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MÉTHODE D'ANALYSE DES DISCOURS

L'exemple de l'allocution d'un dirigeant d'entreprise publique


Amélie Seignour

Lavoisier | « Revue française de gestion »

2011/2 n° 211 | pages 29 à 45


ISSN 0338-4551
ISBN 9782746232693
Article disponible en ligne à l'adresse :
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https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2011-2-page-29.htm
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RESSOURCES
HUMAINES
AMÉLIE SEIGNOUR
Université Montpellier 2, ERFI

Méthode d’analyse
des discours

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L’exemple de l’allocution
d’un dirigeant d’entreprise publique
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De plus en plus d’études en sciences de gestion intègrent à


leur méthodologie des analyses textuelles. Celles-ci tendent
aujourd’hui à dépasser l’analyse de contenu pour étudier les
modes d’argumentation et de légitimation des énoncés. Notre
communication vise ainsi à proposer une méthode d’analyse
de discours approfondie. Nous présentons une grille de lecture
composée d’indicateurs linguistiques identifiés à l’aide du
logiciel de sémantique Tropes puis illustrons nos propos en
présentant l’étude d’une allocution prononcée par un ancien
dirigeant de la SNCF.

DOI:10.3166/RFG.211.29-45 © 2011 Lavoisier, Paris


30 Revue française de gestion – N° 211/2011

E
n sciences de gestion, nombreuses de l’énonciateur. À partir de ces indica-
sont les méthodologies de recherche teurs, nous proposons une grille de lecture
qui comprennent une phase d’ana- permettant une analyse fine des énoncés
lyse de discours. Bien souvent, une discursifs. Cette contribution avant tout
« simple » analyse thématique suffit pour méthodologique a ainsi pour objectif
que le chercheur atteigne ses objectifs. Or, majeur de présenter de manière précise et
ainsi qu’en témoigne le nombre croissant détaillée chacune des trois catégories
de chercheurs qui, dans ce champ, s’inté- d’analyse, énonciative, référentielle et argu-
ressent aux analyses discursives, notam- mentative. Elle vise aussi à illustrer cette
ment assistées par ordinateur (Areni, 2003 ; méthode à partir de l’étude, effectuée avec
Bournois et al., 2002 ; Mathieu 2004 ; l’appui du logiciel de sémantique Tropes,
Fallery et Rodhain, 2007 ; Igalens, 2007) d’une allocution interne, prononcée par un
certains discours – discours managériaux, ancien dirigeant d’une grande entreprise
entretiens exploratoires ou récits de vie – publique française, la SNCF. Il nous est en
semblent mériter une étude approfondie, effet apparu que le discours mobilisateur de

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dépassant les classiques méthodes d’ana- ce dirigeant, exhortant au changement dans
lyse de contenu strictement centrées sur la l’entreprise au nom de l’efficacité organisa-
fonction référentielle des énoncés, c’est-à- tionnelle mais aussi au nom de valeurs
dire sur leur contenu. En fonction des démocratiques et humanistes, se situait au
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objectifs de chaque investigation, il peut cœur de contradictions, de l’ordre de la


être intéressant d’en analyser les champs double contrainte. C’est cette thématique
sémantiques, les modes d’argumentation et du changement « décrété » dirons-nous en
de légitimation, la structuration ou le sys- plagiant Michel Crozier qui est au centre de
tème d’énonciation, autrement dit la façon nos analyses.
dont l’émetteur s’implique dans sa pro-
duction et y implique se(s) destinataire(s) I – CORPS D’HYPOTHÈSES
(Garric et al., 2006 ; Seignour, 2009). ET CADRE DE RÉFÉRENCE
Cet article propose ainsi une méthode Nos investigations s’inscrivent dans une
d’analyse textuelle approfondie. Nous pré- approche des discours, de l’homme com-
sentons synthétiquement dans une première municant2 et de l’analyse textuelle qu’il
partie nos principales hypothèses sur les convient d’expliciter (Seignour, op. cit et
discours et le sujet parlant ainsi que les 1998).
cadres de référence dans lesquels cette
méthode s’inscrit. Nous montrons ensuite 1. Discours et influence
que les textes1 comportent formellement « Parler, c’est sans doute échanger des
divers marqueurs, qui constituent autant de informations ; mais c’est aussi effectuer un
« traces » de la présence (ou de l’absence) acte, régi par des règles précises, qui pré-

1. Nous appelons « texte » la transcription d’un discours quel qu’il soit.


2. Nous reprenons ici le titre du célèbre ouvrage de Ghiglione.
Méthode d’analyse des discours 31

tend transformer la situation du récepteur argumentatif inscrit alors dans son énoncé
et modifier son système de croyance et/ou une représentation du destinateur, du desti-
son attitude comportementale. » (Kerbrat- nataire et révèle implicitement la nature des
Orecchioni, 1980, p. 84). relations qu’entretiennent les deux pôles de
Selon Adam, Bourdieu, Ducrot, Ghiglione, l’échange.
Kerbrat-Orecchioni 3, etc., un discours ne se Les discours argumentatifs regroupent trois
contente pas de décrire un réel qui lui pré- principaux types de textes (Boissinot, 1992)
existe mais construit la représentation du qui peuvent être démonstratifs, expositifs et
réel que le locuteur souhaite faire partager dialogiques. Les textes à tendance démons-
par son allocutaire. Il en résulte que pour la trative, prétendument logiques, comportent
plupart des spécialistes du langage, énoncer de nombreux connecteurs5 et procédés de
un discours, c’est vouloir agir sur autrui. Le raisonnement tels l’induction, la déduction,
discours a ainsi un objectif performatif : l’analogie. Tout en proposant une thèse, les
c’est un acte volontariste d’influence. La textes à tendance expositive masquent ins-
plupart des discours, notamment politiques, tances d’énonciation et procédés de raison-

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publicitaires et managériaux, sont alors nement sous un contenu « purement » infor-
considérés comme appartenant à la classe mationnel. Enfin, les textes à tendance
des énoncés argumentatifs, dont la finalité dialogique fonctionnent comme un lieu de
réside dans la recherche d’adhésion du des- confrontation de thèses et sont construits,
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tinataire. Ainsi, pour Adam (1992, p. 116), de manière plus ou moins patente, sous la
« Un discours argumentatif vise à intervenir forme d’un dialogue6. Bien qu’ils prennent
sur les opinions, attitudes ou comporte- parfois l’apparence d’un énoncé démons-
ments d’un interlocuteur ou d’un auditoire tratif ou expositif afin de « neutraliser » ou
en rendant crédible ou acceptable un de naturaliser leur thèse, les discours mana-
énoncé. » 4 et pour Perelman (1983, p. 173), gériaux appartiennent généralement à cette
« L’argumentation s’efforce de faire passer dernière catégorie et sont des instruments
vers la conclusion l’adhésion accordée aux non négligeables pour « énacter la straté-
prémisses. Cette adhésion est toujours rela- gie » (Marion, 2000).
tive à un auditoire, elle peut être plus ou
moins intense, selon les interlocuteurs. » 2. L’homme communicant
Selon ces auteurs, l’argumentation dépend « L’homme communicant n’est pas le
d’une situation d’énonciation donnée, miroir réfléchissant d’une réalité, mais le
notamment de l’image que l’émetteur se fait constructeur incessant de ses réalités (…)
du destinataire du message. Tout discours La réalité sociale n’est pas une donnée à

3. Respectivement 2005, 1982, 1998, 1986.


4. « Le raisonnement d’Aristote est le suivant : pour convaincre un interlocuteur, il faut mettre celui-ci en position
telle qu’il se trouve dans l’impossibilité de refuser les propositions avancées. Pour aller dans le sens d’une telle
impossibilité, il faut que ces propositions soient aussi proches que possible de quelque opinion ou autorité générale
[…] Assurément, les prémisses choisies trahissent l’idée que le locuteur se fait des représentations (connaissances,
croyances, idéologie) de son interlocuteur. » (Adam, 1992, p. 116).
5. Mais, car, parce que, afin que…
6. « Argumenter, c’est, par fonction, répondre à un (des) discours d’autrui. Même si la parole de l’autre ne semble
pas se faire entendre parce qu’elle est tactiquement réduite au silence, elle existe virtuellement. » (Boissinot, 1992).
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traduire en langue, mais un chantier en per- 3. Linguistique de l’énonciation


manente construction. » (Ghiglione, 1989, et analyse du système d’argumentation
p. 24). Nos analyses discursives s’inscrivent dans
Travailler sur les discours et le langage le double champ de la linguistique de
implique une préalable clarification de nos l’énonciation et de l’analyse du système
représentations de ce que les linguistes d’argumentation. Ce cadre de référence est
nomment le « sujet parlant ». en adéquation avec les représentations des
Le sujet parlant est, selon nous, un sujet discours et du sujet parlant que nous avons
« situé », au sens sartrien, dont les actes lan- présentées plus haut. Nous allons très syn-
gagiers sont influencés par le contexte dans thétiquement en présenter les principaux
lequel il évolue et qu’il contribue également fondements.
à créer. Créateur d’une réalité sociale qu’il La linguistique de l’énonciation se caracté-
vise à faire partager, le locuteur est parallè- rise par le rejet des postulats sur lesquels
lement « pris » par ses propres représenta- reposait la linguistique jusque dans les
tions. Ainsi, le rapport qu’il entretient avec années 1980, c’est-à-dire par le double

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sa propre production langagière est dialec- refus d’une part, de limiter l’étude de la
tique. En outre, l’échange verbal est un pro- langue à une étude du code envisagé « en
cessus d’acculturation complexe : le jeu soi », en dehors de toute mise en œuvre, et
d’influence est loin d’être strictement unila- d’autre part, de privilégier la fonction réfé-
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téral et le discours du locuteur est le produit rentielle du langage, perçue comme un


de la relation dialectique que ce dernier simple moyen d’informer ou de dire le réel
entretient avec le destinataire de ce dis- (Ducrot, 1980 ; Kerbrat-Orrechioni, op. cit.).
cours. Nous nous éloignons ainsi radicale- Il s’agit au contraire, pour ces linguistes,
ment d’une conception instrumentale et d’une part, de prendre en compte le
behavioriste de la communication et nous contexte dans lequel s’inscrit le discours.
situons dans la filiation de Breton et Proulx C’est ainsi qu’en se centrant sur l’échange
lorsqu’ils déclarent en 1993 : « L’effet du verbal, la linguistique de l’énonciation se
message diffusé n’est pas le simple produit démarque d’une conception structuraliste
de “manipulateurs” qui posséderaient un de la langue perçue comme un système clos
plan de contrôle machiavélique. Les conte- présente dans les travaux de Greimas. Et
nus du message diffusé dépassent large- d’autre part, d’étudier le discours en tant
ment l’intention première de l’émetteur. qu’acte d’influence, manifestant la présence
Celui-ci ne peut contrôler totalement le dis- de l’émetteur et visant à agir sur le récep-
cours qu’il émet. » (p. 176). teur.
Précisons enfin que nous nous intéressons Quant à l’analyse du système d’argumenta-
essentiellement à la visée persuasive des tion, son enjeu est d’identifier les thèses en
énoncés et non aux effets obtenus, la signi- présence dans un énoncé ainsi que les
fication d’un énoncé existant indépendam- modes d’argumentation employés par le
ment des effets qu’il a – ou n’a pas – pro- sujet de l’énoncé. Ce champ d’investigation
duits. La question de la réception ne fait pas trouve ses fondements dans la rhétorique
partie de notre questionnement. antique. La plupart des traités de l’Anti-
Méthode d’analyse des discours 33

quité7 distinguent cinq parties dans le travail persuasion : les figures de sens (métaphores,
de l’orateur : l’invention (la recherche des métonymies, etc.), de mots (jeux sur les
arguments), la disposition (la structuration), sonorités, etc.), de pensée (l’ironie, le para-
l’élocution (les techniques d’écriture), l’ac- doxe, etc.), d’intensité (hyperboles, euphé-
tion (les techniques de l’oral), la mémoire mismes, etc.), ainsi que d’énonciation.
(les techniques de mémorisation). Nous
4. Éléments de synthèse et précisions
n’abordons pas ces deux dernières parties méthodologiques
qui traitent exclusivement de l’intervention
Voici, ici résumées, quatre propositions
orale mais présentons les trois autres parties.
issues de nos choix épistémologiques et
Aristote distinguait trois voies argumenta-
méthodologiques qui servent de socle à
tives dans « l’invention » : l’ethos désigne les
qualités dont est doté l’orateur. Le pathos l’élaboration d’une grille de lecture des dis-
dénote l’ensemble des émotions que le locu- cours :
teur cherche à provoquer chez ses interlocu- – Le discours a un objectif performatif :
teurs. Le logos représente l’argumentation c’est un acte volontariste d’influence.

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logique, s’adressant à la raison et ayant pour Énoncer c’est vouloir agir sur autrui.
finalité de prouver. L’analyse de « l’inven- – Le contexte8 est déterminant pour com-
tion » consiste à repérer la nature des argu- prendre un énoncé : les actes de langage
ments utilisés, tels les arguments fondés sur doivent être resitués dans leurs contextes
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la logique formelle, les arguments quasi- énonciatifs.


logiques, empiriques, contraignants ou de – Un énoncé ne se contente pas de décrire
mauvaise foi, etc., afin d’identifier la princi- un réel qui lui préexiste ; il construit une
pale voie argumentative du discours. représentation du réel9.
Les techniques de la « disposition » désignent – Enfin, dernier point, déterminant pour
les différentes structures de discours telles quiconque souhaite analyser un discours :
que les plans chronologique, thématique, un discours contient des marqueurs, des
oppositionnel (avant/après, avantages/incon- « traces » de sa visée persuasive que le
vénients) ou analytique (problèmes/causes, chercheur peut identifier. C’est ainsi que
problèmes/ causes/conséquences), etc. Ducrot (1980, p. 56) écrit : « La fonction
« L’élocution » est constituée par les figures [argumentative] a des marques dans la
de discours, qui sont autant de moyens de structure même de l’énoncé […] : la phrase

7. Pour rédiger ce paragraphe, nous nous sommes servis de l’ouvrage de Robrieux (1993), Éléments de rhétorique
et d’argumentation, Paris, Dunod.
8. Le « contexte » se définit comme l’ensemble des conditions de production extralinguistiques d’une situation dis-
cursive, le « cotexte » se réfère à l’environnement linguistique immédiat du discours considéré, c’est-à-dire aux
énoncés qui le précèdent et le suivent. La notion de « contexte » est trop vaste pour être ici questionnée (Bateson,
1971). Nous employons dans l’analyse discursive ci-après, le contexte dans le sens de « conditions d’émergence »
à un double niveau. Le discours du dirigeant de la SNCF s’inscrit dans une période de forts questionnements et
transformations des entreprises de service public, en quête d’une nouvelle légitimité : tel est le niveau « générique ».
À un second niveau plus spécifique, ce discours est prononcé par un nouveau président lui-même désireux d’ac-
croître son pouvoir et sa légitimité.
9. Selon de nombreux auteurs, le langage n’est pas un reflet de la réalité, il crée cette réalité, il n’y a pas présence
du réel dans le message mais « effet de réel » (Barthes, 1968), « réalité de second ordre » (Sfez, 1992), « réalité de
la réalité » (Von Foerster).
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peut comporter divers morphèmes, expres- teurs spatiotemporels (ici, hier, demain, etc.,
sions ou tournures qui, en plus de leur ainsi que les temps des verbes).
contenu informatif, servent à donner une – Les « modalisateurs » signalent le degré
orientation argumentative à l’énoncé, à d’adhésion (forte ou mitigée, incertitude
l’entraîner dans telle ou telle direction. » ou rejet) de l’énonciateur aux contenus
Ces assertions se traduisent au plan métho- énoncés. Ils recouvrent des unités linguis-
dologique par une triple analyse10 : tiques très variées comme les adverbes,
1) analyse du système d’énonciation, c’est- les italiques, guillemets, conditionnels,
à-dire de la façon dont l’émetteur et le termes subjectifs (affectifs et/ou évalua-
récepteur s’inscrivent dans l’énoncé ; tifs), etc. L’étude des modalisateurs per-
2) analyse du référentiel du discours, c’est- met d’appréhender le degré d’implication
à-dire des principaux champs sémantiques ; directe de l’émetteur dans sa production
3) analyse du circuit argumentatif, c’est- discursive : l’énoncé est-il « objectif »,
à-dire de la nature et de la structure des l’énonciateur ayant alors gommé toute
arguments. marque d’adhésion ou de distance par rap-

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port à l’énoncé ? Est-il a contrario « sub-
II – LA CONCEPTION jectif », le locuteur assumant dans ce cas
D’UNE « GRILLE DE LECTURE » ses propos et se présentant comme source
Analyser un discours, c’est, conformément et garant de l’assertion ?
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à ce que nous écrivions plus haut, rechercher Un simple comptage des occurrences de
dans l’énoncé, un certain nombre d’indica- pronoms sujets ne peut permettre de
teurs. La grille de lecture que nous propo- répondre à cette question : le discours le
sons est fondée sur l’étude des indicateurs plus subjectif peut se parer d’une apparence
énonciatifs, référentiels et organisationnels. d’objectivité ; l’énoncé est alors présenté
Par ailleurs, en guise de synthèse, une qua- comme une démonstration universellement
trième rubrique intitulée « le fonctionne- pertinente et non comme un argumentaire
ment global du discours » est proposée. assumé par un sujet. Une analyse plus fine
d’indicateurs tels les modalisateurs s’avère
1. Les indices énonciatifs ainsi nécessaire.
L’étude du système d’énonciation consiste à – Une étude des verbes employés par le
analyser la façon dont le sujet parlant s’ins- locuteur permet enfin de caractériser la
crit et inscrit son allocutaire dans son dis- façon dont celui-ci souhaite être perçu par
cours à partir des marqueurs suivants : ses allocutaires. Nous reprenons dans nos
– Les « déictiques » sont des unités linguis- analyses la classification proposée par les
tiques qui ne prennent de sens que par rap- concepteurs du logiciel Tropes (voir ci-
port à la situation d’énonciation : les pro- après) qui comprend les verbes d’action
noms personnels (je, tu, il, etc.), les nommés « factifs », les verbes « déclara-
démonstratifs (ce, cette, ces) et les indica- tifs », « performatifs » et « statifs ».

10. Ces trois dimensions (respectivement, référentielle, énonciative et organisationnelle) sont interdépendantes.
C’est par souci de clarté dans l’analyse que nous opérons cette classification.
Méthode d’analyse des discours 35

2. Les indices référentiels – La « progression thématique » analyse la


« L’on peut agir sur le monde social en agis- structuration de l’énoncé à travers la chro-
sant sur la connaissance qu’ont les agents de nologie des arguments afin de mettre en
ce monde. Cette action vise à produire et à évidence la logique persuasive. Il s’agit ici
imposer des représentations du monde social de s’affranchir du strict comptage d’occur-
qui soient capables d’agir sur ce monde en rences pour s’intéresser aux différentes
agissant sur la représentation que s’en font séquences qui composent la structure du
les agents. » (Bourdieu, 1982, p. 195). discours (Brunet 2006).
Énoncer une proposition, c’est construire
4. L’analyse globale du discours
une représentation : l’étude des champs
sémantiques et des arguments présents L’étude objectivée des différents indices
dans un discours permet d’analyser les précédemment décrits nous conduit à une
représentations de l’émetteur et/ou les phase plus interprétative au cours de
représentations qu’il souhaite « imposer » laquelle le chercheur doit prendre le risque
au destinataire. de l’interprétation.

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– Les « champs sémantiques » désignent – « L’identification des thèses en pré-
l’ensemble des mots utilisés pour caractéri- sence » : les textes argumentatifs sont
ser une notion, une activité, une personne, construits sur le principe d’une confronta-
etc., Analyser le champ sémantique d’une tion entre une (des) thèse(s) proposée(s) par
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notion, c’est relever dans un énoncé tous les l’auteur et une (des) thèse(s) refusée(s). Ce
termes s’y rattachant afin de comprendre la schéma peut être explicite – le discours se
perception que l’énonciateur en a, et/ou présente clairement dans sa dimension dia-
qu’il vise à faire partager par l’énonciataire logique – ou bien implicite : l’argumenta-
du discours. Les textes argumentatifs sont tion prend alors les apparences d’une pré-
généralement construits sur des champs sentation neutre ou d’une démonstration
sémantiques contradictoires, les uns valori- logique.
sés, les autres dévalorisés (exemples : – « L’analyse des présupposés » s’avère
couples passé/avenir ; apparence/réalité). nécessaire à la compréhension de ce que
– Analyser la « nature des arguments » per- Barthes (1970) nomme le code culturel,
met de savoir si l’argumentation relève de c’est-à-dire l’idéologie sous-jacente des
l’ethos, du pathos ou du logos (voir supra). énoncés (Maingueneau, 1993). Les présup-
posés sont des informations inscrites dans
3. Les indices organisationnels l’énoncé, qui ne constituent pas son véri-
– Les « connecteurs » (mais, car, parce que, table objet mais son point de d’ancrage11.
afin que, etc.) témoignent de l’orientation Ducrot, puis Kerbrat-Orecchioni, montrent
argumentative du discours, du chemine- que le présupposé, marginal par rapport à
ment que le locuteur souhaite faire suivre l’argumentation explicite du discours, est
au récepteur. doté de ce fait d’un redoutable pouvoir

11. Selon le célèbre exemple « Pierre a cessé de fumer », l’énoncé véhicule, sans que cela soit son objet central, le
présupposé : « auparavant, Pierre fumait ».
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d’enfermement de l’allocutaire dans le dis- tient – ou souhaite entretenir – avec le des-


cours de l’énonciateur12. L’analyse des pré- tinataire permet d’en mieux comprendre la
supposés permet notamment d’analyser : logique argumentative.
– « le système d’énonciation » : dans un
5. Le logiciel de sémantique « Tropes »
texte argumentatif se mêlent, de façon par-
fois confuse, « éclatée », la voix du sujet de Le fait de travailler avec un logiciel d’ana-
l’énoncé et celles d’« opposants » réels ou lyses de discours donné constitue un pre-
virtuels. Analyser les différents sujets de mier choix méthodologique fort. Si nous
l’énoncé qui traversent le discours ainsi que avons sélectionné Tropes parmi une offre
le mode de relation que l’énonciateur entre- diversifiée de logiciels d’analyses de dis-

GRILLE DE LECTURE

1. Les indices énonciatifs

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1.1. Les déictiques :
– les pronoms personnels
– les indicateurs spatiotemporels et temps des verbes
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1.2. Les verbes (statifs, factifs, déclaratifs, performatifs)

1.3. Les modalisateurs :


– les adverbes
– les conditionnels
– les termes subjectifs (affectifs et/ou évaluatifs)

2. Les indices référentiels


2.1. l’analyse des champs sémantiques
2.2. la nature des arguments

3. Les indices organisationnels


3.1. les connecteurs
3.2. la progression thématique

4. Le fonctionnement global du texte


4.1. l’identification des thèses en présence
4.2. l’analyse des présupposés
4.3. le système de l’énonciation

12. « Les présupposés ont pour fonction pragmatique d’enfermer l’adversaire dans un cadre argumentatif qu’il ne
peut qu’accepter ou récuser par des moyens polémiques si véhéments (c’est l’énonciation elle-même et non plus
seulement les contenus énoncés, qui se trouve en effet frappée de nullité) que l’on hésite souvent à y recourir. »
(Kerbrat-Orecchioni, 1986, p. 189).
Méthode d’analyse des discours 37

cours13, c’est parce qu’il a été conçu à par- dans le texte à partir d’une triple catégorisa-
tir de présupposés en adéquation avec nos tion de termes dits « équivalents », du
approches théoriques et méthodologiques. regroupement le plus précis au regroupe-
Tropes a été créé par une équipe de cher- ment le plus global : au niveau le plus précis
cheurs en psychologie sociale tels Ghiglione, se situent les substantifs eux-mêmes, puis les
Matalon, Bromberg, etc. bientôt rejoints par classes d’équivalents, elles-mêmes incluses
des statisticiens, des informaticiens et, plus dans les univers de référence 2, à leur tour
récemment, des linguistes, sémanticiens et regroupés dans les univers de référence 1.
grammairiens. Alors que les logiciels de Cette étude des principaux champs séman-
lexicométrie ont pour unité de base le mot, tiques peut être complétée par celle des
Tropes travaille à partir d’unités de sens, « mises en relation » indiquant quels univers
c’est-à-dire à partir de notions qu’il regroupe de référence de niveau 2 sont fréquemment
dans des champs sémantiques appelés « uni- placés côte à côte à l’intérieur d’une même
vers de référence », et à partir de catégories proposition ainsi que ceux statistiquement le
grammaticales de mots, appelées « méta- plus souvent placés en position d’actant,

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catégories ». En proposant les principales c’est-à-dire avant le verbe ou d’acté, c’est-à-
fonctions suivantes, il analyse le contenu thé- dire après le verbe. Le logiciel facilite ainsi
matique du discours mais aussi l’engage- une exploration fine des textes en faisant
ment du locuteur dans sa production, ainsi émerger des catégories sémantiques compo-
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que la structuration de l’énoncé (op. cit, sées de termes peu nombreux dans l’énoncé
2004). Enfin, comme tout logiciel de séman- – des signaux faibles – qui ne seraient pas
tique, il permet une mise à distance de pris en compte par un logiciel de lexicomé-
l’énoncé et une objectivation de l’analyse. trie et ne seraient peut-être pas perçus par le
Tropes identifie principalement : lecteur. Or, un faible nombre d’occurrences
– Les spécificités d’un énoncé qui peuvent peut en soi avoir un sens.
être caractérisées par comparaison à une En outre, à partir de la fonction « scéna-
norme langagière. La présence d’une caté- rio », l’utilisateur de Tropes peut lui-même
gorie de mots est affichée comme significa- créer ses propres classifications séman-
tive lorsque sa fréquence d’apparition est tiques et personnaliser son analyse en fonc-
significativement supérieure à la moyenne tion de ses objectifs de recherche. Il conçoit
obtenue en analysant de très vastes corpus ainsi son propre thésaurus.
de textes appartenant à de genres forts dif- – La fonction « les catégories de mots fré-
férents (textes scientifiques, littéraires, quentes » sélectionne les catégories de mots
journalistiques, etc.). les plus significatives et en présente le pour-
– Les « univers de référence » et « les classes centage d’occurrences. Cinq catégories,
d’équivalents » regroupent dans de grandes appelées « méta-catégories » : les verbes,
classes sémantiques les notions développées les connecteurs14, les modalisateurs, les

13. Pour une analyse comparative des logiciels Alceste, Sphinx Lexica et Spad-T, lire l’article de Helme-Guizon et
Gavard-Perret, 2004.
14. Ce sont les conjonctions de coordination et de subordination qui relient les différentes parties du discours : jonc-
teurs de condition (« si », « au cas où », etc.), cause (« parce que, car, etc.), but (« pour que », « afin que », etc.)
38 Revue française de gestion – N° 211/2011

adjectifs qualificatifs objectifs et subjectifs, La fin des années 1990 voit les entreprises
les pronoms personnels sujets sont identi- de service public vivre des évolutions
fiées et comptabilisées. Toutefois, un mot majeures afin d’acquérir une nouvelle légi-
hors d’un contexte discursif n’ayant pas de timité auprès de leurs différentes parties
signification, Tropes propose une visualisa- prenantes. La SNCF, objet de critiques
tion de chaque occurrence dans son récurrentes émanant de ses clients
contexte, c’est-à-dire, dans la proposition15 n’échappe pas à la règle. Désireuse d’amé-
dans laquelle elle figure. liorer son offre de services, elle procède à
– L’étude des « rafales » (trois occurrences une vaste enquête auprès de sa clientèle qui
au moins d’une même variable dans une se conclut par une convention d’entreprise
partie du texte) et épisodes (blocs d’argu- fortement médiatisée en interne comme en
mentation déterminés à partir de l’appari- externe, notamment dans les journaux télé-
tion puis disparition d’une rafale) permet visés et rassemblant deux mille cheminots.
d’analyser la chronologie du discours en en Le président de la SNCF, en poste depuis
identifiant les différentes phases. six mois, prend la parole pour la première

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Après avoir présenté nos principaux cadres fois devant les salariés de façon aussi solen-
de référence et hypothèses de travail ainsi nelle. Il succède alors à un président limogé
que les différents indicateurs constituant par le pouvoir en place après les grèves de
notre grille d’analyse des discours, nous décembre 1995 au nom d’une absence de
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allons à présent illustrer notre méthodologie dialogue social dans l’entreprise. Éminem-
à partir de l’étude empirique de l’allocution ment stratégique, cette allocution doit inau-
d’un dirigeant d’entreprise. En conclusion, gurer l’ère du changement dans l’entreprise
afin de mettre en perspective cette étude, qu’il dirige. Notre orateur tient alors un dis-
nous proposons une réflexion d’ordre cours de tribun, tout à la fois profession de
méthodologique et réflexive en adéquation foi, plaidoyer en faveur du changement et
avec les deux premières parties de cet du dialogue social et réquisitoire envers des
article. modes de management autocratiques qui
paralysent, selon lui, l’ensemble de l’insti-
III – EXEMPLE D’ANALYSE tution. Il s’agit de démontrer que la SNCF,
DE DISCOURS : L’EXHORTATION tout en réaffirmant son identité de service
AU CHANGEMENT À LA SNCF public, doit impérativement se donner les
« On sait combien les discours managé- moyens de devenir une entreprise de service
riaux constituent un faire potentiel (et performante. Pour ce faire, mais aussi au
politique) dans lequel la parole est censée nom de principes démocratiques et
faire advenir ce qu’elle énonce. Elle n’est éthiques, le changement de comportement
pas là pour constater une réalité préexis- au travail de l’ensemble des cheminots est
tante aux mots employés, mais bien pour un préalable incontournable. C’est cette
construire par l’argumentation un sens rhétorique du changement impulsé par le
voulu. » (Giordano, 1995, p. 59). sommet stratégique que nous nous propo-

15. Une proposition est une phrase simple, du type sujet, verbe, complément.
Méthode d’analyse des discours 39

sons d’analyser afin d’en décrypter les « À nous désormais de saisir l’opportunité
modes d’argumentation et de légitimation offerte » ; « À nous de bâtir ensemble ».
ainsi que les paradoxes et limites. Notons Cette mobilisation des salariés est ainsi pla-
que le statut de ce discours est ambigu : pro- cée sous le signe de la cohésion des
noncé devant une assemblée de salariés, membres de l’organisation dans laquelle le
puis filmé et transcrit pour être ensuite lar- locuteur s’inscrit pleinement.
gement diffusé dans les sites de l’entreprise À travers le pronom « vous », il s’adresse
et repris dans les journaux internes, il est directement au personnel de la SNCF en
transmis par différents canaux et supports utilisant divers ressorts psychologiques qui
de communication. Il est toutefois conçu jouent principalement sur la valorisation –
comme un discours oral et en présente les « sans vous, sans votre volonté d’améliorer
spécificités, comme le recours aux méta- son fonctionnement » ; « avec vous, la
phores ainsi qu’aux voies argumentatives SNCF peut gagner » – et sur le sentiment
de l’ethos et du pathos16. de fierté : « vous avez un formidable capital
de compétences dans chacun de vos

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1. Les indices énonciatifs métiers » ; « vous devez être fiers de votre
Le locuteur assume pleinement son énoncé. passé » ; « vous êtes les héritiers de
En témoignent les vingt-six pronoms per- ceux, etc. ». Mais il sous-entend que ses
sonnels première personne du singulier perceptions ne sont pas toujours partagées
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(« je ») et le nombre conséquent de verbes par la population française qui peut avoir


déclaratifs : « je m’engage », « je crois17 », une image dévalorisante de l’entreprise.
« je vous assure ». Deux autres pronoms Ainsi, pour recouvrer une légitime dignité,
personnels – « nous » et « vous »18 – contri- il lui faut accepter de changer : « vous per-
buent à caractériser le système d’énoncia- cevrez une fierté nouvelle en vous-même,
tion complexe de ce discours : dans les yeux de votre famille, de vos
Le « nous » sujet est intégré dans des proches ».
phrases fréquemment performatives19. Il est Afin de démontrer que débute une nouvelle
principalement suivi des verbes « devoir20 » ère pour la SNCF, l’allocution joue sur un
(« nous devons tous ensemble » ; « nous ne système d’opposition entre le présent et le
devons pas nous laisser distancer »), « pou- passé. Dans un passé récent, les contraintes
voir » (« tous ensemble, nous pouvons créer de service public pénalisaient fortement
la SNCF autour d’un projet fédérateur ») ou l’entreprise. Cette situation jugée inique
est utilisé dans l’expression « à nous de » : prend fin : « une série de mesures, une

16. C’est la direction de la communication de l’entreprise qui nous a donné accès à ce discours à partir trois sup-
ports : un premier film d’entreprise présentant l’intégralité de cette convention (3 heures environ) ; un second film
de vingt minutes centré sur ses moments clés et comprenant en point d’orgue l’allocution analysée dans cette com-
munication ; une transcription de cette déclaration.
17. Cinq occurrences.
18. Respectivement 17 occurrences et 25 occurrences.
19. Cette dimension performative est renforcée par l’utilisation de « devoir » au futur : « nous ne devrons pas rou-
gir de notre futur ».
20. Cinq occurrences.
40 Revue française de gestion – N° 211/2011

« nouvelle donne » qui offre enfin une réelle L’appel à la mobilisation joue fortement sur
chance à la SNCF ».21 Dès lors, les chemi- l’affect et sur l’implication du locuteur :
nots deviennent pleinement responsables du ainsi, les termes subjectifs affectifs et éva-
succès ou de l’échec de leur entreprise : « À luatifs sont nombreux. Le logiciel Tropes
nous désormais de saisir l’opportunité compte 52,6 % d’adjectifs subjectifs aux-
offerte22. » Toutefois, le passé, c’est aussi quels il faut ajouter une forte proportion de
l’âge d’or de l’entreprise ; il fonctionne verbes déclaratifs et de modalisateurs d’in-
comme le miroir du présent : « Souvenez- tensité24 (pour ces trois catégories, le texte
vous23 : vous êtes les héritiers de ceux qui se situe au-delà des normes langagières) qui
ont gagné la bataille du rail, celle de la permettent de dramatiser l’énoncé. Les sub-
reconstruction et vous avez su construire la stantifs sont eux-mêmes caractérisés par
grande vitesse. Il n’y a pas de raison pour leur charge émotionnelle : « chance »,
que nous ne gagnions pas maintenant la « bataille « courage », « respect », « hon-
bataille de la clientèle. » Le message est neur », … et certains renvoient de manière
clair : les conquérants d’hier ne peuvent patente au champ lexical du combat.

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aujourd’hui qu’être les gagnants. Le présent
est synonyme de rupture et d’espoir… pour 2. Les indices référentiels
peu que les salariés agissent. La structure Trois principaux champs sémantiques par-
temporelle du discours confirme cette ana- courent l’allocution du président. Le princi-
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lyse : à l’exception de quelques verbes au pal est celui de client (7 occurrences). Le


passé qui renvoient à l’époque quasi discours repose en effet largement sur l’an-
mythique de l’après-guerre, l’allocution est tagonisme commercial/technique : la muta-
ancrée dans un présent porteur de nouvelles tion que doit vivre la SNCF est de passer
opportunités pour la SNCF. La volonté d’une culture technique à une culture de ser-
d’agir se manifeste par la présence d’énon- vice : « il faut passer du technique au
cés performatifs (9 occurrences de « il faut client ». À la bataille du rail doit se substi-
que », 6 occurrences du verbe « devoir »). tuer la bataille de la clientèle pour que l’ins-
De nombreux verbes au futur montrent que titution devienne la « SNCF exemplaire et
l’énoncé s’inscrit dans une temporalité pré- performante, que ses clients aiment. » Ce
sentée comme certaine et non comme vir- premier champ sémantique est associé à
tuelle : « À nous de bâtir ensemble et dans celui du changement (5 occurrences), objet
la concertation un « projet industriel » qui même de ce discours. Il s’agit en effet de
confortera notre place dans le pays et garan- convaincre les cheminots de l’absolue
tira notre développement. » De manière nécessité de changer de comportement,
symptomatique, le texte ne comporte aucun changement qui seul peut sauver l’entre-
conditionnel : le succès est envisagé comme prise de la paralysie qui la guette. Ainsi,
une évidence. dans un même paragraphe, on compte jus-

21. L’adverbe « enfin » montre l’urgence du changement.


22. « Désormais » indique qu’il y a discontinuité entre le passé et le présent.
23. Ce procédé rhétorique s’apparente au flash-back cinématographique.
24. Nous rappelons que les modalisateurs d’intensité sont des adverbes tels que « fortement » ou « très ».
Méthode d’analyse des discours 41

qu’à six occurrences du verbe « changer » sur le charisme du locuteur et sur la pré-
dans quatre énoncés performatifs. En outre, sence constante dans le texte de marqueurs
le changement est toujours connoté positive- renvoyant au sujet de l’énoncé. La légitimité
ment : il s’agit d’une « amélioration » et du locuteur provient donc d’une double ori-
d’une « évolution ». Notons qu’employer gine : l’une, extratextuelle, émane de la fonc-
« évolution » (3 occurrences) n’est pas tion de président de la SNCF et de la per-
neutre, ce terme renvoyant à la double idée sonnalité du sujet de l’énonciation . L’autre,
de progrès et de processus naturel et per- intratextuelle, est issue du rôle dominant du
mettant alors tout à la fois de naturaliser les sujet de l’énoncé : son « pouvoir » est la
mutations et de les inscrire dans une logique conséquence de sa position omniprésente de
de progrès. Enfin, le champ sémantique de sujet ; sujet qui s’adresse directement à ses
la communication interne est lui aussi cen- interlocuteurs en tant que laudateur, com-
tral. La communication interne, présentée plice ou juge, qui félicite, promet, admo-
par le locuteur comme le dysfonctionne- neste ou joue de son expérience.
ment majeur de la SNCF, désigne dans ce

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3. Le circuit argumentatif
discours d’une part les relations informelles
entre les supérieurs hiérarchiques et leurs Dans l’ensemble, la structure de cette allo-
collaborateurs – bridées par les comporte- cution correspond à celle des discours
ments autocratiques des uns et serviles des antiques : « l’exorde » – ici l’engagement
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autres – et d’autre part le « dialogue du président qui joue sur le pathos –, « la


social25 » de l’entreprise, décrit comme sté- confirmation » c’est-à-dire l’énoncé des
rile. L’énoncé met ainsi l’accent sur l’ur- arguments et des preuves, enfin, la « péro-
gence qu’il y a à décloisonner une entreprise raison », la dramatisation finale qui conclut
bloquée en raison de relations informelles et le texte par un énoncé affectif.
d’un dialogue social inefficaces. 1) Le texte démarre par la réitération d’un
Les deux voies argumentatives utilisées par message de confiance – la SNCF peut
l’orateur sont le pathos et l’ethos. La dimen- désormais relever les défis avec succès – et
sion affective est omniprésente : le texte joue par l’affirmation de l’engagement du prési-
– nous l’avons montré – sur des sentiments dent aux côtés de ses collaborateurs : Les
tels la reconnaissance, la fierté, le goût du cheminots, compétents et motivés, sauront
défi et du travail. Il tend parallèlement à cul- gagner la nouvelle bataille commerciale à
pabiliser, voire à infantiliser ses destina- laquelle ils sont désormais confrontés. 2) À
taires à travers des reproches et des propos condition qu’ils acceptent de changer de
moralisateurs. Ainsi, la logique de persua- comportement les uns envers les autres,
sion de ce discours ne fonctionne pas, qu’ils apprennent à dialoguer et à travailler
comme bien souvent dans les discours ensemble. Les nouvelles relations dans
managériaux, sur la naturalisation des l’entreprise, indispensables à son succès,
concepts ou sur la doxa de l’évidence reposent sur un encadrement fort et sur un
(Marion, op.cit.) mais repose très largement dialogue social qu’il s’agit, dans les deux

25. Six occurrences.


42 Revue française de gestion – N° 211/2011

cas, de redéfinir. 3) Le troisième mouve- définis, et le sujet de l’énoncé. Toutefois,


ment de l’énoncé est une invitation à agir grâce à un jeu subtil d’énonciation, il
ensemble ; il présente les avantages – psy- échappe partiellement au manichéisme : le
chologiques et pécuniaires – qu’y trouve- pronom personnel « vous » n’est jamais
ront les cheminots. La dimension performa- directement associé à des propos négatifs.
tive est ici maximale. 4) Le président Lorsqu’il reproche à ses collaborateurs leur
conclut en engageant les personnels de la incapacité à dialoguer avec leurs subal-
SNCF à lui faire confiance. ternes et les exhorte à changer de compor-
tement, le locuteur emploie un sujet et une
4. Le fonctionnement global du discours
syntaxe impersonnels (« chacun », « on »,
Le texte est construit sur une alternance de « il faut que »). Il va même jusqu’à laisser
thèses proposées clairement énoncées et de entendre qu’il fait partie des leurs : ainsi, il
thèses refusées implicites, elliptiques,
conclut son allocution par les deux phrases
« brouillées » – aucune n’est construite et
suivantes : « Il suffit de parler ensemble.
argumentée de façon cohérente. La thèse
Pas seulement avec celui d’au-dessus.

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proposée est explicite : la situation de la
Aussi avec celui d’en dessous : c’est fou ce
SNCF est aujourd’hui favorable, son succès
qu’il a à nous apprendre. » ; « Je nous invite
ne dépend plus que de la (bonne) volonté de
à une véritable mutation dans nos relations
ses membres : il leur faut accepter de passer
les uns avec les autres. » L’autocritique
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d’une logique de production à une logique


apparente permet de rendre la critique et le
de service mais surtout de changer radicale-
propos moralisateur acceptables par les
ment de comportement en adoptant des
destinataires.
formes de management participatives et en
rendant constructives les relations 5. Interprétation de l’analyse discursive :
sociales. En revanche, les thèses refusées injonction paradoxale et double
sont diverses et fragmentées : elles présen- contrainte
tent tout à la fois la situation de l’entreprise Faire évoluer les comportements au travail
comme trop grave pour qu’il y ait une issue des salariés de la SNCF, condition sine qua
favorable, les négociations entre l’État et la non du succès de l’entreprise, est l’objectif
direction générale comme un échec, les recherché par cette allocution. Or, celle-ci
logiques marchandes comme inacceptables vise des objectifs antinomiques et s’inscrit
et les blocages des relations hiérarchiques de ce fait dans une communication para-
et sociales comme insurmontables. doxale. En premier lieu, elle prône autono-
Le discours repose ainsi sur un principe mie et responsabilisation des salariés mais
d’opposition entre des « opposants »26 réaffirme simultanément le pouvoir du
omniprésents mais jamais véritablement locuteur qui, à travers une certaine drama-

26. Cette terminologie renvoie à la figure stylisée de l’agresseur dans l’analyse narrative de Vladimir Propp. Dans
ce discours, les opposants sont : l’État « avant », qui avait une attitude injuste envers la SNCF en l’empêchant d’évo-
luer, certains membres de la ligne hiérarchique qui paralysent l’entreprise en refusant de dialoguer avec les équipes
et de négocier avec les partenaires sociaux, les organisations syndicales qui bloquent les négociations, et plus géné-
ralement, tous ceux qui sont résignés et qui acceptent le statu quo.
Méthode d’analyse des discours 43

turgie, adopte la posture du leader charis- changement décrété, thème récurrent dans
matique et s’adresse à eux à travers un nombre de discours managériaux, allocu-
registre paternaliste, les félicitant et les tion dont nous avons tenté de montrer la
réprimandant tour à tour. En second lieu, forte dimension performative grâce à
bien que le changement soit au cœur de l’identification d’indicateurs linguistiques.
cette allocution, l’énonciateur ne parle Nous inscrivant dans la filiation de la lin-
jamais des dispositifs organisationnels ou guistique de l’énonciation, nous avons ainsi
managériaux à mettre en œuvre, qui seuls resitué ce discours dans son contexte énon-
pourraient permettre la redéfinition des ciatif en en analysant la visée persuasive.
pouvoirs en place qu’il appelle de ses Nous souhaitons conclure nos propos par
vœux. Cette allocution est ainsi ancrée dans une réflexion sur la méthodologie d’analyse
une logique d’influence de type mécaniste de discours assistée par ordinateur. Nous
qui joue sur tous les artifices du pathos : avons montré que le recours au logiciel de
personnification du pouvoir, valorisation, sémantique constitue une aide précieuse à
infantilisation et culpabilisation du destina- l’analyse. En faisant apparaître de façon

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taire, mise en place d’exutoires. Visant tout systématique, sans qu’aucun choix ne soit
à la fois à transformer les cheminots sala- opéré, les « nuances invisibles à l’œil nu »
riés en acteurs de leur vie professionnelle et (Baudelot, préface de Lebart et Salem,
à exalter le nouveau pouvoir hiérarchique 1988) c’est-à-dire l’ensemble des traces
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en place, elle crée une situation de double langagières, et en facilitant l’identification


contrainte (Bateson, 1981) susceptible de de la configuration d’ensemble du discours
générer chez les salariés des attitudes de – que seules de nombreuses relectures
retrait, de dépendance ou de contre-dépen- auraient permis de détecter –, il nous a
dance et d’altérer in fine la relation de aidée à repérer rapidement le circuit argu-
confiance entre les membres de l’organisa- mentatif du discours. En outre, les tableaux,
tion et leur direction qu’elle avait pour fina- graphes, listes, produits automatiquement
lité de renforcer. ont facilité une lecture distanciée et décen-
trée des énoncés. La classification automa-
tique des résultats par ordre de fréquence
CONCLUSION
par exemple présente l’intérêt d’être décon-
L’objet de cet article est de proposer une nectée de la phase d’interprétation. C’est
méthodologie d’analyse textuelle et d’illus- ainsi que nous avons pu identifier « objecti-
trer cette méthode par une analyse discur- vement » le système d’énonciation et les
sive. Après avoir synthétiquement présenté champs sémantiques du discours étudié.
nos hypothèses ainsi que les deux champs Toutefois, un logiciel, aussi performant
de la linguistique de l’énonciation et de soit-il, n’est qu’un outil et les « résultats »
l’analyse du système d’argumentation, nous qu’il propose ne doivent pas supplanter le
avons proposé, à partir de marqueurs, une travail du chercheur. Celui-ci doit, à un
grille de lecture permettant une analyse moment donné, prendre le risque de l’inter-
approfondie des discours. Enfin, nous avons prétation et décider, en fonction d’intuitions
présenté l’étude d’une allocution prononcée et/ou d’hypothèses explicitées, de « creu-
par un ancien président de la SNCF sur le ser » l’étude de certains indicateurs plus
44 Revue française de gestion – N° 211/2011

que d’autres puis de proposer une analyse catoire » et contribuer ainsi à enrichir des
globale des énoncés. C’est dans ces opéra- investigations. Il est toutefois relativement
tions que réside la richesse et le processus complexe à mettre en œuvre et mobilise un
de validation de l’interprétation. certain savoir. Même s’il est possible de ne
En dernier lieu, nous avons voulu montrer pas utiliser la grille de lecture dans son inté-
que ce type d’analyse, de par la richesse et gralité et de ne retenir, selon ses objectifs,
la diversité des « résultats » obtenus, peut que certains marqueurs linguistiques, son
constituer une étape essentielle dans un pro- intégration dans une méthodologie de
cessus de recherche. Il peut tout à la fois être recherche ainsi que les buts qu’on lui
utilisé comme exploratoire ou bien « vérifi- assigne doivent être clairement réfléchis.

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