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PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE

On désigne sous le nom de propriété industrielle l'ensemble des droits accordés aux industriels et
commerçants sur divers éléments de leur patrimoine commercial. La propriété industrielle présente ce
caractère spécifique d'avoir pour objet un bien incorporel, à la différence de la propriété qui s'exerce sur
des biens corporels perceptibles par les sens. Elle entretient à ce titre des relations étroites avec les
autres propriétés incorporelles, littéraire et artistique.
Dans son acception la plus large, la notion englobe notamment les appellations d'origine et les
indications de provenance, les brevets d'invention, les dessins et les modèles, les marques de fabrique ou
de commerce et les noms commerciaux. Elle comprend aussi le droit de se servir des récompenses
industrielles et commerciales, et, dans une acception plus large encore, la répression de la concurrence
déloyale.
La définition qu'en donne la convention de Londres de 1934 permet de l'appliquer non seulement à
l'industrie et au commerce proprement dits, mais également au domaine des industries agricoles et
extractives et à tous produits fabriqués ou naturels tels que les vins, les grains, les feuilles de tabac, les
fruits, les bestiaux, les minéraux, les eaux minérales, les fleurs, les farines, etc. La crainte que l'inventeur
d'un remède nécessaire à la santé publique ne spécule sur cette nécessité même et n'élève ses prix sans
limite à l'abri d'un monopole a longtemps conduit à écarter les médicaments de l'emprise de la propriété
industrielle. Cette prévention absolue a laissé place à un régime spécifique de la propriété intellectuelle
des médicaments en 1959, puis à une assimilation progressive au droit commun à partir de 1968.
La notion même de propriété industrielle présente des caractères originaux que la sémantique ne fait pas
apparaître. La qualification juridique de propriété industrielle a même été contestée. La finalité de cette
propriété incorporelle ne peut en effet être celle du droit de propriété tel qu'il est ordinairement entendu.
Elle ne réside que dans la protection du commerçant ou de l'industriel contre la concurrence, soit en lui
assurant un monopole d'exploitation (brevets d'invention, dessins et modèles), soit en lui conférant un
droit privatif sur certains signes de ralliement de clientèle (marques de fabrique et de commerce, nom
commercial).
À la différence d'un droit de propriété qui s'exerce sur une chose, le droit de propriété industrielle est
non pas perpétuel, mais temporaire. Il est en outre, à certains égards, moins avantageux qu'un droit réel
et, à d'autres, plus protecteur. Il est moins avantageux en ce qu'il ne confère pas à son titulaire la
propriété de tous les produits qui sont issus de son droit, alors que le titulaire du droit réel peut prétendre
aux fruits de la chose sur laquelle s'exerce sa propriété. Ainsi, le titulaire d'un brevet est seulement
investi du monopole de la fabrication d'un produit et non de la propriété des produits eux-mêmes. Il est
plus protecteur, en revanche, en ce qu'il investit son titulaire d'un droit exclusif de toute concurrence, à
la différence d'un droit de propriété sur une chose, qui souffre quant à lui la concurrence.
Un trait commun aux propriétés industrielles les éloigne encore du droit classique de propriété. Il réside
dans ce qu'elles ne constituent pas, à l'inverse des droits s'exerçant sur des choses, des propriétés oisives.
Leur existence dépend de l'activité ou de la puissance créatrice de l'homme. Cette activité est, selon les
cas, soit une activité actuelle (ainsi en est-il des offices, des clientèles civiles ou des fonds de
commerce), soit une activité passée matérialisée dans une création de l'esprit (c'est le cas des brevets
d'invention).
Les droits de propriété industrielle, qui sont des éléments du patrimoine, sont regardés à l'instar des
autres droits de propriété incorporelle comme des meubles et se cèdent, se transmettent ou se nantissent
comme tels, selon certaines modalités techniques.
Il est donc difficile d'adapter la notion de propriété industrielle à la notion commune de propriété. Le
terme de « droit de clientèle » lui a été proposé comme substitut par Paul Roubier, dès 1935. Pour

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Roubier, la notion convient car une clientèle constitue une richesse mouvante ; elle peut augmenter et
diminuer. Aussi l'objet même des droits de clientèle ne peut-il être figé. Ces derniers placent leur
titulaire dans une position de monopole et d'exclusivité : on ne peut fabriquer le produit breveté sans le
consentement du titulaire du brevet ; on ne peut apposer la marque sur un produit sans le consentement
du titulaire de la marque. La clientèle est donc réservée à ces titulaires, mais il peut très bien ne pas y
avoir de clientèle si le produit breveté n'a pas de succès ou si la marque n'est pas recherchée. Selon
Roubier, la notion serait celle de droits de clientèle et non celle de droits sur la clientèle, mais, dans
l'esprit de cet auteur, le droit de clientèle doit englober également l'ensemble des droits de propriété
intellectuelle, même littéraire et artistique.
1. Évolution historique
Il n'existe pas d'unité historique des droits de propriété industrielle, et il convient à cet égard de
distinguer les droits des créations nouvelles et les droits sur les signes distinctifs.
• Droits sur les créations nouvelles
Le droit de propriété industrielle sur les créations nouvelles procède, dès son origine, d'une protection
octroyée par l'autorité. Cette protection est d'abord une grâce du prince, puis devient une sorte de
convention passée avec l'autorité publique.
Sous l'Ancien Régime, le droit des créations nouvelles ne se fait jour qu'assez tardivement. Comme celui
de la propriété littéraire, avec lequel il présente déjà de grandes similitudes, il n'apparaît vraiment en
e
France qu'au moment où s'amorce la période industrielle, au XVIII siècle. Il est cependant déjà connu
en Angleterre depuis au moins un siècle. Très empreint dès l'origine du caractère de protection
monopolistique qu'on lui connaît encore, le droit consistait surtout en l'octroi de privilèges royaux
accordés par le prince de façon assez arbitraire, en ce sens qu'ils ne bénéficiaient pas nécessairement à
tous les inventeurs et qu'ils pouvaient même échoir à d'autres qu'aux inventeurs eux-mêmes. Pour la
plupart, ces privilèges consistaient en un monopole de fabrication des produits brevetés et
s'assortissaient d'une contrepartie versée au Trésor. Les abus qui en sont découlés – et qui, dans un
système équivalent, avaient conduit le Parlement anglais à voter, pour y mettre un terme, la
première loi sur les brevets d'invention, en 1623 (Statute of monopolies) – ont également trouvé leur
sanction en France dans le droit transitoire.
Même si les tentatives réglementaires de Turgot, en 1762, et la jurisprudence du Parlement
de Paris s'étaient efforcées de donner une uniformité à la protection de la création industrielle, c'est la
période révolutionnaire qui marque l'histoire du droit de propriété industrielle par la première loi
française garantissant la protection des inventeurs. Le décret du 7 janvier 1791 déclare que les
inventeurs sont propriétaires de leurs inventions et prévoit à leur profit l'octroi de brevets d'invention. La
durée de ce brevet est de quinze ans. La délivrance du brevet est accordée sans examen préalable de sa
fiabilité, ce qu'expriment les initiales S.G.D.G. qui signifient « sans garantie du gouvernement ». L'idée
qui domine ce texte est de laisser à l'expérience, et aux tribunaux en cas de conflit, le soin d'apprécier la
valeur de l'invention. Ce système de délivrance sans examen existait déjà en Angleterre, mais n'était pas
uniformément répandu dans les pays où l'invention industrielle se trouvait protégée : en Prusse et aux
États-Unis, le brevet n'était accordé qu'après un examen administratif des mérites et de la nouveauté de
l'invention.
Le droit moderne relatif aux créations industrielles s'est, dans un premier temps, élaboré avec une
certaine lenteur, avant d'entrer dans une phase d'accélération due aux nouvelles contingences du
commerce, et notamment du commerce international. Le décret du 7 janvier 1791 a été remplacé par une
loi du 5 juillet 1844 qui, tout en maintenant le principe de brevets accordés sans garantie

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du gouvernement, a introduit l'exigence d'une déclaration de la nouveauté et de la possibilité d'une
application industrielle, sans toutefois établir un système de contrôle de ces critères a priori. Cette loi
établissait une durée du brevet de cinq, dix ou quinze ans, selon le temps pendant lequel le breveté
payait les annuités, puis cette durée a été portée à vingt ans en 1939. Le titre ainsi délivré ne pouvait
offrir qu'une protection assez illusoire laissant une grande place au contentieux sur la valeur des brevets,
porté devant les tribunaux judiciaires. Une loi du 2 janvier 1968 est heureusement venue remplacer celle
de 1844 et a accru la fiabilité du brevet par l'exigence, à l'instar des systèmes en vigueur depuis 1790
aux États-Unis et depuis 1877 en Allemagne, d'un examen préalable portant sur la nouveauté de
l'invention. Ce texte a enfin été modifié par la loi du 13 juillet 1978, dont le premier objet était d'aligner
le droit français sur les conventions internationales récentes qui lient la France, notamment les
conventions de Munich, de Luxembourg et le Patent Cooperation Treaty, et dont le second objet était de
renforcer la valeur du brevet français.
La période contemporaine d'internationalisation du commerce a fortement marqué de son empreinte les
mécanismes protecteurs de la création industrielle. Les transformations du droit international sont, à cet
égard, de trois sortes : les unes, élaborées dans le cadre du Conseil de l'Europe dès 1953, harmonisent
les formalités de demande de brevet ; d'autres résultent du système d'enregistrement international des
brevets créé par le Patent Cooperation Treaty en 1970 ; d'autres, enfin, ont pour cadre le Marché
commun, telles l'instauration d'un système européen de délivrance des brevets par la convention de
Munich, entrée en application en France en 1977, ou la création d'un véritable titre européen par la
convention de Luxembourg de 1975.
La protection des dessins et des modèles a suivi une évolution parallèle, quoiqu'elle ait moins que le
statut des brevets suscité l'activité du législateur, et son régime actuel demeure pour l'essentiel celui qui
a été fixé par la loi du 14 juillet 1909. Antérieurement à cette loi, les dessins industriels, ou dessins de
fabrique, étaient protégés par la loi du 18 mars 1806 complétée en 1825, tandis que les dessins purement
artistiques étaient protégés par la loi du 19 juillet 1793, et la distinction entre ces deux espèces se
e
révélait parfois difficile. La jurisprudence a fluctué durant tout le XIX siècle, retenant successivement
pour critère de classification la destination de l'œuvre, puis son caractère artistique – critère
éminemment subjectif. En ce qui concerne les modèles de fabrique, la loi étant restée muette pendant
e
tout le cours du XIX siècle, la jurisprudence est longtemps demeurée indécise sur le point de savoir si
les modèles devaient être soumis à la loi de 1793 sur la propriété artistique ou à la loi de 1806 sur la
propriété industrielle. Cette incertitude s'est en partie trouvée dissipée par une loi de 1902 qui, renonçant
à un critère de classement tiré du modèle lui-même, a fixé comme élément déterminant de la
qualification de la protection industrielle la qualité de l'auteur des modèles de fabriques (architecte,
statuaire, dessinateur d'ornements...). La loi de 1909 actuellement en vigueur a rompu avec toute dualité
de statut et abandonne la qualification de dessins et modèles de fabriques au profit de la notion générale
de dessins et modèles sans considération du caractère artistique de la création. Les législations des pays
européens actuellement en vigueur sont à peu près contemporaines de la loi française (Allemagne,
1876 ; Belgique, 1886 et 1935 ; Italie, 1940) et adoptent des systèmes équivalents.
• Droits sur les signes distinctifs
La découverte de signes portés sur des poteries grecques et romaines a pu permettre de se demander si
les marques n'étaient pas reconnues dès l'Antiquité. C'est ainsi que le dénombrement de six mille
marques de potiers romains (sigillum), qui identifiaient les produits issus d'un atelier déterminé, ont
permis de suivre les courants commerciaux de cette époque, mais il est peu probable que ces signes aient
joué un rôle analogue à celui des marques d'aujourd'hui et aient servi à rallier la clientèle. Ils s'étaient
plutôt destinés à prévenir le vol des produits portant un même signe. On a toutefois retrouvé des cachets

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d'amphores de vin qui avaient été falsifiés, semble-t-il pour tromper sur l'origine. La répression de
la contrefaçon existait, certes, en droit romain, qui connaissait la loi Cornelia de falsis destinée à punir la
fraude ; mais il est douteux qu'ait été en vigueur un système de protection d'un droit monopolistique du
propriétaire de signe. Il paraît plus vraisemblable que le droit des marques est né au Moyen Âge et a
correspondu au développement des guildes, des corporations et des corps de métier dans les pays
d'Europe. De nombreuses traces en ont été relevées dans les villes commerçantes de la mer du
Nord (Anvers, Amsterdam...) et dans les cités maritimes italiennes (Gênes, Venise). À cette époque, il
faut d'ailleurs distinguer deux sortes de marques : la marque publique ou corporative, qui était celle du
corps de métier, et la marque privée, c'est-à-dire la marque individuelle de chaque artisan, qui servait de
signe distinctif à l'intérieur de la corporation. La marque publique n'était pas une marque au sens actuel
du terme. Elle avait pour but de certifier que le produit avait été fabriqué conformément aux règlements
minutieux qui existaient alors au sein de chaque corporation. La marque privée, au contraire, paraît bien
avoir été obligatoire à cette époque, tout au moins dans un certain nombre d'industries et de pays. Cette
apposition obligatoire de la marque sur tel produit garantissait non seulement les normes de qualité d'un
produit imposées par la corporation, mais surtout certifiait sa réalisation par tel fabricant.
Alors que la période révolutionnaire avait été propice à la protection de l'invention, la proclamation de la
liberté du commerce et de l'industrie et l'abolition des corporations n'ont pas été favorables à
l'établissement d'un droit des marques, en raison de la finalité qui avait jusqu'alors été donnée à ce
dernier. Cependant, peu à peu, une certaine protection des marques s'est à nouveau fait jour. Au cours de
e
la première partie du XIX siècle, cette protection est toutefois demeurée assez incomplète et assez
imparfaite. Ce n'est guère qu'après 1850, c'est-à-dire au moment où s'ouvre la plus brillante période du
libéralisme économique, qu'apparaissent en Europe les grandes lois sur les marques. C'est ainsi qu'en
France fut édictée la loi du 23 juin 1857. Au milieu d'une production croissante et d'une économie
orientée vers le bon marché, le droit des marques constitue alors une importante garantie de qualité, et,
par conséquent, il assure un exercice et un développement harmonieux de la liberté économique. On
aperçoit tout le changement qui s'est opéré par rapport à l'esprit du régime corporatif : la marque n'est
plus considérée comme une obligation et donc comme la sanction d'une série de devoirs imposés aux
producteurs. Elle est, à l'inverse, véritablement un objet de droit, et elle tend progressivement à devenir,
dans un fonds de commerce, une prérogative estimée et de grande valeur. La loi de 1857 a été, depuis
lors, refondue par la loi du 31 décembre 1864, elle-même modifiée en 1965 puis en 1975.
La réglementation internationale est très rapidement apparue dans le domaine des marques dès la fin
e
du XIX siècle, et un arrangement pour le dépôt international des marques a été conclu à Madrid en
1891, puis révisé en 1957.
L'évolution contemporaine du droit des marques porte une nouvelle empreinte, celle d'un souci de
rassemblement des fabricants ou des producteurs autour d'une région ou d'un secteur d'activité qui
permet à chacun de bénéficier d'une réputation collective. Certains auteurs y voient un retour à l'esprit
des corporations d'antan.
2. Régime juridique
• Naissance du droit
Deux critères sont envisageables pour déterminer le titulaire présomptif d'un droit de propriété
industrielle lors de la naissance de ce dernier : le critère du premier inventeur, qui est conforme à une
certaine conception du droit naturel, et le critère du premier déposant, c'est-à-dire de la première
personne qui a demandé à l'autorité la délivrance d'un titre. Cette seconde méthode procède de
l'observation que la protection naît non pas de l'invention, mais de son dépôt. En droit positif français, la

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loi de 1968 sur les brevets se ralliait à se second système ; mais, la Convention de Munich ayant opté
pour le premier, la loi française de 1978 s'est conformée à la norme internationale. Ce système de
détermination ne va pas sans poser des difficultés de mise en œuvre, notamment en cas de pluralité
d'inventeurs ou en cas d'invention par un salarié, dont il faudra alors distinguer si elle constitue ou non
une invention de service.
Les critères de l'objet du droit qui président à la naissance d'un droit de propriété industrielle varient
selon le cas particulier, mais présentent généralement ce trait commun de n'octroyer protection qu'à
l'invention. Dans cette vue, le critère de nouveauté est évidemment déterminant. L'exigence de la
nouveauté est commune à l'acquisition de la propriété des brevets d'invention, des dessins et des
modèles, et des marques. Selon l'objet auquel s'attache la propriété, le critère de nouveauté se trouve
renforcé ou, au contraire, ne revêt qu'une acception relative.
C'est ainsi que l'acquisition de la propriété du brevet nécessite que la nouveauté soit doublée d'un
caractère industriel et renforcée par un caractère inventif qui atteste de l'innovation technique et exclut
toute banalité résultant du seul développement des connaissances. Cette même exigence est formulée par
la loi allemande, qui subordonne la reconnaissance du caractère brevetable à une certaine « hauteur
inventive », et par la législation des États-Unis où, dans une formule imagée, est exigé un « éclair de
génie ». S'agissant des dessins et des modèles, le critère de nouveauté est amoindri et s'assimile presque
à celui d'originalité. Enfin, plus atténuée encore, l'exigence de nouveauté en matière de marques revêt un
caractère relatif et ne constitue pas un obstacle au réemploi d'une marque préexistante dont le
propriétaire aurait été dépossédé par défaut d'utilisation.
Les modalités d'acquisition des droits de propriété varient en fonction des législations et des régimes
juridiques. Elles présentent, dans la législation française, le trait commun de nécessiter un dépôt auprès
d'un organisme public, qui concrétise une sorte de contrat entre le bénéficiaire et l'autorité publique
garante du droit et qui, par un mécanisme de centralisation des données, permet d'assurer une protection
efficace. Les droits de propriété industrielle reposent avant tout sur les priorités d'un titulaire par rapport
au tiers, et il est donc nécessaire qu'existent des administrations qui enregistrent ces droits, procédant, le
cas échéant, au contrôle de leurs conditions d'existence et leur donnant date certaine.
Un organisme administratif spécialisé, dont l'importance devient déterminante, est chargé en France de
l'application des dispositions légales concernant la propriété industrielle. À l'origine simple service
du ministère du Commerce, il s'est mué en 1902 en un office que remplace aujourd'hui l'Institut national
de la propriété industrielle (I.N.P.I.). Créé par une loi du 19 avril 1951, cet établissement public a la
personnalité civile et jouit d'une autonomie financière. Les attributions de l'I.N.P.I. sont multiples. C'est
lui, notamment, qui reçoit (directement ou par l'entremise des préfectures) et qui examine les demandes
de brevets d'invention ; il reçoit également, par les soins des greffiers des tribunaux de commerce, un
certain nombre des marques qui y sont déposées et, par les soins des secrétaires des conseils de
prud'hommes, dans certaines conditions, les exemplaires des dessins et des modèles placés sous la
protection légale ; il enregistre enfin, le cas échéant, après enquête, les récompenses industrielles et
commerciales. L'I.N.P.I. tient les registres spéciaux des brevets d'invention et des marques de fabrique,
le répertoire central des marques, les registres où sont reproduits les dessins et les modèles et le registre
central du commerce. C'est encore l'I.N.P.I. qui assure la publicité des brevets, marques, dessins et
modèles ; il publie le Bulletin officiel de la propriété industrielle et les fascicules concernant la
description des brevets. C'est auprès de cet organisme que sont accomplies les formalités destinées à
rendre opposables aux tiers les mutations ou constitutions de droits concernant les brevets et les marques
déposées.

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À côté des organes administratifs nationaux existent des organes internationaux, tels que l'Organisation
européenne des brevets, dont le siège est à Munich, et l'Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle, héritière des bureaux internationaux réunis de la propriété industrielle, dont le siège, à
Genève, se charge des unions variées s'occupant de la propriété industrielle.
• Exercice des droits
Les droits de propriété industrielle sont opposables à tous. Le breveté peut, en effet, interdire à qui que
ce soit la fabrication du produit protégé ou l'utilisation du procédé couvert par le brevet. De même, le
titulaire de la marque ou du signe de ralliement de clientèle peut s'opposer à ce que tout concurrent
utilise le même signe pour désigner illégitimement un produit semblable.
Les droits de propriété industrielle sont limités dans le temps. Cette durée déterminée résulte d'un
compromis entre, d'une part, le souci de protéger les intérêts de l'inventeur – et par là même de susciter
l'activité créatrice –, et, d'autre part, le souci de ne pas scléroser l'activité industrielle par un obstacle à la
mise en œuvre du génie inventif. Elle est également fonction de l'importance du contrôle de la
nouveauté effectué par l'administration lors du dépôt. La durée des droits de propriété industrielle,
subordonnée selon le cas au paiement d'une redevance annuelle ou forfaitaire lors du dépôt, est donc
strictement déterminée par la loi pour chaque type de droit. Elle est de cinquante ans pour les dessins et
les modèles, car ses inconvénients monopolistiques sont alors considérés comme peu graves, de vingt
ans pour un brevet, de six ans pour un certificat d'utilité et d'une durée équivalente à celle du droit
auquel il se rattache pour le certificat d'addition. Le dépôt d'une marque est générateur d'une protection
d'une durée de dix ans mais, à la différence de la durée de protection des brevets, la durée de protection
des marques est renouvelable autant de fois que le désire son titulaire. Le nom commercial, en revanche,
dure autant que l'entreprise qu'il désigne, et l'enseigne, tant que son titulaire ne l'ôte pas du local où il l'a
placée. Les appellations d'origine, enfin, sont en principe perpétuelles, mais le législateur peut cependant
en modifier les conditions d'octroi, ce qui a pour effet de priver certains lieux du droit de se prévaloir de
l'appellation (déclassement).
Les droits de propriété industrielle sont limités dans l'espace, car ils ont longtemps été considérés
comme procédant d'une manifestation de souveraineté d'un pays. Cette limitation tend à s'estomper,
notamment par l'établissement d'une législation européenne. Le recul de cette limite résulte
spécialement, à l'heure actuelle, de la mise en place d'un brevet européen qui substitue une procédure
unique de dépôt à autant de procédures nationales, et de la création d'un brevet communautaire dont le
principe a été adopté en 1975 par la convention de Luxembourg et dont les années 1990 voient l'entrée
en vigueur (cf. chap. 3, Évolution contemporaine).
Les droits de propriété industrielle sont constitutifs de prérogatives dont l'étendue se présente comme
une contrepartie de leur limitation dans le temps. Ces prérogatives varient, elles aussi, selon chaque cas.
Les droits nés du brevet, qui sont les plus complets, interdisent à un tiers de fabriquer, d'utiliser, de
vendre, de mettre dans le commerce sous toute autre forme, de détenir ou d'importer un produit ou un
procédé breveté. Ils constituent même un obstacle à la fourniture de moyens en vue de la mise en œuvre
d'une invention brevetée. Des prérogatives identiques ou dérivées sont adaptées par les textes aux autres
objets de la propriété industrielle.
Considérés comme des biens meubles, les droits de propriété industrielle peuvent faire l'objet de
transmission à l'instar de tout élément patrimonial. Il pourra s'agir de transmission entre vifs, par un
contrat de cession ou de donation, ou de transmission à cause de mort, par voie de succession à titre
universel ou à titre particulier. Qu'un droit de propriété industrielle soit susceptible d'opérations
juridiques constitue aujourd'hui une évidence. Il n'en a pas toujours été ainsi : le grand juriste allemand
Kohler a soutenu que, notamment, le droit à la marque est incessible parce qu'il est un droit de la

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personnalité de celui qui a fabriqué le produit. L'incessibilité aurait été pratiquement très gênante et
préjudiciable à la valeur même du droit. Il a donc suffi aux auteurs de mettre l'accent sur le concept de
propriété pour pouvoir en déduire qu'en réalité, comme toute propriété, la propriété industrielle est
parfaitement cessible. Hormis les cas de transmission à cause de mort, la cession des droits de propriété
industrielle recouvre deux hypothèses principales : la cession et la concession de licence. Les cessions
des droits de propriété industrielle posent, en raison de la nature même de ces droits qui sont attachés le
plus souvent à l'exploitation d'un fonds de commerce, des difficultés spécifiques. La question s'est en
effet posée de savoir si les droits pouvaient être cédés indépendamment du fonds de commerce et,
corrélativement, si la cession du fonds de commerce devait nécessairement entraîner la cession des
droits de propriété industrielle qui lui étaient attachés. Il existe, en effet, un risque que le public soit
trompé, par exemple si une entreprise peut céder une marque à une autre entreprise sans que cette
cession soit accessoire des moyens de production ou de diffusion qui garantissent la qualité du produit.
Le droit positif a apporté à cette question des réponses différentes selon les droits de propriété
industrielle. En principe, s'agissant des brevets, et des dessins et modèles, aucun transfert de plein droit à
titre d'accessoire du fonds de commerce ne peut intervenir. Il est donc nécessaire qu'une clause spéciale
du contrat prévoie leur cession. Il s'agit en effet de droits qui présentent un caractère très personnel et
sont assortis d'un droit moral. Il paraît donc normal qu'ils aient un sort indépendant du fonds proprement
dit. S'agissant, au contraire, des droits sur les signes distinctifs, marques, noms commerciaux ou
enseignes se présentent comme des accessoires du fonds de commerce avec lequel ils sont cédés, sauf si
une clause contraire de la cession les a expressément exclus de son champ de prévision. L'objection
avancée par les auteurs les plus réticents relativement à un usage trompeur d'une marque acquise
séparément du fonds auquel elle était attachée a été considérée comme peu convaincante, les partisans
de la cession libre répliquant que le risque de voir l'entreprise cessionnaire ne pas être à la hauteur de sa
tâche paraissait mince : si le cessionnaire de la marque fournissait au public des produits moins bons que
ceux dont elle avait l'habitude, la clientèle aurait tôt fait de le quitter. La loi de 1964 sur les marques est
ainsi venue consacrer le principe de libre cessibilité. Ce principe est aussi celui de la législation
britannique, mais, à l'inverse, le droit allemand lui demeure hostile. Les règles qui président aux
cessions de propriétés industrielles témoignent toutefois, en droit national, d'un libéralisme limité,
puisque sont autorisées les cessions partielles des droits quant à leur objet mais non quant à leur emprise
géographique. Cette limitation est, en revanche, autorisée pour les concessions de licences. Plus limitée
que la cession, la concession de licence confère au tiers concessionnaire uniquement le droit d'exploiter
selon certaines modalités dans les termes de la licence qui lui est accordée. La propriété demeure au
concédant. La concession de licence peut être prononcée d'office, au cas où le titulaire d'un brevet
négligerait d'en assurer l'exploitation.
La nature mobilière des droits de propriété industrielle emporte d'autres conséquences d'une importance
majeure dans la vie des affaires. La propriété industrielle est ainsi incluse dans le droit de gage des
créanciers d'un commerçant et participe donc au premier chef du crédit d'une entreprise. Les créanciers
peuvent saisir les droits et se payer sur leur prix à la suite de leur licitation. La saisie est alors opérée non
pas entre les mains du titulaire des droits, mais auprès de l'organisme qui en a reçu le dépôt et qui
constitue le lieu de consultation publique des enregistrements d'opérations juridiques portant sur la
propriété industrielle. Ce mécanisme est imposé par la nature incorporelle de la propriété qui met
obstacle à toute appréhension matérielle du gage. Il est proche de celui que le droit connaît chaque fois
que l'appréhension d'un élément de patrimoine est susceptible de difficultés. La publicité des droits
immobiliers et l'immatriculation de certains meubles procèdent de systèmes proches.

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Les droits de propriété industrielle peuvent enfin faire l'objet d'apports en société, parmi lesquels on doit
distinguer les apports en propriété des apports en jouissance. Dans le premier cas, le droit de propriété
industrielle entre dans le patrimoine de la personne morale et, à la dissolution de celle-ci, il suit le sort
de l'actif social ; dans le second cas, il retourne à l'apporteur, qui retrouve la plénitude de ses
prérogatives. La propriété industrielle peut également revêtir la forme d'une copropriété indivise
génératrice le plus souvent de difficultés d'exploitation que des règlements de copropriété peuvent tenter
d'endiguer. En l'absence de convention, il est admis, en matière de brevets, que l'un seul des
copropriétaires peut s'opposer à l'exploitation – ce qui constitue un frein au dynamisme économique ; en
matière de marque, il est admis que chaque copropriétaire peut se livrer à une exploitation personnelle,
ce qui n'est pas sans entraîner de graves risques de confusion.
• Sanction des droits
Les droits de propriété industrielle sont le plus souvent assortis de mécanismes propres de sanction au
cas où ils viendraient à être violés. Le principal attribut du droit de propriété industrielle, qui réside dans
un monopole d'exploitation, ne peut être protégé que par un système de répression et de réparation
spécifique. La loi qualifie de contrefaçon l'atteinte portée aux droits de propriété industrielle. En ce
domaine, le droit de la propriété industrielle a suivi la tendance plus générale de la dépénalisation des
pratiques commerciales illicites dès lors qu'elles ne mettent pas directement en cause les
consommateurs. Jusqu'en 1978, les sanctions en cas de violation des droits attachés aux brevets étaient à
la fois civiles et pénales. Mais sanctionner pénalement la contrefaçon en matière de brevet était délicat.
L'appréciation de la contrefaçon est souvent malaisée et ne paraissait, pour cette raison, pouvoir être
confiée à des tribunaux répressifs qui mettent en œuvre des principes de droit pénal mal adaptés à la
matière et qui, souvent, rendaient illusoires les poursuites. Un système complexe s'était établi, prévoyant
l'intervention des tribunaux civils, plus expérimentés, aux côtés des tribunaux répressifs. Le législateur
de 1978 a préféré abandonner les sanctions pénales en matière de contrefaçon de brevets. On a alors
objecté que la disparition des sanctions pénales affaiblissait la protection de la propriété industrielle, et
l'on a souligné que toutes les autres propriétés mobilières ou immobilières, et même les droits de la
personnalité, étaient protégées par les dispositions du Code pénal. La dépénalisation abandonne
désormais sur ce point à l'initiative individuelle le soin de veiller à la loyauté des pratiques
commerciales. La diligence des intervenants économiques est d'autant stimulée qu'existe un délai de
trois ans par lequel se prescrivent les actions en contrefaçon. À l'inverse, le droit des marques, qui lie
étroitement les intérêts des commerçants et ceux des consommateurs, a conservé un système de
sanctions pénales.
La poursuite de la contrefaçon présente trois aspects originaux qui résident dans l'action en contrefaçon,
dans la faculté ouverte aux licenciés d'agir en justice contre les contrefacteurs et dans la saisie de
contrefaçon. Ces trois caractères présentent le trait commun d'offrir à la victime les moyens les plus
énergiques que le droit civil mette en œuvre pour contraindre les tiers à une exacte observance des
prérogatives de la propriété industrielle. En premier lieu, l'action en contrefaçon peut s'exercer non
seulement contre les contrefacteurs directs, mais aussi contre ceux qui vendent ou utilisent en
connaissance de cause l'objet de la contrefaçon. En deuxième lieu, elle peut être exercée non seulement
par le titulaire du droit lui-même, mais encore par le bénéficiaire d'une licence d'exploitation soit à titre
principal, si la licence est exclusive, soit à titre d'intervenant à l'action principale du titulaire, dans les
autres cas. Enfin, quoique civile, la sanction a conservé un certain caractère de peine privée constituée
par la saisie de contrefaçon. Cette saisie a pour objet soit de ménager une preuve contre l'auteur de la
contrefaçon – et sera alors purement descriptive –, soit de placer sous main de justice, le cas échéant en
vue de sa destruction, l'objet de la contrefaçon – la saisie est alors réelle. Compte tenu des conséquences

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graves d'une telle procédure, le législateur a pris des précautions de nature à dissuader des actions
téméraires qui n'auraient d'autre objet que de créer un trouble illégitime dans le jeu de la concurrence : le
litige doit être examiné dans un délai de quinze jours à compter de la saisie, faute de quoi non seulement
celle-ci serait nulle, mais elle exposerait son auteur à de lourdes indemnités.
3. Évolution contemporaine
L'évolution contemporaine du droit de la propriété industrielle s'oriente selon deux axes. En premier
lieu, le droit s'internationalise et trouve dans le marché européen un terrain d'uniformisation. En second
lieu, le droit de la propriété industrielle tend à servir de modèle à l'ensemble des droits de propriété
intellectuelle, dont les spécificités s'estompent.
L'internationalisation s'était fait jour dès 1883, à l'initiative des onze pays signataires de la convention
d'union de Paris qui comporte deux séries de dispositions : les premières consacrent le principe
d'assimilation des unionistes aux nationaux, et les secondes instituent un système d'harmonisation du
droit. Cette convention a été jugée devoir être adaptée. Les pays en développement estiment en effet que
le principe d'égalité qu'elle consacre leur est éminemment préjudiciable en ce qui concerne le montant
des taxes, la durée des brevets, le délai de priorité des brevets déposés sur leur territoire et l'obligation
d'exploiter le brevet. La règle de l'unanimité, qui préside à la modification de la convention elle-même,
est un obstacle à son évolution. Elle a conduit à la conclusion d'accords de deuxième rang entre certains
des signataires seulement, réunis en unions particulières. Toutes ces unions sont désormais gérées par
l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. La construction européenne, pour sa part, a été la
source de deux institutions distinctes déjà signalées. L'Organisation européenne des brevets délivre un
brevet européen et comporte en son sein non seulement un organe d'enregistrement, mais encore une
instance de recours. Par ailleurs, les États membres de la Communauté européenne ont signé, le
15 décembre 1975, à Luxembourg, une convention relative au brevet européen pour le Marché commun.
Cette convention institue un brevet communautaire. En France, sa ratification a été autorisée par la loi
du 21 décembre 1991. Les accords européens conclus pour la mise en œuvre de cette convention ont
pour objet la création d'une Cour d'appel commune chargée d'assurer l'unité de la jurisprudence relative
au brevet communautaire. À la différence du brevet européen, qui éclatait dès sa délivrance en autant de
brevets nationaux, le brevet communautaire est un brevet autonome et unique pour tous les États de
l'Union européenne.
Seconde évolution, l'unité de la propriété intellectuelle mise en lumière par Roubier trouve actuellement
une expression inattendue lorsqu'il s'agit de concilier les droits nationaux de propriété intellectuelle et le
principe de libre circulation des marchandises posé par le traité de Rome instituant le Marché commun.
Le traité n'envisage formellement que les problèmes de conciliation du principe avec les droits
nationaux de propriété industrielle. Mais la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés
européennes marque une propension à aligner le statut du droit d'auteur dans le cadre de l'Union
européenne sur celui de la propriété industrielle. Cette uniformité existe, il est vrai, comme aux États-
Unis, dans la plupart des pays économiquement les plus puissants.1

Brevets
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langues. Si une page n’est pas disponible dans la langue que vous avez sélectionnée, vous serez
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1
http://www.wipo.int/wipolex/fr/profile.jsp?code=ma

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Qu’est-ce qu’un brevet?
Un brevet est un droit exclusif conféré sur une invention. En règle générale, un brevet octroie à son
titulaire le droit de décider comment – ou si – l’invention peut être utilisée par des tiers. En contrepartie,
le titulaire du brevet met les informations techniques sur l’invention à la disposition du public dans le
document de brevet publié.
Quel type de protection un brevet offre-t-il?
En principe, le titulaire du brevet a le droit exclusif d’interdire l’exploitation commerciale de l’invention
brevetée par des tiers. En d’autres termes, la protection par brevet signifie que l’invention ne peut être
réalisée, utilisée, distribuée ou vendue sans le consentement du titulaire du brevet.
Un brevet est-il valable dans tous les pays?
Un brevet est un droit territorial. En règle générale, les droits exclusifs ne sont applicables que dans le
pays ou la région dans lequel une demande a été déposée et un brevet octroyé, conformément à la
législation de ce pays ou de cette région.
Quelle est la durée de validité d’un brevet?
La protection est conférée pour une durée limitée, en général 20 ans à compter de la date de dépôt de la
demande.

Marques
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Qu’est-ce qu’une marque?
Une marque est un signe permettant de distinguer les produits ou services d’une entreprise de ceux
d’autres entreprises. Les marques sont des droits de propriété intellectuelle protégés.
Comment puis-je protéger ma marque?
Au niveau national ou régional, la protection d’une marque peut être obtenue par enregistrement, en
déposant une demande d’enregistrement auprès de l’office des marques national ou régional et en
acquittant les taxes requises. Au niveau international, vous avez deux possibilités : soit vous déposez
une demande d’enregistrement auprès de l’office des marques de chaque pays pour lequel vous
demandez une protection, soit vous utilisez le système de Madrid de l'OMPI.
Quels droits procure l’enregistrement d’une marque?
En principe, un enregistrement de marque confère un droit exclusif sur l’utilisation de la marque
enregistrée. Cela signifie que la marque peut être utilisée exclusivement par son propriétaire ou
concédée sous licence à un tiers en contrepartie d’une rémunération. L’enregistrement confère une
légalité à la marque et renforce la position du titulaire des droits, par exemple, en cas de litige.
Combien de temps dure la protection des marques?
La durée de validité d’un enregistrement de marque peut varier, mais elle est généralement de 10 ans.
L’enregistrement peut être renouvelé indéfiniment moyennant le paiement de taxes additionnelles. Les
droits attachés à une marque sont des droits privés dont la protection relève de décisions judiciaires.
Quels types de marques peuvent être enregistrés?
Un mot ou une combinaison de mots, de lettres et de chiffres peuvent parfaitement constituer une
marque. Mais les marques peuvent également comprendre des dessins, des symboles, des éléments
tridimensionnels tels que la forme et l’emballage des produits, des signes non visibles tels que des sons
ou des parfums, ou encore des couleurs, utilisés comme signes distinctifs. Les possibilités sont pour
ainsi dire illimitées

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Dessins et modèles industriels
Qu’est-ce qu’un dessin ou modèle industriel?
Un dessin ou modèle industriel est constitué par l’aspect ornemental ou esthétique d’un objet. Il peut
être tridimensionnel – il s’agit alors de la forme ou de la surface de l’objet – ou bidimensionnel, par
exemple un assemblage de lignes ou de couleurs.
Quels types de produits peuvent être protégés au titre des dessins et modèles industriels?
Les dessins et modèles industriels s’appliquent aux produits les plus divers de l’industrie et de l’artisanat
: instruments techniques ou médicaux, montres, bijoux et autres articles de luxe, objets ménagers,
appareils électriques, véhicules ou encore structures architecturales, du secteur du textile à celui des
articles de loisirs.
Pourquoi protéger les dessins et modèles industriels?
Le dessin ou modèle industriel est ce qui confère à l’article son attrait et son pouvoir de séduction; il
ajoute donc à la valeur marchande du produit et il en accroît le potentiel commercial.
Protéger un dessin ou modèle industriel contribue donc à garantir un retour sur investissement équitable.
Un système efficace de protection est tout aussi avantageux pour les consommateurs que pour le grand
public, dans la mesure où il encourage la loyauté dans la concurrence et les pratiques commerciales.
La protection des dessins et modèles industriels contribue au développement économique, en renforçant
la créativité dans l’industrie et la production industrielle et favorise le développement des activités
commerciales et l’exportation des produits nationaux.
Comment protéger les dessins et modèles industriels?
Dans la plupart des pays, le dessin ou modèle industriel doit être enregistré afin d’être protégé par la loi.
Selon la législation nationale considérée et le type de dessin ou modèle, ce dernier peut aussi être
protégé par le droit d’auteur en tant que dessin ou modèle non enregistré ou en tant qu’œuvre d’art.
Dans certains pays, la protection en tant que dessin ou modèle industriel et la protection par le droit
d’auteur se cumulent. Dans d’autres pays, elles s’excluent mutuellement : cela signifie que dès lors que
le titulaire a choisi un type de protection, il ne peut plus invoquer l’autre.
Dans certaines circonstances, un dessin ou modèle industriel peut également prétendre à une protection
en vertu du droit de la concurrence déloyale, mais les conditions de la protection et l’étendue des droits
et des voies de recours existantes peuvent varier sensiblement.2

2
http://www.wipo.int/patents/fr/faq_patents.html

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intro + plan c le fondamental et pour avoir plus de note il faut produire ...L'examen portera sur deux sujets parmi les trois cités ci-dessous :
1. Le temps en Droit de la propriété intellectuelle.
2. La protection des intérêts privés et de l'ordre public en Droit de la propriété intellectuelle.
3. L'impact de la nature juridique des droits de la propriété intellectuelle sur le régime juridique de ces derniers.
M. Ennaciri a précisé que l'un des sujets qui seront posés à l'examen portera sur la propriété industrielle et commerciale et l'autre sur la propriété littéraire
et artistique. Ainsi je tiens à vous informer que l'examen sera un exercice de rédaction et non pas d'apprentissage et pour cela le professeur ne met pas à
la disposition des étudiants un support de cours afin de ne pas limiter votre réflexion. Donc, Il n'y a pas de bonne réponse, toute réponse est juste si elle
est logique et cohérente, l'essentiel est de justifier et défendre votre position par des connaissances juridiques. N.B : Il peut y avoir une précision au niveau
de l’intitulé des sujets. Ex : L'impact de la nature juridique de la marque sur son régime juridique. Bonne chance.1, 2 et 3 sont des axes de recherche pour
rassembler les informations, mais la question de l'examen sera plus précise et portera sur un volet plus restreint de l'un de ces axes de recherche. BON
COURAGE Fin de la discussion Écrivez un message.3

LES INTRODUCTIONS DES SUJETS


L’acquisition de la propriété industrielle et commerciale ne se fait pas de manière automatique,
l’acquéreur ou le requérant si on présume qu’il vient de déposer sa demande soit satisfaite à certaines
conditions, de forme et du fond, ainsi que certaines règles afin de finir par l’acquisition de cette propriété
dans son sens juridique (statut propriétaire, protection), ainsi que dans le sens administratif (certificat de
brevet).
La loi marocaine était discrète ou silencieuse en qui concerne la nature juridique d’où des ambiguïtés
qu’elles portent à titre d’effet sur le régime juridique.
Le Maroc a été amené à réformer l’arsenal juridique de la propriété industrielle et commerciale ce qui
avait été illustré par la loi 17-97 mise en vigueur en 2000 relative à l’acquisition de la protection de la
propriété industrielle et commerciale.
La loi 17-97 avait comme des modifications motivées par une adaptation à la pratique est une adéquation
au changement et évolution sur le plan national et international ces modifications ont été fait à deux
reprises la loi 31-05 entrée en vigueur en 2006 et la loi 23-13 entrée en vigueur en 2014.
La conception de la loi de nos jours et surtout le législateur marocain et quasiment rétroactive au lieu
d’être proactive c’est-à-dire que nos lois ne font que suivre le fait.
La propriété intellectuelle est née pour permettre l'insertion dans l'économie de travaux individuels que le
mécénat ne suffisait plus à subventionner (écrivains, musiciens, chercheurs).
L’économie et sa pratique sont en perpétuelle évolution plus rapide que la loi, la loi intervienne toujours
pour encadrer la pratique ce qui laisse toujours lien à un nombre indéfini.
Dans le cadre institutionnel il existe des institutions administratives et d’autres juridictionnelles.
Donc quel est l’impact de la nature juridique de la propriété industrielle et commerciale sur le régime
juridique marocain ?

3
Jamal MUSTAPHA « Jamal Juriste » … Droit en Français (Mohammedia)

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On va traiter dans un premier lieu le régime juridique de la propriété industrielle et commerciale ainsi
qu’on va traiter la nature juridique et son impact sur le régime juridique des droits de la propriété
industrielle et commerciale dans un second lieu. 4
PARTIE I : LE REGIME JURIDIQUE.
A) Les mécanismes juridiques de la propriété industrielle et commerciale.
B) Le cadre institutionnel de la propriété industrielle et commerciale.
PARTIE II : LA NATURE JURIDIQUE ET SON IMPACT SUR LE REGIME JURIDIQUE DES
DROITS DE LA PROPRIETE INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE.
A) La nature juridique de la propriété industrielle et commerciale.
B) L’impact de la nature juridique de la propriété industrielle et commerciale sur le régime juridique
des droits de la propriété industrielle et commerciale.

Le temps en droit de la propriété intellectuelle

La propriété intellectuelle englobe toutes créations sous deux catégories, les œuvres des droits d’auteur et
droits voisins ainsi que la propriété industrielle et commerciale, dans notre exemple on va se contenter de
traiter le temps dans le droit de la propriété industrielle et commerciale est bien précisément la marque.

Une marque est un signe permettant de distinguer les produits ou services d’une entreprise de ceux
d’autres entreprises. Les marques sont des droits de propriété intellectuelle protégés.
Au niveau national ou régional, la protection d’une marque peut être obtenue par enregistrement, en
déposant une demande d’enregistrement auprès de l’office des marques national ou régional et en
acquittant les taxes requises. Au niveau international, vous avez deux possibilités : soit vous déposez une
demande d’enregistrement auprès de l’office des marques de chaque pays pour lequel vous demandez une
protection, soit vous utilisez le système de Madrid de l'OMPI (l’Organisation Mondiale de la Propriété
Intellectuelle).
En principe, un enregistrement de marque confère un droit exclusif sur l’utilisation de la marque
enregistrée. Cela signifie que la marque peut être utilisée exclusivement par son propriétaire ou concédée
sous licence à un tiers en contrepartie d’une rémunération. L’enregistrement confère une légalité à la
marque et renforce la position du titulaire des droits, par exemple, en cas de litige.
La durée de validité d’un enregistrement de marque peut varier, mais elle est généralement de 10 ans.
L’enregistrement peut être renouvelé indéfiniment moyennant le paiement de taxes additionnelles. Les droits
attachés à une marque sont des droits privés dont la protection relève de décisions judiciaires.
Un mot ou une combinaison de mots, de lettres et de chiffres peuvent parfaitement constituer une marque.
Mais les marques peuvent également comprendre des dessins, des symboles, des éléments tridimensionnels

4
https://maryamesi.wordpress.com/2011/12/30/droit-dauteur-histoire-et-evolution/

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tels que la forme et l’emballage des produits, des signes non visibles tels que des sons ou des parfums, ou
encore des couleurs, utilisés comme signes distinctifs. Les possibilités sont pour ainsi dire illimitées.
En revanche, quels sont les différents délais de la marque ?
Pour répondre à cette problématique on va voir en premier lieu les délais de dépôt et en second lieu on va
traiter les délais de protection et d’exploitation.

PREMIERE PARTIE : LES DELAIS EL LES LIMITES DE DEPÔT.


A) Les délais de dépôt de la marque.
B) Les limites de délai de dépôt de la marque.
DEUXIEME PARTIE : LES DELAIS DE PROTECTION.
A) Les délais de la protection au niveau national.
B) Les délais de la protection au niveau international.
LE TEMPS DANS LES DROITS D’AUTEUR ET DROITS VOISINS
La réglementation relative au droit d’auteur est assez récente au Maroc, la traduction orale et le travail des
copistes se faisaient librement.
Dès que le protectorat fut installé au Maroc, les français ont pensé à l’élaboration d’une loi pour protéger
la propriété littéraire et industrielle dans leurs régions en protection.
« Le progrès marocain » en 28 février 1914, était le premier journal qui a mis en évidence la propagation
du phénomène du copiage des œuvres littéraires dans le domaine du journalisme marocain, concernant
d’une part l’habitude de copier intégralement les articles sans en mentionner les sources et d’autre part
l’appropriation d’articles appartenant à d’autres personnes.
Le syndicat de la propriété intellectuelle a essayé de prendre les mesures nécessaires pour atténuer cette
anarchie.
Le Maroc était un chantier vierge pour expérimenter l’utilité du projet de loi approuvé par le congrès
international à Paris en 1900.
A la lumière de ce projet le Dahir1916 avu le jour. Le Dahir n’avait rien apporté de nouveau puisqu’il ne
s’agissait que d’un simple groupement des différentes lois belges et françaises et de la convention
internationale de Berne 1886, en plus d’un ensemble de propositions et de projets faits par des hommes de
lois et des parlementaires.
Malgré cela la loi marocaine a été déclarée comme étant une loi exemplaire parce qu’elle prônait le
domaine de régulation de la propriété intellectuelle. La preuve, c’est quand l’association de réglementation
internationale a été suscité d’organiser la protection de la propriété littéraire et artistique dans la zone de
Tanger dans les environs de 1920, elle a utilisé le Dahir de 1916 comme source élémentaire de la majorité
de ces règles.
Ce Dahir-là a été suivi par la réclamation du magazine « la propriedad intelectual » de la conservation
intellectuelle des auteurs espagnols au Maroc. Mais ces instructions ont échoué à cause de la longue

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révolution du Rif. La zone n’a été réglementée qu’en 1927 ; c’était plutôt une adaptation des normes
espagnoles !
Lors de l’indépendance, le Maroc devait unifier l’ensemble de son territoire national sous une et unique loi
d’où l’apparition d’un arsenal de loi lors des années 60 qui n’ont pas été aussi pertinente pour répondre
aux besoins des exigés.
Le Dahir du 27/07/1970 n’a pas pu être à 100% autonome, puisqu’il était influencé par la loi générale
française de 1957. Mais il a quand même marqué le folklore comme partie intégrante du Maroc, ainsi que
d’autres spécificités de la culture et traditions marocaines.
Le Maroc, signataire signant l’Accord sur les ADPIC, a réussi à mettre à niveau la situation législative de
la propriété intellectuelle par la loi sur les droits d’auteur et droits voisins le 15 février 2000.
En revanche, quels sont les différents délais de ?
Pour répondre à cette problématique on va voir en premier lieu les délais de dépôt et en second lieu on va
traiter les délais de protection et d’exploitation.5

PREMIERE PARTIE : LES DELAIS DANS LES DROITS PATRIMONIAUX DES DROITS D’AUTEUR
ET LEURS LIMITES.
A) Les délais dans les droits patrimoniaux des droits d’auteur au niveau national et au niveau
international.
B) Les limites de délai dans les droits patrimoniaux des droits d’auteur au niveau national et au
niveau international.
DEUXIEME PARTIE : LES DELAIS DANS LES DROITS MORAUX EN FRANCE ET AU MAROC.
A) Les délais dans les droits moraux en France.
B) Les délais dans les droits moraux au Maroc.

5
https://www.inpi.fr/fr/comprendre-la-propriete-intellectuelle/la-marque

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