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Ministère délégué auprès du Ministre de l’Énergie, Ministère de l’Intérieur

des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, chargé Direction Générale des Collectivités Locales
de l’Environnement Direction de la Formation Direction de l’Eau
&
des Cadres Administratifs et de l’Assainissement
et Techniques

MANUEL TECHNIQUE POUR LA FORMATION


DE FORMATEURS EN GESTION INTÉGRÉE DES
DÉCHETS MÉNAGERS ET ASSIMILÉS
Manuel 1/2
2
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

3
4
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

Sommaire

Acronymes 8
Glossaire 9
Introduction 16

Module 1. Contexte de la gestion des déchets ménagers 18


et assimilés (DMA) au Maroc

1.1 Aspects juridiques 19


1.1.1 Charte communale 19
1.1.2 Textes de lois relatifs à la gestion des déchets et à leur élimination 19
1.1.3 Loi 22-10 relative à l’utilisation des sacs et sachets en plastique 20
dégradables ou biodégradables
1.1.4 Loi-cadre n°99-12 portant Charte Nationale de l’Environne- 20
ment et du Développement Durable
1.1.5 Décrets 20
1.1.6 Modes de gestion des services des DMA 21
Gestion par régie 21
Gestion déléguée 21
Sociétés de Développement Local (SDL) 21
1.2 Aspects institutionnels 23
1.2.1 Ministère de l’Intérieur 23
1.2.2 Ministère délégué Chargé de l’Environnement 23
1.2.3 Collectivités Locales 24
1.2.4 Région 24
1.2.5 Préfectures et Provinces 25
1.2.6 Communes 25
1.3 Données générales sur la GDMA au Maroc 26
1.3.1 Quantités et caractéristiques des déchets ménagers et assimilés 26
1.3.2 Stratégie et plan d’action de la GDMA 27
le PNDM 28
1.3.3 Contraintes rencontrées 36
6

Aspects institutionnels et juridiques 36


Aspects financiers 36
Aspects techniques 36
Aspects éducationnels 37
1.3.4 Impacts des DMA 37

Module 2. Etudes et montage des services de 39


collecte et de nettoiement
2.1 Description des services de collecte et de 40
nettoiement
Schéma d›organisation du service de collecte 40
Schéma d›organisation du service de nettoiement 43
2.2 Etudes préalables au montage des services de collecte et de 45
nettoiement
2.2.1 Collecte des données et diagnostic 45
2.2.2 Compilation et recoupement des données 47
2.2.3 Analyse 47
2.2.4 Synthèse 48
Collecte et transport des DMA 48
Nettoiement 48
2.3 Montage des services de collecte et de nettoiement 48
2.3.1 Aspects techniques 48
2.3.2 Conception 48
2.3.3 Eléments de dimensionnement des services de collecte et de 48
nettoiement
Dimensionnement des services de collecte 48
Conteneurisation 50
Dimensionnement des services de balayage 53
Moyens humains 54
2.3.4 Aspects économiques et financiers 55
2.4 Gestion de suivi et contrôle de l’exécution des services de col- 56
lecte et de nettoiement
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

2.4.1 Aperçu sur les principes de gestion de projets 56


Qu’est ce qu’un projet ? 56
Qu’est ce que la gestion de projet ? 56
Clefs de réussite d’un projet 56
Outils méthodologiques pour la bonne gestion de projet 57
2.4.2 Indicateurs de performance de la gestion des services de collecte 58
2.4.3 Outils de suivi et d’évaluation de la gestion des services de 60
collecte et de nettoiement (cas de la gestion déléguée)
Contrôle de la collecte 60
Contrôle du nettoiement 62
Corbeilles 63
Relevés de terrain 64

Module 3. Tri à la source et collecte sélective 65

3.1 Définitions 66
3.2 Description du système de tri et de collecte sélective 66
3.2.1 Collecte par apport volontaire 66
3.2.2 Collecte en porte-à-porte 68
Collecte en porte-à-porte par point de regroupement 68
Collecte en porte-à-porte par bacs individuels, caissettes ou sacs 68
3.3 Contexte du système de tri et de collecte sélective au Maroc 70
3.3.1 Aspects réglementaires 70
3.3.2 Aspects stratégiques 70
3.3.3 Aspects techniques 71
3.3.4 Aspects socio-économiques 71
3.3.5 Aspects financiers 72
3.3.6 Aspects environnementaux 72
3.4 Expériences nationales en matière de tri de collecte sélective 74
Autres expériences en cours de lancement 83
Analyse des expériences passées 83
3.5 Conditions de réussite d’un système de tri et de collecte sélective 84
3.6 Eléments méthodologiques et techniques relatifs à la conception 84
et à la mise en place d’un système de tri et de collecte sélective
3.6.1 Eléments méthodologiques 84
3.6.2 Consistance des études préalables 85
Etude d’opportunité 85
Etude de faisabilité 85
8

Aspect technique 85
Aspect social 85
Aspect économique et financier 85
3.6.3 Eléments de dimensionnement du système de tri et de collecte 85
sélective
3.7 Conception, montage et mise en œuvre d’un projet de 88
tri à la source et de collecte sélective
3.7.1 Eléments d’orientations 88
Choix du quartier 88
Produits ciblés 88
Modalités de mise en œuvre 89
Les étapes suggérées pour la mise en œuvre d’un projet de tri 89
Moyens 89
3.7.2 Phases de montage du projet de tri 89
3.7.3 Conception-formulation du projet 93
3.7.4 Principales étapes de mise en œuvre du projet 93
Planification avec le public cible pour la mise en œuvre du projet 93
Dispositif d’accompagnement et de promotion du projet 94
Mise en place des indicateurs de performancede la gestion du projet 94
Outils de suivi et d’évaluation du projet 95

Module 4. Filières de traitement et de valorisation des 99


déchets

4.1 Définition de la valorisation des DMA 100


4.2 Description des composantes d’un Centre d’Enfouissement et de 100
Valorisation (CEV)
4.2.1 Filières de recyclage 101
4.2.2 Filières de compostage 101
4.2.3 Filières de valorisation énergétique 102
4.3.4 Filière d’élimination (décharge contrôlée) 102
4.4 Choix des filières 102
4.5 Eléments de planification et de conception d’un CEV 103
4.5.1 Détermination des surfaces libres 103
Inventaire du milieu et élaboration des cartes thématiques 103
Exclusion des zones non permises du point de vue sanitaire, pour un CEV 103
Exclusion des zones vulnérables du point de vue environnemental 103
Autres exclusions 104
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

Identification des surfaces libres 104


Appréciation des surfaces libres visitées 104
4.5.2 Analyse multicritère (choix du site) 105
4.5.3 Etudes préalables pour la mise en place d’un CEV 105
Etude de caractérisation 105
Etude de marché 105
Etude d’impact sur l’environnement 105
Etudes techniques 105
4.6 Exploitation et gestion d’un CEV 106
4.6.1 Liste des déchets admissibles 106
4.6.2 Réception et contrôle des déchets 106
4.6.3 Obligations de l’exploitant pendant l’exploitation du CEV 107
4.7 Indicateurs de performance de la gestion d’un CEV 107
4.8 Outils de suivi et d’évaluation d’un CEV 109

Bibliographie 111
10

Acronymes

Pourcentage %
Association des Récupérateurs du Papier/carton ARPC
Benne à Ordures Ménagères BOM
Bâtiments et Travaux Publics BTP
Conventions collectives de Travail CCT
Centre d’Elimination et de Valorisation CEV
Méthane CH4
Composés organiques volatils COV
Demande biologique en Oxygène DBO5
Demande chimique en Oxygène DCO
Dirhams par kilomètre
dhs/Km
Déchets Ménagers et Assimilés DMA
Gestion Intégrée et Durable des Déchets Solides GIDDS
Heure par jour h/j
Kilocalorie par kilogramme Kcal/kg
Kilogramme par habitant par jour Kg/hab/j
Kilomètre Km
Kilomètre par jour Km/j
Litre par habitant L/hab
Mètre cube m3
Millions de dirhams MDH
Matière Non Organique MNO
Matière Organique MO
Potentiel hydrogène pH
Plan National des Déchets Ménagers PNDM
Société de Développement Local SDL
Système d’Information Géographique SIG
Station d’épuration STEP
Tonne par an t/an
Tonne par heure t/h
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Glossaire

Assainissement : démarche visant à améliorer la si- Check-list : liste de contrôle non exhaustive pro-
tuation sanitaire globale de l’environnement dans ses posant des exemples d’actions à mettre en place pour
différentes composantes. Il comprend la collecte, le répondre aux problèmes environnementaux d’une
traitement et entreprise selon les domaines ciblés (eau, énergie, dé-
l’évacuation des déchets liquides, des déchets solides chets, etc..) Elle sert d’aide-mémoire.
et des excréments.
Benne : caisson qui reçoit les matières transportées Compostage : procédé de traitement biologique des
par un camion de type-porteur. matières fermentescibles dans des conditions contrô-
lées. La partie organique des déchets est transformée
Benne ampliroll : camion à benne qui comporte un en matériau humide stable appelé « compost ».
châssis. L’ampli-roll est équipé d’un système de carros-
serie industrielle amovible. L’ampli-roll est doté d’un Concession : mode de gestion d’un service public
système de manutention de bras articulé pour baisser par le secteur privé. L’administration, dénommée «
et soulever un caisson. On peut l’appeler également concédant », confie à une société privée, dénommée
polybras. « concessionnaire », la gestion d’un service public qui
peut comprendre l’exploitation et la réalisation d’un
Benne satellite : véhicule adapté au ramassage des plan d’investissement relatif aux travaux et aux équi-
déchets ménagers à l’échelle urbaine, sans système de pements, conformément à une convention et à un ca-
tassement. hier des charges, moyennant une rémunération que le
concessionnaire percevra directement des usagers du
Benne tasseuse : benne à ordures ménagères dotée service.
d’un équipement de tassement des déchets et d’un ré-
servoir de stockage des lixiviats. Conditionnement des flux de matières : en-
semble d’opérations logistiques pendant la réception,
Biomasse : ensemble des végétaux et des animaux le stockage et la livraison des flux de matières, pour
ainsi que les déchets organiques qui leur sont associés. leur assurer certaines caractéristiques de composition
ou de conservation.
Caractérisation : opération qui consiste à détermi-
ner la composition d’un gisement de déchets donné.
12
Conteneur : caisse de dimensions normalisées utili- t les déchets industriels inertes issus principalement
sées pour la manutention, le stockage ou le transport de l’activité du BTP
de matières ou de lots d’objets dont elle permet de
simplifier l’emballage. Déchets inertes : déchets qui ne subissent aucune
modification physique, chimique ou biologique im-
Conteneurisation : choix de la qualité des bacs à portante, ne se décomposent pas, ne se brûlent pas,
ordures, leur dimensionnement (volume et quantité), ne produisent aucune réaction physique ou chimique,
leur répartition dans le périmètre de service et les mo- ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas les
dalités de suivi de leur remplissage ainsi que les moda- matières avec lesquelles il entrent en contact d’une
lités de leur entretien et de leur renouvellement. manière susceptible d’entraîner des atteintes à l’envi-
ronnement ou à la santé humaine.
Convention de mandat : engagement par lequel
une personne morale donne à une autre le pouvoir de Déchets ménagers : déchets issus de l’activité quoti-
faire pour elle un ou plusieurs actes juridiques. dienne des ménages et des activités économiques col-
Criblage : opération de séparation des parties fines et lectées dans les mêmes conditions que ceux-ci.
des parties grossières.
Déchets pharmaceutiques : résidus des médica-
Déchets agricoles : déchets issus des activités de ments avec ou sans ordonnance et des produits ser-
l’agriculture, de la sylviculture et de l’élevage. Ils sont vant à la préparation ou à l’administration des médica-
constitués des déchets organiques (résidus de récolte, ments. Les contenants qui renferment ou ont été mis
déjections animales) et de déchets dangereux (pro- en contact avec un produit pharmaceutique sont aussi
duits phytosanitaires non utilisés, emballages vides considérés comme faisant partie de cette catégorie.
ayant contenu des produits phytosanitaires, ....)
Déchets ultimes : déchets résultant ou non du trai-
Déchets dangereux : déchets issus de l’activité in- tement d’une ordure, qui ne sont plus susceptibles
dustrielle qui représentent un risque pour la santé d’être traités dans les conditions techniques et écono-
ou l’environnement et qui nécessitent un traitement miques du moment, notamment par extraction de la
adapté. part valorisable ou par réduction de son caractère pol-
luant ou dangereux.
Déchets industriels : déchets issus de l’activité d’in-
dustries. Les déchets industriels se divisent en trois ca- Déchets verts : déchets végétaux qui résultent de
tégories, en fonction de la dangerosité de ces derniers l’entretien et du renouvellement des espaces verts pu-
pour l’environnement ou l’être humain : les déchets blics et privés (parcs et jardins, terrains de sports, etc.),
industriels banals (DIB), les déchets industriels dan- des collectivités territoriales, des organismes publics
gereux (anciennement déchets industriels spéciaux) e et parapublics, des sociétés privées et des particuliers.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Développement durable : mode de développement Environnement : l’ensemble des éléments naturels
qui répond aux besoins du présent sans compromettre et des établissements humains ainsi que les facteurs
la possibilité pour les générations à venir de satisfaire économiques, sociaux et culturels favorisant l’exis-
à leurs propres besoins. Le développement durable est tence et le développement des organismes vivants et
conçu comme une rupture avec d’autres modes de dé- des activités humaines
veloppement qui conduisent à des dégâts sociaux et
écologiques, tant au niveau mondial que local. Equipe d’astreinte : équipe de permanence com-
posée d’un chauffeur et d’agents et dotée de moyens,
Éco-geste : geste citoyen destiné à réduire la pollu- pour éviter toute interruption de service. Cette équipe
tion, donc à améliorer l’environnement. répond aux réclamations et effectue des interventions
d’urgence, sans attendre la reprise normale du travail.
Écotaxe : taxe qui s’applique en vertu du principe du
pollueur-payeur aux actions générant des dommages Equipe volante : équipe d’appui au service. Sa mis-
environnementaux pour contribuer à les limiter et/ou sion est transversale entre la collecte, le nettoiement et
en atténuer ou réparer certains effets. le traitement des zones sensibles, selon les besoins. Elle
peut assurer également le remplacement des postes
Élimination : ensemble des opérations de réception, temporairement dépourvus de leurs agents (absence,
d’enfouissement et de couverture des déchets dans des maladie), de satisfaire aux besoins découlant d’un far-
conditions contrôlées et respectueuses de l’environne- deau temporaire de tâches dans un secteur de collecte
ment, dans un Centre de Stockage des Déchets. ou de nettoiement, d’exécuter des travaux à durée li-
mitée ou pour toute autre raison convenue par le res-
Empreinte énergétique : impact laissé sur l’en- ponsable du service.
semble des ressources énergétiques par une personne
ou un groupement quelconque de personnes.

Encombrants : déchets provenant de l’activité do-


mestique des ménages, comme les biens d’équipement
ménagers usagés (matelas, bureaux, tables, réfrigéra-
teurs, etc..) En raison de leur volume ou de leur poids,
ces encombrants ne peuvent pas être collectés dans
les mêmes conditions et selon les mêmes moyens que
ceux des ordures ménagères.
14
Etude d’impact sur l’environnement : outil d’éva- d’une ou de plusieurs prestations ou la réalisation d’un
luation méthodique et préalable des répercussions ou de plusieurs ouvrages d’intérêt intercommunal.
éventuelles, des effets directs et indirects, temporaires Haut-le-pied : temps consommé par un camion de
et permanents d’un projet sur l’environnement et en ramassage des déchets en dehors de celui de la collecte
particulier sur l’homme, la faune, la flore, le sol, l’air, pure. C’est la somme totale du temps élémentaire uti-
le climat, les milieux naturels et les équilibres biolo- lisé par le véhicule de collecte pour rejoindre son sec-
giques, sur la protection des biens et des monuments teur en début de service (parc - secteur), le transport
historiques, le cas échéant sur la commodité du voisi- du secteur à la décharge, la file d’attente et le vidage
nage, l’hygiène, la salubrité publique et la sécurité, tout (secteur - décharge) ainsi que le retour au parc en fin
en prenant en considération les interactions entre ces de service (décharge -parc.)
facteurs. L’étude d’impact sur l’environnement permet
de déterminer les mesures de suppression, d’atténua- Lixiviat : toute eau ayant percolé à travers les dé-
tion et de compensation des répercussions négatives chets stockés en se chargeant bactériologiquement et
d’un projet et des mesures d’amélioration des impacts chimiquement. Par extension, le lixiviat désigne aussi
positifs. les eaux qui sont entrées en contact avec des déchets.

Flux de matières : déchets répartis par catégories de Matière première secondaire : matériaux issus du
matériaux (papier/carton, verre, plastique, métaux) recyclage de déchets et pouvant être utilisés en subs-
ou sous catégories d’un même type de matériau ayant titution totale ou partielle de matière première vierge.
des caractéristiques physiques comparables. Mesures de prévention / de compensation : toutes
actions ayant pour objet d’apporter une contrepartie
Gestion intégrée : mode de gestion de certaines aux conséquences dommageables qui n’ont pas pu être
activités qui intègre, dès la phase de conception, l’en- évitées ou suffisamment réduites.
semble des facteurs écologiques, économiques et so-
ciaux qui leur sont liés. La gestion intégrée contribue Méthanisation : procédé biologique de dégradation
à économiser le temps, l’espace et les moyens de pro- de la matière organique par une flore microbienne. La
duction et à diminuer les pertes en matière d’énergie méthanisation, qui se déroule en l’absence d’oxygène,
et de ressources naturelles. est aussi appelée digestion ou fermentation anaérobie.
La matière biodégradable est transformée en biogaz
Gravats : déchets résultants des travaux de bâtiment composé majoritairement de méthane (environ 60
(construction, démolition, réfection.) %) et de gaz carbonique. Le digestat obtenu en fin
de processus est un produit biologiquement stable et
Groupement de communes : mise en commun par désodorisé qui peut être utilisé comme amendement
les collectivités locales d’une partie de leurs compé- organique après maturation. Le domaine de son usage
tences et des moyens correspondants pour l’exécution comme amendement organique est lié à la détermina-
tion de sa qualité (hygiénique, fertilité.)
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Impact environnemental : toute modification de Politique environnementale : ensemble d’engage-
l’environnement, négative ou bénéfique, totale ou partielle. ments, d’orientations et d’objectifs généraux pour la
protection et la prise en compte de l’environnement
Monitoring : programme de surveillance et de mesure. dans le développement économique et social.

Multi-benne : camion à benne qui comporte un Prévention : toute action en amont visant à réduire
châssis porteur. C’est une benne amovible dotée d’un l’ensemble des impacts sur l’environnement et à facili-
système de manutention avec deux bras latéraux, pour ter la gestion ultérieure des déchets (notamment par
faire descendre, déposer et soulever un caisson métal- la réduction des quantités de déchets produits et/ou
lique. de leur nocivité ou par l’amélioration du caractère va
lorisable.))et de lutte contre celle-ci doivent être sup-
Piquetage : opération d’enlèvement des sacs en plas- portés par le pollueur. Selon ce principe, chaque pro-
tique et des papiers éparpillés par des agents de pro- ducteur de déchets, quel qu’il soit, une collectivité lo-
preté dans des terrains non bâtis ou à l’entrée des villes. cale ou un industriel, est responsable devant la loi de
ses déchets et des conditions dans lesquelles ils sont
Plan d’actions : plan détaillé identifiant les actions collectés, transportés, éliminés ou valorisés.
correctives, les moyens, les personnes responsables,
les coûts et les échéances de mise en œuvre. Procédure : règle écrite d’organisation détaillant les
responsabilités et l’enchaînement des tâches ou des
Plan directeur provincial/préfectoral : plan qui activités nécessaires à la réalisation d’une activité ou
fixe les principales orientations en matière de gestion d’un service.
des déchets et qui propose une combinaison cohé- Récupération : opération qui consiste à collecter et/
rente d’options pour les différentes étapes de la gestion ou à trier des déchets en vue d’une valorisation des
des déchets aux niveaux provincial/préfectoral. biens et matières les constituant.

Point d’apport volontaire : emplacement en accès Recyclage : récupération des matières ou des pro-
libre équipé d’un ou de plusieurs conteneurs destinés à duits pour les réutiliser sous leurs formes d’origine ou
déposer volontairement des déchets. Ces déchets sont les réintroduire dans la fabrication de produits d’une
préalablement séparés par leurs producteurs dans le composition similaire.
cas d’une collecte sélective.
Principe pollueur/payeur : principe selon lequel
Points noirs : endroits où s’accumulement des dé- les frais résultant des mesures de prévention, de ré-
chets sans être collectés, observés le plus souvent dans duction de la pollution
des terrains non bâtis ou sur des voies publiques mal
et ou non desservies par le système de collecte.
16
Réduction à la source : processus permettant de Traitement : ensemble de procédés visant à réduire
s’assurer, pour des fonctions requises identiques, que dans des conditions contrôlées le potentiel polluant
le poids et/ou le volume d’emballages primaires et/ou initial, la quantité ou le volume de déchets. Processus
secondaires et/ou tertiaires ont été minimisés tout en physiques, thermiques, chimiques ou biologiques, y
garantissant le maintien de l’acceptabilité par l’utilisa- compris le tri, qui modifient les caractéristiques des
teur, réduisant ainsi l’impact sur l’environnement. déchets de manière à en réduire le volume ou le carac-
tère dangereux, à en faciliter la manipulation ou à en
Réemploi : toute opération par laquelle des produits favoriser les valorisations.
ou des composants qui ne sont pas des déchets sont
utilisés de nouveau pour un usage identique à celui Tri à la source : opération de séparation des déchets
pour lequel ils avaient été conçus. par catégories sur leurs lieux de production.

Rendement standard : grandeur qui caractérise la Valorisation énergétique : toute valorisation issue
production, la rentabilité et la performance par rap- de l’utilisation d’une source d’énergie résultant du trai-
port à une norme ou à une unité de mesure. tement des déchets. L’énergie disponible se présente,
soit sous forme d’un combustible gazeux, liquide ou
Renfort-réserve : ensemble des moyens supplémen- solide, soit sous forme de vapeur produite à partir de
taires par rapport à ceux mis en service, et concernant la chaleur contenue dans les fumées de combustion.
en particulier les camions de collecte et les conteneurs.
Le renfort-réserve est utilisé pendant des périodes ex- Valorisation matière ou recyclage : opération vi-
ceptionnelles (pannes et accidents des véhicules, fêtes, sant à introduire les matériaux provenant de déchets
festivités, extension de la ville, période d’été, reprise dans un cycle de production en remplacement total
du service à l’issue de grèves..) ou partiel d’une matière première vierge. Le recyclage
peut intervenir dans le même cycle de production
Repasse : deuxième passage du camion de collecte que le produit d’origine (cas typique du verre et des
pendant la même journée du service. métaux), ou dans un cycle différent. Cette opération
implique la transformation d’un déchet en matière
Réutilisation : toute opération par laquelle des subs- première, dite matière première secondaire.
tances, matières ou produits qui sont devenus des dé-
chets sont utilisés de nouveau. Valorisation : terme générique recouvrant le réem-
ploi, la réutilisation, la régénération, le recyclage, la
Taux de recyclage : rapport entre les quantités de valorisation organique ou la valorisation énergétique
déchets collectés puis recyclés et les quantités totales des déchets.
de déchets générés, sur une période et une zone géo-
graphique données.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

17
Voirie : élément du domaine public, constitué par
l’ensemble du réseau de voies de circulation terrestre.

Zone homogène : segment dans lequel les carac-


téristiques de l’occupation du sol sont constantes ou
semblables.


18

Introduction
L’élaboration du présent manuel de formateur s’inscrit dans le cadre de la capitalisation sur les
formations réalisées au profit des cadres techniques communaux, chargés de la gestion des
déchets ménagers et assimilés (DMA), dans lecadre d’un programme de formation annuel.

Ce programme qui vise l’accompagnement de la mise en œuvre du Plan National de Gestion


des Déchets Ménagers et Assimilés (PNDM), a été mis en place et réalisé par le Ministère
délégué chargé de l’Environnement, en partenariat avec la Direction Générale des Collecti-
vités Locales (Direction de la Formation des Cadres Administratifs et Techniques (DFCAT)
et Direction de L’Eau et de l’Assainissement (DEA)), dans le cadre de l’appui du Programme
de Gestion et de Protection de l’Environnement (PGPE) de la coopération allemande (GIZ)
au MdE.

Dans l’objectif de pérenniser ces formations et les dispenser à de nouveaux bénéficiaires, une
formation d’un nouveau noyau de formateurs internes des collectivités locales, est prévue
d’être concrétisée avec l’appui du projet CoMun (Coopération Municipale des Villes) piloté
par la GIZ en partenariat avec la DGCL.

Dans ce contexte, ce manuel est conçu pour outiller ces formateurs et répondre à leurs be-
soins techniques en matière de préparation et d’animation des formations sur la gestion inté-
grée des DMA. Les sous-thèmes développés

Module 1: Contexte de la gestion des DMA au Maroc;


Module 2: Etude et montage des services de collecte -nettoiemen
Module 3: Tri à la source et la collecte sélective;
Module 4: Filières de valorisation et de recyclage dans ce document sont
répartis en quatre modules, ci-après:

Ce manuel fournit des éléments méthodologiques et techniques, sur la gestion intégrée des
DMA, et s’aligne avec les nouvelles orientations de la réforme de ce secteur engagée par le
Gouvernement, qui est orientée vers la réduction du volume de mise en décharge par la mise
en place des Centres d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) et ce par l’adoption d’une
collecte sélective des déchets en amont et le développement des filières de valorisation et de
recyclage.

Un accent a été mis en particulier sur les aspects relatifs à la conception, le dimensionnement
des services de collecte-nettoiement et de collecte sélective ainsi que les tableaux de bords de
suivi- évaluation et d’analyse de la performance.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

19

Modules
Module
Module1. 1. Contexte de la gestion
Contexte de la ménagers
des déchets gestion desetdéchets
assimilés
ménagers
au Marocet assimilés au Maroc
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

21

1.1 Aspects juridiques


1.1.1 Charte communale

La charte communale du 30 septembre 1976 confie aux collecti- -Enrichir les compétences et le régime des ressources des collec-
vités locales l’assainissement tant liquide que solide. En effet, l’ar- tivités locales ;
ticle 30 du dahir n° 1-76-583 relatif à l’organisation communale -Modifier le statut originel des communes en les dotant d’une
dispose que « Le Conseil Communal règle par ses délibérations plus large responsabilité (charte communale de 1976) ;
les affaires de la commune et, à cet effet, décide les mesures à -Adapter la charte communale aux réalités géographiques, ur-
prendre pour assurer à la collectivité locale son plein développe- baines, démographiques, économiques et sociales du Royaume ;
ment économique, social et culturel. » Pour ce faire, « Il décide de -Recomposer la commune autour d’unités plus réduites, proches
la création et de l’organisation des services publics communaux de la population et attentives aux besoins sociaux (découpage de
et de leur gestion soit par voie de régie ou de régie autonome, soit 1992) ;
par concession. » -Trouver les périmètres d’une gestion optimale, en particulier au
La charte communale a connu de nombreuses réformes qui niveau des communes rurales (charte communale 2002) ;
s’inscrivent dans une stratégie de décentralisation. Il s’agit no- -Permettre aux citoyens de participer plus activement au déve-
tamment de: loppement des collectivités (Charte Communale 2002).
-La première charte communale : Loi du 3 juin 1960 décret du 2
décembre 1959; 1.1.2 Textes de lois relatifs à la gestion des
-La seconde charte communale : Loi du 30 septembre 1976;
-Le nouveau découpage des communes (décret du 30 juin 1992) déchets et à leur élimination
qui a eu pour résultat de multiplier le nombre des communes
par deux ; La loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimina-
-La nouvelle charte communale : Loi n° 78-00 du 3 octobre 2002, tion, promulguée par le dahir n° 1-06-153 est venue renforcer,
cette nouvelle version de la charte communale confie aux collec- depuis son application le 22 novembre 2006, le cadre juridique
tivités locales la compétence en matière de fourniture des services marocain relatif à la gestion des déchets.
publics locaux qui incluent le service de collecte, de transport et La loi 28-00 pose les règles et les principes fondamentaux qui
d’élimination des déchets ménagers et assimilés. Les communes permettent de faire face à la problématique des déchets ménagers
peuvent gérer ces services directement, en régie ou les confier à et assimilés, industriels, médicaux et dangereux. Elle définit les
des opérateurs privés en gestion déléguée ou dans le cadre des différents types de déchets, spécifie leur mode de gestion et pré-
Sociétés de Développement Local (SDL) qu’elles peuvent créer cise le niveau de leur prise en charge.
avec des personnes morales de droit public ou privé. Son objectif est de prévenir des effets nocifs des déchets sur la
Ces mesures réglementaires ont été adoptées dans le but d’at- santé publique et l’environnement en général. Pour cela, les dis-
teindre les objectifs suivants : positions énoncées par cette loi sont les suivantes:
22
-Réduction de la production des déchets et la prévention de leur La loi prévoit également le contrôle par le biais d’agents dési-
nocivité ; gnés par les autorités chargées de l’industrie et de l’environne-
-Organisation des prestations de collecte, transport, stockage, ment. En cas de non-conformité, les contrevenants sont passibles
traitement des déchets et de leur élimination de façon économi- d’amendes allant de 10.000 à 500.000 DH.
quement viable et appropriée ; 1.1.4 Loi-cadre n°99-12 portant Charte Na-
-Valorisation des déchets de manière à en obtenir des matériaux
réutilisables ou de l’énergie ; tionale de l’Environnement et du Développe-
-Planification nationale, régionale et locale en matière de gestion ment Durable
et d’élimination des déchets ;
La loi-cadre tient compte des engagements relatifs à la protection
-Information du public sur les effets nocifs des déchets ainsi que
de l’environnement en faveur d’un développement durable.
sur les mesures de prévention ou de compensation de ces effets ;
Elle intègre les principes, les droits, les devoirs et les engagements
-Responsabilisation de la commune en matière de gestion des
proclamés par la Charte Nationale de l’Environnement et du Dé-
déchets ménagers et assimilés ;
veloppement Durable. Elle vise également à combler les lacunes
-Organisation de l’élimination des déchets en soumettant à auto-
juridiques existantes dans les domaines de la protection de l’en-
risation la création des décharges, en rendant obligatoire la réa-
vironnement et du développement durable et prévoir l’ensemble
lisation de décharges contrôlées et en prévoyant un échéancier
des objectifs fondamentaux que le gouvernement se propose de
pour la mise à niveau des décharges existantes ;
mener dans ces domaines.
-Elaboration d’un système de contrôle et de sanction des infrac-
Elle fixe les mesures législatives et réglementaires pour prévenir
tions commises dans ce domaine ;
et lutter contre toutes les formes de pollution. Ces mesures vi-
-Réglementation des délais de mise en place des installations de
sent généralement la révision du cadre législatif relatif aux études
tri, de traitement, d’élimination ou de valorisation des déchets,
d’impact sur l’environnement, dans le but notamment d’y inté-
ainsi que les prescriptions techniques concernant le tri, l’embal-
grer l’évaluation stratégique environnementale et la réforme du
lage, la collecte, le transport, le stockage, le traitement et l’élimi-
régime juridique des établissements où sont exercées les activités
nation des déchets et leur classification.
insalubres, incommodes ou dangereuses.
N.B. Les dispositions de la loi ne s’appliquent pas aux déchets Par ailleurs, la loi-cadre traduit la détermination du Royaume à
radioactifs, épaves maritimes, effluents gazeux ainsi qu’aux inscrire ses efforts de développement économique, social, cultu-
déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects rel et environnemental dans une perspective durable, en veillant
dans une eau superficielle ou nappe souterraine excepté les re- à ce que les stratégies sectorielles, les programmes et les plans
jets qui sont contenus dans des récipients fermés. d’action prévus soient menés dans le strict respect des exigences
de protection de l’environnement et du développement durable.
1.1.3 Loi 22-10 relative à l’utilisation et sacs et
sachets en plastiques dégradables ou biodé-
1.1.5 Décrets
gradables
La loi 22-10 relative à l’utilisation de sacs et sachets en plastique La mise en œuvre de la loi 28-00 a été accompagnée par l’adop-
dégradables ou biodégradables interdit l’importation, la déten- tion d’un ensemble de décrets. Il s’agit notamment du:
tion en vue de la vente, la mise en vente et la vente ou distribu- -Décret n° 2-07-253 du 18 juillet 2008 portant classification des
tion à titre gratuit. Elle fixe la composition des matériaux consti- déchets et fixant la liste des déchets dangereux;
tuant les sacs et sachets et plastique, la couleur et l’épaisseur du -Décret n° 2-09-139 du 21 mai 2009 relatif à la gestion des dé-
film, les caractéristiques de l’écotoxicité ainsi que la durée de vie chets médicaux et pharmaceutiques;
desdits sacs. La loi porte sur les indications relatives à la compo- -Décret n° 2-09-284 du 8 décembre 2009 fixant les procédures
sition, aux caractéristiques techniques et à la destination finale administratives et les prescriptions techniques relatives aux dé-
des sacs et sachets. charges contrôlées;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

23

-Décret n° 2-09-538 du 22 mars 2010 fixant les modalités d’éla- Gestion déléguée
boration du plan directeur national de gestion des déchets dan-
La gestion déléguée, ou « concession », est régie à travers un
gereux;
contrat par lequel une personne morale de droit public dénom-
-Décret n° 2-09-285 du 6 juillet 2010 fixant les modalités d’élabo-
mée « concédant » ou « délégant » délègue, pour une durée limi-
ration du plan directeur préfectoral ou provincial de gestion des
tée, la gestion d’un service public de nature économique dont elle
déchets ménagers et assimilés et la procédure d’organisation de
a la responsabilité morale de droit public ou privé, dénommée «
l’enquête publique afférente à ce plan;
concessionnaire » ou « délégataire » en lui reconnaissant le droit
-Décret n° 2-09-683 du 6 juillet 2010 fixant les modalités d’élabo-
de percevoir une rémunération ou de réaliser des bénéfices sur
ration du plan directeur régional de gestion des déchets indus-
ladite gestion.
triels, médicaux et pharmaceutiques non dangereux, des déchets
La gestion déléguée peut s’appliquer aux prestations de collecte
ultimes, agricoles et inertes et la procédure d’organisation de l’en-
et de nettoiement ainsi que celles de traitement et d’élimination
quête publique afférente à ce plan.
des déchets ménagers. L’exécution de ces services est confiée à
une société privée.
1.1.6 Modes de gestion des services des DMA La société délégataire réalise les investissements prévus dans les
pièces contractuelles (convention, offre du délégataire) qui les
Le conseil communal peut assurer la gestion directe : « régie di- lient avec le délégant (communes ou groupement de communes).
recte «, en vue d’en conserver la maîtrise totale ou préférer un Le règlement des prestations contractuelles objet de la gestion
contrôle de résultats dans le cadre d’une gestion déléguée. déléguée se fait par le délégant conformément aux dispositions
financières stipulées dans la convention et les cahiers des charges.
Gestion par régie
Sociétés de Développement Local (SDL)
Ce mode de gestion se présente sous deux formes :
Régie directe :
La Loi n°17-08 modifiant et complétant la charte communale in-
Il s’agit du mode de gestion dans lequel la commune intervient troduit un cadre légal pour les Sociétés de Développement Local
directement par ses propres moyens humains et financiers dans (SDL).
le cadre de son budget. La régie directe est plus utilisée par les Selon ladite loi, les collectivités locales et leurs groupements peu-
communes dans la gestion des services publics communaux, vent procéder à la création (ou à la prise de participation) d’une
notamment les services de propreté. La gestion par régie des SDL avec une ou plusieurs personnes morales de droit public
services de collecte et de nettoiement est limitée à la commune ou privé.
urbaine d’Agadir et les communes de petites tailles. Les articles de la Loi n°17-08 font référence aux éléments sui-
vants:
Régie Autonome :
-Objet de la SDL;
-Délibération du conseil de la collectivité locale et approbation
La régie autonome est créée par délibération du conseil commu- des autorités de tutelle du projet de la SDL;
nal ou du groupement de communes pour assurer la gestion de -Prise de participation des collectivités locales (minimum 34 %)
certains services publics locaux, et ce, à l’intérieur du périmètre et le capital détenu par les personnes de droit public (minimum
des collectivités concernées. Elle est dotée de l’autonomie finan- 51 %);
cière, de la personnalité morale, et d’un statut d’établissement -Interdiction pour la SDL de détenir des participations dans le
public local relevant de la commune. A titre d’exemple, le cas des capital d’autres sociétés;
régies autonomes de distribution de l’eau, l’assainissement et du -Modalités de versement d’indemnités au représentant de la col-
transport urbain. lectivité locale;
24

-Conflits d’intérêts; -Mandat de la SDL en matière de réalisation du projet et du suivi : en-


-Modalités en cas de suspension ou de dissolution du conseil commu- gagement des experts; choix des fournisseurs; passation des marchés;
nal; responsabilités de commercialisation et de gestion du
-Rétroactivité de la loi; projet;
-Affichage et publication -Responsabilités de financement des études et des projets;
-Responsabilités en termes de gestion financière, comptable et juri-
Eléments clés de la constitution d’une SDL dique;
Le projet d’une SDL doit faire l’objet d’une délibération du conseil de la -Prérogatives de contrôle de la commune;
collectivité locale et de l’approbation des autorités de tutelle. Par la suite -Obligations de la SDL;
sa constitution repose sur les statuts de la société et une convention de -Obligations de la collectivité locale;
mandat pour la réalisation de projets publics (maîtrise d’ouvrage) ou -Approbations d’opérations par la collectivité locale;
pour la gestion d’équipements publics. -Rémunération de la SDL;
-Modalités de résiliation, de cession, de substitution, de sous-traitance.
Statuts de la Société:
Pour la gestion d’équipements publics, la convention doit s’appuyer
La collectivité locale et les parties concernées doivent définir les statuts sur les éléments suivants:
de la société en vue d’arrêter les termes et conditions de leur partenariat -Objectifs essentiels et communs concernant la gestion et l’exploitation
et fixer les aspects liés à la création, à la gestion et au fonctionnement de de l’équipement communal;
la SDL. Les statuts de la société doivent référer aux éléments suivants: -Objet de la gestion;
-Capital social de la SDL; -Patrimoine de la gestion: biens de retour (mobiliers…), biens de re-
-Composition du conseil d’administration; prise (voitures, outillages, matériels informatiques…);
-Fonctionnement du conseil d’administration; -Obligations et responsabilités du gestionnaire.
-Nomination et pouvoirs du président;
-Nomination et pouvoirs du directeur général; *La collectivité locale devrait s’assurer, dans le cas de gestion d’équipe-
-Modalités de fonctionnement des assemblées; ment par une SDL, des points suivants:
-Modalités concernant les transferts de titres, la cession, la médiation, -Maintien des services pour les usagers;
l’arbitrage et la durée; -Respect de normes de qualité minimale des services;
-Formation d’un comité d’audit pour l’examen des documents suivants: -Etablissement de tarification de services à inclure dans la convention;
comptes annuels et semestriels; rapport de gestion et le projet de bud- -S’assurer de la préservation du patrimoine public;
get, dispositif de contrôle interne de la SDL; -S’assurer du retour du patrimoine à la collectivité locale ainsi que des
-Formation d’un comité pour le suivi du plan d’affaire comprenant les biens acquis par la SDL;
points suivants: plan de développement, montages techniques et finan- -Distinguer au sein des statuts de la société les fonctions du président
ciers. et de celles du directeur général en tenant compte du fait que le rôle du
premier est d’assurer la bonne conduite des affaires du conseil d’admi-
nistration tandis que le second doit se prévaloir de tous les pouvoirs
Convention de mandat exécutifs pour la bonne conduite de la société;
-S’assurer que la SDL produit des états financiers trimestriels, un plan
Pour la réalisation de projets publics (maîtrise d’ouvrage), la conven- d’affaires ou de développement et un audit annuel (vérification finan-
tion de mandat doit s’appuyer sur les éléments suivants : cière et de performance);
-Définition de la mission générale; -Mettre sur pied une commission de surveillance qui pourra requérir de la
-Planification du projet : études d’opportunités, études de faisabilité, SDL toutes informations et rapports sur ses activités;
études techniques;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

25

-Créer éventuellement une fédération des SDL comme il existe en Eu- 1.2.1 Ministère de l’Intérieur
rope pour les EPL (Entreprises Publiques Locales).
Le Ministère de l’Intérieur assure la tutelle hiérarchique
Encadré 1 : Expérience de la SDL de la Commune de Rabat des communes. La charte communale pose le principe de
Le conseil communal de Rabat a tenté la mise en place l’autonomie des communes en matière de gestion des dé-
d’une SDL dénommée Rabat Nadafa, sans succès. Il a voté chets ménagers et assimilés. Leurs budgets et leurs inves-
une résolution à l’unanimité en session de juillet 2012, pour tissements sont toutefois soumis au contrôle du Ministère
s’occuper de la propreté de la ville. La procédure de choix de l’Intérieur.
d’un partenaire privé a été lancée en août 2012, mais elle Par le biais de la Direction métier (DEA) qui relève de la
n’a été pas été approuvée par la wilaya en décembre 2012. DGCL, le Ministère de l’Intérieur assure l’encadrement
technique des collectivités locales du point de vue as-
Encadré 2 : Expérience de la SDL de la Commune de Casablanca sistance technique à la gestion des déchets, cahiers des
charges des gestions déléguées, etc.
Le conseil de la ville de Casablanca a procédé à la création La DEA se charge de plusieurs missions dont :
d’une SDL dénommée Casa Contrôle en septembre 2014. -La réalisation des études stratégiques et la définition des
Le Ministère des Finances, la commune urbaine et la région lignes directrices pour le développement du secteur des
du Grand Casablanca sont les principaux actionnaires. déchets au Maroc ;
La SDL a pour mission de se charger du contrôle de la ges- -La participation à l’élaboration des textes juridiques régis-
tion des déchets mais son champ d’intervention est prévu sant la gestion du secteur des déchets ;
d’être élargi à d’autres services concédés (contrôle de l’ex- -L’assistance aux collectivités locales à travers l’élaboration
ploitation des abattoirs, respect des cahiers des charges de schémas directeurs de la gestion des déchets, la forma-
par les autres délégataires de services, notamment dans le tion des cadres en charge du secteur, la mobilisation des
transport et la distribution de l’eau et d’électricité, contri- fonds notamment pour la mise en place des projets pilotes
bution à l’élaboration des cahiers des charges des futures et le transfert de la gestion au secteur privé ;
concessions.) -L’évaluation et le contrôle de la gestion déléguée ;
La SDL «Casa Contrôle» est dotée d’un capital de 15 MDH -Soutien au choix de site des décharges, création des CEV,
et dont le conseil d’administration est présidé par le Wali. réhabilitation et amélioration de la gestion des décharges
En ce qui concerne la répartition des capitaux, 10 millions existantes, …
sont souscrits par le Ministère des Finances et la commune
urbaine et le reste est apporté par le conseil de la région et
la préfecture du Grand Casablanca. 1.2.2 Ministère délégué Chargé de l’Environ-
nement

1.2 Aspects institutionnels


Le MdE est l’autorité gouvernementale chargée de l’élabo-
ration et de la mise en œuvre de l’action gouvernementale
dans le domaine de gestion de l’environnement. Sa mission
Au Maroc, le secteur des déchets ménagers et assimilés consiste à animer, susciter, promouvoir et coordonner, en
connaît l’intervention de plusieurs institutions: collaboration avec les Départements ministériels concer-
nés, l’action gouvernementale en la matière.
26
Les principales attributions se résument à : Les collectivités locales au Maroc sont nombreuses. Elles
-Renforcer le cadre institutionnel et juridique dans le do- ne suivent pas toutes les mêmes règles de fonctionnement
maine de l’environnement ; et n’ont pas le même statut.
-Mettre en place les instruments appropriés de surveillance
continue et de contrôle de l’état de l’environnement ; 1.2.4 Région
-Formuler des avis sur les projets de développement ayant La Région est un cadre géographique permettant l’élabora-
des implications sur l’environnement et sur leur étude tion et la mise en œuvre d’une politique d’aménagement du
d’impact sur l’environnement ; territoire. Elle peut également être considérée comme une
-Prévenir la lutte contre toutes formes de pollution et nui- institution permettant une représentation des populations
sances pouvant porter atteinte à la santé de la population ; concernées par le développement régional.
-Procéder aux contrôles qui lui sont dévolus par la législa-
tion en vigueur et d’assister les personnes morales de droit Dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la consti-
public ou de droit privé en matière d’environnement ; tution, trois lois organiques relatives à la régionalisation avancée
-Intégrer la dimension Environnement dans les pro- ont été adoptées. Il s’agit de:
grammes de développement et notamment ceux de l’édu- -La loi organique 111-14 relative aux régions;
cation, de la formation, de la recherche et de l’information ; -La loi organique 112-14 concernant les préfectures et les pro-
-Contribuer à l’assistance technique des communes en ma- vinces;
tière de gestion des déchets (établissement des Plans Di- -La loi organique 113-14 sur les communes.
recteurs : Termes de référence, suivi des missions, etc.), à Ces lois organiques se réfèrent aux dispositions de l’article 146
la gestion des décharges études de faisabilité des décharges, de la constitution et aux Hautes orientations Royales et visent
étude des décharges contrôlées, travaux, exploitation, réha- le renforcement de la démocratie locale, l’élargissement du rôle
bilitation des décharges existantes, mise à niveau, etc.) et à des collectivités territoriales dans le développement, la concep-
la mise en œuvre et au suivi des conventions de partenariat tion de mécanismes de renforcement de la participation dans la
visant la protection du milieu naturel et l’amélioration du gestion de la chose locale, l’efficacité dans la gestion locale et la
cadre de vie des citoyens ; mise en œuvre des principes et règles de la bonne gouvernance
-Contribuer à la réalisation de la stratégie nationale et la prévues par la Constitution. œuvre des principes et règles de la
planification du développement des filières en fonction des bonne gouvernance prévues par la Constitution.
enjeux environnementaux et des priorités nationales ; Ces lois placent la région au centre de l’édifice institutionnel du
-Développer toutes activités en matière de coopération ré- pays, harmonisent davantage la Charte communale actuelle avec
gionale et internationale dans ce secteur. les dispositions de la Constitution, consolide la place des Pro-
vinces et des Préfectures en les séparant des services de l’admi-
1.2.3 Collectivités Locales nistration territoriale relevant de l’Etat et en les dotant d’attribu-
tions dans les domaines du développement et de l’efficacité.
Les collectivités locales au Maroc sont, selon la constitution Ces lois comportent plusieurs nouveautés, dont notamment :
du Royaume : « les Régions, les Préfectures, les Provinces -la prise des décisions au sein de ces conseils, la consécration du
ainsi que les Communes. Toute autre collectivité locale est principe de la gestion autonome qui confère à ces collectivités
créée par loi. Elles élisent des assemblées chargées de gérer territoriales, dans la limite de leurs prérogatives, le pouvoir de
démocratiquement leurs affaires. » délibération de manière démocratique, le pouvoir d’exécuter les
Ces collectivités locales sont dotées de la personnalité mo- conclusions de leurs délibérations et décisions et la promotion de
rale et de l’autonomie financière. la présence et de la contribution de la femme;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

27
-des attributions autonomes, d’autres qu’elles partagent avec l’Etat 1.2.5 Préfectures et Provinces
ou qui leur sont transférées par l’Etat, sur la base des principes de
subsidiarité et de suppléance pour la définition des prérogatives La Préfecture ou la Province constitue le deuxième niveau de dé-
communes et transférées. Elles établissent une corrélation entre centralisation territoriale. La notion de Préfecture est attribuée
le contrôle administratif et les aspects relatifs à la légalité de ces aux ensembles urbains et celle de Province aux circonscriptions
décisions, outre l’adoption de la règle du contrôle à posteriori; plutôt rurales.
-des mécanismes d’action à travers la création d’une Agence
régionale pour la mise en œuvre de projets et la possibilité de Le Conseil Préfectoral ou Provincial veille à la protection de l’en-
mettre en place des sociétés de développement. Dans les grandes vironnement.
villes, les communes peuvent mettre sur pied une Agence com-
munale destinée à l’exécution de projets; Les plans directeurs provinciaux et préfectoraux constituent une
- détermination claire des sources financières; occasion pour l’engagement de ces collectivités dans le secteur
- stipulent que le Président du Conseil est l’ordonnateur du bud- des déchets
get de la région. Ce budget sera ventilé en fonction des projets
durant trois ans; 1.2.6 Communes
- l’activation du Fonds de la qualification sociale et du Fonds de
la solidarité entre les régions, qui a pour vocation de réduire les La Commune à travers son Conseil Communal doit veiller
disparités régionales et la consécration des règles de la bonne à la préservation de l’hygiène, de la salubrité et de l’envi-
gouvernance relatives à une application idoine du principe de la ronnement. Le Conseil Communal présente des proposi-
gestion libre de la chose régionale, le contrôle de la gestion de ces tions, des suggestions et émet des avis comme par exemple
fonds et l’évaluation des mesures de réédition des comptes. proposer à l’état ou autre personnes morales les actions à
entreprendre pour promouvoir le développement écono-
Selon la constitution de 2011 du Royaume, la Région est mique social et culturel de la commune.
dotée d’une autonomie (financière et administrative) au En ce qui concerne le secteur des déchets, le Conseil Com-
même titre que les autres collectivités locales et dispose de munal décide du mode de gestion approprié et mobilise les
larges prérogatives, notamment l’élaboration du schéma moyens nécessaires pour le fonctionnement d’un tel sys-
d’aménagement du territoire et le plan de développement tème : collecte, transport, traitement et mise en décharge,…
économique, social et culturel, la protection de l’environ- Il décide des modes de gestion des déchets ménagers et as-
nement. similés par régie ou toute autres formes (gestion déléguée,
La gestion des déchets industriels et agricoles relève de la création de SDL).
compétence de la Région. Cependant, les moyens mis à La gestion des grandes villes est assurée par des Conseils
disposition de ces collectivités sont limités pour pouvoir de villes qui reprennent quelques fonctions des anciennes
assurer son intervention avec les acteurs concernés notam- Communes urbaines (actuels Arrondissements).
ment les industriels et les exploitants agricoles.
28

1.3 Données générales sur la


GDMA au Maroc
1.3.1 Quantité et caractéristiques des déchets
ménagers et assimilés
Tonnage des déchets au Maroc :
La croissance démographique avec l’urbanisation rapide, l’amé-
lioration du niveau de vie et l’évolution des modes de consom-
mation, ont entraîné ces dernières années, une augmentation de
la production des déchets ménagers au Maroc, estimée globale-
ment aux environs 6,9 millions de tonnes/an.
Par conséquent, la gestion des déchets ménagers constitue l’une
des préoccupations majeures du Royaume avec une production
annuelle estimée à 5,5 millions de tonnes en milieu urbain, soit
en moyenne 0,76 kg/hab/jour. Celle des déchets ruraux est de
l’ordre de 1,6 millions de tonnes/an, soit 0,3 kilo par jour par ha-
bitant.
Des variations notables sont constatées d’une région à l’autre,
d’une ville à l’autre et d’un quartier à l’autre en fonction du niveau
socio-économique, de la saison et du taux de collecte.
Situation des déchets jusqu’aux années 2000 :
Jusqu’au début des années 2000, la gestion des DMA était ca-
ractérisée par une insuffisance de collecte, de nettoiement, de
mise en décharge contrôlée et de valorisation. En effet, ils étaient
souvent éliminés dans des décharges sauvages ou encore dans
des points noirs et dans les cours d’eau, sans aucun traitement. Composition des déchets :
Cette situation engendrait de graves conséquences aussi bien sur La composition des déchets est un élément important à in-
la santé publique que sur l’environnement. tégrer dans le choix du matériel, des équipements et des
Taux de collecte : modes de traitement à mettre en place. Sur le plan quali-
Le taux moyen de la collecte des déchets ménagers est évalué à tatif, on note une prédominance des matières organiques
environ 80 % en milieu urbain. Ce taux est très faible en milieu (près de 70 % du poids total), une forte teneur en humidité
rural où la majorité des déchets est acheminée vers les décharges (environ 67%) et un faible pouvoir calorifique se situant
sauvages sans aucun traitement au préalable, ni aménagement entre 850 et 950 kcal/kg.
des sites réceptacles
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

29

Taux de recyclage :
1.3.2 Stratégie et plan d’action de la GDMA
Le taux de recyclage des déchets au niveau national est de
l’ordre de 10% par rapport à la quantité globale des déchets Pour faire face aux défis posés par la gestion des DMA, rat-
urbains collectés, estimée aux environs de 850 000 T/an. traper le retard accumulé en la matière et œuvrer pour la
Le développement de ce secteur reste jusqu’à présent très professionnalisation de ce secteur, plusieurs mesures et ini-
limité. Les principales filières de recyclage des déchets mé- tiatives ont été entreprises par le gouvernement marocain
nagers et assimilés concernent les plastiques, les papiers/ au cours de la dernière décennie, dont :
cartons, le verre et la ferraille. -Promulgation de la loi 28-00 relative à la gestion des dé-
chets solides et à leur élimination;
-Elaboration et mise en place d’un Programme National
des Déchets Ménagers (PNDM) pour financer la mise à
niveau du secteur ;
-Réforme de la fiscalité locale visant l’amélioration des fi-
nances municipales, pour faire face aux besoins accrus en
matière de services communaux dont le secteur des dé-
chets ;
-Lancement des plans provinciaux de gestion des déchets
ménagers et promotion des systèmes de gestion intégrée
Le cycle de gestion des DMA comprend l’ensemble des opé- basés sur la réduction à la source ;
rations de collecte, de nettoiement, de transport, de traite- -Constitution d’une banque de données sur les équipe-
ment/valorisation et d’élimination des déchets ménagers et ments et les installations d’élimination des déchets au Ma-
assimilés. Ces opérations doivent être réalisées de manière roc ;
à réduire les effets des déchets sur la santé humaine, l’envi- -Professionnalisation du secteur par le recours à des opé-
ronnement et l’esthétique. rateurs privés.
30
Le PNDM

Le PNDM s’inscrit dans le cadre de la politique de réforme et de Pour ce qui est de la soutenabilité institutionnelle et fi-
développement du secteur des déchets ménagers. Ce programme nancière des services de gestion des déchets ménagers,
a été élaboré conjointement par le Ministère délégué chargé de les actions retenues portent sur :
l’Environnement et le Ministère de l’Intérieur.
Le PNDM a bénéficie à ce jour d’un appui programmatique de 2. L’approbation par le conseil du gouvernement du
la Banque Mondiale à travers quatre prêts de politique de déve- projet de Loi Organique sur l’organisation des collecti-
loppement de 100 millions d’euros chacun. Au titre de ce pro- vités territoriales confirmant la compétence propre de la
gramme, 350 villes et centres urbains seront dotés de décharges commune sur la gestion intégrée des déchets ménagers
contrôles, 220 décharges non contrôlées seront réhabilitées et et assimilés, et introduisant des entités institutionnelles
300 communes bénéficieront de l’amélioration des services de intercommunales/régionales aptes à améliorer la plani-
collecte et de nettoiement à travers la délégation de la gestion de fication, le développement et la fourniture des services
ces services à des opérateurs professionnels. de déchets ménagers et assimilés. Ce projet de Loi Orga-
Ce programme est ventilé sur 15 ans et réparti comme suit : nique est en cours d’examen et validation ;
3. Le lancement par le ministère de l’Intérieur d’un
2008-2012 : Phase d’initialisation qui permet d’intégrer les programme pluriannuel d’assistance technique des
projets en cours aux projets prioritaires : collectivités territoriales pour les appuyer à établir des
-Amélioration de la gouvernance du secteur des DMA ; groupements d’agglomération et des groupements de
-Soutenabilité financière des services de gestion des DMA ; communes pour la professionnalisation de la gestion des
-Amélioration de la prise en charge des dimensions environne- déchets ménagers et assimilés.
mentale et sociale
2012-2017 : Phase de montée en charge ; 4. La signature par le Trésorier Général d’une décision
Les opérations de cette phase s’articulent autour des quatre do- organisant les services de conseil aux collectivités ter-
maines de réforme, portant sur l’amélioration de la gouvernance ritoriales par la Trésorerie Générale du Royaume pour
du secteur, la soutenabilité institutionnelle et financière des ser- améliorer la mobilisation du potentiel fiscal et les reve-
vices de gestion des déchets ménagers, l’amélioration des perfor- nus des sources locales.
mances environnementales et sociales du secteur, et le dévelop- Dans la perspective d’améliorer la mobilisation du po-
pement des filières de valorisation. tentiel fiscal et les revenus des sources locales, la Tré-
sorerie Générale a mis en place un système de gestion
Concernant l’amélioration de la gouvernance du secteur,
intégrée de la dépense publique étendu aux collectivités
les actions prévues concernent essentiellement :
territoriales, ce système qui sera opérationnel en 2015,
1. L’adoption par la Commission Nationale du Pro- constitue un nouvel outil pour connaître en temps réel
gramme National des Déchets Ménagers de l’utilisation la situation financière des communes.
des rapports d’évaluation citoyenne comme critère d’éli-
S’agissant de la troisième composante relative à l’amélio-
gibilité pour l’appui financier aux collectivités territo-
ration des performances environnementales et sociales
riales.
du secteur, l’action prévue porte sur :
Il est à signaler que la CN-PNDM a adopté, en date du
23 octobre 2012, l’outil ‘’Evaluation Citoyenne’’ comme
critère d’éligibilité pour l’appui financier.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

31

5. La signature d’un décret instituant la police de l’en- -Moderniser le secteur des déchets par la professionnalisa-
vironnement en application des dispositions de la Loi tion du secteur ;
Cadre sur l’Environnement et le Développement Du- -Développer la filière de « tri-recyclage-valorisation », avec
rable. des actions pilotes de tri, pour atteindre un taux de 20 % du
-Une étude sur la police de l’environnement est ache- recyclage en 2020 ;
vée, et un projet de décret a été élaboré avec l’appui de la -Former et sensibiliser tous les acteurs concernés par la
Banque Mondiale et il est cours d’examen au niveau du problématique des déchets.
Secrétariat Général du Gouvernement. Consistance du programme
-Formation des inspecteurs, contrôleurs et procureurs et
élaboration d’un manuel de procédures de contrôle en- Le PNDM devra se matérialiser par :
vironnemental ;
-Mise en place d’un mécanisme de coordination entre -L’accompagnement et le soutien financier des collectivi-
les différents acteurs. tés locales pour l’élaboration de leurs plans directeurs de
En ce qui concerne le développement des filières de va- GDMA;
lorisation, les actions prévues sont : -La réalisation de décharges contrôlées des déchets ména-
gers et assimilés au profit de tous les centres urbains 100 %
6. La mise en place et l’opérationnalisation d’une entité en 2020 ce qui correspond environ à 74 décharges;
de gestion des filières, dotée d’une gouvernance impli- -La réhabilitation de toutes les décharges non contrôlées, la
quant les acteurs clefs (l’Etat, les collectivités territo- professionnalisation des prestations de collecte et de net-
riales, les éco-contribuables, l’industrie du recyclage, le toiement pour environ 300 centres ainsi que le
secteur informel). renforcement des capacités des cadres et techniciens opé-
7. L’allocation d’au moins 20 % des produits des écotaxes rant dans le domaine de la GDMA.
au développement et la mise en œuvre de programmes/ En outre, des centres de tri seront installés au niveau des
activités de recyclage ciblant les chiffonniers, avec une CEV (Centres d’Elimination et de Valorisation)avec l’orga-
attention spécifique sur la dimension genre. nisation et la socialisation des activités de tri, récupération
et de valorisation.
Objectifs du PNDM :
Coût du programme
Le PNDM vise essentiellement à :
-Généraliser les plans directeurs de gestion des déchets L’enveloppe globale allouée au PNDM est de 40 milliards
ménagers et assimilés pour toutes les préfectures et pro- de dirhams. Elle est programmée sur une période de 15 ans
vinces du Royaume ; et répartie comme décrit dans le tableau 1 ci-après :
-Assurer la collecte et le nettoiement des déchets ménagers
pour atteindre un taux de collecte de 85% en 2016, de 90 %
en 2020 et 100% en 2030 ;
-Réaliser les centres d’enfouissement et de valorisation des
déchets ménagers et assimilés au profit de tous les centres
urbains (100%) en 2020 ;
-Réhabiliter ou fermer toutes les décharges existantes
(100%) en 2020 ;
32

Tableau 1 : Répartition des coûts du PNDM (source: Ministère délégué chargé de l’Environnement)

Plan de financement
Les collectivités locales contribuent au financement du
PNDM à raison de 73 % du coût global, le Budget de l’Etat
est de 9 %, de la coopération internationale à hauteur de 4
%, les redevances des déchets ainsi que d’autres taxes à hau-
teur de 12 % et les Mécanismes de Développement Propre
(MDP) à hauteur de 3%.

Etat d’avancement
Le Ministère de l’Intérieur poursuit, en partenariat avec
le Ministère délégué chargé de l’Environnement (MdE) et
avec le concours de la Banque Mondiale, l’accompagne-
ment des Collectivités Locales pour réaliser les objectifs
du PNDM, à travers le développement des axes inscrits au
niveau de la deuxième phase de ce programme. Ces axes
Le Ministère de l’Intérieur et le Ministère délégué chargé
concernent essentiellement la gouvernance du secteur, la
de l’Environnement ont placé l’agenda d’une gestion du-
soutenabilité institutionnelle et financière des services des
rable des DMA, parmi leur priorités et ont adopté une dé-
déchets ménagers, le contrôle et le suivi environnemental
marche progressive et intégrée comportant :
ainsi que le développement des filières de valorisation des
déchets.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

33

-Création en cours d’une unité de gestion des filières au -Le nombre actuel de Centre d’Enfouissement et de Valo-
sein du MDE et qui aura la responsabilité de planifier, risation (CEV) est de 19 : Fès, Oujda, El Jadida, Essaouira,
concevoir et de mettre en place des filières de recyclage Rabat, Berkane, Figuig, Guelmim, Al Hoceima, Agadir,
financièrement viables et d’assurer le monitoring de leurs Nador, Dakhla, Mohammedia, Laayoune, Ifrane, Smara,
performances économiques; M’Dieq-Fnideq, Safi et Khouribga ;
-6 Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) en
-Etude en cours de réalisation sur la gouvernance de la fi- cours de construction à Marrakech, Tanger, Casablanca,
lière tri-récupération des DMA, et qui concerne les moda- Ouarzazate, Khénifra et Meknès ;
lités et les procédures d’utilisation des fonds collectés par
les écotaxes: -9 Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) en
• Analyse du mode de gouvernance de la filière de tri-récu- cours de lancement : Taza, Béni Mellal, Kénitra, Larrache,
pération des déchets ménagers et assimilé; Tiznit, Boujdour, Sidi Ifni, Sefrou et Tétouan ;
• Définition des critères d’éligibilité et mode de gouver-
nance des projets appuyés par les ressources de l’écotaxe, -9 Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) pro-
en cours de validation. grammés en 2016 : Ouezzane, Taroudant, Chtouka Aït
Baha, El Hajeb, Sidi Kacem, Targuist, Ghafsaï, Ferklat-
-Elaboration d’un Business pour la gestion de la filière des Gheriss et Assa-Zag ;
déchets d’emballage plastiques, ayant pour objectif de pla-
nifier les activités de tri et de recyclage et définir un pipe- - 23 décharges non contrôlées réhabilités ;
line de projets à lancer. Ce travail a permis :
• La caractérisation du gisement de déchets d’emballages; - 11 décharges sauvages en cours de réhabilitation ;
• La définition du système de mobilisation du gisement ;
• Le montage institutionnel ; - 31 décharges sauvages en cours de Lancement ;
• L’estimation des coûts et des ressources nécessaires
• Les activités à mener; - 38 décharges sauvages programmées en 2016 ;
• Les mesures d’accompagnement et les incitations à mettre
en place. - Elaboration de 65 plans directeurs provinciaux de ges-
tion des déchets (13 achevés, 12 en cours d’achèvement, 35
Le PNDM a permis d’atteindre les résultats suivants : en cours et 5 en cours de lancement.

-Augmentation du taux de collecte professionnalisée à 85,2


% contre 44% avant 2008 ;

-Augmentation du taux de mise en Centre d’Enfouissement


et de Valorisation (CEV) pour atteindre 40,25 % (2,24 MT)
des déchets ménagers produits, contre 10 % avant 2008 ;
34

Collecte et nettoiement :

Mise en décharge :

Etat du site de l’ancienne décharge après réhabilitation et fermeture

Valorisation :
- 2 expériences pilotes au Maroc de valorisation énergé-
tique du biogaz dans les décharges contrôlées des villes
d’Oujda et de Fès ;

Equipements de valorisation énergétique dans la Décharge contrôlée de


Fès

-1er centre de tri au Maroc dont la gestion confiée à une


Coopérative de récupérateurs avec l’assistance technique
de la société délégataire de la Décharge contrôlée inter-
communale d’Oum Azza à Rabat.
Etat initial de l’ancienne décharge publique de Fès
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

35

Indicateurs sectoriels et de performance


36

Thème   Indicateur   A  fin  juin   Unité  


2015  
Population   Population  totale   33.848   Millions  
d'hab.  
Population  urbaine   20.44   Millions  
Population  rurale   13.42   d'hab.  
Population   desservie   par   un   service   professionnalisé   de   16,34   Millions  
collecte  (*)   d'hab.  
 Déchets   Quantité  de  DMA  produits  au  Maroc  annuellement   7.03   Millions  de  t  
Quantité   de   DMA   produits   par   la   population   urbaine   5.56   Millions  de  t  
annuellement  
Quantité   de   DMA   produits   par   la   population   rurale   1,47   Millions  de  t  
annuellement  
Quantité   de   DMA   produits   par   habitant   urbain   0,28   t/hab/an  
annuellement  
Service   Quantité   de   DMA   totaux   collectés   professionnellement   4.73   Millions  de  t  
(gestion  assurée  par  une  société  privée)  annuellement  
Quantité   de   DMA   mis   en   centres   d’enfouissement   et   de   2.23   Millions  de  t  
valorisation  CEV  annuellement  (CEV  en  exploitation)  
Coûts   Coût  annuel  du  service  professionnalisé  de  collecte   2396.72   MDH  
Coût   annuel   de   mise   en   centres   d’enfouissement   et   de   208.03   MDH  
valorisation  CEV  
Coût   moyen   du   service   professionnalisé   de   collecte   d'une   544   DH  
tonne  de  DMA  
Coût   moyen   de   mise   en   centres   d’enfouissement   et   de   113.8   DH  
valorisation   CEV   d'une   tonne   de   DMA   (décharge   en  
exploitation)  
  (*)  desservie  par  un  opérateur  privé.      
 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

37

Thème   Indicateur  
    2016   2020  
Taux  de  collecte  des  DMA  dans  les  centres  urbains   85%   90%  
Taux   d'enfouissement   dans   des   centres  
Objectifs   d’enfouissement   et   de   valorisation   pour   les   DMA   85%   100%  
chiffrés   urbains  
Taux   de   réhabilitation   et   de   fermeture   des   décharges  
    100%  
spontanées  existantes  
Taux  de  tri  des  matériaux  recyclables       20%  
         A  fin  juin  2015     Unités  

Nombre   de   provinces/préfectures   ayant   un   plan  


10  
directeur  déchets  achevé   U  
Nombre   de   provinces/préfectures   ayant   un   plan  
50   U  
directeur  déchets  en  cours  
Taux  de  collecte  professionnalisée  (gestion  assurée  par  
85.2   %  
le  privé)  des  DMA  dans  les  centres  urbains  
Nombre   de   communes   bénéficiant   d'un   service  
152   U  
professionnalisé  de  collecte  
Progrès   Nombre   de   contrats   de   service   professionnalisé   de  
réalisés   108   U  
collecte  
Taux   d'enfouissement   dans   des   centres  
d’enfouissement   et   de   valorisation   pour   les   DMA   40.25%   %  
urbains  (CEV  en  exploitation)  
Nombre   cumulé   de   réalisation   de   nouveaux   centres  
19   U  
d’enfouissement  et  de  valorisation  
Nombre  de  centres  d’enfouissement  et  de  valorisation  
17   U  
(CEV  en  exploitation)  
Nombre   de   décharges   spontanées   existantes  
23   U  
réhabilitées  et  fermées  
         A  fin  juin  2015     Unités  

Appui   financier   cumulé   du   PNDM   pour   les   projets   de  


19   U  
d’enfouissement  et  de  valorisation  
Nombre  de  centres  d’enfouissement  et  de  valorisation  
38 17   U  
(CEV  en  exploitation)  
Nombre   de   décharges   spontanées   existantes  
23   U  
réhabilitées  et  fermées  
         A  fin  juin  2015     Unités  

Appui   financier   cumulé   du   PNDM   pour   les   projets   de  


1154.83   MDH  
collecte  
Appui   financier   cumulé   du   PNDM   pour   les   projets   de  
réalisation   de   centres   d’enfouissement   et   de   962.364   MDH  
valorisation    
Appui   financier   cumulé   du   PNDM   pour   les   projets   de  
Appui  du   737.81   MDH  
réhabilitation  de  décharges  
PNDM  
%  coût  du  service  professionnalisé  de  collecte  financé  
10   %  
par  le  PNDM  
%   coût   d'investissement   de   réalisation   de   centres  
d’enfouissement   et   de   valorisation   financé   par   le   30   %  
PNDM  
%   coût   d'investissement   de   réhabilitation   financé   par  
100   %  
le  PNDM  

 
1.3.3 Contraintes rencontrées
Malgré les réformes engagées pour la mise à niveau et la Aspects financiers :
modernisation de la gestion des déchets ménagers, l’ana-
lyse de la situation actuelle du secteur montre des insuffi- - Manque d’un cadre tarifaire et financier relatif au secteur
sances liées à des contraintes à plusieurs niveaux. Citons en de la gestion des déchets ménagers ;
particulier : - Insuffisance des ressources financières des communes ;
- Absence d’une taxe spéciale sur les déchets des métiers.
Aspects institutionnels et juridiques :
- Manque de définition et de clarté dans les tâches des dif- Aspects techniques :
férents intervenants ;
- Arsenal vaste et non spécifique ; - Mode de présentation des déchets par la population (ré-
- Faible application de l’article relatif à la création de syndi- cipients ou sacs en plastique qui sont souvent éventrés par
cats de communes (Charte 1976) ; les animaux et les récupérateurs.)
- Absence de normes et de méthodes de contrôle dans le - Manque de moyens et/ou utilisation de matériel mal
domaine de la collecte, du transport, du traitement et de adapté ;
l’élimination des déchets.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

39

- Insuffisance en infrastructures et en équipements de col- Aspects éducationnels


lecte et d’élimination des déchets ;
- Détérioration et inadaptation du matériel utilisé ; - Absence d’un programme spécifique et continu de l’édu-
- Manque d’entretien et de renouvellement du matériel ; cation du public en matière de gestion des déchets ;
- Problème de qualification et d’encadrement du personnel - Manque d’évaluation des résultats des campagnes de pro-
preté ;
- Manque de communication entre le citoyen et la com-
mune ;
- Insuffisance de la participation de la population dans
l’amélioration de la qualité de la collecte des déchets et le
maintien de la propreté des lieux publics ;
- Faibles supports médiatiques ;
- Faible présence de l’éducation environnementale dans le
cursus scolaire.

1.3.4 Impacts des DMA

Le Maroc doit faire face à une augmentation continue du volume


des DMA produits. Selon les données officielles, la production
prévisionnelle des déchets en 2020 est estimée à 6,2 millions de
tonnes. Cette évolution est due non seulement à la croissance
régulière du nombre d’habitants, mais aussi au changement des
modes de production et de consommation, et en même temps, à
l’amélioration du niveau de vie.
Une gestion inappropriée des DMA, en particulier les lixiviats et
le biogaz, peut entraîner des répercussions néfastes sur la santé
publique et les ressources naturelles, en particulier les ressources
en eau, sans négliger l’impact sur le budget des collectivités lo-
cales qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes
pour supporter les investissements en vue d’un traitement adé-
quat.
L’analyse des paramètres physico-chimiques et bactériologiques
des lixiviats de plusieurs décharges révèlent un risque potentiel
de pollution en cas de leur déversement dans le milieu naturel
sans aucun traitement préalable, tout en présentant un danger
pour les récupérateurs travaillant sur les décharges. Ces effluents
sont caractérisés par de fortes teneurs en matières minérales et
organiques.
40

Des teneurs considérables de composés azotés, de phos-


phore total, de phénols, de détergents, ont également été
décelés. Quant aux métaux lourds, les résultats effectués
n’ont pas révélé de concentrations alarmantes sauf pour le
chrome, sur certains sites. Enfin, la composante microbio-
logique a montré une concentration importante en germes
indicateurs de pollution.
A ces risques s’ajoutent les émissions des gaz à effet de serre
produites dans les décharges sauvages et celles contrôlées
connaissant des contraintes de gestion, et concernent es-
sentiellement le CH4 et le CO2. Selon le MdE, en 2012, les
émissions du secteur des déchets ont été évaluées à 7,8 Mt
CO2. Ces émanations ont un peu plus que doublé entre
2005 et 2012 et ont un impact négatif sur le changement
climatique.
Dans ce contexte, la valorisation énergétique des DMA
aura des impacts positifs et sur le changement climatique,
et sur le développement : pour les communes de grandes et
moyennes tailles, elle leur permettra de fournir une énergie
renouvelable, de réduire les impacts sur l’environnement,
de limiter les émissions de gaz à effet de serre et d’alléger
leurs dépenses à court terme par les recettes de vente de
l’électricité.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

41

Module 2. Etudes et montage des


services de collecte et de nettoie-
ment
42

2.1 Description des services de


collecte et de nettoiement

La collecte désigne l’ensemble des opérations qui consistent à re- - Le schéma d’organisation des services de collecte et de net-
grouper les déchets depuis leurs sources de production, puis à les toiement est modulable en fonction de la taille de la ville et les
transporter jusqu’aux centres de traitement et ou d’élimination. besoins de la collectivité en matière de propreté.
A titre indicatif, le schéma d’organisation peut être structuré
Le nettoiement veille à la propreté des espaces publics. Les prin- comme suit :
cipales activités de nettoiement sont les suivantes :
- Balayage manuel ou mécanique, ramassage des feuilles mortes
et désherbage des voies ;
- Lavage à grand eau ;
- Vidage et nettoyage des corbeilles publiques ;
Enlèvement des déchets déposés anarchiquement dans les voies
ou les places publiques (déchets encombrants, sacs, papiers, em-
ballages divers, etc..)

Schéma d’organisation du service de collecte


Collecte des déchets ménagers et assimilés
Horaires :
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

43
Conteneurisation

Lavage des bacs (lavage sur place)


Horaires :

*PL : Poids Lourds


44

Entretien et maintenance des bacs


Horaires :

Service de collecte des douars et des marchés


Horaires :

Volume   Tonnage   Postes   Postes   Effectifs   Effectifs  


Véhicules   Qté   max.   maximal   Chauffeurs  PL   Eboueurs   Chauffeurs   Eboueurs  
            /Ouvriers        

               

Service de collecte des encombrants


               
Horaires
  :

Volume   Tonnage   Postes   Postes   Effectifs   Effectifs  


Véhicules   Qté   max.   maximal   Chauffeurs  PL   Eboueurs   Chauffeurs   Eboueurs  
            /Ouvriers        

               
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

45

Service ; brigade de collecte des sacs en plastique (entrées


desvilles et terrains non bâtis)

Horaires :

Volume   Tonnage   Postes   Postes   Effectifs   Effectifs  


Véhicules   Qté   max.   maximal   Chauffeurs  PL   Eboueurs   Chauffeurs   Eboueurs  
            /Ouvriers        

               

Schéma
 
d’organisation   du service
 
de nettoiement
         
 
Service de balayage manuel
Horaires :
46

Service de balayage mécanique


Horaires :

Equipe volante
Horaires :

Equipe d’astreinte
Horaires :
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

47

Corbeilles publiques

2.2 Etudes préalables au montage 2.2.1 Collecte des données et diagnostic


des services de collecte et de La collecte des données constitue la première étape de
l’étude. Elle consiste à rassembler des données sur :
nettoiement - Urbanisation : connaître la typologie d’habitat, l’occupa-
tion du sol actuel et futur du territoire et les reporter sur un
La méthodologie des études préalables pour le montage des fonds cartographique ;
services de collecte et de nettoiement consiste en une suc- - Population : déterminer le nombre d’habitants, leur
cession de trois principale étapes, à savoir : répartition, leur densité par quartiers dans le territoire
- Collecte des données et diagnostic ; concerné ;
- Compilation et recoupement des données ; - Activités productrices de déchets : identifier les déchets
- Analyse et synthèse. produits par les commerces, industries, artisanat, marchés,
souks, etc., estimer leurs tonnages respectifs et connaître
leur emplacement ;
- Caractérisation des déchets : déterminer la qualité et la
quantité des déchets par types d’habitats et par saison sur
l’année ;
- Variation de la production des déchets : connaitre les
périodes événementielles ou autres et se renseigner sur les
quantités des déchets supplémentaires produites ;
- Etat de la voirie : décrire l’état des voies publiques ou-
vertes à la circulation entre celles carrossables, non carros-
sables, leurs emprises, longueurs, largeurs, les flux de cir-
culation, et les reporter sur un fonds cartographique.
48

- Organisation de la collecte et du nettoiement :

décrire le   schéma d’organisation existant et mettre l’accent sur les principaux aspects.
 
Sectorisation,  circuits  et  mode  de  collecte    ;  les  reporter  sur  un  fonds  
 
cartographique  
 
Fréquence  et  horaires    ;  les  reporter  sur  un  fonds  cartographique  
Collecte  
Effectifs  et  répartition  du  personnel  
  Type  et  nombre  de  véhicules,  leur  affectation  par  secteurNombre  de  
tournées  et  tonnage  collecté  par  véhicule  
Report  des  zones  non  desservies  
Rendement   (taux   de   collecte,   T/heure   collectée,   kilométrage   des  
circuits,  etc.)  
Insuffisances   et   dysfonctionnements   en   matière   d’organisation,   de  
moyens  et  de  gestion  
Contraintes     (techniques,   matérielles,   financières,   contextuelles.)  
affectant  l'exécution  des  services  

  Sectorisation  
  Nombre  de  circuits  de  balayage  
Nettoiement   Fréquence  et  horaires  
Effectif  du  personnel  et  sa  répartition  
 
Outillage  et  kits  de  balayage  
Zones  non  desservies  
Rendement  (kilométrage  balayé  par  circuit)  
Insuffisances   et   dysfonctionnements   en   matière   d’organisation,   de  
moyens  et  de  gestion  
Contraintes  (techniques,   matérielles,   financières,  
contextuelles.)affectant  l'exécution  des  services    

 
Afin de concevoir et de dimensionner les services de collecte et de nettoiement, il faut procéder à l’établis-
sement d’un diagnostic : collecte de données complétée par une étude de terrain sur l’ensemble du territoire
concerné.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

49

2.2.2 Compilation et recoupement des


données
La compilation des données collectées se fait comme suit :
- Données cartographiques de préférence sous un format
SIG ;
- Données numériques utilisées dans le calcul de dimen-
sionnement ;
- Données contextuelles orientant tel ou tel choix technolo-
gique ou méthodologique.

2.2.3 Analyse

A l’issue des résultats de la compilation et du recoupement Il s’agit en particulier de ce qui suit :


des données, l’analyse permettra de proposer des solutions - Comportements des citoyens dans certains quartiers ;
appropriées et adaptées en vue d’améliorer les prestations - Difficultés d’accès dans le cas de ruelles étroites ;
de collecte et de nettoiement. Il s’agit en particulier de : - Présence de souks non organisés et de marchands ambu-
- Identifier et hiérarchiser les points forts et faibles dans lants ;
la gestion existante des services (collecte et nettoiement) ; - Actes de vandalismes exercés sur les conteneurs (vol, dé-
- Décrire les aspects techniques et organisationnels des so- térioration, incendies) ;
lutions suggérées. - Accès à la décharge ;
Les solutions alternatives devraient prendre en compte les - Difficultés liées à la nature du tissu urbain ;
particularités contextuelles qui impactent l’exécution des - Caractéristiques de certaines zones à forte fréquentation.
services et rendent parfois sa gestion difficile.
50

2.2.4 Synthèse - La collecte des gravats, des encombrants et des déchets


verts ;
Collecte et transport des DMA -La collecte des sacs en plastique (entrée des villes et ter-
La synthèse devra donner une vue d’ensemble sur le ton- rains non bâtis) et le produit de balayage des voies pu-
nage des DMA (pesée, estimation à partir de la popula- bliques ;
tion), le choix de véhicules (possibilité de passage et mode - Le balayage manuel des voies publiques ouvertes à la cir-
de collecte) ainsi que sur les horaires de collecte (nocturne culation ;
en ville et de jour pour les zones périphériques.) Les ré- - Le balayage manuel des places publiques ;
sultats sont ensuite reportés sur un fond cartographique : - Le balayage mécanique des principales voies publiques ;
zones de collecte avec tonnages, population, types de véhi- - Le désherbage et le dessablage des voies publiques ;
cules et horaires correspondants. - L’enlèvement des graffitis ;
Ceci permettra ainsi le profilage des zones homogènes afin - Le lavage des voies et des marchés publics ;
d’affecter des véhicules adaptés selon les zones. - Le nettoiement des plages pour les villes côtières, y com-
pris la collecte, le piquetage et le criblage des sables de mer.
Nettoiement
La synthèse des résultats du balayage tient compte du type 2.3.1 Aspects techniques :
de balayage (manuel ou mécanique, lavage et zones de cor-
Sur le plan méthodologique, le montage technique des ser-
beilles) et des fréquences de passage.
vices de collecte et de nettoiement peut se faire en quatre
Les résultats du balayage sont reportés sur fond cartogra-
étapes :
phique de la voirie complète de la ville avec fréquence et
- Conception ;
type de balayage.
- Dimensionnement ;
2.3 Montage des services de - Organisation ;
- Gestion.
collecte et de nettoiement 2.3.2 Conception
Le montage consiste en la conception et le développement - Choix des variantes ;
des solutions optimales et adaptées, soit pour la mise en - Choix des moyens (véhicules, conteneurs, etc.) ;
place des services de gestion des DMA pour les communes - Prédéfinition des objectifs de performances (exemple
qui n’en disposent pas, soit pour l’amélioration et l’optimi- : rendements selon le type de véhicules et les spécificités
sation des services existants. des secteurs, vitesse de circulation des véhicules, distances
entre la décharge et le parc.)
Il s’agit d’offrir des solutions, aussi bien pour les aspects
techniques, organisationnels, gestionnaires que financiers.
Les services objet du montage peuvent concerner généra- 2.3.3 Eléments de dimensionnement des ser-
lement : vices de collecte et de nettoiement
- La collecte des DMA, y compris celle de repasse et du
Dimensionnement des services de collecte
renfort-réserve ;
- La conteneurisation, y compris le lavage, l’entretien ainsi Le schéma ci-dessous représente le schéma classique de la
que la maintenance des bacs ; collecte. Il permettra de se situer par rapport aux formules
- La collecte des ordures de marchés ; présentées ultérieurement.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

51

D1 : Haut-le-pied (Parc-secteur) : distance entre le point de départ des camions et la zone.


D2 : Collecte pure : distance nécessaire pour le remplissage de sa capacité unitaire.
D3 : Haut-le-pied (Secteur-décharge) : distance entre la zone de collecte et le lieu de vidage.
T1 : Haut-le-pied (parc-secteur) : temps nécessaire pour aller du parc à la zone de collecte.
T2 : Collecte pure : temps nécessaire pour le remplissage de sa capacité unitaire.
T3 : Haut-le-pied (zone-décharge) : temps nécessaire pour aller de la zone à la décharge.
T4 : Temps de vidage.
Les étapes à suivre pour le dimensionnement des services de collecte sont :

Calcul des distances


On distingue les distances suivantes :
- Distance parc-zone homogène : cette distance peut être déterminée par l’utilisation de MapInfo, Autocad ou
les Systèmes d’Information Géographique (SIG) ;
- Distance collecte pure : il s’agit de calculer la dispersion par zone homogène. Elle est exprimée en T/Km (ton-
nage de la zone/Km de la voirie à l’intérieur de la zone.)
- Distance zone homogène-décharge : par l’utilisation de MapInfo, Autocad, SIG ou sur terrain par voiture.

Calcul des temps


Il s’agit du temps parc-zone homogène, du temps de collecte et du temps zone homogène-décharge. Les rela-
tions qui permettent le calcul de ces temps sont formulées ci-dessous :

  Temps  parc-­‐zone  homogène    :  vitesse  haut-­‐le-­‐pied  standard    :  entre  40  et  60  Km  /  
Heure,  T1  =  D1  /  Vitesse  
Temps  collecte    :  rendement  standard  T/H    :  2  à  4,  T2  =  Capacité  unitaire  du  
véhicule/Rend  t/h,  T2  =  Capacité  unitaire  du  véhicule  /  Rend  t  /h  
Temps  zone  homogène-­‐décharge    :  vitesse  haut-­‐le-­‐pied  standard    :  entre  40  et  60  
Km/Heure,  T3  =  D1  /  Vitesse.  

Calcul du nombre de voyages par type de véhicule pendant un poste de travail


  Max  (T +T +T +T )  <=  aux  heures  légales  de  travail  (7h30/j.)  
1 2 3 4
52

Calcul du nombre de véhicules par type

Détermination des nombres de secteurs par type de


véhicules

  Nombre  de  véhicules  =  Nombre  de  secteurs  

N.B : Il faut toujours prévoir un matériel de réserve et de renfort.

Conteneurisation
Le montage technique des services tient compte également
de la conteneurisation.
A ce niveau, il faut considérer les éléments suivants :
Critères de choix du type de véhicule :

BOM (bacs en plastique de volume compris entre 360 l. et


1.100 l.) ;
Pick-up (bacs de volume ne dépassant pas 360 l.) ;
Multibenne et polybras (caissons métalliques.)
Le type de véhicule dépendra en particulier du type d’ha-
bitat (vertical : bacs de grand volume, horizontal : bacs de
petits volumes, pour les zones périphériques : caissons.)

Détermination du volume à conteneuriser :

  Volume    =  (Tonnage/Densité)*  1.000  

NB : Base de calcul : densité moyenne 0,36 et ratios de 3


litres/Hab.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

53

NB : il est important de préciser dans les spécifications


techniques relatives au choix et à l’acquisition des bacs, no-
tamment la résistance aux ultraviolets (vieillissement so-
laire) et aux craquements et fendillements.
54
Exemple de caractéristiques techniques d’une marque de bacs de 660l

Fiche  technique   BAC   660  L  

Caractéristiques  générales   Caractéristiques  techniques  

Polyéthylène  à  haute  
Volume   660  L  
densité  

Stabilisation  eau  et  rayons  


Poids  à  Vide   43  kgs  
ultra-­‐violets  

Encombrement   2
Facilité  de  Manipulation   1.055  m  
au  sol  

Nettoyage  Facile,  drainage   Dimension   en  


1160x1370x770  
incorporé   mm.HxlxP    

Résistance  :  intempéries,  
Caoutchouc  et  acier  
solutions  acides  ou  
alcalines,  champignons,   4  Roues   200  mm  
détergents  de  lavages,  
Rotation  360°  
bactéries….  

Conformité  :  Marque  CE  avec  indication  du  niveau  sonore  (directive  200/14/CE  du  parlement  européen)  
Fabrication  suivant  la  norme  européenne  UNE  EN  840  
Certificat  GS  d’homologation  de  produit  selon  la  norme  européenne  EN-­‐840-­‐1/2/3/5/6  

.  

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

55
Dimensionnement des services de balayage
Le montage technique du balayage nécessite de proposer
une solution technique optimale et adaptée.

Le balayage comprend les activités de lavage (déterminer


le nombre de laveuses), balayage manuel (déterminer le
nombre de postes de balayage), corbeilles (déterminer le
nombre de corbeilles) et balayage mécanique (déterminer
le nombre de balayeuses nécessaire.)

Déterminer le nombre de laveuses : rendement standard


entre 300 à 500 m3 par heure de travail.
Déterminer le nombre de poste balayage :

  (Km  de  la  voirie  *  Fréquence)  /  Rendement  standard  (3,5  Km/jour)  


 

Déterminer le nombre de corbeilles :


généralement tous les 100 mètres.
Déterminer le nombre de balayeuses nécessaires :

  (Km  de  balayage  mécanique  *  Fréquence)  /  Rendement  standard  (entre  25  et  30  
Km/jour)  
 
Chaque balayeur est équipé d’un bac 120 L ou d’un chariot
et avec un kit de balayage (avec deux seaux, un balai et une
pelle.) L’évacuation des résidus se fait par benne satellite
(une unité couvre en moyenne 15 balayeurs.)
En fonction des contextes des villes et de la nature des ser-
vices, le kit du balayeur se compose généralement de ce qui
suit :
- Pince à déchets ;
- Balais : balai de voirie, balai de cantonnier, balai à gazon ;
- Fourche et pelle ;
- Pioche ;
- Serfouette ;
- Râteau ;
- Houe.
56

Balayeuse laveuse aspiratrice (Rampe de lavage à haute


pression pour le lavage et la désinfection du revêtement) Laveuse citerne des voies publiques, places publiques et
marchés

Moyens humains
Pour la collecte, on compte :

- 1 poste de responsable de collecte ;


- 1 chauffeur pour chaque véhicule ;
- 2 ripeurs par BOM ;
- 2 à 3 ripeurs par pick-up ou mini-benne ou benne satellite ;
- 1 agent par BTP ;
- 1 agent par ampliroll.

Quant au balayage, les moyens humains nécessaires sont :


- 1 poste de responsable de balayage ;
- 1 surveillant par secteur et pour 15 agents ;
- 1 chauffeur par véhicule roulant du balayage ;
- 1 poste de balayage manuel, un poste pour les prestations
Balayeuse mécanique spécifiques et un poste d’astreinte.
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57

L’effectif total du personnel à mettre en place est déterminé 2.3.4 Aspects économiques et financiers
par un coefficient multiplicateur avec le nombre de postes
qui intègre des éléments fixes (temps de travail et congés) Les éléments intervenant dans l’analyse économique et fi-
et des éléments variables estimés (absentéisme, maladie, nancière des services de collecte et de nettoiement sont les
accidents, grève, formations) selon la liste ci-après : suivants :
- Coût total des services ;
- Amortissement ;
Nombre de jours de travail dans l’année 365 - Frais de fonctionnement (gasoil, pièces de rechange,
Repos hebdomadaires 52 pneumatiques, lubrifiants, assurance et frais fixes) ;
Congés payés 18 - Masse salariale ;
Jours fériés chômés 13 - Frais généraux (consommation d’eau, électricité, télé-
Absentéisme, grève, formation 10 phone, locaux) ;
Jours travaillés 268 - Composantes du coût total des services.
Le coût total des services peut être calculé ainsi :
Coût total = Amortissement + Frais de fonctionnement +
Masse salariale + Frais généraux
coefficient multiplicateur : 365/268 = 1,36
Effectif du personnel = Nombre de postes * Taux de
L’amortissement s’obtient par la relation suivante :
remplacement (1,36)
Amortissement = Valeur d’acquisition / Durée de vie

Pour un poste, il est donc nécessaire de prévoir 1,36 sala- Frais de fonctionnement
rié opérationnel, sauf pour le responsable de collecte et les Les composantes des frais de fonctionnement sont les sui-
chefs d’équipes. vantes :
- Gasoil ;
Organisation : - Pièces de rechanges ;
L’organisation consiste en l’affectation des moyens par sec- - Pneumatiques ;
teur, avec définition des horaires, des fréquences et des - Lubrifiants ;
modes d’exécution des services suivant des plans et des - Assurances et frais fixes.
programmes d’intervention. Les ratios et les méthodes de calculs des frais de fonction-
nement sont présentés ci-dessous :
Gestion
Gasoil = Kilomètres parcourus * Taux de consommation
L’exécution des services en conformité avec les schémas Pièces de rechange = Kilomètres parcourus * ratios de
d’organisation préétablis nécessite l’élaboration des outils maintenance
suivants : Pneumatique = Kilomètres parcourus / durée de vie du
- Procédures techniques de suivi et de gestion ; pneu
- Tableau de bord d’indicateurs de performance. Lubrifiant = 5 % de la consommation de gasoil
Frais fixe = vignette et taxes
58

Calculs de la masse salariale La durée de vie des pneus est estimée en moyenne à 30.000
Km.
La masse salariale annuelle correspond au salaire mensuel
brut par catégorie d’employés multiplié par 12 :
Calcul du coût total
Le coût total correspond à :
Masse salariale annuelle = Salaire mensuel brut par caté-
gorie d’employés * 12
Coût à la tonne = Coût total / Tonnage des déchets
Calculs des frais généraux Coût par habitant = Coût total / Population

Les frais généraux comprennent :


- Consommation d’eau, d’électricité, de téléphone ; 2.4 Gestion de suivi et de
- Locaux (atelier, bureau, etc..)
Récapitulatif des éléments du montage financier contrôle de l’exécution des
services de collecte et de net-
Etant donné que l’amortissement est fonction de la durée
de vie, il est nécessaire de rappeler les durées de vie du ma-

toiement
tériel de collecte et de nettoiement :
- BOM : 6 ans ;
- Multibenne : 10 ans ;
- Polybras : 10 ans ;
2.4.1 Aperçu sur les principes de gestion de
- Pick-up : 5 ans ; projets
- Bacs en plastique : 3 ans ;
- Caissons métalliques : 8 à 10 ans. Qu’est ce qu’un projet ?
Quant aux frais de fonctionnement, ils dépendent essen- Un projet est toute activité réalisée une seule fois, dotée
tiellement de la consommation de gasoil et du ratio de d’un début et d’une fin déterminés et qui vise à créer un
maintenance : produit ou un savoir unique. Il peut nécessiter la participa-
Consommation de gasoil : tion d’une seule ou de plusieurs personnes. Sa durée peut
être de quelques jours ou de plusieurs années. Il peut être
- BOM : 35% ; entrepris par une seule organisation ou par un groupe d’or-
- Benne satellite : 13%; ganismes intéressés.
- Multibenne : 18% ;
- Polybras : 28%. Qu’est ce que la gestion de projet ?
Ratio de maintenance: La gestion de projet est l’utilisation d’un savoir, d’habile-
tés, d’outils et de techniques dans le cadre des activités d’un
- BOM : 2 dhs/Km; projet, en vue de satisfaire ou de dépasser les exigences et
- Multibenne : 1,5 dhs/Km; les attentes des parties prenantes à l’égard d’un projet. Le
- Polybras : 1,5 dhs/Km; gestionnaire de projet, parfois appelé coordonnateur ou
- Pick-up : 1 dhs/Km chef de projet, en administre les détails, au jour le jour. Il
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

59

s’agit là d’un défi constant qui demande une compréhen- Outils méthodologiques pour la bonne gestion de projet
sion du contexte plus général du projet et la capacité de
concilier des exigences contradictoires telles que : Le QQOQCP (les questions de Taylor)
- Les ressources disponibles et les attentes ; Le recours aux questions de Taylor peut se faire au cours
- Les priorités différentes des parties prenantes ; de la phase d’élaboration du plan d’action ou en cas de pro-
- Les besoins définis et à la portée du projet ; blème à résoudre.
- La qualité et la quantité. Il sert à passer d’une décision à sa réalisation, pour un plan
Clefs de réussite d’un projet d’action, une solution, une activité, un problème. Sa mé-
thode consiste en une « check-list » interrogative, qui fait
La réussite d’un projet est fonction d’une gestion efficace. répondre à :
Les particularités d’un projet réussi sont les suivantes :
- Des objectifs précis : les projets les plus réussis ont des - Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? Objet, nature, quantité, etc.
objectifs définis clairement dès le départ ; - Qui ? Qui est concerné ? Acteurs, responsables, membres ?
- Qui s’en occupe ? Qui contacter ?
- Un plan de projet bien établi : un plan conçu avec mi- - Où ? Lieux, distances de déplacements, transports, etc.
nutie permet à chaque participant de comprendre et de - Quand ? Durée, fréquence, échéances, etc.
contribuer au projet. Il précise les responsabilités de cha- - Comment ? Comment fait-on ?
cun et évalue combien d’argent, de personnes, de matériel - Matériel, matières, outillages, méthodes, procédure, etc.
et de temps sont nécessaires à l’achèvement du projet. Il - Pourquoi ? Pour obtenir quoi ?
sert également comme outil de suivi et permet d’adopter En cas de problème à résoudre, chacune de ces interroga-
des mesures correctives tôt dans le processus si les choses tions doit être suivie de la question « Pourquoi ? » :
tournent mal ; - Pourquoi ces personnes sont-elles concernées ? pour la
question « qui » ;
- La communication : tout projet repose sur la collabo- - Pourquoi le problème est-il apparu à ce moment-là, pour
ration entre toutes les personnes qui y prennent part. Une la question « quand ».
communication réelle et continue doit s’établir entre les
parties, si elles veulent œuvrer ensemble à la réussite du Le brainstorming : trouver de nouvelles idées
projet ;
Le brainstorming, en français « remue-méninges », consiste
- Une envergure maîtrisée : tout au long du projet, plu- à rassembler un certain nombre de personnes pour les faire
sieurs situations qui ne contribuent pas aux objectifs fixés réfléchir sur une question, trouver des idées, faire des pro-
peuvent survenir. Il importe de porter attention aux priori- positions en faisant abstraction de toute idée préconçue. Il
tés, avec une perte minimale de temps et de concentration ; sert à recueillir le maximum d’idées et à les ordonner pour
pouvoir les exploiter.
- Le soutien des intervenants : d’ordinaire, les projets sont Un animateur (qui peut être une autre personne que le chef
le fait de plusieurs parties prenantes. Il importe que celles- de projet) doit être nommé en début de séance pour faire
ci se soutiennent pour toute la durée du projet de façon à vivre le débat selon les 3 axes suivants :
ce que l’équipe atteigne ses objectifs.
60

Définir une question claire - Avoir des données de bases disponibles ou facilement ac-
cessibles.
Le groupe doit se mettre d’accord sur la nature et la formu- Les indicateurs de performance relatifs à la gestion des ser-
lation de la question faisant l’objet de la séance. vices de collecte sont représentés dans le tableau 2.
La question doit être écrite sur un tableau et l’animateur
s’assure que chacun la comprenne de la même façon.

Rechercher des idées

C’est une phase créative durant laquelle sont privilégiées la


quantité et la diversité des idées émises (30 minutes.)
1. Laisser un temps de réflexion individuelle (5 minutes)
2. Recueillir les idées sans les classer et les noter au fur et
mesure (éviter le tour de table.)

Trier et classer

C’est la phase d’exploitation. Il faut classer les idées dans


chaque famille en se réservant la possibilité d’éliminer une
idée ou de classer une idée deux fois.

2.4.2 Indicateurs de performance de la ges-


tion des services de collecte
Les indicateurs de performance sont des outils de mesure
de la qualité et de la performance des services réalisés. Ils
facilitent le suivi et l’évaluation des services offerts par la
collectivité dans le cas de la régie directe ou des résultats
obtenus par une société délégataire.
Les indicateurs doivent répondre aux exigences suivantes :

- Couvrir les attentes en termes de résultats ;


- Etre pertinents, applicables et mesurables ;
- Avoir un caractère objectif en évitant le recours à des ap-
préciations subjectives ;
- Avoir des indicateurs de résultats (et non pas de moyens
mis en œuvre) ;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

61

Tableau 2 : Indicateurs de performance par objectifs - service de collecte

Objectifs   Sous-­‐objectifs     Indicateurs  

  Assurer   la   collecte   sur   tout   le   Taux  de  collecte  de  100  %  


territoire  de  la  collectivité    
 
  Assurer   la   propreté   des   points   Lavage  et  entretien  des  bacs    
Assurer   la   collecte   et   le   de  collecte     Nettoiement  et  lavage  des  abords  
transport  des  DMA   des  bacs  

Optimiser   les   circuits   de   Haut-­‐le-­‐pied  <30%  


collecte  
Rendement  (Tonne/Heure)  
 

  Respecter   la   réglementation   Traçabilité   des  


en   vigueur   (loi   28-­‐00,   décrets,   flux/tonnage/kilométrage   du  
 
code   de   la   route,   code   du   parcours,   visites   techniques,  
  travail,  etc.)   accidents  de  circulation,  accidents  
  de  travail.  

Prévenir   et   réduire   les   Limiter   les   nuisances,   Fiches   journalières   de   suivi   et  


nuisances   ou   les   risques   pollutions   et   risques,   liés   à   la   mesures  correctives  
sanitaires   et   collecte   et   au   transport   des  
environnementaux   liés   aux    
DMA  (bruit,  odeurs,  infiltration  
DMA   des  lixiviats  des  bacs  et  ou  des  
véhicules,  etc.)  

Assurer   et   maintenir   une     Traçabilité   des   travaux   de  


bonne  gestion  des  moyens  de   maintenance   préventive   et  
collecte   (véhicules,   curative  réalisés  
conteneurs,   parc   automobile)  
:   surveillance,   entretien,  
prévention,   remplacement,  
renforcement  

  Informer   et   se   concerter   sur   Campagnes   de   communication,  


l'organisation   des   services   dépliants   distribués   et   rencontres  
conteneurs,   parc   automobile)  
:   surveillance,   entretien,  
62 prévention,   remplacement,  
renforcement  

  Informer   et   se   concerter   sur   Campagnes   de   communication,  


l'organisation   des   services   dépliants   distribués   et   rencontres  
 
(dispositions   de   pré-­‐collecte,   organisées      
Communiquer  avec  le  citoyen   circuit   de   collecte,   horaires,  
fréquence,  etc.)  

Enregistrer   et   satisfaire   les   Variation   du   nombre   de  


réclamations   réclamations   d'un   mois   à   autres  
(mois  n-­‐1/mois  n)  
 

 
2.4.3 Outils de suivi et d’évaluation de la La vérification des feuilles de routes permet de déceler
tout dépassement des heures de travail réglementaires (8
gestion des services de collecte et de nettoie-
heures) ;
ment (cas de la gestion déléguée) - Adéquation de l’horaire de collecte ;
- Changement des horaires selon les saisons ;
Contrôle de la collecte - Compatibilité des horaires de passage avec les habitudes
de la population en matière de présentation des déchets.
La réussite d’un schéma de collecte est liée à la qualité et à Un contrôle après le passage des camions de collecte doit
la performance de quatre éléments essentiels, à savoir : ho- être effectué pour apprécier l’importance des déchets pré-
raires, circuit de collecte, conteneurisation et matériel. sentés à la fin de la collecte. Ce contrôle peut aboutir à des
Chacun de ces éléments doit être contrôlé afin de s’assurer recommandations concernant un changement des horaires
de la bonne exécution des tâches. ou, dans des cas extrêmes, prévoir une repasse.

Horaires
Circuit de collecte
Les points à contrôler sont les suivants :
- Respect des horaires convenus entre l’autorité délégante Les questions à appréhender sont les suivantes :
et la société délégataire ;
- Vérification des feuilles de route ; • Le kilométrage du circuit :
- Vérification des registres des entrées et des sorties au ni-
veau du parc ; - La vérification du kilométrage (début de collecte, fin de
- Assistance au démarrage des véhicules ; collecte) sur les feuilles de route ;
- Vérification de l’adéquation de l’horaire ; - L’utilisation d’un système d’information géographique
- Conformité des horaires avec la législation du travail : (SIG.) ;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

63
• Le respect du code de la route : Il faut vérifier que l’iti- Véhicule de collecte
néraire établi par la société pour les véhicules de collecte
permet bien une collecte dans le sens de la circulation et Tout véhicule de collecte doit être :
tient compte des sens interdits ; - Lavé chaque jour ;
- Bien peint ;
• Exécution complète de la collecte : Il faut s’assurer que - En possession des logos de l’autorité délégante et de la
le circuit de collecte passe par tous les points de regroupe- société ;
ments du secteur desservi. - En possession des coordonnées de la société (téléphone) ;
- Equipé d’un extincteur ;
Conteneurisation - Equipé de balais et de pelles pour permettre la finition
après le vidage des bacs ;
Les informations suivantes sont à collecter : - Equipé de gyrophares en bon état de marche ;
• Nombre et type des bacs : Pour chaque secteur, il est - Equipé de feux avants et arrières en bon état de marche ;
nécessaire de connaître le nombre de bacs existants par - Equipé de pneus en bon état ;
contenance (360 l, 660 l….) - Equipé de lève-conteneur en bon état dans le cas de véhi-
cules desservant une zone conteneurisée ;
• Etat des bacs : - Equipé de filets (Ampliroll, Multibenne, Benne satellite) ;
- En bon état mécanique ;
Les éléments à signaler sont : - Equipé de réservoir de lixiviat en bon état qui ne laisse
­- Présence de couvercles ; pas échapper le lixiviat en dehors de la benne, ou disposer,
­- Présence de roues ; à défaut, d’un caisson étanche ;
­- Existence de fissures qui permettraient l’infiltration des - En conformité avec la loi : assurance, carte grise, imma-
lixiviats à l’extérieur ; triculation, visite technique, vignette …
­- Degré de salissure des bacs ; Tout manquement à cette description doit être rapporté.
• Propreté de l’emplacement et de l’entourage des bacs ;
Relevé du terrain
• Vidage des bacs : pour pouvoir apprécier la qualité du
vidage, un contrôle après le passage de la collecte est né- Le contrôleur doit assurer les tâches suivantes :
cessaire. Il faut s’assurer du vidage total de tous les bacs et - S’informer sur la zone à contrôler à partir des documents
signaler les bacs vidés partiellement. et des rapports fournis par la société délégataire ;
- Remplir la fiche correspondante au service ;
• Insuffisance de la conteneurisation, qui se matérialise par : - Utiliser un appareil photo pour pouvoir illustrer tout dys-
- Débordement fréquent de bacs et quantité importante fonctionnement rencontré ;
d’ordures ménagères en vrac ; - Suivre le camion de collecte depuis le premier point col-
- Renouvellement des dépôts sauvages lecté ;
- Tracer le circuit sur la carte en mentionnant le début et la
fin de la collecte pour chaque voyage ;
- Rapporter les emplacements des bacs sur la carte.
64

Contrôle du nettoiement - Les balais larges sont utilisés pour les terrasses et les sur-
faces ;
Le contrôle du nettoiement consiste à évaluer la prestation
- Les balais type de Paris sont utilisés pour les caniveaux et
du balayage manuel, du balayage mécanique et des cor-
les résidus comme le papier ;
beilles.
- Les balais cantonniers sont utilisés pour les caniveaux et
les résidus comme le sable.
Balayage manuel
Cette appréciation nécessite un suivi sur le terrain des ba-
layeurs.
• Vérifier le pointage
• Contrôler les modes de vidage
- Savoir le nombre de balayeurs affecté à la zone ;
- Connaitre, en cas d’absentéisme, les voies qui ne seront
Cela consiste à vérifier les lieux de vidage utilisés par les
pas traitées ou traitées partiellement ;
balayeurs pour évacuer les résidus de balayage :
- Existence de tas ;
- Contrôler le respect de l’horaire convenu et sa conformité
- Vidage dans les conteneurs de collecte (bacs ou caissons) ;
avec la loi ;
- Vidage au niveau des points intermédiaires (possibilité de
création de points noirs) ;
• Vérification du respect des fréquences de passage : par
- Utilisation de sacs en plastique ;
la visite aléatoire des voies afin de vérifier la présence de
- Vidage direct par le biais de bennes satellites ;
balayeurs ;
- Apprécier la qualité de la prestation (voies non balayées.)
• Kit de balayage
Balayage mécanique
Il faut procéder à un inventaire du matériel utilisé par les
balayeurs tout en précisant son état :
Il faut disposer au préalable de la liste des voies traitées mé-
caniquement.
- Existence des différents types de balais et de matériel :
• Contrôle du matériel :
balai type de Paris, balai cantonnier, balai large, pelle, pla-
quette en bois, houe, binette, bacs de 120 L, chariot, sacs en
Il faut vérifier que la balayeuse :
plastique ;
- Est lavée chaque jour ;
- Est bien peinte ;
- Commenter l’état de ce matériel : déterminer le matériel
- Porte les logos de l’autorité délégante et de la société ;
qui est en bon état et celui qui est usé et nécessite d’être
- Porte les coordonnées de la société (téléphone) ;
changé.
- Est équipée d’un extincteur ;
- Est équipée de gyrophares en bon état de marche ;
Cette appréciation du kit de balayage peut se faire au ni-
- Est équipée de feux avant et arrière en bon état de marche ;
veau des dépôts de balayage à la fin du service.
- Est équipée de pneus en bon état ;
• L’efficience de l’utilisation du kit de balayage : pour
- Est en bon état mécanique ;
chaque type de voies et chaque type de résidus il y a un
- Est équipée de panneaux de signalisation des chantiers.
matériel adéquat.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

65

• Conformité avec la loi : assurance, carte grise, immatri- • Conformité avec la loi : Assurance, carte grise, immatri-
culation, visite technique, vignette. culation, visite technique, vignette…

•Appréciation de la qualité : • Appréciation de la qualité :


­
- Bon fonctionnement du balai central et du balai latéral : - Le bon fonctionnement du système d’arrosage (réglage
réglage convenable de la pression ; convenable de la pression) ;
- Utilisation de panneaux de signalisation de chantiers ; ­- L’utilisation de panneaux de signalisation de chantiers ;
- Utilisation du mode d’aspiration des résidus ; - ­L’existence d’une équipe de lavage formée d’un chauffeur
- Utilisation correcte du jet d’eau et de l’humecteur de sur- et au moins trois agents ;
face pour éviter l’envol de la poussière. ­- L’utilisation correcte du jet d’eau. Pour les résidus collants,
le lavage doit être effectué par la laveuse et une équipe de
• Contrôle de l’alimentation : en déterminant les points laveurs. Ces derniers seront équipés de détergents et de ba-
d’eau utilisés par la société délégataire pour alimenter la lais « brosse » pour enlever tous les résidus collants.
cuve.
• Contrôle de l’alimentation : en déterminant les points
• Contrôle des points de vidage : en déterminant les d’eau utilisés par la société pour alimenter la citerne.
points utilisés pour le vidage de la cuve de la balayeuse et
en précisant l’existence d’une évacuation de ces points. • Contrôleur de l’existence des regards du réseau d’assai-
nissement liquide : avant le commencement des opéra-
Lavage des voies tions de lavage, il est nécessaire de vérifier l’existence d’un
réseau d’évacuation des eaux de pluie à proximité du lieu de
Le contrôle du lavage des voies nécessite d’avoir, au préa- lavage. Il faut s’assurer de l’acheminement des eaux géné-
lable, la liste des voies et des places qui font l’objet de cette rées par la laveuse vers le réseau de l’assainissement liquide.
prestation dans les pièces contractuelles (convention, offre,
plans d’exécution.) Corbeilles

• Contrôle du matériel : •Inventaire des corbeilles : Il faut préciser le nombre de


corbeilles existantes sur la zone.
Il faut vérifier que la laveuse :
- Est bien peinte ; • Etat des corbeilles :
- Porte les logos de l’autorité délégante et de la société ; Il faut s’assurer de :
- Porte les coordonnées de la société (téléphone) ; - L’existence de couvercle, si cela est prévu ;
- Est équipée d’un extincteur ; - Du bon état du support d’attachement ;
- Est équipée de gyrophare en bon état de marche ; - L’existence du logo de la société.
- Est équipée de pneus en bon état ; Ce contrôle de l’état des corbeilles débouchera sur les points
- Est en bon état mécanique ; à réparer, ou sur le remplacement des anciennes corbeilles
- Est équipée de panneaux de signalisation chantiers. abîmées, si nécessaire.
66

• Vidage des corbeilles - Absence d’un budget adapté aux besoins en ressources
matérielles et humaines requises ;
Il faut préciser le mode de vidage : - Absence d’un bureau réservé spécialement pour le comité
- Vidage effectué directement par les balayeurs de la zone ; de contrôle et de suivi ;
- Existence d’un service indépendant du vidage ; - Les effectifs du personnel qui assure la mission de contrôle
- Fréquence de vidage. A ce niveau, le contrôleur doit pré- sont insuffisants ;
ciser la pertinence de cette fréquence. L’existence de cor- - Manque de documents pour mener un vrai contrôle ;
beilles non vidées nécessite une augmentation de la fré- - Absence de formations continues au profit des chefs et
quence de vidage. des membres des comités de contrôle et de suivi ;
- Absence d’une personne assurant le suivi et l’orientation
Relevés de terrain des contrôleurs.
Pour pallier à ces contraintes, certaines pistes d’améliora-
Le contrôle du service de nettoiement est plus complexe tion peuvent être suggérées :
que celui de la collecte. Pour faciliter cette tâche, une coor-
dination est nécessaire avec le responsable du nettoiement - Donner plus de légitimité aux comités de contrôle ;
à la société délégataire. - Les agents de contrôle doivent suivre une formation en
En effet, avant toute investigation, le contrôleur doit avoir : matière de gestion des déchets et des procédures métiers ;
- Le comité de contrôle et de suivi doit au moins contenir
- Une carte précisant les districts ou les îlots de balayage, deux agents de saisie, maîtrisant l’utilisation des logiciels
les circuits de balayage mécanique et l’emplacement des de bureautique et de cartographie.
corbeilles.  
- Une carte précisant les fréquences de passage par voies.
- La localisation des dépôts ou des points de rencontre des
balayeurs.
- Un appareil photo pour illustrer les anomalies.
Le rapport de cette enquête doit contenir les cartes pré-
cisant les fréquences, districts de balayage, circuit du ba-
layage mécanique, localisation des corbeilles. Ces cartes
seront élaborées à l’aide du logiciel (MapInfo, AutoCAD.)
Un contrôleur peut superviser au maximum une zone ou
un secteur de 15 à 20 balayeurs.

Les remarques concernant l’évaluation générale de la pres-


tation seront rapportées sous format Word ou Excel.
Néanmoins, le contrôle des prestations de collecte et de
nettoiement connaît de véritables contraintes, notamment :
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

67

Module 3. Tri à la source et collecte


sélective
68

3.1 Définitions
Le tri est une opération de sélection et de récupération des des flux et de repérer les déchets dangereux, comme les
déchets selon leur nature (métaux, papier, plastique, verre, piles. Ces dernières peuvent contaminer et rendre im-
organique…) pour faciliter leur recyclage. Ils sont triés soit propre le recyclage du contenu d’une poubelle.
par les ménages - tri à la source - soit par des opérateurs Les communes se chargent de distribuer des poubelles, de
spécialisés, dans des centres de tri. les collecter et de transporter les déchets triés aux centres
de tri et de valorisation. Ces poubelles doivent être adap-
Le tri à la source est un éco-geste qui consiste à séparer et tées pour assurer leur entretien.
à récupérer les déchets au niveau des points de production,
selon leur nature (métaux, papier, verre, organique….) Cet
éco-geste répond généralement à plusieurs objectifs :
3.2 Description du système de
- Mettre en place une collecte sélective des déchets ;
- Favoriser le réemploi d’un déchet ou son recyclage et lui
tri et de collecte sélective
donner une « seconde vie » ; Les systèmes (ou modes) de collecte sélective varient d’un
- Eviter la destruction des flux de matière par incinération pays à l’autre. Les systèmes de collecte sélective les plus
ou mise en décharge ; courants sont le porte-à-porte, à partir des bacs, au niveau
- Réduire l’empreinte énergétique des déchets. des points d’apport volontaire ou encore les déchèteries.
Selon les situations, le tri à la source et la collecte sélective
La collecte sélective est l’opération de ramassage et de peuvent être suivis ou non par un second tri (dit aussi tri
transport de certains flux de déchets, préalablement sépa- positif) pour une séparation poussée des différents maté-
rés par les producteurs, en vue d’une valorisation ou d’un riaux collectés.
traitement spécifique. Donc le système de tri et de collecte
sélective peut se faire en trois étapes : 3.2.1 Collecte par apport volontaire
- 1ère étape : le tri à la source des flux de matières au niveau
des points de production (résidences, espaces de travail, La collecte sélective par apport volontaire consiste en le
restaurants, hôtels, cantines) ; déversement des flux de matières au niveau d’un point de
- 2ème étape : la collecte et le transport des flux de matières collecte commun à un ensemble d’habitations. Les habi-
vers des centres de valorisation et de recyclage ; tants mettent leurs déchets recyclables dans les conteneurs
- 3ème étape : le 2ème tri et le conditionnement des flux installés, en respectant les consignes indiquées dans les au-
de matières dans les centres de valorisation et de recyclage. tocollants.
Le taux de recyclage dépend de la performance du système Ce point de collecte, appelé également « espace de propreté
de tri sélectif, qui nécessite une bonne connaissance des », contient des conteneurs généralement placés en bord de
matériaux recyclables. Un sac mal trié à la source sera re- route ou à proximité des lieux fréquentés et identifiés pré-
fusé par le centre de tri et l’ensemble de son contenu consi- alablement.
déré comme non recyclable. La collecte par apport volontaire peut être effectuée par un
Pour cela, des consignes de tri devraient être communi- véhicule muni d’une grue, à partir des conteneurs isolés ou
quées aux producteurs de DMA en vue d’éviter le mélange regroupés formant alors un espace de propreté.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

69
Cet espace de propreté concerne généralement plusieurs centaines d’habitants. Les bacs sont pla-
cés en général en bord de routes ou à proximité de lieux fréquentés.
Dans le cas d’une collecte sélective par apport volontaire, l’installation des conteneurs doit prendre
en considération différents aspects, dont notamment :
- Le choix des emplacements facilement accessibles pour les citoyens et pour les véhicules de
collecte ;
- La planification et l’achat d’un nombre suffisant des conteneurs pour desservir les citoyens ;
- La conception et la mise en œuvre d’un programme de sensibilisation et d’information des ci-
toyens (horaires et fréquence de collecte, consignes de tri, etc.) ;
- Le maintien d’un programme d’entretien des espaces de propreté (emplacements des bacs) no-
tamment l’hygiène et la sécurité (lavage, désinfection, entretien des bacs, etc..)
L’ensemble des avantages et inconvénients de ce type de collecte est détaillé dans le tableau 2 :
Tableau 2 : Principaux avantages et inconvénients de la collecte par apport volontaire

Avantages   Inconvénients  
Obligation   du   citoyen   de   se   déplacer   vers  
Méthode   de   collecte   adaptée   aux  
les   points   d'apports   volontaires   pour  
milieux   de   faible   densité   de  
déverser   les   flux   de   matières   recyclables  
populations   ou   quand   les   moyens  
suivant  les  consignes  indiquées.    
financiers  sont  limités  
 
 
Assure   le   service   dans   les   zones  
Difficulté   du   citoyen   à   respecter   les  
publiques  achalandées  
consignes  affichées.  
 
 
Performance   dépendante   de   l’effort  
Permet   la   réutilisation   de   certains  
supplémentaire   de   tri   par   les   citoyens   (les  
articles  par  les  citoyens.  
quantités   récupérées   sont   généralement  
moins  importantes  que  celles  de  la  collecte  
en  porte-­‐à-­‐porte.)  
 
Possibilité   de   nuisances   (odeurs,   insectes,  
etc..)   Les   lieux   de   dépôt   nécessitent   de  
mobiliser   des   moyens   de   contrôles  
fréquents  afin  d’éviter  toute  contamination  
possible  par  d’autres  types  de  matières.  
 
Problème  d’esthétique  et  de  salubrité.  

 
70

3.2.2 Collecte en porte-à-porte Les véhicules de collecte utilisés sont des BOM classiques
mais avec un taux de compaction diminué, ou des camions
La collecte sélective en porte-à-porte consiste à ramasser bennes compartimentés.
les flux de matières recyclables directement au domicile
des citoyens. Ce service peut être assuré par les communes
ou confié à des sociétés privées.

On distingue communément deux types de collecte en


porte-à-porte :

Collecte en porte à porte par point de regroupement


Ce type de collecte est réalisé à partir de bacs roulants col-
lectifs de 360 à 770 l. Ces bacs ont généralement des cou-
vercles de couleur différente de celle du conteneur, équipés
d’opercules ou non, et sont souvent couplés aux bacs rou-
lants déjà en place destinés à recevoir les déchets ménagers.
Les bacs sont situés en bord de route ou en début de che-
min pour faciliter la collecte.
La collecte est effectuée par des camions types ou des
Bennes à Ordures ménagères (BOM) classiques.

Collecte en porte-à-porte par bacs individuels, cais-


settes ou sacs
Cette collecte est réalisée auprès des producteurs de dé-
chets.
Chaque contenant énoncé se rapporte à un seul foyer, dé-
posé devant la porte pour le ramassage.
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71

Encadré 1 : Choix des modes de collecte sélective

La   collecte   sélective   par   apport   volontaire  


est   envisageable   dans   les   milieux   à   faible  
densité   d'habitations   ou   dans   des  
résidences   fermées   de   haut   standing,   ou  
lorsque   les   moyens   financiers   des  
communes  sont  limités.    
Par   contre,   la   collecte   sélective   en   porte-­‐à-­‐
porte  demande  un  effort  et  un  engagement  
importants   de   la   part   des   citoyens.   Le  
rendement  est  lié  au  niveau  de  civisme  des  
ménages   et   à   l'investissement   des  
communes   en   matière   de   communication  
avec   les   producteurs   de   déchets,   ainsi  
qu’aux   actions   de   sensibilisation   qui  
devraient   être   menées   en   partenariat   avec  
les   associations   de   quartiers   et   d'autres  
acteurs     (établissements   scolaires,   maisons  
de  jeunes,  etc..)  
La   collecte   sélective   en   porte-­‐à-­‐porte   offre  
habituellement   un   rendement   supérieur   à  
celle   par   point   d'apport   volontaire,   mais   sa  
mise  en  place  et  sa  gestion  sont  coûteuses.  

 
72

3.3 Contexte du système de tri - La circulaire du ministère de l’Intérieur adressée aux col-
lectivités locales au sujet de l’application des taxes de rede-
et de collecte sélective au Maroc vance aux grands producteurs de DMA constitue une in-
citation aux grands producteurs pour réduire leurs déchets
et introduire un tri à la source pour réduire leurs coûts.
3.3.1 Aspects réglementaires
- La loi-cadre n°99-12, relative à la Charte nationale de
Selon la charte communale et la loi 28-00, l’initiative de
l’Environnement et du Développement durable (CNEDD),
l’introduction du tri à la source et de la collecte sélective
fera l’objet d’une mise à jour. Parmi les nouveautés qu’elle
relève de la compétence des collectivités locales. Ci-après
doit apporter figure l’obligation du tri sélectif si les études
un extrait de quelques articles :
justifient sa faisabilité/rentabilité.
- Selon l’article 36 de la charte communale révisée en 2002, 3.3.2 Aspects stratégiques
les communes ont de larges prérogatives leur permettant
d’inciter au développement et à la professionnalisation de
la collecte sélective, avec notamment le droit de partici- La réalisation des objectifs stratégiques fixés par le PNDM
per aux entreprises et sociétés de développement local, de (voir encadré 2), dont le développement des filières de
conclure des conventions, des accords de partenariats avec tri-recyclage et de valorisation, nécessite de passer d’une
d’autres organismes publics, privés et aussi associatifs. simple collecte des DMA mélangés à une collecte sélective.
Pour réaliser cet objectif, la filière informelle de récupéra-
- Parmi les modes de gestion, la SDL pourra être considé- tion est une partie prenante qu’il faut intégrer, organiser et
rée comme un outil novateur qui offre la possibilité aux professionnaliser.
communes dans le cadre d’un partenariat public-privé, de
concevoir un système de gestion intégrée des DMA (tri à la
source et collecte sélective, centres de tri et plateformes de Encadré 2 : Objectifs stratégiques du PNDM
valorisation en aval.)
Valoriser  20%  des  déchets  à  l'horizon  2020  
- La loi 28-00 renforce les prérogatives des communes en fixé  par  le  PNDM  ;  
matière de gestion des déchets et les incite à développer  
des activités de tri à la source et de collecte sélective. Se- Initier   la   collecte   sélective   au   niveau   des  
lon l’article 19 de cette loi, les communes peuvent fixer les ménages   ou   des   grands   producteurs   de  
modalités de collecte sélective et imposer la séparation de déchets,   et   installer   des   plateformes   de   tri  
certaines catégories de déchets. au   niveau   des   CEV   en   intégrant   les  
récupérateurs  dans  ces  projet  ;  
- Selon l’article 22 de la loi 28-00, les communes ont le  
droit de commercialiser le produit des déchets valorisés, Appui  financier  des  filières  de  valorisation  
ce qui leur permet de maîtriser toutes les composantes de par  les  ressources  financières  de  l'écotaxe.    
la collecte sélective, y compris le volet aval d’écoulement
des produits recyclables, aussi bien en gestion déléguée que
 
directe.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

73

3.3.3 Aspects techniques


Selon des sources officielles, la composition des DMA au Maroc est caractérisée par la présence d’un gisement exploitable
évalué à plus de 20 % des flux de matières recyclables. Ceci est l’équivalent de 1 à 2 millions de tonnes de matière première
recyclable à l’échelle nationale.

Tableau 3 : Composition des déchets ménagers au Maroc (source : Ministère délégué chargé de l’Environnement)

Flux   1960   1999   2004   2013  

Matière  organique   75%   70%   65%   50  -­‐  70%  

Plastique   0,3%   3%   9%   6  -­‐  10%  

Métaux   0,4%   3%   4%   1  -­‐    4%  

Papier/Carton   15%   20%   10%   5  -­‐  10%  

 
3.3.4 Aspects socio-économiques
La collecte sélective est difficilement dissociable de la récupération informelle pratiquée par les récupérateurs ambulants.
Ces derniers sillonnent les différentes rues et quartiers avant le passage des camions et fouillent dans les poubelles pour
trier et récupérer les flux de matières commercialisables (papier/carton, plastique, aluminium, métaux.)
Malgré son caractère informel et les conditions difficiles, la récupération, un métier qui a tendance à se développer et à se
généraliser dans toutes les villes, est plus ou moins spécialisé (récupérateurs de ferraille, récupérateurs de papier/carton,
récupérateurs de plastique, etc.)
La récupération informelle engendre des impacts importants en termes économiques et sociaux. Elle a permis de générer
des recettes et de créer des opportunités d’emplois décents et d’épargner ainsi des dépenses en devises dans l’importation
de matières premières. Comme le montre le tableau 4, la filière informelle a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de près
de 700 millions de dirhams et a créé environ 12 à 21.000 emplois. Malgré ce chiffre d’affaires, l’activité de récupération
est très peu rentable et s’exerce dans des conditions difficiles marquées par l’insalubrité et l’exclusion sociale. Ceci va à
l’encontre des efforts de la réforme du secteur des déchets en cours de réalisation dans le cadre du PNDM.
Selon les données officielles, l’analyse du gisement montre l’importance économique que peut jouer la collecte sélective,
notamment pour le plastique et le papier/carton.
74

Tableau 4 : Gisement de déchets recyclables collectés et commercialisés par les récupérateurs en 2010
(source : Ministère délégué chargé de l’Environnement - 2010)

Flux  de  matières   Gisement  annuel   Chiffre  d'affaires  réalisé  


Exprimé  en  tonnes   (exprimés  en  millions  de  dirhams)  

Récupérateurs   Intermédiaires   Grossistes  

Plastique   100.000   65,82   79,8   98,72  

Papier/Carton   131.000   47,01   75,22   164,54  

Ferraille   318.805   28,21   42,31   52,65  

Pain   -­‐   3,52   -­‐   -­‐  

Verre   47.012   23,50   37,61   47,01  

Total   596.817   168,07   234,12   362,93  

 
3.3.5 Aspects financiers
Selon le MdE, une part de 1,8% du budget du PNDM est allouée au développement et à la professionnalisation des acti-
vités de tri, de recyclage et de valorisation. Deux initiatives de développement de recyclage ont été concrétisées dans le
cadre du PNDM :
- La première concerne le centre de tri dans le cadre du projet de la décharge contrôlée d’Oum Azza. La gestion de ce
centre est confié à la coopérative des récupérateurs de la décharge «Touafouk», dont l’exploitation a débuté en 2012.
- La deuxième est l’expérience de collecte sélective à la ville de Benslimane, confiée à la société délégataire de collecte et
nettoiement, abandonnée après avoir démarré en 2010.
Le système de tri à la source et de collecte sélective permet l’intégration et l’organisation des récupérateurs informels dans
les CEV (conditions sociales : hygiène, sécurité, revenus stables, apprentissage aux métiers de recyclage, etc.)
3.3.6 Aspects environnementaux
Le tri sélectif permet de fournir, grâce à la valorisation et au recyclage, une matière première secondaire, d’où la di-
mension environnementale et de préservation des ressources naturelles et des écosystèmes, la réduction du volume de
mise en décharge avec l’augmentation de leur durée de vie et la minimisation des impacts négatifs occasionnés par les
contraintes de gestion des lixiviats dans toutes les décharges contrôlées du Royaume.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Filières   Produits  

Papier/Carton    
 
Plastique  
Matière  première  secondaire  
Verre  

Métaux  

Déchets  verts   Compost  

Matière  organique   Energie  

Huiles  alimentaires  usagées   Biodiesel  

Déchets  ultimes   Combustibles  de  substitution      

 
Le recyclage et la valorisation permettent d’éviter le recours aux matériaux nobles, coûteux et non renouvelables. De plus,
la valorisation des DMA contribue également aux économies d’énergies fossiles (production de gaz, d’électricité ou de
chaleur….) Celle-ci reste largement tributaire de l’activité des récupérateurs ambulants et de ceux opérant directement
sur la décharge.
En termes d’impacts, le recyclage et la valorisation contribuent à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Ces
émissions sont provoquées par l’émanation du gaz carbonique et du méthane, entre autres.
Le tri sélectif demande une participation active des producteurs de déchets, particulièrement les ménages. Il nécessite un
apprentissage de la part des habitants car si le tri est mal fait, cela risque de souiller les déchets recyclables et d’engendrer
ainsi des coûts supplémentaires.
76

Encadré 3 : Retombées de la collecte sélective au niveau communal

Alléger  les  dépenses  communales  dédiées  à  la  gestion  des  DMA  dans  le  cadre  d'une  vision  
intégrée,  basée  sur  la  valorisation  et  la  réduction  du  volume  de  mise  en  décharge  ;  
 
Contribuer   au   recouvrement   des   coûts   de   la   gestion   des   DMA   par   les   recettes   issues   de   la  
vente  des  flux  de  matières  triées  ;  
 
Intégrer   et   organiser   les   récupérateurs   informels   dans   le   cadre   d'un   système   de   gestion  
intégrée  des  DMA  (tri  à  la  source,  collecte  sélective,  centres  de  tri  au  CEV)  ;  
 
Eviter  les  surcoûts  de  gestion  des  décharges  contrôlées,  particulièrement  l'amélioration  de  
la  rentabilité  de  la  valorisation  du  biogaz,  et  réduire  les  coûts  de  traitement  des  lixiviats  et  
leurs  impacts  sur  l'environnement.  

3.4 Expériences nationales en


matière de tri

Dans les pays développés, la récupération est souvent facilitée par le système de collecte sélective.
Au Maroc, en aval, et en dehors de l’expérience de la coopérative Oum Azza à la décharge inter-
communale de la Région de Rabat, l’enfouissement sanitaire dans les autres décharges contrôlées
se fait actuellement sans aucun tri formel (Agadir, Fès, Oujda, Mohammedia, Essaouira, Nador,
Guelmim, Al Hoceima, El Jadida, etc.), ce qui a une incidence autant sur les coûts de gestion et
de mise en décharge que sur les nuisances environnementales.
Les initiatives de tri lancées au Maroc revêtent un caractère pilote. Parmi ces expériences, huit
sont présentées ci-après :
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Encadré 4 : Expérience de Salé Bab Lamrissa

Date   1999  

Echelle  d'intervention   Quartier  Nahda  

Opérateur   ONG  Enda  Maghreb  &  Commune  de  Salé  

Objectif   Récupérer   la   matière   organique   triée   à   la   source   pour   produire   du  


compost  de  qualité  à  un  coût  raisonnable.  

Consistance   200   ménages   ont   été   ciblés   pour   procéder   à   un   tri   bi-­‐flux  :   Matière  
organique  (MO)  et  Matière  non  organique.(MNO)  Une  collecte  en  porte-­‐
à-­‐porte   a   été   assurée   par   un   véhicule   communal   comprenant   deux  
compartiments  (MO  et  MNO)  pour  transporter  les  déchets  triés  vers  une  
unité  expérimentale  de  compostage.  Des  poubelles  vertes  ont  été  mises  à  
la   disposition   des   habitants   pour   l'évacuation   des   déchets   non  
organiques.  La  MO  a  été  mise  dans  des  sacs  noirs.  Approche  préconisée  :    
Enquêtes   auprès   des   ménages,   échantillonnage   des   groupes  
cibles,   implication   des   associations   de   quartiers,   écoles   et  
mosquées  ;  
Mise   en   œuvre   d'un   programme   de   sensibilisation   et  
d'information   (ménages,   écoliers,   mosquée,   commerçants)  
durant  la  phase  du  projet  (2  ans)  ;  
Achat  et  distribution  de  poubelles  ;  
Distribution  de  dépliants  d'informations  sur  les  consignes  de  tri.  

Résultats   Les  déchets  ont  été  triés  à  plus  de  50%  par  les  habitants  du  quartier.  Ces  
derniers  ont  été  par  la  suite  démotivés  par  le  comportement  des  agents  
communaux  chargés  de  la  collecte.  Ces  agents  mélangeaient  les  déchets  
triés   lors   de   leur   chargement   dans   les   camions.   Le   projet   visait   à  
l’extension   du   tri   à   quelque   600   ménages   mais   l’objectif   n’a   jamais   été  
atteint.    

 
78
Encadré 5 : Expérience de Rabat

Date   2004  

Echelle  d'intervention   Quartier  Agdal  (Place  Shem’s  et  Rue  Jaâfar  Essadeq)  ;    
Hay  Ryad  (Mail  Central,  Rue  Alime)  ;    
Quartier  Orangers  (Rue  El  Ghazali)  ;    
Quartier  Guich  des  Oudayas  (Avenue  des  Oudayas.)    

Opérateur   Ex-­‐commune   urbaine   de   Rabat-­‐Agdal   et   SEGEDEMA   (société   délégataire  


des  services  de  collecte  et  de  nettoiement.)  

Objectif   Récupérer   les   déchets   recyclables   triés   à   la   source   pour   faciliter   leur  
recyclage   «   matière   »   et   «   organique   »,   et   réduire   le   taux   de   mise   en  
décharge.  

Consistance   05   points   de   collecte   appelés   "éco-­‐points"   ont   été   identifiés   dans   04  


quartiers   pour   introduire   le   tri   sélectif.   Le   mode   de   collecte   préconisé  
était   celui   de   l'apport   volontaire   des   déchets   à   partir   de   ces   éco-­‐points.  
Les   05   éco-­‐points   étaient   équipés   chacun   de   quatre   conteneurs   de  
couleurs  différentes  :    
Un  conteneur  à  couvercle  rouge  destiné  aux  emballages  en  verre  
;      
Un   conteneur   à   couvercle   jaune   destiné   aux   emballages   en  
plastique  ;    
Un  conteneur  à  couvercle  bleu  destiné  au  carton  et  au  papier    ;    
Un   conteneur   à   couvercle   vert   pour   tout   le   reste   des   ordures  
ménagères.    

Résultats   Cette   expérience   n’a   pas   connu   un   grand   succès,   à   cause   du   manque  
d’implication  des  habitants,  traduit  par  un  faible  taux  de  matériaux  triés.  
Les  conteneurs  étaient  quasiment  vides  ou  remplis  de  déchets  ménagers  
mélangés.   L'absence   d’un   gardiennage   des   éco-­‐points   a   favorisé   leur  
visite  par  les  récupérateurs  ambulants  et  autres  intrus.    

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

79

Encadré 6 : Expérience de Tiflet

Date   2003  

Echelle  d'intervention   Quartier  El  Farah      

Opérateur   Enda  Maghreb,  en  partenariat  avec  la  Commune  urbaine  de  Tiflet  et  une  
association  de  quartier.  

Objectif   Augmenter  le  taux  et  la  qualité  des  matériaux  recyclables.  
Faciliter   les   activités   du   centre   de   co-­‐traitement   des   déchets   ménagers,  
en  améliorant  la  qualité  du  compost  produit  et  en  réduisant  l'effectif  du    
personnel  affecté  au  tri  des  DMA.  

Consistance   500   ménages   ont   été   ciblés   pour   effectuer   un   tri   bi-­‐flux   (MO   et   MNO.)  
Une   collecte   en   porte-­‐à-­‐porte   a   été   assurée   par   un   véhicule   communal,  
pour   le   ramassage   de   la   MO   et   de   la   MNO   et  pour   les   transporter   au   CCT  
construit  et  conçu  pour  traiter  la  totalité  des  DMA  de  la  ville.  02  tournées  
de   collecte   s’effectuaient     :   la   première   pour   ramasser   tous   les   déchets  
organiques,   transportés   et   déchargés   directement   sur   l’aire   de  
fermentation   pour   en   faire   du   compost.   La   deuxième   concernait   la  
collecte   des   déchets   non   organiques   transportés   au   CCT   à   des   fins   de  
séparation   et   de   revente.   02   poubelles   de   couleurs   différentes   (vert   et  
noir)  ont  été  distribuées  aux  500  ménages  :  le  vert  destiné  à  la  MO  et  le  
noir  à  la  MNO.    
Plusieurs   actions   d’information   des   habitants   sur   l’intérêt   du   tri   ont   été  
conduites  par  les  associations  du  quartier  ciblé.  

Résultats   Le   tri   sélectif   a   été   effectué   par   les   ménages   et   la   collecte   sélective  
assurée   respectivement   par   deux   véhicules   affectés   par   la   commune   au  
bénéfice   de   ce   quartier.   A   cause   du   manque   de   moyens   financiers,   la  
commune  s’est  vue  obligée  de  n’effectuer  qu’une  seule  tournée  avec  un  
seul   camion,   en   mélangeant   tous   les   déchets   triés   à   la   source.   Ceci   a  
conduit  à  l’échec  du  tri  initié  par  les  habitants  du  quartier.    

 
80

Encadré 7 : Expérience de Larache

Date   2006  

Echelle  d'intervention   Quartier        

Opérateur   Société  délégataire  Hincol  des  services  de  collecte,  de  nettoiement  et  de  
la  décharge  publique.    

Objectif   Produire  du  compost  de  qualité  sur  le  site  de  la  décharge.  

Consistance   2.600  ménages  ont  été  ciblés  pour  un  tri  bi-­‐flux.  Deux  poubelles  ont  été  
mises  à  la  disposition  des  ménages,  dont  une  de  couleur  grise  pour  la  MO  
et   l’autre   marron   pour   la   MNO.   Des   points   d'apport   volontaire   ont   été  
équipés  en  conteneurs  de  mêmes  couleurs  que  les  poubelles.    
La   collecte   a   été   assurée   selon   deux   fréquences   :   1   à   2/7   jours   pour   les  
bacs  gris  (MO)  &  3  à  7/7  jours  pour  les  bacs  marron  (MNO.)    
Un  programme  de  sensibilisation  et  d’information  a  été  conçu  et  réalisé  
en   partenariat   avec   la   commune   urbaine   et   les   associations   locales   sur  
une  période  de  18  mois.    

Résultats   Les  consignes  de  tri  ont  été  respectées  par  les  ménages.  
Le   système   de   tri   n'a   pas   duré   et   a   été   abandonné   suite   à   des   contraintes  
de  gestion  du  contrat  de  délégation  du  service  par  le  délégataire.    

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

81

Encadré 8 : Expérience de Nador

Date   2014  

Echelle  d'intervention   Quartier  

Opérateur   Une  association  locale,  en  partenariat  avec  la  commune  urbaine  de  Nador  
et  avec  l'appui  de  l'ONG  italienne  Coopi.  

Objectif   Participer   à   la   gestion   des   DMA   par   l’organisation   de   la   collecte   et   le  


recyclage.    

Consistance   L'expérience   consiste   en   l'organisation   de   tri   bi-­‐flux   par   les   ménages   du  


quartier  ciblé,  l’uniformisation  des  charrettes  utilisées  pour  le  ramassage  
et  des  tenues  de  travail  des  récupérateurs  ambulants.    
Avec   ces   activités,   l’association   a   conclu   une   convention   avec   la   société  
délégataire  (Société  Nakawa)  pour  la  récupération  des  déchets  dans  des  
écoles  et  des  administrations.    
Compte-­‐tenu   du   gisement   de   déchets   recyclables   de   la   ville   et   des  
opportunités  limitées  de  valorisation  locale,  l’association  a  concentré  ses  
activités  sur  le  tri  du  papier  et  du  carton  et  en  a  même  fait  l’objet  de  sa  
dénomination    :  Association  des  Récupérateurs  de  Papier/carton  (ARPC.)  

Résultats   Cette  expérience  est  en  phase  de  démarrage  et  de  maturation  et  il  serait  
trop   tôt   d’en   évaluer   les   résultats.   Pourtant   l'approche   de   mise   en   œuvre  
est  pertinente  et  devrait  être  capitalisée  et  partagée  avec  les  autres  villes.    

 
82

Encadré 9 : Expérience de la ville de Béni-Mellal

Date   2010  

Echelle  d'intervention   Quartier  

Opérateur   Commune   urbaine   en   partenariat   avec   la   GIZ/Commission   européenne  


/projet  de  coopération  internationale.  

Objectif   Réaliser   et   capitaliser   une   action   pilote   de   tri   à   la   source   pour   la  


généraliser  à  l'échelle  de  la  ville.  

Consistance   200  ménages  ont  été  ciblés.  Des  bacs  de  tri  jaune  de  90  l.  ont  été  mis  à  
leur   disposition   pour   mettre   leurs   déchets   recyclables.   Une   collecte  
sélective   en   porte-­‐à-­‐porte   a   été   assurée,   à   une   fréquence   de   1/7   jours  
(tous  les  samedi  matin.)   Les  produits  de  tri  comprennent  l'emballage,  le  
papier/carton,   le   plastique,   le   verre,   l'aluminium.   Cette   expérience   a  
connu   une   extension   par   la   suite   et   a   cerné   un   échantillon   limité   de  
grands   producteurs   d’emballages,   de   plastique   et   de   papier  
(commerçants   et   administrations   publiques.)   Un   programme   de  
sensibilisation   sur   la   période   du   projet   (2   ans)   a   été   conçu   et   a  
accompagné  la  phase  opérationnelle  de  mise  en  œuvre  du  projet.    

Résultats   0  

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

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Encadré 10 : Expérience de tri de la ville d’Essaouira

Date   2006  

Echelle  d'intervention   Nouveaux  quartiers  de  la  ville  

Opérateur   Société  délégataire  GMF/  contrat  (2006-­‐2016)  

Objectif   Introduire  la  collecte  sélective  et  la  généraliser  à  l'échelle  des  quartiers  de  
la  ville.    

Consistance   Aménagement   par   la   commune   de   17   points   verts,   ou   "Points   d'apport  


volontaire",  accueillant  des  bacs  de  différentes  couleurs  pour  les  matières  
recyclables  et  des  conteneurs  verts  pour  le  reste  des  déchets.  La  collecte  
sélective  était  assurée  à  partir  de  ces  points  verts  à  une  fréquence  de  7/7  
jours   et   concernait   les   flux   de   matières   suivants   :   (papier,   carton  
emballage   plastique,   aluminium,   verre.)   Les   produits   collectés   étaient  
transportés  à  la  décharge  contrôlée.  Le  contrat  de  délégation  de  service  
n'a   prévu   ni   plateforme   de   tri,   ni   valorisation   sur   le   site   de   la   décharge  
contrôlée.                    

Résultats   Tri  et  collecte  sélective  abandonnés  après  la  phase  de  lancement  :  
Irrégularité   du   tri   par   les   ménages   et   non   respect   des   consignes   (faible  
performance  du  tri)  ;  
Produit   trié,   vidage   des   bacs   par   les   récupérateurs   avant   le   passage   des  
camions  de  collecte.          

 
84

Encadré 11 : Expérience de tri de la ville de Benslimane

Date   2010  

Echelle  d'intervention   Quartier  pilote  

Opérateur   Société  délégataire  OZONE  Environnement    

Objectif   Réalisation  d’une  action  pilote  de  collecte  sélective  

Consistance   Ciblage   d'un   quartier   populaire   de   1.200   ménages.   Des   points   d'apport  
volontaire   ont   été   identifiés   et   équipés   de   deux   types   de   bacs.   Les   bacs  
gris   pour   les   déchets   organiques   et   ceux   verts   pour   les   déchets  
recyclables  inorganiques.  
La  collecte  sélective  était  assurée  à  partir  de  ces  points  à  une  fréquence  
de   7/7   jours.   Les   produits   de   tri   collectés   étaient   transportés   à   la  
décharge  contrôlée,  sans  subir  aucun  traitement  ou  valorisation.                    

Résultats   -­‐  Adhésion  des  ménages  et  respect  des  consignes  de  tri.  
-­‐  Commercialisation  du  produit  par  la  commune  et  utilisation  des  recettes  
du  tri  sélectif  au  bénéfice  d’une  caisse  sociale.  
-­‐   Abandon   de   la   collecte   sélective   sous   motif   du   manque   de   moyens   pour  
la  construction  et  l'équipement  du  centre  de  tri.  

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

85

Autres expériences en cours de lancement Le tri et la collecte sélective devrait au moins assurer un équi-
libre entre les frais de fonctionnement requis et les revenus géné-
Cas de la ville de Casablanca
rés de la vente des produits de triés.
Depuis la mise en place d’un plan d’urgence global pour la
Les expériences de tri à la source chez les ménages ou de collecte
ville de Casablanca, les initiatives pour mettre la métropole
sélective restent très limitées au Maroc. Très rares sont celles qui
à niveau se multiplient, surtout du côté de la gestion des
ont été entreprises par les communes et qui ont mis en place des
DMA. En mars 2015, Atlanta et Sanad, en coopération avec
moyens pour la collecte sélective (carton/papier, plastique,….) La
l’Association Bahri, ont commencé une opération pilote de
ville de Béni Mellal peut être considérée comme un bon exemple
tri sélectif.
car elle a pu assurer la continuité du tri sélectif en le contractua-
Aujourd’hui, les sociétés délégataires de la collecte des
lisant dans le cahier des charges de la gestion déléguée.
DMA (Sita Blanca et Averda) ont lancé un appel d’offres
Les enseignements tirés de ces expériences sont résumés dans
restreint, en concertation avec l’autorité délégante (Com-
l’encadré 12.
mune urbaine de Casablanca), les ministères de l’Intérieur
et de l’Environnement, et la Wilaya de la Région du Grand Encadré 12 : Enseignements tirés des expé-
Casablanca, pour «l’étude des acteurs de la récupération de riences passées de tri au Maroc :
déchets valorisables à Casablanca et des scénarios de leur
intégration dans un système de collecte sélective». Il s’agit Le   changement   de   comportement   des  
d’identifier l’actuelle chaîne de valorisation de ces déchets populations  demande  du  temps  ;      
en grande partie informelle, d’en comprendre l’organisation  
et le mode de fonctionnement, de concevoir des schémas L’attente  de  la  plupart  des  ménages  ne  
d’intégration dans un système formel de milliers de récu- réside   pas   dans   un   système   moderne  
pérateurs et de proposer des scénarios adaptés au contexte de  collecte,  mais  ils  aspirent  plutôt  à  un  
particulier de la ville, pour une meilleure valorisation de service  fiable  et  régulier  ;    
ces déchets.  
Analyse des expériences passées Le   dépôt   des   déchets   en   dehors   des  
foyers   étant   effectué   en   priorité   par   les  
L’analyse des résultats des expériences passées montre que femmes   ou   les   enfants,   ils   devraient  
les objectifs fixés n’ont pas été atteints et que les systèmes de être   ciblés   dans   toute   action   de  
tri mis en place n’ont pas duré. Les initiatives entreprises se sensibilisation  et  de  communication  ;  
sont arrêtées après une certaine période d’essai. Cet échec  
semble dû en particulier aux causes suivantes : Le  citoyen  ne  peut  comprendre  l’utilité  
- Etudes préalables inexistantes ou insuffisantes ; de   la   gestion   écologique   des   déchets  
- Insuffisance de sensibilisation et de participation des mé- s'il  n’est  pas  directement  impliqué  dans  
nages concernés ; l’amélioration   de   l’environnement   de  
- Insuffisance des capacités humaines et manque d’équipe- son  quartier.  
ments adéquats pour assurer le ramassage séparé des dé-  
chets triés à la source ; La   viabilité   n'a   pas   été   prise   comme  
- Manque de nouvelles ressources matérielles et humaines condition   de   réalisation   des   systèmes  
pour couvrir les dépenses supplémentaires. de  tri  et  de  collecte  sélective.  
86

3.5 Conditions de réussite 3.6 Eléments méthodologiques et


d’un système de tri et de techniques relatifs à la conception
collecte sélective et à la mise en place d’un système
Le tri à la source ou la « récupération sélective » est une
de tri et de collecte sélective
composante fondamentale de toute politique de minimisa- 3.6.1 Eléments méthodologiques
tion des déchets et de développement des filières de valori-
sation des matériaux de récupération. La mise en place du système de tri et de collecte sélective
Le tri à la source offre l’avantage de préserver la qualité des doit faire l’objet d’une étude préalable. Les principaux élé-
produits récupérés, d’augmenter les quantités récupérées ments méthodologiques à suivre dans une telle étude sont
ainsi que de minimiser les quantités mises en décharge. comme suit :
La réussite du tri et de la collecte sélective nécessite une - Analyser l’opportunité économique de développement et/
planification rigoureuse et la mobilisation des moyens suf- ou de réorganisation des filières de recyclage ;
fisants pour sa mise en œuvre. Avant tout, ils doivent être - Planifier la mise en place des centres de tri et de valorisa-
conçus et réalisés en étroite collaboration avec les premiers tion des produits objet de collecte sélective ;
concernés, à savoir les populations ciblées et les récupéra- - Analyser la prise en compte de la dimension sociale (réor-
teurs. ganisation et intégration des récupérateurs informels) ;
Les principales mesures préalables d’accompagnement - Examiner les modes de gestion appropriée de la collecte
d’une telle initiative de tri à la source sont présentées ci- sélective et du centre de tri ;
après : - Analyser les besoins de la réorganisation et l’adaptation
du système de collecte existant avec un renforcement en
- Motivation et volonté de la commune d’appuyer et de mo- équipements de tri (véhicules et bacs pour fractions or-
biliser les ressources requises pour la mise en œuvre d’une ganiques et bacs pour fractions non organiques, moyens
expérience de tri ; humains) ;
- Nécessité de concevoir et de planifier toutes les étapes de - Mener des campagnes de concertation avec les popula-
la filière : système de tri, collecte sélective, débouchés de tions ciblées (ménages et récupérateurs) pour leurs im-
valorisation des matériaux récupérés, intégration et orga- plication et responsabilisation dans le processus depuis la
nisation des récupérateurs informels ; conception ;
- Analyse rigoureuse des aspects économiques et commer- -Prévoir l’établissement d’un plan d’accompagnement et
ciaux de la filière mise en place ; de promotion du système de tri et de collecte sélective à
- Forte implication et participation des populations ciblées mettre en place (communication, sensibilisation, forma-
à la conception et à la mise en œuvre de l’initiative ; tions, incitation, suivi, assistance technique, évaluation,
- Accompagnement et promotion de l’initiative par un plan capitalisation etc.) et évaluer son budget ;
d’information, de sensibilisation et d’éducation des popula- - Etablir une analyse financière (investissements, exploita-
tions concernées. tion, recette, rentabilité, risques, besoins en subvention, etc..
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

87
3.6.2 Consistance des études préalables - Conception d’un nouveau schéma intégré de tri, de col-
lecte sélective et de plateformes de valorisation ;
Etude d’opportunité -Dimensionnement et évaluation des besoins matériels et
humains.
Le choix du mode de collecte constitue un maillon essen-
tiel dans la réalisation du système de tri. En effet, à chaque Aspect social
territoire peut correspondre un mode de collecte sélective - Réalisation d’une enquête auprès des producteurs de
approprié, qui dépend de plusieurs facteurs dont : DMA des secteurs ayant un gisement exploitable (avis, ad-
- La situation géographique ; hésion et modalités suggérées pour la mise en œuvre du tri
- Les caractéristiques physiques et socio-économiques des sélectif) ;
milieux à desservir (taille de la ville, typologie de l’habitat, - Organisation et intégration des récupérateurs (recense-
etc.) ; ment, répartition, tonnage et revenus générés, contraintes,
- La superficie, le nombre de résidents et la densité de la modalités suggérées pour s’impliquer dans la mise en
population ; œuvre du tri sélectif.)
- Le mode de collecte des DMA déjà mis en place :
- Le schéma d’organisation (sectorisation, fréquence, cir-
Aspect économique et financier
cuits, conteneurisation, …) ; - Analyse du marché des produits de récupération et de
- Le matériel de pré-collecte (sacs, bacs) ; valorisation (débouchés de valorisation des matériaux ré-
- Les moyens de collecte (type et quantité de véhicules, ef- cupérés, besoins des industriels, prix du marché,…) ;
fectifs du personnel) ; - Analyse économique et commerciale de mise en place
- Le potentiel de valorisation des produits de tri (résultats des filières jugées potentielles (investissement, fonctionne-
des campagnes de caractérisation) et l’analyse du marché ment) ;
(localisation, besoins, opportunités, particularités etc.) ; - Evaluation des coûts de tri à la source et des filières en
- Les objectifs de récupération et les orientations en ma- aval ;
tière de gestion des flux de matières ; - Proposition des scénarios et des modalités ;
- La motivation de la population et ses habitudes ; - Analyse de la rentabilité et la viabilité.
- Le budget disponible.
Etude de faisabilité 3.6.3 Eléments de dimensionnement du sys-
La faisabilité d’un projet de tri sélectif et de collecte sélec- tème de tri et de collecte sélective
tive repose sur l’analyse des aspects suivants : technique, Le dimensionnement relatif à la mise en place de ce sys-
social, économique et financier. tème concerne en particulier la pré-collecte et la collecte.
Aspect technique Il dépend d’une part des caractéristiques du gisement des
DMA, d’autre part des équipements et de l’organisation
- Analyse des résultats de campagnes périodiques de carac- existantes de la pré-collecte et de la collecte.
térisation des déchets ; Les principaux paramètres de dimensionnement sont pré-
- Analyse du schéma d’organisation de la collecte (points sentés dans l’encadré 13.
forts, points faibles, adaptabilité, contraintes, besoins en
renforcement) ;
- Projection de la production par type d’habitat ;
88
Encadré 13 : Principaux paramètres de dimensionnement Production de déchets par catégorie : en se basant sur les
résultats des campagnes de caractérisation, déterminer ce
Typologie  d'habitat  ;   qui suit :

Catégories   produites   de   DMA   selon   les   - Tonnage moyen des déchets par catégorie de flux d’objets
résultats   des   campagnes   de   caractérisation   et   de collecte sélective : établir la projection de la production
projection  de  la  production  ;     sur la période d’amortissement des équipements (6 ans) ;
Densité  des  différents  flux  dans  les  bacs  ;  
- Tonnage moyen des autres déchets, objet de collecte
Capacité   de   stockage   et   encombrement   des   mixte : établir la projection de la production sur la période
bacs  ;   d’amortissement des équipements (6 ans) ;
Localisation   et   surface   des   points  
d'emplacements  des  bacs  ;   - Valeurs moyennes des densités et volumes des flux objet
de collecte sélective (à titre indicatif, les valeurs de densité
Conteneurisation     :   fréquence   de   rotation,   déterminés par l’ADEME sont rapportées dans le tableau 4.)
contraintes   de   manutention,   utilisation   de  
contenants  de  réserve  ;  
Organisation   de   la   collecte   :   fréquence,  
nombre   et   nature   des   flux   de   collecte  
sélective.    

Il n’existe pas de texte réglementaire ou normatif sur les ra-


tios de dimensionnement. Les hypothèses proposées dans
ce paragraphe s’inspirent de plusieurs textes et documents
techniques français intégrant les exigences de la collecte
sélective et sont adaptées, en tenant compte du retour d’ex-
périences, dans l’évaluation des moyens et des équipements
de collecte au Maroc.

Typologie d’habitat dans le cas des ménages :

- Déterminer le nombre de producteurs : pour les ménages


(nombre total, nombre de personnes par ménage) et pour
les grands producteurs (nombre total de points de produc-
tion, cas des hôtels, restaurants et cantines des usines, etc.) ;

- Evaluer le niveau socio-économique des producteurs (cas


des ménages.)
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

89

Tableau 4 : Densité des flux de matières (source ADEME)

Flux   Densité  

Verre   0,3  

Papier   0,15  

Carton,  complexe   0,07  

Flaconnage  plastique   0,03  

Métaux   0,01  

Putrescibles   0,1  

Reste  des  ordures  ménagères   0,1  

 
Densité et foisonnement des différents flux dans les bacs : - Déterminer la surface de manutention. Cette surface est
Calculer le volume sur la base des limites inférieures de égale à celle de l’encombrement des bacs (espace nécessaire
densité pour chaque matériau et déduire une moyenne, au cas le plus contraignant pour la circulation, soit l’instal-
en prenant en compte le foisonnement dans les bacs, qui lation des bacs sur une seule file.)
concerne notamment du carton.
Capacité de stockage et encombrement des contenants : NB : il est préférable de prévoir pour la taille des conte-
Déterminer la capacité de stockage en fonction des vo- neurs, l’encombrement des bacs de 360 l. Des ajustements
lumes de production, de la fréquence de collecte et de la sont toujours possibles, lors de la gestion du système, pour
surface disponible pour l’installation des bacs. satisfaire à tout éventuel besoin d’augmentation de la taille
Localisation et surface des points d’emplacements des bacs des bacs.
: Organisation de la collecte :
Evaluer la superficie des espaces occupés déjà par les bacs,
et réviser le plan initial de collecte, en se basant sur les don- - Fréquence : elle dépend des caractéristiques des zones à
nées cartographiques (plans de collecte et de conteneurisa- desservir, de la quantité des flux à collecter, de la disponi-
tion existants) et en fonction des volumes déterminés pour bilité des moyens (camions, bacs, équipes), de l’économie
un bi-flux. d’échelle. Pour le cas des résidences fermées et des grands
Gestion de la conteneurisation : producteurs (hôtels, restaurants, etc.), la fréquence de col-
- Déterminer la fréquence de rotation, les contraintes de lecte sélective peut être hebdomadaire, mais pour le cas des
manutention, les conteneurs de réserve utilisés ; quartiers où il n’y a pas de gardiennage, la collecte
90

sélective devrait être effectuée au moins deux fois par se- Il devra cerner en premier lieu les grands producteurs de
maines, pour éviter le risque de vol des matériaux. DMA, à savoir le secteur hôtelier, les restaurants, les rési-
- Nombre et nature des flux de collecte sélective : le dimen- dences fermées et les centres commerciaux, avant de géné-
sionnement devrait être basé sur le dispositif le moins exi- raliser progressivement le principe à l’échelle des quartiers
geant en surface, soit une collecte bi-flux à partir des points ayant un gisement exploitable. En outre, il doit être conçu
d’apport volontaire (une collecte sélective des flux triés à la comme un projet commercial viable.
source et une collecte mixte du reste des déchets.)
Il serait intéressant de s’inspirer de l’expérience tunisienne

3.7 Conception, montage et mise


des «points ECO-LEF» et de l’adapter. Le système préconi-
sé consiste en des points de collecte rémunérée des embal-

en œuvre d’un projet de tri à la


lages usagés (papier/carton, emballages en plastique, verre,
canettes, etc..) La rémunération, attribuée aux collecteurs
privés, est fixée selon la quantité collectée et la nature des
source et de collecte sélective produits.

Les points de collecte sont des espaces fermés et gardés.


3.7.1 Eléments d’orientation
Pour le cas du Maroc, la gestion de ces points de collecte
En tenant compte des enseignements tirés des expériences pourrait être confiée aux récupérateurs organisés en coo-
passées, de la motivation parfois très limitée des communes pératives et, suivant un cadre contractuel, en coordination
pour la mise en œuvre d’une initiative de tri et de la diffi- avec les communes et les sociétés de valorisation pour le
culté de mobiliser des fonds communaux pour le finance- recyclage des produits récupérés.
ment d’une telle opération, notamment la composante de Choix du quartier
sensibilisation et de communication, il y a lieu d’associer
Le quartier sélectionné doit disposer d’un gisement ex-
les ONG et le secteur privé à la conception et à la gestion
ploitable de flux de matières recyclables et d’espaces libres
de cette expérience.
pour mettre en place des points d’apports volontaires de
Parmi les critères pour garantir la réussite d’une opération
tri bi-flux. Si les conditions le permettent, on peut envisa-
de tri à la source, il est possible de noter ce qui suit :
ger la possibilité d’aménager des déchèteries (parkings des
- Existence d’un gisement exploitable (quantités impor-
centres commerciaux.) Il est envisageable d’aménager des
tantes de flux de matières recyclables, dans les secteurs ou
points de collecte approvisionnés par des récupérateurs au-
les quartiers retenus) ;
torisés avec des apports rémunérés.
- Existence d’espaces requis pour des points de collecte
d’apport volontaire, dans les secteurs ou les quartiers re- Produits ciblés
tenus ; Il faut cibler, au démarrage, le tri des flux de matières de-
- Disponibilité d’une population sensibilisée et engagée, mandées par le marché pour ne pas être confronté à des
pour respecter les consignes de tri. problèmes de débouchés pour des produits tels que le
papier/carton, le verre, les canettes, les emballages PVC.
Le système de tri et de collecte sélective doit s’inscrire dans Une fois que les résultats du projet s’avèrent concluants, en
le cadre d’une gestion intégrée et durable des déchets, ba- fonction des produits disponibles et de la demande, la col-
sée sur la réduction à la source et la valorisation à l’aval. lecte sélective peut s’élargir à d’autres matières.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

91

Modalités de mise en œuvre Moyens


Pour être viable dans le temps, le projet doit être conçu sur La phase opérationnelle et pilote du projet devra avoir
une base commerciale. En d’autres termes, les revenus gé- une période minimale de deux années. Outre les moyens
nérés doivent au minimum compenser les frais de fonc- matériels et humains, et le budget de communication, une
tionnement. L’initiative doit viser en premier lieu les pro- équipe de projet devra être recrutée ou mise à disposition
duits valorisables demandés par le marché. Pour ce faire, il par la commune ou ses partenaires, pour travailler à plein
faudrait associer des opérateurs privés à la conception et à temps sur le projet (expert en déchets, ingénieur en com-
la gestion du projet. munication, sociologue, animateurs, etc.)
Les étapes suggérées pour la mise en œuvre d’un 3.7.2 Phases de montage du projet de tri
projet de tri Un schéma indicatif des phases de montage d’un projet de
tri et de collecte est présenté dans l’encadré 14.
- Identification des emplacements des points de collecte ;

- Mobilisation des acteurs autour du projet (élus, services


techniques et administratifs, ménages, récupérateurs, asso-
ciations de quartier, sociétés délégataires de collecte) ;

- Constitution d’un comité de pilotage du projet composé


des représentations des autorités locales et des populations
ciblées ;

- Mise en place d’un cadre contractuel avec les interve-


nants, définissant les responsabilités et les modalités de
gestion des points de collecte, le cas échéant l’élaboration
d’un cahier des charges de gestion de ces points de collecte
dans le cas de leur gestion par des sociétés privées ou par
des coopératives de récupérateurs ;

- Mise en œuvre d’un plan d’accompagnement et de pro-


motion du projet, pour l’information et la sensibilisation
des populations des quartiers ciblés. Des outils de commu-
nication devraient être conçus et produits durant la phase
du projet, pour appuyer le processus et la dynamique lan-
cée.
92

L’encadré 14 : Phases de montage d’un projet de tri

Phase  préliminaire  

Prise  de  décision  et  engagement  de  la  commune  ;  


Formation  d'un  groupe  de  travail  (commune  et  partenaires  potentiels.)  ;  
Planification  et  élaboration  des  termes  de  référence  des  études.  

Phase  de  conception  

Etude  préliminaire  
Analyse  des  caractéristiques  démographiques  et  socio-­‐économiques  ;  
Caractérisation  des  DMA  et  identification  des  points  de  production  constituant  un  
gisement  exploitable  ;  
Consultation  des  populations  ciblées  et  des  récupérateurs.    

Etude  technico-­‐économique  
Identifier   les   modes   de   collecte   sélective   adaptés   au   territoire   ciblé   (en   fonction  
des  différents  secteurs  à  desservir)  ;  
Evaluer   les   quantités   de   matières   recyclables   récupérables   dans   les   secteurs  
retenus  ;  
Analyse  du  marché  (besoins,  débouchés,  prix,  rayons  du  marché  pour  l'écoulement  
des    matières  récupérées,  etc.)    ;  
Evaluer  les  impacts  sociaux,  environnementaux  et  économiques  du  système  de  tri  
et  de  collecte  sélective.  

Etude  financière    
Evaluation  du  coût  d'investissement,  d'exploitation  et  des  recettes  prévisionnelles  
qui  seront  issues  de  la  vente  des  produits  (scénarios  à  proposer)  ;  
Evaluation   des   impacts   des   nouveaux   engagements   sur   les   dépenses   de   la  
commune  ;  
Mobilisation   des   financements   (fonds   propres,   subventions   de   l'Etat,   coopération  
internationale.)  

Phase  de  décision  


Etude  financière     la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.
Manuel technique pour
- Evaluation   du   coût   d'investissement,   d'exploitation   et   des   recettes   prévisionnelles   qui  
93
seront  issues  de  la  vente  des  produits  (scénarios  à  proposer)  ;  
- Evaluation  des  impacts  des  nouveaux  engagements  sur  les  dépenses  de  la  commune  ;  
- Mobilisation   des   financements   (fonds   propres,   subventions   de   l'Etat,   coopération  
internationale.)  

Phase  de  décision  

Choix  de  la  variante  ou  scénario  


- Arrêter  le  flux  de  matières  objet  du  tri  à  la  source  ;    
- Arrêter  le  mode  de  collecte  sélective  (apport  volontaire  ou  porteà-­‐porte)    ;  
- Arrêter   les   modalités   techniques   de   mise   en   œuvre   (horaires,   fréquence,  
conteneurisation,  etc.)  
- Arrêter   le   mode   de   gestion   (SDL,   gestion   déléguée,   gestion   par   une   coopérative   de  
récupérateurs)  ;  
- Arrêter  le  schéma  financier  ;  
- Arrêter  le  programme  d'investissement.      
94

Phase  de  communication  

Conception  et  planification  du  plan  d'accompagnement  et  de  promotion  du  projet    
Module  1. Définir  les  objectifs  ;  
Module  2. Analyser  le  public  ciblé  ;  
Module  3. Concevoir  un  plan  de  communication  (films,  
animation,   enquêtes,   dépliants,   ateliers,   publicité,  
etc.)  ;  
Module  4. Etablir  le  budget  
Module  5. Elaborer  un  échéancier  de  mise  en  œuvre.  

Phase  opérationnelle  d'exécution  

- Lancer   la   mise   en   œuvre   du   plan   de   communication   (information   et   sensibilisation,  


publicité  et  médiatisation,  articles  de  presse,  distribution  de  dépliants,  etc.)    ;  
- Démarrer   les   sessions   de   formation   des   intervenants   responsables   de   la   distribution   du  
matériel  promotionnel  et  des  conteneurs  et  poubelles  ;    
- Organiser  une  conférence  de  presse  ;  
- Lancer  des  marchés  (achat  de  conteneurs,  etc.)  ;  
- Elaborer  et  ou  mettre  à  jour  des  plans  de  collecte  (circuits)  ;      
- Adapter  et  réorganiser  les  services  chargés  de  la  collecte  des  DMA  ;  
- Assurer  la  coordination  avec  les  services  chargés  de  la  gestion  du  Centre  de  tri  (CEV)  ;    
- Démarrer  l'opération  de  tri  et  de  collecte  sélective.    

Phase  de  suivi  et  de  contrôle  

- Poursuivre  les  activités  de  communication  et  de  promotion  du  projet  (information  
et   sensibilisation,   rappel   de   l’enjeu,   incitation   à   participer,  diffusion  des   résultats,  
etc.)    ;  
- Réaliser   des   évaluations   à   mi-­‐parcours   de   la   performance   du   tri   et   de   la   collecte  
sélective  avec  ses  impacts  ;  
- Adapter  et  réorganiser  les  services  chargés  de  la  collecte  des  DMA  ;  
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.
- Assurer  la  coordination  avec  les  services  chargés  de  la  gestion  du  Centre  de  tri  (CEV)  ;    
95
- Démarrer  l'opération  de  tri  et  de  collecte  sélective.    

Phase  de  suivi  et  de  contrôle  

- Poursuivre  les  activités  de  communication  et  de  promotion  du  projet  (information  
et   sensibilisation,   rappel   de   l’enjeu,   incitation   à   participer,  diffusion  des   résultats,  
etc.)    ;  
- Réaliser   des   évaluations   à   mi-­‐parcours   de   la   performance   du   tri   et   de   la   collecte  
sélective  avec  ses  impacts  ;  
- Assurer  le  suivi  et  le  contrôle  des  coûts  ;  
- Identifier,   analyser   et   résoudre   les   problèmes   et/ou   contraintes   rencontrés   en  
proposant  des  mesures  correctives  ;  
- Etablir  des  reportings    périodiques  de  suivi  et  de  contrôle  des  performances.    

 
3.7.3 Conception-formulation du projet 3.7.4 Principales étapes de mise en œuvre
du projet
La conception et la formulation du projet consiste à :
Planification avec le public cible pour la mise en
- Décrire le contexte de la zone de mise en œuvre du projet ;
- Définir les objectifs du projet ; œuvre du projet
- Définir les résultats attendus ; La mise en œuvre du projet de tri sélectif nécessite tout
- Déterminer la consistance du projet ; d’abord l’identification du public cible. Il s’agit générale-
- Enumérer les activités à réaliser ; ment des ménages, des récupérateurs, des associations de
- Argumenter sur la viabilité du projet ; quartiers, etc.
- Définir les modalités de mise en œuvre ; La planification et la mise en place d’un système de tri et
- Lister les partenaires et préciser leur niveau d’interven- de collecte sélective doit être conçue suivant une approche
tion dans le projet ; participative, en impliquant les producteurs de déchets
- Evaluer le coût total du projet ; dans les comités de pilotage et de suivi. Elle nécessite éga-
- Etablir un montage financier ; lement l’organisation d’ateliers participatifs pour la valida-
- Faire un échéancier prévisionnel de mise en œuvre ; tion du plan de collecte sélective, ainsi que la programma-
- Préciser les indicateurs de suivi ; tion d’actions de communication pour l’information et la
- Déterminer le mode de gouvernance du projet ; formation des populations ciblées sur les consignes de tri
- Définir le cadre conventionnel avec les partenaires ; à respecter.
- Enoncer le dispositif d’accompagnement et de promotion
du projet ;
- Etablir un plan de travail et un budget annuel.
96

Dispositif d’accompagnement et de promotion du projet - Réalisation d’expositions au sein des établissements scolaires ;
- Réalisation d’une exposition de sensibilisation sur le tri
La valorisation des matières résiduelles nécessite l’impli- pendant la période estivale.
cation des divers acteurs concernés. Cependant leur im-
plication découle de leur intérêt. C’est pourquoi le public Mise en place des indicateurs de performance de la gestion
cible doit disposer d’un accompagnement tout au long de du projet
la mise en œuvre du projet.
Les indicateurs de performance sont habituellement uti-
Une campagne d’information et de sensibilisation est né- lisés pour évaluer l’atteinte des objectifs fixés. Ils permet-
cessaire pour mobiliser la population concernée. Elle doit tent également de faire des comparaisons d’une année à
tenir compte des particularités des secteurs visés par le l’autre et d’une collectivité à une autre, en supposant que
projet, pour s’y adapter. les calculs sont effectués sur les mêmes bases. Le tableau 5
expose l’ensemble des indicateurs de performance relatifs à
Une campagne d’information et de sensibilisation efficace la gestion des services de collecte sélective :
intègre des messages écrits et une communication orale.
Son application doit être continue dans le temps.
Une communication régulière et entretenue dans le temps
permet d’expliquer aux citoyens les erreurs constatées lors
du tri à la source, tout en les informant des résultats obtenus.

Les campagnes de rappel sont nécessaires pour maintenir


la motivation des ménages et leur participation au système
de tri et de collecte sélective.

Le dispositif d’accompagnement de la mise en place du


tri sélectif peut varier d’un contexte à un autre. A titre
d’exemples :
- Formation des syndics des quartiers concernés ;
- Caractérisation des déchets du syndic ;
- Production d’outils de sensibilisation ;
- Réalisation d’une caravane d’exposition dans différents
établissements scolaires ;
- Commercialisation des matières recyclables, avec verse-
ment des bénéfices au syndic ;
- Production d’outils de sensibilisation (exposition sur les
déchets : jeux pédagogiques, dépliants, panneaux ; guide
de tri à la source) ;
- Formation des animateurs des clubs d’environnement sur
le tri des déchets ;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

97

Tableau 5 : Indicateurs de performance de la gestion des services de collecte sélective

Objectifs   Indicateurs  de   Modes  de  calcul  


performance  

Chiffrer   les   quantités   Rendement   moyen   Quantité   de   matières   recyclables  


moyennes   de   matière   annuel   de   la   collecte   annuellement   collectées   (T/an)   divisée   par  
recyclables   récupérées   sélective  (T/hab./an)   le   nombre   d'habitants   desservis   par   la  
par  habitant/année   collecte  sélective.  

Evaluer   le   niveau   de   Taux   annuel   de   Quantité   de   matières   recyclables  


performance   du   récupération   des   annuellement   collectées   (T/an)   x   100  
programme   de   matières  recyclables  (%)   divisée   par   la   quantité   de   matières  
récupération   recyclables   potentiellement   disponible  
annuellement  (T/an)  

Mesurer   l’efficacité   de   la   Taux  de  participation  à  la   Nombre   de   ménages   ayant   participé   au  
récupération   des   collecte  sélective  (%)   programme   de   collecte   sélective   au   moins  
matières  recyclables   une   fois   en   quatre   semaines   consécutives  
lorsque  la  collecte  est  hebdomadaire  x  100  
divisé  par  le  nombre  de  ménages  desservis  
par  la  collecte  sélective.  

Connaître  le  pourcentage   Taux   annuel   de   diversion   Quantité   annuelle   de   matières   valorisées  
de   matières   résiduelles   (%)   et  détournées  de  l’élimination  (t/an)  x  100  
détournées   de   divisée   par   la   quantité   totale   de   matières  
l’élimination   résiduelles  annuellement  générées  (T/an.)  

 
Outils de suivi et d’évaluation du projet

Le suivi et l’évaluation devra se faire à deux niveaux. Le premier aura lieu avant et après la mise en place de la collecte
sélective. Il s’agit de comparer et de mesurer les impacts économiques, environnementaux et sociaux du système mis en
place. Le second s’effectuera au centre de tri, pour évaluer l’effet direct sur la capacité et l’efficacité des équipements de tri
et d’élimination, sur les coûts d’investissement et sur la mise en marché du produit.
Le tableau 6 rapporte les principaux paramètres de suivi et de contrôle de la collecte sélective.
98

Tableau 6 : Paramètres de suivi et de contrôle du système de tri et de collecte sélective


Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

99

Les outils d’évaluation du système de tri et de collecte par objectifs sont présentés dans le tableau 7.
Tableau 7 : Principaux outils d’évaluation

Outils   Objectifs  
d'évaluation  
Module  1. Evaluer  l’atteinte  des  objectifs  
 
fixés  et  la  performance  du  système  de  tri  et  
Indicateurs  de   de  collecte  sélective  ;  
performance    
Module  2. Faciliter  la  comparaison  des  
résultats  d’une  année  à  l’autre  et  d’un  
territoire  à  un  autre  (dans  l’hypothèse  
suivant  laquelle  les  calculs  sont  effectués  
sur  les  mêmes  bases.)  
- Compiler  les  données  des  paramètres  de  suivi  et  de  contrôle    ;  
 
 
Tableaux  de   - Compiler  des  données  pour  faciliter  l'analyse    ;  
bord,  grilles    
d’analyses   - Faciliter  la  préparation  des  reportings  et  des  bilans  d'évaluation.  
détaillées  
- Donner  un  aperçu  qualitatif  de  certains  paramètres  de  suivi    ;  
 
 
Caractérisatio - Estimer  le  taux  de  contamination  dans  les  conteneurs  ou  dans  les  bennes  des  
n  qualitative   véhicules  de  collecte  et  le  pourcentage  d’utilisation  des  équipements  de  collecte  
(contenants,  bennes)  ;  
 
NB   :   la   caractérisation   qualitative   étant   moins   précise   que   celle   quantitative,   elle   doit   être  
utilisée  avec  précaution,  compte  tenu  de  la  subjectivité  des  observateurs.  
- Chiffrer  les  données  sur  les  quantités  et  la  composition  des  matières  résiduelles  
 
récupérées,  valorisées,  éliminées  et  produites    ;  
Caractérisatio  
ns   - Mesurer  la  performance  du  système  de  tri  et  de  collecte  sélective.  
quantitatives  
- Permettre  d’obtenir  diverses  données  sur  les  opérateurs  de  collecte  et  de  transport  
Tickets  de  
et  de  détecter  les  anomalies.  Des  données  sur  la  participation  peuvent  aussi  être  
pesage,  
obtenues    ;  
feuilles  de  
 
routes  des  
- Fournir  des  données  chiffrées  sur  les  quantités  collectées.  
véhicules  de  
collecte  
utilisée  avec  précaution,  compte  tenu  de  la  subjectivité  des  observateurs.  
- Chiffrer  les  données  sur  les  quantités  et  la  composition  des  matières  résiduelles  
 
récupérées,  valorisées,  éliminées  et  produites    ;  
100
Caractérisatio  
ns   - Mesurer  la  performance  du  système  de  tri  et  de  collecte  sélective.  
quantitatives  
- Permettre  d’obtenir  diverses  données  sur  les  opérateurs  de  collecte  et  de  transport  
Tickets  de  
et  de  détecter  les  anomalies.  Des  données  sur  la  participation  peuvent  aussi  être  
pesage,  
obtenues    ;  
feuilles  de  
 
routes  des  
- Fournir  des  données  chiffrées  sur  les  quantités  collectées.  
véhicules  de  
collecte  
sélective  
- Obtenir  diverses  données  qualitatives  et  quantitatives  relatives  au  tri  à  la  source  par  
 
les  ménages  ;  
Suivi  de    
terrain   - Fournir  des  données  qui  peuvent  être  utiles,  notamment  pour  les  calculs  de  
performance,  la  préparation  des  bilans  et  l’évaluation  globale  du  système  de  tri  et  de  
collecte  sélective.  
- Connaître  le  niveau  d'acceptabilité  du  système  ;  
 
 
Sondages,   - Evaluer  les  changements  et  les  modifications  des  comportements  et  des  habitudes.  
entrevues  
- Diffuser  les  résultats  et  les  performances  du  système  et  souligner  les  points  forts  et  
 
les  points  à  améliorer    ;  
Rapport    
annuel  et   - Partager  l'information  pour  maintenir  l’intérêt  et  la  participation  des  citoyens.    
bilan  
- Assurer  le  suivi  et  le  contrôle  des  actions  et  de  la  réalisation  des  objectifs    ;  
 
 
Comité  de   - Favoriser  la  concertation  entre  les  intervenants  de  différents  secteurs.  
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

101

Module 4. Filières de traitement et


de valorisation des déchets
102

4.1 Définition de la valorisa-


tion des DMA
La valorisation des DMA désigne toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en
substitution à d’autres substances, matières ou produits.
En d’autres termes, la valorisation englobe les opérations de recyclage, de compostage ou encore la transformation en
énergie. Il s’agit d’une solution préférable à la mise en décharge.

On distingue trois différents types de filières de valorisation :


- Valorisation de la matière : elle consiste à traiter les déchets recyclables pour en faire des matières premières secon-
daires (comme le papier, les métaux, le bois, etc.) ;
- Valorisation énergétique : elle consiste à produire à partir des déchets non recyclables de l’électricité ou du combustible
de récupération. Elle consiste également à capter du biogaz à partir des déchets stockés ;
- Valorisation agronomique : elle permet de transformer les déchets organiques en compost et en amendements orga-
niques pour revitaliser les sols.

4.2 Description des composantes


d’un CEV
Un Centre d’Elimination et de Valorisation (CEV) est
une installation de valorisation couplée à l’élimination
des déchets non valorisables. Il s’agit d’un système de
gestion intégrée et durable des déchets (GIDD) sur le
site d’une décharge.
Le système de GIDD se base sur une approche inté-
grant les dimensions environnementale, technique,
sociale, socioculturelle, politico-légale, économique
et institutionnelle et impliquant, à tous les niveaux de
la filière, les acteurs et les institutions directement ou
indirectement concernés (Figure 1.)

Le système de GIDD, qui allie performances technolo-


giques, écologiques et économiques, répond ainsi aux
objectifs de développement durable et aux standards
internationaux en matière de gestion des déchets.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

103

Figure 1. Composantes et processus d’une gestion intégrée Les composantes des filières technologiques concernent le
et durable des déchets solides municipaux (Waste, 2001) recyclage, le compostage, la méthanisation et la décharge
contrôlée. Ces options peuvent être adoptées à des propor-
tions variables selon le contexte de la zone d’intervention.
En se basant sur une hiérarchisation des modes de gestion
des déchets, le concept de GIDD sur un site de CEV favo-
rise l’approche de prévention et de réduction des déchets à
4.2.1 Filières de recyclage
la source, ainsi que les options de recyclage, de réutilisation Le recyclage est un procédé de traitement des déchets qui
et de valorisation. permet de réintroduire, dans le cycle de production d’un
La conférence des Nations Unies pour l’environnement, te- produit, des matériaux qui composaient un produit simi-
nue en 1992 à Rio de Janeiro, a mis en exergue l’importance laire arrivé en fin de vie, ou des résidus de fabrication. Le
de la solution intégrée pour la gestion des déchets, qui pré- recyclage contribue à la réduction du volume des déchets,
sente une opportunité de réconciliation entre le développe- et donc à la pollution qu’ils causeraient. Il participe éga-
ment et la protection de l’environnement. lement à la préservation des ressources naturelles, étant
donné que la matière recyclée est utilisée à la place de celle
qui aurait dû être extraite.
Le CEV dispose d’un centre ou d’une plateforme de tri
destiné à la récupération et au conditionnement des pro-
duits recyclables. Il s’agit d’une installation dans laquelle les
déchets collectés subissent un tri de la fraction recyclable.
Ce tri consiste en la séparation des matériaux en catégo-
ries, voire en sous-catégories de matériaux (verre, papier,
carton, plastique, etc.). Cette séparation est suivie, pour
certaines catégories, d’un prétraitement. Ces produits sont
par la suite vendus aux sociétés industrielles suivant les
branches d’activités.

4.2.2 Filières de compostage


Il s’agit d’une unité de valorisation biologique des fractions
organiques des déchets ménagers ou des déchets verts, par
un processus de biodégradation, afin de produire du com-
post.
Le compostage est considéré comme l’une des options les
plus adaptées au Maroc, compte tenu de la proportion im-
portante de matière organique dans les déchets (plus de
60%.) Le processus de compostage permet de réduire la
masse des déchets par le phénomène de biodégradation
et de fournir un compost dont la qualité dépend des per-
formances de tri (pour le cas des déchets ménagers.) Ce
compost est un excellent produit d’amendement organique
des sols.
104

En plus de ses avantages agronomiques, le compostage Sur un site de CEV, il est supposé y avoir généralement
permet de : deux cas :
- Stabiliser la biomasse à mettre en décharge et réduire le - Valorisation partielle : elle est limitée à certains flux de
volume des lixiviats, et par conséquent optimiser les coûts matières ou à un pourcentage particulier de déchets reçus.
d’investissements et d’exploitation liés à la gestion des lixiviats ; L’enfouissement concerne les déchets non valorisés et les
­- Augmenter la durée de vie de la filière Décharge au niveau refus issus de la valorisation ;
du CEV par la réduction du volume de mise en décharge
contrôlée. Cette minimisation peut atteindre jusqu’à 50% - Valorisation totale du gisement : l’enfouissement est op-
dans le cas du compostage de la totalité des déchets reçus timal et concerne les déchets ultimes (produits de tri, refus
sur le site. de compost.)

4.4 Choix des filières


Le compost peut être utilisé dans la réhabilitation des sols
dégradés. Il contribue à la lutte contre la désertification, la
revégétalisation des anciennes décharges, des carrières et
des mines réhabilitées. Il est employé pour l’amendement
des sols des abords et des talus des autoroutes notamment. Le choix des filières d’élimination ou de traitement doit
reposer sur une étude de faisabilité technico-écono-
4.2.3 Filières de valorisation énergétique mique, financière et socio-économique dans la localité
considérée.
L’approche proposée pour le choix des filières est résumée
Le CEV dispose d’une unité de valorisation énergétique,
dans l’encadré 14.
dont la valorisation du biogaz. Celle-ci consiste à utiliser
l’énergie produite par la combustion du biogaz. Cette valo-
risation, qui nécessite une quantité minimale de biogaz, est Encadré 14 : Approche selon le choix des filières
de ce fait envisageable à partir de la 3ème ou 4ème année
d’exploitation des casiers de stockage de la fraction orga- Pour   le   choix   des   options   de   gestion   des   DMA,   différentes  
nique des déchets reçus sur le site de CEV. Le biogaz n’est filières  (mise  en  décharge  contrôlée,  tri,  recyclage,  valorisation,  
alors plus un polluant, mais un combustible. etc.)   peuvent   être   combinées   et   adoptées   à   des   proportions  
variables  suivant  le  contexte,  la  taille  des  villes,  la  composition  
Le champ des utilisations du biogaz est assez large, dont la des  déchets.  L'approche  à  suivre  consiste  à    :  
production de l’énergie nécessaire pour le traitement ther- -­‐-­‐Hiérarchiser   les   filières   d’élimination   (décharge   contrôlée),  
mique des lixiviats, voire la production d’électricité. de   traitement,   de   recyclage   et   de   valorisation   sur   la   base   de  
critères   économiques,   techniques,   écologiques   et   de  
4.3.4 Filière d’élimination (décharge contrôlée) durabilité  ;  
-­‐   Evaluer   le   coût   des   impacts   positifs   et   négatifs   de   ces  
La décharge contrôlée est une composante indispensable différentes   options   en   les   incluant   dans   la   comparaison  
dans tout système de GIDD. Elle consiste en le stockage économique  des  scénarios.      
des déchets dans des casiers. Cet enfouissement technique
 
des déchets se fait dans des conditions contrôlées, afin de
maîtriser leur impact sur l’environnement.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

105

Les critères recommandés par les instances internationales La planification et la conception d’un CEV passe tout
et, particulièrement le réseau mondial d’intégration du re- d’abord par le choix du site d’implantation. Il s’agit d’iden-
cyclage des déchets (Cant, 2006), sont présentés dans l’en- tifier un site pour lequel des conditions favorables sont réu-
cadré.15. nies du point de vue des contraintes posées par :
- Les aspects environnementaux (population, cadre de vie,
Encadré. 15: Critères d’évaluation de l’intégration du recy- esthétique…) ;
clage des déchets - La protection des ressources en eau ;
- L’adéquation avec les plans de développement régionaux,
Environnemental   Impacts  potentiels  sur   communaux ;
l’environnement,  qualité  des   - La distance du site par rapport aux agglomérations, etc.
L’ossature de la recherche du site du CEV est détaillée dans
produits  transformés,  recouvrement  
les points qui suivent
énergétique,  gaz  à  effets  de  serre  
etc.;   4.5.1 Détermination des surfaces libres
Social   Acceptabilité  par  le  public,  conflits   Inventaire du milieu et élaboration des cartes thématiques
liés  à  l’utilisation  de  terrain,  emploi,  
  Dans un premier temps, il est nécessaire de procéder à un
nuisances  (odeurs,  bruit  etc.);   inventaire des activités dans la région d’étude ainsi que de
l’ensemble des contraintes environnementales relatives à la
Economique   Coût  d’investissement,  coût  de   création d’un CEV, y compris les documents d’urbanisme
fonctionnement,  coût  à  la  tonne.   et de développement de la zone d’étude.
Les informations recueillies sont reportées sur des cartes
dites thématiques dans lesquelles des rayons de sécurité
Il est clair que ces options peuvent être combinées et appli- (ou d’exclusion) sont attribués à chaque paramètre pouvant
quées à des proportions variables selon la taille des com- créer un conflit à l’installation d’un CEV.
munes et leurs capacités (techniques et financières), les Dans ses cartes, des zones d’exclusion sont reportées pour
contextes physiques et socio-économiques des villes. Dans protéger les paramètres à risques : forêts, habitat, res-
ce sens, il est possible de planifier une modulation chrono- sources en eau, ressources naturelles, etc.
logique à moyen et à long terme de ces options sur un site
de CEV. Exclusion des zones non permises du point de vue
La comparaison entre les différentes filières doit être mul- sanitaire, pour un CEV
ticritère et se baser sur l’ensemble des aspects qui leur sont
liés. Sans se limiter aux simples coûts d’investissement et Après la première étape de délimitation suit l’exclusion
de fonctionnement, elle doit ainsi tenir compte de toutes d’autres zones où il n’est pas permis d’installer un CEV.
les composantes : durée de vie des décharges, risques en- Cette exclusion est basée sur les facteurs suivants :
vironnementaux, impacts socio-économiques… Il importe - Respect d’une distance minimale par rapport aux agglo-
dès lors de considérer les externalités négatives et positives mérations et aux bâtiments de santé (dispensaires, hôpi-
dans la comparaison des coûts de ces options. taux, etc.) de population ;
- Voies d’accès favorables et ne causant pas de nuisances
sanitaires aux agglomérations et à certaines industries vul-
4.5 Eléments de planification nérables comme l’industrie avicole, etc. ;
- Les distances à respecter sont considérées également pour
et de conception d’un CEV les infrastructures non encore existantes ou projetées par
les plans d’urbanisme ou de développement.
106

Exclusion des zones vulnérables du point de vue Appréciation des surfaces libres visitées
environnemental L’objectif ici est, à partir d’une enquête sur le terrain, sur
En plus des exclusions ci-dessus, il est nécessaire de procé- la base de la carte des surfaces libres, d’identifier des sites
der à l’exclusion des zones libres mais vulnérables du point potentiels et de sélectionner, parmi les quelques sites déga-
de vue environnemental. Il s’agit notamment des zones sui- gés, celui ou ceux qui conviennent le mieux à l’implanta-
vantes : tion d’un CEV. Ce diagnostic comprend le plus souvent les
reconnaissances décrites ci-après :
- Les zones de nappes classées comme vulnérables. La vul-
nérabilité est estimée à partir de la perméabilité des zones, - Examen des chemins de transit à partir du lieu de pro-
du pouvoir épurateur et de l’étendue de la zone ; duction de déchets (état des routes, des pistes, distances) ;
- Les périmètres de protection des captages. Si ces péri- - Examen des écoulements des eaux superficielles, des pro-
mètres ne sont pas encore établis par l’organisme chargé de fondeurs de la nappe ;
la protection des ressources en eau, ils sont estimés et pris - Examen de la végétation et de l’usage des milieux envi-
en considération au niveau de la zone d’étude ; ronnants : pâturages, forêts, cultures irriguées ou non,… ;
- Les lits des oueds et les thalwegs ; - Examen de la propagation des ondes sonores et de l’expo-
- Les sites protégés et d’intérêts biologiques ; sition du CEV au vent ;
- Les sites culturels et cultuels ; - Examen des distances du futur site aux habitations.
- Le statut foncier du site (militaire,…), etc. L’étape suivante consiste à faire un tri parmi tous les sites
recensés et examinés sur la base des fiches d’enquêtes et
Autres exclusions d’évaluation des paramètres sur le terrain. Des paramètres
D’autres exclusions de zones peuvent être faites selon la clés peuvent être identifiés et serviront à procéder à l’élimi-
zone d’étude et les contraintes de terrains propres aux sites nation irréversible de certains sites dégagés lors de l’élabo-
recherchés. ration de la carte des surfaces libres.
Des cartes thématiques sont alors élaborées. Les thèmes les
plus fréquents sont : Ces paramètres clés diffèrent d’une région à l’autre, des
- L’eau ; conditions du milieu objet de la recherche de site et des
- L’agriculture ; objectifs fixés. Les paramètres clés ci-après sont donnés à
- La géologie ; titre indicatif :
- La socio-économie ; - La distance par rapport aux habitations ;
- Les réserves naturelles et les forêts, etc. - Le risque de glissement de terrain ;
- Le volume du CEV ;
Identification des surfaces libres - La présence d’infrastructures particulières (station de
L’identification des surfaces libres constitue un premier ni- transmission des télécommunications…) ;
veau de réflexion et de recherche du site du CEV. - Le risque d’inondation ;
Les cartes thématiques sont superposées et l’intersection - La profondeur de la nappe ;
des zones d’exclusion donne ce que l’on appelle les surfaces - La forêt ;
libres. Il s’agit d’une nouvelle carte (résultat de la superpo- - La distance par rapport au lieu de production des déchets.
sition des cartes thématiques) qui indique les surfaces ju-
gées provisoirement aptes à abriter un CEV après exclusion Un jugement négatif sur l’un de ces paramètres clés exclu-
des paramètres à conflit. rait le site définitivement de la suite de la présélection.
Cette carte des surfaces libres donne une première idée sur Les sites retenus (provisoirement appropriés) seront sou-
la localisation éventuelle du site du CEV. mis à l’analyse multicritère.
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

107

4.5.2 Analyse multicritère (choix du site) - Une évaluation des conséquences sur l’environnement,
qu’elles soient prévisibles, directes ou indirectes, des acti-
Les sites provisoirement appropriés font l’objet d’une ana- vités, des travaux d’aménagements et des ouvrages ;
lyse multicritère dans laquelle une notation de chaque pa- - Les mesures envisagées par le pétitionnaire pour suppri-
ramètre sur une échelle adéquate est attribuée à chaque site mer, atténuer ou compenser les conséquences domma-
retenu. geables sur l’environnement ;
Par la suite, les paramètres ou thèmes sont classés et notés - Un programme de surveillance et de suivi du projet ainsi
selon le degré d’importance (eau, forêt, habitat,…) et éga- que les mesures envisagées en matière de formation, de
lement selon le degré de leur réalisation. communication et de gestion du projet.

4.5.3 Etudes préalables pour la mise en place Etudes techniques


d’un CEV Après le choix du site et l’élaboration de l’étude d’impact
Généralement, les études préalables pour le développe- sur l’environnement, l’autorité responsable du CEV (ou son
ment et la mise en place d’un CEV sont : délégataire) réalise une étude technique portant générale-
ment sur :
Etude de caractérisation - Une description détaillée des travaux prévus pour les
Cette étude consiste à déterminer la composition moyenne aménagements généraux, les terrassements, les mesures de
des déchets (quantité et qualité par catégorie), et de faire protection de l’environnement, les moyens de contrôle mis
une projection de la production des flux de matières par en place pour le site du CEV ;
catégorie. C’est un outil d’aide à la décision pour identifier - Les spécifications particulières nécessaires pour répondre
les filières potentielles de recyclage et de valorisation. aux exigences de la collectivité (prétraitement ou traite-
ment des déchets : compostage, valorisation énergétique
Etude de marché pour la production du biogaz ou de combustibles alterna-
tifs, notamment pour les cimentiers) ;
En fonction des résultats de l’étude de caractérisation, il
- Les indications concernant la provenance et la qualité des
faut analyser les besoins du marché des flux valorisables,
matériaux et des fournitures ;
les prix, les débouchés des produits, la concurrence, la part
du marché, les risques, etc. - L’ensemble des plans permettant la compréhension du
projet dans toutes ses composantes : plan général, plan des
Etude d’impact sur l’environnement travaux, plan des réseaux de lixiviats et de biogaz, plans de
bâtiment,… ;
Les études d’impact sur l’environnement sont régies par - L’estimation détaillée des durées de réalisation des travaux
la loi 12-03 qui définit également le contenu d’une étude de construction et de leur phasage pendant toute la durée
d’impact, à savoir : de l’exploitation ;
- Une description globale de l’état initial du site susceptible
- Les détails des procédés de traitement des effluents ou
d’être affecté par le projet, notamment ses composantes
rejets liquides ;
biologique, physique et humaine ;
- Une description des principales composantes, caractéris- - Les notes de dimensionnements des différentes infras-
tiques et étapes de réalisation du projet ; tructures prévues ;
108

- Estimation financière du montant des travaux avec les


prix unitaires et le calcul des métrés ;
4.6 Exploitation et gestion
- Le mode de financement. d’un CEV
Eléments d’analyse de la faisabilité d’un CEV

L’analyse de la faisabilité d’un CEV repose tout d’abord sur


4.6.1 Liste des déchets admissibles
une étude de faisabilité technique suivie d’une étude de fai- Les déchets admissibles dans un CEV des déchets ména-
sabilité économique. gers et assimilés sont les suivants :
-Les résidus urbains tels que :
Etude de faisabilité technique : elle commence par un Les ordures ménagères ;
diagnostic du territoire dans son organisation actuelle. Son * Les cendres, les mâchefers refroidis… ;
objectif est d’examiner la composition des DMA suscep- * Les boues organiques (STEP, curage du réseau d’assainis-
tibles de faire l’objet d’une valorisation (valorisation ma- sement, fosse septique) ne contenant pas de métaux lourds,
tière, énergétique ou agronomique.) Il est question, à ce ni d’hydrocarbures et avec une teneur en eau inférieure à
stade, de quantifier, par types de déchets, les volumes col- 70%) ;
lectés actuellement. * Les papiers, cartons, plastique, verre, textiles… ;
* Les déchets verts (déchets de jardin et de parc…) ;
A partir de ce diagnostic, la faisabilité d’un CEV sur le ter- * Les déchets organiques (boyaux naturels, algues, refus de
ritoire sera examinée. Cette étude portera sur les éléments compostage, refus de pâte à papier) ;
suivants : * Les produits agroalimentaires périmés, coquilles d’œufs ;
- Organisation de la collecte ; * Les déchets du nettoiement public (balayage, désher-
- Détermination des caractéristiques du lieu d’implanta- bage…) ;
tion (superficie du site, équipement nécessaire) ; * Les déchets inertes non contaminés de construction ou
- Evaluation de l’effectif total nécessaire ; de démolition (terre, gravats…) ;
- Description des postes et des compétences : identification * Et de façon générale, tous les déchets ménagers et assi-
du personnel nécessaire (profil, niveau de qualification.) milés.
Etude de faisabilité économique : elle consiste à évaluer la  
rentabilité économique du projet. Cette étude se base prin- - Les déchets industriels : Les déchets industriels banals
cipalement sur les aspects financiers relatifs à l’implanta- biodégradables qui peuvent être traités avec les ordures
tion d’un CEV, à savoir : ménagères dans les mêmes conditions.
Estimation des investissements nécessaires : site d’implan-
tation, personnel, matériel (équipements, outillages, véhi- 4.6.2 Réception et contrôle des déchets
cules…) ;
- Estimation du budget prévisionnel de fonctionnement Il est nécessaire d’effectuer un contrôle constant des dé-
sur plusieurs années ; chets admis au cours du temps. Ce contrôle doit porter sur
- Identification des financements et des partenariats pos- les points suivants :
sibles. - La nature des déchets ;
L’ensemble de ces éléments, notamment l’analyse compara- - Le poids ou le volume des déchets ;
tive des scénarios d’implantation, fera l’objet d’une synthèse - La provenance ;
qui devra permettre de conclure sur la faisabilité d’un CEV. - Le taux d’humidité ;
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

109

- Le nom et la signature du contrôleur ayant vérifié la Ces indicateurs sont définis également sur la base des dis-
conformité des déchets ; positions réglementaires (lois, décrets, normes de rejets,
- La date et l’heure du ou des transporteurs des déchets ; cahier des charges,…) régissant la gestion des déchets.
- Le nom et l’adresse du ou des transporteurs des déchets ;
- Tout événement inhabituel susceptible de mettre en cause Et, pour le respect de ces dispositions et la vérification
le bon fonctionnement du CEV et de la qualité de l’envi- régulière de ces indicateurs, l’autorité responsable de la
ronnement ; conception et/ou de l’exploitation du CEV est appelée à
- La vérification du port des équipements de protection prendre et à mettre en place les mesures adéquates, dont
individuelle obligatoires (chaussures de sécurité, gilet ré- notamment :
fléchissant et gants) par le chauffeur et les accompagnants
éventuels. - Un choix adéquat d’équipements ;
4.6.3 Obligations de l’exploitant pendant - Un personnel qualifié : personnel d’exploitation, techni-
ciens de maintenance,… ;
l’exploitation du CEV - Des procédures de gestion adaptées ;
- Prise en compte des possibilités de traitement des dé-
Pendant toute la durée de l’exploitation du CEV, l’exploitant chets, tout comme des modes de collecte et de transfert des
est tenu de réaliser : déchets vers le CEV ;
- Des analyses physico-chimiques et bactériologiques de la - Des moyens financiers appropriés : respect des plans
qualité des eaux souterraines et des eaux de surface ainsi d’investissement, maîtrise des dépenses ;
que de la qualité de l’air. Ces analyses doivent être établies - Un cahier des charges définissant clairement les respon-
au moins une fois par an par un laboratoire agréé ; sabilités des différents intervenants.
- Un relevé topographique du site permettant le suivi des Généralement ces critères sont largement traités et analy-
étapes d’exploitation ; sés dans l’étude d’impact sur l’environnement préalable à
- Un procédé d’autocontrôle en vue de vérifier l’efficacité l’ouverture d’un CEV.
des systèmes de drainage et de collecte du biogaz.
Les principaux axes du suivi-surveillance des performances
4.7 Indicateurs de performance de d’un CEV sont présentés dans le tableau 7.

la gestion d’un CEV


Les performances d’un CEV dépendent du choix de
conception, de la technique d’exploitation, de la nature du
site ainsi que de la qualité du suivi des indicateurs environ-
nementaux.
Les indicateurs de ces performances sont généralement
identifiés lors de la planification et de la conception du
CEV avec définition des procédures de sa gestion et de son
exploitation.
110
Tableau 7 : Indicateurs de performance de la gestion d’un CEV

Objectif  de  performances   Indicateurs  

  Requêtes  de  l’enquête  publique  


Améliorer  le  cadre  social  (satisfaction  du  voisinage  
Nombre  de  plainte  du  voisinage  
et  du  personnel  du  CEV)  
Protestations  (sit-­‐in…)  

Cadre  de  travail  et  protection  des  employés  

Réduire  les  nuisances  sonores   Niveaux  de  bruit  max.  exigé  

  Fumée  
Améliorer  la  qualité  de  l’air  
Mauvaises  odeurs  

Poussières  lors  des  déchargements  des  déchets  

Pollution  atmosphérique  

Incendie  et  explosion  

Améliorer  la  qualité  du  paysage   Envol  des  déchets  légers  

Améliorer  la  gestion  du  biogaz   Volume  de  biogaz  collecté  


Volume  valorisé  

Renforcer  le  contrôle  de  la  quantité  et  qualité  des   Pesage  à  l’entrée  
déchets  reçus  au  CEV  
Présence   des   déchets   autres   que   ménagers   et   assimilés     :  
dangereux  et  à  risque  infectieux…  

Respecter   les   pièces   contractuelles   (convention,   Application   du   manuel   d'exploitation   (procédures,   traçabilité,  
cahier   des   charges,   plans   d'exécution,   du   plan   etc.)  
d’investissement)  
Gestion  appropriée,  notamment  des  lixiviats  

Gestion  des  risques  

Rapports  de  suivi  mensuel  et  annuel  d'exploitation,  rapports  


d'assistance   technique,   rapports   de   suivi   environnemental  
Respecter   les   pièces   contractuelles   (convention,   Application   du   manuel   d'exploitation   (procédures,   traçabilité,  
Manuel
cahier   des   technique
charges,   pour
plans   la formation de
d'exécution,   du  formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.
plan   etc.)  
d’investissement)  
111 Gestion  appropriée,  notamment  des  lixiviats  

Gestion  des  risques  

Rapports  de  suivi  mensuel  et  annuel  d'exploitation,   rapports  


d'assistance   technique,   rapports   de   suivi   environnemental  
par  des  laboratoires  agréés  

Exploitation  du  rapport     :  réunion  d’échange  avec  les  parties  


concernées  
Pertinence  des  recommandations  d’amélioration  

Affecter   un   personnel   d'encadrement   ayant   le   Diplômes,  qualifications,  expériences,  formations…  


profil  adéquat  

  Maintien  du  plan  (avec  mise  à  jour  régulière)    


 
Formation  continue  du  personnel  d'exploitation  
Assurer   la   mise   à   jour   du   Plan   de   gestion   et  
d’exploitation  et  le  faire  approuver   Intervention  urgente  (cas  de  pollution  accidentelle,  incendie,  
etc.)  

Système  d’alerte  

4.8 Outils de suivi et d’évaluation d’un CEV


112

Le suivi et l’évaluation des CEV permettent une meilleure gestion des CEV suivant des normes spécifiques et leur
conformité aux réglementations applicables. Il permet le contrôle et le suivi du délégataire par le prestataire (les
communes.) Les principaux outils de suivi et d’évaluation d’un CEV sont présentés dans le tableau 8.
Tableau 8 : Outils de suivi et d’évaluation d’un CEV (composante enfouissement des déchets non valorisés)

Objet  surveillé   Méthodes   Paramètres  de  suivi   Outils  /  Moyens  

  Suivi  des  systèmes   Colmatage   Entretien  


Drains  et  collecteurs  
Analyses  quantitatives   Pluviométrie,   Station   météorologique,  
température,   volume,   bilan   hydrique,  
débit,   hauteur,   charge   des   débitmètres,   sondes   de  
lixiviats   niveau  

  Analyses  qualitatives   Turbidité,   odeurs,   Analyses   en   laboratoire,  


conductivité   pH,   métaux   sondes,   pH   mètre,  
Traitement   des  
lourds…   conductimètre  
lixiviats  
Analyses   quantitatives   Débit   volume,   quantités   Logiciels  de  calcul  
ponctuelles   théoriques  

  Suivi   des   paramètres   Température   de   flamme,   Débitmètres,  sondes  


de   captage   et   de   composition   du   biogaz  
Captage  des  biogaz  
brûlage   (CH4,  COV,  odeurs)  

Envols  et  poussières     Entretien  régulier   Contrôle  visuel  

Surveillance   des     Taux  de  CH4,  COV,  odeurs   Sondes  


impacts  sur  l’air  

  Analyse  quantitative  et   Débit  et  analyses   Débitmètres,   analyses   de  


qualitatives  des  rejets   laboratoire  
Surveillance   des  
impacts  sur  les  eaux  
Suivi   des   hauteurs   de   Hauteur   d’eau   turbidité,   Piézomètres,   analyses   de  
nappe   et   de   la   qualité   couleur   MES,   pH,   métaux   laboratoire  
des  eaux   lourds,   DCO,   DBO5,  
microbiologie  

 
Manuel technique pour la formation de formateurs en gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés.

113
Bibliographie
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place des filières de valorisation des déchets, 2014.
Edité avec l’appui financier du ministère fédéral allemand
de la Coopération économique et du Développement (BMZ)
Novembre 2015