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INSTITUT ROUMAIN D'ETUDES BYZANTINES

NOUVELLE SERIE:

N. BANESCLI

DE. L'ACADEMIE ROLIMAINE PROFESSEUR A L'UNIVERSITE DE BUCAREST

LES DLICI-W.S BYZANTINS

DE

PARISTRION (PARADOLINAVON)

ET DE BULGARIE

BUCAREST

MCMXINI

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INSTITUT ROUMA1N D'ETUDES BYZANTINES

NOUVELLE SERIE: III

N. BANESCU

DE L'ACAIAMIE ROUNAINE

PROFESSEUR A L'UNIVERSITA DE BUCAREST

LES DUCHÉS BYZANTINS

DE

PARISTRION (PARADOUNAVON)

ET DE BULGARIE

BUCAREST

MCMXLVI

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NICOLAO. JORGA.

CLARISSIMAE. MEMORIAE, MAGISTRO,

HISTORICORVM. PRINCIPI.

GRATEQVE. PIEQVE.

S.

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Dans une série

PREFACE

d'études, commencées il y a

vingt ans, nous avons exposé la nouvelle organi-

sation politique créée dans la Péninsule balkani- que d la suite de la victoire définitive du Bulga-

roctone sur les Bulgares. On a pu voir par ces

travaux que, d la place de l'Etat bulgare deux

joisdétruitpar Tzimiskès (971) et par Basile II

(ioi8)

se

formèrent deux thèmesbyzantins :

run, au Nord des Balkans, sur l'emplacement

de la vieille

Bulgarie danubienne,

s'appela le

thème des territoires et des villes du Danube",

014 encore Paristrion", Paradounavon" (Pa-

radounavis") et eut sa résidence d Dorostolon ou

Dristra (l'actuelle Silistrie); l'autre, englobant la

région occidentale, le centre du tsarat anéanti de

Samuel, regut le nom de duché de Bulgarie"

et eut son chef-lieu d Skoplje, sur

le

Vardar.

L'importance de ces précisions était évidente:

elles apportaient,

bution

en

effet,

une

d la connaissance d'une

réelle

contri-

très

époque

obscure de l'histoire bulgare, nous voulons dire

de

celle

qui va de l'écroulement du tsarat de

5

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Samuel jusqu' d la création du nouvel Etat des

Asénides. Un savant byzantiniste, Uspenskij, te a

pas hésité d affirmer que cette époque marque une

lacune que les recherches les plus minutieuses ne parviendront pas d combler" 1 Notre enquite ob- jective uniquement fondée sur le témoignage des

textes et des rares documents de l' époque, a cepen-

dant eu l' effet d' allumer une vive discussion dans

les rangs des savants bulgares qui s' obstinaient

d nier la réalité. A lui seul, le regretté Zlatarski a

consacré d nos travaux quatre études spéciales,

s'ingéniant d dormer des sources une interpré-

tation forcée, corrigeant maintes lois d'une ma-

nière inacceptable les textes qu'il veut contraindre

cì appuyer ses opinions préconpes. Après avoir

nié le démembrement en

thèmes

du territoire

bulgare conquis, il a fini par admettre l' existence des deux duchés et toute la série des gouverneurs

byzantins,

établie

par nous, a passé dans ses

listes et dans

l' Histoire de

l' empire

bulgare

au moyen-lige" publiée ces dernières armies (il

exclut naturellement, pour le Paristrion,

les com-

mandants qui ligurent avant le milieu du XI-e

sièck, puisqu'il n' admet l' extstence du duché que

durant la deuxième moitié de ce siècle).

z. La formation du deuxiente eMPife bulgare (en rasse), 1879, p. 1.

6

Odessa

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Bien avant nous, il y a déjd cinquante ans,

l'historien russe Skabalanovie, dont nous igno-

rions l' oeuvre et que les savants bulgares citent

maintenant abondamment, était arrivé aux mémes

résultats : il enregistre dans son

ouvragel les

deux duck& byzantins auxquels il ajoute,

par

suite de nombreuses confusions, celui de Sirmium,

qui n' a jamais existé. Aux objections qu'on nous

a adressées nous avons opposé des arguments d'une

objectivité scientifique irrécusable.

avons cont até avec surprise

Mais nous

que le regretté Zla-

tarski a transcrit dans sa récente Histoire de

l' empire bulgare au Moyen-eige" toutes les con-

ceptions qui figuraient dans ses dudes polénti-

ques antérieures. Des savants réputés, comme M.

Ostrogorsky, acceptent comme argent comptant ces

vues hasardées, sans connaitre

scientifiques établies par

les conclusions

nous. Dans sa Ge-

schichte des byzantinischen

Staates"

ce savant

Zu

n'hésite pas d risquer cette affirmation :

Paristrion auch die allerdings tnit V orsicht zu

benutzenden Abhandlungen von N. Beinescu" 2.

vérité que personne tea

le droit d' étouffer , nous nous sentons obligé de

Par respect pour la

réunir, dans la

présente synthèse,

les résultats

de nos recherches sur les deux duck& byzantins

i. L'État et l' &Use byzantines au XI-e siicle (en russe), S. Peters-

bourg 1884. 2, Page 220, note

2.

7

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organisé après le grand triomphe de Basile rz et

dant l'existence couvre la longue époque de rca8

1185. Cette charge nous revenait d'autant plus

que nous avons Rd le premier d présenter dans

leur juste lumière ces créations politiques et d les

suivre tout au COW'S de leur existence de près de

deux siècles : le grand Jirieek n'avait rien apporté

sous ce rapport, ses vagues indications tiennent

en quelques lignes :

duchés quatre pages

avail consacré aux deux

"circles d'inexactitudes et de confusions.

Il nous

quant d Skabalanovit,

appartient d'avoir ajouté à l'histoire de la Bul-

garie au Moyen-tige tout un chapitre et l'un

des plus intéressants.

Nous devons d l'obligeance de la Banque Na-

tionale de Roumanie d' avoir pu réimprimer ce

livre. Nous lui exprimons noire très vive recon-

liaissance.

Bucarest, août 1945.1.

r. Ce livre, destine b. la serie historique de l'Institut d'études

et recherches balkattiques, avait été completement cosnposé et tire

lorsque le bombardement du 6 mai 1944 en anéantit l'édition;

un seul exemplaire seulement

profité de

ameliorations et quelques développements nouveaux concernant la

survivance de la domination byzantine dans la region danublenne

la réimprcssion du volume pour apporter certaines

a pu etre retrouvé. Nous avons

la fin du XXX-e et au cours du

8

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PREMIERE PARTIE

I.

SITUATION POLITIQUE DE LA BULGARIE

SOUS LA DOMINATION BYZANTINE.

Vers la fin de l'année 1018, l'empereur Ba-

sile II achevait sa derniére campagne contre

les Bulgares ;

Samuel était

tout le territoire de l'Rtat de

incorporé A l'empire après des

luttes

acharnées qui avaient

duré presque

quarante ans. Les places fortes, défendues obsti-

nément par leurs chefs, étaient tombées, l'une

après l'autre, aux mains des Byzantins qui y

avaient installé leurs garnisons et

-militaires. Un commandant supréme fut alors

laissé a Skoplje et ce fut le premier gouverneur

im.périal des régions occidentales de l'Etat con-

leurs chefs

quis. Un autre se trouvait a Dorostolon

(Si-

listne) depuis l'époqu. e de l'empereur Tzimiskés

et on en rencontre la mention en 1017.

Basile II prit soin, aussitôt après son triomphe,

9

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de conselider l'autorité de l'empire dans la Pi-

ninsule conquise au prix de lourds sacrifices.

L'empereur fit preuve à cette occasion d'tm.

grand sens politique : mise A part l'occupation

civile et militaire, il conserva les vieilles coutu-

mes de la population, permettant, par exemple,

la perception des impôts en nature, comme du

temps du tsar Samuel, et laissa à Mglise bulgare

toute son autonomie, quoiqu'il réduisit seulement

le patriarche au rang d'archevèque. Cette at-

titude de sagesse politique l'empereur lui même

tint A la proclamer dans son sigillion de m.ai

1020, accordé à l'archevèque Jean d'Achrida :

el

yap tfx xtbpa; lixpatet; lysv6p,60a,

clUez

Tat ta6rqg

SExaca alcapaanacrta Scenlpilaattev.

POUI"

régler

les

droits de l'archev'èque, l'empereur lui donna,

peu après la soumission

trois diplômes que nous avons encore : l'un

porte même sa date exacte de mai 1020 1. Les ètudes que nous avons publiées en 1922

définitive du pays,

et 1923 2 mettaient en lumière, pour la première

1. On trouvcra un clair exposé des dispositions de ces vigilia

chez B. Granid, Kirchenrechtlichen Glossen zu den vom Kaiser Basi-

lios II. dem autokephalen Erzbistum von Achrida verliehenets Privi-

legien, Byzantion XII (1937), 395-415.

2 Les premiers témoignages byzantins sur les Roumains du Bas-

Danube. Byz.-neugr. Jahrbiicher, III (1922), 287-3X0; Change-

ments politigues dans les Balkans apras la conguite de l'empire bul-

gare de Samuel (I018). Nouveaux duchés byzantins : Bulgaria et

Paristrion. ,A.cad. Roum., Bulletin de la section historique, X (1923).

Tirage It part.

10

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fois depuis l'esquisse

rapide et manquée de

SkabalanoviC, de nous totalement igmorée, l'or-

ganisation de Mat bulgare sous la domination byzantine après la conquéte du Bulgaroctone.

Elles eurent pour effet d'attirer sur ce problème

l'attention du regretté historien bulgare V. Zla-

tarski, qui lui consacra la méme année (1929) trois études en bulgare : 1. Situation politique

de la Bulgarie du Nord pendant les XI-e et XII-e

siècles, Izvestija de la Société historique, Sofia, 9

(1929) ; 2. Le sceau de plomb de Syméon Vestes,

de Paristrion, 8igicev Zbornik, Zagreb

1929; 3. Addition chronologique d'un manuscrit grec du milieu du XI-e siècle, Byzantinoslavica,

catépan

1 (1929). Deux années plus tard, il fit paraltre,

toujours en bulgare, une nouvelle et longue

étude : L' organisation de la Bulgarie et la situa-

tion du peuple bulgare dans les premiers temps

après la soumission par Basile II le Bulgaroc-

tone, Semin. Kondakov. de Prague, IV (1931),

49-67.

Au départ, l'éminent historien bulgare se

place sur un faux terrain en s'efforqant de prou-

ver que toute la Bulgarie conquise par Basile II

a formé, sous la domination byzantine, un ter-

ritoire unitaire, qu'elle n'a pas été répartie en

plusieurs thèmes, comme le pensent en général

tous les historiens qui se sont occupés de cette

question. Dans son premier article, Zlatarski

it

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tente, dans ce but, mais sans succès, de réduire

au minimum l'existence du duché de Paristrion

(Paradounavon) démontrée par nous : il admet

que c'est tout juste en 1059 que, pour mieux

défendre la région Nord-Est de la Bulgarie

contre les barbares, on la détacha de la Bulgarie

et qu'on la transforma en une unité adminis-

trative indépendante, confiée au gouvernement

de Romain Diogène, le premier chef du thème,

fait absolument inexact. Sous

ses successeurs immédiats, nous

n'avons pas d'organisation particulière de ce

secteur du Nord-Est, affirme Zlatarski, car il

dépendait du catépan ou duc de toute la Bul-

garie" 1.

Mais c'est spécialement dans sa dernière étude,

parue dans le Seminarium Kondakovianum de

1931, que l'historien bulgare reprend cette ques-

tion de l'unité de tout le territoire de la Bulga-

rie après l'annexion. Le duché de Bulgarie que

nous avons défini exactement d'après les données

silres des sources, aurait embrassé, suivant Zla-

tarski, sous la meme autorité de Byzance, Mat

bulgare tout entier comme il existait sous ses

tsars.

Tout en reconnaissant la difficulté de tirer

au clair l'organisation imposée A. la Bulgarie,

A. son avis,

Basile

II

et

z. Situation politigue de la Bulgarie du Nord etc., p. 8.

12

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après son incorporation A rempire, A défaut

de données directes et claires", l'historien bul-

gare croit que les $ources byzantines, tout

sommaires qu'elles soient, nous permettent de

présenter dans une certaine mesure le tableau

de. rétat du peuple bulgare dans les premiers

temps après sa soumission" 1 Parmi ces sour-

ces, il accorde la première place aux renseigne-

ments fournis par les trois diplômes octroyés

par Basile II A rarchevèque bulgare d'Achrida,

l'un .en 1020, les autres vers la même date.

Il s'arrête donc avant tout A. ces diplômes, et

cherphe A en tirer *tout ce qu'il croit propre A.

appuyer sa conception de runité intégrale de

l'Rtat bulgare devenu thème byzantin.

Malheureusement ces textes,

dépouillés par

tous ceux qui ont étudié cette époque, ne contien-

nent rien qui autorise pareille opinion. Aussi le

savant bulgare se voit-il contraint de modifier le texte grec qu'il invoque de préférence en sa

faveur. Au début de rédit daté de mai 1020,

l'empereur décide que tous les évêchés qu'ont

eus Pierre et Samuel ainsi que les archevèques

d'alors et toutes les

autres

places

(xecc-cpa)

soient en la possession et sous l'autorité du très

saint archeveque actuel,

7C6VOW rOpiC xat tapkon

oa yap &action/ xat

continue-t-il

caXec

z. L'organisation de la Bulgaria et la situation du peuple bulgare

etc., p. 49.

13

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atet xampicq icoXusto0;

(primitivement iroXutelo%

xat

crup.p.axiccç

6 ask

tp.tv

altxU

bitóanovSov

rv x6pccv Takr

iSwptcrono,

circe6wco;

cc6so0

itiXec way* )p.!7v

ciparro6anç xad

Tee

ScsattiSza

Elg

ay

°ovaIrroUan;

6n6

CoTbv Iva a.sp.ivn;

sob;

6poug

xai

Tok Túrcouç

to

xccX6)

nap& taw Tcp6 Win psccrtleu-

acintov

14eantaeivtac

p.nSiv Xuttivapinç '. Le regretté

Zlatarski, pour faire de ce texte un argu-

ment décisif, n'hésite pas à l'amender, quitte

mutiler sa structure grammaticale et à attri-

buer aux mots un sens qui n'est pas le leur.

Pour ce qui regarde l'interprétation, il prend

le terme biróanovaog dans son acception littérale

et traduit l'expression : 67c6crirovaov Tip x6paV Tad

*WI

6 Oak /1p.tv lacoptaceso par Dieu nous a gra-

tifié de ce pays par traité (convention)". Or,

le terme en question signifie purement : soumis"

qui a capitulé". 11 détache ensuite le terme

tobç &pop; des mots suivants et lui attribue in-

dilment le sens de frontières". Ce qui est plus

grave, il modifie ensuite deux des participes

de la dernière phrase, sans se demander si la

grammaire le permet ou non. Dans son article

paru dans le Seminarium Kondakovianum",1V

(193r),

ii s'était

arrêté à Xup.nvccp.ivw, en pro-

i. Nous citous d'après l'édition de Benegevid, Catalogas coding»;

inanuscriptorum graecorum qui in monasterio Sanctae Catharinae in

monte Sino asservantur. T. I. S. Petersburg 1911, p. 754, parce qu'elle est la plus récente.

14

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posant de le remplacer par luravop.ivocc, pour

le rapporter au datif tp.tv et faire dire A l'empe-

reur lui-même ce que celui-ci attribue A. la bonté divine. Dans son Histoire de l'empire

bulgare", il ¡tend de plus cet amendement au

participe osp.inc, pour le rapporter aussi A ,tv.

Dans ce passage, écrit411, se rencontre des

formes que le sens rend impossibles. Les édi-

teurs, tels que Goloubinsky-Gelzer et Bene-

sevic-Ivanov, n'ont pas eu l'attention attirée

là-dessus. Cependant l'analyse de la seconde moitié de la charte force d'y prêter attention.

Il y a peu de temps, le métropolite Syméon,

qui utilisait

l'édition

Goloubinsky, proposait

la leqon noXusto% au lieu de

noXotaoGg,

car la

constance" ne peut pas étre luxueuse" 2, et

la le9on Xupacvopivocc au lieu de Xup.nvoylvw, en

l'accordant avec 'lip) (de l'expression Ilp.tv cipwyotí-

ov , car,

il s'ensuit que la miséricorde divine n'enfreint

pas les lois des tsars bulgares, ce qui est un non-sens". Feu Zlatarski ne se borna pas A

accepter la correction du métropolite ; il étend

encore ce procédé, sans se soucier de la cons-

truction syntaxique : Toutefois, continue-t-il,

si

l'on rapporte ce mot A &_Tcc

WCCn,AA

cette

correction,

parfaitement

justifiée,

en

i. T. II, p. 3, note I.

2. Correction value. Ce terme doit étre traduit par, coilteuse",

qui a collté beaucoup".

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15

appelle une autre :

nous proposons de

lire,

ozpivocc, au lieu de at vinc, en ranortant ce-

mot au méme *tv; le complément direct

sera

-c& atEcncina,

ciya06-arroc,

car,

si

l'on

rapporte

celui-ci

A.

nous obtenons que la miséricorde

divine mit sous le même joug des parties éparses,

tandis que c'est Basile II qui accomplit cette

action".

Tout cela est d'une fragilité qui surprend

chez un grand historien. Il a voulu à tout prim

donner au texte de la charte le sens dont il avait

besoin pour étayer son opinion précongue, car,

dans la traduction de ce passage, il fait dire à

l'empereur que la bonté divine lui a aidé A réunir

en un ce qui était auparavant divisé, sans violer

en lien les frontières et les formes (l'image, la

figure)" bien établies par les empereurs qui l'ont

précédé. Mais les amendements de notre his-

torien sont nettement récusés par la grammaire :

les participes Xupapap.ing et Ospinc font partie

intégrante du génitif absolu qui régit toute la

phrase :

.r.1;

ciet0T01501;

dyccO6rtjtos

minas

xal

Tic

Stecrcance

eii

etç

!loam Tpccv6s tlitV

Iv

a u v an s o ú -

a n ;,

'67tOUÇ

67cb

Cuybv

gvcc

TC1i4

lux Xtbe;

15 e // I v yi ç

Ten 6poug

Itta

TOtiC

nap& T6v npò tiiiív

ßccatXsuacív-

swv Oaarccaeincg Who Xup.nyp.gynç. Ce serait

une grave erreur d'admettre A. côté des deux

premiers participes au génitif deux autres au

datif.

16

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Quant au terme 'Cork

apouc, pris par notre

historien dans le sens de frontières", il ne peut

pas étre séparé du terme qui suit (Tobc tt'ncouc),

pareilles formules redondantes sont courantes

dans le style de chancellerie. Tel qu'il nous a été

transmis, le passage en question est parfaite-

ment clair. Le basileus, attribuant, en vrai by-

zantin, A Dieu le grand résultat de ses efforts

surhumains, a pu dire : La bonté de Dieu nous venant en aide d'une manière bien évidente. et

rassemblant en un ce qui était divisé, le mettant

sous un joug, sans violer en rien les dispositions

et lis règlements ordonnés par ceux qui ont régné

avant nous". Il n'y a pas de non-sens" dans

ces paroles si simples et dénuées d'orgueil. Il

n'y est pas question des frontières de Mtat

conquis, et le basileus s'explique, en ajoutant

immédiatement après :

et yecp TfIc krvas &rya-

&Exam &Tcapdanccasoc

Stec .xpocro6o6Xlcov xat

I*

irev4tEOcc,

c1XXec

Taz

toctírtx

abco/

8cerrlAcrap.sv,

intxupoavtaç

acycXXCcov 9*Ov (car,

si

nous sOmmes devenus

mattres du pays, nous avons gardé ses droits

intacts, en les confirmant par nos chrysobulles

et nos sigillia). Tec Sfucca, et rien 'de plus !-

Zlatarski avait besoin d'une telle interpré-

tation pour pouvoir soutenir son idée constante

touchant le maintien intégral de runité tetrito-

riale bulgare. En effet, dans le commentaire qu'il

propose du texte, il affirtne que les derniers

1

7

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mots de l'empereur prouvent clairement que

Basile II reconnaissait, d'une part, combien lui

avait coilté la conquête de la Bulgarie, et, de

l'autre, qu'il n'avait réussi A. en devenir le maitre

qu'en vertu d'un pacte" 1. Vraiment, quand les

derniers défenseurs des places ont été tués ou se

sont rendus, que la tsarine veuve a été conduite

A Byzance avec toute sa famine, que les des-

cendants de la famille régnante ont été envoy&

comme chefs militaires au fond de l'Asie Mi.-

neure, peut-il encore étre question d'un pacte ? Partant de sa fausse prémisse, Zlatarski nous

explique les conditions" de ce pacte. Autant

qu'on peut juger d'après les mots assez peu

clairs du diplôme, dit-il, il était avant tout

question de l'indivisibilité territoriale de l'an-

cien ßtat bulgare, de l'intégrité de la Bulgaiie

que Basile II a annex& A. l'empire byzantin

sans violer ses frontières fixées et reconnues par

les empereurs précédants".

Pour Zlatarski l'empereur décidait de sauve-

garder l'organisation interne du pays, comme

elle avait existé sous les tsars Pierre (927-969)

et Samuel (997-1014), et avant tout de lui

conserver la méme forme et le même mode de

gouvernement.

L'historien bulgare développe ensuite, sur la

1. Article citi, p. 50. Cf. Histoire du peuple bulgare, II, p. 4

18

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base de ces idées fausses, sa théorie suivant

laquelle, des régions ou voévodats" isolés, gou-

vernés auparavant par des voévodes particu-

liers, appelés maintenant archontes et stratèges",

ont été partout conservés ; il invoque ensuite

en sa faveur la phrase connue de Skylitzès-

Cédrénus, d'après laquelle Basile II

p.il askijaav-

.* u vsovijaac

ulív

ietwov

cxpetipotg

etpxotnf Te

xai lOs ac

akog, &XX'

tircb

vi

xa13' iamb;

To%

c5pf-

CraVTO; atet&yeaeat, 'sack 7COU

WC/

ini

'COO

Iccp.ouf4X,

mais cette phrase n'a pas le sens que lui

prête l'auteur. Des chefs militaires et civils A la fois, nommés par l'empereur, se trouvaient

partout en territoire bulgare et quelques uns

des chefs bulgares qui s'étaient

rendus au

basileus ont pu rester i leur place. En tout

cas, ce qui est décisif A cet égard ce sont les

termes de l'édit impérial et non pas une compi-

lation tardive ; or, ils parlent de TC74 SEXCC1cC et pas

du tout de chefs bulgares.

Le premier qui ait esquissé sommairement

la situation créée en Bulgarie après la conquéte

de Basle II est le savant russe N, Skabala-

movie. Dans son livre sur L'Etat et Mglise

byzantines au XI-e siècle, de la mort de Basile II

le Bulgaroctone a l'avènement d'Alexis I-er

1, II, 715, 2 sq. (Bonn).

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19

Comnène" (S. Petersburg 1884), cet auteur ex:

pose, au chapitre IV, l'administration des pro:

vinces et mentionne dans l'ancien Etat de Bul- garie trois thèmes byzantins : 1. Le thème de

Bulgarie ; 2. Le thème des vines du Danube

(cero uccpurcp(cov)" ;

3. A l'Ouest

de

celui-ci,

le long du Danube et de la Save, le dernier

thème byzantin, avec les villes de Sirmium et de

Belgrade" :

affirme-t-il le nom

il porte

de l'une ou de l'autre de ces vines" 1

Dans sa fameuse Geschichte der Bulgaren",

le savant JireCek se borne A. nous dire que la

Bulgarie fut, après la conquéte, partagie en

thèmes administrés chacun pat un stratege ou

dux qui réunissait dans ses mains l'autd-

rité civile et militaire et résidait dans une

supréme

avait sa résidence A. Skoplje.

P. Mutafeiev prétend que des territoires de l'empire bulgare on détacha quatre nouveaux

themes : t. La Bulgarie qui couvrait tout le

territoire de la Macédoine actuelle a l'exception

de Salonique, Serres et de la tégion de S6fia',

ville

importante. Le commandant

Dyrrachion avec l'Albanie et le Montenegro ; Le thème de Srem avec les régions qui entou-

rent la ville de Srem (aujourd'hui Mitrovitza) ;

I. P. 228.

20

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4. Le thème des vines du Danube ou de Paris-

trion 1).

Conséquent avec les vues qu'il défend dans

tous ses travaux, Zlatarski n'admet pas ce frac-

tionnement du territoire bulgare en plusieurs

thèmes. Il combat donc l'opinion. de Skabala-

novia, pour admettre, en fin de compte, l'exis-

tence A. Sirmium d'un thème-voévodat", mais

avec résidence A Belgrade et soumis en tou't A

l'autorité du chef suprême de la Bulgarie. Il

admet également l'existence du thème de Paris-

tr:on, mais il le croit pareillement dépendant,

dans la première moitié du XI-e siècle, du com-

mandant du duché de Bulgarie. Nous verrons

tout ce que contient d'erreur cette opinion

qui tend A réduire tout le territoire bulgare A

l'unique duché de Bulgarie. Les mêmes motifs lui font combattre aussi l'opinion de Mutaklev

et il exclut, du reste A très juste titre, de cette

organisation le thème de Dyrrachion, qui a

toujours été byzantin.

Mais l'historien Zlatarski recourt A. un argu-

ment sans aucune valeur qu'il doit A Skabala-

novi6 : l'argument du thème-catépanat" et du

thème-duché" qu'il sort chaque fois qu'il en-

son article sur Silistrie au Moyen-Age duns Sbornik Si-

Zlatarski,

L'organisation de la Bulgaria etc., p. 57, note 40; cf. Hist. de l'ern-

listra- 1 Dobrudja", T. I, Sofia 1927, 158-159, ap.

pire bulgare au moyen-dge, II, p. 16, note i.

2l

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tend éluder des faits historiques parfaitement

garantis. Paristrion aurait été, prétend-il, d'a-

bord un thème-catépanat", quelque chose d'in-

férieur A son avis au thème-duché", et il croit

sérieusement que les chefs de Paristrion, au

début de simples dpxonsg", étaient sous les

ordres du duc de Skoplje. Avancer de telles

opinions c'est méconnattre le caractère même

du thème byzantin dont le chef était, dans son

gouvemement, tout A fait indépendant. En ap-

pliquant aussi cette manière de voir au gou-

verneur-voévode" de Belgrade auquel il réduit

le thème de Sirmium admis par SkabalanoyiC

et MutafCiev, l'éminent historien croit pouvoir

sauver l'unité administrative de la Bulgarie

sous la domination byzantine.

Mais il ne trouvera personne pour partager

cette opinion risquée. Elle a été rejetée entre

autres par Fr. Dölger et G. Ostrogorsky. Le

premier, dans une recension consacrée A l'ar-

ticle sur l'organisation de la Bulgarie après sa

conquête par l'empereur Basile II (Semin. Kon-

dakov., IV, 1931, 49-68), montre les

graves

erreurs qui contaminent A. peu près toutes les

vues soutenues par l'auteur 1 ; le second nie

1. Byz. Zeitschrift, 31 (1931), 443-445. Voici les remarques du

recenseur :

t. Zl. htilt daran fest, dass Bulgarien nach der Broberung durch

Basileios II. die administrative Einheit im territorialen Umfange

22

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l'unité administrative de la Bulgarie conquise

des Reiches Peters und Samuels erhalten geblieben sei. Indessen

sind seine ,A.usfährungen nicht voll iiberzeugend und von Ein,zel-

irrtiimern nicht frei.

Der crcparTrk atitozpctuop ist

entgegen der Ansicht Z.s

und

ist zu dieser Zeit keinesfalls dero ffizi 11, Titel ein-s Gouverneurs,

S.

53

nichts

anderes

als

Tel iscatk crcpceco5 41Tsp.oiy,

der almählich

durch

den

Titel Eogçç Bos)vrape2ç

abgel6st

worden ware.

Von den S. 53 angefiihrten. fiinf Titeln können laöchstens

als amtliche Bezeichnungen betrachtet

npolooltilç und gspattcop

werden. (Nous mon.trerons la vraie signification de ces termes).

Die Einheit der kirchlichen VerWaltung, Velche Zl. zur Stii-

tzung seiner Annahme der politischen Einheit dcr Provinz Bulga-

rien nach den bekannten Urkunden Basileios II. heranzieht, hat

nicht die Bevteiskraft, die Zl. ihr zumisst. Es ist durchaus nicht

nötig, dass die Grenzen der ivopEoc des autokephalen Erzbischofs

von Bulgarien sich mit den VerWaltmgsgrenzen des Themas

Bulgarien decken ; es spricht vielmehr gegen die Annahme Z. s,

dass Basileios II, in seinem zweiten Sigill sagt, das Erzbistum solle

seine Macht iiber alle Erzbistilmer erstrecken, Weiche zum Reiche

Peters und Samuels gehört hätten, und nicht einfach : des Themas

Bulgaria, un,d es ist bezeichnend, dass gerade die astlichen Bischofs-

sprengel in dies= zWeiten sigill nachgeholt werden.

Man Wird kaum zWeifeln können, dass die Meinung Bänescus

und des ihm hier zustimmenden Mutafdiev zu Recht besteht, dass

der iistliche Teil des bulgarischen Landes ein Thema fiir sich mit

der Bezeichnung Paristrion, bildete". Le recen.seur reconnalt, en

revanche, l'exactitude de l'opinion de Zl. suivant lequel les gou-

verneurs de Bulgarie portaient tant6t le titre de Son tant6t celui

de xaur.dva, (ce que perscame ne conteste, mais non dans le sens

de l'auteur) et suivazt lequel la résidence du duché n'était pas

fixe (ce qui est une erreux).

Wenig gliicklich ist der von Zl. S. 6o, A 52 unterrommene

Versuch, eine Vbersicht fiber die rechtliche Stellung der alspotzot zu geben.

7- "S. 62 scheint die. Meinung, dass es sich bei der Steuer

oder Gebäude"-steuer

haudeln könnte, trotz Beziehung auf M. Lascaris Vatop. gramota

obtop6Stov

um eine Iliuser"-steuer

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par le Bulgaroctone, et admet inditment l'exis-

tence du thème limitrophe de la Save et du

Danube. Apr& avoir constaté l'existence des

thèmes de Bulgarie et de Paristrion, il ajoute z

Ein weiteres Grenzthema an der Donau und

der Save stellte das (ebiet um Sirmium und

$ingidunum dar" 1).

'routes ces affirmations touchant l'existence d'un thème byzantin A. Sirmium-Belgrade ou

Sirmium-Singidunum sont fondées sur une in-

terprétation superficielle des textes, comme nous

l'avons déjà montré dans notre réplique aux

articles de Zlatarski 2. Ceux qui se sont rangés

A l'avis de SkabalanoviC n'ont pas pris la peine

de contrôler les textes qu'il invoque ni de lire

l'article oil nous avons prouvé A. l'aide de don-

nées empruntées aux sources, la confusion inex-

tricable qui ruine tout l'exposé du savant russe.

Nous sommes donc contraint de liquider, cette

fois définitivement, la question du thème Sir-

mium-Belgrade, Sirmium-Singidtmum.

Le thème de Belgrade, avec son stratège

propre

dit Skabalanoviò

existait, d'aprés

le témoignage de Constantin le Porphyrogennète

na car Iv. As6nija II nicht völlig aufgegeben". (Le

recen,seur

donne la vraie interprétation de eet imp6t).

1, Geschichte des brantinischen Staates, hfiinchen 1940, p. 221.

2. La question du Paristrion, Byzantion VIII (1933), p. 278.

24

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(III, 153), dès le temps de l'empereur Héra-

clius, mais il fut supprimé dans la suite" 1).

Voici maintenant ce que dit le Porphyrogen-

nète, De adm. imp., X. Il parle des Serbes

établis par rempereur dans la région de Thes-

salonnique et qui, au bout de quelque temps, son-

gent à retourner chez eux : p.szee

xp6vov 'met

'Mots Tobc akok Eép6XoK

etc

tat ram cliteMsEv, )(al

-ram;

tinicrreacv

â

ceatAe6c.

&re

ak Scadpczaav z6v

A4vou6tv notap.6v,

lira:Ram

-xlfity

cq)

167patov

paciast St&

xpoccoovroq

coti

soßvat

Tev6p,evot

ipAvuaocv

pcmirro0 sop T6te

ccúzoi;

1.4 CZV

gipoc-

Be-

e;

.c6

1V

-xcacanctvwctiv2. Donc, après avoir passé le Da- nube, ces Serbes refléchirent et regrettèrent

leur geste et ils demandèrent à l'empereur de

leur donner un autre territoire où s'établir.

Naturellement, ils n'adressèrent cette demande

au basileus à Constantinople que par rintermé-

-diaire du stratège qui commandait à Belgrade

et était le plus rapproché d'eux. C'est là tout

-ce que dit le Porphyrogennète ; il ne fait pas la moindre allusion à un thème de Belgrade. Il

flute noter que c'est précisément à répoque

d'Héraclius que commence l'organisation du ré-

gime des thèmes. Tous ceux qui ont étudié

-cette importante réforme militaire et admini-

strative l'admettent.

0. S., pp. 228-229.

153, 5 sq. (Bonn).

Quelques thèmes seu-

25

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lement datent d'alors, et les successeurs d'Hé- raclius leur en ajoutèrent d'autres. On connait

leurs noms et nulle part on ne parle d'un

thème de Belgrade, aucune source n'en fait

mention. Mais l'auteur, comme nous le verrons,

renouvelle constamment sa confusion entre les chefs des grandes cités, défendues par des gar-

nisons avec leurs commandants et les chefs

effectifs des thèmes.

Ce prétendu thème de Belgrade, supprimé

après Héraclius, fut rétabli par Basile II en

1024, soutient SkabalanoviC. La justification

d'une date tardive est demand& à un fait si

bizarre i que Zlatarski lui-même la récuse et

revient A. la date généralement admise de 1018.

On sait par Skylitzès-Cédrénus que Constan-

tin Diogène, après avoir supprimé Sermon, chef

bulgare de Sirmium, fut désigné par l'empereur

pour gouverner le territoire nouvellement con-

quis

(5mi

6

Acoyiv%

dipxstv

ivixent

kbeccO. Pour SkabalanoviC ce territoire

veoweirrou

(c'est-

A-dire Sirmium avec la région environnante)

était le knézat- de Sermon, et ce knézat"

correspond, d'après lui, au terme byzantin de

thème". 11 ajoute, en effet, aussitôt après :

Ce thème confinait au Nord avec le territoire

occupé par les Hongrois (Ougriens)". Basile II

i. Mentionne par Lupus Protospatharius. V. O. c., 229, note 2.

2. II, 476, 24.

26

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/Ana Constantin Diogène comme premier gou-

verneur de Sirmium, dit un peu plus

loin

notre savant. Arg-ument insuffisant, car il f au-

drait autre chose pour prouver l'existence du

thème de Sirmium. Et l'auteur de chercher

d'autres gouverneurs de cette province, mais

ses découvertes ne sont pas

très heureuses.

Le fils de Constantin Diogène c'est toujours

lui qui parle

a probablement gouverné aussi

Sirmium, avant d'être nommé en Bulgarie et,

comm.e il a été transféré a Sredetz a la fin du règne de Constantin Doukas, son administra-

tion de Sirmium tombe sous le règne d'Isaac

Comnène et le début du règne de Constantin

ajoute pour

éclairer ce fait,

Doukas". Dans la note

3 qu'il

Skabalanoviè s'avère victime

d'une méprise 6 propos d'un passage

d'At-

taleiatès (p. 97), qui relate un événement auquel

avait pris part Diogène. Cet écrivain

le savant russe dans la note précitée

que Romain Diogène, avant de devenir duc de

affirme

dit

Sardica, commandait les villes du Danube (tv

mais étant donné qu'il

ajoute qu'il a dû lutter avec les Sauromates

nepi 'ay "Icrspov naecov),

(Ougriens ou Hongrois) et qu'il s'est trouvé en

danger durant le combat

il n'y a échappé

que grace au magistre Nicéphore Botaneiatès

plus naturel d'entendre par villes du

Danube Belgrade-Sirmium". Et SkabalanoviC

il est

27

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de poursuivre, en invoquant,

a l'appui, des

auteurs byzantins :

Comnène, lorsque se

on sait que, sous

Isaac

firent jour des manifes-

tations hostiles de la part des Ougriens (Hon-

grois), l'empereur partit (1059) en expédition

contre eux et en méme temps contre les Petché-

nègues qui opéraient peut-être en liaison avec

les Ougriens. Mais A Sredetz des envoyés du

roi André vinrent au devant de lui et la paix

fut conclue. Les luttes de Romain Dio gène comme

stratège de Sirmium ont un rapport évident avec

les opérations hostiles des Hongrois, au temps

d'Isaac Comnène, conclut le savant russe.

Mais SkabalanoviC n'a rien compris au pas-

sage d'Attaleiatès et il mêle des faits entière-

ment différents qui se sont passés seize ans

plus tard, pour arriver A. la conclusion que, du-

rant la dernière année du règne d'Isaac Comnène

Romain Diogène est intervenu dans les luttes

du Danube comme stratège de Sirmium. Nous

avons expliqué, dans un article publié dès 1930 1,

la confusion du savant russe et avons rétabli les

faits. Malgré cela, Zlatarski tombe dans la

même erreur,nous le montrerons plus loin-

en admettant Diogène dans la série des dues

de Bulgarie.

r. Unbekannte Statthalter der Then:en Paristrion und Bulgarien:

Romanos Diogenes und Nikephoros Botaneiates. Byz. Zeitschrift,

XXX, 439-444.

28

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En fait, de tout le récit de l'historien byzantin

il résulte clairement que Romain Dio gène se

trouvait d la téte du thème de Paristrion lors-

qu'il prit part au dernier grand combat avec

les Petchénègues, en 1053, sous Constantin IX

Monomaque, car c'est bien A cela que se rap-

porte la narration d'Attaleiatès relevée par Ska-

balanoviC.

L'historien nous dit 1 que sous Constantin X

Doukas, dont le règne fut lamentable, Twp.avbc

6 f3scruipm

63

T6 infxXriv Acoyinc, mécontent de

ce qu'il voyait, comme il avait déjà été au-

paravant indigné de constater que par la faute

des empereurs les ennemis agissaient

A. leur

guise, méditait la révolte, non point par ambi-

tion, comme il le déclara plus tard,

continue

l'historien , mais pour relever la forttme des

Romains déjà en pleine décadence Pc Taes T6xceq

eivopednat Taw /481

ItECT6VUOV

TiOp.o/iO3VY Au moment

donc où il était chargé, A. la fin du règne de

Constantin Doukas, du gouvernement de Sar-

dica 2, il pensa A. faire appel au secours des Sauromates, afin de pouvoir de la sorte réa-

liser ses projets. Mais les Sauromates" sont

97,7 sq. (Bonn).

Ce fait améne Zlatarski A le considérer comme duc de Bul-

garie, mais en résidence A Sardica, car l'historien bulgare croit, tout

comme Skabalanovid, que les dues de Bulgarie prenaient pour

résidence la ville où ils se trouvaient au moment de leur nomination,

ce qui est absolument erroné.

24

www.dacoromanica.ro

ici les Petchénègues, hôtes habituels du thème

de Paristrion, et non les Hongrois avec lesquels les identifie Skabalanovici. Car voici ce qu'a-

joute aussitôt l'historien byzantin : IN avaient,

en effet, confiance en lui, car il leur était connu

en raison de la proximité de sa stratégie, du

temps où, commandant les villes du Danube

il avait guerroyé contre eux et

(= Paristrion),

avait failli succomber, n'eût été, pour le sauver,

l'élan invincible et la force de Nicéphore Bo-

taneiatès le magistre" (a, _7ZE

OVZOffi

Tap

ixetvot

.ap

rivapt

soky,

Stec

T6

Tcpceraimbaxeaeat toptov

Tbv

wicrzpov

a pxcov

ix

ri);

aercotc,

cly)06pou

crrpartgta;

6n6te Tay nap/

7c6Xecov To6tocc civts-

-rcoAip, 71 a a

xat 'nasty

ixtv86veucrev,

el

iti)

REIXETO

(56pig xat (56p.v Ntxrepópo; ttd-

Imam 6 Botaveccir%). Pour. les Petchénègues

et il ne peut s'agir que d'eux sous le nom

de Sauromates", dans le style archaisant de

ToOtov

cixatarov(crup

l'écrivain

la stratégie voisine ott ils avaient

connu le chef byzantin ne pouvait sfirement pas étre celle de Belgrade-Sirmium, mais le

duché de Paristrion. Aucun doute n'est possible

A cet égard ; le méme historien confirme le

fait. En effet, Attaleiatès nous décrit ailleurs 1

le grand combat livré, en 1053, contre les Pe-

tehénègues et dans lequel les troupes byzan-

tines, commandées par Michel Akolouthos et

1. Yag, 39-43.

.30

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Basile Monachos, alors duc de Bulgarie, après

s'étre retirées des

alentours de Preslav,

se

firent écraser dans les montagnes. Au cours

décrit par le

de cette défaite, qu'Attaleiatès

menu, le duc de Bulgarie tomba de

cheval

et fut tué par les Petchénègues. Botanoatis

sauva néanmoins par sa bravoure les restes des

troupes auxquelles les barbares livrérent, onze

jours durant, une poursuite acharnée qui ne

s'arréta qu'A Andrinople. Ce détail précis prouve

A l'évidence qu'Attaleiatès fait allusion, dans le

premier passage, ci la bataille mgme où il fait

sauver par Botaneiatès Romain Diogène qui

TeaV IWO 'Ph) vIcrtpov &mow n6-

se trouvait alors

lewv, c'est-à-dire le chef du thème de Paris-

trion. Comme pour d'autres combats livrés dans

ces parages contre les Petchénègues, les sources

nous montrent, a côté des troupes de Paristrion

(Paradounavon), celles du duc de Bulgarie et

ménie les forres envoyées de Constantinople sous

le général investi du commandement supréme.

Il faut par conséquent rayer Romain Diogène

du commandement du prétendu thème de Sir-

mium-Belgrade.

SkabalanoviC, n'est pas plus heureux dans la

découverte d'un autre chef de ce thème : Le

magistre Nicéphore Botaneiatès, écrit-il 1, le col-

laborateur le plus proche de Romain Diogène,

I. Page 229.

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31

occupa probablement son poste de commande-

ment à Sirmium ; l'historien (Attaleiatès),

nissant sa position administrative, dit qu'il a

commandé les vales du Danube, par quoi il faut

probablement sous-entendre le thème de Bel-

grade-Sirmium puisque, dans le thème du Da-

nube, le commandement était alors aux mains

de Basile Abucab. Botaneiatès a lutté contre

les Ouzes en collaboration avec ce demier ;

de méme qu'Abucab il fut fait prisonnier (1064),

mais peu après il s'évada". D.ans la -note 2 de la

page 228, Skabalanovic' affirme également que

Botaneiatés administrait Sirmium.".

Ici encore une méprise sur le texte grec 'est

b. l'origine de la confusion. Comme nous l'avons

prouvé dans l'article ci-dessus mentionné, Bota-

neiatès a été effectivement duc de Bulgarie.

Quand les Ouzes, en nombre considérable, pas-

sèrent le Danube (io65)

nczyysyst vòTaw Ogwv

levog,

p.stecr

Mk%

cinocncaufjc

'ay

Icrepov

Some-

pacw0b, écrit Attaleiatès (83, io sq.), qui

évalue leur nombre

b

60.000

Skylitzès

nous dit que les magistres Basile Apokapès et

Nicéphore Botaneiatès commandaient les ré-

gions du Danube :

cipx6vuov Taw' =pi 'an

wicrzpov

.7co-ccep.bv

toDp.ccifcrpou

BacrtMou

'Anoxdnou

Iced

1. 654, xi. Cf. Zonaras, III, 678, 7, chez lequel les deux commait_

dar_ts sont talement présentés comme tav naptatplelv Is6Xzebv

iipxovte;.

32

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to

p,trgatpou Notncpépou TOO Botavativou. Attaleiatès

affirme

la même chose :

incipxovtoc tv ma&

'ay

xtficl -

latpov

xzt

rc6Xacov

to

TO

p.zyEa you

Ta BatatXstou I

Nocra6pou

TOO

TOC)

'AITO-

nap c-

601TOU BOTMECtiTOO. 2 Dans notre première étude

consacrie A ces événements du Danube (Les

premiers témoignages byzantins sur les Rou-

mains du Bas-Danube, Byz.-neugr. Jahrbacher, III, 1922, p. 295), nous inclinions A. croire que

l'empire, h cette époque de grandes invasions

surj le territoire de Paristrion, avait placé là

deux commandants en méme temps, ce qui eut

été une mesure insolite ; mais un an après,

dans. notre étude sur les

Changements poli-

agues dans les Balkans, (Acad. Roum., Bul-

letin de la section historique, X, 1923, p. 71),

nous sommes revenu sur notre opinion : en

nous basant sur ce qui s'était passé quinze ans plus tôt 8, disiôns-nous, nous pourrions croire

que Nicéphore Botaneiatès a été en ce moment

duc de Bulgarie. Son duché s'étendant jusqu'aux

régions danubiennes occidentales,

le

chroni-

queur a pu comprendre les deux commandants

de ce pays envahi par les barbares sous la

dénomination commune de apxovreg Taw Tcapta-

i:Car il faut corriger l'erreur évidente du texte :TO ve fiaoLliwg.

83. IO sq.

guand Basile Monachos, due de Bulgarie, fut envoyé au se-

cours de son collègue du Paristrion.

8

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33

Tpitov nano". Notre supposition

très juste. Dans l'article déjà cité, Unbekannte

Statthalter der Themen Paristrion und Bulga-

n'était

que

rien (Byz. Zeitschr., 1930, 442-443) nous avons

pro. uvé que Botaneiatés avait

eu, en, effet,

pendant la grande invasion des Ouzes, le com-

inandement de la Bulgarie. Skylitzès raconte,

-tin peu plus loin, que les barbares, en passant

le Danube, défirent les troupes qui voulaient

les empècher de passer le fleuve, c'est-à-dire,

précise l'écrivain, les Bulgares et les Months

et les autres qui se trouvaient avec eux et

s'emparèrent de leurs chefs Apokapès et Bo-

taneiatès

crcperudyrag,

p, cc C oug

rovfacono

(Tot);

acar.co)tiovut;

Thy

at'yciin

isepcdwacv

BouXy et

ma ',our*

pouG

TO;

Ti

cpyj p. c

gm.; (en

x a I

ceeno%,

'P co-

Icarq-

ce?pvc86;,

xeci

TOk

))yep.6vag

cckaw

.z6v

Ts

'Anoxcircriv

BccatXecov

xcel

Opov caxp.altkow

clicilywrov

.

tbv

Il

Botaveceariv

Notn-

est plus qu'é-

vident que par Bulgares", en opposition avec

Rhomées", l'historien entend les forces du

thème de Bulgarie, comme nous l'avons dé.:

montré Ujà dans notre étude d'il y a vingt

ans 2 En effet, les sources byzantines nous

montrent Basile Monachos, duc de Bulgarie,

participant aux luttes contre

les Petchéni-

gues A la tête de

ses troupes bulgares"

;. 654,.16 sq.

2. Changements politiques duns les Balkans, p. 59 (si de l'Extrait).

34

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II BouXyapocil xdp

pm&

utpatatíttata 3,

,

Boulyaptxat auvcittst; 2,

Boulya-

sont les termes par lesquels

ces sources mentionnent les forces du comman-

dant du thème de Bulgarie.

Reproduisons un seul exemple,----il est carac-

téristi que :

Kona-ray trvo;

'Vq) Soma 'A8ptavourcasto;

itiympo;

6

'Aptavitil;)

ypcipet

()Iv

ai

r ck ; M a x e -

Zovtxcle; 2144cp6tt

a u v li tt e i ;,

Ezt Si xat icpb; Ba-

csaetov Movax6v Tby ilyett6va A; Bou?qapta; Tip pouX-

Tptxtv a Ilny 6 t a xiti p a

cicptxicreat xcei ivwelvat

Tip

AftxccilX

ricetCnicixac

xa/ 19

Kerin

acceruriCuaueat

xat

itre

(Cédrénus,

at6T6Y ispb; te.);

II, 585, 22

sq.).

Les troupes du duc d'Andrinople étaient

done pour l'écrivain les forces macédonien-

nes" et celles du chef militaire de Bulgarie

les forces bulgares".

Mais les historiens bulgares se soucient bien

d'établir le vrai !

Feu Zlatarski, qui utilise

fréquemment toutes nos études dans ses arti-

cles aussi bien que dans son Histoire, s'obstine

a exclure Botaneiatès de la liste des ducs de

Bulgarie, mais il range parmi eux Romain Dio-

gène qui, en fait, a commandé dans le Paristrion4.

La confusion se retrouve chez feu Mutafc'iev,

qui considère Botaneiatès comme gouverneur

de Srem 5.

x, Cedr., II, 586, 3.

2. Ibid. 602, 5,

Kistoire de l'empire bulgare, II, liste de la page 534,

Ansagaire de l'Uttiversitd de Sofia,t. XXVIII (1931-1932), p. 44.

3. Ibid., 607, II.

35

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Les deux généraux tombés aux ains des

barbares étaient donc l'un (Apokapès) chef des Rhomées" (de Paristrion), l'autre (Botaneiatès)

chef des Bulgares" (du thème de Bulgarie).

La nomination de Philokalès au cominande-

ment de ce thème, à la place de Botaneiatès, n'a pas d'autre explication : il fallait mettre un autre chef à la téte du duché dont le com-

mandant était tomb6 en captivité.

Tout aussi risquée est encore la tentative, de

Skabalanovie, de faire un chef du thème cle

Sirmium du Nicota (qui ne peut étre qu'un

Nicétas) mentionné par les sources hongroises

comme chef à Belgrade, à l'époque des luttes de l'empire avec le roi hongrois Solomon. La

chronique de Thurocz, à propos du siège de

Belgrade par les Hongrois, nous dit qu'ils

trent dans la place, tuent tous ceux qu'ils

rencontrent, mais ceux qui ont échappé se sent

réfugiés avec leur chef Nicota (sic) dans la

forteresse :

qui .autem residui fuerant, cum

Nicota ducem eorum fugerunt in arcem 2, les

Hongrois les obligent ensuite à capituler. 11 s'agit ici purement et simplement du com-

mandant de la vine, comme il s'en trouvait

partout dans les villes conquises de la Bulgarie.

Le fait a été expliqué par nous dans nos études

z. Ioaunis de Thurocs, Chronica Hungaroruns, ed. Schwandtuor.

Vindobonae 1766, I, p. 145.

36

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antirieures. On salt, en effet, que, au cours

des dures campagnes du Bulgaroctone,

avait soin d'établir dans chaque ville conquise

un chef byzantin avec sa garnison. Les sources

byzantines nous en montrent à Ni, à Sardica,

Prizren, à Achrida, à Preslav la grande, A

Stroumitza, à Prilep etc. 11 serait absurde de

voir en tous ces chefs militaires des comman-

dants de thèmes. Palenle conception est exclue

par le fait que tous ces chefs des vines ou des

places étaient sous les ordres du chef supréme

qui commandait le thème de Bulgarie d'une

part, de celui qui commandait dans le Paris-

trion, de l'autre.

Zlatarski ne veut pas admettre l'existence

d'un thème de Sirmium que soutenait Mutaf-

Ciev A. la suite de SkabalanoviC. Le thème de

Srem n'a jamais exist& écrit-il

il y avait

;

seulement le voévodat de frontière de Srem,

contrae sous les tsars bulgares, et il était soumis

A l'archonte-gouverneur de Belgrade". L'his-

torien bulgare a une théorie qui entrame beau-

coup de confusions. D'après lui, les chefs by-

zantins qui commandaient les places et leur

région environnante étaient archontes" et ce

terme correspond au mot bulgare de voévode".

z. L'organisation de la Bulgaria etc., p. 57, n. 40. Cf. Hist. de

l'oinpire &agars, II, p. 16.

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37

C'est pourquoi il appelle les commandants by-

archontes-gouvemeurs",

zantins

des villes

gouverneurs-voévodes", et le chef supréme,

c'est4-dire le commandant du thème de But-

garie (mais non pas celui du thème de Paris-

trion, qui avait absolument les mémes attribu-

tions) re9oit de lui conséquemment le nom de

lieutenant-gouverneur". Nomenclature abso-

lument arbitraire, de même que son opinion ton-

chant l'existence en Bulgarie d'un seul duché

couvrant toute l'étendue de l'ancien Etat

gare.

Dans ce problème de l'organisation adminis-

trative de la Péninsule balcanique après le

triomphe de Basile II, il faut encore relever une

opinion, une vráie théorie qui atteint l'autre

extréme,

kidès.

celle du

Dans son récent

savant grec S. Kyria-

travail BuCavuvai Alaitcr,c,

IIV (Tessalonique, 1930), Kyriakidès, par

une curieuse interprétation des sources, arrive

A. la conclusion que, au XI-e siècle, les thèmes

importants qui avaient à leur tête des ducs ou

catépans se divisaient en d'autres plus petits

qui portaient aussi le nom de thèmes et étaient

gouvernés par des stratèges. L'auteur croit

pouvoir découviir dans l'historiographie by-

zantine des textes autorisant une semblable con-

38

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ception ; en fait, aticun des textes invoqués ne

confirme pareille opinion 1. A l'occasion du soulèvement des Serbes sous

Etienne Vojslav (1043), Cédrénus, II, 543 rap-

porte que l'empereur Constantin IX Monoma-

que envoie A. Michel, commandant de Dyrra-

chion, l'ordre de réunir son armée et les troupes

des thèmes voisins" qui lui sont soumis, de

marcher avec les hypostratèges" contre les

Serbes et de faire la guerre à Etienne 2. L'ex-

pression de thémes voisins" est, pour stir, une

inadvertance du chroniqueur, du moment qu'il

précise immédiatement que le général devrait

marcher au dev. ant des Serbes avec les

hypos-

tratèges. Ces (nrocrzpirtyroc ne pouvaient pas étre

des chefs de thèmes ;

c'étaient des officiers

soumis au stratège. Les Taktika de Léon le

Sage les définissent, en effet, comme suit

Espargyb; Tam

Tcpoaccropeústat

ô

to5

navt2r;

coG

'se

xc4

Tip Sautipav 'camp victcv

qttv.

77coarpitlyoç

ixnX1prov

(Migne,

tpc-

ai,

P.

ô

G.

CVII, col. 7o1). Et si, plus bas, à propos de la

Waite de l'armée impériale, Cédrénus relate

T. P. 281-28?. Voir lit-dessus tout le rhanitre intitulé : Hare-

rfirilost; int T.% ife)

igew;

Ttç all.vrnylç Emptiostoç Taw BoCcouvav

%al Teiv bvolilroiv TOY 6sp.aux8v dcpxinntov,

2. t4I

s6te cipxovu to5 Aoppaxiou (¡v

J. 274 sq.

Mcrxip,

ncaptscoç 6

'Ave:covey:1E0o vo5 XoToOkoo st6) Tpcip.1.1.2acv ilxias6suct., ,r6v án' atisivo

clepotacct Toff Aoppaxíou Lx6v =pat-con:law,

xect

Tecç *spank

tfilv i7v.C6v.coni Totrup 0.6p.iTtov xa: 'zing) 6noy.sylveur xcel ouveip,oc To%

entoospwriVroK et; Trn6a/aok ecneXestv %al ItercanoXeMoat T6v Etilavov

39

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que sept stratèges" sont morts dans la lutte,

ces stratèges ne peuvent pas 'are identiWs,

comme le fait Kyriakidès, avec les hypostra-

tèges, mais avec les commandants des grandes

cités du thème, car, après la soumission du

tsarat bulgare, toutes les grandes villes de la Péninsule se trouvaient sous la conduite des

généraux byzantins.

Il faut entendre de la nikme fawn le passage

du m'ème chroniqueur (II, 282) où l'on nous

dit que les Petchénègues, envahissant la Bul-

garie, tuèrent et firent prisonniers une grande

partie de la troupe, des stratèges et des tagma-

tarques :

Ta7p.acdpxac

'tat

xXstcrsov

gacp4av

xat

Xabv

xat

=par/170c

xat

1C6rpnaax. L'expression

du chroniste est vague. Dans les combats a-

charnés qui ont lieu avec ces barbares, la

même source atteste que d'habitude beaucoup

de troupes impériales avec leurs chefs collabo-

rent A. l'action, et c'est dans ce sens que nous

devons prendre la phrase de

Cédrénus.

Ce

serait une grave erreur de voir dans ces stratè-

ges de l'énumération imprécise du chroniqueur

des chefs de thèmes plus petits", qui au-

raient fait partie du thème plus grand" de

Bulgarie.

D'autres passages invoqués par le savant grec

c-elui qui concerne Karanténos (I07I), Tar-

chaniotès (1079), A côté desquels on mentionne

40

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aussi des stratéges

ne prouvent rien d'autre

sinon que le chef supreme du theme (de Skoplje

ou d'Andrinople) étendait son autorité sur tous

les strateges qui commandaient les grands cen-

tres de la région.

Nous avons publié, il y a quelques années,

en collaboration avec feu P. Papahagi, le sceau de plomb de Léon Pégonites, protospathaire et

struthge de Presthlava la grande, capitale du

vieil Etat bulgare 1. Le sceau a été découvert

par Papahagi à Silistrie méme et date du XI-e

siècle. 11 nous prouve qu'A Preslav la grande

aussi, conquise A. la suite de la campagne de

Théodorokanos et de Xiphias (Cedr. II, 456),

pendant les guerres de Basile II, on installa un général byzantin, comme dans tous les grands

centres de la résistance bulgare. Preslav la grande

n'était pas éloignée

de Dorostolon - Dristra,

résidence du comm.andant de Paristrion, et son

stratege se trouvait probablement sous les ordres

de ce dernier, car il ne peut pas être question

d'un théme de Preslav, complétement ignoré

des sources. Un autre stratege de cette ville

apparait plus tard avec les mêmes titres de

npunoanctecipto;

'cat

arpa vvyò

tçileydXn;

Ilpecre-

imeg en la personne

d' Andronic

Doukas,

a. N. Bluescu P. Papahagi, Plombs brantins dicouvarts

Silistrio, Byzantion X (1935), p. 6oz.

41

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comme nous le montre son sceau, récemment

publié par M. Gérasimov 1. Personne n'admettra avec M. Kyriakidès que

le duc de Thessalonique avait sous son comman-

dement trois autres thèmes, celui de Philippo-

polls (en fait une circonscription du thème de

Macédoine) quatre, les ducs de Dyrrachion et de

Bulgarie davantage encore. Quant au thème

d'Antioche, notre savant lui attribue une ving-

taine

vhcc 2.

de

petits thèmes, crtpargan

crspecn-

Résumons. L'organisation administrative de

l'ancien ttat bulgare après la victoire défini-

tive de Basile II comportait deux thèmes

byzantins : Paristrion (Paradounavon), situé au

Nord-list de la Péninsule, entre les Balkans, le

Pont et le Danube et correspondant à l'ancienne

Bulgarie danubienne, annexée par Tzimiskés

(971) à l'empire ; le duché de Bulgarie, à l'Ouest

des -Balkans, dans les régions qui avaient con-

stitué le centre de l'Etat de Samuel et qui

i. Bisaatijski slovetti petati ot Pliska (Byzantinische Bleisigel

aus Pliska). Sonderabdruck aus dem Bulletin de l'Institut archéo-

loglgue bulgare. XIV (1040-11441). Sofia 1942, No. I, p. 190. La.

lecture TO itrviXou lip220),a6iou

est

photographie impos

Sc

transoription

erronée. L'cxamen de la

suivante de la 16gcnde :

Aybp6vixog Irporomscaláptoç nut crpotvrak ,r7Iç 11.270,1g

6 ria6x2,;.

2. 0. c., p. 285.

1IpediX1c6a;

42

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gravitaient autour du Vardar. Aucune source

n'atteste l'existence d'un autre thème sur le

territqire de l'ancien Etat conquis.

Pour le duché de Bulgarie cette situation reste

immuable pendant cent cinquante ans. Ce.n'est

que sous la règne de Manuel Comnène, après

le milieu du XII-e siècle, qu'un nouveau thème

apparaît dans ces parages occidentaux du Da-

nube, où l'on veut découvrir dès le début du

XI-e siècle

le thème de Sirmium-Belgrade,

Sirmium-Singidunum. La création d'un duché

y a été la conséquence de l'intérêt avec lequel les Comnènes suivaient les événements de la

Hongrie voisine. Jean II Comnène avait porté

l'autorité de l'empire jusqu'à la frontière hon-

groise. Son fils et successeur,

luttes intestines qui divisaient alors les Hon-

grois, combattit pendant tout son règne contre

eux, intervenant toujours dans leurs conflits intérieurs. Pendant ses guerres contre Geiza

II, pour mieux assurer la défense du côté de cet

adversaire, Manuel organisa dans cette région

(1152-1153) un duché qui renfermait les villes

profitant des

de BraniCevo, de Belgrade et de Nis. Il mit

la téte de ce duché le

fameux Andronic 1,

Choliat s.

133,

Eye; BpavvcC66.%

ta

9

sq.

yetp napaan

TfiC a007.4Xf4'

BAstypealcov 6 Kop.v1v6ç 'Avapómoc, 6 xxl

iiasspov Topavetiaaç Tevaiwv

Kinnamos, 124, 20:

aciLiXer. xcei,

26'CE Ntoo

e BpcontC661s npo-

xexeíptato goaxa npocritt xcti Kawropítxy rib tcj18coxsv.

45

www.dacoromanica.ro

mais celui-ci complota avec Geiza II contre son

souverain, fut destitué de son commandement,

arrété et mis en prison A. Constantinople.

C'est tout ce qu'on sait de la nouvelle crea-

tion de Manuel Comnène. Avant lui, il n'y a

pas trace de duché ou de thème byzantin dans

la région de Sirmium-Belgrade.

44

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II.

LE THEME DE PARISTRION.PARADOLINAVON

(PARADOLINAVIS). SES ORIGINES. LE NOM.

Dès notre première étude, consacrée aux trans-

formations survenues dans le B as-Danube au

cours du dernier tiers du X-e siècle et au

début du XI-e, nous avons exprimé l'avis que

suivant

ce

thème-frontière

avait

été

créé,

toute probabilité, A. la suite de la destruction

du tsarat bulgare de Samuel 1 Mais on ne doit,

naturellement, pas oublier que tout ce territoire,

qui correspond A la Bulgarie danubienne, avait été annexé A l'empire, quelques temps aupara-.

vant, par le prédécesseur du Bulgaroctone.

Après avoir expulsé Sviatoslav de Dorostolon,

en été 971, Tzimiskès, on le sait, ne recon-

stitua plus rEtat bulgare contre lequel Nicé-

phore Phokas avait appelé A l'aide les Russes

de Kiev. Il annexa A. l'empire cet Rtat qui

i. Les premiers témoignages brantins sur les Roumains du Bas-

Danube, Byz.-neugr. Jahrbiicher, III (1922) p. 289,

45

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génait désormais les calculs de la

politique

byzantine sur le Danube. L'héritier ligitime de

la dynastie fut conduit à Constantinople pour

servir au triomphe du vainqueur, puis dépouillé

d.0 pouvoir souverain et obtint une place dans

l'aristocratie de la Cour. Le patriarche de Do- rostolon fut ramené au rang de métropolite et

soumis au siège de Constantinople. Avant de

quitter le territoire qui avait été le thatre de

ses combats, l'empereur fortifia les vines de la

rive droite du Danube et étendit aussi cette

mesure à quelques unes de la rive gauche ; il

nomma en mane temps 5_

Dorostolon-Dristra

(Silistrie moderne) un stratège pour gouverner

la région.

Les débuts du règne de Basile II furent mar- qués par la terrible révolte de Bardas SIdéros ;

les Bulgares se soulevèrent pour secouex

le

joug byzantin, et une nouvelle guerre commença

entre le basileus et Samuel le bulgare pour l'hé-

gémonie dans les Balkans. Les régions danu-

biennes

disions-nous dans

l'exposé

de la

nouvelle stituation

n'ont pas pu rester com-

plètement étrangères à l'effort gigantesque de

ce peuple, qui fut à la fin écrasé. Bien souvent

les guerres se sont étendues jusque dans ces

régions ; mais elles y furent seulement spora-

diques et la résistance n'a pas pu persister

dans ces contrées, épuisées MA depuis le temps

46

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de l'incursion ruineuse de Sviatoslav" 1. L'ex-

pédition envoy& par Basile II (en moo) 2, sous la

conduite du patrice Théodorokanos et du pro-

tospathaire Xiphias, contre les places fortes

situées

au-delà l'Haemus (x& Taw *ay

Tor)

Aip.ou pouxrapottiív xciatpcov)

s'empara de la grande

et de la petite Preslav et de Pliska. L'armée

byzantine était revenue de cette expédition,

l'expression du chroniqueur, .intacte

selon

et triomphante" (act* xal Tponacoaxcn

'Pmlext

incev6crulas StIvattc0 3. Donc, il n'a pu s'agir, en

cette occurrence,

d'ttne

résistance

sérieuse.

Ce qui doit 'are souligné A.

cette occasion,

c'est qu'on ne dit absolument

rien de Do-

rostolon-Dristra. De plus, dans tout le cours

des guerres du Bulgaroctone il n'est fait men-

tion d'aucune entreprise contre cette ville forte

du, Danube. Les trois autres villes de la région

indiquées par le chroniqueur aussi bien que

Triaditza

des vines situées plus A. l'Ouest

(Sofia), Bdyn (Widin)

ont été attaquées et

conquises. On ne toucha pas A. Dorostolon, ce

qui ne s'explique que si l'on admet que cette

ville est toujours rest& au p.ouvoir du stratège

byzantin qui y résidait. jireCek considère auss!

La région comme byzantine, A. partir de l'an moo,

i. Ckangements politigues dans les Balkans etc., p. 13.

Nous restons it cette date, adndse aussi par predek. Cédr., II, 432, 13.

47

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En parlant de rexpédition du patrice Théo- dorokanos et du protospathaire Xiphias en

Moesie, il remarque que celle-ci resta, a. paitir de ce moment, jusqu'à la révolte des Asénides (1186), sous la domination byzantine" 1

Zlatarski prétend que la révolte des Bulgares

en 976 a soustrait à rautorité byzantine la Bul-

garie du Nord-Est et l'a réunie au pays libre de

l'Ouest. Mais les textes se taisent complète-

ment là-dessus. L'historien bulgare reconnaît

lui-metme que pendant rexpéclition de ran woo

dans les régions du Pont on ne parle guère

de Dristra ; seulement, il croit que, si l'on n'en

dit rien, c'est qu'évidemment Xiphias n'a pu

la soumettre" 2. Mais le silence absolu des sour-

ces infirme une telle supposition. Pendant les

guerres de Basile II un stratège byzantin est

d'ailleurs attesté à Dristra : c'est Tzitzikios,

fils de Theudate l'Ibère. Cédrénus rapporte 3 que

l'empereur, en revenant de Kastoria

(Ion),

requt une lettre de la part de ce stratège de

chef bulgare

Krakras (il commandait à Pernik) 4 avait ras-

Dristra qui l'avertissait que le

semblé une grande armée, s'était joint à Jean

Vladislav, et que tous deux, unis aux Petché-

z. Geschichte der Bulgaren, p. 194.

La situation politique de la Bulgaria du Nord etc., p. 3.

II, 465, z6 sq.

48

Cédr.,

I. 455, 19.

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négues, se préparaient à attaquer les Byzan-

tins. L'empereur prit alors les mesures dictées

par les circonstances, mais les Petchénègues ne

répondirent pas 6. l'appel et le plan d'ataque

s'ivanouit. Le savant bulgare tente d'éluder la présence

de ce chef byzantin à Dristra. Quand Cédrénus

dit : lag=

T o ç

iv

l'expression

VT xz

Aopocrzact)

pcEttp,oc

Top aspTnTo5v-

'gc.4cxfou

il estime que

6

atpamew

iv

Aopocrc64

signifie

tout simplement : le commandant d'une ar-

mée se trouvant par hasard a Dorostolon" 2,

ce qui ne veut pas dire gull s'agissait la

d'une formation

Conséquent avec sa théorie de l'indivisibilité

administrative

différente".

du territoire bulgare occupé

Zlatarski prétend qu'on ne mentionne, a ce

moment-la, nulle part un théme de Dristra.

Mais le pays annexé par l'empereur Tzimiskès

devait bien are administré. Depuis l'intro-

duction du régime des thèmes, tout terri-

toire arraché par les Byzantins à leurs ennemis

était natuxellement organisé en thème. Ce n'est

pas la uniquement une opinion personnelle.

E. Stein pense de méme quand il affirme,

par Byzance,

i. Ifentionné anssi par une source géolgienne Vita beati patris

nostri Iohannis atque Euthymii etc., dans les Analecta Bollandiana

5o Cf. Vita Georgii liagio-

XXXVIXXXVII (1917-1919)

p.

rstae, ibid., p. 86, oil 11 est fait mention de Thetis Tzitzicli !Mils

2. Art, cité, p. 4.

4

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49

propos de l'organisation des thémes comme elle

fut instituée par Leon VI (886-912) : In der

Tat blieb sie daraufhin lange Zeit im wesentlichen

unverändert, abgesehen davon natiirlich, dass

die in X. und XI. Jahrhundert dem Iteiche

einverleibten Gebiete gleichfalls als Themen

eingerichtet wurden" 1 Présentant le sceau d'un

aTpartak Atcrtpa;,

PanCenko lui aussi n'hésite

pas à affirmer que, A. partir de l'annexion du

territoire par Tzimiskés, après l'expulsion de

Sviatoslav (juillet 971), ce territoire fut orga-

nisé en thème" 2. Affirmer qu'A, cette époque il n'a pas existé

entre l'Haemus et le Danube de formation

administrative" est absolument bizarre, du roo-

ment que Tzimiskés a annexé l'ancienne Bul-

garie à l'empire comme une simple province

et a laissé à Dorostolon un chef militaire pour la

gouverner. Le participe

6

crrpcanytbv

employé

substantivement signifie celui qui exerce les fonctions de stratège", et nous avons prouvé

par de nombreux exemples du mame chroni-

Untersuchungen zur

spEdbyz. Verfassungs-und Wirtschaftsge-

schichte, Mitteilungen 21.12 osman. Gesch., II (1923-1925), Hattovir

1925, p. 19.

Izvestija de l'Institut archéol. russe de Constantinople, X,

Sofía 1905, p. 296. Isfutaidiev lui-mème estime que ce thème exis-

tait déjà vers

1000-1003, organisé par le Bulgarocton.e (V.

son compte rendu concernant le sceau de Syméon Vestes, dans

Byz. Zeitschr., 31 (1931), p. 220).

50

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queur que cette expression n'admet pas d'autre

sens 1. Nous nous bornerons à reproduire cette

fois-ci deux exemples seulement.

Nicétas Pégonitès a étéon ne peut plus

le contester 2_ pendant les guerres avec les

Bulgares gouverneur de Dyrrachion. Lorsque

Jean Vladislav fut tué au siège de cette ville,

le stratège en avertit rempereur :

tj

Pacraer

toa

Occyckcou

toa

y o ovt 0;

Si

p cc-

naccpcxfou Tog Ilnyw-

papthino;

Top

a

Tocivvou Scac

Auppmxtoo N xtto:

vh9u.

La même. expression indique par cons&

du

quent dans

théme.

ce

passage

aussi

le

chef

2. Xiphias, qui participa à l'expédition en- Voyée dans le Paristrion, fut ensuite nommé

par l'empereur stratège de la seconde ville de la

Macédoine, de Philippopolis, à la place de Théo-

dorokanos qui s'était retiré h. cause de son Age avancé. Le chroniqueur emploie, pour désigner

cette fonction de stratège,

le méme tour de

phrase :

Noujcp6pov

tbv

Si

43tXtracourc6Xec

tbv

Etcptccv

at pat nisCv

npurcoanzecipcov

ITCL

To5

SioSopoxcivou

Stec

7flptg rczpacvpap.ivou. 4 En cette

qualité, il est mentionné quelques pages plus

I. Pour les testes invoqués y. La Question du Paristrion, Byzau-

tion VIII (1933), 281-282.

2 Voir l&-dessus Particle de M.

Chin, II, 467, 2 sq.

Ibid., II, 454, 12-13.

Grégoire, Byzaution, XI(r.936).

51

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loin par une expression analogue : isionvp6pos

Eccptag rfic 0:100an1otnc6Xecoc Ike crsparoav 1.

Il est en consequence hors de conteste que

Tzitzikios était le commandant de la garnison

qui occupait en 1017 la place de Dorostolon.

Meme SkabalanoviC, pour citer un auteur fa-

vor de Zlatarski, voit en lui le commandant

byzantin de la region.

Mais outre Tzitzikios, nous connaissons encore

un commandant byzantin du territoire conquis

par Tzimiskes. Le document qui l'atteste ne

se prete pas A. contestation, car il s'agit du

sceau meme de ce commandant. Publié par

PanCenko 2,

il

porte la légende : KÓps,

43st

OsoMpcp

npcpcxnpfy

xccl

rcpccrqyq)

Afcrcpen. Cette

fois, la qualité du chef byzantin ne peut plus

etre mise en doute. Theodore primikerios figure

dans sa titulature comme stratège de Distra

(Dorostolon). Zlatarski ne veut même pas fe-

connattre ce personnage. Pour

l'écarter,

l'identifie avec Tzitzikios 3, identification abso-

lument impossible. Tzitzikios est un Ibérien,

fils de Theudate Cédrénus mentionne ce der-

1. II, 457. Cédrenus n'est pas d'ailleurs le seul à employer ce

type d'expression; n.ous le trouvons aussi chez le Continuat ur de

Théophanis oh nous lisons tot ,

(ed. licmu) : to5 .Bi zarpadoo

r8

to5 axon inovoiLaCopivoo McopoXiovtoc

A5rzavooz6Xstoç

a r p co-

t truo 5 ¡Ito; xpadatou ti. noIslux& 'cat zopartiou vrativoleco;.

a- lzvesajo de institut aschtol. russe deeonstantinopit., 8 (1903).

3. La situation politigue de la Bulgaria du Nord, p. '5, la note.

52

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tier avec le rang de- Vestes au temps de Con-

stantin VIII 1 Deux petit-fils de ce person-

nage sont mentionnés par le méme chroniqueur :

l'un d'entre eux, le protospathaire Barasbatzés

l'Ibère, fut, sous Michel IV, stratège d'

desse 2.

Cbmment peut-on sérieusement identifier un

Ibère portant le nom si caractéristique de Tzi-

tzikibs avec le primicier qui porte le nom de

Théodore? Le sceau de ce dernier est daté par

Pancenko du. X-eXI-e siècle.

Théodore le

primicier peut done avoir commandé A. Dristra

A l'époque même qui s'étend entre l'annexion

de l'Etat bulgare par Tzimiskès et la con-

quéte définitive du tsarat par Basile II, il a

pu are presque un contemporain de Tzitzikios.

Il faut done admettre que, du moment que nous trouvons à Dristra un commandant by-

zantin, Tzitzikios, au temps des luttes de Basile IL 1 le territoire compris entre les Balkans et le

Danube se trouvait, comme c'était nattirel, de-

puis 971 au pouvoir de Byzance, méme si, ce

que les sources ne confirment pas, il, a pu étre

attiré quelque temps dans la révolte provoquée

par les komitopouloi. SkabalanoviC confirme

lui-même ce fait : Du jour où Basile II,

dit-il,

placa un stratège A Dorostolon (Drstr,

I. II, 483, 16.

2, II, 520, 12.

53

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Silistrie) 1, cette ville devint la résidence du

thème du Danube" 2 Presque b. la même date

l'empereur installait aussi a Skoplje un chef

supréme des territoires occidentaux de la Bul-

garie conquise, et ce chef fut de fait le premier

commandant du thème de Bulgarie. Zlatarski

reconnait, lui aussi, A. ce chef (David Areianités)

la qualité de gouverneur de la Bulgarie.

On peut done conclure, en accord avec les

sources, que, dès la deuxième (Meade du XI-e

siècle, quand les guerres de Basile II touchaient

A. leur fin, les deux régions de la Bulgarie an-

cienne et nouvelle apparaissent organisées sous

l'autorité de Byzance. Mais les origines du

théme de Dristra-Dorostolon se rattachent sans doute possible A la situation créée entre le Da-

nube, la mer et les Balkans dans la seconde

moitié du X-e siècle, par la victoire de Tzimiskès.

Obligé de reconnaitre finalement l'existence

de ce thème, le savant de Sofia tente d'établir

au moins qu'il n'a pu étre organisé que dans la

deuxième moitié du XI-e siècle. Sous Basile II

et ses successeurs immédiats

cette organisation propre n'a pas exist& parce

que la région dépendait du kat6pan ou due de

Bulgarie". Malheureusement l'auteur n'apporte

affirme-t-il

r. Il rolvoie précisérnmt it la phrase de Cédrénus,

II, 465:

crpartiyollwcoç iv r45 Acipocray TCtItotlon etc.

2. CI. c., p. 247.

54

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aucune preuve à l'appui de son assertion. Son

affirmation qu'avant le milieu du XI-e siècle

Paristrion était un thème-katépanat", non un thème-duché", qu'il était commandé par des

chefs qui avaient titre d' eipxong, titre purement

militaire" ( ? ), n'a aucune valeur. Quel qu'ait

été ce titre, il confirme tout de m'éme l'exis-

tence de l'organisation que nie l'auteur. Quant

la dépendance par rapport au katépan de

Bulgarie,

elle

n' a jamais

existé.

Les

deux

thèmes apparaissent en m'éme temps dans l'his-

toire et ils sont, ce qui n'est que parfaitement

normal, indépendants l'un de l'autre. Les témoi-

gnages historiques ne manquent pas qui confir-

ment ce fait. Nous avons invoqué un texte

explicite A. ce propos 1, et néanmoins l'historien

bulgare répéte après des années, dans l'His-

toire de l'empire bulgare", sa vieille et fausse

opinion. Il s'agit dans le texte invoqué et qui

nous est fourni par Cédrénus de l'épisode bien

connu du conflit entre l'empire

et

les Pet-

chénègues, sous

le

règne de Constantin IX

Monomaque. Lorsque Kegen passe, en 1048,

avec ses bandes de Petchénègues le Danube et

entre au service de l'empire, le chef légitime

des barbares, Tyrak, envoie une ambassade de

proiestation à Constantinople. L'empereur refuse

i. La question du Paristrion, Byzantion VIII (1933),

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p.- 285.

de la satisfaire et, s'attendant A une réaction

de la part du barbare, il expédia des lettres ii.

Michel, le commandant du territoire paristrien,

et A. Kegen, qui avait obtenu quelques forte-

Tesses dans la méme région, en leux ordonnant

de bien surveiller les rives du fleuve. Si les

barbares se ruaient en grand nombre sur le

pays, Michel et Kegen devaient en aviser sur

le champ le basileus, pour qu' il leur envoyat

des troupes de l'Ouest, qui les aideraient a empe-

cher les Petchénègues de passer le fleuve :

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L'empereur fait

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temps cent trirèmes pour monter la garde sur

le Danube. Les prévisions du basileus se réali-

sèrent. Tyra attendit l'hiver et passa avec les

Petchénègues, en nombre considérable, sur le

fleuve gelé, dans l'empire. Les forces du thame

furent incapables de les arréte-r. Le gouverneur

écrit A. l'empereur, en demandant des renforts.

Monomaque mande immédiatement au stratège

d'Andrinople, Constantin Areianités, de même

qu'au gouverneur de Bulgarie,

Basile Mon-

chos, de courir, le premier avec ses troupes

macédoniennes", le second avec ses forces

bulgares" au secours de Michel (To Souxi eAapca-

34 Cédr., II, 585,, 8,

56

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11 est donc de toute évidence que le comman-

dant de Paristrion -- apxow TGri Icaptcryfon 7c6Xsaw

l'appelle

A celui

Cédrénus

de

Bulgarie,

n'était pas subordonné

comme le veut Zla-

tarski ; autrement l'empereur ne lui aurait pas

transmis directement

ses ordres. Le duc de

Bulgarie lui envoie des renforts A. l'injonction

de l'empereur. Si, au cours des luttes liyrées

a. cette époque aux Petchénègues, le chef de

Paristrion est ordinairement secondé par celui

-de Bulgarie (Basilios Monachos assiste Romain

Diogène 2, Nicéphore Botaneiatés vient au se-

cours de Basilios Apokapès) 3, cela ne veut pas

dire que le commandant de Skoplje étendait

Son autorité sur le thème de Dristra. L'expli-

'cation en est très simple .: vu le nombre consi-

dérable -des barbares, l'armie du petit thème

frontière n'était pas capable de leur résister a

elle seule. Les premiers qui couraient au secours

étaient naturellement les contingents voisins de

Z. II, 585,

22 sq.

Attal., 97 (Bonn).

Skylitzès, 654.