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LES

MUStrtrS DI] NOS

PROVINCE,S
' 1,,\ |i

E. RAHIR
DES J\II]SÉES ROYAUX I)U CINOLIÀNf'ENAIRE
CONSDIL.LER GEN'GRAL DtI T. C. It.

.. i" ''o'

ÉutrÉ pAR t.E ToURING cLUB DE BEt.clQUE


4+, RUE Dn LA LOIr BIiUXELLES
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{096
LES MUSEES DE NOS PROVINCES
ilqfril
LE,S

MuSE,rs@ DE NOS

PROVINCES
PAR

E. R^AHIR
nls uusÉrs RoYÀux DU cINQUANTENATRE
coNsETLLER cÉNÉnlr- DU T. c. B.

94 ILLUSTRATIONS

ÉnrrÉ PAR t.E ToURING cLUB DE BEt,GIQUE


44I RUE DE LÂ LOI' BRUXELLES

n*u
_,..'-:'_l:i _,".*à

INTRODUCTION.
Nos cinqu'ante musëes ile pr-ouinces ëtan't, dans leur
ensemble, i,nsut|ù\û'nxment conttus et rnênt'e Sou\ent inaon-
nus itre la très grartd'e m,eiorité de nos concitoaens, et ne
poubant par consëqu'ent êtt"e ap'prëciës com'me il's le
rnër'itent, nous auorts pensé luire o:ucre util,e en ëctiaant
ces pages ilans u,n, but ile aul,(arisati'on' Elles n'ont pas
Ctë rë(t,i!ëes pou'r les arti'stes ou pout' l,es arch,ëol,ogwes,
nruis pourront pettt-être l,eur serair cl'intlôcat'ions gënëral'es.
Nou,s nous sonxnLea ellorcës d,e signaler et il'e ,nettre
ofitaùt que possible en Daleilr les princi'pauû obiets de
ces nxusëes et lttus ltarticul,ièment ceun il'ont le cat'actèrc
local s'impose, ceut tlue l"on ne peut aoir'qua ilen,* le
rnu,sée en qu'estion, ou encol'e les col,trectiôns spëciales qui'
par leur rich.esse, l,eu,r nontbre ow leur Dariëté' tze so ren'
contrent que d.o'ns ces ëtoblissem,ents' C'itons èt titre
il'enemptres: l,es tt:rtlres ile pcintres iilustres, com'nte cel'les
ile Rubens, Van' Dltck, etc., dtt, Mnsëe des Beorta Arls
il,'Anoers; tes toiles d,amassCes itru musëe de colt't'trei; les
séries d'e piel'res tormbales iltt Mu,sée ile Saînt'Baaom et
les sou,aett'ôrs ile nos anciennes corytorations rnusëe
'Iu funë-
archëoktgi'que tle (Ianil: ta collection, ales rnonunxents
raires rom,aàns tlu, musëe d'Atl'on; la biiou'terie bel'go-
ror.naine et franque du rnrtsrie at'chëologique ile Namar;
les sëriès prëhistoriqlt'es iles londs de caban'es néolithlques
ile La Eesbage, d,u Musëe Aurfilts' ù' Liëlle'
Il ne sera qu'estion itrans cette ën'umération qlre il'eE rnu-
sées ile q:iltes, it'e conlrnunes ou de sociëtës local'es, lalssant
d,e côtë I'es mom'breua nttr'sëes ltarticwl'i'ets, d'ont la il'cs'
criptiott' nous entratnerait trop l,oin'
Aucun otutrage ile ee gente n'ogant ëtë publi'é iwsqa'ù'
prësent, nous al)orts essagei tle prësenter ces d'escrùptions
awssi, clairement et aussi swcci'nctement que foi're
se peut'
dans l,'es?toi'r qtt'el,l,es contribueront ù' fai're rniewû con'
plus
noître et mi'etta opprécier Par nos compat't'iotes' les
préciertt trësors tln granil' art, ile t''art ilëcot'atil' de l"ar'
inëolorlte et (tw fol,lttore que renlerntetut tres 8i intéressentg
musëes de nos 1tt'ot;inces,
L,ÀUTEUR.
ALOST. Musée arohéologique.
Ce uusée oceupe I'aneien hôtel tle ville gothirlue, dotlt
la fière et élégante sllhouette attire si vivement le regard
(tig. 1). Construit au XIII' siècle, il fut partiellement
<tétruit en 1404 et reconstrllit ir cêtte époque dans le style
du ternps. C'est de Iâ bretèque, dont on admire l'avancée
sur la façade, que se fâisaient généralement les pttbli-
catious, les sommations et les intimations; c'est de là
encore que les comtes d'Alost, à leur avènement, pr'êtaient
sertnent à leurs suiets; c'est de Ll aussl qu'en 1555 Charles
Quint annonça au 1rcu1rle qu'il veuait d'abdiquer'
Sur la fiçade à lzr sobre ornementation I'on rernarqueÈâ'
dans les niehes du beffrol, les statues d'un comte de
Flandreet d'un selgneur d'Alost, et, sur lâ bretèque, celles
tle Charles Quint, de la Justice et cle I'Enfant d'Alost'
cette tlernière personnlflant la clté.
Lè beffroi cle l'édifice renferme un excelleut carillotl
oomDosé de 41 cloches. f,a \'âste salle tlrr rez-tle'chaussée'
qul a été restaurée dans son état plimitif et avec le plus
grantl soln, est ôpécialeDent résen'ée anx réunioDs poprt-
lalres.
En gravissant l'escalier qui rnène âu premier étage' I'on
arrive dans une salle du musée où le regàrd se fixe tout
cl'abortt sur des vitrlnes qui renfermenf les
et les objets les plns dnciens utilisés par 'nos'locuments
ancêtres
t'tes époques préhistorlques, belgo-romalnes et frtrnques'
L'on I- volt tTes silex taillés sous forme de lames' grar-
toirs, poinçons, pics, ete.., ces primitifs lnstrulnents cle

I'homme de l'{tge tte la pierre, et tles pièees


polies' notam-
ment d'assez nombreuses haclres en silex ou en
roches
pâys' tlont une tle grnntle tllmenslon' alnsl
àt"t"get"" au
qu'une sorte tle haehe-martea[ portant un étrânglement
pour y fixer le manche.
--li-

Il ya aussi cles objets en ltierre qui rte sont pas origr'


naires du pays, notamttlettt unt' litule en silet jaune de
Pressigny, une grande et belle poirlle tle lance ou de jave'
lot très régulièr'ellcnt tlillée, tles lxriutes tle flèches

Fig. 1.
- Hôtel de Yille d'Ilost.

américaines, etc. Beaucoup tle ccs objets prol'ielnent de


la collection I)e Deyn, de Ninovc et tln certlin norubre
ont été r'ecueillis r\ Cortr.l'k-Dulsel.
-9-
Uue vitriue est reùrplie de bois tle cerf, c'est'ir-dire de
pics et usteusiles tiivers tle l'éptxlue préhistorique' uris
au jour à lVichelen lors cles dragulges de I'Escaut'qu'ils Les
fois rle cerf extrtits du flcuYe sont si nombreu:(
n'ont pu êtr€ tous plLtcés dlns cette vitliue'
La àollection l\[oeus, tle Lerle, conltrend de noulrrertx
instruDents en bois cle cerf, doùt plttsieurs sont percés
de trous lrour y lixer les rnalches eu bois, des silex tttillés
et des fragurents de poteries préhistoriques et de l'âge dtt
métal. Dans une vitriue roisiue, uu courpartrnent est
réservé à des haches c1e t)'pes tlivers altputelant à I'itge
clu bronze, ainsi qu'une l.roiute tle litrrce et un intér('ss'1rlt
bracelet en spiraie (ouïert) se tenlliu&nt par cleur bou-
tons en forule de disques égâlell)ent erl broltze' L'âge dtt
lrétal est encore représeIlté lrnr les urnes cinéritires utises
.au jour lors tle fouilles faites à I'Hunlegheur (eutre Alost
et Leale).
De la Période romztile,
I'on remarque de très
nombreux tessons de Po-
teries Ilrovenant de vir-
ses Yariés, depuis la po-
terie ordinaire jusqu'au\
vases en fine terre rougtl
ornementés âvec art (re-
cueillis ù Assche Par \{.
M. Crick), etc. Signalons
tout particulièrement ult
vase cinéraire eu bronze
(fig. 2) dont l'anse est dé'
'corée d'une tête de fenrue
en relief et d'un oiseau.
Cette pièce découverie iL
Liedekerke en 187?, it tttt
mètre de plofondeur drns Fig.2. - \:ase roill&in-el,bronze
le sable, contenâit tle ltt
terre noire et, tout près de là. I'on découvrit un ttruts cle
cendre. A l'étâge supérieur de cette vitrine belgo-rotttaine'
se groupent une vingtaine de poteries du urol'en-âge qui
ont été découvertes à Alost, lors de trrvâttx exécut(ts pri's
de l'éelise Saint-Mnrtin.
-10-
Sur les tâbletteÊ de fenêtree sont cléposés tles malérlaur
<le eonstruetion belgo-romalns, tels que tuiles, carreaux'
mortiers. tuyaux, etc., provenant du Kalkoven (Assehei
ou d'autres loealités.
Dans une autre vil.rine s'étalent <tes objets en .bronze
et des poteries remontant aux époques belgo_romaines et
franques, tels que le morrlage du devant de char de Den_
derwindeke (origlnal aux }Iusées royaux du Cinquante_
nnire), de nombreuses petites lampes dont plusieurs orDe_
mentées de reliefs; tles mosaiques; un curieux trépierl en
bronze à 3 tiges se tlivlsant en courtes râmificatlons; un
collier romain en pâte de verre aux perles hatmonleuses
de ton et preÊque toutes de nuanee bleuâtre. Deux lnté-
ressants bijoux en or attirent le regard; ce sont: une
bague provenant de la Dentlre et gârnie tl'un cabocltou
en pierre noire sur laquelle on distingue une figule de
femrue gravée en creux; une belle fitrule circulaire en or
tlécorée de pierreries rouges et bleues, avec groupe ceniral
formé de 4 pierres entourées tl'un cercle de 0 pierres gar-
rrissant la périphérie. Il y n aussi quelques fibnles en
lrronze de forme courante.
l'out près de là, se trouve une vitrine d'objets romains
cl; francs, notarrrurent tles poteries dont quelques-unes
s{Drrt originaires g.,Italie; des haches; de grands cruteaux
(seramasaxes) et une série de remarquable* pointes de
Innces dont certaines à uilerons latéraux (fig. B), de
l'époque franque, La plus longue (I), qui porte des traces
d'étamage, â été mise au jour à Vollenaere en 1g67, lors,
de traraux de eanalisation; celle du milieu (II), qui re-
présente un sprécimen très rare de douille munie de bran-
ches, en plus des allerons latéraux, fut retirée de Ia
f)entlre à Ninove; entn, la plus eourte (III), à forne.
élégante, fut aussl recueillie dans lâ Dendre, à Ninove.
Il y a eneore un eollier tle fernrne franque formé de Fefites,
perles urulticolores en pûle tle verre; le fac.similé d'une.
belle boucle de ceinturon, et une bague etr or avec eavité,
pour y fixer un châton (qui manque), trouvée à Ninove.
en 1501.
Plus loin, l'on terra un étâlage d.armes du moyen-âge,.
--tr-
-r
clont une épée espagnole tle 1irSl, llouvée tlans h l)entlre I

et qui est ornée d'incrusllttions tl'or; un poignitrd à poi-


gnée eu corne sculptée tl'une orrrementation glufrée et
dont les quilles sout; recourbées erl croi*ssilnt; t'les fers tle
Iance; une épée ir large lrtne tlu XIIIe siècle; un poignnrtl
à lame triângulaire; utt Dic de guerre, etc. En plus' il y
a d'autres objels, tels t1u'ul iustruurent à clouble tratt-
chant recourbé il
son extrémité en
forme de faucille
et qui paralt des-
,tiné à faucher; des
mors, des éPerorls,
et des fers cle che'
vaux tle types
tlifférents; divers
étriers curieux tlu
XYIIIo siècle; cles
clefs aucieunes;
une fourclle et une
pointe de Goetlen-
dag flamancl trou-
vée dans I'Escâut I
à Termonde; tles j
catlenas en fer, tle
forme splrérique,
datant de la lin tle
I'époque gothiqrte.
A signaler lrltts
particulièrenent
un intéressant Itllts-
tron de tir à I'nrc, Fig 3. - Pointos de lance.
en ivoire orné cl'uu (Epoque ft'&nque)
Saint-Sébastien gra-
r'é et de trois écussons tlt' Grau.rurolt (1592) ayarlt appâr-
tenu à Ia fanille tle Locqurlnghien (Seigneurie de Panele) '
Cette vaste .salle c-lu urusée est ornée d'une cheminée
gothique cloilt I'intérieur est tâpissé tl'ule plaque en fonle
provenant ,.ie I'ancienne Abbal'e il'Afflighem et qui repré-
-qente It Sauaritaine.
-u-
Au delir de celle cheurinée, s'offreut, tlitls uue vitrine,
quelques objets tlignes d'attel)tion et plus spécialen-reut
un nerveilleux coffret gothique il bijoux, en fer forgé,
qui fut tlouvé sous tene ir Nieurverkerlien, pr'ès d'Alost
vers 1820. Il est traraillé ri jour àvec grand art et est
Druni de contreforts d'angle s'flppul.fllrt sur (les lions cou-
thés (fig. 4). Au couvercle bortrbé s'attachs une aDse à Ia
tbrme élégante. Les peintnres rur tons généralernent rou-

l'ig. 1.
- Coffret guthirtue en fer forgé

geâtres et les dorures dol)t cet atlmirable coffret était re-


<.ouvert ont protégé le fer contre toute oxydâtion. Ces
cnluminures qui, mainteninl . oDt complètement dispam,
ont eu I'avantage de laisser. à nu un trrrvail parfait et
sulrérieurement bien conserl'é. Oelte tnu\.r'e d'art cle pre-
mier ordre est incontestrlblement la pièce la plus remar-
quable rlu uusée tl'Alost et I'un tle nos Jrlus ..iolis coffrets
à bijoux.
L'on admirera lru"ssi un plat en étrin grar-é de <,lessins
représentânt uu sujet I'eligieux, rnais dont la tlate esl
_13:
iliisible; une eroi-t de procession en cuivre remontant .à

l'épixue gothiqrre et qui provient de l'église de Wanzele:


une éuée espngnole retirée de ln Denclre; des clefs gothi-
I

ques rllx.forlnes variées. ttn vieus fusil à pierre. ete.


Sur le plancher, au voisinage de ces objets; se montrerlt.
plusieurs petits canons utilisés iatiis nux fêtes de la st>-
ciété cle Saint-Sébastien et qul nrrrintennnt s'lbrltent s()lrs
les plis des bannières de nos nrtci€nles corporations ei
soeiétés.
Le regard s'arrêtera nussi sur trois beaux colliers en
argent repoussé et décoté qui proriennent cles sociétés tlt'
tir tle Saint-Sébastien, de Saint-Georses et cle Saint-Au-
toine; sur un nranlrsclit cle la
sot'iété Saint.-Geolges; et'
principalement, sur un uraguifique urélnorial t1e la chauthre
de rhétorique de Sainte-Catherine et qtli est richetnertt
orné de nombreuses plrrttcltes en cottletu's, montrant de'q
spécinrens variés d'ornernentirtiou se rapDortânt à plusieru's
styles. Ce uranuscrit si ntLnirablernent enluminé est vrai-
ment digne d'une mention spéciale.
Accrochés à un mur de la salle, se détachent deux reli-
quâires en bois sculpté, décorés de peiuttres, de la eonfré-
rie de Sainte-Catherine.
Dans deux cadres voisins recotlverts de glaces, I'on
nclmire deux remarqunbles serviettes, en toile damassée,
de Coultral, dont la plus anclenne, cle 1656, aux atmes dc
don Juan tl'Autriche,.représe-nte ce seigneur à chevnl.
Comme beaueoup d'autres villes, Alost possède aussi
ses géants dont on verra ici les deux têtes. Ces géants
étaient portés autrefois tlnns les cortèges de l'antiqne
société des arquebusiers de Saint-Georges'
Cette salle renfertne encole tlrl ilnportitni txblelru repré-
sentant lâ prise cle lzt Yille tl'Alost. en 165S' par les armées
françalses, ainsi qu'un grand llnurteau sur lequel s'étale
une très intéressante carte tlu lrnl's d'Alost, clntmt tle'
1784 et qui est signée Jûcques Hoorenbnut. f,'on remarqrte
aussl une série de vicus livles tlont 1{ étlitions de trIartetls
depuls 1572, donnant donc des sllécimens des premiers
ouvrages imprimés.
Des vitrines hautes c'ontienueut des objets divets, tels
qne mounties, cflsque, etc,, et surtout uD curieux tonnelct
-14-
en grès de Bouffioulx, qui est orné tle quatre écussoris et
rle derrx rosettes. Les écussons sont ceux de Jean-X,erdi-
nand tle Saint-Victor, bourgmeslre de Bruxelles en 167{,
rle l:éonarrl Colèhon, d'Anna Rrriseembergh et <le la familie
de Horion. Cette pièee provlent de I'antique abbaye d'Àf-
flighem,
. f'rès d'un mlrr, se signale un groupe surmontant Jadis
I'aulel de l'église Saint-trIartln à Alost et fgurant la statue
étlrrestre tle Snint-Martin. patron tle l'égllse primaire tle
tn ville.
Non loin rle là, I'on peut voir encore, une eroix en fer.
un costume d'échevin en 1835 et un ancien bnlmt eu chêne
sculpté.
On monte à l'étâge où se trouvent les vieilles archives
d'Alost, des gravures. quelques broderies et dentelles, uue
oolleetion de monnaies en formation, un ancien plan de la
ville, rles panoplies tl'nrmes et des drâpeaux.
I'our terminer, signalons que l'église Saint-Martitr
tl'Âlosl; renferme ule superbe cotuposition de P.P. Rubensr
représentant Snint-Rtrch int€rcédant pour les pestiférés
et deux délicieux tableaux de ee célèbre ârtlste ûgurnnt
Saint-Roch guéri de ln peste pal lln ange, et Saint-Rorlt
dans le tlésert.

ANVERS. Musée des Arts déoora,tifs.


La vieille Boucherie (Vleeschhuis), qui contient ce uru-
sée. est située rue des Bouchers, tout près du musée ;lu
Steen; elle fut eonstruite en 1500. pris oceupée par la
eorDorâtion tles bouchers en 1503. Ce magnifiqne bâtiment
est surmonté de cinq tourelles. tlont une reuferrne I'esca-
lier d'honneur eondnisrnt tlirècteDrent i\ l'étage, sans
eomn.).unicâtion âyec le rez-de-chaussée. ADrès le départ
rles li'rançais, qui I'utilisèrent clès 17$2. quelques bouchers
le gardèrent jusqu'en 1841. L'édifice firt nlors t'ènilu ir
un rnarchand qui l'rrccupa. En 1S99, rncheté par la ville
d'Anvers, il fut restauré par ses soins rvec une seience
consommée et en 1912 la eonrmission tlrr musée ttu Steen
I'obtint pour y loger ses collections d'art t'lécoratif.
La salle d'enlrée
- spacieux hall en style gothique,
-15-
long de 50 ruètres et lùrge de 18 mètres
- est divisée
tleux nefs par une rangée de colonnes supportant
en
une votle'
og;ivale i1 nervurps croisées; elle se présente admirable-
meiltpour y loger des colleeticins tl'art décoratif des l,èmps -1
passés. Des armures garnissent la base des colonnes et. \
des pieds de celles-ci s'élancent fièrement une jolle série -;
de bannières de nos anciennes corporations et confréries,
qul, se mariant aux âutres objets et aux vitrines dispo-
sées avec gott, forment un ensemble d'un attrayant
earaetère ornemental.
Dans une des vitrines, une riche cuirasse du XVe siècle,
gravée tle délicats dessins, porte les armes de la farnille
d'Egmont. L'on y roit un lion attaché à une coloDne et
un rnonogramme portrrnt la rlevise: << Pour la Patrie >.
On aclmire aussi un cnbasset italien (casque) très riche-
ment déeoré et forgé tl'une seule pièce, de nême qu'un
cnsque espagnol ou morion de piétons (XVIe siècle), ciselé
avee grancl art; une ruitsse d'arrnes de 1442 proïenaDt
de Wenceslas Hubertus; tles épées de Tolède; un fusil
à rouet tlu XVIo siècle; un fusil à silex, gravé de magni-
fiues tlessins et lrortant le portrait de son propriétaire' etc.
La pièce capitale cle cette vitrine est un carquols d'ar-
balétrier en bois cle chêne recouvert de culr aclmirable-
urent décoré de peintures sur ses quatre faces et garni
rle ferronnerie forgée, tlécoupee. de bantles transversales.
Il renronte au XVI" siècle. Portant.les-insignes de Ia gilde
des arbalétriers d'Anvers, il est orné de figurines peintes-*-7
représentaut saint Georges, sainte Marguerite, un cava- i
lier, etc. Le couvercle ù monogramme est en fer forgé' \
C'est la plus belle pièce de ce genre et de cette époque I

que nous possédons en Belgique; elle porte le nom de--'


Josepb Beeckmau,
Sur Ie yraveuenb sont déposés cles traîneaux de diverses
époques, une curieuse chaise à porteurs du XVIIIo siècle'
de grantls coffrets dàtitnt de Ia Renaissânce eb destinés
à renferurer des archives ou des obiets précieux.
Darrs une vitrine voisine, on ren&rque une antique
poire à poudre; une épée de Middelburg avec poignée err
argent, un beau bouclier en cuir repoussé du XYIIU siècle
et dont le centre, richeruent décoré, porte la figuration
-16-
d'un ehnr. C,ette tlernlère Jtièec provient rlu ehlltenrr ile
Dampierre.'en Franee.
Qrrelques broilerles sont à signaler, notantrltent celles
d'une elrnne en telotrrs muge ornée cle brorleries aux tons
r':rriés. iscoeiées I des ffls tl'or. qul appartenait autrefois
nrrx bénérlietines de Nonnen IIil. Dans une nutre vitt'ine,
on nrlmire tles broileries sur étoffes si ffnement travnillées
qu'elles iuritent à s'y méprenclre de clélicates pelntures.
fl y r nussi <les seulptures earaetérlstlques de h ville
d'Anvers. telles que les statuettes ile la eorporation des
porteurs de tourbe tlatant du XVIe sièele; de beaux mor-
tiers en bronze dont eertains. décorés avec art, ont été
exéeutés par Van den Ghein.
Un autel Renaissanee attire I'attention par sa ttoune
facture, ainsi qu'un banc de eommunion de la mênre
époque et deux torchères au earaetère ornemental qui
l- appartenaient à la corporâtion des tondeurs de draps.
Dans une vitrine contenânt tles broderies rouges et or
(Orfroi), on renrnrqlle de curieux icones russes en euiwe
et en émail. On 1' r.oit également le fac-similé d'un superbe
llateau en argent doré, de style byzantin tlu Xf" siècle,
I'nrmi les obJets religieux, on atlmire un ealice en argent
ciselé du XVII€ siècle, alont le pietl est olrré de gravures
représentant le Christ en croix, saint Michel et saint
André; un ostensoir en argent rieherneni\ tlécoré, du style
.Louis XY; un encensoir gothique en_ cuivre, etc. Il y a
aussi quelques dinanderies et notamment rTe grantls plats,
tles cloches et des mortiers exécul.és pâr le Draltre Van den
Ghein; un. sarnovar Louis XIV. A signaler tout parti-
culièrement un superbe grand coffre de 1Dr65 cle longueur
sur 0n85 de largeur, datant du XVII" siècle et qui servâit
autrefois à eonserver les plus précieuses archives de la
ville. Le principal attrait de ce coffre réside surtout dans
son extraordinaire et très curieuse serrure compliquée,
formé de quatorze I-rènes d'un travâil reùrarquable, et
dont le mécanisrne n'est actionné que llar une seule clef.
LIn autre ale ces grands coffres est décoré de peinturæ
représentant des oiseaux et des fleurs. Noubreuses sont
du reste les ferronneries décoratives aux formes et aux
ïitrine-s; u-{-1-
eoractères variés qui -.;*t;r"usieurs I
clefs clont - ;
là. notamment, uue esceilente série d'anciennes
plusieurs exérutées aree art'
tlhe.importante cherninée gothique retient
llâltettion .
et par son étrange fontl
pâr sa belle ligne architecturàle
formé-tl'ardoises posées sur champ et
disposées
ili ;a
en rangées obliques alternatives'
laquelle
Cefte salle contient aussi une vitrine dans
coffrets
s,élnle une superbe collection de r.ingt-sis antiques
yen a
à bijoux datant du XV" au XVIIU siècle' Il
en
et orné de parfols
Uoi.,'"n cuir doré repoussé {gssins
(lécorâtif' on en volt
polychromés et tle caraciète tr'ès
qoi"not garnis tl'ornenent's en fer ciselé avec gott' d'au'
tres couverts tle plaques de fer tlécoupéès et' superposéès'
est fune
eie- ijette magnifiQue séi'iê cl'æuvies arListiques
des plus importantes tle ce genre que nous'connaisslona'
place flxée'
i;nr,^y toit âussi une élégante voiturette à une
*u" ,l",rt roues éler'ées et que I'on désigne sous le nom
tle < Xllingette ); elle avoisin€ quelques tlentelles étalées
dnns ùne vitrine, ainsi que des reliures'
i'riË scuhrture ofÎtant un sérieux intérêt historique qrui est Sri
eelle tle ln stahre équestre de snint Georqes (fig: 5),'
fut placée en 1314 au-dessus de la Polte d'Attver-s, tlite de
Saint-Georges. Eu 15i4, cette statue fut trlnsférée dâns
le loeal du vieux s€rment tles Arbalétriers et finalement'
en 1E&9, offerte à la ville. Prrrni les objels tl'art
qui gar-
nissent cette vaste salle, on pent encore citer un fort ioll
Chrïsf en ivoire, Guvre espâgnole, et ul Christ en bois
qrri tlate tle la Rennissance.
On' gravit €nsuite un escalier qrti mène au premier
étage àans une gratrde pièce de style Renaissance' située
. - immétiiate.lnent nu-dessus de celle dbnt nous venons d'ad-
mirer la belle ortlonnance; mais celle'ci est divirée en
plusieurs salles.
Nous y voJ'ons d'trbortl des collectiolts étraugères au
p"5'*, oàtu**ent ltl belle statue en grânit noir d'unt'
reine d'Egtpte @mrue sous le norn tl'Isis; un Dronument
de X'abius Ilufus en calcaire bleu ornementé et avec
inscription; une pierre biéroglylùrique provenant du
par uue
Mexique, etc. tr{ais l'atlention est sultout nttirée
_18_
très remargunble collecilon tt'onJeh. bijoux,
armes, usten-
siles dirers provenant des Indes néertanrtaises
et qui fut
off'erte récemment au musée par lI. Christoffel yan
Rijs_
wiJek. Nous ne saurions détailler lci ce magnlfique
en-
sernble qui ecintient des j,oyaux tl,or et d,aigent
d,une
granrle finesse d'exécution, caractéristique
tlJ ees pa.ys
lointains. Un Bouclha en bois laqué et doré, ainsl qu.un
'des sept mages de la Ohlne, en bronze, retiennent
aussi
le regard.
Plusleurs vitrines renferment quantité d'ob.iets, armes,

geint
FiS. 5. - Georges.

fétiches et usterrsiles divers provenant tle notre colonie


du Congo; les murs de la salle en sont également décorés.
Parmi les obJets eongolais, il y a lieu de citer tout s1É_
clalement un très eurieux féttche en fer forgé qui oonstitue
une pièee rarisqjme. probablement unique eu sou gçnre.
--19-
L'ameubletnelt chinois est représgnté par uu superbe lit
<le mandarin en bois laqué de ton rouge et or,
joli tra-
vail de sculpture ajourée, du XVIIIo siècle; par un vaste
banc tle repos de la même facture et qui est utilisé
par les
fumeurs d'opiurn. Contre le lit' il y a trois ravissantes
J)etites ttibliothèques en bois laqué et sculpté I jour' ainsi
qu'un brtle-Parfurns chinois.
On pénètre ensulte dans une salle meublée en stvle
l,ouie XIII (fig. 6), ornée d'une belle cheminée de la mêne
époque. On y remarque deux jolles chaises recouvertes
dà eutr repoussé du temps de Louis XIII, un vieux clu'
veciu du XVIIe siècle, ainsl qu'une grande armoire au
caractère hôUanalais datant de la même époque' L€s mur.s
<le la salle sont revêtus de panneaux en bois cle la Re-
naissance. f,'aisant suite à cette salle, se présente une
pelite salle gothique garnie d'une série de jolis panneaux
d€rcoratifs variés qui sont suspendus aux murs' On y ad-
rnire un bean bahut tle l'époque, ainsi qu'une fenêtre
gothique à croisillons en bois, spécimen râre et en bon
état tle conservation. f-lne canette à vin, de 1655, ayant
npltartenu à la Gilde cles Arbalétriers de la ville, attire
également l'attention.
Iruis I'on entre dans lrr salle qui servit autrefois de
lïeu de réunion.il la corporatiou des bouchers; elle est
ornée cl'une superbe cheririnée, de remarquables fenêtrcs
aux boiseries decorées de ferrures, d'un grantl bâhut en
noyer portant tle riches sculptures, où le bois et l'écallle
s'harmonisent à mervellle pour former un superbe en-
tapisserie'
sernble de travail flamand. Unê importante
une chagse au sanglier, représente les
tigurânt notamment
oàcupations caractéristiques <les rhois de nov-embre- et
de
tlécembre; elle est encadrée d'une jolie bordure décora-
tive. Clette tapisserie a été faite à Bruxelles au XVIIU siè-
cle d'après les dessins du peintre anversois Martin de
Yos.
L'on voit aussi le buste rle l'échevin Van Kuyck, fon-
drteur tlu musée.
On revient ensulte clans la salle principale de l'étaSe'l
où se sign{rle un nagnifique colller en ârgent 9ot9, "t
ciselé, tlu roi tl'un sêrment d'archers cle Saint-Sébastien' -l
-
-n-

v1

F]

û
I

èô
-21 -
Ce coltier esl coniposé tlu fusil. ou briquet. et clu cnillott
de la 'Ioison tl'Or que trùversent des flèches en snutoir;
il est feulé cle deux côtés par une agrafe en tbrure d'étus-
son aux armes de srrint Sébnstiên et tl'un lion rarnpalt
couronné. Au preuier écusson sont attachés un roitelet
et une couronne de I'ernpereur Roclolplre II, frappée en
1607. Un lit à baldilquin en cliêne richelDent sculpté et
de style anversois, clnl:lnt cle 1.610, retient I'attention
ptlr
son beau caraetère tlécoratif. Sou del'ant est foruré de
pânneâux et son balclaquin est décoré de ruuffles de lions'
Tout près de là, ul très curien\ porte'serviettes en bois
sculptè atec art repri'sente une figure griuacante' C€tte
pièce, clu XYfIe siècle. est cl'un réel intérêt archéologique:
elle provient tle I'aneienne abba5'g tle Saint-Sauveur'
Prrmi les porcelaines et faÎences variées, notamment
parrni eelles de factule nrlversoise, qui garnissent quel-
ques vitrines, il y a des pièees particulièrement dignes
d'être mentionnées, telle une enseigne représentant la
rierge et I'enfant Jéstts accotupagnés de sainte Anne qui
leur falt vis-à-vis. Il )' n aussi tles grès orlginaires de ltr
Rhénanie et al'autres provellânces que nous ne pouvons
détttiller ici. IIne cruche en grès et à couverele en argent
ciselé offre un sérieux intérêt, parce qu'elle fut la pro-
priété du célèbre artiste Pierre-Paul Rubens. On remar-
quera aussi tles. argenteries diverses, des eolliers de crrr'
lrorations et, rlans un couloir attenant ir cette salle, un
beau panneau déeoratif en rnajolique. datant clu XYIe siè-
ele. richernent coloré et représentant la conversion de
saint Paul. Il est attribné ù Jaeques f,'loris, frère du
peintre Frans X'loris et du sculptetl5: Corueille Floris.
f'ne série de crrrreaux éuaillés, d'enseignes de Delft on
cl'autres provenanees, ne mânque pas d''intérêt. Une riente
cuisine âvee pompe orneùrentale s'offre ensuile aux re-
gards; puis l'on pénètre dnns une 'chambre il coucher
tapissée en cuir repoussé tle ]t:rlines. Elle contient un fort
joli Dlobifer cnourplet du mêrne genre et du urêure tlessin
(cheminée, lit, armoire, ete.).
Uu escalier en pierre qui s'élève en spirale mène au
cleuxième étage, fort curieux, Ililtcc quLr I'on y volt la
Superpositioû tle trois étages contertus thns une toiture
_.)9_

montrânl, partout sa rerrràrqlrable chlrpenle apparente.


Sur des rrclets mobiles est fixée une inrportanle collectlor
de dentelles de toutes les provenances. el. sur les murs
's'étalent de nonrbreux euirs relroussés. (loutre les parols,
s'élèvent des armoires de style Renirissiurce. Une impor-
tante bibliothèque documentaire, tl'arclrlteeture, d'art
monumental, d'art tléeoratif, elc., occul)e llne grande par'-
tie de eet étage, où il y a encore qunttité tle ntoulages en
plâtre tle rnodèles instructifs de tout genre et de toutes
les époques, mais plus spécialement de la Renaissance.
Les deux étages supérieurs qui, sous les conrbles, sont
actuellement en voie tl'aménngernent, sont destinés à con-
tenir le complélxent tles collections tl'arrnes congolaises
ainsi que la section tl'ethuographie.
En résumé, ee musée tl'art tlécoratif. disposé nvec beau-
coup de gott et avec discernement, est tles plus intéres-
sants à beaucoup dle points <le vue. Il fait gtantl bonneur
à Ia ville d'Anvers et au tlévoué conservnteur: M. f,'. Claes
qui en firt le princiDâl organisateur depuis son origine.

ANYEBS. Musée du Stoen (antiquités et


sou,ven,irr historiquæ).
Le mâjestueux bâtiment tle ce nrusée a trn impresslon-
nant caractère féodal. Il fut aulrefois la demeure r]u
Seigneur 's I{eeren Steen el: ir I'origine. la porte
principale- du Bourg d'Ànvers- s'ouvrait près de là. Au
XIIIe siècle, le Steen servlit dé.ir\ de prison; en 1520,
I'enipereur Charles Quint le fit leconstruire par les célè-
bres architeetes Dontiniqne de 'WrrEhernakere et Rombout
Keltlermans. Un grnnd nomble tl'aceusés y furent tor-
turés. X'inalement ee chilteau féotlal n été restauré et
agrandi pour y instaler les collections d'antiquités et
tle souvenirs historiques de ln ville <l'Anvers.
En traversant la crur, on péuètre tlaus nn vestibule
qui conduit direetement à une lrremière sâlle meublée de
vieux bahuts en chêne, tle types anversois. qui remon-
tent au milieu tlu XVIIe siècle. Iln intéressant tableau
NoTÀ. - Le l{tsâc dez Arls îa.lr.tlriels el désoralifs d,Ânvefs (nfe
des Boucher,.J, non )oin alu Steen), est ouvert gratuiterrent t0us les iourg
de 10 à l5 h. :i0 en hiver, de 10 Ù 1? heures en été.
_23_
historique est àccroché ûu mur; il représente I'un tles
plus pittoresques et tles plus anciens âspects tle lzr place
rle }Ieir et de la rue des Tanneurs. [Ine deuxième s{rlle.
qui servlt jatlis tle prison, csntient un superbe fauteuil
du XVI. siècle. en chêne sculpté, provenant de la Cour
de Justice du tribunal tl'Anvers et une massive table en
pierre rlatant de la même époque. Elle était tlestinée à
prêter le serûrent d'usage. Tout près de cette table' on re-
rlarquera un tréteau sur lequel I'empire du code
pénal cle 1S10 - sousaux paniciiles. f,e
on eoupait le poignet
-
couperet ernployé pnr le trourreàu pour cette ofrération
se trouve sur le lrétettu. A proxlmité, on voit la chemise
rouge que deva'tit rer'êtir le condammé pour subir cette
mutllation. Coutre les murs, deg careans et colliers en
fer ayant servi it la peine clu Carcan; des fers pour mâr-
quer les criruiuels el les mnlfaiteurs condamnés à des
peines infanrantes. On passe ensuite clevant la .salle de
garde où se trouvent des arbalètes, tles armes diverses.
tne série de bâlons et de baudriers nyant servi nux
< tueurs de chiens > tle la ville.
. tTn escalier tlonne accès r\ l'étage' oir I'on pénètre d'nbortl
tlans une petite 1tièce renfermant une oollection de rno-
tlèles (princilr:rlement en toll bleu) provenânt d'une an-
cienne irrdustrie d'lmpression sur eoton. Continuant à
Eravir trn escalier. on arrive dans une pièee eontenue
dans l'épaissenr cl'ttne tourelle qui fut autrefois la prison
pour fenmes. flne chnpelle voisirte possède un intéressant
banc <le comntunlon, en Renalssance flamande. un ex-r'olo
original flgurant un navire ir trois mâts, du XYI. siècle'
et, cltns une anuoire, une série de statuettes et sculptrlres
en bols.
Ensuite vient lil salle rle musique, décorée d'tlne che-
minée aux Dlontants en pierre blànehe, surmontée tl'un
mantea[ du-XYIIIe siècle, en chêne. On y atlmire. notanr- |

ment, deux clÛvecins patinés p.rr le temps, des trompettes \


en cuivre dortt se servâient jadis les anciens hérauts tte \
la ville d'Anvers, une cyllt:rre à onze oordês, des flttes' I
cles guilares. tles clarineltes, des tambours' etc' Parmi les I
grancls inÊtmrùents I'ou voit une curieuse trompe marine
du XYIIIo siècle, et un tuba-bec, Iong tle 2N50 qui était
y'*^fi',' i\r\ - 2{
-
t q.r,"

*(. ,.idio-,., ,|il ntffi.e autrefois pâr te,c nrnrclrantis de la Hanse, lors de
r:.t- '' t leurs cérémonies.
?i:-' . .-n. , ,' Dans la salle réserr'ée à la nurnisuratique se trouve une
'".Y-.'çf très irnportante eollection de métlailles et de pièces <Te

rnonnaies provenlnt en très grantle parlie de l'ancien


Ilrabant. Nous ne pouvons songer à détaiiler ces trésors
nrchéologiques et historiques, contenus dans tles meubles
bien oonqus pour faciliter l'étutle tle ln numismatlque.
Il y a aussi quantlté de jetons et de méreaux, Itn un
endroit où sont réunis les médailles et les insignes com.
mémolatifs de la grnnrle guerre tie 1$14-1918, I'on remar-
quera, en plus des tablenrrx qui ornent les murs, une
eheminée tlont le fontl est gnrni tle brirlnes portant des
rlessins rariés en relief. reurplâcant ln aque tradition-
1

nelle en fontë.
Dans la salle aroisinante. oir il y a quelques obiets
d'équipements ntilitaires, I'attention serâ surtout attirée
t'ers. d'anciens souvenirs rapJrelant les prineipaux cor-
1èges histoliques d'autrefois et particulièrement vers lee
têtes fameuses du célèbre géant d'Anvers (enlevée â la
statue fnite en 1555 par le célèbre peintre sculpteur Plerre
Coeek et remplacée pnr une tête en euiïre) et de la non
moins célèbre génnle. son éponse (exécutée en 1765, d'après
le sculpteur Daliel [Ierreyns). tln tâbleâu suspendu au
mur offi:e I'image courplète de ces géants trônant majes-
tuensement nu rnilieu tl'un cortège. Cette salle contient
j, aussi des souvenils tle sociélés et. c]ans une ritrine. une
I iruportante collection d'insiguts de h Loge mnçounique.
Le fond tle la pièce est déeoré de nombreuses bannières
. Drorenânt d'anciennes sociétés ou de cor$orations.
Orr Ùonte ii l'étage supérieur et, pâssant par ulre pièee
meublée d'uu mobilier de chrrmbre à coucher. arec lit à
. buklaquin, bahuts, I'on arlive dlns ln snlle tles souvenirs.
Avant d'1' pénétrer, on distirguerr nrr réduit ménagé
drns une tour ofi se moDtrent tlivers ob.iets ayaut servi
à la flartle lors de la perceplion cles tlroits d'octroi com-
rnunau-ri, tels que vases à double fond, poupées. corsets
en fer-blanc que I'on reruplissait de liqueurs, etc. l)ans
Itr salle des souYenirs, l'on lemarquera tout d'abord deux
atatuettôs, dont I'une, exe{.ulée en 1766 et placée sur un
_25_
socle de bronze, rellrésente la < l{elkboerinneken n'
paysnune, tlatts utte pose gracieuse' porte une maln à
hanche, tanclis que <le I'autle elle maintient un pot â

Fis. ?. - Le Géant d',\nvers.

hit qui lepose sur sa tête. L'autre figurine (du XVUI"


siècle) ruontre Ie paysan aux æufs (Eierboer); il lrorte
un chapeau hâut de fonne à large bord et est âssis sur
rln grand panier. Ses mains s'al)puient sur un petit panier
-26-
1x)sé sur genoux.L'on voit augsl une maquette en bois
ses
tle la lour bleue, vestige des aneiennes fortifications
tl'Anvers, démolie en 1880; une antlque presse à col)ler,
un clavecin, le mécanlsme de I'horloge de la Bourse, une
presse ù imprimer, I'aneien elavler du carillon de la eathé-
rlrale d'Anvers, le ooq-glrouette du XYIo sièele Eui sur-
rnontait Ia grande tour de la même cathédrale; un pri-
rnitlf marteau-pllon, un pôële, forgé autrefois sur les
glaces tle l'Eseaut gelé, la maquette de la porte de Kip-
tlorp portant les armoiries tle la vllle, etc.
ûnê autre salle, contenant une assez importante col-
lectimr de documents géologiques, renferme une maquetle
donnant I'image d'une crèche italienne. Le fond est dé-
coré par ul portique ronain; à I'avant-plan se détachent
tle nombreux personnages nux costumes colorés qui gar-
nlssent la scène religleuse. Cette salle renf€rme aussi des
obJets appartenent Erux périocles les plus anciennes de
I'histoire de I'homme, depuis les temps préhistoriques
.iusqu'à l'époque romaine. Quetques crânes de nos ancê-
tres, des silex taillés: lames, grattolrs, pointes de flèches,
haches polies (tle diverses pnovenances, mâis principale-
nent de la province d'Ànvels) co-nstituent ces spécimens
de la plus haute antiquité. L'âge du métal nous offre une
épée en bronze, ainsi qu'une série de haches plates et à
tlouilles du même métal. La période romaine esL repr'r-
sentée par des vases et par des fragments' de vases
variés, par des lampes, de la verrerie, etc. Dans une autre
pièce se trouve une bien curieuse collection d,obJets cle
tous genres et de toutes les époques provenant exclusive-
rnent des draguages de I'Escaut. L'on y voit des armes.
des ustensiles variés, des monnales, quantité <l,objets
divers appartenant à plusieurs époques. Aux murs sont
fixées quelques peintures des vieux quartlers de la rilte
d'Anvers.
On descend ensuite un escaller pour pénétrer dans unt
pièce qui contient des souvenirs de la Révolution tle 1g30
et d,ont les murs sont décorés d'armes. Deux peintures
sont dignes d'être mentionnées. L'une représente I'incendie
cle I'abtraye Saint-Michel; I'autre, la mort de X'rédéric
de Mérode. Il y a aussi de nombreux médaillons rappe-
lant la Révolutiort brabartçnomre, des tambouls, des
drapeaux datânt de notre indépendance nâtionale, etc.
La salle des souvenirs de la grantle guerre 1914-1918 ne
maoque pas d'intérêt. On remarquera' à côté d'obus et
d'ob.'iets tl'équipements mllitaires connus de tous, le po-
teau des fusillés et, dans un tout autre ordre d'itlées'
une collection considérable de paplers-monnaies, lmpri-
rnés par les villes et les communes pendant eette périotle
de calarnités.
On <lesceurl un dernier escalier Jnur attit'er dans une
salle réservée arrx moilèIes de naviles tle guerre, de ba'
teaux ntarchands, de bateaux cle pêche et t1e péniches. Il
y a là soixante-dlx t;rpes, tiont un grand nombre offrent
beaucoup tl'intérêt. A signaler tout particulièrement le
plus important de tous : le motlèle <7t Barbcrstein c\e
176?, majestueux navire tle gnerre hollanilais. gréé en
trois-mâts et dont la belle el: fière silhouette attire le re-
sard; il mesure 1n?0 de longneur. On remarque également
le modèle du trois-mâts hollandais De '\ch'elil'eut'ii, re-
montant à 1791 et qul mesure 2m70 de longueur; un trois-
mâts de guerre tlu Premier Eruplre; la barque belge /)e
Kooyth,ttn.iletr, de 1851 ; un navire anqlais lTictory, de 1871 :
le magnifique navire-école belge L'Aaen'ir, reproduit à
]'écllelle clu 1/100u par trI. Michel Lile, et offert âu musée
nar sâ veuvei lln superbe navire amiral hollandais, De
Peli.caen' tltl 1703. Presque to'us les tnoCèles de bateaux
tf intérieur et de pêche ont été offerts par M. Michel Lile'
Iæ tlécor de la salle est complété pat des tableaux dont
le principal, par llon. Peeters, représeute la racle d'Àn-
vers sillonnée de ttombreux navires.
IXn terminant ees lignes nous souhaitons virement que
eette dernière sectlott si intéressante de la navigation, qui
vient d'être mise en valeur, continue à se développer
considérablenent, pour faire honneur à I'un tles plus
grands ports du montle et dont la Belglque a le droit de
s'enorgueillir.

N. B.- Le c0nservateur alu musée est M. F Claes. Le musée est ouvert


tors les i0urs de 10 à I5 h. 3C en hiver, de l0 à 17 heur:es en 6té'
_28_
ANYERS. Mu6és Royal des Beaux Arts.
/-- f,a première itlée de créer un urusée des Itetux Arts à
I Anvers remonte à I'an 1382, alors qu'il se forrurrit en cette
I ville une corporâtion de peintres. de sculpteurs, d'orfèvres
r et d'âutres métiers tl'art industriel. IXn 1443. les seulpleurs
; et les peintres constituèrent une âssociâtion nommée
/ ( de Gulde >. Plus tard, la oorporation occupa la rnaison
: des Arbalétrlers qu'eile enrichit d'æuvres d'art, et. en 1664.
__ ce local fut réuni à I'Académie des Beaux Arts.
Nous ne suivrons pas ici toutes les transforlllâtions que
subit ce musée avant de devenir finalement le magnifique
établissement que I'on admire âctuellement, l,un des plus
remarquables musées des Beaux Arts tle notre pays.
De la salle des pas-perdus, ornée de bustes en marbre
de souverains et de gouverneurs cles pays-Ras espagnols,
I'on pénètre dans le somptueux et grandiose vestibule
d'entrée, décoré d'une série tle peintures.tlécoratives clues
à I'artiste N. de Keyser, qui fut longtemps directeur de
I'Académie d'Anvers.
Ces ceuvres, du plus haut intérêt, résurnent d'une faqon
sâisissante les plus irnportants épisodes historiques de la
célèbre école flamancle d'Anvers, et les influencss subies
pûr elle ou qu'elle exerça à l,étranger.
Nous ne pourrions ici déclire en rlétail toutes ces fres.
ques, nous dirons seulement que le panneau central nous
nontre Anvers tenant le livre des gloires artistiques cle
]a ville et distritruant des couronnss à ses enfants célè_
trres. D'autreç pannesux flgurent le fondateur tle l'école
d'Anvers, Jan Snellaert, entouré de ses contemporains,
les prineipaux maltres de l'époque, tels que p. p. Rutrens
enseignant son art à ses nombreux élèves et répanclant
son génie sur toutes les branches artistiques. L'on volt
nussi se manlfester les influences étrangères telles que
celle de Jan Van Eyck qui crommunique sa manière de
faire à Roger Van der lVeyclen; Raphaël qui apprentl son
nrt Ir R. Van Orley. etc. D'autres su.jets, qui ont rapport
à la vill€ d'Anvers rnontrent, par exemple. le grand. maitre
Rubens; dans son atelier, tra\'ùillant à la < Deseente de
croix >, et disculant avec des savants.
*21)-
l/o mugnllique €scalier monumeDttrl de ce v&sto vesl.i-
bule conduit eu-x 27 salles de l'étage, dont une grande
partie est consacrée à lâ p€ilture ancienne supérieurement
bien représentée. Les chefs-d'<euvre y sont nornbreux, et
aussi remarquables au point de vue tle I'art rnotlerne que
de l'art ancien; aussi ne Dourrons nous mentionner qu'une

Fig..8. - E. vaN DÉR WEYDDN, L'Eùchâristie.


-30-
miniDre partie des trésors nrtistiques qul garnissent ces
salles.
La première d'entre elles renferme la série des portraits
des membres cle I'Acatlérnie d'Anvers, tels Ingres, Wap-
pers, Verlat, Bouguereau, Courtens, Navez, Lamorinière,
de Keyser, Baron Leys, etc., artistes qui ont fait don au
Musée d'une ou de plusieurs de leurs o'uvres.
Par la tlroite I'on :rlrive.dans une salle qui contient la
oollectlon tles peintures nnciennes forurée par le chevalier
Van Ertborn, bourgrnestre d'Anvers, et notamment le
nag4ifique triptyque de R. Yar der Weyden, dont le pan-
neau central, < L'Eucharistie >, représente cette scène reli-
gieuse, dans le vaisseau central d'un temple gothique
(fig. 8) et le Dortrait de Philippe cle Croy, par le même
artiste. Parrni les ceuvres rnarquantes tle cette oolleetion
unique, signalons: de J. Van Dyck: < sainte Balbe >
vêtue cl'une robe à larges plls; la < Yierge à la Fontaine r,
portant I'Enfant .fésus; de Memling, le portrait cle Spi-
nelli; d'Atonello de Messine, < le Christ en Croix >; de
Q. Metsl's, < La Madeleine > placée sous un portique et
tenânt le vase à parfums; de Gérartl Davld, ( les Saintes
fernmes >; de Simone ùIartini, < Calvaire > et < Descente
tle Croix r; de X'ouquet, la < Yierge et I'Enfânt > et de
Lucas Cranach, ( Adam et Eve >. L'on voit aussl une toile
de G. Yan der Meire figurant le ( Portement de la Croix >.
Dans la sâll€ suivânte, I'on admire un triptyque <le
H. Memling, dont le centre est oecupé par le Christ qui,
e-ntouré d'anees, chante la glolre de I'Eternel; dans le
volet de drolte, comme dans celui de eauche, des anges
jouent des instruments tle musique (XVo S).
Une autre salle contient deux peintures tles plus mar-
quantes: le trilrtyque de Quentin Mets5's, æuvre câpitale
du musée d'Anvers, flgurant, à I'avant plan, l'< Snseve-
lissement du. Christ > (ûg. 9), Le Sauveur étendu sous
le calvaire est entouré de neuf personnages, ee qui forme
un ensemble de toute beauté et fort impressionnant.
A I'aÛière plan, se développe la montagne portant les
deux larrons erucités. La deuxième peinture la plus
tligne d'attention est celle tle B. Yan Orley, triptyque
dont le panneâu centrâl, ( le Jugement dernier > offre
-31.-
l'lmage du Christ, entouré d'anges, qui apparaît dans I'es-
pace assis sur un arc en ciel et les pieds posés sur un
globe terrestre. De n'rans X'loris, ll y a encore à signaler
la < Chute des Anges > et I' << .ldoration des Ilelgers r.
Ira salle suivante comprend des æuvres intéressantes :
de ùI. de Vos, (XVIU S.), le ( lriompbe du Christ )), pan-

Fig. 9.
- Qunxrrw METÉys. L'Ënseyelissernent alu Christ.

neau central cl'un triptyque montrant le Sauveur à peine


vêtu, tenant la crolx de la main gauche. A ses piecls s'age-
nouille saint Pierre. De P. Aertszen, il y a un triptyque
dont le panneau ccntral figure le Christ entre les deux lar-
rons. De J. Beuckeleer (XVIo) I'on remarque une toile.
au caractère animé qui s'intitule < Marché aux poissons r>
-32-
et une autre : ( Retour rle I'Dnfant Protligue ))' scène se
possant à l'intérieur d'utle cuisine&vec des personnages
âutour d'une table.
Parmi les tableaux de ltr pièce voisine, les æuvres de
P. Breughel fils domiuent. L'on remarque, notâmment,
son ( Dénombrement de Bethléem )), scène sous le soleil
couchant au milieu d'un paysage couvert de neige; < le
Sermon sur la rnontagne )): à la lisière d'un bois, des
hommes et des femmes écoutent le sermon que le SauYeur
l)rononce debout,; :le ( Portement de la Croix n, montrant
le eortège .des bourreaux. des hommes .d'armes, des
curieu*, .etc., qui se déroule Èr I'avant plan, 'tandis ,que
le fond est occupé par le panorama de Jérusalem; la
,< Promenade ); la .( Kermesse flamande >, etc.
Deux salles suecessives vont mettre en lumière les pré-
, .lé"or"ot* Ae nubens et, parmi ceux-ci, il y a lieu de
noter de nombreuses euvres de M. de Vqs (1532-1603) et,
notamment, un triptyque.dont le panneau central repré-
, sente l'< Incrédulité de saint l'homas >, le volet de droite
... figq3e le < Baptême du Christ ) et celui de gauche offre
i'"t'i-age de la < Décollation de saint Jean Baptiste )). Le
. Danneau centràl .d'un autre triptyque, désigné sous le
; nom de ( Denier de César )) ûIontre le Christ debout att
nrilieu des pharisiens, soldats, apôtres, etc. Un troisième
pann€a'p central de triptyque, du même artiste, laisse voir
saint Luc peignant le portrait de la Vierge, groupe for-
rnant une belle mise en scène agrémentée d'un rlche colo'
, ris. d signaler encore de ce peintre : Onze épisodes de
I Ja vie de Conrad d'Ascoli >.
,' De X'. Francken il y a : les << (Duwes de miséricorde >
.et .< Les Quatre couronnés condamnés au martyre r>. De
A. n'rancken : le << Martyre de saint Crépin et de saint
Orépinien )); le panneau eentral d'un triptyque dit < Cha-
lité de saint Côme et de saint Damien r>; enflt, la < Multi'
plication des Pains ), montrant le Sauveur assis, revêtu
cl'une tunique pourpre et d'un manteau roug€, qui bénit
cinq pains et deux poissons pendânt que les fidèles re'
(oivent la nourriture. C'est une des meilleures proclnctions
(le c€t artiste.
De M. Pepijn, il y a le ( Passage de la Mer Rouge r
:lit
- -
et le plrnncau ceutral d'un trilrtytlne représeDtùnt saintc
Elisa"beth distribuant les bijoux aux pàrurres >. De [I- Jor-
daens, l.'on reùruque : la < Mort de Pharaon > et de
M. Van Coxcyen : le ( Martyre d€ sâiût Sétrastien >.
Une autre sulle est omée des toiles de îh. van l'hul-
den, -+otamment cclie intitulée : l:r r Oontinence (chas.
teté) de ), æuvre carùctérisée pâr sù grande
Scipic-rrr
richesse de tons; de 'Ih. Boeyerluiuls, l' < Ambassadeur >
et la .( Yisite d'un Jésuite p&r une famille patricienDe ). ,
Parmi leÉ Jordaens I'on reuarque : les << Sæurs hospi- {
talières )) rayonûantes de bonté et de pais distlibuant du I
pâin aux affamées et les soignant, etc..; de îh. RolÙ-
bouts, I'or distingue le < Christ chassant les veudeurs du
ternple >.

Fig. 10.
- J. JonDAENS. Concert de f&tr1ille.

Daus la salle sui\'ânte les regartls se lrortent irnnéclia-


temerrt vers un chef-d'$uvre de P. P. Ilultens con[u sous
le nom de ( Oourtl)uniorr de saiut Iirauçois )).
Le saint hourue soutenu par lrois moines s'agenoullle
à I'autel clevaut un prêtre qui lui nrLuinistre les sacre-
ments, seène enrpreinte d'uue parfail:e uraitrise. Un ta-
bleau de 1'h. Rornbouts, ( f,e lSrelan >, ruontre cinq per-
sonnes qui, assises autour tl'une table, jout'nt aux cartes.
-3{-
De J, Jordaens, il y a ( la Cène >, sujet bien connu
flgurant le messie présentant le pain à Jutlas et, princi'
lralement, le ( Concert de famille > (fig. 10), lnrage du
bonheur et du plaisir tranquille, si admirablement impri'
urés sur les pltysionotuies du gloul)e; tle C. de Vos I'orl
çoit un sairt Norbert recueillant les SaiDtes Hosties-et
les Yases sacrés, cachés lors de I'Hérésie de Tanhhelùr,
et des < Portraits de famille >. De C. Huysmans, de beaux
l)àysages, rlont I'un, lumineux et riche de tons, repr(3seù-
tânt un site boisé nrontagneux, ornê d'une fontnine uronu-
mentale Dortant la statue tl'Hereule et agrémeutée de
Nymphes.
G. de Crayer offi'e une magnifique toile <r f,e Prophète
Elie au désert )). I'resque nu, le snint se tient devnnt une
cayerne et étend le bras ters le eorbeau qui lui apporte
un pain. De Th. Boeyernrans, la < Piseine tle Bethsaide rt
donne l'lnage du Sauveur debout sur les marehes de
I'autel et laissânt veuir à lui les rnalades.
La sâlle suivante offre un merveilleux enseDrble d'æu-
vres tle l'lllustre rnaitre P. P. Rubens et de son eélèbre
élève A. Van Dyek.
< L'Education de la Vierge D, tlu grantl artiste, repré-
sente sainte Anne assise âu mllieu du tableau et posant
sa maln gauche sur l'épaule droite de la Vierge, figurée
ici sous les trâits tl'une jeune ûlle rêveuse et distralte
placée près de sa rnère. < L'Incrédulité de saint I{'ranqois )
rlonne l'image du Christ laissant voir ses plaies à saint
Pierre, saint Jean et saint Thomas. Le < Christ à la
Paille > met en valeur le corps du Sauveur coucbé sur
une pierre reeourerte de pallle. .< La Vierge au perroquet >>

ou groupe de la Sainte X'amille, montre, se détaehânt sur


un riche perron, la Vierge et I'Enfant .Iésus; un perroqnet
est perché à droite.
< Le Christ en Croix')), au corl)s tlont la blnncheur na.
erée se détaehe superheurent sur lln fontl sonrbre, retlent
I'attention.
< L'Adoration des Mages ), @uvre uragnifique tlue entlè-
rement au pincenu du maltre, fut pour lui un sujet Ce
prédilectlon mais qu'il traita toujours d'une uranière dif-
férente (ffg. 11). fcl un roi agenouillé, en costume saeer-
dotal, et entouré des autres Magês. offre I'encens ir I'Dn-
-:jj-
fant Jésus, que Ia Vierge debout soulève de sa couche,
La tolle ûgurant ( sainte Thérèse délivrant IJerndrdin de
Mendoza du Pulgatoire ) et, principaleruent, < le Chrlst
entre les rleu-r Lrrrrons ), clit ( le CouI) tle lance )) sont des
productions de premier ordre. Sur cette dernière toile,
coruposition tle toute beauté, I'on voit Longin monté sur

Fig. 11.
- P.-P. RuBtrrs, L'Aclolrtion dt's Mages.

un cheval et portant un coup de lance au Seigneur dont


le sang j:rillit sur la tête du coursier.
Signalous un dernier tableau de Rubens : < L'Dnfant
prodigue r qui, à deni nu et les urains jointes, est age-
nouillé à côté de porcs se précilrilrrnt vers I'auge; genre
special âssez rare cht'z le grand lrriste. L)ans l'étable.
-36-
qui contient tles laches et deux palefrerlicrs, s'ollrre unc
porte laissant l-oir une grange et, à I'horizou, les clartés
tlu soir.
L,es principales toiles d'Antoine Van Dyck sont : < Le
Christ descentlu de la Cloix >. < Le Christ au tombeâu ))
tfig. 12), qui montre d'une façon vraiment poiglante le
désespoir qui se lit sur les mointlres traits de la physio-
nomie de Marie. La tête du Seigneur repose sur le sein
<le la Vierge. Il y a aussi un beau lrcrtrait de Oésar'
Alexândfe Scnglia et le < Christ en Croix ]t. ,;À$u,
:: . ii'!'L:

Dv( K, Le Christ au toillbeBÙ.


FijI. 12.
- .\. VÂN .i

De Fr Snij<lers, I'on voit des natures mortes représen-


tant des poissons, des îIeurs et des fruits.
Dans une autre salle un D. Rijckaert offre'llimage d'un
< Repas .de .paysans >; un 'l'eniers : le ( Repos des Chas-
seurs )); deux J. Van L'lraesbeeck: un intérieur de cabaret
flrmantl et ( Aur Armes d'Artvers ))' une querelle de
citbaret.
La pièce sui\,ânte est déeorée de peintures de maltres
hollandais. De Rembrantlt, il y a le portrait du pasteur
< Dleazer Sv'almius >: tle I-r. Ilals. le poftrait d'un
seigleur hollantlais: tie Hoblema, ( L€ moulln à eau r>'
qui donne I'impression d'un paysage de la Gueldre; de
Ruystlael, un paysâge, avec habitations et bouquets d'ar-
hres, animé tle personnages et ( Dau calme ri, montrant
un bat.eâu pêcheur quittant la cô1e au voisiuage tl'un vil'
lage. Enfin, de I. van Ostade, I'on remarilue un pâysage
<l'hiver et de B. van der ËIelst, le poltrait d'un gentil'
homme hollandais.
Quatre autles salles contiennent: un trbleau de J' LleE'
l' < Ennemi apprrrche >; tle 'Ih. ISaron, un joli aspect de
nos beaux tochels de I'rofirndeville (N[euse); tle À. Struys'
le < Gngne pain >; de E. Vloors, le < Chardon bleu > ; de
I'excellent artiste rtnrersois, le baron H. f,eys : < Rub€ns
se rentlant à une fête qui lui est offerte au jartlin des
arquebusiers à Anvers rt, ses ( Noces flamantles au
XVIIo ,siècle. I'entrée en ïille >. étude tle peinture murale,
et enlin le portrait de Q. Metsys.
De D. Laermans : les < Ir)rtrigrants ), triptyque repré'
sentant, au cent,re ( Yers le Port >, à gauche : la < Sépa-
ration )) et à droite : Vers le nrrvire >. < L'aveugle >r, est
aussi une cpuvre inléressante rle cet artiste. De I'r' Cour'
tens, l'on voit une .jolie drèr-e ensoleillée; de A. Baert'
so€n, le < Soir en X'landre >; tle D. Larock, < I'Idiot >;
de J. Velheyden, un ( Pèlerinage en Campine >; de
A. Vern'ée. un grhcieux groupe de poulains dans une
prailie; et de A. Stevens, < Désespérée >, jolie et ieune
femme du grand ntonde habillée d'une élégante robe de
soie cLrire, traitée â1'ec un art délleat.
De E. Pietels, il y a une toile intitulée : ( Au littoral );
tle Ch. Degroux, le < Nloulin rï eafé ); de P.Verhaert, le
< Sceau du Mtrin r; tle L. Brrnln, une < X'ine Lame >;
de X). Ii'arasyn, la r Minque au poisson à Anvers > en 1882;
et tle I1r. Hens, le ( Dernier voyage ).
Une autre salle lenferme de remarquables cBttvres de
ÉI. rle Braekeleer telles que : (( f,e Loodshuis >, ancienne
nuberfe h Anvers, l' < fmprimeur en tâille douee )'
< Jartlin d'horticulteur >. J. Stobbaerts se signnle par sa
< Sortle de l'étable >, l' < Abattoir r, le < Moulin de Kiel n'
et le < Ohemin creux ))'
Lâ sâlle suivante contient un tatrlea[ de tr'. van Kuyck:
( Une famille de btcheron en Campine r. De l'excellent
nrtiste E. Wauters; il y a: < Le Caire au pont de Kasræl-
Nil r; tle À. de Vrientlt' le << Pape Paul III devant le
portrait de Luther >; de J. de Vrientlt, la < Résurreetion
-88-
de la tlle de Zafue >; de E. Carpentier, un < Dpisocle de
I'insurrection vendéenne en 1?gd )); de I/ân der Ouderau,
la < Réconciliation jurliciaire > (coutumes d'Anvers) ; de
ï'. Lamorinière, un paysage mettant eu lumière < Le
Prinsen-Yi;ver ) de l'ile de \[aleheren; de If. Schaefels,
< L'Algésiras > au combat naval de Trafalgar.
Dans d'autres salles, une toile de 'W. Geets figure
l' <r Exorcisme de Jeanne de Castille >, dite Jeanne.la_
Erolle; une euvre de E. de Schampheleer montre un
<< Souvenir de Goutla > et un tableau de
J. Van Luplæn
donne une lmpresslon d'automne.
De C. Yerlat, I'on note un grand nombre de peintures
intéressantes: <r La défense du troupeau n, le << Coup de
collier >, etc. De C. Cap, I'on voit un souvenir des fêtes
nationales; cle A. Asselberghs, une mare en Campine; de
K. Ooms, ( Philippe ff, roi d'Espagne, aecompagné de son
seerétaire, du cardinal Granvelle, du due d'Albe et d'au-
tres personnages, rend les tlerniers honneurs à son frère
Don Juan d'Autriche >.
Une dernière salle offre trois tableaux de N. De Ket _

ser : << Charles Quint, après la prise de Tunls, délivre les


eselaves chrétiens euprisonnés ); la ( procesgion du yen-
dretli Saint à Séville > et Ie troisième intitulé << Bravo
Toro >. De F. cte Brabkeleer, il y a l'< Ecole du village >;
de L, Gallait, uue bonne réduction du tableau célèbre <Les
clerniers honneurs rendus aux comtes d'EEmont et de
flornes >; de \V. Rougueleau. les r Snintes femmes au
tombeau du Chri-ct >; de E. Guffens, des sujets histo.
riques; et de G. Wappers; la < Sulamite ). ( euelle est
celle qui moute du désert, mollement appuyée sllr son
Blen-Aimé > (Cantique des cantiques).
Le Musée renferme aussi une série d'æuvres intéres-
santes de J. FJnsor, tell€s que : < Etude de Lurnière >,
<r Scène de vie champêtre >, la n X'emme au foulard
bleu >,
< Après-uricli à Ostende )) et ( port d'Ostende >. De Rik
'lVouters, I'on voit
une toile figurant la < Repasseuse )); de
C. Permeke, urr paysage d,hiver et de II. Evenepoel, un
< Dimanche au Bois de Bouiogne >.
Si ce Musée de Berux Arts est essenliellenent un musée
de peintures de tout preDrier ordre. nous derons cenen-
-39-
dant signnler ici quelques-unes de ses principales sculp-
trrles.
Parmi les æuïres anciennes. mentionnons les bustes
en marbre tle Philippe V, roi d'Ii)spasne et du Gouver'
neur tles Pays-Bas espagnols. fr'on -1' rernarque aussi
I'Empereur Rodolphe II, le roi Philippe III et le I\{arquis
de Car'rcène. gouverneur général tles P:rJ's-Ras.
Au nombre des ceuvres modernes. I'on voit un buste du
yreintre A. de Vriendt, par A. van Beurden; un lion en
rnarbre de A. Rouré; une intéressante série de sculptùres
de J. Braekeleer; celles du Baron G. Wappers, du peintre
animaller f,. Van Kuyck, tle I'artiste J. Lies, de I'. cle
Brâekeleer le Vieux et de Ch. Rogier. De J. Deckers,
l'on remarqlre deux groupes : < Bacchus en nourrice > ef
l'< Àveugle consolé >; de J. Dupon, le < Vautour défendant
sn proie >; de Ch. n'raikin, le groupe de la < Mère de
tr{oise >: <le J. Geefs. le chevalier Floris van Ertborn; de
J. Lambeaux, le < Baiser r et le peintre EI. de Braekeleer.
De Constantin Meunier, il y a le < Débartlettr >, la
( l\[oisson > et les ( Rriquetiers >; de J. Pecher, K. Ver-
lat: de V. Rousseau. l' <Enfant > l de I. de Rudder. le
< Nid > et I'artiste H. Leys;tle P. de Vigne, < Domenica
et Breydel et cle Conincli >; cle Th. Vincotte, < le Che-
Treau )).
Signalons pour terminer que ce magnifique musée va
prochainement subir de profondes modifications tlans le
elassement et I'arrangement de ses (Buvres cl'art, par suite
d'une transformation très bien ordolnée cle son rez4e-
chaussée, cromposé jaclis de deux longues galeries et de
quatre eours intérieures recoûnues imrtiles. Ce l'aste loeal,
ainsi motlifié avec âutânt de diseernernent que tle bon
Eott permettra tl'y étabtir une trentaine de nouvelles
salles. Ce superbe monument, qui abrite tant <f inestima-
trles trésors de nos grands maitres, cornprendra alors en
tout 56 salles, permettant de séparer complètement la
peinture ancienne de la peinture moderne et aussi tle
nettre mieux en lumière ses précieuses æuvres artis-
tiques.
-{0-
ANVERS, Musée du Folktore,
A quelques pas du céIèbre musée Plantin, 16, rue du
Sairit-INsprit, se trouve un mocleste musée de X'olklore.
instatlé dans une antique habitation flamande. Des ob-
jets tliverts intéressant les us et coutumes de la vie tradi-
l,ionnelle du peuple flamand y sont réunis, tels que : lumi-
naires valiés, poivrières, moulins à. eafé et aulres, mou-
chettes, vieux pots de cuislne, sabots, chaufferettes, fers
à gnnfres, ustensiles de toutes les catégories, etc.
I'alrni les objets curieux, sigrralons des reproductions
de bonsh'ouunes el plin noir, grossièrement façonnés, que
les nlnollreux avaienl coutume <le s'enloyer à la mi-
c:tl'ênle. l)es soulenirs se rnpporlant à la vie familiale.
à la nalssanee, au bllrtê[le, ân mariage, au culte cles
molts, ete., y ûgurerrl, également.
Ce local est orné de quelques vieu-.i drapeaux, de petites
stalnettes .à forrnes humaines, tle marionnettes, et de
reproductions d'animaux. surtout de poules et de pigeons.
L'on voit aussi des crnssius de ctentellières avec les ae_
c€ssoires utilisés, des vieilles montres, d'antiques bijour
usuels, des bonnets tle campagnar.des et des costumes de
paysannes habillant tles ponpées. A côté de eollections
de pipes, de tirelires, cle. .jeux divers, etc., I'on remarque
un moilèle de cereueil.
A l'étage se groupent de multiples ob.jets, tels que :
vieux r0uets, statuettes de t.ypes populaires rappelnnt les
Ommegangs ou se rapportant à la vie religieuse, des talis_
mans, des souyenirs de la sorcellerie. des jeux variés, etc.
dq 10-à 13 h. l/l 9p .biver et jusque 1? henles en
".-.O_tltq+ jeudi et jours ferios.
drDlanchc, dté. Gratuit les

ANVERS. Le Gulden $poo,r (t'Eperon d,Or).


Le musée < Gulden Spoor >, 12, rue Saint_yincent, à
AnYers, pr,opriété de M. F. Claes,. conservateur iles mu-
sées clu Steen et des Arts cléeoratifs, est visible sur
demande adressée à son propriétaire. Il est I'un des plus
remarquables de notre pays au point de.vue des objets
et souvenlrs se rapportant à nos anciennes sociétés de tir
à I'arc, à I'arbalète et à I'arquebuse. La partie folklo-
rique y est aussi fort développée.
-4r-
Dès que I'on pénètre dans ce ulusée, I'on gravit un escû-
lier menant à une petite pièce uux murs tapissés de cleux
cents assiettes rlifférentes, rappelânt les antiques sociétés
de tir de Belgique. Le plus ancien tle ces sotlvenirs, uÙc
arssiette en céreruique colorée en YcÈt. est cléoorée tle
l'iùIàge polychromée de saint Sébastit'rr lvec le tireur
I'arc. Une assiette de Dixmude, spéciueu Ûssez rare, est't
ornée de I'arbâlète et de I'arqnebuse. t'ne pièce voisine
renferme une centaine tl'autres assiettes, généralernent
de Delft, avec inscriptious telles qne: ((Voyez ce qui se
trouve tlerrière )), et rle l'autre côté: << Faites votre lirière
ou re[rerciez avanL dc p&rtir )). Snr c]r:tcuDe des rrenf
assiettes d'une série se trouYe uue plr:tie de phrnsc se
rapportant au mariage' Il y a aussi tles porcelaitres dc
Chine et des porcelaines :rnglaises llol'lilrll tles inscriptiotts
flarnandes.
au\ ullus tlécorés d'arbalètes tirtul:
Le long d'un couloir
à cent mètres (actuellement qultre sociétés belges uti-
lisent encore ce type d'arbalète), on voitr une série de
petits canons destinés à âltnoncer les tirs, quelques tâques'
àont une représente saint Sébastien nu tuilieu cle deux
tireurs à I'arc, etc. Le vestibule est glrni rl'une trentaine
de colliers de sociétés de tir prurellânt de la provirrce
d'Anvers et de ses environs. L'un, originnire de Yoorst
(16,{1), figure sainte Gertrutle, patronne de I'endroit'
entourée rle scèrles en relief rùontr'ant ln vie tle la sainte'
Il y a encore LI un collier de la société rl'arbalète d'An-
vers, un autre de Wesemael ûgurant saint Sébastien pereé
rle flèehes; un autre encore' de Boxtel, datant tle 1593'
qui porte I'image tle sainte Barbe. prrtronne des arbalé-
ùt""r a" cette localité et à hquelle est suspendu un
oiseau de grantle dimension; utl aulre enfin de Kâpelle
Op den Boseh, orné tl'un relief tle s:rint Nicolas' Un der'-
nier collier de Werchter est ir signaler tout particulièr'e'
nlent parce qu'il porte, s:1ns interrulltion, toutes les
plâques des rois de tir, depuis 16{0 jusqu'en 1896'
Un joli petit bronze reproduit I'iruage d'un arbalétrier;
il a été trouvé dans I'Escaut. Signalons aussi de cûrierrx
earquois et, parmi les plats en étaln, tleux flnernent
grar'és. représent€nt saint Sébastlen' On remarqucra
aussi une- série de trente brassards en ivoire gravés et
-42--
datés de 1597 ou d'années voisines; des sceptres de prési-
dents, des bâtons de marqueurs, des parties de plaques,
des insignes de sociétés d'arbalétriers et d'archers de la
ville de Malines qui sont gtavés et ajourés. Il y a aussi
une eollection de piutes en porcelaine de Bruxelles appar-
rcnant â des sociétés de tir, avec peintures polychromées
de sujets appropriés; des arbalèbes, ainsi que des torchères
d'anciennes sociétés, notamment tle Saint-Sébastien et de
Saint-Antoine. La décoration des murs est complétée par
des casques de parade et par des bannières.
On pénètre ensuite dans une salle, dite de < Saint_
Michel ), patron des escrimeurs, où l,on voit, fixées aux
murs, des panoplies de rapières, de dagues, des armes
tTïverses pr€sque toutes recueillies dans I'Escaut, un vieux
cllaveein anversois datant <le 1641 et d'âutres instruments
de musique : une grande horloge, de type anversois; une
remarquable armoire en chêne, qui fut exécutée en 1626.
Cette armoire attire I'attention par sa hauteur peu ord!_
naire et aussi par Ie détail, la finesse cle ses sculptures;
elle porte les armoiries de saint Sébastien, avec le bras-
sard et la flêche, L'intérieur cle ce meuble est rempli rle
souvenirs ayant rapflort aux sociétés t1e tir; parmi eux,
une bouteille à liqueurs à neuf compartïùrents. Une pièce.
curieuse est un pare-étincelle en poterie donnant I'image
d'une figure humaine et que I'on plaçâit jadis devant les
foyers.
La salle renferme plusieurs statues de saint Michel.
dont une en chêne, du XVo siècle, est caractérisée par sâ
bonire facture; une réduetion de navire à trois mâts, de
la fin du X\rIIe siècle, attire le regard par son excellentq
construction et par son bon étât de conservation. A I'in-
térieur d'une armoire sont rangés des objets aux earàc-
tères folkloriques, tels que pots à tabac, pots à fleurs-
dont un à deux faces montrant tl'un côté une dame en
grande toilette, de I'autre, une modeste ménagère. On
verra aussi une colleetion d'ancieDnes montres. Cette salle.
est ornée d'une belle cheminée en chêne sculpté, du X\rffo
siècle, dont le large manteau supporte une statue de saint.
Miehel à I'allure élégante et deux délicieux fr€tits anges
en chêne provenant de l'église f,e Basel.. parmi les autres:
statues de saint Michel, il en est une en albâtre. Un.
--43-
meuble en écaille et ébène renferme également de nom_
breux bibelots, comme en général les autres meubles de
ce rlusée. Les murs sont garnis de deux tableaux donnânt
<l'anciens aspects de la ville d'Anvers et de plats en étain
<le sociétés de tir. Une vitrine haute contient des pièces
€n cristal et en verre, avec des inscriptions telle que :
< A l'amitié. >, << A notre procbain mariage >, << Nos deux
cæurs sont unis par I'amour >, etc. Il y a des verres à
farces, c'est-à-dire qul réservent des surprlses à ceux
qui s'en servent, comme par exenrple d,être aspergés de
liquide à l'improviste. On r.erra un curieux règlemÀnt de
tir à I'arc d'une société bnrxelloise, tlatant rie 16d1, en
excellent état de conseryation, ainsi que d'autres règle_
ments de la même catégorie. On remarquera aussl des
hochets, un porte-plume encrier du XVIo siècle, etc. près
<l'épées de cour et d'un oor en ivoire sculpté, il y A une
collection complète des types de faucons employés jadis
pour la chasse, avee les capuehons de l'époque.
On descend un escâlier menant dans une pièce où sont
accrochés aux murs rles outils anciens : rabots, scies, etc.,
et un instrument assez rare destiné à confectionner les
cordes des arbalètes. On y verrâ aussi des jouets, des
clichés aux caractères variés pour I'impression cle desslns
sur tissus, un curieux magasin d'antiquités âvec comp-
toir, balanee, etc.
Puis on monte au premier étage où se trouvent les
chambres à ooueher (fig. 1S). L'une, celle du propriétaire
du musée, attire I'attention par son magniflque lit en chêne
sculpté avee baldaquin cle 168g. f,a couverture du lit est
de l-701; €lle est en broderie appliquée et polychromée.
Une armoire de 1643, aux fines sôulptures, une cheminée
<le 1651, au manteau en chêne et ânx sdpports en pierre,
cromplètent I'ornementation de cette très lntéressante
chambre, Une petite vierge en bois, fixée sur le devant du
rnanteâu de la cheminée, est à remarquer pour lâ délica-
tesÈe et lâ bonne exéeution du travail. Elnfin, plusieurs
statues intéressantes de saint Sébastien garnissent aussi
la pièce.
Dans une autre charnbre;on voit un lit de 1640 en ehêne
sculpté, à baldaquin. Lhe vitrine renferme nn livre im-
primé en 1.520 et une série de rnanuscrits enluminés et
-44-

.)

f,n
-,15-
polychromés (livres tle prières), du plus joli caractère.
Sur la table, est disposé un superbe antiphonaire ou grantl
livre renfermant les chants et les psaunres religieux; sa
cou\.eltule en cuir est fort bien conservée. La bibliothèque
de cette pièce contient encore d'anciens rDanuscrits.
On pénètre ensuite dans une chambre oir I'on voit de
beaux objets pro,r:enant de sociétés de tir, notammenl
une série de carquois dort l'un, en chêne plaqué tle cuivre
repoussé, date de 1671. Il est originaire de Bréda. Iln
iieuxième carquols, appârtenant à une société anversoise,
date de la fin du XYI. siècle; il est nussi en chêne, rnais
sa rlécoration est composée de peintures polychromes. Un
troislème, de I'époque gothique, provient de Brecht. A
signaler un meuble assez rare, armoite destinee à conte-
nlr les arcs; elle est recouverte de peintures dont les
sujets se rapportent au tir. Plusleurs vieilles bannières
ainsi que divers colliers de soclétés décorent la salle.
Quelques tambours t1e sociétés de tir, dont I'un d'Decke-
T€n, en cuivre repoussé, attirent le regard. Une impor-
tante série de coffrets tï bijoux en fer, au nomtrre tle
cinquante-deux, garnit la pièce; ltamri ces eoffrets, il en
est un en fer forgé qui se désigne ù I'attention par sâ
parfaite exécution. Un objet fort curieux est la bolte à
boutons tl'un voyageur de commerce ile 1719; les c'ompaf-
timents de cette bolte renferment encore tles échantillons
variés de boutons cle l'époque. A rernarquer, enfin, un
instrument de musique, à cordes, dlt Hakliebord, que
l'on frappait avec des baguettes.
Sur le palier, que l'on traverse ponr atteindre I'esca-
lier, il y a une armure complète; sur les murs de I'escn'
lier qui mène à l'étage supérieur s'nccrochent des arba-
lètes et tles fiièces de sociétés tle tir fle tous pays.
A l'étage, il y a notamment une série de bonnets de
bâptême, de premlère oommunion, de mariage et de deuil'
portés jadls par les paysannes tles polders' Une salle
transformée en chapelle ancienne est ornée d'une granclê
vierge en bois, d'un reliquaire de saint Sébastien, d'une
armoire de la société de Saint-Sébastien, etc.
Dn revenant à I'escalier pour descendre au rez-de-
chaussée, l'on remarque, au passâge, des vitrines conte-
nant iles eollections tle Journnux et tles objets divei's'
3

I
-47-
La salle < Saint-Georges ), que I'on visite ensuite, est
<lécorée d'arbalètes, dont une de rempart pour tir ti
300 nrètres, de torchères, d'une belle statue en chêne de
saint Georges terrassant le dragon, de curleux colllers
tle sociétés,.de grès, de poteries, d'éperons, cle dagues, de
lroignards flamands, d'armes diverses. d'instnrments de
musique, etc., presque tous recueillis aû cours de dra-
guages de I'Escaut. Une statue de saint Georges, en terre
cuiie bronzée, mérite d'être mentlonnée. On voit, en plus,
quantité d'objets appartenant aux sociétés d'arbalètes et,
dang une grande armoire, quelques costumes de ces so-
ciétés. ïltte collection de pipes découvertes clans I'Escaut,
se signale ir I'attention. I)es planches à repasser avec sculp-
tures sont dignes d'intérêt, notamment celle p,ortant cette
inscription i << I)a\ez proprement et repassez bien, sinon,
.je vous fTapperai la planche contre le derrière.... >
La grande salle Saint-Christophe (patron des arquebu-
siers) (ûg. 14), ornée de nombreuses bannières, est décorée
d'armes et d'ânnures disposées en panoplies; parmi elles,
figurent divers types d'arquebuses. Elles est meublée rte
bahuts anversois en chêne sculpté, r'enfermânt des por-
celaines diverses, des luminaires en Delft, des assiettes,
des tasses de sociétés de tir: devant la cheminée. se trouve
un magnlfique pare-étlncelle en dinanderie. Une série
d'anciens tambours, dont certains portent des pein-
tures, des petits canons, un plat en culvre repoussé figu-
rant salnt Georges complètent ce qui a rapport à ces
sociétés Des tiroirs contiennent des collections de lu-
nettes, de bijoux, ete.
On accède eisuite dans la salle Saint-Sébastien, où il
y a eneore une armoire destinée à contenir des arcs; des
prix tle tir; un meuble aux armoiries de saint Sébastien;
un reliquâire; un plat avec figuration du même saint;
tles statues tfu saint, notarument une €n ivoire et une
autre le représentant en soldat romain. Une peinture
curieuse montre I'inage tles bouffons de la chambre de
rhétorique.
Enfln dans la eour du Musée. s'abritent, tlans un petlt
bâtiment, quelques tralneaux de types divers. A l'étage
de ce bâtiment, il y a deux salles contenant une impor-
tante série de carreaux en céramique et de multiples
objets provenant tle draguâges faits dans I'Escaut.
-48-
ANVERS. Musée Plantin Moretus.
Situés plaee du \rentlredi, les anciens bâtiments qui
abrifèrent jadis les célèbres imprimeurs Plantin-Moretus.
se présentent extérieurernent sous un aspect simple et
austère. Dès que I'on se trouve dans ee rnilieu qui fut tout
de travail et tt'activité, I'on éplouve un indielble senti-
rnent tle recueillemett et I'on admire silencieusement les
irmombrâbles merveilles réunies tlans ce musée, unique
en son genre.
Le vestibule, au tlépart d'escalier en chêne seulpté. attr
o*oiseries et aux dalles tle marbres recouvrânt ses murs'
nous laissent entrerrcir ce que devâit être lâ demeure de
ces fameux industriels-artistes tlu livre au XVIJI. sièelê.
Ce vestibule clonne necès à une première salle aux parois
entièrement tendues tle superbes tapisseries flamandes
en parfait état de conservation et qui portent la marque
<les Plantlns, earactérisée par le eotlpas. L'on y admire
aussiûne copie de la ( Châsse aux lions > de P. P. Rubens.
Sous un lustre tle cristal, au centre de la piëce, s'al-
longe une belle tal)le plaquée d'écaille. Une maiestueuse
cheminée complète la richesse de ce somptueux ensemble.
La deuxième salle est décorée de 12 portraits du pltts
haut intérêt et d'une rate valeur, parce que nombre d'en-
tre eux sont dus au pinceau tlu grand maltre P. P. Ru'
bens. L'on y rernarque, notalrment, les portratis de Plan-
tin et de son épouse si trien traités par I'illustre altiste.
Les traits de Plantin expriment une ealme et énergique
volonté, tandis que sa femme offre la douee image d'une
æuvre de tout, premier ortlre. Xln plus des membres de
cette famille, I'atteution se porte également vers les por-
t.raits des aDris tle Il maison : de Juste Lipse, qui fut
aussi uu client de I'irnprimeur; d'Abraham Ortelius, géo-
graphe clont les atlas furent exécutés par Plantin; ainsi
que d'autres p€rsonn:rges célèbres. A tlroite et ai gauehe
rl'une cheminée décorative, s'élèvent deux superbes lneu-
bl€s, ornés de sculptures. d'écaille et de dorures.
Au centre de la pièce, dans une longue vitrine, s'étalent
de nombreux dessins qui servaient de modèles à I'impri-
meur, pour la décorati<-rrr de ses ouvrages; ils sont dus
aux cr'âyoDs de maltres aur-ersois, notamment de P. P.
-49-
Rubens, de XL de Vos, tle D. Quellin et d'ilutres enco!:e'
Parni les 30 peintures qui ornent les [rurs tle la troi-
sièrne salle, I'on atlmire également tle très intéressants
portraits, mals ici I'attention se Jrorte surtout sur les
magnifiques manusctils à mÎniat,ures, souveilt enluminés
âïec grand art, et qui se trouvent dans une longue vitrine.
Il y a là des æuvres de tout premier orch'e, telles que la
trible de Wenzel, des ouvrages tles IX" et Xe siècles, les
fameuses ehroniques de X'roissard, rarissime et inesti-
mable trésor artistique.
A droite et à gauche d'une haute chemilée, dertx bahuts
en chêne, au coloris vétuste, .complètent I'ornementation
c'le Ia pièce.
L'on débouche ensuite dans la très intéressante conr
_qui est entourée, des quatre côtés, de façades all
carac-
,tÈre élégant et d'une simplicité grave, celles-ci, nvec Ieurs
gracieuses arcades, leurs deux étages de fenêtres à ctoi-
sillon complétées par la silhouette de leurs fr'attdes
luca-rnes qui, perçant lâ toiture, se terminent par cles
lrignons en escalier.
l'raversant cette impressionnante cour 1'on arrive dnns
la lmutique de I'imprimerie, lir où se faisait ln vente au
détail. Pièce simple, garnle cle rayons tle livres et S'-un
comptoir.
Au delà d'un sontptueux snlon, dont les rturs sont
entièrement recouverts de cinq grantles tapisseries <Ie
toute beauté, I'on arrive dals une salle où tout est rlis-
posé pour l'étude de l'histoire de l'imprimerie depuis son
origine, à I'exception des æuvres anversoises qui occupent
une pièce spéciale. On peut y suivre pns à pas l'ér'olution
de I'incluslrie du livre.
f)ans eette salle d'un si haut intérêt, tout particullère-
ment pour le spécialiste, I'on remarque la bible imprimée
pal Gutenberg en 1450, puis cle préeieux incunables,
c'est-à-dire des ouvrnges tlatant des prerniels temps de
I'imprimerie et qui sont ornés de gravures cl'une grantle
ûnesse et de planches coloriées du plus harmonieux effet
décoratif. Là s'alignent des ouvrages de tous pays et de
tous genres, euvres d'imprimeurs célèbres tels que des
I|lzévier, ete., qu'il n'est pas possible d'énumérer ici'
Deux autres salles, qui conliertnent des estrlnpes sott
-50-
destinées également à des expositions teurpolaires. L'on
y voit des ceuvres cl'artistes anversois qui fureut offer[es
par feu Max Rooses, premier conservateur de ce musée.
Ayant dépassé une ancienne cuisine garnie de ses prin-
cipaux accessoires I'on arrive tlans la salle tles correc-
teurs.
Ici uue grande table en chêne iruprégnée de la vétuste
patine du temps, munie de baucs à dossiers pour les
oorrecteurs, dont certains furent célèbres, est installée
sur uD plzrncher en surélévation établi contre les fenêtres.

Fig. 1b.
- L'huprjùrerie.

Un sér'ère petit bureau, ilur murs revêtus de cuir de


Malines et à I'ameublement siDtple, châmbre de labeur
des patrons, donne accès dans une pièce tapissée de cuir
de Oortloue aux rlches tlessins; elle fut occupée Jadis par
le savant Juste Lipse, grantl ami des plantin.
La pièce suivante est réservée ri d'iDrtr)ortântes séries
de lettriues, souvent artistemelt gravées ou sculDtées et
aux dessins très r-arlés, qui furent cronfectionnées par les
meitres du métier.
L'on débouche ensuite dans l,inpriruerie oir s'alignent
d'un côté les easiers ir caractères et de l'autre les antiques
presses d'où sortirent jadis de nombreux livres et tant
tl'ouvrages céIèbres itupliIDés nI'ec lllle étoùrlâDte mal-
lrise. Lorvlr'on voit le matériel lrrinritif utilisé par ces
artisans-ar-tistes pour obtenir de si brillalts résultats, l'on
en éproul'e une réelle stupéfaction. L'une tle ces presses
est encore à. même de pouvoir fonctionner (tet. 15).
L'on gravit ensuite I'escalier rlni urène à l'étage, ofr
l'on pénètre clans tleux 1iièces réservécs aux produils de
la lVlaison Plantirr, tlepuis ses débuts jusqu'aux temps cle
ses travaux les plus parfaits. L'on atimire de magnifiques
gravures, des dessins enluminés arec art, des atlas ert
couleurs, des livres variés et parfois rarissimes.
Il y a là cles ceuvres tle maîlrise. telle que la magni-
ûque <r Pompe funèbre r célébrant les obsèques de Chârles
Quint à Bruxelles en 1559.
La philologie, h lit,urgie, la botanitlue, la jurisprudence,
la littérature, les livres illustrés, Ir sont représentés.
Les salles suivantes montrent de nombreux bois et cui-
vres gravés. Ces bois grarés : vignettes. encatlrements,
dessins, ete., offrent de curieux spécimens de la manière
rle faire des artisans de cette époque; ils servaient à
illustrer ott à ornel les outtages clont des eriemplâires
se trouyent dans une bibliol:hèque Ïoisine. Deux vltrines
contiennent des porcelaines de Chine et tlu Japon qui
rvaient appartenu aux l\foretus.
A remârquer un meuble entièrement plaqué de culvre
et incrusté de jdlis dessins en bois d'ébène; il est sur-
rnonté d'une riche pentlule en style Lotiis XY.
Aux murs, I'on rlistingue lrne imfiortante estarnpe,
n La flagellation clu Christ > dessinée par Pierre Van
Lindt, d'après une coml)osition tle Rubens, ainsi qu'un
superbe granil plan rl'Ânvers, en cottleurs, tlatant cle
1565, êpoque t1e prospérité de la ville.
Les gravures sur cuivre sont forb remarquables' Signn-
lons qu'à côté de la planche, toujours en bon état de
conservation, est exposé un spéeimen de I'impression.
Il y a là, des eu't'res de tout pletuiet ordle, qu'on ne peut
se lasser d'admirer. f,es graveurs ont reproduit nombre
de dessins cles nraltres de l'époque.
L'on traverse un riche sâlon laurbrissé de boiseries et
aux murs tapissés de cuir rlécoré d'un des3in bleu noir
sur fond or. En plus des tâbleaux représentant des mem-
-52-
bres de la farnille l\foletus, I'on y remarque un vieux
piano à queue.
Àu delà de ce salon, I'on se trouve dans une salle
réservée âux gravures anversoises. Ici aussi, I'on voit à
eôté cle chaque planche gravée rrn spécimen de I'irnpres-
sion. .L:\, s'étalent de nombreux cuivres, d'après Rubens,
Yan Dyck et Jordaens; une soixantaine au moins sont
eatalogués.
A cette salle fait suiteune seconde pièce complétant
h première et où se trouvent réunies les euvres les plus
célèbres et les lrlus caractéristiques rle la gravure ânver-
soise; elles sont si nombreuses qu'il n'est guère possible
de les énutnérer ici. Par I'examen rle ces spéeinlens du
plus haut intérêt, l'on peut se faire une excellente idée
de I'histoire de ln Eravure anversoise ir travers les temos.
Dans des vitrines d'une petite salle, sont rangées des
modèles tle reliures anciennes, plantiniennes ou autres,
déeorées d'ornernents variés et exécutés à l':ride rle tliyers
procédés dont nous n'avons lras i nous crceuper iei.
L'on dépasse une chambre :\ coucher, tapissée de cuir
doré et garnie avec gott d'un àrmeublement du XVô siècle,
eomposé tl'un lit en chêne sculpté et à baltlaquin, d'un
bahut-armoire, d'tn prie-Dieu et d'as1.". meubles pour
arriver à la salle cles imprimeurs anversois.
f,à, se signalenl: cl'abord de magnitques incunables,
puis des ouvrnges du XVIo au XVIIIo siècles, tles livres
lllustrés, des impressions étrangères publiées avec
I'adresse d'Anvers, de la poésie, de la littérature popu-
laire, des ouvrages tle musique, des livres t1'école, ete.,
et, tout spécialement, le premier journal pértodique
(Nieun'e Tydlinghe), imprimé par Abraham Verhoeven.
Après avoir visité la fonderie de earactères, comprenant
les <livers ustensiles néeessaires. à ces opérâtions, I'on
pénètre dans une ancienne chapelle transformée par
B. Moretus, en bibliothèqlre. Ses rayons contiennent non
seulement un grand nombre de volumes, mais aussi de
r'éritables trésors, tânt âu point. de vue scientiffque qu'au
point de vne reliure ou technique d'lmprimerie, Il y en
a tle rarissirnes et parfois à exemplaire unique.
Pour se faire une irlée de I'activité de la maison, il
-53-
suffira de se refirésenter que le non)bre tl'ourrages impri-
rnés par Plantin q'élèr'e au chiffre tle 1675.
Achevons cette conrte deseription en citant textuelle-
rnent ces lignes suivantes si bien écrites et si bien peusées
de M. .T. J. f)elen, conservateur adjoint du Musé.e Plantin,
lorsqutfl se pose eette question : Comrnent devons-nous
considérer ce musée?
<< Tout d'abord eomme le reflet de eette belle
périrxle
tle la Renaissnnee flamande. Totte l'ârne d'Anvers, tout
I'esprit cle I'humanisne, toule la philosophie, toute la
science, tout l'nrt de cette époque si intense sont con-
centrés lci.
> O'est en second'lieu le plus beau motlèle tltutle ancienne
maison patricienne anversoise, oir la vie intime tles géné-
rations tllsparues resfe pour ainsl dire figée.
> C'est en outre le urusée de I'irnprimerie, qui nous
initie à I'art frypographique, qul nous appreritl à airner le
th're comme une r'éritable æuvre artistique.
> C'est aussi un musée tl'art en général; nous y trou-
vons en effet quelqnes-uns des plus beaux exemples dë
I'art flamand, dans la peinture, lâ sculpture, la gravure'
I'ameublement, llr tâpisserie, le cuir.
> Ët c'est enfin un atlmirable centre scierltifique, uno
souree inépuisatrle de renseignements, de docurnentation
sur toutes les sciences humaineg. >

ARLOlt. Musés arohéologiquo.


Ir'origine tle ce musée remonte I 18{7, en même tentps
que fut crét3e à Arlon une société dont le but étfiit h
conservation des monuments historiques et des ceuvres
tl'art de la région. Dn 186?, cette société prit le titre bien
connu rl'Institut archéologique tlu Luxembourg. M. Prat'
archéologle amateur. et M. nmile Tandel furent ceux
qui, à I'origine, contribuèrent le plus I la prospérité de
ce musée, devenu maintenant, au point de vue lapidaire
romain, les plus remarquable et le plus intéressant tle
notre pays.
M. J.-8. Sibenaler, l'érudit conservateur actuel de ee
rnusée, qui occupe aYec lrrnt d'autorité et de dévouentent
ses fonctions clepuis 1356, assisté de son flls' L' Sltte-
-
naler, I'installa méthodiquement et coutrlbua, pour unc
- part, à son développement et
très large à sa mise en
valeur; il publia notamment un excellent guide de ce
musée, évoquant Ia belle civilisation rom-aine.
La vue de ces vieilles pierres, aux sculptures, aux mo-
tifs si variés, qui ornent les salles du musée est réelle-
rnent impr€ssionnante. Et, à ce sujet, nous ne pouvons
mieux faire que tie reproduire textuellement ici ces lignes
tlues à la plume autorisée de feu notre très savant [isto-
rien G. Kurth :
< En rôdant au mïlieu des bas-reliefs d'Arlon, on est
transporté en pleine civilisatiou romaine et partout on a,
autour de soi, l'illusion d'une vie pleine d,activité et de
mouvement; châcun vaque à sa besogne dans le calme
quoticlien du travail : des mârchântls vendent du tlrap,
des propriétaires reçoivent des redevances tle leurs fer-
miers, des pérlngogues fustlgent tles élèves récalcitrants.
des femmes- sont occuDées à tiSser tle la tolle, des époux
se tiennent par la main, etc. >
Comme il n'est pâs possible de décrire ici les multiples
y
- il lr
pièces intéressantes de ee trésor alchéologique,
là une centaine rle bas-reliefs, nous nolls crontenterons
de mettre en lumière quelques-uns- de ces précieux monlr-
melts, toujours inspirés des itlées des grands civilisateurs
que furent les Romtins. La pl'us grande parHè de ees
monuments, dont la matière première a très généra)emenr
été exlrnite des carrières de l)iffertl:.rnge, sont des plerres
tombales, et leur grancl nombre, aux environs d'Àrlon,
que I'on n'est guère parvenu à expllquer d'une manière
satisfaisante, reste encore un sujet d'étonnem€nt.
Signalons rapidement le contenu des sections de ee
musée, pour nous étenrlre ensuite plus longuement sur
la section lapidaire, de beaucoup la plus intéressanre.
On aceède d'abord, au prernier étage. tlans la section
<le géologie et tle préhistoire, qui contient des graphlques
et des pièces s'appliquant à ces deux scienees, des fosslles
et d'autres éléments se rapportant à l,histoire de notre
sol, des silex taillés ou polis de diverses époques prébis-
toriques, des bracelets et torques (colliers) en bronze, ere.
La section belgo-romaine et franque renferme des maté.
riaux dlvers caraetérisant l'époque romaine, tels qu'un
-55-
fragment d'hypocauste ou appareil de chauffage, des mo-
saiques, de la verrerie, des poteries variées, des bijoux,
des statuettes en bronze, ete. A signaler une tombe d'en-
fant avec son mobilier funéraire.complet, dont un biberon.
Parmi les vases les plus remarquables, il en est un de
l,out premier ordre, dont nous allons dire quelques mots :
c'est le yase à boire arétin à sujets macabres (clon de
M. J.-8. Sibenaler) ; il est orné de squelettes alternâDt
avec des Joueurs de cornemuse qui les font danser. L'on
pense que cette cléeorati'on signifie : < Bois aujourd'hui,
car la mort t'ettend peut-être demain. ) Une langée de
tortues symbole religieux
- garnit
et, dans- le bas, des génies tgurent
son bord supérieur
I'âme du défunt. Des
aigles et des têtes de chats (eulte du chat) complètent
sa remarquable ornementation, composée de cent et cinq
bas-reïefs.
Les antiquités franques sont représentées prrr des armes
et des éléments divers, par la reconstitution d'une tombe
avec mobilier funéraire et par un ensemble d'objets se
rapportant à l'établissement d'un industriel verrier.
Une salle affectée au moyen-âge et aux temps modernes
renferme notamment le fameux retable de n'isenne (Soy)
du XVIo siècle, des armes et autres objets provenant du
château fort d'Herbeumont, quelques tableaux anciens,
des collections de sceaux et monnaies luxembourgeois;
des objets provenant de I'abbaye d'Orval, ainsi qu'ttn
ensemble de tableaux mettant en lumière I'histoire d'Ar-
lon depuis l'éDoque romaine jusqu'au XIXe siècle'
Au second étage, I'on vient de créer une sectlon de
folklore destinée à ruontrer d'une manière saisissante la
vie fnpulaire luxembourgeoise. Elle c\ontient d'anciens
meubles, des poteries et des faieDces de la réglon, des
outils et des instrurnents de divers métiers, ete.
Iæs murs de I'escalier qui descend à la section lapidaire
romaine sont tapissés d'une centaine de superbes taques
de cheminées provenânt principalement des grandes ab-
bayes du voislnage. Toutes ont été décrites de main de
maitre par I\(. J.-8. Sibenaler.
Dès que I'on pénètre dans la première salle de la sec-
tion lapidaire (ûg. 16), I'on remarque une tête ell marbre
blanc appartenapt vraisemblablement à une divinité. Cette
a
,l

1r

I
-57 -
æuvre chârmante, si bien exécutée, clui provient de Mes-
sâncy, paralt remonter au milieu tlu premier siècle de
l'ère chrétieme, si I'on s'en rapporte à la chevelure frisée
d'une façon toute speciale. Une pierre tombale à trois
faces attire aussi le regard. La grantle face de c€ bas-
relief représente de jeunes époux qui se sépârent, I'homure
tenant le contrat de mariage et la femlne le mouchoir'
Ils sont encatlrés à tlroite et à gaucÈe par les parents'
au-dessus et en dessous per des draperies et un triple
bucrâne. La face'gauche de la pierre offre une bâcchante'
danseuse nue, qui tient dans ses mains des cytntralettes'
La facre droite laisse voir un superbe sâtyre mangeant plus
une gïapp€ de ralsin. Cette belle sculpttrre est de
ornée d'une colonne et de quatre petits satyres dansânt'
Plus loin, une pierre de cirque retient l'attention; elle
représente un char à deux chevaux (brige) portant un
ef le fouet
lr"irorroag" clebout, tenant les rênes d'une main
àe I'autre-. Ilne âutre pierre de cirque montre tleux lévriers
passant
en course et, non loin rle là, on voit un attelage
cnntre une lrorne rnilliaire. Un bas-relief bien conçu fig[re'
én partie, un guerrier revêtu t1e son costume de grantl
âpparat.
ùne seulpture représentant lrne visite métlicale s'offre
aux regarili : une femme tentl le bras au médecin, dont
on voit la main et qui paralt lul tâter le pouls'
tne iolie (euvre est aussi celle tl'un honlme vêtu dn
sùgum, eonduisant une charrette à deux roues' Tine fort
pierre, visible à l'arant-plan tle la flgure 1(i'
"*i"o*eun mort héroisé avec un serpent enroulé sur ses
nontre
deux bras, le tout se détachant sur un bouclier'
Deux pierres à sacrifices, entrées nouvellement au mlr-
sîe et que I'on admire dnns cette sâlle, serâient dé'liées
au culte de lVlithra, d'après M. le comte Goblet cl'Alviella'
Elles ont été mises âu jour par les soins de M' L' Sibe-
nnler qui, faute de subsitles nécessaires, n'a pas été à
même cle pouvoir sauver une sërie tle bas-reliefs des plus
remarquables qui se trouvaient au même endroit (rue de
h Breck, à Arlon), sous les ancienes fortifications, et
que des travaux particuliers avaient mis alors à décou-
verT.
Dans la deuxième salle, où f<-rn verra de nombreuses
-58-
inscriptions, I'attention est attirée vers une grande pierre
tombale, ornée de deux personnages et dont trois faces
portent des sculptures. La face principale laisse voir deux
époux qui, semble-t-il, vont se séparer; la femme tient
un coffret à bijoux et le mouchoir, tandis que I'homme
serre dans la main gauche un instrument indiquant qu'il
était arbouiculteur, marchand de fruits bu chef d'une
exploitation agticole. Le côté gauche montre, au_dessus,
un homme dans un cabriolet et qui excite son cheval par
le fouet, et, en dessous, un personnage vendant des fruits,
remplissânt Ie panier fort bien tressé d'un client lui
faisant face. Le côté ctroit ûgure, en haut, une table garnie
de pommes (fig. 17); sous cette table se détaehent trois
paniers. Deux marchands placés derrière ce comptoir
font des offres à un clieDt qui se présente. Audessus, des
claies maintiennent des frufts; en dessous de cette sculp-
ture deux hommes cultivent le sol.
On remarquera aussi une pierre représentant la partie
inférieure du tolse et les jambes d'une femme nue. La
pureté de ligne indique que eette teuvre est due au ciseau
d'un artiste de valeur. Un bas-relief très digne d'in[érêt,
offre itfmage d'un mattre d'école portant la ftrule et tl,un
élève dont on ne voit que ln tête et le mâin droite éeri-
vant au tableau.
Dans la troisième salle, où I'on remarque un couronne_
ment de tombe, des coruiches, frises, chapiteaux, etc., il
y a encore une très curieuse pierre ft trois faces. tlont la
face principale montre une femme tenant le mouchoir e1
la fiole à parfums et qui se trouve entre deux hommes.
L'un des hommes s'applique une main sur le cæur et de
I'autre serre un rouleau et les tablettes de l,état civil.
L'autre homme porte un sac d'argent de la main gauehe.
I'a faee droite représente, en haut, la boutique d,un
marehand offrant en vente tlu drap à un client _ ici un
militaire
- qui est
donnant Iecture
assis en frrce de lui; en bas, le caissier
de la note à payer.
Lâ face gauche porte, au.dessus, I'image d'un homme
assis le fouet à la main dans un cabriolet et, en dessous,-
celle d'un valet porta:nt le vêtement à eapuqhon et faistnt
avancer deux ânes attelés à un chariot chargé de mar-
chandises.
-5tl-

- Pirllrc tortrliirlr d\rr ilriùJ(thâtr(l (i(' loillll0s rt culti\'îttnr


I'lroto L. .!,iben::lrr.
-60-
Ir'Àra d'Amberlou1"r, ou socle de statues montrant quatre
divinités, s'offre à I'attentlon. On y voit Minerve, tenant
la lance et le bouclier, et à sa gauche la chouette, I'un de
ses attributs. IJne autre face fignre Junon, qui tient un
serpent d'une main et un flâuttrenu de I'autre. LIne tnoi-
sième face offre I'irnage de Nlercrtre an chapeau ailé,
tenant tl'une main le caducée €t de l'âutre une bourse
déposée Êur un autel. Enfin la quairiènte face repr'ésente
Hercule, dont I'une des mains s'appuie sur la mâssue et
I'autre tient un yâse dont il renverse le oontenu ((t'est-
à-dire le sang des libations) sur I'autel.
Clôturons ce que nous â\'ons à dire de ces bas-reliefs
en signalant une tlernière pierre fort curieuse, qui montre
un eaissier viclant un sae cle pièees tle monnaies sur un
eomptoir. Il est assis sur une cbaise dont la partie infé-
rieure est transformée en armoire. Le client qui lul fait
faee, et dont les mauvais sentlments se lisent sur le
vlsage, semble le menacer d'un bâton armé d'une polnte.
Cette courte deseription de monnments qui évoquent
si vivement tant de scènes vâriées caractérisant l'époque
belgo-romaine suffira, pour engager les touristes qui vi-
Sitent Arlon à ne pns oublier d'aller admirer ce mtrsée
et tout particulièrenent sa remarquable section lapi-
daire.

ATH, Musée archéologique.


Avant la Euerre, ce musée, créé par le Cerçle archéo-
logique cl'Ath, était installé dans une annexe faisant
eorps âvee I'antique donjon de Burbant. M. Van Haude-
nard, secrétaire de ce cerele, signale que I'origine de
cette tour est plus ancienne que le château des Comtes.
à Gantl. Ses mnrs très épais sont encore consolidés par
trois contreforts et sa toiture à quatre pans est surmontée
de !a loge du guetteur. L'administration communale
s'oceupe de faciliter la visite de cet antique vestige du
passé et de faire renlettre en état le local voisln, de ura-
nière à pouvolr y réinstaller le musée, actuellement beâu-
coup trop à l'étroit clans un local provisoire.
A I'exceptlon ales objets nssez nomDreux enrevés par
les Allemands en 1914, I'on pourra nlors y replaeer les
-61 --
objets que I'on possècle encore et y aiouter les uouvelles
acquisitions faites sans relâche par les membles'de I'actif
cert'le archérfogique.
Avânt lâ guelre, ce rnusée possédait une série de mon-
naies et de gravures intéressaDtes au point de vue de
I'histoire et du folklore local; de rernarquables châssis
ou volet.s de fenêtres, datant principalement cle l'époque
gothique; un trumeâu db cheminée en plâtre âv€e enca-
dremeul en bois sculpté (style Louis XVI) représentant
tles déesses placant Cupidon sur un piédestal; une impor-

l'ig..1d. - Qu{tdruple ulofiier

tante collection de dentelles d'Atb, dont de fort belles


pièces; des empreintes de sceaux des seigneurs du pays
et d'échevinage, etc. Tout cela a été atétruit ou pris par
les arntées allemandes, comme dans plusieurs de nos mu-
sées de l)rovince.
Parmi les objets que I'on a retrour'és après la tourmente,
signalons une pièee très curieuse et rare : un quadruple
rnortier en pierre calcaire (fig. 18). Il avait été découvert
ddns la eotr du château. A remarquer qu'll n'est pas
formé d'une 'Êimple croix à bras cylindriques dont les
extrémites auraient été ereusées, mais que I'on s'est
-62-
efforcé tle faire ressortir à I'extérieur la forme des cu-
vettes. L'on y voit le tourillon permettflnt la rotation de
I'appareil qui était monté sur châssis. L'on connait un
mortier à trois cuvettes, rlécrit en 191,1 dans le bulletin
de la Soeiété Taxandrla, et un quadmple que possède le
Musée de Cluny à Paris, mais avee cuvettes ile deux tll-
mensions. Servaient-ils de mortier? L'on ne sânrâit être
afûrmatif à ce sujet.
Terminons ces lignes sur le Musée at'Ath qui, espérons-le,
va bientôt revivre d'une vie nouvelle, en signalant qu'un
cortège populaire se tléroule dans la ville depuis des
temps très reculés, le quatrième climanche d'aott. A I'ori-
gine, son earaetère était essentiellement religieux, mais.
à partir du X\re slèele, ce caraetère se moclifia peu à perr
et, ûnalement, les géants s'y introtluisirent. L'idée reli-
gieuse a clisparu clepuis 1517 et mrintenant I'on y voit les
géants suivants : Goliath, qui fut imaginé par les arba-
létriers, puis madame Goliath. Ces deux personnages sont
accompagnées du berger Davirl qui, devant I'hôtel de ville,
livre combat âu puissant Goliath: tle I'algle à deux têtes,
emblème des prisonniers; t1.'Ambiorix, emblème des archers
et enûn de madame Yietoire. génie d'Ath, qui fut intro.
duite dans le eortège sorrs le règne de llarie Thérèse.

AUDENARDE. Le Musée archéologique.


LTncomparable hôtel tle ville d'Audenarde, écliffé rltr
1.525 â i530 par I'arehitecte Yan Pede, en style ogivtl
tertiaire, est I'une des plus pures mervellles architee-
turales de I'at't civil en Belgique, datant de la dernière-
période gothl{ue. Sa terrasse soulenue par lrne élégante
colonnade qui s'étencl sur toute la longueur cle l,érliûce,
sa façade décrorée avee un art de bon goû't et percée tte
tleux étages de belles fenêtres, ainsi que sa gracleuse
tour carrée à terminalson octogonale eouronnée par un
campanile surmonté d'une statuette dorée et complétee
par une toiture admirablement ornemenfée, foiment un
des plus beâux ensembles de nos constructions du moyen.
âge (fig. 19).
L'Administration communale d'Audenarde vient cle
Irrendre la très louable initiative de faire restaurer et
Fig. 19. - Hôtel de Vjlle d'ÂudeDarde.
-0+-
aménager en style tte l'époque, les locaus du deuxième
étâge de I'hôtel de ville, qui ne formeron[ plus qu'une
seule et magniflque salle occupant toute la longueul du
monument (voir flg. 19). Cette pièce abritera les collec-
tions du musée archéologique de la ville.
Ces collections qui, jadis, étaient logées beaucoup trop
à I'étroit dans une petite salle de ce monument, et en
partie tussi dans le château du baron Liedts (légué à la
vllle en même temps que d'importantes séries d'ceuvreg
artistiques). vont bientôt pouroir être rnises en valeur
tlans le plus beau local que I'on lnisse rêver pour un
nusée de ce genre.
L'hôtel tle ville, dont I'intétieur est aussi des plus re-
narquarbles, nottrrnment pâr ses magnifiques cherninées,
par queltlues peintures intéressantes, par la charpente
apparente de la toiture de h halle aux draps, etc''
formera âlors, â\'ec le rnusée rlu deuxième étage' un en-
semblè du plus haut attlait. Ce local du deuxième étage
èst éclairé par douze grandes fenêtres gothiques et son
lrlafond en boiseric' aDp:lrente est soutenu par d'énormes
r,outres agrémentées, à leurs extrémités, de semelles
seulptées. De plus. la salle est tlécorée de tleux nnciennes
cheminées.
Palnli les peintules qui olnel'ont les murs du rnusée,
mentionnons un portrait de Philippe-le-Bon, par Van
tr)1'cken; tleux volets d'un triptyque ûgurant Isabelle de
Nrmur, fontlalrice de I'abbaye de Petegern, et qui fut
l'épouse de Gny <le Dampierre, comte de X'lândre; un
volet tle tliptyque représentant saint Georges tuânt un
tlragon: lln pllfsâge de chasseurs (genre Teniers) ; une
peinture de Bacchantes, rappelânt van Dyck; un portrait
de gouvernetlr; cleux abbesses du Val-des Vierges (abbaye
de Maegtlentldele) ; un paysâge napolitain'
Des graphiques et des dessins le garniront également;
un plan d'Audenarde, alors que la ville était encore
cntoirrée tle fortiûcations construites par Vautran' le cé-
lèbre architeete militaire; l'église de Sainte Walburge
ainsi qu'elle se présentait autrefois, c'est-ir-tlire entonrée
cle son cimetlère; qnatre gravures montrant les quatre
curés d'Autlenarcle et de Pâmele qui furent noyés au
-65-
XVIe sièele tlans I'Escaut, par les gueux; des vnes tle
villes, etc.
Il 5' anta aussi des statuettes : l'une cle saint Nic\olâs,
pntron de lu r.orporation des bouchers; I'autre, de saint
Michel, patron cle la corgrration des merciers, tuant un
dragon; une troisième qui se tr.ouvait placée autrefois
dâns une niche du bâtiû)ent de I'ancienne corporation de
Saint-Georges, et figurant ce saint ir eheval eombattant
un dragon.
L'on remarquera aussi nne pierre sculptée, aux écus-
sons du cornte Charles de Lalâing, gouverneur d'Aude-
narde (1525) et tle son épouse couttesse cle Lnxembourg
(1544); une autre pierre scullrtée ru\ arDtes dc Jenn Comte
de Nassau et de son épouse Ernestine, princesse de L,igne,
provenant de I'antique château de Renaix; deux bas
reliefs en albâtre. dont I'un rnontre le Père éternel et
I'autre un < Glorizr irr t'xcelsis Deo >.
Des anciennes colpor:rtions. il y trura une bannière des
tanneurs et des oortlonniers, datée de 1740, offrant d'rur
côté, saint Crispin et saint Crispinien et, de l'âutre,
saint Àmand; une bannière des tapissiers d'Audenarde
tgulant, d'un côté, leur patronne, sainte Rrrrbe, enfermée
dans sa tour et, de I'autre côté, la décollation tle cette
martyre (1723); une bannière de la corDoration des porte-
faix, datant de 16.37. A signaler aussi une bannière de
1667, portant une reprocluctioun tle la \-ieige lliraculeuse
rlu cout'ent tle Sion. à Aurlenarde.
Les anciennes sociétés seront encore représentées Dâr:
un collier en nrgent tloré, qui était porté pnr le roi de
la corporatiort de Saint-Georges. nssoeiation qui était con-
nue sous le nom de la < Grancle Arbalète >; lirrr des déco-
rations; par tles bancloulières portées prrr les chefs des
tanneurs et tles corcl<lnniers dans les circonstances solen-
nelles; par des bâtons de confréries des tleux métiers pré-
eérlents, datés cie 1696 et tle 1759.
Mentionnons aussi une coupe eD verre. décorée de pein-
tures, portânt le millésime de 1;93, figurant Albert et
Isabell€, destinee rl contenir le tin d'honûeur que I'on
offrait au roi tle la corporâtion de Saint-Georges.
Parmi les annes, il y aurâ aussi rrn casque, diverses
-66-
épées, dont une d'honneur, datant de 1564, qui fut decou-
verte dans les fossés des fortifications tle la ville. et d'au-
tres armes.
Quelques meubles sont à indiquer : un scriban en mar-
quetterie d'ivoire et de bois divers sur pieds d'ébène, com-
prenant douze tiroirs placés au-dessus d'un c"ompartiment
central coDtenant deux statuettes religieuses et qui est
entouré de dix-huit tiroirs; un scriban en marquetterie
d'ivoire et al'écaille, composé de onze tiroirs et d'un van-
tail renfermant deux petits tiroirs et un compartiment
central, omé de glaces encadrées d'écaille et cl'ébène et,
tle plus, parqueté d'un damier d'ivoire et d'ébène. Le fron-
tin ajouré de ce meuble, décoré de personnages, porte ln
clate de 16?6.
L'on verra des objets clivers tels que: des dinanderies,
des porcelaines, de vieilles serrures, des paravents en
cuir, des blasons. notamment en algent, de la corporation
<le Saint-Georges, des arbalètes, une boite de poids éta-
lons pour les anciennes monnaies; un hectogramme et
ses subtlivisions s'emboltant les unes dans les autres, une
collection d'anciennes pipes, des tabatières. un fragment
cle musique du commencement <lu XIIo siècle (?), quelques
silex taillés, des urnes antiques, ete.
L'argenterie artistique (don du baron Liedts) est re-
présentée par clix-huit numéros : une cafetière, des su-
criers, un pot à lâit, un huilier, des moutardiers, des sa-
lières, <Ies dessous de carafe, deux candélabres à trois
lumières, deux flambeaux, ete., de l'époque de Louis XVI,
des assiettes gravées et utre rnénagère avec plateau ajouré.
Des vitrines renfermeront une collection de sceaux dont
uu certain nombre s€ rapportent aux anciennes corpo-
rations de la ville, des empreintes de sceaux de bourg-
rnestres et tl'échevins d'Audenarde. du XIVe au XVI.
siècte, des séries de monnaies et des méclailles.
Il ne nous reste plus maintenant qu'à mentionner les
souvenirs de I'industrie locale .jadis renomrnée : la tapis-
serie d'Autlenarde.
Parml les produits les plus curieux de cet art disparu
de l'ântlque cité flarnancle, I'on peut signaler un tapis de
table à jeu, qui fut confectionné à Audenarde en 1?71' l

1
-07_.
par Josse tie Rode, alors âgé de g0 ans, le dernier ouvrier
survivant de la dernière mamrfacture cle tapisseries.
Iæ musée sera décoré de trois ttrpisseries. L'une, la
plus grande, représente, à I'avant-plan, un pâysage com-
posé d'arbres aux feuillages touffus et, à I'arrière-plaD,
la silhouette faiblemeut indiquée d'un château établi au
bord d'une pièce d'eau. Lhe autre, disposée en hauteur',
ligure un vase élégant, d'où s,épanouit un magnifique
bouquet de fleurs, cléposé sur une table supportée par
trois jolis enfants. Il y aura aussi des ustensiles d,une
manufacture de tapisseries à Audenarde, au XVIIo siècle.
Souhaitons que I'installation de ce musée dans le magni_
fique local qui lui est réservé puisse se rérliser bientôt,
t)ermettant aux touristes cl,admirer, en même temps, I'ar_
chitecture si impressionnante du monument communal
et les richesses archéologiques qu'il renferme.

BRUCES. Musée des Hospices civits,


Ce musée, situé 12, rue des Chartreuses, réunit des
tableaux et d'autres objets d'art autrefois dispersés
notamment à l'hôpit:al Saint-Jean, maintenant réservé -
aux æuvres de Memliug qui se trouvaient dans des
- ou
locaux.peu accessibles au public, tels que les hospices
Saint-Julien, Saint-Josse, Saint-Nicolas, l'école Bogaer-
de, ete.
Si ee musée n'est pas à mentionner pour ses æuvres
de premier rang, il Dermet cependant de s'y faire ure
exc€llente idée génér.ale de la peinture brugeoise oui
rttteignit. conune on Ie sail, son apogée au XVu sièele
et qui, depuis lors, n'a guère cessé de briller d,un vif
éelat.
Les æuvres plcturales, c1'ar.t décoratif et les ameuble_
menFs sont contenus dans trois salles, dont les tableaux
des prirnitifs ornent Ia premlère.
Sal,l,e I. Des peintures de primitifs, nous n.en signl-
lerons que- 8, parmi les 61 qui décorent cette pièce : ,te
lableau de Pierre Claeis, à trois ctrmpartiments dont le
central représente le < Sacre de l,évêque saint Nicolas >.
et, les latéraux, les dons que ce relilieux portait à un
seigneur de Myre, et le massacre des trois enfants aux-
-68-
quels il rendit lâ vie; Eyck (XV€ siècle,,
ale l'école Van
i1 y a une des plus belles grisailles que l'ou puisse vlir'
peinte sur deux volets et offrant l'image rle < s:tinle

Fig. 20. - Sâinte llélène et s&irt Jeen-Baptiste

Ilélène et saint Jean-Baptiste ; (fig. 20) ; d'Albert Bouts'


le < Christ chez Simon-le-Lépreux >, au bon coloris; de
l'école brugeoise (XVIe siècle) I'on distingue un joli por-
-69-
trait d'une religieuse de l'ancien hospice cle la Made-
teine; de Jean Provost, I'on admire un diptyque, dont le
p".*i". volet figure te ( Christ portant la croix n et' à
àroite comme à gauche, la < Vierge et saint Jean ) qui
pleurent, un soldat et deux démons grirnaçants; le deu-
xième volet porte le portrait d'un frère mineur et' au
revers, figure une tête de mort; de Lalllbert Lombard, il
y a le < Bon Samaritain r>; de Pierre Pourbus-le-Jeune'
les portraits des sæurs Anne et l\Iarie cle Hane; et enfin
de Pourbus X'rançois-le-Jeune' ( Saint-Jérôme )), copie
dune æuvre attribuée aux maitres de l'école italienne
de Brescia.
Iæs vitrines renferment quelques beaux objets d'art
décoratif, parmi lescluels se détache un su1ærbe polyp-
tique du XIV€ siècle, en crorne et en ivoire, portant, au
centre, l'image de la Sainte Vierge et de I'Enfant Jésus
et sur les volets, la << Naissance :r, l' < Annonciation >,
la < Visitation >, la < Nativité >, la < Mort et le Couron-
nement de la Sainte Vierge >; une rondelle émaillée en
verre du XVu siècle donne la jolie image d'un cortège (voir
eouverture de ce livre); un eollier en laiton décoré de
soleils et de roses auquel est suspendu un lion (1488) qui
ornait autrefois lâ tombe de Josse de Bul (don
d'Edouard IV, roi d'Angleterre, à cet homme de bien' en
reconnaissance de I'hospitalité qu'il offrait aux nobles
anglais) ; un Olifant ou trompe en ivoire du XIVo siècle;
une boite en style arabe ornée de délicates seulpturefi'
Ir'on remarquera aussi une statue en bois avec traces
de polychromie, datant du XIVU siècle et représentant
saint Oorneille; une oollection tle chantleliers en cuivre;
une série, digne d'attention, ale coffrets à bijoux en cuir
gaufré des XV" et XVIe siècles; une jolie couronne de
lumière; des faîences cle Delft. Il s'y trouve aussi une
table tles pauvres, sttr laquelle I'on déposait les aumônes
destinées aux intiigents.
Salle II. Cette salle nous offre un tableau tle G' de
-
Crayer, figurant < Saint-Laurent > (1582-1669); une pein-
ture attribuée à Henri cle Klerck (1570-1629) ' les ( No€€s
de Cana ). L'on pense que cette æuvre d'art, donnant
I'image des personnages historiques du temps d'Albert
et Isabelle, a été exécutée par I'artiste pour eommémorer
3
-70-
la réconciliation, vers 1000, tlu prince tl'Orange avec les
Archiducs Albert et Isabelle. C'rette réc:orrciliatiou se scella
ein un grand banquet offert ptrr le Marquis de Spinola,
le Jour des Rois de l'année 1600. De Dirck ilIeerkerke
(1620-1662), genre van Dyck, I'on remarque le <
Christ
en eroix et sa Mère )), le cæur percé d'un glaive; c'est,
pense-t-on, le seul tableau connu de ce peintre. De J._8.
Franken (1599-1653) : le < Golgotha > ou montagne de
Palestine située près de Jérusalem où le Christ fut cloué
sur la croix.
L'on admirera une statue de sainte Ànne en marbre.
qul date de 1680; elle est caractérisée par la bonne facl.ure
de ses draperies.
Il y a aussi une superbe poignée de sonnette en argent,
un buste en cuivre travaillé avec art et des chenêts du
même métal, le tout de style Louis XV. Divers bahuts
ornent cette salle et une petite armolre attacbée au mur,
nommée < Spinde >, est intéressante par sa porte ajourée;
elle était destinée à conserver les provisions.
SaILe III.
- Dlle Van
centes. De Jacques
est réservée aux peintures plus ré_
Oost, le Vieux (1600_1621), I,oD
remarque: le portrait ti'un père Dorninieain, professeur
de l'épiscopat de Bmges; le ( philosophe >, fort
Joli ta_
bleau mettant en bonne lunrière le sa\,ânt dans son milieir
d'études; la r< Maternité >, offrant la gracieuse image
d'une mère présentant le sein à son enfant. Il y a aussl
tles portraits et des copies de Van Oost,Jaeqrres (le Jeune)
un triptyque dlgne d'intérêt, dt aux pinr.enux de Van;
Oost père et ûls, dont le compârtiment eentral montre
la Mère des Douleurs tenant le corps clu Christ mort,
bel ensemble d'un caractère un peu trop théâtral. Sur
chaque volet : le portrâit de tleux religieuses cle I'hôpital
Salnt .fean. I)e Luc Achtschelllng (1626-1699), il y a un
paysage boisé brugeois, le centre est oceupé par la vierge
et I'Ilnfant Jésus qui apparait à saint F.rançois, tandl"s
qu'à I'avant plan, deux anges Jouent avec un agneau; de
J.-R. Iferregouts (772I), l' < Assomption de la Sainte_
Vierge >; de Louis de Deyster' (16b6-1211), Ia < Résurree-
tion de sâint Lazare > (genre Rubens) ; de pierre Molyn,
un beau et étrange effet de lune sur une mer mouvemen_
tée; de Mathleu tle Visch (1?02-1?65), les portralts de
-71 -
Chrétiel de Ios el. de son épouse? fontlal.eurs des ]Iaisons_
Dieux de ce norn; de David Teniers, le jeune (1610-1690).
une remar(luabl€ ( Pêche miraculeUse > figur.tie le long
des dunes de Ia [.larxlre, montrant les principaux pois:
sons et les coquillages de la Mer du Nord; enfin de Jean
Antoine Gaeremyn (1712-1799), uD coltcours de tir à I'arc
entre les pupilles de l'école Bogaertie; et surrour une

Fig. ?1. Lustre en fer Îorgo.


-
belle peinture tlu même auteur' figurant des anges annon_
çant à Abraham la naissance d'Isaac. Ce dernier ârtiste,
très brugeois, s'était spécialisé dans la peinture des pan-
neaux de salons.
Les objets archéologiques ou artistiques sont repré-
sentés principalement par : un antiphonaire enluminé
(livre d'église contenant toutes les mélodies tles Antiennes,
l)saumes, ]r1'rnnes, etc. du culte), qui fut écrit par le père
Pancrâce, prêtre gant<.ris en j.b0.l; par une collection de
-72-
sce&ux, monles à méreaux et poids monétaires, dont la
pièce la plus intéressante, une matrice en argent du
sceau de I'hôpital Saint-Jean, figure sâ1nt Jean Baptiste
et saint Jean l'Elvangéliste sous un double tlai (XIVo siè-
cle); quatre matrices du Béguinage datant de 1600; un
grand mortier en cuivre; le couronnement de ln Vierge'
clef de votte sculptée du XVe siècle. L'on distinguera
aussi un lustre en fer forgé, du XYIII" siècle tfig'21)' L'on
jettera aussi un coup d'æil sur la belle salle des séânces
i de la commission des hospices, en style Louis XV, reoon'
i stituée avec un art parfait, telle qu'elle existait jadis à
I'hospiee de Sainte-Madeleine et Nazareth, à Bruges' Ltts
panneaux de eette salle sont ornés de 15 portraits, dont
certains, de toute beauté, dus aux artistes brugeois :
Jacques Van Oost, le Yieux et le Jeune.
Ouvert ale I à 12 h. et de 14 à 1? h Les dimenches, ale 10 à 12 h'

BRUGES. Musés de PHospic"e de la Poterie.


f,'hospiee, situé quai de la Poterie, 79, qui crontient et'
musée, a été fondé vers 1164 dans le but d'y recueillir
les femmes indigentes de la vllle de Rruges' La construc-
tion date de plusieurs époques, variant entre 1358 et 1665'
Dans l'église, il y a lieu de signaler un beau tableau
de Jacques van Oost le Vieux, ornant le maitre-autel et
figurant l' < Adoratlon des Bergers )' Sur l'âutel de la
nèf eollatérale s'élève la Vlerge rniraculeuse cle N'-D' de
la Poterie, intéressante statue en plerre blanche qui re-
monte au XIII€ siècle. Ir'on verra encore tleux chantleliers
en cuivre tte 1700 et, dans la sacristie, I'on âdmirera des
reliquaires des XVu et xVIe siècles, ainsi qutune cha-
suble à orfrois du XV" siècle.
Le musée proprement dit, dont I'origlne remolte à
184?,contient des objets d'art provenant de I'hospice et
de divers établissements dépendant de l'Administration
des hospices eivils de Bruges.
Parmi les tâbleaux les plus dignes d'attention, blen
que d'ordre secondaire, il y a lieu de signaler divers
triptyques, par exemple celui du ( Christ suivi des quatre
upOt"". rencontrant les dix lépreux ), tr€int par J' Claeis'
sens; ainsi que diverses peintures de l'école brugeoise'
-73-
L'on remarquera plus partlculièrement aussl un tableau
sur cuir datant du XYe siècle et qui appartiendrait, pense-
t-on, à l'école de Milan; une @uvre montrant << Notre-Dame
de I'Arbre > par Pierre Claeissens, datant de 1608, et
d'autreg tableaux de de Deyster, d'Achtschellinck, ete.
Iæ mobiller est représenté par un Prle-Dleu de 1500;

Fig. 22.
-.Meuble à médaillons. ,

D$r un intéressant coffre, portant la devise de Charles


Quint ( Plus Ultra D ale 1530; par de beaux bahuts de
d.iverses époques parmi lesquels on distinguera tout spé-
cialemerrt un meuble (frr. 22) dont seizæ panneaux sont
occupés par des médaillons sculptés en relief, portant
ou crntre le buste d'un personnage; par un lit à bàlda-
<1uin de 1643 et par des chaises du XVe et du Xvlo siècles.
-74-
Dans une vitrine se rlétache une vierge en ivoire
du
XIV€ siècle, rles reliures, un plat hispano_arabe, des
mis_
sels avec miniatures du XVe siècle, tles tiessins
fort curieux
du commenc€ment du XVI" siècle et qui montrent l,his-
toire des miraeles de de la potàrie. Ajoutons que
-N.-D.
ces dessins furent exéeutés en tapisseries que l,on peut
admirer dans ce musé€.
Plusieurs tapisseries son{ à mentionner, notamment
une de tr'landre, en laine et soie, tlonnant l,image de
I'Enfant Jésus, adoré par sa IIère, saint .Toseph, les
anges, les bergels, et exfin le portrait tlu donateur
et de
sa femrne. Elle fut confeetionnée en 1b00. Une
aurre tapis_
serie représentant la Sainte Vierge avee l,IXnfant
sur son
trône, entre Saint-.Tean-Baptiste et Saint_Jean l,Evangé_
liste. tlatant tte 1b80, attire aussi I'attention. Enfin, trols
Iongues pièces tissées <l'après les tlessins mentionnés
plus
haut et qui reprocluiseut en dix.huit scènes les miracles
9" de la poterie, forment un ensemble du plus haut
It-D Ces
intérêt. tapisseries sont du XyI€ siècle.
Dans le réfectoire, il y a encore r.r mettre en ér,irlence
:
une ancienne table en bois de chêne, rtatée de
le milieu est constitué par une planche de g 1424,
mètres
dont
de longueur sur-62 centiniètres tle largeur; -_à"ti"
80.

";
en-écaille, décoré de peintures: n'e vierge en.c'i're
et
enfin 45 Dortrâits des tuteurs tle l,hospiee] dont plusieurs
sont des tableaux de rnaitres et qui s,étentlent de 14Tg
.iusqu'en 192{. Parmi c€s portraits. figure celui de Corneille.
Van Baersdop, né à Bruges en 1{g0 et qui fut médeein
de
Charles Quint en 1d40.
,-k0 à-Èi
lnrl$1. qIi occune une partie des hâtiilcnts ile l,hosDi(
de hèûiës.ïiiéi4"T I? h.n"u, en été-LËi ;r;;;;Ëf,ir.rhfii..j

BRUGES. Musée Gruuthus€.


Le superbe hôtel qui abrite les riches collections de
c.€
rnusée fut jadis la résidence rle la famille patrlcienne.
van der Gruuthuse. L.une des ailes gothiques àe l,édifice.
remonte à 1420, et la façade fut construite de 146b
à 14?0.
En 1873, l,hôtel devint propriété de Ia ville et tut res-
tauré par ses soins, en 1g94, afin d'y installer
ses colec_.
tions archéologiques.
--7â-
On peut dire qu'aucun lot'al n'est rnieux approprié à
sa destination que cet hôtel. Rien n'est plus harmonieux
que de voir ees vieilles choses réunies dans cet autique
palais à l'élégante silhouette, qui se dresse dans un cadre
atlmirable, d'oir se dégage un impressionnant carâctère
moyenâge[x. De plus, il se trouve à proximité de Ia ma-
jestueuse église Notre-Dame et à côté du Dyver aux erux
prisibles, à la surfrce tlesquelles se mirent pârtout l€s

tr'ig.23. - La GrÛùde Sftlle'

anciennes et si pittorestlues denteures de notre ravissanle


Venise du Nord.
L€ vestibule d'entrée. orDé de bzrnnières proÏenllrrb
d'anciennes corporations, de peint ures, d'une remarquable
statue de saint Michel terrassant le dragon' de glaives'
d'arbâlètes et de taques de cherninées, donne accès
à la
Êalle d'armes.
Dans cette salle, destinée surtout àr contenir des
arrnes
diverses des temps pâssés, on voit une curieuse collection t
de justice, ainsi que des objets se rapportant
i
de glaives
-sombre métier d'exécuteur des ( hnutes Guvres )'
I

au
Contre une magnifique cheninée ornementale' on remar'
qo" orr" g"oot"e rehaçant une exécution capitale' en
'- llr --

1836, du corse X'iechi (époque Louis Phitippe). Signalons


encore qu'au-dessus de cleux vieux bahuts en chêne se
détachent les silhouettes de deux motlèles d'aneiens na-
vires: uue caravelle, nomurée <De tr(aeght van Ghent>, tlu
XVIIe siècle, et un trois-mâts arrué, du XVIIIo siècle.
Deux tableaux, doDt I'un rel)résente un aspect des bas-
sins du vieil Ostende et I'autre un site de la ville de
Bruges. complètent I'ornerneutation des murs. Sur le
pourtour de la salle sont disposés une dizaine d'antiques
coffres en fer, de divers modèles, qui renfermaient aulre-
fois des archives ou des ob.jets précieux.
Dans une autre salle (fig.23), qui se signale par une
magnifique cheminée en style gothique et qui est meublee
de slx grands bahuts en chêne, sont exposées des vitrlnes
contenant quantité d'objets en argent relatifs aux an.
cletrnes corporations, etc., objets tels que le collier de Ia
confrérie clu Saint-Sacrement, le remarquable collier
(XYIIo s.) des arbalétriers de Sainte-Croix (forné de
lions alternant avec des faisceaux <le flèches), des btas-
sards cl'archer, des écussons appartenant à de nombreuses
associâtions, telles celles des boulangers (XVIIIê siècle),
des métiers réunis, des rnaçons, des charpentiels, tles
tailleurs, des cordonniers, des brass€urs, etc. Certains oe
ces écussons sont ciselés avec art. fndiquons encore lrne
vitrine d'o{r se détachent quelques bonnes statuettes
sculptées.
L;ue troisiène pièce désignée sous le norn de gliucle
salle tI manger, décorée d'une grande et belle tapisserie
bruxelloise, c\ontient notamment un bahut flamand en
acajouet ébène, un lustre en verre vraisemblablement
du XVIIe siècle, et une sculpture polychrome bmgeoise
de 1470, d'un caractère très original, représentant Dâniel
dans la fosse aux lions; elle provient d'un autel de l'église
Saint-Sauveur. Daniel, à la figure douce et placide, est
liguré debout, dans une minuscule fosse à six pans, qui
s'élève jusqu'à sa taille; à eette haufeur débordent quatre
petits lions, dont deux sont cnressés par Daniel (fig. 2-f).
Deux pièces-anûexes lenferment des vases en grès, des
poteries tliverses, ainsi qt'une assez importante série de
porcelaines tle Chine et du Japon, legs Madame
van der
Beke Bouvy, etc. Dans une salle qni sert de pnssnqe nri_r
at
- -
visiteurs se rendaut à la cuisine, on remarque des obJets
et des ustensiles se rapportant à la médecine et à la phar-
nracie, tels que mortlers, pilons, pots à méclieaments, etc'
La spacieuse et ravissante cuisine de cette demeure
moyenâgeuse (ûg. 25) est une tles piècres les plus intéres-
santes à visiter, par le caractère antique cle la place, et

Fig. ?{. - Drniel dans la losse allr lions


.-?8-
par les nombreu\ obiets, ustensiles. etc., qui .ornent ses
murs ou garnissent ses tables. Slt large et vaste-cheminèe
contient tout le rnatériel nécessaire au métier du Yatel
le plus exigeant, tels que crémaillères, brocnes, réci'
pients, etc. Dans une vitrine, on peut voir une série ôe
moules et de moulages en bois et en terre, destinés à pro-
duire des ornements de gâteaux. Près tle la cheminée,
se trouve un vieux moulin à écraser les grains, entré ré-
cemment au musée.
On gravit quelques nrarches tl'un escalier donnant accès
aur deux salles réservées aux instruments de musique,
et dont les murs sont décorés de tapisseries et de tableaux.
Parmi les nombreux instruments exposés dans les vitri-
nes ou qui garnissent la pièce principale, l'attention se
porte tout d'abortl Ters un antique clavecin en fort bon
état tle conservatlon et une belle épinette (instrument ir
oordes de la famille des clavecins) de 1591. Orr remarque
aussi une trompette de tour en cuivre, qui est extrême-
ment rare, une harpe, une intéressante lyre à cinq cordes,
des mandolines, des guitares, des flttes, des hautbois, des
bassons, des clarinettes, toute la série des iDstruments en
cuivre, un ancien piuo à queue ainsi qu'un joli modèle
de carillon.
Er montant l'escalier qui mène au pretnler étage, on
remarquera au passag€ uu spécimen tl'armure cle cheval,
l.r'pe du XIVe siècle (?).
Au premier étage il y a quatre salles, dont deux assez
granrles, eontenant la très remarquable colleclion de den-
lelles offerte jatlis à la ville par la baronne Liedts. Dans
de nornbreuses vitrines s'étalent de rlches séries de cet
art industriel si délicat et si élégant, représenté ici par
les principaux et les mellleurs modèles earaetéristiques
du Brabant, d'Anvers, tle Malines, de Hollande et de Va-
leneiennes. On en voit des spéeimens waiment superbes,
de toutes les époques jusqu'au XVIIIô siècle. Dans une
salle voisine, au centre de laquelle s'élète un ancien lit
à baldaquin, il 5z a encore quelques broderies intéressânres
et divers objets se rapportant au culte ou aux ornements
d'église.
Au second étage, où I'on arrive par un escalier en coli.
mâçon, s'étalent les collections de monna.ies, méraux.
-79-

I
-80-
jetons, médailles, insignes des corporations, etc., inteili-
gemment classées (successions de Witte, de lfondt, etc.).
A l'étage supérieur, où l'on accède par un escalier tour-
nant en pierre, on anive dans la salle (grenier aux puis-
santes charpentes) oir se trouvent les objets appartenant
aux époques préhistoriques, belgo-ronlaines et franques,
comme aussi âu moyen-âge. Plusieurs vitrines eontien-
nent des silex taillés (âge de la pierre polie) sous forme
de lames ou autres instruments, provenant principalemenl
des stations établies sur les mamelons montagneux de la
basse Belgique: le mon[ Rouge, le mont Noir, le mont
Kemmel. le mont de Tieghem, etc. On y voit aussi des
hacbes polies récoltées en très grande partie dans les
Frlandres. L'âge du métal nous montre quelques haehes
en bronze: à douilles, à bords plats, ete.
De l'époque rornalne, on remarque des urnes et poteries
courantes de eette période, tles vases rouges, des lampes,
des tuiles et autres matérlaux de construction.
L'époque franque se signale par des armes telles que
des scramasaxes ou grands couteaux, des francisques ou
haches, par des boucles de ceinturons, des eolliers en
ambre et en pâte de verre, etc.
Une grantle vitrinq contient des poteries remontant arr
haut moyen âge; enfin, une deruière vitrine renferme des
obJets provenant de la station matitirne de Raversyde
(village de pêcheurs du moyen âge), où I'on a trouvé des
poteries, des hameçons et quantité d'épingles en euivre,
Dans un bâtiment situé à proximité de l'entrée du mu-
sée se trouvent, à l'étage, tle nombreux objets se rappor-
tant à la ferronnerie, au travail du bois, etc., et àv rez-
de-chaussée s'allonge une intéressante section comprenant
principalement le travail de la pierre.
La ferronnerie ordinaire et d'art industriel qui occupe
une place assez importante, garnit surtout un long cou-
loir, dont les murs, et le pourtour, sont ornés de multi-
ples objets anciens: taques de chemiuées, girouettes,
croix ouvragées d'églises, serrures au mécanisme parfois
compliqué, tirants de portes, clefs, coffrets, balances et
d'autres ustensiles fort noubreux. Les salles adjacentes
au couloir de la ferronnerie contiennent des motifs de
-81-
sculptures en bois, dont certains so'nt ajourés; diverses
statuettes anciennes; des moulages de modèles variés et
tle caractère ornemental. Il y a aussi des appareils
rage en euivre: chandeliers. bougeoirs, etc' 'l'éclai'
Le musée lapitlalre comprend un assez bon nombre de
pièces à mentionner, notamment une curieuse et lrnpor-
iante série de clrapiteaux historiés, dont plusieurs dater'Î
du début du XV€ siècle; deux benux fonts baptismaux'
dont I'un, gothique, remonte à 1400 et I'autre, roman' est
un moulagg tles s[perbes fonts de Zetlelghem; des armoi-
rles sculplées; tles fragments tl'architecture et de sculp-
ture et, sur les ulurs, quântité de frottis tl'anciennes pierres
tombales d,ont les sujets variés attirent I'attention' La
plus intéressante collection de cette section lapidaire esl
incontestablernent celle des br:iques cle foyers datant
du
XIV" au xVIIe siècles; elle est fort bien gnoupée dans
rJeux rayons et les pierres sont bien éclairées porrr en falre
valoir làs sujets en relief dont elles sont décorées' On v
remârque des chevaliers armés, des personnages divers' la
trguration d'une exécution capitale, des représentations
dianimaux, des motifs aux tlessins géométriques' des
feuillages, des ornementations florales, etc' Cet ensemble
mérite d'être cité tout spécialernent par la beauté et le
nombre de pièces qui le comPosent.
Un bâtiment voisin renferule quelques anciennes voi-
tures de voyâge, à I'intérieur richement orné de broderles
et qui proviennerrt en grancle partie de la famille Melgar'
On y voit aussi une très curieuse voiture hollanciaise à
une place. Tout près s'étalent qu€lques objets d'équlpe'
ment militaire, notamntent de 1830, et dans une Pièee \.I
voisine se trouve un canon hollandâis qui a été utilisé en
1830par les chasseurs-éclaileurs brugeois'
Un dernier local oontient une très nombreuse et très
importante collection de gravures appartenant aux écoles
flamanile, hollandaise et anglâise; elles proviennent d'un
don. Ces gravures, bien conservées et souvent de bonne
exécution, représentent tles personnages importants (tel
Louis XVI), de beaux portrâits de l'école anglaise, des
paJrsages, etc. Leur nombre et leur variété ne permettent
pas d'en tenter iei une description mêure sommaire.
-82-
En résumé, ce musée renferme beaucroup de belles et
intéressantes antiquités nationales; aussi ôngageons_nous
vivement nos coupatriot€s à le visiter en dZtail.
NorD : Le llusée Gruuthuse est oul-ert chaque jour de I0 à 1? heures et
de 14 à 1? heures.

BRUCES. Musée de ta pei,nturs ancisnne.


Ir'une des æuvres les plus impressionnantes qui retient
I'attention lorsqu'on pénètre dans ce musée de la ville,
situé rue Sainte-Catherine, c'est le tableau de la < Ma-
done du chanoine Georges van der paele > de 1486, dt
au pinceau de I'illustre Jeau Van Eyck. Les frères Van
Eyq! furent, on le sait, les véritables créateurs et pro.
pagateurô de la peinture à I'huile.
Dans le magnifique décor de ce chef-rl'reuvre, la Madone.
au regard doux et majestueux. fixe le chanoine vau der
Paele agenouillé à sa droite et, à côté cte ce religieux.
salnt Georges debout fait valoir la superbe armure ciselée
dont il est revêtu. La flgure (fig. 26), représentation du
chanoine, démontre que Jean Vrrn Eycli fut un portrfli_
tiste hors pair. Aucun détail ne manque à la ûgure pla_
cide tle ce vieux chanoine au visage riclé, I'anatomie en
est parfaite et l,expression de eette ph"vsionomie est em_
preinte d-'un réalisme idéal.
A signaler aussi une autre æuvre de tout premier ordre
du même artiste: le portrait de Marguerite van Eyck,
femme du peintre, dont le visage, traité avec une rare
perfectlon révèle une volonté douce mais énergique. Ajou_
tons que ce tableau est encore enchassé dans l,antique
cadre portant la patine de son époque.
De Roger van der 'Weyden (ou d'un de ses élèves). I'on
remârque un superbe portrait ale philippele_Bon, dont la
figure grave et sévère laisse deviner des sentinents qui
ne devaient pas toujours être des plus tendres.
Ilugo van der Goes est représenté par un tableau dont
les tons bleus dominent et qui est ii.liitulé < La mort de
la Vierge r. Au centre du panneau, I'on y6i1 la Vierge
s'éteindre doucement sur une pâuvre couche er, autour
d'elle, se groupent les apôtres qui sont caractérisés par
leurs attitudes variées, par les expressions de visages
Fjg. 16. - Le chanoirre Gcorgos rar der I'n('lc, par J. \'ân Efck
-84-
dévoilant les sentiments les plus divers, depuis la béati-
tude et la folie jusqu'à I'intlifférence; mais rûcun regard
de ces religieux ne lixe la yierge mourante. Détail ù
noter: les mains de ces apôtres, toutes visibles, sont exé_
cutées avec un art aussi exquis que parfait.
De I'illustre llans I\{emlinc, il y a le rétable de Guil-
laume Moreel, achevé en 1484. IJa partie centrale montre
saint Christophe dans un beau paysage, portant I'enfant
sur seg épaules, entre saint Maur et saint Gilles.Iæs figures
nobles, au caractère religieux et mystique, caractérisent
1
la manière de faire de ce grend maitre. Iæ volet gauche
! du rétable offre I'iuage de Guillaume Moreel, bourgmestre
T de Bruges, présenté par son patron et agenouillé devant
ses cinq tls; le volet de droite montre Barbarâ vân
Vlaendenbergh et ses onze fllles accompagnées de salnre
Barbe.
Gérard David, un des princes de la peinture flamantle,
né en Hollande en 1460, fut élève et un tles grands admi-
rateurs de Ilaus Meruling. Ses deux << tableaux de Jus-
tice > exposés dans ce musée sont des æuvres maitresseÊ
de l'artiste arrivé au point culminant de son talent.
Après une révolte qui eut lieu en 14gg, des magistrats ac_
cusés de graves néfaits lurent jugés, condamnés et mar-
tyrisés; événement que David commémora par ces deux
panneaux. L'un de ces tableaux figure le roi Cambyse,
richement vêtu et entouré de sa cour, qui prononce son
jugement en face de I'accusé Sizamnès affai.ssé devant lui.
La deuxième peinture montre le juge oondamné, étenilu
sur la table du supplice. Dntour'és cl'une assistance nom-
breuse, les bourreaux lui enlèvent des lanières de peau
pour l'écorcher à vif (fig. 2T). L'ensemble est richement
coloré et toutes ces tgures sont traitées avee rul magni-
fique et sévère rérrlisme,
Le rétable de Jean des I'rompes, du même auteur re-
présente, sur son panneau centrâI, le bnptême du Christ
dans le Jourdain; æuvre caractérisée par les belles et
douees exlrressions rengteuses des visages du Sauveur
et de saiDt Jean-Baptiste, à clroite. Le volet de gauche
porte saint Jean l'évangéliste qui présente Jean des
lrompes et son tls. Le voleJ de droite flgure sainte Ellisa_
-ijj-
betll qui lllrtronrte la plemièr'e femrue tlu donlteur et ses
quâtre lilles. Les volets extérieurs sont. décorés tl'une
Madone et d'un portrait de Madeleine Cordier, seconde
femne de Jean des TrotnDes, de sa fille et d'une Nlatte-
leine debout. Tout cela est exécuté tle tnlirt de rnnÎlrc'

- Le juge condaumé, srr ls tablc du supplice, per Gérerd Devid


Fig.2?.

Il y a aussi deux miniatures: < Prédication de Jean-


Baptiste > et < Baptême du Christ )) que I'on attribue à
David ou à ses éIèves.
-s0-
Jérôme Bosch est à noter pour son trilltyque: ( Le
Paradis >, < l'Enfer > et < le Purgatoire >, 1æinture d'une
grande finesse humoristlque et satyrique, qui ne manque
pas d'intérêt, mais que nous ne pouvorrs décrire en détâil
iei.
Jean Prévost, tliscilrle de Dilri(I, nous oltre urr <r Jrrge
ment dernier )), peint en 1525, pour I'hôtel de ville. Ce
serait, pense-t-on, la seule peinture auth€ntique de eet
artiÊte. Iæ nu y est blen tralté, mais I'harnronie tle la
eomposition laisse un peu ri désirer.
De l'écrole de cet artiste, un tableau retient I'attention:
a Iæ Vieillartl et la }Iort >. Un homme âgé frose une maid
sur un livre et, de l'autre main, il passe un regu comme
le ferait un eornptable à la mort au eorps -tlécharné,
qui se trouve à droite. -
Un tableau double est attribué à Lanceloot Blondeer.
I'artiste qui eonçut cette merveille de I'art plastique, la
cheminée du lrranc, âu palais de Justice de Bruges: < La
Pôehe nriraeuleuse et le lliraele de I'Hémorroisse >.
De Pierre Pourbus I'arrcien, qui fut un elicellent peintre
de figures, ll y a, nolanment, un bon portrait de Jean X'er-
Daguut et un aut.re tle son épouse, Adrienne de Buuck,
dont les physionomies exprimènt des sentiments plaeides.
fln ( Jugement dernier r tlu même artiste est traité avec
grande selence. mâis le coloris n'en est pas bien agréable.
Pierre Claeissius ff urontre la < Conlentlon de Tournai
en 1584 )) avec de nornbreux Dersonnages; ce pânneau
ne manque pas de mérite.
Jacques Van Oost le Yleux, peintre de talent est re-
présenté ici par tles portraits de valeur et pâr d'autres
æuvres. L'on voit tout d'abord les deux beaux portraits
tle Philippe Yan Boonem, ehef-hornme des arbalétriers de
Salnt-Georges, et de Léonard van de Kerkhove, chef.
homme rle la Gllcle de Saint-Georges.
Il y a aussi de cet artiste, une (Êuvre mettant en relief
saint Augustin qui lâve les pieds du Christ habillé en
pèlerin; une peinture figurant saint Anboine tle padoue
ressuscltant un mort; une famille brugeolse présentée dans
un joli déeor, offrant à I'arrière plan la silhouette de.la
ville et, à I'avant plan, les époux €t quatre enfants, dont
-87-
le plus jeune est porté par une nourrice €n costume de
l'époque.
Iæ musée renferme égalernent des tablenu-x de Van Oost
le Jeune, bon portraitiste, et de ses successeurs: Herre-
gouts, GlaeremJn, et€., dont nous n'allongerons pas ici Ia
liste; les æuyres principales ayant été signalées.
Pourtous renseignements, s'atlresset à M. Doled, attâché anx lnnsées tle
peintures de le rille,84, rue Sâinte-Oatherine.
ouyert de I à 13 heures et de 14 à 15 h. 1/2 h. en hiyet. Du ler avril ûr 30
septeulbro jusque 17 heures. Entrée : t Îfûnc.

BRUGES. Musée de la peinture moderne.


Les peintures modernes de la ville sont provisoireilr€ut
logées dans les bâtiments de I'Atlrénée royal, quai des
Teinturiers, en attendant qu'elles puissent être réunles
aux æuvres de la peinture ancienne, dzrns le nouveâll
musée que la ville va construire prochainement à cette
intention, dans-la .rue de Groe-ninghe.
Dans une série de c\ompartiments cloisonnés, se succè-
dent d'assez nombreuses peintures modernes, dont nous
allons signaler les principales.
Nous voyons d'abord une collèction de tableaux qui fut
ofterte par .Pierre Van Lede: intérieurs d'églises, pay-
sages, dont un de Ruysdael; des portraits, tlont un fo;rt
joli de jeuue femure, par J.-8. Greuze, etc.
Dans un cabinet réservé à la gravure, il y a un intéres-
sant portrait de E. Varr Hove, artiste brugeois.
Plus loin, I'on distingue des æuvres d'Odevaere: un
portrâit en pied de Devery, préfet maritiDre de I'Empire,
en tenue offlcielle; un portrait de Chauvetail, préfet de
I'Empire, représenté assis dans un fauteuil et portânt
un riche costurne bleu et or. Du meme peintre, il y a le
portrait en pied tle son épouse vêtue de bleu et avee man-
teau rouge.
L'on voit aussi des paysages, dont un de D. Bossuet
figure un slte italien. Un joli petit tableau de ['. Willems,
met en valeur une jeune femme en toilette de soie blanche,
se mirant dans une glace.
De J.-8. Suvée, ârtiste trrugeois, qui fut le prenier
directeur de la villa llétlicis ir Rome. I'on voit uu lu,
-88-
montrant saint Sébastim mourant pereé de deux flèches;
un portrait de I'artiste, en costume rouge, et de son beau-
frère, r'êtu tle bleu. L'on distingue aussi son < Invention
du dessin > ffgurée par un personnage à genoux et un
autre debout qui tire une ligne.
J. van der Donckt offre un gracieux et élégant portrait
de jeune tlle assise, por.tant une châtoyante robe de soie
claire rendue à Ia perfection. De B. van flollebeke, il y
a deux toiles: l,une, ( Les dernlers jours d'un cont_
damné >, I'autre, < Dernlère consolation D.
L'on remarque égalernent le portrait du patriote belge
de Potter, vêtu.de noir et assis sur une chaise dans une
bibliothèque, ainsi qu,un group€ de trois portraits peints
par Odevaere, figurant I'artiste Wynckelman, président
de I'Aeadérnie des Beaux Arts tle Bruges. aecompagné des
peintres van iler Donckt et Odevaere, I'auteur .du tableau.
Un eadre c.ontient sept jolis médaillons, miniatures
peintes par \:ân Acker, R. d'Ilooghe, van der Donckt,
Gueremyn, etc.
De J. de Lalaing, I'on admire un portrait très ressen-
blant du ministle Beernaert, et, de I'artiste Guffens. un
portralt de Mlle Beernaeft.
Plus loin, s'offre une marine, de p. J. Claeys, et uu
paysage, de Roffian, aux grantls arbres tortueux blelr
traités, se silhouettant sur un ciel clalr.
De D. Viéria, I'on voit des maisons campagnardes éta-
blies au bord d'un étang, toile intitulée ( Dffet de Lu-
mière ).
Van llove, artlgte brugeois, est bien représenté ici prr
Êon ( Philosophe >, à la physionomie si caractéristique
du type qu'il a voulu mettre en valeur; par le portrait de
J. Van Maerlant, le père des poètes de langue néerlan-
daise; par son triptyque: < I'Histoire >, la << Légende >
et le ( Ternps )) et, principalement par son superbe ta-
bleau montrant Galilée, I'illustre savant, debout, au vête-
ment sonbre et à Ia belle figure barbue illuminée par la
foi scientifique, qui explique au pape, vêtu de rouge et
assis derrière lui, que la terre tourne autour du soleil.
Les tralts de la physionomie du Saint père expriment le
doute. Du même artiste, il y a aussi une ( Vierge et
-89*
l'Dnfant ) de tons riches et harulonieux qui retient I'atten'
tion (ûg. 28).
D'importantes revues artistiques étrangères comparent
ce peintre à un Memlinc moderne'
E, De Jans, artlste brugeois, ancierl prix de Rome'
donne un bon portrait de A' Lefébure' membre tlu Conseil

Fig. ?J. - La vierge et I'Enfont, par Van Hove

communal de la ville. l)u même, I'on remarque encore deux


tableauxûgurant te départ et le retour de I'Enfant pro-
digue.
De Géo Bernier, il y a une scène champêtre bien conçue'
mettaDt en vive lumière des vaches eouchées dans une
_-90_
l)râirie richement c\olorée; de Baertsoen, I'on voit le quai
tles Ménestriels à Bruges: <le J. Van de X'ackere, Ie por_
trait de Julius Sabbe; de Gilsoul, la porte Maréchale ir
Bruges; de G. De Sloovere, des paysannes nettoyant des
cruches à lait en cuivr€, modernisme d,un bel effet.
L. Reckelbus, moderniste de talent, est représenté pflr
une superbe aquarelle, tiche de tons, figurant une Maisou
Dieu flarnantle (Godshuis) ou hospice, type caractéristique
d'habitulion carnpagnalde tle la région; par le ô
nage à Bruges ) et par lë D.1,yg1 (Bruges) éclairé *a€"i-
des
lueurs colorées du soir.
Enfin I'élix Cogen, nous ruontre une peinture dite:
< Distribution du pain aux femmes des pêcheurs >. La
scène se passe sur une plage au pied des dunes oir, sous
un abri, I'on voit un prêtre qui ravitaille lâ populiltion.
Ouvert aux ur,iurls beu|cs rlrre le Musée de la,peinture anciennc.

BRUCES. Musée de l,Hôpital St.rtean.


Dans un local faisant partie de I'Hôpital Sainl--Jean,
situé en face de l'église Not.re-Dame, I'on aclmire urre série
de peintures célèbres <le I'illustre artiste Hans Menlinc.
grand rnaitre de nos primitifs flaman<ls, qui vint s,instal-
ler à Bruges vers 1471 pour y m.ourir en 14gb.
Son rétable ( I'Adoration des Mages )) est c\onsidéré
collme son chef-d'ceuvre le plus exquis. Le parrneau cen_
tral montre une matione au regard pensif iutrâduisible,
d'une tlouceur irrliuie; elle caresse l,enfanb Jésus, tandis
que le mage agenouillé baise les pieds du futur
Ohrist.
Le noble seigneur qui se trouve à gauche serait Charles_
le-Téméraire. A droite, saint Joseph fixe les yeux sur le
prince Noir qui apparaît. Cet ensemble merveilleux est
traité avec une rnaitrise sans pareille.
( La Présentation au temple )), du volet de droite de
ce triptyque, est également impressionnante pàrù son
idéale beauté et par la délicatesse de son exécution. Ira
Vierge, vêtue d'une robe bleue aux plis harnronieux,
abandonne I'enfant au prêtre Siméon, dont le visage doux
et grave est émotionnant. Le volet de gauche fgure la
Vierge agenouillée devant I'enfant Divin ciouché sur les
plis de sa robe et, en ârrière, se montre sillnt Josepn;
-91 -
le tout est d'un délicieux coloris artistique' Les portralts
de saint Jean et de Véronique ornent I'extérieur du trip-
tyque.
. Le portrait de Sibylla Sanrbetha, seconde fille du bourg-
mesti'e }loreel de Bruges (14?8) est caractérisé par la
perfection du dessih; I'artiste a su donner à cette figure
sans beawé, une attirante distinction.
Le. diBtyque de Martin van Nieuwenhove est I'un des
chefs-d'æuvre de llemlinc: sur I'un des panneaux, le por-
trait tl'un chef-honrme et bourgmestre cle Rruges, au visage
étudlé â\'ec une supériorité marquante; sur l'autre la
Vierge offre, avee tendresse et grâce, une pomme ri I'en'
fant assis sur un coussln en étofre d'orient.
Lhe autre ceuvre représente, sur son l)ânneau centrâI
<r le Mhriage rnystique de Sainte-Catherine n. La sainte'
image de llarie de Bourgogne, offre sa main à I'anneau
tle I'enfant; à clroite se trouve sainte Barbe, portrait de ltr
trolsième femme du Téméraire. f,es volets intérieurs por-
tent: la < Décollation de saint Jeau r> à gauche, et << Saint
Jean-Baptiste à Patmos > à droite. Les volets extérieurs
donnent quatre beaux portraits: à gauche' eeux d'Antoine
Seghers et tle Jacques de Kueninc; à droite, ceux d'Agnès
Casenbroocl èt de Claire van llulzen, tous nccompagnés
de'leurs patrons.
La célèbrç ehâsse de sainte Ursule, élégnDt et riche
édicule gothiquÇ -offre une merveilleuse description en
couleurs tle la légende des voyages et du martyre des onze
ruille? vierges. D'âprès la tradition, la très pieuse Ursule,
fille clu roi Dôhat de Bretagne, dit-on, ne put se résoudre
à épouser un prinee payen qu'après avoir fait un voyage
à Rome. Elle partit alors avee onze mille jeunes fille de
sâ suite.
Dans cette narration, peinte avec une sup€rbe maitrise
et un art incomparable, l'on adrnire la scène représentant
I'arrêt des pèlerins à Cologne où ils dtrent réfugier leurs
eurbarcations â la suite d'un vent eontrâire; puis I'arrivée
à Bâle. d'oir les voyageurs se dirigent par monts et par
vaux vers Rorne, la ville éternelle, figurée sur le troisième
panneau. Dnsuite se montre le départ pour Cologne où la
sainte et sa suite tombent dans les mains ales Normands
qui assiègent la ville.
-v2--

fiS æ, Le Martyrô (le ssinte Ursule, psr Melnliûc


-s3__
Les deux derniers pânneaux donnent I'image de leur
martyre, drame sanglant mais doux pour c€s eroyants,
rendu avec Ie rare talent de l,illustre artiste (fig. 2g). Ceg
lmpressionnates seènes toutes dessinées avec souplesse et
un art élevé, colorées avec une savante perfecilon, ne peu_
vent laisser insensible une âme éprise du beau_
L'un des pignons latéraux de cette châsse offre le gra-
cieux portrait d'une Madone et de I'enfant, I'autre montre
sainte Ursule qui protège ses compagnes dans les plis cle
son manteau.
Les versants de la toitur.e portent, parmi ses six métlail-
lons, deux scènes représentant la sainte Trinité couron-
nant la Vierge, et sainte tirsule et ses compagnes contem-
plant l'éternité de Dieu.
Ouvert torrs les joûrs de 1) à fB beures. le dinanche de 1b à lg heures
Prix d'entréo : 2 ftanos.

GHA R LE RO L
Musés archéotogique.
Nous ne citerons ici qu'un seul nom parmi les plési-
dents de la Société Archéologique de Chârleroi qui se dé-
vouèrent pour faire prospérer ce mus&: c'est celui de
son troisième présitlent, M. Van Bastelaer, dont les tra-
vaux ne se cornptent plus et qui en fut le principal créa-
teur. Sous son égide, de nombreuses fouilles et recherches
furent entrepris€s dans le pays de Charleroi.
Aî centre de la salle or remarque une collection uinéra-
logique et géologique et, tout particulièreutent, uue série
de fossiles provenant des terrains houillers (eollection
Bertirrux), notamment tles empreintes végétales de f,ou-
gères, sigillaria, etc. On y voit aussi une collection oe
marbres et de minérâux.
L'âge tle Ia pierre est figuré par divers instruments en
silex taillés, depuis les premiers temps tle I'occupation
humaine, mais l'époque néolithique y est mieux repré-
sentée. Plusieurs vitrlnes contiennent des ébauches de
haches taillées, ainsi que des pièces parfaites de formes
variables. On remarque aussi des séries r]e haches polies,
des lames, des grattoirs et des pointes de-flèches donr
quelques-unes fort belles. Enfin, dâns une dernière vitrine
s'étalent des instruments en silex ou en rocbes. taillés ou
-94-
polis, qui provlennent de l'étranger, tel une sorte de mar-
teau allongé, de forme eylindrique et tlont le centre est
percé d'un trou.
Les âges du bronze et tlu fer sont figurés ici par quel-
ques pièces, dont une pointe de, jaïelot en bronze, une
hache, etc.
La période româine mérlte une àttention plus spéciale'
parce qu'elle y est représentée par de nombreux objets
provenant surtout des fouilles de villas et de cimetières
d€ la province, et parrni lesquels certains offrent le plus
haut intérêt.
La villa belgo-rornaine rJe Gerpinnes a fourni de nom-
breuses poteries, dont des fragmelts de dolium ou granô
récipient et de poteries rouges (sigillées); des objets
diverg en fer, tels que clefs, ciseaur, une crémaillère, etc.
et des fragments de plâtras colorés qui sont décorés de
dessins variés.Ajoutons qtt'au village de Gerpinnes on peut
voir, abritée sous un petit bâtiment en pierre, une cave de
cette villa, curieux vestige de cette hâbitation dont h
construction est un modèle de perfection dans l'art ds bâtir.
La villa d'Arquennes a donné tles poteries diverses et
notamment quelques-unes portant les marques de potiers,
des matériaux rle construction, des objets intéressants,
dont une ferrure pour rneule à moudre le grain, des elefs.
Dans la vitùine de la villa de Monceau-sur-Sarubre. on
peut !'oir des mors de chevaux et surtout une grand€ urne
cinéraire en plornb, de forme cylindritlue et avec con-
vercle.
Dans la villa d'Alseau, en plus de matériaux de con-
struction, de poteries sigillées, de bracelets, ete., on a mls
au jour un curieux marteau en fer, qui ressemble beau-
coup aux marteaux actuels de nos vitriels:
La vitrine des obJets découverts tlans la villa et le cime.
tlère de Strée eontient d'assez nornbrpuses lampes, un
pigeon (ex-voto), diverses urnes, tles lioles à parfum en
verre et un très intéressnnt récipient en rerre, sans pied,
en forme d'olseau ûgurant un cygne.
Tout près, on admire une série de fibules provenant dn
cimetière tle Strée, notrrnnent une en bronze ciselé et
étamé et une autre en bronze émaillé.
Les trois vilas belgo-romaines de thirimoni, Fontalne-
.-95-
Vahnont et lJantes-Wihéries ont fourni tles fragments
d'amphores, des tètes, des carreaux d'hypocauste ou d'ap_
pareil de chauffage, des plâtras colôrés et des instruruents
(dont des faucilles), une très curieuse clef double avec
anneall de support au centre, un ornement de toilette que
les femmes et les jeunes gens portaient au cou.
Il y a lieu de noter tout prrticulièrement ici un des
objets les plus marquants du ruusée de Charleroi, c,est-à-
dire une superbe urne cinéraire en marbre blanc d'ftalie
à silhouette élégante (fig. B0) trouvée à Fontaine_vâlmont
(dans le Hninaut) et qui était enfermée dans un tombeau

Fig. 30. - Urne en marbre tle Fontaine-Valrnônt

eD clâlles de marbre rouge. Ellle contenait sept médailles


en brouzæ de l'époque des Antonins.
La villa de Perwez, à Thuillles, est représentée par
quatre colonnes, dont deux des plus remarquâbles. parmi
celles-el, I'une, tout à fatt complète et intacte, mesure
2'"90 de hauteur (flg. 31). On a rlécouvert aussi dans cette
villa un fort beau petit Mercure en bronze,, qu€lques
tbules, des instruments en fer, dont une houe et des
fragments de plâtras colorés.
Signalons une dernière villa, celle de Liberchies, qul
contient des poteries-sigiuées, des épingles à cheveux,
divers outils tels que fourches, couteaux, ete., ainsi qu'un
intéressant ustensile en bronze, sort€ de poêlon.
-96-
Parmi les monnaies de l'époque romaine, le trésor de
Lompret comprend de nombreuses pièces en argent à
I'effigie de plusieurs empereurs.
Terminons ce que nous av'ons à dire cle c€tte éPoque
par les découvertes
qui ont été faites tlans
la grotte tle l'r'esres,
où I'on a trouvé, en
1904, des objets se rap-
portànt à I'éfioque
quaternaire, à l'époque
néolithique (lissoirs en
os orùementés de beaux
dessins, épingles en os,
silex taillés, etc.) et
enflu à l'époque ro-
rnaine. De cette der-
nière époque, rnentiorr-
nons tout particulière-
ment la pièce capitate,
la plus remarquable
du musée: un brâcelet
..'' en jais avec fermoir
en or, décoré d'uu
buste d'empereur et de
deux têtes de félins
sculptées en relief, qui
remonte au IYe siècle
de l'ère chrétienne.
Voici ce qu'en écrit
M. le banon de Loë:
< Il est lntéressalt de
voir ici I'usage du bra-
celet en jais (lignite)
se continuer jusqu'à la
l'ig. 31.
- Colonneur(mine de Pctwez, fin de la période belgo.
romaine. Ces obiets de
p&rure apparaissent à l'époque de Hâllstatt (âge du fer).
Ce ne sont alors que de simples anneaux, plus ou moins
larges, ou plus ou moins épais, sârls ornements. Ils de-
_
-97
demeurent tels, ou à peu près, durânt les époques de la
l'ène, mais, à la périocle belgo-romaine, on les rehausse
de motifs scu\rtéB et on les cercle d,or. ))
L'époque franque est représentée par le cimetière de
Saint-Amand, près de nleurus, qui contenait deur ûbules
en or décorées d'émaux, divers bracelets, des poteries ca-
ractéristiques de ces temps, de ia verrerie et enfin un
beau bassin en bronzé.
Le cimetière de l{antes-Wihéries a donné des fibules,
des boucles de ceiuturon, des urnes et, comme d'autres
tirnetières voisins, des armes représentées par de grands
coutelas ou scramasaxes, de's haches, lances, etc.
Dans une vitrine, on voit des colliers et bracelets en
pâte de terre ou de verre diversement colorés. de bêlles
boucles de celnturon, dont une, en fer damasquiné d'ar.
gènt.
Il y aurait beaucoup à dire au sujet de la remarquable
collection de grès de Bouffioulx, de Châtelet et de Pont-
du-Loup qui orne plusieurs vitrines et qui a été. si bien
étudiée et décrlte avec érudltion par D.-4. Van Bastelaer
dans les publications de la Société Archéologique de Char-
leroi.
'On remarque d'abord des grès de fabrication primitive
vernissés au sel et sans émaux, qui datent du XIIIo au
XV. siècle. Ensuite, on admire des spécimens de la belle
époque (XVIe et XVII. siècles) caractérisés par ses grès
blancs, rouges ou bruns, ornés de reliefs artistiques, par-
fois d'une grande richesse, et figurant des armoiries ou
Drédaillons, des ûgures, des bustes, des personrrages, des
lscènes, des fleurons ou feuillages, des rrosaces ou m&sca-
rons, etc. moulés ou faits à la main.
A la tn de cette époque, on voit appbraître des grès
bleus, ornés de reliefs rehaussés d'émaux, et la fabrica-
tion moderne du XYIIIo siècle fournit des grès ornes
d'émaux, maig non aeeompagnés de reliefs.
Parmi les objets divers, signalons, pour terminer, uD
ange en albâtre, sculpté avec art, qui paralt remonter à
l'époque gothique, et la première pierre des fortiflcations
de Charleroi, qul fut scellée par le roi de Hollande après
la bataille de Waterloo.
_98_
L'inrpoltâûte bibliothèque'' de la Société Archéolo-
gique de Cbarleroi complète la documentation de ce musée.
Lelluséeestouvertlelundi et le jerdi de l0 à 12 herres et de 14 à16
henres l le sârnedi ale 10 à l2 heures.

COURTRAI. Musée d'art déooratif


et drarohéologie.
Ce remarquable musée a été congu et créé principale-
ment par le baron Joseph de Bethune qui, non seulenenr
eonsacra toute son énergie et ses connaissânces étendues
à l'édification de cette æuvre instructive, mais sacrifia
aussi une partie de sa fortune pour enrichir consitlérable-
ment les collections communales, au moyen de dons géné-
reux tlont le nombre est tel qu'ils ne se compteDt plus.
Comme I'a fort éloquemment rappelé M. le major Dobbe-
laere, le baron Joseph de Bethune fut un parfait homrle
de bien.
En 1879, la ville prit l'excellente tlécision tle rasselnbler
au premier étage d'une des tours du Broel, ses collections
qui étaient éparses. Cet étage ne tarda pas à devenir trop
exigu; il fallut bientôt songer à trouver uD autre local.
l{. tle Bethune, qtri tlevint seerétaire-eonservateur tlu
rnusée en 1906, linit Dar obtenir de I'administration com-
nrunale qu€ le bâtiment des Grandes Halles, alors en voie
de complète restauration, serzrit affecté à un musée grou-
pant les trésors arcbéologitlues et artistiques de la ville.
L'inauguration du musée âctuel eut lieu v€rs la fin de
1911-.

Pentlant la guerre, il fallut livrer le local aux Alle-


mands et par conséquent déménager les collections. Au
cours de la réinstallation du musée, après la tourmente,
la mort vint surprendre M. de Bethune. M. Viérin, le
conservateur actuel, qui fut un des plus actifs collabora-
teurs du baron de Bethune, lui succéda. Ajoutons, pour
terminer.ce bref historique, que les écoles qui désirent
faire . une vjste instructive tlu musée .peuvm, .en tout
temps, en Fe recommandant du 'Iouring Club, s'aclresser
à M. le ma.jor Dobbelaere, secrétaire-trésorier du musée,
-99-

1r
-100-
tout comme à M. Ie conservateur Viérin, qui Ies y pilote-
ront avec la plus grande obligeance (1).
Un escalier mène dans la spacieuse salle du premier
étage des Grancles Halles où sont installées nous l'âvons
collections dont nous allons nous
-
dit
- lesEnimportantes
occuper. montant, I'on dépassera divers motifs d'ar-
chitecture et I'attentlon sera attirée par d'aneiennes en-
seignes, par de vieilles pierres tombales, dont une datant
de 1435 et qui, portant six ûgures religieuses grâvées au
tracé, est remarquâble,
aussi bien par la bonne
exécution du dessin que
par son excellente cor-
servation. L'on arrive
alans ude salle longue de
80 rnètres, large de 14 mè-
tres, séparée en deux par
une rangée de colonnes
rondes. et recouverte d'un
beau plafond. en chêne à
charpente apparente (flg.
32).
Les premières vitrines
renferment des objets 1'a-
riés appartenant aux pé-
riotles préhistoriques, à
l'âge du métal et à l'épo-
que belgo-romaine. L'épo-
Fis.33. - Hache en bronze
que préhistorique est re-
présentée par cles instruments en silex, tels que pics, cou-
teaux, poingons, grattoirs, haches taillées ou polies, dont
un exemplaire est percé d'un trou. Quelques-unes de ees
haches sont en roches étrangères au pays' Il y a aussi
des pointes de flèches et une fort bonne série des scies
en silex.
L'âge du métal nous montre des stylets, des haches
caractéristiques etr bronze, à douille, à ailerons, etc.. et

(t) Entfée du rnusée :50 centilxes D&r Dersonne. de 9 à 1? heureset de.14 4


tt irâurs.-ciatiiiïlé-o-iirianine 0e I i à 13 heures ét de 14 à 16 heu res' le jetr ali
tle14 à 16 heures. (En été de 15 à 18 heures).
-101-
tout particulièrement, une hache à la forme élégante, qul
est décorée de dessins paraissant dus à I'application d'ur
enduit (fig.33).
La vitrine des antiquités romaines ou àutres est intéres-
sante; mais malheureusement les provenances sont sou-
vent inconnues et les pièces étrangères au pays voisinent
avec celles récoltées dans notre sol. L'on y voit des sta-
tuettes, un coq, un poêlon, le tout en bronze; un petlt
vage, un taureau, des clochettes, une grande et une petite
lampe en bronze à deux becs, dont I'une au caractère
décoratif et qui était destinée à être suspendue; tles
miroirs, des lioles jumellées en v€rre, dont un spécimen
où la liaison est effectuée au mo1'en d'un tlament de
verre; quelques ûbules de grande dimension, des brâce-
lets en bronze, enûn une curieuse série de clefs aux formeg
variées,
Au mur s'appliquent des vitrines contenant des verlerleg
tliverses, de provenlnce liégeoise, allemande, etc.; des
impressions cunéiformes originaires de Ninive, des orne-
ments ayant recouvert jadis une momie égyptienne, etc.
Quatre vitrines renferment des faîenees de Tournâi et
de Rouen; des. faîences (bleu et blanc) cle Oourtral, spê-
cinens très rares parce c1u'il n'y eut jamais qu'une seule
febrique de céramique dans cette ville et aussi parce que
cette fabrique eut une vie éphémère. Cette série est com-
posee de sept pièces fort curieuses, imitant les productions
de Delft. Elles voisinent avec des porcelaines de Chine et
avec des faiences polychromées, alites de la Compagnie
des Indes. L'on rernarquerâ une service oomplet à. café
comprenant douze tasses du style Emlrire, en lnrcelaine
bla.nche rehaussée de clorure.
Dans une haute vitrine sont rangées des poteries de
'Ihourout, rles grès divers, un carreau en couleurs émail-
le€s, datant de 1632 et représentant un soldat à la culotte
bouffante, branrlissant un sabre. Il y a là aussi une eollec-
tion de cârreaux et de briques de foyers, polychromes et
monochromes, parmi lesquelles se trouve une pièce qui
est décrorée d'un chevalier du moyen-âge. Plus loin s'éta-
lent des broderies et des tissus coptes des JII6, IVe et
Vo sièeles, des tissus imitant la broderie, ainsi qu'une
très importante série d'étoffes originaires de plnsieurs
4
-102-
pays. L'on verra une collection de planches Dratrices
pour ,l'irupression des tissus jadis fabriqués à Courtrai,
et notamment le quart d'un grand mouchoir; des planches
pour I'impression de panboufles, aux dessins variés, du
XVIIc siècle et tlu XYIII€ siècle
Nous arrivons maintenànl à la collection incontestable-
ment la plus riche et là plus remarquable du musée, col-
lection qui par sa beauté et par sa variélé esb certaine-
ment unique en Belgique: celle des serviettes et des nappes
damassées de Courtrai. Il y a là des centaines et des cen-
taines de pièces de tout prenier ordre, provenùnt d'uu
legs clu baron Joseph de Betinne. Il ne seraiL pas pos-
sible de décrire, ou urêure d'énunrérer ici toutes ces somp-
tueuses merveilles si bien ouvragées et souvent exécutées
avec un :rrt parfàit. Nous uous contenterons seulement,
d'en signaler quelques-unes prises au hrsard: dessins
exécutés pour I'anniversaire d'un caldinal; pour un châ-
lelain, chasseur' pitssionné, et, qui lepr'éseDterlt diverses
scènes cynégétiques; pour I'erupereur Charles YII et qut
tgureni deux chevaliers; un dessirr de 1722 montrant la
place Saint-l\{arc à Venise; tles scènes de chasse autour
d'un château; un seigneur au bord d'une fontaine; une
pièce exécutée en 1?07, à I'trct.asion de la prise tle lurin
et qui porte l'écusson cle la Maison de Savoie; Ia tlgura-
tion de la prise de Tournai par I-ouis XI\r; la paix des
Pyrénées en 1659; la cxrur d'Dspagne en 1707, avec le rol
sur son coursier el I'inscription < Yive le Roi >, etc. Cer-
tains dessins sont faits :\ la pièce, tels que des scènes de
I'ancien testârnent.
Celte cour'le énunrérrrtion suffira pour qu'on puisse se
rendre compte de la valeur considérable qu'a cette col-
lection, non seuleurent âu point de vue artlstique, mais
aussi aux points de me historique et folklorique. Il y a
là des trésors d'une valeur inestimable, trop peu connus
de nos compatriotes.
Outre cette collection de serviettes et de nappes, le mu-
sée possècle aussi nombre de clentelles, dont beaucoup ont
été exécutées en Belgique, des séries cle bonnets de femmes
et d'enfants, des cols en brorleries et en dentelles, des
manches boulïrntes. A côté tles dentelles se montrent de
vieux rouets, des vêtemerrts saeerdotaux brodés, des orne-
10:!
- -
ments religieux dlYers. Sur une cloison se lrouve appliqué
un très curieux couvre-lit hispano-mauresque, qui est une
des pièces capitales du musée (dépôt de M. Yan Ler-
berghe); elle date de 1550, c'est-à-dire de l'époque de
Chârles-Quint. Il paraitrait qu'André Vésale (qui fut
I'embaumeur de I'empereur) le reçut de Charles-Quiut.
en souvenlr de nombreux services rendus. L'on y voit
figurer, en broderies tle couleurs sur soie, de nombreuses
scènes de chasses anciènnes très variées, dont une chasse
au tigre, le tout placé au milieu des paysâges aux tlessins
extrêmement fouillés, et ornés, dans les quatre coins et
au centre, d'un aigle à deux têtes. Tout près de là sont
suspendus des habits de cérémonie remontant aux temps
de Louis XV et de Louis XYI, des costumes de la sainte
Vierge et de I'Dnfant Jésus, des robes de madones, des
couronnes, des sceptres en argent; enfin, au point de vtte
du souvenh' particulier qui s'y :tttaclre, cles bas en sole
violette et tles chaussures ayânt âpllartenn à M. de Bro-
glie, évêque de Gand.
On arrive ensuite dans le compartiment réservé aux
figurations du vieux Courtrai. Là s'étalent des gravures,
des peintures et des documents divers, tels que la prise
de Courtrai en 1667, la procession traditionnelle de la
ville, une représent&tion de la tour du Broel, une vue
tl'une vieille porte de la ville, maintenant détruite; des
médailles commémoratives; la vaisselle des anciens éche-
vins de la ville; cl'antiques mesures; quelques cloches du
vieux carillon détruit lors cle l'incenclie tle l'église; d'an-
ciens sceaux, dont celui de saint Martin, pâtron de
Courtrai; une sculpture gothique provenant cle la démo-
lition d'une maison; des souvenirs militaireÈ, etc., des
insignes <le franc-magonnerie; Iâ croix que portâit le
bourreau lorsqu'il exergait son métier el. enfin quelques
curieux tableaux représentant les vieux quartiers de la
vilIe.
Plus loin, I'on verra d'antiques formes naguère utilisées
par les boulangers-pâtissiers; des soufflets pour activer
le feu, des plânches de lessiveuses; des vétustes balanees
de type romain; un instrument de muslque dit serpent
utilisé spécialement dâns les processions et, dans une
vitrine, quelques petites balances et trébuchets pour pesar
-:-

-10{-
I'or et I'argent, des calices et des ciboires en étain, seul
métal pouvant être utilisé par les religieux aux temps de
la Révolution française, e1,c. Les murs sont ornés de
portraits des anciens comtes de Flandre. On remarquera
aussi un joli meuble cabiûet en écaille et en ébène datant
de 1650, muni de nornbreux tiroirs, ainsi qu'un intéres-
sant tableau de Yan Cleef: < La Oontinence de Scipion >,
ceuvre d'un puissant coloris, On arrive au compartiment
réservé àux meubles français de style I/ouis XVI. Parmi
ceux-ci, il en est un dont les panneaux sont décorés de
sculptures représentant les quatre sâisons: le printemps
où dominent les fleu-rs et le soleil, l'été avec ses moissons
éclairé€s par une vive lumière, I'automne avec des raisins
à maturité, et enûn I'hiver, caractérisé par le Uene.
Dans la salle destinée au style Louis XY, il y a un fort
beâu lit, une armoire en palissandre d'origine hollan-
daise, un meuble cabinet à bijoux, probablement de pro-
venaûce italienne, une glace contenue dans un Joli cadre
doré et ajouré, une armoire conçue dans d'excellentes
proportions et, fait curieux pour son époque, construite
entièrement en pitch-pine.
Au delà de ces meubles, I'on reuarquera une figure
italienne de crèche sculptée avec grancl réalisme, une
vierge, un saint Joseph, des bergers, etc. Ici I'on verra
un obJet tout à fait extraordinaire: ll représentation d'un
crâne humain €n réaluction, sculpté d'utre seule pièce dans
un bloc d'ivoire et qui est travaillé avec une fidélité sur-
prenante. Tout y est sculfté avec une précisiou et un fini
de détail si parfaits que I'anatomiste le plus exercé ne
pourrait y découvrir un seul défaut, L'intérieur du crâne
est évidé avec la rnême perfection que l'extérieur: boite
cranienne, mâchoires, etc. Ce doit être là, à n'en pas
douter, le travail long et patient d'un bénétlictin.
Dans la section de style Renaissance, I'on verra une
porte seulptée, qui est décorée des armoiries de la ville,
un bahut massif en chêne, de type hollantlais; des sta-
tuettes de la même époque, un lit alcôve à baldaquin; un
grand coffret à bijoux en ébène et en ivoire; la chaire
de vérité de I'ancienne église tle Saint-Eloi; un beau bahut
en chêne plaqué tle palissandre, caractérisé par son style
simple et élégant.
-105-
Le compartiment gothique aontient un€ -trè: curieuse ec
pierre co-memorativ; rappelant la bataille de.C'ourtrai
porte I'inscription suivante: Sous aette pierre repoee
iui ô'nxe;1302' Il y a là
Cigis, roi itre Maiorque' Priez pour lon
aussi une intéressante porte en chêne qui âppartenait à
particulière (spécimen assez râre. à cette épo-
ooïauiaoo
q""i Ëst ornée oe ctous en fer; une série de coft-rets-
à "iq"i
énêrre scotpté dont un, fort bien décoré' porte une cou-
roone- comtafe. Plus loin, parmi les objets en fer et en
gothique
verra un fer â gaufres de l'époque
"oÇ*,-i'oIr
(pièce ràre) et toule une série de fers du même genre' €tc';
-rorrg"oi"s;
àL. des luminaires; des serrures confection-
,rè", po" .1"* apprentis pour obtenir b Baitrise;
I'ancienne
g"iff" ,f" Monf-àe-piété qui séparait le public de la cham'
bre du trésor. gothi-
Pour finir, signalons encore quelques cheminées dont
q*" .n pierres blanches, décorées de sculptures et
deu*, fo"t curieuses, représentent, sur leui: peut ce-
montânts'
i;iÀug" des fiançailles et celle du mariage' L'on un
p"oauot reprocller à cette dernière figuration d'avoir
un peu trop réâliste' Disons aussi que la visite
caractère
de ce musé€ offre un très sérieux intérêt Bour
celui qui
arts décoratifs et
désire s'initier au caractère local des
au folklore de la région courtraisieûne'

DAMME et son mruçés archéologiqus'


I'une des
Ïra visite de la curieuse ville de Damme est raison de
plus impressionnântes que l'on puisse fai-re' en
prospé-rité
ses remârquâbles moniments, témoins de sa petit village
àluot""toi., qui subsistent au milieu d'un
domi-
paisible, aux-maisonnettes campagnarcles' et -qu'ils
de leur grandeur passée'
iànt *"jestueusement du milieu du
Son ravissant hôtel de ville, qui date est carae-
XIV" siècte, c'est-à-dire de style ogival tertiaire'
terise par Âa simplicité et pâr sa grâce sévère.; il fut au-
trefois mâison éehevinale.(ûg. 3il. T,e porche d'entrée
inté-
abritant l'esealier ale l'édiûàe est particulièrement
TessantparsonéIéganceaussibienqueparlabelle
sobriétédeseslignesu""nite.to"utes.I,ajoliebalustrade
toiture tlu bâtl-
ajourée qui règne a fa-fus" de la haute
100
- -.
ment, de même que les niches de la façade et les quatre
petites tourelles en encorbellement qu,i agrémentent les
angles de l'édifice, contribuent à imprimer à I'ensemble
un eaehet des plus Sduisants.
Iæs ruines imposantes de sa uragnifique église Sainte,
Marie, construite en 1189, sous le règne de philippe d'Al-

Fis. 34. Hôtel de Ville de Dalnlne


-
photo. Nels. Bruxelles

sace, constltuent un beau morceâu d'architecture gothique


primaire. Aujourd,hui réduit de rnoitié, le temple reli_
gieux actuel, encore empreint d'une majestueuse allure,
et qui est cromposé de trois nefs, est cpmplètement séparé
-107-
de l'énorme et haute tour carrée qui faisait partie du
moDument Primittf.
Ici lapui'isance des temps passés est mise en relief d'une
gigan-
façon vraiment saisissante par la présence de c€tte
tesque tour décorée d'arcacles simulées, qui domine super-
bement le petit village couché à ses pieds'
L'hôpital Sâint-Jeat, qui se trouve entre I'hôtel de ville
par
et l'égiise et dont I'origine remonte à 1249, fut fonclé
la eoÀtesse Marguerite de Constnntinople. Une des sallee
est réservée au petit musée archéologique, dont nous nous
occup€rons tantôt.
greffier
Jacques Yan Maerlant, homrue célèbre, docte
de Damme et père de lrr poésie flamande y mourut vers
1300. Pour commémorer la glolre tlu grand lettré, le
gou-
vernement belge lui a fait ériger la statue, æuvre de
Picker.v, qui s'éIève devant I'hôtel de viile'
Rappelons maintenant qu'en 1178, Philippe d'Alsace'
voutant arrêter le danger toujours menaçant d'invasion
de la mer vers Bruges (plusieurs barrières ayant été r'om-
pues par les tempêtes), ordonna la construction d'une
imporlante digue et, dans ce but, ll concéda alors gratul-
teÀent aux habitants tout le territoire nécessaire entre
Damme et Aerdenburg; d'où le nom de Damme (Digue)
donné à la localité.
En 1180, Philippe, qui devint le protecteur de la ville'
aceorda à Ia cité une olganisation municipale et la dota
plus
€Dsuite d'un éehevinage. Damme, qui prospéra de
cn pltrs, finit par devenir un <lcs grands centres tle com-
meree du Nord et son port était alors si vaste que Phi-
lippe Auguste, en 1213, réussit à y abriter toute sa flotte
Oà-guerré composée de 1,200 barques' Plus tard, la ville'
quiiut entourée de forts et de remparts, soutint un long
s1ège eontre les armées de Charles III' roi de
x'ranee'
que
Pour terminer ces quelques lignes d'histoire' tlisons
le mariage tle Philippe-Ie-Bon avec Isabelle de Portugal
fut célébré et 1424 dans l'église de Damme et' en 1169'
celui de Charles te Téméraire avec Marguerite rl'Autriche'
Pénétrons maint€nant dans les bâtiments de I'hôpital
Salnt-Jean et demandons à une religieuse de nous
mon-
trer le musée archéologique.
-108-
La place où sont logés les objets est ornée d'une grantle
cheminée aux montants en marbre noir et dont le fond
est tapissé d'une taque en fonte occupant le centre d,un
canelage également en fonte.
Vingtdeux peintures garnissent les murs de la salle,
parmi lesquelles on distlngue sept portraits des gouver-
neurs de l'hôpital Saiut-Jean qui se sont succédé depuis
1624 Jusqu'en 1757. L'un rle ces portraits, celui de Nicolas
Deellaert, qui fut tout à la fois bourgmestre et trésorier
de la ville de Damme en rnême temps que gouverneur de
I'hôpital, est l'æuvre de Mathieu De Visch. Deux des
gouverneurs furent peints par J. Van Oost le Jeune.
On remarquera aussi les tableaux ûgurant Migail sup-
pliant le roi David de lalsser la vie à son mari Nabal,
saint Jérome méditaut sur la mort, le Christ en croix,
une mise au tombeau du XVo siècle, deux volets de trtp-
tyque montrant Jésus portant la croix, I'Ascension du
Christ, etc.
Le mobilier de la salle est eomposé de tleux tables en
chêne, de style Relaissânce, de 1680, d'un vieux bahut en
chêne qui caractérise le style gothique du XVo siècle, d'un
panneau d'armolre gothique, d'un bane de foyer, 6n chêne,
qui date du XfVe siècle, de huit antiques chaises, au siège
rembourré, tle style flatnand et qul remonterâient à I'an
1600, tle deux chaises Louis XV et Louis XVI, de deux
tables en cerisier, portânl, chacune uns armoire vltrée,
contenânt des spécirnens dè porcelaines et des doeuments
divers; d'un coffret en fer avee bandes de renforcement.
en style Renaissance.
Parmi les documents exposés, il en est un à mentionner
plus spécialement: un manuscrit sur parchemin recouvert
de musique religieuse avec ehant, de format in-4o, signé
de Jan Yan den Kerchove, Gand, et porfant la date de
1620. Dn plus d'un livre lllustré de gravures, I'on vena
un évangile en images, d'anciennes mortuaires, des âetes
de notaires apostoliques, ainsl que des plans de la vilte et
des fortifieations de Damme vers 1600.
L'armoire à porcelaines renferme des assiettes, des
eoupes, des tasses, etc. de diverses prov€nances et, no-
tamment, une eoupe en falenee polychromée représentant
-109-
un coq entouré tle fleurs, au caractère archaique mais forr
bien dessiné. Il y a aussi des porcelaines espagnoles, ita-
liennes, de Chine, du Japon, etc', ainsi que de la verrerie
hollandaise.
L€s principaux objets divers sont: un calice en étain
eyant, servi au temps de la Terreur, des chandeliers en
cuiwe, un beÊsin lithurgique en faience que I'on cnolt
être d'origine espagnole, une petite boite en trois ornée
de desslns en ivoire, quelques monnales romaines, diverses
médallles depuis l'époque romaine jusqu'à nos jours, ete'
Ir'on remarquera aussi une t('rre cuite représentant la
Crolx miraculeuse de Damme qui fut, dit-on, providen-
tlellemetrt retrouvée en mer; un plat pascal en ivoire'
deux petltes balances pour objets préeieux, quelques inté-
ressants seeaux de la ville de Damme, dont le plus ancieD
clate rle 1479; des sceaux tlu Conseil des finanees cle
Charles V (1555); un sceau de Philtppe II; d'un évê'
que, ete.
L'on verra également une madone polychromée remon"
tant au XVe siècle; le moulage tle la statue de sainte
Cath€rine, provenant cle l'église Notre-Dame: les armoiries
en marbre blanc du célèbre poète Van Maerlant; des
plat€aux d'offrantle du XVIo siècle, en cuivre repoussé;
des plats en étain; des bottgeolrs et autres apparells
d'éclairage.
Ir'attention se port€ra flussi vers des reproductions en
plâtre, de clefs de vottes sculptées, faisant partie, jadls'
de I'ancienne égli.se paroissiale, construite sous Philippe
d'Alsace en 1189, et représentant des sujets religieux, tels
que la résurrection du Christ, le Christ entouré de deux
anges en prlèrre, etc.
Il y a des vases de Delft, des carreaux décorés de mnr-
souins et d'animaux fantastiques, des céramiques de pro-
venances diverses, une curieuse statuette en ébène, écaille
et cuivre tloré; des statuettes en buis de la sainte Vierge
€t de sainte Anne, deux bassinoires lithurgiques en cui-
vre; deux branches de chandeliers, un lion t'e-nant les
armolrles de Damme, deux grands appareils en euivre
pour la PréParation du café.
D'un autle côté tle la salle, se trouvent un essuie calicç
-110-
brotlé, datant de 1?00; quelques types de fuseaux pour
dentellières et des spécimens de cet art si délicat. Au
voisinage Êe moDtrent un mortier en cuivre, des blasone
en marbre, un service complet tle table en étain, etc.
Âu dessus de la porte d'entrée, il y a une série d'as-
siettes en étain portant la marque de I'hôpital Saint-Jean
et le blason du commandant de Rulle.
Parmi les objets au caractère artistique, il y a lieu de
mentionner plus spécialement, quelques anciennes brode-
ries en soie sur irarehemin, ligurant des personnages reli-
gleux, si finement travaillées qu'on les prendrait pour de
la peinture; une jolie bolte ajourée en ivoire, sculptée
avec alt et qul contient un Jeu cle dominos.
Pour terminer, signalons quelques fragments d'archl-
tecture ayarnt apparterru à d'antiques habitations de la
ville de Damme; une coDsole et un corbeau de cheminée
qui se trouvaient dans la maison désignée sous le nom
de < In Spanje ); deux soubassements de fenêtres d'une
habitation construlte en 1395; une pierre funéraire de
1?49, ete.
D'anciennes cartes, plans de fortiûcations et dlverses
plèces intéressantes p,our I'histoire de cette ville déchue
et au passé si prospère, colnplètent la documentation de
c€ petit musée.

ENCH I EN. Mr.osée arohéologique.


Le petit musée du cercle archéologique d'Enghien, situé
rue d'Argent, n'est plus visible au public depuis la guerre
1914-1918. En plus d'une assez importante bibliothèque,
ll contient divers objets dont nous allons signaler les
principaux.
Sur la cheminée, est déposé un vieux caclran d'horloge,
rlécoré des signes du zodiaque et, c\ontre un mur, I'on
remarque un antique coffre sculpté, mais incomplet, qui
renfermait jadis Ies plus précleuses archives de la ville.
L'on y voit aussi une cloche en bronze du XVIIo siècle,
utilisée autrefois à I'hôtel de ville llour annoncer les ad-
judications, etc. Sur le plancher se trouve une pierre
sculptée avec inscriptions datant de l'époque gothiqùe,
-111-
et qui mentionne qu'une dame anglaise ût une tlonation
en faveur de la Chartreuse d'Hérirtnes'
Parmi les statues, signalons celle 4e saint Michel qui
décorait jailis la façade de la chapetle castrale de ùraty'
le buste clu jurlscronsulte Nicolas Burgondus, né à Nivelles'
ainsi qu'une statue de la Vierge provenant de I'ancien
collège d'Enghien.
Les murs sont décorés de <leux portraits à I'huile de la
famille Daminet, dont I'un fut bourgmestre d'Enghien'
Dans une vitrine, I'on remarque les armolries de cette
famllle dont les membres reçurent le titre de baron, ainsl
que leur lettre d'anoblissement fort bien conservée,
Au point de vue folklorique, nne peinture curieuse, de
1735, représente, dans un médaillon centrâI, le portrait
de saint Nicolas de T,ollentin qui, dit<rn, délivra la vlltre
de la peste? Ce métlaillon esl entottré de petites scènes
mettant en relief les miracles du saint hornme.
Plusieurs gravltres, dessins, plans, etc., sont fixés aux
murs, notamment ule série de cartes détaillées figurant
I'endroit où s'est cléronlée la sanglante bataille de S.'een-
kerque, en 1692, près d'fcnEhien, qui donna la victoire aux
I'ranqais sur les alliés commandés par Guillaume fII' rot
d'Angleterre.
Il y a aussi des vues de I'ancien collège tles Augustlns'
et des vieux monume.nts de la ville.
Les vitrines renferment quelques monnaies, des assi-
gnats, des objets en fer, carreaux cle pavements, des frag'
ments de poteries pr,olenant d'une motte féoclale du haut
moyen-âge, des matrices de seeaux rl'Dnghien à partir du
XÎII" siècle, etc. Le musée possècle aussi un manuserit
assez important provenânt de la Chartreuse d'Elérinnes.
Ce musée possètte également une meule romaine trouvée
dans le bois d'Àcren. et des silex taillés provenant des
environs de Graty.

CAND. Musée'arohéologique.
Le nouveau local du musée archéologique, situé dans les
bâtiments de I'abbaye de la Sainte-Vierge, tlans la Biloke,
fondée en 1228, constitue le nreilleur et le plus impres-
-112-
sionnant ensemble archll,ectural qu'il soit possible de
rencontrer pour y loger un musée cl'antiquités.
Si I'on doit féltciter I'administration communale de
Gand pour ce choix heureux, I'on doit teconnaltre aussi
que la commission du musée et son compétent conserva-
teur, M. L. A.Van11'erveke, ont pris toutes les dispositions
pour aménager ratlonnellement les salles, non seulement
au point de vue déeoratif, rnais aussi pour permettre le
elassement des eollections, par catégories d'un même
style ou d'un même genre.
Ce local, fort étendu, contpren<l le dortoir et I'aile du
réfectoire qui datent du XIVe siècle, ainsi qu'un cloltre
renalssance qui rernonte à 162f) et à 7(fi2.
Près de la lrorte d'entr'ée, boulevald des llospices, I'on
remarque une petite pièce, récemment cronstruite, pour
y plâcer les boiseries, les peintures et les ameublements
de I'ancien collège de la Chambre des pauvres. Les murs
de cette salle, lambrisés en bois. sont décorés de panneaux
peints par Gilles Leplat et qui figurent les sept æuvres
de miséricorde. Une cheminée sculptée, caraetéristique
de la ûn de la renaissance, encadre une peinture de Jean
Van Cleef.
A quelques pas de là, I'on pénètre dans le musée pro-
prement dit. La premlère salle, au Jrlafond en charpente
apparente, est réservée aux ob.jets de I'époque gothique.
Il y a là, une grande armoire de bureau, des coffres en
bois seulptés, un banc à dossier, ete. Un superbe lustre
en cuivre travalllé, datant aussl de l'époque gothique, est
suspendu au milieu de la pièee.
Un couloir contluit dans la salle suivante aussi re-
couverte d'un plafond en charpente apparente
- contenânt
- eelles de
tout ce qui a rapport aux eonfréries, telles que
Saint-Georges ou des arbalétriers, de Saint-Sébastier ou
des tireurs à I'arc, de Saint-Antoine ou des tireurs aux
armes à feu, de Salnt-Michel ou tles escrimeurs. Il y a là,
notarnment, de mignons cânons de fêtes, des arquebuses,
et des sérles d'arbalètes dont une tle type très rare.
Une grande peinture de Thierry Hals, d'un intérêt his-
torique et archéologique considérable, orne un des murs;
elle représente un tir à I'oiseau à I'arquebuse, établi en
-113-
1649, sur les remparts de la ville. IJn nombre considérable
de personnes, en costumes de l'époque' assistent à ce
f,u scône, très pittoresquement rendue, est fort
"po"t.colorée.
bien
Tine deuxième peinture montre un tir au canon' Sur un
autre mur, s'offrent deilx tableaux donnant, I'un, I'image
rl'un tir à I'arbalète et ayant Jrour aeteurs Albert et Isa-
belle, I'autre, un tir exéeuté en présence de Charles de
Lorraine.
Un grancl lustre en cuivre, d'une confrérie hollandaise'
complète la garniture de la pièce, qui contiendra bientôt
aussi de très précieux trésors, constitués de colliers en
n.rgent et en or, d'insignes. ete., ayant appartenu à nos
anciennes confréries.
L'on monte un escaliel qui mène au réfectoire gothique'
restauré avec un parfait souci de la vérité et bon gott'
rlans le style de l'époque. La peinture aux dessins dorés
sur fond rouge brique dont les murs étaient prlmltlve-
rnent revêtus a été également reconstituée' Cet adtnlr:r-
ble réfectoire à la votte ogivale en eharpente appârente'
longue de 30 mètres et large tle 10 mètres, décorée de
peintures murales dont I'une, de très grand mérite, repré-
sentant la Cène, fut exécutée vers 1330 par un maltre' De
c'haque côté d'une grande cheminée ornementale, I'on
découvre des peintures murales représentant salnt Jean
et saint Chrlstophe. Entre ehaque fenêtre gothique' une
oonsole seulptée avec talent support€ une colonnette élan-
cée couronnée d'un chapiteau sur lequel s'appule I'are
ogival soutenant la votte'
Nous ne connaissons pas en Belgique un réfectoire de
cette époque dont I'ensemble est aussi impressionnant que
celui-ci par sa trelle simplicité. Gand, qui possétlait déJà
ir I'abbaye de Saint-Ravon le plus majestueux ré-fectoire
roman de Belgique, peut se glorifier maint€nânt, d'avoir
sur son terrltolre, le plus précieux monument gothlque
de cc genre.
Dans les galeries à l'étage du cloltre sont placées les
boiseries groupées par style et qui se succèdent depuis
l'époque gothique jusqu'à I'Empire. Il y a, notamment,
une remarquable série de dépârts d:escallers dont I'un'
-114-
sous Louis XYI, sculpté âvec art, porte le médaillon d'un
célèbre chirurgien. L'on y voit aussi des balustres d'es-
caliers, des fenêtres antiques avec ferrures, des types de
Dortes, panneaux, etc.
Les murs tl'une deuxième travée de ce cloître sont
gzrrnis rle copies de peinlures murales, datant du XIVo et
tlu XYe siècles, reprotluc-
tion d'æuvres e\istnnlr{
dans les monurnents gan-
tois. On y distingue aussi
une collection de chaises
de diverses époques. Des
fenêtles du cloitre, l'on
domine Ia eour inlér.ieure
encore agr'éurentée tl'un
parterre, dont ol1 â re-
lrou\'é le dispositif prim!
tif tiu dessin qui remonte-
rai{, pense-t-on, à 1062.
es les tli'r'isions du
.1'0ut
parterre sont, bordées de
buis.
Une troisièrne tr:n,ée
ofti'e des lreiirtures nrura-
les de très antiques corpo-
ral;ions, de 13{6, une série
- de fauteuils brodés el une
vitrine corr-tenant tl'ln-
ciennes ârmes cle luxe,
provenant de divers pays
el. tiont certaines sont
sr:rrllrlées et ciselées avec
FiS. it5. Torchètc des portL'ri,s âr'1,.
- L'on pé[ètre dans une
de sacs
salle tlu plus haut intér.êt,
parce qu'elle contient de nombreux souvenirs précieux
appârtenânt à iiii ctirlroralions. A ce point tle vue spécial,
c'est incontestnbleÙrent la lrlus riche et la plus remarqua-
ble crollection qlle nnus possédons en Belgique.
Le réfectoire gothique, tlont il a été question plus hâut,
-u5-
et ce magnifique ensemble rappelant nos antiques associâ-
tious d'artisans Yalent à eux seuls un voyage à Gand'
Les murs sont décorés d'étendards du XVIIo et du
XVIIIo siècles et, dans le centre de cette salle gothique'
se clétachent nombre tle superbes torchères, parfois sculp-
tées avec ert et toujours intéressantes' Toutes les
principa.les .corporations y sont représentées pâr des
torchères: des peintres, des qùatre couronnés, <les porteurs

Cotte d'ârulcs du hérault d'âulles dl\lbert et IsÂbelle


-
Fis. 3fi. - Photo. E. Saoré, Gend.

de sacs (ûg. 35), tles enfants de la grue, des nesureurs de


blés, des chârpeDtiers de navires, des retordeurs de flls'
des brasseurs, des pêcheurs à la ligne, etc', toutes ornées
des insignes de l'association'
Ir'on voit un eurieux bateau en cuivre battu, type du
xVIIIu siècle, qui servait d'enseigne aux francs-bateliers
de Gand. Il y a là aussi des armoiries, des blasons, des
coffrets à tlocuments, notamment l'un, de 1398, portant
encore une rare peinture de 1399.
Au centre de la place se trouve un superbe màdèle de
navire de guerre de 1767, qui firt eonstruit pour figurer
-116*
dans uqe procession. Cæ trois mâts armé, toutes voiles
dehors, long de trois mètres, a grande allure,
Dans ce musée, I'on peut admirer la cotte d'armes du
héraut d.'armes d'Albert et Isabelle; dans ce genre, c'est
un des plus beaux travaux de broderies de notre pays
(fig.36).
L'on découvre aussi des dessins ûgurant les locaux de
corporations encore exi,stantes, d,importantes collections
de poinçons tl'orfèvres, des broderies diverses et tout par-
tlculièrement eelles destinées à décorer les draps mor.
tueires des membres de ces associations. Très prochaine-
ment, I'on y placera les orfèvreries: colliers, insignes, etc.,
des corporations, constituant ainsl une très riche et très
précieuse série de documents historlques.
La cage d'escalier, qui va nous permettre de descendre
au rez-de-chaussée du eloitre, est garnie de copies de pein_
tures de Saint-Ravon. Dn bas, s'alignent des voitures
anciennes, des chaises à porteurs de diverses époques,
alnsi que des modèles de bicyclettes et des traineeux.
L'on pénètre ensuite dans un cellier. où I'on remarque
encore les grands réservoirs en pierre destinés à la con_
servâtion de la viande salée. L'on y placera proehainement
les collections de céramiques et de faTences variées, depuis
les époques les plus anciennes, que possède le musée.
f,a cuisine de I'abbaye, au plafond en charpente appa_
rente, eomme la pièce précédente, sera réservée aux eol-
lections de cuivres en usage dans l,art de Vatel.
Dans d'autreg salles se rangeront des spéeimens de
matériaux de construction et de pierres sculptées, classés
par époque, ete.
Quatre chambres seront consacrées aux ameublements
en style Louis XIV, XV, XVI et Empire; ce qui formera
un ensemble des plus instructifs.
Nous visitons ensuite I'habitation tle I'abbesse qui crompte
4 pièces: I'une contiendra des objets se rapportant à la
ville de Gand (orfèvreries, portraits de souverains, éten-
dards de Gand, masses d'anncs de messagers, etc.); une
deuxième, la salle de justice, renfermera les instruments
de torture, les glaives d'exécution, etc.
Dans la cuisine de I'abbesse seront plaeés les divers
-11?-
ustensiles que comporte cette pièce, pour la préparation
cles aliments, et autres accessoires. l)ûfin I'on pénètre dans
le salon de I'abbesse, au caractère simple et austère, orné
de portraits d'abbés, de cotrres et de meubles du
XVIIo siècle.
0onservateut : M. L.-Â. Van Werveke.
Entréo:2 frencs. Ouyert proyisoirement : En semaine do 10 à 16 heures
en hiver et de t0 à 18 heures en été.

GAND. Musée des Arts décoratifs.


Cé fut te chevalier X'ertlinand Jetrn de Cotrinck qui fit
construire, en 1?55, le magnifique hôtel situé 9, rue Jean
Breydel. Çelui-ci, entourant de ses bâtiments une belle
cou.r intérieure. abrite maintenant les importantes collec-
tions d'art décoratif de la ville de Gand. Ce nusée classiflé
méthodiquenrent, est coruposé d'un vaste rez-de-chaussée
logeant les séries se ralrportant à l'époque rnoderne, et
d'un étage comprenant les collections plus anciennes.
Dans la première salle, I'ou remarque un mobilier fran-
qais moderne, des panneaux décoratifs de f,angasliens,
de Eeins, ete. Une vitrine montre, en réduction, quelques
types de meubles bretons.
Une deuxième salle au décor en bois d'orne et ornée
de peintures sur étoffe datant du commencement du XIXo
siècle, oontient, en plus de meubles modernes, des vitrines
garnies d'objets ti'art, en cuivte, broîze ou argent, æuwes
de mâltres français; des cuirs décoratifs, des incrusta-
tions, de la corne travaillée, etc.
Dans une jolie salle à ruanger, décorée de lambris
sculptés, d'une cheminée Louis XV et d'un plafond peint
par Van Reysschoot, ou distingue uu superbe lustre en
bois sculpté, par J. X', Allaert, artiste gânt,ois du
XYIII. siècle, et qui, en un gracieux ensemlbe, représente
les quatre races humaines. Il y a aussi une somptueuse
table en laque de Chine, par M. de Vuyst.
Un escâlier, au beau départ ornementé datant de 1780'
cronduit au palier sur lequel s'érige Ie méclaillon de
Joseph.II, alors gouverain des Pays-Bas.
A l'étage, un grantl hâll est garni de tapisseries bruxel-
loises, remontant à la preutière moitié du XVI" siècle; de
-118-
quatre intéresscnts panneaux de vitraux tlu XYIo et du
XVII€ siècle; et des portraits du chevalier de Coninck et
de son épouse, par Beschey. Dn plus des meubles en mar-
quetterie, le centre de la salle est occupé par trois vitrines
eontenalt des verreries d'art et des émaux d'artistes
français et belges: Gallé, Lalique, Wolfers, etc. Pius loin,
se signale un panneau ilécoratif, par Jaulmes, et deux
vitrines renfermant, I'une de la I'errerie vénitienne et de
Murano, I'autre, une série de petits cofrrets en fer, en
ctrivre. ou décorés de peintures. A remarquer tout parti-
eulièrement une fort belle série de douze commotles lta-
liennes en marqueterie, du XVIIIe siècle,
Une pièce garnie de meubles du Directoire et du Pre-
mier Empire, tels que fauteuils, chaises, armoires,
glaces, etc., contient des flambeaux eo métal, des ob.jets
rlivers en étain, des appliques d'ornementations. etc. Sur
un meuble, I'on admire deux ravissantes miniatures,
datant de 1820, environ, pelntes à la gouache avec un
parfait détail et un art exquis; elles représentent, d'une
fncon charmante, deux vues inférieures de cabinets.
f,'on passe par un couloir comprenant des broderies
nnciennes, de l-ouis XIV ir I'Ir)mpire; des franges d,un tra-
lnil italien, pour arriver dans une pièce réserr'fu à tles
galons en soie €t velours; aux cuirs travaillés, dont des
spécimens gaufrés et dorés pour tentures, notamment un
bel échantillon en style Louis XIV; aux nombreuses bro-
tleries, aux soieries, etc. IIn paravent en cuir de Malines,
tlécoré de fleurs sur fond d'or et datânt du XVIIIo siècle,
retient I'attention par sa bonne conservation,
Les vitrines de la salle suivirnte montrent tles eollections
de dentelles flamantles et étrangères. En lrlus, il y a là
tleux habits de coul du XVIIIê siècle, brorlés en velours de
soie, deux belles toiles damnssées du XVIIo siècle, dont
I'une d'un gouverneur des Pays-Bas, ainsi qu'un devant
d'autel brodé, de la Renaissance italienne.
Mainlenant se suecètlent une enfilade de salles sur une
longueur t1e trente mètres, mettant tout d'abord en vnleur
une belle série de tâpisseries d'Aubusson en soie, or et
argent. Puis se présentent des documents d'art japonais et
-11$-
chlnois: armes, costumes; étoffes, broderies, ivoires, bron-
zes, faîences, céramiques, etc. A noter, surtout, I'armure
complète d'ui Samourai (ancien guerrier Japonais) et un
superbe Boutldha en bois sculpté et doré, qui proviendrait
du palais d'été de I'Emperenr rle Chine.
Sur une cheminée, se signale un admirable gtroup€ en
bronzæ patiné, tgurant huit tortues qui, par leur ensemble
forment un tout du plus bel effet artistique et d'un éton-
nant réalisme; c'est une æuvre du XVIII. siècie due
au ciseau d'un célèbre sculpteur japonais du nom de
Seîmin.
PIus loin, se détache une magnifique tenture brotlée de
soie et traitée avec la maltrise caractérisant la manière
de faire des Japonais; elle ûgure des cigognes gracieuse-
ment groupées dans un délicieux paysage' Ie tout exécuté
avec une égale perfection.
Cette salle contient encore des spécimens de batik des
Indes; des broderies rl'argent sur soie blanche; des céra-
miques, des porcelaines du Danemark, dont un grand ours
blane; tles'produits persans, marocains; un bateau chinois
en faîence bleu et blanc, etc. Dâns une haute étagère
s'étale une superbe série rle 130 assiettes de confréries
.gantoiseset des Flandres.
A signaler aussi, tout particulièrement' une très impor-
tante collection tle carreaur émaillés, aux dessins variés,
qui occupent huit grandes vitrines.
Il y a aussi des céramiques et des porcelaines de IIol-
lande; des gpécimens cle vieux Bruxelles, de Thourout, etc.
ainsi que des produits de la célèbre lnanufacture de Sèvres'
exécutés par les artistes français les plus réputés.
Dans la même salle, €n plus de plaques de foyers, de
céramiques anglaises, de grès anciens et modernes, de po-
teries diverses, I'on remarque des vases flamands, en gr:ès
étuaiUé avec appliques d'étain et de monnaies frappées
penalant la guerre de 1914-1918.
La Jrièce suivante oourprend un mobilier Louis XY'
composé tle cinq cotnmodes, de fauteuils, de chaises et'
notamrnent, d'une encoignure en ùrârqueterie d'excellente
facture. Il y a aussi une ancienne cheminée ét, dâns une
o

E
I

H
LzL -.
-
vitrine, se rangent tles appliques ornementées de
la même
époque.
lits' com-
Après, se présente une série de meubles: vieux
moCies, .uuù"* et fauteuils bergère Louis XVI' écrans'
horloge rotatlve, flambeaux, etc.
du
DéJassant une collection de balustres d'escalier
xvlll" et xlxê siècles, I'on arrive dans une vaste salle
divisée en coDlpûrtilrcnts, coÛprenant clrâcun
un eu-
L'on voit d'abord des bahuts' des coffres'
semble différent.
à"* putn"un* sculptés, ete', de style gothique; pulspays des
type-s Oe ta Renâissanc€ appartenant à divers
(fis.
' 37).
Éuecessivement, I'on admire alors des bahuts'
des ar-
moires, des modèles de tables, un beau lit à -baklaquin'
des canapés, des fauteuils, des ehaises, etc' de tous
les
styles. Le compartiment des bahuts hollandais €n chêne
.iébèo" se signale par la beauté de ses types. IIne série
rJe 60 sièges anciens retient également I'attention'
Il y a àussi des meubles anglâis du XVIII" siècle, des
cadres sculptés, une table d'âutel du XVIIIo siècle en
chêne sculpté et doré avec tablette de marbre, provenant
<le l'abbaye de Lobbes, plusieurs meubles en style
liégeois'
tlont trois belles armoires sculptées, un joli pupitre' un
élégant buffet ete. À noter aussi un intéressant vantâil
rle porte à délicates sculptures sur les deux faces, de tra
vnil liégeois.
Deseendant de l'étage I'on voit encore tlivers documents
d'art décoratif, ttes moulages, des bas reliefs, ete.
Le musée se complète par une salle de lecture et par
une importante bibliothèque ol) I'on pourra puiser tous
les éléÀents nécessaires à l'étude de I'art décoratif'
jours ouvrables
Visible en 6té : les ililna,nehes de 10 U2 à 12h l/2 et les
heuTes. Entrée : 1 franc. Pour les âutres jours et heures S'a.lressel
de 15 à 1?
au concierge. Pourboire.

CAND. Mtlsce des Beaux-Arts.


la
C'est en 1?9? que l'on décirla, pour la première fois'
réunion en un musée eles collection's d'æuvres dlart'
éparses dans la ville de Gand. L'église de I'ancienne âbbâye
ae Saint-pierre fut désignée alors pour cette destination'
-r22_
€t ce local fut ouvert au publiè-en 1802. Mais l'église de-
vant être bientôt rendue au culte catholique, toutes les
collections furenb transférées, dès 1805, dans les bâtiments
de I'Académie, où les Beaux Arts y restèrent jusqu'en 1g02.
A cette époque eiit Iieu I'inauguration
des nouveaux locatr.rr
actuels situés au parc de la Citadelle. Ce magnlfique mtr
nument, spacleux et tl'uue excellente ordonnance pour
sâ d€stination, æuvre de I'architecte de la ville, van
Rysselberghe, est vraiment, digle d,une cité d'art de pre-
mier ordre tell€ que la ville de Gand.
Dès que l'on a franchi le péristyle du musée, I'on pé-
nètre dans le vestibule d'honneur auquel font suite le
grand salon centrâI, de vastes et belles salles aux murs
décorés d'importantes tapis,series, dont- cinq qui provien_
nent de I'antique ehâteau des Comtes, sont des æuvres
du bruxellois ltrbâin Leyniers; elles datent de 1712. Les
suJets représentés sont: le triomphe de Vénus, Orphée,
les Muses, le triomphe de pallas et le triomphe de Mars.
T:es quatre autres tapisseries, également bruxelloises,
dépeignent des épisoiles de la vie de Darius.
L'on y atlmirera également un superbe vase moderne,
très décorrrtif, qui fut offert à la ville de Gand en 1918
par la manufacture de Sèvres; un joli buste de psyché par
P. Devigne, une tête de jeune fille par Rousseau, le groupe
la Pieta. < Devant la vie > et les bustes tle Léopold II, de
la reine Marie-Ilenriette et d,Albert lor. L,on verra aussl
un délicieux bronze de Dillens: I'Dnigrne, un bronze de
J. Lagae: les Barbares, €t enûn le monument commémo-
ratif glorifiant les peintres gantois P. Devigne et De
Winne, qui contient le buste de Devigne, par Rodin, et
qui est surmonté de la statue de < I'Lnmortalité >.
Une tr'ès grande toile de X.. Duchasiel intitulée: < X.ête
d'inauguration de Charles II, roi rl'Dspagne, comme
comte de fi'landre, en 1666 ), offre un caractère archéolo-
gique et historique extEêmement intéressant. Sur la scène
qui se passe au marché du Vendredi, à Gand, I'on peut
compter mille personnages, parmi lesquels on distingue des
membres de presque toutes les familles importantes de la
ville. Un ancien catalogiue en mentionne les noms. Ce ta-
bleau est considéré comme le chef-d'æuvre de I'artiste.
12.3
- -
La salle 1 nous offre trois toiles de premier ordre. De
G. de Crayer: < Le Jugement de Salomon >. Salomon sur
son trône étend son sceptre de la main droite pour ordon-
ner à un soldat de saisir I'enfant disputé par les deux
mères. De P. Verhaegen, une de ses plus belles produc-
tions: < Lâ présentation âu Temple )' qui met en lumière
le grand prêtre Silnéon lenant I'llnfant Jésus et I'offrant
à Dieu, en présence de lllrie et de Joseph, pendant qu'un
vieux scribe inscrit le nom du nouveau né. De P. P. Ru-
bens: ( Saint-X'rançois recevant les stigmates >.

Breughel le Yieux
Fit{.3J. - Le <Repûs de noces>, ale

La salle 2 nous montre deux bons tableaux de G. Bosch,


notamment < le Portement de la Croix >, æuvre caracté-
risée par les figures grimaçantes variées de la composition.
Il y a aussi, âu point cle vue historique et archéologique'
trois tntéressants portraits doubles de Jean Sans-Peur'
de Philippe-le-Ron, et de Charles-le-Téméraire avec leurs
épouses. De Guiclo Mazonni, on remarquera aussi un
nasque cle tête humalne,
La salle suivante possède une copie, par P. Breugbel II,
- 724--
de l'æuvre le ( Repas de noces > de Breughel le Vieux
(ng.38t. De M. de Vos, I'on voit la < X'amille de sainte
Anne entoutant la sainte Vierge qui tient I'Enfant Jésus>;
de J. de Baker, un triptyque dont le panneau central
montre < Le prophète fsaîe qui prédit à Ezechias sâ pro-
chaine guérison )), un volet représente le câlvaire et-l'autre
un abbé de Baudeloo et son saint patron. De van Heems-
kerck, il y a une vaste composition un peu maniérée
figulant < Le Cruciffement )). Entn, une tête de mourant
(en rnarbre), de l'école italienne du XVo siècle

l'ig. 39.
- Les Cinq.sens! pûr' Th. Rombouts

La salle 4 contient un polyptype flamand du XVIe siècle


dont les volets extérieurs forment une composition unique:
<< La Sainte Cène >, et dont la face interne eomprend dix

panneaux dépeignant la vie de Jésus Christ et de la Sainte


Vierge. De R. cle Coxie: le << Jugement dernier >. Signa-
lons aussi d€ux volets de triptyque (école flamande du
XVIo siècle), figurant saint Jean-Baptiste et le portrait
d'un religieux de I'ordre de Citeaux.
La cinquième, salle renferme une très belle toile de
-726-
Th. Rombouts représentant < f,es Cinq sens )), symbolisant
d'une façon très agréable I'ouie, le gott, la vue, le toucher
et I'odorat (fig. 39). Une < Sainte F amille )) de l{. de Lie-
maeekere et un majestueux paysage montagneux, aux
riches couleurs, encadrnnt le Christ et les disciples d'Em-
maiis, attribué à L. Àchtschellinck, attirent âussl l'âtten-
tion. Il y a encrore deux tableaux de L. Primo et de
Th. Boyermans qui offrent le même sujet: Saint Charles
Borromée seoourant les pestiférés )), mais le thème est
traité <le façon dlfférente.
Dans la salle 6, I'on remarque un bel intérieur de l'église
Saint-Pierre à Rome; une toile de A. van Dertvelt:
< Navile en perdition )), ællvre tl'allure mouvementée; de
P. Snayers: d€ux tableâux offrant l'image d'une charge
de cavalerle et d'un combat rle eavaliers; une ceuvre atlri'
buée à A. Van Dyck: < Jupiter et Antiope ); une bonne
nature morte de J. Van Es, montrant un plat d'hultres
et des tlesserts.
La salle 7 montre un tableau de premier ordre de A. van
Utrecht, mettant admirablement en lumière l'échoppe
d'un marchand de poissons; de Snyders, un étal de pois-
sonnier; de J. van Arthois, un sombre paysage forestier
animé tl'attelages et de promeneurs; de Ph. de Cham-
paigne: un portrait de Pierre Camus, évêque, et de P. de
Vos: < Chasse au renard >. L'animal, poursuivi par une
meute, s'est arrêté et s'apprête à ventlre chèrement sa vie.
La huitième salle possède une peinture de l'école espa-
gnole (1615-1630), le < Repas frugal d'un paysan, de sa
femme et d'u:l petit garçon >; une nature morte de J. X'yt
composée d'une table sur laquelle reposent divers animaux
et, dans le haut, un hibou menace un petit oiseau saisi
de terreur; une toile de l'école hollantlaise, de 1667, re-
présente une jeune dame et son enfant se détachant
sur un paysage.
Dans la salle 9, I'on verra un superbe portrait dt au
grand maltre X'rans Hals, flgurant une << dame âgée >,
vêtue de noir et portant une large colorette blanche
(fig. 40); une étude de N. Berchen mettant en relief à
l'avant-plan un bceuf, une ehèvre et deux moutons; un
beau portrait à la tête blonde d'une jeune femme, de
-12R-
l'école hollantlaise du XYIIo Biècle. De N. Maes, élève de
Rembrandt, il y a une dame âgée, asgise dans un fauteull,
et dont les mains sont bien traitées; de A. van Beyeren,
grand artiste hollandais de nature morte: < un étal de
poisgonniers ).
La salle 10 offre un beau portralt de femme âgée, par

Une dame âgde, par Frans Hals.


Fig. 40.
-
Thomas De Keyser, bien renclu de ton et d'expression;
une tête de nègre attribuée à P. P. Rubens. De J. van
Ravesteyn, hollandais, grand peintre de portraits, I'on
voit une dame d'âge moyen et aux cheveux bouclés; de
E. tle Witte, un intérieur cl'église gothique.
La onzlème salle renferme une belle étude de Jordaens:
<< Deux têtes d'hommes ). Oes têtes, vues de profil, ofrrent
-127 -
un exemple caractéristique de la manière de faire du
grand artiste. Il y a là aussi un panneau de p. P. Rubens:
< La n'lagellation ).
Dans la salle 12, l'on distingué une nature lrorte
de J. Chardin; le poltrait d'Alexander Edgar, esquire,
homme âgé, aux cheveux blarlcs et aux traits accentués
du visage, peint par Slr II. Raeburn, artiste apprécié de
l'école écossaise. De J. Reynolds, il y a une étude de
Jeune fille; de W. Ilogarth, un portrait de jeune femme
€t enûn de G. Morlanrl, < Le gardien de pourceaux r>.
La salle 14 renferme une des æuvres maitresses du grand.
artiste G. de. Crayer: < La Résurrection >. Le Sauveur.
sortant de la tombe, y est représenté en grandeur natu-
relle; il lève les regards vers le ciel en tenant la bannière
et la croix. De N. Roose, il y a une belle composition:
< Le Couronnement cle l:r Vierge >. Ln Sainte. Ies malns
Jointes. prie, tandis que Dieu le père et Dieu le X'iIs
tiennent la eouronne céleste au-tlessus tle sa tête.
Les salles 15, 16 ert 1?, qui contiennent des tapisseries,
des peintures générâlement motlernes, ete., sont destinées
aux ceuvres léguées au musée par F.. Scribe, qui fonda
la Société rles Amis du Musée de Gand. Il y a là des
f,'ortrâits et des fleurs de F antin Latour; le << printemps >
de ùIénard, montrant deux gracieuses jeunes femmes,
peu vetues, entourées de verdure et cueillânt rles fleurs
au bord d'un étang; le buste du légataire Scribe; un
tableau de Corot t< Carrière à F.ontainebl,eau >; tle Jor_
daens, n La fuite elr Xlgypte ); de Dâubigny, plusieurs
ceuvres, dont I'une représente << Un lever de lune à
Balbizon >; un buste polychrorné d'Andrea del verrochio:
< f,e Christ Sauveur ); le buste d,un pape, etc.
Dans la salle 18, l,on voit des dessins cle maitres anciens
et modernes, dont certains sont de premier ortlre.
Les salles 19, 20 et 21 sont occupées par le legs Ver_
mersch, composé de gravures; par des dessins, par des
médailles et des plaquettes âppartenant à la ville de Gand.
A remarquer la série de dessins de p. Reysschoot, figu-
rant les belles grisailles qui ornent la cathédrale cle Saint-
Bavon, et dont cet artiste est l,auteur.
Une salle, non encore visible au public, est décorée des
I

1
-128-
de Baudeloo (XVII" siècle)
boiseries du salon des abbés
et de quatre anciennes tapisseries'
ensuit€ dans un
En revenant sur ses put' I'oo débouche sculptures'
ni*"i.v.iu- "ft I'on adruire d'intéressantes
< Un combat de tigres r' de J' de Lalaing
de lvlandarin'
""at*ï""t
et le portralt du Père Vlrfi*' en oostume.
original en
i"r"t"--à"t"
oph; artisle' De ]l' Corbet' le modèle de
deinombreLtses-æuvres
* î;ùooo en'otn"te; (marbres' broazes' terres
P. Devigne, artiste gan:t'oissujets' tels: <-Saint-Micbel
cuites, plâtre't, UotL"J oo
terrassantledémono,uV""ITdéaI>'etc'I)eJ'Dillens'
père' et de P' Lagae' le buste de
oe son
il y a le portrait
M. Lequime, etc'
sont classées par
Les sailes de la peinture motlerne
lettres alPhabétiques'
une toile de A' de La-
Dans la salle A, l'on renarquera de
laing, représentant le po"ttuit.tq""t!::^j^:ti,*ficier
avec sa lroupe' L,'on
cavalerie flèrement "u-pé "t défilant De A. verwée,
verra augsi un bon B""t"îit d'ecclésiastique.
jeunes taureaux r>' drame
un impressionnant < Oom'bat de
vivement c'oloré; de G' vanaise' une
;;;-;J;"imale, < Saint-Liévain en X'lan-
série d'æuvres, dont lune figure Vanaise; de
dre >r et, une âutre, te portiait de-Ivla$amq
La Meerùhstraat à Gantl >; de f,'r' Yerhas'
Ë.ï oî c".n <
<< Le maitre p€intre
>; de J' Rosseels: ( La 7'oute dans
les dunes de Knocke >' etc'
'";;;;". B, d et D, offrent: de Valerius degrise Saedeleer'
>; de
nr"oo'"* n'in d'une journée
#;;;;; JÂ <
(Paysans
( avant la messe ))
î. i. ïteO""tc, Le dimanclre table)' formant un
Jo au""uo se désaltérant autour d'une L' oleffe' < Mai >
;;;;i; des plus naturels; de a' c'
leurs mères âssises en
ou le gotter (ieunes fllles avec
et entourées de verdure et
plein air autour a'"* ïutf" Elameau
de fleurg aux vives couleurs I
de Â'
' J Eleyma:rs' <<

image- d'une modeste


sous lâ neige >, Oonoant t'attirante
égliseenseveliesouslalleigeetenveloppéed'uneatmos-
il y a ( k
phère douce et brumeuse' ôe Th' Verstraete' >'
r'e repas des funérailles
i;;;;-;; d" r,. x'récléric' <<
du El' Claus'
aux fleurs >; paysagister
"î""-i'ntfu""t
< Ysvogels ) ou site glacé caractérisé par Ia profonde
-129-
solitude qui s'en dégage; de G. Buysse, < L'église de Won-
delgem >; de J. Yerlreyden, << La Chapelle >, ete.
La salle E contient deur très grandes toiles de G. Ya-
naise, dont la plus intéressante, une belle ciompositioû'
montre la < Glorification de J, Van Artevelde ) et I'autre,
< Pierre l'Drmite prêchant la croisade >; de A. Roll, pèin-
tre d'histoire, << La fête de Silène >, et de L. Pelouse,
ltaysagiste français: ( Saint-Jean-le-Thomas )) (Mânche).
Les salles X' et G renferment, notamment, un tableau
de L. Lhermite, artiste français, < Ir'Aieule ); un portfait
du peintre A. Stevens, par Gervex; une toile de H. J. E.
Evenepoel, intitulée < L'Espagnol à Paris > (portrait d'un
artiste peintre). De E. Agneessens, il y a <Diane Vernon>;
de J. Delvin, < Un combat de ehevaux >; de Ch. Cottet,
< Un deuil à Ouessant > (Bretagne) et d€ Jacob Smits,
<< Pieta >. etc.

Dans la g.rlle H, I'on voit des ceuvres de A. Struys:


< Désespérés l; de G. Den Duyts, paysagiste gantois, un
< Effet de neige >; de X'r. Binjé, ( Iliver en Camplne n, et
de W'. tr{aris, peintre hollandais, < Vaehes à I'abreuvoir >.
Dans la salle f, sont exposées les æuvres de I'artiste
gantois Llér'in de 'Winne, offrant une série de portraits,
tels que celul de S. M. Léopold 1€!, celul d'une dame
(inachevé), ete.
Les salles J, K et L montrent une nature morte de
J. Dubois; des chevaux et des ânes par J. Stevens;< Une
femme lisant > de f,r. de IJraeckeleer: une marine de
L. Artan; un pâysage animé à Heyst-sur-Mer, par
L. Robbe; une nature morte bien rendue (fruits et fleurs)
tle J. It.. Eliaerts, et une scène d'intérieur << La chauve-
souris > de I|. de Braeckeleer.
Dans la salle M. il y a une importrante toile cle De
Taeye, représentant ( La bataille de Poitiers ), ceuvre
rnouvementée et riche de tons. De E. Verboeckhoven, I'on
remarque un paysâge âvec ânimaux; de X'élix Cogen,
< Les Naufragés >, scène dramatique bien vivant€ se
déroulant au bord du rivage; de J. Paelinck, < La belle
Anthia r> marchant à la tête de ses compagnes, au temple
de Diane à Ephèse; de V. cle Papeleu, une marine (efret
de matin) ; de J. Pauwels, un portrait tlu tlocteur Burg-
-130-
graeye; du paysagists prl. Devigne, < Dans les bois
d'Alife > (Abruzzes) ; et ale ['. Devigne < tine foire franche
à Gantl, au moyen-âge >.
Les salles N et O, renferment quelques æuvres de
D. Claus;,un < Dégel sur un canal n, tl'Albert Baertsoen;
( L'heureuse vieillesse )) de J. Ilorerrband, æuvre repo-
sante mettant en relief une femme âgée travaillant devant
une fenêtre; < La lecture >, intéressante toile de Th. Van
Rysselberghe; une rue panoramique de la ville de Gand,
par G. I)en Duyts; ( La route du Patyntje > (Gantl) par
C. de Cock; le < Martyre de saint Sébastien > et < Après
I'Offiee au béguinage de Gand > par L. Tytgat; << Pêcheurs
de er€vettes > (à cheval) des environs de Nieuport, par
J. Delvin; ( Pêcheurs sur un ancien canal de Gand > par
F. Willaert.
Dasn la salle P, I'on remarquera une toile de E. Reer-
naert, << Paysage >; un aspect de dunes par Th. Baron et
un paysage de A. Ronner.
Un deuxième hémicycle nous montre un impressionnant
haut relief en plâtre, de Jef Lambeaux, évoquant ayec un
réalisme frappant les < Passions humaines ); et un groupe
d'enfants de H. Le Roy, Dans les vltrines, il y a deÊ
statuettes de J. Dillens et d'autres artistes en renom.
Enfin pour terminer, disons que la salle Q et les sui-
vantes contiennent des dessins et des aquarelles du plus
haut intérêt et de divers auteurs, tels que Heins, J. Dnsor,
J. de Bruycker, ete. que nous ne p{}llvons énumérer ici.
ouvert : En sernaine, de10à12h. 1/?et de 14 ri 16 heùres:drl 1* avril &u
1- octobre, jnsqtr'à l8 heures. Le dirnauche. de 10 à 13 henres et de l4 à 16
heures (18 heures en ôté).

CAND. Musée lapidaire de Saint.Bavon.


Nous ne consacrerons ici que quelques lignes à I'histoire
de la célèbre abbaye de Saint-Bavon, comme nous ne signa-
lerons que ses principaux restes d'architecture, pour nous
occnper plus spécialement du musée lapidaire qu'elle con-
tient. Sa crrllection cle dalles funéraires gravées est incon-
testablement la plus ,belle et la plus riche que I'on
puisse I'oir. Il y a là, une dalle du XIIê siècle, 58 du
XIIIe. 11 du XIVo. 19 du XVe. 50 du XYIe. 19 du XVIIo
et 4 du XVIII". Nous insisterons éealement sur I'imnor-
-131-
tante et remarquable collection de mosaiques et de pave-
ments réunls là par le conservateur actuel, M, Van Wer-
veke.
L'abbaye fut fondée par saint Amand en 631. Détruite
par les Noruands en 850, elle reprit une nouvelle vie et
prospéra à partir tle 9,11. Les CoDrtes de Flandre y logeatent
souvent lorsqu'ils n'étaient pas obligés d'occuper le châ-

FiS. 41.
-
Porte et fenotre rol[r,nes de la snlle cûDitutaite.
Photo. des Musées Ruyaux rlu Cinquantenair.è.

teau des Comtes. Le roi d'Angleterre Drlouârd III y résida


en 1341, et d'autles souverains et personnages de marque
y logèrent également.
En 1540 Charles-Quint décida de construire une forte-
resse à Saint-Bavon. Les bâtiments de I'abbaye restèrent
alors presque tous debout, mais ces locaux furent utilisés
en grande partie comme arsenal.
Ce château des Espagnols, désaffecté en 1827 et ensuite
Iiresque entièrement démoli, nous a conservé de remar-
quables restes d'architecture romane et gothique.
Parml les plus beaux et les plus intéressants vestiges
-t32-
de ce brillant passé, signalons en première ligne la porte
et les fenêtres romanes de la salle capitulaire (fig. 41),
fragrnelt célèbre reproduit coùIrne parfait utodèle de style
dans les principaux ouvrages s'occupant d'architecture.

-!'ig. 4?.
-.Edic[le octoljon{ùl Ioluùù
Photo. des Musées RoJaux du Cinqnailten&ire.

La figure 41, très démonstrative sous ce rapport, nous


dispense d'en dire davantage.
Le petit édicule octogonal, datant cle 1171 et qui s'élève
à l'intérieur tlu cloitre est une des plus curieuses con-
structions romaneg de notre pays (tg. A). I'e rez-de-
chaussée qui servalt de lavatorium ou de lâvoir est re-
eouvert d'une votte en calotte s'appuyant sur arcs indé-
pendants, spécimen unique de ce genre de cronstruetion'
-133-
Ces arcs reposent sur tles col<-rnnettes octogonales qul se
fixent sur cles culs de ltrmpe formés de ûgures humaines'
dont quelques-unes sont grimaçantes. La petite salle de
l'étage, qui est éclairée par 6 fenêtres cintrées, dont une
en torme de croix, était le sanctuaire où se trouvait en-
fermé le riche trésor de l'abbaYe.
plus impor'
Quanrl au magnlfique réfectoire roman' le
tant Oe notre payÊ (ûg. aB), nous en parlerons lorsqu'il
sera question des DIus remarquables pierres tombales et
les fragments tl'architecture qu'il renferme.
La première salle que I'on visite contienl:, notâmment,
la pierre tombâle t1e Jean Heyman, rlécédé en 1556, et de
sa compâgne f,iévine van der Eecken. La gravure' cxrmme
le modelage, exécutée avec ârt, en fait une æuvre des
plus marquantes. Les angles de l'eneadrement portent les
symboles des quatre évangélistes, c'est-à-dlre: un ânge'
un lion, un bæuf et un aigle. L'on remarquera aussi les
armoiries du mari et celles cle l'épouse.
L'on verra aussi lâ dalle de Nicolas Bennls (1510) et de
sa ferDme. Iei les cadarres sont représentés en décompo-
sition avec un réalisme un peu exagéré.
La deuxième salle nous montre des montants de che-
minées gothiques, des matériaux cle construction, des cha-
piteaux, etc., ainsi que tles pierres tombÎles. Parml celles-
ci signalons en.une qui éta1t jadis encadrée d'une bânde
de cuivre portùnt le ttotn cles tleux époux représentés sur
la pierre dans leur costume de fête, et dont la gravrre
(veis 1570) indique Ia main experte d'un maltre'
Une autre pierre porte le nom d'un batelier Jean Van
<len Poele (1531) et de Jeanne Maersscale son épouse(1513)'
En souvenir de cette famille de bateliers, la dalle porte
Iâ très intéressante gravure d'un navire de guerre' gréé
en trois mâts, reprotluisant un motlèle détaillé et bien
exécuté de navire du temps de Charles-Quint'
On pénètre dans uue place cl'origine romitrre
mâis à co-
lonnes du XIII. siècle, qui fut I'ancien réfec|oirel
on y
remarque quelques pierres tolrbales du XVI" et du XVIIo
siècles.
Une autre salle, aussi d'origine romane' fut trangformée
par
au XIII. siècle; au XV" siècle, la pièce fut recouverte
5
-13{-
tu oonl que I'on voit maintenant. On y distingue une
pierre tombale de 1568 gravée d'un dessin montrant utx
noble seigneur et son épouse, pierre particulièrement intê
ressante par les costumes de l'époque qui y sont détaillés.
De curieur restes de peintures murales décoratives de
I'abbaye y sont reprocluites; l,une représente, en rouge
ou en noir, un appareil régulier de construction peint sur
enduit. On y voit aussi I'image d'un joli pavement à mo,
saiques.
On accède ensuite au cellier de I'abbaye or} il y a des
spéeimens de matériaux de construction, tels que des
briques de diverses époques, parmi lesquelles on en dis-
tingue d'énormes, des tuiles romaines qui furent encore
utilisées pour necoulÎir certaines parties de I'abbaye, et
de nombreux fragments d'architecture: encadrements de
fenêtr€s, gargouilles, culs-de-lampe, fragments de pierres,
de cheminées sculptées de personnages(hommes et femmes),
æuvres généralement d'origirle gantoise et dont quelques-
unes, brugeoises, sont marquées d'un caractère par rrop
réaliste. Deux clefs de votte gothiques sont fort curieuses,
notamment I'une par ce fait original que le sculpteur a
eu la fantaisie d'y façonner un corps de taureau avec une
tête d'abbé. Il y a aussi une cheminée en pierre du
XVo siècle qui est digne d'attention, et quelques pierres
tombales du XVIo siècle dont nous ne parlerons pas lcl,
perce que nous anrons l'occasion d,en voir de plus remar_
quables.
L'on passe dans un autre cellier or) I'on découvrel dans
une vitrlne, un cul-de-lampe au carâctère décoratif, figu-
rant une tête d'homme à couronne dorée qui, fait très
rare, est eueore entièrement lrclyehromée. À côté, se trouve
le pendant orné d'une tête cte femme avec traces de pein-
ture. fl y a 1à aussi deux montants de cheminées ou
XVe siècle qui sont à remarquer.
Ce qu'il.y a de plus intéressant dans cette salle, c'est
la collection très importante, étalée dans une vitrine, ùe
petits carreaux de pavements avec engobe colorée, décorés
de dessins très variés, tels que: des têtes humaines ou de
chevaliers sous des représentations diverses, des fleurs
ێcorat,ives, des fleurs de lys, des poissons, des poules, d.es
-135-
que
ancres, des couronixes et des desslns géométriques
rous ne .pourrions énumérer ici. ces spécimens commen-
cent au XIIIo siècle et se continuent jusqu'à la tn du
xIVo siècle, époque de la disparition de ce genre de pave-
ment. L'on verra aussi des carreaux qui portent des mar-
ques de tailleurs de Pierres.
Une deuxième vitrine est aussi garnie de ees pebits car-
reaux gur Iesquels on distingue notamment: un chevalier'
un joueur de fltte, un vloloniste, des animaux, des des'
sins ctécoratifs variés formant, avec la vitrine précédente'
un des plus remarquabtres ensembles de ce genre que I'on
puisse voir. Cette vitrine renferme encore des tessons
àe poteries, des statuettes et des obiets divers, depuis
l'époque romaine Jusqu'aux temps de la fondation ûe
I'abbaye. Ces obJets variés ayant été r€cueillis sur place,
l'on peut présumer qu'il y a eu en ce polnt une succession
d'habltats à partir de I'époque belgo'romaine' Il y a
aussi des sculptures romanes montrant, par exemple,
Stegfrtett combattant le dragon' la légende du Juif er-
rant, etc.
Le cloitre gothique, qui remplaça Ie cloitre roman dont
on admire un merveilleux fragment d'architecture d€
cette époque, recouvre quelques pierres torybales rap-
pelant la domi:aation espagnole et qui datent du XVII.
siècle. On distingue, notamment, la dalle d'un chapelain
du château des Espagnols et celle du capitaine don Luis
Espinola.
Contre un mur sont txées trois pierres sculptées qul
eurmontaient autrefois la porte d'entrée et les deux fe'
nêtres d'une habitation élevée, en 1660, rue du Vieur
Bourg, par un chirurgieu du nom de Eeltrebusch. Elles
flgurent trois sujets caractérisant la profession de doe'
teur: Une femme que le pratieien saigne, Ie bon Sama'
ritain et entn le chirurgien occupé à disséquer un cadavre.
Pénétrons maintenanL dans le grand et magnifique
réf€ctoire roman, vaste salle bâtie à la fin du XII. siècle'
la plus imposante de cette époque en Belgique; elle me-
sure 41 mètres de longueur et 10 mètres de largeur. Au
XIIo siècle, elle était rec€uverte d'un plafond plat en
bois, caractérlstlque du temps, et qui fut remplacé, en
-136-
1589, par la votte actuelle. Maintenant ce réfectoire abrite
un ensemble de pierres tombales cle tout premier ordre,
une des plus belles collectiorrs cle ce genre de notre vieille
Europe (tg. 43).
Nous allons eu signaler les principales et indiquer quel-
ques sculptures fort intéressantes qui ornent c€tte gran-
diose salle.
I)isous, tout d'abord, qu'en J-890, on y & découvert cle
superbes peintures murales romanes, lorsqu'on rouvrit des
fenêtres qui avaient été murées en 1589; elle figurent
quatre personnages de 2 m, ?0 de hauteur représentanr
saint Macaire, saiut Amand?, saint Brice et saint Crafâ-
hilde? Ajoutons que les spécimens de ce geure cle dêco.
ration sont très rares à cette époque.
Une des dalles exposées dans cette salle eat du XIIo siè.
cle. Les plus nombreuses datent du XIIIe siècle, comme .
iI y en a aussi d'époques postérieures. euantité de c€s
pierres provierinent de radiers d'anciens ponts, d'éclu-
ses, etc., de la ville de Gand, qui out été démolis. II
nous par'âlt utile d'indiquer ici pourquoi I'on a trouvé un
si grancl nonrbre de ces pierres dans les radiers. Jusqu'en
178{ on inhumait dans les églises de la ville et dans
les cimetières les entourant. Or, pour faire place à de
nouvelles tombes, l'on se débarrassait des dalles non
réclâmées par les familles et on les utilisait pour faire
des radiers de ponts, de barrages. etc. Ainsi s'explique
le grand nombre de ces dalles funéraires réunies main-
tenant dans les murs de I'antique abbaye.
La prernière clalle du XIII€ siècle qui attire I'attention
(la cinquième) est celle de deux femmes gravées en gran-
deur réelle. Les tralts de la figure <le celle de droite sont
traeés sur une plaque de marbre blânc, de même que les
mains jointes, le restant du dessin de la personne étant
ereusé dans Ie caleaire de Tournal, comme presque toutes
ces sculptures,
Une autre pierre tombale voisine est celle des six en-
fants d'Olivier van der Most, enlevés sans doute pzlr une
épidémie de peste. Les inerustations de marbre blanc
pour les visages et les mains sont ici tlisparues. de même
que Ia plaque pour les armoiries.
L'on verra aussi la dalle d'un abbé du X\re siècle, repré-
ie
;9

'6 *

E
-138-
Êenté jadis snr une pleque de cuivre qui manque. L'on
(lonstaigra la bonne et tne exécution du baldaquin, avec
ses uiches et ses statuettes, sous lequel le saint h9.4m,e.
s'abrlte, Tdul pIès'dCl}, giand carreau sculpté;
plaeé autrefots au-$pbÈË*.de.
l'ffi: unporte
la de Brurellês: il
représente la*ueelle de Gand et est décoré ites eolonnes
d'IIercule, des ârmoaies de Charles-e;il;U; x,hndre

Fig. 44.
-
Fond du réfectoire
photo. Nels. Brrxeiles. rouan.

et cle Gand; de plus il porte la devise du potentat: ptrus


ul,tra.
Plus loin (frg. 4a en B) se trouve la pierre tombale rdu
grand artiste Hubert van Dyck, l,illustre maitre de la
peinture ûamande, mort en 1426; elle portait Jadis une in_
crustaitTon rle marbre ûgurant un squelette tenant une
plaque de cuivre portant une inscription qui contenalt.
cette pbrase: ... < Je m,appelais Hubert van Eyck; main_
tenant, je suis la pâture des vers,,. )
-139-
Tout près de là, se signale une autte dalle du plus haut
lntérêt; eelle de Asscberic van der Couderburch (XIIIU
siècle). Leg armes parlantes tlu défunt y sont gravées
sous la forme d'un château fort à lourde porte précédée
d'une herse. Sur ses murs se détachent deux sentinelles,
dont I'une sonûe de la trompe, tandis que I'autre tient
une arbalète. Cette dalle constltue une pièce unlque, de
premler ordre, parce qu'elle a congervé ses mastics colo-
rés, nolr, blanc et rouge, qul rempllssent les traits gravés.
On peut alnsi se falre une excellente tdée du caractèrc
déooratif des plerres tombales de cette époque.
L'on remarquera deux tympans de portes romanes, qul
doivent dater du XfIs siècle et qui sont sculptés sur les
deux faces. L'un, parait représenter le paganisme' I'autre
le christianisme (Des fltlèles vénèrent le prêtre qui lit
l'évanglle). Sur l'autre face, I'ot voit un prêtre dlsânt
la messe.
Une statue des plus intéressantes (frg, 44 en C) est ceUe
de I'homme du tseffroi, une des quatre d.u même genr€
qul, en 1333, ornalent la tour communale. Celle-ci offre
l'image d'un bourgeois en armes de l'époque du héros
populaire: Jacques Ya:r Àrtevelde, Il porte le boucll€r'
l'épée, la dague et €st revêtu d'une c,otte de maille et cl'un
heaume,
Sur le payement de la salle repose le mausolée (1504-
1526) de Jean de Clèves, bâtard de Ravesteln, et de son
éIrcuse la noble ilame Jenne de Lichtervelde (fig. 44 en À).
Les stetues couchées qui recouvrent la tombe sont CleB
æuwes de valeur au point de vue archéologique, parce
qu'elles nous donnent de parfaits tlétails sur I'armure du
chevalier et sur le costume de la dame noble de cette
époque.
Au mllieu de la salle, le pavement est recouvert de mo-
saîques aux dessins divers, disposés suivant les lciées du
moyen-âge.
Quelques dalles attirent encore le regard, par exemple
celle de Jean Blomme, tué dans la rue; la tombe de deux
femmes: une mère et sa fllle; celle d'un chevalier cou'
ronné, revêtu cl'une armure, et ale sa ûlle (1271)' le tout
gravé avec art; celle d'un franciscain Guillaume Yat der
-140-
Muile (12?2), d'un dessin aussi simple que d'un tracé d'une
rare perfection. C'est (si ee n'est en Italie) la plus an-
cienne flguration en Durope d'un religieux de cet ordre.
Pour terminer, mentionnons deux tlernières dalles: I'une
romane du XIIe siècle, qui porte urre tige à trois couples
de feuilles et I'autre, de 1414, celle tle Bouchard de Munte
et de son épouse. Bouehard de }Iunte étâit châtelain ou
capitaine du chôteau des Comtes de X'landre à Gand. Le
cbevalier est revêtu de sa cotte d'armes bro<Iee portant
ses armoiries. Les têtes des défunts s'abritent sous un
tlouble balclaquin représentant des églises gothiques sculp-
tées avec un parfait ûni rle détails.
Conserrateur: L.-,1. Yln Weryeke.
Ouvert de 10 à 18 henres en été, et de 10 à 16 heures en hirer. Ilntrée
2 frsncs. Gratuit le alirnanche.

H ERENTHAL$. Musée Fraikin (scu,lptu,res).


Ce musée de sculptures est établi dans la maison com-
munale d'Elérenthals, berceau du statuaire Charles-
Auguste X'ralkin; il contient g4 æuvres ou modèles, of,ferts
par le grand artiste à sa ville natale, en 1891.
Ce maltre était le plus jeune des neufs enfants du
notaire J. ['raihin, d'origine wallonne, et cle Thérèse Van
Luyck, d'Ilérenthals. Dès sa plus tendre jeunesse it
éprouva un gott prononcé pour I'art. Ses débuts fur€Dt
difficiles, mais son élergie et sa persévérance lui per-
mirent de vaincre les obstâcles semés sur sâ route vers
la gloire. Ses æuvres se répandirent dâns le monde et
considérablement en ltalie, où les ateliers s'installèrent
pour la reproduction de ses statues.
Dans ce musée I'on voit notamment: < Psyehée tombant
en défaillance > après avoir ouvert Ie vase de pandore et
appelant I'Amour à son secours; le ( Trlomphe de Bac-
chus )), groupe composé de cinq figures et d'une chèvre;.
l' < Abondance )); ( Amour au berc€au ); le modèle du
monument d'Aclolphe Quetelet placé sur la terrasse du
Palais des Académies; le modèle cle la statue du R. p. De-
smedt, missionnaire qui consacra ô0 ans de sâ vie à évan-
géliser les peuplades primitives; ( Vénus à la Colombe >,
premier essai du statuaire; une < Mère >. offrant le sein à
-141-
son enfant; l'< Artiste >; le modèIe des statues décorant le
portail de I'hôtel de ville de Bruxelles; l'< Arnour captif >,
euvre maitresse dont iI existe ûombre de contrefaçons;
te Eodèle du monument des Comtes d'Egmont et de Elornes
(square du Petit Sablon à Bruxelles) ; le monument de
la première reine des Belges, représentant les dernlers
moments de la souveraine; le modèIe de la statue de
Leopold 1"r, dê la salle des séances de la Chambre des
Représentauts; le monuuent du Comte de l\Iérode; la
<< Mère de lloise > dé1rcsant son enfarrt sur le Nil; cles
statues de personnalités artistiques, scientitques et poli-
tiques, dont nous t'avons pas à donner ici l'énumération.
On le lisite tous les jours ouvrables de 8 à 12 et de 13 1/2 à 16 heures ; les
dima,nches et jours fériés ale 11 à 1? heures.

Ll EG E. Musée Gurtius (Archéologie).


Ce musée, I'un des plus remarquables rnonuuteuts de
la ville de Liége, fut irrauguré le 1er aott 1909. Il s'élèr'e
sur le quai de Maestricht et fait face à la Meuse. Bâtie
par Curtiusoau eomùrelrcelrtent du XVIIe siècle. cette an-
tique habitation patricienne attire le regard par son bel
ensemble archit€ctural.
Dans la oour s'aligne une collection lapidaire proyenant
en grande partie du pays de Liége, et la première salle
que I'on visite est une ancienne cuisine, ornée d'une che-
minée datant de 1605 et qui est encore munie de sa cré-
maillère. L'on péuètre ensuite dans la section belgo-ro-
maine, qui cbntie[t deux cheminées monumentales de
1603 portant les armoiries de Curtius. Huit grandes
vitrines renferment de nourbreux objets belgo-rorDains:
notarnment des mobiliers funéraires provenânt de tumu-
lus. A signaler une grande aiguière dans son bassin en
bronze, de la verrerie, surtout les vases de Blehen et ceux
si élégants d'Avennes, en forrne de cône élancé. Pârmi Ies
menus objets I'on remarque le sceau rl'un oculiste romain
et un curieux encrier cylindrique avec plume trouvé à Ton-
gres. De la plus iurportante cachette de bronzes romains
de notre pays, à Angleur, il y a un fragment cle tliplôme
de congé militaire sous Trajan (an 98), ainsi que des re-
présentatious, en bronze, tl'rnimaux.
-L42-
Dans la Salle des Tombes, I'on est frappé par la clispo-
sition des objets du mobilier funéraire des tombes de
Vervoz, ce qui semblerait lntliquer que les Belgo-Romains
obéissaient alors à un rite funéraire spécial. D'autres
objets retiennent eDcore I'attention, tels un masque ro-
main en terre cuite et deux trépietls en bronze d'une élé-
gante facture.
L'on dépassera un intéressant autel romain qul porte,
sur la face, la détlicace et, sur les côtés, la corne d'abon-
dance et les insignes de la Légioni enffn, audessus, une
corbeille avee frults qui représente I'offrande. A noter
encore une série de matériaux de construction: tuiles.
pilotis de pont romain, ornements en moÊalques, ete,
Iæs deux salles qui font suite offrent des objets carac-
téristiques de la fn de l'époque belgo.romaine et de
l'époque franque. L'on y voit de la verrerie, des poteries
variées, des flbules digitées et autres, des bagues, des
colliers en perles de verre, etc., ainsl que la série breu
connue des armes franques. Dans la vitrine contenant la
verrerie de Herstal, I'on remarque notammelt deux mi-
niatures de cuvell€s en bols, encerclées de bandes en
bronze. Plus loin, c'est I'important médaillier liégeols
(colleetion Ulysse Capitaine), formé de plus de deur mllle
monnaies, médailles, jetons, etc.
On traverse le vestlbule d'entrée, orné de volets, oe
taques de chemlnées, de portes, de grilles de balcong en
fer forgé, avant de gagner le premier étage.
L'escalier qui y accède est à signaler par Êon orDemen-
tetion en fer forgé. IJ'on passe de c€t esealier dans une
galerie ornée de boiseries travaillées, notamment une
chaire à prêcher, €t plus particulièrement de remarqua-
bles volets, ouvragés sur les deux faces et à jour, qui
proviennent de I'ancienne chapelle tle I'hôtel de ville tle
Liége (XYIIIo siècle). Il y a là aussi une superbe garde-
robe en chêne, de travail liégeois (style Louis XIV), qui
est à noter pour la richesse de ses sculptures (baldaquins,
vases fleuris, olseaux, branehages, etc.),
I'a Salle Benaissance est garnie de deux bahuts
Louis XIII et de divers meubles aux incrustations d'écaille
ou d'ivoire; de somptueuses tapisseries décorent les murs
/ -t43-
et un buste en bronze du chanoine de Liverlo, dt au
ciseau du célèbre sculpteur Deleour, surmonte un des
meubles.
Une salle aux meubles gothiques nous laisse yoir des
portes et des volets à Jour, et, parmi les menus. objets, il
y a là tle bien jolis émaux, des petites statuettes en bronze,
en vermeil. etc. Notons aussi un curieux berceau en cui-
vre repoussé, dinanderie du XVIII9 siècle, qui porte les
armes de Rouggrave.
Dans la salle aux meubles gothiques et Renaissance,
une vitrine contient la pièce capitale du musée: la fameuse
reliure de l'évangéliaire du prince-évêque Notger, æuvre
d'art admirable, de tout premier ordre. Sur un€ plaque
d'ivoire sculpté (fin clu Xu siècle), re@uvrant ee manus-
crit, Notger est tguré, se prosternânt un genou en terre
devant un autel; il ofrre l'évangéliaire au Christ. Iæ Sel-
gneur, dont les pieds reposent sur un globe terrestre, est
entouré'des symboles des évangélistes. La brodure métal-
lique de cet ivoire est composée de seize plaques, dont
huit émaillées et huit ciselées. Ces émaux, originaires
d'un atelier mosan, dateraient de la fln du XIIo siècle.
Les quatre plaques émaillées qui touchent I'ivoire por-
t€nt les représentations des vertus cardinales: la Prudence,
la X'orce, la Justice et la Tempérance. Les quatre autres
plaques port€nt les personnifications des fleuves du Para-
dis. Les huit plaques ciselées et bombées sont décoré€s
de rinceaux du XVo siècte. Cette remarquable rellure
contient l'évangéliaire sur parchemin, qui date du
Xs siècle,
Plus loin l'on admirela la Vierge dite de Dom Rupert,
taillée dans le grès houiller, une des meilleures et des plus
aneiennes productions mosanes, et d'autres sculptures
ciselées dans le marbre noir de Theux.
Enfin, les trois salles du premier étage, ctont une très
grande (fig. 45), offrant un caractère archaique impres-
sionnant, renferment I'importanl.e et superbe collection
archéologique offerte par la famille Moxhon, en 1911, à la
ville de Liége. Des meubles de style Régence, Louis XIV et
Louis XY garnissent les murs; il y a là aussi deux che-
minées aux ârmes de Curtius, tles porcelaines et des
-14{-
bijoux dans des vitrines. Nous nous contenterons de sl-
gnaler un grand plat en falence Erlychromé d'Urbino,
représentant le combat des amazones; des porcelaines de
Tournai, notamment un servlce de cent trente-sept pièces
tlécorées de sujets champêtres, etc. Il y a encore des col-
lections de montres, de biJoux divers et des pièces d'orfè-
vrerle que nous ne pourrions détailler ici; une série de
tabatières dont I'une, en or clselé, a été peinte par Isabey,
qui I'a ornée du portrait de Napoléon Ier. Dans la salle

Fig. 15. - Grûnde srlle lloxhon.

de côté I'on peut voir une riche collection de niniatures


sur vélin, ivoire, cuivre ou porcelaine.
Dans le couloir d'entrée de la section préhistorique,
une carte porte I'indication des diverses localités où des
découvertes archéologiques ont été faites. Les salles du
deuxième étage contiennent des silex taillés ou polis, des
outils en roches diverses, en corne, en os, en bronze et des
poterles de ces époques reculées. Aux murs, des notlces
expllcatives, des dessins, ete., complètent I'excellente do-
cumentation de cette partie du musée. Ajoutons ici, à la
louange de l'érudit et sympathique M. J. Servais, nommé
conservateur de ce musée en 1911, et qui en rempllssait
1.15
- -

=@
û
I

èô
_ 1.16 _
déJà les fonetions depuis dix ans, qu'll n'a rien négligé
pour mettIe en valeur cette section, qui offre un si haut
intérêt au point de vue de I'hisùoire de nos primitifs an-
eetres, Ces eollections préhistoriques sont devenues parfl-
cullèrement remarquables à la suite des importantes do-
natiotrs de M. G. Cumont et surtout de celles de M. Marcel
De,Puydt. Bornons-nous à attirer I'attention sur quellues
séries principales, parmi les nombreuses pièibs .qgi:gar-
Dissent les vitrines.,
La donation ôumont est formée de statip^nsàéontÈlqueg
avec haches polies, pointes de flèches,'tades,àh eilpx, etc.,
provenant principalement cte Rhoctesaint:Rbdiiê. oans
la grande Salle De Puydt (fig. 46), I'on remarque'les pre
dults de fouilles faites dahs la célèbre grotte de Spy; its
sont réunis dans une vitrine divisée ên trois parties, re-
présentant chacune un différent ûiveau d'oceupation par
I'homme (vitrine à l'àvant-plan de la fig. 46). A signaler
aussl de belles pointes de flèches et de parfaites haches
polies èn silex, dont I'une mesure 33 centimètres de lon-
gueur. Mais la collection la plus remarquable de toutes,
et que nous signalons tout particulièrement, est incontes_
tablement celle offerte au musée par M. Marcel De puydt,
comprenant notamment les fonds de cabanes de la Hes_
baye, c'est-à-dire les nombreux habitats des villages dits
omallens. Ces habitats appartiennent à l'épqquè néoll.
thlque, alors que I'homme ne polissait pâs encore la haehe
en gilex, mais bien d'autres instruments en pierte. Les
nombreux fragments de poteries souvent finement orne-
mentés de dessins varlés, les divers instruments polis ou
taillés, les lames, grattoirs, scies, etc., attirent le regard
et retiennent I'attentiop. L'on peut dire que c'est là la
plus importante et la pius intéressante série d'habitats
de ces, temps anciens que nous ayons en Belgique,
Enûn, au troisième étage I'on peut voir des meubles et
des objets d'art datant du XVê au XVIIIo siècle, ainsi que
des tableaux, aquarelles et dessins. Il y a aussi une
belle collection d'éventails à montures d'ivoire, de nacre
ou d'écaille, gravées, décorées et ajourées, ainsi que d'an-
clennes dentelles, des broderies, ete.
Dans une grande salle (annexes du musée), I'on admire
-747 -
grès'
une série de meubles, étaius, pièces d'orfèvreries'
bois de Spa, etc., d'origine liégeoise'

LIECE. Musée des Arts dÉcoratifs'


Oe musée occupe la maison d'Ànsembourg' rue X'éron-
etrée. C'est une de nos demeures les plus remarquables
du XVIIIo siècle; son élégante façade €n briques et à
encadrements de pierres, de 27 mètres de longueur'
est
percée de vingt et une fenêtres, dont une à balcon avec
iu*pq *" fer iorgé. Elle est aussi remarquable par la rl-
chesse de sa décoration intérieure'
Au rez-de-chaussée I'on passe dans une cuisine dont les
murs sont complètement recouverts par des carreaux de
falence cle Delft, presque tous blancs et clont la monotonle
est rompue par les sujets bleus ou polychromes du
pave-
ment; il en e'st de même des murs des offices contigus'
@tte cuisine tenferme notamment, en plus de divers ob-
jets de ménage, un buffet contenant des faiences liégeoises'
Lâ salle à manger, aux murs tapissés de cuirs de Cor-
doue, à décors polychromés, est ornée d'un buffet'armoire
muni de guatre portes et garni de très fines sculptur€s'
remarquables par leur élégance. De plus' on y remarque
des chaises à hauts dossiers en style Louis XIV et un
lustre liégeois en Y€rre. Dans les salons I'on peut voir
de beaux ameublements, des buffets en chêne sculpté, des
chaises, des lustres, des tableaux divers datant de
Louis XIV à Louis XVI. Des tapisseries d'Audenarde flgu'
rant des sujets champêtres de David Teniers aomplètent
le somptueux ensemble d''un salon, dit cles taplsseries'
dont le centre est occupé par la table du Conseil prlvé
des princes-évêques de Liége.
Pour terminer, signalons qu'à l'étage six salles sont
ornées de buffets et meubles divers sculptés, de cheminées
intéressantes, de plafonds richement décorés' de pein-
tures, de dessins et de gravures' que noug De pouvons
détailler ici, et qui furent exécutés par d'anciens maltreg
liégeois.
Nore. Le Musée Curtius et le Musée tles Àrts dont le conser-
- toug les iours, seÛÎ le
vateur est M. J. Servais, sont ouverts eu public'lécoratifs'
semedi.,
-118-
LIECE. Musée dArmes.
Le ûrrsée d'armes de la ville de Liége, qui est situé
quai de llnestricht, offre un double intérêt: tout d'abonl
parce qu'il occupe uD ancieu hôtel seigûeurial historique
remontant à la deuxième moitié clu XVIII" siècle, et en-
suite parce que ce beau et \'âste local renferrne une re-
ùarquable oollection d'armes à feu portatives, comprenant
dhr'îi"on ?,000 pièces. L'ensemble représente plus particu-
lièrement cles armes de chasse, de sport et de défense'
en grande lrtrrtie de fabrication liégeoise' Il y à des élé'
ments des 1,rlus instructifs, non seulement pour le techni-
cien, mais aussi pour l'édification de toute personne
désireuse de connaitre cette industrie ntttionale arrivée
à un si haut clegr'é de perfectionnement dans notre belle
v'ille n'alloune.
Le bâtiurent qui abrite ces collections, ôonnu généra-
) fut coDstruit
lemell" sous Ie norrt d'<< Ancienne Préfecture
par le grand architecte BarthéIemy Digneffe (1721-1781).
S'il offre une façade digue d'intérêt, ses principaux sâ-
lons, occupant le premier étage, montreut encore qu'ils
étaient déciorés avec gott. Il fut étliflé pour la famille
des barons de Ila.\'me de Ilomal.
Le coDrité ré'r'olutionnaire de 1794 l'occupa pour y loger
Ies représentants du peuple et, peu d'années après, le pre-
mier préfet du délrartement de I'Ourthe, le citol'en Des-
mousseaux, s'y installa. Donaparte et son épouse y logè-
rent le 2 uott 1803 et, en 1811., Napoléon, devenu empe-
reur, y tlescendit de uouveau.
Cette belle demeure faillit deyeûir le témoin d'événe-
urents qui rruraient pu tourner au tragique lorsqu'elle fut
occupée par le naréchal prussien Bliicher. Celui-ci, pour
échapper ir la fnreur populaire, fut obligé de se laisser
travestir en urzrlacle cle manière à lrouvoir être ainsi trans-
f.rorté.en lieu str.
Le roi Guillaurue des Pays-Bas y flt un premier séjour
avec le prince Ii'rédéric en 1817 et, I'année suivaute, la
mère de I'Enpereur de Russie y fut hospltalisée en même
temps que le Prince et la Princesse d'Orange.
Après ltr Révolution de 1830, I'hôtel fut acheté finale-
-149-
ment lrnr Josellll Lemille, fabricaut d'armes à Liége'
qui le restaura et I'occupa Jusqu'en 1882, époque à laquelle
it nt don de I'immeuble ct de sa magniflque collection
d'armes aux hospices civils de Liége. La ville reprit le
tout et y installa alors un musée d'armes, inauguré
solennellement le 19 juillet 1.\85. Peu à peu, à la suitc' de
généreux dons de fabricauts d'arules et tl'autres rnécènes'
ào--. aussi par des achats' l'établissement s'enrichit
considérablemeût pour devenir le remarquable musée ac-
tuel qui réunit des matériaux coruplets permettant de
retrlcer t'histoire clétaillée de la fabrication d'arrnes lié-
gooises à travets les âges.
On y constate le protligieux essor et I'effort constant de
notre belle cité arclente poul développer et perfectionner
la fabrieation des armes de cltnsse, de sport et de cléfense'
Cette industrie a a.jouté un fleuron de plus à son activité
dans tant de ilotnaines.
Deux mortiers lisses sortis tle la fonderie impériale cle
Liége (1ii12), eucadrent Ia l.rorte d'entrée du musée; cette
porte riortne accès à un vestibule d'otr part un escalier,
&ux murs décorés de panoplies d'armes blanches, qui mène
au prenier étage dont le palier est garni d'une ruitrail-
Ieuse et tle panoplies. Ce palier, de mêrue que toutes les
pièces du premier étage, est décoré avec gott de reliefs
:rux motifs divers de la Reneissance.
t'orr pénètre ensuite dans une salle oir I'on voit des
anciennes arues de tir, rlepuis les types les plus prirnitifs
ir r'ouet, Lrrectclant la percussion à silex, jusqu'aux modèles
c['armes les plus moclernes. Tout cela & pour but d'initier
nos :lmruriers aux détails et rux lterfectionnements ap-
portés à cette industrie, dont les Liégeois peuvent, à juste
titre, se rxontrer tiers. Disons que I'arquebuse restée en
usage l)our la chasse jusqu'au milieu du XVIIIe siècle
est caltrctérisée par un rouet à cannelure qui, à la suite
tl'un tléclic frictionle une pyrite sulfureuse et détermine
ainsi l'étiucel,le qui rnet le feu à la poutlre. Il y a là des
armes fabriquées dans tous les pays d'Europe, en Amé'
rique, en Chine, au Japon, etc., qui constituent d'utiles
éléments rle comparaison pour les ltrofessionnels et aussi
pour le's; prtlfirues tlésireux de s'insiruile.
-150-
La salle 2 est plus spéelalement réservée aux fusils de
chasse et, là aussi, l'on remarquera les modèles les plus
anciens, e'est-à-dire à silex, qui se perfeetionnant de plus
en plus paxtsent par les types à brôches, pour arriver ûna.
lement au système actuel à percusslon c€ntrale, dont te
type le plus parfait est le hammerless bien eonnu de tous.
Dans une vitrine (salle 1), I'on verra étalées de nom-
breuses pièces démontées ofrrant, notamment, de magni-
flques spécimens de gravures variées, des incrustations,
des sculptures d'armes ile luxe. fl y a là des ciselures
vraiment artistlques, montrant avec quelle rare maitrise et
avec quelle finesse nos armuriers liégeois savent orne-
menter les pièces qui leur sont conûées.
Outre les décorations générales de divers styles, que
nous ne pourrions décrire ici, I'on admire aussi des spé_
cimens portant des gravures spéciales, tels que des écus_
sons de famille, etc. Il y a là des armes de chasse les
plus perfectionnées, autant au point de vue mécanlque
qu'au point de vue décoratlf.
L'on sera frappé ici, comme dans toutes les salles de
cet étage, de voir combien les vitrines sont en harmonie
avec I'ornementation renaissance du local et aussl com-
bien l'entretien tles pièces exposées est parfalt.
Signalons ici qu'un escalier descendant au rez-de-chaus.
sée mène à une pièce séparée du musée et qui renferme
une eollection des plus intéressantes; c'est la < Salle
Iæmllle > dont le oontenu fut offert par le généreux dona-
teur de ce nom. Elle est formée presque exclusivement
d'armes destinées à I'exportatlon, appartenant à de nom-
breux modèles, et aussi d'armes de chasse, depuis les
types primitifs Jusqu'aux armes de grand luxe portant
de magniflques gravues exécutées par les maitres lié-
geois bien connus: Cuvelier et Boussaert. euantité de
modèles de pistolets et de révolvers, depuis le système à
canons en faisceaux datant de 1830, jusqu'aux types per-
fectionnés de notre époque, s'étalent dans les vitrines.
C'est là, un des plus remarquables elsembles d'armes
modern€s, de 1777 à nos jours, que I'on puisse voir. Le
portrait du donateur orne ùn mur de la salle.
La salle 4 est destinée à mettre en valeur un nombre
-1ô1-
considérable d.'armes de guerre, débutant par les modèles
les plus primitifs alors que la fricflon ou le choc du silex
falsait jaillir l'étincelle Jusqu'aux types à percusslon
cmtrale utilisés actuellement. L'on y ad.mire égalemenr
des modèles appartenant aux prlnclpaux pays, toujours
disposés ayec grand soucl de I'efret décorattf.
Dans une haute vltrine, atlossée au mur, I'on remar-
quera une série de pièces détachées pour armes, Ilortanr,
notamment, des ciselures, gravures, sculptures sur bois,
etc., ainsi que divers outils confectionnés par les élèves
armuriers pour permettre au prof€sseur de eet art indus-
triel de juger le degré de la capaelté de I'apprenti.
Une autre vitrine ofrre un réel intérêt rétnospectif parce
qu'elle met en lumière un genre d'industrie qui deputs
la grande guerre a disparu de la province de Liége: celle
de la fabrication des canons de Damas. Elle se spéclall-
sait particulièrement dans la vailée de la Vesdre, et se
caractérisait par I'alternance de baguettes de fer et
d'acler que I'on laminait et qu'on tordait ensuite à clroite
et à gauche. n'inalement le ruban formé par deux alliages
métalliques était tordu, puis soudé pour former un tout
homogène. Les divers stades de eette fabrication sont mis
€n valeur ici d'une façon saisissante.
Dans une autre salle sont rangées des armes de guerre,
depuis les types à percussion jusqu'aux dlvers modèles se
chargeant par Ia culasse, c'est-à-dire jusqu'à ceux d'une
époque voisine de 1880. L'on y remarquera des chassepots,
des Mausers, et divers spécimens d'annes enrployées dans
les principaux pays. Si I'on désire être documenté au
sujet du mécanlsme de ces armes, il sufûra de Jeter un
coup d'æil dans les vitrines où s,étalent les diverses pièces
démontées. I1 y a là aussi des modèles de cartouches
dont nous ne nous occuperons pas icl.
IJa salle 6 renferme les armes de guerre les plus mo-
dernes. C'est .ainsi que I'on y verrâ le fusil belge de
1889, le fusil Lebel automatique, le fusil allemand et, en
général, les armes portatives de tir des principales na-
tions, Iæ fusil belge de 1889 est une arme à répétition, à
magasin dans la bolte à culasse. Sa fermeture à verrou
(système Mauser) est à mouvements combinés. de trans-
- 152 --
lation suivant I'axe de I'arme et de rotation autour rlt
cet axe. Sori magasin pour 5 cartouches est approvisionné
par un porte-cartouche indépendant du mécanisme à répé-
tition. Les diverses opérations du chargement se font en
une geule fois par la maneuvre du verrou. Le ctnon est
protégé par un manchon en acier portant une hausse
graduée Jusque 2,000 mètres. loutes ces pièces tlémon.
tées sont visibles ici, comme, en général, pour les autres
ârmes.
Les vitrines de cette salle contiennent aussi quelques
armes blanches des temps passés un peu du
caractère de ce Musée - sortant
qui montrent d'intéressants
-
spécimens de sabres, d'épées, etc., appartenant aux épo-
'ques de Louis XIII, Louis XIV, Louis XVI et à I'Empire.
i
I L'on atùnirera aUssi d'anciennes épées <le Cour, des cou-
i teaur de chasse, des armes orientales, etc.
L'on gravira ensuite I'esealier qui.conduit au deuxième
étage, là où se trouvent encore de très remarquables
séries d'armes. Le palier donnant accès aux salles de cet
étâge est décoré de panoplies d'armes blanches, d'un type
cle mitlailleuse Claxton, de douilles, de canons avec ûfftts
en réduction, d'un mortier en bronze, etc.
Dans la salle 9, en forme de rotonde, il y a divels élé-
uents d'armes de tir, de luxe et d'exportatioD, tels que
tle grands fusils de rempart, des spécimens de fusils des-
tinés à la traite, parmi lesquels de fort curieux ou de
caractère artistique llar suite des décorations qu'ils por-
te.nt.
Dans la salle 10, I'on distinguera quelques arbalètes
suspendues au nrur, ainsi que des meubles garnis de trom-
blons et d'armes de traite, en majorité destinées âu con-
tinent africain. L'attention sera âussi attirée par quan-
tité de pistolets et rle carabineis de chasse et de tir, repré-
sentés par des spécimens très var.iés, depuis les plug pri-
mitifs à silex jusqu'aux types actuels, mettant bien en
relief l'lndustrie llégeoise.
La salle ll est réserr'ée à la magnifique eollection de
pistolets, de revolvers et d'armes automatiques de cetto
catégorie, comme aussi à rles carabines cle tir, simples
ou à répétition. Ces séries de pistolets et de revolv€rs.
- 153 --
comme ceux de la salle sulvante' présentent tous les
modèles, peut{û dire, fâbriqués depuis un siècle dans les
principaux pays. A n'en pas douter, cet ensemble est
unique, par le nombre et la variété des spéclmens expG
sés, L'amateur d.'armes, comme le spécialiste, trouvera là
une documentation la plus complète qu'il puisse reDcon-
trer.
Dnfin la salle 12, qui est en réalité la continuation de la
salle Lt. nous montre des vitrines garnies de nombreux

Fig. 4? - Une des stlles des Souvetrirs'

revolvers, panui les plus modernes et Ies plus perfection-


nés, dont il nous est impossible ici d'en donner même une
simple énumération.
Nous terminerons la visite du trIusée en parcourant
les
deux salles du < Souvenir ) (fig. 4?) ' Ces salles groul)€nt
qul
les divers types d'armes portatives, mitrailleuses,,etc''
furent en usage dans les armées belligérantes durant la
guerre 1914-1918. Ces salles furent inaugur'ées le 18 iuil-
tet fgZO. En plus d'armes à feu diverses, I'on leira égale-
ment des Lnussoles d'avion, des téIémètres, cles longues-
-154-
vues, etc. I'out cela provient de dons inrportants faits au
Musée par le Gouvernement belge, par les Gouvernements
français, anglais, italien et japonais, comûre aussi par des
particuliers.
Ce Musée d'armes retraçant d'une façon sl lnstructive
l'histoire de la fabrication d.'armes liégeoise depuis son
origine, démontre âvet: évidence I'imlxrrtance de cette
industrie si renommée dans notre pays.
Musée ourert gratuitcilrent t0l1s les jours, sauf te urardi, de
l0 à 1A of de
hiver, et jusq[c 1g heures en étô.
14 à 16 heures en

l-lEGE. Musée dæ Beaux Arts.


C'est Erard de la Marck, prince-évêque tte Liége qui, au
XVIe siècle, eut le pr.emier I'idée de fonder un mueée de
peinture dans cette ville; mais ce prince bienfaisant mou-
rut avant d'avoir pu réaliser ce projet consistanr, notam_
ment, à acquérir en Italie des chefs-d,æuvre de la peinture
et de la sculpture. L'artiste liégeois Lambert Lombart fut
I'un de ceux qui, suivant les instructions d'Erard. de la
Marck, eurent pour mission d'acheter des tableaux et des
sculptures destinés à orner les galeries du paleis princier.
Aux temps de la Révolution frangaise, une nouvelle ten-
tative fut faite pour fonder un musée, mais les plus impor_
tantes des æuvres acquises alors furent expédiées à paris.
Yers 1804, la ville de Liége reeevait le portrait en pied
de Napoléon Bonaparte, peint par Ingres, I,un des joyaur
actuels du Musée des Beaux-Arts de LiéEe.
En 1818, un magistrat épris d'art, pieire Martin Saint.
Martin, légua une série assez importante de tableaux et
de dessins. Ce petit musée, d'abord installé à I'hôtel cle
ville, fut transféré eD 1SB6 dans I'ancienne église de Saint_
André, où Àntoine Wiertz peignit un grand-tableau des_
tiné au Musée,
En 1860, il occupa I'ancienne Halle des Drapiers et, en
1887, à la suite de legs importants du notâire Jamar, de
lI. Donnay et du docteur Elorion, I'on décida de placer ces
@uvres d'art dans un bâtiment mieux approprié à cette
destlnation, Ie local actuel, qui est joint à I'Académie de
la ville et dont I'entrée se trouve rue de I'Académie,
En entrant dans la sâlle rles pns perdus I'on remarque
-155-
une série de sculptures et, parmi celles-ci, il
y a lieu de
ctte" ptos particulièrernent les æuvres de I'excellent
artiste
liégeois, Léon Mignon (flg. 48), entre &utres ses-nombreux
bus'tes, au caractère si réaliste, tels que : vieille
femme
Italienne, terre cuite, combat de taureaux, lancier belge'

de Léon Uignon. per L Philippet'


Fig. 43.
- Portrftit

le hulan en vedette, et Lady Goclivia, dont la belle allure


aur un fringant coursier est si bien traitée' âinsi qu'une
eérie de projets et d'esquisses.
Du sculpteur Jean Delcour, il y a un sâint Sébastien et
un saint Benolt; de P. Braecke, l'on remarque le monu-
ment Remy de Louvain; de Rousseau, le buste de I'artiste
-156-
C. Meunier; cle Jef Lambeau, le groupe en bîonze iutitulè
<< Le f,'aune morclu >; de Carpeau, < Ir'Ilomme à la ciga-

rette ); de P. De Vigne, le buste d'un ltalien; et enûn, de


Carrier-Belleuse, le buste du grand patriote Charles Rn-
gier.
La salle 1 nous mortre une toile de H. Ëvenepoel : < pro-
menade du dimanche à St-Cloud (Paris) >, scène anirnée de
prorneneurs aux tollettes variées; à I'avant-plan se trouve
un dragon au bras de srr promise. De E. Claus il y a deux
tableaux de factures très différerrtes; I'un, < Le vieu-x jar-
tlinier >, aux piecls nus et en costuDre de travail, se clétache
harruonieusement sur un fond de verdure; l'autre, le <Châ-
taignier>, aux couleurs vives, rougeâtres, paralt être de sa
dernière manière.
De R. Wytsman, il y a un < Hiver à La Hulpe > en Rr:r-
bant; de nl. Laerrnans : (( Les Iutrus l, représente, à
I'avant plan d'un chemin de village bordé d'un côté par
cles rnaisonnettes et de I'autre ptr un ruisseau, une famille
malheureuse, composée de six personnes, et dont la tris-
tesse et la résignation se réflètent sur les figures; de E.
Carpent,ier, une scène d'uu joli réùlisnle, celle d'une pay_
sanne et d'un enfant occupés à laver des navets dans une
rnare; de A. Struys, < Un art qui se meurt )), vieille dentel_
lière crourbée par l'âge, assise devant une fenêtre ollverre
et qui se livre à son occupâtion favorite.
De E. T9'autels : < Marie tle Bourgogne inplorant des
magistrats de Gand, la grâce de ses conseillers Hugouet
et d'Ilumbercourt >, toile de grande allure, d'un riche oolo-
ris et aux figures expressives; de Baertsoen, la ruelle d'un
village endormi dans la neige au bortl d'une rlvière; de
J. Dnsor, une nature nrorte tigurant des légumès déposés
négligemment sur uDe table.
Une deuxième salle nous laisse voit une série de neuf
paysages de I'artiste E. Boudin, délicats sites de porcs,
de bords de rivière, tels que Trouville et vue du port de
Tlouville; de C. Pissaro, < Le Louvre au printemps >, toile
aux tons clairs, de l'école des impressionnistes. laissant
vaguement percevoir le monument de la ville Lumière; de
C-. Daubigny, il y a quatre paysages dont I'un offre I'image
dun site des environs d'Anvers et, urr autre, ,ro o*p"t
*157-

Fic. Portrait de Iàpoléon Bouâpârte, pâr Ingres,


40.
-
-158-
pittoresque de Villerville, côte rocheuse au bord des eaux
anlmées par des barques; de J. Corot, un paysage, et tte
Courbet, un sombre site suisse.
Une grande toile de F. X'lameng attire l'attention par
son allure mouvementée; elle représente la clrar$e du
Maréchal Ney à Waterloo. Le violent effort des,.héroÏques
soldats de Napoléon y est mis en lumière avec tleaucoup
de réalisme. Du même artlste, on pourra voir un tableau
d'un tout autre genre < La dame au miroir > (portrait
d'une Parisienne). De Ir. Simon, < Ire Cirque forain >,
scène caractérisée par les physionomles expressives cles
spectateurs, dont les regards se portent avec intérêt vers
une équilibriste marchant sur une eorde. De L. Bokel-
mann, I'on distingue un agréable intérieur, très lumineux,
un festln cle baptême en f,'rise, aux campagnardes ornées
de pittoresques bonnets; de R. Menard, il y a u4 paysage
avec figures.
La plus lntéressante p€inture de la salle 3, et aussi I'une
des plus célèbres du Musée cte Liége, c'est le portrait en
pied de Napoléon Bonaparte, Premier Consul, peint par
J. Ingres. Il fut offert par Napoléon à la ville, un an et
demi après la visite qu'il tt à Liége en 1803. On le voit
en costume de velours rouge et en bas de soie, tel qu'il
s'était montré aux Llégeois, en 1803. Sa main droite
est appuyée sur un décret qu'il signa lors de son
passage. Par une fenêtre ouverte se profile la cathédrale
St-Lambert. Cette æuvre de premier ordre a été exposée
deux fois à Paris et, la dernière fois, à I'Exposition Uni-
verselle de 1900, où elle occupa Ia place d'honneur (fig. ag).
De E. Wauters, I'on admire une jolie tête d'amour; de
C. Verlat, une mère souriante, vêtue d,un costume pitto-
resque, présentant son premier bébé; de À. Stevens, une
élégante Parisienne parée d'un vêtement japonais et se
mirant avec grâce dans une glace. Comme boutes les æu-
vres de cet artiste, une râre distinction se dégage de ce
portrait au costume traité avec prfection.
J. Courtens nous montre un vigoureux et lumineux
chemin ombragé de grands arbres intitulé < Soleil de Sep-
tembre >; A. De Knyff nous fait voir sa < Barrière Noire >,
paysage dont l'âvant plan ombragé fait valoir à I'arrière
l-59
- -
plan une preirie animée de bestiaux et brillamment éclai-
rée. Deux tableaux de Yerwée ornent c€tte salle et, notam-
ment, I'un : ( Iæ taureau fuyant devant I'orage ) est I'une
des plus belles et des plus puissantes productlons de ce
maitre (fig.50). L'animal, au ton clair, traité avec un vigou-
reux eolorls et avec un rare réalisme, se détache superbe.
ment sur le fond sombre d'un ciel sinistre &nnonçant
I'approche de la tourmente.
La cinqulème salle nous offre tout d'abord une impor-

Fig. 50.
- Le tâurean luyant devant:l'oroge, par Verwée.

tante toile de A. Wiertz, intitulée : << Iues Grecs et les


Troyens se disputant le eorps de Patrocle > (fils d'un roi
de Locride), laquelle caractérise fort bien I'habileté des
compositions originales de ce maltre. Quelques mots d'his-
tolre au sujet de ce tableau paraissent utiles. Dn 1839,
Wiettz commenea l'exécgtion d'une toile destinée au Musée
de Liége et qui devait représenter la Révolte de I'Enfer
@ntre le Ciel, ceuvre qui figura dans ce musée jusqu'en
1847. À cette époque, I'artiste se la flt renvoyer à Bruxellee
pour y faire des retouches. Quatre ans après, la ville
réclama le tableau et on lui répondit alors que, par suite
-100-
de transformations, il
était devenu un nutre tableau lnti-
tulé < La Chute des Anges >, offert à I'Etat par le maitre.
Àprès de nouvelleg réclamations, par I'intermédiaire du
Gouvernement, Wiertz peignit une autre æuvre pour la
ville de Liége, mais ll mourut avant d'avoir pu la ter-
miner. Toutes les peintures de I'artiste ayant été léguées
alors à I'Etat, la ville de Liége réclama un tableau équiva-
lent et, à la sulte de longues démarches, son musée finit
par entrer en possession clu tableau actuel: < Patrocle >.
De A. Chauvin, il y a une toile: < Saint Lambert au ban-
quet de Pépin de Elerstal >, qui offre un intérêt archéolo-
gique, parce que ce tâbleau tente de représenter, avec pltls
ou moins de vraisemblance,la scène faite par le sâint homme
à Àtpaïde, mère de Charles-Martel qui, par vengeance, le
tt assassiner le lendemain. De J. Lamorinière, I'on voit
une belle peinture montrant le bois de Burnham, site aux
tons Sombres. au sol tapissé de feuilles rnortes et ombragé
par les ramures de puissants arbres aux allures tourmen-
tées; cle ['1. Willems, un gracieux tâbleau : << La Lecture n,
figurant une famille réunie autour d'un foyer; de J. De
Vriendt, < Griselidis, martluise de Saluces (légende) >; tle
A. De Vriendt, une danseuse égyptienne développant ses
grâees devant une famille patrieienne. Du portrâitiste bien
apprécié, B. Yieillevoye, I'on remarque, notamment, ses
< Botieresses agaçant un braconnier > (fig. 51), et une belle
tête de vieille femme,
Dans la salle 6 (Don E. Dumont), renfermant des pay.
sages, des portraits et diverses scènes, il n'y a aucune
æuvre bien marquante âr mentionner,
La salle 4, formée en partle du legs Horion, contie[t
quelques peintures anciennes, dont les auteurg ue sont
guère connus avec certitude. Une série de huit peintures
fort intéressantes est c€lle de I'artiste liégeois G. de Lal-
resse, représentant le triomphe de Paul-Emile, long eortège
historique, où I'on voit, notamment, le potentat romain
ûèrernent campé dans son char tiré par quatre chevaux
blancs. Du même artiste, il y a encore une toile amusante
ffgurant < Le Tribuual de la Sottise ) ou parodie de la
Justice.
LIn autre peintre liégeois, bien apprécié, Lambert Lom-
_ 1"61 _
bard, nous montre tn curieux portrait, nommé le < Philo-
guet ), qui rrûralt etre une sorte de fou joueur cle fltte,
alnsi qu'une toile d'un tout autre caractère: < La Cène >.
L'artiste liég€ois I/, Defranee nous offre une série de, six
belles peintures, telles que: << Vlsite au Tonnelier >, <Yislte
à la manufacture de tabac n, < Intérieur d'usine )), ( Le
Chrisb à la Colonne >, ete. De J. Carlier, le portrait de
I'auteur.
La salle A. Donnay est consacrée aux nombreuses æuvres

Fig. 51. -EBotteresseslagaqant un braconnier, par YieilleYoye

du maitre liégeois de ce nom : peintures, dessins et eaux-


fortes. Parmi les paysages, au caractère déeoratif et réa-
liste, signalons : << Terre Wallonne >, figurant, d'un côté,
une vallée profonde et, de I'autre, le r€bord d'un plateau
recouvert d'arbres clairsemés et animé par la présence
d'une femme symbolisant le pays; << Paysage d'Ardenne >
(aspect panoramique); ( X'onte de neige dans la vellée
de I'Amblève >; <r L'inondation >, etc. L'un de ses deux
tableaux des X'onds de Quareux (Amblève) ofrre cette par-
-L62-
ticulartté curieuse que l'artiste a su donner de vagued
aspects de flgures animées aux gros quartiers de rocs arron'
dis par I'action des eaux, dont le lit de la iivière est par-
semé en ce Point.
Dans la salle 8, parmi les æuvres de L' Philippet, pein'
tre liégeois, I'on distingue une agréalbe toile intitulée :
< La fête de la Grand-Mère > et figurant, assis devant une
table sur laquelle des fleurs sont déposées, la vieille femme
à la figure joyeuse, entourée de sa famille et de ses am18
qui, debout, boivent à sa santé. Du nême artiste il y a
une @uvre d'un tout autre caractère : << Ir'Agsassinée r
(scène italienne). Un autre tableau digDe d'intérêt est
le portrait du sculpteur liégeois L. Mignon (tg. 48). Deux
autres peintres liégeois sont représentés: I'un, L. Lombart
par < L'Artiste p€int par lui-même > et I'autre, E. Berch-
mans, par deux gracieuses toiles intitulées: <Confidencen et
< Jeunesse >. R. Eleintz donne l'image d'un impressionnant
site, très réaliste, de la vatlée de I'Ourthe, connu sous le
nom de la < Roche Noire >, à Sy. De R. Wolf, < Un effet
de neige >; de Y. Cerf : < Portrait de la mère de I'artlste >,
et de "G. Ilalbart : < Etable à veaux >,
Dn outre cette salle contient une série de photographiee
reproduisant les æuvres du peintre dinantals bien connu :
J. Patenler. Dans ule vitrine offerte par les < Amls de
I'Art Wallon D, il y a des photographies d'æuvres de Roger
de la Pasture, de Ilenri Blès, Doufret, Berthelot, I'lémalle
et Gérard de Lairesse.
Signalons entn qu'une vaste salle de ce musée renferme
de nombreux moulages de sculptures anciennes des diffé-
rentes époques (bas-reliefs, statues, bustes, ete.), eonsti-
tuant une très instructive école populaire d'art, des plus
lntéressantes pour tous.
Visible tous les iours als 10 à f6 ou 17 hetrres.

LIEGE. Musée de Gré,try.


Grétry, eompositeur bien connu, est né à Liége en 1741,
lly commença ses études pour les achever à Rome. C'était
un artiste lnspiré et bien doué pour la scène, et dont le
talent complétaient I'inspiration. Ses compositlons sont
-163-
nombreuses et appréciées. Il mourut à I'Drmitage de Mont-
morency en 1813.
Iæ musée situé rue des Récollets, depuis 1912, dans la
maison où naquit le célèbre musicien, renferme un nombre
aonsidérable d'objets, plus de cinq cents, rappelant le grand
artiste. Il y a là des livres, des partitions, des portralts
et des souvenlrs variés se rapportant à la vie et à l'æuvre
de l'éminent compositeur.
' M. Radoux, qui avait consacré son temps à réunir cette
oollectlon, en a fait don à la ville de Liége,

LIECE. Musee dre la Vie Wallonme,


Ce musée en formation, dont trois salles vont bientôt
être accessibles au public, est logé dans un local provisoire,
130, rue X'éronstrée, Depuis sa création, décidée en 1913,
ses organisateurs ont déjà réunl plus de 50,000 pièces,
Sl le folklore proprement dit y occupe une place impor-
tante, la vie wallone de notre pays y serâ représentée sous
ses divers aspects et à toutes les é1roques. Il ne contiendra
pas seulement une simple collection d'objets, mais il sera
constitué également de séries doeumentaires, aussi com-
plètes qtte possible, intéressant I'historien, le philologue,
l'ethnographe ou le technlcien.
La valeur marchande d'un objet n'entre pas ici en ligne
de compte; l'on considère surtout ce qui n'est plus en usage
et ce qui mérite d'être cpnservé, De même, I'on note les
traditions disparues ou appelées à disparaitre bientôt.
Lorsque I'objet original ne peut être acquis où s'il est
périssable, il en est fait un moulage ou une reconstitutlon;
s'il est trop grantl, il est exécuté en réduction. Les sites,
portralts, etc., sont figurés en peinture, gravure, dessin ou
photographie, même en couleurs.
Si la représentation du relief est nécessaire, la stéréos-
c,opie est utilisée et, pour reproduire le mouvement, c'est
le cinématographe qui entre en action. L'on enregistre
également les dialectes, au moyen du phonographe.
La vie matérielle comprend: l'habitâtion, le mobilier et
ses accessoires, le vêtement, les moyens de traûspott, ete.
La vle familiale s'occupe des coutumes, de l'enfant, des
amouteux, du mariage, de la maladie, de la mort, etc. Le
r---r:":--

-16{-
travail est représenté par les æcupatlons domestlques, les
petits métiers, les industrles locales, les divers outlllagee,
la vie ouvrière, ete.
Le plaisir est ûguré par la documentation sur les fêtes,
les Jeux, les sports; la vie sociale, par le service militalre,
la criminalité, le droit, I'aclministratlon, etc.; la vie intel-

-
Fjg. 52. Les Rois Dlages
Mûrionnettes liégeoises de la fin du XIXe siècle. Cotteclion dû Mûsée.

lectuelle, par la religion, la magie; enûn l'art populalre


et I'histoire y prennent plaee également (fig. 52).
Depuis 1924, ce musée possèale un service des enquêtes
s'adressant à 2,000 eorrespondants répartis dans toute la
Walloule.
Pour mettre €n valeur convenable cette nombreuse docu-
-165-
mentation. d.'une incontestable utilité, un vaste immeuble
est indispensable.
Nous espérons que les aduinistrations, lr mêute de pou-
voir réaliser ce désideratum, s'efforceront de faire le né-
cessaire pour loger, comme elles doivent l'être, les collec-
tions de ce musée qui seront de beaucoup les plus impor'
tantes et les plus remarquables de ce genre actuellement
en Bclgique.
'I'erminons en disant avec M. Remouchlmps, l'érudit
directeur de cet établissement instructif au plus haut de-
gré, ( que la documentation n'est pas la seule raison d'être
du Musée lVallon. Il contribuera aussi à l'éducation popu-
lrrire et fera cornprendre ce que nous devons.à I'effort des
générations qui nous ont précédés. Il inspirera le respect
du travail et I'amour du sol natal. Ce ne sera pas là, pen-
sons nous, son moindre intérêt >.
Directeur : M. J. M. ReillouchûrnDs
Conserratent : i\L E. Polain.

LOKEREN. Musée archfrrlogiquà.


Ce musée est établi dans I'Hôtel de ville, monument
conçu dans le style Louis XV. Au l-ras de I'escalier de son
vestibule, se r[ontre un antique et remarquable eadran
solaire, formé d'une colonne rectalgulaire en pierre cal'
caire portant, sur trois de ses faces verticales, des indica-
tions horaires. Il remoûte à la première moitié du XVIe
sièclc. Les pièces métalliques, destinées à marquer les
heures sur les faces de I'instrument, manquent; mais Ies
ràyons <livisant les trois cadrans sont encore nettement
grar'és sur la colonne, ainsi que les longueurs d'ombre de
chacun des mois tle I'année (lig, 53). La face tle la pierre
qui était orientée au sud portait les indications horaires
<lu nrilieu de la journée, tandis que le cadran de Ia surface
tournée vers I'est donnait les premières heures de la ma-
tinée; celui de la faee ouest marquâit les dernières heures
tle lumière.
Au voisinage de ce très curieux cadritn solaire, I'on verra
divers fragments d'architecture Jlrovenânt, notamment, de
I'imporlante abbaye de Baudeloo, et des documents sculp-
6
-166-

Fig. 53. Cirdmn solB,ile de I'rncien cbâteau d'0ver.ureire


-
-167-
tés: pierres armoriées ou autres ayant appartenu à de
vieilles habitations du pays de Lokeren.
au premier palier de I'escalier se trouv€ une intéressante
porte en chêne, du XVIIIo siècle et qui provienl. <l'une an-
tique sevonnerie. L'on Y
remarquera deux ton-
neaux sculptés, ornant sa
partie Êupérieure, ainsi
qu'une ancienne serrure. #Ï
Plusieurs arbalètes gar-
nissent les murs de I'es-
calier; sur le deuxième
i
palier, I'on distingue un
petit et curieux véhicule
du XVIII6 siècle, Porté
sur deux roues et qui de-
vait constituer une sorte
de voiturette trainée Par
un homme à la manièl'e
des djirinksha encore en
usage au Japon.
On pénètre ensuite dans
a prenrière salle oir s'of-
frenl, entre aulres choses.
quelques instruments pre-
historiques, et notamûlent
une superbe gaine de hzr-
che polie en bois de cerf, "J
faqonnée par I'hotnme pri-
mitif et qui constitue un t:

des plus beaux spécimens


de cette époque. Elle a
été trouvée au cours Fis. 51
e[ bois de ce]f.
Gaine de hâche
de rlragages de I'Escaut
à Termoncle (fig. 54).
Il y n aussi deux haclte.; de la mô'rne époque, mais qui sont
entièrenlent en bois tle cerf. Toutes sont percées d'un trou
pour y fixer un. manche en bois. Près tle ces objets préhis-
toriques s'alignent quelques haches de liremier ordte en
-1(i8-
Bllex poli, qt des haehes taillees de l'âge de lû Dierre polie,
provenant-de Belgique et de l'étranger.
L'âge du métal est représenté par une belle hache en
bronze, découverte sur le territoire de Lolieren; la période
b'elgo-romaine est figurée par de la verrerie, à Ia facture
parfojs élégante et de provenance variée.
Parml les grès divers ilu moyen-âge qui garnissent une
vltrine, il y a lieu de signaler un récipient très étroit, en
forme de fente, qui servait à contenir des cierges; une
cruche ayant appartenu à I'abbàye de Baudeloo et un grand
tonneau pour liquides. Yoisinant ces pièces, I'on rernar-
quera un ancien compas (boussole de bâtelier) fabriqué
dans les Pays-Bas et ayant servi à uù navigâteur de Lo-
kereD.
Une deuxième vitrine renferme un instrument de mu-
Sique bien intéressant; c'est un fifre façonné au moyen
d'un tibia de mouton, semble-t-il, et orné d'une sérle de
bagues en argent sur lesquelles on peut lire les noms des
principaux membres de la société Saint-Sébastien. Ce re-
marquable instrument a été offert à cette société en 1618
par Albert et fsabelle, lorsque ces nobles seigneurs con-
sentirent à être élus membres de cette corporation.
Signalons ici une pièce curieuse, au point de vue folk-
lorique et artistique: e'est une plaque en ivoire de forme
bombée, donnant en gravure I'image tle la sainte Vierge
portant I'enfant Jésus. L'ensemble se détache sous un
portique à l'allure antique. Cette petite æuvre décorative,
qui provient du village d'Overmeire, fait partie d'une ca-
tégorie d'objets désignés sous le nom de ( Baisers de paix >,
C€s obj€ts étaient confectionnées par l'église: lorsque deux
branches d'une famille étaient en diseorde, le curé fatsait
eomparaitre les deux partis ennemis et exhortait âlors les
représentants de ces familles à embrasser I'image sainte.
Lorsqu'il était parvenu à ce résultat, le contrat de paix
était considéré cromme stgné (fig. bF).
Il y a là aussi des figurines en argent, ayant également
un caractère religieux, ainsi que d'anciens plats, en faience
ou en porcelaine, de Elollande, Bruges, Nevers, etc.
Au mur sont accroehés un vieux baromètre à cadran
tln début du XIXe siècle, et qui est conçu suivant lrr mé-
-169-

Fis. 55. - Beiser dê-Paix. lYoire


-.170-
thode de Torricelli, ainsi qu'uu ancien baromètre à mer-
cure, du type général bien connu. Sur le plancher s,appure
un départ d'escalier ayant appartenu à I'antique chât€au
de Beirvelde.
Dans une vitrine I'on pourra vorr le plus ancien sc€au
de Lokeren. Il est en fer et devait donc, très probablement,
être frappé à chaucl; il porte les armolries de la ville,
consistant bn une grille rappelant saint Laurent et un
navet qui rappelle le souvenir du pays de Waes.
Nous avons encore à lndiquer une collection de médailles
offrant de I'intérêt pour l,histoire de Lokeren ou du pays
envlronnant, ainsi que -quelques petits coffrets à bijoux.
'Sur un socle se détache un lion seulpté
dans une pierre
blanche et qui porte les armoiries de la famille Ryngaut.
L'une des vitrines contient dlvers spécimens d,anclens.
luminaires, tels que bougeoirs, crassets, etc., et des petites
balances, dont l,une provient de I'hôtel de ville; des
tré,
buchets, notamment uu vieux modèle, au caractère
ar_
chaique, utilisé dans les pharmacies d,autrefols; des
ba_
lances destinées à peser des objets précieux.
Sur te plan_
cher repose le fléau d'une grande balance ayant servt jadis
à la ville de Lokeren,
Tout près de Ià se dresse un grand lion héraldique
en
pierre, assez bien sculpté, qui soutient entre
ses griffes les
armoiries de la ville formées d'une grille et d,un navet,
provient de I'ancienne minque de Lokeren, Il
aux temps passés, le principal ornement,
dont il faisait_
On distinguera une collection d'anciens sceaux
de la ville,
et de vieux oostumes rappelant les modes disparues. par_
mi les curiosités du musée, l,on peut citer aussi la peau
d'un énorme esturgeon qui a été capturé, il y a quelques,
années, dans les eaux de la Durme, à Lokeùn.
La prise
d'un poisson de cette espèce à une sr grande distance
de la
mer est un fait extremement rare.
lur 1ne table est déposee une paire de ces gigantesques
et lourdes bottes fourrées qui faisaient partie"ù l,attirail
de nos aneiens postillons; ces bottes pendaient
de chaque
côté de la selle et servaient à protéger le cavalier
contre
les rigueurs de I'hiver et aussi contre les choes
des bran_
cards.
-L7r-
On verra aussi un ancien drapeau hollandais rapporté
en 1830 par un patriote cle Lokeren, une vieille fltte à bec
en bois et en ivoire remontant au XYIIo siècle, divers plans
de coushuction d'habitations, une série de tgures sculB-
tées en bois de chêne, sujets leligieux provenant de l'églige
de l'endroit; une coUection de vi€ux esslgûâts et d'afliches
au caractère politique ou autre; des imageries, des moules
pour la confection de terres cuites, des carreaux cle Delft
ou d'autres ProYenanc€sr €tc.
L'une des vitrines renferme un pot en grès qui a été dê'
couvert à Lokeren, avec tout son précieux contenu cam-
prenant de nombreuses pièees de monnaies en or et eD
argent du XYIIo siècle et du XYIIIo siècle; des médailles
de Napoléonides portant en grand I'initlale N, ainsi qu'une
méctaille frappée en 1895, à I'effigie de nos souverains, lors-
que Léopold II et la reine Marie-Ilenriette ûrent leur
visite offlcielle à Lokeren. Il y a aussi une collection
de ferronnerle représentée par des grilles, des poignées et
pentures de portes, des serrures, etc. Ir'on verra également
des casques, cuirasses, armes et autres objets il'équipe-
mett militaire'
À signaler des documents utiles à l'histoire de la ville \
de Lokeren, tels qu'une copie ancienne du règlement de la I
confrérie de Sadnt-Sébastien, remontent à 1613; le I
'locu-
ment orlginel de I'octroi à la ville, sous Charles-Quinb' en \
1555.du marché hebdomadaire, qui fut autorisé non sana '
peine et qui, de nos Jours, a encor€ lieu chaque mercredi
au temps iadis. Une autre salle est ornée d'un
"o**"
mobilier du XVII. siècie, parmi lequel se signale tout par-
ticulièrement une belle armoire en ehêne plaqué de noyer
avec marqueterie d'ivoire, qui fut Ia propriété de la gllde
<le Saint-Sébastien à Dacknam. Ce meuble est décoré vers
le haut de sculptures représentânt d'un côté saint Sébas-
{.ien, de I'autre Ie tlreur. Sur le panneau inférieur, se dé-
tachent les armolries de l* commune de Dacknam. Il y a
encore là d'intéressants bahuts en chêne sculpté; un
petit
rDeuble scriban; une vierge en bois d'une bonne facture;
une aneienne cheminée en pierre avec manteau en bois'
.et dont le fond est tapissé d'une taque en fonte encadræ
d'un carrelage en terre cuite.
-L72_
On verra aussi deux petits cnffrets, dont l,un en
bois
est encerclé de ferrures, et I'autre, plus digne d,intérêt,
est entièrement confectionné en fer forgé. Dans
une autre
salle repose un grand coffret à archives précieuses
et
s'élève un vieux confessionuai en chêne provônant
d,Ovér-
meire. L,on y voit aussi un lit_âlcôve
ouvert d,un
seul côté. Ce côté est clôturé par un"orideau
"hêo" décoré
d,un
dessin blanc sur fond bleu, qui date cle la même
époque
que le meuble, c'est-à.dire du XVIIo siècte.
Au moyen
d'appliques de terre glaise (argile) sur l,étoffe,
quait I'emplacement du rtessin. avant de passerl,on mas_
Ia pièce
à la teinture. On obtenait ainsi le Aessln Utanc sur
fond
bleu; c'est le batik de I'art tlécoratif *oOu.o".-
L'attention est attirée vers deux statues adossées,
en
t€rre cuite, æuvre d'une belle conception du
xvrru siècle,
figurant saint Roch et saint Benoît. Ce modelâge
artis_
tiqu€ a servi de maquette à I'artiste qui a sculpté le
su_
perbe portique de la néeropole de la famille
Ryngaut, qui
s'élève maintenant clevant l'église de Lokeren.
Oe monu_
ment est orné de deux paires de statues adossées. Un lu-
rninaire en fer forgé, dataDt du XV" siècle et provenant.
de l'église d'Dxaerde, est égâlement à signaler.
Avant d'ent,rer dans la salle des meubles en style.
Louis XV, I'on passera devant des vitrines coDtenant des
statuettes et d'autres objets égyptiens; tles larnpes, vases
divers, etc. de l'époque romaitre, généralement de prove_
nânc€ étrangère.
Deux frontons en chêne sculpté, décorés de portraits.
d'évêques, attribués à Duquesnoy et provenant de l,église
d'Exaerde, attirent Ie regartl. Il y a aussi des vieilles
chaises, quelques types cl'ancierures serrures et clivers
spé_
cimens de cuir de Cordoue. Une pièce fort curieuse est la
devanture d'un ancien coffre de rnariée, qui renfermait le
trousseau; elle est recouverte de cuir appliqué sur bois
par des milliers de clous, et la multiplicité de ces clous,
aux têtes de haut€ur et de tliamèîre variable, placés les
uns à côté des autres, forme de tlélicats et jolis dessins
en relief, très compliqués.
Au delà d'un drapeau cl'anciens soldats ayant servi sous
le règne de léopolctII, on pénètre dans une sâile dont
173
- -.
presque tous l€s objets datent des XYIIIe et XIXo siècles,
parmi lesquels se remarquent divers objets ayant appar.
tenu à la confrérie de Saint-Sébastien: ce sont des vieilles
bannières, des flèches d'honneur, des bonnets, un eostume
de bedeau, des règlements de la corporation, dont un exen.
plaire colorié avec gott. Des costumes militaires de 1830
voisinent avec des objets divers, tels que: appareil pour
Ie métier de gantier, palette pour arroser le lin, etc. Cette
pièce contient aussi un vieux métier à tisser remontant
au début du XIXo siècle et, fait du plus haut intérêt, ce
métier est accompagné d'environ deux mille exc€llents
échantillons d'étoffes confectionnées à cette époque. Il y a
là aussi des rouets et d'autres objets se rapportent au
métier de tisserand, profession fort en honneur, comme
ehacun le sait, dans la paisible cité cle Lokeren.

LOUVAIN. Mueée dArt et d'Arrhéologie.


Ce musée, dont la création reuronte à 1854, était installé
autrefois dans une salle du deuxième étage de l'hôtel de
ville, dans cet incomparable joyau d'architecture gothique
tertiaire bien connu de tous.
Les collectiols, essentiellement de Beaux Arts, devenant
bientôt trop à l'étroit dans ce local, furent tran$érées en
1920 dans un bâtiment mieux approprié, situé 12, rue de
Savoie, au cæur de la cité et qui fut gracieusement ofrert
à la ville par M. Yictor Vanderkelen, ancien sénateur de
I'arrondissement de Louvain: le donateur voulut ainsi ho-
norer la mémoire de son père, qui fut un des bourgmestres
de la ville. Connu sous le nom de Collège de Savoie, ee
Iocal a été modernisé en 1858 et, du bâtiment primitif, il
ne reste plus que la belle porte monumentale cle I'entrée,
qui date de 1650.
Au centre du jardin, qui précMe le bâtiment du musée.
se trouvent une série d'aneiennes enseignes en pierres qui
ornaient Jailis de vieilles maisons, et un attribut appar-
tenant à la corporation des brasseurs. Dans le voisinage,
s'amoncellent des boulets en plerre, de curieux fragmenis
d'antiques gargouilles provenant de l'église Saint-Plerre.
etc.
Dans les annexeg du musée. I'on rnurra voir d'anelerrs
-r74-
grillages qui clôturaient les fenêtres de I'hôtel de ville;
des fragmente d'architecture ; des armoiries universitaires
exécutées à I'occasion de suceès. estudiantins. Des
tableaux, des gravures, des dessins artistiques et des plans
fort curleux offrant un intérêt tout spécial au point de
vue du folklore local et de I'histoire de la ville de Louvain.
Dspérons que I'art décoratif et le folklore continueront à
se développer de plus en plus dans ce musée, pour lui
donner un caractère général plus instructif encore et plus
vulgarisateur
La salle 1 est ornée, en son centre, d,un groupe en bronze
par Jef Lambeaux, et représente une sorte de femme au
Cygne. Il est composé d'une femme abaissée dans une po.
sition gracieuse et dont la nuque se pose contre
un eygne couché avee nonchalance. Le tout s'appuie sur
un curieux support formé de eygnes disposés en rayons.
L'on remarquera aussi un joli bronzæ de p. J. Mène,
représ€ntant le valet de chiens retenant sa meute de chasse.
group€ dont I'allure est bien ordonnée.
Parmi les peintures qui décrorent la salle, I'on peut men-
tionner: les pêcheurs de crevettes d'fsidore Verheyden,
@uvre bien compo.sée et de tons harmonieux; un beau por-
trait d'Omer Dlrickx Ru chaud coloris; trois toiles d'iuté-
rieurs d'églises dues au pinceau de I'artiste louvaniste
Joseph Maswiens, et dont l'une, ligurânt la cathédrale de
Tolède, est caractérlsée par un joli effet d.'éclairage du
cheur.
Dans la salle 2, I'on distinguera une sortie de l'église du
Béguinage à Louvain, de A. Delaunois, groupe de reli-
gieuses et de femmes du peuple enveloppé d.'une sombre
atmosphère; Luther à la dlète de Worms, faisant face aux
évêques lui lançant I'a-nathème et qui viennent de I'ex-
communier, groupe aux persoûnages bien placés et d'un
bon coloris, dt à l'artiste Delpérée; un paysage hollandais
(prairies et moulins) de E r. Courtens,
L'on verra auÊsl la reprpduction en plâtre d'une sculp-
ture de Jean Cuypers: << L'hallali >.
Lra salle 3 renferme, notamm@t, une peinture dlte: < Les
4 éléments >, composltion qui fut offerte à la ville en LT41
pgr le bourgmestre Duchâteaul une reproduction en plâtre
-176-
d'une sculpture de X'r. Vermeylen, figurant CaIn qui, dans
une attitude penslve, médite son abominable crime.
L'on verra aussi un meuble de style Renalssance fla-
mande, en chêne seulpté, étroit et haut, dans le genre des
m€ubles dits < béguineÊ )); ainsi qu'un collier en argent
pror'€nant de la Gilcle de Saint-Sébastien, de Wespelaer,
sous lequel est suspendu I'oiseau, I'arc et les flèches carae-
téristiques de ces corporations.
Sur une table, est déposé le premier obus lancé par les
Allemands en 1914 sur la ville de Louvain; mais comme
ce procédé de destructlon fut jugé trop lent, les chefs
de la Kultur teutonne ordorrnèrent alors d'employer un
procédé plus radical: l?inc€nrlie et le pillage de la cité sl
belle et si prospère.
La quatrième salle, décorée d'un plafond Louis XV au
style simple, contient un Christ apparaissant à la Vierge,
peint par II. De Clerck; une douce et gracieuse madone
assise, sculptu,re de X'rans Yermeylen père, et dont les
vêtelnents sont drapés avec art.
La salle 5 renferme une jolle peinture de V. Gilsoul,
tgurant à la nuit tornbante un aspect de I'ancien pont,
maintenânt démoli, tlu canal de Rruxelles; un portrait
fort ressemblant de I'illustre chimiste, Jean St.as; quel-
ques tableaux se rapportant aux aspects du Irouvain dis-
paru depuis la guerre de 1914, etc.
Au centre de la pièce, I'on remarquera une vitrine qui
renferrne 17 reliures de luxe en plein cuir, oollection qui
fut offerte par un artiste natif de Louvain: Isidore Smeets.
Après avoir lait fortune à Paris, par I'exercice de son
art, il revlnt à Louvain et ût ce don pour honorer sa ville
natale. Ces reliures, toutes traitées de main de mâltre,
comprennent des æuvres d'une belle conception décora-
tive.
Dans le corriclor du rez-de-chaussée, I'on r€nrarquerâ
une curieuse aftcbe des temps passés, annonçant qu'un
service funèbre sera célébré en I'honneur tles héros tombés
à Ia bâtaille de Turnhout en 1789. A signaler un médaillon
tgurant l'écu de la ville de Louvain entouré de flammes,
reproduisant l'æuvre de f,'r. Vermeylen, qui fut exécutée
pour une exposition d'art après le pillage de la ville. Iæs
-176-
Allemands jugeant alors que ce médaillon constituait une
offense pour leur houneur, le flrent retirir de cette expo-
sition.
Face à I'escalier, le mur du vestibule est orné d'uné.
des plus belles et des plus intéressantes peintur€s de c€.
musée: < Le Déluge >>, chef d'tBuvre de Lambert Mathieu,
artiste louvaniste qui, né à Rome en 1804, fut directeur
de I'Académie de Louvain. Cette toile d'abord acquise, par'
le Gouvernement en 1833, fut ultérieurement échangée.
avec I'artiste pour obtenir sa peinture représentant la
( Mort de Marie de Bourgogne >, Peu de temps avant sa
mort, Lambert Mathieu fit don à Louvain de cette ma-
gnitque toile, qu'à juste titr€ il jugeait être son æuvre
de maltrise.
Au premier palier de I'escalier donnant accès à l'étage"
s'étale la copie d'un grand plan panoramique de Louvain,
dessiné à ur seul exemplaire et dans ses moindres clétails,
d'a1rrès un plan de 1585, dont I'original se trouve à Bru-
xelles. Il y e là aussi des eaux fortes montrant des sites
caractéristiques des environs d€ Louvain.
Au corridor du premier étage, l'attention sera tout t['a-
bord retenue par une remarquable étutle cle Yerboeck-
hoven, petite toile figurant 20 poussins, au sortir de l'æuf-
Tous, traités avec un art consommé, ils ont des attitudes
différentes. Le réalisme étonnant comme la finesse d'exé-
cution et la beauté du coloris de ces études, attestent la
valeur du maltre. Il y a aussi une peinture de Tschaggeny:
< Iæ cheval de trait > (primé), d'un bon dessin et de tons
harmonieux; ale C. Vân Leemputten, le < Chemin dans -les
Polders >, figurant un troupeau de moutons gardé par le
berger; une peinture richement colorée de Bernier, repré-
sentant une prairie coupée par une mare et animée par
un troupeau de vaches.
Ir'on verra aussi deux reproductions en plâtre des sta-
tues de l'artiste louvaniste Jean Cuypers, < Le Chapelier >
et < L'Horloger >, qui orneut deux des colomres du Petit
Sablon à Bruxelles; une ancienne chârt€ de Louvain, acte
d'alliance cnntractée entre les villes tlu Brabnnt en 1354;
une liste des tableaux pris dans le uusée pâr les Allemands
€n 1-914; un caltouche eu bois sculpté représentant des
-L77 -
enfant$, mais dont le sujet est difficile à définir; une tor'
chère en bois sculpté renfermaut la statuette de saint
Jâcques eù qui appartenait à cette gilde dont le musée

Fi.;. ?tt - Ptaque ate la Gilde de Saint-Jacques.

possède les inrDortants souvenirs' Cbs soul'enirs se trou-


vent dans la vitrine d'une petite pièce voisine.
La Gikle de Saiut-Jacques, corporation qui remonte à
_178_
1626 va bientôt fêter ron 40F anniversaire. L,on remar-
quera un magnifique oollier de la gilde, en argeDt ciselé et
doré, exécuté en 15bB et formé d'une série de briquets
evec caillou de la Toison d'or, de la belle plaque ajourée
de laquelle se détachent les statuettes de la Vierge et
I'Dnfant, de salnt Jacques et de saint Sébastlen et. en
dessous, I'olseau symbolique (figt. B6), L'on verra aussl
le costume compl'et du porte-torchère (en velours rouge
avec broderies et galons en argent doré), chapeau à plu-
met, souliers à boueles en vermeil, plus un plateau d,o1-
frande en cuivre, un tambour, une sonnette. le vieux dra-
peau et des blasons.
Dans une petite serre où se trrouvent quelques bas rellefs
en albâtre, I'on remarquera un petit canon en bronze da-
tant de 7732 et qui a encore été utilisé en 1g90.
L'on arrive dans la salle gothique où I'attention est de
sulte aftirée vers les huit peintures, sur panneaux moblles,
plaeées au c€ntre de la pièce, æuvres de Jean
Van Billaer,
peintrc de la ville au XVfe siècle et figurant: la << Chute
de Simon le llagicien>; le <Christ appelant saint pierre>;
le (Christ conduit au calvaire >; <victoire sur leg Turcs >?;
< Saint-Pierre délivré de la priSon par l'Ànge D; le ( Cal-
vaire >; <Salnte-Catherine décapitée >; << Sainte_Margue-
rite et Ie démon >.
Cette salle en forme de chapelle contient encore le fau_
teuil d'un ancien bourgmestre de Louvain; des piQues de
combattants de 1880; de vieux casques de pompiers; une
sculpture polychromée de saint Christophe, ayant appar_
tenu à une ancienne corporation, etc.
Le grand salon renferme les peintureS an€iennes, pârmi
lesquelles se distingue le chef-d'æuvre du iàùvaniste p._J.
Verhaghen: < L'Adoration des Mages > (fig. 5T). Ce beau
tableau, eomposé avec un soin parfâit, d,un coloris à la
fois puissant et harmonieux, fut exécuté par I'artiste pour
I'offrir, en témoignage de recomraissance, à Marie_Thérèse,
qui lui avait donné le titre d.e : << Son premier peintre >
et lul avait fâit présent de médaillons, tabatières, r:tc.
L'æuvre étalt presque achevée quand I'impératric€ vint
È mourir; alors I'artiste cons€rva précieusement sa peln-
-179-
ture. X'ina.lement, en 1874, ses descendants cédèrent l'euvre
d'art à la vtllo.
Le seul reproehe que I'on puisse faire à cette peinture
c'est le manque de distinction que I'on remarque dans les
figures des Personnages.
En plus des cinq tableaux de Verhaghen, il y a une
peinture de J.-I}. Wolfaerb: < La Belle culsinlère >; cle

( L'Adoration des Mages >, par P'-S Yerhagben'


Fig. 5?. -
P. Devos: < La Bataille des chiens >; de Michel Coxle:
< L'Ascension du Christ >; de Colin de Coster (XYI. s')
:

< La Sainte'friniLé ), belle peinture de ton riche flgurant


Dieu le Père montrant lé Christ mort entouré d'Anges;
une excellente toile de I'intérieur de l'église Saint-Pierre
à Luvaln en 167?, et d'autres encore.
Cette salle renferme aussl deux semelles de poutres en
bois sculpté provenant de I'hôtel de ville (1550), dont I'une
représente I'entrée du Christ à Jérusalem.
Dans la pièce volsine, I'on remarquera' sur la ehemlnée'
-180_
des sculpturcs en albâtre provenaut du tombeau des princes
de Croij; dans une vitrine, des manuscrits cotoriés et un
curieux ensemble de registres appartenânt à d'anciennes
corporations; une belle reliure plaquée d'argent.
L'on verra ensulte une vitrine conte[ant une collection
de médailles-souvenirs; tle matrices de médailles; une belle
série d'anciens sceaux de la ville, dont I'un.remonte à 1840.
Il y a là encore des grès, des arines, des boulets en pierre
et une grande clef en vermeil (dont I'originale en or repose
dans le coffre-fort de la ville). Cætte clef fut donnée, en
1710, par Charlcs VII, à la ville de Louvain, en témoigna:{e
de sa satisfaction pour la brâvoure des habitants lors <le
la surprise de la ville par le partisân Demoulin.
Pour terminer signalons enoore deux tableaux: I'un de
Yan Thielen: une peinture de fleurs, et I'autre de Van
Stellingwerf: une nature morte bien exécutée er en rons
doux et harmonieux.
Le tnusée cst Tisible sretnifenetrt les dimenches de 10. à 1B heures,
ler étè res d€s écotcs se i r'ésenranr en cor pfïieï jés*i,riiiiut""r .pou.r
sur demande. Oul'eft tots les j ;à';""T;';"-il;ffu';È iôii'z.!i"à3'ri i'ti6qf,:
rno'ennanr une rorri hurion de if
Conseryâteur: M. De Munter.

MALINES. Musée d'Art et diÂrohéolOgie.


Ce musée était installé avant le guerre de 1914-191g dârs
les anciennes halles gothiques; il dut être transféré, par
ordre des autorités allemandes, dans les locaux de I'hôtel
de ville. I/es objets et les æuvres d'art y sont encore maitr-
tenant, disperBés un lleu partout, en attendant que l,on
puisse les loger définitivemeùt dans un local mieux appro-
prié, situé rue Saint-Jean et qui est I'hôtel de Buysleyden,
monument du XVIo siècle. Ce bâtiment, en voie de restau_
ra[ion, a été en grande parl.ie incendié par les Allemantls
en 1914.
IDn pé.nétrant dans le gtand vestibule, on remarquera:
une sculpture de yerhaegen, artiste n:alinois qui exécuta
la chaire de vérité de l'église Notre-Dâme d'I{answijck;
deux bustes en terre cuite d'Hercule et al'Omphale, reine
de Lydie, par L, tr'a5'd'herbe, eélèbre artiste, né à Malines
en 1617, aut€ur, entre autres, des statues qui eouronnent le
maitre-autel de la caflrédrale tle Saint_Rombant,et des eélè-
-181-
bres bas-reli€fs h la base tlu rlôme de l'église Notre-Dame
d'Ilanswijck; la ruaquette de la statue de Marguerite
d'Autriche, érigée sur la Grând'plâce de 'Malines en 1840'
On sait qu'en 1507, Marguerite tl'Autriche établit le siège
de son gouvernement dans cett€ ville et qu'elle y mourut
en 1530.
Le premier palier de I'escalier est orné de tleux tâbleaux
de N. Van Eyck, représentant cleux scènes de la prise de
Malines par les Gueux, sous le commaûdement d'Olivier
Van den Tympele et de John Norrits, le I avril 1580' Ces
peintures historiques offrent en même temps d'intéressants
âspects de la Granil'Place.
Dnns la petite salle des mariages, se trouve la série des
cinq toiles figurant des séauces du Grand Conseil de Ma-
lines, dont une seule est I'originale. Ces séances furent
présidées par Charles-Ie-1éméraire, duc de Bourgogre' en
1474; par le duc Charles de Bourgogne, par I'archiduc Phi-
lippe-le-Beau en 1503 et par les archiducs Albert et Isabelle
en 1616. On verra aussi une Deinture curieuse montrant
I'are de triomphe dressé tlevant les Halles, lors de I'avène-
ment de I'smpereur Charles VI, et I'une des deux æuvr€s
de Smeyels qui se trouv€nt au Musée. Elles représentent
des doyens de Ia corporation des tailleurs de Malines. Un
des tableaur, qui date de 1,695, porte I'image de la sainte
frinité, I'nutre, de 1735, est decoré tle la figure de slint
Roniface, patron des tailleurs.
Sur le palier est déposé le fauteuil d'apparat (style
Louis XIV) ayant servi aux entréeg des souverains de la
Maison d'Autriche à Malines; il est en bois seulpté et doré-
Il y a là, aussi, quatre torchères de la corporation des
tailleurs de pierre, des maçons, des forgerons, etc. Les
murs sont ornés d'un tableau offrant I'image du camp de
Charles-le-Téméraire devant la ville de Neuss, en 1475;
il fut peint pour commémorer la brillante conduite des
gens d'armes que la ville de Malines avait envoyés à ce
siège. Du peintreJ. Ghuens, I'on voit une æu're: La aùl,le
il,e Li,erre assië1yée et il.étritsrëe par les Mali'nois en, 1595' Au
premier plan de la vue à vol d'oiseau de la ville, sont grou-
pés les hommes d'armes de Malines, au nombre de huit
eents, dont deux chefs ile gilde de la vieille erbalèt€ et
de I'arc.
-182-
Dans la grande salle des mariages sont réunis dix beaux
portraits de chefs de gildes, doyens, chefs hommes, rois
de serments, etc., de 1616 à 1636. L'on remarquera aussi
un bahut en chêne sculpté, du XVIIo siècle et qui est ca-
r:retérisé pâr un élégant dessin géométrique; un beau por-
trait de Ed. Tinel, par W. Geets, directeur de l'Àcadémie
des Beaux-Arts de la ville; ainsi qu'une série de statuettes
de salnts ou salntes de corporations. tels saint Crispin,
sainte Marle-Madeleine, saint Aubin, etc., polychromés par
I'auteur, Nicolas Van der Yeken, un Malinois. L'on verra
aussi le buste en bronze de I'illustre savant naturaliste
Van Bmeden, né à Malines.
Un tableau flgure I'exploslon, en 1546, de la poudrière
dite Zandpoort, à Malines. Cette explosion renversa deux
cents maisons, fit huit eents victimes, dont deux cents
morts. L'artiste, qui a retracé sur cette toile toutes les
horreurs du terrible événement. a introduit des démons
dans sa composition, la croyance populaire attribuant le
désastre à l'intervention diabolique.
La grande salle du Conseil est déctorée de portraits de
grands maltres de l'ordre teutonique et de commandeurs
de Pitzembourg, reconnaissables à la croix noire surchar-
gée de croix d'or, aux armoiries de I'Empire et à la croix
avec liseré d'argent. Ces portraits proviennent de la eom-
manderie de Pitzembourg, à l{alines. Il y a 1à aussi une
série de portraits de cardinaux-archevêques dont le pre-
mier, Antoine Perrenot de Granvelle, ministre de Charles-
Quint et de Philippe II, requt le chapeau cardinalice
en 1561. On remarquera. également un pâysage de David
Verickbooms qui naquit à Malines et plus tard alla habiter
la Elollande. Des deux côtés de la eheminée sont placées
les torchères des brouetteurs.
Une fort Jolie æuvre rl'art de P.-P. Rubens; Le Christ
en croî,a,se <létachant sur un ciel sombre et nuageux,retlent
Ie regard par son riche eoloris et par sa puissanee d'exé-
eution. Elle fut retenue par le Gouvernement à la vente de
Guillaume Herre"vns. fondateur de I'Aeadémie de lâ vllle,
et graeieusement cédée â la ville. Ce Christ provlent des
Oratoriens, Dans la snlle des sections se trouvent eneore
quelques peintures représentant des séances du Grand
-- 183 -
Oonseil de Malines, clont il a été question précédemment.
Sur Ie grand palier, en plus de bancs d'église en chêne
sculpté, datant des XVIIo et XVIIIo sièclel, d'un cartel de
gilde (arquebusiers et tlreurs à I'arc), d'une iolie statue
moderne représentant une jeune fllle qui, dans une pose
gracieuse, lit une lettre, on remarquera: un très -intét-s'' -
sant tableau historique, le portrait de Jean Caddoder, de ,
Wavre-Sainte-Catherine, ehef des paysans en révolte contre I
la garnison de Malines. Caddoder est figuré debout, une I
pique à la main; à côté de lui un homme tient un cheval;
le fond représente la ville et le oombat qui se termina par
la victoire des troupes régulières.
La salle des colonnes renferme des portraits de gouve-
rains: celui de I'empereur Charles YI; de Philippe II, roi
d'Espagne; de I'empereur Léopold II; de I'empereur Jo-
seph II, etc., ainsi que deux marines de Bonaventure
Peeters.
Dans cette salle, 1l y a aussi des spécimens de briques
en usage dans la construction des bâtiments anciens; des
poteries variées appartenant à diverses époques. Dans une
vitrine, un fort joli coffret à bijoux, datant de l'époque
gothique et dont I'ornementation est caractérisée par un
placage d'ivoire (err noir et blanc) disposé én damier';
deux types de mesures mâlinoises qui étaient placées jadis
à I'entrée des halles: le pied et I'aune; des petites sta-
tuettes, de fabrication malinoise, portant la marque du
sculpteur ainsi que la marque du polychromeur et qui dâ-
tent du XYo et du XVIo siècle; une série d'étains: plats'
récipients, etc.; des mortiers et pilons en bronze (fig. 58)
décorés de dessins; divers types fort remarquables de me-
sures de capacité de Malines, arrêtés en 1401 et coulés en
cuiwe par Van den Gheyn en 1573; des poids coulés en
cuivre en 1664; des pièees de maitrise exéeutées par les
apprentis pour être admis dans la corporation des save'
tiers. Au point de vue du folklore, il y a quatre fort cu- t
rieuses petites statuettes donnant I'image des Quatre cou- |
ronnés, c'est-àdire qui tgurent les quatre métiers de la I
corporation des constructeurs. Contre les murs s'étale une '
imJr,ortante collection d'antiques cuirs façonnés et dorés,
de divers genres, dont le plus enclen, du XVc siècle, minu-
-184-
tleux travail au petit fer, aurait décoré autrefois. dit-on.
le palais de Marguerite d'Autriche. Le modèle le plus ré.
cent correspond à la Révolution française, époque de la
disparition de cette industrte.
Deux vitrines contiennent quelques beaux et curieux

Fig. 6€i.
- Moftier en bronze, per Vatr alotr Gheyn.

échantillons de dentelles de Malines, ainsi que les outils


et accessoires nécessaires aux dentellières: fuseaux, épin-
gles, tls, patrons, etc. A côté sont exposés des coussins
à dentelles, des dévidoirs et le vase en verre, en forme
de sphère, que I'on remplissait d'eau claire et que I'ou-
vrlère plaçait entre lâ source lumineuse et I'ouvrage, pour
mleux éclairer celui-ci.
-1S5-
On remarquera âussi un beau meuble liégeois: une vi \
trine-buffet de l'époque de Louis XIY' L'ébéniste qui I'a \
construit s'appelaDt Loiseau,a placé un oiseau au centre du
meuble, comme marque de sa fabrication. Une peinture
d'un caractère fort original est ùn triptyque de 1517; de i
J. Yan Battele, représentant Charles-Quint adolescent, en
\

costume impérial et entouré d'un cercle d'armoiries' Sous


le portrait est placée une inscription rappelant les titres
du monarque. Les vantaux sont garnis de blasons' Comme I
toile intéressante au point de vue de I'hisboire locale, signa-
I

loDE une vue du marché aux poissons à Malines vers 1700'


Mentionnons comme objets divt'ts: des bougeoirs, des lu-
minaires, de petites lampes romaines; des foimés bour
I'impression des tissus; une cassette tl'écolier de 1798' en
bois décoié,d'une fleur sculptée; une pel'ite cuve bâptis-
male utilisée par la garnisort hollantlaise avant 1830; un 1

seiment de la corporation des tisserrnds, en bon état de I


conservation; un maillet de veilleur,de nuit; un bâton de
massier de la corporation des bnouetteurs; des pies de
gilde atatatt du commencement du XVIIU siècle; enûn un
objet très curieux, une marotte de bouffon faite en bois
et qui remonte à 1689. Cette pièce provient de la corpo-
ration des brouetteurs, qui s'en servaient pour flgurer
dans les fêtes dites Omtnegarg- D'un côté, elle porte I'ef-
figie tl'un bouffon tenant d'une main une marotte et de
I'autre une pinte. Le côté opûrsé, qui est concave' servail
à contenir de la bière ou clu vin, que le fou buvait en la
faisant passer à travers le manche.
Dans une autre place, il y :r un bahut de style hollan'
dais, en palissandre et en ébèDe, d''une décoration riche
et élégante. On verra aussi deux belles marines de Bonrt"
venture Peeters, dont I'une représente un combat naval
sur une mer houleuse, entre des corsaires et des bâtimen s
hollandais.
Une bonne toTle: La mort il'Aalonis blessë par um san-
glier', de Luc X'ranchoys, né à Malines en 1615, représente
Adonis couché à I'ombre <l'un arbre avec ses lévriers à
ses pieds; Cupiclon, qui descend du ciel, lui annonc€ I'ar-
rivée de sa mère et de sa suite. Au fond se développe urt
riehe p:rysage et,dans les nuages, âpparaissent les visiteurs
-186-

l'ig. 59. - Porfrâit du peintr0 Hunin, Drr, \\'iertz


-187-
annoncés par Cupidon. Le paysage est lleint pâr Achtschel-
llnck, les chiens par n'r. Snijders. De Pierre Franchoys'
il y a encore un portrait tle Luc X'ayd'herbe' Dans le cor-
ridor on verra aussi un portrait peint par Antoine Wiertz
(flg. 59), un portrait du pape Clément xfl et un portrait
du cardinal Antonelli. Contre leÊ murs, il y a deux meu-
bles de style Renaissance en chêne sculpté, outre un cu-
rieux cartel de la chambre des Vlolieren datant du
XVII" siècle, qui représente un rébus, en peinture'
Sur un palier se trouve un tableau de corporation; une
toite de Luc E ranchoys donnant le portrait du célèbre pay-
sagiste Cornellle Huysmans, dit de Malines, né à Anvers
en 1648, qul flt un long séJour à Malines et y mourut en
1727, Urrc série d'immenses toiles aussi de Luc Irranchoys'
provenant de I'ancien couvent des Carmes déchaussés,
ont trouvé provisolrement place dans des bureaux' (h sont
de ùonnes productions de ce maitre estimé' Un paysage
peint par J. De Momper, artiste renommé, atti-re l'âtten-
iion (tes figures sont de G' De Crayer)' A gauche, saint
Bruno est prosterné devant une statue de la Sainte Vierge'
placée à l'entrée d'une caverne' À droite, se déroule un
paytugu botsé ayant une profonile perspective; des moines
s'y occupent à divers travaux- I)e Snyers, il y a une image
du fondateur de I'Ordre des Augustins et de ses compa'
gnons.
Enfin, dans la cour de l'hôtel de ville se ilresse une
colonne romane provenant tle la cave cl'une ancienne mai-
son de Malines, rrne pierre tombale du XVI' siècle'
alnsi
que divers fragments d-'architecture'
Ce musée est à signaler par ses peintures et objets
divers'
qui offrent un sérieux intérêt au point de vue de I'histoire
tle la ville de Malines, localité d'un si grantl attrait
pour
I'archéologue.

MALMEDY. MtNsé€ de Folklore.


Commencé vers la fin de décemlte !925, sq p€tit musée,
situé dans I'ancienne salle capitulaire de I'abbaye (plac€
du Châtelet), possède déjà quantités d'objets usuels et de
souvenirs de la région.
-188-
Iæ local, lambrisé de boiseries Louis XV, est décoré d'un
superbe plafond en style Régence, récemment restauré. fæs
murs sont garnis de peintures et de gravures d'artistes
malmédiens, tels que les Rheinharstein, ponsard, n'our-
mois, etc.; de vues du pays rédimé, de portraits, de pho-
tographies relatives aux coutuimes Locales.
Il y a déjà une trentaine tle taques de foyer, trois vitri_
nes contenaDt tles objets usuels: broderies, faiences, etc. ;
un beau eoffre en fer forgé, du XYIII€ siècle, provenant
de I'ancienne abbaye; un bureau et un lit Louis XVI;
deux étendards brodés de sociétés de musique; des statues
en bois de sainte Elisabeth, sainte Odile, saint Antoine,etc.;
un buste reliquaire polychromé en bois, du XVo siècle; un
ostensoir en vermeil Louis XV. Ce musée possède en outre
de précieuses ârehives.
Il y a lieu de féliciter le comité de ee musée et, particu-
lièrement, son dévoué conservateur, d'être parvenus à at_
teindre un tel résultat en si peu de temps. Souhaitons que
I'exemple de Malmédy soil suivi par un plus grand nombre
de nos petites villes de provinces, permettant ainsi de dé-
velopper la eonnaissance si intéressante de nos us et cou-
tumes.
Conseryùteur: M. I'Àbb6 Ch. Dubois.

MARIEMONT (Morlanwelz). Musée dArt et


d'Archéologie.
Le château de Mariemont et les collections qu'il conte_
nait, légué à I'Etat belge par feu Raoul Warocqué, forme
maintenant un musée,
Les antiquités égyptiennes, grecques et rouaines sont
représ€ntées par de remarquables marbres et bronzes, tels
que I'Ephèbe casqué et une grande tête de Cléopâtre, haute
de trois mètres.
Parmi les porcelaines de Chine, qui garnissent I'aile
gauehe du rez-de-chaussée, il y a des séries de plats, d'as-
siettes, des vases de valeur, ainsi que des jades. L'on
distinguera également une collection de précieux biscuits et
de poreelaines de Tournai, ainsi que des armes, des br-on_
zes d'Etrême Orient, des tlentelles, des ivoires. etc.
-1b9-
L'aile droite renferme d'intéressants documents se rap-
portant à l'époque franque: poteries, ârmes, bijoux, pro-
venant de fouilles faites clans la région â!'oisinante.
Dn plus d'une importante collection de médâill€s et de
monnaies, il y a une riche bibliothèque comportant, no-
tamment, des incunables, des Dlzévirs, des ouvrages illus-
trés du XVIIIo siècle, des publications de luxe, et de
somptueuses reliures. A noter aussi de très nombreux auto-
graphes cle la famille royale de Belgique, tles rois et des
reines de Franee, de la Maison d'Angleterre, des grands
diplomates, littérateurs et artistes. fl y a aussl des toiles
de Gallait, De Keyser, Madou, Alfred Stevens, Corot et
d'autres.
Le magnlfique parc qui entoure le ehâteau eontient
quelques belles statues de Jef Lambeau, de Oonstantin
Meunier, de Yictor Rousseau, de Rodin, ainsi qu'une colos-
sale divinité chinoise en bronze, aux douze têtes et aux
douze bras; un grand Bouddha, la lrontaine aux douze
lions. ete.
Le parc renfernre âussi les ruines de I'ancien châteâu
royal de Mariemont. éclifié en 15,18, pour servir d'habita-
tion à Marie de Hongrie, sæur de Charles-Quint. Il fut
reconstruit en 160ti pâr les architlucs Albert et Isabelle et
tlétruit lors de la llél'olution française.
Visiblc tous les jonrs de 9 à 1? Itelrr€s cn été et de 9 à 15 heures en hiver-
Grahrit le dimanehe nlr'ês 13heurcs.
Conservate[r : ]L Schellinckx.

MONS, Musée des Antiquites.


Après avoir connu l'insuccès, les promoteurs du Musée
rlt, Mons réussirent en 183.9 à en jeter les premiers fonde-
Drents. Pâr suite de l'accroissement des crollections, I'on
Ilassa succ€ssivement par plusieurs locâux de n)ieux en
rnieux appropriés. nin 1895, M. If. Glétrin, ingénieur et
professeur à l'Ecole des Mines de Mons, léguait, une somme
de 200,000 francs à la viile, pour l'érection d'un musée
destiné à recevoir ses coll€ctions de porcelaines et de
faiences anciennes, ainsl que son médaillier.
La construetion du musée actuel des Beaux Atts, situé
rue Neuve, fut décidée en 1908; le local comprentl 5 grandes
-100-
et d'art, de peintures, de
b€Ues salles, gernies d'ceuvres
gravureg, etc., dont deux sont rés€rvées à la précieuse
collection Gléptn.
Tout près cle là, dans la même rue et dans un joli catlre
de verdure, s'élève I'archalque bâtiment, autrefols infu-
merie du couvent des tr'i]les de Notre-Dame, oonstruit en
brique mariée à la pierre et qul offre un bon spéeimen
d'architecture tle la région au XYIIU siècle; il est plus
spécialement destiné aux collections archéologiques et aur
souvenirs de la ville tle Mons. On le nomme Petlt Musée.
L'érudit et aimable conservateur de ces musées, M. D. Hu-
blard, a cottrlbué pour une large part à leur bonne ordon-
DAnCe.
Pénétrant dans le Petit Musée, nous avons accès dans
une culsine qui contient quelques objets intéressants et'
notamment, une ancienne bolte à lettres de messager fai-
sant le service entre Mons et Namur au début du XIXo siè-
cle (fig.60). Cette boite, qui était accrochée à une voiture
postale, porte une inscriptlon mention-nant I'usage à la-
quelle elle était destinée. L'on temarque aussl une presse
à linge en chêne,ébène et palissendre, qui remonte au
XVIIo slècle; une grande fontaine avec bassin, en falence
de Saint-Amand, au coloris blânc et bleu, qui remonte
aux temps de Iæuis XIV; une horloge en chêne qui ne
manque pas de cachet.
L'on passe dans une deuxième salle, dont le c€ntre est
occupé par deux magnifiques monuments funéraires en
pierre blanches représentant, en grandeur naturelle, et en
èostume d'apparat, Guillaume de Gavre, seigneur d'Es-
tainkerke et de llongrenelles, et Jehanne de Bierlo, sa
femme.
Ces æuvres capitales du XYo sièele, attribuées à I'école
tournaislenne, qul est caractérisée aussi par le fni du
détail, proviennent de la crypte de I'abbaye de Cambron'
près de Mons.
Un bas relief funéraire de Raulx de Marchiennes et
d'Agnès de Chipli, sa femme, datant de 1120, attire auÊsi
I'attention, ainsi qu'un monument du même genre et de
la même époque représentant Gulllaume de le Jole, rece'
veur des Mort€mains du llainaut, et son épouse.
-191-
, Une trrcisième salle nous montre, en son milieu, un très
lntéressant crofrret recouvert de euir frappé et déllcate-
ment ciselé. Il est garni de ferrures travaillées, de ser-
rures et de poignées formant un ensemble d'un curieux
caractère. Ce spécimen de ôoftret, qui appartient au style

Fjg. 00.
- Boite à lettres de messager, du XIXe siècle_
-792-
:gothlque (espagnol, pense-t-on) rernonte au XVe sièele; il
provlent de I'ancien arsenal cle la ville de Mons.
Dans une vitrlne, I'on distingue une vieille boite en
ibronze en forme de seau avec couvercle et à anse riche-

Fig. -
61. Boite en bronzo, contenant
les poids étâlons de la yiue dô Mons.

:ment travaillée, trlortant le millésitue de 1544; ce magni-


fique obJet contient les poids étalons de la ville de Mons
(ûg. 61). L'on y voit aussi une ceinture en soie verte, ornée
de fines lamelles d'argent doré et émaillé et, sur ees la-
melles, le mot < amor )) est répété plusieurs fois; elle date
,du XV. sièele. D'après la légende cette eeinture auralt
-193-
appartenu à sainte lYaudru, patronne de Mons. De tout
temps, elle s€ trouvait à la trésorerie des archives de lâ
vllle et I'on venait alors la clrercher, dit-on, pour en
ceindre Ies femmes qui éprouvaient un accouchement
laborl€ux, afin 4e hâter la délivrance.
Tout près de là, se montre une fort jolie pièce e4 ver-
mell portant cette inseription: < A Leurs Majestés >; elle
faisait partie d'un service qui fut offert à Napoléon I".
et à I'Impératrice Marie-Loulse, lors de leur passage à
Mons. en 1810.
Le couvercle, tout partieulièrement décoré avec art, offre
I'image d'une écrevisse s€ r€posant au milieu de feuillages.
Dans la même vitrine s'étalent trois clefs symboliques de
Ia ville de Mons, dont deux en bronze doré, qui furent
présentées à Léopold ler, lors de son entrée dans la ville
en 1841.
Une fort jolie colonne en porcelaine rehaussée d'une
décoration dorée spécimen de la fabrication de Deelercq,
-
Mons, en 1851
- retient
près, Ia silhouette
I'attention; elle représente, à peu
d'ensemble de la Oolonne du Congrès, à
Bruxelles.
Un des murs est orné d'une barre-à-canette ou support
e1t chêne sculpté d'un beau style, destiné à y accroeher
une série de récipients en terre, grès ou porcelaitre.
Des vitrines contiennent une quantité de petits
-objets,
parmi lesquels on distingue des vases, des fibules, etc., et,
notâmment, une intéressante statuette en bronze de
l'époque belgo-romaine, la << divinité Panthée >, décou-
verte à Aubechies.
Dans le couloir proche, oît I'on voit des.séries de mé-
dailles commémoratives d'événements relzrlifs à I'histoire
de Mons, I'on remarquena quelques cloches en bronze
dignes d'intérêt; une pierre faisant partie de I'ancienne
porte du parc, construite sous Jean II d'Avesnes, comte
de Hainaut et portant une inscription attestant qu'elle y
fut placée en 1293; des hallebardes âppart€nant aux halle-
bardlers du magistrat de Mons et provenant de l,ancien
arsenal; six bâtons en bois garnis de plonb gravés d'indl-
cations spéciales et qui, aux XV et XVIo siècles, servaient
à jauger les cuves des brasseries.
- 194 --
À signaler tout particulièrement deux pierres. La
première, provenant des cachots démolis de la Bastille,
porte urr plan en eoul€urs de cette prison tl'Etat alnsl
qu'une légende explicative. Dlle a été offerte en 1790 par
le patriote Palloy. Après la prise de la Bastille, l'on dé-
eida de raser cette célèbre prison et le travail de démo
Ittion fut alors conflé au maitre maçon Palloy; c'est de
cê patriote que provient cette pierre ainsi que celle dont
nous allons dire quelques mots et qui se trouve également
au musée de Mons. La deuxième pierre, dlte de la Bastille,
porte cette lnseription gravée: ( Aux amis de la liberté tle
I\Ions >, €lle fut offerte aux citoyens de la ville lors de la
fameuse bataille BaBn&, le 6 novembre 1792, par les X'ran-
çais sur les despotes. On y voit les lignes suivantes; <Cette
plerre tlrée des cachots de la Bastllle détruite par le
patriote et républicain Palloy, rappell€ra à tous ceux qui
veulent être libres, que les n'rançais ont détruit les monu-
ments du despotisme, terrassé les despotes et qu'ils préfè-
rent la mort à I'esclavage, exemple à suivre par tous les
freuples amis de la llberté. >
Dans des vitrines, se présentent de migDonnes sonnettes;
une ceinture, dite de chasteté, d'un travail asssz grossier;
un olifant ou cor en ivoire (clent de mors€), jadis garni
tle cercles en métal, remontant au XIVo siècle et qui pro-
vient de la trésorerie iles comtes de llalnaut; un marteau
d'armes du XV" siècle trouvé à Maurage; six balances
et trébuchets avec poids des XVII€ et XVIII" siècles, qui
étaient destinées à peser les monnaies d'or et d'argent;
une collection de polnçons en fer et en acier, qui étaient
en usage à Mons du XVIo au XVIII€ siècles, pour marquer
les marchandises; d.'anciennes serrures, clefs et pièces de
serrurerles, dont une grande partie, artistiquement tra-
vaillées, ont été exécutées par les apprentis lors de leur
atlmission à la maltrise dans la corporation. Il y a là'
notamment, des séries d'intéressantes clefs, depuis l'épo-
que rom&ine jusqu'aux temps actuels'
L'on distinguera encore un moule de la grande brique
en usage à Mons au XVIIIU siècle; des bannières de con-
fréries provenant principalement du Borinage; ainsi que
quelques taques de cheminées.
-19ô-
On monte à l'étage et I'on traverse une première salle
c\ontenant des penoplies d'armes de parade, de sabres
d'honneur, de glaives d'exécution capitale, de belles halle-
bardes de la ville, des instruments à attiser le feu, des
mâsses ponr rouer les crlminels. Nous verrons aussi un
sabre d'honneur offert par la ville de Mons au général
Vincent Duvivier et dont la lame damasquinée porte ces
inscriptions gl,orieuses: Mont Thabor, Saint-Jean d'Acre,
Aboukir, Heliopolis.
De plus, la salle est ornée d'une armoire renaissanc€
et ses murs sont garnis de porcelaines et de faiences.
Dans une deuxième salle, aux parois décorées également
de porcelaines, de faiences et de gravures, I'on verra, éta-
lés dans une vitrine, les uniformes des généraux Duvivier,
qul furent sl populaires à Mons, ainsi que d'autres sou-
venirs de la ville.
L'on pénètre ensuite dang un oouloir où s'allongent des
collecti,ons de médailles, de l'époque de Louis XIY à
Louis XV, de la République, du Consulat et de l'Empire,
ainsi qu'une belle série de monnaies grecques et romaineg
provenant du legs Glépin. L'on remarquera aussi des spé-
cimeus de pavements provenant tle Ia chapelle des Comtes
de Elainaut, à Mons; des carreaur et des céramiques divers,
notamment des exemplaires jaunes gur rouge, portant les
emblèmes de I'aigle, du lion, etc.; des carreaux portant
la devise: << Plus penser que dire >, ete.
Il y a aussi des dolium ou grands récipients belgo-ro-
mains, des tuyaux et des matériaux de construetion de la
même époque, ainsi que quelques armes franques.
À sigualer plus particulièrement quelques gravures qui
ornent les murs: ( Le départ des hirondelles ), par EIer-
mann Eichens et surtout: ( Le chant du rossignol >, de
A. Martinet, d'après Oompte Calix. Cette dernière gravnre
représente un artistique effet de lune perqant la verdure
et venant éelairer de sa pâle lueur un groupe de jeunes
femmes gracieusement couchées sur le sol et qui écoutent
religieusement le chant de I'oiseau.
Une dernière salle nous montrera une intéressante série
de briques de foyers avec ornements en relief du XVU au
XYIIe siècles; des vases (urnes, cruches, bols, plats) et
-196-
des objets tels que lampes, poirls de tisserands, etc., te-
montant à l'époque belgo-romaine.
Une vitrine renferme des vases, des statuettes, des lam-
pes et des fioles à parfums originaires de la région
d'Athènes.
Descendant ensuite dans la cour du Petit Musée, I'on
passera devant des dalles funéraires, des motifs divers
d'architecture tels que colonnes, chapiteaux, gargouilles,
ete., et, notamment un grand linteau en pierre grise avec
personnages en haut relief et aux armoiries du piieur
Desmaretz (XVe s.) provenant d'une porte de l'église du
Val-des-Ecoliers à Mons. Quelques marches d'escalier
rDènent à un petit par.illon dans lequel se trouve la statue
funéraire du fameux Gilles de Chin, mort en 1137. Dlle
provient de I'abbaye de Saint-Ghislain.

MONS. Musée des Beaux-Arts.


Rentlons-nous ensuite rru Musée cles lleaux-Atts, qui a
été fort bien conçu pour sa destination; il est formé de
salles spaeieuses, bien éclairées et disposées pour faire
valoir les ceuvres d'art qu'il contient. Nous ne songerons
pas à donner ici la description des deux cents numéros
de pelntures, sculptures et gravures qu'il renferme; nous
mettrons seulement en lu,mière les æuvres. les plus méri-
toires qui se signalent à I'attention.
De îh. Baron: < Après midi d'Àutomne >; rle A. Bour-
lard: < Aratro >; de À. Carte: << I"e Mineur mort >; de
E. Claus: < Déclin du jour >; de C. Douard: < Le Prince
Albert à Mons en L894 t ; de V. Gilsoul: < Nuit lunaire en
Hollande ); de J. Gouweloos: << Ir'emme couchée >; de
A. Hennebicq: < Lessaline sortant tle Rome insultée par
le peuple ); de E. Laermans: (( Itau songeuse >; de P. Le-
duc: < Yue de Malines par la neige >; cle X. Mellery:
< Iniérieur flamand >; de E. Motte: < Les Vierges folles >;
de P. Paulus: ( La Sambre >, << Les Hauts-n'ourneaux D;
de A, Rassenfo,sse: ( Ouvrière n'allonne >; de J.-X'.-X. Rof-
fiaen: < Soleil couehant en Ilaute Bavière )); de À. Van
Isendyck : < Cornélie, mère des Gracques >; de Yerheyden:
< Automne >; de G.-J. Ilallez, << La Jeune mère attentive >,
-1$7-
et comme dessins: ceux tle A. Danse: < Hécube aveuglant
le roi de Thrace >; de L. Greuse: < Bataille des A'ma-
zones )), d'alrrès P.-P. Rubeus; et de A' Duriau: dessins
et esquiÊses. Les gravures principales sont: celles de
L. Lenain: < L'enlèvement des filles de Leucippe )), et un
portxait < d'HéIène X'ourment >'
Collections Jot'g et Gl,épàn. En plus des æuvres d'art, ce
musée renferme des c<rllections archéologiques des époques
préhistoriques, belgoromaines et franques, âinsi qu'une
,t" vitrines renfermant de nombreux spécimens de
"éti"
porcelaines.
La périotle préhistorique nous offre ici des silex taillés
rlepuis lês temps les plus anciens iusqu'à l'âge de la pierre

Iric. 61. - Poteries trulgo-rolnaines.

polie. Deux vitrines de ces instruments primitifs forment


un don de M. X'rançois Cornet. L'on y voit aussi un assez
grand nombre de liaches t1e divers types, en silex ou autrec
matières, ainsi que des harpons, pointes de flèches, etc''
de Belgique et de l'étranger.
De l'âge des métaux, il y a tles haches en bronzÆ, des
faucilles, des couteaux, des rasoirs, des pointes de lances'
des urnes, etc.
L'époque belgo-romaine est magniflquem€nt représentée
par I'importante collection Etl. Joly, de Renaix, offerte
au musée en 1922 par les farnilles Snoeck-Sturbaut et
Luycx-Sturbaut. Malheureusement un très grand nombre
de ces objets n'ont pas d'indieation de provenance.
- 198 --
Les grandes vitrines, renfermr\nt ces belles série*s, con-
tiennent: de nombreus'r:s statuettes eu brorrze, souvent d'un
travail assez barbare, liguraut des divinités, etc., de mul-
tiples poteries de toutes firrmes, parfois fort élégantes; de
la verrerie, etc. (1ig. (i2). Parrni les objets, signatrons la
trousse cl'un chirurgien tlu IIIe sièele, colul)renilnt une
sonde-curel.te, une pince, etc.; nne série de curieuses clefs
et de fibules. On reruartlue aussi quelQues spécinrens de

FjS.03. - Salle Glépin. Felences, porcelaines et grès.

l'époque franque: collier en céramique ou eu pâte cle verre,


fibules tligitees ou autres, des verreries et poteries.
Deux sllles contiennent la superbe collection Glépin,
composée tle faîences, de porcelaines et de grès, cornpre_
rtrnt environ 2,000 pièces (tg. 6g). Les plus intéressàntes
tle ces pièees occup€nt 12 vitrines et, provierment de Bel_
gique, France, I{ollancle, Saxe, Ravière; Chine, Japon,
Indo-Chine, etc. L'on y voit des plats richement décorés,
rnonochroures ou polychromés, tles âssiet.tes, des tlsses,
des sucrier.s, cles soueoupes, des sonpières, des cafetières,
-199-
(les théières, des yrtiches, etc', de toute b€:ruté; des chsn-
deliers et des statuettes du meilleur gott' Cette collection
pourriong
de premier ordre est si importante que nous ne
tenter d'en dire Plus iei.
AchevoDs cette description du musée en sigDalant lâ
pièce folklorique la plus intéressante: c'est la tête du
iu*uo* Dragon, seul reste tle I'animal fabuleux qui fut
occis par le vaillant Gilles de Chin'
Cette pièce est conservée à ltols clepuis des siècles' On
el parle pour la prernière fois e.n 1409' Pour tout Montois'
bi"r, là la tête du dragon que eelnbattit Gilles de
"'"J
Chin. A I'origine, on prétendait que cet' être fantastique
avait été tué Jrrès tle Jérusaleru, par le vnleuteux che-
vâlier. La l(rgende finit Dar rerlverser ce récit et lixa alors
comme lieu tle conlbnt contre le célèbre dragon, les marais
de Wasntes (pays de Mons). Àinsi la croyânee s'€st trans-
mise et perpétuée depuis tant de siècles'
Laissons plane.r le mystère srtr cette tête, du tlomaine
de la légentlà, et-ne clévoilons pas il quel ânimll elle aurait
bien pu aPPartenir.
10 à 11 heures et
Lemusée est ollYert a'u public le (tilnânche de
N. B.
14 à 1?
-
herres. Le iendi de 14 à 17 heures.
'le
Conservateur: M trl Hùhlard'

NAMU R. Musée archéologique'


Ce musée, I'un de nos plus anciens, oecupe le bâtiment
âu beau caractère, à haut comble et'à fenêtres:\ croisillon
rle l'antique troucherie tlatant de 1588' Il est situé
âu bord
de la Samtrre âl''ec entrée ltar l:r rue des Bouchers'
Il fut créé par la Société art'héologique de Narnur' Parmi
ses créateurs, feu Alfred Becquet,
présirlent de la Société'
fut celui qui, pâr sa science et son activité, contribua le
à son enriehissement, principalernent au point de vue
lrlus
des otrjets tle l'époque belgo-romaine et de lâ période
franque' .itlesculP-
L'esealier donnânt accès aux sâlles'€st Eârn
tures diverses, de pierres tombâles, de fragments d'orne-
ments variés, d'enseigles, etc.
à l'étage I'on remarque quelques
Dès que I'on arrive
spécimens tl'oTrjets reliant la périotle 'préhistorique à celles
-200-

l'ig. tt4.
- Ri.i0trterie belgo-rol)raine
-201-
qui vont nous occuper plus particulièrer-nent'.c'est-à-dire
i* f"ruo-"o*aine et franque' Après les avoir jeté un rapide
oîil sur les baches èn bronze, torques (colliersl'
io iuuoi", une faueille, etc', pFovenant' notamment' d'une
"Àp
curieuse cach€tte de fondeur décnouverte à Jemeppe-sur-
fer' notre
Su-U""; sur des poteries et bronzes de l'âge dules trésors
attention se portera sur les vitrines contenant
et franque'
- époques belgo-romalne
des
peut dire que le
ltï"i"t de vue de la bijouterie, I'onpour ces deux der-
Uusee arcnéotogique de Namur réunit'
plus riche et le plus instructif ensemble
nières époques, le
que I'on puisse admlrer dans notre pays'
kllomètres
Le cirnelière de I'lavlon (II€ siècle), situé-à 4
les multi-
de la riclre villa belgo-romaine d'Anthée' dont un fort
pies of:ets ornent plusieurs vltrlnes, laisse votr
réci-
io"ieux vase à brtler les parfums, plus de nombreux ou noire
pi"rrlu, etc., en terres grise, rouge' blanche
"a""*, très variées' De la même provenance' l'on
it d. to"*uu cont€nant
ài*tiogo" la reconstitution d'une tombe en tuiles
aumilieud'autr€svases,l'urnecinéralre'aveclesdébris qui étalt
d'ossements humains et une monnale d''Antonin'
àestinée à acquitter le passage ttu tléfunt sur le Stvx'
qul renfer'
Ce cimetière étatt composé tle 315 tombes
malent 800 vases en poterle et en verrerie' aux formes
parfois élégantes, et un grand nombre de petits bijoux'
souvent étemées
iarmi tesquels 400 agrafés et broches un gran'l nombre sont
àu revêtues d'émaux colorés, dont
àes ptus lntéressantes et d'un joli caractère artistique'
qu'il n'est pas possible de clécrire ici ces
L'on-comprendra
admlrables objets aux sujets sl divers (fig' 64)'
Un superbe bol en bronze coulé retient I'attention;
il est
peu connu
oroé d'é-uo* champlévés, procétté d'émaillerie
de I'antiquité classique' Il provient d'une tombe décou-
IIU siècle
verte à La Plante. et remonte probablement au
(ûg.65).
élé'
La riche villa belgo'romaine d'Ànthée a fournl des
et d'appareils de chauf-
ments de toiture, de eonstruction
des
fage (hypocaustes), que l'on remerque au voisinage
les objets provenant de c€tte impor-
viLines renfermant
et de
tante vllla. L'on y voit desdébris de marbres varlés
-n2_
poteries portant la narque tles
fabricants, deS lampg g1t
tene, deS m0f0e[U
de grnntls tlolium t.a.ipi.nt.t, des re_
vêtements de murs décorés de peintures aux couleurs
va-
riées, etc. A noter un lion scullrté en pierre, pièce
fort
curieuse ayant servi à lancer l.eau dans un des bassins
rie la villa, des bronzes dont un urlgnifique buste
de Mer_

Fig. ti5. Ilot belgo-roxlain en blonz€ élneiilô.


-
Photo Nels.

cure, un compâs, une bague porte_clef, un petit vase ren.


femrant de la ponrnatle, des épingles h cheveux, un rlé
à couclre, des ornenents d'un coffret, etc.
La villa de Ronchine (Maillen) est reDrésentée
lrar une
élégrnte colonne eÙ pierre bleue, clestinée probâblement
tir snpporter une vâsque.
Il y a lieu de signnler une belle clochette en bronze nro-
-203-
venânt de \Taùccmrc, uue tête de soldat roru&in en fonte
<le fer trouvée aux environs de Beauraing, de fort curieuses
fibules ainsi que des lnstmments de chirurgie. Plus loin,
I'on découvre Ia remrrstitution il'une tombe en dalles, \'e-
Dant de Jâmbes.
Dans une vltrine voisine se profile une lrès originale
série de petits chiens en terre, qui furent [ri.s itu .jour dans
la tombe d'ur enfânt; une tête en bronze (livinité gallo-
romaine) portant des oreilles de faune, €t qui Droylent
de la villa de Mettet.
Des fibules, aux types variés et patfois cl'une inconpa-
rable élégance, provenant du cimetière de Ilerzée (700
t,timlres), ornent, d'aulres vltri[es. L'on y adrnire de nom-
breuses épingles à cheveux, une superbe broche en brronze
rehaussée d'argent, etc., formant un enseurble qu'il n'est
guère possible:c1e détailler ici. L'on renl.trquern egâlement
une grande jarre en terre provenant d'un turnuius et con-
tenant des urnes cinéraires, ainsi qu'un colïret en lilomb,
tle forme carrée, qui renfermait les ossenents incinérés
tl'un belgo-rornain, provenant du tuurulus de Penlreville
(ëèmbloux).
L'on distingue aussi la reconstitution d'une tombe en
dalle, trouvée sous le tumulus de ChâDrl)ion, et qui cron-
t.ient, en son centre, une grande urne cinéraire. a'out près
de là, sur un rnur de h salle, s'étalent plusieurs rnosaît1ues
proYenant de I'importaute villa belgo-romaine ct'Anthée,
iiont il a été question précédemment.
L'époque franque est supérieurement €t très rlchement
représenté€ dans ee musée, par des vases clivers, par de
la verrerie, par'une bijouterie tle tout premier ordre, par
rles armes, haches, lances, eouteaux, ete.
Parml les bijoux, signalons, tout particulièrement, des
olives en or fâisant partie d'un rlche collier tle femme,
des pendants d'oreilles en argent et de formes diverses, un
fermoir de sac de bourse orné de verroterie, etc. L'on
remarquer& aussi des nombreux vases en vene' souvent
de type epode, et dont certains sont ornementés d'une cu-
rieuse et jolie décorzrtion cle filanents appltqués. Iæs
objets francs clu rnusée provienuent de nombreux cine-
tières, tlont ceux cl'Eprave, n'urfooz, Spontiu, Samson'
-201-
Pry, lil"ancennes, tr'ranchiuront, etc., sont les plus impor-
tant8.
Plus loln, se trouve une tomb€ de guerrier franc avec
son mobilier funéraire composé d'armes, d'urnes et de
menus objets, suivant I'usage à cette époque.
L'on volt aussi des peignes à deux rangées de dents, en
ivoire et en os; des bracelets de jeunes ûlles, en argent
et en bronze; de curieux cofrrets à bi.joux en bronze; tles
bagues en or, en argent et en bronze; un collier en or,
en verre et en ambre; un collier forné d'olives en or, une
épingle à cheveux en argent et en bronze, un bracelet en
argent, des boucles de ceintures, des broches en ârgent
ornées de fillgrane, tle superbes fibules cligitées, des bro-
ches et ornements en or rehaussés d'émaux, une broche
en or garnie de filigrane, de nacre et de grenats; cles pen-
dants d'oreilles en or décorés de velroterie'rouge, etc. Il
faudrait des pages pour décrire en détail ce merveilleux
ens€mble de trésors archéologiques et artistiques de la
période franque (flg. 66).
Un sarcophage ou tombe creusée dans un bloc de pierre
et qui offre un spécimen de sépulture dâtant de la fin de
cette période (Xe siècle) est déposé sur le plancher. Le
christianisme s'étant tléveloppé à cette époque, I'on n'y
découvre plus guère de mobilier funéraire.
Après la visite de cette sâlle où sont réunis tant <le
beaux objets de l'époque belgo-romaine et de l'époque
franque, de beaucoup la plus intéressante du Musée de
Namur, I'on grâvit les marches d'un escalier tlont les murs
sont recouverts de pierres sculptées. A remarquer tout
particulièrement, à l'avant-plan, le buste dit du < Cheva-
lier sans tête )) portant cette lnscription: << Une heure
viendra qui tout paiera r>. Ce curierrx buste provient de
I'ancienne ehapelle Sai-nt-Servais. L'on voit aussi des pler-
res tombales, des taques de cheminées, etc.
Nous visitons maintenant les anciennes ind.u,stries d'art
du pays de Narvlur. L'on y voit des grès namurois, des
falences d'Andenne, ti'Elastière, ete. Parmi les sculptures,
eignalons plus spécialement une mise au tombeau, en al-
bâtre, @uvre du XVô siècle. D'autres objets attirent I'at-
tetltlon, tels que, une croix reliquaire fleuronnée à double
l -205-
I traverse, décorée de flligrane et qui provient de I'abbaye
d'Oignies (XUIo siècle) I un coffret de marlage, curieux
travail italien en bois sculpté, dont les ornementg se dé-
tachent Èur un fond fonné d'une pâte vertel une falencre
de Saint-Servais, représentant ( Persée et Andromède >,
par Jacques Rlchardot, important et remarquable groupe

Fig. 66.
- Biiouterie franque.

clécoratif, habilement traité, qui date du XYIIIo siècle.


Il y a aussl des dinanderies dignes d'intérêt, des émaux,
des ivoires sculptés, des statues, etc.
Un carnet du XYo sièele, composé de tablettes d'ivoire
ornementées, ainsi que de sa gaine décorée en cuir, est
I'un des plus précieux objets du musée.
Sur les murs, plusieurs tableaux sont à signaler, prin-
i
-206- I
cipalement pour leur caractère historique ou folklorique.
L'on y distingue un joli paysage d'Henri Blès, ué à Bou-
vignes au XVIo Êiècle; le portrâit de Laximilien Emma-
nuel, électeur de Bavière et Comte de Namur, et, dans un
tout autre ordre d'idées, la curieuse liguration d'uu conr-
bat d'échassiers dans la ville, sport tles plus célèbres autre-
fois dans la région.
Parmi les gravures, I'oIr remarquerâ uù grantl plan du
sièg.gde la vllle et du château de Namur, en 1696.
Quelques ameubleDrents garnissernL la salle, principale-
Ùreut des fragments d'auciens lettbles et, pârmi les irr-
struments de musique, un aulitlue clavecin remo[tânt !t
1670. !

L'étage supér.ieûr du uusée se courpose.surtout de toiles,


I dessins et plans représentaut Namur et sa citadelle à
i travers les âges, et d'uue importânte collection donni-r:
par le peintre namurois Iiegeljau. A cet étage, I'on expo-
I sera prochaiDement une collectiorr de céramique du mo.ve'r
!
âge et de la ReDaissalce, des ilrDrllres et des drap€àux.
Le ùrusée est oufert gretûitement eu public lo dinanche de 10 à 12 heures
en hi!'eti en étô de 11 à 13 heures et le jeudi de 14 à 16 heur€s. Il est
toujours visible en sernaine. Un frû,nc par llersonno.
Conservateur : M, F. Couftoy.

NI EU PORT. Musée archéologrqrue.


Nieuport, une tle nos villes martyres, qui fut complè-
tement auéantie au cours de Ia grande guerre 191.{-1918'
Ilossédait, avant cette calamité, un musée digue d'atten-
tion, dont il ne reste plus actuelletuent que quelques très
rares épaves. Mais cet établissement d'instruction revivra
et, d'ici à deux ans, au lrlus tard, Ies æuyres sauvées du
rlésastre et les dons qui, nous le souhaitons vivement, se
nrultiplieront de plus en plus, pourront alors être très
corrvenablement logés dans un nouïeau bâtinent, conçu
tlans le style de la Renaissance et qui est situé à I'angle
des rues Longue et Haute.
Le bel hôtel de ville, de constuction récente, c<rntient
maintenant les tlerniers vestiges de ce nrusée d'alrtrefois,
,ainsi que les dous et aequisitions nouvelles qui s'y aJou-
tent sans cesse. Cet ensemble sera trânsféré dans le local
-207-
dont il a été question plus haut, dès que les servlces des
régions dévastées, qui de nos jours occupent le bâtiment,
seront à même de pouvoir l'évacuer.
Les tableaux qui se trouvent à I'hôtet de ville ou qul
vont y etre réinstallés très prroeh:rinement sont au uonrbre
de onze. Ils représentent: < La bâtâille de Nieuport en
16(X) >, par L. Moritz; un tableau-plan, perspect.ive de la
bataille de Nieuport, exécuté en 1601; une toile de 1b?8
tgurant <r Esther derant Assuerus D; un ( grrtrait de I'hi-
lippe II, roi d'Espagne rr; un portrait tle Marie Tudor,
femme de Philippe II et reine tl'Anglet.erre; un portrflit
de Philippe IV, roi d'Espagne; un por.trait d,Elisabet.h de
X'rance, épouse de Philiplrc Iv; un portrait de I'Archiduc
Albert; un portrait de I'Infante Isabelle; un portrait de
Léopolcl II, roi des Belges, par L. Maeterlinck; ainsi que
deux volets de I'Ecole flamantle, qui sont attribués à
l'artiste Lancelot Blondel.
I-e gouvernement belge a bien voulu céder à ce musée
en formation les æuvres d'art suivnntes: de Maurice Lan-
gâskens, << Le Semeur >; de Yictor thonet, < L'église en
ruine du village r'oisin tle Woesi:en > (prrr suite de la
guerre), ainsi que le ciuretière de ce teuple religieux;
de Gustave Jacobs, un bronze représentant < La Douleur >.
Pierre Braeeke, le réputé sculpteur, natif de Nieuport,
vient. de faire généreusement don tl la ville de quelques
intéressântes répliques en plâtre de ses æu.r'res. ( I'IIu-
rnanité ); le monument dn sergent Debruyne projeté pour
Blankenberghe; le nronunrent des soldats rnorts pour la
Patrie. érigé à Aerschot; le buste du savant neturaliste
Van I}eneden, professeur à I'université de Liége; le buste
du dramaturge bien connu: Nestor de îière; un des évau-
gélistes que I'artiste r exdrculé pour I'Eglise S.S. Pierre et
Paul à Ostende; un type de Dendiante italienne; enfin
uIIe tête tle feume et le buste d'un hâbitânt de Courtrai.
A.joutons tlue le gourrcrneurent belge a eu I'excellente idée
de déposer pour une période de 1() âns, à I'hôtel de ville,
le tableau si apprécié tl'Orner C-loppens, représentant
l'église de Nieuport, comme elle existait avant la guerre
qui l'a entièrement détruite.
Enûn, I'on 1x)ssè'tle encore une des cloches du carillon
-208-
d'autrefois qui égayait de ses tintements argent,ins les
habitants de la ville, ainsi que plusieurs pierres sculptées,
derniers souvenirs provenant de l'église et des halles.
Ce petit noyau d'objets d'art e! de souvenirs, réunis à
I'hôtel de ville. atteste donc le vif désir et la ferme volonté
des pouvoirs publics et de l'administration communale de
faire revlvre ee musée si intéressant jaalis et qui fut pres-
que complètement anéanti par la terrible tourmente, en
même temps que les remarquables monuments de I'antique
ville de Nieuport. Nous avons le ferme espoir que tl'ici à
peu d'années I'adminletration communale de cette grantle
et glorieuse victime de la guerre, sera à même de pouvoir
inaugurer ce jeune musée, dont la prospérité ne cessera
de s'accroitre, pour mettre en lumière I'histolre du présent
en même temps qu'il rappellera le plus possible les souve-
nirs du passé.
Parmi les 145 numéros d'objets signalés dans I'inven-
taire du musée d'avant 1914, et qui furent détruits par
le bombardement allemand, ainsi que cela a été clit précé-
demment, nous croyons utile d'en si$raler ici les pièceg
prlneipales:
Une statue de la sainte Vierge et de saint Jean prove-
nent d'un calvaire de la corporation iles Jardiniers; une
représentation de saint Martin faisant don de son manteau
au mendiant; un portique d'une remarquable élégance
fgurant Dieu le Père tmant le globe terrestre; une statue
de saint Michel terrassant le dragon; des amours avee
guirlandes de fleurs; des cartoucbes; et u:re très intéres-
saute crollection de clefs de votte et chêne provenant de
l'église de Nieuport.
L'on lrcuvait voir alors un tableau faisant partie d'une
série de sept sujets mettant en relief ( Les Êept CEuvr€s
corporelles de Miséricorde >, et qui avait pour suJet: ( Le
bourgmestre Jean Àdriaens (1646) et sa famille > distri-
buant des vêtements aux pauvres.
De cette série, il y avait encore ( Les administrateurs
ct administratrices des Ilospices de Ia ville de Nieuport
rachetant des captifs >, peinture datant de 1679; et enlin
< La Distribution de pains par les administrateurs des
hospices >, eùi J étaient tgurés avec leurs épouses (1650).
-209-
L'on admirait aussi une tête de Cbrist; la Vierge et
I'Enfant, iolie sculpture représentant la Vierge qui tient
le globe terrestre dans la main dmite et I'Dnfant JésuÊ
dans la main gauche; un beau fragment <le dais gothiquc
en pierre blanche, qui remontait à la fin du XVU sièclei
une intéressante armoirie de Charles'Quint portant lâ cou-
ronne impériale, I'aigle double ainsi que le collier de la
lfoison d'Or; une dalle funéraire en pierre bleue datant
du commencement du xVIe siècle; une série assez diverse
d'écussons; une croix en fer forgé cte l'église paroissiale
qui fut confectionnée au XYI€ siècle; un beau spécimen
de chenet en fer forgé, datant du XVe siècle'
Il y avait un remârquable gr'oupe de l'éminent artiste
P. Braecke, natif de Nieuport' groupe qui lui fit obtenir
le deuxième prix de Rome; 1l montrait les envoyés du
Sénat romain implorant leur pardon du Président Cin-
cinatus, mais, voyant le général Marlus à côté ttu lui, ils
désespèrent de I'obtenir.
Sur les murs, s'étalaient: une gravure ancienne repré-
Êentant laville de Nieuport; un plan de Nieuport ayant
rapport à la bataille de 164?; un plan autograple de la
ville montrant la série des retranchements exécutés en
169?; un plan des attâques rle Nieuport en 1745; enfin une
vue panoramique de la ville au XVIIIU siècle'
Les vitri:res contenaient, entre autres choses, d'antiques
livres et registres décnorés de belles reliures; des chartes'
dont la plus ancienne, qui remontait à 1163' était revêtue
du sceau du Comte Philippe; une autre ayant rapport aux
devoirs mutuels entre les habitants de Lombartzijtle et
ceux <le Nieuport, qui fut donnée, en 1269, par Marguerite'
Comtesse de Ï'landre, etc'
En plus de sceaux de Charles YI, père de Marie-Thérèse
(16S5-i?40), de Marie-Thérèse, de Philippe d'Alsace, de
i'niUppe-te-nel; de Marguerite de n'landre, de Philippe-le-
ffarAi, etc., 11 y avait encore des médailles modernes de
Léopoltl 1er, du jubilé national' etc.
Une colleetion de carreaux et de fragments d'architec-
ture ornait les salles. Ir'on pouveit voir une série de poitls
por-
datés de 1550, aux armes de Nieuport et av€c écusson
tânt la croix; une curieuse colleetion de I poids, proba-
-210-
trlement les poids étalons de la ville; une sonnette du
Conseil des Hospices de Nieuport, dont le milieu était
decoré du saint Esprit et de deux cerfs ailés. En outre,
cette sonnette portait une scène tle chasse, un calvaire et
une sainte Vierge avec I'Enfant, deux hommes jouant de
la mandoline tandis qu'à leurs pieds un animal tenait
entre ses pattes un biniou.
Un objet fort intéressaDt était une pique provenant du
< Paaschhuisje >, eoutunre populltire qui existait pendant
la semaine sainte, lors du simulncre cle I'enterrernent oe
Notre-Seigrreur. Quatre bourgeois de là ville veillaient
alors âutour de la tourbe, arurés de piques. La maisou-
nette élevée dans ce but se nourtrait: << I,aaschhuisje >.
Espérons que cette courte énuulération d'objets disparus
engagerrr tle généreux mécènes à enrichir de dons simi_
laires ce rlusée rlui a tant souffert cles suites de la guerre
1914-191s.

N I VE LLES. Muæe archéologique.


I-,€ Musée cle l:r Soc.iél.é archéologique tle Nivelles crc-
cup€, l)lrrce Sainl-Paul, une vilste salle de l,àncien cha-
pitre. Les colleetioDs de lrierres tombales, les frâgments
d'archilecture, s'alignent contre les murs du mnglifique
cloîÎr'c' rouran du XIIIe siècle (fig. (iT).
A sigrratler', rrolarDruerrl, tleux rrronuDrents funéralres
scullrtés, du XV6 siècle, tlnnt l.un, relrrésentant des abbes-
ses.de tr'ranckenbergh, est renrar(Iuûble yrar sa bonne
exé-
cution et par le fini des tlraperies. A noter, les pierres
tombales tl'une chanoinesse tle llltb, d,un chanoine,
et d,un
sire de Houtain, scullrture fort bien conservée (xVIe s.).
Il y a aussi tles ruottant.s de clreurinées et divers frag_
ruenls rl'irrchitectrrre,
Queltlues marches rl'escaller ruènent nu palier tlu rnusée
dont les nnrrs sont recou.r.erts de nombreuses phot.ogrâ_
phies, d'tnuvres ti'irrt, d'arueubleruents ou de nlonlllnents
rle la ville.
L'on nronte encore quelques narches, lnur arriver dans
la graude salle du musée, ancien tlortoir du ctrapitre, en
parfaite harmonie avec so destination actuelle.
-211-
I)ans une ltremière vitrine, l\lr tlistingue une intéres'
sante collection de terres cuiles dues au ré1mté sculpteur
riivellois f,aurent Delvitux et à ses élèr'es' Il y a Ià de
maquettes de persourages ornant
beaux médaillons, des
tle I'artiste'
iu .ttui"u d'une église de Gand, un buste <lu ûls
etc. Non loin, l'on rernarquera un buste tle Marie-'llhérèse'
par le même auteur'
du
Une magniflque et grantle tapisserie bruxelloise
tlécore uD des
X\r siècle, représentanf l'Arche tle Noê'

Fig. 6?. - Cloitre rolnân de NiYelles'


Photo. des Musées Royanx du Cinquartenâtre'

rnurs; elle àppârtenâlt à I'ancieune église tlu Strint-Sépul-


cre. Des stalles en clrêne et des boiseries ltrovenant des
Recollets, ainsi qu'un meuble crédenee de l'époque
de Ie

transitlon (XVI" s.), se signalent ir I'attention' Plusieurs


coffres en fer, dont l'un de I'argentier du chapitre noble
de Sainte-Gertrude, garnissent Iâ sâlle'
f,o biOce capitale du musée est un fond de couvercle de
coffrei en cuir repoussé, eiselé et polychromé, du XIVo siè-
-212_
cle, tgurant la Vierge et I'l)nfant dars un jardin clos,
accompagnés de deux anges et de saint Michel.
Au pied d'un mur, orné d'anciens instruments de mu-
slque, I'on distingue une série de planches en bois destinées
à I'impression des étoffes. euelques restes de l'équipement
du fameur Jean de Nivelles se sigûalent sous forme de
casque, jambières et costume. A voir aussi le chapeau d'un
cbef de société d'archers.
Parmi les quelques stâtuettes qui s'élèvent dans le local,
rignalons la statue d'une << Pieta D, du XVo siècle, une dés
plèces les plus remarquables du musée,
Deux grands pAnneaux en bois peint, du XvIe siècle,
méritent une mentlon: ils représentent un Ohrlst en croir
entre saint François et saint Gérôme, et une Nativité:
ils proviennent de l'égliæ des Récollets. Tout près, se
montre un médaillon en haut relief de Charles de Lorraine,
par L. Delvaux.
Une cheminée Louis XIV etr chêne a son fond tapissé de
caueaux portant la devise de Charles_euint ( plus Ultra >
et I'aigle bicéphale. Tout près, I'on voit un portrait de
Marguerite d,Autriche, gouvernant€ des pays_Bas. une
enseigne de I'IXmpereur Joseph II, etc.
En plus d'armes et d'équipements militaires du XVs au
XVII€ siècles, se trouve au milieu de la salle, un tym-
panon (instrument de musique à cordes) de l'époque de
Louis XIr, orné d,une peinture décorative.
Il y a aussi des vitrines eontenant des grès et des 1xr^.-
eelaines variés; des silex taillés des époques préhisto-
riques; des feuilles de vieux manuscrits enluminés, des
brassards du métier des brasseurs, une clef en argent
doré qui fut présentée à f,'ranqois II en 1Tg4 par les magis-
trats de la ville. Une autre clef a été prise par les troupes
allenandes en 1914, oomme aussi un grand nombre de
deniers frappés à Nivelles et bien d'autres objets. 2g de-
niers restent e.Dcore au musée.
Quelques bonnes serrures, principalement de l'époque
gothique, retiernent I'attention, ainsi que des dinancleries
et des ouvrages locaux: boites et flaeons recouverts de
paille teinté€ et, pour finlr, un fort beau rouet, avec bagues
d'ivolre, que I'on croit avoir âppartenu à la dernière ab
tresse van der Noot.
-ztg-
OSTENDE. ttlusée dtArt et dtHistoire.
L'iclée première de ce musée revient à Jean Brasseur
qui, généreusement, légua à la ville ses collections d'æu-
vres d'art. Il fut créé en 1893, sur la proposition tre
M. Auguste Liebaert, éehevin de I'Instruction publique'
sur les instances de M, Alphonse Yan Iseghem, secrétarre
communal, et enfin par les efforts incessants de l"rrtiste
Henri Permeke, qui en devi[t le premier conservateur.
Par suite de nombreux dons et acquisitions, ce musée
possèale actuellement plus de 200 tableaux signés: Ensor'
Gilsoul, Marcette, W'ytsman, etc., des meubles, des objets
se rapportant à I'art ou à I'histolre, etc.
En 1919, Mme veuve Isidore Yan Iseghem offrit à la
ville I'importante collection réunie par feu son marl; ce
qui nécessita le transfert du musée ancien dans les salles
de I'hôtel de ville. Ajoutons que cette dernière collection
offre un très sérieux intérêt au point de vue de I'histobe
d'Ostende.
Dès que I'on péuètre dans I'hôtel de ville, I'on temarque
le projet de l'église Saint-Pierre actuelle tl'Ostende, ces-
siné par le eélètrre architecte Delacenserie, projet qul
décida l'érection de 1901 à 1905, cltt magniûque temple
religieux de la ville, aux si belles et aux si élégantes pre
portions, et qui est coneu en style gothique.
Du grand peintre ostendais, L. Spilliaert, artiste aussl
fécond qu'imaginatif, l'on admire deux tableaux, dont
l'un représente le quartier dès pêcheurs, à Ostende.
Parmi les æuvfes de Mlchel Yan Cuyck, peintre osten-
dais, il en est utre qui attire tout particulièrement I'at-
tention, paree qur'elle représente une des scènes de la pè-
riode la plus sombre de I'histoire cle la ville. L'on voit la
grande place après le slège espagnol de 1641, avec son
hôtel de ville surmonté d'une élégante tour hexagonale
couronnée d'un clocher bulbeux élancé et avec sa rangée
de maisons à pigrons en escalier. Sur la place s'accumu-
lent des sacs de denrées et des marchandises diverses dé-
posés là par les corsaires qui, à cette époque, sillonnaient
la mer pour capturer les navlres ennemis et alimenter
271
- -.
ainsi la popuhrtion. Grâce à ces prises, une aisance reln-
tive pouvait régner en ville.
Dn montant I'escalier I'on remarquera une fort belle
toile d'Isidore lrerheytlen représentant une mare en sep-
tembre, par temps brurneux. Une barque immobile au
milieu des eaux poétise ce sujet aux tons doux et harmo-
nieux. Au palier, se trouve un intéressant portrait en pied
de I'impératrice Marie-Thérèse, daté de 1768, qui fut conr-
mantlé par la ville à .f.-P. Sruvage, peintre de la Cour rle
Charles de Lorraine, en reeonnaissance des serviees rendus
par la souverâin€. qui favorisa lr pêche et fit construire
l'ancien phare de 1771.
Dans I'antichambre tle la < Salle Blanche >, l'on dis-
tingue un t:rtrleau tle Jacques Van Oost, ligurant < Saiut
Antoine de Padorre enlevé arr ciel >, cornposition d'un
caractère très originnl, <l'une bonne mise eu page et d'un
excellent coloris. f,'on voit aussi une peinture cle Mlle Jo-
séphine Bovie, élève de Wiertz, représentânt les < fcono-
clastes à la Cathétlrale d'Anvers, en 1566 )), (ÊuïTe achetée
par le Gouvernernent en 186.1 et qui.fut envoyé à I'adminis-
tration d'Ostentle Dar oillre tlu Ùrinistre AlphoDse Vanden-
peereboom.
La < Salle Blanche > renferne un tableau d'Edouar<l
Elâmmân, tl'un grand intérêt historique: ( L'enlrée triom-
phale d'Albert €t d'Isabelle ir Ostende, âprès le siège de
1601 à 1604 >. A droite, le portrait du peintre y est repré-
senté. Cette toile, d'un puissunt eoloris, montre les Archi.
<lucs s€ détachant en ltleine lunière au Drilieu d'un brillant
état-major pareour':urt à chevnl les ruines fumnr)tes de
la ville conquise par leurs troupes. Entrée triomphale
peut-être, mais peu .j()yeuse ynr la généreuse princesse,
qui ne put retenir ses lârrrnes à la vue de tânt de désastres.
f-e coloris est fort beâu et les costuures sont parfaits.
Du même peintre, I'on distingue une intéressante tolle
qui a pour sujet: Rubens J)ré.sentànt à Marie de Médlcls
rles projets pour la < Gnlerie de Médecis rr, en 1621. Ici
:ussi, le clétail des costuDles est poussé à I'extrême, mais.
par contre, les figures sont toules insignifiantes.
De l'ârtiste ostentlais li'rançois Musin, né err 1820, pein-
tre de mârines, I'on voit une toile ligurant ( Le Bômbarde-
-215-
metrt d'Ostende, en 1?06, par les Alliés sous le commande-
ment de Marlborough >. C'cst au cours de ce bombarde-
ment que I'hôtel cte ville fut détruit. Un autre l;ableau de
ce peintre montre la plage de Lâ Pânne avec ses bâteaux
de pêche.
De Davicl l'eniers, I'on peut atlnrirer un portruit. exquise
petlte grisaille collée sur toile Don tle M. Clobbàert'
La Sall'e des mariages contient I'une des uleilleures
peintures {'Alfred Verwée, intitulée: < Bords de I'Dscaut'
près de B&r'selen (Hollande) >. Du même artiste, I'on re-

Fij.6J. - tsoleine échorér en 1d27 à I'est du port d'Ostenate.

rnarquera aussi ses < Baudets et bêtes à oornes en prâirtes


le long de I'Eseaut, aux environs de Doel >r. Ici, comrne el
général dans toutes ses æuvres, les riehes pâturages, le
bétail et les ciels agités sont fort bien r€ndus.
Il y a aussi un tableau de d'Duphrosine Beernaert, ar-
tlste paysagiste ostendtrise, uée err cette ville en 1831, qui
montre I'entrée alu couveut rle Schiltle.
La salle des séances du Conseil communal est décorée
d'une série de huit portraits des bourgmestres de la ville
rlepuls l-788 jusqu'en 1912 et dont le premier, André Van
Iseghem, fut nommé sous le régime autrichien. Dn général,
-216-
l'on peut dire que ces p,ortraits offrent surtout un intérêt
historique, mais qu'ils n'ont guère de caractères artls-
tlques. Cette même salle est ornée d'un magniûque por-
trait du Comte de Smet de Naeyer, premier ministre en
1899, qui tt creuser les grands basslns d'Ostende vers
lesquels conduit le pont qui porte maintenant son nom.
Cette æuvre vivante et d'un riche coloris est due au peintre
et scull,teur Karel De Kesel.
La salle dlte cles < Tableaux > renferme une peinture
de Mlle D. De Block, représentant le portrait \le I'artiste
ostendaise: Ouphrosine Beernaert. Don du ministre Beer-
naert. fcl se trouve encore une grande toile d'Alfrecl
Verwée: < Chevaux en prairies ), mais certains animaux
n'étant pas traités ici avec le soin habituel, la peinture
est moins digne cl'intérêt que celle de la salle des ma-
riages.
' De Henri Permeke, peintre ostendais et premier con-
servateur de ce musée, ll y a une poétique marlne ffgurant
une chaloupe sur mer calme et par ciel gris. De Rodolphe
Wytsman, I'on remarque < Une petite ferme )), toile acquise
par la vllle en 1905 avec le concours du Gouvernement.
De Victor Gilsoul: < Palingbrug >, peinture achetée par
la. ville avee le eoncours.tlu Gouvernement.
L'antiehambre eontient quelques @uvres intéressantes
au poirlt de vue historique:
Un portralt de I'Empereur Charles YI, fondateur de la
Compagnie des Indes, fut exécuté pâr J. Vân Volsum et
commandé par la ville d'Ostende en Êouvenir de recon-
naissance. fl y a aussi un portrait de Jacques B. floys,
riche négociant qui employa une grande partie de sa for-
tune à des æuvres charitables; il fut surnommé le grand
aumônier des Xrlandres. C'est lui qui fonda, notamment,
le couvent des Sæurs Blanches et I'école des pauvres à
Ostende. L'on y remarque aussi plusieurs anciennes vues
de la ville et, particulièrement, une gravure représentant
Ostende en t7t7, alors que commença à s'établir le cour-
meree avee les fndes, et un plan de la ville en 1648.
Dans les cabinets des Xjchevins, en plus d'une p€intur€
d'Auguste Musin, ûls de Ifrançois Musin, né à Ostende,
montrant une bourrasque dans la Mer du Nord, et d'æu-
.- 2r7
-
vr€s d'Euphrosine Beernaert' ale Jean Brueghel, d'Omer
Coppens, etc., I'on remarque une toile figurant la a
Bou-
cherie tle Bou-Saada (scène algérienne) )),. par Àlfred
Bastin, I'artlste bien connu qut ft le magistral et empol-
gnant panorama de I'Yser.
Le cabinet du secrétaire communal contient une bonne
copie ancienne du fameux tableau <l'Adoration des Mages>,
qui se trouve au musée tte Matlrict et que I'on consldère
comme le chef-d'æuvre de Jérôme Boseh. C'est de I'art
primitif, mais les ûgur€s sont traitées avec beaucoup d'ex-
pression.
La salle James Ensor mérite une mention spéciale parce
qu'elle met admirablement en lumière les æuvres de ce
granil artiste, né à Ostende en 1860. C'est un peintre'
un aquafortiste, un musicien' un écrivain, un de nos ar-
tistes actuels les plus originaux et les plus complets' Une
de ses toiles des plus marquântes, est << Le Pouilleux se
cl-rauffflnt > (fig.69). L'air goguenard du personnage' cornme
son costume négligé et malpropre et le milieu où il se
trouve ofrrent d'un façon poignante I'image de la misère
la plus profonde. Parmi ses 62 eaux-fortes, signalons sa
< Cathédrale >, ses marines, ses masques, ses impresslons
sur Maliakerke, Ostende, ete', toutes ceuYres remarqutr-
bles attestant une maltrise eonsommée.
Au deuxième étage, une première sallê contient la col-
lection Van Iseghem. Il y a là, notamment, une importante
série de médailles, ietons, etc., que nous ne pourrions
énurnérer ici, mais offrant un intérêt des plus considéra-
bles au point de vue de l'histoiçe de la ville d'Ostende'
Nombre de pièces remémorent les principaux événements
heureux ou souvent sanglants dont lâ ville s'est honorée
ou tl.ont elle a été la vietime.'
Les côllections du musée comportent aussi une rlcue
bibliothèque, dont nombre de lrcluures, à couvertures en
maroquin, sont ornés d'uue décoration de fers spéciaux'
constituant parfois de véritables et artistiques tableâux'
Ces euvres de reliure, d'une valeur considérable, recou-
vrent rles ouvrages concernant pr€sque tous I'histoire
d'Ostende.
Signalons aussi une série d'objets appartenant à dlan-
-218-
ciennes sociétés de tir ou autres, tels que huit canons ser-
yant à annoneer le colnmencernent tlu tir et aussi à faire
connaitre que I'oiseau sulrérieur éttit abal tu ; un collier ; un
habit en dràp rouge garni tle broderies, etc, Il y a égale-
rnent tles tableaux hisfori{Iues représentant le sièEe d,Os-

Fi:.'. 69. - < Le Pouilleux se chanffant >, per Jâlues Ensor.

ten(le err 1601 et d'autres peintur.es relatives à la ville ou


aux envixrns, ainsi que tles objets divers: plat d'olTrande.
Iutrin en cuivre, osteDsoir, etc.
Dans une salle voisine. esi exllosée, tlans une vitrine,
une collection tl'ouvrages, brochures, etc., publiés récem-
I

-219-
melt et qui tous ont pour sujet: ( Ostentle >. Au mur d'en
face est fixée une série fort intér'essante de gravures repré-
sentant tl'une façon vrairnent éducative l'évolution de la
vllle depuis 1560 jusqu'en 1850. C'est là une euvre person-
nelle du coDservâteur acl.uel, M. Loontlens, qu'll complète
1rcu-à-1ieu, en y ajoutant des portraits, des bibliographles,

l'ig. ?0. - Le <Postillon> et lo trbl0, de la société de Rhétoriqre.

des exlraits de journaux, etc,, sc rapportant à I'histotre


locale.
Dâns les salles de cet étage, I'on verra aussi d'antiques
bahuts en chêne dont I'un, en style Renaissance, est â
signaler pour la belle sobriété <le son ordonnancne; une
série d'assiettes commératives provenant d'ânciennes so-
ciétés ostendaises, sportives ou autres, toutes différentes
-220-
et formant une des collections les plus complètes et les
plus curieuses que l'on puisse voir.
En plus de petits objets, tels que: vieux patiûs pour tra-
verser la neige, coffrets, truelles commémoratives pour
la pose de premières pierres, médailles, etc., I'on remar-
quera encore une fort Jolie pièce en.porcelaine de Saxe
(fig.701, < Le Postillon ), dont I'ensemble, de belle allure
mouvementée, -attlre I'attentionl cette æuvre artistique esr
placée sur une table de la Société de Rhétorique d'Ostende
(musique et poésie) en bois seulpté et à quatre pleds sur
lesquels reposent deux perroquets.
N.B. - Yisible gratuitcment le jeuati de 10 à 13 heures, entrée payante les
ûutros jours.
Conserrateur : M. Loontiens.

SAI NT-N I COLAS. Musée archéologique.


f,'ondé en 1863, cet lntéressant musée, dont M. N.-J. Del-
vaux, le fut le conservateur
sympathique archéologue
pendant plus de dir
ans, occupe, clepuis 1911, le beau local
actuel, situé rue Zaman.
Son vestlbule d'entrée, orné de drapeaux, de statues et
de panoplies d'armes, donne accès dans une salle qui con-
tient des objets provenant de l'antique abbaye de Bau-
deloo, et notamment, de nombreux fragments d'architec-
ture et de sculpture. Il y a là ausgi une jolie girouette
en fer ouvragé, de I'aneien château de Bornhem, d'intéres-
santes boiÉeries en chêne sculpté formant des ercadrementb
de portes et dont I'ornementation est composée principa-
lement de petites statuettes superposées. Ces boiseries
garnissaient autrefols les égllses de Saint-Nicolas et
d'Ilaesdonck. On voit également deg ferrurres des carreaux
de pavement de Delft et d'autreg proyenances, une curieuse
dlnanderie (griffon) qui devait faire partie d'un chenet, etc.
La deuxième salle nous montre une remârquable série
d'arbalètes de grandeur et de modèles difrérents, des tam-
bours, des archives, etc., le tout âyant appartenu à I'une
des plus anciennes sociétés de Saint-Nicrolas, la gilde de
Saint-Sébastien, Dans une vitrine, on admire une longue
flèche d'honneur, qu,i était portée dans les cérémonies pu-
bliques par le chef-homme de eette socité de tir à I'arc,
-221 -
et qui fut offerte au chef-homme le 8 mars 1813. Cette salle
est eneore ornée d'une bannière aux armoiries du pays
de Waes, d'un eogtume de fou de ces anciennes sociétés,
d'une bannière de la chambre de rhétorique qui porte sur I
la hampe la ilevise de cette assoclation: Pruilens simpli,- |
citos et la date 1536. A noter aussl un magnlfique collier \
en argent qui appârtenait à la société de tir à I'arc de La
Clinge, formé cle cinq écussons et d'un oiseau; un collier
en argent des présidents de la gilde de Burght, et quatre
statues en bois, de saint Sébastien, provenant du village
<le Sinaî.
La troisième salle offre un sérieux intérêt, parce qu'elle
glorifle notre célèbre géographe Gérard Mereator, origi- I
naire de Rupelmonde, et dont cette salle porte le nom. I
On y voit une très curieuse série d'aneiens globes, dont
deux, I'un terrestre, l'âutre céleste, sont dus à la main
même de Mercator. On remarque aussi des instruments
se rapportant à la géographie et de nombreux ouvrages et
atlas appartenant à c€tte science.
Parmi les cartes de Mercator qui ornent les murs, il en
est une digne d'être mentionnée irlus particulièrement:c'est
la rétluction de la grande carte des X'lândres, qu'il publia
à Louvain en 1540. Signalons âussi un eâdrân solaire dressé
par Pierre Damien en 1768 et, sur la eheminée, les tleux
bustes de Mercator et du Dr Van Raemtlonek. Ce dernler
fut le fondateur du musée de Saint-Nicolas et I'un de
eeux qui contribuèrent Ie plus à sa prospérlté.
Dans la salle flamande, on admire un meuble en chêne,
aux flnes sculptures, dit meuble béguine et qui servait de
truffet, d'armoire à valeurs et de secrétaire;on voit aussi
un ooffret gothique, un grand bahut en chêne d'excellente
facture remontant à 1667 et, suspendu au plafond,un lustre
dê style flamarid en cuiwe. Sur une grande table sont
exposés des atlas de Mercator.
On monte à l'étage, en dépassant au premier palier deux
antiques coffrets à archives en fer, aux serrures compll-
quées. Sur les muis de I'escalier s'étalent des documents
graphiques et des peintures relatifs à la ville de Saint-
Nicolas.
Le palier de l'étage offre, dans une grande vitrine, la
_ ,r.) _
série extrêDrement remarquable d'une trentaine cl'anciens
poids et mesures de Saint-Nicolas. C'est là, inc'ontestable-
ment, I'une des collections les plus dignes d'intérêt tlu
nusée. On y voit, en plus de curleux poids, des petltes
balances ou trébuchets utilisées ja<lis principalement pour
peser les rnoùnaies d'or, les matières précieuses, etc. Plu-
sieurs de ces vieilles balânces sl admirablement patinées
pâr le temps ont été construites en 1719 par Jacques-Au-
guste Heyndriekx, étalonneur juré de Saint-Nicolas. Dans
une vitrine voisine s'étalent de nomlrreux appareils d'éclai-
rage des tenrps anciens: crassets, bougeoirs et autres ob-
jets se rappr>rtant à ces apltareils, tels que rnotchettes,
éteignoirs, el.c.
La première salle cle l'étage contient des sceaux de di'
verses cornmunes du pàys de Waes, ainsi qu'un sceau de
Charles-Quint, de nombreux cliplômes et ordonnances'
Quatre annoires renferrueut d'anciens oulrages et mânus-
crits héraldiques, etc., aux belles reliures antiques. L'un
de ces manuscrits livre d'arrêts de justice est à noter
plus spécialement; - il.contient -
des ordonnanees, statuts,
styles et ruanières de procétler qui, ( fut fâit et décrit l)ar
le Roi notre sire, et par le Grand Conseil de Malines en
1559 >.
Dans une deuxième salle se trouveût réunis les types
des plus aDciens métiers de tisserands, qui tous portent Ie
vénérable cachet de vétusté. L'rtteDtion est attirée par le
caractère prirnitif de ces appaleils qui représent€nt le
sommaire outillage tles débuts d'une iutlustrie devenue
si prospère dans le pays.
La troisième salle, ou salle du folklore, est gârnie de
costumes, cle médailles de sociétés, tle urenus de banquets,
de chansons imprimées des anciennes sociétés des gildes
de Saint-Nicolas, tle mortiers et de cloches en bronze, de
poteries, grès et faîences diverses. A noter panni d'au-
tres pièces de ce genre, une taque de cheminée datant de
1540, ttont la tlécoration en relief figure les attributs de la
cuisine. On y distingue le foyer, la crémaillère, le rouet,
etc,; à la partie supérieure de la plaque se détachent le
soleil et la lune. Dans une vitrine est ét.alée une eollectlon
de très curieux moules et Droulages en bois et en tene
FiS. ?f. Têle al'eupereuf romain.
-
./-" - 224
-
'/C ,.- ''Y'\
'-':.',-l:;
irourLâteaux
^milàfieers d'étrennes, etc., utilisés par les anclcrs
tt r":li':, cle pain d'épices de Saint-Nicolas'
'
':;!"':f,"gf;;ttles et fabrlcants
et les ornementg variés représentent des têtes'
r-..r, r'dËt6ersonnages' etc. Dans la dernière p-lace de I'étage'
''?dnsiruite
en forme.de chapelle, se trouVênt réunis uriè
belle colleetion de services de messe utilisée sous lê régimè
de la terreur: calices, ciboires, lanternes; des fragments'
d'étoffes et des décorations rellgieuses'
Au deuxième étage, I'on voit d'abord une très impor-
tante collection de fossiles tertiaires, puis d'époques pos-
térieuires,etreprésentéspardespoissons,descétacés'des
défenses de mammouths, des ossements de rhinocéros, etc'
Les objets tle I'âge de la plerre sont contenus dans deux
vitrines; on y remarque cles silex tâillés par I'homme pri-
mitif, depuis l'époque tardenoisienne (instruments minus-
cules), iusqu'à l'âge tte la pierre polie (couteaux, instru-
ments divers et haches polies, dont une en iadéite)' 'Ioutes
ces pièces ont été recueillies dans le Pays de Waes' Une
autre vitrine renferrne ce qui fut trou:vé autrefois à lâ
< Tête de X'landre > (en fâce d'Anvers), dans une sépul-
ture de l'âge du bronze. Non loin de lâ, on peut voir une
série d'urnes cinéraires et des obiets divers, provenant
tous de cimetières du pays de Waes et qul remontent à
I'âge du bronze et à l'âge du fer.
Une petite salle voisine contient, en plus d'ossements
de mammouths, de rhinocéros et de cétacés, deux frag-
ments de puits romains, dont I'un, trouvé à Thielrode, est
en bois et de forme carrée, et I'autre, provenant de Rupel-
monde, est composé d'un tronc de chêne évitlé dont le
pote-
diamètre atteint 1n50. Tout près se remarquent des
ries romaines qui furent recueillies au fond du puits de
Thielrode, et notamment des poteries sigillées' c'est-à-dire
à glaçure rouge et ornées de desslns' L'époque romaine
esireprésentée plus particulièrement par nne tête d'empe-
reur, €n marbre (fig. ?1), découverte à Belcele (localité où
I'on mit aussi au Jour un trésor de monnaies romaines'
dont les pièces sont dans une des vitrlnes du musée)' un
Jupiter en bronze (fig. 72), des poteries, des verreries di-
verses, ctes petites lampes en terre cuite bien connues tle
cette époque, et une assez bonne série de pièees de mon-
-225-

Fig, 74. - Jupiter (br'onzo).


-226-
naies belgo-romaines. On y voit également des slÉeimens
de matériaux de canstruction eâractérieant cette période.
Une i'itrine réservée aux objets de l'époque franque
renferd,e des poteries en terrE''iloire, orneruéùtées à la
roulettd et dont u,n assez grand notubre fuient trouvées à
'Waesmirnster. Parmi ces poteries; ll y a lieu d'en signaler
une à forme peu ordinaire à cettà époque; elle est rnunle
d'une anse et d'un bec; sa panse est"décorée de râyures
verticales et de lignes horizontâles. ondulées.
Avant de visiter la section des beaux-arts, sigralons que
le musée possède une bibliothèque a$sez importante.
Le mirsée des beaux-arts occupe deux salles; I'u'ne est
<lestinée à eontenir les peintures âneiennes et I'autre les
tatrleaux modernes. Parmi les peintures anciennes, meu-
tionDons celles dues au pinceau de B. tle Loose, artiste
qui était directeur de l'Âcadémie cle Saint-Nicolas. Les
@uvres de ce peintre sont caraetérisées par I'exactitude
rle la ligne, par la richesse du coloris et par la finesse de
I'exécution. L'un de ces tableaux, qui se signale à I'atten-
tion, représente une campaguarde occupée à lessiver son
linge, tandis qu'à côïé d'elle son enfânt, à la ligure sou-
riante, tire la robe de sa mère. Tout est charmatrt dar)s
c€tte æuvre: la scènq si expressive et si bien lnise en re-
lief, la fraicheur et la puissance des tons, cornne aussi la
flnesse d'exécution du détail. Iln des murs tle cette salle
est orné d'ute grande toile historique, peinte Dar JoseJtr
Smeyers et qui représente l'entré'e tle Philiptrc-le+Bon à
Saint-Nicolas en 1497. Il y a encore à ciler des æuvres <le
Jean Steen, de jolies peintures de lVlatloux, etc.
Nous terminons cette description en esf)érflnt qu'elle en-
gâgerâ les tqùiistes ir se rendre comnte DlD.$ix-mêmes
combien la visite".$ê'ee.rmusée sgf ilstrusfiïs. r:
N. R. -Le inusée eJt ouveû au public le premier rlirnanche de chaque
mois. de 10 à 12 heures. Les tritres iours, s'adfesset au concierge (gra-
tili cations).
Le secrétait'e du tnusée est M. De Maeschalk.

SOI cN I ES. Musée archéÆlogiqu€.


Ce petlt musée archéologique, dont le principal créateur
et orgânisateur est 1\I. A. Demeultlre, président du eercte
archéologique local, est logé dans une antique chapelle
-211-
désafectee donl l'origine doit renonLer au XI" siècle. Elle
occupe le centre d'un vieux cimetière où se dressent des
monuments funéraires et, tllns les rnurs de clôture de ce
ch:imb de repos, sout encrstrées tles lrierres torrrbnles. L'on

Fig. ?3.
-
L'église ronane ile Saint-\'incent, à Boignies.
Ph0t0. des trIusôes R)yaux dr Cinquanteneire.

y arrive par Ia rue Henri Le Roy, l"rroche tle l'église ro-


mane de Saint-Yincent.
Dès que I'on pénètre dans ce musée I'on remarque une
sérle de cléfenses et de rlents de mammoutlrs, provenant de
là localité ou du voisinâge. Tout près, s'allonge un sar-
_22Â-
cophâge en pierre d'une seule pièce datant de la fn de
l'époque franque et qui a été découvert dans l'église Satnt-
Vlncent.
L'on ne p€ut passer par Soignies sans visiter l'église
Saint-Yheent, le plus imposant et le plus intér€ssant tem-
ple reltgleux roman de notre pays, après la merveilleuse
cathédrale de Tourlai (fig. 73).
L'on volt trols cloches en bronze, du XVII€ siècle, dont
ta plus grande, fort belle, provient de l'établissement deg
capucins de I'endroit. Quelques monuments funéraires et
des plerres tombales sont à voir aussi. Sur des armoires
se rangent divers objets d'intérêt folklorique.
Dans une grande vitrine s'alignent des fossiles, princl'
palement de végétaux, provenant des terrains houillers <te
la région et d'autres fossiles, des carrlères riu volsinage.
Une autre vitrine contient quelques silex taillés, notam-
ment une série récoltée dans les ateliers de Spiennes.
t'on admire un mouchoir de poche qui ofrre beaucoup
d'intérêt; en son centre, il porte en impression rouge la
figuration très fouillée tle la bataille de 'Waterloo et, sur
son pourtour, il est orné de portraits et de scènes se rap-
portânt à ce drame hlstorique. La pièee date de I'époque
de la bataille. À côté, se montre un spécimen tle linceul
et de cereueil en papier clont se servaient les troupes alle-
mandes, pendânt la guerre de 1914-1918, pour ensevelir
les morts.
Il y a plusieurs Christ, dont un en ivoire, du XVIIo siè-
cle, qui provient des oratoriens de Soiguies. L'on voit aussi
la statue assez ancJenne d'une vierge; un Bon Dleu de
pitié du XVI" siècle, qui est assis sur un rocher les pietls
et'Ïes mains litrs (sculpture naive, de grantleur naturelle)'
I)n fragment de pierre tombale représente en ronde bosse,
< L'homme à Moulons >, c'est-à-dire un cadavre dont le
corps rongé par les vers était placé sur la pierre tombâl€
entre la figuratlon du marl et eelle de l'épouse. Une seulp-
ture originale est celle d'un homme sauvage, qui s'appuie
d'une main sur une massue et, de I'autre, tient une truelle.
Dans une vitrine, il y a une série de carreaux béral-
diques portant de grossiers clessins, tels que le lion, I'aigle.
-229-
le cerf, Ia fleur cle lys, etc., qui pavâient autrefois l'éghse
Saint-VinceDt.
La salle est ornée de prinoplies cl'arrnes dir-erses, ainsi
que <le vieux drapeaux protenant des ancienneg sociétés
ou cnrporations tle I'entlroit, et d'un drapeau de la Révo-
lution de 1830, offert par Léopoltl II à ln ville de Soignies.
Une vitrine contient quelques objets de l'époque ro'
maine, notamment une belle buire en cuivre avec anse en
bronze, ainst que quelques ârmes et poteries frantlues.
flne très ancienne peinture uttrale rttonlre la Vierge de-
bout tenant I'Enfant Jésus dans ses brns; t1 ses lrieds, un
religieux est agenouillé.
Près de ferrures variées garnissant un mur' I'on voit
une taque tle foyer figurant un intérieur de cuisine âu
XVI. siècle, une collection de fers à gaufres et de fers de
chevaux d'époques ânciennes.
Une statue en terle cuite, de gïandeur naturelle et re-
présentant sainte Catherine, presque nue, percée de deux
flèches, se signale tout: pârticulièrement à I'attention; elle
fut jaalis le symlmle d'une ancienne société d'archers, dite
r'le sninte Christirte.
Tout près d'une collection t1e minéraux et de marbres,
se signalent trois curieux verres, sorte de gotrelets cylin-
driques et à ornement torse dont le fond est relevé en
fornte de cône; ils proviennent d'une très ancienne tombe
trouvée sous la chapelle (actuellement musée). Ces verres
paraissent d'origine belgo-romaine. Il y a aussi quelques
colliers de sociétés d'arbalétriers, ainsi qu'une collection
de petits christ reliquaires.
Une vit.rine cont'ient quelques peignes t'n écaille, avec
rit:hes dessins ajourés qui datent de I'Empire.
Pârmi les peintures, signalons un Chrisl provenânt des
orntoriens et une Vierge et I'Dnfaul. âyâtrt apartenu à
I'abbaye de Crespin. Lh autel est orrlé d'un triptyque dont
les volets extérieurs sont décorés des portraits du dona-
teur et de la donatrice et, I'intérieur, de scènes religieuses'
Devant, se trouve un antependium en cuir de Cordoug
provenant de l'église Sâint-Virlcent.
Comme objets divers, il y a de vieux mortiers, tles lan-
ternes, <les serrures, dont I'une provient de I'abbaye de
-230-
Satnt-Ghislain; des reliquabes, des tuiles et faitières, des
bâûons tle confréries, des instruments de musique, dont
un basgou et un serpent, servant Jadis aux processlons;
des monnaies, des porcelaines, etc.
Deux pièces curieuses sont à urentionner: deux cartes
à jouer portant. sur le revers de I'une, une inyitation ir
assister à un bal donné par le Prince de Ligne en J-791 et,
ôur I'autre, une annonce de rlécès de la même époque.
En plus d'anciens sceaux de la ville, il y a encore utre
bonne série de petites balances avee poids, le tout en bon
état tte conservatiôn, qui étaient destinées à peser les rnol-
naies et les métaux précieu,x,
Lo musée est ouvert &u public en ét6, le preruior clinanche do chaque
noiq de l5 à 17 heures. Pour tous renseignernents, s'&dresser à M. A. De_
mouldre, président atu Cercle erchéologique de Soignies.

STAVELOT. Musée arohéologique et abbaye.


Il y a quelque temps déjà qu'à Stavelot, au cæur de Ia
'vlellle Ardenne, au centre même de ce pays r\ la nature
rude et pittoresque, si appréciée des touristes, se constitua
un petit musé€ d'un caractère essentiellement local. Ce
musée, dt à la louable initiative du s]-mpnthique échevin
tle I'endroit, M. Jean Massange, qui en fut non seulement
le créateur, mais aussi, peut.on dire le couservateur depuis
sa fondation jusqu'aujourd'hui, occupe une salle tles bâtt.
ments de Ia célèbre abba5'e de Stavelot. Cette rbbaye fut
fondée par saiut Remacle en 6bb, avec le puissant appui
de Sigebert, rol d'Austrasie. Fjn 1?99, les territoires de
Stavelot et de Malmédy formaient un Etat dont I'abbé de
Stavelot était souverain; il portait alors le titre de prlnee
de I'Empire.
L'agglomération aetuelle de Starelot se présente d,une
fagon très attrayante, tant par sa sit.uation sur une pente
montagneuse, que par ÊeB rues déclives, irrégulières, par_
fois très étroites, pâr l€s restes de son antiques âbbaye,
par les curieux vestiges de ses anciennes habitations en
cnlombage, par ses nombreuses et pittoresques tannerieg
et par les restes de I'abbaye. Avant de parler du musée,
signalons I'intérêt archéologique considérable qu,il y a à
vislter les bâtiments actuels de la vieille abbaye (fig. ?l),
- 2?,r
-
qui, en réalité, fout en quelque sorte partle de ce musée
(tout particulièremeût, I'erncien et superbe réfectoire de
l'époque de la Renaissance, exécuté par les frères Duckers'
architeetes à Liége, qui fut restauré eDsuite ilrec un art et
une fidélité parfalts).
Ce vaste réfectoire tout blanc est décoré (Iig. 75) de bas-

Fig. 74. - Une des c,ntrées de I'ebbeye de Stavelot.

reliefs de toute beauté disposés en six grands panneaur'


dont'quatre représentent les Evangélistes, un cinquième
le Christ en croix et un sixième, au-dessus d'un curieux
poêle antique, saint Remacle, accompagné de son loup'
faisant vis-à-vis aur roi Sigebert d'Austrasie. Quatre dessus
cle portes sont ornés de reliefs fuurant les vertus cardi-
__:_-;7=_ r .

-232-

d)

I
- ïi:i -
douze médail-
nales, Dens leg entre-colorules se délâcbert
lons élégamurent suspendus par des rubans' et qui con-
li.oo"oit"t portraits des tLouze apôtr€s' A noter crncore
qui encadre et
ia sobriété de ll décorat'ion architecturale lus'si Ia par-
Àmplète ce ravisslut enserlble' A signaler
des personnages rellréseutés' et
ioitô n"t*o"ie du rnodelé
anirnaux'
plus particulièrement celle des enftrlts' Pour les
àont je rôle est ici tout à fait secontlaire' cette lterfection
qui pa-
,riu po, été observée, Dotamrnent pout l'éIéIrhant'
rait avoir été sculpté par u'n artiste n'ayant cerlâinement
L'on ne peut
J"*ui* vu même I'image de ce pachytlerme' et sans pdr-
i,""*". pu. Stavelot sans fisiter ce réfectoire'
de la vieille abbaye'
i.* trois étages de souterrains
L'oû remarquera aussi une importante partie de
"oo.i" I'ancienne
iour de l'égiise rbbatiale priruitive qui a été conservée'
Dans I'église pâroissiale actuelle, qui date de
1?50' on
d'art du plus haut intérêt' que
peut arlmirer deux æuvres
iro.,* iro.rtoo. également considérer comme étant
un des
éIéments du musée; ce sont: la clrâsse de saint Remacle
qul
ifutuot, diton, de 1267 et le buste de saint Poppon' de
La de saint Remacle' longue
i--ooi" à 1826. châsse
i-*et""a, a la forme d'un coffre oblong aYec couvercle à
et érnaillé'
tleux versants; eIIe €st en cuivre repoussé' doré
g"""iu O" pierres précieuses et de statuettes en argent
Le buste
àoré et renferme les ossements de saint Remâcle'
de saint I'oppon, en vermeil, est de style Renaissance; il
contient les reliques du célèbre fonilateur tle I'abbaJ'e'

Lê lltùsé€1 dont nous allons nous occuper maintenant' et' a


est le cornpiément de ce que nous venons de voir; de cetle
vral oire, ùs principales curiosités archéologiques
joii" oil" de Stavelot forment' dans leur ensemble' un
musée rappelânt un passé rle puissance et
tle prospérité'
tle I'an-
Le musée proprement dit occupe une des salles plus ro-
des
cienne abbayl; il renferme deux sarcophages
des taques
marquables,- d'intéressantes pierres tombales'
des fragments d'architecture' etc' Les sar-
àe eùeminees,
cropnages, qui remontent au IXo siècle on au Xe siècle'
furent découverts ftu cours de fouilles dirigées
par
'T' II'
abbatiale'
Massange, à I'emplacement de I'ancienne église
Ils ont lte etoOie. pâr M' G' Cumont' L'un rle ces
sâreo-
-23{-
phages, clôturé par deux dalles en poutlingue de Malmécly,
est long de 2 mètres; sa largeur est de 0-4? du côté des
pleds, et de 0n75 du côté de la tête. Il renfermait quelques
oggements humains, L'autre, découvert dans une ancienne
crypte remontant à l'an 100S, est recouvert d'un couvercle
en grès de même nature que le sarcophage lui_même; ll a
le dos arrondi et creusé lntérieurement en forme d'auge.
Sa longueur est eonsidérable (2n20); sa largeur du côté
des pleds est de 0-32, du eôté de la tête de 0m90. Iæ fond
du cercuell est percé de trois trous pour permettre un faeile
échappement des liquides. Il ne contenait aucun objet ni
ossem€nts. L'on pense que ce sarcophage était celui de
saint Poppon?
On remarquera aussi un curieux fragment de I'ancien
perron de la ville de Stavelot, portânt sur ses quatre angles
des sculptu,res figurant des loups (deux mâles et deux fe_
melles). Parmi les pierres tonbales, il y a lieu de signaler
celle de Honoré-Charles Barbu, mort en 16bg, qui fut gref_
ter de la haute.eour tle justice de I'endroit; elle porte les
armes du baron de Potesta.
Quelques taques de cheDrinées mérltent une mention, no-
tamment une tle 15b5, de forme allongée, dont la partie
Êupérieure est <lécorée des armoiries de la famille de Man_
derscheid et dout lâ partie inférieure porte le portrait en
relief de saint Remacle. Ira plus grande des taques date
de 1573; ells est divisée en six comparti.rnents (ffg, ?6), les
trois d'en haut occupés par saint Remacle et son loup
légendaire; par saitt pierre, patron de la pritrcipauté de
Stavelot; par saint Quirin, patron de Malmédy. Ce dernrer
-têtefâit eurieux tient entre les mains une partie de sa
appuyée sur- sa poitrine. En dessous, au centre, le mil-
lésime de 1573.
Signalons, d'après la légende, I'origine de ce loup rlont
nous constatons toujours la présence aux côtés de saint'
Remacle. Ce saint étant occupé à bâttr le monastère de
Stavelot vit un loup qui dévorait un des ânes transportant
Ies matériaux de eonstruction. Il ordonna au carnassler de
prendre la place de l'âne, ce que le loup s,empressa
de
faire de lâ meilleure grâce du monde. Depuis lors, le loul)
apprivoisé ne quitta plus le saint homme. Ajoutons que
-235-
nous retrouvons c€tte même légende appllquée à la grottc
de saint Bemacle, dans la vallée cle la $emols'
On Inut volr encore uue taque aux armoiries des bdrons
de Rahier, une autre flgurant celles cle Stavelot avec épée'
crosÊe et mitre.
'Le
meule belgo-romalne qul se trouve dans ce musée est

chemitrée de 1573'
Fig. ?6. - Teque ale

doublement lntéressante, tout d'abord parce qu'elle for-


malt autrefols borne-llmite entre la prlncipauté de Sta-
velot et le grand-duché de Luxembourg, ensuite parce
qt'on y montre, d'après la légende, I'empreinte du sabot
de l'âne (pas d'âne) de saint Remacle.
Ce musée renferme aussi des fragments d'architecture:
ôolonnes, chaplteaux' etc., ayant appartenu à I'antique
-236-
'abbeye; une pierre de la façade du château de
Stavelot
avec les armoiries des seigneurs; qur)lques briques ue
foyers portant rles dessins en relief; des mosaîques roma-
nes; un important fragment de rampe d'escalier en chêne
ayant appârtenu au palais du prince-évêque de Stavelob;
une cloche en bronze provenant du couvent des Ursulines
et qui fut fondue à Liége, enL724, par Levache. Il y a aussr
un stylet en bronze qui parait dater de l'époque franque,
un sceâu de X'osse, un sceau à frappe du couvent des Ur_
sulines, quelques monnaies anciennes, etc,
De tout ce que nou,s venons de dire, il résulte que I'on
ne doit pas se contenter de voir Ie musée de Stavelot, mais
qu'il est utile et même indlspensâble de visiter le rnagni.
tque réTectoire de I'abbâye, ses bâtiments et ses souter.
rains, comme aussi d'aller voir les ântiques trésors ue
l'église paroissiale, ensenrble formaDt un tout complet qui
ne peut se séparer.
NorÀ. Pour la visite ale I'ebb&ye et de ses souterrains une logère r6tri-
-
bution est alemandée au prolit de I'hospice occupsnt ces bâtiments.

TE RMON D E. Musés archéolqgique.


Le joli bâtiment de ce musée archéologique, dont I'ori_
gine est la plus ancienne et qui est aussi I'une des plus
intéressaqtes constructions de la localité, ne pou_
vait avoir de meilleure destination que celle de loger les
souvenirs de I'antique ville de Terrtrontle.
Réédifié en 1292, sur l'ernplacement d'un édifice de date
assez reculée, ce monument fut d,abord affecté à des ser-
vices publics. En ces temps, lâ corporation des bouchers
occupait le rez-de-chaussée tlu local, tândis que le premier
étage servait de salle cle réuDion et également de salle de
vente âu serment des tisserands et des drapiers. Le bâti_
ment tlevenu bientôt trop exigu pour l,usage des drapiers
et des tisserands,ceux-ei furent alors autorisés à construire
une hâlle qui, plus'tard, devint le bel hôtel de ville
âôtuel. La corporation tles bouchers continuâ à occuper
l'ancien local jusqu'en 1g62; le preDrier étnce étâit uf:ilisé
alors par la Gilde de Saint-Georges et le deuxième étage
devint salle de spectacle pour la chambre tle rhétorique
dite < De Leeurverekenaers )). Enfin, en 1ggg. après arrcir
- 2I7-
pâssé en diverses mains, ee local fut restauré complèle-
ment et avec le plus grand soin tlarls son'style gothique
primitif, dans le but d'y loger les collections archéolo-
giques de ln ville.
r,'inauguration de ce musée eut lieu le 25 juin 1899 en
même temps que celle du nouveau pont sur I'Dscaut et en
présence de S. A. Ê. le prince Albert de Belgique, des mi-
nistres, et tles autorités provinciales et communales'
Avant Ia tlésastreuse guerre de 1914-1918, Ies obiets d'art
décoratifs et les souvenirs de ce musée, qui avaient été
disposés avec tant de soins, occupâient toutes les salles du
mr>nument, mais, après le passage des hordes allemandes
qui s'y livrèrent à un pillage bien étualié, les documents les.
plus précieux ou les plus utiles qu'il renfermait furent
emportés par I'ennemi et tout particulièrement les souve-
nirs les plus intéressants qui se rapportaient à I'histoire
de Termonde. Le musée, ainsi saccagé à peu près complè-
tement et pântelant, tlès lors, ne fut plus visible au public.
LeS autoril;és de la ville, manquânt de place pour établir
leurs bureaux, se décitlèrent alors à occuper une partie
assez irnportante du local.
Avant de donner un court âperçu des principales pièces
que possède encore ce musée, nous croyons utile d'indiquer
les principaux documents et obiets disparus, parmi les
centaines de ceux dont les soldats allemands s'emparèrent
en octobre 1914.
Parmi les pièces les plus anciennes, remontânt aux pé-
riotles préhistoriques, belgo-romaines et franques qu'i fu-
reut âinsi dérobées, signalons une série d'outils en silex
taillés ou polis, notamment des haches-marteaux en roche
dioritique; des armes et vases divers des époques gaulolse,
belgo-romalne et franque, une belle épée mérovingienne'
des haches, un collier belgo-romain en perles et dents de
requins, etc.
tr)u moJ'en-âge, il y avait boute une série de très inté-
ressantes chartes se rapportant aux corporations locales;
des bulles de plusieurs plpes; <les lettres patentes, des
plans de fortiûcations tle la ville; des obiets d'art, etc'
Menl;ionnons pnri:iculièrernent parmi les objets enlevés :
des plans de la ville de Termontle et de ses fortificatlôns
-238-
aux XVo, XVo et XVIII€ siècles; le traité de la réddition
de la ville à Àlexandre f,'arnèse, signé en 1584; la capitu-
lation de Termonde au duc de Marlborough en 1706; la
capitulation à Louis XV en 17451' la collection complète
des sceaux administratifs des communes de I'arrondisse-
ment de Termonde du XVII au XIXo siècles: des sceaux
des serments, corporations et confréries termondoises; une
série complète des sceaux de la ville à partir de 1246; une
'collection de photographles et de dessins concernant Ter-
monde aux temps passés; quatre albums renfermant des
portraits de termondois lllustres et des vues archéologl-
ques de la ville et du pays environnant; deux cents mé-
dailles en bronze et en ârgent (don rlu gouvernement belge) ;
de nombreuses photographies, dessins, lmages, bibelots
divers lrès précleux au poÏùt tle vue de I'histoire et du
folklore terrnondois; une série de monnaies, médailles,
méreaux et plombs de Termonde formant une collection
complète très estimée et d'une grande valeur (beaucoup
de spécimens étant très rares); des médailles, oolliers, pla-
teaux, eoupes, déeorations du serment cle Saint-Sébastien
et d'autres corpoiations et sociétés locales; des médalueÊ
gagnées par la chorale < Les Echos de la Dendre >, eol-
leetlon d'une grande valeur, plusieurs médailles étant en
or.
Le musée actuel contient encore divers objets et docu-
ments. dont noug allons dire quelques mots.
Il y a tout d'abord, à noter un beaur et ancien bahut en
chêne qui porte les armoiries cle la ville de lermonde.
Des époques préhistorique, belgo-romaine et franque, ll
reste encore quelques silex taillés ou polis (lames, haches,
etc), des poteries et des armes diverses appartenant à c€s
deux dernières époques, ainsi.qu'un très intéressant petit
autel belgo-romain dédié à Hercule (fre. 77), et qui a été
découvert à liletteren.
A côté de vases belgo-romains, qui ont été trouvés lors
des draguages de I'Escaut en 1898, I'on voit aussi un très
grand nombre de fragments de poteries remontant au
XVIIo et au XVIII€ siècles qui ont été mises au jour à h
même époque et à la suite des mêmes travaux. Cette der-
nière découverte senrble âttester qu'autrefols c€tte indus-
-239-
trie était très prospère à Termonde. À ce sujet, rappelous
qu'en l'an X de la lùépublique françalse, la ville renfer-
mait encore quatre fabriques de céramiques et qu'actuel-
lement il n'y en a plus.
Dans un cadre, tgure un diplôme digne d'être men-
tlonné: celui du Conseil de Noblesse tle 1810 par lequel
la ville de Terinonde reçoit ses armoiries; I'une des rares
plèces de ce genre laissée à la ville par les Allemands'
Ir'on remârquera aussi
une ancienne peinture
représentant le siège
de la vllle par Louis
XIV. L'acti,on bat son
plein et I'on voit les
lueurs rouges de I'in-
cendie qui illuminent
le ciel, II y a encore
une petite collection de
médailles dont les Teu-
tons n'ont pas jugé
utile de s'emparer com-
plètement; il se sont
contentés d'en choisir
les plus précieuses.
A l'étage du musée,
se signalent quelques
pièces d'un réel inté-
rêt, surtout au point de
vue tlu folklore et des
souvenirs se rattachant Fig. ?7, - Àutel rlédié à Hercule.
à Ia ville ou à ses mo-
nuurents. L'on y rernarque une grande crolx en fer d'un
beau caractère décoratif et qui est surmonté du coq trl'
ditlonnel; elle termlnait autrefois Ie cl<xher de l'église
princlpale de la ville' îout près de là, se trouve une
maquette figurant cette église principale dans l'ensemble
de ses tlétalls archltechiraux, ainsi qu'une autre.tecort-
stitutlon,_ bien réussle, offrant l'aspect du beau monument
aetuel occupé par le musée.
,----

2tll --
-
Ir'on vbrra aussi tles'alnles de dilerses catégories, des
boulets de eanon et, conlme souvenir tout particulier, le
dernier ehapeau qui fut porlé par le poète populaire bien
connu: Emmânuel Hi€I.
Les objets de folklore les plus ctlrieus du rnusée et cle
la ville de Terrnonde, sont in(I)ntestablement ceux qui se
rapportent à ses cortèges tlit Ommegnng, parmi lesquels
c'est toujours le grand et cé]èbre cheval I3ayarcl qui ftit
la plus belle et la plus nâjestueuse figure, et aussi celul
qul fait la joie tle la population terrnondoise, lorsqrre
le fameux nnimnl se présente au publie.
Au musée. noùs verrons, notarurltent, le petit cheval
Ilayard, le gran<l et précieux animal étant tellement gi-
gantesque, que I'on â alt lui réserver un local spécial afln
de pouvoir le loger convenablerDent. Il 1' a là aussi le
cbameau, qùi fait partie di cortège, ninsi que lR roue
de fortune, etc. Non loin de ees animaux qui occupent
la salle, s'alignent les cuirasses que rel'êtent les quatre
en os ceux-ci -
- en chair et
fils Aynron lors des eor-
tèges.
L'histoire du cheval Bayard et des quatre fils AyIuon
est si intim€meut liée à tout ce qui tient à Termonde, que
nous l)€nsons utile de la rappeler ici en qnelques liEnes.
Termontle se glorifie, à juste titre, de po'sséder Ie plus
gigantesque cheval Bayard de notre pays, .légendaire
animal dont les prouesses sont si populaires tlans cette
ville depuis des siècles. Vers I'an 800, le seigneur tl'A-v-
rlon. cont.e de Terrnontle, épousa la sæur de Charles, roi
des Tungres, dont il eut { enfants. Le plus jeune des lils'
Raymond, eut en partâge un poulain qu'on n'osait pas
faire sortir de I'écurie, tânt il était rétif: c'était le fameux
Bayard. Raymond réussit cepenalant à le dompter com-
plètenleDt et à en faire son ûalèl,e ami. Quelques temps
après, à la suite d'une violente querelle, Ra]'mond tran-
.ch.a la tête de son cousin, fils du roi Charles. Oharles
ayànt appris ce rneurtre, se mit immédiâtement à la pour-
suite des quatre 4ls Aymon qul, urontés sur Rayârdr sou-
tinrent vaillamment la lutte et furent victorieux. Ce rol'
poussé liar la vengeance, firtit pal s'emparer traitreuÊe-
-211-

Fis. ?8. - Grand clleYal Ba!'ard


-2A_
ment de la sæur des-qua:tr,e fils Â-ymorr; afin-t1ue_.le trélètrre
cheval lui fut livré. Charles essaya alors, par tous les
moJ'ens, de noyer le brave coursier en lui attachant
de
lourdes meules aux pieds, mais, àr chaque tentative, celui-
ci réussit à se débarrasser de ses farrleaux et lenait re.
jolndre Joyeusement son maltre Raymond. F.irralement,
âceablé de poids, il se laissa couler à fond, se
croyanr
abatrdonné p,rr son maitre, en poussant un suprêure
henls_
sement.
La légende rapporte que cette scène tragique se serait
passée à Termonde, au confluent de I'Escaut et de la
Dendre.
A partir de 1466, le cheval Bayard figure dans tous les
Ommegang de Termonde et fait les frais des fêtes publi.
ques. Ce sont les portefaix qui pâr équ,ipes
de 12 ont. de
tout ternps, eu le tlroit de porter le valeureux animal, lors
des cortèges.
A I'exception de Ia tête, iI fut reconstruit en 1?D{ (Iig. ?ti).
.Sa plus grande longueur est de bn20 et
sâ hauleur, r.r lrr
tête, est de 4m8J. La figure ?g en Drontre l.ornemeùtâflon:
habillenrent broclé d'rrrgent et d'or, panache de plurnes
d'Autruche sur la tête, queue garnie de rubnns et forrnée
de crius proyenant de plus <le B0 chevaux.
Les Onrnlegângs tle Termonde sont assez peu fréquents
de nos jours, à cause des fortes dépenses que ces fêtes
occasionnent, elles oomprennent la présence de toutes les
corporâtions, et celles des animaux tels que: la baleine
lanqant de I'eau sur les assistants; le loup qui, au pas_
sage, haplæ les bonnets des habitants; le chameâu,, Ie
petit eheval sans queue; un vaisseau; la roue de f,,or-
tune, etc,, mais Ie principal attrait de ces cavalcades est
toujours le grand et fameux cheyal Ralard monté par
les quatre ûls Aymon. AJoutons que la scène de Iâ Iutte
contre le vAillant oeursier y est chaque fois représentée.
Souhaltons que les autorités supérieures ïeuillent bien
tenter des démarches en All,emagne, pour obtenir la res_
tltution, au moins partielle, des trésors archéologlques dê
ce musée si intéressant avant la Euerre. Bspérons aussl
que eet établlssement d'instructioû ne tartlera pns
à re-
-2+3-
vivre d'uDe 1-ig Douvell€ et que' p€u à p€u' au moyeDpu-de
dons'généreux et avec un sérieux appui des pouvoirs
blles, nous verrons ce ntusée reprendre un essor à l'égal
de ses sæurs voisines, les villes de Saiut-N'icolas' Loke-
ren et ÀloÊt.

Tl R LEMONT. Muséo archéologique.


La petite ville de Tirlemont, au c€ntre de laquelle se

dressent les hautes silhouettes des remarquables monu-


ments religleux bien connuÊ : celle de l'église Saint-

Fonts baptisuraux'le Rummen'


Fig. ?9. - Photo. L Perdon'

Gerrnaiu, en pnrtie .romane et celle de la curieuse église


Notre-Dame du Lae, édifice gothique des XIIIo et XIVo
siècles, surmonté d'une belle tour, possède un petit l:rrusér'r
archéolôgique dont nous allons nous occuper'
Ce muséÀ, qui depuls la grande guerre n'est plus visible
au publle, mais dont I'arrangement va bientôt être err-
trepris p&r une commigsion chargée de ce travall, est
togè Oans une sâlle du premier étage de I'hôtel de vllle'
Cet hôtel tle ville, qui s'élève sur lâ plac€ priucipale tle
Tirlemont, date de 1'720; c'est- un mon-umrent aux lignes
lurchttecturales simples et sévères, précédé d'une colon-
nade en avancée.
-2t4-
Dès que I'on pénètre tlans le musée, l.attention se porte
lmmédiatonent'\'ers de_ux 1rièees ffi remarquatles.
L'une, clui oceupe le cenire de la salle, les fonts baptls-
maux de I'ancienne église de Rummen, constitue un petit
monument digne d'intérêt. Ces fonts sont formés de
quatre légères colonnes à chapiteaux engagées clnns un
large support cylindrique central soutenant une cuye qua-
dralgulaire, dont chacune des faces est décorée cl'une
ûgure humaine aux earactères archaiques (fig. ?g).
Le deuxièrne élément d'art décoratif qui attire tout
particulièrement le regard est la magnifique porte d'entrée
lnttirieure qui constituait jadis un des principaux orne-
menls de l'église Notre-Dame du Lac à Tirlelnont. Lès
sculptures de cette porte en chêne, qui est ajourée tlnns
ses deux tiers supérieurs, r'eprésentent, pense_t-on, la
['ol, I'Espérance et la Charlté.
L'une des cariatides qui décorent cette porte expose
I'image d'une- femme tenant la croix et le calice; des deux
eôtés, planent tles anges encâdrés, rl droite, par une mitre
et, à gauche, par une crosse. trne deuxième cariatide
figure aussi une femrue aux I'eux levés au ciel et la main
gauelre placée sur le cæur. Sur. son bras, un oiseau prend
le vol et des anges ornent les deux côtés de la statue. La
troisièrne cariatide montre une femure donnant le seln
à l'enfant, penalant que deux autres enfants grirnpent vers
le haut. A droite et à gauche tle ces statues, I'on voit,
d'un côté, un Augustin s'abritant sous un arbre pendant
qu'une main mystérieuse lui pflsse un livre portant ees
mots: prenez et lisez; tle I'autre eôté. le même saint,
assis dâns une chambre, écrit sous l,æil de Dieu.. Dans
l:inttlrêt de la morale, tlit-on, un révérend prêtre.des tsmps
passés mutila quelque peu les anges de cette belle porte
.fis. 80).
Des époques les plus anclennes cle I'humanité, l.on ne
voit que des ossements d'animaux préhistoriques, tels
que (€lx tle mamrrrouths, de rennes, etc., trouvés, soit au
cours des draguages de Ia Gette, soit en €xéeutânt des
travaux d'égouts dans la ville. ..

L'on remarquera tluelques poteries romaineç et fran-


ques, des types courlnts, qui proviennent.de fouilles en-
- 246 --
treprises à lirlemont ou aux environs tle la ville' Dans
une vitrine.placée au milieu tle la salle, iI y a une collee'
tion de urirléraux destinée ai initier les visiteurs à la con-

Fig' 80. - < Potte êÙx Ânges >'


Photo du Musée cte Tirlolnont'

naissatce de- ç.es produits naturels qui constituent un si


pulssant élément de richesse pour ltindustrie.
I)cux Dienes armoiriées sont à rnentionner:.I'une qul
-248-
porte la mltre et la crosse date de 16BT et I'autre, qul est
décorée des armoiries des seigneurs qui habitaient jadis
le ehâteau de Bautersem. parmi les armes, notong une
sérle de lances congolaises, des satlres, des é@s, des
fusils, etc., du moyen-âge et des temps modernes.
Un grand tableau représentant le panorama de la ville
de Louvain est à signaler tout particulièrement parce que,
lors de I'invasion allemande en 1914, les soldats teutons
pénétrèrent dans I'hôtel de vllle de Tirlemont et, pour
laisser sans doute un témoignage tangible de leur pas-
sage par ce musée, ils lacérèrent à plaisir cette toile.
Fait. digne d'être retenu, cet acte de vandalisme des
hordes ennemies eut lieu avant I'lncendie de Louvain.
Avalent-ils pour but d,annoncer ainsi leurs projets de
tlestruction de la ville martyre? C'est possible.
Une vitline renferme, notamment, deux colliers de nos
ânciennesr corporations. L'un, de la Gilde de Nerm, près
<le I-Iougaerde, est formé d,une chaine plate et mince en
argent, large de 5 centimètres, délicatement aJourée et
à laquelle est suspendu I'oiseâu caractéristique de ees
soclétés de tirs. L'autre, de la Gilde de Saint-Sébastien
d'Oirbeek, est composé de grandes plaques d'argent sur
lesquelles sont gravés les noms des rois des concours et,
en dessous est fixé le tra<litionnel oiseau.
I L'on remarquera aussi un livre de la Gilde des cordon-
I
I
niers et des tallleurs, de même que des bannières de ees
anciennes corporations, le drapeau remis à la ville de
Tirlemont en souvenir de la participation de ses habitants
aux événements révolutionnaires de 1830, et I'aneien dra-
peau de la Société royale des Beaux Arts.
Parml les obJets dlvers .en méfal, indiquons, une col-
lection de fers de chevaux appartenant à dlverses époques
et qui ont été ryig au jour au cours de travaux de dra-
guage de la Gette, une aerrure bien ouvragée, une nom-
breuse et intéressante série de clefs remontant à tou,tes
Ies époques, et dont plusleurs retiennent I'attentlon par
leur forme ou par la complication de leur travail; une
collectiqq de quelques c_urieqx petits couteaux en fer avec
manche en cuivre gravé de dessins représentant, soit des
personnages rellgl,eux, soit des ornemelts au caractère
-21i -
décoratif. trieaueoup de ees objets ont-été <lécouvetts mr
cours des rlraguages de la Gette. Il y a là aussi de petits
ciseaux 1rcur tondre les moutons, des cadenas aux formes
sphériques, tles cuillères en cuivre et en étain de modèles
anciens et des instruments divers.
Deux grands coffrets flamands en fer, dont I'un provient
tle la ville de Tirlemont et qui servaient jadis à conserver
les archives les plus préeieuses, garnissent la salle. L'urr
de ceux-ci est encore reeouvert extérieurement de pem-
{:ures, dans lesquelles on distingue des lions. Deux taques
de foyers en fonte, dont I'une, armoriée, porte le millé-
sime de 1614, sont déposées contre un mur.
Cinq chanrleliers en cuivre, tlont deux de style empire,
deux candélabres en bronze, une lampe à tube en laiton'
sont rangés sur une étagère. Quelques poteries du moyen-
âge, de diverses époques, et appartenant à plusieurs
genres différents occupent les vltrines.
L'on remarquera une collection de médailles anniver-
srires se rapportant à des événements ayant un caractère
local propre à la ville de Tirlemont et, d'autres, d'un
intérêt général; une série fort intéressante de sceaux de
la ville et qui remontent à toutes les périodes de son
histoire.
Il y a lieu aussi d'examiner attentivement les anciennes
ch:rrtes et les plans de la ville de firlemont. L'on verra,
notamment, le parchemin aux ârmes de la ville, portant
Iâ signature de Napoléon Ier et lâ date de 1813; douze an-
ciens plans tle 'Iirlemont datant de diverses époques, et
des plans de batailles livrées au voisinage de la ville;
des vues anciennes de la localité; des portraits de nos
souverains; des lettres souvenirs et d'autres documents
se rapportant à I'histoire de I'endroit ou du pays envi-
ronnant. tlne des gravures ûxées aux murs représente
une pierre levée ou menhir qui aurait existé autrefols
dans ce pays.
L'on distinguera aussi, parmi les objets divers, un an-
cien milieu de porte, sculpté, que I'on désigne sous le
nom de Mauelair; un départ d'escalier, nommé le gros
balustre, qui est décoré de sculptures caractérisant la
transltion entr€ le style Louis XIV et le style Louis XV;
-2{8-

Fjg, 81.
- < Saint }laltinllartûgeâni sor ilanteau >
Photo. L. Pardon.
-245-
une statuette polychlomée offrant I'irnage de la sainte
Vierge et de I'Enfant Jésus; le dessus tl'autel en bois'
scutp]té de l'église de Grimde; uD âDci€n atlns
du duché
de
de Gueldre et <1es pays voisins; un mortier en bronz'e'
modèle Inoyen, port'ant I'inscription : < Petrus Vanden
Gheyn me fecit > et le millésirne tle 1i"16'
Dans un vestibule tle I'hôtel t1e ville se trouve une
statne équestre, polychrotttée, représentant sâint Martirt
prrrtageant son tùàntelru (fig. 81)' Cô saint qni frrt évêque
de Tours, doit êlre cuonsitléré colnme le liatrol de Tirrc-
nront. f,a veille tle la Saint-Martin, c'est-à-dire le 11 no-
vembre, on allumait autrefois tles feux à Tirlemont' au
lieu dit ( La colline ))' en souvenir du fait, rapporté par
la légende, que ce saint fut éclaité par la vraie lumière
de la It'oi, à son anniversaire de 18 ans' D'après une autre
tradition, ce serait pour rappeler que saint Martin vit un
jour une troule flamboyante audessus de sa tête, pendant
qu'il tlisait lâ rnesse.
IDnfin, pour terminer la description du musée' signalons
que les salles des séances.(privées et publiques) de I'Ad-
ministration cotnmunale pôssètlent quelques bons tnbleâux
panni lesquels il y a lieu de mettre en lumière une grande
marine figurant des navires rlans le port d'Anvers' æuvre
de belle allure due att pincenu de Fr' Courtens' ainsi
qu'ule toile tle A. \rerwée, conçue arec I'art ctractéris-
tlque cle ce Peintlc.

TO N C R ES. Musee archéologique'


Si Torlgres est incontestablement lâ plus aÛcienne ville
du Litlbourg, €Ile en est aussi la plus intéressânte en
raison du grand nombre de Blonuments remarquables
qu'elle renferme. On y retrouve des vestiges rentontant
à ta ptus haute antiquité, tels que ses vieux muls d'en-
ceinte, tle 4,500 mètres d'étendue, llrec ses dix tours
tle
défense encore bien visibles et qtti dzrtent de l'époque ro-
maine (premier siècle cle l'ère chrétieune)' On est flappé
par l:r vue de sa gigantesque Ievée de terre défensive du
ierlps de Dioclétien; par I'aspect de sa l)orte de Visê'
spécimen cl'arcbitecture m'ilitaire du moyen-flge;
"o"i"r*
pâr la treauté de son ;:k cloitre rornan, l,un des
plus remarquables de Dotre pays et enfin par la majes-
tueuse église Notre-Dame.
La ville possède aussi un musée archéologique dont les
objets appartiennent en grande partie à l'époque belgo-
romalne. Le contenu de ce musée, qul autrefois était logé
dans des locaux du rez-de-chaussée de I'hôtel de ville. a
été transféré depuis peu de temps dans un immeurble plus
spacieux situé rue des Domirrieains. Son lnstallation dé-

Fjg. 8?. - Sdpulture al'un peintro betgo_romain,

finitive n'étant pas fàite en ce moment, nous nous propo-


sons de décrlre ses principaux objets tels qu'ils se trou-
vaient à I'hôtel de ville, classification qui, très vraisem.
blablement, se rapprochera beauc,oup de celle qul sera
adoptée pour le nouveau loeal.
Avant d'aborder la description de ce musée, nous
croyons u,tile de mentionnericl quelques pièces de tout
premier ordrr qui font partie d'une eollection parficu-
llère, celle de feu Huybrichts, que le vandalisure destruc-
tif des Allemands a fait disparaitre presque entièrement
-?.5.r-
lors de la grancle guerre, par le procédé habituel du pil-
lage et de I'incendie.
En quelques lignes, nous allons décrire les plus notables
merveilles archéologiques dont la kultur teutonne nous
a privés à tout Jamals.
Il y avait là le riche dépôt funéraire cl'un attiste pelntre

Fig. 83. - Buste en cristel de r0ch8.

de l'époque belgo'romaine, le seul matériel de ce genre


que nous possédions en Belgique et probablement aussi
le plus remarquable de ceux actuellement conûus' Il con-
teuait une grande amphore, quatle pâtères, deux vases
en bronze, dits Oenochoés, plusieurs autres vâses' un
grand nombre tl'ornements de ceinture, en bronze et en
ivoire, 20 godets en bro.nze eontenânt des couleurs durcles'
-262-
pinceaux, plus tle 1b0 briquettes de couleurs, urre tu-
2{)
blette à.écrire, un corDprs, des petites lampes, tles armes,
le siège pliant de l'artiste, une superbe et grande laurpe
en bronze à deux nrèches, ornée de cercles et guirlantles
grrvés en relief, etc. (fig. S2).
Oette collection anéantie colrprenait anssi un &urre
dépôt funéraire rorrrail d'une inestinrable valenr archéo_

Fig. 84. - Yase it parfuns en bronze.

logique clolt nous signalerons quelques objets, notarrr,


merrt lrois de ceux-ci qui, par un hatsard providentiel, ont
pu échapper au déslstre, et sont âctuellement la pro.
priété de lhue Veuve Huybrichts, à longres. I'eu rle
têmps avant la guerle, feu Huybrichts les avait emportés
à }laestricht otr il contptail. séiourner et, l)end:rnt sos
loisirs, iI esliérait pouvoir les étudier à son aise; c:est
grâce à cette circonstance, toute fortuite, qu'ils existeut
encore.
-253-
Ces obJets sont: un buste en cristal de roche cle X':r'us.
tine I'ainée (104-141), travail remarquable, laissarrt pré-
sumer par les tlétails de la chet'elure, par le fini des plis
et tles clraperies du rêternent, pûr le motlelé si achèvé des
traits de la figure, que l'ârtiste avait bien plus pour but
de traiter un portrtit et que de produire une rnuvre quel-
conque. Le polissage du cristal est d'une ineonryrarable
pcrfection (ûg. 83t.
Un vase à parfums en bronze décoré de scènes bachi-
ques en relief, représentant, au pied d'un arbre, un autel
enflammé devant lequel un génie tend une grâppe cle raisirr
et un Cupidon répand I'encens. D'autres sujets: un serpenû
enroulé près'd'une ruche d'âbeilles, Bacchus portant Ie
th5'rse orrié de bandelettes et Cupidon tendant son arc,
et, de chaque côté, une tête de cygne (fig. 84) complètent
la décoration.
IIne bague en or avec camée ovale en agathe-sartloine
port.e, en gravure, une miniature de Racchus offrant une
grappe cle raisin.
Parmi les objets qui disparurent dans I'incenalie, il y
avait encore un adnrirable chandelier en argent, dont la
tête représentait une fleur linement ouvragée entourée
rle six feuilles; une superbe laurpe en bronze doré, encore
munie de sa mèche et dont I'anse composée d'une double
tige se ûxait à un c@ur adapté au bord de la coquille;
un bâton de commandement en jais, d'un ctref frnnc (pièce
très rare). L'ornernentation die ce bâton consistait en
fisures géométriques rectilignes à facettes triangulaires
et rectangulâires. Il y avait nussi des vases décoratifs
en bronze; un coffret en bronze, etc
Dxrminons maintenant ce que possède le musée. Il est
aonstitué pâr la réunion des coll,ections de la Société
Scientifique et Littérâlre du f,imbourg, des collections
Schnetzen remises à lâ ville en 1908 et de nombreuses
atttitluités belgo-rornaines découvertes aux environs tle
I'antique ville rle Tongres.
Pour la période belgo-romaine, la mieux représentée ici,
I'on remarquera l.out tl'abord un très important monument
épieraphique portant une inscription dédicatoire des ci-
toyens romains de la troupe des Gésates arr Dieu Vollia-
-2ô4-
!us; cette pierre fut décoùverte en 1900. L'on verra aussl
le moulage d'une colonne itinéraire en calcaire noir (ori.
.glnal: aux Musées lioynux du Cinquantenaire). Cette eo-
lonne, à huit faces, donnait une partie cle I'itinéraire rle
la voirie aux environs de Tongres. Les rroms et les tlis-
tances respectives des ltxalités de la Gaule tlu Nord y
étaient lnserits.
fl y a encore: une pierre sculptée provenant d'un grand
sarcophage, portant, sur une faee trois têtes de person-
nages et sur urre autre un crorbeau; une base avec bas-
rel,ief de deux divinités: Jupiter, à demi nu les jambes
€nveloppées, eb Junon, alnsi que I'algle et le paon consa-
crés à ces clivinités.
L'on voit également un bas-relief en grès représentant
un personnage assis, revêtu d'un peplum à petits plis
retombant à gauche, et portant stlr I'avant-bras gauche,
rne forme d'oiseau, très probablement un hibou. C'est le
lfus-relief de Pallas-Minerve qui se trouvalt enchâssé dans
les murs d'une tour de l'église Notre-Dame.
Un cimetière belgo-romain découvert à I'ouest de Tongres
â fourni un lombeau à deux compartiments cle 2 mètres
de longueur sur 65 centimètres de largeur et 50 centimètres
.de hauteur, Au fond il y avait un dallage en brique, tes
parois était construites en briques plates et au milleu se
trouvait le mur de séparation des deux tombes' On y a
trouvé une perle, des Èracelets en bronze, un peigne, une
petite fiole et des clous.
A proximité de 1a villa romaine de Petit Spauwen, I'on
.a trouvé une tombe qui ctontenait 40 vases. Dans un autre
tombeau, on a recueilli: une broche intacte en or,- formée
-d'une plaque d'or entourée d'un cercle d'or strié et por-
tant au centre, un ornement en relief de 2 centimètres de
diamètre, ayant âu milieu une grosse perle entourée de
4 plerres incrustées dans des cavités triangulaires, et sépâ-
rées par quatre doubles cercles. Dans le champ, il y a
des décorations en forme de 8 séparées par des cercles et
-six petits cabochons enchassés dans des cavités consti-
tuées par des rondelles en or.
Dans d'autres trornbes on a déeouvert des bracelets dont
1'un tressé tle quatre gros fils de bronze, et I'autre formrl
-275-
d'une bânde gravée avec fermeture à croctret; une broche
émaillée; des fibules argentées; une cuillère en bronze;
un tuyau d'ivoire; des bagues dont une en argent avec
châtorr et petite intàille; une plat en bronze; un stylet
en bronze tlont I'extrémité, se terminant en spatule plate,
était destinée à crorriger les inscriptions tracées dans la
c.ire sur une tabella.
Le musée renferme encore plusieurs camées, des colliers
de perles bleuâtres et dorées, un bracelet en bronze en
forure de serpent enroulé, une fibule dorée, un miroir mé-
tallique, une boite métallique de forme allongée, une son-
nette avec battant et quantité de petits objets que nous
ne nentionnerons pns iei.
Il y a également des statuettes diverses; des figurlnes
en terre cuite, notamment une Cérès en terre blanche; une
col,ombe en même matlère et de nombreuses urnes et vases
caractéristiques de l'époque belgo-romaine. L'on remar-
quera aussi beaucroup d'objets en verre: tels que flâcons,
coupes, ampoules, etc.
L'époque franque est représentée par les armes: scra-
lnasaxes (grand couteau), haches, etc.; par des vases aux
forrnes connues, décorés généralement à la roulette; par
des agrafes en bronze; par des boucles gravées; par des
ûbules dont une en bronr,e doré avee ornements gravés,
par de grosses perles d'ambre, des perles noires avee in-
erustations de jaune et des perles rtirrges incrustrées rle
bleu.
Du moyen-âge nous ne mentionnerons que les crlliers
<lescorporations de métlers, notamrnent les deux colliers
des compâgnies bourgeoises. des ànciens et des nouveaux
rrquebusiers, en argent doré et repoussé.
La pièce principale appartenant à cette catégorie d'æu-
vres al'art, le collier du métier des orfèvres (1772) est
formé de deux parties pouvant se rabattre I'lrne sur I'autre
alr m'oyen de charnièreS. fl est en argent doré et garni
d'ornements en repoussé. Sut le devant, à la partie cen-
trale du crollier, est incrusté, au milieu d'une guirlande tle
fleurs, un éléga.nt cabochon. En six points, des plaques
en srgent offertes par des dignitaires de la corporatlon
-2ô6-
J sont fixés. Sous le cabochon se trouve une plaque ronde
.décorée de la hache insigne du métier.
Si, en visitant Tongres Ie touriste ne trouve pas encore
1e musée aménagé dans son uou\reau local, il lui restera
toujours la ressource de voir et d'atlmirer les très remar-
quables curiosités archéologiques que renferment l€s an-
tiques fortifications romaines de la ville, ainsi que notls
I'indiquions âu commencement de ce chapitre.
Conservûteur du musée : M. Ulrix, professeur.

TOURNAI. Musée d'antiqu,ités, des Arts


décoratifs et d€s Beau,x Arts.
L'antique monrment ù la belle allure architecturale qui
s'élève à la Grand'Place de Tournai et qui renferme les
collections archéologiques et les æuYres d'art du musée,
était autrefois la halle aux draps qui fut construite, en
style Renaissance, vers 1610.
PIus tarcl, le mouumetrt servit de grand'garde et finale-
ment fut restauré, avec la plus scrupuleuse exactitude,
par II. I'architecte Càrl)eDtier, pour y loger le musée, eu
1890. On le désigne encore sous le nom de Musée Ilauquez,
en souvenir de son principal donateur, riche faÎencier, ori-
ginaire de Iournai, qui, en 18:13, Iégua une iùrportante
collection à sa ville natnle.
Le distingué et savant oonservateur de ces collections'
M. IN.-J. Soil de Moriarné, fut tleliuis trente-cinq ans'
c'est-à-dire depuis la création du Inusée, le principal arti-
san qui contribua puissamment au développement de ce
bel ensemble archéologique. Ajoutons qu'un catalogue, rlt
à la plume de M. Soil de .l\(oriamé, vient d'être imprlmé'
La première salle du rez-de-chaussée dans lâquelle on
pénètre est réservée à I'art industriel et tout particullère-
drent à celui de la pierre sculptée.
A remarquer ici que la matière première de ce travnil
d.'art a pour provenance le sol tournaisien.
Dès l'époque romaine, cette pierre était réputée et depuis
lors elle a été I'objet d'une exportâtion suivie'
A partir du XI6 siècle, ce sont. les font.s baptismau\
.sculptés dans cette roche calcaire qui se répandent un peu
Dartout en Belgique. PIus tartl, ce sont les monuments
funèbres qui deviennent I'objet d'un coruurerce importalt;
ou voit alors de nolrbreuses drrlles grar.ées ou sculptées.
Dans cel.te salle on relrârque tles nronuments funéraires
gravés ou tzlillés en bes-reliefs (ex-roto), sur lesquels on
voit très générllenent I'irnage salnte ornatt le centre ei.
qui est encatlrée, à ch'oite et à gauche, lrar la figuration
des défunLs. L'ur tle ceu-r-ci, qui se tlistingue par Ia beauté

Fig.95. - Monurntint lunéraire d'un cheyalier toumaisien.

et I'originâlité de sa composition, est celui de Simon de


teval (école tournaisienne); il représente un ch€Yalier
tournaisien mort en 1407 (tg. 85).
A partir du XVe siècle apparalt la pierre blanche; c'est
aussi l'époqire des grandes cheDrinées monumentales por-
tant, presque toujours au ceiltre, l'écu de I'raDce.
Aur premier étage, on continue I'examen des arts indus-
triels.
lParnri les ohjets en cuivre, on remarque deux lutrins
(moulages), dont celui de HaI. Les églises de la ville de
-258_
Tournal en renferment plusieurs dignes d'intérêt. On
admire aussi des cloches, des chnndeliers et autres objets
de fabrication tournaisienne.
Deux sphères, I'une céleste, I'autre terrestre, de de
Blaeu, (16.10) attirent I'attention; monuments géograpbi-
ques remarquables qui proviennent de I'ancieune biblio-
thèque du chapitre,
Plusieurs tapisseries ornent les murs, notamment I'une
du XYI€ siècle, qui porte la marque de fabrication de
l'école tournaisienne sous la forme d'une tour. On y voit
les anges qui annoncent à Âbraham Ia naissance d'Isaac.
Àjoutons que cet art de la tâpisserie s'est développé à
Tournai vers le milieu du XVe siècle et qu'il s,y est con-
tinué jusqu'âu milieu du XVIIe siècle.
Une autre tapisserie de 1691 et aux armes de philippe
de Rubempré, comte de Verrain, représente le couronne-
rnent et I'assomption de la Yierge; elle est encadrée d'une
fort jolie bordure de fleurs et de fruits.
On peut voir également un curieux portrait en tapis_
serie de Dupré de Bagnols, intendant du Tournaisis sous
Louis XIY.
Parmi les productions d'Audenarde, il y a lieu de men_
tionner plus particulièrement les deux tapisseries qui re-
présentent le triomphe de I'amour et le triomphe de Bae-
chus, se détachant sur des fontls rappelant les châteaux
de Versailles et des Trianons.
Meubles et traaail, d,u boi,s. remarque un curieux
- On qui
coffre en chêne, garni de ferrures, contenait les ar_
chives de la viltre. Son origine rernonte au XIIIE siècle.
Il était Jadis enfermé dans lir tour de I'ancien hôtel de
ville et I'on ne pouvait alors pénétrer dans la salle où il
se trouvait
nue. - dlt-on que sans canne, sars épée et tête
-
Un panneau de style Louis XIII (1682), larnbris prove-
nant d'urne ancienne sacristie Renaissance de l'église du
noviciat des jésuites, retient I'attention par la bonne exé-
cution du travail. Sur un mur s'étale I'un des quntre
panneaux en bois provenant du château de n'ontenoy, dans
lequel logea Louis XV. C'est dans cette sâlle du château
que fut annoncée la victoire de n'ontenov. Il v a eneore

\
-259-
là un rneuble scriban à panneaux et tiroirs. orné de mar-
queterles, qui remonte à la fin du XvIIe siècle; deux gran_
des pentlules à gaiues, dont I'une en style Louis XV, etc.;
un fort joli meubl,e-cabiùet, de style flamand" en ébène,
av€c garnitures en cui-
vre, qui date du XYIIe
siècle; un bureau à
abattant, du conrmeu_
cement du XVIIo siè_
cle.
Lrn travail d'art fort
à la mode autrefois
-
buste en plâtre bronzé
qst représenté ici
-Par un buste de Bona-
pârte, premier consul.
Inilustri.e d,e la ten.e.
productions de
-cet Les
art, d'abord en ter-
re noire, commencent
au Yflfo siècle et se
oontinuent jusqu'au
XVIe siècle. Ensuite se
développent la poterie
vernissée et enfin la
fâience de Tournai,qul
débute au milieu du
XVIIe siècle et se con-
tinue jusqu'au com-
mencement <lu XIXe
siècle.
Les faiences à dé-
cors azurés sont les
plns anci€ûles; après
Fig. d6. - La < Descente de Croix >.
groùpe en biscuit, per Lecreux. apparaissent les dé-
oors pxrlychromes.
La célèbre porcelaine de Tournai date de 1Tb1, année
orl fut créée la manufacture ile If.-J. peterinck, ritale tle
Sèvres, qu'elle a vaincue dans un concours resté célèbre.
C'est à partir de cette tlate que se développent tle vraies
-:- 260
-'
Guvres d'art, telles les bergerades du grand sculpteur
tournaisien Lecreux, le buste clu prince Charles de Lor-
râine et enfin une pièce de tout premier ordre et des plus
lmportantes que I'on admire rlaus ce musée: La Descente
tle a"oi,a, en biscuit (ûg' 86)' due aussi, comme beaucsup
de chefs-d'æuvre, à cet éminent artiste (deuxième moitiè
du XVIII" siècle), à qui la manufacture de Tournai doit
ses productions les plus charmantes. On remarque aussi
un serviee polychroure avec décorations d'oiseaux et'
comme pièce rare, une porcelaine genre chine. A noter
encore de ravissantes tabatières polychromées.
A mentionner aussi qu'à cétte époque, c'est'à-dire depuis
la deuxième moitié du xvIIIo siècle jusqu'au début du
111çe, quatre industries d'art étaient en pleine prospérité
à Tournai: les porcelaines, les argenteries, les tapis et
les bronzes tlorés, dus, en grande partie, au talent artls-
tique de Lefèvre Caters'
L'une des vitrines contient une belle série d'ivoires tra-
vaillés, de provenances diverses et appartenant à toutes
les époques.
Parmi les broderies rl'or, il y a lieu d'attirer I'att€ntlon
sur Ia mâgniûque chalre en velours, du XV€ siècle, avec
chaperon et superbes bandes de broderies, qui porte les
armes de Guillaume n'ilastre, évêque de Tournai et chan-
celier de la Toison d'Or, ainsi que sur les velours brodeg
qui garnissent deux châsses du XYIIo siècle. :

Un magnilique autel en marbre et bois sculpté (1?33-


1798), ,æuvre due au ciseau de Nicolas Lecreux, orne I'ex'
tÉmité d'une galerie. Le groupe principal, placé entre le
sol et la table tl'autel, représente la Religion terrassant
I'Erreur. et aux quatre angles du monttment Êe montrent
les attritruts des évangélistes. Sg.n styl€ transite entre
celui de Louis XV et eelui de Louis XVI' Il a été exécuté
pour I'ancienne abbaye de Saint-Mard.
Dans la vitrine dite patriotique, on remârque le cos-
tume d'un patriote de 1830, quelques beaux spécimens
d'armes d'honneut, et le drapeau offert aux compagnies
i tournaisiennes qui crombattirent pour notre indépenrlanee
en 1830. Cæ drapeau porte la glorieuse inscription suivante:
I

I La tti,tle il,e Tournai' ù, ses nobles enlants Ttour les iournëes


ites 23,24,25,26 et 27 septembre 1830.
2ti1
- -
Nous rre décrirons pas ici l€s uranuserits à ni-rliàtures
du musée, ainsi que quflntité de rnenus objets, ce qui nous
entrainerait trop loln.
Les antiquités }ornaines et frauques sont bien représen-
té€s par 8ft nuruéros. Il est à remârquer que ces piècc.e
intéressantes 1l'<rviennent de six à sept grands cimetières
tournaislens, fouillés au crours des ciuquante dernières
années.
De l'époque romalne, 1l y a lieu de signaler plus parti-
culièrement deux tombes, dont I'une, sans clôture d'aucune
sorte contenait dlx-huit vases et plats; elle offre u.l

Fis. 8?. - Poteries pallantes belgo-romaines.

râre exemple de poteties parlantes, ici au nombre de qua-


tre, portant des textes qui se rapporbent au festin funé-
raire en usage chez les Romains (II, III, IY, V, ûg. 87).
Yoici les inscrlptions: Le salut oua conodaes, le oin, la
aianitre et l,e souhai,t fùnal,; Bien Dous lasse. Ces vases sont
rares et plus particulièrement quand, par leur réunion, ils
offrent, comme ici, un sens précis.
Les cendres du trlort remplissent une urne funéraire qui
oecupe le centle du tombeau (flg.87, I). Oette tombe fut
découverte isolée à Tournai, en 19fi), rue Saint-Brice.
Une pièce d'un autre genre, un mâsque votif en bronze,
mérite une mention s1réciale.
En 19J.9, un petit cirnetière franc, très bien disposé, fut
découvert dans le parc de Tournai, contre I'hôtel de ville.
-%2-
tr'ait fort intéressant: la fouille de ce cimetière mit au
jour cles- angons (lances) et des épées en assez grand nom_
bre, en plus d'armes orrlinaires et autres objets d'orne-
mentation, prouvant, par la présence de ees armes de luxe.
que ces séI)ultures âppartenaient à des personnages im-
portants. On pense que eè cimetière remonte à l'époque cle
Chiltlérie.
Dans une vitrine voisine, on voit les fac-similés d'ob-
jets provenant de la tombe de Childéric, déeouverte en
1653, à lournai, près de l'église Saint-Brice, tels qu'une
riche garniture d'épée, un anneau, des abeilles, etc.
La numismatique est très bien représenlée par 1?,160
pièces. I1 y a là d'irnportâutes séries de monnaies rornai_
nes, dont de tlelles pièces eu or, ainsi que le remarquable
ensemble de monnaies et de jetons tournaisiens, depuis
l'époque mérovingienne jusqu,au temps de Louis XIy,
provenânt principaleme[t d'un don du comte G. de Ne_
donckel.
Musëe il,es beaun-arts. Dans les galeries de ce musée-
-
on a réuni une très importante série de grav-ures ou re-
productions photographiques représentant les æuvres du
grand artiste tournaisien Roger de la pàsture. A ce sujet,
nous pouvons dire que le principal intérêt de ce musée
réside surtout dans ce fait qu'un nombre considérable de
toiles exposées sont dues aux pinceaux de maltres tour_
naisiens, principalement modernes, et tlont I'illustre Louis
Gallait, représenté par vingt-trois tableaux, constitue la
plus belle et la plus noble ûgure,
La récente donation Van Cutsem-Charlier à la ville de
Tournai, qui compte environ trois cents toiles de peintres
modernes, va nécessiter le tléplacement des tableaux de
ee musée, lxrur former, tlans un louveau €t vaste local
bien approprié, un musée tle peinture qui pourra compter
parmi les plus remarquables et les plus intéressants de
nos villes de province.
C,omme nous ne pouvons entreprendre ici une deserlp-
tion complète du c\ontenu de cette gal,erie des beaux_arts,
nolls nous contenterons de signaler à ],attention des tou_
ristes les quelques æuvres suir.antes: tleux charmants
pâysages, par Breughel; une Descen.te
de croio, <r.lnyre
2lijJ
- -

F]

bo

æ
bo
h
-204-
gothique renarqu.rble que l'Ou ilttribue ûu grilnd peilue
Hugo Van der Goes; < la Mise au tombeau >, tl'Hennequln;
un€ inportante toile de Yan Severdonck, tiguraut ttu épi-
sode du siège de Tournai en 1ir.\1, qui gln'itie ltr priucesse
d'Epinoy, æuvre vigoureuse pleirle de tuotweuettts; entin,
une rérie de tableaux du célèbre artiste Louis Gallait,
Dotamment le portrait de sa uère et de sn sæur, un por-
trait du colonel IJallart et uue .jolie peinture représentant
Louis et Charles llaghe, plus quelques étutles faites.par
le maitre en Italie.
Nous terminerons ce que nous avons à dire des pein-
tures Dàr le chefd'æuvre non seuleuent du musée de
îournai, ûais aussi par une des plus belles productions
de l'école moderne, l'@uvre nagistrale de Louis Gallait:
les ( Derniers honneurs rendus aux courtes d'Egnrout et
de Elornes D, encone bien connue sous le nour < Les Têtes
toile, sl universellement admirée,
coupées > (ûS. 88), Cette
d'une puissante exéeution, d'une incomparable richesse
de coloris, d'une allure-dramatique si belle et si empoi-
gnante, suffiralt à elle seule pour atrirer les touristes vers
cette antique ville de Tournai, doninée llar les majes-
tueuses tours de sa cathédrale roùlane, le plus remarcluable
monument religieux tle notre pays.
NorÀ. - L'entrôe du musée est grahtite le ûimenche; les eutresjours,
1r. 0.50 parlpersonne.
Cotrservatour: E.-J. Soil de Moriamé.

TU RN HOUT. Ilusée Taxandria (archéologie).


Dans cette petite ville de Tunhout, située au nord de
notre pays et aux confins de la Campine auversoise,
M. Louls Stroobant eut, en 1903, la très louable initiative
de créer une société arehéologique qul fut baptisée du
nom de Ta,aarud,Na,. A I'aide des bien modestes ressources
dont disposalt alors eette société, ùL Stroobant, son actif
présldent, réussit à trouver les moyens, non seulement
de publier un intéressant bulletiu, mais aussi de faire
construiie un local approprié à sa destination et dans
lequel 1l réunit des collectlons d'antiquités, tles souvenirs
de la vllle, ainsi qu'une lmportante bibliothèque se rap-
portant princinalement
rue Merrnans, ce joli ;r'':; tlans le stvle de la Re-
pour
o*ir*uo." campinoise (fig. 89), a été fort bien comprls
y installer le Musée archéologique'
La première pièee est garnie de vieux meubles en chêne
sculpté Barmi lesquels une superb€ armoire vitrée' de
stytÀ f,oufs XV, attire I'attention par la simplicité et

Fig. E9. - Le Mus6e de îurtrhollt'

l'éléganee de son ornementation' À drroite et à


gauche de
la cbeminée on remarque deux drapeaux, dont I'un' d'une
grande richesse de décoration, clate du XYII" siècle' Cette
iiugnitique bannière d'une de nos anciennes corporatlons
-gin". peut être
oo classée parmi les plus admirables de
notre peyÊ.
-2û6-
Les quelques tableaux qui ornent les murs ont été dé-
posés là par le Musée des Beaux-Arts d'Anvers; grâce
à eette excellente initiative, cles æuwes méritântes que,
faute tle plâce, ce musée ne pouvait exposer, ont pu voir
le jour. A signaler encore, âux lnurg, une ancieune gra.
vure représentant le Vieut Tur"nhout,
Cette salle d'entrée donne accès ir une pièce où se trou-
vent classés des objets variés appartenant à toutes les
époques, depuis les temps préhistoriques jusqu'nu com-
menc€ment de nos jours. Les tempg préhistoriques sont
représent(fu par des silex taillés, depuis les instrumeuts
minuscules à formes soulent géornétriques qui remontent
à l'époque tlite tartlenoisienne, jusqu'aux lnrnes, grattoirs
et pièces polies telles que haches, ete. qui furent enoore
en usage dans notre pays ll y a quntre mille ans. L'époque
protohistorique ou intermédiaire entre l'âge de la pierre
polie et l'époque romaine, c'esl-à-dire celle oir nous com-
mençons à posséder des docuntents historiques positifs
(âge clu bronze et âge du fer) est figurée ici par une série
d'urnes funéralres provenânt des nécrolxrles à incinérâ-
tion tle la Campine; toutes ont été étudiées et décrites plrr
M. Stroobant. Signnlons tout particulièrement, deuti urnes
funéraires portânt des décorations. L'une qui proyient
clu granti cimetière tle Ryckevorsel (Carnpine), est tout
d'abord enractérisée pâr sa forme élégante; de plus,
elle est orrée en son col très large. tl'une grecque
tnrdée, à sa partie supérieure c\olnne à sa pârtie infé-
rieure, par trois sillons horizontaux. f:a pnrtie la plus
élargie de la panse, en folme tle crête, porte égâletn€nt
trois sillons horizontaux. ce qui complète cette jolie et
simple déeoration (fig. 901). Llurne de la nécropole tle
Oolen (Campine) (ûg. 902), est plus eurieuse, llon par soll
élégance colnme la précéclente, mais par sa forme sphé-
rique peu fréquente et par son ornementation assez s1ré_
ciale. fci, tleux rangées de chevrons et ir trois trtrits
parallèles garnissent les deux tiers supérieurs clu vase;
ils sont séparés et bordés par des slllons horiz,ontàrux.
Une petite dépression circulaire occupe le centre de chaque
espaee libre entre les trlangles déterminés par les che-
vrons. Enfin une rangée de tlents de loups à Ia limite
-267 -
des sillons horizontaux inférieurs achève de donner ir
cette urne un caractère des plus eurieux'
On remarquera aussi la collection léguée Jatlis
par M' de
Boye de Wichem, qui contient notamment quelques haches
€rr bronze à ailerons ou à douilles, cles pointes de lances
de l'âge du blonze, une ctlrieuse épée en fer dont I'extré-
mité de la poignée s'arrondlt en un disque de bronze, des
monnaies, etc.
De .l'époque belgo-ronalne, ûous vo)'ons des poteries
que
sigillées aux décorations diverses, d'autres vases tels
dolium, etc., une épingle ployée en bronze, un bracelet, des
tlébris d'ustensiles eII fer; des tuiles et autres matériaux

Fig.90r. Fig. 90n.


Urne de la nécropole de Ryckevorsel. Urne de la néefopole de Oolen-

de construction, Provenant de l:r villa belgo-romaine de


Grobbendonck, en Caurltine.
La pièce la plus importante du tVlusée - et aussi celle
qul ofrre le plus haut intérêt archéologique - est certai-
nement I'enseigne de cohorte romaine (d'après M' Stroo-
bant, qui en a donné la tlescription complète) dé'crouverte
à Vorsselaer (Campine). Ce bel obiet, au caractère artis-
tique et qui est en bronze coulé, parait avoir é[é surmonté
cl'un aigle; ll mesure 25 centimètres de hauteur' Lâ bâse,
qui supporte la partie ornementale de la pièce, figure une
colonne creuse au ftt c.ourt, sur le chapiteau ajouré de
laquelle repose un ravlssant buste de Bacchus' Le Dieu,
à la longue chevelure retenue par un bandeau, tourne
ses regards de côté; ses fornes sont sculpturales et ses
-26S-
traits des plus gracieux. Une peau de bête tlescend de son
épaule droite, couverte aussl par le manteau court des
Grecs, rejeté avec élégance Àur le bras gauehe. Ce bras
replié tient une grappe de raisin; deux ailes se dégagent
du manteau. Signalons, pour terminer, que les yeux de ce
Bacchus sont incrustés en argent ou en électrum. Cette
æuvre artistique parait remonter à la fin du lor.siècle ou
au début du IIe siècle de notre ère.
Les obJets tlu moyen-âge jusqu'à nos jours sont asgez
nombreux I ils méritent une mention spéciale. On verra
ule lourde poutre recrouverte par la patine du temps, sur
laquelle on flxait les chevilles des prisonniers, jadls ex-
posés aux yeux de tous devant le château féoctat. Tout
près de là sont des fers à mnrquer les malfaiteurs. Un
objel d'un tout autre genre, un superbe collier cle Gikle,
en argent repoussé et gravé, atflrera également I'atteû-
tion. De nombreux spécimens tle cartes à jouer, industrie
spéciale âu pays tle l.urnbout, ainsi que tout le monde le
sait, garnlssent uue vitrine; l,on y verra représentés quan-
tité de personnages célèbres, tels le comte de Cavour., le
général Bltieher, I'impératrice cles X'rançais,
ete. Des an_
eiens costumes hollandais, cles monuments, des paysages.
etc., décorent également ces petits cartons si répanclus
dans le monde, et qui font la joie de tant de personnes.
Au delà d'un panneau forrué tle cârreaux en fâîence
polyehromée de Delft, s'étale un ensenble nombreux
et
remarquable de dentelles offertes au musée par
llnre Diercxkens, de Turnhout. Il y a là des dentelles
provenant de l,étranger, pal exemple de Bohême,
grande.,variété de spécimens originaires d€s prlnclpales
et une
loealités de notre pays, où ce gracieux travail d,art
s,est
particulièrement développé. La collection des denteller
de
'Iur.nhout mêile y est biert représentée (fig. g1).
Ou admirera aussi un ancien roûet, un coussin de den-
tellière, ete. flne armoir.e vitrée renferme quelques rangées
de têtes en carton coifiées de bonnets .uorpiooi,
aux typ€s
varlés qul proviennent des villages voisins..Une antique
presse à imprimer, à bras, d'un
rnodèle tout à fait rudi_
mentaire, se signale touf pardculièrement à l,attention;
€lle provlent de I'aucienne abbaye d'Averbode.
-269-
A I'extrêmité de la grande salle se montre un antique
banc échevinal, de vieux coffres à archives ou à vàleurs'
un tambour du carillon d'autrefois, une croix gothique

Fig' 91. - Dentelle point alfllnier de Turnhout'

en fer forgé prov€nant de l'église de Vieux-'Iurnhout, des


étains, un certain nombre de statues en bois et un Christ
qui paralt remonter au XIVo siècle.
A l'étage, se trouve installée une bibliothèque assez int'
-270-
portante, composée principlement d'ouvrages d'histoire
et d'archéologie. L'on y reurarquera, notamnrent, les pre-
mières impressions originaires de Turnhout.
Dans un petit catrinet voisin, on ver-rà urre série tle
médailles et de monnaies Drovenant en grande partie du
pays environnant la ville ou qui lntéressent I'histoire cle
la Campine. IIne autre ctrntient des chartes, des sceaux.
des souvenirs locaux de toutt'espèce, rnais assez généra-
lement relatifs à Turnhout, tels que: s&uvegârdes, or.don-
nanees, proclamations, etc. Il y a aussi une curieuse col-
lection d'images populaires, fabriquées à Turnhout par
Breyrols, ainsi que des drapelets de 1Èlerinages.
La salle quï contient ees vieux souvenirs est ornée de
reproductions et crotlnis originaux clu p,eintre carnpinois
Ooms, d'anciennes viles de Turthout, rle tableaux repro_
<luisant tles sites campinois: bruyères, rnaréeàges, ete., tlus
aux artistes Sohie, Surlncx et Vues. Il y a tà aussi des
portraits tle personnnges conllus, intéressant I'histoire de
la Carnpine, tels celui d'Amélie de Solnrs, du statuaire
X'raikin, t1e Yalère André, ete.
Terrninons par: un ruot de louange à I'adresse du créa.
teur de ce Dluscie, el: renclons hommage à I'initiative qu'il
eut de fontler cet établissement d,instmction dans une
région aussi éloignée tle tout centre intellecfuel important,
et aussi à lzr persér'ér:rnte énergie qu'il a tlt rléplo),er porlr
y réunir taut de choses intéressautes.
L. Str00bùod, conserva,teur-présidef, t.

VERVIERS. llusée d'Art et d'Arohéologie.


Le fondateur du musée de Yerviers fut J-.S. Renier.
1il1ti-19{)7, verviétois et artiste peillre d'(ilire, qui s'crccupa
aussi beaucoup d'archéologle et d'histoire locale et pu,blia
clenombreux ouvrages. Il consacra sa vie ir réunir des col-
lections qu'il offrit ensuite à la ville; Iesquelles furelt
finâlemgnt logées dans les bâtiments de I'ancien hospiee
des vieillards, vaste immeuble du XVIIe siècle. situé rue
Renier. En 1907, Joseph l)eru, industriel, prrotecteur. des
artistes, légu:r (legs Deru-Jam<rye) de nombreux tableaux
à ce musée, ce qui nécessita de nouveaux aménagements
des locaux, Enfin, peu après, un autre mécène de yerviers.
- 2i1 --
Pierre Hauzeur tle Siurony, n)ourut en léguant à la ville
sa galerie de tâbleaux ainsi que ses collections de porce-
làines et de faiences.
Dans ce urusée, I'archéologie occupe les salles du rez-
de-chaussée, tandis que les Beaux-Arts sont logés au pre-
mier étage.
Dans la cour, 1l y a quelques pierres toDrbales, un lin-
teau de fenêtre datant de 1506, des fragments architectu-
rnux et autres provennnt cle l'ancienne église, une euve
d'antiques fionts balrtismaux et, coutre I'un des murs, la
frqude tl'une vieille maison datant de la fin du XVIo siècle,
à intéressant et ancien fenestrage.
Le veslibule d'entrée forme un musée lapidaire compre-
nant: des blasons, consoles, etc., ainsi qu'une collection
de briques de foyers tlepuis le XYI" siècle; un assez grand
nonrbre de ces briques provient de muisons incendiées pâr
Ies armées lllerDandes lors dc leurs passrges successlfs à
Herve en 191{. On y voit aussi des ferronneries et des
taques de foyers.
Deux salles sont réservées nux souvenirs locaux de Ver-
viers ou des enr.irons de la localité, depuis les ternps les
plus reeulés. On y rernarque des silex taillés provenant,
notamment, du < Trou des Sotais > (grotte de la vallée
de la Yesclre, qui lut occupée par I'homme primitif de
l'âge de la pierre), des pics, des haches, etc., remontant
à l'époque de la pierre polie. On y distinguera également
des poteries grises et des poteries sigillées, de l'époque
belgo-romaine, des poteries et objets divers traÏaillés par
les ['rancs, tels que haches, ete., d€s poteries vernissées
du moyen-ôge. Dans les vitrines, il y a d'anciennes gra-
vures et tlessins de Remacle Iæloup et d'âutres artistes,
depuis la fin du XVIIIe siècle.
La pièc€ est galnie de portraits d'ânciens magistrats et
bourgruestres, ainsi que de personn:rlités notables de la
ville. Il y a aussi de vieux lrlans de Yerviers à diverses
é}xrques, et des uranuscrits, clont I'un, de 1660 à 1693, en:
luminé âvec art, contieut des:rctes de I'ancien couvent des
C;trures.
Une des premières presses à impriurer utilisées dans la
ville attire russi I'attentiou: eltre rernonte au XYIIIU siè.
-272-
cle. Son intérêt archaique s'accentue beaucoup par I'ad-
jonetion d'une lmportante collection de clichés sur bois,
aux dessins variés et au caractère essenflellement local.
Une vitrine voisine renferme des encadrements de lettres
mortuaires de plusieurs époques avec curieux motifs dé-
coratifs. Au point de vue clu folklore, il y a là des pièces
intéressantes. On \'erra aussi un moulage cte la tête de
la Vierge Miraculeuse, du XVIIe siècle. Il parait qu'au
monent d'un tremblement de terre, qui abattit quelques
cheminé€s à Verviers, le 18 septembre 1692, la statue de
la Vierge et de I'Enfant, placée dans le portail cle l'église
tles Récollets, chalgea complèternent d'attitude. Depu,is,
elle fut considérée comlDe étant mlraculeuse.
Quelques médailles en étain (spécimens assez rares),
plusieurs images de la Vierge, ainsi que des instruments
ou obJets se raplrortânt à I'inclustrie du drap, complètent
la docurnentation folklorlque de cette salle.
Le regard se porte particulièrernent vers une table où
s'étaleût des souvenirs du célèbre violoniste H.Vieuxtemps,
né à Verviers en 1820 €t mort à Alger en 1SS1. En plus du
pupitre sur lequel ce maitre aimait h écrire ses composi-
llons, de peintures représentant I'artiste erfnnt, alors que
son talent se desslnalt déjà (fig.92), de gravures le mon-
trant à diverses époques de sa vie, de portraits donnant
I'image des proteeteurs, M. et trIrne Genin, qui lui per-
urirent de faire tle brillantes études, I'objet principâl sur
Iequel se fixe I'attention est le violon sur lequel, dans sil
jeunesse, il fit ses études. (h violon figura :i Milan, à
I'expositiol tf instruments de célébrités musicales. à côté
de celui de Paganinl.
La tleuxième salle est nussi consacrée aux souvenirs
verviétois; elle nous offre une série de toiles figurant les
principaux a.rtistes de la ville peints par eux-mêmes et
dont le plus célèbre: Barthélemy Vteillevoye, né à Verviers
en 1798, devint directeur de I'Académie de Liége. Cet
excellent porlraitisle est représenté ici à l'âge de vingt.
deus ans.
Dans une vitrine s'étalent des desslns et des gravures
exécutés par des artlstes locaux. On verra aussi des pein-
tures de personnâlités de I'endrolt, ecclésiastlques et
-273-

Fig. 92, .- <( À. Vieùrtemps, à l'àge rle 8 ars ), per Yieilleyoye.


-27{-
autres, tlont beaucoup ont été peints par les Rhenastein
<ie Stavelot.
L'ancienne'cheminée en marbre qui orre cette sâlle
eontient une série de pièces intéressantes ou curieuses,
telles que taques de foyers, crérnaillères, récipients et us-
tensiles divers se râpportant aux pr'éparations culinaires;
le tout formant un bel ensemble. Sur la cheminée se dé,
tache un élrânge et archaique tion én pierre tenant l.ar-
moirie du Prince-Dvêque de Liége, Erard tle la Marck:
Jadis cette pièce orna le parapet d'un Jront de la ville
auquel Drard donna son noln. Itn.-1794, à la suite de la
défense faite-.de. laissersr,ùsiÊ*er- rrle*.arnloiries dans la
ville, un bienveillant capitaine de la garde verviétoise Ia
sauva de la destruction. Il y a eneore dans cette salle des
collections de pipes, eannes, horlogerie, lunettes, etc., que
nous ne pouvons énurnérer ici, ainsi que des certiûcats de
noblesse, renlontant à I'Empire et à la RéI)ublique frân-
qaise.
On verra aussl de vieux drapeaux appartenânt âux
frères tl'armes de I'Enliire, tles vruvenirs du général Jar-
don, du temps de ]a République et sous Napoléon 1er, qui
fut si populaire à Verviers: chapeau claque, armes, objets
divers rapportés par le général de ses canpagnes. On
remarquera le der.nier tambour armorlé, du château de
Franchimont et qui date de 1794; il a conservé ses deux
baguettes, mais les p€aux manque[t en grande partie.
Suit une snlle qul renÊerme une belle collection de
faîences et de porcelaines, don de ùIme Hauzeur de Si-
mony et forrnée de groupes, services et vâses en porcelaine
de Saxe, de Vierrne, de Parls, etc. Les faîences sont encore
plus rlignes d'intérêt: ll y a là de jolies pièces en vieux.
Bruxelles, Delft, StrasTrourg, Andenne, etc.; des plats et
des assiettes de Chine de tout premier ordre. On distin-
guera aussi deux beaux meubles-consoles en style
Louis XV, des uiroirs et un curieux baromètre. de 1782.
à cuve de mercure style Louis XIV.
Une autre salle, ornée de portraits des abbés de Sta-
velot, par Rhenastein, montre un intéressant pupitre
d'église en chêne sculpté à bas-reliefs, datant du commen-
cement du XVfe slècle. On y voit deux scènes se rappor-
-275-
tant à soint Remacle (tS. 93) ; à droite, I'apôtre tue le
dragon; à gauclre, il ereuse, selon la légende, Ia fontaine.
de la Sauvenière, près de Spa. Les motifs architecturaux
qui abritent ces scènes rappellent le style des colonnades,
du Palais des Princes-Evêques de Liége.
Les vitrines renfernant des icones russes, une remâr-
quable pièce en énrail de Irimoges, de Ia deuxième moitié
tlu XVô siècle, figurant une femme se lamentant sur le
corps du Christ descendu de la Croix; un assez grandl
nonbre de tabatières aux formes variées et cle diverses_

Fig. 90.
- Pupitre gothique (ôbbé de gtôyelot).

époques. On distinguera aussi un album enluminé, orlé


de jolis motifs décoratifs et différents à chaque page;
une faience turque polyehromée et dorée d'Asie-Mineure
datant du XVII€ siècle; pièce de grande valeur; des ruinia-
tures (médail}ons, etc.), parmi lesquelles se détache une
série de size boutons d'un habit porté, dit-on, par un
g()uverneur du l,imbourg et représentant les costumes de
la eavalerie sous Louis XIV. [,es sujets qui les décorent
sont très artistiquement et très délicatement traltés à la
gouache, par Van der Meulen, pense-t-on. Une collection
d'anciens bois de Spa, depuis la ûn elu XVffe siècle retienb
-2i6-
I'attention; parml eux, il y a un nécessaire de toilette
décroré d'amours avec devises, telles que < Unis à Jamais >,
etc, On verra ausgi quelques ivoires et buis.
Dans une autre salle se dressent des statuettes de plu-
sieurs époques, et dont la plus intéressante (ttu XIIIo siè-
cle), polychromée, représent€ sâint Lauretrt; elle appar-
tenait autrefois à l'église Saint-Remacle de Yerviers et
a été achetée en 1884 pour être placée au Musée. On verrl
aussi une fort eurieuse statuette de sainte llsant et une
autre de sointe Barbe, toutes deux polycbromées. D'au-
ciennes p€ntures de portes garuissent une vitrine et,
pârmi lâ collection de clefs, il en est une d'un réel intérêt:
celle de la serrure du trésor de I'antique et célèbre abbaye
de Stavelot. Il y a aussi une vltrine qui contient des
falences, des grès de Raeren.
Deux jolls meubles-cabinets en écaille, ébène et ivoire,
du XyIe slècle, ornent la pièce; ils provlennent du château
de t ooz et sont, pense-t-oû, d'origine italienne. Un troi-
sième meuble-cabinet, du xVIIe siècle, est décoré de quinze
panneaux représentant des paysages tous difrérents et
très habilement traités. Plusieurs tableaux anciens gar'
nissent les murs de cette salle comme aussi eeux des autres
pièces.
Une salle est réservée aux æuvres des graveurs liégeois'
depuis Ie XVIo slècle, artistes portant les noms de Sua'
vius, Yaldor, Natalis, Demarteau, Ireloup' etc., et au*
gravures et eaux-fortes de Gérartl de Lairesse, etc. Suavius
fut l'un des fondateurs de la $:ande académie Lombard.
f'l ne serait pas possible de .donner ici une analyse ou
même une énumération de cette importante et magniflque
collection de gravures, d'une valeur archéologique et artlÊ-
tique c\onsidérable.
Parmi les tableaur d'artistes liiégeois qui garnissent
cette salle. deux retiennent plus particulièrement I'atten'
tlon: celui tle Gérard de T,airesse (né à Liége en 1640'
peintre et graveur de premier plan), qui est intitulé: << Ï:e
festin de Cléopâtre ), et la toile de Léonard Defrance (né
à Liége en 1735) : < La Déclaration > (fig. 94). C'est une des
ùeillëures æuvres du peintre et le plus lmportante par ses
proportions; elle fut conçue d'après les souvenirs d'une
Fig. < Lo Décloration >, par L' Defrence.
94. -
-2?8-
scène d'amgur qui se serait passée È Rome, dit-on, entre
un de ses antis et une ftalienne. Cette piècè contient encore
u-né statue en bois de saint Paul, remontant au XVIIo siè-
cle, ainsi que des monnaies liégeoises.
Iæ hall d'entrée d'où part I'escalier menant &u pre-
mier étage, réservé- à la peinture (350 tableaux) ren-
-
ferme des masques étrusques et romains ainsi que d'autres
obJets, de provenance étrangère. Sur un piédestal se
nonlre Ie buste rle J.-'S.Renier (æuvre de Clément Viroux),
créateur du musée, buste placé là par la ville en témoi-
gnage de reconnaissance. Àu départ de I'escalier s'élèvent
les deux statues en bois, gtandeur naturelle, de saint Re-
macle et de salnt Ilubert, tailées eu 1693 pour l'ancienne
église de Saint-Remacle.
Les murs de I'escaller condu'isant à l'étage sont garnis
de peintures de l'école flamande et de l'école hollandaise,
ainsi que douze esquisses d'un artiste liégaris, N. Fassln,
né e.n 1?28: paysages caraetérisés par l,eurs ciels variés.
Âu haut de I'escalier, une belle toile de Barthélemy
Yiellevoye, né à Yerviers en 1?98, montre Cain saisi de
remords qui avoue à sa femille le clime qu'il a commls.
Cette @uvre valut à son auteur la médaille d'or à Amster-
dam. Il y a là aussi d'autres æuvres de Viellevoye. Une
vitrine renferme d'anciens dessins recu€illis en Ita[e Bar
J.-S. Renier.
Le hall de l'étage est orné de tableaux, L'un de J.-C.
Carlier, né à Liége en 1638, montre u:r excellent Christ en
croir entre les deux larrons. Un autre, de C. Troyon, né
à Sèvres en 1813, offre un magniflque < Départ pour le
ùIarché )), troupeau de bæufs et de mouùons cheminant au
milieu d'un poétique paysage à contre-jour. Du peiutre
D. De Pratère, né à Courtrai en 1826, il y a une æu,vre
intitulée < Au bord du chenal de Nieuport >, dont le sujet
prirrcipâI, bien traité par I'artiste, nous montre un groupe
de cinq ânes et d'une chèvre. Du peintre C. Huysmans,
né à Anvers en 1648, on admire une toile impressionnante,
paysàge aux puissants arbres laissant voir un fond mon-
tagneux et un ciel luruineux. Il y a encore cle X'. Snijders,
une boune nature norte: cygne, paoû, etc., et un petit
intérieur d'auberge de D. TeDlers.
-275-
D'autres salles nous ofrrent un X'' SniJtlers représentant
une chasse au chevreuil et au renard; un professeur de
Louvain peint par Van Dyck. Nous voyons successlvement
un Guido Reni, << La femme de Putiphar et Joseph >; un
J.-R. Monoyer montrant un rlche bouquet de fleursl un
excellent J.-B .Madou, figurant < Le garde champêtre en
goguette >; un beau Th. Xrourmois mettant en valeur un
moulin à eau.
Deux salles eontiennent des peintures antérieures au
XIX. siècle. On y reurarque t'out particullèrement un pay-
sage de P. Bril, un portralt par J.-G. Cuijp, un portrait
d'Àgnessens, une scène populaire par Pierre Quast, ete'
Quatre salles sont c'onsacrées aux peintres modernes'
dont une pour les artistes verviétois.
La salle des peintres verviétois modernes nous offre
une æuvre lntéressante de G. Le Brun, Gombinalson
d'aquarelle et de pastel, disposée en triptyque, et donnant
une bonne synthèse tle la fasne' Oet artiste fut tué pen-
dant la guerre de 1914-1918. L'école moderne verviétolse
nous laisse voir aussl .quelques æuvres de M' Plrenne' le
conservateur actuel du Musée, notamment le portralt de
lâ mère de I'artiste et d'lntéressants coins du vleux Yer'
vlers.
Parmi les peintures motlernes' I'on admlre cles toiles de
Cowbet, Artan, Knolrfr, ,f. Smits, Claus, Courtens, Bou-
langer, Dubols, Degreef, ete.
Pour terminer, signalons encore' dans la salle Deru-
Jamoye, des æuvres de H' de Rraekeleer: < Petlt'e maison
Drès d'une mâre )), et < f,'homme au rouet ); de
Oonstantin
Meunler: << Charbonnage > et enfin de J. Stobbaerts, six
tolles montrant notamment trois remarquables lntérieurs
tl'étables.
N. B. LeMusée ile Verviets est our:ert les dima'nchos, les lun'lis et
- jours, s'a'lrosser
ieurlis, de 10 à 13 heures et do 14 à 1? heures. Les autres
&r recevetrr commnnal (onnex6 de I'hôtel ale ville). Le consorYatotrr est
M. Pirenne.
TABLE DES MATIÈRES

Pagês
Introduction o
ALOST. Musée archéologique T

ANVARS. Mus&r des a,rt's ddcoratifs' 1t


ANVERS. Musée du Steen (Antiquités et
souvenirs historiques) 22
ANVERS. Musée royal des Boaux-Arts. 28
ANVERS. Musrie du folklore . 40
ANVERS. Le Gulden Spoor (l'Eperon d'Or). 40
ANVER,S. Musee Plantin Moretus (imprime-
rie) 48
ARLON. Mus&c archéologiquo 53
ATH. Musée archéologique 60
ÀUDN,NAR"DE. Musée a,rchéologique 62
BRUGES. Mu'sée iles hospicos civils (Bea,ux-
a.rts et art de.coratif) ?)T

BRUGES. Musée de la Poterie (Beaux-Arts


et arts décorattfs) 72
BR,UGES. Musée Gruuthuse (arù dricoratif
et archéologio) 74
BIÙUGE'S. Musee de la pe,inùuro ancienne. 82
BRUGES. Musee do la peinturre moderne. 87
BR,UGE.S. Mu,seê do I'hôpita.I St-Jean (pein-
ture ancienne) 90
OIIART,EROI. Musée archéologique 98
@UN,TRAI. Mu,see archéologique 98
-282-
DAMME. Musée arohdologique . 105
ENGHIM{. Musée archeologique .u0
GAND. Mu,sée archâilogique . 111
GAND. Muxio des arts tlecoratifs. . tt7
GÂND. Mu#e des Boaur-Arts . tzl
GAND. Musée de St-Bavon (lapiilairo). . 130
HERENTHALS. Musée X'raikin (sculptures) . 140
I,IDGE. Musde Ouriius (archéologie). . L4l
I,IEGE. Muséo des artrs décoratifs . . 147
LIF,GE. Musés d'armes , 148
LIDGE. Mu,sr6e tles Bea.ux-Arts .7il
I,IEGE. Musée de Gr,etry (musique). . 162
LIDGE. Musde de la, vie wallonne. 163
I,OKER,AN. Musée archéologique 165
LOUVAIN. Musee d'art et d'arohéologie. 178
MALINES. Musée d'art et d'archéologio. 180
MAI,MEDY, MrrsÉe de folklore 187
MAR,IEMONT. Muséed'antiquités. . . . . . 188
MONS. Musée des a,ntiQuités . r8q
MONS. Mu'sée des Beaux-Arts 196
NAMU'R. Musée archrirlogique r99
NIEUPORT. Musée archéologique ry
NI\rELLES. Musée a,rchâ:flogique 210
OST.ENDE. Mus,rie d'arb et cl'a,rahéologie. 218
ST-MOOLAS. Mu,sde arthéologique 220
BOIGNIES. Musée archr4ologique 2Ai
STAVEI.,OT, Musée archéologique et abbaye. 230
TE|RMONDA. Musée archéologique zffi
TTB,LDMONT. Musée a.rchéologique ù4B
TONGIR,SI., Musés archdologique tuug
TOUN,NAI. Musé€ ales Beaux-Ârts et des anti-
quites . 2æ
TURNEOIIT. Mus,ée Taxantlria (archéologie). 2M
VERVIEIiS. Muslie il'a,rt et d'histoire. 270
iï4