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TP 3

Nerfs crâniens et Tronc cérébral

Par les membres du neuroclub:

Virginie Haldemann,
Alexandra Geiser,
Marine Calcavecchia,
Marc Arcens,

et Jozsef Kiss.

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TP 3: Nerfs crâniens et tronc cérébral
Sommaire:
A. Embryologie du tronc cérébral
B. Anatomie du tronc cérébral et des citernes
C. Nerfs crâniens
D. Réponses aux questions

Mode d'emploi des TPs :


• Les TPs de neuroanatomie vous permettent de visualiser les concepts appris lors de
l’unité Perception, Emotions et Comportement sur des pièces anatomiques et des
images radiologiques.
• L’interactivité rend les TP moins longs et plus intéressants : participez ! Manipulez les
pièces, posez vos questions.
• Les guides-TP contiennent suffisamment d'informations pour vous dispenser de prendre
des notes pendant les TPs. Attention, ils ne sont pas exhaustifs ni exempts d’erreur !

Ce troisième TP offre une vue des structures importantes du tronc cérébral. Nous abordons du
même coup le contenu de chacune des citernes entourant le tronc, avec notamment la sortie des
nerfs crâniens. Nous poursuivrons par l'exploration de chacun de ces nerfs dans l'ordre, avec le
souci de fournir à l'étudiant une précieuse systématique facilitant l'apprentissage.

Les TPs seront toujours complétés d’une présentation du Pr. Kiss et d’un autre intervenant
(Radiologie) afin de montrer ce qu'il n'est pas possible d'illustrer à l'aide des préparations
macroscopiques.

Venez préparé à ces TPs afin d'en tirer le plus grand bénéfice. Ne soyez cependant pas effrayé
par la longueur des guides-TP, ils ne vous sont pas fournis pour être appris par cœur. Ce sont
des guides, vous donnant une certaine base. D’autres ressources sont à votre disposition pour
vous aider dans votre apprentissage:

• forums de l’unité PEC


• moniteurs de neuroanatomie
• livres de référence : Duus’ Topical Diagnosis in Neurology; Netter’s atlas of neuroscience;
• site du neuroclub, polycopié de vascularisation, etc.

Nous vous conseillons vivement de varier vos ressources, de vous engager dans un maximum de
voies différentes pour cet apprentissage conséquent.

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A) Embryologie du Tronc Cérébral

1) Introduction: embryologie de la moelle épinière

Nous aborderons le développement du tronc cérébral dans l'idée d'une comparaison avec la
moelle épinière dont il dérive.

• Comme discuté dans le TP n°1, le tube neural formera plusieurs vésicules secondaires
rostrales à la moelle épinière. Trois de ces vésicules concernent le tronc cérébral:
- la 3ème vésicule formant lors du développement le mésencéphale,
- la 4ème, le métencéphale (futur pont et cervelet)
- la 5ème, le myélencéphale (futur bulbe).

• Dans la situation initiale du tube neural, les corps cellulaires neuronaux (substance grise)
sont dans une position centrale péri-épendymaire (violet et orange sur le schéma ci-dessous)
tandis que les faisceaux de fibres myélinisées (substance blanche) sont en périphérie (bleu
clair).
Moelle épinière
1. Tube neural
2. Canal épendymaire
3. a. Substance grise
(sensitive)
b. Substance grise
(motrice)
4. Substance blanche
5. Toit
6. Lame alaire sensitive
7. Sulcus limitant
8. Lame fondamentale
motrice
9. Plancher

• Notons la présence d'une sectorisation de la substance grise, ceci dans la moelle comme
dans le TC: une zone dorsale nommée lame alaire se développera pour former les
composantes sensitives du tronc cérébral, l'autre, ventrale ou lame fondamentale formera les
composantes motrices.

• Dans la moelle, ces deux lames formeront les cornes dorsales et les cornes ventrales,
comme vous l'avez déjà vu lors du TP n°1. Dans le tronc cérébral, ces deux lames formeront
différentes colonnes de substance grise, celles-ci rapidement fragmentées en plusieurs
noyaux lors du développement. Ne vous attendez donc pas à la présence de colonnes
continues, cependant, il subsiste une certaine topographie longitudinale, bien que celle-ci
soit imparfaite.

• Ces colonnes de noyaux ont chacune une modalité spécifique. Il est donc possible de les
classifier selon leur modalité. Les colonnes "générales" possèdent des modalités sensorielles
ou motrices retrouvées dans la moelle épinière, notamment dans les cornes dorsales et
ventrales. Tandis que les colonnes "spéciales" ont des modalités spécifiques à la tête et le
cou (par exemple le goût, l'odorat...), non retrouvables dans le reste du corps.

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• Dans les colonnes motrices à modalités spéciales, notons la colonne branchiomérique. Cette
colonne de noyaux innerve la musculature issue des arcs branchiaux (cf. illustration).

2) Myélencéphale - Bulbe

Le myélencéphale est la partie directement rostrale à la moelle épinière, il va former le bulbe


rachidien à la fin de la période fœtale.

• Le myélencéphale peut être divisé conceptuellement en deux parties selon la dilatation du


canal central. Dans la partie caudale, la prolongation du canal est étroite, ce pourquoi cette
hauteur peut être nommée "myélencéphale fermé". Ce canal est distendu plus rostralement
pour former le 4ème ventricule, nommant ainsi cette hauteur "myélencéphale ouvert".

Myélencéphale fermé :
• Les neuroblastes des lames alaires, situées dans la zone péri-épendymaire, migrent pour
former les noyaux gracile (médian) et cunéiforme (latéral), tous deux relais de la sensibilité
proprioceptive et sensibilité superficielle.

Myélencéphale fermé
1. Noyau gracile
2. Noyau cunéiforme
3. Lame alaire
4. Lame fondamentale (à ce
niveau : noyau moteur du XII)
5. Pyramides (cortico-spinal)
6. Canal central

Myélencéphale ouvert :
• L'apparition d'une courbure au niveau du pont, de concavité dorsale (photo ci-dessous), va
aplatir le toit de la cavité épendymaire sous-jacente qui forme alors un losange: la cavité
épendymaire élargie donnant naissance au 4ème ventricule.

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• La paroi dorsale devenant très mince, elle forme la toile choroïdienne du 4ème ventricule. Les
lames alaires dorsales se retrouvent latéralisées aux lames fondamentales, toutes accolées à
la face dorsale (cf. photo ci-dessous).

• En résumé, les composantes sensitives terminent latérales aux composantes motrices,


séparées distinctement par le sulcus limitans.

Myélencéphale ouvert
1. 4ème ventricule
2. Plaque du toit
3. Lame alaire
4. Lame fondamentale
5. Sulcus limitans
6. Noyaux olivaires

3) Métencéphale - Pont
Le pont dérive du métencéphale. Ses noyaux sont formés de la même manière que pour le
bulbe, c'est-à-dire soit à partir des lames alaires, soit des lames fondamentales.

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Développement du métencéphale
Image 1:
1. 4ème ventricule
2. Plaque du toit
3. Lame alaire
4. Lame fondamentale

Image 2:
1. 4ème ventricule
2. Plaque du toit
3. Lèvre rhombique
4. Lame alaire
5. Lame fondamentale
6. Noyaux pontiques

Image 3:
1. 4ème ventricule
2. Lèvre rhombique
3. Plaque du Toit
4. Noyaux pontiques
5. à 8. Colonnes sensorielles
9. à 11. Colonnes motrices
   

4) Mésencéphale

Le mésencéphale est la partie la plus rostrale du tronc cérébral. Une fois encore, la formation des
noyaux se fait à partir des lames alaires ou des lames fondamentales selon la fonction.

• Cette partie possède initialement une structure tubulaire très large, dont la cavité
épendymaire est l'origine. Cependant celle-ci va voir sa lumière diminuer de taille pour ne
former plus qu'un canal étroit, l'aqueduc mésencéphalique ou aqueduc de Sylvius.

• La substance noire, ainsi nommée pour sa production de mélanine lui donnant une teinte
foncée caractéristique, a une origine embryologique controversée. Cette zone est aussi
connue pour sa production de dopamine, et lors de sa destruction, son implication dans la
maladie de Parkinson.

• Les tubercules quadrijumeaux sont quant à eux formés par les lames alaires et forment deux
paires de renflements empilés: les collicules inférieurs sont impliqués dans l'audition, alors
que les collicules supérieurs jouent un rôle dans les réflexes de coordination des
mouvements oculaires.

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Mésencéphale
Image 1:
1. Lame alaire
2. Lame fondamentale
3. Neuroépithélium (futur
épendyme)
4. Cavité du mésencéphale
5. 3ème nerf crânien

Image 2:
1. Lame alaire
2. Noyaux des tubercules
quadrijumeaux
3. Lame fondamentale
4. Substance noire
5. Pédoncule cérébral
6. Noyau rouge
7. Aqueduc de Sylvius

5) Colonnes du tronc cérébral

• Les noyaux sensoriels (lames alaires), ainsi que les noyaux moteurs (lames fondamentales)
sont répartis en sept groupes, qui selon les différentes composantes sont réparties en
colonnes distinctes dans le tronc cérébral.

a) Colonnes motrices (médiales au sulcus limitans):

Les colonnes dérivant des lames fondamentales donnent des noyaux moteurs des nerfs crâniens
et forment:

• La colonne motrice somatique générale (en rouge sur le schéma ci-dessous) étant le
prolongement rostral des neurones de la corne antérieure de la moelle épinière, servant à
l'innervation motrice des muscles striés extra-oculaires et hypoglosses, par les nerfs III, IV, VI
et XII.

• La colonne motrice branchiomérique (en rose), innervant les muscles striés du pharynx, du
larynx, de la mastication, de la mimique, du palais mou. Ces muscles dérives des arcs
branchiaux et sont innervés par les nerfs V, VII, IX et X.

• La colonne motrice autonome (en gris), appelée dans certaines références colonne motrice
viscérale générale, contenant les corps neuronaux des neurones pré-ganglionnaires du
système parasympathique à destination de tout plexus parasympathique (en dehors du plexus
sacré). Cette colonne concerne les nerfs III, VII, IX, X.

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b) Colonnes sensorielles (latérales au sulcus limitans):

Les colonnes dérivant des lames alaires donnent les noyaux sensitifs des nerfs crâniens et
forment:

• La colonne sensorielle somatique générale (en bleu foncé) reçoit les informations sensitives
somestésiques du territoire céphalique, par le nerf V, VII, XI, X.

• La colonne sensorielle somatique spéciale (en bleu clair) reçoit des influx sensoriels auditifs et
vestibulaires, par le nerf VIII.

• La colonne sensorielle viscérale générale composée par le noyau du tractus solitaire (partie
caudale), reçoit les informations de la sensibilité intéroceptive du tractus digestif et du cœur,
par les nerfs XI et X.

• La colonne sensorielle viscérale spéciale reçoit les fibres en provenance des bourgeons
gustatifs et elle contient le noyau du tractus solitaire (partie rostrale). Cette colonne reçoit
l'information sensitive par les nerfs VII, IX et X.

A noter que les deux dernières colonnes sont considérées par certains comme une entité unique
(en vert), de part leur localisation dans le noyau solitaire. Cependant étant malgré tout
anatomiquement séparées au sein du noyau solitaire, l'une plus caudale et l'autre plus rostrale,
nous pouvons considérer ces deux colonnes comme distinctes.

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Mésencéphal
1. Noyau oculmoteur
2. Noyau Edinger-Wesphal
3. Noyau trochléaire
4. Noyau mésencéphalique
du V

Pont
5. Noyau abducens
6. Noyau salivaire
supérieur
7. Noyau moteur du V
8. Noyau moteur facial
9. Noyau principale du V
10. Noyau spinal du V
(pars oralis)

Bulbe
11. Noyau hypoglosse
12. Noyau moteur dorsal du
vague
13. Noyau salivaire inférieur
14. Noyau ambigu
15. Noyau solitaire
16. Noyau vestibulaire
17. Noyau cochléaire
18. Noyau spinal du V (pars
interpolaris, pars caudalis)
 

Moelle épinière
19. Corne médiale
20. Noyau accessoire
21. Corne latérale
22. Corne intermédiolatérale
25. Parasympathique de la
région sacrée

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B) Anatomie du tronc cérébral et des citernes
1) Description générale du tronc cérébral

• Le tronc cérébral peut être subdivisé en trois zones verticales, les mêmes pour le
mésencéphale, pont et bulbe: tectum (dorsal), tegmentum et base (ventral).

• Au tronc cérébral est accolée la pie-mère, puis l'espace sous-arachnoïdien rempli de LCR.
Cet espace contient des zones de dilatation, nommées citernes dans lesquelles naviguent
des nerfs, des artères et des veines. Les différentes citernes sont en continuité les unes des
autres. Voici une image en vue sagittale permettant de se faire une idée globale des citernes
entourant le tronc. En pastel figurent les citernes latérales qui ne sont pas visibles en vue
sagittale (E-F-G).

A) Citerne interpédonculaire
B) Citerne quadrigéminale
C) Citerne pré-pontique
D) Citerne Magna
E) Citerne ambiante
F) Citerne cérébello-pontique
G) Citerne cérébello-médullaire
latérale.

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2) Anatomie du bulbe et des citernes environnantes
Image 1
1. Tractus cortico-spinal
2. Lemnisque médian
3. Olives inférieures
4. Système antérolatéral
5. Noyau ambigu
6. Noyau hypoglosse
7. Noyau moteur dorsal
du vague
8. Noyau solitaire
9. Noyau spinal du
trijumeau
10. Noyau cunéiforme
11. Noyau gracile
12. Canal épendymaire
 
Question
Tentez de retrouver les
noms des différentes
structures cisternales
dans la figure ci-dessus
et celle ci-dessous.
 

Les différentes citernes en contact avec le bulbe et leur contenu nerveux et vasculaire:

• A) Citerne cérébello-médullaire postérieure ou citerne Magna : branches distales de l'artère


cérébelleuse postéro-inférieure, artère spinale postérieure, veines tonsillaires, veines
médullaires dorsales.

• B) Citerne cérébello-médullaire latérale : artères vertébrales, branches proximales de l'artère


cérébelleuse postéro-inférieure, sortie des nerfs glossopharyngien, vague, accessoire et
hypoglosse.

Image 2
1. Tractus cortico-spinal
2. Lemnisque médian
3. Olives inférieures
4. Tractus
spino-thalamique
5. Noyau ambigu
6. Noyau hypoglosse
7. Noyau moteur dorsal
du vague
8. Noyau solitaire
9. Noyau spinal du
trijumeau
10. Noyau cunéiforme
accessoire
11. 4ème ventricule
 

  11  
• Le bulbe possède un synonyme, la medulla oblongata, pour sa forme oblongue.

• Les protubérances dues au passage ventral des fibres cortico-spinales dans le bulbe sont
nommées pyramides. Ces fibres décussent, ce qui est visible sur la face ventrale du tronc.
Ceci se nomme la décussation pyramidale et est considérée comme la limite inférieure du
bulbe.

• La décussation du lemnisque médian est quant à elle plus rostrale dans le bulbe, c'est pour
cette raison qu'il subsiste des colonnes dorsales jusque dans le bulbe. Les noyaux
cunéiforme et gracile forment les tubercules dorsaux cunéiforme et gracile sur la face
dorsale.

• Les pédoncules cérébelleux inférieurs peuvent être visibles au niveau du bulbe, très rostraux.

• Les olives inférieures sont elles aussi visibles sur la face ventrale, latéralement aux
pyramides. Ces olives servent de point de repère pour le nom des sillons de la face ventrale:
il existe un sillon médial aux olives, le sillon pré-olivaire, ainsi qu'un sillon latéral, le sillon
rétro-olivaire.

• Un seul nerf émerge du sillon pré-olivaire: le nerf hypoglosse (XII). Ce nerf bien que le dernier
dans la systématique (XII) sort bien médialement aux autres nerfs bulbaires. Quant au sillon
rétro-olivaire, les trois nerfs en sortant sont : le nerf glossopharyngien (IX), le nerf vague (X),
le nerf accessoire (XI). Le nerf vague et son noyau forment une légère protubérance dans la
lumière du 4ème ventricule, le trigone vagal. Plus médialement peut s'observer le trigone
hypoglosse, équivalent pour les noyau et nerf hypoglosses.

IRM axial, T1

1. Grande Citerne ou Citerne Magna


2. Cervelet
3. Bulbe rachidien

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3) Anatomie du pont et des citernes environnantes

Pont caudal (ci-dessus):


8. Noyau mésencéphalique du nerf trigéminé
1. Tractus corticospinal
9. Noyau facial
2. Noyaux pontiques
10. Noyau abducens
3. Lemnisque médian
11. Pédoncule moyen
4. Tractus spino-thalamique
12. Vermis du cervelet
5. Noyau moteur du nerf trigéminé
13. Collicule facial
6. Noyau sensitif principal du nerf trigéminé
14. 4ème Ventricule
7. Noyau vestibulaire (supérieur)
   

Pont rostral (ci-


contre):

1. Tractus cortico-
spinal
2. Noyaux pontiques
3. Lemnisque médian
4. Tractus spino-
thalamique
5. Lemnisque latéral
6. Noyau
mésencéphalique du
trijumeau
7. 4ème ventricule
8. MLF : medial
longitudinal fasciculus

Question:
Tentez de retrouver
les noms des
différentes structures
cisternales dans les
figures ci-dessus.
 
  13  
Les différentes citernes en contact avec le pont et leur contenu nerveux et vasculaire:

• A) Citerne pré-pontique : trajet du nerf abducens, artère basilaire et ses branches


paramédianes, veines pontines.

• B) Citerne ponto-cérébelleuse : sortie du nerf facial, du nerf vestibulocochléaire, du nerf


trigéminé, artère cérébelleuse antéro-inférieure, artère labyrinthique, veine pétreuse et veine
ponto-mésencéphalique.

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• Les fibres du tractus cortico-spinal ne sont pas visibles à la surface ventrale, noyées dans les
noyaux pontiques qui forment la protubérance du pont.

• Quatre paires de nerfs sortent au niveau du pont: le nerf trijumeau, qui est le plus rostral.
Caudalement, dans le sillon bulbo-pontique, les nerfs abducens (VI), facial (VII) et
vestibulocochléaire (VIII).

• Les fibres motrices du nerf facial forment un coude autour du noyau abducens avant de se
diriger vers la face ventrale, formant un renflement sur la face dorsale du tronc, le collicule
facial, visible depuis la fosse rhomboïde.

• Le cervelet est rattaché au tronc cérébral par trois paires de pédoncules cérébelleux. Les
pédoncules cérébelleux moyens sont les plus protubérants et rattachés au niveau du pont.

IRM axial, T2:

1. Citerne ponto-cérébelleuse
2. Pont
3. Méat auditif interne
4. 4ème ventricule
5. Hémisphère cérébelleux

Question
Recherchez:
- artère basilaire
- carotide
- artère cérébelleuse antéro-
supérieure

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IRM coronale, T2:
Faites des hypothèses quant à la localisation
1. Citerne de l'angle ponto-cérébelleux des structures suivantes:
2. Lobe temporal - chiasma optique
3. Pont - nerf trijumeau
4. Hippocampe - artère cérébrale postérieure
5. Méat auditif interne - artère cérébelleuse supérieure
- artère cérébrale moyenne
Notez la présence de flèches vertes.
 
Quelles sont ces structures liquidiennes?
 

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4) Anatomie du mésencéphale et des citernes environnantes

Mésencéphale caudal

1. Substance grise périaqueducale


2. Décussation des pédoncules
cérébelleux supérieurs
3. Système antérol
4. Lemnisque médian
5. Substance noire
6. Tractus corticospinal
7. Noyau trochléaire
8. Noyau mésenphalique du nerf
trigéminal
9. Aqueduc de Sylvius

Mésencéphale rostral

10. Substance grise périaqueducale


11. Noyaux rouges
12. Tractus spinothalamique
13. Lemnisque médian
14. Substance noire
15. Tractus corticospinal
16. Noyau oculomoteur et
Edinger-Wesphale
17. Noyau mésencéphalique du nerf
trigéminal
18. Canal épendymaire

Les différentes citernes en contact avec le mésencéphale et leur contenu nerveux et vasculaire:

• A) Citerne interpédonculaire : nerf oculomoteur à sa sortie du tronc, bifurcation rostrale du


tronc basilaire, artères choroïdiennes postérieures, artères cérébrales postérieures et artères
centrales postéro-latérales, partie de la veine basale de Rosenthal, substance perforée.

• B) Citerne ambiante : trajet du nerf trochléaire, artère cérébrale postérieure et artère


cérébelleuse supérieure, veine basale de Rosenthal.

• C) Citerne quadrigéminale ou supérieure: nerf trochléaire à sa sortie du tronc, épiphyse,


artère cérébelleuse supérieure, artère choroïdienne postérieure, grande veine de Galien,
veines basales de Rosenthal.

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Question:
Tentez de retrouver
les noms des
différentes structures
cisternales dans la
figure ci-dessus.

Attention, ce schéma
ne représente pas
toutes les artères et
veines dans un souci
de clarté. Pour plus
de détails, veuillez
vous référer au cahier
Vascularisation.

• Les tubercules quadrijumeaux formés par les deux paires de collicules sont visibles sur la
face dorsale du mésencéphale. Ils délimitent par convention le mésencéphale caudal du
rostral : la présence du collicule supérieur implique le niveau rostral et inversement.

• La base du mésencéphale correspond aux pédoncules cérébraux (synonyme: crus cerebri).


Ceux-ci comprennent le tractus cortico-spinal (en vert clair sur le schéma) et le tractus
cortico-bulbaire (directement médial au cortico-spinal). Ces deux structures sont encadrées
par des fibres fronto-pontiques.

• La substance péri-aqueducale joue un rôle important dans le contrôle de la douleur.

• La substance noire est l'une des premières structures visibles sur une coupe axiale. Elle
disparaît lors de la maladie de Parkinson, de par sa destruction.

• Ne pas oublier de noter la présence de la formation réticulaire, comme dans tout le tronc
cérébral. La formation réticulaire est une structure formée d’une centaine de petits réseaux
neuronaux, peu organisés, que l’on retrouve en profondeur sur toute la longueur du tronc
cérébral. D’un point de vue phylogénétique, c’est l’une des plus anciennes à avoir évolué.
Cette structure est impliquée dans la régulation de fonctions dîtes “basiques” comme la
régulation cardio-respiratoire, les cycles veille/sommeil, le niveau de vigilance ou encore les
activités motrices réflexes/stéréotypées (tonus postural, marche automatique,...). On a
coutume de diviser cette structure en trois colonnes :
- Les noyaux du Raphé (approvisionnant l’ensemble du névraxe en sérotonine) font ainsi
partie de la colonne médiane.
- La colonne médiale est composée de noyaux magnocellulaires.
- La colonne latérale de noyaux parvocellulaires.

  17  
• Les noyaux rouges sont impliqués dans les fonctions cérébelleuses, cf TP 4.

• Une part de l'information allant former le nerf III prend son départ du noyau oculomoteur, à
l'étage rostral. Ces fibres partent vers la face ventrale en traversant les noyaux rouges, puis
émergent dans la citerne interpédonculaire. Bien que le nerf IV prenne son départ
légèrement plus dorsal, ses fibres prennent la direction opposée, effectuent une décussation
avant de sortir dans la citerne quadrigéminale.

Voici des IRM du tronc cérébral au niveau


mésencéphalique.

Image 1: Vue axiale


1. Citerne quadrigéminale
2. Aqueduc de Sylvius
3. Chiasma optique

Image 2: Vue coronale


Important: toujours se méfier des plans de coupe et
bien tenter de différencier les citernes des
ventricules!

1. Citerne interpédonculaire
2. Hippocampe
3. 3ème ventricule
4. Ventricule latéral

Question
Recherchez sur ces images les structures
suivantes:
- nerf trochléaire
- structures relayant l'information visuelle.
- ventricules latéraux, (cornes antérieures, cornes
postérieurs et cornes inférieures).
- foramens de Monroe

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3) Nerfs crâniens: systématique
Les nerfs crâniens se connectent au SNC au niveau du tronc cérébral, à l'exception des nerfs I et
II. Le premier se rattache au téléncéphale, le second au diencéphale.

Nerf olfactif (I)

- Olfaction.

• Ce nerf est uniquement sensoriel.

• Comme dis plus haut, ce nerf se rattache au télencéphale. L'implication ? C'est le seul nerf
dont l'information ne transite pas par le thalamus avant de rejoindre le cortex.

• Afférence en provenance de cellules sensitives de la cavité nasale de l'information olfactive.

• "Le" nerf est composé d'une multitude de cellules nerveuses bipolaires (nommées cellules de
Schultz) traversant les foramens de la lame criblée de l'os ethmoïde.

• Dés le foramen dépassé, ces cellules font synapse sur le bulbe olfactif.

• L'information transite ensuite par le tractus olfactif, reposant ventralement contre le sillon
olfactif. Le long de ce tractus se trouve le noyau olfactif antérieur, non-distinguable en coupe
macroscopique. Lors que ce tractus rejoint la substance perforée antérieure, il forme le
tubercule olfactif, et se divise en strie médiale et strie latérale.

• Les stries médiales se rejoignent à la commissure antérieure, tandis que les stries latérales
atteignent les aires corticales olfactives.

• Le cortex olfactif primaire est au niveau de l'uncus, en deux parties principales, le cortex
piriforme et une partie du cortex entorhinal très rostral.

• Le cortex olfactif a beaucoup d'influences sur le système limbique. Il existe même la notion
de "rhinencéphale", désignant toutes les structures nerveuses en relation avec l'olfaction.
Chez certains animaux, cela inclus l'intégralité du grand lobe limbique, mais ce qui n'est pas
le cas chez l'homme.

Notez le bulbe olfactif, le tractus


olfactif, le tubercule olfactif et les
stries médiales et latérales.

1.1: Vers quelles structures sont-


elles dirigées ?

  19  
Nerf optique (II)

- Vision.

a) Fonctions

• Attention, ce n’est pas un nerf au sens propre ! En effet, la rétine est dérivée
embryologiquement du système nerveux central et le nerf optique au sens strict est plutôt un
tractus du SNC.

• Ce nerf est uniquement sensoriel.

• Afférences de l'information visuelle en provenance de la rétine permettant:

- Vision du monde nous environnant, et plus précisément, la perception des mouvements, la


localisation des objets dans l’espace et l’identification des couleurs. L'information
rétinienne est relayée dans le noyau géniculé latéral du thalamus. Cette voie est destinée
au cortex visuel (voie principale, discutée plus bas).

- Participation (afférente) aux mouvements réflexes de la tête, du cou et des yeux lors de
stimuli visuels. Pour cette fonction, la rétine projette sur le collicule supérieur, situé dans la
partie dorsale du mésencéphale, qui a une action motrice par la voie tectospinale.

- Participation (afférente) au réflexe photomoteur ou pupillaire. Les axones de la rétine


projettent bilatéralement sur les noyaux prétectaux, impliquant que la moitié de
l'information décusse dans la commissure postérieure. Puis les noyaux prétectaux activent
les noyaux d’Edinger-Westphal. Enfin, les axones vont chacun de leur côté rejoindre un
ganglion ciliaire parasympathique pour assurer la constriction de l’iris par les muscles
sphincters de l’œil.

- Adaptation du cycle nycthéméral à la lumière environnante. Pour cela, la rétine projette sur
le noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus, puis projette à son tour sur l'épiphyse.

b) Foramen

• Le nerf entre dans la boîte crânienne par le foramen optique, appartenant à la petite aile du
sphénoïde. On retrouve aussi dans ce canal optique : l’artère ophtalmique, issue de la
carotide interne et les fibres sympathiques.

c) Trajet principal de l'information nerveuse visuelle dans le SNC :

• Composition du nerf optique: composé des axones des cellules ganglionnaires de la rétine.
Pour chaque œil, des axones appartiennent soit à l’hémirétine nasale (vision de l’hémichamp
visuel latéral) ou à l’hémirétine temporale (vision de l’hémichamp visuel médial).

• Chiasma optique: les axones des cellules ganglionnaires des hémirétines nasales décussent
au niveau du chiasma optique. Ceux des hémirétines temporales ne décussent pas.

  20  
• Tractus optique et noyau géniculé latéral : les axones du tractus optique font synapse dans
ce noyau du thalamus. Ce noyau comprend 6 couches, chacune recevant sélectivement des
informations soit de l’hémirétine temporale ipsilatérale, soit de l’hémirétine nasale
controlatérale.

• Radiations optiques et Cortex strié: les nouveaux axones se dirigent vers le cortex visuel
primaire par les radiations optiques. L’information du champ visuel supérieur passe dans le
lobe temporal, en dessous du sillon calcarin et ces fibres forment l’anse de Meyer. Au
contraire, l’information du champ visuel inférieur passe en profondeur du lobe pariétal et font
synapse en dessus du sillon calcarin. Le cortex visuel primaire (V1) se situe dans le lobe
occipital, en profondeur du sillon calcarin. Sa couche n°4 contient un plexus d’axones
myélinisés, la strie de Gennari.

• Associations : il existe des nouvelles projections sur les aires visuelles associatives (non
primaires), avec notamment la voie dorsale (« where » pathway) ainsi que la voie ventrale
(« what » pathway) qui sont traitées dans le TP n°2.

De nombreux schémas et coupes


vous sont très souvent présentés
lors de l'unité PEC. Nous prenons
le parti anatomique avec ce dessin
représentant une dissection
mettant à jour différentes structures
dont nous venons de vous parler.

Structures faisant partie du trajet


"rétine - cortex strié":

1. Chiasma optique
2. Tractus optique
3. Corps géniculé latéral
4. Radiations optiques
5. Cortex strié

Structures recevant des afférences


du nerf II:

6. Collicules supérieurs
7. Noyau de Edinger-Wesphal

d) Questions

- 2.1: Quelle peut être la conséquence pour la vision d’une fracture de l’os sphénoïde

  21  
- 2.2: Quelle peut être la conséquence pour la vision d’une lésion du tractus optique droit ?

- 2.3: Dans quelles circonstances rencontrerions-nous une hémianopsie hétéronyme


bitemporale ?

- 2.4: Dans quelles circonstances rencontrerions-nous une quadranopsie supérieure


gauche ?

- 2.5: Quels symptômes visuels provoquerait une occlusion de l’artère cérébrale postérieure
droite ?

- 2.6: Où situez- vous la lésion chez un patient qui se plaint de voir comme à travers un
tube ?

  22  
Les nerfs crâniens du n°III jusqu'au n°XII (le n° XI en partie) se rattachent au niveau du tronc
cérébral.

Nerf Oculomoteur (III)

- Majorité des muscles extra-oculaires,


- Muscle releveur de la paupière supérieure,
- Contrôle autonome parasympathique pupille...

a) Fonctions

Le nerf oculomoteur a des connexions avec deux noyaux du mésencéphale : les noyaux
oculomoteur et d’Edinger Westphal.

Ce nerf a trois fonctions :

• Contrôle moteur de 4 des 6 muscles extra-oculaires : le muscle oblique inférieur et les


muscles droit médial, droit supérieur et droit inférieur. Les fibres motrices proviennent du
noyau oculomoteur.

• Contrôle moteur du muscle releveur de la paupière supérieure, également en provenance du


noyau oculomoteur.

• Contrôle autonome de nature parasympathique à destination de la musculature intrinsèque


de l'œil, de provenance du noyau d'Edinger-Wesphal: le muscle ciliaire (impliqué dans
l'accommodation) et le muscle constricteur de l'iris (impliqué dans la contraction du pupillaire
: myosis/mydriase). Participation au réflexe pupillaire (composante motrice).

b) Trajets

• Trajet intra-axial: les fibres sortant du noyaux oculomoteur traversent le noyau rouge tandis
que celles de Edinger-Wesphal cheminent médialement à celui-ci (trajet visualisable
précédemment dans Anatomie du Mésencéphale et des Citernes environnantes).

• Trajet cisternal: ce nerf sort médialement au tronc cérébral sur la face antérieure du
mésencéphale, médialement au crux cerebri. Il traverse la citerne interpédonculaire avant de
cheminer dans la paroi du sinus caverneux.

• Foramen: Il sort enfin du crâne par la fissure orbitaire supérieure.

c) Questions

- 3.1: Quelles sont les conséquences d’une lésion du nerf oculomoteur ?

- 3.2: Comment une tumeur ou un hématome d’un hémisphère peuvent-ils entraîner une
lésion du nerf oculomoteur ?

  23  
Schéma encéphale vue ventrale.

Voyez la sortie du nerf oculo-


moteur dans la vascularisation
cérébrale.
Le nerf émerge au milieu de deux
artères : l'artère cérébrale
postérieure et l'artère cérébelleuse
supérieure. Ces deux artères
forment une forme de pince
caractéristique qui permet
notamment de supposer la
présence du nerf III notamment
lorsqu'il n'est pas visible
(angioIRM).

- 3.3: L’illumination d’un œil entraine un myosis non seulement du côté éclairé, mais
également de l’autre œil (myosis consensuel). Comment expliquez-vous ce phénomène ?

  24  
Nerf Trochléaire (IV)

- Muscle extra-oculaire.

a) Fonctions

Ce nerf ne remplit qu’une seule fonction et pour cela n'est en relation qu'avec un noyau :

• Contrôle moteur partant du noyau trochléaire à destination du muscle oblique supérieur


(aussi nommé grand oblique) qui est l’un des six muscles extra-oculaires. C’est de la
morphologie particulière de ce muscle, rattaché à une poulie conjonctive - la trochlée, dont le
nerf trochléaire tire son nom.

b) Trajet

• Trajet intra-axial: les fibres sortant du noyau trochléaire cheminent en direction dorsale au
bord de la substance grise périaqueducale, puis décussent avant la sortie du tronc cérébral.
On notera que c’est le seul nerf crânien dont les fibres décussent. Lorsque l’on mentionne le
nerf trochléaire droit, c’est du nerf ayant pour origine le noyau trochléaire gauche dont on
parle.

• Trajet cisternal: le nerf émerge à la face dorsale du pont rostral, à la limite avec le
mésencéphale, caudalement aux collicules inférieurs. Le nerf trochléaire va alors contourner
le tronc cérébral en passant par la citerne ambiens. Il rejoint ensuite la paroi du sinus
caverneux, ventralement au nerf oculomoteur.

• Foramen: ce nerf sort lui aussi du crâne par la fissure orbitaire supérieure.

c) Questions

- 4.1: Quelles sont les conséquences d’une lésion du nerf trochléaire ?

  25  
Nerf Trijumeau (V)
- Sensibilité visage, ...
- Proprioception mâchoire
- Thermo-algie visage, ...
- Muscles masticateurs, ...

a) Fonctions

• Afférence de l'information sensorielle tactile superficielle du visage, des cavités orales et


nasale, de la conjonctive et des méninges supratentorielles. Les neurones transmettant cette
information ont leur corps cellulaire situé dans le ganglion de Gasser (aussi appelé ganglion
trigéminé ou ganglion semi-lunaire) avant de projeter dans le noyau trigéminé principal.

• Afférence de l'information proprioceptive de la mâchoire, relayée au noyau trigéminé


mésencéphalique.

• Afférence de l'information sensorielle thermo-algésique du visage, des cavités orale et


nasale, de la conjonctive et des méninges supratentorielles. Cette fois par contre, les
neurones transmettant cette information transite par ganglion de Gasser avant de projeter
dans le noyau trigéminé spinal.

• Contrôle moteur des muscles masticateurs (ptérygoïdes interne et externe, masséter,


temporal) et des muscles tenseur du tympan, tenseur du voile du palais et du ventre antérieur
du muscle digastrique, information relayée au noyau trigéminé moteur. Ces fibres ne passent
pas par le ganglion de Gasser, mais forment une structure distincte, longeant le ganglion
ventralement.

b) Trajet

• Trajet cisternal: le nerf trijumeau émerge du tronc cérébral dans la partie latérale du pont.

• Branches et leur foramen respectif: une fois le ganglion de Gasser passé, le nerf se divise en
3 branches (d’où son nom):

- La branche ophtalmique V1 (uniquement sensorielle) qui circule dans la paroi latérale


du sinus caverneux et quitte la boîte crânienne par la fissure orbitaire supérieure.
- La branche maxillaire V2 (uniquement sensorielle) qui circule parfois dans la paroi
latérale du sinus caverneux et quitte la boîte crânienne par le foramen rond.
- La branche mandibulaire V3 (innervation sensorielle et motrice) qui quitte la boite
crânienne par le foramen ovale.

c) Projections au thalamus et cortex:

• Les axones des neurones du noyau trigéminé principal décussent ensuite et projettent sur le
noyau ventro-postéro-médial (VPM) du thalamus controlatéral via le lemnisque trigéminé. Une
partie de l'information, notamment les sensations de la cavité orale projettent sur le VPM
ipsilatéral via le tractus trigémino-thalamique dorsal.

  26  
• Les axones des neurones du noyau trigéminé spinal décussent et projettent via le tractus
trigémino-thalamique vers :

- Le noyau VPM controlatéral qui projette ensuite sur le cortex somato-sensoriel


primaire.
- Le noyau ventromédian postérieur (VMP) controlatéral qui projette ensuite sur le cortex
somato-sensoriel secondaire et sur le cortex insulaire
- Le noyau dorsomédian controlatéral (DM) qui projette ensuite vers le gyrus cingulaire
antérieur.

d) Réflexes associés

Deux réflexes permettent de tester la fonction du nerf trijumeau :

• Le réflexe masséterin (jaw jerk reflex), dont l’afférence et l’efférence passent par le nerf
trijumeau. Il s’agit d’un réflexe d’étirement musculaire.

• Le réflexe cornéen dont l’afférence passe par le nerf V (sensibilité thermo-algésique de la


cornée) et l’efférence passe par le nerf facial VII (muscle orbiculaire des paupières).

e) Questions

- 5.1: Quelles manifestations sensorielles et motrices seraient entrainées par une lésion du
nerf trijumeau ?

- 5.2: Une lésion unilatérale du cortex moteur primaire ou de la capsule interne entraine-t-
elle une perte de force des muscles masticateurs ?

Subdivision des dermatomes


trigéminés :

V1 : vert
V2 : jaune
V3 : orange
Plexus cervical supérieur : violet
Nerfs cervicaux : bleu

  27  
Nerf Abducens (VI)

- Muscle extra-oculaire.

a) Fonctions

Tout comme le nerf trochléaire, le nerf abducens n’a qu'une fonction:

• Efférence motrice d’un seul des 6 muscles extraoculaires: le muscle droit latéral. Ce nerf
permet l’abduction de l’œil.

b) Trajet

• Trajet cisternal: le nerf abducens émerge au niveau du sillon bulbo-pontique, dans la citerne
pré-pontique qu’il traverse pour rejoindre le sinus caverneux. Contrairement aux autres nerfs
crâniens passant par le sinus caverneux, le nerf abducens suit l’artère carotide interne,
passant au centre du sinus, plutôt que longer la paroi.

• Foramen: la sortie du crâne se fait par la fissure orbitaire supérieure, tout comme pour les
deux autres nerfs contrôlant les mouvements oculaires.

c) Questions

- 6.1: Quelles sont les conséquences d’une lésion du nerf abducens ?

Le nerf abducens est le dernier


des trois nerfs contrôlant les
muscles oculaires.

Voici leur sortie du tronc cérébral


ainsi que leur sortie du crâne.

  28  
Question:
Tous les nerfs dont
nous venons de
parler sortent du
crâne par la fosse
antérieure ou la
fosse moyenne.

Annotez le cliché
suivant quant aux
foramens que ces
nerfs (nerf I à VI)
empruntent pour
sortir du crâne.
 

Sinus caverneux

Passage des nerfs


III, IV, V1 et V2
dans la paroi, et VI
au centre de la
cavité.

  29  
Nerf Facial

- Goût de la majorité de la langue


- Sensibilité de Ramsay-Hunt
- Muscles peauciers,...
- Salivation.

a) Fonctions

Ce nerf a quatre fonctions et pour cela quatre noyaux:

• Afférence sensorielle gustative des 2/3 antérieurs de la langue et du palais dur, avec
premièrement un passage dans le ganglion géniculé, puis un relai dans la partie rostrale du
noyau solitaire.

• Afférence sensorielle tactile superficielle et thermoalgésique de la zone de Ramsay-Hunt, une


partie de la peau de l’oreille externe. L'information sensitive remonte au noyau trigéminé
spinal.

• Contrôle moteur des muscles peauciers (servant à l'expression faciale), le ventre postérieur
du muscle digastrique et le muscle de l’étrier (muscle stapédien). L'information provient du
noyau facial moteur.

• Contrôle autonome des glandes lacrymales, des salivaires submandibulaires et sublinguales.


Ce contrôle autonome démarre du noyau salivaire supérieur, avec le neurone
préganglionnaire. Les corps neuronaux des neurones post-ganglionnaire à destination des
glandes lacrymales sont localisés dans le ganglion ptérygopalatin, alors que ceux à
destination des glandes salivaires le sont dans le ganglion ganglion submandibulaire.

b) Trajet

• Nerf VII au sens strict: l'information motrice (muscles peauciers, ventre postérieur du muscle
digastrique, muscle de l'étrier) forme la partie du nerf facial émergeant à la jonction bulbo
pontique, latéralement au nerf abducens et médialement au nerf vestibulo-cochléaire : cette
région est appelée angle ponto-cérébelleux. Il traverse la citerne ponto-cérébélleuse.

• Nerf intermédiaire: les fibres des autres composantes du nerf forment ce qu'on appelle le nerf
"intermédiaire" de Wrisberg. Ce nerf intermédiaire sort latéralement au nerf VII et on le nomme
souvent VII bis.

• Trajet intra-osseux:
- Les nerfs VII et VII bis pénètrent dans le méat acoustique interne avec le nerf vestibulo-
cochléaire.

- Ils cheminent ensuite dans le canal facial qui est creusé dans l’os temporal. Lors du
passage dans le ganglion géniculé, les deux structures (VII et VIIbis) fusionnent. Peu
après, l'information motrice du muscle stapedien se sépare du reste du nerf.

- Le nerf facial unique émerge à la base du crâne par le foramen stylomastoïdien.

  30  
c) Contrôle cortical

• La partie supérieure du visage reçoit des projections bilatérales du cortex pré-moteur et de


l’aire motrice cingulaire (non-figurants sur le schéma ci-dessous, voir APP "Nerfs crâniens"),
ainsi que des projections bilatérales de l'aire motrice primaire (M1). La partie inférieure du
visage reçoit majoritairement des projections controlatérales de l'aire motrice M1.

• Par conséquent, une lésion du cortex moteur primaire (paralysie faciale centrale) affectera :
- Le tonus et les mouvements volontaires de la partie inférieure de l’hémiface
controlatérale : abaissement de la commissure labiale, effacement du sillon
nasogénien et dissociation automatico-volontaire (si le patient veut se forcer à sourire,
il ne pourra pas relever la commissure labiale - en revanche, s’il rit vraiment il pourra
sourire de façon symétrique).
- Le contrôle de la musculature de l’hémiface supérieure reste conservé.

Concernant l'information efférente


des muscles de la face, la
projection des centres supérieurs
est différente entre la partie
supérieure du visage et la partie
inférieure.

Il est possible de léser ces tractus


à plusieurs niveaux. Nous avons
déjà discuté de la lésion corticale.

- Quelle serait la symptomatologie


d'une lésion du noyau facial droit?
(2ème flèche)
-

• Le noyau solitaire projette sur le noyau ventro-postéro-médian (VPM) ipsilatéral du thalamus,


puis sur le cortex gustatif primaire dans l'insula.

d) Questions :

- 7.1: Quelles sont les conséquences d’une paralysie du nerf facial ?

  31  
Nerf vestibulo-cochléaire (VIII)
- Audition.
- Sens de l'équilibre, de l'orientation, ...

a) Fonctions

Il a deux fonctions principales, assurées par deux branches nerveuses distinctes :

• L’audition, fonction assurée par le nerf cochléaire, information passant par le ganglion spiral,
puis projetée dans les noyaux cochléaires dorsal, antéroventral et postéroventral.

• L’équilibre, l’orientation et les mouvements de la tête et des yeux, fonctions assurées par le
nerf vestibulaire, passant par le ganglion vestibulaire de Scarpa puis projetant dans les
noyaux vestibulaires médial, latéral, supérieur et inférieur.

b) Trajet

• Attention, le nerf vestibulocochléaire ne sortira jamais de la boite crânienne car la cochlée et


le vestibule sont dans le labyrinthe de l’os temporal.

• Trajet cisternal: il traverse la citerne ponto-cérébelleuse et pénètre dans l’angle ponto-


cérébelleux.

• Foramen: le nerf auditif pénètre dans le méat auditif interne

Le nerf cochléaire: (attention, ce qui va suivre est simplifié dans un souci de clarté)

• Les fibres ayant fait synapse avec le noyau antéro-ventral se dirigent vers les olives
supérieures droite et gauche, situées dans le pont moyen. Il existe donc une innervation
bilatérale. Ces olives sont impliquées dans la localisation horizontale du son.

• Les fibres ayant fait synapse avec le noyau dorsal se dirigent vers le noyau du lemnisque
latéral, au niveau de la jonction ponto-mésencéphalique. C’est une innervation controlatérale.
A noter que le noyau dorsal est impliqué dans la localisation verticale du son.

• Ces fibres font synapse avec le noyau postéro-ventral et vont directement sur les collicules
inférieurs controlatéraux, situés dans le tectum du mésencéphale caudal, où les rejoignent
les deux autres voies.

• Puis, les fibres en provenance du collicule inférieur contactent les corps genouillés médians
du thalamus par le brachium du collicule inférieur.

• Ces neurones contactent le cortex auditif primaire (A1), situé dans le gyrus de Heschl. Il
contient une carte tonotopique précise de la cochlée. Les aires associatives du cortex auditif
sont disposées concentriquement autour du cortex auditif primaire.

  32  
Le nerf vestibulaire :

• Les cellules ciliées du vestibule transmettent aux cellules bipolaires l'information quant à
l’orientation de la tête. Les corps cellulaires de ces cellules sont dans le ganglion vestibulaire,
puis forment la subdivision vestibulaire du nerf VIII, qui traverse le méat auditif interne.

• Le nerf vestibulaire traverse la citerne pontocérebelleuse et dans l’angle pontocérébelleux,


pour rejoindre les noyaux vestibulaires. Il rejoint les noyaux vestibulaires supérieur, inférieur,
latéral et médial.

• Projection ascendante depuis les noyaux vestibulaires : les noyaux vestibulaires projettent
bilatéralement vers les noyaux ventraux postérieurs du thalamus (qui fait aussi partie du
système somatosensoriel). Ces neurones se dirigent vers les aires vestibulaires. Il est
composé de l’aire 3a (partie du cortex somatosensoriel primaire), du cortex pariétal postérieur
et du cortex insulaire. Cette projection ascendante est responsable de la perception
consciente de la position et des mouvements de la tête et du contrôle de l’équilibre et de la
posture.

• Projections descendantes depuis les noyaux vestibulaires : Projections vers les structures
motrices de la moelle épinière en passant par le cervelet (flocculonodulaire) via le pédoncule
cérébelleux inférieur, pour former le faisceau vestibulospinal. La partie latérale contrôle des
muscles participant au maintien de l’équilibre et le faisceau vestibulospinal médial contrôle
des mouvements de la tête et du cou.

• Projections vers les structures oculomotrices du tronc cérébral : coordination des mouvements
des yeux avec ceux de la tête. C’est le réflexe vestibulo-oculaire : il permet de maintenir la
fixation visuelle lors des mouvements de la tête. L’arc afférent passe par l’appareil vestibulaire,
qui projette ensuite sur les différents noyaux oculomoteurs.

c) Questions

- 8.1: Qu’est-ce que la tonotopie ?

- 8.2: Une lésion du brachium du collicule inférieur droit s’accompagnera-t-elle d’une


surdité d’une oreille ?

- 8.3: Quelles sont les conséquences d’une lésion du vestibulo-cochléaire ?

- 8.4: Un patient de 68 ans se présente chez vous et se plaint des symptômes suivants : la
nourriture a moins de goût, il a l’impression que ses yeux sont ensablés, il n’entend plus
très bien du côté droit et il se plaint de vertiges. Une anomalie à un endroit bien précis
permettrait de relier tous ces symptômes. Quelle pourrait être cette région et quel
problème pourrait être à l’origine des troubles ?

  33  
Nerf Glossopharyngien (IX)

- Sensibilité pharynx, ...


- Sensibilité oreille externe.
- Goût d'une partie de la langue.
- Salivation,
- Muscle stylo-pharyngien.
a) Fonctions

Il a cinq fonctions principales, et pour cela a des connexions avec trois noyaux du tronc:

• Afférence de l'information tactile superficielle et thermo-algésique de la peau dans l'oreille


externe, passant par le ganglion supérieur, puis par le noyau spinal du trigéminé.

• Afférence sensorielle viscérale des membranes muqueuses de la région pharyngée, de


l'oreille moyenne, du sinus et du glomus carotidien. Ces informations sensorielles sont toutes
relayées dans le ganglion pétreux (inférieur), avant de faire synapse dans la partie caudale
du noyau solitaire.

• Afférence sensorielle gustative du tiers postérieur de la langue, relayée par le ganglion


pétreux (ou inférieur) et ensuite par la partie rostrale du noyau solitaire.

• Contrôle autonome de la glande parotide. Le noyau salivaire inférieur projette dans le nerf, et
les corps neuronaux sont localisés dans le ganglion otique (ganglion autonome) avant
d'innerver la glande.

• Contrôle moteur branchiométrique du muscle stylo-pharyngien, par les motoneurones partant


du noyau ambigu.

b) Réflexes associés

• Gag reflexe ou réflexe nauséeux : afférences par le nerf IX, efférences par le nerf X.

c) Trajet

• Ce nerf sort du tronc cérébral à la hauteur du bulbe rostral, dans le sillon rétro-olivaire.

• Il chemine dans l'espace sous-arachnoïdien antérieur au bulbe. Il sort ensuite du crâne par le
foramen jugulaire.

d) Questions

- 9.1: Quelles sont les conséquences d’une lésion du nerf glossopharyngien dès sa sortie
du crâne ?

- 9.2: Une lésion unilatérale du cortex moteur primaire a-t-elle des conséquences sur le
contrôle des muscles du pharynx et du larynx ?

  34  
- 9.3: Comment expliquer que certaines lésions du pharynx peuvent entraîner des otalgies
?

Innervation afférente gustative


par trois nerfs:

- VII pour les 2/3 distaux


- IX pour le 1/3 proximal
- X pour le fond de la cavité
buccale, le pharynx et le larynx.

A noter que des récepteurs


gustatifs sont retrouvés jusque
dans l'oesophage!

Innervation sensitive tactile


superficielle de la cavité orale,
nasale et pharyngée illustrée
dans ce schéma.

Le nerf glossopharyngien participe


pour la sensation du fond de
gorge.

  35  
Nerf Vague (X)

- Contrôle parasympathique principal


- Sensibilité oreille externe
- Sensibilité viscères à partir du larynx, ...
- Goût de la partie postérieur de la cavité orale
- Muscle du palais, du pharynx et larynx.

a) Fonctions

Ce nerf-ci aussi a cinq fonctions et pour cela est relié à quatre noyaux du tronc cérébral:

• Afférence de l'information sensorielle tactile et superficielle d'une zone de la peau de l'oreille


externe, ainsi que des méninges infratentorielles. Cette information est relayée dans le
ganglion jugulaire (ou supérieur) puis dans le noyau trigéminé spinal dans le tronc cérébral.

• Afférence viscérosensorielle du larynx, de la trachée, de l'estomac, des récepteurs des arcs


aortiques, faisant relai dans le ganglion nodosum (ou inférieur), puis dans le noyau solitaire
(caudal).

• Afférence sensorielle gustative des récepteurs gustatifs, spécifiquement de la partie


postérieure de la cavité orale, ainsi que du larynx. Le premier relai se fait dans le ganglion
nodosum (ou inférieur), puis dans le noyau solitaire (partie rostrale).

• Contrôle autonome parasympathique ayant un effet sur le tube digestif jusqu'à l'angle
splénique, sur les structures respiratoires ainsi que sur le cœur. Les neurones pré-
ganglionnaires démarrent du noyau dorsal du vague pour faire synapse sur les différents
corps neuronaux localisés dans les ganglions terminaux parasympathiques, avant d'atteindre
leurs organes cibles.

• Contrôle moteur des muscles du palais, du pharynx et du larynx, par le noyau ambigu.

b) Réflexes associés

• Gag reflexe ou réflexe nauséeux: afférence passe par le nerf glossopharyngien et efférence
par le vague.

c) Trajets

• Trajet cisternal: ce nerf sort du tronc cérébral par le sillon rétro-olivaire, caudalement à la
sortie du nerf glossopharyngien.

• Foramen: le nerf quitte ensuite la boîte crânienne par le foramen jugulaire.

d) Questions

- 10.1: Quelles sont les conséquences cliniques audibles d’une lésion du nerf vague ?

- 10.2: Quels signes indiquent une atteinte du nerf vague lors de l’examen de la cavité

  36  
buccale ?

- 10.3: Pourquoi un patient atteint d’une lésion du nerf vague peut se plaindre d’une
remontée de liquides dans le nez lors de la déglutition ?

e) Aspect intéressant de ce nerf

Le nerf vague prend un trajet détourné pour innerver le larynx: il descend jusqu'à contourner
l'arche aortique et devenir le nerf laryngé récurrent, qui remonte jusqu'au larynx. L'implication de
ce détail anatomique : une tumeur de l'apex pulmonaire ou bien un anévrisme de l'aorte peuvent
modifier la voix en lésant ce nerf.

  37  
Nerf accessoire (XI)

a) Fonctions

- Muscles du larynx.
- Muscles sterno-cléido-mastoïdien, ...

Ce nerf a deux fonctions, gérées par deux noyaux du tronc :

• Contrôle moteur des muscles du larynx. Cette branche du nerf accessoire retourne
rapidement au nerf vague. On l'appelle cette branche la branche aberrante du vague. Ces
fibres motrices font relai dans le noyau ambigu (partie caudale).

• Contrôle moteur des muscles sterno-cleido-mastoïdien et d'une partie des muscles du


trapèze, par le noyau accessoire. Ce dernier ne fait partie d'aucune colonne. Ce noyau est
situé caudalement au tronc cérébral, dans la corne ventrale cervicale dés la décussation
pyramidale et ce jusqu'à C2. Cette partie est nommée racine spinale du nerf accessoire.

b) Trajet

• Trajet cisternal: ce nerf quitte en partie le tronc cérébral à la hauteur du sillon rétro-olivaire,
caudalement aux nerfs XI et X, dans la citerne cérébello-médullaire latérale.

• Trajet extra-crânienne: une seconde partie du nerf sort de la moelle épinière cervicale
rostrale et remonte par le foramen magnum pour rejoindre la première partie du nerf.

• Foramen: Ce nerf quitte ensuite la boîte crânienne par le foramen jugulaire.

c) Questions

- 11.1: Quelles sont les conséquences cliniques d’une lésion du nerf spinal accessoire ?
Que retrouve-t-on à l'examen du patient?

- 11.2: Vous voyez un patient qui se plaint de fausses routes et d’une altération de la voix.
Lors de l’examen, vous remarquez que la rotation de la tête vers la droite est faible. De
plus, le patient semble ne pas sentir la stimulation mécanique du pharynx à gauche. Où
situez-vous la lésion ?

  38  
  SCM  

Trapèze  

  39  
Nerf Hypoglosse (XII)

- Muscles de la langue.

a) Fonctions

Il a une seule fonction, dont il tire son nom:

• Contrôle moteur des muscles intrinsèques de la langue (hypoglosse, génioglosse,


styloglosse), par le noyau hypoglosse.

b) Trajet

• Trajet cisternal: ce nerf est le seul à sortir du tronc cérébral par le sillon pré-olivaire. Il
chemine dans la citerne cérébello-médullaire latérale.

• Foramen: il quitte ensuite le crâne par le foramen hypoglosse.

c) Questions

- 12.1: Peut-on estimer la localisation de ce noyau à la surface du tronc cérébral ?


 
 
- 12.2: Quelles sont les conséquences d’une lésion du nerf hypoglosse ?

  40  
D) Réponses aux questions:

1.1: La strie médiale se dirige vers la commissure antérieur. La strie latérale vers les structures
corticales notamment le pôle temporal.

2.1: Le foramen optique est creusé dans la petite aile du sphénoïde. Ainsi, une fracture de cet os
lésant le nerf optique peut causer une cécité monoculaire.

2.2: Une hémianopsie homonyme gauche. Hémianopsie = perte d’un hémi champ visuel.
Homonyme = le même hémichamp est touché pour chacun des deux yeux. Ici gauche en raison
de la décussation partielle du chiasma optique, l’information provenant d’un hémichamp visuel
circule dans le tractus optique controlatéral.

2.3: En cas de lésion du chiasma optique. Par exemple, une tumeur hypophysaire peut entrainer
une compression du chiasma par débordement de la selle turcique, l’hypophyse étant située
ventralement au chiasma. Les fibres des hémirétines nasales qui traversent le chiasma optique
seront atteintes, alors que celles des hémirétines temporales peuvent être épargnées. Une autre
pathologie responsable d’une hémianopsie hétéronyme bitemporale serait par exemple
l’anévrisme de l’artère communicante antérieure.

2.4: Une lésion du lobe temporal droit. L’information du champ visuel supérieur controlatéral fait
un grand détour dans le lobe temporal par l’anse de Meyer, correspondant aux quadrants
rétiniens inférieurs.

2.5: Le patient aurait une hémianopsie homonyme gauche.

2.6: Le cortex visuel primaire contient une représentation topographique du champ visuel : les
régions les plus périphériques du champ visuel sont représentées plus rostralement alors que les
régions les plus centrales caudalement au cortex strié. La représentation de la fovéa est la plus
postérieure au niveau du pôle occipital. À ce niveau du cortex visuel primaire, la vascularisation
se fait à la fois par l’artère cérébrale postérieure et par l’artère cérébrale moyenne. On appelle ce
phénomène l’épargne maculaire.
Ce patient souffre donc d’une interruption du débit sanguin dans les deux artères cérébrales
postérieures. Il existe encore une vascularisation du lobe occipital au niveau du pôle par l’artère
cérébrale moyenne, ce qui correspond à la vision centrale, ici épargnée.

3.1:
1. Déviation de l'œil ipsilatéral vers le bas et vers l'extérieur du fait de la perte d'antagonisation
des muscles droit latéral et grand oblique, entrainant un strabisme divergeant et une diplopie
visible pour le patient.
2. Ptose de la paupière supérieure ipsilatérale.
3. Mydriase ipsilatérale (anisochorie).
4. Des troubles de l'accommodation entrainant une vision floue des objets proches.

3.2: En provoquant un engagement transtentoriel (herniation uncale). L’uncus du gyrus


parahippocampique s’engage au bord de la tente du cervelet et peut comprimer le nerf
oculomoteur.
A noter qu'un anévrisme peut également comprimer le nerf oculomoteur. Beaucoup d'artères
peuvent être en cause, due notamment à la notion de la pince oculo-motrice visible ci-dessous.

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3.3: L'information rétinienne passant par le tractus optique projette bilatéralement sur les noyaux
prétectaux, qui eux-même projettent sur les noyaux d’Edinger-Westphal. S’en suit une réponse
autonome donc bilatérale à destination des muscles constricteurs de l’iris passant par les deux
nerfs oculomoteurs.

4.1: La paralysie du muscle oblique supérieur entraîne une rotation (le pôle inférieur du globe est
déplacé vers l’intérieur par le muscle oblique inférieur) et une légère élévation du globe oculaire
(perte de l'action antagoniste du muscle droit supérieur). Cela entraîne une diplopie mais le
strabisme reste généralement limité. Le patient a tendance à incliner la tête du côté opposé au
muscle paralysé pour induire une rotation de l’autre globe oculaire et égaliser ainsi l’axe vertical
des deux yeux.

5.1: Perte de la sensibilité tactile et thermo-algésique de l’hémiface ipsilatérale menant à


l'abolition des réflexes cornéen et massétérin.
Parésie/Paralysie ipsilatérale de la mâchoire, menant à une déviation de la bouche ouverte du
côté de la lésion.

5.2: Peu ou pas de manifestations car chaque cortex moteur primaire projette bilatéralement sur
le noyau trigéminé moteur.

6.1: Une lésion du nerf abducens entraine la paralysie du muscle droit latéral. Ceci empêche l’œil
de se déplacer en abduction, cause une diplopie et un strabisme, surtout présents lorsque le
patient regarde du côté du nerf lésé.

7.1:
1. Paralysie des muscles de l’expression faciale de l’hémiface ipsilatérale : paralysie faciale
périphérique, avec le signe de Bell : du côté paralysé, le malade ne peut pas fermer l'œil
jusqu'au bout (par paralysie des muscles orbiculaires des paupières) et le globe oculaire se
bascule en haut et en dehors. Le blanc de l'œil devient visible à chaque tentative d'occlusion de
la paupière.
2. Hyperacousie ipsilatérale par une paralysie du muscle stapédien. Quand ce muscle se
contracte, il diminue la transmission des vibrations du tympan à l’oreille interne, ce qui amène à
une diminution de l’intensité perçue des sons. La lésion du nerf facial causant une perte de
fonction de ce muscle peut donc engendrer une hyperacousie.
3. Perte du goût sur les deux tiers antérieurs de la moitié ipsilatérale de la langue, sans forcément
de symptômes rapportés par le patient: ce que le patient ressent comme étant les saveurs sont
en réalité une question d'odeurs.

8.1: Certaines structures participant au traitement de l’information auditive (noyaux cochléaires,


collicule inférieur, cortex auditif primaire) sont organisées de sorte que des ensembles de
neurones voisins sont sensibles à des fréquences voisines.
Celle-ci reflète l’organisation de la cochlée : la membrane basilaire, qui transmet les vibrations
captées par le tympan aux cellules ciliées, vibre de façon différente selon la fréquence des sons :
ainsi, des hautes fréquences feront vibrer préférentiellement la partie basale de la membrane
basilaire, et les basses fréquences feront davantage vibrer la partie apicale.

8.2: Une lésion focale unilatérale des structures auditives centrales ne s'accompagne
pratiquement jamais d'une surdité monaurale. Il faudrait une atteinte focale périphérique
unilatérale, affectant l'oreille moyenne ou l'oreille interne ou le nerf VIII.

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8.3: Lésion du nerf cochléaire : hypoacousie ou surdité, tinnitus (acouphènes).
Lésion du nerf vestibulaire : vertige rotatoire, nystagmus battant du coté opposé à la lésion,
trouble de l’équilibre, se manifestant par une déviation de la marche du coté opposé à la lésion,
accompagnée possiblement par des chutes.

8.4: Une tumeur de l’angle ponto cérébelleux, par exemple un neurinome acoustique
(schwannome vestibulaire) ou méningiome. Les symptômes s’expliquent ainsi :
1. Diminution de la perception des goûts : lésion du nerf facial (nerf intermédiaire).
2. Yeux ensablés : diminution de la sécrétion de larmes par lésion du nerf facial (nerf
intermédiaire).
3. Diminution de l’acuité auditive : lésion du nerf cochléaire.
4. Vertiges : lésion du nerf vestibulaire.

9.1:
1. Perte de la sensibilité viscérale du pharynx, entraînant une dysphagie.
2. Abolition du réflexe nauséeux ipsilatéral à la lésion.
3. Perte du goût du tiers postérieur de la langue et du pharynx (peut cependant ne pas être
remarquée par le patient)
(Les autres déficits ne seront pas discernables par l'examen physique habituel: nous pensons
notamment à l'anesthésie de la petite partie de peau dans l'oreille externe).

9.2: Chacun des noyaux ambigus recevant une projection bilatérale des cortex moteurs
primaires, une lésion unilatérale du cortex moteur primaire ne sera pas suffisante pour créer de
parésie des muscles concernés.

9.3: Le nerf glossopharyngien innerve sensoriellement les muqueuses du pharynx mais aussi
l'oreille externe. Lors d'une douleur du pharynx, une otalgie peut être retrouvée, ce qu'on appelle
une douleur référée.

10.1: Elles sont principalement liées à la perte du contrôle des muscles du pharynx et du larynx,
dont voix nasonnée, troubles de la déglutition (paralysie du voile du palais et du pharynx), ainsi
qu'une voix bitonale (due à la paralysie du larynx).

10.2: La luette peut être déviée du côté sain. Cette déviation s’accentue à la phonation: lors de la
phonation, le voile du palais ne se soulève pas du côté lésé, mais dévie du côté sain, ce qu'on
appelle le signe du rideau.

10.3: Parce que le voile du palais est paralysé. Son rôle étant de se contracter lors de la
déglutition pour fermer la communication entre l’oro- et le nasopharynx et éviter les remontées de
liquide.

11.1: Elles sont principalement liées à la lésion de la racine spinale :

- Faiblesse de la rotation de la tête vers le côté opposé à la lésion (par paralysie du


sterno-cléido-mastoïdien).
- Abaissement et faiblesse de l’élévation de l’épaule ipsilatérale (par paralysie de la
partie supérieure du trapèze).

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11.2: Les nerfs glossopharyngien, vague et spinal accessoire gauches sont touchés. La lésion
se trouve probablement dans le foramen jugulaire gauche, par où passent ces 3 nerfs crâniens.

12.1: Il forme un renflement dans le plancher du 4ème ventricule, qu'on appelle le trigone
hypoglosse, situé médialement au trigone vagal.

12.2: La perte de l’innervation des muscles de la langue entraîne :


1. Une paralysie, menant à une déviation de la langue du côté paralysé lorsqu'on demande au
patient de tirer la langue. En effet, chaque coté de la langue a pour fonction de pousser le bout
de la langue dans une direction antérieure et médiale.
2. Une atrophie musculaire et des fasciculations.

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