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Revue du Rhumatisme 75 (2008) 178–180

Myosite focale d’Heffner


Focal myositis
Charles Masson ∗ , Emmanuel Hoppé,
Ronan Houitte, Béatrice Bouvard
Pôle ostéoarticulaire, service de rhumatologie, CHU d’Angers,
4, rue Larrey, 49933 Angers cedex 9, France
Reçu le 27 juillet 2007 ; accepté le 10 octobre 2007
Disponible sur Internet le 8 novembre 2007

Mots clés : Myosite focale ; Tumeur musculaire

Keywords: Focal myositis; Muscular tumor

La myosite focale est une lésion inflammatoire douloureuse et systémiques sont typiquement absents. Mais exceptionnelle-
nodulaire d’un muscle squelettique ou d’un groupe de muscles. ment des manifestations générales sont présentes à type de
Depuis sa description en 1977 par Heffner et al. [1], un peu fièvre, asthénie intense, ou perte pondérale.
plus d’une centaine de cas ont été publiés [2]. Cette affection Les examens de laboratoire de dépistage, la vitesse de sédi-
concerne autant l’adulte que l’enfant, sans prédominance d’âge mentation globulaire, le taux de protéine C-réactive, ainsi que
ou d’un sexe contrairement aux dermatomyosites (DM) et aux le dosage plasmatique des enzymes musculaires sont en règle
polymyosites (PM). Son étiologie reste inconnue. La notion d’un générale normaux.
traumatisme antérieur est exceptionnelle. Aucun agent infec- L’électromyogramme montre le plus souvent un tracé normal
tieux n’a été identifié. Les données génétiques restent éparses et si des anomalies de type myogène sont mises en évidence, une
[3]. Un lien familial paraît peu vraisemblable pour Heffner et évolution vers une polymyosite doit être évoquée.
al. [1]. Deux jumeaux homozygotes ne vivant pas dans le même L’examen échographique objective une tuméfaction bien
lieu ont toutefois développé chacun une myosite focale [4]. circonscrite ou à l’inverse à limites floues, hypo- ou hyper-
échogènes. L’imagerie par résonance magnétique de la zone
1. Séméiologie [1,2] pathologique, examen de choix, identifie la lésion musculaire
en hypersignal sur les séquences pondérées en T2 et en isosi-
La myosite focale se manifeste cliniquement par une aug- gnal par rapport au signal musculaire normal en T1, avec un
mentation de volume d’un segment de membre, des myalgies rehaussement sur les coupes faisant suite à l’injection de gado-
localisées, ou un aspect sclérosant ou pseudotumoral du ou linium ou en séquence Stir [9,10]. La scintigraphie au citrate de
des muscles squelettiques concernés. Les localisations préféren- gallium 67 ou au Tc 99 (rarement nécessaire) localise la myosite
tielles de la myosite focale sont les membres inférieurs. D’autres focale [11].
zones topographiques peuvent être intéressées : l’abdomen, la La biopsie musculaire confirme la myosite en mettant en
musculature fessière, le muscle psoasiliaque [5], l’avant-bras, évidence :
la main (un doigt) [6], la musculature cervicale (le muscle ster-
nocléïdomastoidien) [7], la langue, la musculature périorale, le
• un infiltrat inflammatoire musculaire focal pléomorphe
muscle temporal [8]. La tuméfaction est spontanément doulou-
intense à composant notamment lymphocytaire péri- et endo-
reuse. Son augmentation rapide de volume peut simuler une
mysial ;
tumeur sarcomateuse ou une thrombophlébite. Les symptômes
• des fibres musculaires nécrotiques et d’autres en voie de régé-
nération ;
∗ Auteur correspondant. • parfois une fibrose interstielle et des zones d’infarctus mus-
Adresse e-mail : chmasson@chu-angers.fr (C. Masson). culaires.

1169-8330/$ – see front matter © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.rhum.2007.10.616
C. Masson et al. / Revue du Rhumatisme 75 (2008) 178–180 179

2. Diagnostic différentiel [1,12] et invite à étudier les liens éventuels avec des maladies
systémiques.
Selon les sites de la myosite focale, des diagnostics sont
trompeurs. Ainsi une phlébite surale (pseudophlébite surale) 4. Évolution, traitement
ou un kyste poplité éventuellement rompus pour les localisa-
tions soléaires. Mais dans la majorité des cas, le diagnostic L’évolution naturelle de la myosite focale se fait vers une
différentiel de la myosite focale est celui d’une tuméfaction régression spontanée. Des récidives sont possibles [1,2,23].
musculaire localisée. Ainsi sont évoquées des tumeurs de En l’absence d’une thérapeutique spécifique, le traitement
la fibre musculaire (rhabdomyosarcome malin, rhadomyome de la myosite focale reste symptomatique. Il repose sur des
bénin), des tumeurs développées aux dépens d’éléments asso- anti-inflammatoires non stéroïdiens et des antalgiques. La corti-
ciés à la fibre musculaire (lipome, tumeur d’Abrikossof, tumeur cothérapie, parfois prescrite, peut apporter dans certains cas un
desmoïde, tumeur ou malformations vasculaires à dévelop- bénéfice supplémentaire, en particulier dans les formes avec syn-
pement musculaire), des tumeurs d’origine extramusculaire drome inflammatoire, myalgies rebelles ou compression d’un
(métastases musculaires, ossifications intramusculaires). Des tronc nerveux [22]. Mais la place de la corticothérapie dans
pseudotumeurs inflammatoires sont parfois aussi envisagées la myosite focale est controversée. Sa rareté rend difficile un
comme des myosites infectieuses (pyomyosites), des panni- éventuel essai thérapeutique.
culites, une myosite granulomateuse (sarcoïdose, maladie de
Crohn), la myosite focale éosinophilique. L’infarctus muscu-
Références
laire en particulier du sujet diabétique a une présentation clinique
différente. [1] Heffner Jr RR, Armbrustmacher VW, Earle KM. Focal myositis. Cancer
1977;40:301–6.
[2] Yanmaz Alnigenis MN, Kolasinski SL, Kalovidouris AE. Focal myositis:
3. Les confins de la myosite focale a review of 100 previously published cases and a report of 2 new cases.
Clin Exp Rheumatol 1999;40:301–6.
[3] Sekiguchi K, Kanda F, Oishi K, et al. HLA typing in focal myositis.
Le terme de myosite focale n’ayant pas une définition J Neurol Sci 2004;227:21–5.
limitative stricte, on retrouve son utilisation pour des myo- [4] Naggar EA, Kanda F, Okuda S, et al. Focal myositis in monozygotic twins.
sites n’ayant possiblement pas de liens avec la myosite focale Intern Med 2004;43:599–601.
d’Heffner. Ainsi, différentes observations de myosites localisées [5] Hoffmann A, Buitrago Téllez C, Tolnay M, et al. Focal myositis of the iliop-
sont décrites : myosite pararachidienne chez des patients ayant soas muscle – a benign pseudotumor: ultrasound appearance in correlation
with CT and MRI. Ultraschall Med 2006;27:180–4.
une camptocormie [13], myosite focale révélatrice d’une leu- [6] Maguire JK, Milford LW, Pitcock JA. Focal myositis in the hand. J Hand
cémie lymphoïde chronique, en association avec une fasciite et Surg [Am] 1988;13:140–2.
une vascularite [14], myosite focale paranéoplasique chez trois [7] Cheng N, Taylor SM, Bullock M, et al. Focal myositis of the sternocleido-
patients [15], myosite focale à proximité de cellules métasta- mastoid muscle. Otolaryngol Head Neck Surg 2005;132:150–1.
tiques [15], myosite focale congénitale chez un enfant ayant un [8] Naumann M, Toyka KV, Goebel HH, et al. Focal myositis of the temporal
muscle. Muscle Nerve 1993;16:1374–6.
syndrome de Protée [16]. [9] Marie I, Cardon T, Hachulla E, et al. Magnetic resonance imaging in focal
Le diagnostic de myosite focale implique la notion ipso facto myositis. J Rheumatol 1998;25:378–82.
d’une lésion musculaire qui reste localisée. Toutefois en dehors [10] Llauger J, Bagué S, Palmer J. Focal myositis of the thigh: unusual MR
de quelques cas de localisation bilatérale dans le même groupe pattern. Skeletal Radiol 2002;31:307–10.
musculaire, une évolution vers une atteinte systémique (PM) [11] Misu T, Tateyama M, Nakashima I, et al. Relapsing focal myositis: the
localization detected by gallium citrate Ga 67 scintigraphy. Arch Neurol
a été décrite sans que l’on puisse affirmer qu’il s’agisse des 2005;62:1930–1.
deux mêmes entités [17]. La constitution dans un délai de six [12] Froissart A, Pagnoux C, Koskas F, et al. Les malformations vasculaires à
mois à plusieurs années d’une généralisation des zones de myo- développement intramusculaire : un diagnostic differential rare de myosite
sites aboutissant à une PM est d’autant plus à craindre qu’il focale. Rev Med Interne 2006;27:50–3.
existe initialement un syndrome inflammatoire biologique et [13] Diederich NJ, Goebel HH, Dooms G, et al. Camptocormia associated with
focal myositis in multiple-system atrophy. Mov Disord 2006;21:390–4.
une élévation du taux des enzymes musculaires. Mais de telles [14] Terrier B, Lavie F, Miceli-Richard C, et al. Focal myositis with fasciitis
anomalies sont habituellement absentes au cours de la myosite and vasculitis revealing chronic lymphocytic leukaemia. Rheumatology
focale. (Oxford) 2005;44:1324–6.
En revanche, les observations suivantes de myosites sont [15] Uppal SS, Salopal TK, Singh H. Left gluteal focal myositis in a patient
possiblement reliées à la myosite focale d’Heffner : myosites with signet ring adenocarcinoma of the stomach: not a paraneoplastic
phenomenon. Rheumatol Int 2004;24:365–7.
du mollet après cure chirurgicale pour sciatique radicu- [16] Andres BM, McCarthy EF, Frassica FJ. A muscular lesion sugges-
laire S1 chez deux patients [18] ; myosite focale après tive of focal myositis in a child with Proteus syndrome. Clin Orthop
prise de venlafaxine, avec disparition chez ce patient des 2002;404:326–9.
signes dix jours après l’arrêt du médicament incriminé, sans [17] Cumming WJ, Weiser R, Teoh R, et al. Localized nodular myositis: a cli-
essai de réintroduction [19] ; myosite focale des jambes nical and pathological variant of polymyositis. Q J Med 1977;184:531–46.
[18] Streichenberger N, Meyronet D, Fiere V, et al. Focal myositis associated
après une vaccination par le BCG [20] ; myosite focale with S1 radiculopathy: report of two cases. Muscle Nerve 2004;29:443–6.
avec atteinte des deux mollets chez un patient hémodialysé [19] Jewell DPA, Thompson IW, Sulivan BA, et al. Reversible focal myositis in
[21]. L’association myosite focale/thyroïdite a été signalée a patient taking venlafaxine. Rheumatology (Oxford) 2004;43:1590–3.
180 C. Masson et al. / Revue du Rhumatisme 75 (2008) 178–180

[20] Manganelli S, De Stefano R, Malandrini A, et al. Bilateral recurrent focal [22] Alzagatiti BI, Bertorini TE, Horner LH, et al. Focal myositis presenting
myositis of gastrocnemius muscles after BCG vaccination. Rheumatology with radial nerve palsy. Muscle Nerve 1999;22:956–9.
(Oxford) 2002;41:1074–6. [23] Kisielinski K, Miltner O, Selhaus B, et al. Recurrent focal myo-
[21] Revaz S, Theumann N, Lobrinus JA, et al. Leg pain due to bilateral sitis of the peroneal muscles. Rheumatology (Oxford) 2002;41:
focal recurrent myositis in a hemodialysed patient. Am J Kidney Dis 1318–22.
2005;45:e7–11.