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Cet enregistrement a été réalisé avec l’aide de la Communauté française

(Direction générale de la Culture, Service de la Musique)

Enregistrement : Beaufays, église Saint-Jean l’évangéliste, du 23 au 25 janvier 2008


Prise de son et direction artistique : Jérôme LEJEUNE
Photos : Olivier de Spoelberch

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Giulio CACCINI
(1551 - 1618)

L’Euridice
Composta in Musica in Stile Rappresentativo
(1600)

SCHERZI MUSICALI
Orfeo : Nicolas ACHTEN (baryton)
Euridice : Céline VIESLET* (soprano)
Tragedia, Daphne : Magid EL-BUSHRA (contre-ténor)
Ninfa, Venere : Marie de ROY (soprano)
Ninfa, Proserpina : Laurence RENSON (mezzo-soprano)
Arcetro, Caronte : Reinoud VAN MECHELEN* (ténor)
Tirsi, Aminta, Plutone : Olivier BERTEN (baryton)

Sarah RIDY, harpe triple


Eriko SEMBA, basse de viole, lirone
Simon LINNÉ, luth, théorbe, guitare
Francesco CORTI, clavecin, orgue

direction
Nicolas ACHTEN (théorbe)

* Lauréats Dexia Classics


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Prologo
1. Aria di Romanesca 1’17
2. La Tragedia : Io che d’alti sospir 3’42

Atto primo
Scena prima
3. Pastore del Coro : Ninfe ch’i bei crin d’oro 3’03
4. Euridice : Donne ch’a miei diletti 2’42
5. Coro : Al canto, al ballo 3’03

Scena seconda
6. Orfeo : Antri ch’a miei lamenti 5’13
7. Dafne Nunzia : Lassa, che di spavento 2’53
8. Dafne Nunzia : Per quel vago boschetto 3’39
9. Orfeo : Non piango e non sospiro 1’22
10. Arcetro : Ahi mort’ invid’e ria 2’45
11. Ninfa del coro : Cruda morte 6’11

Scena terza
12. Arcetro : Se fato invido e rio 6’30
13. Coro : Se de’ boschi i verdi onori 2’13

Atto secondo
Scena quarta
14. Aria di Romanesca 3’28
Venere : Scorto da immortal guida
15. Orfeo : Funeste piaggie, ombrosi orridi campi 3’41
16. Plutone : Ond’e cotanto ardire 7’54
17. Plutone : Trionfi oggi pietà ne’ campi inferni 1’05
18. Coro : Poi che gli etern’imperi 1’52

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Atto terzo
Scena quinta
19. Aria di Romanesca 1’52
Arcetro : Già del bel carro ardente 2’40
20. Aminta : Voi che si ratte il volo 6’08
21. Orfeo : Gioite al canto mio 5’16
Ninfa : Tu sei, tu sei pur quella
22. Coro : Biondo arcier che d’alto monte Aureo fonte 2’42

Conseils linguistiques : Gina Cipolla et Francesco Corti


Accord des instruments à clavier : Hannes Vereecke

Instruments :
Théorbe : Klaus T. Jacobsen, London, 2002
Harpe triple (anonyme, Bologna) : Rainer Thürau, Wiesbaden, 2005
Viole de gambe : Sergio Marcello Gregorat, Roma, 2006
Lirone (anonyme) : Marco Salerno, Roma, 2001
Guitare baroque : Michaël Fedchenko, St-Petersbourg, 2002
Liuto attiorbato (Sellas, 1637) : Luciano Faria, Sao-Paulo, 2005
Théorbe (Buenchenberg 1610) : Lars Jönsson, Dalarö, 2001
Orgue positif : Dominique Thomas, Ster-Francorchamps, 2007
Clavecin cordé en métal (Trasuntino) : Emile Jobin, Paris, 1980
Clavecin cordé en boyau (anonyme, Napoli) : Augusto Bonza, Turbigo, 1999

Merci à toutes les personnes qui ont contribué à la résurrection de cette Euridice, et tout particulièrement à Dominique
et Olivier de Spoelberch, Jean Pierre Smeyers et la banque Dexia, Frédérick Haas, Dominique Thomas, Eric Grellety,
Ronny Lauwers, Frédéric Dussenne, Jean-Noël Delfanne, Gina Cipolla, Hannes Vereecke et les artistes.

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L’EURIDICE

Retour à l’Antiquité
L’Italie connaît au XVIe siècle de nombreux changements d’ordre politique, religieux et culturel. La
libération des grandes villes de l’emprise de Charles-Quint a suscité dans le milieu bourgeois un fort désir
de mieux vivre et de s’élever culturellement. C’est à ce moment que le mouvement humaniste redécouvre
l’Antiquité, ses penseurs et ses artistes, influençant considérablement la création artistique future. La
dégradation de l’image ecclésiastique par des papes frauduleux aidant, on observe une laïcisation des
arts : peintres, sculpteurs, architectes, poètes et musiciens vont tenter de rivaliser avec les Anciens.

La musique n’échappe pas à cette évolution. Des poèmes amoureux, bien que d’expression individuelle, sont
mis en musique à plusieurs voix. Leur écriture polyphonique va cependant à l’encontre de l’intelligibilité
du texte : les entrées imitatives du contrepoint font en effet entendre des mots différents au même moment.
De plus, chanteurs et instrumentistes de la renaissance excellent dans l’art de la diminution : ils improvisent
des ornements et « passaggi » des plus virtuoses, sur n’importe quelle syllabe, au point que le madrigal
devient méconnaissable et le texte incompréhensible.

Le même phénomène existe dans la musique sacrée. Le Concile de Trente, dans les années 1545, va y
opérer un grand changement : il faut « fuir le vain plaisir de l’ouïe », et « que les paroles puissent être
perçues de tous ». De nombreux motets sont désormais écrits en faux-bourdon (falsobordone), motets dont
l’écriture homorythmique, le débit lent et l’harmonie assez simple répondent aux exigences du Concile.
Cependant, les chanteurs ne pourront très longtemps freiner leur art de la diminution et orneront, parfois
à l’excès, les valeurs longues des motets.

Ce désir de compréhension du texte interpelle aussi les compositeurs de musique profane de la dernière
génération du seizième siècle. À Florence, le Signore Giovanni de’ Bardi rassemble dès 1576 de grands
humanistes, artistes et intellectuels, pour discourir sur l’art. Dans cette Camerata Bardi ou Camerata
Fiorentina, on retrouve des personnalités telles que Girolamo Mei, Vincenzo Galilei, Piero Strozzi, Luca
Marenzio, Emilio de’ Cavalieri, Ottavio Rinuccini, Jacopo Peri ou encore Giulio Caccini... Parmi eux,
Vincenzo Galilei condamne la musique polyphonique, inapte selon lui à véhiculer l’émotion des paroles.
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Ce dernier échange avec Girolamo Mei une correspondance qui renseigne ses contemporains sur la
tragédie classique grecque et la poésie lyrique : ils usaient d’une voix à mi-chemin entre le chanté et le
parlé, et déclamaient le texte au son d’un instrument qu’il jouaient souvent eux-mêmes. Le mouvement
humaniste redécouvre également la rhétorique, art de structurer un discours et d’exprimer des idées avec
force. Selon Platon, la musique ne pouvait émouvoir que si elle était avant tout le mot, puis le rythme, et
finalement le son. Cet idéal d’inspiration antique, combiné avec leur sens aigu de la rhétorique, semble
apporter une réponse aux compositeurs de la Camerata Bardi ; ils vont ainsi tenter l’expérience d’inventer
une nouvelle musique à voix seule, accompagnée d’un instrument. Deux compositeurs se disputent
ouvertement la paternité de ce nouveau style : Giulio Caccini et Jacopo Peri.

On entend un air de chacun d’entre eux parmi les nombreuses pièces polyphoniques des intermèdes de La
Pellegrina (pièce de Girolamo Bargagli représentée à l’occasion du mariage de Christine de Lorraine et
Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane). L’inventaire des festivités nous informe très précisément
sur les instruments utilisés. Il semble que ce soit à cette occasion que l’on utilise pour la première fois
des instruments de basse continue, parmi lesquels le chitarrone et le lirone (dont les noms font allusion
respectivement à la kitara et à la lira des Grecs).

C’est en 1600 que Cavalieri, démis de ses fonctions à Florence, se rend à Rome où il fait représenter en
février La Rappresentatione di Anima e di Corpo. L’œuvre est imprimée le 3 septembre. Il s’agit de la
première composition en « stilo rappresentativo », avec, à l’instar de la tragédie antique, des personnages
qui s’expriment soutenus de quelques instruments de basse continue et un chœur qui commente l’action.

En octobre de cette même année 1600, un autre grand mariage est célébré à Florence : Henri IV, roi de
Navarre et roi de France, épouse Marie de Médicis. À cette occasion, Giulio Caccini est responsable d’un
grand spectacle, regroupant près de soixante-cinq artistes : Il Rapimento di Cefale (dont il ne nous reste
que le chœur final), sur un livret de Chiabrera, est représenté le 9 octobre au Palazzo Vecchio devant trois
mille huit cent personnes ! Un autre spectacle, de moindre envergure, se donnait le 6 octobre au Palazzo
Pitti, aux frais du Signore Jacopo Corsi : L’Euridice, fable d’Ottavio Rinuccini mise en musique par
Jacopo Peri. Giulio Caccini contribue à cette œuvre en écrivant certains passages chantés par ses filles et
élèves. Il s’agit là de la première œuvre vocale profane calquée sur le modèle de la tragédie antique qui

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nous soit parvenus. On peut parler, d’une certaine façon, du premier opéra. Il sera imprimé le 6 février
1601.

C’est pourtant Giulio Caccini qui sera le premier à publier une favola « in stile rappresentativo », puisqu’il
s’empresse de faire imprimer sa propre version de L’Euridice. Etait-ce par jalousie envers Peri, ou par
volonté idéaliste de marquer l’Histoire en faisant paraître avant quiconque sa propre vision de musique
théâtrale et rhétorique « à l’antique » ? Peu importe. Toujours est-il que Giulio Caccini a devancé Peri en
publiant L’Euridice le 20 décembre 1600. L’Euridice de Caccini ne sera représentée que le 5 décembre
1602, dans le même Palazzo Pitti.

Giulio Caccini, detto Romano


Giulio Caccini est né en 1551 à Tivoli, près de Rome. Son talent de chanteur est remarqué dès de son
enfance, époque à laquelle il est rattaché à la Capella Giulia. Il quitte Rome à 13 ans pour travailler
à la Cour de Florence. Il y sera aussi consécutivement au service des Signori Giovanni de’ Bardi et
Jacopo Corsi. Caccini est renommé pour la douceur de sa voix de ténor qu’il accompagne au chitarrone
(il jouait aussi de la harpe, du luth, de la gran lira (lirone) et du clavecin), mais aussi pour ses qualités de
pédagogue. Quelques-uns des plus grands chanteurs du début du dix-septième siècle furent ses élèves :
ses épouses consécutives Lucia et Margherita, ses filles Francesca, Settimia et son fils Pompeo, mais aussi
Franceso Rasi et Caterina Martinelli, pour qui Monteverdi écrivit respectivement les rôles-titres d’Orfeo
et d’Arianna.

Son protecteur, Giovanni de’ Bardi, est démis de ses fonctions de surintendant de la musique à la cour de
Florence et est forcé à l’exil en 1592 ; Caccini l’accompagne à Rome comme secrétaire. Peu après, Caccini
est lui-même disgracié suite à des « persécutions de rivaux et d’envieux » ; il trouve d’abord réconfort dans
la culture de son jardin, mais sera très vite engagé à la cour de Ferrare. Bien que fort apprécié par Clément
VIII qui y est provisoirement installé, Caccini retourne à Florence où il est finalement réhabilité en 1600.
Après quelques mois, le grand-duc invite Caccini à remplacer Cavalieri au poste de « surintendant » de
la musique.

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Le « Concerto Caccini », composé de Margerita, Francesca et Settimia, voit le jour en 1602. Henry IV et
Marie de Médicis invitent à plusieurs reprises Caccini et son « concert de musycque » à Paris ; le roi tente
même de garder auprès de lui l’une des filles du compositeur. Dans la première décennie du dix-septième
siècle, Caccini est au cœur de l’activité musicale florentine ; en octobre 1608, il dirige les intermèdes
représentés pour le mariage du prince Cosme et Médicis et Marie-Madeleine d’Autriche. À la mort de
Ferdinand Ier en 1609, Caccini se retrouve à la retraite quasiment forcée. Il disparaît alors quelque peu
du paysage musical florentin, tandis que ses enfants sont de plus en plus acclamés sur scène. On sait
cependant que Sigismondo d’India a été fort honoré d’entendre ses musiques chantées par
« l’excellentissime musicien Giulio Caccini », et Monteverdi lui rend visite en 1610. Il meurt à Florence en 1618.

Outre L’Euridice, il a publié Le Nuove Musiche en 1602, et Le Nuove musiche & la maniera di scriverla
en 1614. Les préfaces de ces trois ouvrages nous éclairent fortement sur son cheminement, son langage et
la technique vocale qu’il enseigne. La préface de 1602, texte de neuf pages sur lequel Caccini a travaillé
près d’un an, est en quelque sorte considérée comme le premier traité de chant moderne. La recherche
de Caccini vise principalement à servir au mieux le texte. Le rôle de la musique n’est que de souligner
l’émotion des paroles, et l’interprète a pour mission de toucher l’auditeur en usant de la sprezzatura
(« noble manière de chanter qui se rapproche au mieux de la parole naturelle, sans se soumettre aux
contraintes d’une mesure régulière… »).

Caccini écrivait modestement qu’il ne se considérait que comme la petite étincelle d’une grande flamme.
C’est en effet sur sa trace que de nombreux compositeurs de la génération suivante reprendront le flambeau
et exploreront l’expressivité et la théâtralité de la musique vocale soliste. Son style rayonne dans toute
l’Italie, et même au-delà des frontières.

Trois visages d’Orphée


C’est de toute évidence que le mythe fascinant d’Orphée, symbole même de l’alliance entre poésie et
musique, devait inaugurer l’histoire de l’opéra. Dès la fin de l’an 1600, deux versions de L’Euridice
voient le jour à Florence ; elles seront suivies sept ans plus tard par un Orfeo à Mantoue. Peri et Caccini
poursuivent un même idéal d’intelligibilité du texte (avec un traitement rythmique du texte assez

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semblable, paramètre assez objectif qui découle évidemment de la métrique naturelle de la langue), visent
l’expression rhétorique des sentiments, mais utilisent des moyens musicaux qui leur sont propres, fidèles à
leur personnalité. Peri a recours à des harmonies surprenantes, de nombreuses dissonances, tout en traitant
les idées du discours plus isolées les unes des autres ; il évite tant que possible les lignes mélodiques qui
risqueraient de trop détourner l’attention du texte. Le langage de Caccini est plus vocal, ce qu’attestent les
nombreux traits mélodiques intégrés dans le récitatif et la profusion de diminutions écrites dans les parties
de nymphes. Son harmonie est simple et pure, permettant à la moindre incursion vers des accords plus
colorés tels que do ou fa mineur d’exprimer efficacement des émotions plus douloureuses.

Chacun d’eux considère évidemment son approche comme la plus apte à susciter l’émotion de qui écoute ; tous
deux tentent à leur manière et selon leur goût, d’exprimer au mieux les sens des paroles, veillant à traduire
en musique le rythme naturel du débit de la parole et l’inflexion de la déclamation. Indépendamment
de leur beauté, ces œuvres sont d’importance capitale dans l’histoire de l’opéra, notamment quant à
l’influence qu’elles auront sur le travail de Claudio Monteverdi et Alessandro Striggio. L’Orfeo présente
en effet de nombreux parallélismes avec L’Euridice, tant par les effectifs vocaux que dans la structure et
le champ lexical du livret. Une lecture parallèle des deux livrets et des trois œuvres met en évidence que
le célébrissime Orfeo de Monteverdi n’aurait pas été le même sans ses prédécesseurs.

L’Euridice, 1600 : La fable et sa musique


C’est à l’occasion du Mariage de Marie de Médicis avec Henri de Navarre qu’Ottavio Rinuccini rédige la
fable de L’Euridice. Elle raconte l’histoire d’Orphée qui pénètre les Enfers pour ramener son Eurydice à
la vie. Le dénouement heureux (lieto fine) était indispensable au contexte du mariage célébré : c’est bien
en hommage à Marie de Médicis que la fable s’appelle L’Euridice, et non L’Orfeo.

La mise en musique de Caccini semble suggérer la possibilité d’une lecture allégorique de l’histoire, dans
laquelle les noces d’Orphée et Eurydice symbolisent le mariage arrangé et célébré par procuration, entre
Henri de Navarre (qui combattait en Espagne) et Marie de Médicis : ce mariage est un enjeu considérable,
à l’issue des guerres de religions, pour le maintien de la paix au sein du peuple français. Ceci pourrait
peut-être expliquer l’absence de passion ou de complicité entre Orphée et Eurydice (ils ne se rencontrent

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qu’en quittant l’enfer). En outre, il règne une atmosphère étonnamment sombre lors de la préparation du
mariage, comme si les bergers cherchaient à se convaincre de leur bonheur.

Le livret de grande qualité que nous laisse Rinuccini est un bel exemple de l’art rhétorique baroque
naissant. Usant largement de la technique du clair-obscur, également très usitée dans la peinture, il réalise
d’intéressants oxymores par l’association d’affetti (émotions) antinomiques. La dynamique dramatique du
livret naît du tiraillement entre ombre et lumière, voyelles ouvertes et fermées, « suavitas et gravitas », joie
et douleur. Ces oppositions existent sur plusieurs plans : entre deux mots de sens opposés (« lieti orrori »,
« ô cara vita, ô cara morte »), entre deux ambiances contrastées (par exemple, le chœur optimiste « Se de’
boschi » en sol majeur est abruptement par le sol mineur du « Poi che dal bel sereno » d’une des nymphes).
Ce clair-obscur renforce également le lien entre texte et musique : outre les modes de sol, do et ré mineur
de la préparation du mariage, on rencontre régulièrement des accords majeurs sur des paroles tristes ou
douloureuses ou des accords mineurs sur les mots heureux…

L’Euridice suit de près le modèle de la tragédie classique : l’action qui implique quelques personnages, ici
mythologiques, est commentée par un chœur à l’antique. L’Euridice n’est pas qu’un long récitatif interminable.
Caccini alterne subtilement les monologues (le prologue de la Tragédie, monologues d’Orphée, de Daphné,
d’Arcetro, d’Aminta), les dialogues (Ophée et Arcetro, puis Orphée et Pluton) et scène à plusieurs personnages
(les tableaux de nymphes et bergers du premier acte, la fin de l’acte aux Enfers et la scène du retour d’Euridice qui
conclut l’œuvre). Il ponctue régulièrement le « recitar cantando » de chœurs et de petits airs parfois strophiques.

Le récitatif prédomine bien évidemment l’œuvre. Ce style nouveau, calqué sur l’image que Caccini s’était
faite de la manière donc les anciens jouaient la tragédie en musique, nécessitait une notation nouvelle.
Les personnages « récitent en chantant », accompagnés de longs arpèges de basse continue. Caccini
cherche la notation qui traduit au mieux le débit naturel du texte et les gestes rhétoriques, mais insiste sur
la nécessité de la sprezzatura pour retrouver la souplesse de la langue. Le système d’accompagnement
de basse continue est neuf lui aussi, et sa notation déjà unanimement adopté : seul la basse est indiquée,
surmontée de quelques chiffres qui symbolisent l’accord à jouer. Cette notation assez ouverte permet au
compositeur de ne pas figer la réalisation des accords et l’instrumentation de l’accompagnement, et laisse
la possibilité aux exécutants de choisir la couleur la plus appropriée pour chaque passage.

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Les interventions du chœur « à l’antique » sont homorythmiques, parfois aux allures populaires (« Se de’
boschi », « Biond’ Arcier »), parfois en double chœur (« Poi che gl’eterni Imperi »), mais le plus souvent
sous forme de faux-bourdon (« Sospirate, aure celesti ») ; l’absence d’imitations mélodiques garantit la
clarté permanente du texte. Quelques-uns d’entre eux sont de précieux témoignages de la tradition du
faux-bourdon orné, les diminutions étant ici toutes écrites (« Non vede un simil par d’amante il sole », « Al
canto, al ballo » ou « Alziam le voci e’l cor »). Le terme de « chœur » est également utilisé pour des breves
interventions de toute évidence solistes, en style récitatif. Cette terminologie sous-entend probablement
« uno del coro » et en réfèrerait à une nymphe ou un berger qui symbolise le chœur dans sa fonction :
ces phrases expriment une pensée collective, un commentaire à l’action, ou sont une question posée à un
personnage, de manière à ce que ce dernier poursuive son monologue.

Les airs sont bien sûr plus accessoires qu’il ne seront plus tard dans l’opéra. Bien que très courts, ils sont
présents, notamment dans entre les chœurs des scènes de nymphes et bergers (« Al canto, al Ballo » et
« Sospirate, aure celesti ») ; on trouve aussi deux airs strophiques (« Nel puro ardor » de Tyrsis ou « Gioite
al canto mio » d’Orphée). Certains d’entre eux, tels que le « Vaghe ninfe » de la nymphe proposent des
« passaggi » (traits rapides, virtuoses et gracieux, qui résultent de l’art de la diminution de la Renaissance)
dont Caccini avait le secret. Bien que plus nombreux que dans l’œuvre de Peri, les « passaggi » sont
utilisés avec beaucoup d’économie, et justifiés par l’énergie et le sens dont ces paroles sont chargées.

L’Euridice, 2008 : Les choix artistiques


L’Euridice m’a paru idéale pour faire l’objet du premier enregistrement d’un jeune ensemble tel que le
nôtre, des voix jeunes étant peut-être les plus aptes à communiquer la fraîcheur, la naïveté et l’innocence
d’Orphée et son univers. C’est cependant avec beaucoup de respect pour l’œuvre que nous avons cherché
comment servir L’Euridice au mieux. Aborder le premier opéra jamais imprimé n’a pas été sans soulever
des questions. Je voudrais expliquer ici les réflexions qui m’ont mené vers certains choix artistiques.

Orphée, comme Caccini, accompagne lui-même son chant au théorbe. Dans l’idée d’une troupe « à
l’ancienne », les autres chanteurs qui endossent les rôles des nymphes et bergers dans monde des vivants,
incarnent les dieux tels que Vénus, Pluton, Proserpine et Charon aux Enfers. Confier le rôle de la messagère

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Daphné à un contre-ténor a pour but de renforcer l’identification de ce personnage, en marge des autres
nymphes à cause de la triste nouvelle qu’elle porte. On sait que Peri, peut-être dans la même idée, avait
confié le rôle à un enfant, le petit Jacopo Giusti de Lucca…

Quant à l’effectif instrumental, il rassemble les plus importants instruments de basso continuo existant
à Florence autour de 1600 (Caccini était capable de jouer chacun d’entre eux) : deux grands théorbes ou
chitarrone, un liuto attiorbato, une guitare, une harpe triple, un orgue positif, un lirone, une viole de gambe
et deux clavecin (l’un des deux cordé boyau). Chacun de ces instruments s’alterne ou se combine, se
complète ou s’oppose dans les différents affetti, et ce afin de véhiculer au mieux l’émotion du texte.

Avec L’Euridice, nous sommes face à une partition écrite avant une majeure partie du répertoire que l’on
connaît aujourd’hui. Il est donc difficile de se remettre dans l’état d’esprit de Caccini qui, ayant appris
la musique par le contrepoint, le rejette pour créer un nouveau langage. Noter ce langage sera pour lui
un défi. Il dispose d’un solfège développé pour la musique polyphonique, alors que le langage qu’il doit
traduire sur papier est fort différent. Ce problème de notation est d’ailleurs un sujet de compétition entre
Caccini et Peri (ce dernier juge nécessaire d’entendre l’auteur chanter ses airs pour comprendre comment
les exécuter, ce qui selon Caccini n’est pas nécessaire si la notation est suffisamment bonne). Nous avons
essayé, malgré la notation métrique des récits, de retrouver la souplesse de la langue italienne, usant de la
sprezzatura exigée par Caccini et confirmée par diverses sources contemporaines.

Le chœur de l’Euridice n’est pas le grand rassemblement de soixante-cinq chanteurs qu’il avait pour le
Rapimento di Cefale : tantôt on lit « Ninfa del coro » ou « Pastore del coro » tantôt « Coro a 5 ». Ceci
signifie selon moi que les chœurs sont destinés à un ensemble de solistes et non un chœur dans son
acception plus tardive. L’écriture ornée de plus d’un chœur et l’intimité du Palazzo Pitti où l’œuvre fut
créée me paraissent confirmer cette idée. Le terme « Coro » qualifie également des courtes phrases en style
récitatif : ces quelques interventions ont été attribuées aux nymphes ou aux bergers.

De nombreuses sources témoignent de l’addition d’intermèdes musicaux entre les actes d’un « opéra ». J’ai
voulu préserver au maximum l’univers de Caccini en ponctuant l’œuvre par ses propres variations sur l’air de
la Romanesca. Bien que destinées à être chantées, elles se prêtent très bien à une exécution instrumentale.

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Caccini a écrit son Euridice dans une attitude de recherche ; c’est dans ce même état d’esprit que nous
avons exploré et expérimenté comment au mieux servir sa musique. La préface des Nuove Musiche est la
lanterne maîtresse avec laquelle nous avons tenté de dissiper les zones d’ombre quant l’exécution de cette
œuvre. Bien que pensée et écrite il y a plus de quatre siècle, sa force émotionnelle la rend peut-être plus
proche de nous que ce que l’on serait tenté de le croire.

Synopsis
Prologue
La Tragédie se veut rassurante : elle aussi se prépare au mariage royal, et, pour éviter de faire couler du
sang de veines innocentes, adoucira exceptionnellement son langage…

Acte I
Nymphes et bergers préparent aujourd’hui le mariage du demi-dieu Orphée et de la nymphe Eurydice.
Cette dernière s’éloigne avec quelques compagnes pour se divertir auprès de la fontaine des Lauriers.
Survient la nymphe Daphné, qui peine à révéler une terrible nouvelle : Eurydice mordue par un serpent, a
expiré son dernier souffle en murmurant le nom d’Orphée de ses lèvres froides et tremblantes. Orphée ne se
laisse pas abattre ; il jure d’aller d’arracher sa bien-aimée aux Enfers. S’en suit une profonde lamentation
des nymphes et bergers. Le berger Arcètre a suivi son ami Orphée pour s’assurer qu’il n’attenterait pas à
sa vie. Il nous raconte alors que Vénus, précédées de ses colombes, a traversé le ciel enflammé pour tendre
la main au demi-dieu.

Acte II
Vénus escorte Orphée vers les Enfers, où il fait résonner sa lamentation. Pluton y reste insensible, les lois
de son empire interdisant à tout défunt de retourner à la vie. Orphée cherche alors par tous les moyens
de fléchir le roi des Enfers, le suppliant d’abord, puis lui rappelant que Jupiter lui-même avait déjà fait
exception à sa loi en acceptant que la déesse Proserpine puisse devenir l’épouse de Pluton au royaume
des morts. Aidé par cette dernière, puis par Charon et Rhadamante, Orphée obtient finalement le droit de

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ramener Eurydice à la vie. Les esprits infernaux mettent alors en garde les mortels que nous sommes : il
n’est pas donné à tout le monde de quitter le royaume des morts…

Acte III
La nuit tombe, et les nymphes et bergers s’inquiètent : Orphée n’est toujours pas de retour. Arrive le berger
Aminta, qui tente de rassurer ses amis : Orphée est en route avec Eurydice. Nul ne veut le croire. Pourtant
Orphée et Eurydice arrivent, suscitant l’étonnement de tous. Ils chantent alors les louanges de la poésie et
l’amour qui peut même triompher de la mort.

Les personnages et les références mythologiques dans le livret


Orphée est un demi-dieu, fils du dieu du soleil Apollon (ou Phœbus, qui parcourt le ciel sur son char
doré et, le soir venu, mène le soleil dans le sein de la déesse marine Téthys) et de la muse Calliope. Il est
l’emblème de la poésie et de la musique, et accompagne son chant de la lyre. Son chant légendaire avait
un grand pouvoir sur la nature, car on dit qu’il émouvait tous les animaux, mais aussi les végétaux, les
pierres, les fleuves…

Eurydice est une dryade, nymphe des arbres. Bien qu’ayant d’abord repoussé les avances d’Orphée, elle
accepte de l’épouser.

En compagnie des bergers et nymphes, amis du couple, ils célèbrent Hyménée, dieu du mariage. Parmi eux
se dégagent Arcètre (meilleur ami d’Orphée), Tyrsis, Daphné (compagne d’Eurydice qui devra annoncer
le décès de cette dernière), et Amynte (qui par contre annoncera le retour d’Orphée et Eurydice).

Orphée sera escorté vers les Enfers par l’intrépide Vénus, déesse de la beauté et de l’amour, fille de Jupiter
et mère du petit cupidon. Elle est souvent accompagnée de colombes, ainsi que le décrit Arcètre à la fin
du premier acte.

Les Enfers, parmi lesquels la seconde strate est la brûlante cité de fer appelée Dis, sont régis par Pluton,
frère de Jupiter (dieu du Ciel) et de Neptune (dieu des mers). Ils sont les fils de Saturne qui détrônèrent

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leur père et se partagèrent l’univers. Cet épisode est évoqué par le chœur des esprits infernaux. Bien que
seuls les morts sont autorisés en Enfer, Pluton a obtenu dans le passé de pouvoir garder auprès de lui la
déesse des saisons Proserpine – qu’il avait préalablement enlevée – et l’épouser. L’accord passé avec
Jupiter était qu’elle pourrait passer une moitié de l’année aux Enfers et l’ autre auprès de sa mère, sur le
mont Olympe. Ceci fit naître les saisons…

L’entorse que Jupiter a faite à sa propre loi, au nom de l’amour de Pluton pour Proserpine, sera pour
Orphée un argument de taille pour arracher d’Eurydice aux Enfers. D’abord aidé par Proserpine, il sera
ensuite soutenu par Charon (nocher des Enfers qui mène les âmes errantes vers le royaume des morts), et
Rhadamante (juge des Enfers).

Nicolas ACHTEN, Bruxelles, mai 2008

Nicolas Achten
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L’Euridice

A return to Antiquity
Italy underwent many forms of political, religious and cultural change during the 16th century. The
liberation of the larger cities from Charles V’s grip created a strong desire for a better way of life and
for cultural improvement in the bourgeois classes. It was at this time that the Humanist movement
rediscovered Antiquity, its thinkers and its artists, and thereby influenced all future artistic creation deeply.
Thanks also to the degradation of the Church’s image by fraudulent Popes, a secularisation of the arts
began to gain ground: painters, sculptors, architects, poets and musicians now attempted to rival the works
of the Ancients.

Music was not spared this evolution; love poems, although individual in expression, were set to music for
several voices. Their polyphonic writing, however, worked against the comprehension of the text, for the
imitative entries of the counterpoint caused the listener to hear several different words at the same time.
What is more, singers and instrumentalists of the Renaissance excelled in the arts of ornamentation: they
improvised the most virtuoso ornaments and passages on whatever syllable took their fancy, to the point
that the madrigal became unrecognisable and the text incomprehensible.

The same phenomenon occurred in sacred music. The Council of Trent brought about a great change in
1545: from that date onwards it was necessary to ‘shun the vain pleasures of the ear’ and ‘for the words
to be perceived by all’. Many motets were composed in faux-bourdon or falsobordone style at that time,
these motets fulfilling the Council’s demands with their homorhythmic writing, slow delivery and simple
harmonic language. Singers, however, were not long able to restrain their art of diminution; they soon
ornamented, sometimes to excess, the longer note-values of the motets.

This desire for a clear understanding of the text also concerned composers of secular music of the last
generation of the 16th century. In Florence, Signore Giovanni de’ Bardi assembled the great Humanists,
artists and intellectuals to discourse upon art in 1576; in this Camerata Bardi or Camerata Fiorentina were
to be found such personalities as Girolamo Mei, Vincenzo Galilei, Piero Strozzi, Luca Marenzio, Emilio

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de’ Cavalieri, Ottavio Rinuccini, Jacopo Peri and even Giulio Caccini. Amongst them, Vincenzo Galilei
condemned polyphonic music, finding it unsuited to transmitting the emotion of the words. Galilei carried
out a correspondence with Girolamo Mei that explained classical Greek tragedy and lyric poetry to his
contemporaries: the ancient Greeks made use of a voice half-way between speech and song and declaimed
the text to the sound of an instrument that they often played themselves. The Humanist movement also
rediscovered rhetoric, the art of structuring an argument and of expressing ideas with emphasis. According
to Plato, music could only move the listener when it was governed principally by the word, then by rhythm
and finally by sound. This ideal of Greek Classical inspiration, combined with their well-honed sense of
rhetoric, seems to have sparked a response in the composers who formed the Camerata Bardi; they too
would attempt to invent a new type of music for solo voice accompanied by a single instrument. Two
composers, Giulio Caccini and Jacopo Peri, openly disputed who had actually created this style.

Amongst the many polyphonic pieces that belong to the intermezzi of La Pellegrina (by Girolamo Bargagli
and performed at the marriage of Christine of Lorraine to Ferdinand I de’ Medici, Grand Duke of Tuscany),
an aria from each of them is heard. The festival inventory informs us very clearly what instruments were
used, with continuo instruments being used for the first time; these included the chitarrone and the lirone,
their names alluding respectively to the ancient Greek kithara and lira.

Cavalieri, having been dismissed from his functions in Florence, travelled to Rome where he had his
La Rappresentatione di Anima e di Corpo performed in February 1600. The work was published on 3
September of the same year; it was the first work to be composed in the new stile rappresentativo with,
following the example of antique tragedy, characters who expressed themselves to the sound of a few
continuo instruments and a chorus that commented on the action.

In October of that same year, another important marriage was celebrated in Florence: Henri IV, King of
Navarre and of France, married Maria de’ Medici. Giulio Caccini was responsible for a spectacle that
on this occasion brought together nearly sixty-five artists: this was Il Rapimento di Cefale, to a libretto
by Chiabrera. It was performed on 9 October at the Palazzo Vecchio in front of three thousand and eight
hundred spectators; all that has survived of this piece is the final chorus. Another spectacle, somewhat
smaller in scale, was given at the Palazzo Pitti on 6 October and was funded by Signore Jacopo Corsi: this

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was L’Euridice, a fable by Ottavio Rinuccini and set to music by Jacopo Peri. Giulio Caccini contributed
certain passages to this work that were sung by his daughters and his pupils. This is the first secular vocal
work based on the model of Classical tragedy to have survived and can, in a certain way, be described as
the first opera. It was published on 6 February 1601.

Giulio Caccini was, however, the first to publish a favola in stile rappresentativo, since he made haste to
have his own version of L’Euridice appear in print. We shall never know whether this was occasioned by
simple jealousy of Peri or by an idealistic wish to make history by having his own musical and rhetorical
vision of Classical theatre before anyone else’s — and in the end this is of little importance. It remains
that Giulio Caccini forestalled Peri by publishing his own L’Euridice on 20 December 1600; it would not,
however, be performed until 5 December 1602, also in the Palazzo Pitti.

Giulio Caccini, detto Romano


Giulio Caccini was born in 1551 in Tivoli, near Rome. His talent as a singer was noticed while he was
still a child, at which time he joined the Capella Giulia. He left Rome aged 13 to work at the Florentine
Court, where he would also enter the service first of Giovanni de’ Bardi and later of Jacopo Corsi. Caccini
was renowned not only for the sweetness of his tenor voice, accompanying himself on the chitarrone
— he also played harp, lute, lirone and harpsichord — but also for his qualities as a teacher. Some of the
greatest singers of the beginning of the 17th century were his pupils: they included not only Lucia and
Margherita, his successive wives, his daughters Francesca, and Settimia and his son Pompeo, but also
Francesco Rasi and Caterina Martinelli, for whom Monteverdi composed the title roles of Orfeo and
Arianna respectively.

His patron Giovanni de’ Bardi was dismissed from his function as superintendant of music at the Florentine
court and forced into exile in 1592; Caccini then accompanied him to Rome as his secretary. Caccini himself
was disgraced shortly afterwards as a result of ‘persecutions by rivals and jealous men’; he first found peace in
cultivating his garden, but was very soon engaged by the court in Ferrara. Although he was greatly appreciated by
Clement VIII who was provisionally installed there, Caccini returned to Florence where he was finally rehabilitated
in 1600. A few months later, the Grand Duke invited Caccini to replace Cavalieri as superintendant of music.

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The ‘Concerto Caccini’, made up of Margherita, Francesca and Settimia, was created in 1602. Henri IV
and Maria de’ Medici invited Caccini and his concert de musycque to Paris several times; the king even
attempted to detain one of Caccini’s daughters at his court. Caccini was at the heart of musical activity
in Florence in the first decade of the 17th century, leading the intermezzi performed for the marriage
of prince Cosimo de’ Medici and Maria Magdalena of Austria in October 1608. He nonetheless found
himself faced with an almost forced retirement when Ferdinand I died in 1609; he then disappeared
somewhat from the Florentine musical scene, whilst his children’s performances were acclaimed more
and more. We do know, however, that Sigismondo d’India was greatly honoured to hear his music sung
by ‘the most excellent musician Giulio Caccini’; Monteverdi also paid him a visit in 1610. Giulio Caccini
died in Florence in 1618.

Apart from L’Euridice, Caccini also published Le Nuove Musiche in 1602 and Le Nuove musiche & la
maniera di scriverla in 1614. The prefaces to these three works give us a very clear explanation of his
approach, his musical language and the vocal technique that he taught. The 1602 preface consists of nine
pages of text on which Caccini worked for over a year; in a way it can be considered as the first essay
on modern singing. Caccini’s researches were principally intended to serve the text as well as possible;
the role of music was only to emphasise the emotions expressed by the text and the interpreter’s task is
to move the listener by his use of sprezzatura: ‘a noble manner of singing that comes as close to natural
speech as possible, without submitting itself to the constraints of a regular pulse’.

Caccini wrote modestly that he only considered himself as the small spark of a larger flame. Indeed, many
composers of the next generation took up the torch and explored the expressivity and the theatricality of
music written for a solo voice in order to follow in his footsteps. Caccini’s style was to spread throughout
Italy and beyond its borders.

The three faces of Orpheus


It goes without saying that the Orpheus myth, that fascinating symbol of the alliance between poetry and
music, should be the subject of the first opera. Two versions of L’Euridice were composed in Florence at
the end of 1600 and these were followed by an Orfeo in Mantua seven years later.

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Peri and Caccini sought the same ideals: the sung text should be completely intelligible, thanks to a
rhythmic treatment that resembled speech rhythm as much as possible; such a parameter developed
naturally from the metrics of the language itself. They aimed for the rhetorical expression of emotions
but used their own musical methods to obtain this, each employing techniques that suited their own
personality. Peri made use of surprising harmonies and frequent dissonances as he dealt with the ideas
behind the plot, each more isolated than the other; he avoided melodic lines as much as possible, as
these risked taking the listener’s attention too much away from the text. Caccini’s musical language is
more vocal, as can be seen from the many melodic passages integrated into the recitative and from the
profusion of diminutions written into the parts of the Nymphs. His harmonies are simple and pure, so that
the slightest modulation towards more chromatic keys such as C or F minor becomes a skilful expression
of the more sorrowful emotions.

Each of them clearly considered that his own approach was the one that was most suited to arouse emotion
in the listener; both of them attempted to express the meaning of the words as well as possible in their own
manner and according to their own tastes, aiming to express the natural rhythm and speed of the language
and the inflections of its declamation in musical terms. Aside from their intrinsic beauty, these works
are of primary importance in operatic history, given the influence that they were to have on the work of
Claudio Monteverdi and Alessandro Striggio. L’Orfeo indeed displays many parallels with L’Euridice, as
much in its use of the vocal forces employed as in the structure and lexical field of the libretto. A parallel
reading of the two libretti and the three operas provides clear evidence that Monteverdi’s celebrated Orfeo
would not have been the same without the works of his predecessors.

L’Euridice, 1600: The fable and its music


Ottavio Rinuccini prepared his version of the story of Eurydice for the marriage of Maria de’ Medici to
Henri of Navarre, relating the tale of Orpheus who descends into the Underworld to find his Eurydice
and bring her back to life. The happy ending or lieto fine was obligatory for a work written to celebrate
a marriage: it was also in homage to Maria de’ Medici that the text was entitled L’Euridice and not
L’Orfeo.

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Caccini’s setting seems to suggest the possibility of an allegorical reading of the story, one in which
the wedding of Orpheus and Eurydice symbolises the marriage that was arranged and celebrated by
proxy between Henri of Navarre (who was fighting in Spain) and Maria de’ Medici: this marriage was a
considerable effort, in the aftermath of the religious wars, towards keeping the peace amongst the French.
This could possibly explain the lack of passion or intimacy between Orpheus and Eurydice, for in the
opera they only meet as they leave the Underworld. There is also an extraordinarily sombre atmosphere
during the wedding preparations, almost as if the shepherds were attempting to convince themselves of
their happiness.

Rinuccini’s fine libretto is an excellent example of the nascent art of Baroque rhetoric. Making extended
use of the ‘chiaroscuro’ technique, also much employed in painting of the period, he creates interesting
oxymorons by associating antinomical emotions or affetti. The dramatic process of the libretto is born
from the tensions between light and dark, open and closed vowels, ‘suavitas’ and ‘gravitas’, joy and
sorrow. These contrasts exist on several levels: between two words with opposed meanings (“lieti orrori”;
“o cara vita, o cara morte”), between two contrasting moods, such as when the cheerful chorus “Se de’
boschi” in G major is interrupted by the G minor of “Poi che del bel sereno”, sung by one of the Nymphs.
This chiaroscuro also strengthens the link between words and music: beyond the keys of G, C and D minor
used in the preparations for the wedding, we also regularly hear major chords set to words expressing pain
or sorrow as well as minor chords to words expressing happiness.

L’Euridice closely follows the model of classical tragedy: the plot involves some few characters, here
mythological, and is commented upon by a chorus in Antique style. This l’Euridice is not, however,
simply an interminably long recitative. Caccini here subtly alternates the various monologues (Tragedy’s
prologue and the monologues of Orpheus, Daphne, Arcetro and Amyntas), with the dialogues between
Orpheus and Arcetro and Orpheus and Pluto and the scenes with numerous characters such as the tableau
of nymphs and shepherds in Act 1, the end of Act II in the Underworld and the scene of Eurydice’s return
that brings the opera to a close. He also regularly punctuates the recitar cantando with choruses and with
short arias that are sometimes even strophic.

Recitative clearly dominates the opera; this new style, based exactly on the idea that Caccini had developed

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of the way that the ancient Greeks performed tragedy, needed a new type of notation. The characters
‘declaimed while they sang’, accompanied by long broken chords from the continuo. Caccini sought a
notation that could best reproduce the natural flow of the text as well as its rhetorical gestures, but insisted
on the need for ‘sprezzatura’ to keep the language flexible. The system of accompaniment by the basso
continuo was also new and its notation had already been generally adopted: the bass line only was given,
with figures placed by the notes indicating the chord that was to be played. This open style of notation
allowed the composer not to have to determine exactly how the chords would be realised or to have to
specify accompanying instruments, leaving it to the performers to choose the most appropriate colour for
each passage.

The choral interventions in ‘antique style’ are homorhythmic, sometimes of popular cut (“Se de’ boschi,
Biond’ Arcier”), sometimes for double chorus (“Poi che gl’eterni Imperi”), but most often in faux-bourdon
form (“Sospirate, aure celesti”); the absence of any form of melodic imitation guarantees that the text will
always be clear. Several of these are valuable examples of the ornamented faux-bourdon tradition, the
diminutions here being completely written out (“Non vede un simil par d’amante il sole”, “Al canto, al
ballo and Alziam le voci e’l cor”). The term ‘chorus’ is also used for short interventions that were clearly
sung by soloists in recitative style. This terminology most likely is intended to mean ‘a singer from the
chorus’, referring to a Nymph or a Shepherd who represents the chorus at that moment: these phrases
express a collective thought, a commentary on the action, or frame a question put to one of the principal
characters in such a way as to make the principal character continue his monologue.

The arias are much more secondary in importance than they would be later in the history of the genre.
Although they are very short, they are indeed present, most noticeably in the scenes between the Nymphs
and the Shepherds (“Al canto, al Ballo” and “Sospirate, aure celesti”); there are also two strophic arias,
Thyrsis’ “Nel puro ardor” and Orpheus’ “Gioite al canto mio”. Several of these arias, one of them being
the Nymph’s “Vaghe ninfe”, include passaggi or rapid passages, virtuosic and graceful, descended from
the Renaissance tradition and of which Caccini knew the secret. Although there are more of them than in
Peri’s work, the passaggi are used with great economy, being justified by the energy and meaning with
which their words are charged.

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L’Euridice, 2008: Artistic choices

L’Euridice seemed to me to be an ideal choice for the first recording of a young ensemble such as ours,
younger voices being perhaps the most suited to convey the freshness, naivety and innocence of Orpheus
and his world. It is, however, with a great deal of respect for L’Euridice that we have sought to do the
piece the most justice possible. To undertake the first opera ever published cannot be done without raising
certain questions; in this respect I would like now to take the time to explain the thoughts that have led me
to make certain artistic choices.

Orpheus, like Caccini, accompanies his song himself on the theorbo. In a theatrical troupe of Antiquity,
the singers who took the roles of the Nymphs and Shepherds in the world of the living will also take
the roles of the gods Venus, Pluto, Proserpine and Charon in the Underworld. To entrust the role of the
messenger Daphne to a counter-tenor results in the strengthening of this character’s identity, set aside as
she is from the other Nymphs because of the sad news that she brings. Peri himself, perhaps with the same
idea in mind, had entrusted the same role to a child, the young Jacopo Giusti of Lucca.

With regards to the instruments used, we brought together the most important continuo instruments that
were extant in Florence around 1660 — Caccini himself was able to play all of them — including two
large theorbos or chittarone, a liuto attiorbato, a guitar, a triple harp, a positive organ, a lirone, a viola
da gamba and two harpsichords, one of which was strung with gut strings. These instruments are used in
alternation or combined, blending together or contrasting according to the different affetti required for the
better portrayal of the emotions described in the libretto.

With L’Euridice we are confronted with a score that was composed before the greater part of the repertory
that we know today; it is therefore difficult to imagine and empathise with Caccini’s state of mind as
he rejected the contrapuntal style with which he had been brought up in order to create a new musical
language. The notation of this language was also to be a challenge for him: he had a developed system
of notation for polyphonic music, but the new language that he had to transcribe was decidedly different.
This problem of notation was also a source of rivalry between Peri and Caccini; Peri thought that the
composer should be heard singing his arias so that others would be able to understand how to perform

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them, although Caccini found that this should not be necessary if the notation used was sufficiently good.
Despite the metrical notation of the recitatives, we have tried to keep the flexibility of the Italian language,
using the sprezzatura demanded by Caccini and confirmed by several contemporary sources.

The chorus employed in L’Euridice is not the large assembly of 65 singers that Caccini disposed of for the
Rapimento di Cefale: here we see the marking ‘Ninfa del coro’, ‘Pastore del coro’ and ‘Coro a 5’. I believe
that this means that the chorus was formed of an ensemble of soloists and was not a chorus in the sense
that the term came to acquire. The elaborate writing of more than one of the choruses and the intimacy of
the Palazzo Pitti where the work was first performed seem also to provide a confirmation of this theory.
The term Coro is also used to describe short phrases in recitative style: these several interventions we have
allotted to either Nymphs or Shepherds.

Many contemporary sources state that musical intermezzi were added between the acts of an opera. I
have tried to keep to Caccini’s musical world as much as possible by punctuating the work with his own
variations on the Romanesca. Originally composed for the voice, they nevertheless work very well in
instrumental performance.

Caccini composed his Euridice in the spirit of research and experiment; we have explored his music and
tested how best we may serve it in the same spirit. The preface to the Nuove Musiche has been our guiding
light in illuminating various shadowy areas concerned with the work’s performance. Although L’Euridice
was conceived and written more than four centuries ago, its emotional force may perhaps bring it closer
to us than we might believe.

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Synopsis

Prologue
The Muse of Tragedy seeks to give reassurance: she too is preparing for a royal wedding and, rather than
spill blood from innocent veins, she will make an exception and soften her tone.

Act I
Nymphs and shepherds are preparing for the marriage of the demigod Orpheus to the nymph Eurydice,
who has gone with several friends to enjoy herself at the spring of the bay trees. The nymph Daphne now
arrives and can hardly bring herself to deliver the dreadful news: Eurydice has been bitten by a snake
and breathed her last with Orpheus’ name on her cold and trembling lips. Orpheus is not discouraged;
he swears that he will go to the Underworld and claim his beloved back. The nymphs and the shepherds
grieve deeply for Eurydice. The shepherd Arcetro had followed Orpheus to make sure that he was not
about to take his own life; he now tells how Venus, preceded by her doves, crossed the sunset sky and
extended her hand to Orpheus.

Act II
Venus leads Orpheus to the Underworld, where he utters a moving lament. Pluto remains unmoved, for
the laws of his empire forbid any deceased soul to return to life. Orpheus tries to move the King of
the Underworld by every possible means; at first he pleads with him, then he reminds him how Jupiter
himself had made an exception to this law by allowing the goddess Proserpine to become Pluto’s wife in
the kingdom of the dead. Aided by Proserpine and then by Charon and Rhadamanthus, Orpheus finally
wins the right to return with Eurydice to life. The spirits of the Underworld remind us mortals that it is not
granted to all to leave the kingdom of the dead.

Act III
Night falls and the nymphs and the shepherds begin to be concerned: Orpheus has still not returned. The
shepherd Amyntas now arrives and attempts to reassure his friends, telling them that Orpheus is coming
with Eurydice, but nobody believes him. Orpheus and Eurydice now arrive to the great astonishment of
all. All sing in praise of the poetry and the love that can even conquer death.

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Characters and mythological references in the libretto:

Orpheus is a demigod; he is the son of the sun god Phoebus Apollo — who crosses the heavens each day
in his golden chariot and leads the Sun each evening into the bosom of the sea-goddess Tethys — and of
the Muse Calliope. He is the personification of poetry and music and accompanies his song on the lyre.
His legendary singing exerted great power over nature, for it was said that his voice moved not only every
animal but also the plants, the rocks and the rivers.

Eurydice is a dryad, a tree-nymph. Although she had at first rejected Orpheus’ advances, she has now
agreed to marry him.

Accompanied by their friends the shepherds and the nymphs, they celebrate the rites of Hymen, the god of
marriage. Amongst them are Arcetro, Orpheus’ best friend; Thyrsis; Daphne, the companion of Eurydice
who will bring news of Eurydice’s death and Amyntas, who will announce the return of Orpheus with
Eurydice.

Orpheus is guided to the Underworld by the intrepid Venus, goddess of beauty and love, daughter of Jupiter
and mother of Cupid. She is often accompanied by doves, as Arcetro describes at the end of Act I.

The Underworld, whose second stratum is Dis, the burning city of iron, is ruled by Pluto, brother of
Jupiter, the god of the heavens and of Neptune, the god of the oceans. They are the three sons of Saturn
who dethroned their father and then divided the universe amongst themselves. This event is described by
the chorus of spirits of the Underworld. Although only the dead are allowed to remain in the Underworld,
in the past Pluto had won the right to keep Proserpine, the goddess of the seasons whom he had previously
abducted, with him and to marry her. He negotiated with Jupiter that Proserpine could spend one half of
the year in the Underworld and the other half with her mother on Mount Olympus, thereby creating the
seasons.

The exception that Jupiter made to his own law in the name of Pluto’s love for Proserpine is the crux
of Orpheus’ argument for removing Eurydice from the Underworld. He is first assisted by Proserpine

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and then by Charon, the helmsman who pilots the wandering souls to the kingdom of the dead, and by
Rhadamanthus, the dread judge of the Underworld.

Nicolas ACHTEN, Brussels, May 2008


Translation: Peter LOCKWOOD

Magid EL-BUSHRA Marie de ROY

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L’Euridice

Zurück zur Antike


Im 16. Jh. gehen in Italien zahlreiche politische, religiöse und kulturelle Veränderungen vor sich. Die
Befreiung der großen Städte aus dem Einflussbereich Karl V. ruft in den bürgerlichen Kreisen den starken
Wunsch hervor, besser zu leben und in größerem Maß an der Kultur teilzuhaben. In dieser Zeit entdeckt die
humanistische Bewegung, deren Denker und Künstler erheblich das künftige Kunstschaffen beeinflussen,
die Antike wieder. Dagegen schaden korrupte Päpste dem Image der Kirche, was dazu beiträgt, die Künste
von ihrer religiösen Bindung zu befreien: Maler, Bildhauer, Architekten, Dichter und Musiker versuchen
nun, mit den antiken Künstlern zu rivalisieren.

Dieser Entwicklung entgeht auch die Musik nicht. Liebesgedichte werden, obwohl sie Ausdruck
persönlicher Gefühle sind, mehrstimmig in Musik gesetzt. Die Polyphonie behindert allerdings die
Verständlichkeit des Textes: Durch die imitativen Einsätze des Kontrapunkts hört man nämlich gleichzeitig
verschiedene Wörter. Außerdem brillieren die Sänger und Musiker der Renaissance in der Kunst der
Diminution: Sie improvisieren höchst virtuose Ornamente und „Passaggi“ auf jeder beliebigen Silbe, so
dass das Madrigal unkenntlich und der Text unverständlich wird.

Dasselbe Phänomen tritt auch in der geistlichen Musik auf. Das Konzil von Trient führt aber ab 1545 große
Änderungen ein: Man muss das „eitle Vergnügen des Zuhörens fliehen“, und „die Worte müssen von allen
wahrgenommen werden können.“ Von nun an werden viele Motetten im Fauxbourdon (Falsobordone)
geschrieben, deren homorhythmische Komposition, langsamer Vortrag und ziemlich einfache Harmonie
den Erfordernissen des Konzils entsprechen. Allerdings können die Sänger ihre Diminutionskunst nicht
sehr lange zurückhalten und schmücken die langen Notenwerte der Motetten manchmal bis zum Exzess
aus.

Dieser Wunsch, den Text zu verstehen, beschäftigt auch die Komponisten profaner Musik der letzten
Generation des 16. Jh. In Florenz, versammelt Signore Giovanie de’ Bardi ab 1576 die großen
Humanisten, Künstler und Intellektuellen, um über die Kunst zu diskutieren. In dieser „Camerata

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Bardi“ oder „Camerata Fiorentina“ finden sich Persönlichkeiten wie Girolamo Mei, Vincenzo Galilei,
Piero Strozzi, Luca Marenzio, Emilio de’ Cavalieri, Ottavio Rinuccini, Jacopo Peri oder Giulio Caccini.
Vincenzo Galilei verurteilt die polyphone Musik, die seiner Meinung nach unfähig sei, die Emotion
der Worte wiederzugeben. In seiner Korrespondenz mit Girolamo Mei informiert er seine Zeitgenossen
über die klassische griechische Tragödie und Lyrik: Darin situierte sich die Stimme auf halbem Weg
zwischen Gesang und Sprechen und deklamierte den Text zum Klang eines Instruments, das die
Interpreten oft selbst spielten. Die humanistische Bewegung entdeckt auch die Rhetorik, d.h. die Kunst,
eine Rede zu strukturieren und Ideen mit Überzeugungskraft auszudrücken. Laut Platon kann die Musik
nur ergreifen, wenn sie in erster Linie Wort, dann Rhythmus und schließlich Klang ist. Dieses Ideal der
antiken Inspiration gemeinsam mit ihrem ausgeprägten Sinn für Rhetorik scheint den Komponisten der
„Camerata Bardi“ eine Lösung zu bieten; sie versuchen also, eine neue Musik für eine einzige Stimme mit
Instrumentalbegleitung zu schreiben, wobei zwei Komponisten öffentlich um die Urheberschaft dieses
neuen Stils streiten: Giulio Caccini und Jacopo Peri.

Unter den zahlreichen polyphonen Stücken der Intermezzi von La Pellegrina (einem Stück von Girolamo
Bargagli, das zur Hochzeit Christines von Lothringen mit dem Medici Ferdinand 1., Großherzog der
Toscana, aufgeführt wurde), hört man auch je eine Arie von Caccini und von Peri. Das Inventar der
Festlichkeiten informiert uns sehr genau über die verwendeten Instrumente. Anscheinend wurden hier
zum ersten Mal Instrumente für den Basso continuo eingesetzt, darunter der Chitarrone und der Lirone
(deren Namen auf die griechischen Instrumente Kitara und Lira anspielen).

Im Jahre 1600 begibt sich der seinem Amt in Florenz enthobene Cavalieri nach Rom, wo er im Februar
La Rappresentatione di Anima e di Corpo aufführen lässt. Das Werk wird am 3. September gedruckt. Es
handelt sich um das erste Werk im „Stilo rappresentativo“ mit Personen, die sich wie in der griechischen
Tragödie zum Klang einiger Instrumente des Basso continuos ausdrücken, und mit einem Chor, der die
Handlung kommentiert.

Im Oktober desselben Jahres 1600 wird in Florenz eine weitere große Hochzeit gefeiert: Heinrich IV.,
König von Navarra und König Frankreichs, heiratet Maria von Medici. Zu diesem Anlass ist Giulio
Caccini für eine große Aufführung mit an die fünfundsechzig Künstlern verantwortlich: Il Rapimento

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di Cefale (einem Werk, von dem uns nur der Schlusschor erhalten ist) mit einem Libretto von Chiabrera
wird am 9. Oktober im Palazzo Vecchio vor dreitausendachthundert Personen aufgeführt. Eine andere
Aufführung von geringeren Ausmaßen findet am 6. Oktober im Palazzo Pitti statt und wird vom Signore
Jacopo Corsi finanziert: L’Euridice, eine von Jacopo Peri in Musik gesetzte Fabel von Ottavio Rinuccini.
Giulio Caccini steuert zu diesem Werk bei, indem er einige Passagen schreibt, die von seinen Töchtern
und seinen Schülern gesungen werden. Es handelt sich um das erste uns erhaltene profane Vokalstück, das
nach dem Modell der antiken Tragödie konzipiert ist. In gewisser Hinsicht kann man von der ersten Oper
sprechen. Das Werk wird am 6. Februar 1601 gedruckt.

Allerdings war Giulio Caccini der erste, der eine Favola in stile rappresentativo veröffentlichte, da er sich
beeilte, seine eigene Fassung von L’Euridice drucken zu lassen. Geschah dies aus Eifersucht gegenüber
Peri oder aus dem idealistischen Wunsch heraus, der Geschichte seinen Stempel aufzudrücken, indem
er vor jedem anderen seine eigene Vision der theatralischen und rhetorischen Musik „auf antike Art“
publizieren ließ? Das ist nicht so wichtig. Giulio Caccini ist jedenfalls Peri zuvorgekommen, indem
er L’Euridice am 20. Dezember 1600 veröffentlichte. L’Euridice von Caccini wurde jedoch erst am 5.
Dezember 1602 im selben Palazzo Pitti uraufgeführt.

Giulio Caccini, detto Romano


Giulio Caccini ist 1551 in Tivoli in der Nähe von Rom geboren. Sein Gesangstalent fällt bereits in seiner
Kindheit also in der Zeit auf, als er an die Capella Giulia gebunden ist. Mit 13 Jahren verlässt er Rom,
um am Hof von Florenz zu arbeiten. Dort ist er nacheinander im Dienst der Signori Giovanni de’ Bardi
und Jacopo Corsi. Caccini wird wegen seiner sanften Tenorstimme geschätzt, die er auf dem Chitarrone
begleitet (er spielt außerdem Harfe, Laute, Lirone und Cembalo), aber auch wegen seines pädagogischen
Talents. Einige der besten Sänger des beginnenden 17. Jahrhunderts waren seine Schüler: seine erste und
zweite Frau Lucia und Margherita, seine Töchter Francesca, Settimia und sein Sohn Pompeo, aber auch
Francesco Rasi und Caterina Martinelli, für die Monteverdi die jeweilige Titelrolle von „Orfeo“ bzw.
Arianna schrieb.

Caccinis Gönner Giovanni de’ Bardi wird seines Amtes als „Finanzminister der Musik“ am Hof von

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Florenz enthoben und muss sich 1592 ins Exil begeben. Caccini begleitet ihn als sein Sekretär nach Rom.
Wenig später fällt Caccini selbst aufgrund von „ Verfolgungen durch Rivalen und Neider“ in Ungnade; er
tröstet sich zunächst, indem er sich um seinen Garten kümmert, doch findet er sehr rasch ein Engagement
am Hof von Ferrara. Obwohl ihn Klemens VIII., der sich dort vorläufig niedergelassen hat, sehr schätzt,
kehrt Caccini nach Florenz zurück, wo er schließlich im Jahre 1600 rehabilitiert wird. Nach einigen
Monaten lädt der Großfürst Caccini ein, Cavalieri auf dem Posten des „Finanzministers der Musik“ zu
ersetzen.

Das von Margerita, Francesca und Settimia komponierte „Concerto Caccini“ wird 1602 uraufgeführt.
Heinrich IV. und Maria von Medici laden Caccini und sein „Concert de musycque“ mehrmals nach Paris
ein; der König versucht sogar, eine der Töchter des Komponisten dazubehalten. Im ersten Jahrzehnt des 17.
Jh. befindet sich Caccini im Zentrum des musikalischen Geschehens in Florenz; im Oktober 1608 dirigiert
er die Intermezzi, die bei der Hochzeit des Prinzen Cosmo de Medici mit Maria Magdalena von Österreich
gespielt werden. Beim Tod Ferdinand I. im Jahre 1609 tritt Caccini sozusagen gezwungenermaßen in
den Ruhestand. Er verschwindet somit ein bisschen aus dem florentinischen Musikleben, während seine
Kinder auf der Bühne immer mehr bejubelt werden. Man weiß jedoch auch, dass sich Sigismondo d’India
sehr geehrt fühlte, seine Musik vom „ausgezeichneten Musiker Giulio Caccini“ gesungen zu hören, und
dass ihn Monteverdi 1610 besucht. Er stirbt im Jahre 1618 in Florenz.

Abgesehen von L’Euridice veröffentlichte er Le Nuove Musiche (1602) und Le Nuove musiche & la
maniera di scriverla (1614). Die Vorworte zu diesen drei Werken geben uns Aufschluss über seine
Entwicklung, seine Musiksprache und die von ihm unterrichtete Gesangstechnik. Das Vorwort aus dem
Jahre 1602, ein neunseitiger Text, an dem Caccini fast ein Jahr gearbeitet hat, wird gewissermaßen als erste
Abhandlung des modernen Gesangs betrachtet. Caccinis Forschungen zielen vor allem darauf ab, dem
Text bestens zu dienen. Die Rolle der Musik besteht nur darin, die Emotionen der Worte zu unterstreichen,
und der Interpret muss den Zuhörer ergreifen, indem er die „Sprezzatura“ verwendet (eine „edle Art zu
singen, die sich so gut wie möglich dem natürlichen Sprechen annähert, ohne sich an die Einengungen
eines regelmäßigen Taktes zu halten...“).

Caccini schrieb bescheiden, dass er sich nur als kleiner Funken einer großen Flamme betrachte. Tatsächlich

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trugen viele Komponisten der folgenden Generation die Fackel weiter und erforschten die Expressivität
und Theatralität der solistischen Vokalmusik. Sein Stil verbreitete sich in ganz Italien und sogar jenseits
der Grenzen.

Drei Gesichter des Orpheus


Es ist selbstverständlich, dass der faszinierende Mythos des Orpheus als Symbol selbst der Allianz
zwischen Dichtung und Musik die Geschichte der Oper einleiten musste. Ab dem Ende des Jahres 1600
gibt es in Florenz zwei Fassungen von L’Euridice, sieben Jahre später folgt auf sie ein Orfeo in Mantua.

Peri und Caccini streben dasselbe Ideal der Verständlichkeit des Textes an (mit einer sehr ähnlichen
rhythmischen Behandlung der Worte, einem ziemlich objektiven Parameter, der sich selbstverständlich
von der natürlichen Metrik der Sprache herleitet). Beide möchten einen rhetorischen Ausdruck der Gefühle
erzielen, verwenden jedoch, ihrer Persönlichkeit getreu, die ihnen eigenen musikalischen Mittel. Peri greift
auf erstaunliche Harmonien sowie zahlreiche Dissonanzen zurück und behandelt die Ideen des Diskurses
voneinander isolierter; er vermeidet soweit wie möglich Melodieführungen, die das Risiko mit sich führen,
die Aufmerksamkeit vom Text abzulenken. Die Sprache Caccinis ist gesanglicher, wovon viele melodische
Läufe zeugen, die in das Rezitativ integriert sind, sowie die Fülle an Diminutionen in den Parts der Nymphen.
Seine Harmonie ist einfach und rein, was erlaubt, beim geringsten Abstecher zu farbenfroheren Akkorden
wie die von C oder f-Moll schmerzlichere Emotionen wirkungsvoll auszudrücken.

Jeder der beiden findet natürlich seinen Ansatz am geeignetsten, beim Zuhörer Emotionen wachzurufen;
beide versuchen, auf ihre Art und ihrem Geschmack entsprechend, den Sinn der Worte bestmöglich
auszudrücken, wobei sie darauf achten, den natürlichen Rhythmus der Redeweise und den Tonfall der
Deklamation in die Musik zu übertragen. Unabhängig von ihrer Schönheit sind diese beiden Werke von
entscheidender Bedeutung in der Geschichte der Oper, vor allem in Hinblick auf den Einfluss, den sie
auf die Arbeit Claudio Monteverdis und Alessandro Striggios ausüben sollten. Der Orfeo weist nämlich
zahlreiche Parallelen zu L’Euridice auf, und zwar sowohl durch Stimmeffekte als auch in der Struktur
und dem Wortfeld des Librettos. Eine parallele Lektüre der beiden Librettis und der drei Werke macht
deutlich, dass der berühmte Orfeo Monteverdis ohne seine Vorgänger nicht derselbe wäre.

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L’Euridice, 1600: Die Fabel und die Musik
Ottavio Rinuccini verfasst die Fabel von L’Euridice anlässlich der Hochzeit von Maria de Medici mit
Heinrich von Navarra. Darin erzählt er die Geschichte des Orpheus, der sich in die Unterwelt begibt, um
seine Eurydike ins Leben zurückzurufen. Das glückliche Ende (lieto fine) war im Zusammenhang der
gefeierten Hochzeit unumgänglich: Übrigens heißt die Fabel zu Ehren der Maria von Medici L’Euridice
statt L’Orfeo.

Die musikalische Fassung Caccinis scheint die Möglichkeit einer allegorischen Interpretation der
Geschichte nahezulegen, in der die Hochzeit des Orpheus mit der Eurydike die arrangierte, stellvertretend
zelebrierte Heirat zwischen Heinrich von Navarra (der gerade in Spanien kämpfte) und Maria von
Medici symbolisierte: Diese Hochzeit war nach dem Ende der Religionskriege politisch gesehen von
größter Bedeutung für den Erhalt des Friedens innerhalb Frankreichs. Das könnte vielleicht die fehlende
Leidenschaft oder Übereinstimmung zwischen Orpheus und Eurydike erklären (die sich erst treffen, als
sie die Unterwelt verlassen). Außerdem herrscht eine erstaunlich düstere Atmosphäre bei der Vorbereitung
der Hochzeit, ganz als versuchten die Schäfer, sich von ihrem Glück zu überzeugen.

Das sehr gute Libretto von Rinuccini ist ein schönes Beispiel der entstehenden barocken Kunst der
Rhetorik. Rinuccini setzt die Helldunkel-Technik reichlich ein und bildet interessante Oxymora durch
die Zusammenstellung antinomischer „Affetti” (Emotionen). Die dramatische Dynamik des Librettos
entsteht durch die Spannung zwischen Dunkel und Licht, offenen und geschlossenen Vokalen, „Suavitas”
und „Gravitas”, Freude und Schmerz. Diese Gegensätze bestehen auf mehreren Ebenen: zwischen
zwei Worten mit gegensätzlichem Sinn (‚lieti orrori“, „ô cara vita, ô cara morte“), aber auch zwischen
zwei kontrastierenden Stimmungen (zum Beispiel wird der optimistische Chor „Se de’ boschi“ in G-
Dur abrupt vom g-Moll des „Poi che dal bel sereno“ einer der Nymphen abgelöst). Dieser Helldunkel-
Effekt verstärkt auch die Bindung zwischen Text und Musik: Außer den Tonarten g-, c- und d-Moll der
Hochzeitsvorbereitung finden sich regelmäßig Durakkorde auf traurige oder schmerzliche Worte oder
Mollakkorde auf glückliche Textstellen ...

L’Euridice lehnt sich eng an die klassische Tragödie an: die Handlung, die einige, hier mythologische
Figuren ins Spiel bringt, wird auf antike Art von einem Chor kommentiert. L’Euridice ist nicht nur ein

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langes, endloses Rezitativ. Caccini alterniert die Monologe (den Prolog der Tragödie, die Monologe des
Orpheus, der Daphne, des Arcetro, der Aminta) auf subtile Weise mit den Dialogen (Orpheus und Arcetro,
dann Orpheus und Pluto) und mit Szenen, in denen mehrere Figuren auftreten (die Bilder der Nymphen und
Schäfer des ersten Aktes, das Ende des Aktes in der Unterwelt und die Szene der Rückkehr der Eurydike,
die das Werk beschließt). Durch Chöre und kleine, manchmal strophenförmige Arien unterbricht und
strukturiert er das „Recitar Cantando“.

Selbstverständlich ist das Rezitativ in diesem Werk vorherrschend. Der neue Stil, der Caccinis Vorstellung
von der Art entspricht, in der die musikalische Tragödie in der Antike gespielt wurde, machte eine neue
Notation notwendig. Die Figuren „rezitieren beim Singen“ und werden dabei von langen Arpeggios des
Basso continuo begleitet. Caccini sucht eine Notation, die den natürlichen Redefluss und die rhetorischen
Gesten am besten wiedergibt, doch besteht er auch auf der Notwendigkeit der „Sprezzatura”, um die
Geschmeidigkeit der Sprache auf der Bühne beizubehalten. Auch das System der Begleitung durch
einen Basso continuo ist neu und seine Niederschrift bereits einstimmig angenommen: nur der Bass
wird angegeben, darüber stehen einige Ziffern, die den zu spielenden Akkord symbolisieren. Diese recht
offene Notation erlaubt dem Komponisten, die Ausführung der Akkorde und die Begleitinstrumente nicht
festzusetzen und lässt den Interpreten die Möglichkeit offen, für jede Passage die geeignete Klangfarbe
zu wählen.

Die „antikischen“ Chorstellen sind homorhythmisch, manchmal mit volkstümlichen Einschlägen („Se de’
boschi“, „Biond’ Arcier“), manchmal doppelchörig („Poi che gl’eterni Imperi“), doch am häufigsten in der
Form von Fauxbourdons („Sospirate, aure celesti“). Das Fehlen melodischer Imitationen gewährleistet
eine ständige Deutlichkeit des Textes. Einige davon sind wertvolle Zeugnisse der Tradition des verzierten
Fauxbourdons, wobei die Diminutionen hier alle ausgeschrieben sind („Non vede un simil par d’amante
il sole“, „Al canto, al ballo“ oder „Alziam le voci e’l cor“). Der Ausdruck „Chor“ wird auch für kurze,
offensichtlich solistische Stellen im rezitativischen Stil verwendet. Unter dieser Terminologie ist wohl
„uno del coro“ zu verstehen, was sich auf eine Nymphe oder einen Schäfer bezieht, der den Chor in seiner
Funktion symbolisiert: Diese Phrasen drücken ein kollektives Denken oder einen Kommentar zur Aktion
aus oder auch eine Frage, die an eine Figur gerichtet ist, worauf diese mit einem Monolog fortsetzt.

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Die Arien sind natürlich nebensächlicher als in späteren Opern. Obwohl sie sehr kurz sind, gibt es
jedenfalls Arien, besonders zwischen den Chören der Nymphen- und Schäferszenen („Al canto, al Ballo“
und „Sospirate, aure celesti“). Das Werk enthält auch zwei strophische Arien („Nel puro ardor“ von
Tyrsis und „Gioite al canto mio“ von Orpheus). Einige darunter, wie etwa „Vaghe ninfe“ der Nymphe,
enthalten Passaggi (schnelle, virtuose, anmutige Läufe, die auf die Diminutionskunst der Renaissance
zurückgehen), auf die sich Caccini ausgezeichnet verstand. Obwohl diese Passaggi hier häufiger sind
als im Werk Peris, werden sie nur sparsam eingesetzt und durch die Energie und den Sinn der jeweiligen
Worte gerechtfertigt.

L’Euridice, 2008: Die künstlerischen Entscheidungen


L’Euridice schien mir das ideale Werk für die erste Aufnahme eines jungen Ensembles wie unseres, da
junge Stimmen vielleicht am geeignetsten sind, die Frische, die Naivität und die Unschuld des Orpheus
und seiner Welt wiederzugeben. Allerdings fragten wir uns mit großem Respekt vor dem Werk, wie
wir L’Euridice am besten dienen können. Sich an die allererste gedruckte Oper heranzuwagen erhebt
notwendigerweise einige Fragen. Ich möchte hier die Überlegungen erklären, die mich zu bestimmten
künstlerischen Entscheidungen gebracht haben.

Wie Caccini begleitet Orpheus seinen Gesang selbst auf der Theorbe. Gemäß der Idee einer Truppe
nach „alter Art“, übernehmen die anderen Sänger die Rollen der Nymphen und Schäfer in der Welt der
Lebenden und verkörpern die Götter wie Venus, Pluto, Proserpina und Charon in der Unterwelt. Mit
der Rolle der Botin Daphne wurde ein Kontratenor beauftragt, um die Erkennbarkeit dieser Figur zu
verstärken, die wegen der traurigen Nachricht, die sie überbringt, eine Sonderstellung unter den Nymphen
einnimmt. Bekanntlich hat Peri – vielleicht aus demselben Grund – die Rolle einem Kind anvertraut, und
zwar dem kleinen Jacopo Giusti de Lucca ...

Was die Auswahl der Instrumente betrifft, so versammelt sie die wichtigsten Basso-continuo-Instrumente,
die es in Florenz um 1600 gab (Caccini konnte jedes davon spielen): zwei große Theorben oder Chitarroni,
einen Liuto attiorbato¸ eine Gitarre, eine Tripelharfe, ein Orgelpositiv, einen Lirone, eine Bassgambe und
zwei Cembalos (davon eines mit Darmsaiten). Jedes dieser Instrumente wechselt in den verschiedenen

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Affetti mit anderen ab oder wird mit ihnen kombiniert, vervollständigt oder in Gegensatz gebracht, um
den Emotionsgehalt des Textes am besten zu vermitteln.

Bei L’Euridice stehen wir einem Werk gegenüber, das vor dem Großteil des heute bekannten Repertoires
geschrieben wurde. Es ist daher schwer, sich in Caccinis Geist hineinzuversetzen, der die Musik aus dem
Blickwinkel des Kontrapunkts erlernt hat und diesen verwirft, um eine neue Musiksprache zu kreieren.
Die Notation dieser Sprache bedeutet für ihn eine Herausforderung. Er verfügt über ein Solfeggio, das für
die polyphone Musik entwickelt worden war, während die Sprache, die er auf dem Papier wiedergeben
muss, ganz anders ist. Dieses Notationsproblem ist übrigens ein Gegenstand des Wetteifers zwischen
Caccini und Peri (letzterer findet es notwendig, dass man hört, wie der Autor seine Arien singt, um zu
begreifen, wie man sie aufführen soll, was laut Caccini nicht nötig ist, wenn sich die Notation als gut
genug erweist). Wir haben versucht, trotz der metrischen Niederschrift der Erzählung, die Geschmeidigkeit
der italienischen Sprache wiederzufinden, indem wir die von Caccini geforderte und von verschiedenen
zeitgenössischen Quellen bestätigte Sprezzatura verwendeten.

Der Chor von L’Euridice ist keine große Versammlung von fünfundsechzig Sängern wie beim Rapimento
di Cefale: Bald findet man die Angabe „Ninfa del coro“ oder „Pastor del coro“, bald „Coro a 5“. Das
bedeutet meiner Meinung nach, dass die Chöre für ein Solistenensemble geschrieben sind und nicht
für einen Chor im späteren Sinne des Wortes. Die verzierte Kompositionsweise mehrerer Chöre sowie
die intime Atmosphäre des Palazzo Pitti, wo das Werk uraufgeführt wurde, scheinen diese Ansicht zu
bestätigen. Der Begriff Coro bezieht sich auch auf kurze Phrasen im Rezitativstil: diese verschiedenen
Passagen wurden den Nymphen oder den Schäfern anvertraut.

Viele Quellen bestätigen, dass zwischen den Akten einer „Oper“ musikalische Intermezzi hinzugefügt
wurden. Ich wollte aber weitgehendst in Caccinis Welt verweilen und habe die Oper daher mit seinen
eigenen Variationen über die Aria di Romanesca ergänzt, die zwar eigentlich gesungen werden sollten,
sich jedoch bestens für eine Instrumentalfassung eignen.

Caccini schrieb seine L’Euridice als Forscher; in der gleichen Geisteshaltung untersuchten und
experimentierten wir, wie dieser Musik am besten zu dienen sei. Das Vorwort der Nuove Musiche ist

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unsere wichtigste Lichtquelle, mit der wir versucht haben, die Schattenzonen in Hinblick auf eine
Aufführung dieses Werkes zu erhellen. Obwohl diese Oper vor mehr als vier Jahrhunderten erdacht und
niedergeschrieben wurde, bringt sie uns ihr starker Emotionsgehalt näher, als man vermuten möchte.

Inhalt
Prolog
Die Tragödie will beruhigen: auch sie bereitet sich auf die königliche Hochzeit vor, und um zu vermeiden,
dass unschuldiges Blut fließt, will sie ihre Sprache ausnahmsweise mildern ...

I. Akt
Nymphen und Schäfer bereiten heute die Hochzeit des Halbgotts Orpheus mit der Nymphe Eurydike vor.
Diese entfernt sich mit einigen Kameradinnen, um sich bei der Quelle der Lorbeerbäume zu vergnügen.
Da tritt die Nymphe Daphne auf, die nur mit Mühe eine schreckliche Nachricht überbringt: Eurydike
wurde von einer Schlange gebissen und hauchte ihre Seele aus, während sie mit ihren kalten, zitternden
Lippen den Namen des Orpheus murmelte. Orpheus gibt sich seinem Schmerz nicht hin; er schwört, seine
Geliebte der Unterwelt zu entreißen. Die Nymphen und Schäfer aber beweinen die Verstorbene zutiefst.
Der Schäfer Arcetro ist seinem Freund Orpheus gefolgt, um sicher zu gehen, dass sich dieser nicht das
Leben nimmt. Er erzählt uns, dass Venus, der ihre Tauben vorausgeflogen sind, den flammenden Himmel
überquert hat, um dem Halbgott die Hand zu reichen.

II. Akt
Venus begleitet Orpheus zur Unterwelt, wo er seinem Schmerz Ausdruck verleiht. Pluto bleibt gefühllos, da
die Gesetze seines Reiches jedem Verstorbenen untersagen, ins Leben zurückzukehren. Orpheus versucht
also, den König der Unterwelt mit allen Mitteln umzustimmen. Er fleht zuerst und erinnert ihn dann daran,
dass Jupiter selbst bereits eine Ausnahme gegenüber dem Gesetz gemacht, indem er akzeptiert hatte, dass
die Göttin Proserpina im Reich des Todes Plutos Gattin werden kann. Mit Hilfe der Proserpina, sowie
später mit Unterstützung Charons und Rhadamantos erhält Orpheus schließlich das Recht, Eurydike ins
Leben zurückzuführen. Die Geister der Unterwelt warnen daraufhin uns Sterbliche: Jedem ist es nicht
gegeben, das Totenreich zu verlassen...
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III. Akt
Die Nacht bricht an, und die Nymphen und Schäfer sorgen sich: Orpheus ist immer noch nicht zurück.
Da kommt der Schäfer Aminta, der versucht, seine Freunde zu beruhigen: Orpheus ist mit Eurydike auf
dem Weg zu ihnen. Niemand kann das glauben. Dennoch kommen Orpheus und Eurydike und lösen
allgemeines Staunen aus. Sie besingen die Dichtung und die Liebe, die sogar über den Tod triumphieren
kann.

Die Figuren und die Bezüge zur Mythologie im Libretto


Orpheus ist ein Halbgott, der Sohn der Muse Calliope und des Sonnengotts Apollon (oder Phoebus, der
auf seinem goldenen Wagen über den Himmel zieht und die Sonne am Abend ins Herz seiner Mutter, der
Meeresgöttin Thetis, versenkt). Er ist für die Dichtung und die Musik emblematisch und begleitet seinen
Gesang auf der Lyra. Seine legendäre Kunst hatte große Macht über die Natur, denn es wird erzählt, dass
er alle Tiere, aber auch Pflanzen, Steine, Flüsse usw. mit ihr erschüttern konnte.

Eurydike ist eine Dryade, eine Baumnymphe. Obwohl sie zunächst die Werbung des Orpheus zurückweist,
ist sie schließlich bereit, ihn zu heiraten.

Gemeinsam mit befreundeten Schäfern und Nymphen feiern sie Hymenaios, den Gott der Hochzeit. Unter
den Freunden befinden sich Arcetro (Orpheus’ bester Freund), Tyrsis, Daphne (Kameradin der Eurydike,
die von deren Tod berichten muss) und Amynte (der hingegen die Rückkehr von Orpheus und Eurydike
ankündigt).

Orpheus wird von der unerschrockenen Venus zur Unterwelt begleitet. Die Göttin der Schönheit und der
Liebe, Tochter des Jupiter und Mutter des kleinen Cupido wird, wie es Arcetro am Ende des ersten Akts
beschreibt, oft von Tauben begleitet.

In der Unterwelt, deren zweiter Kreis die Dis genannte brennende Stadt aus Eisen ist, herrscht Pluto,
Bruder Jupiters (Gott des Himmels) und Neptuns (Gott des Meeres). Alle drei sind Söhne Saturns,
entthronten ihren Vater und teilten die Welt untereinander auf. Diese Episode wird vom Chor der Geister

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der Unterwelt erwähnt. Obwohl nur die Toten in der Unterwelt zugelassen sind, hat Pluto es durchgesetzt,
Proserpina, die Göttin der Jahreszeiten - die er entführt hatte – bei sich zu behalten und zu heiraten. Das
mit Jupiter geschlossenen Abkommen besagt, dass sie die Hälfte des Jahres in der Unterwelt und die
andere bei ihrer Mutter auf dem Berg Olymp verbringen könne. So entstanden die Jahreszeiten ...

Die Ausnahme, die Jupiter im Namen von Plutos Liebe zu Proserpina gegenüber seinen Gesetzen
genehmigt, wird für Orpheus zum durchschlagenden Argument, um Eurydike der Unterwelt zu entreißen.
Zunächst wird er von Proserpina unterstützt, dann von Charon (Fährmann der Unterwelt, der die irrenden
Seelen in das Totenreich übersetzt) und von Rhadamantos (Richter der Unterwelt).

Nicolas ACHTEN, Brüssel, Mai 2008


Übersetzung: Silvia RONELT

Laurence RENSON Reinoud VAN MECHELEN

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Céline VIESLET Olivier BERTEN

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PROLOGO PROLOGUE

LA TRAGEDIA LA TRAGÉDIE
Io, che d’alti sospir vaga e di pianti, Moi, qui avide de grands soupirs et de pleurs,
spars’hor di doglia, hor di minacce il volto, le visage empreint tantôt de douleur, tantôt de menaces,
fei negli ampi teatri al popol folto fis, de la foule assemblée dans les vastes théâtres,
scolorir di pietà volti e sembianti, pâlir de pitié les visages et les traits,

non sangue sparso d’innocenti vene, je ne chante ni le sang versé de veines innocentes,
non ciglia spente di tiranno insano, ni les yeux éteints d’un tyran insensé,
spettacolo infelice al guardo umano, spectacle malheureux au regard des hommes,
canto su meste e lagrimose scene. sur de tristes et larmoyantes scènes.

Lungi via, lungi pur da’ regii tetti, Loin, fuyez loin des demeures royales,
simolacri funesti, ombre d’affanni: simulacres funestes, ombres de tourments :
ecco i mesti coturni e i foschi panni voici que je change les tristes cothurnes et les sombres voiles,
cangio, e desto ne i cor più dolci affetti. et j’éveille dans les cœurs de plus douces passions.

Hor s’avverrà che le cangiate forme Or, s’il advient que, non sans grande stupeur,
non senza alto stupor la terra ammiri, la terre admire les formes changées,
tal ch’ogni alma gentil ch’Apollo inspiri de sorte que toute âme noble qu’Apollon inspire
del mio novo cammin calpesti l’orme, suive les traces de ma route nouvelle,

vostro, regina, fia cotanto alloro, alors, Reine, tant de lauriers seront vôtres,
qual forse anco non colse Atene o Roma, tel que jamais peut-être Athènes ou Rome ne cueillirent :
fregio non vil su l’onorata chioma, parure non vile à votre chevelure honorée,
fronda febea fra due corone d’oro. frondaison solaire parmi deux couronnes d’or.

Tal per voi torno, e con sereno aspetto Pour vous je reviens ainsi, et d’un aspect serein,
ne’ reali imenei m’adorno anch’io, je me pare moi aussi à l’hymen royal ;
e su corde piu liete il canto mio et sur des cordes plus joyeuses je tempère mon chant,
tempro, al nobile cor dolce diletto. pour le doux plaisir pour un cœur noble.

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PROLOGUE PROLOG

TRAGEDY DIE TRAGÖDIE


I, avid of deep sighs and tears, Ich, die ich nach großen Seufzern und Tränen giere,
My visage marked with grief and with menace, mein Gesicht bald von Schmerz, bald von Drohungen geprägt,
I, who have caused the faces of crowds ließ die Gesichter und Züge der in den großen Theatern
Gathered in vast theatres to turn pale with pity, versammelten Menge aus Mittleid erbleichen.

I shall not sing now of blood spilt from innocent veins, Weder das aus unschuldigen Adern vergossene Blut,
Nor of eyes blinded by an insane tyrant; Noch die gebrochenen Augen eines verrückten Tyrannen,
But rather of a sight most pitiful to man’s regard, ein unglückliches Schauspiel in den Augen der Menschen,
Of most sad and tearful scenes. besinge ich auf traurigen, tränenreichen Bühnen.

Flee far, far from royal dwellings, Weit, flieht die königlichen Dächer weit,
You sad spirits, woe-filled shades; den verhängnisvollen Schein, den Schatten der Qualen:
Behold, I put aside sorrowful buskins and Jetzt wechsle ich die traurigen Kothurne und die dunklen Schleier
Sombre veils: I now arouse sweeter emotions in hearts. und wecke in den Herzen süßere Leidenschaften.

If it should happen, not without amazement, Doch, wenn es geschieht, dass die Erde
That the earth should admire these changed forms nicht ohne große Verblüffung die veränderten Formen bewundert,
And that every noble soul whom Apollo has inspired so dass jede edle Seele, die Apollo inspiriert,
Should follow the traces of my new path, den Spuren meines neuen Weges folgt,

Then, o Queen, so much laurel shall be yours, dann, Königin, wird euch so viel Lorbeer zuteil,
More than has ever been gathered in Athens or Rome; wie Athen oder Rom vielleicht noch nie gepflückt haben:
A fitting diadem for your honoured head, ein nicht unwürdiger Schmuck in eurem geehrten Haar,
An Apollonian wreath between two golden crowns. ein sonniges Blattwerk zwischen zwei goldenen Kronen.

Thus I return to you; serene in demeanour, Für euch kehre ich so wieder und mit heiterer Miene
I shall prepare myself for a royal wedding. schmücke ich mich auch für die königliche Vermählung,
On more joyous strings I shall tune my song und auf fröhlicheren Saiten mäßige ich meinen Gesang,
To the sweet pleasures of a noble heart. ein süßes Vergnügen für das edle Herz.

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Mentre Senna real prepara intanto Tandis que la Seine royale prépare
alto diadema ond’il bel crin si fregi, le glorieux diadème dont votre belle chevelure se parera,
e i manti, e’ seggi de gli antichi Regi, les manteaux et les trônes des Rois antiques,
del Tracio Orfeo date l’orecchia al canto. prêtez l’oreille au chant du Thrace Orphée.

ATTO PRIMO ACTE PREMIER


(Scena prima) (Scène 1)

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


Ninfe, ch’i bei crin d’oro Nymphes, qui livrez joyeusement
sciogliete liete a lo scherzar de’ venti, vos beaux cheveux d’or aux caprices des vents,
e voi, ch’almo tesoro et vous, qui renfermez un si précieux trésor
dentro chiudete à’ bei rubini ardenti, sous vos rubis ardents,
e voi, ch’a l’Alba in ciel togliete i vanti, et vous, qui dans le ciel ôtez sa gloire à l’aube,
tutte venite, o Pastorelle amanti; accourez toutes, ô bergères amoureuses ;
e per queste fiorite alme contrade et que par ces belles contrées fleuries
risuonin liete voci e lieti canti. résonnent des voix et des chants joyeux.
Oggi à somma beltade Aujourd’hui, un saint hyménée
giunge sommo valor santo Imeneo. réunit la valeur suprême à la plus grande beauté.
Avventuroso Orfeo, Bienheureux Orphée,
fortunata Euridice, Fortunée Eurydice,
pur vi congiunse il Ciel: ò dì felice! le Ciel vous a enfin réunis : ô jour heureux !

NINFE DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Raddoppia e fiamme e lumi Redouble les flammes et les feux,
al memorabil giorno, pour ce jour mémorable,
Febo, ch’il carro d’or rivolgi intorno. Phoebus, qui contournes la terre d’un char en or.

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


E voi, Celesti Numi Et vous, divinités célestes qui errez
per l’alto Ciel con certo moto erranti, d’un mouvement constant par les hautes sphères,
rivolgete sereni tournez vers ces belles âmes
di pace e d’amor pieni vos visages lumineux, sereins,
a le bell’alme i lucidi sembianti. pleins de paix et d’amour.

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Whilst the royal Seine prepares Während die königliche Seine das glorreiche Diadem
The glorious diadem that will adorn your fair tresses vorbereitet, mit dem sich euer schönes Haar schmücken
And cloaks and thrones of ancient Kings, wird, sowie die Mäntel und die Throne der antiken
Lend your ear to the song of Orpheus of Thrace. Könige, leiht euer Ohr dem Gesang des Thrakers Orpheus.

ACT I ERSTER AKT


[Scene 1] (1. Szene)

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


You nymphs, who joyfully unbind and deliver Ihr Nymphen, die ihr so fröhlich
Your fair golden tresses to the wind’s caprices, euer schönes Goldhaar den Launen des Windes überlässt,
And you, who conceal a fair treasure und ihr, die ihr einen so wertvollen Schatz
Under your brilliant rubies, unter euren glühenden Rubinen verschließt,
And you, who rob the Dawn of its sky-borne glory, und ihr, die ihr im Himmel die Morgenröte ihres Ruhmes beraubt,
Come here now, all you loving shepherdesses, eilt alle herbei, oh verliebte Schäferinnen;
And let your voices resound in joyous song und durch diese schönen, blühenden Gestade
Throughout these fair and flowery lands. mögen fröhliche Stimmen und Gesänge ertönen.
Today a blessed wedding Heute vereint eine heilige Hochzeit
Will join highest worth to greatest beauty. den höchsten Wert mit der größten Schönheit.
O venturesome Orpheus, Glückseliger Orpheus,
O lucky Eurydice, Frohe Eurydike,
Heaven now unites you: o happy day! der Himmel hat euch endlich vereint: oh, glücklicher Tag!

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORs


O Phœbus, you who circle the earth in a golden chariot, Verdopple die Flammen und Feuer
Let your flames and fires burn twice as bright für diesen denkwürdigen Tag,
On this memorable day. Phöbus, der du mit goldenem Wagen um die Erde fährst.

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


And you, o heavenly gods, who travel Und ihr, himmlische Götter, die ihr
Steadily through high Heaven, in gleichmäßiger Bewegung durch die hohen Sphären irrt,
Turn your luminous and serene faces wendet diesen schönen Seelen
Filled with peace and love eure lichten, heiteren Antlitze
Towards these fair souls. voll von Frieden und Liebe zu.

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NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR
Vaghe Ninfe amorose, Belles nymphes amoureuses,
inghirlandate il crin d’alme viole; tressez vos cheveux de nobles violettes ;
dite liet’ e festose : dites, dans la joie et la fête :
Non vede un simil par d’amant’il sole! -Jamais le soleil n’a vu un tel couple d’amants !

PASTORI E NINFE CORO BERGERS ET NYMPHES DU CHŒUR


Non vede un simil par d’amant’il sole! Jamais le soleil n’a vu un tel couple d’amants !

EURIDICE EURYDICE
Donne, ch’ a’ miei diletti Dames, qui à mes plaisirs
rasserenate si lo sguardo, e ‘l volto, rendez vos regards et vos visages si sereins,
che dentro à’ vostri petti que toute ma joie semble réunie
tutto rassembr’il mio gioir raccolto, dans vos cœurs,
deh, come lieta ascolto ah, avec quelle joie j’écoute
i dolci canti e gli amorosi detti, vos doux chants et vos paroles amoureuses,
d’amor, di cortesia graditi affetti! agréables effets d’amour et de courtoisie !

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


Qual in si rozzo core Comment, abritée dans cœur si rustre,
alberga alma si fera, alma si dura, une âme si cruelle, une âme si dure,
che di si bell’amor l’alta ventura ne serait-elle pas comblée de plaisir et de douceur
non colmi di diletto e di dolcezza? par le grand bonheur d’un si bel amour ?
Credi, ninfa gentile, Crois-moi, gracieuse nymphe,
pregio d’ogni bellezza, gloire de toutes les beautés,
che non è fera in bosco, augello in fronda, il n’est fauve en la forêt, d’oiseau sur une branche,
o muto pesce in onda, ou de poisson muet dans les flots
ch’oggi non formi e spiri qui, aujourd’hui, ne forme et n’exhale
dolcissimi d’amor sensi e sospiri; de très doux mots et soupirs d’amour ;
non pur son liete l’alm’ e liet’ i cor les âmes et les cœurs ne sont pas seuls à se réjouir
de’ vostri dolci amori. de vos douces amours.

EURIDICE EURYDICE
In mille guise e mille De mille et mille façons

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A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS
Fair and loving nymphs, Schöne, verliebte Nymphen,
Bind your hair with sweet violets; flechtet edle Veilchen in euer Haar;
In the midst of joy and delight, o say, sagt in der Freude des Festes:
Has the sun ever beheld such a pair of lovers? Nie sah die Sonne ein solches Liebespaar!

SHEPHERDS AND NYMPHS FROM CHORUS SCHÄFER UND NYMPHEN DES CHORS
Has the sun ever beheld such a pair of lovers? Nie sah die Sonne ein solches Liebespaar!

EURYDICE EURYDIKE
Ladies, you who behold Frauen, die ihr mir zum Vergnügen
And admire my joys so serenely, eure Blicke und eure Gesichter so heiter macht,
May all my happiness so dass all mein Entzücken
Be gathered together in your hearts. in euren Herzen vereint scheint.
Ah, with what joy I hear Ah, mit welcher Freude höre ich
Your sweet songs and loving words, eure süßen Gesänge und eure verliebten Worte,
Pleasing and kind tokens of love and courtesy! angenehme Auswirkungen der Liebe und der Liebenswürdigkeit!

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


Could any soul be so cruel and so hard, Wie sollte sie, die in einem so rohen Herzen
Hidden in a heart so rough, eine so grausame Seele, eine so harte Seele beherbergt,
That the happiness of such a great love nicht vor Vergnügen und Wonne
Did not fill it with pleasure and sweetness? durch das große Glück einer so schönen Liebe zufrieden sein?
Believe me, gracious nymph, Glaub mir, anmutige Nymphe,
Crown of all beauty, Ruhm aller Schönheiten,
That no wild sylvan beast, no bird on the branch, es gibt kein wildes Tier im Wald, keinen Vogel auf einem Ast,
Nor silent fish in the sea exists keinen stummen Fisch in den Wellen,
Who today does not conceive and utter der nicht heute süßeste Worte
The sweetest words and sighs of love: und Liebesseufzer bildet und aushaucht;
Hearts and souls are not alone in delighting die Seelen und Herzen sind nicht die einzigen, die sich freuen
In your sweet loves. über eure süße Liebe.

EURYDICE EURYDIKE
In a thousand upon thousand ways In tausend- und abertausendfacher Weise

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crescon le gioie mie dentr’ al mio petto, grandissent les joies en ma poitrine,
mentr’ ogn’una di voi par che scintille tandis qu’il semble briller dans chacune d’entre vous
dal bel guardo seren gioia, e diletto. un beau regard serein de rire et de plaisir.
Ma deh, compagne amate, Mais, aimables compagnes,
là tra quell’ombre grate allons vers l’ombre agréable
moviam di quel fiorito almo boschetto, de ce charmant bosquet fleuri,
e quivi al suon de’ limpidi cristalli et là, au son des eaux cristallines,
trarren liete carole e lieti balli. nous formerons de joyeuses rondes et de joyeuses danses.

CORO CHŒUR
Itene liete pur: noi qui, fra tanto Allez donc heureuses : nous ici,
che sopraggiunta Orfeo, le temps qu’Orphée ne nous rejoigne,
l’ore trapasserà con lieto canto. nous passerons le temps avec un chant joyeux.

CORO CHŒUR
Al canto, al ballo, a l’ombre, al prat’ adorno À notre chant, à notre danse, à cet ombrage, à ce pré fleuri
a le bell’ ond’ e liete à l’onde belle et joyeuse,
tutti, o pastor, correte, ô bergers, accourez tous
dolce cantando in si beato giorno. en chantant doucement en ce jour si heureux.

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


Selvaggia diva, e boscherecce ninfe, Déesse sylvestre et nymphes des bois,
satiri, e voi silvani, satyres, et vous, sylvains,
reti lasciate e cani; laissez les filets et les chiens,
venit’ al suon de le correnti linfe. venez au son des eaux limpides.

CORO CHŒUR
Al canto, al ballo… À notre chant, à notre danse…

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Bella madre d’Amor, da l’alto coro Gracieuse mère d’Amour, depuis le chœur céleste,
scendi a’ nostri diletti, descends vers nos plaisirs,
e co’ bei pargoletti et avec tes beaux bambins,
fendi le nubi e ‘l ciel con l’ali d’oro. fends les nuées et le ciel de tes ailes d’or.

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My joy grows in my breast; wachsen die Freuden in meiner Brust,
Laughter and pleasure seem to shine forth während bei jeder von euch ein schöner, heiterer Blick
From your serene and fair faces. voll von Lachen und Vergnügen zu glänzen scheint.
But, beloved companions, Aber, liebe Kameradinnen,
Let us enter the pleasing shade gehen wir in den angenehmen Schatten
Of that pretty flowering arbour; dieses charmanten, blühenden Wäldchens
There, to the sound of limpid crystal waters und dort zum Klang des kristallklaren Wassers
We shall joyfully dance and sing. wollen wir fröhliche Reigen und fröhliche Tänze ausführen.

CHORUS CHOR
Go happily on your way: we will Geht also glücklich: wir vertreiben uns hier,
Pass the time in joyful song bis Orpheus zu uns kommt,
Until Orpheus arrives. die Zeit mit fröhlichem Gesang.

CHORUS CHOR
To our singing and our dancing Auf unseren Gesang, auf unseren Tanz, auf dieses
All run to the shade, to the flowery meadow schattige Laubwerk, auf diese blühende Wiese, auf die
And to the fair joyous waves, o Shepherd, schöne, fröhliche Welle, Oh Schäfer, kommt alle herbei
Singing sweetly on so blessed a day. und singt sanft an diesem so glücklichen Tag.

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


O forest goddess and woodland nymphs, Waldesgöttinnen und –nymphen,
You satyrs and sylvans all, Satyrn und ihr, Waldgottheiten,
Leave your nets and your dogs, lasst die Netze und die Hunde,
Come to the sound of the rushing waters. kommt zum Klang der klaren Wasser.

CHORUS CHOR
To our singing and our dancing … Auf unseren Gesang, auf unseren Tanz ...

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Fair mother of Love, descend from Anmutige Mutter der Liebe, vom himmlischen Chor
Heaven’s high choir upon our pleasures; steig herab zu unseren Vergnügungen
With your fair Cupids, rend the clouds und mit deinen schönen Kindern
And the sky asunder with your golden wings. teile die Wolken und den Himmel mit deinen Goldflügeln.

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CORO CHŒUR
Al canto, al ballo… À notre chant, à notre danse…

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Corrin di puro latte e rivi e fiumi, Que ruisseaux et fleuves se gonflent d’un lait pur,
di mel distilli, e manna que chaque roseau sauvage
ogni silvestre canna; distille miel et manne,
versat’ ambrosia e voi, celesti numi. et vous, divinités célestes, versez l’ambroisie.

CORO CHŒUR
Al canto, al ballo… À notre chant, à notre danse…

(Scena seconda) (Scène deux)


ORFEO ORPHÉE
Antri, ch’à miei lamenti Antres, qui à mes plaintes
rimbombaste dolenti, amiche piagge, résonniez avec douleur, lieux amis,
e voi, piante selvagge, et vous, arbres des forêts,
ch’à le dogliose rime qui, à mes vers tristes,
piegaste per pietà l’altere cime, ployiez de pitié vos cimes altières,
non fia piu nò, che la mia nobil cetra il n’adviendra plus, non, que ma noble lyre
con flebil canto a lagrimar v’alletti: par son chant plaintif vous invite aux pleurs :
ineffabil mercede, almi diletti, Récompense ineffable, doux plaisirs,
Amor cortese oggi al mio piant’ impetra. Amour courtois répond aujourd’hui à mes pleurs.
Ma deh, perche si lente Mais, pourquoi avec tant de lenteur
del bel carr’ immortal le rote accese les roues enflammées du beau char immortel,
per l’eterno cammin tardono il corso? sur le chemin éternel, retardent-elles leur course ?
Sferza, padre cortese, Fouette, aimable père,
à’ volanti destrier le groppe e ‘l dorso; les crouppes et l’échine de tes destriers volants ;
spegni ne l’onde omai, éteins à présent dans les flots,
spegni o nascondi i fiammeggianti rai. éteins ou cache tes rayons flamboyants.
Bella madre d’Amor, da l’onde fora Charmante mère d’Amour, hors des flots
sorgi, e la notte ombrosa surgis, et éclaire la nuit sombre
di vaga luce scintillando indora. d’une ravissante lumière dorée.

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CHORUS CHOR
To our singing and our dancing … Auf unseren Gesang, auf unseren Tanz ...

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Let streams and brooks flow with fair milk, Mögen die Bäche und Flüsse von reiner Milch anschwellen,
Let each dog-rose bring forth möge jedes wilde Schilfrohr
Drops of honey and manna; Honig und Manna ausscheiden,
Ye heavenly Powers, pour out ambrosia. und ihr, himmlische Gottheiten, gießt Ambrosia aus.

CHORUS CHOR
To our singing and our dancing … Auf unseren Gesang, auf unseren Tanz ...

[Scene 2] (Zweite Szene)


ORPHEUS ORPHEUS
You caves that echoed sadly Höhlen, die ihr bei meinen Klagen
To my lamenting, you friendly shores, voll Schmerz widerhalltet, freundschaftliche Orte,
And you, trees and forests, und ihr, Bäume des Waldes,
Who bent down your lofty tops die ihr bei meinen traurigen Versen
For pity at my sorrowful rhymes, vor Mitleid eure hohen Wipfel neigtet,
My noble lyre and its plaintive song es wird nicht mehr geschehen, nein, dass euch meine edle Leier
Will no longer invite you to weep: durch ihren klagenden Gesang zum Weinen einlädt:
An ineffable reward, sweet joys, Unaussprechlicher Lohn, süße Vergnügungen,
Courtly love today gives its reply to my weeping. holde Liebe antwortet heute auf meine Tränen.
But why do the flame-girt wheels of Phoebus’ Doch warum verzögern mit solcher Langsamkeit
Deathless chariot turn so slowly die flammenden Räder des schönen unsterblichen Wagens
On their eternal path? auf dem ewigen Weg ihren Lauf?
Whip, o courteous Father, Peitsche, liebenswürdiger Vater,
The rumps and backs of your stallions; die Kruppen und Rücken deiner fliegenden Rosse;
Extinguish or conceal your blazing rays, lösche nun in den Fluten,
Extinguish them in the waves. lösche oder verstecke deine flammenden Strahlen.
Fair mother of Love, rise one more Charmante Mutter Amors, den Fluten
From the waves and gild the shadowy night entsteige und erleuchte die dunkle Nacht
With splendid sparkling light. mit reizendem, goldenem Licht.

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Venga, deh venga omai la bella sposa Que vienne, ah, que vienne donc la belle épouse,
tra ‘l notturno silentio e i lieti orrori dans le silence nocturne et les joyeuses ténèbres,
a temprar tante fiamme e tanti ardori. tempérer tant de flammes et tant d’ardeurs.

ARCETRO ARCÈTRE
Sia pur lodato Amore, Qu’Amour soit enfin loué,
che d’allegrezza colmo puisque j’ai un jour pu, sur ton front,
pur ne la fronte un di ti vidi il core. voir que ton cœur est comblé d’allégresse.

ORFEO ORPHÉE
O mio fedel, ne pur picciola stilla O mon fidèle ami, il ne paraît à tes yeux
a gli occhi tuoi traspare qu’une bien petite goutte
de l’infinito mare de l’océan infini de douceurs
che di dolcezz’ Amor nel cor mi stilla. qu’ Amour distille en mon cœur.

ARCETRO ARCÈTRE
Hor non ti riede in mente N’as tu donc plus à l’esprit
quando fra tante pene quand, parmi tant de peines,
io ti dicea sovente: je te disais souvent :
—Armati il cor di generosa spene, - Arme-toi le cœur d’un espoir généreux,
che de’ fedeli amanti car le cœur des demoiselles
non ponno al fin de le donzelle i cori ne peut entendre sans pitié
sentir senza pietà le voci, e i pianti—? les mots et les pleurs d’amants fidèles. - ?
Ecco ch’a’ tuoi dolori Voici qu’ à tes douleurs,
pur s’ammolliro al fine se sont finalement attendries
del disdegnoso cor gli aspri rigori. les âpres rigueurs de ce cœur dédaigneux.

ORFEO ORPHÉE
Ben conosc’hor che tra pungenti spene Maintenant je sais que parmi des épines acérées
tue dolcissime rose, ce sont tes très douces roses,
Amor, serbi nascose; hor veggio e sento Amour, que tu tiens cachées ; désormais, je vois et sens
che per farne gioir ne dai tormento. que pour nous faire jouir, tu nous donnes bien du tourment.

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Then let her come, let the fair bride come Möge doch kommen, ach möge die schöne Braut
In the silence of the night and in joyful shadow, in der nächtlichen Stille kommen, und fröhliches Dunkel
That she may temper such fire and such passion. möge solche Flammen und solches Ungestüm mäßigen.

ARCETRO ARCETRO
Let Love now be praised, Amor soll endlich gelobt werden,
For I see now from your face that da ich eines Tages auf deiner Stirn lesen konnte,
Your heart is today filled with joy. dass dein Herz voll von Jubel ist.

ORPHEUS ORPHEUS
Faithful friend, you see in my eyes Oh, mein treuer Freund, vor deinen Augen erscheint
Only the smallest drop nur ein recht kleiner Tropfen
Of the infinite sea of sweetness des unendlichen Ozeans an Wonne,
That Love distils in my heart. den Amor in mein Herz träufelt.

ARCETRO ARCETRO
Do you not remember when, Hast du denn nicht mehr in Erinnerung,
In the midst of such sorrow, dass ich dir in so viel Leiden
I would often say to you: oft sagte:
‘Arm your heart with generous hope, - Wappne dein Herz mit großzügiger Hoffnung,
For maidens’ hearts denn das Herz der Mädchen
Cannot hear the words and tears kann nicht ohne Erbarmen
Of their faithful lovers without pity’. die Worte und Tränen der treuen Liebenden hören, - ?
Behold, through your anguish Nun ließ sich auf deine Schmerzen hin
The bitter rigours of her disdainful heart die herbe Strenge dieses herablassenden Herzens
Have finally been appeased. schließlich erweichen.

ORPHEUS ORPHEUS
Now I realise, Love, that you keep Jetzt weiß ich, dass du zwischen den scharfen Dornen
Your sweetest roses hidden amidst deine sehr süßen Rosen
Lacerating thorns; now I see and feel versteckt hältst, Amor; von nun an sehe und fühle ich,
That your torments must precede our joys. dass du uns viel Qual bereitest, um uns genießen zu lassen.

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TIRSI TYRSIS
Nel puro ardor de la piu bella stella A l’ardeur pure de la plus belle étoile,
aurea facella di bel foco accendi, allume donc d’un beau feu ton flambeau d’or,
e qui discendi su l’aurate piume, et descends ici sur tes plumes dorées,
giocondo nume, e di celeste fiamma divinité joconde, et d’une flamme céleste,
l’anime infiamma. embrase les âmes.
Lieto Imeneo d’alta dolcezza un nembo Heureux Hyménée, verse une nuée de toute douceur
trabocca in grembo a’ fortunati amanti, dans le giron des amants fortunés,
e tra’ bei canti di soavi amori et parmi les beaux chants de suaves amours,
sveglia ne i cori una dolce aura, un riso éveille en nos cœurs, une douce brise, un rire
di paradiso. de paradis.

ARCETRO ARCÈTRE
Deh come ogni bifolco, ogni pastore Ah, à l’instar de chaque paysan, chaque berger
a’ tuoi lieti imenei découvre, devant ton joyeux hyménée,
scopre il piacer ch’entro racchiude il core. le plaisir que renferme le cœur.

TIRSI TYRSIS
Del tuo beato amor gli alti contenti Que les grandes joies de ton heureux amour
crescon’ ogn’or, come per pioggia suole croissent sans cesse, tout comme, la pluie fait
l’onda gonfiar de’ rapidi torrenti. gonfler les eaux des torrents impétueux.

ORFEO ORPHÉE
E per te, Tirsi mio, liete e ridenti Et pour toi, mon cher Tyrsis, puisse le soleil toujours
sempre le notte, e i dí rimeni il Sole. t’apporter des nuits et des jours heureux et souriants.

(entra Dafne) (entre Dafné)


DAFNE DAPHNÉ
Lassa! che di spavento, e di pietate Hélas ! D’épouvante et de pitié,
gelami il cor nel seno! mon cœur se glace dans mon sein !
Miserabil beltate, Misérable beauté,
come in un punto, ohimè! venisti meno. comme en un instant, hélas !, tu t’évanouis.
Ahi! che lamp’ò baleno Ah ! La foudre ou l’éclair
in notturno seren ben ratto fugge d’un trait traverse la nuit sereine,

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THYRSIS TYRSIS
In the pure flame of the fairest star, Bei der reinen Glut des schönsten Sterns
Light your golden torch with bright fire entzünde also deine Goldfackel mit einem schönen Feuer
And descend amongst us on golden wings, und steig hierher herab auf deinen goldenen Federn,
O joyous god; inflame our souls fröhliche Gottheit, und mit himmlischer Flamme
With your divine fire. entzünde die Seelen.
Blessed Hymen, pour a mist of great sweetness Froher Hymenaios, gieße eine ganz zarte Wolke
Into the laps of the fortunate lovers; in den Schoß der glücklichen Liebenden
Amidst fair songs of gentle loves und zu den schönen Gesängen süßer Liebe
Awaken a soft breeze, a smile erwecke in unseren Herzen eine sanfte Brise, ein Lachen
Of Paradise in our hearts. des Paradieses.

ARCETRO ARCETRO
Ah, how every peasant, every shepherd Ah, wie jeder Bauer, jeder Schäfer
Discovers the pleasures that the heart conceals entdecke vor deiner fröhlichen Hochzeit
When he beholds your joyful marriage. die Lust, die im Herzen wohnt.

THYRSIS TYRSIS
As the rain swells the rivers’ rapid waters, Mögen die großen Freuden deiner glücklichen Liebe
May the great delights of your blessed love ohne Unterlass wachsen, so wie der Regen
Increase without cease. die Wasser der reißenden Sturzbäche anschwellen lässt.

ORPHEUS ORPHEUS
And for you, my Thyrsis, may the Sun Und dir, mein lieber Tyrsis, möge dir die Sonne immer
Bring you happy and carefree days and nights. glückliche, heitere Nächte und Tage bringen.

(Daphne enters) (Auftritt Daphnes)


DAPHNE DAPHNE
Alas! Horror and pity Ach! Voll Grauen und Mitleid
Freeze my heart in my body! gefriert mir das Herz in der Brust!
Wretched beauty, Beklagenswerte Schönheit,
How swiftly, alas, you disappear! wie vergehst du, ach!, in einem Augenblick.
Ah, the lightning-bolt Ah! Der Blitz
Flashes across the serene night, durchzuckt rasch die ruhige Nacht,

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ma più rapida l’ale mais plus rapide encore l’aile qui
affretta humana vita al dì fatale. précipite la vie humaine vers le jour fatal.

ARCETRO ACRÈTRE
Ohime! che fia già mai? Hélas ! Qu’est-il donc arrivé ?
pur hor tutta gioiosa Pourtant toute joyeuse
al fonte degl’ Allor costei lasciai. je l’ai laissée à la source des Lauriers.

ORFEO ORPHÉE
Qual così ria novella Quelle si funeste nouvelle
turba il tuo bel sembiante trouble ainsi ton beau visage
in questo allegro dì, gentil donzella? en ce jour de joie, gentille demoiselle ?

DAFNE DAPHNÉ
O del gran Febo e de le sacre dive Ô gloire suprême du grand Phoebus et des déesses sacrées,
pregio sovran, di queste serve onore, honneur de ces forêts,
non chieder la cagion del mio dolore. ne me demande pas raison de ma douleur.

ORFEO ORPHÉE
Ninfa, deh sia contenta Nymphe, sois donc contente
ridir perché t’affanni, nous dire pourquoi tu te tourmente,
che taciuto martir troppo tormenta. car une souffrance que l’on tait tourmente bien trop.

DAFNE DAPHNÉ
Com’esser può gia mai Comment se pourrait-il jamais
ch’io narri e ch’io riveli que je raconte et que je révèle
si miserabil caso? o Fato, o Cieli! un énènement si effroyable ? ô Destin, ô Cieux !
Deh lasciami tacer, troppo il saprai. Laisse-moi le taire, tu ne le sauras que trop.

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


Di’ pur : sovente del timor l’affanno Parle donc : la douleur d’un mal est souvent
e de l’istesso mal men grav’ assai. bien moins grave que la crainte qu’on en a.

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But faster still is the wing doch schneller noch ist der Flügel, der
That hastens human life to its end. das menschliche Leben in den Tod stürzt.

ARCETRO ARCETRO
Alas, what has happened? Ach! Was ist denn geschehen?
You were so happy when I left you Dabei habe ich sie so fröhlich
At the spring of the bay-trees. an der Quelle der Lorbeerbäume gelassen.

ORPHEUS ORPHEUS
What dreadful news Welch verhängnisvolle Nachricht
Can trouble your fair face trübt so dein schönes Gesicht
On this joyous day, gentle maid? an diesem Freudentag, liebes Mädchen?

DAPHNE DAPHNE
O sovereign glory of great Apollo Oh höchster Ruhm des großen Phöbus und der heiligen
And the holy goddesses, honour of these forests - Göttinnen, Ehre dieser Wälder,
Ask me not the reason for my sorrow. frag mich nicht nach dem Grund meines Schmerzes.

ORPHEUS ORPHEUS
Nymph, may it please you Nymphe, sei doch zufrieden,
To tell us of your trouble; uns zu sagen, warum du dich so quälst,
Silent suffering is too great a torment. denn ein Leid, das man verschweigt, quält allzu sehr.

DAPHNE DAPHNE
How could it ever be, Wie könnte ich je
That I must relate and reveal ein so entsetzliches Ereignis
Such a dreadful event? O Fate! O Heavens! erzählen und enthüllen? Oh Schicksal, oh Himmel!
Let me be silent, or you will know too much. Lass es mich verschweigen, tu wirst es noch zu rasch erfahren.

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


Speak, then: the pain of a calamity Sprich doch: Der Schmerz eines Übels ist oft
Is often much less than the fear of it. weit weniger schlimm als die Angst, die man davor hat.

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DAFNE DAPHNÉ
Troppo più del timor sia grave il danno. Le malheur est bien plus grave encore sur ma crainte.

ORFEO ORPHÉE
Ah! non sospender piu l’alma turbata. Ah, ne suspends plus ton âme troublée !

DAFNE DAPHNÉ
Per quel vago boschetto, Dans ce charmant bosquet
ove rigando i fiori où, irriguant les fleurs,
lento trascorre il fonte de gli Allori, coule lentement la source des Lauriers,
prendea dolce diletto la belle épouse prenait un doux plaisir
con le compagne sue la bella Sposa; avec ses compagnes ;
Chi violetta o rosa Pour faire guirlande à ses cheveux,
per far ghirlande al crine elle cueillait une violette ou une rose
togliea dal prato e dall’ acute spine. du pré et du buisson épineux.
E qual posando il fianco Et, posant le flanc
su la fiorita sponda sur la berge fleurie,
dolce cantava al mormorar dell’ onda; chantait délicatement au murmure de l’onde ;
ma la belle Euridice mais la belle Eurydice
movea danzando il piè su ‘l verde prato, parcourait la verte prairie en dansant,
quando, ria sorte acerba!, quand, sort acerbe et funeste !,
angue crudo e spietato, un serpent cruel et sans pitié
che celato giacea tra’ fiori e l’erba, qui se cachait parmi les fleurs et l’herbe
punsele il piè con si maligno dente, lui mordit le pied d’une dent si redoutable,
ch’impallidì repente qu’elle pâlit soudain
come raggio di sol che nube adombri, tel un rayon de soleil qu’un nuage obscurcit ;
e dal profondo core et du fond de son cœur
con un sospir mortale avec un soupir mortel
si spaventose ohimè !, sospinse fore elle exhala un si effroyable, “hélas !”
che, quasi havesse l’ale que, comme si elles avaient eu des ailes,
giunse ogni ninfa al doloroso suono; toutes les nymphes accoururent à ce son douloureux ;
ed ella in abbandono et elle, dans l’abandon le plus total,
tutta lasciossi allor ne l’altrui braccia. s’effondra alors entre leurs bras.
Spargea il bel volto e le dorate chiome Son beau visage et sa chevelure d’or

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DAPHNE DAPHNE
The harm is much graver than my fear. Das Übel ist weit schlimmer als meine Angst.

ORPHEUS ORPHEUS
Ah, ease your troubled soul! Ah, halte deine betrübte Seele nicht länger im Zaum!

DAPHNE DAPHNE
In this pleasant wood, In diesem charmanten Wäldchen,
Where the spring of the bay-trees wo langsam die Quelle der Lorbeeren fließt
Flows slowly and waters the flowers, und die Blumen bewässert,
The fair Bride enjoyed sweet amusement vergnügte sich sanft die schöne Braut
With her companions; mit ihren Kameradinnen.
To make a garland for her hair Um für ihr Haar eine Girlande zu flechten,
She plucked a violet from the meadow pflückte sie ein Veilchen oder eine Rose
And a rose from its thorny briar. in der Wiese oder im dornigen Strauch.
She lay on her side Und, als sie sich
On the flowery bank auf die blühende Böschung legte,
And sang sweetly to the water’s murmuring. sang sie zart zum Murmeln der Welle.
But fair Eurydice, dancing, Doch die schöne Eurydike
Was crossing the green meadow durchstreifte die grüne Wiese tanzend,
When, o bitter and dread fate, als – hartes, verhängnisvolles Schicksal! –
A cruel pitiless serpent eine grausame, erbarmungslose Schlange,
Lying hidden midst the flowers and grass die sich unter den Blumen und dem Gras versteckt hatte,
Punctured her foot with such an evil fang sie mit solch gefährlichem Zahn in den Fuß biss,
That she paled suddenly, dass sie plötzlich erbleichte
Like the sun’s rays that are darkened by a cloud; wie ein Sonnenstrahl, den eine Wolke verdunkelt.
From the depths of her heart Und aus tiefstem Herzen
With a deathly sigh mit einem tödlichen Seufzer
She uttered such a dreadful ‘Alas’ hauchte sie ein entsetzliches „Ach!“,
That every nymph rushed towards that woeful sound so dass alle Nymphen, als hätten sie Flügel,
As if they had possessed wings. auf diesen schmerzlichen Laut hin herbeieilten;
Her strength failed her und sie brach vollkommen kraftlos
And she collapsed into their arms; in unseren Armen zusammen.
A sweat that was colder even than ice Ihr schönes Gesicht und ihr goldenes Haar

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un sudor via più fredd’ assai che ghiaccio. se couvraient d’une sueur bien plus froide encore que glace.
Indi s’udio il tuo nome On entendit alors ton nom
tra le labbra sonar fredde e tremanti, résonner entre ses lèvres, froides et tremblantes,
e, volti gli occhi al cielo, et, les yeux au ciel,
scolorito il bel viso e’ bei sembianti, son beau visage et ses beaux traits devenus blêmes,
restò tanta bellezza immobil gelo. bientôt, tant de beauté ne fut plus que glace immobile.

ARCETRO ARCÈTRE
Che narri, ohime! che sento ? Que dis-tu, hélas ! qu’entends-je ?
Misera ninfa, e più misero amante, Malheureuse nymphe, et encore plus malheureux amant,
spettacol di miseria, e di tormento! spectacle de misère et de tourment !

ORFEO ORPHÉE
Non piango e non sospiro, Je ne pleure pas, je ne soupire pas,
ò mia cara Euridice, ô ma chère Eurydice,
che sospirar, che lagrimar non posso, car je ne peux pleurer ni soupirer,
Cadavero infelice ; Cadavre infortuné ;
ò mio core, ò mia speme, ò pace, ò vita! ô mon cœur, ô mon espérance, ô paix, ô vie !
Ohimè!, chi mi t’ha tolto, Hélas, qui t’a arraché à moi ?
chi mi t’ha tolto, ohime!, dove se’ gita? qui m’a arraché à toi, hélas, où es-tu donc ?
Tosto vedrai ch’in vano Bientôt tu verras que ce n’est pas en vain
non chiamasti morendo il tuo consorte. qu’en mourant, tu as invoqué ton époux.
Non son, non son lontano: Non, je ne suis pas loin :
io vengo, ò cara vita, ò cara morte. Je viens, ô chère vie, ô chère mort.

ARCETRO ARCÈTRE
Ahi! Mort’ invid’ e ria, Ah, Mort cupide et cruelle,
così recid’ il fior de l’altrui speme ? ainsi tu brises la fleur de l’espérance d’autrui ?
così turbi d’Amor gli almi contenti? Ainsi tu troubles les doux plaisirs d’Amour ?
Lasso! ma indarno a’ venti, Hélas ! Mais c’est en vain qu’aux vents
ove l’empia n’assal, volan le stride. s’envolent les cris, quand l’Impitoyable nous frappe.
Fia più senn’il seguirlo, acciò non vinto Il serait plus sage de le suivre, afin que, vaincu
da soverchio dolor se stesso uccida. par d’une douleur excessive, il n’attente pas à sa vie.

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Covered her fair face and her golden hair. bedeckten sich mit Schweiß, der weit kälter als Eis war.
We heard your name Dann hörte man deinen Namen
Issue from her cold and trembling lips auf ihren kalten, zitternden Lippen ertönen
And, turning her eyes to heaven, und mit zum Himmel gerichteten Augen
Her fair face and features lost all colour; erbleichten ihr schönes Gesicht und ihre schönen Züge,
Immobile ice was all that remained of such beauty. und bald war so viel Schönheit nur mehr starres Eis.

ARCETRO ARCETRO
What is this you say? Alas, what do I hear? Was sagst du, ach! Was höre ich?
Wretched nymph, and even more wretched lover, Unglückliche Nymphe und noch unglücklicherer Liebender,
O vision of misery and torment! Schauspiel des Elends und der Qual!

ORPHEUS ORPHEUS
I do not weep, I do not sigh, Ich weine nicht, ich seufze nicht,
O my dear Eurydice, oh, meine teure Eurydike,
For I can neither weep nor sigh, denn ich kann nicht weinen, nicht seufzen,
O unlucky corpse; unglücklicher Leichnam;
O my heart, o my hope, o peace, o life! Oh mein Herz, oh meine Hoffnung, oh Frieden, oh Leben!
Alas! Who has torn you from me, Ach, wer hat dich mir entrissen?
Who has torn you from me, alas? Where are you? Wer hat mich dir entrissen, ach, wo bist du?
Soon you will see that it was not in vain Bald wirst du sehen, dass du nicht umsonst
That you called upon your husband as you died. sterbend deinen Gatten gerufen hast.
I am not far from you: I come, Nein, ich bin nicht fern:
So dear to me in life, so dear to me in death. Ich komme, oh teures Leben, oh teurer Tod.

ARCETRO ARCETRO
Ah, invidious and cruel Death, Ah, habgieriger, grausamer Tot,
Thus do you crush the flower of another’s hopes? so brichst du die Hoffnungsblume der anderen?
Thus do you upset Love’s sweet delights? So störst du die süßen Freuden der Liebe?
Woe, for our cries fly on the winds in vain Ach! Doch umsonst erheben sich
When wicked Death strikes. die Schreie in die Winde, wenn uns der Erbarmungslose trifft.
It would be wiser to follow Orpheus lest Es wäre weiser, ihm zu folgen, damit er nicht, von
He attempt suicide, borne down by excess of grief. äußerstem Schmerz besiegt, Hand an sich lege.

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DAFNE DAPHNÉ
Va’ pur, ch’ogni dolor si fa men grave, Va donc, car toute douleur est moins dure
ove d’amico fido quand les douces paroles d’un ami fidèle
reca conforto il ragionar soave. apportent réconfort.

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Dunque è pur ver, che scompagnate e sole Il est donc vrai que, seules et sans compagne,
tornate, o donne mie, vous revenez, ô mes dames,
senza la scorta di quel vivo Sole? sans l’escorte de ce vif soleil ?

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Sconsolati desir, gioie fugaci, Désir inconsolé, joies furtives,
ò speranze fallaci! ô espérances trompeuses !
E chi creduto havrebbe Et qui aurait cru,
in si breve momento en si peu de temps,
veder il Sol d’ogni bellezza spento? voir le soleil dépouillé de toutes ses beautés ?

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Bel di, ch’in sul mattin si lieto apristi, Beau jour, qui au matin t’es levé si joyeux,
deh come avanti sera hélas, avant même le soir,
nube di duol t’adombra oscura e nera! quelle nuée de douleur t’assombrit, obscure et noire !
O gioie, O risi, O canti Ô joies, ô rires, ô chants,
fatti querele e pianti! devenus plaintes et pleurs !

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


O voi cotanto alteri Ô vous, si fiers
per fior di giovanezza, de la fleur de votre jeunesse,
e voi, che di bellezza et vous, qui de la beauté
si chiari pregi avete, avez les lumineux attraits,
mirate, donne mie, quel che voi sete. voyez, mes dames, ce que vous êtes.

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Cruda Morte, ahi pur potesti Mort cruelle, tu as donc pu
oscurar si dolci lampi: obscurcir de si doux yeux :

62
DAPHNE DAPHNE
Go then, for every sorrow is lessened Geh also, denn jeder Schmerz ist weniger hart,
When sweet phrases from a faithful friend wenn sanfte Worte eines treuen Freundes
Bring their comfort. Tröstung bringen.

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Is it true, my ladies, So ist es wahr, dass ihr allein und ohne Kameradin
That you return alone and uncompanioned, wiederkommt, oh meine Damen
Without the escort of the bright sun? ohne die Begleitung dieser strahlenden Sonne?

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Unrequited desires, fleeting joys, Ungetröstetes Verlangen, flüchtige Freuden,
Deceiving hopes! oh, trügerische Hoffnungen!
Who could have believed Und wer hätte geglaubt,
That the Sun’s beauty could be eclipsed die Sonne in so kurzer Zeit
In such a short time? all ihrer Schönheiten beraubt zu sehen?

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


O day so fair, you began in joy this morning; Schöner Tag, der du am Morgen so fröhlich anbrachst,
Now, before evening has fallen, ach, welch Wolke des Schmerzes verdunkelt dich, finster
A dense dark cloud of sorrow dims your radiance! und schwarz, noch vor dem Abend!
Joy, laughter and song Oh Freuden, oh Lachen, oh Gesänge,
Are transformed into complaint and weeping! zu Klagen und Tränen geworden!

A SHEPHERD SCHÄFER DES CHORS


You, so proud Oh ihr, die ihr so stolz seid
Of the flower of your youth, auf die Blume eurer Jugend,
And you, whose beauteous charms und ihr, die ihr der Schönheit
Shine forth, leuchtende Züge besitzt,
Behold, my ladies, what you truly are. seht, meine Damen, was ihr seid.

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


O cruel Death, you who could Grausamer Tod, du konntest
Veil the light of such sweet eyes; so süße Augen verdunkeln:

63
sospirate, aure celesti, soupirez, brises célestes,
lagrimate, ò selve, ò campi. pleurez, ô forêts, ô campagnes.

CORO CHŒUR
Sospirat’ aure celesti, Soupirez, brises célestes,
lagrimate, ò selve, ò campi. pleurez, ô forêts, ô campagnes.

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Quel bel volto almo fiorito, Ce beau visage noble et fleuri
dove Amor suo seggio pose, dont Amour a fait son siège,
pur lasciasti scolorito tu l’as donc laissé terni,
senza gigli, e senza rose. sans lys et sans rose.

CORO CHŒUR
Sospirate, aure celesti… Soupirez, brises célestes…

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Fiammeggiar di negre ciglia Flamboiement de noires prunelles
ch’ogni stell’ oscura in prova, qui fais pâlir les étoiles,
chioma d’or, guancia vermiglia, cheveux d’or, joues vermeilles,
contr’ à Morte, ohimè! che giova? contre la Mort, hélas !, que pouvez-vous ?

CORO CHŒUR
Sospirate, aure celesti… Soupirez, brises célestes…

PASTOR DEL CORO BERGER DU CHŒUR


S’Appennin nevoso il tergo Si les flancs de l’Appenin enneigé
spira giel che l’onde affrena, exhalent un froid qui freine les ondes,
lieto foco in chius’ albergo un feu joyeux en un abri fermé
dolce april per noi rimena. ramène pour nous le doux avril.

CORO CHŒUR
Sospirate, aure celesti… Soupirez, brises célestes…

64
Sigh, o heavenly breezes, Seufzt, himmlische Brisen,
Weep, o forests and fields. weint, oh Wälder, oh Felder.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes, Seufzt, himmlische Brisen,
Weep, o forests and fields. weint, oh Wälder, oh Felder.

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


This fair and noble face, all beflowered, Dieses edle, blühende Antlitz,
The very dwelling-place of Love, das Amor zu seinem Sitz erwählt hat,
You left it colourless, hast du also verblassen lassen
Without lilies, without roses. ohne Lilie und ohne Rose.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes… Seufzt, himmlische Brisen,...

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Flashing dark eyes Glanz der schwarzen Pupillen,
That made every star seem dark, der die Sterne erbleichen lässt,
Golden hair, crimson cheeks, Goldhaar, rote Wangen,
What could you do, alas, against Death? was könnt ihr, ach!, gegen den Tod?

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes… Seufzt, himmlische Brisen, ...

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


When the snowy Apennine peaks Wenn die Hänge des verschneiten Apennins
Breathe forth ice that restrains the waves, Kälte ausatmen, die die Wellen behindert,
A merry fire in an enclosed space bringt ein frohes Feuer in einem geschlossenen Unterschlupf
Reminds us of sweet April. für uns den süßen April wieder.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes… Seufzt, himmlische Brisen,...

65
PASTOR DEL CORO BERGER DU CHŒUR
Quando a’ rai del sol cocenti Quand sous les rayons brûlants du soleil,
par che il ciel s’infiamm’ il mondo, ciel et terre semblent s’enflammer,
fresco rio d’onde lucenti un frais ruisseau d’ondes brillantes
torna il di lieto e giocondo. rend le jour heureux et gai.

CORO CHŒUR
Sospirate, aure celesti… Soupirez, brises célestes…

PASTORE DEL CORO BERGER DU CHŒUR


Spogliasi di fiamma e tosco Un chant puissant dépouille le cruel serpent
forte carm’ empio serpente; de ses flammes et de son venin ;
ben si placa in selve, ò bosco et, dans les forêts ou dans les bois,
fier leon ne l’ira ardente. le fier lion apaise son ardente colère.

CORO CHŒUR
Sospirate, aure celesti… Soupirez, brises célestes…

DUE NINFE SOLE DEL CORO DEUX NYMPHES SEULES DU CHŒUR


Ben nocchier costante e forte Un nocher constant et fort
sa schernir marino sdegno. sait défier la fureur des mers.
Ahi! fuggir colpo di Morte Helas, fuir les coups de la Mort,
già non val mortal ingegno. nul esprit mortel le pourrait.

CORO CHŒUR
Sospirat’ aure celesti, Soupirez, brises célestes,
lagrimate, ò selve, ò campi. pleurez, ô forêts, ô campagnes.

(Scena terza) (Scène trois)


ARCETRO ARCÈTRE
Se Fato invido, e rio Si le Sort jaloux et cruel
di queste amate piaggie ha’ spento il Sole, a éteint le soleil de ces aimables contrées,
donne, ne riconsole dames, nous devons nous réjouir

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A SHEPHERD SCHÄFER DES CHORS
When, under the sun’s burning rays, Wenn unter den brennenden Sonnenstrahlen
Heaven seems to set the earth alight, der Himmel und die Erde sich zu entzünden scheinen,
A cool river of shining waters macht ein frischer Bach glänzender Wellen
Makes the day happy and gay. den Tag glücklich und froh.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes… Seufzt, himmlische Brisen, ...

A SHEPHERD FROM CHORUS SCHÄFER DES CHORS


A powerful song robs the cruel serpent Ein mächtiger Gesang möge die grausame Schlange
Of his flame and his poison; ihrer Flammen und ihres Gifts berauben;
In the forests and in the woods und in den Wäldern und Hainen
The proud lion calms his ardent ire. soll der stolze Löwe seinen lodernden Zorn kühlen.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes… Seufzt, himmlische Brisen, ...

TWO NYMPHS FROM CHORUS ZWEI NYMPHEN DES CHORS ALLEIN


A reliable and strong helmsman Ein beharrlicher, starker Fährmann
Can defy the sea’s fury; versteht sich darauf, dem Toben der Meere zu trotzen.
Alas, no mortal cunning Ach, die Schläge des Todes fliehen,
Can defer the blows of Death. kann kein sterblicher Geist.

CHORUS CHOR
Sigh, o heavenly breezes, Seufzt, himmlische Brisen,
Weep, o forests and fields. weint, oh Wälder, oh Felder.

[Scene 3] (Dritte Szene)


ARCETRO ARCETRO
Even though invidious and cruel Fate Wenn das neidische, grausame Schicksal
Has darkened the sun of these beloved lands, die Sonne dieser lieblichen Gegenden ausgelöscht hat,
Ladies, it should console us ihr Damen, so müssen wir uns freuen,

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che per celeste aita que par l’aide des Dieux,
il nobile pastor rimaso è in vita. le noble Berger soit resté vivant.

CORO CHŒUR
Benigno don degl’ immortali Dei, C’est un don bienveillant des dieux immortels
s’ei vive pur da tanta angoscia oppresso; s’il vit, bien qu’opressé d’une telle angoisse ;
ma tu, perché non sei, mais toi, pourquoi n’es-tu pas,
In si grand’uopo, al caro amic’ appresso? en un tel besoin, auprès de ton ami ?

ARCETRO ARCÈTRE
Con frettoloso passo, Comme tu le sais,
come tu sai, dietro li tenni; or quando je l’ai suivi d’un pas rapide ; mais quand
da lungi il vidi, che dolente, e lasso de loin je le vis qui, dolent et las,
s’en gìa, com’huom d’ogn’ allegrezz’ in bando, s’en allait tel un homme privé de toute joie,
il corso alquant’ allento, j’ai freiné quelque peu mon allure,
pur tuttavia da lunge tout en gardant de loin
tenendo al suo cammin lo sguard’ intento; le regard attentif à sa marche ;
ed ecco al loco ei giunge et voilà qu’il arrive au lieu
dove fe’ Morte il memorabil danno. où la Mort commit son mémorable forfait.
Vinto dall’alto affanno Vaincu par la douleur extrême,
cadde sull’herba, e quivi il tomba sur l’herbe, et là
si dolenti sospir dal cor gl’usciro, de si douloureux soupirs lui jaillirent du coeur,
che le fere e le piante e l’herbe, e i fiori que les fauves, les arbres, l’herbe, les fleurs
sospirar seco e lamentar s’udiro. s’ouïrent soupirer avec lui, et lamenter.
Et egli: -Ò fere , ò piante, ò fronde, ò fiori, Et lui : « ô fauves, ô arbres, ô feuilles, ô fleurs,
qual di voi per pietà m’addita il loco qui d’entre vous, par pitié, me peut me montrer le lieu
dove ghiaccio divenne il mio bel foco?- où mon si beau feu est devenu de glace ? »-
E, come porse il caso, o volle il Fato, Et, comme amené par le hasard ou voulu par le Destin,
girando intorno le dolenti ciglia, promenant autour de lui son regard affecté,
scorse su’l verde prato il découvrit sur le pré verdoyant,
del bel sangue di lei l’herba vermiglia. l’herbe empourprée du sang de sa promise.

CORO CHŒUR
Ahi, lagrimosa vista, ahi Fato acerbo ! Ah, déchirante vue, ah Destin cruel !

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That Orpheus, through heaven’s help, dass durch die Hilfe der Götter
Is still alive. der edle Schäfer am Leben geblieben ist.

CHORUS CHOR
O kindly gift of the immortal gods, Es ist eine wohlwollende Gabe der unsterblichen Götter,
That he lives, though tormented by such anguish; dass er lebt, obwohl solche Beklemmung auf ihm lastet;
But you, at a time of such need, doch du, warum bist du
Why are you not with your friend? in einer solchen Notsituation nicht bei deinem Freund?

ARCETRO ARCETRO
With hurried step, as you know, Wie du weißt,
I followed him; when from afar bin ich ihm mit schnellem Schritt gefolgt; doch als ich
I saw him, tired and sad, ihn von weitem sah, der jammernd und erschöpft
Walking like a man robbed of all joy, fortging, wie ein Mann ohne jede Freude,
I slowed my steps, habe ich meine Schritte etwas gehemmt
Although from a distance und dabei aus der Ferne
I still watched his progress carefully. einen aufmerksamen Blick auf seinen Gang gerichtet;
Behold, he reached the place und da erreichte er den Ort,
Where Death had done his dreadful deed; an dem der Tod seine denkwürdige Untat begangen hatte.
Riven with deepest grief Von größtem Schmerz übermannt,
He fell on the grass, where sank er ins Gras, und da
Such sorrowful sighs poured from his heart drangen so schmerzliche Seufzer aus seinem Herzen,
That the wild beasts, trees, plants and flowers dass die wilden Tiere, die Bäume, das Gras, die Blumen
All sighed with him in sympathy. sich mit ihm seufzen und klagen hörten.
Said he: ‘O beasts, trees, plants and flowers, Und er: „Oh wilde Tiere, oh Bäume, oh Blätter, oh Blumen,
For pity, which of you can show me the place wer unter euch kann mir aus Mittleid den Ort zeigen,
Where the fire of my love became ice?’ wo mein so schönes Feuer zu Eis geworden ist?“ –
And, as chance would have it or by Fate’s decree, Und wie vom Zufall hergebracht oder vom Schicksal gewollt,
Casting around his sorrow-laden eyes, entdeckte er, als er seinen betrübten Blick um sich
In the midst of the green sward he saw schweifen ließ, auf der grünen Wiese
The grass all crimson with his beloved’s blood. das vom Blut seiner Verlobten gerötete Gras.

CHORUS CHOR
Ah, o harrowing sight! Ah, o bitter Fate! Oh, herzzerreißender Anblick, oh, grausames Schicksal!

69
ARCETRO ARCÈTRE
Sovra’l sanguigno smalto Sur cet éclat de sang,
immobilmente affisse immobile, il figea
le lagrimose luci e ‘l volto esangue; son regard éploré, et son visage exsangue ;
indi tremando disse : puis tout tremblant, il dit :
-Ò sangue, ò caro sangue, « Ô sang, ô aimable sang,
del mio ricco tesoro misero avanzo, misérable vestige de mon précieux trésor,
deh, co’ miei baci insieme ah, avec mes baisers
prendi dell’ alm’ ancor quest’aure estreme- prends aussi ce dernier souffle de mon âme ! »-
E, quasi ei fosse d’insensibil pietra, et, comme s’il avait été une pierre insensible,
Cadde sull’erba, e quivi, il tomba sur l’herbe, et là,
Non dirò fonti o rivi, je ne dirais pas que c’étaient des fontaines ou des ruisseaux
Ma di lacrime amare qui semblèrent jaillir de ces yeux,
Da quegli occhi sgorgar pareva un mare. mais bien une mer de larmes amères.

CORO CHŒUR
Ma tu, per che tardavi a dargli aita ? Mais toi, pourquoi as tu tardé à lui porter secours ?

ARCETRO ARCÈTRE
Io, che pensato havea di starmi ascoso Moi, qui avais pensé rester caché
fin che l’aspro dolor sfogasse alquanto, jusqu’à ce qu’il épanche un peu son âpre douleur,
quando su’l prato erboso quand je le vis tomber sur le pré herbu
cader lo vidi e crescer pianto a pianto, et verser pleurs sur pleurs,
mossi per sollevarlo : o meraviglia!, je me suis précipité pour le relever lorsque, ô merveille !
Ed ecco un lampo ardente Voici qu’un éclair brillant
da l’alto ciel mi saettò le ciglia. venu du haut du ciel foudroya mes yeux.
Allor gl’ occhi repente Alors aussitôt je tournai mon regard
rivolsi al folgorar’ del nuovo lume, vers la clarté de cette nouvelle lumière,
e, sovra human costume, et, prodige surhumain,
entro bel carro di zaffir lucente sur un beau char étincelant de saphirs,
donna vidi celeste, al cui sembiante je vis une femme céleste dont l’aparition fit
si coloriva il ciel di luce e d’oro. le Ciel se teinter d’or et de lumière.
Avvinte al carro avante Attachées à l’avant du char,
spargean le penne candidette e snelle deux colombes jumelles

70
ARCETRO ARCETRO
Onto this bloodstained spot, Auf diesen Blutspritzer
Motionless, he fixed tear-filled eyes, heftete er unbeweglich seinen tränenüberströmten Blick
His face drained of all blood; und sein blutleeres Gesicht;
Trembling, he said: dann sagte er zitternd:
‘O blood, beloved blood, „Oh Blut, oh liebes Blut,
All that remains of my precious treasure, elende Spur meines kostbaren Schatzes,
Receive my kisses, and with them oh mit meinen Küssen nimm auch diesen letzten
Take my soul’s last breath!’ Atemzug meiner Seele!“ –
As if made of unfeeling stone, und als wäre er ein gefühlloser Stein
He fell onto the grass, where sank er ins Gras und da
There seemed to spring from his eyes würde ich nicht sagen, dass Quellen oder Bäche
I would say neither fountains nor rivers, aus seinen Augen zu strömen schienen,
But rather a sea of bitter tears. sondern ein Meer bitterer Tränen.

CHORUS CHOR
But you, why did you delay your help? Doch du, warum zögertest du, ihm zu Hilfe zu kommen?

ARCETRO Arcetro
I, who had thought to remain hidden Ich, der ich vorhatte versteckt zu bleiben,
Till his bitter sorrow had lessened a little, bis er ein wenig seinem heftigen Schmerz Lauf gelassen habe,
When I saw him fall on the grassy sward als ich ihn in die dichte Wiese sinken sah
And shed tears upon tears, und Träne um Träne vergießen,
I went to help him; then - o marvel – lief ich, um ihm aufzuhelfen, als, oh Wunder!
Behold, a bolt of lightning ein leuchtender Blitz
From high heaven flashed before my eyes. aus dem Himmel meine Augen traf.
I immediately turned my gaze Da wendete ich sofort meinen Blick
To the brilliance of this new light der Helle dieses neuen Lichts zu,
And, beyond all mortal wont, und, übermenschliches Wunder,
Within a fair chariot of shining sapphire auf einem schönen, von Saphiren gleißenden Wagen
I saw a divine Lady, whose appearance sah ich eine göttliche Frau, durch deren Erscheinung
Coloured the sky with golden light. sich der Himmel golden färbte und licht wurde.
Attached to the front of the chariot, Dem Wagen vorgespannt
Two twin doves waren zwei Zwillingstauben,

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due colombe gemelle ; déployaient leurs plumes blanches et gracieuses ;
e, qual le nubi fende et, tel un cygne qui perce les nuées
cigno che d’alto a le bell’onde scende, quand, du ciel, il plonge vers les belles ondes,
tal con obliqui giri descendant lentement par des spirales obliques,
lente calando là fermaro il volo, elles arrêtèrent leur vol,
ove tra rei martiri là où, parmi de cruelles souffrances
lo sconsolato amante l’amant inconsolé
premea con guancia lagrimoso il suolo; pressait le sol de sa joue couverte de larmes.
ivi dal carro scese Là, du char descendit
l’altera donna, e con sembiante humano la noble dame, et d’une apparence humaine,
candida man per sollevarlo stese. elle tendit une main blanche pour le relever.
Al celeste soccorso À ce secours céleste,
la destra ei porse, e fe sereno il viso : il tendit la main droite, et son visage se fit serein :
io, di si lieto avviso Moi, pour vous réjouir le cœur
per rallegrarvi il cor, mi diedi al corso. d’une si heureuse nouvelle, j’ai courru vers vous.

CORO CHŒUR
A te, qual tu ti sia de gli alti numi, À toi, qui que tu sois parmi les dieux suprêmes,
ch’al nobile pastor recasti ahita, qui au noble Berger a porté secours,
mentr’ avran queste membra, e spirto, e vita tant que ces membres auront le souffle et la vie,
canteren lod’ ogn’ hor tra ‘ncensi e fumi. nous chanterons des louanges parmi les fumées et l’encens.

CORO CHŒUR
Se de’ boschi i verdi onori Si les vertes parures des bois
raggirar su’ nudi campi fendues par un terrible hiver,
fa stridor d’orrido verno, reviennent sur des champs dénudés,
sorgono anco e frond’ e fiori les feuilles et les fleurs renaissent elles aussi
appressando i dolci lampi quand le char éternel approche
de la luce il carro eterno. les doux éclairs de la lumière.

S’al soffiar d’Austro nemboso Bien qu’au souffle du sombre Auster,


crolla in mar gli scogli alteri les fiers rochers vacillent en mer
l’onda torbida spumante, sous les troubles flots écumants,
dolce increspa il tergo ondoso, l’échine de l’onde est doucement plissée,

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Spread their white and graceful wings; die ihre weißen, anmutigen Flügel ausbreiteten;
Like a swan who sunders the clouds und wie ein Schwan, der durch die Wolken dringt,
When he dives into the waters from on high, wenn er vom Himmel in die schönen Wellen taucht,
They descended slowly in oblique spirals langsam in schrägen Spiralen herabsteigend,
And ended their flight hielten sie in ihrem Flug da inne,
Where, racked with pain, wo in grausamen Leiden
The disconsolate lover pressed der untröstlich Liebende
His tear-stained cheek to the ground. seine tränenbedeckte Wange gegen den Boden drückte.
From the chariot now descended Da stieg die edle Dame
That noble lady; seemingly human, in menschlicher Gestalt aus dem Wagen
She held out a white hand to raise him up. und reichte ihm eine weiße Hand, um ihn aufzurichten.
He stretched out his right hand Dieser himmlischen Hilfe
To this divine aid and his expression cleared: reichte er die rechte Hand, und sein Gesicht heiterte sich auf:
I then came swiftly to you Und ich, um eure Herzen mit einer so glücklichen
To cheer your hearts with these fair tidings. Nachricht zu erfreuen, lief zu euch.

CHORUS CHOR
To you, whoever you may be of the exalted gods, Oh du, wer du auch seist unter den höchsten Göttern,
You who lent assistance to our noble shepherd, die du dem edlen Schäfer Hilfe bringst,
As long as our bodies have breath and life so lange diese Glieder Atem und Leben haben,
We will sing your praise amidst clouds of incense. singen wir dein Lob mit Opfer- und Weihrauch.

CHORUS CHOR
If the green livery of the forest, Wenn die grüne Zierde der Wälder
Once stripped by a terrible winter, von einem schrecklichen Winter abgetrennt wurde,
Can return to the denuded fields, und dann auf den nackten Felder wieder auftaucht,
Then leaves and flowers will also arise werden auch die Blätter und Blumen wieder geboren,
When the eternal chariot approaches wenn der ewige Wagen
The sweet sources of light. die süßen Strahlen des Lichtes nahe bringt.

Although at the dark South Wind’s blast Obwohl beim Wehen des dunklen Auster
Lofty crags tremble and fall seawards die stolzen Felsen im Meer
Under the foaming and rolling waves, unter den schäumenden, trüben Fluten schwanken,
The crests of the waves furrow gently ist der Rücken der Welle sanft gekräuselt,

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sciolti i nembi oscuri, e feri, une fois les sombres nuées féroces dissipées,
aura tremula e vagante. par une légère brise passagère.

Al rotar del ciel superno Dans les rotations du plus haut ciel
non pur l’aer, e ‘l foco intorno, non seulement l’air et le feu,
ma si volve il tutto in giro : mais tout tourne alentour :
non è il ben ne ’l pianto eterno. ni les biens, ni les pleurs sont éternels.
come hor sorge, hor cade il giorno, comme tantot le jour le lève, tantôt il décline,
regna qui gioia, ò martiro. il règne ici joie ou douleur.

NINFA DEL CORO NYMPHE DU CHŒUR


Poi che dal bel sereno Puisque, depuis le ciel serein
in queste piagge humil tra noi mortali sur ces humbles rivages, parmi nous mortels,
scendon gli dei pietosi a’ nostri mali, les dieux compatissants descendent à nos maux,
pria che Febo nasconda à Teti in seno avant que Phoebus ne cache dans le sein de Thétis
i rai lucenti e chiari, ses rayons étincelants et clairs,
al tempio, à i sacri altari, allons au temple, aux autels sacrés,
andiam’ devoti, e con celeste zelo allons recueillis et, avec une ferveur céleste,
alziam le voci e ‘l cor cantando’ al cielo. élevons nos voix et notre cœur, chantant au ciel.

CORO CHŒUR
Alziam le voci e ‘l cor cantando al cielo. élevons nos voix et notre cœur, chantant au ciel.

(E qui il Coro si parte, e la scena si tramuta.) (et ici le chœur se retire, et la scène change)

ATTO SECONDO ACTE SECOND


(Scena quarta) (Scène quatre)

VENERE VÉNUS
Scorto da immortal guida, Escorté d’un guide immortel,
arma di speme, e di fortezza l’alma, arme ton âme d’espoir et de courage,
ch’avrai di Morte ancor trionfo, e palma. car tu auras sur la Mort triomphe et palme.

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Once the dark and fierce clouds are scattered sobald die wilden, dunklen Wolken
By a light passing breeze. durch eine leichte, flüchtige Brise vertrieben sind.

In the turnings of the highest heavens In den Rotationen des höchsten Himmels
Not only air and fire drehen sich nicht nur die Luft und das Feuer
But all things revolve: sondern aller rund herum:
Neither happiness nor weeping is eternal. Weder die Güter noch die Tränen sind ewig,
The sun now rises and soon will set, wie der Tag bald anbricht, bald sich neigt,
Either joy or sorrow will reign here. herrscht hier Freude oder Schmerz.

A NYMPH FROM CHORUS NYMPHE DES CHORS


Since the gods descend from heaven Da aus dem heiteren Himmel
To these humble shores, to us mortals auf diese niedrigen Gestade unter uns Sterbliche
And feel for us in our woes, die mitleidigen Götter herabsteigen für unser Leid,
Then before Apollo conceals his bright bevor Phöbus im Busen der Thetis
And lucent rays in Tethys’ bosom, seine gleißenden, hellen Strahlen verbirgt,
Let us go with devotion to the temple, lasst uns zum Tempel gehen, zu den heiligen Altären,
To the sacred altars; with heavenly zeal und andächtig mit himmlischer Inbrunst unsere Stimmen
Let us lift our voices and hearts to heaven in song. und unsere Herzen erheben und zum Himmel singen.

CHORUS CHOR
Let us lift our voices and hearts to heaven in song. Lass uns unsere Stimmen und unsere Herzen erheben
und zum Himmel singen.
[The Chorus leaves and the scene changes] (und hier zieht sich der Chor zurück und die Bühne
verändert sich.

ACT II ZWEITER AKT


[Scene 4] Vierte Szene

VENUS VENUS
Escorted by an immortal guide, Von einem unsterblichen Führer begleitet,
Arm your soul with hope and with strength, wappne deine Seele mit Hoffnung und Mut, denn du
For you will triumph victorious over Death. wirst über den Tod triumphieren und die Palme erringen.

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ORFEO ORPHÉE
O Dea, madre d’Amor, figlia al gran Giove, O Déesse, mère d’Amour, fille du grand Jupiter,
che fra cotante pene qui parmi tant de peines
ravvivi il cor con si soave spene, ravive le cœur de si tendre espoir,
per qual fosco sentier mi scorgi? e dove par quel sentier lugubre me conduis-tu ?
rivedrò quelle luci alme e serene ? et où reverrai-je ces beaux yeux sereins ?

VENERE VÉNUS
L’oscuro varco, onde siam giunti a queste L’obscur passage qui nous à conduit
rive pallid’, e meste, à ces pâles et tristes rives,
occhio non vide ancor d’alcun mortale : l’œil d’aucun mortel ne le vit encore :
rimira intorno, e vedi regarde autour de toi, et vois
gl’ oscuri campi e la città fatale les champs obscurs et la cité fatale
del Re che sovra l’ombre ha scettr’ e regno; du roi qui sur les ombres a pouvoir et royauté ;
sciogli il tuo nobil canto déploie ton noble chant
al suon de l’aureo legno: au son de ta lyre dorée :
quanto Morte t’ha tolto ivi dimora. tout ce que la Mort t’a ravi demeure ici.
Prega, sospira e plora: Prie, soupire, implore :
fors’ avverrà che quel soave pianto peut-être adviendra-t-il que tes doux pleurs
che mosso ha il Ciel, pieghi l’inferno ancora. qui ont ému le Ciel, fléchissent encore l’Enfer.

ORFEO ORPHÉE
Funeste piagge, ombrosi orridi campi, Funestes rivages, sombres et horribles plaines,
che di stelle’, o di Sole qui des étoiles ou du soleil
non vedeste giammai scintill’e lampi, ne vîtes jamais les feux ni les éclats,
rimbombate dolenti retentissez dans la douleur
al suon de l’angosciose mie parole, au son de mes paroles angoissées,
mentre con mesti accenti tandis qu’avec de tristes accents
il perduto mio ben con voi sospiro; je pleure avec vous le bien que j’ai perdu ;
e voi, deh, per pietà del mio martiro, et vous, ah, par pitié de la souffrance
che nel misero cor dimora eterno, qui dans mon misérable cœur demeure éternel,
lagrimate al mio pianto, ombre d’Inferno. pleurez à mes larmes, ombres de l’Enfer.

76
ORPHEUS ORPHEUS
O goddess, mother of Love, great Jove’s daughter, Oh Göttin, Mutter Amors, Tochter des großen Jupiter,
Who revives my heart with such tender hope die in so großen Leiden
Amidst so much pain, mein Herz mit zarter Hoffnung wiederbelebt,
Through what dark paths do you lead me? auf welch düsteren Pfad führst du mich?
Where shall I see those fair and serene eyes once more? Und wo werde ich diese schönen, heiteren Augen wiedersehen?

VENUS VENUS
No mortal eye has yet beheld Den dunklen Weg, der uns
The sombre passage through which we have come an diese bleichen, traurigen Gestade geführt hat,
To these pale and sad shores: sah noch kein sterbliches Auge:
Look around and see blicke um dich und sieh
The sombre fields and the fatal city die dunklen Felder und die tödliche Stadt
Of that King who rules the kingdom of the shades; des Königs, der über die Schatten Macht und Krone hat;
Send forth your noble song entfalte deinen edlen Gesang
To the sound of your golden lyre: zum Klang der goldenen Leier:
All that Death seized from you dwells here. Alles, was dir der Tod geraubt, ist hier.
Pray, sigh and implore: Bitte, seufze, flehe:
Perhaps it may be that those gentle tears Vielleicht geschieht es, dass deine süßen Tränen,
That moved Heaven may also sway Hell. die den Himmel bewegt haben, auch die Unterwelt rühren.

ORPHEUS ORPHEUS
Baneful shores, shadowed horrible fields Unheilvolle Gestade, dunkle, schreckliche Ebenen,
That have never beheld the sparkle and fire die niemals die Feuer und die Strahlen
Of the stars or of the Sun, der Sterne oder der Sonne geschaut haben,
Reverberate now in sorrow hallt wider im Schmerz
To the sound of my anguished words, zum Klang meiner angsterfüllten Worte,
While in sad accents während ich in traurigem Tonfall
I lament my lost love with you; mit euch das Gut, das ich verloren habe, beweine;
Take pity on the torment und ihr, ach, durch Mitleid mit dem Schmerz,
That dwells eternal in my sad heart: der in meinem elenden Herzen ewig währt,
O shades of Hell, weep for my tears. weint zu meinen Tränen, Schatten der Unterwelt.

77
Ohimè! che, su l’aurora, Hélas ! car en son aurore
giunse all’occaso il sol degl’ occhi miei. décline le soleil de mes yeux.
Misero ! e su quell’ora Malheureux ! et à cette heure même
che scaldarmi à’ bei raggi mi credei, où je crus me réchauffer à ces beaux rayons
Morte spens’ il bel lum’ ; e freddo e solo la Mort éteignit la sublime lumière ; et froid et solitaire
restai fra il pianto, e duolo, je demeurai entre pleurs et douleur,
com’angue suole in fredda piaggia il verno. tel un serpent sur froide plage l’hiver.
Lagrimate al mio pianto, ombre d’Inferno. Pleurez à mes larmes, ombres de l’Enfer.

E tu, mentre al Ciel piacque, Et toi qui, comme il plut au Ciel,


luce di questi lumi fus la lumière de ces yeux,
fatti al tuo dipartir fontane, e fiumi, devenus à ton départ fontaine et fleuves,
che fai per entro i tenebrosi orrori ? que fais-tu parmi ces ténébreuses horreurs ?
Forse t’affliggi e piagni Peut-être t’affliges-tu, et pleures-tu
l’acerbo Fato et gl’ infelici amori ? ton cruel Destin et tes amours malheureuses ?
Deh, se scintilla ancora Ah, si une étincelle encore
ti scalda il sen di quei si cari ardori, de ces ardeurs si chères te réchauffe le sein,
senti mia vita, senti écoute, ô ma vie, écoute,
quai pianti e quai lamenti quels pleurs et quelles lamentations
versa il tuo caro Orfeo dal cor interno. ton cher Orphée verse du fond de son cœur.
Lagrimate al mio pianto, ombre d’Inferno. Pleurez à mes larmes, ombres de l’Enfer.

PLUTONE PLUTON
Ond’è cotanto ardire D’où vient tant de témérité
Ch’avanti al dì fatale qu’avant même le jour fatal,
Scend’ a’ miei bassi regni un huom mortale ? un mortel descend en mon bas royaume ?

ORFEO ORPHÉE
O de gli orridi e neri Ô des horribles et noirs
campi d’Inferno, o de l’altera Dite champs de l’Enfer, ô noble roi de la fière
Eccelso Re, ch’ a le nud’ombre imperi, Dis qui règnes sur les ombres nues,
per impetrar mercede pour demander grâce,
vedovo amante, a quest’abisso oscuro amant endeuillé, j’ai, vers cet abîme obscur,
volsi piangendo e lagrimando il piede. dirigé mes pas en pleurs et en larmes.

78
Alas, for at this dawn Ach!, denn in ihrer Morgenröte
The sun of my eyes did set. sinkt die Sonne meiner Augen.
Unhappy I, who had thought then Unglücklicher! und gerade zu dieser Stunde,
To warm myself in these bright rays; in der ich glaubte, mich an ihren schönen Strahlen zu
Death snuffed out this fair light: cold and alone wärmen,
I shall remain in sorrowful weeping, löschte der Tod ihr erhabenes Licht; und kalt und einsam
Like a serpent on cold earth in winter. bleibe ich zwischen Tränen und Schmerz,
O shades of Hell, weep for my tears. wie eine Schlange auf dem kalten Strand im Winter.
Weint zu meinen Tränen, Schatten der Unterwelt.
And you, who by Heaven’s pleasure
Were the light of these eyes Und du, die du, wie es dem Himmel gefiel,
That became fountains and rivers on your leaving, das Licht meiner Augen warst, die bei deinem
What are you doing amidst these shadowy horrors? Hinscheiden Quellen und Flüsse geworden sind,
Perhaps you are distressed and bewail was tust du zwischen diesen schattigen Abscheulichkeiten?
Your cruel fate and unhappy loves? Vielleicht grämst du dich und beweinst
Ah, if but one spark of that cherished passion dein grausames Schicksal und deine unglückliche Liebe?
Still burns in your breast, Ach, wenn nur noch ein Funken
Hear, my life, hear dieser so teuren Glut deine Brust wärmt,
What tears and lamentations höre, oh mein Leben, höre, welch Tränen und Klagen
Your dear Orpheus pours from his heart’s depths. dein teurer Orpheus im Grunde seines Herzens vergießt.
O shades of Hell, weep for my tears. Weint zu meinen Tränen, Schatten der Unterwelt.

PLUTO PLUTO
Whence comes such audacity, Woher kommt so viel Verwegenheit,
That a mortal man may descend dass ein Sterblicher
To my deep realm before his final day? vor seinem Todestag in mein Königreich hinabsteigt?

ORPHEUS ORPHEUS
O great King of proud Dis, Oh, schreckliche, schwarze
Of the black and terrible plains of Hell, Felder der Unterwelt, oh edler König der stolzen Dis,
You who reign over the naked shades, der du über die nackten Schatten herrschst,
I, a bereft lover, have made my way um Gnade zu erbitten,
Weeping and lamenting to this dark abyss habe ich, trauernder Liebender, in diesen dunklen Abrund
To beg your mercy. unter Weinen und Tränen meine Schritte gelenkt.

79
PLUTONE PLUTON
Si dolci preghi, e sì soavi accenti Ces si douces prières et ces accents si suaves,
Non spargeresti in van, se nel mio regno tu ne les répandrais pas en vain si, en mon royaume,
Impetrasser mercé pianti, o lamenti. pleurs et lamentations pouvaient obtenir grâce.

ORFEO ORPHÉE
Deh, se la bella diva, Ah, si la belle déesse
che per l’accesso monte qui par le mont embrasé
mosse a fuggirti in van ritrosa e schiva, chercha en vain à te fuir, rétive et farouche,
sempre ti scopra e giri si elle te découvre toujours et tourne vers toi
seren’ i rai de la celeste fronte, les rayons sereins de son front céleste,
vagliami il dolce canto puisse le doux chant
di questa nobil cetra, de cette noble lyre
ch’io ricovri da te la donna mia. faire que par toi, je retrouve ma Dame.
L’alma, deh, rendi a questo sen dolente, Ah, rends son âme à ce cœur souffrant,
rend’ a quest’occhi il desiato sole rends à ces yeux le soleil qu’ils désirent ;
a quest’ orecchie il suono à ces oreilles, rend donc le son
rendi de le dolcissime parole ; de ses très douces paroles ;
o me raccogli ancora ou accueille-moi également
tra l’ombre spente ov’il mio ben dimora. parmi les ombres éteintes où mon bien demeure.

PLUTONE PLUTON
Dentro l’infernal porte Au-delà des portes infernales,
non lice ad huom mortal fermar le piante. il n’est permis à aucun mortel d’arrêter ses pas.
Ben di tua dura sorte A voir ton sort cruel
non sò qual novo affetto je ne sais quelle nouvelle émotion
m’intenerisce il petto : attendrit mon cœur :
Ma troppo dura legge, mais une loi trop dure,
legge scolpita in rigido diamante, loi gravée dans le plus pur diamant,
contrast’ a’ preghi tuoi, misero amante. s’oppose à tes prières, amant malheureux.

ORFEO ORPHÉE
Ahi ! che pur d’ogni legge Ah ! Il est pourtant libre de toute loi,

80
PLUTO PLUTO
You will not have poured forth such sweet prayers Du würdest deine so süßen Bitten und deinen so
And gentle phrases in vain, if tears and laments einschmeichelnden Tonfall nicht umsonst verbreiten,
Can obtain mercy in my kingdom. wenn in meinem Reich
Weinen und Klagen Gnade finden könnten.

ORPHEUS ORPHEUS
Ah, if that fair goddess, Ach, wenn die schöne Göttin,
Stubborn and untamed, who tried die durch den brennenden Berg
To escape from you through the volcano, vergeblich versuchte, widerspenstig und scheu vor dir zu fliehen,
If she still unveils and turns upon you wenn sie dich immer noch entdeckt und zu dir
The serene rays of her heavenly eyes, die heiteren Strahlen ihrer himmlischen Stirn wendet,
Then may the sweet song möge der süße Gesang
Of this noble lyre dieser edlen Leier
Cause you to return my Lady to me. bewirken, dass ich durch dich, meine Dame wiederfinde.
Ah, surrender her soul to this suffering heart, Ach, gib ihre Seele diesem leidenden Herzen zurück,
Grant these eyes the sun that they so desire, gib diesen Augen die Sonne, die sie ersehnen zurück,
Grant these ears the sound diesen Ohren gib den Ton
Of her words so sweet; ihrer so süßen Worte wieder;
Or receive me as well amongst oder nimm mich auch auf
The dead shades where my beloved dwells. unter den erloschenen Schatten, wo meine Liebste weilt.

PLUTO PLUTO
No mortal man may set foot Jenseits der Höllenpforten
Beyond the gates of Hell. ist es keinem Sterblichen erlaubt, seine Schritte anzuhalten.
I behold your cruel fate Beim Anblick deines grausamen Schicksals
And do not know what strange emotion weiß ich nicht, welch neue Ergriffenheit
Now softens my heart. mein Herz rührt:
But this law is too strong: Doch ein zu hartes Gesetz,
This law engraved in purest adamant ein Gesetz das in den härtesten Diamanten gemeißelt ist,
Must oppose your pleas, o unhappy lover. widersetzt sich deinen Bitten, unglücklicher Liebender.

ORPHEUS ORPHEUS
Ah, he who commands and governs others Ach! Der über die anderen herrscht und ihnen gebietet,

81
sciolto, è colui che gl’ altri affrena e regge ; celui qui dirige et commande les autres ;
ma tu del mio dolore mais toi, de ma douleur,
scintilla di pietà non senti al core. ne sens-tu pas quelqu’étincelle de pitié en ton cœur ?
Ahi lasso ! E non rammenti Hélas ! Et ne te souviens-tu pas
come trafigg’ Amor, come tormenti ? comme Amour blesse, comme il tourmente ?
E pur su ‘l monte dell’ eterno ardore Pourtant, sur le mont de l’éternelle ardeur
lagrimasti ancor tu servo d’Amore ! tu pleuras toi aussi, esclave de l’amour !
Ma deh, se ‘l pianto mio Mais, si mes pleurs
non può nel duro sen destar pietate ne peuvent, en ton cœur endurci, éveiller la pitié,
rivolgi il guardo a quell’alma beltate tourne le regard vers cette noble beauté
che t’accese nel cor si bel desio : qui en ton cœur alluma si beau désir :
mira, signor, deh mira vois, seigneur, vois donc,
com’ al mio lagrimar dolce sospira comme à mes larmes, soupire doucement
tua bella sposa, e come dolci i lumi ta belle épouse, et avec quelle douceur
rugiadosi di pianto a me pur gira. elle tourne vers moi ses yeux perlés de pleurs.
Mira signor, deh mira Vois, seigneur, vois donc
Quest’ombre intorno, e questi oscuri numi : ces ombres tout autour, et ces sombres déités :
Vedi com’ al mio duol, com’ al mio pianto vois comme à ma douleur, comme à mes pleurs
Par che ciascun si strugga, e si consumi. chacun semble brûler et se consumer.

PROSERPINA PROSERPINE
O Re, nel cui sembiante O roi, dont la seule vue
m’appago sì che’l ciel sereno e chiaro me comble tant qu’échanger le ciel serein et clair
con quest’ ombre cangiar m’è dolce e caro, contre ces ombres m’est doux et cher,
deh, se gradito amante ah, si, heureux amant,
già mai trovasti in questo sen raccolto tu trouvas jamais en ce sein recueilli
onda soave a l’amorosa sete, un délicieux breuvage pour ton amoureuse soif,
s’al cor libero e sciolto si, à ton cœur libre et sans liens,
dolci fur queste chiom’, e laccio, e rete ma chevelure fut un doux lacet et filet,
di si gentile amant’ acqueta il pianto. apaise donc les pleurs d’un si noble amant.

ORFEO ORPHÉE
A sì soavi preghi, À de si douces prières,
a sì fervido amante à un amant si fervent

82
Is not bound by any law; ist doch frei von jedem Gesetz;
But you, do you not feel any spark of pity aber du, fühlst du nicht über meinen Schmerz
For my pain in your heart? einen Funken Mitleid in deinem Herzen?
Alas! Do you not remember Ach! Und erinnerst du dich nicht,
How Love can wound and torment? wie Amor verletzt, wie er quält?
For you yourself once wept, a slave to Love, Doch auch du weintest als Sklave der Liebe
On the mount of eternal fire! auf dem Berg der ewigen Glut!
But if my tears cannot awaken pity Wenn aber meine Tränen
In your hardened heart, in deinem verhärteten Herzen kein Mitleid erwecken können,
Turn your gaze to that noble beauty wende den Blick zu dieser edlen Schönheit,
Who kindled such sweet desire in your heart: die in deinem Herzen ein so schönes Verlangen entfachte:
See, my Lord, o see sieh, Herr, sieh doch,
How my weeping causes your fair wife wie deine schöne Gattin über meine Tränen
To sigh softly, and with what sweetness sanft seufzt und mit welcher Milde
She looks at me from tear-filled eyes. sie ihre Augen voll von Tränenperlen zu mir wendet.
See, my Lord, o see Sieh, Herr, sieh doch
These shades around you, these dark gods: diese Schatten rundum und diese dunklen Gottheiten:
See how they seem to writhe and are consumed Sieh wie mein Schmerz, wie meine Tränen
By my sorrow, by my weeping. jeden zu brennen und zu verzehren scheinen.

PROSERPINE PROSERPINA
O King, I took such delight in your face O König, dessen Anblick genügt,
That it was sweetness and delight for me to exchange um mich glücklich zu machen, so sehr ist es mir süß und teuer,
The bright clear sky for these shades; den heiteren klaren Himmel mit diesen Schatten zu tauschen,
If, a satisfied lover, ach, wenn, glücklich Liebender,
You ever found a sweet quenching du je in diesem andächtigen Schoß
Of love’s thirst hidden within this breast, einen köstlichen Trank für deinen Liebesdurst fandst,
If my hair was a soft lasso and net wenn für dein freies, bindungsloses Herz
For your free and unfettered heart, mein Haar ein süßes Band und Netz war,
Assuage now this gentle lover’s tears. so beschwichtige die Tränen eines so edlen Liebenden.

ORPHEUS ORPHEUS
After such sweet pleading So süßen Bitten,
Can you still deny mercy einem so leidenschaftlichen Liebenden

83
mercede anco pur nieghi ? tu refuses encore ta grâce ?
Che fia però se fra tant’alme e tante Qu’adviendra-t-il pourtant si, parmi tant et tant d’âmes
riede Euridice a rimirar il Sole ? Eurydice revient admirer le soleil ?
Rimarran queste piagge ignude e sole ? Ces rivages resteraient-ils nus et désolés ?
Ahi !, che me seco, e mille e mille insieme Ah, mais elle et moi, et mille et mille autres encore,
diman teco vedrai nel tuo gran regno. demain, tu nous verras avec toi en ton vaste royaume.
Sai pur che mortal vita a l’ore estreme Tu sais bien que la vie mortelle, à son heure dernière
vola più ratta che saetta al segno. vole plus rapide qu’une flèche vers sa cible.

PLUTONE PLUTON
Dunque dal regno oscuro Donc, du royaume obscur,
Torneran l’alm’ in ciel, & io primiero les âmes retourneront au ciel, et moi le premier
Le leggi sprezzerò del nostr’ impero ? je mépriserai les lois de notre empire ?

RADAMANTE RHADAMANTHE
Sovra l’eccelse stelle Par dessus des plus hautes étoiles
Giove a talento suo comanda e regge ; Jupiter commande et gouverne à son gré ;
Nettuno il mar corregge Neptune dompte les mers
e muov’ à suo voler turbi e procelle ; et meut comme il veut tourbillons et tempêtes ;
Tu sol dentr’a confin d’angusta legge toi seul dans les limites d’une loi obtue
avrai l’alto governo tu exerceras ton pouvoir souverain,
non libero Signor del vasto inferno ? seigneur non libre du vaste enfer ?

PLUTONE PLUTON
Romper le proprie leggi è vil possanza ; Rompre ses propres lois est bien lâche pouvoir ;
anzi reca sovente e biasmo e danno. cela porte même souvent blâme et châtiment

ORFEO ORPHÉE
Ma degli afflitti consolar l’affanno Mais consoler le tourment des affligés
e pur di regio cor gentil’ usanza. est pourtant un noble usage pour un cœur royal.

CARONTE CARON
Quanto rimira il sol, volgendo intorno Tout ce que le soleil voit, tournant de tous côtés
la luminosa face, son lumineux flambeau,

84
To a lover so fervent? verweigerst du noch deine Gnade?
What could happen if, out of so many souls, Was würde aber geschehen, wenn zwischen so vielen Seelen
Eurydice returned to behold the Sun again? Eurydike zurückkehrt, um die Sonne zu bewundern?
Would these shores remain bare and desolate? Würden diese Gestade nackt und öde bleiben?
She and I, and thousands upon thousands more Ach, doch sie und mich, und tausend, tausend andere mehr,
You will soon see with you in your vast kingdom. uns wirst du morgen mit dir in deinem weiten Reich sehen.
You know well that the final hours of mortal life Du weißt, dass das sterbliche Leben auf seine letzte Stunden
Fly past swifter than an arrow towards its target. rascher zufliegt als ein Pfeil auf sein Ziel.

PLUTO PLUTO
So shall souls then return to heaven Also würden die Seelen aus dem dunklen Reich
From the dark realm? Shall I be the first zum Himmel zurückkehren und ich sollte als erster
To spurn the laws of our kingdom? die Gesetze unseres Reiches missachten?

RHADAMANTHUS RHADAMANTOS
Above the lofty stars Über den höchsten Sternen
Jove commands and rules as he wishes; regiert und herrscht Jupiter nach seinem Gutdünken;
Neptune tames the seas Neptun bezwingt die Meere
And moves whirlwinds and tempests at will; und bewegt, wie er will, Strudel und Stürme;
Will you alone exercise your sovereign power einzig du solltest in den Grenzen eines schwerfälligen Gesetzes
Within the limits of a restrictive law, deine souveräne Macht, Herr,
O unfree Lord of widest Hell? nicht frei in der weiten Unterwelt ausüben?

PLUTO PLUTO
To break one’s own laws is a cowardly power; Seine eigenen Gesetze zu brechen, ist eine recht feige Macht;
Its fruits are often blame and punishment. das bringt sogar oft Tadel und Strafe.

ORPHEUS ORPHEUS
But the consolation of the afflicted Aber die Qualen der Leidtragenden zu lindern,
Is a noble deed for royal hearts. ist doch eine edle Sitte für ein königliches Herz.

CHARON CHARON
All that the sun beholds as it rotates Alles was die Sonne sieht, wenn sie nach allen Seiten
Its shining torch ihre helle Fackel dreht

85
al rapido sparir d’un breve giorno à la tombée rapide d’un jour bref,
cade morendo, e fa qua giù ritorno : tombe en mourant, puis revient ici-bas :
fa’ pur legge, ò gran re, quanto a te piace. fais donc la loi, ô grand roi, commeil te plaît.

PLUTON PLUTON
Trionfi oggi pietà ne’ campi Inferni Que triomphe aujourd’hui la pitié dans champs de l’enfer
e sia la gloria e ‘l vanto et que ce soit la gloire et le mérite
de le lagrime tue, del tuo bel canto. de tes larmes, de ton beau chant.
O de la reggia mia ministri eterni, Ô ministres éternels de mon royaume,
scorgete voi per entro a l’aere scuro, menez à travers l’air obscur,
l’amatore fido alla sua donna, avante. l’amant fidèle au devant de sa dame.
Scendi, gentil amante, Descends, noble amant,
scendi lieto, e sicuro descends joyeux et sans crainte
entro le soglie, dans nos demeures,
e la diletta moglie et avec toi, reconduis ton épouse bien aimée
teco rimen’ al ciel sereno, e puro. au ciel serein et pur.

ORFEO ORPHÉE
O fortunati miei dolci sospiri, Ô mes doux soupirs,
O ben versati pianti, Ô mes pleurs versés à raison,
O me felice sopra gl’ altri amanti! Vous faites de moi le plus heureux des amants !

CORO DI OMBRE E DEITÀ D’INFERNO CHŒUR D’OMBRES ET DE DIVINITÉS


INFERNALES
Poi che gli etern’ imperi, Depuis que les orgueilleux fils de
tolto dal ciel Saturno Saturne, l’ayant chassé du ciel,
partiro i figli alteri, ont partagé les empires éternels,
da quest’orror notturno jamais, de ces horribles ténèbres,
alma non tornò mai une âme ne n’est revenue
del ciel à’ dolci rai : aux doux rayons du ciel :

Unqua ne mortal piede De même que jamais pied mortel


calpestò nostr’ arene ; ne n’a foulé nos rivages ;
ché d’impetrar mercede car nul espoir de demander grâce

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Falls dying and then returns here below am raschen Ende eines kurzen Tages,
In the swift passing of a brief day: sinkt sterbend und kommt dann wieder hierher:
Make your laws, o great King, as you please. Gebrauche also das Gesetz, oh großer König, wie es dir gefällt.

PLUTO PLUTO
Let pity triumph today on the plains of Hell; Möge heute das Mitleid im Feld der Unterwelt triumphieren
Let it be the glory and the merit und dies dank der Herrlichkeit und des Verdienstes
Of your tears and of your fair singing. deiner Tränen und deines schönen Gesangs.
O eternal ministers of my kingdom, Oh ewige Minister meines Reiches,
Bring the faithful lover before his lady bringt durch die dunkle Luft
Through the darkened airs. den treuen Liebenden vor seine Dame.
Come down, gentle lover, Steig herab, edler Liebender,
Come down in happiness and without fear steig fröhlich und ohne Frucht
Into our domains; in unseren Wohnsitz,
Take your beloved wife und führe deine geliebte Gattin mit dir
Back with you to the serene and pure sky. zum heiteren, klaren Himmel.

ORPHEUS ORPHEUS
O fortunate and sweet sighs, Oh, meine süßen Seufzer,
O tears shed to good effect, Oh meine zu Recht vergossenen Tränen,
I am the happiest of lovers! ihr macht aus mir den glücklichsten der Liebenden!

CHORUS OF SHADES AND INFERNAL DEITIES CHOR DER SCHATTEN UND DER GOTTHEITEN
DER UNTERWELT
Since the proud sons of Saturn Seit die stolzen Söhne
Drove him from heaven Saturns, die ihn aus dem Himmel verjagt haben,
And divided up the eternal empires, die ewigen Reiche teilten,
No soul has ever returned ist noch nie aus diesem schrecklichen Dunkel
To the sweet rays of heaven eine Seele zurückgekehrt
From this nocturnal horror. zu den süßen Strahlen des Himmels:

No mortal foot Ebenso wie niemals ein sterblicher Fuß


Has ever trodden our soil; unsere Gestade betreten hat;
For no hope of claiming mercy denn keine Hoffnung, Gnade zu erbitten, ist erstanden

87
non nacque al mondo spene n’est né dans ce monde
in questo abisso dove en cet abîme, où
pietà non punge, e muove. la pitié ne parvient ni à toucher, ni à émouvoir.

UNA DELLE DEITÀ UNE DES DIVINITÉS


Hor di soave plettro Or armé d’un doux plectre
armato, e d’aurea cetra, et d’une lyre dorée,
con lagrimoso metro sur un rythme de lamentation,
canoro amante impetra un chanteur amoureux implore
ch’il ciel rivegga e viva que sa déesse tant pleurée
la sospirata diva. revoie le Ciel et vive.

CORO DI OMBRE E DEITÀ D’INFERNO CHŒUR D’OMBRES ET DE DIVINITÉS


INFERNALES
Sì trionfaro in guerra Ainsi triomphèrent en ce combat
D’Orfeo la cetra, e i canti : La lyre et les chants d’Orphée :
O figli della terra, Ô fils de la terre, freinez
L’ardir frenate, e i vanti ; votre témérité et vos prétentions ;
Tutti non sete prole vous n’êtes pas tous enfants
Di lui che regge il Sole. de celui qui commande au soleil.

Scender al centro oscuro Descendre au centre obscur


forse fia facil opra ; est peut-être tâche facile ;
Ma quanto, ahi !, quanto è duro mais combien, ah !, combien il est dur
indi poggiar poi sopra. ensuite d’en remonter.
Sol lice alle grand’alme Il n’est permi qu’aux grandes âmes
tentar sì dubbie palme. de convoiter de si hasardeux lauriers.

(E si rivolge la scena e torna come prima). [Et la scène se retourne et redevient comme avant]

88
Has ever existed in this world, in diesem Abgrund, wo
In this abyss where es dem Mitleid nicht gelingt zu erschüttern oder zu
Pity can neither touch nor move. ergreifen.

A DEITY EINE DER GOTTHEITEN


Armed with a fair plectrum Jetzt aber mit einem süßen Plektrum
And a golden lyre, und einer vergoldeten Leier ausgerüstet,
A love-struck singer begged fleht ein verliebter Sänger
In sorrowful metre zum Rhythmus der Klage,
That the goddess for whom he sighed dass seine so beweinte Göttin
Should live and behold the sky once more. den Himmel wiedersehe und lebe.

CHORUS OF SHADES AND INFERNAL DEITIES CHOR DER SCHATTEN UND DER GOTTHEITEN
DER UNTERWELT
Orpheus’ songs and lyre So triumphierten in diesem Kampf
Have triumphed in war: die Leier und die Gesänge des Orpheus:
O sons of Earth, restrain Oh, Söhne der Erde, haltet
Your rashness and pretention; eure Verwegenheit und eure Anmaßungen im Zaum;
You are not all of you children ihr seid nicht alle Kinder dessen,
Of He who commands the Sun. der der Sonne befiehlt.

To descend to the dark centre Hinabzusteigen in das dunkle Zentrum


Is perhaps an easy task; ist vielleicht eine leichte Aufgabe;
But ah, how hard it is doch wie, ach! wie schwer ist es,
To climb back out. danach wieder emporzusteigen.
Only the greatest souls are allowed Es ist nur den großen Seelen erlaubt,
To attempt such double rewards. so gewagte Lorbeeren zu begehren.

[The scene revolves and returns to its original setting] [Und die Bühne dreht sich und wird wieder wie vorher]

89
ATTO TERZO ACTE TROISIEME
(Scena quinta) (Scène cinq)

ARCETRO ARCÈTRE
Già del bel carro ardente Déjà, les tièdes rayons du beau char ardent
rotan tepidi i rai nel ciel sereno, tournent dans le ciel serein,
e già per l’Oriente et déjà à l’Orient
sorge l’ombrosa notte, e ‘l di vien meno ; surgit la nuit ombrageuse, et le jour décline ;
né fa ritorno Orfeo, Orphée ne revient pas,
nè pur di lui novella ancor si sente. et nous n’avons encore aucune nouvelle de lui.

CORO CHŒUR
Già temer non si dee di sua salute, Il ne faut pas craindre pour son salut
Se da’ campi celesti si des champs célestes
Scender nume divin per lui vedesti. tu as vu descendre pour lui un être divin.

ARCETRO ARCÈTRE
Vidilo, e so ch’il ver quest’ ochi han visto, Je l’ai vu, et je sais que mes yeux ont vu le vrai
nè regn’ alcun timor nel petto mio ; et il ne règne aucune crainte en ma poitrine ;
ma di vederlo men dolent’, e tristo mais un vif désir de le voir moins souffrant et triste
struggemi l’alma, e ‘l cor caldo desio. me ronge l’âme et le cœur.

AMINTA AMYNTAS
Voi che sì ratte il volo Vous qui si rapidement
spiegate, aure volanti, déployez vos ailes, brises légères,
voi de’ fedeli amanti vous, des fidèles amants,
per queste piagge, e quelle, par ces rivages et d’autres,
spargete le dolcissime novelle. répandez les très douces nouvelles.

CORO CHŒUR
Ecco il gentil Aminta Voici le noble Amyntas
tutto ridente in viso : le visage riant de joie :
forse reca d’Orfeo giocond’ avviso. peut-être d’Orphée apporte-t-il heureuse nouvelle ?

90
ACT III DRITTER AKT
[Scene 5] (Fünfte Szene)

ARCETRO ARCETRO
The tepid rays of the sun’s chariot Schon wenden sich die lauen Strahlen des schönen,
Turn in the serene sky, brennenden Wagens im klaren Himmel,
Shadowy night now arises und schon bricht im Osten
In the East and the day declines; die schattige Nacht herein und der Tag neigt sich;
Orpheus has not returned Orpheus kommt nicht zurück,
And we still have no news of him. und wir haben noch keinerlei Nachricht von ihm.

CHORUS CHOR
We should not fear for his safety, Du brauchst nicht für sein Heil zu fürchten,
For you saw a heavenly being wenn du aus den himmlischen Gefilden
Descend for him from heaven’s fields. ein göttliches Wesen zu ihm herabsteigen sahst.

ARCETRO ARCETRO
I saw it, and I know that my eyes saw true: Ich sah es und weiß, dass meine Augen das Wahre
Fear cannot rule within my breast, gesehen haben, und in meiner Brust herrscht keinerlei Angst;
But a strong desire to see him less sad doch ein lebhafter Wunsch, ihn weniger leidend und
And pained torments my heart and soul. traurig zu sehen,
nagt an meiner Seele und meinem Herzen.

AMYNTAS AMINTA
You light breezes, so swift Die ihr so rasch
To spread your wings, eure Flügel ausbreitet, leichte Brisen,
You, faithful lovers, verbreitet an diesen und anderen Gestaden
Spread now the sweetest of news die so freudigen Nachrichten
On these and on other shores. über die treuen Liebenden.

CHORUS CHOR
Here is the gentle Amyntas, Hier ist der edle Aminta,
His face alight with joy: sein Antlitz lacht vor Freude:
Perhaps he brings good news of Orpheus. Vielleicht bringt er glückliche Nachricht von Orpheus?

91
AMINTA AMYNTAS
Non più, non più lamenti Cessez vos plaintes,
dolcissime compagne : très douces compagnes !
non fia chi più si lagne Que l’on ne déplore plus
di dolorosa sorte, le sort douloureux,
di fortuna, e di morte : il nostr’ Orfeo, la fortune ou la mort : notre Orphée,
il nostro semideo, notre demi-dieu,
tutto lieto, e giocondo tout heureux et joyeux,
di , e di gioia nage dans une mer de douceur et de joie
nuota in un mar che non ha riva, ò fondo. qui n’a ni fond ni rivage.

ARCETRO ARCÈTRE
Come tanto dolore Comment tant de douleur
Quetossi in un momento ? s’est-t-elle appaisée en un instant ?
E chi cotanto ardore Et qui a si vite éteint tant d’ardeur
In sì fervido cor si presto ha spento ? en un cœur si fervent ?

AMINTA AMYNTAS
Spento è il dolore ; ma vive La douleur s’est éteinte, mais encore vives,
Del suo bel foco ancor chiar’ e lucenti claires et luisantes, de son beau feu resplendissent
Splendon le fiamme ardenti. les flammes ardentes.
La bella Euridice La belle Eurydice,
Ch’abbiam cotanto sospirato e pianto, que nous avons tant soupirée et pleurée,
Più che mai bella, e viva plus belle et vivante que jamais,
Lieta si gode al caro sposo à canto. se réjouit dans le bonheur auprès de son époux.

CORO CHŒUR
Vaneggi, Aminta ? ò pure Délires-tu, Amyntas ? ou bien
ne speri rallegrar con tai menzogne ? espères-tu nous réjouir par de tels mensonges ?
Assai lieti ne fai, se n’assicuri Tu nous rends déjà assez heureux, si tu nous assures
ch’il misero pastore que le malheureux berger
prenda conforto nel mortal dolore. trouve réconfort dans sa douleur mortelle.

92
AMYNTAS AMINTA
Cease your lamentation, Beendet eure Klagen,
Sweetest of companions: sehr liebe Kameraden!
We should no longer bewail Man beweine nicht mehr
Sad fate, fortune das schmerzliche Schicksal,
Or death: our Orpheus, das Geschick oder den Tod: unser Orpheus,
Our demigod, unser Halbgott,
Happy and blissful, schwimmt ganz glücklich und freudig
Swims in a sea of sweetness and joy in einem Meer der Zärtlichkeit und der Freude,
That knows neither bottom nor shore. das weder Grund noch Ufer hat.

ARCETRO ARCETRO
How can so much sorrow Wie hat sich so viel Schmerz
Be relieved in one moment? in einem Augenblick beruhigt?
And who has so quickly extinguished Und wer hat so rasch so viel Glut
So much passion in such a fervent heart? in einem so leidenschaftlichen Herzen gelöscht?

AMYNTAS AMINTA
His sorrow is extinguished, but the flames Der Schmerz ist gelöscht, doch noch lebhaft,
Of his passion, clear, fine and brilliant, klar und glänzend funkeln die glühenden Flammen
Still shine forth. mit ihrem schönen Feuer.
Fair Eurydice, Die schöne Eurydike,
Over whom we so sighed and wept, für die wir so geseufzt und geweint haben,
Now rejoices at her dear husband’s side, erfreut sich schöner und lebendiger denn je
Alive and fairer than ever before. ihres Glücks an der Seite ihres lieben Gatten.

CHORUS CHOR
Are you raving, Amyntas? Or do you Phantasierst du, Aminta? oder
Hope to cheer our spirits with such lies? hoffst du, uns mit solchen Lügen zu erfreuen?
You will make us happy enough if you assure us Du machst uns schon glücklich genug, wenn du uns versicherst,
That the unhappy shepherd dass der unglückliche Schäfer
Has found some comfort amidst his mortal pain. in seinem sterblichen Schmerz Trost gefunden hat.

93
AMINTA AMYNTAS
O del regno celeste Ô divinités du royaume céleste,
voi chiamo testimon, superni numi, je vous prends à témoin
s’il ver parl’ ò ragiono. que je dis bien la vérité.
Vive la bella ninfa, e questi lumi La belle nymphe est en vie, et ces yeux même
pur hor miraro il suo bel viso, e queste ont contemplé son beau visage,
orecchie udir de le sue voci il suono. et ces oreilles ont entendu le son de sa voix.

CORO CHŒUR
Quai dolci, e care nuove Quelles douces et chères nouvelles
ascolto, ò dei del cielo, ò sommo Giove ! entends-je, ô dieux célestes, ô puissant Jupiter !
Ond’è cotanta grazia, e tanto dono ? D’où vient tant de grâce et un tel don ?

AMINTA AMYNTAS
Quando al tempio n’andaste , io mi pensai Quand vous êtes allés au temple, j’ai pensé
ch’opra forse saria non men pietosa qu’il serait non moins pieux
de l’infelice sposa de consoler les vieux parents affligés
gli afflitti consolar vecchi parenti ; de la malheureuse épouse ;
e là ratto n’andai, et sitôt je me rendis là
ove tra schiera di pastori amici où, parmi un groupe de bergers amis,
la sventurata sorte ces vieillards aveuglés de chagrin
lagrimavan que’ vecchi orb’ e ‘nfelici. pleuraient leur déplorable sort.
Or, mentre a l’ombra di quell’ elci antiche Or, tandis qu’à l’ombre de ces vieux chênes
che giro al prato fanno, qui encerclent le pré,
con dolci voci amiche nous étions, de nos douces voix amies,
eramo intenti a disasprir l’affanno, occupés à adoucir leur tourment,
com’ in un punto appar baleno o lampo comme d’un coup vient l’éclair ou la foudre,
tal’ à’ nostr’ occhi avanti ainsi, devant nos yeux,
sovragiunti vegghiam gli sposi amanti. nous voyons surgir les époux amants.

CORO CHŒUR
Pensa di qual stupor, di qual spavento Songez de quelle stupeur, de quel frayeur
ingombrò l’alme e i cori ? s’emplirent les âmes et les cœurs
de la felice coppia il dolce aspetto. à la douce vision du couple bienheureux.

94
AMYNTAS AMINTA
O supernal gods of the heavenly realm! Oh Gottheiten des himmlischen Reiches,
I call on you to witness ich rufe euch als Zeugen an,
That I tell the truth and am sane. dass ich die Wahrheit sage.
The fair nymph indeed lives, and these eyes Die schöne Nymphe ist am Leben, und diese Augen hier
Have beheld her fair face; these ears sahen ihr schönes Gesicht,
Have heard her voice speaking. und diese Ohren hörten den Klang ihrer Stimme.

CHORUS CHOR
What sweet and precious news do I hear, Welch angenehme, teure Nachrichten
O heavenly gods, o highest Jove! höre ich, oh himmlische Götter, oh mächtiger Jupiter!
From where does such grace, such a gift come? Woher kommt so viel Gnade und eine solche Gabe?

AMYNTAS AMINTA
When you went to the temple, I thought Als ihr in den Tempel gingt, dachte ich,
That it would be no less pious dass es nicht weniger fromm sei,
To console the unhappy bride’s old parents die alten, bekümmerten Eltern
In their distress; der unglücklichen Gattin zu trösten;
I swiftly went to the place und sofort begab ich mich dorthin,
Where this blind and unhappy old couple wo in einer Gruppe befreundeter Schäfer
Lamented their hopeless fate diese vor Gram erblindeten Alten
In the midst of a group of friendly shepherds. ihr beklagenswertes Schicksal beweinten.
While we stood in the shadow Während wir aber im Schatten der alten Eichen,
Of the old oaks that encircle the field die die Wiese umgeben,
And tried to lessen their torment damit beschäftigt waren, mit unseren sanften Freundesstimmen
With sweet and friendly speech,, ihre Qualen zu lindern,
A flash of lightning crashed sehen wir, ebenso plötzlich wie ein Blitz zuckt,
And, before our very eyes, so vor unseren Augen
We saw the loving bridal couple appear. die liebenden Gatten auftauchen.

CHORUS CHOR
Think of the amazement and fear Denkt, welche Verblüffung, welch ein Schauder
That the sweet vision of the happy couple die Seelen und Herzen
Inspired in people’s hearts and souls. beim süßen Anblick des glückseligen Paares erfüllten.

95
AMINTA AMYNTAS
Chi può del Cielo annoverar le stelle, Que celui peut dénombrer les étoiles du ciel
o i ben di paradiso, ou les biens du paradis
narri la gioia lor, la festa e ‘l riso. raconte leur joie, la fête, et les rires.
Ridete, piagge voi, campagne e monti ; Riez-donc, rivages, et vous, monts et campagnes ;
ditelo fiumi, e fonti, dites-les, fleuves et sources,
e voi per l’alto ciel zeffiri erranti, et vous aussi, zéphyrs errants dans les hauts cieux,
qual fu gioia mirar sì cari amanti. dites quelle fut votre joie de voir de si chers amants.
Qual pallidetto giglio Tel le lys frêle et pâle,
dolcemente hor languia la bella sposa, la belle épouse, tantôt, languissait doucement,
or qual purpurea rosa tantôt, tel une rose pourpre,
il bel volto di lei venia vermiglio ; son beau visage devenait vermeil ;
ma sempre, o che ‘l bel ciglio mais toujours, ses beaux yeux
chinasse à terra ò rivolgesse in giro, baissés vers le sol ou scrutant les alentours,
l’alme beava e i cor d’alto martiro. elle délectait les âmes et cœurs d’un grand martyre.
Ardea la terra, ardean gli eterei giri, La terre temblait, les cieux éthérés tremblaient eux aussi,
a’ gioiosi sospiri aux joyeux soupirs
dell’uno e l’altro innamorato core ; de l’un et l’autre cœur amoureux ;
e per l’aer’ sereno et au sein de l’air serein,
s’udian musici cori on entendait des chœurs musicaux d’Amours ailés
dolci canti temprar d’alati Amori. moduler de doux chants.
Io, fra l’alt’ armonia, Moi, parmi cette parfaite harmonie,
Per far liete ancor voi, mi misi in via. pour vous réjouir vous aussi, je me mis en route.

CORO CHŒUR
Oh ! di che bel seren s’ammanta il Cielo O de quelle sérénité se pare le ciel
al suon di tue parole, au son de tes paroles,
fulgido più ch’ in su ‘l mattin non suole ; resplendissant plus que de coutume au matin ;
e più ride la terra, e più s’infiora et la terre et fleurit bien plus
al tramontar del dì ch’in su l’aurora. en ce crépuscule qu’elle ne fait à l’aurore.

96
AMYNTAS AMINTA
Let he who can count the stars in heaven Möge derjenige, der die Sterne am Himmel
Or the blessings of Paradise oder die Güter des Paradieses zählen kann,
Tell of their joy, their rejoicing and laughter. von ihrer Freude, dem Fest und dem Lachen berichten.
Laugh, you shores, plains and mountains; Lacht, Gestade, und ihr, Berge und Felder;
Streams and springs, wandering breezes sagt es, Flüsse und Quellen
Of the high heavens, tell how und auch ihr, Zephire, die ihr in den hohen Himmeln umherschweift,
Great was your joy at seeing such dear lovers. sagt, welche Freude ihr empfunden habt, die teuren
Like a pale and fragile lily Liebenden zu sehen.
The fair bride now languished sweetly; Wie die zierliche, blasse Lilie,
Like a purple rose so schmachtete bald die schöne Gattin sanft,
Her fair features now blushed crimson; bald wurde ihr schönes Antlitz
But always, with her fine eyes rot wie eine Purpurrose;
Lowered to the ground or looking about her, doch ihre Augen
She bathed hearts and souls with her great martyrdom. zu Boden gerichtet oder die Umgebung betrachtend,
The earth and heaven’s high gyres trembled ergötzte sie immer die Seelen und Herzen mit einem
From the joyous sighs großen Martyrium.
From the one or the other love-struck heart; Die Erde bebte, die überirdischen Himmel bebten auch
And in the serene air bei den frohen Seufzern
Musical choirs of winged cupids des einen und des anderen verliebten Herzens;
Were heard to raise their voices in sweet song. und durch die heitere Luft
I, in the midst of such high harmony, hörte man die musikalischen Chöre von geflügelten Amors
Journeyed here to have you rejoice as well. süße Gesänge modulieren.
In dieser vollkommenen Harmonie
machte ich mich auf den Weg, um auch euch zu erfreuen.

CHORUS CHOR
Oh, how the sky becomes ever more serene Oh mit welcher Heiterkeit schmückt sich der Himmel
At the sound of your words, zum Klang deiner Worte,
More resplendent than in the morning; er glänzt mehr als am Morgen üblich;
The earth smiles forth and is more beflowered und die Erde blüht weit mehr
At sunset than it was at dawn. in dieser Abenddämmerung als in der
Morgendämmerung.

97
(Scena sesta) (Scène six)
ORFEO ORPHÉE
Gioite al canto mio, selve frondose, Réjouissez-vous à mon chant, riches forêts,
gioite amati colli, e d’ogn’intorno Réjouissez-vous, aimables collines, et que tout autour
ecco rimbombi dalle valli ascose. retentisse l’écho depuis les vallées cachées.
Risorto è il mio bel sol di raggi adorno, Mon beau soleil s’est levé à nouveau, orné de rayons,
e co’ begli occhi, onde fa scorno a Delo, et de ses beaux yeux, qui font honte à Délos,
raddoppia foco a l’alme e luce al giorno, il redouble l’ardeur des âmes et la lumière du jour
e fa servi d’Amor la terra e ‘l cielo. et rend la terre et le ciel esclaves d’Amour.

CORO CHŒUR
Tu sei, tu sei pur quella Es-tu donc bien celle
ch’in queste braccia accolta qui, recueillie entre ces bras,
lasciasti’ il tuo bel velo, alma disciolta. a abandonné ton beau voile en rendant l’âme ?

EURIDICE EURYDICE
Quella, quella son io per cui piangeste; Je suis bien celle pour qui vous pleuriez ;
sgombrate ogni timor, donzelle amate: chassez toute crainte, aimables demoiselles :
a che più dubbie, a che pensose state ? pourquoi encore douter, pourquoi rester si songeuses ?

CORO CHŒUR
O sempiterni dei ! O dieux éternels !
pur veggio i tuoi bei lumi, e ‘l tuo bel viso, Je vois bien ton beau regard et ton beau visage
e par ch’anco non cred’ a gli occhi miei. et il semble que je ne peux encore en croire mes yeux.

EURIDICE EURYDICE
Per quest’aer giocondo Au sein de cet air radieux,
e spiro e vivo anch’io : je respire et je vis moi-aussi :
mirate il mio crin biondo, voyez ma blonde chevelure
e del bel volto mio et de mon beau visage
mirate, donne, le sembianze antiche ; voyez, mes dames, l’apparence d’autrefois ;
riconoscete omai gli usati accenti, reconnaissez donc ces inflexions familières,
udite il suon di queste voci amiche. écoutez le son de ces voix amies.

98
[Scene 6] (Sechste Szene)
ORPHEUS ORPHEUS
Rejoice in my song, leafy forests, Erfreut euch bei meinem Gesang, reiche Wälder,
Rejoice, beloved hills, and all around Erfreut euch, liebliche Hügel, und überall ringsum
Let echoes resound from the hidden valleys. möge das Echo von den verborgenen Tälern widerhallen.
My fair sun has risen again, decked with rays, Meine schöne Sonne ist erneut aufgegangen, von
And her fair eyes, Delos’ shame, Strahlen geschmückt
They double the soul’s ardour and the daylight, und mit ihren schönen Augen, die Delos beschämen,
Making earth and heaven the slaves of Love. verdoppelt sie die Glut der Seelen und das Tageslicht
und macht Erde und Himmel zu Sklaven der Liebe.

CHORUS CHOR
You, are you really she Bist du denn wirklich die, die du, von diesen Armen
Who, embraced by these arms, gehalten, auf deinen schönen Schleier verzichtetest,
Let fall your fair veil as your soul fled? indem du deine Seele aushauchtest?

EURYDICE EURYDIKE
I am indeed she for whom you wept; Ich bin wirklich die, die ihr beweint habt;
Abandon all fear, beloved maidens: verjagt jede Furcht, liebe Mädchen:
Why do you still doubt, why so pensive? warum zweifelt ihr noch, warum bleibt ihr so nachdenklich?

CHORUS CHOR
O eternal gods! Oh ewige Götter!
I see your fair eyes and your beautiful face Ich sehe deinen schönen Blick und dein schönes Antlitz wohl,
And I cannot still believe my eyes. und es scheint, dass ich meinen Augen noch nicht trauen kann.

EURYDICE EURYDIKE
Amidst these radiant airs Inmitten dieser strahlenden Luft
I too live and breathe: atme und lebe ich auch:
Look at my blonde hair seht mein blondes Haar
And my fair face, und mein schönes Antlitz,
See, my ladies, my features as before; seht, meine Damen, das Aussehen von früher;
Recognise these familiar tones, so erkennt doch den euch vertrauten Tonfall,
Hear the sound of these friendly voices. hört den Klang dieser befreundeten Stimmen.

99
CORO CHŒUR
Ma come spiri e vivi ? Mais comment se fait-il que tu vives et respires ?
Forse il gran regno inferno Peut-être les dieux de l’éther ont-ils donc dépouillé
spoglia de’ pregi suoi gli eterei divi ? le grand royaume infernal de ses privilèges ?

EURIDICE EURYDICE
Tolsemi Orfeo dal tenebroso regno. Orphée m’a arraché au royaume est ténèbres.

ARCETRO ARCETRE
Dunque mortal valor cotanto impetra ? Ainsi la vertu d’un mortel peut tant obtenir ?

ORFEO ORPHÉE
De l’alto don fu degno De ce don suprême furent digne
mio dolce canto, e ‘l suon di questa Cetra. la douceur de mon chant et le son de cette lyre.

AMINTA AMYNTAS
Come fin giù ne’ tenebrosi abissi Comment au plus profond des ténèbres
tua nobil voce udissi ? ta voix a-t-elle pu être entendue ?

ORFEO ORPHÉE
La bella dea d’Amore, La belle déesse d’Amour,
non sò per qual sentiero, par je ne sais quel chemin,
scorsemi di Pluto nel vasto impero. m’a escorté dans le vaste empire de Pluton.

CORO CHŒUR
E tu scendesti entro l’eterno orrore ? Et tu es descendu parmi les ténèbres éternelles ?

ORFEO ORPHÉE
Più lieto assai ch’in bel giardin donzella. Bien plus heureux qu’une demoiselle dans un beau jardin.

AMINTA AMYNTAS
O magnanimo core, Oh cœur magnanime,
Ma che non puote Amore? mais que ne peut Amour ?

100
CHORUS CHOR
But how is it that you live and breathe? Doch wie kommt es, dass du lebst und atmest?
Have perhaps the gods of high heaven Haben vielleicht die Götter des Äthers
Bereft the infernal kingdom of its privileges? das große Reich der Unterwelt seiner Privilegien beraubt?

EURYDICE EURYDIKE
Orpheus tore me away from the kingdom of the shades. Orpheus hat mich dem Schattenreich entrissen.

ARCETRO ARCETRO
So mortal strength can win so much? So kann die Tugend eines Sterblichen so viel erreichen?

ORPHEUS ORPHEUS
My sweet singing and the sound of this lyre Dieser höchsten Gabe waren würdig
Won me this supreme gift. die Zartheit meines Gesangs und der Klang dieser Leier.

AMYNTAS AMINTA
How could your noble voice be heard Wie konnte deine Stimme
There in the shadowy depths? im tiefsten Bereich der Schatten gehört werden?

ORPHEUS ORPHEUS
The fair goddess of Love Die schöne Göttin der Liebe
Guided me through Pluto’s vast realm begleitete mich auf ich weiß nicht welchem Weg
On paths I did not know. in das weite Reich Plutos.

CHORUS CHOR
And you descended into eternal horror? Und du bist zu den ewigen Schatten hinabgestiegen?

ORPHEUS ORPHEUS
Happier even than a maiden in a fair garden. Weit glücklicher als ein Mädchen in einen schönen Garten.

AMYNTAS AMINTA
O magnanimous heart, Oh großmütiges Herz,
What can Love not do? doch was kann die Liebe nicht?

101
DAFNE DAFNE
Come quel crudo Rege, Comment as-tu pu fléchir
Nudo d’ogni pietà, placar potesti ? ce roi cruel dénué de toute pitié ?

ORFEO ORPHÉE
Modi hor soavi, or mesti, Grâce à des modes tantôt suaves, tantôt tristes,
Fervidi preghi e flebil sospiri ferventes prières et soupirs mélancoliques
temprai sì dolce, ch’io émis si doucement,
ne l’implacabil cor destai pietate : j’ai éveillé la pitié dans cet implacable cœur :
così l’alma beltate ainsi, cette noble beauté
fu mercè, fu trofeo del canto mio. fut le prix, le trophée de mon chant.

AMINTA AMYNTAS
Felice semideo, ben degna prole Bienheureux demi-dieu, digne descendant
di lui che su nell’ alto de celui qui là-haut
per celeste sentier rivolge il sole, par le sentier céleste fait tourner le soleil,
rompersi d’ogni pietra il duro smalto j’ai vu à tes doux accents
vidi a’ tuoi dolci accenti, se briser le dur émail de chaque pierre,
e ‘l corso rallentar fiumi e torrenti et fleuves et torrents ralentir leur cours,
e per udir vicini et pour t’ouïr de plus près,
scender da gl’ alti monti abeti e pini ; pins et sapins descendre des monts élevés ;
ma viè più degno vanto oggi s’ammira mais de la fameuse lyre,
de la famosa lira, on admire aujourd’hui bien plus digne mérite,
vanto di pregio eterno, mérite digne d’éternelle récompense :
mover gli dei del ciel, placar l’Inferno. toucher les dieux du ciel, et fléchir l’enfer.

CORO CHŒUR
Biondo arcier, che d’alto monte Blond Archer, qui de la haute montagne
aureo fonte a fait jaillir
sorger fai di si bell’onda, une source d’or de si belle eau,
ben può dirsi alma felice bienheureuse peut se dire l’âme
cui pur lice à qui il est permis
appressar l’altera sponda. d’approcher la digne rive.

102
DAPHNE DAPHNE
How did you appease Wie konntest du den grausamen König,
That cruel and pitiless King? dem jedes Mitleid fehlt, umstimmen?

ORPHEUS ORPHEUS
In keys that were now sweet, now sad, Mit bald süßen, bald traurigen Tönen,
And with fervent prayers and melancholy sighs inbrünstigen Bitten und melancholischen,
Uttered so sweetly that I so sanft hervorgebrachten Seufzern
Awoke pity in his implacable heart. erweckte ich Mitleid in diesem unerbittlichen Herzen:
This noble beauty was thus so war diese edle Schönheit
The reward and trophy of my song. der Preis, die Trophäe meines Gesangs.

AMYNTAS AMINTA
Happy demigod, worthy descendant Glückseliger Halbgott, würdiger Nachkomme
Of He who on high dessen, der dort oben
Turns the sun on its heavenly paths, auf dem himmlischen Weg die Sonne kreisen lässt,
I have seen the hard surface of every stone ich sah, wie auf deine süßen Töne hin
Break and shatter at your sweet tones das harte Email jedes Steins zerbrach,
And rivers and torrents slow their courses; und Flüsse und Bäche verlangsamten ihren Lauf,
Firs and pines came down from the high mountains und um dich näher zu hören
To hear you closer. stiegen Kiefern und Tannen von hohen Bergen herab;
Today we admire a more worthy quality doch von der berühmten Leier
Of your famous lyre, bewundert man heute einen noch weit würdigeren Verdienst,
A quality worthy of eternal reward: einen Verdienst, der ewigen Lohn verdient:
Moving the gods in heaven, appeasing Hell. die Götter des Himmels erschüttern und die Unterwelt umstimmen.

CHORUS CHOR
O blonde-haired Archer, who once struck Blonder Bogenschütze, der du vom hohen Berg
A golden fount of pure water eine goldene Quelle mit so schönem Wasser
From the high mountainside, entspringen ließest,
Any soul who is allowed glückselig kann sich die Seele nennen,
To approach the worthy bank der es erlaubt ist,
May well call himself happy. sich dem würdigen Ufer zu nähern.

103
Ma qual poi del sacro umore Mais celui qui de l’eau sacrée
sparge il core s’arrose le cœur
tra i mortal può dirsi un dio : devient dieu parmi les mortels :
e i degli anni il volo eterno il peut se moquer
prende a scherno, du cours éternel des années,
e la morte e ‘l fosco oblio : de la mort et du noir oubli :

Se fregiat’il crin d’alloro, Quand le front orné de laurier,


bel tesoro il porte sur son sein
reca al sen gemmata lira, le précieux trésor qu’est sa lyre gemmée,
farsi intorno alma corona il voit autour de lui, formant
d’Elicona une glorieuse couronne,
l’alte Vergini rimira. les nobles vierges de l’Hélicon.

Del bel coro al suon concorde En harmonie avec ce chœur


l’auree corde, il touche alors si doucement
si soavi indi percuote, les cordes d’or
che trai boschi Filomena, que ni Philomène dans les bois,
né sirena ni sirène en mer
tempra in mare sì care note. n’émettent notes si délectables.

Se un bel viso, ond’ arde il petto, Si par plaisir, il désire


per diletto orner d’une gloire éternelle
brama ornar d’eterno vanto, le beau visage pour lequel brûle son cœur,
sovr ‘l Sol l’amata diva de son noble chant, il sait élever
bella e viva la déesse aimée,
sa ripor con nobil canto. belle et en vie, au-dessus du soleil.

Ma se schiva a bei desiri Mais si, fuyant ses beaux désirs


par che spiri elle ne semble exhaler
tutto sdegno un cor di pietra, que le dédain d’un cœur de pierre,
del bel sen l’aspra durezza un doux trait de son carquois
vince e spezza peut vaincre et briser
dolce stral di sua faretra. l’âpre dureté du beau sein.

104
He, however, who sprinkles his breast Doch der, der sich das Herz
With the sacred water mit heiligem Wasser begießt,
Becomes a god amongst mortals: wird ein Gott unter den Sterblichen:
He may disregard Er braucht sich nicht zu kümmern
The eternal course of the years, um den ewigen Lauf der Jahre,
Death and dark oblivion: um den Tod und das schwarze Vergessen:

His brow crowned with laurel, Wenn er, die Stirn mit Lorbeer bekränzt,
He bears on his breast an seiner Brust
His precious treasure, his jewelled lyre, den kostbaren Schatz trägt, der ihm seine mit Edelsteinen
Around him he sees besetzte Leier ist, sieht er um sich
A glorious crown: die edlen Jungfrauen des Helikon.
The noble virgins of the Helicon. Die eine ruhmvolle Krone bilden.

In harmony with their choir. In Harmonie mit dem Chor


He touches the golden strings greift er sodann so zart
So sweetly in die goldenen Saiten,
That neither Philomena in the woods dass weder Philomenes in den Wäldern
Nor the sirens in the sea noch die Sirenen im Meer
Could ever utter such delightful sounds. so köstliche Töne von sich geben.

If, for his pleasure, he should wish Wenn er zum Vergnügen wünscht,
To bedeck the fair visage his heart yearns for das schöne Antlitz, für das sein Herz glüht,
With eternal glory, durch seinen edlen Gesang
With his noble song he may raise mit ewigem Ruhm zu schmücken, so versteht er es,
His beloved goddess, fair and living, die schöne, lebende, geliebte Göttin
Above the Sun. über die Sonne zu erheben.

But if, fleeing his fine desires, Doch wenn sie, dieses schöne Verlangen fliehend,
It seems that she exudes only nur die Verachtung eines steinernen Herzens
A stony-hearted disdain, zu bekunden scheint,
Then a sweet arrow from his quiver kann ein süßer Pfeil aus seinem Köcher
Will conquer and shatter die strenge Härte der schönen Brust
The bitter hardness of her fair heart. besiegen und brechen.

105
Non indarno a incontrar morte Ce n’est pas en vain que,
pronto, e forte, guerrier ou capitaine, prompt et vaillant,
move il piè Guerriero, ò Duce, il va affronter la mort,
là ‘ve Clio da nube oscura là où Clio d’une nuée obscure
fa secura lui assure
l’alta gloria ond’ei riluce. la gloire suprême qui l’illumine.

Ma che più ? s’al negro lito Que dire de plus ? Si au noir rivage
scende ardito descend le téméraire
sol di cetra armato Orfeo, Orphée, armé de sa seule lyre,
e’ del regno tenebroso, depuis le royaume des ténèbres,
lieto sposo, époux comblé,
porta al ciel palma e trofeo. il porte au Ciel palme et trophée.

Il Fine dell’Euridice. Fin de l’Eurydice


Ottavio Rinuccini Traduction Nicolas Achten

Eriko SEMBA Francesco CORTI

106
It is not in vain that, be he warrior Nicht vergeblich wird er
Or gentleman, he goes forth als Krieger oder Anführer rasch und tapfer
Swiftly and valiantly dem Tod ins Auge schauen
To encounter death, dort, wo Klio ihm von einer dunklen Wolke aus
There where Clio in dark mists ensures den höchsten Ruhm,
The high glory that illumines him. der ihn erhellt, verspricht.

What more can be said? If rash Orpheus, Was kann man mehr sagen? Wenn in die schwarzen
Armed only with his lyre, Gefilde
Descends to the dark shores, der kühne Orpheus hinabsteigt,
And then from the shadowy realm nur mit seiner Leier bewaffnet,
Should return a joyful husband, trägt er aus dem Schattenreich
He will bring Heaven both palm and trophy. als überglücklicher Gatte
Palme und Trophäe in den Himmel.
The End of l’Euridice
Translated by Peter Lockwood Ende von „L’Euridice“.
Übersetzung: Silvia RONELT

Simon LINNÉ Sarah RIDY

107
RIC 269