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Le désir de beauté

La Wiener Werkstätte et le Palais Stoclet


(1903-1932)

Introduction
Le groupe de la Wiener Werkstätte est créé en 1903 par Josef Hoffmann et Koloman Moser.
Ce groupe d’artistes et d’artisans voulait apporter quelque chose de nouveau en Autriche. Ces
artistes et artisans s’inspirèrent des idées des mouvements Art&Craft et Art Nouveau et firent
le lien avec le langage formel de l’Art déco et du Bauhaus. Ils posèrent les bases de ce que
l’on nomme aujourd’hui « le design », c’est à dire rendre plus beaux les objets utilitaires de la
vie quotidienne.
La Wiener Werkstätte avait pour but de remettre au goût du jour les arts anciens (artisanat), de
les élever au même niveau que les beaux-arts (peinture, sculpture, architecture…). Ces beaux
objets se devaient d’être également utiles et ainsi la Wiener Werkstätte espérait atteindre un
plus large public.

HISTOIRE
La Wiener Werkstätte se situedans une période de développements nouveaux. Avec la
révolution industrielle du XIXe siècle, de nombreuses usines s’érigent dans les villes et autour
de celles-ci. De nombreuses personnes se déplacent des campagnes vers les villes pour
trouver du travail dans ces nouvelles usines.
Le développement des sciences et des techniques permet d’appréhender le futur de manière
plus positive. Mais d’un autre côté, les machines sont aussi à la base du chômage. Les droits
des travailleurs sont bafoués et leurs conditions de vie médiocres. Cette situation générale est
à l’origine de troubles sociaux.
La Wiener Werkstätte réagit en Autriche contre l’exploitation des travailleurs, tout comme le
fait le mouvement Art&Craft en Angleterre. Ils essaient d’offrir à leurs propres travailleurs de
meilleures conditions de travail. Ils veulent valoriser à nouveau l’artisanat d’art. Grâce à une
production artisanale, le travailleur peut être fier de son produit et de l’objet achevé. Dans une
production industrielle avec des machines, le travailleur n’intervient que dans une petite partie
du processus de production et ne ressent alors aucun lien avec le produit fini.

HISTOIRE DE L’ART
L’exposition concerne un période importante de l’histoire de l’art et elle peut illustrer de
manière très intéressante un cours d’histoire de l’art ou d’esthétique.
L’exposition donne un aperçu des réalisations et de l’évolution de la Wiener Werkstätte. Elle
évoque un groupe d’artistes et d’artisans aux parcours différents, travaillant des matières
diverses et des techniques différentes comme le verre, la reliure de livre, l’orfèvrerie,
l’ébénisterie,… Ce groupe autrichien était très proche du mouvement Art&Craft qui s’est
développé en Angleterre au XIXe siècle. C’est à partir de ce dernier groupe que se développa
l’Art nouveau ou Jugendstil, un style qui enthousiasma l’Europe entière (Horta à Bruxelles,
Mackintosh à Glasgow, Gaudi à Barcelone). La Wiener Werkstätte puise son inspiration et ces
influences dans ces mouvements mais également dans la Sécession viennoise, la version
autrichienne de l’Art nouveau. Elle s’inspire donc dans l’histoire et le goût autrichien pour
créer son propre style.

Tableau venant de : www.artsmia.org/modernism/timeline/timeline.html

Sur cette ligne du temps, tu peux voir le lien qu’est la Wiener Werkstätte entre d’un côté
l’Art&Craft et l’Art nouveau et de l’autre côté De Stijl, l’Art déco et le Bauhaus.

Art&Craft style artisanal inspiré par le moyen âge W.Morris, J.Ruskin

Art nouveau style ornemental et décoratif. Motifs P.Hankar, V.Horta, C.R.


de plantes et de « coup de fouet » sont Mackintosh, A.Gaudi, P.
les caractéristiques mais évolution vers Wolfers, E.Gallé
un langage formel géométrique.
Utilisation de matériaux précieux.

De Stijl Utilise des formes géométriques et les P.Mondriaan, T.Van


couleurs primaires aussi bien dans la Doesburg, J.J.P. Oud,
peinture que dans l’architecture. G. Rietveld
Style très épuré

Bauhaus L’art possède tout ce qu’une société H.Van de Velde,


moderne demande comme forme W.Gropius, L.Mies Van
De Rohe

Art déco Style aux formes géométriques, inspiré H.L de Jong, W.van Alen
de l’art égyptien et oriental. Utilisation F.L.Wright, P. Behrens, A.
de matériaux précieux mais également Perret, J. Olbricht
de matériaux nouveaux comme la
bakélite et le chrome

Jozef Hoffmann était une des personnalités les plus importantes des Wiener Werkstätte.
Le hasard faisant bien les choses, la plus belle réalisation de ce groupe se trouve à Bruxelles :
le Palais Stoclet. Adolphe Stoclet, banquier belge vivant à Vienne, demanda à Hoffmann de
lui construire une maison. Suite au décès de son frère et de son père, Stoclet décide de
retourner à Bruxelles. Ainsi demande-t-il à Hoffmann de lui construire sa maison à Bruxelles.
La Belgique joua un rôle de premier plan dans l’Art nouveau. Il est aussi intéressant de
comparer l’Art nouveau de Horta, par exemple, avec le Palais Stoclet réalisé dans le style de
la Wiener Werkstätte par Hoffmann.

COMPETENCES TECHNIQUES
La Wiener Werkstätte était finalement un ensemble de différents lieux de travail ou ateliers.
Chaque atelier était spécialisé dans un artisanat bien particulier. Ils avaient leur propre
couleur, comme une sorte d’identifiant. On retrouvait cette couleur dans les locaux, sur les
factures, la correspondance. Chaque atelier avait donc sa spécialité et formait, avec tous les
autres, la Wiener Werkstätte. Dans le cadre des compétences techniques, comme par exemple
l’ébénisterie, il est intéressant d’observer comment ces ateliers étaient organisés, comment les
artistes et artisans travaillaient ensembles, quelles techniques et matériaux étaient utilisés.
Comment considérait-on l’artisanat d’art à l’époque ? Et maintenant ?

GEOGRAPHIE
Bruxelles est une ville avec des collines et irrégularités procurant de réels défis aux
architectes et constructeurs d’habitations. Pour le Palais Stoclet, Hoffmann dut également
faire preuve de créativité pour harmoniser les différents niveaux du terrain. Hoffmann est
venu à bout de cette parcelle de terrain difficile en usant d’effets optiques.

ECONOMIE
La Wiener Werkstätte avait pour logo un double « W » et ce logo devient très vite
une « marque ». C’était la première fois que l’on associait un logo avec un style et
un ensemble d’objets imaginés. En marketing, on nomma cela Corporate Identity.
WW était une marque que tous identifiaient au style particulier de ces produits. Le
logo était également une garantie de qualité et d’originalité. En achetant les objets
portant ce logo, les acquéreurs soutenaient l’artisanat d’art et l’art. Ils
participaient ainsi à l’amélioration des conditions de travail des artisans et ouvriers. Pense à
une marque comme celle de Body Shop. Nous reconnaissons cette marque de produits de
beauté à ses petits flacons et bouteilles et nous savons tous également que Body Shop se
dresse contre les tests effectués sur les animaux. Cette marque se bat également pour une
image plus positive de la femme. Aujourd’hui, nous trouvons ce genre de marque dans tous
les secteurs. Mais en 1903, l’idée était nouvelle.

La WW avait des problèmes financiers car ses productions n’arrivaient pas à concurrencer
l’industrie au niveau des prix.

Voir : Vienne. Fin de siècle, Hazan, Vienne, 2005

1. Les mouvements qui influencèrent la Wiener Werkstätte

1.1 Arts & Crafts Movement


En réaction l’industrialisation qui se propage rapidement, le mouvement Art&Craft se
développe en Angleterre. Il prône un retour à l’artisanat d’art et aux arts anciens. Il soutient
l’idée que ces formes d’artisanats ont autant de valeur que des formes artistiques telles que la
peinture, la sculpture… John Ruskin et surtout William Morris sont les principaux
collaborateurs de l’Art&Craft. La Wiener Werkstätte mais également l’Art Nouveau, qui se
développa en Belgique, puisèrent leurs idées de base dans celles de Morris et des autres
meneurs du mouvement.

But et théorie
Le mouvement Art&Craft trouvait que la qualité du produit, l’individualité et la créativité du
travailleur étaient réduites par la machine. L’artisanat d’art devait retrouver son honneur avant
de complètement disparaître. Le mouvement voulait également changer et améliorer les
conditions de travail des ouvriers. La situation dans les usines était terrible. Pense au film sur
le prêtre Daens. Il voulait amener les concepteurs et les artisans à travailler ensemble pour que
le produit, fait main et de grande qualité, puisse être diffusé à grande échelle. Il serait ainsi
possible de trouver de beaux objets dans tous les intérieurs. Si ce modèle pouvait être diffusé
à grande échelle, alors les conditions de travail aussi bien que les conditions de vie de tous se
verraient valorisées.

William Morris

Cette vision fut reprise par la Wiener Werkstätte.


En 1905, on pouvait lire dans le programme de travail : « … pour eux (les travailleurs) à nouveau la
joie de créer dans le travail et l’assurance d’une existence digne, est notre noble devoir ».
Le gros problème avec aussi bien l’Art&Craft qu’avec les Wiener Werkstätte était que cet
idéal démocratique était difficilement réalisable. Les produits restaient chers car réalisés à la
main. On utilisait souvent de belles matières et des matériaux de haute qualité même si ce
n’était jamais de l’or ou des bois tropicaux. Ceci explique que ces produits ne furent
finalement pas accessibles au peuple car trop chers mais furent acquis par la riche bourgeoisie
qui en décora ses intérieurs.

1.2 Le Japon
L’art japonais avec ses formes épurées, le très haut niveau technique atteint par ses artisans et
la technique de la peinture laquée, eut une influence énorme sur l’Arts&Crafts, sur l’Art
Nouveau ainsi que sur la Wiener Werkstätte. Le Japon eut l’occasion de promouvoir son
savoir artistique à l’exposition universelle de 1873 à Vienne.

1.3 Art populaire


L’histoire locale, les légendes, les histoires populaires et l’art populaire étaient autant
d’éléments tout aussi importants pour l’Art&Craft que pour la Wiener Werkstätte.
Voir : Langley Sommer, Robin et Rago, David. De Arts and Crafts Beweging. Alphen aan de
Rijn, 1996. Art nouveau : Het manifest van het anders zijn. Korei vzw. Bruxelles, 2002

2. Création et histoire de la Wiener Werkstätte

En 1902, Jozef Hoffmann rend visite à la Guild of Handicraft (guilde des artisans) en
Angleterre. Il connaissait déjà les idées de William Morris via différentes publications mais
pour la première fois il peut voir de ses propres yeux comment étaient organisés les ateliers
anglais d’artisanat. C’est en s’inspirant de ce modèle qu’il crée les Wiener Werkstätte avec
Koloman Moser en 1903.

Le mot « Werkstätte » est un renvoi à plusieurs ateliers qui ensemble forment la Wiener
Werkstätte. Il y avait un lieu de travail pour les métaux précieux et non précieux, pour le tissu,
le verre, la reliure de livre, la céramique, l’ébénisterie… Parfois, elle travaille avec une
entreprise extérieure pour produire ses objets car elle ne peut pas toujours suivre la production
et donc prend du retard. Cette forme d’organisation en ateliers, qui ont chacun leur
« identité » et leur propre couleur est inspirée directement des guildes du moyen âge ou alors
des associations de maîtres-artisans. Pour la céramique et les tissus par exemple, la Wiener
Werkstätte faisait quand même appel à des usines mais le savoir-faire et les beaux objets
restaient très importants. A la période post-industrielle, on parle d’association.

La révolution industrielle fut très importante en Angleterre à partir de la moitié du XVIII e


siècle et s’étendra à travers toute l’Europe de l’Ouest. La Wiener Werkstätte ne souhaitait par
revenir à la période précédent la révolution industrielle : nier cette évolution était absurde. Au
contraire, elle voulait utiliser ces nouvelles technologies et possibilités pour atteindre d’autres
objectifs : produire des beaux objets pour tous. Ainsi les intérieurs des gens du peuple se
rempliraient de beauté à la place d’objets produits en masse laids et pas chers.

La Wiener Werkstätte reçut beaucoup d’attention de la part des magazines et journaux.


Beaucoup de journalistes et d’éditeurs accueillirent de façon positive cette initiative.
Voici ce qu’écrit Joseph August Lux dans un des ses articles :
« Ce qui nous frappe au milieu du bruit de la fabrique, c’est le travail manuel tranquille et inspiré de
l’artisanat d’art. Ici, il ne manque pas de machines, bien au contraire, la Wiener Werkstätte maîtrise
parfaitement toutes les nouveautés techniques, ce qui profite à l’activité. Mais la machine n’est ici ni
tyran ni souveraine, mais le serviteur et l’aide dociles. Les produits ne portent pas le sceau des
machines mais plutôt le geste de l’artiste façonneur et de son habilité professionnelle ».

Ici, nous abordons la notion contemporaine de « design ». Par ce terme, on entend tout objet
usuel de belle apparence : original et agréable à regarder. Il est également produit par des
machines mais il est original car le nom du designer apparaît sur l’objet, comme pour la
Wiener Werkstätte. En effet, le concepteur et l’artisan apposaient leur logo sur l’objet. Le
design est cher et est souvent réservé aux personnes les plus fortunées. Et encore une fois, la
discussion continue quand à savoir si ce sont vraiment des objets d’art !
Une autre piste est le design accessible à tous, une version bon marché et à plus grand tirage
mais portant toujours le nom du designer. Ainsi H&M a collaboré avec Carl Langerfeld et
Stella McCartney pour ses collections. Habitat vend toute une série de produits décoratifs
pour intérieurs réalisés par un designer connu.
Recherche un ensemble de photos d’objets décoratifs ou de meubles dans un magazine tel que
le Weekend. Le Vif. Taschen a également sorti une série de livres sur le design par décennie :
les années 50’, 60’, 70’. Le design se porte bien de nos jours et le design anciens à toujours
beaucoup de succès. Regarde et compare les photos. Pourquoi, à ton avis, les gens trouvent-il
ces objets beaux ? Aime-tu le design ? Aimerais-tu décorer ta maison avec de tels objets ?
Pourquoi (pas) ? Pense-tu que ces objets pourraient se trouver dans un musée ? Pourquoi
(pas) ?

Le gros problème de la Wiener Werkstätte est qu’elle ne fit pas ou très peu de bénéfices. Elles
survécurent un temps grâce à quelques grosses commandes (comme le Palais Stoclet !)
générant de gros capitaux. Mais finalement, ils tombèrent en faillite en 1932.

Les Wiener Werkstätte n’était pas un mouvement d’avant-garde qui veut tout changer et
amener quelque chose de totalement nouveau voir choquant. Dès le début, ils ont le soutien de
partisans enthousiastes et cherchent consciemment des points de départ dans les traditions et
l’histoire autrichienne.
A savoir…
Comment étaient organisés les Wiener Werkstätte ? Comment se sont-ils affirmés contre la
production industrielle ? Etaient-ils des avant-gardistes, c’est à dire des innovateurs qui
voulaient une rupture et apporter quelque chose de totalement nouveau à l’art ? Que sont les
arts anciens à cette époque et que sont-ils maintenant ? Que pense-tu du design ?

Etre capable de …
- Replacer les Wiener Werkstätte parmi d’autres mouvements
- Reconnaître et identifier le style WW

Voir : Gabriel Fahr-Becker, Wiener Werkstätte. 1903-1932, Taschen, Cologne, 1995.


Christian Brandstätter, Le Wiener Werkstätte. Les ateliers Viennois. 1903-1932, Hazan,
Vienne, 2003.

3. Le langage formel de la Wiener Werkstätte

Dans l’Art nouveau il est possible d’identifier deux mouvances : l’organique et le


géométrique. Le meilleur exemple en style organique est assurément l’œuvre de Victor Horta
qui réalisa entre autre l’hôtel Tassel et la maison de Solvay. Regarde quelques photos de ces
intérieurs et tu remarqueras directement les lignes tortueuses et la fameuse ligne « coup de
fouet ». Compare maintenant ces derniers avec les intérieurs conçus par l’artiste écossais
Charles Rennie Mackintosh. Il utilise des formes simples géométriques, et particulièrement le
carré. La WW a approfondi ce dernier style en allant plus loin. L’architecte Jozef Hoffmann
choisit également de travailler avec beaucoup de carrés. Ces formes géométriques seront
exploitées de façon encore plus épurée dans des styles comme l’Art déco et le Modernisme,
pense par exemple aux travaux de Le Corbusier.
Horta

Mackintosh (le motif de la


Rose de Glasgow).

Voir : Catalogue Europalia Autriche 1987. Wiener Werkstätte. Atelier viennois 1903-1932,
1987, Bruxelles.

4. La Wiener Werkstätte à Bruxelles : Jozef Hoffmann et le Palais


Stoclet
Tout comme le mouvement Arts&Crafts (« The red house » de Webb) et l’Art nouveau (la
maison Solvay à Bruxelles), la Wiener Werkstätte considérait l’architecture, l’aménagement,
la décoration, l’ornementation de la maison comme formant un tout harmonieux. Le plus bel
exemple de cette volonté est le Palais Stoclet à Bruxelles. Comment se fait-il que ce petit
bijou des Wiener Werkstätte se trouve à Bruxelles et non à Vienne ?
Adolphe Stoclet, un banquier belge, vivait avec sa famille à Vienne. Au cours d’une
excursion, il fait la connaissance de Carl Moll. Celui-ci a fait réaliser une maison par Jozef
Hoffmann. Stoclet tombe sous le charme de l’habitation et, via Moll, prend contact avec
Hoffmann. Très peu de temps après Stoclet demande à Hoffmann de lui réaliser également
une résidence à Vienne. Mais en 1904, le père et le frère de Stoclet décèdent à quelques mois
d’intervalle. Il rentre en Belgique pour régler les affaires de la famille et prendre en main la
succession. Il demande alors à Hoffmann de lui construire sa maison à Bruxelles, sa ville
natale. Il faudra cinq ans à Hoffmann pour réaliser une superbe création, tout à fait dans
l’esprit de la Wiener Werkstätte dans l’avenue de Tervuren à Bruxelles. Les éléments les plus
frappants de la maison sont les plaques de marbre de la façade à la lisière d’or et la mosaïque
de Gustave Klimt dans la salle à manger.
Hoffmann travaille beaucoup avec les effets d’optiques. Chaque axe principal fait le lien entre
le jardin et la maison. A chaque endroit, il joue avec la perspective et le point de vue du
visiteur. Il crée aussi différentes vues grâce auxquelles il pouvait insister sur des éléments de
sa création. Différents thèmes reviennent fréquemment dans l’ornementation de la tour et la
décoration des pièces (la frise de Klimt) tels que l’arbre de vie, le paradis et la symbolique du
printemps. L’arbre dans le jardin en dessous duquel il place un banc pour la famille rappelle
également ces thèmes familiers. C’est autour de cet arbre que se rencontrent et conversent les
dieux !
La famille Stoclet avait une importante collection d’objets d’art et Hoffmann considéra
chaque pièce de la collection. Elles trouvèrent toutes leur place dans la conception de la
maison. Les Stoclet remplissaient avec grâce leur rôle de mécènes. Si un grand musicien
passait à Bruxelles, il recevait très souvent une invitation à venir un soir à la villa avec des
invités spéciaux.
Un témoin se souvient… « souvent un public choisit était invité dans son théâtre (de la famille Stoclet)… pour
découvrir un artiste encore inconnu – une danseuse indienne, une pianiste russe, un compositeur français ou un
acteur… » G.S.Salle
Ils avaient donc beaucoup de contacts dans le monde de l’art. Madame Suzanne Stoclet-
Stevens était la fille d’un grand connaisseur d’art et la nièce des peintres Alfred et Joseph
Stevens. Le milieu de l’art lui était donc familier.
Tout allait ensemble et s’accordait dans cette maison. Plus encore « les fleurs de la table toujours
d’un ton unique et la cravate de M. Stoclet s’harmonisaient avec la toilette de Madame ». Les propriétaires
eux-même se fondaient dans le tout.
On racontait qu’il y avait une manière spéciale et raffinée d’être reçu dans la maison Stoclet
« La villa se dresse là rectangulaire comme une vieille tombe égyptienne, mais tu pénètres ce soir dans l’espace
enchanteur d’une basilique dans le style de Ravenne. Soudain la porte s’ouvra et la maîtresse de maison lamée
d’or par Poiret et coiffée d’aigrettes, au côté d’Adolphe Stoclet, droit dans sa barbe symétrique et lustrée
d’Assourbanipal, l’escalier de marbre descendant sur le chemin vers le salon de musique, où Armène Ohanian,
une gracile danseuse syrienne, attend sous un voile noir, pendant qu’elle tape sur un tambourin qui était presque
aussi grand qu’elle, oui, à ce moment là les invités avaient le sentiment d’être dans une ambiance de conte de fée
et l’ensorcellement marchait. » Edmond De Bruyn
En regardant les photographies des riches décorations et de l’intérieur, tu remarques que tout a
sa place et que tout s’accorde parfaitement. Tu ne pourrais pas acheter une nouvelle armoire et
la placer dans le Palais. Ce concept prenait absolument tout en compte, jusqu’au plus petit
détail. Voudrais-tu vivre dans une telle maison ?

A savoir…
Qu’est qu’une œuvre d’art totale ou « Gesamtkunstwerk » ?

Voir : Eduard F. SEKLER, Josef Hoffmann. L’œuvre architecturale, Pierre Mardaga Editeur,
1982, catalogue de l’exposition

5. L’œuvre d’art totale – le lien avec Van Rysselberghe


Comme nous venons de l’expliquer, le Palais Stoclet est une œuvre d’art, aussi bien l’intérieur
que la construction, l’ornementation, la décoration et la structure du jardin ont été pensés
ensemble, pour se côtoyer tous les jours. Le thème de l’arbre de vie est présent jusque dans le
plus petit détail. Hoffmann travaillait également avec des lignes optiques grâce auxquelles
tout était relié. Chaque détail jusqu’à la clinche d’une porte ou au porte-manteau collait au
tout. La collection d’objets d’art que la famille Stoclet rassemblait trouva une place dans le
palais et fut également intégrée à l’architecture. Des œuvres d’art furent également conçues
spécialement pour l’habitation : la mosaïque de Klimt dans la salle à manger, et qui s’accorde
parfaitement avec la conception d’Hoffmann. C’est ce que l’on nomme une œuvre d’art totale
ou « Gesamtkunstwerk ».

Tout comme Klimt, Théo Van Rysselberghe réalisa une œuvre qui prit place dans une œuvre
d’art totale. Sa peinture La lecture pend toujours à un mur de l’hôtel Solvay de Horta à
Bruxelles. Dans cette maison, la construction ainsi que son intérieur jusqu’aux moindres
détails ont été imaginés par l’architecte Art nouveau Victor Horta.
Nous faisons ici le lien avec l’autre exposition qui se teint au Palais des Beaux-arts : Théo Van
Rysselberghe (voir le dossier pédagogique).

Documentation

Eduard F. SEKLER, Josef Hoffmann. L’œuvre architecturale, Pierre Mardaga Editeur, 1982,
catalogue de l’exposition

Catalogue Europalia Autriche 1987. Wiener Werkstätte. Atelier viennois 1903-1932, 1987,
Bruxelles.

Gabriel Fahr-Becker, Wiener Werkstätte. 1903-1932, Taschen, Cologne, 1995.

Christian Brandstätter, Le Wiener Werkstätte. Les ateliers Viennois. 1903-1932, Hazan,


Vienne, 2003.

Langley Sommer, Robin et Rago, David. De Arts and Crafts Beweging. Alphen aan de Rijn,
1996.
Jane KALLIR, Viennese Design and the Wiener Werkstätte, Meulenhoff/Landshoff

http://www.wiener-werkstaette.at/
Allemand
Site le plus complet
http://www.wiener-werkstaette-postkarten.com/
Anglais
Cartes postales
http://www.aeiou.at/aeiou.encyclop.w/w646802.htm
Allemand
Simple page avec liens hyper-textes
http://www.artsmia.org/modernism/rintro.html
Anglais
Super site coloré – interactif, définitions et exemples
http://www.wien-vienna.at/kunst.php?ID=841
Allemand
http://www.senses-artnouveau.com/biography.php?artist=WW
Français
Site sur l’art nouveau en général – texte sur le Wiener werkstätte
http://www.wiener-werkstaette.com/
Anglais
Site très complet
http://en.wikipedia.org/wiki/Wiener_Werkst%C3%A4tte
Anglais – encyclopédie – définition et liens hyper textes
http://de.wikipedia.org/wiki/Wiener_Werkst%C3%A4tte
Néerlandais – encyclopédie – définition et liens hypertextes
http://woka.com/infos/index.asp?go=deutsch/designer/hoffmann.asp
Allemand
Sur Josef Hoffman
http://woka.com/infos/index.asp?
go=english/designer/hoffmann.asp&Designer=Josef+Hoffmann&Art=NO
Anglais
Sur Josef Hoffman
http://woka.com/infos/index.asp?go=deutsch/designer/moser.asp
Allemand
Koloman Moser – artiste
http://woka.com/infos/index.asp?
go=english/designer/moser.asp&Designer=Kolo+Moser&Art=NO
Anglais
Koloman Moser - artiste
http://woka.com/infos/index.asp?go=deutsch/designer/stoclet.asp
Allemand
sur le Palais Stoclet
http://woka.com/infos/index.asp?
go=english/designer/stoclet.asp&Designer=Palais+Stoclet&Art=NO
Anglais
Sur le Palais Stoclet
http://www.museum.vienna.at/1259.htm
Allemand
Photos
http://www.greatbuildings.com/buildings/Moser_House.html
Anglais
la maison de Moser (artiste des Wiener Werkstätte)
http://www.archinform.net/arch/960.htm?ID=i72LKy9kbE81A8F3
Site complet sur Josef Hoffman et son Œuvre
Anglais
http://lartnouveau.com/artistes/autres_pays/hoffman.htm
Français
Photos
http://www.eurobru.com/monum040.htm
Site sur le palais, son architecture et son architecte Hoffman
Français
http://www.regions.be/Rubriques/Bruxelles/page_5580_377066.shtml
Mobilier bientôt classé – article
Français
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=106&art_id=245368
Article de la libre Belgique – le palais restera art total
Français
http://www.let.leidenuniv.nl/Arthis/Arch20/Catalog/Stoclet/stoclet.htm
Néerlandais
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