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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

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Paix - Travail – Patrie Peace - Work – Fatherland
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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
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GROUPE ESC YAOUNDE ESC-YAOUNDE GROUP
ECOLE SUPERIEURE DE COMMERCE ET DE GESTION DES GRADUATE SCOOL OF COMMERCE AND FIRMS
ENTREPRISES MANAGEMENT
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CYCLE DE MASTER MASTER SECTION

Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention du diplôme de Master en Comptabilité, Contrôle


et Audit

L’UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT INTERNE ET


EXTERNE POUR LE TOP MANAGEMENT

Rédigé et soutenu par

EBOLO ZOGO AUGUSTE FLORENT

SOUS L’ENCADREMENT

PROFESSIONNEL DE : ACADÉMIQUE DE :
MME ENGAMBA SUZANNE Dr. TAKOUDJOU ALAIN

Année Académique : 2015/2017


DEDICACES

Je dédicace ce travail
A mes parents

i
REMERCIEMENTS

Nos remerciements vont à l’endroit de tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à
l’élaboration de ce travail. Il s’agit tout principalement de :

 Monsieur NYANGANG Robert, Directeur Général de SUPDECO ;


 Monsieur Philémon ZO’O ZAME, Directeur Général de l’Agence de
Régulation des Télécommunications ;
 Mon directeur de mémoire, Docteur TAKOUDJOU NIMPA Alain ;
 Au personnel du service d’audit interne et du service du contrôle de gestion de
l’ART ;
 Aux auditeurs internes des différentes entreprises qui ont eu l’amabilité de
m’accorder un peu de leur temps ;
 A l’ensemble des experts comptables qui m’ont accordé quelques minutes
d’attention pour répondre au questionnaire qui leur a été adressé ;
 A ma famille pour leur amour et leur soutien inconditionnels ;
 A mes camarades de classe pour les instants de joie, de partage, de dialogue, de
communication et d’information durant l’année académique ;
 A tous ceux qui ont contribué à cette recherche.

ii
GLOSSAIRE DES ABREVIATIONS ET SIGLES

IIA Institut of Internal Auditors


CNCC Commission Nationale des Commissaires aux Comptes
CRIPP Cadre de Référence International des Pratiques Professionnelles
PDG Président Directeur Général
DG Directeur Général
CAC Commissaire Aux Comptes ou Commissariat Aux Comptes
ONECCA Ordre National des Experts Comptables du Cameroun
OHADA Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
CEMAC Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale
SA Société Anonyme
SARL Société A Responsabilité Limitée
AUOSCGIE Acte Uniforme OHADA Sociétés Commerciales et Groupements d'Intérêts
Economiques
IAASB International Auditing And Assurance Standard Board
IFAC International Federation of Accountants
ISA International Standards on Auditing
NEP Normes d'Exercice Professionnelles
CA Conseil d’Administration
COBAC Commission Bancaire
GICAM Groupement Inter-patronal du Cameroun
TDR Termes De Références
AE Auditeur Externe

iii
LISTE DES GRAPHIQUES ET TABLEAUX
Graphiques

Graphique 1 Réponses sur la méthodologie d’élaboration des rapports


d’audit financier
Graphique 2 Réponses sur la méthodologie d’élaboration des rapports de
Commissariat aux comptes
Graphique 3 Réponses sur la révélation de faute de gestion dans les
rapports d’audit
Graphique 4 Révélation de fraude dans le rapport d’audit
Graphique 5 Réponses sur la comparaison entre le rapport de gestion et
les états de synthèse
Graphique 6 Réponses sur les destinataires des rapports de commissariat
aux comptes
Graphique 7 Destinataires des rapports d’audit financier
Graphique 8 Pourcentage de personnes ayant déjà rencontré des
conventions non autorisées
Graphique 9 Rattachement hiérarchique du service d’audit interne.
Graphique Réponses sur l’organe validant les programmes de
10 vérification des auditeurs internes.
Graphique Réponses sur la méthodologie d’élaboration des rapports
11 d’audit
Graphique Réponses sur les destinataires des rapports d’audit interne.
12
Graphique Personnes mises en cause dans les fraudes découvertes
13

Tableaux

Tableau 1 Exemple de mode de raisonnement selon Peirce


Tableau 2 Réponses sur les types de mission au cours de laquelle la
fraude a été détectée.
Tableau 3 Réponses sur les personnes mises en cause dans la fraude
découverte.
Tableau 4 Réponses détection de comptes maquillés et révélation dans
le rapport d’audit.
Tableau 5 Réponses sur l’utilisation par les actionnaires des rapports
d’audit
Tableau 6 Ensemble de tableaux sur le contrôle interne
Tableau 7 Conventions réglementées
Tableau 8 Réponses sur l’utilité des rapports d’audit concernant les
théories de recherche.
Tableau 9 Réponses sur les exigences pour un service d’audit interne

iv
Tableau 10 Questions sur les missions spécifiques et l’audit de
management.
Tableau 11 Réponses sur la procédure de recrutement.
Tableau 12 Réponses sur la procédure de recrutement (2e tableau).
Tableau 13 Réponses sur les conclusions des examens des projets
d’investissement.
Tableau 14 Question sur la faute de gestion et le système d’information
Tableau 15 Question sur le processus de gouvernement d’entreprise, de
contrôle

v
SOMMAIRE
Dédicaces ............................................................................................................................... i
Remerciements...................................................................................................................... ii
Glossaire des abréviations et sigles ....................................................................................... iii
Liste des graphiques et tableaux ........................................................................................... iv
Sommaire ............................................................................................................................. vi
Introduction générale ............................................................................................................ 1
Première partie : Approche conceptuelle ............................................................................... 4
Chapitre 1 : Notions d’Audit interne et d’audit externe .................................................. 5
Introduction....................................................................................................................... 5
1.1 Audit interne .......................................................................................................... 5
1.2 Audit externe ....................................................................................................... 14
Conclusion ...................................................................................................................... 23
Chapitre 2 Les rapports d’audit et leur utilité dans l’entreprise ..................................... 24
Introduction..................................................................................................................... 24
2.1 Rapport d’audit .................................................................................................... 24
2.2 Utilité des rapports d’audit pour le top management............................................. 31
Conclusion ...................................................................................................................... 44
Deuxième partie : Etude empirique ..................................................................................... 45
Chapitre 3 Approche méthodologique .......................................................................... 46
Introduction..................................................................................................................... 46
3.1 Méthodologie de la recherche .............................................................................. 46
3.2 Déroulement de l’approche empirique ................................................................. 52
Conclusion ...................................................................................................................... 54
Chapitre 4 Résultats de la recherche et discussions ...................................................... 55
Introduction..................................................................................................................... 55
4.1 Résultats de la recherche : utilité des rapports d’audit externe .............................. 55
4.2 Résultats de la recherche : utilité des rapports d’audit interne ............................... 74
Conclusion ...................................................................................................................... 84
Conclusion générale ............................................................................................................ 85
Bibliographie ...................................................................................................................... 87
Annexes .............................................................................................................................. 89
Table de matières .............................................................................................................. 152

vi
INTRODUCTION GENERALE

L’audit vient du latin Audire qui signifie écouter. Les auteurs le définissent en général
comme une mission de contrôle ou de conseil donné à un professionnel indépendant, utilisant
une méthodologie spécifique et justifiant d’un niveau de diligences acceptables par rapport à
des normes établies. De manière simple, c’est l’examen de la façon dont est menée une activité,
suivant une méthodologie et conformément à un référentiel défini pour l’exercice de cette
activité.

Depuis toujours les organisations ont été contraintes à se faire contrôler sur divers
domaines. L’aspect d’audit le plus connu et le plus ancien reste sans contexte l’audit financier
mais la recherche constante de l’amélioration de la performance ont amené les organisations à
élargirent l’activité d’audit à d’autres fonctions tels que : l’audit social, l’audit organisationnel,
l’audit de gestion, etc. Aujourd’hui, l’audit recouvre plusieurs notions que l’on peut classer
suivant plusieurs critères (Casta et Mikol, 1999, P108) : géographique, statutaire et selon les
objectifs poursuivis.

Suivant le critère géographique, on distingue l’audit externe et l’audit interne. L’audit


externe est une mission d’audit menée par un professionnel indépendant lié à l’entreprise par
un contrat ou institué par la loi. Il est plus connu sous le terme audit comptable et financier et
est généralement effectué par le commissaire aux comptes en France et au Cameroun, l’expert-
comptable (Certified Accountants) aux USA et Chartered Accountants) en Grande Bretagne.
Par contre, l’audit interne est une mission d’audit remplie par un professionnel salarié et en
théorie indépendant de l’entreprise. Selon le statut, on distingue l’audit contractuel et l’audit
légal. Les missions d’audit contractuel sont définies par le client alors que l’étendu et le cadre
des missions d’audit légal relèvent des dispositions légales et réglementaires. Enfin, selon
l’objectif poursuivis on peut avoir soit une mission d’audit financier, soit une mission d’audit
opérationnel. L’objectif de l’audit financier est principalement la certification des comptes
annuels, en termes de régularité, de sincérité et d’image fidèle alors que pour l’audit
opérationnel c’est « l’évaluation des dispositifs organisationnels visant à l’économie, à
l’efficience et à l’efficacité des choix effectués dans l’entreprise à tous les niveaux et/ou
l’évaluation des résultats obtenus de ces dispositifs » (Bouquin, 1997, p203).

Chaque mission aboutie à l’élaboration d’un rapport dont le contenu dépend de


l’objectif recherché par les commanditaires. Le contenu informationnel de chaque rapport
diffère selon qu’on soit dans une mission d’audit interne ou dans une mission d’audit externe
et son élaboration se fait suivant des règles établies par la profession d’auditeur. Les rapports
d’audit sont rédigés en destination du top management des entreprises, mais peuvent également
l’être en destination des tiers ayant un intérêt particulier pour celles-ci.

Alors, quel est l’utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management
des entreprises en contexte camerounais ?

1
Au Cameroun les dirigeants et les actionnaires n’ont pas la culture d’examen de la
gestion de leurs entreprises. Les missions d’audit sont considérées comme des dépenses sans
valeur ajoutée et des faits révélateurs de la situation financière des entreprises. Les acteurs des
entreprises camerounaises perçoivent l’audit uniquement comme un gendarme dont le but est
de sanctionner les mauvaises conduites. Que ce soit l’actionnaire, propriétaire de l’entreprise,
les dirigeants ou les responsables dans les entreprises, la finalité est que l’appréhension de
l’audit reste mauvaise. En effet, les actionnaires n’ont pas conscience de l’utilité des rapports
des commissaires aux comptes qui doivent leur être communiqués car ils ne sont pas impliqués
dans la gestion de leur entreprise donnant ainsi tous les pouvoirs aux dirigeants. Ils partent du
principe que « si je suis actionnaire, à la fin d’année je vais gagner de l’argent, mes actions
vont me rapporter de l’argent. Le reste ils ne s’en intéressent pas, la vie de l’entreprise ne les
préoccupent pas (…) » (Sangué, 2011). En outre, d’après le même auteur, « les dirigeants
camerounais s’accaparent de tous les pouvoirs décisionnels, financiers et communicationnels.
Cette hégémonie managériale n’est pas de nature à favoriser les règles de bonne
gouvernance (dont le but est de protéger les intérêts des actionnaires et de toutes les parties
prenantes). Ces dirigeants dont la gestion tourne autour du gaspillage des ressources, le
tribalisme, le népotisme, l’incompétence des ressources humaines, (…), dans leur stratégie
d’enracinement refusent de collaborer avec les auditeurs » ; alors que, dans leur gestion ils
doivent déléguer une partie de leurs tâches et pouvoir à leurs employés et ne peuvent de ce fait
contrôler l’ensemble des tâches effectuées par eux ainsi que leurs décisions. De ces relations
entre l’actionnaire, le dirigeant et les salariés nait un déséquilibre des pouvoirs que l’audit peut
équilibrer grâce au complément d’information qu’il apporte dans ses rapports. En effet, l’audit
interne dont le but est d’examiner l’ensemble des activités de l’entreprise et l’audit externe qui
porte sur la situation financière de l’entreprise ont une finalité qui est l’élaboration d’un rapport,
dont l’utilité pour leurs destinataires dans leur contenu informationnel.

L’intérêt de cette recherche réside dans le fait qu’elle permettra premièrement aux
acteurs de comprendre en quoi consiste un audit interne et un audit externe, deuxièmement de
connaître le type d’information qu’ils peuvent obtenir dans les rapports d’audit ainsi que la
manière dont ceux-ci ont été élaboré. Il n’existe que très peu d’études présentant l’importance
des rapports d’audit dans les entreprises. La majorité des recherches se focalisent sur l’audit
externe et ont été menées dans un contexte anglo-saxon ou en France. Il paraissait donc
important de montrer l’utilité des missions d’audit interne et d’audit externe dans la gestion des
entreprises camerounaises (en particulier les Société anonymes, les établissements financiers
et les entreprises publiques) à travers les rapports d’audit tout en circonscrivant l’audit externe
au domaine financier.

L’objectif de la recherche est tout d’abord d’expliquer en quoi consiste un audit interne
et un audit externe, ensuite, il s’agira d’explorer le processus d’élaboration des rapports d’audit
afin de présenter la méthodologie utilisée pour les établir, les informations qu’ils contiennent
avec leurs caractéristiques et l’utilité qu’ils peuvent avoir grâce à ces dernières pour le top
management. Pour cela, la recherche sera faite à deux niveaux. Il sera question :

2
En premier lieu de faire une revue de littérature afin d’exposer les concepts d’audit
interne et d’audit externe (Chapitre 1), de présenter les rapports d’audit et leur utilité théorique
pour le top management (Chapitre 2).

En dernier lieu d’effectuer une étude empirique dans laquelle une exploration à propos
des rapports d’audit interne et externe sera faite. Nous présenterons ici la méthodologie de
recherche utilisée (Chapitre 3) et les résultats de celle-ci (Chapitre 4).

3
PREMIERE PARTIE : APPROCHE CONCEPTUELLE
Pour bien cerner une recherche et comprendre ses résultats il convient d’expliquer
l’ensemble des termes utilisés. C’est ainsi que dans cette partie il sera question de définir l’audit
interne, l’audit externe ainsi que les termes généraux nécessaires à la bonne compréhension de
la recherche (chapitre 1), de présenter le rapport d’audit et son utilité (chapitre 2).

4
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

CHAPITRE 1 : NOTIONS D’AUDIT INTERNE ET D’AUDIT EXTERNE

INTRODUCTION

L’audit est une mission effectuée par un professionnel indépendant et compétent selon
une méthodologie caractéristique dont l’objectif est fonction du type d’audit. Selon le cas nous
distinguons l’audit interne ou l’audit externe.

1.1 AUDIT INTERNE

1.1.1 DEFINITION ET TERMES GENERAUX


On ne saurait parler d’audit interne sans toutefois évoquer les notions de gestion des
risques, de contrôle interne et de normes d’audit.

1.1.1.1 AUDIT INTERNE


Il existe de nombreuses définition de l’audit interne mais celle retenu par l’IIA1 « The
Institute of Internal Auditors » est la suivante : « L’audit interne est une activité indépendante
et objective qui donne à une organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses
opérations, lui apporte ses conseils pour les améliorer, et contribue à créer de la valeur ajouté.
Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une approche systématique
et méthodique ses processus de management de risques, de contrôle et de gouvernance
d’entreprise et en faisant des propositions pour renforcer son efficacité ». De cette définition
il ressort que l’audit interne englobe deux types de missions d’audit : L’audit d’assurance et
l’audit de conseil.

1.1.1.1.1 LES TYPES DE MISSIONS

1.1.1.1.1.1 LES MISSIONS D’ASSURANCE


L’audit d’assurance ou audit de régularité est un examen objectif d’éléments probants,
effectués en vue de fournir à l’organisation une évaluation indépendante des processus de
gouvernement d’entreprise, de management des risques et de contrôle. Ici la tâche de l’auditeur
interne est relativement simple dans la mesure où il va vérifier la correcte application des règles
et lois en vigueurs dans l’organisation et donc travailler par rapport à un référentiel. En effet,
ayant connaissance de ce qui devrait être, il va relever toutes distorsions, non application ou
mauvaise application des dispositions établies. Il va analyser les causes et les conséquences et
formuler des recommandations dans son rapport.

1
L’IIA est un institut dédié à l’établissement de standards professionnels d’audit interne qui a pour rôle d’assurer
le leadership dynamique de la profession d’auditeurs internes.

5
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.1.1.1.2 LES MISSIONS DE CONSEIL


L’audit de conseil ou audit d’efficacité est une mission dont la nature et le champ
d’application sont convenus d’avance avec le donneur d’ordre, où l’objectif est de faire des
suggestions en vue d’améliorer les processus de management de risques, de gouvernement
d’entreprise et de contrôle sans pour autant assurer des responsabilités de management. Ici
l’auditeur interne émet une opinion sur la qualité des processus, il vérifie l’adéquation des
moyens aux objectifs de l’entreprise et la pertinence des méthodes et procédures.

Selon Renard (2010.P49) dans les entreprises où règne une expansion importante,
lorsqu’elle est en pleine croissance et qu’il s’agit d’éliminer au maximum freins et facteurs de
ralentissement, l’appréciation d’efficacité se fait aussi le plus souvent en termes d’allègement
et de simplification, en conservant les risques considérés comme acceptables. Au contraire,
lorsque l’entreprise est en position de moindre croissance, lorsque la culture est plus une culture
de conservation des acquis qu’une culture de développement, et lorsqu’à fortiori la situation
est celle de tous les dangers, l’appréciation d’efficacité se fait en termes d’affinement des règles
et procédures, de meilleur définition des responsabilités, voire de substitution de règles plus
strictes aux dispositions antérieures.

1.1.1.1.2 EVOLUTION DES MISSIONS D’AUDIT INTERNE


L’audit interne ne se limite plus à un audit de régularité et un audit d’efficacité, on
distingue au stade de fonctionnement actuel de la fonction quatre types d’audit : l’audit de
conformité, l’audit d’efficacité, l’audit de management et l’audit stratégique (Renard,
2010.P18). L’audit de conformité et celui d’efficacité ont été abordé au point précédent.

1.1.1.1.2.1 AUDIT DE MANAGEMENT


L’audit de management ne consiste pas à auditer la direction générale en jugeant ses
décisions et choix mais de les observer, les comparer, les mesurer dans leurs conséquences et
attirer l’attention sur les risques et les incohérences. Il s’apprécie de trois façons différentes :

L’audit de management consiste à se faire présenter la politique que le responsable du


secteur audité doit conduire afin de vérifier la conformité avec la stratégie. Plus précisément
permet de vérifier que l’audité connaît sa mission, qu’il a une politique et est en mesure de
l’exprimer.

Deuxièmement, l’audit de management consiste à s’assurer que la politique du


responsable est correctement mise en œuvre sur le terrain. Il vérifie la conformité entre la
politique et sa mise en œuvre.

Enfin, l’audit de management consiste à vérifier que les procédures en termes


d’élaboration de la stratégie sont respectées. Ce dernier point est évoqué pour mémoire car il
est très peu pratiqué. Il s’agit d’auditer le processus d’élaboration de la stratégie qui doit être
conforme aux étapes de diagnostic stratégique, choix stratégique et déploiement de la stratégie.

6
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.1.1.2.2 L’AUDIT STRATEGIQUE


L’audit stratégique est la confrontation de l’ensemble des politiques et stratégies de
l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se situent pour en vérifier la cohérence globale. Il
ne s’agit pas d’apprécier les politiques et les stratégies mais plutôt de souligner les éventuelles
incohérences. Il est différent de l’audit de management en ce sens que ce dernier vérifie la
conformité avec le processus d’élaboration de la stratégie alors que l’audit stratégique s’assure
que la stratégie est en affinité avec les spécificités environnementales de l’entreprise. C’est un
audit de haut niveau exigeant des compétences sérieuses et élevées dont la pratique reste encore
très faible.

L’audit interne a pour rôle de fournir aux dirigeants des informations fiables et
pertinentes pour une prise de décision objective. Il s’assure de la correcte application des
procédures de contrôle interne et permettent la maîtrise des risques dans l’entreprise.

1.1.1.2 GESTION DES RISQUES


Le risque est la possibilité qu’un événement survienne dans l’entreprise et dont les
conséquences sont susceptibles d’affecter les personnes, les actifs, l’environnement, les
objectifs de la société ou sa réputation. On le classe selon trois (03) niveaux : risque critique
(action prioritaire), risque majeur (action envisagée) et risque mineur (situation acceptable).

La gestion des risques est l’affaire de tous les acteurs de la société. Elle comprend un
ensemble de moyens, de comportements, de procédures et d’actions adaptés aux
caractéristiques de chaque société et permettant aux dirigeants de maintenir les risques à un
niveau acceptable. Le processus de gestion de risque suit trois étapes :

 Identification des risques

Etape s’inscrivant dans une démarche continue dans laquelle on recense les principaux
risques menaçant l’atteinte des objectifs de l’entreprise. Le risque étant une opportunité ou une
menace manquée.

 Analyse des risques

Ici on examine les conséquences de chaque principal risque puis on les classes selon
leur gravité.

 Traitement du risque

Il consiste à réduire ou à maintenir le risque à un niveau acceptable. Pour cela les


mesures pouvant être prises sont : la réduction du risque, le transfert du risque, sa suppression
ou son acceptation. C’est à ce niveau qu’on observe les choix et décisions prises par le
responsable. L’acceptation est un choix opportun s’il correspond à la stratégie et aux limites de
tolérance définie par celle-ci mais catastrophique s’il n’est pas que le résultat du hasard ou du
manque d’information (Renard, 2010)

7
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.1.3 LE CONTROLE INTERNE


Il existe de nombreuses définitions du contrôle interne, deux d’entre elles sont données
ci-dessous :

D’après la Commission Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC) « le


système de contrôle interne est l’ensemble des politiques et procédures (contrôle interne) mises
en œuvre par la direction d’une entité en vue d’assurer, dans la mesure du possible, la gestion
rigoureuse et efficace de ses activités. Ces procédures impliquent le respect des politiques de
gestion, la sauvegarde des actifs, la prévention et la détection des irrégularités et inexactitudes,
l’exactitude et l’exhaustivité des enregistrements comptables et l’établissement en temps voulu
d’informations financières ou comptables fiables. Le système de contrôle interne d’entend au-
delà des domaines liés au système comptable. Il comprend :

- L’« environnement général de contrôle interne » qui est l’ensemble des comportements,
degrés de sensibilisation et action de la direction (y compris le gouvernement
d’entreprise concernant le système de contrôle interne et son importance dans l’entité
(…) ;
- Les « procédures de contrôle » qui désignent les politiques et procédures définies par
la direction afin d’atteindre les objectifs spécifiques de l’entité complémentaires à
l’environnement général de contrôle interne (…) » (Ancienne norme CNCC n° 2-301
§ 08).

Définition de la commission Treadway « le contrôle interne est un processus mis en


œuvre par le conseil d’administration, les dirigeants et le personnel d’une organisation,
destiné à fournir une assurance raisonnable quant en la réalisation des objectifs suivants :

- La réalisation et l’optimisation des opérations ;


- La fiabilité des informations financières ;
- La conformité aux lois et réglementations en vigueur » (Committee of sponsoring of
the Treadway commission, 1992).

Un contrôle interne est efficace lorsqu’il permet une couverture raisonnable des risques
dans l’organisation. Des définitions susmentionnées, il ressort que les principaux objectifs du
contrôle interne sont :

 La protection du patrimoine de l’entité ;


 La qualité de l’information, et en particulier celle de l’information financière ;
 L’amélioration des performances ;
 L’application des instructions de la direction.

Il se dégage également que le contrôle interne ne constitue pas une garantie totale de la
réalisation de ces objectifs, il convient que les procédures soient efficaces et garantissent une
couverture raisonnables des risques. Pour cela le contrôle interne doit posséder les éléments
suivants :

8
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

 Une organisation claire et reconnue ;


 Des méthodes et des procédures appropriées ;
 Un personnel qualifié ;
 Des moyens matériels de protection.

Il existe de nombreuses querelles terminologiques et doctrinaires concernant « l’audit


interne » et le « contrôle interne » qui ont des significations proches. Toutefois, ils se
distinguent en ça que le contrôle interne a une valeur de concept traduisant un dispositif alors
que l’audit interne indique une fonction. Ce dernier est subordonné au respect d’un certains
nombres de normes.

1.1.1.4 NORMES D’AUDIT INTERNE


Une norme d’audit interne est un document d’ordre professionnel promulgué par « the
Internal Auditing Standards Board » (Comité à l’IIA chargé d’élaborer les normes) afin de
définir les règles applicables à un large éventail d’activité d’audit interne et utilisables pour
l’évaluation de ses performances. La fonction d’auditeur interne nécessite un
professionnalisme et un savoir-faire de haut niveau qui ne peut être atteint que grâce à
l’existence d’un cadre de référence établi pour la profession. Les normes d’audit interne ont
pour objet :

 De définir les principes de base que la pratique de l’audit interne doit suivre ;
 De fournir un cadre de référence pour la réalisation et la promotion d’un large éventail
d’activité d’audit interne apportant une valeur ajouté ;
 D’établir les critères d’appréciation du fonctionnement de l’audit interne ;
 De favoriser l’amélioration des processus organisationnels et des opérations.

Les normes d’audit interne se composent des normes de qualification, des normes de
fonctionnement et des normes de mise en œuvre. Les normes de qualification énoncent les
caractéristiques que doivent présenter les organisations et les personnes accomplissant des
activités d’audit interne tandis que les normes de fonctionnement décrivent la nature des
activités d’audit interne et définissent des critères de qualité permettant d’évaluer les services
fournis. Bien qu’il existe un seul ensemble de norme de qualification et de fonctionnement, il
peut exister différents ensembles de normes de mise œuvre correspondant chacun à un grand
type d’activité d’audit interne. Ces dernières concernent les audits d’assurance et les audits de
conseils. Dans le premier cas le numéro de la norme sera suivi de la lettre « A » alors que dans
le second il sera suivi de la lettre « C ».

1.1.2 FONCTION D’AUDIT INTERNE


Le métier d’auditeur interne est une fonction exercée par un salarié de l’entreprise qui
suit un certains nombres de règles contenues dans le Code de déontologie de l’IIA. La
composition de l’équipe d’audit et le fonctionnement du service d’audit interne est établi par
les normes.

9
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.2.1 POSITION HIERARCHIQUE


Le service d’audit peut être rattaché au comité d’audit, à la direction générale ou à la
direction administrative et financière.

1.1.2.1.1 RATTACHEMENT AU COMITE D’AUDIT


Le Comité d’audit est le délégué du conseil dans son pouvoir de surveillance. Il réunit
en principe des administrateurs compétents et non impliqués dans la gestion de l’entreprise.
Les entreprises adoptant ce cas de figure (en grande partie dans les pays anglo-saxons) avancent
que c’est le meilleur moyen de garantir l’indépendance des auditeurs internes. Selon Barbier
(1996, P55) les inconvénients et avantages de ce rattachement sont les suivantes :

Avantages

 Le Comité d’audit aura une indépendance relative par rapport à l’élaboration du


programme d’audit, des secteurs et opérations à contrôler, des recommandations à
émettre ;
 Le responsable du service d’audit interne est mieux protégé car sa nomination et sa
révocation dépendent du comité d’audit et non du PDG ou du DG ;
 Les informations financières feront l’objet de contrôles plus méticuleux.

Inconvénients

 L’audit interne apparaîtra comme un service de plus en plus extérieur à l’organisation,


il sera plus proche des préoccupations des actionnaires que des dirigeants ;
 L’audit interne s’étant éloigné du PDG, il peut y avoir perte de confiance de la part de
ce dernier, d’où une baisse de crédibilité de la fonction de l’audit interne.

1.1.2.1.2 RATTACHEMENT A LA DIRECTION GENERALE


L’intérêt de ce rattachement réside dans la très grande fluidité de l’information entre la
direction générale et le service d’audit interne et dans la réactivité lors des prises de décisions.
Selon Renard (2010, P452) « il semble essentiel que les auditeurs soient toujours en mesure
d’exercer leur rôle de conseiller du management, dialoguant avec la direction générale et toutes
les échelons hiérarchiques. Couper les auditeurs interne de cette sources d’échangent et
d’informations, ce serait du même coup les rejeter hors du champ opérationnel et limiter leur
champ d’action aux activités financières et comptables ».

Pour BERTIN (2007, P33) « ce rattachement peut sous-entendre que le service d’audit
interne est le gendarme de la direction, ce qui ne rend pas bien son rôle dans le processus de
management des risques, de production et d’élaboration de l’information financière et non
financière ». Elle ajoute également que « un tel rattachement dans les groupes internationaux
peut, si le dirigeant est opportuniste, priver les membres du conseil d’administration
d’information sur la gestion des filiales ».

10
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.2.1.3 RATTACHEMENT A LA DIRECTION FINANCIERE


De nos jours, on rencontre encore ce genre de rattachement dans des entreprises.
D’après BERTIN (2007, P37) « cette solution est la moins intéressante dans la mesure où, elle
place l’audit interne à un niveau moins élevé que les directions opérationnelles et donc nuit à
son efficacité ». En effet, ce rattachement réduit considérablement le champ d’action de l’audit
interne et ne garantit pas son indépendance. Il fait perdre à l’audit interne sa crédibilité et lui
donne une image comptable et financière.

1.1.2.2 DEONTOLOGIE DE L’AUDITEUR INTERNE


D’après l’IIA, « le Code de Déontologie a pour but de promouvoir une culture de
l’éthique au sein de la profession d’audit interne. Il s’applique aux personnes et aux entités qui
fournissent des services d’audit interne et va au-delà de la définition de l’audit interne en
incluant deux composantes essentielles :

 Les principes fondamentaux pertinents pour la profession et pour la pratique de l’audit


interne à savoir l’intégrité, l’objectivité, la confidentialité et la compétence ;
 Des règles de conduites décrivant les normes de comportement attendues des auditeurs
internes. Ces règles sont une aide à la mise en œuvre pratique des principes
fondamentaux et ont pour but de guider la conduite éthique des auditeurs internes. »

1.1.2.3 DOCUMENTS D’AUDIT INTERNE


Dans l’exercice de ses fonctions, l’auditeur interne utilise lors de ses missions plusieurs
documents qui constituent des exigences pour un service d’audit interne de qualité.

 La charte d’audit

La charte d’audit est un document officiel définissant la mission, les pouvoirs et les
responsabilités de l’auditeur conformément aux Normes d’audit interne et au Code de
déontologie. Il définit la position de l’auditeur interne dans l’organisation, autorise l’accès aux
documents, aux biens et aux personnes, nécessaires à la bonne réalisation des missions, définit
le champ des activités d’audit interne. Il représente le premier document entre le service d’audit
et les audités.

 Le manuel d’audit interne

Le manuel d’audit est un document décrivant l’organisation et les procédures du service


d’audit interne. Il est élaboré en suivant la norme 2040 « le responsable de l’audit doit établir
des règles et procédures fournissant un cadre à l’activité du service d’audit ».

Selon RENARD (2010, P408), c’est un document à usage interne au service d’audit
interne et à la disposition des auditeurs internes. Il reflète l’organisation et les habitudes de
travail du service d’audit interne. C’est une sorte de bible qui doit remplir trois (03) objectifs :

11
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

- Définir de façon précise le cadre de travail (organigramme, horaire, installation


matériel,…) ;
- Aider à la formation de l’auditeur débutant ;
- Servir de référentiel.

 Le manuel de procédures

Selon Ouaniche (2009, P.132) le manuel de procédure peut être défini comme étant
« un référentiel approuvé par la direction qui décrit de manière précise et détaillé les circuits
de flux de documents et d’informations, les procédures d’autorisation et d’approbation, les
différents niveaux de responsabilité et de délégation et enfin les dispositifs de sécurité à
respecter ». L’auditeur interne utilise ce document pour s’assurer du respect des procédures de
contrôle interne.

 Le plan d’audit

C’est un document élaboré par l’auditeur interne et approuvé par la direction générale
de l’entreprise, qui mentionne l’ensemble des vérifications que celui-ci compte effectuer au
cours de l’exercice. Il est élaboré sur la base des risques recensés dans la société. Vaurs, (2000,
P42) le définit comme « un outil de gestion au service d’audit interne élaboré par ce dernier
et approuvé par la direction générale qui indique, selon un calendrier prévisionnel de
réalisation, la liste des missions à effectuer et les auditeurs qui seront en charge ». Il est élaboré
à partir de la cartographie des risques.

 La cartographie des risques

Selon De Mareschal (2003, P15) « la cartographie des risques est un mode de


représentation et de hiérarchisation des risques d’une organisation ». C’est un document qui
regroupe l’ensemble des risques identifiés dans l’entreprise et qui est utilisé pour la
planification des missions d’audit interne.

 Les textes législatifs, réglementaires, jurisprudentiels et contractuels.

1.1.3 CONDUITE D’UNE MISSION D’AUDIT INTERNE


L’IIA a élaboré des normes servant de référence pour la conduite d’une mission d’audit
interne. Conformément à celles-ci, l’auditeur interne doit procéder à une évaluation des risques
dans l’entité après avoir conçu la charte d’audit interne. A partir des résultats de cette
évaluation, il élabore un programme de vérification qui doit être validé par les dirigeants de
l’entreprise.

Une mission d’audit suit trois (03) étapes : la planification de la mission,


l’accomplissement de la mission et la communication des résultats.

12
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.1.3.1 PLANIFICATION DE LA MISSION


Les auditeurs doivent concevoir et formaliser un plan pour chaque mission. Ce plan
comporte le champ de la mission, l’objectif de la mission, la durée de la mission, les ressources
affectées à la mission, et le programme de travail.

L’objectif de la mission est formulé en fonction des risques lié à l’activité auditée,
identifiés lors de l’évaluation des risques dans l’entité et en prenant en compte qu’il pourrait
exister d’autres risques importants. Les objectifs des missions de conseils doivent être relatifs
au processus de management des risques, de gouvernement d’entreprise et de contrôle.

Le champ d’application doit être suffisant pour répondre aux objectifs définis. Il doit
couvrir les systèmes, les documents, le personnel et les biens concernés y compris ceux qui se
trouvent sous le contrôle des tiers.

On entend par ressource affectées à la mission les ressources humaines, matérielles et


financières. L’auditeur doit s’assurer que ces ressources permettront d’atteindre les objectifs
de la mission.

La durée a été prévue dans le programme annuel de vérification. Lorsqu’elle dépasse


un (01) mois on parle de mission de durée longue et lorsqu’elle n’excède pas un (01) mois on
parle d’une mission de durée courte.

Le programme de travail doit définir les procédures à appliquer pour trouver, analyser,
évaluer et documenter les informations lors de la mission. Il doit être approuvé avant sa mise
en œuvre et permettre d’atteindre les objectifs de la mission.

1.1.3.2 ACCOMPLISSEMENT DE LA MISSION


Au cours de cette phase l’auditeur doit identifier les informations nécessaires, fiables et
pertinentes qu’il utilisera durant la mission pour atteindre ses objectifs. Il effectuera divers
analyses et évaluations, documentera les informations pour étayer les résultats et conclusions
de la mission. En outre il devra superviser la mission pour s’assurer de l’atteinte des objectifs
et de la qualité de la vérification.

1.1.3.3 LA COMMUNICATION DES RESULTATS


L’auditeur interne doit communiquer les résultats aux destinataires appropriés, celui à
même de garantir qu’ils recevront toute l’attention nécessaire. La communication doit être
claire, concise, constructive, complète et émise en temps utile. Il communique ses résultats à
travers le rapport d’audit, ce point sera développé en détail au chapitre suivant.

Le rapport marque la fin d’une mission d’audit interne. Toutefois, une autre phase doit
être prise en compte dans la conduite d’une mission d’audit, c’est « la surveillance des actions
de progrès ». Ici, le responsable de l’audit interne doit mettre en place un processus de suivi
permettant de surveiller et de garantir que des mesures ont été effectivement mises en œuvre
par le management ou que la Direction Générale a accepté de prendre le risque de rien faire. Il

13
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

doit surveiller la suite donnée aux résultats des missions de conseil conformément à l’accord
passé avec le client donneur d’ordre.

Les organisations ne s’appuient pas uniquement sur les missions d’audit interne, elles
peuvent aussi avoir recours à des consultants externes lorsque : la loi l’exige, qu’une certaine
expertise l’exige ou qu’il n’existe pas de service d’audit interne en leur sein.

1.2 AUDIT EXTERNE

L’audit externe est une mission effectuée par un professionnel non salarié de
l’entreprise qui a pour rôle d’apporter un regard externe quant à la fiabilité du fonctionnement
des organes de l’entreprise et de veiller à la véracité des flux d’informations utile pour la prise
de décision. Bien qu’il existe plusieurs types d’audit externe (audit juridique, audit social, audit
informatique, audit fiscal…), le plus connue est sans aucun doute l’audit financier. On qualifie
« d’audit financier » toute analyse, tout contrôle, toute vérification, toute étude, de tout ou
partie des processus comptables ou des comptes (compte annuels, états financiers, documents
comptables,…) d’une entité.

L’audit externe est mené selon le type de mission par un Commissaire aux Comptes
(CAC), par un fonctionnaire ou par un tiers lié à l’entreprise par un contrat. D’où la
classification en audit légal et audit contractuel.

1.2.1 L’AUDIT LEGAL


L’audit légal est une mission d’audit comptable et financier réalisée par un
Commissaire aux comptes (CAC). Ce dernier étant également appelé contrôleur légal ou
auditeur légal compte tenu du fait que sa mission est instituée par la loi. Le CAC est un expert-
comptable faisant parti de l’ordre des experts comptable d’un pays.

1.2.1.1 LE COMMISSAIRE AUX COMPTES


En France est commissaire aux comptes l’expert-comptable faisant partie de la
Commission Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC), Ceci n’est pas le cas au
Cameroun. En effet, au Cameroun les professionnels inscrit à l’ordre des experts comptables
du Cameroun (ONECCA) et ayant le titre d’expert-comptable peuvent également avoir le titre
de Commissaire aux comptes. D’après l’Acte Uniforme OHADA (Organisation pour
l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) dans son Article 695 « lorsqu’il existe un
ordre des experts comptables dans l’Etat partie du siège de la société, objet du contrôle, seuls
les experts comptables agréés par l’ordre peuvent exercer les fonctions de commissaire aux
comptes ». Pour être CAC en zone OHADA, L’expert-comptable doit recevoir l’agrément de
l’ordre des experts comptables de son pays, il est agréé par la décision du Comité de direction
de la CEMAC au vu d’un dossier comprenant notamment une demande d’agrément, une copie

14
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

du diplôme d’expert-comptable, une copie d’acte de naissance ou du jugement supplétif tenant


lieu. Pour les Etats ne disposant pas d’ordre des experts comptables, les experts comptables
doivent être préalablement inscrits à la commission d’inscription des cours d’appel instituées
par le législateur OHADA.

1.2.1.1.1 NOMINATION DES COMMISSAIRES AUX COMPTES


L’acte uniforme OHADA portant droit des sociétés commerciales et groupement
d’intérêts économiques fixe les modalités de nomination de CAC dans une société de capitaux.
On a ainsi par exemple :

 Dans les Sociétés anonymes (SA) obligation de nomination d’un CAC et d’un
suppléant ;
 Dans les SA faisant appel public à l’épargne obligation de nomination de deux (02)
CAC et deux (02) suppléants ;
 Dans les Société à Responsabilité Limitée (SARL) ayant un capital minimum de
10 000 000, un chiffre d’affaires de 125 000 000 et au moins 50 employés, obligation
de nomination d’un CAC et d’un suppléant.

Les entreprises manipulant les fonds public ont également l’obligation de nomination
d’un commissaire aux comptes et d’un suppléant.

De plus le règlement CEMAC sur l’exercice de l’activité des micros finances fait
obligation de nomination d’un CAC et d’un suppléant pour les micros finances de 1 ère, 2e et 3e
catégorie.

Les sociétés de personnes ou les SARL qui ont prévu dans leur statuts la nomination
d’un commissaire aux comptes, peuvent à l’unanimité ou à la majorité nommer un (ou
plusieurs) commissaire (s) aux comptes pour certifier leur comptes. Bien que cette nomination
soit facultative, il s’agit toujours d’un audit légal qui doit respecter les règles de la profession
d’auditeur.

1.2.1.1.2 ROLE DU COMMISSAIRE AUX COMPTES


Le rôle du CAC est de contribuer à la normalisation de la vie des affaires, en s’assurant
de la conformité de la loi, des comportements et en favorisant la transparence de l’information
financière. Le CAC signale à la plus prochaine assemblée générale ou réunion de l’organe
compétent les irrégularités et inexactitudes relevées par eux au cours de l’accomplissement de
leur mission (Article 716 Acte Uniforme de l’OHADA).

Le contrôleur légal fait partie du dispositif mis en place pour protéger les droits des
actionnaires et éviter une rupture d’égalité entre eux : il s’assure que l’égalité est respectée
entre les actionnaires, associés ou membre de l’organe compétent (Article 714 de l’Acte
Uniforme de l’OHADA relatif aux Sociétés Commerciales et des Groupements d’Intérêts
Economiques (AUOSCGIE)). Il a également un rôle dans la prévention des difficultés de
l’entreprise. Le législateur en a fait le garant de l’ordre public lorsqu’il l’a soumis à l’obligation

15
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

de révélation des faits délictueux. Le CAC qui omettrait de remplir ce rôle ou qui enfreindrait
lui-même la loi, engage sa responsabilité qui peut être soit civile soit pénale.

1.2.1.1.3 TYPES DE MISSIONS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES


Le Commissaire aux Comptes a pour mission permanente, à l’exclusion e toute
immixtion dans la gestion, de vérifier les valeurs et les documents comptables de la société et
de vérifier la conformité de sa comptabilité aux règles en vigueurs (Article 712 AUOSCGIE).
L’audit mené par le CAC comprend une mission générale et le cas échéant des interventions
connexes. Ces différentes missions définies par la loi sont les suivantes :

 Missions de certification des comptes annuels et consolidés ;


 Mission d’examen limité ;
 Autres interventions définies,

Les autres interventions définies comprennent les missions de procédures convenues et


les missions de compilation. En outre, en raison de la durée de son mandat, le CAC a souvent
l’occasion d’assister à des changements dans l’entreprise issus d’opérations juridiques mais
également liés à sa situation économique. Ainsi, il effectue également des interventions dont
les plus usuelles sont les modifications du capital (augmentation du capital particulière,
réduction de capital) et les interventions liées à la transformation de la société (transformation
d’une société en société par actions, transformation d’une SARL en société commercial d’une
autre forme, transformation des sociétés par actions).

1.2.1.2 OBJECTIF ET NORMES D’AUDIT


Pour la Commission Nationale des Commissaires aux Comptes de France « une mission
d’audit des comptes annuels, consolidés ou intermédiaires a pour objectif de permettre aux
commissaires aux comptes de formuler une opinion, exprimant si ces comptes sont établis, dans
tous leurs aspects significatifs, conformément au référentiel comptable qui leur est applicable.
Cette opinion est formulée en termes de régularité, de sincérité et image fidèle ».

L’audit comptable et financier de par ses caractéristiques a pour vocation de donner à


l’information financière la crédibilité nécessaire au bon fonctionnement de l’économie. La
réalisation d’une mission repose sur le respect d’un certain nombre de normes édictées par la
Commission internationale des normes d’audit et d’expression d’assurance ou l’International
Auditing and Assurance Standards Board (IAASB) de l’IFAC 2 . Cette commission a pour
mission et le pouvoir de publier au nom de l’IFAC des recommandations et projets de
recommandations sur l’audit et les missions qui s’y rattachent. L’IAASB a ainsi élaboré un
cadre de référence pour les recommandations internationales sur l’audit et les missions
connexes qui distinguent les missions d’audit des autres missions. Ces dernières comprennent
les missions d’examens limités, les missions d’application de procédures convenues et les
missions de compilation.

2
IFAC est la fédération globale de la profession comptable

16
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

Les normes d’audit doivent être appliquées par tous les professionnels de l’audit, le
règlement n° 01/CM/2017 portant harmonisation des pratiques des professionnels de la
comptabilité et de l’audit dans les pays membres de l’OHADA stipule en son Article 3 « les
professionnels réalisant un audit légal ou contractuel sur le territoire d’un Etat membre de
l’OHADA appliquent les normes internationales d’audit, dites normes ISA, publiées par la
Fédération Internationale des Experts Comptables (IFAC) ».

Il est à noter que le référentiel ci-dessus ne s’applique pas aux autres services rendus
par les auditeurs tels que les services d’ordre fiscal, comptable et financier, ainsi que les
activités de consultant car ils peuvent effectuer divers missions tels que l’évaluation
d’entreprise, les missions de conseils, bref, toute mission concourant à l’amélioration des
performances de ses clients.

1.2.1.3 NORMES D’EXERCICE PROFESSIONNELLES DES CAC


Les normes d’exercice professionnel (NEP) définissent les principes fondamentaux et
les procédures essentielles que le commissaire aux comptes doit appliquer dans l’exercice de
ses fonctions.

La mission du commissaire aux comptes s’exerce dans le respect des normes d’exercice
professionnel, en tenant des bonnes pratiques professionnelles sur la base des normes
internationales d’audit (ISA). Les NEP ne comprennent que des principes généraux et
obligations alors que les normes édictées précédemment par la profession (ISA) comprenaient
les modalités d’application de ces principes et obligation en apportant les explications et les
informations nécessaires à leur mise en œuvre. Dans l’attente de l’adaptation des normes
internationales d’audit (ISA) à l’Acte Uniforme de l’OHADA, celles-ci (ISA) s’appliquent aux
missions d’audit et de commissariat aux comptes. Les NEP sont pour la plus part la
transposition des normes édictées par l’IAASB et comportent les points suivant :

 0. Introduction
 1. Disposition relatives à l’exercice des missions
 2. Mission d’audit
 3. Mission d’examen limité
 4. Interventions définies par convention
 5. Vérifications et informations spécifiques
 6. Interventions définies par la loi et le règlement
 7. Missions particulières confiées à un commissaire aux comptes.

1.2.2 L’AUDIT CONTRACTUEL


L’audit contractuel est une mission qui résulte d’un contrat passé entre l’auditeur et son
client (une entreprise, un ministère, une mairie,…). Bien qu’il n’existe qu’une seule mission
d’audit légal, il existe plusieurs missions d’audit contractuel tels que l’audit financier, l’audit

17
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

fiscal, l’audit informatique, etc. Une mission d’audit contractuel effectué par un expert-
comptable peut porter soit sur un audit financier, soit sur un audit opérationnel.

1.2.2.1 OBJECTIF ET MISSION DE L’AUDIT


Selon Burlaud Alain et al « l’audit opérationnel a pour objectif l’analyse des risques et
des déficiences existants dans le but de donner des conseils, de faire des recommandations, de
mettre en place des procédés (procédés informatique, procédé de gestion des stocks,…) ou
encore de proposer de nouvelles stratégies ; en un mot, l’audit opérationnel comprend toutes
les missions qui ont pour objet d’améliorer les performances de l’entreprise ». L’audit
opérationnel correspond à l’audit interne qui a été développé au point précédent (§1.1).

Pour l’ordre des experts comptables « l’objectif de l’audit des comptes est de permettre
à l’expert-comptable d’exprimer une opinion indiquant si les comptes présentent sincèrement,
dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de l’entité et les résultats de ses
opérations (ou sont réguliers, sincères et donne une image fidèle) conformément au référentiel
comptable identifié ».

Les missions d’audit contractuel sont remplies par une personne physique ou morale
inscrite auprès d’un conseil régional de l’ordre des experts comptables. Celles-ci peuvent
réaliser de nombreuses missions dont les principales sont :

 La mission de présentation des comptes annuels ;


 La mission d’examen limité des comptes annuels ;
 Et la mission d’audit contractuel.

Dans une mission de présentation des comptes annuels, l’objectif est de réviser et
apprécier la comptabilité d’une entreprise pour attester la régularité et la sincérité de ses
comptes annuels. Dans cette mission la comptabilité des entreprises est tenue par l’expert-
comptable intégralement ou partiellement. Dans le premier cas, l’entreprise ne tient pas sa
comptabilité et externalise sa comptabilité alors que dans le deuxième cas l’entreprise partage
la tenue de la comptabilité en fonction des tâches qu’elle est capable d’effectuer techniquement.

Une mission d’audit est une mission dans laquelle l’auditeur exprime une assurance
raisonnable sur la régularité, la sincérité des comptes, ainsi que sur l’image fidèle du patrimoine
de l’entité donnée par ceux-ci. Les travaux effectués par l’expert-comptable au cours de cette
mission sont sensiblement identique à ceux réalisés par le commissaire aux comptes.

Dans une mission d’examen limité, l’auditeur exprime une assurance modéré sur la
régularité, la sincérité des comptes, ainsi que sur l’image fidèle du patrimoine de l’entité
donnée par ceux-ci. Ici l’assurance est formulée sous forme négative, l’expert-comptable
atteste qu’il n’a pas relevé d’éléments remettant en cause la régularité et la sincérité des
comptes annuels.

18
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.2.2.2 NORMES D’AUDIT FINANCIER DE L’AUDIT CONTRACTUEL


La profession d’auditeur est encadré par les normes d’audit internationales de l’IFAC
communément appelées normes ISA. Au Cameroun, tout professionnel de l’audit effectuant
un audit financier est tenu de se conformer à ces normes pour leurs travaux de vérification. En
effet, selon l’Acte Uniforme de l’OHADA « les professionnels réalisant un audit légal ou
contractuel sur le territoire d’un Etat membre de l’OHADA appliquent les normes
internationales d’audit, dites normes ISA, publiées par la Fédération Internationale des
Experts Comptables (IFAC) ».

1.2.3 DEROULEMENT D’UNE MISSION D’AUDIT


La démarche de l’audit comptable et financier repose sur deux (02) principes : la
méthodologie utilisée est fondée sur l’approche par les risques et l’objectif de la mission est
l’émission d’une opinion motivée.

1.2.3.1 L’APPROCHE PAR LES RISQUES


L’approche par les risques suppose que soit identifié les points qui présentant un risque
doivent faire l’objet d’un contrôle approfondi de ceux qui ne soulevant pas ou peu de risque
particuliers, peuvent faire l’objet d’un contrôle allégé. L’audit comptable et financier ne
consiste pas uniquement à une révision à plat des comptes, il s’agit également de faire
également une évaluation des risques d’anomalie significative et du contrôle interne mis en
œuvre dans l’entreprise. L’auditeur dont le temps d’intervention est limité et l’importance des
travaux élevée doit alors utiliser une méthodologie lui permettant de motiver son opinion
(obtenir des éléments probants) et d’obtenir le maximum d’efficacité (optimiser le rapport entre
le coût de son contrôle et le niveau de confiance attendu).

1.2.3.2 METHODOLOGIE DE L’APPROCHE PAR LES RISQUES


La méthodologie de l’approche par les risques repose sur trois (03) composantes : La
définition des assertions d’audit ; L’identification des risques propres à remettre en cause ces
assertions ; La réponse apportée par l’auditeur aux risques identifiés.

1.2.3.2.1 LA DEFINITION DES ASSERTIONS D’AUDIT


Les assertions peuvent être définit comme « les critères dont la réalisation conditionne
la régularité, la sincérité, et l’image fidèle des comptes » (norme ISA 315). Ce sont des critères
de référence servant de support à la recherche et à l’appréciation des risques susceptibles
d’entrainer des anomalies significatives dans les comptes. Le non-respect d’une assertion
traduit la présence d’une anomalie significative dans les comptes.

19
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

Exemple :

 La réalité : les opérations et événements qui ont été enregistrés ce sont produits et se
rapport à l’entité ;
 La mesure : les montants et autres données relatives aux opérations et événements ont
été correctement enregistrés ;
 La classification : les opérations et les événements ont été enregistrés dans les comptes
adéquats.

1.2.3.2.2 L’IDENTIFICATION DES RISQUES


L’objectif ici est de déterminer les risques qui d’une part sont susceptibles de se
produire et qui d’autre part présente un caractère significatif. Un élément significatif est un
élément dont l’omission ou l’inexactitude est susceptible d’influencer les décisions
économiques ou le jugement fondé sur les comptes. L’auditeur évalue le risque que les
assertions d’audit relatives aux états financiers soient affectées par des anomalies significatives
en adoptant une démarche consistant à identifier les risques inhérents et les risques liés au
contrôle

Le risque inhérent correspond à « la possibilité que, sans tenir compte du contrôle


interne qui pourrait exister dans l’entité, une anomalie significative se produise dans les
comptes » (ISA 200).

Le risque lié au contrôle correspond au « risque qu’une anomalie significative ne soit


ni prévenue ni détectée par le contrôle interne de l’entité et donc non corrigée en temps voulu »
(ISA 200).

Ces deux risques susmentionnés correspondent au risque d’anomalie significatif et sont


identifiés au cours de la phase de prise de connaissance et la phase d’évaluation du contrôle
interne qui seront développées au point suivant. En outre il convient à l’auditeur d’utiliser ses
compétences pour évaluer le risque de non détection et le risque d’audit. Le risque de non
détection est le risque que l’auditeur ne détecte pas une anomalie significative alors que le
risque d’audit est le risque d’émettre sur les comptes une opinion différente de celle qui aurait
été émise si toutes les anomalies significatives avaient été identifiées.

Risque d’audit = Risque d’anomalie significatif + Risque de non détection

1.2.3.2.3 LA REPONSE AUX RISQUES IDENTIFIES


Après avoir identifié l’ensemble des risques, l’auditeur doit apporter une réponse à ces
risques afin de les réduire à un niveau suffisamment faible pour obtenir l’assurance nécessaire
pour la certification des comptes. Pour cela, après évaluation de ces risques, il met en œuvre
des procédures d’audit en tenant compte du risque de non détection.

20
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.2.3.3 PHASE D’UNE MISSION D’AUDIT FINANCIER


On peut distinguer les phases suivantes dans la mise en œuvre d’un audit financier par
un auditeur :

 La prise de connaissance et planification de la mission ;


 L’évaluation du contrôle interne ;
 Le contrôle direct des comptes
 Les travaux de finalisation de la mission.

1.2.3.3.1 LA PRISE DE CONNAISSANCE ET LA PLANIFICATION DE LA


MISSION
Cette phase est l’occasion pour l’auditeur d’avoir une bonne compréhension de l’entité
à auditer. Elle lui permet de planifier son audit et porte d’une part sur l’activité et
l’environnement de l’entité, d’autre part sur les éléments de contrôle interne pertinents pour
l’audit.

La prise de connaissance de l’activité et de l’environnement de l’entité lui permet


d’avoir une bonne compréhension du secteur d’activité et des caractéristiques de l’entité. Il
peut par exemple prendre connaissance de la nature de l’activité, l’environnement
réglementaire, la taille de l’entité, les moyens de production, la situation financière, etc.

En prenant connaissance les éléments de contrôle interne pertinents pour l’audit,


l’auditeur acquière une bonne compréhension du système de contrôle interne de l’entité. Il
s’imprègne de l’environnement de contrôle, de l’organisation générale de l’entité, des
procédures de contrôle, des principes comptables, etc.

L’objectif ultime de la prise de connaissance est l’identification des risques d’anomalies


significatives pesant sur les comptes. C’est à ce niveau que l’auditeur évalue le risque inhérent
et fait une première évaluation du risque lié au contrôle interne et cette évaluation lui permet
de tirer des conséquences sur la planification de sa mission. Il élabore ainsi le plan de mission,
le programme de travail et la lettre de mission.

Le plan de mission est un document synthétique formalisant l’orientation et la


planification de la mission et définissant l’approche générale des travaux. Il doit exposer à
minima (ISA 300) :

 L’étendue, le calendrier et l’orientation des travaux ;


 Le ou les seuils de signification retenus ;
 Et les lignes directrices nécessaires à la préparation du programme de travail.

Le programme de travail définit la nature et l’étendue des diligences estimées


nécessaires, au cours de l’exercice, à la mise en œuvre du plan de mission, compte tenu des
prescriptions légales et des normes d’exercices professionnel ; il indique le nombre d’heure de
travail affecté à l’accomplissement de ces diligences et les honoraires correspondants.

21
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

1.2.3.3.2 EVALUATION DU CONTROLE INTERNE


L’évaluation du contrôle interne constitue une étape importante dans la démarche de
l’audit. Elle permet d’apprécier l’organisation et le système d’information qui concoure à la
production des comptes soumis à la certification. Pour cela l’auditeur suit les étapes suivantes :

 Prise de connaissance des procédures de contrôle interne ;


 Evaluation du contrôle interne
 Exploitation de l’évaluation du contrôle interne.

Au cours de la prise de connaissance des procédures de contrôle interne, l’auditeur


effectue une description des procédures ou utilise la description existante (manuel de
procédures) puis réalise un test pour s’assurer de sa bonne compréhension des procédures et
des points clés.

Durant l’évaluation du contrôle interne l’auditeur identifie les points forts et faibles du
contrôle interne. Il s’agit respectivement plus simplement des points qui permettent de s’assurer
du respect des assertions et des défaillances laissant craindre que certaines assertions ne soient
pas respectées. Puis, l’auditeur vérifie la correcte application des points forts identifiés et
mesure leur impact réel sur la couverture des risques.

Enfin, il s’appuie sur les points forts relevés et testés ou renforce ses contrôles de
substance en réaction aux points faibles constatés lors de l’exploitation de l’évaluation du
contrôle interne.

L’objectif de cette phase est d’évaluer l’efficacité du contrôle interne et d’adapter son
approche d’audit et son programme de travail compte tenu des points forts et faibles identifiés.

1.2.3.3.3 LE CONTROLE DIRECT DES COMPTES


Les contrôles directs des comptes consistent à mettre en œuvre les contrôles de
substance dans l’objectif de collecter les éléments probants permettant de se prononcer sur le
respect des assertions puis de préparer l’opinion sur les comptes.

D’après ISA 315 les contrôles de substance sont « des procédures d’audit mises en
œuvre pour détecter les anomalies significatives au niveau des assertions ».

Les éléments probants sont des éléments appropriés et suffisants. Ils sont collectés à
chaque étape de la démarche d’audit avec une plus grande proportion dans la phase de contrôle
direct des comptes et permettent de motiver l’opinion sur les comptes.

1.2.3.3.4 TRAVAUX DE FINALISATION DE LA MISSION


Dans cette étape l’auditeur rédige le rapport d’audit dans lequel il formule son opinion
sur les comptes suivant la norme ISA 700.

22
Chapitre 1 : Audit interne et audit externe

CONCLUSION

L’audit est un examen effectué par un professionnel indépendant. Lorsqu’il est mis en
œuvre par un auditeur interne son but est de s’assurer du respect des lois et règlements, de
donner des conseils en vue d’améliorer les processus de management de risque, de gouvernance
d’entreprise et de contrôle, et lorsqu’il est fait par un expert-comptable son bon but est de
s’assurer de la qualité des informations financières mis à la disposition des dirigeants des
entreprises. C’est une profession encadrée par des normes dont le respect garantie la qualité
des travaux et permet l’élaboration d’un rapport d’audit utile pour les dirigeants.

23
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

CHAPITRE 2 LES RAPPORTS D’AUDIT ET LEUR UTILITE DANS


L’ENTREPRISE

INTRODUCTION

Les rapports d’audit sont des documents rédigés par un auditeur, dans lequel celui-ci
formule les conclusions des vérifications qu’il a eu à effectuer lors de sa mission d’audit. Ces
documents sont élaborés au cours de la phase de communication des résultats pour les missions
d’audit interne et lors des travaux de finalisation de la mission pour les missions d’audit
externe, conformément aux normes établies par la profession. Nous présenterons dans ce
chapitre les rapports d’audit et leur utilité pour le top management.

2.1 RAPPORT D’AUDIT

Le contenu des rapports d’audit diffère les uns les autres d’un pays à un autre selon
qu’on soit dans une mission d’audit interne ou une mission d’audit externe.

2.1.1 RAPPORT D’AUDIT EXTERNE


Depuis les années 1980, un effort d’harmonisation du rapport d’audit a été mené au
niveau international. En 2009, la norme ISA 700 est entrée en vigueur traitant des
responsabilités qui incombent à l’auditeur de se former une opinion sur les états financiers ainsi
que de la forme et du contenu du rapport de l’auditeur délivré à l’issu d’un audit d’états
financiers. Le Cameroun faisant partie de la communauté OHADA, les auditeurs exerçant dans
cette région ont l’obligation d’établir leur rapport suivant cette norme ISA. En audit externe on
aura plusieurs types de rapport d’audit selon que l’on soit dans un audit légal ou que l’on soit
dans un audit contractuel.

2.1.1.1 RAPPORT D’AUDIT LEGAL


Dans l’exercice de leur fonction les Commissaires aux Comptes doivent respecter les
Normes d’Exercice Professionnel. Conformément à ces normes, les commissaires aux comptes
établissent au cours de leur mission légale deux types de rapport : le rapport général et le
rapport spécial.

2.1.1.1.1 RAPPORT GENERAL


Respecter les Normes d’Exercice Professionnel implique le respect de la NEP 700 lors
de l’élaboration des rapports d’audit, qui est relative au rapport du commissaire aux comptes
sur les comptes annuels ou consolidés. Au Cameroun, la profession de commissaire aux
comptes est exercée en observant les lois et règlements contenus dans l’Acte Uniforme
OHADA.

24
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

Suivant les recommandations de la NEP 700, le rapport d’audit légal dit rapport général
doit être composé de trois parties : l’opinion sur les comptes, la justification des appréciations,
les vérifications et informations spécifiques.

2.1.1.1.1.1 OPINION SUR LES COMPTES


Dans cette partie l’auditeur formule son opinion sur les états financiers soumis à son
jugement professionnel. Il peut certifier sans réserve que les comptes sont réguliers, sincères
et donnent une image fidèle du patrimoine de l’entité, certifier avec réserve ou refuser de
certifier.

 Certification sans réserve

Il certifie sans réserve lorsqu’il n’a pas descellé d’anomalies significatives propres à
remettre en cause le respect des assertions d’audit.

 Certification avec réserve

Le CAC certifie avec réserve lorsqu’il a détecté des anomalies significatives dans les
comptes. La réserve peut provenir d’un désaccord ou d’une limitation. Selon la NEP 700 § 12
et 13 « Le commissaire aux comptes formule une certification avec réserve pour désaccord :

- lorsqu’il a identifié au cours de son audit des comptes des anomalies


significatives et que celles-ci n’ont pas été corrigées ;
- que les incidences sur les comptes des anomalies significatives sont clairement
circonscrites ;
- et que la formulation de la réserve est suffisante pour permettre à l’utilisateur
des comptes de fonder son jugement en connaissance de cause.

Lorsque le commissaire aux comptes précise les motifs de la réserve pour désaccord, il
quantifie au mieux les incidences sur les comptes des anomalies significatives identifiées et
non corrigées ou bien indique les raisons pour lesquelles il ne peut les quantifier ».

Selon la NEP 700 §14 « le commissaire aux comptes formule une certification avec
réserve pour limitation :

- Lorsqu’il n’a pas pu mettre en œuvre toutes les procédures d’audit nécessaires
pour fonder son opinion sur les comptes ;
- Que les incidences sur les comptes des limitations à ses travaux sont clairement
circonscrites ;
- Et que la formulation de la réserve est suffisantes pour permettre à l’utilisateur
des comptes de fonder son jugement en connaissance de cause ».
 Refus de certifier

Le CAC au compte refuse de certifier les comptes lorsqu’il a descellé des anomalies
significatives qu’il ne peut circonscrire ou lorsqu’il a rencontré des limitations dans son travail

25
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

(refus de mettre des informations à sa disposition par la direction de l’entité audité,..). Selon la
NEP 700 § 15 « le commissaire aux comptes formule un refus de certifier pour désaccord :

- Lorsqu’il a détecté au cours de son audit des comptes des anomalies


significatives et que celles-ci n’ont pas été corrigées,
- Et que, soit les incidences sur les comptes des anomalies significatives ne
peuvent être clairement circonscrites, soit la formulation d’une réserve n’est
pas suffisante pour permettre à l’utilisateur des comptes de fonder son jugement
en circonstance de cause ».

Selon la NEP 700 §17 « le commissaire aux comptes formule un refus de certifier pour
limitation :

- Lorsqu’il n’a pas pu mettre en œuvre toutes les procédures d’audit nécessaires
pour fonder son opinion sur les comptes,
- Et que, soit les incidences sur les comptes des limitations à ses travaux ne
peuvent être clairement circonscrites, soit la formulation d’une réserve n’est
pas suffisante pour permettre à l’utilisateur des comptes de fonder son jugement
en connaissance de cause ».

Dans cette partie l’auditeur peut faire des observations selon son jugement
professionnel ou a l’obligation de les faire en cas d’incertitude quant à la continuité de
l’exploitation ou en cas de changement de méthodes comptables.

2.1.1.1.1.2 JUSTIFICATION DES APPRECIATIONS


Dans cette partie l’auditeur motive son opinion et permet au lecteur de mieux
comprendre les conclusions. Il inclut également le choix des méthodes comptables retenus, les
estimations comptables pour les données non objectives nécessitant son jugement
professionnel et la présentation d’ensemble des comptes annuels et consolidés, qu’il s’agisse
du contenu de l’annexe ou de la présentation des états de synthèse.

2.1.1.1.1.3 VERIFICATION DES INFORMATIONS SPECIFIQUES


Dans cette partie l’auditeur fait des observations concernant la sincérité et la
concordance des documents envoyés à l’organe appelé à statuer sur les comptes tel que le
rapport de gestion du conseil d’administration envoyé aux actionnaires. De plus, il doit signaler
aux actionnaires les prises de participations ou les prises de contrôle intervenues durant
l’exercice ainsi que les autres détenteurs du capital social.

Chaque rapport doit être daté à la date de fin des travaux de vérifications dans la société.
Cette date est celle de la fin des travaux de contrôle, mais ne peut être antérieure à celle de
l’arrêté des comptes par les organes compétents. Le rapport du CAC doit également comporter
son adresse et sa signature.

26
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

2.1.1.1.2 RAPPORT SPECIAL


Le rapport spécial est un document élaboré pour informer les actionnaires sur les
conventions réglementées ou pour toutes autres missions exigées par la loi.

Les conventions réglementées sont des conventions intervenues directement ou par


personnes interposées entre la société et le directeur général (l’un de ses actionnaires disposant
d’une fraction des droits supérieure à 10% ou l’un de ses administrateurs) dans les Société
anonymes et dans les SARL entre la société et l’un de ses gérants ou associés.

La procédure de conventions réglementées répond à une double nécessité :

 Assurer la transparence des opération sociales effectuées directement ou indirectement


avec les personnes dirigeantes de la société, de manière à faire respecter le principe de
l’égalité entre actionnaires, en informant ces derniers, et notamment les minoritaires de
certaines opérations conclues entre la société et les dirigeants ou toute autre personne,
dès lors que les dirigeants y sont, même indirectement, intéressés ;
 Prévenir les éventuels abus des dirigeants qui, de par leur position dans la société,
peuvent conclure des opérations dans leur intérêt personnels.

Le rapport spécial porte sur les conventions dont le CAC a été avisé ou dont il a eu
connaissance à l’occasion de ses contrôles. Le CAC ne doit pas donner son opinion personnelle
sur l’opportunité des conventions car cela reviendrait à substituer son jugement à celui des
actionnaires qui restent seuls maîtres de leur appréciation. Il doit fournir dans le rapport
spécial :

 L’énumération des conventions soumises à l’approbation de l’assemblée générale ;


 Le nom des administrateurs ou directeurs généraux intéressés ou des membres du
directoire ou du conseil de surveillance selon cas (des gérants ou associés dans les
SARL) ;
 La nature et l’objet des dites conventions ;
 Les modalités essentielles de ces conventions, notamment l’indication des prix ou
tarifs pratiqués, des ristournes et commissions consenties, des délais de paiement
accordés, des intérêts stipulés, des sûretés conférées et, le cas échéant, toutes autres
indications permettant aux actionnaires d’apprécier l’intérêt qui s’attachait à la
conclusion des conventions analysées ;
 L’importance des fournitures livrées ou prestations de services fournies ainsi que,
le montant des sommes versées ou reçues au cours de l’exercice en exécution des
conventions visées.

Le rapport spécial est déposé quinze jours au moins avant la réunion de l’assemblées
générale ordinaire.

En plus du rapport d’audit général sur les comptes annuels ou consolidés et du rapport
spécial sur les conventions réglementées, le CAC peut être amené à établir divers rapports et
attestations selon le type de mission tels que :

27
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

 L’attestation émise en cours d’année sur les situations intermédiaires ;


 Le rapport suite à des missions spécifiques ;
 L’attestation suite à une demande spécifique.

2.1.1.2 RAPPORT D’AUDIT CONTRACTUEL


L’élaboration du rapport d’audit contractuel doit se faire suivant la norme ISA 700, qui
stipule que le rapport doit comporter quatre catégories d’informations :

La première catégorie d’informations est celle de la forme du rapport et des


informations sur l’auditeur. Selon la norme ISA 700 le rapport doit être formulé sous forme
écrite, il doit comporter un titre, le nom du destinataire approprié, la signature de l’auditeur,
son adresse et la date du rapport de l’auditeur.

La deuxième catégorie d’information est celle de l’opinion de l’auditeur avec la


fondement de l’opinion. Le rapport doit identifier l’entité dont les états financiers ont été
soumis à l’audit, donner l’intitulé de chaque état contenu dans le jeu d’états financiers et
indiquer qu’ils ont été audités, mentionner le résumer des principales méthodes comptables
suivies. De plus, il doit préciser que l’audit a été effectué selon les Normes internationales
d’audit et indiquer si l’auditeur estime que les éléments probants obtenus sont suffisants et
appropriés pour lui permettre de fonder son opinion. L’auditeur peut formuler plusieurs types
d’opinion selon le contexte de l’entreprise : opinion sans réserve, avec réserve, défavorable, et
impossibilité de donner une opinion. Il doit enfin justifier son opinion en présentant tous les
constats faits lors de ses vérifications.

La troisième catégorie d’informations est les responsabilités de la direction pour les


états financiers. L’auditeur doit décrire dans son rapport les responsabilités qui incombent à la
direction en ce qui concerne la préparation des états financiers conformément au référentiel
d’information financière applicable, ainsi que le contrôle interne qu’elle considère comme
nécessaire pour permettre la préparation des états financiers exempts d’anomalies
significatives, que celle-ci résulte de fraudes ou d’une d’erreurs. Il doit également décrire ces
responsabilités en ce qui concerne l’évaluation de la capacité de l’entité à poursuivre son
exploitation, la détermination du caractère approprié de l’application par la direction du
principe de continuité d’exploitation et la communication d’informations sur les questions
concernant la continuité de l’exploitation, le cas échéant.

La quatrième catégorie d’informations porte sur les responsabilités de l’auditeur pour


l’audit des états financiers. L’auditeur doit indiquer que les objectifs de l’audit sont d’obtenir
l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble sont exempts
d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs et de délivrer un
rapport contenant son opinion. Il doit également signifier qu’il n’a pas une obligation de résultat
mais de moyen dans la mesure où il ne peut détecter la totalité des anomalies dans les comptes
compte tenu de leur importance et donner une explication du caractère significatif. Enfin, il
doit expliquer au lecteur en quoi consiste un audit.

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Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

Le contenu du rapport est laissé en grande partie au jugement professionnel de


l’auditeur, seule l’opinion est obligatoire. Les experts comptables peuvent selon le type de
mission élaborer les rapports et attestations suivantes :

 Attestation pour une situation comptable intermédiaire ;


 Rapport suite à un examen limité ;
 Rapport suite à une mission de compilation ;
 Attestation suite à une mission convenue.

2.1.2 RAPPORT D’AUDIT INTERNE


Le rapport d’audit interne est un document élaboré par l’auditeur interne, contenant
l’objectif et le champ de la mission d’audit interne. Lorsqu’il s’agit d’une mission d’assurance,
il doit comporter l’opinion générale de l’auditeur et/ou ses conclusions et lorsqu’il s’agit d’une
mission de conseil son contenu variera en fonction de la nature de la mission et du client
donneur d’ordre.

Il doit être présenté au audités avant le rapport définitif un projet de rapport, afin qu’ils
formulent des remarques à propos des constats faits par l’auditeur. Les commentaires qu’ils
feront sur ces constats seront ajoutés au projet de rapport et entraineront la modification de
celui-ci si après examen l’auditeur juge nécessaire de le faire.

Les rapports d’audit interne sont formalisés et d’une manière générale doivent contenir
les informations suivantes :

 Le contexte et les objectifs de la mission : l’auditeur doit préciser les raisons qui l’ont
poussé à effectuer la mission. La mission a-t-elle été ordonnée par la direction de
l’entité ou était-elle déjà prévue dans le programme annuel d’audit. Il doit également
indiquer s’il s’agit d’une mission d’assurance dont le but est de s’assurer de la
conformité aux lois et règlements ou plutôt d’une mission de conseil lié au processus
de management de risque, de contrôle et de gouvernance d’entreprise ;
 La présentation des audités ;
 Une synthèse ;
 Le déroulement de la mission ;
 Les constations et recommandations : l’auditeur présente les observations qu’il a fait
avec les éléments probants lui permettant de les justifier. Puis, il fait des
recommandations pour mieux gérer le risque relevé.
 Une évaluation de la mission : à la fin de chaque mission : le service d’audit procède à
une évaluation de celle-ci dont le but est d’améliorer sa performance. L’évaluation se
fait par l’entité auditée et par les auditeurs eux-mêmes dans le cadre de l’auto-
évaluation, qui consiste à dégager les points faibles et les points forts de la mission à
partir d’une discussion entre les auditeurs ;
 Les plans d’action envisagés : il s’agit des plans d’action visant à mettre en œuvre les
recommandations formulées par l’auditeur. Ces plans d’action sont proposés par la
Direction de l’entité auditée car l’auditeur n’a ni l’autorité, ni la responsabilité de mettre

29
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

en place les recommandations susmentionnées. Ils sont élaborés en se basant sur la


recommandation du service d’audit ou en prévoyant une autre solution ;
 Les commentaires des audités : les commentaires sont intégrés au rapport d’audit
lorsque l’audité n’est pas d’accord ou émet des réserves concernant les constats de
l’auditeur.

Le rapport d’audit interne engage la responsabilité de l’auditeur. Il doit être complet,


claire et précis. C’est un document aidant dans la prise de décision.

2.1.3 DESTINATAIRES DES RAPPORTS D’AUDIT


Les destinataires de rapport d’audit varient selon qu’il s’agisse d’une mission d’audit
interne ou d’une mission d’audit externe.

2.1.3.1 DESTINATAIRES DU RAPPORT D’AUDIT INTERNE


Les rapports d’audit interne doivent être envoyés au destinataire approprié. Le
responsable de l’audit interne est chargé de communiquer les résultats définitifs aux
destinataires à même de garantir que ces résultats recevront l’attention nécessaire (Norme
2400.A1 de l’institut de l’audit interne) : il s’agit généralement de la Direction de l’entité
auditée. Le Comité d’audit peut également être le destinataire de ces rapports dans les
entreprises dotées de cet organe.

Lorsque les résultats de la mission sont communiqués à des destinataires ne faisant pas
partir de l’organisation, les documents communiqués doivent préciser les restrictions à
observer en matière de diffusion et d’exploitation des résultats (Norme 2410.A3 de l’institut
de l’audit interne).

2.1.3.2 DESTINATAIRES DES RAPPORTS D’AUDIT EXTERNE


Les principaux destinataires des rapports d’audit externe dans l’entreprise sont les
actionnaires (associés) et les dirigeants. Le rôle de l’auditeur externe est de certifier que les
comptes annuels ou consolidés de l’entreprise sont réguliers, sincères et donnent une image
fidèle de son patrimoine, ceci afin de garantir la qualité des informations financières qui sont
présentées aux actionnaires.

Les premières personnes intéressées par les rapports d’audit externe après les
actionnaires et le dirigeant sont certainement les créanciers. Ces derniers ayant des intérêts dans
l’entreprise, peuvent commander une mission d’audit ou tout simplement s’appuyer sur les
rapports du commissaire aux comptes lors de prise de décision importante.

L’Etat peut également être intéressé par les rapports d’audit externe dans le sens où la
revue des comptes par un commissaire aux comptes garantie l’adéquation du paiement des
différents impôts auxquels l’entreprise est soumise ou, le cas échéant, l’absence du rapport qui
expose l’entreprise à un redressement fiscal.

30
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

Enfin, le rapport d’audit externe du CAC peut avoir comme destinataire les salariés.
Les comptes peuvent être une base des revendications salariales diverses, mais les salariés sont
surtout intéressés par l’évolution de l’entreprise et donc de leur emploi en particulier. Les
salariés ont également un intérêt direct à prendre connaissance des comptes pour la
participation, que le CAC examine lors de ses vérifications. En bref, les rapports d’audit
financier sont destinés à tous les stakeholders.

Les rapports d’audit ont de nombreuses utilités pour le top management des entreprises
compte tenu des informations qu’ils fournissent.

2.2 UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT POUR LE TOP MANAGEMENT

Avant de présenter l’utilité des rapports d’audit, il convient préalablement de définir ce


qu’on entend par top management.

2.2.1 LE TOP MANAGEMENT


On entend par top management l’ensemble des dirigeants, des principaux responsables
et des propriétaires d’une entreprise, engagé dans la gestion de celle-ci et ayant un pouvoir de
décision.

2.2.1.1 LES DIRIGEANTS


Les dirigeants sont des personnes physiques ou morales qui dirigent, gèrent et
représentent une société commerciale. Ils ont pour rôle d’assurer la rentabilité économique de
l’entreprise à court termes dans l’idée de constituer des fonds propres pour l’avenir et
rémunérer le risque pris par l’actionnaire. Ils sont composés de l’ensemble des organes de
gestion (Président du Conseil d’administration, Gérant, Directeur Général,…) ou représentants
légaux dont l’organisation dépend du type d’entreprise.

2.2.1.1.1 LE GERANT
Le gérant est une personne physique ou morale, associé ou non selon le cas, chargée de
la gestion de l’entreprise et nommée par les associés dans les statuts ou dans un acte postérieur.
Dans les rapports entre les associés et en l’absence de la détermination de ses pouvoirs par les
statuts, le gérant peut faire tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société (Article 328
AUOSCGIE). Dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus
pour agir en toute circonstance au nom de la société, sous réserve des pouvoirs que le présent
Acte Uniforme attribue expressément aux associés (Article 329 AUOSCGIE). On trouve le
gérant dans les Sociétés en Nom Collectif (SNC), dans les Société en Commandite Simple
(SCS) et dans les Sociétés à Responsabilité Limitée (SARL).

31
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

2.2.1.1.2 LE CONSEIL D’ADMINISTRATION


Le conseil d’administration est un groupe de personnes morales ou physiques (les
administrateurs) chargés d’administrer une institution, une association, une entreprise ou un
établissement public. Il comprend plusieurs membres, dont un président élu ou désigné et on
le retrouve dans les sociétés anonymes et les entreprises publiques ou parapubliques. La société
anonyme peut être administré par un conseil d’administration composé de trois (3) membres
au moins et de douze (12) membres au plus, actionnaire ou non (Article 416 AUODSCGIE).
Le conseil d’administration remplit les rôles suivants :

Définit la stratégie de l’entreprise. « Le conseil d’administration détermine les


orientations de l’activité de la société et veille à leur mise en œuvre. Sous réserve des pouvoirs
expressément attribués aux assemblées d’actionnaires et dans la limite de l’objet social, il se
saisit de toute question intéressant la bonne marche de la société et règle par ses délibérations
des affaires qui la concernent » (Article 435 AUOSCGIE) ;

Contrôle la direction générale en s’assurant que ses choix stratégiques sont bien mis en
œuvre. « Le contrôle d’administration procède les vérifications et contrôles qu’il juge
opportun » (Article 435 AUOSCGIE) ;

Recrute les dirigeants et décide de leur rémunération. « Le conseil d’administration


nomme parmi ses membres un président-directeur général » (Article 462 AUOSCGIE). « Le
conseil d’administration nomme, parmi ses membres ou en dehors d’eux, un directeur général
qui doit être une personne physique » (Article 485 AUOSCGIE). ;

Doit procéder aux autorisations des conventions réglementées.

Le conseil d’administration se voit attribuer un autre rôle. « Le conseil d’administration


arrête les états financiers de synthèse et le rapport de gestion sur l’activité de la société, qui
sont soumis à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire » (Article 452 AUOSCGIE).

2.2.1.1.3 LE PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL


Le Président-directeur général (PDG) cumule les fonctions de Président du conseil
d’administration (PCA) et de Directeur général au sein de la société et exerce ces fonctions
sous le contrôle de l’assemblée générale. « Le président directeur général préside le conseil
d’administration et les assemblées générales. Il assure la direction générale de la société et
représente celle-ci dans ses rapports avec les tiers. Il est tenu de communiquer à chaque
administrateur tous les documents et informations nécessaires à l’accomplissement de sa
mission. » (Article 465 AUOSCGIE). On retrouve cette fonction dans les sociétés anonymes à
conseil d’administration.

2.2.1.1.4 LE DIRECTEUR GENERAL


Le directeur général est le salarié qui occupe le rang le plus élevé dans la direction d’une
organisation, que ce soit une entreprise, un organisme à but non lucratif ou une entité publique
ou parapublique. Il est chargé de la mise en œuvre de la stratégie définit par le conseil

32
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

d’administration. « Le directeur général assure la direction générale de la société. Il la


représente dans ses rapports avec les tiers » (Article 487 AUOSCGIE).

2.2.1.1.5 L’ADMINISTRATEUR GENERAL


Les sociétés anonymes disposant d’au plus trois (03) actionnaires peuvent ne pas
constituer un conseil d’administration et nommer un administrateur général pour gérer la
société. « L’administrateur général assume, sous sa responsabilité, l’administration et la
direction générale de la société. Il la représente dans ses rapports avec les tiers. Il convoque
et préside les assemblées des actionnaires » (Article 498 AUOSCGIE).

2.2.1.2 LES ACTIONNAIRES OU ASSOCIES


Les actionnaires sont les propriétaires de l’entreprise. Selon la théorie du droit de
propriété, ceux-ci possèdent l’usus, le fructus et l’abusus. Dans les entreprises managériales,
l’usus est confié au gestionnaire pendant que le fructus et l’abusus sont conservés par
l’actionnaire alors que dans les entreprises capitalistes, les trois (03) droits sont entre les mains
d’une même personne.

Les actionnaires se réunissent en assemblée générale pour prendre des décisions utiles
pour la bonne marche de l’entreprise. Selon la raison, on peut avoir :

Des assemblées générales ordinaires qui se réunissent une fois par an 06 mois après la
clôture des comptes. Elle est chargée de nommer les membres du conseil d’administration ou
l’administrateur général et, le cas échéant, l’administrateur général adjoint, ainsi que le CAC
(Article 546 AUOSCGIE). D’après cette article, « elle est notamment compétente pour :
statuer sur les états financiers de synthèses de l’exercice ; statuer sur le rapport du
commissaire aux comptes prévu par les dispositions de l’article 440 et approuver ou refuser
d’approuver les conventions conclues entre les dirigeants sociaux ou un actionnaire détenant
une participation supérieure à dix pour cent (10%) du capital de la société et la société ».

Des assemblées générales constitutives ;

Des assemblées générales extraordinaires qui se réunissent pour discuter des points
relatifs aux statuts. Selon l’article 551 de l’AUOSCGIE « l’assemblée générale extraordinaire
est seule habileté à modifier les statuts dans tous leurs dispositions ». De plus, elles sont
également compétentes pour autoriser les fusions, scissions, transformation et apport partiel
d’actif.

L’assemblée générale se réunit sur convocation du conseil d’administration, de


l’administrateur général, du (des) gérant(s) selon le cas ou à défaut sur convocation du CAC
après que celui-ci n’est pas obtenu la convocation du conseil d’administration ou de
l’administrateur général selon le cas.

33
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

2.2.2 UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT FINANCIER


Les rapports d’audit financier sont rédigés à l’attention des actionnaires et des dirigeants
dans l’entreprise mais les principaux destinataires sont les actionnaires. Qu’on soit dans une
mission d’audit légal ou une mission d’audit contractuelle, la finalité reste la même à savoir la
certification des comptes. Avant de présenter l’utilité du rapport d’audit externe, il convient
d’abord de parler de la nécessité d’une mission d’audit.

2.2.2.1 NECESSITE DE LA MISSION D’AUDIT FINANCIER


La mission d’audit financier a pour objectif de formuler, après examen de la
comptabilité, une opinion sur les états financiers de l’entreprise. La comptabilité est un système
d’information au sein de l’entreprise où l’émetteur de l’information est le gestionnaire, le
moyen de communication les documents comptables et l’utilisateur de l’information les
actionnaires. Le dirigeant est chargé de gérer la société pour le compte des actionnaires et, de
ce rapport naît une relation d’agence entre les deux parties. Jensen et Meckling (1976)
définissent la relation d’agence comme étant un contrat par lequel une personne (mandat,
actionnaire, principal) engage une autre personne (mandataire, dirigeant, agent) afin
d’accomplir un travail à sa place et pour son propre compte, ce qui implique l’existence d’une
délégation de pouvoir. De cette relation d’agence résulte un conflit d’intérêt entre ces parties.

Du fait des pouvoirs qui lui sont conférés dans l’entreprise et de la mission
d’établissement de l’information financière qui est la sienne, le gestionnaire peut avoir des
comportements opportunistes en manipulant la comptabilité, en s’octroyant des rémunérations
considérables ou en étant coupable d’un délit d’initié. Pour Jensen et Meckling (1976)
l’entreprise est constituée de divers agents économiques qui cherchent tous à maximiser leur
utilité. La divergence d’intérêt qui peut apparaître entre dirigeants salariés (agents) et
actionnaires (principal, propriétaire de l’entreprise) génère un certain nombre de coûts
globalement appelés « coût d’agence ». Ce coût se compose du coût de surveillance, du coût
de signalisation et du coût résiduel.

Le coût de surveillance représente l’ensemble des dépenses engagées par les


actionnaires pour contrôler les actions des dirigeants et pour s’assurer du respect des clauses
contractuelles (contrats d’intéressement ou autres) qui ont été établis.

Le coût de signalisation représente l’ensemble des frais engagés par les dirigeants pour
émettre des signaux crédibles en ce qui concerne leur performance de gestion concernant des
caractéristiques véritables des entreprises qu’ils gèrent.

Le coût résiduel ou perte résiduelle résulte de l’impossibilité d’exercer un contrôle total


sur les actions des dirigeants et se traduise par une perte de valeur de la société.

Des différents coûts énumérés ci-dessus (notamment les deux premiers), on relève deux
problèmes d’agence : l’absence d’observation de la part de l’actionnaire des actions entreprises
et des décisions prises par le dirigeant et l’asymétrie d’information entre les deux. L’asymétrie
d’information donne la latitude au dirigeant de manipuler les données comptables et ce

34
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

phénomène est appelé dans la pratique « comptabilité créative ». Raybaud-Turillo et Teller


(1997) la définit comme étant « une technique de présentation des comptes annuels des sociétés
permettant de donner la meilleur image possible des résultats et du bilan ». C’est un ensemble
de pratiques imaginées pour donner des comptes d’une entreprise l’image la plus flatteuse
possible (Colasse, 1992). Comme technique de manipulation de la comptabilité on peut citer
par exemple :

 L’activation des charges : les dirigeants peuvent décider d’immobiliser les frais
de recherche et développement, les frais de conception, de brevet, de création
de logiciel au lieu de les comptabiliser en charges ;
 le choix des méthodes d’amortissement : les dirigeants peuvent décider de
changer la durée d’amortissement d’un bien en passant par exemple de 3 à 5, ce
qui aura pour effet de diminuer les charges et d’augmenter le résultat net
comptable pour un exercice.

Arrow (1985) met en évidence deux solutions aux problèmes d’agence entre les
actionnaires et les dirigeants. La première solution est de fonder la rémunération du dirigeant
sur des ratios comptables compatibles avec les intérêts des actionnaires. La limite de cette
solution est que le dirigeant étant celui qui établit les comptes, pourrait être tenté d’améliorer
les ratios qui l’intéressent au détriment des autres. La deuxième solution proposée par Arrow,
est le recours à un audit externe pour certifier que les comptes établis par le dirigeant sont
conformes aux normes définies. En effet, les problèmes d’agence entre les actionnaires et le
dirigeant peuvent également être résolus par la sollicitation d’un expert indépendant qui
élaborera un rapport destiné aux actionnaires, mettant en évidence les actions et décisions des
dirigeants et garantissant la qualité des informations comptables.

2.2.2.2 APPORT DU RAPPORT D’AUDIT FINANCIER


L’audit financier vise à détecter les anomalies significatives dans les comptes. Sa
qualité est appréciée par rapport à sa faculté à révéler les fraudes et irrégularités dans les états
financiers du client. Le rapport d’audit financier revêt deux aspects : c’est un outil de contrôle
et un outil d’information et de communication.

Tel que susmentionné, le dirigeant peut avoir recours à des manipulations comptables
afin de maximiser son utilité dans sa stratégie d’enracinement. Il peut manipuler les états
financiers à trois niveaux : au niveau de leur élaboration, de leur présentation et de leur
diffusion (Lacombe-Saboly, 1994). Le rôle de l’auditeur consiste donc à vérifier que les normes
comptables en vigueurs sont bien appliquées mais aussi que les méthodes comptables utilisées
sont adaptées à la réalité économique (Barbe et Raimbault, 2014). Il s’assure que le principe
de permanence de méthodes a été respecté (dans le cas de méthode d’amortissement par
exemple). Sa responsabilité est d’apprécier le caractère approprié des méthodes comptables
retenues et le caractère raisonnable des estimations comptables faites par la direction, de même
que des informations y afférentes fournies par cette dernière (point à porter dans la section
« responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers » selon la norme ISA 700).

35
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

Ainsi dans son rapport, le commissaire aux comptes peut dans la section « opinion »,
certifier avec réserve lorsqu’il est en désaccord avec le choix ou l’application des règles et
méthodes comptables de la direction ou refuser de certifier si le désaccord est suffisamment
important pour affecter les comptes.

Dans la partie justifications des appréciations, il justifie les appréciations portant sur :
les options comptables retenues lorsqu’elles ont des incidences majeures sur la présentation
d’ensemble des comptes de l’entité, sur son résultat et sa situation financière ; les estimations
comptables importantes retenues ; et la présentation d’ensemble des comptes. Lorsque les
méthodes comptables qu’il a appliquées sont différentes de celles utilisées pour établir les
comptes, il inscrit dans son rapport des observations à ce sujet.

La théorie d’agence dont l’objet est de traiter les différents conflits qui naissent des
relations au sein de l’entreprise, a mis en évidence deux (02) coûts à savoir le coût de
surveillance et le coût de signalisation. L’audit externe permet de répondre à ces deux (02)
coûts d’agence : le dirigeant utilisera le rapport d’audit pour communiquer ses performances
ainsi que son respect des lois et règlements aux actionnaires pendant que ce dernier s’en servira
pour contrôler le dirigeant et assurer la visibilité de ses comptes vis-à-vis des tiers de
l’entreprise. En sommes, les rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’information entre les
actionnaires et les dirigeants, protègent les actionnaires contre l’abus du pouvoir des dirigeants
et permettent d’évaluer la gestion des dirigeants. L’objectif essentiel du rapport d’audit
financier est d’informer les parties concernées sur la situation comptable et financière de
l’entreprise. A cet égard, il représente une composante importante de l’information intégrée
dans le processus décisionnel de tous les utilisateurs des états financiers.

2.2.2.2.1 LE RAPPORT D’AUDIT EXTERNE REDUIT L’ASYMETRIE


D’INFORMATION ENTRE LES ACTIONNAIRES ET LES
DIRIGEANTS
La complexité des travaux menés par le dirigeant et le fait que l’actionnaire ne puisse
pas superviser toutes ces tâches, entraine une asymétrie d’information entre ces deux acteurs.
Les rapports d’audit permettent aux actionnaires d’avoir des informations de qualité, utile pour
la prise de décision grâce aux informations dont il a l’obligation de transmettre conformément
aux normes applicables et aux lois en vigueurs. En effet, l’auditeur externe doit formuler une
opinion selon laquelle les états financiers sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle
du patrimoine de l’entité conformément au référentiel comptable applicable. Cette opinion est
exprimée en respect de l’Article 710 de l’AUOSCGIE qui stipule que « le commissaire aux
comptes émet une opinion indiquant que les états financiers de synthèse sont réguliers et
sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que
de la situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice », ou de la
norme ISA 700 de l’IFAC pour les experts comptables. Au-delà du fait de garantir la qualité
de l’information comptable et financière, l’opinion qui peut être, selon les cas, une certification
sans réserve, une certification avec réserve ou un refus de certification, permet à l’auditeur de
mettre en lumière soit une bonne gestion soit la présence de fraudes ou d’erreurs dans les
comptes de l’entreprise.

36
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

En outre, les rapports d’audit comportent quelques observations de l’auditeur relatives


à des vérifications spécifiques prévues par la loi. Suivant l’Article 713 de l’AUOSCGIE « le
commissaire aux comptes vérifie la sincérité et la concordance avec les états financiers de
synthèse, des informations données dans le rapport de gestion du conseil d’administration ou
de l’administrateur général, selon le cas, et dans les documents sur la situation financière et
les états financiers de synthèse de la société adressés aux actionnaires ».

Le CAC au compte dans son rapport spécial informe les actionnaires des conventions
passées avec le dirigeant et/ou l’un des membres du Conseil d’administration. En effet, ces
derniers peuvent vouloir tirer parti de ces conventions et ainsi obtenir un avantage sur les
actionnaires (ou aux autres actionnaires s’ils font partie des propriétaires)

2.2.2.2.2 LE RAPPORT D’AUDIT PROTEGE LES ACTIONNAIRES


CONTRE L’ABUS DU POUVOIR MANAGERIAL
L’abus du pouvoir provient du fait que les dirigeants n’étant pas contrôlés profitent pour
s’octroyer des rémunérations conséquentes et des avantages considérables au dépend des
actionnaires. Les commissaires aux comptes jouent ainsi un rôle dans la révélation des
inexactitudes et irrégularités. Selon l’Article 716 de l’AUOSCGIE « le commissaire aux
comptes signal, à la plus prochaine assemblée générale, les irrégularités et inexactitudes
relevées par lui au cours de l’accomplissement de sa mission ». Ces faits sont d’abord présentés
au conseil d’administration ou à l’administrateur général avant d’être envoyé dans le rapport à
l’assemblée générale.

L’irrégularité correspond à la non-conformité aux textes légaux et réglementaires, aux


principes édictés par le référentiel comptable applicable, aux dispositions des statuts, ou aux
décisions de l’assemblée générale. Elle peut résulter d’une omission, d’un acte volontaire ou
involontaire. Lorsqu’elle résulte d’un acte volontaire qui conduit à une anomalie des comptes,
elle constitue une fraude. Les irrégularités sont liées au non-respect des lois et décrets sur les
sociétés commerciales, liées aux lois et textes réglementaires de base régissant les autres entités
ou encore liées à d’autres lois et textes réglementaires dès lors qu’elles peuvent avoir une
incidence sur les comptes. Selon Jourdain (1994, P.46) « 19% des irrégularités détectées par
le commissaire aux comptes lors des contrôles seraient dues à des opérations de window
dressing 3 , 80% seraient imputables à la négligence ou à l’ignorance et à peine 1% des
irrégularités seraient des fraudes caractérisées ».

L’inexactitude est la traduction comptable, ou la présentation d’un fait non conforme à


la réalité. Elle peut également être volontaire ou involontaire.

D’autre part, le rapport d’audit assure la protection des actionnaires contre l’abus du
pouvoir des dirigeants en énumérant l’ensemble des conventions réglementés passées entre la
société et les dirigeants ou associés, ceci en suivant les lois de l’Acte Uniforme OHADA.

3
Window dressing : Habillage de compte

37
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

Il est possible de parler également dans ce point de la réduction de l’asymétrie


d’informations en ce sens que le commissaire aux comptes révèle les irrégularités et
inexactitudes dans les comptes que le dirigeant masque dans le but de s’enraciner. En effet, il
peut mettre en lumière, tel que susmentionné, la présentation d’un fait non conforme à la réalité
et/ou des habillages comptables et fraudes, apportant de ce fait un complément d’information
aux actionnaires.

2.2.2.2.3 LE RAPPORT D’AUDIT PERMET D’EVALUER LA GESTION DU


DIRIGEANT
Le rapport d’audit est utilisé par les dirigeants en tant que outil de communication pour
montrer la performance de leur gestion et leur respect des principes et méthodes comptables
généralement admis lors de la préparation des états financiers. C’est une solution au problème
d’agence, permettant de réduire le coût de signalisation des dirigeants. Les informations
contenues dans le rapport d’audit permettent d’évaluer la gestion du gestionnaire, il met en
évidence les fautes de gestion, les décisions efficaces et la correcte mis en œuvre de la stratégie
définit par le conseil d’administration.

L’opinion de l’auditeur formulée dans le rapport d’audit est la certification des comptes
qui lui sont présentés. Il certifie sans réserve lorsqu’il n’a pas décelé d’anomalies significatives
dans les comptes. Ainsi, la réalisation de bon résultat en fin d’année, certifié sans réserve par
l’auditeur, et étant la conséquence de la correcte mis en œuvre de la stratégie de l’entreprise,
traduit une bonne gestion de la part du dirigeant. L’observation des indicateurs de performance
tels que les soldes significatifs de gestion, ne comportant pas d’anomalies significatives, reflète
une gestion efficace et la bonne santé de l’entreprise entre les mains du dirigeant.

Le rapport peut également révéler des fautes de gestion de la part du dirigeant. La faute
de gestion est sujet à de nombreuses controverses doctrinales et jurisprudentielles. Elle ne fait
l’objet d’aucune définition précise par la loi. A l’analyse, pourront être considérées comme
fautes de gestion tous les actes, omissions ou négligences de l’ordonnateur, contraire à l’intérêt
de l’entreprise et ayant des conséquences préjudiciables. On peut avoir à titre d’exemple des
fautes de gestion caractérisées par des manœuvres frauduleuses (des retraits irréguliers de
fonds, la mauvaise présentation des comptes administratifs ou documents annexes ou connexes
inexacts, la mise en œuvre des conventions non autorisées par le conseil d’administration, en
exécution de laquelle la société doit supporter des pertes,…) des fautes de gestion liées au non-
respect des obligations légales (engagement d’une dépense sans pièces justificatives,
engagement d’une dépense en rémunération des travaux, de la prestation des services ou de la
fourniture de biens à des prix supérieurs aux plafonds fixés par les mercuriales officielles,…).
L’auditeur peut certifier avec réserve en circonscrivant l’incidence sur les comptes des
anomalies significatives, révélant ainsi une faute de gestion tel que l’engagement de dépenses
sans pièce justificative. Il peut également refuser de certifier les comptes dénonçant ainsi une
fraude dans les comptes qui lui sont présenté.

38
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

2.2.3 UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT INTERNE


L’audit interne est investi d’une mission d’évaluation du système de contrôle interne.
Cette mission vise à mettre en évidence les points forts et faibles du dispositif de contrôle
interne et incombe à l’auditeur interne. Elle aboutit à l’émission d’un rapport dont les
destinataires sont la direction générale et le comité d’audit lorsqu’il existe ou le conseil
d’administration. Le rapport comporte de nombreuses informations pertinentes servant dans la
prise de décision des décideurs.

2.2.3.1 LEGITIMITE DU RAPPORT D’AUDIT INTERNE


Selon la théorie des coûts de transaction (Coase, 1937 ; Williamson, 1975), la
supériorité de la firme par rapport au marché s’explique par le fait qu’elle permet de réaliser
des économies sur les coûts de transaction. « D’un point de vue économique, ce qui distingue
les entreprises des marchés c’est la capacité qu’ont les entreprises à internaliser certaines
transactions et à les réaliser à un moindre coût que si elles avaient dû se dérouler sur les
marchés » (Ebondo et pigé, 2002, P53). Selon cette théorie, faire réaliser des travaux de
vérifications de conformité aux lois et règlements par des auditeurs externes engendrerait des
honoraires élevés. C’est pourquoi dans les années 30, les entreprises ont décidé, encouragé par
les auditeurs externes, de recruter des auditeurs internes pour réduire les coûts de transaction.

Depuis, le rôle de l’audit interne a évolué. Il a une compétence sur toutes les activités
de l’entreprise. Son rapport détaillé informe la direction dans sa prise de décision de tous les
risques stratégiques, commerciaux, financiers et organisationnels (Ebondo, 2004). Il prend
aussi bien en compte la sauvegarde des intérêts des tiers que la création de valeur. L’audit
interne joue auprès des dirigeants face aux salariés le rôle que joue les actionnaires face aux
dirigeants dans l’audit financier. Il joue en fait deux rôles : un rôle disciplinaire sur les salariés
et un rôle informationnel en sensibilisant à travers son rapport la direction générale ou les
responsables sur les dysfonctionnements éventuels affectant ou devant affecter l’organisation.

2.2.3.2 APPORT DES RAPPORTS D’AUDIT INTERNE POUR LE TOP


MANAGEMENT
L’audit interne est toujours en passe de susciter une décision ne serait-ce qu’à travers
le suivi de ses recommandations (Ebondo, 2004). Il intervient sur le management, la stratégie
et le gouvernement d’entreprise en fournissant des informations complètes sur l’ensemble des
activités de l’entreprise.

2.2.3.2.1 LES RAPPORTS D’AUDIT REDUISENT L’ASYMETRIE


D’INFORMATIONS
L’asymétrie d’information a été, et est souvent abordée dans l’optique de la relation
d’agence. Le dirigeant ne pouvant pas tous contrôler, délègue une partie de ses tâches et
pouvoirs à ses collaborateurs. Ces derniers disposent de pouvoirs leur permettant de prendre
certaines décisions dans la société et qui mettent le dirigeant dans une situation d’asymétrie
d’information. Bien qu’ils doivent faire périodiquement un rapport sur leur activité, le dirigeant

39
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

ne peut pas vérifier l’ensemble de leurs travaux et ne peut que se fier aux informations qui lui
sont envoyées. Les employés peuvent manipuler l’information qui est envoyée au dirigeant
dans leur stratégie d’enracinement et en agissant dans leur intérêt. Le rapport d’audit apporte
un complément d’information au dirigeant à travers l’audit de conformité, il permet de
fiabiliser les informations qui lui sont envoyées et s’assure que ceux-ci sont le reflet des
activités menées dans l’entreprise. Toutes ces informations aident le dirigeant dans ses prises
de décision.

Il existe également une relation d’agence entre le dirigeant et le conseil d’administration


et par conséquent une asymétrie d’information. Le dirigeant reçoit plus d’informations en
quantité et en qualité que les administrateurs. Les données contenues dans le rapport d’audit
interne renseignent les administrateurs sur les informations non comptables, venant compléter
ainsi celui du commissaire aux comptes. En effet, les missions d’audit de conformité, d’audit
de management et d’audit de conseil apportent un complément d’information au rapport
d’activité annuel envoyé aux administrateurs, mettant ainsi les deux parties au même niveau
d’information, ou du moins les rapprochant. Toutefois, si les actionnaires ou leurs
représentants, les membres du conseil d’administration ne peuvent pas accéder aux
informations dont ils ont besoin, ils ne pourront pas prendre des décisions rationnelles. Dans
les entreprises ne disposant pas d’un comité d’audit, les informations issues du rapport d’audit
notamment sur le système de contrôle interne ne parviennent généralement pas aux
administrateurs. C’est pourquoi le conseil d’administration serait mieux informer sur l’état du
gouvernement d’entreprise si le service d’audit était rattaché à lui directement ou par
l’intermédiaire du comité d’audit.

2.2.3.2.2 LE RAPPORT D’AUDIT LIMITE LES COMPORTEMENTS


OPPORTUNISTES.
Les comportements opportunistes proviennent des asymétries d’information existantes
entre un agent et son principal, généralement dès lors qu’il subsiste une relation d’agence.
L’opportunisme repose sur une révélation incomplète, déformées ou falsifiée de l’information
par un agent notamment sur ses capacités, ses préférences ou ses intentions et donc sur
l’existence d’asymétrie d’information entre les agents (Ebondo, 2004). Les rapports d’audit
interne limitent les comportements opportunistes en produisant deux (02) effets : un effet de
dissuasion et un effet de révélation.

A propos du premier effet, le dirigeant ou le salarié s’attendant à être audité, ne prendra


pas de décisions contraires à l’intérêt des actionnaires ; des décisions qui viendront salir son
image auprès de ceux-ci. Par contre, concernant le second effet, l’auditeur interne s’assurera
que les politiques des responsables et leurs décisions soient conformes à la stratégie et soient
correctement mises en œuvre ; il veillera à ce que les tâches effectuées soient celles prescrites
et informera de tous dysfonctionnements constatés.

Williamson (1985, P.47) définit l’opportunisme comme étant « toute attitude visant à
divulguer sur le marché des informations fausses, à omettre la transmission des données
importantes pour la conclusion d’un contrat ou toute attitude visant à privilégier les intérêts

40
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

d’une partie au détriment d’une autre ». Selon lui, l’opportunisme peut avoir quatre (04)
origines : le risque de sélection adverse, le risque moral, le hold up et le nombre de partie en
présence. Ce dernier aspect ne sera pas abordé ici.

 Le risque de sélection adverse

Le risque de sélection adverse se réfère à l’existence d’asymétrie d’information ex ante.


Dans cette acceptation, les cocontractants ne disposent pas toujours du même niveau de
connaissance et de compétence face à un problème donné. Cette méconnaissance de la part de
l’une des parties au contrat fera que chaque partie aura tendance à agir au mieux de ses propres
intérêts. Cette action est rendu possible en raison de l’incapacité d’exercer un contrôle sur la
valeur des décisions prises par l’autre partenaire. En effet, en recrutant le dirigeant, le conseil
d’administration n’a aucune idée, ni de la compétence réelle de celui-ci, ni de son intégrité. Il
en est de même dans les relations entre dirigeant et salariés. Par conséquent, le principal ne
peut pas savoir quel comportement l’agent adoptera une fois dans la société, encore moins si
les décisions qu’il prendra seront efficaces, dans son intérêt ou dans celles de l’entreprise.

Il est important qu’il existe une procédure de recrutement des dirigeants et des salariés
dans l’entreprise. Pour cela, l’auditeur interne effectuera une mission dont l’objectif sera de
vérifier l’existence d’une telle procédure, formulera des recommandations dans son rapport,
destinées à améliorer le système de contrôle interne dans ce sens et les communiquera au
destinataire approprié. In fine, il sera question de s’assurer du respect de ces procédures,
révélant ainsi tous dysfonctionnement afin d’éliminé le risque de sélection adverse et partant
limiter les comportements opportunistes à venir des acteurs.

 Le risque moral ou hasard moral

Le risque moral ou encore danger moral apparaît dès lors que l’agent mène une action
ignorée du principal.

L’opportunisme provenant du risque moral tel que présenté par Williamson (1985), est
généralement la conséquence de l’asymétrie d’information provenant de la relation d’agence
entre le dirigeant et les salariés. En effet, l’agent profite de l’absence ou de l’insuffisance de
contrôle pour poser des actes contraires à l’intérêt de la société et pouvant être qualifié de
fraude. Une fraude est tout acte illégal caractérisé par la tromperie, la dissimulation ou la
violation de la confiance. Ils sont perpétrées par des personnes et des organisations afin
d’obtenir de l’argent, des biens ou des services, ou de s’assurer un avantage personnel. Le
rapport d’audit révèle au dirigeant les irrégularités, les inexactitudes et les risques de fraudes
provenant de l’activité des employés ; il permet ainsi au dirigeant d’avoir l’assurance que ses
employés respectent les lois et règlements en vigueurs ; il le met à l’abri des fautes de gestions
et rend sa gestion plus efficace en améliorant en permanence le système de contrôle interne par
les recommandations qu’il contient. Par cet apport des rapports des missions, l’auditeur
dissuade les salariés d’avoir des comportements opportunistes.

41
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

 Le hold up

Le hold up dans une transaction se caractérise dans l’organisation par une déviation des
tâches effectivement réalisées par rapport aux tâches prescrites. Un des acteurs tire profit d’un
avantage qui ne lui était pas dédié.

Illustration : Nous avons le cas des investissements et celui de la sur rémunération


effectuées par les responsables.

L’auditeur interne s’informera sur la politique de rémunération des dirigeants,


s’assurera qu’elle est conforme à la stratégie de l’entreprise et qu’elle est correctement mise en
œuvre par le dirigeant, tel est l’objectif de l’audit de management. Il formulera ses conclusions
dans son rapport et les communiquera aux destinataires appropriés.

Au sujet du surinvestissement, la pratique demande qu’un projet d’investissement suive


les étapes suivantes :

- Demande d’investissement dont le but est d’évaluer les demandes qui ne


correspondent pas aux besoins réels de la société tant sur le plan technique que
stratégique, financier, social et économique ;
- Classement de l’investissement dont le but est d’écarter les demandes
opportunistes (classement en termes de priorité) ;
- Et approbation de l’investissement par le conseil d’administration.

Les administrateurs ou les dirigeants n’ayant pas toutes les informations, ni la


connaissance raisonnable concernant un investissement, peuvent décider de l’approuver,
permettant ainsi au responsable de saisir une opportunité. Les projets d’investissement des
gestionnaires et des responsables dans les entreprises doivent respecter les étapes ci-dessus.
L’auditeur interne doit s’assurer du respect des procédures lors de la phase de demande
d’investissement puis formuler ses conclusions dans le rapport qu’il envoi au destinataire
approprié (dirigeant ou conseil d’administration (comité d’audit)), qui prendra la décision de
maintenir ou de surseoir à l’exécution des décisions prises unilatéralement par le dirigeant ou
les responsables.

De plus, Concernant les projets d’investissement, l’auditeur interne réalise un audit de


conformité pour vérifier que l’investissement en cours n’a pas été détourné de son objet initial,
si c’est le cas il signale dans son rapport les éventuels détournements ou dysfonctionnement au
gestionnaire ou au conseil d’administration. Puis, après la réalisation de l’investissement, il fait
une évaluation afin de dégager les écarts entre les travaux prévus et ceux réalisés. Il ne reste
plus qu’à signaler tous écarts significatifs n’ayant pas de justificatif. Le rapport met en évidence
toutes les tâches réalisées non conformes aux tâches prescrites limitant ainsi les comportements
opportunistes provenant du hold up.

Dans les relations entre le principal et son agent et compte tenu du fait qu’ils ont en
général des intérêts différents, le rapport d’audit interne dissuadent les agents d’avoir des
comportements opportunistes et révèlent au principal ces derniers grâce aux informations qu’il
contient.

42
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

2.2.3.2.3 LE RAPPORT D’AUDIT AIDE A LA PRISE DE DECISION


Les décisions sont prises quotidiennement par les différents acteurs de l’entreprise. Les
décisions prises par les dirigeants doivent servir les objectifs et les stratégies qu’ils ont eux-
mêmes défini. Compte tenu du fait qu’il existe plusieurs types de décisions, Igor Ansoff a
proposé une classification en fonction de leur objet. On a donc :

 Les décisions stratégiques, qui concernent les relations de l’entreprise avec son
environnement (décision de produire un nouveau type de produit) ;
 Les décisions tactiques (ou administratives), qui sont relative à la gestion des ressources
(décision d’acquérir un brevet) ;
 Les décisions opérationnelles, qui portent sur l’exploitation courante de l’entreprise
(décision de réapprovisionnement).

L’audit interne intervient dans le processus décisionnel à chacun de ces niveau grâce à
son large champ d’intervention, en apportant des informations de qualité utilise pour la prise
de décision. Les choix stratégiques en matière d’investissement doivent être approuvés par les
administrateurs. Un audit de management peut être effectué afin de donner une « appréciation
critique des choix stratégiques des dirigeants » (Bouquin, 1997, P.205) en matière
d’investissement par rapport aux questions suivantes : l’investissement désiré s’inscrit-il dans
le cadre du budget et est-il conforme aux objectifs préalablement définis ? L’utilité de
l’investissement est-elle justifiée ? Les moyens mis en œuvres sont-ils efficaces ? Les
hypothèses sur lesquels sont bâties les prévisions sont-elles réalistes et fiables ? Le but ici est
de s’assurer que les méthodes de sélections ont été respectées ; il en est de même du processus
de définition de la stratégie. Les conclusions formulées dans le rapport de cette mission seront
utilisées par le conseil d’administration pour leur prise de décision relative à l’approbation des
choix stratégiques proposés par le dirigeant.

Selon Herbert Simon, le processus de décision suit les étapes suivantes :

 Phase d’intelligence (investigation), où on essaye de comprendre en recueillant


toutes les informations possibles sur l’entreprise et son environnement
 Processus de formulation du problème décisionnel
 Confrontation entre situation voulue et situation perçue
 Définitions des valeurs, d’objectifs, de frontières, d’actions (solutions)
possibles ;
 Phase de modélisation, où les informations recueillies sont traitées et où les
décideurs cherchent les solutions envisageables
 Phase de choix, où on choisit une solution parmi celles possibles.

Le rapport d’audit interne est utile à chacune de ces phases. Il renseigne les dirigeants
sur les dysfonctionnements et sur les risques qu’il a identifié puis fait des recommandations
(solutions possibles), qui seront utilisées lors de la phase de modélisation, les aidant ainsi dans
leur prise de décision. Il s’assure enfin que les choix sont conformes à la stratégie définie et
mesure leurs conséquences permettant d’évaluer le management du gestionnaire et des
principaux responsables.

43
Chapitre 2 : Utilité des rapports d’audit interne et externe pour le top management

L’audit interne a pour objet de s’assurer de la correcte application des procédures de


contrôle interne mais aussi de faire une évaluation de celui-ci. Les rapports d’audit interne
comportent en plus des dysfonctionnements constatés, une révélation des points forts et faibles
du système de contrôle interne, ceci dans le but d’améliorer ce dernier. L’un des objectifs du
contrôle interne tel que susmentionné au chapitre un, est de s’assurer de la fiabilité des
informations recueillies. Cela passe par la mise en place d’une « machine » à fabriquer des
informations fiables et véritables, exhaustives, pertinentes et disponibles. En mettant en
évidence les défaillances du dispositif de contrôle interne et en faisant des recommandations
pour l’améliorer, les rapports d’audit contribuent à améliorer le système d’information de
l’entreprise et par conséquent fiabilise l’information. Ce dernier étant la matière première de la
décision, il aide les décideurs dans leur prise de décision courante mais également tactique et
stratégique.

CONCLUSION

Les rapports d’audit interne et les rapports d’audit externe diffèrent par leur contenu
informationnel. Ils sont élaborés en destination des actionnaires pour l’audit externe et en
destination de la direction générale et/ou du comité d’audit pour l’audit interne respectivement
suivant les normes ISA et suivant les normes de l’IIA. Les rapports d’audit réduisent
l’asymétrie d’information en apportant un complément d’information entre les actionnaires et
les dirigeants, entre le Conseil d’administration et le dirigeant et enfin entre le dirigeant et les
employés. Il permet de lutter contre les comportements opportunistes et aide dans les prises de
décisions en étant utilisé comme source d’information. Tous ces apports ont pour effet
d’améliorer la gouvernance d’entreprise.

44
DEUXIEME PARTIE : ETUDE EMPIRIQUE
A la première partie de ce document, il était question de présenter les notions d’audit
interne et d’audit externe afin que le lecteur puisse comprendre aisément la recherche qui a été
effectuée au sujet de l’utilité des rapports d’audit pour le top management. Dans cette
partie, il sera question de présenter la méthodologie utilisée pour réaliser l’étude empirique
(chapitre 3) et de donner les résultats de cette recherche (chapitre 4).

45
Chapitre 3 : Approche méthodologique

CHAPITRE 3 APPROCHE METHODOLOGIQUE

INTRODUCTION

On ne saurait parler de recherche scientifique sans toutefois évoquer l’épistémologie,


la science de gestion n’en fait pas exception. Selon Piaget (1967, p6), l’épistémologie est «
l’étude de la constitution des connaissances valables ». La finalité d’une recherche est
d’élaborer des connaissances. De ce fait, il est important pour un chercheur de s’interroger sur :

 Ce qu’est la connaissance pour lui ;


 Les hypothèses fondatrices sur lesquelles sa conception de la connaissance repose ;
 La manière de justifier la validité des connaissances qu’il élabore.

Ces éléments lui sont indispensables pour réfléchir sur la pertinence et la validité du
processus d’élaboration des connaissances mis en œuvre au regard de l’objectif poursuivi.
C'est-à-dire sur la méthodologie de recherche.

Il sera donc question dans ce chapitre, de présenter la méthodologie de recherche ainsi


que les moyens utilisés pour réaliser l’étude.

Pour mener à bien une recherche empirique, il faudrait choisir parmi les méthodologies
de recherche existantes celle qui permettra d’élaborer des connaissances, de les valider et de
répondre à la question centrale posée à l’introduction générale.

3.1 METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

La méthodologie est généralement définie comme l’étude des méthodes destinées à


élaborer des connaissances. La recherche scientifique, à des fins de constitution de
connaissances valables, suppose la référence à des visions du monde partagées par une
communauté scientifique, qualifiée de « paradigme épistémologique ». Le paradigme désigne
« une constellation de croyances, valeurs, techniques, etc. partagées par une communauté
donnée » (Kuhn, 1962, p175).

3.1.1 PARADIGMES DE RECHERCHE ET MODES D’INVESTIGATION

3.1.1.1 LES PRINCIPAUX PARADIGMES EPISTEMOLOGIQUES


Les chercheurs en science de gestion ont le choix entre trois (03) paradigmes : le
positivisme, le constructivisme et l’interprétativisme.

46
Chapitre 3 : Approche méthodologique

3.1.1.1.1 LE PARADIGME POSITIVISTE


Selon Allard-Poesi et Maréchal (1999, p 39-40), « pour les partisans de ce paradigme,
l’objet de la recherche consiste à interroger les faits afin d’en découvrir la structure sous-
jacente ». Le positivisme logique souvent qualifié d’empirisme logique fonde la validité de ses
conclusions sur la vérification d’une hypothèse, dans un grand nombre de cas, au moyen de
l’expérience sensible et de l’expérimentation. Plus le nombre de vérifications faites sur les
situations singulières sera élevé, plus forte sera la probabilité que cette hypothèse soit vraie, et
donc d’en tirer une loi générale. Le principe de vérification est érigé en pierre angulaire de ce
mode de pensée scientifique. Les positivistes prônent un raisonnement scientifique de type
hypothético-déductif, qui prend naissance avec une question (un problème) se traduisant par
une hypothèse soutenant provisoirement une théorie qu’il s’agira de tester en confrontant cette
dernière aux faits.

Le terme hypothético-déductif qualifie également une démarche qui s’appuie sur des
propositions hypothétiques pour en déduire des conséquences logiques. Cette démarche doit
permettre d’identifier des lois, à caractère universel ou de construire progressivement des
théories générales et des modèles explicatifs que la communauté scientifique a pour mission
de chercher à conforter ou à réfuter en la mettant à l’épreuve par des tests empiriques.

3.1.1.1.2 LE PARADIGME CONSTRUCTIVISTE


Selon Allard-Poesi et Maréchal (1999, p 39-40), pour les partisans de la recherche
constructiviste, « construire un objet de recherche consiste à élaborer un projet de
connaissance que la recherche s’efforcera de satisfaire ». Il existe deux types de paradigme
épistémologique constructiviste : le paradigme constructiviste pragmatique et le paradigme
épistémologique constructiviste conceptualisé par Guba et Lincoln (1989,1998) (PECGL).

Dans le paradigme épistémologique constructiviste pragmatique, il est admis que les


connaissances soient établies par interprétation et traitement d’informations recueillies via
n’importe quel méthode de recherche, technique de modélisation, technique de collecte et de
traitement d’informations, et en mobilisant toutes connaissances déjà établies. C'est-à-dire, de
toute connaissance dont le chercheur sait comment elle a été légitimée. Ici, le mode de
généralisation des connaissances est celui de généralisation conceptuelle (Glaser, 2004 ;
Tsoukas, 2009) qui conduit à développer des connaissances dites « génériques », à partir d’un
matériau empirique contenant des informations susceptibles de provenir de sources différentes
(entretiens semi-directifs, observations in situ, courrier électroniques, etc.).

Le paradigme épistémologique constructiviste conceptualisé par Guba et Lincoln veille


à ce que les idées conflictuelles des participants soient explicitées et à ce que les participants
réexaminent leur position lorsque celles-ci sont divergentes. Autrement dit, que la construction
faite par chaque partie prenante au phénomène étudié soit exposé à la critique mutuelle, de
manière à rendre possible des révisions de constructions précédentes, voir l’émergence de
nouvelles constructions au fil d’un processus itératif, jusqu’à obtenir un consensus.

47
Chapitre 3 : Approche méthodologique

3.1.1.1.3 LE PARADIGME INTERPRETATIVISTE


Pour Allard-Poesi et Maréchal (1999, p 39-40), les chercheurs interprétatifs doivent
« comprendre un phénomène de l’intérieur pour tenter d’appréhender les significations que
les gens attachent à la réalité, leurs motivations et intentions ». Sandberg (2005), quant à lui
postule que, différents sujets participant à une certaine situation sont capables de s’accorder
sur l’attribution d’une certaine signification à cette situation. Il désigne par « réalité objective
intersubjective » cette signification partagée. Autrement dit, le paradigme épistémologique
interprétativiste considère la signification consensuelle attribuée par des sujets à une situation
à laquelle ils participent comme la réalité objective de cette situation. Dans la plus part des
courants de ce paradigme, la construction de la connaissance vise d’abord à comprendre les
significations que les différents sujets participant à une même situation donnent à cette
situation. Les connaissances générées élaborées à partir d’un matériau empirique sont
essentiellement de type descriptif.

Les théoriciens du paradigme interprétativiste refusent la généralisation statistique


(Yanow, 2006). Selon lui, la généralisation envisagée dans ce paradigme concerne
essentiellement des processus d’interprétation, de construction de sens et de communication.
Elle est réalisée de manière itérative par induction et/ou par abduction, à partir de lectures
attentives, répétées du matériau empirique, jusqu'à ce qu’une construction de sens nouvelle
émerge, éventuellement à la lueur de connaissances théoriques préalables.

3.1.1.2 LES MODES D’INVESTIGATIONS


Les modes d’investigations sont déterminés par les paradigmes de recherche et les
objectifs du chercheur. Il peut avoir recours soit à l’approche qualitative, soit à l’approche
quantitative, ou soit à l’approche mixte.

3.1.1.2.1 L’APPROCHE QUALITATIVE


Dans l’approche qualitative, le chercheur part d’une situation concrète comportant un
phénomène particulier qu’il ambitionne de comprendre et non de démontrer ou de contrôler.
Pour cela il peut soit utiliser des informations primaires qu’il a lui-même obtenu au moyen
d’instruments et d’investigations divers tels que l’étude de cas, l’observation, l’entretien semi-
structuré ou non-structuré, etc. ; soit utiliser des informations secondaires provenant d’études
effectuées par d’autres chercheurs sur le même sujet. Les données obtenues sont non
numériques.

Ici le chercheur s’efforce de comprendre la réalité en essayant de pénétrer l’intérieur de


l’univers observé. La recherche qualitative repose sur le postulat d’après lequel on peut accéder
à une compréhension interne, et c’est ce qui rend possible une compréhension du
comportement humain supérieur à celle qu’offre une étude de surface qui passe par les
méthodes quantitatives.

Pour cette approche la théorie survient souvent après l’observation, à partir d’une
extrapolation issue des événements eux-mêmes. Le chercheur n’a pas comme point de départ

48
Chapitre 3 : Approche méthodologique

des modèles, des théories, des hypothèses, mais plutôt une certaine compréhension des
interactions et des faits quotidiens qui seront examinés en regard de modèle ou de traitement
plus généraux.

3.1.1.2.2 L’APPROCHE QUANTITATIVE


L’approche quantitative vise à obtenir des données observables et quantifiables. Elle
s’appuie sur des instruments et techniques quantitatives de collecte de données et aboutit à des
données chiffrées qui permettent de faire des analyses descriptives, des tableaux et graphiques,
etc. Elle vise à connaître le poids de l’opinion et permet via un questionnaire d’évaluer en
mesurant le « combien ».

Tout chercheur qui adopte l’approche quantitative en recherche accorde priorité au jeu
des corrélations qui peuvent être établies entre les variables sous observations. Plusieurs
éléments reviennent plus souvent dans les recherches d’approches quantitatives à savoir :
l’utilisation d’un grand nombre de sujet, contrôle des sujets au moment de les assigner à l’une
ou l’autre groupe, construction et usage d’instruments de mesure et d’observation validés,
calculs et vérifications à l’aide d’instruments statistiques.

3.1.1.2.3 L’APPROCHE MIXTE


Elle est une combinaison des deux précédentes. Elle permet au chercheur de mobiliser
aussi bien les avantages du mode quantitatif que ceux du mode qualitatif et aide à maîtriser le
phénomène dans toutes ses dimensions.

3.1.2 METHODOLOGIE CHOISIE ET INSTRUMENTS DE COLLECTE DE


DONNEES

3.1.2.1 METHODOLOGIE CHOISIE


La validité d’une recherche dépend de la méthodologie, du mode d’investigation choisi
et des outils de collecte de données choisis. De plus, le chercheur adopte un raisonnement qui
lui permette de diriger sa recherche. Il existe trois types de raisonnement pouvant être appliqués
en science de gestion : la déduction, l’induction et l’abduction.

Une manière simple de comprendre ce que sont ces trois raisonnements est de reprendre
l’exemple donné par Peirce présenté dans le tableau suivant.

49
Chapitre 3 : Approche méthodologique

Déduction A. Tous les haricots de ce sac sont blancs (règle)


B. Ces haricots viennent du sac (cas)
C. Ces haricots sont blancs (conséquences)
Induction B. Ces haricots viennent du sac (cas)
C. Ces haricots sont blancs (conséquences)
A. Tous les haricots de ce sac sont blancs (règle)
Abduction A. Tous les haricots de ce sac sont blancs (règle)
C. Ces haricots sont blancs (conséquences)
B. Ces haricots viennent du sac (cas)
Tableau n°1 : Exemple de mode de raisonnement selon Peirce

La déduction (ABC) consiste à tirer une conséquence (C) à partir d’une règle générale
(A) et d’une observation empirique (B). L’induction correspond à la permutation (BCA) : elle
consiste à trouver une règle générale qui pourrait rendre compte de la conséquence si
l’observation empirique était vraie. L’abduction correspond à la permutation (ACB) : elle
consiste à élaborer une observation empirique qui relie la règle générale à la conséquence, c'est-
à-dire qui permet de retrouver la conséquence si la règle générale est vraie.

La déduction permet donc de générer des conséquences (C), l’induction d’établir des
règles générales (A), et l’abduction de construire des hypothèses (B). La plus part des
raisonnements, et en particulier les raisonnements scientifiques combinent les trois formes de
raisonnement (David, 1999). C’est dans ce sens que Peirce a pu concevoir l’objectivité comme
fin idéale d’un processus récursif de type

Abduction Déduction Induction

L’enjeu dans cette recherche est de répondre à la question suivante : quel est l’utilité
des rapports d’audit interne et externe pour le top management des entreprises au
Cameroun ? Pour répondre à cette question, nous avons, sans toutefois nier les apports et
limites de chaque approche méthodologique, choisir le constructivisme comme paradigme
épistémologique.

En effet, tel que mentionné plus haut (§ 3.1.1.1.2), l’idée du paradigme constructiviste
est que les connaissances soient établies par interprétation et traitement d’informations
recueillies via n’importe quel méthode de recherche, technique de modélisation, technique de
collecte et de traitement d’informations, et en mobilisant toutes connaissances déjà établies.
C’est cette méthodologie qui est suivie dans cette recherche et qui continuera de l’être dans
l’étude empirique que nous effectuerons.

De plus, combinant les trois raisonnements utilisés dans la recherche scientifique, nous
partons de l’abduction qui est un processus d’interprétation des textes et dont le but est de
construire des hypothèses (incertaines) que nous utiliserons comme proposition de recherche
future. Peirce affirmait que « l’abduction est la seule forme de raisonnement qui puisse générer
des idées nouvelles, la seule qui soit, en ce sens, synthétique. (…) Sa seule justification réside

50
Chapitre 3 : Approche méthodologique

dans le fait qu’elle constitue le seul chemin qui puisse permettre d’atteindre une explication
rationnelle ».

Grâce à cette méthode et ce raisonnement nous pourrons explorer notre sujet et sur la
base de la revue de la littérature et des observations que nous effectuerons, proposer des
théories qui pourront être vérifiées dans le futur en ce qui concerne le Cameroun car
« construire un objet de recherche consiste à élaborer un projet de connaissance que la
recherche s’efforcera de satisfaire ». Nous ne pouvions pas faire une expérimentation utilisée
dans le paradigme positiviste, compte tenu du fait qu’il n’existe pas à notre connaissance au
Cameroun des bases de recherche sur l’utilité des rapports d’audit. Il faut avoir une théorie en
tête aussi approximative et indéfinie soit-t-elle, qui fasse miroir. C’est toujours une théorie qui
définit ce qui est observable, même au début du processus d’observation.

Ainsi, le recueil de données fera l’objet d’une démarche quali-quantitative. C’est


l’approche qualitative qui est utilisée dans le paradigme constructiviste. Elle permet en effet
d’explorer le sujet dans son ensemble. Nous le complèterons toutefois par l’approche
quantitative.

3.1.2.2 INSTRUMENT DE COLLECTE


Yin (1994) offre au chercheur la possibilité de choisir entre cinq stratégies de
recherche : les expériences, les enquêtes, l’analyse d’archives, les études historiques et les
études de cas. Nous avons opté pour l’enquête, l’analyse d’archives afin de construire des
théories.

En effet, l’enquête a porté sur l’utilisation d’un questionnaire et la réalisation


d’entretiens semi-directifs. Nous avons effectué une analyse des rapports des commissaires aux
comptes de quelques entreprises pour l’analyse d’archives. Et, compte tenu du fait qu’il existait
des données secondaires sur lesquelles il était possible de s’appuyer, nous avons réalisé une
analyse de contenu dans le but d’exploiter les entretiens réalisés dans le cadre d’autres
recherches mais permettant de construire des connaissances en ce qui concerne notre sujet.

3.1.3 POPULATION ET ECHANTILLON DE L’ETUDE

3.1.3.1 POPULATION ETUDIEE


La population étudiée est fonction du champ d’application de l’audit interne et de l’audit
externe (CAC). L’audit interne est généralement rencontré au Cameroun dans les entreprises
d’une certaine taille, plus précisément dans les SA, établissements de crédit, certaines SARL
et les entreprises publiques. Il en est de même en ce qui concerne l’audit externe. L’objet de la
recherche étant l’utilité des rapports d’audit pour le top management des entreprises, la
population ciblée se révèle être les concepteurs et les destinataires de ceux-ci. On a ainsi, les
auditeurs internes, les experts comptables du Cameroun, les gérants d’entreprise, les membres
de conseils d’administration et les propriétaires d’entreprise (actionnaires).

51
Chapitre 3 : Approche méthodologique

3.1.3.2 ECHANTILLON DE L’ETUDE


L’enquête a été réalisée en ayant recours à une technique d’échantillonnage non
probabiliste : l’échantillonnage par commodité. L’objectif étant d’explorer le processus
d’établissement des rapports d’audit et les informations qui s’y trouvent, nous avons ciblé pour
l’étude les auditeurs externes et les auditeurs internes des entreprises susmentionnées.

3.2 DEROULEMENT DE L’APPROCHE EMPIRIQUE

3.2.1 ADMINISTRATION DU QUESTIONNAIRE ET REALISATION


D’ENTRETIENS ET D’ANALYSE D’ARCHIVES
Avant l’administration d’un questionnaire il faut préalablement effectuer un test de
celui-ci.

3.2.1.1 PRE-TEST DU QUESTIONNAIRE


Nous avons élaboré notre questionnaire sur la base de la revue de la littérature effectuée
à la première partie. Nous nous sommes assurés que chaque item correspondait à un ou
plusieurs points qui ont été susmentionnés. Une fois le questionnaire élaboré, nous l’avons
administré auprès de deux enseignants et d’un expert-comptable. Leurs commentaires nous ont
permis de faire des modifications, qui portaient premièrement sur la correction de certaines
incohérences et incompréhensions, deuxièmement sur la réduction du questionnaire car
quelques questions se répétaient.

3.2.1.2 ENVOI DU QUESTIONNAIRE


Les questionnaires ont été administrés aux experts comptables et auditeurs externes

Nous avons envoyé le questionnaire (annexe 1) à tous les experts comptables que
compte le Cameroun par adresse mail. Le Cameroun compte 190 experts comptables selon le
tableau de l’ONECCA 2017. Certaines adresses fournies par l’ONECCA n’étaient pas bonnes,
de ce fait certains questionnaires ne sont pas parvenus à destination. Nous avons également
déposé les questionnaires en support physique directement dans les cabinets d’expertise
comptable de Yaoundé (06 à notre connaissance). Au total, nous avons reçu 21 réponses de
l’ensemble des acteurs.

3.2.1.3 LES ENTRETIENS ET L’ANALYSE D’ARCHIVES


L’outil de collecte de données est généralement l’entretien dans la recherche qualitative.
Nous nous sommes basés sur le questionnaire adressé aux auditeurs pour poser nos questions
aux auditeurs (annexe 3). Nous avons laissé les interviewés s’exprimer librement sur les sujets
en nous contentant d’orienter la discussion.

52
Chapitre 3 : Approche méthodologique

Nous avons interviewé 03 auditeurs internes. Le premier travaillait dans une banque, le
second dans une micro finance et le dernier dans une entreprise publique. Les entretiens ont
duré en moyenne 01 heure et 40 minutes et la retranscription de chacun des entretiens est
donnée en annexe 4, 5 et 6. En ce qui concerne l’audit externe, nous avons obtenu uniquement
un entretien (annexe 7).

Nous avons eu des difficultés pour obtenir les rapports d’audit. Le rapport d’audit
interne est un document interne à l’entreprise et confidentiel dont la divulgation à un tiers autre
que le destinataire approprié nécessité des autorisations préalables. Les rapports d’audit
externes quant à eux ont également été difficiles d’obtention, or les rapports de CAC doivent
être publiés régulièrement, ce qui n’est pas le cas. Cependant, nous avons pu exploiter trois
rapports présents sur internet. En outre, nous avons également analysé l’article du Docteur
Sangué portant sur la « qualité d’audit et la réduction des scandales financiers en contexte
camerounais ». Il n’existe pas au Cameroun une base de données secondaire que nous pouvions
utiliser de plus.

3.2.2 RECUEIL DE DONNEES ET ANALYSES EFFECTUEES

3.2.2.1 RECUEIL DE DONNEES


Pour le recueil de données, nous avons effectué des demandes adressées au Directeurs
Généraux des entreprises qui l’exigeaient comme procédure et remis directement le
questionnaire aux auditeurs internes d’autres entreprises. Une fois le questionnaire déposé,
nous attendions l’appel de la société dans laquelle le dépôt a été effectué après quoi, nous nous
rendions sur place pour entrer en possession de celui-ci. Le faible taux de retour des
questionnaires nous a conduit à procéder à des entretiens auprès des auditeurs internes sur la
base des questions qui s’y trouvaient.

Pour le recueil de données relatif aux questionnaires adressés aux auditeurs externes,
nous attendions juste un retour par mail des questionnaires remplis et nous avons récupéré
certains directement dans le cabinet comptable. Par la suite, nous avons fait des analyses
statistiques des données recueillies à travers des tris à plat et des tris croisés.

3.2.2.2 ANALYSES EFFECTUEES


Nous avons téléchargé sur internet plusieurs rapports d’audit externe des missions
réalisées dans une entreprise et un établissement de crédit (annexe 8 et 9) puis, nous avons fait
une analyse de contenu de ceux-ci. Au sujet des entretiens réalisés, nous avons fait une
retranscription de nos interviews tel que présenté dans les annexes 4, 5, 6 et 7 après quoi nous
avons fait une interprétation de chacun de ces documents. Nous avons également analysé
l’étude réalisée par le Docteur Sangué Fotso sur la « qualité d’audit et réduction des scandales
financiers en contexte Camerounais », et exploité des données secondaires (interviews). Les
résultats de cette analyse seront présentés au chapitre 4 de ce document.

53
Chapitre 3 : Approche méthodologique

CONCLUSION

Dans cette étude, nous avons opté pour le paradigme constructiviste en utilisant une
approche quali-quantitative. Nous effectuerons donc une enquête et une analyse d’archives.
L’enquête passera par l’administration d’un questionnaire et par des entretiens, nous
analyserons des rapports d’audit et un article du Dr Sangué Fotso sur la qualité d’audit et les
scandales financiers en contexte camerounais. Le but de cette méthode est de déduire des
conséquences des observations que nous ferons et d’induire des théories pouvant être utilisées
pour des recherches futures.

54
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

CHAPITRE 4 RESULTATS DE LA RECHERCHE ET DISCUSSIONS

INTRODUCTION

Dans ce chapitre, il sera présenté les résultats de l’étude accompagnés d’un ensemble
de discussions. La recherche a été axée sur les informations contenues dans les rapports d’audit
et leur qualité.

Le raisonnement par abduction que nous avons utilisé nous a permis de générer des
théories sur la base des textes et des différents documents existant sur les rapports d’audit. Il
s’agit maintenant de déduire des conséquences de nos observations et d’induire de nouvelles
théories. C’est la raison pour laquelle nous avons réalisé une étude empirique dont les résultats
seront présentés tel qu’il suit : les résultats relatifs aux rapports d’audit externe (première
section) et les résultats relatifs aux rapports d’audit interne (deuxième section).

4.1 RESULTATS DE LA RECHERCHE : UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT


EXTERNE

Afin de répondre à la question de savoir quel est l’utilité des rapports d’audit externe
pour le top management des entreprises, nous avons entrepris la démarche ci-contre :

4.1.1 CHAMP DE LA DISCUSSION


Dans l’entreprise, il existe une relation d’agence entre les actionnaires et les dirigeants.
De cette relation, naît des conflits d’intérêts et le fait que le dirigeant reçoive plus
d’informations en quantité et en qualité que les actionnaires, entraine une asymétrie
d’informations. Il a été dit que les dirigeants élaborent les informations envoyées aux
actionnaires et ainsi peuvent leur faire parvenir des informations incomplètes ou non conformes
à la réalité ; que les rapports d’audit externe comportent un certain nombre d’informations
permettant de réduire cette asymétrie d’informations.

L’auditeur élabore les rapports d’audit suivants les normes édictées par la profession
d’auditeur en destination des actionnaires en respectant un ensemble de principes encadrant
leur profession : cela garanti leur qualité. Il formule à l’intérieur de ses rapports :

 Une opinion motivée sur la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes ;
 La vérification qu’il a effectuée sur la concordance entre les états de synthèse et
les documents envoyés aux actionnaires et élaboré par le conseil
d’administration ;
 Les conventions réglementées intervenues au cours de l’année faisant l’objet de
contrôle ;
 L’appréciation du contrôle interne qu’il a réalisée ainsi que les
recommandations pour améliorer le système de contrôle interne.

55
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Toutes ces informations comptables et financières ont pour conséquence la réduction


de l’asymétrie d’informations entre les actionnaires et les dirigeants et la limitation de l’abus
du pouvoir des dirigeants selon les documents consultés. Il s’agit donc de nous baser sur la
littérature pour observer ce qu’il en est en pratique au sujet des informations données dans les
rapports ainsi que leur qualité. Ce dernier étant fonction du respect des normes et des principes
contenus dans le code de déontologie (indépendance, intégrité, compétence, objectivité, secret
professionnel, respect des règles professionnelles (annexe 10) de la profession d’auditeur.

4.1.2 RESULTAT DE LA RECHERCHE : UNE APPROCHE QUALI-


QUANTITATIVE

4.1.2.1 APPROCHE QUANTITATIVE


Nous avons élaboré un questionnaire à partir de la littérature présentée à la première
partie. Les questions posées aux 21 auditeurs externes tournent autour des informations
contenues dans les rapports d’audit externe. Nous avons les missions d’audit financier et les
missions de commissariat aux comptes.

Concernant la méthodologie d’élaboration des rapports, la norme utilisée lors des


missions d’audit financier est pour 100% des auditeurs la norme ISA/IFRS. En revanche
certains auditeurs utilisent lors des missions de commissariat aux comptes uniquement les NEP
(66,67%), d’autres les NEP et les normes ISA/IFRS (23,81%) d’autres encore utilisent les NEP
et le règlement COBAC (9,52%).

Graphique n°1 : réponses sur la méthodologie d’élaboration des rapports d’audit


financier

Q.2. Quel est votre méthodologie d'élaboration des


rapports d'audit financier?

100%

ISA

56
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Graphique n°2 : Réponses sur la méthodologie d’élaboration des rapports de


Commissariat aux comptes

Q.3. Quel est votre méthodologie d'élaboration des rapports de


commissariat aux comptes
80,00% 66,67%
60,00%
40,00% 23,81%
20,00% 9,52%
0,00%
NEP NEP et COBAC ISA et NEP

NEP NEP et COBAC ISA et NEP

Ces résultats confortent les éléments donnés dans l’approche théorique. Selon l’Acte
Uniforme OHADA, les auditeurs doivent appliquer lors de leur mission les normes ISA. L’Acte
donne également des dispositions en ce qui concerne les missions de Commissariat aux
comptes (CAC), ces dispositions sont des copies des règles données par la NEP utilisée en
France donc le fait que les auditeurs aient indiqués utiliser les NEP lors des missions de CAC
est justifié et normal. Le règlement COBAC est utilisé lors des missions effectuées dans les
établissements de crédit et vient s’ajouter aux normes d’audit.

Lorsqu’on évoque les irrégularités détectées, 33,33% indiquent avoir déjà révélé dans
leur rapport d’audit des irrégularités pouvant être qualifiées de faute de gestion et 76,19% des
irrégularités ayant un caractère frauduleux.

Graphique n°3 : Réponses sur la révélation de faute de gestion dans les rapports
d’audit

Q.4. Avez-vous déjà révélé dans vos rapports des


irrégularités pouvant être qualifiées de faute de
gestion?

33,33%

66,67%

NON OUI

La faute de gestion n’a pas de définition standard. Il s’agit d’un ensemble d’irrégularités
constatées et pouvant être imputées à la mauvaise gestion du Directeur Général. En révélant ce
type d’irrégularité, les rapports permettent aux actionnaires de juger de l’administration du
Directeur Général.

57
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Graphique n°4 : révélation de fraude dans le rapport d’audit

Q.5. avez-vous déjà détecté au cours de vos missions des


irrégularités ayant un caractère frauduleux?

OUI 76,19%

NON 23,81%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00% 80,00%

Sur les 23,81% de NON ci-dessus, 9,52% précisent qu’il s’agissait de mission d’audit
financier. 9,52% parlent de mission de commissariat aux comptes (CAC) et 4,76% les deux
types de missions. A l’inverse, sur les 76,19% de OUI, 14,29% parlent de mission d’audit
financier, 14,29% répondent la mission de CAC et 47,62% indiquaient avoir détecté la fraude
au cours des deux types de mission d’audit.

Q.5.Bis.1 NON OUI Total général


Audit financier 9,52% 14,29% 23,81%
CAC 9,52% 14,29% 23,81%
CAC et Audit
financier 4,76% 47,62% 52,38%
Total général 23,81% 76,19% 100,00%
Tableau n°2 : Réponses sur les types de mission au cours de laquelle la fraude a été
détectée.

Les personnes mises en cause dans ces fraudes sont pour les 76,19% de OUI les
employés à 57,14%, les employés et le Directeur Général à 19,05%. Les auditeurs n’ayant pas
découvert de fraudes n’ont interpellé aucune des personnes ci-dessus (23,81% de NON).

Q.5.Bis.2 NON OUI Total général


Employés 0,00% 57,14% 57,14%
Employés et
DG 0,00% 19,05% 19,05%
Personne 23,81% 0,00% 23,81%
Total général 23,81% 76,19% 100,00%
Tableau n°3 : Réponses sur les personnes mises en cause dans la fraude découverte.

Tous les auditeurs affirment avoir déjà rencontré des comptes maquillés au cours de
leur mission de CAC (Question 6) et avoir signalé cela dans leur rapport (Question 6.Bis).

58
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Q.6 Q.6.Bis
Réponses OUI Total général
OUI 100% 100%
Total général 100% 100%
Tableau n°4 : Réponses de détection de comptes maquillés et révélation dans le rapport
d’audit.

Tous les auditeurs déclarent également faire une vérification de la concordance entre le
rapport de gestion et les états de synthèse.

Graphique n°5 : Réponses sur la comparaison entre le rapport de gestion et les


états de synthèse

Q.7. Dans vos rapports d'audit, formulez-vous des


conclusions au sujet de la vérification de la
concordance entre le rapport de gestion du conseil
d'administration et les états de synthèse?

OUI

Selon les interrogés, les destinataires des rapports de missions de Commissariat Aux
Comptes (CAC) sont pour 9,52% d’entre eux le Conseil d’Administration (CA) et le Directeur
Général(DG) ; le CA, le DG et l’Assemblée Générale (AG) pour 14,29% d’entre eux ; le CA
et l’AG (33,33%) et l’AG (42,86%).

Graphique n°6 : Réponses sur les destinataires des rapports de commissariat aux comptes

Q.8. Quels sont les destinataires des rapports de CAC dans


l'entreprise?

CA+DG 9,52%

CA+ AG+DG 14,29%

CA+ AG 33,33%

AG 42,86%

0,00% 5,00% 10,00% 15,00% 20,00% 25,00% 30,00% 35,00% 40,00% 45,00%

59
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

En ce qui concerne les missions d’audit financier, pour l’ensemble des auditeurs les
destinataires sont les suivants

Graphique n°7 : destinataires des rapports d’audit financier

Q.9. Quels sont les destinataires des rapports d'audit financier?

DG et propriétaire 14,29%

DG 61,90%

CA+DG 19,05%

CA+ AG+DG 4,76%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00%

Au sujet des actionnaires, tous les auditeurs affirment que les rapports leur parviennent
effectivement. Toutefois, 57,14% ne pensent pas que les actionnaires utilisent ces rapports
contre 42,86%.

Q.11. Pensez-vous que les actionnaires


utilisent les informations contenues dans vos
rapports?

Q.10. pensez-vous
que les rapports
d'audit parviennent
aux actionnaires? NON OUI Total général
OUI 57,14% 42,86% 100,00%
Total général 57,14% 42,86% 100,00%
Tableau n°5 : Réponses sur l’utilisation par les actionnaires des rapports d’audit

En ce qui concerne le contrôle interne, tous les auditeurs déclarent donner dans leur
rapport des conclusions sur l’appréciation du système de contrôle interne qu’ils ont effectué.
19,05% indiquent l’avoir fait au cours d’une mission de commissariat aux comptes et 80,95%
l’ont déjà fait au cours des deux types de missions. Les destinataires de ces conclusions sont le
Conseil d’Administration (CA) (19,05%) pour certains, pour d’autres c’est le Conseil
d’Administration et le Directeur Général (80,95%). Cependant tous font des recommandations
pour améliorer le système de contrôle interne et ces recommandations sont mises en œuvre
pour 14,29% des interrogés, ne sont pas mises en œuvre pour 33,33% et ne sont pas toujours
mise en œuvre pour 52,38% d’entre eux.

60
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Q.12. Formulez-vous dans Q.12.Bis.1. Au cours de quelle


vos rapports d'audit des mission d'audit le faites-vous?
conclusions sur
l'appréciation du système
de contrôle interne?
Total
Réponses CAC CAC et Audit financier général
OUI 19,05% 80,95% 100,00%
Total général 19,05% 80,95% 100,00%

Q.12. Q.12.Bis.2. Quels sont les


destinataires de cette
évaluation?
Total
Réponses CA CA et DG général
OUI 19,05% 80,95% 100,00%
Total général 19,05% 80,95% 100,00%

Q.12. Q.12.Bis.3. faites-vous


des recommandations
pour améliorer le
système de contrôle
interne?
Réponses OUI Total général
OUI 100% 100%
Total général 100% 100%

Q.12.Bis.3 Q.12.Bis.4. Si oui, sont-elles mises en œuvre?


Total
Réponses NON OUI Pas toujours général
OUI 33,33% 14,29% 52,38% 100,00%
Total général 33,33% 14,29% 52,38% 100,00%
Tableau n°6 : ensemble de tableaux sur le contrôle interne

Nous avons interrogé les experts sur les conventions réglementées, les résultats sont les
suivants :

61
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Réponses Q.13. Donnez-vous dans Q.14. Le


vos rapports de CAC des faites-vous
informations sur les également
conventions pour les
réglementées missions
intervenues au cours de d'audit
l'année faisant l'objet de financier?
contrôle?

NON 100%
OUI 100%
Total général 100% 100%
Tableau n°7 : conventions réglementées

A propos des conventions réglementées ci-dessus, 19,05% des auditeurs indiquent


qu’ils n’ont pas encore rencontré des conventions non autorisées par le conseil d’administration
contre 80,95%.

Graphique n°8 : pourcentage de personnes ayant déjà rencontré des conventions


non autorisées

Q.15. Avez-vous déjà eu affaire à des conventions non


autorisées par le conseil d'administration au cours de vos
missions de CAC?

19,05%

80,95%

NON OUI

Lorsqu’on demande aux auditeurs s’ils pensent que les rapports d’audit réduisent
l’asymétrie d’information entre les dirigeants et les actionnaires (Q.16), 14,29% répondent OUI
contre 85,71%. Tous (100%) répondent NON lorsqu’on leur demande si les rapports limitent
les comportements opportunistes (Q.17).

Q.16 Q.17
Réponses NON Total général
NON 85,71% 85,71%
OUI 14,29% 14,29%
Total général 100,00% 100,00%
Tableau n°8 : réponses sur l’utilité des rapports d’audit concernant les théories de
recherche.

62
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

4.1.2.2 RESULTAT DE LA RECHERCHE : UNE APPROCHE QUALITATIVE


Dans notre démarche qualitative, nous avons pour la recherche sur les rapports d’audit
externe, effectué une analyse d’archives et un entretien.

4.1.2.2.1 ANALYSE D’ARCHIVES


Nous avons jugé utile de réaliser une analyse des rapports d’audit de missions de
commissariat aux comptes et des missions d’audit financier et comptable effectués au
Cameroun. En effet, cela a été nécessaire afin de comparer le contenu informationnel donné
dans l’approche théorique ayant permis d’aboutir aux premières théories avec celui des
rapports dans la pratique. Nous avons analysé deux (02) rapports de missions de commissariat
aux comptes et deux (02) rapports d’audit financier et comptable.

 Rapports des missions de commissariat aux comptes

Les rapports concernent une société anonyme présentant des comptes annuels et
comptes consolidés et une banque du Cameroun.

Les deux rapports mentionnent tout d’abord l’objet du rapport. Il indique que le rapport
porte sur l’audit des comptes qui leur ont été présentés (1 ère parie) et sur les vérifications et
informations spécifiques (2e partie) prévues par la loi. Il s’agit en effet des deux parties que
chaque rapport doit comporter. Dans la première, les auditeurs précisent avoir effectué l’audit
selon les normes de la profession applicable au Cameroun dans le cadre de l’article 710 4 de
l’Acte Uniforme OHADA et du règlement CEMAC n°11/01 du 05 décembre 2001 ainsi que
selon les dispositions émises par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) en
ce qui concerne la banque. Les auditeurs présentent également l’obligation qui est la leur au
sujet des normes en matière d’audit et expliquent en quoi consiste un audit. Puis, donnent leur
opinion en certifiant que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image
fidèle du résultat des opérations, conformément aux principes comptables généralement admis
au Cameroun et appliqués de manière constante. Dans cette première partie, du rapport sur les
comptes de la banque, les auditeurs ont ajouté une section intitulée observation où ils attirent
l’attention des actionnaires sur trois (03) notes annexes sans remettre en cause l’opinion déjà
exprimée.

Dans la deuxième partie, ils mentionnent dans chacun des rapports, avoir procédé
conformément aux normes de la profession, aux vérifications spécifiques prévues par la loi.
Indiquent n’avoir pas d’observations à formuler sur la sincérité et la concordance avec les
comptes annuels des informations données dans le rapport du conseil d’administration et dans
les documents adressés aux actionnaires sur la situation financière et les comptes annuels.
Enfin, ils annexent l’ensemble des états financiers et notes annexes.

4
Article 710 : le commissaire aux comptes émet une opinion indiquant que les états financiers de synthèse sont
réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la
situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice.

63
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

A propos du rapport spécial, ils y mentionnent devoir informer les actionnaires des
conventions réglementées suivant l’Article 4385 de l’Acte Uniforme OHADA. Ils précisent
tout d’abord que leur rôle n’est pas de rechercher l’existence éventuelle de conventions mais
de leur communiquer sur la base des informations qui leur ont été données, les caractéristiques
et les modalités essentielles de celles dont ils ont été avisés, sans avoir à se prononcer sur leur
utilité et leur bien-fondé. Ils énumèrent les conventions conclues aux cours de l’exercice et
celles conclues au cours de l’exercice précédent et dont les effets se sont poursuivis au cours
de l’exercice faisant l’objet de contrôle. Chaque convention suit la même structure, on a : nature
et objet de la convention ; modalité de paiement, et les administrateurs concernés. On y ajoute
la date d’autorisation de la convention par le conseil pour le rapport sur les comptes de la
banque.

Nous pouvons constater que les rapports sont élaborés en conformité de l’acte uniforme
OHADA et de la réglementation COBAC pour les établissements de crédit. Toutes les parties
du rapport sont présentes que ce soit pour le rapport spécial ou pour le rapport général suivant
ces référentiels. Si on observe la NEP 700 utilisée en France, on constate que la seule différence
est que la partie justification de l’opinion demandée par cette norme n’est pas présente.
L’établissement des rapports est encadré par des normes et des règles.

 Rapports d’audit financier et comptable

Nous avons analysé un rapport relatif à un projet (annexe 9). Le rapport comporte deux
parties :

- L’audit des états financiers, des états certifiés de dépense et du compte désigné
du crédit IDA N° 5024-CM ;
- Vérifications spécifiques prévues par les Termes De Références (TDR).

La première partie comporte quatre sections. Dans la première, le cabinet formule son
opinion en déclarant qu’à l’exception des incidences des points décrits dans la section
« fondement de l’opinion avec réserve » de notre rapport, les comptes annuels sont, dans tous
leur aspects significatifs, réguliers et sincères et donnent une image fidèle à tous égards
importants, de la situation financière du projet de renforcement des capacités dans le secteur
minier au titre de la période allant du 01 janvier au 31 décembre 2016, conformément aux
règles et méthodes comptables édictées par l’Acte Uniforme OHADA. Dans la section
fondement de l’opinion avec réserve, le cabinet indique avoir effectué son audit suivant les
normes internationales d’audit (ISA), qu’ils sont indépendants du projet conformément au code
d’éthique et de déontologie des experts comptables du Cameroun. Puis, présente les éléments
probants (suffisants et appropriés) qui leur permettent de fonder leur opinion avec réserve :

5
Doivent être soumis à l’autorisation préalable du conseil d’administration :
- Toutes conventions entre une société anonyme et l’un de ses administrateurs, directeurs généraux ou
directeurs généraux adjoints ;
- Toutes conventions entre une société et un actionnaire détenant une participation supérieure ou égale à
dix pourcent (10%) du capital de la société ; …

64
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

- Incertitude sur la mobilisation des financements de l’Etat. Le montant qui figure


dans les comptes est inférieur à celui qui devrait l’être. Et il attire l’attention sur
le fait qu’aucune créance sur l’Etat n’a été constituée ;
- Dépenses non justifiées. Il présente une dépense qui n’a pas de justificatif ;…
(Voir l’ensemble des constats à l’annexe 9).

Le rapport mentionne enfin, les responsabilités de l’unité de coordination et ceux de


l’auditeur.

On constate que le rapport est rédigé en intégrant tous les éléments demandés par la
norme ISA. Il présente des irrégularités pouvant avoir un caractère de fraude si celle-ci venait
à être fondée. En circonscrivant les anomalies significatives, le cabinet formule une opinion
avec réserve tel que prévu par les normes. Ce rapport apporte énormément d’informations sur
l’état des finances pour ce projet.

 Analyse de données secondaires au sujet de la qualité de l’audit

La qualité des rapports et la garantie que leur destinataire entre en leur possession sont
des exigences pour qu’on puisse étayer que les rapports d’audit sont utiles aux actionnaires et
aux dirigeants. Ce point nécessite donc une étude approfondie et une validation motivée des
connaissances, que le faible taux de retour des questionnaires envoyé ainsi que le peu
d’informations qu’ils fournissent ne nous permettent de faire. C’est la raison pour laquelle nous
avons exploité des données secondaires6 . De l’analyse de ces derniers, nous avons pu constater
que la précarité du marché de l’audit et la corruption en milieu camerounais sont des éléments
propres à remettre en cause la qualité des rapports d’audit.

L’indépendance, l’objectivité et l’intégrité de l’auditeur externe sont quelques-uns des


principes fondamentaux gouvernant l’exercice de la mission de certification des CAC. Lors de
la nomination du CAC, des vérifications préalables sont nécessaires notamment en matière
d’indépendance, afin de garantir au mieux l’efficacité des missions d’audit et par conséquent
leur rapport. En contexte camerounais, les dirigeants font le plus souvent appel à leur réseau
de relation professionnel pour choisir leurs commissaires aux comptes. Cette situation a un
impact sur la qualité des rapports d’audit. Selon le Docteur Sangué (2015), la procédure de
recrutement des CAC est conduite en générale par le Conseil d’Administration. Au cours d’un
entretien qu’il a réalisé dans le cadre de sa recherche sur la qualité de l’audit, un CAC
interviewé mentionne « (…) cette procédure est conduite en général par le Conseil
d’administration, or l’auditeur est amené à contrôler justement ces personnes-là. Donc il peut
y avoir un problème, donc cette procédure ne favorise pas l’efficacité de l’audit ».

Le Docteur Sangué évoque également la précarité du marché de l’audit dans son article,
selon un interviewé (MD, CAC), « la précarité, la faiblesse du chiffre d’affaires de certains
cabinets, qui leur créent des tensions de trésorerie parfois avec toutes les contraintes (...) les
amène souvent à accepter certains audits simplement parce qu’ils n’ont pas le choix, à boucler

6
Sangué, R. (2015)."Qualité de l'audit et réduction des scandales financiers en contexte Camerounais". Revue de
Management et de Stratégie, (2:1), 1-17.

65
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

l’audit même avec des conclusions mitigées parce qu’on les a corrompus et ils ne pouvaient
pas résister parce qu’en réalité ils n’ont pas cette indépendance financière ». Il met en avant
ici le niveau de rémunération des auditeurs, qui n’est pas suffisant pour que ceci puissent être
indépendants financièrement des audités et être libres de donner les conclusions qu’il voudrait
dans leurs rapports. Cette situation met le CAC dans une position d’infériorité devant les
clients, créant un déséquilibre des pouvoirs et remettant en cause son indépendance et son
intégrité.

Il y a lieu de se poser des questions sur la qualité de l’audit et par conséquent des
rapports d’audit lorsqu’on voit que des CAC partent au-delà de la durée de leur mandat tel que
présenté dans l’article. L’audité a connaissance de la durée normale du mandat, à ce point; voir
un CAC aller au-delà traduit une certaine complaisance entre les deux parties. Ainsi, les
conclusions de ses missions ne seront plus fondées. Le secrétaire Général de la COBAC précise
justement que « le rapport de certains commissaires aux comptes avec les établissements de
crédit laisse apparaître souvent un doute sur l’indépendance des premiers et leur autonomie
de jugement (…) continuent d’exercer des activités incompatibles avec leur mandat, en
camouflant sous des structures plus ou moins liées ; d’autres certifient des comptes
manifestement irréguliers sans réserves ni observations ».

Le Docteur Sangué aborde également le problème de la corruption dans son article.


D’après lui, ses interviewés martèlent « on a aussi la corruption, un auditeur peut être tenté et
là on va parler de dérive, mais dérive peut-être parce qu’il a bien voulu faire son travail dans
le sens objectif, mais s’est vu offrir une grosse enveloppe, ça se fait et les conclusions ne sont
plus ce qu’elles auraient dû être. Ça encore c’est le phénomène de la corruption dans notre
société ». Cependant les auditeurs doivent avoir un comportement éthique, les interviewés dans
cette recherche s’accordent justement sur ce point et disent que « le courage demeure dans le
rapport des observations que tu as relevé. Donc, même en dépit de l’environnement, un
auditeur qui est professionnel, qui a une formation solide, qui est intègre et courageux doit
pouvoir faire son travail (…). C’est un élément clé. Il faut être courageux ».

4.1.2.2.2 RESULTAT DE L’ENTRETIEN AUPRES D’UN AUDITEUR


EXTERNE (CHEF DE MISSION)
Les points abordés lors de l’entretien que nous avons effectué tournaient pour la grande
majorité autour des questions contenues dans le questionnaire adressé aux auditeurs externes
(annexe 7). Selon l’Acte Uniforme OHADA, les missions d’audit doivent s’effectuer suivant
les normes ISA, il n’est dit à aucun niveau que ce sont les normes d’exercice professionnelle
(NEP) qu’il faut appliquer. Néanmoins, l’OHADA comporte des dispositions relatives aux
missions de CAC et qui sont semblables à celles des NEP. L’interviewé précise que « … Donc,
si dans les anciens rapports que vous avez consultés, il n’y avait pas des mentions qui disaient
selon la NEP numéro…, sachez que désormais dans les audits à partir de 2018 ça entre en
vigueur (…) ». En effet, tel qu’observé lors de l’analyse d’archives d’un rapport de CAC, les
experts comptables mentionnent avoir effectué l’audit selon les normes de la profession
applicable au Cameroun. D’après lui il y aurait eu des changements dans l’ordre des experts

66
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

comptables du Cameroun (ONECCA) et désormais on trouvera des précisions dans les rapports
d’audit sur les normes utilisées.

En ce qui concerne les irrégularités détectées, l’auditeur affirme ne pas encore avoir eu
affaire à des irrégularités pouvant être qualifiées de faute de gestion, il en est pareil pour les
irrégularités ayant un caractère frauduleux, par contre en ce qui concerne le maquillage de
comptes c’est tout autre chose. Selon lui « A l’époque c’était la Sacel, l’expert a fait une
mission là-bas un jour. Il y a eu maquillage de compte, l’entreprise disait que les cartes
d’identité donnaient au Cameroun entre 6 et 10 milliards. Or quand il a consulté les
documents, il a fait ses vérifications, il s’est rendu compte que le minimum que cette affaire
devait donner était au moins à partir de 50 milliard mais dans les comptes, l’entreprise faisait
le jeu d’écriture. Vous n’ignorez rien. Maintenant quand il a donc fait les circularisations et
autres, tout un nombre de vérifications, il s’est rendu compte. Comment il a procédé ? Il a
seulement pris les récépissés, rien que ça. Rien que ces récépissés-là dépassaient le montant
de l’argent qui était inscrit dans les états financiers. Il a signalé et ça a failli lui couter la vie.
Il a raté l’accident intentionnel deux fois ».

En ce qui concerne l’appréciation du contrôle interne, l’auditeur explique formuler des


conclusions au cours des missions de CAC avec des recommandations sur ce point et prend un
exemple. En revanche les recommandations ne sont pas toujours mises en œuvre.

Au début de notre entretien, et compte tenu du fait que l’auditeur avait déjà consulté les
points que l’on souhaitait aborder avec lui, il nous a demandé d’avance si dans ces rapports-là,
il y a réduction de l’asymétrie d’information ? Pour lui « les rapports d’audit sont pauvres en
informations ». Lorsqu’on revient sur ce point, celui-ci déclare « Je dis non. Vous comprenez ?
Parce que le dirigeant de la société peut bien mettre à votre disposition les informations qu’il
veut. C'est-à-dire, il peut décider que je te donne les états financiers du bilan que je veux.
(…) ».

L’auditeur a également évoqué la situation du marché de l’audit. Il explique qu’il est


difficile d’obtenir un marché. Selon lui, les CAC sont recrutés par les dirigeants et il devient
difficile d’écrire contre eux dans les rapports. Ils vous enlèvent le marché tout simplement ou
décident de ne pas vous payer tous vos honoraires. Il précise toutefois que « Vous ne devez pas
vous assoir et présenter comme excuse que non j’ai peur que l’actionnaire va…, non. S’il ne
veut pas il part avec le marché, mieux vaut tu perds le client que de perdre ton adhésion à
l’ONECCA (…) ». Lorsqu’on revient sur les missions de certification rapide demandé par les
clients dans l’urgence, en posant la question de savoir si les conclusions issues de ses missions
sont fondées, l’interviewé répond « … Les conclusions que tu donnes comme ça sont des
conclusions évasives. Puisqu’en réalité tu n’as pas pris le temps d’entrer en profondeur dans
la comptabilité(…) ». Il ajoute « Le marché de l’audit n’est pas grand et même ceux qui ont les
marchés ne vont pas au bout de la mission parce que un, le coût de la mission. Combien
d’argent l’entité auditée a donné, ça ne suffit même pas pour couvrir les frais de la mission.
Conséquence la qualité du rapport n’est pas bonne et il ne sert pas le top management ».

67
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Bien que le marché de l’audit soit si précaire, l’auditeur affirme tout de même qu’il y
aura des améliorations dans le futur. Il explique qu’il y a eu des changements dans l’ordre des
experts comptables, que désormais il y a des conditions de facturation des honoraires et que
l’ordre va effectuer des descentes sur le terrain pour vérifier la qualité des missions d’audit.
« Vous voyez que dans ce sens, quand ce sérieux-là est mis en œuvre, le rapport d’audit qui
sort de là ne peut qu’être utile au top management de l’entreprise » déclare-t-il.

4.1.3 DISCUSSION
Dans l’approche théorique de cette recherche, nous avons présenté l’utilité théorique
des rapports d’audit externe. La recherche portant sur l’utilité des rapports, nous nous sommes
focalisé dans l’approche empirique sur le contenu des rapports, leur méthodologie
d’élaboration et leur destination. Le contenu a été examiné pour avoir une idée du type
d’information que ces documents contiennent afin de les comparer avec la littérature et émettre
des hypothèses de recherche futures ou des théories. La méthodologie a été observée afin
d’évaluer le niveau de qualité et de vérifier le respect des normes. Enfin, la destination des
rapports a été abordé pour connaître à qui ces documents sont utiles.

La profession d’auditeur est encadrée par les normes d’audit. Lors des missions d’audit,
les auditeurs ont l’obligation de les respecter. Comme nous l’avons susmentionné dans les
résultats de la recherche, ils utilisent les normes d’audit internationales (ISA/IFRS) et les
normes d’exercice professionnelles lors des missions contractuelles d’audit financier et des
missions de commissariat aux comptes. Les auditeurs respectent également des lois et
règlements donnés soit par l’Acte Uniforme OHADA soit par la réglementation COBAC selon
que l’audit porte sur une entreprise publique ou privée ou sur les établissements de crédit. Cela
traduit a priori de ce fait un gage de qualité des missions d’audit et des produits de ces missions.

En outre, de l’examen des rapports d’audit effectué dans la section analyse d’archives,
nous avons constaté qu’ils ne donnent pas d’information sur les normes que l’auditeur a utilisé.
Il y est mentionné juste que « nous avons effectué notre audit selon les normes de la professions
applicable au Cameroun » et ne précise pas de quoi il s’agit. Toutefois, comme l’a confié
l’auditeur interviewé, « …quand tu vas faire ta méthodologie dans le rapport général du
commissaire aux comptes, tu dis à l’intérieur quel est la méthodologie que tu as utilisée. Avant
quand tu lisais les rapports, il n’y avait pas de partie qui indiquait quelle norme on a utilisé
par exemple pour contrôler les immobilisations, pour contrôler les stocks et autres. On ne
disait pas cela. On disait juste que suivant les normes internationales mais on ne précisait pas.
Le président a demandé que désormais dans les rapports qu’on précise tout ça ». Il faudrait
également que l’OHADA définisse des règles applicables et adaptées à notre environnement
économique. Dans son règlement n°01/CM/2017 portant harmonisation des pratiques des
professionnels de la comptabilité et de l’audit dans les pays membres de l’OHADA, Article 3,
il précise que « les professionnels réalisant un audit légal ou contractuel sur le territoire d’un
Etat membre de l’OHADA appliquent les normes internationales d’audit, dites normes ISA,
publiées par la Fédération Internationale des Experts Comptables (IFAC) ». Ceci est
partiellement contradictoire compte tenu du fait que suivant la norme ISA 700 relative à
l’opinion et le rapport sur les états financiers, les rapports des experts doivent comporter quatre

68
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

principaux points : l’opinion sur les comptes, le fondement de l’opinion, les obligations des
auditeurs externes et les obligations des audités. Or de l’analyse d’archives, on observe bien
suivant les dispositions de l’Acte uniforme OHADA, que les rapports ont deux des trois parties
demandé par la NEP en France. Alors, bien que l’ordre des experts comptables du Cameroun
ait défini de nouvelles règles afin de garantir la qualité des audits, il faudrait également que les
organismes de gouvernances les accompagnent dans ce processus. Nous dirons tout
simplement que, compte tenu des résultats obtenus, les auditeurs externes appliquent en partie
les NEP lors des missions de commissariat aux comptes et les normes ISA/IFRS lors des
missions d’audit contractuelles.

De l’analyse des rapports d’audit que nous avons pu obtenir, nous notons qu’ils
comportent les éléments demandés par les normes d’audit et présentés dans la première partie
à l’approche théorique. Il s’agit pour les missions de CAC :

- Dans le rapport général, de la partie intitulée l’opinion sur les comptes ou,
l’auditeur certifie ou refuse de certifier les comptes et de la partie intitulée
vérification spécifique où l’auditeur compare les documents élaborés par le
conseil (rapport de gestion) avec les états de synthèse qui lui ont été présentés ;
- Dans le rapport spécial, des conventions réglementées.

Les quatre points du rapport des missions d’audit contractuel ont été susmentionnés. Le
rapport du CAC « est pauvre en information » (Auditeur externe). A la différence des rapports
élaborés en France, en respect de la NEP, il ne contient pas la partie justification des
appréciations où, le CAC présente tous les constats motivant l’opinion formulée. L’auditeur
motive son opinion, suivant les dispositions de l’Acte Uniforme OHADA (article 711),
uniquement en cas de certification avec réserve. Nous pouvons en déduire que les actionnaires
ne comprennent pas le terme certifier sans réserve dans la partie opinion sur les comptes compte
tenu du fait que dans ce cas-là il n’y a pas de justification de l’opinion. Cela leur permet de se
rassurer sur leur argent mais ne leur donne pas de détail sur la gestion de l’entreprise. Les
détails sont envoyés au conseil d’administration ou à l’administrateur général suivant l’article
715 de l’Acte Uniforme OHADA (irrégularités et inexactitudes découvertes,…). On aura ainsi
des cas comme COFIDEX où « on a certifié les comptes c’était propre en 2012 je crois, 06
mois après les déposants veulent retirer leur argent, il n’y a pas et pourtant vous avez certifié
qu’il n’y a pas de problèmes » (auditeur externe). En voyant l’opinion de l’auditeur, les
utilisateurs penseront qu’il n y a aucun problème dans l’entreprise. Or lors de sa mission,
l’auditeur découvre plusieurs anomalies qu’il traite dans la mesure du possible. Il demande à
l’entreprise de corriger les erreurs découvertes et lorsqu’il n’y a plus d’anomalies significatives
dans les comptes ou le cas échéant des anomalies qu’il peut circonscrire, il certifie dans son
rapport respectivement sans réserve ou avec réserve. Les actionnaires n’ont pas connaissance
de cet état de chose, il existe juste une disposition de l’Acte Uniforme OHADA qui voudrait
que « le commissaire aux comptes signal, à la plus prochaine assemblée générale, les
irrégularités et inexactitudes relevées par lui au cours de l’accomplissement de sa mission »
(Article 716 de l’Acte Uniforme OHADA). L’irrégularité est la non-conformité aux textes
légaux et réglementaires, aux principes édictés par le référentiel comptable applicable, aux
dispositions des statuts, ou aux décisions de l’assemblée générale. L’inexactitude quant à lui

69
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

est la traduction comptable, ou la présentation d’un fait non conforme à la réalité. Est-ce que
cette disposition-ci est toujours respectée lorsqu’on voit que l’auditeur externe interrogé,
déclare « Le rapport d’audit quand il est bien fait, il sert, quand il n’est pas bien fait c’est un
chiffon. Il y en a qui nous disent carrément que chaque année toujours les mêmes remarques,
les ratures, vous voyez. Tout ça pour dire que depuis deux ans que tu es avec lui, il ne sent pas
ta présence » ? Selon Jourdain (1994, P.46) « 19% des irrégularités détectées par le
commissaire aux comptes lors des contrôles seraient dues à des opérations de window
dressing, 80% seraient imputables à la négligence ou à l’ignorance et à peine 1% des
irrégularités seraient des fraudes caractérisées ». Tous les experts interrogés ont affirmé avoir
déjà eu affaire à des comptes maquillés qu’ils ont signalé dans leur rapport. Les actes délibérés
de maquillages de compte, effectué par les dirigeants afin de montrer aux actionnaires une
image flatteuse du résultat de l’entreprise doivent être dénoncés comme tel dans le rapport.
Elles cachent généralement des fraudes ou une stratégie d’enracinement des dirigeants dans
l’entreprise. L’interviewé nous a illustré un cas, celui de la Sacel, où il y avait les résultats
présentés ne reflétaient pas la réalité. Lorsqu’on leur demande s’ils ont déjà rencontré des
irrégularités pouvant être qualifiées de faute de gestion, 33.33% répondent « OUI » contre
66,67%. La faute de gestion ne fait l’objet d’aucune définition précise par la loi. Elle est
difficile à cerner et appréciée par les tribunaux au cas par cas. Tous les actes, omissions ou
négligences de l’ordonnateur, contraire à l’intérêt de l’entreprise et ayant des conséquences
préjudiciables peuvent être qualifiés de faute de gestion. On parle plus de faute de gestion dans
les entreprises publiques. Le législateur, à travers la loi n°74/18 du 05 décembre 1974 relative
à la sanction des ordonnateurs, gestionnaires et gérants de crédits publics et des entreprises
d’Etat, telle que modifiée par la Loi n°76/4 du 8 juillet 1976, a fait une liste non exhaustive,
des irrégularités commises par les ordonnateurs et constitutives de faute de gestion (annexe
11). Les irrégularités pouvant caractériser la faute de gestion doivent être précisées comme tel
dans le rapport afin d’informer les actionnaires quant à la gestion de leurs dirigeants à
l’exemple du rapport des auditeurs anglophone du Cameroun. « Les anglophones ont ce qu’il
appel dans leur audit le manager letter, où un rapport sur les états financiers et un rapport sur
le management de l’entreprise est fait pour dire par exemple est-ce que le DG là travaille
bien » (auditeur externe). A titre d’illustration, comme faute de gestion, peut être énumérées,
les conventions réglementées. 80,95% des auditeurs externes interrogés ont déjà eu à rencontrer
des conventions réglementées non autorisées par le conseil d’administration et l’ont signalé
dans leur rapport. Cependant, tous les utilisateurs des rapports n’ont pas connaissance qu’il
s’agit en réalité d’une faute de gestion. Nous avons également posé la question dans le
questionnaire de savoir si les experts comptables ont déjà eu à rencontrer des irrégularités ayant
un caractère frauduleux. 76,19% ont répondu « OUI », et mettait en cause uniquement les
employés ou le directeur général en complicité avec les employés. En réalité, la fraude résulte
des irrégularités et des inexactitudes volontaires. Il est certainement facile de découvrir des
irrégularités et des inexactitudes, mais prouver qu’il y a eu acte volontaire n’est pas pour autant
évident. Les rapports devraient présenter toutes les irrégularités ou inexactitudes découvertes,
ayant un caractère significatif dans les comptes. Ainsi, lorsqu’on certifie sans réserve, on
informe toute de même des anomalies significatives qui ont été corrigées dans le rapport. Ceci
se fait dans les missions d’audit contractuel mais ces missions sont commandées rarement par
les audités.

70
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Les rapports d’audit sont élaborés en respect des normes de la profession d’auditeur,
les informations obligatoires à y porter sont effectivement présentes mais il convient de
s’interroger sur l’intégrité avec laquelle ils sont établis. De l’analyse de l’article du Docteur
Sangué Fotso, nous avons noté que la précarité du marché de l’audit et la corruption sont des
éléments propres en remettre en cause la qualité des missions d’audit et de ce fait de leur
produit. Tout d’abord, les auditeurs ne sont pas réellement indépendant comme le voudrait les
normes. Les CAC sont recrutés par les dirigeants et non par les actionnaires tels que
susmentionné. L’une des conditions pour qu’on puisse affirmer qu’un audit est de qualité est
que les personnes qui l’ont réalisé soient totalement indépendantes. Tel n’est pas le cas ici.
Ensuite, la précarité du marché de l’audit n’aide pas réellement à rester totalement indépendant
même si l’auditeur externe interviewé dans notre recherche (AE) commentait que « Vous ne
devez pas vous assoir et présenter comme excuse que non j’ai peur que l’actionnaire va…, non.
S’il ne veut pas il part avec le marché, mieux vaut tu perds le client que de perdre ton adhésion
à l’ONECCA. Celui qui ne veut pas que tu fasses ton travail normalement, tu le libère, qu’il
aille voir quelqu’un d’autre (…) ». Parce que, selon les interviewés, les cabinets ont en
permanence des tensions de trésorerie et cette situation dans laquelle ils se trouvent les amènent
à accepter certaines missions simplement parce qu’ils n’ont pas le choix, à boucler l’audit
même avec des conclusions mitigés : ils n’ont pas d’indépendance financière. On a toujours le
choix, c’est pour cette raison que certains experts ont totalement abandonné ce type de mission,
« Ils préfèrent les missions d’assistance comptable, business plan, attestation de régularité de
la comptabilité, audit non. Parce que tu ne peux pas venir lui donner un audit qui doit prendre
deux semaines à un mois, tu lui demande de faire ça en trois jours une semaine pour qu’après
il ait les problèmes (…) ». Outre la précarité du marché, nous avons également la corruption
comme facteur remettant en cause la qualité des rapports. Les interviewés du Dr Sangué
martèlent « on a aussi la corruption, un auditeur peut être tenté et là on va parler de dérive,
mais dérive peut-être parce que qu’il a bien voulu faire son travail dans le sens objectif, mais
s’est vu offrir une grosse enveloppe, ça se fait et les conclusions ne sont plus ce qu’elles
auraient dû être. Ça encore c’est le phénomène de la corruption dans notre société ». Des
informations fausses dans le rapport ne peuvent aider les actionnaires. Tous ces faits nous
amène à conclure que les rapports d’audit de CAC en l’état actuelle ne sont pas utiles aux
actionnaires bien que les informations que les experts indiquent porter dans les rapports
devraient pouvoir réduire l’asymétrie d’information dans entre les dirigeants et les actionnaires.
Or, les auditeurs interrogés sont d’avis que les rapports ne réduisent pas l’asymétrie
d’information entre les dirigeants et les actionnaires comme cela devrait l’être (85,71% d’entre
eux). L’AE insiste justement sur ce fait en déclarant « Je dis non. Vous comprenez ? …». Les
auditeurs travaillent sur la base des données qui leur sont présentées donc en plus des problèmes
qu’ils rencontrent dans la profession, les dirigeants ne leur permettent pas de faire correctement
leur travail. Toutefois, l’auditeur est une personne compétente et doit pouvoir être capable de
contourner ces freins là comme l’AE expliquait dans l’entretien avec l’appui des organismes
de gouvernance qui doivent mieux encadrer la profession. De plus, bien que les rapports
parviennent effectivement aux actionnaires, et dans l’hypothèse qu’ils ont été correctement
établis, ils ne leur sont pas pour autant utiles. Les avis des experts sont partagés à ce niveau,
57,14% pensent que les actionnaires n’utilisent pas les rapports qui leur sont envoyés contre
42,86%. Le secrétaire exécutif du GICAM dans un entretien avec le Dr Sangué, déclarait que

71
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

« C’est le même scénario les gens sont actionnaires. Comment globalement dans un pays
comme le Cameroun, ils partent d’un principe : si je suis actionnaire à la fin de l’année je vais
gagner de l’argent, mes actions vont me rapporter de l’argent. Le reste ils ne s’en intéressent
pas, la vie de l’entreprise ne les préoccupe… ».

Nous pouvons dire que les rapports de CAC sont à priori utiles aux dirigeants de la
société grâce aux recommandations qui y sont mentionnées pour améliorer le contrôle interne
mais inutiles aux actionnaires en l’état actuel. Cependant, avec les changements opérés à
l’ordre des experts comptables, cette situation pourrait évoluer. Les mesures proposées par le
nouveau Président de l’ordre des experts comptables vont permettre que les auditeurs soient
indépendants financièrement qu’il y ait une répartition dynamique du marché, le respect des
mandats et qu’ils soient libres de formuler leurs conclusions dans les rapports mais ceci n’est
pas suffisant. Il faudrait également que l’Etat les accompagne dans ce processus car
l’amélioration doit se faire des deux côtés et pas uniquement du côté des auditeurs externes.

Actuellement, les rapports des missions de commissariat aux comptes sont utiles
aux actionnaires uniquement pour leur rassurer que leur argent est en sécurité mais pas
pour leur donner des informations quant à la gestion de leur société, à condition bien sûr
qu’ils aient été établis avec intégrité, objectivité et total indépendance. Ils sont également
utiles aux dirigeants d’entreprise grâce aux recommandations qui y sont portées sur le
contrôle interne. Les rapports d’audit contractuel eux sont utiles à leurs utilisateurs car
ils donnent des informations dans la section « fondement de l’opinion » sur l’ensemble
des irrégularités et inexactitudes qu’ils ont découvert au cours de leur mission. On peut
s’appuyer sur les informations qui y sont portées compte tenu du fait que ces missions
sont généralement commandé lorsqu’il y a vol comme les interviewés l’expliquaient et
provient d’une volonté de s’assurer de la bonne gestion de la structure et non d’une
obligation légale. Néanmoins, les rapports des missions de commissariat aux comptes,
lorsqu’ils sont bien faits sont plus utiles que ceux des missions d’audit contractuel car les
CAC disposent d’un pouvoir d’investigation7 que les experts comptables n’ont pas. Ils
sont aptes à obtenir plus d’informations comme des conclusions sur les conventions
réglementées. Tous les experts interrogés ont répondu à ce propos ne pas effectuer de
vérifications sur les conventions réglementées lors des missions d’audit contractuel. Ces
rapports seront davantage plus utiles si on y porte les détails des vérifications effectuées
tel que la faute de gestion, le maquillage de compte même s’il y a eu correction des
anomalies par l’auditeur externe. Malgré ces résultats, l’approche théorique nous a
permis d’avoir l’utilité théorique des rapports pour le top management à savoir : réduire
l’asymétrie d’information entre dirigeants et actionnaires, réduire l’abus du pouvoir
managérial. Nous pouvons y ajouter au vu des résultats que les rapports informent les
actionnaires sur la situation de l’entreprise lorsque les conclusions sont fondées et qu’ils
permettent d’améliorer le rendement grâce aux recommandations sur le contrôle interne
lorsqu’elles sont mises œuvre.

7
Pouvoir d’investigation : capacité à obtenir des informations de tous les acteurs économiques par obligation.

72
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

 Limite méthodologique

Dans cette recherche, la principale limite vient du fait que nous avons abordé la
recherche sous un seul angle. Nous nous sommes focalisés sur les auditeurs externes qui
élaborent les rapports d’audit sans faire de recherche également sur les destinataires
(actionnaires) afin de connaitre ce qu’ils pensent du contenu informationnel des rapports
actuels ; les informations qu’ils souhaiteraient avoir et ce qu’ils font des rapports une fois qu’ils
sont en leur possession.

Nous n’avons pas pu obtenir un échantillon représentatif. Nous avons obtenu


uniquement un entretien et nous n’avons pas pu nous assurer auprès d’un commissaire aux
comptes que la disposition de l’acte uniforme qui voudrait qu’il communique lors de
l’assemblée générale les irrégularités et inexactitudes relevés par lui est bien respectée dans la
mesure où dans les rapports de CAC actuels, on ne porte pas ces informations-là.

 Comparaison avec la littérature et avec d’autres recherches

Les rapports sont établis effectivement conformément aux normes de la profession en


destination des actionnaires tel que présenté dans l’approche théorique. Théoriquement, dans
la littérature les rapports réduisent l’asymétrie d’information entre les dirigeants et lutte contre
l’abus du pouvoir managérial, mais dans la pratique en contexte camerounais ce n’est pas les
cas.

Dans d’autres recherches on présente l’utilité des rapports pour l’ensemble des
stakeholders alors que nous nous sommes focalisés uniquement sur le top management des
entreprises. Ces recherches exposent également une utilité possible pour les utilisateurs. Elles
proposent certaines informations qui pourraient servir aux utilisateurs et ont été effectuées à
l’étranger.

 Pistes futures de recherche

Des recherches peuvent être effectuées sur :

- L’utilité des rapports d’audit externe après l’application des nouvelles règles
s’imposant aux experts comptables du Cameroun ;
- Ce que pense les actionnaires du contenu des rapports qui leur sont présentés et
sur les informations qu’ils voudraient qu’on leur présente ;
- La réduction de l’asymétrie d’information entre dirigeants et actionnaires ;
- La réduction de l’abus du pouvoir managérial ;
- L’apport des recommandations sur le contrôle interne ;
- La qualité des informations contenues dans les rapports d’audit actuels.

73
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

4.2 RESULTATS DE LA RECHE RCHE : UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT


INTERNE

L’étude de la littérature nous a permis de ressortir trois (03) théories au sujet de l’utilité
des rapports d’audit interne pour le top management. En effet, il a été dit que les rapports
d’audit interne réduisent l’asymétrie d’information, limitent les comportements opportunistes8,
aident à la prise de décision.

4.2.1 CHAMP DE LA DISCUSSION


Dans l’entreprise, la fonction d’auditeur interne est un poste occupé par un
professionnel théoriquement indépendant du fait que ceux-ci sont les subordonnés du Directeur
Général. Les rapports que les auditeurs internes établissent ont une utilité dans l’entreprise qu’il
faudrait explorer. Dans la revue de l’approche conceptuelle, nous avons dit que les rapports
d’audit réduisent l’asymétrie d’information pouvant exister entre un principal et son agent,
qu’ils limitent les comportements opportunistes et aident dans la prise de décision.

Il existe des relations d’agence entre le conseil d’administration (principal) et le


directeur général (agent) d’une part et entre le directeur général et les salariés d’autre part. Cette
relation d’agence entraine des asymétries d’information entre le principal et son agent. L’agent
utilise cette asymétrie d’informations pour poser des actes contraires à l’intérêt de l’entreprise.
Le principal se base sur les informations envoyées par son agent pour prendre ses décisions.
Ainsi, des informations fausses ou incomplètes peuvent provoquer la prise de mauvaises
décisions ayant ainsi des conséquences financières sur l’entreprise. De plus, l’agent peut
profiter de l’insuffisance des contrôles pour avoir des comportements opportunistes. Devant
cet état des choses, il a été dit qu’en respect des normes d’audit interne, les rapports d’audit
comportent un certain nombre d’informations permettant de réduire l’asymétrie d’information,
de limiter les comportements opportunistes et d’aider dans la prise de décision.

Les rapports d’audit interne réduisent l’asymétrie d’information entre le conseil


d’administration et le directeur général en lui apportant un complément d’information au
rapport d’activité élaboré par la direction générale, grâce au mission de conformité, de
management, et de conseil effectué par les auditeurs internes. Les mettant ainsi au même niveau
d’information et leur permettant de prendre des décisions utiles pour l’entreprise. C’est
également le cas concernant les informations qui sont envoyées par les salariés au directeur
général.

Les rapports d’audit interne limitent les comportements opportunistes provenant de


l’asymétrie d’information susmentionnée en révélant les irrégularités, les dysfonctionnements
et attirant l’attention sur les risques d’opportunisme avec les recommandations pour réduire
ces derniers. Il s’agit donc de comparer le contenu informationnel des rapports d’audit interne

8
L’opportunisme est le comportement de celui qui cherche à profiter des circonstances sans trop se soucier des
principes moraux.

74
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

théorique avec celui de la pratique, évaluer la qualité des rapports et émettre des hypothèses ou
théories que la recherche pourra satisfaire dans le futur.

4.2.2 RESULTAT DE LA RECHE RCHE : UNE APPROCHE QUALI-


QUANTITATIVE

4.2.2.1 APPROCHE QUALITATIVE


Nous avons effectué pour la recherche trois entretiens. Nous avons obtenu un entretien
auprès d’un auditeur interne d’une grande banque, d’une entreprise publique et d’une micro
finance. Les questions posées au cours de ces entretiens tournaient autour des notions d’audit
présentées dans la première partie de ce document. Nous avons laissé une totale liberté aux
interviewés et nous nous contentions de diriger l’entretien. La retranscription de ces entretiens
est donnée en annexe 4, 5 et 6.

Au cours de l’entretien nous avons d’abord tenu à nous assurer de la qualité des rapports
d’audit interne. Pour cela, nous avons vérifié les exigences à respecter en matière d’audit
interne. Pour qu’on puisse dire à priori qu’un service d’audit interne soit de qualité, il faudrait
qu’on y retrouve : le manuel de procédure, le manuel d’audit, la cartographie des risques, le
programme annuel de vérification et la charte d’audit tel que demandé par les normes d’audit
interne. C’est ainsi qu’au cours de nos entretiens, nous avons constaté que seule la cartographie
des risques n’est pas réellement élaborée.

Elaboration des rapports d’audit et destinataires

L’élaboration des rapports d’audit suit un canevas similaire à celui de la littérature (§


2.1.2. P). en effet les interviewés rédigent leur rapport d’une manière générale en intégrant les
éléments suivants : contexte, référentiel, constats, conséquences ; causes ; recommandations.
L’interviewé de la banque et celui de la micro finance, déclarent s’appuyer sur le règlement de
la Commission Bancaire (COBAC) en plus d’un ensemble de bonnes pratiques et des normes
internationales d’audit interne pour rédiger leur rapport.

Une fois le rapport élaboré, les destinataires sont les mêmes pour tous les interviewés.
Le rapport est envoyé principalement au DG et au Conseil d’Administration, ensuite au
responsable de la structure auditée.

4.2.2.1.1 LES RAPPORTS D’AUDIT LIMITENT LES COMPORTEMENTS


OPPORTUNISTES
Les rapports d’audit limitent les comportements opportunistes en révélant tous
dysfonctionnements dans l’entreprise. Les rapports informent la hiérarchie du respect des
procédures par les employés. Comme l’un des interviewé l’indique, « à l’ occasion des
missions d’audit, on respecte le contrôle interne qui est essentiellement encadré par les
procédures », les auditeurs donnent des informations sur l’application des tâches par les
employés non conformes aux tâches définies. Un auditeur prend l’exemple d’une unité qu’elle
a eu à auditer et explique que « une fois j’ai travaillé dans une unité, j’ai vu que non la

75
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

responsable ne fidélisait pas sa clientèle. Je lui ai demandé qu’est-ce que tu fais pour garder
ta clientèle ? Elle ne m’a rien donné comme preuve. Aucun document, message, appel. J’ai
donc dis dans mon rapport au DG, ce chef d’agence ne fidélise pas sa clientèle comme nos
procédures le demande ». Les auditeurs s’assurent du respect des procédures mais concourent
également à améliorer les procédures de contrôle destinées à éviter toute sorte d’opportunisme
dans la société. En effet, l’un des auditeurs internes interviewés « évalue le contrôle interne,
les procédures faisant partie du contrôle interne ».

Dans l’approche théorique, nous avons pris deux exemples de procédures, mettant en
évidence le rôle des rapports dans la limitation des comportements opportunistes, le premier
exemple est la procédure de recrutement et le second la procédure d’investissement. Lorsque
nous évoquons la procédure de recrutement du directeur général et des administrateurs, nous
constatons qu’il n’en existe pas. Mais en ce qui concerne la procédure de recrutement du
personnel, un auditeur affirme examiner la procédure « dans le cadre des missions d’audit des
ressources humaines ». Il précise se rassurer que les procédures sont respectées pour la période
sous revue. Le contrôle de l’application de cette procédure permet de minimiser le risque de
sélection adverse 9 évoqué dans la première partie à un niveau raisonnable. Nous avons
également mis en exergue la procédure d’investissement pour présenter le risque moral10 et le
hold up11 évoqués à l’approche conceptuelle, qui sont des risques à l’origine de l’opportunisme
selon Williamson (1985). Les interviewés parlent de procédures d’investissements et de
procédures d’approvisionnements. L’audit interne intervient pour l’un des auditeurs « au début
d’abord ». Pour lui « en principe au début, on observe le projet, on entre dans le projet et à la
fin nous venons nous rassurer que vous avez fait comme cela se doit. Pour les agences par
exemple, on a ce qu’on appelle la visite de préouverture ». Un autre auditeur interne a illustré
la procédure d’achat de tables, il s’assure que l’achat s’est effectué suivant les procédures
définies par l’entreprise.

Lors de nos développements dans la partie précédente, nous avons dit que les rapports
d’audit produisent un effet de dissuasion. Les interviewés y ont apporté des précisions à ce
sujet grâce aux questions qui leur ont été posées. Pour les auditeurs internes, les fraudes ne sont
pas réellement découvertes par la mission d’audit planifié, la fraude est en effet ici déjà déclarée
et le directeur général leur demande d’investiguer d’avantage afin de se faire une idée du niveau
de cette fraude et d’y apporter des précisions. Ils parlent de missions spécifiques non
programmées en début d’année mais faisant partie des prérogatives du directeur général. Les
personnes généralement mises en cause dans ces fraudes sont les « employés, clients et
prestataire externe parce qu’il y a des choses que nous sous-traitons » et le destinataire du
rapport est le directeur général principalement qui, a commandé la mission d’audit. Les
rapports d’audit révèlent en général les risques tels que présenté plus haut sur le contenu des
rapports d’audit. Un des auditeurs l’atteste en disant « oui, c’est ça l’audit. Evaluer le dispositif

9
Le risque de sélection adverse s’entend ici comme le risque de recruter la personne qu’il ne fallait pas.
10
Le risque moral est le risque qui apparaît dès lors que l’agent (employé) mène une action ignorée du principal
(Directeur Général).
11
On parle de hold up lorsqu’il y a une déviation des tâches effectivement réalisées par rapport aux tâches
prescrites

76
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

de contrôle interne. Quand je pars auditer, je m’en vais ressortir le risque. On est exposé à
quel risque ? L’audit c’est le risque, c’est vrai qu’il y a un risque manager dans la banque
mais nous c’est le risque et le contrôle ».

Lorsqu’on demande aux auditeurs ce qu’ils pensent du fait que les rapports d’audit
réduisent les comportements opportunistes dans la société, leur réponse est la suivante :

Auditeur interne 1 Auditeur interne 2


« ça dépend maintenant de la culture de « Je pense comme vous ».
contrôle de l’entreprise parce que l’audit
c’est ses recommandations. Si nous
recommandons quelque chose on ne le fait
pas, vous convenez avec moi que ça ne va
rien limiter. Ça dépend de la culture de
contrôle ».

4.2.2.1.2 LES RAPPORTS D’AUDIT REDUISENT L’ASYMETRIE


D’INFORMATION
Les rapports d’audit interne réduisent l’asymétrie d’information non seulement entre le
Directeur Général et le Conseil d’administration mais aussi entre les salariés et le directeur
général. Ils apportent un complément d’information aux données envoyées tout comme le
déclare les auditeurs internes interviewés.

Auditeur interne 1 Auditeur interne 2


« Complément d’information, oui ! « oui inévitablement. Puisque généralement
Puisqu’on a par exemple eu à faire des quand on envoi nos rapports, le DG se rend
redressements après les responsables. De toujours compte que par rapport à
plus, l’œil de l’auditeur n’est pas le même l’information qu’il a eu, nos rapports lui
que celui de l’opérationnel. (…) Parce que permettent d’avoir une idée plus exacte de
quand l’opérationnel travail, il a son l’information que les employés lui ont donné.
objectif, l’auditeur n’a pas le même objectif. Beaucoup de personnes ont déjà été
Oui bien sûr, nos rapports apportent des interpellé sur cette base-là ».
compléments d’informations et des visions
différentes qui permettent de mieux
aiguiller ».

Les auditeurs effectuent des missions dans lesquelles ils évaluent la gestion des
responsables. Ce type de mission ne se fait pas partout mais elle a une utilité certaine pour les
gestionnaires. Lorsqu’on évoque l’audit de management auprès des interviewés, un auditeur
interne déclare « Je vais appeler ça l’audit de la gouvernance. On a déjà eu à faire cela, on
prépare même un actuellement … ». Il ajoute que « Pour l’audit de la gouvernance, on envoi
au conseil d’administration. Au PCA et au comité d’audit. Je crois qu’on envoi aussi au
DG… ».

77
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

L’un des auditeurs internes insiste sur l’asymétrie d’information, il martèle que les
rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’information pour lui, « … Puisqu’on sait que le conseil
d’administration n’est pas là en permanence, il donne les orientations et la direction générale
les met en œuvre au quotidien. Après c’est là la direction générale qui donne les informations
au conseil (..) donc c’est clair, ça réduit l’asymétrie d’information ».

4.2.2.1.3 LES RAPPORTS D’AUDIT AIDE A LA PRISE DE DECISION


Grâce aux multiples informations qu’ils donnent, les rapports d’audit interne aide dans
les processus décisionnel. Il aide lors de la définition des objectifs annuels en début d’année.
Un des auditeurs explique que « le DG n’est pas un technicien mais il peut s’appuyer sur tous
les documents, que ce soit de l’audit ou du département technique pour défendre une position
de l’entreprise, donc que oui, il peut le faire et il est arrivé qu’il le fasse ». C’est également le
cas lors des prises de décisions courantes.

Auditeur interne 1 Auditeur interne 2


Et en ce qui concerne les décisions Et dans les décisions courantes, s’appuie-
courantes ? t-il sur les rapports ?
« Oui bien sûr, par rapport à nos rapports, il « … si vous dites que la direction général
peut prendre une décision ponctuelle. Il y a s’appuie sur les conclusions de l’audit
des décisions qu’on a eu à prendre sur nos interne, je vais dire oui, c’est évident. Je peux
rapports. Par exemple, on peut vouloir même dire que nos décisions participent au
changer une procédure, on fait notre pilotage de l’entreprise parce que c’est sur
recommandation, une décision modifiant la la base de nos conclusions que beaucoup de
procédure tant à tel niveau ». décisions sont prises après au cours de la
gestion de l’entreprise. on ne peut même pas
compter le nombre de décisions, de notes de
services qui sont fondées sur les conclusions
des rapports d’audit ».

Lorsqu’on évoque l’hypothèse selon laquelle les rapports d’audit aident dans le
processus décisionnel au niveau des décisions stratégiques, des décisions tactiques et des
décisions opérationnelles, un des interviewés attire notre attention sur certains points. Selon
lui, « normalement les outils d’aide à la décision stratégique ne doivent pas provenir de l’audit
interne mais des fonctions opérationnelles (…) en ce moment ce n’est pas notre rapport qui lui
a permis de prendre les décisions stratégiques mais de se rassurer que l’information sur
laquelle il s’était basé pour prendre ses décisions étaient soit vraies, soit fausses». Pour lui,
les rapports d’audit aident dans la prise de décision courante, « il y a beaucoup de décisions
qui portent sur l’organisation, les procédés, procédures. Donc si vous dites que nos rapports
agissent sur les décisions organisationnelles, structurelles, opérationnelles, suis d’accord… ».
En outre, un système d’information de qualité produit des informations de qualité utiles
pour la prise de décision. Les rapports d’audit permettent tel que l’affirment les interviewés,
d’améliorer le système d’information.

78
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

4.2.2.1.4 LES RAPPORTS D’AUDIT INTERNE PERMETTENT


D’AMELIORER LE RENDEMENT DANS L’ENTREPRISE
Au cours de nos entretiens, nous avons relevé que les rapports d’audit permettent
d’améliorer le rendement grâce aux recommandations qui y sont contenues. Deux des
interviewés ont fait cette remarque lorsqu’on posait nos questions sur d’autres points.

L’un d’entre eux déclare « … Parce que notre travail c’est d’apporter la valeur ajoutée.
Beaucoup parfois nous disent, oui depuis que tu m’as dit ceci et que j’ai appliqué, j’ai un
meilleur rendement. Parfois on ne voit pas ce que nous apportons en terme de finance sur le
coup mais quand je te dis bon si tu t’organise comme ça dans ton unité selon les procédures,
en le faisant tu te rends compte eh ! Tiens ! Le travail est meilleur… ».

Les résultats obtenus ci-dessus nous ont amené à interroger le troisième auditeur interne
sur l’apport des rapports d’audit sur le rendement. Lorsqu’on lui demande s’ils pensent qu’ils
permettent d’améliorer le rendement, ce dernier répond « je ne sais pas si nous sommes les
mieux placés, mais nous pouvons dire que nos recommandations permettent d’améliorer
largement le rendement de l’entreprise ».

4.2.2.1.5 LES RAPPORTS D’AUDIT AIDENT LES GESTIONNAIRES DANS


LEUR GESTION
Les rapports d’audit mettent le directeur général à l’abri des fautes de gestion et l’aide
dans sa gestion courante. Pour l’un des interviewé c’est une évidence lorsqu’il dit « … c’est
plus pour le CA que l’auditeur externe travail et l’audit interne c’est pour aider même le
directeur général à éviter d’avoir à répondre de certains actes devant le CA ou alors devant
les autorités répressives au cas où il y aurait des malversations et qu’on ne se serait pas rendu
compte donc pour moi c’est une évidence que c’est important pour lui d’avoir les rapports
d’audit ». Il explique justement avoir déjà eu à attirer l’attention du directeur général sur des
documents peut être qu’il a signé et qu’il faudrait annuler.

Les directeurs généraux demandent parfois des missions de conseil afin que les
auditeurs internes les éclairent sur certains points. Ces missions font en effet parties du champ
d’intervention de l’audit interne. Pour l’un des interviewés ce sont des missions que le directeur
général commande pour l’éclairer sur une situation donnée.

4.2.3 DISCUSSION
Grâce à la recherche que nous avons effectuée sur le terrain, nous avons pu constater
que les services d’audit interne respectent les exigences demandées par les normes. Sur les
documents qu’un service d’audit interne devrait avoir selon les normes, seul la cartographie
des risques et le manuel de procédure ne sont pas toujours élaborés. La cartographie des risques
a pour utilité d’être le document de base pour élaborer le programme annuel de vérification. Il
est important dans la mesure où il regroupe l’ensemble des risques rencontrés dans l’entreprise
et les hiérarchise du plus élevé au plus faible. Les points ayant les risques les plus élevés devant

79
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

être en priorité examinés. Les auditeurs internes interviewés eux se basent sur des incidents
survenus dans le passé et utilisent leur jugement professionnel pour planifier les missions
d’audit. En procédant de la sorte, le risque est que certaines vérifications prioritaires passent
après des non prioritaires et que certains aspects importants de la gestion soient délaissés parce
qu’il n’y pas eu d’incidents à ce niveau. La cartographie des risques permet d’avoir une idée
précise de l’activité avec le type de risque qui s’y attache. Il peut être mis à jour en fonction
des incidents survenus au cours de l’exercice précédent et les auditeurs peuvent s’appuyer
dessus pour faire des planifications pertinentes mais les difficultés pratiques de sa mise en
œuvre dans certaines entreprises, en fonction de ses activités, ne favorisent pas sa mise en
œuvre.

Les rapports sont élaborés suivant un canevas précis conformément à la procédure


d’élaboration des rapports d’audit interne définie par l’entreprise, conformément aux normes
internationales d’audit et au règlement COBAC pour les établissements de crédit. Néanmoins
ils suivent toujours le même canevas tel que présenté dans la littérature.

Les rapports d’audit informent de l’application par les employés des tâches non
conformes aux tâches définies par l’entreprise. Les interviewés parlent du respect de procédure,
qui est l’un des principaux points qu’ils vérifient lors des missions et de l’amélioration du
système de contrôle interne. Ils s’assurent que les employés respectent les procédures définies,
et évaluent le système de contrôle interne, mettant en évidence ses faiblesses et faisant des
recommandations pour l’améliorer. Cela a pour effet de limiter les comportements des
employés qui pourrait profiter de l’insuffisance de contrôle pour poser des actes contraires à
l’intérêt de l’entreprise. A titre d’exemple, concernant les procédures d’investissement et
d’approvisionnement évoqué dans l’étude, ils s’assurent de leur respect et vérifient que
l’investissement et l’approvisionnement n’a pas été détourné de son objectif initial. Les
rapports d’audit révèlent des fraudes commises par les employés et mêmes les responsables et
cela a pour effet de les dissuader d’avoir des comportements opportunistes. Il faut noter tout
de même que les fraudes ne sont pas systématiquement détectées lors des missions planifiées
comme les interviewés l’expliquent mais plutôt au cours des missions d’audit spécifiques
commandées par le directeur général. Dès lors qu’on constate une irrégularité, on demande aux
auditeurs internes d’enquêter afin de savoir s’il s’agit d’une fraude ou d’une simple erreur. Si
on a déjà connaissance de la fraude, on leur demande d’investiguer davantage dans le but de
connaître les détails de la fraude et son ampleur. Les rapports d’audit interne donnent également
des informations sur les risques présents dans l’activité auditée et les auditeurs proposent des
solutions pour les traiter. Tous ces points évoqués dans cette étude permettent conforter les
propos tenu dans l’approche conceptuelle et ainsi la théorie selon laquelle les rapports d’audit
interne limitent les comportements opportunistes. L’un des interviewés a été d’accord avec cela
en déclarant « je pense comme vous ».

Concernant la réduction de l’asymétrie d’information, les interviewés ont affirmé que


les rapports d’audit interne apportent un complément d’information aux données envoyées par
les responsables au directeur général ou au conseil d’administration. Le directeur général
compare les informations qui lui sont envoyées avec les informations données dans le rapport
d’audit. Cela lui permet d’avoir une idée exacte de chaque activité menée par chacune de ces

80
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

directions. Toutefois, les rapports n’ont pas en permanence cette utilité dans la mesure où il est
nécessaire que la mission soit planifiée ou qu’elle soit commandée durant l’exercice par le
directeur général. En effet, chaque année, un nombre précis de mission sont programmées et
de ce fait les auditeurs ne peuvent pas contrôler toutes les activités en une année. Ils ne peuvent
pas apporter un complément d’information à chaque rapport envoyé par un responsable et leur
contrôle est périodique. Ceci nous amène à dire que les rapports d’audit n’apportent pas
systématiquement un complément d’information à chaque donnée envoyée par les responsables
mais le font périodiquement. Le directeur général peut cependant apprécier lorsque cela se fait,
l’intégrité de ses subordonnés et le type d’information que ceux-ci lui envoient régulièrement.
En outre, les éléments donnés au point précédent sur la limitation par les rapports d’audit des
comportements opportunistes, peuvent également être mentionnés à ce niveau. Effectivement,
les rapports d’audit interne donnent des informations sur l’ensemble des activités des employés
en informant sur les fraudes et le respect ou non des procédures de contrôle interne, permettant
ainsi de réduire l’asymétrie d’information qui pourrait exister entre les salariés et les dirigeants.
De plus, lorsque les auditeurs effectuent des audits de management, ils apportent des
informations dans leur rapport sur la gestion des responsables et celle du directeur général.
Cela permet premièrement d’avoir une idée sur la politique qu’ils suivent, deuxièmement de la
comparer avec celle définie par le conseil d’administration afin de voir si elle est en adéquation.
Cet audit n’est pas toujours pratiqué dans la réalité. L’un des interviewés lui parle d’audit de
la gouvernance. Ce type d’audit est important dans la mesure où il permet au conseil
d’administration de s’assurer que sa vision est comprise, correctement communiquée et mise
en œuvre et ne peut être pratiqué dans un contexte où le service d’audit est directement rattaché
au niveau hiérarchique le plus élevé afin de garantir son indépendance. Au vue des différents
éléments obtenus au cours de la recherche, nous pensons que les rapports d’audit réduisent
l’asymétrie d’information dans l’entreprise. L’un des interviewés insistait justement sur ce
point qui selon lui est l’une des principales utilités des rapports d’audit interne.

La recherche nous a permis de constater que les rapports d’audit aident lors de la
définition des objectifs annuels et lors des prises de décisions courantes. Les interviewés étaient
d’accord avec ces points. Pour eux, de nombreuses décisions ont été prises sur la base des
conclusions contenues dans les rapports. Le directeur général prend des décisions ponctuelles
sur la base de ces rapports et les utilisent même lors du pilotage de l’entreprise. Il peut s’agir
des décisions, des notes de services, des décisions de modifier des procédures après avoir
constaté des dysfonctionnements ou des insuffisances dans le système de contrôle interne, etc.
Pour l’un des interviewés les rapports aident sans aucun doute dans les décisions
organisationnelles, structurelles et opérationnelles mais pas au niveau stratégique. Ce serait
dans ce cas se substituer aux outils d’aide à la décision alors que les rapports d’audit permettent
juste au directeur de se rassurer que les décisions prises sur la base des informations qui lui
avaient été communiquées sont bonnes et non de l’aider à prendre des décisions stratégiques ;
à moins de faire un audit stratégique. Nous savons déjà que les décisions stratégique dans les
entreprises dotées de conseil d’administration sont prises par cet organe, est ce que les résultats
d’un audit stratégique peuvent aider réellement à la prise de décision stratégique ? D’après la
définition donnée dans l’approche théorique, l’audit stratégique est la confrontation de
l’ensemble des politiques et stratégies de l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se situent

81
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

pour en vérifier la cohérence globale. Il ne s’agit pas d’apprécier les politiques et les stratégies
mais plutôt de souligner les éventuelles incohérences. Il est différent de l’audit de management
en ce sens que ce dernier vérifie la conformité avec le processus d’élaboration de la stratégie
défini alors que l’audit stratégie s’assure que la stratégie est en affinité avec les spécificités
environnementales de l’entreprise. C’est un audit de haut niveau exigeant des compétences
sérieuses et élevées dont la pratique reste encore très faible. Nous sommes d’accord avec les
propos de l’interviewé en ce sens que les décisions stratégiques concernent les relations de
l’entreprise avec son environnement et le champ d’intervention de l’audit interne est limité à
l’organisation interne de l’entreprise. S’il s’agit de l’environnement externe, les rapports
d’audit interne n’ont aucune utilité mais permettent effectivement de se rassurer quant aux
informations utilisées pour la prise de décision et dans ce cas ils n’aident pas dans la prise de
décision mais aident plutôt le directeur général dans sa gestion de l’entreprise : le pilotage.
L’environnement interne lui est un point qu’il faut étudier en profondeur. A titre d’illustration,
les dirigeants peuvent se baser sur les conclusions contenues dans les rapports d’audit au sujet
des gaspillages constatés pour prendre une décision stratégique de réduction des coûts afin
d’améliorer les chiffres. L’utilité des rapports d’audit interne dans le processus décisionnel des
décisions stratégiques est un point qui devrait faire l’objet d’une recherche. On pourrait en effet
effectuer une recherche sur les décisions stratégiques prises sur la base des rapports d’audit
interne. En outre, nous avons également demandé aux auditeurs internes si les rapports d’audit
interne permettent d’améliorer le système d’information de l’entreprise. Les réponses ont été
majoritairement positives avec 100% des auditeurs internes interrogés qui l’attestaient. Les
interviewés sont d’accord avec le fait que les rapports d’audit interne permettent d’améliorer
le système d’information de l’entreprise mais pour eux, les rapports d’audit n’apportent
réellement une valeur ajoutée au système d’information que lorsque les recommandations sont
prises en compte. En général on devrait dire que les rapports ne sont vraiment utiles que lorsque
leurs conclusions sont prises en considération. Un système d’information de qualité permet
d’avoir une information de qualité et l’information est principalement la matière première de
la prise de décision. En conséquent, en faisant des recommandations entrainant l’amélioration
du système d’information, les rapports d’audit permettent d’avoir une information de qualité
utile pour la prise de décision.

A partir des données obtenues lors de notre étude sur le terrain, nous avons pu induire
que les rapports d’audit permettent d’améliorer le rendement des entreprises et qu’ils aident le
directeur général dans sa gestion. Au sujet de la première induction, au cours de nos entretiens,
nous avons relevé que les rapports d’audit permettent d’améliorer le rendement grâce aux
recommandations qui y sont contenues. Deux des interviewés ont fait cette remarque lorsqu’on
les interrogeait sur d’autres points et cela nous a amené à interroger le troisième auditeur interne
sur l’apport des rapports d’audit sur le rendement. Lorsqu’on lui demande s’ils pensent qu’ils
permettent d’améliorer le rendement, ce dernier a affirmé que leurs « recommandations
permettent d’améliorer largement le rendement de l’entreprise » et a pris un exemple tel que
présenté en annexe 6. .Pour ces trois auditeurs internes, les rapports d’audit participent à
l’amélioration du rendement de l’entreprise en passant par une bonne application des employés
dans leur travail et la détection des défaillances dans les procédures.

82
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

Au sujet de la seconde induction à savoir que les rapports d’audit aident le directeur
général dans sa gestion, les rapports d’audit mettent le directeur général à l’abri des fautes de
gestion et l’aide dans sa gestion courante. Pour l’un des interviewé c’est une évidence tel que
susmentionné. Il enrichi ses explications en déclarant « en réalité, l’audit aide le DG mais
beaucoup ne le prenne pas comme cela, parce que l’audit l’aide lui à faire attention et éviter
certaines erreurs, à éviter certaines irrégularités, tirer la sonnette d’alarme et tous ». De plus,
les directeurs généraux demandent parfois des missions de conseil afin que les auditeurs
internes les éclaires sur certains points. Un autre auditeur interne déclare au sujet des missions
spécifiques « il y a des points où on fait et puis il dit ok, investiguez davantage. Il commande
une mission spécifique pour juste ce point-là. C’est déjà arrivé ». Ces missions aident le
directeur général dans sa gestion de tous les jours et sont intégrées dans le programme annuel
élaboré en début d’année, ou indiquées dans le rapport annuel de fin d’année sur l’ensemble
des missions effectuées par le service d’audit interne.

 Comparaison avec d’autre recherche et avec la littérature

Durant notre étude nous n’avons pas trouvé de recherches présentant l’utilité des
rapports d’audit interne en contexte camerounais. Comme l’un des interviewés l’expliquait,
l’audit interne au Cameroun est nouveau et se met déjà en place de plus en plus dans les
entreprises. Cependant même à l’étranger, il existe très peu d’étude à ce sujet. Toutes les études
sont plus tournées vers l’utilité des rapports d’audit externe.

De la littérature nous avons appris que les rapports d’audit interne sont élaborés suivant
une méthodologie établie par les normes internationales d’audit interne en destination du
directeur général, du conseil d’administration pour les entreprises qui en sont doté et les
responsables auditées. C’est également le cas dans la pratique, les auditeurs internes rédigent
leur rapport suivant le même canevas que celui décrit dans la littérature. Mêmes ceux qui
affirment avoir élaboré eux même la procédure d’élaboration des rapports. Ces derniers
s’appuient en générale sur les formations reçues par des professionnels de l’audit interne pour
le faire. La recherche sur le terrain a donné lieu à la même théorie énoncé dans l’approche
théorique, à savoir les rapports d’audit interne réduisent l’asymétrie d’information, limitent les
comportements opportunistes, aident dans les prises de décisions. A cela nous avons ajouté que
les rapports permettent d’améliorer le rendement de l’entreprise et qu’il aide le manager dans
sa gestion. Ces points peuvent faire l’objet de recherche afin qu’ils soient confirmés ou
infirmés.

 Limites méthodologique

La principale limite de cette étude provient du fait que nous nous contentons de
proposer des théories mais nous ne les confirmons pas. Ceci est dû à la difficulté d’obtenir des
informations auprès des auditeurs au Cameroun. De plus, la recherche ne s’est penchée que sur
le processus d’élaboration des rapports d’audit interne et n’a pas tenu compte des destinataires
de ces rapports. Nous n’avons pas pu avoir leur opinion sur le contenu informationnel des
rapports d’audit.

83
Chapitre 4 : Résultats de la recherche et discussions

CONCLUSION

Les rapports d’audit sont élaborés en respect des normes de la profession d’auditeur. Ils
sont utiles au top management grâce aux informations qu’ils contiennent. Les résultats obtenus
nous ont permis de dire que les rapports d’audit externe ne réduisent pas l’asymétrie
d’informations entre les dirigeants et les actionnaires, leur seule utilité réside dans le fait qu’ils
comportent des informations sur la situation de leur argent. Ils ne sont pas en pratique utiles
aux actionnaires au Cameroun mais le sont pour les dirigeants grâce aux recommandations sur
le contrôle interne. Les rapports d’audit interne eux sont utiles au top management car ils
réduisent l’asymétrie d’information limitent les comportements opportunistes et aident à la
prise de décision. Nous ajoutons également que les rapports permettent d’améliorer le
rendement de l’entreprise et aide le Directeur Général dans sa gestion. Vu les limites de cette
recherche, il serait intéressant d’effectuer une recherche dans laquelle on aura pour échantillon
cible les destinataires des rapports pour avoir leur opinion sur le contenu informationnel des
rapports. Il faudrait également faire une étude des rapports d’audit externe après que les
nouvelles dispositions données par l’ONECCA soient appliquées.

84
CONCLUSION GENERALE

Le but de cette recherche était de présenter l’utilité des rapports d’audit externe et
interne pour le top management. Dans la première partie intitulée approche conceptuelle, nous
avons pu voir en quoi consiste un audit interne et un audit comptable et financier. Il y a été
présenté l’utilité théorique des rapports d’audit que nous avons comparé avec la pratique.

Dans l’entreprise, des relations d’agences existent entre les actionnaires d’une part et
les dirigeants et entre les dirigeants et les salariés d’autre part. De cette relation, se créent des
conflits d’intérêts et les agents profitent de l’absence de contrôle pour poser des actes contraires
à l’intérêt de l’entreprise. Les rapports d’audit sont des excellentes sources d’informations que
les supérieurs utilisent pour contrôler leurs subordonnés. Dans l’approche théorique nous avons
vu que les rapports sont élaborés suivant des normes internationales d'audit et que cela
constituait un gage de qualité. Grâce à cette première partie, nous avons pu avoir une idée de
l’utilité théorique des rapports d’audit.

Il a été dit que les rapports d’audit externe sont utiles aux actionnaires car ils réduisent
l’asymétrie d’information entre les dirigeants et les actionnaires provenant du fait que les
dirigeants détiennent plus d’informations en quantité et en qualité que les actionnaires. Cela
limite l’abus du pouvoir managérial dans la société. Les rapports d’audit externe comportent
une opinion sur les comptes de l’entreprise présentés à l’auditeur externe, des vérifications de
la concordance entre le rapport de gestion et les états de synthèse, des informations sur les
conventions réglementées en ce qui concerne les missions de commissariat aux comptes et
l’appréciation que l’auditeur a fait sur le contrôle interne de l’entreprise.

Il a été également dit que les rapports d’audit interne eux, réduisent l’asymétrie
d’information entre le les salariés et les dirigeants. De plus, sur la base des informations
données par ces rapports, nous avons vu qu’il limite les comportements opportunistes et aident
dans les prises de décisions.

En pratique plusieurs éléments ont été semblables à ceux de la théorie, d’autres ne l’ont
pas été. Les auditeurs respectent les normes lors de l’élaboration des rapports. Ils s’appuient
également sur les dispositions prévues par l’Acte Uniforme OHADA et celles de la COBAC
en ce qui concerne les établissements de crédit. Les rapports d’audit interne limitent les
comportements opportunistes dans l’entreprise en donnant des informations sur les
dysfonctionnements constatés et proposant des solutions pour les résoudre, en révélant des
fraudes commises par les employés, en dissuadant ainsi les autres de poser des actes contraires
à l’intérêt de l’entreprise ; Ils réduisent l’asymétrie d’information entre les salariés et les
dirigeants grâce au complément d’information qu’ils apportent périodiquement aux données
envoyés par les responsables aux dirigeants ainsi que grâce à l’ensemble des
dysfonctionnements qu’ils révèlent lors des missions ; ils aident dans la prise de décision
courante et stratégique en ce qui concerne l’entreprise et son environnement interne. Ces trois
éléments ci-dessus ont en effet été confortés dans la pratique et nous avons ajouté à cela au
moyen des résultats obtenus : que les rapports d’audit aident les dirigeants dans leur gestion en

85
informant des risques encourus par la société pour chaque activité qu’elle mène et proposant
des recommandations pour les traiter et lui apportant des conseils ; que les rapports d’audit
interne permettent d’améliorer le rendement.

Les rapports d’audit des missions de CAC dans la pratique n’aident pas véritablement
les actionnaires. Ils sont pauvres en informations et ne sont pas établis avec objectivité, intégrité
et totale indépendance. Les conclusions de ces rapports ne sont pas fiables et ceci à cause de la
précarité du marché de l’audit (les auditeurs ne sont pas indépendant financièrement) et de la
corruption dans notre société. Toutefois, les changements opérés à l’ordre des experts
comptables laissent présager que cette situation évoluera dans le futur et il faudrait que l’Etat
et l’OHADA les accompagnent dans ce changement car après tout, les CAC travaillent sur la
base des éléments qui sont mis à leur disposition et ne peuvent de ce fait influer sur l’intégrité
des informations qui sont soumis à leur appréciation. « Il faudrait que les auditeurs et les
audités s’asseyent autour d’une table pour redéfinir un bon cadre parce que l’audit est bon
non seulement pour eux et pour nous » (auditeur externe). La seule utilité des rapports de CAC
réside dans les recommandations qu’ils renferment sur l’amélioration du contrôle interne. Mais
ces informations-là ne sont pas utiles aux actionnaires mais aux dirigeants des entreprises. Les
rapports d’audit financier eux, sont utiles aux actionnaires et aux dirigeants premièrement parce
qu’ils comportent de nombreuses informations sur les irrégularités et inexactitudes constatées,
deuxièmement parce que les missions d’audit contractuel ne sont généralement pas commandés
et le sont fréquemment en cas de vol ou de situation délicate et pas par obligation légale comme
les missions de CAC. Il y a ici la volonté de bien gérer, de contrôler et de collaborer avec les
auditeurs externes.

Cette recherche a été effectuée en se focalisant sur les concepteurs des rapports d’audit.
Elle n’a pas tenu compte des destinataires des rapports. Une recherche pourrait être effectuée
en prenant en compte le sentiment des destinataires sur le contenu informationnel des rapports
et le type d’information qu’ils considèrent utile pour eux. De plus, nous n’avons pas tenu
compte de l’ensemble des stakeholders. Une étude pourrait également être faite sur l’utilité des
rapports d’audit pour toutes les parties prenantes en contexte camerounais.

86
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Williamson, O.E. (1985)."the Economiclinstitutions of Capitalism". The Free Press.

88
ANNEXES

Liste des annexes

Annexe 1 Questionnaire adressé aux experts comptables

Annexe 2 Questionnaire adressé aux auditeurs internes

Annexe 3 Demande d’entretien avec les auditeurs externes

Annexe 4 Entretien N°1 avec auditeur interne

Annexe 5 Entretien N°2 avec auditeur interne

Annexe 6 Entretien N°3 avec auditeur interne

Annexe 7 Entretien avec auditeur externe

Annexe 8 Rapport du CAC pour la BICEC

Annexe 9 Rapport d'expertise comptable pour un projet

Annexe 10 Principe du code de déontologie des CAC

Annexe 11 Liste des irrégularités pouvant constituer une faute de gestion

89
ANNEXE 1 : QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX EXPERTS COMPTABLES
NB : Cliquer sur la case ou la zone de texte pour répondre

Q.1. Etes-vous intéressé par cette étude ?


Oui ☐ Non ☐

Nom & Prénom ………………………………………………………………….

Adresse ………………………………………………………………….

Q.2. Quel est votre méthodologie d’élaboration des rapports d’audit financier ?
- Celle édictée par les normes ISA ☐
- Autres ………………………………………………………………….

Q.3. Quel est votre méthodologie d’élaboration des rapports de commissariat aux
comptes ?
- Celle édictée par les NEP ☐
- Autres ………………………………………………………………….
Q.3.Bis. Si aucune réponse, diriez-vous qu’en respectant l’Acte Uniforme
OHADA, vous appliquez dans un sens les NEP lors des missions de
commissariat aux comptes ?

Oui ☐ Non ☐

Q.4. Avez-vous déjà révélé dans vos rapports des irrégularités pouvant être qualifiées
de faute de gestion ?
Oui ☐ Non ☐

Q.5. Avez-vous déjà détecté au cours de vos missions des irrégularités ayant un
caractère frauduleux ?
Oui ☐ Non ☐

Q.5.Bis.1. Il s’agissait de quelle mission ?

- Mission de commissariat aux comptes ☐


- Mission d’audit financier ☐
Q.5.Bis.2 Qui était mis en cause dans ces fraudes ?

- Employés ☐
- Directeur général ☐
- Conseil d’administration ☐
- Autres ………………………………………………………………….

90
Q.6. Avez-vous déjà rencontré des comptes maquillés au cours de vos missions de
CAC ?
Oui ☐ Non ☐

Q.6.Bis. Si oui, signalez-vous cela dans vos rapports d’audit ?

Oui ☐ Non ☐

Q.7. Dans vos rapports d’audit, formulez-vous des conclusions au sujet de la


vérification de la concordance entre le rapport de gestion du Conseil
d’administration et les états de synthèse (vérifications spécifiques) ?
Oui ☐ Non ☐

Q.8. Quels sont les destinataires de vos rapports de CAC dans l’entreprise ?
- Conseil d’Administration ☐
- Assemblée Générale ☐
- Comité d’audit ☐
- Directeur Général ☐
- Autres ………………………………………………………………….

Q.9. Quels sont les destinataires de vos rapports d’audit financier ?


- Conseil d’Administration ☐
- Assemblée Générale ☐
- Comité d’audit ☐
- Directeur Général ☐
- Autres ………………………………………………………………….

Q.10. Pensez-vous que les rapports d’audit parviennent aux actionnaires ?


Oui ☐ Non ☐ Quelques fois ☐

Q.11. Pensez-vous que les actionnaires utilisent les informations contenues dans vos
rapports ?
Oui ☐ Non ☐ Rarement ☐

Q.12. Formulez-vous dans vos rapports d’audit des conclusions sur l’appréciation du
système de contrôle interne ?
Oui ☐ Non ☐

Q.12.Bis. Au cours de quelle mission d’audit le faites-vous ?

- Mission de commissariat aux comptes ☐


- Mission d’audit financier ☐

91
Q.12.Bis.2. Quels sont les destinataires de cette évaluation ?

- Conseil d’Administration ☐
- Directeur Général ☐
- Autres ………………………………………………………………….
Q.12.Bis.3. Faites-vous des recommandations pour améliorer le système de
contrôle interne ?

Oui ☐ Non ☐

Q.12.Bis.4. si oui, sont-elles mises en œuvre ?

Oui ☐ Non ☐ Pas toujours ☐

Q.13. Donner-vous dans vos rapports de CAC des informations sur les conventions
réglementées intervenues au cours de l’année faisant l’objet de contrôle ?
Oui ☐ Non ☐

Q.14. Le faites-vous également pour les missions d’audit financier ?


Oui ☐ Non ☐

Q.15. Avez-vous déjà eu affaire à des conventions réglementées non autorisées par le
Conseil d’administration au cours de vos missions de CAC ?
Oui ☐ Non ☐

Q.15.Bis. Signalez-vous cela dans vos rapports d’audit ?

Oui ☐ Non ☐

Q.16. Pensez-vous que les rapports d’audit réduisent le déséquilibre d’information qui
existe entre les dirigeants et les actionnaires ?
Oui ☐ Non ☐

Pourquoi ?

Entrer le texte

Q.17. Pensez-vous que les rapports d’audit limitent les comportements opportunistes
des dirigeants et des salariés ?
Oui ☐ Non ☐

Pourquoi ?

Entrer le texte

Fin du questionnaire. Merci de nous avoir accordé quelques minutes d’attention.

92
ANNEXE 2 : QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX AUDITEURS INTERNES
NB : Si fichier verrouillé, pour déblocage et affichage complet, cliquez sur « affichage, modifier le
document ». Cliquer sur la case ou la zone de texte pour répondre

Q.1. Etes-vous intéressé par les résultats de cette recherche ?


Oui ☐ Non ☐

Nom & Prénom


…………………………………………………………………………

Adresse ……….………………………………………………………………………..
Q.2. Quel est le rattachement hiérarchique du service d’audit interne ?
- Direction Générale (ou gérant) ☐
- Président du Conseil d’Administration ☐
- Directeur Administratif et Financier ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.3. Existe-t-il un manuel de procédures dans l’entreprise ?


Oui ☐ Non ☐

Q.4. Existe-t-il une charte d’audit interne dans l’entreprise ?


Oui ☐ Non ☐

Q.5. Avez-vous élaboré la cartographie des risques ?


Oui ☐ Non ☐

Q.6. Disposez-vous d’un manuel d’audit dans votre service ?


Oui ☐ Non ☐

Q.7. Etablissez-vous un programme annuel de vérification ?


Oui ☐ Non ☐

Q.7.Bis. Si oui, de qui reçoit-il l’approbation ?

- Direction Générale ☐
- Conseil d’administration ☐
- Comité d’audit ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.8. Comment élaborez-vous les rapports d’audit ?


- Suivant les normes d’audit interne de l’IIA ☐
- La procédure d’élaboration a été définie par vous ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

93
Q.9. Quels sont les destinataires de vos rapports de mission d’audit ?
- Conseil d’Administration ☐
- Direction Générale (gérant) ☐
- Responsable de la direction auditée ☐
- Comité d’audit ☐
- Assemblée générale ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.10. Le gestionnaire demande-t-il occasionnellement des missions d’audit spécifiques


pour l’aider dans ses prises de décisions ?
Oui ☐ Non ☐

Q.11. Avez-vous déjà décelé des fraudes au cours de vos vérifications ?


Oui ☐ Non ☐

Q.11.Bis. Si oui, qui étaient mis en cause pour cette fraude ?

- Employés ☐
- Responsables ☐
- Gestionnaires ☐
- Autres ………………………………………………………………………..

Q.11.Bis.Bis. A qui avez-vous communiqué votre rapport concernant cette


fraude ?

- Gestionnaire ☐
- Comité d’audit ☐
- Conseil d’Administration ☐
- Autre ………………………………………………………………

Q.12. Avez-vous déjà effectué un audit de management pour évaluer l’efficacité des
décisions prises par les gestionnaires ?
Oui ☐ Non ☐

Q.12.Bis. Si oui, à qui avez-vous communiqué votre rapport ?

- Gestionnaire ☐
- Comité d’audit ☐
- Conseil d’administration ☐

94
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.13. Avez-vous déjà effectué un audit de management pour évaluer l’efficacité des
décisions prises par les responsables de direction ou de service ?
Oui ☐ Non ☐

Q.13.Bis. Si oui, à qui avez-vous communiqué vos résultats ?

- Gestionnaire ☐
- Comité d’audit ☐
- Responsables ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.14. Existe-t-il une procédure de recrutement du gestionnaire et des employés dans


l’entreprise ?
Oui ☐ Non ☐

Q.14.Bis.1. Si oui, vérifiez-vous que les procédures de recrutement sont


conformes à celles définies ?

Oui ☐ Non ☐

Q.14.Bis.2. Si non, examinez-vous les procédures de recrutement ?

Oui ☐ Non ☐

Q.15. L’audit interne suit il l’exécution des projets d’investissements pour s’assurer
que l’investissement n’a pas été détourné de son objet initial ?
Oui ☐ Non ☐

Q.15.Bis. A qui envoyez-vous les conclusions de ces examens de projets


d’investissement ?

- Gestionnaires ☐
- Comité d’audit ☐
- Conseil d’Administration ☐
- Autre ………………………………………………………………………..

Q.16. Avez-vous déjà révélé dans vos rapports des irrégularités pouvant être qualifiées
de fautes de gestion ?
Oui ☐ Non ☐

Q.17. Vos recommandations permettent elles d’améliorer le système d’information de


l’entreprise ?
Oui ☐ Non ☐

95
Q.18. Les conclusions de vos rapports sont-elles prises en compte pour l’amélioration
du processus :
Q.18.Bis.1. De contrôle interne ?

Oui ☐ Non ☐

Q.18.Bis.2. De management de risque ?

Oui ☐ Non ☐

Q.18.Bis.3. De gouvernement d’entreprise ?

Oui ☐ Non ☐

Fin du questionnaire. Merci de nous avoir accordé quelques minutes d’attention.

96
ANNEXE 3: DEMANDE D’ENTRETIEN ADRESSE AUX AUDITEURS
EXTERNES
Yaoundé, le 29 novembre 2017

EBOLO ZOGO Auguste Florent


Tél : 699 85 83 25
Email : eboloauguste@gmail.com
A l’attention du Directeur Général
de la Société d’expertise-comptable
………………………………………
………………………………………
……………………………

Objet : Demande d’entretien

Madame, Monsieur le Directeur Général,

Etudiant en Master 2 option Comptabilité, Contrôle et Audit à SUP de CO Yaoundé,


je mène actuellement une recherche dont le but est de montrer « l’utilité des rapports d’audit
pour le top management des entreprises ».

Pour atteindre cet objectif, j’ai été amené à émettre un certain nombre d’hypothèses.
Pour les valider, il est important que je puisse interroger une majorité d’acteurs, entre autre
les experts comptables et les auditeurs externes réalisant des missions de commissariat aux
comptes et des missions d’audit financier. C’est pourquoi je me permets avec tout le respect
que je vous dois de solliciter votre collaboration.

Les objectifs détaillés ainsi que les modalités pratiques de ce projet sont présentés ci-
joint en annexe, afin de vous préciser la démarche que je compte suivre.

Cet entretien portera sur les informations contenues dans les rapports d’audit, sur la
qualité de ces rapports (fonction du respect des normes et des principes fondamentaux) et sur
leur utilité. Je serai très ravi si vous me fixez un rendez-vous en ce début de mois, à la date et
à l’heure qui vous conviennent.

Je vous remercie d’avance pour l’aide que vous voudrez bien m’apporter et vous prie
d’agréer, Madame, Monsieur le Directeur Général, l’expression de ma très haute
considération.

EBOLO ZOGO

97
UTILITE DES RAPPORTS D’AUDIT EXTERNE POUR LE TOP
MANAGEMENT.

Contexte de la recherche

Au Cameroun, les missions d’audit sont perçues comme une obligation que seules les
entreprises qui y sont soumises commandent. De ce fait, ces entreprises ne portent pas
réellement d’intérêt à ces missions, pire, les entreprises qui n’ont pas cette obligation ne
trouvent pas d’intérêt à commander des missions d’audit. Or, ces missions dont la valeur
ajoutée se trouve dans le contenu informationnel de leur rapport ont une certaine utilité pour
les propriétaires d’entreprise et les dirigeants. Il s’agit donc, de montrer l’utilité des rapports
d’audit en présentant les informations qu’ils fournissent, la façon dont elles sont établies et les
conséquences de ces informations sur la gestion des entreprises aux dirigeants et propriétaires
d’entreprise.

Objectif de la recherche

Observer la façon dont ces rapports sont élaborés ainsi que leur environnement. Ayant une
connaissance sur les informations que chaque rapport devrait contenir, en respect des normes
et des principes fondamentaux, quelques hypothèses ont été émises. Il s’agit donc également
de vérifier les hypothèses suivantes et si nécessaire de formuler de nouvelles, pour in fine
aboutir à une ou plusieurs théorie : les rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’information
entre les dirigeants et les actionnaires mais également entre les dirigeants et les salariés qui
naissent du fait que les subordonnés détiennent plus d’informations en quantité et en qualité
que les supérieurs ; les rapports d’audit limitent les comportements opportunistes, luttent contre
l’abus du pouvoir managérial, participant de ce fait à l’amélioration de la gouvernance
d’entreprise ; etc.

Entretien

L’objectif de l’entretien est que les auditeurs décrivent la façon dont ils élaborent les normes,
présentent quels types d’informations sont contenus dans leurs rapports, connaître leur opinion
sur l’utilité des rapports d’audit pour le top management.

Une totale confidentialité de l’entretien est assurée.

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ANNEXE 4 : ENTRETIEN N°1 AVEC AUDITEUR INTERNE
Madame H.C : Auditeur interne chez X banque

Monsieur EBOLO ZOGO (EZ) : je vous remercie de m’accorder un peu de votre temps.
Je mène une recherche pour mon mémoire dont le thème est l’utilité des rapports d’audit
interne pour le top management.

H.C : quelle approche méthodologique vous avez choisi ?

EZ : j’ai choisi comme paradigme le positivisme avec une méthode qualitative et


quantitative. J’ai émis des hypothèses, et pour les valider je compare la théorie à la réalité.
Bon, je vais d’abord vous poser des questions ne nécessitant pas trop de réflexion puis
celles où vous pourrez un peu plus développer.

H.C : OK

EZ : Avez-vous une cartographie des risques ?

H.C : je ne sais pas vraiment, je crois qu’on en a une mais elle n’est pas vraiment utilisée. On
a trop de métier ici, on s’appuie beaucoup plus sur les incendies survenus.

EZ : Avez-vous un manuel d’audit ?

H.C : on a en plusieurs, on a des guides, on a des documents qui nous permettent d’auditer les
différents domaines, par exemple la façon dont on audite les engagements n’est pas la même
façon dont on va auditer les opérations à l’international.

EZ : Est-ce que vous élaborez un programme annuel de vérification ?

H.C : oui le plan d’audit annuel, avant c’était chaque année mais maintenant on demande de
le faire sur trois ans, c’est un plan triennal. Donc dans le plan triennal comment dire, on va dire
sur trois ans voilà ce que nous allons faire mais chaque année nous devons être à tel
pourcentage, c’est sur trois ans maintenant que la COBAC a demandé qu’on le fasse.

EZ : Le programme annuel reçoit-t-il l’approbation du directeur général ?

H.C : effectivement nous montons ça ici. Comment ça se passe ici ? Chaque auditeur dans son
domaine prépare, parce que lui par exemple il est juriste, donc dans son pôle il prépare leur
plan d’audit. Nous on a les informaticiens, on a le volait engagement comptable, opération, et
tout. Chacun essaye de dire en fonction de (…) bon voilà ce que je propose pour le programme.
Maintenant c’est notre boss qui valide d’abord et c’est comme il a dit, c’est en fonction des

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risques puis lorsque nous avons terminé nous ramenons donc au niveau du comité d’audit qui
valide.

EZ : Comment vous élaborez vos rapports d’audit ? Vous suivez quelle méthodologie, au
niveau du contenu informationnel ?

H.C : on a ce qu’on appelle les fiches d’analyses de recommandations. Les feuilles de travail,
c’est un peu comment dire c’est l’outil que nous utilisons pour la collecte des données. Mais
comme tu dis selon les normes, on peut dire, on a la préparation, on a la collecte des
informations sur le terrain, la rédaction du rapport et maintenant tu envoi le rapport à la
hiérarchie. Il y a ce qu’on appelle les bonnes pratiques. Les bonnes pratiques veulent que,
lorsque tu constates par exemple une anomalie (ça c’est un type de rédaction !). On a comme
je t’ai dit des fiches d’analyses et de recommandations. Dans ces fiches d’analyses si j’ai
constaté un dysfonctionnement, le dysfonctionnement c’est en fonction de la procédure interne.
Si on a dit que pour peut-être enlever ce téléphone on doit s’enfiler un gant blanc après on pose
ici ou là, toi tu t’enfile plutôt un gant noir, donc c’est dysfonctionnement. Je ressors donc le
non-respect du dispositif peut être de retrait de ce téléphone. Je présente d’abord le contexte,
qu’est-ce que nos procédures disent par rapports à ce genre d’activité, qu’est-ce que les bonnes
pratiques disent qu’est que la réglementation dit. Maintenant je sors donc le référentiel, peut-
être c’est la COBAC, c’est notre procédure, note de service numéro tant, c’est norme IIA, tu
vois un peu j’ai plein de choses, les bonnes pratiques même. Donc je sors le référentiel,
maintenant je dis quel est le problème, le constat. J’ai constaté que pour enlever ça on fait ceci
on fait cela, donc on ne suit pas le contexte que j’ai présenté. Une description de ce que j’ai vu.
(…) avant la cause on a la conséquence, tu cherches tous les risques lié au constat que tu as fait
(…). Maintenant tu cherches à comprendre la cause, qu’est ce qui a permis que cette situation
soit ainsi et c’est généralement une seule cause. Ensuite l’auditeur n’est pas là pour faire le
congossa comme on dit. Ne vient pas parler sans donner de solutions. Quand tu trouves la cause
tu trouves la recommandation (…). L’audité va suivre les recommandations mais si on n’a pas
donné une bonne cause, le problème va rester. Donc ça c’est ce qu’on appelle rapport technique,
on ressort toutes les anomalies et pour chaque anomalie, on suit le même processus. Mais
maintenant on a ce qu’on appelle le rapport de synthèse. Dans le rapport de synthèse nous
présentons l’équipe, nous présentons le nombre de jours, nous présentons l’unité que nous
sommes venu auditer, les chiffres de l’audité, ses emplois, ses ressources et voilà. On ressort
donc les principal anomalies parce que dans les fiches on peut avoir 20 constats mais dans notre
rapport de synthèse on met peut être 10 seulement. Ce qui va attirer l’attention de ton top

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management. Le top management veut voir comme dit la synthèse, il ne veut pas entrer dans
les détails puis tu fais la conclusion. Donc c’est un peu comme ça. Ce que nous faisons c’est
un ensemble de bonnes pratiques. Ça c’est nous, je ne sais pas si dans les autres banques c’est
ainsi. Mais les fiches d’analyse et de recommandations que je t’ai remises sont connues partout.

EZ : Une fois le rapport élaboré, quels sont les destinataires ?

H.C : Ah ! Déjà les principaux destinataires…, nous pouvons dire le conseil d’administration
parce qu’au conseil d’administration nous donnons au PCA, et au Président du comité d’audit.
Maintenant nous remettons au DG.

EZ : Donc le PCA et le président du comité d’audit sont les principaux destinataires ?

H.C : Non pas les principaux, ce n’est pas seulement eux. C’est pourquoi je parle également
du DG, il y a également le directeur ou responsable de l’unité auditée. Ce sont les quatre
principaux destinataires.

EZ : Au cours de vos missions, est ce que vous avez déjà eu à effectuer un audit de
management, pour évaluer les décisions prises par… ?

H.C : Le top management. Je vais appeler ça l’audit de la gouvernance. On a déjà eu à faire


cela, on prépare même un actuellement. Puisque c’est une exigence réglementaire demandée
par la COBAC. Il y a plein de choses qu’on ne fait pas parce qu’on veut mais parce qu’on nous
l’impose.

EZ : Une fois la mission d’audit de la gouvernance effectuée, à qui vous envoyés le


rapport ?

H.C : Pour l’audit de la gouvernance, on envoi au conseil d’administration. Au PCA et au


comité d’audit. Je crois qu’on envoi aussi au DG, maintenant ça dépend du DG, s’il veut
envoyer à tous ses autres directeurs… . C’est les trois-là.

EZ : Ça veut dire que l’audit de la gouvernance englobe le DG et les responsables et…

H.C : Non, gouvernance ça veut dire quoi ? C’est gouverner non, comme tu as dit, le top
management. On a le DG et sous la direction générale, la direction du crédit, la direction du
contrôle, la direction juridique, la direction des opérations, eux aussi ils ont un management
dans leur domaine. Donc tu vois et comme on ne peut leur envoyer à eux tous, c’est le DG qui
les parraine, afin, du moins qui est au-dessus d’eux. C’est un peu comme si c’est la direction
générale qu’on a auditée.

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EZ : Si on vise plus précisément le directeur de l’audit interne, on audite par exemple sa
gouvernance ?

H.C : Ah ! Non, on n’a pas encore eu à faire cela. « Parfois lorsqu’on fait l’audit d’une unité,
on a un aspect de la gouvernance qui ressort ».

EZ : Est-ce qu’il existe une procédure de la demande d’investissement jusqu’à sa


réalisation ?

H.C : « Oui bien sûr. On a une direction qu’on appelle direction des moyens généraux. Dans
la direction des moyens généraux donc, tu fais ton expression de besoin, on a une procédure
pour cela ». Ce n’est pas maintenant que tu vas dire que je veux peindre mon agence par
exemple pour un directeur. L’an passé tu as constaté que tu devais peindre ton agence donc tu
devais le mettre dans le budget ou bien tu proposes pour l’année à venir. On voit si c’est
possible, on vote dans le budget et l’année prochaine tu auras ton investissement. Maintenant,
il y a des comités de choix du fournisseur ou du prestataire, on monte les contrats avec la
direction juridique qui va regarder si nos intérêts sont protégés, comment ça va se faire. La
direction des moyens vérifiera que la couleur est en conformité avec notre charte parce qu’on
ne met pas n’importe quel couleur sur une agence. Donc c’est ça, on a une procédure qui
explique tout cela.

EZ : Et le service d’audit interne intervient à quel niveau ?

H.C : A la fin, non au début d’abord. « En principe au début, on observe le projet, on entre
dans le projet et à la fin nous venons nous rassurer que vous avez fait comme cela se doit. Pour
les agences par exemple, on a ce qu’on appelle la visite de préouverture ». Avant d’ouvrir nous
devons toujours passer regarder les risques. Voilà, tu as construit dans ce quartier, le 1er
commissariat de police se trouve où ? La barrière de derrière est un peu basse(…), on fait donc
notre rapport, on va prendre en compte ce qu’ils pourront arranger. Mais il faut que tu
comprennes que ce n’est pas tout ce que l’audit demande de faire qui est fait. Parce que les
normes disent aussi que le management peut prendre le risque sur lui, il n’est pas obligé de se
soumettre à tout ce que nous demandons, nous on propose, on lui informe de tout ce qu’on
nous avons constaté, il dit oui je prends le risque sur moi. Si je vais perdre 500 000 pour gagner
2 000 000, je te dis-je prend le risque sur moi.

EZ : Les conclusions formulées dans le rapport pour ces missions sont adressé à qui ?

H.C : Nous, c’est à la direction générale.

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EZ : Est-ce que les recommandations que vous proposées dans le rapport permettent
d’améliorer le système d’information ?

H.C : « Oui ça permet. Le problème c’est quoi, les difficultés que nous avons souvent c’est
que parfois on ne suit pas certaines de nos recommandations, ça fait que les mêmes tas reste
mais quand on suit cela améliore ». Parce que notre travail c’est d’apporter la valeur ajouté.
Beaucoup parfois nous disent, oui depuis que tu m’as dit ceci et que j’ai appliqué, j’ai un
meilleur rendement. Parfois on ne voit pas ce que nous apportons en terme de finance sur le
coup mais quand je te dis bon si tu t’organise comme ça dans ton unité selon les procédures,
en le faisant tu te rends compte eh ! Tiens ! Le travail est meilleur. Lorsque nous faisons nos
rapports, on envoi à la direction générale, elle valide, l’unité auditée doit appliquer nos
recommandations.

EZ : Est-ce que les conclusions que vous formulées permettent d’améliorer le processus
de contrôle interne ?

H.C : Oui ! C’est dans ce sens-là.

EZ : Est-ce que le DG a connaissance de la charte d’audit ?

H.C : Bien sûr, normalement, nous, c’est de façon technique qu’on essaye de l’élaborer mais
elle passe par le CA, le comité d’audit si tu veux.

EZ : Est-ce que vous pensez que le DG utilise les rapports pour définir les objectifs
annuels de l’entreprise ?

H.C : Bien sûr, en début d’année, il y a des comités où tous les directeurs se rassemblent et
travaille ensemble pour où est ce que… « Déjà c’est le Conseil d’administration qui donne la
vision de l’entreprise et la direction générale vient exécuter et elle utilise également les
rapports. si l’audit a peut-être dit que tel domaine a plus de risque, elle est obligée de multiplier
les contrôles à ce niveau tu vois. Elle est obligé d’utiliser aussi nos rapports pour pouvoir mieux
gérer son risque » parce que pour nous c’est pas de faire le chiffre pour faire le chiffre, il faut
pouvoir sécuriser ce que nous faisons, que ce soit les biens, les personnes ou le patrimoine de
l’entreprise.

EZ : Dans la gestion courante, si le DG a besoin de prendre une décision, est ce qu’il peut
demander une mission spécifique pour l’aider dans sa prise de décision ?

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H.C : « Oui, on appelle ça les missions de conseil ou des analyses. Il dit à l’audit, tel domaine
je veux me faire une idée de ce qui se passe au niveau par exemple des crédits que nous
accordons aux fonctionnaires peut être de Maroua, faites-moi un état des lieux ». Parfois même,
il peut dire je ne vois pas claire dans les crédits que nous donnons par exemple aux Brasseries
analyser leur engagements. Nous on voit beaucoup plus le risque parce que le commercial lui
il veut vendre, il veut donner le crédit de tel montant aux Brasseries, c’est normal. Nous nous
sommes comme des défenseurs.

EZ : Est-ce que vous intégrez cette mission spécifique dans le plan annuel ?

H.C : Oui, je prends bêtement : tu as 100 heures de travail mais ton plan tu le fais sur 85
heures. On te dit le reste de 15 heures c’est pour les choses qui n’ont pas été prévues.

EZ : Est-ce que les rapports d’audit informent le DG de la réalisation des tâches par les
employés non conforme aux tâches définies ?

H.C : Bien sûr, une fois j’ai travaillé dans une unité, j’ai vu que non la responsable ne fidélisait
pas sa clientèle. Je lui ai demandé qu’est-ce que tu fais pour garder ta clientèle ? Elle ne m’a
rien donné prouver. Aucun document, message, appel. J’ai donc dis dans mon rapport au DG,
ce chef d’agence ne fidélise pas sa clientèle comme nos procédures le demande. La procédure
dit de faire les comptes rendu de visite, les lettres de réchauffement, je n’ai rien vu dans le
dossier du client. Alors moi, à part si on m’apporte des éléments, je dis elle ne fidélise pas sa
clientèle et j’envoie au DG. Après il y a eu retour, le DG l’a appelé, elle a voulu faire le bras
de fer. Elle dit non je le fais, le DG dit ok montre-moi donc, compte rendu, non il n’y a pas,
lettre de relance, non il n’y a pas, donc tu ne le fais. Tout ce que tu dois faire y avoir des traces.

EZ : Les rapports ont-ils déjà informé le DG des fraudes commises par les employés ?

H.C : Oui, mais c’est beaucoup plus dans les enquêtes. Ça peut ressortir dans un audit. Il y a
les audits et il y a les enquêtes. Les enquêtes c’est quoi ? Ah ! À l’agence de tel endroit, il
manque 10 000 000 dans la caisse. On nous envoie, nous descendons, on commence donc,
qu’est-ce qui s’est passé ? Ça devient comme une enquête policière (…).

EZ : dans les rapports, c’est beaucoup plus les risques que vous présentez ?

H.C : Oui, c’est ça l’audit. Evaluer le dispositif de contrôle interne. Quand je pars auditer, je
m’en vais ressortir le risque. On est exposé à quel risque ? L’audit c’est le risque, c’est vrai
qu’il y a un risque manager dans la banque mais nous c’est le risque et le contrôle.

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EZ : Avez-vous déjà décelé des risques pouvant entrainer une faute de gestion pour le
directeur ?

H.C : Tu veux dire que l’employé pose des actes qui amènent le directeur à mal décider ? Oui,
ça arrive. On a déjà eu à voir cela. On dit que voilà les chiffres que le monsieur vous a envoyé,
on dit ce sont des faux chiffres. Il vous dit par exemple il y a 100 000 000 de ressource à tel
agence, quand on vient on se rassure. Il peut y avoir 100 000 000 comme il peut ne pas y avoir.
Mais on te dit dans les 100 000 000 c’est un client seul qui a 95 000 000, donc ça veut dire
quoi ? Peut-être il fallait que le responsable précise que c’est un seul client et qui si vous vous
comportez mal avec ce client et que du jour au lendemain il part il vous reste 5 000 000. Ça
veut dire que le responsable qu’on a mis n’a pas toutes les compétences pour s’occuper de ce
type de client. Le responsable doit remonter cette information au DG pour qu’il prenne les
mesures pour sécuriser le client. Tout à l’heure j’ai parlé de cliente qu’on n’a pas fidélisée,
parce que l’agence avait besoin de l’accompagnement du DG. Elle seule a la moitié de l’agence,
donc si elle quitte l’agence chute. Il faut que le DG le sache, tu remontes cette information.
Voilà ce que je propose, qu’il ait une vision claire. Lui il va croire bon ça marche de l’autre
côté alors que le risque, on appelle ça le risque de concentration. Il y a un sévère risque de
concentration dans ton unité. On relève parfois ça, des gens qui peuvent remonter la mauvaise
information au DG et il prend les mauvaises décisions, c’est déjà arrivé. Nous faisons notre
rapport normalement, le DG est surpris avec ses deux rapports et c’est à lui d’analyser ça là-
bas avec ses services. C’est surtout au niveau du crédit que ça arrive. Il dit mais on m’a fait
signer 100 000 000 pour donner à tel client, pourquoi le client ne rembourse pas l’argent ?
N’est-ce pas on avait pris des garanties. On vient lui dire non DG, quand on lui avait donné
100 000 000 vous avez dit qu’on prenne tel garantie, les unités non pas pris cette garantie. Ils
disaient qu’ils étaient en train de prendre mais après votre signature ils ont lâché.

EZ : Est-ce que vous vous assurez du respect des procédures en ce qui concerne les
demandes d’investissement du DG ?

H.C : Le contrôle de gestion est là pour ça. On est un contrôle périodique, on n’est pas des
opérationnels. Le jour que nous irons contrôler le contrôle de gestion (…) parce que c’est le
contrôle de gestion. Si on a budgétisé 100 000 pour les dépenses du DG, s’il est à 110 000 c’est
à eux d’attirer son attention mais maintenant, quand nous on viendra contrôler leur travail, on
va dire mais pourquoi vous avez plein de dépassements budgétaires comme ça. Nous on ne va
plus regarder de façon précise, on regarde le dispositif. Je ne suis pas là pour dire que les DG

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devais acheter une voiture de 100 000 il a acheté une de 200 000, non. Je regarde cette ligne,
je vois que voilà une ligne qu’on a largement dépassé, qu’est-ce qui explique ça ? Peut-être le
budget a été mal fixé dès le départ. Je regarde ça dans un ensemble. La demande
d’investissement doit être budgétisée, même pour lui. S’il veut une nouvelle voiture, est-ce que
ses services ont budgétisé ça. Si ce n’est pas le cas on ne donne pas. A part s’il a eu un grave
accident, ça voiture a brulé, là il peut y avoir dépassement avec autorisation du conseil
d’administration. Vous voyez, tout passe par le budget.

EZ : Le DG propose-t-il des choix stratégiques ?

H.C : Le DG va attendre que le conseil d’administration (CA) pour aller proposer là-bas. Il
doit conduire l’entreprise selon la vision du CA. On dit nous voulons aller à Bafia, maintenant
c’est le DG qui dit il nous faut 2 ou 3 cars et voilà la route qu’on doit prendre.

EZ : Et c’est dans l’audit de gouvernance que vous vérifiez que ses décisions sont
conformes à la politique définit par le CA ?

H.C : Voilà, exactement.

EZ : Est-ce que vous pensez que les rapports d’audit limitent les comportements
opportunistes ?

H.C : ça dépend maintenant de la culture de contrôle de l’entreprise parce que l’audit c’est ses
recommandations. Si nous recommandons quelque chose on ne le fait pas, vous convenez avec
moi que ça ne va rien limite. Ça dépend de la culture de contrôle. Ici c’est un peu nouveau, on
est en train de mettre en place une culture de contrôle, de prendre en comptes les
recommandations de l’audit et depuis qu’on le fait ça change beaucoup de choses mais pas tout
(…).

EZ : Comment vous procédez pour élaborer votre programme tri annuel vu que vous
n’avez pas de cartographie de risque ?

H.C : on prend les anciens rapports, on prend les rapports de la COBAC, qui nous contrôle et
attire notre attention sur certains points. On les bases d’incidents. Vous, vous voyez peut être
l’audit de manière global. Pour nous, si je dois aller auditer les caisses, je regarde quels sont
les manquements, afin, je regarde tous les incidents qu’on m’a envoyé, je vais travailler avec.
Chez les juristes, je demande peut être tous les incidents, ils disent qu’ils n’ont pas, je dis
d’accord, envoyez moi vos derniers rapports. J’exploite les derniers rapports et même les

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rapports d’audit que nous avons faits, je prends les contrôles externes. Je constitue donc ma
base comme cela et je vois où sont les risques.

EZ : Est-ce que vous pensez que votre service d’audit est indépendant ? Comme on dit
souvent dans la littérature théoriquement indépendante.

H.C : Oui, théoriquement. Comme on dit, est-ce que je peux être juge et partie ? On essaye
mais il y a beaucoup d’interférence mais ce qui est bien c’est que si on doit interférer dans ton
rapport tu n’es pas obligé de le produire. Si vous me dites d’aller à gauche et que je voulais
aller à droite, vous me dites non, moi je ne fais pas vous ne pouvez pas m’obliger mais ils
essayent souvent. (…) et c’est ça l’indépendance, je fais mes rapports en étant vraiment libre.

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ANNEXE 5: ENTRETIEN N°2 AVEC AUDITEUR INTERNE

Madame K.C : auditeur interne dans une entreprise publique

Monsieur EBOLO ZOGO (EZ) : je m’appelle EBOLO ZOGO, je mène une étude
universitaire pour mon mémoire de fin d’étude.

K.C : c’est quoi votre thème ?

EZ : l’utilité des rapports d’audit pour le top management. Je voudrais tout d’abord
savoir si la recherche vous intéresse.

K.C : je ne sais pas, est-ce vraiment pertinent. Si on a pris des textes pour instituer les contrôles,
instituer un audit, les évaluations de performances, ça veut dire que forcément c’est intéressant
d’avoir des rapports d’audit. En audit externe, c’est une évidence parce que déjà c’est une
obligation. Le top mangement étant entendu ici comme Conseil d’administration (CA) pas
forcément pour a direction parce que c’est plus pour le CA que l’auditeur externe travail et
l’audit interne c’est pour aider même le directeur général à éviter d’avoir à répondre de certains
actes devant le CA ou alors devant les autorités répressives au cas où il y aurait des
malversations et qu’on ne se serait pas rendu compte donc pour moi c’est une évidence que
c’est important pour lui d’avoir les rapports d’audit. L’audit interne est nouveau dans notre
contexte économique, tu verras que dans presque tous les établissements publics on est en train
d’instituer des services d’audit interne. Il existe et ils sont nouveaux mais pour ceux qui
n’existent pas c’est en projet, ça c’est sûr ils vont réorganiser. Si tu fais le tour des
établissements publics tu vas voir que c’est des services qui se mettent sur pied, parfois ça
commence par un service ou un département. Nous même, ça fait 07 ans, c’est plutôt jeune
mais c’est justement parce qu’on est en train de muter ers une autre gouvernance et on se dit
c’est important de mettre ça sur pied. Donc, hum est ce que ton étude est vraiment pertinente ?
Je ne sais pas. Peut-être parce que moi je connais l’importance des rapports que j’ai
l’impression que ce n’est pas pertinent. Pour moi c’est évident. Si le DG (Directeur Général)
peut se passer de l’audit ou bien peut ne pas juger l’importance de l’audit mais le top
management qui est le propriétaire a intérêt véritablement à ce qu’il y ait un audit. Et s’il y a
des cas où le département de l’audit dépend peut être d’un comité d’audit qui est au conseil, où
l’audit a la pleine mesure de ces moyens, ce n’est plus le DG. En réalité, l’audit aide le DG
mais beaucoup ne le prenne pas comme, parce que l’audit l’aide lui à faire attention et éviter
certaines erreurs, à éviter certaines irrégularités, tirer la sonnette d’alarme et tous. D’autres le

108
prennent comme un contrôle et comme des moyens pour lui de l’empêcher de tourner en rond
hors le propriétaire tout ce qu’il veut c’est que sa boîte marche et il veut avoir des revenus. Si
on lui dit que l’audit c’est un garde four qui lui permet d’éviter le moindre risque et d’engranger
des fonds, il est prêt… .

EZ : Quel est le rattachement du service d’audit ?

K.C : Le DG. Nous sommes un département dans une sous-direction et nous sommes rattachés
directement au DG.

EZ : Est-ce qu’il existe un manuel de procédure ?

K.C : Oui, qui est révisé très régulièrement

EZ : Est-ce qu’il existe une charte d’audit ?

K.C : Oui, qui a été adoptée par le conseil.

EZ : Est-ce que vous avez élaboré la cartographie des risques ?

K.C : Nous y sommes, on essaye depuis mais bon. En fait, le truc c’est que nous sommes une
structure un peu particulière. La plus part de nos risques sont exogènes et ne dépendent pas
beaucoup de nous. Hum ! C’est plus une réglementation qu’il faudrait prendre pour nous
permettre d’agir. Donc on le fait, on connaît plus ou moins le risque, on est en train de faire la
cartographie depuis un moment. Il y a quelques formations dessus, mais on sait que la plus part
de nos risques sont exogènes donc du coup on n’a pas beaucoup de possibilité d’agir dessus,
les plus gros, les plus importants.

EZ : Est-ce que vous disposé d’un manuel d’audit ?

K.C : Hum ! Je crois, il doit exister, je ne l’ai jamais lu mais il doit exister, on me la donnée
quand je suis arrivé au département d’audit. Je suis pas sûr que je l’ai lu, ou alors je ne les pas
vu et j’ai entendu parler mais je crois qu’il existe.

EZ : Chaque année est ce que vous établissez un programme annuel de vérification ?

K.C : Oui bien sûr, en fonction des risques décelés au cours de l’exercice précédent. On essaye
de voir ou alors en fonction des aspects de gestion qu’on n’a pas pu auditer au cours d’un
exercice. On essaye de faire le programme annuel, qu’on fait valider en préparant le budget. A
travers la validation du budget, on valide notre programme.

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EZ : Qui le valide ?

K.C : Le conseil, puisque le budget est validé par eux. Et pour le valider, en générale avant on
se faisait faire une lettre de mission pour l’année qui disait voilà pour cette année nous allons
faire tel ou tel missions.

EZ : Comment vous élaboré vos rapports de mission ?

K.C : Elaboré pour toi c’est quoi ? Le canevas ?

EZ : Oui, le canevas, la méthodologie, est ce suivant les normes IIA, … ?

K.C : Oui bien sûr, IIA je ne sais pas pour les titres pédagogiques. On a fait quelques formation,
c’est quoi ? Constats, risques, conséquences possibles, recommandations, en général c’est ça
et puis il y a la synthèse du rapport avec la synthèse des recommandations, on fait un petit
résumé. Parce que le souci avec les managers, c’est qu’ils ne lisent pas tout. Quand il est
costaud là, ça le fatigue, donc on fait une synthèse au départ où on marque les points phares,
les constats majeurs ou bien les plus importants, on les rappelle et après on fait un tableau de
synthèse des recommandations.

EZ : Quels sont les destinataires des rapports que vous élaborez ?

K.C : Hum ! En principe le seul destinataire de nos rapports c’est le DG. Après lui il cote mais
on ne peut pas donner les rapports de façon, comment je dirais, transversal à un autre
département, non. Mais dans nos rapports pour chaque recommandation on dit qui est censé la
mettre en œuvre. Et généralement quand on fait nos rapports si c’est les recommandations
qu’on propose par exemple qui doivent passer par une note de service que le DG doit signer,
on fait le projet de note de service qu’on joint directement au rapport. Si c’est une décision,
bref on essaye de faciliter la mise en œuvre de nos recommandations qui sont des annexes à
notre rapport. Maintenant après ça s’il signe tant mieux, s’il ne signe pas nous serrons désolé
pour nous même et puis voilà ….

EZ : Est-ce qu’il existe un comité d’audit ?

K.C : Non

EZ : Avez-vous déjà effectué un audit de management pour évaluer l’efficacité des


décisions prises par le DG ou les responsables ?

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K.C : Non, mais par contre ce qu’on fait, c’est évaluer les performances des structures
opérationnelles. C'est-à-dire qu’on prend la lettre de mission de chaque département et on fait
des tableaux de bord par rapport au résultat qu’on peut atteindre et par rapport à chaque lettre
de mission et à leur job description et maintenant tous les trimestres en général on évalue
l’atteinte des résultats par les différents départements. C’est un peu ça. Et à l’occasion, on
évalue tout, même la direction générale.

EZ : Donc ce ne sont les décisions des directeurs

K.C : Non, ça peut intervenir, ça peut être les décisions parce que dans l’organisation, le
directeur quand il prend une décision, c’est pour la gestion quotidienne. Donc s’il a pris cette
décision-là, et que ça n’a pas permis d’atteindre un résultat, on va noter que malgré ça, ça n’a
pas permis. Donc ce n’est pas vraiment… mais à l’occasion on le fait parce que s’il a pris des
décisions qui n’ont pas marché ou qui ont marché ça va se voir à l’occasion de l’évaluation des
performances.

EZ : Est-ce qu’il existe une procédure de recrutement du gestionnaire et des employés ?

K.C : Non, nous sommes un établissement public administratif. Notre gestionnaire est nommé
par décret du président de la république. On s’assoit et on nous dit que voilà, votre gestionnaire.
Hum ! DG et DGA. Ce n’est même pas le conseil qui les nomme, tous les membres du CA sont
également nommés. Ailleurs, le conseil même décide de destituer un dirigeant. Ce n’est que le
décret du président de la république.

EZ : En ce qui concerne les employés, est-ce qu’il existe une procédure de recrutement ?

K.C : Oui, qui est respecté ça ce n’est pas sûr. Mais elle existe puisqu’on a un manuel de
procédure qui le décrit.

EZ : Est-ce que vous vérifiez que les procédures sont respectées ?

K.C : A l’ occasion des missions d’audit, on respecte le contrôle interne qui est essentiellement
encadré par les procédures. Donc on vérifie.

EZ : Est-ce qu’il existe une procédure pour les projets d’investissement, qui va de la
demande jusqu’à sa mise en œuvre ?

K.C : Si ce n’est pas le matériel quotidien, ce n’est pas un investissement et dans ce cas oui.
On peut faire l’audit du stock si je peux dire ça, pas du stock commercial. Comment ça s’achète,
est-ce qu’il y a eu besoin, oui ça arrive. On fait l’audit pour s’assurer que les fournitures qu’on

111
met à la disposition du personnel sont mises parce qu’il y a eu nécessité et comment ça s’est
utilisé, comment ça s’est amorti, à quel coût on la acheté, est ce qu’il y a eu appel à
concurrence,… oui on le fait.

EZ : pensez-vous que vos recommandations permettent d’améliorer le système


d’information ?

K.C : Les systèmes d’informations, pourquoi le système d’information. Hum ! Je ne sais pas
mais nous nos recommandations permettent d’améliorer le rendement. Je prends un cas,
pendant longtemps il n’y avait pas d’audit. Quand on a commencé à faire des missions d’audit,
si je prends le cas des recettes, on s’est rendu compte qu’on faisait des redressements immenses.
Il y avait des contrôles qui étaient faits par le service technique mais nous quand on repassait,
il y avait des redressements qu’on faisait. Et on s’est rendu compte également que les gens
faisaient beaucoup plus attention parce que lorsqu’on fait des audits et dis que tu as mal
travaillé, ça t’énerve quoi que tu dises. Donc du coup après tu fais attention. Vraiment le
rendement s’en est senti énormément amélioré et même les opérationnels reconnaissent que
c’est bien qu’on fasse des missions d’audit. Parce qu’au départ c’était très tendu, il avait
l’impression qu’on les contrôlait mais après les responsables se sont rendu compte que, ah !
Avec nos collaborateurs, on a moins de travail à faire parce que nos collaborateurs font
attention à ce qu’ils font. Maintenant je ne sais pas si c’est le système d’information qui est
amélioré, mais le résultat lui il est amélioré.

EZ : Lors de la définition des objectifs annuels, est-ce que le directeur se base sur vos
rapports ?

K.C : Oui, et parlant pour nous également, quand je dis que ça a amélioré, l’année dernière on
a carrément été félicité au conseil parce qu’on avait amélioré énormément les procédures, le
respect des procédures et par conséquent le rendement s’en était trouvé amélioré. Donc le DG
peut défendre même des points quand nous avons fait des constations. On a fait par exemple
l’audit des importations, le DG peut en présentant les recommandations au conseil dire que
l’audit a même fait une mission là-dessus et s’est rendu compte que voilà-voilà, c’est pourquoi
on propose que la direction générale accepte de changer la façon de procéder. Le DG peut aussi
se sentir contraint de suivre certaines instructions mais au détriment de la structure. Parfois, il
peut s’en référer et dire ok, mon département d’audit m’a proposé si, vous le conseil qui êtes
mes patrons vous pouvez agir auprès du ministre (…) le DG n’est pas un technicien mais il

112
peut s’appuyer sur tous les documents, que ce soit de l’audit ou du département technique pour
défendre une position de l’entreprise, donc que oui, il peut le faire et il est arrivé qu’il le fasse.

EZ : Et en ce qui concerne les décisions courantes ?

K.C : Oui bien sûr, par rapport à rapport il peut prendre une décision là. Il y a des décisions
qu’on a eu à prendre sur nos rapports. Par exemple, on peut vouloir changer une procédure, on
fait notre recommandation, une décision modifiant la procédure tant à tel niveau, il signe et dès
qu’il a signé, il a validé notre recommandation.

EZ : Et dans ces décisions, est-ce qu’il peut demander une mission spécifique ?

K.C : Si, bien sûr, il y a des points où on fait et puis il dit ok, investiguez davantage. Il
commande une mission spécifique pour juste ce point-là. C’est déjà arrivé.

EZ : Les rapports informent-ils le DG de la réalisation par les employés des tâches non
conformes aux tâches prescrites ?

K.C : C’est un peu la procédure, je vous ai dit à toute les missions d’audit, on évalue le contrôle
interne, les procédures faisant partie du contrôle interne. Si c’est mal fait et que ça a impact, on
va le révéler rapidement si c’est important. Je vous ai montré les priorités. Le DG, nos rapports
il les retourne au département technique en général. Maintenant c’est à eux de lire et de voir là
où il y avait des manquements. On le révèle, dès lors qu’on a vu qu’il y a une irrégularité on le
révèle, mais ce n’est pas l’objectif premier de la mission d’audit.

EZ : Vous avez déjà révélé des irrégularités pouvant entrainer une faute de gestion pour
le DG ?

K.C : Oui, plus d’une fois. On attire l’attention du DG sur les documents peut-être qu’il a signé
et qu’il faudrait annuler, ou lorsque des documents qu’il a signé présentent des faiblesses.
Après on lui dit justement le risque peut être ceci pour la société et pour vous une faute de
gestion. Il y a tellement de faute de gestion, donc oui. C’est d’ailleurs pour ça qu’on dit
l’auditeur est là pour empêcher le DG de commettre des fautes de gestion, c’est pour ça qu’il a
intérêt à travailler avec nous.

EZ : Pensez-vous que les rapports d’audit apportent un complément d’information aux


données qui sont envoyées au DG par les responsables ?

K.C : Complément d’information, oui ! Puisqu’on a par exemple eu à faire des redressements
après les responsables. De plus, l’œil de l’auditeur n’est pas le même que celui de

113
l’opérationnel. Il à une vision qui peut permettre de mieux comprendre et de mieux aiguiller,
de mieux prendre la décision. Parce que quand l’opérationnel travail, il a son objectif, l’auditeur
n’a pas le même objectif. Oui bien sûr, nos rapports apportent des compléments d’informations
et des visions différentes qui permettent de mieux aiguiller. Il nous est même déjà arrivé
pendant des missions d’audit d’aller carrément dans les services extérieurs de notre boîte pour
vérifier certains faux documents qui nous avaient été transmis et que le personnel n’avait pas
vu.

EZ : Est-ce que vous attirez l’attention du DG sur des choix stratégiques qui sont non
conformes à la politique définit par le CA ?

K.C : Oui, si on est au courant. Au quotidien non. On ne peut donner des recommandations
que dans des domaines qu’on a audités.

EZ : Au niveau de l’indépendance, est-ce que vous pensez que le service d’audit interne
est indépendant ?

K.C : Indépendance hiérarchique, c’est notre DG, quand il dit faites ci, vous faites mais dans
nos rapports nous sommes totalement indépendants. Il y a des choses que disons, où nous
savons pertinemment que le DG n’appréciera pas mais on le dit parce que le rapport de
l’auditeur l’engage. Quand l’auditeur externe vient, pour ce faire une idée du climat de la
maison, le premier élément qu’il a c’est le rapport de l’audit interne. Un rapport est factuel, on
se base sur des faits. Alors je ne peux pas dire que ce programme s’écrit en rose alors que c’est
en bleu parce que le DG me la demandé, je vais lui non. Maintenant, après ce qu’il en fait ça
ne m’engage pas mais indépendamment je dois pouvoir lui dire…. C’est pour ça qu’on ne peut
pas me sanctionner sur la base de mon rapport. Il peut ne pas apprécier ma façon de faire mais
il ne peut pas me sanctionner là-dessus, non. Donc je suis indépendante dans ce que j’écris.

EZ : Est-ce que les rapports parviennent au CA et à l’Assemblée Général

K.C : Il n’y a pas d’assemblée générale ici. Non ça ne peut parvenir au conseil que si le DG le
veut parce que c’est lui notre hiérarchie. Donc quand on termine nos rapports sont envoyés au
DG, après ce qu’il en fait… maintenant, il nous est arrivé de recevoir des lettres du CONSUPE
qui écrit et qui demande qu’on leur adresse nos rapports d’audit et le DG dit OK. C’est déjà
arrivé deux fois mais c’est sur son autorisation. Quand le CAC vient par contre, vu qu’il dépend
du CA, il utilise nos rapports pour avoir une idée du climat, après il travaille sur les comptes.

114
Nous on travaille sur tout. Mais parfois pour comprendre les comptes il faut connaître
l’environnement d’élaboration de ces comptes, donc parfois il a besoin de nos rapports d’audit.

EZ : Ok, je vous remercie de m’avoir accordé quelques minutes de votre temps.

K.C : Je vous en prie, j’espère vous avoir aidé dans votre. Bon bonne journée.

115
ANNEXE 6 : ENTRETIEN N°3 AVEC AUDITEUR INTERNE

EZ : Depuis combien de temps votre service existe dans la boite ?

AI : 2001

EZ : Quel est le rattachement hiérarchique du service ?

AI : En l’état actuel des choses, il est rattaché au conseil d’administration mais nous allons
revoir ça à court terme pour le rattacher à la DG même si on va rendre compte sur le plan
fonctionnel au comité d’audit.

EZ : Vous avez un comité d’audit ?

AI : Non pas encore.

EZ : existe-il un manuel de procédure

AI : Oui

EZ : Existe-il une charte d’audit

AI : Oui

EZ : Avez-vous élaboré la cartographie des risques ?

AI : Oui

EZ : Tous ces éléments, vous les avez élaborés lors de la création du service ?

AI : La cartographie des risques, on la élaboré en 2014 mais elle est mise à jour chaque début
d’année. Le manuel de procédures a été révisé une fois. Il y a un manuel de procédures des
activités, un informatique, un comptable, un manuel de procédures contrôle interne. Bon
maintenant on a regroupé tout ça dans un seul document qui est le manuel de procédures général
de l’entreprise.

EZ : Est-ce que vous utilisez un manuel d’audit ?

AI : Oui, on a un manuel d’audit, il a été rédigé en 2012 et modifié en 2015. On devra le


modifier encore l’année prochaine parce qu’il y a une nouvelle réglementation qui entre en
vigueur le 01 janvier 2018 et nous impose d’apporter quelques modification sur le manuel
d’audit. La réglementation vient de la commission bancaire.

EZ : Etablissez-vous un programme annuel de vérification ?

AI : Oui ! Il existe un programme annuel que nous élaborons et qui est validé par l’organe
exécutif délibérant. Le conseil d’administration et la direction générale.

116
EZ : Est-ce que vous pouvez me décrire comment vous élaborez votre rapport d’audit.
La méthodologie, le référentiel ?

AI : Notre référentiel de prédilection c’est la COBAC. Bon maintenant nous intégrons aussi
les normes internationales d’audit mais le référentiel de base c’est le référentiel COBAC. La
structure de notre rapport est basée sur les normes internationales d’audit et là je parle du
contenu mais s’agissant de la structure, le rapport commence par un résumé. Après le résumé
il y a le rapport en lui-même. Donc l’introduction, le corps du rapport. Dans le corps du rapport,
nous insistons sur les observations, nous utilisons les FRAP dans nos travaux et c’est à peu
près la même chose dans la structure du rapport. C'est-à-dire les observations, les conséquences
et puis les recommandations. Donc tout ça c’est dans le corps du rapport et puis à la fin on a la
conclusion.

EZ : Quels sont les destinataires de vos rapports ?

AI : Déjà quand je parlais d’intégrer les normes internationales c’était dans la méthodologie de
la rédaction, pas tellement sur le canevas. C'est-à-dire quand on a fini une réunion, faire une
demande de restitution aux les audités, prendre en compte leur observation Faire un projet de
rapport et le leur faire parvenir afin qu’ils y apportent leur observation, intégrer ces
observations dans le rapport final. Voilà c’est beaucoup plus de ça dont je parlais. Bon les
destinataires des rapports sont la direction générale et conseil d’administration.

EZ : Arrive-t-il que vous envoyez les rapports à l’unité audité ?

AI : Oui, on envoi toujours le rapport à l’unité audité. J’ai justement oublié, dans la structure
du rapport j’ai parlé du résumé. J’ai parlé des observations, des conséquences et des
recommandations avant la conclusion. J’ai oublié le plan d’audit. On a toujours un plan
d’action. Le plan d’audit c’est le fait de s’entendre avec les audités sur le calendrier de mise en
œuvre des recommandations.

EZ : Est-ce qu’il arrive que le directeur général demande des missions d’audit spécifiques
pour l’aider dans ses prises de décisions ?

AI : Oui, ça arrive. Les missions qui n’ont pas été prévues dans le programme annuel.

EZ : Intégrez-vous cela dans le programme annuel une fois la mission réalisée ?

AI : Non, on n’intègre pas mais c’est dans le rapport annuel, quand on fait l’évaluation du
programme que nous indiquons qu’il y a tel nombre de missions programmé, tel nombre de
mission exécutés. Et dans les missions exécutées, on dit tel nombre était programmé et tel
nombre était commandé par la direction générale.

EZ : Avez-vous déjà décelé des fraudes lors de vos missions ?

AI : Oui ! Il n’y a pas de vérification sans déceler de fraude. Je pense… hum ! Jusqu’à présent
depuis que suis là nous avons découvert des fraudes lors des missions planifiées mais lors des
missions de vérifications spécifiques. Bon on peut ne pas dire qu’on a découvert, il faut dire
que la direction générale se rend compte de quelque chose et nous demande d’aller vérifier.

117
Commande une mission d’audit. Généralement on a même déjà constaté la fraude mais on nous
demande d’aller encore auditer pour avoir une idée de l’ampleur de la fraude. Disons que c’est
dans les missions spécifiques qu’on a révélé des fraudes mais dans le cadre des missions
planifiées on n’a pas encore jusqu’à présent découvert des fraudes.

EZ : Et une fois la mission spécifique réalisée, c’est uniquement au directeur général que
vous adressé vos rapports ? Etant donné que c’est lui qui a commandé la mission.

AI : Non. Dans la charte d’audit, c’est prévu que le rapport d’audit soit communiqué à la
direction générale et au conseil d’administration. Quelques soit celui qui a commandé, on rend
compte aux deux organes.

EZ : Avez-vous déjà effectué un audit de management pour évaluer l’efficacité des


décisions prises par la gestion et les responsables.

AI : Non !

EZ : Existe-t-il une procédure de restitution du directeur général

AI : Non, il existe une procédure de recrutement du personnel. Il n’y a pas une procédure
spécifique au recrutement du directeur général. C’est vrai que dans certaines entreprises ça
existe, il n’y a pas des procédures de recrutement même pour les administrateurs mais chez
nous on en a pas.

EZ : Est-ce que vous examinez ces procédures de recrutement du personnel.

AI : Oui, dans le cadre des missions d’audit des ressources humaines.

EZ : Est-ce que c’est déjà arrivé que vous le fassiez avant le recrutement ou au cours de
la procédure ?

AI : Non, quand il nous arrive de faire un audit de la fonction des ressources humaines, nous
nous rassurons que les procédures sont respectées puisque l’une des responsabilités des
ressources c’est le recrutement. Ça dépend maintenant de la période sous revue. On regarde
tous les recrutements qui ont été fait durant la période sous revue et on se rassure que ces
recrutements ont été faits en conformité avec les procédures mais ce n’est pas avant le
recrutement.

EZ : Existe-t-il une procédure d’investissement ?

AI : Non. On n’a pas de procédures d’investissement mais on a des procédures


d’approvisionnement dans laquelle on a des procédures d’achat, de règlement. Les procédures
d’approvisionnement de certains services. C’est même un domaine de la gestion très sensible.
C’est un domaine où il y a souvent les détournements. Vous vous imaginez qu’on peut ne pas
le vérifier. Pas seulement les achats d’immobilisations mais également les achats de biens de
consommations. Nous nous rassurons que la procédure des achats est respectées dans le cadre
de tous les achats qui sont fait dans l’entreprise.

118
EZ : Donc vous vérifiez que l’achat n’a pas été détourné de son objectif initial ?

AI : Oui bien sûr. La procédure prévoit un certain nombre de choses. Bon c’est vrai que dans
notre procédure actuelle, on ne fait pas des appels d’offres par exemple. Dans certaines
entreprises pour les achats de montant importants, les investissements comme vous les appelez,
généralement on prévoit des appels d’offre. Nous, en début d’année il y a un comité qui se tient
et qui retient sur la base des différentes offres que nous avons reçues, un certains nombres de
fournisseurs ou un certain nombre de biens que nous avons l’habitude d’acheter. Et en cours
d’année, les responsables des achats, quand ils veulent faire des achats, doivent choisir dans la
liste de fournisseur qui a été arrêtée. Ils ne doivent pas choisir un fournisseur autre que ceux-là
sauf s’ils obtiennent l’accord du comité qui a siégé en début d’année. Quand nous on vient et
qu’on voit une facture d’achat de 10 tables, première chose, on se rassure que ces tables ont été
achetés chez un fournisseur qui est dans la liste des fournisseurs qui a été arrêtée en début
d’année. Oui c’est conforme. Bon la décision d’acheter les tables a été prise pourquoi ? Elles
étaient destinées à quoi ? Il y a un PV de réception ainsi de suite et maintenant ces tables-là
sont où ? Sont-elles à l’endroit où elles devaient être ? Ont-elles été étiquetées ? Sont-elles à la
base des immobilisations de l’entreprise ? Voilà par exemple les vérifications que nous faisons.

EZ : Avez-vous déjà révélé dans vos rapports des irrégularités pouvant être qualifiées de
fautes de gestion ?

AI : Bon ça dépend de la définition que vous donnez de la faute de gestion. Il en existe


plusieurs. Si ce sont des anomalies et des manquements observés au niveau des employés, on
en trouve tous les jours. Je prends un exemple, si un employé sait que pour saisir une opération
comptable doit avoir des justificatifs et qu’il saisisse sans pièces justificatives, en quoi c’est
imputable au Directeur général. Ce n’est pas lui qui a fait l’opération. Donc là je ne sais pas en
quoi ça va causer une faute de gestion. Je pense que la faute de gestion est une action qui est
soit posée par le directeur général ou son adjoint, soit une action posée par une autre personne
mais en délégation de pouvoir, qui a une incidence négative sur l’entreprise, là c’est une faute
de gestion. Si on est d’accord sur la définition jusqu’à présent nous n’avons pas noté beaucoup.
Les fautes que nous avons sont beaucoup plus des fautes d’ordre opérationnel qui soit par
négligence, soit par préoccupation, soit même par méconnaissance des procédures alors
qu’elles sont publiées régulièrement.

EZ : Pensez-vous que vos recommandations permettent d’améliorer le système


d’information dans l’entreprise ?

AI : Oui, dans une certaine mesure. Bien qu’on n’ait pas encore eu à faire de véritables audits
informatiques en interne. Ces audits-là sont sou traités, on fait généralement appel à un expert.
Jusqu’à présent ils n’ont pas encore été pilotés par la fonction d’audit interne. Mais dans le
cadre de nos vérifications, nous avons déjà révélé beaucoup de choses qui ont permis
d’améliorer le système, surtout le Core Banking. La mise en œuvre de nos recommandations
par les équipes informatiques et même par les prestataires externes ont permis. Je dis cela parce
qu’on a changé de système d’information. L’année dernière le système était très instable, on a
du faire beaucoup de recommandations pour qu’on améliore le système d’information.

119
EZ : Est-ce que les recommandations permettent aussi d’améliorer le rendement ?

AI : Je ne sais pas si on est les mieux placé, mais nous pouvons dire que nos recommandations
permettent d’améliorer largement le rendement de l’entreprise. Si on évalue la valeur ajoutée,
ce que nous avons fait gagner à l’entreprise de par nos découverts, si nous n’avions pas fait ces
découverts, l’entreprise aurait eu des pertes sèches. Si par exemple, on travaille dans une
agence et qu’on se rende compte que le processus d’arrêté des comptes dans cette agence là
c’est mal passé, que le personnel a mal procédé aux imputations au point où à peu près
8 000 000 qui aurait dû être recouvré ne l’ont pas été et qu’on recommande de reprendre le
processus, c’est qu’on a évité une perte pour l’entreprise. Si on n’avait pas fait cette
recommandation l’entreprise n’aurait pas remarqué qu’on a mal calculé les agios. C’est un
exemple parmi tant d’autre.

Si on vient faire un audit à la fonction des achats et qu’on se rende compte que pour
une même prestation à Douala on paye moitié prix par rapport à Yaoundé et qu’on pose la
question au directeur général, comment se fait-il que pour une même prestation, Douala paye
moitié prix que Yaoundé, expliquez-nous cela et que en menant les investigations on se rend
compte que tout simplement par légèreté, on a payé des montants exorbitants alors qu’on aurait
payé moitié prix. Si on n’avait pas découvert cela, on aurait constitué à payer ces factures là
aussi et cela aurait réduit le résultat de l’entreprise. Même sur le plan individuel, quand les
employés savent que l’audit va passer, ils vont travailler avec une certaine rigueur. Nous ne
faisons pas seulement un travail répressif mais également d’accompagnement et d’information.
Donc quand on arrive, on trouve des anomalies, des manquements, on forme d’abord parce
qu’on se rend compte qu’il y a eu méconnaissance des procédures après ils ont un rendement
beaucoup plus élevé que ce qu’il avait avant. Puisqu’eux-mêmes le reconnaissent. Même en
matière de gestion de risque, parfois ceux qui s’occupent de la gestion du risque oublie qu’ils
sont en train de travailler dans le risque et lorsque vous venez, vous attirez leur attention sur
un certain nombre de choses et qu’ils se rendent compte qu’ils courent des risques au quotidien
sans en apercevoir. Pour moi un département d’audit qui fait bien son travail c’est toujours
avantageux. Chez nous, on a deux niveau de contrôle, on a un contrôle permanant qui est une
fonction différente de nous à part entière après il y a l’audit interne qui vient faire un contrôle
de deuxième niveau mais on se rend toujours compte que jusque-là si c’était uniquement la
fonction du contrôle interne qui existait, il y aurait toujours beaucoup de chose qui se feraient
et qui ne sont pas normales.

EZ : Vous parlez de contrôle de premier niveau, est-ce que vous faites des
recommandations pour également le contrôle interne ?

AI : Bien sûr, nous évaluons d’abord le contrôle interne. Nous évaluons le contrôle interne
comme nous évaluons les autres fonctions et nous faisons des recommandations pour améliorer
le contrôle interne permanant du moins.

EZ : Pensez-vous que tous ces rapports permettent d’améliorer le processus de


gouvernement d’entreprise ?

120
AI : Oui, vu que l’audit interne fait partie du processus de gouvernement. Donc, si elle
fonctionne bien elle participe à son amélioration.

EZ : Est-ce que le directeur général s’appuie sur les rapports d’audit lors de la définition
des objectifs annuels ?

AI : Pas à ma connaissance.

EZ : Et dans le processus des décisions courantes, s’appuie-t-il sur les rapports ?

AI : Je ne peux pas vraiment dire oui ! Tout ce que la direction générale fait c’est de se rassurer
que toutes les recommandations qui ont été formulées ont été mises en œuvre et après dans les
décisions je ne sais pas. Bon si vous dites que la direction générale s’appuie sur les conclusions
de l’audit interne, je vais dire oui, c’est évident. Je peux même dire que nos décisions
participent au pilotage de l’entreprise parce que c’est sur la base de nos conclusions que
beaucoup de décisions sont prises après au cours de la gestion annuelle de l’entreprise. On ne
peut même pas compter le nombre de décisions, de notes de service qui sont fondées sur les
conclusions des rapports.

EZ : Pensez-vous que les rapports apportent un complément d’information aux données


qui sont envoyées au directeur général par les responsables ?

AI : Oui, inévitablement. Puisque généralement quand on envoi nos rapports, le directeur


général se rend toujours compte que par rapport à l’information qu’il a eu, nos rapports lui
permettent d’avoir une idée plus exactes de l’information que les gens lui ont données et
beaucoup de personne ont déjà été interpellés sur cette base-là. Vous avez dit ceci mais quand
on voit le rapport d’audit on se rend compte que vous ne nous avez pas donné les informations
exactes, ça c’est régulier.

EZ : Dans les travaux, j’ai émis des hypothèses sur la base de la littérature, des recherches
déjà effectuées sur l’audit et des normes. J’ai émis 03 hypothèses. J’ai dit que les rapports
d’audit limitent les comportements opportunistes, alors au vu de tout ce que vous venez
de dire, que pensez-vous de cela ?

AI : Je pense comme vous.

EZ : Au niveau de l’asymétrie d’information entre le directeur général et le conseil


d’administration, le directeur général reçoit plus d’information en quantité et en qualité
que le conseil d’administration, c’est lui qui décide quels informations envoyer au conseil
d’administration. Les rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’information entre le DG
et le conseil.

AI : Ok je comprends. Si c’est entre le DG et le conseil d’administration c’est clair. C’est même


l’une des missions phares de la fonction d’audit. C’est pourquoi on exige dans toutes les normes
que l’audit interne soit d’abord indépendant et qu’il rende compte au conseil d’administration.
Puisqu’on sait que le conseil d’administration n’est pas là en permanence, il donne les
orientations et la direction générale les met en œuvre au quotidien. Après, c’est la direction

121
générale qui donne les informations au conseil, maintenant il faut qu’il y ait quelqu’un à côté
qui rende compte au conseil d’administration et donc c’est clair, ça réduit l’asymétrie
d’information.

EZ : Au niveau de l’indépendance, pensez-vous que le service d’audit est indépendant ?

AI : C’est quelque chose qui fait l’objet de beaucoup de débats. Dans notre métier c’est très
amélioré classiquement. Parce que comme nous sommes dans un métier où on fait l’objet de
contrôle des organismes de contrôle ou des supervisions bancaire, ça fait qu’ils viennent
toujours nous rappeler que tel ou tel aspect remet en cause l’indépendance du service d’audit
et on essaye de corriger cet aspect. Je peux dire que ça c’est beaucoup amélioré, on n’est pas
toujours indépendant rassurez-vous, mais ça c’est quand même amélioré.

EZ : Comme vous dites ne pas toujours être indépendant, est-ce que ça veut dire que le
DG peut influencer les conclusions de vos rapports ?

AI : Non, ce n’est pas à ce niveau. L’indépendance est structurel, administrative et se traduit


dans les actes quotidiens. Si tu es l’auditeur interne, ce qui doit montrer l’indépendance est que
tu ne dois jamais être impliqué dans une tâche opérationnelle. C’est pourquoi je dis qu’on n’est
pas totalement indépendant. C’est un des éléments qui peut remettre en cause l’indépendance
(…) pas que le DG peut influencer nos conclusions, on ne dépend pas de lui. Notre processus
de nomination par le conseil d’administration nous rend indépendant en ce sens, c’est sur
proposition du DG que nous sommes nommés mais toujours est-il que la nomination du
responsable de l’audit fait l’objet d’une résolution du conseil d’administration. Donc on est
nommé comme le DG du coup il ne peut pas nous licencier, il ne peut pas nous influencer,
donc nous sommes un peu détaché de son pouvoir.

EZ : Vous parlez de projet d’investissement, existe-t-il une procédure d’investissement


pour les nouvelles agences par exemple qui va de la demande d’investissement jusqu’à sa
mise en œuvre ?

AI : Il y en a pas mais j’ai déjà noté cela tout à l’heure quand vous parliez, ça devrait exister
(…) il y a combien de machine là-bas pour que vous achetez un groupe électrogène de cette
taille. Là on peut donner notre avis, c’est là que nous intervenons. Mais quand on a déjà arrêté
et que on a confié pour la mise en œuvre nous on est plus impliqué. Maintenant quand c’est
fini, généralement on ne fait pas de façon systématique de cet investissement. Je sais que par
exemple il y a eu un investissement, la création d’une agence à Douala, où on avait validé mais
après les agents ont dépassé le budget. Ce qui fait que lorsqu’on a présenté au conseil
d’administration le coût de la nouvelle agence, il a estimé que l’évaluation du coût était
suffisamment bien fait et ne voyait pas pourquoi on avait débordé. Il nous a donc demandé de
faire une investigation et de leur dire pourquoi on en est arrivé là mais s’il n’avait pas demandé
on n’allait pas le faire. On ne fait pas systématiquement de vérifications dans les projets comme
ça. C’est lorsque vous dites cela que je me rends compte que non seulement il n’y a pas une
procédure mais il faut également qu’on regarde parce qu’il y a beaucoup de projet, même dans
les projets d’ordre informatique. On rédige un document de projet, on nous demande notre avis
mais après quand les acteurs opérationnalise ça,…. Dans l’exemple sur le projet

122
d’investissement de Douala, les acteurs avaient dépassé le budget. C’est aussi vrai qu’il y avait
eu une charge importante qu’on avait oublié de planifier et qui s’est ajouté, mais au-delà de
cela on s’est aussi rendu compte qu’il y avait eu beaucoup de gâchis et les gens avaient acheté
une pièce à trois fois le prix qui avait été budgétisé. Ils avaient dit qu’il n’y avait pas cette pièce
sur le marché à ce prix-là.

EZ : Dans la troisième hypothèse j’ai dit que les rapports aident dans le processus
décisionnel. Au niveau des décisions stratégiques, des décisions tactiques et des décisions
opérationnelles. Cela grâce aux informations contenues dans les rapports.

AI : hum ! Il y a un problème. Normalement les outils d’aide à la décision stratégique en


doivent pas provenir de l’audit interne mais des fonctions opérationnelles. Je prends le cas de
la fonction commercial, le marketing, c’est elle qui doit fournir les informations pour qu’on
définisse la stratégie marketing, ce n’est pas à nous de venir le faire. Si c’est l’audit qui le fait
c’est que les fonctions opérationnelles ne font plus bien leur travail. Un directeur commercial
doit être capable de faire des propositions parce que le directeur général c’est un manager, il
vous a confié les tâches et tâches et c’est à vous de venir lui dire que vraiment quand on regarde
le comportement du marché et vu les chiffres que nous avons, nous proposons soit qu’on baisse
les prix soit qu’on fasse plus de communication. Et c’est ça qui est l’outil d’aide à la décision
stratégique, ce n’est pas nous. Je peux être d’accord avec vous sur l’asymétrie d’information.
Ça veut dire que quand on vient contrôler la fonction commerciale, c’est là où on va aider le
directeur général. Pour qu’il sache si les informations que le responsable lui envoie sont vraies,
si ce ne sont pas les informations manipulées pour montrer qu’il travail ou que la stratégie qu’il
a mis en œuvre marche alors qu’elle ne marche pas. Les gens le font également. On fait
plusieurs vérifications pour voir si les informations qu’il a sont réelles et qu’il les a transmises.
Par rapport aux objectifs annuels, ceux qui avaient été définis, qu’est-ce que vous avez réalisé,
pourquoi il y a des écarts pour telle ou telle raison, nous cherchons à savoir si les explications
qu’il donne sont réelles, sont vraies. (…) si ce n’est pas vrai quand tu fais ton rapport au DG,
tu dis effectivement voici le nombre de compte qu’on a ouvert. Dans ces rapports mensuels, il
donne le nombre de compte ouvert mais quand tu viens de tel période à tel période voilà le
nombre de comptes qu’il a ouvert, le DG va confronter ton information avec les informations
que le directeur marketing lui a données. S’il y a un problème c’est que peut être le directeur
commercial n’a pas dit la vérité mais si ça correspond, ça rassure le DG que les informations
qu’il sur lesquels il s’est basée pour prendre des décisions stratégiques étaient de bonnes
informations. Imaginez-vous un tant soit peu qu’il ait eu des informations, qu’il ait pris une
décision après l’audit vient faire son rapport, il se rend compte que ce rapport vient contredire
toutes les informations sur la base desquelles il avait pris la décision, ça montre qu’on l’a
trompé et que ka décision stratégique qu’il a prise est mauvaise. C’est pourquoi je dis qu’il faut
faire attention, si vous dites que les rapports d’audit permettent d’aider dans les décisions
stratégiques, attention, les rapports d’audit ne sont pas des outils d’aide à la décision
stratégique, non. Je vous explique tout ça pour que vous compreniez le contexte pratique de
ces choses. En ce moment ce n’est pas notre rapport qui lui a permis de prendre les décisions
stratégiques mais de se rassurer que l’information sur laquelle il s’était basée pour prendre ses
décisions était soit vrai soit fausse. Si vous dites asymétrie d’information, suis d’accord avec

123
vous. Le fait d’agir sur l’asymétrie d’information qui peut aider dans les prises de décisions
stratégique mais à la base nos rapports n’ont pas pour but d’aider à la décision stratégique. Si
vous dites décisions d’ordre organisationnelles, opérationnelles, suis d’accord mais d’ordre
stratégiques il y a un problème.

EZ : Donc c’est beaucoup plus au niveau des décisions courantes ?

AI : Oui, mais pas seulement courantes, des décisions structurelles, les décisions
organisationnelles, parce qu’il y a beaucoup de décisions qui portent sur l’organisation, les
procédés, procédures. Dons si vous dites que nos rapports agissent sur les décisions
organisationnelles, structurelles, opérationnelles, suis d’accord mais d’ordre stratégique,…
sauf à faire un audit stratégique, parce que cela existe. Pour évaluer le management, évaluer le
degré d’adhésion de la direction générale aux orientations du conseil d’administration. Si vous
faites un pareil audit c’est claire que ça va agir sur les décisions stratégiques mais être si vous
restez dans les audits opérationnels peut être c’est aussi l’élément qu’il faut apporter
recommandations vont influencer les décisions opérationnelles et organisationnelles.

EZ : Ok je vous remercie de m’avoir accordé un peu de votre temps.

AI : Je vous en prie, j’aime bien discuter avec les étudiants. Vous nous apportez certaines
informations vu que vous êtes encore sur les bancs.

EZ : Etes-vous intéressé par l’étude ?

AI : Oui, votre étude est très intéressante. Si vous me restitué les résultats, ce sera vraiment
bien.

124
ANNEXE 7 : ENTRETIEN AVEC AUDITEUR EXTERNE

AE : Monsieur Ebolo zogo, je suis à vous. Votre thème porte sur l’utilité des rapports d’audit
pour le top management. C’est plutôt intéressant dans la mesure où les entreprises ne sollicitent
pas beaucoup les missions d’audit. Quand une entreprise a tant montant de chiffre d’affaires
ou bien tant nombre d’employés, elle est obligé d’avoir le Commissaire aux comptes (CAC).
Donc c’est juste que les entreprises ne respectent pas trop cela. Surtout que les entreprises
cherchent souvent les experts comptables lorsqu’il y a peut-être une situation urgente dans
l’entreprise. Il y a peut-être un conseil d’administration, une assemblée générale et il faut
présenter quand même les comptes certifiés. C’est là que vous voyez qu’ils courent rapidement
dans un cabinet comptable et disent comme vous voyez là c’est comme ça. Maintenant, l’utilité
des rapports pour le top management, hum ! Vous voulez parler du gouvernement d’entreprise.
Nous ici nous sommes spécialisés dans les commissariats aux comptes des établissements de
micro finance de première catégorie.

EB : Oui, pouvez-vous me dire quel est votre méthodologie d’élaboration des rapports
d’audit financier ?

AE : Etant donné que l’ordre des experts comptables du Cameroun est affilié à l’IFAC, qui a
mis sur pied un canevas, des normes ou des règles qu’il faut respecter car il faut le dire,
normalement c’est les normes IAS qu’on utilise. C’est vrai qu’en fonction du destinataire des
états financiers, non seulement le destinataire des états financiers mais aussi le destinataire de
l’audit, vous pouvez avoir par exemple des actionnaires américains qui ne comprennent rien à
votre DSF. Bon vous ne pouvez pas quand même leur présenter des états financiers selon votre
référentiel, ils ne vont rien comprendre. Vous serez obligé d’utiliser les normes IFRS par
exemple. Egalement même quand il va falloir faire l’audit, il faudra le faire en tenant compte
de la présentation.

EB : J’ai vu dans l’acte uniforme qu’on donnait aux CAC certaines orientations lors de
l’exercice de leur mission de certification. Je me suis rendu compte que ce qui est écrit
dans l’acte uniforme OHADA c’est ce qui est écrit dans la Norme d’exercice
professionnelle (NEP) mais je n’ai pas vu quelque par où on dit que ce sont les NEP qu’on
utilise.

AE : Le problème c’est que récemment il y a eu élection du nouveau président de l’ordre, qui


est déjà en train de réglementer l’exercice comptable au Cameroun. Il a par exemple mis sur

125
pied des conditions de facturation des honoraires, ce qu’il n’y avait pas avant. Avant chacun
faisait un peu comme il voulait. Lors de la dernière assemblée des experts comptables, ces
exigences sont entrées en vigueur. Donc, si dans les anciens rapports que vous avez consultés,
il n’y avait pas des mentions qui disaient selon la NEP numéro…, sachez que désormais dans
les audits à partir de 2018 ça entre en vigueur. Ça veut dire que désormais, quand tu vas faire
ta méthodologie dans le rapport général du commissaire aux comptes, tu dis à l’intérieur quel
est la méthodologie que tu as utilisée. Avant quand tu lisais les rapports, il n’y avait pas de
partie qui indiquait quelle norme on a utilisé par exemple pour contrôler les immobilisations,
pour contrôler les stocks et autres. On ne disait pas cela. On disait juste que suivant les normes
internationales mais on ne précisait pas. Le président a demandé que désormais dans les
rapports qu’on précise tout ça. Je vous dis cela pour que dans votre mémoire vous introduisez
ça à l’intérieur. Pour chaque ligne des états financiers, il y a une méthodologie spécifique pour
la contrôler et maintenant ce sont les normes ISA/IFRS et la NEP qui précise concrètement
comment on fait à chaque niveau. J’ai vu vers la fin de votre questionnaire quelque chose, est
ce que réellement vous avez réduit l’asymétrie d’information dans le rapport ?

EB : pour moi les rapports sont pauvres en information

AE : les rapports sont pauvres en information. Or l’actionnaire te commet toi l’expert-


comptable pour que tu lui dises que son argent va bien. Est-ce que à la fin de l’exercice il est
possible qu’il ait le dividende ? Si par exemple lorsque vous vérifiez les états vous vous rendez
compte que bon, si vous comparez sur les quatre derniers exercices, l’activité n’a pas …, tu
peux suggérer un changement d’activité.

EB : Donc en respectant l’acte uniforme OHADA, vous appliquez dans un sens les NEP
lors des missions de Commissariat aux comptes ?

AE : Bon c’est vrai qu’il y a cela. A ce niveau, on s’appuie sur ce que l’OHADA dit. Nous qui
contrôlons les EMF (établissements de micro finance), nous sommes soumis à une double
obligation. Il y a certaines dispositions que l’OHADA a prévu qu’il faut regarder, il y a ce que
les normes internationales préconisent qu’il faut regarder. Il y a même également la
réglementation COBAC sur les EMF qu’il faut également respecter.

EB : Avez-vous déjà révélé dans vos rapports des irrégularités pouvant être qualifiées de
fautes de gestion ?

126
AE : est-ce que le Cameroun a même une définition de la faute de gestion ? Bon, hum ! Je vais
prendre un cas d’un Ministre de société. Jean pierre Biyi Bi Essam qui était Ministre des postes
et télécommunications. L’argent du Pape, car il était dans la commission qui organisait l’arrivée
du Pape Benoit XIV, au lieu de mettre ça dans le comptes qui était dédié à la préparation de
l’arrivée du Pape, il a d’abord mis dans son compte, ça c’est une faute de gestion. Tu as
détourné c'est-à-dire que là où l’argent devait partir tu as envoyé ça ailleurs. Mais maintenant
dans les rapports, hum ! Jusqu’ici, c’est vrai que ça fait juste 03 ans que j’ai commencé, je ne
sais pas, peut-être avant mais pour les audits dans lesquels j’ai déjà eu à participer on n’a pas
détecté cela. C’est vrai que dans une mission je crois en 2015, c’est le comptable même en
interne qui avait détecté ça. C’était du genre, les membres ont des livrets où on remplit les
opérations que tu as effectuées, tu as déposé 1000 et tu as retiré 2000. Il s’est rendu compte
qu’à l’intérieur, il y avait une personne et ses descendants, il faisait prendre du crédit à d’autres
membres qui étaient également membres de l’établissement de micro finance comme si c’était
des personnes différentes de lui. Il était un dirigeant de la caisse hors en réalité c’est lui-même
qui prenait l’argent. Le comptable a eu à faire des vérifications comme ça, il a pu détecter que
le dirigeant avait réussi à prendre 13 000 000 par ce mécanisme. Ça c’est ce qu’il nous a dit et
qu’on a vu dans le rapport du contrôle interne. Mais que nous même, on est arrivé comme ça,
on a fait des fouilles jusqu’à découvrir des irrégularités pouvant être qualifié de faute de
gestion, à ma connaissance non. Même les irrégularités ayant un caractère frauduleux, non.

EB : vous n’avez pas encore détecté des éléments ayant un caractère frauduleux ?

AE : Non, pas les fraudes. Hum ! On a détecté des erreurs et des omissions, qui n’étaient pas
intensionnelles vous voyez. Peut-être un Monsieur au lieu de mettre 100 000 a mis 10 000
quand maintenant on fait la correction ensemble, on fait la circularisation on se rend compte
qu’effectivement quand on regarde ses journaux comptables il a passé ses écritures
normalement mais au moment de reporter dans les états financiers qu’il y a eu le problème.
Vous savez, les comptables sont très intelligents. Jusqu’ici, vous dire vraiment que caractère
frauduleux, quelque chose d’intensionnelle, que quelqu’un a passé les écritures ou a pris
l’argent réellement, non. Pour ma part on n’a pas encore vu. Dernièrement on était arrivé
quelque part où …, c’est vrai que ce n’était pas dans le cadre d’ici. Le Directeur Général lui-
même faisait la comptabilité, ça tu n’as pas besoin de réfléchir de midi à 14 heures, c’est la
fraude pure et simple. Comment tu peux être le DG et tenir aussi la comptabilité et la caisse ?
Mais dans le cadre d’ici, depuis que je suis ici vraiment non, on n’a pas vu.

127
EB : Avez-vous déjà rencontré des comptes maquillés ?

AE : Hum ! Je crois qu’il y a eu un cas comme ça. A l’époque c’était la Sacel, l’expert a fait
une mission là-bas un jour. Il y a eu maquillage de compte, l’entreprise disait que les cartes
d’identité donnaient au Cameroun entre 6 et 10 milliards. Or quand il a consulté les documents,
il a fait ses vérifications, il s’est rendu compte que le minimum que cette affaire devait donner
était au moins à partir de 50 milliard mais dans les comptes, l’entreprise faisait le jeu d’écriture.
Vous n’ignorez rien. Maintenant quand il a donc fait les circularisations et autres, tout un
nombre de vérifications, il s’est rendu compte. Comment il a procédé ? Il a seulement pris les
récépissés, rien que ça. Rien que ces récépissés-là dépassaient le montant de l’argent qui était
inscrit dans les états financiers. Il a signalé et ça a failli lui couter la vie. Il a raté l’accident
intentionnel deux fois.

EB : Formulez-vous des conclusions au sujet de la vérification de la concordance entre le


rapport de gestion du conseil d’administration et les états de synthèse ?

AE : Bien sûr, c’est même l’un des premiers documents qu’on demande souvent. Oui, le DG
nous dis qu’il a fait ça et tout, après on regarde si ça correspond aux états financiers, c’est tout.

EB : Quels sont les destinataires de vos rapports de CAC dans l’entreprise ?

AE : les destinataires des rapports, c’est le conseil, l’assemblée générale et la direction


générale. Pareil pour les audits financiers.

EB : Pensez-vous que les rapports parviennent aux actionnaires.

AE : oui, parce que parfois c’est nous même qui partons déposer. Parfois c’est le PCA qui vient
chercher, parfois c’est nous même qui remettons l’exemplaire du rapport aux actionnaires
contre décharge.

EB : est ce qu’ils utilisent les informations contenues dans ces rapports ?

AE : Oui bien sûr ! Parce qu’à l’entreprise X, un actionnaire nous avait interpellé, parce qu’on
avait défini un peu ce que c’est que l’audit. On avait dit l’audit c’est ceci… et lui il nous avait
carrément posé la question au cours de l’exercice là vous êtes descendu combien de fois sur le
terrain. Il y avait un autre qui était le représentant d’une association dans l’entreprise, il dit par
exemple lui, il ne reconnait pas le montant qu’on a mis là comme compte courant associé parce
qu’il sait combien d’argent il a injecté dans l’affaire mais le rapport qu’on lui a remis, il ne se
reconnait pas là-dedans. Il a fallu qu’on aille chercher les relevés de la BGFI. Quand on a

128
regardé ensemble, il s’est souvenu que non en réalité, c’est plutôt dans une autre entreprise
qu’il avait mis ça.

EB : Formulez-vous dans vos rapports des conclusions sur l’appréciation du système de


contrôle interne ?

AE : Bien sûr ! Je vais vous prendre le cas de la société Y où nous sommes commissaires aux
comptes. C’est des choses qu’on évalue. Comme là-bas, ils ont des comités de gestion, est-ce
que le président du comité de gestion est celui qui tient la comptabilité ? On regarde d’abord
la séparation des fonctions. On regarde le profil même, est-ce que le monsieur qui tient la
comptabilité est compétent. Il y a également les documents qu’on regarde. Par exemple, le
journal de caisse, le bordereau d’entrée et de sortie, on regarde les cohérences. Est-ce que ce
qui est sur le journal est ce qui est sur le bordereau. S’il n’y a pas, c’est une faiblesse du contrôle
interne parce que si ces vérifications-là, si on les prolonge, on va se rendre compte que par
rapport au état financier il n’y a pas cohérence.

EB : Et au cours de quels missions le faites-vous ?

AE : Au ours des missions de CAC, et on envoi le rapport au CA et au DG. J’ai oublié le


rapport part aussi souvent à la COBAC. Après les missions de CAC, les rapports sont envoyés
aux dirigeants de la COBAC.

EB : Faites-vous des recommandations pour améliorer le système de contrôle interne.

AE : Oui !

EB : Et ces recommandations, sont-elles mises en œuvre ?

AE : Pas toujours, il y a un établissement où il y a eu une constitution drastique des provisions.


Parce qu’il y a une norme COBAC qui dit qu’à chaque fois qu’il y a déclassement de créances
qui passent en créances impayées, immobilisées et créances douteuses, il y a des provisions
que tu calculs. La structure ne calculait pas ça. Donc dans nos précédents rapports, on a signalé
ça, ils n’ont pas respecté la recommandation. La COBAC est venu constituer par force, résultat
des courses, la structure a eu un déficit de presque 900 000. 900 000 ça veut dire que d’avance
les capitaux propres sont déficitaires. Maintenant, il faut regarder si le déficit n’est pas inférieur
au capital social. Si c’est le cas, il y a deux choses, soit vous recapitalisé, soit vous engagé des
procédures de liquidation.

EB : Donnez-vous dans vos rapports des informations sur les conventions réglementées ?

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AE : Oui, au cas où c’est intervenu. Par exemple, scission des actions entre les associés ou
alors peut être la société qui était actionnaire quelque part a vendu ses actions, on signale
toujours ça. Et même quand du moins on n’a pas eu vent de tels transactions on met dans le
rapport, pour dire que dans le cadre de nos vérifications… parce que le CAC travail sur la base
des informations qui sont mis à sa disposition. Si vous avez caché des informations et que le
moment venu ça chauffe, vous assumez. Mais maintenant, le juge rend son jugement, je vais
utiliser ça comme en fonction de son intime conviction. Il y a des gars à qui tu vas dire je n’ai
pas eu les informations, il va te dire c’est ton rôle en tant que CAC de tout savoir. Sinon tu
nous sers à quoi ? Tu ne peux pas venir nous dire qu’on n’a pas mis à ta disposition les
informations parce que tu es le garant des chiffres. Lorsque sur les états financiers tu décides
de mettre ta signature, je certifie que les états financiers sont sincères et fidèles et reflètent
l’image fidèle et autre, quand tu signe ça, ça veut dire que toute la comptabilité qui est derrière
tu l’assume. Donc au moment où ça chauffe, tu ne peux pas venir et dire vous ne m’avez pas
donné tel information, non on te frappe. Dans le cas de la COBAC, la sanction est de 08 ans,
tu n’exerces dans aucun établissement de crédit. Les sanctions plus graves même, on te révoque
de l’ONECCA. Le marché de l’audit là est compliqué hein. Pour gagner un marché c’est
vraiment compliqué.

EB : Revenons à l’asymétrie d’information. Les rapports réduisent-t-ils l’asymétrie


d’information entre les actionnaires et les dirigeants ?

AE : Je dis non. Vous comprenez ? Parce que le dirigeant de la société peut bien mettre à votre
disposition les informations qu’il veut. C'est-à-dire, il peut décider que je te donne les états
financiers du bilan que je veux. Maintenant, si tu travailles sur de telles informations, étant
donné que l’information est biaisée est-ce que dedans là tu aides l’actionnaire ? Puisque ce
n’est pas toi qui fais la comptabilité, ce n’est pas toi qui passe les écritures dans les comptes.
Tu reçois la comptabilité finie, où on a déjà monté les états financiers et on te sort la balance.
Maintenant, sur la base de la balance tu peux décider que par la fameuse technique de sondage,
tu sonde. Tu dis que bon, peut-être sur les chèques, je vais prendre 1000 chèques avant de voir.
Je décide moi le DG de vous donner ce que je veux. En réalité c’est pour ça qu’on a créé la
fonction d’audit, pour réduire l’asymétrie d’information mais si les informations que le DG
vous donne, ne sont pas complètes, vous ne servez à rien aux actionnaires. C’est pourquoi dans
certaines entreprises : maximum 03 ans on change le commissaire aux comptes. Parce que
depuis que tu fais les missions, on ne voit pas ce que tu apportes et pourtant eux ils voient que
ça ne marche pas dans l’entreprise. Si on se rend comptes que depuis un an, deux ans qu’on est

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avec vous, la société va mal mais vous ne dites rien parce que vous dites travaillez sur la base
des informations qu’on vous donne, ça veut dire qu’il y a un problème. Est-ce que vous n’êtes
pas compétent par hasard ? Vous dites que sur la base des informations qu’on vous a remis
vous avez fait l’audit, on veut bien, maintenant vous devez pousser la vérification plus loin
jusqu’à arriver à avoir l’information. C’est pourquoi je dis non.

EB : Pour vous, quelle est donc l’utilité des rapports d’audit ?

AE : Bon, hum ! S’il fallait formuler en terme de tirait, je dirais un, sur le cadre de la création
même de la fonction, on voudrait que ça réduise l’asymétrie d’information. C'est-à-dire
l’actionnaire, le président du conseil d’administration et le DG doivent avoir la même
information. Deux, en tant que indépendant, on voudrait que tu viennes te prononcer sur la
sincérité et la véracité des comptes. Maintenant une chose est sûre, quand tu vas regarder les
états financiers, tu vas voir leur évolution. Tu peux te prononcer même de façon informel, c'est-
à-dire pas dans le rapport mais lors de la restitution des travaux. Tu peux te prononcer par
exemple sur la vie de l’entreprise parce que le CAC n’est pas seulement la personne qui certifie
les comptes, c’est également un conseillé. Tu peux arriver, tu dis vraiment votre activité tel que
vous la faisiez faut arrêter ou bien le marché sur lequel vous êtes est déjà saturé. Je prends un
cas (…). Dans la pratique, le rapport d’audit peut également se prononcer sur d’autres aspects
même de la comptabilité parce qu’il y a parfois tu arrives, les écritures d’achats-ventes et autres,
quelqu’un ne connait pas. Tu peux donc te prononcer dans ton rapport sur… je prends un cas,
le manuel de procédure. Tu arrives, tu trouves qu’il n’y a pas de manuel de procédures, tu
recommandes ça dans ton rapport parce que le problème survient souvent lorsqu’il y a passation
de service. La nouvelle personne arrive, elle ne sait pas comment la comptabilité se tient dans
l’entreprise et le manuel de procédures va lui indiquer. Le rapport d’audit en réalité, lorsqu’il
est bien, il contribue je dirai à 50% à la réduction des fraudes. Egalement même la performance
des entreprises, si vous essayez de regarder les ratios que l’entreprise a calculé, on te dit par
exemple que achat de marchandise moins le 601 et autres te donne 10 000 000 après quand tu
enlèves les charges de personnel tu tombes à 2 000 000, tu te rends donc compte qu’en réalité
cette entreprise travaille pour payer son personnel (…). Donc en dehors de se prononcer sur la
certification des comptes, tu peux également jeter un regard sur la maison car si l’entreprise
tombe, on va m’accuser. A COFIDEX on a certifié les comptes c’était propre en 2012 je crois,
06 mois après les déposants veulent retirer leur argent, il n’y a pas et pourtant vous avez certifié
qu’il n’y a pas de problème. Monsieur, on vous sanctionne, vous faites même la prison. Donc
malgré le contexte difficile des audits, ça n’empêche pas l’auditeur de faire son travail. Vous

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ne devez pas vous assoir et présenter comme excuse que non j’ai peur que l’actionnaire va…,
non. S’il ne veut pas il part avec le marché, mieux vaut tu perds le client que de perdre ton
adhésion à l’ONECCA. Celui qui ne veut pas que tu fasses ton travail normalement, tu le libère,
qu’il aille voir quelqu’un d’autre. Parce que si moi je dois faire ce travail, je le ferai dans les
normes, dans les règles. Maintenant mêmes les dirigeants ne peuvent plus blaguer puisque
comme je vous l’ai dit, désormais l’ordre des experts comptables va organiser des descentes
dans les cabinets pour voir comment les membres travaillent. On a dit que par exemple, un
audit pour une personne qui a par exemple 5 milliards de total bilan+ les produits pour fixer le
nombre d’heures, vous ne pouvez venir dire qu’il faut par exemple 50 heures. On va te dire que
dans ce cas le minimum c’est 250 à 300 heures. Et maintenant on veut voir le décompte d’heure
quand tu as fait ta note d’honoraire vous. Vous voyez que dans ce sens, quand ce sérieux-là est
mis en œuvre, le rapport d’audit qui sort de là ne peut qu’être utile au top management de
l’entreprise. Là tu vas dire au DG que Monsieur, votre gestion est comme ça ou comme ceci.

Les anglophones ont ce qu’il appel dans leur audit le manager letter, où un rapport sur les états
financiers et un rapport sur le management de l’entreprise est fait pour dire par exemple est-ce
que le DG là travaille bien. Là-bas, le rôle de l’auditeur ne se résume pas uniquement à la
certification des comptes. Quand on t’appelle en externe, tu dois te prononcer sur tout. Même
si vous dites que les honoraires sont de 100 000 000 il va payer. Ce n’est pas que tu vas payer
une personne 100 000 000 et le bénéfice du travail qu’il t’apporte tu ne vois. On voit juste une
phrase je certifie que les comptes… et il prend 100 000 000. Vous-même vous ne pouvez pas
payer cela. Non seulement il certifie vos comptes en fin d’exercice mais chaque mois il te suit
de tel façon qu’au premier trimestre si vous voyez que la situation est déjà un genre, OHADA
vous dis que vous pouvez déclencher le conseil d’administration extraordinaire ou l’assemblée
générale extraordinaire. Par exemple, les entreprises du CAC 40 en France, tous les trimestres
vous publiez les chiffres. L’audit est une très bonne fonction mais seulement dans un contexte
de pays pauvre et très endetté où 90% du tissu économique camerounais est dans l’informel.
Bon, les gens fuient les impôts, quand tu amènes encore les affaires d’audit, la personne vous
dis que je fuis les impôts vous venez encore m’espionner avec l’audit, il bloque ta lettre de
mission et tout. Mais comme les autorités ont pris ce problème à cœur, c’est en train de changer.
Je pense que d’ici les prochaines années-là il y aura des améliorations. Pour revenir à ton thème,
dans un contexte où on ne sait pas ce que c’est que l’audit, le CAC a d’abord un rôle
pédagogique. Il dit d’abord c’est quoi l’audit, ça sert même à quoi ? En réalité les gens ne
comprennent pas quel est la portée de l’audit, quel est même l’intérêt de certifier ses comptes.

132
Puisque quand vous allez arriver chez le banquier et qu’il vous dit apportez moi les états
financiers certifiés vous faites comment ? Et c’est généralement dans les situations comme ça
qu’on court vers l’experts et lui dit, expert vient même faire un tour chez moi là, même une
semaine tu déposes. Voilà comment on travail mon frère. Mais qu’une personne va arriver un
31 décembre, il prend son téléphone et appelle un expert, vraiment c’est pour eux une dépense
inutile. Parfois on se retrouve dans des situations où tu dois certifier les comptes de 04
exercices.

Le CAC s’appuie souvent aussi sur les rapports d’audit interne. Si le rapport a déjà révélé un
certains nombres de choses, le CAC va seulement prendre ça et ajouter dans son rapport si ça
n’a pas été corrigé. Il évalue même souvent sa mission en fonction de ce que l’audit interne a
déjà fait. S’il trouve que l’audit interne a préconisé des points sayants, il revient sur cela avant
même de faire sa mission (…).

EB : Les points dont vous parlez, vous les intégrés comment ? Bon déjà il n’y a pas
beaucoup de rapport de CAC publié comme cela devrait être. J’ai regardé sur le net, je
suis juste tombé sur un rapport de la BICEC de 2015. Tout ce qu’il y avait à l’intérieur
ce sont les différentes parties habituelles, certification des comptes et vérifications
spécifiques. On attirait juste l’attention sur la note numéro tel ?

AE : Comme j’ai dit le CAC certifie le bilan et le compte de résultat point. C’est ça l’audit
financier et comptable. On peut appeler ça commissariat aux comptes au cas où c’est légal. Je
me prononce sur le bilan et le compte de résultat. Je vois s’il y a cohérence entre les documents
comptables. Bref, les documents qui ont conduit à produire les états financiers. Maintenant
dans ce processus de vérification, je peux me rendre compte qu’il y a des problèmes en interne.
certains font souvent qu’en dehors du rapport ou il certifie les comptes, il fait un rapport à part
sur le contrôle interne.

EB : donc quand on parle de rapport général, on englobe tout cela ?

AE : Oui, c’est ce tout-là. Certains séparent souvent ou bien dans le rapport il fait carrément
toute une partie sur le contrôle interne, où il prend donc ce que je dis là. Les problèmes, les
procédures en interne, les incohérences de factures et tout. C’est vrai que jusqu’ici je n’ai pas
encore vu des rapports où il y a eu refus de certification, beaucoup certifie toujours avec
réserve. Mais moi-même auditeur, j’ai un problème avec cette manière de faire, tu dis malgré
qu’il y ait tel chose, les états financiers reflètent l’image fidèle parce que si tu relèves tant
d’irrégularités dans le contrôle interne, les états-là ne peuvent pas refléter l’image fidèle. C’est

133
pour ça qu’il y a certains qui utilisent d’autres méthodes. C'est-à-dire au moment où vous êtes
en train de préparer la production des états financiers, ils préfèrent être présents en ce moment-
là. Pas que c’est lorsque vous avez fini de faire que vous lui envoyé les états. Pour les
inventaires c’est même une obligation. Le CAC doit être la pendant les inventaires, pour valider
les immobilisations, les arrêtés de caisse et les rapprochements bancaires et autres. Maintenant
même quand il s’agit de compiler tous les journaux du mois afin de produire les états financiers
du 31 décembre. Il y a d’autres CAC qui préfèrent souvent être là quand le comptable est
dessus. Là ça permet de voir vraiment comment vous faites en interne. C’est vrai que les normes
ont indiqués des canevas, comment faire, maintenant en fonction de la sensibilité de chaque
expert-comptable, de son expérience et de la mission, il y a une manière avec laquelle il peut à
un moment donné exécuter complètement la norme ou partiellement. Tout dépend de ce que
lui-même recherche. En réalité, c’est une activité subjective, c’est vrai qu’on a essayé d’ajouter
l’objectivité à l’intérieur en précisant les normes, mais l’audit est une activité d’abord
subjective, tout dépend de l’auditeur, du chef de mission, celui qui décide vers où il oriente la
mission en fonction de l’objectif qu’il veut atteindre. Donc vous pouvez constater des choses
dans l’entreprise mais lui il va plutôt rechercher la cause.

EB : Est-ce que les conclusions qui proviennent de mission de certification rapide là sont
fondées vu que le nombre d’heure de travail est bas?

AE : l’audit au Cameroun, bref dans les pays pauvres et très endetté est un luxe vous voyez.
Les gens ne font pas ça parce qu’ils ont compris à quoi ça sert. Les conclusions que tu donnes
comme ça sont des conclusions évasives. Puisqu’en réalité tu n’as pas pris le temps d’entrer en
profondeur dans la comptabilité. Tu as sélectionné des postes ou bien des classes de comptes
dans lesquels il est susceptible d’avoir des incohérences ou des problèmes, c’est ça que tu vas
auditer. Or en réalité on te demande de faire un travail normal. On revient au problème de la
précarité de l’audit, étant donné que tu veux l’argent par rapport aux charges de ton cabinet et
autres, tu vas donc faire comment. C’est pourquoi je connais des experts comptables qui ont
carrément abandonné ce côté-là. Ils préfèrent les missions d’assistance comptable, business
plan, attestation de régularité de la comptabilité, audit non. Parce que tu ne peux pas venir lui
donner un audit qui doit prendre deux semaines à un mois, tu lui demande de faire ça en trois
jours une semaine pour qu’après il ait les problèmes.

Les conclusions de l’audit sont parfois en termes de recommandations mis en œuvre pour ceux
qui veulent bien. Aussi, d’autres vont te dire qu’ils ont pris un auditeur la dernière fois, il ne

134
les a pas convaincu, il a même fait son travail nous on a rien compris. Mais, le véritable
problème en matière d’audit c’est la précarité. Le marché de l’audit n’est pas grand et même
ceux qui ont les marchés ne vont pas au bout de la mission parce que un, le coût de la mission.
Combien d’argent l’entité auditée a donné, ça ne suffit même pas pour couvrir les frais de la
mission. Conséquence la qualité du rapport n’est pas bonne et il ne sert pas le top management.
Pour faire une synthèse disons qu’il y a deux tendances, il y a ceux qui disent que malgré que
le client n’ait pas payé et tout il fait son travail normalement, d’autres qui disent qu’ils vont
faire le travail en fonction de l’argent que tu as donné. J’espère que votre rapport va permettre
de faire comprendre aux audités l’importance de faire certifier les comptes parce que les
auditeurs n’ont pas de problème. Ici, pour les deux ou trois établissements de micro finance
que j’ai déjà vu, il y a eu des améliorations. Il y a un où le système comptable n’était pas bon.
Les recommandations qu’on a donné là-dessus ont permis à ce que l’année suivante les comptes
ne soient plus bizarres. Il y a beaucoup de choses qui viennent dans les rapports, les ratures, les
ratures et les ratures. Les documents comptables ne sont pas tenus comme on le demande mais
on ce sont les hommes qui travaillent. Il faudrait que les auditeurs et les audités s’asseyent
autour d’une table pour redéfinir un bon cadre parce que l’audit est bon non seulement pour
eux et pour nous. Le rapport d’audit quand il est bien fait, il sert, quand il n’est pas bien fait
c’est un chiffon. Il y en a qui nous disent carrément que chaque année toujours les mêmes
remarques, les ratures, vous voyez. Tout ça pour dire que depuis deux ans que tu es avec lui, il
ne sent pas ta présence. Par exemple dernièrement on a sortie deux points, il y avait les ordres
de missions et les factures pro-forma. Rien que les deux points là, la personne sens que tu es
passé.

EB : Bon on a exploré tous les points que je souhaitais évoquer. Je vous remercie pour
votre attention.

AE : je vous en prie. Si je ne vous aide pas dans votre recherche, quand moi aussi je solliciterai
de l’aide peut être pour une recherche je ne l’obtiendrai pas. C’est le cycle de la vie.

135
ANNEXE 8 : RAPPORT DU CAC POUR LA BICEC

136
137
138
ANNEXE 9 : RAPPORT D'EXPERTISE COMPTABLE POUR UN PROJET

139
140
141
142
ANNEXE 10 : PRINCIPES DU CODE DE DEONTOLOGIE DES CAC

143
ANNEXE 11 : LISTE DES IRREGULARITES POUVANT CONSTITUER UNE
FAUTE DE GESTION

144
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148
149
150
151
TABLE DE MATIERES
Dédicaces ............................................................................................................................... i
Remerciements...................................................................................................................... ii
Glossaire des abréviations et sigles ....................................................................................... iii
Liste des graphiques et tableaux ........................................................................................... iv
Sommaire ............................................................................................................................. vi
Introduction générale ............................................................................................................ 1
Première partie : Approche conceptuelle ............................................................................... 4
Chapitre 1 : Notions d’Audit interne et d’audit externe .................................................. 5
Introduction....................................................................................................................... 5
1.1 Audit interne .......................................................................................................... 5
1.1.1 Définition et termes généraux ............................................................................ 5
1.1.1.1 Audit interne ............................................................................................. 5
1.1.1.1.1 les types de missions ............................................................................. 5
1.1.1.1.1.1 les missions d’assurance................................................................. 5
1.1.1.1.1.2 les missions de conseil ................................................................... 6
1.1.1.1.2 evolution des missions d’audit interne................................................... 6
1.1.1.1.2.1 audit de management ..................................................................... 6
1.1.1.1.2.2 l’audit stratégique........................................................................... 7
1.1.1.2 Gestion des risques ................................................................................... 7
1.1.1.3 Le contrôle interne .................................................................................... 8
1.1.1.4 Normes d’audit interne.............................................................................. 9
1.1.2 Fonction d’audit interne ..................................................................................... 9
1.1.2.1 POSITION HIERARCHIQUE ................................................................ 10
1.1.2.1.1 rattachement au comité d’audit ........................................................... 10
1.1.2.1.2 rattachement à la direction générale .................................................... 10
1.1.2.1.3 rattachement à la direction financière .................................................. 11
1.1.2.2 Déontologie de l’auditeur interne ............................................................ 11
1.1.2.3 Documents d’audit interne ...................................................................... 11
1.1.3 Conduite d’une mission d’audit interne ............................................................ 12
1.1.3.1 Planification de la mission ...................................................................... 13
1.1.3.2 Accomplissement de la mission .............................................................. 13
1.1.3.3 La communication des résultats .............................................................. 13

152
1.2 Audit externe ....................................................................................................... 14
1.2.1 L’audit légal .................................................................................................... 14
1.2.1.1 Le commissaire aux comptes .................................................................. 14
1.2.1.1.1 Nomination des commissaires aux comptes ........................................ 15
1.2.1.1.2 Rôle du commissaire aux comptes ...................................................... 15
1.2.1.1.3 Types de missions du commissaire aux comptes ................................. 16
1.2.1.2 Objectif et normes d’audit ....................................................................... 16
1.2.1.3 Normes d’exercice professionnelles des CAC ......................................... 17
1.2.2 L’audit contractuel ........................................................................................... 17
1.2.2.1 Objectif et mission de l’audit .................................................................. 18
1.2.2.2 Normes d’audit financier de l’audit contractuel ....................................... 19
1.2.3 Déroulement d’une mission d’audit .................................................................. 19
1.2.3.1 L’approche par les risques....................................................................... 19
1.2.3.2 Méthodologie de l’approche par les risques ............................................. 19
1.2.3.2.1 La définition des assertions d’audit ..................................................... 19
1.2.3.2.2 L’identification des risques ................................................................. 20
1.2.3.2.3 La réponse aux risques identifiés ........................................................ 20
1.2.3.3 Phase d’une mission d’audit financier ..................................................... 21
1.2.3.3.1 La prise de connaissance et la planification de la mission .................... 21
1.2.3.3.2 Evaluation du contrôle interne ............................................................ 22
1.2.3.3.3 Le contrôle direct des comptes ............................................................ 22
1.2.3.3.4 Travaux de finalisation de la mission .................................................. 22
Conclusion ...................................................................................................................... 23
Chapitre 2 Les rapports d’audit et leur utilité dans l’entreprise ..................................... 24
Introduction..................................................................................................................... 24
2.1 Rapport d’audit .................................................................................................... 24
2.1.1 Rapport d’audit externe .................................................................................... 24
2.1.1.1 Rapport d’audit légal............................................................................... 24
2.1.1.1.1 Rapport général .................................................................................. 24
2.1.1.1.1.1 Opinion sur les comptes ............................................................... 25
2.1.1.1.1.2 Justification des appréciations ...................................................... 26
2.1.1.1.1.3 Vérification des informations spécifiques ..................................... 26
2.1.1.1.2 Rapport spécial ................................................................................... 27

153
2.1.1.2 Rapport d’audit contractuel ..................................................................... 28
2.1.2 Rapport d’audit interne .................................................................................... 29
2.1.3 Destinataires des rapports d’audit ..................................................................... 30
2.1.3.1 Destinataires du rapport d’audit interne ................................................... 30
2.1.3.2 Destinataires des rapports d’audit externe ............................................... 30
2.2 Utilité des rapports d’audit pour le top management............................................. 31
2.2.1 Le top management .......................................................................................... 31
2.2.1.1 Les dirigeants.......................................................................................... 31
2.2.1.1.1 Le gérant ............................................................................................ 31
2.2.1.1.2 Le conseil d’administration ................................................................. 32
2.2.1.1.3 Le président-directeur général ............................................................. 32
2.2.1.1.4 Le directeur général ............................................................................ 32
2.2.1.1.5 L’administrateur général ..................................................................... 33
2.2.1.2 Les actionnaires ou associés .................................................................... 33
2.2.2 Utilité des rapports d’audit financier ................................................................ 34
2.2.2.1 Nécessité de la mission d’audit financier ................................................. 34
2.2.2.2 Apport du rapport d’audit financier ......................................................... 35
2.2.2.2.1 Le rapport d’audit externe réduit l’asymétrie d’information entre les
actionnaires et les dirigeants ................................................................................ 36
2.2.2.2.2 Le rapport d’audit protège les actionnaires contre l’abus du pouvoir
managérial ........................................................................................................... 37
2.2.2.2.3 Le rapport d’audit permet d’évaluer la gestion du dirigeant ................. 38
2.2.3 Utilité des rapports d’audit interne ................................................................... 39
2.2.3.1 Légitimité du rapport d’audit interne ....................................................... 39
2.2.3.2 Apport des rapports d’audit interne pour le top management ................... 39
2.2.3.2.1 Les rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’informations ................... 39
2.2.3.2.2 Le rapport d’audit limite les comportements opportunistes. ................. 40
2.2.3.2.3 Le rapport d’audit aide à la prise de décision....................................... 43
Conclusion ...................................................................................................................... 44
Deuxième partie : Etude empirique ..................................................................................... 45
Chapitre 3 Approche méthodologique .......................................................................... 46
Introduction..................................................................................................................... 46
3.1 Méthodologie de la recherche .............................................................................. 46
3.1.1 Paradigmes de recherche et modes d’investigation ........................................... 46

154
3.1.1.1 les principaux paradigmes épistémologiques ........................................... 46
3.1.1.1.1 Le paradigme positiviste ..................................................................... 47
3.1.1.1.2 le paradigme constructiviste ................................................................ 47
3.1.1.1.3 Le paradigme interprétativiste ............................................................. 48
3.1.1.2 les modes d’investigations ...................................................................... 48
3.1.1.2.1 l’approche qualitative ......................................................................... 48
3.1.1.2.2 l’approche quantitative........................................................................ 49
3.1.1.2.3 l’approche mixte ................................................................................. 49
3.1.2 méthodologie choisie et instruments de collecte de données ............................. 49
3.1.2.1 méthodologie choisie .............................................................................. 49
3.1.2.2 instrument de collecte ............................................................................. 51
3.1.3 population et échantillon de l’étude .................................................................. 51
3.1.3.1 Population étudiée................................................................................... 51
3.1.3.2 Echantillon de l’étude ............................................................................. 52
3.2 Déroulement de l’approche empirique ................................................................. 52
3.2.1 Administration du questionnaire et réalisation d’entretiens et d’analyse d’archives
52
3.2.1.1 pré-test DU QUESTIONNAIRE ............................................................. 52
3.2.1.2 Envoi du questionnaire............................................................................ 52
3.2.1.3 les entretiens et l’analyse d’archives ....................................................... 52
3.2.2 Recueil de données et Analyses effectuées ....................................................... 53
3.2.2.1 recueil de données ................................................................................... 53
3.2.2.2 Analyses effectuées................................................................................. 53
Conclusion ...................................................................................................................... 54
Chapitre 4 Résultats de la recherche et discussions ...................................................... 55
Introduction..................................................................................................................... 55
4.1 Résultats de la recherche : utilité des rapports d’audit externe .............................. 55
4.1.1 champ de la discussion ..................................................................................... 55
4.1.2 Résultat de la recherche : une Approche quali-quantitative ............................... 56
4.1.2.1 Approche quantitative ............................................................................. 56
4.1.2.2 résultat de la recherche : une approche qualitative ................................... 63
4.1.2.2.1 analyse d’archives............................................................................... 63
4.1.2.2.2 Résultat de l’entretien auprès d’un auditeur externe (chef de mission) . 66
4.1.3 Discussion ....................................................................................................... 68

155
4.2 Résultats de la recherche : utilité des rapports d’audit interne ............................... 74
4.2.1 Champ de la discussion .................................................................................... 74
4.2.2 résultat de la recherche : une approche quali-quantitative ................................. 75
4.2.2.1 approche qualitative ................................................................................ 75
4.2.2.1.1 Les rapports d’audit limitent les comportements opportunistes ............ 75
4.2.2.1.2 Les rapports d’audit réduisent l’asymétrie d’information .................... 77
4.2.2.1.3 Les rapports d’audit aide à la prise de décision.................................... 78
4.2.2.1.4 Les rapports d’audit interne permettent d’améliorer le rendement dans
l’entreprise........................................................................................................... 79
4.2.2.1.5 Les rapports d’audit aident les gestionnaires dans leur gestion ............ 79
4.2.3 Discussion ....................................................................................................... 79
Conclusion ...................................................................................................................... 84
Conclusion générale ............................................................................................................ 85
Bibliographie ...................................................................................................................... 87
Annexes .............................................................................................................................. 89
ANNEXE 1 : Questionnaire adressé aux experts comptables ....................................... 90
ANNEXE 2 : Questionnaire adressé aux auditeurs internes.......................................... 93
ANNEXE 3 : Demande d’entretien adressé aux auditeurs externes .............................. 97
ANNEXE 4 : Entretien N°1 avec auditeur interne ........................................................ 99
ANNEXE 5: Entretien N°2 avec auditeur interne....................................................... 108
ANNEXE 6 : Entretien N°3 avec auditeur interne ...................................................... 116
ANNEXE 7 : Entretien avec auditeur externe ............................................................ 125
ANNEXE 8 : Rapport du CAC pour la BICEC .......................................................... 136
ANNEXE 9 : Rapport d'expertise comptable pour un projet....................................... 139
ANNEXE 10 : PrincipeS du code de déontologie des CAC........................................ 143
ANNEXE 11 : Liste des irrégularités pouvant constituer une faute de gestion............ 144
Table de matières .............................................................................................................. 152

156