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.0
DE LA
STRATÉGIE
AUX ACTES
La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010

LES GRANDES ÉTAPES DU


RÈGLEMENT D’UNE SUCCESSION
Si le notaire est amené à accompagner ses clients dans
Sommaire les événements heureux de la vie (mariage, donation, acquisition…),
il est également présent dans les événements plus douloureux comme
ETAPE N°1 : OUVERTURE le règlement de la succession d’une personne proche.
DU DOSSIER En effet, au-delà des formalités administratives liées au décès,
ETAPE N°2 : ACTE DE NOTORIÉTÉ la disparition d’un proche implique aussi de régler la transmission
de son patrimoine, avec comme ligne d’horizon le dépôt dans
ETAPE N°3 : CONSISTANCE les 6 mois de la déclaration de succession.
DE LA SUCCESSION
Pour autant, le règlement d’une succession ne doit pas s’envisager
ETAPE N°4 : LE TEMPS DES CHOIX sous le seul angle fiscal : les questions civiles et patrimoniales sont
ETAPE N°5 : CALCUL ET PAIEMENT essentielles pour assurer la meilleure protection du survivant du cou-
DES DROITS ple, éviter de créer des tensions au sein de la famille et faire les bons
choix entre les différentes options qui s’offrent à chacun, qu’elles
ETAPE N°6 : ACTES DE RÈGLEMENT
soient prévues par la loi ou par les dispositions prises par le défunt.
DE LA SUCCESSION
Le présent guide a pour objectif de vous présenter les grandes étapes
du règlement d’une succession, sous l’angle notarial. Il s’adresse
donc en premier lieu aux héritiers afin de leur donner les moyens
de comprendre les démarches à accomplir dans les mois qui suivent
le décès et les choix qui devront être effectués. Sont aussi concernées
toutes les personnes qui souhaitent préparer au mieux leur succession
et limiter au maximum les difficultés prévisibles.
ÉTAPE N°1

OUVERTURE DU DOSSIER
La première étape du règlement d’une succession consiste à choisir
un notaire. Il faudra lui remettre différents documents qui permettront
d’amorcer le dossier et de rechercher l’existence éventuelle d’un testament.
Les héritiers devront prendre des dispositions et s’organiser pour
la gestion des biens.

LE CHOIX DU NOTAIRE
Les héritiers doivent se mettre d’ac-
cord sur le choix d’un notaire. Il est
Le conseil d’Althémis
possible de choisir le notaire du dé- Lorsque les héritiers s’entendent bien il est
funt si celui-ci en avait un (générale-
ment celui qui est en possession du souhaitable qu’ils désignent un interlocuteur
testament). Mais les héritiers sont
libres de choisir un autre notaire, qui
unique vis-à-vis de l’office notarial. Ce correspon-
se fera alors rapidement communi- dant privilégié est tenu informé du suivi du dossier,
quer les éléments détenus par ses
confrères. L’idéal est que tous soient à charge pour lui naturellement de répercuter
d’accord sur le choix retenu. À dé-
faut, chacun des héritiers peut éven- l’information aux autres héritiers.
tuellement se faire représenter par
son notaire. En cas de pluralité d’in-
tervenants, le règlement des notaires
désigne (selon des règles parfois com-
plexes) qui sera le « notaire de la suc- une solution. A l’inverse, la multipli- de partage de rémunération entre les
cession », c’est-à-dire celui qui sera cation des intervenants peut alourdir notaires. Les héritiers qui souhaitent
chargé de rédiger tous les actes. Les le processus. faire intervenir leur propre notaire
notaires des autres héritiers appelés doivent alors prendre à leur charge le
« notaires en second » seront chargés Dans l’hypothèse de l’intervention de coût de son intervention selon des
d’assister leur client. plusieurs notaires, le « notaire de la modalités à définir avec lui.
Dans des successions conflictuelles, le succession » perçoit la totalité des
fait d’avoir plusieurs notaires peut honoraires sur la plupart des actes. En RECHERCHE D’UN TESTAMENT
permettre de trouver plus facilement effet, à l’inverse des ventes il n’y a pas OU DE DISPOSITIONS
DE DERNIÈRES VOLONTÉS
Suite au décès d’une personne, la re-
cherche de dispositions de dernières
LES DOCUMENTS À RÉUNIR volontés (testament, ou donation au
dernier vivant) est l’une des pre-
mières choses à faire dans la mesure
Le règlement d’une passif et de tenir C’est ensuite le notaire où elles vont contribuer à déterminer
succession nécessite la compte de l’impact civil qui se chargera d’écrire l’identité des héritiers et les parts de
réunion de nombreux et fiscal des éventuelles aux différents orga- chacun. Même s’il arrive qu’un testa-
documents en vue donations antérieures. nismes (Banques, com- ment soit retrouvé dans les papiers
d’identifier les Une liste (non exhaus- pagnies d’assurances, personnels du défunt, ce document
héritiers, d’évaluer le tive) des principaux do- Trésorerie, ou a été généralement confié à un no-
patrimoine à prendre cuments et information employeur, etc..) taire. En principe, tous les testaments
en compte pour l’éta- à remettre au notaire pour obtenir les élé- sont enregistrés dans le Fichier Cen-
blissement de la succes- figure sur notre site ments d’information tral des Dispositions de Dernières
sion de même que le www.althemis.fr nécessaires. Volontés (le FCDDV), que tout notaire
doit interroger sur la base d’un acte

2 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
de décès. Si cette demande révèle
l’existence d’une disposition autre UN MANDATAIRE EN CHARGE
que celle déposée en son Etude, il va DE RÉGLER LA SUCCESSION
en demander une copie au notaire
qui la détient.
Sous différentes condi- besoin d’assistance tion) mais peut éven-
tions, il est désormais des héritiers (mineurs, tuellement être proro-
En présence de plusieurs testaments,
possible de désigner personnes âgées ou gée par le juge.
c’est en principe le testament le plus
de son vivant un man- fragilisées). Le mandat Il est également possi-
récent qui est valable, et qui doit être
dataire posthume qui doit être établi par acte ble de désigner par
déposé au « rang des minutes » de
aura la charge d’admi- notarié et son accepta- testament un exécuteur
l’office notarial. Une copie est aussi
nistrer la succession ou tion par le mandataire testamentaire dont
adressée au tribunal. Dans certains
certains biens, compte doit intervenir avant la mission est différente
cas (notamment en l’absence d’héri-
tenu notamment de le décès du mandant. et consiste à faire
tier réservataire) il est également né-
leurs spécificités Sa durée est limitée respecter les volontés
cessaire de faire valider le testament
(entreprise, patrimoine dans le temps (2 ou 5 du défunt.
par une décision du président du tri-
complexe…) ou du ans selon la configura-
bunal : il s’agit de la procédure d’en-
voi en possession, qui nécessite le
recours à un avocat.
Pour les contrats d’assurance-vie sous- quote-part dans la succession (sauf principe les actes de dispositions
crits par le défunt, c’est la clause renonciation) et ce jusqu’au partage (vente) doivent être décidés selon
bénéficiaire qui déterminera les per- qui individualisera les droits de cha- le principe de l’unanimité.
sonnes ayant vocation à se partager cun. Les co-indivisaires sont responsa- En revanche pour les actes d’admi-
le capital décès. Cette clause peut bles également du passif dans les nistration les décisions sont prises
être détenue par la compagnie, mais mêmes proportions. selon la règle des 2/3 (article 815-3
aussi avoir été confiée au Notaire, ou A noter que les biens (immobiliers, du Code civil).
encore intégrée dans un testament. véhicules automobiles...) doivent Pendant toute la période post succes-
continuer à être assurés, sous la res- sorale et jusqu’au partage, il peut
LA GESTION DE L’INDIVISION ponsabilité des héritiers, qui doivent être judicieux, dans certains cas, d’ou-
POST SUCCESSORALE prendre à cet égard toutes mesures vrir un compte bancaire au nom de la
Dès le décès, les héritiers deviennent nécessaires. succession afin de permettre un
propriétaires indivis de tous les actifs Les héritiers sont soumis au régime règlement plus aisé des factures de
successoraux, en fonction de leur de l’indivision, ce qui signifie qu’en la succession. ■

ÉTAPE N°2

ACTE DE NOTORIÉTÉ
L’acte de notoriété a pour objet de répertorier les différents héritiers
(légaux ou testamentaires) de la succession. Pour des successions complexes
il peut parfois être nécessaire de faire appel à un généalogiste.
L’acte de notoriété est signé par tous tres enfants que ceux mentionnés actes de la succession (partage,
les héritiers généralement en pré- dans l’acte). déclaration de succession, attesta-
sence de deux témoins. Ces témoins L’acte de notoriété doit être réalisé tion de propriété…).
doivent être majeurs, non-parents aussi tôt que possible car il permet Un héritier qui ferait une fausse
avec le défunt ni avec les héritiers, d’agir pour le compte de la succes- déclaration, en cachant notamment
ni entre eux. Ils doivent avoir connu sion et notamment de débloquer les l’existence d’un autre héritier (en-
le défunt et sa famille et ont pour comptes bancaires, si les héritiers en fant né hors mariage par exemple)
objet d’attester la dévolution succes- sont d’accord. pourrait être condamné pour recel
sorale (par exemple que le défunt C’est également à la vue de ce docu- successoral qui peut entraîner le paie-
n’a pas eu, à leur connaissance, d’au- ment que seront rédigés les autres ment de dommages et intérêts mais

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 3
En l’absence de conjoint :
 A défaut de conjoint, ce sont les

Le conseil d’Althémis enfants qui se partagent par parts


égales la succession ;
 A défaut d’enfant, la succession est
Les co-pacsés ou les concubins ne peuvent partagée entre les parents et les
frères et sœurs ;
être assimilés aux conjoints mariés. La loi ne  A défaut de parents, ce sont les
les rend pas héritier l’un de l’autre et il est frères et sœurs qui se partagent la
succession par parts égales ;
nécessaire qu’un testament ait été rédigé.  A défaut de frères et sœurs, ce sont
les ascendants qui héritent ;
 A défaut d’ascendant, les collaté-
raux ordinaires (oncle, tante, cou-
sins...) héritent selon le principe de
la fente héréditaire (division d’une
succession en deux portions égales,
aussi différentes sanctions. Il en va de  Si le défunt a au moins un enfant l’une pour la ligne maternelle, l’autre
même en cas de recel de biens pour d’une autre union, le conjoint survi- pour la ligne paternelle, chaque por-
lesquels l’héritier dissimulateur perd vant recevra seulement 1/4 en pleine tion étant dévolue dans chaque ligne
tout droit. propriété. En effet, le législateur n’a à l’héritier le plus proche) et jusqu’au
A noter que la signature d’un acte de pas souhaité laisser ouverte une 6ème degré ;
notoriété ne vaut pas, en soi, accep- option pour l’usufruit, la différence  A défaut, la succession est acquise
tation de la succession, sauf s’il le d’âge entre le conjoint et les enfants à l’Etat.
mentionne. non communs pouvant être faible.
Pour déterminer les héritiers d’une Cependant, si l’on veut que son LES HÉRITIERS EN PRÉSENCE
succession, il convient de distinguer conjoint reçoive des droits en usufruit DE DISPOSITIONS DE DERNIÈRE
selon que le défunt a ou non pris des en présence d’enfants non communs, VOLONTÉ
dispositions spécifiques. À défaut, il est possible de prendre des disposi- Des dispositions prises par le défunt
c’est la loi qui définit les héritiers, et tions en ce sens, par testament ou au (testament ou donation au dernier
leur offre certaines options. travers d’une donation entre époux. vivant) peuvent venir diminuer,
supprimer ou augmenter les droits
LES HÉRITIERS « LÉGAUX » Sans enfant, mais en présence des héritiers légaux sur la succession.
En l’absence de dispositions prises par du conjoint survivant : Cependant la liberté n’est pas totale
le défunt, la loi commence par réser- Le conjoint devient alors un héritier dès lors qu’il existe des héritiers
ver une place spécifique au conjoint très privilégié, qui reçoit des droits en réservataires.
marié et aux enfants. En fonction de pleine propriété :
la composition de la famille du dé-  La moitié de la succession en pré- Les droits des héritiers
funt, la répartition de la succession sence des deux parents du défunt réservataires :
sera donc différente : (chacun recevant un quart); Les héritiers réservataires sont ceux
 Les 3/4 de la succession en présence à qui la loi attribue le droit de rece-
En présence d’enfants du d’un seul des parents (qui reçoit alors voir une quote-part minimum des
défunt, les droits du conjoint et le quart); biens de la succession, dont ils ne
des enfants sont les suivants :  Toute la succession en l’absence peuvent être privés sauf s’ils en
 Si tous les enfants du défunt sont du père et de la mère. sont d’accord. Cet accord peut être
communs aux deux époux, le conjoint Dans ce dernier cas, il existe cepen- exprimé après le décès ou avant cette
survivant dispose d’un choix entre dant une exception concernant les date, auquel cas, il doit respecter un
deux options : « biens de famille », c’est-à-dire les formalisme strict.
- La totalité en usufruit (droit d’utili- biens existants toujours au jour de la Les héritiers réservataires sont les
ser ou de donner en location les biens succession que le défunt avait reçus enfants du défunt et le conjoint
sa vie durant) : les enfants se parta- de ses père et mère. La moitié en (en l’absence d’enfants).
gent la nue-propriété par parts revient aux frères et sœurs du défunt
égales. s’ils sont nés des mêmes parents En l’absence de conjoint, la part
- Ou le quart en pleine propriété : ayant transmis ces biens, l’autre moi- réservataire est fonction du nombre
les enfants se partagent les 3/4 en tié revenant au conjoint. d’enfants du défunt :
pleine propriété par parts égales. Suite page 6

4 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
PROTECTION PARTICULIÈRE DU CONJOINT SUR
LE LOGEMENT ET LES MEUBLES LE GARNISSANT

Le conjoint survivant a la possibilité de rester dans Lorsque le bien est en indivision avec un tiers (par exemple,
le logement qu’il occupait avec le défunt au minimum le défunt le détenait en indivision avec un de ses frères et
un an (droit de jouissance d’un an). Au-delà de ce délai, sœurs suite à la succession des parents) le droit temporaire
il peut choisir d’y rester sa vie durant (droit viager au s’applique mais le droit viager est exclu.
logement) si la succession est propriétaire du logement. Enfin, ces droits ne trouvent pas à s’appliquer si le défunt
Cette protection ne porte que sur la résidence principale en a donné la nue-propriété, en s’en réservant uniquement
(plus son mobilier) et en aucun cas sur la résidence secon- l’usufruit puisque dans un tel cas, le bien ne dépend
daire. Par ailleurs, ce droit ne concerne pas les logements plus de la succession du défunt. L’usufruit rejoint alors
détenus par l’intermédiaire d’une société civile (sauf si le la nue-propriété, sauf si une réversion au profit du conjoint
défunt était locataire de la société, ce qui est très rare). a été prévue.

Droit de jouissance Si le logement fait partie de la jouissance du logement ● Si la valeur des droits
d’un an la succession, il peut deman- et du mobilier le garnissant, d’habitation et d’usage est
Le conjoint survivant est der à bénéficier d’un droit quelles que soient les moda- supérieure à celle des droits
assuré de s’y maintenir viager d’usage et d’habita- lités du partage des biens. successoraux, la loi protège
pendant l’année suivant tion. Si le logement est pris En revanche, s’il recueille le conjoint survivant :
le décès, indépendamment à bail, il peut se faire attri- l’usufruit de la totalité de ce dernier n’est pas tenu de
des droits successoraux qu’il buer le bail, à charge pour la succession, le droit viager récompenser la succession
est susceptible de recueillir : lui de payer le loyer. ne lui apportera aucun (C.civ.art.765 al.3).
● Si le logement est loué, avantage supplémentaire.
le conjoint survivant n’a Droit viager d’habi- Au contraire, l’usufruit Droit de priorité sur
qu’à avancer les loyers et tation et d’usage étant un droit réel, il est le droit au bail
sera remboursé par la suc- S’il choisit de retenir cette cessible. Il s’agit donc d’un Si les époux ne sont pas pro-
cession. option prévue par la loi droit plus important que priétaires de leur résidence
● Si le logement est pro- (dans les 12 mois du décès), le droit d’habitation, inces- principale mais locataires,
priété du défunt ou des le conjoint survivant dispose sible. Par ailleurs, il permet l’article 1751 du Code civil
deux époux, le conjoint sa vie durant (droit viager) au conjoint de louer le loge- prévoit la cotitularité du
peut s’y maintenir gratuite- du droit de continuer ment alors que dans le droit au bail : quel que soit
ment pendant un an. à habiter le logement cadre du droit d’habitation, le régime matrimonial des
Les charges liées à l’occupa- occupé à titre de résidence la location n’est possible époux, et même si le bail
tion du bien doivent être principale et de celui d’utili- que dans des cas limités. a été conclu par l’un des
supportées par le conjoint ser le mobilier le garnissant. Contrairement au droit de époux avant le mariage,
survivant. À la différence du droit jouissance temporaire du le droit au bail du logement
Le droit temporaire au temporaire d’un an, le droit logement, le droit viager constituant l’habitation
logement est d’ordre public d’habitation et d’usage via- n’est pas conféré gratuite- des deux époux est réputé
ainsi un époux ne peut en ger peut être écarté par une ment au conjoint survivant. appartenir à l’un et à l’autre
priver l’autre, même avec manifestation de volonté En effet, la valeur des droits d’entre eux.
son accord. Ce droit est contraire du défunt, qui d’habitation et d’usage En conséquence, si le loge-
gratuit, ce qui signifie qu’il doit être faite par testa- vient s’imputer sur la valeur ment d’habitation est loué,
vient s’ajouter aux droits ment authentique devant des droits successoraux du le conjoint survivant qui
successoraux du conjoint. notaire. conjoint survivant l’occupait effectivement
Le droit d’habitation et (C.civ.art.765 al.1er) : avec le défunt, dispose d’un
Jouissance du d’usage ne présente réelle- ● Si l’imputation des droits droit exclusif sur ce loge-
logement à l’issue ment d’intérêt que si le d’habitation et d’usage ment et sera donc assuré
du délai d’un an conjoint recueille des droits n’épuise pas les droits de pouvoir s’y maintenir.
A l’issue du délai d’un an, successoraux en pleine successoraux du conjoint, ce Il dispose par ailleurs s’il le
le conjoint ne bénéficie plus propriété : grâce aux droits dernier recueillera le solde souhaite d’un droit d’usage
de la jouissance gratuite du d’habitation et d’usage, de ses droits sur les biens viager sur les meubles
logement. il pourra conserver en plus existants (C.civ.art.765 al.2) (option dans les 12 mois).

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 5
... la moitié en présence d’un enfant,
La part réservataire des enfants en présence les 2/3 en présence de deux enfants
d’une donation au dernier vivant au profit du conjoint (1/3 chacun), et les 3/4 en présence
de trois enfants et plus. Dans l’hypo-
Nombre d’enfants Choix du conjoint Droits de enfants thèse où l’un des enfants serait
du défunt (à répartir par parts
égales entre eux) prédécédé, ses propres enfants
(petits-enfants du défunt) héritent
Un 1/4 en pleine propriété 3/4 en pleine propriété
à sa place (on dit qu’ils le représen-
1/2 en pleine propriété 1/2 en pleine propriété
tent) et sont également héritiers
100 % en usufruit 100 % en nue-propriété
réservataires.
1/4 en pleine propriété et 3/4 en nue-propriété
3/4 en usufruit
En présence d’un conjoint, la part de
Deux 1/4 en pleine propriété 3/4 en pleine propriété réserve des enfants peut être modu-
1/3 en pleine propriété 2/3 en pleine propriété lée si le défunt a souhaité augmenter
100 % en usufruit 100 % en nue-propriété les droits de son conjoint, qui dispose
1/4 en pleine propriété et 3/4 en pleine propriété en effet d’une quotité disponible dite
3/4 en usufruit spéciale (voir encadré).

Trois et plus 1/4 en pleine propriété 3/4 en pleine propriété


C’est seulement en l’absence d’en-
100 % en usufruit 100 % en nue-propriété
fant, que le conjoint devient héritier
1/4 en pleine propriété et 3/4 en nue-propriété
réservataire à hauteur du quart de
3/4 en usufruit
la succession. ■

ÉTAPE N°3

CONSISTANCE
DE LA SUCCESSION
Cette étape consiste à déterminer les actifs et passifs faisant partie
de la succession tout en tenant compte du régime matrimonial du défunt
(si celui-ci était marié), des donations antérieures et dans certains cas
des contrats d’assurance-vie.

LIQUIDER LE RÉGIME
MATRIMONIAL POUR ÉTABLIR Régime de la communauté Caisses
LA SUCCESSION de biens réduite aux acquêts de retraite
Tous les époux ont un régime matri- Sous ce régime, il est distingué trois
monial, même si la très grande majo- masses de biens :
 Les biens de la communauté, c’est-
Les contacts avec les Caisses ou
rité n’a pas signé de contrat de
organismes de retraite sont généra-
mariage. Dans un tel cas, la loi prévoit à-dire les biens acquis à titre onéreux
lement établis par les héritiers eux-
l’application du régime de la commu- par les époux pendant le mariage,
mêmes : information du décès,
nauté réduite aux acquêts (pour tous y compris le patrimoine constitué
réversion de pension pour le
les époux mariés depuis le 1er février avec leur épargne propre, ainsi que
conjoint survivant, restitution éven-
1966) qui concerne au final près de les revenus de leurs biens propres et
tuelle des sommes reçues, attesta-
90 % des couples. les revenus de leur travail (salaires,
tion des sommes à déclarer dans
Or, le décès d’un des époux entraîne bénéfices, jetons de présence, indem-
le cadre de la déclaration d’impôt
la dissolution du régime matrimonial, nités de licenciement..)
 Les biens propres de l’épouse
sur le revenu du défunt.
préalable nécessaire à l’établissement
de la succession.  Les biens propres de l’époux

6 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
Les principaux types de biens ou/et les instruments de travail néces- Récompenses
propres sont : saires à la profession d’un des époux Si des mouvements de fonds sont
- Les biens dont les époux avaient - Les biens acquis par emploi de fonds intervenus entre ces trois masses,
la possession avant le mariage et ceux propres liquides ou par remploi du il convient, au moment du décès de
reçus pendant le mariage par succes- produit de la vente de biens propres les reconstituer afin d’en tenir
sion et donation ou qui sont l’accessoire de biens pro- compte pour déterminer l’indemnité
- Les biens ayant un caractère person- pres. Ci-dessous, une illustration de la qui pourra être due par l’une des
nel (par exemple la garde-robe situation du conjoint survivant sous masses à l’autre : on parle juridique-
personnelle ou le capital alloué en un régime de communauté réduite ment de « récompense ».
réparation d’un dommage moral) aux acquêts. Voir exemples page 8

EXEMPLE
Situation du conjoint marié sous le régime de la communauté réduite aux acquêts,
sans disposition en sa faveur, en fonction de l’option retenue

Option du conjoint pour le quart Totalité


en pleine propriété en usufruit
Dans ce cas les droits économiques du conjoint Les droits économiques du conjoint sont les suivants :
sont les suivants : ● 100 % des biens propres du défunt en usufruit

● 25 % des biens propres du défunt ● 50 % de la communauté en pleine propriété

● 62,50 % de la communauté ● 50 % de la communauté en usufruit

● la totalité de ses biens propres ● la totalité de ses biens propres

BiensBiens propres propresdu conjointdu conjoint décédé décédé BiensBiens propres propresdu conjoint du conjoint décédé décédé
...........................................................................................
........................................................................................... ........................................ ........................................
...........................................................................................
...........................................................................................
75 % Part75de%laPart de la
succession revenant revenant
succession
aux autresaux
héritiers
autres héritiers
en pleine en
propriété
pleine propriété

25 % Part25de%laPart de la 100 % Part


100de%laPart de la 100 % Part
100de%laPart de la
succession revenant revenant
succession succession revenant revenant
succession succession revenant revenant
succession
au conjoint
auen
conjoint en au conjoint
auen
conjoint en aux enfants
auxenenfants en
pleine propriété
pleine propriété usufruit usufruit nue-propriété
nue-propriété

BiensBiens communs communs BiensBiens communs communs


...........................................................................................
........................................................................................... .............................. ...............................................................
...........................................................................................
...........................................................................................
12,50 %12,50
Part de%laPart de la
succession revenant revenant
succession
50 % Part50 % Part au conjoint
auen
conjoint en
conservéeconservée
par le par le pleine propriété
pleine propriété
conjoint survivant
conjoint survivant
en pleine en
propriété
pleine propriété

37,50 %37,50
Part de% laPart de la 50 % Part50 % Part 50 % Part50de%laPart de la 50 % Part50de%laPart de la
succession revenant revenant
succession conservéeconservée
par le par le succession revenant revenant
succession succession revenant revenant
succession
aux autresaux
héritiers
autres héritiers conjoint survivant
conjoint survivant au conjoint auen
conjoint en aux enfantsauxenenfants en
en pleine en
propriété
pleine propriété en pleine en
propriété
pleine propriété usufruit usufruit nue-propriété
nue-propriété

BiensBiens propres propresdu conjointdu conjoint survivant survivant BiensBiens propres propresdu conjointdu conjoint survivant survivant
...........................................................................................
........................................................................................... ...........................................................................................
...........................................................................................

100 % Part100 % Part 100 % Part100 % Part


conservéeconservée
par le par le conservéeconservée
par le par le
conjoint survivant
conjoint survivant conjoint survivant
conjoint survivant
en pleine en
propriété
pleine propriété en pleine en
propriété
pleine propriété

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 7
l’attribution de la totalité du patri-
QUELLE VALEUR RETENIR moine au conjoint survivant et
POUR LES DONATIONS ? d’exercer ce que le code civil appelle
« l’action en retranchement ».
Si au lieu d’une attribution intégrale,
Sur le plan fiscal, c’est Sur le plan civil, il faut en fonction de la va- il a été prévu une clause de préciput,
la valeur retenue au distinguer entre les leur des biens au jour le conjoint prélèvera ce qu’il souhaite
jour de la donation qui donations partage et de la donation, ce qui sur la communauté, le solde entrant
est prise en compte, les donations simples. permet d’éviter tout dans la succession du défunt.
dès lors qu’elle a été Pour ces dernières, débat entre les diffé- Ce schéma est plus souple et permet
régulièrement déclarée on retient en principe rents donataires qui de prioriser la protection du conjoint,
à l’administration la valeur des biens au auraient reçu la même toute en laissant la possibilité d’un
fiscale (donation nota- jour du décès. Pour les valeur, mais ne l’au- transfert d’une fraction du patri-
riée ou don manuel donations partage, les raient pas employée moine aux enfants.
enregistré). calculs sont effectués de la même manière…
ÉTABLIR LA CONSISTANCE DU
PATRIMOINE À PRENDRE EN
COMPTE
Patrimoine existant
EXEMPLE 1 (RÉCOMPENSE) en tant qu’héritier) comprend l’autre Pour établir la consistance du patri-
Madame a hérité de ses parents une moitié de la communauté et la moine existant à prendre en compte
maison qui a été cédée et a servi à totalité des biens propres du défunt. pour la succession, le notaire va
financer en partie l’acquisition de interroger les différents organismes
la résidence secondaire. Lors de cette Régime de la séparation (banques, compagnies d’assurance,
nouvelle acquisition aucune déclara- de biens sociétés de bourse…) et demander
tion de remploi n’a été effectuée : Dans un régime de séparation de aux héritiers de faire évaluer les biens
la maison est donc un bien commun. biens, la totalité du patrimoine du immobiliers ou les autres actifs non
Néanmoins pour tenir compte du fait défunt fait partie de l’actif successo- cotés. Pour des raisons civiles (notam-
que cette maison a été en partie ral. Il faut toutefois tenir compte ment enfant mineurs…) ou fiscales
financée à l’aide de fonds propre à d’éventuelles créances entre époux, (échapper au forfait de 5 %) il peut
Madame, la communauté devra lui qui devront être réglées à l’occasion être procédé à un inventaire des
verser une indemnité. Si Madame est de la succession. biens mobiliers.
décédée, sa succession comprendra A moins de clause particulière
cette créance, qui constitue à contra- (adjonction par exemple d’une Prise en compte des donations
rio un passif de communauté. société d’acquêts), le conjoint ne Il doit aussi être tenu compte des
bénéficie pas d’avantages particuliers donations que le défunt a consenties :
EXEMPLE 2 (RÉCOMPENSE) au titre du régime matrimonial : Sur le plan civil, cette opération a un
Monsieur a reçu en donation un il devra se contenter des droits résul- triple objectif :
terrain à bâtir sur lequel les époux tants de la succession du défunt.  Pour les biens reçus en avance sur
ont construit une maison à l’aide de sa part successorale et rapportable
fonds communs. En vertu du principe Régime de la communauté à la succession, ce que chacun a déjà
de l’accessoire, le terrain et la universelle avec clauses reçu au travers d’une ou plusieurs do-
construction sont des biens propres spécififiq
ques nations doit être considéré pour cal-
à Monsieur. Néanmoins, Monsieur Si la communauté universelle com- culer ce qu’il doit encore recevoir
devra verser une indemnité à la Com- porte une clause d’attribution inté- dans les biens existants.
munauté pour tenir compte de la grale, il n’existera (sauf exception)  Vérifier que les droits des héritiers
valeur de la construction. aucun actif successoral : la totalité du réservataires sont bien respectés
patrimoine des époux revient au (à défaut, une réduction des donations
Après prise en compte des récom- conjoint survivant. Dans une telle excessives pourra être demandée).
penses, le conjoint survivant conserve configuration, les enfants communs  Pour le conjoint qui retient une
la moitié de la communauté au titre des époux ne reçoivent rien, même option en pleine propriété, intégrer
du régime matrimonial et bien évide- leur part de réserve héréditaire. dans le calcul les biens déjà transmis
ment ses biens propres. La succession Les enfants du défunt qui ne sont pas au lieu de se limiter exclusivement
(sur laquelle le conjoint survivant communs avec le conjoint survivant, aux biens existants, ce qui lui serait
peut également avoir des droits ont la possibilité de s’opposer à moins favorable.

8 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
Sur le plan fiscal, seules les donations
de moins de 6 ans sont prises en
compte pour le calcul des droits de LES DÉCLARATIONS D’IMPÔT
succession, à condition pour les dons DE L’ANNÉE DU DÉCÈS
manuels d’avoir été révélés.
Si le notaire s’occupe de rédiger la déclaration de succession, les héritiers doivent
Assurance-vie s’occuper d’établir d’autres déclarations d’impôts :
Les contrats d’assurance vie dénoués
au décès sont en principe hors suc- ● La déclaration d’impôt ● Lorsque la valeur du ● La déclaration d’ISF
cession, sauf dans l’hypothèse où les sur les revenus du foyer patrimoine le nécessite des héritiers eux-mêmes
primes sont jugées manifestement fiscal du défunt doit être (au 1er janvier de l’année si au 1er janvier de
exagérées au regard de la situation établie par les héritiers du décès) une déclara- l’année considérée (donc
patrimoniale du souscripteur. Lorsque dans les six mois du décès tion ISF doit être déposée pour un décès l’année
les primes ont été financées avec des pour les revenus du 1er et ce même si le défunt précédente) la dévolu-
fonds communs, il convient d’analy- janvier au décès, avait jusqu’alors omis ses tion de la succession
ser l’impact des contrats (dénoués déclarations. aboutit à les rendre
et non dénoués) dans le cadre de redevables de cet impôt.
la liquidation du régime matrimonial
(récompense éventuelle).
lorsqu’une assurance décès a été pré- social (existence d’aides récupéra-
LE PASSIF DE LA SUCCESSION vue pour rembourser l’emprunt). bles), résultant d’un engagement de
Le passif de la succession est constitué Elles vont des simples factures non caution, d’une prestation compensa-
des dettes à la charge du défunt qui encore réglées en passant par les toire versée à un ex-conjoint (qui doit
vont se transmettre à ses héritiers (ce impôts dus par le défunt mais concer- alors être convertie en capital) ■.
qui n’est pas le cas par exemple nent aussi des dettes liées à un passif

ÉTAPE N°4 :

LE TEMPS DES CHOIX


Une fois la consistance de la succession déterminée, les héritiers doivent
faire des choix (acceptation, renonciation…) qui présentent des
particularités lorsque les héritiers sont le conjoint survivant ou les enfants.

LORSQUE LE PASSIF EST ciaire ou déficitaire est peu évident.


IMPORTANT L’héritier doit faire une déclaration Mineur ou
En fonction de la première évaluation au Tribunal de Grande Instance dans majeur protégé
de l’actif et du passif de la succession, le ressort duquel la succession est ou-
les héritiers peuvent envisager de verte. Cette déclaration fait l’objet En présence d’un enfant mineur ou
ne l’accepter qu’à concurrence de d’une publicité nationale. Un inven- d’un majeur incapable, il convien-
l’actif net ou encore de renoncer à la taire doit être déposé dans le délai de dra d’obtenir l’autorisation du
succession deux mois à compter de la déclara- juge des tutelles pour certaines
tion et les créanciers doivent faire opérations :
Acceptation à concurrence connaître leurs créances. L’héritier ne - accepter purement ou simple-
de l’actif net : sera tenu au paiement des dettes ment une succession, y renoncer,
Il s’agit de l’ancienne procédure successorales qu’à concurrence de accepter un legs avec charge
d’« acceptation sous bénéfice d’in- la valeur des biens qu’il a recueillis. - renoncer à une action en réduc-
ventaire ». En pratique, elle est peu tion des libéralités excessives
utilisée compte tenu de sa complexité Renonciation à la succession après l’ouverture de la succession
et des contraintes qu’elle implique. Lorsque les dettes sont supérieures - participer à un partage amiable
Elle doit être réservée aux successions à l’actif, il est préférable de renoncer
pour lesquelles le caractère bénéfi- purement et simplement à la succes-

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 9
sion, ce qui requiert l’accomplisse-
ment d’une série de formalités auprès
du tribunal compétent pour que la
Le conseil d’Althémis
renonciation puisse être opposable Lorsque les bénéficiaires des contrats d’assurance
aux créanciers.
vie sont également les héritiers, il est pertinent de
En cas d’acceptation
Un héritier acceptant peut demander régler les deux transmissions en parallèle. Ainsi,
à être déchargé en tout ou partie de
son obligation à une dette successo- par exemple, le conjoint survivant est aujourd’hui
rale s’il avait des motifs légitimes de
l’ignorer au moment de l’accepta- exonéré de droit de succession. Il peut donc être
tion, et lorsque l’acquittement de
cette dette aurait pour effet d’obérer judicieux que les enfants recueillent le bénéfice de
gravement son patrimoine person-
nel (demande introduite dans les contrats d’assurance-vie moins taxés ou exonérés et
5 mois de la connaissance de l’exis-
tence et de l’importance de la dette).
le conjoint survivant plus de biens successoraux
Pour éviter les risques d’acceptation
tacite, le législateur a prévu qu’un
sur lesquels il ne paiera pas d’impôt.
certain nombre d’actes ne peuvent
valoir acceptation : actes purement
conservatoires ou de surveillance
(comme par exemple le paiement des
frais funéraires et de dernière mala- notamment relever :  Dans la succession : lorsqu’un
die) de même que des actes d’admi-  Accepter ou renoncer à la succes- choix lui est offert par la loi ou du fait
nistration provisoire, par exemple des sion : en dehors des cas liés à l’impor- des dispositions prises par le défunt,
opérations courantes nécessaires tance du passif, le conjoint peut sachant que dans cette deuxième
à la continuation à court terme de choisir de renoncer à la succession, situation, le conjoint peut choisir de
l’activité de l’entreprise dépendant étant suffisamment protégé par ail- « cantonner » sa part.
de la succession. leurs. Sa part revient alors à ses Voir conseil Althémis ci-dessus
co-héritiers.  Pour l’assurance-vie : de la même
LES PRINCIPALES OPTIONS  Logement : si les conditions en sont manière, le conjoint peut choisir
DU CONJOINT remplies, le conjoint devra choisir de de refuser le bénéfice du contrat,
En présence d’enfants, le conjoint se retenir ou non un droit viager d’oc- effectuant ainsi un saut de généra-
voit ouvrir une multitude d’options, cupation de la résidence principale. tion au profit des bénéficiaires de
à analyser à la fois sous l’angle civil et Voir encadré en page 5 second rang.
fiscal, tout en tenant compte des  Au titre du régime matrimonial,
capitaux qu’il peut recevoir au travers notamment lorsqu’il est prévu LES PRINCIPALES OPTIONS
de contrats d’assurance-vie. une clause de préciput sur les biens DES ENFANTS
Parmi les principales, on peut communs Voir page 8  Accepter ou renoncer à la succes-
sion : en vue de favoriser les trans-
missions transgénérationelles, la loi
du 23 juin 2006 a instauré la possibi-
lité de représenter certains héritiers
QUEL DÉLAI POUR ACCEPTER ? renonçants (les enfants et les frères
et sœurs). Ainsi, la renonciation d’un
Sauf cas particulier, cession, l’héritier peut tion et à défaut d’avoir enfant a comme conséquence d’enri-
l’acceptation d’une à la demande notam- pris position dans le chir ses propres descendants.
succession se prescrit ment d’un créancier délai de deux mois (et  En présence d’une libéralité, les
par 10 ans à compter de la succession ou sauf à avoir demandé enfants peuvent (comme le conjoint)
de l’ouverture de la d’un cohéritier être mis un délai supplémen- choisir de la cantonner. À la diffé-
succession. Toutefois, en demeure de prendre taire auprès du juge) rence de la renonciation, ce canton-
quatre mois après position. l’héritier est réputé nement profite aux autres héritiers
l’ouverture de la suc- Suite à cette somma- acceptant pur et simple. et non aux représentants de l’enfant.

10 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
 Exercer leur action en réduction
ou y renoncer : les enfants sont
protégés par leur qualité d’héritier
Le conseil d’Althémis
réservataire. Pour autant, si une Un des intérêts d’une libéralité au profit
libéralité faite à un autre héritier
porte atteinte à leur réserve, ils peu- d’un héritier (conjoint, enfant, etc..) est de lui
vent choisir de ne pas exercer leur
action en réduction. Tel est souvent permettre de choisir de cantonner son émolument
le cas lorsque l’héritier en cause est
leur parent survivant. Inversement, sur une partie des droits dont il a été disposé en
ils peuvent exercer leur action et
demander une compensation à un sa faveur (possibilité non ouverte s’il ne reçoit que
héritier qui aurait « trop » reçu, sous
la forme du versement d’une indem- ses droits légaux) sans impact fiscal négatif pour
nité de réduction.
 Pour l’assurance-vie : si la clause ceux qui reçoivent à sa place, en l’occurrence
a été bien rédigée, elle permet
à chacun des enfants de refuser le les autres héritiers.
bénéfice du contrat, qui reviendra
à ses propres enfants (attention,
toutes les clauses n’offrent pas cette
possibilité). ■

ÉTAPE N°5 :

CALCUL ET PAIEMENT
DES DROITS
Le dépôt de la déclaration de succession aux impôts nécessite une évaluation
active et passive des biens à prendre en compte. La taxation dépend à la fois
des régimes particuliers attachés à certains biens et du lien de parenté entre
le défunt et les héritiers. Il est possible sous certaines conditions de bénéfi-
cier d’aménagements des modalités de paiement des droits de succession.

ÉVALUATION DE L’ACTIF dence principale du défunt (détenue  Les actions ou titres non cotés doi-
Valeur vénale au jour du décès directement) peut être pratiqué vent faire l’objet d’une déclaration
Sauf exception, les biens dépendant à condition que ce logement soit éga- détaillée et estimative.
de la succession doivent être évalués lement occupé au moment du décès Il en va de même des entreprises pour
selon leur valeur vénale au jour du par le conjoint, le partenaire lié au lesquelles il est désormais possible de
décès, c’est-à-dire selon le prix de défunt par un PACS, ou par un ou tenir compte de l’impact du décès sur
marché qui correspond au jeu normal plusieurs enfants mineurs ou majeurs la valeur de l’entreprise.
de l’offre et de la demande. protégés du défunt ou de son  Pour les meubles meublants, diffé-
Pour les biens immobiliers, il est conjoint. rentes méthodes d’évaluation sont
conseillé de faire faire au moins deux  Les actions cotées sont évaluées proposées et notamment une évalua-
évaluations par des professionnels d’après le cours moyen de bourse au tion forfaitaire à 5 % de la valeur
(agents immobiliers, experts immobi- jour du décès ou au choix des héri- brute globale de l’ensemble de la suc-
liers, notaires…). tiers, d’après la moyenne des trente cession, à laquelle il est souvent pré-
Un abattement de 20 % sur la rési- derniers cours qui précèdent le décès. férable de substituer une valeur

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 11
année qui suit le dépôt de la déclara-
Le conseil d’Althémis tion de succession mais se poursuit
jusqu’au 31/12 de la sixième année à
Toute sous-évaluation peut donner lieu à un redres- partir du décès en cas de défaut de
déclaration de succession comme
sement fiscal au titre des droits de mutation à titre d’omission d’un bien.

gratuit. Sans compter qu’en cas de revente du bien, PASSIF DÉDUCTIBLE


Sont déductibles uniquement les
l’impôt de plus-value sera calculé en fonction de dettes qui existent au jour du décès.
Il s’agit notamment :
la valeur déclarée au moment de la succession.  Des frais funéraires qui sont déduc-
tible (sans justificatif) pour un mon-
tant forfaitaire de 1 500 €
 Des frais de testament
 Des impôts dus par le défunt (taxe
d’inventaire (acte notarié établi en l’objet d’un engagement collectif et foncière, taxe d’habitation, impôt sur
présence d’un notaire et d’un com- individuel de conservation), des bois le revenu…)
missaire priseur). En cas de vente aux et forêts et des parts de groupements  Des indemnités de préavis et
enchères dans les 2 ans du décès, forestiers (en cas d’engagement de de licenciement dues à raison de la
c’est le prix de la vente qui doit être gestion durable), des biens ruraux rupture du contrat de travail du fait
retenu. donnés à bail à long terme et parts de du décès de l’employeur
 Les pièces et lingot d’or sont éva- GFA, de certains monuments histo-  Des emprunts en cours non cou-
lués selon le cours pratiqué le jour du riques et de certains biens immobiliers verts par une assurance-décès
décès ou au cours de reprise de la d’investissement).  Des dettes justifiées notamment
Banque de France. Pour plus de détails sur ces exonéra- par une attestation de créancier.
tions voir www.althemis.fr
Exonération totale ou partielle CALCUL DES DROITS
Certains biens peuvent faire l’objet Prescription DE SUCCESSION
d’une exonération totale ou partielle, Pour les biens déclarés, la possibilité Depuis le 22 août 2007, le conjoint
sous conditions. Il s’agit notamment de contrôle de l’administration fiscale comme le partenaire d’un PACS sont
des entreprises (qui font entre autre est prescrite le 31/12 de la troisième exonérés de droits de succession,
de même que de toute taxation pour
les capitaux reçus par l’intermédiaire
de contrats d’assurance-vie.
Les autres héritiers demeurent taxa-
ENTREPRISE bles, la part nette revenant à chacun
ET SOCIÉTÉ étant diminuée d’un abattement
dont le montant varie selon le lien de
Lorsqu’une entreprise Parmi les conditions désormais possible dans parenté avec le défunt.
figure dans la succession, il nécessaires à cette exoné- certains cas de se prévaloir Le montant ainsi déterminé fait
est possible, sous diffé- ration, figure l’obligation d’un engagement collectif ensuite l’objet d’une taxation selon le
rentes conditions (engage- pour les héritiers de réputé acquis lorsque le barème des droits de mutation à titre
ment de conservation, conserver les titres pen- défunt (seul ou avec son gratuit qui est fonction de la qualité
nombre de titres, fonction dant 4 ans. conjoint ou partenaire) de l’héritier (héritier en ligne direct
de direction…) de bénéfi- Un engagement collectif remplissait les conditions ou non).
cier d’une réduction de de conservation des titres au moment du décès. Lorsque les biens sont recueillis en
base imposable de 75 %. portant sur au moins Il est également possible nue-propriété ou en usufruit l’évalua-
Ainsi par exemple, les 34 % des titres (société de conclure un engage- tion est effectuée selon un barème
parts d’une société opéra- non cotée) doit égale- ment collectif dans les 6 qui est fonction de l’âge de l’usufrui-
tionnelle d’une valeur ment avoir été conclu mois du décès. tier au jour du décès.
de 10.000.000 € peuvent avec d’autres associés À noter que le schéma Pour la valeur de l’usufruit, les abat-
être exonérées à hauteur préalablement au décès. d’un engagement signé tements et le barème de taxation,
de 7.500.000 € et n’être Cette dernière condition avant le décès est le plus en fonction du lien de parénté.
taxées que sur 2.500.000 €. s’est assouplie et il est favorable. Voir ci-contre.

12 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
Les personnes ayant plus de trois Valeur fiscale respective de l’usufruit et
enfants se voient accorder une réduc-
de la nue-propriété en fonction de l’âge de l’usufruitier.
tion supplémentaire, réduction dé-
duite du montant des droits à payer. Age de l’usufruitier Usufruit Nue-propriété
La réduction applicable est de 610 € Moins de 21 ans révolus 90 % 10 %
par enfant à partir du troisième dans
Moins de 31 ans révolus 80 % 20 %
le cas de succession en ligne directe
ou entre époux. Moins de 41 ans révolus 70 % 30 %
Dans tous les autres cas cette réduc- Moins de 51 ans révolus 60 % 40 %
tion est de 305 € par enfant à partir
Moins de 61 ans révolus 50 % 50 %
du troisième.
Les tranches des barèmes ainsi que Moins de 71 ans révolus 40 % 60 %
les abattements sont désormais reva- Moins de 81 ans révolus 30 % 70 %
lorisés chaque année en fonction de
Moins de 91 ans révolus 20 % 80 %
l’inflation. Pour connaître les chiffres
de l’année en cours, consultez notre Plus de 91 ans révolus 10 % 90 %

site internet www.althemis.fr


Exemple : une personne décède laissant un patrimoine de 1.000.000 € revenant en
usufruit à son conjoint et en nue-propriété à son fils unique. Son conjoint survivant est
Penser aux dons âgé de 72 ans. Son usufruit est alors évalué fiscalement à 30 %. La valeur de la nue-pro-
Si les héritiers souhaitent réaliser priété revenant au fils est alors évaluée à 700.000 € (70 %).
des dons à partir de l’héritage qu’ils
recueillent, chacun peut, à condition
d’effectuer l’opération dans les 6 mois
Abattements (chiffres 2010)
du décès, déduire le montant du don Lien de parenté Abattement
de la fraction imposable en son nom Ascendant(s) ou enfant(s) vivant(s) ou représenté(s) 156.974 €
au titre des droits de succession. Les
dons peuvent notamment être effec- Frère(s) et sœur(s) 15.697 €
tués au profit de certaines fondations Neveux et Nièces 7.849 €
ou associations d’utilité publique
Autres 1.570 €
(voir www.althemis.fr, rubrique « liens
utiles »). Ce dispositif excluant la pos-
sibilité de bénéficier d’une réduction
d’impôt sur le revenu ou d’ISF sur la
Transmissions en ligne directe (chiffres 2010)
somme déduite au titre des droits de Montant de la tranche (en %) Somme à
succession, il est préférable de payer d’imposition (en Euros) retrancher
les droits et d’effectuer le don a pos- De 0 à 7 953 5% -
teriori lorsque cet avantage fiscal est
De 7.953 à 11.930 10 % 398
plus important.
De 11.930 à 15.697 15 % 994

Assurance-vie De 15.697 à 544.173 20 % 1.779


Pour les contrats souscrits après De 544.173 à 889.514 30 % 56.196
le 20 novembre 1991 et comportant
De 889.514 à 1.779.029 35 % 100.672
des primes versements après 70 ans, la
taxation est effectuée, sur la base des Au-delà de 1.779.029 40 % 189.629
primes versées, au barème des droits
de mutation (en fonction du lien de
parenté entre le bénéficiaire et l’as- Autres cas de transmissions (chiffres 2010)
suré), soit dans la déclaration de suc-
Lien de parenté Taux en %
cession générale, soit, si un règlement Montant de la transmission
plus rapide des capitaux est souhaité,
Entre frères et sœurs :
avec une déclaration partielle ne por- - De 0 à 24.069 € 35 %
tant que sur ces contrats. - Au-delà de 24.069 € 45 %
En revanche, les contrats d’assurance- Entre parents jusqu’au 4e Degré 55 %
vie alimentés avant 70 ans (ou après
e
Entre parents au-delà du 4 degré 60 %
70 ans, à condition d’avoir été sous-
et entre non-parents
crits avant le 20 novembre 1991) sont

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 13
Pour autant, ce délai n’est pas gratuit,
Le conseil d’Althémis et les nus-propriétaires doivent alors
choisir entre deux options :
En cas d’impossibilité de déposer la déclaration  Payer sur la base de la valeur du
bien en pleine propriété (qui reste
de succession dans les délais, il est conseillé de toutefois évaluée au premier décès)
au lieu de la valeur en nue-propriété
verser un acompte. Les intérêts de retard seront  Payer les droits sur la valeur de la
nue-propriété contre versement d’un
calculés sous déduction de l’acompte versé. intérêt annuel au taux légal.
La cession des biens démembrés met
normalement fin au différé de paie-
ment. Toutefois, lorsque seule une
fraction de ces actifs est vendue et
que le montant de la cession ne per-
exonérés pour les capitaux décès cor- ou même de 80 %, sur le montant des met pas de régler l’intégralité des
respondant aux primes versées avant droits en cas de non réponse à une droits exigibles, il est possible de
le 13 octobre 1998 et soumis à une mise en demeure et/ou de mauvaise conserver le bénéfice du paiement
taxation spécifique pour celles versées foi. différé pour le solde.
après cette date : abattement de Il est possible dans certains cas de de- Le paiement fractionné est ouvert
152.500 € par bénéficiaire distinct mander un paiement fractionné ou à tous. Le règlement des droits inter-
(pour tous les contrats souscrits sur la différé des droits de succession. vient ainsi sur plusieurs semestres
tête d’un même assuré fiscalisés selon Le paiement différé est possible (deux versements quand les droits ne
ce régime) et taxe forfaitaire de 20 % notamment quand la succession com- dépassent pas 5 %, quatre versements
au-delà, directement prélevée par la porte la dévolution de biens en nue- quand ces droits ne dépassent pas
compagnie d’assurance. propriété ou concernant la résidence 10 %) sans pouvoir excéder 5 ans.
principale. Toutefois, ce délai peut-être porté
MODALITÉS DE PAIEMENT En effet, les héritiers nus-propriétaires à 10 ans pour les héritiers en ligne
En principe les droits de succession ne perçoivent aucun revenu du patri- directe quand la moitié au moins de
doivent être payés au moment du moine hérité et ne peuvent le céder l'actif successoral est constituée de
dépôt de la déclaration de succession, seul. bien non liquides : brevets d'inven-
tout retard donnant lieu à des péna- Dans ce cas, ils peuvent demander à tion, droits d'auteur, fonds de com-
lités fiscales (intérêt de retard de ce que le paiement soit différé jusqu’à merce, valeurs mobilières non cotées
0,40 % par mois de retard dès le 7ème l’expiration d’un délai de 6 mois en Bourse…
mois), avec majoration de 10 % dès le à compter de la réunion de l’usufruit En pratique le paiement fractionné
13ème mois, et le cas échéant de 40 %, à la nue-propriété. est peu utilisé car il nécessite la mise
en place de garantie, entraîne le paie-
ment des intérêts et un premier rem-
boursement qui intervient 6 mois
LES SUCCESSIONS INTERNATIONALES après le décès.
Le paiement différé et fractionné
Lorsque le défunt de situation (loi améri- aux différentes conven- s’applique à certaines transmissions
possédait des biens à caine par exemple pour tions fiscales conclues d’entreprise (entreprises individuelles
l’étranger ou était des immeubles aux par la France. Sur un et sociétés non cotées) pour lesquelles
domicilié, au moment Etats-Unis) et les biens plan pratique, si une le paiement des droits peut être
de son décès dans un meubles selon la loi du succession comporte un différé pendant 5 ans, puis au terme
autre pays, des règles dernier domicile du lien avec l’étranger, une du différé, étalé sur 10 ans.
juridiques et fiscales défunt (loi belge par analyse doit être effec-
particulières s’appli- exemple y compris pour tuée par le notaire en Le taux d’intérêt applicable aux
quent. les meubles situés en charge de la succession. demandes de paiement fractionné
Sur le plan juridique, France si le défunt y Il est généralement né- ou différé des droits est fixé par
le droit français consi- était domicilié au cessaire de faire appel décret (taux d’intérêt légal) et reste
dère que les biens im- moment de son décès). également à un juriste le même pendant toute la durée
mobiliers sont transmis Sur le plan fiscal, il dans le pays concerné. du crédit. Il peut être réduit des 2/3
selon la loi de leur lieu convient de se reporter Voir www.gipe.biz tiers dans le cadre des transmissions
d’entreprises. ■

14 // DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 //
ÉTAPE N°6 :

ACTES DE RÈGLEMENT
DE LA SUCCESSION
Le règlement d’une succession nécessite de constater le transfert des biens
aux noms des héritiers. Il peut aussi déboucher sur un partage.

ATTESTATIONS DE PROPRIÉTÉ portionnel pour l’intervention du


Les « attestations de propriété » sont notaire.
nécessaires pour faire constater que Le partage des meubles meublants
les héritiers sont les nouveaux pro- s’effectue généralement, directe-
priétaires des biens. ment entre les héritiers, sans l’inter- LES PRINCIPAUX
vention du notaire. FRAIS LIÉS
 Pour les biens immobiliers, il est A noter que le partage intervenu AU RÈGLEMENT
nécessaire de publier l’attestation de et publié dans les 10 mois du décès, DE LA SUCCESSION
propriété au fichier immobilier. génère un moindre coût car il per-
 Pour les parts de sociétés civiles, met d’éviter le coût des attestations
l’attestation devra également faire de propriété. Le règlement d’une succession
l’objet d’une publicité au greffe est obligatoirement soumis au
du tribunal du commerce et des QUASI-USUFRUIT « tarif » établi par les pouvoirs
sociétés. Lorsque le conjoint est usufruitier publics pour les actes relevant
 Pour les véhicules automobiles, il est important d’établir une de la mission des notaires.
la remise d’une attestation permet- convention de quasi-usufruit pour
tra de faire changer le titulaire de les sommes d’argent ou les livrets Pour certains actes, ce sont
la carte grise. dépendants de la succession. des honoraires fixes qui sont
 Pour les valeurs mobilières, les Cette convention constatera la prévus, en vue de permettre
organismes se contentent générale- remise des capitaux à l’usufruitier un accès de tous, quel que soit
ment de la déclaration de succession et son obligation de restituer aux la taille du patrimoine.
elle-même, qui leur permet de nus-propriétaires une somme équi-
modifier l’identité des propriétaires valente en fin d’usufruit. A son Exemple : acte de notoriété,
et de remettre à jour les prix de décès, ils auront donc une créance acte d’inventaire.
revient des titres pour le calcul des à faire valoir sur la succession, ce qui
plus-values futures. évitera une double taxation. D’autres actes sont tarifés
proportionnellement à
LE PARTAGE SUCCESSORAL Généralement la convention dis- la valeur des actifs inclus dans
Le partage n’est pas obligatoire, pense le conjoint de fournir une cau- la succession.
même s’il est souvent souhaitable. tion en garantie du remboursement Exemple : déclaration de suc-
Il va permettre d’attribuer à chacun des sommes ou de les affecter à un cession, attestation notariée
des héritiers un bien déterminé, placement dont l’usufruitier ne per- permettant de constater le
mettant ainsi fin au régime de l’indi- cevrait que les intérêts. changement de propriétaire
vision résultant du décès. Il peut per- Toutefois, les nus-propriétaires peu- des immeubles.
mettre aussi de convertir usufruit ou vent en décider autrement.
nue-propriété en pleine propriété, Le même schéma trouve à s’appli- À cela il faut ajouter
ce qui est particulièrement judicieux quer en matière d’assurance-vie les débours, les droits d’enre-
pour les comptes bancaires. au travers d’un démembrement de gistrement et les frais
la clause organisé par le souscripteur. de publication au fichier
Le partage donne lieu au paiement Une convention reste toutefois utile immobilier pour les immeubles.
du droit de partage (1,10 %) et pour constater l’opération et indexer
s’accompagne d’émoluments pro- la créance. ■

// DE LA STRATÉGIE AUX ACTES // La lettre du Groupe ALTHÉMIS, réseau notarial // N°3.0 // avril 2010 // 15
RÉSEAU NOTARIAL
65 NOTAIRES ET
COLLABORATEURS
ANDRÉSY PARIS LE VÉSINET
Vos interlocuteurs Vos interlocuteurs Vos interlocuteurs
Sylvie JULIEN Pascal JULIEN SAINT - AMAND Louis AUSSEDAT
SAINT AMAND - HASSANI Bertrand SAVOURÉ Frank THIÉRY
Jean-Pierre KAPLAN Paul-André SOREAU Sophie GONSARD
Muriel CARPON Guillaume LIGET

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