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Chapitre 24 Les maladies infectieuses

du système respiratoire

Pneumocystis carinii.
Ce mycète provoque une
pneumonie chez les personnes
immunodéprimées.

À chaque inspiration, on inhale plusieurs


microorganismes présents dans des
gouttelettes d’aérosol ou dans des sécrétions
à des infections respiratoires. Par ailleurs,
certains des agents pathogènes qui pénètrent
dans le corps par les voies respiratoires infec-
contaminées ; les voies respiratoires supérieures tent d’autres parties du corps ; c’est le cas des
constituent donc une porte d’entrée majeure microorganismes responsables de la rougeole,
pour les agents pathogènes. En fait, les infec- des oreillons et de la rubéole. Un Tableau
tions du système respiratoire sont le type résumé dresse une liste des différentes
d’infection le plus courant, et elles comptent maladies infectieuses du système respiratoire
parmi les plus graves. L’ingestion d’aliments à la fin du chapitre.
ou d’eau contaminés peut également conduire

La structure et les fonctions trompe auditive (figure 24.1). Les conduits partant des sinus
et les conduits lacrymo-nasaux de l’appareil lacrymal (qui
du système respiratoire produit les larmes) débouchent sur la cavité nasale (figure 16.3).
La trompe auditive, ou trompe d’Eustache, s’ouvre sur la
Objectif d’apprentissage partie supérieure du pharynx ou nasopharynx.
■ Décrire les mécanismes qui s’opposent à l’entrée des micro- Sur le plan anatomique, les voies respiratoires supérieures
organismes dans le système respiratoire. sont dotées de plusieurs mécanismes de défense contre les
agents pathogènes aéroportés. Les poils rugueux du nez
Pour des raisons pratiques, on divise le système respiratoire filtrent les grosses particules de poussière contenues dans l’air.
en deux grandes parties : les voies respiratoires supérieures et De plus, la muqueuse qui tapisse le nez et le nasopharynx
les voies respiratoires inférieures. Les voies respiratoires comporte de nombreuses cellules ciliées et des cellules sécré-
supérieures sont constituées du nez, du pharynx comprenant tant du mucus. Le mucus humidifie l’air inhalé et emprisonne
le nasopharynx, l’oropharynx et la laryngopharynx, et des les poussières et les microorganismes, en particulier les parti-
structures associées, qui comprennent l’oreille moyenne et la cules dont le diamètre dépasse 4 ou 5 ␮m. Les cellules ciliées
2 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Sinus frontal

Cavité nasale Sinus sphénoïdal


Oreille moyenne
Amygdale pharyngienne

Trompe auditive
Cavité buccale
Amygdales palatine et linguale Orifice de la trompe auditive
Langue

Épiglotte Pharynx

Larynx
Colonne vertébrale

Œsophage
Trachée

FIGURE 24.1 Structures des voies respiratoires supérieures.

■ Nommer les mécanismes de défense des voies respiratoires supérieures


contre les agents pathogènes.

jouent un rôle dans l’élimination de ces particules ; le mouve- combinée des cils et du mucus ; ce mécanisme s’appelle esca-
ment de leurs cils les refoule vers la bouche. lier mucociliaire (figure 16.4). Le lysozyme, une enzyme pré-
À la jonction entre le nez et l’oropharynx, communé- sente dans tous les liquides biologiques tels les sécrétions
ment appelé gorge, se trouvent les amygdales, formées de nasales et le mucus des voies respiratoires, concourt à la
tissu lymphoïde, qui participent à la lutte contre certaines destruction des bactéries inhalées. Dans l’épaisseur de la
infections. Il arrive cependant que les amygdales s’infectent muqueuse bronchique se trouvent de petits follicules lym-
et contribuent à la dissémination de l’agent pathogène jusqu’à phatiques composés de macrophagocytes, de lymphocytes B
l’oreille par l’intermédiaire de la trompe auditive. Étant (secrètent des IgA) et T. L’activité immunitaire de ces
donné que le nez et la gorge sont reliés aux sinus, à l’appareil différentes cellules contribue à la protection des bronches.
lacrymo-nasal et à l’oreille moyenne, il n’est pas rare qu’une En général, si des microorganismes atteignent néanmoins
infection se propage d’une de ces régions à une autre. les alvéoles pulmonaires, des macrophagocytes (macrophages)
Les voies respiratoires inférieures comprennent le alvéolaires les localisent, puis les ingèrent et les détruisent.
larynx, la trachée, les bronches et les alvéoles pulmonaires À cette action non spécifique s’ajoute l’action spécifique
(figure 24.2). Deux ou plusieurs alvéoles sont regroupées des anticorps de type IgA contenus dans certaines sécrétions
en sacs alvéolaires, qui constituent le tissu pulmonaire ; c’est tels le mucus des voies respiratoires, la salive et les larmes
à l’intérieur de ces sacs que s’effectuent les échanges gazeux (tableau 17.1) ; les anticorps IgA jouent un rôle dans la protec-
entre les poumons et le sang. Les poumons humains com- tion des muqueuses contre de nombreux agents pathogènes.
portent plus de 300 millions d’alvéoles, de sorte que la sur- Ainsi, le corps est doté de divers mécanismes de défense
face de tissu où ont lieu les échanges gazeux mesure au qui participent à l’élimination des agents pathogènes respon-
moins 70 m2. La membrane à deux feuillets qui entoure les sables des infections respiratoires :défense non spécifique d’une
poumons est la plèvre. part, de nature tant mécanique que chimique et cellulaire, et
La muqueuse ciliée tapissant les voies respiratoires infé- défense spécifique d’autre part, associée à la présence d’anti-
rieures du larynx jusqu’aux bronchioles s’oppose également corps IgA dans les sécrétions. Ces mécanismes contribuent
à l’entrée des microorganismes dans les poumons. Les parti- au maintien de l’homéostasie de l’organisme humain en le
cules emprisonnées sont repoussées vers la gorge par l’activité protégeant contre l’action des microbes.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 3

Artériole
pulmonaire

Pharynx Bronchiole
(gorge)
Veinule Capillaires
Larynx
pulmonaire
Poumon gauche
Trachée

Poumon droit

Bronche
Bronchiole
Plèvre Alvéoles

Diaphragme
(muscle de
la respiration) Cœur

FIGURE 24.2 Structures des voies respiratoires inférieures.

■ Nommer les mécanismes de défense des voies respiratoires inférieures


contre les agents pathogènes.

La flore normale font partie de la flore normale des voies respiratoires supé-
rieures. En général, ils ne provoquent pas de maladie parce
du système respiratoire que les microorganismes prédominants de la flore normale
font obstacle à leur croissance en s’appropriant les nutriments
Objectif d’apprentissage
et en produisant des substances inhibitrices ; il s’agit de
■ Décrire les caractéristiques et le rôle de la flore normale des l’antagonisme microbien ou effet barrière dont nous avons
voies respiratoires supérieures et inférieures. parlé au chapitre 14. Par exemple, les streptocoques du
groupe viridans présents dans la bouche exercent un effet
La flore normale du système respiratoire colonise la muqueuse
barrière sur Streptococcus pyogenes.
des cavités nasales et du pharynx. Staphylococcus aureus,
Par contre, les voies respiratoires inférieures sont norma-
Staphylococcus epidermidis, Streptococcus pneumoniæ et les diph-
lement presque stériles – bien que la trachée puisse abriter
téroïdes sont majoritaires dans le nez et le nasopharynx, alors
quelques bactéries – grâce à l’efficacité de l’escalier mucoci-
que les streptocoques du groupe viridans sont plus nom-
liaire dans les bronches et à l’activité phagocytaire.
breux dans la cavité buccale et l’oropharynx. Un certain
nombre de microorganismes potentiellement pathogènes

LES MALADIES INFECTIEUSES


DES VOIES RESPIRATOIRES SUPÉRIEURES
Objectif d’apprentissage Chacun sait par expérience que plusieurs affections cou-
■ Faire la distinction entre pharyngite, laryngite, amygdalite, rantes touchent les voies respiratoires. Nous traiterons sous
sinusite et épiglottite. peu de la pharyngite, inflammation des muqueuses de la
4 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

gorge aussi appelée angine. Si l’infection touche le larynx, le La pharyngite streptococcique


sujet souffre d’une laryngite, qui réduit sa capacité de parler.
Cette dernière affection est causée par une bactérie, telle que La pharyngite streptococcique, ou angine streptococ-
Streptococcus pneumoniæ ou S. pyogenes, ou par un virus, cique, est une infection des voies respiratoires supérieures
et souvent par des microorganismes des deux types. Les due à des streptocoques ␤-hémolytiques du groupe A. Ces
microbes responsables de la pharyngite peuvent aussi provo- bactéries à Gram positif appartiennent toutes à l’espèce
quer une inflammation des amygdales, l’amygdalite. Streptococcus pyogenes, qui est également responsable de plu-
Les sinus paranasaux sont des cavités situées dans certains sieurs infections de la peau et des tissus mous, telles que
os crâniens ; ils s’ouvrent sur la cavité nasale. Les muqueuses l’impétigo, l’érysipèle et l’endocardite bactérienne aiguë.
tapissant les sinus et la cavité nasale forment une membrane La pathogénicité des streptocoques ␤-hémolytiques du
continue. L’infection d’un sinus par un microorganisme tel groupe A vient en partie de leur résistance à la phagocytose.
que S. pneumoniæ ou Hæmophilus influenzæ se traduit par une Par ailleurs, ces bactéries produisent des enzymes spécifiques :
les streptokinases, qui lysent les caillots de fibrine, et les strep-
inflammation des muqueuses, d’où un abondant écoule-
tolysines, qui sont cytotoxiques pour les cellules des tissus, les
ment nasal de liquide muqueux. On appelle cet état sinu-
érythrocytes et les leucocytes.
site. Si l’orifice qui permet au mucus de s’échapper du sinus
s’obstrue, la pression interne qui en résulte occasionne de la Sans analyse de laboratoire, il est impossible de distinguer
douleur. Ces maladies sont presque toujours spontanément une pharyngite streptococcique d’une pharyngite due à une
autre bactérie ou à un virus. Il est probable que la moitié
résolutives, c’est-à-dire que la guérison se produit généra-
seulement des angines qualifiées de streptococciques sont
lement sans intervention médicale. Toutefois, des antibio-
véritablement causées par des streptocoques.Autrefois, le dia-
tiques sont fréquemment prescrits lorsque l’infection est
gnostic d’une pharyngite streptococcique reposait sur
d’origine bactérienne.
la culture de bactéries provenant d’un prélèvement de gorge. Il
La maladie infectieuse des voies respiratoires supérieures
fallait attendre au lendemain, ou même plus longtemps, pour
la plus dangereuse est l’épiglottite, soit l’inflammation de
obtenir les résultats, de sorte que le test a été remplacé pres-
l’épiglotte. L’épiglotte est une structure cartilagineuse, dont
que partout par des tests reposant sur une réaction d’aggluti-
la forme évoque une feuille, qui empêche les matières ingé-
nation indirecte effectuée au moyen de particules de latex
rées d’entrer dans le larynx (figure 24.1). L’épiglottite est une
microscopiques, enrobées d’anticorps contre les streptoco-
maladie à évolution rapide susceptible d’entraîner la mort en
ques du groupe A. Plusieurs de ces tests peuvent être effec-
quelques heures. Elle est due à un agent pathogène, le plus
tués en 10 minutes seulement, et ils permettent de vérifier de
souvent H. influenzæ type b. L’administration du nouveau
façon précise la présence ou l’absence de streptocoques du
vaccin Hib, élaboré surtout pour lutter contre la méningite,
groupe A. Cependant, on peut déceler la présence de S. pyo-
a réduit de façon considérable l’incidence de l’épiglottite
genes dans la gorge de nombreux porteurs asymptomatiques.
chez les personnes immunisées. Un résultat positif n’indique donc pas nécessairement que les
symptômes sont dus aux streptocoques décelés. L’augmenta-
tion du titre des anticorps IgM est le meilleur indice qu’une
Les bactérioses des voies angine est vraiment d’origine streptococcique, mais on ne
mesure généralement pas ce paramètre parce qu’il faudrait
respiratoires supérieures trop de temps et que le procédé serait trop coûteux. Lorsque
Objectifs d’apprentissage les résultats des tests sont négatifs, on devrait les vérifier au
moyen d’une culture d’un prélèvement de gorge.
■ Décrire l’épidémiologie des bactérioses suivantes, et notam-
La pharyngite streptococcique est caractérisée par une
ment la virulence des agents pathogènes en cause, leurs inflammation locale et une fièvre supérieure à 38 oC
réservoirs, leurs modes de transmission ainsi que les facteurs (figure 24.3). Notez que d’habitude cette pharyngite bacté-
prédisposants de l’hôte réceptif : pharyngite streptococcique, rienne n’entraîne pas de toux. Elle est souvent accompagnée
scarlatine, diphtérie, diphtérie cutanée et otite moyenne. d’une amygdalite – qui peut entraîner de la difficulté à ava-
■ Relier, pour les mêmes maladies, les dommages ler –, et les nœuds (ou ganglions) lymphatiques cervicaux
physiopathologiques et les symptômes de l’infection gonflent et deviennent douloureux. Elle se complique fré-
au pouvoir pathogène des bactéries en cause. quemment d’une infection de l’oreille moyenne, appelée
■ Relier ces infections aux épreuves de diagnostic, au type
otite moyenne. La pénicilline constitue toujours le médica-
de thérapeutique et aux mesures de prévention utilisées ment d’élection pour le traitement des infections à strepto-
coques du groupe A.
pour contrer leur transmission.
Plus de 80 sérotypes de streptocoques du groupe A sont
Les agents pathogènes aéroportés entrent d’abord en contact responsables d’une douzaine au moins de maladies différentes.
avec les muqueuses lorsqu’ils pénètrent dans le corps par les Comme l’immunité aux maladies streptococciques est spéci-
voies respiratoires supérieures. C’est dans cette partie de fique du sérotype du streptocoque, une personne s’étant remise
l’organisme que de nombreuses maladies respiratoires ou d’une infection causée par un sérotype donné n’est pas immu-
systémiques déclenchent une infection. nisée contre une infection provoquée par un autre sérotype.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 5

FIGURE 24.3 Pharyngite streptococcique. FIGURE 24.4 Érythème cutané rouge rosé, caractéristique de la
scarlatine. L’éruption s’étend à presque toute la surface du corps,
■ Quelles sont les complications possibles d’une à l’exception de la paume des mains et de la plante des pieds.
pharyngite streptococcique ?
■ Un phage lysogène, à l’intérieur de S. pyogenes,
porte le gène de la toxine érythrogène qui cause
Les enfants de 5 à 15 ans forment le groupe cible de la la scarlatine.
pharyngite streptococcique. Au cours des dernières années,
l’augmentation de la fréquentation des garderies s’est accom-
pagnée d’une hausse de la fréquence de l’infection chez les desquamation de la peau affectée, comme après un coup de
plus jeunes enfants. À l’heure actuelle, la pharyngite strepto- soleil, ce qui évoque le syndrome de Ritter-Lyell causé par
coccique se transmet principalement par contact direct Staphylococcus aureus (figure 21.4).
avec les sécrétions respiratoires d’une personne infectée ; La gravité et la fréquence de la scarlatine semblent varier
le contact avec des porteurs asymptomatiques augmente les en fonction du temps et des endroits où la maladie se
risques de contagion. Autrefois, elle donnait souvent lieu à déclare, mais en général elles ont diminué au cours des der-
des épidémies dont la source était le lait non pasteurisé. nières années. Il s’agit d’une maladie transmissible, qui se
Comme pour toute infection respiratoire, le moyen le plus propage principalement par l’inhalation de gouttelettes
efficace de prévenir la pharyngite est de se laver souvent les infectieuses provenant d’une personne infectée. On pensait
mains après s’être mouché, avoir éternué ou toussé, et après autrefois que la scarlatine était associée à la pharyngite strep-
avoir manipulé des mouchoirs ou des objets contaminés par tococcique, mais on sait maintenant qu’elle peut aussi accom-
des sécrétions. pagner une infection cutanée streptococcique.

La scarlatine La diphtérie
La diphtérie est également une infection bactérienne des
Si la souche de S. pyogenes responsable de la pharyngite voies respiratoires supérieures ; elle fait partie des maladies à
streptococcique élabore une toxine érythrogène (provoquant déclaration obligatoire. Jusqu’en 1935, c’était la maladie
des rougeurs), elle cause une infection appelée scarlatine. infectieuse responsable du plus grand nombre de décès chez
C’est ce qui se produit lorsque le streptocoque est infecté les enfants de moins de 10 ans en Amérique du Nord. La
par un bactériophage au cours du processus de lysogénie diphtérie débute par des maux de gorge et de la fièvre, suivis
(figure 13.12). Nous avons vu que l’information génétique le plus souvent d’un malaise général et d’un œdème du cou.
du phage (virus) est alors intégrée dans le chromosome de la Le microorganisme responsable est Corynebacterium diphteriæ,
bactérie, et que les caractéristiques de cette dernière en sont un bacille à Gram positif, non producteur d’endospores, dont
modifiées. la morphologie pléomorphe évoque fréquemment une griffe
La toxine érythrogène altère la résistance du corps à et dont la coloration n’est pas uniforme (figure 24.5).
l’infection en diminuant la phagocytose et la production Dans les pays industrialisés, le vaccin DCT fait partie du
d’anticorps. Elle provoque une forte fièvre et un érythème programme normal d’immunisation des très jeunes enfants ;
cutané rouge rosé, probablement dû à une réaction d’hyper- il est suivi d’une dose de rappel au cours de l’enfance. La lettre
sensibilité de la peau à la toxine en circulation dans le sang D désigne l’anatoxine diphtérique, une toxine inactivée qui
(figure 24.4). La langue prend un aspect dit framboisé déclenche la production d’anticorps contre la toxine diphté-
(papilles enflammées saillantes) et devient rouge écarlate et rique.Au Canada, très peu de cas de diphtérie ont été signa-
enflée lorsque la membrane superficielle se détache. Au fur lés depuis les années 1980, et aucune déclaration n’a été faite
et à mesure que la maladie évolue, on observe souvent une en 1998.
6 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Cellules en
forme de griffe

Arrangement
en palissade

MO
5 mm
FIGURE 24.6 Membrane caractéristique de la diphtérie. Chez
FIGURE 24.5 Corynebacterium diphteriæ, agent causal de la les jeunes enfants, la présence de la membrane, dont l’aspect
diphtérie. La coloration de Gram représentée ici met en évidence évoque le cuir, et l’inflammation de la muqueuse des voies
la morphologie en forme de griffe de la bactérie ; les cellules en respiratoires supérieures risque de bloquer les conduits aériens
train de se diviser se replient fréquemment les unes sur les autres et d’interrompre l’approvisionnement en air.
de manière à former un V ou un Y. Notez aussi l’arrangement
en palissade des cellules bactériennes juxtaposées. ■ Qu’est-ce que la diphtérie cutanée ?

■ Un phage lysogène, à l’intérieur de C. diphteriæ,


porte le gène de la toxine diphtérique. causer la mort rapidement, avant même que la réaction
immunitaire ait pu organiser la défense de l’organisme.
Le diagnostic de laboratoire par la détermination de
C. diphteriæ s’est adapté à une population en majorité l’agent bactérien présente des difficultés, car il exige l’utili-
immunisée ; on en trouve des souches relativement non sation de plusieurs milieux sélectifs et différentiels. La néces-
virulentes dans la gorge de nombreux porteurs sains. La bac- sité de distinguer les isolats producteurs de toxine et les
térie se prête bien à la transmission par voie aérienne parce souches non toxinogènes complique encore l’identification,
qu’elle est très résistante à la sécheresse ; elle se transmet aussi car on peut rencontrer les deux types chez un même patient.
par contact direct entre les personnes. Bien que certains antibiotiques tels que la pénicilline et
La diphtérie (d’un mot grec signifiant « cuir ») est carac- l’érythromycine inhibent la croissance de la bactérie, ils ne
térisée par la formation d’une membrane grisâtre résistante neutralisent pas la toxine diphtérique. Il faut donc les
dans la gorge, en réaction à l’infection de la muqueuse employer en association avec une antitoxine.
(figure 24.6). Cette membrane contient de la fibrine, des tissus La diphtérie est-elle une maladie en voie de disparition ?
morts ainsi que des bactéries et des phagocytes, et elle peut Aux États-Unis, on dénombre au plus cinq cas de diphtérie
obstruer totalement le passage de l’air vers les poumons ; elle par année, mais le taux de décès consécutifs à la forme respi-
est alors à même de provoquer une suffocation, appelée croup. ratoire se situe encore entre 5 et 10 % des patients, la maladie
La gravité de la diphtérie est associée à la présence d’un étant surtout mortelle chez les personnes très âgées ou très
phage dans la bactérie infectante. Même si elles n’envahissent jeunes. Chez les jeunes enfants, elle touche principalement
pas les tissus, les bactéries qui ont été infectées par un phage ceux qui n’ont pas été vaccinés pour des raisons religieuses
lysogène spécifique sont susceptibles de produire une exo- ou autres. Lorsque la diphtérie était plus courante, les nom-
toxine puissante (la diphtérie est en fait la première maladie breux contacts avec des souches toxinogènes renforçaient
dont on ait attribué la cause à une toxine). Lorsqu’elle cir- l’immunité, qui s’affaiblit avec le temps. À l’heure actuelle,
cule dans le sang, la toxine pénètre dans les cellules et inhibe de nombreux adultes ne sont pas immunisés parce que tous
la synthèse des protéines, entraînant rapidement la mort cel- n’ont pas eu accès à la vaccination systématique lorsqu’ils
lulaire (figure 15.4). Seulement 0,01 mg de cette toxine très étaient enfants. Des enquêtes ont montré que, en Amérique
virulente suffit pour tuer une personne de 90 kg. Donc, du Nord, 20 % seulement de la population adulte possède
pour être efficace, l’administration d’antitoxine – immunisa- une immunité efficace. La situation en Russie illustre bien
tion passive avec des immunoglobulines spécifiques – doit se ce qui pourrait se passer si on abandonnait les programmes
faire avant que la toxine pénètre dans les cellules des diffé- de vaccination systématique ; récemment en effet, la baisse
rents tissus. Le myocarde (tissu musculaire cardiaque), les reins de l’immunité des populations de presque tous les pays de
et les nerfs en sont les principaux tissus cibles. Lorsqu’elle l’ex-URSS a déclenché une épidémie.
atteint les nerfs, la toxine peut provoquer une paralysie par- C. diphteriæ peut aussi provoquer une diphtérie cuta-
tielle. Lorsqu’elle touche le cœur et les reins, elle risque de née. Dans ce cas, la bactérie infecte la peau, le plus souvent
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 7

dans une blessure ou une lésion, et la circulation de la toxine autres bactéries souvent responsables, on note les souches
dans l’organisme est minimale. Dans les infections cutanées, non encapsulées de H. influenzæ (de 20 à 30 %), Moraxella
la bactérie cause des ulcères recouverts d’une membrane catarrhalis (de 10 à 15 %), S. pyogenes (de 8 à 10 %) et S. aureus
grisâtre et lents à guérir. (de 1 à 2 %). Dans 3 à 5 % des cas environ, on ne décèle aucune
La diphtérie cutanée est fréquente dans les pays tropi- bactérie. Il peut alors s’agir d’infections virales, et les isolats
caux.Aux États-Unis, elle touche surtout les autochtones et les plus courants sont des virus respiratoires syncytiaux (p. 19).
les adultes des classes socioéconomiques défavorisées. Cette L’otite moyenne touche 85 % des enfants de moins de
forme de la maladie constitue la majorité des cas de diphté- 3 ans, et elle est la cause de près de la moitié des consulta-
rie déclarés chez les adultes de plus de 30 ans. tions en pédiatrie. Bien qu’elle puisse être d’origine virale, on
Autrefois, la diphtérie se transmettait surtout à des por- suppose toujours, pour prescrire un traitement, que l’otite
teurs sains par l’intermédiaire de gouttelettes. On a observé moyenne est due à une bactérie. Les pénicillines à large
des cas de la forme respiratoire provoqués par contact avec spectre telles que l’amoxicilline sont les médicaments d’élec-
une personne atteinte de diphtérie cutanée. tion pour les enfants. De nos jours, beaucoup de médecins
remettent en question l’utilisation d’antibiotiques, car ils ne
sont pas certains qu’elle permette de réduire la durée de la
L’otite moyenne maladie. Les chercheurs sont en train d’élaborer des vaccins
L’infection de l’oreille moyenne, appelée otite moyenne contre les trois bactéries pathogènes les plus communes. Un
ou « mal à l’oreille » par les enfants, est l’une des complica- vaccin conjugé contre S. pneumoniæ (p. XXX) ne semble pas
tions les plus gênantes du rhume ou de toute autre infection avoir beaucoup d’effet sur l’incidence de l’otite moyenne.
du nez ou de la gorge (telle que l’amygdalite). Les agents
pathogènes provoquent la formation de pus dont la présence
accroît la pression sur la membrane du tympan, qui Les viroses des voies respiratoires
s’enflamme et devient douloureuse (figure 24.7). Cette affec-
tion est particulièrement fréquente chez les jeunes enfants, supérieures
probablement parce que, étant plus petite, la trompe auditive
Objectifs d’apprentissage
– qui relie l’oreille moyenne à la gorge – s’obstrue plus faci-
lement (figure 24.1). La pénétration de microorganismes ■ Décrire l’épidémiologie du rhume et notamment la

peut aussi se faire directement par le biais d’une petite lésion virulence des agents pathogènes en cause, leurs réservoirs,
du tympan ; les baignades en piscine où la tête est plongée leurs modes de transmission, et les facteurs prédisposants
sous l’eau sont parfois mises en cause dans la transmission de de l’hôte réceptif.
la maladie. ■ Décrire, pour la même maladie, les symptômes de
Diverses bactéries sont susceptibles d’occasionner une l’infection et les particularités de la réponse immunitaire,
otite moyenne. L’agent pathogène le plus souvent isolé est ainsi que les moyens de prévention.
S. pneumoniæ (dans environ 35 % des cas) ; cette bactérie est
communément présente chez des porteurs sains. Parmi les La maladie probablement la plus fréquente chez les humains,
du moins dans les zones tempérées, est une infection virale,
ou virose, des voies respiratoires supérieures : le rhume.

Le rhume
Bombement Un certain nombre de virus jouent un rôle dans la cause du
de la membrane
du tympan
rhume. Environ 50 % des cas sont dus à des Rhinovirus ;
les Coronavirus sont sans doute responsables de 15 à 20 % des
cas ; divers autres virus sont responsables d’environ 10 %
des cas ; enfin, dans 40 % des cas, on ne peut déterminer
aucun agent infectieux.
Au cours de leur vie, les humains ont tendance à accu-
muler différentes immunités contre les virus du rhume, ce
qui expliquerait qu’en vieillissant ils aient en général moins
souvent le rhume ; les jeunes enfants ont 3 ou 4 rhumes par
année, tandis que les adultes de 60 ans ont en moyenne
moins de 1 rhume par année. L’immunité repose sur le rap-
FIGURE 24.7 Otite moyenne aiguë accompagnée d’un bombe-
ment de la membrane du tympan.
port d’anticorps IgA et de sérotypes donnés, et elle n’est
réellement efficace que pendant un court laps de temps.
■ S. pneumoniæ est la cause la plus fréquente des Certaines populations isolées acquièrent une immunité col-
infections de l’oreille moyenne. lective, de sorte qu’elles n’attrapent plus le rhume jusqu’à ce
8 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

que de nouveaux virus soient introduits dans la commu- feraient ainsi passer ces virus de leurs mains à leurs voies
nauté. On estime que plus de 200 agents pathogènes sont nasales. Cette théorie a été étayée par une expérience dans
susceptibles de provoquer un rhume. De ce nombre, au laquelle on a observé que, chez des personnes saines qui
moins 113 sont des sérotypes de Rhinovirus, si bien qu’il s’enduisent les mains d’une solution virocide d’iode, l’inci-
semble impossible d’élaborer un vaccin efficace contre dence du rhume est beaucoup plus faible que la normale.
autant d’agents pathogènes. On a effectué une série d’expériences avec un groupe de
Chacun connaît bien les symptômes du rhume, qui joueurs de cartes, dont la moitié avait le rhume tandis que
comprennent des éternuements, des sécrétions nasales abon- l’autre moitié ne l’avait pas, et on a abouti à une conclusion
dantes et de la congestion. (Selon une école de médecine de différente. Des contraintes imposées à la moitié des joueurs
l’Antiquité, l’écoulement nasal était constitué de déchets sains ne leur permettaient pas de transférer à leur nez les virus
provenant du cerveau, d’où l’expression « avoir un rhume qui seraient passés des cartes à leurs mains ; ces contraintes ne
de cerveau ».) L’infection s’étend facilement de la gorge s’appliquaient pas à l’autre moitié des joueurs sains. On n’a
aux sinus, aux voies respiratoires inférieures et à l’oreille observé aucune différence quant à la fréquence du rhume
moyenne, et peut donc s’accompagner de complications telles chez les deux sous-groupes de joueurs sains – ce qui viendrait
qu’une laryngite ou une otite moyenne. En l’absence de étayer l’hypothèse de la transmission par voie aérienne. Par
complication, le rhume ne cause généralement pas de fièvre. ailleurs, on a placé des sujets sains dans une pièce où aucune
La température optimale de réplication des Rhinovirus est des personnes présentes ne souffrait du rhume, et on a pris des
légèrement inférieure à la température corporelle normale, et précautions pour qu’ils n’entrent pas en contact avec des aéro-
correspond approximativement à la température dans les voies sols de sécrétions, mais on les a fait jouer avec des cartes qui
respiratoires supérieures, qui sont ouvertes sur l’air ambiant. étaient littéralement imbibées de sécrétions nasales ; aucun
On ne sait pas pourquoi le nombre de cas de rhume est beau- participant n’a contracté le rhume. Au cours d’une autre série
coup plus élevé durant la saison froide dans les zones tempé- d’expériences, peut-être moins désagréables, les chercheurs
rées. Il reste à démontrer si les contacts résultant de la vie à ont demandé à des volontaires sains d’embrasser des personnes
l’intérieur favorisent une transmission de type épidémique, souffrant du rhume pendant 60 à 90 secondes ; seulement 8 %
ou si la sécheresse de l’air est en cause, ou encore si des chan- des volontaires ont contracté l’infection. Les autres per-
gements physiologiques rendent les individus plus sensibles. sonnes étaient-elles immunisées ou protégées grâce à une résis-
Un seul Rhinovirus déposé sur la muqueuse nasale suffit tance particulière ? On ne connaît toujours pas la réponse.
souvent à provoquer un rhume. Cependant, il n’y a pas Comme le rhume est causé par des virus, l’antibiothéra-
consensus sur le mode de transmission du virus du rhume pie est inutile. L’évolution d’un rhume mène généralement
qui pénètre dans le nez. Selon une approche expérimentale, à la guérison en une semaine. Les médicaments vendus sans
les personnes enrhumées déposeraient des virus sur les poi- ordonnance, actuellement offerts sur le marché, n’ont aucun
gnées de porte, les téléphones et d’autres surfaces, où les effet sur le temps de récupération, mais ils peuvent alléger
virus persistent pendant des heures. Des personnes saines certains signes et symptômes.

LES MALADIES INFECTIEUSES


DES VOIES RESPIRATOIRES INFÉRIEURES
Beaucoup des bactéries et virus pathogènes qui infectent ■ Relier, pour les mêmes maladies, les dommages physiopa-
les voies respiratoires supérieures peuvent aussi infecter les thologiques et les symptômes de l’infection au pouvoir
voies respiratoires inférieures. Si les bronches sont atteintes, il pathogène des bactéries en cause.
se produit une bronchite ou une bronchiolite (figure 24.2). ■ Relier ces infections aux épreuves de diagnostic, au type de
La pneumonie est une complication grave de la bronchite, thérapeutique et aux mesures de prévention utilisées pour
qui touche les alvéoles pulmonaires.
contrer leur transmission.
Les bactérioses des voies respiratoires inférieures comprennent
Les bactérioses des voies la coqueluche, la tuberculose et plusieurs types de pneu-
monies bactériennes, ainsi que des maladies moins connues
respiratoires inférieures telles que la psittacose et la fièvre Q.
Objectifs d’apprentissage
■ Décrire l’épidémiologie de la coqueluche et de la tuberculose, La coqueluche
et notamment la virulence des agents pathogènes en cause, L’infection par la bactérie Bordetella pertussis provoque la
leurs réservoirs, leurs modes de transmission, ainsi que coqueluche. B. pertussis est un petit coccobacille à Gram
les facteurs prédisposants de l’hôte réceptif. négatif, aérobie obligatoire, dont les souches virulentes sont
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 9

dotées d’une capsule. La bactérie se fixe à des cellules ciliées manière à conserver une voie aérienne adéquate, la coque-
spécifiques de la trachée, ce qui entrave d’abord leur action, luche provoque parfois chez eux des épisodes d’apnée et de
puis les détruit graduellement (figure 24.8).L’activité de l’esca- cyanose entraînant des altérations cérébrales irréversibles, et
lier mucociliaire (figure 16.4) est ainsi inhibée, et le mucus le taux de mortalité est relativement élevé dans cette classe
n’est plus expulsé. B. pertussis produit plusieurs toxines. La d’âge. Chez les adultes, la maladie s’exprime d’habitude par
cytotoxine trachéale (une endotoxine), qui est une fraction fixe une simple toux persistante et on la confond fréquemment
de la paroi cellulaire de la bactérie, est responsable des dom- avec une bronchite.
mages causés aux cellules ciliées, tandis que la toxine coquelu- Le diagnostic de la coqueluche repose principalement
cheuse, qui pénètre dans la circulation sanguine, est associée sur les signes et symptômes cliniques. On peut faire croître
aux symptômes systémiques de la maladie. l’agent pathogène à partir d’un prélèvement de gorge,
La coqueluche est avant tout une maladie d’enfance et obtenu en insérant par le nez un écouvillon que l’on main-
peut être très grave ; elle se manifeste tout au long de l’année tient dans la gorge du patient pendant qu’il tousse. On peut
et dans tous les pays du monde. Elle se transmet par contact aussi avoir recours à une culture sur un milieu spécifique,
direct ou par inhalation des sécrétions (écoulements et gout- mais les tests sérologiques et l’amplification en chaîne par
telettes) provenant du nez ou de la gorge d’une personne polymérase (ACP) effectués directement sur le prélèvement
infectée. Le premier stade, appelé stade catarrhal, ressemble à de gorge sont plus rapides. On traite les cas graves de coque-
un rhume avec apparition d’une fièvre et d’un écoulement luche avec l’érythromycine. Bien qu’ils ne procurent pas
nasal. De longues quintes de toux caractérisent le deuxième nécessairement une amélioration rapide de l’état du patient,
stade, appelé stade paroxystique. (Le nom pertussis est formé les antibiotiques rendent ce dernier non infectieux au bout
des éléments latins per- ⫽ en abondance et tussis = toux.) de 5 jours de traitement. En l’absence d’antibiothérapie, la
Lorsque l’activité mucociliaire est perturbée, le mucus période de contagion s’étend jusqu’à 3 semaines à partir de
s’accumule et la personne infectée fait des efforts désespérés la phase catharrale.
pour le rejeter en toussant. Chez les jeunes enfants, la vio- Après la guérison, le patient possède une bonne immu-
lence de la toux peut entraîner une fracture des côtes. L’ins- nité ; du moins, une deuxième infection ne provoque que de
piration prolongée entre les quintes de toux produit un légers symptômes. Depuis son avènement en 1943, la vacci-
sifflement aigu évoquant le chant du coq, d’où le nom de la nation a entraîné une réduction de la fréquence de la
maladie. On observe des accès de toux convulsive plusieurs maladie de près de 90 % au Canada. Aux États-Unis, on ne
fois par jour, pendant 1 à 6 semaines ; ces quintes de toux dénombre généralement pas plus de 10 décès dus à cette
épuisantes sont souvent suivies de vomissements. Le troi- maladie par an. L’efficacité de la vaccination des enfants tend
sième stade, appelé phase de convalescence, peut durer des mois. à diminuer au bout d’une douzaine d’années, si bien que de
Comme les nourrissons ont plus de difficulté à tousser de nombreux enfants vaccinés deviennent à nouveau réceptifs
à la coqueluche à l’adolescence ou à l’âge adulte.
On a remis en question la sécurité du vaccin anticoque-
lucheux, qui contient des bactéries tuées par la chaleur. Étant
donné qu’il renferme une plus grande quantité d’endotoxines
que tout autre vaccin, il provoque souvent de la fièvre et on
pense même qu’il pourrait être la cause de troubles neuro-
logiques. Au Japon, en Suède et en Angleterre, la mauvaise
presse dont le vaccin a fait l’objet a entraîné un refus massif
de la vaccination active, qui a eu comme conséquence une
augmentation du nombre de cas de coqueluche. De nou-
veaux vaccins acellulaires, contenant des fragments de cellules
mortes de B. pertussis et ayant peu d’effets secondaires, sont
en train de remplacer l’ancien vaccin. Au Canada, un
nouveau vaccin acellulaire combiné contre la coqueluche, la
diphtérie et le tétanos (ADACELMC ) a été homologué. Ce
vaccin a été approuvé pour être administré aux adolescents
et aux adultes comme dose de rappel.

MEB
2 mm
La tuberculose
La tuberculose (TB) est une maladie infectieuse causée par
FIGURE 24.8 Cellules ciliées des voies respiratoires infectées Mycobacterium tuberculosis, un mince bacille aérobie obligatoire.
par Bordetella pertussis. La photo représente des cellules
de B. pertussis en croissance sur les cellules ciliées ; elles finiront
Cette bactérie – aussi appelée bacille de Koch, du nom du
par entraîner la destruction de ces cellules. médecin qui l’a découverte – se développe lentement (son
temps de génération est de 20 heures ou plus) ; elle forme par-
■ B. pertussis est l’agent causal de la coqueluche. fois des filaments et a tendance à croître en amas (figure 24.9).
10 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

des bactéries de la tuberculose, virulentes, à 249 bébés au


lieu du vaccin contenant une souche atténuée. Bien que tous
les nourrissons eussent reçu le même inoculum, seulement 76
en moururent, et les autres ne furent pas gravement malades.
La tuberculose se transmet principalement par inhalation
d’aérosols contenant l’agent pathogène. Seules de très fines
particules contenant de 1 à 3 bacilles parviennent jusqu’aux
poumons, où un macrophagocyte situé dans les alvéoles les
capture le plus souvent. Chez un individu sain les macro-
Arrangement
phagocytes sont activés par la présence des bacilles, et ils réus-
funiforme
sissent habituellement à détruire ces derniers de telle sorte
qu’ils combattent avec succès une infection potentielle, sur-
tout si la quantité de bactéries est faible. L’homéostasie est
MO aussi maintenue.
5 mm

FIGURE 24.9 Mycobacterium tuberculosis. L’agent pathogène La pathogénie de la tuberculose


doit son nom au fait qu’en se développant il produit des filaments La figure 24.10 décrit la pathogénie de la tuberculose. Elle
évoquant un mycète ; ces filaments prennent une couleur rouge représente le cas où les mécanismes de défense de l’orga-
à la coloration, dans le frottis de tissu pulmonaire illustré ici. Dans nisme ne réussissent pas à détruire les bacilles, de sorte que
d’autres conditions, la bactérie produit en se développant de minces
la maladie évolue vers la mort.
bacilles isolés. Une composante cireuse de la cellule est responsable
1 2 Si l’infection progresse, les macrophagocytes alvéo-
de l’arrangement funiforme, et si on injecte cette composante, elle
cause des effets pathogènes identiques à ceux du bacille tuberculeux. laires ne parviennent pas à détruire les bacilles qu’ils ont
ingérés ; la bactérie empêcherait la formation du phagoly-
■ On identifie M. tuberculosis à l’aide d’un colorant sosome. Notez que M. tuberculosis ne produit ni enzyme ni
acido-alcoolo-résistant. toxine susceptible de causer des lésions tissulaires. Il semble
que la virulence de cet agent pathogène soit liée à la compo-
sition de sa paroi cellulaire, riche en lipides. Ces lipides exer-
Sur la surface d’un milieu de culture liquide, sa croissance ceraient un effet chimiotactique sur les macrophagocytes et
évoque la formation de moisissures, d’où le nom de genre sur d’autres cellules immunitaires à médiation cellulaire.Toutes
Mycobacterium (myco- = mycète). ces cellules de défense s’accumulent et se regroupent en for-
M. tuberculosis est relativement résistant aux méthodes mation arrondie, isolant les bactéries pathogènes vivantes dans
simples de coloration. Les cellules imprégnées d’un colorant un granulome appelé tubercule – d’où le nom de la maladie.
3 Si on arrive à arrêter l’infection à ce stade, les granulomes
rouge, la fuchsine basique, ne sont pas décolorées par un
mélange d’acide et d’alcool et elles sont dites acido-alcoolo- guérissent lentement et ils se calcifient ; ils sont alors visibles
résistantes (chapitre 3, p. 77). Cette caractéristique reflète la sur une radiographie. 4 5 Si les mécanismes de défense ne
composition inhabituelle de la paroi cellulaire des mycobac- réussissent pas à vaincre l’agent pathogène à ce stade, le pro-
téries, riche en lipides. Ces lipides sont peut-être également cessus infectieux se poursuit ; les tubercules matures – qui ren-
responsables de la résistance des mycobactéries aux contraintes ferment maintenant plusieurs bactéries – se rompent et
du milieu, telles que la sécheresse. En fait, les mycobactéries libèrent dans les voies aériennes des poumons des bacilles
peuvent survivre pendant des semaines dans des crachats virulents, qui se répandent ensuite dans les systèmes cardio-
séchés et elles sont très résistantes aux substances antimicro- vasculaire et lymphatique.
biennes utilisées comme antiseptiques ou désinfectants. Après la dissémination, l’infection est appelée tuberculose
La tuberculose illustre bien l’équilibre écologique qui miliaire (parce que les nombreux tubercules qui se forment
s’établit entre un parasite et son hôte au cours d’une maladie dans les tissus infectés ont la taille d’un grain de millet). Le
système immunitaire, affaibli, est vaincu et le patient souffre
infectieuse. L’hôte ne se rend pas nécessairement compte
d’une perte de poids, de toux (les expectorations contiennent
que des agents pathogènes envahissent son organisme et que
souvent du sang) et d’atonie générale. Autrefois, la tubercu-
ce dernier les combat. Cependant, si le système immunitaire
lose était communément appelée consomption.
n’arrive pas à détruire les microorganismes, l’hôte devient par-
faitement conscient de la maladie qui en résulte. Plusieurs
facteurs prédisposants influent sur la résistance de l’hôte, soit FIGURE 24.10 La pathogénie de la tuberculose. La figure repré-
la présence d’une autre maladie – par exemple un diabète sente l’évolution de la maladie lorsque les défenses de l’organisme
n’arrivent pas à lutter victorieusement contre le bacille. Chez la
non contrôlé – et des facteurs physiologiques ou environne-
majorité des individus sains, l’infection disparaît avant d’évoluer
mentaux – tels que la malnutrition, l’immunodéficience, la vers une maladie mortelle.
surpopulation et le stress. Le fait que la résistance varie d’un
individu à un autre a été illustré de façon spectaculaire en ■ M. tuberculosis résiste à la digestion
1926 à Lübeck, en Allemagne. On avait inoculé par erreur par les macrophagocytes.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 11

Intérieur de 1 Les bacilles tuberculeux qui


Capillaire l’alvéole atteignent les alvéoles pulmonaires
sont ingérés par des macrophagocytes,
mais en général plusieurs survivent
Parois
et deviennent des parasites
de l’alvéole
intracellulaires.
Bacille Intérieur de l’alvéole
tuberculeux
phagocyté
Macrophagocyte
alvéolaire
Bronchiole

2 Les bacilles tuberculeux qui se multiplient


dans les macrophagocytes déclenchent une
réaction chimiotactique, ce qui attire encore
des macrophagocytes et d’autres cellules
défensives dans la zone infectée. Les cellules
Macrophagocyte
de défense forment une couche enveloppante,
infiltrant
puis un premier tubercule (ou granulome).
(non activé)
La majorité des macrophagocytes envelop-
Tubercule initial pants ne réussissent pas à détruire les bactéries,
mais ils libèrent des enzymes et des cytokines
qui provoquent une inflammation locale
dommageable pour les poumons.

3 Au bout de quelques semaines, beaucoup


de macrophagocytes meurent, ce qui entraîne
Bacilles la formation d’une zone de nécrose (caséum)
tuberculeux appelée lésion caséeuse au centre du tuber-
Lésion caséeuse cule. (Le terme caséum signifie « semblable à
du fromage mou et friable ».) Les macrophago-
Macrophagocytes cytes morts libèrent alors les bacilles tuber-
activés culeux. Étant donné qu’ils sont aérobies, les
Lymphocyte bacilles tuberculeux ne se développent pas
bien à cet endroit. Cependant, plusieurs restent
à l’état de dormance et servent de base lors
d’une réactivation de la maladie. Parfois, la
maladie prend fin à ce stade, et les lésions
se calcifient.
4 Chez certains individus, il se forme un tubercule
mature. La maladie évolue lorsque la lésion
Couche externe caséeuse s’agrandit, par un processus appelé
d’un tubercule liquéfaction. La lésion caséeuse se transforme
mature alors en caverne tuberculeuse, remplie
d’air, où les bacilles aérobies se multiplient,
Caverne à l’extérieur des macrophagocytes.
tuberculeuse
Bacilles
tuberculeux

5 La liquéfaction se poursuit jusqu’à ce que


le tubercule se rompe, ce qui permet aux
bacilles de se disperser dans une bronchiole
(figure 24.2) et de se répandre ainsi dans
toutes les parties des poumons, puis dans
les systèmes sanguin et lymphatique.
Rupture de
la paroi de
la bronchiole
12 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Le diagnostic et le traitement de la tuberculose probablement l’épreuve de Mantoux, qui consiste à injecter


Le premier antibiotique efficace pour traiter la tuberculose a dans le derme une solution de 0,1 mL d’antigène, puis à mesu-
été la streptomycine. À l’heure actuelle, on administre au rer le diamètre de la peau qui présente ces manifestations.
patient plusieurs médicaments tels que l’isoniazide, la rifam- Un test à la tuberculine positif chez un très jeune enfant
picine et la pyrazinamide. S’il se produit une résistance aux indique qu’il s’agit probablement d’un cas de tuberculose
médicaments ou tout autre problème, on peut administrer actif. Chez un individu plus âgé, il peut indiquer simplement
en outre des agents antimycobactériens, tels que l’éthambutol une hypersensibilité résultant d’une infection antérieure
ou la streptomycine. La chimiothérapie n’est efficace que si guérie ou d’une vaccination. Il est néanmoins recommandé
elle dure plusieurs mois. Un traitement prolongé est indis- d’effectuer des examens plus poussés tels qu’une radiographie
pensable, notamment parce que les bacilles tuberculeux se pulmonaire pour déceler une lésion et des essais pour isoler
développent très lentement et que beaucoup d’antibiotiques la bactérie.
ne peuvent agir que contre les bactéries en croissance. De La première étape du diagnostic de laboratoire consiste à
plus, les bacilles peuvent rester longtemps à l’abri à l’inté- examiner au microscope des frottis, notamment de crachats.
rieur de macrophagocytes ou dans un autre endroit où les On peut utiliser une coloration acido-alcoolo-résistante ou
antibiotiques ont de la difficulté à les atteindre. une technique microscopique d’immunofluorescence, plus
Le traitement de la tuberculose se heurte à un problème précise. Il est difficile de confirmer un diagnostic de tuber-
pratique majeur, soit le manque de coopération du patient culose en isolant la bactérie, car la croissance de celle-ci est
qui doit prendre des médicaments sur une longue période. très lente. La formation d’une colonie peut prendre de 3 à
Ce comportement a largement contribué à l’apparition de 6 semaines, et il faut attendre encore 3 à 6 semaines pour
souches pharmacorésistantes du bacille tuberculeux (voir obtenir des résultats fiables des épreuves de détermination.
l’encadré du chapitre 15, p. XXX). On a cependant fait d’énormes progrès dans l’élaboration de
Les personnes infectées par le bacille de Koch présentent tests diagnostiques rapides. On dispose maintenant de sondes
une réaction d’immunité à médiation cellulaire contre ce d’ADN pour identifier des isolats cultivés (figure 10.15), et
bacille. C’est ce type de l’immunité qui entre en jeu plutôt de tests fondés sur l’amplification en chaîne par polymérase,
que l’immunité humorale parce que l’agent pathogène est qui permettent de déceler directement M. tuberculosis dans
localisé principalement dans les macrophagocytes. L’immunité les crachats ou dans un autre type de spécimen (p. XXX).
à médiation cellulaire repose sur l’action des lymphocytes Plusieurs de ces nouvelles épreuves exigent que l’on ait
T sensibilisés et elle est à la base du test cutané (ou cuti- recours aux services de grands laboratoires spécialisés.
réaction) à la tuberculine (figure 24.11). Ce dernier L’espèce Mycobacterium bovis, qui est aussi un agent
consiste à introduire dans l’organisme, par scarification, pathogène, touche surtout les bovins. Elle cause la tubercu-
l’antigène – soit une fraction protéique purifiée du bacille lose bovine, qui se transmet aux humains par l’intermé-
tuberculeux, préparée par précipitation d’un bouillon de diaire de lait ou d’aliments contaminés. Cette forme bovine
culture. Si le receveur a déjà été infecté par la mycobactérie, est rarement transmise d’une personne à une autre mais,
les lymphocytes T sensibilisés réagissent aux protéines, et avant la pasteurisation du lait et l’élaboration de méthodes
l’on observe une réaction d’hypersensibilité retardée envi- de contrôle, telles que les tests à la tuberculine effectués sur
ron 48 heures plus tard. Cette réaction se traduit par l’indu- les troupeaux de bovins, elle était fréquente chez les humains.
ration (durcissement) et le rougissement de la zone entourant Les infections à M. bovis sont responsables d’une tuberculose
le point d’injection. Le test à la tuberculine le plus précis est qui atteint surtout les os et le système lymphatique.Autrefois,
cette maladie se manifestait souvent par une déformation de
la colonne vertébrale (bosse dorsale) appelée gibbosité.
D’autres maladies mycobactériennes touchent les per-
sonnes souffrant de SIDA à un stade avancé. La majorité des
isolats appartiennent à un groupe apparenté de microorga-
nismes appelé complexe M. avium-intracellulare. Les infec-
tions dues aux agents pathogènes de ce groupe sont rares
dans l’ensemble de la population.
Le vaccin BCG est une culture vivante de M. bovis ren-
due avirulente par une longue série de cultures sur des
milieux artificiels. (Les lettres BCG sont le sigle de bacille de
Calmette-Guérin, du nom des deux chercheurs qui ont été
les premiers à isoler la souche pathogène.) Relativement
efficace pour prévenir la tuberculose, ce vaccin est utilisé
FIGURE 24.11 Test cutané (cutiréaction) à la tuberculine sur
depuis les années 1920. À l’échelle mondiale, c’est l’un des
un bras. vaccins les plus fréquemment administrés. On estime que 70 %
des enfants d’âge scolaire de la planète l’ont reçu en 1990.
■ Qu’indique un test cutané à la tuberculine positif ? Cependant, le vaccin BCG n’est pas très employé au Canada
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 13

et aux États-Unis, où l’on n’en recommande l’administra- Multirésistance


tion qu’aux enfants à risque élevé pour lesquels le test cutané
est négatif. Les personnes qui ont reçu le vaccin présentent Résistance
à un ou plusieurs
une réaction positive aux tests cutanés à la tuberculine. La médicaments
difficulté d’interpréter le test après la vaccination est l’un des
arguments évoqués depuis longtemps par les opposants à Tous sensibles
l’administration du vaccin à grande échelle dans ces pays.
Les efforts pour lutter contre la maladie comprennent l’aug-
mentation de la surveillance des nouveaux cas, le suivi des
patients sous antibiothérapie et l’amélioration des conditions
sociales et environnementales qui favorisent la propagation
de la maladie.
Depuis la création d’antibiotiques efficaces dans les
années 1950, l’incidence de la tuberculose a diminué réguliè- a) Résistance aux antituberculeux déclarée au Canada
par province/territoire en 2000 (n = 1 464 isolats).
rement ; toutefois, l’antibiorésistance de certaines souches de
M. tuberculosis est devenue un problème ces dernières années.
Au Canada, 1 464 nouveaux cas de la maladie ont été signa-
lés en 2000. Les provinces du Québec, de l’Ontario et de la 14

Résistance (%) aux médicaments


Colombie-Britannique sont les plus touchées (figure 24.12a). 12 11,2
En fait, certaines souches sont maintenant résistantes à la
10
plupart des médicaments antituberculeux offerts, y compris
8,1
l’isoniazide (INH) et la rifampine (RMP) ; le pourcentage 8
d’isolats qui affichent une résistance aux antituberculeux est 6
de 11,2 % et la proportion des isolats considérés comme multi-
résistants est de 1 % (figure 24.12b). La médecine s’avère 4
tout aussi impuissante face à ces cas qu’elle l’était il y a un 2,1
2 1,0
siècle face à l’ensemble des personnes atteintes de tubercu-
lose, et on peut dire en ce sens qu’elle est revenue à l’ère 0
Résistance Résistance TB-MR Autres
préantibiotique. La maladie sévit avec plus de virulence chez à un ou à un seul (on appelle profils de
les autochtones, chez les immigrants en provenance de pays plusieurs médicament multirésistance résistance
médicaments la résistance
où la maladie est endémique (Haïti, Inde, pays africains), chez à l’INH et au
les sans-abri et dans les collectivités défavorisées des centres- RMP au moins)
villes. L’Ontario, dont les grandes villes accueillent beau-
Type de résistance
coup d’immigrants, est la province du Canada où le nombre
de cas de tuberculose est le plus élevé (figure 24.12c). Aux b) Profil général de résistance aux antituberculeux déclarée
au Canada en 2000.
États-Unis, on dénombre actuellement environ 20 000 nou-
veaux cas par année ; cependant, le taux de mortalité, qui est
de près de 2 000 cas par année, décroît continuellement.
Environ un tiers des nouveaux cas de tuberculose touche 700
des immigrants, notamment ceux qui arrivent du Mexique,
des Philippines et du Viêtnam. En outre, certains groupes 600
ethniques sont particulièrement ciblés : les Afro-Américains,
500
les autochtones, les Asiatiques et les Hispaniques constituent
Isolats déclarés

les deux tiers des cas (figure 24.13). Chez les Américains de 400
race blanche, ce sont en majorité les personnes très âgées qui
sont atteintes par la maladie. 300
On estime qu’un tiers de la population mondiale est
infectée par le bacille tuberculeux. Au moins 3 millions de 200
personnes meurent chaque année des suites de la tuberculose,
100

FIGURE 24.12 La résistance des isolats de Mycobacterium tuber- 0


Î.-P.-É.
Alb.

T.-N.

Ont.
N.-É.

T.N.-O.
C.-B.

Nun.

Sask.
Man.

N.-B.

Qc

Yn

culosis aux antituberculeux au Canada en 2000. [SOURCE : Système


canadien de surveillance des laboratoires de tuberculose, 2000.]

■ Les personnes atteintes de tuberculose doivent Province/territoire


s’astreindre à la prise de grandes quantités d’anti- c) Isolats de M. tuberculosis déclarés au Canada par
biotiques sur une longue période. province/territoire en 2000 (n = 1464 isolats).
14 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Noirs non hispaniques Blancs non bactéries ou par des mycètes, des protozoaires ou des virus
5 831 (31,8 %) hispaniques sont appelées pneumonies atypiques. Cependant, cette distinc-
4 495 (24,5 %) tion est de moins en moins nette en pratique.
On distingue aussi les pneumonies en fonction de la par-
tie des voies respiratoires inférieures qui est atteinte. Par
Inconnus exemple, si les lobes des poumons sont infectés, on parle de
60 (0,3 %) pneumonie lobaire ; les pneumonies provoquées par S. pneumoniæ
sont généralement de ce type. Le terme bronchopneumonie
Asiatiques ou en
indique que les alvéoles pulmonaires adjacentes aux bronches
provenance des îles sont infectées. La pleurésie est une complication fréquente de
du Pacifique diverses pneumonies ; elle est caractérisée par une inflamma-
3 623 (19,7 %)
tion douloureuse des membranes pleurales. Les symptômes
Autochtones
Hispaniques 252 (1,4 %)
classiques d’une pneumonie comprennent une fièvre élevée,
4 099 (22,3 %) des difficultés respiratoires et des douleurs thoraciques.
FIGURE 24.13 Distribution des cas de tuberculose aux La pneumonie à pneumocoques
États-Unis. Pourcentage des cas selon la race ou l’origine
ethnique. [SOURCE : Morbidity and Mortality Weekly Report On appelle pneumonie à pneumocoques la pneumonie
(MMWR), vol. 47, no 53, 31 décembre 1999.] provoquée par S. pneumoniæ. Cette bactérie fait partie de la
flore normale des voies respiratoires, mais elle peut devenir
■ Le VIH favorise la progression de la tuberculose. pathogène ; elle est aussi une cause fréquente de l’otite
moyenne, de la méningite et de la septicémie. S. pneumoniæ est
une bactérie sphérique (coccus) à Gram positif (figure 24.14).
Comme les cocci sont généralement regroupés par paires, le
genre a d’abord été nommé Diplococcus pneumoniæ. Les paires
qui est encore aujourd’hui la maladie infectieuse provoquant de bactéries sont entourées d’une capsule dense qui les rend
le plus grand nombre de décès dans le monde. résistantes à la phagocytose ; les pneumocoques encapsulés
Notez que, dans certains groupes, le VIH fait progresser peuvent alors se multiplier et envahir les tissus pulmonaires.
la maladie plus rapidement qu’on ne l’aurait cru possible. Par Les capsules ont servi de base à la différenciation sérologique
ailleurs, comme nous l’avons mentionné, les voyages inter- des pneumocoques en quelque 83 sérotypes. Avant l’avène-
nationaux, les échanges commerciaux, l’immigration sont ment de l’antibiothérapie, on traitait la maladie à l’aide
autant de facteurs qui favorisent la propagation de la tuber- d’immunsérums dirigés contre ces antigènes capsulaires.
culose hors des frontières des pays touchés. La tuberculose La pneumonie à pneumocoques atteint à la fois les
est en passe de devenir un problème de santé mondial. bronches et les alvéoles pulmonaires (figure 24.2). Les symp-
tômes apparaissent brutalement – fièvre élevée, difficulté à
respirer et douleurs thoraciques. (L’évolution initiale des
Les pneumonies bactériennes pneumonies atypiques est généralement plus lente ; la fièvre
Objectifs d’apprentissage est moins élevée et les douleurs thoraciques sont moins
intenses.) Les poumons ont un aspect rougeâtre à cause de la
■ Décrire les similitudes et les différences entre les sept types
dilatation des vaisseaux sanguins. En réaction à l’infection,
de pneumonies bactériennes décrites dans le présent chapitre.
les alvéoles se remplissent d’érythrocytes, de granulocytes
■ Décrire l’épidémiologie de la légionellose, de la psittacose
neutrophiles (tableau 16.1) et de liquide provenant des tissus
et de la fièvre Q, et notamment la virulence des agents adjacents ; l’altération des alvéoles réduit les échanges
pathogènes en cause, leurs réservoirs, leurs modes de trans- gazeux, ce qui peut entraîner une détresse respiratoire.
mission, ainsi que les facteurs prédisposants de l’hôte réceptif. Les crachats sont fréquemment de couleur rouille, car ils
■ Relier les dommages physiopathologiques et les symptômes contiennent du sang expulsé des poumons. Les pneumo-
de la pneumonie à pneumocoques au pouvoir pathogène coques peuvent s’introduire dans la circulation sanguine,
des microorganismes en cause. dans la cavité pleurale entourant les poumons et, parfois,
■ Relier ces infections pulmonaires aux épreuves de dans les méninges. On ne connaît aucune relation nette
diagnostic, au type de thérapeutique et aux mesures entre une exotoxine ou une endotoxine bactérienne et la
de prévention utilisées pour contrer leur transmission. pathogénicité du microorganisme.
On établit un diagnostic de présomption en isolant des
Le terme pneumonie désigne de nombreuses infections pneumocoques de la gorge, des crachats ou d’autres liquides.
pulmonaires dont la majorité sont d’origine bactérienne. La On peut distinguer les pneumocoques des autres strepto-
pneumonie provoquée par Streptococcus pneumoniæ est la plus coques ␣-hémolytiques en observant l’inhibition de la
fréquente, d’où l’appellation pneumonie typique (voir l’enca- croissance autour d’un disque d’optochine (chlorhydrate
dré de la page XXX). Les pneumonies causées par d’autres d’éthylhydrocupréine) ou en effectuant un test de solubilité
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 15

Capsule La pneumonie à Hæmophilus influenzæ


Les pneumonies à Hæmophilus influenzæ sont fréquentes
Cocci appariés
chez les patients atteints d’alcoolisme, de malnutrition, d’un
(diplocoque) cancer ou du diabète.Hæmophilus influenzæ est un coccobacille
à Gram négatif que l’on trouve dans la flore normale des voies
respiratoires de porteurs sains.Une coloration de Gram de cra-
chats permet de distinguer une pneumonie causée par cet
organisme d’une pneumonie à pneumocoques. Les cépha-
losporines de deuxième génération ne sont pas inactivées
par les ␤-lactamases produites par de nombreuses souches de
H. influenzæ ; par conséquent, ces antibiotiques sont le plus
souvent le médicament d’élection.

La pneumonie à mycoplasmes
MO
2 mm Les mycoplasmes, qui sont dépourvus de paroi cellulaire, ne
se développent pas dans les conditions de culture prévalant
FIGURE 24.14 Streptococcus pneumoniae, agent causal le plus en général lors de l’isolement de la plupart des bactéries
courant de la pneumonie à pneumocoques. Notez le regroupement
pathogènes. C’est pourquoi on confond souvent la pneu-
des cellules par paires. On a rendu la capsule plus apparente en
la faisant réagir avec un antisérum pneumococcique spécifique,
monie à mycoplasmes avec une pneumonie virale.
qui la fait paraître enflée. L’agent responsable de la pneumonie à mycoplasmes
est la bactérie Mycoplasma pneumoniæ. On a découvert cette
■ La capsule de S. pneumoniæ fait obstacle forme de pneumonie en constatant que des infections aty-
à la phagocytose. piques réagissaient aux tétracyclines, ce qui révélait un agent
pathogène non viral. La pneumonie à mycoplasmes est fré-
quente chez les jeunes adultes et les enfants ; elle constitue
environ 20 % de tous les cas de pneumonie, mais sa déclara-
de la bile. On peut aussi les différencier sur le plan sérologique.
tion n’est pas obligatoire. La transmission se fait par contact
Les cas reconnus d’infections envahissantes à S. pneumoniæ
avec les sécrétions d’une personne infectée. Les symptômes,
doivent faire l’objet d’une déclaration auprès des services de
qui durent au moins 3 semaines, comprennent une faible
santé publique.
fièvre, de la toux et des maux de tête. Ils sont parfois assez
De nombreux individus sains sont porteurs de pneumo-
graves pour nécessiter l’hospitalisation du patient. L’immunité
coques ; 95 % des enfants de moins de 2 ans le sont à un
acquise ne semble pas permanente. La pneumonie à myco-
moment donné. La transmission se fait de personne à per-
plasmes est aussi appelée pneumonie atypique et maladie d’Eaton.
sonne par des gouttelettes infectées et par contact indirect
En croissant sur un milieu contenant du sérum de che-
avec des objets fraîchement contaminés. La virulence de la
val ou un extrait de levure, les isolats provenant de frottis de
bactérie semble dépendre principalement de la résistance
la gorge ou de crachats constituent des colonies qui ont
de l’hôte, qui peut être affaiblie par le stress. Beaucoup de
un aspect caractéristique d’« œuf frit » (figure 24.15), trop
maladies touchant les personnes âgées évoluent vers une
petites pour être visibles à l’œil nu. Comme ils n’ont pas de
pneumonie pneumococcique.
paroi cellulaire, les mycoplasmes présentent des formes très
La réapparition d’une pneumonie pneumococcique
diversifiées (figure 11.17). Grâce à leur flexibilité, ils passent
n’est pas rare, mais en général l’agent infectieux est sérologi-
à travers les filtres dont les pores n’ont pas plus de 0,2 ␮m de
quement différent. Avant l’avènement de la chimiothérapie,
diamètre et qui retiennent la majorité des autres bactéries.
le taux de mortalité atteignait 25 %. Il ne dépasse pas 1 %
Le diagnostic fondé sur l’isolement de l’agent pathogène
maintenant chez les jeunes patients traités dès le début de la
n’est pas nécessairement utile pour déterminer le traitement
maladie mais, chez les patients âgés hospitalisés, il est encore
puisque le microorganisme, à croissance lente, prend par-
de près de 20 %. Le médicament d’élection est la pénicilline,
fois jusqu’à 2 semaines pour se développer. Cependant, on a
mais on a observé des souches de pneumocoques résistantes
grandement amélioré les épreuves diagnostiques au cours de
à cet antibiotique. Ce problème, qui va en s’aggravant, porte
ces dernières années. Elles comprennent maintenant l’ampli-
sur au moins 25 % des isolats dans certaines régions des
fication en chaîne par polymérase et des tests sérologiques
États-Unis. On a élaboré un vaccin à partir de la substance
permettant de déceler les anticorps IgM contre M. pneumoniæ.
capsulaire purifiée des 23 types de pneumocoques respon-
sables d’au moins 90 % des cas de pneumonie à pneumo-
coques. Ce vaccin est administré aux groupes les plus La légionellose
susceptibles d’être infectés, soit les personnes âgées et les indi- La légionellose, ou maladie du légionnaire, a attiré
vidus immunodéprimés. Par ailleurs, on a mis au point récem- pour la première fois l’attention du public en 1976,
ment un vaccin antipneumococcique conjugué (p. XXX). lorsqu’une série de décès se sont produits parmi les membres
16 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

peut survivre durant de longues périodes dans une eau faible-


ment chlorée. La résistance de Legionella au chlore et à la
chaleur s’explique peut-être par une association avec des
amibes présentes dans l’eau. Les bactéries sont ingérées par les
amibes, mais continuent de proliférer et survivent même à
l’intérieur d’amibes enkystées. De plus, elles sont résistantes
à la phagocytose.
On pense maintenant que la maladie du légionnaire a
toujours été relativement courante, bien que non connue.
Le nombre de cas déclarés est de plus de 1 000 par année,
mais on estime que l’incidence s’élève en fait à plus de
25 000 cas par année aux États-Unis ; on observe quelques
centaines de cas par année en France, mais bien moins au
Canada. Ce sont les hommes de plus de 50 ans qui risquent
le plus de contracter la légionellose, en particulier ceux qui
MO
1 mm font un usage abusif de tabac ou d’alcool, et ceux qui
souffrent d’une affection chronique.
FIGURE 24.15 Colonies de Mycoplasma pneumoniæ, agent
causal de la pneumonie à mycoplasmes. L. pneumophila est également responsable de la fièvre de
Pontiac, dont les symptômes comprennent de la fièvre, des
■ Les colonies de Mycoplasma pneumoniæ sont tellement douleurs musculaires et, en général, de la toux. Il s’agit d’une
petites que leur observation nécessite un agrandis- maladie bénigne et spontanément résolutive.
sement de 50 à 100ⴛ. La meilleure méthode diagnostique est la culture sur un
milieu sélectif à base de gélose d’extrait de levure de char-
bon. L’analyse des spécimens respiratoires se fait à l’aide
de techniques d’immunofluorescence et il existe un test à la
de l’American Legion qui avaient assisté à un congrès à sonde d’ADN. Les médicaments préférés sont l’érythro-
Philadelphie. En tout, 182 personnes avaient apparemment mycine et d’autres antibiotiques de la famille des macrolides,
contracté une maladie pulmonaire lors de cette réunion, et tels que l’azithromycine.
29 en moururent. Comme on n’arrivait pas à déterminer une
cause bactérienne, les décès furent attribués à une pneumonie La psittacose (ornithose)
virale. Des recherches plus poussées, principalement à l’aide Le terme psittacose vient de l’association de cette maladie
de techniques visant à localiser un présumé agent à rickettsies, avec les oiseaux de la famille des psittacidés, tels que les
ont permis de déterminer une bactérie jusque-là inconnue, perruches et les perroquets. Par la suite, on a découvert que
soit un bacille aérobie à Gram négatif qui a été appelé plusieurs autres types d’oiseaux peuvent transmettre cette
Legionella pneumophila. On connaît maintenant 39 espèces affection, par exemple les pigeons, les poulets, les canards
du genre Legionella, mais elles ne sont pas toutes pathogènes. et les dindes. On a maintenant recours à l’appellation orni-
La maladie du légionnaire est caractérisée par une fièvre those, plus générale.
atteignant 40,5 °C, de la toux et les symptômes généraux de L’agent responsable de la psittacose est Chlamydia psittaci,
la pneumonie. Elle ne semble pas être transmissible de per- une bactérie intracellulaire obligatoire, à Gram négatif.
sonne à personne. Des études récentes ont montré qu’il est Les chlamydias diffèrent des rickettsies, qui sont aussi des
facile d’isoler la bactérie des eaux naturelles. De plus, la bac- bactéries intracellulaires obligatoires, notamment par le fait
térie peut croître dans l’eau de condensation des systèmes de qu’elles forment de minuscules corps élémentaires à un
climatisation, de sorte que des épidémies observées dans des stade de leur cycle de vie (figure 11.14). Ces derniers,
hôtels, des centres d’affaires et des hôpitaux ont peut-être contrairement à la majorité des rickettsies, sont résistants aux
été causées par une transmission aérienne de la bactérie. On contraintes du milieu et se transmettent donc par voie
sait que des poussées récentes avaient comme origine des aérienne ; il n’est pas nécessaire qu’il y ait morsure pour que
baignoires à remous, des humidificateurs, des chauffe-eau, l’agent infectieux passe directement d’un hôte à un autre.
des douches et des fontaines décoratives. La psittacose est une forme de pneumonie qui cause
On a en outre démontré que L. pneumophila réside dans généralement de la fièvre, des maux de tête et des frissons. Il
les conduites d’eau de nombreux hôpitaux. La majorité des s’agit souvent d’une infection subclinique et le stress semble
établissements de ce type maintiennent, par mesure de sécu- augmenter la sensibilité à la maladie. Une perte du sens de
rité, une température relativement basse (de 43 à 55 °C) l’orientation, ou même du délire dans certains cas, indique
dans les conduites d’eau chaude, si bien que dans les zones une atteinte du système nerveux.
les plus froides du système la température est favorable à la La maladie se transmet rarement d’une personne à une
croissance de Legionella. Ce microorganisme est beaucoup autre ; elle se contracte la plupart du temps par contact avec de
plus résistant au chlore que la majorité des bactéries, et il la fiente ou d’autres exsudats d’oiseaux. L’un des modes de
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 17

R É S O LU T I O N D E C A S C L I N I Q U E S

Une infection des voies respiratoires


La description du problème comporte 3. Les symptômes de la patiente et la à l’espèce Streptococcus pneumoniæ.
des questions que le médecin de premier présence de cocci à Gram positif Il est donc possible que la pénicilline
recours et l’épidémiologiste du service de sont compatibles avec un diagnostic prescrite n’ait pas éliminé l’infection,
santé publique se posent lorsqu’ils tentent de pneumonie. Un traitement de car l’isolat de S. pneumoniæ est
de résoudre un problème clinique. 7 jours à la pénicilline est donc résistant à cet antibiotique.
Essayez de répondre à chaque question indiqué.Toutefois, les symptômes Quel(s) médicament(s) est (sont)
avant de poursuivre votre lecture. de la patiente continuent de se efficace(s) contre la souche isolée ?
manifester pendant les jours
1. Une femme de 39 ans se présente au 6. La souche isolée est sensible à la
suivants. Quelles analyses supplémen-
service des urgences ; depuis 4 jours, vancomycine et à l’érythromycine.
taires devrait-on effectuer ?
elle fait de la fièvre, a des frissons,
Partout dans le monde, on rencontre de
ressent de la fatigue, tousse et souffre 4. On inocule une gélose au sang avec
plus en plus fréquemment des souches
de douleurs dans la partie supérieure l’échantillon de sang de la patiente ;
pharmacorésistantes de S. pneumoniæ.
gauche du dos. L’examen physique les résultats sont illustrés dans la
Dans certaines régions, on a constaté
révèle un murmure vésiculaire figure b. La figure c représente les
que jusqu’à 35 % des isolats pneumo-
diminué, une température de 39 °C résultats de tests de sensibilité aux
cocciques ont une résistance relative
et un rythme accéléré des pulsations antibiotiques effectués sur l’isolat
à la pénicilline. Bon nombre des pneu-
cardiaques. La patiente présente une (dans le sens des aiguilles d’une
mocoques résistants à la pénicilline
infection chronique des sinus pour montre, en partant de la droite).
le sont aussi à d’autres antibiotiques.
laquelle elle a reçu trois traitements On teste la sensibilité de l’agent
Ce phénomène complique en général
aux antibiotiques au cours de pathogène aux antibiotiques suivants :
le traitement d’une infection pneumo-
l’année. Une radiographie des pou- la vancomycine (V), la pénicilline
coccique. Il faut alors employer des
mons met en évidence des infiltrats (P), la tétracycline (T), la strepto-
agents antimicrobiens plus coûteux, et
dans le lobe pulmonaire gauche. mycine (S) et l’érythromycine (E).
cela entraîne souvent une augmentation
De quelles informations supplémentaires Qu’indiquent les résultats ?
de la durée de l’hospitalisation et des frais
avez-vous besoin ?
5. La souche isolée provoque une médicaux. L’émergence de la résistance
2. Les résultats de la coloration de Gram hémolyse de type alpha sur la gélose aux antimicrobiens met en évidence
de crachats et d’un lavage des bron- au sang (figure b) ; la souche est l’importance de prévenir les infections
ches sont représentés dans la figure a. résistante à la pénicilline (figure c). streptococciques par la vaccination.
On a aussi prélevé un échantillon On détermine au moyen d’une SOURCE : Informations sur les médica-
de sang pour la mise en culture. réaction d’agglutination par les ments tirées de MMWR, vol. 46 (RR-08),
De quelle maladie peut-il s’agir ? Quel anticorps que les colonies de bac- 4 avril 1997.
serait le traitement le plus approprié ? téries ␣-hémolytiques appartiennent

E V

S P
T

a) b) c)

transmission les plus courants est l’inhalation de particules dans les animaleries sont le plus souvent (mais pas toujours)
d’excréments séchés. Quant aux oiseaux, ils ont habituelle- exempts de la maladie. Beaucoup d’oiseaux sont porteurs de
ment la diarrhée, le plumage ébouriffé, des troubles respira- l’agent pathogène dans la rate, sans présenter de symptômes ;
toires et un port mou. Les perruches et les perroquets vendus ils ne deviennent malades que s’ils sont soumis à un stress.
18 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Les employés des animaleries et les éleveurs de dindes sont les 5 à 10 ans après l’infection initiale. Il semble que pendant
personnes qui risquent le plus de contracter une ornithose. ce laps de temps l’agent pathogène réside dans le foie, où il
Le diagnostic repose sur l’isolement de la bactérie dans des risque de provoquer une forme d’hépatite.
œufs embryonnés ou sur une culture cellulaire. Des tests séro- C. burnetii est un parasite de plusieurs arthropodes, en
logiques permettent d’identifier l’organisme isolé. Il n’existe particulier de la tique du bétail, et il se transmet d’un animal
pas de vaccin, mais les tétracyclines sont des antibiotiques à un autre par la morsure de tique. Chez les animaux,
efficaces pour le traitement de la maladie chez les humains l’infection est habituellement subclinique. La tique du bétail
et les animaux. La guérison ne confère pas une immunité propage d’abord la maladie chez les bovins laitiers, et le
efficace, même si le titre d’anticorps dans le sérum est élevé. microbe est libéré dans les fèces, le lait et l’urine des bêtes
Le nombre de cas d’ornithose est généralement faible et infectées. Lorsque la maladie atteint un troupeau, elle s’y
les décès sont rares. Le fait que la maladie tarde à être dia- maintient par transmission par aérosol. Elle se transmet aux
gnostiquée constitue le principal danger.Avant l’avènement humains par l’ingestion de lait non pasteurisé et par l’inha-
de l’antibiothérapie, le taux de mortalité était d’environ lation d’aérosols des microbes produits dans les étables à
20 % en Amérique du Nord. vaches laitières et provenant principalement de débris pla-
centaires pendant la saison de vêlage. L’inhalation d’un seul
La pneumonie à Chlamydia agent pathogène suffit à provoquer l’infection, de sorte que
On a découvert que des épidémies d’une maladie respira- de nombreux travailleurs de l’industrie laitière contractent
toire étaient dues à un organisme du genre Chlamydia. On a au moins une infection subclinique. Le risque est également
d’abord cru qu’il s’agissait d’une souche de C. psittaci, mais élevé pour les employés des usines de transformation de la
on a nommé l’agent pathogène Chlamydia pneumoniæ et la viande ou de préparation des peaux. La température de pas-
maladie porte le nom de pneumonie à Chlamydia. Cette teurisation du lait, d’abord fixée de manière à détruire le
affection ressemble cliniquement à la pneumonie à myco- bacille tuberculeux, a été augmentée en 1956 de manière à
plasmes. (Il se pourrait qu’il existe une association entre garantir l’élimination de C. burnetii. En 1981, on a découvert
C. pneumoniæ et l’athérosclérose – c’est-à-dire l’obstruction un élément ressemblant à une endospore dont la présence
d’artères par des dépôts de matières grasses.) explique peut-être la résistance à la chaleur de la bactérie
La pneumonie à Chlamydia se transmet apparemment de (figure 24.16b).
personne à personne, probablement par voie respiratoire, On identifie l’agent pathogène par isolement, par cul-
mais pas aussi facilement que des infections comme la grippe. ture dans un embryon de poulet ou un œuf et par culture
Cette forme de pneumonie est assez courante en Amérique cellulaire. Les employés de laboratoire se servent de tests séro-
du Nord puisque près de un individu sur deux possède des logiques pour vérifier la présence d’anticorps spécifiques de
anticorps contre C. pneumoniæ. Il existe plusieurs tests séro- Coxiella dans le sérum d’un patient.
logiques servant au diagnostic, mais les résultats sont diffi- La majorité des cas de fièvre Q surviennent dans l’ouest
ciles à interpréter à cause de la variation antigénique. canadien et américain. La maladie est endémique dans les
L’antibiotique le plus efficace est la tétracycline. États de Californie, d’Arizona, d’Oregon et de Washington.
Il existe un vaccin pour les employés de laboratoire et les
La fièvre Q autres travailleurs exposés. La tétracycline constitue un trai-
Une maladie est apparue en Australie durant les années tement très efficace.
1930. Elle était caractérisée par une fièvre persistant de 1 à
2 semaines, des frissons, des douleurs thoraciques, des maux Autres pneumonies bactériennes
de tête intenses et d’autres signes et symptômes propres à une On découvre de plus en plus de bactéries responsables de
infection de type pulmonaire ; elle était rarement mortelle. pneumonies ; les plus importantes sont Staphylococcus aureus,
Étant donné qu’il n’y avait pas de cause évidente, on a nommé Moraxella catarrhalis, Streptococcus pyogenes et des anaérobies
l’affection fièvre Q (query signifiant « point d’interrogation »), résidant dans la cavité buccale. Des bacilles à Gram négatif,
un peu comme on dirait fièvre X. On a par la suite découvert tels que les espèces de Pseudomonas et Klebsiella pneumoniæ, pro-
que l’agent responsable était Coxiella burnetii, une bactérie voquent aussi parfois des pneumonies bactériennes. La pneu-
intracellulaire, parasite obligatoire (figure 24. 16a). Cette monie à Klebsiella touche principalement les personnes âgées
bactérie vit à l’intérieur du macrophagocyte qui l’a capturé dont la résistance est affaiblie, en particulier celles qui sont hos-
et peut s’y multiplier grâce aux conditions acides du pha- pitalisées, qui ont une déficience immunitaire ou qui souffrent
golysosome ; la bactérie contourne ainsi le moyen de défense d’alcoolisme. La pneumonie à Pseudomonas, bactérie qui fait
habituellement efficace de la phagocytose. La majorité des partie de la flore normale intestinale, est fréquente en milieu
bactéries intracellulaires, telles que les rickettsies (famille à hospitalier. Présentes sur de la literie souillée, les bactéries sont
laquelle appartient Coxiella), ne sont pas assez résistantes projetées dans l’air au cours des manœuvres de la réfection des
pour se transmettre par voie aérienne, mais C. burnetii fait lits. Pseudomonas résiste à de nombreux désinfectants et per-
exception grâce à sa grande résistance à la dessiccation. siste même sur les feuilles des plantes. Les personnes affaiblies
La complication la plus grave de la fièvre Q est l’endo- qui respirent l’air ambiant d’un hôpital sont particulièrement
cardite, que l’on observe dans 10 % des cas, généralement de susceptibles de contracter une pneumonie de cette nature.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 19

Coxiella burnetii dans une vacuole

a) Notez la croissance intracellulaire MET b) La cellule illustrée ici vient tout juste de se divi- MET
de Coxiella burnetii, dans les vacuoles 5 mm 0,5 mm
ser ; l’élément ressemblant à une endospore (E)
de la cellule hôte. est probablement responsable de la résistance
relative du microorganisme.
FIGURE 24.16 Coxiella burnetii, l’agent causal de la fièvre Q.

■ Quels sont les deux modes de transmission de la fièvre Q ?

Les viroses des voies d’une pneumonie est indéterminée, on suppose fréquemment
que l’affection est d’origine virale si on peut éliminer la pos-
respiratoires inférieures sibilité d’une pneumonie à mycoplasmes.
Objectifs d’apprentissage
Le virus respiratoire syncytial
■ Énumérer les agents responsables de la pneumonie virale.

■ Décrire l’épidémiologie de l’infection au VRS et de la L’infection au virus respiratoire syncytial (VRS) est pro-
grippe, et notamment la virulence des agents pathogènes bablement la principale cause de maladie respiratoire virale
en cause, leurs réservoirs, leurs modes de transmission, chez les jeunes enfants de 2 à 6 mois. Les symptômes com-
muns sont la toux creuse avec sécrétions abondantes, des
ainsi que les facteurs prédisposants de l’hôte réceptif.
frissons, de la dyspnée, des sibilances et des douleurs thora-
■ Décrire, pour l’infection au VRS et la grippe, les dommages
ciques ; les bronchioles sont souvent atteintes, ce qui entraîne
physiopathologiques et les symptômes de l’infection et une bronchiolite marquée par une détresse respiratoire grave.
les particularités de la réponse immunitaire, ainsi que La transmission se fait par contact direct avec les sécrétions,
les moyens de prévention et de traitement. par inhalation de gouttelettes et par contact avec des objets
■ Décrire les difficultés associées à la prévention et à la fraîchement contaminés. Le virus persiste près de 8 heures
thérapie de ces deux infections virales. sur les objets et une demi-heure sur les mains. Le VRS peut
aussi provoquer une pneumonie potentiellement mortelle
Un virus doit vaincre plusieurs défenses de l’hôte qui visent
chez les personnes âgées. Les épidémies ont lieu l’hiver et au
à le piéger et à le détruire avant qu’il atteigne les voies res-
début du printemps. Presque tous les enfants sont infectés
piratoires inférieures et y déclenche une maladie.
avant l’âge de 2 ans. Nous avons déjà mentionné que le VRS
est aussi responsable de cas d’otite moyenne. Il doit son nom
à l’une de ses caractéristiques ; il provoque en effet l’hybrida-
La pneumonie virale tion somatique, ou syncytium, lorsqu’on le met en culture
La pneumonie virale est une complication potentielle de cellulaire. Il existe maintenant plusieurs tests sérologiques
la grippe, de la rougeole et même de la varicelle. Un certain rapides, portant sur des échantillons de sécrétions des voies
nombre d’Enterovirus et d’autres virus sont responsables de respiratoires, qui permettent de déceler à la fois le virus et
pneumonies virales, mais on isole et on détermine l’agent ses anticorps.
responsable dans seulement 1 % des cas d’infections ressem- L’immunité naturelle acquise est pratiquement nulle. On a
blant à une pneumonie, car peu de laboratoires ont l’équipe- approuvé l’emploi d’un produit d’immunoglobuline pour la
ment requis pour analyser de façon adéquate des échantillons protection des jeunes enfants ayant des troubles respiratoires,
cliniques susceptibles de contenir un virus. Lorsque la cause tels que l’asthme, qui mettent leur vie en danger. Un vaccin
20 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

est actuellement soumis à des essais cliniques. On administre 2 à 8 segments


de la ribavirine (un médicament antiviral) en aérosol aux Spicule N d’ARN
patients gravement atteints. Ce traitement diminue sensible-
ment l’intensité des symptômes. Capside
(Enveloppe
protéinique)

La grippe Spicule H

Dans les pays industrialisés, la maladie la mieux connue est


sans doute la grippe, si on fait exception du rhume. Cette
affection est caractérisée par des frissons, de la fièvre (39 oC),
des maux de tête et de gorge, des douleurs musculaires
et de la fatigue. La guérison survient habituellement après Membrane
quelques jours, et des symptômes semblables au rhume lipidique
apparaissent lorsque la fièvre tombe. La diarrhée n’est pas un
symptôme normal de la maladie ; les malaises intestinaux
attribués à la « grippe intestinale » sont probablement dus à
une autre cause.
50 nm

Le virus grippal FIGURE 24.17 Structure détaillée du virus de la grippe. La


Le génome des virus du genre Influenzavirus est formé capside (enveloppe protéinique) est recouverte d’une membrane
lipidique et de deux types de spicules. Il y a huit segments d’ARN
de huit segments monocaténaires d’ARN, de longueurs dif-
à l’intérieur de la capside. Dans certaines conditions ambiantes,
férentes ; les fragments d’ARN sont entourés d’une capside le virus de la grippe adopte une morphologie filamenteuse.
(enveloppe protéinique) et d’une membrane externe lipidique
(figures 13.3b et 24.17). De nombreuses excroissances,
caractéristiques du virus, sont insérées dans la membrane
lipidique ; elles sont de deux types : les spicules d’hémaggluti- l’immunité acquise contre un type spécifique d’antigène.
nine (H) et les spicules de neuraminidase (N). Cette capacité de changement est responsable des épidémies,
Les spicules H – au nombre de 500 environ sur chaque y compris les pandémies de 1918, 1957 et 1968, décrites
virus – permettent au virus de reconnaître les cellules hôtes dans le tableau 24.1. Notez que l’on a isolé un virus grippal
et d’y adhérer, avant de les infecter. Les anticorps contre le pour la première fois en 1933 ; jusque-là, on déterminait la
virus grippal s’attaquent principalement à ces spicules. Le composition des antigènes des virus grippaux responsables
terme hémagglutinine évoque l’agglutination des globules d’épidémies par l’analyse des anticorps prélevés chez des
rouges (ou hémagglutination) qui se produit lorsque ceux- personnes infectées.
ci se mélangent à des virus. Cette réaction joue un rôle Les mutations antigéniques sont probablement dues à une
essentiel dans des tests sérologiques tels que la réaction recombinaison génétique majeure. Étant donné que l’ARN
d’inhibition de l’hémagglutination virale, souvent utilisée du virus grippal comporte huit segments, il s’est probable-
pour identifier le virus grippal et d’autres virus. ment produit une recombinaison dans le cas des infections
Les spicules N – au nombre de 100 environ par virus – provoquées par plus d’une souche. Il est aussi possible qu’il y
diffèrent des spicules H par leur aspect et leur fonction. Sur ait recombinaison de l’ARN de souches virales animales
le plan enzymatique, ils aident apparemment le virus à se (présentes chez les porcs, les chevaux et les oiseaux par
séparer de la cellule infectée après la réplication intracel- exemple) et de l’ARN de souches virales humaines. On
lulaire. Le virus est relâché par bourgeonnement à partir de pense que les porcs, les canards et les poulets (mais surtout les
la membrane cytoplasmique de la cellule hôte de sorte que, porcs, qui peuvent être infectés à la fois par des souches virales
au bout de quelques cycles de réplication, la cellule hôte humaines et par des souches virales aviaires) élevés dans des
meurt ; l’effet est donc cytocide. Les spicules N stimulent collectivités agricoles du sud de la Chine joueraient un rôle
également la formation d’anticorps, mais ces derniers ne particulièrement important dans les mutations génétiques –
sont pas aussi cruciaux pour la résistance de l’organisme à la d’où l’appellation « réservoir de mélange » donnée à ces ani-
maladie que les anticorps produits en réaction aux spicules H. maux. Les canards sauvages et d’autres oiseaux migrateurs
On détermine les souches virales à l’aide de la variation deviennent ainsi des porteurs asymptomatiques qui dissémi-
des antigènes H et N. On désigne les différents types d’anti- nent le virus dans des régions géographiques étendues.
gènes au moyen d’indices, par exemple H1, H2, H3, N1 et
N2. Chacun de ces symboles représente une souche virale
qui diffère sensiblement des autres par la composition pro- L’épidémiologie de la grippe
téinique des spicules. Ces variations, appelées mutations Entre deux grandes mutations antigéniques, il se produit de
antigéniques, sont assez décisives pour rendre inefficace petits changements annuels dans la composition de l’antigène,
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 21

On n’a pas encore réussi à élaborer un vaccin antigrippal


Tableau 24.1 Virus grippaux humains* qui procure une immunité durable à l’ensemble de la popu-
Sous-type Importance lation. Il est facile de mettre au point un vaccin contre une
Type antigénique Année de la maladie souche antigénique donnée du virus, mais chaque nouvelle
souche qui entre en circulation doit être déterminée rapide-
A H3N2 (la première pandémie 1889 Moyenne
« moderne », qui a débuté
ment, soit vers le mois de février, pour qu’on soit en mesure
dans le sud de la Chine) de créer et de distribuer un vaccin avant la fin de l’année. Des
H1N1 (Espagne) 1918 Grave représentants des CDC ont enseigné à des travailleurs médi-
H2N2 (Asie) 1957 Grave caux de Chine continentale les techniques servant à détecter
H3N2 (Hong-Kong) 1968 Moyenne les variations antigéniques du virus grippal. En recueillant
B Aucun 1940 Moyenne
des informations en Chine, au Japon et à Taïwan, on se rend
compte plus rapidement de l’apparition d’un nouveau type
C Aucun 1947 Très faible de virus. Cela accroît généralement les chances d’élaborer
* Il semble acquis que les souches H1, H2 et H3 sont infec- un vaccin annuel qui s’attaque aux types antigéniques les
tieuses pour les humains ; H4 et H5 infectent les animaux ; plus courants. À moins qu’il n’existe une souche particuliè-
cependant, c’est chez le porc que l’on trouve à la fois H4 rement virulente, on n’administre habituellement le vaccin
et H5. En 1997, il y a eu une épidémie causée par H5N1 dans qu’aux personnes âgées, au personnel hospitalier et à d’autres
la population de poulets de Hong-Kong. On n’a observé que
quelques cas mortels chez les humains, mais par mesure de
groupes à risque élevé. La majorité des vaccins sont polyva-
prévention tous les poulets de Hong-Kong ont été détruits. lents, c’est-à-dire qu’ils peuvent combattre plusieurs souches
SOURCE : Adapté de C. Mims et coll., Medical Microbiology, en circulation au même moment. À l’heure actuelle, les
2e éd., London, Mosby International, 1998. virus grippaux utilisés pour la fabrication de vaccins sont
cultivés dans des œufs embryonnés. L’efficacité des vaccins
est en général de 70 à 90 %, mais la protection ne dure
probablement pas plus de 3 ans pour les souches visées. On
élabore en ce moment de nouveaux types de vaccins anti-
grippaux ; on devrait bientôt approuver l’emploi d’un vaccin,
appelés dérives antigéniques. Par exemple, même si on administré sous forme d’aérosol nasal. On effectue égale-
désigne toujours un virus par H3N2, des souches reflétant de ment des essais avec des vaccins dont les virus sont obtenus
petites variations des antigènes, à l’intérieur du groupe dans des cultures cellulaires. L’approbation de ces vaccins
antigénique, font leur apparition. On assigne parfois à ces mettrait fin à l’engorgement de la production et éliminerait
souches virales un nom relié au lieu où elles ont été décou- le risque de réaction allergique associé aux virus cultivés
vertes. En général, elles présentent uniquement une altéra- dans des œufs.
tion d’un seul acide aminé de la composition protéinique
Presque chaque année, notamment aux mois de novembre
des spicules H ou N. Une mutation simple, mineure, de ce
type constitue probablement une réaction à une pression et mars, des épidémies de grippe s’étendent rapidement à
sélective exercée par les anticorps (habituellement des anti- des populations de grande taille. La maladie se transmet par
corps IgA localisés dans les muqueuses), qui neutralisent contact direct avec des gouttelettes projetées dans l’air
tous les virus sauf ceux qui présentent la dernière mutation. lors d’éternuements ou de toux ; à partir d’objets conta-
On peut s’attendre à ce qu’une dérive antigénique survienne minés ; et par autocontamination par des mains contami-
lors de une multiplication du virus sur un million. Un taux nées. Le virus peut survivre près de 48 heures sur les objets
élevé de mutations est une caractéristique des virus à ARN, inanimés, quelques heures dans des sécrétions séchées et
qui n’ont pas la même capacité de « correction d’épreuve » quelques minutes sur la peau. Ainsi, la transmission est si
que les virus à ADN. facile que des épidémies se produisent dès l’apparition d’une
Lorsqu’une dérive antigénique a lieu, un vaccin efficace souche modifiée. Le taux de mortalité n’est pas élevé –
par exemple contre H3 sera désormais moins efficace contre généralement moins de 1 % – et les décès surviennent le plus
les isolats de cette souche en circulation 10 ans après la varia- souvent chez les très jeunes enfants ou les personnes très
tion. Le changement aura alors été assez important pour que âgées. Cependant, le nombre de personnes infectées lors
le virus échappe en grande partie à l’action des anticorps d’une grande épidémie est tellement important que le
produits en réaction à la souche originale. nombre total de décès est souvent considérable. Habi-
On classe également les virus grippaux en trois grands tuellement, la cause des décès n’est pas la grippe elle-même,
groupes, A, B et (parfois) C, selon les antigènes contenus mais une surinfection bactérienne. La bactérie H. influenzæ
dans leur capside. Les virus du type A, les plus virulents, sont doit son nom au fait qu’on a cru à tort qu’elle était le
responsables de la majorité des principales pandémies ; les principal agent causal de la grippe, et non un germe res-
virus du type B sont aussi en circulation et ils subissent des ponsable d’une infection secondaire. S. aureus et S. pneu-
mutations, mais ils provoquent généralement des infections moniæ sont deux autres germes d’infections secondaires
moins étendues sur le plan géographique et plus légères. importants.
22 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

Lorsqu’il est question de la grippe, on ne peut passer dont les résultats devraient être disponibles en moins d’une
sous silence la grande pandémie de 1918-1919*, qui a entraîné heure, dans le cabinet même du médecin.
la mort de plus de 20 millions de personnes à l’échelle mon-
diale. On ne sait pas exactement pourquoi le nombre de
décès a été aussi élevé.Aujourd’hui, la majorité des victimes
sont de très jeunes enfants ou des personnes très âgées mais, Les mycoses des voies
en 1918-1919, le taux de mortalité a été particulièrement
élevé chez les jeunes adultes, qui mouraient souvent en quel- respiratoires inférieures
ques heures. L’infection, qui se limite d’ordinaire aux voies
Objectifs d’apprentissage
respiratoires supérieures,envahissait les poumons et causait une
pneumonie virale, en raison d’une modification particulière ■ Décrire l’épidémiologie de trois mycoses du système

de la virulence. respiratoire, et notamment la virulence des agents patho-


Des données indiquent que le virus infectait aussi des gènes en cause, leurs réservoirs, leurs modes de transmis-
cellules de divers organes du corps. Aujourd’hui encore, on sion, ainsi que les facteurs prédisposants de l’hôte réceptif.
tente de déterminer les particularités génétiques du virus ■ Relier pour la coccidioidomycose et la pneumonie à
responsable qui expliqueraient sa pathogénicité. On a ainsi Pneumocystis les dommages physiopathologiques et les
effectué des analyses à l’aide de l’amplification en chaîne par symptômes de l’infection au pouvoir pathogène des mycètes
polymérase sur des tissus prélevés sur des victimes de 1918, en cause.
et même sur des cadavres exhumés de tombes situées dans
des zones de l’Arctique où le sol est gelé en permanence. De nombreux mycètes produisent des spores qui se dissémi-
La grippe s’accompagne fréquemment de complications nent dans l’air. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs
bactériennes qui, avant l’avènement des antibiotiques, étaient mycoses graves touchent les voies respiratoires inférieures.
souvent mortelles. La souche virale de 1918 est apparemment Le taux des infections fongiques a augmenté au cours des
devenue endémique chez une population de porcs aux dernières années. Les mycètes opportunistes sont capables
États-Unis, où elle avait peut-être pris naissance. La grippe de se développer chez les personnes immunodéprimées,
se propage encore parfois aux humains à partir de ce type de dont le nombre s’est considérablement accru depuis l’appa-
réservoir, mais elle ne s’est jamais disséminée autant que rition du SIDA et la mise sur le marché d’anticancéreux et
l’infection virulente de 1918. de médicaments destinés aux receveurs d’une greffe.
Deux médicaments antiviraux, l’amantadine et la riman-
tadine, réduisent sensiblement les symptômes de la grippe de
type A s’ils sont administrés rapidement. Deux autres médi-
caments, mis sur le marché récemment, sont des inhibiteurs L’histoplasmose
de la neuraminidase, que le virus utilise pour se séparer de la L’histoplasmose ressemble à première vue à la tuberculose.
cellule hôte après la reproduction. Ce sont le zanamivir En fait, on a découvert que cette maladie était plus fré-
(RelenzaMD), qui doit être inhalé, et le phosphate d’oselta- quente qu’on ne le croyait lorsque des séries de radiogra-
mivir (TamifluMD), administré oralement. Si on prend ces phies pulmonaires ont révélé la présence de lésions chez bon
médicaments moins de 30 heures après le début de la grippe, nombre de personnes dont les tests à la tuberculine étaient
les symptômes durent moins longtemps, mais ni l’un ni l’autre négatifs.
ne peut remplacer le vaccin. Les complications bactériennes La maladie est fréquemment asymptomatique. S’il y a
de la grippe peuvent faire l’objet d’une antibiothérapie. des symptômes, ils sont généralement mal définis et souvent
L’identification sérologique complète d’isolats de virus subcliniques, de sorte que la maladie est prise pour une
grippaux est généralement effectuée par les grands labora- infection bénigne des voies respiratoires. Toutefois, cette
toires. On élabore à l’heure actuelle des tests diagnostiques primo-infection entraîne une hypersensibilité chez la per-
sonne qui peut être mise en évidence par un test d’intrader-
moréaction à l’histoplasmine. Dans quelques cas, variant de
* Il est probable que l’on ne pourra jamais déterminer de façon certaine 5 à 0,1 % selon les régions, l’histoplasmose évolue vers une
l’origine de cette célèbre pandémie ; cependant, selon les données les maladie systémique grave. Le plus souvent, l’infection atteint
plus fiables, les premiers cas bien documentés auraient été observés d’abord les poumons, puis les agents pathogènes peuvent se
parmi les recrues des forces armées américaines de Camp Funston, au répandre dans le sang et la lymphe, et causer ainsi des lésions
Kansas, en mars 1918. L’infection se serait ensuite répandue rapidement
dans presque tous les organes du corps. Cela se produit
chez les militaires, jusque sur le front occidental en France, où des
lorsque l’inoculum est exceptionnellement important ou
troupes avaient été dépêchées. La censure militaire a interdit la révéla-
tion du fait que les troupes, de part et d’autre du front, étaient dans lors de la réactivation de l’infection, chez un sujet dont le
l’incapacité de combattre ; les premières descriptions de la situation système immunitaire est affaibli (par le SIDA, par exemple)
parurent dans les journaux lorsque l’épidémie avait déjà atteint ou chez un sujet présentant une anomalie structurale ou
l’Espagne, d’où l’appellation de « grippe espagnole » fréquemment fonctionnelle de son système respiratoire. Dans ces deux
utilisée pour désigner la pandémie. derniers cas, l’infection est opportuniste.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 23

L’agent responsable, Histoplasma capsulatum, est un mycète


dimorphe, c’est-à-dire qu’il présente une morphologie levu-
riforme lorsqu’il se développe dans les tissus (figure 24.18a),
tandis que dans le sol ou sur un milieu de culture artificiel
il produit un mycélium filamenteux porteur de conidies
reproductrices (figure 24.18b). Dans l’organisme humain,
l’agent levuriforme réside dans des macrophagocytes, où il
survit et se reproduit.
Bien que l’histoplasmose soit répandue à l’échelle mon-
diale, on l’observe, en Amérique du Nord, en particulier dans
une région bien délimitée des États-Unis (figure 24.19). En
général, elle est présente dans les États riverains du Mississippi
et de la rivière Ohio. Plus de 75 % de la population de cer-
tains de ces États possède des anticorps contre l’infection,
alors qu’ailleurs, par exemple dans le nord-est, il est rare FIGURE 24.19 Distribution des cas d’histoplasmose aux États-
qu’un test soit positif. Dans l’ensemble des États-Unis, on Unis. Les régions en jaune sont celles où la maladie est présente.
dénombre annuellement une cinquantaine de décès dus à
■ L’histoplasmose est une mycose systémique.

H. capsulatum l’histoplasmose. Au Québec, on a signalé quelques cas dans


levuriforme la région de Montréal et dans la vallée du Saint-Laurent.
Les humains contractent la maladie en inhalant des
poussières riches en spores, produites dans des conditions
propices d’humidité et de pH, qu’on rencontre principale-
ment dans les endroits riches en accumulations d’excré-
ments d’oiseaux ou de chauves-souris, tels que les fermes et
les grottes. Les oiseaux ne sont pas eux-mêmes porteurs de
la maladie parce que leur température corporelle est relati-
vement élevée, mais les fientes contiennent des nutriments
et constituent notamment une source d’azote pour le mycète.
a) Morphologie levuriforme caractéristique MO
La température des chauves-souris est plus faible que celle
5 mm des oiseaux, et ces animaux sont porteurs du mycète, qu’ils
de la croissance dans un tissu, à 37 °C. Notez
la présence d’une cellule bourgeonnante excrètent dans leurs fèces, contaminant ainsi de nouvelles
à proximité du centre. portions de sol.
Les signes cliniques et les antécédents du patient, des
tests sérologiques, des sondes d’ADN et, surtout, l’isolement
de l’agent pathogène ou son identification dans des prélève-
ments tissulaires sont indispensables pour établir un diagnostic
exact. La chimiothérapie la plus efficace à l’heure actuelle est
l’administration d’amphotéricine B ou d’itraconazole.

La coccidioïdomycose
La coccidioïdomycose est aussi une mycose pulmonaire,
mais sa distribution est relativement limitée. L’agent causal,
Coccidioides immitis, est un mycète dimorphe. On rencontre
des conidies (spores) dans les régions semi-désertiques telles
b) Forme filamenteuse, productrice de spores, MO
que les sols alcalins secs du sud-ouest des États-Unis (Texas,
50 mm Californie et Arizona) et dans des sols du même type
présente dans le sol à des températures infé-
rieures à 35 °C ; les particules infectieuses du nord du Mexique et d’Amérique centrale ou du Sud.
sont généralement des spores. Étant donné que la maladie est fréquente dans la vallée du
FIGURE 24.18 Histoplasma capsulatum, mycète dimorphe
San Joaquin, en Californie, elle est parfois appelée fièvre du
responsable de l’histoplasmose. désert ou fièvre de San Joaquin. Dans les tissus, le microorga-
nisme forme des granulomes à paroi épaisse, remplis de
■ Que signifie le terme dimorphe ? spores, appelés sphérules ou sporanges (figure 24.20). Dans le
24 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

sol, il produit des filaments qui se reproduisent par la forma- en Arizona. Les facteurs favorisants comprennent la crois-
tion d’arthroconidies qui, transportées par le vent, transmet- sance du nombre de résidents âgés et de personnes porteuses
tent l’infection. Il existe souvent une telle abondance du VIH ou atteintes du SIDA, de même que la période de
d’arthroconidies qu’une personne peut contracter la maladie grande sécheresse, qui a facilité la transmission par les pous-
simplement en conduisant son véhicule dans une région sières.Aux États-Unis, on estime que le nombre d’infections
endémique, surtout s’il y a des tourbillons de poussière. est de 100 000 par année et on dénombre annuellement de
Ainsi, on a observé une augmentation de l’incidence de la 50 à 100 décès dus à la maladie.
maladie après un tremblement de terre. On utilise l’amphotéricine B pour traiter les cas graves.
La majorité des infections ne sont pas apparentes, et Cependant, des médicaments imidazolés moins toxiques,
presque toutes les victimes guérissent en quelques semaines, dont le kétoconazole et l’itraconazole, sont des substances
même si elles ne sont pas traitées. Les symptômes de la coc- de remplacement utiles.
cidioïdomycose comprennent des douleurs musculaires et
parfois de la fièvre, de la toux, des infiltrats pulmonaires et
une perte de poids. Dans moins de 1 % des cas, une maladie La pneumonie à Pneumocystis
évolutive semblable à la tuberculose s’étend à tout l’orga- La pneumonie à Pneumocystis est causée par Pneumocystis
nisme humain. Dans cette forme plus sévère de la maladie, il carinii (figure 24.21). La classification taxinomique de ce
apparaît des nodules dans les poumons et parfois, dans d’autres microbe prête à controverse depuis sa découverte en 1909.
organes ; ces nodules sont souvent confondus avec des can- On a d’abord pensé qu’il s’agissait d’un trypanosome à un
cers pulmonaires. Chez une bonne proportion des adultes stade non mature, mais on n’est jamais arrivé à déterminer
habitant depuis longtemps dans une zone où l’infection est de façon certaine s’il est un protozoaire ou un mycète, car il
endémique, le test cutané démontre l’existence d’une infec- présente des caractéristiques des deux types de microorga-
tion à C. immitis antérieure. nismes. Des analyses récentes de l’ARN et d’autres proprié-
La coccidioïdomycose ressemble tellement à la tubercu- tés structurales indiquent qu’il est étroitement apparenté à
lose qu’il est nécessaire d’isoler l’agent pathogène pour éta- certaines levures.
blir un diagnostic exact. La méthode la plus fiable consiste La pneumonie à Pneumocystis sévit dans toutes les
à déterminer la présence de sphérules dans des tissus ou des régions du globe, et elle est parfois endémique en milieu
liquides. On peut mettre en culture le mycète prélevé dans hospitalier. L’agent pathogène est normalement présent dans
un liquide ou une lésion, mais les employés de laboratoire les poumons d’adultes sains, mais il déclenche une infection
doivent prendre bien soin de ne pas inhaler d’aérosols infec- opportuniste chez les patients immunodéprimés. Ce groupe
tieux. Il existe plusieurs tests sérologiques et sondes d’ADN comprend les personnes qui reçoivent des médicaments
permettant d’identifier les isolats. Un test cutané à la tuber- immunodépresseurs, destinés à réduire au minimum le risque
culine sert à éliminer la possibilité d’un cas de tuberculose. de rejet de tissus greffés, et celles dont le système immuni-
L’infection atteint particulièrement les hommes adultes ; taire est affaibli par le cancer. Les patients atteints du SIDA
des facteurs hormonaux seraient en cause. L’incidence de la sont également très sensibles à P. carinii, sans doute à cause de
coccidioïdomycose a augmenté récemment en Californie et la réactivation d’une infection asymptomatique.

FIGURE 24.20 Le cycle de vie 3 Une arthroconidie aéroportée 4 L’ arthroconidie inhalée grossit
de Coccidioides immitis, agent est inhalée. et commence à se transformer
causal de la coccidioïdomycose. en sphérule.
Des arthroconidies
■ Les arthroconidies se se propagent Les endospores
trouvent dans le sol et dans l’air. Une partie des libérées se Sphérule (diamètre
la poussière des régions arthroconidies disséminent d’environ 30 mm)
retournent dans un tissu
semi-désertiques. Les arthroconidies dans le tissu
se séparent de dans le sol et chacune
l’hyphe. se transforme
en une
2 L’hyphe nouvelle 5 Les endospores
commence à sphérule se développent
se segmenter Sol Humain dans la sphérule.
en arthroconidies.

Hyphe
tubulaire
6 La sphérule libère
des endospores.
1 Une arthroconidie (d’environ 5 mm de
longueur) germe dans un hyphe tubulaire.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 25

1 Le kyste mature contient huit corps FIGURE 24.21 Le cycle


intrakystiques. de vie de Pneumocystis
Kyste carinii, agent causal
de la pneumonie à
Pneumocystis. Longtemps
classé parmi les proto-
2 En se rompant, zoaires, Pneumocystis carinii
le kyste libère les est maintenant considéré
Corps corps qu’il contient. le plus souvent comme
intrakystiques un mycète, mais il possède
des caractéristiques des
deux types de micro-
organismes.
5 Chaque trophozoïte se ■ Pneumocystis
transforme en kyste mature.
carinii est un
agent oppor-
4 Les trophozoïtes 3 Les corps intrakystiques tuniste qui affecte
se divisent. se transforment en trophozoïtes. particulièrement
les personnes
atteintes du SIDA.
Trophozoïte

Avant le début de l’épidémie de SIDA, la pneumonie à


Pneumocystis était une maladie rare ; on en dénombrait peut-
être une centaine de cas par année. En 1993, la maladie a été Kystes
un indicateur du SIDA dans plus de 20 000 cas.
Dans les poumons d’un humain, les mycètes résident
principalement dans la paroi des alvéoles. Ils y forment un
kyste à paroi épaisse, dans lequel des corps intrakystiques
sphériques se divisent successivement durant le cycle de repro-
duction sexuée (figure 24.21). 1 Le kyste mature contient
huit corps intrakystiques, 2 qu’il finit par libérer en se rom-
pant. 3 Chaque corps intrakystique se transforme alors en
trophozoïte. 4 – 5 Les cellules trophozoïtes peuvent se
reproduire de façon asexuée, par scissiparité, mais elles peuvent
aussi passer au stade sexué à l’intérieur du kyste (figure 24.22).
La reproduction de P. carinii entraîne donc des lésions tissu-
laires qui perturbent le fonctionnement des poumons.
À l’heure actuelle,le médicament de choix est un composé
MEB
de deux antibiotiques agissant en synergie, le triméthoprime- 5 mm
sulfaméthoxazole (BactrimMD), mais on le remplace souvent FIGURE 24.22 Pneumocystis carinii. P. carinii au stade kystique,
par l’iséthionate de pentamidine. dans une alvéole d’un poumon de singe.

La blastomycose (nord-américaine) sous forme filamenteuse dans le sol ; il survit aussi sous
La blastomycose est une maladie surtout nord-américaine forme de conidies dans le sol. On dénombre annuellement
qui sévit notamment aux États-Unis dans la vallée du Missis- aux États-Unis de 30 à 60 décès consécutifs à une infection
sippi et de l’Ohio ; au Canada, on la retrouve dans le sud de disséminée, mais la majorité des cas sont asymptomatiques.
l’Ontario et de l’Alberta ainsi que dans la vallée du Saint- La transmission se fait par inhalation du mycète ou par
Laurent au Québec. Le microorganisme se développe pro- son introduction dans le corps à la suite d’un traumatisme
bablement dans le sol lorsque ce dernier est riche en matières cutané. L’infection, qui touche d’abord les poumons, peut se
organiques. La maladie est provoquée par Blastomyces dermati- répandre rapidement et entraîner des lésions secondaires.
tidis, un mycète dimorphe existant sous forme de levure On observe fréquemment des ulcères cutanés, la formation
dans les tissus des êtres humains et animaux à sang chaud et d’abcès étendus et la destruction de tissus. L’atteinte cutanée
26 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

peut aussi être l’unique manifestation de la maladie en gillus flavus, une moisissure des céréales, des arachides, secrète
particulier chez les individus dont le système immunitaire une aflatoxine qui a des effets mutagènes (chapitre 8, p. 251).
est affaibli par un diabète ou le SIDA. L’agent pathogène Le compost constitue un milieu propice à la croissance de
peut être isolé d’un échantillon de pus ou d’un prélèvement ces mycètes, de sorte que les agriculteurs et les jardiniers
par biopsie. L’amphotéricine B constitue généralement un sont fréquemment en contact avec une quantité infectieuse
traitement efficace. de ce type de spores.
Des personnes contractent des infections pulmonaires
similaires lorsqu’elles sont exposées à des spores de moisissures
Autres mycètes associés de genres différents, tels que Rhizopus et Mucor. Certaines
à des maladies respiratoires de ces maladies sont très dangereuses, en particulier les asper-
gilloses pulmonaires envahissantes. Les facteurs prédisposants
Plusieurs autres mycètes opportunistes sont susceptibles comprennent un affaiblissement du système immunitaire, le
de causer des maladies respiratoires, en particulier chez les cancer et le diabète. Comme pour la majorité des infections
personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies chro- fongiques systémiques, il existe peu d’agents antifongiques
niques (cancer, diabète par exemple) ou en contact avec un efficaces ; il semble que l’amphotéricine B soit le plus utile.
nombre considérable de spores. L’aspergillose est une infec-
tion importante de ce type, qui se transmet par les spores * * *
d’Aspergillus fumigatus et d’autres espèces du genre Aspergillus Le tableau 24.2 présente une récapitulation des maladies
souvent présentes dans la végétation en putréfaction.Asper- respiratoires infectieuses décrites dans le présent chapitre.

Tableau 24.2 Maladies infectieuses du système respiratoire


Maladie Agents pathogènes Remarques

Bactérioses des voies respiratoires supérieures


Pharyngite (ou Streptocoques, en particulier Inflammation des muqueuses de la gorge.
angine) streptococcique Streptococcus pyogenes
Scarlatine Souches de Streptococcus pyogenes L’exotoxine streptococcique provoque des rougeurs sur la peau
productrices d’une toxine érythrogène et la langue, et la desquamation de la peau touchée.
Diphtérie Corynebacterium diphteriæ L’exotoxine bactérienne perturbe la synthèse des protéines et
cause des dommages au cœur, aux reins et à d’autres organes ;
formation d’une membrane dans la gorge ; il existe une forme
cutanée de la maladie.
Otite moyenne Diverses bactéries, en particulier L’accumulation de pus dans l’oreille moyenne se traduit par
Staphylococcus aureus, Streptococcus une pression accrue sur la membrane du tympan, qui cause des
pneumoniæ et Hæmophilus influenzæ douleurs.
Viroses des voies respiratoires supérieures
Rhume Coronavirus et Rhinovirus Symptômes familiers : toux, éternuements et écoulement nasal.
Bactérioses des voies respiratoires inférieures
Coqueluche Bordetella pertussis Les cils des voies respiratoires supérieures sont inactivés ; le
mucus s’accumule et les tentatives pour l’expulser provoquent
une forte toux spasmodique.
Tuberculose Mycobacterium tuberculosis Les bacilles tuberculeux qui entrent dans les poumons survivent
Mycobacterium bovis à la phagocytose et se reproduisent dans des macrophagocytes ;
formation de tubercules visant à isoler les agents pathogènes ;
les défenses finissent par être vaincues et l’infection devient
systémique.
Pneumonie à Streptococcus pneumoniæ Les alvéoles pulmonaires infectées se remplissent de liquide, ce
pneumocoques qui perturbe les échanges gazeux.
Pneumonie à Hæmophilus influenzæ Symptômes ressemblant à ceux de la pneumonie à
Hæmophilus influenzæ sérotype b pneumocoques.
Pneumonie Mycoplasma pneumoniæ Symptômes respiratoires légers mais durables ; fièvre peu élevée,
à mycoplasmes toux et maux de tête.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 27

Tableau 24.2 (suite)


Maladie Agents pathogènes Remarques

Légionellose Legionella pneumophila Pneumonie potentiellement mortelle touchant particulièrement


les hommes âgés qui font un usage abusif de l’alcool ou du
tabac. L’agent pathogène se développe notamment dans l’eau
des tours de refroidissement des conditionneurs d’air.
Psittacose (ornithose) Chlamydia psittaci Les symptômes, s’ils sont présents, comprennent de la fièvre,
des maux de tête et des frissons. Le mode de transmission
le plus fréquent est le contact avec des excréments d’oiseaux.
Pneumonie à Chlamydia Chlamydia pneumoniæ Maladie respiratoire bénigne, fréquente chez les jeunes ; ressemble
à la pneumonie à mycoplasmes.
Fièvre Q Coxiella burnetii Maladie respiratoire bénigne qui dure de 1 à 2 semaines ;
accompagnée parfois de complications telles que l’endocardite.
Viroses des voies respiratoires inférieures
Maladie à virus respi- Virus respiratoire syncytial Maladie respiratoire grave touchant les jeunes enfants.
ratoire syncytial (VRS)
Grippe Influenzavirus ; plusieurs sérotypes Maladie caractérisée par des frissons, de la fièvre, des maux
de tête et des douleurs musculaires. Le virus change rapidement
de caractéristiques antigéniques, de sorte que la guérison
ne confère qu’une immunité restreinte.
Mycoses des voies respiratoires inférieures
Histoplasmose Histoplasma capsulatum L’agent pathogène se développe dans le sol, en particulier
dans les endroits contaminés par des excréments d’oiseaux.
La maladie est très répandue dans les vallées de l’Ohio et du
Mississippi ; parfois mortelle.
Coccidioïdomycose Coccidioides immitis L’agent pathogène se développe dans les sols arides du sud-
ouest des États-Unis. L’infection, très répandue dans cette
région, est parfois mortelle.
Pneumonie Pneumocystis carinii Complication fréquente et grave du SIDA ; asymptomatique
à Pneumocystis chez les personnes immunocompétentes.
Blastomycose Blastomyces dermatitidis Mycose rare mais très grave, présente dans la vallée du
Mississippi, où l’agent pathogène se développe dans le sol.

2. Les poils rugueux du nez filtrent les grosses particules


contenues dans l’air qui pénètre dans les voies respiratoires.
3. La muqueuse ciliée du nez et du pharynx emprisonne
les particules dans le mucus et le mouvement des cils
les élimine du corps.
INT RODU CTION ( p . XXX) 4. Les amygdales, qui sont composées de tissu lymphoïde,
1. Les infections des voies respiratoires supérieures sont le type assurent l’immunité contre certaines infections.
d’infection le plus courant. 5. Les voies respiratoires inférieures comprennent le larynx,
2. Les agents pathogènes qui pénètrent dans le système respi- la trachée, les bronches et les alvéoles pulmonaires.
ratoire sont susceptibles d’infecter d’autres parties du corps. 6. L’escalier mucociliaire des voies respiratoires inférieures
contribue à empêcher les microorganismes de se rendre
dans les poumons.
L A S TRUCTURE ET LES FONCTIONS 7. Le lysozyme, une enzyme présente dans les sécrétions,
DU S YS T È ME R ESPIR ATOIRE ( p . X X X -X X X ) détruit les bactéries inhalées.
1. Les voies respiratoires supérieures comprennent le nez, 8. Les microbes qui pénètrent dans les poumons peuvent
le pharynx et les structures associées, telles que l’oreille être digérés par les macrophagocytes alvéolaires.
moyenne et la trompe auditive. 9. Le mucus des voies respiratoires contient des anticorps IgA.
28 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

L A F LORE NORMA LE D U S YS TÈME 4. Les symptômes comprennent un érythème rouge rosé,


R E S P IRATOIRE (p . XXX) une fièvre élevée et une langue dite framboisée (papilles
enflammées saillantes sur un enduit rouge écarlate).
1. La flore normale de la cavité nasale et du pharynx exerce
un effet barrière contre l’implantation de microorganismes
pathogènes ; toutefois, la flore transitoire est susceptible de La diphtérie (p . X X X -X X X )
comprendre des microorganismes pathogènes. 1. La diphtérie est provoquée par Corynebacterium diphteriæ,
2. Les voies respiratoires inférieures sont habituellement stériles, une bactérie productrice d’exotoxine.
grâce à l’efficacité de l’escalier mucociliaire et des anticorps 2. C. diphteriæ produit une exotoxine lorsqu’il est infecté
de type Ig A. par un phage lysogène ; ce dernier introduit alors le gène
de la toxine dans la bactérie.
3. Il se forme dans la gorge une membrane, contenant de
LES MALADIES INFECTIEUSES DES VOIES la fibrine et des cellules humaines et bactériennes mortes,
RESPIRATOIRES SUPÉRIEURES ( p . XXX -X X X ) qui risque de faire obstacle au passage de l’air.
4. L’exotoxine inhibe la synthèse des protéines et entraîne
1. Des zones données des voies respiratoires supérieures sont la mort cellulaire ; il peut en résulter des dommages au cœur,
susceptibles d’être infectées, provoquant ainsi, selon le cas, aux reins et aux nerfs.
une pharyngite, une laryngite, une amygdalite, une sinusite 5. Le diagnostic de laboratoire repose sur l’isolement de la bac-
ou une épiglottite. térie et sur la culture sur des milieux différentiels et sélectifs.
2. Les infections des voies respiratoires supérieures peuvent 6. Il faut administrer une antitoxine pour neutraliser la toxine ;
être causées par diverses bactéries et par divers virus ou, les antibiotiques inhibent la croissance des bactéries.
fréquemment, par une association de ces agents pathogènes.
7. En Amérique du Nord, le programme de vaccination
3. La majorité des infections des voies respiratoires supérieures comprend le vaccin DCT qui contient l’anatoxine diphtérique.
sont spontanément résolutives.
8. La diphtérie cutanée est caractérisée par l’apparition d’ulcères
4. H. influenzæ type b peut provoquer une épiglottite. à cicatrisation lente.
9. Dans la diphtérie cutanée, l’exotoxine est faiblement dissémi-
L E S BACT É RIOSES D ES VOIES née dans la circulation sanguine.
R E S P IRATOIRES SUPÉRIEUR ES ( p . XXX -X X X )
L’otite moyenne (p . X X X )
La pharyngite streptococcique ( p . XXX)
1. L’otite moyenne est une complication potentielle des infections
1. La pharyngite (ou angine) streptococcique est due à des du nez et du pharynx.
streptocoques ␤-hémolytiques du groupe A ; ces bactéries 2. L’accumulation de pus entraîne une augmentation
font toutes partie de l’espèce Streptococcus pyogenes capables de de la pression sur la membrane du tympan.
résister à la phagocytose. 3. Les agents pathogènes bactériens comprennent Streptococcus
2. Les symptômes comprennent l’inflammation des muqueuses, pneumoniæ, Hæmophilus influenzæ non encapsulé, Moraxella
le gonflement des nœuds lymphatiques et de la fièvre ; catarrhalis, Streptococcus pyogenes et Staphylococcus aureus.
l’amygdalite ou l’otite moyenne constituent des complica-
tions potentielles.
3. Des réactions d’agglutination indirecte permettent de poser L ES VI RO S ES D ES VO I ES R ES P I R ATOI RE S
rapidement un diagnostic préliminaire, mais seule l’observa-
S UP ÉR I EUR ES (p . X X X )
tion de l’augmentation des anticorps IgM autorise l’établisse-
ment d’un diagnostic formel. Le rhume (p . X X X )
4. Le médicament de choix est la pénicilline.
1. On connaît près de 200 virus différents susceptibles de
5. L’immunité contre les infections streptococciques est spécifique causer le rhume ; les Rhinovirus sont responsables d’environ
du sérotype. 50 % des cas.
6. La pharyngite streptococcique se transmet généralement 2. Les symptômes comprennent des éternuements,
par des gouttelettes ; elle était autrefois associée à la consom- un écoulement nasal et de la congestion.
mation de lait non pasteurisé.
3. La sinusite, les infections des voies respiratoires inférieures,
la laryngite et l’otite moyenne sont des complications poten-
La scarlatine ( p. XX X -X X X ) tielles du rhume.
1. Si la bactérie S. pyogenes responsable de la pharyngite 4. Le rhume se transmet par contact indirect, par contact direct
streptococcique élabore une toxine érythrogène, la maladie et par voie aérienne.
est susceptible d’évoluer vers la scarlatine. 5. La température optimale de réplication des Rhinovirus est
2. S. pyogenes produit une toxine érythrogène lorsqu’il est légèrement inférieure à la température du corps, d’où leur
infecté par un phage lysogène ; ce dernier introduit alors préférence pour les voies respiratoires supérieures.
le gène de la toxine dans la bactérie. 6. L’incidence du rhume augmente par temps froid, peut-être
3. La toxine érythrogène inhibe la phagocytose et la production parce que les gens passent davantage de temps à l’intérieur
des anticorps, affaiblissant ainsi la défense immunitaire de des bâtisses et s’y côtoient davantage, peut-être parce
l’organisme. que l’air environnant est plus sec à cause du chauffage,
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 29

peut-être encore à cause de changements physiologiques 7. La tuberculose miliaire est caractérisée par une perte
chez l’humain. de poids, de la toux et de l’atonie due aux multiples
7. Il y a production d’anticorps spécifiques des virus responsables. lésions organiques.
8. Le rhume est une infection courante à tout âge, 8. La chimiothérapie consiste habituellement à administrer
particulièrement chez les jeunes enfants. deux médicaments pendant 1 à 2 ans ; M. tuberculosis est
de plus en plus fréquemment résistant aux antibiotiques.
9. Un résultat positif à un test cutané à la tuberculine indique
soit une tuberculose active, soit une infection antérieure,
ou simplement le fait que la personne a été vaccinée
LES MALADIES INFECTIEUSES DES VOIES et qu’elle est immunisée contre la maladie.
RESPIRATOIRES INFÉRIEURES (P. XXX) 10. Le diagnostic de laboratoire repose sur la présence de bacilles
1. Beaucoup des microorganismes qui infectent les voies acido-alcoolo-résistants et sur l’isolement de la bactérie,
respiratoires supérieures infectent aussi les voies respiratoires laquelle requiert jusqu’à huit semaines d’incubation.
inférieures. 11. Mycobacterium bovis est responsable de la tuberculose bovine
2. Les infections des voies respiratoires inférieures comprennent et se transmet aux humains par l’intermédiaire de lait non
la bronchite et la pneumonie. pasteurisé.
12. Les infections à M. bovis touchent généralement les os
et le système lymphatique.
LE S BACT ÉRIOSES D ES VOIES 13. Le vaccin antituberculeux BCG est constitué d’une culture
RESPIRATOIRES IN FÉR IEURES ( p . X X X -X X X )
vivante avirulente de M. bovis.
14. Le complexe M. avium-intracellulare infecte les personnes
La coqueluche ( p . XXX) atteintes du SIDA à un stade avancé.
1. La coqueluche est causée par la bactérie Bordetella pertussis.
Cette maladie touche surtout les enfants. Les pneumonies bactériennes (p . X X X -X X X )
2. B. pertussis produit plusieurs toxines, dont la cytotoxine
trachéale, qui est responsable des dommages causés aux 1. La pneumonie typique est causée par S. pneumoniæ.
cellules ciliées, et la toxine coquelucheuse, qui est associée 2. Les pneumonies atypiques sont dues à d’autres
aux symptômes systémiques de la maladie. microorganismes.
3. Le stade initial de la coqueluche ressemble à un rhume ;
on l’appelle stade catarrhal. La pneumonie à pneumocoques (p . X X X -X X X )
4. L’accumulation de mucus dans la trachée et les bronches et la
destruction des cellules ciliées provoquent une toux profonde, 1. La pneumonie à pneumocoques est due à Streptococcus
caractéristique du stade paroxystique (le deuxième stade). pneumoniæ encapsulé qui résiste à la phagocytose.
5. La phase de convalescence (le troisième stade) peut durer 2. Les symptômes comprennent de la fièvre, de la difficulté
plusieurs mois. à respirer, des douleurs thoraciques et des crachats couleur
6. Le diagnostic de laboratoire repose sur l’isolement des rouille.
bactéries sur des milieux sélectifs, suivi de tests sérologiques. 3. L’identification des bactéries se fait au moyen de la production
7. L’incidence de la coqueluche a diminué grâce à la vaccination d’␣-hémolysines, de l’inhibition par l’optochine, de
systématique des enfants. la solubilité de la bile et de tests sérologiques.
4. Il existe un vaccin constitué de substance capsulaire purifiée
provenant de 23 sérotypes différents de S. pneumoniæ.
La tuberculose ( p . XXX -X X X )
1. La tuberculose est causée par Mycobacterium tuberculosis. La pneumonie à Hæmophilus influenzæ (p . XXX)
2. La résistance de l’agent pathogène aux acides et à l’alcool,
de même qu’à la sécheresse et aux désinfectants, est due 1. L’alcoolisme, la malnutrition, le cancer et le diabète sont
au fait que sa paroi cellulaire est riche en lipides. des facteurs prédisposants à la pneumonie à H. influenzæ.
3. M. tuberculosis peut être ingéré par des macrophagocytes alvéo- 2. H. influenzæ est un coccobacille à Gram négatif.
laires, dans lesquels il se reproduit s’il n’est pas détruit.
4. Les lésions formées par M. tuberculosis sont appelées tubercules. La pneumonie à mycoplasmes (p . X X X )
Des bactéries et des macrophagocytes morts composent la
lésion caséeuse qui, si elle se calcifie, devient visible sur une 1. La pneumonie à mycoplasmes, due à Mycoplasma pneumoniæ,
radiographie pulmonaire. est une maladie endémique. Elle est responsable de 20 % des
5. La liquéfaction de la lésion caséeuse produit une caverne cas de pneumonie, et est généralement traitée à la tétracycline.
tuberculeuse, dans laquelle M. tuberculosis est capable 2. M. pneumoniæ produit des colonies ayant un aspect « d’œuf
de croître. frit » après une incubation de deux semaines sur un milieu
6. La rupture d’une lésion caséeuse libère des bactéries dans de culture enrichi contenant du sérum de cheval et un extrait
les vaisseaux sanguins et lymphatiques, et peut ainsi entraîner de levure.
la formation de nouveaux foyers d’infection ; cet état s’appelle 3. Un des tests utilisés pour diagnostiquer la maladie repose
tuberculose miliaire. sur l’augmentation du titre des anticorps IgM.
30 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

La légionellose ( p. XXX -X X X ) 2. La cause des pneumonies virales n’est généralement


pas déterminée par les laboratoires cliniques parce que
1. La légionellose est causée par un bacille aérobie à Gram l’isolement et l’identification des virus posent des difficultés.
négatif, Legionella pneumophila.
2. L’agent pathogène peut croître dans l’eau, par exemple dans Le virus respiratoire syncytial (p . X X X )
les systèmes de climatisation, les humidificateurs, les baignoires
à remous, et être ensuite disséminé dans l’air (transmission Le virus respiratoire syncytial (VRS) est la cause la plus fréquente
aérienne). de pneumonie chez les jeunes enfants.
3. Cette forme de pneumonie ne semble pas être transmissible
de personne à personne. La grippe (p . X X X -X X X )
4. Le diagnostic de laboratoire se fait au moyen d’une culture
1. La grippe est due à Influenzavirus ; elle est caractérisée
bactérienne, par détection par les anticorps fluorescents (AF)
par des frissons, de la fièvre, des maux de tête et des douleurs
et par des sondes d’ADN.
musculaires.
2. La membrane lipidique externe du virus porte des
La psittacose (ornithose) ( p . XXX) excroissances d’hémagglutinine (H) et de neuraminidase (N),
appelées spicules.
1. Chlamydia psittaci se transmet par contact avec de la fiente
ou des exsudats d’oiseaux contaminés. 3. On détermine les souches du virus grâce aux différences
antigéniques des spicules H et N ; on classe également les
2. Les corps élémentaires permettent à l’agent pathogène de
diverses souches en fonction des différences antigéniques des
la psittacose (ou ornithose) de survivre à l’extérieur de l’hôte.
capsides (A, B et C).
3. Les personnes qui manipulent des oiseaux dans le cadre de
4. On détermine les isolats viraux à l’aide de la réaction
leur travail sont les plus susceptibles de contracter la maladie.
d’inhibition d’hémagglutination virale et de réactions
4. On isole l’agent pathogène dans des œufs embryonnés,
d’immunofluorescence sur des anticorps monoclonaux.
des souris ou des cultures cellulaires ; la détermination
5. Les mutations antigéniques qui modifient la nature antigénique
de la bactérie repose sur des tests sérologiques.
des spicules H et N réduisent l’efficacité de l’immunité natu-
relle et de la vaccination. Les dérives antigéniques provoquent
La pneumonie à Chlamydia ( p . XXX -X X X ) de légères variations antigéniques.
6. Les décès associés à des épidémies de grippe sont généralement
1. Chlamydia pneumoniæ provoque une forme de pneumonie
dus à des infections bactériennes secondaires.
qui se transmet de personne à personne.
7. Il existe des vaccins polyvalents pour les personnes âgées
2. Le diagnostic de laboratoire repose sur un test de l’absorption
et d’autres groupes à risque élevé.
fluorescente des anticorps.
8. L’amantadine et la rimantadine sont des médicaments
efficaces pour prévenir et traiter les infections
La fièvre Q ( p. XXX) à Influenzavirus A.
1. La fièvre Q est due à Coxiella burnetii, un parasite intracellulaire
obligatoire.
2. La maladie se transmet généralement aux humains par l’inter- L ES M YCOS ES D ES VOI ES R ES P I R ATOI RE S
médiaire de lait non pasteurisé ou par l’inhalation d’aérosols I N F ÉR I EUR ES (p . X X X -X X X )
présents dans les étables à vaches laitières. 1. Les spores fongiques sont facilement inhalées ; elles sont
3. Le diagnostic de laboratoire repose sur la culture de la bactérie susceptibles de germer dans les voies respiratoires inférieures.
dans des œufs embryonnés ou sur une culture cellulaire. 2. L’incidence des mycoses a augmenté au cours des dernières
années ; les mycoses sont des infections opportunistes.
Autres pneumonies bactériennes ( p . XXX) 3. L’amphotéricine B sert à traiter les mycoses décrites
ci-dessous.
1. Les bactéries à Gram positif susceptibles de provoquer une
pneumonie comprennent S. aureus et S. pyogenes.
2. Les bactéries à Gram négatif responsables de pneumonies L’histoplasmose (p . X X X -X X X )
comprennent M. catarrhalis, K. pneumoniæ et les espèces 1. Histoplasma capsulatum provoque une infection pulmonaire
de Pseudomonas. subclinique qui évolue parfois vers une maladie systémique
grave.
2. L’histoplasmose se contracte par inhalation de conidies
L E S VIROSE S DES VOIES R ESPIR ATOIRES présentes dans l’air.
I N FÉ RIEURES ( p. XXX -X X X ) 3. L’isolement du mycète ou son identification dans des
échantillons de tissus est essentiel pour poser un diagnostic.
La pneumonie virale ( p . XXX)
1. Un certain nombre de virus sont susceptibles de provoquer
La coccidioïdomycose (p . X X X -X X X )
une pneumonie en tant que complication d’une infection 1. L’inhalation d’arthroconidies de Coccidioides immitis risque
telle que la grippe. de provoquer une coccidioïdomycose.
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 31

2. La majorité des cas sont subcliniques mais, en présence de le mode de transmission, les symptômes, le traitement, la
facteurs prédisposants tels que la fatigue et la malnutrition, prévention et les populations à risque.
l’infection peut évoluer vers une maladie ressemblant
à la tuberculose. 7. Nommez l’agent causal, les symptômes et le traitement de
quatre viroses du système respiratoire, et indiquez si chacune
atteint les voies respiratoires supérieures ou les voies respira-
La pneumonie à Pneumocystis ( p . XXX -X X X ) toires inférieures.
1. On trouve Pneumocystis carinii dans les poumons de personnes
8. Donnez les informations suivantes au sujet de la tuberculose :
saines.
l’agent causal et ses caractéristiques de virulence, le réservoir,
2. Pneumocystis carinii provoque des infections opportunistes
le mode de transmission, les symptômes, le traitement, la
chez les personnes immunodéprimées.
prévention et les populations à risque.
3. On utilise actuellement du triméthoprime ou de la penta-
midine pour traiter la pneumonie à Pneumocystis. 9. Dans quelles conditions les mycètes Aspergillus et Rhizopus
sont-ils susceptibles de causer des infections ?
La blastomycose (nord-américaine) ( p . X X X ) 10. Est-il suffisant de poser un diagnostic de pneumonie pour
1. Blastomyces dermatitidis est l’agent causal de la blastomycose. entreprendre un traitement avec un agent antimicrobien ?
2. L’infection débute dans les poumons et peut par la suite Justifiez brièvement votre réponse.
provoquer des abcès étendus dans d’autres parties du corps.
Des abcès cutanés peuvent apparaître au niveau d’une lésion. 11. Nommez l’agent causal, le mode de transmission et les
régions endémiques des maladies suivantes : l’histoplasmose,
la coccidioïdomycose, la blastomycose et la pneumonie
Autres mycètes associés à des maladies à Pneumocystis. Pourquoi ces infections sont-elles souvent
respiratoires ( p . XXX) dites « opportunistes » ?
1. Divers mycètes opportunistes sont susceptibles de provoquer
12. Décrivez brièvement le procédé et les résultats positifs d’un
des maladies respiratoires chez un hôte immunodéprimé,
test à la tuberculine, et indiquez ce que signifie un test positif.
surtout si la quantité de spores inhalée est importante.
2. Aspergillus, Rhizopus et Mucor font partie de ces mycètes
13. Expliquez l’augmentation de l’incidence du rhume par temps
opportunistes.
froid.

Q UES TI O N S À C HOI X M ULTI P L E

1. Un patient fait de la fièvre et il a de la difficulté à respirer ; il


se plaint de douleurs thoraciques, et ses alvéoles pulmonaires
sont remplies de liquide. On a isolé des cocci à Gram positif
dans ses crachats couleur rouille. Le patient, traité aux
antibiotiques, souffre :
RÉVISION a) d’une pneumonie à mycoplasmes.
b) de la tuberculose.
1. Les maladies des voies respiratoires se transmettent généra- c) d’un rhume.
lement par .
d) d’une pneumonie à pneumocoques.
2. Décrivez les mécanismes qui font obstacle à la pénétration e) de la grippe.
des microorganismes dans les voies respiratoires supérieures,
et à l’infection des voies respiratoires inférieures. 2. On n’a pas réussi à isoler d’agent pathogène des crachats d’un
patient souffrant de pneumonie, et l’antibiothérapie n’a
3. En quoi la flore normale du système respiratoire participe- donné aucun résultat. On devrait :
t-elle à la protection de l’organisme contre l’infection ? a) faire une culture pour Mycobacterium tuberculosis.
b) faire une culture pour Streptococcus pneumoniæ.
4. Décrivez les différences et les ressemblances entre c) faire une culture pour des mycètes.
la pneumonie à mycoplasmes et la pneumonie virale. d) modifier l’antibiothérapie.
5. Comment contracte-t-on une otite moyenne ? Quels sont e) On ne peut rien faire d’autre
les microorganismes fréquemment responsables de l’otite
moyenne ? Pourquoi est-il question d’otite moyenne dans Associez les choix suivants aux descriptions de cultures données
un chapitre portant sur les maladies du système respiratoire ? dans les questions 3 à 5.
a) Chlamydia d) Mycobacterium
6. Donnez les informations suivantes au sujet de la coqueluche : b) Coccidioides e) Mycoplasma
l’agent causal et ses caractéristiques de virulence, le réservoir, c) Histoplasma
32 QUATRIÈME PARTIE Les microorganismes et les maladies humaines

3. Une culture d’un prélèvement provenant d’un patient atteint 1. Vous finissez votre stage en pédiatrie. Votre professeur vous
de pneumonie ne semble pas se développer. Cependant, des soumet le cas d’un enfant de 4 ans atteint d’asthme sévère et
colonies en forme d’œufs frits sont visibles si on examine la hospitalisé parce qu’il présente depuis quatre jours une toux
boîte de Petri avec un grossissement de 100⫻. évolutive accompagnée, dans les deux derniers jours, d’accès
de fièvre. On a obtenu une culture de cocci à Gram positif
4. La détermination de la cause de cette forme de pneumonie assemblés par paires à partir d’un échantillon de sang. Le
requiert une culture cellulaire. diagnostic est une pneumonie à pneumocoques causée par
Streptococcus pneumoniæ.
5. L’examen microscopique d’une biopsie pulmonaire révèle
la présence de sphérules. Les parents de l’enfant sont inquiets car il s’agit de la
troisième pneumonie en un an et demi ; ils se demandent s’ils
6. À San Francisco, 10 techniciens en hygiène vétérinaire pré- ne devraient pas retirer l’enfant de la nouvelle garderie dans
sentent les premiers symptômes d’une pneumonie 2 semaines laquelle ils l’avaient placé. Vous devez leur expliquer pour-
après qu’on a installé 130 chèvres dans l’abri où ils travaillent. quoi l’enfant est sensible à l’infection, leur dire s’ils doivent
La maladie est causée par Coxiella burnetii. Lequel des énoncés laisser l’enfant dans la garderie ou l’en retirer, et leur expli-
suivants est faux ? quer pourquoi ils doivent être vigilants en regard de l’évolu-
a) Le diagnostic devrait reposer sur une culture de crachats tion de la pneumonie.
sur gélose au sang. Vous devez également faire un compte rendu aux autres
b) Il s’agit d’un parasite intracellulaire obligatoire. stagiaires sur les liens entre les caractéristiques de la virulence
c) La maladie est la fièvre Q. du microbe, les dommages physiologiques causés par la
d) La maladie est transmise par des aérosols. bactérie et le dysfonctionnement respiratoire de l’enfant.
e) L’inhalation de quelques agents pathogènes, voire d’un Vous devez aussi expliquer pourquoi une personne peut
seul, suffit à provoquer l’infection. contracter plus d’une fois une telle pneumonie (Indice : voir
le chapitre 15).
7. Lequel des phénomènes suivants entraîne tous les autres lors
d’une coqueluche ? 2. Janie est une fillette de 3 ans qui fréquente la même garderie
a) Le stade catarrhal d) L’accumulation de mucus
familiale que votre enfant durant la journée. Elle vient d’être
b) La toux e) Une cytotoxine trachéale
admise au service de pédiatrie et on a diagnostiqué une
c) La mort des cellules ciliées
coqueluche. Ses parents avaient d’abord cru à un mauvais
Associez les choix suivants aux énoncés des questions 8 à 10. rhume, mais les quintes de toux creuse et profonde de Janie,
a) Bordetella pertussis suivies de vomissements, les avaient inquiétés. Les services
b) Corynebacterium diphteriæ sociaux ont averti le personnel de la garderie. Vous craignez
c) Legionella pneumophila que votre enfant n’ait attrapé le microbe et le transmette
d) Mycobacterium tuberculosis à vos autres enfants, et vous décidez de vous informer sur
e) Aucun des choix précédents la virulence de la bactérie et sur sa contagiosité.
Décrivez les liens qui existent entre les caractéristiques
8. Microorganisme transmis par l’eau des climatiseurs de la virulence de la bactérie, les dommages physiologiques
et des humidificateurs. qu’elle cause et le dysfonctionnement respiratoire de l’enfant
(Indice : voir les chapitres 15 et 16).
9. Microorganisme responsable de la formation d’une membrane Expliquez pourquoi la garderie doit être avisée du cas de
obstruant la gorge. coqueluche.Avez-vous lieu de vous inquiéter si vos enfants
10. Microorganisme résistant à la destruction par des ont reçu le vaccin DCT ? Justifiez votre réponse. (Indice : voir
macrophagocytes. le chapitre 14)

3. Au cours d’un stage de prévention des infections, on vous


Q U E S T IONS À COUR T D ÉVELOPPEMEN T soumet la situation épidémiologique suivante. Sur une
période de 6 mois, 72 membres du personnel d’une clinique
1. Faites la distinction entre S. pyogenes responsable de l’angine présentent des résultats positifs à un test cutané à la tubercu-
streptococcique et S. pyogenes responsable de la scarlatine. line. On effectue une étude cas-témoin pour déterminer la
(ou les) source(s) probable(s) de l’infection à M. tuberculosis
2. Pourquoi le vaccin contre la grippe n’est-il pas toujours aussi dont souffrent les membres du personnel. On compare en
efficace que les autres vaccins ? tout 16 cas de la maladie et 34 cas-témoins dont le test à la
tuberculine est négatif. Les résultats sont notés dans le tableau
3. Expliquez pourquoi il n’est pas utile d’inclure des vaccins suivant. On vous demande de déterminer les sources les plus
contre le rhume ou la grippe dans la vaccination de routine probables de l’infection. Que peut signifier un test cutané à la
des enfants. tuberculine positif ? Pourquoi ne vaccine-t-on pas systéma-
tiquement toute la population contre la tuberculose ? Si
l’iséthionate de pentamidine n’est pas utilisée dans ce cas-ci
AP P LIC AT IONS CLIN IQUES pour traiter la tuberculose, quelle maladie cherchait-on pro-
N.B. Certaines de ces questions nécessitent que vous cherchiez des bablement à combattre en administrant ce médicament ?
réponses dans les différents chapitres du livre. (Indice : voir les chapitres 18 et 24)
CHAPITRE 24 Les maladies infectieuses du système respiratoire 33

éléments de la chaîne épidémiologique de cette maladie.


Cas ( %) Cas-témoins ( %)
Expliquez pourquoi les titres d’anticorps peuvent servir au
■ A travaillé au moins diagnostic de la maladie. Recherchez des éléments d’infor-
40 heures par semaine 100 62 mation quant aux moyens de prévention qui peuvent être
■ A été en contact avec des patients 94 94 utiles pour protéger la santé de la population (Indice : voir le
■ Mangeait dans la salle chapitre 18).
de repos du personnel 38 35
■ Réside à Montréal 75 65 6. Au mois d’août, Christophe, un jeune sans-abri de 24 ans,
■ De sexe féminin 81 77 revient d’un séjour en Californie où il a traversé à pied des
■ Fumeur 6 15 régions arides et poussiéreuses.Au mois de septembre, il se
■ A été en contact avec une sent fatigué et courbaturé et constate qu’il a perdu du poids ;
infirmière atteinte de tuberculose 15 12 il tousse et a de la difficulté à respirer. Lors de sa première
■ Était présent dans la pièce évaluation médicale, le médecin observe des infiltrats au
non ventilée où on a prélevé des niveau des deux lobes pulmonaires ; il pense qu’il peut s’agir
échantillons de crachats dont d’une pneumonie typique et prescrit à Christophe des anti-
l’analyse a révélé qu’ils étaient biotiques pour une période de 15 jours ; cependant, il n’a pas
positifs pour la tuberculose 13 8 attendu d’avoir confirmation de son diagnostic à partir
■ Était présent dans la pièce de cultures pour bactéries. En décembre, les symptômes de
où on a administré un traitement Christophe se sont aggravés ; le médecin décèle une masse
d’iséthionate de pentamidine laryngée et évoque la possibilité d’un cancer du larynx,
en aérosol à des patients mais un traitement aux stéroïdes ne donne aucun résultat.
atteints de tuberculose 31 3 Finalement, au mois de janvier, une biopsie pulmonaire et
une laryngoscopie révèlent la présence de tissu granuleux
diffus. On administre de l’amphotéricine B à Christophe,
qui quitte l’hôpital 5 jours plus tard. Il souffrait de coccidioï-
4. Votre grand-mère habite dans une résidence pour personnes domycose. Énumérez les causes qui ont entraîné les retards
âgées. Elle se plaint qu’elle est souvent enrhumée depuis son dans le bon diagnostic. Pour quelle raison les antibiotiques
arrivée. Les avis varient sur les causes de ces rhumes. Pour n’ont-ils pas agi contre le microbe responsable ? En quoi
certains résidents, c’est parce qu’elle joue régulièrement aux les informations sur le voyage en Californie auraient-elles
cartes. Pour d’autres, c’est parce qu’elle est maintenant plus été utiles pour poser le diagnostic ? (Indice : voir le
âgée et plus fragile. Pour d’autres encore, c’est parce que chapitre 12)
le chauffage est trop élevé dans la bâtisse. Votre grand-mère
se demande si la vaccination contre la grippe la protégerait 7. Lors d’une formation sur les soins à donner aux patients
contre le rhume ou si la prise d’antibiotiques serait efficace. ayant subi une greffe, on vous soumet un article tiré d’une
Vous décidez de lui rendre visite. Vous devez répondre aux revue médicale. Il y est mentionné que, moins d’un an après
questions qu’elle se pose quant aux modes de transmission avoir subi une greffe de rein réalisée avec un organe prove-
du rhume et l’informer sur la façon de se soigner contre le nant d’un même donneur, les deux receveurs ont présenté
rhume ou la grippe (Indice : voir le chapitre 14). une histoplasmose. Les receveurs n’ont jamais été en contact
l’un avec l’autre et ne se sont jamais rendus dans la région où
5. Au mois de mars, six membres d’une même famille ont pré- l’histoplasmose est endémique. Le typage moléculaire révèle
senté de la fièvre, de l’anorexie, des maux de gorge, de la que les isolats de Histoplasma capsulatum sont les mêmes chez
toux, des maux de tête, des vomissements et des douleurs les deux receveurs. (Source : New England Journal of Medicine,
musculaires. Deux d’entre eux ont été hospitalisés, et l’état des vol. 343, no 16, 19 octobre 2000.)
six personnes s’est amélioré après une thérapie à la tétracy- Rassemblez les données qui permettent d’établir un lien
cline. Les titres des anticorps d’échantillons de sérum prélevés entre la maladie, la greffe d’organe et la possibilité que les
en phase de convalescence ont été de 64 et de 32. La famille personnes atteintes se soient trouvées dans une situation
avait acheté une calopsitte élégante à la mi-février, et s’était favorisant l’infection.
rendu compte que la perruche était irritable. On a euthanasié Si le donneur est un zoologiste s’occupant de chauves-
l’oiseau en avril. La maladie dont souffrent les six membres souris, son emploi peut-il être la cause de la maladie ?
de la famille est la psittacose. Décrivez dans l’ordre les différents Justifiez votre réponse.