôme demi-cercle
cle clécli_
naison terminé aux ricux pôlcs, ont, u.c mênre ascension
àroite. on
voit donc que l^ connaissance dc la rjrir:linaiso'cl'u' astre-enlràhle
celle du parallele sur lequel il est situé, et, que lu connair*ânce
son ascension droitc entratne celle du tlemi-côrcle cte
d.
déclinaison rlui
le co'tient : le point dc r.encontre unique ou .u paÀiÈiu'uuu,
.,,
demi-cercle cle déclinaison n'esr donc autre chose qii.
I'astrc, clui csL, comm-e on voit, entièrement déterminéui
i, p.rrtio' cr.
cunc anrbiguïté,
*n, ,u-
_par la connaissancc sirnultanée cle ,oo'u...onsio,,
rlroite ct de sa déclinaison.
on cotnprend dès lors quc lcs asLr.onomes ont rlfi chercher
les
moyens les plus simples, ei, en même tenrps. res prus
ur;;l; pour
mesurer les ascensions droites et les décliiaison,,ru, ort*..r
wou.
allons fairs connaitre ceux rlrri sont actuellement on'ptouo*
oun*
tous les observa[oires, et q.i conduisent a cles ,..ntrori
àLne tres
srande pr'écisiorr.
$ 80. r,unette rnérrdrenne. La htneile ntër,idienne est l,in_
-
s_trunrent spécialement destiné à Ia mesure des ascensions
àroites.
(le[ instrument consiste essentiellernent en une lunet[e susàeptibla
rle se morr'oir de teile maniôreq*e son axe optitlre
pi,ir*l.onrtro
r,UNIi't'TE ÛIÉRIDTHNI\8. 151
toutes les directions possibles dans le plan rnéridien du lieu oir elle
est installée, sa n s iamais sortir de ce plan. A cet effet, la lunette.AA,
/ig. { 3 ( , es[ montéo sur urr axe, ou essieu solide BB terminé à ses

riesx eltrémités par deux petits fourillons cylindriques. Ces tou-


r.illons reposen[ cllrns des cottssirtet.s portés pat de forts piliers C. (i,
et peuvenb sc mouvoir sans difficulté à I'intérieur cle ccs coussi-
leti; err sorte quo la lunette peu[ totrrner libremon[ avec son
essieu, et prenclre ainsi une infinité de direc[ions différentes. La
ligne idéalô autour de laquellc s'effectue-le mouvenrent de rotation,
ef,-qui coincirJe avec ltrs ttxcs de figrrre dcsdeut tourillonS, est, diri-
ti2 ITOU\'EIIIDNT DIT'IRNI DU (JIE]-.

gée perpendiculairement au méridien du lieu: de plus, I'rxeoptique


de la lunette est. eractement perpendiculaire à l'are cle rotalion '
cet, ;txe optique rcrsl.e douc constamment rlans le niéridien, quelltr
que soil Ia position que I'orr donne à la lunette, en la faisant tourner
dans les conssineùs tlui la supportent.
En vertu du mouvement diurne, t,ous les astres viennent, snc-
cessivcnrent, passer dans Ie plan méridien. La lunette méridiennc
selb à déterminer l'instant précris auquel s'effectue ce passage pour
chacun d'eux: e[ c'est cc clui faib c1u'on lui donne souven[ le nom
cl'rnslrrrnrerû das pass,rges. Illle est munie cl'un réticule complexc,
donl la f,g. 4}Ti indiquo la disposition. Lorsqu'on faiI tourner la
Iunelte autour do son axe. de rnarrièrc à la
diriger vers un astre qui se trouve à peu près
rlans le rnéridien , on voit I'inrage de I'as[re so
mouvoir à travers le réticule, en rencontrant
snucessir.ement les clivers fils dont il ost conr -
pos(r. Lc fil ,rrrrn, c[ le fil idéal rru, perpendicrr-
lairc au prenrier, déterminent par leur intersec-
tion o Ia position de I'are optique de la lune[te
l'ig. {ili.
($ 30). D'après ce qui a été dit précédemment,
sur la nranière dont la lunette est installée , il est bien clair qu ilrt
moment. où I'on rerra I'inlage de I'astre coïncider at'ec le point o,
cet astre sera dans le plan nréridicn. lfars si I'on retnartltte que lc
frl nrat, est touù enl.ier clans le méridien , ct qu'il y resto consl.ttttt-
ment contenu, quelle que soit la posilion que prenne la lunette dans
son monvernent de rotation . on verl'a qu'il n'esl pas inrlispensallle
d'amenel I'image d'un astre à coïncider at'ec le point o, potlr s'as\
surer que cet astre es[ rlatts lc méridien; il suffitévidemntent pour
cela que I'image cle I'astre se cache derrière un point quelconqtre
rlu fil nrrn,. C'est pour cela que le fil horizontal tu a été supprirné.
On I't remplacé par deux autres fils borizontaux z'r',,ss, tigalentcnt
éloignés clu fil idéal rurr,: c'est entre ces deux Tils que I'on amène
toujours I'image de I'astrc ohscn'é, en faisatrt m.ouvoir convena-
blemenb la lunette, afin que la coïncidence decette inrage avec un
des points du fil nrrn s'efiectue dals la portion rle ce dernier fil qu'ils
comprennent entre eux.
Malgré toute la perfection que I'on est parvenu à donner aur
instluments , e[ toute I'attention clue mettent les obselvateurs les
plus exercés, Ia détermination de I'instant du passage d'un as[re
au rnéridien , par la coïncidence rle son image avec ulr des points
clu fil nrnl, comporl,e eneore une erreur qui n'est pas négligeable.
()'est pour climinner eelte erreur qrre le réticnle de la lunette nréri-
.t
I,TJNËT'I'H :IIÉRIDIENN[. 5:i
rlit'ntre cgntiLrtrL quatre autres Iils tut, pp, tt!n'r 1,,t11', tous paral-
lèles a n?n, el, placés svmétriquenrent cle parb et d'autre. Au lieu
cle se contenter d'ohset't'er I'instanb clu passage de I'image d'un
lstrc clcrrière le fil méridien tn?11, on observe les instanls de ses
passages derrière les cinq fils parallèles, et I'on prend la nlovenne
des vàleurs du temps correspondan[ à t:ltacun de ces cinq pas-
sages; on trouve ainsi un résultab plus eract que si I'on s'en était,
tenu à nne scule observation.
$ S | . La lune[te méridiennedoit naturellenrent êtreaccompagnée
d'une horloge d'une grande précision, destinée à indiquer le temps
correspondant à chaque observa[ion. 0ette lrorlogo, dont ]e motetrr
est un poids, e[ le régulateur un pendule ($ 4 4 ), est disposée de
manière à marquer Io tenrps sidéral ($ 72). Un cadran, divisé en
2,1 parties égales, est parcouru par une aiguille dans l'espace d'ult
joui sidéral; I'aiguille met donc une heure sidérale à parcourir une
des divisions. Une seconde aiguille faiI un tour entier en une heure,
et son extrémité se melrt sur un cercle divisé en 60 parlies égales;
chacune de ces parties esb parcourue par cette aiguille en une minute
sidér.ale. De même une troisième aiguille fait un tour entier en une
minute, et emploie une seconde sidérale à parcourir la 60" partie dn
cadran sur lequel elle se meut. Chaque oscillation du pendulc s'ef-
fectuO en une ieconcle, en sorte que le commencement des Secorrdes
successives est marqué par le bruit que fait l'échappement de I'hor-
loge à chaque oscillation du pondule. L'observateur, qui r l'æil à
lalunette méridienne, et qui a rogardé d'avance la position qu'oc-
cupaient les aiguilles do I'horloge, peub compter les_secondes suc-
ccisives à I'aide de ce brui[, et connaltre à chrque instant I'heurs
marquée par I'horloge sans se cléranger de son observation.
D après ce qui vient d'ô[re dit, on comprencl contment on peu[
rléterminer, à une secqnde près, I'heure à laquello un astre passe
au méridien ; rnais ce degré d'approximal,ion serait loin d'être suf-
fiSant, ainsi quo nous le yerrons bientô[. Aussi leS as[ronOmes
emploient-ils des moyens particuliers poul fractionner le temps,
pluÀ que ne lc fonL les horloges â secondes; et ils parviennent, avec
tn pe,i d'habitude, a évaluer le tenrps à un dixième de secondtl
pr'èi. Deux moyens différents leur servent pour atteindre ce but. Le
preniier consisie i\ régler sa respira[ion sur les battements du pen-
ilule; la prortion plus ou moins grande d'une période du.mouve-
nrent respiratoire qui s'est produite, Èr l'instant nrème oir s'etïectue
lc passage de I'astre observé derrière un rles fils de la lunet,to, per-
nret d'tltialuer le nornbre cle dirièntes de seconcle clui se sont écoulés
r:lepuis le tlernier hatternent, drr penrlule ittsqtr'à cet instant,. Le se-
li4 llOUVD.\'tlin-'ll l)lUnNfi DU (:ltit,.
concl moyen r:onsiste àr suivre I'imuqe tle I'astre tians le déplace-
nrent c1u'elle éJtrout'e dans le plan clu réticule, et, à conserver.autanl
que possible Ia lruce des positions qu'cllo o(:cup0 snccessiventent arr
nromcrrt rle clraclue battencnt du pendulc: si, llnr oxenrple, cet,t,e
irtragc se trouve en e, f,e. ,136, tru rnoment clu battrr-
nrent qui précècle son passage derière un des fils, et
0lr c/ i111 mornent du balteutenf suivanl, l'observateur,
rlui toi[ encorc lc point a, lorsque l'imalre arrive en c,,
lreuL aisémcnf rccronnaîtrc conrbicn la distance cnr
contient dc diriùrmcs de la clistance totalo ee' : ce
nombre de dixièmes est en nrôme temps le nornllre
rlcs dirièmes clc sccotrde qui se sont écoulés depuis
le battemcnt, du ltcndule corresporrdant à la position e
Fis. 'l30. de I'irlage, jusclu'à son passage derrière le lil.
.-s I9. Yovons rnaint,e nant comment, I'observation des
passagcs rles aslres au rnéritlien, cffectuôe à I'aide de la lune[te lnéri-
rlienne et de I'horloge qui l'accompagne, peut conduire à la connais-
sance do leurs ascensions droites, Supposons que le point de l'éc1ua-
teur céleste, qui sert d'origine aux ascensions droites, soiI un point
visihle, une étoile, par exemple, c[ que, par conséquent, on puisse
observer I'heure de son passage au nréridien. Si I'on observe en-
suit,e I'heure du passage d'un astre cluelconque au méridien, on en
conclura sans peine lc tenrps qui sc sera écoulé entre les deus ob-
servations. Or, il esb clair que, dcpuis le moment, oir I'origine des
ilscensions rlroites a traversé le nrdrridien, jusqu'au rnorlent ou I'astr.e
qu'on considère est venu se placer dans le rnême plan, la sphère
céleste a dù tourner autour de I'axe du rnonde d'un angle précisé-
rnenù dlgal à I'asconsinn droite rle cet astre. II suffit donc de trouver
la valeur de cet alrgle, riont la sphr)re céleste a tourné dans l'inter.-
r,alle rles deus observa[ions; c0 qu'on fera sans ]a moindre difficultti,
puisqu'on connait lc temps qui s'est écoulé entre elles. En g 4 heures
sidérales, la sphère célcste tourrre de 360 degrés: en une heuro
sidérale, elle toutne dc 4 Ë dsgrés ; en une nrinute sidérale cllc
lourne d'un angle 60 l'ois plrrs pcbib, c'est-à-dire de '15 minutcs;
er) ruc seconde sirléralc, elle tourne rl'un angle de 4 5 secondes.
Ainsi lorsqu on a trouvé Ie nonrbre d'heures, ntinul,es et secolrdes
sirlérales qni se sont ticoulées dcpuis le passagc de I'origine des as-
censions rlroit,cs au rnériclien juscln'au passage d'un astre quel-
conque, il suffit de nrultiplier ce nombre par '15, pour avoir I'as-
cension droite de I'astre. Si, par cxenrple, le temps conrpris ellre les
deux passages est rle 2r' .(,3"' 2(;',7, on trouve, cn faisant cette rnrrl-
tiplication, rlne I'ascension droite tle I'astre est, de 1.0" S4' 10,,.ti.
t.r,iNh,'ll'l'I' lIÉRlDlEI'iNIi' ',I55

ljn réalité, I'origitre tles ascensions droites n'os[ pas trll point'
visiblc qu'ott puissô observer à la lunette rnéridienne colllnre oll
obscrvo ulu étoilc;triais on l}'en a pas ilroins le mo1'en de savoir
ehaqur jour à quclle hcure cefte origine passe au meridietl, tottl
uu*ri lrim qur ii I'on pouvaib I'obset'r'er tlirectentent. C'est tc
(llle
nous expliqiero.s plui tar4, lorsqu. nous Sergns cn n,esttrc 40
faire corirrait.e qrei est lc point de l'equatcur céleste cluc I'orl
prentl pour origine cles ascensions droitcs. On règle mÔnie I'hor-
iogu qùi scrt aur observations des passages ,. de tellc tnnniirre
,1ùtelle nrarque 0r, 0," 0'à I'instant ou crc point, dc l'équateur passs au
réri,Jittt; en sorte que, pollr at'oir I'ascension clroite d'un astrc'
ilsuffit rle lnultiplior prir .l 5 le nombro d'heures, minutes e[ sc-
coildcs quo marquc I'hOrloge att moment orj ceb astre passe au
méridien.
Nous venons ile voir que, dans la clôtermination des ascensiotts
clroitcs par l'oltservation des passages , cltaque seconde .sitlérale
correspond à un angle de 45 sôconcles. O' compre.ld plr-là pour-
quoi lôs astronornes ne pcuvent pas Se contenter d'avoir le temps
do pusngu rl'uu astre au uréridiel it une seconde près; I'ascension
<lroite q,ion en cléduirait, serait loin cl'être corlnue avec le degre
cl'approximation avcc lequel on obt,ient i]éttcraletttent, les. angles,
un i.. mesurant à I'aido cle cercles gradués, lin ôvaluanl le lcrnps
clu passage d'urr astre au méridien à utt tlirième de secoude Pr'ès,
o,, ôr, coiclut Sqn ascgnsion droi[e avec une apploxima[ion d'trnc
ser:onde et detnie.
cl'une très g|ando itnp-or.tance que
$ s3. On conprend c1u'il cst
ta iunette niérirjiônne sitisfasse esac[emenl atrx conditions d'in-
stallation (lue nous avol)s supposécs renrplies, pour que son are
o't.ique ne.sortc pas du pla' rirôrirlie', quelle-quc soit la. position
qu'rita I)r01rlc en tn,.,.,ritr,I aut,pttt' dg son axc. tst conlITIS il pOtrlraiL
tirrivcr ài-r.irlentcllenrc.t, clcs clérangemenfs capables de fausser le's
ré.sultats tles observations, il esb tigalernenb frôs important cltre les
nstfonomos puissenl r'érititlr, aussi Souvgnt qu'ilS le jugettt, conve-
nahle, si cei conditions rl'ins[allatiou sonl bicn toujours..renrplies'
l,[ous allons faire connal[re les opérations très sirnples, à I'aide iles-
(luollcs cetie vdrificatiotr s'eflecfue réellertrent, ct qui perrnettcnI do
rcctifier la position cle la lunelte, datrs le cns ou la véri{ication fe-
laib connaitie quelque cléfaut d'installation. Ces opérations sont att
nonrbre de trois : li pleniière a llour objet de réritier l'ho.r'izontalité
cle I'ase cle rotatiort tle I'ilstrurrielL, lir seconde; dc vérifier si
I'axe
optique de la lunel,te csi bien perpendicr"rlaire à I'axe de rotation;
lâ troisiours, enfin, de r'érifier si ic plan 1's1'[,içal tlue décril, alols
lJ6 llouvlilrrt,f t)il,uNl, t)U clDI..
I'r*o optirlue de la lunettc, rorsclu'eile tourne dans scs cr.russi'ets,
coïncitie biel avec le plan nréridlen.
Pour vér'ifier I'lrorizontarité de I'axe tle rotation, on
se serl d.urr
grarrd niveau à liulle d'air AA, fig. r87, dont la'mouir*
r*,ur-
mine, à ses deux extrémités.
par deux tiges à crochet B, Il.
La distance- de ces deux tis.es
a été déterminée de telle riia-
nière que les crochets dont ellcs
sont munies puissent se placer
sur les tourillons de la luncttc.
dans la petite portion do rcs
tourillons clui se trouve entr.c
chaque coussinet et la part.ie
conique de I'essieu de Ia lu-
-étant
ttel,te, lrtJ: 4 t iplge ,l 5 | l. l,e niveau ain.si suspendu arr_
.l
dessrlus do l'arc, on ob-.e.r'e les points drr tube de r.erie
ou s'ar_
rèterrt les deux extrémités de la bulle d'air; puis on retourne
le
niveau, en mettanr, à gauche le crochet qui étaif à droite,
ut inu..-
semen[, et, I'on observe de nouveau.les points du tube
entre tesquui,
la bu,lle est, comprise : ces rleux.poinrs rloivent être les rnêmes
que
précédemnrerrt, si I'axe de rotatiôn es[ bien horizontal.
Darrs le cas
ou cette opération indique.ruit que I'axe n'est pas horizontar,
on
f'erait disparaitre lo défaut d'horiiontalité, en
faiànt monter on des-
ce.nd19 d'une petite. quantité un des déux
co'ssinets auquel est
adap.tée une vis. q.ui permet, de produire ce mouvement
à voronté,
fig. {38. Il est indispensabre quô les deux crochets, qui servent à
suspendrc le niveau aux deux tou-
rillons, soient disposés de nranière
it prcndre une position parfaite-
nrent déter.rninée, lorsqu'on les pose
sur les surfaces de ces tourillôns:
à cet etibt on leur dotrne une
,
forme angtrlcuse t'ig. tlSg po1lr
, ,
s'opposel au liallottetnent qtri pour-
rait se produire,, s'ils étuienI ar-
rondis intérieurehen t.

I.'ig. 'l38.
- Pour s'assurer que I'axe optiqtic
de la lunet[o est bien perpenrti-
culaire à son axe de rotàtion, orr
platre sur le sol, et à une grande distance, une nire que I'otr
ptrisso apercevoir avec la lunette. Après avoir bien remarquir le
l.uNE'[]'X Ur,Ril)lEN\ri. l5i
lroin0 de ce[[e rr)iro vers lequel se dirige l'axo optique de la ]u-
rette, c'es[-à-dire le point dont I'image se caohe tlerrière le nrilieu
du fil méridien nrnl , fr7. 435 (page {52),
on enlève la lunette de ses coussinets, e[
on la reiourne pour mettre dans lc cous-
sinet de gauche le toLrrillon qui était dans
le coussinet tle droite, et inversement :
après ce rctournement, on vise dc nou-
veau la mire, et I'on doit voir I'image du
urênre point se cacher derrièro le nrilieu
du lilméridien nrnr,. On voit, en efl'et,
que, si I'axe optique A B, fig . t 10, est bien
perpendiculaire à I'axe de rotation 0D,
ceû axe optique doit prendre exactement la
rnême direction après le retournemen[ de
la lunette, et par conséquent aboutir à un
]rt
rnême point de la mire M; tandis que, s'il =81=-*É
avait la direction oblique AtB', il prendrait
après ce retournement la direction À"8"
li
e[ viendraib nécessairement rerrcontrer li
D.iB iD.,
mire M en deux points différents. Si I'on
reconnaissait ainsi que I'axe opl.ique n'est
pas exactement perpendiculaire à I'axe
de rotation, il faudrait corriger ce défaut,,
en déplaçant Ie réticule l,ransversalement c
à I'intérieur de la lunette, jusqu'à ce que
la vérification précéderrte pût se faire
rigoureusement.
L'axe optique rJe la lunette étant per-
pendiculairc à son axe de rotatioh, cet, axe ,.,r,, , r,r ^1^
r i
optique décrir un plan lorsque la lunette 'é' 'v'
tourne; autrement il décrirait un cône plus ou moins aigu, suivant
qu'il serail, plus ou ntoins oblique suf I'âxc de rotation. I)'un autre
côté,1'axe de rolationétant horizontal, le plan que décrit I'axeoptique
csb nécessairement vertical. II nc reste plus qu'à s'assurer si ce
plan vertical coïncide bien avec le plan méridien, et à déterminsr
ce[te cdïncidence dans le cas oùr elle n'existersit pas. Pour cela on
observQ, à la lunette ntéridienne, les heures des passages suc-
cessifs, supérieurs et inférieurs, d'une des étoiles circurnpolaires
rlui res[enû constamment au-dessus de l'horizorr. Si le plan ver-
tical que décrit I'axe optique. de la lunet,te, et dans lequel on a
observé oes passages, est biert le plan nréridien, on doit [rouver tlue
ltt
lirtt ]IOUVEIIENT r)IURNÉ: DU Cfiir,.
l'i'tervtrllc de tcmps col]plir entre un pa.ssagesupérieur e[
re pas-
sagc inl'crieur suir,ant,.*:l
Ir même quc I'intéruatte oe iu*pr.orn_
pris cntre ce passage inférieur et le passage supérieur qui
Ie suir
inr'rédiatemenb : chacun do ces intervalle-s de ienrps oô'ii
l9 heures sidérales. Dans le cas où I'on trouverait, une et.e 0,,
e'tre ces intervalres dc. temps, o. en concrurait quu iu différenr:e
prou uur-
tical décrit par I'axe opticlue de la lunette ne colnciae pal'rue.
lu
grlan méridiein; ct I'on déternrineraiû cette coTncidence
en fajsiint
rurouvoir horizontalenrent I'un dcs
derrx coussinets, celui auquel on
I'a p?s touché lorsqu'on a rendu
I'axe de rotation horizontal. A cet
cfl'et ce coussinel est muni d.une
vi.s, y'g.
.141, qui pernret rlc le
uoptaccr rt'rure petitc quan[iti,,
,1us-
cln a ce que l'égaliLrr des intcr.çilles
de terlps compris entre les pas-
sagcs successifs, srrpérieurs ci in-
rencrrrs, cI unc urêrne étoilc circum-

.,:.,l,u.q l:.. :ruc c;e s,|;f i,ujr:iÏ,l.f ','#3;",u, qu* t,on


{-)' cloi r
ait besoirr d'e{r'cctucr pour s''ssr... de ta nonric in.i;il;;il
d,unc
Juilcltc uiéridicnne, sonI ertrênroncnt simples., ;;";;;"t
êt,re
répurcles fréquemurent par les astronomes,.ce.qui
fait qu'on p".rt
avoir rrne très granrle confiance dans les résurtâis
otriu,iirï r,uiou
de ce[ instrume't. II est vrai que, si I'on t.o""u
rians la position de]a luncr16,, l-es tâtonnements que [oîiiue ooraut
I'on a besoin
de. faire pour la recrifier peu'ont être u. pcu
rongs, ei àenrnn,tu.
mênre plusieurs. jours : mais ir est ertrêrnement
raie'que
cette cir_
constance se prrlscnte. une fois q.e ra lunette
a été bien irstailée,
les vér'i(ications auxquelres on la ioumet de
temp; e; rrn,p* n, ront
habinrelle'renr que constater qu'eile rre s'est pïs
dérangee, e[ nc
demandent ed réalité qu'un tomps très courl,
. $ 84. Il.nous reste encore à'faire connarrre, rerativement à la
luner,re méridienne, dérails que nous avons omis à dessein,
:::liq_,:: ,1ou noï,
c'lans la description succinc.te
e'.avons raite precuaem-
afin de ne rnontrer d'aboid que ce qur cst essentier
'rent,
téris[ique
e[ carac_
dans cet instrument.
Les piliers C,C, frg
l"Bi.(page t5,l), sur lesquels la luneue re-
1rose, sont, de forts rnassifs da'raq:onnerie, qui o'ntil;'f";;ations
proplel, ef qui sonI entiererre'r. indtipendarrts du neù,ouiit oun.
lcquel Ia lurretre esr prracéc. ceue disposirio. a p* ;i;j;;'àî rnetrrc
T,I]NIiTTÈ IIÉRIDI!:NNI]. I59
l'irrstrumen[ à I'abri des rnouvements qui se produisenI souvenI
dans les murs des ddifices, monvenents que I'on doit craindre
beaucoup moins rlans des massifs isold:s, formcis de grosses pierres
taillées et, joinles entre elles avec le plus grand soin.
Lcs out'ertures des coussinets, dans lesquellcs doivent i,ourner les
tourillons de la lunetie, sont formées tle dcux faces planes incli-
nées, comme on le voit, sur les fg. .{38 et ,144, afin que chaque
tourillon y prenne une position parfaitement dtlternrinée, sans
(lu'aucun ballottenrent soit possiblo.
Le frottenrent du tourillon sur ces faces inclinées des coussinets
;iouruait déterminer avec le temps une usure notable, d'oir réstrlte-
lait un dérangement, dans la position de la lrrnette. Pour éviter
cette usure, on fait équilibre à une grande partie du poids de la
lunette, au moven des contre-poids D, D, fr1.134. Chacun ds ces
contre-poids est suspenclu à I'ex[rénilé d'un levier horizontal. Ce
levier, qui peut tourner libremeni autour clc son point d'apprri,
exerce une forte traclion, de bas en ltaut, srlr une tringle ver-
l,icale accrochée à son aulre exlrémité; la tringle porte inférieure-
nretr[ un collier à galets, qui entoure I'essieu R de Ia lunette, et,
dans lequel cet essicu tournc sans dif{iculté err roulanl, sur les galets.
Par ce rnoyen, lcs deux tringles clui alioutissenL anr leviers siiués
de chaque côté, suppoltenf une partie du poids de I'instrument;
eb elles soulagent, ainsi les tourillons, qui ne s'appuienl sur les
coussinets qu'cn veltu de la portion clu poitls total qui n'esl pas
équilibrée par les contrc-poids D, D.
Deux petils niveaux à bulle d'air a,, a, fr7,,13/r., sont monlés
sur un axe bb porté par la monture do Ia lunette. Cet axe bD, donb
la direction esI exaotemen[ trrarallèle a I'axe de I'instlument, esb
sLrlfisanlmenb éloignrt du corps do la lunette, pour que les ni-
veaux a, a, puissent tourner autour cle lui sâns rencontrer aucuu
obstucle: en sorte que, quelle que soiI la direction que I'on donne
à la lunelle, ces dcux niveaux peuvenl, êl,re anienés à être vertica-
lemon0 I'un au-dessus de l'autro. Ils selr.ent à constater, pour
ainsi dire à chaque instant, l'holizon[alité de I'axe de rotation de
l'instrumenô, I\lais, en raison de leur petitesse, ils ne peuvent pas
eornplétement remplacer le grand niveau rlue I'on susJrencl aux tou-
rillons (S 83); aussi sst-il nécessairc d'avoir recours tle temps en
lernps à ce grand niveau, dont, la sensibilitô est plus grande, et, les
indications plus précises.
Pour les observations de nuit, oui sont cle beaucoup les plus
nombreuses, parmi toutes r:elles que I'on fait, à la lunette mtiri-
diennc, on a besoin d'riclairer les fils rln réticule. ainsi quc t1otts
l6{) ]IOUI'EIIIENT I)IURNE I)Ti (JIHT,.
I'rvons deià dit ($ 3't). Pour cela, l'essieu cle la lunette esr, erour
rJans une rnoitié de sa longueur, et, il en est cle nrênre du tourillon
rlui le termine. une lanrpe, ou un betr de gaz, placri cn regard de
t'eLte onverture rlu tourillou, envoie dc la lumière à l'inteiieur de
l'essieu, e[ tlans la clirection rie son axe; cel.te lurnir)re. arriviro
jusque dans le tuyau dc Ia lunelte, v rencontre un miroir inclinrl
qui la réfldchit, et, la renvoie sur le réricule.
tln grand nornbre d'étoiles peuven[ être r.ues en ploin jour, àr
l'aide des lunel,tes, et peuven[, par conséquent, êlre o6servées à'la
lunette méridienne. Mais cette obson,rtion n'es[ pas aussi facile
quo la.nuil, parce que, ne I'oyant pas à l'æil nu i'étoile que I'on
vcnt, observer, orr ne perrt pas se servir de cette vision direite pour.
diriger la lunette. Aussi, lorsqu'on veut observer le passage d'u,,.,
étoile au méridien, emploie-t-on un moyen particuliei pouiarnener
la lunelte dans la direction convcnable. on sait. d'avance, à très
lreu près, à quelle hauteur au-dessus de I'horizon l'étoile doit se
lrouver, au momenl de son pâssâge. Il sufllt donc de tlonner à la
lunette méridienne unc inclinaison égale à celtc hauterrr angulairc,
poor que l'étoile viennc traverser le chanrp rle la lunctte. Â Ie.l c.ffrri
rrn petit cerclc dir,isé c,, fr(t.431, esc adapté au tuyaude la lunette,
tout près de I'oculaire; une alitlade , mobile autour du centre clu
cercle, porte un petit niveau à bulle d'air, à I'aicle duquel on peut
rendre ceIte alidade horizontalo. si , pour c]raque position tte ra ru-
lret[e, on fait l.ourner cette alidade jusqu'à ce qu'elle soiI horizon-
tale, I'index qu'elle porte correspond à une division du cercle qui
peut servir à faire connaltre I'inclinaison de la lunette. si donc àn
veut donner à Ia lunette une inclinaison partir:ulière, il suffit tle faire
tourner I'alidade sur lc cercle c, jusqu'à ce que son index coincidc
avec la dir,ision du cercle qui correspond à côt,te inclinaison , puis
de faire mouvoir la luneûte au[our de sorr axe, jusqu'à ce quô lc
petit niveau indique l'horizontalité de cette alidade. Dès re momen[
que la Iunette a reçu pu,, près I'inclinaison qu'elle doit avoir pour-
-l
observer.le passage d'nne étoile, comme on ionnatt c|aiileurs ap-
proximativenrent I'lreulo à laquelle doi[ se faire le passage, on me[
fæil à la lune[te quelques instirnts plus tôt; et, en ayiint soin de
fairevarier très peu, en plus e[ en moins,l'inclinaison de la lune[te,
on ne tarde pas à voir l'éloile : en sorto que I'observation du pas-
sage peut se faire sans difficulré.
comme on doit observer successivernenc le passage d'un astre
derrière chrcun dss cinq fils parallèles du réticule, on â rendu I'ocn-
laire mobile [ransversalenrent, dans une rainure adlptée à I'exiré-
rnité du [uvan de la lunette. (lrr fait. nronvoir I'oculaire clirns celre
T,UTEl]'I'E TI[: RII)I I:NI\};,

li
'(jl
l:i
,162
}IOUVEMENT DIURNE I)U CIUI.
rainure, soit, à la main, soit au moyen d'une vis de rappel, de nra-
nière à I'amener en face rlo la portion du réticule où doit se faire
l'observalion. Cet,te mobilité de I'oculaire, dans une lunet,te dont
I'axo optique doit conserver une posi[ion invariable, repose sur ce
que nous avons dit précédemmenù (S g0), que la directi-on cle I'axe
optique d'une lunette ne dépend aucunement do la position cle sorr
oculaire.
La lunet,te méridienne n'a pas besoin, cornme la lunette tle
l'équatorial , de pouvoir être dirigée vers los divers points clu ciel ,
puisqu'elle doit toujours rester dans le nréridien. Aussi ne I'installe-
t-on pas sous un toit tournant, comnre on le fait pour l'écluatorial
($ 7?). Le bàtirnenb qui contien[ la lunette méridionne doil seule-
ment, présenter une ouverture lorrgue e[ peu large, pratiquée dturs
le toit et dans les murs du sud et du nord, absolument comme si l'on
avait, fait, passer un large trait de scie, à travers le bâtinient, dans
la direction du plan nréridien. Cet,te ouverture, qui pennel, à lir
lrrnette de se diriger sans obstacle vers tons les points du ciel silutis
dans le méridien du lieu oir elle esI siruée, n'a pas besoin d'ailleurs
de rester cons[anrment, béante ; des trappes, indépendantes les unes
des autres, servent àr en fermor les diverses parties, et, peuvent être
ouvertes chacune séparément, par des moyens mécaniques mis à la
porttie do I'observateur.
l.a lig. ,l 42 représente le cabinct cl'obse^,alion de I'Obsen,atoire
de Paris, où est installée la lunet,to rnéridienne. On voit, à côté de
la lunette, I'horloge sidérale, qui en est l'accornpagnement indis-
pensable, Plus loin est un cercle mural, instrument dont nous allons
donner la descrip[ion. Vers la droite, on aperçoit un appareil
monté sur des roulettes, et que I'on peut amener au-dessous de la
lunetto méridienne, en le faisant rouler sur une petite voie de fer
incrustée dans le parquet: ceb appareil, que nous ne décrirons llas
en détail, sort à enlever la lunette de ses tourillons, pour opérei lo
retournement qui a pour objeb de vérifier si I'axe optique est, bien
perpendiculaire à I'axe de rotation (S 83).
$ 8 5. Cercte mural. Le cercle nntral esl I'insl,rumcnt destintlr
-
à la mesure des déclinaisons des astres. Il consiste essentiellement
en un grandcercle divisé AA, frg.4.[3, rnuni d'une lunette BB, et
dirigé exactement dans le plan méridieu. La lunette est fixée au
cercle suivant un de ses diamèl,res, et peut, tourner avec lui autour
d'un axe perpendiculaire à son plan. Pour cela le cercle est monté
à I'extrémité d'une sorte d'essieu analogue à l'une des moitiés de
celui qui supporte la lunette méridienne. Cet essieu traverse un
mur lrès solide, contre.lequel s'appliqrre lc r:ercle (d'or\ le norn der
CENCLII ]IIURAI,. {63
cercle mural), et tourne à l'intérieur de coussiner,s soliclemenù fixés
au mur. Des galels C, C, sont disposés de manière à supporter une

Fis. { 43.

partie du poids du cercle et de la lunette, et à soulager en consé-


quonce les coussinets, afin d'éviter I'usure qui pourrait déranger
l'ins[rument; ces galets sont suspendus à des tringles D, D, tirées
cJe bas en haut par des contre- pôids qu'on ne voit pas sur la figure,
absolument, oomme nous I'avons déjà vu pour la lunette mdrri-
dienne ($ 84).
Une pince E, avec vis de pression et, vis de rappel, est destinée à
fixer le cercle dans une position quelconque, poul lo fairo mouvoir
'ensuite avec lenteur. Cebte pince est arralogue à celle que nous
avons décrite dans le cercle r'épétiteur ($ 39); 0n s'en sert pour
amener I'axe optique cle la lunette à être exactomelrt dirigé vers
164 IIOUVEMET\T DIURNE l)U CIUL.
l'astre que I'on observe, après qu'cn lui a donné approximativenrerrr
la diroc[iorr voulue, par un nrouvenrcnI r'apidc imprinrrr à tout l'in-
sf.rument. Le ccrcle cst, gradué sur sir tranche. Six rnicromètres !', l.'
sont répartis régulièremenl sur touI son contour, pour facililer. llr
lecture des angles dont, on fait tourner le cercle. (les micromètres
sont dispostls e[ fonctionnenL exacternent, comnlc nous I'avons in-
diqué dans le S 36; rr, u, srutt les oculaircs, et, b, D, lcs têtos !ra-
duées des vis qui forrt rnouvoir lcur's réticules. Un seul de ces
micromètres doit irrdicluer le nornbre entier rle divisions du cercle
rlont I'inslrument a lourrré; on peut., pour ceil.c raison, le désigner
sous le nom de nticromi'tre prinripul. Quant, à la fraction d'une
division qui doit être ajorrteie à cc nombro entier, elle est fournie
par la movcnne des indications que donnent les six micromètres.
$ 86. La déclinaison d'un as[re est la distance angulaire de cet,
asl,re au plan de l'équateur céleste (S 79).On I'obtient, sans diffi-
cul[ir, dès le moment qu'on a trour,é la distance angulaire de l'astre
au pirle boréal. Si cettedernière distence est plus petite que 90 de-
grés , I'as[re est situé dans I'hérnisphère boréal, ef sa déclinaison
est drgalo à I'excès de 90 degrcls sur sa distance au pôle. Si, an con-
traire, Ia distance de l'astre au pôle boréal es[ supérieure à 90 de-
grés, il se [rouve dans l'hémisplrc\re austral, et sa déclinaison esl.
le restequ'on obtient en diminuant cette distance au pôle de g0 de-
grés. Airrsi la recherche de la déclinaison d'un astre est ramen(re
à celle de la dislance de ce[ astre au pôle boréal. Ce que nous disons
ici du pôle boréal devrait évidemment se dire du pôle austral , si
r;'était ce dernier pôle qui se trour,â[ au-dessus de l'horizon, dans le
lieu oir I'on esb instrllé pour observer les astres.
Supposons , pour un instant, que I'axo optique de la lunette du
eercle mural puisse être dirigé exactement, suivant I'axe du mcnde,
l'objectif étant tourné vers le pôle boréal; le micromètre principal
fera connaitre le nombre de degrés, minutes et secondes de la gra-
duation du cercle clui correspond à cette position de la lunette. Si
l'on fait cusuite tourner lc cercle avec la lunet,te, jusqu'à ce quo
son axe optique passe par un ilstre, à I'instant mêrne où cet astrrr
traverse le plan méridien, le micrornètrc principal indiquerâ un .

Irutte nombre de degrés, minutes e[ secondes correspondant à cettc


nouvelle posil,ion de la lunette. La différence de ces deux nonrbres
lcprôsentera évideltment la distance de l'astre au pôle boréal.
Pour arriver à ce résultat, nous avons admis rlu'oll ait tlirigrl
rl'abord I'axe optique ds la lunette suivant I'axedu monde. Il n'est,
pas possihle de le faire par une observation directe; le pôle n'esl
l)i.rs nn point hrillant que I'on ptrisse viser avee la lrrnette, conlntc
crRcf,ti stuRÀl.. 'l6i
on vise une étoilo. illais on y supplee aisémenû de la manit\re sui-
vante. Si I'on observe au cercle mural une étoile qui ne se couelre
jarnais, cette observalion pouma se faire, soit au passage supérieur',
soit au passage inférieur de l'étoile dans le plan méridien; drrns
ces deur positions, l'étoile se trouve rlo part c[ cl'aufre du pôle, et
ir dgale distance de r:e point : la moyenrte des deux nombrcs dc
degrés, minutes eb secondcs de la graduaiion du ccrcle clue fournit
le rnicromètre principal, lors cle ces observations de l'étoile à son
passâge supérieur e[ i\ son passage infériour, es[ donc précisénent
le nornbre qu'indiquerait Ie rnicromètre principal, si I'on l'isait di-
reclernenL le pôle.
$ S7. ta rélraclion al,mosphôr'ique n'a pas d'influence sur la
mesure des ascensions droites, puisqu'elle ne fait que rolever cha-
cJue as[re dans le plan vertical qui lc contient; au moment ou I'on
aperqoit un ast,re rlans le plan méridien, il y cst réellement. I\Iais il
n'en est pas de même pour la mesure des déclinaisonsl I'are opti-
rpta de lir lunette rlu cercle mural n'ost pas réellemenI dirigé vers
tun astro au momenb oùr I'on voit I'imase de ce[ astre coïncider trvoc
la croisée cles fils clu réticule : cet ax*o optique esL toujours dirigé
tIn peu plus haut qu'il ne doit,l'être, en raison de la déviation qut:
l'atmosphère fait éprouver aux ralons lunrineux. Aussi est-on obligé
d'avoir recours aux tablos de réfraction, pour corriger les résultats
fournis par I'observation direcfe, afin d'obtenir ceux quo l'on au-
rait trouvés si I'atmosphère n'etit llas dévié les rayons lumineur.
Lorsqu'on veuir,iser une étoile 8,, ftg.,14.[, I'are optique de la
lnnctte se dirige, non pas suivant OB,
mais suivanb Oo; il faut, donc tenir
compte de l'angle cOE compris entre
la direction réelle et la direction ap-
parente de l'étoile : cet angle doit être
ajouté au nombre de degrés, miuutes
et, secondes, fourni par le micromèLre
principal, ou bien en être retranché,
suivant que la graduabion du cercle
marche dans un sens ou dans I'aut,re,
par rapporl à celui dans lequel s'effec-
tue la réfraction atmosphérique. Sup-
Fig. {44.
posons, par exemple, que la gradua-
tion soit disposée con)me l'indique ]a Ég. rth4., et marche dans
le sens dc la flèche; it est clair que la lunette étant dirigée sui-
vanl Or, au lieu de l'ê[re suivant OE, le micromètre m indiquala
tln nonrhre rle degrrls, nlinrr[t:s el secondes, l,rop fhillle dtr ll quan-
{66 \IoUI.I]IIIENT DIURNI: DU (:IET..
tité qui comesponcl à I'ansle eoE; donc le résultat de l'observation
directo doit, dans ce cast être augrnenté de la valeur de I'angle eoE.

Fs 14; ?
I
lhI*'i1;1"'ïJhï.:lîJ:'ïl
obsen e une étoile plactle de I'au[r.o
côté du zénith , frg I iii, la cor_
rection devra se faire autrement;
le nombre fourni par le micronrètré
m -scra trop grand de I'angle eOE, ct
I on clevra le dirninuer dc la valeul.
- de cet angle.
L'anglo rOE , dont le ravon
venu d'une étoile est dévié par
I'atmosphère de la terre, est pius
ou moins .grand , suivant que l'étoile est plus ou moins éloignée
du zénith ($ 5s) on en trouve Ia valeur crans les tables de réfrac-
tron rlont nous avons prtlcédemment donné un extrait. l\Iais, pour
cela, il faut connaître la distance zénithale apparente eoz de
I'etoile, ain-si que la tenrpérature et Ia pression'rle I'air almos-
ptrérique. un thermomètre et un baromètie, installés dans le voi-
sinage du cercle mural, servent à donner la tempér.ature et la
;nession. Quant r\ la distance zi,nithale apparente toz dc l'aslrc
observé, on la conclut sans peine rlo la différence dcs nombrcs de
rlegrés, minutes et secondes. fournis par Ie micromètre principal,
lorsque_la lunelte cst tlirigée suivaut oe, et, lorsqu'elle I'est sui-
vanI oz.
Pour connait,re ce dernitr nombre. qui correspond à la directiorr
verticale rle I'axe optique de la lunet,te, et qui, une fois déterminé,
serù à faire toutes les correi:tions cle réfrac[ion dont on a besoin, on
fait une opération préalable, à I'aide rl'un horizon artiflciel formé
rl'un bain de merrjure. Cel,tc opération consiste à diriger la lunetta
verticalement, en
-plaçant I'oculairo en hau[ et I'objeo-tif en bas, et
à viser ainsi sur le bain de mercure que I'on a piacé immé,cliate-
rnent au-dessous. Les fils du rtiticule tle la runetie, étant ét;lairés
conlms nous l'âvons dit précédemurent (S 3,1), se réfléchissent sur
la surface du mercure, e[ l'on pcut en ob.ùrvei I'inrage à l'aide cle la
Iunette clle-rnênre. si I'on faiI mouvoir !a lunette de ùanière à amt_.-
ner Ie réticule à coïnc.ider avec son inage vue ainsi par réflexion sur la
su rface d u mercure, i I e^st r:lai r q u'on adra rend u son a xe opti que
exac-
tement vertical. Il srrffit alors de lire re nombre de degiés,'minutes
et secordes indiqué par le micromètre principal; en augrnentant
orr en diminuant ce nombre de 480 degres, on obtient ceiui qrre le
(]DROI,D, TIURAI,. lô7
uricromèh'o principal aurai[ fourni, si la lunctte oùt eté dirigéo de
manière à visel le zénith.
Ainsi, en résumant, I'opération préalable faite au mo1,en dn
bain de mercure permet d'ôbtenir le- nombre de Ia gradualion du
cercle mural qui correspond à la direcfion verlicale de I'axe oplique
de Ia lunette; ce nombre, combiné avec celui que I'on obtient
lorsque la lunebLe est, dirigée vers un astre, permet de [rouver la
valsur de la réfraction dans les tatrles, et par suite de ramener le
résultat de I'observation de cel astre à ce qu'il serait si I'atmos-
phère n'exisfait pas; I'observation d'une même étoile, à ses deux
passage,s, supérieur ei inférieur, corrigée comme il vient d'être dil,
lait connaltre Ie nonrbre de la gracluation du cercle qui correspond
au cas otr I'axe optique de la lunette coïnciderait avec I'axe du
nrondc; en combinant ce nombro avec celui que fournit I'obser-
vation d'un astre quelconque, à son passage au méridien, e[ quo
I'on corrige égalc'menf de I'effet, de la réfraclion, on obfienl la
rlistancc de I'astre au pôle; enfin la déclinaison de I'astre se rléduit
irnrnédiatement de sa distance au pôle, ainsi qoe nous I'avons
espliqué.
$ 88. Le cercle nrural a besoin, comme la lunette méridienne,
d'être parfaitement installé, et de pouvoir être soumis à de fré-
quentes véritications, qui constatent qu'il ne s'est pas dérangé.
SIais cette insLallation eI ces vérifications se font d'une toub autre
nranière.
La face plane antérieure du cercle est nécessairement, perpendi-
culaire à I'axe de rotation de l'ins[rument, sans quoi le mouvement
de rota[ion ne s'effectuerait pas avec régularité; Ia moindre dévia-
tion du plan du cercle occasionneraib des frottements irréguliers
qui manifesteraient le défaut, de I'instrument. On rend l'axe optique
de la lunctte parallèle au plan tlu cercle, et par consôquen[ perpen-
rliculairc Èr sorr trxe de rotal,ion, en se servant d'une lunette d'é-
preuve, ainsi que nous l'avons indiqué précédenrnrent ($ 39). Dès
lors, dans le mouvemen[ de rotation de I'instrumenl, touI entier.
I'axe optiquo de sa lunette décrit un plan perpendiculairo à son
axe de rotation. Il n'y a donc plus qu'à disposer les coussinets qui
supportent I'essieu sur lequel Ie cercle est monl,é, cle telle manière
que ce plan coïncide avec le plan méridien.
Pour cela on se conten[e de conrparer le oercls mural à la lunette
nréridienne. Ces deux inst,rumenls De peuvent jamais aller I'un
sans I'autre; ils sont nécessairement associés dans chaque obser-
vatoire, et nrôme ils doivent, ôtre installés à côté I'un de l'autre.
Quand on s'esb assuré, par les r)rovens indiqués, que I'axe optique
'loll -\iuu\HlruNlr r)lulrNl, r)r, (:llj1..
de la lurret,te méridienne décrit exactemenI le plan urér'idien, orr
I'ait en sor[e c1ue, quello que soit I'étoile vers laquelle on dirigo
I'axe optique de la lunette méridienne, celui de la lunette du cercle
rnural puisse se dirigel au mênre instant vers cette etoile. Lolsqu'0rr
cst, parvenu à ce résultat, on esl strr rpe I'axe optique de la lu-
nette du cercle mural dcicri[ un plan parallèle au plan décrit par
celui de Ia lunette méridienne: et que, par conséquent, en raison
de la faible rlistance qui existe e nlre les deux instruments , ce
plan décrit par I'axe optique dcr la lunctte du cercle mural est
bien le plan méridien du lieu oùr ce cercle cs[ ins[allé.
Le bàtiment qui conticn[ ]e cerclc rnurll doit présenter unc
rtuvert,ure longuc et peu large, dirigée dans le plan méridien, ab-
solumenI comms potrr la lunette nréridienne. C'est ce qu'on voit
srrr la lig. |&2, page,16'1, qui reprtisenl,e la lunette rnéridienne et,
I'un des deux cercles muraux tle I'Observatoire de Paris. L'nulre
cercle mural, installé dans Ie même cabinet d'observal,ion, est placé
de manière à ne pas pouvoir être aperçu , d'après Ia position que
celte figurc suppose au spectateur,
$ 89. Usage de l'équatorla|. Toutes les flois qu'un asl,re
petlt être obsmvé à I'instant de son- passage au rnéridien , on se
scrb de la lunette rnéridienne et du cercle mural pour déterrniner
son ascension droite et sa déclirraison. l\Iais il arrive quelquefois
r1u'il n'esL pas possible d'opércr ainsi, S'il s'agit d'un astrs nou-
\.eâu, ou bien d'un as[rc qu'on n'apcrçoit quc rarement, on a be-"
soin de profiter de toutes les circons[ances qui permetten[ de dé- :

t.erminer sa place dans lc ciel. Lors du passage de l'astre airi'


méridien, il peLrt se faire qu'il se trouve trop près du soleil, dont
lu vive lumière I'empc\che d'ôtre aperqu; ou bien encore que dcs
nuages viennent s'interposer entre I'astre et I'observateur à cc
moment même : alors on es[ obligé d'obscrver I'ast,re en dehors du
méridien, dans les moments otr I'on peu[ le voir sans difficulté, et
o'est l'équatorial ($ 76) qui sert à faire cetto observation,
L'équatorial, qui se compose d'un cercle parallèle au plan de
l'équateur céleste, et d'un autrc cercle qu'on peut ametrer à coïnci-
der avec un quelconque des cercles de déclinaison de la sphère;
parait éminemment propre ti la tnesure des ascensions droites et, des
tléolinaisons des aslres; e[ il n'est pas difficile d'imaginer les dispo-
sitions qu'il faudrait adopter pour Ie Iâire servir à cette mesure. C'est
tte qu'on fcrait en effeL, si son axe de rotal,ion pouvait être dirigé
exactemen[ et, d'une tnanière invariable suivatr[ I'axc du monde, el
si la réfraction atrnosphérique n'exis[ait, pas. llais, tl'une part, les
opér'ations à faire pout' amenef solt axc à êtrc dirigri suivaut l'axe du
usa(;l, Dll l.'ÉQuA',l'uurAr.. 169
rnonde, ou pour vériûer qu'il a bien celte direction, sont, très lon-
gues et beaucoup moins simples que celles que nous avons incliquies
pour Ia lunette méridienne et, le cercle mural; d'une autre part,
les corrections qu'on devrait, faire subir aux résultats cle I'obser-
vation, en raison de la réfraction a[mosphérique, sont bien plus
compliquées que dans le cas des deux instruments méridiens, Aussi
n'emploie-t-on jamais l'équaborial à la mesure directe des ascen-
sions droites et des déclinaisons; on s'en sert uniquement pour
lrouver los différences d'ascension droite et de déclinaison de deux
astres voisins, et cela seulement dans les circonstances particu-
lières que nous avons indiquées il n'1' s qu'un jnstant. Vojci conr-
rnen[ on opère.
Si I'on fait mouvoir la lunette avec le cerclc BB, fg, 43,1 (pagc
| ,(S), autour du centro de ce cercle et dans son plan, il esf biàn
clair que I'axe optique décrira un des cercles de déclinaison de la
sphère céleste : il décrirait le plan méridien du lieu oùr l'instrumen[
estinstallé, si le plan du cercle BB avait é[é amené à être vertical,
par une rotation préalable autour de I'essieu AÀ. On conçoit donc
r1ue, si l'on s'oppose à toute rotation de l'instrument autour de
I'essieu ÂÀ, eC qu'on fasse mouvoir la lunetto dans le plan du
cercls qui I'accompagne, cet,te lunette pourra remplacer la luuetle
nréridienne, quelle que soit d'ailleurs la direction qne I'on ait don-
trée tout d'abord au plan du cercle BI]. Lesàstres viendront suc*
cesslvementr'et chacun à son tour, passer dans le plan que décrit
l'arc optique de la lunette: et la diflércnce cles heures de passago
de deux d'entre eur dans ce plan fer.a connaltre Ia difTérenc.e de
lours ascensions droites. Ainsi, pour déterminer la différence des
ascensions droites de deux astres voisins, on n'aura qu'à faire
tourner l'équatorial autour de son essieu AA, de manière que le
plan du cercle Bts passe près de ces deux astres, et à l'occident de
chacun d'eux; puis cn attendra que ces deux astres viennent passer
dans ce plan, en vertu du mouvemen[ diurne, eb au moûlent de
chaque passage, on notera I'heure marquée par I'horloge sidérale
qui accompagne l'équal,orial. Quani à la différence des déclinaisons
rles doux astres, il est clair que la même observation la fournira :
I'axe optique de la lunette, pour être dirigé succegsir.emeht verli
chacun des cleux astres, lors de leurs passages dâns le plan décrit
par cet axe optique, a dû tourner dans ce plan même d'un anglc
précisément égal à la différence de leurs dér;linaisons; et, les mi-
cromètres G, G, permettenû d'en trouver la valeur,
On n'opère cependant pas exactenrent de cette manière, Iorsque
lcs deux astres sont assez rapprochés I'un de I'autre, pour pou-
,ls
170 )lou\'ËurN.t' r)IutN[ DU (;t[r.
voir ùraverscr tous deux. le clranrp de Ia lunet[e, sans qu'on Ia dé-
plqce. Dans cc cas on laisse la ltirrette immobile, darrs la position
qu'elle avait, lors du passage du premier des rleux astres, e[ l'on
altend lu^.por:1q9 du second derrière le fil du réticure qui corres-
pond au fil nréridien tle la lune[te nréridienne : la rlistancedes poin[s
où ce fil cst traversé par les deux aslr'es fait connaître la^ditïe-
rence de leurs déclinaisons. Pour qu'on puisse facilernent ûlesurer
,
cel,te distance on adapte au rdr[icule de Ia lunette un fil trar]s-
versalr Que I'on fait mouvoir parallèlement à lui-mênre à I'aide
d'!1. vis.à tête gracluée, contrne dans les rnicromètres ($ B6):
cette vis à tête graduee, de même fornle que celles clc,s nricromè-
t1egG, G, se voib facileurent, sur la frg. ,llf, tout près de I'oculaire
de la lunette.
.
Lorsque deux astres sont très voisins I'un de I'aufre, on trouve
très exactement la différerrce de leurs ascensions clroites, et, celle tle
leurs déclinaisons, conforménrenû à ce que nous \:enons de dire,
lors méme que I'essieu AA n'aurait pas iout à fait la direction de
I'axe du monde : les_ ereurs qui en résurteraient pour les ascen-
sions droites et déclinaisons de ces astres, mesuréis isolémenr au
moyen de l'équatorial, sont à très peu près les mêmes
Dour les
deux astres, à cause de leur. grand iappiochemenb : en sôrre que
les différences de ces ascensions droidi et déclinaisorrB n'en sont
llas affectées. Par la môme raison, la réfraction atmosphérique n'n
qu'une influence insigniliante sur ces différences, àt I'on peut
ne pas on tenir conrpte.
peut maintenant se rendre compte facilement de I'usage de
l'équatorial. Lorsqu'on veut déterminôr la place qu'un astre oc-
-rlans
cupe le ciel, et qu'on ne peut, pas obsàn'er cet astre lors de
sOn passage au méridien, on I'observe à'n aur,remoment, à l'équa.
torial, en le_cornparant à une étoile voisine, tronb on connait déjh
I'ascension droitc et la rléclinaison, L'équatorial pcrmeftant dc
[rouver les différences d'ascensions droitÀs et de c]éclinaisons rle
I'a-qtre et del'é[oi]e, on en concluI tout de suite I'asceusion c]roite
et la déclinaison de cet astre, avec au[alrt cl'exactitude que si on
les avait déterminées à I'aide des insl,ruments méridiens.
S .90. caralogues d'étoiles. -- Toutes lcs étoiles que I'on a ob-
servées sont, inscrites dans des re,rueils aurquels rin d'onne Ie nonr
de catalogues d,'étoiles. À côté de la designariôn ordinaire dechaque
étoile, soit par un nom-particulier, soit-par une rettre, soit par un
numéro{S 65), ces catalogues contiennent, rlans des côlonnes spé-
ciales, I'ascension droite et la décrinaison de l'étoile. ces catalo-
gues sBrvent dans beaucoul.l de circonst,ances : ils servent, par
(II,OBIiS CÉT,ESTËS. t7r
erenrple, à faire connaîl,re I'ascension clroite et la déclinaison de
l'étoile à laquelle on a comparé un astre voisin, dans I'obsert'atiot't
rlc cet aslre à l'airie de l'équatorial ($ egi.
l,e urode de désignation rlcs étoiltrs, par un notn spécial, ou par
une lettle . es[ lrien suffisant pour les étoiles principales: mais il
n'en cst plus de ntême pour los petites étoiles, dont le nombre cs[
si grand qu'il est difficile de ne pas les confondre les unes avec les
autres. Aussi, quand on veut indiquer d'une nranière précise une
de ces petites étoiles, a-t-on soin de la désigner par son ascension
droite e[ sa déclinflison, dont, la cotrnaissance ne peuI pas laisser
de doute sur l'étoile dont on veui parler. C'esb encore dans les ca-
taloguès que I'on puise ces indications, eb souvent, pour abréger,
' on se contente de donner le nuntéro quc porle l'étoile dans le cattr-
logue dont on se sert, numéro clui n'a réellcment de signification
que par I'ascensiott clroite et Ia déclinaison clui l'accompagnent.
$ I | . Globes eélestes. |r{6ns avons d:t (S 71 ) qu'on pouvail
-
se représenter Ie mour-ement diurne des étoiles, en se servant, d'utt
globôïur lequel on aurait, figuré les principales constellations. [Jn
globe de ce genre esl utilc clans beaucoup d'au[res circonstances ,
parce qu'il permet, d'cnbrasser d'utt coup d'o:il l'ensemble de la
sphère célest.e, e[ tl'y érudier facileurent les déplacements qu'é-
prouvent
- cerlains astres parmi les él.oiles.
Hipparque de Rhodes, qui vivai[ dans le ,," siic',le avant J.-C.,
es[ le lrremier qui ait construi[ un pareil globe. Yoici le mo]'en
qu'il employa pour cela. Àprès avoir mesuré la clistancc angulaire
de clcux étoilesr en se servant d'un cercle rnuni d'alidades à pin-
nules, il représenta ces deux étoiles par deux points A, B, pris à
volonté sur le globe, f,g. n 46 , avec
celtc seule condition que I'amplitude de
l'arc AB fût égale à la clistance angu-
laire des deux étoiles. Ayant ensuite
mesuré Ia distance de la première étoile
ir une troisième, il traça du point A
comme pôle aveù une ouverture de
,
compas correspondant à cette distance,
lun arc de cercle n?r?, sur lequel devait
nécessairemenb se tt'ouver le point re-
présentarrt, la troisième ét.oile. La dis-
tance clc la seconde étoile à la troi- Fig. ll{i.
siènrè, étant mesurée à son tour, lui
pernrit. de tracer un second arc rle cercle llrl, drr point B. comme
irôle, sur lequel flevait rlgalernent -sc trouler ce point
reprirsentant
k
\IOUVE\I[N'I] DIURND DU CIEI..
:.
lb
ii.
..
la troisièrne ét,ciJe. O'est, donc en c, point de rencontre rles deus
tf
arcs de cercle mn,,'pql que cette troisième étoile devait être placdrc..
lln corrt,inunnt de même, par Ia comparaison de chaque nôur.ellc
ritoile à deux des étoiles déjà figurées sur Ie globe, Hipparque par-
i
virrt, à représenter sur ce globe les principales étoilef des cliveises
h. constellat,ions c1u'il pouvait obserr,er'.
La construcl,ion d'un globe céleste se fait avec plus de facilité et
d'exactitude, en se servant dcs ascensions droitei et des déclinai-
s^ons
{e_s
étoiles. Après avoir tracé snr le globe un grancl cercle EE,
lig. I h7, desti'é à représenter l'équateur céleste, et avoir mar_
qué les deux pôles Ir, Q , de ce
cercle, on prend à volonté sur Ie
cercle EE un point O destiné à
servir d'origine aux ascensions droi-
tes. Pour placer un astre quelconque
F sur ce globe, il suffi[ de porter Àur.
- l'équateur un arc OII égal à son
ascension droite I de tracer le grand
cercle Pi\IQ; puis de prendré sur
ce cercle , à partir rle l'équateur, et,
dans le sens convenable. un arc ntA
égal ir sa tlét,linaison : le point A
esI la représentation de I'aslro con-
sidéré.
Il,n'est pasinutile doremarquer que res constellations, vues sur
un globe, ne doivent pas se présent-er de même que dans le ciel.
L'observateur est, toujours censé au centre de la sphere céleste; si
c.ette sptrère, qui n'cst qu'idéale ($ 63), étaiI réalisée dans I'espace,
il verrait les consrellations de s-on int,érieur. Il n'en est pas de
même des-_globes célestes,
{rc I'observareur voit de I'extôrieur;
les constellations doir,enI parailre retorrrnées : on peuI dire qu'elles
sont vues a l'entters. l\[ais le crrangement d'aspeôt qui en résulre
pour les constellations. n.a pas cl'importance;'lcs personnes qui
s'occupent d'astronomie s'y hailitucni bien vit'e, et se servent des
globes tout aussi facilement que s'ir était possihle de
se placer à
leu_r intérieur, pour regarder ôe qui est traôé sur leur surfàce.

. Les globes célestes sont habituêllement montés comme I'indique


la frg..l2S (page aJZ); de telle sorte qu'o' peu[ Ieur donner
à
volonté le mouvement de rotation qui représente le *ooouront
diurne..de la sphère céleste. cette poisibiliié de figurer Ie mouve-
ment diurne esb utile clans plusieuis circonstances, ainsi
Que rrorrs
le I'errons plus tarrl,
CANTES CÉT,DSTES. I7?'

$ 92. coil€s oélesrec. Les globes célesles sont excellents


-
poiu' etudier la figure des consletlations, ainsi que les divers phé-
nomtnes qui so pàssent dans le ciel. l\Iais ils sont d'ull usage peu
commqde , tt cau'su de la place qu'ils occtlpent,e[ do .la difficulttl
qu'on éprouve à les déplaccr lorsqu'ils.ont des dimensions un peu
granOes. C'est pour celâ qu'on a imaginir les corlrs cèlcstes destinées
à représenter ties pcrrtions plus ou Droins étendues de la sphère.
Quel que soit ie procédé que l'on cmploie pour consiruire les
r:artes, eiles ne peulent jamais donner, sur Ia fortne dcs constclla-
rions,'des idéei aussi ciacrt,es que les globes. Cela tient-à ce que
nurune portion do Ia sulface cl'une sphère n'ogt, susceptible de so
développer s(rr un0 sur.facc plane, sarls qu'il y ait,.déflormalion,
r:'gs1-ù-d1p SanS que certaines dimensions s'agrandr,qsent ou se
rnccourcissont,, Âtr,ssi doil-on toujours sc tenir en garde contro les
erreurs quc I'on pourrait conrmcttre, si l'on regardaiI une carte
comms là représentation parfailernent exacte d'une portion de la
sphèro céleste.
On voit ,' ci-contre, deux carles c.élestes , dont I'une- (planche I)
représe3te une partic cle I'hémisphère boréal, et dont I'autre
(pianche Il) représente le développenrent d'une zone qui s'étend
ibut le long'de ltéquateur céleste ei Èr une r"listance de 50 degrés de
part, et d'autre ile ce grand cercle'
Pour construire la première de CeS Cteux cartes' Oll il commence
par tracer la circonférlence do cercle Eli, /îrr" 448, qui cn forme
le contour, eb qui représente le pa- -
rallèle du 80"âegré'cle déclinaièon *r/- --.tg
lnrdalc, et on l'a diviséir on 360 '\
parties égales destinées à ropré- ,' \3 \
ienie r les tlegrés d'ascensiondroite. ,'i \' \
Le centre P-de cette circonféren:* \',o
ol * I
de cerclc a été pris pour figurer lc ^1 I
pôle boréal; et les r:ryons qui en \ /
paltent dans toules les directions \ /
i'eprésenten[ Ies.cercles de décli-
naison. Chacun de ces raYons est
\ E\-*---- .,/,
rlivisti en 60 parties égalàs,cor- -'
respondan[ aux 60 degrês de dé- rig' '148'
clinaison compris entre le Pôle et
le parallèle cpri sert,cle limit'e à In carlo' Porrr phcet .?.ol la carte
iurb qnclronque des étoilei siïurles dans la parfie.{e l[ém.isphere
lmréai qu'ellô repr(:senle, on a por[é sur le parallèle EEI àparl'ir
rl\rn poirrt 0, pris à riolonté. ,,,, ir. Ol[ contônanl, attt,anI rle degrés
,l5.
lTtr }IOUYEMENT DIURNI DT' (:IET..
qu'il y en a dans I'ascension rlroi[e de l'étoile , puis, après avoil
tracé le rayon PII qui passe par I'exfrémité de t:c[ astre, on a porta
sur ce râyon une longueur IV[-{ égale à I'excès rlc la déc]inaison de
l'étoile sur 30 clegrés, u'esf-à-dire une longueur contenarrI autant
rle divisions du ravon Pl\{ (tlivisé en 60;,a.ties égales), que celte
tléclinaison contenait de degrés au delà de 30 : c'est au point À ,
ainsiobtenu, qu'on a platré l'étoiledont il s'agit. On complenrl fir-
cilemenL comnient lcs diverses parlies cle Ia calo[to spbérique r{ue
la carte représente son[ déformées par ce[te construc[ion : si lo
parallèle EB , qui lui sert de lirnite, a les mêmes dimensions quo
sur un globe, la portion de nréridien qui s'étend tl'un point, de ce
parallèle au point, diamétralement, opposé, en pilssilnI par le pôle,
esl nécessairenrent plus courte sur la carte que sur lc globe; puisrlue
cette portion de méridien, rcpréscntée sur lir carte par un dianrùtre
du corcle BB, est un arc de granrl cercle qui a élé remplacé par sa
corde.
Pour constrrrire la sorrondc carte, on a inraginé que la zone nuq)q,
fg, ,l49, ffrt, détachée (le la surface de la sphère, ouverte suivant
un cercle de déclinaison , e[ déve-
loppée de manière à s'ébaler sur
rune surfacc plane. I\lais ce tiévelop-
pement n'ir pu se faire ainsi sans
(tlr'on agrandi.sse les climensions
r de la zone dans le sens des paral-
leles extrômes mn , pq; car ces
parallèles , moins grands que l'é-
quafeur sur la sphère, sont repré-
sentés sur la oarlc par des lignes
droites de niênre longueur que celle
h'ig. 149.
qui correspond à ce dernier cercle.

Fig. { 50.

L'éqrrateur tlst représenré sur cet,te car[e par la ligne clroite oE,
fg. {50. Cætte ligne, dont on a pris Ia longueur ar,bitrairemenr,, ir
TIGURE DE I,A TERRU. 17-r
été divisée en 360 parties éeales, correspondant aur degrés d'as-
crension droite. Lcs rliverscs lignes droil,es qu'on peut imaginer
tttenées perpendiculairemen[ à la première correspondenl, aux cer-
t'.les de déclinaison; les degrés de déclinaison occtlpent sur chacune
d'elles des longueurs égales à celles des divisions de la ligne OIi.
Pour placcr une étoile quolconque sur cel,te carte, on a pris sur la
ligne OE , à partir du point O qui représente l'origine des ascen-
sions droites) une longueur OM contenant autanb de divisions dc
l'équateur O11, que I'asc:ension droite de l'étoile contenait de de-
grés; puis, alrrès avoir ntcné uno perpendiculaire à la ligne OE par
lo point N[ , on a porté sur cette perpendiculaire une longueur MA
forméc d'autant do ces mêmes divisions, qu'il Y avait de degrés
dans la déclinaison de l'étoile. Cetlc lolgueur l\lA a d'ailleurs été
portée au-dc-.sus ou au-dessous de l'éqttrt[ettr OE, suivant, que
l'étoile étaif dans I'héniisphère boréal ou dans l'tlémisphère austral ;
et I'on a placé l'étoile au point À ainsi trouvé. On voit (planchc I I)
rlue la carte a été un peu prolongée t\ droite du cercle clu 46crli-
naison ou elle devait sô terminer, âlin de reproduire qrrelques-unes'
rles étoiles qui se trouveni à son extrémité de gauche; ce prolon-
gemen[ a pour objct de faire voir d'un seul coup d'æil les constel-
Iutions traversées pnr le cercle de déclinaison suivant lequel la zotte
a été ouvelte, constellat,ions qui sans celu auraient été séparées ett
rleux porl.ions placées, les unes à I'extrénrité dc droite de la t'arlt',
les autres à son extrémité de sattche.

FIGURE DE LÀ TBRRE.

$ 9J. Nous avons déjàvu (S$ 53 et S{.) par quelles considérations


on est conduit à admottre que la ierre présente à peu près la fornre
d'une sphère. La connaissance du mouvement diurne va nous
permettre d'aller plus loin; I'observation des astres, qui nous ser-
vent comme de points de r:epère, jointe à la mesure do diverses
longueurs sur la surface de la terre ) nous fournira les moyens de
nous faire une idée nette tle la forme qu'affecte réellemen[ cette
surfaco dans son ensemble.
Nous ne devrons pas pordre de vue, dans co qui suit, que ce
que nous appelons la srrrface de la terre, c'est la surface des mers
prolongée partout à travers les continents, conformément à la déft-
nition que nous en avons donnée dans le $ 5&. C'en en elTet ceile
surface des mers prolongée qui doit nous donner I'idée. d'ensernble
la plus convenable sur la forme qu'affecte la surface de la terre.'
L'élévation des continents au-dessus do cette surface des mers esl,
ri6 FIGURE DE t.A TDRRË,
généralement très faible, eu égard aux dimensions rle la terre; elle
ne donne lieu qu'à des aspôritd-.s t'éellentent insignifiantes, dont on
ne doit pas tenir compte lorsqu'on s'occupe uniquement, de recher-
cher la forme générale de la terre.
D'après le résultat foulni pal les observations simples dont nous
avons parlé précédemment (SS 53 et 54), il était natureld'admettre
tout d'abord que la terre était sphériquo. C'est ce qu'on fit en effet,
dès la plus haute antiquité; et cette opinion se conserva jusqu'à
I'époque de Huygens et Nelvton (xvrr" siècle). Ce n'est que d'après
les indica[ions de ces deux homrnes de génie qu'on a examiné la
question de plus près , et, qu'{)n a reconnu que la terro n'est, pas
exactemen[ sphérique. Avant d'expliquer les movens qui ont été
employés pour cela, il est indispensable dc faire connaltre les
t'ercles que I'on avait irnaginés sur Ia terre , ainsi que ce qu'on
entendait par lorigi/urlcs et lutitu,rles gëograplûques, dans I'hypo-
thèse si longtemps adoptéo de la spbéricité de la terue.
$ 94. Cercles de la sphère t€rrestre. - Par analogie alec
ce que I'on avait fait pour la sphère céleste ($ Zs), on irnagina sur
la surface de la terre une série de cercles desfinés à faciliter I'in-
dicat,ion do la position des divers lieus qui y sont situés.
IJne parallèle à I'axe de rotation de la sphe\re céleste, menée pal
le centre de la sphère terrestre. perce la surface de cette dernière
spbère en deux points que I'on nornme ses pdles. Ces deux points,
tournés respectivement vers les deux pôles de ls -sphère céleste,
prennerrt les rnêmes dénominations spéciales que ces derniers : le
qtôIe boréal de la terre es[ celui qui correspond au pôle boréal du
ciel; et, de même le pôlc austral de la terre correspond au pôle
austral du ciel.
Un plan mené par le centre de la terre, perpendiculairement à
la ligne des pôles, coupe sa surlace suivant un grand cercle qu'orr
nomme l' dquateur temestre.
Tout plan perpendiculaire à la ligne des pôles, qui coupe la terre,
sans passer par son centre, détermine sLlr sa surface un peti[ cercle
auquel on donue le nom de pnrullèle terrestrc.
Tou[ plan mené par la ligno des pôles , coupe la surface de hr
lerre suivan[ un grand cercle ; les divers cercles obtenus do ce[te
manière, analogues aux cerclcs de déclinaison de la sphère céleste,
sont ce qu'on nomme les nrilidrlens. Il est aisé rle comprendre pour'-
quoi ce nom de md.ridicn, attribuô cléjà précédcmrnent au plan mcnrl
par la verticale d'un lieu et par I'are du mondc, sc trouve égale-
ntent donné à chacun rles grand-c cercles de la ierre qui passent, par
les deux pôles. D'aprt:s les lois de l'équilillre des liquides,la verti-
f.oNcrrur)fis nT LATI'TUDHS GÉOGRAPHIQUES. 177
cale d'un lieu ($ 44) esl nécessairenrent perpendiculaire à-la sur-
face rles mers, au point oir elle perco cette surface; si donc on
admct rlue la surface des mers est sphérique, la verticale doit être
rlirigée ÀuivanL un des ravons de la sphère : il en résulto que le plan
rnené par la verticale e[ I'axe du monde coupe précisémen[ la
splière temestre suivant un grand cercle passani pâr ses deur pôles.
,iinsi, dans I'hypo[hèse de la sphéricité de la terre, le plan d'un
rles celcles que I'on nomme môridiens coïncide avec le plan nréri-
dien d'un queloonque des lieux do la terre situés sur ce cercle.
$ I 6. Longitudes et latitudes géographiques.- Nous avons
vu comment on définit la position d'un astre strr Ia sphère céles[e,
à l'aitlc de son ascension droite et de sa déolinaison ($ 79)1 c'êst
par un moyelt entièrement analogue qu'on définit la position d'un
lieu sur la terre, en se servanb des
celcles don[ nous venons de parler.
Soit A, fi7. l54., le lieu dont, il s'agit.
Si I'on mène lo méridien PÀQ, la
distance du point lf où il coupe l'é-
quateur BE, à un poin[ fixe O pris B
sur ceb équateur, se nommo la longi-
hule gëographique, ou simplement ltr
longitude du point A ; la distance Al{
du point, A à l'équat,eur, comptée sur
le rnéridien PAQ, se nomlne sa /nti- o.
tutle gëographique, ou simplemenI sa Irig', { 5'l.
Iul,itude. Ces distances s'évaluent en
degrés , minutes of secondes comme les ascensions tlroil,es e[ les
déclinaisons.
'
La latituded'un lieu, comme la déclinaison d'un astre, se compte
cle 0o à 90"1 elle est, boréalo ou australe, suivant que le lieu se
trouvo dans I'hémisphère boréal ou rlans I'hénrisphère austral de la
terre.
Quant à la longibude, elle ne se conrpto pas tout à fait de la même
manière que I'ascension droite d'un astre; au lieu de la compter
toujours âans un même sens, et de 0" à 360", on la compte d'un
côté ou de I'autre de I'origine O des'longitudes, de telle manière
qu'elle ne dépasse pas ,l80". Il est indispensablo dès lors d'indiquer
lô sens dans-lequel se compte la longitude de chaque lieu: c'est ce
qu'on fait en faisant, suivre la valeur numérique de cette longitude
d-e la lettre E ou cle la lettre O, suivttnt qu'elle est prise à I'est ou
à I'ouest de I'origine des longitudes.
L'origine firef à par[ir de laquelle on compl,e les longitudes géo-
T78 FI(;UnE DE I,A I'ERRE.
graphiques, peut, être choisie arbitrairement sur l'équateul tcr-
restrc, de même que I'origine des ascensions droites pôuvait l'ôtre
sur l'êqualeur r-"éleste. Ainsi gue nous I'avons déjà dit, tous les
astronomes s'accordent à prendre un mênre point du ciel pour ori-
gine des ascensions droites; mais il n'en estpas de même'pour los
longitudes géographiques. Le ciel est un terrain neutre ou le choix
de tel ou tel poinI comnrc origine des ascensions droites importail
fort, peu à l'aniour-propre des sur Ia térre, au coniraire,
chaque peuple veut faire partir'ations;
les longitudes du point oir l'équa-
terrr terrestre es[ coutrlé par le méridien d'un des lieux princifaux
de son pays. C'est en vain que pendan[ longtemps on a cherché tt
faire adopter par tous les peuples le méridien c.le l'lre de Fer (la
plus occidentalo des lles canalies) cornme point tie départ pour ies
.longiludes: I'amour-prople national I'a cmporté. En-France, les
tlongitudes sc comptent i\ partir du
nrériclien de I'observaloire de
Paris; en Angleter'fe, on les cronrpte tantôt du rnériclien de I'Ob-
senatoire de Greenn'ich, tantôt de celui de l'église saint-paul tlc
Londres.
Le mot gëogra1'lûque, que I'on ajoute sou'ent aux mols lotrgitucle
et lntilu,de, a pour objet, do dist,inguer les longit,udes et ratitutles,
telles que ilous venons de les définir, des longflucles eL latitudes
cële-stes dont, nous Jlnrleron-s plus tard. on n'emploie les mots longi-
tude e[ latitudc seuls, que lorsqu'il ne peub pas y avoir il'incertirrirlo
sur l'espèce de longitudc ou dc latit,udc dont on veuI parler.
Il n'ost pe.t-êtrc pas inutile d'indiquer l'origine des mots lottgi-
lurle eL latiturle. Les Romains, d'oir nous viennent ces clénomirra-
tions, ne connaissaienl qu'uno petitc partie des continents qui
existent sur la terre: cettc partie étaiI beaucoup plus éterrdue daïs
le sens de l'équateur et des parallèles terrestres, que rrans re sens
des mérirliens: de là le mot de longitude(tonç1itutlo, rongueur) pour
une dislancequi se comptait dans le sens'clc la plus grancle dimen-
sion du rnonde connu, e[ le rnol de latitude (lntitttrlo,largeur) pour
urrs distance qui se comptait dans le sens de sa plus petito dinreiréion .
$ 96. IUesure des latltudes géographlques-- Lâdtltermina-
tion de la latilrrde d'un lieu ne présente pas do difficultés. soient A,
ft7. 452,le lieu clue l'on con$dèro, PEQE,son nréridien, BE, I'in-
tersection de.l'éq.uateur âyec ce rnéridien, et pQ la rigne des pôles
de Ia temo. C'est l'arc AE, ou, ce quir.evieut, au nrême,-l'angle ÂOE,
rlui représente la latitude clrelclrée. L'angle poE étant drôit, cette
latitude-est le cornpltlnrent de l'angle AoP; nrais I'angre Aop n'esl
autlrr chose quo la riistanr:c zénithalc zAp' rlu pôre-de la splrÈ're
céleste, pour urr obscrvateur placti au poinl A, puisquc pQ est une
\tEsliltu l)us l,Oli(,;t't'ul)Es (iÉ0(;RAPHIQUES. ',l79
parûllèle à ['axe rlu montle tel qu'ott l'obtienl par des observations
astrcnomiques faites en un liei quelconque de I terre : donc la
latitude géàgraphique du point À est le conplénrent de la distance
zénithalà'du pôie en ce point. La hauteur P'AH du pôle au-dessus
de l'horizon éiant aussi lil complénrenI cle la clisbance zéniLlraleZAP',
on peut dire encore que la lati-
tude géographique d'un lieu es[
égale à la hauLeur du Pôle au-
dessus tle I'horizon de ce lieu.
On 'iroit donc quo la déterrnina-
tion de la latitude d'un lien se ra-
mèno à la mesure de la distance
zénithale du pôle en ce lieu. Cette
mesure s'effec[ue en oPérant
comme nous I'avons expliqué pré-
cédemnrent (S 68), pour arriver à
laconnaissance de l'axedu monde.
On détermine les distances zéni-
l.halcs d'une même étoile, à son
passagc supérieur et à son Pas-
sage inférieur dans le mérjdien du
lieu I puis, après avoir corrigé ccs
deux angles de l'efl'et de la réfrac-
tion, onln prend la rnoyenne, co qui donne préciséruent la distancc
zénithale du pôle. Il n'y-a plus tlès lors qu'a rclt'ancher cet[o disl atlce
zénithale cle 90", pour trouver la latitude du lieu.
$ 97. Mesure des longitudes
géographiques '- La.longil'ude
d'ù lieu, rl'après la définition qui ep a été donnée, est évidemmenL
I'angle corpiis entre le méridien de ce licu et, le méridien qui sert
cl'orgine aù longitudes. Pour la rléferminer, 0n -qe fonde sur I'uni-
formi"té rlu noul,eryrenl do rotation rliprne dc la sphère célestc,
.insi qo'on I'a 11éjà fait pour rnesurer lôs ascensions droites ($ Sg)
Dans ie mouvemeut apfarent de la sphère céleste, les divers cer-'
cles cle déclinaison, qu'On imagine Sur Sa Surface, viennent Succes-
sivemenb se placer dans le plan de cltacun des méridiens [errestres.
Pour trouvei I'angle comptis entre dettx de ces méridiens, il suf{it
clonc de déterminér le temps que ntel un même cercle de déclinai-
son à aller de I'un à l'autre, i'est-à-cliro d'observer I'intervalle ds
tenrps compris entre les passages d'une nrêtne étoile dans ces deux
rnéridiens. ce lemps étant connu en hettres, minutes e[ secondes
sidérales, on en conclura sans peine I'angle formé par lcs plans des
deux rnéridiens, en sc I'ondant iur ce tlue la sphère céleste enrploie
'l ftO ncutur DE t.;t T'rRRti.
94 heures sidérales à faire un tour entier, c'est-à-dire à tourner
d'un angle de 360" : chaque heure correspondra à un angle de
4 5 degres I chaque minute de temps, à un angle de 4 5 rninutes;
et _chaque seconde fls [emp,s, à un angle de ,15 secondes (S Sg).
Le principe de la mesure des longitudes géographiques est, comrne
on voit, tout aussi sirnple que celui de la mesure des latitudesl
mais I'application en est incomparablement nroins lircile. La déter-
mination des longitudes cst une des opérations qui présentcnt lc
plus de difficultés. C'est ce que nous ferons comprendre sans peine,
par les détails dans lesquels nous allons entrer.
Au premier abord, il senrble tout aussi simple de détenniner la
longitude d'un lieu que de mcsurer I'ascension droite d'un astre:
I'ascension droitc se trouvc, en observant le temps qui s'écoule
entre les passages de I'aslre et de l'originc des ascensions droites,
dans le ntéridien du lieu où I'on es[ placé; la longitude d'un lieu
s'obtient, en observant le.temps qui s'écoule en Lre les passages cl'une
même étoilo clans le méridien du lieu et dans le méridien qui sert
d'origine aux longitudes. La diftérence essentielle entre ces deux
opérations, c'est que, pour ntesurer unc ascension droite, I'obser-
vateur ne se déplace pas, et se sert d'une mêrne horloge sidérale
pour déternriner le temps dont il a besoin; tandis que, pour mesu-
rer une longitude, il faut observer les passages d'une même étoilc
dans deux lieux diflérenls, et, comparer les temps que marquelait
une même horlog-e sidérale, lors de ces deux passagcs. II n'est pas
possible de se servir d'une môme horloge pour cetfe dernière opi'ra-
tion ; deux observateurs, placés chacun dans un des deux lieux pour
observer le passagc de l'étoile se servent nécessairement de deux
horloges difiérentcs. Les indications fournies par ces deux horloges
ne peu'i'enl évidemment servir à la détermination de I'angle com-
pris entre les méridiens des deux lieux, que si elles sont compléte-
ment d'accord, ou au moins si I'on sait cle combien I'une cl'elles
avance ou retarde sur I'autre; sans quoi il ne serail pas possihle de
déduirc des deux observations le temps qui s'es[ écoulé do I'une
à I'autre. Or, c'est la comparaison de ces deux horloges, ponr dé-
terminer I'avance ou le retard de l'une sur I'autre, qui présente
les plus grandes difficultés, en raison de la grande distance qui
sépare souvent les deux lieux ou elles sont installées. Nous allons
voir quels sont les divers movens que I'on emploie pour effectuer
cel,[e comparaison.
Concevons que les lieux Arts, ftg.,153, oir sont placées les deux
horloges dont on veuI comparer Ies indicatious simultanées, soienI
assez rapproohés l'un de I'autre pour que de chacurr d'eux on puisse
IIIISUNE DTS TONGITUDES GÉOGRAPHIQUDS. {8I
aperccvoir uno fusée lancée en un point intermédiaire C. A I'instanI
précis oùr cette fuséeéclatera en I'air, on notora, en À eb en B' les
hcures marquées par les cleux horloges,
ot la comparaison cles deux résultats
fera connattre la quantité dont, I'une
des deux horloges avance Fis. { 53.
sur I'autre.
Si les deux lieux dont, il s'agit, sans
être trop loin I'un de I'aul,re, ne son[
r;ependant pas assez rapprochés pour
que ce nroyen réussisse, on peut so Fig. | 54.
servir de plusieurs fusées lancées de
clivers endroits, et d'horloges ou de chronomètres installés àans
uu nombre convenable de positions intermédiaires. Une fusée lancéo
etttre lcs points A, C, Fg. 45&, permettra de oomparer les mar-
ches des horloges placéos en (;es deux lieux; une seconds fusée,
Iancée eutre les points C, D, fera également connaltre I'avance ou
lo retard de llhorloge placée en D sur celle qui se trouve en C, e[
;
ainsi de suite enfin, de ces divers résultats partiels, combinés
cntre eux, on déduira sans peine le résultat définitif que I'on a en
vue, c'est-à-dire I'avance ou le retard de I'horlogo placée en B sur
I'horloge placéo en Â.
L'invention loutc récente et si merveilleuse du télégraphe élec-
l,riquo fournit un oxcellent moyen pour comparer les indications
sinrultanées de deux horloges placées en des lieux qui sont reliés
I'un à I'autre par un télégraplre de co genre. Un signal, effectué à
une des extrémités de la ligne télégraphique, se transmet avec
tune telle rapidité à l'autre extrémité de cetto ligne, qu'on peut
regarder cette transnrission comme instantanée, sans commettre
aueuno erreur appréciable pour la question qui nous occupe, Ce
signal, observé en même temps par deux personnes placées aux
extrémités de la ligne télégraphique, produit donc exactement le
môme effet que I'un dcs signaux de feu dolrt nous venolrs de parler.
Lorsque les deur lieux dont il s'agit sont trop loin I'un de I'autre
polrr qu'on puisse se servir de signaux de feu, et que ces deux
lieux ne sorrt pas reliés par un télégraphe électrique, on a recours
aux plténonrènes célestes. Nous ne pourons) en cemomeni, entrer
dans aucun détail sur ce sujet; nous y reviendrons plus tard,
lorsque I'occasion s'en présentera. Nous nous contenterons seule-
ment de dire qu'un phénomène instantané, qui so produib dans le
ciel, peut servir tou[ aussi bion qu'un signal de feu, ou un signal
élecl,rique, pour comparer les marches des lrorloges placées en des
lieur différents de la lorre I et qu'un pareil phénomèno présente le
,16
-- r "'Y

{82 }.T(;UIID DI] I,A TERRE.

grand avantoge do pouvoir être obsen'é en même tcnips dc lieux


extrômemen[ éloignés les uns des autres. Nous verrons plus tard
quels son[ les phénomènes célestes que I'on choisit pour cela.
Enfin un dernier mo,ven, quipeut servir clans toutes les r:ircon-
stances, consiste à transporter un chronomèbre de I'un des cleux
lieux dans I'autre, après I'avoir réglé sur l'horloge du premier de
ces deux lieux ; en comparani ce chronomètre avec Ia seconde hor-
loge, on verra cle combien elle avance ou retarde sur la première.
Le chronornèlre peut même tenir lieu de la secondo horloge, et êtro
employé à la détermination del'heure à laquellcune étoile traverse
le méridien du second lieu. L'exactitude de cottc méthode repose
essent,iellement, sur la bonté du chrononètre dont on sc sert. Le
transport de ce chronornètre d'un lieu à un autre exigean[ souvcnt
un temps asscz long, il est indispensable que, pendant tout ce
temps, sa marche n'éprouve pas la plus légère varia[ion, sans quoi
il on résulteraic une erreur notable pour Ia longitude oherchéc.
Cependan[ ()o moyen de déterminer les longitudes es[ si commode,
qu'il est presque toujours employé par les maritts, etc'es[ dans cc
but que I'on construit les mottt,res marines, dont nous avons déjà
parlé précédemment ($$ l0 et ,17). Une bonne montrede cette es-
pèce, mise d'accord au moment du rlépart avec l'horloge dc I'Ob-
serratoire de Paris, permet pendant longtenips aux nrvigateurs de
connaltre, avec une exactitude suflisantc, I'heure que margue cette
horlogo à un instant quelconque ; en notant I'heure marquée par la
montre, au moment où une étoilc particulière traverse le méridien
du lieu otr I'on se [rouve. et cornparant cette heure avec cellc à la-
quelle on sait que la même étoile traverse le méridien de Paris., on
en conclut tout de suite la longitudo du lieu rapportée à ce dernier
méridien comme origine.
Dans certaines circonstances toutes spéciales, ott I'on a besoin de
connattre la longitude d'un lieu avec une grande exac[i[ude, on se
sert de plusieurs chronomètres que I'on transporte simultanément,
a{in de pouvoil comparer constamment leur marche. Si tous ces
chronomètres restent d'accord pendant toute la durée du voyage,
il est extrêmement probable que lour marche a été aussi régulière
que celle d'uns excellentohorloge fixe, et I'on peut entièrement se
fier aux indications qu'ils fournissent. En faisant faire d'ailleurs
plusieurs fois le même trajet à ces chronomètres, on obtient aulant
d'évaluations distinctes de la longitude cherchée ; ct la moyenne de
ces divers résultats, qui ne di{fèrent jamais beaucoup les uns rles
autres, peut être priso comme la véritable valeur de c,ehte longiùude.
La premièro opération de ce genro fut faito en 4 8 2 4 ; par ordrc de
DIVENS ASP[(]TS DU IUOUVEMENT DIURNE. 183
l'amiraul,é anglaise, 35 chronomètres traversèrent six fois la mer du
Nord, pour déterminer les longitudes d'Altona, de I'lle de Heligoland
et de Bremen, rapportées au méridien de I'observatoire de Green-
u'ich. En ,18,i3, I'empereur de Russie fit de mêmo déterminer la
Iongitude de son nouvol obsen'atoire de Pulkowa (près Saint-
Pétcrsbourg), par rapport, à celui de Greenn,ich, au moyen de
6B chronomètres que I'on transportad'un lieu à l'autre et qui ros-
tèrcnt toujours parfaitement, d'accord.
Pour frouver la longi[ude d'un lieu, on a besoin d'observer le
Iiassage d'une étoile dans le méridién de ce lieu. Il ne faut, pas
croire que, pour cela, il soit nécessaire d'y installer une lunetle mé-
ridicnnc. Â I'aide du théodolite, .si I'on es[ sur tcrre, ou du sextant,
si I'orr est en mer, on pcut effer:t,uer toul,es les opérations néces-
sailes à la détcrmina[ion des longiLudes, ainsi que des latitudes.
I'lus tard, Iorsque nous serons en mesure do compléter les pre..
mières indications quo nous venons de donner sur la mesure des
longitudes, nous ferons voir comment on se sert de ces instruments
porlalifs, de manière à suppléer à I'emploi des grands instruments
fixes des observaloires.
$ 98. IDtvers aspects du mouvement dlurne arrx dllfé-
rents lleux de la terre. Le mouvement dont tous les astres
semblent animés, par suite -de la rotation de la terre autour de son
aKe, ne présenle pas partoui les mêmes apparences; ce mouve-
mcnl change d'aspec[ avec la latitudo du lieu d'ou on I'observe.
Si I'on était placé à I'un des pôles p de la terre, frg. t1,55, on
verrait I'axe du monde dirieé sui-
vant la verticale pZ; l'éqtatour cé-
leste seraib dans le plan de I'hori-
zon HH'; toutes les étoiles situées
dans I'un des deux hémisphères
resteraienI constamment visibles,
ct celles de I'autre hémisphère con-
stamment invisibles. Chaque étoilo
située au-dessus du plan ds I'hori- s
zon tournerait arrtour de la verti-
calc, en décrivant un cercls parallèle
à ce plan, et restaut par conséquent
toujours à la mêmo hautour; aucune
étoile ne ss lèverait ni ns se cou-
cherait.
Étant placé en un lieu quelconquo A,, frg.4 56, situé entro l'équa-
teur eb I'un des pôles de la terre, on yerra les choses se passer tout
t8tr rlGunn DD LA 'tnnnn'
autrement. [.'axe du monde auta une direction PÀQ parallèle à I'axe
de rotation pg de la telre. L'inclinaison de cette ligne PAQ sur I'ho-
rizon HH/ variera avec la latitude
géographiquo du poinb A, Ptrisquo
Fis. l56. I'anglo PAH' est égal à cel,l,e lat,i -

tude ($ 96). Toutos'les étoiles située s


dans I'hémisphèro BPE', et donb
la dôclinaison esb plus grande quo
l'angle E/AH'' resteront consùam-
men[ au-dessus de I'horizon; toutos
celles qui sonb datts I'hémisphère
opposé, el dont, la déclinaison est
égalernenl plus grande que E'AH',
ou, ce qui est la même choss, plus
grande que EAH, ne s'élèveront
jamais au-dessus de l'horizon. Tou-
tes les étoiles intermédiaires, c'est-à-dire dont la déclinaison es[
plus pel,ite que I'angle BAH ou E'ÀH', quel que soit cclui des deux
hémisphères or) elles se trouvent. placées, s'élèverou[ au-dessus dc
I'horizon, et s'abaissoront au-dessous de ce plan, dans l'espace de
chaquo jour sidéral. Mais I'intervalle de temps compris entre Ie
lover c[ le coucher de chacunc d'elles sera loin d'être le mêmo
pour toutes; le cercle ee' décrir par chaque étoile est coupé par
I'lrorizon HH'en deux portions érll , a'th, qui sont généralemenl
inégales, ot, d'aubant plus inégales que l'éloile est plus éloignée de
l'équateur Eli' : la portion ern, sit,uée au-dessus de I'horizon, esl
plus grande que l'autre portion a'tn, pour les é[oiles situées dans
I'hémisphère EPB', eb plus petite, au contraire, que celte aulrc
portion c'nr, pour les étoiles de I'trémisphère EQE/. C'est ainsi qu'à
/', on voit
i'Observal,oiro de Paris, dont la.latitude estde 48" 50' ,| 4
Ies étoiles de I'hémisphère boréal, donl la déclinaison surpassc
[{'9' 49'l, resler constammen[ au-dessus de I'horizon ; les étoiles
de l'hémisphère austral, dont, la déclinaison surpasse la même li-
mite de &1" 9t &9/', resLerrt, toujours au-dessous do ce plan, e[ par
consôquenl ne sont jamais visibles I enfin, les étoiles donb la décli-
naison esl inférieure à 44 o g' Lgtt., ss lèvent et se couchent chaquo
jour, en resl,ant plus ou moins longtemps au-dessus de I'horizon,
suivant qu'elles sont plus ou moins rapprochées tlu pôle boréal dc
la sphère céles[e.
En allan[ du pôlo de la terre vers son équateur, on verra l'axs
du monde s'abaisser de plus en plus vers I'horizon; le nombre des
ôtoiles qui restent constamment au-dessous de ce plan ira toujours
oE QU'ON ENTENT) pAR LONG. ET LATTT. GÉOGRAPH. {85
en diminuant, tandis que le nombro de celles qui se lèvent et se
couchent ira en augmentant. Bnfin,
lorsqu'on sera en un point de l'équa-
teur de la terre , fig. | 57, I'axo du
monrle sera dirigé dans le plan do
I'horizon I toubes les ét.oiles , sans
aucune exception, se lèveront ef so
coucheront, e[ chacune d'elles res-
tera autant au-dessus do l'liorizon
s
qu'au-dessous. Il esl clair, en effet,
que le cercle ee' décrib par une étoile,
en vertu du mouvement cliurne,
sera coupé en deux parties égales
entr, e'mt,, par I'horizon HH/, quelle
que soit la position quo cette étoile !ig. 157.
occupo dans le ciel.
Ces'diverses circonstances, que présente le rnouvenrent, diurne
dans les divers lieux de la terre, peuvenl être étudiéos, avec la
plus grande facilité, au nloyen d'un globe célesie monté coûlme
I'indique la ligure l'98 (page ,l3?). Il suffil,, pour cela, de donner
successivemenl à I'axe PQ du globe différentes inclinaisons sur le
plande l'trorizon HHr; en faisant tourner le globe aul,our de l'axe
PQ, dans chacune des positions qu'on aura données à cet axo, on
aura I'image du nrouvement diurne, tel qu'ila lieu aux divers poinls
cle la terre, don[ la latitudeestégale àI'angle que fait, la ligne PQ
avecls plan IIH'.
S 99. Ce qu'on entend par longltndes ct tatltodes géo-
graphtques, rlans le cas où I'on regande la terre comDre
n'étant pas sphérique. La définition qui a été donnée des
-
longitudes et latitudes géographiques ($ 95) suppose essentielle-
menb que la surface de la terre est sphérique. Il est donc naturel
de se demantler ce qu'on doit entendro par les mot,s lorrgitudc eL
Iutitude, dès le moment qu'on ne regarde plus la terre comme
ayant exactement la {igurq d'une sphère.
Nous avons dit que la latitude d'un lieu, c'esb la dislancs de ce
lieu à l'équatcur tcrres[re, conrptée sur un méridien, et évaluée en
degrés, minuteset ser:onrles. l\Iais nous avons vu ensui[e ($ S0)quo
la latitude, ainsidéfinie, esL le complémen[ dela dis[anceangulaire
du zénith au pôle de la sphère céleste ; ou bien encore que la lati-
tude est égale à la hanteur angulaire de ce pôle, au-dessus de I'ho-
rizon. Ces derniers rlnoncés sont enlièrenrent indépendants de la
{igure de la terrc ; nous les regarderons désormais comme servant
,l6.
{86 TIGURIi DIj [A TIRRE.
de définition à la latitude géographique d'un lieu. r:,-n sorte que nous
pourr0ns ne plus considérer la terre comme sphénque, sans que lo
mot latiludacesso denous représenter quelque chose deparfaitement
déferminé pour chaquc lieu de la terre ; et la mesure de la latitude
s'eflectucra toujours comme nous I'avons indiqué précéclemment.
De urême r)ous âvons tlit que Ia longitude d'un lieu, c'est la por-
tion de l'équateur terreslre comprise entrc le méridien de celieu
e[ un poin[ fire de l'équateur, poinl que I'on prend lrabifuellemenL
sur le méridien d'un lieu remarquablo, qui serr ainsi d'origine aux
longitudes. Mais nous avons reconnu que cet,te longiturle n'èst aut,re
chose-que I'angl-e compris entre le plan mériclicn tlu lieu que I'on
considère et le plan nréridien du lieu particulior pris pourbrigine
des longitudes. ce dernier énoncé, indÉ'pcndant de la figure d-e la
terre. nous servira désornrais de définition pour res rongitudes géo-
graJrhiques ; et, quelle que soit la fornre qu'affecte la [ôrre, la ine_
suro des longitudes s'effecl,uera exactement de Ia même manière
que si la terre était sphériquo.
$ '100. Équateur, parallèles, méridlennes, dans l,hypo-
thèse orl la terre n'est pas sphériquo. Dans l'h1'pothèse de
- sur sa Àurface une
la sphéricité de Ia terre, nous avons imaginé
série do cercles auxquels nous-avons donné les noms cr'équa,teur,
de TturallèIes et de mërtdiens. Quand on ne regarde plus la terré
comme sphérique, on conserve les rnêmes dénominaiions. ou au
moins des dénominations analogues: nous allons voir à quoi elles
correspondent.
on nomme ëquateur terrestrer la ligne tracée sur la surface de
la terre, qui passe par tous les points dont Ia latitude est nulle.
On nomme de même parallète lerrestret une ligne'qui passe par
tous les points qui ont une même latitude.
Les pdles de la terre sonb les doux points dont la ratitude esi de
90 degrés.
Enfin, on nomme mërtdienne, une ligne qui contient tous les
points qui ont une mêms longitude. Dans Ie cas otr la terre était
regardée comme sph_ériquo, il n'y avait pas d'inconvénient, ainsi
que nous I'avons vu ($ g4), à emplover le mot mériclien pour dési_
gner-, soit lo_plan mené par la vcrticale d'un lieu et l'axo du moncle,
s-oit le grand cercle terrestre passant par ce lieu et lesdeux pôles
de la teme ; mais il n'en efit, pas été de même, si I'on avait conÀervé
le même mot pour- l'appliquer à la ligne menée par tous les points
qui ont une même longitude. c'est pour cela que le mot, mërid,ienne
a été adopté pour désigner cette ligne. Les plans méridiens des di-
vers lieux situés sur une même méridienne ne formen[ pas néces-
MARCHE A SUIVRD POUR DÉTERM. I,A FIG. DE TA TERRE.
sâirement un seul et même plan ; ils sont seulement parallèles enr.ro
',87
eux, puisqu'ils sont tous paralleles à I'axc de rotation de la terre,
et qu'ils fonb un même angle avec re mérirlien tiu lieu qui sert cl'ori-
gine aux longitudes.
-. on peut se fairo une idée assez ne[te de la forme qu'affecte une
ligne méridienne sur la surface de ra terrc , par les cànsiclérations
suivantes. Imaginons clue I'on circonscrive à Ia surface de la tems
un. cylindre do.t les génératrices soient perpendiculaires au plan
méridicn d'un lieu
_particulier A, frg.a 5g.'ce cylinrlre toucheru la
tene tout le long d'une ligne r\BC,
qui ne sera autre chose que la mé-
ridienne du point À. Hn etÏet, si I'on
mène parun point quelconque B de
catteligne un plan parallèle au plan
nréridien du point A , c'est-à-dire
pcrpen diculaire aux génératrices du
cylindre circonscritl ce plan scra
parallèle à I'axe de rotation tle la
terre, et, de plus, il contiendra évi-
Fig. { 58.
demment la verticale du point B :
donc ce plan sera le méridien du point B. II en résulte que tous res
plan's méridiens des divers points de la ligne ABC, soni parailères
à celui du point A, c'es[-à-dire qu'ils sont parallèles entie eux, et
qu 'en
en conséquence la ligne ABC es[bien une méridienne.
(Jn aura de mêrne une idée de la forme de l'équateur.
e circon-
équateur, en
scrivant à la terre un cylindre donû les génératric-es soient parallèles
à I'axe du monde. L'équateur sera la ligne de con[act de cô cylinrJre
avec la surface de Ia terre.
$ 'l0l . Marehe à sulvro ponr détermlnen la ûgure de Ia
teme. Il nous est, impossible d'effectuer des opérations autre-
ment que - sur Ia surface de la terre, ou au moins à une faible dis-
trnce de cette surface, telle que nous la comprenons ($ 93). C'es[
donc uniquement par des opéra[ions de ce genre que nous tlevons
étudier la surface de la teire, pour en détenrninôr la forme. Ce
qu'il y a de plus simple et de plui naturel pour cela, c'est do cher-
t;her de quelle manière varic la courbure cle cette surface, d'un lien
à un autre ; car cle la connaissance des diverses courbures qu'ello
présente, nous devoris pouvoir déduire, sans difficulté, celie des
parties plus ou moins plates ct des proéminences plus ou moins
prononcées dont elle est formée.
. l\{ais ce n'estpas avec cecaractère de généralité quo la question
s es[ présenf,ée tout, d'abord. Les considérations théoriques qui ont
t88 FIGURE DE I,A TERNE.
fait, dire à Hu-vgens et à Newton quo la terre n'est, pas sphérique,
les on[ conduits en même temps à annoncer que la surface de la
terre doil avoir la forme d'un e/llipsordo tle rëuolutiott, aplati dans
le sens de la ligno des pôles. On sait que I'ellfp.se est la courbe que
I'on décrit en faisant, glisser la pointe d'un crayonC, fiU.'159, le
long d'un fil I,'C!", dont ltls
deux extrémités sont fixées
en F' ei err F', en ayant soin
que ce fil soit constamment
tendu par le crayon. Lesdeux
points {ixes }-, F' se nomment
A les fouers de I'ellipse ; la
ligne AA', qui passe par les
deux foyers, est le granil ane
de la courbe; le poin[ O, mi-
lieu du grand axe, ou de la
distance FF'des deux foyers,
cst le centre de I'ellipso ; la
ligno Btst, menée par le centre O, perpendiculairement au grand
aie ÀA', en est le ltetit aæa. Si I'on imagine que I'ellipse [ourno
autour de son peti[ axe BB', elle engenclrera une surface à laquellc
on donno le nom d'ellipsoId,e de rëuolutittn aplati. Telle estlaforme
ou'Huvgens et Newton aT,tribuaionl à la surface de la terre, on
iioutairique le potit axe de I'ellipse, c'es[*à-dire I'axe autour duquel
la courbe'a touiné pour engendrcr la surface, était, précisément la
ligne des pôles do la terre. Les mesuros que I'on effectua dès lors
srir la surfàce de notre globe n'avaien[ donc pâs pour objet de cher-
cher quelle était, la forme ds la surface de la terre, sans rien pré-
juger'sur celte forme; mais elles étaient fait.es unique_menldans le
bu-t ds vérifier la réalit.é des idées émises par c.es deux illust,res
géomè[res, ainsi que de déterminer la grandeur de I'apla[issenrent
dont ils annonçaient I'existence.
La terre étant regardéo comme un ellipsoÏde de révolution aplati,
rlont la ligno des pôles était I'axe, l'équateur e[ les parallèles se
trouvaieni être des cercles tout aussi bien que dans le cas où la
terre erî[ été sphérique ; et les méridienncs n'ét,aient autre chose
que les diverseè posifions quo prend f'eljn-se en [ournant autourde
son axe, pour ongendrer la surface de l'ellipsoîd_e. La- dé[ermina-
tion de la figure de la terre se réduisait donc à la recherche de ltr
fcrme de I'elliPse rn-éridienne.
C'est toujours par la mesure de la courbure de ce[te ellipse, en
divers poinis, que I'on a dt chercher à on déterminer la forme,
I'T\' FI(I' Dii T'À'I'EITRË'' {tig
TIÀIi(:HE A SUIVIiE POUR DÉTERtrI'
a.ltsiQuenousledisionsengénéral'aucolnmencementclecepa-
'b"iï.iriow
::;J:i;Th; mérirlieine de ia terrc a récllenrent son petit
pQ, comm3..l'indique_ la
;'\-e'iilËé";;rrd;il ligne des .pôtes vers l'éq*atour EE'
fiqure,l 6 0, sa.oo*loTo'O?tt être plïs pronon..c
,1ot les Pôles P, Q' Si I'o-n
"u..
riren,l deux ârcs ntrtt', llrt' dc
inêmc longueur, e[ situés à des
clist,ancos différentes dc l'équa-
tour, I'angle mrm" formÔ Par
lcs verticales menées aux eK-
trémités de celui qui en es[ lo
grand
lrlus près, doit être Plus
(tue I'angle analogue ?lstù"
fbrmé par les vcrticitles me-
nées aùx exl,rémités de I'au- Fig. 100.
tre; ou d'aubres termes
, en '
p*, ,r.ii, dans le ,.i.l"ugu du point ?l un flrc cont les vcrticales
ittrOÀ"* fassent entre ell-es le même angle gqe.celle's qui son[
rnenées aux extrémiter a. I'arc rnnr',
il fàut lui donner une lon-
grantle
;;;;ù; grando que celle de I'aro.nrm,, cr rl'auranr plus
tlo I'ttn des pôlcs' Si I'angle tttrrtr' cst' d'un
i"irL*i prtJ topptJ.r,*
dcsré.l'arcntnr,'cslccquel'onnomnlel'arccl'untlegré'Onvoit
ffi;;;;;;i"in t.'* ".i'aplatiene tcr.s les rrôIc1, t'111,1].T'1. degré'
cloit' pas avoir partout.la mêmo
nresuré sur une méridienni,
oronOaot; sa longueur doit augnrenter cons[umment'
il mesure
l.équarour pour so rapprocher clo I'un ou clc
;;b"ï,;irù;;;."
l'autre
-- des deux Pôlcs.
Àinsi, d'après cc qui vienl d'ê[re dit, tout.se rérluit.à
mesurer
ct à comparer
f'o,t- Arin degré en divers points d'uLo méridicnnc'
;;,;";r terîiffO..nts résriltats
puis-
que I'on obticndra ainsi. Et
;ildon, iïvpotfrese ou la terre à lo fotnto cl'un ellipsoïde de révo-
pas
lution, toutes tes méridiennes sout des ellipses :iol*tl]l^n'es[
nécosÉairo que ces clivcrs arcs d'un degré soien[ tous prls' sur uno
nrême méridienne ; on peut les mesrrrei cn dcs points.quelconqtles
delasurfacode|aterre,ets'enservirensuiicabsolumen[de|a
méridie'ne
à une même
niême rnanière qu..;1r-uppartenaient tous
si ces arcs o'un degré sonl, d'au[aDt plus longs qu'ils
tcrrestre.
des Ltituoss élevées, 0n ponrra en conclure
lîrùrpà"aenr à frlus
lcs pôles ; et de
avec certitude que la terre est àn e{l'et aplatie.r'érs
i['un
au, oofours nr,meriques irouvées pour ccs arcs
;Ë; ;;y." calculer la grandeùr de I'aplalissemettt dt
degré, on pourra li-T.i-,:
ioot ullont voir maintettant par quels lllo)'ens oll arrlve a
{90 FrcuRE DD LÂ t[:RIt[.
mesurer la longueur d'un arc d'un degré pris sur unc niéridicnnc.
$,102. lllesure ilun are dun degré, prls sur une méri-
dlenne. La terre étant toujours à peu près sphérique dans son
ensenible,- malgré I'aplatissement donl nous voulons constater
I'eristence, la courbure cl'une méridienne lerresl,re ne change
pas beaucoup d'un point, à un autro I en sorte qu'on peut, dans dc
ôertaines limites, regarder la longueur d'un arc de méridienno
comme étant proportionnelle à I'angle fonné par les verticales me-
nées à ses extrémités: si, dans ces limites, on prend en uD mônte
lieu un arc double ou triplo d'un autre, I'angle formé liar ses verti-
calos extrêmes sera double ou triple de celui formé par lcs verficales
extrêmes de cet autre arc. Si donc or a mesuré la longuettr d'ttn
arc de méridienne, et qu'ott ai[ dé[erminé l'angle fornré par lt's
verticales menées aux extrémités de cet arc, il suffira de diviser lil
longueur de I'arc par la valeur dc I'angle cxprimé en degrés e[ frac'
tions de degrés, pour avoir la longueur de I'arc d'un degré corres-
pondant au lieu ou l'opération a été faite.
La détermination de I'angle formé par les verticales menées aur
ertrémités d'un arc de méridienne no présente pas la moindre dif-
ficulté; car, dans I'hypothèse oit I'on se place que la surface de la
[erre esf une surface de révolution, cel angle est évidemmeut la
différence des airgles que les deux vercicales font avec I'are du
monde, et par conséquenb la différence entre les latiturles des deux
extrémités de I'arc. Il ne nous reste donc plus qu'à faire voir par
quels moyens on peut mesurer Ia longueur d'un arc de méridienne.
S | 03. Cette mesure pertt, dans certains cas exceptionnels, s'cf-
fectuer directement sur le sol, au moyen d'une règle de longueur
connue quo I'on porte successivement sur les diverses parties do
l'arc. C'est ainsi qu'en ,1768, les astronomes l[ason et Dixon par-
vinrenb à mesurer par ce procédé simple un ârc de méridienne d'une
longueur totale de 538 078,39 pieds anglais (le piecl anghis vaut
0n',305), sur la limite des Êtats de Pensylvanio et cie nlaryland,
dans une presqu'Île située entre les embouchures des rivières
Chesapeak, Fotomack et Delarvare. Mais cette mesurs n'et pas pll
s'effecl,uer sur un seul arc dirigé dans toute son étendue suivant la
méridienne du point de départ. La longueur mesurée s'est composée
en réalitéde quatre arcs différents AB, CfJ, Eli, F'G, fY.46'1. Les
trois premiers, dirigés chacun suivant une méridienne spéciale,
ont, éÉ choisis de telle manière que les latitudes des extrémités B
cù C fussent les mêmes, ainsi que celles des extrémités D et E ; en
sorte quc la somme de ces trois arcs était égalc à I'arc AIr/ do la
prcmière m(:ridienne, termin(:e au parallèle dtr point F. Le quatriène
''. -:tF-_ -

ursunri r)'uN AItc u'uN oEcnÊ. {g{


arc ltG ét,ait dirig'i obliquement par rappor0 au prolongcnrent cle
I'arc EF ; mais la connaissance de I'angle qu'il formait, avcc ce
prolongement a permis d'en conclure la longueur
FG'/ de I'arc de méritlienne partant du point, F, ct, o, Fis. t6l.
aboutissant au parallèle du poin[ G : cet, arc ]'G",
--f
égal à li/G', a dir êrre ajouté à la somme des rrois I
arcs À8, CD, EF, pour fournir I'arc total .{G' ds I

la mérirlienne rlu point A, compris entre cc point ct Bl.--rc


le parallèle du point G. C'esr cet arc AG/ qui a été i I
trouvé égal à 538 078,39 pieds anglais. La latitude i I
t
du point A élait dc 39o 56t 4\tt; celle du point G/, u]j--p---iu
la même que celle du point G, était de 88. 27'g&tt: i I
la différence de ces deux latitudes, c'est-à-dire I'an- i I
gle des verticales des deux extrémités do l'arc r,i------.ir
"\G',
étaif donc de 4"28/ /*5tt,ou,lo1L7g167.En divisant i l\
ô38078,39 par'1, t*79 l67,ontrouuu3637?rl piecls i i\
anglais pour la longueur de I'arc d'un degré corres- i j\
pondant à la région dans laquelle I'opération a été .i i\ .

effectuée. d,,____--d[. d
On comprendra sans peine que la mesure d'un arc
de méridienne ne peub pas être pratiquée partout con)me nous ve-
nons de le diro. On doit même être surpris qu'il ait été possible do
l,rouver une localité convenable pour exécuter I'opération dontnous
venons de parler, dans une aussi grande longueur. Les inégalités
de la surface du sol, les cours d'eau, les fo-
-.
rêts, sont autant d'obstacles qui coniribornt Fis' 169' *
à rendre une opéralion de ce genre imprati- ,/ l\
cuble sur la presque totalité de la surface do / i \
la terre. Ausiiu-i-on dû avoir recours à un | \
-,/
aulre moyen, qui puisse être employé par- "ç==--.|3.--\
tout; nous allons expliquer en quoi il con- \ I ?1a
siste.
$
,l04. Imaginons que I'on veuille [rouver
la longueur d'un arc de méridienne partant
du point L, fry, 4 62; et que I'on ait choisi,
tlans le voisinage des lieux oir I'on .quppose
que cet arc doit passer, des points B, C, D,... tt
placés de manière à pouvoir être aperçus de
*
loin. Ce serontr par êKemplc, des somrnebs
tl'édifices élevés tcls que des clocherÈ, ou des signaux arùificiels
installés sur le haub de certaines collines. Concevons en outre que
lcs tlivers points A, B, C, D,. ... soient joints les uns aux autres par
'192 rICiLjltD Dli LA 't'[ltliu'
des lignes droitcs, de rnanièrc a former un réseau de triangles,
à

traveis lequel passe la nréridienne du point A '


Si I'on ôonnàissail tous les côtés eb tous les angles do ces divers
triangles, ainsi que l'a5gle lormé par la méridienne Lmn,... a1eg
le côi'é AB, on ed conclurail facilernent, soit par rlne construction
gdoméf rique, soiI par un calcul trigonourétrique, .les longu-eurs rles
iiiro.rrr lrorfions Ant, nnt,, tlp,...de cette méridienne. En cfïet,
dans le trianglc ABnr, on connaltrail, le côté AB, et les doux angles
acljaccnts B.{"nr, ABna; on en c.oncluraib le côté Ànr._qui forme la
prànrière portion de la méridienne, e[ en outro le côtô Bnr. et I'angle
h,n.\. Dans le triangle nr[)n, on connaîtrait le côté Cnr. qui est la
{i{Iércncs entre DC c[ Bnr, e[ les deux anglos adjacents nrflrl,
Clnr, lc scconrl de ces angles étant égal à I'angle BnrA déterminé
précérlentnrenl ; on en conolurait le côté nrrr, qui folqe^la deuxième
portion de la méridienne, ef en mÔme temps le côtô cn ei I'atrgle
Ln,n. De la même nranière le triangle Dnp feraib conttaitre Ja troi'
sisnre por[ion np de la mérirlienne ; et en cont,inualt ainsi on a1.ri-
verait à dé[erminer les longueurs de toutes les par[ies de la mÔri-
clicnrre du point A, comprises à I'intôrieur des divers triangles dtt
r'éseau.
Il est aisé cle voir qu'il n'est-pas nécessaire de mesurer directe-
ment les trois côtés ei les trois àngles do chacun des l,riangles qui
composcnt le réseau, potlr pouvoir opérer comme nous venons de lc
dire^; il suffit dc rer,r.er ['ous Ies angles, _oi un seul côté que I'on
désigne spécialenrtrnt sous le nom de bnse . Supposons, en cffet' que
ÀB loit ie côté que l'0n a mesuré. Le triangle ABc est entièrc-
nrent connu, puisqu'on connait, un de SeS cô[éS e[ SeS trois angles,
on peur clo,ii cn ôonclure la longueur de clracun des deur autres
côte's Àc, BC. De même la connaissance des trois angles du triarl-
gte BCD, ot clu côté BC qu'on vien[-de trouver, P!r]ne!ie déter-
ri,,u. la longueur de chacun des deux autres côtés BD, CD' Et'
ainsi, de proclio cn p'roche, on parvienrlra à connaitre les longueurs
cle tous làs côtés dû réseau de lriangles, tout aussi bien que si on
les avait, mesurés directement. Si, au lieu du côt'é AB, on avaitme'
suré un auLrc côté, pris n'importe or\ dans le réseau de triangles,
on en déduirait d'une manière toul à fait analogue les longueursde
tousles autres côtés. On comprend toub de suite combien cette cir-
consl,ance donne de facilité pour la détermination de la longueur d'un
arr; de méridienne : il seràil presque toujours impossible de me-
surer directement les longueurÀ cles clivers côtés du réseau de trian-
gles ; tandis que, n'avanfà mesurer t1u'un seul de CeS côtés, on pet:t
i'oujours dispôser le iéseau de telle rnanièrs que cette opération se
tflESuRE t)'uN ÀRc D'u$i ])u(iltÉ. 193
fhsse sans difllculté. ll suffira pour cela dc choisir deux cles sonr-
me[s des triangles de telle manière que le terrain compris entrc eur
sc prête sans peinc à la mesure de la distance qui lcs séptrre. QuanI
à la mestrre des angles, elle s'effectuera au ntoycn dlun ccrclc'ré-
pétiteur, ou d'un théodolite , que I'on installer.r successivement à
chacun des sommets dos triangles.
Pour ne pas compliquer toul d'abord I'exposti de cettc nrôt,hcdo
de triangulation, nous avons regardé implicitenrcnI les sommels
A, B, C, D, 8,.. .. comme se trouvant sur la surfacc rnême dont nous
cherchons la figure, c'es[-à-tlire sur la surface des mers prolongôc.
ll n'en est pasréellement ainsi: Ies points A, B, C, D, It,..... son[
plus ou moins élevés au-dessus de cette surface: ce qui fait que les
plans des triangles ABC, BCD, CDE,. ... sont généruloment irrclirrés
les uns d'un côté, lesautres d'nn autre. Aussi ne considère-t-on pas
ces triangles eux-mêmes. Par chacun des somrnets A, B, C,.....
fig. 4.63, on imagine une verticale qui va rencontrer la surfaco des
rners prolongée en un cerfain poinb; les
points a,, b, c,. . . . . ainsi obtenus, déter-
minen[ sur cette surface une série dc
triangles abc, hcdr... donc chacun cor-
respond àl'undes triangles ABC, BCD, . . .
CesontcesnouveauxtrianglesaDc, bctl,,. . .
quel'on considèreexclusivement I ebc'esI Fig. { G3.
à euxquedoivenI se rapporter les raison-
nements qus nous avons faits précédemmenl sur les triangles  BC,
BCD.... Ce sont aussi les angles eb un côtô cle cesnouveaux [nan-
gles que I'on a besoin de connaltre par des rnesures directes, pour
pouvoir en conclure les longueurs des diverses por[ions de la mé-
ridicnne, comprises à leur intérieur. Or, ces angles et ce cô[é so
déterminent, facilement par des mesures faites à la surfuco rnôrno
du sol. D'une part, il est aisé de reconnaltro que I'un des angles
d'un triangle quelconque àcd, pris sur la surface rles mers prolon-
gée , I'angle dont, le somme[ cst li, par exemple, n'es[ autre chose
que I'angle compris entre les plans verticaux menés par les deux
côtés BC, BD du triangle correspondant, pris sur la surface du
sol; en sorte que, étant installé au point B avec un instrument con-
venablo, on mesurera, non pas I'angle CBD, mais I'angle formé par
les plans verticaux qui passent par les côtés BC, BD ; nous avons
vu ($ A5) que le théodolite est éminemment propre à cette mesurs.
D'une au[re par[r la mesure directe, surla surface du sol , del'un
des côtés du réseau do triangles qu'on v a disposé, du côté AB, par
exemple, pris conrrne basc, perrnet de trouver la longueur du côté alr,
tl7
. ;r-

{0û FIGURE DE tÀ TÊRR[.


qui lui correspond dans le réseau tracé sur la surface des mers
prolongée; la base AB, ayant été mesurée sur un sol horizontal ,
comme on le pratique habituellement, peut être regardée comme
un arc de cercle dont le centre est le point de rencontre des verti-
cales menées à ses deux extrérnités A eI B: le côté correspondant,
nô esl également un arc de cercle do même centre , et compris
entrc lesmêmes rayons : I'excès de AB sur où sedéduit facilement,
de la connaissance préalable et approximalive du rayon de la terre,
que I'on prend pour le rayon de I'arc ubreL de la connaissancede
la hauteur du côté AB, au-dessus de la surface des mers, obtenue
à I'aide d'observations barométriques. Si l'on n'avait, aucune notion
prealable sur les dimensions de la terre , on pourrait, darrs une pre-
mièrr: approximation, prendre la longueur dc la base AB commo
ôtant celle du côté ab, qui lui correspond sur la surfacs des mers
prolongée ; sauf à revenir ensuite sur les déterminations effectuées
d'après cette hvpo[hèse, lorsque la longueur du ra]'on de la terre
aurait été obtenue approximativement par suite de ces premières
déterminations.
Lorsqu'on cherche la longueur d'un arc de méridienne par le
moyen d'une triangulation, en opérant comme nous venons do le
dire, on connait bien le point de départ A de c:et arc , fig. ,l 62 ; mais
9n ne sait pas où est situéo sa seconde extrémité r. On pourrait
bien , il est vrai, après avoir déterminé, conformément, à ce qui pré-
cèdo, la longueur de la portion Fr du côté FG, chercher sur le sol
en quel lieu se trouve le point r I mais , outre que cette recherchc
présenterail souvent de grandes difficultés pratiques, il arriverait
souvent aussi que le point r ne serait pas placé favorablement. pour
qu'on pfit y installer un instrumenI tel qu'un cercle répétiteur ou
un théodolite. On a cependant besoin tle connaitre la la[itucle du
poin[ r, aussi bien que celle du point A, pour en déduire I'angle
compris entre les verticales menées par ces deux points ($ 4 0Z).
Pour y arriver,on observe les latitudesdes deuxextrémités'F, G du
côté sur lequel est situé le point r I et I'on en concluI facilement la
latit,ude du poinb r, par la connaissance qu'on a des distances com-
prises entre ce point r et les deuxpoints F, G: car, vu le peu de
longueur du côté FG, relativement aux dimensions de la terre, on
peut admettre qu'en allant de F en G, le long de la ligne FG, la
latitude varie proportionnellement au chemin que I'on a parcouru
sur cette ligne.
$ 4 05. Mérldlenne de France.- Le meilleurexemple quo nous
puissions donner de la mesure d'un arc de méridienne par le moven
d'une trirrngulation; c,'cst I'opératioh qui a été exécutéeon France,
' .Ï:'".:-'-

}TTiNIDIENT{E DE FRÀNCE. {95


à la fin du siècle der-
nier, par les astronomes
Delambre ef, lléchain.
L'arc qu'ils ont mosuré
a son point do départ à
Dunkerque, traverse la
lirance 'dans sa plus
grando longueur, du nord
au sud, et se termino cn
Espagno, près de Barcs-
lone. pil.ri"f
La fr9.4 64, représen- (pa,illÉn,
tan[ une partio du ré-
seau de triangles qui a
servi à cette opéralion,
peut donner une idée de
la grandeur des triangles
&ràe
employés. Cotte portion
do réseau, dont le Pan-
thôon de Paris forme un lù,u;aanl
des sommets, contient le c
côté qui a été adopté \
pour servir de base à la
triangulation. Celle base
a été priso sur la rou[e
qui va de Melun à Lieu-
saint , routo dont Ia
grande régularité se prô.
[ait, très bien à la mesure
directe d'une grande lon- frtfr
gueur.
Quatre règles de pla-
tine, de chacune deux
toises do longueur, onl
été successivemenl por -
tées à Ia suito les unes Fig. | 64.
des autres, sur la ligno
à mesurer. Ces règles ne
reposaient pas directe-
men[ sur le sol; elles
étaient portées par des elpfiIton
pièces de bois bien tlres- 6iis conutun
196 r'I(;uRE I)E LA 'rrnng.
sées, que I'on posait sur des trépiecls à vis, destinés àr les maintenir
duns une position convenable. Chaquefois qrrc l'on plaçait une de ccs
règles à la suite d'une au[re, on avait soin de ne pas étahlirdecontact,
entre leurs exlrérnilés; l'établissement. dc ce contacb auraiI presque
loujours été acconipagné d'un lirgor clroc qui auraib pu dérangel la
1Èrgle déj a installée. Pour mcsurer I'in [err'àllo q ui restait, airisienùre les
deux rrgles, on sc servuit d'une languette u, frlJ, 'l 6S, adaptée à l'ex-

Fig. '165.

trémité antérieufe de chaque règlo, el nrobile cntre doux coulisses


à I'aidc d'un bouton b, que I'on faisaiI tourner sur lui-même; cette
languot,tc était graduée, et un t'ernier, tracô sur larèg-le, petme[tait
tl'évaluer de très petiles fracLions do sos divisions. Le sol ne pré-
sentant pas partoub une horizontalitt! parfaite,on était obligé de ne
pas placer lô.r r.ègles horizonlalemeni, aûn rie pouvoirles disposcr
ioujours à peu piOs
-
tr Ia môrno hauteur aurtlessus du sol, pour la
corirmodi té' dcs opérations ; ntais on mesurait, I'inclinaisott de cha-
rlue règlc à I'rridc d'un rriveau qrri est reprôsenté .ici, {ig. -4 66, et la
connaissance de cetts in-
clinaison permettai[ de
calculer Ia quantité dont
on devail diminuer lir
longueur de la règle, v
conrpris la por[ion tle Ia
langue tte qui faisait sail-
lie à son ertrénrité, pour
Irouver la distance lro-
rizon talc comprise en[rc
les vert icales menées par
ses dcux extrémités. [,4 dispos:tion tln niveau est très simple.IJnc
alidade oôc, mobile aolour du poin[ (1,, porte en son milieu un ni-
veau à bulle d'air à, et est, muttie d'un indr'x et rl'un veruieràsou
extrénrilé c, qui se meut lc lortg cl'un arc de cercle gradué; lorsque
le niveau s'appuie suu I'une des règles par les parties d, d, on faic
mour'oir I'ulidade autour du poinb a, jusqu'à (re que la bulle d'air
en b occupe lo milicu du lube qui la renfernte, et I'inclinaison de la
regle est indiquée par la position qu'occupe I'index rle l'alidade sur
l'arc de cerclt-. gradni.. llnfin, les variations de température occit-
lrÉnTDIHNNE I)E FnaN(lIt. 'l9i
sionnant des variations correspondantes danS la longueut'tles rc\gles,
on avait soin de noler la ternpéralure de chaque règle, chaque fois
Clu'on observait son inclinaison et, la longuetrr de la partie.saillanic
rie sa langueltc, afin de pouvoir ramener l'indication de la longueur
[otale deie[te règle à Cc qu'ellc eût éÉ si la ternpérature s'étail
conservée constamnrent égale à celle de la glace fondante.
tsn opéranl avec le plus grand soin, conformémen[ à ce que nous
venons de dire, on trouva que la longueur totale de la base, com-
prise entre Melun et Lieusaint, él,ait de 60?5',98, La haut'eur
moyenne de la base, au-clessus du niveau de la mer, ébant cl'envi-
ron 4l loises, on en a conclu que Sa longueur devait êlre diminuée
de 0',08, pour être réduite au niveau d-e lir nrer ($ l01r) ; la lon-
gueur de la base, ainsi réduite , était donc de 60?5',90.
Les angles dc tous les triangles du réseau ont é[é mesurés att
moyen d'rin cercle répéliteur (S i8). La figure 74 (page ?6)reprt!-
sente préoisément I'ipstrumetit qui a été employé à cette mesure.
I\[ais nous savons que ce ne sonb pas les angles des triangles formés
par les sontmets clioisis sur la surface du sol, quo I'on a besoin dc
ionnaltre; ce sont les angles des triangles qui leur correspondent
-prolongée
sur la surlace des mers ($'10{'). Àussi, la mesure de
chaque angle, sur la surfaïe du sol, a-t-elle ôtê accompagnée de la
mesùre de1'angle quo c|acun cle ses côtés faisait avec Ia verticalo
du lieu où l'on étaif instatkl. La connaissance de ces deux derniers
angles a permis de calculer la petite correction qu'il fallait apporter
au'-premier, pour qu'il devienne I'angle corrcspondant pris sur la
surflace des mers prolongée.
conpaissanb ainsi l,ous les angles des divers triangles du réscau,
e[ la longueur de la base do ]telun , on r pu calculer les lon -
gueurs dà tous les aufres côtés dn réseau, ainsi que les portions
àe la rnéridienne de Dunkerque, qui étaient comprises à leur inté-
rieur ($ | 04).
Les longuâurs des divers cô[és sedéduisanl les unosdes autres,
par des calculs successifs, il était impor[ant de vérifier à la fin si
ies dernier,s résultats étaienI bicn exacts, soit pour s'assurer qu'il
n'y avait pas eu de faute commise dans cetto longue série de calculs,
soit pour se faire une idée 1]u degré d'influence que les très pelitcs
erreurs, inévitables dans la mesure des angles, pouvaient avoir Sun
ces derniers résulta[s. À cet effet, on mesura directement une se-
conrle base près de Perpignan, c'est-à-dire vers I'extrémité sud de
la série cles triangles. La longueur de ccttc secoltde base, rétluitc
au niveuu de la mer, a été trouvée de 6006',25. En comparanù la
longueur ainsi obtenue à celle de cette même base, déduite des
t7.
{9ti p;(;URE DË r,A TriB.R[.
calculs successifs dont nous venons do parler, 0n n'a trouvé ontrc
les deux résultats q.'urre différence de I ô poucâs g lignes (0,',2tg1.
une différence aussi farble sur une longueur de plus ito o ô 0 0 toiscs
a lieu de surprendre, strrtout si |on friit attcntion à la srandedis-
tance qui stipare la base do }Ielun de coile de lrerpignai, ,li.tan.o
cryi de plus de 450000 loises. cet accorcl adrnii'able , entre le
-est
résultat, du calcul et la mesurc directe rre la seconde hasc, montre
combien toutes les opérations avaient étdr exécutée.s ar.cc soin.
La longueur totale de I'aro de méricrienne , ainsi mesr.rrde der-
q"i:..?ll\gr_qug jusqu'au forr de Itonrjouv, près llrrcolono, es[
de 55'|s83t,6. La latitucle de I'cxtrônrita rioiti de cet arc cst rjo
If "?'8',,5; celle de I'extrémitô sud est tle 44 nLlt Lg,t,6: I'anglc
{ornré par les velticales menées à ces deux exrrérnités esr dôiro
de 9o L\t 2,1" ,9 .

S J-q6. Résultate des dluerses mesurea. Des quc


considérations théoriques eurent conduit Huygens - et, Nclvtondesà
annoncer que Ia surface de la terre n'était pas sphéric1uo, mais
qu'elle était aplatie vers les pôles , on entreprit dôs nr...o..* *u,
cette surface, afin de vérifier les indications fournies par la théoric.
f-_es
premières opirrations de ce genre furen[ effectudbs en Frilnce.
nlais lo résultat de ces opérations étail loin d'être aussi concluant
gu'on I'ett désiré : la faible différence de rongueur de I'arc d'un
degré, pris au nord et au midi de la France, sJtro.rvait compléte-
Tgnt _rlalqqée pa1 les erreurs inévitables des observations. Aussi,
l'Académie des sciences prit-elle le parti de faire mesurer deux arcs
cle méridienne, I'un vers l'équateui, I'autre re plus près possiblo
du pôle boréal, ces mesurei, effectuées cl'une part àu pérou par
lguguer et la condamine , d'une autre part dans la Laponie par
clairaul,, outhier et Maupert,uis, ne laissèùnt prus aucnn cloute sur
la. ques[ion. L'arc de d " àvant été trouvé notabrement, plus petit
au
Iérou que dans Ia Laponie, la réalité de Iapratisrn*.rir de la torre
fut compléterncnt mise en évidence.
A la fin du dernier siècle, Iorsque I'Assemblée nar,ionale voulnt
fairo adopter un systèmc uniforme rie poids ct mesures rlans toute
la France, elle décirJa quo I'unité de Iongucur, qui devait forrner la
base de ce nouveau système cle poids e0 mesurôs, serait prise dans
un rapport, sinrple avec les dimensions de la terre: elle ordonna, en
conséquence, qu'0n procédât à une mesure aussi exacte quo possitrle
de.ces dimensions, pour en déduire ensuite la grandeuitle la nou-
velle unité de longueur. c'es[ en exécution des oidres de I'Assem]ilée
nationale, que Delambre et Méchain effectuèrent la mesure cle I'arc
de méridienne compris entre Dunkerquo e[ Barcerone, mesure sur
RÉSULT.A]s I)Es DIV[nS[s,UEsURIis. {99
laquelle nous av.ns donué querques détails dans re paragraprre qui
yrrdlcède.Depuis, on a mesuié oncore deux arcs de ia
mémÀ nréil-
tlienno, dont I'un, situé au nord, s'étend deptris nunkerque jusqu'au
parallèle de Grcenwich, et I'a_utre, au sud s'étend aepuis Barco-
,
Ione jusqu'à-la petite lle de I'ormcnt,eral la mesure clô ce dernier
arc a tité effectués par MùL Biot et Arago.L'ensemble de ces trois
opdrations a donc lburni la longueur.de'ioute la partiocle la méri.
tlienne tle Dunkerque, conrprisc entre les paralrèies de oreenrvich
cI de l"ormentcra: cet arc de méridienne, dont les verticales ex-
trêmes font entre elles un anglo do ,l Z" 4g, A6l,,g, est lo plus grand
qui ait été mesuré.
ce grand arc suffit, lui. seur, pour indiquer quo ra terre
-à ss[
réellemont aplatie vers..les pôtes..vôici , en ofl'et , les résultats q''il
fournit, qÏanq on le clivisô en six portions, ot c1u'on détermine ra
longueur de I'arc de 4 " pour chacur,e de ces six portions c.mmg
nous I'avons expliqué précédemment ($ 4 09) : ' - ,t

ll
LAÏTUDES
NOMS DES STATIONS. I rlrorcslirîs. I
TONGUEUR
pB I'anc nu 4.
i I

Formentcra.
Itlontjouy. 40' 0' 50,' uo g55t,3g
Carcassonne. 49 r7 2t) 56 960 ,.tr6
Evaux . . &4 4l 49 56 977 ,36
Panthéon. 47 30 46 5? 069 ,31
Dunkerque . . ., 4g 50 2g 57 087 ,68
Grecnrrich . 5{ t5 25 57 097 ,{ig

onvoit, par ce tableau, que la longueur de I'arc do r" es! d'au-


tant plus grande.que la latitude comoipondante esl plus élevée, ce
qui est' le caractère auquel nous avons dit qu'on devàit reconnaltre
l'aplatissement de Ia terre. I\fais cette augmentation de Ia longueur
dc l'arc do n, à mesnre.qu'on.s'éloigne tre-l'équateur tcrrestre, pour
-4
se rapprocher de I'un de-r pôles, esI encore bien plus miso en-évi-
dence quand on compare entre eux les résultats' fournis par les
opérations de France et d'Espagnc, rlu pérou, cle la Laponie, et
d'autres localités encore, oir des opérations de même grn.. ont, été
exécutées. C'est ce que montre lelableau suivant:
200 FIGURE DE I,A TDNNE.

TATITUDES LONGUEUR
NOTIS DES LOCALITÉS. 'IttOIElir*ES. DE L'ARC DE {"

Pérou,. l" 3/1,' L" 56 730"81


Inde . t2 32 9t 56 7(lg ,30
Frnrtcc ct Espagne 468û 57 024 ,Gd
Anglelcrre 59 220 5.i 06ti ,0(i
Lapouie . 0û 20 {0 57 19û ,l{i

s t oy. Il ne suffit pas d'avoir constaté I'aplatissement de Ia terre,


pail'augrnentûtion qu'éprouve la lgngueur de I'arc ds '1" à mestlrc
qo'on s'àoigne de l'equaieur.ll faut encore cherchersiles résullats
,i., n,ururul effcctuéei s'accorden[ à indiquer quo la terre a bien Ia
forme d'un ellipsoide de révolution ' c'est-à-diro si l'accroissemerrt'
de longueur dôs degrés, en allant de l'équatexr au pôle, suib bien
la lbi q"u'il devrait suivre dans le cas ou les diverses méridiennes
de la tirre seraienb toutes des ollipses égales entre elles.
pour y arriver, prenons les lorigueurs de deux arcs de 'l " com-
pris clani le tableau qui précèdo, par.exemple cellcs des arcs du
béroo et de l'rance. ia cônnaissanôe de ces deux arcs, e[ des lati-
iudu. un*quelles ils correspondent, suffitpour dé.terminer la forme
de I'ellipse méridienne de la terre, dans 1'hypothèse où.la, terre au-
raitréellelnent la figure d'un ellipsoide de révoluliorr' Il n'existe ert
n,
àffef qu'une seule elilpser pour laquelle les arcs de 4 correspondanI
at,s latitucles dont il s'agit, aient précisément des longueurs égales à
celles qui ont été trouvles. Eniffectuant la détcrminabion de cette
ellipse, par desnroyensque nous ne pouvons indiquer ici, on trouve
qod ron'.tumi-grand a"e, ou lo ra.von de l'équaleur terrcslre, doiI
dtre égal ir :] gif 985r,.33; et que lu différence entre ce demi-grand
o** oilc tlerni-petit are. c'esi-à-dire entre le rayon.deJ'éqrrateur
et,celui qni va à l'.,n dos pôles de la terre, est_ésale à 40 631t,'l4.
Èn sorte'que le rapport qùi cxiste enlre cett,e différence et Ie clemi'
grand a*e, rappoit que I'on nomme I'aplatissenen1, a pour va-
leur 31{;t-7.
Pre"n"onô maintenant deux autres arcs de 11
", colui de France et
celui de Laponie, e[ opérons de même. si la terre a bien la figure
d'un ellipsoide du révoiution, nous dcvrons t,louver les mêmes ré-
sultats. ôr, nn etfec[uant la détermination do I'ellipse méridielrne de
la teffe au moyen de ces deux nouveaux ArcS' On trouve que le
demi-grand a"ô de I'ellipso tloit êtrc égal à 327.7 149',2!L; que la
différJnce cntre le 4srni--grand axe et le demi-peti[ are doit être de
I rf Z g O', gZ ; et qu'en cons?quence I' apl atissemen[ es[ égal à -r,,f-"-6'
NÉSUII]A'I]S t)ES I)IVDIISES I\IISURES. 2O'1

Cettc deuxièmo combittaison ne fournit pas les mêmes nomtrres


quo la première. Il en serait de nrême enooro si I'on déterminait
los dimensions de I'ellipse méridienne de la terre par d'aulres corl -
binaisons des divers résultats contenus dans le sccond des tableaux
ci-dessus. On est obligé d'en conclure que la surfaco de la terre n'a
pas exactement la figur.e d'un ellips6Ïde de révolution : car les dif-
férences qui existcnt entre les diverses valeurs obtenues pour lo
demi-grantl are et pour I'aplatissemcn[, tout en n'étant pas trcs
consid?rables , soni cependant trop fortes pour pouvoir êt,re a[tri-
lluées aux emeurs d'observation.
$,l0s.ll est aisé de se rendre conrpte des irrégularités clue
présente la surflàce de la terre, et qui font qu'clle diffère, quoique
l,t'ès peu, de h forme eltipsoïdale que Ia t,tréoric lui assigne- La sur-
face des mers, prolongée ir travers les continents, à laquelle toutes
les mesures sont rapport(res, est parlout clirigée perperrdiculaire-
nreni à la vsrticale, c'est-à-dire à la direction du fil à plomb. Si
r;uelque cause accitlentelle vienI modifier tanb soib peu la clirection
du n[ à plomb en ur] lieu de la torre,la direction de la surfacocles
rl)els se trouvera affoctée par la rnême cause, dans le voisinagc de
ce Iieu , et il en résultera trne irrégularité sur Çe[te surfacc.
Considérons, par exentple , ce qui se passe aur environs d'ttnc
montagne II , f,t. 4 67. Soit AB la direction que prendrait le (il à
plcmb, si la rnontagne
n'oxistait pas. La pré-
Fig. {G7
sence de colte nlorr-
tagne lui fera prerrdrc
une direction un peu
difiirrénte AB'; car,
conformément, à la loi
de la gravitation uni-
versellc, qui a etéde
couver[o par New[on, et dont nous parlerons plus tard, la masse tle la
montagne attire à elle le corps pesant suspendu à I'extrémité inté-
ricure du fil à plornb,'absolumenI de la rrtême manière qu'un aimant
at,[ire un morceau de fer. Ce corps ne peut pâs céder complétement
i\ l'altraction de la montagne, parce que I'attraction qu'iléprouve de
la parb de Ia masse entière de la teme tend à maintcnir le fil à plomb
dirns Iadirecl.ion AB: mais il en résulto [oujours trn léger change-
rnent de direction de ee fil, dans lo sens indiqué. De I'autre côté de
It montagne, en C, lc fil àr plomb éprouvera une déviation en sens
contraire; au lieu d'être dirigé suivani CD, comme il le serait si la
montagne 1\'t n'cxistait pas, ifs'int:line un pelr vers elle, suivant CD'.
202 Frcunu DE rA TERRI.
La surface des mers éprouve en conséquence une déviar.ion cor-
respondant-e I et pour être perpendiculaire aux verticales AB,, CD/,
il fau[ qu'elle présente une ondulation telle q\e ntrnttn,t.
. on voit par_ là que, quoiqu'on ne s'occupe pas des irrégularités
de la surface des continents, dans les mesuies quiont pouiobjet ta
détermination de la figure de la terre, et qu'on rapporte ces mesures
à la surface idéale suivant laquelle la mer se màltrait en équilibre
si ellc pouvait pénétrer partout , ces iruégularités so font cep'enrJant
senlir, par I'influence qu'ellcs ont sur la forme de celte surlaco
idéale. Partout où il existe une chaîne de nrontagnes, la surface des
mers prolongée présente une ondulation correspondante, rnais
beauc.oup moins orononcée. on cornprentl même que la répartiriorr
inégaledes densités des rnatières qui composenr ra croiite erté-
ricurc de Ia terre suffit pour délerminer des inégalités dc ce genrc
sur la surface des mers.
La mesure d'un arc de méridienne effectuée en Italie, par
Nû1. Plana et carlini, fournit un exernple remarquabre de la détor-
rnation qu'une chalne de montagnes peut apporter sur la surfacc
des mers prolongée au-dessous de cettà chalnô. L'arc dont ir s'agi[,
compris entro Andrate e[ Mondovi , est situé près du versant mé -
ridional des Alpes. L'anglc compris enlre les verticales extrômes
est de loTt 27't. La longueur.de I'arc de 4" qu'on en a conclrre est,
9q Sl 687..tojses I ce[ arc correspond à une latitucle rnoyenne de
LL"5'1t29". Si toutes les méridiennes avaienl, la forrne dô I'elllpse
déduite de la conrbinaison des opérations de France et du péiou
($ ,!q?),_l'ar9 de 4o à cette latitùde movenno aurait, une longueur
de 57013 toises: la différence énorme de 67|toises, entre le ré-
sultat de la mesure et celui auquel cette ellipse conduit, tien[ à la
présence de la chalne des Alpes. cette chaine agit par attraction
gy_r_lLt à plomb, à chacune des extrémitcis del'arô rnesurti par
l\[IL Plana et Carlini ; mais son action est beaucoup plus fort'o à
I'extrénrité nord qu'à l'extrémité sud de cet arc. certe aôtion tend à
diminuer I'angle formé par les ver[ioales extrômes de |arc, con,me
on s'en rendra compte sans peine: et, par conséquent, à augnrenter
Ia longueur de I'arc de ,lo qu'on obtient en dillisant la rôngrreur
totale de I'arc mesuré par l'angle des verticales cxtrêmes (g ,t.-oz).
on conrprend maintenant pourquoi les résultats des meiures ef-
lectuées dans divers lieux de la terre ne s'accordent pas à fournir
les niêmes dimensions pour I'ellipse méridienne, qïancr on les
combine entre eux de différentes manières; les irrégularités dont
nous venons de constater I'eristence s'opposenl, à ce que cet accoril
-on
existe complétement. cependant, quancl met de'côté les arcs
DI'IIENSIONS DE tÀ TEnRE; YÀIEUR DU StÈrnr. 203
mesurés dans des circonstances exceptionnelles et évidemment
désavantageuses, tels quc I'arc d'Italie dont nous venons de parler,
on reconnait que le désaccord esb très peu importanl; en sorte que,
si I'on fait abstraction des imégulatités accidentelles de la Surface
des mers, comme on a d(jà fait absfraction de celles beaucoup plus
fortes que présente la surfaco des continents, on peut dire quc la
tcrre, dans son ensemble , a la fornte d'un ellipsoïde de révolution.
$ 409. lllmenslons de la terrel valeur du mètre.
Lorsque Delambre et Méchain eurent achevé la mesure de I'arc -ds
rnéridienne conrpris enlro Dunkerque ci Barcclorte, une commission
ric savants français et étrangers l'ut ctrarg(:e d'établir un nouveau
syslèmc de poitls ct mcsures, on se basant sur les résultats de
cc[tc grande opération. La cornmission, en conrbinant, ces résultats
aveo ceux qu'on avaiù précirdenrment oblenns au Pérou et dans la
Laponie, adopl,a comlne ellipse méridienne de la terre une ellipse
qui eorrespondait à un aplatissemenl,i.rh, et dont le quar[ avait
rrne longueur de 5,1307t0 toises. La dix-millionième partie de
ce quart du méridien terrestre fut choisie pour conslituer la nou-
velle unité de longueur, à laquello on donna le nom de mètre. La
valeur du mètrc fut donc fixée à 0t,5,13 07&, ou bien 3 pieds
,ll lignes e[ 296 millièmes de ligne (on sait que la toise se divisai[
en 6 pieds,le picd en 42 porces, ei le poucc en,lg lignes).
Depuis on a reconnu , par la discussion des mesures tanb an-
ciennes que récentes qui ont tité exécutées en divers lieux de la
tcrrc, quc I'aplatissement adopté pour arriver à la détermination de
la longueur du mètre était trop faible. L'ensemble do ces mesures
fail voir, en effel, que l'aplatissement de la terre doit être, à très
peu près, dr rh. Cette urodific,ation dans la valeur de I'aplalisse-
ment en entraîne une correspondante dans la longtreur du quart
de l'ellipse méridienne, gui, au lieu d'être de 4 0 miilions de mè-
tres, est un peu plus grand, oi con[ient ,100008ii6 mètres. Le
demi-grand axs de cette ellipse méridienne, qui n'es[ autre chose
que le rayon de l'équateur terrestre, a une longueur de
6371398 mètres; le demi-peti[ axe de I'ellipso, c'est-à-dire le
rayon de la terre qui aboutit à un des pôles, esl égal h
6 356 080 mè[res : la différence entre ces deux râyons est donc de
g4 3,1 8nètres, c'est-à-dire d'un peu plus de 5 lieues de 4 kilomètres.
Il est aisé de se faire une idée nette de I'aplatissement de la terre,
en imaginant que I'on construise un glotre qui représente exacte-
rneht sa formo. Si le diamètte de l'équateur de ce globe étaib d'un
mètre, lo diamètre mené d'un pôlc à I'autre ne devrait différer riu
premierque de q.h dt mètre, c'esb-à-dire d'un peu plrrs de 3 ruil-
204 }.IGUR}, DE I,A T.ERRE.

Iimôtres; iI n'y iiulait,guère qu un millimètre el, tlenri do ditfrirence


cntrc Ic plus grand et, le plus petit ravon de ce globe. On voil tout de
suite qu'un pareil aplatissenrenI seraiI tout à fait insensible à l'æil,
ot que ce n'es[ quc par deg mesures pri:cisos qn'on pourrait arriver
ù le constater.
Quoique,, d'après ce qui vient, d'être dit, la longueur du quart du
rurôridien conlierrtrc en réalité un peu plus de'l0 millions de mètres,
la différence, qui ne va pas à un kilomèt,re, est, assez faible pour
qu'on rr'sn tienne pas compte, toutes les fois qu'il ne s'agit pas
d'arriver à un résulta[ d'une cxtrême pr'écision. On peul mêmc, lrr
plupartdu temps, faire absl,raction de I'aplatissement, et regartler
la terre comme étant une sphèro clont la circonl'érence est, de
,l0 000 kilomètrcs, e[ le rayon dc 6 366 kilomè[res.
D'après la longueur qui a été trouvôe pour le quart du inéridien
terrestre , la valeur noyenne de I'arc tlc I degré sur cette ntéri-
clienne es[ do | 4 'l 4 20-16 : I'arc de 4 mintrte est, de 'l 852'n, e[ I'arc
de 4 seconde de 30n',9.
Ce dernier nombre fait voir que, quand on indique la latitutlc
géographique d'un lieu , avec toute la prér:ision que comporte la
" dé[ermination des latitudes, il est nécessaire de bien faire connaître
à quel point, en particulier cette Iatitude so rapporto, puisqu'il ne
Ihudrai[ pas so déplacer beaucoup pour que la latitude trouvéc
variâ[ d'une seconde. C'est ainsi qu'on dit, que la latitude du lieu
oir sont installés la lunelte mérirlienne et lcs deux cerclcs muraux
de l'Observatoire de Paris cst tle {Bo 50''l'l//, nombre qui nc pour-
rait pas s'aiipliqner indifféremment à tel ou tel point. de la ville de
Paris, pas même aux extrénrités nord ou sutl du terrain qui dépend
de I'Ollserr,ato:re. Du nord au sud de la villo de Paris, la latituric
varie dc plusicurs minutes.
$ 4 ,10. Grobes terrestres. -_ On construit cles globcs qtri
roprésentcrrI la terre, et sur lesquels se trouve I'indication des di-
verscs particularités que prôscnte sa surl"acc, tclles que lcs conti-
nents, les flcuves, les montagnes, les villes, etc. Ces globes, aux-
quels on donne le nom de globes temestres, ne peuvent pas rendrc
scnsilile aux yeux la différence qui existe entro la surface tle la torrc
c[ une surfacs parfaitement sphérique, ainsi que nous l'avons ex-
pliqué it n'y a qu'un instant ($'109) ;aussi, ne cherche-t-on pasà
leur clonner une autre forme que celle d'une sphère. (Jn les monto
ordinairemsn[ sur un axe qui perce leur surface aux deux pôles,
ct les deur extrémités de ce[ axe solt supportées par un appâ-
reil dc cercles montés sur un pied enLièrement semblable à celrri
,lue nousavonsdéjÈr vu pour les globes célestes(Éfl. | 98, p. | 37), Au
cÂRTl,s (;É0GnaPHIQUES. 205
rrroysn de cetle disposition, on peul fairo tournel lc globe au-
tour de son axe, de manière à pouvoir examiner à son aise toul,es
les parties de sa surface; le mouvement de rotation qu'on lui
clonne ainsi cst d'ailleurs I'image du mouvement dont la terre esr
animée autour de la ligne cles pô-les, ainsi que nous I'avons reconllu
précédomment ($ 74,).
La oonstruction d'un globe terrestre s'effeotue sans difliculté,
par les moyens mêmes donl nous avons parlé pour la construction
des globes célestes ($ I l). La longitude et la latitude d'un lieu sur la
terre, jouant, le mêmo rôle clue I'ascension droite ct, la déclinaison
d'un astre sur la sphère céleste, on peuts'en servir exaclementde
la même manière pour placer sur le globe la représcntation des di-
vers objets qu'on veut y figurer. Le globe étant mont,é sur un axs
autour duquel il peut tourner, on trace sur sa surlace un grand
cercle dont le plan soi[ perpendiculaire à I'axe, et ce grand cercle
reprcisetrto l'équateur terresl,re. Ayant pris à volonté, sur cet, équa-
l,eur, un point destiné à servir rl'origine aux longitudes, on porle
sur l'équateur, à partir de ce point, et dans un sens convenable, un
arc égal à la Iongitudc du lieu dont on veut trouver la place sur lo
globe ; un grand cercle, mené par I'ertrémité de cet arc e[ par Ies
deux pôles, représente le mér'idien cle ce licu, sur lequel on n'a plus
qu'à porler, d'un côté ou cle I'autre do l'équateur, une distance
égale à la latitude du lieu.
Les globes terrestres n'on[ pas, comme les glolres célestes, l'in-
convénient de retourner les objets et de les faire voir, pour ainsi
dire, à I'envers. On regarde leur surface de I'extérieur, de même
qu'on est, placé à I'extérieur de la surface de la terre pour observer
los diverses parlicularités qu'olle présente.
$ ,| I l. Cartos Eéographtquàs. -- Les cartes géographiques
sont destinées à représenter, sur une surfaee plane, des portions
plus on moins élendues de.la surface de la terre. Cette représenta-
tion no peut pas se faire sans qu'il y ait de déformations dans cer-
taines parties, ainsi que nous I'avons déjà observé à I'occasion des
r:arles célestes ($ 92) On cherche nafurellemcnt à construire les
cartes géographiques, de manière à atténuer, au[ant que possihle,
ces déforrnalions. Parmi les diverses dispositions qui on[ été ima-
g-inées pour cela, il y en a quelques-unes qui sont, très usitées ;
nous allons les faire connaît,re, en ayanI soin d'indiquer les pro-
priétés spéciales à chacunc d'elles.
La prcmière chose à faire, pour consl,ruire une carte géogra-
lrlrique, c'est, d'en détermincr le urneaus. On appelle ainsi un cn-
semblo de lignes droites ou courbes, qui se croisenl dsus tnul,e
t8
206 I'IGUnU ùE LA ]'ÈRtiÈ.
l'étendue de la carte, et qui représentenl, les unes une série do
rnéridiens équidistants, les aulres une sério de parallèles égalenrent
équidistants. Ce canevas divise la carto en un assez grand nombre
de.compartiments, dans chacun desquels on place sans peine les
objels qui doivent y être figurés, soit en les copiant sur un globc
terrestre déjà construit, soit en les plaçant directement sur la cartc
d'après les valeurs de leurs longitudes et latitudes. ll est clair, d'a-
près cela, qu'il nous suffit de faire connattre la. construction du
canevas, pour chaque espèce de carte.
,1,t9, Pour figurer toute la surface de la terre sur une seule
S
car[e, de manière qLl'on puissc en embr.asser tou[ I'ensemble d'un
coup d'æil, on construit ce qu'on appelle vnenmppentonde. pour
cela, on imagine que la terre soit divisée en cleux hénisphères par
un méridien, e[ I'on représente à côté I'unc de I'autre les surfaces do
ces deux hémisphères.
La représentation de chacun des hémisphères pcut s'effectuer de
diverses manières. On pourrai[, par exemple, abaisser de ebaque
point de sa surfaco une perpencliculaire sur le plan du mérirlien
auquel il se termine, et prendre le pied de la perpendiculaire pour
-Dans
Iigurer sur ce plan le point d'oùr elle a été abaissée. cc systême,
qui est désigné sous le nom de projcctiort, arthooraplmquc, ious les
parallèles sont_ représentés sur la carte par des lignes droites pa-
rallèles entre elles ; et Ies méridiens le sont par dc.s ellipses qui ônt
' toutes le même grand axe, e0
dont les petits axes varient sui-
vant l'obliquité plus ou moins
grandc des méridiens auxquels
elles correspondent, 1fg. 4 6S. Co
systènrc de représontat,ion d'un
hémisphère présente un incon-
lénient grâvo qui fait qu'il n'est
pas emplor'é : c'est ciue les par-
ties de I'heniisphcire qui sont si-
tuées près du méridien auquel il
se termine sont figurécs en rac-
courci, e[ que la forme qu'elles
affectent sur Ia carte ne pcuù
Fig. 168. trullernent donncr une idée de
leur forme réelle.
C'est pour obtenir une carte qui soit exempte de ce défaut, qu'on
a imaginé le système de projection, stërëographique . Dans C'e iys-
tème, au lieu d'abaisser d'un point quelconqtrc A de l'hônris1ùrère,
CARTES GÉOGRAPIIIQUIiS. 20i
fg. 169, uneperpendiculaire sur Ie plan du méridien iïllI, qui lui
scrt de lirnite, on joint ce poin[ A à l'extrémité O du diamèure de la
sphère qui est perpendiculaire au
méridien MM; et l'on prend lo CD
point n oir la ligne AO perce le
I plan llll, , pour la représentation
I du point A sur ce plan. D'après
r cêla, la figure B appartenanb à Ia
1 surfac.e de I'hémisphère, se trouve Irr
représentée sur Ia cartc par la
figurc b, dont Ie contour n'est autre
clue I'iutcrsecl,ion rlu plan ltll et
dc la snrfacc conique ayant pour
sonlnc't lc poinl O ct potrr base le
contour dc B. Les lignes telles que Fig. 169.
:\a, quijoignent lcs points de I'hé-
misphère ar,rx points comcspondants de h car[0, sont d'autanf plus
obliques par rapport au plan de la carte, qu'elles partent de points
plus rapprochés des bords. de I'hémisphèro; il en résurte que le
raccourciqui existaii vers les bords de Ia carte, dans la projection
orthographique, nc se présentc plus ici, e[ c'es[ ce qu'bn voulait,
obtenir.
La projection stéréographique jouit de deux propriétés impor-
tÈntes, que nous énoncerons sans les démontrer. La première con-
siste en ce quc tout cercle do la sphère, que ce soit un méridien,
un parallèle, ou bien un autre cercle placé d'une manière quelcon-
quc, est représenté sur la carte par un cercle. La seconde consiste
en ce quo I'anglc formé par dcux lignes qui se coupent sur la
sphèrc es[ égal à celui quc forment les lignes qui les représent.ent
-qur la cârlc. (On sait qu'on appeile angle de deur lignes courbes,
I'angle compris entrc les tangentes à ces lignes courbes menées par
le point oùr elles sc coupent,.)
La première propriété pennct de tracer très facilenrent le canevas
de la carte, puisclue ce canevas, formé de Ia représenlation d'un
c.ertain-nombre dc parallèles et de méridiens, ne se compose que
d'arcs do cercle.
La seconde propriété en entralne une autre de Ia plus grando
importance: c'est que toute liguro de petites dimensions sur I'hé-
rnisphère es[ représentée par uno figure semblable sur ]a carte.
Cela résulte de ce que, cette figure de la sphère pouvrn[ être re-
gardée comme plane à cause de sa petitesse, tous les triangles dans
lescluels on peut la décomposer sonl représentés sur la carte par
2(}S I-IGURE DIi LÂ TDRNE.

des triangles qui ont les mêmcs angles que les premiers, e[ qui par
conséquent leur sont semblables; I'ensemblede ces triarrgles, sur la
sphôre., forme donc une figuro semblable à celle que forment lcs
triangles comespondants sur la carte. Àinsi, la projection siéréo-
graphique ne délormc pas les {igurcs [rès petites placéers n'inrporta
oir sur I'bérnisplrère ; toutes les dimensions d'une pareille figure
sont rétluites dans un môme rapport. llais ce rapporc, suivant lc-
cluel la réduction se fait, varie avec la position que la figure occul)c
sur I hrlmisphèro. Au bord de la cart,e, il n'y a pas du tout, dc rô-
duction, puisque les parties du méridien qui limite I'hémisplrt\re
conservenb évidemment lours grandeurs sur la cat'[e. Au centre,
au conlraire, les dimensions sonl toutes réduites de moitié ; car la
ligne cd, fg. ,169, esl ér'idemmenb la moitiéde la ligno CD.
On voit, sur la figure ,170, quelle cst la disposition du canevas

rl'une moppenrcn(le construito d'aprcs le systènte do projection


stéréographique Les méridiens e[ les parallèlcs y sont' tous repré-
sentés par des arcs de cercle, gui se rcncontren[ partout à angle
droit, comme sur la sphère, d'après la secondc des propriétés énon-
cées ci-dessus.
$ | 3. Dans Ia construction des car[es parl,iculières , destinécs
,l
à ne représenter qu'une portion dc la surfacc tle la terro, telle quo
l'Europe ou I'un des Êtats qui la composent, on cherche bien autant
que possible à consorver les fortnes telles qu'elles exis[ent, sur la
terre : mais on clterche surtout à ne pas alférer les rapports d'éten-
tluc superficielle entre les diverses parties de la con[rée qu'on veut
figurer. Voici en quoi consists le systèmo qui satisfait' le mieux à
ces deux conditions, et qui a été en conséquence adopté pour Ia
(;Àn]'ES GÉOCnAPHIQUIiS. 209
construcl.ion rle la grande carte de France, que lo nrinistre de la
guerre a publiée il 1' a quelquos anné€s.
'- Soit Nt^\, pg. ,l?',1, ti poition de lasurfacede la terre quo I'on
veut, représentôr sur la caite, et, quenous supposerons déjà*figurée
Sur un gtobe. On comrnence pai <rlroisir un méridien BAC e[, un
parallèlà DÀE qui la traversent en passant à peu près par solr
initieu. Le méridien moyen BAC est représenté sur lu.carte par
unc ligncdroitc buc, fig."l72. Pour avoii la représentation du pa-

!'ig. 172.

rallèlc moyen, que l'on


veui faire passer par le
point a., on mèno en
A une tangenl,e AO au
rnéridien moyen I on
prend la por[ion de
cette tan genLe comprise
q"
entre le point A et le
l.'ig. { 71 .
point O ou elle coupe
I'arc PQ du globe, et on la portc en oo sur la ligne droito bac, à
paltir du point a I enfin, du point o comme centro, on décrit I'arc
de cercle due, qui figure le parallèle tuoyen sur la carte. Pour avoit'
les autres parallèles, on porto sur la ligne bac des dist,ances a/, ag,
nh, tti... égales t'espectivcment aux longueurs AF-, AG, AH, AI...
des arcs du nréridien moyen, compris entre le point A et les divers
parallèles; puis, du poirrt o comme centre, on tlétrrit des arcs de
cercle passanû par les points f , g,1., i.. . Il ne reste plus qu'a Iigurer
les mér'idiens siiués de part et ri'autre du méridien moven. A ccl
effei, on porte sur les cercles qui représen[ent les parallèles, et à
par[ir de la ligne droitc l.,ac, qui (:orrespond au méridien moven ,
48.
2,10 FIGURE DE LA ]'tsRITN.
rles arcs e{r', {trtr,'tr... ff , ft",... gg', gg't,...ltlt',, hhtt.... resperr-
tivement tigaus cn longueur aux arcs AA', AA"r... FF', FI./',...
(iG', GG",...HH', H11",... compris sur le globeen[re lc méridicn
luroyen e[ les au[res méridiens; on trace ensuite, par les poinls
ainsi obtcnus, des ligncs courbes ç1'f n'lr'it, q'tfttûttlltittr... t]ui
ropr'ésentent les méridicns G/F/A'H'I', G'/!'" L'tH"I",...
Dans ce svstèmc de déreloppement rl'urrc portion plus ou moins
grande do la surfaco de la terrc, l'étendue superficielle des diverses
parties n'es[ nullement altérée; c'est-à-clire que des contrties do
rnême surface sur lrr ten'e occupcnl égllemenI dcs surfaccs égales
sur la carte. Pour nous en renilrc ccnrpttr, iI nous suffirl de com-
parer un quelconque des compartimcnt,s formés par le canm'as de la
car[e, au compartiment correspcinrlant, pr.is sur lu globe lerrestro
clui nous a servi à cxltliquer sa cous[ruction. Nous supposerons, ce
qui esl toujours perrnis, quc lcs niéridiens et les parallèles quicorn-
posent lc canevas sont ertrûmemcnt rapprochcis les uns des autres;
en sortc que les cornpartiments qu'ils délelminent sont, tl'une trc\s
petite étendue. Prenons, par eriemplc, sur lc globe, la portion dc
surface Ii'G'Ii"(j": Ies rnriridiens ef les parallitlcs se coupânt par-
tout à angle clroit, sur le glcrbe, ccLte porlion dc sur.facrc lteut ôt,rc
regardée comme un rectaugle don[ !'/[i1/ esf la base ot [,''G'lir
hauteur. Ce recfangle est lcpréscnté sr-rr la carte par la figurc
I'g'l'g", qui n'est pas elle-mômeun rectanq'le, parccque les mé-
ridiens et les parallèles, sur la ca-rle, ne se coupenr génirralement
pas à angle droit ; mais cet,te ligure l''g'f'g" pc.ut êtrc rcgardéc
comme un parallélogranlnrc, qui a pour ltase 1'1't égal ir 1i'r1,'/', cl
pour hauteur la distance des dcux côtés l'' 1" , g'g" , distance qui
es[ mesurée par /g égal rr l.'G, e[ par conséquent, égal à F'G'. On
voit donc que le pet,it rectangle F/G'F"G", e[ le petit parallélo-
gramme ['g'f" g" , sont égarrs crr surfirce comme ayant niênre base c[
nrême hauteur; d'oir il rirsulte que la carte représen[e lesclivèrsos
parties de la contrée l{N, cn conser\rant à chacune d'olles la ntôme
étendue superficic.lle que sur Ie glollc, c'est-à-dire avec des éten-
dues superficielles proportionnelles à cellcs qu'onI ces divcrses
parties sur la surface de la terro.
A. cette propriété, le systènre de d(rveloppement. dont il s'agit en
loint une autre , c'est de ne pas déforrner betrucoup la portion de la
surface de la terre qu'elle représente. On s'en fera une idée en
jetant les yeux sur une car[e do France, construite dans ce système,
fi1. l.73. On voit que I'angle formé pâr unméritlien et un parallèle,
à leur point de rencontre, est parlout peu différeni d'un angle droit :
cet angle es[ exactement droit pour tous les points de rencontre
(;ARTES 0ÉOGnAPHTQUES. 2,1,1,

situés sur le méridien moyen bac, ou sur le parailète moyen do,e.


-d'après
Lrrs 61uur* compartiments du canevas ayant, cela, à très
Peu près la même forme que sur la sphère, il en ôst do même des

Fig. {73.

figur.es, quelles.qu'elles soient, qur sont trecées dans ces


comparti-
ments. Il eslbien clair qr:e Ia clêiornrariorr, qui a lie' principalc-
ntetrt l'ers lcs angles de la carte, seraib dc phis cn plus sensible,
a
mesure que cebte carte reprôsenteraiL nne étcnduc de pays
de plus
en plus grandc.
S 4 { 4. Les cartes marines, dont lcs navigal,eli:s se servent
pour leurs voyagesr sont construites cl'une manière toute différente;
votcl en quoi consiste le. principe de leur const,ruction. Imaginons
que la surface entière d'fn gloÛe, qui représente la tere, soit
di-
viséc en un grand nombre rie fuseaux dà mêmc largeur,
par des
I

2t2 n(;unÊ D[ L^ TnnnE.


fg. tlTL I et. qu'on ait
méridiens équidistants les uns des autres,
ctrconscri[ un cvlindre à ce
ds'c' globe, tout du long de l'éqtra'
teur EB. Les génératrices cle
0e cylindre, correspondant
aur divers points A, B, C,...
de l'équateur,, seronl les
tangentes ÀtAA", B'88",
CtCC'f,... aux méridiens qui
par ces points, Con-
passent,
ccvons quo I'on détaclre lo
". dcn,i - fuseuu PAB de la
surface du globe, e[ qu'on
le rcclresse pour I'aPltliqucr
sur la partie corresponilante
ÀtlJ'B' du u'lindro circott-
iargeur du fttscatt
sc,rit,. I-,a
allanI en dimiryrtrnl progles-
,t11. sivcnienb dc
l'équatctrr all
pôle, il
ne pourra Pas couvrir
Iir bando cylindrique ÀBA|B' d'un borcl à I'autre, à moins qu'on
nc l'élargisse cl'uire quunt,i[é convenable en chaque poinc de sa
lcrngueurl l\Iais en l'éiargissanl ainsi, on al[érera la formo de Ia
l,oriion du fuseau c.omp|ise entre les parallèlcs RS,
TU, puisqu'ott
augntentera la longueur rles côtés TU, RS de cel,te figure- Il n'1' n
qotnn moyen d'cnr[êcher cette altération de fornte : c'esl d'augmen-
tbr la longueur des c,ôtés TR, US dans le même rapport. Alors 11
figrrre R,SiT,U, ainsi obtcnue sur le cvlindrc sera semblable à la
fi[ure RSTU à laquc'lle clle correspond sur le globe ; puisque ce's
rlÀux figures, ponyan[ ôtre considérées chacune comme un rectan-
gle, à .ioro ,le leors très pelites dimensiolrs, ont leurs bases e[ leurs
hau tcurs proportion nelles.
Chaquà demi-fuseau étanI ainsi développé sur la.surface du.cy-
lindre circonscrit au globe, de telle manière que les divers parallèles
qLri le traversent s'éloignent les uns des autres conlormément ir lir
condition qui vient d'être indiquée, la porlion du demi-fuseau si-
tgée très piès clo pôle P Se trortvera reportée à une distance extt'û-
rlsmeni grande de l'équateur BE, sur Ia surface du cylindre ; on
s'en renrl'compte srns difficulté en obscrvant qu'un pr:tit rectanglo
tel que nSTU, voisirr dp 1iôle P, éprouve un accroissement consi'
déraËle tlans toutes scs climensions, en passant do la sphère sur le
cl,linrlre, accroissclne nt qui tend à se fitire dans un rapport' de pltrs
canl'Ës CÉO(iRAPIIIQUIS. 2',1:i

en plus gland, à mesure quo ce rectangle e.st pris plus près drr
pOtô, le'âemi-fuseau, ainsi iransformé, côuvrira donc la tolalité de
ia bande cylindrique'ABÀ'B', jusqu'à une distance iniinie de l'é-
cpateur EÉ ; et si I'on opèro cle mênte pour totts les.denli-fuseaux
dont se .orporu la surfâce ent,ière du globe, on Yoit qulls vien-
dronl o..r.,pei, par leur ensemble, la totalité dela surflce du ôylin-
dre circonôgrit, que nous supposons s'ôtendre indéfinintent au-des-
sus et au-dessous de l'é,1uateur EE. Imaginons tnaitttenan[ que
I'on ouvre la surfacc du cvilindre le long d'ttne de ses génératrices,
c[ qu'on la développe sur un plan I ce développement, contenant
I'inàicarion dcs diiôrs objets iemarquables'qui étaient primitive-
ment nrarqués sur lc globô, constitucra une carte tnarine'
Il estaiÂé devoir, tl-après cela, en quoi consiste le cansvasd'une
rtarte marine. Tous les nrérirliens du globe s'appliquent sur le cy-
linclre suivanl, tJes génératrit:cS, eL deviennenI par conséqu.en[, après
le développement du cvlinclre, des ligrres droites parallèles entre
elles et p'erpencliculairei à la ligno droite suivant laquelle. se déve-
loppe l'équuteu, ; ces lignes droiles parallèles sont équidistantos
les unes des autres, si-elles représcntent des méridiens équidis-
lants sur le globe. Les parallèlôs de la sphère deviennent sur la
carte des lignes droites parallèles à I'tlquateur, et, p.ar conséquent'
grcrpendicuùires à cellei qui rcpr'ésentént les riréridiens I urais, si
àes parallèles sonL équiclistants strr la spbère, ils ne lc.sont plus sur
la cirte, oir leurs 6istances augmentent de plus etl 1tlus, à mesttre
qu'ils correspondent à des lzrtitudes plus élevées.
' La figure ,l?5 peut,donner uneidôedes cartes: ttrarines; ellere-
présent; toute la portion cle la surface cle la terre_ qui s'étond de '
iiart et cl'autre de l'équatenr, jusqu'aur parallèles dort la
latitude
ilst 6e g0 clegrés. On I'remarque sans peine I agrandissemenl, pro-
grossifl qu'éprouvent, lcs diveises parlies.do la terre figurées sttr
iotte caric, i mesure qu'elles s'éloignent de l'équateur. Aussi com-
ruiettrai[-on do gravos ôr.u,,rs, si I'on s'en servait po-uf qgmparer les
cliver.s pa,vs sou"s le rapport cle leur' élendue superficielle. Mais co
d(rfaut cles cartes, marines est, anrplcment comltensé par tlno pro-
priétô précieuse, qui les a fait arlopter exclusivetnent pour les
ioyageÀ mari[imes, et qtte nous allons fairc connalt're'
Le"plus court cheminil'un poin[ à un autre, sur la surfar:e d'une
sphèrô, est l'arc de g.and ceicle qui joint ces deux points. Il sem-
blerait'donc que c'eJt suivanttrn ârc de grand cercleque.les navi-
gateurs tlevraient se diriger sur la mer, pour-atteindre le brrt de
iôu. toyug.. I\Iais cetter.outp qilculairc ferait des angles différents
avec leË nieridiens tttenés par ses divers points, et, il en résulterait'
2r4 rI(;UIiE DE I.A TENIIE.
une certaine complication pour donner à chaque instant une direc-
tion corrvenable à la mrrchc du navire. Il est beaucoup plus conr-

l'i:' I'j5'

modo dc se dilieor do uraniùt'it it"coupcr toui lcs ntt!ricliens sous lc


mème anitlc ; cn effr-:|, utto fois t1u'ou sail sotts tltrcl irttglc on tloit,
lcs coupcr, ponr art'iver ctt Ittt licu ddlernriné, on n'a liltrs qtt't\ s':ls-
surer, illr rnoycrl rlc lir lloussolo, que la direclion dc il tliirt'cltc'dtt
nnvire fait bien consl,atttntcttl ct:t anglc cotltlll il\rec la diretltion dtr
mtiridien gor1s-spondant à cltacun rles ;roints clc lt routc pitrcouruc.
La route que I'on suit, ainsi sur la rn0r n'cst l)ils un aro de grt'rnd cer'-
cle; mais elle en diffère asscz peu. t,anb c1u'on rrc la prcncl pas clans
runc très glando étcnrlue, cL lii Iongueur dtt c.hcn,in parcouru n'est,
pas bcancotrp plus grlncle que celle tle I'arc ile grand cerclc quijoint
lcs deux astrémités de ce cltentin. Cctie ligne courbc, suivant la-
quelle se dirigenb les navigatctlfs stlf lI urer, porte le nom de loro-
th"onric.ll est aisé tle voir quelle forme prend une loxoclromie sur
les car[es mârinos, construitcs commc nous venons de I'indiqucr.
Une porLion quelconque rle cette ligne, conrprisc entre deux méri-
rliens trr\s voisins I'un do l'rtutrc. penI toujoursêlre regardi:c comme
(:ÂtiTES (;Ê0clTtptrrQuls. l5
la diagonale ST d'un,petit rectangle IISTU,
fig. tl7 &, f<.rrnté par lcs
méridiens e[.les parallèles de ses dlux extréinilés cette portion sr
;
de losodromie plendra donc la position s'T/ s,r la surfice riu
cy-
III)dre circonscrit, et, comrne le rectangle R's,T'[J/ est semblable
au rectangle RSTU, elle fera avec lc méridien Il'T/ un angle rigal
à celui qu'elle faisait avcc le rriéricrien RT sur ra sphère; ionc-la
losodromie qui rencontrc tous les nréridiens sous ^le même anglc
sur la surface de la sphère, lcs encore tous sous le mêmc
angle sur la surface du cylinclrc'enconrrera
circonscrit, et |ar conséquent aussi
sur la carte clui est le déi'eloppement de cc cl,lincirc. ,\lais les uréri-
diens sont rcprésentés sur lâ-carte par des lignes rlroitcs parallèles
entre elles ; e[ cornme il n'y a qu't,né rigne riroite qui puissà rencon-
trel' toutes ces parallèles sous nn nrêrnc angle, il cn résulle que la
Iosodroniic est néccssairemc'I représentée iur la carte marinL ptr
une ligne droite.
c'es[ en cela. que consiste la propriété dcs carles nrarines que
nous voulions faire connaitre. Il eÀt aisé de voir combien cette pio-
priété facilite aux rnarinsla déterminalion de la direction qu'ils cloi-
venûdonner à la narche de leur navirs. Après avoirbien fixé, sur
la carte, le point où ils sc tlouvent, et celui où ils veulcnr aller, ils
tracenl u,ne droite cntrc. ces deux points : I'angle que cette
-ligne
ligne droite fait avcc.une quelconque de ielles qui rep"résentent les
rnéridiens est, prér:isémenCl'ongre sous lequel tâ marcrre du navire
doit co.uper les méridieng sur risurface dela mer. Habitueilement,
le.navire nc suib pas rigoureusement Ia ligne qu'on veut lui fairé
suivre, soit parce que les molrcns employéé pou, .rconnarfre ra di-
rection de sa marchc rrc sonl pas très ôxaits, s'it parce qri'il so
trouve emporté latéralement par res courants clui 'existeni clans
beaucoup departies de I'océa.. Aussi, après avoir navigué pendant
quclque terrps, cherche-t-on à détermin^er re lieu c1u'orio..opu.o.
lj tof' au moyen d'obse.vations dont nous parlôrons prus tard.
Quand on a trour'é la longitude et la latitude dË ce lieu, on le place
sur la carte marine, e[ en lc joignant par uns ligne drôite au point
vers lequel on se dirige, on irouoe urie nouveilé r,areur de l'ângre
sous lequel la marche du navire doi[ rencontrer le rnéridien, valeur
dont on se sert comme précédenrmenl.

--ra)>
CIIAPITRI TROISIÈilT0.
DU SOI,RTL:

LOIS DU MOUVEMENT DU SOLNIL.

$ ,l,l ô. Àprès avoir ét,udié le mouvement d'ensetnble des


étoiles, mouvoment qui, comme nous I'avons vu, n'est qu'uno ap-
paroncs duo à la rotation de la terro sur elle-même, nous devons
nous occuper de chert:her les lois du mouvemenb des astres er-
rants, c'est-à-dire de ces astres que nous avions mis de cô[é tout
d'abord, eb qui viennen[ successivenent se placer dans diverses
constollal,ions du ciel. Parnri ces as[res errants, le soleil est sans
contrediI celui qui nous inl,éresse le plus, en raison de l'inl]uence
considérable qu'il exerce sur notre existence. C'est lui qui, par sa
piésence ou Êon absence au-dessus dc I'horizon, tlétermine la suc-
cession des jours et des nuits ; c'est encore lui qui, par suite des
lois de son mouvemenl, détermine ces alternativesde chaleur et de
froid qui constituont nos saisons. Aussi commencerons- nous l'él,udo
des astres errants par ce qui so rapporte au soleil.
S 4,16. Lo rolell se déplece prrrml les étoltes. Le soleil,
paf la grando lurnièro qu'il répand dans I'atmosphère-de Ia terre,
nous empêche de voir les ôtoiles en plein jour I aussi tte reconnaî[-
on pas immédiatemen[ qu'il doivo bien ôtre rangé dans.la classe dcs
asties orrants, puisqu'on ne pcu[ pas comparer sa position dans le
ciel â celles des étoiles dont il est voisin. Il estvrai qu'avec les lu'
nettes on peut voir les étoiles les plus brillanl,es, pendant que lo
soleil est au-dessus de I'horizon; mais il faut, pour cela, que leur
distance angulaire à cet astre soit d'au moins 4 5 degrés, ce tlui
fait qn'on no peut guère se servir de ce moyen pour s'nssurcr que
le soleil se déplace sur la sphère céleste, à travers les constellations
dont elle est couverl,e.
Au premier abord, il semble que lo soleil so meuvo chaque jour
uniquement en vertu du mouvemenb diurne, c'est-à-dire que son
rnouvement soit précisément celui qu'il aurai[ s'il était lixé inva-
riablement à la sphèrc céleste, e[ qu'il fût ent,rainé par elle dans
sor mouvententapparent autour de l'axe du monde. On le voit, ctl
effet, so lsver du côté de l'orien[, puis s'élever de plus ett plus utt-
dessus ds l'holizon cn tnêute teutps qu'il se rapproche du plan rné-
I,E SOT,I1IT, SE DÉPI,A(:I' PAITIIT T,I'S ÉTOII,DS. 2T,1
ridien; traverseroe plan, s'en éloigner ensuite en se rapprochanb
de plus en plus de I'horizon, e[ enfin se couchcr du côté do I'occi;
dent. Son rnouvement apparentde chaque jour, cn un noi, parait
etttièrement le mêure que celui de I'unc des étoiles que I'on apcr-
qoit lorsqu'on sc tourlrc du côté du midi. llais I'observation attcn-
tive des circonstances quc pré;cnte lc nrouvonrent du soleil faib
voir qu'il sxiste des différenccs ossentielles entre ce mouvclltent, et
cclui d'une cltoile. Yoici en quoi consistent ccs rliffér'enccs.
Si I'on observc une mômc étoile plusieursiours dc suite, en se
pluçant loujours dans le nrômc lieu, on la vcrla se lcver constam-
ment au même point dc I'horizon ; si I'on a remartlué un objet ter'-
restro qui, du lieu où I'on est placô, se trouve exacternerit dans ltr
direction du point oùr I'dtoilo sc lèl'.1 lc premicr jour, on verra qu'il
en sera toujours de môme les jouls suivant,s, c[ cela qucl que soit
le nombre des jours pendarrt lesqrrels on répéte ra cotte observation.
Le soleil, au contraire, sc lève tanlôb en Lln point, dc i'horizon, tantôt
en un aut,re point. Si un jour on I'a vu se lever dans la direction
d'Lrn objet terrest,re, le lendemain il se lève un peu à cô[é de cette
direction ; lc snrlendemain il sc lève ull peu plus loi,n, el ainsi de
suite. Le point de I'horizon où le soleil sc ieve semble osciller entre
cellaines limites : tantôt il se rapllroche drr nord; tantôb, âu con-
traire, il s'en éloigne pour se rapprocher du midi. Onobservc des
différences du m0rne gortre, quand on compare le coucher du soleil
au coucher d'une étoile : le prcmier a lieu, tantôt dans une direc-
tion, tantôt dans une autre ; tandis que lo second s'effectue toujours
ell un mêmc point de I'horizon.
Lorsqu'une étoilo amivc au poinL le plus élcvé de sa course
diurne, eb traverse le plarr méridicn, sa hauteur au-dessus de I'ho-
rizon cst loujours la même, quel que soib Ie jouroù on I'obsen'e
dans cette position. ll n'en est pas ainsi du soleil ; tout, lc mondc sait
qu'il s'élève heaucoup plus au-dessus de I'horiz.on en été qu'en hiver.
Si l'on observc le ciel peu de tenrps après le cour:her du soleil,
on voit certaines étoilcs dans le voisinage du point de I'horizon oùr
il a disparu. En répétani cobte observation plusieurs jours de suite,
orl reconnalI que ces é[oiles sont de plus cn plus près de I'horizon
lorsqu'on con)mence à les apercevoir. Au bout de quelques jours,
orl ne les voit plus ; elles sont déjà coucbées lorsque I'affaiblisse-
rnent de la lumière répanduo dans I'atmosphère commence à per-
niettre de voir des étoilcs du côf,é de I'occident. Quelques jours plus
tard, si I'on regarde le ciel vers l'orient, nn pen avant le lever du
soleil, on revoiI ces rnêmes étoiles qu'on avait cessé cle pouvoir ob-
server à I'oocident, après le couchor de co[ aelt'o; eles sentlblcnb
49
2,IE I.OIS I)U MOUVDJ}IDNT DU SOI,DIT,.
avoir passé de I'autre côté du soleil, ou plutôt le soleil scnrble s'ôûre
avancé vers I'orient, par rappbrt à ellcs.
Il estimpossible,
^ parmi les étoiles,d'après
{ixe
cela, dercgarder le soleilconrme étant
et'nâ se rnouvanfchaclue jour qu'er) verlu drr
mouvement diurne de la sphère cdleste. Lotléplacementcontinucl
de cet astrc à travers les constelrations cs[ nris en ér,iclenco par
les circonstances quo nous venons de signaler, tout aussi bien quc
s'il n'ernpêchait pas d'apercevoir lcs étoiies clri sont dans son voisi-
lago, et qu'on le vît ainsi o-ccrlper successivôment cliffércntcs posi-
tionspar rapport à ellcs. orr iloit clonc legarclcr lc soloil conrnr*
animé de cleux mouvenents : il se rneut sui la sphirre céleste pauui
les étoiles, et en mê.nie temps il est emporté par la sphère, dins
stt
rotation autour de I'axe du inonde. unô nrouche tlui ,r,,,..',i,u sur la
s.yrfage d'un globe, pendtrnt qu'on fait tourncr te gtotrc
autour d'urr
dianrètre, peut donncr une idle net,te dc cc doubiu nlo,,urn,e.t drr
soleil.
La rotation diurne de la sphèro céleste n'étant qu uno apl)ar(rnce
due t\ ce que la terre tournè sur elle-mcrnre, noùs pour,àns fairc
abstraction de ce mouvement, et considérer ic ciel tàl que nous le
verrions si Ia terre ne l,ournaib pas. Les étoiles nous parattraient
alors. complétement inrmobiles ;'mais il n'en serait pu, d. même dn
soleil ; il serait encore animé du mouvement proprà don[ nous ve-
nons de reconnaîtro I'existence. c'est ce mouvoment propre
dn so-
leil que nous allçns étudier en rlétail dans co rlui suit.
,l ,l7. Observation
S dn eolell au rrrrryen de I'ombre qu,ll
produit. corps crposé arx rûyons rrrr soreir arrétc
une partie-Tout,
de ces rayons'paque
; il existe en conséquence, en arriirre clu
corps, un certain espacc dans lequel auc,un dis rali6ns lumineux,
émanés directement rlu soleil, ne peut pénétrcr , ,Ët urpo.u
esi cc
tlue I'on appelle l'ontbre du corps. L'o*'bre est, renclue sànsible aux
yeux' toutes les fois que la suiface cl'un objet est située en partie
à son intérieur, et en partie dans I'espacc oï pénùtrent les ravons
du soleil : il existe alori un c.,ontraste irupp,ont entre l'aspect ile la
partie de cotte surface qui cst prongée daris I'ombre, et cielui cle
la
partie que lesoleil dclaire. [,'ombré d'un corps étant toujorrrs di-
recf,enient opposée au soleil, on c0mprcncl quc I'observation do
I omorer a un rnstant quelconque, puissn Iairc connattre la position
tlue le soloil occuPe à cet insiant'dans le ciel. Àtrssi, .r' ,,.,ovor,
d oiservation pour lc soleil a-t-il été emplové pendant longtenips,
dt I'est-il mênie encore toutes"leâ fois qu'il iô *'ugii
pas. d'atteindre une grande 'raintenant,
prricisit.rn.
Avant d'indiqueri k clis|oiition crcs instru'ren[s rlui r.rnl, étô irna-
olisERvÂ'[oN DU SOLEIL pAn L'OtrrBRE QU'I[ PRODUIT. 2L9
ginés pour observer le soleil au moypn rle I'ombre qu'il produit, il
cs[ nécessaire de faire connaltre une'particularité que présente tou-
jours cotte ombre, et qui nuit beaucoup à I'exacl,itude des obsen'a-
tjons. Soi[ !, li1. 4 76, une surface sur laquello se projette I'ombre
d'un éman Il. Si lo soleil se rédui-
sait à un sirnple point lumineux ,
comme une éloile, on trouvcrait la
lirnite latéralc de I'onrbre sur Ia
surface A, en menanb un plan par
I'arête mn de l'écran et par le
soleil , et cherchant la ligne sui-
vant lacluelle cc plan coupcraiI la
surface À. [tais il n'cn est pas
ainsi ; le soleil a des rlimcnsions
transversales très apprirciables ; ct
si l'on rnène par I'arête lr rz dc'ux
lrlans qui louchenI le solcil, I'un
rl'rrrr trôté, I'autle rl'un autre cô[é,
cos deux plans font enlrc eux u]r angle qui esl loin cl'être nul.
Soieni ilp jnq lcs jnterscctions de ces deux plans avec la sur.face A.
ll est bien clair qu'un point tel que r, situé en dehors de.l'angle .

1tnq, eL du côté convenable, pourra recevoir des ravons lumineux


rle la totalité de la surface du soleil, sans que l'écran B s'y oppose
en aucune manière ; il est clair également qu'ur1 point tel que s,
situé aussi en dehors de I'angle -pnq, rnaij de l;aufhe côté, ne
pourra recevoir la lumière d'aucurr point de la surface du soleil.
Mais si I'on prend un point dans I'angle1tnqj ce point recevra des
ralrons provenant d'uno portion seulement de la surface du soleil,
portion tlont la grandeur variera suivant quc le point sera plus ou
rnoins près de I'un ou de I'autre des deux côtés de I'anglo pnq.
L'espace compris dans l'angle pnq sera donc inrlgalemen[ éclairé
dans ses diverses parLies : il présentera une dégradation progres-
sive de lumièrc d'un bord à I'autre, et établirr un passage insen-
sible entre la partie de la surface A, qui est éclairée pal la totalité
rlu soleil, eIcelle qui n'en reçoit, aucontraile, aucun rûyon de lu-
nrièrc. Cct cspace intermédiaire entre la lnmièrc e[ I'ombro se
rromme la pénonûn'a. On voit que sa largeur est d'autant plus
grande, qu'on la prend plus loin dc I'arête rn n qui lui a donné
naissance ; il en résulte qne I'ombre projetée par un corps sur une
surfac,e cst d'autant moins nclte et tranclrirc sur ses bords, que le
corps est plus riloigné de la surfacc, ainsi rpe toul le nronde a pu
Irr r:onslaIer'.
220 r,ors DU IIoUYEMENT DU soTEII,.
. .. .1'ta. Larqi les dispositions imaginées pourobserver re soreir
à I'aide de I'ombre qu'il produit, nouJcite.ons d'abord tes nrriril.*,
ou cercles de cuivre, employés anciennement par les astronomes
.
d'Alexandrie, fg 177. poui rrouver le momeni où Ie soleil venair
se placer dans le
plan de l'un.de ces
cercles , il suffisait,
d'observer I'ins[ant
précis où la oon-
cavité do la partie
postérieure du cer-
cle étaiû compléte-
ment dans l'ombre
produite parla par-
ùie antérieure. Par
suitede laprésence
dc la pénombre, la
largeur de I'ombre
pure, projetéo à
cet instant par lt
partie antérieure
du cercle , éta;t
plus petite que l'é-
paisseur du cercle
lui*même; aussi cette ombre pure nc pouvaii-elre pas couvrir
entièrement la surface intérieure de la partie opposéà I mais on
jgseait que le soleil était exactement dans ie plan ciu cercle, lorsque
I'ombre- pure était au milieu de l'épaisse.,r bo cercle, c'est-à-diro
lorsqne.les deux porfions de pénombie qui I'ar-:compagnaient de part
et d autre avaient la nrêrne largeur.
S 419. Une autre disposil.ion, dont l'usage a éré beaucoup plus
répandu, consiste à installer une tige nrinceîans unr po.iiioi, prr-
ticulière, à côté d'une -surface sur laquelle la tige doit projeter
son
ombre ; I'observation de ra position qïe |ombr6 o. tu iigË
o.rupo
sur cette surface fait connattre la position correspondan-te du sô_
leil dans le ciel. tin pareil instrument se nomme Dn gnonton; la tige
quiproduit I'ombre porte le nom de sly/e.
Lorsqu.e Ie gnomon est uniquement destiné à déterminer
.. la posi-
tion que le soleil occupe dani te ciel à un instant qout.ànqur,
on
dispose le stvle-verti.ctilement, en un point d'une su"iacepiane
et
horizontale, surJaquelle il doit projeter Ëon ombre, tl7g, 'Ce n,es[
fig,
-qu'on
que pour satisfairc à certaines conriitions spéciales.
donne au
ORSERVATION DU SOr,EIt PAR L'OMBRn QU'II. PRODUIT. 22L
st\,le uno autre direction, comme on lo voi[ sur la plupart de nos
cadrans solaires, qui sont de r'éritables gnomons, e[ sur lesquels
nous donnerons plus tard
quelqu es développements.
Un gnonton, disposé cont-
rne I'indiquelafigure 4 78,
peut conduire , relative-
rnent au soleil, exactement
aux mêmes résultats qu' un
théodolite (S 47) ; il peut
fournir, par une seule ob-
servation, I'azintut et la
distance zénithale de cet
astre. Si l'on a tracé d'a-
vanco une ligne droite
AC , sur la surface hori-
zontale qui reçoit I'ombre,
e[ à parLir du pied du
'slyle, I'angle CAD, formé
par ladirection de I'ombre
avec ce[ts Iigne droite,
sera précisément l'azimut tlu soleil, compté. à partir. du.plan ver-
tical ilAC. On trace habituellement la ligne AC dans la direction du
méridien; en sorte que I'azimut obtenu es[ compté à. partir de
ce plan. Quant, à la distance zénithale du soleil, on la-déduir de la
longueur Àc dc I'ombre du style; connaissant cette longueur, on
peuÉ un conclurc I'angle ts clu triangle rectangle BAp' et par con-
iéquent Ia distancs zénitlrale apparente SBZ du soleil qui est, égalo
àr cLt angtc: il n'v a plus alois qu'à corriger cette distance
zéni-
thale de i;effet de li rétiaction atmÀsphérique, pour avoir la digtance
zd;nithale vraie du soleil.
Pour obtenir fles résultats tl'une t'ertaine oxactitgde, dans la me-
sure de l'azirnu[ ei de la distancc zénit[ale, à I'aide d'un gnomott,
il est nécessaire de donner cles dimerrsions un peu grandes à ce
gnom0n. llais, à mesure qu'On augmente la longueur du St-vle, et
plus éloi-
[o*, pur conséquent, son extrémitr! supérieure se trouve grol[,
gnAô de I'onrbrô qu'elle projette, I'intluence Ce I-a pénombre
if I'incertitude que compôrtel'observation I'ombre crolt avec elle'
{e
Aussi le rlegré ci'approiimation avec lequeJ la position du-soleil est
donnée pai.,., gnbmon à stl le est-il loin rl'être comparable à celui
clui résuite de lËmploi des ôercles à lunettes, e[ en Jrarliculier du
tliér'.olite.
,l g.
222 r.ors DU MouvEtfIHNil DU sor,Err..
S 4 20. 0'est,la pénombre qui es[ I'unique cause do I'ineracti-
tude des obsenalionsdu soleil, fuites au moyen clu gnomon, Si la
pénombre n'eris[ail pas, e[ que par conséqucnt I'ombre du st1'lp
l'ûù terniinée d'une nranièro nette dans toute son élendue, le gnontorr
acquerrai[ urrê grande précision, et, il suftrait de lui donner des di-
mensions convenables pour qu'il pcrnrl[ d'oJrserver le soleil avec
toute I'exacbitude désiralile. C'cst pour attcindre ce but qu'olr a
imaginé les gnornons à plaque percire.
Pour nous rendre conrpte de leur disposition, irnaginons d'abold
rlue le stylo ÂIl rl'nn gnomon, fùtJ.,179, se termine par une partie
élargie B, percée d'unc ouvertrlrt
tlui se trouve eractement sur l'aro
du stvle. La lumièro du soleil , en
Fig. {79. passant par cette ouverture, vierrdra
éclairer un petit espirce rr, sur le plan
horizontal, au milieu de I'ombre pro-
jotée par la partio élargio B, et snr
la direction rnême de I'ombre du
resl,c du stvle. Cct esnace éclairé a
occupe précisémen[ la placo qu'oc-
A cuperait I'extrérnité de I'ombre , si lc
style, ayant la fornre d'unc sirnple
lige, so prolongeait jusqu'à I'ouver-
ture pratiquée dans la parlie B. On
peut donc regarder Ia direction de
I'ombro du sly'lecommeé[ant la ligne qui joint,le point A au centre
de I'espace éclairé o, et la longueur de cette ombre commê étant la
distance du point À à ce centre. La direotion et la longueur dc
l'ombre, ainsi olltenues, permettront de trouver, comme précédem-
ilrent, l'azimut c[ la clistance zénithals du soleil ; pour cela, on
tlevra regarder la longueur du style comme étant la distance du
point A au centro de l'ouverture praticluée en B. On conçoit tnain-
tenant que Ia partie B du sfvle, aycc I'oltvclturo dont ello est per'-
cée, peut suffir'e seule à l'obscrvation, et qu'on peut supprimer toute
la tige conrprisc entre elle cI le point A, fig. 4 80. Si I'on abaisse, tlu
centre de I'onr.erture, unc verticale BÀ, j usqu'à la roncontre du plan
horizontal sur Ierluel se projette I'ombre de la plaque B, otr rlevt'it
regarder cettcr lignc comure formant rclellenrent le stvlo rlu gttomott ;
urre ligne 40, Lrucéc it p'artirriu pointA, sut cc plan ltorizotttal, ct,
darrs la direction rlu nrtlriclien, servira de ligne de repr'rrtl porrr rlÉ-
l.erminer I'itzirnr"rl drr soleil à urr ittstant qrtelcortclttc: ttn[in les Iotr-
gueuts rlu style el, rltr I'omltte set'onf lt:s tlistaltrres rltt ptiilrL A ltrt
OI}SI|RYATION DU SOTEIJ, PAR l,'olnlnr eu'tl pnoDUI.t.. 213
cent,rc ds I'ouverture dc la placlue B, et au cenlre cle I'espaco lu-
mineux rr, procluiû par ccil,o
ouverturc.
\Ioyons maintenant, com-
Fig. 180.
lnent, par cet,te modification
apportée au gnomon, I'obsor-
r,ulion de la position du soleil
peut être rendue plus exac[e.
E[ pour cela, ritudions ce qui
se passe dans la production
d'un petit espace lumineux
au milieu do I'ombre, par les
l'a\.ons qui traversent, une

Fig. {81.

ottt'cr'lure ritroil,er. r\rr lrrcntirrr, lrbrtrrl , il seiirlrlc rltre cet c-rl)ufri


Itttttiltcttr rlrriltr Étrc crrl,orrr.ri tl rrirrt lrtittotrrlllc rlrri lc 5ri1riq1'r' tlç.
22h LoIS DU llouvElIENT DU sot,EIL.
I'ombre purc environnante; et, quc, par conséquenb, son conlour
ne présente pas plus de nettelé que le contour estérieur de I'onrbre
projelee par tln corps : nous allons voir qu'il tl'en est rien . Les rayons
ile lumière qui parlen[ d'un des points du soleil, du poinb nr, par
esenrple, Ég- 4 S |, et qui travcrsent I'ouverture n, forment un cône
ayant le point m, pour sotnmet; ce cône est coupé llar la surlhce A,
sur laquelle arrit'ent les rayons lumineux, suivant une courbe fer-
mée p, donr tout.l'intérieur es[ éclairé uniformémentpat la lumière
d'manée du point nr. Les divers autres points de la surface du soleil,
clui peuveni envover dcs rayons dans l'ouverture tl, éclairent cha-
Cun un pet,it espar:e tcl que p, et c'cst I'ensomblo de ces petits
cipaces,-superposes lcs uns aux autres, qui forme l'e-spaco total
tlciairépar le solcil, à travers l'oulcrture rr,. ll est aisé dc voird'a-
bord que lc contour de cet, espace total ddrpend uniquement de la
forme du soloil, et ne dépend pas de cellede l'ouvert,ure rl, pourvu
que cot,te ouver[ure ait de très pctitcsdimensions: en effet, la peti'
tcsse cle I'ouverture n, fait qtr'on peut assimiler le cône rnrip à ttno
simplo ligne droite, et si I'on pronrÈrne I'extrémité nr cle cetl,e ligne
sur lout le contour du soleil, clle engendrera une surface Conique
ayant, le point ?Ù pour sommet : I'intersection de cette surfacc coni-
qire avec la surface -{ détermine précisément le contour de I'e.space
que le soleil éclaire à t,ravers I'ouverturc n, et sa forme ne rlépepd
evidernment que de celle dc lit surfacc coniqtre. c'est-à-dlre de la
forme.flu contour du soleilquiscr[ de base au cône. Si maintenant
on prend, dans I'espace écltiré, un point cluelconque t',, et qu'on
regarde ce point comme lc sommct d'trn cône avant pour basc l'otr-
vcrture rr., ie cône comprendra à son inlérieur uno portion s dc lt
surface dû soleit ; t','est évidetnment de cette portion s seulemenI
que peuvent venir les ravons lumineux qui arrivent en r'. On con-
clut facilement de Ià que les divcrs points tels que r son[ tous éga-
lemcnt éclairés par lè soleil, à I'exception toulefois de ceux qui
sont, situés assez près des hords de I'espace lumineux pour quc les
côrrcs nrs ne rencôntrent que partiellenrent la surface du soleil. On
voit donc clue I'espaco éclairé par le.soleil, à travers I'ouverturo tr,
tloit prcrsenter uné teinte unifoime dàns toute son élendue, exceplé
tlans-uns très petite largeur sur tOut son contour, oùr existe une vé-
ritable pénombre ; mais cette pénombre est de plus en plus étroite,
à rnesuio que I'ouverture n, a de plus petit,es dimensions, et elle peut
être porrr ainsi dire complétement annulée, si cette ouverture, pra-
tiquée rlans une plirque très mince, est comparable au trou d'une
aifLrilte. Dès lors, la pénoinble ayatlt clisparu, le passaqe de I'espace
luminerrr à I'9t1|re rlttil'e.nvironne Se fail. fl'rl1e ntanière très ttette,
FOAME DU DTSQUE DU SOtEIt. 225
et l'on peut déternriner le centro de cet espace avec unegrande
exactitude. Orr doit observer toutefois que, en même temps qu'on
diminue l'étendue de I'ouverture n, on diminue la grandeur de la
portion s de la surface clu soleil qui envoie des rayons en un même
poinl, r, et quo par conséquent on affaiblit l'éclat genéral de I'espace
éclairé à travers I'ouverfure ?l ; en sorte que si, pour atténuer au-
tant que possible I'effet do la pénombre autour de cet espace, on
clonnait au trou rz de la plaque de trop petites dimensions, on Iini-
rait par ne plus pouvoir distinguer convenablemenI I'espace éclairé
de I'ombre pure.
Le gnomon à plaque percéo peut fournir cles rôsultats très exacts,
s'il est construit d'après les indications que fournissentles considé-
rations précédentes. IJn instrument de ce genre, dans lequel le
trou de Ia plaque se trouvait à environ 4 2n',5 au-dessus do la sur-
face horizontale destinée à recevoir les rayons lntnineux, a été éta-
blien Chine, en ,l 27,1 , par I'astronome Cocheouking. Ce n'est. qu'cn
4 653 qu'on posséda cn Europe un gnomon comparable au gnomon
chinois ; il fut, construit par Dominique Cassini, à Bologne, dans
l'église de Sainte-Pétrone ; la plaque était fixée à la naissancode la
r,oûte de l'édilice, à une hauteur d'environ 27n' au-dessus du sol.
Plus tard, en 17 t*2, Lemonnier en établit un à Paris, dans l'église
de SaintrSulpice, oir I'on peuf encore le voir; laplaque percée est'
adaptée à la partie supérioure du portail latéral du sud,, et la trace
du plan méridien mené par le trou de cette plaque est figurée sur
lo pavé de l'église, par une ligne cle cuivre qui la traverse dans
loute sa plus grande largeur.
Les instruments à lunettes, dont on se seri actuellentent dansles
oTiservatoires, fournissant encore uno exactitude beaucoup plus
grande, pour I'observation du soleil, que les gnomons à plaquo
percéo les plus parfaits, 0n a complétement renoncé à se servir
de ces derniers instruments pour étudier la marche du soleil dans
le ciel.
S 42{. Forme du dlsque du solell. - Avant de faire con-
naltro les moyens que I'on emploie maintenan[ pour déterminer
tl'une manière précise la position que le soleil occupe, à un ins[arrt
quelconque, sur la sphère céleste, il est nécessaire que nous rlous
rendions un cornpte exact de la fornre de son disque, afin que nous
puissions indiquer sur ce disque le poinb particulier auquel se rap-
portent spécialement les observations. A la simple vue, le disque
du soleil nous paral[ exactement circulaire. I\Iais il esl indispen-
sable de s'âssurer d'une ntanière précise, si le contour appareni de
cet astrc est bien réellenrent un cercle, ou bien s'il en diflère d'une
226 tols DU -\touvntt{ENlt DU sorrtr,.
quantité notable, On peut se servir pour cela, soit du micromùtre it
fits parullèlcs, soit, de l' hëliomètrc.
Le micromètre à fils parallèles est une lunette munio d'un réti-
cule, comme les lunettes qui font, partie des instruments dcstinés à
la mesure des angles ; mais il diflère de ces dernières lunettes crr
ce que son réticule, au lieu d'titre fornté de deux fils qui se croisent,
so compose do deux fils parallèles, dont I'un est fixc, [anclis quu
I'autre peut so rapprocher plus ou moins du premicr par le moyen
d'une vis à tête graduée. La disposition du micromètre déclif 1n.é-
cédemment,, à I'occasion dc lamesure des angles ($ 36), peut firiro
comprendre [rès facilement la disposition entièrement analogue du
rnicromètre dont nous nous ocrupons nraintenant. Si I'on dirigc un
pareil micromèLre à fils parallèles vers lc soleil, en ayarrt soin,
bien entendu, d'interposer, entre I'oculaircct,l'æil, un verrc color.é
destiné à arrêier une grande par[ie dcs rar.ons lumineux et calori-
fiques qui traversent llinstrument, on pouira faire en sortc que le
fil fixe du réticule touche I'image du soleil d'un côté, tandis que le
fil mobile, convenablement écarté clu premier à I'aide de la vis qui
le fait mouvoir, touche également cette iniage du côté opposé. Dès
lors, il n'y aura plus qu't\ fairc lourner Ia lunette sur clle-môutc,
autour de son axe de figure, ou simplenrent le réticulo à fils paral-
lèles qui lui esi adapté, pour s'assurer si, dans chaque nouvelle po-
sition de ce réticule, les deux fils peuvent encorc toucher I'image tlu
soleil de part et d'aulre, sans qu'on ait besoin de faire varier leul
distance. Or, c'es't ce qui arrive cn effet : dès Ie moment qur: lcs
deux fils ont été amenés à avoir entrc eux Ia distance convenablc
pour pouvoir toucher l'image du soleil, I'un d'un côté, I'autre de
I'autre, çe double contact, peut ôtre établi sans faire aucunemenI
varier la dis[anr:e des fils, quelle que soit la direction qu'on lcur
donne en les faisant tourner autour de I'axe de la lunette. Il en rt!-
sulte nécessairement que le disquo du soleil a bien la {brme cl'un
cercle, ou du moins que la différence qui peut exisier entre les lon-
gueurs de ses divers diamètres est tlop faible pour pouyoir irl,r.c
constatée par ce genre d'observation.
S 4 22. L'héliomètro conrluit au môme réstrltat que le micromirlr'e
à lils parallèles, mais avec un plus grand degré d'exactitudc. Cel
instrument, dr)nt le nom (tiré rle f),roç, soleil, et p,:.po.r, mesure)
indique qu'il a été imaginé pour mesurer les dimensions du solcil,
consiste essentiellement en une lunet te astronomiclue sans rtiticule,
dont I'objectif est coupé en deux parties égales pflr un plan rirenti
par son axe de figure. Les derrx moitiés de I'objectif, placées corr-
lenablement à côté I'une dc I'au[rc, forment, pirr leur ensenrble.
l'Oti,tll: l]U DISeUI ùtr SOI.Utt. 22i
une lentille , frT. | 8P, qui agi[ sur les rayons tle lumière de la ruême
rnanière quc si elle était, d'un seul morèeau de verre. i\[ais, tandis
quc I'une des moitiés A de cet objectif est llxée au
iotpr. de' la luner.tc, l'auire- n,;iiié il peut glissm
rlaus le sens du plan qui les sépare de rnanière à
,
lrrondre une position différeule , llft. lg3: Ie rnou-
r,enrent de ce[te seconde uroitié de l,objectif se pro-
tluit à I'aids d'une vis à ttite graduéc, analogue à
l,'ig. { 82.
r:cllc rlui est adaptéc au réticùle d'un nricrolnètre
fSS 36 et, 424). {)n comprend tout de suitc t1ue. lors-
ilue los deux uroifiés de I'objectif sont, placéôs à côté
I'rurc de I'autre, commo l'inclique la figurc 4gB, A
elles ue peuven[ plus être tcgardées con)mo oonsti-
tuant, par lour enscnrble une scule et nrême lentillc.
Vo1'ons ce clui sc passe dans ce cas. æ
laygns émanés d,un dtrs FE. {83,
Une-lentille agit, sur.les
points d'un objet éloigné, en les faisantconvergervcrs
run second poini que nous nommons I'imagé du premier pornt et
;
c'est I'cnsenble des im-rgcs des divers poinis cle ltblet, qui consti-
Ine l'inrage-de I'objeb lui-nr['me, Mais il n'esi pas nécôssaire pour
cela clue la lentille ait un contour circulaire. si'l'on coupe une por-
tion de la lentillo, la portion restante foncûionne.a de même que la
lontillo entière; les rayons énianés d'un point, après avoir traïersé
c.ette porl,ion restante, iront conve.ge. au même point que si la len-
tille était restéc intacte; I'irnag.c cle I'objet .*siu.a dônc aussi la
méme.. IJ n'I aura dc différence que dans la clartéilel'image qui
aura dinrinué en raison de ltr dimindtion qu'aura éprouvée la sùrface
dcla lentille, Par suire cle la suppression d'uïe portiog decette
lut?l:.
lcntille. on voit donc que chacuned-ei rieux rnoitiés de I'oÉjectif de
l'héliomètre peut, être ràgarclée comn,e unc lcntille à part, qui fonc-
tionne indéçrendammcnt de I'autre nroitié : cbacune de ces deux moi-
tiés produit à elle seule une image complète clu disque du soleil.
Lu'sque les de'x parties de l'otrjeàtif soni juxtaposées, conrme I'in-
tlique la figure 'l89, les i'iages procruites
ira. ri,ncrne d'elrcs coin-
cident, et I'oh ne voi[ qu'une seùlc image du soleil, comme si ces
tlcur irarties Étaient soudées I'une à riaul,re. de manière à former
uhe seule lentille complète. lIais aussitôt qu'on fait glisser la moitié
B sur I'autre nroitié, les irnag'es produitcs par chac,Ine d'elles ces-
sent, rle coincider ; oh. voit I'inragô du soleil Àc dédoubter tandis que
;
I'irnage, prorluite parladomi-leititteA reste inrnrobile, cclle qui côr-
respond à Ia demi-lenlille B se déplace, en s'écartant de plus en
;rlus de la prcnrière, à rucsure qu'oir fait tourner la vis clui tait *ou-
22n I,OIS DU MOUVEÙIENT DU SOtEIt,
voir cet,tc demi-lenûille B. On conçoit qu'en opêrant ainsi, il arri-
vera bientôt un moment or) I'image mobile S' du soleil, rlSl*,
fig.
touchera I'imago immobile S en un seul poinb C;
alors il es0 clair que, à partir de la coîncidence de
ces deux images, la prernière s'est déplacée d'une
quantité précisémeni égale au diamètre CD de I'i-
mage S, qui est parallèle au plan de séparalion des
deux moitiés de I'objectif, Si à cs momeni, sans dé-
placer désormais les deux demi-lentilles, I'uno par
rapport à I'autre, on les fait tourner ensemble autour
de I'are de la lunette, 0n observe que les deux images
du soleil, don[ l'une tourne autour do I'autre, ne ces-
t'is. l8{. sent pas de se toucher par un seul point : on en conclut,
nécessairement qne les divers diamètres de l'irnage
lixe S onf tous la nrême longueur, et que par conséquent le disquo
du soleil préscrnte exactement, la formo d'un cercle.
On comprend que I'héliomètre, de même que le micromètre à
lils parallèles, lteut être employé non-seulement pour constater, à
un instant quelconquo, que tous les diamètres du disque du soleil
sont égaux, nrais encore pour trou.ler I'angle sous lequel olr voit un
de ces diamètres, c'est-à-dire cequ'on non)me le rliamètreùppereilt
du soleil. Il suffit, pour cela, que I'on ait gradué la vis à I'aide dc
laquelle on fait nouvoir la nroilié nrobile de I'objectif, de telle ma-
nière qu'on sache à qucl diamètre apparent correspond le nombrc
de tours et la fraction de tour que I'on a fait faire à cette vis, pour
laire passer les deur images du soleil, d'une coïncidence parfaite,
à un simple contact, de leurs bords. Pour effectuer cette graduation,
on pout, observer succressivemen[ divers cercles blancs tracés sur
des cartons, e[ enùourés de fonds noirs, que I'on place à des dis-
tanccs connucs et très grandes du lieu oùr est installé I'héliomètre.
Connaissanù la distanceà laquelle se trouve un de ces cercles, ainsi
que Ia grandeur de son diamètrc, on en conclut sarrs pcine son dia-
mètre apparent,; ei l'on note lc nonbre de tours et la fraction dc
tour dont, on a fait tourner la vis, pour rnlener les deux images du
cercle à être tangenles l'une à I'autre. Avant formé un tableau cles
résultats obtenus ainsi, avec plusieurs ceicles placés àdivcrses dis-
tances, on en déduira facilement la valeur du diamètre apparenl
tlui correspond à un nonrbre donné de tours de vis.
L'héliomètre, un des instruments les plus ingénieux que I'on
possède, a été imagine par Bouguer, en ,l748. Bouguer employait
deux objectifs distincts, placés à côté I'un de I'autre, et mobiles I'un
par rapporb à l'autre I ce n'esû que depuis, c1u'on a renrplacé eos
t'(JnrvlD DU DISQUE DU S0LDIL. 229

/i/
./, / /. *)
/
/'
,/
230 I,OIS I)U MOUVËMENT DU SOI,ÈII,.
cleux objecl,il's par les deux moitiés d'une même lentille, r:c tluiper-
nret de rapproctrer les tleux images du soleil, jusqu'à établir une
coTncidence parfaite entre elles. Cette dernièrc disposition fait, que
I'héliornètre peut ôtrc ernplor'é avec avantage à la mesure des très
petits anglcs, comne nous le vemons bicntôt I et lcs valeurs t1u'il
Iburnit pour ces angles sonl beaucoup plus exactes que cclles tlue
I'on obtienrlrait à I'airlc des instt'uments décrits précôdemrncnt,.
Aussi I'héliornètre est-il un des instruments lcs plus importatlts
rl'un obserl'atoire. La figure 4 85 représentc I'héliomètre constrttit
par lrrauenhof'er, pour I'obscrvatoire tlc Kcnnigsberg. On voit, le
long du corps de la lunelte , deux tringlcs à I'aide desquelles
I'observaterlr, sans cesscr d'avoir l'æil à l'oculaire, peut faire tour-
rrer, soit Ia vis qui fait marcher la nroitié nrobile de I'objectif' soil,
l'r:.nsemble des deux moitiés de I'objectif, autour de I'axe de la lu'
nette. L'instrument est monté sur un picd parallactique ($ ?S), e[
un mécanisme d'horlogcrie, avec lequel on le ntet en communica-
tion à volonlé. lui fait suivre les astrcs clans leur mouvement diurne;
cn sorte que le tnouvetnent diurne de Ia sphère céleste ne gêne en
rien I'observalion dont on s occupe, et I'on peut la faire aussi com-
ruodémernt que si la terre qui porte I'instrument ne tournait pas au-
tour do son axe.
S,123. Le diamètre apparent du soleil n'est pas toujours lo
même, et nous verrons bientôt comment il varie d'une époque à
uno autre. En moyenno, on peut l'évaluer à 32/. Si le disque du
soleil présentait le même degré d'aplatiusemeni que la terre, il .v
aurail, une différence de plus de 6'l entrc le plus grand et, le plus
petit de ses diamè[res, différence qu'il scrait très facile d'apprécier
èt de nresurer à I'aidc du microntètre à lils parallèles, ou de I'hé-
lioniètrs. L'observation n'indiquan[ rien de pareil, on doit, en con-
clure que, si le disque du soleil n'est pas exactemetrt circulaire ,
son aplatisscmenI est très petit, relativenrent à I'aplatissentenl, de
la terro,
Pour que I'héliomètre n'indique aucune différence entre les lon-
gueurs dès divers diamètres du disque du soleil, il est nécessaire
que I'obseri'ation so fasse lorsque cet astre se trouve à une grande
liauteur au-dossus do I'horizon. Eu effet, Ia réfraction atmosphé-
rique a nnc itrfluonctl notablc sur la forrne de son disquo, ct lui
donne, surlouI près de l'horizon, utr aplatissement très no[able. On
so rend compte ds cet efl'et en observant que chaquo point de Ia
surface du soleil est rclevé par la ré['racfion a[mosphérique, sans
sortir du plan vertical qui le contient, ct qu'il I'est d'autant, plus
qu'il se trôuvc plus pfès cle l'horizon ($$ 57 et 58)' Il cn résulte d'a-
FOnME DU DTSQUE DU SOr,Err,. 231
sur Ia sphère céleste, po. | 86, on le voit
bord que,, le soleil étant en S
en S'compris entre les deux cercles verticaux Zlt, ZB qui tou-
chenb de parb et d'autre sa
posit.ion réelle S I ces deux
r:erc,les verticaux se rap -
prochant constamment de-
puis I'horizon jusqu'au zé-
nith Z, il esb clair que Ie
diamètre horizontal de S'
est un peu plus petit que
celui ds S : mais la diffé-
rence ost toujours insigni-
fiante. f)'un âulre côté, le
bord inférieur du soleil
otant plus relové que le
bord supérietu, par I'e[fe[
do la réfraction, parce qu'il
est plus près de I'horizon
(lue ce dernier, i[ s'ensuit
que Ie diamèlre vertical
de S' est plus petit, que le
diamètre rertical de S.
Cette diminution qu' éprouvc
le diamètre vertical, étant
d'ailleurs beaucoup plus
forte que celle du diamètre
horizontal, le disque du
soleil doit paraitre aplati
dans le sens vertical. L'a-
platissement est très sensi- Fis. {87.
\------t
ble lorsque le soleil est tout
près de I'horizon, comme on peut [e voir sur la figure 4 87, qui a
été construito avec des proportions exactes, pour le cas où le so-
leil parair en contact avec I'horiz.oil, par son bord inférieur; I'action
de I'atmosphère terrestre sur les rar;ons qui viennent du soleil, fait
que lc disque, au lieu de paral[re en S otr il est réellenent, palalt,
en S/, avec une déformation qu on a fait ressortir en tracant au*
[our de ce disque apparent un cercle ponctué égal au r:ontour du
rlisque réelS. I)ans cette position, ou le soleil serait complétement
invisible sans la présence de I'atrnosphère, la réfraction l'élève
tout entier au-dessus de I'horizon, et diminue son diamètre vertical
rle la siriônre partie dc sa valeur, sans rien chan.qer à son diame\tre
232 T.OIS DU MOUVErIIENT DU SOI,EIT,.

horizontal. Lorsque le soleil est à une hau[eur de 45 degrés atr-


dessus de I'horiz-on, son diamètre vertical n'esb plus diminué que
de 4". On comprend, dès lors, pourquoi I'on nc doii observer le
soleil quo lorsqu'il est aussi près que possible du zénith, pgur s'as-
surer gue son disque est bien circulaire.
Poui que le sol-eil, tout près de I'horizon, paraisse sous .la forme
cru'indiqub la figure 4 87, il fauL que la réfraction s'opère régulière-
rirent dans l'atmosphère, jusqu'à I'horizon même, ce qui n'a pas
toujours lieu. Il arrive souvenl que, par suite dos.dispositions par-
ticulières que présentent les couches atmosphéri,ques près de la
surface dela terre, il se prorluit des réfractions irrégulières, des
.effets de mirage, qui font prcndre au disquc du soleil des formes
plus oir moins-bizarles. LorÀque ces circonstances spéciales n'exis-
ient pas, le soleil prend toujours à I'horizon Ia forme aplatie dont
il vient d'être question.
$ ,r f l. C'es[ ici le lieu d'entrer dans quelques délails, relative-
me"nt à une illusiou d'op[ique que toub le monde éprouve' Il n'y a
personDe qui n'ait rentarqué que le solcil esl beaucoup plus gros
iorsqu'on ie voit à I'horizon, que lorsqu'il se trouve à une grande
hautbur au-dessus dece plan. Posidonius, astronome et,philosophe,
qui vivait, à Rhodes du temps de Pornpée, altribuaib ce phénomène
à I'effet de I'atmosphère l,errestre Sur leS rayons lumineur : c'est la
première fois qu'il ait été question de' Ia déviat,ion que les rayons
pouvaient éprouver cle la part de I'atmosphère. ce q-ui.précède fait
voir que I'e.xplication de Posidonius ne peut être admise, puisque
la réfiaction atmosphérique ne peut affccter le diamètrc horizontal
flu soleil que d'une quantité très petite, et, qu'elle diminue son dia-
mètre leriical à l'horizon, au lieu de l'augmenter. Bb en effeb, si I'on
mosuro le diamètre apparent horizontal du soleil, aux diverses
[eures d'une même journée, au nlgmenb or) jl vient de Se lever, au
moment oir il passe au méridien, et dans des positions intermé-
diaires, on trouve lou.lours très sensiblcment le mênrc angle, Ce
changement quo les dimensions de I'astre semblcnt éprouver, en
mêmé temps'qu'il s'éloignc ou s0 rapproche de I'horizon, n'esl,
donc qu'une pure illusiOn. Yoici commenI on pett[ S'en rendre
contpte:
Nousnovoyons les objets qu'avec leurs dimcnsions apparentes:
nous n'avons d'idées sur leurs dimensions réelles, qu'autant que
nous joignons à la notion de leurs dimensions apparentescelle des
distances auxquelles ils se trouvcnt de nous : tel objet quo nous
apercevons, sans savoir à quellc distance il est placé, notrs_paraitra
diautant, plus pet,it que nolts le jugelons plus près de nous. Lorsque
ÀS(][NsToN DRoITE BT DÉCf,INÂISON DU SOI,EIT,. 23:-}
nous voyons le soleil à I'horizon, tous les ohjets teruestres qui se
trouvent dans sa direction él,ant entre nous et lui, nous le suppo-
sons naturellenrent et instinctivement plus éloigné de nous que ces
divers objets; et nous lui attribuons, en conséquencc, de plus gran-
des dimensions que si aucun objeû intermédiaire ne venait nous
obliger, pour ainsi dire , à le reporter par la pensée, à une grande
distance de nous, Or, c'est ce dernier cas qui se présente lorsque
nous regardons le soleil à une certaine hauteur au-dcssus de I'hori-
zon ; aucun objet n'étant interposé entre nous et lui, nous ne le ju-
geons pas si loin que dans le prentier cas, e[ il en résulte quo nous
Ie croyons plus petit. C'est par la même raison que les étoiles, que
nous voyons la nuit, nous paraissent attachées Èt une vorite surbais-
sée, c'est-à-diro à une votrte donl la par[ie correspondani au zénith
nous semble plus rapprochée tle nous que celle qui corresponcl ir
l'horizon. Aussi, abtribuons-nous de plus petites dimensions arrx di-
verses constcllations, lorsqu'ellcs sonI au zénith, que lorsqu'elles en
sont très éloignées.
Voici un autre fait, qui se rattache à ce qui préoède, et dont on
se rend conrpte de la même manière. Si, en partant dc l'horizon, on
suit dans le ciel un aro de cerclo vertical aboutissant au zénith, on
parcour[ ainsi un arc de g0 degrés ; on peut se lrroposer de diviser',
à la simple vue, oet arc total en deux parties égales : or, en fixant,
une étoile qui paralt opérer cet,te division exacfement, c'est-à<lire
qui semble à égale distance du zénibh et de I'horizon, puis mesu-
rant la hauteur de l'étoile au-dessus de I'horizon, au moyen d'nn
insl,rument, on trouve que cette hauteur n'est guère quc dtt 93 de-
grés au lieu de 45. On voit donc que deux arcs, dont I'utr est de
23o et I'autro de 67o, paraissen[ égaux ; cela tienl, à c,e que le pre-
mier es[ dans Ie voisinage de I'horizon, etl'autre dans le voisinage
du zénith. Il résulte de ce dernier fait, qu'on est porté à exagérer
beaucoup les dimensions verticales des objets qu'on aperçoit, à une
certaine distance, dans la direction de I'horizon. C'es[ ce qui fait,
que I'on ne s'aperçoit pas' do I'aplatissement très sensible que
I'atmosphère donne au disque du soleil à I'trorizon, eb que ce disquc
paraît circulaire, aussi bien que lorsqu'on aperçoiI I'astre à une cer-
taine hauteur. Mais si I'on mesuraiI son diamèlre verlical et son
dianrèlre horizonlal, à I'aide de I'héliomètre, on trotrverait des va-
.leurs très différentes pour ces deux diamètres.
S 4 25. Âceenslon drolte et décllnalson du solell. -- Le
disque du soleil présentant exactement la forme d'un cercle, il est
naturel do rapporter à son centre toutes les observaùions qui ont
pour objet de déterminer la place précise que cet astre occupe
20.
2ï[ r,oIS .DU ltouvnrfl.lN:r, DÛ soI,Etr,.
tlans le ciel. ce centre n'es[ pas un point que
l'on puisso r.iser
a\rec une runet,te, comme on vise onô.étoiru';
,,*ir'oi-y
en observanû les bords.r.r.u disque, ain,si cluc rorrs
supprée
arons rindiquer.
Ilour trouver ra position cru soreir sur Ia sphère célest.c,
instanb querconque, on nesure l'ascensio. droite à un
et ra décrinaison
de son centrc. on se sert, porrr cera, dc
la runette ,*iliunn, ot
du cercle nrrrral, dont rrous t,,it .u,,,uiiï;'i.';i#ririon ct
I'usagc pr'écédernmenr ($$ so'\.ons
ir sa). lorrquu io"*àrr]i"I,rrn, ,ro-
verser re mciridie', son iiold occiderltal utlelni
puis, au bou[ de quclque ternps, .àii-ùor,i oriental
.. prrîr-irenrier.,
v arriye à son
torrr; on obse^'o res insta'r,s a.xquers r inrngà ,iu'tio.à'o..ioonrnt
touchc su.cessivenren[ res ci.q firi clu réticure
cre ra lunelte méri_
dienno, puis lcs instanrs ou*qùr. un contact
anarogue a rieu entre
l image rl' bord orientar ct chacun ou"
.rnq 1ir;:; irisrnt tn
somme des nombres d'heurcs, r'i.utcs et.secôncies,
*urquérs pa.
I'horloge sidérale, au moment de chacun de ces
divisant Ie nombre totar, ainsi obtenu par 4 0,
.ix contacts,
puis
,
nrent l'heure du passage du certre ou sotert
on aura ér,idenr-
o" i,iarioiui,i, t,on un
déduira faciremenr .Èon ascension droir,e (s sg). p.,ir'il"àecrinai-
son, on gÈry d'une manicre analogue on orrserve
;
nrent lo bord supérieur ct re bord inléricurlo"
successive-
oi*q".",io"ioreit, .,u
du cercre murar, puis on prend -ra nroyenne'des
'.'.'oven par cleux angles
fournis ccs deux observat