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Protection de distance

Protection de distance numérique

Symbole CEI de la protection de distance

Une protection de distance est un relais de protection


destiné à surveiller l'état de certains éléments d'un réseau
électrique, en particulier les lignes ou câbles haute tension,
mais également les transformateurs de puissance et les
générateurs. Elle a pour fonction de détecter les défauts
électriques (courts-circuits sur la ligne), et de donner au
disjoncteur l'ordre d'ouvrir pour mettre hors tension la ligne.
Elle forme l'épine dorsale de la protection des réseaux
électriques.

Selon le Vocabulaire électrotechnique international, une


protection de distance est une « protection à sélectivité
relative de section dont le fonctionnement et la sélectivité
dépendent de la mesure locale de grandeurs électriques à
partir desquelles la distance équivalente du défaut est
évaluée par comparaison avec des réglages de zones[1] ».
En pratique, elle mesure l'impédance de la ligne, si celle-ci
devient faible, la protection déclenche. Ceci explique son
symbole CEI : « Z< »[2].

Son nom vient de sa capacité à estimer à quelle distance du


début de la ligne se trouve le court-circuit. Cette capacité
permet au gestionnaire de réseau de transport de très
rapidement envoyer sur le lieu précis de l'incident une
équipe de maintenance pour remettre en état au plus vite,
sans avoir à faire un examen complet de la ligne pour
trouver le lieu du défaut. Cette capacité, associée à une
remarquable sensibilité et une excellente fiabilité ont fait de
la protection de distance un élément incontournable qui
équipe la plupart des lignes HTB et certaines lignes HTA.
Dans les lignes du réseau 400 kV de RTE on utilise par
exemple soit 2 protections de distances redondantes, soit
une protection de distance et une protection différentielle
de ligne[3].

Le code ANSI de la protection de distance est 21[2].

Principe
Pour m
coura

La protection de distance mesure deux grandeurs :

le courant de ligne I est mesuré à l'aide d'un


transformateur de courant ;
la tension de la ligne U est mesurée à l'aide d'un
transformateur de tension.

Soit une ligne électrique de longueur L (exprimée en km),


d'impédance linéique Z' (exprimée en ohm/km). En temps
normal l'impédance estimée : n'est pas un multiple

de l'impédance de la ligne. En cas de défaut par contre, si


on néglige la résistance de l'arc électrique, elle devient
égale à l'impédance linéique multipliée par la distance entre
l'appareil de mesure et le défaut : . Z'

étant connue, l peut être déduite. Si elle est inférieure à la


longueur totale de la ligne, le défaut s'y trouve. Dans ce cas,
la protection déclenche, le disjoncteur associé s'ouvre[4].

Exemple
La protection de distance utilise le fait que l'impédance de charge et de
défaut sont différentes pour fonctionner

Soit une ligne 220 kV. La résistance linéique R' (exprimée en


ohm/km), de réactance linéique X' (exprimée en ohm/km) :

R'=0,1 ohm/km
X'=0,4 ohm/km
Z' =0,1 + j 0,4
longueur L = 100 km
courant maximal 1 000 A avec un facteur de
puissance=0.8

En temps normal, son impédance (de charge donc) vaut :

orientée à 37°.

Par contre, lors d'un défaut supposé en bout de ligne,


l'impédance vaut

orientée à 76°.

L'impédance est donc ici en valeur absolue plus faible en


cas de défaut. L'angle est beaucoup plus élevé[5].
Intérêts et défauts
Son avantage par rapport à une protection à maximum de
courant est d'être peu dépendant de l'impédance de la
source et de la charge, sa sélectivité aux défauts et sa
rapidité. Par ailleurs, elle est facile à coordonner avec
d'autres types de protections et elle ne requiert pas de
sélectivité chronométrique[6],[7],[8].

Les protections de distance permettent de mettre en place


une protection par zones. C'est-à-dire que dans un premier
temps, elle ne protège qu'un certain nombre de composants
situés dans une zone précise. Cela évite de déclencher
inutilement des lignes saines. Au bout d'un temps préétabli,
si la protection de la zone avoisinante n'a pas rempli son
rôle, la protection de distance va tout de même déclencher
afin d'interrompre le défaut. Cela permet de combiner
sélectivité et robustesse[7].

Les protections de distance ne nécessitent pas de canal de


communication (par exemple fibre optique) entre les deux
extrémités de la ligne, à la différence des protections
différentielles de ligne.

Sa sensibilité est dépendante de la puissance du court-


circuit de la charge, son réglage est difficile lorsque la
liaison n’est pas homogène (ligne aérienne + câble)[7]. Par
ailleurs, il faut rappeler que les défauts peuvent être de
plusieurs types : entre phases ou phase-terre, l'impédance
en résultant n'est pas identique[9]. La protection de distance
n'est pas non plus applicable aux lignes de très courte
longueur.

Histoire

Relais d'impédance de type électromécanique de marque Westinghouse

Les premiers relais de protection intégrant les fonctions de


base d'une protection de distance ont été proposés en 1904
par Felten & Guilleaume-Lahmeyer- Werke AG. Ils sont
basés sur la détection simultanés de l'augmentation du
courant et d'une baisse de la tension[10].

En février 1916, Westinghouse propose une protection de


distance dont le temps de déclenchement dépend de la
valeur de l'impédance. En 1923, cette société installe les
premières protections de ce type aux États-Unis[10].

À partir de 1918, le Dr. Paul Meyer AG améliore le concept et


installe une protection de distance sur un câble 4 kV à
Karlsruhe entre mars et avril 1923[11]. Mi 1924, AEG sort le
relai Biermann et l'installe sur le réseau 30 kV de Gotha. Les
protections connaissent un plus grand succès en
Allemagne qu'aux États-Unis. Cela s'explique par le fait que
le réseau allemand est plus fortement maillé, celui
américain étant principalement radial. C'est à cette époque
là également que s'impose le nom protection de
distance[10].

L'augmentation de la complexité des réseaux, rend la


protection par protection à maximum de courant et
protection directionnelle inefficace : les temps de
déclenchement deviennent trop long. Il est nécessaire
d'améliorer la coordination des protections électriques. Par
ailleurs, on remarque que les courants de court-circuit
peuvent être parfois plus faible que les courants nominaux,
ce qui rend la protection à maximum de courant
inefficace[10].

En 1932, H. Neugebauer et Fr. Geise travaillant pour


Siemens sortent le premier relais de distance contenu
intégralement dans une boîte à l'extrémité de la ligne. Il a un
temps de réaction de 0,3 s. En 1937, AEG utilise pour la
première fois des redresseurs métalliques dans ses
protections de distance, cela diminue fortement leur
consommation électrique[12].

À l'époque, la résistance des arcs électriques est mal


connue, les appareils ont des difficultés à évaluer
correctement la distance pour cette raison. Par ailleurs, les
relais se déclenchent de manière injustifiée lorsqu'une
oscillation de puissance se produit entre deux générateurs,
ce qui est problématique. En 1944, AEG brevète une
méthode pour contourner le premier problème, désormais
l'impédance est estimée grâce à la formule suivante [12]:

La protection de distance ne doit pas déclencher quand l'impédance


correspond à une impédance de charge

Les années 1950 voient l'apparition des mécanismes


d'autoréenclenchement, qui permettent de limiter les
coupures en cas d'orage. Elles sont aussi le cadre d'un
début de standardisation, permettant l'interopérabilité de
systèmes de fabricants différents. L'usage de power line
carrier débute en 1955 sur la ligne 220 kV de
Preussenelektra. À la fin des années 1960, les dispositifs
permettent de déterminer à la fois la distance mais
également la direction de laquelle provient le défaut[12].

Le premier relais à distance électronique est entré en


service en 1959 par EdF sur une ligne 200 kV. Cependant les
relais électromécaniques restent plus économiques. Celui
sorti par ASEA en 1970, a un temps de réaction de
seulement 21 ms, en 1976 un autre système de la même
marque atteint 2,4 ms[12].

Les relais numériques, à base de micro-controleurs,


apparaissent en 1971[12]. De nos jours tous les relais
fabriqués sont de type numérique, mais il existe encore des
relais de type électromécaniques en service[13]. En effet, les
relais mho étaient très répandus dans le monde[13]. En
outre, les relais électroniques ne dépendent certes plus du
moment exercé, mais leur fonctionnement émulent souvent
celui des relais électromécaniques. Les mêmes termes
peuvent donc être utilisés[8], la connaissance des principes
de fonctionnement des relais électromécaniques restent
utile.

Di�érents types de caractéristiques

Protection de distance

Influence de l'impédance, principalement résistive, de l'arc électrique sur


l'impédance de défaut
La protection de distance tente de faire la distinction entre
impédance de défaut et impédance de charge. Il faut donc
définir, une limite, une frontière entre les impédances que la
protection va considérer comme normales, de charge et
celles anormales associées à un défaut. Cette limite est
appelée ici caractéristique de déclenchement. Elles peuvent
avoir plusieurs formes et sont représentées dans un plan
résistance - inductance : RX.

Si l'impédance de l'arc électrique est négligée, l'impédance


de défaut se trouve sur la droite , la distinction est
alors aisée. L'impédance des arcs n'est cependant pas
toujours négligeable, elle est considérée comme étant
purement résistive et dépend à la fois de sa longueur et de
son courant[14]. Ces paramètres ne pouvant être déterminés
à l'avance, la résistance d'arc est une inconnue. Sur une
ligne électrique longue l'effet des arcs électriques peut
normalement être négligé, mais pas sur les lignes courtes
avec un courant de défaut faible[13].

Si la résistance d'arc ne peut être négligée, la zone de


déclenchement doit être plus large (sur le diagramme RX)
que la simple droite Z'l.

Par ailleurs, les générateurs électriques, quand ils se


synchronisent au réseau, font augmenter subitement le
courant et donc diminuer l'impédance lue. On parle aussi de
« pompage »[15]. Un relais peut prendre une oscillation de
puissance pour un défaut multi-phases[16]. La
caractéristique doit être choisie de manière que cet état
transitoire ne provoque pas de déclenchement[6].

Les relais numériques peuvent utiliser n'importe quelle


caractéristique, il suffit de la programmer[17]. Par contre les
relais statiques ou électromécaniques ont une
caractéristique dépendante de leur principe de
fonctionnement.

Réactive

Caractéristique purement réactive

La mesure de la réactance a l'avantage de ne pas être


sensible à la valeur de la résistance d'arc, mais est très
sensible aux synchronisations de générateur et n'est pas
directionnelle. Elle est du fait idéale pour les protections
phase - terre[6],[18].

Impédante
Caractéristique purement impédante

Sans directionnalité, la ligne AB, saine déclenche car l'impédance mesurée en


A chute brutalement

La caractéristique impédante décrit un cercle sur le


diagramme RX, la limite est constituée de tous les Z tel que
|Z|= une constante[9]. Elle a le défaut de ne pas être
directionnelle, ce qui empêche de faire une protection de
zone efficace et sélective (voir exemple ci-contre). Par
ailleurs, la résistance d'arc menant au déclenchement
dépend fortement de l'inductance. Enfin, elle est vulnérable
aux oscillations des générateurs synchrones[13].

mho

Carac
systém
Les protections de distance ayant dans le plan RX une
caractéristique circulaire passant par l'origine porte le nom
de « mho » ou à admittance[4].

Les relais mho auto polarisé[anglais 1] sont les plus sélectifs


de tous les relais à distance, car ils ne déclenchent que pour
une gamme précise d'impédance qu'on peut représenter sur
un diagramme R-X. Ils sont donc peu susceptible de
déclencher sur des éléments perturbateurs autre qu'un
défaut de la ligne. Il est donc un élément privilégié pour les
lignes de longues distances[6].

Les relais mho sont intrinsèquement directionnel. Ils sont


caractérisés par l'impédance sur le cercle et par l'angle
caractéristique du relais φ, qui est l'angle entre l'axe R et la
droite passant par l'origine et le centre du cercle. Cet angle
doit être plus faible que celui formé avec l'impédance de la
ligne, afin d'être plus sensible en cas de défaut avec un arc
fortement résistif[13].

Un désavantage du mho est qu'en cas de défaut proche du


relais, la tension est trop faible et la sensibilité mauvaise[8].
Pour contourner ce défaut, une solution consiste à
introduire partiellement la tension d'une autre phase,
potentiellement saine pour soutenir la tension. La
caractéristique reste alors circulaire, mais le centre du
cercle se rapproche de l'origine. On parle de mho à
polarisation croisée[anglais 2],[19].

Les mho sont plus simple à configurer que les relais


quadrilatéraux, mais sont moins sensible aux défauts
résistifs en bout de ligne[8]. Aux États-Unis, la
caractéristique mho est encore très utilisée dans les relais
numériques[17].

Si on configure la caractéristique mho de sorte que la droite


de l'impédance de la ligne passe par le centre du cercle, on
peut faire l'interprétation géométrique suivante. Soit Zrelais
l'impédance sur la ligne à partir de laquelle le relais
déclenche. On peut également définir
, avec Z l'impédance mesurée.
Si l'angle entre et est supérieur à 90° (voir figure)
alors Z est en dehors du cercle, s'il est égal à 90° Z est sur
le cercle, inférieur dans le cercle[13].

Si l'angle est supérieur à 90°, Z est en dehors du cercle


Si l'angle est égal à 90°, Z est sur le cercle

Si l'angle est inférieur à 90°, Z est dans le cercle

Quadrilatérale

Caractéristique quadrilatérale

Une caractéristique quadrilatérale est délimitée par 4


droites[9]. Les relais quadrilatéral ont l'avantage d'être plus
sensible aux défauts résistifs que les relais mho. Ces
caractéristiques sont très flexibles en termes d'impédance,
aussi bien pour les défauts phase-phase que phase-terre.
Pour cette raison, ils sont très utilisés par les relais
analogiques et numériques[13].
Le temps de résolution de l'algorithme quadrilatéral
classique est d'environ 40 ms. Afin d'éviter cette lenteur, un
algorithme détectant une variation rapide du courant et de
la tension appelé algorithme « delta » peut être mis en
place. Dans ce cas, les deux types d'algorithmes sont
exécutés en parallèle, ceux classiques permettant de
détecter les défauts que l'algorithme delta ne reconnait
pas[13].

Lenticulaire

Caractéristique lenticulaire

Une zone lenticulaire est formée par l'intersection de deux


zones circulaires de type mho. L'axe de la lentille est celui
de la ligne. La sensibilité au défaut résistif est limitée, par
contre la probabilité de déclenchement due à des
oscillations de puissance est très faible[16]. En pratique, ce
type de zone n'est plus utilisé [réf. souhaitée].

Autres

D'autres formes de caractéristiques sont possibles : ovale,


en hélice, en cornet à glace, en cacahuète, en trou de
serrure, etc[20]. Par ailleurs, des caractéristiques courant-
tension peuvent être également utilisées en lieu et place
des diagrammes RX. Ceci permet de distinguer, pour une
même impédance, les situations de défaut, lorsque la
tension est faible, et les situations de transit, lorsque la
tension est élevée. L'inconvénient de ce système est la
difficulté de le faire fonctionner avec un dispositif
antipompage[15].

Protection par zone


Principe

Réseau pour illustrer la protection par zone

Le principe de sélectivité assure que seules les lignes


défectueuses soient ouvertes, tandis que les lignes saines
restent connectées. Toutefois, il faut pouvoir parer à la
défaillance d'une protection, ainsi des protections de
secours[anglais 3] sont utilisées.

L'exemple suivant est purement théorique, il suppose que


toutes les lignes ont même niveau de tension.
Détection du défaut et temps de déclenchement
Zone 1 Zone 2 Zone 3 Amont

0 s 0,5 s 2,5 s 7 s

Relais 1

Relais 2 X

Relais 3 X

Relais 4 X

Relais 5 X

Relais 6 X

Relais 7 X

Relais 8 X

Relais 9 X

Relais 10 X

Relais 11 X

Lors de son apparition, le défaut est détecté par tous les


relais à l'exception du 1 qui est trop loin. Les autres relais la
visualisent de la manière suivante:

Pour les relais 2, 4, 7, 8, 10 et 11 le défaut est derrière


eux.
Pour les relais 3 et 9, le défaut est en zone 3.
Pour le relais 5, il est en zone 2.
Pour le relais 6, il est en zone 1.

Dans tous ces relais, un chronomètre commence à


décompter le temps par rapport à l'apparition du défaut.

Le processus est alors le suivant:

Le relais 6 envoie l'ordre de déclenchement à son


disjoncteur qui s'ouvre au bout de 20 ms environ. Le
relais 7 voit disparaître le défaut et arrête son décompte.
Le relais 5 envoie l'ordre de déclenchement à son
disjoncteur au bout d'environ 0,5 s (il se trouve en zone
2). Le défaut disparaît, les autres relais le voient
disparaître.
Si le relais 5 et/ou son disjoncteur ne fonctionnent pas
correctement, alors les relais 3 et 9 vont se déclencher au
bout de 2,5 s. Dans tous les cas le relais 11 va se
déclencher au bout de 7 s.
Si le relais 3 et/ou son disjoncteur ne fonctionnent
pas correctement, alors les relais 2 et 4 vont se
déclencher au bout de 7 s.
Si le relais 9 et/ou son disjoncteur ne fonctionnent
pas correctement, alors les relais 8 et 10 vont se
déclencher au bout de 7 s.
Si le relais 6 et/ou son disjoncteur ne fonctionnent pas
correctement, alors le relais 7 va se déclencher au bout
de 7 s.

On note que les relais 3 et 9 déclenchent avant les relais 4,


10 et 11 qui sont pourtant plus proche du défaut. Cela est
dû au fait que les temps de déclenchement en amont sont
réglés de manière plus longue que ceux en aval.

En pratique la première zone déclenche au bout d'un ou


deux cycles, ce qui représente 20 à 40 ms dans un réseau
50 Hz. La zone 2 au bout de 300 à 400 ms[21]. Les relais
électromécaniques ont des temps de réaction dépendant
de la valeur de l'impédance, au plus celle-ci est faible au
plus le relais est rapide[13].
Les protections de distance servent parfois également de
protection de secours pour les transformateurs de
puissance et les générateurs[21], bien que des protections
bien plus adaptées existent comme les protections
différentielles.

Réglages

Limite des différentes zones, telles qu'elles sont généralement définies

Protection de zones réalisée avec des relais mho

Les zones doivent être réglées correctement afin de


garantir la sélectivité et la robustesse. En l'absence de
dispositif complémentaire, la portée de la protection en
zone 1 ne doit pas dépasser 80 à 85 % de la ligne pour
assurer la sélectivité de la protection. Pour la zone 2, la
portée doit être comprise entre 120 et 150 % et sert à
protéger les parties de la ligne non couverte par la zone
1[13],[6]. Par ailleurs, la zone 2 doit déclencher après : la plus
lente des protections différentielles des jeux de barre à
l'autre bout de la ligne, des protections différentielles des
transformateurs à l'autre bout de la ligne et des relais de
lignes sur les sections adjacentes[6]. La zone 3 sert de
secours pour la zone adjacente. Elle doit donc couvrir cette
dernière autant que possible[6]. On utilise aussi
fréquemment une zone arrière qui permet à la protection de
surveiller les défauts en amont de la ligne.

L'augmentation de la résistance causée par un arc


électrique peut faire passer un défaut en zone 1 pour un de
zone 2, un de zone 2 pour un de zone 3[6]...

Le réglage est d'autre plus difficile que le ratio impédance


(source impedance ratio, SIR) est grand. Il est défini comme
suit[13]:

Avec Zs, l'impédance en amont de la protection, Zl, celle de


la ligne, c'est-à-dire en aval. Si le ratio est grand, un court-
circuit côté ligne fait peu varier le courant, parfois moins
qu'un changement de charge[13].

Sur les systèmes électromécaniques le temps de


déclenchement et la précision de l'estimation de la distance
dépendent de la valeur du courant et de la tension
mesurée[10].
Téléaction

La téléaction est le fait que deux protections, de distance


généralement et situées à chaque extrémité d'une ligne,
échangent des informations entre elles afin d'augmenter
leur performance[15].

De nombreux schémas de téléaction différents existent.


Toutefois, on peut distinguer deux types de stratégie : les
schémas à déclenchement et les schémas à blocage. Dans
les schémas à déclenchement la protection à une extrémité
de la ligne envoie un autre de déclenchement rapide à
l'autre extrémité. L'autre disjoncteur déclenche alors
immédiatement. Dans le cas des schémas à blocage, la
protection à une extrémité de la ligne envoie un autre de
blocage à l'autre extrémité, le disjoncteur ne va donc pas
déclencher intempestivement. Diverses variantes existent
en fonction de la zone surveillée par chaque protection et
des conditions appliquées au déclenchement. Les schémas
à déclenchement ont une sécurité accrue : si la liaison entre
les protections défaille, il n'y a pas de déclenchement
intempestif par contre une sureté moindre : dans ce cas la
téléaction ne fonctionne plus et les déclenchements ne
sont plus rapides. À l'opposé, les schémas à blocage ont
une sureté accrue : si la liaison entre les protections
défaille, les déclenchements rapides ont tout de même lieu,
par contre leur sécurité est moindre : il n'y a plus de blocage
sans la liaison et donc des lignes saines peuvent
déclencher[4],[15].

La rapidité exigée des téléactions ne permet pas de mettre


en place des protocoles de vérification des erreurs de
transmission[15].

Construction
À pont de Graetz

Relais à pont de Graetz

Le dispositif à pont de Graetz, dispose d'une résistance


réglable (voir ci-contre). Le relais déclenche quand :

, Soit

Il a donc une caractéristique impédante, la valeur de


l'impédance limite étant réglable[17].

Il était surtout utilisé en Allemagne[17].

Électromécanique

Les relais électromécaniques utilisent les flux produits par


la tension et le courant de ligne pour se déclencher[8].

Parmi les avantages de relais électromécaniques, ils


consomment peu d'énergie auxiliaire au repos, le couple de
déclenchement est constant tout au long de la période si
les transformateurs de courant ne saturent pas. Même dans
ce cas là, ils ne sont saturés que sur une demi-période et
assurent un bon fonctionnement sur l'autre. Le relais est
donc plus lent mais fonctionnement correctement. Enfin,
les relais électromécaniques sont peu sensible aux
phénomènes transitoires[15].

Parmi leurs défauts, le temps de déclenchement dépend


des valeurs de tension et de courant en entrée. Au plus, le
courant est grand au plus le relais est rapide. Dans les pires
cas, on peut atteindre un temps de déclenchement de 300 à
500 ms. Par ailleurs, leur consommation d'énergie sur le
secondaire des transformateurs de courant et de tension,
nuit à la précision de ces derniers. Enfin, ils sont sensibles à
l'harmonique de rang 2[15].

À bascule

Principe d'un relais à bascule

Fonctionne seulement avec l'amplitude[10]. On parle aussi


d'un relais à pourcentage[15].

Le courant crée un moment qui déclenche le relais, la


tension un moment qui empêche le déclenchement du
relais[8]:

Si le couple devient positif, le dispositif déclenche.


L'impédance limite est donc[8]:

Sur un diagramme RX l'ensemble des points dessinent un


cercle. Elle n'est à l'origine pas directionnelle. Ces relais
doivent être combinés à un relais directionnel pour obtenir
cette propriété[8].

Coupe d'induction

Principe d'un relais à coupe d'induction

La coupe d'induction utilise seulement le déphasage pour


déclencher. Utilise le principe de Ferrarri, et donc seulement
le déphasage. Dans le détail, un disque ou un cylindre en
aluminium peut tourner dans l'entrefer de deux circuits
magnétiques. Le courant I1 crée dans le circuit magnétique
une induction B1 qui lui est proportionnelle. Cette induction
crée dans le disque des forces électromotrices induites,
proportionnelles à la dérivée de I1 qui font circuler des
courants de Foucault pratiquement en phase avec elles. Les
courants de Foucault passant dans l'entrefer du deuxième
circuit magnétique créent, avec l'induction B2, un couple qui
fait tourner le disque. Il en est de même des courants de
Foucault créés par I2 dans l'induction B1. Soit C le couple
qui s'exerce sur le disque[15]:

Soit en régime permanent :

Pour la protection à distance l'une des bobines est reliée au


transformateur de courant, l'autre au transformateur de
tension. Il en résulte une caractéristique mho[22]. L'équation
conduisant au déclenchement est[22]:

Le moment est alors égal à zéro quand vaut +/-90°.


On retrouve l'angle droit décrit dans le chapitre mho entre la
tension et ZI, qui décrit un cercle dans le plan RX[8].
Elle était très utilisée aux États-Unis et au Royaume-Uni[17].

Statique

Un relais statique est un relais constitué de transistors,


d'amplificateurs opérationnels et de portes logiques[23].

L'avantage des relais statiques est que leur temps de


déclenchement ne dépend pas des valeurs du courant et de
la tension en entrée. On peut donc réduire la taille des
intervalles sélectifs à une valeur d'environ 150 ms. Leur
vitesse de fonctionnement moyenne est aux alentours de
30 à 40 ms. Leur consommation d'énergie est
suffisamment faible pour ne pas nuire à la précision des
transformateurs de courant et de tension qui les alimentent.
Enfin, ils peuvent être désensibilisés aux harmoniques
paires[15].

Au niveau des défauts, ils consomment autant d'énergie au


repos ou lors des déclenchements, il faut donc adapter les
batteries des accumulateurs en conséquence. Ensuite, ils
sont sensibles aux phénomènes transitoires. En outre, les
signaux de détection de défaut ne sont élaborés qu'à deux
instants privilégiés de la période. Si à ces instants la
grandeur utilisée est entachée d'erreur, la protection peut
émettre des ordres erronés. C'est en particulier le cas pour
les intensités lorsque les réducteurs de courant sont
saturés. Il faut donc souvent remplacer les transformateurs
de courant si de tels relais sont utilisés[15].
Numérique

Un relais numérique travaille avec un signal discrétisé. Ils


ont une meilleure précision et un temps de réponse plus
faible. La sélectivité est également améliorée, même en cas
de défauts complexes. Ils rendent aussi la communication
avec les ordinateurs plus simple, comme par exemple pour
l'intégration de la protection dans un système de
commande s, . Les relais numérique moderne combinent
différentes fonctions de protection, telle que celle de
distance, mais aussi de mesure[24].

Les relais numériques sont relativement proches des relais


statique. Ils permettent cependant l'échantillonnage des
grandeurs d'entrée, c'est-à-dire des trois tensions, des trois
courants, et du courant résiduel à titre de contrôle, par
exemple 40 fois par période. Ceci permet de ne plus faire
les mesures uniquement à des instants privilégiés, au
passage par zéro de grandeurs électriques, mais de
manière quasi - continue, comme les protections
électromécaniques. Des vérifications appropriées
permettent d'éliminer les mesures faites lorsque les
transformateurs de courant sont saturés. De plus, ils
peuvent mémoriser les valeurs des grandeurs sur le réseau
juste avant un défaut. Cela permet de faire des
comparaisons avec les valeurs lors du défaut : une variation
de tension lui permet de conclure à une mise en route d'un
générateur, une variation d'intensité permet de connaître la
phase affectée, une variation de puissance détermine la
direction du défaut[15].

Finalement, les relais numériques peuvent acquérir des


signaux non électriques, comme ceux optiques produits par
les transformateurs de courant à effet Faraday ou les
transformateurs de tension à effet Pockels[15].

Coût
Les relais de distance sont des dispositifs relativement
coûteux, cela explique s'ils soient réservés à la protection
des lignes de haute tension. J.L. Lilien parle d'un prix
approximatif de 10 000 €[20].

Fonctions associées aux protections de


distance
Réenclencheur

Les protections de distances actuelles intègrent en général


une fonction réenclencheur. La fonction réenclencheur
(ANSI 79) est destinée à l’élimination des défauts fugitifs et
semi-permanents de lignes aériennes, qui sont
statistiquement nombreux[8], de l'ordre de 95 % des
défauts[15], en limitant au minimum le temps d’interruption
de service. Elle génère automatiquement des ordres de
refermeture de disjoncteur pour réalimenter une ligne
aérienne après défaut, et procède en plusieurs étapes :
à l’apparition du défaut, déclenchement du disjoncteur
pour mise hors tension du circuit,
temporisation nécessaire à la reconstitution de
l’isolement à l’endroit du défaut, de l'ordre d'1 seconde.
réalimentation du circuit par réenclenchement du
disjoncteur.

Si le réenclenchement échoue, il est très probable que le


défaut soit permanent et la protection arrête de
réenclencher après une ou plusieurs tentatives[15].
L’activation du réenclenchement est assurée par les
protections des liaisons. Le réenclencheur peut être
monophasé et/ou triphasé[7].

Autres fonctions

En dehors des fonctions de réenclencheur, les protections


de distance numériques intègrent bien d'autres fonctions :
Protection à maximum de courant, protection directionelle,
protection directionelle de terre, etc.

Principaux fabricants
Les principaux fabricants sont les acteurs principaux sur le
marché des produits haute tension : ABB, Siemens,
Schneider Electric et Alstom Grid. D'autres fabricants
existent : ZIV en Espagne, General Electric et SEL aux États-
Unis, Toshiba au Japon. D'autres fabricants ont disparu,
intégrés dans d'autres groupes (Reyrolle dans Siemens,
Asea et BBC dans ABB, AEG et Enertec-Schlumberger dans
ce qui est devenu Alstom Grid).

Bibliographie
(en) Groupe de travail B5.05, Modern techniques for
protectiong, controlling and monitoring power
transformers, CIGRÉ, coll. « brochure 463 », juin 2011
(en) Gerhard Ziegler, Numerical distance protection,
principle and applications, Erlangen, Publicis, 2011
(ISBN 978-3-89578-381-4, lire en ligne )

Références
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11 septembre 2013)
2. Cigré 463 2011, p. 11
3. « CAHIER DES CHARGES GENERAL POSTES HTB
(Domaine Contrôle Commande) » , sur RTE (consulté le
11 septembre 2013)
4. (en) Idaho Power, « Introduction to system protection
basics » [PDF], 2012 (consulté le 23 septembre 2013)
5. Ziegler 2011, p. 22
6. (en) « LINE PROTECTION WITH DISTANCE RELAYS »
(consulté le 16 septembre 2013)
7. « Guide de la protection » , sur Schneider (consulté le
18 septembre 2013)
8. (en) « FUNDAMENTALS OF PROTECTIVE RELAYING »
(consulté le 23 septembre 2013)
9. Ziegler 2011, p. 15
10. (en) « PAC World, hiver 2008 » (consulté le
11 septembre 2013)
11. (de) Walter Schossig, « Geschichte der Schutztechnik »,
ETG Mitgliederinformation, VDE, no 2, juillet 2014, p. 31-36
12. (en) « PAC World, printemps 2008 » (consulté le
16 septembre 2013)
13. (en) « Distance protection » (consulté le
16 septembre 2013)
14.

15. « Protection et surveillance des réseaux de transport


d'énergie électrique » , sur EdF (consulté le 30 octobre 2013)
16. (en) « Application of overreaching distance relays »
(consulté le 23 septembre 2013)
17. Ziegler 2011, p. 23
18. (en) « Distance relays fondamentals » (consulté le
19 septembre 2013)
19. Ziegler 2011, p. 26
20. J.L. Lilien, « Transport et Distribution de l'Energie
Electrique » , 2013 (consulté le 10 décembre 2013)
21. Ziegler 2011, p. 11
22. Ziegler 2011, p. 25
23. Ziegler 2011, p. 13
24. Ziegler 2011, p. 12

Traductions
1. « self polarized »
2. « cross polarized »
3. « back-up »

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