Вы находитесь на странице: 1из 34

Époché poème La parenthèse-rime de Celan autour des parenthèses de Husserl

Author(s): Werner Hamacher and Michèle Cohen-Halimi


Source: Revue de Métaphysique et de Morale, No. 3, Littérature et philosophie (JUILLET-
SEPTEMBRE 2013), pp. 297-329
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/43883803
Accessed: 15-01-2020 23:41 UTC

JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide
range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and
facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org.

Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at
https://about.jstor.org/terms

Presses Universitaires de France is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend
access to Revue de Métaphysique et de Morale

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms

Epoche poème
La parenthèse-rime de Celan
autour des parenthèses de Husserl

Résumé. - Depuis son commencement chez Platon et Aristote, la philosophie se définit


comme phénoménologie : comme un logos se portant lui-même à l'apparaître dans un
pur intuitionner. Selon les derniers traits de sa philosophie dans la phénoménologie
spéculative de Hegel et dans la phénoménologie transcendantale de Husserl , se signalent
sa réduction au phénomène Esprit et la thèse originaire de l'Ego à travers une « relève »
et une «èpoche» qui , elles, ne semblent pas davantage réductibles. À la lecture d'un
poème de Paul Celan - Parenthèse ouverte, parenthèse fermée -, il devient clair que la
poésie trouve la manière de conduire encore le résidu transcendantal et spéculatif de la
phénoménalité, de l' aisthesis et de la thesis à ses plus extrêmes limites , de dépasser
celles-ci , d'exposer le résidu dans une aphénoménalité absolue et de parler avec ce reste
dépourvu d'apparence et de parole.

Abstract. - Philosophie definiert sich seit ihren Anfängen bei Piaton und Aristoteles
als Phänomenologie : als sich selbst im bloßen Anschauen zur Erscheinung bringender
Logos. In ihren letzten Ausprägungen, in der spekulativen Phänomenologie Hegels und
in Husserls transzendentaler Phänomenologie, zeigt sich ihre Reduktion auf das Phäno-
men Geist und die Urthesis des Ego in einer " Aufhebung " und einer "Epoche", die
ihrerseits nicht weiter reduzibel erscheinen. An einen Gedicht von Paul Celan - Klammer
auf, Klammer zu - wird deutlich, wie Dichtung noch das transzendentale und spekula-
tive Residuum der Phänomenalität, der Aisthesis und der Thesis an ihre äußerste Grenze
und darüber hinaus führt, es einem schlechthin Aphänomenalen exponiert und mit die-
sem scheinlosen, sprachlosen Rest spricht.

La philosophie a prétendu déterminer ce qui est comme ce qui vient à appa-


raître et dire cet apparaissant dans une parole propre à l'établir solidement dans
le domaine de l'apparaître. Pour Aristote, le logos apophantikos , compris
comme discours de la présentification, était le véritable organon grâce auquel les
phénomènes se manifestaient, et il était la mesure des phénomènes là encore où
ceux-ci se réservaient, quittaient le domaine de la phénoménalité ou manquaient
la mesure de l'apparaître. C'est pourquoi la philosophie s'entendit en un sens
emphatique comme logique des phénomènes, elle n'était l'ontologie qu'en tant
que science de ce qui, dans l'apparaître, vient à l'être - de Veidos et de Videa -

Revue de Métaphysique et de Morale, N° 3/2013

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
298 Werner Hamacher

au moyen du et langage
apophantikos ce et, dans
tout vers elle-même, ver
mais elle dut aussi se tou
pas propres afín de faire
l'auto-phénoménalisation
rhétorique, elle ne pouva
pas au schéma du discour
tikos , qui, par sa seule
d'une parole authentiqu
pourquoi ce qu'elle consid
prologue de la philosop
xixe siècle, ne le reléguât
tielle, vers un degré infé
Le geste de la philosophi
pré-philosophique parce
parce qu'incapable de se p
là, au sens strict - au sen
être la parole par excellen
l'apparition de l'apparaî
valurent que comme pa
s'élaborer jusqu'à gagne
remontait pas vers sa pr
force phénoménalisante e
comme subjectivité, fut e
laquelle devaient être rec
mères de l'imagination, l
compréhensibles et être e
gière de la théorie. La r
équivalut donc à la réduct
mènes ; l'éloignement ho
consacrée à leur productio
Dans l'idéalisme spécula
elle annule simplement l'a
substantiels de cette objec
cation, dans le sujet de
substantielle. Dans la phé
selon une méthode que H
suspens du jugement sur
ou pensé, mettre à nu leu

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 299

naires du sujet. Les deux


l'apparence éphémère et
rencontrent l'art comme
vers la seule activité obje
l'irréductible subjectivité
proximité avec la philoso
etsimple signe précurseu
au parfait accomplisseme
consciente d'elle-même.

Depuis au moins Pindare et Aristophane et, au plus tard, depuis la «poésie


transcendantale progressive», ladite littérature s'est familiarisée au plus intime
avec les réserves philosophiques à son égard. Elle est philosophiquement ins-
truite, même si ce n'est pas selon un sens technique, disciplinaire ou même
académique. La littérature pense, même si elle pense autre chose et autrement
que la philosophie. Mais quand elle adopte des philosophies, les éprouve ou en
ébauche elle-même, alors c'est rarement sans cette distance, qui n'a pas besoin
d'être ironique ou humoristique pour agir comme une relève ou une epoche.
Seulement ce n'est ni la relève ni l'époché que la philosophie lui avait destinées,
mais une autre qui fait tomber la philosophie en ruines, une distanciation hyper-
bolique et une relève en vue d'autre chose que la conscience de soi logique, dans
laquelle les positions de la philosophie et de la littérature ne sont pas simplement
confondues puisqu'il n'est plus possible d'établir avec assurance si c'est l'une ou
l'autre ou si, de manière générale, c'est encore ce couple plutôt qu'un tiers qui
parle, si ce n'est pas encore autre chose qui ne peut être appréhendé par aucun
nombre et aucun nom. Ce qui donne à penser, ce n'est donc pas uniquement,
jusqu'à la fin du xvine siècle, le renversement de la hiérarchie entre philosophie
et littérature, hiérarchie relativement stable, mais l'implication perturbante pour
toutes deux de la possibilité d'un tel renversement. Par cette possibilité se signale
le fait qu'aucune d'elles ne dispose d'une forme assurée - le phénomène de tous
les phénomènes -, et qu'aucune d'elles ne dispose de la parole qui puisse - en
tant que logos de la phénoménalité - réguler leurs relations. Il ne suffit donc pas
de renverser la proposition de Hegel sur la fin de l'art et d'affirmer : On peut bien
espérer qu'elle [la philosophie ] va toujours croître davantage et se parachever,
mais safarme a cessé d'être le besoin suprême de l'esprit l. Ce qui est en
question avec la collision ou la collusion, la conjonction ou la disjonction entre

1. Hegel, Vorlesungen über die Ästhetik I, Theorie Werkausgabe , t. 13, Francfort, Suhrkamp,
1970, p. 142. Sur le théorème hégélien relatif à la fin de l'art voir mon étude « (Das Ende der Kunst
mit der Maske) » in Karl Heinz Bohrer (éd.), Sprachen der Ironie, Sprachen des Ernstes , Francfort,
Suhrkamp, 2000, pp. 121-155.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
300 Werner Hamacher

littérature et philosophie
forme qui pourrait perme
en question, c'est de savoir
au bord d'elle-même, une f
systématique parce qu'elle
même et structuré de faç
phie et de l'art se dessine
lequel l'art prend le parti d
logos apophantique et se m
ne pourraient le faire par

Dans le discours du Mérid


intuitifs, phénoménaux d
traverser un domaine dont
ne peut être spécifié que
préparatoires de son discou

L'image ? La métaphore ? E
nal. Le poème est le lieu [un
sont des formulations extrê
mis. [...] Recherche sur le t
[du sans-lieu], à la lumière

Le mètre, le rythme et la
ménaux de la poésie, élém
tion du sans-lieu et de l'
prendre leur figure sono
tissent, et les transforme
apparaître. Si le poème e
précisément dans ses rime
phénomène esthétique, à l'
de la forme et, par là, à u
substantielle de toutes les
l'art doit s'efforcer de pro
Mais le repérage de l'at
déterminé et du sans-voix

2. Paul Celan, Der Meridian, Tü

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 301

est au travail dans ses po


après Grille de parole , e
que dans «Ein Wurfholz»
antisé y déporté et déjeté
vient-il/de nouveau , et d
le passage vers sa néant
Heim» [Ton chez-toi]4 se
« Seelenblind » [Aveugle
inhabituelle que Celan,
l'extrême et du bord : les
tirets - marque silencie
singuliers, des vers ou de
crypte, comme une écorc
topie sans lieu dont trait
index de l'aphonétisatio
l'œuvre de Celan, deux p
lisent les deux phénom
temps. Les textes des deu
tout entiers enchâssés da
die tief Gebeugte... [Je
souffle et de Klammer au
un poème plusieurs fois r
mais resté cependant non
condensation extrême le
de la poésie, la rime, et la
«Parenthèse ouverte, p
« Mit Rebmessern » [Ave
loess] - date du 21 juillet
au jour près, mais à la m
ainsi : 21. 7. 68/En route
teneur ne se modifie pas
forme suivante dans la pr

3. Paul Celan, Gesammelte W


rime de Reim (rime) avec heim
Gräber » (Proximité des tombes
deutschen, den schmerzlichen
chez-soi et la mère - la langue m
difficile de Celan à la rime.
4. Paul Celan, Die Gedichte aus dem Nachlas s, Bertrand Badiou, Jean-Claude Rambach et
Barbara Wiedemann (éd.), Francfort, Suhrkamp, 1997, p. 271.
5. Paul Celan, GW, t. 2, p. 183.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
302 Werner Hamacher

Einmal die Klinge ,


einmal die Schneide ,
einmal keins
Nichts ist verloren ,
nichts ist erkoren
Einer sagt eins

[Une fois lame,


une fois tranchant
une fois aucun
Rien n'est en perdition,
rien n'est en sélection
Un dit un]6

C'est seulement dans la deuxième version, également manuscrite, que le texte


composé de deux strophes constituées de trois vers alignés par paliers porte un
titre: Klammer auf, Klammer zu [Parenthèse ouverte , parenthèse fermée]. Le
titre va s'y trouver rayé pour se voir substituer le mot Reimklammer [Parenthèse-
rime] suivi de deux points. Ce titre est également repris dans la troisième version,
cette fois tapuscrite, du même jour, mais s'y voit remplacé derechef, de façon
manuscrite, par le plus ancien titre. À cela s'ajoute que la forme originairement
constituée de trois vers étages, dans chacune des deux strophes, est abandonnée
au profit de la réduction des trois vers de la première strophe originaire à un seul
vers et de la concentration des trois vers de la seconde strophe en deux vers, et
qu'enfin les deux groupes de vers se trouvent séparés l'un de l'autre par un saut
de ligne. Si, dans la seconde version, seule la première strophe était entre paren-
thèses, dans la dernière, c'est l'ensemble du texte faisant suite au titre qui est entre
parenthèses7. Les transformations apportées au titre, aux signes diacritiques et à
la chorégraphie des vers de la première rédaction ont pour résultat, dans sa der-
nière version, le poème :

6. L'expérience éditoriale française a montré que seuls les poètes (André du Bouchet, Jean Daive,
Martine Broda...) ont su traduire les poèmes de Celan. La présente traduction n'est donc qu'une
approximation littérale en vue d'une traduction poétique, et non un poème traduit. Sa seule fin est de
faciliter pour les non-germanophones la lecture de l'analyse de Werner Hamacher. NdT.
1. Paul Celan, Die Gedichte aus dem Nachlass, op. cit., p. 196 et pp. 479-4öU.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 303

Klammer auf, Klammer zu


(Einmal die Klinge, einmal

Nichts ist verloren , nichts i


Einer sagt Eins.)

[Parenthèse ouverte, paren


(Une fois lame, une fois tr

Rien n'est en perdition, rie


Un dit Un.)]

Le mot qui surgit au cours de la genèse du poème et qui disparaît de nouveau,


Reimklammer [parenthèse-rime], est l'inversion d'un autre, selon la doctrine pro-
sodique relative au mot composé habituel. On parle en allemand de « Klammer-
reim» (d'« embrassement de rimes» ou de «rimes embrassées») pour
caractériser un schéma de rimes finales symétriques où - comme dans abba - un
groupe de vers est enchâssé ou embrassé dans un autre. Pareille fonction de
parenthèse pour les rimes finales n'est pas perceptible dans la première version ;
son schéma de rimes peut se noter par abc/ddc. Seule la transformation apportée à
la composition des vers dans la dernière version laisse entrer en jeu keins et Eins
[aucun et Un' comme parenthèses enserrant erkoren [en sélection ] - en y inté-
grant le lieu vide de l'espace - de sorte que le schéma des rimes peut être noté
aOba. Keins et eins forment donc une parenthèse-rime, mais la première syllabe
du texte, Ein -, et la dernière, Eins , forment également une parenthèse ; et leur
fonction de parenthèse demeure dans la triple répétition de einmal [une fois ] dans
le premier vers - ( einmal die Klinge , einmal die Schneide, einmal keins [Une fois
lame, une fois tranchant, une fois aucun] -, répétition tout aussi bien maintenue
par la structure du dernier vers - Einer sagt Eins [Un dit Un].) -, où la parenthèse-
rime constituée par le premier et le dernier mot, Einer et Eins [Un et Un], est
formée autour du prédicat sagt [dit], qui se tient au milieu d'elles.
Et encore : les parenthèses-rimes, qui sont formées par les deux vers extrêmes et
qui, en même temps, définissent leur structure interne - (Einmal... keins/ Einer...
Eins) [ Une fois... aucun/ Un... Un] -, déterminent aussi le second vers : Nichts ist
verloren, nichts ist erkoren [Rien n'est en perdition, rien n'est en sélection ], dont
les deux moitiés consistent en syntagmes construits parallèlement, et dans lequel
soit par la rime soit par la répétition du même mot, chaque couple de correspon-
dances enchâsse les mots qui sont entre elles. Par les deux Nichts et nichts [Rien et
rien] se trouve enchâssé ist verloren [est en perdition] et par le second ist [est], c'est
verloren, nichts [en perdition, rien] qui l'est, et par verloren [en perdition] et

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
304 Werner Hamacher

erkoren [en sélection ], ce


de parenthèses ne contien
qui ne soit en même temp
parenthèses. Tous les car
distique se définissent co
enchâssent tous les autres,
tous les autres et contenu
dehors, toutes les fonctio
ment ou implicitement à l'
binaire et hiérarchique, p
deux fonctions, celle d'en
celle d'être
compris. Par ce
lisme, contenu et forme s
contenu apparaissent com
comme également de cont
des frontières autour d'un
poème par d'autres biais,
dehors et aucun dedans, m
perpétuellement recommen
dit, par même la manière
ce qui fait parenthèse et
- comme dans un enjambe
La structure formelle de
rime et, par conséquent,
sémantiques et historique
dernier vers keins/Eins [
erkoren [en perdition/en
entre négation et sélecti
rime, la signification ind
se présente comme son c
énoncés de verloren [en p
et de Eins [Un], il n'en d
suspendue par leur appar
parenthèse qu'elle remp
seulement pure formelle,
tions sémantiques opposé
tion] et erkoren [en sélec
le répertoire des rimes d
lue comme écho, résonan
logues, par exemple, chez

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 305

notre refuge », on lit : Mit uns


ren/Es streit für uns der recht
puissance rien ne se f ait! Nous
pour nous! Celui que Dieu lui-m
de Goethe, Werther s'entend i
Scheiden du erkoren,/ Gingst d
choisi pour rester , toi pour p
perdu]. Et chez Wagner, Isolde
erkoren , -/Mir verloren , -10
Celan réveille, dans son poème
entre verloren [perdu] et erkor
la tradition, il n'expose pas seul
l'abréviation d'une histoire poét
la phrase d'opéra. Dans son écho
nichts ist erkoren [Rien n ' est en
recule cependant d'une distance
s'écarter loin d'elle. Ecartée et
certes pas perdue [verloren], el
elle parle seulement avec, sans
lisée. Les mots rimes et la forme
de la révocation de leur conten
sation ; ils sont sur la voie de le
ce qui leur arrive est qu'ils son
l'histoire et que là, dans la mise
leur historicité, ils sont mis en
thèse - suspensive.
Le caractère de parenthèse d
poème analogues à des rimes -
d'écho - n'est pas seulement réa
désigné par eux comme thème.
sée comme instrument du rass
pince à cheveux ou une broche
comme la marque graphique co
un aparté ou une interjection,
Celan à l'Ecole normale supérie

8. Martin Luther, Die deutschen g


p. 39 sq.
9. Goethe, Berliner Ausgabe, t. 1, Berlin, Aufbau Verlag, 1976, p. 496.
10. Richard Wagner, Tristan und Isolde (I, 2) in Die Musikdramen , Munich, Deutschen
Taschenbuch Verlag, 1978, p. 324.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
306 Werner Hamacher

ordre : « parenthèse ouver


qui, comme la rime, inter
l'appellation Klammer et R
autre Klammer , qui sert co
deux, en tant que métony
représentation dans une a
thèse » comme paradigme
C'est ce double graphème
le premier vers du poème
Klinge [lame] et Schneide
de l'analogie iconique, d'un
part, en raison de la son
sonore et aussi de l'appare
chant]. Tout comme on pa
répété sous différentes
enterres» -, de même on
comme des rimes « séman
tés sont distinctes et qu'e
près la même chose et ne
rapportent l'une à l'autre
[un], qui est dominante du
outre, dans les deux mots-
avec la répétition de einm
de parenthèses du texte, m
- purement et simplement
blessure - d'un stigmate ca
C'est ainsi que le paradigm
de parole du texte. Toutes
la morphologie, des figur
nétique, de la syntaxe, de
déterminées comme rappo
des relations de rimes et d
sont saisis ensemble et où
parenthèses ont un caractè
le mot grec qui les désign
pour les parenthèses ouvra
plus abrupt à penser avec
vertu des associations ic
Schneide [tranchant], elle
synthèse est déployée par

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 307

retrancher. Aussi paradoxale p


par le contraire, chaque poème,
éléments formels constitutifs,
coupe, par un contour, de tout
forme - dans un intervalle, ain
Chaque texte - et celui-ci avec l
Il n'est donc pas l'expression d
reprises, s'est lui-même blessé
mais il est l'articulation précise
- et, bien au-delà, de toute p
synthèse par parenthèses comm
L'horizon de tout phénomène d
d'éléments indéterminés est un
sa forme durable. C'est d'abord
lie ; c'est d'abord une série de
Mais comme chaque élément du
structure de parenthèse - et ain
chaque élément se rapporte à l
Le poème se découpe lui-même
bord de l'horizon qu'il a découp
côté de lui, trans-horizontal, com
résidu substantiel, qui serait le
Le poème est le lieu - sans lieu
les résonances de lames qui se
tranchant. En elles, les élément
autres, chacun se croise et se r
pas par segmentation progressi
même par une série d'auto-seg
surgit son corps sonore et sen
vivisection generative de sa pa
fondamental de la tradition es
rent à un phénomène déjà donn
images renvoyant à des intuiti

11. Mon poème est mon couteau . C


raisonnements poétologiques de poè
même titre, en 1961, pour une édition
Bender, qui se trouve éditée là, Celan n
anthologie, refuse tout commentaire s
avec le « poiein » et ses semblables - en
en vue de commenter le lien du poè
différence principielle entre la poignée

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
308 Werner Hamacher

inaugurent et re-marquen
marquées et stabilisées p
sant ainsi les marques dif
altérations d'un Autre d
einmal die Schneide [Un
[Une fois] est marqué co
phème et courbe de pare
d'un autre einmal [une m
Klinge [une lame], mai
déplacement métonymiqu
même temps transférée
le mouvement d'une sé
duplication dans des mar
Chaque marque se révèle
comme diaphorie, mais
commencer par le prem
rime et de son enchâssem
temps le procès de sa mis
La sémiose est parasémi
elle s'adresse à un dehors
vers ce qu'elle n'est pas. C
la venue à la parole ne d
établies de la parole, elle
chez elle en aucune d'elle
sémiotique du domaine d
esthétiques possibles et e
domaine12. Elle est à la f
pourquoi, dans chacun de
l'unicité de son advenir
tout substantialisme. Fac
silence, les concepts esth
substantialité de la parol
l'harmonie -, et tous les
tradition esthétique la p
qu'à la fondation des int
autant mis hors circuit

12. Celan utilise la double form


à Werner Weber du 26 mars 1
Übersetzer , Marbach, Deutsche

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 309

logique et de l'ontologie. Le m
l'unicité de sa parole dans la me
lui-même posé, lequel le laisse a
poétique, et
le fait entrer, sans
Par l'ouverture avec l'entame d
par sa répétition dans le mêm
Schneide [le tranchant ], le p
phénoménal et de l'esthétique p
mence par une césure et par sa
d'une représentation de celui-c
verse le premier vers, ne prése
kos , mis par Alistóte au fonde
ontologie des étantités substan
dont chacune reprend l'autre -
leur altération à une césure sup
et la suspend par là même. Cett
teur non pas seulement de la r
phénomènes de la parole, ni de
mais tout ensemble de la phéno
série ne se déploie pas à l'intér
par le découper et l'effacer, elle
l'au-devant de son advenir dan
dé-dire par où elle se coupe d
elle-même n'est pas un phénom
ment de la phénoménalité entr
- et indéfinit, infinitise - lui-m
dans sa fuite, comme la parole
- comme le dit Celan dans son
de la finitude et du pour rien 13.
Reste que l'altération itérati
Celan livrent la formule, ne su
éléments, le schéma générateur
Einmal [Une fois] et son re-mar
premier kolon et sa reprise da
ne peuvent manquer ni la sémio
tout cet espace et ce temps vid
sont redevables les phénomène
sémiotique, qui est aussi le pro

13. Der Meridian, op. cit., p. 11.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
310 Werner Hamacher

pause inter- et a-phénom


du premier vers, où il est
L'intervalle entre Einmal
[une fois tranchant ] est
- une parenthèse miniatu
parenthèses. En tant que p
des parenthèses Klinge [lam
l'intervalle du double grap
pliqué, est le re-tenu, la va
ment Einmal die Klinge ,
fois tranchant , une fois
différentielles couplées
Tant par sa brièveté que p
des deux premiers. Là où,
substantif féminin apparaî
pas directement rapport
[keins] peut se comprendr
de « aucun des deux » et, p
les deux parties des paren
aucun au sens de « pas un
nommé par le mot le plus
sième sens, se rapportant
un raccourci extrême, qu
précisent l'une l'autre, au
premières marques-fois ,
l'implication et le « re-ten
ble de ses éléments pho
parenthèses et marquant
tient à l'intérieur et à côté
une fois [einmal], mais à l
la réponse est : à aucun
aucune fois. Par une fois a
marque sémiotique conven
ble, ne pourrait désigner l
pour introduire la différ
[Klinge] - et la seconde -
couplée entre les deux. Ce
puisse y avoir un marquag
phénoménalisation et de l
keins], « un marquage auc

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 311

aucune fois, une auc-une


une non-parenthèse est l
qu'elle est structure, form
ou un paradigme. Pour po
la synthèse paradigmatiq
une vacance, qui se réserv
de la synthèse et du para
fortiori esthétique - il fa
sans structure et inadéqu
pouvoir se construire. Pa
toute articulation qui vien
Le une-fois-un [Einmalei
aucun [ Einmalkeins ].
Le manque d'un élément
mais aussi la forme de to
tout marquage ; ce « une
la fin du premier vers du
suivant par une ligne vid
le marqué - laisse « voir »
est une pause, - que c'est
qu'il est un tel aucun , qu
graphiques que phonétiq
espace s'ouvre la possibili
apparaître. Mais c'est vers
tourner les phénomène
comme dans le poème de
leur sont constitutifs. C'e
l' élément- vide, le marq
fois» [Kein-Mal] et qui
marquage supplémentaire

14. Sur l'ammarquage, voir m


tensteiner Exkurse 111, Editio
celle qui a été établie par R. Ga
signe zéro : la fonction morph
nulle se tient significativement
donc l'absence d'un signe sans
Writings , t. 2, pp. 211-219.) L'
repose l'ensemble du système d
découverte est redevable, reste
que la structure qu'ils reconnais
« Introduction à l'œuvre de Mau
Mana, Wakau, Oranda. (Marcel

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
312 Werner Hamacher

Même si l'on comprend la


etle second : Rien n ' est en
tion conventionnelle des s
élément structurel procéd
dans lequel elle est introd
Tout comme la convention
par son usage, dans ce cas
aucun comme cette conve
un manque de marquage.
thème - vide - du poème.
dans cette ligne vide et da
se trouve renforcé et com
d'objet et donc d'un a-thèm
Le Rien n'est en perditio
que, même dans la ligne v
que le poème réserve et r
ce qui manque et la manièr
de la parole, et que leur se
d'un donné positif antérie
raît pas n'est pas une pr
aucun défaut de l'étant, d
qu'il n'est pas et qu'en tant
tient pourtant à la parole du
la première lecture : le Rie
- le rien absolu - est perdu
être propre et, avec la pe
s'ouvre l'espace de ce qui, c
phénomène et une parole.
extraits de «Engfuhrung»
même dans sa répétition.
dans les deux cas un rien
comme événement para-p
rien le poème parle et, av

Lacan, peu après, en 1953, dans


ouverture à l'ordre dit « symbol
structure de base de la supplém
structure {L'Écriture et la Différ
ne signifie pas qu'il les a connues
n'y est fait ici référence que pou
part, la poésie de Celan.
15. GW, l,p. 204.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 313

parenthèse du poème, en tant


langagier minimal, ainsi qu'il ap
les parenthèses de lame et tran
ment déterminé par sa structure
Le rien, perdu et non-perdu,
parenthèses, le circonvenu, le
pendu, le retenu, le protégé ; il
ce qui laisse leur place à tous
tiques que graphiques, syntaxiq
fois aucun , l'auc-une-fois et la
alors le poème dans son entier
ce qui ne se laisse absolument
prendre dans des parenthèses
parenthèse de s'ouvrir et de
l'impliqué de tout marquage. A
s'avance tout entier vers la lisi
aphénoménalité. Il ne parle p
d'elle ou qui le convertit en un
quement.
La lectura difficilior , pour laquelle le Rien de l' avant-dernier vers peut être
aussi bien adjectif et substantif, n'a pas à être prise en considération pour le
second rien , écrit en minuscules. Le second kolon du vers énonce simplement
que rien de ce qui est dit et rien de ce qui est laissé ouvert n'est préféré, choisi ou
privilégié: rien n'est en sélection. Si le premier kolon souligne l'absence de
perte, le second souligne la neutralité du dit comme du non-dit. Le Rien lui-
même n'est pas sélectionné, il ne présente aucun phénomène prélevé ou privilé-
gié, pour la simple raison qu'il se soustrait comme tel à toute désignation ou
détermination pertinente. Ce qui vaut pour le rien, à savoir qu'il ne se déclare que
par un marquage paradoxal, vaut intégralement pour tout élément phénoménal
du poème, de la parole et du monde : un tel élément n'est pas non plus déterminé
par son statut phénoménal ni par sa cohérence esthétique. Avec la révocation du
erkoren [en sélection ] le poème se retire de lui-même. Ses gestes sont ceux
du laisser, du laisser-venir et du laisser-ensemble, du laisser-parler et aussi du
laisser-ne-pas-parler. Rien n ' est en perdition , rien n ' est en sélection ne confirme
pas seulement l'égale préséance du dit et du non-dit, il les met aussi en scène par
la composition paratactiquement équilibrée, neutralisante de deux énoncés, qui
se tiennent l'un l'autre en balance. Le milieu de ce vers - le «tranchant» de la
balance, sur lequel le vers se tient comme un fléau - n'est rien d'autre qu'une
pause, une césure marquée par une virgule. C'est une pause enchâssée dans les
deux moitiés du vers, une pause suspendue, à l'instar de la ligne vide, que le vers

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
314 Werner Hamacher

commente, et semblable à
entre les emblèmes des par
Le déploiement de la struc
ce qui y est compris culm
sagt Eins [Un dit Un]. Si l
deux, le troisième n'est fo
l'exception ď une fois aucu
vers par deux singularités
« fort » de ce texte. Par ce
contraste morphologique a
nominales ; mais, du fait d
troisième kolon du premie
et auquel il correspond surt
dans la série des deux kola
Un dit Un n'appartient pas
chant - ni de la rime - en
vacant, qui est entouré pa
structurellement une repri
- et, comme commentai
aucun], qui dit: une fois
parenthèses-rimes couplée
n'appartenant pas à l'ordr
fois, la marque d'aucune m
Seul est singulier ce qui
Plusieurs et n'est determi
fois aucun incommensurab
masculin du texte : Un [Ei
dire, derechef, cet Unique
fondée. Quand il dit Un [E
qui est tenue par la parent
correspondance dans le co
par lui. Un dit Un, non pa
son unitude, mais en tant
trans-segmentaire Ein-er-
dans sa singularité, mais e
ne se duplique pas ni ne d
itérative, qui le laisse appa
comme Eins [Un] - comme
à lui-même et à la parole.
comme dire ď aucun autre

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 3 1 5

fois aucun, dans «une ma


- Un, s'ww-dictant, est Un
et surdire Un car ce qui ne
double et un itéré, et se pe
pouvoir dire une seule fois
Savoir si cet Un renvoie à
ou à celui pour lequel, dans
tique Un [Einer] : quoi que
seulement redevable à cette
aucun répétable, mais seule
poème, d'atteindre une sign
duisant la détermina-bilité,
signification distincte, celle
Eins [Un], est aussi peu pro
produits, lui et son Eins [U
aucune-fois est la seule cho
[Einer]. Quand Eins [Un]
parenthèse-rime, ils ne con
[aucun] parle aussi sémanti
la promesse d'être Eins [U
Aucun ; Einer [un], fût-il le
qu'il est et n'wrc-dicte son
d' aucun. Même le monothé
- comme athéisme et de m
qui peut toujours être Eine
obéit à une logique - une al
qu'auprès de l' absolument
l'ammarquage.
Si Eins [Un] est à la place structurelle d' aucun, c'est par la rime qui le lie à lui
et à la première syllabe Ein- [Un] : une parenthèse enchâssant tout le poème. Tout
comme dit [sagt] est embrassé par Einer et Eins, de même le dire du poème tout
entier est embrassé par Ein- et Eins. Il n'est pas seulement contenu par la paren-
thèse, mais placé dans un cadre et, par cette délimitation, protégé par lame et
tranchant, marqué et défini comme poème un ; il est également suspendu par la
parenthèse, soustrait aux ensembles judicatifs, et neutralisé. Ce qui est enchâssé
dans des parenthèses - le poème entier et le vers dans lequel il culmine - se
retrouve ainsi dans la même position ex-posée, où s'ouvrent une ligne vide, une
césure ou une pause entre les kola singuliers du texte et entre ses deux strophes :

16. En allemand « être » (Sein) est l'anagramme de « Un » (Eins). NdT.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
316 Werner Hamacher

l'enchâssé n'est pas de la s


de parole, dans laquelle le
Enchâssé par Einer et Ein
depuis la zone de silence, q
laisse venir à la parole.
Mais les éléments des par
sant à la troisième place -
troisième vers - marque
seulement les parenthèses
valle, pose la parenthèse e
le Einer [un] sont à la fois
non-marquages, ceux-ci ét
fois cela même qu'ils ne
manière particulièrement
minés contradictoireme
parenthèses, le texte tout
doubles déterminations st
fois l'autre en même temp
avec elle dans une absence de liaison. Chacun de ses éléments est déterminé
comme élément de parenthèse et indéterminé comme vacance de parenthèse.
Dans la jointure ouverte entre Einer et Eins, dit [sagt] se tient dans la position
d'un équivalent structurel de l'intervalle sans parole - et y dément sa signification
de copule et de prédicat - ; mais comme la fonction d'intervalle revient également
aux deux éléments de bord Einer et Eins par leur rime avec keins, au sagt [dit]
qui est embrassé par eux échoit en même temps, avec la fonction de vacance, la
fonction de marquage positif - et, par là, de copule dans la prédication. Dans le
dit [sagt] s'ouvre la jointure entre les deux parenthèses : le langage est le tenant-
lieu d'aucun-marquage ; et dans le dit [sagt], cette jointure se conforte : la parole
est le une fois d'un aucune-fois, la marque d'un marquage qui se maintient dans
des répétitions continuées. Fois d'un aucune-fois, vacance enchâssée et désen-
châssement de toute parenthèse, le dit du poème de Celan fait de tous les élé-
ments de sa parole l'exposition d'un vide suspendu et d'une parenthèse défaite.
Le poème suspend, en outre, la suspension qu'il affirme en chacun de ses gestes.
Il ouvre un lieu où n'en est aucun, il ne contient pas ce lieu, mais le tient ouvert.

Parenthèse ouverte , parenthèse fermée - l'abréviation du poème de Celan,


présentée par son titre, permet à peine de douter que le poème mis entre paren-
thèses est réduit à un minimum absolu : entre les parenthèses ouvrante et fer-

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 317

mante, il se tient comme une v


ou, si son Komma se lit comme
pur « lieu » ou comme un des
joue la péripétie entre quelque
silence, que Celan a nommé Re
compression poématique, est p
pause, dans le phénomène d'un
se-soustraire, en particulier pa
laire technique de la phénomén
mise en suspens du jugement, H
balance », « mettre hors jeu », «
tournure «placer entre paren
connaissait bien non seulement
qu'en avril 1968, trois mois a
extrait la citation de la métapho
Road», mais qui, dès le début
philosophe son et qui, préparant
des Ideen , et a probablement p
au sens de l'enchâssement par le
sement de Y èpoche phénomé
trois premières lignes, dans la
entier, dans la dernière version,
de mettre explicitement « hors
chaque élément de ce poème n'e
parenthèse-rime liante, mais au
poème entier ne présente rie
comme èpoche et de Y èpoche
qu'une aggravation de ce qui ch
Immédiatement avant un pass
mière des Méditations cartésie
son exemplaire, il est écrit :

Cette universelle mise hors valeur


les attitudes que nous pouvons p
attitudes concernant : existence, a
et autres -, ou encore, comme o

17. L'expression Zeithof [Cour du


«Schwimmhäute» [Peaux de nage], et
[Seulement quand je te], il est questio
temps] devient le titre du dernier volu

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
318 Werner Hamacher

gique », cette « mise entre p


un pur néant. Ce qui, en rev
là devient mien, à moi sujet
vécus purs et de ses objets i
au sens de la phénoménologi

La mise entre parenthèses


indépendante de l'objectivi
de la conscience voire du
de la pure subjectivité tra
quent, la méthode de la ré
provenance dans la subjec
propriation de la vie pure
positions phénoménales. C
place pas, ainsi qu'y insist
sation universelle du mond
appartient à l'attitude naïv
un là-devant indépendant,
thèse générale la parenthè
dant à Y objectivité posée d
aux attitudes, aux jugeme
reconduction, au sens de r
nance dans l'Ego transcen
donné à la mise entre par
phrase marquée par Celan

On peut aussi dire que l'épo


me saisis comme moi pur, a
et par laquelle le monde obje
pour moi 19 .

La mise en suspens du juge


rapport originairement p
temps, son rapport à elle-
thèse selon laquelle il y a u
ainsi qu'il est dit de ce ret

18. Husserl, Cartesianische Me


Mārtiņus Nijhoff, 1973, p. 60. (M
1980, pp. 17-18). Cf. Alexandr
bibliothèque philosophique , Pari
19. Husserl, Cartesianische Medi

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 319

« mise hors jeu », mise entre p


entre parenthèses » et le jug
thèses»20. Avec la mise entr
conscience, le monde objectif p
monde constitué dans la consc
que la pure sphère de la cons
gique » - de même que l'Ego tra
thèse -, de même, avec ce rési
porté dans sa sphère. Ce qui pe
par cette epoche est la région
ou " transcendantale" [...] D'elle
fique , elle « porte en elle » le t
réels possibles et tous les mondes
Ce qui est dans la parenthèse
circuit et hors action, mais de t
sa force, dans tous les actes fo
maintenu et sauvé. Pour la phé
brouillons du Méridien , un gué
Husserl, la parenthèse appropr
relle » dans le domaine de la su
enclave dans l'Ego transcendan
Il en va tout autrement avec
en dehors de cette parenthèse,
de résidu phénoménologique, q
celle-ci n'est pas supportée par
l'on voulait - comme il est pos
valent graphique d'une premiè
du mot «Klammer» [parenthès
le paraphe de Celan, mais la sig
thèse ni ne serait un résidu de
ainsi un marquage contingent n
universel et ne supportant pas
de la subjectivité. Si l'on voulai
son prédicat nécessaire, alor
requises, il n'y aurait pas d'obs

20. Husserl, Ideen zu einer reinen Ph


Buch (Husserliana III), La Haye, Mārti
21. Ibid., pp. 72-73.
22. Der Meridian, op . cit., p. 212. Cet
qui se rapportent aux Ideen de Husserl

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
320 Werner Hamacher

la parenthèse, avec le dit


met ainsi hors circuit et
agent de la réduction tran
La réduction phénomé
réduite dans le poème d
réduction. Le mouvemen
résidu, ne connaît aucun
tières, et aucun point fi
orientation. La parenthè
actes thétiques de la cons
de les rassembler dans la
de Celan embrasse, en pl
pas seulement l'objectivit
sujet à laquelle l'objectivi
parenthèse entre parenth
serl, les actes thétiques d
relle, il va jusqu'à mettre
phénoménologique - le ca
met entre parenthèses so
mise hors valeur que cet a
thèses son « propre » pos
n'est rien que le geste de
position dans l'ex-positio
prient dans le Eins [Un] d
supporte d'être exprimé pa
marquage aphénoménal.
traite, son retrait, retra
parejcthèse de la parenth
conventions et des confo
parole ; parole sans être th
La détranscendantalisa
conduit donc pas à une n
l'intuition. L'extrême abs
domaine du marquage gra
des rimes ; mais sensibilité
terminés, ne déploient
contrée, qui se dérobe à l
déroule à travers des p

23. Sur VUrthesis, YUrdoxa, Y

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 321

césures et des espaces int


aucun centre, qui pourrai
noménaux sont tous comp
nal. Aucun Moi ne s'y ma
c'est dans une position de
dire et de son substrat t
d'une désactivation de so
résidu transcendantal, ce
par le poème de Celan à a
laquelle les déficits du ré
ment exposé à ce qu'il ne
structure transcendantale
en lui-même, est tirée v
immédiatement voisin m
transcendantal et a-trans
Moi et ne peut être soumi
Le voisinage du poème a
de la traditionnelle donat
signifié dans une note,
passage au poème ne proc
plus de la forme détermi
posé ni saturé d'actes thé
celle de ses vers et strop
pages détermine ses conto
sement exclu du domai
impensable à l'intérieur
et avec lequel il parle. Le
nelles conventionnelles, m
de toute forme phénom
sens, il est - s'étendant a
parole attranscendantale
ce blanc bien plus vaste o
cette seule raison, perme
formes, les demi-formes
Les parenthèses qui, pou
Soi du Moi dans la pure c

24. Paul Celan, Der Meridian, o


par Celan, peut-être pour mont
caractériser ces contours comme

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
322 Werner Hamacher

de la Constitution d'un U
aussitôt dans les marques
tion de marques, qui retie
résidu n'est pas celui de l
non-position. Le poème, e
la rime avec elle-même d
avec lame et tranchant ,
laisse devenir un aparté,
chaque élément de son tex
la fois contient et suspend
sition sont à la fois affirm
mise à l'écart de celle-ci
subjectivité devient, ch
phénoménologique-transc
re-diction par Celan de ce
sa vaine dépense. Le Un [E
ne le fait le Un [Eins]. Le
poème comme reste chan
comme contre ses désacti
même, un acte sans sujet
mais également sans un
davantage en perdition qu
tion de l'acte.
Tandis que la conscience, dont Husserl cherche à s'assurer de la structure
fondamentale, opère de manière irréductiblement thétique et n'accomplit la mise
entre parenthèses des effets des actes thétiques qu'en étant au service de la thèse
générale doxique originaire, la conscience, dans les parenthèses de Celan, est une
conscience essentiellement parenthétique - et pour cette raison une conscience
non-irréductible, non pas une conscience de l'Ego thétique, mais une conscience
exposée à sa parole et, dans celle-ci, conscience ex-posée. En tant que parole non
pas thétique mais parenthétique, le poème de Celan fait l'expérience, en chacun
de ses éléments, de sa mise en suspens a priori dans la non-doxa, dans le non-
usage, dans la non-position et in fine dans la non-parole. Que, dans le poème de
Celan, la parole - et, par conséquent, la parole dans sa structure générale - soit
constitutivement parole parenthétique signifie donc à la fois qu'elle pose des
parenthèse autour de ses positions et accomplit ainsi l'activité de la thèse origi-
naire , et qu'elle laisse mettre en suspens précisément ce poser de la thèse origi-
naire. En tant que parole parenthétique, elle est à la fois auto-thèse et auto-

25. Titre d'un poème de Celan de 1964, in Renverse du souffle , GW, t. 2, p. 36.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 323

exthèse ; mais elle ne peut être


sans exercer à la fois un troisiè
cède pas d'elle-même et qui ne
une ex-position qui ne peut pas
autre absolument indéfini et infini.

Que toutes les parenthèses-rimes, dans le poème de Celan, soient elles aussi
mises entre parenthèses, qu'il n'y ait dans le poème que des parenthèses mises
entre parenthèses, cela en fait une mise en aby me tout à la fois de la parole
thétique et de la parole suspensive et parenthétique, qui, jusque dans l'acte de sa
désactivation, garde le contrôle d'elle-même et, dans la détention et la rétention
des actes de jugement, élève ce contrôle à la maîtrise. Cette maîtrise d'une parole
poétique, qui conduit sa poiesis , son faire à un extrême de la puissance de la
parole, dans la position portée jusqu'à la dé-position, cette maîtrise, le texte de
Celan n'y est nulle part étranger. Cet extrême n'en serait pourtant pas un, s'il ne
touchait pas à ce qui reste non-fait et non-dit, non-faisable et non-dicible et qui se
soustrait non seulement à la parole de la poiesis , mais aussi à sa mise en suspens
méthodique. Dans une notice, que Celan semble avoir écrite pendant ses études
renouvelées de Husserl, en 1960, cet infaisable, ce libéré de la poésie, est impli-
citement circonscrit comme l'horizon du poème :

Le poème : la trace de notre respiration dans la parole/le souffle de notre mortalité,


avec lequel un fragment parole passe dans le rien et par quoi surgit cette vacance, qui
donne forme au Nouveau26.

L'intervalle, la pause, le blanc sont les zones sans lesquelles il n'y aurait aucune
parole, aucune thèse originaire, ni la moindre parenthèse, ni epoche d'une thèse.
Elles sont les zones d'un ouvert, qui n'est pas produit par la parole comme logos
transcendantal, mais qui est libéré par la vacance de la parole comme vide attrans-
cendantal. Ce vide s'ouvre comme un intervalle inoccupé dans la parole du poème :
comme une ligne vide entre le premier et le second vers, comme une césure entre les
kola, dans tous les intervalles des mots et des syllabes ; il n'est cependant pas seule-
ment localisé comme inter-champ des paroles et des vers mais, préalablement à toute
localisation possible, comme entour de toute parole, de tout graphème et phonème,
de tout poème : il entoure, sans être posé, jusqu'aux parenthèses qui l'entourent.
Cet entour de toute position possible comme de toute mise hors circuit
n'appartient au domaine du donné que de manière problématique. Il n'est pas

26. Paul Celan, Der Meridian, Tübinger Ausgabe, Francfort, Suhrkamp Verlag, 1999, p. 1 15. La
notice se trouve entre des notes qui se rapportent à l'essai de Paul Natorp sur Husserl dans le journal
Logos (1918).

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
324 Werner Hamacher

redevable à une donation


et, pour cette raison, n'es
actes de parole ; comme
parole, il n'est pas non
absence détermin-able, un
nihil negativum sans con
la parole ; mais ouvert aus
tant que donation abando
l'abandon de la parole qu
l' en-tour de sa forme, d'
parole non-programmable
thèse générale «naturell
phénoménologique de Huss
geste premier de la parol
position de la subjectivité
tant que circonscription e
du poème - est la parenth
elle, il est repoussé et con
perdition , rien n ' est en
recevoir une adresse com
en perdition, mais rien no
subjective. Avec ce vers, q
phénoménologique , qui ne
autre epoche - et quelque
parenthèses du Rien dans
même par ce Rien. La tou
fois : aucune fois -, où le
parole est interpellée et, d
du poème - et avec elle to
seulement de telle sorte q
comme parole cum nihilu
tique. C'est seulement ain
la parole d'un Nouveau , p
C'est la parole du Un et d
de l'unité et de l'unicité e
Y être [Sein]27 libres d'eu

27. Voir note 16. NdT.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 325

Par le mouvement du p
celui-ci sort de l'horizon
tout aussi décisive, de l'h
l'esthétique, Hegel fonde
soutenant que celle-ci, co
parler lui-même en une m
à partir duquel V intérior
trie mélodique , un son ri
sion, quant à elle, rime a
extérieur, cette intériorit
l'autoperception-de-soi
fois dans son édition de Y
sich-selbst-Münden des G
ainsi que le mouvement ci
ramassé dans une formul
de sa parole, par la répét
avec lui-même. Est poèm
respondance, est pur s'ent
comme mode d'expression
effacés en lui et la différ
tivité substantielle. La fo
gie de l'esprit spéculatif.
perception du sujet en ta
sée, elle s'énonce : rime a
par son annotation en ma
poème de l'esthétique h
auto-logique dans la me
d'autres, mais la parole un
sens - au sens de tous
Déboucher-en-soi-même
auto-aisthesis.
C'est ainsi qu'est circonscrit le domaine de la détermination esthétique au sens
strict, de la détermination spéculative du poème, que le poème de Celan aban-
donne. Si chacun de ses éléments est à la fois rime et parenthèse suspensive, alors
chacun, en tant que révocation, se tient à côté de lui-même, chacun - et avec lui
le poème tout entier - ne se tient pas seulement au bord de lui-même, mais n'est
ainsi rien d'autre que son bord, chacun en tant que bord de lui-même marque

28. Voir Paul Celan, La Bibliothèque philosophique , op. cit., p. 129.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
326 Werner Hamacher

qu'il n'est encore que de


temporel et spatial, mais
défini dans son entier pa
de ses concepts comme «
I96029 parlent aussi de Y
tive, dans la version défi
version, après qu'il a été
on lit :

Il est au fort de lui-même - après tant d'autres formules non moins extrêmes,
permettez-moi encore celle-ci -, le poème est au fort quand il est au bord de lui-même ;
pour pouvoir tenir, il s'appelle et se fait revenir sans relâche de son déjà-plus dans son
toujours-encore30.

La formulation extrême de Celan concerne le poème comme Extrême, comme


un extrêmement Extérieur, comme Bord de lui-même et de la parole. Elle signi-
fie que le poème dans son ensemble et en chacun de ses moments n'en est déjà
plus aucun, qu'il ne parle plus, mais qu'il est tu ; et qu'il fait revenir sans suspens
cette mise en suspens, puisqu'il se rappelle lui-même depuis son taire jusque
dans son toujours-encore et donc également dans le toujours-encore de son
déjà-plus. Le poème est un Extrême et un phénomène de Bord parce que, parlant
sur ce Bord, il est déjà parti loin au-delà de lui et n'est plus poème ; parce que,
par chaque mot qu'il dit, il dit en même temps son non-dire ; parce qu'il est le
phénomène de son aphanisis , l'ébruitement de son taire. S'il s'affirme au bord
de lui-même , c'est comme étant ce bord, qui n'est le sien qu'aussi longtemps
qu'il cesse d'être à lui.
A la différence de ce qu'il en est pour Hegel, le poème n'est pas pour Celan
l' auto-perception de la subjectivité, mais la perception de son être devenu non-
perceptible. Il parle, mais ne s'entend pas ; il n'entend pas lui-même, mais
quelque chose d'inouï, d'étrange, et cherche à lui co-respondre. Le déboucher-
en-soi-même du poème laisse la place à un déboucher-dans-ce-qui-n'est-pas-
xême. Tandis que le caractère phénoménal , que Celan perçoit dans les images et
les tropes de la poésie traditionnelle31, devient, dans la rime, un topos de l'auto-
phénoménalisation et de l' auto-perception de l'art, le poème tel que le comprend
Celan traverse de part en part un Atopos - VU -topie -, un espace non marqué,
aphénoménal, qui se refuse à la perception, à l'intuition32 et, en conséquence, à

29. Der Meridian, op. cit., pp. 56, 59, 60.


30. Ibid., p. 8 (trad. fr. Le Méridien, op. cit., p. 75).
31. Ibid., p. 74.
32. Ibid., pp. 10, 12,38,74.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Èpoche poème 327

Yaisthesis et à toute esthétique


porte la parole de son poème, e
rappelle lui-même, la parenthè
thèse mettant en suspens la val
temps ce non-lieu de Y U -topi
substantielle. Si la formule de l
comme spéculante - était l' au
l'Autre de soi-même, alors la de
respondance [Selbst-£>zřsprech
Soi. L'extrémisation, l'extériori
alter- ation : une sui- altération
subjectivité auto-thétique et
parole para-esthétique et para-t
possibilité thétique, rejouant sa
parole ne se parle plus à elle-m
elle une parekbase continue d
mesure où elle parle sa mise en
parler de sa finitude - n'est pa
elle-même, c'est le chemin du
aucune parole, et d'un avenir a
l'art s'épuise dans la présence
poème, au bord de lui-même et
chaque moment de sa présence,
donne à lui et parle avec lui et
avec la dé-respondance, la paren
Les parenthèses du poème de
ment dans les deux titres des po
parenthèse fermée » que les par
des graphèmes silencieux indiq
dans les parenthèses de l'absenc
non parlable. Quand Celan parl
part, la fonction d'une paren
sémantique mais il donne à ent
assignée une « parenthèse » -
symétrie mélodique de ses sono
sa fonction de synthesmos. La p
parenthèse. Par la structure par
et par le lien des rimes initiale

33. Ibid., p. 10.

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
328 Werner Hamacher

occuper une position de


fonction de synthèse que
est rime avec keins [aucu
en sélection du second ve
en perdition du même v
précédente, avec une vac
s'undividue. C'est ainsi
s'introduit par juxtaposit
seuil et ouverture non p
qu 'elle n'est pas.
La thèse originaire de la
percevoir de l'esthétiqu
thèses phénoménologique
en rapport, sont devenue
et non-posable, au sans-r
et s'affirme en lui. Cette
parler ne reste pas le pur
et défaisant en lui toutes
périphérie, devient paren
crypte, asile. Le poème es
nuum d'expressions qu'il i
et d'aphonie, de graphèm
thèse en un sens complète
il les rassemble tous en lu
les laisse ainsi venir, tou
d'aucune. Le poème est la
silence, il parle avec son
cette parole qui se met
marques & aucune marq
qu'elle-même perceptible
Poème il ne l'est que com
laisserait un autre résidu
seulement comme auto-ép
l' auto-saturation, et c'es
libre du poème.

Une parole dans l'époché


celle-ci est ontologie et

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
Epoche poème 329

semiologie. La philosophie
due que dans la mesure où
parenthèses de la poésie et
elle parle avec ces parenth
elles - en commun avec elles et avec elles dans le refus de toute communauté -
et partage avec elles leurs enchâssements et leurs désenchâssements. La philoso-
phie et la littérature ne forment pas un couple simple. Même quand elles riment
l'une avec l'autre, leur parenthèse-rime marque le bord sur lequel chacune ne
concorde ni avec l'autre ni avec soi-même. La philosophie ne peut parvenir à
penser la poésie qu'en la pensant comme la parenthèse du penser et donc qu'en
pensant le non-penser. Pensée entre parenthèse, elle serait pensée de ce qui n'est
plus pensable : elle serait dilemme d'un être au-delà de toute position, hors
essence, sans sujet constitutif, dénué de phénoménalité, parole éloignée de soi-
même, para-parole. La philosophie d'une parole se rapportant à elle-même
comme à une parole irréductiblement autre ne commence qu'avec une epoche de
la philosophie, qui libère la philosophie d'elle-même et la laisse être autre que
philosophie. Elle recommence avant son commencement et, recommençant, est
finie, sans fin.

Werner Hamacher

{traduit de V allemand par Michèle Cohen-Halimï)

This content downloaded from 202.96.31.9 on Wed, 15 Jan 2020 23:41:28 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms

Оценить