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Ann.

Kinésith ér.,

1985, t.

12,

nO

1-2, pp. 15-19

MÉMOIRE

© Masson, Paris,

1985

Le bilan de rééducation concernant les syndromes cérébelleux *

Patrick

MCMK,

DESOUTTER

chemin

de

la Paletière,

Ruy,

F 38300

Bourgoin-Jallieu

L'auteur propose un bilan type de rééduca-

tion qui permet, pour

quantifier l'importance de la pathologie céré- belleuse. Il détermine également la prédomi-

nance de l'atteinte statique de celle de l'atteinte dynamique. A l'issue de celui-ci, les techniques de rééducation les plus appropriées

un malade donné, de

pour

chaque

type

d'atteinte

pourront

être

choisies en connaissance

de cause.

A partir

d'une

thèse médicale

portant

sur un

traitement

pharmacologique

pratiqué

sur

des

hérédo-dégénérescences spino-cérébelleuses,

nous

avons

trouvé

un

bilan

qui

essayait

de

quantifier

le syndrome

cérébelleux

et de faire

la

part

de

l'atteinte

statique

et

de

l'atteinte

cinétique.

Dans

cette

même

logique,

nous

avons

repris

ce bilan

et nous

l'avons

adapté

à notre

vision

de rééducateur. Ce bilan se doit d'être

spécifiques à la kinésithérapie) afin d'évaluer la totalité de l'atteinte.

global (cf. épreuves non

C'est

ce

dernier

que

nous

voulons

vous

présenter.

 

Le

rappel

anatomo-physiologique

met

en

évidence des structures particulières pour ce qui est de l'activité cinétique et de l'activité statique.

Ceci explique

suivant

des tableaux de la lésion.

cliniques

différents

le siège

Rappel

anatomo-physiologique

Le

système

cérébelleux

se caractérise

siégeant

cérébelleuses

au niveau

du cervelet

dans

se trouvant

lui-même

le tronc

par

une

atteinte

sur les voies cérébral.

ou

au Hauteville- Lompnès.

* Travail

réalisé

centre

Tirés

à part:

P. DESOUTTER,

médical

de

l'Orcet,

à l'adresse ci-dessus.

F 01110

Schématiquement, il est classique d'adopter la division phylogénétique pour décrire le cervelet, division qui

correspond

également

à une

spécialisation

différente.

- L'archéo-cervelet

possède

des

connexions

vestibu-

laires. Il reçoit des influx des noyaux vestibulaires et

envoie des fibres à ceux-ci.

informations

des

Il

reçoit

également

proprioceptives

et cutanées.

- Le

paléo-cervelet,

composé

essentiellement

du

ver-

mis, reçoit des afférences sensitives provenant

épinière homolatérale (faisceaux de Flechsig et Gowers). De lui partent des fibres gagnant les pédoncules cérébel-

leux supérieurs. Certaines d'entre elles vont former, après

de la moelle

synapse

au

niveau

des

noyaux

rouges,

le faisceau

rubro-spinal.

Les autres

vont

au

thalamus.

L'archéo-

et

le

paléo-cervelet

interviennent

dans

la

régulation de la statique grâce à l'ajustement de soutien. Une destruction de l'archéo-cervelet

provoque des perturbations de la station debout, celle du paléo-

du tonus

cervelet de l'adaptation

posturale

et

de

la

marche.

- Le néo-cervelet, constitué des lobes latéraux, reçoit,

outre des afférences proprioceptives, des afférences corti- cales par l'intermédiaire des noyaux du pont et des pédoncules cérébelleux moyens. Il envoie des fibres qui se projettent après plusieurs connexions sur les aires 5 et 6 du cortex cérébral. Il contrôle et coordonne l'activité cinétique régularisant les mouvements volontaires des membres. Le cervelet, dans son ensemble, intègre les différentes informations extéro- et proprioceptives pour permettre un jeu harmonieux des muscles agonistes et antagonistes, que

ce

soit

dans

l'adaptation

posturale ou dans les mouve-

ments

volontaires.

 

Il

ne

corrige

pas

les

erreurs.

Il

intervient

pour

hiérarchiser, coordonner, tempérer, synchroniser des

réponses

ou une répercussion différente sur la pratique. En pratique, les tableaux cliniques seront imbriqués avec malgré tout une prépondérance d'une atteinte du système statique ou du système dynamique.

motrices

atteinte

adéquates.

Une

d'une

l'autre

de

ces trois

zones

aura

Examen

neurologique

L'examen

neurologique

permet

de montrer

Des

-

troubles

de la statique

élargissement

du polygone

de sustentation,

16 Ann. Kin ésithér., 1985,

t.

12,

1-2

- oscillations du corps en tous sens non aggravées par l'occlusion des yeux,

- danse des tendons des jambiers antérieurs afin de récupérer ces oscillations,

- une marche avec élargissement du polygone

de sustentation, bras écartés le long du corps, enjambées courtes et irrégulières décrivant une ligne festonnée.

Des troubles de l'exécution du mouvement par incoordination dans l'espace

- hypermétrie: exagération de l'amplitude du

mouvement

qui

conserve

sa

direction

mais

dépasse son but,

-

asynergie

: troubles

de

l'association

des

mouvements élémentaires.

Des troubles de l'exécution du mouvement par incoordination dans le temps

- dyschronométrie:

rêt du mouvement,

retard au départ et à l'ar-

- adiadococinésie : impossibilité d'exécuter

des mouvements alternatifs

- tremblement cinétique qui apparaît dans le

au mouvement et qui est lié à un trouble de la continuité de la contraction. Dans les formes pures, on note également une augmentation des amplitudes articulaires par hypotonie musculaire.

maintien

rapides,

ou

d'une

attitude

cours

d'un

Intérêt

du bilan

Le bilan

neurologique,

intéressant

pour

le

diagnostic, n'aide pas le kinésithérapeute dans son traitement rééducatif

Le bilan que nous proposons permettra :

- d'indiquer les techniques de rééducation à

utiliser : un syndrome cérébelleux cinétique ne se rééduque pas comme un syndrome cérébel- leux statique. Dans le premier cas, nous emploie- rons préférentiellement la technique de Frenkel (cf. plus loin); dans le deuxième, les stabilisa-

tions rythmiques et le travail du tronc préconisés par Kabat;

- de servir de base de référence pour pouvoir apprécier l'évolution de la pathologie;

- d'apprécier la prédominance sur le côté droit

ou gauche de l'atteinte dans les fonctions cinétiques, puisque le cervelet est latéralisé;

- il ne servira pas de traitement, l'apprentissage des exercices pouvant fausser le bilan. Celui-ci se compose de 2 grands types d'épreuves:

Épreuves dites subjectives

Ainsi nommées car le thérapeute note l'exer- cice demandé. Il y a nécessité que le bilan soit toujours effectué par la même personne dans le temps. Elles se décomposent en fonction statique et dynamique. Chaque épreuve est notée suivant la cotation qui lui correspond. A l'issue du bilan, on effectue la somme des notes acquises dans chaque type de fonction. Reporté sur le maxi- mum de points que l'on puisse obtenir (36 au niveau statique, 64 pour le dynamique), on aboutit à un pourcentage. Plus celui-ci est élevé, plus l'atteinte est importante. On effectue également la somme des deux fonctions permet- tant d'avoir une idée globale de la pathologie. La comparaison des pourcentages des fonc- tions statiques et des fonctions cinétiques nous guidera dans notre traitement. Il est bien évident que ces pourcentages n'ont d'intérêt que pour une même personne dans le temps. Entre deux malades, ces résultats n'ont aucune valeur significative.

Épreuves dites objectives

Ainsi

nommées

car

elles

dépendent

d'un

facteur fiable tel que le temps ou le nombre de répétitions. Les épreuves 1, 2, 3, 4 s'intéressent à la station debout et à la déambulation.

Les épreuves 5, 6 rechercheront l'adiadococi- nésie. Il est important de rappeler que le côté dominant a toujours un meilleur résultat par rapport à l'autre côté chez le sujet sain dans ce type d'épreuve. L'épreuve 7 s'intéresse à la dysarthrie. Les épreuves 8, 9, 10, 11 permettront de quantifier la dyschronométrie. Elles se pratique- ront de la manière suivante :

-

sur commandement: le thérapeute déclenche

le

chronomètre

dès qu'il donne l'ordre de

l'exécution,

Ann.

Kinésith ér.,

1985,

t.

12,

1-2

17

- sans commandement: le thérapeute déclenche

le chronomètre

écrire ou à dessiner. Pour les épreuves 9, 10, Il, il existe un tracé de référence en pointillés que le patient doit suivre afin de se rendre compte du tremblement cinétique et de la dysmétrie.

dès que le sujet commence à

Le bilan

Nom:

Age:

Diagnostic

Date:

FONCTION

STATIQUE

contractions

régulières : 2;

contractions

incessantes : 3;

station debout impossible : 4.

Existence

d'une

station

debout

pieds joints

normale

avec appui épisodique : 1;

avec un appui

: 0;

: 2;

2

appuis indépendants

: 3;

2

appuis stables : 4;

2

appuis stables + aide du thérapeute

5 ;

- impossible : 6.

Oscillations

en position

nulles

faibles :

plusieurs cm : 2;

: 0;

1;

pieds joints

:

Qualité

de la marche

seul sans aide

avec appui épisodique : 1; avec appui stable : 2; avec appui stable + accompagnement

impossible : 4.

: 0;

3 ;

très importantes

entraînant

pas toujours rattrapé

- pas de position debout : 4.

: 3;

un

déséquilibre

Danse

des tendons

rien

: 0;

1 contraction

en position

pieds joints

de temps en temps:

:

1;

Station

debout

spontanée

du sujet

normale

avec appui épisodique : 1;

avec 1 appui

: 0;

: 2;

contractions

régulières : 2;

contractions

incessantes : 3;

station debout impossible : 4.

Qualité

de la station

assise sans accoudoir

:

2

appuis indépendants

: 3;

2

appuis stables : 4;

2

appuis stables + aide du thérapeute

5

;

- impossible : 6.

Oscillations

en position

debout

spontanée

du sujet

normale : 0; oscillation minime du tronc : 1;

oscillation moyenne du tronc et des membres inférieurs : 2;

- oscillation importante du tronc et des mem- bres inférieurs : 3;

nulles

- : 0;

 
 

-

faible

:

1;

impossible : 4.

- plusieurs cm :. 2 ;

- très importantes entraînant

pas toujours rattrapé

- pas de position debout : 4.

: 3;

un

déséquilibre

FONCTION

Oscillations

à gauche)

CINÉTIQUE

du

:

talon

sur

le genou

droite,

Danse

du

des tendons

sujet

rien

: 0;

- 1 contraction

en position

debout

spontanée

de temps en temps:

1;

absence : 0; minime : 1; plusieurs cm : 2; épreuve impossible: 3.

18

Ann. Kinésithér., 1985,

t.

12,

n° 1-2

Descente

du

talon sur

le tibia

droite;

à gauche)

:

-

-

-

normale

subnormale

descente

descente

: 0;

:

1;

: 2;

lente

saccadée

dans

l'axe:

3;

,

clonies latérales

avec écart

de quelques

cm

:

-

clonie

latérale

avec écart

supérieur

 

à

5

cm

:

,

-

épreuve

impossible

: 6.

Épreuve

doigt

nez droite;

à gauche)

 

-

normale

: 0;

-

crochetage

en fin de course

:

1;

-

tremblement et ralentissement

 

en

fin

de

course

: 2;

- ralentissement

et

décomposition

 

du

mouve-

 

ment

:

3;

- présence d'écart par rapport à la direction:

,

-

écarts

très

importants

par

rapport

à

la

direction

: 5;

 

-

épreuve

impossible

: 6.

 

Épreuve

doigt

doigt droite;

à gauche)

:

 

-

normale

: 0;

 

-

petit

tremblement

:

1;

-

tremblement

inférieur

à

1 cm

: 2;

-

tremblement

d' 1 cm

: 3;

-

tremblement

de plusieurs

cm

:

4 ;

-

grandes oscillations

 

:

5;

-

épreuve

impossible

: 6.

 

Oscillations

 

bras tendus

droite;

à gauche)

:

-

normale

: 0;

 

-

minimes

:

1;

moyennes

: 2;

-

importantes:

3.

Nystagmus

:

-

absent:

0;

-

épuisable

:

1;

-

permanent

: 2;

-

invalidant

: 3.

Total des fonctions statiques:

(n) pts (max

: 36)

(n)

%.

 

Total

64) (m) %.

des fonctions

cinétiques:

(m) pts (max

:

Total

Conclusion

des 2 fonctions:

:

(n +m)

pts (max

: 100).

AUTRES

ÉPREUVES

de station

arrêt

de l'exercice) :

2) Temps moyen de station debout en position

pieds joints

de l' exercice)

3) Écartement

debout

de 5 mn, arrêt

du sujet sur 6 essais (au-dessus

1) Temps

moyen

debout

de

spontanée

5 mn,

sur 6 essais (au-dessus :

des

pieds

en

position

spontanée

niveau

4)

sur

tubercule

3 essais

(la mesure

scaphoïde)

est faite

:

au

du

du

aller-retour

Temps de marche

sur 12 mètres:

5) Rythme

de tapage des pieds sur 20 secondes:

 

-

à droite

:

-

à gauche

:

6) Rythme

des marionnettes

 

sur 20 secondes

:

-

à droite:

-

à gauche:

7) Temps moyen pour dire (8 essais) : « l'espiè- glerie du spectacle liechtensteinois » :

8) Temps

- au commandement

pour

écrire

son nom et son prénom:

du thérapeute :

- sans commandement

du thérapeute

:

9) Temps pour dessiner 1) :

(fig.

3 barreaux

d'échelle

- au commandement

- sans

commandement

du

thérapeute

du

thérapeute

:

 

10) Temps

pour

dessiner

3 festons

(fig. 2)

:

-

au commandement

du

thérapeute:

-

sans

commandement

du

thérapeute

:

Il)

Temps pour dessiner la spirale d'Archimède

(fig. 3)

:

- au commandement

- sans

commandement

du

thérapeute:

du thérapeute

CONCLUSION

DU BILAN

:

Remarques

L'utilisation d'une ou deux cannes-béquilles augmente la difficulté de la marche, lors d'une atteinte cinétique, par augmentation du nombre de membres à coordonner. Par contre, elles facilitent la station debout, dans les atteintes

de

substentation.

statiques,

par

augmentation

du

polygone

.,

FIG.

1.

-

1

1

1

r-

Tracé

-.---.--

1

\

/

/

/

\

\

\

1

\

/'

1

\

1

"

1

- - _-

/

/

-

~

"-

"-

~

de

référence

des 3 barreaux

'--

/ '---

--

1

1

\

J

1

1

1

-,

t

d'échelle.

/

r

La technique de Frenkel est une méthode de

coordination

segmentaire utilisant les principes

suivant :

- exercice sur un mode rythmique

d'un

- exercice commençant du distal pour se termi- ner au proximal (inverse de la technique Bobath),

- exercice

statique (idem), d'un seul plan à plusieurs plans dans l'espace, d'un seul pivot articulaire à deux puis trois, d'un rythme lent à un rythme rapide, d'une activité unilatérale à une activité bilaté-

rale symétrique puis asymétrique,

- en suivant la progression

dans l'espace sui-

le

: utilisation

métronome,

se faisant

du

dynamique

vers

vant : couché, assis, à genoux dressés, debout, 4 pattes.

Conclusion

Le syndrome

cérébelleux

est une

affection

assez fréquente en neurologie que l'on retrouve soit pure, soit associée à d'autres syndromes

./

,

"-

"

'-

Ann.

Kinésith ér.,

1985,

t.

12,

1-2

.•• -----

FIG.

2.

-

Tracé

~

/--"

/ /' /'

\

~

\

\

1

/ ) /

1

1 1

J

1

-

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•.••.

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1

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1

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1

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-

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de référence

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/'

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/

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"-

•.•

- --

/

"-

/

- --

des 3 festons.

"-

~

FIG.

3.

-

Tracé

de

référence

de la spirale

d'Archimède.

"

/

19

/

dans les scléroses en plaques ou les traumatisés crâniens. Bien que pouvant paraître long dans son exécution, ce protocole de bilan de rééducation permet de « situer » le patient, l'importance de sa pathologie et sa tendance statique ou cinétique. De ce bilan, découleront les techniques de rééducation et les modifications à y apporter au fur et à mesure de l'évolution.

Références

1. CAMBIER (M.). - Abrégé de neurologie,

Paris,

2. DE

RECONDO (J.).

Laboratoire

Roussel.

-

Principaux

syndromes

Masson,

neurologiques,

1978.

3. VAN DER MEERSCH (M.). - Essai de quantification du syndrome cerebelleux; applications à l'étude pharmacologi- que ouverte dans les hérédo-ataxie. Thèse médicale. Lyon, Université Claude Bernard, 1981.