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Séquence 1 : Vie en société, vie en solitaire : Un questionnement sur l’Homme depuis le XVIème siècle

Le songe d’un habitant du Mogol ; Jean de La Fontaine


Jean de La Fontaine → poète du 17ème siècle : classicisme
→ œuvre : « Les Fables de La Fontaine »

Type de texte → fable à la forme inattendue : vers 1 à 17 : récit typique du genre de


la fable, vers 18 à 40 : argumentation directe

Thème → la solitude

Question possible pour l’exposé :

→ Comment, à travers une fable à la structure étrange, l’auteur fait-il l’éloge de la


solitude ?

I - Une fable étrange qui joue sur des variations de genre et de registre :

1 - Un récit rapide, peu approfondi, et qui tourne court :

→ cadre oriental (Empire du Grand Mogol, vizir) ≠ références mythologiques grecques


(Minos, Champs Élyséens) : mélange de références qui crée un cadre spatio-temporel
très vague, très peu défini
→ pas de description des personnages contrairement à ce que fait La Fontaine
d’habitude
→ pas d’histoire : seulement une vision qui fait l’objet d’une interprétation
→ le récit s’arrête net : v.18 : La Fontaine s’introduit dans la fable pour ajouter quelque
chose

2 - Une fable aux deux parties très opposées :

→ La Fontaine prend sa propre fable comme réalité dans laquelle il pourrait s’intégrer
→ effet de renversement : plus dans l’histoire mais La Fontaine donne son avis
→ registres différents : fin de la 1ère partie : satirique (critique de l’ermite), 2ème
partie : lyrique et autobiographique
→ idée de la 1ère partie : il ne faut pas se fier aux apparences / 2ème partie : on s’en
éloigne
Absence de morale : le discours développé par La Fontaine est trop long pour
constituer une morale + il change de sujet

3 - Une unité néanmoins :

→ liens entre les 2 parties : la mort, mépris des richesses, l’amour de la solitude
→ 1ère partie : vizir et ermite : morts / 2ème partie : La Fontaine parle de sa mort
→ clôture du poème avec la mort : v.39-40 : il a parlé de ses occupations pendant la
vie, il finit par parler de la mort / 1ère partie : la mort et les occupations du vizir et de
l’ermite lorsqu’ils étaient vivants
→ lien : la solitude : un paradis

 Une rupture hipo graphique (un blanc sépare les deux parties).
 Une rupture métrique : dans la première partie, alternance d'alexandrins et
d'octosyllabes ; dans la seconde partie, seulement des alexandrins.
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 Une rupture sémantique : en effet, dans la deuxième partie, au vers 18, le mot
"ajouter" est essentiel. Il ne s'agit pas d'extraire le sens de la phrase mais
d'"ajouter" un sens second à celui qu'elle a déjà délivré.

II - Un éloge de la solitude :

1 - Un mépris des richesses :

→ v.34 : métaphore mythologique : « La Parque à filets d’or n’ourdira point ma vie »
→ v.37 : comparaison du sommeil des riches et des pauvres
→ parallèle : ermite qui fréquente la cour
→ antithèse : v.16-17 : oppose très rapidement l’ermite au vizir : interprétation rapide
du songe
→ « ne vous étonnez point » : l’interprète parle comme si c’était évident : ironie
→ v.40 : quand on est riche, on a des soucis : « J’aurais vécu sans soins, et mourrai
sans remords » : parallélisme de construction qui intensifie l’idée que la solitude et la
pauvreté évitent les problèmes
 Conscient de la modestie de cet idéal, il va insister sur sa valeur réelle, en
glorifiant cette vie et ce cadre simple, qui valent largement à ses yeux le luxe et
l'agitation mondaine : à l'ambition sociale, il oppose le sommeil, aux "riches
lambris" des demeures citadines, la verdure des nuits à la belle étoile ou le toit
dépouillé d'une maison campagnarde. Mais ces oppositions se font avec
discrétion, car il ne nomme que certains des membres de ces associations
antithétiques. D'autre part, ce thème du sommeil et celui de la pauvreté sont
intimement liés.
A. La pauvreté.
 La mythologie lui sert encore pour préférer avec l'image des "filets d'or" maniés
par les Parques (vers 34), une existence pauvre ou du moins de condition
moyenne. La Fontaine transforme l'égèrement la tradition avec le verbe "ourdir"
(préparer une chaîne en réunissant les fils en nappe et en les tendant avant le
tissage). Il imagine, de plus, que la matière du fil symbolise la condition sociale,
l'or représentant donc l'opulence.
B. Le sommeil.
 Amené de façon apparemment fortuite par l'image des riches lambris, le
sommeil se voit ensuite accorder une place importante, qui correspond
certainement au tempérament de l'auteur. Dormir plaît beaucoup à notre
fabuliste qui, sans les détailler, célèbre "les délices" et la profondeur de cette
action. Un tel éloge, aux accents personnels et sincères, est rare dans la
littérature.

2 - La solitude pour la connaissance :

→ v.27-33 : le poète espère trouver dans la solitude la possibilité d’être « occupé » par
les muses : avoir une activité artistique et scientifique
Activité d’astronomie : étudier les mouvements des cieux
→ astronomie/astrologie :
- muses : astronomie : poésie lyrique
- v.33 : métonymie : « la rive fleurie » : poésie lyrique
- v.28 : métonymie : « les divers mouvements » : astronomie : mouvement des étoiles
- v.26 : question rhétorique : impatience à réaliser « un grand projet » : astronomie
- v.31-32 : astronomie plus importante que la poésie lyrique pour lui : « grands
projets » ≠ « doux objets »
- L'astronomie, dès l'antiquité, fut considérée comme une science propre aux plus
hauts exprits. La Fontaine perpétue cette tradition en la plaçant en premier, et se
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présente comme un élève de la nature, qui cherche à "apprendre" les lois. Les astres
sont désignés de façon poétique par la périphrase "clartés errants".
- Le vers 30 rappelle la croyance selon laquelle les étoiles influencent la vie des
hommes. La Fontaine se place sur le plan de la simple rêverie autour des astres, et du
prestige qui les entoure.
- La noblesse de l'astronomie est encore évoquée au vers 31. Modeste, La Fontaine ne s'estime
peut-être pas capable de s'ouvrir à des connaissances aussi complexes. La poésie le
contentera, mais pas n'importe laquelle : il s'agit de peindre la nature et non les actions
humaines. Parmi les multiples genres littéraires, il ne retient que la description poétique des
beautés naturelles. La nature n'est pas totalement absente de son oeuvre et sert souvent de
cadre aux fables.
- Dans l'expression "doux objets" (vers 32), le second mot, assez vague signifie "spectacles",
mais il appartient aussi au vocabulaire amoureux de l'époque pour désigner la personne
aimée : la sensualité présentée au début du texte réapparaît peut-être ici. Les points
d'exclamation traduisent ainsi le lyrisme du poète ainsi que les subjonctifs de souhait (vers 32
et 33).
3 - La solitude, un paradis :

→ v.2-3 : périphrase qui définit vaguement le plaisir du solitaire + hyperbole : « aussi


pur qu’infini »
→ v.20-21 : « biens sans embarras, biens purs, présents du ciel, qui naissent sous les
pas »
→ champ lexical de l’amour : « amour », « aimant », « aimer »
→ métaphore filée : solitaire = amoureux
→ solitude assimilable au bonheur de l’amour
→ v.22-25 : le poète s’adresse directement à la solitude comme à celle qui l’aime
→ à travers ces métaphores de l’amour, au champ lexical, aux questions rhétoriques, à
la présence du « je » : registre lyrique

Conclusion :

→ fable à la structure étrange : récit + intervention du poète


→ avis sur la solitude : un paradis + permet la connaissance
→ ouverture : Chénier : besoin de paix et de tranquillité + lyrisme

 La métaphore des Parques amène sans doute l'évocation de la mort. Selon La


Fontaine, l'existente qu'il préfère accorde aussi, parmi ses multiples dons, une
fin sereine, dégagée des soucis de l'ambition propre aux courtisans toujours
insatisfaits dans leur course effrénée vers la richesse.
Conclusion : Ce texte original tranche avec la satire et l'ironie habituelle dans les
Fables. Mais il présente un idéal finalement assez proche de la morale mesurée
qu'elles préconisent : la critique de la cour et des ambitions sociales, la préférence
pour les conditions moyennes mais calmes reviennent sans cesse dans les recueils. La
condamnation du luxe inutile et malfaisant, opposé à la sobriété heureuse de la vie
campagnarde appartient d'ailleurs à une longue tradition. Mais le "Songe d'un habitant
du Mogol" vaut surtout par son lyrisme et son caractère autobiographique, caractère
rare au XVIIème siècle, surtout à l'époque classique.