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j u i l l e t 2 011

La Myriade
Juillet 2011

Le journal La Myriade est publié deux fois l’an


par le Centre de réadaptation La Myriade. Il
est aussi disponible sur le site Internet de
l’établissement : www.crlamyriade.qc.ca. En couverture
Félix-Étienne Beaulieu et sa chienne
Nous employons le genre masculin afin d’éviter
Cannelle (lire l’article à la page 6)
une lecture fastidieuse.

Responsable de la publication
Maryse Bérubé 1| Qu’est-ce que la peur?
Révision linguistique 4 | Vivre avec une personne anxieuse
Maryse Bérubé
Martine Thériault
5 | Les effets du chien sur l’anxiété
Correction d’épreuves
Ginette Bélanger 6 | Félix-Étienne et Cannelle : une amitié pas comme les autres
Lucie Melançon

Réalisation graphique et mise CHRONIQUES


en pages 8 | DU PROGRAMME EN SANTÉ MENTALE
Diane Masse La peur : un poids qui nous ralentit
Impression 9 | DU PROGRAMME EN DÉFICIENCE INTELLECTUELLE
Imprimerie Lanctôt
Des stratégies d’intervention efficaces
Crédits photos/illustrations
Couverture, p. 3 (tableau de bord), p. 6 et p. 7 :
10 | DU PROGRAMME EN TROUBLES ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENT
Diane Masse L’anxiété chez la personne présentant un TED
p. 1 et p. 4 : Photodisc/Thinkstock; p. 2 per- 12 | À VOUS LA PAROLE
sonne et chat, p. 10 et p. 15 : iStockphoto/ Que faites-vous pour surmonter vos peurs?
Thinkstock; p. 3 (araignée) : Cheryl Casey/
Shutterstock.com; p. 8 : George Doyle/Stockbyte/
Thinkstock.
14 | Un beau parcours de vie
p. 5 : Gracieuseté de la Fondation Mira
15 | À votre service
Illustrations : Diane Masse Peur, pas peur, j’y vais!
Note : Les photos des clients du CR La Myriade, 16 | Chronique du comité des usagers
des membres de leur famille ou des employés La peur de porter plainte
de l’établissement sont publiées avec leur
consentement.
17 | Suggestions de lectures et d’outils
©2011, Centre de réadaptation La Myriade
18 | JEUX
Les textes peuvent être reproduits sans deman-
der l’autorisation du titulaire du droit d’auteur,
mais vous devez en mentionner la source et
nous transmettre une copie du texte publié.
Comité du journal
Dépôt légal : 2011
Maryse Bérubé • Chantal Boisjoli • Annie Bossé • Natacha Devault •
Bibliothèque nationale du Québec
Marylène Majeau • Carole Rousseau • Isabelle Savard • Josée Tanguay
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1195-0757
et Jean-François Lefebvre (client)

Politique de rédaction
Vous désirez participer au journal, Le journal La Myriade est distribué aux clients et à leur représentant, au personnel et aux par-
le recevoir ou nous faire parvenir tenaires de notre établissement. Il offre une visibilité aux différents programmes de l’établis-
vos commentaires? sement et présente des témoignages de sa clientèle sous l’angle d’une thématique précise.
Veuillez communiquer avec : Afin de poursuivre le travail déjà amorcé, le comité du journal sollicite la collaboration de
Maryse Bérubé personnes qui souhaiteraient soumettre des textes pour publication.
Agente d’information Pour ce faire, les articles doivent correspondre aux critères suivants :
339, boul. Base-de-Roc
1. Respecter les orientations et la mission du CR La Myriade;
Joliette (Québec) J6E 5P3
Tél. : 450 753-9600, poste 225 2. Traiter du sujet préétabli (à l’exception de la chronique En Bref);
Sans frais : 1 877 753-9622 3. Prioriser des activités non ségréguées;
Téléc. : 450 753-1930 4. Avoir un maximum de trois pages à double interligne pour les articles de fond, les témoi-
Courriel : gnages, les entrevues et les chroniques des différents programmes, ou d’une page à double
maryse.berube@ssss.gouv.qc.ca interligne pour la chronique En Bref;
5. Convenir aux normes de qualité de la langue de l’établissement.
Qu’est-ce que
la peur? peur est un signal qui nous avertit d’un danger. Elle nous
permet de nous protéger et, parfois même, de nous sauver
la vie. Par contre, la peur peut se transformer en véritable
problème.

Par Annie Bossé Comment se crée la peur?


Intervenante paire aidante,
Programme en santé mentale – Les humains ont tous une façon semblable de
nord traiter l’information. Dès notre naissance, nos
cinq sens gèrent l’information en retenant des
images, des sensations ou des perceptions.
Ensuite, nous les classons dans plusieurs ti-
roirs de notre cerveau. Durant des années,
sans même s’en rendre compte, des élé-
En tant qu’intervenante paire ments peuvent être classés ensemble
aidante, j’ai entre autres dans certains tiroirs.
le rôle d’aider des gens à
Prenons l’exemple d’un animal qui
démystifier leurs peurs,
m’a fait très peur quand j’étais pe-
à les comprendre, à y tite. Au moment du contact avec
faire face et à les dimi- cet animal, j’étais seule et je n’ai
nuer. Je suis aussi là pour pas trouvé de solutions pour me
sécuriser. J’ai peut-être alors fait une
susciter l’espoir. C’est donc association entre cet animal et la per-
avec beaucoup d’intérêt et de ception que ma vie est en danger. J’ai as-
passion que j’ai accepté de vous socié dans un tiroir le sentiment de danger et
l’animal. Lorsqu’un de nos sens est de nouveau
entretenir sur la peur. Mais qu’est- en contact avec l’élément qui a déjà été épeurant,
ce que la peur? Est-ce vécu par tout le tiroir de cet élément s’ouvre et se connecte à
le monde? La peur a-t-elle des im- l’émotion associée antérieurement. Ainsi, lorsque je
suis à nouveau en contact avec cet animal, j’ai peut-
pacts sur la qualité de vie? Peut- être l’impression instantanée d’être en danger de
on désamorcer nos peurs? Voilà mort. J’ai des palpitations, des sueurs froides, etc.
plusieurs questions que j’aborde- L’émotion prend toute la place pour ensuite devenir
spontanément une réaction de survie. Je risque de
rai dans ce texte afin de mettre réagir en paralysant ou en fuyant l’élément consi-
en lumière ce phénomène. Vous y déré dangereux.
trouverez des références ainsi que
Si cette peur n’est pas affrontée et désamorcée,
des explications simples et ima- l’émotion s’amplifiera avec les années. Elle pourra
gées. J’espère que cette infor- même déclencher de l’angoisse seulement à ima-
mation vous permettra de mieux giner un contact avec l’animal. Cette peur pourrait
augmenter jusqu’au point de devenir intolérable. Une
saisir la provenance de vos peurs phobie peut aussi s’installer. Lorsqu’une peur est in-
et de comprendre avec un brin de tense, elle submerge le cerveau et plus rien d’autre ne
tolérance celle des autres. compte. Elle prend alors le dessus sur notre capacité
de réfléchir. Cette peur d’un animal pourrait donc en
venir à me paralyser à la seule idée d’aller marcher
Le dictionnaire Larousse définit la peur à l’extérieur. Elle me priverait ainsi d’avoir du plaisir
comme « un sentiment de forte inquiétude, avec mon entourage. Ce malaise constant, qui nuit à
d’alarme, en présence ou à la pensée d’un ma qualité de vie, m’empêcherait alors de vivre plus
danger, d’une menace ». Plusieurs mots librement.
sont utilisés pour exprimer les différents
niveaux et types de peurs : crainte, in- Chacune de nos associations, chacun de nos tiroirs,
quiétude, appréhension, frayeur, angoisse, nous sont propres. Selon notre vécu, nous réagissons
phobie, panique, terreur, etc. À la base, la de façon différente devant un nouvel élément.

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L’intensité de la peur est amplifiée Les souris ne semblaient pas se souvenir du danger ni avoir
chaque fois que la peur refait surface. peur. Serait-il possible alors que ce gène soit modifié ou pas
présent dans le cerveau de certaines personnes? Cela pourrait-
il expliquer en partie le comportement d’individus qui se retrou-
vent souvent dans des conditions dangereuses sans réagir?

Combattre ses peurs


Denis Jaccard, thérapeute et fondateur de l’Institut d’hyp-
nose thérapeutique en Suisse, explique1 que la peur est liée
au temps. « Il est impossible d’avoir peur d’un événement qui
est déjà passé. En revanche, il est possible d’avoir peur qu’un
événement passé, source de souffrance, se reproduise dans le
futur. La peur naît de notre projection dans le futur et de notre
capacité à faire face aux défis. » C’est ce que l’on appelle de
Chaque personne peut donc définir et qualifier la peur selon sa l’anticipation. Prenons l’exemple d’une personne qui a peur de
propre expérience. C’est la perception du niveau de danger que parler en public parce qu’elle a déjà vécu une mauvaise expé-
la personne ressent vis-à-vis l’objet ou l’événement qui accentue rience. Avant même qu’elle ne commence à parler, elle imagine
l’intensité de la réaction. déjà ce que les autres vont dire après. M. Jaccard soutient que
la peur reflète un manque de sécurité en lien avec un événe-
Il est aussi normal de ne pas toujours se souvenir d’où vient ment futur. Alors, si le besoin « réel » ou « supposé » de sé-
notre peur, car elle se classe rapidement dans un tiroir sans curité est comblé, la peur devrait disparaître. Mais comment y
même qu’on en soit conscient. parvenir?

Où se situe la peur? Pour affronter une peur, il faut d’abord reconnaître ce senti-
ment. Très souvent, lorsque les impacts occasionnés par la peur
Des chercheurs de l’Université de Rutgers, dans l’état du New apportent un niveau élevé d’inconvénients, d’inconforts et de
Jersey aux États-Unis, ont identifié un gène qui contrôlerait la souffrances, la personne demande l’aide d’un professionnel.
peur chez les souris. Dans un article publié dans la revue scien- Cela permet de mettre en place différents moyens pour désa-
tifique Cell en novembre 2005, ils rapportent que ce gène, ap- morcer la peur en question.
pelé stathmine, serait présent en grande quantité dans l’amyg-
dale. Ces chercheurs ont constaté que, sans ce gène, les souris Il est important de prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir
faisaient preuve d’audace dans des situations qui auraient dû aux éléments qui déclenchent les réactions de peur. Compren-
leur faire peur. De plus, les souris étaient peu craintives dans dre ce qui cause la peur aidera à trouver des stratégies pour la
des situations qui avaient été désagréables dans le passé. désamorcer.

Pascale Brillon, psychologue à la clinique des troubles anxieux


de l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, croit qu’il est primor-
dial de travailler les émotions douloureuses en lien avec cette
peur. Avant de commencer une démarche de désensibilisation,
la personne apeurée doit :
1. Ressentir
La personne identifie le « ressenti » de sa peur. Par
exemple : « J’ai le cœur qui bat vite. » « Je tremble. »
« Je me sens mal. »
2. Nommer et s’approprier
La personne s’approprie le « ressenti » de sa peur. Par
exemple : « Je me sens en perte de contrôle. » « Je
panique. » « J’ai de la peine. »
3. Accepter
La personne accepte son état. Par exemple : « C’est
légitime d’avoir peur. » « C’est correct que je tremble. »
« Cette peur, je peux la contrôler. »
L’amygdale : le siège de la peur
4. Exprimer
L’amygdale est une glande située dans l’hémisphère droit de notre La personne exprime son état, en parle à quelqu’un
cerveau, au niveau de la tempe. Elle joue un rôle important dans d’autre, écrit sur ce qu’elle ressent. Par exemple :
la gestion de nos émotions. L’amygdale est essentielle à la survie,
« J’explique à une amie comment je me sens quand la
car elle déclenche le sentiment de peur. En fait, c’est un véritable
système d’alarme face à un danger. L’amygdale permet aussi de peur remonte. » « Je le dis quand je ne me sens pas
reconnaître la peur chez les autres. bien. » « Je le verbalise dans mon journal intime. »

1. Extrait tiré du texte La peur, origines et solutions, par Denis Jac-


card, disponible à l’adresse suivante : http://www.denisjaccard.ch/pdf/
les_peurs.
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Dans ce processus, la personne prend conscience des pensées On peut aussi s’exposer à l’objet de la peur, petit peu par petit
souffrantes reliées à son « ressenti ». Par exemple : « Je ne peu. Il ne faut surtout pas se gêner pour demander à quelqu’un
m’en sortirai jamais. » « La vie est dangereuse. » Elle trouve de nous accompagner. Ce contact progressif, associé à un dis-
des moyens de s’apaiser, de favoriser la détente et de diminuer cours mental sécurisant, pourra graduellement mener vers un
l’hypervigilance. Elle peut faire des exercices de respiration ou sentiment de confiance. Notre subconscient enregistrera alors
de relaxation, par exemple. une nouvelle donnée. Il pourra reclasser l’information aux bons
endroits dans les tiroirs et de façon consciente.
Enfin, la personne apprivoise la ou les situations évitées dans
le but de diminuer son anxiété. Elle peut le faire en s’exposant Au cours de ma vie, j’ai moi-même désamorcé de grandes
à la situation de façon graduelle et répétée. Par la suite, il est peurs qui m’empêchaient de fonctionner et de maintenir une
important de définir ses limites, d’intégrer une hygiène de vie qualité de vie. Au moment où j’ai pu cerner la provenance de
équilibrée et d’entretenir des pensées et un discours positifs. mes peurs, que j’ai compris le sens de mes réactions et que j’ai
perçu la situation comme moins dangereuse, j’ai été en mesure
de trouver des façons pour les désamorcer. Quand je m’en-
traînais à percevoir l’élément qui déclenchait une peur de fa-
çon moins dangereuse, par des techniques de visualisation par
exemple, j’ai eu automatiquement plus de facilité à conserver
mon calme.

J’ai aussi lu sur le sujet pour découvrir des trucs pour faire face
à mes peurs. Le livre Bien penser, mieux aimer de Gilianne
Fortin et le best-seller international Transformez votre vie de
Louise L. Hay ont été très inspirants tout au long de ce pro-
cessus. Ces livres utilisent un langage simple, des exercices
concrets et accessibles.
Certains scientifiques comparent la peur à un signal lumineux sur
le tableau de bord d’une voiture. Il est important de connaître la
signification de ce signal afin de faire les réparations nécessaires Finalement, tout le monde vit des peurs à différents niveaux
à la voiture. De la même manière, pour désamorcer une peur, il selon son histoire et ses perceptions. Toutefois, nous avons
faut en trouver la cause et la signification. tous du pouvoir sur notre façon de voir les choses. Prendre le
temps de mieux comprendre ce phénomène donne un sens aux
L’importance de la pensée réactions qui souvent n’en ont pas. Le courage et la persévé-
rance demeurent des ingrédients essentiels pour faire face à
Dans son livre La puissance de votre subconscient, le docteur
nos peurs. Si nécessaire, il faut consulter un professionnel pour
en théologie Joseph Murphy explique qu’il faut apprendre à uti-
nous accompagner dans notre démarche de changement. Le
liser les deux niveaux de notre esprit : le niveau conscient
(ou rationnel) et le niveau subconscient (ou irrationnel). but ultime, c’est d’avoir du plaisir au quotidien. `
« Vous pensez avec votre esprit conscient, et tout ce que vous
pensez habituellement s’enfonce dans votre subconscient […]
Lorsqu’une idée est acceptée par le subconscient, celui-ci
commence à la mettre en exécution. […] Les choses que vous
redoutez n’existent que sous forme de pensées dans votre
esprit. »

Ainsi, selon M. Murphy, le subconscient ne fait pas la distinction


entre des pensées positives ou négatives, bonnes ou mauvai-
ses, vraies ou fausses. Il les accepte comme vraies et les met
simplement à exécution. Les peurs continuent donc à se repro-
duire dans différents événements de notre vie jusqu’à ce que
l’émotion soit remplacée par un autre message. De là, l’impor-
tance d’imprégner le subconscient de pensées positives. Il est
donc important de regarder la situation qui génère la peur, de
réaliser son impact et de choisir consciemment de changer la
pensée entretenue.

Pour ce faire, on peut entre autres utiliser des techniques de Pour certains, la peur est une bactérie facile à combattre et pour
d’autres, une guerre sans fin difficile à vaincre.
visualisation. Si on reprend l’exemple de la peur d’un animal, on
peut imaginer qu’on observe l’animal en train de jouer et qu’on
en éprouve du plaisir.

La Myriade | juillet 2011 3


Vivre avec
une personne
anxieuse
Par Marylène Majeau
Technicienne en assistance sociale,
Programme en déficience intellectuelle –
Jeunesse, D’Autray-Joliette

Vivre auprès d’une personne qui présente des trou-


bles anxieux s’avère parfois complexe. Les proches
peuvent être témoins de comportements difficile-
ment compréhensibles tels que de l’évitement ou
une fuite. La personne peut aussi avoir des rituels
qui la sécurisent, des demandes de réassurance,
une attaque de panique, etc. Il faut comprendre
que tous ces comportements nuisent à la qualité
de vie de la personne anxieuse. Comment peut-on
offrir un soutien adéquat à une personne de notre
entourage qui vit avec des peurs et de l’anxiété?

Au début, les proches auront tendance à s’adapter à la per-


sonne anxieuse. Il viendra toutefois un moment où des tensions
pourront apparaître. Le proche peut devenir de moins en moins
tolérant vis-à-vis les comportements de la personne parce qu’il Pour conclure, il est à souligner que le soutien et la compréhen-
ne comprend pas. D’autre part, la personne anxieuse peut se sion des proches sont importants dans le processus de rétablis-
sentir incomprise et cela aura comme impact qu’elle s’isolera sement de la personne. `
de plus en plus.
Source : « Vivre avec un individu aux prises avec un trouble
Voici des pistes de solutions pour aider et soutenir une anxieux », par Stéphane Guay, Ph. D., publié dans la revue
personne anxieuse : Psychologie Québec en mai 2005.

• Se montrer empathique à la détresse ressentie;


• Encourager la personne à chercher de l’aide profession-
nelle; De l’aide aussi pour les proches
• Promouvoir des changements positifs comme l’exposition
graduelle à ce qui occasionne des peurs; L’organisme « La lueur du phare » dans la région de
• Reconnaître et renforcer les progrès, même les petits; Lanaudière offre un soutien aux proches des personnes
• Diminuer les attentes par rapport à la personne durant ayant un problème de santé mentale. Cet organisme vise
les périodes de stress; à soutenir les aidants naturels à trois niveaux : offrir de
l’information et de la formation, et intervenir par le
• Se donner le droit de se sentir impuissant de temps en
biais de rencontres individuelles, téléphoniques ou de
temps;
cafés-échanges. D’autre part, cet organisme offre aussi du
• S’informer sur les caractéristiques du trouble et les trai-
répit aux aidants naturels.
tements appropriés.

4 La Myriade | juillet 2011


Les effets du chien Adaptation d’extraits de textes tirés du site de la Fondation

sur l’anxiété
MIRA (http://www.mira.ca/fr/)
Nous remercions la Fondation MIRA de nous avoir permis de
publier ce texte.

Le chien est un excellent compagnon de travail et La Fondation MIRA et les enfants présentant
de jeu. Selon certaines études, il aurait aussi un un trouble envahissant du développement
effet positif sur la santé physique et mentale en La Fondation MIRA poursuit l’objectif d’accroître l’autonomie
permettant de réduire l’anxiété et le stress. des personnes handicapées et de favoriser leur intégration
sociale en leur fournissant des chiens entraînés pour ré-
pondre à leurs besoins en adaptation et en réadaptation.
La présence d’un animal de compagnie a des effets cliniques
importants. Il n’est pas nécessaire de posséder l’animal pour
Depuis avril 2010, la Fondation MIRA offre la possibilité
obtenir de tels effets sur le comportement et la santé. La seule
aux familles d’enfants présentant un trouble du spectre
condition préalable est qu’il faut aimer ces animaux.
de l’autisme (TSA) de bénéficier des services d’un chien
d’accompagnement. La mise en place de ce programme
Les chercheurs Barker et Dawson ont étudié l’effet des ani-
fait suite à plusieurs années de recherches approfondies
maux de compagnie sur des patients psychiatriques en milieu
quant à l’impact de l’intégration de ces chiens au sein des
hospitalier. Ils ont comparé le niveau d’anxiété d’un groupe de
familles.
patients après une thérapie assistée par animal et le niveau
d’anxiété d’un deuxième groupe de patients après une activité
À qui s’adresse ce programme?
de thérapie traditionnelle. Les résultats ont montré qu’il y avait
une différence significative entre les deux groupes. Les patients Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) regroupent le
qui avaient suivi la thérapie assistée par animal avaient un ni- trouble autistique, le syndrome de Rett, le trouble désin-
veau d’anxiété plus bas que les autres. tégratif de l’enfance, le syndrome d’Asperger et le trouble
envahissant du développement non spécifié.
D’autres études ont montré que la plupart des propriétaires
d’animaux de compagnie estimaient que leur animal avait Le programme d’attribution d’un chien d’accompagnement
amélioré la qualité de vie de la famille et leur qualité de vie en est maintenant offert à tout enfant rencontrant des diffi-
réduisant les tensions entre les membres de la famille. cultés importantes dans l’une des trois sphères d’atteintes
caractéristiques des TSA, soit les interactions sociales, la
Plusieurs études montrent que des interactions positives avec communication et la présence d’un caractère restreint, ré-
un chien, par exemple le simple fait de le caresser, a des ef- pétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et
fets physiologiques importants et mesurables. Entre autres, des activités.
des chercheurs ont montré que la pression artérielle diminuait
chez les humains lors des interactions positives avec un chien. Pour participer à ce programme, l’enfant doit avoir un inté-
D’autres ont également montré qu’il y avait une réduction de la rêt pour les chiens. L’enfant et les membres de sa famille
pression artérielle chez les résidants d’un centre de soins lors ne doivent présenter aucune allergie au chien. De plus, le
d’une simple activité de visite avec un chien. chien ne peut être laissé seul à la maison pour une pério-
de de plus de quatre heures. Les services de la Fondation
Les effets sur les enfants MIRA sont offerts gratuitement.
Des études ont montré que la présence d’un animal dans des
situations de soins de santé avait aussi d’importants effets Pour consulter les références des recherches scientifiques dont fait men-
bénéfiques pour les enfants. En effet, la présence d’un chien tion cet article, rendez-vous sur le site de la Fondation MIRA à l’adresse
pouvait réduire l’anxiété, donner un sentiment de sécurité à suivante : http://www.mira.ca/fr/rubrique/10/les-effets-du-chien-sur-
l’enfant ou plus simplement détourner son attention des soins les-humains-recension-d-ecrits_102.html
en cours. `

La Myriade | juillet 2011 5


Félix-Étienne et Cannelle :
une amitié pas comme les autres

Félix-Étienne se rassure lui-même grâce à sa chienne. Quand il


est anxieux, il parle de lui-même à travers Cannelle. Il dit, par
Par Maryse Bérubé
exemple, que Cannelle est très inquiète de ceci ou de cela. Sa
Agente d’information
mère lui demande alors : « Que pourrais-tu faire pour la rassu-
rer, pour l’aider? » Chaque fois, Félix-Étienne trouve une
solution. Récemment, il a pris l’avion avec sa chienne. Avant
son départ, il disait : « Cannelle a peur de prendre l’avion. »
Félix-Étienne Beaulieu a 22 ans. Il a reçu son premier Durant le vol, il lui frottait les oreilles en disant : « Tu vois, Can-
chien MIRA quand il avait 10 ans. Lui et sa famille nelle, ce n’est pas si difficile. » Félix-Étienne frotte souvent les
ont eu la gentillesse de nous recevoir chez eux pour oreilles de sa chienne quand il est inquiet. Ce geste le rassure.
nous parler de sa vie avec sa chienne Cannelle. Le jeune homme a maintenant l’entière responsabilité de sa
chienne. Il calcule ses portions avant de la nourrir, il la brosse,
Quand il était enfant, Félix-Étienne était renfermé et très an- etc. Depuis qu’il s’occupe d’un chien, il a aussi appris à gérer
xieux. Lorsque sa mère a fait une demande pour un chien à un calendrier. Au début, seuls les événements liés à l’animal
la Fondation MIRA, il y a 12 ans, les personnes présentant un étaient inscrits au calendrier. Maintenant, il gère les rendez-
trouble envahissant du développement ne faisaient pas encore vous de tous les membres de la famille.
partie de leur clientèle. Les chiens MIRA ont changé la vie de
Félix-Étienne. Il y a d’abord eu Yuma, puis Câlin. Ces chiens ont Cannelle contribue aussi à la santé physique de Félix-Étienne.
permis à Félix-Étienne de gérer ses peurs et de développer son Chaque jour, il lui lance la balle. Cela travaille ses muscles, sa
indépendance. « À deux, ils sont autonomes. S’il n’y avait pas posture et sa coordination. Il marche beaucoup avec elle aussi,
eu ces chiens, notre fils serait encore collé sur moi », explique pour aller chercher le courrier, se rendre à l’épicerie, aller visiter
sa mère, en riant. ses amis, etc. Tout au long de la route, elle veille sur lui et le
pousse vers le trottoir, au besoin.
Quand Câlin est décédé le 3 décembre dernier, après 10 années
de vie ensemble, Félix-Étienne a eu beaucoup de peine. Mais, Avant notre départ, Félix-Étienne nous a parlé de ses trois
vite, il a voulu appeler Noël, le psychologue chez MIRA. « Je grands rêves avec beaucoup d’enthousiasme. Les voici :
suis tout seul. Ça ne va pas bien », lui a-t-il dit. Noël a réussi 1. Qu’un monsieur vienne le voir pour publier ses BD;
à trouver rapidement un nouveau chien. Le 8 décembre, Félix- 2. Avoir une blonde;
Étienne et ses parents se sont donc rendus chercher Cannelle, 3. Vivre en appartement à l’âge de 25 ans avec Cannelle.
une belle chienne labrador blonde. « Dès le premier regard,
Cannelle a eu un coup de foudre pour Félix-Étienne », raconte Toutes les semaines, avec son intervenante du CR La Myriade,
sa mère. « Il n’a eu qu’à la mettre en laisse et c’était fait. » il se prépare pour ce troisième rêve. Il apprend à faire son
épicerie, à payer ses achats, etc. C’est lui qui, à 20 ans, en a
Cannelle est toujours à l’écoute de Félix-Étienne. Elle est atten- fait la demande après avoir vu sa soeur vivre en appartement.
tive au moindre de ses gestes et répond à toutes ses deman- Selon sa mère, tout ce qu’il fait actuellement est en fonction de
des. S’il est dans la lune, elle va chercher son attention et le cet objectif. Bientôt, on transformera la maison pour la rendre
stimule. Même quand ils vont à la piscine, elle ne le perd pas intergénérationnelle. Il pourra donc vivre dans un appartement
des yeux. intégré à la maison, tout près de sa famille. Et Cannelle sera
toujours là pour le rassurer et veiller sur lui. `
Pour Félix-Étienne, Cannelle est une amie. Elle ne le juge
jamais. Elle lui apporte de la confiance en soi. Par exemple,
Félix-Étienne n’irait pas là où il y a des étrangers. Par contre, si
sa chienne y va, il y va.

6 La Myriade | juillet 2011


L’exercice est important pour Félix-Étienne et
Cannelle. Chaque jour, ils jouent à la balle et vont
chercher le courrier à la boîte postale située à 1 km
de la maison. C’est Cannelle qui rapporte le courrier
dans des sacoches posées sur son dos.

La Myriade | juillet 2011 7


Chronique du Programme en
santé mentale La peur : un poids qui nous ralentit

peur en renforçant le comportement. En effet, la personne se


Par Caroline Désilets sent mieux une fois qu’elle s’est éloignée de la source de peur.
Éducatrice spécialisée, Elle aura donc tendance à s’en éloigner à nouveau lorsqu’elle
Programme en santé mentale – sud se présentera, de façon à retrouver ce sentiment de mieux-
être.

Les clients du Programme en santé mentale vivent Les types d’intervention utilisés
différentes peurs, comme la population en géné- Les intervenants du Programme en santé mentale utilisent dif-
ral. Certaines problématiques de santé mentale férents moyens pour aider les clients à surmonter leur peur.
La désensibilisation par exposition in vivo (dans l’environne-
se caractérisent toutefois par une anxiété plus ment) en est un. Se désensibiliser à quelque chose correspond
élevée, chronique et invalidante. Lorsqu’on n’ar- à se placer dans une situation de façon répétée. Cela fait aug-
rive plus à sortir de la maison sans ressentir un menter l’anxiété. L’objectif est de demeurer dans la situation
malaise intense, le quotidien devient rapidement jusqu’à ce que les symptômes diminuent. On doit recommen-
cer, encore et encore, en augmentant le niveau de difficulté
difficile. Un isolement social s’ensuit. de façon graduelle. La personne doit en venir à ressentir un
niveau de confort acceptable pour elle. Cette façon de faire
Les symptômes provoqués par les peurs sont multiples : mains
repose sur le phénomène d’habituation.
moites, difficultés à respirer, peur de perdre le contrôle, envie
de fuir, étourdissement, etc. Pour certains, les peurs devien-
La personne qui amorce une démarche de désensibilisation
nent envahissantes. C’est le cas lorsque la personne souffre,
par exposition doit être motivée, car elle vivra de l’inconfort.
par exemple, d’agoraphobie (crainte des lieux publics et des
Elle doit accepter de vivre un malaise intense durant une certaine
espaces ouverts) et du trouble panique (type de
période.
trouble anxieux caractérisé par des crises sou-
daines et sans raison apparente). Quand les
Durant la démarche, le rôle de l’intervenant auprès de la per-
peurs handicapent une personne au point de
sonne sera :
nuire à sa qualité de vie, il est important
• D’expliquer le processus;
d’y remédier.
• De rassurer;
• D’encourager;
Les moyens de défense
• D’aider à planifier des étapes réalistes;
Chez les gens présentant de l’anxiété sociale • D’accompagner la personne durant la démarche.
sévère comme la phobie sociale (peur d’être
jugé négativement), l’évitement est un Voici quelques autres moyens utilisés par les intervenants :
moyen de défense très utilisé. La personne l’imagination (penser à ce qui suscite les symptômes afin de
veut tout simplement éviter les situations les provoquer et de s’y habituer), la visualisation, les exercices
risquant de lui provoquer un inconfort. Par intéroceptifs 1 (exercices provoquant des symptômes physi-
exemple, la personne donnera différentes ques redoutés comme des palpitations, des étourdissements,
raisons pour éviter de participer à une activité de l’essoufflement, etc. à faire jusqu’à l’apprivoisement des
ou d’aller dans un endroit public. sensations), la relaxation (respiration, méditation) et le travail
sur les pensées.
Cependant, l’évitement maintient et augmente
la peur lorsqu’utilisé à répétition. L’interve- Une des choses les plus importantes à retenir est ceci : il est
nant doit donc reconnaître les comporte- possible de surmonter ses peurs, de les comprendre et de les
ments d’évitement afin d’aider la personne contrôler afin de retrouver un fonctionnement satisfaisant pour
à en prendre conscience. soi. La peur est parfois saine, lorsqu’elle sert à nous protéger
d’un danger réel. Toutefois, elle peut aussi être nuisible, car
Lorsqu’on se trouve devant elle empêche d’avancer et fait perdre des opportunités :
un danger réel, la fuite « La peur nous fait avoir une plus petite vie que celle
est aussi un moyen que nous pourrions avoir. » 2 `
de défense parfois
nécessaire. Par
contre, la fuite tend 1 Livre : La peur d’avoir peur (voir détails à la page 17)
à faire augmenter la 2 Claire Potvin, http://pouvoirdechanger.com/decouvrir/vie/peur/

8 La Myriade | juillet 2011


Chronique du Programme en
déficience intellectuelle Des stratégies d’intervention efficaces

Par Chantal Boisjoli


Éducatrice spécialisée, La désensibilisation est une stratégie d’intervention plus
Programme en déficience intellectuelle – adaptée pour la DI moyenne à sévère. Il s’agit d’exposer gra-
Adulte, D’Autray-Joliette duellement la personne à l’élément qui lui fait peur, en respec-
tant ses limites. Il faut rendre cet élément agréable et positif.
et Alexandra Marion, stagiaire Dans la littérature, la désensibilisation se déroule en quatre
Programme en déficience intellectuelle – étapes. La première étape consiste à enseigner des techniques
Adulte, D’Autray-Joliette de relaxation telles que détendre les muscles et prendre de
profondes respirations. La deuxième étape consiste à poser des
questions à la personne sur ses peurs en adaptant le langage.
Comme tout le monde, les personnes qui vivent Cette étape est nécessaire pour situer la peur, surtout si nous ne
avec une déficience intellectuelle (DI) ont des connaissons pas le client. La troisième étape consiste à faire une
peurs. Toutefois, ces peurs s’expriment souvent mise en situation graduelle. Enfin, la quatrième étape consiste
à amener la personne à affronter sa peur dans la vie réelle. Il
de manière différente. Dans de nombreux cas, faut évidemment accompagner la personne pour l’aider à main-
ces personnes n’ont pas la notion du danger à tenir un contrôle. Lorsque l’intervenant procède à une désen-
cause du niveau de leur DI. Ainsi, elles n’ont pas sibilisation, il est important que le client maîtrise chaque étape
avant de passer à la suivante.
peur ou, plutôt, nous avons l’impression qu’elles
n’ont pas peur. Il ne faut pas oublier que ce sont Des outils très utiles
des personnes vulnérables. C’est un facteur im- L’utilisation de pictogrammes, de photos, de sons, de stimula-
portant à considérer. tions tactiles est préconisée pour adapter les stratégies d’inter-
vention aux personnes vivant avec une DI.
Chez les personnes vivant avec une DI, les peurs se manifes-
tent souvent par des changements de comportement allant L’application de différents programmes, comme Gestion de la
jusqu’aux troubles de comportement. Cette réaction est due à colère : G.E.C.O, aide les personnes présentant un trouble
leur difficulté à exprimer leurs peurs. Par conséquent, on doit grave du comportement à faire face à leur peur tout en mainte-
trouver de quoi elles ont peur et mettre en place des interven- nant un équilibre mental.
tions pour les soutenir. Le texte qui suit présente deux straté-
gies d’intervention pour aider une personne vivant avec une DI Afin de réduire l’apparition des comportements problématiques
à vaincre ses peurs. chez ces personnes, il est aussi possible de faire des aména-
gements préventifs dans leur environnement. Par exemple,
La visualisation et la désensibilisation pour une personne qui craint les prises de sang, nous pourrions
La visualisation guidée est une stratégie d’intervention qui demander à une infirmière de venir à la maison.
consiste à parler à la personne de ses peurs dans un état de
grande détente. On demande d’abord à la personne de fermer En conclusion, la peur est une émotion complexe pour chaque
les yeux et de détendre ses muscles, selon sa capacité. Puis, on personne qui en souffre, mais plus particulièrement chez les
commence la visualisation. personnes vivant avec une DI. Il est très difficile pour ces per-
sonnes de surmonter leurs peurs au quotidien. Nous devons
Il est important d’adapter le discours. Il faut donc que le lan- donc sensibiliser la famille et les partenaires (ressource, école,
gage soit simple et ait un sens pour la personne. Il est essentiel association, CLSC, etc.) à la démarche en cours. La collabora-
aussi d’aborder les vraies peurs de la personne. Par exemple, tion de ces partenaires est essentielle pour la réussite des in-
dans le cas d’une personne qui a peur de l’eau, on l’amène à terventions auprès de la personne. Grâce à cette collaboration,
imaginer une situation réelle où il y a de l’eau. Surtout, il faut la personne pourra généraliser ses acquis à toutes les sphères
en parler de façon positive. Dans ce cas-ci, on le fait en nom- de sa vie pour faire face à sa peur. `
mant les avantages de l’eau, par exemple : l’eau, c’est rafraî-
chissant. Il faut évidemment adapter l’intervention à la capacité Références :
de visualisation de la personne. On peut aussi utiliser des ac- • Tremblez, mais osez (voir détails à la page 17)
cessoires pour imager la peur. • Psychologie, pensée, cerveau et culture
Par Drew Western; traduit par Lucille Jouanjean et Catherine
En tout temps, l’intervenant doit observer les signes physio- Garitte – Paris : De Boeck, c2000 (collection Ouvertures psy-
logiques qui démontrent un inconfort chez la personne. Il doit
chologiques)
arrêter la visualisation aussitôt que la personne manifeste de
tels signes.

La Myriade | juillet 2011 9


Chronique du Programme en
troubles envahissants du L’anxiété chez la personne
développement
présentant un TED

Il se peut, par exemple, qu’une personne présentant un TED ait


Par Isabelle Savard peur d’un objet parce qu’elle a fait une fausse association. En
Éducatrice spécialisée, fait, elle a associé l’objet à quelque chose de désagréable et elle
Programme en troubles envahissants pense que c’est l’objet lui-même qui crée la situation. Ainsi, une
du développement, Les Moulins personne pourrait avoir peur d’une balle parce qu’une chaise
est tombée dans la pièce la première fois qu’elle l’a touchée. Le
bruit causé par la chaise l’ayant fait sursauter, elle ne veut donc
Les émotions en général sont difficiles à compren- plus retoucher à la balle de peur de sursauter à nouveau.
dre pour la personne présentant un TED. Pour elle,
Il se peut aussi qu’une personne présentant un TED ait besoin
la peur se confond donc énormément avec l’an-
de comprendre le fonctionnement d’un objet pour être à
xiété. Cette anxiété donne souvent lieu à des ma- l’aise avec celui-ci. Par exemple, elle peut avoir peur d’un objet
nifestations comportementales particulières qui qui fonctionne avec un mécanisme automatique parce qu’elle
nécessitent une intervention. Il est donc important ne comprend pas ce qui déclenche l’action de cet objet.
de bien comprendre l’anxiété chez la personne La personne présentant un TED a aussi des particularités sur
présentant un TED pour tenter de la soutenir dans le plan sensoriel : certains sens peuvent être très sensibles
la situation. ou encore peu sensibles. Cela modifie parfois sa réaction par
rapport à un stimulus (un bruit, une sensation au toucher, une
odeur, une information visuelle) en comparaison avec la popu-
Plusieurs raisons expliquent qu’une personne présentant un lation en général. Par exemple, une personne présentant un
TED vit de l’anxiété. Il est d’abord bien important de dire que TED pourrait avoir peur de marcher sur le gazon parce que la
cette personne présente des particularités au niveau du traite- sensation du gazon sous ses pieds est très inconfortable. Elle
ment de l’information. Sa façon de comprendre ou d’analyser pourrait aussi avoir peur d’aller dans une pièce parce qu’un
les situations est parfois différente du reste des gens. bruit spécifique y est trop difficile à tolérer.

10 La Myriade | juillet 2011


À la lumière de ces différentes explications, plusieurs interven- Il peut aussi être pertinent de faire une désensibilisation
tions sont possibles pour aider la personne présentant un TED. progressive avec la personne en la mettant lentement en
Lorsqu’on parle de particularités sensorielles, des outils tels contact avec l’objet qui lui fait peur. Dans ce cas, il est impor-
des cache-oreilles ou des lunettes de soleil peuvent être utilisés tant de lui offrir en même temps des outils qui la réconfortent.
pour aider la personne à mieux gérer le stimulus.
Comme la gestion des émotions est souvent difficile pour la per-
On peut également adapter l’environnement pour soutenir sonne présentant un TED, on doit tenir compte de ses besoins
la personne en diminuant le bruit ou la luminosité dans une en lui offrant des outils qui l’aident à diminuer son anxiété. Par
pièce, par exemple. Des interventions en ergothérapie peuvent exemple, on peut faire une liste des activités ou des objets qui
aussi être mises en place pour aider la personne à diminuer ses sont réconfortants pour elle et les utiliser pendant ou après une
réactions sensorielles particulières. L’ergothérapeute pourrait situation stressante. Les stimuli verbaux (informations verbales :
provoquer diverses sensations sous les pieds d’une personne explications, demandes, etc.) sont aussi souvent difficiles à
qui a peur de marcher sur le gazon, par exemple, pour lui traiter pour une personne présentant un TED qui vit de l’anxiété.
apprendre à les tolérer. Il est donc préférable de parler moins et d’utiliser des outils
visuels et des objets réconfortants durant ces périodes.
On peut aussi utiliser des outils visuels, tels des scripts ou des
scénarios, pour expliquer à la personne ce qui se passe. Pour Enfin, pour l’aider à comprendre ses émotions, il est utile de
contrer les fausses associations, une vidéo ou encore le modèle faire avec elle une liste des comportements qu’elle présente
d’une autre personne qui fait l’action peut aider la compréhen- lorsqu’elle est anxieuse. Cela lui permettra de mieux identifier
sion de la personne présentant un TED. la peur pour ensuite utiliser des stratégies de réconfort. `

L'anxiété

J'ai les joues rouges et chaudes

Mon coeur bat vite

Quand : Je
Je sautille

Je bouge vite mes bras

Je suis crispé des épaules

Pour aider la personne présentant un TED qui vit de l’anxiété, on peut lui présenter un outil visuel comme celui-ci. Cet outil
l’aidera à comprendre son émotion. Il lui permettra aussi de trouver une solution pour gérer la situation de façon acceptable et
satisfaisante pour elle.

La Myriade | juillet 2011 11


p a r o l e
s l a
À voeufaites-vous sppeuoursr?
Je prends de profon
des respirations pour
me calmer. Aussi, je co
nfronte mes peurs au
lieu de les fuir. Mainten
ant, je fonce! Dans le
Qu t e r vo
groupe de rétablisseme
nt du CR La Myriade,
r m o n c lients. j’ai appris à nommer
mes peurs aux autre
su de que
lq u e s afin de les désamorce
r, et cela, jusqu’à ce
s

l a r é ponse que je lâche prise tot


alement.
Voici Maintenant, je n’ai plu
s de phobie sociale et
presque plus de peurs
, car j’ai beaucoup plu
confiance en moi et en s
la vie!
Aux intervenantes et
intervenants du CR La
Myriade, merci et je vo
us aime!
Ginette Latendresse

La peur? t sismograp
hi-
e st p e u t- être au bou
Elle
crayon.
que de mon n n e m e n t se
lé p a r e ll e , m o n ra is o
S ti m u s.
perd ses sen
déforme et mot d’en-
te b ie n d e retrouver un
Je ten
mpérance.
tente, de te
Ma peur! revers et
is b ie n la prendre de
J’aimera
d’elle.
me soulager ’un senti-
d a n s la b onne voie d
Être bien
ment. t ceci,
q u e lq u e part, écrivan
J’ai peut-ê tr e rtaine
ce co n tr e te mps, d’une ce
apprivoisé
tait ma peur.
façon, qui é

Gelais
François St-

12 La Myriade | juillet 2011


Je me nomme Sylvie et
je désire réintégrer le
a quelques années, j’a monde de l’emploi. Il
i dû m’en éloigner pour y
de santé mentale. faire face à un trouble

Je me sens maintenan
t rétablie. Pourtant, j’a
stress qui m’envahit lor i toujours ce fameux
sque je me mets en qu
pendant tout le proce ête d’un travail, et ce,
ssus de cette action :
avant, pendant et après
.
Ce stress se traduit pa
r des symptômes phys
nie, l’oubli de ma médic iques, soit de l’insom-
ation à l’occasion et mê
Aussi, lorsque ces symp me parfois des pleurs.
tômes apparaissent, je
dégénère. Je m’orien n’attends pas que ça
te vers des moyens
nent et me permetten d’action qui me conv
t de continuer mes dé ien-
marches.
Par exemple, si j’ai
planifié de solliciter
née bien précise et qu une entreprise une jou
e je ne me sens pas r-
mes moyens ce jour-l en pleine possession
à, je remets cette actio de
mieux la réussir. n au lendemain afin de

Mes moyens les plus co


ncrets lorsque la peur Je retie
mes démarches de rec m’envahit en rapport ns une
herche d’emploi sont à lorsque phr
• en parler à quelqu’u : j’ai peu ase pour m’aid
n de mon entourage r: er
tion du CR La Myriade ou à l’agent d’intégra « Ce à
; - quoi tu
• m’offrir un moment tu fuis t fais fac
de détente comme un e suit… e s’effa
ces physiques, de la lec e marche, des exerci- » ce, ce q
ture ou des mots croisé ue
• me concentrer sur s; Hélène,
une bonne préparation mère d
venir. de mes démarches à e Médé
ric
Avec la mise en place
de ces moyens, je me
même d’évaluer mes sens de plus en plus
capacités de manière à
positive et constructive
.
Il m’arrive souvent d’ê
tre découragée lorsque
Je vis alors des mome je cherche un emploi.
nts difficiles. En adop
tives, je remarque qu tan t des attitudes posi-
e ça m’aide à persévé
en moi. Je sais que, qu rer et je garde confian
elque part, il y a un em ce
ploi qui m’attend.
Sylvie L.

Je mets en pratique les antidotes que j’ai ap-


pris dans mon suivi au CR La Myriade avec les
intervenantes.

Je fais de la visualisation positive et créative. Je


répète chaque jour des phrases positives que
j’ai écrites au « je » et au temps présent. Je
passe ensuite à l’action, je fonce!

Je vais mieux que jamais je n’aurais pu me


l’imaginer avant. Merci d’avoir cru en moi! Le
plus gros de mon rétablissement est fait et je
continue. Je ne lâcherai pas.

Margaret Jean

La Myriade | juillet 2011 13


Un beau parcours
de vie désensibilisation : cinq minutes dehors sur le balcon et vérifier
son échelle de bien-être (rouge, jaune ou vert). Nous avons
aussi utilisé un renforçateur (des bonbons) au bout de l’effort.
Nous devions aller doucement. Si nous allions trop vite, nous
Par Josée Tanguay reculions de deux pas. Graduellement, nous nous sommes dé-
Éducatrice spécialisée, placés vers le bas des escaliers, cinq minutes, puis assis dans
Programme en déficience intellectuelle – ma voiture, cinq minutes. Puis, toujours en vérifiant son échelle
Jeunesse, Les Moulins de bien-être, nous sommes allés vers un milieu connu de sa
part, donc sécurisant, le parc. Nous avons même réussi à aller
avec lui dans des magasins. Mais il fallait s’attendre à retourner
à la base si on allait trop vite, et c’est ce qui est arrivé…
Médéric est arrivé dans nos services avec la
Reprendre le pouvoir
volonté de travailler, de faire des activités et de
Dans toutes ces étapes, nous avons remarqué la recherche de
voir des amis. Mais il était incapable de sortir de pouvoir chez Médéric. Il avait envie de décider. Alors, nous lui
chez lui. Était-ce la peur? L’anxiété? Un trouble du avons fait remarquer que, souvent, il peut décider. Par contre,
comportement? des fois, il n’a pas le choix, par exemple quand il doit aller chez
le médecin, le dentiste… Tout cela sous forme de jeux. Eh bien!
Médéric refusait toutes mes invitations à sortir de la maison. Il a accepté d’aller prendre sa photo pour sa carte d’assurance
Son cœur battait fort, il transpirait, il rougissait, il tremblait… maladie! Par la suite, il a recommencé à sortir. Il s’est même
Je devais donc respecter son rythme. Je devais aussi être pru- rendu au CR La Myriade avec ses parents pour une rencontre.
dente, car on ne peut pas mettre une conséquence sur un com-
portement s’il est causé par un problème de santé et que ce Aujourd’hui, Médéric accepte d’aller à ses rendez-vous médi-
n’est pas volontaire. caux. Il suit aussi des cours pour adultes, il fait du bénévolat
ou va à des cours de cuisine. Il est en attente pour un potentiel
Cette problématique était aussi difficile à vivre pour les parents. emploi dans une ébénisterie. Il a même comme projet d’aller
Ceux-ci s’empêchaient d’aller voir la famille, car ils ne pouvaient vivre en appartement!
pas laisser Médéric seul trop longtemps. De plus, le répit deve-
nait difficile. Ils s’accommodaient de ce genre de vie, mais se En conclusion, lorsqu’on fait vivre des petites réussites à une
sentaient tristes de cette réalité. personne, elle reprend confiance en elle. Lorsqu’on lui redonne
du pouvoir sur sa vie, qu’on la laisse choisir, elle accepte davan-
J’ai essayé plein de trucs : amener mon chien pour une tage les défis qu’on lui présente. `
promenade, amener son meilleur ami pour l’inviter à aller mar-
cher, mettre un renforçateur s’il acceptait de sortir, varier les
moments de la journée, lui lancer un défi. Rien de cela n’a
fonctionné.

Des exercices ont été explorés avec Médéric pour qu’il ressente
les symptômes d’anxiété (étourdissements, chaleur, sueur, bat-
tements du cœur) dans un milieu sécurisant, soit sa maison. Il
devait constater qu’il était normal de ressentir ces symptômes
sans avoir peur.

À petits pas
C’est difficile d’avoir un diagnostic et du soutien si l’on ne sort
pas pour voir un spécialiste. Il devait absolument réussir à sortir.
L’équipe du Programme en santé mentale m’a pistée sur une
intervention : la désensibilisation.

Tout d’abord, je devais reprendre la relation. Je devais aussi


voir à ne plus être menaçante pour lui en cessant, pour l’ins-
tant, de lui demander de sortir et en faisant des activités agréa-
bles avec lui à la maison. Par la suite, nous devions débuter la

14 La Myriade | juillet 2011


À votre service
Chez le personnel des unités de vie, on observe de l’insécu-
Peur, pas peur, j’y vais! rité, de l’appréhension et de la peur. On voit, parfois même,
des réactions d’hostilité, de cynisme ou d’indifférence. Dans la
communauté, la peur est aussi présente. Une résidence où vi-
vront six personnes doit prendre place au cœur d’un quartier
résidentiel. Une rumeur négative se propage chez les voisins.
Par Daniel Le Blanc Les sentiments de peur sont quasi généralisés au cours d’une
Chef du Programme en déficience intellectuelle – soirée d’information.
Jeunesse, D’Autray-Joliette
Pourtant, aujourd’hui avec le recul, il est évident que cette peur
généralisée chez tous ces acteurs était démesurée par rapport
Printemps 1993. Notre établissement vit une phase importante à ce qui est réellement arrivé. Des clients, des parents, des
de son développement en actualisant la désinstitutionnalisation voisins, des responsables d’une ressource d’hébergement ou
de plus de 80 personnes vivant avec une déficience intellec- des intervenants pourraient témoigner des aspects positifs de
tuelle. Ces personnes vivent au Centre hospitalier régional de cette opération.
Lanaudière (CHRDL) dans des unités de vie, depuis bon nombre
d’années pour certaines d’entre elles. Personnellement, cette expérience m’a fait réfléchir sur nos
croyances lorsque nous vivons des changements. J’ai été im-
Depuis quelques mois, une équipe multidisciplinaire a été consti- pressionné par l’intensité et la diversité d’émotions qui ont été
tuée pour planifier et opérationnaliser les différentes étapes exprimées par chacun, tout au long du processus. J’ai vu com-
menant à l’intégration de chacune de ces personnes dans leur ment la peur peut paralyser une personne qui veut rester en
nouveau milieu de vie. Les intervenants du CHRDL contribuent terrain connu, mais j’ai aussi vu comment une personne peut
à l’opération. Ils ont une bonne connaissance du fonctionne- en retirer des bénéfices, si, malgré tout, elle fonce.
ment quotidien des personnes. À ces informations s’ajoutent
les observations des intervenants de notre établissement au S’adapter aux changements
cours des premières étapes de transition. Il s’agit ici d’activités En fait, le changement est permanent. Depuis cette période, j’ai
simples comme sortir du département pour aller à la machine à été témoin de nombreux changements de toutes sortes, entre
liqueurs, de descendre à la cafétéria pour prendre une collation autres dans l’offre de service de l’établissement. La vitesse du
ou d’une activité plus complexe comme sortir dehors pour une changement bouscule notre rythme de vie et nous pousse à dé-
marche de quelques minutes. velopper de grandes capacités d’adaptation. Les personnes qui
sont attentives aux premiers signes du changement ont la pos-
Remettons-nous en contexte… Plusieurs de ces personnes ont sibilité de mieux s’y préparer. Aussi, j’observe que les person-
eu peu d’occasions de sortir de leur unité de vie au cours des nes qui réussissent mieux à intégrer un changement sont celles
dernières années. Pour les intervenants de notre établissement, qui le considèrent comme une porte ouverte sur une nouvelle
habitués de travailler dans la communauté, c’est le choc d’une aventure, comme une avenue sur de nouvelles opportunités.
nouvelle réalité. Ce n’est pas évident de travailler à partir d’un Ces personnes sont prêtes à renoncer à leur zone de confort.
milieu institutionnel, d’autant plus que certains bénéficiaires
semblent avoir peur de quitter cette institution. On sait que le changement implique des pertes. Il amène aussi
des incertitudes et des moments d’inconfort. On est bousculé,
Et l’on constate rapidement que ce grand projet ne fait pas on perd nos repères, on a l’impression de perdre le contrôle.
l’unanimité. Pour certains parents, la perspective d’une sortie Instinctivement, on voudrait tout gagner et ne rien perdre.
de l’institution génère des sentiments d’insécurité, d’anxiété, C’est vrai que le changement est habituellement inévitable sans
de peur. C’est la crainte de l’inconnu. De plus, on doute de la qu’on ait un réel pouvoir sur la situation. Toutefois, on a le pou-
capacité d’adaptation de notre fils, fille, frère ou sœur. voir de décider de notre attitude à son égard. Le plus gros des

La Myriade | juillet 2011 15


À votre service
obstacles se trouve en nous-mêmes. Pourquoi ne pas le voir puisse trouver, à travers le réseau local de services, une ré-
comme une nouvelle opportunité plutôt que comme une me- ponse adéquate à ses besoins. Dans de grands changements de
nace? Après tout, le changement vise l’amélioration. ce genre, tout ne tombe pas en place facilement. Les contradic-
tions sont inévitables, souvent temporaires, alors la souplesse
Au CR La Myriade, je constate les effets positifs du nouveau est de mise.
Plan d’organisation qui a été un des changements majeurs des
dernières années. Dans mon équipe de travail, j’observe que J’espère que le résultat de nos efforts aura, à moyen et à long
les intervenants s’adaptent quand ils se concentrent sur notre terme, un effet positif sur les services offerts à la clientèle, sur le
mission d’offre de services spécialisés. Ils revoient leur façon soutien offert aux familles et sur les liens avec nos partenaires.
de faire, s’organisent différemment et relèvent de nouveaux
défis. Je pense que nos expériences de changements passées nous
invitent à avoir confiance en l’avenir même si l’on ne sait pas
J’observe aussi que la spécialisation et l’intensité des services exactement ce qu’il nous réserve. Nous sommes donc tous
apportent des gains importants pour certains clients et leurs conviés à prendre conscience de nos peurs et à les surmonter…
proches. Par contre, d’autres vivent des pertes parce que les
services des 1re et 2e lignes ne sont pas encore déployés de fa- Peur, pas peur, j’y vais! `
çon optimale. J’ai cependant espoir qu’éventuellement chacun

Chronique du comité des usagers


La peur de porter plainte
Par Susan Camden
Coordonnatrice du comité des usagers

On entend souvent cette phrase « J’ai peur de subir des repré- Habituellement, lorsque vous vivez une insatisfaction, il vous
sailles si je porte plainte. » Une plainte ne devrait jamais avoir suffit d’aborder ouvertement la question avec les principaux
d’impact sur les services reçus. intéressés pour résoudre la problématique.

La Loi sur les services de santé et les services sociaux interdit Néanmoins, lorsque vous percevez qu’un manquement a été
toute forme de représailles à l’égard des plaignants ou des commis à votre égard ou encore que vos droits sont lésés,
personnes qui ont l’intention de le faire. Devant une telle sachez que la Loi est là pour vous protéger. Celle-ci prévoit
situation, vous devez vous adresser immédiatement au com- un régime d’examen des plaintes qui permet à une personne
missaire local aux plaintes et à la qualité des services. Celui- d’exprimer son insatisfaction ou de déposer une plainte à ce
ci a l’obligation d’intervenir sans délai pour faire cesser cette sujet.
pratique.
Pour porter plainte, vous pouvez joindre M. Hubert Côté,
Qu’entendons-nous par représailles? Cela peut prendre toutes commissaire local aux plaintes et à la qualité des services,
sortes de formes, soit l’animosité, l’indifférence, l’inaction, au 450 753-9600 ou, sans frais, au 1 877 753-9622. M. Côté
l’excuse de la paperasse, le labyrinthe administratif, la lenteur est la personne qui s’occupe exclusivement du traitement des
dans la communication malgré notre monde de technologie plaintes dans l’établissement. Il relève directement du conseil
avancée, des mesures de répression et d’isolement, l’impoli- d’administration, ce qui permet son impartialité.
tesse et la violence verbale.
AIDE, ASSISTANCE ET ACCOMPAGNEMENT
Vous ne devez pas avoir peur. Vous pouvez être assisté et accompagné en tout temps dans
votre démarche par :
Pourquoi porter plainte? • Une personne de votre choix (un parent, un ami,
Porter plainte est un geste constructif quand il s’agit d’as- quelqu’un en qui vous avez confiance);
surer le respect des droits des usagers. Vous pouvez ainsi • Le comité des usagers de l’établissement (voir les
contribuer à l’amélioration de la qualité des services de santé coordonnées à la page 17);
et des services sociaux. • Le Centre d’assistance et d’accompagnement aux plain-
tes de la santé et des services sociaux de Lanaudière
Dans la plupart des cas, les usagers sont satisfaits de la qua- (CAAP-Lanaudière) en composant le 450 759-7700 ou,
lité des services reçus. Néanmoins, il peut arriver que cer- sans frais, le 1 800 882-5622. `
tains services présentent des lacunes.

16 La Myriade | juillet 2011


S u g g e s t i o n s de lectures et d’outils
La peur d’avoir peur : guide de traitement du trouble panique
avec agoraphobie
Par André Marchand, Andrée Letarte – Montréal : Stanké,
Par Carole Rousseau c2004
Technicienne en documentation «Pour les personnes atteintes du trouble panique, ce livre
permet de mieux connaître ce qu’elles vivent et de trouver
des moyens pour se traiter elles-mêmes ou de comprendre
Voici quelques suggestions de lectures en lien avec le leur problème en s’assurant de recevoir le bon traitement en
thème du journal. psychothérapie. Ce livre est aussi un outil de référence pour
les professionnels. » Disponible au centre de documentation.
Émo et l’écureuil : la peur
Par Isabelle Tardif; illustrations : Nancy Laperrière – Beau- Quand j’ai peur
harnois : Isabelle Tardif, c2008 Par Trace Moroney – Montréal : Éditions Caractère, c2008
« Livre de conte pour enfants sur la peur. » Disponible au (collection Les sentiments)
centre de documentation. « Pour les jeunes enfants de 3 à 5 ans, ce livre montre qu’il
est normal d’avoir des peurs et d’en parler. Une section du
Maman j’ai peur, chéri je m’inquiète livre donne des conseils aux parents pour les aider à com-
Par Nadia Gagnier – Montréal : Éditions La Presse, c2010 prendre les peurs de leur enfant. »
« Livre qui donne un coup de pouce aux parents pour relever
les petits et grands défis de la vie familiale au quotidien, no- Voici quelques suggestions d’outils pour les parents.
tamment sur les peurs irraisonnées de leurs enfants (peur
des insectes, peur du feu, peur des voleurs, peur de ne pas Roue des peurs et des inquiétudes : roue d’impact
réussir à l’école). Il permet de mieux connaître les caracté- Lac-Beauport : Académie Impact, c2004
ristiques et les conséquences de l’anxiété et guide vers les « Pour les enfants de 6 à 12 ans, roue plastifiée qui leur per-
manières d’intervenir. » met d’identifier leurs émotions afin d’améliorer leur compor-
tement. » Disponible au centre de documentation.
Tremblez, mais osez
Par Susan Jeffers; traduction, Denis Montagnon – Alleur : Mon coffret du soir : premières peurs vite oubliées
Marabout, c2001 Par Christelle Huet-Gomez – Anzou, c2010
« Ce livre grand public pour adulte donne des conseils prati- « Pour les tout-petits de 0 à 2 ans, coffret de 2 livres sur le
ques pour transformer la peur et l’indécision en assurance et thème des peurs enfantines afin de les rassurer quand ils sont
en action. » Disponible au centre de documentation. seuls dans leur lit. Le premier livre traite de la peur du noir
et le deuxième, de la peur du loup. Le coffret comprend une
Réussir à surmonter peurs, anxiétés et phobies : un guide veilleuse pour aider l’enfant à s’endormir paisiblement. »
personnel à suivre au quotidien
Par Helen Kennerley – Montréal : Béliveau éditeur, c2009 Voici des liens Internet intéressants et accessibles :
« Livre qui montre comment utiliser soi-même de nouvelles • http://www.revivre.org/troubles-anxieux.php
démarches psychologiques pour surmonter un problème de • http://test.revivre.org/utilisateur/documents/T.%20
vie. Ce livre offre les clés qui permettent de comprendre les anxieux/questionnnaire_anxiete.pdf
liens existants entre ce que nous pensons et ressentons et • http://www.psychomedia.qc.ca/anxiete/dossier/
comment nous bougeons et réagissons pour agir sur nos anxiete-et-troubles-anxieux
émotions et nos comportements, nous libérer de nos bloca- • http://www.centretraitementanxiete.com/approche.html
ges et nous épanouir. » • http://www.anxietycanada.ca/french/
• http://www.phobies-zero.qc.ca/index.html

• Défendre les droits et les intérêts collectifs des clients


LE COMITÉ DES USAGERS ou, à la demande d’un client, ses droits et ses inté-
EST LÀ POUR VOUS! rêts en tant qu’individu auprès de l’établissement ou
de toute autorité compétente;
Le comité des usagers du CR La Myriade a pour mission de : • Accompagner et assister, sur demande, un client
dans toute démarche qu’il entreprend, y compris
• Renseigner les clients sur leurs droits et leurs obli- lorsqu’il désire porter plainte.
gations;
• Promouvoir l’amélioration de la qualité de vie des clients Numéro de téléphone : 1 866 252-9600
à l’égard des services obtenus de l’établissement; Adresse courriel : comite.usager.myriade@ssss.gouv.qc.ca

La Myriade | juillet 2011 17


JEUX

Par Jean-François Lefebvre


Client au Programme en santé mentale
Mots troués
Complétez les mots suivants afin de découvrir
Charade 1 un synonyme de « peurs ».

Mon premier est une étendue de terre cultivée


par les agriculteurs. 1. Pou_e

Mon second est le mot que j’utilise quand je


parle de moi-même. 2. _ue

Mon troisième ne dit pas la vérité.


3. C_dre
Mon tout produit quelque chose de nouveau.
Réponse : Champ je ment = Changement
4. B_se

Charade 2
Mon premier est une note de musique. 5. Cor_e

Mon second est un synonyme de « transpire ».


6. Lu_in

Mon troisième est la 12e lettre de l’alphabet.

7. Tent_
Mon quatrième est un synonyme de « grand
nombre ». Lorsqu’il y en a beaucoup, on dit
qu’il y en a des ______.
8. Patin_
Mon tout est ce qu’apportent les efforts.

Réponse : Ré su L tas = Résultats Réponses : c r a i n t e s = Craintes

18 La Myriade | juillet 2011