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Conférence de presse du mardi 4 mai 2010

REVUE ÉCONOMIE DE LA RÉUNION N° 136


Migrations : l’impact démographique et économique
(M. Christian Monteil, chargé d’études démographiques à l’Insee réunion)

L’Institut national des études démographiques (INED) et l’Institut national de la statistique et des études
économiques (INSEE) analysent dans ce dossier l’impact démographique et économique des migrations à La
Réunion, à partir des données du recensement de la population de 2006.
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Les migrations augmentent peu l’effectif de la population de La Réunion mais elles modifient en
profondeur sa structure démographique et interagissent avec l’activité économique. Elles
amplifient le déséquilibre entre les sexes dans certaines classes d’âge et accentuent le
vieillissement de la population. Elles modifient aussi le niveau de qualification des populations en
âge d’activité et leur intégration économique. Quatre grands groupes de population sont
concernés par ces migrations : Les natifs de La Réunion, les natifs de France métropolitaine,
ceux de Madagascar et de Maurice et les natifs de Mayotte.

L’arrivée de personnes non natives à La Réunion est un phénomène ancien qui prend de l’ampleur.
Ainsi, en 2006, 15,3 % de la population résidente à La Réunion sont nés ailleurs, contre 6,9 % en
1982. Toutefois, La Réunion reste, avec la Martinique et le Nord-Pas de Calais, une des régions
française où la part des non-natifs est la plus faible.

Les natifs de métropole

Les personnes nées en métropole sont les plus nombreuses parmi les non-natifs. En 2006, 79 000
personnes sont nées en métropole et représentent 10 % de la population réunionnaise. Leur
pyramide des âges présente une forme atypique, avec un élargissement aux âges adultes avancés (au
delà de 35 ans), caractéristique de la migration des métropolitains vers les DOM aux âges actifs. Ainsi,
entre 1999 et 2006, dans la tranche d’âge de 15 à 64 ans, les arrivées et les départs des natifs de
France métropolitaine se soldent par un excédent de 7 500 personnes, quasi également répartit entre
les sexes.

Les natifs de métropole vivant à La Réunion sont très diplômés et souvent bien intégrés sur le
marché de l’emploi. Ainsi, 77 % des femmes et 68 % des hommes de 20 à 34 ans ont au moins le
Bac. Leur niveau de diplôme leur facilite l’accès à l’emploi et aux catégories sociales élevées. Ainsi, le
taux d’emploi des hommes natifs de métropole (20 - 59 ans) s’élève à 76 % et celui des femmes à
64 %, contre respectivement 59 % et 43 % pour l’ensemble de la population réunionnaise. Les natifs
de métropole sont surreprésentés parmi les cadres, les professions intermédiaires, les commerçants et
chefs d’entreprise.

En cinq ans, 25 000 personnes natives de métropole sont arrivées sur l’île. Ces nouveaux arrivants
représentent environ un tiers de la population native de métropole vivant sur l’île en 2006. La moitié
d’entre eux ont entre 25 et 45 ans. Ils sont très diplômés et ont des taux d’emploi élevés.

Conférence de presse du 4 mai 2010 - Revue Économie de La Réunion n° 136


Les natifs de La Réunion

Les natifs de La Réunion sont la composante principale des mouvements migratoires entre 1999
et 2006. Le solde des arrivées et des départs est négatif de 12 250 personnes entre 15 et 64 ans, dont
80 % d’hommes. Entre 15 et 64 ans, la part des natifs de La Réunion (82 %) dans la population totale
a diminué de deux points.

Les départs concernant surtout les plus jeunes (-18 750 entre 15 et 34 ans), plus souvent des
hommes, qui partent pour leurs études ou pour débuter leur vie professionnelle. Le phénomène s’est
amplifié avec les politiques de mobilité mises en place ces dernières années. Entre 35 et 64 ans, le
solde migratoire devient positif (+ 6 500). C’est le retour des natifs, phénomène encore plus marqué
pour les femmes que pour les hommes.

En cinq ans, 10 000 natifs de La Réunion sont revenus habiter sur l’île. Ce sont de jeunes adultes
(la moitié a entre 25 et 44 ans), mais la part des personnes plus âgées parmi les migrants de retour
augmente (17 % ont plus de 50 ans). Les migrants de retour sont beaucoup plus diplômés que
l’ensemble des natifs de La Réunion, et mieux intégrés sur le marché de l’emploi. Ainsi, 34 % des
Réunionnais de retour âgés de 25 à 39 ans ont un diplôme du supérieur contre 14 % de l’ensemble des
natifs du même âge. Le taux d’emploi des hommes réunionnais de retour (20 - 59 ans) est de 64 %,
bien supérieur à celui des natifs de La Réunion qui habitaient sur l’île cinq ans auparavant (56 %). Il
en est de même pour les réunionnaises de retour.

Les natifs de Mayotte

En 2006, environ 6 000 personnes natives de Mayotte résident à La Réunion, soit 0,8 % de la
population. Leur nombre n’a pas évolué depuis 1999.

Entre 1999 et 2006, le solde des arrivées et des départs est négatif de 1 700 personnes avec Mayotte.
Le courant migratoire mahorais reste équilibré selon le sexe, mais se caractérise par un déficit
important parmi les jeunes âgés de 15 à 34 ans (- 1 200).

En 2006, la pyramide des âges des natifs de Mayotte se caractérise par un effondrement des
effectifs au-delà de 20 ans, notamment pour les hommes mais aussi pour les femmes. Il semble que la
plupart des migrants mahorais présents en 1999 ont quitté La Réunion, soit pour retourner à Mayotte,
soit pour aller en métropole.

La population native de Mayotte est peu qualifiée et peu insérée sur le marché de l’emploi. Ainsi,
11 % des femmes et 25 % des hommes ont au moins le baccalauréat. Ces proportions sont inférieures à
celles des mahorais vivant à Mayotte. Leur taux d’emploi est faible et s’élève à 14 % chez les hommes
de 20 à 59 ans et 4 % chez les femmes du même âge.

Les îles voisines : Madagascar et Maurice

En 2006, environ 21 000 personnes natives de Madagascar ou Maurice résident à La Réunion.


Elles sont généralement de nationalité française : 90 % des natifs de Madagascar (dont 2/3 de
naissance) et 80 % des natifs de Maurice (dont 1/3 de naissance).

Entre 1999 et 2006, le solde des arrivées et des départs est positif de 3 750 personnes avec
Madagascar et de 1 250 personnes avec Maurice. Les migrations féminines sont plus nombreuses et
s’observent à tous les âges, mais elle est plus importante chez les jeunes de 15 à 34 ans.

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En 2006, la pyramide des âges des natifs des îles voisines reste principalement composée d’adultes
d’âge avancé. Il ne s’agit donc pas du cas typique de la migration des pays en développement vers les
pays développés qui concerne généralement les jeunes adultes de 15 à 29 ans.

La population native de Madagascar ou de Maurice est globalement aussi qualifiée que


l’ensemble de la population réunionnaise. Les hommes sont en général un peu plus diplômés et les
femmes le sont un peu moins. Leurs taux d’emploi sont équivalents à ceux de l’ensemble de la
population (59 % entre 20 et 59 ans). Ils sont surreprésentés parmi les commerçants et les chefs
d’entreprise.

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