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Roquefort, B. de - Champollion-Figeac, J.-J.. Dictionnaire étymologique de la langue française, précédé d'une dissertation sur l'étymologie, A-K. 1829.

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DICTIONNAIRE

ETYMOLOGIQUE
DE LA

LANGUE FRANCOISE.

TOME PREMIER.

A-K
De
Paris, 3tnprimm* ©mwrcljant

RiiH d'erkorth, s° i, rKÉs ni L'ABBAYE.


• DICTIONNAIRE

ÉTYMOLOGIQUE
ETYMOLOGIQUE
ti
DE

LA LANGUE FRANÇOISE,

tt
OU LES MOTS SONT CLASSÉS PAR FAMILLES;

4 CONTENANT

i.fcs mots t>to lHctionnatre de l'académie françotsk,


AVEC
LESPR|SC1I>AOX
TEBMtSI>'»BTS, DE SCIEftCNET DE UÉTIF.nS

PARB. DE ROQUEFORT,
Des Académies royales de Goettingue des
Antiquaires de France et de Normandie de celles de
Lyon, de Grenoble, de Dijon, de Toulouse, de Vauctuse de Caen du Nord etc., etc.;
auteur du GLOSSAIREde là Langue roii.vhe; de TÉtat de tt Poésie priuçoïse d**s i.rs
xne et xiii" siècles ouvrage couronné par l' Institut en 1 8 1 3.

PRÉCÉHK

D'une Bisscrttttt0n sur t't&tptolcrcjte,


Par J. J. CHAMPOLLION-FIGEAC,
Couserralcur des Chartres et Diplômes de la Bibliothèque dn Uoi.

oa

TOME PREMIER..

PARIS,
DECOURCHANT, IMPRIMEUR-ÉDITEUR,
hue d'erfurth, n° i,
Près de V Église de l'Abbaye Saint-Gertnain-des-Pre's.

1829
If. B. Les Exemplaires non revêtus des signatures ci-après,
seront réputés contrefaits et saisis par M. DEcouRcHANT.

r
Signeturede l'F.iliteur. de l'Auteur.
SigDatnre
NOMS DES AUTEURS

ET DES OUVRAGESCONSULTÉS.

Académie des Inscriptions. Le Duclinl.


Baïf. Lefèvrc de Villebrune.
Barbazan. Martial.
Benneton. Ménage.
Hérault (l'abbé). Ménestrier (le P.)
Boiste. Millin.
Borel. Monnoye (de la).
Bourdelot. Morin.
Bouvelles. Moysant de Brieux.
Brosses ( le prés. de).). Nicot.
Rudée. Nodier (Cli.)
Butet de la S.irtlie. Noël.
Cange (du). Olivier.
Capuron. Pasquier.
Caseneuve. Périon.
Chambray (de). Perrault.
Court de Gébelin, Pezron •
Covarruvias. Picard.
Crusca (Dictionnaire de la). Pithou.
Estienne (les).). Pline.
Fauchet. Scaliger.
Félibien Saumaisc.
Ferrari. Sciences médicales (Dict. des).
Festus. Sylvins.
Gardin-Dumesnil. ( 1e P.)
Thomassin (le P
Gastelier. Trippault (Léon).
Gattel (Dict. de). Trdvoax (Dict. de).
Gautruche (le P.) Tuet.
Guichard. Universal Etymological.
Hcrbelot (<V). Vaines (dom de).
Huet. Varron.
Isidore. Vergy.
Jeannet. Vitruvn.
Jauffret. Vocabulaire général.
Jault. Vossius.
Labbe(lcr) Volney.
f,ancelot. Wachtcr.
La relier. Wailly.
T.ebel.
ABREVIATIONS.

Abyss. Abyssinien. Ind. Indien.


Af. Africain. I Ion.
1n~1. Ionien.
AU. Allemand. Irl. Irlandois.
Am. Américain. Isl. Islandois.
Ane. franc. Ancien françbis. It. Italien.
Ane. gr. Ancien grec. Héhr. Hébreu.
Anc.sax. Ancien saxon. Holl. Hollaiidois.
Anc. tcut. Ancien teuton. liong. Hongrois.
Angl. Anglois. Lang. Languedocien.
Angl. sax. Anglo-saxon. Lat.t. Latin.
Ar. Arabe. Lat. barb. Latin barbare.
Att. Attique. Lang. rom. Langue romane
Bas br. Bas-Breton. Nap. Napolitain.
Bass. lat. Basse latinité. Or.r. Oriental..
Bel. Belge. Os. Osque.
Brés. Brésilien. Pcrs. Persan
Celt. Celtique. Per. Péruvien.
Chald. Chaldéen. Phén. Phénicien.
Chin. Chinois. Pol. Polonois.
° Port.
Cop. Copte. Portugais..
Dan. Danois. Pun. Punique.
Dor. Dorien. Run. Runique..
Ecoss. Ecossois. Russ. Russe.
Égypt. Egyptien. Sab. Sabin.
Eol. Eolien. Sam. Samnite.
Es Espagnol. Sans.. Sanskrit.
Ëtfi.
Esr.' Ethiopien. Sav. Savoyard.
Étr. Etrusque. Sax. Saxon.
FI. Flamand. Seand. Scandinave.
Fr. Franc. Siam. Siamois.
Gall. Gallois, Slav. Slavon.
Gaid Gaulois. Suéd. Suédois.
Germ. Germain. Tart. Tartare.
Got. Gothique. Teut.t.. Teuton.
Gr.r. Grec. T. Turk.
Gr. anc. Grec ancien. Zcl. Zélandois.
Gr. mod. Grec moderne.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

JE venois de terminer le Glossaire de la langue


romane, lorsque je conçus l'idée du Dictionnaire éty-
mologique de la langue frahçoise. Dès ma première
jeunesse, l'histoire littéraire, civile et militaire de la
France, la connoissance des monuments de la litté-
rature et des arts, furent l'objet de mes occupations
et de mes travaux.
L'Italie possédoit le dictionnaire de la Crusca, les
origines de Sa langue par Ferrari et par notre savant
Ménage; l'Espagne, le dictionnaire de Covarruvias;
l'Allemagne, celui de Wachter; l'Angleterre, YEty-
mologicon universale (i).
Et pourquoi la France, si célèbre dans tous les
genres de supériorités, n'aurok-elle pas son Diction-
naire général d'Etymologies, lorsque les autres na-
tions ses voisines présentent celui de leur langue?
La plupart des ouvrages publiés en France jusqu'à
-ce jour peuvent à peine servir de
renseignements,
parce que plusieurs sont rédigés dans uri esprit de
système dont les auteurs n'ont pas su se garantir, et
qui leur a fait débiter bien des absurdités, pour ne
pas dire plus.

(ij Or uidvcrsal on a ncw plan, in-y


Etymological Dktionarj,
Cambrige, 1811.
b
X DISCOURS
Les premiers écrivains qui, dans le xvie siècle, vou-
lurent parcourir le domaine étymologique, durent
naturellement s'égarer. Allant sans guide, dénués de
méthode, n'ayant point de plan, point d'objet de
comparaison, ils marchoient au hasard, sans prévoir
quel seroit le .but de leur course. En examinant les
ouvrages de Budée, de Baïf, de Bouvelles, des Es-
tiennes, de Nicot, de Périon, de Borel, de Sylvius,
de Picard, de Tripault, de Guichard, du Père Labbe,
de Pezroh, de Cazeneuve, de Moysant de Brieux, de
Ménage, et de tant d'autres, tels que Leduchàt et
Bernard de La Monnoye, du président de Brosses,
de Court de Gébelin, etc., on voit des auteurs qui, à
côté de. quelques heureuses découvertes, présentent
les erreurs les plus graves.
A la connoissance intime de leurs productions, il
falloit joindre la lecture des étymologistes de tous
les âges, de tous les pays; il falloit, après les avoir
consultés, les conférer ensemble, afin de parvenir au
but proposé.
Les progrès faits, à l'époque actuelle, dans l'étude
des langues eh général, ont répandu de
comparative
nouvelles lumières sur la théorie de chacune d'elles
en particulier, et la langue françoisè y a gagné comme
toutes les autres. L'art grammatical s'est perfec-
tionné, et on a pu s'avancer avec quelque sûreté
dans l'examen de la connoissance intime de notre
idiome national. Le Glossaire de la langue romane
et ce Dictionnaire étymologique, sont une consé-
quence de ces progrès et des nouvelles conquêtes
PRELIMINAIRE. XI

laites dans la science et la métaphysique du langage*


On aura sans doute observé que toutes les langues
en général sont plus douces et plus harmonieuses
dans leur enfance que lorsqu'elles sont parvenues à
l'âge viril. De même que l'on voit l'enfant tperdre
peu à peu cette rondeur de formes qui distingue le
premier âge, pour prendre de jour en jour un ca-
ractère plus prononcé; ainsi les langues voisinés de
leur naissance, chargées d'une surabondance d'ex-.
pressions pittoresques, harmonieuses* imitatives; ac-
quièrent) en se perfectionnant, plus de force d'éner-
gie et de précision, aux dépens de la naïveté et dé
la g-râce. Les voyelles diminuent, elles deviennent
muettes et moins sonores. Celles qu'on appelle pures •>
A et U (ou«), se perdent; les diphthongues et Ie3 E
muets prennent leur place.
Le besoin crée les langues, le temps les forme, le
talent les perfectionne, le génie les fixe. Les ouvrages
de nos grands écrivains des xvite et xvme siècles ont
fixé pour long-temps la langue frariçoise.
Il n'y a point de langue qui n'ait puisé quelques
mots dans une autre langue. A mesure qu'un peu-
ple acquiert des lumières, ou qu'il s'occupe de nou-
veaux objets, le besoin de les exprimer lui fait créer
des mots jusqu'alors inconnus chez lui, ou bien les
lui fait emprunter à ceux de ses voisins qui les pos-
sèdent
C'est ainsi que pendant les croisades et par leurs
relations commerciales avec l'Orient,- les François
prirent àes Arabes un assez grand nombre de mots-
b.
XII DISCOURS
de même que des Italiens,. pour le commerce et la
•marine; puis ensuite des Allemands /pour les termes
de guerre.
Mais si la langue françoise, lorsqu'elle s'est for-
mée, fut, comme toutes les langues naissantes, re-^
marquable par une naïveté d'expressions qui se con-
tente de peindre simplement'et fortement les objets;
par la propriété du terme, bientôt les arts et les
sciences lui fournirent une nombreuse série de mots
figurés qui y introduisirent l'abondance avant que
le luxe et la mollesse lui eussent donné des formes
élégantes. C'est de cette abondance que sont venus
les composés et les figurés qui ont si souvent exercé
la patience des étymologistes et de ceux qui ont écrit
sur lés langues. Peut-être auroient-ils éu moins de
peine s'ils avoient consulté les écrits de nos anciens
auteurs, car ce n'est que chez eux qu'on peut bien
découvrir l'origine de certains mots. Par exemple,
de si/nul se sont formés les mots assemblage*, assem-
blée, assembler, ensemble; de computwn on a fait
à-compte, compter, décompter, escompter et recompter;
de mamis, main, sont venus les composés -manche,,
manteau, mander, commander, demander, menacer,
mendier, mener, manufacture, démancher, emmancher,
manier, manifester, manœuvrer, etc.>
Si l'on pouvoit ramener ainsi tous les mots de
notre langue à leur première origine, n'offriroit-on
pas à la fois et le moyen de les mieux comprendre
et celui de donner à de nouvelles créations de mots
toute- la régularité qu'exige une langue bien faite?
J PRÉLIMINAIRE. '<. XIII

C'est le but qtae je me suis proposé dans mon tra-


• '''•
vail (i)..
Platon enseignoït que la connoissance des. mots;
conduisoità celle des choses; et peut-on parvenir à
la parfaite connoissance des mots sans leur étymo-
logie L'art étymologique, dit' Falconnet, est celui
de débrouiller ce qui déguise les mots, de les dé-
pouiller de ce qui, pour ainsi dire, leur est étranger,
et par ce moyen les amener à la simplicité qu'ils ont
tous dans l'origine.
La nature nous porte dès l'enfance à exprimer par
dés .onomatopées, c'est-à-dire par des paroles imita-
tr.ices; les bruits qui nous frappent et les cris des
animaux qui nous entourent. \)
Pour faire passer' une sensatibn dans l'esprit des
autres, on a dâ, représenter l'objet qui la produisoit
par son bruit et sa figuré.
Ainsi, aboyer, miauler, hennir, roucouler, hurler,
grogner, frèmtn, coasser, croasser, beugler, ne sont
point des mots fâits au hasard. Tous les autres ont
eu primitivement- aussi leur raison; sans doute que
cette raison seroit très-sensible pour. nous, si l'on
pouvoit remonter à leur origine;
Dans toutes les langues il n'existe qu'un certain
nombre de mots radicaux', dont l'explication en-
traîne celle de tous les autres.. Ainsi, connoissant

(i) Je n'ai rien négligépour le remplir; malgrémonzèle, et


mesrecherches,je crainsd'avoircommisdeserreurs; je prierai
lesamisde la science-de · vouloirbienfaireparvenirleursobser-
vationsà l'Éditeur.
XIV DISCOURS

l'étymologie de concile, on aura celles de concilier,


inconciliable, réconcilier, irréconciliable; ou de côté,
,pn aura celles de cote, coteau, côtelette, côtoyer, ac-
coster, écoter, etc.
Plus des deux tiers des mots que renferme notre
vocabulaire sont des mots composés, dont l'explica-
tion est trèsrsimple dès qu'on sait la valeur des pri-
mitifs qui les forment. En joignant aux mots com-
posés la nombreuse classe des mots figurés, on verra
s'aplanir davantage toutes les difficultés de l'art
étymologique, et on sera pleinement convaincu que
tous les mots ont une raison.
«.Il n'y a pas un terme intellectuel dans toutes les
langues, dit Court de Gébelin, qui n'ait commencé
par avoir une signification physique.
» Rien de plus subtil que l'esprit; c'est une va-
peur qùe l'on ne peut saisir, qui rie tombe pas sous
les sens on le compara donc à ce souffle qui forme
la respiration; de là son nom..
» Ce qui, dans nous, fut envisagé comme la chose
qui nous anime fut appelé anima, souffle, respira-
tion, mot que nous avons altéré dans le mot âme (i).
» Cette âme considère ses idées, elle les pèse pour
les comparer, pour en tirer des résultats ce que les
Latins &\i]pe\oientpensarë de là le mot pensata, pen-
sée chose pesée, réfléchie, considérée.
» Ce qui nous porte au bien avec force fut ap-
pelé vertu, en latin virtus, de vires, forces (2).
(1) Mécanismedu Langage lova.II, p. »5i.
(2) Voy.le motVmiL.
PRELIMINAIRE., XV

» Le penchant au mal, ce penchant contre lequel


il falloit s'armer, qu'on 'devoit éviter, s'appela vice,
en latin vitium; mot à mot, ce qu il faut éviter.
» Ainsi se formèrent tous les mots figurés; ils fu-
rent aussi abondants que les mots physiques; car
tout mot physique peut être pris dans un sens ab-
strait, et tous le furent., C'estainsi, par exemple, que
les parties du corps humain donnèrent naissance à
un nombre infini de figurés.
» Les promontoires ou les terres avancées dans les
eaux furent des caps, c'est-à-dire des têtes.
» Les défilés furent des-cols; et les montagnes eu-
rent des télés, des pieds et nu front.
» Les pays eurent un cœur et des extrémités.
« La terre eut des veines, des entrailles, un sein;
elle fut nue ou habillée; sa robe fut magnifique, sa
dépouille riche. »
Qui entend bien les mots comprend bien les
choses, disoit Varron, que Cicéron regardoit comme
le plus savant des Romains. Et s'il est difficile de
retenir les termes qu'on n'entend pas; comment
pouvoir y parvenir sans le secours de l'étymologie?
J'ai toujours été surpris que, dans le mode d'édu-
cation suivi en France, on n'ait jamais songé à ex-
pliquer aux élèves les noms barbares employés dans
la grammaire; ne seroit-il pas utile de leur donner
quelques notions d'étymologie, pour leur apprendre
la: définition succincte des termes dont ils doivent
faire un emploi fréquent?
Pour parvenir à' des résultats certains, j'ai suivi la
XVI DISCOURS

méthode employée par mon confrère feu Butet de


la Sarthe, avec lequel je'devois faire le Glossaire gé-
néral de la languefrançoise que des événements ont
fait ajourner. Pour parvenir plus sûrement au but
proposée Je formai les familles des mots en françois,
en latin et en grec, pour mieux connoître leur des-
cendance et je procédai de la manière suivante
AÎNÉ. ANTÈ-NATUS Diemenge, Dimane Dimence,
Antè-natus. Dimenche (i).
Antè-nati.
Réclisse. – Glycyrkhiza.
Antenet.
Glycyrrhiza.
Anténé.
Autné. Liquitia.
Ansné. Liquoritia.
Ainsné. Liquorice.
Aisne. Rigalice.
Aîné. Régolice.
Régalice.
Dimanche.; – Dras dominica. Régal isse.
Dies-dominica.
Réglisse.
Diei-dominicae.
Diidominicœ. SERMENT.– Sacramentum,
Didominicae. Sacramentum.
Sacramant.
Didominicq.
Sacrement.1
Didomenicque.
Sarment.
Didominique.
(-Serment.
Didminique.r
Dimincque. Il en est de même des mots
gril, de craticula maître, de
Diminque. w
Diminche. magister merci, de misericor-
Dimanche. dui; imbécile, de baculas etc.
En vieux françois on a dit:
(i) On voit que pour la formation
Dietnainc Dicmancc Die- des mots la connoissance du vieux
inange Diurne nce Diemànche françois est indispensable.

Chaque peuple procède à la fabrique de son pro-


pre langage avec un certain mécanisme qui lui est
particulier. L'observation montre de quelle manière
chaque peuple a coutume d!altérer les mots,qu'il tire
d'une nation voisiné; elle fait connoître l'aptitude
PRELIMINAIRE. XVII

que la nature a donnée à l'homme, selon la diver-


sité des climats où elle l'a fait naître, à se servir
facilement de tels du tels organes de la parole. C'est
de là que dépendent les accents qui caractérisent une
nation. Chaque peuple a son alphabet qui lui est
particulier, qui n'est pas celui d'un autre, et dans
lequel plusieurs lettres sont impossibles à prononcer
pour tout autre.
L'air, le climat, la nourriture, le genre dé vie,
produisent des variétés dans la structure de l'orga-
nisation..
Dans l'émigration des mots d'un langage à un au-
tre, à mesure qu'ils s'avancent vers le nord, l'habi-
tant les charge .de sifflement labial et nasal; au con-
traire, à mesure qu'ils s'avancent vers le midi, il les.
recule au fond du canal vocal, en les chargeant d'as-
pirations gutturales.
• Sans être toujours délicate sur le choix, l'imagi-
nation a imposé des noms aux choses .spirituelles,
invisibles, en un mot aux êtres qui peuvent le moins
tomber sous les sens extérieurs.
Un riche citoyen d'Athènes, nommé Acadèmus,
avoit un jardin magnifique, orné de portiques et de
belles statues; après sa mort, ce. jardin fut converti
en un gymnase,- où s'assembloient les gens de let-
tres. Le divin Platon y enseigna la philosophie; de
là ses disciples prirent le nom d 'académiciens et son
école celui &académie.
Qu'on A^euille, dit le président de Brosses, pein-
dre une inquiétude qu'on a dans l'âme, et, provenùe
XVIU DISCOURS

d'une petite cause en apparence, mais par laquelle


on sent néanmoins à. tout moment sa conscience
gênée et blessée, on dit scrupule; c'est-à-dire qu'on va
chercher l'image d'une petite pierre qui, étant en-
trée dans le soulier, met en peine et blesse le pied
en marchant, pour la'comparer à l'effet d'un em-
barras inquiétant qu'on a sur la conscience. Car
c'est là ce que signifie à la lettre le mot scrupulus. Il
ne veut dire autre chose dans son origine, qu'un
petit éclat de pierre, ou un gravier, détaché; d'un
bloc en le creusant et l'escavant avec force.
Le latin stipula, paille, chaume, tuyau du blé,
forma le verbe stipuler, demander,, exiger,, faire pro-
mettre en contractant; en latin stipzilari, rompre la.
paille en signe de convention, d'engagement, parce.
que les contractants rompoient une paille lorsqu'ils,
concluoient un traité.
Le grec toa, galerie, portique, forma le mot stoï-
cien; et le mot stoïcisme signifia d'abord promenade
dans une galerie, sous un portique.
Pour éviter l'ennui des répétitions, pour mieux
faire connoitre la filiation et la descendance des mots,,
je les ai classés par familles. J'ai exécuté cette partie
de mon travail, non pas dans le .système du prési-
dent de Brosses, qui a si bien réussi à égarer Court
de Gébelin, mais en suivant l'ordre naturel des lan-
gues anciennes. Par suite de mon plan, j'ai été forcé
de donner un grand nombre de nouvelles .défini-
tions pour appuyer mon sentiment et mieux faire
sentir la justesse de l'étymologie. Le système des ra-
i PRÉLIMINAIRE. XIX

cines Organiques ou clef primordiale, et des racines


absolues, pèchera toujours par ses fondements. De
ce que le caractère Acdésigne tout ce qui est pointu,
épineux, perçant, aigu, pénétrant; de ce que la pa-
latale roulante R'sert à nommer la classe des choses
rapides, rudes;, ruineuses, rompues, qui ont des ru-
gosités de ceque la première lettre de l'alphabet se
trouve presque dans tous les mots qui peignent les
scènes de la campagne, comme dans charrue, vache,
cheval, âne, vallée, montagne,arbre, pâturage, laitage,
bétail, etc.; et enfin de, ce que le caractère po, Pu,
désigné toutes les choses élevées et quelquefois les
choses profondes, il n'en faut pas conclure que
toutes les lettres de l'alphabet ont les mêmes pro-
priétés. Le système que Gébelin a emprunté à l'au-,
teur du traité de la formation mécanique"des langues
est spirituel et séduisant, mais par trop conjec-
tural, en un mot, comme la plupart des systèmes.
Je n'ai adopté mes étymologies qu'après avoir con-
sulté les auteurs qui ont traité de cette science dans
le cas 'de dissidence, j'ai rapporté fidèlement leurs
raisons souvent j'ai pris sur moi de proposer la
mienne et de trancher la difficulté.
J'ai cherché dans mes définitions à être clair, bref,
substantiel.
L'article linot, dans'le dictionnaire de Ménage,
tient une grandé colonne d'in-folio; cette longueur
m'a engagé à être' plus concis et plus laconique.
En adoptant une infinité de mots tirés des langues
étrangères, tant anciennes que modernes, et même
xx DISCOURS
en naturalisant ces mots, les François en ont réglé
la signification de la manière la.plus arbitraire; tels
sont les mots bouquin hère, lande, rapière ,rossê et
autres tirés de l'allemand. Cela s'établit, l'usage l'au-
torise et personne ne réclame ou ne s'inscrit en faux
contre. •
J'ai cherché à puiser la lumière partout où-j'ai
pensé la trouver; j'ai extrait des mémoires, de l'aca-
démie des Inscriptions les notes de Lefebvre. de
,Villebrune sur Athénée, de Larcher sur Hérodote/
de Perrault sur Vitruve. les. ouvrages anciens et
modernes, les dictionnaires d'arts et de sciences pu-
bliés, depuis quelques années; indépendamment dés
secours que m'offroient le Glossaire de la langue ro-
mane et son supplément, le Trépied étymologique,
le Dictionnaire des onomatopées par M. Nodier, ceux,
de Jauffret, de Gattel, de Boisté, de Noël, de Wail- 'i,
ly, etc., j'ai recueilli une foule de renseignements cu-
rieux dans un'grand nombre d'ouvrages historiques.
J'ai ajouté quelques noms d'hommes et de lieux;
les premiers furent des sobriquets mot inventé en
France; et il ne faut, pour en trouver la cause, que
consulter le penchant naturel qu'a tout homme à se
moquer de ses semblables. Le sobriquet fut donc tiré
de la force, de la dignité, des fonctions, des qualités
personnelles, de la profession, de l'habitation, des
défauts corporels.
J'ai suivi l'orthographe du. Dictionnaire de l'Aca-
démie françoise (i).
(1) Philipon-la-Madelcinc, r&.s Homonymesfrançois, Prcf. p. i.4-
Préliminaire. i Xxi

Qu'un particulier se fasse créateur d'un mot, il le


peut. Le placànent^de ce terme en détermine le
sens, et son succès dépend de l'heureux emploi que
l'auteur en fait.
Quant à l'orthographe, elle ne saufoit varier au gré
des écrivains sans quoi il faudroit qu'un lecteur
changeât de méthode à mesure, qu'il.change de vo-
lume. La lecture devenue un travail cesseroit d'être
unplaisir, et l'intérieur d'une bibliothèque ne seroit
plus qu'une" suite de travestissements pénibles à ceux
*qui viendraient là consulter.
Il faut donc qu'un corps littéraire, éloigné, par
son organisation, de la mobilité et du caprice des
particuliers* veille sur le double dépôt de la gram-
maire 4et die l'orthographe; car rien n'est plus propre
à décréditër une langue, que l'instabilité et l'altéra-
tion dans ces deux parties de son mécanisme.
Ces raisons in'ont fait préférer l'orthographe de
l'Académie à celle de quelques auteurs qui en ont
interverti les éléments, quoiqu'ils l'aient fait quel^-
quefois. avec avantage.
Mais, en suivant leur système, nos bons écrivains
des,xvne et xvme siècles deviendroient bientôt illisi-
blés ou ils auroient besoin d'être réimprimés.
Laissons à notre orthographe quelques défauts,
poup ne pas la livrer à beaucoup d'abus. A force de
çhan^ef, on dénaturé. Si nous cessons d'orthogra-
phier commeBoileau, Bossuet, Lafontaine, Molière,
Racine, Fénelori, nous cesserons bientôt d'étudier
ces ^grands modèles!
XXlt bISCOURS PRÉLIMINAIRE.

J'avouerai cependant que l'orthographe de l'Aca-


démie s'éloigne un peu de la leur; mais, ou ce n'est
pas sur des points essentiels, ou les changements
adoptés par elle sont si naturels, que, loin de fati-
guer la vue, ils la reposent.
L'accent circonflexe a remplacé quelques lettres
oiseuses qui, dans beaucoup de mots, sùivoient les
voyelles d'une prononciation longue et ouverte. Ainsi
hoste, paste,feste, bldsme, teste, etc., s'écrivent hôte,
pâté, fête, blâme tête, etc. La manie de changer est
parvenue à un tel point, que des littérateurs, d'ail-
leurs estimables, écrivent bienfét, bienfeteur, outra-
gent à la fois le bon sens, l'orthographe et l'étymo-
logie.
Je passerai sous silence quelques jurés peseurs de
diphthongues qui, joignant aux grâces de la syntaxe
tout l'esprit du rudiment, ne proposent rien moins
que de changer tout le systèmed'orthographe adopté.
Je ne finirai point cet avertissement sans payer
mon juste tribut de reconnoissance à mes amis
MM. Champollion-Figeac, Lallement fils et Miger,
qui, en éclairant mes études, ont bien voulu revoir
mes épreuves, et m'honorer de leurs observations
particulières.
Le morceau sur l'art des étymolbgies que le pre-
mier a bien voulu.me donner pour cet ouvrage, ne
peut manquer d'intéresser les lecteurs.
DISSERTATION
SDg

LÉTYMOLOGI
PARM. CHAMPOLLIOK-riGEAC.

e..e

Platon, Varron, Cicéron et Quintilien ont défini la science


des élyiaologies elle donne la vraie connoissance de l'expres-
sion des mots d'après leur origine et les éléments de leur com-
position. On juge déjà par là quelle est l'importance de cette
sîcience, puisqu'une langue bien faite (et l'intelligence ne peut
se passer de son secours) suppose tous les mots qui la com-
posent bien connus et bien définis dans leur'acception. On
voit, eÉ même temps, que les meilleurs esprits de l'antiquité
ont reconnu l'utilité de la science; l'ont-ils pleinement
ap-
préciée ? en ont-ils généralisé les applications, proclamé les
principes? C'est ce que nous examinerons bientôt.
Et d'abord, l'étude des étymologies mérite-t-elle le nom
de science? Au dire de quelques esprits superficiels, cette
question seroit oiseuse en elle-même nous serons ici moins
timorés, et nous donnerons le nom de science à. une étude
qjjjj a ses principes reconnus, et des règles certaines qu'on ne
jioïe pas sans compromettre son jugement; qui est féconde
en déductions rationnelles; qui a pour objet une connoissance
toujours utile et souvent nécessaire; qui porte l'analyse dans
une des opérations les plus communes et les plus déliées de
l'entendement humain qui est enfin un des plus puissans agens
des recherches de la philosophie dans l'histoire de l'homme et
3ë§ sociétés civiles, par l'étude comparative des langues.
Les anciens ne pensèrent à rien de tout cela; les'peuples
lettrés de 1.'Occidentne songèrent pas trop à leurs origines;
. XXIV DISSERTATION
ils se disoient tous sortis de la terre qu'ils habitoient, et quand
la fortune les éleva par des conquêtes; l'orgueil les empêcha
de se demander d'où ils venoient, et d'où venoient aussi les
peuples nouveaux dont ils faisoient leurs esclaves. Aussi leurs
meilleurs écrivains, tout en faisant des ctycnologies, ne com-
prirent jamais l'intérêt historique ou littéraire de la science
étymologique; Platon en a mis un assez grand nombre dans
son Cratyle, mais on ne sait s'il veut amuser ou bien instruire
son lecteur. Varron, avec ses étymologies latines, travailla
très-sérieusement, et c'estun,malheur de plus pour sa réputa-
tion; on a rarement abusé plus complètement des ressources
d'un esprit cultivé, et de la faculté d'asservir le jugement aux
caprices de l'imagination. La science enregistre donc, histori-
quement ce qu'ont fait les anciens; mais elle regrettera éter-
nellement qu'ils n'aient pu faire ni mieux ni davantage.
Il est digne de remarque, que cette science ne soit fondée
qu'alors même qu'elle a plus de difficultés à vaincre, etmoins'
de chances de pouvoir devenir complète. Qu'on se représente
l'état des peuples civilisés du globe, il y a quatre, mille ans;
l'histoire écrite d'après des traditions recueillies bien*long-
temps après, et l'autorité des monuments, ne nous apprennent
que peu de faits sur les dispersions simultanées de ces peuples
et sur leurs migrations, poussés par la guerre oii par la faim.
Cependant l'Orient avoit alors ses lois et ses religions; l'Inde
enfantoit ses lointaines colonies, méditoit déjà les profonds
mystères de son culte religieux et de sa singulière psycholo^
gie; elle avoit sa langue, source commune de nombreux dia-
lectes encore subsistans; et l'Egypte, sa contemporaine, veii^e
des déserts de la Libye jusqu'aux embouchures du Nil, élevoit
ses impérissables monuments, qui témoignent pour elle, dans
ces mêmes temps, de toutes les pratiques sociales, et ces pra-
tiques n'étoient pas celles de l'Inde. L'Assyrie et le reste du
continent asiatique avoient aussi leurs idiomes et leurs lois,
et on ignore encore comment ils avoiént institué leur civilisa-
tion. La barbarie s'agitoit aussi en inême temps; des hordes"
nombreuses, venues on ne sait d'où, des déserts de la Scythic
peut-être, faisoient la guerre à cette civilisation, sans rien
SURl'ÉXYHOLOGIE. XXV
et sans rien oublier des sauvages
apprendre de l'état social;
coutumes*d' une ignorance farouche. La Grèce vint bientôt
des rois et des lois; des prêtres
après à la lumière; elle eut
et dés poètes; elle fut visitée et instruite par des colonies sor-
ties d'une école civile déjà expérimentée, par des navigateurs
accoutumés au joug des institutions sociales ils enseignèrent
aux philosophes grecs le chemin de l'Orient; et le génie d'Ho-
mère fit le rèste. La vieille Italie avoit aussi connu l'Orient
par ces navigateurs et profité de ses enseignemens; l'antique
Gaule n'y étoit pas ignorée; vers les plus anciennes époques,
elle avoit porté la terreur jusque dans les temples encore rus-
tiques de la primitive Grèce.
Mais alors déjà, que de confusion, et nue de mélanges de
peuples, de langues et d'idées Si donc un bon esprit s'étoit
montré dans ce temps-là, qui, cherchant à connoître le mieux
possible les causes et les conséquences de tant de perturba-
tions; eût fidèlement enregistré le_sunes et les autres, com-
bien de lumières n'auroit-il pas répandues sur des sujets di-^
gnes de toute l'estime des hommes instruits Car l'histoire
des peuples n'a pas de guide plus certain que l'histoire des
langues et des opinions successivement dominantes dans les
diverses régions du globe. Mais il n'y a que des regrets à ex-
primer à l'égard de ce période, actuellement primitif, des so-
ciétés humaines; La Grèce pouvoit étudier pQurnous et pour
elle l'Egypte, l'Inde et le reste de l'Asie; elle ne le fit pas, et
nous ne pouvons plus le faire comme elle les faits généraux
relatifs aux langues des peuples qui la précédèrent nous sont
connus en.partie, mais il, nous faut'remplir les lacunes par
des divinations. Les efforts soutenus de la critique moderne
ont enfin rattaché avec certitude les origines grecques et la-
tines à la langue sacrée de l'Inde qui expliquera ce grand
phénomène? L'histoirê^écrite est impuissante; la science éty-
mologique met ce fait hors dé tout doute; c'est le seul secours
qu'elle puisse nous prêter, mais ce secours est un trait de lu-
mière qui nous fait pénétrer dans les obscurités de la primitive
antiquité.•
La Grèce, vaniteuse jusqu'à la superstition, nous laissa ainsi
I. c
XXVI DISSERTATION
le soin de sa propre généalogie, et Rome estimoit trop la
science de l'épée pour ne pas mépriser toutes les autres de
bourg étrusque, elle s'éleva au rang de capitale du monde;
ne pensant qu'à conquérir la terre par la force, elle délaissa
dédaigneusement aux esclaves le domaine de l'intelligence; et
cependant elle dominoit dans cette vieille Italie qui, avant que
Rome fût puissante, avoit connu l'Orient, créé des institutions
appropriées aux localités, proclamé des préceptes religieux
fortifiés par un culte public, cultivé les arts et généralisé l'u-
sage de l'alphabet, que ses monuments nous ont conservé avec
sa langue nationale. Rome méprisa son propre berceau, et ne
nous a rien enseigné sur cette langue, l'une des sources les
plus fécondes, de celle de Virgile et de Cicéron. C'est encore
la critique jnoderne qui est appelée à faire, s'il se peut, la
généalogie de Rome.
Sa puissance fut aussi l'agent d'un second période de con-
fusion des langues et de mélanges des peuples la simple es-
quisse de ce tableau est au-dessus des forces de la plus habile
et de la plus tenace critique, et cependant il lui faut avoir le
courage de l'entreprendre, trait à trait, élément par élément,
les séparant d'abord pour les grouper ensuite selon des analo-
gies indubitablement reconnues, composant ainsi successive
ment les masses principales, qu'il ne ramènera jamais, peut-
être, à cette unité désirable, sans doute, mais qu'il est plus
facile de croire que de démontrer, tant le monde est vieux,
et tant ses premiers âges sont pour nous incertains.
L'état actuel des langues est l'ouvrage de la puissance ro-
maine elle mit en communauté de servitude l'Asie, l'Afrique
et l'Europe les barbares du Nord .posèrent bientôt après leur
épée dans la balance; mais, s'ils apprirent quelque chose, ils
gâtèrent.aussi ce que nous savions. L'Europe romaine s'abâ-
tardit en subissant- cette nouvelle influence; la civilisation ne
fit que reculer loin du but; le morcellement des empires mor-
cela aussi l'intelligence générale; les peuples, sans liberté,
furent sans génie, et tout dormoit dans l'obscurité du même
tombeau, quand les Turcs rejetèrent sur l'Europe les débris
'le la Grèce, qui réveillèrent les grands souvenirs de Rome.
SUR l/jÈTYMOI-OGIE. XXVU

De ii£puveaux états se créèrent de nouveaux idiomes voilà


Je"jà le troisième période connu de la confusion des langues et
des idées; voilà le terrain véritable sur lequel doit s'exercer
aujourd'hui la science étymologique.
Après la renaissance des lettres, des savants de divers pays,
avertis "par le petit nombre d'exemples qu'ils rçncontroient
dans Ies*Sule>ars anciens, excités aussi sans doute par la con-
viction éclairée de l'utilité de leur§ recherches, s'adonnèrent
aux études étymologiques. Mais il faut encore ici faire la part
des idées reçues ou dominantes il fut dit et reconnu que les
sciences profanes ne devoient chercher leurs principes que
dans les écrits qui sont les fondemens de la foi, et l'esprit
d'investigation fut p,rivé de sa qualité la plus nécessaire, celle
de l'examen des faits hors de toute préoccupation; et dès que
la langue hébraïque eut été déclarée la plus ancienne et la
mère de toutes les autres, la conséquence toute naturelle de
ce principe fut de ne chercher que dans l'hébreu l'origine et
l'étymologie de tous les autres idiomes. On vit donc Z. Bogan
publier son Homerus hebraîsans, pour montrer que l'hébreu
étoit la clef de l'interprétation du grec d'Homère,'et Bochart,
dans son Phaleg et son Ckanaah, vouloir expliquer aussi les
idiomes et les peuples anciens par l'hébreu. Il y avoit dans les
Delphi Pkœnicisantes quelque chose de plus raisonnable, en
tant qu'on admet l'iniluence des Phéniciens sur la Grèce, ce
qui, soit dit en passant, n'est pas indifférent pour excuser
ceux qui hébraïsent Homère, si l'hébreu et le phénicien peu-
yeiatjêtre considérés comme deux provenances de la mémo
souche; d'où il résulte que, dans Bochart comme dans les
autres érudits adonnés aux mêmes recherches, ce n'est que
ce qu'il y a d'absolu dans leurs systèmes qui répugne à l'ex-
périence. L'abbé Rivière, professeur au Collège de France à
la fin du dernier siècle, avoit réduit l'utilité de l'hébreu, à
l'égard d'Homère, à ^explication de quelques mots difficiles:
ce sont là de ces travaux qu'on ne peut ni approuver ni con-
damner dans leur ensemble. Du reste, comme il n'y a pas
d'erreur au.,monde q*ii niait fait école, tant est grande la di-
versité des esprits,* et comme pour prendre sa revanche sur
c.
XXVIII DISSERTATION

tous ses devanciers, qui avoient laissé peu de place aux s%ttos
suppositions sur les langues de la terre, Gorope-Balean s'oc-
cupa de celle du ciel, et fit un livre pour prouver que le flamand
étoit la langue qu'on parloit dans le paradis terrestre. Il y a du
moins un peu plus de réserve dans les trois volumes in-8° de
M. le chanoine de Grave, qui n'ont pour but que de démontrer,
par les étymologies, que les scènes de l'Iliade se sonFpassées
dans l'île d'Héligoland et qu'Homère étoit Belge. Ceci prouve
combien l'erreur peut être ingénieuse elle n'a, sans doute,
l'art de charmer, que parce qu'on la prend pour la vérité
même. C'est elle qui, pour les Hongrois, faisoit descendre
Attila de Nemrod en ligne droite, les Danois des Danai partis
de Dodonc, traversant le Danube en lui donnant leur nom, et
se fixant enfin dans la contrée qu'ils nommèrent Danemark
et nos chroniqueurs, aussi forts étymologistes qu'habiles criti-
ques, ne font- ils pas fonder le royaume de France par Fran-
cus, l'un dès fils d'Hector, sauvé tout exprès du sac de Troie 1
Mais l'absurdité même de ces vains systèmes servit utile-
ment la véritable science les sentiers sans issue indiquèrent
la véritable route, et de très-bons esprits ne redoutèrent pas
de s'y engager. Au dix-septième siècle, l'érudition se montroit
riche de bons exemples et de bons préceptes; des mots grecs
et latins, on étoit arrivé aux langues mêmes; la science gram-
maticale se perfectionna par l'analyse; la pratique apprit à
préférer le doute à toute interprétation incertaine. Bien de
grandes questions furent soulevées^ et l'on prit. sagement sur
les plus graves le parti d'un plus amplement informé. 'La mé-
thode s'offrit à tous comme le fil conducteur dans tous ces
labyrinthes on s'adonna avec ardeur aux recherches sur les
langues; des intérêts qui n'étoient pas purement littéraires
entretenoient néanmoins cette ardeur, et quelques principes
féconds en bonnes conséquences s'introduisirent enfin dans
l'école, accrédités par le succès même de ceux qui les avoient
dévoilés. On comprit finalement que c'étoit l'histoire des vicis-
situdes diverses d'une nation, qui devoit éclairer les investiga-
tions relatives à la langue de cette nation; on soupçonna qu'il
pourroit se trouver de l'arabe dans l'espagnol et dans le portu-
XXIX*
SUR L'ÉfïJlOLOJJIE.

gais, du françois et du saxon dans l'anglôis;, du grec.et, du latin


partout. Poussant ensuite plus haut, on fut conduit à examiner
s'il n'y auroît
auroit pas d'influence asiatiquedans
d'inflv.ence asiatiqué dans le grec.
grec- d'Eurji)pe.
d'Europe*
du grec et de l'étrusgue dans le latin; et la science étymologi-
que ayant alors reconnu son véritable' objet, put distinguer,
avec le secours de l'histoire, les langues influentes des lan^
gues influencées, c'est-à-dire. i° les idiomes modernes in-
fluencés par les vieilles langues lbcàles^par le grec, le latin.,
l'arabe et les langues du Nord; 2° le grec et lelatin'influencés
par les idiomes de l'Asie, de l'Afrique et ceux des*plusanciens
peuples de l'Occiden|, leurs contemporains; 5° ces mêmes
idiomes de l'Asje, ramenés ou non à une souche commune
dont on ignore la souche antérieure ou du moins Tescommen-
cemens, et ces mêmes langues locales de la plus vieille Eu-
rope, dont on ignore aussi la souche, et dont quelques. débris
seulement nous sont parvenus par les écfivains ou par les
monuments. Ces trois classes d'idiomes correspondent exacte-
ment aux trois périodes de confusion déjà indiqués l'étymo-
logiste ne franchit pas sans réflexion les limites de l'un à
l'autre; c'est déjà beaucoup pour lui d'avoir ainsi reconnu et
jalonné son terrain.
On a déjà pu pressentir, par cejjui précède, que les tra-
vaux qui, depuis la renaissance des lettres, ont eu pour objet
les recherches étymologiques, dcpuis,,surtout, l'introduction
des bonnes méthodes dans toutes les études, ont- dû plus par-,
ticulièrement s'appliquer aux idiomes. de la première classe,
les langues modernes, résultat d'innombrables combinaisons
quela critique ne sauroit-toujours exactement apprécier.
On vit bientôt, en effet, se produire à'l'envi, dans tous les-
états lettrés, des recherches étymologiques sur les idiomes na-
tionaux Henry Étienne, dans son Trésor de la langue grec-
que, avoit montré l'utilité des lexiques où les mots, ramenés
d'abord à leur racine originelle, sont rangés à la suite dans
l'ordre de leur composition; et les travaux sur la langue arabe,
ou sur quelques idiomes bibliques, justifioient pleinement
les tentatives de ce genre. Maison sentit heureusement quelles
u'étoient possibles et fructueuses qu'a l'égard dcs.languos dont
XXX DISSERTATION ·

la formation toute logique, et procédant par des principes con,


stants préalablement admis, pouvoient se prêter pour cela
même à une décomposition méthodique et tels n'étoient pas
les idiomes modernes sur lesquels les savans du temps avoient
à opérer. Comme ils étoient presque tous le produit du troi
sième période de confusion déjà énoncé, ce n'étoit plus sur
des mots analogues d'origine et de formation, que les linguis-
tes devoient porter le scalpel de l'analyse et appliquer les règles
d'assimilation; c'étoit par masses de mots qu'ils devoient pro-
céder, parce qu'il y avoit partout un peu de tout. Guidés par ce
premier principe, avertis par l'histoire sur les vicissitudes de la
nation, et conséquemment de la langue qu'ilsétudioient, ils ju-
gèrent sans peine qu'il leur falloit d'abord dresser une sorte
de géographie de cette langue, et que l'examen de ses mots,
en prenant pour guides les faits de l'histoire, porteroit succes-
sivement leurs recherches vers les climats les plus opposés.
Quand ils en furent là, les plus utiles principes de la science
étoient reconnus, et ils furent appliqués avec plus ou moins
de succès, selon l'étendue d'esprit et de jugement propre à
chaque investigateur. Alors Aldrele et Covarruvias travail-
lèrent, dans ce but, sur la langue espagnole; Nunas Deliao,
sur le portugais; Okenart et le P. Morel, sur le basque; Mo-
nosini, après le Dante le père, sur l'italien; Bullet trouva
dans sa langue celtique la matière de trois volumes in-folio
les dialectes de la langue romane, ou des troubadours, ceux
du vieux françois ou des trouvères, prirent peu à peu la place
que leur assigne leur littérature, et concoururent enfin à l'etude
étymologique de la langue françoise. Fauchet et Caseneuve
avoient ébauché ces recherches; Ménage vint, qui essaya de
les constituer en corps de doctrine. C'étoit un assez bon esprit,
homme instruit et consciencieux, modéré vraisemblablement
en tout, puisqu'il ne laissa prédominer aucun système dans
son ouvrage, et qui assura en quelque sorte le succès de ses
étymologies françoises par l'estime que les savans d'Italie té-
moignèrent pour ses origines de la langue italienne, en les
mettant au-dessus des travaux faits jusque là par les Italiens
mêmes. Dans le nord de l'Europe, les idiomes étoient encore
SUR j/étymologie. xxxi
incertains; dès nombreux dialectes de l'allemand, les uns, fi-
dèles aux exemples laissés par les n^ennesingers, oif trou-
vèresdu Nord, ne cherchoient pas à se perfectionner par leur
essence propre; d'autres, par des tentatives hasardeuses, bles-
sèrent parfois les règles du goût et de la logique grammati-
cale enfin Schiller et Klopslock naquirent, et leur génie créa
d'un seul jet et lés règles de la langue, et les plus parfaits mo-
dèles de sa littérature; ils donnèrent une forme régulière à la
matière, et l'animèrent en même temps d'une vie toute nou-
velle leurs écrits préserveront la langue allemande du chaos
d'où ils la retirèrent. La savante et patriotique Allemagne n'.cst
pas en arrière sur ce qui intéresse ses origines; les nombreux
ouvrages qui ont pour objet celles de sa langue nationale, jet-
tent la lumière sur leurs obscurités c'est un bon exemple,' et
ses résultats ne sont pas sans intérêt pour les autres nations..
"Les Germains ont aussi disséminé les mots de leurs idiomes
dans les autres contrées européennes; on travaille ainsi par-
tout pour l'utilité de tous. L'allemand se rattache aussi h l'an-
tique langue sacrée de l'Inde encore un point de contact mé-
diat ou immédiat entre la vieille Europe et le sanskrit. Mais
l'esprit investigateur s'égare dans ce labyrinthe de peuples et
de langues; l'histoire écrite cesse d'être pg,ur lui le fil secou-
rable qui devoit le guider. Arrêtons-nous donc aussi à ces con-
sidérations générales, et ramenons le sujet de cet article à des
données plus directement concluantes par leur spécialité,
même.
C'est ici, cependant, le lieu de faire remarquer combien
les louables travaux qui viennent d'être rappelés nuisirent
indirectement a la science même. En ne considérant que ses
résultats, on la crut très-aisée ,et la portée de tous les es-
prits on la déconsidéra, parce que les plus médiocres furent
les plus hardis. Malheureusement on ne les méprisa pas; *on
s'en divertit, et Ménage en fut réduit à avouer ses recherches
presque comme une faute ou une méprise, parce que, de son
temps, la science des étymologies n'étoit plus regardée que
""comme un agréable amusement. Aujourdhui je n'oserois pas.
affirmer qu'elle soit plus estimée pour leurs travaux philolo-
XXXII DISSERTATION

giques, les hommes les plus instruits n'osent recourir aux éty«
mologies. qu'incognito, et il n'y a que les moins habiles qui
soient moins réservés. Mais la linguistique rend trop de bons
services à l'histoire, pour que la véritable science des étymo-
logies ne reprenne pas, dans l'estime puBlique, la place qui
lui est due c'est aux savans dont l'Europe lettrée honore le
plus les travaux, la lui assurer.
Nous allons donc exposer sommairement les principes les
plus utiles de la science des étymologies. Pour les présenter
avec toute la clarté nécessaire, et afin de ne pas. les priver de
la certitude que doivent leur donner l'unité d'origine et l'ana-
logie des exemples, nous devons les tirer d'un seul idiome,
propre toutefois, par son état actuel, à suffire à toutes les dis-
cussions, à' toutes les démonstrations; et ce ne sera pas s'ar-
rêter à celui de tous où les effets de profonde confusion et
d'Inextricables mélanges sont le-moins sensibles, que de pré-
férer la langue françoise. L'intérêt de nos lecteurs nous en
feroit un devoir, si même le désir d'être utile ne nous imposoit'
pas l'obligation dé nous soumettre aux rigueurs d'un tel
sujet.
Considérée dans son état actuel, la langue françoise est com-
posée des mots qui nous sont restés des dialectes gaulois, et
des mots qui s'y sont mêlés avec eux par la succession des
siècles, et provenant du grec, du latin, des idiomes d'outre-
Rhin, de l'arabe et de ses dérivations en usage dans l'Orient.
Ce sont là les sources les plus abondantes où notre langue a
puisé; toutefois ces sources se multiplieroient presque à l'in-
fini, si l'on considéroit ici autre chose que les masses princi-
pales on pourroit trouver cent mots importés de cent pays
divers; mais isolés entre eux et de tous les autres, n'ayant pas,
si on peut le dire, pris racine dans notre langue, ni formé unee
famille, ils ne sont plus que des locutions individualisées et'
adoptées pour un besoin ou pour un moment. Nous ne met-
tons pas non plus dans le compte des influences exotiques,
l'italien, l'espagnol ni l'anglois ces idiomes ont pu trans-
mettre au françois des mots qu'ils avoient eux-mêmes em-
pruntés à un autre idiome, mais celui-ci étant déjà au nombre
SUH h ÉTYJ10L0GIE. XXX1IP
de nos origines, cette communauté d'emprunts peut dispenser.
de noter minutieusement ces transmissions en général réci-
proques.
Outre les mots, notre langue a aussi sa constitution gram-
maticale, et cette constitution est, à l'égard de toutes les
langues, Yessencc mêmede la science étymologique; c'est
l'ensemble des règles pour la formation des mots, couséquem-
ment aussi la règle de leur décomposition ou de leur étymo-
logie. Ignorer ces. règles, c'est vouloir analyser chimiquement
une substance solide en la brisant a coups de marteau. On
doit connoitre ces lois essentielles de la vitalité de notre
langue les principales sont, en outre de toute la phraséolo-
gie, 10 les désinences, 2° les augments initiaux, 5° le mot
radical, 4° l'euphonie, 5° l'orthographe et ses variations.
Les désinences ne sont, de fait, que des particules afflxes-
ou ajoutées à la fin des mots; assemblage de 'lettres toujours
monosyllabique, n'ayant par elles-mêmes aucune acception
propre, pour nous du moins aujourd'hui, et pour toute fonc-
tion, que celle de signes moniteurs du caractère particulier et
phraséologique du mofrdont ils sont la dernière syllabe. Les
désinences sont donc un des éléments principaux de toute
langue bien faite, un instrument grammatical d'un usage uni-
versel pour tous les mots, à la seule exception des noms pro-
pres, et des mots radicaux, caractérisés par l'absence même
des désinences. C'est cet instrument qui, avec' les mots radi-
caux, fait les noms, les adjectifs, les verbes et les adverbes,
les genres et les nombres, et d'un seul monosyllabe de deux
ou trois lettres compose les mots les plus longs de notre
langue, ceux^le cinq ou de six syllabes et de douze à quinze
lettres. Les désinences ont cependant pour notre langue une
valeur conventionnelle, mais absolue, qui modifie, dans un
sens déterminé, l'idée dont le mot écrit est le signe; elles ont
toutes la régularité qui distingue les idiomes anciens les plus
estimés; on ne les viole pas sans inconvénient, et ce n'est pas
la faute de la langue si nos grammairiens ont négligé ce point
de sa constitution. L'étymologiste doit donc porter sur lui les
premiers efforts de son attention, et s'il reconnoît exactement
XXXIV DISSERTATION
la nature de la désinence du mot qu'il analyse, ce mot se dé-
gage aussitôt de la partie qui déguise le plus sensiblement sa.
racine primitive. Le critique doit donc posséder à fond la
connoissance.des désinences propres, on'ne sait pourquoi ni
comment, à la langue dont il s'occupe.
Il en est de même des augments Initiaux, ou placés au
commencement des mots. Ces particules sont toujours des
prépositions, d'ordinaire monosyllabiques comme les dési-
nences, parce qu'elles devoient, les unes et les autres, entrer
dans la formation des mots sans leur imposer un trop grand
nombre de syllabes. Au contraire des désinences, les prépo-
sitions ont un sens par elles-mêmes, une acception propre,
qui, frappant selon ce sens, sur le mot radical auquel elle
est unie, modifie l'idée absolue dont ce mot est le signe, au
moyen de l'acception, absolue aussi, qui est celle de la prépo-
sition. Il en résulte une nouvelle idée qui est la combinaison
des deux autres, sans être absolument ni l'une ni l'autre, mais
étant l'une et l'autre à la fois, comme le nombre 5, qui,
n'étant ni i ni 2, renferme cependant les nombres isolés i et
2. L'étymologiste doit donc opérer sur ces prépositions avec
la même attention qu'il l'a fait sur les désinences, et après les
avoir tranchées, le mot radical se montre de plus en plus libre
des accessoires qui l'envcloppoient.
Ce mot radical, ou racine du mot, est le véritable but vers
lequel tendent les recherches analytiques de l'étymologiste.
S'il l'a reconnu avec certitude, il s'enquiert alors de sa véri-
table origine. Après avoir déterminé, je dirai en toute con-
science, l'acception pure, incontestable, généralement reçue,
de ce mot radical, il appelle à son aide toutes les langues qui,
par leur influence connue sur le françois, ont pu lui donner
ce mot radical, et il fera honneur de ce don à celle de ces lan-
gues, et à la plus prochaine, où ce mot se retrouve avec la
même acception. Son but est alors atteint; il a pour résultat,
10l'origine certaine du-'mot radical; 20 son mode de forma-
tion au moyen des élémens de sa composition en son état ac-
tuel 3° l'acception rigoureuse qui en est la conséquence et
il a obtenu de ce mot une étymologie incontestable, démon-
Stîl L'ÉTTMOLOGIE. XXXV
trée par sa décomposition, son origine et son élément ra-
dical.
Un autre élément, que j'appellerai secondaire, doit aussi
être pris en considération par l'étymologiste*; c'est l'influence
de l'euphonie. On appelle*ainsi 'le soin qu'on se donne pour
que la consonnance résultant de la série des syllabes qui se
succèdent dans la prononciation d'un mot, ne frappe pas dés-
agréablement l'oreille; et ici, trop souvent la raison a dû se
soumettre au goût, si ce n'est aux exigences d'une puérile
délicatesse. C'est elle qui a fait du-mot augustus le nom de
mois août. L'euphonie supprime donc arbitrairement des let-
tres dans les. mots, même des plus nécessaires
pour en con-
stater l'origine, comme le sont les consonnes; et nous dirons, à
ce sujet, que toute étymologie seroit
suspecte qui, dans l'exa-
men de la, racine de ce mot, ne l'assimileroit au mot d'une
autre langue, qu'en sacrifiant quelqu'une des consonnes.
Celles-ci sont comme la charpente du vaisseau; les voyelles
peuvent n'en être que le revêtement; mais il est prudent de
n'y toucher qu'avec précaution. Dans les langues où, comme
celles de l'Orient, on n'écrit pas les voyelles
rigoureusement,
où souvent encore les dialectes
particuliers ne diffèrent entre
eux que par l'emploinbn uniforme de certaines
voyelles, il est
permis d'user de cette disparité pour s'éclairer; mais, dans
les idiomes de notre on ne doit point renoncer trop
Occident,
à
légèrement tenir compte de's voyelles; elles prouvent parfois
quelque chose, pourquoi vouloir que jamais elles ne prouvent
rien? Ajoutons que l'euphonie n'est
pas absolument restric-
tive, et qu'elle est aussi souvent caractérisée par l'addition de
quelques lettres, que par la*suppression de plusieurs. On don
nera donc à l'euphonie certaines lettres évidemment isolées,
qui n'appartiennent ni à la racine des mots, ni à la désinence,
ni aux augments initiaux.
L'orthographe est un point extrêmement essentiel dans les
recherches étymologiques sur la langue françoise. La fausseté
de l'étymologie, en apparence la
plus régulière, d'un mot fran-
çois d'après son orthographe actuelle, seroit bien souvent dé-
montrée par sa seule orthographe ancienne. C'est donc un
XXXVI DISSERTATION

principe important dans le sujet actuel, de rèchercher d'abord


dans les auteurs de tous les siècles de" notre» littérature, com-
ment ils ont écrit le mot dont on. veut connoître l'étymologie.
Il y a deux avantages marquans dans cet examen i" on se
rapproche plus sûrement dé la véiSfeble origine du mot; 2° on
connoît quelles ont été ses acceptions successives, et les mo-
difications qu'il a subies, cet égard, par l'effet du temps.
Par exemple, il-ne faudroit pas remonter bien haut pour voir
que le verbe permettre n'avoit qu'un sens actif, et ne s'em-
ployoit jamais sans un complément; "on permettoit la faculté
de,faire,une chose; on transmettoit cettcfaculté, permutera,
et l'acception du mot répondoit alors à son étyniologie; elle
s'en écarte totalement aujourd'hui. Il est certain que l'ortho-
graphe et la prononciation sont dans une dépendance mu-
tuelle l'orthographe, avec tous ses agents, figure la pronon*^
ciation au moyen des valeurs conventionnelles données aux
signes de l'écriture, et la. prononciation n'est que l'expression
tonique de ces mêmes valeurs. Dans l'intérêt des étymolo-
gies, j'oserai dire dans l'intérêt de l'existence et de la généa-
logie littéraire et philosophique de. toute langue écrite, la
meilleure orthographe sera celle, qui respectera le plus les
formes originelles des mots. Le procédé contraire a de graves
inconvéniens, et si l'on y ajoute la variabilité des acceptions
trop facilement inventées, trop facilement admises, on com-
prendra comment chaque siècle, en France, a pu et pourra
avoir sa langue françoise. Un plus grand mal encore résulte
de l'introduction de mots mal faits, et je donne ce nom à tous
ceux qui, même légitimés par leur racine, blessent cependant
l'un des principes constitutifs de la langue, et particulièrement
celui des désinences qui n'ont rien d'arbitraire dans leur ex-
pression. On pourroit prendre pour exemple le mot utiliser,
repoussé, non sans raison, par les écrivains qui respectent la
langue ce mot n'est pas analogique aux lois constitutives de
l'idiome, et si utiliser doit signifier rendre utile, profitable,
on devoit dire utilifier, comme clarifier, rendre clair, puri-
fier, rendre pur, etc. On peut citer beaucoup de mots qui
justificroient utiliser, mais ce sont des mots aussi mal faits,
SUR xxxvii
l'^ymologie.

que l'usage peut absoudre, mais que 1sbon goût et les bonnes
règles n'adopteront que par ggspect pour cet usage même.
Après cet exposé très-sommaire des principes essentiels de
la science étymologique (et de longs développements sur un
#1 sujet n'auroient rien He superflu), nous citerons quelques
exenîples,jprTs des mots les plus longs de» notre langue
Désagréablement ment, désinence des adverbes; able;
désinence d'un adjectif paSeipe,; dé, augment initial em-
portant l'idée contraire à l'action du. mot devant lequel il est
placé (Mre, défaire; mcle% t/e'niêler, etc.) à, article ayant
en composition le sens d'anec (à plaisir, avec plaisir); gré,
racine du mot, d'où il résulte que le, s, entre dé et à, n'est
qu'uife lettre euphonique. Ainsi,*lc mot désagréablement, de
six syllabes et de quinze lettres; est ramené à un mot radical
monosyllabique, et de trois leffiresseulement, gré, analogue à
^gral, racine du latin gratuç, qui a le même sens.
Individuellement ment, désinence adverbiale; cl, elle,
désinence adjective; in, préposition négative, non ;di, signe
de l'idée séparer (eif grée, étcusque, etc. ); idu eïvidu, soit
du latin viderez videri^dividene, parce que ce qui est séparé
est pu âetux ou plusieurs fois; soit plutôt, comme le veut
Vossius, duTmoMitrçusq.ueet latin iduo, je sépare, je divise
un individu es%donc un être qui, n'est pas ou qui ne peut être
divisé. Individ'uellentent a le mêmesens adverbialement, et
la racrnS de ce mot de sept syllabes1est, en définitive, le mot
italiote Ht, qui a fait le verbe Muô>,viduo- avec le v eupho-
nique, et qu'on retrouve dans le latin dividia, discorde,
divido, je divise; fait de l'ancien latin dididuo, où le second d
est euphonique, et qui >av|>it.le même sens divis, divise
(portiôn de la fasce dans un blason)*,diviser et tous ses temps
et modes*; diviseur, divisibilité, Adîyisïf, division, et peut-
être divorce, avec tous leurs composés1,appartiennent à cette
mêmeracine et l'augment di est aussi employé dans une
foule d'autres mots, tels que discorde, dispersion, et avec
le même sons. •> ¥
Au sujet du mot françois individuellement, il suffit de
remonter au mot latin, l'élymologiste n'étant pas tenu de
XXXVIII DISSERTATION

poursuivre une racine jusqu'à son origine primitive il doit


seulement la rapporter à la langue influente la plus pro-
chaine, et dans le cas présent, c'est le latin. La même règle
s'applique au mot suivant
Giraffe il est arrivé tout fait dans le françois; c'est le met
zoraféh, et l'on peut s'en tenir à la seule énonciâîion de cette
origine. Si l'on veut cependant remonter plus haut,- on peut
considérer que les syllabes de ce mot n'ont, en arabe, aucun
sens analogue à ce quadrupède, et l'explication qu'en donnent
les lexiques est tout-à-fait arbitraire. On en conclut tout na-
turellement que la langue arabe aussi a reçu ce mot tout fait
d'un autre idiome. Si l'on s'avance dans cette recherche, on
trouve que le mot égyptien sor-aphé est composé de deux
racines qui signifient rigoureusement long col ou tête alongée,
et tel est le caractère éminent de la giraffe. Ce mot est donc
d'origine égyptienne, et la giraffe, en effet, venue des contrées
au midi de l'Egypte, et qui n'a pu être connue des Arabes
que par les Egyptiens, est plusieurs fois figurée sur leurs an-
ciens monumens, non-seulement de sculpture, mais encore
dans les peintures de manuscrits; et ce fait n'est pas indifférent
pour justifier l'étymologie du nom françois de ce singulier
quadrupède.
Tous les mots de notre langue n'exigent point le même
travail anatomique; mais il n'en est pas non plus dont cette
opération ne pût rendre un compte satisfaisant à un bon esprit.
On doit remarquer, à cet égard, que csci ne s'applique abso-
lument qu'aux mots véritablement françois, je veux dire à
ceux qui, nés d'une racine dont l'origine primitive ou secon-
daire peut être ou non déterminée, ont suivi dans leurs ac-
croissements ou composition les règles imposées par la consti-
tution grammaticale de la langue fmnçoise. De celles-ci, la
plupart sont communes à d'autres idiomes, surtout au latin,
et quelques autres, venant on ne sait d'où, lui sont tout-à-fait
inconnues. Pour les articles et les cas, par exemple, le latin
n'a pas les premiers et emploie les seconds; le français, au
contraire, ne connôît pas les cas, et a adopté les articles
le grec a admis les uns et les autres. Onne considérera donc
SURl'étymologie* xxxix
pas comme françois, quant à 1 ëtymologic, les mots introduits
d'une autre langue, tout faits, d'un seul jet, dans la langue
françoise ils sont composés selon la constitution propre à
l'idiome d'où ils sont tirés. Si donc on veut les analyser, c'est
à cette constitution qu'il faut recourir, et tels sont les mots
de 'notre langue qui sont tout grecs, tout arabes, etc., dont
les désinences, les augments, l'euphonie, etc., ont suivi les
règles de ces langues mêmes. Leur origine une fois reconnue,
donne bientôt leur véritable étymologie.
Mais l'espace nous presse d'imposer des limites à l'expo-
sition plus complète d'un sujet propre à un grand nombre
d'importantes considérations. Nousn'en ajouterons plus qu'une
que l'état, aujourd'hui si prospère, de l'étude comparative des
langues, nous fait un devoir de ne pas omettre. Nousodirons
donc que l'utilité de cette étude, nommée récemment lin-
guistique, ne pouvant être douteuse, il faut ne pas la décré-
diter par l'usage d'une méthode erronée. Cette comparaison,
pour être fructueuse, doit reposer sur des élémens bien dé-
terminés, incontestables, certains pour tous en raison même
de leur authenticité. Maisdans l'état actuel des choses, ce sont
ces. élémensqui nous*manquent pour la plupart, et cependant
on se hâte de combiner le petit nombre de ceux qui sont ac-
quis, d'en conclure absolument des choses quelquefois très-
surprenantes, mais qui, malheureusement, ne portent avec
elles aucune convic#on c'est ce que nous appelons décré-
diter habilement la science. On travaille sur des vocabulaires,
des recueils de mots venus de tous les coins du monde mais
quelle foi ajouter ces nomenclatures recueillies par des voya-
geurs, d'ordinaire fort curieux, mais qui, ne voyageant pas
pour les former, les dressent au hasard, les transcrivent comme
ils peuvent avec notre alphabet, figurent bien ou mal des sons
entièrement étrangers à notre idiome, après avoir bien ou mal
entendu ce qu'on leur dit, en supposant encore que ceux qu'ils
ont interrogés savoient bien ce qu'on leur demandoit et .aussi
ce qu'ils répondoient. Il n'en est pas ainsi pour les langues
écrites, mais la variété de la prononciation, sur laquelle les
linguistes raccordent si peu, est encore ici une chance com-
t'iii;
XL DISSERTATION SUR i/jjTYMOLOGIl!;

mune d'erreurs. On ne doit donc pas s'étonner de ces rappro-


cheméns de langues, de ces analogies, quelquefois si inatten-
dues, que les presses de l'Europe produisent si fréquemment
mais on les admire, plus qu'on ne les estime; ils prouvent
quelquefois beaucoup d'esprit ou d'imagination, et plus sou-
vent peu de connoissances positives sur le sujet. La véritable
science est plus prudente, elle repose sur des certitudes, elle
ne fait pas chaque jour une découverte nouvelle, mais elle
seule aussi éclaire la philosophie de l'histoire, la guide dans
ses recherches sur les origines et les fortunes diverses de la
civilisation; elle seule enfin obtient et mérite l'approbation et
la reconnoissance des hommes.
DICTIONNAIRE

ÉTYMOLOGIQUE
s DE LA

LANGUE FRANÇOISE.
N·e1111G64411eW114CPCCOo-4411i1CG1OCC·4eCC~D44Ci1eo-ts.~o4CWA14WNe~ope4V1.1oe1141

A, première lettre de l'alphabet dansà 'ABAQUE, abacol, 'tab le pour ap-


presque, toutes les langues, et le plus prendre à compter sorte de table de
simple de tous les sons: En chiffres ro- Pythagorc; partie supérieure du cou-
mains l'A sert à désigner le nombre 5oo, ronnement du chapiteau de la colonne
et si l'on y ajoute une ligne droite Â, il et du. pilastre. Du lat. abacus, formé
marque 5ooo. (^o/ezDucange, Gloss. du grec abax, abacos, comptoir,- table,
med. et infinz. latinitatis. ) buffet.
PoaaidetA numérosquiogentos
ordinerecto. ABATTRE, jeter bas, mettre à bas;
En matière criminelle l'A sert à indi- renverser, affoiblir, tomber. Du lat. bas-
sus, selon Henri Estienne. Voyez Bas.
quer que l'accusé n'est pas jugé que le
crime qu'on lui impute n'est pas suffi- Ménage le tire de l'italien âbbattere. Des
samment prouvé, et qu'il en sera plus étymologistes le dérivent du lat. bat-
tuere, ou de vastare. ^yez Battre.
amplement informé. ( Voyez Rabelais
lib. iv, cli. xxvii. ) ABAT, action de tuer et d'abattre les
animaux-.
Les Latins àppeloient la lettre A lit-
ABATTAGE,coupe des bois, frais pour
tera felix, parce qu'elle marquoit l'ab- abattre les bois qui sont sur pied.
solution dans le scrutin des juges. A. choses abattues; séparation
Abattis
absolu. des pierres de leur banc dans une car-
A prépos. Du latin àd.
rière; renversement des bois dans une
Dans la suscription du plain-chant l'A
forêt; parties détachées d'une volaille.
signifie qu'il faut élever la voix. ABATTEMENT,affoiblissement, dimi.
L'A privatif des Grecs ( alpha ) entre nution de force ou de courage.
dans la composition de plusieurs noms Abattedr, qui abat..
françoisoù il marquela ;privation. Cette ABATTOIR,lieu où l'on abat les ani-,
lettre, qui répond, en général, à la pré- maux.
position sans, ou à une négation, se ABATTUE, travail d'une poêle sur le
place toujours au commencement du feu.
mot. Quelquefois, mais rarement, elle Abattur.es, foulures qu'un cerf laisse
marque une augmentation. en passant dans les broussailles.
1
1
a. ABi ABO
RABATTRE,abaisser, diminuer, apla- ABERRATION, déviation percep-
tir, faire descendre. tible des astres dans leur cours; mou-
RABAT, sorte de collet rabattu à l'u- vement des étoiles; erreur. Du lat. aber-
sage des gens de robe et d'église. ratio.
Rabattage, diminution de la tare. AB HOC ET AB HAC, mots emprun-
ABBÉ supérieur d'un monastère tés du lat. pour dire: confusément, sans
d'hommes ecclésiastique en général. ordre ni raison, à tort et à travers.
D'abbate, abl. d'abbas, formé du syria- ABIME pour abtme, gouffre très-
que abba, père. profond l'enfer; excès; tout ce qui
Abbesse supérieure d'un couvent de est impénétrable, incompréhensible. Du
filles femme qui tient une maison de lat. abissus, fait du gr. abussos, d'apri-
prostitution. vatif et de bussos, qui n'a pointde fond.
ABBAYE,couvent, monastère d'hom- Abîmer abymer, renverser, précipi-
mes et de femmes maison du palais ab- ter dans l'abîme; faire périr, ruiner,
batial Iesbâtimensetdépendances d'une salir, détruire, anéantir.
abbaye. Abbatia. ABLAIS, dépouilles de la terre; dé-.
ABBATIAL,qui' dépend d'un abbé ou
d'une abbaye; qui appartient à l'abbé pquilles de blé; blés coupés. Tfablatus,
ou à î'abbesse. emporté, transporté. D'autres le déri-
vent de bladum, blé.
ABC commencement de l'alphabet;
commencement d'un art, d'une science, ABLATIF, un des six cas des noms
d'une affaire. dans la déclinaison celui qui indique
les causes par lesquelles on est trans-
Abécédaire, petitlivrecontenant l'ai»
pbabct et la combinaison des lettres. porté dans l'état actuel. Du latin abla-
ABCÈS, amas d'humeurs corrompues tivus, formé <Sa.bla.lus, emporté, trans-
qui se fixent en quelque partie du corps, porté.
et qui y forment une humeur. D'abces- Ablativô tout en un tas.
ABOLIR, annuler, mettre hors d'u-
sus, part. cCabsÊedere.
ABcÉnER1,se tourner, se résoudre en sage; supprimer, révoquer. Du lat. abo-
abccs. lere.
renoncer à une dignité Abolissement, abolition, action d'a-
ABDIQUER ab-
souveraine; se dépouiller d'une charge bolir, extinction, anéantissement,
importante. Du lat. ab-dicare, cesser de rogation. Abolitio.
se dédier à une chose. ABOMASUS, l'un des quatre esto^
macs des animaux ruminants.Aboniasus.
Abdication, action d'abdiquer.
ABDOMEN; partie du bas-ventre; ABOMINABLE, détestable, exécra-
partie postérieure du corps des insectes. ble, digne d'horreur, criminel. De la
Abdomen. Omen, en lat. a d'abord si- bass. lat. abominabilis ipris pour abo-
gnifié ventre; abdomen est le bas-ventre minandus. Court de Gébelin prétend
ou la partie du ventre que l'on cache: que le mot abominable signifia d'abord
Du lat. abdere, abdo, cacher. de mauvais augure. Comme on consul-
A EDOMiK al du bas-ventre; de l'ab- toit les entrailles des animaux pour y
domen. lire l'avenir, on exprima, dit-il, le mot
Abdominaux, poissons qui ont des na- presage par le mot omen, ventre. De là,
geoires sous le ventre.. dit cet auteur, se forma ominosus, de''
ABEE, ouverture par laquelle coule mauvais augure, dont on a fait abomi-
l'eau qui fait tourner un moulin. Du la- nable.
tin aperlura. Abominablement, d'unemanièrehor-
ABEILLE insecte hyménoptère rible, affreuse.
mouche à miel. D'apicula, formé d'apis. A BmlINA TioN,chose abominable; exé-
Abeillage, abeillon, ruche pour les cration. Abominatio.
mouches à miel: Abominer, avoir1 en horreur, exécrer.
Aboillage, droit sur les abeilles et. Abominari.
sur le miel. ABONDER, avoir en grande quan-
A'bigeat, vol de ruches, de mouches tité, croître en abondance, venir en
à niiçl; vol de troupeaux. foule. Du lat. abundare.
ABR ABS 3
ABONDANT,qui abonde, qui est en rone. D' abrotonon et d'eidos, forme,
grande quantité. Abandons. ressemblance.
Abondance, affluence, grande quan- Aurone, plante vivace, espèce d'ab-
tité. Abundantia: sinthe; le nom françois de cette plante
Abondamment, en abondance. Abiin- vient également du gr. abrotonon, par
danter. syncope abronon, que les Grecs moder-
SURABONDER, abonder avec excès. Su- nes prononcent avronon.
per abundare. ABRUPTO (ex), adverbe latin, qui
SURABONDANT, qui surabonde. signifie à l'improviste, sur-le-champ,
SURABONDANCE,très- grande abon- subitement'
dance. ABSENT qui est éloigné de sa de
SURABONDAMMENT,avec surabon- meure ordinaire, qui n'ést pas présent
dance. en un lieu. Du lat. absens, fait Xab-sum.
ABOYEMENT, ABOI, onomatopée ABSENCE,éloignement d'une personne
dans la
qui exprime le cri du chien ou le bruit ou d'une chose qui n'est point
ou qu'elle
que fait le chien en aboyant. En lat. place qu'elle doit occuper,
iidbaubare formé de baubare. occupe ordinairement. Absenlia, man-
ABOYER, japper, crier, faire retentir que, privation d'une chose.
sa voix, en parlant du chien. S'ABSENTER, s'éloigner de quelque
Abois (être aux), mot employé par ,lieu, s'en retirer.
les chasseurs pour indiquer que le cerf ABSIDES, apsides, les deux points
n'en pouvant plus, est contraint de se de l'orbite d'un astre; le plus rappro-
ché et le plus éloigné. Du gr. hapsides
rendre, et que les chiens l'aboient de
toutes parts. voûte, arc, courbure.
ABSINTHE-, plante médicinale très-
Aeoyeur qui aboie sans approcher.
crie sans rien amère, corymbifère, aromatique. Du
Homme qui beaucoup lat. absinthium, iailàngr. apsintlùon.
entreprendre.
ABSORBER, engloutir, consumer,
ABRICOT, fruit à noyau, de cou- dissiper, dépenser, faire disparoître. DuLi
leur jaune, etûrcs-hâtif C'est par cette lat. absorbere.
raison que les Latins l'appeloient mala
et ABSORBANTsubstance qui a la pro-
preccoqua prœcocia les Grecs beri-
fruit du les Arabes priété d'absorber les acides en s'y unis-
kokkon, printemps; médicament terrestre,et poreux
les Gé- sant
albercàq: Espagnols alvarcoque. s'imbibe des humeurs surabondan-
belin le dérive du latin avercoccus, fruit qui tes. Absorbais.
il coquille qui nait au printemps. Le
P. Labbe prétend que les abricots ont Absorption, action d'absorber; anéan-
tissement d'une chose par une autre. Ab-
été ainsi nommés, de ce qu'il faut éle-
ver les abricotiers à l'abri des mauvais sorptio.
contre des murs au RÉSORPTION, action d'absorber une N
vents, exposés midi, seconde fois.
et que ce mot viendroit d'apericotia, fait ABSTÈME, qui ne boit pas de vin Du
Sapricari. lat. abstemius, fait du priv. ab, sans,
Abricotier, arbre originaire d'Ar- et de
temelum, vin.
ménie d'autres disent de Perse, lequel une plaie.
ABSTERGER, nettoyer
produit les abricots. Abscergere.
Abricote, abricolé dragées, con- Abstersif abster'gent, qui nettoie
serve d'abricots.
qui déterge; propre à dissoudre la con-
ÂBROTONE, l'aurone, plante fibreu- • crétion. Absiersivus.
se et odoriférante, qui conserve toujours Abstersion, action d'abstergér.
sa verdeur. Du grec abrotonon forme ' DÉTERGER, nettoyer^ rendre propre;
d'à privatif ét de brotos, mortel c'est- débarrasser des humeurs,
purger. Du
à-dire qui ne meurt pas, parce que cett( s lat. detergere.
plante conserve toujours sa verdeur. Détergent, détersif,' remède qui
Abrotonoïde, sorte de i
madrépore qu nettoie, qui purge, qui purifie."
croit sur les rochers au.fond de la mer Detersion action de déterger.
ainsi d;t de sa ressemblance avec l'au ABSTRUS, difficile à entendre, à
1
4 ACA ACC -1
comprendre, à pénétrer, à trouver, à rosé cochonnière; arbrisseau épineux qui
découvrir; caché, enfoncé. Du lat. ab- produit dés fleurs roses et des fruits rou-
strusus. ges. Du lat. akanthuSf dérivé du gr.
sorte d'arbre épineux dont
ACACIA, akanthos.
il y a plusieurs espèces à fleurs blanches, Aiglantine, et non pas Églantine, >
rosesou jaunes, en grappes. Du lat. aca- le gratte-cul ou fruit de l'aiglantier.Prix
cia, fait du gr. akakia, formé d'aka, des Jeux Floraux quila représente.
aké, pointe, épine. L'auteur Fabre d'Eglantine avoit pris
ACADEMIE, jardin près d'Athènes ce surnom parce qu'il avoit remporté le
qu'un particulier, nommé Acadèmus prix de l'Aiglantine aux Jeux Floraux.
céda- Platon pour y tenir son école; ACARNE âcarnan, poisson de)mer
société de gens de lettres, de savants Du gr. akarnan.
on d'artistes; lieu où ils se rassemblent Acarne, chardon àfleurlarge et jaune
pour tenir leurs exercices; école pour Du gr. akarna.
les beaux-arts et pour les exercices du ACCENT, élévation ou abaissement
corps; maison de jeu. Du lat. acade- de la voix; prononciation propre à cha-
inia, dérivé du gr. akadmia. que langue; prononciation vicieuse d'un
ACADÉMICIEN,membre d'une acadé- département, d'uneprovince; signepour
mie. modifier la nature des sons, la valeur dés3
Académique, dans les formes d'aca- lettres, pour déterminer le sens de quel-'
démie discours qui sent lé travail. Aca- ques mots. Du lat. accents.
ddinicus. ACCENTUER,mettre des accents où il
Académiquement, d'une manière aca- convient..
demique. Accentuation, manière d'accentuer i
ACADÉMISTE,élève d'académie Oud'é- action de faire sentir les accents dans le
cole publique pour les armes, l'équita- discours, dans le chant et dans la mu-
tion, la gymnastique, l'écriture, etc. sique.
ACAJOU, sorte d'arbre résineux qui ACCEPTER,- recevoir une chose of-
croît en Amérique. Du brésil. acajaiba. ferte. D'acceptare, pour accipere, fait
ACA MPTE, qui ne réfléchit pas la lu- d'ad, à, vers, et de caperé, prendre.
mière. D'apriv. et de kampto, fléchir. Acceptation, action d'accepter, de
ACANTHE, labranche-ursine, plante recevoir. Acceplatio.
épineuse dont les feuilles, représentées ACCEPTABLE,qu'on peut accepter.
en sculpture, servent d'ornement au ACCEPTANT,qui accepte et ne refuse
chapiteau des ordres corinthien et com- point.
posite. Du lat. acanïhus dérivé du gr. Accepteur qui s'engage à payer une
akanihos, épine. lettre de change.
Acanthabole instrument de chirur- A cception préférence, égard signi-
'gie, en forme de pincettes, qui sert à ti- fication d'un mot, manière dont il est
rer du corps les épines, les esquilles accepté.
d'os, et autres corps étrangers. D'a&an- Inacceptable qu'on ne peut pas ac-
tha, épine, et de balle, je jette. cepter. •
AcANTHAcé, épineux, rempli d'épi- ACHETER, achepler, acquérir à prix
nes. Akanlhicon. d'argent; accepter uneproposition.D'ac-
Acanthies, insectes sautants, du ceptare, et non d acquirere. Et en effet,
genre des punaises. dans un marché, une vente, l'un pro-
ACANTHoïnEs, familles de plantés épi- pose et l'autre accepte..
neuses, du genre de l'acanthe. Xfakan- Achat emplette, acquisition à prix
thos et d'eidos, ressemblance. d'argent.
Acanthopode, familles de poissons ACHETEUR, celui qui achète.
dont les nageoires sont armées de pi- Acabit, qualité d'une denrée qu'on
quants; D'akantha, épine et de pous, veut acheter.
pied > RACHETER acheter de nouveau ce
Aiglantier et non pas Eglantier, qu'on a vendu; acheter en remplace-
le rosier sauvage ou des haies, égale- ment.
meat nommégratte-çul, r ose de chien, RACHAT,action de racheter.
ACC ACI 5
RACHETABLE,qui peut se racheter ou Accçsabie, qu'on peut accuser, qui
• être racheté.. • donne prise à quelque imputation défa-
Suracheter, acheter au-dessus de la' vorable. Accusabilis.
valeur. Accusatif, un des six cas de la lan-
ACCAPARER,acheter d'avance pour gue c'est le cas passif qui désigne l'ob-
vendre ensuite plus cher. D'accipere. jet sur lequel se porte l'action dont il est
Jauffret le dérive du lat. capere d'autres parlé. Il accuse, il révèle l'objet de cette
d'ad parare, acheter sans revendre. action. 'Accusàtivus.
ACCAPAREMENT,action \d' accaparer; ACCUSATION,plainte, reproche d'une
amas considérable de marchandises, fait faute, d'un délit. Accusatio..
pour amener une augmentation dans les Accusatoire, qui accuse.
prix. Accusé, dénoncé déféré en' justice.
ACCAPAREUR,qui fait métier d'acca- Accusatiis. j
parer. Excuser, admettre les excuses; dé-
Accipitres dénomination générale charger d'une imputation.
des oiseaux de proie, parce qu'ils enlè- EXCUSABLE,susceptible d'être excusé..
vent et prennent les animaux. Du lat. Excuse, raison pour disculper.
accipiter. Excusation cause alléguée pour être
Acciper, prendre, enlever. Accipere. déchargé d'une tutellè, pour la refuser.
Accipé, prenez, enlevez. Accipe. Récuser, rejeter un juge, un témoin.
Chiper-, mot factice, pour prendre, RÉCUSA BLE,qui peut être récusé, qu'on
voler, enlever de là on a fait: Chiper, a le droit de récuser.
apprêter des peaux; donner le chipage; Récusation, action de récuser.
Chipage apprêt des peaux Chipoter, ACERES insectes qui n'ont point
vétiller, faire peu à peu faire enrager, d'antennes. D'a privatif, et de kéras,
contrarier; Chipotier, quichipote mots corne.
dont on auroit peine à reconnoitre l'o-
ACHE, le céleri, plante.potagère,
rigine. ombellifère, sorte de grand persil. Du'
Récipe prenez. lat. apium. Céleri est le mot italien qui
ACCOINTER, se lier d'amitié, fré- la plante.
désigne
quenter, hanter familièrement-. Du lat. fleuve des Enfers. En
ad comitare. ACHÉRON,
lat. acheron, fait du gr. achéos, dou-
Accointance, liaison intime, fréquen- leur, et de
habitudes. rhoos, fleuve, fait du verbe
tation, coule.
Accointable avec qui l'on peut for- rhéô, je
mer une liaison d'amitié. ACHORES, petits ulcères qui vien-
nent à la tête et aux joues, et qui Voc-
ACCON, acon, petit bateau plat, les
extrémités en pointes, pour aller sur la cupent qu'une très-petite place; sorte
vase et dans les marais; le batelier qui de teigne qui attaque particulièrement
est dedans le mène en poussant la terre les enfans. Du gr. achâr, ulcère de la
avec un pied. Du latin aco, aconis, que tête; dérivé d'a privâtif, et de châros,
Ménage fait venir (Tacus, à cause que ces lieu, espace.
bateaux sont pointus. ACIDE, sel primitif; toute substance
ACCORT, doué de politesse, de cour- qui a une saveur aigre et piquante, la-
toisie qui a l'esprit délié simple rusé. quelle est composée d'unebase acidifiable
De l'italien accorto, qui a la même signi- et d'un principe acidifiant; combinai-
fication, et qui vient du latin adcorgere, son de 1 oxigène avec un, combustible.
selon Ménage. Du lat. acidus; dérivé du gr. akis, aki-
Accortise, affabilité, politefse, sou- dos, pointu, tranchant, piquant.
plesse d'esprit, manières insinuantes. Acescence, disposition à l'acide ou à
ACCUSER, reprocher, annoncer, s'aigrir. D'acescere, aigrir fait d'acer.
avouer, déférer en justice.. Du lat. ac- Acescekt, qui tend à l'acide, qui tient
cusare. de l'acide, qui devient aigre.
Accusateur, accusatrice, qui dé- ACÉTATE, acétite, sels formés par l'u-
ponce, qui accuse en justice. Accusaior, nion de l'acide acétique avec différentes
accusatrix. bases.
6 ACO ACR'
Acété, acéteux, aigrelet; 'qui tient 'ACOUSTIQUE, théorie des sons et
du gout du vinaigre. D acetum. de leurs propriétés science qui traite
Acétique, acide de vinaigre où le de l'ouie..
principe acidifiant est en excès. Acoustique', qui concerne l'ouie;
Acétite, vinaigre distillé avec une instrument qui sert à augmenter le son
base. nerf auditif, Du gr. akousticos qui en-
Acetum vinaigre très-acide. tend; dérivé d'akoud, j'entends.
Acidifère, substance susceptible de Acousmate bruit de voix et d'instru-,
se combiner avec des. acides. D'acidus, mens que des personnes, dont l'imagi-
et defero, je porte. nation est frappée croient entendre
ACIDIFIABLE,quipeut être converti en dans l'air. Du gr. akousma, ce que l'on
acide. entend; dérivé d^akouô.
Acidifiant, qui convertit en acide les Acousmatique, auditeur nom donné
bases acidifiables. aux élèves de Pythagore, qui, pendant
Acidité, qualité de ce qui est acide. cinq ans, e'cqutbient ses leçons derrière
Acidulé, sel avec excès d'acide. un voile, en gardant un rigoureux sh
• Acidulé, qui tient de l'acide; un peu lence. Du gr. akouô.
acide. Cataooustique partie de l'acousti-
Aciduler, rendre légèrement acide. .que qui a Pour objet les échos bu les
ACIER, fer raffiné ou combiné avec sons réfléchis. Du gr. kata, contre, et
le charbon pur fer plus dur et plus élas- d'akouô, j'entends que M. Morin ex-
tique que le fer commun. De h\bass: lat. plique par, « J'entends des sons contra-
aciariitm, fait d'acies, dérivé du gr. » riés dans leur direction, ou j'entends
akis, pointu', tranchant., ),par réflexion. »
Acérain qui tient de l'acier. DIACOUSTIQUE,partie de l'acoustique
ACÉRÉ, tranchant, coupant, piquant, qui considère les propriétés des sons ré-
mordant. partis, selon qu'ils passent.par diffé-
ACÉRER, mettre de l'acier dans le fer rens intermédiaires. Du gr. dia, par,
pour le'rendre tranchant. à travers, et d'akouô, j'entends.
Aciératiow conversion du fer en Écouter escquter, prêter l'oreille
acier. pour entendre, acquiescer à une propo^
Aciérer, convertir le fer en acier.. sition S'e'cou 1er, parler len tement et a vec
Aciérie, atelier où l'on fabrique, et affectation; prendre un soin puéril de
l'on dégrossit l'acier. sa santé. Du lat. auscultaré dont les
Aciwacès, sabre long et recourbé des Ital. ont fait ascoltare; dérivé du gr.
Perses et dès Parthes. Du lat. acinaces, akquâ.
fait Xakis. Ecoutant qui écoute.
Acinaciforme, feuilles alongées et Écoute, lieu duquel on entend sans,
charnues, dontl'un des bords est obtus, être vu. Être aux 'écoutes observer, être
et l'autre est tranchant. Vf acinaces et attentif à ce qu'on dit ou à ce qu'on fait.
de forma. ÉCOUTEUR, qui écoute, qui observe.
ACOLYTE, clerc promu au premier Ecouteux cheval distrait par tout ce
des quatre ordres mineurs. Il accompa- qui, le frappe.
gne et sert les prêtres à l'autel. Du lat. Écoutille trappe du tillac d'un na-
acolytus, formé du gr-akôlutos, libre, vire pour descendre dans le fond.
sans engagement. ÉcouTiLLOrf, ouverture dans l'écou-
Acolttat, le premier des quatre or- tille.
dres mineurs. ACRATIE, foiblesse ou incapacité
ACONIT, plante vénéneuse, renon. de se mouvoir. Du gr. akratdia, fait
culacée, qui croit sur les rochers. En d'à privatif, et de kratos force.
lat. acojiitum du gr. akoniton, ACRATISME c'étoit chez les an-
'ACORUS, le jonc odorant; plante ciens Grecs le repas que. nous appelons
médicinale, vivace, dont on se sert dans déjeûner, lequel consistoit en du pain
les maladies de la prunelle de l'œil. Du trempé dans du vin pur. Du gr. akra-
gr.' akorôn, formé d'a privatif et de ûzô, qui a la même signification; faiç
/foré, prunelle de l'œil. iV iikralon ;\in sans mélange.
ACR ACR }
Acratophore, qui donne le vin pur; Besaigre, vin qui s'aigrit étant au bas.
surnom de Bacchus fait d'acralon, vin ACRIDOPHAGE, nom des peuples
pur, et de pliera, je porte, je donne. qui se nourrissent de sauterelles. Du gr.
ACRE, portion de terre de la conte- akris, akridos, sauterelle, et de pha~
nance d'un arpent et demi. Du saxon gein, manger.
acher, formé du latin ager, en bass. lat. ACROATIQTJE nom donné aux ou-
acra. Des étymologistes pensent que le vrages des philosophes de l'antiquité,
mot acra auroit été dit pour acna, acnua, qu'on ne pouvoit comprendre s'ils n'en
employés par Varron et par Colùmelle donnoient eux-mêmes la signification.
pour destiner une mesure de terre de Du gr.akroasthai, écouter, entendre les
cent vingt pieds. Acna pourroit venir leçons du maître.
du gr. akaina, akéna, mesure de dix ACROBATE, danseur de corde chez
pieds de long. les anciens. Du gr. akrobatein, marcher
ACRE, piquant, aigre, mordicant, sur la pointe du pied;, dérivé d'akron,
rude au goût. Du lat. acer, fait du grec extrémité, et de baind, je marche.
aké, akis, pointe. Acr'obation machine de guerre des
Acheté, acrimonie qualité acre et anciens, formée d'une espèce d'échelle
piquante. Acritudo, acrimonia. pliante sur laquelle on montoit pour re-
Acrimonieux, qui.a de l'âcreté, de connoître les travaux de l'ennemi. Du'
l'acrimonie. gr. akron et de bainè, je marche.
AcnisiE crudité des humeurs, quii ACROCÉRAUNIENS, hautes mon-
empêche la séparation et l'expulsion de tagnes de l'Épire, dont le sommet est
la matière morbifique crise pénible sans souvent frappé de la foudre. Du gr.
soulagement. akron, extrémité, sommet, et de ké-
ACERBE,rude, acre .rigoureux, âpre. raunos, foudre.
Acerbus. ACROCHIRISME, luttedes anciens,
Acereité rudesse de caractère, âcre- dans laquelle on n'employoit que les
té, âpreté au goût mordacité- d'hu- mains. Dugr. akros, extrême, haut, et
meurs. Acerbitas. de cheir, la main; d'où le verbe akrochei-
Aigre rude, âpre, d'une saveur pi- rizomai, lutter, se toucher avec le haut
quante qui a de l'aigreur. des mains.
Aigre-doux fruits qui ont un goût Acrochiriste, lutteur qui s'adonnoit
mêlé d'aigre et de doux. à l'acrochirisme.
Aigrelet, ai'gret,un.peu aigre, qui ACROCHORDON, sorte de verrue,
tire sur l'aigre. attachée par un filet délié à la peau, d'où
Aigrement, d'une manière aigre, avec elle semble pendre comme une corde.
· Du gr. akron, extrémité, et de chordé,
aigreur.
Aigrette, oiseau, du genre des hé- corde.
rons, qui porte sur la tète une pl,ume ACROCOME,* chevelu, à cheveux
droite et blanche; ainsi dit de sa voix
longs. D'akros et de coma, chevelure.
aigre et rauque; par analogie avec cette ACROMION, extrémité de l'épaule;
plume, on a dit aigrette, pour un or- éminence supérieure de l'épaule qci re-
nement de tête, de lit, de cheval, etc. çoit l'omoplate. Du gr. akros, extrême,
Dans ce dernier sens Géhelin le dérive et d'omtw, l'épaule.
de crista, Crète. ACROMPHALION extrémité du
Aigreur qualité dure et piquante cordon ombilical. Du gr. akros, et d'o/n-, ·
d'une substance qui tourne à 1 aigre. phalos en lat. umhilicus le nombril.
Disposition à piquer, à offenser. Acor, ACROPOLE,citadellesituéeàrextré-
acritudo. mitéou en haut d'une ville. Du lat. Acro-
Aigreurs, rapport des alimens mal polis, fait du gr. akros, extrême, et de
digérés. pâlis, ville.
Aigri, devenu aigre. ACROSTICHE, petite pièce de poé-
Aigrir, rendre aigre, devenir aigre; sie dont chaque vers commence par
irriter, fâcher, offenser. une lettre du uom de la chose ou de la
A griotte, sorte de cerise sauvage, personne qui en fait le sujet. Du grec
d'un goût fort aigre. ahoslichis composé d1 akros extrême
1 '
8 ÀDÈ ADI
et de stichos, ordre marqué par ordre .Adé"hographië, description des gjan-
aux extrémîle's. des. Du gr. adên et de graphâ, je dé-
ACROTÈRES, petits piédestaux aux cris.
extrémités, au milieu d'un fronton ou Adénoïde, glanduleux, qui a la for-
au-dessus d'autres parties élevées d'un me d'une glande. D'adén et d'eidos,
édifice. Les acrotères servent de bases forme, figure ressemblance.
aux' figures, aux vases et autres amor- AnÉNOLOGiE partie de l'anatomie qui
tissemens. Du lat. acroteria, dérivé du traite des glandes. Vadên et de logos,
gr. akrotérion extrémités de toutes sor- discours.
'tes de corps. Adéno-méningée fièvre pituiteuse
ACTIAQUE, ère qui tire son ori- indiquant une irritation des membranes
gine et son nom de-la bataille d'c- muqueuses qui revêtent certaines cavi--
tium.. tés. D'adén et de ménigx, membrane.
ACTINIE, anénomes de mer; genre Adeno-mebveuse, sorte de fièvre dans
de zoophytes rayonnans, de la bouche laquelle les glandes et les nerfs sont at-
desquels sortent des tentacules ou es- taqués. D'adén et de neuron; en latin
pèces de bras disposés en cercle. Du nervus, nerf.
gr. aktin, rayon. Adénc-pharyngieu les deux mus-
ACTINOTE, le schorl vert; subtanco cles qui, partant de la glande thyroïde,
minérale qui offre dans son tissu des vont s'unir de chaque côté aù thyro-
espèces de rayons. Du gr. àktinotos, pharyngien. D'adén et de pharugx
rayonnant; dér. d'aktin. "pharynx.
ADAGE, maxime, sentence, pro- Adékotomie, dissection des glandes.
verbe.'Du lat. adagium. D'adén et de lomé, incision dérivé de
Adagio mot ital. qui désigne en mu- lemnô,r je coupe.
sique un mouvement moins lent que le ADEPHAGIE, appétit vorace, insa-
largo. tiable, appétit glouton. Du gr. adépha-
ADAM, nom du premier homme, et gia, fait d'adén, abondamment, et de
que l'on prétend signifier père ou pre- phagâ, je mange.
mier dans la langue hébraïque. Adéphagie, la déesse de la gourman-
ADAMITES, secte d'individus, les- dise, fort honorée dans la Sicile..
quels imitoientla nudité d'Adam avant 'ADEPTE, qui est initié dans les se-
son péché. Prœadamiles, hommes anté- crets de la science hermétique ou d'une
rieurs à Adam selon le système de La- secte. Du lat. adeptus, part. d'adipis-
pereyre, cor, j'obtiens.
ADELIE, genre d'arbrisseaux de la ADHÉRER être attaché à; se join-
famille des tithymaloïdes dont les dre consentir, être du sentiment; s'u-.
fleurs, très-petites, sont-peu apparen- nir, tenir fortement; confirmer un acte
tés. Du gr. adêlos, non apparent; for- par un subséquent. Du latin. adhœrere,
mé d'a privatif et de délos, manifeste. formé de ad, à, et de hœico, je tiens, je
Adélobrakches, mollusques gasté- suis attaché.
ropodes qui, n'ayant point de bran- Adhérence, union d'une chose aune,
chies ou ouïes apparentes, tirent leur autre; jointure, liaison, jonction.
respiration par un trou ou par une fente Adhérent, attaché à-, uni à; parti-
placée sur les côtés du corps. Du gr. san. Adliœrem.
adêlos, qui n'est point apparent, et de Adhésion, action d'adhérer; union,
bragchia, branchie, ouïe de poisson. jonction, consentement; adhœsio.
Adélopode animaux dont les pieds ADIANTE, sorte de fougère ou de
ne sont pas apparents. Du grec adélos, capillaire, plante sur les feuilles de la-
et de pous, pied. quelle l'eau des pluies ne s'arrête jamais.
ADEMPTION, retranchement, ré-. Du lat. adiantum fait du gr. adian-
vocation d'un legs, d'une dotation. Du ton, formé d'a privatif et de diainô, hu-
lat. adljnere, retrancher. mecter.
ADENE glande, partie du corps ADIAPHORE le chimiste Boyle a
,simple, molle, friable. et spongieuse. donné ce nom à une sorte d'esprit tiré
Du gr. adên, glande. du tartre, lequel esprit n'étoitni acide,
ADO ADU 9
ni vineux, ni urineux. Du gr. adia- ADORER, aimer avec passion, vouer
phoros, indifférent formé d'a privatif, un culte; prier avec onction; rendre à la
et de diaphorôj je diffère. divinité le culte qui lui est dû. Du lat.
Adiaphoriste dans le xvie siècle on adorare, formé de ad, à, et d'orare,
donna ce nom aux luthériens mitigés prier; fait d'os, oris, la bouche, parce
qui approuvoient la doctrine de Luther, que les Romains, lors de leurs prières,
sans cesser de reconnoitre l'autorité de portoient la main à la bouche.
l'église. Du gr. adiaphoros. Adorable, digne d'être adoré. Ado-
ADIPEUX, gras, graisseux, qui ap- randus. v
partient à la graisse. Du lat? adiposus, ADORATEUR,adoratrice, qui adore;
fait d'adeps, adipis, graisse., qui rend à la divinité le culte qui lui est
Adipocire, substance analogue à la dû. Adoralor.
graisse et à la cire qu'on tire d'une ca- ADORATION, action par laquelle on
vité située sous le museau du cachalot,' adbré. Adoratio.
et dont on fait de belles bougies. D'a- ORACLE,réponse des dieux d'Atliènes
deps, graisse, et de cera, cire. et de Romeaux questions qui leur étoient
ADIPSIE, défaut de soif, d'.appétit faites. Voraculûm, fait d'os, oris, la
pour les liquides. Du gr. adipsos, fait bouche.
d'a privatif, et. de dipsos, soif. Oraison, discours en général prières;
A nipsos, grand palmier d'Egypte dontt construction grammaticale des mots
le fruit, lorsqu'il n'est pas encore mûr, d'une phrase. D'oratio.
a la vertu d'apaiser la soif. ORAL, voile pour se cacher la figure.
ADIRER, égarer, perdre, manquer. D'os, oris, bouche, figure,visage.
Du lat. adire. 1 Oral transmis de bouche en bouche.
AmTION, acceptation d'un héritage. Orarium, mouchoir desanciens. Ora-
D'ad, vers, ctd'eo, je vais. rium
ADOLESCENT, jeune homme ou ORATEUR, homme qui compose et dé-
jeune fille qui a atteint le terme de sa 'bite des oraisons ou des discours. Ora-
croissance. Du lat. adolescens. tor.
ADOLESCENCE, jeunesse; l'âge de qua- ORATOIRE, lieu destiné à la prière.
torze ans à vingt-cinq; terme de la crois- Qraloriurn, fait d'ordre.
sance. Adolescentia d'adolescere, for- Oratoire, qui appartient à l'orateurw
me. de l'augmentait ad et de crescere, Oratoirement, d'une manière ora^-
croitre, grandir? Voy. Croître. toire.
Adulte, adolescent parvenu à l'âge ORATORIO,petit drame dont le sujet,
de raison et au terme de la croissance. tiré de la Bible, est toujours mis en mu-
Du lat. adultus, part. d' adolescere sique. De l'it. oratorio.
croître. · INEXORABLE,dur, sévère, qui ne se.
ADONIS, nom du favori de Vénus; laisse point fléchir. Inexorabilis.
jeune et beau garçon. Dérivé du syria- Inexorablement durement sans
qu- adon, adonaï seigneur. pitié. v
AnoNiniE, chanson consacrée àla mé- ADOUBER chez nos pères ce verbe
moire d'Adonis. éfoit employé dans les acceptions sui-
Anosujs, adoniennes, fêtes cnl'hon-, vantes accommoder, boucher, ajuster,
ne.ir d'Adonis. garnir, arranger, orner, parer, habiller^
Adonique, adonien, petit'vers latin préparer, armer des vêtements et armes
composé d'un dactyle et d'un spondée de la, chevalerie. Delabass. lat. ddobare,-
qui se place à la fin de chaque strophe fait d'adaptare. Aujourd'hui, adouber
des vers saphiques, ainsi nommé-de ce signifie réparer un vaisseau, boucher des
qu'il étoit fort usité dans les fêtes célé- trous dans une fontaine; toucher les piè-
brées en l'honneur d'Adonis. ces du jeu d'échecs sans être obligé de les
AnonisER (s' ), prendre trop de soin jouer.
de sa personne. RADOUBER,réparer un vaisseau.
AnomnE, plante de la famille des re- Radocb, action de radouber.
noncules à fleurs d'anémone, jaunes ou ADULER, flatter bassement. Du lat.
rouges, ainsi appelécàcausede son éclat. adulari. Ce verbe, employé générale-
io v AFF AGA
ment aujourd'hui, a été introduit dans •ral; sentir du déplaisir. Dulat. affligere,
la langue par Diderot. ajfliclari, formés d'adet defligere, heur-
ADULATEUR,vil flatteur. Adulator. ter, battre choquer, 'qu'on dit venir du
Adulation, action d'aduler; flatterie gr. phligâ pour thlibô, presser, serrer,
basse. Adulatio. faire souffrir.
ADUSTE, brûle, en parlant des hu- AFFLICTIF, châtiment corporel ce
i meurs du corps humain. Dulat. adus'.us, qui frappe le corps d'un coupable.
fait d'adurere, formé de l'augmentatif Affliction, peine, chagrin, déplai-
ad, et d'urere, brûler, enflammer. sir malheur, disgrâce; souffrance de
Adustion état de ce qui est brûlé. l'âme. Affiictio.
Adustio. Affligé tombé dans l'affliction.
YEGAGROHLE égagropile, boule AFFLIGEANT,qui afflige, qui cause de
de poils qui se trouve dans l'estomac de l'affliction;
la plus grande partie des animaux rumi- INFLIGER, imposer une peine afllic-
nants. IV intérieur de ces boules présente tive. Tyinfligere formé dVn, sur, et de
des poils ou des crins entassés comme fligere, battre, frapper.
la laine d'une balle. Du gr. aix, aigos, Inflictif, infliclive, à infliger, qui est
chèvre, agrios sauvage, et de pilos, ou doit être infligé.
balle de laine. Infliction action d'infliger, condam-
VEGILOPS égilops, ulcère au grand nation à,une peine corporelle afflictive.
angle de l'oeil qui n'attaque point sac Inflictio.
lacrymal, en quoi il diffère de la fistule AFFRE, onomatopée qui exprime le
lacrymale. Du gr. aix, aigos, chèvre et frémissement qu'excitent l'épouvante et
éps, œil. Ainsi dit, soit parce que les l'horreur. N'ayant pas reconnu cette ono-
chèvres sont su jettes à cette maladie, soit matopée, des étymologistes l'ont déri-
parce qu'ellefait tourner les yeux comme vée du gr. phrix.
les chèvres. Affreux objet qu'on ne peut voir
EGILOPE, plante graminée à fleurs en sans éprouver un sentiment de crainte
épis. ou d'aversion. Ménage et Caseneuve dé-
jEGIPANS, égipans, divinités cham- rivent à tort ce mot du lat. afer, Afri-
pêtres qu'on représentoit avec des cor- cain, parce que, disent-ils, la noirceur de
nes à la tète, des pieds de chèvre et une leur peau leur donne un air effrayant.
queue. Du gr. aix, aigos, chèvre, et de AFFREUSEMENT, d'une manière af-
Pan, dieu des jardins. freuse, horrible, épouvantable.
jEGOLÉTHRON, arbuste qui croit AFRIQUE, l'une des cinq parties du
dans la Mingrelie, qui fait périr les ani- monde. Du lat. africa.
maux qui en mangent, et particulière- Immense presqu'île, jointe à l'Asie
ment les chèvres. D'aix, aigos, etd'oie"- par l'isthme de Suez,, ,x presqu'entière-
lhros, mort; la mort aux chèvres. ment située sous la zone torride; on y
YEGOPHAGE, égophage, mangeuse éprouve des chaleurs insupportables. De
de chèvres; surnom donné à Junon, à là, des étymologistes ont dérivé son.
cause des chèvres qu'on lui immoloit. nom du gr. Frikê saisissement de
Tfaix, aigos, et de pluigô, je'mange. froid, précédé de l'a négatif, qui fait
AEMERE,nom donné aux saintsdont a-J'r'ikè, privé de froid ou plulot, pays
on ignore le nom'propre et l'époque de où il fait très-chaud. D'autres étymolo-
la mort. Du gr. a privatif, et Xhêmdra, gistes tirent le mot Afrique du lat. apri-
jour; qui n'a point de jour certain. cum, exposé au soleil.
jETITE, dlite-, la pierre d'aigle, fer Africain qui est de l'Afrique; mar-
pxidé, rubiciageux, sphérique en géo- brepourpré, tacheté de blanc et de noir.
des. Ainsi dite de ce qu'on croyoit que Africanus, afer,
les aiglc's en portoient dans leurs nids AGA, onomatopée qui peint l'éton-
pour faciliter leur ponte. Du'gr. adu- nement et l'admiration, comme si l'on
lés, fait'd' aétos aigle, sous-entendu li- disoit voyez, regardez, admirez des éty-
thos pierre. mologistes ont pensé que ce mot avoi't
AFFLIGER, causer du chagrin; faire été fait du gr. agaô, admirer.
de la peine tant au physique qu'au mo- AGA commandant des janissaires;
`
AGE AGI iii
<Iu turk, aga, chef, seigneur, comman- quel on a déjà vécu durée ordinaire de
dant. la vie; époque, siècle, "temps. Du lat.
AGACEMENT, onomatopée qui dé- cevum et non tXœtas.
signe l'effet queproduisént sous les dents Agé, vieux, qui a un certain âge, s
les alifncns aigres et acides son dont on qui a existe long-temps.
se sert pour irriter ou agacer les ani- Longévité longue durée de la vie.
maux. Lancelot tire ce mot d'acere, le Longœvilas
P. Labbe d'agria, et Ménage état d'un vieillard qui
AGERASIE,
Xalligare.
En gr. akazéin, piquer, irriter; formé a toute la vigueur de la jeunesse. Du
d^aké, pointe. gr. a privatif, et de géras, vieillesse.
AGACE, la pie, sorte d'oiseau facile à AGGLOMERER, amonceler, réunir,
agacer, à irriter. assembler parpeloton. Du lat. agçlome-
Agacer, piquer par des paroles, pro- rare, fait de l'augmentatif ad, et de glo-
voquer par des railleries,.irriter. merare, joindre, assembler.
Agaceries, mines d'une coquette pour AGGLOMÉRATION, amoncellement, as-
provoquer, exciter ses adorateurs, ets'at- semblage réunion de choses semblables.
tirer l'attention. ·
Conglomérer réunir, assembler.
Agaçant on dit propos regards aga- AGIO, agiol, intérètdePargent pré-
çans, manières agaçantes; qui agace, té ou change contre des valeurs. L'agio
qui excite. est l'âme, le résultat de toutes les affai-
AGAPES, repas que faisoient les res qui se font chaque jour dans le com-
premiers chrétiens dans les églises pour merce. De l'it. aggio, fait tVaggiunge-
cimenter leur union mutuelle. Du gr. re, ajouter, joindre, augmenter; dérivé
figapê, amour dérivé A'agapaô, j'aime, du lat. jungere.
je chéris. -Agiotage^ action d'agioter, com-
AGAPÈTEs, filles qui vivoient en com- merce usuraire.
munauté, sans faire de vœux; elles se Agioter commercer sur les effets
dévouoient au service des ecclésiasti- publics et particuliers, pour en tirer un
ques, par piété et par charité. Du gr. certain profit.
agapêtos aimable, bon. Agioteur, celui qui fait l'agiotage.'
AGARIC, champignon qui vient au AGIOGRAPHE pour Hagiogràphe,
pied des arbres sorte de racine qui 1 qui écrit sur les saints; auteur.de vies
suivantDioscoèide, estvenue d'Agarie, des saints. Du gr. hagios, saint, et de
pays de la Sarmatie. D lat. agaricum, graphe, j'écris.
fait du gr. agarikon. AGIOGRAPIIIE, hagiographie, traité
AGASILIS -4gasy-Ilis, arbrisseau des choses saintes.
qui produit la gomme ammoniaque. Du Agiologique hagiologique, qui con-
gr. agasullis. cerne les saints ou les choses saintes.
gr. AGATE agathe, pierre extrême- Tf hagios, saint, et de logos, discours.
ment dure, en partie diaphane en • Agiosimandre, instrument de fer,
partie opaque; elle est mélangée de dont les Grecs se servent au lieu de
plusieurs couleurs. Du lat. achates, fait cloche. D' hagios, saint et de sémainô,
du grec achatés, ainsi dit de l'ancien j'indique.
nom d'un fleuve de Sicile sur le bord AGIR, être en action opérer, pro-
duquel les premières agates furent dé- duire un effet, faire quelque chose. Du
couvertes. lat. agere, fait du gr. agein, agô, con-
Agatisé, qui a les propriétés de l'a- duire, chasser devant soi des animaux,
gate. et qui s'est dit ensuite de toutes sortes
Agatiser (s'), se changer en agate, d'actions où l'on met des soins et de
prendre les propriétés de l'agate/D'où l'activité.
Agathe, nom propre de femme. ACTE-, tout ce qui se fait ou qui s'est
AGAVE sorte d'aloès d'Amérique, fait; partie d'une pièce de théâtre;
remarquable par sa beauté. Du gr.agauê; écrit obligatoire dressé par un officier
féminin à'agauos, admirable; dérivé d'a- public; action d'un agent; opération.
gaâ, j'admire. Actus.
AGE, portion de temps pendant le- Acteur, actrice', qui joue un rôle
ta AGI AGN
dans une action dramatique; qui prend qui conduit aux choses d'en haut. D'a-
jiart'à une affaire; qui est mis en ac- na en haut, etd'agâ, conduire.
tion. Actor. (Anagogique ravissant, qui élève
Actif qui agit qui a la vertu d'a- l'âme vers les choses saintes.
Auto-da-fé, acte de foi; jugement
gir promptement laborieux empressé.
'Actuosus. de l'inquisition d'Espagne contre de
ACTION, ce qu'on fait; chaleur, véhé- malheureux hérétiques qu'elle fait brû-
mence opération d'un agent; mouve- ler vifs, en conformité de l'adage Ec-
ment de quelque chose qui agit; acti- clesia abhorret a sanguine.
vité. Actio. CoACTEUR,commis à la douane.
ACTIONNAIRE,qui a une part dans COACTIF, qui contraint, ou qui a
des actions d'une compagnie de com- droit de contraindre.
merce qui fait des mises a la loterie. Coaction, contrainte. Coactus, coac-
Actionner, intenter une action en tio, fait de coaçfare, forcer, contrain-
justice; faire valoir-ses droits contre dre dérivé de cum avec, et d'agere,
quelqu'un. agir.
ACTIVEMENT,d'une manière active, Inactif sans activité, qui ne pout
dans un sens actif. Actuosè. agir; paresseux, indolent.
ACTIVER, donner de l'activité, met- INACTION, cessation d'action sus-
tre en activité.
pension totale de toute action; repos,
Activité, qualité d'un être qui se indolence..
plaità agir; faculté active, vertu d'agir, Inactivité défaut d'activité.
promptitude de mouvement; diligence Réagir agir de nouveau résister.
dans le travail. RÉACTIF, qui réagit.
ACTUEL, effectif, présent; au mo- RÉACTION,vengeance; action de réa-
ment même. x à un autre
gir, résistance d un corps
ACTUELLEMENT,présentement, réel- qui le frappe.
lement, sur l'heure. RÉTROAGIR,avoir un effet rétroactif.
AGENT, tout ce qui agit; celui qui Formé de rétro et (Tagere.
agit pour un autre; entremetteur d'af- Rétroactif qui agit sur le passé
faires pour le commerce de l'argent'. Retroactiviis.
A gens. RÉTROACTION,rétroactivité, effet ré-
Agence, charge d'agent; fonction de troactif;
bureau. TRANSIGER,se désister de ses préten-
Agenda, livret, note, mémoire de tions par un'accord volontaire.
choses qu'on a à faire. T> agendas a, Transaction acte par lequel on s'ar-
um, fait d'agere, sous-entendu negotia. range dans un différent. Transactio.
AGILE, leste, léger à l'action; dis- AGLAIA, Aglaé, l'une des troisvGrà-
pos, toujours prêt à agir. Agilis. ccs. Du grec aglaïa, iormé^di QglaQs,
'Agilement, d'une manière agile;
beau, magnifique.
avec agilité.
AGNEAU, petit de labrebis; sa chair.
Agilité, légèreté, disposition à agir D ulat. agnus fait du gr. hagnos chas-
aisément,- vitesse des mouvemens. Agi, te, pur, innocent; selon Festus, l'a-
litas.
gneau, dans les sacrifices des anciens,
Agissant, qui agit, qui se donne étoit regardé comme une victime pure
beaucoup de mouvement. Actuosus. et agréable à la divinité.
AGITATEUR,turbulent, qui agite ou
AGNELER, mettre bas, en parlant des
qui cherche à agiter qui provoque une brebis.
sédition.. “
Agnelet petit agneau. Agnellus.
Agitation, troublé, ébranlement,
Agneline, laine des agneaux.
secouement. Agilatio. laine
Agnelins peaux d'agneaux,
Agité, troublé, tourmenté.
Agiter, ébranler, troubler, secouer. d'agneaux.
Agnel, anciennemonnoiè de France
Xfagilarè fréquentatif iXagere.
Anagogie, ravissement, élévation vers qui portoit un agneau pour empreinte,
les choses saintes et divines mouvement t Agnus-dei agneau de cire qui est
AGR AGR i3
hcni petite image de piété à l'usage auprès et de grex gregis troupeau;
des enfans. c'est-à-dire réunir en troupeau.
Agnus-castus le vitex, sorte d'ar- AGRÉGAT, agrégalicn, agrégé, ac-
buste d'agrément. tion d'agréger; assemblage, amas; réu-1
Agnès.j jeune fille très-innocente, et nion; réception dans un corps.
douce commeun agneau. Du gr. hagnos. Agrégatif, qui fait agréger.
AGNOÈTES, agizoi'tes, nom d'une Agrégé, qui appartient à une agré-
secte dont les membres prétendoient gation suppléant d'un professeur; avo-
que Dieu ne connoissoit pas tout. Du gr. cat au tribunal de commerce.
.agnoéô, j'ignore; composé d'a privatif, CONGRÉGATION,corps de plusieurs
et de gnoô, je connois. personnes réunies sous un même régle-
AGON, combat, jeu public et solen- ment lieu où s'assemblent les congré-
nel chez les Athéniens. Du gr. agdn, ganistes. Congregatio fait de congre-
'combat. gare, assembler.
AGONIE, le dernier combat de la na- Congréganiste, qui fait partie d'une
turecontre la mort. Du gr. agdnia, fait congrégation.
d'agân, lutte, combat. Grège, soie telle qu'elle sort de dessus
Agonir, combattre de paroles; acca- le cocon, et qui est agrégée.
bler d'injures. Grège, peigne de fer qui sert à sépa-
Agonisant, qui est à l'agonie, qui rer de sa tige la graine du lin.
combat contre la mort. DisgrégAtion, dispersion desrayons,
Agoniser être à l'agonie. action de blesser la vue; ses effets.
Agonales, agonies, fêtes romaines en AGRÈS, agrets, voiles, cordages,
l'honneur de Janus; on les célébroit par poulies, etc., d'un vaisseau; tout ce qui
des combats et des exercices violents. concerne l'équipement d'un navire. De
D'agdn. l'it. arrecli, ameublement, équipage.
Aconistarque; officier chargé d'exer- AGRÉEUR,celui qui fournit les agrès
cer lés athlètes au combat. Nagônistés, d'un vaisseau courtier pour le commerce
combattant, et A'arckos, chef. d'eau-de-vie; ouvrier qui fait passer le'
Aggnistkjue, l'art des athlètes, la fil de fer parla filière.
partie de la gymnastique qui avoit rap- Gréer munir un vaisseau de tous ses
portau combat. Agânistiké, fait d'agdn. agrès.
Aconistèque, qui concerne les com- Gsément, gréément, toutce qui peut
bats des athlètes. servir à gréer un bâtiment.
Agonistiques, missionnaires héréti- Dégréer, ôter les agrès d'un navire.
qnes qui se disoient envoyés pour com- AGRICOLE, adonné à l'agriculture.
battre les erreurs, et ne faisoient que les Agricola. Tous les mots suivants sont
augmenter. R'agdnistés, combattant. formés du lat. ager, agri, champ, terre
AgonothÈte, officier qui présidoit labourable; dérivé du gr. agros, et de
aux combats des athlètes. ~Û'agôn, com- colere, cultiver. Voyez Culte.
bat, et de lithêmi, disposer, ordonner. .AGRICULTURE,art de cultiver la terre.
ANTAGONISTE,adversaire, qui est en Agri-cùltura.
rivalité de prétention, qui est du parti Agricultecr, cultivateur. Agri-cul-
opposé. D'anti, contre, et Xagôniso- tor. > <
•mai, combattre. Agrier, agrière, droit de cliampart
ANTAGONISME,action d'un muscle oude terrage.D'flgraWum., formé d'*zge/\
dans un sens opposé à celle d'un autre AGRAIRE, loi pour le partage des ter-"
muscle son antagoniste. rés chez les Romains. Agraria lex.
AGORANOME, magistrat d'Athè- Agreste, rustique, champêtre, sau-
nes, sorte de commissaire qui étoit vage; qui vifon qui'se plait dans les
chargé de maintenir la police dans les champs; agrestis.
marchés. Du gr. agora, marché, place AGRONOMIE, science, théorie de l'agri»
publique., et de ném.6, je gouverne. culture. Du.gr. agros, champ, et de no-
AGRÉGER, amasser, réunir, asso- mos, loi, règle.
cier admettre, recevoir dans,une cor- · AGRONOME, quise livre à l'agronomie,
poration. Dulat. aggregare, formé d'a^, qui écrit sur l'agriculture.
»4 AGY AiD
Agronomique, concernant l'agrono- AH interjection de joie, de douleur,
mie. d'effroi, d'admiration, de plaisir, d'a-
Agrostème, genre de plantes caryo- mour, qui se retrouve dans toutes les
phillées qui croit dans les champs. Du langues.
gr. agros, champ, et de stemma, cou- Ah-ah fossé profond au bout d'une
ronne. Ainsi dite couronne des champs, allée, ou en avant d'une ouverture faite
à cause de la beauté de ses fleurs. au mur d'un parc..
Agrostis; genre de plantes graminées Ahi, aïEj interjection de douleur.
dont les fleurs sont ordinairement en pa- AHAN, onomatopée du son que font
nicule, et croissent dans les Mes. Agïos- les manoeuvres etles bûcherons pour re-
tis, fait d'agros. prendre leur haleine; peine du corps;
Péragration pérdgmtibTt cours', grand effort.
marche, action de parcourir; périodi- Ahamer, respirer difficilement, tra-'
que. Du lat. peregratio fait de per, à vailler avec peine haleter en travaillant.
travers, et d'ager, les champs. Pasquier et Nicot avoient soupçonné
Pérégrikaire, moine chargé de rece- cette onomatopée en la dérivant du cri
voir les pélerins ou les voyageurs qui ve- ,ah, ahi, que jettent les gens de peine
noient visiter te couvert. Peregrinarius. dans leurs travaux. On ne sait comment
Eérégriwatiox voyage dans les pays Ménage a pu penser que ce mot venoit
lointains. Peregrinatio. de l'it. affanno peine, chagrin, inquié-
Pérégriker, voyager, aller en péleri- tude.
nage. Peregrinari. AIDER, assister, secourir. Du fat.
Pérègrikité, état des étrangers dans adjufare formé de ad, auprès, et de
un pays'. Peregrinitas. juvare, secourir.
Pérégrikomaivie, la fureur des voya- Aide, auxiliaire, celui qui aide à un
ges. autre, qui l'assiste;' qui est adjoint ami
P^LERiiy, *pëi-égrin, voyageur au loin autre dans l'exercice de ses fonctions.
voyageur dans les lieux- saints; adroit, AinÉ, secours', assistance donnée ou
dissimulé, fripon. Peregrinus. reçue, jidjûlorium.
Pèlerinage, voyagededévotioni lieu AInES, impôts établis sur les vins et
de sainteté que l'on visite. autres liquides. pour aider à soutenir les
Pèlerine, grande collerette'de femme dépenses de l'État.
semblable à la cape des pélerins. Aideau petites pièces de bois passées
AGRIE, dartre corrosive qui fait tom- au travers des ridelles d'une charrette
ber le poil. Du gr. agria. pour soutenir de longues pièces de bois,
ÀGRIONIES, fêtes en l'honneur de et les élever au-dessus du limonier.
Bacchus. Du gr. àgrios, sauvage, féroce, ADjDr>AKT,*#f|/«iwî£,auxiliaire, qui
à cause que le char de ce dieu étoit tiré porteaide; officier militaire qui en aide
par des tigres. un autre. Dulat. aàjuvans, formé &~aà,
AGRIOPHAGE,noms de certains peu- auprès, et àzjuvare, aider.
ples qu'on a supposés se nourrir de chair AnjUTOiif,aide^ scconrs.^édjutorium.
delion, de panthère, etc. Du gr. agrio's, COADJUTEUR,coadjutrice, aide, ad-
sauvage, et de phagô, je mange. joint remplaçant; prêtre ou religieuse
AGRYPNIE, insomnie. Du gr. devant succéder au prélat bu à l'abbesse
agrupnéû, veiller; dérivé d'a privatif, auxquels ils sont adjoints. Coadjutor,
àcgru, rien, et de hupnos, sommeil. formé de cum avec, et adjulor, celui
ÀGYNIENS, secte du vue siècle, qui aide. =
dont les membres vivoient dans le céli- Coadjtjtorerie, charge de coadjuteur.
bat, et prétendoient que Dieu n'étoit AÏDOÏAGRAPHIE, description des
pas l'auteur du mariage. Du gr. a pri- parties delà génération. Du gr. aidoia,
vatif, et Aagunê, femme; qui n'avoient t parties génitales et de grapliô, je dé-
point de femmes. cris.
AGYRTES, prêtres de Cybèle, qui AiiioiAioGiiî traité des parties de la\
tnendioient pour le service de leur divi- génération. D'aidoia et de logos, dis-
nité. Du gr. agurtis, mendiant; dérivé cours.
tfageirô je ramasse, je mendie. A.IDO1ATOMIEpréparation anatomi=
AIG AIL- i5
tjue des parties de la génération. D'ai- • pointu. Acupunctura, forméd'acus, ai-
doia, et de tome incision dérivé de guille, et de punclura, fait de pungo, je
teinnd ,'je coupe. pique, piquer avec des aiguilles.
AÏEUL, ou ayeul, grand-père. Du Acur, aigUj en pointe.
lat. avus, atavus. En ital. aiolo. Acuts bouts des forêts et des grands -inds
Aïedle, ayeule, grand'mère. pays de bois.
Aïeux, ayeux, parents de tous degrés, ACUTANGLE acutangulaire, aculan-
qui nous ont précédés les hommes des gulé, a angles aigus. Voy. ANGLE.
siècles antérieurs. Aiguillade, gaule pointue pour pi-
Bisateui., le père, la mère des aïeux. quer les boeufs attelés à la charrue. D'a-
Trisayeul, le père, la mère des bi- culeus.
saïeux. Aiguille, petit morceaud'acier pointu
AIGLE, oiseau de proie diurne; le par un bout et percé par l'autre, qui
roi des oiseaux. Du lat. iu/uila ainsi dit sert à coudre. De l'it. aguglia, fait du
de la forme de son bec., Homme d'un lat. acicula, dim. Otacus..
génie supérieur. Aiguillée, longueur de fil convena-
Aiglon, aigïelte, petit aigle, ou pe- ble pour une aiguille à coudre.
tit de l'aigle. Aiguiller, Ater la cataracte de l'œil
Aiglures taches rousses semées sur avec une aiguille propre à cette opéra-
le corps d'un oiseau. tion.
Aquilin fait en forme de bec d'aigle. Aiguillette, morceau de tresse ou
Aquilinus. de cordon dont les bouts sont attachés
AQUILON, bise, vent du nord, vent avec des morceaux de fer terminés eu
impétueux qui soufle avec la même ra- aiguille. D'aciculeta, dim. iïaciculà,
pidité que vole l'aigle. Aquilo. morceau de peau ou de chair coupé en
Aquilonaire, boréal. long.
Aigrefin sorte de poisson frippon, Aiguillettes, cordes qui servent à
escroc, chevalier d'industrie. Ledu- différens usages dans les vaisseaux.
chat regarde ce mot comme la A1GU11.LETAGE, effet résultant del'ac-
corrup-
tion d'aiglefin, monndie impériale d'or tion
d'aiguillelter.
très-fin, qui portoit l'empreinte d'un ai- Aiguillette attaché avec des aiguil-
gle; puis on donna le nom tV aigrefin lettes.
à une monnoie d'or de bas attacher avec des ai-
aloi, ou usée Aiguilleter
ou altérée. guillettes attacher bout à bout.
ANCOLIE, les gants*de-Notre-Dame; Aiguilletier, ferreur de lacets et
plante d'agrément et vivace, à fleur ano- d'aiguilletes.
male. Du lat. ac/uilegia, Aiguillier ouvrierqui fabrique des
dérivé iVarjuila,
parce que sa fleur imite les serres de aiguilles ,• étuioù on les met.
l'aigle. Aiguillière sorte de filet pointu
Alérion, en terme de blason, aiglette pour pécher entre deux eaux.
à ailes étendues sans pieds et sans bec. bâton ferré et pointu qui
Aiguillon
D'alario, contraction d'aquilario, aug- sert à piquer les bœufs le petit dard
mentatif iVar/uild. des abeilles, des guêpes; tout ce qui ex-
AIGOCÉROS', lefenu-grec; -plante cite piquants de certains animaux, etc.
dontles gousses ont la forme des cornes De l'it. oguglione fait du lat. aculr.us,
d'une chèvre. Ce mot est formé <£aix> dim. d'«c«i.
aigos, chèvre, et de ke!ras, corne. Aiguillonner piquer avec l'aiguil-
AIGU, ce qui se termine en pointe lon presser, exciter, animer.
très-fine ou en tranchant fort affilé. Du Aiguiser, rendre aigu, pointu ou
lat. acus, aculus.
tranchant; donner le fil.
Acuité état de ce qui est aigu. Acui- Aiguisement, action d'aiguiser.
tas; en ital. acutezza. Suraicu pour sur-aigu, fort aigu,
Acuminé' plante terminée ou qui se très-élevé.
rétrécit en pointe. D'acumen. AIL, au'pluriel aulx, plante pota-
ACUPUNCTURE,opération de chirur- gère; petitoignon d'une odeur très-forte,
gie qui se fait au moyen d'un instrument qui vient par gousses. Du lat. allium.
16 AIM AIN
Aillade sauce faite avec de VaH.Al- AIMABLE, digne d'être aimé doué
Uatitm. du don de plaire. Amabilis.
Alliaibeplante vivace et agreste, à Aimablement, d'une manière aima-
fleurs cruciformes, qui l'odeur de l'ail, ble. Amabilité/:
et qui est amère au goût. Aimant qui aime, enclin à l'ami-
AILE, ce qui sert aux oiseaux et à tié. Anians.
quelques insectes pour voler; partie Aimé, qu'on aime, qu'on chérit. Ama-
charnue d'un oiseau depuis le haut de tus.
l'estomac jusque sous les cuisses; por- AMABILITÉ, qualité de ce qui est ai-
tion latérale d'un bâtiment, d'une ar- mable. Affabilité) douceur. Amabilitas.
mée, d'une fortification; châssis garnis Amant qui. aime avec passion une
de toile quicomposentlaroue d'un mou- personne d'un autre sexe. Amans.
lin à vent. Branches d'un arbre, cour- Amé aimé terme de chancellerie.
bées de droite et de gauche en espalier. Ami, personne qu'on aime et avec la-
Du lat. ala. quelle on est lié d'une affection réci-
Ailé qui a des ailes. proque. « Rien de plus commun que le
Aileron, extrémité de l'aile d'un oi- » nom, rien de plus rare que la chose. »
seau. Amicus. '
Ailette, alette, petite aile ou côté. Ami propice, favorable.
AILLEURS autrepart, en un autre AMIABLE,doux, gracieux, ce qui se
lieu. Du lat. aliorsùm, pris à!alib, fait fait en ami.
d'alius, autre part dérive du grec allos, Amiablement d'une manière amia-
autre. ble.
D'ailleurs deplus, en outre, d'un- AMICAL, qui part de l'amitié, qui en
autre côte'. a le caractère.
Aliéner transporter, faire passer son Amicalement d'une manière ami-
bien entre les mains d'un autre vendre cale.
à réméré ce qu'on possède; donner de tendre affection que l'on a
Amitié
l'aversion; troubler le raisonnement, pour quelqu'un, et qui devroit être mu-
perdre; le jugement rendre.fou. Alit<- tuelle. Amicitia.
nare. AMOUR, passion naturelle d'un sexe
ALIÉNABLE, qui peut être aliéné. Qu'on pour l'autre; vif attachement à ce qui
peut vendre. · est ou qui paroit aimable. Divinité qui
ALIÉNÉ, qu'on a détaché de sa pos* préside au plaisir. Amor.
session; qui est privé de sa raison. Alie- AMOURACHER (s') s'engager sans ré-
natus. 'flexion dans de folles amours, dans une
Aliénation, action par laquelle on passion inconvenante.
se détache de ce que l'on possédoit pri- AMOURETTE, amour passager; léger
vation de la raison. Alicnatio. attachement decœur certaine partie du
Inaliénable,, qu'on ne peut aliéner. mouton fort délicate au goût.
In aliénabilité, qualité decequiri'est Amoureux qui aime d'amour, avec
point aliénable. passion; qui est propre à l'amour, at*-
AIMANT sorte de pierre, ou sub- teint du mal d'amour.
stance ferrugineuse, qui attire le fer, et Amoureusement avec amour, ten-
se-tourne d'elle-même.vers le nord. Du drement. ·
lat. adamas, fait du gr. adamas, ada- Amateur amatrice qui a du goût
mahtos indomptable, par la compa- pour les arts, qui s'y connoît.
raison de laduretédel'aimantavec celle Ennemi celui qui hait, qui veut du
du diamant. mal à quelqu'un qui a de l'aversion,
Aimanter toucher, frotter avec l'ai- qui n'est point ami. Du lat. inimicus.
mant. Inimitié, aversion, haine ouverte,
Aimantin qui appartient à l'aimant, antipathie. Inimicitia.
qui, lui est particulier. AINE, partie du corps où se fait la
AIMER, avoir de l'affection de l'a- jonction de la cuisse et dit bas-ventre.
mitiéj de l'attachement. Prendre plai- Da lat. inguina, formé Xinguen.
sir, être amoureux. Du lat. amare. Inguinal, de l'aine. Inguinalis.
AIR • AfSv 15
AINE', contraction de ains-né, le Aérostat globe de toile ou d'étoffe
premier né des enfans. Du lat. antè na- légère, rempli d'un'fluide plus léger que
lus, né auparavant. l'air, et au moyen duquel on s'élève jus-
Aînesse, primogéniture priorité qu'à ce que 1-on ait atteint une couche
,d'àge entre frères et sœurs. d'atmosphère où l'on soit en équilibre.
AINSI de cette façon de la sorte Du. lat. aer et de stare, qui stat in aère;'
par conséquent. Ménage le dérive du ou du gr. aer, et d'histamai, je me tiens.
Jat. instb, composé de la prcpos. in, et AÉROSTATION,art de faire des aéros-
de l'adv. sic. tats.j
AIR, unité de tons qui composent un Aérostier, celui qui conduit ou qui
chant musique adaptée à des paroles. fait manœuvrer un aérostat.
De l'it. aria que Saumaise dérive du AÉROSTATIQUE,concernant les aéros-
lat. àra arœ chiffre, calcul, nombre. tats.
ARIETTE, air détaché, vif et léger; AIRAIN, cuivre allié avec'dePctain.
paroles qu'on chante dessus. Du lat. œramen, fait d'att, ceris.
AIR, fluide invisible, impalpable et. -AIRE, surface plane; place au mi-
inodore, ce qu'on appeloitl'un des qua- lieu d'une grange, sur laquelle on bat
tre éléments; manière, ressemblancq le grain nid d'un oiseau de proie es-
probabilité. Du lat. aer, fait du gr: aér. pace marqué dans la boussole pour cha-
AÉRÉ, en bon air, qui a de l'air. cun des trente-deux .vents. Du lat. area.
Aérer-, donner de l'air, chasser le Airée, la quantité de gerbes qu'on
mauvais air. met en une fois dans l'aire.
Aérien qui 'est d'air, qui tient de Airer faire son nid, son aire, en'
Pair, ou, qui lui appartient. Aerius; du- parlant des oiseaux.de proie.
gr. aérios. Aréole petite aire, petite surface."
Aérification action de convertir en Areola.
air, de le tirer des autres corps. D'àer Arène, sable, gravier sur le sol;
et defacere. amphithéâtre destiné aux combats des
Aériforme, qui a les propriétés phy- gladiateurs. D'arena.
siques de l'air. D'aer etde forma. AnE, unité dans les nouvelles me-
Aérolithe, pierre tombée du ciel. sures 'de surface, cent mètres carrés ou
D'aer et de lithos. Voy. Lithe. deux perches quatre-vingt-douze cen-
Aérgchaphie, description de l'air. tièmes carrés. Xfareum, fait d'area.
V aer et de graphâ. Voy. GRAPHIE. Aréage mesuré des terres par are.
Aérologie, discours qui traite de ARÉNATION,bain dé sable chaud.
l'air. D'aer.et de logos. Voy. Locie. Aride, sec, stérile par sécheresse;
AÉROMANCIE, divination parlemoyen sans invention. Aridus. “
de l'air. D'aer et de manteia. Voy. Man- Aridité, sécheresse, stérilité, insen-
cie. sibilité. Ariditas.
Aéromètre instrument pour mesu- Aridure, atrophie, màigreur, con-
rer la densité ou la rareté de l'air. D'aer so'mption-, sécheresse du corps ou d'un
et.de metron. Voy. Mètre. membre.
A^rométrie art de mesurer l'air: AIS, planche. Du lat. assis, axis,
Voy. Métrie. soliveau fait du gr. axôn.
Aéronaute qui parcourt. les airs Essieu, aissîeu, morceau de bois ou
dans un aérostat. Du gr. aêr, et de nau- de fer, arrondi par les deux bouts, qu'on
te's, navigateur. fait passer au travers du moyeu des
Aéropiiobie crainte de l'air, sorte de roues. Axiculus, diminutif d'axis.
maladiefrénétique. D'aer, etdephobos, AIsseau, petit ais qu'on emploie au
crainte. lieu de tuile pour couvrir les maisons.
Aérophobe, attaqué de l'aérophobie. AISSEAU,aissette, petite hache pour
AÉROPHORE,qui porte l'air. D'aer, et couper les ais.
de.ph.er6, je porte. AISSELIER,pièce de bois pour cintrer
Àérosphère sphère ou enveloppe dans les quartiers.
d'éther condensé. D'aer, et de sphaira, AISSELLE,partie creuse sous l'épaule,
sphère, globe. à la jonction du bras. jixiUa. `
1. 2
i8 ALA ALC
Axillaire,1 de l'aisselle, qui en sort. Àlambkjcer, épuiser, rendre trop
AISE, contentement, commodité, subtil fatiguer l'esprit, examiner avec
satisfaction, sentiment de joie. soin.
Aise, content, joyeux, satisfait. AlAmbiqder (s'), s'épuiser, se tour-
Aisance, facilité qu'on a dans les menter à force de réflexions, dépensées
choses. tristes.
Aisances aisément) lieux où l'on se ALBATRE, albastre, sorte de pierre
met à l'aise. blanche de la nature du marbre, mais qui
Aisé, facile, commode; qui est à est plus tendre et plus transparente. Les
son aise, qui a de la fortune.' anciens en faisoientdes vases a mettre des
Aisément, d'une manière aisée, sans parfums et de l'huile. On en dislingue
obstacle. deux sortes V albâtre calcaire, ou chaux
Ces mots sont faits du gr. aisios, heu- carbonatée, compacte, e.lY albâtre grp-
reux, fortuné; dérivé Apaisa, sort, destin. seux, ou chaux sulfatée, compacte, d'un
Alèze drap qu'on met sous les ma- beau blanc. Du lat: alabasler, alabas-
lades pour les soutenir et les mettre à trum, fait du gr. nlabastron; formé d'à
l'aise. privatif, et de lambanô, je prends, je
AITIOLOGIE, etiqlagie partie de saisis qu'on ne sauroit saisir, parce que
la médecine qui traite des diverses eau-, les vases d'albâtre étoient si polis, si
ses des maladies. Du.gr. aitia, cause, unis, qu'ils glissoient entre les mains.
et de logos, discours, traité. Alabastriqu'e, art de faire des albâ-
Etioler venir foible; monter et jau- tres artificiels.
nir faute d'air. ALABASTRITE,sorte de faux albâtre
Étiolemeht, altération des plantes dont les anciens se servoient en guise de
qui s'étiolent. vitres; pierre blanche, transparente et
AIZOON, plante aquatique toujours gypseuse. •,
verte, qui ressemble à l'aloès commun. ALBERGE, petite pêche jaune et hâ-
Du gr. qeizdos, toujours vif formé d'aei, tive. De l'article arabe al, le, et de begi
toujours, etàczâos, vivant; dérivé de fruit, selon Saumaise, et non du lat. al-
zoô, vivre. bus, comme le prétend Ménage.
AJOUTER, joindre à, augmenter, Albergier, arbre qui porte des al-
mettre de plus. Du lat. adjicere. Nicot. berges.
le dérive du lat. ad, à, et dejuxtà, ALBERT, nom propre d'homme. Duti
auprès, tout contre; d'autres le font saxon albert, toutillustre; composé d'a^
venird'ad, à, et dejungere joindre. tout-à-fait, et de bert, illustre, distingue.
Ajootage, chose ajoutée à une autre. ALBRET, nom propre de pays.
AJOUTÉE, ligne à laquelle on ajoute ALCALI, alkali, qu'on devrait écrire
quelque chose. al-qaly;,
sel poreux, caustique etlixiviel
Ajootoiiîe ajutage, a~ ajutoire tuyau tire de là cendre nommée galy ou soude.
ajouté à un jet u'éau. De l'article arabe al, et de qaly, soude.
Adjectif mot qui s'ajoute au subs- Alc'alescence, putréfaction produite
tantif, et qui en fait connoître la qua- par l'effet des alcalis.
lité. Adjectivus. ALCALESCENT,qui tient de l'alcali.
Adjection jonction d'une chose. Alcalifiable qui peut être converti
Adjectivement en manière d'ad- en alcali.
jectif. Alcaligère, qui engendre les alcalis:
ALAMBIC, vaisseau qui sert à dis-. De l'ar. al- qaly, et du gr. gennaô,, en-
tiller. De l'article ar. al, et d'anbiq, en gendrer, produire.
gr. ambix vase, pot; dérivé du verbe Alcalin, qui a des propriétés de l'al-
ar. anba'q tirer, distiller. Golius veut cali..
que le mot anbiq soit étranger à la lan- • Alcalisation^ action d'alcaliser.
• gue arabe, 'et qu'il vienne du gr. am- Alcaliser tirer l'acide d'un sel neu-
bix. Tout porte à faire présumer que le tre pour ne plus'laisser que la partie al^
mot alambic tire son origine de l'ar.~ câline.
al anbiq, qui a la même signification. ALCÉE fameux poète grec, inven-1
AlAmbiqué, trop subtil, tropraffiué. teur du vers alcaïque. En gr. alkaios.
ALÈ, ALE in
A lcaïque sorte de vers en usage d'a- Allégresse-, grande joie publiqueet
bord chez les Grecs, ensuitechez les La- particulière qui éclate au dehors. De l'it.
tins, de deux pieds et demi et de deux allegrezza.
'dactyles. Allegro mouvement de musique
ALCOHOL; poudretrès-fine; esprit très-gai et très-vif..
de vin. De l'ar. al coliol, subtil ou d'al ALLEGRETTO,mouvement de musique
kohl collyre; pommade dont on teint moins yif que l'allégro.
les cils. ALENE, *alesne, poinçon de cordon-
Alcoholique", qui tient del'alcohol. nier pointe en fer courbe, emmanchée,
Alcoholïser réduire en poudre tres- pour percer.le cuir avant de le coudre.
suhtile ou à l'état d'alcoliol. • De l'esp. alesna, ou de l'it. lésina, faits
Alcoholisation, action d'alcoholiser. tous deux dit-on du lat. lœdere, cou-
ALCOVEjenfoncementpratiquédans per, percer, blesser.
nne chambre pour y placer un lit. De Alêivier, qui fabrique et vend des
l'espag. alcoba, chambre à coucher; alênes.
dérive de l'ar. al gùbbah, tente, chambre ALERTE,*aZ>erte,quiagit avec promp-
'voûtée qui renferme un lit. titude; Vif,- éveillé attentif, vigilant.
ALCYON, le martin-pêcheur, oiseau ALERTE, cri d'alarme, peur vive de-
tfui fréquente la mer et les marécages bout," soyez sur. vos. gardes. De Fit.
et qui fait son nid parmi les roseaux-. Du all'erta. lirta signifie élévation, colline,
lat. alcyon, fait du gr; halkuôn; formé de chemin qui y conduit lieu éininent d'où
hais, la mer, et de kuô, produire. l'on peut tout découvrir. L'it. erta vient
Alcyoniens, jours'de calme pendant du lat. erecta en sous-entendant via.
lesquels l'alcyon construit son nid; cha- Ainsi être al'efte, c'est être dans un lieu
cun des sept jours avant ou après le sol- élevé d'où l'on peu t découvrir tout ce qui
stice d'hiver. se passe autour de soi.
ALÉATOIRE, contrat dont l'exécu- ALESAN, alezan cheval bai tirant
tion dépend d'événements incertains.Du sur le, roux'fauve. De l'esp. alazon, qui
lat. alealorius, fait d'alea; jeu de hasard. a la méme signification; dérivé de l'ar.
ALECTOIRE, aleçtorienne, pierre al ^hhazan étalon, cheval entier.
qu'on pr,étendoit se former dans l'esto- ALEUROMANCIE, sortededivina-
hiac des vieux coqs, et à laquelle on at- tion qui se faisoit avec de la farine. Du
tribuoit la vertu de résister aux poisons. gr. aleuron, farine, et de manldia, di-
Du gr. alecldr, coq. vination.
Alectorolopiios, la -crête-de-coq ALEXANDRE, roi de Macédoine;
plante dont les feuilles sont crénelées nom propre d'homme. Du lat. alexan-
comme la crête d'un coq. Du gr. alek- der, dérivé du gr. alexandros formé
tôr, et de lophos, crête. d'alexd, je chasse; je repousse, etd'07;-
Alectrides alectroïdes alectryoni- dros, homme; chasseur d'hommes. La
,des, oiseaux défasse cour, tels que le vie du conquérant macédonien, écrite
coq, la poule, etc. Fait tfalektâr, eld'ei- en vers de douze syllabes, a fait donner
dôs, forme, ressemblance. à ces vers le nom d'alexandrins, dont
Alectoromamcie, alectfomàncie, di- quelques auteurs attribuent l'invention
vination qui se faisoit par le moyen du à Alexandre de Paris, qui ne fut que le
coq. 'Bi'aUktôrfil de /naraïeïa ,divination-. continuateur de V Alexandriade de
A.LECTON,l'unedestroisfuriesdon>t Gauthier de I'Isle.
les fonctions étaient de tourmenter sans Alexandrie, la ville' d'Alexandre.
cesse les coupables. Du gr. aléetos qui ALEXANDRIN,vers françois de douze
ne donne point de repos, qui tourmente syllabes au masculin, et de treize au fé-
sans cesse; fait d'a privatif' eldclégd, minin'.
cesser" Alexis, nom propre d'homme qui
ALÈGRE, agile, dispos, gai, vif. De signifie chasseur.
l'it. allegro fait du lat. alacei-. AlexipharmAque, remède que l'on
Alègrement, avec gaîté, vivement; emploie contre les venins. Du gr. alexu,
d'une manière alègre. De l'it. allegra- je repousse, je chasse, et àapharmacon,
menle, fait du lat. alacïiler. poison, venin. y
2.
20 ALI ALI 1
• AiExipTRÉTiQUE,remèdes propres à Aliboron, aliborum (maître), per-
chasser la f.èv-e, D'oZcjkÎ, et de puretés, sonnage subtil et adroit à trouver des
fièvre. alibiforains ignorant qui se mêle dé
A lexitère remède contre la morsure tout et qui veut parler de tout. Huet
des hèles venimeuses. Nalexô, et de thêr, rapporte qu'un avocat plaidant en- la-
bête féroce ou venimeuse. tin, et voulant dire que sa partie ad-
A LFIER, porte-drapeau, porte-en- verse n'étoit pas recevable dans ses ali-
seigne; ancienne dignité dansleroyaume bi, «'écria JYùlld ratio habenda est
de Navarre. Défit, al/ïere, ou de ].'csj>. istorum aliborum, d'oùlui resta le sur-
alferez, qu'on dérive, ae l'ar. farad, por- nom de maitre aliborum donné depuis
ter. précéder, marcher devant. D'autres à l'âne.
étymologistes regardent le mot alfier ALIDADE règle mobile terminée
comme une contraction du lat. aquilifer, par les pinnules, et placée au centre
porte-aigle. D'où le nom propre stljieri. d'un instrument propre à mesurer les
ALGARADE, querelle, sortie brus- angles; aiguille du cadran à canncler.
que contre quelqu'un avec insulte elbra- De l'ar. al hada, règle.
vaile. De l'esp. algaradaj. en ital., al- ALIMENT, tout ce qui nourrit, en-
garia. Les élymologistes dérivent ces tretient et conserve le corps. Du lat. ali-
mots, soit de l'ar. gara molester, accu- inentum, fait d'alere, nourrir, substanter.,
ser faussement; soit de l'héb. garha,qni Alimentaire ce qui estdestiné pour
a la même signification.. les aliments, pour l'entretien.
ALGEBRE, scienceoùl'arithmétique Alimenter nourrir, fournir les ali-
est ramenéeà ses principes généraux sans ments nécessaires.
être appliquée à des quantités détermi- Alimenteux, qui sert d'aliment, qui
uées par des nombres; calcul des gran- nourrit.
deurs représentées par des valeurs arbi- art d'oindre le corps
ALIPTIQTJE
traires chose'difficile à comprendre, des athlètes pour le rendre plus' souple
extrèmementobscure, au-dessus de l'in- et plus vigoureux. Du gr. aleiphâ, oin-
telligence. Du lat. algebra, dérivé de dre, frotter.
l'ar. al gebarah, fait du mot gâbar, ré- homme chargé de frotter
Alipte
duction des parties ou des fractions à un d'huile le des athlètes. Alèiptês.
corps
tout réparation d'un os fracturé. Aliptérion salle où l'on pratiquent
Algébrique, qui appartient à l'algè- l'aliptique. JlléipttZrion.
bre..
à ALIQUANTE, partie qui n'est pas
Algébriser, s'appliquer l'algèbre, exactement contenue dans un tout plu-
s'y donner tout entier.
sieurs fois. T? aliquanlùm quelque..
ALGÉBRISTE,qui sait ou qui calcule
l'algèbre. ALIQUOTE, partie contenue juste
ÀLGTJAZIL soldat ou archer espa- plusieurs fois dans un tout. D'aliguis,
et de quotûs, combien.
gnol qui exerce les mêmes fonctions que quelque,
celles des cavaliers de la maréchaussée ALISES, alizés, vents régle's qui
ou delagendarmerieen France. De l'ar. soufflent en certains temps et le long
de certaines crttes. On le dérive de l'it.
al, le, et de ghazil, huissier, archer.
fait du lat. halitus, souffle, vent
ARGOUSIN,sergent' de galère ayant alito,
favorable. D'autres le regardent
l'inspection et la garde des forçats mot doux et
comme la corruption d'elizien, qui,
corrompu d'alguazil.
vents
ALGUE, plante marine, cryptogame, chez les anciens, désignoit les
vulnéraire, de la famille des aroïdes, d'est, quisouffloient constammentpen-
dont il y a plusieurs espèces. Dulat.rt/g«. dant un certain temps de l'année.
ALIBI", mot latin usité au palais, et ALISIER,'alizier', arbre à fleurs ro-
qui signifie ailleurs, autre part; absence ses, qui produit un petit fruit rouge
consta tée d' une personne par sa présence d'un goût aigrelet. Du lat. alisarià et
dans un autre lieu. ària, fait du gr. ariâ. “
Alibiforai.n, échappatoire, vainc al- Alise, alizé, fruit de l'alisier.
légation; mauvaise défaite. Du lat. ali- ALISMA plante qui croit dans les
bi, et de foras, dehors. lieux humides; et dont les feuilles res-
ALL ALL 21
semblent à celles du plantain. Empruri- parce qu'elle. sert de passage pour aller
té clù lat. et du gr. alisma. lux difl'érensétages, escalier: retrouvantt
-Âlismoïdes famille de plantes du au bout. Dans la seconde acception, Du-
genre de l'atisma. cange fait dériver allée de deux mots
ALLANTOIDE, troisième mem-, la le'e, qui, en vieux francois, a signi-
brané, qui fait partie de l'arrière-faix fié une route coupée dans une forêt;
dans la plupart des animaux; elle en- mais laye signifioit bois, forêt, du lat.
veloppe le fœtus et ressemble à un long lignlum, en basse lat. laia, et je n'ai
boyau. Du m. allas, allantos, boyau, jamais rencontré ce mot dans l'accep-
saucisse, elaeidos, figure, forme, res- tion de route coupée dans une forêt. On
semblance. dit Saint-Germain-en-Laye pour Saint-
ALLÉCHER, attirer dans un piége Germain la forêt on dans .la forêt. –
par l'attrait du plaisir, parla séduction. Espace en longueur, bordé d'arbres pa-
Du lat. allicere. rallèles, dans un jardin ou dans les
Allèchement, action d'allécher; at- champs.
trait, apprêt, amorce; Allure la manière de marcher d'uno
ALLÉGORIE, exposition d'un su- personne le pas de certains animaux;
jet par des figures emblématiques figure conduite, manière.
de rhétorique par laquelle on dit une Préalable, qui doit être fait ou dit
chose pour-en faire entendre une autre; avant tout le reste. De prœ, avant, et du
fiction dont l'objet offre un sens cache. verbe aller.
Du lat. allegoria, fait du gr. alle'gorla; Préalablement, avant toutes choses.
composé d'allos, autre, cl d'agora, dis- Sur-aller passer sur la voie sans
cours. crier, en parlant des chiens de chasse.
Allégorique, qui renferme ou pré- .Ces mots sont formés du lat: ambu-
sente une allégorie. lùre. Voy.. Amble.
Allégoriqcement d'une manière AI..LÉU ( franc), fonds de terre
allégorique. exempt de droits seigneuriaux. Les éty-
ALLÉGORISER,expliquer selon le sens mologistès sont loin de s'accorder suc
allégorique. l'origine de ce mot. Ducange rapporte
ALLÉGORISTE,qui explique un auteur celles de B udée deCujas, de Ragueau
dans un sens allégorique. et de plusieurs autres, sans en adopter
Allégorisëur, qui allégorise et pro- aucune, et propose la basse latinité al-
digue l'allégorie. odiwn allodium. Barbazan le-fait venir
ALLÉLUIA, mot hébreu qui signi- d'allocatio; ce qui détermine son senti-
fie louange au Seigneur. ment, c'est lepassagesuivantcitéparDu-
ALLÉLUIA, le pain de coucou ou tri- cànge Plerique è docliorihus existi-
folium acetostim plante potagère, qui mantjVOcem esseprinùgeniam Gallicam
a les propriétés de l'oseille; ainsi dite de vel Francicam, quœ prœdium ac rent
ce qu'elle fleurit au temps de Pâques. proprietario jusse possessam dénotai-
• ALLEMAGNE vaste pays de l'Eu- et que d'allocatio, par le changement
rope. Du lat. allemania formé de l'an- du c en d, on a fait allodatio, action
cien theuton al, tout, et man, homme. de placer, constituer, accorder, ou fran-
Allemand, allemande, né en Alle- chement, ou quittement ou enfin à con-
magné, qui en provient ou qui lui ap- dition de certaines redevances, cens ou
partient. T? alla/nantis rentes.
ALLEMANDE,sorte de danse particu- J'ai pensé que ce mot pouvoit venir
lière aux Allemands. du grec èleuthe'ros, libre, maître de soi;
ALLER, marcher, s'avancer, action mais MM. Clavier et ;Millin en me ré-
de se transporter d'un lieu à un autre. cusant, le déiivoicnt d'a privatif et de
Allant, dispos, quimarche'volqnliers. loclum ou Jodium -exempt de lods et
ALLÉE, passage pour entrer dans une ventes, franc de tous droits ou enfin
maison lieu propre à se promener de leudis et d'a privatif, dont on a fait
sentier d'un jardin. Dans la première aleudis non vassal.
acception, l'allée d'une maison a pris Allodial,- qui est en franc alleu, qui
certainement. sou nom du verbe aller, est libre, exempt de service et de rentes.
5a, ALO ALP
Allodialité, qualité de ce qui est al- ALOGOTROPHIE, nourriture inc-*
lodial, ou franc de tous droits féodaux. gale et disproportionnée. Cette maladie
ALLOBROC.ES, anciens-habitants a lieu lorsqu'une partie du corps reçoit
de la Savoie ci du Dauphiné, et que moins de sucs nourriciers que les autres.
l'on a nommés par corruption, Bradée. D'à privatif, de logos, proportion,. et.
Du lat. Allobroges. de trophé, nourriture; fait du verbe Ird-
ALLUSION, discours qui se rap- phô ,je nourris.
porte à un objet différent de celui dont ALOPÉCIE la pelade, maladie qui
on parle. – -Indication de la convenance, fait tomber le poil et les cheveux. Du
du rapport qui se trouvent entreles per- gr. alôpdkia, fait d'alôpéx, renard, ani-
sonnes et les choses. Du lat. allusio. mal qui, dit-on, est sujet à cette ma-
Illusion, fantôme, vue d'un objet ladie.
qui paroit autre qu'il n'cst. Apparence ALOSE. poisson de mer qui remonte
trompeuse à l'imagination, aux yeux; dans les rivières. Du lat. alosa ou alausa,
pensées chimériques. Du lat. illusio. qu'on dit être un mot gaulois.
ILLUSOIRE,captieux, qui n'a nul fon- ALOUETTE, aloue, petit oiseau de
dement qui.trompe par l'apparence. l'ordre des passereaux. Tfalaudetta, di-
Illusoirement d'une manière illu-
min. d'alaûda, motque Pline, liv. II,
soire. dit être gaulois d'origine.
rendre çhap. 37,
ELUDER, éviter adroitement,
se des efforts de ALOYAU, pièce de boeuf coupée le
inutile, jouer quel-
Du lat eluileYe. Ces mots long du dos, qui fait partie de la hanche,
qu'un. et qui est le meilleur morceau de l'ani-
ont été.formés du lat. ludere, ludo. mal. I.'étymologie de Vatier, rapportée
ALLUVION sorte d'attérissement i
par Ménage, et celle de ce savant sont
accroissement de terrain par la retraite
ridicules. Court de Gébelin pense que
des eaux, par le limon qu'elles y dépo-
ce mot dut se prononcer allojal, ve-
sent. Du lat. alluvio. nant d'allodial qui' signifie noble.
ALMAGESTE,recueil d'observations
Voy. Allei;
astronomiques et de problèmes géomé- hautes montagnes qui sépa-.
triques compose par Ptolémée, vers rentALPES, la France del'Italieetde la Suisse.
l'an 140. De l'article arabe al, et du
Du lat. Alpes, fait du gr. alphon, al-.
gr. mégistqs, très-grand; superlatif de l'abréviateur de Festus dérive
pion, que
mdgas le grand ouvrage l'ouvrage par
excellence. d'albus et d'autres de allus.
ALMÀNACH, nom vulgaire du ca- CISALPIN, en deçà des Alpes.
tout TRANSALPIN, au-delà des Alpes. De
lendrier ouvrage périodique ayant
un calendrier au'commencement ou àla irans, au-delà.
fin.De l'ar. al, le, et demanah, compter, ALPHA nom de la première lettre
nombrer. Scaliger dérive ce mot del'ar- des Grecs que nous appelons A- Com-
mencement d'une chose par opposition
*içb><jA«£fif1 or- manakos fait de l'ar.
man, la lune; en grec ïnèn. à-l'oméga qui en marque la fin.
Alpha e( Oméga le commencement
ALMANDINE,pour aZfomdme,pierre
et la fin.
précieuse des anciens, qui tenoit du ru-,
bis et de .l'améthiste. Albandina. ALPHABET, disposition par ordre des
ALOES lettres d'une langue. Mot composé do
plante vivace, exotique,
de la famille des asphodèles, originaire deux lettres de la langue grecque A et ]}.
de l'Inde, à fleur liliacée, très-amère Alpha et bêla. En lat. alphabelum.
et d'une odeur forte dont il y a plu- ALPHABÉTiQUE,qui est suivant l'or-,
sieurs espèces. On en retire un suc éga- dre de l'alphabet.
lement nommé aloès. Du gr. aloê. ALPHABÉTIQUEMENT, d'une manière
Aloétique 'remède, préparation, alphabétique.
dont l'aloès fait la base. ALPHITOMANCIE, divination (lui
Aloïde, plante vulnéraire, dont la se faisoit avec de la farine. Du gr. al-
feuille ressemble à celle de l'aloès. D'a- phiton, farine, et de mantéia, divina-
loS, aloès, et d'eidos, forme, ressem- tion.
blance. ALPHUS, espèce de lèpre qui occa->
AMA AMA a3
slone des taches blanches sur la peau. dite d'une femme nommée la dame Qn-
Du gr. alphos blanc. dot du village de Demigny, entre
• ALSACE, province de France qui Beaune et Çhalons, qui, la première,
forme les deux départements du Haut et s'avisa de la cultiver en Bourgogne.
du Bas-Rhin. La rivière d'IIl,( en lat. AMADOU, espèce de mèche faite
Ellus, III us, qui passe par Strasbourg, avec de l'agaric de chêne, dont on se
s'appelait anciennement alsa, et de ce sert pour avoir du feu et qui est extrê-
mot on a formé celui d'qlsatia, qui a mement douce au toucher.
été donné- à la province. • Amadoder flatter, caresser de a
ALSINE, la morgeline,. plante me% main. Gébelin pense que ces mots sont
subs.
dicinale, qui aime les bois et les lieux composés de la préposition a, du
et de l'adj. doux, mot à mot doux
ombrage's. Du gr, alsiné,îait ôHalsos, un main,
bois, une forêt. à la main. C'est à tort que Ménage dé-
amadouer de l'inusite ama
ALTE, halte, terme militaire, pour rive le verbe
faire arrêter les troupes .en marche; tutare, fait d'amaius.
de
pause que font les soldats ou les chas- AMALGAME, mélange, alliage
seurs dans une marche. De l'ail: hal- mercure avec d'autres métaux. Du gr.
ten, retenir, arrêter. hama, ensemble, et de gamein, marier,
Halteb, faire halte., joindre, unir. Voy, Gamies.
ALTHÉA, la guimauve en arbre, ar- AMALGAMATION, action d'amalgamer.
brisseau mucilagineux, originaire de Sy- AMALGAMER,unir par le moyen dn
rie, dont les fleurs imitent celles du li- mercure.
seron. Du gr. althaia, guimauve. AMANDE, fruit del'amandier; chair
de tous
ALUN minéral composé d'acide vi- du fruit de l'amande, le dedans
lat. amygdale,
•triolique et d'alumine, fort en usage les fruits à noyaux. Du
dans les arts. Du lat. alumen. fait du gr. amugdalê, dont on a fait par
Alumine," sorte d'argile pure-, l'une corruption amandala.
des sept terres primitives; terre argi- Amande, boisson faite-avec du lait et
leuse ] basede l'alun. Du lat. alumina. des amandes broyées et passées.
Alumineox, qui.est d'alun, qui.tient Amandier, arbre qui porte des aman
à l'alun. Aluminpsus. · s des; on le dit .originaire de la Maurita-
Alumineuse, espèce d'ardoise. Alu- nie. D'amygdalus.
minosa. Amygdales, glandes en forme d'à
Aluner, tremper dans l'eau d'alun. mande, qui sont placées aux deux côtés
ALUNIÈRE, lieu où l'on travaille l'a- de la gorge, sous la luette. D'amugdalê.
lun. AmygdAlithe, amygdaloïde pierre
ALUNAGE,action d'aluner. figurée, qui ressemble à une amande;
ALVÉOLE, cellule des abeilles; ça-. sorte de pierres agrégées qui renfer
vite dans laquelleles dents sont cmboi-, ment des espèces de noyaux. Vagmu-
et
tées creux intérieur de l'oreille. Du lat. dalé et de lithos, pierre; $ amugdalê
alveola, diminutif dalveus,Itrou, cavité' d'ej dos figure, forme, ressemblance.
Alvéolaire concernant les alvéoles. AMARANTE, sorte de fleur d'au-
Alvéolé creusé en alvéoles. tomne, à fleur d'un rouge pourpré, qui
Alv éolithe, polypier pierreux.D'al- fait l'ornement de nos jardins; de ce
veus et du gr. liilios, pierre. qu'elle ne flétrit pas, on la regarde
ALYSSE,, alysson, plante vivace, comme le symbole de l'immortalité.
que l'on croit bonne contre la rage. D'à Du lat. amarunthus, fait du gr. ama-
privatif, et de Hissa, rage. ranlon, composé d'a privatif, -et de
AMADIS, bouts de manches bou- mairainô, faner, flétrir.
tonnés sur le poignet; manches de fem- AMARANTE,couleur d'amarante.
mes, descendant sur le poignet. Ce mot Amarantine, sorte d'anémone. s
a été fait de l'opéra S Amadis, repré- Amarantoides, familles de plantes
senté'sous Louis XIV, où tous les ac- semblables à l'amarante. D'amaianton
leurs avoient de ces sortes de manches. et d'eiclos, ressemblance.
AMADOTE, sorte de poire', ainsi AMAUROSE, la goutte sereine, ma-
4 AMB AMB
.ladie des yeux, qui, sans symptôme ap- Amphibologique, ambigu, douteux,
parent, prive entièrement de la vue. Du indéterminé, qui a double sens.
gr. amaurdsis, obscurcissement, dérivé Amphibologkjuement, d'une manière
d'amauros, obscur. "amphibologique.
AmAUROSifE, affecté de l'amaurose. AMBITION, passion, désir immo-
AMBASSADEUR, envoyé- d'une déré de ceux qui cherchent à s'élever
puissance vers une autre, avec un ca- à acquérir des dignités, des richesses.
ractère de représentation. De. l'i,t. am- Du lat. ambitio que l'on fait venir
basciatore, fait de la basse latinité am- d'ambire.
basciator, dérivé de l'ail, ambachl ou Ambitieux dévoré d'ambition, qui
ambachten, magistrat, ministre, que cherche à s'élever. Ambitiosiis.
Saumaise croit avoir été fait du lat. am- Asibitieusemekt d'une manière am-
bactus. Tntieuse. Ambiliosè.
Ambassadrice, femme d'un ambassa- Ambitionner, aspirer à quelque cho-
deur. se rechercher avec ardeur.
AMBASSADE, mission, emploi d'un am- .AMBLE,' allure du cheval lorsqu'il
bassadeur. meut les jambes d'un côté avant de
AMBE, combinaison de deux numé- mouvoir celles'de l'autre côté. Du lat.
ros au jeu de la loterie; sortie de deux nu- ambulare., marcher, aller.
méros d'un billet. Du lat. ambo, fait du Amblamt, qui va l'amble.
gr. amphô, tous deux. AMBLER, aller l'amble.
Ambesas ou BESET, sortie de deux as AMBLEUR,officier des écuries du roi.
au jeu de trictrac. AMBULANCE,sorte d'hôpital militai-
ÂMBI, instrument de chirurgie pour re, composé de grands chariots qui sui-
réduire les luxations de l'humerus. Du vent les armées, et dans lesquels on
gr. ambê, éminence en forme de sour- transporte les blessés.
cil, parce que le lévier de cet instru- AMBULANT, ambulatoire qui n'est
ment est taillé en rond, comme un pas fixe, qui marche toujours.
sourcil, pour l'adapter à la cavité de Préambule, exorde, avant- propos..
l'aisselle. De pree, avant, et d'ambulo, je mar-
AMBIANT, fluide, air qui entoure', che; discours qui marche avant, qui est
qui environne, qui enveloppe. D'am- à la tète.
biens. AMBLYGONE, qui a un angle ob-
AMBIGU, qui a deux sens; dont le tus. Du gr. amblugânios, formé d'am-
sens est douteux. Du lat. ambiguus, fait blus, obtus, etdegânia, angle.
du gr. amphibolos, ambigu, équivoque; i AMBLYOPIE, affoiblissement et
composé d'amphi, de deux côtés, et de obscurcissement de la vue, sans aucun
ballô, jeter, lancer; 'repas où l'on sert .vice apparent; maladie à laquelle les
tout à la fois les viandes, la pâtisserie vieillards sont sujets. Du gr. ambluô-
et" les fruits. »
pia, fait d'«/n&tar,.émousse, et d'ôps,
Ambiguïté, défaut d'un discours équi- œil.
voque et susceptible de plusieurs signi- AMBON, jubé, tribune dans les égli-1-
fications louche d'une phrase. ses; l'ancien usage de l'église étoit d'y
Am-biguememt d'une manière ambi- lire l'épitre et l'évangile ainsi que d'y
guë et à double sens. faire le prêche. Du lat. ambo, fait du
Amphibole, le schorl opaque rhom- gr. ambôn hauteur, éminence; dérive'
boïdal, ainsi nommé à cause de l'analo- d'ambaiho pour anabainâ, je monte.
gie apparente de cette substance avec AMBON, hord cartilagineux qui envi-
d'autres.. Du gr. amphibolos. ronne la cavité des os.
Amphibologie vice du discours qui AMBRE, substance aromatique, odo-.
le rend ambigu et obscur, et dans le- rante et légère, que la mer jette sur les
quel une même expression peut être côtes; substance résineuse; parfum. Du
prise en deux sens opposés. D'amphi- lat. arnbarum en it. ambra, et en csp.
bolos ambigu dérivé d'amphi des ambar; ce dernier est arabe, et a été
deux côtés, de,bciII4,-j.eter, et de fait d'al ambar, ambre.
logos,
parole; discours Amrrer parfumer avec de l'ambre.
AME. AMI 'î5
Ambrette, la- graine musquée, ar- Unanimement, d'une commune voix,
brisseau petite fleur ainsi nomméc.de à l'unanimité des'suffrages.
l'odeur suave qu'elle exhale. Unanimité conformité des senti-
AMBROISIE, ambrosie, la nourri- mens, universalité des suffrages. Uha-
ture des dieux, qui rendoit immortels nimitas.
ceux qui en mangeoient. En lat. am- AMEN, ainsi soit-il, fin du discours.
brosia, du gr. ambrosia, dérivé d'a pri- De l'ar. amen, sécurité, salut, souhait
vatif et de broios, mortel. d'adieu des Orientaux.
Ambrosie plante annuelle d'une* AMENDE, peine pécuniaire. Emen-
odeur aromatique. da, fait du lat. menda, correction.
AMBROISE, nom propre d'homme. Amendable, sujet à l'amende; qui
Ambrosius en it. AmbrogiO. peut se corriger.
AMBROSiEN,sorte de plain-chant dont Amendement, correction, modifica-
saint Ambroise est l'inventeur. tion, amélioration, changement en
AME, ce'que l'on est convenu d'ap- mieux.
peler le principe de la vie chez tous.les Amender, émender, corriger, amé-
êtres vivants cœur, conscience, senti- liorer, changer, réformer. Emtndari.
ment; individu des deux sexes onoma- AMÉNITÉ, agrément dans la con-
topée qui a fait inventer bien des sys- versation et dans les manières, bonté,
tèmes. En lat. anima, en gr. anémos, douceur 'de caractère qui fait toujours
souffle, respiration. bien venir celui qui eu est pourvu. Du
lat. amœnipas.
ANIMER donner de la vie, du mou- amceni~âs.
vement, exciter, irriter. Animare. famille déplantes
AMENTACÉES,
dont les fleurs mâles sont disposées au-
1 Animal, être sensible et organisé; tour d'un axe ou filet particulier, ap-
stupide, grossier. Animal.
pelé chaton. Du lat. amenlum lien,
Animalcule, petit. animal qu'on ne courroie, attache.
peqtapercevoi,r qu'au moyen du micros-
AMER, ce qui a- de l'amertume;
cope. Animalculum. triste, douloureux, pénible; fiel des
Animation union de l'âme an corps. animaux. Du lat. amarus.
Animatio.
Amèrement, avec amertume, dou-
Animé, irrité, mis en colère. Ani- loureusement. Amarè.
matus.
Amertume, saveur amère; peine,
AnimoSité, haine active, ardente à affliction, déplaisir. Amaritudo.
nuire; colère dont on est animé. Ani- l'une des
mositas. AMERIQUE, cinq parties
du. monde, ainsi dite de ce quelle fut
AniMAnvERsiON improbation, cen- découverte par Ame'ric Vespuce.
sure verbale. Animadverûo.
Américain, qui est d'Amérique.
Inanimé, privé de mouvement, de AMETHYSTE, pierre'précieuse de
vie, de sentiment qui n'a pas d'âme. couleur violette. Du gr. améilmslos,,-fait
Longanimité clémence, de Dieu qui d'a privatif 'et de métlvuâ je suis ivre;
tarde à punir; patience d'un souverain dérivé de méthu, vin.
contre les injures, qui vient de bonté et Les anciens prétendoient que cette
de grandeur d'âme. Longanimitas pierre, portée en anneau ou taillée en
Loncanime, doué de longanimité. coupe, avoit la vcrtu.de préserver de
MAGNANIME,qui a l'âme grande, éle- l'ivresse. Ils racontoient aussi qu'une
vée. Magnanimus. jeune beauté fuyant les poursuites de
Magnanimité, élévation, grandeur Bacchus, fut changée en cette sorte dn
d'âme. Magnanimilas. pierre précieuse, et pour cela f ut nom-
Magnanimement, avec magnanimité. mée Améthyste. Peu content de cette
RANIMER, donner une nouvelle vie, métamorphose,» le dieu voulut, pour
une nouvelle âme, rendre le courage, marque de son amour qu'elle fut teinte
la vigueur. de sa couleur, et qu'elle eût la vertu de
Unanime élection consentement garantir de l'ivresse."
qui réunit tous les suffrages; qui résulte AMIANTE, substance ou matière
de ledr unanimité. Unaninzus. minérale, pierreuse, fibreuse, Glamcii-
a6 AMM AMP
teuse, souple, élastiqne et incombus- sable et moncheté de taches noires, et
tible. Du gr. amianlos, incorruptible, dont la piqûre est mortelle; petit pois-,
inaltérable; formé d'a privatif et de son osseux qui se cache sous le sable de
miainâ, corrompre, parce que l'amiante la mer et des rivières. D'ammos, sable,
résiste au feu, et en sort plus blanc.. et de dutês, plongeur; fait de dunô,
AmiantoÏde substance semblable à plonger, revêtir.
l'amiante. D'amiantos et d'eidos, forme, Ammoniac ammoniaque, sel neu-
ressemblance. tre formé par la combinaison de l'acide
AMICT, amit, linge qui couvre la marin avec l'alkali volatil jusqu'au point
tète et les épaules du prêtre catholique de saturation; combinaison d'hydrogène
qui va célébrer le,sacrifice de la messe. et d'azote que l'on extrait du sel ammo-
Du lat. amictus, fait d'amicire, couvrir. niac. Du gr. ammos, sable, parce que
A -MI -LA, diapason ou note qui l'ammoniaque se trouvoit près du tem-'
donne le la ou le ton à tous les instru- ple de Jupiter-Ammon ou parce que,
mens d'un orchestre; branches d'acier depuis un temps immémorial, on pré-
qui, étant frappées et mises en vibra- pare ce sel en Lybie avec le sable impré--
tion, en rendent le son. On se servoit gué d'urine et de fiente de chameau.
anciennement d'une espèce de sifflet à AMNION, amnios, membrane déliée
pompe. Ce mot vient.de l'ancienne ma- qui enveloppe immédiatement tout le
nière de désigner les notes par les lettres. fœtus dans la matrice. Du gr. amnion
AMIRAL, commandant d'une armée dérivé de huma einai, être ensemble, 3
navale; général de nier, commandant en parce que le fœtus est tout ramassé dans
chef une escadre; vaisseau qu'il monte. cette membrane.
Du gr. arriéras, fait de l'ar. émyr, chef, Amkiomamcie divination au moyen
dér. d'amar, commander. de la coiffe ou membrane que quelques
Amirauté siège de la juridiction du enfans apportent sur la tête en naissant.
grand amiral charge d'amiral. D'amnion et demantéia, divination.
Emirj ~phur;émyr, titredenoblessedes AMNISTIE, loi d'oubli et de clé-,
descendants de Mohammed ou 'Maho- mence, pardon général déclaration par
met prince de certaines tribus arabes. laquelle un souverain met en oubli le
AMMAN, officier public, chef, juge, passé al' égard de ceux dont il a eu lieu de
magistrat chez les Suisses. De l'all. amt- se plaindre. Du lat. amnistia, dérivé du
man, formé iSamt chef, et de man, gr. amnistia, oubli; dérivé d'a privatif
homme. 4 et de mnaomai, faire mention.
AMMI plante annuelle des pays mé- AMODIEE, admodier, affermer une
ridionaux, de la famille des ombellifè- terre d'abord en grains, puis en argent.
res, originaire du Levant; sa graine, très- De la bass. lat. admodiare, fait de mo-.
aromatique est au nombre des quatre dius, boisseau, parce que lé propriétaire
semences chaudes, et entre dans la com- et le fermier partageoient les récoltes:
position de la thériaque. Du grec ammi. par parties égales.
AMMON surnom de Jupiter, repré-r Amodiateur, qui prend une terre à
sente avec deux cornes de bélier. Dérivé ferme.
du gr. ammos, sable, parce que le tem- Amodiation bail à ferme d'une terre.
ple de Jupiter-Ammon étoit bâti dans AMOME, fruit d'un arbre odorifé-.
les sables de la Lybie. Coquille en rant à fleur blanche qui croit aux Indes.
spirale, fossile. Du gr. amumon.
Ammite, ammonite pierre composée Amomon, arbuste qui porte des petits.
de petits grains semblables à du sable. fruits rouges.
Du grec ammos. AMPELITE, terre noire et bitumi-
Ajijwochryse, l'or de chat on mica neuse qui se dissout dans l'huile; sorte
brillant jaune, qui, étant pulvérisé, de- d'argile mêlée de terre siliceuse, dé' pé-
vient cette poudre d'or que l'on met sur trole et de pyrite, qui est un excellent
l'écriture pour absorber l'encre. D'am- engrais pourles vignes. Onl'appelleaussi
mos, sable, et de chrusos, or. crayon des charpentiers et terre à vigne.
Ammodyte, serpent venimeux scm- Du gr. ampelilisgé fait d'ampelos, vi-
J
blable à la vipère, qui est couleur de gne, et de gé, terre.
AMP AMP 27
AMPHIBLESTRÔIDE, la tunlquo AMPLEXICAULE,qui embrasse la tige.
ou rétine de l'œil, molle, blanche et Tfamplexari, embrasser.
glaireuse, qui, jetée dans l'eau, ressem- Ampliatif, qui augmente, qui étend,
ble à un filet. Du grec amphibies thron ajoute.
filet de pêcheur, et âHeidos,, forme, res- Ampliation, double d'un acte, d'une
semblance. lettre. Ampliatio.
AMPHICTYONS, députés des villes AMPLIER, augmenter, différer, retar-
et des peuples de la Grèce, qui repré- der. Ampliare.
sentoicnt la nation se réunissoient Amplificateur qui amplifie qui
et qui
dans des temples qu elles avoient en exagère les choses. Ampli ficalor.
commun. Amplification, extension, exagéra-
Amphictyonie, assemble'edes amphic- tion, développement d'un discours. Am-
tyons. plificalio.
Amphictyonides villes qui avoient Amplifier exagérer, étendre un dis-
le droit de nommer des amphictyons. cours. Amplificare.
VAmphictyon fils deDeucalion, roi Amplissime, très-ample; titre d'hon-
d'Athènes, qui le premier avoit établi neur donné au recteur de l'ancienne uni-.
ces assemblées ou d' amplvykluôn, venuti versité de. Paris:
iïamphiktiân, habitant autour;. com- AMPLITUDE, arc de l'horizon com-
posé d'amphi, autour, et de ktizâ, éta- pris entre les points du lever et du cou-
blir, loger. cher d'un astre; courbe que décrit la
bombe en tombant. AmplituJo.
AMPHIMACRE pied de vers grec et
latin composé d'une brève entre deux AMPOULE,fiole sainte que l'on a dit
longues. Du gr. amphimakros, faitd'a/n- être descendue exprès du ciel pour le
phi, des deux côtés, et de makros; long i baptême de Clovis, et dont l'invention
pied long à ses deux extrémités.. peut remonterau règne de Pépin. Hinc-
AMPHIPOLES, archontes ou ma- mar, archevêque de Itheims, qui vivoit
gistrats de Syracuse, établis par Timo- au ix' siècle, est le premier qui en ait
léon après l'expulsion de Denys le ty- fait mention; tumeur, élevure sur la
ran. Du gr. amphipolos qui sert, qui peau, bouffissure. Du lat. ampnlla.. e
administre. Ampoulé, enfle, bouffi en parlant t'
du style.
AMPHISBÈNE, double marcheur,
nom d'un serpent qui peut marcher en Ampoulette horloge à sable che-
avant et en arrière. ville sur la lumière d'une bombe.
Wamphis, des deux AMPUTER, couper, tailler, retran-
côtés, et l/aino, je marche. cher un membre opérer sur le corps
AMPHISCIENS habitons delà zone humain. Du lat. amputare, fait de pu-
torride don t Tombre tombe tantôt vers
le sud, tantôt vers le nord. Du gr. am- tare, dérivé du gr. peuthomai cher-
cher, demander, s'enquérir, appren-
phi, des deux côtés, et de skia, ombre. dre, s'assurer.
AMPHORE, vase antique, à deux Amputation action d'amputer. Am-
anses; sorte de mesure ancienne pour puuitio.
les liquides. W amphara fait du gr. am-
Comput, supputation des temps pour
phiphoreus, formé dlamphi,d'ùn côte et l'église. Du lat. cornputum.
de l'autre et àuphérâ, je porte. L'am- Comptjtiste qui travaille au com-
phore attique contenoit douze congés, receveur des droits du sacré col-
et l'amphore romaine n'eu contenoit ut
ége.
que-huit.. COMPTER,supputer, calculer, asscm-<
AMPLE, long, large, vaste, étendu, bler des nombres; apurer des comptes;
considérable. Du lat. amplius. penser, affirmer, présumer. Conipiilare,
AMPLEMENT d'une manière très- Comptable tenu de rendre compte.
ample beaucoup, considérablement. Compulabilis.
Aniplè. Comptabilité obligation de rendre
uR*,largeur tl'une
Ampleur-, d'une étoffe; éten-
éteh- compté avec responsabilité.
due d'étoffe
éE dans les vêtements, les meu- Comptait, argent donné aussitôt
bles, etc. Ampliuuh. l'achat.t'.
.28. AMP. ANN
Compte, balance de dépense et de Putatif celui qui passe pour être le
recette, du passif et/de l'actif; calcul, père d'un enfant.
nombre; profit; ce qui revient ou doit Putativement d'une manière pu-i
revenir. Computatio. tative.
Compté céfrui est nombre, calculé. RÉFUTER détruire, combattre des.
Compteur, détente.d'horloge. Corn-, objections par le raisonnement. Mefu-.
putator. tare.
Compteuse,femme qui arrange les Réfutation réponse à des objec-
mains de. papier blanc. tions. Hefutatio.
Comptojr table de marchand pour Supputer calculer, nombrer, comp-.
recevoir et serrer l'argent; factorerie, ter. Supputare.
établissement de commerce en pays SUPPUTATION,compte calcul. Sup-
étranger. putatio,
A-compte, petite somme donnée pour AMULETTE, prétendu préservatif
une plus forte que l'on doit. qu'on porte sur soi pour se garantir des
DÉCOMPTER,rabattre d'une somme; sortilèges, maléfices, sorts, maladies,
rabattre de sa bonne opinion. conjurations, et autres accidents fâ-
Décompte retenue sur un compte cheux. Du lat. amulelum.
erreur dans une affaire. AN, ANNÉE, révolution du soleil
Escompte remise pour un paiement; i et de la lune pendant douze mois ou
avance du montant d'un billet,
moyen- 365 jours. Du lat. anniis.
• nànt certaine retenue. ABANNATION, 'exil d'un an.
ESCOMPTER,faire l'escompte. ANNAL, qui dure un an. Annuus.
Escompteur homme riche qui es- ANNALES, histoire des peuples par
compte les effets de commerce moyen- années. Annales.
nant des intérêts.
ANNALISTE qui écrit des annales.
Mécompte erreur de calcul dans un ANNATES, droit du pape sur les bé-
compte. De mala computatio mauvais néfices dont il touche le revenu d'une-
compte. année à chaque mutation.
Mécompter (se) j se tromper dans un
A,NNION, délai d'une année.
compte; faire de fausses supputations. ANNIVERSAIRE,cérémonie qui a lieu-
RECOMPTER,compter de nouveau. le même jour chaque année. Anniver-
DÉPUTÉ, détaché d'un corps 'pour sarius.
remplir une mission envoyé d'un corps Annuaire calendrier qui paroît tous
constitué vers. les ans. Annuarius.
Députer envoyer une députation Annuel, qui dure un an qui revient
envoyer comme député. tous les ans.
Députatiqn envoi de plusieurs dé- Annuellement, par chaque année
putés vers. tous les ans.
DISPUTE, différence d'opinion com- Annuité, rente annuelle; profit an-
bat d'esprit contestation querelle. nuel sur des opérations de fmance.
Pisputatio. ANNEAU,cercle d'une manière quel-
Disputable susceptible de dispute. conque, bague, tout ce qui est ropd en
Djsputailler, disputer souvent et forme de bague boucle de cheveux.
sur des riens. Annulus.
DISPUTER, différer d'opinion, con- ANNULAIRE, en anneau éclipse en-
tester, discuter, combattre pour con- tourée d'un ànueau lumineux; -qua-
server. trième doigt de la main parce qu'on y
Disputedr, qui aime à disputer et à met l'anneau nuptial. Annularis.
provoquer les disputes. Annelé, serpent à anneaux.
IMPUTER, attribuer- mie. chose digne ANNELER, boucler les cheveux en aii-i
de blâme, destiner à. linputare. neaux.
Imputation compensation -d'une ANNELET, petit anneau.

somme sur une autre; accusation sans Annelure,. frisure par anneaux.
preuve. Impulalio. Anus, bout du rectum. Anus..
ANA ANA i&
'Antan, Je l'an précédent, de Fan na, de rechef, et. de lambanô, prendre.
intérieur. ANALEPTIQUE,restaurant, qui forti-
Antenois, agneau, veau d'un an ré- fie propre à rétablir les forces abattues.
volu. 1 ANALYSE, résolution, décompo-
BISANNUEL,biennal, qui dure deux sition, réduction d'un corps dans tous
ans. ses principes élémentaires; résumé des
Sur-annation, lettres de chancellerie éléments d'un écrit, de la composition
pour rajeunir des titres surannés. d'un tableau art de résoudre les pro-
Suranné, qui n'est plus valide; blèmes par le moyen de l'algèbre ac-
vieux, hors d'usage. tion de décomposer les corps. Méthode
Sûranner, avoir plus d'un an de pour acquérir des connaissances et op-
date; avoir passé l'année au-delà de la- posée à la synthèse. Du gr. analusis
'quelle l'effet cesse. dissolution', résolution fait d'ana, de-
TRISANNUEL,triennal, qui dure trois rechef, et de luô dissoudre.
ans. Analyser, faire l'analyse d'une chose.
ANA, recueil de pensées, traits d'es- ANALYSTE,versé dans l'analyse ma-
prit, bons mots d'un homme célèbre. thématique.
De la finale latine ana que l'on ajoute Analytique qui vient de l'analyse.
au nom. Analytiquement, avec analyse.
ANACHORÈTE, personnage dévot ANANAS, plante basse de l'Inde;
qui, retiré dans la solitude, a consa- originaire du Pérou; son fruit en pom-
cré ses jours à Dieu. Anachoreta, fait me de pin. De l'ind. ananas,- les natu-
du gr. anachâreu je me relire; com- ralistes lui ont donné le nom de dro-
posé iVana, en arrière, et de choreâ, mêlia.
je vais. ANAPESTE, pied de vers gr. et lat.
ANACRÉON célèbre poète grec composé de deux brèves et d une lon-
érotique. gue, ou d'un dactyle renversé. Du gr.
Anacréontique, poésies composées anapaistos, dérivé d'anapaiô frapper à
dans le goût et le style d'Anacréon. contre-temps, parce qu'en dansant, lors-
ANACTES, nom donné à Castor et qu'on chantoit des vers anapestes, on
Pollux, puis aux rois grecs. Du gr. frappoit la terre d'une manière contraire
Anax roi, seigneur. à celle dont on battoit la mesure pour
ANACTES,titre d'honneuraffecté aux des pbésies où dominoit le dactyle.,
fils et aux frères des rois de Chypre, ,AN APESTIQUE, vers où domine l'ana-
parce qu'ils gouvernoient l'état, comme peste.
nos maires du palais sous les rois fai- ANAPHORE, répétition de mots à la,
néants. tête de divers membres d'une période.
ANADYOMÈNE surnom de Vé- Du gr. anapherô, fait d'ana, dereèhef,
nus, formée de l'écume de la mer, et et de phdro, je porte.
sortant des eaux. Du gr. anaâitomdnê ANASTASE, élévation, transport
fait d' anaduomai sortir de la mer. des humeurs d'une partie sur une autre..
ANA GALLIS, le mouron, sorte de Du gr. anastasis, fait d' anistémi, élever.
plante dont il y a plusieurs espèces. En ANASTOMOSE, union, jonction, re-
lat. et en gr. anagallis. bouchement des veines, des artères; em.
ANALEME analemmc projection branchement d'un arbre, d'une plante.
orthographique de tous les cercles de Du gr. anastomôsis, fait d' anaslômoôs
la sphère sur la colure des solstices ou ouvrir, déboucher: formé d'ana, pur,
sur une surface plane. Du grec analém- et de stoma, bouche; union de deux
riia, hauteur; fait du verbe analam- bouches.
banô, prendre d'en liant, parce qu'il ANASTOMOSER (s') se joindre par
sert à trouver la hauteur du soleil à toute anastomose, en anatomie comme en bo-
heure par une opération graphique. tanique.
ANALEPSIE rétablissement des Anastomique, remèdes qui, endila»
forces 'après une maladie. Du grec ana- tant l'orifice des vaisseaux, facilitent la
lepsis, fait du verbe analambanô re- circulation du sang.
couvrer ce qu'on à perdu dérivé d'a- ANATHÈME dévoué aux dieux m-
30 ANC AND
fernaux; excommunication do l'église > ANCRAGE,lieu propre n jeter l'ancre..
avec malédiction ou retranchement per- ANCRER,jeter 1 ancre s'établir avec
pétuel de la communion. Tf anathéma ténacité.
exécration; fait d' anatithémi, vouer, ANCRURE, petit pli qui se fait à Yé-
consacrer, suspendre; dérivé d'ana, loin toffé que l'on tond.
de soi, et de tliithémi, je place. Les an- Ancylomèle, sonde recourbée. Tfag-
cicns employoient le mot anathême en kublos, et de mêlé; sonde.
parlant des objets consacrés aux dieux ANCYLOTOME, bistouri recourbé pour
c'est-à-dire, suspendus à leurs autels couper le ligament de la langue. D'agJ
comme des ex-voto. kulos, et de temno, je coupe.
As athématiser, frapper d'anathême; Ancyroïde, l'apophyse coracoïcle de
lancer un anathème. l'omoplate. T)'agkura, ancre, crochet
ANATOCISME, conversion de l'in- et d'eidos, forme, ressemblance.
térêt des intérêts en capital. Du gr. ana- Désancrer lever l'ancre.
tokisinos, fait d'ana, répétition, et de ANDABATE, gladiateur qui' com^
tokos, usure; renouvellement d'usure. battoit les yeux bandés. Andabata.
ANCELLE, servante en général. Du ANDAIN, la ligne que le faucheur a
lat. anc'dla.
concerne les servi- parcourue, et le foin qui est renfermé
ANCILLAIRE,qui dans cette ligne. D'slndena andamert)
teurs opération chimique, laquelle dis- formés de l'it. andare dérivé
à à la'combinaison. aller
pose l'analyse, tïambulare.
Ahcillariole, amoureux des servan-
ANDANTE adverbe italien qui si-
tes.
avec modération morceau de mu-
ANCHE, embouchure de quèlques gnifie
instrumen ts à vent; petit tuyau plat dans sique composé sur ce mouvement.
lequel on souffle et on introduit le vent ANDOUILLE, boyau de cochon
dans le hautbois, le basson, etc. Ono- farci d'autres boyaux ou de la chair du
même animaL D edulium, edtdio,chos?,
matopée de l'air étouffé dansl' étroit ca-
nal de l'anche et séparé de l'instrument bonne à manger, ou selon Ménage d'in-
auquel elle appartient, qui imite très- vêtemen dusiola, diminutif (F indusia, indusium,
bien le gémissement aigu et forcé d'un t sur la peau, à cause de la robe
homme qui suffoque. de l'andouille.
L'étymologie de Ménage ne mérite corne Andouiller, petite excroissance de
pas la peine d'être rapportée. M. Morin dite qui vient au bois du cerf; ainsi
dérivele mot anche du verbe a'gchâ, qui par analogie.
se prononce anchô et qui signiGe ser- ANDOUILLETTE, petite andouille.
rer la gorge. Il ajoute que ce mot ex- SUR-ANDOUILLER, andouiller plus
au-dessus des cors.
prime parfaitement le mouvement que grand 'que les autres,
fait faire à son gosier celui qui, tenant ANDROGYNE homme femme i
l'anche serrée entre ses lèvres, veut la qui est des deux sexes; hermaphrodite
faire sonner. fleurs qui réunissent à la fois les deux
ANCHOIS, petit poisson de mer. sexes. D'andi-os, génit. d'aller, homme,
De l'it. ancltioa, que Ménage tire du et de gunê femme.
lat. apua, dérivé du gr. aphué; en esp. Akdroïde, automate à figurehumainCj
anclioua. D'autres le font venir du lat. qu'on fait mouvoir au moyen de res-
encrasicholus. sorts. D'andros, aliïeidos forme, res-
ANCONE, muscle du coude. D'an- semblance.
coneus, fait du gr. agkôn, le coude. Akdromanie, amour insensé pour les
Akcoxés, nom des quatre muscles hommes. Vandros, et de mania, fureur,
attachés à l'olécrane. passion. 1
ANCRE, instrument de fer à deux nom
A jfDROMAQUE, propre de femme
branebes ou à double crochet qu'on jette qui signifie homme combattant. D'û/h
au fond de l'eau pour arrêter les vais- dros, et de maké, combat.
seaux. Du lat. anchora fait du gr. ag- Andromède, constellation de trois
kura, ancre, crochet, dérivé tfaglsu- étoiles de la seconde grandeur en ligne
los, courbé, crochu. droite. Nandros, et de médos, soin.
ÀNÊ .ANG 3i
À noroît l'appartement des hommes parce que ,• ,dit Pline, elle ne s'épanouit
chez les Grecs. qùe lorsque le vent souffle, ou parce que
ANDROSACE,androselle, genre de li- le vent l'a bientôt abattue.
seron, plante employée contre l'hydro- Anémoscope, instrument qui fait con-
pisie et la rétention d'urine. Tftmdros noitre la direction du vent. D'anémos
et d'âkos, remède, à cause de ses pro-, et de scopéô, j'explore.
priétés ou de sakos, bouclier, parce que ANÉVRISME, tumeur molle et san-
ses feuilles en ont la forme. guine, contre nature j causée par là di-
Androtomie^ dissection du corps hu- latation ou par la rupture d'une artère;
main en particulier. Tomie. Du gr. aneurusma, dérivé d'ana, à tra-
Vor.
ANE, aze quadrupède de race pri- vers et d'eurund, je dilate; fait d'eu-
mitive, à longues oreilles, plus petit que rus, grand large.
le cheval homme stupide, ignorant. Anévrismal, quitientdel'anévrisme.
Du latin asinus, fait du gr. onps, qui a ANGE, être que l'on croit à là fois
la même signification. spirituel èt temporel; créature intellec-
Anesse, femelle de l'âne. tuelle de la hiérarchie céleste; messager,
Anée, charge d'un âne; mesure do envoyé de Dieu; qui est d'une piété exem-
vin qui fait la charge d'un âne.. plaire, qui possède toutes les-vertus,
Anerie grande ignorance dé ce.qu'il toutes les bonnes qualités. Dulat. ange-
-fautsavoir; erreur grossière produite.par lusj fait du gr. aggélos, envoyé, mes-
cette ignorance. sager, dérivé iïaggellô, j'annonce une
Amer qui conduit de,s ânes. Asina- nouvelle.
TÎUS. Angélique j qui tient de la nature de
Anon petit de l'âne enfant qui ne l'ange, qui a toute la perfection en par-
sait rien. Asellus. tage. Angelicus.
Annoner, mettre bas en parlant d'une Angélique, plante odorante de la fa-
anesse. mille des ombellifëres; ainsi dite de ses
ANNONER, parler, lire en hésitant. bonnes qualités.
L'Académie dérive ce verbe d'dnon; Mé- Angéliquement d'une manière an-
nagé, avec plus de raison, le regarda gélique.
comme une onomatopée. En- effet, les ANGELOT, ancienne monnoie d'or et
personnes qui annonent disent souvent d'argent sous Philippe de Valois sur
an, on, an. laquelle étoit figuré un ange; fromage de
ANNONEMENT,action d'annoner. Normandie sur.lequel étoit empreinte
ASINE (bête), âne ou ânesse. la figure d'un ange.
ONAGRE, âne sauvage, animal d'Afri- ANGELUS, prière des catholiques qui
"queet d'Asie, très-léger à la course. Ona- se dit trois fois par jour, le matin, à midi,
gros,finldlonos,ane,ct<Fagrios, sauvage; le soir, en mémoire de la salutation an-
Onagre, l'herbe aux ânes^ plante dont gélique,etquicommenceparcemot.EUe
ces animaux sont très-friands; machine fut ordonnée par le farouche Louis XI.
de guerre propre à lancer des pierres. ARCHANGE; ange d'un ordre supé-
Végèce en a donné la description. Selon rieur. Du gr. archaggeïos fait d'arche!,
cet auteur la machine auroit pris son nom primauté, puissance, et d' 'aggélos, ange.
de ce que les ânes, étant poursuivis par Arckangélique, plantealaqueileon
les chasseurs, leur lancent des pierres attribue des vertus, extraordinaires et
en courant. qui, malgré cet apanage, n'empêche
ANÉMOGRAPH1E la science ou lai point le malade d'aller de vie à trépas.
description des vents. tfanémos, vent, Évangile, bonne nouvelle; doctrine
et de graphe, je décris. du Christ; livre contenant la vie et la loi
ANÉMOMÈTRE,instrument pour me- du Christ qui a apporté aux hommes
surer la vitesse du vent sa force et sa di. l'heureuse nouvelle de leur réconcilia-
rection. D'anemos, et de metron, mesure, tion avec Dieu. Du latin evangelium
ANÉMONE, plante de la famille des re-fait du gr. euaggélion, formé d'eu, bien;
honculacés dont les fleurs sont remar- et Xaggellâ, j annonce.
quables par la beauté et la variété dcis Evangélique', selon I'éraogile qui
couleurs. Vfanimôné, fleur de vent. est de l'évangile.
3a ÀNG ANN
Évangeliqbement, d'une manière Angoisse sorte de poire d'un gÔiît
évangélique. âpre, dite aussi poire d'étranguillon ¡
Evangéliser, prêcher, annoncer l'c-, ellea été ainsi nommée du village d' An-
varçgilc. goisse, dans le Limousin.
EVANGÉLISTE,l'un des écrivains qui ANGOISSE(poire d',), sorte de baillon
a rédigé les évangiles. que les vbleurs' mettent dans la bouche
Evangéliaire livre d'évangiles. des gens qu'ils veulent dévaliser, pour
ANGINE, l'esquinancie, maladie in- les empêcher de crier. Gaucher, capi-
flammatoire. Du lat. angina, fait d'an- taine
espagnol au temps de la ligue, en
gere, serrer, suffoquer; dérivé du gr. fut l'inventeur, au rapport deDaubigné
agcliéin, dans son histoire.
ANGIOGBAPHIE, description des Anctjstie, rétrécissement des -vais-
veines ou vaisseaux du corps. D'an- seaux, des veines.
TS anguslia, resserre-
geion, vaisseau, vase, veine; et de gra- ment, embarras.
phô, je décris. Angustiè, chemin étroit, resserré.
ANGIOLOGIE,traité des veines. D'«g- Angusticlave, bandeélroite depour-
gtiori et de logos, discours. pre sur les vètemens des anciens tu-
Angiospermie, classe de plantes dont nique des chevaliers romains, attachée
les semences sont renfermées dans une sur la
poitrine avec une fibule à large
capsule en membrane. Vaggeion et de tête. Tfangustia, petite bande, et de
sperma graine, semence. clavus clou, attache.
Angiotomie, dissection des veines. ANGON, sorte de demi-piqu e, en usa-
Xfaggeion et de temnâ, je coupe. ge chez les Francs. De la basse lat. angd,
ANGLE, espace renfermé entre deux quel'on dérive duTheuton Dagg, tagg,
lignes qui se coupent et se joignent; le pointe.
point de leur réunion. Du lat. angulus, ANGUILLE, poisson de mer et d'eau
fait du gr. agkulos, crochu, courbé. douce, à corps long, arrondi et delié.
Anglet, petite cavité creusée en angle Du lat. anguilla,ta gr. egcliélis, egehe-
droit, comme celles qui séparent les bos- lus, que quelques-uns dérivent d'nn-
sages, les pierres de refends. Angulus. fids, serpent, à cause de la ressem-
Ancletjx, se dit des noix qu'on dé-" blance de
l'anguille avec le serpent.
tache avec peine de leurs coquilles, à Angdillade, coup de peau d'an-
cause qu'elles sont engagées dans cer- guille.
tains petits angles. ANIS, plante de la famille des om-
Angulaire qui forme un angle. An- bellifères, dont la graine a un goût aro-
gularis. matique, très-agréable et dont on fait
Angelairement, avec des angles. dés dragées. Du lat. anisum, anicetum,
Akgulé, qui a des angles. fait du gr. anison, dérivé d'a privatif,
A.nculeux, dont la surface a plusieurs et d'isos, égal, d'où anisos, inégal, à
angles. cause de l'inégalité de ses feuilles.
ANGLOIS, d'Angleterre; né en An- Aniser, mettre de l'anis'dans quel»
gleterre qui en vient. Du lat. an glus. que chose pour lui donner du goût.
Anglican, qui professe la religion des Anisé, qui a'ie goût d'anis.
Anglois. ANISETTE, liqueur d'anis.
Anglicisme locution augloise.. N Anisotome, calice de fleurs~dont les
Anglomanie, affectation à imiter les divisions alternes sont plus petites. Du
Anglois. D'anglus et de mania, fureur. gr. anisos, inégal, et de lemnô, couper.
Anglomane, admirateur outré des < ANKYLOSE" privation du mouve-
Anglois et de leurs usages. ment des articulations. Du gr. agkulos,
ANGOISSE, douleur amère, cha- courbé, parce qu'il désigne d'abord un
grin cuisant, grande affliction d'esprit. membre courbé à son articulation.
De l'it. angoscia, fait d'ançustïa, ou ANNEXER, joindre, attacher, unir.
plutôt CCangor, dérivé du gr. angareuû. Vadncctere.
Nos pères avoient le verbe
anger, em- ANNEXE,bien uni à un autre, dépen-
barrasser, incommoder, mettre en ar- dant d'un autre; église qui dépend d une
goisses. cure.
ANT AOR 33
Annexion union, jointure. mique du corps humain; attribution à
ANNIHILER, anéantir, annuler, ré- Dieu des actions, des formes, des affec-
voquer, casser, réduire à rien.I)'«cf,et 1t tions humaines. D 'anChrâpos homme;
de nih'd; rien. et de logos, discours.
Annihilation, action d'annihiler. Anthropojiétrie mesures propor-
ANODIN, pour anodyn, remède tionnelles des membres du corps \m-~
adoucissant, purgation qui opère dou- main.
cément. Du fat. a/iocZ/vtuf, faitdVipriv., Anthropomorphe se dit des ani-
et du gr. odunê, douleur; sans douleur. maux qui ressemblent en quelques par-
Anodvnie, absence du sentiment et tics à l'homme. Tf anlhrôpos et de
de la douleur. niorphê, forme.
ANOMALIE, irrégularité en géné- AnthropOmorphitesj sectaires qui
ral, soit dans la conjugaison des verbes, attribuoicnt une forme humaine à la di-
dans les maladies, les plantes, les batte- vinité.
ments du pouls; dis tance angulaire d'une Anthropomorphisme) doctrine des
planète à'son aphélie ou à son apogée. Du anthropomorphues.
gr. an6ma.Ua, irrégularité j fait d a pri- Anthropophage, mangeur de chair
vatif, et de hpmalos, égal, pareil, sem- hnrnaine. Tf anlhrôpos et àaphagô, je
blable d'autres le dérivent d'a, sans, et niange.
de nomos loi. Anthropophagie /usage· de manger
Anomal, qui de l'anomalie; irré- la chair humaine.
gulier, inégal, qui ne suit point la règle ANTI préposition grecque et latine
des autres.
qui en tre dans la composition d' un assez
ANOjiAMSTiQDE-(année), temps que grand nombre de mots françois. Du gr,
la terre met à revenir crun point de
anti- elle signifie contre, opposé, ad-
.son orbite au même point. TSariomalos. versaire, alternative,
faite en arc permutation, chan-
ANSE, courbure, partie gement en lat. antè, avant, auparavant,
ou demi-cercle, au moyen de laquelle
qui précède, opposé.
on prend les objets destinés à être trans-
ANTICIPER, prévenir, devancer,
portés. Du lat.ensa. faire une chose avant le temps consom-
Ansette, petite anse. mer d'avance. Anticipare, fait d'anti-
ANSÉRINE la :patte d'oie sorte de
dont la feuille a la capere, ou plutôt d'antè caput, tête eu
plante figure du pied avant, comme
d'une oie. Du lat. anser, oie. précipiter, de prœcàput.
ANTICIPATION., action d
ANTANACLASE, répétition d'un usurpation sur lés droits pu suranticiper les biens
même mot dans différentes acceptions.
d'autrui. A'nticipatio.
Du gr. antanaklasis, faitd: 'ami, contre, t
et dCanaklusis répercussion dérivé d'à-" ANTIMOINE demi-métal blanc,
lamelleux friable, souvent mêlé avec
naklaâ., frapper une seconde fois. des matières étrangères. En lat. antimo-
ANTENNE, longue vergue mobile
l'on dit venir de Var.at/unad,'
qui soutient les voiles. Du lat. anlenna. nium, queou du
ANTENNES, cornes mobiles et articu- illùnid gr. anti, contre, et mo-
lées des insectes.- Ànuntiœ. nos seul; qui né se trouve pas seul.
Anienniste, insecte pourvu d'anten- ANTÏPÉRISTASE,, action de deux
nes choses opposées, dont l'une augmente
ANTHOLOGIE, choix de fleurs; re- la force de l'autre. Du grec antipu'risla-
cueil de morceaux choisis, en vers, qui sis, formé d'anti, contre, et depériis-
sont comme autant de fleurs poétiques. lainaï, être autour, résister.
Du gr. anlhologia, fait d' antltos, lleur, ANTÏSPASE, révulsion, retour des
et légi, je cueille je ramasse. humeurs vers uneàutrcpartie du corps.
ANTHRAX, bubon très-enflammé formé d'anti, contre', et
TOantispaiis
accompagné d'une chaleur brûlante, pa- de spaô tirer, attirer.
reille à celle que causeroit un charbon Antisp astique, remède qui détourne
ardent appliqué sur la peau. Du gr. an- les humeurs, et opère par révulsion.-
thrax, charbon. ANTRE caverne profonde, obscure
ANTHROPOLOGIE', traite auato- et naturelle, qui présente à la vue et à
3
34 APH APO
l'idée quelque chose d'affreux. Du lat.t, APHRODISIAQUE,qui a la vertu d'ex-
anlrum, faitdu gr. antron. citer à l'amour, à l'action vénérienne.
ANXIÉTÉ, tourment, inquiétude, Aphrodisies fête en Vhonneur de
peine d'esprit avec embarras.D anxietas. Vénus aphrodite.
i AORTE artère, canal qui, sortant Anaphrodisie perte de l'appétit vé- ·
du ventricule gauche, du cœur, porte le nérien. D'a,privatif, et d'aphroditê.
sang dans toutes les parties du corps. Ai» Aphrodite, qui n'est pas propre à
Du gr. aortê, vaisseau, vase. la génération.
AOUT, sixième mois du calendrier Antiaphrodisiaque, anliaphrodili-
romain institué par Nuina, et huitième que, remède contre l'incontinence de
mois de l'année chrétienne moisson qui l'acte vénérien. D'ariti, contre, aphro-
se fait dans le mois d'août. Du lat. Âu- dité,Ténos.
guslus, du nom de l'empereur Auguste, APHTES, aplaties; petits ulcères qui
auquel il étoit consacré. viennent dans la bouche. Du grec aph-
Âouter, mûrir par la chaleur du thai, que l'on dérive Shaptô, j'enflam-
mois d'août. me, parce qu'ils y causent une grande
Aouteron ^moissonneur qui travaille chaleur.
à la récolte des blés au mois d'août. API sorte de petite pomme Hanche'
AucusTE, grand, digne de vénéra- et rouge. Du lat. apium. Pline fait men-
tion respectable. Augustus. tion de pommes appelées mala apiana;
Augustin, religieux de saint Augus- mais il paroît que ces fruits'étoient dif-
tin. Augustianus. 1 férents de nos pommes d'api.
Aucustiiïe religieuse de saint Au- Api, espèce d'ache ou de grand per-
gustin sorte de chaufferette. sil. Apium.
APATHIE, indolence affaissement, APOCALYPSE, livre du nouveauTes-
insensibilité de l'âme. Du gr. apathdia tament, contenant les révélations faites
dérivé d'a privatif, et de pathos, pas- à saint Jean l'évangéliste dans l'île de
sion trouble, émotion, affection; fait Patmos; chose pleine d'obscurité. Du gr:
de paschô, être ému troublé souffrir. apokalupsis, révélation du verbe apoka-
Apathique, indolent, insensible, luptô, révéler/découvrir; formé aapo,
qui ne s'affecte de rien. de, et de kaluptô, voiler, cacher, couvrir.
MtTRiopATiiiE, état d'une personne ApOCALYPTIQUE,qui est obscur com-
qui,. l'exemple des stoïciens, modère me le style de. l'Apocalypse.
ses passions et ses douleurs. Du gr. mé- APOCO, homme inepte et babillard.
trios, modéré et de pathos. Del'it. uomo da poco, homme de peu;
APEPSIE, impossibilité de pouvoir 'de rien..
digérer les'aliments. Du apépsis, fait APOCOPE, retranchement de lettres
d'à privatif, et de pepsis) digestion, à la fin d'un mot; sorte de fracture ou
coction. de coupure, dans laquelle une pièce de
APHORISME, sentence, proposi- l'os est séparée et enlevée. Du gr. apo-
tion qui renferme en peu de mo\s une liOpê, fait fïàpokoptô, couper, séparer,
maxime générale.' Du gr. aphoresmos, retrancher composé d'apo, hors, et de
séparation, définition; fait à'àphorizô', koptâ, je coupe.
séparer, définir; dér. d'oros, limite. Apocope qui a subi une apocope.
Aphoristique, qui tient de l'apho- APOCRISIAIRE*' agent, ambassa-
risme. deur des empereurs de Constantinople,
• APHRODITE, 'surnom de Vénus, qui portoit les messages etles réponses du
née de l'écume, de la mer. Du gr. aphro-. souverain; officier chargé de l'expédi-
dité, fait A'aphros écume. tion des édits; trésorier d un monastère.
Aphrodite l'hérissée ou la taupe de Du gr. apokiisiârios fait d' apokrisis
mer le plus beau des vers connus. réponse, qui vient du verbe apokrino-
Aphrodites, animaux qui se reprodui- mai, répondre.
sent sans copulation apparente, comme APOCRYPHE, écrits dont l'autorité
la plupart des vers et de quelques in- est suspecte ou douteuse; livre dont les
sectes, dont la reproduction se fait par saints Pères n'ont pas connu l'origine et
la seule section de leur corps. les auteurs livres qui étôient gardés se-
APÔ APT 35
icrctement, et qui étoient lus eri parti-" Apostolicité, conformité d'opihionâ
culier et non en public. Du gr. apohru- avec l'église, de mœurs avec les apôtres!
phos, secret, caché, inconnu; formé Apostolique', qui professe la doc-
d'apo hors, et de krùptâ, je cache. trine des apôtres qui vient des apôtres
APOLLON le dieu des vers et du ou du pape.
Parnasse. Apollo. Apostoliquement', d'une manière
Apollonies fêtes consacrées à Apol- apostoliqqe.
lon. APOZEME, décoction d'herbes mé-
APOPHTHEGME, pensée courte, dicinales. Du gr. apozèma, îsità!apozëô?
énergique, remarquable et instructive. bouillir; dér. àazéô, bouillonner.
Du gr. apophthegma, fait (Vavo, très- APPELER, dire le nom, citer en
bien, et de phtheggomai parler. justice, crierau secours, envoyer cher-
APOPLEXIE, maladie du cerveau., cher, mander, exciter. Du lat. appellare.
avec privation du mouvement et du sen- Appel, recours à un juge supérieur; «;
timent. Vf apdplexia, fait d'«^o,de, et de défij provocation action d appeler. Ap-
plessô, frapper, abattre, rendre stupide. pellatio.
ApOPLECTIQUE, qui a rapport, qui ap- 1 Appeau, instrument avec lequel on
partient à l'apoplexie, qui en a le ca- imite le chant ou le cri des oiseaux pour
ractère qui est menacé ou attaqué d'a- les faire tomber dans le piège.
poplexie. • Appelet sorte de ligne pour pécher.
APOSIOPESE, réticence, ellipse, AppELAi(T,qui appelle d'un'jugemen t.
'omission, prétérition. Du gr. aposiâ- 'Appellatif; nom commun a tout un
pésis, fait d'apo, de, et de siopaô, se genre, à toute une.cspèce. Appellations.
taire, passer sous silence. APPELLATION,action d'appeler et d'é-
APOSIS, diminution de la soif. D'a- peler.
posis, fait d'à privatif, et de posis, soif. EPELER, appeler les lettrés d'un mot
APOSITIE, anorexie, dégoût, aver- et les assembler.
sion pour les aliments. t)%aposilia fait Epellatiok action d'épeler.
tCaposMâ, s'abstenir de manger; dérivé Rappeler, appeler de nouveau, faire
'd'apô, loin, et de silos, blé, vivres. revenir, remettre le passe, faire souvenir!
APOSTASIE, désertion d'un ordre Rappel action de rappeler marche
religieux; abandon, changement de la de tambour pour appeler les soldats.
religion ou du partiqu'on hvoit embrassé; APPLAUDIR, battre des mains pour
action de s'éloigner du parti qu'on avoit approuver manifester, exprimer son
suivi, et d'embrasser un parti contraire. admiration sa joie. Du lat. plaudere.
Napostasia, fait <£ aphistamaï aban- ApPLAUDISSEMENT,action d'applau-
donner, se départird'un UeupOurse fixer dir grande approbation exprimée par
dans un autre, s'éloigner; formé CCapo des battements de mains, par acclama-
loin|J et aHhislamaï, se tenir ferme être tion. Plausus.
debout. Applaudisseur; qui applaudit beau-
ApOSTASIER,renoncer à sa religion, à coup.
son parti. APRE, "aspre rude au goût et au
Apostat, qui apostasie ou qui a apos- toucher violent, raboteux, piquant:
tasié. Du lat. asper.
Apostème, apostume, abcès, humeur APREMENT,d'une manière âpre. As-
fixée dans une partie du corps et hors perè.
de son lieu naturel. Tf aposthêma fait A prêté, qualité de tout ce qui est
à! aphisiamaï. âpre. Aspei-iiàs.
Apôstumer, se résoudre, se former ASPÉRITÉ, rudesse physique; ce qui
en apostème. est raboteux.
APOTRE aposlre, messager en- Aprêle herbe fort âpre du toucher;
voyé, ambassadeur; disciples du Christ, et qui sert à polir le bois.
envoyés pour prêcher, son évangile par APTE propre à. Du lat. aplus.
toute la terre. En lat. aposiolus, du gr. Aptitude, disposition naturelle, ca-
àposiolos, fait d'apostellô, j'envoie. pacité. Aptitudo.
Apostolat, ministère d'apôtre. ADAPTER, rendre apte, accommoder
3.
36 ARA ARB
au sujet ajuster une chose à-une autre. A raigne, filet mince et teint en brun
Adaptare. dont on se sert pour prendre des merles.
Adaptation, action d'adopter. Araigneux semblable à de la toile
Adepte, initié dans les mystères d'une d'araignée..
secte; reconnu apte pour une chose. Aranée, minéral d'argent, qui est en
Inepte qui n'a nulle aptitude à cer- fil très-fin commeles fils de l'araignée.
taines choses sot, absurde. Ineptus. ARANÉEUX,couvert d'araignées.
INEPTIE, absurdité, ignorance. Inep- Aranéides, insectes de la famille des
lia. aptères.
Attitude, pour aptitude; action, dis- Arantelles filandres aux pieds du
position et situation qu'on se donne ou cerf.'
q_u'ou donne aux figures qu'on repré- x ARBITRE, juge amiable composi-
sente. teur nommé à l'effet déterminer un dif-
Attifer, (s'), ou s'attinter, se coiffer, férend faculté de se déterminer maitre
se parer, s'arranger. Se aptum facere. absolu. Du lat. afbiter.
-Quelques étymologistes le fon^ venir du Arbitrage, jugement par arbitres;
gr. stdphéin, orner, couronner, environ- comparaison des changes. Arbilrium.
ner. Arbitraire absolu j dépendant de
"Attifet, parures de tête de femmes. la volonté, du choix, du caprice. Arbi-
'ARABIE grand pays d'Africlue.. En trarius.
lat. Arabia. Les naturels disent nrab. Arbitrairement d'une manière ar-
ARABE né en Arabie; avare, dur, bitraire, et sans aucun égard pour la loi*
farouche; usurier intraitable. Arabs. ARBITRAL,sentence d'arbitre.
Arabf.squ es rainceaux d'où sortent ARBiTRALEMENT, par arbitre. >.
des feuillages et des ornements de ca- Arbitrateur, espèce d'arbitre.
price ainsi dits parce que les Arabes Arbitratiôn, évaluation, estimation.
ont été les premiers qui aient mis en Arbitrer rempl ir les fonctions d'ar->
usage ces sortes d'ornements. bitre juger, décider en qualité d'ar-
ÀitABETTE,plante, genre de crucifères. bitre."
Arabique, d'Arabie, concernantl'A- SUR-ARBITRE, arbitre choisi pour dé-
rabie. Arabicus. cider quand les deux arbitres sont par-
Arabiser, donner un. air arabe. tagés..
Araeisme locution, arabe. · ARBRE,
¥
ab're, plante ligneuse ou
ARABLE, labourable qu'on peut boiseuse, ayant de grosses racines, une
labourer. Du lat. arabilis, fait du lat. tige plus ou moins haute; garnie de bran-
arare, aro dér. du gr. arod. chesplus ou moins fortes, laquelle pro-
ARATOIRE,qui appartient à l'agricul- duit des feuilles ou des fleurs et des
ture. Aratorius, fait d'aralor dér. du fruits. Du lat. arbor.
,>
gr. aroter. Arboré, qui a la forme d'un arbre.
Araire, sorte de nouvelle charrue. Arborer planter une chose haut et
Aratrifohme en forme de charrue. droit comme un arbre; montrer une opi-
Tfaratrum charrue, et déforma, forme, nion à découvert.
Arer chasser sur ses ancres, parlant Arborisation, dessin naturel d'arbres
d'un vaisseau, qui tra.îne I?ancre. Arare. dans les pierres.
ARAIGNÉE, insecte à huit pattes, Arborisée, pierre qui représente dés
dont il y a plusieurs espèces./Du lat. feuilles ou des branches d'arbre.
aranea fait du gr. dràchhé. I Ar-bretv arbrot petit arbre garni de
Arachnéolithe crabe, cancre, ou gluaux. D'arboretum.
^araignée de mer pétrifiée. D'arachné, et ARBRISSEAU,petit arbre. Plante du
de lilhos pierre. genre de l'arbre, moins élevée, à plu-
Arachnides, insectes du genre des sieurs tiges, et portant des bourgeons.
araignées. Arbuscula.
Arachnoïde qui ressemble à la toile ARBUSTE,petit arbrisseau plante de
d'araignée. Membrane fine mince et consistance ligneuse, sans bourgeons.
transparente. T)'arachnê, et deidos, res- Désarborer, abattre l'arbre qui porte
semblance. le pavillon. '
ARC ARC -37,
Arbousier; sorte d'arbuste, ou d'ar- dans les murs d'un endroit fortifié par
brisseaû qui porte l'arbouse. A'rbuUis. lesquelles les archers tiroient des flèches.
ARBOUSE,fruit de l'arbousier. Arbu ARCHIVES: ce mot désigna d'abord'
tum. D'dù le nom de la ville XArbois, un coffre danslequel on conservoit les pa-
en lat. Arborosa piers, ordonnances'et actes de nos rois,
ABRI, endroit où l'on se met à cou- qui s'en faisoient suivre dans leurs voya-
vert des intempéries du climat, et où ges, et même lorsqu'ils alloient à 1 ar-
'l'on est hors de tout danger. De l'ancien mée. Aujourd'hui on appelle archives,
françois abre, on a fait abri, ombrage, les anciens titres les vieilles Chartres,
lieu couvert d'arbres, qui protègent con- et le lieu où ils sont gardés dépôt d'ac-
tre l'ardeur du soleil et contre la pluie.- tes, de titres et de lois. Du lat. arca,
Voy. GLOSS. DE LA LANG.ROM., aux dont, on fit archivum, dans le moyen
.mots ABRI et ABRIER. âge, et non pas du gr. archaion.
ABRITER, abrier, protéger, mettre à. ARCHIVISTE,garde des archives.
l'abri, couvrir. Archivolte, bandeau orné de mou-
ARC, arme pour lancer des flèches lures à la tête des voussoirs d'une ar-
toute espèce de chose courbée en cein- cade il naît sur les importes. Du lat.
tre ou en demi-cercle. Du lat. arcus. arcus volutus, arc contourné.
ARC-BOUTANT,ou butant, pilier de ARBALÈTE, arbaleste arc d'acier,
voûte, terminé en demi-arc, pilier qui monté sur un fût, pour lancer des pierres
soutient, qui pousse" une voûte en de- et des traits. Formé d'arcus et de bqlis-*
hors. Arcus puisons. la, dér. du gr. ballô, je lance.
Arc-bouter, soutenir, appuyer* ARBALÉTRIER, soldat arméd'unearba-
Arc-doubl'eau arcade en saillie sur lète charpente, sur laquelle repose la
v le creux d'une voûte. couverture d'un bâtiment.
Arc-en-ciel, météore en forme d'arc, Arbalestrille, instrument à mesu-
à bandes de différentes couleurs. Arcus rer la hauteur des astres.
coelestis, pour arcus in cœlo.' Arbalétrière, poste où combattent
ARC DE TRIOMPHE,monument triom- les soldats dans une galère..
phal; percé en arcades. Arcus triom- Arçoh, petit archet; morceau de bois
phalis. courbé en arc, qui soutient la selle. De
Arcade, voûte ^ouverture en arc ou l'it. arcione, fait dù lat. arctio; en esp.
ceintrée. arzon..
Arceau, petit arc de voûte. Arculus. battre la laine ou le coton,
Arçohner,
ARCHE, voûte d'un pont; le vaisseau avec 1 arçon.
de Noé; coffre dont le couvercle est en Arçqwiveur, ouvrier qui se sert de
ccintre. Les Hébreux y tenoiènt enfer- l'arçon.
mées les tables de la loi les rois de Désarçonner, mettre hors des ar-
France, de la seconde et troisième race çons; quitter les arçons; confondre en
y plaçoient leur. chapelle, leur argent disputant.
et leurs papiers précieux. Arca. Argoulet, homme de néant; autre-
Archelet, petit arc. Arculus. fois arquebusier à cheval, ainsi nommé
ARCHER, tireur d'arc; soldat armé de ce qu'il étoit primitivement armé de
d'un arc; soldat de police; espèce de l'arc.
milice créée à Paris sous. Charles VII. ARQUER, courber en arc. Arcuare.
Arcuarius. ARQUEBUSE, ancienne arme à jet, dont
ARCHEROTj,petitarcher, surnom don- on a fait une arme à feu. On la fichoit sur
né au fils de Vénus. une canne et quelquefois sur un trou de
ARCHET, baguette montée de crin, poutre, pour l'empêcher de reculer par
servant à tirer des sons de plusieurs in- l'effort du coup. Lieu d'assemblée des
struments de musique a cordes. L'archet arquebusiers.
étoit encore très-courbé vers le milieu Arquebusade, coup d'arquebuse.
du xviii* siècle. Chassis en arc, au des- ARQUEBUSIER,soldat armé d'une ar-
sus d'un berceau d'enfant; arc d'acier quebuse; ouvrier qui fabrique et vend
pour tourner et percer. des arquebuses.
A.rçhiï;res ouvertures pratiquées Arquebuse, vient de l'it. ar.chibuso^.
38 “ ARC ARC
formé d'arco et de busio, pour 'bugio, auriclialcum laiton: Des étymologistes,
trou, c'est-à-dïrc arc percé. L'Arioste, prétendent qu'un nommé Richard Ar-
au chant ixe, strophes 28 et 29, du Ro- chal, ayant inventé la manière de tirer
'landlt Furieux, l'appelle ferro bugio; le fil de fer, lui donna son nom.
c'est en parlant du roi de ïVise, qui at- ARCHI, mot emprunté du gr. arche j
taqua le comte de Hollande il signifie primauté, puissance, préémi-
Portaalcun' arme, che t'anlicagente nence, commencemen t, principe beau-;
*od videmai,ne, fubrcli'alui la nova
Un ferrobugio lungoda due braccia: coup, très, -extrêmement.
Denlroa eni potveed una pallacaccia. Anarchie, état sans gouvernement,
Colfocodielro, ovela cannaè chiusa sans chef; désordre; confusion d'au to-
Toccaspiraglio,chesi vedeappeua: *• rités rivales. Du gr. anarchia, fait d'a
A guisacbu toccareil Medirousa,
Doveè Lisognod'allaccîarla rena. privatif, et d'arche, gouvernement.
Ondeviencunlai suonla poilaesclusa ANARCHIQUE,qui tient, qui vient de
Chesi puo dir che tuonae che balena l'anarchie.
Ne nieu che eogliail fulmine ovepassa
Ciè chetocca,arde abbane, apre, e fracassa. ANARCHISTE,partisan de l'anarchie.
ARCHIMANDRITE, abbé grec, su-
«, II porte des armes que l'antiquité
lie connut jamais, et que notre siècle périeur de certains monastères abbé ré-
>) n'a jamais vues en d'autres mains gulier. Du gr. arche, primauté, préé-
minence, puissance, et de mandra,
» un fer percé, long de deux brasses
» dans lequel il fait entrer de la poudre troupeau, étable, et par métaphore, mo-
nastère.
» et des balles. Mettant ensuite le feu à
» l'endroit où la canne est bouchée il Archimandritat, dignité, bénéfice
d'un' archimandrite.
»touche un soupirail qu'on voit à peine,
avec la même légèreté qu'un médecin ARCHITECTE, qui possède et exerce
l'art de bâtir qui dirige la construction
» fait une saignée. Cependant, la balle
des édifices. Du gr. archô, je commande,
ii part aussitôt; elle éclaire, elle tonne; et de tektân ouvrier; qui commande
et semblable à la foudre elle brûle,
aux ouvriers- et les dirige.
elle abat, elle déchire, ellefracasse. «
ARCHITECTURE, l'art de bâtir; ordon-,
ARCANE, opération mystérieuse des nance d'un édifice. D'architectura, fait
alchimistes remède secret. Du lat ar- d'architektoniké.
cemum ,'qui a la même signification. un des. neuf magis-
ARCHONTE,
Arcane, arcane'e, espèce de craie rouge trats • d'Athènes qui gouvernèrent la
ainsi dite de ce que l'on fi t pendant long- ville après la mort de Codrus sou der-
temps un secret de sa composition. nier roi. Du gr! archon, commandant; i
ARCHAÏSME, expression ancienne, dérive' d'arche, commandement.
tour imité des anciens locution suran- Archostat, dignité d'archonte.
née. Du gr. arçhaïos, ancien dér. d'ar- ARCTIQUE, le pôle septentrional on
ché, commencement, principe, et de du nord, très-rapproché de la constel-
là terminaison ismos qui _marque imi- lation de la petite ourse. Du gr. arklos,
tation. ours.
Archée, feu central, agent universel, Antarctique, pôle méridional op-
âme de tout, que les' anciens chimistes posé au pôle arctique. D'anti, contre,
régardoierit comme le principe de la vie et d'arklos', l'ourse.
dans tous les végétaux. Du gr. arche. ArCtophilax, la constellation du bou-
ARCHÉOLOGIE, science des monuments vier ou du gardien de l'ourse. D'arktos,
antiques. Archœologia composé d'ar- et de phulax gardien; dérivé de plut-,
chaïos, ancien, et de logos, discours; fait, lasso je garde.
de légô, je parle. v Arctopithèque l'aï ou grand pa-
Archéologue qui étudie ou décrit resseux, quadrupède mammifère de l'A-
les monuments de l'antiquité. w
mérique. D'arkton, ours, et de piihêkos,
Archéographie, description des mo- singe.
numents antiques. Arctodite, genre déplantes corymbi-
ARCHAL fil d'), fil de fer ou de fères à semences' très-velues et surmon-
laiton passé à la filière. Ménage le dér. tées d'une aigrette. D'arktos.
dejîln/n auriçhalcum pour fdum fil Arcturus, étoile fixe dans la constel-
ARE ARG 3g
lation du bouvier, près de la queue de la ARÊTE, barbe de l'épi du blé, d'orge.
grande ourse. Warktos,el(Foura, queue. Arestier, pièce de bois formant l'an-
ARDER, ardre, brûler; au figuré gle des toits en croupe ou en pavillon
piquer, aiguillonner. Du lat. ardere. ainsi dit dela ressemblance de cette pièce
Ardeur, chaleur véhémente; feu des' de charpente à une arête de poisson.
passions; empressement, activité, viva- Arestière enduit de plàtre sur un
cité. Ardor. toit couvert de tuile, aux endroits où
ARDEMMENT,avec ardeur. Ardenter. sont les arestiers.
ARDENT, qui brûle avec force, en- ARGEMONE le pavot épineux
flammé. Ardais. sorte de plante. Du gr. argémonê qui-
Ardent, vif, violent, véhément, plein vient d'arçemon ulcère blanc du globe
d'ardeur. de l'œil jdérivé d'argos, blanc, parce
Ardillon, pointe de métal d'une bou. que cette plante est très-bonne pour gué-
cle pour'fixer la courroie. rir ces sortes d'ulcères.
Ardier ardière, grosse corde autour -ARGENT; métal blanc inaltérable
de l'ensouple pour le tourner. au feu et le second des métaux toute
Ardu, sentier escarpé, inaccessible; $ sorte de monnoies, numéraire, biens,
question difficile a résoudre. fortune. Du lat. argentum, fait du gr.
ArduositÏS chose difficile à. conce-7 arguros dérivé Sargos, blanc.
voir. ARGENTÉ, couvert d'une feuille d'ar-
Ars, arsis, brûjié. D'arsus, partie. gent qui tire sur la couleur de l'argent.
d'ardere. ,,0 Argenleus.
Àrsin bois où le feu a pris par acci- Argenter, recouvrir de feuilles d'ar-
dent. gent.
ARDOISE, pierre tendre, de couleur Argenterie, vaisselle, meubles d'or-
bleu foncé, qui se coupe par feuilles, et nement en argent.
dont on se sert pour couvrir les bâti7 Argenteur ouvrier plaqueur qui ar-
mens dans le nord de la France. Du lat. genté, dont le métier est d'argenter.
tirdosia, fait d1 ardere, à cause de la cou- A rgenteux homme riche bien pourvu
leur de cette pierre. d'argent.
Ardoisé, qui tire sur la couleur d'ar- ARGENTIER,intendant de l'argenteriç
doise. dans les maisons royales officier charge
ARDOISIÈRE, carrière d'ardoise. "de la distribution de certaines sommes
C'est à tort que le Duchat a dit que' ou fonds.. v
l'ardoise devoit son nom au pays d'Ar- ARGENTIN, qui a la couleur ou le son
tois, et que. Duvergy a pensé que les de l'argent. Argenteus.
premières ardoises avoient été tirées du ARGENTINE, plante dont les feuilles
pays d'Ardes en Irlande, ardesia, lapis semblent être argentées en dessous; nom
ardesius, d'où l'ou en transporta dans' propre de femme. Argentina.
toute l'Europe. ARGENTURE, action d'argénlcr^ ar-
AREOMETRE, instrument qui sert genttrès^minceappliquésur un ouvrage.
'à peser les fluides. Du gr. araios, rare, Désargenter ôter l'argent d'une
et de mdtron, mesure. chose argentée prendre l'argent à quel-
AREOPAGE, ancien tribunal d'A- qu'un dépenser son argent.
thènes, célèbre par la sagesse et l'équité Argyraspides corps d'élite de l'ar-
de ses décisions; réunion de magistrats mée d'Alexandre de Macédoine, dont
intègres, d'hommes vertueux. les soldats portoient des boucliers d'ar-
Aréopagite, juge de l'aréopage. Du gent. D' arguros, çCcVaspis, bouclier.
gr. arês, areos, Mars, et de pagos, col- ARGILE, terre compacte, grasse,
line, parce que l'Aréopage tenoit ses glutincuse, propre à faire des vases. Du
.séances dans un lieu appelé' la Colline lat. argilla, fait du gr. argos blanc,
de Mars. parce que l'argile pure ést de couleur
ARETE, ares te, os des poissons, blanche.
long, menu et pointu par un bout. Du ARGILEUX qui tient ou contient de
lat. arista à cause de leur rapport avec l'argilc. Argillosus.
la pointe des épis arislœ. ARGOT, certain langage seulement
4ô ARG ARG
intelligible pour ceux qui le parlent, tresses, au cabaret de la Courtille; il

çpn en distingue trois sortes l'argot des fait dire par Cartouche
à son amie,
gueux et des mendiants, celui des vo- chant xc>:
leurs et des filoux, et celui des ouvriers Dit Cartouche à Lisette en la
mangeant des yeui,
et des marchands. De Grandval, à la Voire aspect, ma déesse embellit seul ces lieux.
fin de son poème de Cartouche ou du Je veux sur voire nom faire des anagrammes
Des sonnets, des chansons, des. Je veux, en un mul
p^icepuni, a donné un dictionnaire de
Employer comme il faut le plus sublime argot.
l'argot, quia été réimprimé en 1S27. Ou- Je nu: surpasserai si bien que vous serez contente
di'n, Dictionnaire français-italien, s'est Vous qui parlez celte langue charmante!
– Mais à propos d'argot, dit alors Lïmosin
trompé en expliquant ce mot par gueu- Né m'apprendrez-vous pas vous qui parlez latin
-serie. D'où cette langue a pris son origine 1
De la ville d'Argos et je l'ai lu dans Pline
Deux auteurs ont parlé de l'origine le
Balagni; grand Agamemnon
du mot argot: d'abord, Fnretière, puis Répondit Fit fleurir dans Argos cet éloquent jarpon.
le Duchat, dans ses notes sur Eabelais, Comme sa cour alors étoit des plus brillantes
daines de eau temps s'y rendirent savantes.
1. 'il, ch. 11,quien a le mieux parlé. Ra- Les Electre le parloit, dit-on, divinement.
got, dit-il, étoit un fameuxbclUre,qi'iivi- Ipbigénie aussi l'entravoit gourdemeut.
voit du temps de Louis XII, et des pre- Jusqu'aux ebampspurygiens les Grecslelranspnrière I,
mières années du règne de François Ier. Tous les chefs en argot leurs soldats haranguèrent
Connoissant quelle étoit sa-force et sa vertu
On a de lui un volume d'une soixan- Pour pouvoir relever un courage abattu.
taine de pages, caractères gothiques, J'ai vu s'il m'en souvient dans Ovide ou Virgile,
lorsqu'on disputa pour les armes d'Achille,
dont Bernard de la Monnoye a donné Que L'éloquent roi d'itaque en eût été le sot,
nue nouvelle édition in-12, à la suite S'il n'eût pas sçu charmer ses juges en argot-
des contes ci'Eulrapel, traitant des gueux
Cartouche ensuite la parole,
de l'Hostière et ou le nom de Ragot est prenant

souvent répété. C'est de là, parce que les non-seulement approuve le discours de
mais encore son ori-
gueux et mendiants prennent toujours le Balagui, po'ussant
il la fait
ton plaintif lorsqu ils vous abordent, gine beaucoup plus haut, re-
monter de la toison
.qu'on a dit ragoter, pour grommeler, d'or. jusqu'à la conquête
se plaindre, murmurer en se plaignant.
Il est certain
j4rgot ne signifie donc pas gueuserie, de ce qu'il y plusieurs mots
du grec, tels
mais jargon de Bohémien. Ce mot vient langage qui viennent
sont arton,
de Ragot, par une légère transposition pain (Vartos; esganacer, rire,
du
de lettres, et non pas de la ville d'Ar- du gr. ganos, jqiei offre, vie, gr.
mais lourde,
gos, parce que, dit bonnement Fure- .phren, esprit, etc., porte;
mar-
tière, la plus grande partie de ce lan- trimurd, chemin, routei trimer,
la marque sur l'épaule; dé-
gage est composé de mots tirés du grec. cher; rôti,
etc., sont
On pQurroit faire observer à l'égard brider,ouvrir; tournante, clef,
Mon savant
de cette opinion de le" Duchat que si évidemment forgés. ami,
ce langue
ce mot vient de celui de Ragot, son an- feu M. Clavier, pensoit que
été formé par les gueux et les vo-
cienneté ne remonteroit pas au-dessus ayant
n'être entendus lors-
de la fin du xv« siècle et on n'auroit leurs, pour
point
s entretiendraient de leurs com-
pas donné le nom d'Argot au langage Si'ils ils lui avoient donné le nom tTar-
des gueux de l'Hostière parce que ces ots,
du mot lat. relativement aux
gens sont toujours sur le ton plaintif, gçt, ergo,
de parler
mais parce qu'ils auroient parlé le lan- ergo des écoles, manière qui
n'étoit- usitée que là.
gage de Ragot. D'ailleurs ragoter. ne si-
gnifie pas se plaindre, mais gronder, Argot, en terme de jardinier, bois

murmurer souvent et sans sujet contre au-dessus de l'œil d'une plante, d'un
arbre.
quelqu'un.
On ne peut sérieusement proposer A-ncoTER, couper l'argot. V. ergoter.

que l'origine de ce mot vienne de la ARGUE, atelier de tireur d'or ma-


• ville d'Argos, en Grèce, comme l'a fait chine pour tirer l'or et
l'argent, qui
1 Furetière; car Grandval a eu en vue de vient de la Grèce, où elle a été in-

critiquer cette opinion lorsqu'il assem- ventée. Du gr. ergon, ouvrage, travail. 1.
ble son héros avec quelques-uns des Argueb, filer 1 or, l'argent avec l'ar-
principaux de sa bande, et leurs maî- gnc.
'ARI ARM ii
ARGUER accuser, reprendre, trou- Aristocratiquement, d'une manière
ver redire couvaincrê^démontrer clai-" aristocratique.
rement. Dulat. arguere, quel'on tire du ARISTODÉMOCRATJE étatoùies
gr. argos, lâche, paresseux, parce que les grands et le peuple gouvernent conjoin-
oisifs ou ceux qui négligent leur travail tement. Dugr. aristos, très-bon, de démos,
sont dans le cas d'être repris. peuple, et de hatos^ force, puissance.
ARGUMENT,raisonnement par lequel' Aristodémocrati'çue, de l'aristodé-
on tire une conséquence de proposi- mocratie.
tion preuve, indice; conjecture; sujet ARISTOLOCHE, plan temédicinale,
et abrégé d'un livre. Argumentum. à feuilles grasses et racines (tubéreuscs,
ARGUMENTANT,qui argumente dans propre à évacuer les lochies ou vidanges.
une thèse, dans un acte civil. des femmes accouchées. Du lat. aristo-
Argumentateur, aime, qi,
quiaime,
qui qui cher- locKia, fait du gr. aristos, très-bon; et
che à argumenter. de locheia, couches.
Argumentation manière d'argu- Aristolochique, remède qui provo-
menter. Argumentatio. que les lochies.
· ARGUMENTER,faire des arguments, ARISTOPHANE, nom d'un célèbre
prouver par arguments; tirer des consé- poète grec. D'aristos, très-bon, et de
quences. Argumentai- phainâ, montrer, faire parpttre.
Argutie, vaine subtilité d'esprit, Aristophanéion emplâtre, émol-
raisonnement sophistique, pointilleux. lient, De Paul Eginète.
Rédarguer, blâmer, reprendre, ré- ARISTOTE célèbre philosophe de
primander. l'antiquité. Dugr. arislolelès, fait d'a-
ARGUS, homme fabuleux à cent rislos, oplimus, et de telos, fin, but.
yeux; il a servi à désigner ensuite im ARISTOTÉLICIEN, partisan de la philo-
un espion domestique •>
gardienattentif, sophie d'Aristote.
ou un jaloux toujours aux aguets. ARISTOTÉLISME,philosophie d'Aris-
Argus, nom donné à diverses espèces tote son adoption. D'aristos, et de té-
de poissons, de coquilles de reptiles, los, but. f
de papillons, de lézards, à cause-des la science des
ARITHMÉTIQUE
taches en forme d'yeux qui les distin- nombres, des calculs. Du lat. arilhme-
guent.. tica, fait du gr. arithmos, nombre.
Argus le faisan de Junon ou de la Arithmétique, qui appartient à l'a-
Chine. rithmétique ce qui a rapport la science
ARIENS, sectateurs d'Arius, qui des nombres. Arithmeticus.
nioient la consubstantialité du Père, ou Arithmàncie, arithmomancie, art de
que le Père et le Fils fussent de même prédire l'avenir par le moyen des nom-
nature. bres. V arithmos, nombre,et demantéia,
ARISTARQUE ce mot signifia d'a- divination.
bord bon prince En lat. arislarchus, fait A rithméticien qui possède l'arith-
du gr. arislarchps composé d'aristos, métique.
très-bon, et d'archos, prince. Il fut en- Arithmétiquemekt, selon l'arilhmé-
suite employé pour désigner uri critique tique.
équitable et sévère, par allusion à un fa- ARME, ce qui sert à attaquer ou à
meux critique et grammairien nommé se défendre. Du lat. mina.
Arislarque, célèbre commentateur des Armadille flottille que l'Espagne
poésies d'Homère. entretenoit dans les mers du Nouveau-
ARISTOCRATIE, gouvemementab-" Monde. Del'esp. annacULÏa^ diminutif
solu des grands, ou des personnes les (Xàrmaùa, armée navale.
plus considérables d'un état. Du lat. ARMATEUR,celui qui arme des` vais-
aristocratià, fait du gr. aristos très- seaux pour aller en course.
bon,, et de h-alos, force, puissance, Armature, terme général pour si-
c'est-à-dire le, gouvernement des bons. gnifier les barres, clefs; boulons, étriers
ARISTOCRATE, partisan de l'aristocra- et autres liens de fer, dont on se sert
tie ternie mis,en usage en 1789.- pour retenir un assemblage de char-
Aristocratkjue de l'aristocratie.. pente, le noyau d'une statue de bronze,
1
42 ARM ARR
D ar- boucle, bracelet; fait d'armus bras,
pour fortifier une poutre éclatée.
matura, fait d'annare. dont on a fait arma, les armes.
ARMES, la guerre; l'arme de l'escri- Armillaire, sphère vide et composée
de cercles, pour représenter les mouve-
me certaines marques propres et héré-
ditaires aux maisons nobles. mens des astres, les divisions de la terre
Armée, corps de troupes de diverses par cercles. Armillaris, d'armilla.
armes, réunis sous un même chef. ARMOISE, herbe de la Saint-Jean;
ARMEMENT,appareil de guerre ac- plante odoriférante, corymbifère. Du
tion d'armer; équipages pour les trou- lat. artemisia.
pes de terre et de mer. AROMATE, parfum de tous les vé-
ARMER, fournir, équiper d'armes, le- gétaux qui exhalent une odeur forte et
ver des troupes, se mettre en état de agréable; drogue odoriférante. Du gr.
faire la guerre, Armare. arôtna, odeur suave parfum.
ARMET. Voy. Acmuce. AROMATISER, mêler des aromates avec
Armilcstre, revue des armées romai- une substance quelconque.
nes dans le champ de Mars; elle avoit AROMATISATION, mélange des aroma-
lieu le 19 octobre. Armihistrum, armi- tes avec des drogues.
lustrium, fait d'arma et de lustràre, pas- Aromatique, de la nature desaroma-
ser en revue et purifier par un sacrifice. tes, qui en a l'odeur.
Armislustrie, sacrifice pour l'expia- Aromatite pierre d'une substance
tion des guerriers et pour la prospérité du bitumineuse, qui ressemble à la myrrhe,
peuple romain. Cette fête étoit célébrée par sa couleur et son odeur.
le 19 octobre.' Armilustrium. ARÔME, qualité odorante des végé-
ARMISTICE,suspension d'armeppurun taux.
tempsdétérminé. Armislitium, fait d'ar- •ARPENT, mesure de terre, dela con-
ma, et de sislo, j'arrête? tenance de cent perches carrées. De la
ARMON,partie d'un train de carrosse, bass.latin. an permis, dér. d'arpendium
dans laquelle s'emboîte le timon. ou arvipèndium mesure d'arpenteur,"
ARMOIRE,meuble de bois, en forme suiv..Scaliger.
de buffet, dans lequel on mettoit ses Arpentage, aclion d'arpenter, deme-
armes, et qui sert à serrer du linge, des surer la science de l'arpenteur.
habits, etc. Armarium. Arpenter mesurer les terres. Mar-
Armoiries, armes de famille, peintes cher vivement et à grands pas.
et enluminées. ARPENTEURjhommequi mesure les ter-
Armoriai, livre qui contient les ar- res sorte de graphomètre pour arpenter.
moiries d'un état, d'une province. ARPENTEUSE, sorte de chenille qui
Armorier, mettre, appliquer, peinv marche très-vite.
dre des armoiries. Réarpentage arpentage fait une se-
Armoriste qui fait ou décrit les ar- conde fois.
moiries. ARRÊT, que l'on devroit écrire arest,
Armure, armes défensives, qui cou- comme le prouve Ménage; jugement
vrent les diverses parties du corps. d'une cour souveraine. La plupart des
ARMURIER,qui fabrique_ou qui vend étymologistes, et en dernier lieu, M.Mo-
des armes. rin, dont j'emprunte la définition dé-
ALARME, cri pour courir-aux armes. rivent- ce mot du gr. areston, décret,
De l'it. all'arme, aux armes! chose conclue et arrêtée dér. tfareskô,
ALARMER, donner, répandre, jeter plaire. C'est ainsi, continue. le savant
l'alarme. helléniste, que les lat. ont formé placi-
Désarmer, ôter les armes, les poser; lurn, de placere, dans la même signifi-
congédier une armée. cation. De là vient cette formule, car
Désarmement, action de désarmer; tel est notre bon plaisir, qui se trouve au
privation d'armes; licenciement des bas des édits des rois de France, et qui
troupes. veut dire ce qui a été arrêté par nous,
ARMILLET, bracelet, cercle; mou-, et non ce qui nous platt.
lures en auneanx autour du chapiteau ARRÊTER, résoudre, déterminer, dé-
dorique, sous l'axe. Du lat. armilla cider de faire, conclure, régler.
ARS ART 43
ARRÊTISTE,arrestoçraphe compila- hâter; quibrûle et mord promptement,
teur, commentateur d arrêts. Arseniate, sel formé par l'union du
Arrêté, résolution de plusieurs per- sel arsenique avec différ. bases.
sonnes, prise par délibération. ARSENICAL,qui tient de l'arsenic.
ARRÊTER,saisir; retenir, empêcher Arsenieux, combinaison de l'arsenic
d'avancer, de reculer, de faire, de con- avec un peu d'oxigène.
ter, de continuer; constituer prisonnier. Arsënique, acide obtenu de l'acide,
De l'allem. rast, repos; d'autres le font saturé d'oxigène.
,venirdelabass. lat. arrestare, de reslare, Arsehite, sel formé par l'acide arse-
être de reste d'autres enfin le dér. de nieux..
restis, corde. ART, méthode pour faire un ouvrage
Arrêt sentence qui fait cesser un selon les règles établies recueil de ces
-procès; cessation d'action. règles; ensemble de moyens, d'inven-
Arrêt, arrestation,. détention corpo- tions, de procédés d'expérience pour
relle, prise de corps état d'un détenu i réussir toute profession dont l'exercice
saisie' de biens.
requiert un certain degré de talent. Du
ARRHES argent qu'on donne pour lat. ars, artis.
assurance de l'exécution d'un marché; i ARTIFICE, industrie; ruse, adresse, T
gage d'une promesse que l'on, a faite. talent de déguiser; matière inflamma-
En lat. arrhabo en gr. arrhabon fait
ble, ou composition, pour les feux d'ar-
de l'héb. arab, promettre, donner des tifice. Vtariijidum composé d'a/s et
assurances; dér. de l'ar. araba, nouer, de fado, je fais.
serrer, affermir. fait par art à l'imitation
action d'arrher.. Artificiel
-Arrhement, ,de la nature. Arlijidosus.
Arrher, donner dés arrhes s'assurer
d'un achat par des arrhes. ARTIFICIELLEMENT,avec art, d'une
manière artificielle.
ARROI train équipage, suite; or- ARTIFICIER, qui fait des feux d'arti-
dre .arrangement ordonnance d'une fice.
armée. De la bass. lat. arraiamentum i
Artificieux, plein d'artifice, de ruse,
arramentum que l'on dit venir d'ar- de finesse.
rigare. Artificiebsebient d'une manière
Désarroi désordre dans les affaires i
renversement de fortune. Ces mots pa- artificieuse avec fourberie, avec finesse.
roissent avoir été faits de radio, radio- ARTISAN, ouvrier dans un art méca-
nique. jirtifex.
nis, augmentatif de radius, qui signi-
fioit origin. une baguette ou verge dont ARTISTE, qui réunit dans un ouvrage
les géomètres se servoient pour tracer, le génie qui crée, et le talent qui exécute.
Artistement, avec art et industrie.
aligner ou mesurer. bouches à feu et leur
-Artillerie,
ARSENAL", arsenac, magasin de
toutes sortes d'armes et de munitions train corps de troupes attaché à leur
de guerre. Du gr. mod. arsenales, d'où service. D'ars artis, comme les Grecs
on t dit demême mêchanikos et médiane,
l'ital. arsenale, fait du mot darsena,
usité dans la Méditerranée, pour dési- Acmédô, et les lat. ingenium et inge-*
niarii enfin les Franc, engin.
gner le lieu où l'on construit etl'on ren-
ferme tes galères. L'ital. darsena, et ARTILLEUR, soldat d'artillerie.
troisième moufle au
V esp. dorsena faits de l'ar. darcenah, ARTÉMON
arsenal, semblent dér. du turk tersha- bas de la polypaste ou machine à élever
neh, lieu où ces peuples mettent leurs des fardeaux. Du gr. arle'môn, grande
galères. voilé d'un navire; fait d'artaâ, sus-
ARSENIC, demi-métal d'un gris bril- pendre.
lant' l'acide arsenique, poison très-sub- Artimon, mât de vaisseau posé à l'ar-
til. Du gr. arsén, homme, eldenikao, je rière, le plus près de la poupe. De l'it.
tue, ainsi dit de sa qualité vénéneuse. artimone, fait du gr. artemôn.
Gebelin condamne cette étymologie, et ARTERE, vaisseau du corps de l'ani-
dér. le mot arsenic, de l'arabe alzernig, mal qui porte le sang du cœur dans les
fait de zarr, mordre, brûler, et de neg, se veines aux cxtrémilés. Du gr. arleria,
44 ART AS '
que l'on dit venir A'aér, et de têrein, ticule ou première des parties du dis-
conserver. cours, qui précède les noms désignés;,
Artériaque, qui est bon pour les ma- en détermine le nombre et le genre.
ladies de la trachée-artère. Arteriacus. D' articulas dim. d'arlus, pris d'ar-
ARTÉRIEL,qui appartient aux artères. thron.
Artérieux, de la nature de l'artère.
ARTICULAIRE,qui a rapport à l'arti-
Artériographie, description des ar- culation. Articulons.
tères. D'arteria, et de graphô, j'écris.
ARTICULA TION, jointure des os; ac-
Artériole, petite artère. tion d'articuler; prononciation claire et
ARTÉRIOLOGIE, traite de l'usàge des ar- nette; déduction de faits par articles.
tères. D'arteria, et de logos, discours. Articulalio.
Artériotomie dissection des artères. ARTICULER,déduire par articles par-
d'arteria et de tome, incision, fait de 1er nettement,
prouver distinctement,
temnâ, je coupe. circonstancicr.
ARTHRON, articulation jonction ORTEIL, le gros doigt du pied. D'ap-
naturelle des os, dans laquelle les bouts ticulus.
des deux os s'entretouclierït: Du
°st. ar- ARTICHAUT, plante'potagère, vi-
thron. vace, trisannuelle, qui vient de graine ou
ARTHRITIS, goutte, maladie des ar- d' œilletons. On dérive ce mot d'arsus 3
ticulations. Du gr. arthran,arlh;istis, cuit, et de carduus chardon mais il
jointure., articulation. vient plutôt de l'esp. artichofa dérivé
ARTHRITIQUE,toute maladie des join- de l'ar. harochqf. '
tures remèdes propres à ces maladies. ARTISON,' petit ver qui perce le
Arth'rocace, ulcère carieux de la ca- bois et qui ronge les étoffes; on disoit
vité d'un os. D'arthroaet de
kakia, vice, autrefois arluison, que le P. Labbe dé-
maladie. rive de tinta.
ARTHRODIE,articulation ou conjonc- Artisoné bois piqué percé par les
tion lâche des os. D'arthrodia; dérivé artisons.
d'artfiron. ARUSPICE, sacrificateur qui prédi-
Arthrodynie douleur dans les arti- soit l'avenir par l'inspectiôn des en-
culations. IXarthmn et d'oduné, dou- trailles des victimes. Ârusjiex, fait d'«-
leur. ram aspicere, regarder, ) considérer l'au-
t)
Amphiarthrose^ articulation mixte, tel.
tenant.de la diarthrose et de la sy.nar- divination par les en-
ArbspicinEj v
throse. Du gr. amphi, des deux côtés, trailles.
Aruspicinia.
et d'artfiron. AS, point unique marqué sur une
Amphidiarthrose, articulation de la carte ou sur un dé; ancien poids et
mâchoire inférieure. D'amphi, de cha- monnoie des Romains. As vient du
gr..
que coté, et de diarthrâsis, articulation. heis, ais, as, un, d'où les Latins ont
Diarthrose, charnière, articulation fait as, assis.
d'os séparés les uns des autres sorte lias étant au jeu de dés le moindre
d'articulation des os dans laquelle le de tous lés jets, et comme on risque
mouvement est évident. Diartlirâsis, de d'amener ce point malheureux, on a dit
dia, entre, et dUarlhron. asard pour as, et asarder pour risquer
ENARTHROSE,emboîture d'une grosse la terminaison en ard renfermant une
tète d'os dans la cavité d'un autre, avec idée de mépris
pour la chose' signifiée
mouvement en tous sens.. D'en, dans, par ce mot. Les jeux de hasard sont
et d'arthron. ceux où le sort seul décide, èt non l'a-
SYNARTHROSE,sorte d'articulation dresse ou le calcul. Les dés sont appe-
conjointe des os, par laquelle ils sont lés en latin tesserœ de là se sont for-
arrêtés ensemble et demeurent fermés més les mots azardum'en bas. lat.; azarl
dans leur situation. De sun, avec, en- en ancien
françois azaron en grec mo-
semble, et dlarûiron. derne azardo en italien azar en es-
ARTICLE, jointure des os; petite par- pagnol.
tie d'un livre, d'un traité d'un con- Hasard, risque, sort, fortune, cas
trat, d'un mémoire, d'un compte; par- fortuit, événement sans cause.
ASÎ ASP 45.
Hasarder mettre en péril, exposer ASILE pour asyle^li&i de refuge éta-
au hasard. bli pour soustraire aux lois les débiteurs,
IlASARnEusEMEivT,d'une manière ha- les criminels habitation protecteur,
sardeuse; avéc péril. recours. Du lat. asylum, fait du gr. asu-
Hasardeux hardi, courageux, pé- ton, fait d'a privatif et de sulaô, ravir,'
rilleux. enlever, parce qu'il n'étoit pas permis
AMBÉSAS, embesas, besas, beset, bisas; d'arracher un coupable d'un asile:
deux as, double as. ASPALATHE, arbrisseau épineux à
ASBESTE, sorte de minéral fibreux fleurs jaunes, à bois odorant, ,qui res-
ou d'amiante en filets, sorte delin incom- semble à l'aloès.,Du gr. aspatathos, fait
bustible. Du gr. asbestos, inextinguible, d'a privatif, et de spaâ, j'arrache, parce
d'a priv., sans, et de sbennumi étein- que cet arbrisseau est très-difficile à ar-
dre, parce que les anciens croyoient que racherà cause de ses piquants.
son incombustibilité le rèndoit propre à ASPERGE, plan te. potagèreà tiges en
faire des mèches on des lampes perpé- arbrisseau; pousses tendres d'une plante..
tuelles. Du gr. asparagos.
ASCARIDES, petits vers ronds et Asparacoïdes, famille de plantes sem-
menus, qui se forment et vivent dans les blables à l'asperge. D'asparagos, et d'ej-
intestins dans la matrice et qui sont dos, forme, ressemblance.
dans un mouvement continuel. Du gr. ASPERGER, arroser par petites gout-
"askarides, fait OCaskarizô, remuer, sau- tes avec un goupillon. D'asperserè, fait
tiller. de spargere, dérivé du gr. spdiro, semer,
ASCÈTE, qui se consacre tout entier répandre.
aux .exercices de piété. Du gr. askêtés, ASPERGÈS,goupillon pour asperger;
qui s'exerce; dér. dUaskein, s'exercer. cérémonie, moment, chant de l'asper-
Ascétique, qui concerne la vie spi- sion avec de l'eau bénite.
rituelle auteur, livre qui en traite. As- Aspersion action d'asperger.
ce tiens. Aspebsoir goupillon pour asperger.
ASCIDIE, l'outre de mer, sorte de ASPHALTE, le bithume de Judée,
mollusque acéphale, ou de ver sans tête, compacte et noir, électrique et friable,
qui ressemble à une outre enflée. D'as- de mauvaise odeur, qui résiste à l'eau,
kidion, petite outre, dim. cl' asAo* une et qui s'enflamme aisément. Comme ce
outre. bithume abonde à la surface du lac As-
ASCITE,hydropisiedu bas-ventre, qui phaltite, en Judée, il lui a donnéson nom.
le tient gonflé comme une outre. D'as- Du gr. aspliallos, bithume fait iïasplia-
kités fait d'askos. lizô je fortifie; dérivé d'a privatif, et
Ascitique, attaqué de l'hydropisie de sphallô je renverse parce qu'on en
de bas-ventre. forme un ciment ou mastic qui lie forte-
ASCLÉPIÀDE, sorte de vers grec et ment les pierres ensemble.
latin, composé d'un spondée, de deux Asphalite, cinquième vertèbre des
coriambes et d'unïambe; ainsi ditd'As- lombes, qu'on regarde comme le support
clépiade, poète- grec, qui en a été l'in- de toute l'épine. Tf asphalizô, je fortifie.
venteur. ASPHALTITE,lac de Judée qui produit
ASÇLÉPIADE, genre de plantes à beaucoup d'asphalte, et qui erî a pris le
fleurs monopétales de la famille tics nom.
apocynées, qui avoit été consacré à Es- ASPHIXIE privation subite de tous
culape. Du gr. asklépias, nom du dieu les signes extérieurs de la vie, du pouls
de la médecine. de la respiration, du mouvement. Du gr.
ASIE, l'une des parties du monde. asphuxia fait d'a priv/, et desphuxis,
Du lat. asia. pouls; sans pouls.
ASIARQUE,président des jeux sacrés Aspmxié, frappé d'asphixie; privé
des villes grecques de l'Asie. D'asia, etd'air vital.
du gr. arche, commandement, autorité. ASPHODÈL E, le bâton royal ou la
Asiarchat, dignité d'asiarque. verge de Jacob, plante d'agrément' à
né dans. l'Asie, qui apj (leurs liliacées, à feuilles semblables à
Asiatique,
•rjartient a l'Asie. Asialicus. celles du porreau, dont la racine en na-
• 46 ÀSS AST
vct, farineuse et nutritive, est employée INSISTER, persévérer, faire instance;
en médecine. Du gr. asphadélos. appuyer fortement, fonder sur une preu-
Asphodéloïdes, famille des aspho- ve. lnsistere.
dèles. 'Tfasphodélos, et d'eidos, forme., INSISTANCE,action d'insister.
ressemblance. Persister demeurer ferme dans ses
ASPIC, nom donné à plusieurs sortes résolutions, dans son dire. Persistere.
de serpents et de vipères. Dulat. aspis, PERSISTANCE,action de persister.
fait du gr. aspis. PERSISTANT,qui persiste.
ASSASSIN, qui tue en trahison de Résister, opposer la force à.la force;
guet-à-pens. De l'ar. haschisthin peu- se défendre, nè pas céder au choc, à
ples de Syrie appelés aussi Ismaéliens, l'impulsion d'un corps. Resislere.
Baténiens, qui habitoient le Haschis- Résistance faculté des corps de n'ê-
cha, et qui alloient assassiner les enne- tre point repoussés, renversés, détruits;
iuis de leur maître, le Vieux de la Mon- défense contre l'attaque; ferme opposi-
tagne, dit le Haschisch. tion à la volonté.
Assassinat, meurtre en trahison ou- RÉSISTIBLE,auquel on peut résister.
trage fait à dessein noire trahison. IRRESISTIBLEauquel on ne peut ré-
Assassiner tuer quelqu'un de guet- sister.
à-pens excéder de coups fatiguer, im- Irrésistibilité, qualité de ce qui est
portuner à l'excès. irrésistible.
ASSISTER, se tenir auprès; être pré- IRRÉSISTIBLEMENT, d'une manière ir-
sent secourir, aider, seconder. Dulat. résistible.
assistere, fait de ad, auprès, etde sistere, ^Subsister continuer d'être; demeu-
se tenir. rer en vigueur; vivre, se nourrir et s'en-
ASSISTANCE, présence en un lieu, aide, tretenir; Subsisteré.
secours; assemblée de personnes pré- SUBSISTANCE, nourriture et entretien
sentes a une action; auditoire. munitions débouche.
ASSISTANT,qui est présent, qui as- ASTHME infirmité qui consisté
i siste qui aide. dans une grande difficulté de respirer.
Consistée, être composé, forme de. Cette onomatopée imite le bruit de la
avoir son essence, ses propriétés dans. respiration brusquement interrompue.
Consistere, composé de cum, "avec, et En latin asllima, dér. du gr. asthma.
de sistere; se tenir. Asthématique, attaqué de l'asthme;
CONSISTANCE, épaississement d'un nui-. ASTHMATIQUE,sujet à l'asthme. En
de; son état lorsqu'il est devenu solide; lat. asthmaticus.,
fermeté, solidité, permanence, d'un Asthme, oiseau attaqué de l'asthme:
corps, d'une chose. ASTIC. Les cordonniers ont donné
CONSISTANT,qui consiste en. qui le nom d'astic à un gros os pour lisser lé
est formé, composé de. Consistais.' cuir; delà ils ontformé le verbe factice:
CONSISTOIRE,assemblée du pape et ASTICOTER, contrarier, tourmenter
des cardinaux assemblée des pasteurs pour des bagatelles, et d'où vient le
protestants; lieu, local des assemblées. nom astico, donné par les pêcheurs aux
CONSISTORIAL,qui émane du consis- vers qu'ils mettent au bout de leur ligne.
toire: ASTRAGALE, un des os du pied qui
selon les formes
Consistorialement, forme le talon; plante légumineuse,
du consistoire. dont la semence a la forme d'un talon,
Désister (se), se départir, renoncer à. ou plutôt d'un rein. Tfastragalus fait
Desistere. du gr. astragàlos, le petit os du talon.
DÉSISTEMENT, action de se désister ASTRAGALE,'petite moulure ronde,
acte qui le constate. en forme de talon dont on orne le bas
EXISTER, avoir l'être; être actuelle- et le haut des colonnes, des pilastres;
ment, être en vie. ExisUre. les corniches les impostes, et autres
EXISTANT,qui existe. membres d'architecture. Astragahts.
Existence état de ce qui existe 15 AS-rRAGALGÏI)E, plantes du genre de
vie. Exislentia.. l'astragale. D'astragalos, eldCeidos, for^
INEXISTENCE,défont d'existence. me, ressemblance.
AST ATH il1
ÀsTRACAtOMANCiEsorte de divina- ASTRONOME,celui qui a étudié l'as-
tion avec des osselets marqués des lettres tronomie.
de l'alphabet. D'astragales et de man- Astronomique, quiapparticnt à l'as-
téia, divination. tronomie.
ASTRE, tout corps céleste, lumi- ASTRONOMIQUEMENT, d'une manière
neux, ou qui reçoit la lumière. Du lat.t, astronomique.
astrum, fait du gr. astron, constellation1 i CATASTÉRISMES, marques, renvois par
dér. (ïaslér, étoile. des astériques. Du gr. kalastérizô, dis-
Astral, qui appartient aux astres. tinguer par des étoiles; fait de kala$
ASTER, genre de plantes, on sous- dessus, et d'aster.
arbrisseaux à fleurs radiées, c'est-à-dire DÉSASTRE,grand malheur; influence
qui out des rayons comme une étoile. funeste des astres. j
Du gr. aster. Désastreux qui est funeste, qui
ASTÉRIE, l'étoile de mer dite Tête cause la perte, la ruine.
de Méduse sortè de zoophyte. Espèce Désastreusemeht d'une manière
tl'ovalc, partie diaphane, partie opaque désastreuse.
étant exposée au soleil, elle en repré- ASTUCE, finesse malicieuse, ruse,)
sente l'image pierre précieuse qui; étant fourberie. Vastutia dér. du gr. astu,
taillée, offre par ses reflets une étoile ville. Il paroit que dans l'origine ce mot,
à six rayons. pris en bonne part, auroit désigne la fi-
Astkrismè astre constellation, as- nesse et la politesse des citadins. M.Mo-
semblage d'étoiles. rin l'explique par ruse de ville.
Astérisque, signe en forme d'étoile ASTUCIEUX,qui a de l'astuce. AsUi-
pour indiquer un renvoi dans un livre, un UiSj du gr. astukos.
manuscrit, pour distinguer une phrase, ATELLANES; petites pièces comiq.
un mot. et satiriques qu'on représentoit sur l'an-
Astéroïde ila perle, sorte de petite cien théâtre romain: Ainsi dites d'Atel-
tache opaque, en forme d'étoile, qui la, petite ville de l'Etrurie où elles fu-
vient à la cornée transparente. D'astér rent inventées:
et d'eidos, forme, ressemblance. ATHÈNES, capitale de l'Attique.
Astéréomètre^ instrument pour cal- D' Athênê, nom grec de Minerve, déesse
culer le lever et le coucher des astres. des sciences.
Du gr. aster, et de métron, mesure. ATHÉNÉE, lieu de réunion des rhé-"
Astroïtes pierres ou madrépores, teurs, des philosophes, des prêtres et
composés de tuyaux parallèles; produc- des artistes à Athènes; réunion littéraire.
tions de polypes qui se trouvent dans ATHÉNÉES,Panathénées fêtes athé-
la mer, qui sont couverts de figures étoi- niennes en l'honneur de Minerve, où
lées de différentes grandeurs, et dont on assistoient tous les peuples de F Attique.
distingue plusieurs espèces et variétés.' De pan, tout et à'lltlzênaeia, premier
ASTROLABE, instrument pour mesurer nom de ces fêtes.
la hauteur des astres. 3? astron, et de ATHÉNIEN, Athénienne, qui est d'A-
labô pour làmbanô, je prends. thènes.
Astrologie, l'art de connoître l'ave- Athénienne, meuble servant de cas-
nir par l'inspection; la position, et d'a- soletté, de console, de vase à fleurs.
près les prétenduesinfluencesdes astres. ATHLÈTE homme qui combattoit
D'astron, et de logos, discours. dansles jeux publics des anciens. Dugr;
ASTROLOGIQUE, qui appartient à l'as- athlétés, dér. d'aéthlos, alhlos, combat.
trologie. ATHLÉTIQUE, qui concerne les ath-
Astrologue, qui, étant versé dans lètes.
l'astrologie, veut se mêler de prédire Athlotete, officier qui présidoit aux
l'avenir! combats des athlètes; il proposoit et
Astronomie science des astres qui distribuoit les prix aux vainqueurs dans
apprend à connoitre leur marche, leurs les jeux. Xfathlon prix, récompensé
mouvements, et qui donne l'intelligence des combats, et de titJi&mi, je propose,
des phénomènes célestes. D'astron, et j'établis.
Ue nomos, loi, règle._ ATLAS, nom d'un roi de Mauritanie;
-g ATT. 'ATT
doué d'une si grande force, qu'il por- lat. aâlingere, altingere, qui peut venir
sur les épaules. Du d'ad tendere, tenir à. Voy. TENDRE.
toit dit-on, le ciel et de
gr. a, particule augmentative, Atteinte, coup donné ou reçu atta-
talaâ, tlaâ, soutenir. que portée; premier accès d'un mal.
Atlas, nom de la première vertèbre ATTENTAT,atteinte grave portée aux
du cou, qui supporte la tète,' ainsi dite lois; crime; usurpation:
d'Atlas, qui portoit le ciel sur ses épau- Attentatoires qui porte atteinte aux
les; recueil de cartes géographiques, sortepar- lois; qui entreprend sur une juridiction*
ce que ce livre porte en quelque ATTENTER, faire ou former uné en-
tout le monde, à l'exemple d'Atlas par treprise préjudiciable aux lois; aux
extension atlas s'est dit d'un recueil de mœurs.
d'un li- Ratteindre, rattraper, atteindre de
figures, d'estampes dépendant 1
nouveau.
vre, et formant un volume séparé.
ATLANTE, statue d'homme, qui tient1t ATTELAGE, chevaux, bêtes de
lieu de colonne ou, de pilastre. somme attelées pour traîner la_voiture,
ATMOSPHÈRE, masse d'air qui en- pour tirer la charrue; chevaux d'apparat
toure la terre jusqu'à une hauteur con- attachés à un carrosse. De la basse lat.
sidérable, et dans laquelle se forment altillamentum attelage, agrès, train,
les météores. Du gr. atmos, fluide, va- équipage; fait de telum train, timon j¡
peur, et' de sphaira, sphère. (Voùprotelum, avant-train.
Atmosphérique, qui appartient à ATTELER, attacher des chevaux, des
l'atmosphère. bêtes de somme, des bœufs à une voi.
ATRABILE, bile noire, humeur ture, à une charrue.
noire. Du lat. atrdbilis. Voy. Bile. DÉTELER,détacher les bêtes attelées.
ATRABILAIRE,triste, mélancolique,' Attel, partie d'un harnois planche
morose, sombre, ayant l'humeur noire. du collier des harnois.
Tfalrdbili percilus.. Atteloire, pièce, cheville pour atte-
Atre/, foyer de cheminée, place où ler, pour attacher les harnois.
l'on fait le feu. Voter, noir. •. Atelier, altèlier, équipage, train
ATROCE, énorme, excessif, "en par- attirail, lieu où sont tous les ustensiles
lant des crimes; féroce, cruel, barbare, nécessaires pour atteler et pour entre-
horrible. Du lat. atrox, qui a d'abord tenir les harnois lieu où travaillent les
et les ouvriers. 11
signifié cru-, et qui vient du gr. atrox artistes
Ce mot vient de ce qu'on avoit donné
atrôgos; formé d?<2priv., et de trûgô,
je mange, c'est-à-dire, qui n'est pas bon le nom d'atelier aux basses-cours des
à manger. grandes fermes et des métairies, parce
Atrocement d'une manière atroce. qu'on y atteloit les chevaux et les bœufs*
Atrociier. · Les charrons, bourreliers, maréchaux et
Atrocité, action atroce, horrible et autres gens nécessaires pour les travaux
barbare. Atr.ocilas. de la campagne, logeoient dans ces bas-
ATROPHIE, consomption, dépéris- ses-cours, d'où le nom Cl atelier s'est
sement, amaigrissement du corps, cau- étendu depuis aux autres lieux où plu-
sée par la dépravation ou le défaut,des sieurs ouvriers travaillent ensemble.
sucs nourriciers: En lat. atrophia, for- ATTIQUE, pays de l'ancienue Grèce
mé d'à priv., et de trophé, nourriture; i qui s'étendoit sur le rivage de la mer, et
dér. de tréphd, je nourris. dont la capitale étoit Athènes.- Attica
Atrophié, attaqué de l'atrophie. fait du gr. akté, rivage*
Atrophus.. ATTIQUE, Athénien; ce qui est à la
ATROPOS, l'une des trois Parques façon du pays d'Athènes ou de l'Atti-
occupée à filer la vie des hommes. Du que sel atlique, -raillerie fine dans le
gr. atrépô, formé d'a priv., et de tre'pv, goût des Athéniens: Atticus, du gr.
tourner, parce qu'elle est inflexible. atiikos, Athénien.
ATTEINDRE, toucher, frapper de ATTIQUE, petit ordre d'architecture
loin, parvenir à une chose; saisir ce qui est qu'on met au-dessus d'unv plus grand
ou paroit être hors de la portée; joindre pour le terminer et le couronner. Cet
en marchant vite; arriver au bout. Du ordre n'a point de colonnes, mais.seu-*
AUD • AUM 49
lement des pilastres dont les chapiteaux Aur>ACiEusEMENT,,avecaudace, avec
sont ornés d'un rang de feuilles, et son témérité. Audacter..
entablement n'est qu'une corniche ar- Audacieux plein d'audace témé-
chitravée. Cet ordre a été ainsi nommé raire, insolent, Audàx, audaculus. ,r.
action d'écouter lieu
parce qu'on prétend qu'il a été inventé AUDIENCE,
par les Athéniens. où l'on plaide; séance des juges en exer-
ATTICISME, finesse, délicatesse de cice temps donné par un homme puis
goût particulière aux Athéniens. Aui- sant à ceux qui ont à lui parler. D'rtK-
cismus, d?allikos. ditntia, fait d'audire, écouter, enten-
AU, article au datif, pour â le; au pi. dre.
• Audiémcier huissier qui appelle les
aux, pour à les. Du lat. ad.
non naturalisé. causes en jugement; officier de chancel-
AUBAIN, étranger, des lettres de
De la basse lat. albanus, qu'on dérive lerie chargé des rapports `
dUadvena-i d'autres le font venir d'alibi grâces.. celui qui écoute parler';
natus, n'é ailleurs. Dans le moyen âge sorte Auditeur
de fonctionnaire au conseil >sans
les Ecossois étoient appelés albani, par-
ce qu'ils quittoient leur pays pour aller voix délibérative. Audiior.
s'établir dans un autre. AubiTiFj qui concerne l'ouïe, qui lui
AUBAINE, succession aux biens des appartient. Auditivus.
Audition, action d'entendre, d'écou-
aubains; droit de la recueillir; profit. action d'entendre les témoins, d'exa-
par hasard, avantage inattendu.- ter
miner un compte. Audilio.
AUBERGE, hôtellerie où les voya-,
et les et Auditoire, assemblée qui écoute; tri-
geurs étrangers logent mangent
en payant. bunal lieu ou l'on plaide. Auditorium.
tient une AUGE, pierre ou bois creusé pour
AUBERGISTE, hôtellier qui donner â boire ou à manger aux animaux
auberge. Du lat. alveus, fait du gr. aggeion, ag-
Héberger, loger, nourrir, recevoir
chez soi. gos, vase en général.
Ces mots sont encore un sujet de dis- Augée plein une auge de plâtre.
A UGET, p etite auge pour la marigeaille
corde pour les étymologistes'. Chez nos et
le boire des oiseaux.
pères, auberge-, haberge, désignoit Alvéole, cellule d'abeille; trou où
l'habitation, le logement, ta maison, le
est la dent; creux de l'oreille. Alveolus.
manoir, et jamais un établissement pu- des alvéo-
blic. On les a donc dérivés iXltabitatio les.ALVÉOLAIRE,qui contient
Alveolaris.
et Xhabitare selon Barbazau Xalha-
Alvéolé, creusé en alvéolés, qni res-
rium crépissure couverture. Ménage semble à un alvéole.
les tire de la basse latinité heriberga
AUGMENTER, agrandir, accroître,
heribergwn qui, dans les capitulaires, rendre plustonsidérable. Delabass.laL
sont employés pour désigner une liotcl-
augmentare fait (Vaugmcn accroisse-
lerie; chose assez difficile à trouver alors,
n'en existoit et ment dérivé Xaugere, qui vient du gr.
puisqu'il pas. Heriberga auxô auxe'u qu on. reconnoît mieux
heribergum viennent, dit-il, de 1 alle-
dans le parfait àuxi, du verbe lat.
mand nebergen loger, recevoir une ar-
d'où les Italiens ont fait AUGMENT,supplément à la dot, au
mée alberga, douaire addition d'une
syllabe.
albergare. Augmentatif, ive, particule qui aug-
AUBERVILLÎERS sorte de laitue mente le sens des mots.
pommée très^dure; ainsi dite du village AUGMENTATION, accroissement d'une
d'A ubervilliers entre Paris et Saint- chose à une autre de même nature.
Denis où elle est cultivée. AULIQUE, conseil suprême de l'em-
AUCUN, nul, pas un. D' aliquis unusj pire germanique; thèse de théologie
en ital. alcuiio, en esp. alguiïo. pourle doctorat. Du lat. aida, cour, pa-
AUCUNEMENT,nullement. lais d'un souverain; fait du gr. aulê, d où
AUDACE, hardiesse excessive, in- aulikos, courtisan.
solence; témérité coupable; noble et vivf AUMAILLES, bêtes à cornes; bœufs
hardiesse. Du at. audavia. qui vont à la charrue animaux de basse--
4
50 AUN AUT
cour. D' arment/un, que Ducange dérive du gr. élénion, dont les Italiens ont fait
de manualia pecora, seu animalia man. • elona et enoa.
sueta, ijuce ail inanus accélère consue- AUSSI de même, pareillement
veriint. comme; autant, en cette manière. D'ad
AUMONE, aulmosne ce qu'on sic.
'donne aux pauvres par charité, par pé- Aussitôt, dans le moment même, sur
nitence ou par condamnation juridique. l'heure. T)'ad sic, et de statim.
y? tleemosyna fait du gr. dle'êmosynê, AUSTER, ventdu midi extrêmementt
commisération, pitié, et qui a signifié chaud. Du lat. auster, fait du gr. auG,
'ensuite tontes sortes de charités aux pau- je sèche.
vres ou à l'église. Austral, méridional-, terre du midi,
Aumôner, donner par aumône faire vent du midi. Du lat. australis.
l'aumône par condamnation. Australasie, la Nouvelle-Hollande,
Aumônerie, bénéfice dans les cou- cinquième partiedu monde, située aux
vents et les abbayes pour la distribution terres australes.
des aumônes charge d'aumônier. AUSTÈRE, rigoureux, rude, sévère.
AUMÔNIER,prêtre attaché à un prince, En lat. austerus, du. gr. austeros.
à un régiment, à un vaisseau pour dire Austérité, sévérité des mœurs, mor-
la messe. Eleemosynarius. tification des sens et de l'esprit, rigueur.
Aomônier, qui fait souvent l'aumône Austerdas.
aux pauvres. AUSTÈREMENT,avec austérité. 'Aus-,
AÙMTJCE,- aumusse, fourrure que terè.
les chanoines portoient sur la tête, et AUTEUR, première cause d'une cho-
qu'ils mettent aujourd'hui sur le bras. se créée; inventeur,' créateur, qui fait et
C'est un reste du chaperon. De la basse exécute unechose. D'a«e(o/ faild'auczo,
lat. alrnutia, helnius; dér. d1 amicire, cou- fréquentatif d'augeo.
vrir, ou d'amictus, couverture.Wachter AUTHENTIQUE, qui est revêtu
le fait venir de l'ail, mütze, habillement d'une autorité suffisante qui a les for-
de tête. · mes presérites par la loi; qui mérite
Aumussier; marchand et fabricant qu'on y ajoute foi; ne peut re-
qu'on
d'aumuces. jeter comme faux. D authenticus, fait
ArmeTj pour helmet, casque léger, d'authentikos, qui vient (ïauthentés
sans visière et sans gorgérin. maitre de soi-même, puissant, qui agit
He_'aume, casque lourd à visière et à de sa propreautorité; dér. d'autos, soi-
gorgerin. De la basse lat. helmus, qui se même.
troùvedans les lois ripuaires, pourgalea. Authenticité, publicité d'une cho-
AUNE, aulne, sorte d'arbre à bois se; preuves qui en établissent la vérité
tendre et rougeâtre, qui croît dans les et qui sont généralement reconnues.
lieux humides. Du lat. alnus. Autlienticilas.
Aunaie, aulnaye, lieu planté d'au- Authentiquement d'une manière
nes. Alnetum. authentique.
Aunette petite aunaie. Authentiquer, rendre authentique i
D'où les noms propres, Aunay, Aul- revêtir des formes juridiques.
naye, Delaunai, Delaulnaye, Desaid- AUTOCHTHONE, autocthone, ha-
nayeSj Dçsaunais. bitant naturel d'un pays, né dans le
AUNE, aulne, mesure de longueur, pays même qu'il habite; nom que les
en France, qui varie suivant les lieux. Grecs donnoientaux premiers haliilànts
Du lat. ulna, l'étendue des bras, déF. d'un pays, pour les distinguer des peu-
du gr. ôléné. ples venus d'ailleurs s'établir dans le
AUNACE, mesurage l'aune. même lieu. Les Latins les appeloient
Auner, mesurer à l'aune. aborigènes et indigènes. Du gr. autos,
Auneub inspecteur du mesurage à soi-même, ctdechumn, terre, pays; qui
l'aune. est du pays même.
AUNÉE, plante médicinale, que les AUTOCRATE, aulocmlor, souve-
anciens croyoient être née des larmes rain absolu titre du czar ou empereur
d'Hélène. En lat. initia, enula campana; de Russie.
'
AUT • AUT ,5t
Autocratrice, titre de l'impératrice est autorisé à lever sur les denrées aux
de toutes les Russies. portes des villes.
AUTOCRATIE, gouvernement absolu Octroyer, accorder, concéder, don-
d'un souverain; puissance indépendante ner le droit.
qui tire toute sa force et son pouvoir de AUTOUR, sorte de gros oiseau de
son propre fonds. D'autos, soi-même, proie, du genre des faucons: De Fit. as-
et de kratos, autorité, puissance, force, lore fait de la bass. latin. astur astur-
pouvoir. cus dér. d'asterias, qui se trouve dans,
AUTOGRAPHE ouvrage écrit de Pline.
la main de mêmel'auteur. Tf autos, soi- Autourserie, art de dresser, d'élever
même, et de graphe, j'écris. les autours.
AUTOMATE instrument ou ma- Autoursier, autrucier, qui dresse les
chine qui a en soi le principe de son autours.
mouvement, ou qui imite le mouve- AUTRE," altre, pronom qui marque •
ment des corps animés; personnage ex- distinction et différence entre les per-
trêmement stupide. Du gr automates sonnes et les choses. Du latin alter, fait
volontaire, spontané, qui agit de soi- du grec hat&os, pour héte'ros.
même dérivé d'autos, soi-même, et de Autremeht d'une autre manière,
tnaô désirer, vouloir. d'une autre façon. Aliter.
AUTOMATIQUE, de l'automate, qui Autrui, les autres personnes ce qui
est fait machinalement. n'est pas nous. Du latin altei-ius, fait du
1
AUTOMATISME, art des automates; gr. allotrios.
mouvement machinal. Adultère, qui viole la foi conjugale.
AUTOMNE, la troisième saison de Du lat. adulter, formé de ad et êHaUer.
l'année, entre l'été et l'hiver. Du lat. Adultère, adultération, altération
aulumnus. des uionnoics falsification des drogues;
Automnal, de l'automne. Autum- violation de la foi conjugale commerce
nalis. illégitime avec une personne mariée.
AUTONOME, villes de la Grèce qui Adulterium adulteratio, d'adulterari;
se gouvernoient par leurs propres lois: formé de ad et d'alter.
D'autos, soi-même, et de nomos,v loi;' ADULTÉRER,altérer, falsifier com-
'dér. dene'mô, régir, gouverner. mettre un adultère; faire une chose autre
( Autonomie, droit d'être gouverné par qu'elle est. Adulterare.
ses propres lois. Adultérin, né d'un adultère. Adul-
AUTOPSIE, chez les anciens ce mot terinus.
signifioit contemplation vision intui- Altérer, changer l'état d'une chose,
tive, un prétendu1 état de l'âme dans la détériorer.; falsifier, corrompre éau-
ils croyoient avoir un commerce ser la soif. Alterare, formé Xalurum
lequel
intime avec les dieux; c'étoit l'action reddere, rendre autre.
de voir de ses propres yeux, de contem- ALTÉRABLE,qui peut être altéré.
1 pler la Divinitéface à face. Aujourd'hui Altérant, altératif, qui altère qui
l'autopsie est simplement l'ouverture cause et irrite la soif ,tout remède qui
que l'on fait d'un cadavre pour recon- change les esprits, les humeurs.
noitre la cause mortifère. Du gr. autos, Altération changement en mal;
soi-même, et de opsis, vision; dér. d'op- action d'altérer; grande soif. Alleralio.
tomai, voir, considérer. Desaltérer, ôter la soif,, l'apaiser
AUTORITE, aùctoriié, puissance boire, faire boire.
légitime considération, crédit dont on Inaltérable, qui «ne peut être altéré,
jouit exemple ou décision tirée d'un troublé, falsifié.
auteur célèbre. Du lat. auctoritas. Alaterne arbrisseau toujours vert,
Autorisation, àuctorisalion pou- dont les feuilles sont rangées alternati-
voir de faire; permission autorisée. vement le long de ses branches.
Autoriser aucioriser, donner pou- ALTERNER,faire alternativement avec
voir à quelqu'un appuyer un
permettre autre; exercer tour à tour; mettre,
de son pouvoir. Auctoriare. placer^ poser, l'un après l'autre. Aller-
Octroi, chose accordée; impôt qu'on i nare.
4-
J 1
52 AVA • AVA
ALTERNAT,action, liberté, droit d'al- AvANCÉ, qui est avant 'les autres.
terner. AVANCEMENT, progrès quelconque,
ALTERNATIF, pris l'un après l'autre. établissement de fortune action d'a
Allernus. vancer.
Alternatios changement en alter- AVANCER,aller, pousser, porter, met-
nant.. . tre en avant; être en avant, opérer par
ALTERNATIVE,choix entre deux cho- anticipation faire des progrès payer
ses, entre deux propositions option de auparavant, faire des avances, prêter,
prendre l'un ou l'autre. proposer, parvenir. '
ALTERNATIVEMENT, l'un après l'au- Avanceur, ouvrier qui donne le qua-
tre, tour à tour. Alternatim. trième tirage à l'or;
ALTERNE, venant l'un après l'autre. AVANTAGE,ce qui est profitable; effet
Allerntà. de la qualité d'être en avant; supério-
Alterné, qui se reprend en alterna- rité, profit, prérogative, honneur, ,vic-
tive, qui se correspond. toire.
ALTERCATION, altercas, débat, que- AVANTAGER,accorder des avantages,
relle, dispute, contestation entre deux des conditions favorables.
personnes. Allercatio. AVANTAGEUX, qui apporte'de l'avan-
Alterquer, débattre, disputer, con- tage utile, profitable présomptueux,
tester. qui se croit pourvu de tous les avan-
Entr'actrés, dans le nombre, parti- tages.
culièrement. Avantageusement d'une manière
AUTRUCHE, le plus grand et le plus avantageuse.
gros des oiseaux, à très-long col et fort DAVANTAGE,en plus grande quantité;
vorace. Du lat. strutchios, struthiocame- plus long-temps.
lus, dér. du gr. stiouthios.'Au figuré, Désavantage, préjudice,perte, dom-
homme grand lourd, stupide et grand mage, état d'infériorité.
.mangeur. Désavantager, ôter l'avantage, cau-
AUVERGNE, ancienne province de ser du dommage.
France, qui se compose des départe- Désavantageux préjudiciable, qui
ments du Puy-de-Dôme et du Cantal!. n'est point à l'avantage.
Aruernia. DÉSAVANTAGEUSEMENT, d'une ma-
AUVERGNAT,qui est d'Auvergne. ?. nière préjudiciable.
AUVERNAT,gros vin d'Orléans, rouge Deva'ncer, aller en avant, gagner le
foncé, très-fumeux, dont le plant a été devant, surpasser, laisser-en arrière.
apporté de l'Auvergne.. DEVANCIER,qui a été auparavant.
AUXILIAIRE, qui'aide, qui porte Devant, prép. vis-à-vis en présence;
secours; troupes étrangères, servant et adv. précédemment.
dans une armée verbe qui sert à con- DEVANTIER, devanteau, tablier de
les autres; remède qui augmente femme.
i 'activité
uguer d'un autre. Auxiliarius, fait Devantière, jupe fendue par-der-
d'auxiliiim, aide, secours. rière pour monter à cheval.
AVANIE,vexation quefontlesTurks DEVANTIÈRE,partie extérieure d'une
aux marchands chrétiens pour en tirer °
boutique.
de l'argent affront sans sujet. Du turk Ancien, vieux, âgé; qui est ou qui
havan, opprobre, d'où les Grecs mo- existoit depuis long-temps; antérieur,
dernes, ont fait abania calomnie, dé qui appartient à l'antiquité. Du lat. tm-
• l'adv. abanisios, sans examen. tiquus, fait de la prépos. antè.
AVANT, préposition qui marque Anciennement, autrefois, jadis, dans
priorité d'ordre, de dignité ou de temps. les temps anciens. Antiquilits.
Du lat. ah et antè, ce qui est par anté- ANCIENNETÉ,antiquité, antériorité,
riorité. priorité, qualité de ce qui est ancien.
Avance, ce qui est en avant, ce qui Antécédence, étatd'uncplanète qui
est déjà fait ou préparé anticipation i paroit se mouvoir contre l'ordre des si-
chose faite pour arriver au but, première gnes d'est en ouest. D'arafè, avant, et
démarche 'saillie d'un bâtiment.. de cedere, marcher.
AVA •• AXE 53
Antécédent, qui 'précède une épo- AVARIÉ, gâté, corrompu pendant le
que fixée premier terme d'un rapport, voyage.
première proposition. Antécédent. AVE ou Ave Maria, salutation de
Antécédemment, auparavant, avant l'ange à la Vierge; invocation à la Vier-
l'époque actuelle. ge grains d'un chapelet sur lequel oii
Ancêtres, ancesseurs, aïeux ceux récite l'Ayé temps de le dire. D àve, je
desquels on descend et qui étoient vous salue.
•'
avant. Du lat: ancessor, pour antecessor. AVEC avecques, ensemble, con-
ANTÉCESSEUR, ancêtre; -professeur de jointement; préposition qui indique le
droit. [Antecessor. moyen par lequel on a exécute une chose;
Antérieur, qui précède en ordre de la société qui a contribué à cette exécu-
temps ce qui est avant, Anterior, fait tion enfin, les personnes avec lesquelles
àîanlè-ire, aller devant. on se trouve. Ménage, d'après Guyet',
Antérieurement précédemment, dérive ce mot du lat. ab d'autres d'ai
par antériorité. quo, par lequel Gébelln d'ai et d'am-
Antériorité, priorité de temps.An- bo deux.
teriorilas. AVELINE sorte de grosse noisette
Antique fort ancien ce qui vient dé couleur violette. Du lat. avellana.
des anciens. Antiquus, que l'on dit être Avelinier, variété du coudrier, arbre
formé fVanlè devant, et d'usio, usage, qui porte des.avelines.
coutume. AVIDE, qui désire avec passion, qui a
Antiquaille chose ancienne et de un désir immodéré. Du lat. avidus.
peu dé valeur. 'AVIDITÉ, passion d'avoir désir ar-
ANTIQUAIRE,qui connoitles antiqui- dent, immodéré, insatiable. Avidilas.
tés, qui est versé dans la connoissance Avidemment, avec avidité. Avide.'
des monuments antiques. Antiquarius. AVOINE aveine, sorte de grain
Antiquité, ancienneté reculée; mo- long, pointu, noirâtre, pour.,Ia,.nourri7
nument pu écrit des ancitns. Antiqui- ture des chevaux. Du lat. avtna.
tas. Avèneron, espèce d'avoine.
Antiquaiïiat, connoissance de l'an-, Avoinerie, terre semée d'avoine..
tiquité. AVOIR, posséder dé quelque manière
Astiquer, enjoliver la tranche ou la que ce soit. Du lat. habere.
couverture d'un livre. v Avoir, bien, richesse, possession.
AuPARA.vA.w,T,«u-par-a«mt; en pre-. Avage, ancien droit de prendre dàns
mier lieu avant tout. Formé d'ad; de les marchés autant de. grains ou de den-
priiis et tuante. rées que la main peut en contenir.
AVARE chiche, avide de richesses; Ravoir avoir de nouveau retirer des
f[iiin'aimepojntàdépenser;quinedonne mains d'autrui recouvrer.
jamais rien; qui vent tout pour soi. Du AVORTER accoucher avant terme
lat. avarus, formé d'aveo, je désire, et par accident; échouer, ne pas réussir..
Xœs, cens, argent. Du lat. abortari.
Avarice, attachement excessif aux A vortement, action d'avorter, accou-
richesses; soif de l'or sans en jouir, désir 1 chement avant terme. Abortus.
d'accumuler. Ayuritia. Avorton tout ce qui est né avant
Avaricieux, avare. terme. Abortivus.
Avarement, avec avarice, d'une ma- Abortif, adj. venu avant terme; qui
nière avare. Avare. fait avorter. Abortivus.
AVARIE, droit de mouillage que paie AXE, essieu, pivot, ligne droite;
chaque vaisseau quientre dans un port; morceau de bois ou de fer qui passe par
dépenses imprévues dommage arrive le centre d'un, corps, et sert de pivot
soit au bâtiment, soit aux marchandise! pour le faire tourner comme la roue au-
pendant une traversée; compensation de!tour de son essieu. Du lat. axis, fait du
objets jetés à la mer pendant une tem- gr. axôn.
pête. De l'it. avaria, que l'on-dérive dl i AxiFDGE,quis'cloignedel'axe.DVri.s>
gr.' baris barque," fait d'abaros, dé- et de pheugo en lat. fugio, je fuis, j'd-.
charge d'un vaisseau pendant la tempête vile.
54 Azi AZU x
Essieu pour aissieu, l'axe d'un c roue AZIMUT pour azimulh cercle qui
le cylindre sur lequel elle tourne; pieu de coupe, à angles droits, l?horison et le
bois ou de fer qui traverse le moyeu des point vertical arc de l'horison entre le
roues, les joint et supporte la voiture. méridien et le cercle vertical. De l'ar. al,
.Axis. le, et de zemt, chemin, chemin droit.
Axonge partie de la graisse molle, Azimutal qui mesure ou qui repré-
condensée et humide graisse solide de sente des azimuths; mesure de la décli-
l'épiploon des porcs. Naxungia formé naison de l'aiguille aimantée.
à! axis, axe, et d'ungere, oindre. Zenith, le point céleste, perpendicu-
AXIOME', décision, proposition laire au point terrestre. De l'ar. zemt.
maximesiclaire, si évidente, qu'elle n'a AZOTE, fluide atmosphérique, élasti-
pas besoin d'être démontréepour être re-
que, qui n'est propre ni à la respiration,
çue. Du gr. axioma, dignité, autorité; ni à faciliter la combustion. Du gr. a
fait d'axios, digne, estimable.
priv., et de zoè, vie dérivé de zôô, vivre;
AZEROLE, petit fruit .rouge, en qui prive de la vie qui n'est pasr propre
forme de cerise, et acide comme celui
de l'épine-vinette. Du lat. azerus fait à la .vie..
de l'ar. azral; en ital. azerole. AZUR, minéral bleu; cobalt; cou^
leur du ciel dégagé de nuages. De l'it.
AZEROLIER,arbre de la famille des ali-
siers, qui porte et produit les azeroles. azurro, ou fie 1 esp. azul, faits de Par.
ÀZIME pour azyme, pain sans levain ou du pers. lazùrù, bleu, pierre bleue.
dont se servoient les Juifs dans la célé- Azuré, de couleur d'azur.
bration'de leur pâque. Du gr. azumos, • Aztjrer, mettre de l'azur.
qui n'est pas fermenté, formé d'a priv., Lazuli, lazulite (lapis ), pierre d'un
et de zumê, levain,; qui est sans levain. bleu turquin plus ou moins taché de
Azimite pour azymite, qui se sert de blanc, où il se trouve des veines d'or e^
pain azyme. d'argent.

B seconde lettre de l'alphabet, et la et à la manière des enfants. Les Grecs


première consonne; c'est une labiale, ont dit baô, bazô, babazô, babulu, bam-
ou lettre qui se prononce des lèvres; bain.6, pour causer, jaser.
aussi cst-eÙe devenue la source d'un • Babiller, parler beaucoup sans su-
grand nombre de mots, et particulière- jet caqueter onomatopée du bruit que
ment de ceux qui appartiennent aù vo- font des personnes qui parlent beaucoup
cabulaire de la première enfance. et toutes à la fois. Les Grecs ont dit
Le B ayant toujours été la seconde bazô babtïzein pour balbutier, faire
lettre des anciens alphabets, valut cou- entendre des sons inarticulés, à la ma-
séquemment deux dans l'arithmétique nière des enfants. Nicot dérive le mot'
à lettre. babil de Babel où se fit la confusion
Marqué au B homme bossu bor- des langues.
gne, boiteux, bancal. BABILLARD,personnage qui babille
Le B s'est souvent changé en F en P qui aime à parler beaucoup.
et en V. BABIOLE,chose de peu d'importance;
BABEL (tour de) grande confusion bagatelle qui ne peut occuper que des
de langues et d'opinions. De l'héb. ba-. enfants.
bel, confusion. Babouin, bambin, petit enfant qui
BABIL, abondance, superfluité de commence à articuler; nom d'une es-
paroles sur des choses inutiles; action pèce de singe. En lat. babus, babuinus,
de causer, de jaser long-temps et facile- enfant.
ment onomatopée fort expressive de Bamboche, enfant grotesque et con-
la manière de parler continuellement trefait grande marionnette..
1 BAC BAC_ 55
'BambochAde genre de peinture re- BAGUETTE, tenaille pour tirer à la
des bamboches et des bam- filière.
présentant
bins. BAQUETURE,le vin qui, chez les ca-
BABINES lèvres de certains animaux, baretiers, tombe dans un baquet placé
tels que les singes, les chiens, les bœufs sous leur comptoir lorsqu'ils'mesurent
et les vaches.. du vin.
Bavard, qui parle trop et sans dis- BACHOLLE,casserole de papeterie.
crétion. Robert Estienne et Nicot le Bachot, petit bateau.
dérivent du gr. babax fait de bazâ. BACHOTAGE,conduite d'un bachot;
Bavardage, bavarderie, bavardise, droit de voiture par bachot.
action de bavarder, propos insignifiants, BACHOTEUR,batelier qui mène un ba-
chot.
caquets; défaut du bavard. _i
du
Bavarder, parler trop et sans cir- BACHOTTE, baquet pour porter
conspection. poisson vivant.
salive des Bachou, hotte en bois pour les hoyau-
BAVE, qui coule lèvres; diers.
écume, liqueur visqueuse de certains
animaux. BARQUE petit bâtiment pour traver-
ser les eaux. En bas. lat. barca.
Baver, jeter de la bave laisser cou-
ler la salive sur les lèvres. BARCAROLLE,chanson des gondoliers
à Venise.
BAVETTE, linge qu'on met sur l'esto-
mac et sous la bouche des enfants pour Barqueroixe barquette, petite bar-
retenir la bave; partie haute du tablier. que sans mâts pour le cabotage.
Embarquer mettre dans la barque
BAVEUX, qui bave.
de mer enduit de charger sur un navire; y monter pour
Bavecse, poisson partir; une affaire.
bave.' · engager
EMBARCADÈRE, lieu pour s'embarquer..
Ba voche caractère d'imprimerie qui bâtiment.
EMBARCATION, petit
ne vient pas net, et qui paroit avoir de défense de sortir du port.
la bave. EMBARGO,
EMBARQUEMENT, action d'embarquer,
Bavocher, manquer de netteté.
de ba- ou de s'embarquer.
BAVOCHURE, défaut ce qui Débarquer sortir de la barque, d'un
vôche.
trace vaisseau; moment du débarquement.
BAVURE, laissée par les joints Débarcadour lieu marqué pour dé-,
des pièces d'un moule.
barquer les marchandises.
Embabouiner, engager par des ca-.
DÉBARQUÉ,étranger qui arrive.
resses par des flatteries. DÉBARQUEMENT, action de débarquer.
BABOUCHES, sorte de pantoufles Désembarquer tirer hors du vais-.
de cuir de couleur; chaussure des peu- seau avant le départ ou l'arrivée.
ples de l'Orient; souliers dedessus qu'on Désembarquemeht, action dedësem-
ôte en entrant dans un appartement i barquer.
sandales despaysans. En turkbadbougd, REMBARQUER, embarquer de nouveau.
en persan papous, paspousch, chaussure REMBARQUEMENTaction de rembar--
en général.
quer ou de se rembarquer.
BAC, grand bateau plat qu'on tire BERGE, sorte de bateau étroit et long..
·
avec un- câble, et qui sert à traverser De barca.
les rivières. De l'ail, back,.ou du gr.. BACCH-US, dieu du vin et des bu-
baké, pont de bateaux. Voy. Bassin. veurs, qui présidoit aux vendanges.- En
Feu M.* Clavier dérivoit le mot bac lat. bacchus, du gr. bakclios, que l'on dit
de baculus, bâton. Les premiers ba- dér. de bazô, crier,. parler, parce que le
teaux furent construits avec des bâtons vin fournit des paroles au plus muet.
liés ensemble construits ensuite avec BACCHANALES, fêtes en l'honneur de
des planches, ils conservèrent leur an- Bacchus, qui se célébroient dans la dis-
cienne dénomination. solution et la débauche. BaccluPnalia.
BAQUET,dim. de bac, petit cuvier. BACCUANAL,grand bruit, vacarme,
Baqueter ôter l'eau d'un bateau tapage comme on eu/aisoil aux fêtes de.
avec une pelle de bois ou une écope. Bacchus.
56 • BAC BAD
Bacchanale,' pièce de musique dans Débâcle, débâclement, dt/bacl'age
laquelle on fait beaucoup de bruit. La débarrassement d'un port, rupture su-:
plus estimée est celle qui parvient le bite des glaces, leur écoulement à la·
suite du dégel.
plustôtpossibleàassourdirlesauditeurs. officier chargé du débar-
BACCHANTE, prêtresse de Bacchus; DEBACLEUR,.
femme violente, sans pudeur. Bacchœ. ras des ports.
Bacchique, pied de vers gr. et lat., BAGUETTE, petit bâton délié, long
composé d'une brève et de deux, lon- et pliant, badine; dùnin. de baculum;
gues. -Cette mesure étoit ordinairement de là baguette de tambour, de fusil, de
employée dans,les hymnes de Bacchus. fusée, d'ornement, etc.
Bachique, concernant Bacchus ou le IMBÉCILE, individu qui, ayant l'es-.
vin. Baccheius. prit foible est dépourvu de sens et
Bachionites, philosophes qui mépri- de raisonnement. Du lat. imbecillis,
soient les biens du monde. imbecillus, fait dé la part. priv. in et de
BACHA, pacha, dignité turke; sorte bacillus; c'est-à-dire sine baculo, aveu-
de gouverneur de province qui jouit gle sans guide, sans bâton il en est de
d'une grande autorité. Du turk Jas/j,tête. même du mot potences, béquilles, d'où
PACHALIK,gouvernement d'un pacha. est venu impotent.
BACHE, *baghe, grande toile qui en- Imbécillité, faiblesse d'esprit,' ab-
veloppe les voitures de roulage et leur sence de raisonnement. Imbecillitas.
chargement; coffre de bois des pompes; Imbécillement, avec imbécilité.
châssis sur une fosse en maçonnerie. Du BADELAIItE,,sorte de coutelas à la
lat. vagina. turke; nom de l'épée de Charles le
Bâcher, *baglier, couvrir une voiture Chauve. Çelon Ménage, badelaire n'ap-
dé la bache. partient ni à l'Orient ni à l'Allemagne;
BAGAGE, diminutif de bâche, 'petit il pense qu'il ppuvoit avoir été fait de
sac propre à renfermer ses effets équi- balalaria, épée debataille; le P. Labbe
page de guerre et de voyage. le dér. de bellux, combattant, et le P.
BACHELIER, jeune homme auquel Menestricr de ballhearis épée de bau-
on a conféré le premier degré dans les drier.
lettres, dans les sciences ou dans les BADIGEON, couleur jaunâtre dont
arts. Du lat. baccalaureus on enduit les murs mot d'ouvrier, dont
de
Baccalauréat,, premier degré pour la naissance ne remonte pas au-delà
l'ori-
parvenir au grade de maître ès-arts. •la moitié du xvme siècle, et dont
Baccalaurealus gine est inconnue.
Ba'chelette jeune fille nubile. Badigeonner, peindre avec du badi-
BACLER', fcriiier une porte ou une geon.
fenêtre avec des bâtons ou dïs barres Badigeonneur, qui badigeonne.
de bois ranger" un bateau pour le char- BADIN, plaisant, folâtre. Dugr.
de l'en-
ger ou le décharger; terminer, expédier paidnos, jeune homme sortant
une affaire. De baculare, fait de bacu- fance. Les étymologies d'Adrien de Va-
tum bâton. Les paysans, se servent lois, de Casaùbon, de Ménage, ne sont
en général d'un bâton'ou d'une grosse pas soutenables. Wachter en a plus ap-
cheville de bois en guise de verrou pour proché en le dérivant du gr. paizSn
fermer leurs portes. jouer, folàtrer comme les enfants; fait
BACLAGE,arrangement de bateaux de paidia, jeu, enfantillage.
dans un port, pour charger ou déchar- Badinage, plaisanterie, amusement,
ger des marchandises. bagatelle.
BACULER,frapper à coups de bâton. Badinant, cheval de relai qu'on mène
Baculare. à la suite d'un attelage de six chevaux.
Debacler, ôter ce qui gène, ce qui Badine, canne légère et pliante, qui
embarrasse; tirer les bâtons qui ferment t sert d'amusement; pincettes légères.
une porte et l'ouvrir; débarrasser les Badiner, faire le badin; folâtrer,
ports. Débdcler se dit des rivières don t, écrire ou parler avec cnjoùment, plai-.
.des glaces viennent se rompre tout-à^ santer avec légèreté.
coup. Badjnerie, bagatelle, enfantillage.
`
"bai BAI s7
BAGARRE, dispute, querelle, rixe, BAIE, 6a/e,fruit de certaines plantes,
grand bruit occasioné par une mul- comme celui du laurier. Du lat. bacca.
titude de cens qui sont en discorde; BaccifÈre, qui porte des baies. De
embarras de voiture. Onomatopée qui bacca et de fero.
peint le bruit confus de la multitude. BAILLEMENT, action d'ouvrir in-
BAGUE, anneau de métal que l'on volontairement la bouche dans l'ennui
porte aux doigts. Ménage dérive ce mot ou dans le-sorameil exclamation qui se
de bacca, que les Latins ont dit d'une fait en ouvrant labouche lorsqu'on voit
perle, à cause de la ressemblance qu'ont quelque chose qui ne plait pas.
les perles pour leur rondeur avec les ba- Onomatopée du bruit du bâillement.
gues d'autres de l'all. boug, beag, an- Bailler, faire des bâillements; res-
bijou. pirer en ouvrant fortement la bouche
BAGUIER,écrin pour serrer les bagues. s'entr'ouvrir, être mal joint.
BAGUER,arrêter à grands points des BAILLEUR, sujet à bâiller, qui bâille
plis ronds à un bonnet, à une robe. beaucoup.
BAGUENAUDIER, le faux séné, Bâillon, instrument qu'on met dans
arbre à fleurs légumineuses, dont les la bouche, pour empêcher de parler, de
gousses pressées éclatent avec bruit; ce- crier ou de mordre, et qui fait ouvrir la
lui qui baguenaude, qui s'amuse; le bouche comme un homme qui baille.
colutea des botanistes. BALLONNER,enzbtiillonnei*, mettre un
Baguenauder, s'amuser à faire cla- bâillon dans la bouche.'
quer les cosses de baguenaudier, qui BAILLE, moitié, de tonneau en forme
sont remplies de vent; s'amuser à des de baquet.
futilités, perdre son temps. Baier bayer, Leér, Afzder, regar-
BAGUENAUDE,gousse du baguenau- der niaisement, et la bouche ouverte,
dier, qui forme une espèce de vessie. De comme si Von bâllloit. En ital. badare,
bacca. Voy. Baie.. s'occuper d'une chose, s'arrêter à la con-
BAHUT grand coffre de bois à sidérer. Ce verbe italien que l'on pré-
couvercle, dans lequel nos pères ser- tend avoir été fait de la basse latinité, a
roient leurs effets. De l'all. behalten, la même signification que nos verbes ba-
behuten, garder, enfermer. der, badauder, baer, baïer, bayer, beer.
Bahuiier, faiseur de bahuts. Au surplus, ces mots factices' sont très-
BAI, couleur rouge-brun, tirant sur anciens dans la langue romane, et sont
la châtaigne. Du lat. badius en ital. fréquemment employés par nos écrivains
» bajo', que l'on fait venir du grec bâton, des xii° et xni6 siècles.
et bais, rameau de palme qui est de cou- Baie baye, bée ouverture laissée
leur baie: dans les murs que l'on construit, pour
BAILLET,cheval àpoil roux tirant sur ensuite y faire des portes et des fenêtres.
leblanc. Du verbe bailler, parce qu'à l'endroit
BAYARn, cheval bai. de la baïe il semble que le mur bâille.
Balzan cheval noir ou bai, marqué Gueule bée, bouche ouverte.
de blanc aux pieds ou au front. Baïeur bayeur, qui baye, qui re-
BALZANE, marque blanche aux pieds garde niaisement
ou au front d'un cheval. De l'ital. bal- BÉANT, qui a la bouche ouverte, qui
zana, que Ménage fait venir du gr. ba- • présente une grande ouverture.
lios, luisant et blanc d'où les noms Bah mot factice qui échappe aux
propres Bai, Dubai Lebai Baillet gens étonnés, et qui se prononce en ou-
Dubaittet Bayard, Dubayet. vrant la bouche comme si l'on bâilloit.
BAIE,.iape, plage, rade, golfe, ou Badaud, homme simple qui s'étonne
les vaisseaux sont à l'abri du vent. De de tout.
Vesp. baya, fait du lat. baia. Badauder s'amuser à tout, niaiser.
BAIE, baye tromperie, subtilité. Mé- BadAuderie, badaudage, 9 action, dis-
nage le dérive de l'ital. baia'qui a la cours de badaud.
même signification. Pnsqnier le fait ve- Bagatelle, minutie, chose frivole,
nir du bée de la farce de Patlielin.
Voy. peu utile, de peu de prix. Barhazan dé-
Bâillement. rive ce mot de vagari.
58 BAI BAL
S'ébahir, être ébahi, être dans l'éton- en Turquie prison pour les forçats en
nement d'une chose simple et naturelle. France après le travail. Del'it. bagno,
Ébahissement, étonnement, surprise.- fait du latin balneum dérivé du gr. ba-
BÉoceule, femme qui grimace en par- laneion parce qu'il y a des bains dans
lant, qui tord la bouche, qui affecte une la prison où l'on renferme à Cônstanti-
modestie outrée; prude, impertinente. nople les esclaves du grand-seigneur. Ce
BÉGUEULERIE,air, action, discours de nom fut ensuite donne à tous les lieux
bégueule. destinés à renfermer les esclaves et les
ENTRE-BAILLER, eutr'ouvrir ûneporte, gens condamnés aux fers.
une croisée, etc. BAÏONNETTE, bayonnette, sorte
Entre-baillé, un peu ouvert.. de poignard ou d'épée courte qui se met
BAILLER donner, livrer, prêter, au bout du fusil; ainsi dite de la ville
portér. De la bass. lat. bajulare, fait du deBayonne où cette arme fut inventée.
gr. ballein, envoyer celui qui baille BAISER embrassement; action de
envoie en quelque sorte. celui qui baise. Onomatopée du son des
Bail au plur. baux contrat par le- lèvres qui donnent un baiser. Les Latins
quel on baille à loyer une ferme une ont dit basium.
maison etc. ^ Baisemain, hommage, salut de poli-
BAILLEUR, bailleresse, qui donne à tesse.
bail. BAISEMENT,,action de baiser la mule
BAILLEURDE FONDS usurier, prêteur du pape.
à la petite semaine qui fournit de l'ar- BAISER, appliquer sa bouche, ses lè-
gent à gros intérêts. vres sur; se toucher. Basiare.
BAILLI, officier de justice auquel le Baiseuh,' baiseuse, qui aime à baiser.
seigneur baille le droit de régir en son Basiator. i
nom ses vassaux de rendre la justice, BAISOTER,baiser souvent, sans cesse.
et d'administrer ses domaines. Dela bass. Bai'sure, endroit moins cuit où les
la bajulus, painsse sont touchés dans le four.
juridiction d'un bailli; sa
BAILLAGE, ENTRE-BAISER ( s' ) se baiser récipro-
demeure, son-tribunal. quement.
BAILLIVE, femme d'un bailli. BAL, assemblée pour danser, lieu où
Baile titre de l'ambassadeur de la l'on danse. Du fat. ballare, que les Ita-
république dé Venise à la Porte-Otto- liens ont conservé; formé du £r. balli-
mane. ze'in, sauter, danser, dérivé de ballein
BAILLEUL,rebouteur, chirurgien de frapper, envoyer.
village qui remet les os fracturés ou dé- BALLER,sauter, danser.
boités. D'où les noms propres Bail, Ballet, danse figurée, danse drama-
<Baillr, le Baillj; Bàilleul. tique.
BAlN, lieu propre à se baigner; eau 'Baladin, danseur de théâtre; farceur,
dans laquelle on se baigne; action de se bouffon. r
baigner. Du lat. balneum balineum, Baladinage, mauvaise plaisanterie;
• fait du balaneion. farce de tréteaux.
gr.
BAIN-MARIE,corruption de balnéum- Ballade ancienne pièce de poésie
maris, bain de mer; eau bouillante où françoise, composée de trois couplets et
l'on plonge un vase qui coutientee qu'on d'un envoi terminés par le mêmerefrein.
veut faire chauffer. De ballein, envoyer.
Baigner mettre dans le bain, pren- Batadèhe: pour. balladère courti-
dre un bain; mouiller, arroser. Bal- sane, cantatrice, danseuse 'consacrée
fieure. chez les Indiens. De balladera, nom
Baigneur, baigneuse, qui se baigne'; donné par les Portugais de Goa aux
propriétaire d'un bain. Balneator. danseuses indiennes.
BAIGNEUSE,grand voile que portent Balladoire, fête où l'on danse.
les'femmcs qui ne veulent pas être recon- BALAFRE, cicatrice, coupure, es-
nues lorsqu'elles vont prendre le bain. tafilade. au visage. Du lat. mala-fracla.
Baignoire, cuve pour prendre lebain. BALAFRE,qui a une balafre au visage.
Bagne, lieu qui renferme les esclaves BALAFRER,£iircdes balafres à la figure.
BAL N
1 BAL 5o
BALAI, balay, petit faisceau, grosse augm. depalla, robe, ou dcpallium,
poignée de verge, de jonc, de crin, dee manteau de cérémonie des évèqués. Par
plumes, etc., emmanchée d'un bâton analogie on a fait
pour nettoyer; instrument de ménage Balandre, sorte de bâtiment de mer.
pour ôter les ordures. Voy. BALLE. BALANITE, gland de mer, mollus-
BALAYER,ôter les ordures avec un ba- que ou ,ver renfermé dans une enve-
lai.. loppe conique, de plusieurs pièces iné-
BALAYETTE,petit balai. gales. De balanus, fait du gr. balanos,
BALAYEUR,balayeuse, qui balaye. gland; parce que cette enveloppe imite
Balayures ordures amassées avec le la forme d'un gland, où plutôt d'une
balai.Barbazàn tire ces motsde vaci llare, pomme de pin^
secouer, agiter, renvoyer la poussière. Le BALA.USTIER, grenadier sauvage.
P. Labbe prétend que balai.vient de be- Du lat. balaustum, fait du gr. balaus-
tula, bouleau. Voici l'opinion de Case- tion en ital. balaustra.
neuve encore qu'un balai serve à ba- BALAUSTE, calice des fleurs du ba-
layer,' c'est-à-direà nettoyer toutes sortes laustier.
d'ordures, il est pourtant ainsi appelé, BALUSTRE,espèce de petite colonne
parce qu'il sert à nettoyer la balle, c'est- dont le chapiteau et la base sont ornés
a-dire, la séparer du grain. de'moulures. Ainsi dit de la ressem-
BALAIS, balay, sorte de rubis de blance du balustre avec le balaustier.
couleur de vin fortpaillet, ainsi nommé BALUSTRADE, assemblage de balustres,
de Balascia, pays et le Ben- servant d'ornemènt et de clôture; toute
entre Péeu
gale, d'où les premiers ont été apportés. clôture à jour et à hauteur d'appui.,
Voy. les auteurs cités par Ménage. BALUSTRER,orner de balustres.
BALANCE, mesure à deux plats ou BALBUTIER, parler confusément;
bassins pour peser solde et apurement prononcer mal et en hésitant. Du lat.
d'un compte; signe du zodiaque. Du balbutire. Voy. BÈGUE.
lat. bilance ablatif de bilanx. BALBUTIEMENT,action de balbutier.
BALANCÉ,pas de danse. BALCON, saillie avec balustrade aux
BALANCER,tenir en équilibre, pen- fenêtres, d'un bâtiment. De l'ital. bal-
cher sur le côté agiter par. un mouve- cone fait du turk bàlà khanèh.
ment alternatif. BALDAQUIN, sorte de dais au-des-
BALANCEMENT, action de balancer et sus d'un .lit, d'un catafalque d'un
de-se balancer. trône, d'un autel; ouvrage d'architec-
BALANCIER,artisan qui fait des ba- ture et forme de couronne portée sur
lances le pendule d'une horloge grand plusieurs colonnes. Del'it. baldacchino,
bâton des danseurs de corde machine qui a été fait de baldacco, en ancien
pour frapper la monnoie; tout'ce qui a françois Baudac, qui signifie Bagdad,
un mouvement de va et vient. ville où l'on fabriquoit des draps de di-
BALANCINE,corde qui va du mât à la verses couleurs, appelés, selon Ménage,
vergue. .Babylonica.
BALANÇOIRE machine pour se ba- BALEINE, cétacée, grand poisson
lancer. de mer; ses fanons. Du lat. balœna,
Balant, corde non halée. Aller les fait'dù gr phalaina baleine.
bras balants, marcher en balançant les BALEINÉ, garni de fanons de baleine.
bras. Baleineau, petit d'une haleine.
BILAN registre de l'actif et du passif Baleinier, navire pour la pêche de
d'un marchand. la baleine.
Contre-balancer égaler avec des Baleioptères, genre de testacées. Du
poids. gr. phalaina, et de pteron, aile.
BALANDRAN, balandras, manteau BALEINAS,membre de la baleine.
'de campagne, so'rte de casaque d'étoffe Phalène, papillon de nuit. On pré-
grossière, pour se garantir de la pluie; tend que ce nom vient du gr. phalaina,
La Fontaine s'est servi de ce mot dans moucheron qui vient voltiger autour de
la fable de Borée et du Soleil. De la bass. la chandellejlequel seroit dérivé du verbe
lat. balandrana; en ital. palandrano phao luire briller, parce que les pa-
N
.6o BAL BAN
pillons nocturnes sont attirés par la recouvert, petite pelolte élastique pour
lumière. jouera la paume, petite boulede plomb
BALISE, marqué, pieu, mât élevé dont on charge les armes à feu gros
.fascine ou tonneau pour indiquer les paquet de marchandises recouvert de
écueils les endroits dangereux aux ba- toile et lié par des cordes. Du gr: palla,
teaux dans une rivière, aux bâtiments qui a la même signification ou plutôt
sur les côtes; espace libre le long des de ballein, envoyer, lancer.
.rives pour le halage. De palus, pieu. BALLON,vessie soufflée et enfermée
Baliser, mettre des balises j attacher dans unepeau sphérique, quel'on lance
un bâtiment à ces sortes de pieux. 1 du pied et de'la main par amusement;
Baliseur inspecteur des rives pour aérostat, mongolfière; personne grosse
la place du halage. et courte..
Falaise, côte escarpée de la mer, Baxt.oivn.ier, marchand et fabricant
écueil, rocher. En,ital. baho, rocher. de ballons et d'aérostats.
Falaiser, se briser contre une falaise, BALLOT,grospaquet de marchandises..
en parlant dés vagues. Falaise peut ve- BALLOTTE,petite balle; petit bulletin
nir du saxon fels, rocher, dune, falaise. pour les suffrages vaisseau de bois où
On aura remarqué que ce nom s'est par- l'on met la vendange.
ticulièrement appliqué aux rochers de' Ballotter,- aller au suffrage avec des
la Bretagne et de la Normandie où les ballotes; mettre en paquet; se jouer de
Saxons ont habité. quelqu'un comme d'une balle; le ren-
BALISTE machine de guerre des voyer de l'un à l'autre.
anciens, qui servoit à lancer de grosses BALOTTAGE, ballottement action de
pierres. Du hit. balista, fait du gr. balld, ballotter dans une élection.
je lance, je jette. BALLOTTAnE saut d'un cheval entre
Balistaire, ingénieur des anciens, les piliers, en jetant les quatre pieds en,
qui avoit soin des machines de guerre. l'air.
Balistarius. Ballotin petit ballot enfant qui
BALISTAIRES, genre de poissonscarti- reçoit les ballottes au jeu de balle.
lagineux et thoracins, à deux nageoires Déballer défaire une balle, en ex-
surledos; l'une présente un rayontrès- traire les objets qui y étoient contenus.
.fort, qui, couché dans une fossette creu- Déballage, action de déballer.
sée sur le dos; peut se relever à la volonté DÉSEMBALLER, défaire une balle; dé-
de l'animal, avec autant de vivacité que barrasser une chose emballée.
la corde d'une arbalète qui se détend. DésemeallAge ouverture d'un bal-
BALISTIQUE,art de calculer le jet des lot, d'une chose dont le contenu est
projectiles, ou le mouvement des corps emballe.
lancés en l'air. Balistica. EMBALLAGE,action d'emballer; ce
BALIVEAU arbre réservé dans la qu'il en coûte pour emballer.
coupe des bois taillis. De palus, ou de EMBALLER faire une balle mettre.,
vallus, pieu. dans une balle, empaqueter.
Bàli vage, choix, compte, marque des EMBALLEUR,qui emballe.
baliveaux., Remballer, emballer de nouveau.
BALIVERNE, sornette, discours fri- .BÀ^MBOTJ, roseau des Indes; canne
.vole, conte fait à plaisir. Voici l'opinion faite d'une de ses branches. De l'indien*
de Ménage on dit, parler comme un bambou.
crocheteur, pour dire parler mal; ce qui BAN, publication à'cri public; con-
pourroit donner lieu de croire que bali- vocation de la noblesse ou des jeunes
verne auroit été fait de bajulus. gens pour la guerre; proclamation de
s'amuser à des bali- promesse de mariage cri public pour
Balivermer
vernes. annoncer une vente, une chose perdue,
BALLE pellicule qui recouvre le l'ouverture de la vendange exil, ban-,
et qui s'en sépare quand on le, nissement. De l'anc. ail. bann, qui si-
grain
yanne.Depalleïn jeter, secouer, dont gnifie publication et exil. Dans cette der-
on a fait palea, paille. Voyez ce mot. nière signification Barbazan et Clavier
BALLE, tout ce qui est enveloppe, le dérivent de pœna.
BAN. • BAN 1
Ct
Banal, qui est destine au service pu- Banquier j qui fait la banque qui
blic, moyennant une redevance que tient un jeu contre les joueurs.
l'on fitisoil an seigneur; qui sert à tout Banqueroute, faillite, rupture de la
le monde; trivial qui est sujet à la ba- banque d'un négociant déclaration
nalité. d'insolvabilité. De l'ital. bancarotta.
Banalité, droit qu'avait un seigneur Guy Coquille, sur l'art. 2o5 de l'ordon-
de contraindre ses vassaux à se servir nance de Blois, fait l'observation sui-
des choses qu'il avoit destinées à être vante n Banqueroute et faillite sont
banales; tels étoient le moulin, le four, dictions italiennes:, car en Italie d'an-
le pressoir, etc. > cienneté, estoit accoutumé que ceux qui
Bandiment proclamation faite par faisoient trafic de deniers pour prester,
le sergent d'un seigneur haut justicier. ou pour faire tenir et changer, avoient
Bandit, vagabond malfaisant; banni un banc ou table, en lieu public. Quand
qui se joint à des voleurs; débauché, li- aucun quittait le banc, que les Latins
bertin, sans probité, sans aveu. De l'it. disent foro cedebat se disoit que son
'bandito. banc' étoit rompu. Fallito au même
Bande, troupe de bandits; ligue, parti. langage, signifie banqueroute; et ban-
Banier, taureau banal. queroutier et falliti se disent ceux des-
Banlieue, tout le terrain une lieue à quels le crédit est failli. De vray, ces
la ronde ou s'étend l'autorité d'un ré- fallites furd crinzen implicant, et d'an-
glement,' d'une juridiction. cienneté, sont plusieurs ordonnances
exclu du ban pour les punir extraordinairement. »
Banni, qui a été
chassé d'un pays. Banqueroutier qui a fait banque-
Bannir', chasser quelqu'un du ban, route^
de la juridiction. BANQUET,repas magnifique que l'on
Bannissable, qui est à bannir. prenoit étant assis sur des bancs: 'De
Bannissement exil par ordonnance l'ital. banquetto, dont les Espag. oht
publique. fait banqueté, et les Allem. banckett.
Ban vin, ancien droit d'un seigneur Banqueter, être à table, faire habi-
de vendre exclusivement son vin pen- tuellement bonne chère.
dant un temps prescrit. BANQUETTE petit chemin au niveau
CONTREBANDE,commerce en fraude de la rue; appui de croisée fort bas, et
ou de marchandises prohibées. De l'it. qui sert pour s'asseoir ainsi dit de la
contrabando, contre, malgré lé ban ou figure longue et relevée d'un banc.
la publication des défenses. Banquiste, homme qui court les foi-
Contrebandier, qui fait la contre- res avec des jeux de hasard. Au figuré,
bande. escroc qui va de ville en ville.
BANC; long siège sur lequel peuvent BOMBANCE,pour bon-banc, 'grande
se placer plusieurs personnes. De l'ail. chère, grand repas. Ce mot ne vient
bank qui signifie.la même chose. Aux point de pompa, comme l'ont avancé
.lits des Romains, pour prendre les re- plusieurs étymologistes.
gagner tout tit l'argent
pas, succédèrent les iancs, que l'on cou- Débanquer
vrit de tapis, pour les rendre moins qu'un banquier de jeu a devant lui.
durs. De lital. banco, fait de la bass. Embanqùé vaisseau arrêté sur un
lat. bancus, yris pourscamnum, dér. de banc de sable.
l'allem. bank.. BANDE morceau d'étoffe long,
BANCAL,BANCALEbancroche indi- étroit et délié, dont on se sert pour
vidu qui a les jambes tortues et dispo- comprimer, envelopper, serrer. De l'ail.
sées en pieds de banc. bandt selon Ménage, et de pannus
BANCASSE, caisson servant de lit et de' suivant Barbazan.
banc. Bandage, lien qui sert à comprimer
Bajvcelle, petit banc étroit et long. quelque partie du corps; bande de lin-
• Banque, commerce d'argent; lieu où ge, de cuir, de fer, pour fixer, tenir, lier i
il se fait; état de celui qui l'exerce; caisse art de bander les plaies.
publique fonds d'argent devant un han- BANDAGISTE, qui fait et vend des ban-
quier dejeu. De Fit. banca, fait de banco. dages pour les hernies.
62 BAP BAR
BANDEAU, bande pour ceindre te Baptismal,- baptismaux, qui appar-
front, pour couvrir les yeux; aveugle- tient au baptême.
ment de l'esprit. BATISTAIRE,.registre qui contient le
BANDELETTÈ,petitebande pour orner. nom des personnes baptisées.
BANDER,serrer, comprimer, envelop- Baptistère, chapelle où l'on' baptise;
per avec'une bande; mettre un ban- certificat de baptême. Baptisterium.
deau tendre avec effort un ressort; se DÉBAPTISER,changer de nom.
tendre fortement. ANABAPTISTESou iebaplisants, sec-
BANDEREAUsorte de bandoulière ou taires qui ne baptisent leurs enfants
de cordon pour suspendre la trompette qu'à l'âge de raison, et rebaptisent, à
au col de celui qui en sonne. leur manière, ceux qui ont reçu le bap-
,'>
Banderolle, sorte d'étendard, d'en- tême en naissant.
seigne pour ornement. Anabaptisme, secte desAnabaptistes.
Bandière, bannière, pavois des mâts Catabaptistes, sectateurs qui nioient
de galère. la nécessté du baptême. De kata, con-
Bandouliers, voleurs des montagnes tre, et de bap'tismos, opposé au baptême.
des Pyrénées, aussi appelés miquelets. REBAPTISER,dpnner le baptême une
Mézeray, année 15^0, t. ni, p. 229, rè- seconde fois.
jjne de Charles ix dit « Les habitans BATISTE, pour baplisle, sorte de toile
du Roussillon nomment ces voleurs bari- de lin très;fîne, ainsi dite du Jinge avec
,douliers, du mot vando, que les Gas- lequel on essuie la tête des jeunes en-
cons prononcent bando, qui veut dire fants qui ont reçu le baptême.
faction et aussi pedrinals pour peitri- BARAQUE, mauvaise maison con-
nal, de certaines arquebuses ainsi nom- struite en planches; hutte des soldats
mées, qu'ils tenoient appuyées contre pour se mettre à couvert maison ou l'on
la poitrine; si peut-être ces arquebuses paie-etnourrit mal. Del'esp. barraca,
n'ont. pris leur nom de bandouliers mê- cahutte de pêcheur au bord de la mer.
me quelques autres veulent qu'ils soient BARAQUER,construire, élever des ba-
appelés pedrinals, parce qu'ils sont hos- raques.
tes des cailloux et des rochers, qui en BARBACA>NE, fente perpendicu-
langue espag. sont nommés pedernals. » laire qu'on pratique dans les murs des
BANDOULIÈRE,hande de cuir pour terrasses pour l'écoulement des eaux;
porter le fusil, le sabre, la giberne. ouverture pour tirer sur l'ennemi sans
Bankière, enseigne, drapeau, éten- se découvrir. De l'it. barbaccane sorte
dard porté au bout d'un bâton. de fausse braie.
Bahneret, qui avoit le droit de ban- BARBARE, cruel, sauvage, inhu-
nière à la guerre. main, grossier, qui manque de civilisa-
Débander, détendre, ôter une bande, tion nom donné par les Grecs et les
un bandeau. Romains à tous les peuples qui ne par-
DÉBANDADE,action de débander. loient pas leur langue. Du lat. barba-
Débandement, action de se déban- rus, fait du gr. barbaros, étranger:
der. Barbarement d'une manière bar-
Embandé, entouré de bandes. bare. Barbare.
Contrebande dans~ le blason c'est BARBARIE,cruauté, rudesse, action
une bande divisée 'en deux parties îde inhumaine.
différents métaux, dont l'une doit être BARBARIE, contrée d'Afrique, pays
de métal et l'autre de couleur. des Barbaresques.. Barbaria ainsi dite
BAPTEME, cérémonie religieuse, de ce qu'elle étoit hors de l'empire ro-
qui, chez les chrétiens, régénère ceux main.
qui yparticipent, et les lavent du péché BAREARESQUE, habitant de la Barba-
originel. Du lat. baptismus, fait du gr. rie qui appartient à la Barbarie, con-
baplismos, immersion, dérivé de baptô, trée d Afrique.
plonger dans l'eau. BARBARISME,mot barbare faute de
Baptiser, conférer le baptême, don-don. diction, mot forgé qui blesse la pureté
ner un sobriquet, mettre de l'eau dans du langage. Barbarismus. 1
du vin. Baptizare. Baragouin baragouinage, langage
BAR BAR. 63-
barbare, corrompu, inintelligible. Bar-; biter des absurdités, se moquer de l'o-
baricus. ·
pinion publique.
BARAGOUINER, parler un baragouin, BARBOUILLEUR, qui barbouille; mau-
prononcer inintelligiblement. vais peintre:
Baragouineur, qui baragouine. Débarbouiller, nettoyer, ou se net-
BARBAROU,raisin de Barbarie. toyer le visa™eavec de l'eau.
BARBE,cheval de Barbarie. EBARBER, oter les-inégalités couper
BARBE, poil des joues et du menton; les barbes.
longs poils de certains animaux; nageoi- Ebarboir, outil pour ébarber..
res de certains poissons plats. Du latin EBARBURE, ce quel'on a.ébarbé; barbe
barba. de la gravure.
BARBES,bandes de mousselines ou de Imberbe, sans barbe. Imberbis.
dentelles placées saux deux côtés d'un RÉBARBATIF,homme quia les maniè-
'bonnet de femme. res dures et repoussantes qui relance
Barbeau barbillon, poisson d'eau les autres en face et à leur barbe. Ce mot,
douce du genre cyprin, ainsi dit à très-ancien, vient du verbe rebarber, em-
cause de ses barbes. Barbellus, barba- ployé par nos pères dans la signification
tulus, dim. de barbus. de regarder en face, de disputer, contra-
Barbéier (en parlant du vent), raser rier. Le duc de Bretagne s'adressant au
la voile. capitaine du château de l'Hermine, qui
BARBELLE,flèche qui a les dents en parloit en faveur du connétable de Clis-
pointe. son, lui dit Taisez-vous. car si vous
Barberie, art de faire la barbe, lieu me rebarbez, je vous destruiray de fond
où l'on rasoit dans les couvents. et de racine.
Barbet, sorte de chien caniche, ainsi D'où les noms propres de Barberi,
nommé à cause de ses longs poils frisés. Barberini, Baibier.
BARRETTE,sorte de guimpe; plate- BA RDACHE misérable adonné à la
forme sans épaulement et entièrement pédérastie. De Fit. bardasso; en esp.
rase. bardaco.
Barbiciion petit chien barbet. BARDE, nom des poètes musiciens,
BARBIER,qui fait la barbe. Barbator. des chanteurs chez les Gaulois. En lat.
Barbifier', faire la barbe. bardus, dans Festus et Lucain en gr.
Barrille, filament des monnoies. bardoï, dans Hesychius, Strahon, Athé-
Barbon, vieillard à barbe blanche; née, Possidonius; en bas-breton baril,
homme qui a de l'expérience. ménétrier, joueur de violon en irland.
Barbonnage, qualité du barbon. 'bardan, chantre, bardas, chanson.
BARBU,qui a de la barbe. Barbatus. BARDE, armure ou parement dont
BARBUE, poisson de mer à longues on couvroit le poitrail ou les flancs d'un
barbes; sorte de turbot sans aiguillons. cheval de bataille; tranche de lard cou-
BARBETS,religionnaires vaudois, du pée mince qu'on applique sur l'estomac
Piémont ainsi dits de ce que leurs pas- d'une volaille destinée à être rôtie! De
teurs s'nppeloient barbes. Du mot vé- l'it. barda, couverture en général, fait
nitien barba, ancien chef à barbe, et de l'arabe bât, selle., toute
bardga
oncle. chose cambrée.
BARBURE,inégalité dans la fonte des BARn,civière àbras,cambré au milieu.
métaux. Bardeau, petit ais taillé en forme da
BARBOUILLER, salir, gâter, souiller la tuile dont on se sert pour couvrir les
barbe; peindre grossièrement et d'une maisons.
manière ridicule, écrire mal. De barbu- Bardelle, selle de grofgï toile, gar-
lare, fait de barbant olere. nie de paille, piquée fortement avec de
Barbouillage, peinture détestable; la ficelle, sans qu'il entre ni cuirj ni
mauvaise écriture, discours embrouillé. bois, ni fer.
Barbouillé, sali, gâté, plein de ta- BARDER,armer un cheval de bardes;
ches. Les farceurs chez les' Romains couvrir une volaille de bardes de lard i
s'appeloient barbuleiir charger et porter sur un bard.;
Barbouillée ( se moquer de la ) dé- BARDEUR,porteur dé bard.
C4 15AR BAR
Bardis séparation à fond de cale BARRE, pieu, perche, pièce debois
pour charger des blés. ou de métal, étroite et longue; juridic-
BARDOT,petit mulet; celui sur lequel tion place destinée aux avocats et aux
les autres se déchargent de leur beso- orateurs sorte de barrière en bois éta-
gne; celui qui ne se fâche point des blie entre les juges et les plaideurs. Du
plaisanteriesdont on l'accable. lat. vara, pieu, perche; au figuré, dif-
DÉBARDEHitirer le bois des bateaux, ficulté, empêchement.
des trains, le porter sur le bard. Barreau petite barre espèce de
DÉBARDAGE, action de débarder. barre carrée servant de fermeture lieu
Débardeur, ouvrier qui débarde. où plaident les avocats, à cause des bar-
BARIL, tonneau propre à contenir reaux qui les séparoient anciennement
des'liquides. Dans Vitruve, barica et des parties.
bcuycephala. Caseneuve les dérive du Barrerj fermer par-derrière avec une
Hr. barus, venant de barnidches; en bas. barre, séparer par des barres boucher
lat. barri dus, qui se trouve dans l'art. 68 le passage, faire une raie, empêcher,
du Capitulaire de Charlemagne, de fail- mettre.
lis. BARRAGE,péage pour l'entretien des
BARILLARD,officier de galère qui a routes; ainsi dit parce que le chemin
soin du vin et de l'eau. est barré.
BARILLET,petitbaril; boite du grand BARRAGER,percepteur pour le droit
ressort d'une montre, d'une pendule. de
barrage.
Barriquaht petit tonneau d'inégale BARRIERE,porte ou issue fermée avec
capacité. des barres; pièces de bois fermant un
Barrique; gros tonneau. passage; enceinte, porte de ville où l'on
BARRICADE,retranchement fait avec paie les droits borne, obstacle.
des barres, des barriques, des chaînes Barrure barre dans le corps d'une
des charettes, etc. Voy. Mémoires de guitare, d'un luth:
la vie de J. A. de Thou, t. xi liv. ni, EMBARRAS,difficulté, obstacle, em-
p. 93, La Haye, 17^6, où il est prouvé pêchement multiplicité; confusion des
que la journée des Barricades prit son affaires, peines qui en résultent; irréso-
nom des tonneaux ou barriques avec solution perplexité.»
lesquels on avoit barré les rues. EMBARRASSANT, qui gêne, qui empê-
Barricader, retrancher avec des bar- che qui cause de 1 embarras.
res ou des barriques; faire des barri- | Embarrasser, causer de l'embarras.
ca'des empêcher d'entrer ou de sortir. Embarrcre, fracture du crâne par le-
BARATTE, long baril de bois à cou- quel une esquille passe sous l'os sain
vercle, et plus etroit du haut que du et attaque la dure-mère.
bas, dans lequel on bat le beurre. DÉBARRAS,cessation d'embarras; dé-
BARATTER battre le lait dans une ba- livrance de ce qui gène.
ratte pour faire le beurre. Débarrassemekt action de débar-
D'où les noms propres Dubarri, Ba- rasser.
rillori. Débarrasser j ôter d'embarras déli-
BARLONG, berlong; figure car- vrer ce qui fait obstacle.
rée, plus longue que large. Du Cange Désembarrassjé délivré d'embarras.
le dérive de bis longus doublement Débarrer', ôter la barre, enlever ce
long., et Ménage'de variè longus. qui fait obstacle.
BARNABITES pour Bernabites, re- REMBARRER,repousser avec vigneur.
ligieux clercs réguliers de Saint-Paul, D'où les noms propres Bar, Barr-
ainsi nommés de l'église de Saint-Ber- Barré, Labarre, Barrier, Barrière, J^ti-
nabé à Milan où ils furent première- barrière.
ment établis. BARRET barei cri de l'éléphant et
BAROMÈTRE instrument de l'in- du rhinocéros. Du lat. barritus.
vention de Toricelli, élève de Galilée, BARRETTE petit bonnet rouge des
qui marque la pesanteur de l'air.et les cardinaux; bonnet du doge et des nobles
changements du temps. Du gr. baros vénitiens. Du lat. biretum.
poids, cl de mélron mesure. BARYTE l'une des, sept terres pri-
BAS BAS 65
niitives terre pesante alcaline. Du gr. vers diminution de puissance .état
barus, pesant fait de baros, poids, pe- d'humiliation, de bassesse.
• santeur. ABAISSER,'faire aller de haut en bas
BARYTON, voix entre la taille et la' diminuer de hàuteur; avilir.
basse-taille; ancien instrument de mu- Abaisseur muscle qui abaisse, dont
sique. Du gr. barus, grave, et de to- l'action est d'attirer en bas les pàrtics
nos,.ton; accent.t auxquelles il tient.
BAS iassè qui a peu de hauteur, CONTREBAS,du bas en haut.
peu élevé inférieur, vil; objet mépri- Rabais rabaissement, diminution de
sable. Du lat. bassus, fait du gr. basis, prix et de valeur.
base, fondement, ou plutôt, comme le- RABAISSER mettre plus bas avilir,
dit Ménage, de basson, compar. de ba- diminuer; déprécier.
thiis, profond. REBAISSER,baisser une seconde fois.
BAS, adv.; àterre, doucement. Surbaissé, qui baisse, qui s'abaisse.
Bas, vêtement des jambes c'est le Surbâissement, état 'surbaissé, qua-
bas de chausse, par opposition au haut lité des parties surbaissées.
de chausse, ou culotte. Les Grecs nom- BASALTE, sorte de marbre noir fu-
moient bàssara une sorte de chaussure. sible lave très-dure. Du lat. basaltus.
Baisse déchet action de baisser; BASCULE, machine dont un^des
diminution de valeur, de quantité. bouts s'élève quand on pèse sur l'autre;
Baisser, affoiblir, abaisser, mettre levier dont le point d'appui est entre la
plus bas. puissance et la résistance. De bassus et
Baissière, reste-du vin près 'de de la lie. de culeus. •
BAISSOIR,réservoir d'eau de salines. BASE partie inférieure d'une colon-
BASDECASSE,partie inférieure d'une ne ou d'un
pilastre, ,qui dans tous les
casse. ordres a un demi-diamètre de hauteur;
Bas-fond, terrain bas; fond de mer ce qui sou tient principe, fondement;
où il y a peu d'eau.
saillante. principal ingrédient. Du lat. basis, fait
BAS-RELIEF,sculpture peu du grec basis appui, soutien; dér. de
BASSE,.celle dés quatre parties de la
baind, marcher, être appuyé.
musique qui est la plus grave; instru- BASER,fonder, appuyer sur une base.
ment sur lequel on joue cette partie.
basse de vio- BASILAIRE,qui est fixé à la base.
Contre-basse, grosse
Embase, embasement, appui, assiette,
lori,.instrument plus grave que la basse.
• Basse-contre, musicien qui chante soutien; piédestal continu souslamasse
la basse. d'un bâtiment.
.Basse-taille, voix grave entre la BASILIC, sorte de serpent.fabuleux
taille et la basse-contre celui qui a qui avoit, dit-on, sur la tête des émi-
cette voix. nences en forme de couronne. Du grec
Basse-cour cour où l'on nonrrit la basiliskos, fait de Basilè'us, roi.
volaille et les animaux domestiques. Basilic, plante labiée des Indes, na-
Basse-licé sorte de tapisserie à chai- turalisée, et qui écarte les fourmis.
1 ces horizontales. v Basilicon; excellent onguent suppu-
BASSEMENT d'une manière basse ratif surnommé royal à cause de ses
avec bassesse. qualités.
autrefois maison royale,
BASSESSE,action vile et basse, défaut Basilique
d'élévation. aujourd'hui surnom de quelques églises
BASSET; chien de chasse. à jambes principales.
torses et de petite taille. BasilicairE, ecclésiastique qui assiste
Bassette, sorte de jeu de cartes. le pape,ou un évêque célébrantla messe.
Basson instrument de musique à D'où le nompropre de Basile.
vent, qui sert de basse; celui qui joue BASIN, bon basin, sorte d'étoffe
de cet instrument. de coton. Du gr. bambakinos, dérivé de
"Abaisse; basse-pâte, fond d'une pièce bambax, bambakion, cotcn, quel'on a
de pâtisserie à rebords. 1 confondu avec bombux, en lat. bombyx ji
Abaissement,, action ;d'abaisser re- ver à soie.
j. 5
GG BAS ; BAT
Bombasin., sorte d'étoffe de soie; fu- bœufs, dont nos rois de la première
liûne à deux envers. race faisoient usage. Du lat. basterna.
BASOCHE, juridiction, corps des Voy. BAT.
clercs du parlement de Paris. BASTIDE, maison do campagne.
Ménage dérive ce mot de banilica Dans le xhi" siècle on appeloit en Pro-
parce que l'on rendoit la'justice dans le vence et en Languedoc, bastida, les
palais du roi. Boiste le fait venir à-tort villes nouvellement bâties; entre autres
du gr, bazô, je goguenarde. S'elon Gé- celles qu'Alphonse de Poitiers et la
clin, ce mot seroit composé de bas, comtesse Jeanne, sa femme, firent con-
petit, et de oche, oque, oie, la petite struire dans leurs domaines.'C'est ainsi
v oie pour dire la petite cour, par oppo- qu'on disoit la bastida de Villa-Franca,
sUion à la cour dont ils relèvent la en Rouergue la bastida de Sainte-Foi,
haute cour du parlement. la bastida de Solminiac, etc. De l'it.
BASQUE, né en Biscaie, dans les bastida, qui a la même
signification,
Basses-Pyrénées le langage des Bas- fait du lat. bastita, dérivé de bastia. Je
ques. De vasco, gascon. pense que ces mots 'viennent de bâtir.
BASQUE, pan ou partie d.un vête- Voy. Batpn.
ment. Huet pense que la mode des ha- BASTILLE, château fort flanque de
bits à basques vient de la Biscaie. tours; tour en bois qu'on élevait contre
Basquine,, vasquine, robe fort am- les murs pour assiéger une ville. Bastia.
ple qui se tenoit ouverte et étendue au BASTILLÉ garni de créneaux ren-
moyen d'un cercle. verses.
BASSIN, espace creux en terre, de BASTION,ouvrage un peu avancé, à
figure ronde, ovale ou polygone; pour deux flancs et deux faces qui se défen-
recevoir les eaux dans un jardin; grand dent.
plat creux; plateau d'une balance; par- Bastionné, qui tient du bastion et de
tie inférieure du tronc. De l'ail, back. la tour.
Dreux du Radier Anecd. des Rei- BASTINGUE, toiles, filets matelasses
nes, etc. (tom. i, p. 3u. Amst. 1771), autour du plat-bord d'un vaisseau pour
s'exprime en ces mots masquer à l'ennemi le pont d'un navire.
A Paris, on appelle bachot, parmi BASTINGUER,se couvrir de bastingue.
les bateliers, un petit batelet qu'on ap- BASTINGAGE, action de bastinguer.
pelle gondole à Venise. L'abbé de Ma- De là on a fait
rolles, dans sa note sur ce mot ( trad. de Bastringue, bal de guinguette où l'on
Grégoire de Tours), dit qu'on appelle se donne beaucoup de mouvement. Pe-
bachots les cuvettes qui servent à rece- tite mesure" de vin.
voir l'eau dont on se sert pour rincer les BASTE, il suffit, qu'importe. De
verres ou laver ses mains et bachoues l'anc. verbe baster, suffire de l'it. bas-
des bottes pour porter la vendange. De tare.
ce raotbaccJunon qui a sans douté son BASTANT,qui est suffisant. En it. bas-
origine dans le nom de Bacchus vientt tanza, assez, suffisance.
notremotbassin. L'étymologie est toute BAT, bast, selle de bête de somme.
naturelle; bacchinon, bassinon, bassin. » De bastum, en gr. bastos, bâton avec
BASSINE,grand bassin de chimiste. lequel on-porte des fardeaux d'où le
BASSINER,chauffer avec une bassinoi- verbe basiuzô, porter des fardeaux.
re laver une plaie avec un vulnéraire Bâter, mettre un bât sur une bête-
préparé dans un bassin; arroser légère- de somme.
ment. BATIER, qui fait et vend des bâts.
Bassinet, petit bassin; plante ainsi BATAGE,droit seigneurial sur les bê-
nommée de la ressemblance de sa fleur tes de bât.
à un petit bassin partie de l,a batterie Débater, ôter le bât.
d'une arme à feu où se met l'amorce. Embater, mettrelebât; chargerd'une
Bassinoire, bassin à couvercle percé chose incommode.
et à manche pour chauffer le lit. Voy. BATA RD bastard, enfant adulté-
BAC. rin, né hors mariage, illégitime' De
BASTERNE char gaulois attelé de. .l'allem. boes-art.
1 BAT BAT • G7
BATARDE, écriture entre la ronde et Bâtisseur, qui aime à faire cou-
la coulée; porte d'entrée quis'ouvre sitruire.
seulement d'un côté. Batissoire, cercle de fer pour asscm»
BATARDISE,état d'un bâtard. ,1 1)lér les-douves.
Batardièke pépinière d'arbres, gref- Beiutir, bâtir de nouveau.
fes.' BA.TRACIIITE, pierre que l'on di-
ABATARDIR, faire déchoir une chose soit se trouver dans 'la tête des gre-
de son état naturel, la faire dégénérer nouilles, et à laquelle'on supposoit de
altérer lenaturel, les qualités, la valeur. grandes vertus contre toutes sortés de
Abâtardissement, altération d'une venins. Du gr. batrachos, grenouille.'
chose; diminution, dégénération. Batrachomyomachie le combat des
BATA VIE ancien nom de la Hol- grenouilles et des rats, titre d'un poème
lande. Du lat. Batavia. attribué à Homère. Mot composé de ba-
Batajte, Hollandois, qui est de la trachos, grenouille; de mus, rat ou sou-
Hollande. Batavus. ris, et de maché, combat.
BATEAU, batel, barque de rivière Batraciens, reptiles du genre des
pour transporter les marchandises. De grenouilles.
la bass. la baiellus, dim. de batus, fait BATTOLOGIE. Certain Battus roi'
du saxon bat, boot. D'autres le dérivent des Cyrénéens, étoit bègue, etrépétoit
du lat. batus, vase, mesure de liquide, plusieurs fois les mêmes syllabes en par-
ou du gr. kibotos qui a la même signi- lant les Grecs appelèrent battologie,
fication. de Battos, Battus, et de logos, discours,
'Batelée, charge d'un bateau. une redondance une répétition vi-
BATELET petit bateau cieuse de choses frivoles. Ils firent en-
Batelier, conducteur d'un bateau. suite le verbe baltoloséô, parler comme
BATON, *baslon, morceau de bois Battus, bégayer, balbutier, qui ensuite
long, rond et maniable. Du gr. bastos, signifia babiller, parler beaucoup.
bâton à porter des fardeaux. BATTRE, frapper, donner des coups.
BASTONNADE, coups de bâton. On n'est pas encore d'accord sur l'éty-
Batonner frapper avec le bâton i mologie de cette famille considérable.
rayer de la liste. Ménage le dérive de batuere qui se
BATONNET,petit bâton qui' sert à un trouve pour pugnare, dans Suétone,
jeu d'enfant. vie de Caligula, ch. 3a et 54 et dans
Bâtonnier chef d'une confrérie ou la Casina de Plaute. Jauffret regarde le,
d'un corps, c't'qui en porte le bâton de verbe battre comme une onomatopée
cérémonie ou de dignité. qui viendroit du gr. palassô, je frappe
BATELEUR,¥ basttleiir, charlatan qui « Les jeunes enfants qui veulent imiter
fait des tours de passe-passe, avec le bâ- » l'action de battre, disent patapa, pa-
ton de Jacob et la baguette magique bu » tapa; de là taper, tapage, etc. » Ca-
divinatoire. De là seneuve a partagé l'opinion de Ménage,
TouR Du bâton gain, profit qu'on ainsi que mon savant ami M. Champol-
doit à son adresse. lion Figeac, dans son Essai sur les Pa-
Batelage tour de bateleur. tois du midi. Gébelin le fait venir de bit-'
Batardeau construction pour re- ton, en gr. bastos. f^oy. Bat.
pousser et détourner l'eau et que l'on Batail battant de cloche.
fait avec des bâtons ou des pieux. BATAILLE,combat général entre deux
Bâtir bastir, construire un loge- armées querelle entre deux particu-
ment': dans les premiers temps on ne liers. Dispute de controverse. Balualiez.
construisoit qu'avec des perches et de Batailler contester, soutenir une
longs bâtons. controverse.
BATI, assemblage de pièces de char- Bataillé cloche dont le battant est
pente de menuiserie fil passé à grands d'un autre métal.
points dans les étoffes, pour les unir BATAILLON, troupe de trois cents à
avant la couture. six cents hommes d'infanterie.
BATIMENT, édifice; $ navire.> Battage action de battre les blés
Bâtisse., entreprise de maçonnerie. les laines, les cotons.
5.
68 BAT BAU
BATTANT fer suspendu qui frappe REBATTU,qui a été répété beaucoup
en dedans la cloche partie d une porte de fois.
qurs'ouvre en deux. BAUD, bauldj chez nos pères ces
BATTANT,qui va, qui marche, qui mots signifioient gai,'joyeux, content,
bat. enjoué. De la bass. lat. BaldiOsiis fait
BATTE, instrument pour battre, pour de yalidus, en it. baldo, ou selon Barba-
aplanir sabre de bois d'arlequin. zan, de gaudens. Nous avons conservé
Battée ce que l'on bat à la fois de Ébaudir (s' ) se récréer, s'amuser, sè
papier. réjouir.
dernier rang de tui-
BATTELLEMENT, EBAUDISSEMENT,récréation diver-
les d'un toit. tissement.t.
BATTEMENT,action de frapper, pul- Dans le xvi* siècle on forma les noms
sation du pouls frappement d'une chose suivants
sur une autre, bruit qui en résulte. Baud chien courant de ^arbarie
BATTERIE, coups a la suite de que- pour la chasse du cerf.
relle; plusieurs canons réunis et places' Baubi chien de chasse anglois dressé
pour tirer le lieu où ils sont; pièces au lièvre, au renard, au loup et au
d'un fusil, d'un moulin; ustensiles de sanglier.
cuisine en cuivre; manière de battre le Baodik, rebaudir, exciter du cor, de
tambour. la voix, les chiens et les oiseaux de proie
BATTEUR, qui aime à battre, qui bat à la chasse.
les autres, qui bat le blé en grange. BAUDET, baudouin, petit âne; stn-
BATTOIR, palette à manche pour jouer pide, ignorant. On dérive ce mot de
à la paume, pour battre le linge. l'héb. boded, âne, on de badd stuT
BATTU; frappé, défait, saccagé, mis pide. Selon Ménage, il vient de haldel-
en déroute.. tus dim. de Baldus', nom propre. On
BATTUE, chasseurs qui battent les a souvent, dit-il, donné à des animaux
bois pour en faire sortir le gibier. des noms propres d'hommes, comme
Batture, sorte.de dorure. perroquet de Pierre, renard de Itegi-
COMBATTRE,lutter, attaquer, se dé- nald, sansonnet de Samson ètc.
fendre en portant des coups disputer, Baudouiner, mettre bas un ânon. De
discuter, réprimer. baldus, on a fait le d'un.' bntdicinus
Combat, action de combattre lutte, baudonin et de celui-ci baudouiner.
effort opposition. discussion dis-' BAUDMER ceinture dans laquelle
pute. on mcttoit son argent; large bande en
COMBATTANT, homme de guerre, qui écharpe pour porter l'épée; cuir de va-
se bat en bataille. che préparé. De la bass. lat. baldringa-
Débattre discuter une question i rium formé de baldringum dérivé de
faire son possible pour se délivrer. balteus.
DÉBAT, contestation, différend; dis- Bauproter préparer des cuirs pour
cussion soutenue sur le parti à pren- les ceintures et les baudriers
dre. Baudrotf.ur corroyeur..
EBATTRE(^' ) s'amuser, se divertir. Baudruèhe pellicule de boyau de
Ébat, ébaltement, loisir, amusement,t, bœuf apprêtée pour battre l'or.
divertissement. BAUME herbe odoriférante-; li-
Embattre, couvrir une roue de ban- queur qui coule de certains arbres pâte,
des de fer. onguent liqueur balsamique. De bal-
EMBATTAGE,application de bandes samum fait du gr. balsamon.
de fer sur une roue. Bâumier, arbre qui produit le baume.
E'IBATAILLONNER,former en batail- Balsamine, plante d'agrément, an-
lon. nuelle et à fleurs inodores, ainsi appe-
Embattoir fosse pour embattre. lée de ce qu'une de ses espèces entroit
BATIFOLER, se jouer comme les eu- autrefois dans la composition d'un bau- s
'fants, badiner, jouer l'un avec l'autre. me pour les blessures.
1 REBATTRE,battre une seconde fois i Balsamique; qui a les propriétés du
redire, rabâcher. baume.
BEA BEC 69
Balsamite la tanaisie, plante médi- bella copia; selon Nicot, qui a suivi le
cinale, amère et odorante Je plusieurs sentiment de Sylvius.
espèces. BEAUTÉ, juste proportion dans les
Embaumer remplir un corps d'arb- formes perfection, charme de ce qui
mates, pour le préserver de la cor- plait, de ce qui flatte l'esprit ou la vue;
ruption. helle femme. En ital. bella et bellezza.
Embaumeur, qui embaume les corps. BELLATRE, d'une1 beauté fade. “
Embaumement, action d'embaumer, BELLEMENT doucement, modérée
composition pour embaumer. ment.
BAVAROISE boisson de thé, in- Bellissime, très-beau, extrêmement
fusé avec du sirop ou avec du lait. beau.
Dans les premières années du xvm° BELLOT, bellotte, aimable, gentil.
siècle, les princes de Bavière vinrent en Belvédère, pavillon élevé, dont la
Erance. Pendant lè.séjour que leurs al- vue s'étend fort loin. De l'it. bel vede-
tesses firent dans la capitale elles al- re, helle vue, nom d'un lieu dans les jar-
loicnt souvent prendre du thé au café dins du Vatican à Rome, situé avanta-
Procope, rue des Fossés-Saint-Germain- geusement pour la vue.
des-Prés mais elles avbient demandé EMBELLIR orner, rendre plus beau.
qu'on le leur servit dans des,carafes de' EMBELLISSEMENT, action d'orner, >.
cristal; et, au lieu de sucre, elles y d'embellir.
faisoient mettre du sirop capillaire. La BEC, bouche d'iin oiseau, membre
boisson nouvelle fut appelée bavaroise, dur et corné. en avant de la tête des oi-
du nom des princes. On l'adopta dans seaux onomatopée du bruit que font
les cafés sans autre changement que d'y les -oiseaux en prenant leur nourriture,
joindre quelquefois du luit cependant,' ou en ramassant quelque chose. On a
comme par ln suite on remarqua que le donné ensuite ce nom à tous les objets
capillaire emoussoil la saveur et l'odeur terminés en pointe et-aux instruments
substi-
agréable du thé les cafetiers y piquants,
tuèrent du sucre clarifié et cuit à con- Bécarde pie-grièche de la Guyane,
sistance de sirop. à gros bec.
BAZAR cloitre à coupoles servant Beccakd, femelle du saumon, dont
de marché public en Orient. De l'.ar. la tête est fort alongée.
bazar. Bécfiet, béquet, le brochet, poisson
BEAT, dévot ou qui le fait celui qui d'eau douce, ainsi nommé de la lon-
est exempt de jouer et participe au gain, gueur de sa tête.
qui ne paie pas son écot dans un repas. Bécune brochet de mer très-vorace.
Du lat. bealus heureux, bienheureux. BECQUÉE,ce qu'un oiseau prend avec
Béatifier, mettre au rang des élus, le liée.
des bienheureux. BÉQUET, petit bec, petite pièce.
BÉATIFICATION,action de béatifier; Arec appât nourriture pic'gc
ses effets. amorce.
Béatifique qui rend bienheureux Abecquer, donner la becquée à-unn
vision dont les élus jouiront. oiseau, lui mettre la nourriture dans le
Béatitude bonheur, félicité éter- bec.
nelle on compte huit sortes de béati- BECQUETER, donner des coups de
tudes. BeatituJo. bec.
Béatil'les, petites choses friandes que Bec-de-corbin ancienne compagnie
l'on met dans les pâtés, et qui rendent de la garde du roi, ainsi nommée de la
heureux celui qui en mange. ressemblance de ses armes à vin bec
BEAU, bel, belle, objet brillant, d'oiseau; instrument de chirurgie; nom
agréable, intéressant, éclatant, qui réu- de divers outils à crochet.
nit les qualités propres à plaire et à Bécafigue beefigue oiseau de la
charmer; bon honnête, bienséant. Du grosseur de la fauvette, qui becquette
laf. bellus, en ital. bello. les figues.
Beaucoup en grand nombre en Bécasse, bécasseau', bc'cassine, oi-
en grande abondance. De seau de passage aquatique, pourvu d'un
quantité
70 BEC BEC
long bec, et de l'ordre des échassiers. PICOTEMENT,douleur piquante im-
BÊCHE, sorte de pelle de fer, outil de pressions des humeurs acres, qui fait
fer plat large, à long manche de bois, éprouver comme une multitude de pe-
propre à remuer la terre, et qui forme tites piqûres.
le bec. PICOTER, ressentir des picotements';
Bêcher se servir de la bêche; re- piquer de paroles; faire des petites pi-
muer la terre, labourer avec la bêche. qûres.
Bédane, sorte d'outil de charpentier PICOTERIE,paroles piquantes à des-
et de menuisier, par corruption de bec- sein de fâcher.
d'ane. • Pie oiseau blanc et noir de la gros-
Béjaune pour bec-jaune jeune oi- seur du pigeon ramier, plumage a re-
seau n'est pas encore sorti du nid flets verts, bleus, violets. Du Iat. pica,
qui
qui n est point encore formé, qui a l'air à cause de la forme de son bec. Par ana-
niais; jeune homme sot, niais, imbé- logie on a donné le nom de pie à un
cile', qui n'a rien vu. cheval dont le poil est alternativement
Pic instrument de fer courbé et taché de noir et de blanc.
pointu vers le bout; il a un manche de PIETTE, là nonnette blanche, oiseau
bois, et sert à ouvrir la terre ou à rompre aquàtique qui ressemble à la pie.
le roc en le piquant onomatopée de la PIOCHE, instrument pour fouir la
même famille que bec, également faite terre; ce mot a été àlongé d'un son plus
dit bruit que rend la pierre sous l'in- mousse que le pic, parce que la pioche
strument qui la brise; montagne élevée creuse et ne lirise point. Les Latins ont
et roide; genre d'oiseaux de l'ordre des dit picocia.
pies, à bec en couteau, convexe en- Piochage, fouille faite avec la pioche.
dessus, et à pieds promeneurs ou grim- Piocher fouir avec la pioche; se
peurs. donner beaucoup de peine.
Picardant sorte de vin très-piquant. Piochow outil de charpentier.
PICOLET,crampon de serrure qui tient Piolé, piqueté, marqué de plusieurs
le pêne. couleurs. De l'ancien françois pioler,
Picorée butin' des soldats en ma-' parer de différentes couleurs.
raude des abeilles qui expriment le suc PIQUER, frapper avec un pic; piquer
des fleurs. la pierre, la dépouiller de sa surface,
PICORER,faire la picorée. percer légèrement avec une pointe; of-
PICOREUR,qui va a la picorée. fenser, irriter par le discours.
Ces mots picorée, picorer, picoreur, Piquage,' action de piquer la pierre.
seulement en usage depuis la fin du Piquant, pointe aiguë, épingle; ce
xvie siècle, viennent, suivant Ménage qui pique, qui a une pointe aiguë; of-
del'it. pecora, bête, quadrupède, ani- fensant qui réveille l'esprit; plein de
mal. Aller à la picorée, dit-il, c'est finesse et de vivacité.
aller à la petite guerre enlever sur les Pique, arme d'haste, longue et poin-
ennemis des bœufs, des vaches, des tue brouillerie à la suite d'une discus-
chevaux, des moutons çe que les sol- sion, d'un mécontentement; querelle
dats appellent courir la vache. Suivant légère.
d'autres étymologlsles, jxcorée, pillage Piquier, pir/uenaire, soldat armé
des gens de guerre dans les campagnes, d'une pique.
vient de ce que les soldats piquent les Pique-nique, repas où chaque con-
fruits, les poules; et les différents ob- vive paie son écot ou paie pour soi. De
jets dont ils s'emparent. l'angl. pick-an-each prononcé pic-en-
PiÉo't, pointe du bois mal coupé; ich, repas où chacun est piqué, où cha-
épingle à grosse tête; cngrêlure au bord cun a sa taille particulière.
des dentelles et du tulle. Piquet, petit pieu aigu; delà jeu de
Picote petite-vérole parce que le piquet, ainsi dit parce qu'il est très-pi-
visage est piqué de boutons. quant, et les mots pic et repio donnés auxi
PicoTé, marqué de piqûres, de points, coups les plus. piquants.
de petites taches ou de grains de petite- Piquet, escouade de soldats prêts à
vérolci marcher.
BEL BEL 7ii
PIQUETTE, petit vin qui pique le go- de la brebis; signe du zodiaque; ma-
sier. Il se fait en jetant une certaine chine de guerre des anciens; longue
quantité d'eau sur les marcs, après en poulrc ferrée terminée par une tête de
avoir extrait le premier jus; la fermen- bélier en bronze pour enfoncer les por-
tation lui donnant une qualité aigre, tes et abattre les murailles. Bc'larius
de là le nom de piquette; parce qu'il fait de balare, et non pas de vellarius
est piquant. fait de vellus, toison, comme le dit
Pujueur, écuyer qui conduit une Ménage.
meute, qui monte les chevaux à ven- Bélière sonnette du bélier qui con-
dre; surveillant; celui qui pique les duit le troupeau anneau qui soutient
absents chasseur armé d'une pique, et la sonnette du bélier et par analogie,
qui est a la suite des chiens. anneau d'un battant de cloche ou d'un
Piqûre, action de piquer; effet de pendant quelconque.
l'action de piquer; blessure légère; at- Bégaiement, défaut de prononciation
teinte d'une pointe aiguë, du dard d'un qui consiste à répéter souvent le même
reptile ou d'un insecte. son avec des inflexions tremblantes
comme les animaux bêlants.
Pigou, chandelier de fer en usage
sur les vaisseaux il est armé de deux, Bégayer, mal articuler les mots par
pointes, l'une inférieure qui sert à le défaut d'organe.
planter,.l'autre supérieure sur laquelle Bégaud, imbécile, stupide, qui ne
on fixe la chandelle. peut'pas s'exprimer.
Pi VERT, picaveret, oiseau jaune et BÈGUE, qui bégaie. En lat. battus.
vert qui, de son bec aigu, perce l'é- Béguin, coiffe de toile à bride à l'u-
corce des arbres. sage des béguines et des enfants.
BÉCARRE, Béguinage, couvent de filles.
bc'r/uairc pour BcarrJ, Béguines. Filles et femmes qui vi-
signe de musique qui rétablit dans son voient en communauté, mais sans faire
ton naturel une note altérée par un dièze
ou par un bémol. de vœux; au figuré: bigote, femme su-
perstitieuse, d'une dévotion minutieuse
BECHIQTJE, remède qui calme la et mal entendue; religieuses appelées à
touxi et facilite l'expectoration. Du gr.
Paris par Louis IX, qui en fit venir un
béx, bêchos toux. assez grand nombre vers l'an 1258. Elles
BEDON, espèce de' gros tambour prirent ensuite le nom de religieuses ou
dont l'usage et la forme sont venus de de cordelières de V Ave-Maria, en 1/J84.
la Suisse; homme gros et gras.. Les étymologistes se sont donne bien de
lÎEDONnAiHE dondaine espèce de la peine pour trouver l'origine de. ce
cornemuse à large ventre machine à mot et sans y parvenir. Le nom de ces
jeter des pierres. religieuses vient de ce qu'elles étoient
Bedaine, gros ventre.' De bis et de de l'ordre de saint Lambert Bègue, prê-
dondaine selon Ménage qui ajoute tre de Liège au xu« siècle, qui institua
« Et parce que la dondaine étoit un in- la première communauté de Béguines
strument court et gros, on a de là ap- à Liège en 1 173, laquelle fut transférée
pelé les grands ventres des bedonàaines, à Nivelle en 1207. Voy. Calendrier Itist.
et ensuite des bedaines, et grosse don- de l'église de Paris pag. l\ 1 et suiv. i
don une femme courte et grosse. et \j4rt de vc'ri/ier les Dates, iu-fol.,
BÉLEMNITE fossile calcaire co- tom. I pag. 63, col. 2.
nique, en forme de dard. Du gr. b'dem- EMiiÉGumnit mettre un béguin en-
non, trait, dard, parce que ce fossile velopper ou s'envelopper la tête d'un
en a la forme.. linge.
BÊLEMENT, onomatopée dn cri du D'où les noms propres Be'guarJ Bè-
bélier, du moùlon et de la brebis. Les gue Zebègue, Béguin, Belin, Blin.
Latins ont îlit balalus. BELETTE, petit animal carnassier,
Bêler, faire entendre le cri des mou- long,roux, a museau pointu, qui vit d'oi-
tons. Ifapire. seaux et de volailles. DuV.\l.melis,mœlis,
Bêlant, qui bêle. muslela, dont les liai, ont fait bellula,
Béliek &c'&'< auimal helaut mâle bcltoio, par le changement de l'/w eu b.
73 BEN BER
BELITRE, homme de néant; gueux; les remuer la terre avec la béquille.
sans fortune. Du lat. bafatro. BERANGER, Bérenger, nom propre
Bélitraille troupe de Bélîtres. d'homme, qui, en allem. signifie domp-
BELLIQUEUX qui aime la guerre, teur d'ours, qui prend les ours.
propre à la guerre; courageux, martial. BÉNIGNITÉ,humeur douce, facile, in-
De bellicçsus, fait de bellfim guerre, dulgente, bonté, humanité. Éenignitas.
que l'on dér. du gr. bellos, arme offen- Benignement avec bénignité. Be-
sive, djird, trait, qui VI n
viendrait de ballô, nignè.
lancer, jeter, darder. MALIN maligne qui a de l'astuce,
BELLIGÉRANT, peuple, nation, qui est malfaisant, médian De malignus, en-;
en guerre, qui l'a fait. De bèllum ge- gendrant le mal.
rens. Malignité, méchanceté réfléchie; in-
BÉMOL, caractère de musique, de la clination à faire ou à dire du mal qua-
forme d'un b, qui abaisse la note lité nuisible. Malignitas.
petit
qui le suit d un demi-ton mineur.. De B MALIGNEMENT,avec malignité. Ma-,
et de mol en lat. mollis. ligne.
BÉNARDE serrure qui s'ouvre des BERQAME, ville d'Italie.
deux côtés; ainsi dite de son inventeur, Bergamasque habitant de Bergame.
lé sieur Béhard', serrurier à Paris, lequel Bergame grosse tapisserie en point,
vivoit dans le xvnic siècle. qui se fabrique à Bergame.
BÉNIN, doux, obligeant, humain, fa- Bergamotte espèce d'orange tres-
vorable. Benignus, composé de béhè, parfumëe; de son écorce on garnit des
bien, et de gn'us, terminaison qui équi- boites très'-renommées par leur bonne
vaut toujours à gignens, part. degigne- odeur; 'c'est ce 'que les marchands fo-
re, faire, engendrer. rains, à Paris, appellent la barque em-`'
BENJOIN gomme aromatique, in- baume, pour la ber gamotte.
flammable et médicale, qui vient de BERGAMOTTE, sorte de poire fon-
l'Orient. En lat. benzuinum; en ital. dante, dont le plant' nous vient de la
belzoi, belzoino en çsp. benjui,meniui. Turquie par l'Italie. De l'ar. begar-
B EN"NE, sorte de voiture ou de char- mouJi, la reine des poirés compose de
riot des Gaulois. Du gaul. benna; en beg, bey, seigneur, roi et (Tarmoud,
lat. benna- en allem. benne, tombereau. poire.
Banne, benne, grande manne pour BERGE, petit bateau long et étroit.
voiturer le blé; cuve debois qu'on sus- Voy. Bac.
pend au bât des bètes de somme en guise BERGE, amas de blé; bord escarpé
de panier toile tendue pour garantir d'une rivière; crête de fossé; éminehee
des intempéries de l'air pu du soleil. de terre rocher à pic sous l'eau. De
Bannéau, benneau, petite banne; l'ail, bers, éminence, montagne.
vaisseau'de bois pour transporter les li- BERIL, espèce d'aigue-marine; pier-
rjuides, la vendange; tombereau à bras. re précieuse d'un vert pâle ou de cou-
Banner, couvrir d'une banne. leur d'eau de mer en quoi elle diffère
BANNETON,coffre de bois, percé, et de l'émeraude, qui est d'un vert plus
mis dans l'eau pour conserver le poisson chargé.Selori Pline,liv.XXVII,chap. 5,
en vie. les bérils viennent des Indes et on en
BANNETTE vannelte, banasle, pa- trouve peu ailleurs. Du lat. berdlus, fait
nier rond et plat, a deux anses, fait d'o- du gr. bérullos.
sier, pour transporter les marchandises. BERLE, l'ached'eau, plante qui croîtt
BENATE,caisse à sel, en osier, conte- dans leslieux marécageux. Du lat. laver,
nant douze pains. dont on a fait berula.
BEQUILLE, bâton à petite traverse BERLIN, ville capitale du royaume
par le haut sur laquelle les infirmes de Prusse.
s'appuient pour marcher; binette de Berline, voiture suspendue entre
maraîcher. De baculits, bâton, deux hrancards et à quatre roues dont
Béqcillard, qui marche avec des bé- le nom et l'usage viennent de Berlin.
quilles. Berlingot, sorte de Berline coupée.
Béquiller, marcher avec des béquil- BERMUDI A NE, bermudientierfliiu-
BES BES 73
te vivace, à belles fleurs en lis. Bermu- Le besant valant dix gros tournois bu
diana. dix sols du xm* siècle, 'vaudrait main?
tenant 81. i6 s. 9 d. fjrff en mettant
BERNACLE, conque, anatifère co- le gros tournois à onze deniers douze
quillage de cinq pièces. Bernicla.
BERNARD nom propre d'homme; grains de loi; mais si l'on met ce gros
tournois à deux deniers dix-huit grains
de l'ail, béer, ours, et de hart, génie,
de loi afin que cet argent cadre avec
force, courage; qui a le génie d'ùnours. l'or du besant, lequel or mis à a3 kaT
BERNE, ville de Suisse qui porte des rats -| le gros tournois représenterait
ours dans ses armoiries. une valeur de 18 s. o d. et §°t| et le
BERNARDIN religieux de l'ordre de besant ou dix gros tournois une valeur.
Saint-Bernard.
de<)l.1. o 7 d. -j;fj..
On ne sauroit faire une insulte pluss
Depuis 1226 jusqu'en i3o8, l'argent
grande à un allemand qu'en l'appelant' paroît avoir été au titre de 1 1 d. 12 gr.,
bernlieiter, gardeur d'ours.
et jusqu'en 1 283, le marc d'argent, a ce
BERNER, faire sauter en l'air sur titre, a valu 54 s. 7 d. Le marc d'or, à
une couverture se moquer de quel- 23 j| karàts, valoit 36 liv. ig s. 7 'A.
qu'un, le ridiculiser. Du gr. bernesthai, Dans cette supposition l'or fut à l'ar-
selon Casaubon; dont les Lacpiiiens se
sont servis pour palléin agiter, lancer. gent comme 1 est à i3 t£j, de façon
qu'il falloit alors i3 ~jj onces d'argent,
BERNE, sorte de jeu, saut sur une pour acquérir une once d'or.
couverture tendue et secouée par quatre
Cette monnoie avoit cours en France,
personnes. soit que les croisades et le'commerce
BERNABLE,qui mérite d'être berné. d'Orient l'eussent répandue, soit, com-
BERNEMENT,action de berner. me ledit Leblanc ( Traité des. mon-
Berneor qui berne, qui aime à naies de France pag. 171), quecefut
berner. un nom général donné par-le à
peuple
BERT, Berte, nom propre d'homme. toutes les pièces d'or, quoiqu il y eût
De l'all. bert, illustre, poli, courtois. des besans d'argent.
Bertrand nom propre d'homme Les besans étoieut d'ormier, c'est-à-;
qu'on a donné à un singe. De l'ail. dire d'or pur et sans alliage (aurum
berl d'où les Italiens ont fait bertus merum); il y en avoit aussi en argent.
bertuccio dans la même signification.' •
Li princhesIluesrespondi:
BES AIGUË,' outil taillant des deux Puisquevousm'avezle giuparti,
côtés; hacheàdeux tranchants inégaux. Je prenderaidontle raifcmbre
De bis-acuta, fait de bis deux fois, et Si}'aîdequoije 1' puisse rendre.
Oïl, che li a dis! li rois.
tVacuta, tranchant, coupant. Centmilbesansme conterois.
BESAN, besant, bezant nom gêne- Fia Sire, ataindreri porroie
rai donné à toutes les pièces d'or des Setoutema terrevendoie. vers5o.
Si vousdonraitrestoutsansgbile.
empereurs de Constantinople valant Debonsbesanschinquantemille. vers346.
dix sols chacun de ces sols pesant une Caren montrésorserontpris
Lestrèzemil besansd'ormier.
dragme sept grains f J puisqu'il y eu Lorsdit à sontrésorier
avoit cinquante-huit dans un marc, et Queil les besansli rcndisl
qui paroit avoir été ainsi noimnée de ce Et aprèssi lesrepresisl
A chiausqui lesorentdonnez.
qu'elle commença d'avoir cours dans la Cliila lesbesansbienpesez
ville de Bysance. Si tes'donneauconteIluon,
Si les a prisou voelou non.
D'Herliclot, Bibliothèque orientale, Caril n'envoloitnus porler.
dérive le mot besant de Par. beizatzer, OrientdaChevalerievers337,
œuf d'or il prétend que les Sarrasins
appeloient ainsi une monnoie de Perse LeSoudanc donnoitde chascune teste
qui avoit cette forme, et à laquelle ils des chrestiens un besant d'or. ( Join-
donnèrent cours dans l'Asie. D'autres ville, p. 38.)
orientalistes prétendent que besant a été El pour ces choses faire et. acomplir
formé de l'ar. béidhàh blanc, que les li roys Loys estoit tenus à rendre Da-
Turks et les Persans prononcent beïza, mièle au Soudan, et huit mille besans
bizan. sarrasiuois pour la délivrance aux chres-
74 BES BES
s
tiens qui en prison estoieut. ( Annales deloi, représentant le besant, valentpré-
du règne de saint Louis, p. 316.) cisément, selon le même tarif, 97 liv.
Borel et Ragueau revu par de Lau- 4 s. 5 den. TrsWnft. Le dixième de
rière, ont avaucé que le besant valoit cette somme donne la valeur actuelle
cinquante livres tournois, et que la ran- du gros tournois de Louis IX, et ce »
çon de' Louis IX fut payée en cette' dixième est de i5sols5den.et -57^37^5.
monnoie. Lesire de Join ville en a effec- Le gros tournois s'achèterait aujour-
tivement parlé, mais il lui assigne une d'hui, au tarif précité 17 s. 8 d. eJT;
valeur bien différente; car,' selon cet dès lors la livre de Louis IX, ou vingt
historien, le besant ne valoit que dix gros, vaut 17 1. i3 4 d. /j"
sols. -Telle est la valeur actuelle de la livre
Et lors le conseil s'en r'ala parler au numéraire sous le règne de ce prince.
Soudant, et raportèrent an Roy, que se Ainsi le besant, qui valoit dix de ces
la Roine vouloit payer dix cent mil be- gros, vaut donc 8 1. 16 s. 8 d. sjf
sans d'or, qui valoient cinq cens mile ainsi 10,000 liv. de ce temps, somme
livres, que il délivrerait le roi. (Join- qui forma' la dot de chacune des filles
vllle, Histoire de saint Louis, fol. 176 de Louis IX feroient aujourd'hui
dit Ms., et p. 73 de l'édition de 1771 176,670 liv. 12 s. 7 den. §–; et cette
in-fol. ) somme, le marc d'argent étant à 1 de-
Voyez aussi l'édition publiée par Du- niers 12 grains de loi, revient à 3,448
cange, Hist. p. 68, 89; Observations, marcs 1 onc. f gr. et 11 grains. Ainsi
p. 81. 4o dots semblables font les 4oo,ooo liv.
Si le besant avoit valu cinquante li- •de rançon et donnent précisément
vres, la rançon du roi seroit donc mon- 7,066,825 liv. 4 s. 1 den. -^f, égalant
tée à cinquante millions; et c'était alors 137, g3i marcs 2 gros et 14 grains d'ar-
une somme si considérable, qu'il est gent.
permis de douter que la France eût pu Dans le fabliau des trois Aveugles de
a fournir. Daillenrs du temps-de la Cpmpiègne par Courtebarbe, ces gens
captivité de Louis IX, on tailloit cin- qui croient avoir reçu un besant d au-
quante-huit besants dans un marc d'ar- mône entrent dans un cabaret, où
gent, qui valoit alors 54 sols 7 deniers. après avoir bien bu et bien mangé, ils
A l'époque des conquêtes du grand Sa- demandent à combien monte la dé-
lahh-Eddin, on en lailloit moins en- pense à dix sols, répond le tavernier, i
core, quoiqu'on n'en sache pas précisé- alors
ment le nombre. Litroi aveugleà l'osleont dit
Pour obtenir un juste résultat, il faut Sire nousavonsun besant«
le croisqu'il estmoultbienpesaDt
suivre la proportion indiquée, celle qui
Quàrnousen rendezle sorplus,
se soutint pendant les quarante-quatre Ainçoisquedu vostreaîonsplut; S;
années du règne de Louis IX. On doit Volontiersli l'ostes
respout.
alors compter dans le xme siècle i3 }– Par le retour que les aveugles deman-
onces d'argent pour une once d'or, tes dent sur leur besant, on pourroit pré-
deux métaux étant au même titre., sumer que cette monnoie valoit plus de
Le marc d'argent étant à 11 deniers dix sols; ce n'est probablement qu'une'
12 grains de loi, vaut, en suivant le diminution sur leur écol.
tarif de 1773, 5t liv. 4 s. 8. d. ct^ i Si le besant valoit plus de dix sols,
ainsi les 800,000 besants on 400,000 1. on ne peut pas en conclure qu'il valût
de la rançon, représentent 1.37,93 marcs cinquante livres, puisque cette somme
2 gros 14 grains d'argent à ce titre, et étoit en ce temps-la si considérable
font la somme de 7,066,825 liv. 3 s. qu'il ne falloit rien moins qu'un souve-
10 den.. rain ou un prince fort riche pour faire
Le besant représeritoit en argent 794 une aumône aussi forte. On voit par les
grains jf pesanteur de 10 gros tour- écrits du xnr* siècle qu'un bœuf coûte
nois à 70, j^ grains-poids chaque gros vingt sols, et qu'un superbe cheval n'é-
tournois, ce qui fait 1 once 1 £- gros- toit estimé que de quarante à cinquante
poids, et 10)-$grains-poids. Or, ces 794 livres. 'Voy. Le Grand d'Aussj Fa-
14grains d'à rgeut, à 11den. 12 grains bliaux, in-8" tom. II, p. 279.
BES BÊT 75
Enfin dans plusieurs titres d'abonné- on sait qu'à cette époque les monnoies
nient de fief le besant est apprécie' j prenoient le nom de la ville où elles
vingt sols, dans d'autres dix. Dans une avoient été frappées on disoit les pa-
charte de 1 2 1 5 citée par dom Carpen- risis, de Paris; les tournois, de Tours
tier {Sitppl. ad Glossar. ad voc. By- les pictes, de Poitiers; les provinois,
zantius, et par Ducange Dissert, xx) de Provins; les orléanois d'Orléans; i
il est évalué sept sols. Dans un arrêt du les chartrains, de Chartres; les man-
parlement de Paris, en 1282 sous Phi- sois, du Mans; les dijonnois, de Di-
lippe le Hardi (Le Blanc, Traité des jon, etc.
Monnayes, il vaut huit sols. Dans BESICLES, lunettes à branches qui
un compte 171), des baillis de France, en s'attachent à la tête. Ménage, d'après
1297 sous Philippe le Bel'( Le Blanc, Sylvius et Trippault, le dérive de bicy-
loco cit., et de Franée
Velly, Hist. clus, composé du lat. bis, double, et du
t. VI, p. 23a), on l'évalue neuf sols, etc. kuklos, en lat. cyclus, cercle, c'est-
gr.
Le marc d'argent étant alors à 3 liv. à-dire,-
bicycles, becycles. Pasquier le
10 s., c'est-à-dire près d'un tiers plus dérive de bis oculi deux yeux par al-
haut que sous Louis IX. On ne peut lusion aux deux verres de forme ronde
expliquer ces différences que par deux dont ces lunettes sont composées.
moyens cette monnoie a augmenté ou Bigle, louche. De bis oculus, en lang.
diminué de valeur en divers temps, et Biscle.
Ménage rejette cette étymolo-
selon l'arbitrage du prince ou les faux
logie, qui a été donnée par Caseneuve
dont le nombre paroît et le dérive du lat.
monnoyeurs obliquus, ce qui est
avoir été considérable l'avaient singu- assez vraisemblable.
lièrement altérée. BIGLER loucher, avoir les yeux de
On connoîi la sévérité des ordon- travers.
nances contne les faux monnoyeurs.
BESOGNE, travail, ouvrage qu'on
Louis IX dans ses Etablissements a fait ou qui est à faire. De l'ital. biso-
( liv. i", ch. 29), ordonne que le cou-
aura les crevés dans d'au- gno, besoin, nécessité.
pable yeux Besoin, manque d'une chose néces-
tres provinces on- le jetoit dans une
cuve d'eau bouillante. La coutume de saire disette, pauvreté, indigence i
nécessité naturelle.
Beauvoisis, publiée en 1283, après avoir
dit (ch,. xxx): Le faux monnoyeurdoit BESSON, un des jumeaux.
être bouilli, puis pendu et ses biens BESSONS,les deux jumeaux. De bis,
au du les double, exCChomo homme, ou plutôt
confisqués .profit seigneur, ils sont deux.
divise en cinq classes. Et ce qui doit de bis-sunt,
faire présumer que le besant avoit été BÊTE, *beste, animal irraisonnable;
fort altéré dans son poids, c'est la ci- au figuré, un sot, sans esprit. Du lat.
tation de l'ordene, où l'on voit le tréso- bestia.
rier de Salahh-Eddin peser les pièces Best uinE, gladiateur romain, qui
d'or qu'il remet à Hugues de Lusignan; combattoit contre les bêtes; livre qui
traite des animaux. Bestiariiis.
puis ces expressions de bons besans, de
besans de pois ou bien pesans, qui se BESTIAL, qui tient de la bête. Bes-
rencontrent souvent dans nos vieux au- tialis.
teurs. BESTIALEMENT, en bête, comme une
Le cérémonial du sacre des rois de bête, à la façon des bêtes. Bestialiler.
France, dressé par l'ordre de Louis VII, Bestialité crime, commerce char-
porte qu'il sera porté à l'offrande un nel avec une bête. Bestialitas.
pain, un baril de vin et treize besants Bestiasse, bestiole, pécore; petite
d'or, qui étoient 'nommés bysantins i bête. Enfant sans intelligence. Bestiola.
cette coutume fut encore observée sous BESTIAUX, bétail, troupeau'de bêtes
Henri II les bysantins qu'il présenta à cornes, animaux domestiques à qua-
pesoient environ un double ducat. tre pieds.
Le mot besant a été formé de bysan- Bêta très-bête idiot.
tiarn comme le prouvent tous les titres Bêtement, à la façon des hèles d'une
où il est fait mention de cette monnoie; manière sotte.
56 BIB. BIÈ
BÊTISE, ignorance, sottise.; défaut Bibliomancte, divination par le moyen.
d'intelligence manque d'esprit. de la Bible, pour connoitre les sorciers
Abêtir rabdtir, rendre stupide, de- et pour éviter les embûches du démon.
venir bête. De et de mantéia divination.
HÉBÊTÉ, imbécile, entièrement stu- Bibliomane, qui a la manie des livres,
pide. Hebes. De – et de mania, fureur, passion.
Hébèter rendre stupide. Hebescere. BiBLiojtiANiE passion, manie des li-
BETEL, plante, sorte de convoi vu- vres.
lus des Indes dont les indigènes mâ- Bibliomappe, recueil de cartes géo-
chen t sans cesse les feuilles pour les gen- graphiques. De et du ht: mappa
cives et l'estomac. Betella.. carte.
BÉTOINE, plante stern utatoire, apé- Bibliophile amateur de livres, qui
ritive, vulnéraire, à feuilles oblongues les aime d'une manière raisonnable. De
et velues, à racine purgative, dont l'o- – et de philos ami.
deur enivre. Del'ital. bettonica, fait du Bibliopole libraire marchand de
lat. vetonnica, que Pline, liv. xxv, livres. De – et de pôléin, vendre.
ch. 8, dit être d'origine gauloise. BIBLIOTAPHE,celui qui ne commu-
BETON, pour blétong, sorte de mor-, nique ses livres à personnes, et qui les
tier qui se pétrifie dans la terre. Del'ang. tient renfermés comme dans un tom-
blétong, poudingue factice. beau. De –7, et de tahhos; tombeau.
BETTE, la poirée plante potagère, Bibliothèque lieu où l'on assemble
apéritive. De beta. Voy. BLETTE. et conserve des livres raugés par ordre;
BETTERAVE,bette à grosses racines de compilation d'extraits et catalogues
raves, blanches ou rouges. Belaalba, d'ouvrage. Cave bien garnie. De – et
beta rubra. de thêkë, boîte, lieu où l'on serre quel-
BEY, gouverneur d'une province de de tilhêmi, ranger,
que chose; dérivé
l'empire ottoman. Du turk begh, bejg, disposer.
maître, seigneur de là, tartares usbeçks, Bibliothécaire chargé du soin et de
c'est-à-dire, martres d'eux-mêmes. la garde d'une bibliothèque.
Beglier, begglier-bey dignité turke. BICOQUE petite maison petite
De l'ar. beghler-begh prince des prin- ville, place mat fortifiée. De vicus, J
ces. ·
bourg.
BEZESTAN, hallè, marche publie BIDET, petit cheval de selle, et par
l'on
en Turkie. Du turk begestin. analogie un meuble de propreté que
BEZOARD calcul animal concré- enfourche quand on veut s'en servir.
a été fait de
tion pierreuse qui se forme dans le corps Ménage pense que ce mot
de certains animaux qui a la forme de veredeltus, dim. de ueredus.
cette concrétion.- Du persan bechaliàr, Bidon broc de bois on de fer-blanc,
antidotecontrelepoison formédeJeJ, dans lequel les soldats mettent leur eau..
remède, et de zahar, poison. BIEN, ce qui est bon, utile, eslir
BIBLE, l'Ecriture sainte ou l'ancien mable, avantageux, convenable loua-
et le nouveau Testament. Du lat. Bi- ble. Pratique des vertus. Chose possé-
bUa fait du gr. biblos, biblion, livre; dée. De bonum.
le.livre par excellence. Bien àdv. comme il faut, comme
Biblique qui a rapport à la Bible. il convient; beaucoup, extrêmement.
Bibliographie, connoissance des li- Btnè.
vres, dès éditions et de leurs prix. Bientôt peu après; dans peu.de
BIBLIOGRAPHE,qui est versé dans la temps.
bibliographie. De biblion, livre, et de BIERE cercueil en planches pour un
l'on
çrapliô', écrire; celui qui écrit sur les mort. De l'ail, baerf, coffre que
en
livres. porte; en it. bara, en angl. beer,
BIBLIOLITHES, pierres qui'portent l'em- dan. berie. Ces mots dérivent de l'ail.
preinte des feuilles des végétaux. De – beren, porter, dont les Anglais ont fait
et de lithos, pierre, parce que ces pier- bear. Les Latins ont dit aussiferelrum
res, divisées en lames minces ressem- de ferre. Voy. Fierté.
'blent aux feuillets d'un livre. BIÈRE boisson d'orge et de hou-
BlL Bit 77
Mon. De l'ail bier, dont les Anglois ontt BILIEUX, abondant en bile; irascible.
Élit béer, et les Italiens biera. M. Jauf- Biliosus.
fref, d'après Vossius, le tire du lat. bi- BILL ,ipapier contenant les proposi-
bere.. tions qu'on veut faire passer par les
BIÈVRE quadrupède, sorte de cas- chambres du parlement d'Angleterre.
tor. Du lat. barb. bebrus fait defiber. De l'ail, bille, papier, billet. Les Grecs
En ail. biber, en it. bevero, en esp. be- modernes en ont fait billos, livre.
fre, bivaro. BILLET,petit écrit, lettre fart courte
BIÈVKE la petite rivière des Gobe- promesse écrite de payer carte d'entrée
à-un spectacle. Jauffret le dérive de
lins, qui prend sa source au village de
-Bièvre, près Paris appelé Bihetà Bi- bulla, sceau. Les Italiens, dit-il, expri-
veris; et va se jeter dans la Seine au- ment billet par bolletino nous en avons
dessus du pont U'Austerlitz. fait bulletin. Jauffret se trompe. Voy.
BOUILLIR.
BIFFER, effacer une écriture en pas-
sant la plume dessus; onomatopée du BILLETER, étiqueter.

bruit que fait une plume passée brus- Billetté petit carré long en forme
de billet dans les armoiries.
quement sur le papier.
BIFFAGE, action de biffer. De là les BILLE; petite boule de pierre où dé
i mots familiers et' populaires Débiffé, marbre, avec quoi les enfans jouent;
boule en ivoire pour les billards; gros
affoibli, dérangé, qui a mauvaise mine i
bâton court pour serrer les ballots. Du'
rebiffer, regimber, ne pas vouloir, re-
fuser rebuffade, mauvais accueil refus lat. pila, globe.
dur, méprisant; action de rebiffer. BILBOQUET,petit bâton pointu par
BIGOT ou CAGOT., hypocrite; faux un bout; à tête creuse de 1 autre, sur
dévôt; dévot outre et superstitieux. De lequel on retient une boule attachée par
une gance à ce bâton.
l'angl. hy God, par Dieu.
BIGOTERIEou cajolerie, vice du bi- BILLER serrer avec la bille.
got dévotion superstitieuse. Billard, jeu où l'on emploie les billes
Bigotisme ou cagotisme caractère sur une table drappée.
des bigots égoïsme divinisé. Billarder toucher deux fois sa bille
Gébelin dérive cagot soit de caco- au jeu de billard.
deus, faux dieu soit de l'angl. cakle-, Billerarrer bigarrer par un mé-
god, caquette-dieu, dont on auroitfait lange bizarre de couleurs. Voy, BARRE.
cakgod et cagol. Billeiiaude, confusion, désordre.
BIGUER, terme de jeu; changer sa Billevêzée, ballon enfle de vent;
carte contre celle d'un autre. De vices, sornettes; contes en l'air, chimère. De
tour, échange; invicem mutare. bille, boule, globule, et de vezé, plein
BIGNE, contusion à la tète bosse, de vent, soufflé comme une vessie.
enflure, tumeur occasionée par un Billot gros morceau de bois; court
coup, une chute. Du gr. bounos petite et rond, avec et sans pieds livre gros,
éminence. épais, massif.
BEIGNET, bignet, tranche de fruit BIL LON, monnoie d'alliage mon-
entourée de pâte frite à la poêle. noie de cuivre i monnoiealtérée et dé-
En languedocien bougnelo, en limos. criée coin pour la monnoie monnoie
bouriiet, en lyonn. bugne,. enflure, tu- destinée à la fonte parce qu'elle est de
meur, et par analogie morceau de pâte mauvais aloi. Du lat. bulla, sceau, parce
que l'on fait frire dans l'huile, et qui que ce coin est rond, et que la monnoie
enfle beaucoup. Les Espagnols disent a une empreinte comme le sceau. Yoy.
bunuelo, que Ménage dérive avec rai- Bouillir. Les Espagnols ont dit vellon,
son de bounos. ~o~ BORNE. veillon en la même signification. Mo-
BILE, liqueur amère, verte ou jaune, neda de vellon, réal de vellon.
préparée dans le foie; disposition cha- BALLONNER,substituer de mauvaise
monnoie à la bonne; faire un profit il-
grine; colère. Du lat. bilis.
Biliaire, qui appartient à la bile. licite sur les monnoies défectueuses.
Biliaris. Billoxkage billonnement, action de
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billonner altération de la monnoie; BASANE,peau de mouton tannée.
trafic du baillonneur.
BIS deux fois, encore une fois. De
Baillonneur, qni altère les moniioies bis, deux. Le B étant la seconde lettre de
et les distribue.
l'alphabet, est la racine de ce nombre.
BIMBELOT jouet d'enfant pou-
mot factice du vocabulaire de l'en- BISBILLE, murmure, petite que-
pée
fance. Voy. BABIL. •" relle, dissension sur des futilités^ En
mettant ce mot au rang des onomato-
BIMBELOTERIE,fabrique, commerce
de bimbelots. · pées, Ménage le dérive dei'it. bisbiglio.
BISEAU, bord, extrémité en talus;
BIMBELOTIER,qui fait et qui vend des baisure du pain; outil. Du lat. bis.
bimbelots.
BINAIRE, tout ce qui est. composé BISMUTH, demi-métal très-fusible;
de deux unités. Binarius. compose. marcassite d'étain. Bismiithum.
BINARD,chariot à deux, puis à qua- BISON, bœuf sauvage à bosse de l'A-
tre roues égales. mérique septentrionale. De bos. Voy.
BINER,donner aux terres une seconde BOEUF.
façon dire deux messes le même jour. • BISQUE terme dé jeu de paume;
De binare, fait de binus. avantage de quinze que l'on fait à celui
contré lequel on joue. De l'Haï, bisca,
Binage binement, action de biner
léger labour. biscazza, académie de jeu, d'où biscaz-
Binet machine qu'on met au-dessus ziere, joueur de profession, fait de bis
d'un chandelier pouréconomiserle bout 'casus, double chance.
des chandelles. Du lat. bini second; BISQUE, sorte de potage- de coulis
c'est comme un second chandelier. d'écrevisses et de divers ingrédients. De
BINETTE, instrument de jardinage bis, deux fois, et de coctus, cuit.
avec lequel on bine la terre. BISQUER, mot factice pour pester,
BIPENNE, hache à deux tranchants'. fumer, avoir du dépit.
Bipennis. BISSE, serpent, couleuvre dans les
BIRE, nasse, instrument de pêche armoiries et en particulier dans celles
en osier; navire des anciens à double bi- de la ville de Milan. De l'it. biscia, qui
rème. a la même signification.
Birème, galère à deux rangs de rames BISSEXTE, jour ajouté au mois de
chez les anciens. Biremis. février tous les quatre ans. Bissextus,
BIRETTE, bonnet noir et pointu, formé de bis, deux, et de sextus, six.
en forme de pyramide sorte de bonnet BISSEXTILE,année où se rencontre le
à l'usage des novices jésuites. Birretum, bissexte.
fait de birrus, drap de couleur rousse. BITUMÉ substance minérale hui-
BIRIBI, mot factice inventé pour dé- leuse et inflammable, semblable .à de
signer certain jeu de hasard, une espèce la poix liquide. De bitumen.
de loterie. Bitumineux qui contient du bitu-
BIS brun noirâtre gris tirant sur le me qui en a les qualités. Biluminosus.
noir. De la bass. lat. bisus, ou de l'ital. BIVAC, Bivouac, garde de nuit dans
bigio. un camp. Cabane de soldats faite à la
Bisage teinture d'une autre couleur hâte. Lieu où est posée la garde de nuit.
que celle de l'étoffe qu'on reteint. De l'allem. biwatch, beywacht, garde,
Bise, vent noir du nord,.sec, péné- sentinelle. Formé de bey, autour, et de
trant. Bisa. wacht, garde.
BISER devenir bis reteindre et re- Bivaquer bivouaquer, passer la nuit
passer. au bivouac. En ail! bëwachen et die
Biset pigeon sauvage de couleur de wacht halten, faire le guet, et die wacht,
plombât presque noir. une sentinelle.
Bistre couleur faite avec de la suie BLAIREAU, sorte de taisson petit
cuite détrempée et préparée pour le quadrupède carnassier de la famille des
dessin. ours. Du lat. gliris.
BAsANÉ, qui a le teint noirci, brûlé BLANC, en contraste parfait avec le
par le soleil. noir, couleur de lait, de neige. Du lat.
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alb'us, ccquiestpropre, sans tache. D'où Aluuciné, .membrane de couleur
les Allemands ontfait blank, et les Ita- blanche.
liens bianco. Albugineux, qui est de couleur blan-
Blanc-bec oiseau qui sort du nid; che.
jeune-homme sans expérience. ALBUGO, tache blanche qui se forme
Blanchaille menu poisson blanc. à l'oeil sur la cornée transparente. Al-
Blanchard, toile blanche. bugo.
BLANCHATRE,de couleur blanche, ti- Album cahier de papier blanc à l'u-
rant sur le blanc. sage des voyageurs.
BLANCHE,là moitié de la ronde, note Albumine, substance^ semblable a
de musique qui vaut deux noires. celle du blanc d'œuf. Albumen.
BLANCHET,drap sous le tympan; drap Inalbumine, dénué d'albumen.
blanc pour filtrer, camisole de paysan. Alvin alevin seméoce de toute
Blanciiement, d'une manière blan- sorte de petits poissons blancs, pour
che en lingepropre. peupler un étang, une pièce d'eau.
BLANCHEUR,couleur blanche, état, ALVINAGE,alevinage, petits poissons
qualité de ce qui est blanc. que le pêcheur rejette dans l'eau pour
Blanchir, nettoyer, laver, disculper, peupler.
vieillir; rendre blanc; devenir blanc. Alviuer, aleviner, jeter de l'alevin
BLANCHIMENT,action de blanchir les peuplér un étang de petits poissons-
toiles. blancs.
BLANCHISSAGEaction de nettoyer, Alvin alvier, alvinier, petit étang
de déterger et de blanchir son linge et où l'on nourrit de l'alevin.
ses effets. Aube nu JOUR, crépuscule, point du
BLANCHISSANT, qui blanchit, qui pa- jour commencement du jour. D'alba.
roit blanc. AUBE, pièce en toile blanche du vê-
Blancherie, blanchisserie, lieu où tement d'un prêtre catholique officiant.
l'on blanchit le linge, la cire, etc. .Albavestis..
BLANCHISSEUR,blanchisseuse qui Aubade concert, sérénade donnée
blanchit du linge. sous les fenêtres de quelqu'un à l'aube
Blanpureau sorte de pomme, ainsi du jour.
dite de sa blancheur. Aubépine pour aube-épine fleur de
BLANQUE, sorte dè jeu de hazard, couleur blanche très-odorante, qui
composé de plusieurs billets blancs, et vient par bouquets. D'alba spina.
d'un petit nombre de billets noirs. 'De Aubépin aubépinier, arbrisseau épi-
l'it. bianca, sous-entendant de caria. neux qui produit des fleurs blanches et
BLANQUETTE,sorte de vin blanc du des' petits fruits rouges.
Languedoc petite eau-de-vie émincée Aubeau aubier, aubourg, couche
de veau.à la sauce blanche petite poire tendre du bois entre l'ccorce et. le bois
d'été de couleur blanche. de l'arbre. Xfaburnum, formé d'albedo,
BLAFARD,d'un blanc, terne. albedinis. On a également donné ce'
De ces mots ont fait les noms propres nom au peuplier, à cause de la blan-
Albin, Aubin, Hlanc Leblanc Blan- cheur du derrière de ses feuilles. En lat.
clwrty Jilanchet Slanchon, Blanchot, populus aïba, en bas. lat. albellum.
Blanque. Aubère cheval blanc, ou de couleur
Able, ablette, petit poisson plat et de fleur de pécher, taché de poil bai et
mince, au dos vert et ventre blanc alezan.
dont les écailles servent à faire des per- AubifÔin variété du bleuet, petite
les. Wabulella, dim. d'albula. fleur d'un bleu blanchâtre, qui vient
ABLERET, filet carré avec lequel on parmi le blé. Album feenum.
-prend des ables. AUBIN, blanc d'un œuf. V'albinum
Albiquë sorte de craie blanche qui [ pour albumen.
ressemble à la terre sigillée. Blond couleur 'entre le doré et le
Albin blanc d'œuf. Albumen. châtain-clair. Ferrari et Caserïeuve le
ALBION, l'Angleterre, ainsi dite d( dérivent ffapluda, couleur de la graine
la blancheur de ses côtes. de millet ou d'ablunda, paille cou-
So BLA ÉLI
leur de paille. Enfin Ménage tire le mot lyonn. blauda, en comt, biaûda éfl
blond du lat. bladum, couleur de blé. aorm. ,plaud en picard bleude.
Blonde sorte de dentelle de soie qui BLE, bled dénomination commune
devient rousse.. à toutes les plantes céréales leur se-
Blondiw qui a les cheveux blonds. mence. De la bass. lat. bladum, dérivé
Blondir, devenir blond.. du saxon blad d'autres le tirent du gr.
'BLONDISSANT,qui blondit, qui ac- blastos, blastê, gernie ou naissance des
quiert un* jaune d'or. herbes, parce que; de toutes les herbes,
Dealbation changement du noir au il n'y en a point dont le germe soit plus
blanc par l'action du feu. nécessaire à là vie de l'homme..
D'où les noms propres Aube, Au- BLADIER,blatier, marchand de blé.
bourg Albin Saint-Albe /Saint-Au- Emblaver ensemencer une terre en
bin, Blondeau j Leblond Blondin. blé.
BLANDICES caresses artificieuses, EMBLAVURE, terre ensemencée de blé.
flatteries pour gagner le cœur. Du lat. Remblaver, ensemencer une seconde
blanditice. fois en blé.
Blandir caresser, flatter. Blandiri. BLÈÇHE, blaisçhe, blesche; timide,
Blanditeur séducteur. Blanditus. mou; sans fermeté; Du gr. blax qui a
BLASER, affoiblir, .émousserles sens la même signification;
par des excès. Du gr. blazéin, ètre.stu- BlÊ£ hir mollir, devenir mou.
pide, hébété avoir l'esprit émoussé BLEME, pâle, flétri. Du gr. blax.
ou de blax, lâche, mou languissant. Blêmir pâlir; devenir pâle.
BLASON,l'art héraldique, la science Blêmissement, pâleur.
des armoiries; assemblage de toutes les BLESSER, faire une plaie, une con-
pièces qui composent un écu pièce tusion, une fracture 'causer de la dou-
de pdésie dans laquelle on fait la des- leur offenser, choquer. Du gr. plésséin,
cription, l'éloge ou la censure d'une ou de pléssô, je frappe, ou de blaplô,
chose. De X'aii. blascn sonner de la aoriste, blapsai, offenser, léser.
tretape^ publier, faire connoitre. BLESSÉ, qui a reçu des blessures.
Blasonner, peindre, décrire, expli- BLESSURE plaie contusion., frac-
quer les armoiries faire l'éloge criti- ture impression douloureuse; offense,
quer, blâmer. insulté.
BLASPHEMER, proférer un blas- BLET, blette, fruit devenu mou par
mou.
phème, tenir.des discours impies. Blas- excès de maturité. Du gr. blax,
phemare, qui vient du grec blasphémdô, BLETTE, la poirée, plante pota-
qae l'on dérive de blaptû offenser, et gère, rafraîchissante, qui a peu de sa-
de phémi, dire; proférer des paroles veur. Du lat. bliturn, en gr. bliton, lé-
offensantes. gume insipide.
BLASPHÈME,discours impie outra- BLEU couleur d'azur du ciel sans
geant pour la Divinité. Blasphemia. nuages couleur hleue. De la bass. lat;
Blasphémateur qui blasphème. Blaveus, blavus, que l'on dérive de l'ail.
Blasphématoire qui tient du blas- blau.
phème. BLEUATRE,tirant sur le bleu.
BLAMER,*blasmer, contraction de blas- Bleuir teindre en bleu.
phemare, condamner, reprendre, désap- BLUET,*blavet, blavéole, le barbeau,
prouver, trouver mal. Du gr. blasphé- petite plante à fleurs bleues ou blan-
mein. ches. On avait aussi donné le nom de
Blâme, action de blâmer. bluet à de petits livres couverts de pa-
BLAMABLE,digne de blâme. pier bleu tels étoient les recueils de mé-
BLAÙDE blouse', habillement de chants contes, ce qui fit dire des.cohtes
dessus j surtout de charretier, en grosse bleus.
trait d'esprit
toile, qui descend au-dessous du genou. Bluette étincelle
Nos pères l'appelaient bliaud et ce vê- bagatelle littéraire. Ménage dérive ce
tement étoit. commun aux hommes et mot de lucetla-, dim. de, luce, abl. de
aux femmes. En bass. lat. blialdus, en lux..
prov. blisaud en lang. brisaud en BLINDES morceaux deNbois dont
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on couvre les tranchées morceaux de BOEUF, animal qui beugle; mâle de
vieux câbles, dont on couvre les flancs la vache. Au fig. homme lourd^J stu-
d'un vaisseau contre les boulets. De l'ail. jilde. Dulat. bos, fait du gr. bous, bœuf
blinj, employé par les Anglois et les et vache.
Ilollandois dans la même signification. BEUGLEMENT, meuglement, onomato-
Blixdage, action de blinder. pée du cri du taureau, du bœuf et de la
Blinder, garnir de blindes. vache. Les Lalinsdisoient boatus, boare.
BL OC amas assemblage de choses. BEUGLER meugler, mugir comme les
Gros morceau informe de marbre, de taureaux faire des beuglements.
pierre; billot de bois. De l'ail, bloc, qui Boa serpent énorme^ dont le cri res-
a la même signification. semble au beuglement des taureaux il
Blocage, blocaille, menu moellon broie et avale les animaux; d'autres le
pour remplir les vides entre les pare- dérivent du brés. boa, serpent en gé-
ments des gros murs. Lettre renversée néral.
ou lettre pour une autre. Bouveau bouvillon, jeune bœuf;
Blocus campement autour d'une petit taureau.
ville pour la cerner et empêcher tous les Bouvier conducteur et gardien de
arrivages.[ De l'ail, blokhaus, boulevard bœufs. Bovarius.
de bois à l'épreuve du canon; fait de Bouverie étable il bœufs.
blok, billot, et de hous, maison. D'où les noms propres Bobilier, Boi-
BLOQUER,faire un blocus; remplir de veau, Bouvard, Bouveau Bouvelle,
blocage mettre une lettre renversée à la Bouverot, Bouvet, Bouvier, Bouvillon
place d'une autre; pousser fortement Lebeuf, Lebouvier.
une bille dans la blouse.
Bouse, fumier, fiente de bœuf et de
Bloqué, bille poussée fortement dans vache. Du gr. boustasis, boustasia, éta-
la blouse. ble à bœufs.
BLOUSE,trou du billard. Voy. Bri- Bousin surface tendre de la pierre
COLE. terre non en-
dessus des pierres brutes
BLOUSER,pousser dans la blouse; se core pétrifiée, qui exposée à la pluie
tromper dans ses calculs. se convertit en boue; endroit bour-
DÉBLOQUER,faire 'lever un blocus i beux mauvais lieu où l'on ne peut en-
enlever les lettres bloquées et les rem- trer sans se salir.
placer. BOUSILLAGE,chaume et terre détrem-
BLOTTIR (se), s'accroupir; se ramas-
ser tout en un tas. De volulare; d'autres pée ouvrage mal fait.
Bousiller maçonner construire
le dérivent de pila, pelotte, parce que
se blottir, c'est se mettre en peloton. avec de la terre et de la boue; gâcher
son ouvrage, travaillermal.
BLUTER, beluter, passer la farine
au bluteau. De l'ail, beutelen, remuer BOUSILLEURqui fait du bousillage.
un sac de toile dit bu'tel; fait du lai. vo- Ébousiner, ôter le bousin d'une pier-
lutare. re ou d'un moellon le piquer avec la
BLUTEAU, blutoir, sac pour passer la pointe du marteau.
farine. Volutorium. Bauge bauche, amas de houe re-
traite du sanglier enduit de paille ha-
BLUTERIE,lieu où l'on blute.
BOBINE, sorte de fuseau pour dévi- chée et de bourbe, qu'on applique sur
der la soie, le fil, etc. Du lat. bombyx, les murs pour les conserver. Ménage le
ver à soie; d'autres le dérivent de vol- dérive de volittrica. Dans notre ancien
vere. parce que la bobine se fait en langage bauche ou bauge désignoit
tournant.t. une fort petite maison, une chaumière.
Bobiner dévider sur la bobine. De bauge nous avons fait
BOBO, mot factice des enfants pe- Bouge réduit obscur, logement mal-
tit mal, petite douleur. V~oy. Babil. propre.
BOCANE, sorte de danse ainsi appe- DÉBAUCHER, desbaucher, ôter l'en-
lée du sieur Bocan, célèbre maître de duit de bauge dont un mur est revêtu
de
danse qui florissoit à Paris vers le milieu dépouiller quelqu'un des principes
du xvii* siècle. sagesse et de vertu dont on avoit pris
J. 6
8a BOE BOE
soin de le revêtir corrompre la fidé- EMBOUER, salir de boue, emplir de
lité détourner du devoir. boue.
Ménage dérive ce mot de -l'ancien BouRBE, boue épaisse, fange des ma-
franc, hanche, boutique; fait de l'it. rais, linion. Du gr. borboros.
botega, venant du lat. apotheca. Ainsi, BOURBIER,bourbon, lieu creux plein
dit-il, débaucher, c'est tirer quelqu'un de bourbe.
de la boutique où il travaille, et le dé- Bourbeux rempli de bourbe.
tourner de son exercice. M. Jauffret dé- Bourbillon, pus épaissi d'un apos-
rive le verbe débaucher du lat. debac- tème.
chari s'enivrer, crier, pester comme Borborites anciens sectaires qui se
un ivrogne mot qui seroit formé de barbouilloient le visage avec de la boue
` Bacchus, dieu du vin. et des ordures. De borloros.
Débauche, déréglement, libertinage; Débourser ôter la bourbe, tirer de
excès dans le boire et le manger. la bourbe.
Débauché, qui vit dans la débauche. Embourber, mettre dans un bour-
bier.
Débaucheur débaucheusc qui dé- ôter de la bourbe.
bauche. DÉSEMBOURBER,
ÉBAUCHER, esbaucher, enduire un fouiller BARBOTER,marcher dans la boue
mur de bauche jeter ses premières pen- dans la bourbe avec le bec
sées sur le papier tracer grossièrement onomatopée du bruit que font les ca-
nards et les cannes quand ils cherchent t
lin ouvrage en attendant qu'on le fi- dans la boue de
îiisse dégrossir du marbre, de la pier- quoi manger.
re, des pièces de bois. Nicot dérivç ce BARBOTE, poisson d'eau douce du
mot du languedocien bauch,, grossier, genre cobite, qui se tient dans la boue.
sot. En Barboteur canard domestique qui
ignorant, Languedoc, dit-il,
esbaucher se dit pour dégrossir, déniai- barbote dans la boue et les ruisseaux..
ser une personne, et-par métaphore, es- Barboteuse fille publique qui court
baucher s'entend d'un ouvragé qu'on dans les rues et barbote dans les boues.
commence grossièrement qui doit être thon Boope poisson de mer sorte de
d'un pied de longueur, dont les
perfectionne ensuite. Ménage s'est un
peu plus approché de l'étymologie, en yeux sont très-grands, relativement à
dérivant ce mot du lat. pusa bouse de sataille. Du gr. bous, et d'ops œil;
vache. animal qui a des yeux de bœuf.
action es- Bosphore, détroit, espace de mer
Ébauche d'ébaucher entre deux terres canal qui sépare deux
quisse, premier essai.
continents, et qu'un boeuf peut traver-
Érauchoir outil de sculpteur qui ser à la nage. Du
sert à ébaucher. gr. bous, et de poros,
couvrir un mur passage; espace qu'un bœuf pourroit
EMBAUCHER,garnir, à la nage.
de bauche; faire entrer dans un corps i passer
Bucéphale, nom du cheval d'Alexan-
engager un ouvrier; enrôler par adresse. dre le Grand. Du gr. bous,. et de kepha-
Suivant Ménage embaucher c'est met-
lé, tête, parce qu'il portoit la marque
tre quelqu'un en boutique. d'une tête de bœuf, ou plutôt de ce que
EMBAUCHAGE,action d'embaucher i sa tête ressembloit à celle d'un bœuf.
méfait de l'embaucheur.
Bucolique, poésie pastorale qui con-
Embaucheur, qui embauche, qui fait cerne les bergers et les troupeaux. Du
métier d'embaucher, et selon Ménage lat. bucolicus, qui concerne les boeufs
homme qui placeles gens qui cherchent fait du gr. boukolos, en lat. bucultis;'
condition. bouvier, pasteur; dérivé de bous et de
BouE, fange, bourbe, limon. Du gr. kolon, nourriture.
borboros. Budéc dérive ce mot du gr. la vache de Barbarie ani-
Bubale
babuas, et Sylvius, du gr. piton, pus. jmal d'Afrique qui ressemble au cerf, à
Bouée, morceau de bois indiquant 1a gazelle et au bœuf.
une ancre ou un écueil. Buffle sorte de bœuf sauvage sa
Boueur, homme qui enlève les boucs. 1ieau après qu'on l'a préparée. Du lat.
Boueux plein de boue. lirfalus,
ntfalus, dit pour buhalus bu~alus, formé de ~e
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ôoubalos dérivé de bous. En ital. bufa- Beurré sorte de'poire dont la chair
lo, eu ail. bujfel. fond dans la bouche comme du beurre.
BUFFLETIN,jeune buffle. Beurrée, tranche de pain recouverte
Bui'fleteiue, morceau de cuir de buf- de beurre.
fle ceinturon et baudrier d'un soldat. BEURRER,mettre du beurre, enduire
BUGLE buglose la langue de bœuf i de beurre.
plante potagère et médicinale, dont les Beurrier beurrière marchand de
feuilles ressemblent à la langue d'un benrre.
bœuf, par leur figure et leur âpreté. BABEURRE, liqueur séreuse séparée du
Ruglosus, fait du gr. bous, et de glossa lait quand la partie grasse est convertie
langue. en beurre.
Bugrane dite Anonis et Bugrande Butireux, biityreux, qui est de la na-
ï'arrête-bœuf plante dont les racines ture du beurre. Bulyrosus.
longues et rampantes arrêtent la char- BOGUE, enveloppe piquante de la
rue et les bœufs qui la traînent. Du gr. châtaigne. De l'it. buccia
bous, et dUagreuô, retenir, arrêter. BOIRE étancher la soif, avaler un
Buphonies fêtes chez les Athéniens liquide s'enivrer. Du lat. bibere fait
en l'honneur de Jupiter Pollen, dans du gr. pôô qui fournit des temps au
lesquelles on lui sacrifioit un bœuf. De verbe pinâ.
bous, et de phoneuû, tuer, immoler. Boire, s. m., ce qu'on boit; action
Buphtbalme l'oeil de bœuf; plante d'avaler un liquide.
ainsi nommée de ce que sa fleur res- Boisson liqueur à boire ce qu'on
semble à l'oeil d'un bœuf. Du gr. bous, boit vin de marc, piquette. De potio-
et d'ophthalmos, œil. ne, ablat. de potio, fait du gr. potes on
BupnESTE l'enfle-bocuf, insecte ailé, poton.
sorte de cantharide à aiguillon, coléop- BOITE, degré où le vin se boit ou est
tère vorace dangereux très-brillant bon à boire.
qui fait mourir d'inflammation les bœufs Buvable que l'on peut boire.
et autres animaux qui l'avalent en pais- Buvande, liqueur exprimée du marc
sant. De bous, et Acprêthô, enflammer. de raisin.
Bustrophe, boustrophédon, ancienne BUVETTE lieu où vont boire et man-
manière d'écrire de gauche à droite et ger les gens de justice.
ensuite de droite à gauche, sans dis- Buvetier hôtelier d'une buvette.
continuer la ligne. Composé de bous, Buveur, qui boit beaucoup, qui aime
et de stréphâ, je tourne, parce qu'on à boire.
tournoit.à la fin de la ligne de la même BuyoTER boire souvent et à petits
manière que le font les bœufs qui la- coups.
bourent. Breuvage, boisson liqueur à boire;
BUTOME le jonc fleuri plante aqua- médecine pour les animaux domesti-
tique dont les bœufs sont très-friands. ques.
De bous, et de tome, coupure, fait de ABREUVER, abeuvrer, faire boire,
tûnnâ. mener boire des bêtes humecter pro-
BcTon oiseau échassier de la gros- fondément là terre. jidbibere.
seur du héron qui mettant, son^ bec Abreuvoir, lieu où l'on abreuve les
dans l'eau, fait plus de bruit qu'un bœuf animaux, où l'on les mène boire.
qui beugle. En lat. bos-tàurus, fait du BIBERON,homme qui boit avec excès;
gr. bous, et de tauros, taureau. Le butor petit vase à boire avec bec ou tuyau.
étant long, lent, lourd dans sa démar- Buie,cruche, vase à boire.
che, on se servit de son nom pour dési- Buire, petite bouteille, flacon, co-
gner un. homme sot, stupide, dont lesquille.
sens sont épais. BURETTE petite buire petit vase à
BEURRE, crème épaissie à force d'ê- goulot pour 1 eau et le vin à la messe,
tre battue dans la baratte. Du lat. bu- pour l'huile et le vinaigre sur les tables.
lyrum, venu du gr. bouturon, bouturos Déboire, s. m. mauvais goût que
fromage de vache composé de bous, laisse'une liqueur bue; dégoût, mor-
vache et de turos, lait, fromage. tification.
6.
84 BOI BOI
Emboire (s'), s'imbiber, parlant des POTIER ouvrier qui fait ou qui vend
couleurs. Jinbibere. des pots en terre cuite.
Imbiber, mouiller, faire pénétrer par POT-POURRI. Nos pères nommoient
un liquide. Winibuere pour iinhibere. ainsi leur pot-au-feu, parce qu'ils le
IMBIBITION, action de s'imbiber, de faisoient jHjurnVde cuire. Ils le compo-
pomper l'humidité. soient de plusieurs sortes de viande.
Imbôire (s'), se pénétrer de. Par suite le pot-pourri désigna par ex-
Imbu, pénétré, abreuvé. Imbulus. tension toute espèce d'amas de choses
Buée, 'lessive, ainsi dite parce qu'on incohérentes.
fait imbiber d'eau le linge. En ital. bu- Potage, soupe au bouillon et au pain
cata, en esp. bugaàa, en allein. bauchc. faite dans un pot.
Huet a eu r,aison lorsqu'il a avancé que PoTAGER jardin où l'on cultive des
-le mot buée doit formé du lat. buo, fait herbes et des racines propres à mettre
du gr. buô, le simple, Aimbuô. dans les potages vase, fourneau pour
BUANDERIE,liéu où l'on fait la lessive. dresser les potages..
Buandier buandière- qui blanchit Potagère-, herbe plante propre à
le linge et les toiles. mettre dans le potage..
PoisoN, venin breuvage venimeux; Potion breuvage jus d'herbes fait
tout ce qui attaque intérieurement et dans un pot remède liquide pour boire.
peut détruire le principe vital. De po- De potio.
lio. Jusqu'au xvn" siècle, ce mot a été Dépoter ôter une plante1 d'un pot à
du genre féminin. fleurs.
Empoisonner donner du poison EMPOTER, mettre en pot.
faire prendre du poison. BOIS, bos, substance végétale, dure
Empoisonnement, action d'empoison- et solide d'un arbre lieu planté d'ar-
ner ses effets. ,bres forêt matière propre à bâtir
Empoisonneur, empoisonneuse, qui cornes de bêtes sauvages. Du lat. bos-
empoisonne mauvais cuisinier mar- cus, fait du gr. boskon suivant Nicot,
chand de vin. ou de boskein paitre parce que les
Pot, vase à boire; vase de terre ou de bois servent de pâturages. En it. bosco,
inétal ;son contenu; marmite pour faire en flam. et en ail. bosk.
cuire la viande mesure contenant deux Boisage, bois employé à boiser bois
pintes. En angl., en flam., en suéd:, pot. de boiserie.
Du gr.votos, poton, poter, polerion, Boisé pays garni de bois apparte-
dérivé de pinô, je bois. En lat. potum, ment garni de menuiserie.
potus, poculum et potio. Boiser couvrir les murailles de me-
Potable qui peut sé boire qu'on nuiserie.
peut servir en pot. De potare fait de BOISERIE, revêtement en bois.
poter. BOISEUX, de la nature du bois.
Pot-de-vin somme d'argent en sus Bocage, boscage, petit bois, bos-
du prix, donnée en présent à la suite quet, bouquet d'arbres. Boscagium.
d'un marché ainsi dite d'un pot rem- BOCAGER,quiaime, qui hante les bois;
pli de vin qui se donnoit anciennement couvert de bocages.
par politesse et par reconnoissance il Bochet seconde décoction des bois
en fut de même des épices offertes aux sudorifiques.
juges. Ces dons volontaires furent en- Boquillon bosquillon bûcheron.
suite convertis en redevance et en taxe. BOSQUET,petit bois. En it. boschetlo.
Quant aux épingles accordées aux da- BOUQUET groupe assemblage de
mes, la galanterie françoise ne s'en est fleurs.,Ce mot a d'abord'signifié un pe-
jamais plaint et a toujours acquitté ce tit bois puis un groupe d'arbres, en-
droit avec plaisir. suite un groupe de fleurs, et un groupe
Pote, main grosse et enflée comme de diverses choses liées ensemble. Les
un pot. Vor. Pied.' Espagnols appellent un bouquet rnmi-
Potée plein un pot. llo, petit rameau, et les Italiens, bos-
POTERIE, art de faire des pots vases, chello, petit bois. En saxon bough.
vaisselle de terre cuite. Bouquetier vase à fleurs.
BOI BO1VÏ 85
Bouquetière, marchande de fleurs. Tkéruchet sorte de j,iége pour les
BucHE, pièce de bois. dé chauffage i oiseaux; petite balance pour les mon-
hommestupidc.. noies.
Buciier amas de bois lieu où l'on BOL, bolus, petite boule de drogues
serre le bois; pile de bois sur laquelle médicinales qu'on avale. En lot. bolus,
ou brùloit les corps. fait du gr. bolos morceau bouchée;
Bûcher, débiter les arbres en bûches. motte de terre, masse de quelque chose.
Bûcheron, homme de journée qui Bol nom de différentes terres fria-
abat du bois qui coupe des bûches. bles et grasses dont on se sert en mé-
Bûchette bois sec et menu petite decine jatte creuse.
bûche. Bolaire, qui lientdela nature du hol.
Busc lame de baleine qui sert à te- BROUILLAMINI,sorte d'onguent pour
nir un corset ainsi;dite parce que les les chevaux, mot corrompu de bol d'Ar-
premiers buses ont été faits de bois. ménie. En lat. bolus Arménius.
Busquer garnir d'un buse, mettre BOLÉTITE, pierre argileuse de cou-
un buse. Au fig. chercher leur cendrée, dont
quêter. de
laàfigure approche
Jiusquer fortune se dit en parlant des celle d'un champignon ou d une mo-
hommes sans biens qui courent le monde rille. Du lat: bolelus, en gr. bôlilés
pour chercher fortune, comme les chas- champignon..
seurs busquent pour chercher le gibier. BOMBE projectile en fer, grosse
En csp. buscar, chercher.' boule de ferj creuse remplie d'artifice,
Busquière î où se met te buse. qu'on lance avec la bouche feu, dite
Buste le tronc du corps humain; le mortier,: onomatopée dérivée du bruit
représentation d'une tête avec 'l'esto- de la bombe qui éclate. On a imite dans
mac les épaules, sans bras: par allu- ce nom le son effrayant de cet instru-
sion au tronc des arbres on l'a pris en- ment meurtrier. Ces rapports ont donné
suite pour tout' le corps d'une-statue lieu au vers suivant
avec sa tête. En it. biisto, en ail. brust, tuf taf; botn hora colubrinatboronal.
Sckiopcllut
non pas de bustum, tombeau, et encore
percel'air avecsestuf laf; la coulcu*
L-'escopelle'
moins de bits, boîte. > vrioeuvecsesbombom.
Débucher, sortir du bois; moment
où la bête' débuche; air de cor pour en Des étymologisles ont avancé que le
avertir. mot bombe auroit été fait du gr. bain-
Debusquement, action de débusquer. bas, bruit.
Débusquer, faire sortir du bois BOMBARDE, instrument de guerre pro-
chasser un poste déposséder pour en pre à lancer des pierres; gros canon
profiter. court très-bruyant jeu de l'orgue qui
Embûche, ruse, entreprise secrète fait beaucoup de bruit. En allem. bom-
pour nuire, pour surprendre. berden.
7~
Embuchement, piège dans les bois. Bombarde petit bâtiment de cabo-
Embuciier (s'), rentrer dans le bois tage portant voiles latines.
en terme de chasse. Bombarder lancer des bombes con-
Embuscade, embûche dans un lieu tre une ville.
couvert. Bombardement .action de jeter des
Embusquer (s'), se cacher dans un bombes..
bois, se mettre en embuscade. Bombardier soldat qui charge et
Rembuchesieht, rentrée du cerf dans lance les bombes.
son fort. Bombé, de forme convexe comme la
Rembucher (se), rentrer dans son bombe; ceintré en arc.
fort, en parlant du cerf. Bombement, convexité.
Trébucher, tresbucher, faireunfaux Bomber, rendre convexe, devenir con-
pas; tomber; être plus lourd que le vexe.
contre-poids. BOMBIATE, sel formé par la com-
Trébuchant, qui est de poids. binaison de l'acide bombique avec d'au-
TRÉBUCHEMENT, chute, action de tré- tres substances. Du gr. bombnx-, ver à
bucher. soie. En lat. bombyx-
86 BON 1. BOR
Bombique, sel extrait de la chrysa- aussitôt; saut d'un corps élastique; re-
lide du ver à soie. jaillissement saut de certains animaux.
Bombtce genre d'insectes lépidop- Et en parlant du cœur, aversion pour
tères, qui filent comme le ver à soie. quelque chose.
BON, bonne, qui a en soi toutes sortes BONDE, bondon; trou rond d'un ton-
de perfections toutes les qualités con- neau pour l'emplir; bouchon d'un ton-
venables qui remplit bien tous ses de- neau, d'une pièce d'eau passage pour
voirs qui est doux, humain, agréable l'eau d'un étang. Les Allemands disent
excellent.,Du lat. bonus. pont pour bouchon, et spund pour bonde
Bonace, temps calme, tranquillité de d'un tonneau.
la mer. il BONDIR, sauter, faire un ou plusieurs
BONASSE,homme simple et crédule sauts.
sans malice et de peu.d' esprit. BONDISSANT,qui bondit'; ferme et
BONBON mot des'enfants pour dési- doué d'un mouvement élastique.
gner des friandises et des sucreries. Bondon, sorte de fromage qui a la
BONBONNIÈRE, petite boîte à bonbon. forme d'un bouchon.
Boni profit qu'on retire sur une af- BONDONNER, mettre un bondon bou-
faire. cher avec le bondon. •>
BONIFIER, devenir ou rendre meil- Bondonnière tarière de tonnelier
leur gagner en qualité. pour percer la bonde.
Bonification j action de bonifier i Débonder ôter la bonde; sortir avec
augmentation de valeur acquit en impétuosité; s'épancher tout-à-coup.
mieux. Débondonner, ôter le bondon.
BONNE, gouvernante d'enfants do- REBOND, rebondissement, action de
mestique femelle d'une maison. rebondir, ou d'un corps qui rebondit.
BONNEMENT, de bonne foi par sim- Rebondi, arrondi par embonpoint.
plicité. Rebondir, bondir uné seconde fois.
Bonté qualité de ce qui est bon BONNET, vêtement de tête que Ca-
penchant à faire le bien j douceur de seneuve explique de la manière siii-,
caractère. lionitas. vante « C'étoit certain drap dont on
ABONNiR rendre bon devenir meil- faisoit des chapeaux ou habillements de
leur. tête, qui en ont retenu le nom, et qui
DÉBONNAIRE, bon avec ibiblesse; doux ont été appelés bonnets, de même que
à l'excès. nous appelons d'ordinaire castors, les
DÉRONNAIREMENT, avec trop de bonté. chapeaux qui sont faits du poil de cet
DÉBONNAIRETÉ,bonté éxcessive, qui animal.
tient de la foiblesse. Bonnetade, salut, révérence.
Rabonir rabonriir, rendre meilleur, BONNETER,faire servilement sa cour.
le devenir. BONNETERIE métier, commerce du
BON-CHRÉTIEN, excellente poire bonnetier.
d'hiver, dont les premiers plants furent Bonneteur trompeur qui vous at-
apportés d'Italie en France, sous le rè- trape à force de politesse.
gne de Charles VII. Ce fruit et quelques. BONNETIER,fabricant, marchand de
légumes furent les seuls avantages que tissus de coton.
la France retira des guerres entreprises BoNNETTEjSOrtede coiffure defemme.
pour la conquête du royaume de Naples. BORAX, borate, sel cristallin pro-
Ces poires se nommoient bona crustu- pre à faciliter la fonte des métaux. De
mina, du nom de la ville qui les^culti- l'ar. baurach.
voit avec le plus de succès. Pline en fait Borachite, acide tiré du borax.
mention dans son xv* livre. Les Fran- BORBORYGME, borborisme, ono-
çois de l'expédition trouvant barbare matopée faite du bruit de l'air contenu
le mot bonum crustuminum le dégui- dans les intestins. En gr. borborugmos,
sèrent en celui de bon chrestien. bruit sourd murmure dérivé de bor-
BOND, bondissement onomatopée boruzô faire un bruit sourd.
prise du retentissement de la terre sous BORD, bout; extrémité d'une chose;
un corps dur qui la frappe et se relève ce qui la termine, ce qui la borde. Du
BOR BOR 87
lat. ora'f'qai a la même signification, monter. à bord d'un navire; approche
don L'on a' t'ait orlum, d'où l'it. orlo. d'un vaisseau ennemi.; l'instant où se
ORÉE, bord lisière d'un bois. Ora. jettent les grappins.
Bordagej revêtement de planches qui Bâbord côté gauche d'un navire, ;'t
couvre le bord du vaisseau j>ar>dehors. partir de la poupe'.
Bordayer, courir des bordées ^lou- Broder, garnir, embellir, enjoliver
voyer. <' les bords d'un vêtement, d'un meuble;
Bordé, galon servant à border des' tracer des figures à l'aiguille et en relief
liabiLs des meubles, etc. sur une étoffe'; amplifier un récit.
Borhée, décharge de tous les canons Broderie 'ouvrage à l'aiguille et en-
rangés d'un des côtés du vaisseau; cours relief sur une étoffe; ornement dans lex
d'un vaisseau 'lui louvoie. chant; particularités ajoutées aux faits,
BORDE,petite maison sur le bord de aux récits.
la route, du chemin. BRonEUR, brodeuse,, ouvrier qui trace
Bordel bordeau, maison de prosti- ou exécute des broderies.
tution. Ces maisons étoient ancienne- Brodoir petit fuseau ou bobine pour
ment placées hors des villes. Les peuples broder; métier pour faire le petit galon
méridionaux de la France les nommoient qui unit deux étoffes.
carrieras calaos mais en s'agrandissant, L, Brodequin brosser/uin chaussure
les communes furent obligées de tolérer antique pour la tragédie. De l'ital. bor-
ces établissements, auxquels des rues zacchino, fait de l'esp. boKzequi, chaus-
c'toientparLiculièrementaffectées. Sainl- sure brodée des Maures. D'autres éty-
Foix, Essais sur Paris, tom. 1, p. 72 mologistes le dérivent dé~ l'it. boisa,
fait connoitre les rues de la capitale où bourse, cuir.
ces établissements étoient situés. Déborder sortir du bord, répandre,
BonnEMER, débauché qui fréquente verser hors.
les bordels. Décor», débordement action de dé-
Bordelière, poisson des lacs de Sa- border, de sortir des bords voies aux
voie qui côtoie le bord de la rive.- côtés du pavé des routes.
BORDER,côtoyer, aller au bord; gar- Débordé, débauché, qui a passé les
nir de bordure un habit, un meuble, etc. bords; chose dont on a Aie les bords.
Bordereau, mémoire des espèces di- DÉBORnoin outil de plombier.
verses qui composent une certaine som- Embohdurer mettre un tableau dans
me. une bordure.
BoRniER propriétaire qui borde un REBORD,bord élevé 'lui est en saillie.
chemin petit fermier. Reborder border de nouveau.
Bordicue, retranchement au bord de Rebrodeh, broder sur la broderie.
la mer pour prendre du poisson. Rubord, premier rang du bordage.
Bordoyer, employer l'émail à plat. Orle, filet, ourlet au bord de l'écu
Bordure, ce qui borde quelque chose d'armoirie.
et lui sert d'ornement; cadre, encadre- Ourlet, bordure d'un ouvrage en
ment. linge; rebord fait à une étoffe. De l'it.
BouRnAr.ouE ruban de fil ou de soie orlo, fait du lat. ora.
qui sert à border pot-de-chambre de OURLER, faire un ourlet.
forme oblongue. SABORD,embrasure pour le service du
Abord, approche, accès. canon dans un vaisseau.
Abord (d ), dès le premier instant; Tribord, côté droit d'un navire, à
avant tout, premièrement. de la poupe.
<partir
ABORDABLE, qu'on peut aborder, ac-1 Vibord grosse planche qui porte le
cessible, où l'on peut entrer. .pont supérieur d'un vaisseau.
INABORDABLE, qu'on ne peut aborder, D'où les noms propres Borde, La-
avec qui on ne peut traiter. borde, Bordeau lioitrdais, Bourdeau,
• AiionnER,aller à bord, venir à bord, Borderiç Bordier, Jiourdaloue.
prendre terre, approcher, monter à l'a- BOREE, bise, veut du nord. En gr.
bordage. • et en lat. boreas.
ABORDAGE,action d'aborder ou de Boréal, qui est du côté du nord.
88 BOR BOT
Boréasmes, fêtes athéniennes en l'hon- Suborneur, suborneuse, corrupteur,
lieur de Borée.' qui a suborné.
BORGNE, qui n'a qu'un œil qui a BOSSE, grosseur outre mesure au
perdu un œil. Ménage le dérive du lat. dos ou à l'estomac; enflure; toute élé-
orbus, fait du gr. orphos, d'où orphanos. vation hors de place. Du lat. pusa, fait
Les Italiens ayant dit bornio, Court du gr. phusa, dont on a fait piissa
de Gébelin a pensé que le mot borgne phussa, puis bussa, dérivé de phusaô,
étoit un dérivé du mot morne, qui, dit- enfler.
il, signifia mutilé celle étymologie Bossace, saillie sculptée ou propre à
n'est pas admissible. l'être.
Borgnesse, femme borgne. BossELAGE, travail en relief sur l'ar-
BORNOYER,voir et reconnoitre à l'œil gen terie.
si une pierre, une planche, un mur, BOSSELER,faire du bosselage; tra-
sont d'alignement. Du mot borgne, vailler en bosse.
Bosselure ciselure naturelle sur les
parce que celui qui bornoie semble n'a-
voir qu'un œil. feuilles de certaines plantes.
rendre borgne; blesser, BOSSETTE,ornement en bosse attaché
Éborgnër, au mors d'un cheval..
offenser un œil; ôter le jour en partie; i
Bosseurs, bossoirs, poutres pour sou-
masquer la vue. tenir les ancres.
BORNE, bonne. Du lat. bônna, for-
mé du gr. bounos en dialecte dorique Bossu, qui a une bosse au dos ou à
la poitrine.
dounos, éminence de terre, limite; frein,
• Bossueb, faire des bosses à la vais-
empêchement; marque pour séparer, di- selle en la laissant tomber.
,viser, garantir; pierre numérotée sur les
routes pour marquer la lieue et la dè- EMBOSSER,fixer contre le vent ou le
mi-lieue. courant; présenter sa batterie en par-
lant d'un vaisseau.
Bornage, plantation de bornes; ac-
tion de borner, de limiter. Embossure, noeud avec une amarre.
Bussard, busse, tonneau gros et court
BORNER,mettre des bornes limiter, pourries eaux-de-vie. Bussa, en gr. mod.
circonscrire, terminer.
boutzion, dim. de bouttis, bouteille,
Borné, renfermé dans des bornes, vaisseau pour le vin. De bussa, on a dit
limité; inepte, qui manque de juge- par métaplasme, bussurn, d'où le dim.
ment, de connoissance, de compré-
busselum dont nous avons fait
hension.
Boisseau, mesure pour les grains et
Bornoyer limiter; borner à un cer- les graines.
tain prix une chose. P"oj. Borgne.
Boisselée, contenu du boisseau.
ABONNER,fixer, évaluer, circonscrire, BOISSELIER,qui fait et vend des bois-
entourer, composer à un prix certain seaux.
d'uné chose casuelle, et dont le prix BOISSELLERIE,métier, commerce du
n'est pas fixe; prendre un abonnement.t. bbisselier.
ABONNEMENT,composition ou mar- BOSTANDGI jardinier turk. Du
ché à prix fixe qu'on fait en s'abon- turk bostan, jardin.
nant, et auquel 'on met des bornes, des BOSTRYCHITE, sorte d'amiante,
limites. pierre figurée qui imite les cheveux. Du
Abonné, celui qui a pris un abonne- gr. bostruchos, touffe de cheveux.
ment. BOTANIQUE science méthodique
Aborwement, action d'aborner ou de qui traite des végétaux et de leurs pro-
donner des limites. priétés! Du lat. botunica fait du gr.
ABORNER,mettre ou donner des bor- bolanê, herbe; dér. de bolos, foin qu'on
nes a un terrain le limiter. donne aux animaux, qui vient de boo,
Suborner, corrompre, porter. agir r paitre, fairepaitre.
contre le devoir; mener au-delà des bor- BOTANISTE,qui s'applique à la bota-
nes. Subornare. nique.
Subornation, subornement, action BOTANOLOGIE,traité sur les plantes..
de suborner. De botané et de logos, discours.
BOU BOU Sg
Botanomancie divination par le Ainsi dite de ce qu'elle fut d'abord faite
moyen des plantes. De et de man- de poils de bouc.
téia, divination. BOUCHE ouverture en général
BOUC, mâle de la chèvre au figu- partie ouverte du visage, qui donne is-
ré, homme malpropre et puant; ono- sue aux sons, et accès aux aliments;
matopée formée de l'imitation du cri gueule de certains animaux; embou-
de cet animal. En bass. lat. buccus, et chure. Du lat. bùcca, en ital. bocca.
en ital. becco, en gr. bekos. BocAL, vase à col long, court, étroit
Bouquetin houe sauvage; quadru- et à bouche large. Ménage tire ce mot
pède du genre des chèvres. de l'it. boccale, fait du lat. baucalis, dé-
Bouquin, vieux bouc; lièvre et lapin, rivé du gr. baucalis ou boucalion vase
mâle, ainsi dits de l'odeur qu'ils exha- pour le vin, dont le col est étroit.
lent. Bouché fermé avec un bouchon
Bouquin, vieux livre, qui n'a aucun qui a la compréhension lente et diffi-
prix. De l'allem. buch ou bok, en angl. cile.
book. Bouchée, plein la bouche; petit mor-
Bouquiner, chercher de vieux livres ceau à manger. Buccea.
en parlant des animaux, couvrir sa fe- BOUCHE-NEZ ce qui garantit le nez.
melle. Boucher, fermer une ouverture au
BOUQUINERIE,commerce de vieux li- moyen d'un corps étranger qu'on y in-
vres. 1 sère. -Ménagedérive ce mot du gr. buô,
Bouquineur, amateur de vieux livres. futur bits/), d'où l'on a fait bucare.
Bouquiniste, marchandde bouquins. Boucher qui tue les bestiaux et en
Boucaner, faire sécher de la chair à vend la chair. De buccarus, fait de buc-
la fumée, à la manière des sauvages. ca, à cause que les boucliers coupent la
Les bouquetins ont été les premiers viande par morceaux, et qu'ils la ven-
animaux dont la chair a été ainsi pré- dent pour la bouche.
parée. Aller à la chasse des boeufs sau- Bouchèhe, femme déboucher, mar-
vages. chande de viande.
BoucAN, lieu où l'on fume les vian- Boucherie, lieu où l'on tue les bes-
des gril sur lequel on les fume; > au tiaux endroit où l'on vend la viande.
figuré, lieu de débauche, v Du mot bouche, parce que les boucliers
Boucanier chasseur aux animaux vendent de la viande pour la bouche
sauvages, dont la chair doit être bou- des hommes.
canée. Bouche-trou acteur
remplaçant
BOUCAUT, la contenance d'une peau qui joue l'emploi des utilités.
de bouc tonneau de moyenne grandeur Bouch'eture clôture de pré.
pour des marchandises. Bouchoir plaque de tôle qui ferme
BICHE, femelle du cerf, ainsi dite de le four.
sa ressemblance avec le bouc. Bouchon ce qui bouche ou sert à
BICHET, bichot, mesure de grains de boucher; au figuré, poignée de paille,
la contenance d'une peau de bouc. ainsi nommée de sa forme enseigne
Bichon petit chien à nez court et à pendante de cabaret, non pas debuxus,
longs poils. D'où le verbe bichonner. branche de buis, comme le dit Ménage,
Biqde, chèvre, la femelle du bouc. mais parce qu'on y trouve du vin en
Dans quelques départements on pro- bouteille.
nonce ligue et migue. En gr. bêké. Bouchonner, mettre en bouchon
Biquet, jeune chevreau; par analo- frotter avec un bouchon de paille; au
gie on a donné ce nom aune sorte de figuré, caresser.
trébuchet pour peserles monnoies d'or. BUCCALE,qui a rapport à la bouche
•Biqueter 'mettre bas, en parlant de BUCCELLAIRF.,petit pain ou gâteau
la chèvre; peser an biquet. que l'on pouvoit manger d'une seule
Biquier chevrier, gardeur de chè- bouchée fournisseur de pain dans les
vres. armées romaines.
BOUGRANpour BOUQUERAN grosse Buccei-lation, division en morceaux,
toile gommée pour soutenir los étoffes. eh bouchées..
oo BOU BOU
ABOUCHER,mettre bouche à Louche; appelle l'anse du bouclier, buccula sciiti.
réunir pour conférer, pour traiter d'af- Déboucler ôter, défaire les boucles.
faire. Emboucleb, attacher avec uneboucle.
BoucoN morceau de viande empoi- BOUDIN, boyau-de porc rempli de
sonnée. De l'ital. boccone fait du lat. sang, de graisse, etc.; cordon de la
bucca. base d'une colonne.. De botulus et bo-
BouQUE,petite bouche, passage étroit. tellus. Les Romains appeloient bolula-
BouQUER, faire baiser de force se ré- rios, ceux qui faisoient et vendoient le
signer par force. boudin Voy. Apicius, de Jie Coqui-
ABOUQUER, ajouter du sel nouveau nar'uî.
sur du vieux. Boudinière, entonnoir pour faire le
Abodquement, action d'abouquer. boudin.
ABOUCHEMENT, conférence d'affaire, BOUGER, se remuer, se mouvoir,
entrevue.
changer de place. Dè l'ail, wegen, vo-
Ambouchoir, embouchair forme de guer, marcher, se mouvoir, d'où bewe-
bois que l'on'met dans les bottes pour remuer.
gen
les empêcher de s'avachir; instrument Bougeoir petit chandelier sans pied
qui ferme la bouche.; bocal de cor, et à manche pour aller ça et là dans la
de trompette, de serpent, de trom- maison.
-bone, etc. EougIllok ,-qui change toujours de
DÉBOUCHER,ôter ce qui bouche; sor- place, qui ne peut pas se tenir en repos.
tir d'un défilé.
BOUGETTE, petite bourse, petit
Débouché, déboucher, débouchement, sac de cuir qu'on porte en voyage. De'
à qui l'on permet de sortir; issue, ex-
action de bulgetla, -dim. debulga, queFestus dit
trémité, moyen, expédient, être un mot gaulois.
déboucher.
BOUGIE, chandelle'de cire. De Bu-
DÉBouciioiR outil de lapidaire.
sortir des bouches ou gie,,ville d'Afrique, où les François
DÉBOUQUER, acheloient de la cire et des bougies; en
des canaux qui sont entre deux îles, ou
entre la terre ferme et une île. esp. Bugia. Au surplus, ce mot semble
dater seulement du x vu6 siècle.
Débouquement, action de débou-
En ital. imbocc'atura. • BOUGONNER, gronder, murmurer
quer.
Embouché (mal), qui dit ordinaire- entre ses dents; onomatopée qui peint
ment des iujures ou des paroles sales. les plaintes, le bou, boit, d'une per-
Emboucher mettre ou porter à la sonne qui boude et grogne.
Bougon qui bougonne.
bouche; jouer d'un instrument à vent.
Embouché, embouchure, bout mobile BOUGRE, boulgre, mot corrompu
d'un instrument à vent; manière d'em- de Bulgare, homme de la Bulgarie, et
boucher un instrument à vent; ce qu'on originaire des bords duVolga. Ce mot
embouche ou qu'on peut emboucher; désigna ensuite une sorte d'hérétiques
bouche de rivière endroit, où elle se tels que les Albigeois; puis fut affecté
aux sodomistes et aux pédérastes.
jette dans une autre.
action d'embou- Boucrerie hérésie des Bulgares
Embouchement
cher. crime contre nature.
entrer dans un détroit, Rabougri, mal conformé; qui n'est
Embouquer
dans un canal. point parvenu au degré de croissance
boucher de nouveau. ordinaire.
Reboucher
Rebouchement, action de reboucher; Rabougrir, mal venir, ne pas profi-
son effet. ter en croissant.t.
BOUCLE, sorte d'anneau, tout ce BOUILLIR, se dit d'un liquide
qui en a la forme parure de métal avec échauffé qui, mis en mouvement, s'é-
chape et ardillon. De buccula. lève en petites bouteilles. Du lat. bul-
Boucler friser eV boucles attacher lire; onomatopée du bruit que fait un.
avec une boucle. liquide échauffé à certain degré.
Bouclier, arme défensivepour se ga- Bouillon, partie d'un liquide agité,
rantir le corps. liueculariuiH. Tite-Live lequel sVlèvc en rond au-dessus de sa
BOU BOU 91
surface par l'action de la chaleur; bulle le buccellarius, don on a iailbuccellifir.
qui s'élève d'un liquide qui bout. BOULANGER,faire du pain.
BOUILLONNEMENT, bouillaison, état Boulangerie, boulange, art de faire
d'un liquide qui bouillonne. 11e pain; endroit où l'on fait le pain.
BOUILLONNERs'élever par bouillon. BOULÉE,résidu dù suif fondu que l'on
BOUILLANT,bouillonnant, qui bout, 1net en boule.
qui bouillonne; rempli d'ardeur et de Bouler, enfler la gorge en parlant t
vivacité. (les pigeons.
BOUILLI, viande cuite dans un pot et Boulet, projectile en fer qui a la for-
à petits bouillons. 1ne d'une boule; jointure au-dessus du
BOUILLIE, mets composé de farine et ]pâturon de la jambe du cheval.
de lait qu'on a fait bouillir. BouLETÉ, cheval qui a le boulet mal
'BOUILLOIRE,vase propre à faire bouil- placé,
lir les liquides. Boulette petite boule en général.
'Bulle, petite éminence qui s'élève BOULER, enfler, devenir gros, s'ar-
sur l'eau globule d'air. Bulla. rondir comme une boule.
BULLE, diplôme ordonnance, lettre Bouleux, cheval trappu; au figuré,
du pape, à cause du sceau qui y est at- homme gros et gras. Dans le style fami-
taché; globule d'eau; petite boule; or- lier on dit encore boulot, boulotte.
nement rond que les Romains suspen- Boulevard, boule-verd, rempart;
lieu de
doient au cou de leurs enfants. Du · lat. lieu où l'on joue aux boules;
.bulla. défense contre les boulets promenade
BULLETIN petite bulle; suffrage par plantéed'arbresautourd'unevillc. Tur-
écrit billet par lequel on rend compte nèbe le dérive de boles virides: Sau-
chaque jour de l'état d'une personne, maise, du gr. bole'ros, dit pour boléros;
d'une chose. Meursius tire ces mots grecs du fran-
BULLAIRE,recueil de bulles. çois; Nicot le forme de boule et de wert,
BULLÉ écrit en forme authentique. défense; Bignon, de l'it. baloardo, fait,
ont'dit'
BOUILLEUR qui convertit le vin en du gr. ballo, d'où les Gascons
cau-de-vie. balovart. Ménage et Hottman le déri-
BOUILLER, troubler l'eau, remuer la vent de l'ail, bohverk, bolwertz.
vase avec la bouille. Boule-veî.ser, jeterlaboule; ruiner,
BOUILLE,perche pour troubler l'eau. déranger, abîmer, renverser entière-
Brouillard nuage pluvieux. ment.
Débouilli, opération de teinture pour BOULEVERSEMENT,désordre, déran-
éprouver les couleurs et les enlever. gement, renversement avec'confusion.
Débouillir faire bouillir avec cer- Boule-vue (à) vaguement, inconsi-
tains ingrédients pour éprouver la tein- dérément, sans attention.
ture. Boulin, pot ou panier de forme sphé-
Ébouillir diminuer en bouillant. rique où nichent les pigeons; trou d'é-
Ébullition, action debouillir'; mou- chafaudage dans le mur. Du gr. bâlinai,
vement de ce qui bout; élevures rouges fait de bôlos.
sur la peau. Ebullitio. BOULICHE, grand vase de terre de
BOULE corps sphérique sorte de forme sphérique.
jeu onomatopée du bruit que fait un Boulièche, boulier, bouligou, filets
corps rond en roulant. En lat. bolus, pour la pêche.
du gr. bôlos, motte de terre. Caseneuve Bouline, corde amarrée au milieu de
dérive ce mot du gr. bolê; Ménage, de la,voile; vent de travers. De l'ang. bow-
bulla. Après avoir dit que boulanger lin, corde qu'on attache aux vergues,
venoit de pollentarius, Barbazan tire le et qui sert a porter les voiles avec le
mot boule du lat. volvere, et d'autres vent lorsqu'il est contraire.
étymologistes de pila. BOULINER prendre le vent de côté; i
BOULANGERhomme qui fait et vend voler dans un camp.
du pain ainsi dit de ce que les talme- BOULINEUR,boulineux qui fait agir
liers donnoierit à leur pain la forme la bouline; qui vole dans un camp.
d'une boule. Caseneuve dérive ce mot Boulingue, voile au haut d'un mât.
92 BOU ..BOIT
BOULINIER, vaisseau qui marche à bourdon en volant on l'a applique auiX
boulines halées. autres insectes; bruit sourd, confus et
Bouloir, instrument à tête ronde et obscur;, bruit cou tiiiuel et intérieur dans
à manche pour remuer la chaux. l'oreille.
BOULINGRIN,espèce de parterre com- Bourdonner entendre le bruit du
posé depièces de gazon, découpées avec bourdon, faire'un bourdonnement.
bordure en glacis, environné d'arbres. BOURG, gros village, muré ou non
Ménage le dérive de l'ang. bpwlingreen, dans lequel on tient marché. De la hass.
tapis de verdure sur lequel on joue à la lat. burgùs fait du gr. purgos, en ma-
boule mot formé, dit-il de bowle, cédonien burgos, tour. Ce mot signifiait
boule et de green, verdure. anciennement une ville fortifiée et dé-
Boulon cheville de fer à tête ronde, fendue par des tours. En allem. berg,
à bout percé et à clavette. bourg, burgh, montagne, que Wachter
Boulonner, fermer, arrêter une pièce dérive du teuton bergen fortifier, metv-
de charpente avec un boulon. tre à couvert. Barbazan fait venir le mot
Bulteau pour boultèau, arbre taillé bourg du lat. urbs. Selon d'autres sa-
en boule. vants, bourg appartiendroit non pas au
Ci ramboler c'est au jeu de billard grec, mais au germanique ils font ob-
toucher deux billes d'un coup, en pous- server que burgus, introduit fort tard
sant la sienne dessus. dans le latin, est féminin dans cette
CARAMBOLAGE, action de caramboler. langue, malgré sa terminaison et cela,
ÉBOULER, tomber, rouler en s'affais- parce que le mot allemand est de ce
sant. genre.
Ecoulement, chute d'un mur, de la De là les noms propres Bourg, Bvur-
terre, de ce qui éboule. geat, Bourgeois, Dubourg.
EBOULIS, chose éboulée. Bourgade, petit bourg.
BOULEAU arbre il bois blanc. De Bourgeois, habitant et citoyen d'une
betula. ville; maître d'une fabrique; roturier,
BOULAIE, lieu planté de bouleaux. commun, bas.
BOULIMIE, faim excessive, accom- Bourgeoisement, d'une manière bour-
pagnée de foiblesse et de dépérissement. geoise.
Du lat..boulimia dérivé du gr: hou, Bourgeoisie, corps, qualité de bour-
part. augm; et de limos, faim. geois.
BOURDE, bourdon, bâton à grosse BouRGUEMESTRE,magistratd'une ville
tête pour les pèlerins bâton de charme; d'Allemagne. Burgi-magisler.
gourdin, espèce de crosse; potence, Bcrgrave, châtelain, seigneur d'une
ville d'Allemagne. De l'ail, burgh,
béquille pour les infirmes. – Fausseté
mensonge, plaisanterie, raillerie, sor- ville, et de gra f', comte, seigneur.
nette. De la bass. lat. burila, burda, fait Burgraviat', dignité de burgrave.
de versutia; d'autres le dérivent de l'it. BOURSE, petit sac a coulisse ou cou-
burla, plaisanterie. Voy. BURLESQUE. lant, propre à mettre de l'argent; petit
sac de taffetas noir pour renfermer les
Tant de bourdes decesbo'teux.
f béquilles) clieveux;j)ension fondée dans uncollége;
Qu'endites-ioua?Cesontdes. bourdes
tromperies).
Avent. du barondeFœneate. Hciioùseréunissentlesnégociantselban-
quiers d'une ville pour traiter de leurs
Bourder, mentir, plaisanter, railler. affaires; enveloppe des fruits et du scro-
BOURDEUR,menteur, railleur, mau- tum ou des testicules. En Turquie, la
vais plaisant. bourse est une. somme de cinq cents
BOURDON sorte de grosse mouche piastres turques. Du lat. bursa, fait du
qui ressemble à l'abeille, ainsi nommée gr. bursa, cuir, parce que les bourses
du bruit qu'elle fait en volant; bruit et étoient anciennement de cuir ou de
murmure que font ces mouches. Tuyau peau. Guichardin, cité par Ménage,
d'orgue, de cornemuse; grosse corde de par Gattel et par M..Morin, donne une
la vielle grosse cloche sonore, bâton
(
de étymologie curieuse du mot bourse, con-
pèlerin. sidérée comme réunion de banquiers.
Bourdonnement, bruit que fait le La première place des négociants qui
BÔÛ BOU g3
S'est appelée bourse, dit-il, été celle Apothicairerie, boutique, art, com-
de la ville de Bruges, à l'extrémité de merce de l'apothicaire.
laquelle étoit l'hôtel d'un seigneur de BOUTURE, branche qu'on plante
la noble famille de Vander-liourse qui en terre afin qu'elle prenne racine. De
portoit pour armoiries trois bourses. l'ancien verbe bouter, mettre,,placer,
Cette singularité fit donner à la place lancer du lat. pultare pour pulsare.
le nom de bourse, qu'on a appliqué en-
BouTAnE, caprice, saillie qu'on lance;'
suite aux places de plusieurs villes prin- vers improvisés et faits d'inspiration
cipales. subite.
BOURSIER,homme qui fait ou vend BouTAnEDX, bizarre, capricieux; qui
des bourses; qui a une bourse oiT une a l'esprit vif.
pension gratuite dans un collége. BOUTANTpour butant (arc), pilier-r
Boursilliïr contribuer à une petite
qui soutient une voûte et la repousse.
dépense.
BOUTON boulton, éminence qui
Bourson petite bourse à la ceinture, sort d'un corps quelconque bourgeon,
petite poche ou gousset.
édil tendant à demander et fleur avant son épanouissement; petit
Bursal
obtenir de. l'argent. morceau rond de métal ou moule re-
faire enfler, comme couvert d'étoffe pour joindre les par-
Bocrsouffler lies d'un vêtement. De l'it. bottone.
lorsqu'on souffle dans une bourse vide;
enfler la peau le style. Boutonner, devenir en boutons,pous-
enflure de style. ser des bourgeons passer les boutons
Boursoufflage,
dans les boutonnières.
Boursoufflé trop .en embonpoint;
ampoulé; style rempli d'enllure. BOUTONNEUX,rempli de boutons.
Boursoofflement, enflureparlefeu. BOUTONNIER,marchand et fabricant
Boursoufflure, enflure dans les ma- de boutons.
nières dans le style. Bouton nerie, manufacture et com-
Débourser,' ôter de sa bourse pour merce de boutons.
Boutonnière taillade pour passer
payer; donner de l'argent.
.Débours, débourse!, argent tiré de la les boutons.
Déboutonner, défaire les boutons
bourse; ce qu'ou a donné pour frais,
avances. des boutonnières.
DÉBOURSEMENT, action de débourser. REBOUTONNER,boutonner de nou-
Embourskr, mettre en bourse. veau.
rendre le déboursé, le Débouter, déclarer déchu des de-
REMBOURSER,
capital d'une rente, le montant d'un mandes faites.
billet. BOUTEILLE,ampoule; vase à goulot
REMBOURSABLE, qui doit être ou qui qui se fait en soufflant.
peut être remboursé. Bouteillier, boutilLier, sommelier,
r
Remboursement action de rembour- échanson, qui a l'intendance des bou-
ser somme pour rembourser. teilles. De la bass. lat. buticula, dim.
BOUTARGUE, œufs de poisson, de butta, en gr. mod. boultis. *Nospères
particulièrement du muge, confits au firent le dim.
vinaigre et à l'huile, en forme de crépi- Botte, outre de cuir, plus large parle
nette ou de saucisse plate. De l'it. bo- haut que par le bas, pour conserver le
targa, dérivé de botidus, boyau. vin en perdant la chose nous avons
conserve le mot, il désigne une chaus-
BOUTIQUE, re^de-chaussée ouvert
sur la rue, pour vendre et débiter des sure renfermant le pied et la jambe, la-
marchandises ou les travailler;' mar- quelle monte jusqu'aux genoux ou plus
chandises contenues dans lemagasin; i bas; de là on a fait
fonds de commerce; tous les outils d'un BOTTINES petites bottes.
artisan. Du lat. apotheca, fait du gr. Botter mettre, chausser des bottes.
apoihéké, magasin. Bottier ouvrier qui fait ou qui vend
Boutiquier, marchand en boutique. des bottes..
ApOTHICAIRE, celui qui prépare et Botterie atelier où l'on fait des
débite les médicaments. Avothecarius. bottes.
'94 BRA BRA
D^botteh, ôter les bottes; instant 011 lange pour le derrière des enfants fente
l'on ôle lesbottes. du devant des hauts de'chausses. De
BoTTE, faisceau lié de choses sem- bracca, braccœ, que l'on dit être un
blables. mot gaulois, pris du gr. brakos, vête-
BOTTELACE,action de botteler ou de ment de dessous. De là le nom de Gallia
mettre en bottes. braccata, donné à la Gaule narbonnoise.
BoTTELER, lier, mettre en- bottes. BRAGUES,les plaisirs amoureux.
BOTTELEUR,qui bottèle. BRAGUER,mener une vie joyeuse.
BOUTE-EN-TRAIN,sans-souci qui met BRAYER, bandage pour les hernies;
tout le monde en train. ceinture pour porter un drapeau.
BOUTE-SELLE,air de trompette qui Débrailler pour débrayer ou de'brail-
avertit les cavaliers de se tenir prêts ler (se) se découvrir la poitrine' avec
pour monter à cheval. indécence ou désordre.
Bouïe-tout-cuire grand mangeur à BRAI, poix, sorte de goudron ma-
·
qui tout est bon. tière résineuse pour calfater. Du lat.
Boute-feu,' bâton fourchu à mèche, brutia, fait du gr. brettia, poix.
pour mettre le feu au canon; qui excite Les Brudi d'Italie, dont la province
des querelles. appelée Brutia, aujourd'hui Vj4bruz,ze,
• Boutoir, instrument de maréchal; i avoient pris leur nom de ce que leur
défenses du sanglier. pays étoit abondant en poix, à cause
BUTTE butée, massif de pierres dures des forêts dont il étoit couvert.
qui, aux deux extrémités d'un Jjont, Braïèr brayer, enduire de brai.
sert à soutenir la chaussée et à résister BRAIRE, onomatopée de l'âne lors-
à la poussée des arcades. qu'il fait entendre son cri; au figuré,
BOXER; se battre à coups de poing. pleurer, crier. Les Grecs ont dit brachâ,
De l'angL-toéor. et les Italiens bramare. Ménage dérive
BOXEUR, qui se bat, ou qui a cou- ce mot du lat. ragiré, auquel on a pré-
tume de se battre à coups de poing. posé le B.
BOYAU, intestin, conduit sinueux Bkaiment cri de l'âne.
pour les intestins; conduit de cuir pour ^Brailler, onomatopée désignant l'ac-
l'eau; lieu étroit et long; les zigs-zags tion de crier terme populaire qui ne se
d'une tranchée. De botulus, botellus. prend qu'en mauvaise part; parler trop,
BOYAUDIER,qui prépare, et .file les crier à tue-tête.
cordes à boyau. Braillard, brailleur, qui braille,
BREUILLES,brouailles, pour beuille-i, qui ne fait que brailler.
bouailles intestins de volailles et de BRAISE, charbons ardents ou éteints.
poissons. Du gr. brazéin, être chaud et brûlant.
BRAC, BRAQUE, *brachet, sorte de BRAISIER,huche où l'on met là braise
chien de chasse à longues oreilles et à à éteindre.
poil ras chien couchant, ordinaire-. Braisière étouffoir pour la braise;
ment de couleur blanche, et quelque- vase pour faire cuire à la,braise.
fois tacheté de noir et de fauve dont Br aser souder deux pièces de fer en-
la race, originaire d'Espagne, est juste- semble.
ment renommée pour sa quête et son Brasier, feu de charbons ardents;
odorat. Du gr. brachrs, en bass. lat: bassin pour la braise allumée.
bracco, en ail. Jbrack. BRASILLER,faire griller sur la braise
BRACONNIER,homme qui fait lever le ardente.
gibier, à la différence du chasseur qui BRASURE,endroit où deux pièces de
le poursuit; il est en homme ce que les fer sont soudées.
braquessont en chiens. EMBRASER, mettre le feu; prendre
Braconner chasser furtivement sur feu; concevoir un violentamour; élargir
les terres d'autrui. en dedans la baie d'une porte ou d'une
D'où les nomspropres Brac, Brack, croisée pour lui donner plus de jour.
Brachet, Braque. Embrasement grand incendie tu-
BRAGUE, braguette, braie, brayet- multe général; grand trouble dans un
te, devant de culotte; haut de chausses; état.
BRA BRA g5
Embrasure, élargissement intérieur sa main avant de lancer, de jeter; agiter
de l'ouverture d'une porte ou d'une dans la main une épée, une boule en
croisée, etc. visant. Ces mots, et tous ceux de cette
Ebraser, élargir en dedans la baie famille, me paroissent être autant d'o-^
• d'une porte, d'une fenêtre. nomatopées. Ménage et d'après lui
Ebrasement, action d'ébraser, M. Jauffret, dérivent les verbes bran-
BRAMER, ce mot se dit du cerf, et dir, brandiller, branler, du lat. vibrare.
en général de tous les ariimauxqui crientt Gébelin les tire de branche d'arbre.
fortement onomatopée du cri. Les Brandiller, mouvoir de çà et de là
Grecs onl\dit brama, bréméin, rugir, se balancer avec ou sur une corde.
frémir; en ital. bramàre, crier. Brandillement, action de brandiller.
BRAN, bren, son de farine, et de Branoilloire', balançoire de corde
là, par- métaphore matière fécale. Mé- ou de branches d'arbres.
nage présume que ce mot vient de bran- Branler, remuer, s'agiter, mouvoir,
ca, mot gaulois dont s'est servi Pline, faire aller de çà et de là être penché.
lib..xviii cli. 7; en bass. lat. bracis, Branlant, qui branle, qui remue,
en angl. bran. qui penche d'un côté plus que l'autre.
Breneux, sali de bran. Branle agitation de ce qui branle; i
EBRENER, ôter le bran dont on est première impulsion; danse en rond en
sali. se tenant par la main hamac, lit de
EMBRENER,salir de matière fécale. vaisseau.
BRANCHIES, ouïes des poissons. Branle-bas, ordre de détendre les
Du lat. brachiœ fait du gr. bragehia hamacs d'un vaisseau et de se préparer
dérivé de brogchos, la gorge, parce que au combat.
les branchies tiennent lieu de gorge Branlejhent, agitation, mouvement
aux poissons. de ce qui branle.
Branchiostéges, poissons dont les 'BRAriLOIRF,, planche en bascule pour
ouïes ou branchies sont recouvertes par se balancer;' corde pour mettre le ba-
une membrane.- De bragehia, les ouïes lancier en mouvement chaîne dulevier
des poissons, et de sle'go, je couvre. du soufflet de forge.
Ampiiibranchies espaces autour des EBRANLER,ôter la solidité, l'aplomb,
glandes des gencives. jlmphibragchia la fermeté par des secousses émouvoir,
composé d'amphi, autour, et de brog- attendrir; faire mettre les troupes en
ehos, la gorge. marche.
BRANDEBOURG, sorte de vête- Ébranlement, action d'ébranler; se-
ment, casaque àmanches; boutonnière cousse agitation violente.
avec des ornements en soie. L'électeur BRANDON, tison allumé flambeau
de Brandebourg s'étant ligué avec plu- de paille; corps enflammé
sieurs autres princes contre la France, lancé d par
l'explosion du feu paille autour un
passa le Rhin en 167/1, et s'engagea dans bâton planté dans un champ, pour in-
l'Alsace; on donna le nom de brande- diquer qu'il est saisi; feu de la discorde;
bourg à une sorte de casaque que por- le feu de l'amour. De là le dimanche
toient les gens de cet électeur, et ce des brandons, le premier dimanche de
nom eut dès lors le droit de cité. carême, parce qu on allumoit des feux
BRANDEBOURG,nom géographique; ce jour-là. De l'allem. brande, embraser
est formé du polon. branni-bor, châ- ment, incendie. En esp. blandon.
teau de la forêt des pins. BrAndonner, planter des brandons
BRANDEVIN, eau-de-vie de grain. dans un champ saisir un héritage faute
De l'ail, brandlenwein composé de de paiement du cens.
brandt, brûlure, et de wein, vin; vin BRAQUER, tourner, diriger d'un
brûlé, pàrce que l'cau-de-vie se fait avec certain côté en pointant, en ajustant.
du vin distillé par l'action du feu. Ménage le dérive de vertere pour verti-
Brandevinier, qui vend de l'eau-de- care.
vie aux soldats. BRAQUEMENT,situation de ce qui est
BRANnERiE, fabrique de brandevin. braqué.
BRANDIR secouer, balancer daus BRAS, membre du corps humain
93 BRA BRÀ
qui tient à l'épaule; force, puissance'; Embranchement, nœud de tuyaox;
canal de rivière qui se sépare. Du lat. lieu où se réunissent plusieurs roules.'
bracliium, fait du gr. brachion. REBRASSER,retrousser ses manches.
BRACHER,brasséier, faire la manœu- BRAVE, intrépide, hardi, coura-
vre des cordages pour tendre ou déten- feux; honnête, galant, probe; leste,
dre les branles ou lits suspendus. bien vêtu.'Du lat. bravium fait du gr.
Brachial, qui a rapport au bras. Bra- brabeion, prix de la victoire; dérivé de
chialis. brabeus, qui donne le prix du combat.
Bracelet, ornement qui fait le tour Bravache, faux brave, fanfaron.
du bras. Du lat. brachiale, du action de
gr. bra- BRAVACHERIE jactance
chionion.. bravache.
BRANCHE,bras d'un arbre, bois qui BRAVADE, action, parole, manière
sort du tronc; famille; partie. De bran- par lesquelles on brave quelqu'un.'
ca, fait de brachium. Bravement avec courage avec
Brancades chaînes de forcats qui adresse habilement.
furent d'abord faites avec des branches BRAVER, affronter intrépidement les
d'arbres. dangers, la mort; narguer, regarder
BRANCARD,bras de^oiture; litière avec morgue, traiter avec mépris.
qui se porte à bras. BRAVERIE,beaux habits, ajustements
BRANCHAGE,branches des arbres. élégants.
BRANCHER,pendre à la branche d'un Bravo expression d'applaudisse
arbre. ment, de satisfaction moquerie fort
Branchu abondant en branches. bien, parfaitement.
Brand branchages arbustes qui BRAVOURE,la vertu des braves va-
croissent dans les terres incultes. leur éclatante; fermeté de l'âme qui
Brassage droit de fabrication des méconnoit la peur morceau de musi-
monnoies; façon donnée aux métaux. que d'une exécution brillante et diffi-
BRASSARD,armure du bras. cile.
BRASSE, mesure de la longueur de BREBIS, femelle dubélier. De ber-
deux bras étendus. bix, pour vervex, vervecis.
BRASSÉE,ce qu'on peut contenir en- BERGER,bergère, bergerette, qui garde
tre deux bras. les brebis et les troupeaux. De berga-
BRASSER,remuer les liquides à force rius, pour berbigarius.
de bras; tramer, machiner; fabriquer BERGERIE,bercail, qu'on a dit pour
de la bierre. bergail, lieu où l'on renferme les bre-
BRASSERIE,fabrique de bierre; en- bis. Bercail a été fait de bergale, pour
droit où elle sefait. berbigale.
Bsassebr qui fait et vend de la BERCAIL,le sein, le giron de l'église.
bierre. BERCEAU les premières bergeries
Brassin cuve à bierre son con- ayant été construites avec des branches
tenu. dP arbres, on donna ce nom à un lit
Brassoir, instrument avec lequel on d'enfant encore à la mamelle à une
brasse les liquides. sorte de voûte en treillage, ou en plein
Brassière, camisole d'enfant avec cintre. Commencement d'une chose,
des manches. lieu où elle a commencé. Barbazan le
Brassiage mesurage à la brasse dérive -de versulus.
quantité de brasses de profondeur. BERCER, mouvoir un enfant dans et
Brassicocrt, cheval qui a les jambes avec le berceau pour l'endormir; en-
arquées. dormir quelqu'un de,belles espérances,
EMBRASSADE,action de s'embrasser. comme on endort un enfant en remuant
EMBRASSEMENT, action d'embrasser. son berceau.
Embrasser tenir, renfermer, serrer Berceuse femme chargée de bercer
x un enfant.
dans ses bras.
ÉBRANCHER, ôter, couper les branches BERGERONNETTE, oiseau des champs
d'un arbre. qui suit les troupeaux et qui se tient
Ébranchement action d' ébrancher. dans les champs' près des bergers.
BRE BRE 97
De là les noms propres Berger, Ber- A.m-phibraqtje pied bref à ses deux
gier,Bergeron,Bergerot.. eixtrénutcs pied de vers grec ou latin
BRECHE, ruine, rupture; ouverture c:omposé d une longue entre deux brè-
dans un mur, une haie, un rempart, Jes. Du grec amphibrachus composé
une clôture; fracture à la lame d'une (l'amphi, autour, et de brachus, bref.
instrument tranchant. Gébelin regarde Brève, note de plain-chant; syllabe
avec raison ce mot comme une orio- i'apide; mesure courte de,vers.
matopée, et Ménage le dérive de l'ail'. BREVET, acte de concession, expé-
hrechen, rompre; en ital. brecoa, brec- c1 il ionnon scellée; privilége donne pour
cleia,et en français, Brissac, nom propre invention.
d'homme* et de lieu. Breveté brévetaire, qui a un brevet;
'Ébrécher faire une brèche. ]porteur d'un brevet.
BRECHET,os fourchu de la poitrine; BREVETER,accorder un brevet.
creux dans l'estomac, partie où abou- BRÉVIAIRE, livre d'offices à l'usage
tissent les côtes. En ail. brust, poitrine. les ecclésiastiques abrégé de tous les
BREDOUILLER, parler confuse- 1livres qui servent au chœur pour l'office
ment, articuler avec peine; onomato- divin. Brcviarium.
pée qui exprime parfaitement la diffi- Bréviateur, qui écrit les brefs*
culté de s'énoncer; elle paraît venir de Brévité, état de ce qui est bref.
breJl-breda, locution basse et factice qui Brevitas.
exprime l'espèce de bredouillage de Brief, iriève, courte de'peu dedurée.'
verbiage d'une personne très-loquace Brièvement, en peu de mots, d'une
qui articule difficilement. manière briève.
Bredouillement action de bre- Brièveté le peu de durée d'une
douiller. chose. v
Breoouilleur, qui bredouille. Bribe, brife, restes d'un repas; restes
Bredouille, jeton double au jeu le en général petits morceaux.
tric-trac; partie bredouille-, celle où Briber brifer, manger avidement v
l'un des joueurs prend tous les points, les restes.
Dérredouiller, ôter la bredouille. Bribeur briberesse, brifeur, brifeuse,
BREF, subst. Lettre, missive, pou' mendiant qui demande et recherche les
voir conféré par l'autorité, et particu- bribes.
lièrement par le pape. Adj. Court, de Abrégé, raccourci, rendu plus bref
peu de durée, de peu d'étendue. Adv. précis; sommaire; réduction d'un livre
Enfin, en un mot, rapidement. Du lat. à une moindre étendue.
bleuis, fait du' gr. brachùs, bref, court. Abrègement; action d'abréger.
Brachygr aphie, écriture abrégée art Abréger,- raccourcir, diminuer; ré-
d'écrire par abréviation. ;Du gr. bracltus, duire à moins d'étendue, ylhbrtviare,
et de graphe, j'écris. A bréviateur, qui abrégeun ouvrage,
1
Brachylogie, sentence abrégée, com- un travail..
me les aphorismes d'Hippocrate. De Abréviation, retranchementde quel-
brachus et de logos, discours. ques lettres dans un mot, pour écrire
Brachypnée respiration courte et plus vite ou en moins d'espace.
pressée, qu'on remarque dans les fièvres BKÈGE bregin, filet a mailles étroi-
inflammatoires. De brachùs, et de pnoé, tes, traîné sur le sable. Du gr. bre'chô,
respiration, haleine. arroser.
Braciiyptères, sorte d'oiseaux qui BRÉHAIGNE, stérile, impuissant,
ont les ailes courtes. De brachus et de qui ne peut rien produire. De l'ail. bar-
pte'ron aile. ren, slérile,'dér. de bar, nu ce mot est
Brachystochrone, la cycloïde, cour- très-ancien dans notre langue, et on le
be qui a la plus vite descente, qui se trouve souvent employé dans les écrits
fait dans le temps le plus court. De du xnb siècle. En lyonn. béeme,boëmej
brachuslos très-bref, très-court, super- en comt. brème, en mess. beraigne en
latif de brachus, et de chronos, temps. daup. baraigne en angl. barren.
Braqtjemar, épée courte et large. De BRELAN, berlan, jeu de cartes
braclteia maclialra, courte épée. à trois, quatre ou cinq personnes; salle
!-> '7 7
98 BRE BRI
de jeu. De la b.-Iat. berlenghum sorte dre irrégulièrement, ou tropcourt. De
de jeu à trois dés et jeu des osselets, Hs-londere.
fort en vogue dans les xu° et xm* siè- BRETELLE; sangle, courroie pour
cles. En Prov. et en Lang. berlingâôu. porter un fardeau sur les épaules et pour
Brelander fréquenter les maisons soutenir le haut de chausses. Trippault,
de jeu; muser, baguenauder. qui écrit brelhelles dérive ce mot du
Brelamdier, joueur de cartes dé pro- gr. brithô charge, fardeau, parce que,
fession. dit-il, les bretelles aident à porter des
BrelAndinier, marchand qui court fardeaux.
les rues. BREUIL, bois, forêt, parc, taillis
BRELOQUE, breluque, curiosité ou buisson fermé'de haies, pour la re-
sans valeur; petits bijoux suspendus à traite des bêtes. Mon savantami, M. Ha-
a chaîne ou au cordon d'une montre. se, donne de ce mot une étymologie fort
De l'anc. franc. bulluque, chose de peu ingénieuse; il le dérive du gr. pdribo-
de valeur en bass. lat. bullugas, fruits lion, employé dans le Levant au moyen
sauvages; d'autres prétendent que c'est âge pour désigner un verger, un jardin
une onomatopée du bruit que font les cultivé devant la maison. Ce mot que
breloques lorsqu'elles sont agitées par le les Grecs modernes prononcent brivo-
mouvement de la marche. lion, a été rapporté en Europe par les
Brelic-breloqve sans ordre sans Croisés et à donné naissance à la bass.
arrangement, sans attention. lat. broilum broilus pour brogilum,
"Breloqtjet, assemblage debreloques. d'où/1'ital. broglio, et les noms propres
BRÈME brame poisson d'eau Broglie Debreuil, Dubreuil.
douce, large et plat, du genre cyprin.- BRICOLE bricolle, ancienne ma-
Fait iVamabris, sorte d'alose. chine de guerre propre à lancer des
BRÉSIL, bois de teinture rougeâtre, pierres. De la bass. lat. briccola; fait de >
débité par petits morceaux; ainsi, ap- trabuccusi Le mot bricolle a signifié en-
pelé parce qu'il est venu de l'empire suite la partie du harnois qui porte'sur
du Brésil, dans l'Amérique méridionale. le cheval; filet de chasse pour lès bêtes
Brésiller rompre par petits mor- fauves rebond de la paume contre un
ceaux teindre avec du Brésil. mur, et, transporté au jeu de billard,
BRÊsiixET,'la dernière qualité du bois coup à la bande pour revenir sur la
de Brésil. bille. Fauchet, parlant du siège de Pa-
BREST, ville et port de mer dans la ris.par les Normands, en 887, et de l'ef-
Bretagne. De lirwale abl. de Brivas. fet produit par les bricolles, dit « Tûrri
BRETAGNE ancienne province dé pràperanles, qùam feriuntfundis. Tout
France qui forme aujourd'hui plusieurs de mesme que l'estœuf ( la balle) bat
départements-; ainsi dite dés habitants celle d'un jeu de paulme; qui s'appelle
de la Grande-Bretagne, qui, étant chas- à bricolle, quand il n'y a qu'un toit du
sés de leurs pays, vinrent occuper .cette costé du service à la différence. des
province. Britannia. jeux faits en halles, qui ont des toits et
BRETON, brette, habitant de la Bre- galeries de costé et d'autre tels jeux
tagne. Brito brita. appellez blouses à Orléans, pour le son
Brette, sorte de longue épée, ainsi de l'estœuf heurtant dans le fond de ces
dite de ce que les premières furent fa- lieux caves, au bout desquels il y a
briquées en Bretagne. des nattes pour rabattre le coup, afin
Bretailler mettre sans cesse la qu'il ne réjaillist dans le jeu ains tom-
brette à la main fréquenter les salles bast dans le trou de la blouse. « A insi les
d'armes; tirer souvent l'épée. mots blouse et bricole ont été transpor-
Bretailledr qui bretaille, qui fer- tés des machines de guerre, aux jeux
raille. de paume et de billard. x
BRETTER, chercher noise, faire le Bricoler jouer de bricole.
brettéur. Bricolier, celui des chevaux de poste
Bretteur ferrailleur qui porte la attelé qui porte le postillon.
brette et qui aime à se battre. BRIDE partie du harnois d'un che-
BRETAUDER pour bestourder, ton- val, laquelle se compose de la têtière
BRI BRI 99
des rênes et du mors; tout ce qui ar- genlz Brigantia. Les Brigantes sont
rête, retient, maintient. Mot adopté célèbres par leur amour pour la liberté.
par tous les peuples de l'Europe, fait Brigandage vol sur les grandes rou-
da gr. brutêr, pour rhutêr, dérivé de tes concussion, exaction violente, pil-
rluto, tirer, traîner; dér. de ruô, ryô/)& lage.
tiré; en it. briglia, en vieux saxon, bri- *RIGALV
DEAU,lietit bri,arid ipraticien
IJRiGANDEAu,petitbrigand; praticien
del, bridl.. fripon.
Brider mettre la bride à uncheval; Bricander vivre en brigand voler,
ceindre, lier, arrêter, retenir, attacher, piller, assassiner.
serrer étroitement.t. Brigandine, armure légère faite de
Bridoir, mentonnière, bande pour lames de fer jointes, et qui servoit de.)
arrêter et retenir un bonnet, une coiffe. cuirasse. On nomma brigands les sol-
Bridole, appareil pour faire plier et", dats qui portoien cette armure, et, •
ranger les bordages et les couples. comme ceux que la ville de Paris sou-
Bridon petit mçrs légera et brisé doya en 1356, pendant la captivité du
petite bride, branche.. roi Jean, commirent une infinité de
Bridure action de brider l'ancre. vols on désigna ainsi depuis les voleurs
Débrider, ôter la bride; faire avec et les coquins. C'est ainsi qu'en lat. la-
précipitation. tro, qui sigriifioit soldat, désigna par
Débridement, action de débrider. suite un voleur, parce que les soldats en
BRIGUE, cabale, faction, parti; faisoient le métier.
vive poursuite par le moyen d'agents BRIGANTIN,petit vaisseau à voiles et
intéressés. De l'it. brisa, parti, débat, à rames pour aller en course, et dont se
querelle, procès, combat. servent les pirates.
Briguer rechercher ardemment une Bhicon malotru, misérable, impos-
place, un avantage, tâcher d'obtenir teur, trompeur, méchant, mauvais su-
par brigue se former un parti. De l'it. jet. De lit. briccone.
brigare, qui signifia d'abord solliciter BRIG-NOLES, brugnoles, sorte de
des honneurs, puis s'efforcer, chercher, prunes fourrées venant de Brignoles. j9ro-'
intriguer. Dans la première acception niolacum, Briniona, ville' de Provence.
Ferrari dérive l'it. brigare du lat. pre- BRUGNON, espèce de pêche violet-
cari comme dans les Drigues pour les foncé. ·
emplois et les honneurs, il y avoit beau- BRILLER, *breller, signifia d'abord
coup de contention, briga signifia con- chasser de nuit aux oiseaux avec de la
tention, débat.t. lumière. De luminare, fait de lumen;'
Brigade, d'abord assemblée en gé- puis on l'employa pour, avoir de l'é-
"néral, puis troupe de soldats, corps clat, reluire, jeter une vive lumière.
d'armée sous un général de la moindre BRILLANT,qui a de l'éclat, qni brille;
classe. De l'it. brigata troupe, bande, éclat, lustre; diamant à facettes.
assemblée, compagnie. Brillamment d'une manière bril-
Brigadier commandant d'une bri- lante.
gade sous-officier de cavalerie. Brillante, qui brille d'un faux éclat.
Brigand, d'abord soldat qui est d'une BRILLANTER; donner un faux brillant i
brigade, puis voleur, assassin de grands i tailler un diamant à facettes.
chemins, qui attaque à force ouverte; BRIMBALER, pour bimbaler, mèt-
qui pille, qui commet des exactions, destre les cloches 'en branle; secouer, agi-
concussions. Del'it. brigante, nom soufter en branlant; onomatopée qui peint
lequel on désigna ceux qui formoient tl&ile mouvement du va et vient. En espag.
partis, des séditions pendant les guerre! s bambalear, dandiner; en gr. bambalein.
civiles; puis les scélérats les assassins Brimralej levier d'une pompe.
enfin les troupes qui volent et qui pil- BRIMBORION pour bimborion
lent.. Brigand ne tire point son origine ï jouel d'enfant, colifichet, babiole, chose
des Brigantes, peuple de la Rhétie (li e de peu de valeur. Ce mot ne vient point
Tyrol ) au bas des Alpes, qui avoien t du lat. brebiarium pour breviariwn
donné leur nom au lac, de Constance comme le dit Ménage d'après Pasquier.
Lacus Brigantius, et à la ville de Bre Voy, BABiLet Bimdëlot. 1 1
7-
ioo BRI BRO
BRINDE, toast, coup bu à la santé. rompent aux arbres pour leur' servir
De Vilal. far brindesi, fait de l'all. ich d'indice sur les voies de la bête de là
bring euch, je vous porte la santé. aller, marcher sur les brisées, suivre les
brisées.
BRINDESTOC, long bâton ferré à
deux bouts, avec lequel les Flamands Brise-glace, pieux devant les piles
sautent de la rive d'un canal à l'autre. d'un pont.
Du flam. sprinkstok, comp. de sprin- Brisement choc violent des flots con-
tre la côte i douleur d'un cœur navré.
gen, sauter, et de stok, bâton, bâton
pour sauter. Brise-raison, qui parle à tort et à
sorte de gâteau de fleur travers.
BRIOCHE
"de farine, de beurre et d'œufs. De la BRISEUR,qui brise, qui'rompt,
bass. lat. bracellus, gâteau dérivé de Brise-vent, clôture pour garantir du
l'ail, brodt, pain, et non pas del'héb. vent.
bar, bria gras comme ledit Ménage Brisis, angle d'un comble brisé.
d'après le P. Tbomassin. Briseur, partie fracturée augmenta-
tion dans les· armoiries des branches ca-
BRIQUE, terre argileuse moulée,
dettes.
cuite au feu ou sechee au soleil. De la
bass. lat.. hrica, fait iïimbrex; dérivé Brisoir instrument 'pour briser le
chanvre.
iVimèricare, dit pour imbricibus tegere
couvrir de brirjues. D'autres le font ve- BRIN jet d'un végétal, scion ;• mor-
nir du gr. brucha, couverture, toit. ceau, petite portion d'une chose; tout
ce qui est long et délié.
Briq.uetage ouvrage en briques i Brindille, menue branche.
briques simulées à l'extérieur d'une. Bringue, petit cheval long et mal fait.
construction.
BROCHE, toute baguette de fer dé-
BBiQuETER,simuIerdesbriques; pein- liée; baguette pour enfiler; verge de.
dre des briques.
lieu où se fait la brique. fep pointue pour embrocher et faire cuire
Briqueterie la viande; chevillepour boucher le trou
Briqoeteur principal ouvrier bri- d'un tonneau qu'on a percé. De la bass.
.queti'er. lat. broca, fait de ïieruia, dim. de veru.
Briquetier, qui fait ouvend la brique. BROCANTER, acheter, vendre, troquer
Imbbicée tuile concave. des meubles de hasard, des bijoux, de
BRISER, rompre, casser, mettre en vieux habits; vendre à la foire.
pièces i accablerde fatigue et de coups i BROCANTE, métier de brbean teur per-
terminer brusquement un entretien- i clïes où sont attachées des merceries.
onomatopée du bruit d'une substance BROCANTEUR, qui brocante, qui vend,
assez dure, rompue et broyée, achète et troque. Dans les xu° et xin"
soit.par
la chute, soit par un choc violent. En
siècles on appeloit marchands à la
lat. brisare, du gr. brithâ futur brizô broche ceux qui vendoient du vin en
presser une chose s'appuyer forte- détail comme il leur étoit défendu de
ment dessus, comme l'on fait quand on fournir du vin en bouteille, ils se ser-
veut la rompre ou de brizeïn se voient d'une broche toutes les fois qu'il
jeter
avec impétuosité. leur arrivoit un chaland. On disoit alors
.Bris, rupture, fracture d'une porte, mettre le vin en broche pour percer un
d'un scellé; action par laquelle un vais-
tonneau, et brocanter pour vendre le
seau se brise. vin en détail. De là, brocanteur désigna
Débris, restes d'un édifice détruit, le commerce de tous les marchands en
d'un vaisseau naufragé. détail. V^oy'. Ducange, et Spelmann au
BRISANTS,écueils à fleur d'eau con- vaot^Abrocarnentum.
tre lesquels se brisent les vaisseaux va-
Broc, vase de bois à anse, garni de
gues poussées sur le rivage, ou brisées cercles de métal pour le vin qui se vend
sur les rochers. à broc. On le fait venir du gr. brochos,
BRISE, petit vent frais et périodique. dér. de bréchô, je verse.
Brise-cou, escalier, pente, passage Bric ET DE broc (de), de çà et là; de
roide et difficile. tête et de pointe par tous les moyens
Brisées branches que les chasseurs possibles.
BRO BRO ioi
Bric-a-brac vieillerie, marchandises Brossure couleur appliquée avec la
de rebut. brosse.
BROCARD, brocat, raillerie qui bro- TROC, échange en général.
che, qui pique. 'Troquer, faire an troc, échanger,
BROCARDER, lancer des brocards. permuter. Suivant Ménage, le franc.
Brocardeur qui lance des brocards. troquer, l'esp. trocar, dérivèroient de
BROCART, brocat, étoffe brochée de l'anglo-saxon to truke, qui a' la même
soie, d'or ou d'argent. En ital. brocato, signification. ·
en esp. brocado. Troqueur, qui aime à troquer.
Brocatelle, étoffe qui imite le bro- BRONCHES bronchies, vaisseaux
card; marbre broché.de diverses cou- de la trachéc-artèrè, qui conduis'entl'air
leurs. dans le poumon. Du gr. brogehos la
BROCHER,faire des étoffes' à la bro- gorge.
che plier et coudre les feuilles d'un li- Bronchial, bronchique, qui appar-
vre, en les piquant, en les embrochant. tient.aux bronches. ·
Ebaucher, faire à la hâte. Bronchocèle, goitre où grosse tu-
BROCHANT, terme'de blason, peint on meur qui se forme à la gorge. De brog-
à chos, et de kélé, tumeur.
passant par-dessus d'un'côté del'écu
l'autre., Bronchotomie, ouverture, incision'
et
Brochée, ce qu'il tient de viandeaprès faite à la trachée-artère. De brogehos
une broche. de tome, incision; dérive de temv.6, je
BROCHES,défenses du sanglier pre- coupe.
mière tête de chevreuil. BRONZE, mélange de cuivre, d'étain
Brochet,, poisson d'eau douce qui et de zinc. De Vît. bronzo.
doit ce nom à son bec pointu. Bronzer peindre en couleur de
Brocheton petit brochet. bronze.
BROCHETTE,petite broche boistaillé BROUHAHA, bruit confus d'ap-
en pointe pour appâter les oiseaux. plaudissements ou de voix. Contraction
Brochetter, mettre des brochettes de bruit de haha, qu'on prononçait an-
à la viande. ciennement brouit de haha. Ménage a
BROCHEUR, brocheuse, qui broche les bien reconnu cette onomatopée/
livres. BROUILLER, confondre-, mêler,
Brochoir instrument pour brocher mettre pêle-mêle; mettre du désordre
marteau de maréchal pôur.ferrer les dans les affaires; de la confusion dans les
chevaux. r.hnsp.s et Af 1 ri mpsint.p.Hiffence entre les
BROCHURE,action de brocher les li- personnes. De Vital, brogliare, que Mé-
et d'autres
vres livre cousu en le piquant; petit nage dérive du lat. turhare,
de de tribulatio affliction adversité.
ouvrage de peu de feuilles ou de peu
valeur. Brouillamini désordre; obscurité;
Brocolis broque, tète d'un rejeton; confusion. Voy. Bol.
rejeton de choux choux dont les reje- Brouillard sorte de-registre sur le-
tons sont bons à manger, et qui vien quel on brouillonne.
nent d'Italie avec leur nom. Brouille, brouilleriè, querelle; mé-
Broquart, bête fauve d'un an, ainsi sintelligence.
"dite de ses broclies. Brouillement action de brouiller
Broquette, brochette, petit clou à mélange; confusion.
tête;, membre viril d'un enfant y allu- Brouillon, étourdi, qui met le trou-
mette. ble ébauche; registre sur lequel on
Embrocher mettre à la broche per- écrit d'abord.
cerd'unebroche. DÉBROUILLERtirer de la confusion
Brosse petits bouquets de joncs on et mettre en ordre;.tirer un sens d'une
de crins fixés dans une planchette, pour chose obscure, l'interpréter, l'entendre.
action de débrouil-
-nettoyer les habits; pinceau de crin. DÉBROuiLLEMÉNT,
Brosser nettoyer, frotter avec une ler..
brosse. Embrouiller, mettre de la confusion,
Brossier, quifâit et.vend des brosses. de l'obscurité.
102 BRU' ' BRU
Embrouillement, action d'embrouil- Du lat. nui us, d'où l'ail, drucht, femme,
ler; embarras dans les affaires, dans les et le flam. bruyt.
idées. BRUIRE brouir, onomatopée qui
Imbroglio, embrouillement; confu- donne l'idée d'un bruit vague, sourd et
sion. De l'it. imbroglio. confus, comme celui qui s'élève d'une
BROUTER, manger l'herbe, la feuil- furêt ébranlée par des vents impétueux,
le des arbres onomatopée formée du comme le bruit qui résulte du fracas des
bruit que font les animaux en brisant torrents, de l'écoulement des grandes
les plantes près de leurs racines et en eaux, du soleil qui brûlé les feuilles, 'et
les arrachant avec les dents. En grec du dommage causé par la gelée. En lat.
hrultdin, manger. rugire, qui pourroit venir du grec'Sra-
Broussin excroissance sur l'érable. chéin, murmurer, frémir; d'où bruche,
BROU,brout, jeunes pousses de taillis murmure, frémissement.
et dés arbres, que broutent les animaux Bruissement brouissement, brouis-
au printemps écale verte des noix. sure, bruit sourd; dommage causé aux
Broutant, qui broute. plantes par la gelée.
Broutilles menues branches.qu'on BRUINE,brouée, brouine, petite pluié.
peut brouter; choses de peu de valeur. froide qui dure peu. En lat. pruina.
BROUSSAILLES,ronces épines en BROUET,bouillon au lait et au sucre
taillis ét sujettes à être broutées. méchant ragoût à sauce claire, augm.
Abrouti bois ébourgeonné par les de brouée.
bestiaux. Brouillard, vapeurs condensées et
Abroutissement, action de brouter. qui ne peuvent s'élever; papier gris,
BRUTE, animal, bête qui broute i très-simple et. fin.
homme sans esprit, sans capacité, sans Bruiner, brouiner, se dit de la bruine
jugement. » qui tombe, et des arbres sur lesquels,
BRUT, grossier, qui n'est pas poli, dans les mois d'avril et de mai^ un mau
qui n'a pas encore perd sa forme agreste vais vent a soufflé, en sorte que les
et rude. feuilles en sont .recroquevillées par la
Brutal-, grossier, féroce, rustre sécheresse.
violent, emporté; qui tient de la brute, Bruih, faire pénétrer la vapeur d'eau
qui vit en brute. chaude dans une étoffe.
Brutalement en bête brute; d'une BRUIT, son ou assemblage de sons
façon brutale. confus que l'oreille ne peut distinguer,
BRUTALISER,maltraiter, traiter,bru- saisir et apprécier; éclat, renom, nou-
talement. t.. velle, trouble, querelle. En lat. rugi-
Brutalité, vice du brutal, passion ius, que L'on dérive du gr. bruche, mur-
brutale; discours, procédés brutaux. mure, frémissement.
Abrutir, devenir brute, rendre stu- Ebruiter, divulguer, répandre une
pide force de mauvais traitements ou nouvelle, un bruit.
par l'usage des liqueurs enivrantes. Bruyamment, avec grand bruit.
Abrutisse»] ent, stupidité, absence Bruyant, qui fait grand bruit.
totale de raisonnement, d'énergie. Bruyère, plante dont les tiges sou
DÉBRUTIR,dégrossir, donner la der- ples, grêles et ligneuses, bruissent au
nière façon du poli. moindre vent.
BROYER, piler, casser, réduire en Ebrouer, onomatopée qui repré-
poudre; onomatopée du bruit d'une sente l'action d'un cheval ardent souf-
substance assez récalcitrante, brisée flant avec force pour chasser l'humeur
entre deux corps durs. qui l'incommode et pour reprendre ha-
Broyement, action de broyer. leine. Laver, passer dans l'eau une pein-
BROYEUR,celui "qui broie les cou ture.
leurs. 'Ebrouement, ronflement d'un che
Broyé, broyon, la maque, instru- vàl à la vue des objets qui l'effraient.
ment pour broyer le chanvre; sorte RABROUER,rebuter avec rudesse en
de molette. imitant le son de voix d'un cheval qui
BRU belle-fille la femme du fils. ébroue.
BRU » BUB io3
BRULER, brasier, consumer 'ou Brunir devenir hrun fendre brun;
être consumé par le feu faire du feu polir, lisser, éclairer.
d'une chose; échauffer vivement; des- BRUNISSAGE,action de brunir, ses
sécher, causer de la douleur, de la effets ce qui est bruni.
cuisson, ou du mal par le feu. Du lat. BRUNISSEUR,ouvrier qui donne le
barb. brusulare, fait dé brasare, dérivé bruni.
du gr. bruzéin ,en ital. abbrucciare. instrument pour bru
Brunissoire,
Brulable, qui peut ou doit' être nir, polir.
brûlé; qui a mérité le feu. Brunissure, façon donnée aux étoffes
Brûlant, qui brûle; plein de cha- pour adoucir et fondre les teintes.
leur, vif, animé. Embrunir, rendre brun.
Brûlé, odeur d'un corps brûlant; REBRUNIR, brunir une seconde fois.
trop cuit; qui a l'odeur du brûlé. Rembrunir rendre plus brun don
Brûlée sorte de" coquille noire. ner une teinte plus sombre, plus triste.
Brulement, action de brûler; ses Rembrunissement, qualité de ce qui
est rembruni.
effets action de ce qui brûle.
Brûlerie, atelier où l'on fait l'eau- D'où les'noms propres de Brun, Le-
de-vie. brun, Brunain Bruneau Brunet
BRULEUR,qui brûle, qui incendie. Bruni, Bruno, Brunon, Brunot.
BRULOT,bâtiment rempli de matières BRUSQUE, vif, ardent, prompt,
inflammables pour incendier les vais- avec'rudesse. Del'it. brusco, âpre, rude,
seaux morceau trop salé et épicé hom- colère, que Ferrari dérive du lat. lat-
me ardent, inquiet, turbulent. brusca, vigne sauvage. Vino brusco;yiu
BRULURE, impression du feu, d'un vert.
corps, d'un liquide trop chaud ou brû- BRUSQUEMENT,d'une manière brus-
lant par sa nature. que.
BRUME, gros et épais brouillard. BRUSQUER, offenser par des paroles
Du lat. bruma, hiver. brusques, agirvivcmenl; emporlerd' em-
Brumaire, second mois de l'année blée terminer promptement une affaire.
Brusquerie caractère de ce qui est
républicaine.
Brumal, qui appartient à l'hiver. brusque.
Gébelin regarde ces mots comme les
Brumales,' fêtes romaines instituées
composés de
par Romulus qui consistoient en fes-
tins qui se fais'oient pendant l'hiver. Brusc, brusque, espèce de bruyère,
` arbrisseau qui tient du myrthe et du
Brurnalia.
houx, dont es feuilles sont dures, poin-
Brumeux chargé de brume. tues et piquantes. Dulat. bruscus.
Embrumé,. charge de brouillard.
BRYE, bryon plante cryptogame
BRUN, brune, de couleur tirant sur mousse qui croit sur les arbres. Du lat.
le couleur brune; qui a les che-
veux noirs, De la bass. lat. brunus, dé- briùm, dérivé du gr; bruon, qui a la
même signification
rivé de l'ail, èraîm, noir; en ital. bruno.
Il ne vient pas d' timbra ombre, ni de BRYONE, la couleuvrée, sorte de
vigne sauvage sarmenteuse grim-
prunum, prune, tomme l'ont dit Nicot,
pante, à racine en navet, plante qui
Ferrari, et leurs copistes.
pousse très-vile, et s'élève à une hau-
BRUNATRE,tirant sur le brun. teur considérable. Du gr. bruônia, bruô-
Brune obscurité à l'approche de la
nis, fait de brunêin, pousser à 'la ma-
nuit, à la chute du jour. nière de la vigne. t
Brunet, brunette, un peu brun. BUBE, petite élevure sur la peau.
BRUNETTE,jeune fille.brune; chan- Bubon inllammatoircs qui viennent
son champêtre qui se chante à la brune des aines ou des aisselles. Du lat. bubo;
après les travaux sorte de bécassine et fait du gr. houhôn, àine/ou humeur qui
de coquillage, ainsi dits de leur cou- vient à l'aine.
leur. Buboncèle, hernie incomplète et in-
Bruni, partie polie et brillante d'un guinale, causée par la chute de l'épi-
ouvrage d'orfévrerie. ploon. Du gr. boubânokélé hernie des
io4 BUL BUR
aines, fait de boubân aine, et de hélé, gr. bolbos, qui a la même signification.
1 hernie, tumeur. BULBEUX, plantes dont les racines
BUCCIN, genre de coquilles, testa- ont des bulbes ou ognons.
cées univalves et en volute, qui ressem- BulbifÈre, plante qui porte hors de
blent à une trompe. Du lat. buccina, terre une ou plusieurs bulbes. De bulbus
fait du gr. buka'né, trompe, trompette. ou bolbos, bulbe, et defero ou pliera,
Voy. BOEUF. je porte.
BUCCINATEUR,joueur de trompette; Bulbiforme, en forme de bulbe. De
muscle de la bouche placé entre les bulbus et de forma.
mâchoires. Du lat. buccinator, fait de BUKE grosse étoffe de laine rousse,
buccina, dérivé du gr. bukanistés, un et rude au toucher; puits profond des
trompette; parce qu'il agit effectivement mines. Du lat. burra, fait de burrus, dit
en gonflant les joues, lorsque l'on sonne pour riifus, dér. du gr. purros, roux.
delà trompette. BURAT, bure grossière.
BUIS bouts, arbre touffu à feuilles Buratine, sorte de papeline ou d'é-
lisses, luisantes et toujours vertes. Du toffe dont la chaîne est de soie, et la
lat. buxus fait du gr. puxos. trame de grosse laine.
Boisson touffe d'arbrisseaux sauva- BUREAU,étoffe de bure; table autour
ges, épineux; petit bois taillis touffu. de laquelle travailloient,les juges et les
De buxus, parce- que ce nom désigna membres des cours souveraines, ainsi
d'abord une clôture de jardin faite en Site parce qu'elle étoit couverte d'un
buis. tapis de bure; lieu de travail où des com-
Buissonneux, plein, couvert de buis- mis, des employés expédient certaines
sons. affaires; table à écrire; comptoir de
'BUISSONNIER,animaux qui se. retirent commerce; réunion ou lieu d'assemblée
dans les buissons. de commerçants, de membres d'une
Boite bouesie, coffret mince de commission.
toute forme, de toute matière, mais qui Buraliste, préposé à un bureau de
autrefois se faisoit ordinairement en recette, de paiement de correspon-
buis. De buxus, dont on a fait pyxis, dance, de loterie.
du gr. puxis. Bureaucratie, influence des gens de
Déboîter "disjoindre faire sortir un bureau. Du gr. purros, roux, dont on a
os de sa place. fait bureau, et de kratos force, puis-
Déboîtement, dislocation, déplace- sance.
mentd'un os. Bureaucratique, concernant les gens
Boiter clocher en marchant comme de bureau.
il arrive quand un os de la jambe s'est Bouracan, sorte de gros camelot.

déboîté. Bourgeon bouton d'arbre d'où nais-
Boiteux, qui boite, qui cloche. sent les feuilles, les fleurs et le fruit;
Boîtier, coffret à onguent. qui a quelque chose de velu et appro-
EMBOITER enchâsser ou s'enchâsser chant de la bourre; bouton au visage.
dans une cavité. Bourgeonné, qui a des bour
Emboîtement, action d'emboîter. geons personnage dont le visage est
Emboiture, la jointure des os; en- couvert de boutons.
droit où les choses s'emboîtent inser- Bourgeonner, pousser, jeter des bour-
tion d'une chose dans une autre, gc.qns. w
Hemboiter remettre en place ce qui • Ébourgeonner, ôter, retrancher les
étoit désemboité. bourgeons.
Hemboitement, action de remboîter. Ébourgeonnemet action d'ébour-
BoussoLE, boite qui contient une ai- gcouner.
guille aimantée, laquelle étant suspen- Ébourgeonneurs, oiseaux qui man-
due sur un pivot, se tourne vers le nord. gent les bourgeons."
Du lat. buxola, boite, fait de buxus, Bourre, ce qu'on rejette des laines
buis. lorsqu'on les file; poil que les tanneurs
BULBE racine ronde ognon de détachent des peaux de certains 'ani-
plante ou cayeu.. Du lat. bulbus, fait du maux espèce de coton roux qui couvre;
1 BOU BUT io5
le bourgeon de la vijmc: remplissage; dérivé du gr. purrUiOs, en esp bùrro et
ce dont on bourre uue arme à feu soie borrico, au fém. burra et borrica.
de rebut! Bourriquet,, petit ânon civière de
Bourrer, garnir de bourre; remplir maçon tourniquet de mineur.
de bourre maltraiter presser vive- BOURRU brusque, âpre, de mauvaise
ment remplir, gorger, charger un fusil.' humeur, quia a le caractère revêche d'une
Bourrache, plante annuelle et médi- mauvaise bourrique, vin nouveau qui,
cinale, sorte de bùglose dont la tige et n'ayant pas bouilli, est trouble; ainsi
les feuilles sont couvertes d'une espèce dit de ce que sa couleur rousse appro-
de bourre. Borrago. D'où borrnginées, che de celle de la bure.
famille de plantes du genre de la bour-v DÉBOURRER, ôter la bourre; faire per-
rache. dre les mauvaises habitudes.
Bourrade, action de bourrer, de mal- Ebourrer ôter la bourre ou le 'poil
traiter coup du bout de fusil atteinte des animaux.
du chion au lièvre; attaque. Embourrer, garnir de bourre.
Bourrage, ce qui remplit Un vide. EMBOURRURE action d'embourrer; i
BOURRAS,sorte d'étoffes de bure. grosse toile pour embourrer..
Bourrasque, tourbillon, coup de Rembourrer, garnir de bourre, de
vent impétueux et de peu de durée; ca- crin, de laine.
price, mauvaise humeur, brusquerie. En REMBOURRAGE, apprêt aux laines tein-
ital. b'urmsca, en esp. boi-rasca. tes.
Bourreau, exécuteur de la hante jus- Bembouhrement, action de rembour
tice homme chargé d'infliger les pu-, rer.
nitions auxquelles les criminels sont Rembourroir, outil pour rembourrer.
condamnés; cruel, dur, barbare. Villa- Ébouriffé, échevelé, qui a les che-
ret fait venir ce mot d'un Richard Jio- veux mêlés comme de la bourre.
rel, qui vivoit en"ia6o; le P. Labbe, BTJBIN, pointe d'acier pour graver
de bouchereau petit sur les métaux l'art de graver la plume
boucher; Borel,
du/lat. burrus; parce que les gens. roux de l'écrivain. De l'it. bulino, d'où l'esp.
sont méchants; Ménage, de buccarrus, buril faits.de pultare pour pulsare;
boucher Caseneuve du gr. borros, qui d'autres le dérivent de 1,'all. boren,
dévore. Enfin mon confrère M. Eus. Sal- creuser, percer.
verte le dérive du bourguignon buro, BURINER graver au burin, graver
^lance. fortement dans la pensée.
Bourrée fagot fait débranches fenil* BURLESQUE, bouffon outré facé
lues fortement pressées les unes sur les tieux; qui fait rire;' style bouffon. De
autres; danse de paysans dans laquelle l'it. burlesco, plaisant, de burlare, rire,
on fait sentir le rhythm'e et la mesure.
jouer, plaisanter.
Bourelle, "femme de bourreau. Bdrlesquement d'une manière bur
Bourrelier maltraiter, tourmenter lesque.
cruellement, affliger, faire souffrir. BXIRON petite maison de paysan i
Bourrelet, bourlet, coussin garni de lieu ou l'on fait le fromage dans les
bourre ou de crin enflure circulaire; montagnes de l'Auvergne. Du gr. bu-
bonnet de petits enfants jour les pré- rion, logis, habitation, chaumière..
server des coups a la tête eh tombant. BUSÀRT oiseau de proie qui vit
BOURRELIER,ouvrier qui fait ou vend d'oiseaux aquatiques et de poissons.
des bourrelets etdes harnois dechevaux. Du lat. buteo, en bas. lat. buleardiis
BOURRELLERIE,métier, commerce de ,en ail. busshart, bussart, en angl. bus-
bourrelier. tard.
Bourriche, pannier à gibier qu'on Buse, la bondrée, oiseau de proie,
garnissoii de bourre pour la conserva- du genre faucon, lourd, slupide; sot,
tion des objets qu'on
y renferme.. ignorant niais, qui manque d'intélli
Bourrier balayures; paille; paille gence.
dans le blé battu.. • BUT, point où l'on vise, où l'on
Bourrique âne, mauvais cheval; tend; fin que l'on se propose. Du lat
ignorant. De burriclius dim. de burrus, buttum.
io6 1 BUT BYS
Buter,. viser, toucher au but, ten- ABUTER, viser au but; jouer pour sa-
dre à un but. Se buter, s'opiniâtrer, ne voir à qui commencera.
rien relâcher du but auquel on tend. Début, premier coup au jeu, pre-
BUTTE, tertre, amas de terre rele- mier essai; commencement en général.
vée, petite élévation. Débutant qui débute qui com-
Buttière, arquebuse pour tirer au mence.
blanc ou au but. Débuter, ôter du but jouer le pre-
mier coup; commencer, faire son dé-,
BOUT, fin, extrémité, fond, termi-
'naison d'un espace en long. Buttum. but; en être au début.
Bouterolle RABOUTER,mettre bout à bout.
pour bout-à-roelle, pe- Rebuter,/ rejeter, refuser avec ru-
tite virolle de cuivre qui est au boût
desse et mépris; choquer; déplaire; dé-
d'une armé blanche.
laisser.
BOUTIS, lieu où fouillent les bêtes
noires. Rebut, action de rebuter; choses re-
butées ou rejetées ce qu'il y a de pire
BOUTISSE, pierre de taille, dont la
dans- chaque espèce.
plus grandelongueur entre dans le mur.
REBUTANT, qui rebute; choquant;
Debout, sur pied droit sur ses pieds,
hors du lit. qui décourage.
BUTIN, argent, hardes, bestiaux que
About extrémité des pièces de char- l'on prend à l'ennemi. De l'ail, beute,
pente et de menuiserie mises en œuvre.
qui a la même signification.
Abouter, joindre bout à bout. Butiner, faire.du butin.
ABOUTIR, tendre à, se terminer à; et BYSSE, byssus, tissu précieux; genre
en parlant d'une plaie, d'une tumeur, de plantes cryptogames, de tissu fila-
venir en suppuration. menteux qui croit dans les lieux hu-
Aboutissant, ce qui aboutit, ce qui mides. Touffe de filaments qui attache
tient; qui va se terminer à; qui'con- les pinnes-marines et autres coquillages.
cerne. Du lat.. byssus, sorte de gros camelot,
Aboutissement action d'aboutir, fait du gr. bussos lin très-fin.
suppuration d'un abcès. Bïssolithê, substance minérale soyeu
Abouement, assemblage de menui- se; moisissure de pierre. De bussos, et'
serie. de lithos, pierre.

C, seconde consonne et troisième tantôt de repos. Ici, là, en cette place,


lettre de l'alphabet. "Ayant le son de de ce côté. Du lat. hùc.
K, elle est souvent confondue avec les CABANE loge, petite maison de
lettres G, K, Q, à cause du rapport peu d'apparence et couverte de chaume;
de leurs sons. Dans la Normanclie, on cahutte pour mettre des animaux; ba-
dit Geval Gevaux tandis que les Pi- teau plat et couvert dont on se sert sur
cards prononcent Keval, Queval. C, la Loire loge de planches pour les ma-
ou
accompagné de la cédille, prend le son rins et les soldats. Du lat. taberna,
de la lettre S. Les latins l'appeloient du gr. kapané étable.
litlera iristis, parce qu'elle marquoit Cabanons petites loges faites au châ-
la ,condamnation dans les scrutins des teau de Bicètre autrefois de IP^inches-,
juges. C. condemno. Considéré comme ter, pour renfermer les criminels. Le peu-
lettre numérale, le C désignoit le nom- ple les nommegalbanons. Horace a dit
bre cent; avec un tiret ou une barre au- Palliia morstequo,puliatpade
dessus, C sign ifioit cent mille. Dans les Paaperumlabemas regumque turres. 1
écritures de commerce, le C est employé Et Malherbe en a fait cette imitation
pour l'abréviation du mot compte. Le pauvreen sacabane, oùle chaumelecouvre,
ÇA, adverbe, tantôt de mouvement, Est sujetà seslois;
CAB CAC 107
El la gardequi Teilleauxbarrièresdu Louvre CABESTAN, machine servant à rouler
N'endéfendpasnosrois. N ou à dérouler le câble.
CABINET,petite cabane, lieu de re- Câbler, chabler, tordre plusieurs cor-
traite ou de travail; pièce destinée à des en une attacher un câble.
l'étude. Ménage le dérive de cavinet- CHABLAGE,action de chabler.
tum, dim. de cavinum dér. de cavum. Chableur, préposé au charriage par,
Cabanage, lieu où campent les sau- eau.
vages quand ils vont à la guerre ou à la Accabler tomber sous le poids du
chasse. câble. Au fig'. être chargé d'un grand
CABANER,faire, élever, dresser des poids; donner sans mesure, surcharger,
cabanes. fatiguer, ennuyer.
CABARET, taverne cabane où l'on Accablé, surchargé, tombant sous
donne à boire et à manger, plateau à le faix, sans énergie.
tasses. M. Morin dérive ce mot du gr. ACCABLANT, qui accable, qui absorbe
kapêleion fait de kapê, ratelier, crêche. les facultés du corps et de l'esprit.-
CABARETIER,qui tient cabaret. Ta- ACCABLEMENT lassitude excessive
bernarius. Les Grecs les nommoient ka- langueur du corps occasionée par la
pelos. Leur profession est des plus an- perte de ses forces.
ciennes qui subsistent dans la capitale. Encablure' longueur, distance de
.Estienne Boileau leur donna des statuts cent vingt brasses.
en 1 264 et leur communauté fut érigée CACA, excrément d'enfant; chose
en 1589. On les divisa en quatre classes, malpropre. 'Du lat. cacare, fait du gr.
hôteliers, cabaretiers, taverniers et mar- kakkâ, excrément; dérivé de kakken,
chands de vin à pot. aller à la selle.
TAVERNE, lieu où l'on vend du vin. Cacade, décharge du ventre; entre-
Dans le moyen âge on désignoit par ta- prise mal concertée imprudence.
berna une petite loge, une hutte bâtie Cacagogue, onguent qui, appliqué
hors de la ville pour les tayerniers, dont à l'anus, provoque les selles. Du gr.
la profession étoit alors regardée comme kakkê et d'aga, pousser, faire sortir.
infâme, Chier, rendre les gros çxcréments.
Tavernier, qui. vend du vin. Chiasse écume de métaux excré-
D'où les noms propres Cabanet, Ca-. ment de mouche, de puce, de ver, etc.
banis, Cabaret, Chabanne, Chabanon, Chie-en-l'it, nom que l'on donne aux
Tavernet, Taverni, Tavernier. gens masqués.
CABAS, petit panier rond qui est Chieur, chieuse, qui chic souvent.
fait de jonc, et qui sert à mettre des fi- CHIURE, excrément de mouches.
gues et du raisin. Ménage dérive ce mot CACABER-, onomatopée du cri des
de l'it.' cabaço, qu'il fait v^nir du gr. ka- perdrix. En lat. cacabare; ce mot, qui
bos, certaine mesure de blé. O vient du grec, exprime le cri de la per-
CABASSET,dim. de cabas, casque, ar- drix. Suivant Pitiscus, il est formé d'à
mure de tête, ainsi dit de sa ressem- cacando, parce que le chant de cet oi-
blance avec le cabas. En esp. caheça; seau ressemble au bruit que fait un ven-
Ménage le dérive du lat. caput. tre qui se décharge.
On disoit en ancien langage cabas, CACALIE, sorte de plante à fleurs
cabasser, cabasseur, pour tromperie, conjointes. En lat. cacalia, du gr. k'a-
tromper, trompeur ces mots ont une kalia.
autre origine. Ils viennent du gr. kabax, CACAO, fruit dont l'amande est la-
rusé, fin, madré. base du chocolat. De l'ind. cacao', que
CABILLAUD, nom que les Belges nous avons pris des Espagnols.
ont donné une sorte de morue fraîche. CACAOTIER, cacaoyer, arbre del'Amé-
En flain. cabillaud. rique méridionale, à fruits de la forme
CABLE, chablage, chableau grosse et de la grosseur d'un' petit concombre.
corde à l'usage delà marine. Selon Da- Cacaotière, cacaycère, terrain planté
viler, du lat. capulum ou caplum, formé de cacaotiers.
de capere. Nicot le dérive du.gr. kalos, CHOCOLAT,mixtion de cacao avec du
cordage ou amarre de, navire. sucre de la cannelle, de la vanille. De
»o8 CAC CAF-
I înd; chocollatl, dont les Espagnols ont kakos mauvais, et de chulos, .chyle,
fait chocolate. Cet aliment elé intro- chylification altérée ou dépravée.-
duit en France en 1661 par Marie- CACOERGETE, cacergete, choses,
Thérèse d'Autriche, lors de son mariage nourriture, remèdes malfaisants qui
avec Louis XIV. peuvent nuire à la santé. Du gr._kako-
CHOCOLATIER, qui fait et vend du cho- ergos, malfaisant; composé de kakos,
colat. mauvais, et d'ergon, ouvrage, action.
Chocolatière, vase pour faire du CACOÈTHE, ulcères malins et in-
chocolat. vétérés. Du gr. kakos, mauvais, et dY-
CACARDER, onomatopée du cri de thos, état, nature, caractère.
l'oie. CACOCHYME, malsain, rempli de
CACHEMIRE, schallou grand fichu mauvaises humeurs; bizarre, atrabilaire,
de laine fait à Cachemire dans quinteux. Du gr. kakoclmtnos fait de
l'Inde,
ou qui l'imite. kakos, mauvais, et de chumos humeur,
CACHER mettre dans un lieu où suc.
l'on ne puisse pas mauvaise santé, état
découvrir; ne pas Cacochtmie
laisser -voir dérober à la vue ou à la d'un cacochyme, dépravation d'humeur.
connoissance. Ducange le dérive avec En lat. cacoc/iyrnia.
raison du lat. saccus nutrition dépra-
Ménage d'après CACOTROPHIE
Guyet, le tire de l'it. cacciare, chasser. vée. Du gr. kakos, mauvais, et de trophé,
Comme l'on pousse ce que l'on chasse nourriture, dérivé de trêphô, je nourris.'
dit-il, ce mot auroit d'abord signifié CACOTH YMIE, disposition vicieuse
pousser, ensuite cacher, à cause quel'on de l'esprit en général. Du gr. kakos,,
cache ce que l'on pousse. Au lieu de mauvais, et de thumos, esprit.
toutes ces belles choses, Ducange a sim- CACTE,^cactier, iriclon chardon
plement dit CACHER, quasi in sacco genre de plantes grasses et charnues,.
sese abscondere. munies d'aiguillons et sans feuilles, à
CACHE, lieu secret propre à cacher fleurs en vase long. Du gr. kaktôs,. char-.
quelque chose. don épineux.
CACHET, petit sceau apposé sur une Cactoïdes famille de plantes qui.
lettre fermée, pour en cacher le con- ne comprend qu'un. genre. T)ekaklos, et.
tenu son empreinte; caractère distinc- d'eidos, forme, ressemblance.
tif de l'esprit, du talent.t. CADI, iritfi,.j"uge chez les Turks. De
CACHETER,apposer un cachet. l'arabe kddy, arranger.
CACHETTE,petite cache. Alcaiie, juge en Espagne. De l'art.
CACHOT,prison basse et obscure dans al, et de kddy-.
laquelle on cache les prisonniers. A lcaïde alcayde gouverneur d'une
CACHOTTERIE,action secrète et ca- ville maure.
chée manière mystérieuse pour des CADMIE, suie métallique qui s'atta-
riens. che aux parois des vaisseaux de fusion ji
DÉCACHETER,rompre le cachet d'une remède pour les yeux: Du lat. cadmia,
lettre. dérivé du gr. cadméia.
Recacheter cacheter de nouveau. CADUCÉE, verge accolée de deux
CACHEXIE mauvaise disposition serpents; bâton fleurdelisé des hérauts
du corps, causée par l'altération des d'armes. De caduceus, que Lambinas
humeurs. Du gr. kachexia, fait de ka- dérive du gr. kerux hérauld. w
kos, mauvais, et d'hexis, disposition, CAFARD, caphard, bigot, hypo-
habitude. crite, faux dévot. Ce mot n'a été intro-
CACHECTIQUE,attaquée de cachexie. duit en France que vers la fin du xve
CACHOU, arbre des Indes, son suc siècle. Borel le dérive du gr. chacha-
gommo-résineux son fruit. De l'indu phara, préméditer du mal, penser à
càtclwu. une mauvaise action, la préméditer; ou
Cachoutchou bitume ou gomme du turk cafara, renier sa religion, et
élastique.' cafar, renégat. Nicotr, Ménage et autres
CACOCHYLIE digestion dépravée étymologistes tirent ce mot de l'hébreu
qui produit de mauvais chyle. Du gr. caphar, renier. Enfin, Martinïus le dé-
° CAI
1 CAÎ 109
rive de l'hébreu chafa; couvrir, cacher. semblance avec certaines coquilles;.et
Le Duchat (notes sur Rabelais, liv. i, non pas de caput, comme l'avance Gé-
ch. 1) le fait venir du lat. cappa, robe, belin. »
ou 'manteau avec un capuchon vête- CAILLE, oiseau de passage du genre
ment de moine. de la perdrix, ainsi appelé de son cri.
CAFARDERIE,hypocrisie, simulacre Les Latins disoient coturnix; en ital.
de piété.. quaglia, que Ferrari dérive de quaqui-
CAFÉ, fève du cafier qui nous est la qui se trouve dans Papias. Les Bas-
venue de l'Orient, et dont on fait. une Bretons disent coaill.
boisson agréable; liqueur de cette fève;i Cailleteau petit de la caille.
lieu où elle se prend. De l'ar. kahoué, chasser aux cailles.
Cailler
fait du verbe kaha, être prompt et CAILLETAGE,babillage'insupportable
éveillé, parce que le café réveille. Thé- et continuel comme celui de la caille;
venotj le voyageur, fut le premier qui propos de femme du commun.
en fit usage à Paris, vers 1608; Soliman CAILLETTE,femme frivole et bavarde.
Aga, ambassadeur de la Porte en 1669, CAILLETER,parler sans cesse et à pro-
qui faisoit alors fureur, en répandit l'u- pos de toute chose.
sage parmi la noblesse. Cet usage devint Courcaillet, cri des cailles; appeau
si commun, qu'un Arménien, nommé
pour attirer les cailles.
Pascal, ouvrit une boutique de café en D'où les noms propres Caille, La-
1672, à la foire Saint-Germain,.puis caille, Cailleau, Caillot:
ensuite sur le quai de l'Ecole. Voyez
CAILLER, figer, coaguler, épaissir
mon édition de la Wie privee des Fran-
par coagulation. Du lat. coagulare.
çois, tome III, p. 126 – 146. 'lait coagulé. Coagulatus,
Caillé
Cafetier v cafetière limonadier qui
tient un café. coagûlum.
Caillebotte, masse de lait caillé.
Cafetière vase pour faire le café.
Caille-lait., plante à feuilles rudes
Cafier, arbuste qui produit le café.
CAHIER, caïer, feuilles de papier qui sert à faire cailler le lait. Les bota-
nistes l'appellent gallium; en franç.
ou de parchemin réunies; résultat des
délibérations d'un corps de l'état; re-, fgaliet.
Caillement, état de ce qui se caille.
gistre dedépense. De scaparium fait
de scapus, d après Ménage de codex, Coagulatio.
suivant Nicot, ou de quaternio, selon Caillot, grumeau de sang figé.
du Cange. COAGULER,figer, cailler. Coagulare.
tant bien que mal; CoAGULATioi» action de se coaguler.
CAHIN-CAHA,
'de mauvaise grâce. Du lat. quà hinc Coagulatio.
quà hac', et non pas cad-hinc, cad-hac, CAILLOU pierre très-dure qui fait
feu sur le briquet. Du lat. calculus, que
qui tombe d'ici et de ça, qui vacille,
comme le dit Court de Gébelin. l'on dérive de calx, dessous du talon
CAHOT, onomatopée de la secousse parce qu'on foule aux pieds les cail-
rude qu'on éprouve dans une voiture loux il pourroit venir aussi du gr. cha-
mal suspendue qui roule sur un chemin lix, pierre dure.
âpre et rahoteux, et l'effort pour re- CAILLOUTIS,soude très-dure en cail-
prendre la respiration durement inter- loux.
rompue. Des étymologistes regardent ce Cailloetage ouvrage de cailloux
mot comme une corruption du lat. ça-, ramassés.
dere. CALCULER, compter avec de petits
Cahoté (être), éprouver des cahots. cailloux faire des opérations d'arithmé-
CAHOTANT,qui cahote. tique méditer, juger sur des probabi-
CAHOTAGE,mouvement produit par lités. De calculus.
des cahots. Calcul, l'art de nombrer avec de pe-
Cahutte petite loge que le vent fait tits cailloux,; supputation compte i
cahoter. pierre qui se forme dans les reins.
CAIETJ cayeu, rejeton d'un ognon CALCULABLE,qui peut se calculer;
à fleur. De coclelea, à cause de sa res- qu'on peut calculer.
no CAI CAS
Calculateur qui nombre avec de Casaquin déshabillé de femme trèsr
petits cailloux.. Calculateur. large et fort court.
CALCULEUX, pierreux, graveleux,; qui CASEMATE, petit logement voûte
est attaqué de la pierre. Calculosus. souterraine pour loger tes soldats. De
Incalculable qu'on ne peut cal- l'it. casamatta, ou de L'esp. casamata,
culer. fait de casa, maison et de mata, basse.
GALET, cailloux plats, ronds et polis CASEMATE,logé dans des casemates.
sur la grève; jeu de palet sur une table CASER, ranger, placer, mettre deux
percée, ainsi dit de ce qu'on le* jouoit dames sur une case au jeu de trictrac.
avec des galets. CASERNE,logement de soldats; bâti-
GALETTE, sorte de gâteau plat et ment pour loger des troupes. Jusqu'au
rond, ainsi dit de sa forme. iemps de l'érection des casernes de Pa-
DÉGOTER, chasser quelqu'un d'un' ris, ce mot n'avoit point de singulier;
poste; ce mot factice est dû aux enfants on donnoit alors le nom de casernes à
qui jouoient aux galets. Le jeu consis- de petites chambres construites entre le
toit à poser deux galets à une certaine rempart et les maisons d'une ville de
distance, et à pousser l'un sur l'autre, guerre, pour loger les soldats à la dé-
soit avec un bâton soit avec le pied. charge et au soulagement des bourgeois.
CAIMACAN lieutenant du grand- CASERNER,loger dans des casernes.
visir. De l'ar. kaïm-makam lieutenant: CASERNEMENT,tout ce qui concerne-
CAÏMAN sorte de crocodile d'Amé- les casernes.
rique. De l'ind. cayman. •CÀse'ux, parties les plus grossières du
CAIQUE, esquif, canot de galère, lait, qui servent à faire le fromage. Du
chaloupe. De l'it. caica, fait du turk lat. caseus, fromage, parce' qu'il est
kaïka, en gr. mod. kdiké. fait dans des formes qu'on appeloit ca-
CAISSE coffre en bois pour serrer ses, de casa.
quelque chose; lieu où l'on paie ba- Casier, petite caisse; garde-manger.
lance de paiement et des recettes à la CASQUE,,habillement, armure de tête.
fin du mois; boite qu'on emplit de terre De cassis, cassidis.
pour planter dedans. Du lat. capsa fait CASQUÉ, coiffé d'un casque.
du gr. kap'sa, étui, cassette dérivé de CASSE, longue caisse qui renferme
kaplein, cacher, renfermer. les caractères d'imprimerie; vase des-
Caissetin, petite çaisse, petit coffre, tiné à divers usages.
cellule de casse. CASSEAU moitié de la casse.
Caissier, layetier, faiseur de caisses; Cassetée plein une casse.
homme qui tient la caisse d'une admi- Cassetin chacun des compartiments
nistration, d'un banquier. de la casse.
Caisson grande caisse sur des roues CASSEROLE, vase de cuisine en cuivre,
pour porter des vivres, des munitions à en fer-blanc, en terre, à manche et
l'armée. très-creux.
CAPSE,botte qui sert au scrutin d'une CASSETTE,petite caisse; petit coffre; i
compagnie.. revenu personnel.
Capsulaire en forme de capsule i CASSES,caisses, quaisses, espaces car-
sorte de ver intestinal. Capsarius. rés ornés dé roses entre les modillons
Capsule, petite loge, cavité, enve- on met aussi des casses dans quelques
loppe. Capsula. compartiments de plafonds et voûtes.
CASE, casai, chesal, chese'au, mai- Cassin châssis de métier à poulies.
son compartiment d'une boite, d'un Cassine, petite maison de campagne.
meuble cellule flèche du trictrac; CASSOLETTE,petit vase ou réchaud à
chaque carré du damier. De l'it. casa. brûler des parfums.
CASANIER, sédentaire, qui sort peu Cassole réchaud de papetier.
de sa case, qui aime à'garder la maison. CAssoN, pain de sucre informe ca-
Casaque sorte de surtout large qui cao broyé.
enveloppe le corps. De casa, fait de CASSONADE, sorte de sucre non affiné
capsa, et non de sagiim et de vêtement et non mis en pain qu'on apporte en
à la cosaque. Europe dans des caisses. Du port, cas-
CAL CAL in i
sonada, fait de casson, grande caisse, agréable. Du gr. kalos, beau, bon, et
caisson. de mintha, menthe.
CASSOTTE., terrine, grande jatte. CALAMITE, malheur public, mi-
Encaisser, emballer, mettre dans une sère, infortune. Du lat. calamitas.
caisse, planter dans une caisse. CALAMITEUX, misérable, malheureux.
Encaissement action d'encaisser. CALANDRE, espèce d'alouette plus
Décaisser, tirer d'une caisse. grosse que l'alouette commune, et dont
Rencaisser, remettre en caisse, pla- le chant, beaucoup plus fort, diffère
cer dans une autre caisse: de celui de l'alouette simple. Du lat.
Chasse, caisse, coffret, boite à re- calandra, fait du gr. chalandra. Voy.
liques tout ce qui tient enchâssé, tout Cylindre.
ce qui sert à renfermer. Capsa. CALCÉDOINE, pour chalcédoine,
ENCHASSER,entailler; mettre et faire agate ou achate de couleur de lait et
tenir dans du bois, dela pierre, du mé- opaque de différentes nuances. L'orien-
tal placer une chose dans un endroit tale est la plus estimée. Du gr. chal-
convenable.. < kédônios ou chalkédân parce qu'on en
Enchassure, manière d'enchâsser; ses trouvoit beaucoup aux environs de la
effets. ville- de Chalcédoine, en Bithynie.
Châssis bâti assemblage île pièces Calc^doinetjx qui a des taclies blan-
de bois ou de fer, pour enchâsser, enca- ches, laiteuses.
drer et contenir; vitrage sur une cou- CALE abri entre des rochers et des
che. Du lat. capsicium formé de cap- pointes de terre; port, rade pour les
sum, qu'on a dit par métaplasme pour petits bâtiments. De l'esp. cala, d'où
capsa.' les Italiens ont fait scala et les François
Chasuble, robe, surtout; costume Echelle, nom des ports de la Médi-
d'un prêtre qui officie. Du lat. casula. terranée, en Afrique et en Asiei côtes
Chasublier, qui fait ou vend des cha- des mers du Levant.
subles et autres ornements à l'usage des CALE, la partie la plus basse dans
ecclésiastiques. l'intérieur d'un vaisseau, celle qui entre
Chaton partie de la bague qui en- dans l'eau châtiment qui consiste à
châsse le diamant. D'autres dérivent ce plonger plusieurs fois de suite le cou-
mot du lat. castrone, ablatif de casl.ro, pable dans la mer; morceau de bois ou
fait de caslrum. d'autre matière fort mince, qu'on place
SURCASE, c'est au jeu de trictrac la entre deux pierres ou deux morceaux de
troisième dame sur une même flèche; bois, afin d'en remplir le vide, les pres-
flèche couverte de trois dames ou da- ser et poser à demeure en les mettant
vantage. de niveau; abri entre deux pointes de
Chez, dans la maison dans la case, terre ou de rochers; plomb qui fait en-
dans l'habitation. Dérivé de capsa, et foncer l'hameçon dans la pêche de la
non du lat. apud ou de l'ital. apo. morue. Du lat. chalare fait du gr. cha-
Unicapsulaire qui n'a qu'une cap- I6n, abaisser, faire descendre.
sule. Cal ade terrain cri pente, par où l'on
CAL durillon1 aux pieds'ou aux fait descendre un cheval pour le dresser.
mains. Du lat. callus, callum, que l'on En ital. calata.
dérive de calx dessous du talon. Calaison profondeur du vaisseau,
CALLEUX,où il y a des cals. Callosus. du premier pont au fond de cale.
Callosité, petit calus sur la peau. CALER, abaisser; abattre;descendre,
Calus, nœud des os fracturés. baisser les voiles; arrêter la pose d'une
Gale, galle, éruption de petites pierre, d'une poutre en y mettant une
pustules sur la peau, avec démangeai- cale; baisser le ton, se soumettre, re-
son. lâcher, ralentir, cesser.
GALEUX qui a la gale. Câlin, lâche, paresseux, indolent;
Galée ais à rebord pour placer les doucereux, qui caresse pour obtenir.
lignes. CALINER,caresser pour obtenir.
CALAMENT, espèce de menthe, Câliner (se), demeurer dans l'inac-
plante aromatique dont l'odeur est tion, dans l'indolence. De chalare.
Ha CAL CAL
Cayasse, barque égyptienne extrê- écrit en gros caractère à la tête de cha^
mement basse, à voiles et à rames. que mois. Calenâarium.
Cayes, bancs de sable fort bas et cou- CALEPIN recueil de notes, de
verts d'herbages, îles très-basses qu'on mots, d'extraits fait .par quelqu'un
des bancs de sable her- pour son usage. Du nom d'Anibrosius-
prendrait pour
bages.s Calepinus, célèbre lexicographe, c'est-
CALE, pour calle, sorte de coiffure à-dire, de la ville de Calepio.
de femme, de bonnet rond. Du lat. cal- CALFATER, garnir de poix etd'é-
lits, couverture de tête, dér. du gr. ka- toupes les fentes d'un vaisseau. De l'it.
lutlô, couvrir. calcfalnre, pris du gr. mod. kalaplia-
CALOTTE,petit bonnet hémisphérique teln, dérivé de l'arabe calafa, calfata,
qui couvre le haut de la tète, à l'usage dans le même sens.
des ecclésiastiques. CALFAT, étoupes goudronnées celui
CALOTIN,terme de mépris en parlant qui les met en œuvre; outil pour calfater.
d'un abbé; plaisant qui appartient au CALFATAGE, ouvrage de calfat.
régiment de la calotte. Cai^ateur, qui calfate les vaisseaux.
Calottier qui fait et qui vend des Calfatin aide apprenti calfateur.
calottes. CALIBRE, proportion, volume,
CALEBASSE, plante cucurbitacée, grosseur, diamètre; capacité de l'ouver-
dont on retire un sirop pectoral; bou- ture d'un" canon et de toute arme à feu;
teille faite de son fruit séché et vidé. De instrument pour fixer les dimensions; i
l'esp. calabaça, dérivé de curvus dont ais qui a l'entaille d'un angle rentrant
on a fait cucurbita: ^et droitj'valeur, qualité, mérite, rang
Caleiîassier arbrisseau d'Amérique des personnes, des choses comparées.
qui porte la calebasse de bois: De l'arabe calib, moule.
CALECHE, voiture légère découverte Calibrer passer dans le calibre pour
à quatre roues. De carrus, selon Ménage. mesurer.
forez CHAR. CALICE, vase à boire des anciens;
CALEMBOUR, calembourg, mot in- coupe pour la consécration de la messe.
venté vers la fin du règne de Louis XV, Du lat. calix; dérivé du gr. kulix; verre,
et que l'on dérive de l'it. calamajo bur- tasse, coupe.
lare; quolibet, jeu de mots fondé sur CALICE, partie d'une fleur qui lui
une équivoque, à l'aide des homonymes; sert de support et d'enveloppe. Du lat.
esprit d'un sot, admiré par un plus sot calix dérivé du gr. kalux, bouton ou
encore. calice des fleurs.
Calembocrdier qui a la manie des Calice, qui est environné d'un calice.
calembours. CALICINAL,qui appartient aù calice
Calembouriste, qui fait, des calem- d'une fleur.
bours. Calicule, la bractée ou petite feuille
CALENDES, le premier jour du mois qui environne immédiatement la base
chez les Romains; assemblée de curés, externe d'un calice.
convoquésparl'évèque. Dulat. calendœ, Calicule, muni d'un calicule.
fait de ai lare, dér. dù gr. kalein, ap- Inca'licé sans calice.
peler, parce que le jour des calendes on CALIFE, pour khalife prince mu-
convoquoit le peuple pour lui indiquer sulman, successeur de Mohammed, qui
les fêtes et le nombre de jours qui res- réunit les pouvoirs spirituel et temporel.
toient jusqu'aux nones. Les calendes Del'arabe khalafa, succéder,
ayant été inconnues aux-Grees on a dit Califat dignité du calife.
renvoyer quelqu'un aux,calendes grec- CALIFOURCHON, jambe de çà,
ques, pour le remettre à une époque jambe de là comme si l'on étoit à che-
qui ne viendra jamais. val; objet de prédilection, d'un goût,
Calendaike, registre d'église. d'un travail particulier. Ménage dérive
Calendrier, table qui contient l'or- ce mot d'eqiialifiircio à cheval sur une
dre des jours, des semaines, des mois fourche et Gébelin, du vieux lat. cala,
et des fêtes qui arrivent pendant l'an- calo, bois, et de furca, fourche, bois
née, parce que le nom de calendes étoit coupé en fourche.
CAL • •- CAM • ii3
CALIGES chaussures des soldais Calocères, religieuses grecques.
'romains. Du lat. caligœ. CALQUEQ, imprimer les traces dit
CALIGINEUX, triste, sombre. Ca- talon. En Jàt. calx, caltis, dont on a fait
iiginosus. calcare, et par extension copier lé trait
GALLIGRAPHEj copiste douéd'une à travers un transparent, imprimer les
belle main qui mettoit autrefois au net traces d'un dessin sur un papier'ou sur
ce qui avoit été écrit en notes par ceux un autre corps. Vàyez CHAUSSER.'
qu'on appeloit notaires. Du gr. kallos, CALQUE, trait léger d'un dessin cal-
beauté', et de grapltS, j'écris.. que; copie sur un transparent.
Calligraphie, belle écriture; l'art de CONTRE-CALQUER,tracer d'après un
l'écrivain; connoissance des anciens ma- calque.
nuscrits, leur description. Décalquer tirer là contre-épreuve
CALLIOPE, muse de l'éloquence et d'un dessin.
de la poésie héroïque. De kallos, beauté, CALVINISME, doctrine de Calvin;
élégance et d'ops, voix ou chant. sa secte.
C ALLIPEDIE, l'art d'avoir de beaux Calviniste sectateur de Calvin..
enfants. De kalos, beau, ou de kallioû, CAMAIETJ, eamayeu, dessin Ou ta-
je fais beau, et de pais, paidos, enfant. bleau d'une seule couleur"; pierre fine
CAL LIPYGE, surnom de Vénus aux de.deux couleurs; gravure imitant les
belles fesses. De A-aZo^,beau,-belle, et de lavis. Du lat. camehuia, onyx; d'autres
pugê, fesse. Athénée, dans le xu" livre le tirent de cameus, pierre dont les cou-
de ses Déipnosophistes, donne l'origine leurs naturelles augmentent les reliefs
de ce surnom. qu'on y taille en les détachant du fond;
CALMAR, calemar-, écritoire,' étui ou bien du gr. kamai, bas, parce qu'on
de plumes à écrire. De calamarium, fait Î' représente ordinairement des bas-re-
de calamus, roseau, plume. liefs.
CALME, état de paix, de plein repos; composée de plusieurs
bonace, tranquillité de la mer, absence couches, et sculptée en relief.
du vent. Du gr. kaumâ, chaleur, selon CA'MALDTJLES, religieux anacho-
Covarruvias parce que dit-il, la cha- rètes, .'ainsi ditsdeC«/na/<foZ(, monastère
leur est plus grande quand le vent ne détaché dans la Toscane où ces moines
souffle pas. Huet le dér. du gr. malàkos, eurent leur premier établissement. Ca-
mort; d'où malacia, calme, qui se trouve maldoli a[été fait de campo delMaldolo-,
dans le 111eliv. des Comment. de César. du champ d'un certain Maldolo qu'il
De malacus on a fait, par transposition donna à saint Romuald,' instituteur des
de lettres, calamus, puis calme. Camaldules. ·
Calmant, remède qui atténue les dou- CAMÉLÉON, reptile de la famille
leurs. des lézards, dont la peau change plu-
Calme tranquille, sans agitation. sieurs fois de couleur; nomme qui change
'Calmer, apaiser, consoler.' d'avis cl de parti selon les circonstances.
CALOMNIE, imputation, fausse et Dulat. cameleo, fait du gr. chamailei/'m,
injurieuse. Du lat. calumnia. petit lion, apparemment parce qu'il
Calomniateur qui emploie la ca- châsse aux mouches comme le lion
lomnie. Calumniator. chasse et. dévore les autres animaux.
Calomnier, attaquer, blesser l'hon- D'autres le font venir de chamai et
neur par des calomnies. Calumniari. S Jauni a terre lion de terre, lion
Calomnieux; qui contient une ca- rampant.
lomnie. Calumniosus. CAMÉLÉOPARD la girafe, animal
Calomivieusiîment, d'une manière qui a la tête et le cou comme le cha-
calomnieuse. meau, et qui est tacheté comme la pan-
CALOYEES calogers, moines grecs thère. De kamélos, chameau, et de par-
de saint Basile qui habitent le mont .dalis, panthère.
Athos. Du gr. kalogéroi qui a' vieilli CAMOMILLE, plante odoriférante,
dans la vertu; comp. de kalos, bon, et ses fleurs, sa graine. De'camoiezilla, cor-
de gerân vieillard. rompu de chamemœla, fait du gr. cha-
Caloyers, dervis ou religieux turks. maimélon, composé de chômai, terre,
1 8
ni CAM CAN
et de méléa, pommier; c'est-à-dire pom- Échampir contourner, en séparant
mier-nâin parce que cette plante s' élève le contour d'avec le fond.
peu et qu'elle a une forte odeur de Rechampir effacer par de nouvelles
pomme. couches la couleur qui a été empictée;
CAMP, lieu, emplacement, terrain rendré les oppositions de couleurs plus
où une armée se loge en bon ordre sous tranchantes.
des tentes. Du lat. t. campus. '- D'où les noms propres, ÏJucamp, Des-
Camper, dresser un camp; loger sous camps, Ducha/np, Deschamps, Champa-
des tentes. gny, ChatnpeaUx Champagne, Gliani-
Campement action de camper lieu pigny, Champion, Cliampionnet.
où campe une armée. CAMPHRE gomme aromatique
Campos, congé de classe, repos. d'une espèce de laurier des Indes; ré-
Décamper, lever le camp, plier les sine végétale blanche, à odeur et saveur. o
tentes; partir promptement, s'enfuir. fortes, qui brûle dans l'eau. De l'it.
Déçampement, action0 de décamper. camphora fait de l'ar. kajhr, kaphur.
•Camphré, où l'on a mis du camphre.
CAMPAGNE, pays plat et découvert
les champs; terres cultivées et habitées; CANAPÉ pour conopé, long siége à
dossier. Dulat. conopeum, lit d'accou-
opération d'une armée pendant l'année.
Campagnard, habitant de la cam- chée fait du.gr. kônôpeion, pavillon
d'étoffé claire pour se garantir des in-
pagne. cou-
Campagnole e'spcce de petit rat des sectes dérivé de kôriôps, mouch&,
champs. · sin, moucheron.
CHAMP,terre cultivée etmise en rap- GANAPSA, sac de cuir à l'usage des
ouvriers qui voyagent; celui qui le por-
port' étendue de terre labourable sans te.
De l'ail, knappsack formé de knap,
clôture fond d'un tableau d'un dis-
et de sack, sac.
cours fond de, l'écu pour peindre ou provisions pour manger,
pour graver matière, sujet. CANARD oiseau aquatique de l'or-
dre des
Champart, part du seigneur dans les son can .palmipèdes, ainsi nommé du
can, qui est lecride cet animal,
gerbes que produisent les'champs. et non du lat. ànas, auquel on auroit.
Champartel, sujet au champart. ajouté le C.
Çhamparter, lever le droit de cham-
CANE, femelle du canard; faire la
part. cane, manquer de courage.
Champarteur, qui levoit le droit de Caneton, jeune canard.
champart. CANARDER,tirer à couvert sur des ca-
Champé qui appartient au champ nards tirer des coups dé fusil.
d'un. écu. lieu où l'on élève des
Canarderie,
Champeaux, près, prairies, petits canards.
champs. Campelli. Canardière, lieu couvert et préparé
Champêtre qui appartient aux où l'on prend des canards sauvages fu-
champs, qui est des champs. Campester, sil long de neuf à onze pieds, dont on
campèstris. • place le canon sur une main de fer, sise
CHAMPIGNON, fruit des champs, ainsi au-devant d'une .petite barque, garnie
dit de ce qu'ils viennent sans être semés, de feuillage, dans laquelle le chasseur
.et qu'ils naissent dans des champs. assis tire sur ces oiséaux; ouverture pra-
Ciiampîgnonière, couche à champi- tiquée dans un mur pour tirer sur l'en-
gnons. nemi sans ^e- découvrir.
Champion pour Pion de champ, qui Can-can, plainte bruyante, bavardage;
combattoit en champ clos; soldat, guer- mot factice tiré du cri du canard; il a
rier vaillant à combattre dans les champs; • été appliqué par extension aux bruits tu-
défenseur d'une personne. De campus et multueux qui s'élèvent dans une assem-
de pes, pedis. Selon d'autres-, pion seroit blée nombreuse, où l'on ne s'accorde
un mot indien, adopté par les arabes, pas et où l'on traite des àffaires de peu
et qui signirieroil soldat. d'importance.
Ciiampoïer1,mener les troupeaux aux Canepetière espèce d'outarde très-
champs. délicate, ainsi dite de ce- qu'elle se tapit
CAN CAN n5
contre terre, à la manière, des canes' CàrCân collier dé fer pour attacher
dans l'eau. un criminel à un poteau sorte de chalne
Caneter', marcher en canard. ou de collier depierres précieuses. Du gr.
Canette, petit canard.. karh'nos, dont on a fait carkannus, can->-
CANARI,' serin, petit oiseau de la cre à'cause de'la ressemblance du car-
famille des passereaux originaire des can avec les serres d'un cancre.
îles Canaries, et pour cela nommé pas- .Carcinome, cancer ou tumeur chan-
ser canariensis; petit vase dans lequel creuse. Du gr. karninôma. 1
on donne à boire aux oiseaux. Carcinomatecx, qui tient de la na-
CANCEL, chancel, partie du chœur ture du cancer.•
la plus rapprochée de l'autel lieu ou CANDEUR, innocence,, sincérité,
est dépose'' le sceau de l'état, tous deux pureté, blancheur del'àme. Du lat. can-
termes d'une balustrade. De cancellum, dor, blancheur, fait de canns, blanc.
barrière.' Candide pur, simple, doué de can-
CHANCELIER officier suprême de la deur. Candidus. o
justice, et dépositaire des sceaux de l'é- Candidat, qui aspire à une place. De
tat. Cancellariiis", fait d'à cancellis, à candidalus, vêtu de blanc, parce que,
cause des' barres à claires voies' qui en- chez les Romains, celui qui aspiroit à
fermoicnt.le lieu ou étoit l'empereur quelque chargera quelque dignité, ,por>-
lorsqu'il rendoit la justice Je garantis- toit des vêtements blancs.
soient de la foule des'partics, et ne l'em- Candidement, avec candeur. Can-
pechoient point de les voir ni d'en être dide.
vu.' On appela d'abord chanceliers ceux ChànCi, blanchi de moisissure; fu-
dopt la charge 'étoit de se .tenir près de mier rempli de blanc de moisissure.
ces barreaux. Chancir commencer à moisir.
Chancelière petite caisse garnie de ChanCissdre, moisissure qui se forme
peau pour tenir les pieds chaudement; sur des choses que Hiumidité corrompt.
c'étoit autrefois une peau de mouton CHENU, blanchi devieillesse; mon-
avec laquelle on s'enveloppoit les pieds tagne couverte de neige. Canus.
et les jambes. CANDI, sucre épuré et cristallise-
CHANCELLERIE, hôtel, résidence, bu- Les Italiens l'appellent zucchero di Can •
reaux du chancelier.. dia parce que l'on croyoit qu'il avoit
Cancellation, acte qui en annullc un été apporté en ïlaliede l'île de Candie.
autre. Redi dérive le mot can A' du pers. chànd,
Canceller annuler en biffant. sucre; d'autres de c-andus, blanc, à cause
CANCER, tumeur maligne qui ronge de sa blancheur. Enfin Saumaise dé-
et dégénère en ulcère; vice qui ronge, montre qu'il vient du gr. kahthos, an-
qui dévore; quatrième figure du zodia- gle, à.cause des angles qu'il présente
que. Du lat. cancer. soit dans sa forme, soit dans sa cassure.
Cancéreux de la nature du cancer. Cependant des orientalistes le font ve-
CANCRE, écrevisse de mer, sorte de nir de l'ar. kandac fossé a cause de sa
crustacé. Du lat. cancèr, fait du gr: kar- forme, nom qui auroit été introduit par
kinos, pauvre hère, homme sans for- les Sarrasins.
tune, avare sordide, méprisable. Candih, se durcir comme la glace par
CHANCRE,ulcère maHnqui ronge les l'action du feu. .
chairs; pustules de la fièvre; crasse des CANÉPHORES, jeunes filles qui por-
dents; maladiedes arbres qui les ronge. toient dans des corbeilles les offrandes
De cancer. aux dieux. "Du gr. ,kanés, corbeille, et
Çhancreux, qui tient du chancre. de pherô, je porte.'
Echancrer couper, tailler en forme :CANNE roseau j bâton; mesure de
de chancre; vider en croissant, parce longueur, mesure dé liquides; vaisseau
que les cancers rongent la chair en forme à liqueurs; bâtiment de mer. Du lat.
d'arc. canna, fait du gr. kanna ou kanné.
Echancrure, action d' echancrer, cou- Cannage, mesurage à la canne.
pure en demi-cercle. CANNAIE, lieu planté de cannes et de
Echancré, où il y a une échancrure. roseaux.
8.
"fï6 CAN CAN
Cannamèle canamelle, genre de y faire couler de l'eau; lit creusé pour
graminées comme.la canne à sucre. De une rivière, personne par qui nous vient
canna et de meli. une chose. Canalis.
Cannelle, e'corce aromatique des In- CANIVEAUX,gros pavés qui bordent
des, qui est roulée en forme de canne. les grandes routes et les chaussées..
CANNELLE,cannette, robinet qui s'a- Chenal courant d'eau bordé des
dapte aux tonneaux; se dit aussi d'une deux côtés de terre, et où un vaisseau
mesure de bicrre et d'un petit fuseau peut entrer.
polir la soie. Chen aler chercher on passage à tra-
CannelAs dragées faites avec la can- vers des bas-fonds.
nelle. Chéneap, canal de plomb quisert à re-
Cannelier arbre qui produit la can- cevoir l'eau de pluie. En lyonn. chaude.
nelle. ECHENAL,écheneau, échenet, ëcheno,
Cannelé, qui a.des cannelures. bois creusé pour recevoir l'eau des goût*
CANNELURE,demi-canaux creusés le tières; bassin de terre pour recevoir les-
long des colonnes ou des pilastres. métaux en fusion.
CANNELER,creuser des cannelures. Canif, petit couteau pour tailler les
CANNER, mesure à la canne. plumes; ainsi dit de ce qu'il étoit em-
Cai»netim.e, fil d'or ou d'argent tor- manché d'un bout de roseau.
tillé pour la broderie. Canepin, petite pelure déliée prise de
Canne tilleu couvrir de cannetilles l'écorce du tilleul, ou de l'écorce exté-
broder avec des cannetilles. rieure du bouleau, et sur laquelle les
CANON, pièce d'artillerie; tube des anciens écrivoient. Du gr. kannabis,
armes à feu. De Fit. -canone, augm. de chanvre, par ressemblance avec, l'é-
canna, parce que le canon est droit, corce de chanvre. On a donné le nom
,long et creux comme une canne. de
canepin
à une membrane qu'on dé-
CANONNADE,décharge prolongée de tache d une peau de mouton préparée.
canons. CANEVAS,grosse toile claire a tapis-
CANONNER,tirer le canon. serie. De la bass. lat. cannavaceus, fait
CANONNIER,qui sert le canon. de cannabis. De là on a dit canevas pour
Canonnière, chaloupe armée de ca- le premier projet d'un ouvrage d'esprit, 1
nons embrasure pour placer un canon. pour les paroles qu'on fait sur un air
Canndlle canule petite canne; pour en représenter la mesure.
tuyau de bois qui s'applique au bout CHANVRE, sorte de plante annuelle
d'une seringue. qui produit le chenevis; filasse qu'on
CANOT,petit bateau, chaloupe longue tire de cette plante. De cannabis.
à compartiments. Ce mot peut être dé- Chanveier, ouvrier qui travaille le
rivé. de l'indien ou du caraïbe -canoa, chanvre.
dont les Espagnols ont fait leur,mot Çhanvrière, lieu planté de chanvre.
canoa. Echan vrer, ôter les plus grosses che-
CARABINE,arme à feu, sorte d'arque- nêvoltes.
buse ou de fusil court à l'usage des ca- Echan vroir instrument pour échan
vâliers.De l'it. carabina, mot altéré de vrer.
canabina, canne double; cet instru- Chenevis, graine de chanvre.
ment étant une canne de fer appuyée Chêne vière, champ de chenevis.
sur une canne de bois. Chenevo-tte tuyau de clianvre sé-
Carabin, carabinier, arquebusier à paré de la filasse.
cheval, soldat armé d'une carabine. On Chenevotter pousser des bois foi-
a donné par dérision ce nom aux jeunes bles comme des chenevottes.
médecins, 'parce qu'ils sont armés du QUENOUILLE,petite canne entourée
scalpel et de la lancette. par le haut bout de matières propres à
Carabinaoe, décharge de carabines i être filées; pilier des'lits anciens, long
tour de carabins. et menu arbre fruitier de forme alon-
Carahiner, combattre; creuser des géé, ayant des branches du haut en
cannelures dans l'intérieur d'un fusil. bas long bateau de pêcheur dieppois.
CA'NAL,bois creusé ou conduit pour Quenouillée, quantité de laine, de
CAN > CAP 117
cliauvre que peut contenir une que- CANTONAOE,coin du théâtre. •
nouille.. CANTONNE,logé à demeure dans an
QUENOUILLET1'E,petite quenouille canton mis en cantonnement monu-
outil de fondeur. ment qui a des ornements en saillie aux
CANON, règle, décret; molHsitépour angles écu accompagné de figures dans
désigner les decisions des conciles, qui les cantons.
règlent la foi et la conduite des fidèles; i CANTONNEMENT, séjourde troupes can-
science du droit ecclésiastique; catalo-
tonnées état des troupes cantonnées
gue des livres sacrés, des saints, des en quartier dans un village action de
martyrs et des évèques tableau' des les cantonner; lieu où elles sont can-
prières mobiles. Du lat. canon, fait du tonnées.
gr. kanûn, loi, règle. Cantonner distribuer les. troupes
Canonial ce qui est réglé par les ca- dans plusieurs lieux pour, la commo-
nons de l'église; concernant les cha- dité des subsistances.
noines CantonniÈre,: tenture d'un lit par-
CANONICAT dignité et bénéfice de dessus les rideaux.'
chanoine. CHANTEAU-, morceau partie en géné-
CANONICITÉ,qualité de ce qui est ca- ral morceau d'un grand prix portion
noniclue. de pain bénit envoyé à celui qui doit
CANONIQUE,conforme aux canons de rendre le pain bénit le dimanche sui-
l'église. vant morceau d'étoffe; pièce du fond
Canon iqdement, selon les canons. d'un tonneau..
Canoniser, inscrire au rang des saints. Chantier magasin de bois coupé
CANONISATIONaction de canoniser. emplacement où le marchand de bois
CANONISTE,savantdansledroitcanon. empile; atelier de gensvde bâtiments;
Chanoine qui possède un canonicat, pièces de bois à la cave,. sur lesquelles
une place où il doit suivre les canons on. place les tonneaux.
de l'église. Du lat. canonicus fait du Chantignole, demi-brique; petites
gr. kanonikos, dérivé de kanân, règle, pièces de bois pour soutenir les pannes
parce que les chanoines, dans leur pre- d'une charpente..
mière institution étoient réguliers Chantourner, couper en dehors une
•c'est-à-dire qu'ils ohservoient la règle pièce de bois, de fer ou de plomb, sui-
de la vie commune sans aucune dis- vant un profil, ou 1'évidcr en dedans.
tinclion. Chantourné pièce en bois revêtue
Ciianoikesse religieuse qui a une ou non d'étoffé, entre le 'chevet et le
prébende. dossier d'un lit.
CHANOINIE, canonicat. Echandole, petit ais de merrain pour
Décanoniser rayer de la liste des la toiture.
saiuts. Echantignolle, pièce sous un tas-
CANTAL, sorte de fromage de la seau pièce de bois qui fixe l,essieu.
haute Auvergne, ainsi dit de la mon- Échantillon, petit morceau; por-
tagne du Cantal où on le fait. tion d'une chose pour la faire connoitrc.
CANTHARIDE.sortedemouche d'un De cantillio, dim. de canthus.
vert doré, et d'une odeur forte, laquelle Échantiller, échantillonner, couper
entre dans la composition des vésica- l'échantillon conférer un poids avec sa
toires. Du lat. cantharis, fait du gr. kan- matrice, une mesure avec son modèle.
tharis, un scarabée, dont elle a la forme. Enchajvteleb mettre, ranger sur
CANTHUS, l'angle ou le coin de des chantiers.
l'œil. On appelle grand \canthus celui CAP-, promontoire, bout, chef, ex-
qui est près du nez,' et petit canlhus trémité", tête, pointe de terre 'élevée
celui qui- touche à la tempe. Du lat qui s'avance dans la mer. Du lat. capul,
canlhus, fait du gr. kanthos. que l'on dérive du gr. képhalê, tête.
CANTON, portion de terre, district', CABALER, aller avec un chef pour
certaine.étendue de pays; chacune des former un parti; .briguer, intriguer.
subdivisions il}un département. Du lat. Cabale, faction, parti, complot,
canlhus, fait du gr. kanthos, angle, coin., menée sourde commerce avec les es-
ii8 CAP CAP
prits; tradition juive sur l'explication carrée propre à paver queue de bil–
de la Bible dans cette dernière accep- lard plus petite que les autres; on a
tion, on dérive le mot cabale, de l'hé- également donné ce nom à une queue
breu kabàlah, chose reçue par tradi- de sept pieds de long.
tion fait du verbe kibbel,. recevoir par Cadetter paver avec des'cadettes.
tradition. Casiail, capmail, demi-manteau à
Cabaleùr homme ou chef de parti l'usage du clergé. De l'it. camaçlio que
qui cabale. Ménage présume avoir été fait de capitis
Cabaliste, savant dans la cabale des macula.
Israélites. CAP, chef; ,commandant qui est à la
Cabalistique, qui appartient à la tète.
cabale des Juifs. CAPABLE,qui a dé la tête habile,
CABAN, sorte de manteau ayant un intelligent, qui a les qualités requises
capuchon et des manches. De la bass. pour quelque chose. De caput. Des éty-
lat. cappanum fait de cappà. mologistes dérivent ce mot du lat. ca-
CABOCHE,grosse tête; petit poisson pax fait de capere, prendre.
de rivière à très-grosse tdte clou à Capacité, habileté, intelligence; con
grosse
tête. tenantd'une chose; suffisance, étendue.
Cabochard cabochien entêté opi- (Japacitas.
niâtre. INCAPABLE,sans tête, sans esprit,
CABOCHONpierre demi-sphérique ou inhabile, non capable.
ronde, qu'on n'a fait que polir sans là Incapacité, défaut de capacité, de
tailler. facullé;i gnorance, manque de moyen.
CABOT, chabot le meunier sorte de CAPARAÇON,grande cape; couver-
poisson d'eau douce à grosse tète. ture de cheval qui couvre l'animal de
Cabûche, cabuce, capuce, capuche, la tête aux pieds. De l'esp. caparazon,
capuchon, couverture de tète, ce qui fait de capa.
'sert à couvrir la tête. Capitium. Caparaçonner, mettre un caparaçon,
Capuchonné, coiffé d'un capuchon. couvrir d'un caparaçon.
Encapochqnner, mettre un capuchon, CAPE, capot, manteau avec un capu-
sur sa tête.- chon sorte de couvre-chef; voile d un
CABOTAGE, navigation le long des grand mât. Du lat. capa, que l'on dit
côtes, de cap en cap, de port en port. avoir été fait du gr. kappa nom grec
De l'espag. cabo, cap; fait de de la lettre k, à cause de sa ressem-
caput.
CABOTER, naviguer de cap en cap blance avec cette lettre.
ou le long des côtes; faire le cabotage, C apéer aller à la cape ou à la voile
Caboteur, marin qui fait le cabotage. du grand mât. n
CAnOTIER, cabotière, petit bâtiment Décaper, passer un cap, sortir d'en-
propre au cabotage. tre les caps; nettoyer les métaux, enlever
Cabotinage, action de courir de ville la rouille ou le vert-de-gris dont ils sont
en ville pour jouer là comédie. couverts.
Cabotin, comédien qui fait partie CAPELAN,terme de mépris en parlant
d'une troupe foraine. d'un chapelain pauvre ou cagot..
Càbotin'ér, courir les petites villes CAPELINE, capeluche, chapeline, pe-
et lés villages pour donner des repré"- tite cape, manteau court, couverture de
sentations. tète à l'usage des dames; casque, cha-
CABUS,qui a'une tète. Chou cabus, peau.
capitata caulis. Capet, surnom d'un roi de France,
Cadastre, capdaslre, imposition par qui lui fut donné parce qu'étant abbé de
tête. En bass. lat. capitastrum fait de Saint-Martin de Tours, de Saint-Ger-
caput, tète. main à Paris, et de Saint-Denis en Fran-
Cadet, capâet, plus jeune des frères; ce, il portoit ordinairement la chape.
petjt chef; second chef de la maison Capiscol doyen ou chef d'un cha-
d'où les dim. cadiche, cadichon. De la.1 pitre, d'une école. Caput scholœ.
bass. lat. copiietu n fait de caput. Capitaine, chef, commandant d'une
Cadette, pierre de taillé mince et compagnie de soldats.
CAP CAP 119
CAPITAINERIE,charge de capitaine.- Dans lesDialogues du nouveau langage
Estienne fait
Capitan, faux brave, fanfaron; mot françois italianisé, Henry
venu de fit. capitano. ainsi parler Philausone (ami de l'Auso-
l'un des interlocuteurs
Capitake capitainesse, la première nie),
de l'armée, celle que monte le « Nous avions bien corpol'al qui te-
• galère net encore bon, et avet opinion qu'il
capitaine ou l'amiral. estimant que ce-
Capital est d'un intérêt ne serct point chassé;
a dj. qui de garde lui'
majeur; principal, qui est à la tète lui qu'on nommet corps
subst., le principal d une dette. porteret faveur. Mais un je ne sçay quel
CAPITAUX,fonds en argent. caporal vint, portant des lettres de re-
de monsieur Capo, par
• Capitale, ville principale qui est à la commandation
tête des autres. le moyen desquelles il fut bien reçeu, r
et peu de temps
CAPITALISTE,homme qui possède des voire chéri'et caressé;
après, la place de ce corporal, qui es-
capitaux. `
Capitation tête. tet natif du pays, fut baillée à cet es-
imposition par
CAPITEUX,qui porte à la tête. tranger caporal. »
DÉCAPITER, couper la tête en exécu- CAPOT, sorte de cape d'étoffe gros-
tion de sentence. sière. Ce terme de jeu de piquet vientt
de caput, parce que le ga-.
DÉCAPITATION,action de décaper; i également
action de décapiter condamnation à gnant fait toutes les levées^ctles prend
être décapité. 'un bout à l'autre.. De là on a fait les.
CAPITOLE,le grand temple de Jupiter deux mots suivants
à Rome, d'où il fut surnommé Capitolin. CAPON, joueur fin, rusé et appliqué
En lat. capiiolium fait de caput Oli, à faire son adversaire capot, ou a pren-
aux jeux d'a-
parce qu'en creusant les fondements du dre toute sorte d'avantage
hasard. De là
temple, on trouva la tète d'un nommé dresse et de
Oins. Capon, crochet de fer pour lever
CAPITOUL,échevin, maire d'une ville. l'ancre.
de CAPONNER, user de finesse au jeu. Pris
Capitoulat charge capitoul.
mauvaise part, ces mots capon
CAPITULAIRE,adj., appartenant à un en plus
et caponner signifient lâche, poltron, et
chapitre religieux; subst., ordonnance,
avoir peur, être sans courage, sans hon-
règlement sur les matières civiles ou re- flat-
ligieuses rédigé par chapitres. De capi- neur. Au fig. amadouer, cajoler,
tidaria forme de capiïulum chapitre i ter. Les soldats disent caponnièreDe pour l'it.
fait de capul. designer un logement couvert.
CAPITULAIREMENT, en chapitre. capponiera.
de-
CAPITULANT,qui a voix en chapitre. CAPOT, capote, sorte de cape,
de grand manteau d'étoffe'
CAPITULATION,traité pour la reddi- mante' ou
tion d'une place, divisé par chapitres. grossière en général, auquel est attaché
met sur le vêtement,
CAPITULER, traiter de la reddition un capuchon il se
d'une place au moyen d'une capitula- et couvre le-corps de la tète aux pieds.
tion entrer en accommodement. CAPOTE, grande mante; redingotte
dé soldat grand chapeau sorte de-
RÉCAPITULER, reprendre par chapitre,
résumer ce qui a été fait. coiffure de femme.
action de récapitu- CAPRONpour chaperon, habit des no-
Récapitulation
ler, de faire un résumé. vices capucins.
sorte de Capron sorte de fraise à grosse tête.
CAPITULE petite leçon qui'i
se dit à la fin de certains offices. Assem- CAPRONNIER,fraisier de la grosse es-
blage terminal et globuleux de fleurs ou pèce.
de fruits. Capitulurn. CAPTAL, capdal, chef, commandant,.
Capitulé ramassé en capitules. gouverneur dans nos provinces méri-
CAPORAL, corporal, chef de cham- dionales. Capitalis.
brée et. d'escouade qui, dans les régi- Capucin, capuchin, religieux du
ainsi
ments d'infanterie, est au-dessous du tiers-ordre de Saint-François;
de ce qu'il étoit affublé d'un.
sergent. De l'it. caporale, fait de capo, nommé
chef; dérivé de caput. grand capuchon.
p Capucinus.
1
i2o CAP CAP
CAPUCINE religieuse du même ordre. des reliques et puis à leur servir d'ora-
Capucinière, couvent de capucins. toire. Nos premiers rois avoient la plus
Capucinade, sot et plat discours de grande vénération pour saint Martin,
dévotion tel qu'en faisoient les capu- qui étoit alors le patron du royaume de
cins; action' ignoble'. Paris. Ils faisoient porter là tête de
CAPUCINE,plante potagère et à fleur leurs armées la chape de ce saint, qui
d'agrément originaire du Pérou, la- étoit de couleur bleue; c'étoit l'éten-
quelle se termine par une production' dard général. A la paix, la chape étoit
i alongée en forme -de 'capuchon qu'elle renfermée dans l'oratoire royal, et en
porte au revers de sa fleur. On la nom- suite reportée à Tours dans l'église où
ma 'd'abord cresson du Pérou ou cressou étoit.déposée là dépouille mortelle du.
des Indes. premier patron de la France.
Caveco», cavesson, demi-cercle en L'origine des chapelles en France
fer qu'on adapte au nez des jeunes che- remonte à l'établissement du cliristia-
vaux pour les dompter. nisme. Ondit que cette origine vient de
Chape, chappe, portion de l'habit la guerre, où nos rois qui marchôient
ecclésiastique en' formede long manteau à la tête de leurs troupes ne pouvant
descendant jusqu'aux talons; chapiteau entendre l'office dans- les églises qui
de fer-blanc avec lequel les pâtissiers étoient éloignées, la faisoient dire sous
et les traiteurs couvrent les mets qu'ils une tente couverte. Ménagé, qui vou-1
portent en ville. loit donner l'étymologie du mot cha-
Chape terme de blason; qui s'ouvre pelle, imagina de faire couvrir la tente
en chape ou papillon. où l'on célébroit d'une étoffe de poil de
CHAPIER, homme d'église qui porte chèvre. Enchanté d'une si belle décou-
la chape; armoire pour les chapes. verte, il ne balança pas à dériver cha-
Enchaper un baril, l'enfermer dans pelle de capella, petite chèvre.
un autre. Chapelain bénéficier ou titulaire
CHAPEAU, couverture de tête à l'u-' d'une chapelle; prêtre salarié pour dire
sagedes deux sexes; bouquet artificiel la messe. Capellanus.
sur la tête d'une mariée. Dès qu'il y eut des chapelles ,.on éta-
Chapelier chapelière, qui fabrique blit sans nul doute des chapelains pour
ou qui vend des chapeaux. les desservir; cependant Fleury (Hisl.
CHAPELLERIE,artde fabriquer des cha- ecclesiasl.) pense. que les premiers cha-.
peaux. pelains furent établis en l'an 702. Il a
Chapelet, certain nombre de grains été trompé par ce passage d'un capitu-
enfilés et terminés par une croix, sur laire de Charlemagne de l'an 768, qu'il
lesquels on dit des Pater. et des Ive. rapporte et qui est conçu en ces termes
Fait du mot chapel, couronne de roses « A ucun prêtre ne célébrera les mystères
que nos aïeux portoient dans les céré- que dans un lieu consacré à Dieu, ou
monies civiles et religieuses. C'est ce s'il est en voyage, sous une tente et sur
qui explique pourquoile chapelet a- été une table de pierre consacrée par l'é-
appelé rosaire, et les gros grains roses. vêque. u On voit qu'il n'est ici nulle-
Les marchands de chapelets ou couron- ment question de l'établissement des
nes de roses portoient le nomde chape- chapelains.
liers, etdans les statuts donnés en l'jiô CHAPELLENIE,bénéfice de chapelain.
aux marchandes de fleurs artificielles, on CHAPELER, ôter le dessus, la superfi-
les qualifia de chapelières en fleurs: cie, le chapeau de la croûte du pain.
Chapelle, chape, petite église con- CHAPELURE,ce qu'on a ôtë de la
sacrée partie d'église ayant un autel. croûte de pain en le chapelant.
Ainsi dite de ce que l'on y conservoit Chaperon, ancienne coiffure de tête
les chapes des saints. De capella. ornement au dos d'une chape; couron-
Sous la première race de nos rois, nement d'un mur de clôture. De cappa-
et avant l'usage de la messe, on donna l'one, ablat. de capparô, fait de caput,
le nom de chapelle à une pièce de leurs et non de cappa. À'oy. mon art. CHAPE-
palais destinée d'abord à conserver les ron dans le supplément au Glossaire
chapes ou manteaux des saints, ensuite, de la Langue Romane.
CAP CAP i2t
CHAPERONNERcoiffer d'un chape- Parachèvement perfection d'un ou-
Ton le mettre sur la tête s'en couvrir. vrage.
Chaperonnier oiseau (le proie qui Inachevé, qui n'est pas achevé per
porte le chaperon. fectionné; à quoi l'on n'a pas mis la
ENCHAPERONNER, couvrir d'un chape- dernière main.
ron la tète d'un oiseau de proie. DERECHEF, de nouveau une autre
CHAPITEAU,partie supérieure d'une fois.
colonne ou d'uri pilastre. Capitulum Méchef, malheur, infortune, acci-
capitellum. dent, événement fâcheux.
CHApiTRE, partie d'un livre division Cquvrechef, coiffure, ornement de
d'un compte; assemblée de chanoines ou tête.
de religieux. De capitulum, fait de caput. Chéfecier chdfecier, chef de l'é-
Chapitrer faire venir au chapitre clairage d'une église celui qui a soin
pour être réprimandé. de la cire. Fait de caput et de cera.
CHAPON,coq châtré auquel on a cou- Chévecerie charge de chcfecier.
pé les extrémités. Capo. On a donné ce Chef-d'oeuvre bel ouvrage, remar-
nom par métonymie a un morceau de quable par sa perfection.
pain frotté d'ail. CHEF-LIEU, lieu principal.
Chaponneau, jeune chapon. CHEVIR, terminer, venir à bout.
Chaponner, châtrer, couper les extré- Chevance bien qu'on possède, à la
mités d'un coq. On a dit en bass. lat. tête duquel on est.
capo, caponis, et les. Gloses kapon. Chevissance chevissement, action
L'art de chaponner a été inventé dans de chevir.
la Grèce, et cependant les Grecs n'a- Chevet, tète d'un lit; partie inté-
voient point de mot pour désigner un rieure termine le chœur d'une église,
qui
chapon. d'un bâtiment; coussin sur lequel la
Chaponnière, vaisseau de métal dans tête ou le chef reposent.
lequel on apprête les chapons en ragoût. Che'vètre, licou, harnois qui se met
CAPILOTADE,ragoût fait de plusieurs sur la tète des chevaux pièce de bois
viandes déjà cuites. De l'it. capirotada, qui porte les solives coupées à l'endroit
formé de capo, parce que ce ragoût étoit de la cheminée, pour donner passagec
originairement fait de morceaux de cha- aux tuyaux, et prévenir le danger du
pon. feu.
Coeffe coiffe, couverture de tète ENCHEVÊTRÉ,retenu par un licou.
pour les femmes; garniture en dedans Enchevêtrer mettre un chevêtre
d'un chapeau. un licou; embarrasser, embrouiller, as-
COIFFER couvrir la tête, y adapter sembler un chevêtre.
des parures; accommoder les cheveux Enchevêtrure, douleur, mal en s'en-
mettre une coiffe de nuit. chevêtrant.
Coiffeur, coiffeuse qui coiffe, taille CHEVEU, poil de la tête. Capillus.
et frise les cheveux. Capilacé plante dont les racines sont
Coiffure couverture, ornement de garnies de filaments semblables à des
tête manière de se coiffer. cheveux.
DÉCOIFFER, ôter la coiffure, la dé- CAPILLAIRE, délié comme des che-
ranger, la mettre en désordre. 1 veux genre de plantes qui portent leur
Recoiffer, coiffer de nouveau. fructification dans le bord replié des
CHEF, tète, commencement, bout, feuilles. Capillaris.
extrémité; celui qui est à la tête, qui CHEVELÉ', terme de blason.
commande. CHEVELU, qui a de longs cheveux
Achever .à-chef-ver, venir à chef, filaments ou petites racines qui sortent
finir, terminer. Du lat. ad, à, caput, des grosses.
tête, fin et venire, venir, arriver. .CHEVELURE,les cheveux de la tête;
Achèvement action. d'achever, de rayon des comètes.
terminer, de finir; exécution entière, i ECHEVELÉ, qui a les cheveux en dé-
accomplissement, 8 sordre.
Parachever, terminer entièrement. Écheveau, peloton échevelé fil co-
1-
iaa CAP CAR
ton, laine, pliés et repliés en un certain CAPTIF esclave des Barbaresques;
nombre de tours. prisonnier réduit en esclavage; privé
Décheveler, mêler les cheveux, met- de sa liberté. De captivus, pour captas
tre la chevelure en désordre. vivens, vivant en prison.
OCCIPUT, le derrière de la tête. CAPTIVER, rendre captif; assujétir;
OCCIPITAL, qui appartient à l'occi- se rendre maitre. Captivare.
put. Cap'tiverie, prison des nègres.
Sinciput, sommet de la tête. CAPTIVITÉ, privation de la liberté;
Siwcipital, du sinciput. état d'un captif. Caplivilas.
D'où les noms propres Caban, Ca- CHÉTIF, vil, méprisable; petit, mau-
bin, Cabasset, Cabuchet Cabuchon vais dans son espèce, malingre; de peu
Capelain, Capitaine, Capron, Cappe- d'apparence. De caplivus.
ronier, Capuron, Chabot, Chape, Cha- Chetivemewt, d'une manièrechétive..
pelier, Chapier, Chapelle, Lachapelle, CAQUE, petit baril dans lequel on
Chapelain, Chaperon. met des anchois ou des harengs. Du
CAPENDU,sorte de pommes rouges, lat. cadus, fait du gr. kados, qui a lai
ainsi dites pour courpendu, les mede- même signification.
cins, dans leurs ordonnances, les nom- CAQUAGE,mise en caque, action de
ment curtipendula. On a également mettre en caque; façon donnée aux an-
donné ce nom à une poire dont la queue chois ou aux harengs.
est fort courte. CAQUER,encaquer, mettre en caque
CAPRE, fruit du câprier, rond et entasser dans une voiture.
aigrelet. Du lat. capparis, fait du gr.. Ejtcaqueur, celui qui met les harengs.
kapparis. en caque.
Câprier, arbrisseau épineux à lon- Caqueté, baquet pour les carpes.
gues racines, qui produit les câpres. CAQUET, caquetage “ caqueterie
CAPPARIDÉES,famille de plantes qui Onomatopée du bruit que font les poules
ressemblent au câprier. quand elles sont prêtes à pondre. Au
Capron', grosse fraise ainsi dite, d'a- fig., babillage de personnes qui caquet
près Gébelin, parce qu'elle est aigre- tent comme les poules; abondance-de
lette commela câpre. Ménage prétend paroles oiseuses.
au contraire que capron vient de caput, CAQUETER,bavarder, babiller, expri-
petite tête. Voyez CAP, p. 119. mer le caquet de la poule.
CAPTER, attirer, gagner, obtenir CAQUETEUR,qui caquette beaucoup.
par insinuation la bienveillance, le CAR, qar, quar, conjonction pour-
suffrage. Du lat. captare, fait de capere, exprimer la raison d'une proposition-
prendre. avancée; parce que, à cause que. Du.
CAPTATEUR,qui surprend par ruse, lat. quare, et non pas du gr. gar, qui a.
par adresse, une donation, un legs, cependant la même signification.
une succession. Captator. CARACOL, caracole, tour en rond
Captation action de capter insi- que le cavalier fait faire à son cheval,•
nuation artificieuse et intéressée. Cap- sorte d'escalier en vis.
talio. CARACOLER,faire des caracoles ou en
provoqué par l'artifice faire faire à son cheval. De l'esp. cara-
d'un héritier. col, limaçon et escalier tournant, dér.
Captieux, qui tend à tromper; pro- de l'ar. carcara, tourner en rond.
pre à surprendre, a induire en erreur < CARACTÈRE lettres de l'alphabet,
par une fausse apparence. Captiosus. écriture, figures au moyen desquelles
Captieusemewt 'd'une manière cap- on peint la pensée; empreinte, marque
tieuse. Capliosè. distinctive pour faire connoître ou re-
CAPTEUR,caplureur, qui prend, qui présenter quelque chose; mœurs, hu-
saisit en mer. meur, habitudes d'une personne phy-
Captuser, faire une capture; butiner; sionomie particulière des ouvrages d'art
appréhender au corps. ou d'imagination. Du Iat. chômeur,
Capture, butin; prise de corps; saisie fait du, gr. chardktér, dérivé de cluir
de marchandises prohibées. rassâ, graver, imprimer.
CAR CAR 123.
CARACTÉRISER, marquer le caractère; dont les autres dérivent. Poirits cardi-
faire connoitre sa qualité. naux les quatre côtés du monde..
Caractérisme ressemblance con- CARDINALAT, dignité de cardinal.
formité des plantes, de leurs parties, Charnière deux pièces de métal qui
avec d'autres parties du corps humain. s'enclavent l'une dans l'autre, et se joi-
Caractéristique, qui caractérise. gnent au moyen d'une broche pour ou-
vrir et fermer point d'appui de l'ou-
CARAFE, vase de verre ou de cris-
verture des coquilles bivalves. Decardo.
tal, à goulot, pour les liquides. De l'it. du vaisseau qui
CARÈNE, partie
caraffa, fait de l'ar. garaba, vase.
CARAFON, petite carafe; vaisseau de plonge dans l'eau pétale inférieur des
bois pour mettre rafraîchir l'eau, la ca- Ïiapilionacées; saillie longitudinale sur
rafe qui la contient le dos d'une feuille. Du lat. canna, fait
grosse bouteille. du gr. karenai, couper, séparer.
CARAMEL, sucre fondu sans eau,
brûlé et glacé. De l'esp. caramelès, sorte Carénage, action de caréner; lieu
où l'on carène.
de pastille bonne pour l'estomac.
Caréner, raccommoder un vaisseau, e
CARAT, poids qui exprime la bonté lui donner le suif.
ou le titre de l'or; poids de quatre
Carébé, carine', feuille anglée par la
grains pour les diamants. De l'ar. ki- rencontre des deux côtés.
rat, poids qui vaut, à la Mekke le CARET, sorte de tortue de mer,
vingt-quatrième d'un denier, que l'on bonne à manger. Du lat. caretta. On a
dérivedu gr. kération, sorte de très-pe- donné aussi le nom de caret à un gros
tit poids. fil de trois lignes de tour pour faire des
CARAVANE association assem- cordages.
blée, réunion de plusieurs personnes CARIE, pourriture qui attaque les
pour voyager, pour aller en marchan- os, les dents, le blé et le bois. Du lat.
dise, en pélerinage, ou pour quelqu'au- caries.
tre objet que ce soit; campagnes des Carier gâter, pourrir, attaquer de
chevaliers de Malte sur mer. Du persan carie.
karaouan, réunion de plusieurs voya- Cariebx, qui se carie.
geurs. CARME, moine du mont Carmel en
vaisseau marseillois qui
Caravanecr Galilée où ces religieux ont commencé.
navigue dans les mers du Levant. Carmelita.
CARAVANIER conducteur des cha- Carmélites religieuses du mont Car-
meaux dans les caravanes.
mel couleur de l'habit des carmélites.
Caravenseraï, caravenserail, bâti- CARMIN, couleur d'un rouge vif,
ment ouvert où les voyageurs logent tiré de la cochenille. Du-lat. caro, car-
gratis dans l'Orient. Du pers. karouan, nis, chair, à cause de sa couleur.
voyageur, et de serai, maison. CARMINATIF, remède contre les.
CARDAMINE, le cresson des prés, vents de l'estomac et les intestins. Du
plante âcre et piquante. Du gr. karda- lat. carminare, purger. 1
minê. CAROTTE, racine potagère, jaune,
CARDAMOME, graine aromatique rouge. De l'it. carota, fait du lat. cro-
de l'amome à grappes. Du gr. karda- cota, dérivé du gr. krokos safran ou
mâmon. de couleur jaune. Par analogie on a fait:
CARDINAL, prince de l'église ro- CAROTTE,feuilles de tabac ficelées.
maine prélat du sacré collège princi- CAROTTER,hasarder peu au jeu.
>
pal; point sur lequel roule un globe Carottier qui carotte en jouant.
un état, une chose entière qui indique CAROUBE, carouge, fruit agréable
la quantité. Cardinalis. Ce mot vient de et sucré du caroubier, en gousse apla-
cardo, gond sur lequel roulent les bat- tie. Du gr. keras, corne, à causé de la
tants d'une porte. forme de ce fruit.
Cardinal, oiseau des Indes, ainsi Caroubier-, arbre de moyenne gran-
nommé de son plumage rouge. deur, toujours yert et à cime étalée, qui
Cardinale, acte de l'école de méde- produit les caroubes.
cine de Paris. Vertus cardinales, celles CARPE poisson d'eau douce à larges
ia4 CAR 1 CAS
écailles, du genre cyprin. Du lat. cy- cartes. Du gr. chartes, et.de manlëia,.
prinus, dér. du gr. kuprinos. divination.
CARPEAU petite carpe espèce de -Cartomancien., tireur de cartes; di-
carpe très-délicate. seur de bonne-aventures
Carpie hachis de carpe. CARTON papiers collés grosse carie;
Carpier, de carpe. feuillet ajouté à un livre pour cause de
Carpière lieu où l'on nourrit des changement; grand porte-feuille.
carpes. CARTONNAGE,action de cartonner.,
Carpilloh très-petite càrpe. d'apprêter des cartons;
Carpion poisson du genre de la sal- Cartonner mettre des cartons à un
mone. livre; relier en carton.
Cyprin, genre depoissons abdômi- Cartonnerie, métier du cartonnier..
naux, tels que la carpe, la tanche, etc. CARTONNIER,qui fait et qui vend le
Du lat. cyprinus, fait du gr. kuprinos, carton.
carpe. CARTOUCHE,ornement de sculpture
CARPE, le poignet, ou la partie qui qui renferme une inscription ou des ar-
est'entre lebrasetla paume de la main. moiries. De l'it. cartbzzo ou cartbccio.,
Du lat. carpus, fait du gr. karpos. dans la même signification.
Epicarpe cataplasme qu'on applique CARTOUCHE, charge d'arme à feu
autour du poignet pour arrêter un accès toute préparée et enveloppée d'un car-
de fièvre, ou.pour en prévenir le retour. ton mince.
Du gr. épi suc, et de karpos, le poignet. Cartouchier, petit coffre à. cartou-
Métacarpe, seconde partie de la ches.
main, située entre le poignet et les CARTULAIRE,charlnlaire recueil de
doigts. De meta après, et de. karpos. chartres, d'actes et de titres monasti-
Métacarpien petit muscle qui s'at- ques. Carlularium.
tache au quatrième os du métacarpe. CHARTEou chartre, acte public titre
CARQUOIS, calquas, étui où l'on ancien; loi constitutionnel de l'état.
renferme des flèches et qu'on porte Chartrier, lieu où l'on garde les ar-
pendu au col et sur le dos. Gébelin le dé- chives celui qui en a la garde.
rive de circus, à cause de sa forme cylin- Chartophtlax officier de l'église de
t drique les Grecs mod. disent kokron, Constantinople, préposé à la garde des'
les Alt. koëker, les Ital. carcasso, que chartes et des actes. Du gr. ciiarlês,e\.
-Ferrari dér. d'arcu, et.les Esp. carcax. de phulax gardien; fait dcphulassô
Voy. Carcasse, à l'art. Chair. garder. Voy., Chartre.
CARRARE, marbre blanc tiré du CARÛS, affection soporeuse qui prive
lieu de ce nom sur la côte dé Gênes. du sentiment et du mouvement; mot la-
CARTE, mince carton peint d'un tin fait du gr. karos, assoupissement.,
coté pour jouer; représentation d'un sommeil profond.
pays, liste de mets avec les prix chez Carotides, les deux artères qui con-
les restaurateurs; papier écrit. Du lat. duisent le sang dans la tête, et que les
cliarta, fait du gr. cliartés gros papier, anciens regardoienteomme étant le siège
d'où vient chartion petit papier. de l'assoupissement. Du gr. kardtides.
Cartaux cartes marines. Carotidal qui appartient aux caro-
CARTEL, défi pour un combat singu- tides.
lier envoyé par écrit; règlement pour Carotique, qui est attaqué du carus;
l'échange ou la rançon des prisonniers. trou de l'os temporal.
Du lat. charlella diniin. de charta. .CARYATIDES, figures de femmes
CARTELETTE, petite ardoise pour vêtues d'une longue robe dont la tête
écrive. soutient une corniche; image des fem-
Cartelle manière de débiter le bois mes de Carye, ville du Péloponèse, ré-
en feuilles. 1 duites en servitude par les Grecs. Ca-
Cartier qui fait et vend les cartes à' ryatides, dér. du gr. karuatidês.
jouer. CASSE, moelle purgative ou écorce
CARTOMANCIE, art de tirer les cartes et aromatique du cassier. Du lat. cassia
` de lire dans l'avenir; divination par les fait du gr. kassia.
CAT CAT taS
"Cassier arbre des Indes qui donné qu'on y ensevelit un grand nombre de
la casse. martyrs. De là,. on a conclu que tous
CASSER, rompre, briser, mettre en les corps ensevelis dans les catacombes
pièces. Du lat. barb. cassare pour quas- étoient les dépouilles mortelles de grands
iare en ar. cassara. saints, de martyrs ou' tout au moins de
Cas casse, qui sonne le cassé. ,bienheureux. Aussi pendant longtemps
Casilleux verre-qui casse lorsqu'on la cour de Rome fit-elle un commerce
veut le couper. immense d'ossements. C'est ce qui ex-
Cassade mensonge par plaisanterie. plique comment il se trouve dans la
CASSAILLE,première façon donnée à chrétienté un aussi grand nombre de
la terre. fausses reliques. En lat. catacumbœ, du
CASSANT,fragile qui peut se casser gr. kata, dessous, et de kumhos? cavité.
sujet à se casser. D'aulresétymologistesprétendcnt qu'on
Cassation, acte juridique qui casse a dit catatombes, en lat. catatumbœ,
un jugement. qu'ils font dériver.de kata et de tumbos,
Cassé, rompu, brisé; vieux, infirme, tombeau, c'est-à-dire tombeaux souter-
courbé par l'âge. rains.
CASSEMENT, action de casser une bran- CATADOUPE, catadupe, cataracte,
cité. chute d'eau en général; onomatopée qui
1 Casseor, fièr-à-bras; homme fort et pein t le bruit des eaux qui tombent d'une
vigoureux certaine. hauteur nom que les anciens v
CASSURE,endroit fracturé. donnoient aux peuples qui habitoient
CASUEL, fragile,. sujet'àêtre brisé. près des cataractes du Nil. En lat. cala-
CONCASSER, briser en petits morceaux. dupa, en gr. katadoupa pluriel de ka-
Becasser donner le premier labour tadoupos, fait de kata, en bas, et. de'
après la moisson. doupos, bruit c'est-à-dire bruit qu'une'
RECASSIS terrain recassé. chose fait en tombant.t.
CASTOR, animal amphibie qui vit CATAFALQUE, représentation d'un
en société dans des cabanes sur des pi- mausolée sur un bâti de charpente; c'est
lotis chapeau fait du poil du castor. un cercueil élevé sous un baldaquin dé-
Du lat. castor, fait du gr. kastar. coré de vertus,, de génies, de blasons et
Castorécm, matière, liqueur conte-' de divers ornements funéraires. De l'it.
nue dans deux vésicules du castor.
sorte catafalco échafaud. Des étymologistes
CASTORINE, d'étoffe qui ressem- prétendent que ce mot est hybride, et
ble au poil de castor. te font venir de la préposit. gr. kata,
CATACHRESE, usage d'un mot con-
dessous, et de l'arabe falak, élévation,
tre sa signification propre et naturelle i~ la voûte du ciel.
du proprement
figure discours qui consiste dans
CATAGMATIQTJE médicament
l'abus de la signification propre d'un
à guérir la fracture des os et à
mot. Du gr. katachrêsis, abus; fait de propre les souder. Du gr. katagma, fracture;
kqtachmomai, abuser; composé de kàla, dér. de
contre, et de ohraomai, user. kataga, rompre, briser.
CATAGOGIES, fêtes en l'honneur
CATACLYSME, grande inondation,
de Vénus, que les Siciliens célébroient
déluge. Du gr. kataklusmos, fait du à l'occasion du retour de la déesse de
verbe katakluz4, inonder.
CATACOMBES, onomatopée dont son prétendu voyage en Libye. Du gr.
les sons pittoresques rendent le retentis- katagô, je ramène:
sement du cercueil roulant de degrés en CATALECTES, fragments d'ouvra-
degrés sur les angles aigus des pierres, ges anciens; ouvrages incomplets, qui
et s'arrêtant tout-a-coup au milieu des n'ont pas été achèves.
tombes; grottes souterraines ou carriè- CATALECTIQUE, vers imparfaits, aux-
res d'où les anciens Romains tiroient quels il manque quelques pieds ou syl-
la pierre et le sable, et dans lesquelles labes. Du grec katalèktikos formé de
ils enterroient leurs morts. La tradi- kata, contre, et de légô, finir, terminer.
tion rapporte que les premiers chrétiens Acatalecte, acatalectique vers corn-
s'y retiroient durant les persécutions, et plets, auxquels il -ne manque rien à la
126- CAT CAT
fin. Du gr. a priv. et de katalêktikos, du corps, dans les luxations des côte'âj
incomplet. des vertèbres, etc. De kataphractos
Brachycataléctkjbe vers grecs ou CATAPLASME, remède extérieur,
latins auxquels il manque un pied à lat sorte d'emplâtre. émollient, résolutif,'
fin. De brachus, bref, court, et de kata- fortifiant, suppuratif, qu'on applique sur
lektikos, incomplet. quelque partie du corps. Du gr. kata-
CATALEPSIE, attaque d'apoplexie, plasma, fait de kata, dessus et de
dans laquelle on reste tout-à-coup fixe plassâ, enduire, appliquer dessus.
et immobile comme une statue privé CATAPLEXIE, engourdissement su-
de sentiment, le malade ne perd pas la bit, insensibilité soudaine dans les mem-
respiration; état d'une plante ou de bres. Du gr. katapléssô frapper, ren-
l'une de"ses parties, qui reste toujours dre stupide ou hébété composé de kata,
inclinée ou placée comme l'on veut.-Du dessus, et de plêssô, je frappe.
gr. katalêpsis, détention, arrêt; dér. du CATAPULTE, machine de guerre
verbe katalambanô, ramener, retenir. des anciens pour lancer des pierres et
CATALEPTIQUE,attaqué de la catalep- des traits. Du lat. catapulta, fait du gr.
sie plante qui reste toujours détournée. katapeltés, composé de kata, sur ou
Acatalepsie défaut d'intelligence, contre, et de pallâ, je lance.
impossibilité de saisir, de comprendre CATARACTE, onomatopée; chute
une chose; maladie du cerveau. Du gr. d'eau impétueuse et bruyante, occa-
akatalépsia, dér. d'a priv. et de kata- sibnée par une pente très-brusque du
lambanô, je prends,. je saisis.. sol, qui tombe et se brise de roc en roc
Acataleptique, secte de philosophes avec fracas maladie d'yeux causée par
qui, en doutant de'tout, préténdoient une altération du crystallin, qui le rend
qu'il étoit impossible d'acquérir aucune opaque, et obscurcit ou ôte entièrement
connoissance certaine. la vue; on l'a ainsi nomméeparce qu'on
CATALOTIQUE, catulotique, re- a cru pendant long-temps que cette ma-
mède qui efface les marques des cica- ladie étoit un amas d'humeur superflue,
trices qui paroissent sur la peau. De qui s'épaississoit comme une pellicule
hâta, contre, et d'oulod, cicatriser dér. dans l'humeur aqueuse ou dans une au-
d'oulé, cicatrice. tre partie. En lat. cataractes, cataracta,
CATAPAN, gouverneur des posses- en gr. kataraktés, de katarrlwssô, bri-
sions grecques en Italie, espèce de vice- ser, renverser avec force dér. de rhassô,
roi pendant les xe et xr* siècles. Du gr. qui
signifie la même chose.
kata, auprès, et de pan, tout gouver- Cataracte^ affecté de la cataracte.
neur général, qui a la direction de tout.. Cataracter (se). Ce verbe s'emploie
De là selon M. Hase, le nom de la pro- èn parlant des yeux sur lesquels il se
vince napolitaine Capitanate. forme une cataracte.
CATAPASME, médicament pulvé- CATARRHE, fluxion d'humeurs âcres
risé, dont on saupoudre quelque par- qui tombent sur la tète la gorge et le
tie du corps.. Du gr: kata, dessus, et de poumon. Les anciens regardoient le ca-
passd, je répands. tarrhe comme une fluxion d'humeurs
CATAPHORE, espèce de coma ma- qui tomboient de la tète sur les parties
ladie qui consiste dans un profond as- inférieures du corps. Du gr. katarrhoos,
soupissement.- Du gr. kataphora, chute; fait de katarrhéô composé de kata en
dér. de kata, en bas, phe'rô, je porte. bas, et de rhéô, couler.
CATAPHRACTAIRE, sorte de ca- CATARRHAL,sujet aux catarrhes qui
valier grec, armé de toutes pièces. Sou tient du catarrhe accompagné de
armure consistoit en cnémides pour les fluxion. •
jambes, en cuissards, en une cuirasse, CATARRHEUx,sujet aux catarrhes, qui
des brassards et im casque fermé; puis en a la nature.
l'épée courte (machaira) et la hàste. Du Cataruhectique, pénétrant, dissol-
gr. kal.aphractos, fermé de toutes parts. vant. i
CATAPHRACTE,vaisseau de guerre, CATARRHOPIE, tendance du sang
long et ponte; armure des cataphrac- vers les parties inférieures du corps. De
taires bandage en cuirasse pour le tronc kata, en bas", et de ihépô, je penche.
CAT •. CAT 137
CATASTALTIQUE, astringent ré- tumes nature, sorte; caractère. Du gr.
percutif qui augmente
le mouvement des kale'goria, chose dont on peut parler;
mtestius. Du gr. hntastelld je resserre. fait de katéqoréô, montrer, déclarer, ma-
CATASTASE, ponction de l'œil; acte, nifester; dont la racine est ae,ora le
partie du poème dramatique, qui ren- barreau, le marché, la multitude.
ferme lè nœud de l'intrigue; nature, Catégorique dans l'ordre précis; à
état habituel d'une chose. Du gr. kalas- propos selon la raison, fait à propos.
lasis, dérivé de kalhistâmv, constituer, Catégoriquement, avéc justesse, à
· établir. propos; d'une manière catégorique.
Catastatiqee, qui dépend de la con- 1 CATHARIS nom de plusieurs sec-
stitution du tempérament. taires en différents temps qui se croyoicii t
CATASTROPHE, événement, révo- plus purs quelesautres chrétiens. Du gr.
lution qui dénoue et termine une action katliarcs, pur, sans tache.
dramatique; fin malheureuse issue fu- CATHARTIQUE purgatif, qui a la
neste. Du gr. Isatastrophé, renversement, vertu de purger. Du gr. kalhairô, je
ruine, destruction fait de kata, sous, et
de stre'pha, tourner, finir. purge.t
CATHEDRALE, principale église
CATAU, câlin, petite poupée; femme d'un diocèse où est le siège la chaire de
de mauvaise vie; petite perruche. Dim.
du nom propre Catherine. l'évèque. Du gr. kathdâra, siège, chaise.
CATÉCHISME, explication des pre- Cathédratique ancien droit qui se
miers principes d'une ^science et, en payoit à l'évèque quand il faisoit la vi-
site de son diocèse.
particulier, de la doctrine chrétienne celui qui préside à une
instruction sur les mystères de la foi; Cathédrant
livre qui en contient l'exposé. thèse un acte public.
Catéchèse, instruction de vive voix. Cathédrer présider à une thèse.
Du gr. katéchùis dont on a fait caté- Chaire chayère, siége élevé où se
johismej dér.de katéchizdin, faire reten- placent ceux qui parlent en public; un
tir aux oreilles, enseigner, expliquer de banc d'église; siége d'un évéque dans sa
vive voix; formé de kata auprès con- cathédrale; charge de professeur. De
cathedra.
tre, etiVe'chos, son, retentissement, parce
que, dans la primitive église, les instruc- Chaise, siège à dos sans bras; dim.
tions se faisoient toujours'de vive voix et de chaire.
jamais par écrit. De là cette foule de CATHÉRÉTIQTJE, remèdes qui ron.
conciles tenus en France dans les vi% gent les chairs surabondantes des plaies.
vu", vin» et ixc siècles qui ordonnent Du gr. kathairéâ, ôter, enlever, détrui-
que les évèqucs s'occuperont de traduire re fait de kata sur, et à'hairdâ, j'ôte,
en langue vulgaire les prières et les psau- j'emporte.
mes, pour que le peuple puisse les en- CATHÈTE, ligne qui tombe per-
tendre. pendiculairement sur une autre. Du gr.
Catéchiser, instruire des mystères de kalhëlos, niveau aplomb fait de ka-
la foi, de la religion endoctriner, faire thiémi, abaisser.
la leçon s'efforcer de convaincre. CATHÉTER, sonde creuse et recour-
Catéchiste qui enseigne, qui fait le bée, pour introduire dans la vessie, afin
catéchisme. d'en retirer les urines.
Catéchistique, en forme de caté- Cathétérisme opération faite avec
chisme. le cathéter, pour injecter ou vider la
Catéchumène que l'on dispose au vessie.
baptême en l'instruisant. De katéchou- CATHOLIQUE, universel, répandu
mdnos part. pas. dekatécfiéâ, instruire partout; juste, pur, légal; qui professe
de vive voix. la religion catholique. Du lat. calholi-
Catéchuménat, temps d'instruction cus, fait du gr. katholikos, universel';
du catéchumène. · dérivé de kata par, et de holôs, tout
CATEGORIE, ordre, rang, classe qui est répandu partout.
dans laquelle on range tous les êtres et -CATHOLICISME,communion, religion
les objets de nos pensées; mœurs cou- catholique.
ia8 CAU 'CÂTJ
Catholicité doctrine, opinions Chose tout ce qui est ou peut être ¡
pays catholiques. bien, affaire, possession, portion; ce
CATHOLIQUEMENT, selon la foi catho- qu'on nê-désigne pas.
lique. CAUSTIQUE substance qui à une
Catholicon sorte de remède com- vertucorrosive, brûlante; mordant; sa-
posé de plusieurs ingrédients, que les tirique, piquant; courbe sur laquelle
anciens regardoient comme propre à se rassemblent les rayons réfléchis, et
purger toutes les humeurs. où ils ont une force brûlante. Du lat.
CATl apprêt des étoffes, à l'aide de ci/usticus, fait du gr. kaustikos; dér. de
.la presse, pour les lustrer et les affer- kaiô, je brûle.
mir. D captare, dans le sens de videre, CAUSTICITÉ,qualité de ce qui est caus-
rendre beau à la vue. tique inclination à lancerdes sarcasmes.
Catir donner le cati aux étoffes. Catacaustique, courbe formée par
Catisseur, qui donne le cati., des rayons réfléchis à la différence de
Décatir ôter le cati. la diacaustique, qui est formée par la
CATOPTRIQUE, partie del'optique réfraction. De katakaiô, brûler par ré-
qui traite des effets de la réflexion de la flexion fait de ka'ta, contre, et de kaiô:
lumière. Du
gr. katoptron miroir; d'où DIACAUSTIQUE,nom donné, en op-
katoptrizô, réfléchir comme un miroir; tique, aux .caustiques par réfraction,
dérivé de kala, contre, et d'optomai, pour les distinguer des catacaustiques
voir. ou caustiques par réflexion. De dia, à
CAUCASE, haute chaine de mon- travers, et kausticos.
tagnes qui s'étend entre le Pont-Euxin ENCAUME,pustule ou marque causée
et la mer Caspienne les naturels.l'ap- par une brûlure. Du gr. egkauma.
pellent Kâf, les Asiatiques orientaux Encaustique, sorte de peinture qui
Kof-Rdfj lesJTurks de Constantinople consiste à coucher avec le pinceau des
Kdf-Daghi les monts Kdf. L'ancienne cires colorées et liquéfiées au feu ou à
forme étoit de Koh-Kasp d'où vient fixer les couleurspar le moyen du feu.
le nom de Caspienne, donné à la mer Du gr. egkaustikos, d'egkaiâ, brûler,
d'Hyrcanie; dér: de kaiô. '
CAUCHEMAR, oppression en dor- Causus, .causos, fièvre aiguë, conti-
mant pesanteur apparente sur l'esto- nue, qui cause une chaleur brûlante et
mac. De calai mala, oppression péni- une soif ardente. Du gr. kausôn cha-
ble ; calca a été dit pour calcatio. leur dér: de kaiôr
CAUSE principe; ce qui fait qu'une Cautère caustique ou fer brûlant
chose est ou doit être sujet, prétexte qu'on applique sur quelque partie du
intérêt parti procès qu'on plaide à corps pour la consumer ulcère artifi-
l'audience. Dulat. causa, principe, ciel qu'on fait dans la chair, pour faire
origine, état, sujet; d'où causare, cau- écouler les humeurs. En lat. chulerium
sari, plaider une cause, et causidicus, fait du gr. kauterion, dér. de kaiô.
en bass. lat. causarius, avocat, causeur, remède qui brûle les
Cautérétique,
bavard loquace. Les Grecs disoient kô- chairs.
sai, parler, jaser d'où peut venir l'all. Cautérisation action de faire un
kosen, qui a la même signification. cautère, de brûler les chairs.
Causalité, qualité, manière dont une CAUTÉRISER,brûler, comme font les
cause agit.
caustiques; appliquer un cautère; brû-
Causatif particule qui rend raison ler les chairs.
de ce qu'on a dit. Cousson, vapeur chaude qui, dans les
CAUSER être cause; s'entretenir fa- départements méridionaux, brûle les
milièrement critiquer, blâmer, parler bourgeons dès vignes quand elles' com-
avec malignité. Causari. mencent'à pousser. Du gr. kausos.
Causerie, babil, action-de causer. CAUTELEUX, caut, fin, rusé.
CAUSEUR,qui aime à parler; qui parle Du lat. cautus, prudent, avisé, circon-
beaucoup ou superficiellement. spect, sur ses gardes; fait de cavere,
CAUSEUSE, petit sopha pour.deux per- prendre garde.
sonnes qui ont à causer. Cautèle ruse, finesse, précaution.
CAV CAV iao
Caeteleosement avec ruse fine- militaire. De l'it. cantina, fait de la
ment.t. basse lat. canava, petite cave.
CAUTION,répondant, qui s'oblige pour Cantinier, cantinière, qui tient une
un autre; qui garantit la véracité d'un cantine.
fait, ou la probité d'une personne. De Chaos, confusion de toutes choses
cautio, dérivé de cavere. avant la création du monde chose con-.
CAUTIONNAGE,action de cautionner. fuse et embrouillée; abîme, ouverture
Cautionnement,1- acte par lequel on immense et profonde, lieu fort obscur.
cautionne quelqu'un somme versée i Du gr. chaos.
gage, garantie, bien qui sertdecaution. Chaomancie, art de prédire l'avenir
CAUTIONNER,se rendre caution; four- par le moyen des observations faites sur
nir un cautionnement. l'air. Du grec ehaos, qui se prend pour
CATIX pays de la Normandie, ainsi l'air, dans Aristophane, et de mantéia,
appelé des Calètes, peuples qui l'habi- divination.
toient. t.. Geôle, prison soutcrraine. Dela'bass.
Cauchois; habitants du pays de Caux; lat. gabiola, dimin. de iiabia fait de
gros pigeons qui en viennent. cavea, cage, lieu fermé les Italiens di-
CAUDEBECS,sorte de gros chapeaux sent gabbia dans le sens de cage et de
de laine qui se fabriquoientà Caudebec. prison.
CAVE souterrain voûte sous les ha- Geôlage droit dû au geôlier pour le.
bitations où l'on met du vin fonds temps qu'on a été en prison.
d'argent que l'on met devant soi, à cer- Geôlier, gardien d'une prison; gui-
tains jeux. Du lat. cavea, formé de c/z- chetier.
vus, creux, fait du gr. chaos, vide; en Excavation creux qui se fait dans
éolique chavos. quelque terrain; action de creuser. Ex-
Cave, creusé, qui forme un creux. cavatio, excai'atus.
Cavatus. Excaver, creuser, faire un creux.
Caveau, petite cave, lieu souterrain Excavare.
dans les églises, où l'on dépose les corps Encavër, mettre en cave, descendre
morts. Caveola. à la cave.
Cavée, chemin creux, coupé dans" EncavemEnt, action d'encavcr.
une montagne ;certaine quantité de piè- Encaveur, celui qui encave.
ces de vin.' Concave, creux et rond. Concavus,.
CAVER, creuser, faire un creux, pra- fait du gr. sun, ensemble, et de chavos,
tiquer une mine; estimer, mettre à prix i vide.
mettre une cave au jeu. Cavare. Concavité, le dedans d'un corps
CAVERNE, creux naturel et profond creux et rond état d'un corps concave.
sous une montagne, au milieu des ro- Concavitas.
chers, quelquefois aussi en plaine et en CAGE, petite logette<faite de bâtons
rase campagne. Câverna. d'osier, de petites verges ou de fil de fer
à claire voie servant à divers usages. Du
Cavernosité, espace vide d'un corps
caverneux. lat. çivea car on donne le nom de cage
à la loge d'un oiseau à une sorte de ja-
Caverneux plein de cavernes. Ca-
vernosus. lousie pour garantir les carreaux au
CAVET, membre creux ou moulure garde-manger pendu en l'air pour con-
rentrante, dont le profil est d'un quart server les provisions; à l'enceinte d'un
de cercle; il fait partie des corniches. corps de logis, d'un escalier, d'une hor-
Cavin chemin creux aux approches loge, etc.
d'nue place. De cavinum, dimin. de CAGÉE, cage pleine d'oiseaux.
cavum. CAGERON, cagerote petit panier,
Cavité, creux, vide dans un corps éclisse servant à mettre et à contenir le
solide. Cavitas. lait caillé pour faire former le
fromage
CANTINE, petit coffre ou caisse de. et en faire sortir le petit lait.
voyage, à compartiment, où l'on' met Cagier, marchand d'oiseaux et de ca-
des fioles de yin ou de liqueurs cabaret ges.
'• 9
i3o CÉD CED
Encageii, mettre en cage; renfermer une action. Du lat. cessare, fait de ces-
en' prison sum, supin de cedere.
CAJOLER, flatter, louer, amuser, ca- Cessant, qui cesse.
resser, chercher à plaire, à séduire pour CESSATION,interruption disconti-
obtenir ce qu'on souhaite. nuation. Cessatio.
/Cajolerie,' louange qui sent la flat- CESSE,répit, repos sans cesse, sans
terie et dont on se sert pour cajoler. discontinuer.
Cajoleur celui qui cajole. CESSION,transport, démission, aban-
Ces trois mots viennent de l'ancien don à quelqu'un. Cessio.
françois cageoler, caresser et parler à CESSIONNAIRE, celui qui fait cession
un oiseau qui est en cage parler, chan- de ses biens.
ter, jaser comme un oiseau dans une CESSIBLE, qui peut être cédé.
• cage an figure, endormir quelqu'un, le RECÉDER,céder à un autre ce qu'on
surprendre à force de babil. Cageoler, avoit acheté pour soi.
action de chanter et de babiller. Cag'eo- Accéder entrer dans un arrange-
leur, qui amuse par son babil de là ment, accepter des conditions, donner
viennent son consentement. Accedere.
Enjôler tromper, surprendre, sé- Accès, aborâ; moyen d'approcher,
duire par de douces paroles. faculté d'entrer mouvement violent et
Enjôleur, trompeur, qui enjole. passager; émotion de la fièvre. Accessits
Gabie, hune au haut du mât d'un na- pour nccessio.
vire. De l'ital. gabbia, cage; formé de Accessible qu'on peut aborder;
cavea. dont il est facile de s'approcher.
Gabion, grand paniep en forme de INACCESSIBLE, où l'on ne peut abor-
tonneau, panier plein de terre, pour der, chez qui on ne peut avoir accès.
protéger les travailleurs occupés aux: Accession adhésion, consentement.
travaux d'un siége. De l'ital. gabione, Accessio.
-fait de gabbia. ACCESSIT,mot latin; qui s'est appro-
GABIONNADE, ouvrage de gabions.. ché le plus du prix décerné dans un
Gabionner, couvrir avec des gabions. concours à celui qui a moins bien fait
Gingiîole, place de la boussole sur la que le vainqueur, et mieux que les au-
poupe d'un navire. tres concurrents.
CAVIAR cavial œufs d'esturgeons ACCESSOIRE, qui accompagne, qui
salés. De Fit. caviale, ou du grec mo- n'est pas essentiel à l'objet dont il dé-
derne kauiari, qui a la même significa- pend.
tion. Le P. Tliomassin dit chaviari. ACCESSOIREMENT, d'une manière ac-
cessoire.
CAVILLATION, sophisme; fausse
-subtilité; mauvaise chicane. Cavillatio. ANTÉCÉDENCE,antécedent, antécès-
seur. Voy. Avant.
CE, CET, cette, pron. démonst. qui
indiquent la chose et son genre. Du lat. CONCÉDER,accorder des droits, des
hic, heee, hoc. grâces. Concedere.
CONCESSION, don de faveur; abandon
CÉANS, en ce lieu, ici dedans. Du d'une chose. Concessio.
làt. hic intus..
CONCESSIONNAIRE, qui a obtenu une
CECI, pron. démonst.; cette chose- concession.
ci. Du lat. 'ftio, hoc.
DÉCÉDER, quitter,' s'en aller, mourir
CÉCITÉ, état d'un aveugle; aveugle- de mort naturelle. Decedere.
ment. Du lat. cœciias.
DÉCÉDÉ,quitté, abandonné, mort.
CÉDER, quitter, laisser, abandon- Décès, abandon, mort naturelle, ac-
ner, se soumettre, succomber, se reti- tion de mourir. Decessus.
rer. Du lat. cedere, s'en aller fait du gr. Excéder, aller au-delà, outre-passer,
cliade'in pour chazéin, qui a la même si- importuner à l'excès. Excedere.
gnification. Excédant excédent, qui excède ce
quicède et abandonne son qui excède.
Cédant
droit. Excès, ce qui passe les convenances,
Cesser, discontinuer, interrompre les bornes de la raison excédant d'une
CED CEI i3i
quantité sur une autre; débauche, déré- Rétrocession, action par laquelle on
glement, violence, outrage. rétrocède.
EXCESSIF,qui excède la mesure,, qui Succéder; venir après, obtenir un
passe les bornes. emploi, réussir, hériter, prendre la
Excessivement, avec excès. place. De succedere.
(Incessamment, sans .cesser, conti- Succès, manière dont une chose réus-
nuellement, sans délai. sit, dont elle tourne; issue quelconque
INCESSIBLE,qui ne peut être cédé. d'une affaire heureuse issue. Successus.
Intercéder entre-venir, venir entre SUCCESSEUR, qui succède à. Successor.
deux se mettre entre deux; prier pour Scccessif qui se succède sans inter-
quelqu'un, demander grâce pour un au- ruption.
tre. Intercedere. SUCCESSION,suite non interrompue
INTERCESSION, action d'intercéder, de de successeurs, d'années, de temps; hé-
demander grâce. Intercessio. ritage, biens laissés en mourant. Suc-
INTERCESSEUR, qui intercède. cess'io.
Précéder, aller, marcher devant; SUCCESSIVEMENT, tour à tour, l'un
tenir le premier rang avoir le pas. Prœ- après l'autre.
cedere. CÉDILLE, virgule qui, placée sous la
PRÉCÉDENT,qui précède, qui a été au- lettre C, la -fait sonner comme l'S. De
paravant. Prœcedens.* l'esp. cedilla, cerilla, petitc.
Précédemment,' auparavant, à une CÈDRE sorte de pin du Liban bel
époque antérieure; arbre résineux, en pyramide, toujours
PRÉDÉCESSEUR,qui a précédé quel- vert. Du lat. cedrus,'fait du gr. kédros.
qu'un dans un emploi; ceux qui ont Cédrie, résine qui découle du cèdre.
vécu avant nous, dans le même lieu le Cédrat espèce de citronnier sorte
mêmeétat. Prœdecessor. de citron confit d'un goût et d'un par-
Préoécéder, mourir avant un autre. fum exquis. Voy. Citron.
Prédécédé, mort avant un autre. CÉDULE, scddule, billet sous seing
PRÉDÉcÈs,mortavànt celle d'un autre. privé; petit morceau de papier sur lequel
Procéder, naitre, sortir, tirer son on écrit quelque chose pour servir de
origine provenir, dériver.- De proce- mémoire. Du lat. schedula, fait du gr.
dere, aller en avant; fait de pro, de- schédê, feuille de papier, de parchemin,
vant, et de cedere, s'en aller. ou d'écorce d'arbre.
PROCÉDÉ,manière d'agir, d'opérer, CEINDRE, entourer, construire au-
conduite
qu'on
tient à l'égard des au- tour, mettre, attacher. Du lat. cingere.
tres, ou qu un tiers a vis-à-vis de nous. CEINT, entouré. Cinctus.
PROCÉDURE,manière de procéder en CEINTRAGE,cordage autour d'un vais-
justice; actes pour l'instruction et le seau..
jugement d'un procès; sac ou dossier CEINTURE,cordon, bande d'étoffe on
d'un procès criminel déposé dans un de cuir dont on se ceint; ce qui entoure,
greffe. qui est en forme de ceinture. Cinclura.
Procès', instance devant un juge sur CEINTURON ceinture pour suspendre
un différend; instruction d'une cause. l'épée au côté.
.Processif, qui aime les procès ou à Ceinturier, qui fait et vend des cein-
les prolonger. tures, des ceinturons.
Procession j promenade religieuse, Cintre, trait d'un arc, ou figure
conduite en ordré par des prêtres, en courbe qu'on donne à une voûte. De
chantant des prières et des cantiques.' cinctura et non cenlrum.
PROCESSIONNAIRES, sorte de chenilles 'CINTRES, assemblages de planches et
cvolutionnaires qui marchent à la suite autres pièces de bois, dont on se' sert
les unes des autres. pour la construction des voûtes.
PROCESSIONNAL, processionnel, livre Cintrer faire tin cintre, courber en
de prières pour les processions. arc; commencer à faire les voûtes; met-'
PROCESsioNNELLEMENT,en procession. tre la charpente sur laquelle on les
Rétrocéder, rendre ce qui avoit été construit.
cédé. Décintrer ôter les cintres.
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i3a CÉL CÉL
Décisttrement action-de décintrer. toires. Aujoùrd'huique l'instruction a ré-
En ceindre, cnyironner, fermer en pandu ses bienfaits sur .toutes les classes
eutourant: de la société, les marchands donnent
ENCEINTE tour circuit étendue aux étoffés des noms étrangers bu celui
d'nne clôture femme grosse d'enfant. de l'industriel qui les fabrique.
v
ENCEINTURER, engrosser devenir CÉLÈBRE dont la réputation et la
grosse. renommée sont répandues universelle-
SANGLE, pour cengle, bande plate et ment. Du lat. celeber, celebris.
large pour ceindre, serrer; onomatopée Célébrité, réputation d'un homme
dé l'air froissé par une courroie déployée célèbre; solennitéd'une fète. Celebrilas.
avec force. En lat. cingula, de cingere, Célébrer publier les louanges, pu-
i ceindre, entourer. blier avec éloge; solenniser une fête.
Sanglade', coup de sangle j coup de Celebrare.
fouet. Célébration, action decélébrer, d'ob-
SANGLER, serrer avec une sangle don- server une fête. Celebratio.
ner des coups desangle. Cingulare. Célébrant celui qui exécute les cé-
Dessangler défaire la sangle. rémonies d'une fète; prêtre qui officie
CINGLER, naviguer à pleines voiles i qui célèbre la messe. Célébrons.
s'estdit parce que la mer ouverte.vive- CONCÉLÉBRER, célébrer en commun.
ment par.le navire rend un petit bruit Concelebrare, fait de cum, ensemble, et
de la mêmenature que lasangle. Cingler de celebrare. a
se dit aussi du vent du nord etde la pluie CÉLER, taire, cacher aux yeux, tenir
chassée par un ouragan impétueux. enfermé, dérober à la connbissance. Du
Cinglage, chemin d'un vaisseau en lat. celare.
vingt-quatre heures. CELLIER,lieu au 'rez-de-chaussée où
CÉLADON, couleur entre le bleu et l'on garde le vin, le bois. Cellariunz.
le vert tendre; elle a été ainsi appelée de CELLERIER,religieux qui, dans un
Celadon, personnage du roman de l'As- couvent, a soin des provisions de bouche
trée, par d'Urfé. On donne également et des habits. Cellarius.
le nom de Celadon à un amant tendre CELLULE, chambre de religieux où
et délicat. Les dames et;les marchands l'on est comme celé; alvéole. Cellula.
ont été de'tous temps fort habiles pour CELLULAIRE, celluleux, à cellules;
composer des noms bizarresetles donner rempli de petites cellules.
aux couleurs à la mode.Sous Louis XIV, Déceler, découvrir celui qui a pris ou
on distinguoit, dit Ménage, la couleur ce qui est caché.
tXAslrée, celles d' Espagnolmalade, d'a- Décèlement, action de déceler.
maranle, de fille émue de barbé à Nep- Recéeé, recèlement, action de recéler.
tune, d 'inconstance de Clélie, etc. La RECÉLER, cacher un vol qu'un autro
connoissance des noms donnés aux cou- a fait.
leurs et aux vêtemènts est moins futile Receleur qui recèle un vol ou un
qu'on seroit tenté de le peuser elle sert voleur.
souvent à peindre l'histoire et à montrer CÉLERI l'api, ou le persil de Ma-
le caractère de la nation. Au xvi<=siècle, cédoine, sorte de plante ombellifère à.
outre le costume adopté, les petits maî- feuille d'ache, et potagère. De l'it. céleri,
tres de la cour faisoient gloire de porter que Ménage croit venir du gr. sélinon.
des habillements des'diverses nations de CÉLÉRITÉ, diligence, promptitude,
l'Europe et de l'Asie. Au temps de la hâte, empressement. Du lat. celeritas,
grandeur de Louis XIV, les modes. se dérivé du gr. kélêr, kélés, conducteur
ressentirent du fasteetde la galanterie du d'un cheval dans les jeux publics.
monarque. La licence des moeurs sous la Accélérer, hâter, presser, augmen-
régence fit inventer des mots obscènes, ter la vitesse. Du lat. accelerare.
tels que le latez-y, le boule-en-train, Accélération augmentation de vi--
la culbute, l'effrontée, le laisse-tout-faire, tesse, accroissement. Acceleratio.
la gourgandine et autres. Lors destriom- ACCÉLÉRATEUR, accélératrice, qui ac-
phes des armées françoises les couleurs célère,.qui accroît. la vitesse du mouve-
prirent le nom de nos principales vic- ment.
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Cêlère, diligent, prompt, empressé. tion. Du lat. cinere ,.ablat. de cinis, que
Célérifere-, voiture q