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NEUROPHYSIOLOGIE

NIVEAU 3

Département : Biologie des Organismes Animaux (BOA)

Filière : BHS  BOE - BI

NEUROPHYSIOLOGIE

NIVEAU 3

Département : Biologie des Organismes Animaux (BOA)

Filière : BHS  BOE - BI

NEUROPHYSIOLOGIE

Niveau 3

Semestre 6

Dr. TCHAMADEU Marie Claire / Epouse MBONGO

BOA 326 : NEUROPHYSIOLOGIE DUREE : 60 heures OBJECTIFS GENERAUX


A la fin de cet enseignement, l’étudiant devra être capable de :

 Décrire l’organisation générale du système nerveux

 Localiser et donner les fonctions des différents éléments constitutifs du système nerveux ainsi que les
relations existant entre ces éléments

 Citer et décrire les organes de sens ainsi que le rôle des éléments constitutifs.

 Décrire la coordination des réponses en relation avec les sens de l’organisme OBJECTIFS SPECIFICS

 Etre assidu en cours magistral, séances de TP, TD et TPE, et participer oralement ;

 Réaliser les expériences en Laboratoire pour mieux comprendre l’anatomie externe et interne des
Systèmes Nerveux central et périphérique, de même que les mouvements reflexes en observant in situ
ou sur des cerveaux isolés de bœuf ;

 Traiter les sujets de devoirs donnés en CM ou en TD et des sujets types des examens.

FICHE DE PROGRESSION

I- PROCESSUS GÉNÉRAL DU DÉROULEMENT DE CHAQUE COURS

1- Présentation de l’objet du cours :

2- Rappels du cours précédent :


3- Question sur la qualité du cours :

a. Le rythme du Cours Magistral est-il convenable ?

b. Les explications sont-elles assez, ou insuffisantes ?

c. Y a – t – il des étudiants qui n’ont pas bien compris un détail ?

4- Libellé du nouveau cours

5- Proposer :

a. Des sujets ou questions de réflexion en rapport avec le thème du jour durant le CM pour mieux
expliquer le cours ;

b. De devoir à faire à la maison portant sur la recherche bibliographique sur un sujet à discuter au
prochain cours ;

SEQUENCES

THEMES DEVELOPPES

DUREE

SEQUENCE 1 :
1- Rappel des connaissances acquises sous forme de

questions - réponses

TD : 2h

Présentation et prise

a. Définition de Neurophysiologie

CM : 1h

de contact avec les

b. Organisation neuroanatomique externe/interne

apprenants

c. Fonctionnement des différents compartiments


Introduction générale

2- Introduction générale en résumé

SÉQUENCE 2 :

1- Présentation de l’objet du cours

a- Rappels du cours précédent

PARTIE I : ORGANISATION

b- Lien avec le cours présent

GENERALE DU SYSTEME 2- Début de cours du chapitre 1 :

CM : 4h

NERVEUX

I-

I- L’ENCÉPHALE

CHAPITRE 1 :
I-1 Le Cerveau

I-2 Le Tronc cérébral

ORGANISATION GENERALE

DU SYSTEME NERVEUX

CENTRAL

SÉQUENCE 3 :

1- Rappels du cours précédent

CM : 4h

PARTIE I : ORGANISATION

2- Suite du cours du chapitre 1

GENERALE DU SYSTEME I-3 Le Cervelet

TD : 1h
NERVEUX

I-4 Les systèmes de l’encéphale

II-

II- LA MOELLE EPINIERE

CHAPITRE 1 :

II-1 Substance grise de la ME

ORGANISATION GENERALE II-2 Substance blanche de la ME

DU SYSTEME NERVEUX

3- T.D : Réflexion sur quelques questions en

CENTRAL (suite)

rapport avec le cours

1- Présentation de l’objet du cours 4

2- Rappels du cours précédent et liens avec le


SÉQUENCE 4 :

nouveau cours (chapitre 2)

PARTIE I : ORGANISATION 3- Début du cours du chapitre 2 :

GENERALE DU SYSTEME

I-

I- LES RECEPTEURS SENSORIELS

NERVEUX

I-1 Classification selon le type de stimulus

I-2 Classification selon la situation anatomique

CM : 7h

Chapitre 2 :

I-3 Classification selon la complexité de la structure


TD : 1h

ORGANISATION GENERALE

II-

II- LES NERFS PERIPHERIQUES

II-1 Les nerfs crâniens

DU SYSTEME NERVEUX II-2 Les nerfs spinaux PERIPHERIQUE

III-

III- LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME

III-1 Le système nerveux parasympathique

III-2 Le système nerveux sympathique

IV-

IV- STRUCTURE DU NERF

4- T.D : Réflexion sur quelques questions en


rapport avec le cours

1- Présentation de l’objet du cours

2- Rappels du cours précédent et liens avec le

nouveau cours (chapitre 3)

1- Début du cours du chapitre 3 :

SÉQUENCE 5 :

I- LA CELLULE NERVEUSE

PARTIE II : ORGANISATION I-1 Anatomie du neurone I-3 Les différents types de neurones

FONCTIONNELLE

DU II- LES CELLULES DE SOUTIEN

CM : 3h

NEURONE
II-1 Les astrocytes

II-2 Les oligodendrocytes

TD : 1h

CHAPITRE 3 :ANATOMIE DU II-3 Les microgliocytes TISSU NERVEUX

II-4 Les épendymocytes

II-5 Les cellules de Schwann

III- BREFS RAPPELS SUR LA STRUCTURE MOLECULAIRE

DU NEURONE

IV- FONCTIONNEMENT DE LA CELLULE NERVEUSE

2- T.D : Réflexion sur quelques questions en

rapport avec le cours

SÉQUENCE 6 :

1- Présentation de l’objet du cours


2- Rappels du cours précédent et liens avec le

PARTIE II : ORGANISATION

nouveau cours (chapitre 4)

CM : 6h

FONCTIONNELLE

DU

3- Début du cours du chapitre 4 :

NEURONE

TD : 1h

I- PRINCIPES DE BASE DE L’ELECTRICITE DE LA CELLULE NERVEUSE

CHAPITRE IV : ACTIVITE II- PROPRIETES ELECTROCHIMIQUES DE LA CELLULE NERVEUSE

II-1 Phénomènes à l’origine de la tension négative du neurone


ELECTRIQUE DE LA CELLULE III. POTENTIELS ELECTRIQUES TRANSMEMBRANAIRES DE LA

NERVEUSE

CELLULE NERVEUSE ET DU NERF

III-1 Caractéristiques du potentiel de repos du neurone et du nerf

III-2 Caractéristiques du potentiel d’action du neurone et du nerf

III-3 Analyse du potentiel d’action du neurone (PA)

III-4 La propagation (conduction) des PA

4-

T.D : Réflexion sur quelques questions en

rapport avec le cours

1- Présentation de l’objet du cours

2- Rappels du cours précédent et liens avec le

nouveau cours (chapitre 5)


SÉQUENCE 7 :

3- Début du cours du chapitre 5 :

PARTIE II : ORGANISATION

I-

LES TYPES DE SYNAPSES

FONCTIONNELLE

DU

II- LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE

II-1- Synapses électriques

NEURONE

II-2- Synapses chimiques

CHAPITRE V : LES SYNAPSES II-3 Les étapes de la neurotransmission CM : 5h


II-3 Mécanismes moléculaires de la neurotransmission

ET

LA

TRANSMISSION II-3 Devenir du neurotransmetteur après libération TD : 1h

III- LES NEUROTRANSMETTEURS

SYNAPTIQUE

III-1 Critère de définition des neurotransmetteurs III-2 Régulation de la neurotransmission

III-3 Types de neurotransmetteurs

IV- DROGUES ET NEUROTRANSMISSION SYNAPTIQUE

4- T.D : Réflexion sur quelques questions en

rapport avec le cours

5- Traitement des sujets types examen

T.P.E. : Recherche bibliographique sur les thèmes


suivants :

1- L’œil et la vision

SÉQUENCE 8 :

2- La peau et le toucher

PARTIE III : LES ORGANES

3- L'oreille, l’ouïe et l'équilibre

TPE : 10h

DE SENS (en T.P.E.)

4- Le nez et l’odorat

5- Les plexus de l'organisme

6- La langue et le goût

7- Les systèmes de l’organisme


SÉQUENCE 9 :

TD : Traitement des sujets types d’examen

TD : 3h

TD

SÉQUENCE 10 :

Travaux pratiques sur les thèmes suivants :

TP : 10h

TP

SOURCES DOCUMENTAIRES

 Neurophysiologie : Organisation et Fonctionnement du Système nerveux-Daniel Richard et Didier


Orsal- (Brocher-1987)

 Neurophysiologie. Tome 1, physiologie cellulaire et systèmes sensoriels –

Daniel Richard et Didier Orsal (Broché – 10 Juin 1997)


 Atlas de neurosciences humaines de Netter: Neuroanatomie - Neurophysiologie (Hors collection) 2nd
Edition, Format Kindle – David L. Felten David L.

(Auteur), Nathalie Kubis (Auteur, Traduction)

 www.wikipedia.org

 www.google livre.org

 Amazon

SOMMAIRE

FICHE DE PROGRESSION...................................................................................................................4

SOURCES DOCUMENTAIRES ....................................................................................................................7

INTRODUCTION GENERALE ...................................................................................................................10

PARTIE I : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME NERVEUX..............................................................13

CHAPITRE 1 : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME NERVEUX CENTRALE ......................................13

I. L’ENCEPHALE ..................................................................................................................................13

I-1 LE CERVEAU..............................................................................................................................13
I-2 LE TRONC CEREBRAL................................................................................................................15

I-3 LE CERVELET ............................................................................................................................17

I-4 LES SYSTEMES DE L’ENCEPHALE ..............................................................................................18

II- LA MOËLLE EPINIERE .....................................................................................................................19

II-1 SUBSTANCE GRISE DE LA M.E.................................................................................................19

II-2 SUBSTANCE BLANCHE DE LA M.E ...........................................................................................20

CHAPITRE 2 : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME NERVEUX PERIPHERIQUE ...............................23

I – LES RECEPTEURS SENSORIELS.......................................................................................................23

I- 1 CLASSIFICATION SELON LE TYPE DE STIMULUS ......................................................................23

I-2 CLASSIFICATION SELON LA SITUATION ANATOMIQUE.............................................................23

I-3 CLASSIFICATION SELON LA COMPLEXITE DE LA STRUCTURE...................................................24

II – LES NERFS PERIPHERIQUES..........................................................................................................26


II-1 LES NERFS CRÂNIENS ............................................................................................................26

II-2 LES NERFS SPINAUX................................................................................................................28

III- LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME .............................................................................................30

III-1 LE SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE.........................................................................31

III-2 LE SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE .................................................................................31

IV- STRUCTURE DU NERF ...................................................................................................................32

PARTIE II : ORGANISATION FONCTIONNELLE DU NEURONE .................................................................33

CHAPITRE 3 : ANATOMIE DU TISSU NERVEUX.......................................................................................33

I- LA CELLULE NERVEUSE ...................................................................................................................33

I-1 ANATOMIE DU NEURONE.........................................................................................................33

I-2 LES DIFFERENTS TYPES DE NEURONES .....................................................................................35

II- LES CELLULES DE SOUTIEN ............................................................................................................36

III- BREFS RAPPELS SUR LA STRUCTURE MOLECULAIRE DU NEURONE ............................................37


IV- FONCTIONNEMENT DE LA CELLULE NERVEUSE ...........................................................................37

CHAPITRE IV : ACTIVITE ELECTRIQUE DE LA CELLULE NERVEUSE ..........................................................39

I- PRINCIPES DE BASE DE L’ELECTRICITE DE LA CELLULE NERVEUSE .................................................39

II- PROPRIETES ELECTROCHIMIQUES DE LA CELLULE NERVEUSE ......................................................40

II-1 PHENOMENES A L’ORIGINE DE LA TENSION NEGATIVE DU NEURONE ...................................40

III- POTENTIELS ELECTRIQUES TRANSMEMBRANAIRES DE LA CELLULE NERVEUSE ET DU NERF ......41

III-1. CARACTERISTIQUES DU POTENTIEL DE REPOS DU NEURONE ET DU NERF...........................42

III-2. CARACTERISTIQUES DU POTENTIEL D’ACTION DU NEURONE ET DU NERF...........................43

III-3 ANALYSE DU POTENTIEL D’ACTION (PA) DU NEURONE .........................................................45

III-4 LA PROPAGATION (CONDUCTION) DES PA.............................................................................47

CHAPITRE V : LES SYNAPSES ET LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE .........................................................49

I- LES TYPES DE SYNAPSES .................................................................................................................49


II- LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE ...................................................................................................49

II-1- SYNAPSES ELECTRIQUES OU A TRANSMISSION ELECTRIQUE.................................................49

II-2- SYNAPSES CHIMIQUES OU A TRANSMISSION CHIMIQUE ......................................................50

II-3 LES ETAPES DE LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE CHIMIQUE...................................................51

II-4 MECANISMES MOLECULAIRES DE TRANSMISSION CHIMIQUE ...............................................53

II-5 DEVENIR DU NEUROTRANSMETTEUR (NT) APRES LIBERATION ..............................................54

III- LES NEUROTRANSMETTEURS .......................................................................................................56

III-1- CRITERE DE DEFINITION DES NEUROTRANSMETTEURS ........................................................56

III-2- REGULATION DE LA NEUROTRANSMISSION .........................................................................56

III-3- TYPES DE NEUROTRANSMETTEURS ......................................................................................57

III-4- QUELQUES EFFETS DES NEUROTRANSMETTEURS ................................................................57

IV- DROGUES ET NEUROTRANSMITION SYNAPTIQUE .......................................................................58

PARTIE III : LES ORGANES DE SENS ........................................................................................................59


INTRODUCTION GENERALE

Le système nerveux est le centre de régulation et le réseau de communication pour les informations
concernant l’ensemble de l’organisme. Il a 3 fonctions de base :

— Une fonction relative à la sensibilité : qui permet de détecter tous changements dans
l’environnement, tant dans le milieu interne que dans le milieu externe.

— Une fonction d’intégration : qui permet d’analyser et d’interpréter ces modifications


environnementales.

— Une fonction motrice ; qui réagit à l’intégration en ordonnant une activité (Exemple : la contraction
musculaire et la sécrétion glandulaire)

L’être vivant possède un seul système nerveux formé de neurones en interaction fonctionnelle. Pour en
faciliter l’étude, on le divise en deux grandes parties : le système nerveux central (SNC) et le système
nerveux périphérique (SNP).

Le système nerveux central constitué de l’ensemble des centres nerveux chargés d’assurer le bon
fonctionnement des différents appareils est encore appelé centre de régulation du SN. Toutes les
informations sensitives y arrivent et toutes les informations motrices en partent. Anatomiquement, il est
composé de deux structures : l’encéphale et la moelle épinière qui forment l’axe cérébro-spinal. La
théorie de l’information s’applique bien aux fonctions du SNC, et spécialement aux fonctionnements
reflexes.

Exemple : Source de l’information sensitive ou sensorielle ══˃ transfert (avec relais et diffusion
éventuels) ══˃ destination, analyse et traitement ══˃ départ de l’information motrice ══˃ voies
motrices directes ou indirectes ══˃ réponse motrice.
Cette transmission comporte des contrôles en feed-back. La physiopathologie de la fonction motrice se
situe nécessairement dans l’une de ces étapes, soit au niveau des voies et des organes nerveux
proprement dits, soit au niveau des champs synaptiques qui les unissent.

Le système nerveux périphérique est l’ensemble des voies de communication (nerfs) qui relient les
centres nerveux du SNC aux différents appareilles. Du point de vue fonctionnel, le système nerveux
périphérique fonctionne à travers deux types de voies nerveuses :

la voie sensitive ou afférente constituée de nerfs afférents (sensitifs) qui transportent les informations
vers le SNC. Elle renseigne constamment le SNC sur les évènements qui se déroulent tant à l’intérieur
qu’à l’extérieur de l’organisme.

la voie motrice ou efférente constituée de nerfs efférents (moteurs) qui transmettent aux organes
effecteurs (muscles et glandes) les influx en provenance du SNC ou ordres moteurs du SNC.

Ces différentes voies de conduction nerveuse motrice peuvent transporter des informations de deux
types, car elles sont relatives à 2 systèmes et de ce fait se subdivisent en système nerveux moteur
somatique (SNPMS) et système nerveux moteur autonome (SNPMA).

Le SNPMS est un système de relation qui permet de communiquer avec l’extérieur : il est volontaire et
ses neurofibres acheminent les influx nerveux du SNC aux muscles squelettiques.

Le SNPMA quant à lui va traiter les informations relatives au fonctionnement de l’organisme : il est
involontaire et ses neurofibres qui sont viscérales régulent l’activité des muscles lisses, muscles
cardiaques et des glandes. Il fonctionne à travers 2 moyens : Le
système nerveux autonome sympathique et le système nerveux autonome parasympathique.

Chacun de ces deux grands systèmes (SNP Sensitif et SNP Moteur) possède des voies anatomiques qui
lui sont propres, parfois elles se confondent. L’organisme est alors en perpétuelle recherche d’équilibre
entre ces 2 grands systèmes pour commander les organes.

Schéma récapitulatif :

SNC = encéphale ↔ moelle épinière

↑↓

SNP = nerfs afférents (SNPS) nerfs efférents (SNPM)

↑ ←┘↓

SN somatique SN autonome

↑↓ ↑↓

Système Système

Sympathique Parasympathique

Le système nerveux central est le centre de régulation et d’intégration du système nerveux. Il interprète
l’information sensorielle qui lui parvient et élabore des réponses motrices fondées sur l’expérience, les
réflexes et les conditions ambiantes. Le système nerveux périphérique est la partie du système nerveux
située « à l’extérieur » du SNC. Il est formé principalement des nerfs issus de l’encéphale et de la moelle
épinière. Les nerfs spinaux transmettent les influx entre les régions du corps et la moelle épinière et
inversement, tandis que les nerfs crâniens acheminent les influx entre les régions du corps et
l’encéphale et inversement. Les nerfs du SNP sont de véritables lignes de communication qui relient
l’organisme entier au système nerveux central.

L’histologie du tissu nerveux montre deux grands types de cellules le constituant : les neurones et les
cellules gliales.

L’unité structurale et fonctionnelle du SN est la cellule nerveuse ou neurone.

Les neurones parcourent le corps et transmettent à celui-ci toutes les informations qui partent du
cerveau (centre nerveux) ou qui doivent y arriver : ce sont eux qui commandent tous les mouvements
du corps, qui contrôlent les battements du cœur, qui permettent la pensée et font fonctionner la
mémoire, etc.

Les neurones sont des cellules constituées d’un « corps cellulaire » et de fins prolongements appelés
fibres nerveuses (dendrites et axones) qui permettent le transport des informations d’un point à l’autre
du corps. Ces prolongements sont de deux sortes :

 Les plus longs appelés axones atteignent parfois plusieurs mètres chez de grands mammifères comme
la girafe ;

 les plus courts sont les dendrites

Dans le système nerveux central, la substance grise et les ganglions spinaux renferment les corps
cellulaires des neurones tandis que la substance blanche et les nerfs sont uniquement formés de leurs
prolongements ou fibres.

Dans le système nerveux périphérique, les axones des neurones se réunissent en faisceaux de fibres
nerveuses qui forment les nerfs.
Dans les nerfs, à l’intérieur des neurones, et d’un neurone à l’autre, les informations sont transmises
sous la forme d’ « influx nerveux », qui sont des ondes électriques se déplaçant le long des membranes
des neurones. Le passage d’un influx nerveux entre deux neurones, ou entre un neurone et une cellule
effectrice (une cellule musculaire par exemple) est assuré par une jonction appelée synapse.

Les neurones ont une longévité importante (un neurone peut vivre plus de 100 ans, à condition d'avoir
une nutrition correcte), une activité (métabolisme neuronal) très élevée et nécessitent une quantité très
importante d'oxygène et de glucose (sucre). En l'absence d'oxygène, ils ne peuvent survivre que
quelques minutes. Les neurones sont incapables de se reproduire et ne sont donc pas remplacés
lorsqu'ils sont détruits.

PARTIE I : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME

NERVEUX

CHAPITRE 1 : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME

NERVEUX CENTRALE

Le système nerveux central (SNC) comprend deux grandes parties : l’encéphale et la moelle épinière.

I. L’ENCEPHALE

Protégé par la boîte crânienne, l’encéphale est constitué du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral. Sa
masse est d’environ 1600g chez l’homme et 1450g chez la femme, ce qui, proportionnellement à la
masse corporelle totale, correspond à des dimensions équivalentes.

I-1 LE CERVEAU
Il comprend les hémisphères cérébraux et le diencéphale. (Certains anatomistes considèrent le
diencéphale comme une partie du tronc cérébral).

I-1-1 Les hémisphères cérébraux

Ils composent la partie supérieure de l’encéphale et représentent environ 83% de sa masse. La surface
des hémisphères cérébraux est presque entièrement parcourue de saillies de tissu appelées gyrus qui
sont séparés par des rainures. Les rainures profondes ou fissures partagent le cortex en plusieurs
parties. La fissure longitudinale du cerveau sépare les deux hémisphères cérébraux, tandis que la fissure
transversale du cerveau sépare les hémisphères cérébraux du cervelet.

Une coupe frontale de l’encéphale expose les trois régions fondamentales de chacun des hémisphères
cérébraux : le cortex cérébral, la substance blanche et les noyaux basaux.

a.

Le cortex cérébral : est composé de substance grise, c'est-à-dire des corps cellulaires de neurones, de
dendrites et d’axones amyélinisés, ainsi que des gliocytes et des vaisseaux sanguins qui leur sont
associés. Sa surface est d’environ 1 m2 et il représente environ 40 % de la masse de l’encéphale. Le
cortex cérébral est le sommet hiérarchique du système nerveux car c’est lui qui nous fournit toutes nos
ces facultés qui relèvent de la conscience (facultés de perception, de communication, de mémorisation,
de compréhension, de jugement et

d’accomplissement des mouvements volontaires). Le cortex de chacun des hémisphères est


essentiellement le siège de la perception sensorielle et de la régulation de la motricité volontaire du
côté controlatéral du corps. Le cortex cérébral renferme trois types d’aires fonctionnelles :


Les aires motrices qui président à la fonction motrice volontaire. Elles sont situées dans la partie
postérieure des lobes frontaux.

Les aires sensitives qui permettent les perceptions sensorielles somatiques et autonomes. Elles sont
situées dans les lobes pariétal, temporal et occipital.

Les aires associatives qui servent principalement à intégrer les diverses informations sensorielles afin
d’envoyer des commandes motrices aux effecteurs musculaires et glandulaires.

b. La substance blanche

: Les aires corticales des deux hémisphères cérébraux communiquent entre elles et avecLa substance
blanche : Les aires corticales des deux hémisphères cérébraux communiquent entre elles et avec les
centres sous – corticaux du SNC par l’intermédiaire de la substance blanche. Elle est en grande partie
composée de neurofibres myélinisées regroupées en faisceaux. Suivant leur orientation, ces neurofibres
sont dites commissurales, associatives ou de projection.

les neurofibres commissurales forment les commissures qui relient les aires homologues des
hémisphères et permettent leur coordination. Les deux principales commissures sont la commissure
antérieure du cerveau et le corps calleux.


Les neurofibres associatives forment les faisceaux d’association qui transmettent les influx nerveux à
l’intérieur d’un même hémisphère.

Les neurofibres de projection forment les faisceaux de projection qui pénètrent dans les hémisphères en
provenance des centres inférieurs de l’encéphale ou de la moelle épinière. Elles comprennent
également les neurofibres qui partent du cortex en direction de régions inférieures. Les neurofibres de
projection relient le cortex au reste du système nerveux ainsi qu’aux récepteurs et aux effecteurs du
corps.

c.

Les noyaux basaux : Encore appelés noyaux gris centraux, se situent au cœur de la substance blanche
cérébrale. C’est un groupe de noyaux sous corticaux regroupant essentiellement le noyau caudé, le
putamen et le globus pallidus. Chacun de ces noyaux reçoit des informations sensorielles de l’ensemble
du cortex cérébral. Par l’intermédiaire de faisceaux d’association, ils sont en communication avec l’aire
pré motrice

et le cortex préfrontal et influent ainsi sur les mouvements musculaires dirigés par l’aire motrice
primaire.

I-1-2 Le diencéphale

Il est recouvert des hémisphères cérébraux et est composé de trois structures présentes dans chacun
d’eux : le thalamus, l’hypothalamus et l’épithalamus.

a- Le thalamus : constitue les parois supéro – latérales du troisième ventricule. Il est de forme ovoïde et
représente 80% du diencéphale. Il est composé de deux masses jumelles de substance grise retenues
par une commissure médiane appelée commissure grise. Il comprend de nombreux noyaux dont chacun
projette des neurofibres vers une région définie du cortex, et chacun reçoit des neurofibres issues de
cette même région. Les afférences provenant de tous les organes de sens et de toutes les parties du
corps convergent dans le thalamus et y font synapse avec au moins un de ses noyaux. Le tri et une
certaine forme de traitement de l’information s’effectuent dans le thalamus. Le thalamus joue un rôle
essentiel dans la sensibilité, la motricité, l’excitation corticale, l’apprentissage et la mémoire.

b- L’hypothalamus : compose les parois et le plancher du troisième ventricule. Il comprend également


de nombreux noyaux importants du point de vue fonctionnel. En dépit de sa petite taille,
l’hypothalamus constitue le principal centre de régulation des fonctions physiologiques et il est essentiel
au maintien de l’homéostasie. Il régit la température corporelle, l’apport alimentaire, l’équilibre
hydrique, la soif, les rythmes et les pulsions biologiques. Il régularise la sécrétion hormonale de
l’adénohypophyse et constitue en soi une glande dite neuroendocrine.

c- L’épithalamus : est la partie postérieure du diencéphale. Il forme le toit du troisième ventricule. De


son extrémité postérieure pointe le corps pinéal ou glande pinéale qui sécrète la mélatonine. Cette
glande semble participer avec les noyaux hypothalamiques, à la régulation du cycle veille – sommeil et
de l’humeur. L’épithalamus comprend aussi le plexus choroïde qui sécrète le liquide cérébro spinal.

I-2 LE TRONC CEREBRAL

De haut en bas, le tronc cérébral est composé du mésencéphale, du pont et du bulbe rachidien. Chacune
de ces régions mesure environ 2,5 cm de longueur chez l’Homme. Le

tronc cérébral est constitué de substance grise entourée de faisceaux de substance blanche.

Placé entre le cerveau et la moelle épinière, il constitue un passage pour les tractus et faisceaux
descendants et ascendants qui relient les centres inférieurs et supérieurs. Il est en outre un élément
primordial de l’innervation de la tête, car ses noyaux sont associés à 10 des 12 paires de nerfs crâniens.

I-2-1 Le mésencéphale
Situé au dessous du diencéphale et au dessus du pont, il présente à sa face ventrale deux renflements
appelés pédoncules cérébraux qui contiennent les grands tractus moteurs pyramidaux qui descendent
vers la moelle épinière. Les pédoncules cérébelleux supérieurs qui sont eux aussi constitués de tractus,
relient la partie dorsale du mésencéphale au cervelet. Le mésencéphale est parcouru par l’aqueduc du
mésencéphale ou aqueduc de Sylvius entouré de la substance grise centrale du mésencéphale qui
participe à la suppression des sensations douloureuses. Le mésencéphale contient les noyaux des nerfs
crâniens III et IV, ainsi que la substance nigra et les noyaux rouges qui sont des centres moteurs sous –
corticaux. Les noyaux disséminés dans la substance blanche qui portent le nom de colliculus ou
tubercules quadrijumeaux forment quatre protubérances sur la face dorsale du mésencéphale. Les
colliculi supérieurs commandent les réflexes visuels et les colliculi inférieurs appartiennent au relais
auditif qui met en communication les récepteurs auditifs de l’oreille et l’aire auditive du cortex.

I-2-2 Le pont

Le pont est la région proéminente du tronc cérébral compris entre le mésencéphale et le bulbe
rachidien. Il est composé principalement de neurofibres de projection. Les neurofibres longitudinales qui
sont profondes assurent la communication entre les centres cérébraux supérieurs et la moelle épinière
alors que les neurofibres transversales plus superficielles forment les pédoncules cérébelleux moyens et
relient des deux côtés le pont au cervelet. Les nerfs crâniens V, VI et VII émergent des noyaux du pont.
D’autres noyaux importants du pont tel que le centre apneustique sont des centres de la respiration.

I-2-3 Le bulbe rachidien

Il forme la partie inférieure du tronc cérébral et est le site de la décussation des tractus cortico –
spinaux. Les pédoncules cérébelleux inférieurs, les olives et les cinq paires inférieures des nerfs crâniens
lui sont associés. Les pédoncules cérébelleux inférieurs

sont des tractus qui relient la partie dorsale du bulbe rachidien au cervelet. Les olives sont des
renflements ovales renfermant les noyaux olivaires caudaux qui relaient au cervelet les informations
sensorielles relatives à l’étirement des muscles et des articulations. Le bulbe rachidien abrite les racines
des nerfs crâniens VIII, IX, X, XI et XII, ainsi que le noyau cunéiforme et le noyau gracile qui sont des
points de synapse des voies sensitives ascendantes qui transmettent les influx sensitifs des récepteurs
cutanés et des propriocepteurs.
Il abrite également les noyaux viscéraux qui régissent la fréquence cardiaque, le diamètre des vaisseaux
sanguins, la fréquence respiratoire, le vomissement, la toux, le hoquet, la salivation, la déglutition et
l’éternuement.

I-3 LE CERVELET

Le cervelet est la plus grosse partie du diencéphale, après le cerveau. Il représente environ 11% de la
masse de l’encéphale. Le cervelet est composé de deux hémisphères latéraux et symétriques qui sont
réunis par une structure en forme de ver appelé vermis. Des fissures profondes divisent chaque
hémisphère en trois lobes : antérieur, postérieur et flocculo-nodulaire. Comme le cerveau, chaque
hémisphère présente de l’extérieur vers l’intérieur un cortex de substance grise, une masse de
substance blanche et des masses jumelles de substance grise formant les noyaux du cervelet. Le
fonctionnement du cervelet s’articule autour des étapes suivantes :

Les aires motrices du lobe frontal du cortex cérébral signalent leur intention de déclencher des
contractions musculaires volontaires et, par l’intermédiaire des pédoncules cérébelleux moyens,
informe simultanément le cervelet de son activité.

En même temps, par le biais des pédoncules cérébelleux inférieurs, le cervelet reçoit l’information des
propriocepteurs, ainsi que des voies de l’équilibre et de la vision.

Le cortex cérébelleux analyse cette information et détermine la meilleure façon de coordonner


l’intensité, la direction et la durée de la contraction des muscles squelettiques, afin de conserver la
posture et de produire des mouvements coordonnés.

Enfin, par le biais des pédoncules cérébelleux supérieurs, le cervelet donne des

« directives » à l’aire motrice de cortex cérébral et aux centres moteurs sous-corticaux de manière à
maintenir l’équilibre et la posture et à produire des mouvements coordonnés et harmonieux.

I-4 LES SYSTEMES DE L’ENCEPHALE

Les systèmes de l’encéphale sont des réseaux de neurones et de noyaux qui participent à la même tâche
bien qu’ils s’étendent dans plusieurs parties de l’encéphale. On distingue le système limbique et la
formation réticulaire.

I-4-1 Le système limbique

C’est un groupe de structures situé sur la face médiane des hémisphères cérébraux et dans le
diencéphale, et composé de nombreuses zones corticales et sous corticales parmi lesquels des parties
de l'hypothalamus, du thalamus, de l'hippocampe ou de l'amygdale. Les nombreuses connexions entres
ces différentes zones en font un système ayant des rôles communs. Le système limbique est la partie
émotionnelle du cerveau mise en jeu dans le contrôle du comportement émotionnel (plaisir, peur,
agressivité) et peut être considéré comme

le « cerveau affectif ». Sa fonction est d’adapter les différents systèmes de l’organisme en fonction des
réactions émotionnelles. Il intervient aussi dans la mémorisation d’informations.

Il a aussi un rôle dans la fonction mnésique. Il intervient suite à des informations sensorielles en
provoquant des réactions pouvant être : soit motrices (agitation, cris...), soit végétatives (augmentation
du rythme cardiaque, sueur...).
L'appartenance d'une partie de l'hypothalamus au système limbique permet en effet de comprendre
pourquoi, face à une situation sensorielle stressante, le rythme cardiaque augmente et pourquoi,
lorsque ces situations deviennent chroniques, certaines maladies comme l'hypertension artérielle
peuvent avoir une origine psychosomatique.

I-4-2 La formation réticulaire

Encore appelé formation réticulée, elle est située dans le tronc cérébral puisqu'elle s’étend à travers le
bulbe rachidien, le pont et le mésencéphale. Elle est composée de neurones dont les corps cellulaires
forment les noyaux réticulaires et dont les axones forment 3

colonnes le long du tronc cérébral. Elle intervient dans la transmission des informations ascendante et
motrice.

Dans sa fonction ascendante, la formation réticulée maintient un « état de veille » en envoyant en


permanence des influx au cortex cérébral par l'intermédiaire du thalamus ; on parle alors de FFRA ou «
formation réticulé activatrice ascendante ». Cette partie de la formation réticulée est inhibée par les
centres du sommeil et certains somnifères agissent directement sur elle.

D'autre part, la formation réticulée aurait dans sa fonction ascendante un rôle de filtre des informations
sensorielles en diminuant les influx sensoriels répétitifs et en ne laissant passer que les influx importants
et inusités, évitant ainsi la surcharge d'informations sensorielles à traiter. Exemple : Ainsi, vous ne
perceviez pas le bruit fait par la ventilation de votre ordinateur jusqu'à ce que vous lisiez cette phrase ;
ce bruit étant répétitif, l'information était stoppée.


Dans sa fonction motrice, la formation réticulée intervient dans le maintien du tonus musculaire et dans
la coordination des contractions des muscles striés squelettiques, muscles lisses des viscères et du
muscle cardiaque.

En résumé, elle assure la vigilance du cortex cérébral et filtre les stimuli répétitifs. Ses noyaux moteurs
concourent à la régulation de l’activité des muscles squelettiques, des muscles lisses des viscères et du
muscle cardiaque.

II- LA MOËLLE EPINIERE

La moelle épinière est enfermée dans la colonne vertébrale et s’étend du foramen magnum où elle
s’unit au bulbe rachidien, jusqu’à la première ou la deuxième vertèbre lombaire, juste sous les cotes. La
moelle épinière est d’un blanc luisant, d’une longueur d’environ 42 cm et d’une épaisseur de 1,8 cm.

II-1 SUBSTANCE GRISE DE LA M.E

Elle est composée d’un mélange de corps cellulaires de neurones, de leurs prolongements amyélinisés et
de gliocytes. Elle est formée de masses grises symétriques reliées par un pont appelé commissure grise.
Les deux projections postérieures de la substance grise sont appelées cornes dorsales ou postérieures
tandis que les deux projections antérieures sont appelées cornes ventrales ou antérieures. Les cornes
latérales sont les projections de la substance grise dans les segments thoracique et lombal supérieur de
la moelle.

Les cornes ventrales renferment principalement des corps cellulaires de neurones moteurs somatiques.
Les axones de ces neurones passent dans les racines ventrales des nerfs spinaux avant d’atteindre les
muscles squelettiques. La quantité de substance grise des cornes ventrales dans un segment donné de la
moelle épinière est reliée à la quantité de muscle squelettique à innerver.

Les cornes latérales renferment des neurones moteurs du système nerveux autonome qui desservent
les muscles lisses des viscères, le muscle cardiaque et les glandes.
Les axones des neurones afférents qui acheminent les influx provenant des récepteurs sensoriels
périphériques forment les racines dorsales de la moelle épinière. Les corps cellulaires de ces neurones
se trouvent dans un renflement de la racine dorsal appelé ganglion spinal.

Les racines ventrales et dorsales sont très courtes et fusionnent latéralement pour former les nerfs
spinaux ou rachidiens qui émergent de chaque côté de la moelle épinière.

On peut également diviser la substance grise de la moelle épinière selon le rôle que jouent ses neurones
dans l’innervation des régions somatiques et viscérales de l’organisme.

On distingue ainsi les quatre zones suivantes dans la substance grise de la moelle :

la zone sensitive somatique (SS)

la zone sensitive viscérale (SV)

la zone motrice viscérale (MV)

la zone motrice somatique (MS).


II-2 SUBSTANCE BLANCHE DE LA M.E

La substance blanche de la moelle épinière comprend des neurofibres myélinisées et des neurofibres
amyélinisées. Les neurofibres ascendantes sont orientées vers les centres supérieurs de l’encéphale, les
neurofibres descendantes sont orientées vers le bas de la moelle épinière à partir de l’encéphale ou de
la moelle épinière et les neurofibres commissurales ou transversales sont orientées d’un côté à l’autre
de la moelle épinière. De part et d’autre de la moelle, la substance blanche se divise en trois cordons :
dorsal, latéral et ventral.

II-2-1 Faisceaux et tractus ascendants : sensitifs

Les faisceaux et tractus ascendants transportent les influx sensitifs vers les diverses régions de
l’encéphale au moyen de trois neurones consécutifs unis par des synapses. La majeure partie des influx
proviennent de la stimulation des récepteurs cutanés du toucher, de la pression, de la température et
de la douleur, ainsi que de la stimulation des propriocepteurs qui mesurent le degré d’étirement des
muscles, des tendons et des articulations. L’ensemble de ces informations chemine dans six grandes
paires de faisceaux ou de tractus répartis également entre les côtés gauche et droit de la moelle
épinière.

Tableau 1 : Principaux faisceaux et tractus ascendants de la moelle épinière Dénomination

Situation

Fonctions

Faisceau

Cordon dorsal
Les deux faisceaux transmettent les influx sensitifs

cunéiforme et

provenant des récepteurs cutanés et des propriocepteurs.

faisceau gracile

Le faisceau cunéiforme achemine les influx afférents

provenant des membres supérieurs, de la partie supérieure

du tronc et du cou. Le faisceau gracile transporte les

influx provenant des membres inférieurs et de la partie

inférieure du tronc.

Tractus spino-

Cordon latéral

Transmet les influx sensitifs à l’aire somesthésique située

thalamique
du côté opposé du cerveau par rapport aux récepteurs

latéral

cutanés. Ces influx sont interprétés comme de la douleur

ou de la chaleur par les neurones de ces aires

Tractus spino-

Cordon ventral

Transmet les influx sensitifs à l’aire somesthésique située

thalamique

du côté opposé du cerveau, où ils sont interprétés comme

ventral

étant une sensation tactile ou une pression par les

neurones de ces aires.


Tractus spino-

Cordon latéral Ces deux tractus transmettent les influx provenant des cérébelleux

(partie

propriocepteurs du tronc et du membre inférieur d’un côté

dorsal

postérieure)

du corps au même côté du cervelet : proprioception

inconsciente.

Tractus spino-

Cordon latéral

cérébelleux

(partie

ventral
antérieure)

II-2-2 Tractus descendants : moteurs

Plusieurs tractus moteurs sont nécessaires pour acheminer les influx efférents des aires motrices du
cerveau à la moelle épinière. Ils se divisent en tractus de la voie motrice principale et en tractus de la
voie motrice secondaire.

Tableau 2 : Principaux tractus descendants de la moelle épinière Dénomination

Situation

Fonctions

Tractus de la voie motrice principale

Tractus cortico- Cordon latéral

Ces deux tractus transmettent les influx moteurs de

spinal latéral

l’aire motrice primaire aux neurones moteurs inférieurs

de la moelle épinière qui activent les muscles


Tractus cortico- Cordon ventral

squelettiques situés de l’autre côté du corps.

spinal ventral

Tractus de la voie motrice secondaire (faisceaux extrapyramidaux)

Tractus tecto-

Cordon ventral Transmet les influx moteurs provenant des noyaux du spinal

mésencéphale, qui sont essentiel pour la coordination des

mouvements reflexes de la tête et des yeux en direction

des cibles visuelles.

Tractus

Cordon ventral Transmet les influx moteurs qui maintiennent le tonus vestibulo-spinal

musculaire et activent les muscles extenseurs


homolatéraux des membres et du tronc qui déplacent la

tête ; préserve ainsi l’équilibre en position debout et

pendant la marche.

Tractus rubro-

Cordon latéral

Transmet les influx moteurs reliés au tonus des muscles

spinal

de la partie distale des membres (principalement des

fléchisseurs) du côté opposé du corps.

Tractus réticulo- Cordon ventral Transmet les influx reliés au tonus musculaire et à de spinal

et latéral

nombreuses fonctions motrices viscérales.

CHAPITRE 2 : ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME


NERVEUX PERIPHERIQUE

En dépit de son haut degré de perfectionnement, l’encéphale humain n’aurait pas une grande utilité
sans les liens qui le mettent en communication avec le monde extérieur, c’est –

à – dire sans le système nerveux périphérique (SNP).

Le SNP est composé de nerfs répartis dans tout le corps. Ce sont eux qui transmettent les informations
sensorielles au SNC et qui permettent l’exécution de ses décisions en transportant ses commandes
motrices vers les effecteurs. Le SNP comprend les récepteurs sensoriels, les nerfs périphériques et leurs
ganglions ainsi que les terminaisons motrices.

I – LES RECEPTEURS SENSORIELS

Les récepteurs sensoriels sont des structures chargées de réagir aux changements qui se produisent
dans l’environnement, c’est-à-dire les stimuli. Il existe trois grandes façons de classer les récepteurs
sensoriels : selon le type de stimulus qu’ils captent, selon leur situation anatomique et selon la
complexité de leur structure.

I- 1 CLASSIFICATION SELON LE TYPE DE STIMULUS

On distingue cinq classes :

Les mécanorécepteurs produisent des influx nerveux lorsqu’eux-mêmes ou les tissus adjacents sont
déformés par des facteurs mécaniques tels que le toucher, la pression, les vibrations et l’étirement.

Les thermorécepteurs répondent aux changements de température.

Les photorécepteurs réagissent à l’énergie lumineuse.

Les chimiorécepteurs sont sensibles aux substances chimiques en solution telles que les molécules
respirées ou goûtées et les changements de la composition chimique du sang.

Les nocicepteurs réagissent aux stimuli potentiellement nuisibles et les informations sensorielles qu’ils
transmettent sont interprétées comme la douleur par le cerveau.

I-2 CLASSIFICATION SELON LA SITUATION ANATOMIQUE

Les récepteurs se divisent en trois classes :

Les extérocepteurs qui sont sensibles aux stimuli provenant de l’environnement. Ce sont les récepteurs
cutanés du toucher, de la pression, de la douleur et de la température ainsi que la plupart des
récepteurs des organes des sens.

Les intérocepteurs ou viscérocepteurs qui réagissent aux stimuli produits dans le milieu interne, c’est-à-
dire dans les viscères et les vaisseaux. Divers stimuli comme les changements chimiques, l’étirement des
tissus et la température excitent différents intérocepteurs. Ils peuvent provoquer de la douleur, un
malaise, la faim ou la soif.

Les propriocepteurs qui réagissent aux stimuli internes et qu’on ne trouve que dans les muscles
squelettiques, les tendons, les articulations, les ligaments et le tissu conjonctif qui recouvre les os et les
muscles. Les propriocepteurs informent constamment l’encéphale des mouvements du corps en
mesurant le degré d’étirement des tendons et des muscles.

I-3 CLASSIFICATION SELON LA COMPLEXITE DE LA STRUCTURE

Sur le plan de la structure, on trouve les récepteurs simples et les récepteurs complexes. La plupart des
récepteurs sont simples car ce sont des terminaisons dendritiques modifiées de neurones sensitifs. Ils
sont situés dans la peau, les muqueuses, les muscles et les tissus conjonctifs. Les récepteurs complexes
sont en fait les organes de sens, c’est-à-

dire des amas de cellules qui participent à un même processus de réception.

Tableau 3 : Classification des récepteurs sensoriels simples Structure (dénomination)

Fonction

Situation
Terminaisons dendritiques libres

Terminaisons

Réagissent à la douleur et la Tissu conjonctif (ligaments,

dendritiques libres ou

température, mais certains captent les tendons,

derme,

capsules

dénudées de neurones

mouvements des tissus causés par la articulaires, périoste)

sensitifs

pression.

Tissu
épithélial

(épiderme,

cornée, muqueuses et glandes.

Corpuscules tactiles non Récepteurs du toucher léger.

A la base de l’épiderme

capsulés ou disques de

Merkel

Plexus de la racine des

Récepteurs du toucher léger qui A l’intérieur et autour des

poils

détectent le mouvement des poils.

follicules pileux

Terminaisons dendritiques capsulées


Corpuscules tactiles

Récepteurs de la pression légère, du Papilles du derme et de la peau capsulés ou corpuscules toucher

discriminant

et

des glabre

(mamelons,

organes

de Meissner

vibrations de basse fréquence.

génitaux externes, bout des

doigts, plante des pieds et

paupières)
Corpuscules bulboïdes

Tissu conjonctif des muqueuses

ou corpuscules de

(bouche, conjonctive) et peau

Krause

glabre près des orifices (lèvres)

Corpuscules lamelleux

Réagissent à la pression intense, Tissu sous cutané, profondeurs ou corpuscules de Vater- l’étirement et
les vibrations de haute du derme, doigts, plante des Pacini

fréquence.

pieds, organes génitaux externes

et mamelons.

Corpuscules de Ruffini

Captent la pression intense et Profondeur


du

derme,

l’étirement.

hypoderme

et

capsules

articulaires.

Fuseaux

Détectent l’étirement des muscles

Muscles squelettiques, surtout

neuromusculaires

des membres
Fuseaux neurotendineux Détectent l’étirement des tendons

tendons

ou organes musculo-

tendineux de Golgi

Récepteurs

Mesurent l’étirement dans les Capsules

articulaires

des

kinesthésiques des

capsules articulaires entourant les articulations synoviales

articulations

articulations synoviales

articulations
articulations synoviales

II – LES NERFS PERIPHERIQUES

Un nerf est un organe en forme de cordon appartenant au SNP, formés de faisceaux parallèles d’axones
périphériques entourés d’enveloppes superposées de tissu conjonctif.

Dans un nerf, chaque axone avec sa gaine de myéline ou /et son neurolemme est entouré d’une mince
couche de tissu conjonctif lâche appelé endonèvre. Les axones sont groupés en fascicules par une
enveloppe de tissu conjonctif plus épaisse que la première, le périnèvre.

Enfin, tous les fascicules sont enveloppés d’une gaine fibreuse résistante, l’épinèvre. Le nerf contient
également des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques.

Les ganglions sont constitués d’amas de corps cellulaires de neurones associés aux nerfs du SNP. Les
ganglions associés aux nerfs afférents contiennent des corps cellulaires de neurones sensitifs : ce sont
les ganglions spinaux. Les ganglions liés aux nerfs efférents contiennent les corps cellulaires de neurones
moteurs autonomes et constituent les ganglions autonomes.

Etant donné que le SNP comprend une partie sensitive (afférente) et une partie motrice (efférente), on
classe les nerfs selon le type d’influx nerveux qu’ils acheminent, soit une information sensorielle, soit
une commande motrice. Les nerfs qui transmettent les influx vers le SNC seulement sont les nerfs
sensitifs ou afférents. Les nerfs qui conduisent les influx en provenance du SNC seulement sont des nerfs
moteurs ou efférents. Les nerfs qui contiennent les neurofibres sensitives et des neurofibres motrices
sont les nerfs mixtes. La plupart des nerfs sont mixtes. Les nerfs mixtes comprennent souvent des
neurofibres du système nerveux somatique et des neurofibres du système nerveux autonome (viscéral).
On peut donc classer ces neurofibres selon la région qu’ils innervent, en afférentes somatiques,
efférentes somatiques, afférentes viscérales et efférentes viscérales.

Pour des raisons de commodité, on classe les nerfs périphériques en nerfs crâniens et en nerfs spinaux,
suivant qu’ils émergent de l’encéphale ou de la moelle épinière.
II-1 LES NERFS CRÂNIENS

Douze paires de nerfs crâniens émergent de l’encéphale. Les deux premières paires prennent naissance
dans le prosencéphale et les autres dans le tronc cérébral. Exception faite des nerfs vagues qui
s’étendent jusque dans les cavités thoracique et abdominale, les nerfs crâniens ne desservent que les
structures de la tête et du cou. Dans la plupart des cas, les noms des nerfs crâniens indiquent les
principales structures qu’ils desservent ou leurs principales

fonctions. Les nerfs crâniens sont numéros en chiffres romains, de l’extrémité rostrale vers l’extrémité
caudale.

Nerfs olfactifs (I) : ce sont les nerfs sensitifs de l’odorat qui s’étendent de la muqueuse nasale aux bulbes
olfactifs.

Nerfs optiques (II) : strictement sensitifs, ils acheminent les influx afférents de la vision. Ils forment en
fait un tractus cérébral puisqu’ils sont une excroissance de l’encéphale.

Nerfs oculo-moteurs (III) : surtout moteurs, ils contiennent quelques afférents proprioceptifs. Ils
desservent quatre des muscles du bulbe de l’œil responsables du mouvement du bulbe de l’œil dans
l’orbite.


Nerfs trochléaires (IV) : plus petits nerfs crâniens, ils fournissent des neurofibres motrices somatiques au
muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil, et comprennent des neurofibres proprioceptives qui en
proviennent.

Nerfs trijumeaux (V) : plus gros des nerfs crâniens, ils se divisent chacun en trois branches. Ils
fournissent des neurofibres sensitives au visage et des neurofibres motrices aux muscles de la
mastication.

Nerfs abducens (VI) : mixtes, ils gouvernent le muscle droit latéral du bulbe de l’œil qui le tourne de côté
(abduction).

Nerfs faciaux (VII) : ils acheminent les influx moteurs aux muscles squelettiques qui produisent les
expressions du visage. Ils transportent les influx sensitifs en provenance des calicules gustatifs des deux
tiers antérieurs de la langue.

Nerfs vestibulo-cochléaires (VIII) : anciennement appelés nerfs auditifs, ils transmettent les influx
afférents des sens de l’ouïe et de l’équilibre.


Nerfs glosso-pharyngiens (IX) : ils innervent une partie de la langue et du pharynx. Ils fournissent des
neurofibres motrices aux muscles squelettiques de la partie supérieure du pharynx associés à la
déglutition et au réflexe nauséeux, et comprennent des neurofibres proprioceptives qui en proviennent.

Nerfs vagues (X) : ses neurofibres motrices parasympathiques desservent le cœur, les poumons et les
viscères abdominaux. Ils transmettent les influx sensitifs provenant des viscères thoraciques et
abdominaux, des sinus carotidiens, de la crosse de l’aorte et des calicules gustatifs de la partie
postérieure de la langue et du pharynx.

Nerfs accessoires (XI) : sa racine crânienne s’unit aux neurofibres du nerf vague et fournit des
neurofibres motrices au larynx, au pharynx et au voile du palais. Sa racine spinale fournit des
neurofibres motrices aux muscles trapèze et sterno-cléido-

mastoïdien qui permettent les mouvements de la tête et du cou. Elle achemine en outre les influx
proprioceptifs provenant de ces muscles.

Nerfs hypoglosses (XII) : mixtes, ils s’étendent sous la langue et desservent quelques uns des muscles qui
lui permettent de se déplacer dans la bouche.

II-2 LES NERFS SPINAUX

Trente et une paires de nerfs spinaux contenant chacun des milliers de neurofibres émergent de la
moelle épinière et innervent toutes les parties du corps à l’exception de la tête et de certaines régions
du cou. Tous les nerfs spinaux sont mixtes et sont nommés d’après leur point d’émergence de la moelle
épinière. Ainsi, on distingue :

8 paires de nerfs cervicaux : C1 à C8

12 paires de nerfs thoraciques : T1 à T12

5 paires de nerfs lombaux : L1 à L5

5 paires de nerfs sacraux : S1 à S5

1 minuscule paire de nerfs coccygiens : C0

Chaque nerf spinal est relié à la moelle épinière par une racine dorsale et une racine ventrale. Ces
racines du nerf spinal émergent de la moelle et s’unissent en aval du ganglion spinal. Chaque nerf spinal
se divise en un rameau dorsal, un rameau ventral et un minuscule rameau méningé du nerf spinal qui
innerve les méninges et leurs vaisseaux sanguins. Tout comme le nerf spinal, chaque rameau contient à
la fois des neurofibres sensitives et des neurofibres motrices.

Tous les nerfs spinaux à l’exception de T2 à T12, ont cette caractéristique que leurs rameaux ventraux se
ramifient et s’enchevêtrent en plexus complexes. Ainsi les neurofibres des rameaux ventraux
s’entrecroisent et se redistribuent dans les plexus, si bien que chaque branche qui en résulte comprend
des neurofibres provenant des nerfs spinaux différents. On trouve ainsi des plexus dans les régions
cervicale, brachiale, lombale et sacrale.

II-2-1 Innervation du dos

Les rameaux dorsaux innervent la partie postérieure de tronc suivant une distribution simple et
segmentaire. Chacun innerve l’étroite bande de muscle et de peau qui correspond à son point
d’émergence de la moelle épinière.

II-2-2 Innervation de la partie antéro-latérale du thorax et de la paroi abdominale Les rameaux ventraux
de T1 à T12 s’étendent vers la partie antérieure du corps sous chaque côte et forment les nerfs
intercostaux. Ces derniers avec leurs ramifications desservent les muscles intercostaux, les muscles et la
peau de la partie antéro-latérale du thorax et la majeure partie de la paroi abdominale.

II-2-3 Plexus cervical et cou

Le plexus cervical est enfoui profondément dans le cou, sous le muscle sterno-cléido-masttoïdien. Il est
composé des rameaux ventraux des quatre nerfs cervicaux supérieurs (C1 à C4). La plupart des
ramifications de ce plexus constituent des nerfs cutanés et transmettent les influx sensitifs provenant de
la peau du cou, de la région de l’oreille et de l’épaule. Le nerf le plus important du plexus cervical est le
nerf phrénique dont les principaux tributaires sont C3 et C4. Il s’étend vers le bas et traverse le thorax
pour se rendre au diaphragme auquel il fournit son innervation motrice et sensitive.

II-2-4 Plexus brachial et membre supérieur


Le plexus brachial est de grandes dimensions : une partie est située dans le cou et une autre dans
l’aisselle. Il est composé de l’enchevêtrement des rameaux ventraux des quatre nerfs cervicaux
supérieurs (C5 à C8) et de la majeure partie de T1. En outre, il n’est pas rare que des neurofibres de C4,
de T2, ou des deux à la fois y soient jointes. Les cinq rameaux ventraux (de C5 à T1) du plexus brachial
sont situés sous le muscle sterno-cléido-mastoïdien et desservent les muscles et la peau des membres
supérieurs. Sur toute sa longueur, le plexus brachial de petits nerfs qui desservent les muscles et la peau
de l’épaule et de la partie supérieure du thorax.

II-2-5 Plexus lombo-sacral et membre inférieur

Le plexus lombal et le plexus sacral se chevauchent en grande partie. Il dessert principalement les
membres inférieurs, mais émet aussi des ramifications vers l’abdomen, le bassin et les fesses.

Le plexus lombal naît des quatre premiers nerfs lombaux (L1 à L4). Le nerf fémoral qui est le plus gros
des nerfs de ce plexus dessert principalement les muscles fléchisseurs de la hanche, de la cuisse et les
muscles extenseurs du genou.

Le plexus sacral naît des nerfs spinaux L4 à S4. Ses branches desservent le membre inférieur, les fesses,
les structures du bassin et du périnée. Le nerf ischiatique ou nerf

sciatique constitue la principale branche de ce plexus et dessert principalement les muscles extenseurs
de la cuisse et les fléchisseurs du genou.

II-2-6 Innervation des articulations

Pour savoir quel nerf dessert une articulation, on fait référence à la loi de Hilton qui stipule que : « tout
nerf desservant un muscle responsable du mouvement d’une articulation, innerve aussi l’articulation
elle-même et la peau qui la recouvre ».

II-2-7 Innervation de la peau : Dermatome


Un dermatome correspond à la surface de peau innervée par les branches cutanées d’un nerf spinal.
Tous les nerfs spinaux à l’exception de C1, délimitent des dermatomes. Les dermatomes adjacents du
tronc sont presque horizontaux et leur distribution correspond à celle des nerfs spinaux. La peau des
membres supérieurs est desservie par les rameaux ventraux de C5 à T1. Les rameaux ventraux des nerfs
lombaux innervent la majeure partie de la face antérieure des cuisses et des jambes, tandis que les
rameaux ventraux des nerfs sacraux desservent la majeure partie de la face postérieure des membres
inférieurs.

III- LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME

Tous les organes contribuent à la stabilité du milieu interne, mais c’est le système nerveux autonome
(SNA) ou système végétatif, qui y préside par l’intermédiaire de neurones moteurs innervant les muscles
lisses, le muscle cardiaque et les glandes. A chaque instant, les viscères transmettent des signaux au SNC
par des voies sensitives, tandis que les nerfs des voies motrices autonomes acheminent les commandes
nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

Le SNA est aussi appelé système nerveux involontaire à cause de ses mécanismes inconscients qui ne
nécessitent pas l’intervention de la volonté, et système moteur viscéral en raison de la situation de la
majorité de ses effecteurs.

Le SNA comprend des chaînes de deux neurones. Le corps cellulaire du premier neurone ou neurone
préganglionnaire se trouve dans l’encéphale ou dans la moelle épinière. Son axone appelé axone
préganglionnaire fait synapse avec le corps cellulaire du second neurone moteur ou neurone
postganglionnaire dans un ganglion autonome situé à l’extérieur du SNC. L’axone postgaglionnaire
rejoint ensuite l’organe effecteur. Les axones préganglionnaires sont minces et faiblement myélinisés et
les axones postganglionnaires sont

encore plus minces et amyélinisés. La propagation de l’influx nerveux est par conséquent plus lente dans
la chaîne efférente autonome que dans le système nerveux somatique.

Le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique sont les deux composantes du
SNA. Ils desservent généralement les mêmes viscères mais leur action est antagoniste. Grâce à cette
double innervation, les deux systèmes se font contre poids de manière à assurer le bon fonctionnement
de l’organisme.
III-1 LE SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE

Il est encore appelé système cranio-sacral car ses neurofibres préganglionnaires émergent du tronc
cérébral et de la région sacrale de la moelle épinière. Les axones préganglionnaires, longs, s‘étendent du
SNC jusqu’aux structures qu’ils innervent. Une fois qu’ils y sont parvenus, ils font synapse avec des
neurones postganglionnaires situés dans des ganglions terminaux qui se trouvent soit très près des
organes cibles, soit à l’intérieur ou dans la paroi de ceux-ci. Les axones postganglionnaires, très courts,
naissent des ganglions terminaux et font synapse avec des cellules effectrices situées à proximité. Tous
les axones préganglionnaires du système nerveux parasympathique ainsi que tous les axones
postganglionnaires à leurs synapses avec les effecteurs libèrent l’acétylcholine.

Le système nerveux parasympathique s’active surtout dans les situations neutres. Il est notamment
associé à la digestion et au repos. Son rôle principal est de réduire la consommation d’énergie tout en
accomplissant les activités banales mais vitales telles que la digestion et l’élimination des déchets.

III-2 LE SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE

Il est encore appelé système thoraco-lombal car tous ses axones préganglionnaires émergent des corps
cellulaires de neurones préganglionnaires situés dans les segments médullaires T1 à L2, c’est-à-dire dans
la région thoraco-lombale de la moelle épinière. Après être sorties de la moelle épinière par la racine
ventrale, les neurofibres préganglionnaires sympathiques passent par un rameau communicant blanc
puis entrent dans un ganglion du tronc sympathique. Les troncs sympathiques ou chaînes latéro-
vertébrales, s’étendent de part et d’autre de la colonne vertébrale et ressemblent à des chapelets de
billes luisantes. Une fois dans un ganglion du tronc sympathique, l’axone préganglionnaire fait synapse
avec le corps cellulaire d’un neurone postganglionnaire situé soit dans le même ganglion, soit dans un
autre ganglion, soit dans un ganglion prévertébral. Quelque soit l’endroit de la synapse, tous les
ganglions sympathiques sont proches de la moelle épinière et les neurofibres

*postganglionnaires qui s’étendent d’un ganglion aux organes qu’elles desservent, sont généralement
beaucoup plus longues que les neurofibres préganglionnaires. Tous les axones préganglionnaires du
système nerveux sympathique libèrent l’acétylcholine alors que la plupart des axones
postganglionnaires sympathiques libèrent la noradrénaline.
Le système nerveux sympathique mobilise l’organisme dans les situations extrêmes telles que la peur, la
colère, l’exercice et la fuite. Il amorce une série de réactions qui permettent à l’organisme de s’adapter
rapidement aux situations qui pourraient perturber l’homéostasie. Son rôle est d’instaurer les conditions
les plus favorables au déclenchement de la réaction appropriée à toute menace, que cette réaction soit
la fuite, une meilleure vision ou la pensée critique.

IV- STRUCTURE DU NERF

La coupe transversale d'un nerf montre les fibres nerveuses myélinisées et amyéliniques réunies en
faisceaux entourés de gaines conjonctives dont l’endonèvre autour de l’axone, le périnèvre autour de
chaque faisceau de neurones et l' épinèvre entourant tous les faisceaux du nerf. Le diamètre des fibres
est variable, les plus grosses étant les plus longues.

La structure de la substance blanche est très comparable à celle des nerfs, mais chaque fibre est
entourée d'une gaine de myéline sans gaine de Schwann. La destruction de la myéline entraine la
sclérose en plaques.

Un nerf périphérique est toujours mixte, c'est à dire qu'il contient des neurones moteurs et des
neurones sensitifs. S'il y a une atteinte de la sensibilité totale, on parle d'anesthésie, alors que si
l'atteinte est partielle, on parle d'hypoesthésie. Au niveau moteur, si l’atteinte est totale, on parle de
paralysie alors qu’on parle de parésie si elle est partielle.

Figure : Structure d’un nerf.

PARTIE II : ORGANISATION FONCTIONNELLE DU

NEURONE

CHAPITRE 3 : ANATOMIE DU TISSU NERVEUX


Au cours du chapitre 2 précédent, nous avons appris que malgré son haut degré de perfectionnement
fonctionnel, l’encéphale humain ne servirait pas à grande chose sans les liens qui le mettent en
communication avec le monde extérieur, c’est – à – dire sans le SNP à travers les nerfs répartis dans tout
le corps et plus spécifiquement les neurones qu’ils contiennent, transmettant les informations
sensorielles au SNC et permettant l’exécution de ses décisions en transportant ses commandes motrices
vers les effecteurs. En effet, l’ensemble du tissu nerveux (dans le SNC ou le SNP) est essentiellement
constitué de neurones ou cellules nerveuses soutenues dans leur architecture par un aggloméra de
cellules de soutien ou

cellules gliales.

I- LA CELLULE NERVEUSE

I-1 ANATOMIE DU NEURONE

La cellule nerveuse a une forme caractéristique. Comme toutes les cellules, elle possède un corps
cellulaire, ou soma, mais, contrairement à ces dernières, elle possède des prolongements (ou fibres) qui
partent de ce corps cellulaire selon une structure arborescente.

Les prolongements plus courts ou dendrites sont le plus souvent rugueux et ramifiés comme les
branches d'un arbre, tandis que les plus longs (un seul) ou axones, sont lisses et semblent dépourvus de
ramifications ou en ont très peu. L'ensemble formé par un corps cellulaire et les fibres (dendrites et
axones) qui s'y rattachent constitue alors la cellule nerveuse, ou neurone.

I–1-1 Le soma ou corps cellulaire du neurone

Le contenu cellulaire présente un aspect qui varie. Parfois, le cytoplasme a un aspect marbré dû à des
amas, ou corps de Nissl, faits de réticulum très dense. Parfois, il semble formé de filaments enchevêtrés,
ou neurofibrilles. Parfois enfin, il montre des dictyosomes nombreux et serrés donnant l'impression d'un
réseau continu (réseau de Golgi).
I–1-2 Les fibres nerveuses

Elles sont constituées de dendrites et d’axones.

— les dendrites sont les prolongements tentaculaires de la cellule nerveuse

— L’axone qui est le prolongement cylindrique (parfois absent dans certains neurones) conduisant
l'influx nerveux ou les ordres vers une synapse est souvent nu (cône axonique à la sortie du soma, dans
la substance grise ou axone à diamètre très réduit), enveloppé d'une gaine de myéline (axone de la
substance blanche et axone à diamètre important), ou d’une gaine de myéline elle – même recouverte
d’une gaine de Schwann (axones et dendrites dans les nerfs).

La gaine de myéline est une enveloppe blanchâtre de nature lipidique (graisseuse) qui sert d'isolant
électrique présentant de loin en loin des étranglements.

La gaine de Schwann est la partie externe recouvrant la gaine de myéline. Elle est fine et continue,
formée de cellules en manchon, unies bout à bout et est également interrompue au niveau des
étranglements.

Les axones myélinisés ont la capacité de conduire les influx nerveux plus rapidement que les axones
amyélinisés (sans gaine de myéline) qui acheminent l'influx nerveux plus lentement.

En certains points de son parcours, l’axone peut se subdiviser en un axone principal et une fibre
collatérale. Les messages qui parcourent l’axone sont alors dédoublés à ce niveau et empruntent les
deux subdivisions. L'architecture axonale est maintenue par des éléments du

cytosquelette, notamment des faisceaux de microtubules.

— Les terminaisons axoniques sont des extrémités ou renflements terminaux d’une arborisation
terminale de l'axone. Elles sont de deux sortes :

les terminaisons axoniques synaptiques constituent un bouton pré-synaptique au contact d’une autre
cellule dont elles peuvent influencer l’activité (neurone ou fibre musculaire).

Les terminaisons axoniques non synaptiques, sans contact avec une autre cellule, ne se terminent pas au
niveau d’une synapse, mais peuvent libérer des produits de sécrétion (neurohormones), soit dans le
milieu extracellulaire, soit dans la circulation sanguine.

— Développement d’un axone : Au cours du développement d'un organisme, laxone croit par

guidage axonal : c’est l'ensemble des processus qui permettent à un axone en croissance d'atteindre
spécifiquement sa cellule-cible. À l'extrémité d'un axone en développement se trouve une région aplatie
appelée cône de croissance. Cette région émet de fins prolongements

appelés filopodes qui sont soutenus par un réseau dynamique de microfilaments d' actine. Le cône de
croissance possède des récepteurs spécifiques qui lui confèrent une "sensibilité" pour les molécules
attractrices ou répulsives ( éphrines, nétrine...).

Figure : Axone et collatérales d'axone. Un peu à la manière d'un fil, l'axone véhicule les messages
nerveux à distance, dans le système nerveux. Le sens de la transmission de l'information nerveuse est
indiqué par les flèches. (Voir planches de cours) I-2 LES DIFFERENTS TYPES DE NEURONES

On peut classer les neurones selon le nombre de neurites, leur forme anatomique, leur fonction et le
type de neurotransmetteurs qu'ils sécrètent.
I-2-1 Distinction selon le nombre de neurites

On distingue les neurones à :

1 neurite : neurone unipolaire ;

2 neurites : neurone bipolaire ;

n neurites: neurone multipolaire.

Figure : Distinction anatomique (formes) des neurones (conf. planches)

I-2-2 Distinction anatomique (3 exemples)

La forme des cellules est différente suivant la localisation :

Les cellules pyramidales se trouvent dans la matière grise ou cortex cérébral ;


les neurones en étoiles se trouvent également dans le cortex cérébral et dans la moelle épinière;

les cellules piriformes (cellules de Purkinje) sont des cellules aux ramifications très nombreuses et
diffuses que l'on retrouve exclusivement dans le cortex cérébelleux ;

les cellules arrondies des ganglions spinaux. Celles-ci possèdent une seule dendrite (ce sont des cellules
bipolaires) qui effectue avec l'axone un trajet commun évoquant la lettre T.

I-2-3 Distinction selon leur fonction

Selon leur fonction, il existe deux grands types de neurones :

Les neurones sensoriels ou neurones sensitifs sont directement reliés aux organes des sens (vue, ouïe,
toucher, goût, odorat) et sont responsables de faire transiter l'information Figure 3 : Distinction
anatomique (formes) des neurones

sensorielle (ou ascendante) vers le cerveau. Dans le cerveau, les influx nerveux provenant des neurones
sont interprétés : c’est ainsi que l’on voit, que l’on entend, que l’on sent, que l’on perçoit une brûlure,
etc.

Les motoneurones ou neurones moteurs, ou encore neurones effecteurs se chargent de faire transiter
les ordres provenant du cerveau (ou information descendante) en direction des muscles (effecteurs).

Les interneurones sont représentés par tous les neurones qui ne sont ni sensoriels ni moteurs mais qui
font la jonction entre ces deux types de neurones.

I-2-4 Distinction selon le type de neurotransmetteur sécrété

On distingue des neurones à Ach, GABA, catécholamines, peptides etc..

II- LES CELLULES DE SOUTIEN

L'architecture neuronale est soutenue par un aggloméra de cellules qualifiées de

cellules gliales ou cellules de soutien et d'enveloppement du système nerveux central. Elles assurent les
fonctions d'un tissu conjonctif (soutien, échange et nutrition). Il y a 4 types de cellules gliales.

a) Les astrocytes : ont un rôle de nutrition et possèdent de nombreux dendrites qui partent dans tous les
sens. Ils envoient des prolongements vers les vaisseaux sanguins afin de permettre les échanges. Les
astrocytes s'occupent de réguler la concentration de diverses substances contenues dans le milieu
cellulaire. On pense également qu'ils ont un rôle important pour seconder les neurones dans le
traitement de l'information.
b) Les oligodentrocytes : trouvées dans le système nerveux central, sont animées d'un mouvement
rythmique et fabriquent la myéline (c’est une gaine isolante qui s'enroule autour des fibres nerveuses
formant une espèce d’isolation biologique qui sert à optimiser la vitesse de conduction de l'information
le long de l'axone).

c) Les microgliocytes ou microglie s : ce sont les macrophages du tissu nerveux, elles vont détruire les
déchets. Elles vont se déplacer selon leurs besoins pour se rendre là où les débris cellulaires sont à
éliminer. Elles sont alors appelées « cellules de ménage ».

d) Les épendymocytes : cellules épithéliales qui vont former le revêtement des ventricules cérébraux et
du canal de l'épendyme.

e) les cellules de Schwann : Tout comme les oligodendrocytes sont des cellules particulières qui
fabriquent également la gaine de myéline.

Figure 4 : Représentation d'un oligodendrocyte. Comme les cellules de Schwann au niveau des nerfs
périphériques, les oligodendrocytes sont à l'origine de la gaine de myéline formée autour d'un très
grand nombre d'axones du système nerveux central et de la moelle épinière.

La gaine de myéline est interrompue à intervalles réguliers par les nœuds de Ranvier.

III- BREFS RAPPELS SUR LA STRUCTURE MOLECULAIRE DU

NEURONE

La membrane cellulaire, dite aussi membrane phospholipidique, est formée d'une double couche
phospholipidique et sépare le milieu intracellulaire du milieu extracellulaire.

Sa fonction de barrière imperméable joue un rôle critique pour le bon fonctionnement de la cellule
nerveuse. On trouve imbriqués dans cette membrane, des canaux ioniques. C’est un assemblage de
protéines formant une sorte de tunnel reliant l'intérieur et l'extérieur de la cellule. Une caractéristique
fondamentale de ces canaux est qu'ils peuvent s'ouvrir et se refermer, pour ne laisser pénétrer ou
s'échapper dans la cellule que certaines substances spécifiques. C'est la raison pour laquelle un neurone
peut être perméable à certains ions et pas à d'autres.

Par ailleurs, le cytosquelette du neurone est formé de longues molécules relativement robustes,
principalement de l’actine et des microtubules qui sont responsables de soutenir l'architecture de la
cellule nerveuse.

Figure : Structure du canal ionique membranaire. Les canaux ioniques sont constitués par des protéines
insérées dans la membrane qui s'assemblent entre elles pour former un pore. Dans cet exemple, le canal
est constitué (conf. Planches).

IV- FONCTIONNEMENT DE LA CELLULE NERVEUSE

Le neurone est une cellule au même titre qu'une cellule du foie ou du cœur, mais sa fonction première
est différente de celle de ces deux dernières puisqu'elle sert principalement à propager de l'information
sur de grandes distances. De cette fonction caractéristique en découle la forme tout à fait particulière au
neurone ci-dessus décrite (constitué d’un corps

cellulaire entouré d'une ou de plusieurs ramifications qui peuvent atteindre une longueur allant parfois
jusqu'à un bon mètre).

Les neurones forment un réseau sophistiqué de connexions, qui permet de redistribuer l'information, en
parallèle ou en série, dans différentes aires corticales. Les messages transitent selon deux formes
différentes : électrique à l'intérieur du neurone, et, le plus souvent, chimique pour passer d'un neurone
à l'autre. Ceci est encouragé entre autres par l’existence entre l'intérieur et l'extérieur d'un neurone, des
différences de charges électriques qui polarisent la membrane au repos (l'extérieur de la cellule est
positif par rapport à l'intérieur qui lui est négatif).

Les cellules nerveuses se différencient des autres cellules de l'organisme par leur capacité à être
excitées, c'est-à-dire à créer un phénomène électrique appelé potentiel d'action ou influx nerveux. A la
suite d’une stimulation suffisante, en l'espace de quelques millièmes de secondes et sur une très courte
distance, des atomes de sodium qui ont perdu des électrons (ion positif) entrent dans la cellule,
entraînant de ce fait une dépolarisation de la membrane du neurone. Il apparaît alors un influx nerveux
générant ainsi un message nerveux qui se propage le long du neurone. Ce message constitue
l'information permettant à l'individu de recevoir des renseignements provenant de l'extérieur (douleur
par exemple), ou de donner un ordre (bouger un muscle par exemple). Ce message arrive à un neurone
par l'intermédiaire de ses dendrites où il est analysé. Un nouveau message va à son tour cheminer le
long de l'axone à la rencontre d'un autre neurone jusqu'au contact avec un autre type de cellule
(muscle, glande), où l'ordre va aboutir à une réponse (sécrétion d'une glande, mouvement, etc.).

Ainsi, le neurone présente une polarisation fonctionnelle : la circulation des informations y est
unidirectionnelle, cellulipète dans les dendrites, et cellulifuge dans l’axone.

CHAPITRE IV : ACTIVITE ELECTRIQUE DE LA CELLULE

NERVEUSE

I- PRINCIPES DE BASE DE L’ELECTRICITE DE LA CELLULE

NERVEUSE

Afin que les interactions entre les actions mentales, les réactions émotionnelles et les mouvements
soient possibles, notre corps a besoin d’un système qui comprenne les informations, les traite, les
transmette et les mette en réseau. Il tire cette capacité à communiquer avec soi-même des charges
électriques sous l’effet de champs électriques.

Chacune de nos cellules vivantes utilise de l’électricité sous une forme ou une autre.

On sait aujourd’hui que les fonctions de nos nerfs, muscles et organes sont pilotées électriquement et
que, d’une manière générale, toutes nos fonctions corporelles sont des fonctions électriques. Nos
cellules musculaires, par exemple, sont étirées ou contractées électriquement. Les cellules nerveuses
sont à l’origine des signaux électriques qui transmettent des informations.
Les signaux électriques produits par les neurones sont la conséquence d’une différence de charges
existant entre l’intérieur et l’extérieur de la membrane neuronale générant ainsi un potentiel électrique.
En effet, le potentiel électrique encore appelée potentiel de membrane d’une cellule excitable est en
quelque sorte la tension électrique ou différence de potentiels existant entre l’intérieur et l’extérieur de
la membrane de la cellule. Ce potentiel de membrane prend différentes valeurs. Ainsi, pour un neurone
au repos, il existe une charge de repos, appelée potentiel de repos qui est négatif à l'intérieur et positif à
l'extérieur et, pour un neurone activé ou excité, et dont le seuil d’excitation est atteint, il existe une
charge dite d’activation appelée potentiel d’action qui est positif à l'intérieur et négatif à l'extérieur. La
différence de charges observée à travers la membrane est due à des flux d’ions qu’entrainent la
perméabilité sélective de la membrane des cellules nerveuses à différents ions et la distribution non
uniforme de ces ions (entre anions et cations) de part et d’autre de cette membrane.

D’ordinaire, l’intérieur des neurones est à un potentiel négatif, appelé potentiel de repos, que l’on peut
mesurer en enregistrant le voltage entre l’intérieur et l’extérieur des cellules nerveuses. Le potentiel
d’action né après une stimulation abolit momentanément le potentiel de repos négatif et rend positif le
potentiel transmembranaire. Les potentiels d’action ainsi nés se propagent alors le long des axones et
représentent des signaux électriques fondamentaux grâce auxquels les informations sont transmises
d’un point à un autre du SN. D’autres types de signaux électriques sont produits par l’activation des
contacts synaptiques entre neurones et par l’action de formes diverses d’énergie extérieure sur les
neurones sensoriels. Tous ces signaux électriques sont dus à des flux d’ions qu’entrainent la
perméabilité sélective de la membrane des cellules nerveuses à différents ions et la distribution non
uniforme de ces ions de part et d’autre de cette membrane.

En électrophysiologie, la rhéobase est l'intensité minimale de courant excitant qui permet de déclencher
un potentiel d'action pour application théoriquement infinie.

En appliquant la définition aux cellules musculaires striées, on peut considérer que la rhéobase est le
courant électrique minimal requis pour faire contracter artificiellement un muscle[1].

La chronaxie, dans le cadre de la description mathématique du fonctionnement du système

nerveux, est la durée nécessaire pour stimuler une fibre musculaire, ou une cellule nerveuse avec un
courant électrique d'intensité égale au double de la rhéobase. Ce terme a été inventé en 1909
par le physiologiste français Louis Lapicque.

Ce terme, ainsi que celui de chronaxie, a été inventé en 1909 par le physiologiste français Louis

Lapicque

In vivo le signal se fait dans un seul sens .Il est orthochromique. Il y a deux grandes catégories de
neurones en se qui concerne le sens du signal, les neurones moteur et les neurones sensitif.

II- PROPRIETES ELECTROCHIMIQUES DE LA CELLULE

NERVEUSE

Bien que les neurones ne soient pas de bons conducteurs de l’électricité, ils ont perfectionné des
mécanismes d’émission des signaux électriques fondés sur des flux d’ions chargés différemment, au
travers de leur membrane plasmique et la distribution non uniforme de ces ions de part et d’autre de
cette membrane.

La différence de charge observée à travers la membrane est due à plusieurs facteurs tels que :

la répartition non uniforme des anions et des cations entre l’extérieur et l’intérieur de la cellule.


Le flux de ces ions à travers la membrane du neurone

La présence et la capacité d’ouverture des protéines-canaux

La différence de concentration de ces ions de part et d’autre de la membrane Notons tout de même que
ceci dépend beaucoup plus des mouvements et de la différence de concentration des ions K+ et Na+ à
travers la membrane neuronale, les autres intervenant très peu. La membrane du neurone est beaucoup
plus perméable aux ions K+ et Na+ chargés positivement, et n'est pas perméable pour les ions
phosphates et les protéines du milieu intracellulaire, qui elles sont chargées négativement. Cette
perméabilité sélective de la membrane aux ions K+ et Na+ est avantagée par la présence au niveau de la
membrane, des protéines transmembranaires spécialisées appelées protéines-canaux ou canaux
ioniques où se font les mouvements passifs des ions (canaux ioniques potassiques, sodiques, calciques
ect…). La structure tridimensionnelle de ces protéines-canaux délimite un pore aqueux au travers
duquel passent sélectivement certains ions.

Quand un neurone est au repos on constate au niveau de sa membrane plasmique une tension négative
qui s’explique par le fait que l'intérieur de la cellule est chargé négativement par rapport à l'extérieur
chargé positivement.

II-1 PHENOMENES A L’ORIGINE DE LA TENSION NEGATIVE DU NEURONE

A cause des différences de concentration des ions de part et d’autre de la membrane cellulaire, des
forces de diffusion attirent certains ions à l’intérieur et d’autres à l’extérieur de la cellule.

Parlant des ions K+ et Na+ par exemple, des forces de diffusion attirent les ions potassium à travers la
membrane cellulaire vers l'extérieur et à l'inverse les ions sodium sont
attirés de l'extérieur vers l'intérieur de la cellule. De plus, la membrane cellulaire de neurones étant peu
perméable aux ions, au moment du repos, les neurones sont plus perméables pour

les ions potassium que pour les ions sodium et, ne l’est pratiquement pas aux ions phosphates et aux
protéines du milieu intracellulaire (anions). C’est ainsi que la grande perméabilité des ions potassium va
permettre, grâce à la force de diffusion, le passage à travers la membrane de la cellule des ions
potassium qui sont chargés positivement vers l’extérieur, aboutissant à une accumulation des charges
positives à l'extérieur (Le grand mouvement des ions K+ au repos potentialisera ainsi la différence de
potentiel négatif de la membrane au repos).

À l'opposé, l'intérieur de la cellule accusera de plus en plus un déficit en particules positives si bien que
ce milieu va essentiellement se charger négativement. Ainsi il se crée une différence de charge
électrique entre l'extérieur et l'intérieur que l'on appelle potentiel de repos dont la valeur diffère d’un
neurone à l’autre (elle varie entre -40 et -90 mV) (dans une pile de commerce la tension est de 1500
mV).

Par la suite, le flux d'ions potassium qui sort pendant la phase de repos va se limiter de lui-même. En
effet, des effets grandissants de charge négative de l'intérieur de la membrane de la cellule vont finir par
agir contre la poursuite de la sortie des ions potassium, ce qui aboutit à un flux de retour des ions
potassium du fait du différentiel électrique qui grandit.

Au final s'installe un équilibre où le flux de potassium qui rentre est équivalent au flux sortant : on
parlera alors du potentiel d’équilibre du potassium.

Une stimulation initiale active toute une chaîne d’actions d’ouverture et de fermeture des canaux
permettant le flux des ions et modifiant ainsi le potentiel des membranes. Grâce à des
neurotransmetteurs, les signaux sont transmis d’un nerf à l’autre ou à un muscle. Le cerveau fait donc à
la fois office d’émetteur et de récepteur électrochimique. Les informations, sous formes de signaux
électrochimiques, sont décodées grâce à la fréquence de leurs impulsions.

III- POTENTIELS ELECTRIQUES TRANSMEMBRANAIRES DE LA

CELLULE NERVEUSE ET DU NERF


Si le potentiel de repos d’une cellule nerveuse est la tension électrique ou différence de potentiel
existant entre l’intérieur et l’extérieur de la membrane de la cellule lorsque celle-ci est au repos
(membrane non stimulée chargée négativement à l'intérieur et positivement à

l’extérieur), le potentiel d’action lui, est une brusque modification de cette différence de

potentiel au repos, c’est – à dire du potentiel de repos due à une stimulation électrique de la cellule
nerveuse (la membrane stimulée est chargée positivement à l'intérieur et

négativement à l’extérieur).

III-1. CARACTERISTIQUES DU POTENTIEL DE REPOS DU NEURONE ET DU

NERF

Le potentiel de repos du nerf est égal à la somme des potentiels de repos de tous les neurones qui le
composent.

Le potentiel de repos du neurone ou du nerf est toujours négatif (ddp < 0).

Les membranes ici sont chargées négativement à l'intérieur et positivement à l’extérieur (membranes
polarisées).

Ce potentiel est dû à la répartition inégale des ions et des protéines entre les milieux intra et
extracellulaires.

La distribution des ions entre l’extérieur et l’intérieur de la membrane cellulaire est telle que les ions
Na+ sont plus présents à l’extérieur qu’à l’intérieur et les ions K+

encore plus à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Les neurones expriment des pompes ioniques transmembranaires qui déplacent les ions spécifiques à
travers la membrane cellulaire créant par là un gradient de concentration.

La pompe ionique transmembranaire la plus importante est la pompe Na+, K+ -ATPase. Celle-ci pompe 3
ions sodium hors de la cellule contre 2 ions potassium dans la cellule. Ce processus requiert de l’énergie
qui est fournie par l’hydrolyse de l’ATP réduite en ADP.

Comme résultat, les ions Na+ sont plus concentrés à l’extérieur de la cellule et, les ions K+

sont plus concentrés à l’intérieur. Ainsi à cause de cette distribution inégale des ions, l’extérieur de la
cellule devient plus positif que l’intérieur. Cette charge positive à l’extérieur de la cellule attire les anions
intracellulaires chargés négativement, et la membrane commence à polariser.
La distribution inégale des ions à travers la membrane cellulaire est potentialisée ou accentuée par les
canaux potassiques de repos. Ces canaux potassiques de repos (plus nombreux que les canaux sodiques
de repos), sont différents des canaux portes et sont ouverts tout le temps permettant ainsi une sortie
excessive d’ions K+ réduisant son gradient de concentration et, augmentant de plus en plus les charges
positives à l’extérieur de la cellule.

Ceci entraine une accumulation continue des anions dans la cellule, la polarisant de plus en plus.
L’intérieur de la membrane est alors chargé négativement par rapport à l’extérieur. Le gradient
électrique résultant commence à opposer le mouvement des ions K+ contre son gradient de
concentration. Ce processus continue jusqu’à ce que la force électrique opposant le mouvement du K+
soit égale à la force produite par le gradient de concentration et, le mouvement net du K+ s’arrête. La
membrane est alors polarisée. La ddp entre l’intérieur et l’extérieur de la membrane qui est due au
mouvement du K+ est appelée potentiel d’équilibre pour le K+.

Bien que le K+ soit l’ion prédominant dans la détermination du potentiel de repos de la membrane,
d’autres ions jouent aussi un rôle. Les ions Na+ entrent dans la cellule suivant les gradients de
concentration et électrique. Ce mouvement des ions positifs vers l’intérieur de la cellule à travers les
canaux sodiques de repos entraine le potentiel de membrane à son niveau de repos, soit -70 mV.

Les canaux sodiques de repos n’étant pas assez représentés dans la membrane que les canaux
potassiques de repos, l’influx du Na+ ne pourrait baisser très rapidement le potentiel de membrane.
Toute fois, la lente fuite de sodium dépolariserait éventuellement le neurone, si la pompe Na+, K+
ATPase ne pompait pas activement les ions pour restaurer la balance.

III-2. CARACTERISTIQUES DU POTENTIEL D’ACTION DU NEURONE ET DU

NERF

III-2-1. Potentiel d’action du neurone

Les cellules nerveuses sont les seules capable de créer un potentiel d’action.
Ce potentiel n’est créé que si l’intensité de stimulation est suffisante : On dit que le neurone répond à la
loi du tout ou rien :

En dessous du seuil d’intensité, il n’y a pas potentiel d’action (rien).

Au-dessus de ce seuil, il y a potentiel d’action, qui reste le même quelle que soit l’intensité de la
stimulation (tout). Les seuils de stimulation peuvent différer d’un neurone à un autre.

III-2-2. Potentiel d’action du nerf

Le nerf est constitué d’un ensemble de neurones. Sa réponse à une stimulation sera donc la somme des
réponses de chacun de ces neurones. Chacun des neurones a un seuil de stimulation propre. On aura
donc 3 zones d’intensité de stimulation différentes :

En-dessous d’une valeur seuil, aucune réponse du nerf n’est enregistrée

Au-dessus d’une valeur maximale d’intensité, la réponse du nerf a une amplitude maximale

Entre ces deux valeurs, l’amplitude de la réponse du nerf est croissante : Il y a un recrutement successif
des neurones selon leur seuil de stimulation.

III-2-3. Effet de sommation dans le neurone

Si l’on applique au neurone deux stimulations successives, dont l’intensité est inférieure au seuil de
stimulation du neurone, on obtient deux réponses possibles :

Lorsque ces deux stimulations sont éloignées dans le temps, on n’obtient aucune réponse.

Lorsque le délai entre les deux stimulations est suffisamment court, on obtient un potentiel d’action.

Il y a donc sommation des stimulations : Les intensités des 2 stimulations s’additionnent, à condition
qu’elles soient rapprochées dans le temps.

III-2-4. Période réfractaire du neurone

Si l’on applique au neurone deux stimulations successives, dont l’intensité est supérieure au seuil de
stimulation du neurone, deux réponses sont possibles :


Lorsque ces deux stimulations sont suffisamment éloignées dans le temps, on obtient un potentiel
d’action après chacune des stimulations.

Lorsque le délai entre les deux stimulations est trop court, on n’obtient pas de réponse après la
deuxième stimulation.

Il y a donc après une stimulation suffisante, une période durant laquelle le neurone est incapable de
répondre à une nouvelle stimulation : C’est la période réfractaire.

III-2-5. Période réfractaire du nerf

Si l’on applique au nerf deux stimulations successives, dont l’intensité est supérieure au seuil de
stimulation du nerf, deux réponses sont possibles :

Si le délai entre les deux stimulations est court, il y a une réponse unique du nerf, suite à la première
stimulation.

stimulation.

En augmentant le délai entre les deux stimulations, on obtient une deuxième réponse dont l’amplitude
augmente en fonction de ce délai.
*

Chacun des neurones composant le nerf a sa période réfractaire propre. En augmentant le délai il y a
donc dépassement de la période réfractaire d’un nombre croissant de neurones.

III-3 ANALYSE DU POTENTIEL D’ACTION (PA) DU NEURONE

Dans un neurone, le PA naît au niveau de la zone de stimulation. Lors de la formation d’un potentiel
d’action, deux types de canaux voltages-dépendants s’ouvrent et se ferment, ce sont les canaux à Na+ et
à K+ voltages-dépendants. Dans un premier temps, c’est l’ouverture des canaux à Na+ qui provoque une
dépolarisation de la membrane, dans un deuxième temps, l’ouverture des canaux à K+ et la fermeture
des canaux à Na+ provoquent la repolarisation composant le PA qui dure 1ms environ.

En général, le potentiel d'action peut être décomposé en 4 phases : 1) La dépolarisation

2) La repolarisation

3) L’hyperpolarisation

4) Le retour au potentiel de repos

Figure : Courbe représentant toutes les étapes du potentiel d’action III-3-1- la dépolarisation

La stimulation provoque l’ouverture des canaux à sodium voltage-dépendant tandis que ceux du K+
restent fermés. Les ions Na+ traversent de façon passive ces canaux, et pénètrent dans la cellule grâce
aux gradients électriques et chimiques. La face externe de la membrane devient alors électronégative, et
la face interne devient électropositive. Le potentiel de membrane passe de –70 mv à 0 mv puis à +30 mv
; l’ouverture est très brève et très rapide.
*

Répartition des charges

III-3-2- La repolarisation

Les canaux à sodium se ferment, et le sodium ne rentre plus. Les canaux à potassium voltage-dépendant
s'ouvrent et les ions K+ sortent pour compenser l'entrée de Na+. Une dépolarisation liminale provoque
aussi bien l’ouverture des canaux à Na+ qu’à K+, les canaux à K+ s’ouvrent très lentement. Leur
ouverture se produit donc presque en même temps que celle des canaux à Na+. Les canaux à Na+, par
leur fermeture stoppent l’entrée des ions Na+

et l’ouverture des canaux à K+ permet la sortie des ions K+ de l’intérieur du neurone, le potentiel de
membrane passe de +30mv à 0mv puis –70mv. La face externe de la membrane redevient alors
électropositive, et la face interne redevient électronégative : la membrane est à nouveau polarisée.

Répartition des charges

III-3-3- l’hyperpolarisation

Les canaux à potassium restent ouverts. Les ions K+ continuent à sortir de la cellule.

En effet, l’ouverture des canaux à K+ est lente, dure plus longtemps que celle des canaux à Na+, ceci
provoque une sortie importante d’ions K+ entraînant une hyperpolarisation de la membrane. La face
externe de la membrane devient alors hyperpositive, et la face interne devient hypernégative. Elle est
plus négative qu’au repos.

Répartition des charges

III-3-4- Le retour au potentiel de repos

Le potentiel de membrane retrouve sa valeur initiale à mesure que les canaux se referment. Le
rétablissement de l’état initial est actif : la pompe Na+/K+ ATP dépendante expulse les ions Na+ et fait
rentrer K+. Cette étape nécessite de l'énergie, obtenue par l'hydrolyse de l'ATP, qui est la forme de
stockage de l'énergie cellulaire :

ATP + H2O -----------> ADP + Pi + E

avec E = énergie

Répartition des charges

Remarques : Ainsi, quelles seraient les périodes réfractaires du neurone ?

Une période réfractaire est une période pendant laquelle le neurone ne peut pas générer de PA. On
distingue 2 périodes différentes, une période réfractaire absolue et une période réfractaire relative ; La
période absolue correspond à la durée pendant laquelle le neurone ne peut produire aucun autre PA, ie
la dépolarisation et la repolarisation ; Après cette phase, on se trouve dans une période réfractaire
relative, qui correspond à un intervalle de temps pendant lequel le neurone est beaucoup moins
excitable, c’est à dire la période d’hyperpolarisation. Le stimulus devra donc être beaucoup plus intense
en ce moment pour dépolariser le neurone à nouveau.
III-4 LA PROPAGATION (CONDUCTION) DES PA

Les neurones, en générant des PA permettent de transmettre des informations d’une partie du corps à
une autre. Pour cela les potentiels d’action doivent se déplacer de l’endroit où il se forme jusqu’aux
terminaisons axonales, on parle alors de propagation du PA. On distingue deux modes, la conduction
continue qui concerne les axones non myélinisées et la conduction saltatoire qui concerne les axones
myélinisées.

III-4-1- Conduction continue

Lorsqu’une dépolarisation suffisante atteint la zone de stimulation, les canaux voltages-dépendants


s’ouvrent et laissent entrer les ions Na+ dans le neurone. Cette entrée d’ions dépolarise la membrane
provoquant d’une part la production d’un PA et d’autre part la genèse d’un courant local. Ce courant
local provoque, à son tour, l’ouverture de canaux K+

voltage-dépendants à proximité de la membrane. Ceci permet donc de produire de proche-en-proche,


un PA.

III-4-2- Conduction saltatoire

La gaine de myéline agit comme un isolant électrique bloquant la perte de courant à travers la
membrane, les nœuds de Ranvier sont les zones d’interruption de cette gaine et concentrent beaucoup
de canaux Na+ et K+ voltages dépendants. Dans un axone myélinisé, le

PA produit par la zone gâchette génère des courants locaux qui vont se propager de nœud de Ranvier en
nœud de Ranvier. Ils vont introduire l’ouverture des canaux voltages-dépendants au niveau de chaque
nœud de Ranvier. Ce type de propagation est beaucoup plus rapide que la propagation continue si l’on
considère un axone de même diamètre et de même longueur.

III-4-3- La vitesse de propagation de l’influx


La vitesse de propagation du PA est liée au diamètre de la fibre, à la présence ou non de myéline, à la
longueur de l’axone et à la température car D’autres paramètres comme la chaleur peuvent accélérer la
conduction nerveuse.

III-4-4- La codification de l’intensité du stimulus

Le neurone a pour but de transmettre l’information, celle-ci est un PA. Le système nerveux utilise la
fréquence pour coder l’information, plus le stimulus va être intense, plus il y aura de PA produits au
niveau de la zone de stimulation ou nœud de Ranvier.

L’influx se transfère d’un neurone à un autre au niveau d’une SYNAPSE. En effet, les neurones ne sont
pas indépendants les uns des autres. Ils établissent entre eux des liaisons au niveau des synapses et
forment des chaînes de neurones constituant un fantastique réseau où la communication (transmission
des signaux) se fait dans un seul sens : des dendrites qui reçoivent aux axones qui transmettent. Un
neurone qui est en contact avec plusieurs autres neurones reçoit en permanence de nombreux
messages chimiques au niveau des différentes synapses, et les prend en compte pour élaborer, à son
tour, un nouveau message nerveux original qu'il va transmettre. Ainsi le neurone n'est pas un simple
relais mais une unité de traitement de l'information.

CHAPITRE V : LES SYNAPSES ET LA TRANSMISSION

SYNAPTIQUE

I- LES TYPES DE SYNAPSES

Les synapses sont des zones de contacts spécialisées dans la transmission des informations. Elles
permettent d’intégrer et de filtrer l’information. Certains signaux sont transmis alors que d’autres sont
bloqués. Certaines maladies mentales et cérébrales sont dues à une interruption de la connexion
synaptique (schyzophrénie). Dans une synapse, le neurone qui envoie l’information est appelé
présynaptique, celui qui la reçoit est post-synaptique.
Du point de vue anatomique, il existe des synapses :

Axo-dendritiques, contact axone-dendrite.

Axo-somatiques, contact axone et soma (corps cellulaire).

Axo-axonales, contact axone-axone

Dendro-dendritiques, contact dendrite-dendrite

Du point de vue mode de transmission, il existe:

des synapses à transmission électrique


des synapses à transmission chimique

On peut également distinguer une juxtaposition de ces deux types de synapses formant une entité
appelée synapse mixte.

II- LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE

II-1- SYNAPSES ELECTRIQUES OU A TRANSMISSION ELECTRIQUE

Dans les synapses électriques, les cellules sont « électriquement couplées » par des jonctions lacunaires
(jonctions communicantes ou jonction gap) au travers duquel le courant ionique et les petites molécules
passent directement d’une cellule à l’autre. Ces jonctions sont formées par des protéines tubulaires
appelées connexons au niveau de chaque membrane, dont les pores des canaux sont connectés l’un à
l’autre créant une continuité électrique ou tunnel destiné à relier le cytoplasme des deux cellules. Le flux
ionique passe directement par ce tunnel, du cytoplasme du neurone pré-synaptique vers celui du
neurone post-synaptique.

Les synapses électriques vont avoir quelques avantages :

La transmission électrique n’est pas dépendante du Ca2+

la conduction du courant est passive et instantanée (la communication y est plus rapide que celle des
synapses chimiques)


Elles permettent la synchronisation de l’activité d’un groupe de neurones ou de cellules (– Les neurones
de l’hypothalamus à fonction neuroendocrine; – Le muscle cardiaque ; – Le muscle lisse)

le mouvement des ions signifie que les 2 cellules auront le même potentiel (synchronisation)

la transmission peut être bidirectionnelle.

Figure : représentation des connexons

II-2- SYNAPSES CHIMIQUES OU A TRANSMISSION CHIMIQUE

Le complexe synaptique est l’unité de base non réductible de chaque synapse chimique et comprend 3
parties : l’élément pré-synaptique, la fente synaptique et l’élément post-synaptique. Il présente une
asymétrie de structure et une asymétrie fonctionnelle.

L’élément présynaptique qui renferme la machinerie nécessaire à la synthèse, au stockage, à la


libération et à l’inactivation du (des) NTM, se caractérise par la présence de vésicules synaptiques et de
nombreuses mitochondries. On y distingue les vésicules claires, les vésicules à cœur dense, et la grille
présynaptique qui est une organisation particulière du cytosquelette liée à l’exocytose des vésicules
synaptiques. Le neurotransmetteur ici présent est une molécule chimique qui transmet les informations.

L’élément post-synaptique spécialisé dans la réception des messages (synapses interneuronales), se


caractérise par une organisation particulière du cytosquelette liée à l’ancrage des récepteurs
postsynaptiques. Ainsi, il renferme dans sa membrane plasmique les protéines réceptrices du NTM :
récepteurs canaux et récepteurs liés aux protéines G (RCPG).
La fente synaptique est l’espace synaptique rempli de liquide extra-cellulaire qui sépare les neurones
pré- et post-synaptiques. La fente va donc empêcher les influx nerveux (PA) de passer directement
d’une cellule à l’autre.

Parmi les synapses chimiques, on distingue :

• Les synapses réciproques formées par la juxtaposition de deux synapses chimiques orientées en sens
inverse l’une de l’autre;

• Les glomérules formés par un ensemble de synapses chimiques.

Figure : Types de synapses chimiques

II-3 LES ETAPES DE LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE CHIMIQUE

Le schéma général du fonctionnement d'une synapse chimique est le suivant (fig, 4A) : Le neurone
présynaptique synthétise les molécules de neurotransmetteurs qui sont stockées dans les vésicules
synaptiques au niveau des boutons terminaux.

1. L’arrivée de l’influx nerveux (potentiel d’action) au niveau de la terminaison présynaptique provoque


la dépolarisation de la terminaison axonale.

2. La dépolarisation entraîne l’entrée d’ion calcium (Ca2+) dans la terminaison axonale, grâce à
l’ouverture de canaux calcique voltage dépendant présent en grande concentration au niveau des
boutons synaptiques.
3. Le calcium permet le mécanisme de fusion de la membrane des vésicules synaptiques à la membrane
présynaptique. Le neurotransmetteur est alors libéré par exocytose dans la fente synaptique. Cette
exocytose nécessite de l’énergie fournie par les mitochondries de la terminaison présynaptique.

4a. Le neurotransmetteur se fixe à ses récepteurs spécifiques localisés sur la membrane post-
synaptique.

5. Cette fixation entraîne, selon la nature du neurotransmetteur, du récepteur et de la chaîne de


transduction, l’ouverture ou la fermeture de canaux ioniques post-synaptiques

permettant ou non le passage d'ions à travers la membrane post-synaptique. A ce stade, la transmission


synaptique est effectuée.

4b. De façon concomitante, les molécules de neurotransmetteur présentes dans la fente synaptique
sont recaptées vers l'élément présynaptique (4b) et,

4c. la membrane présynaptique est recyclée (4c).

6. Les variations de conductances ioniques modifient alors la polarisation électrique de la membrane


post-synaptique de façon plus ou moins importante. On parle de potentiel postsynaptique (PPS). La
naissance de ce courant post-synaptique modifie le signal électrique du neurone post-synaptique.

7. Le neurotransmetteur après action est ensuite inactivé ce qui limite l’existence du PPS.

La transmission synaptique est ainsi rendue efficace grâce à l’inactivation rapide des
neurotransmetteurs.
L’adéquation entre NTM et récepteur requiert de ce coté présynaptique, une membrane spécialisée
dans la fonction d’exocytose (qui permet la libération du neurotransmetteur et le recyclage
membranaire (feuillet de clathrine sur la membrane des vésicules).

Figure : Schéma du fonctionnement d’un complexe synaptique chimique La fusion, régulée par le Ca2+,
des vésicules avec la membrane présynaptique est suivie d’une récupération de la membrane vésiculaire
par endocytose, par l’intermédiaire des vésicules recouvertes de clathrine et des endosomes, puis de la
reconstitution de nouvelles vésicules synaptiques (figure ci-dessous).

*II-4 MECANISMES MOLECULAIRES DE TRANSMISSION CHIMIQUE

Ils se déroulent principalement au moment de la fusion des vésicules avec la membrane cellulaire pré-
synaptique. Il existe en effet beaucoup de molécules impliquées dans la libération des molécules
vésiculaires. Trois protéines sont mieux connues : les protéines SNARE ou récepteur des protéines SNAP
ou SNAP Receptor (Synaptobrevine et syntaxine), la synaptotagmine et les canaux Ca2+ (Canaux
calciques voltages sensibles : -40 mV, Canaux calciques de type N : bloqués par l’ω-conotoxine, et
Canaux calciques de type P : bloqués par l’ω-agatoxine).

La SNAP-25 régule l’assemblage des deux autres SNARE : la synaptobrevine qui est vésiculaire, et la
syntaxine qui est sur la membrane plasmique présynaptique (Figure ci-dessous).

Lorsque les protéines (SNARES (Synaptobrevine, SNAP-25), Synaptotagmine et Canaux Ca2+) sont en
place, la vésicule peut alors s’accrocher.

Le délai entre l’entrée du Ca2+ et l’exocytose est de l’ordre de 300 μs. La dépolarisation ouvre les
canaux Ca2+ VD situés très prêt de la vésicule. L’augmentation de Ca2+ intracellulaire à

proximité de la vésicule qui en découle déclenche l’arrimage et l’amorçage de la fusion: L’entrée du


Ca2+ provoque donc l’étape ultime qui est le déclenchement de la fusion.
En effet, à la suite de cette entrée de Ca2+, le complexe SNAREs – Syntaxine (ou plus précisement SNAP-
25 – Synaptobrevine – syntaxine) se forme. La vésicule est prête pour l’exocytose. La synaptotagmine
(vésiculaire) change de conformation et s’encrage dans la membrane présynaptique, ce qui tire la
vésicule vers la membrane pour s’y accoler et s’ouvrir.

SNARE : SNAP-REceptor (marqueur-récepteur de reconnaissance)

SNAP : Soluble NSF Attachment Proteins

NSF : N-ethylmaleimide Sensitive Factor : action ATPasique

Le complexe des SNAREs est reconnu par les SNAPs et l’ensemble SNAPs-SNAREs sera à son tour
reconnu par les NSF pour former une grosse particule appelée 20S, indispensable pour amorcer la
fusion.

II-5 DEVENIR DU NEUROTRANSMETTEUR (NT) APRES LIBERATION

Le NT ou l’information nerveuse libéré a en réalité 2 possibilités d’action, soit:

=> 1e fixation sur le récepteur POST-synaptique qui induit un effet biologique (transmission)

=> 1e fixation sur le récepteur PRE-synaptique pour la modulation de la transmission.

En cas de possibilité de transmission, les récepteurs membranaires post-synaptiques où se lient les


neurotransmetteurs d’origine pré-synaptique sont souvent confondus à des canaux ioniques
chimiquement dépendants. Cette liaison provoque alors l’ouverture ou la fermeture de ces canaux
ioniques post-synaptiques. Le courant ionique post-synaptique ainsi généré va donner naissance à des
potentiels gradués appelés Potentiel Post-synaptique (PPS) de type excitateur (PPSE) ou inhibiteur
(PPSI).
II-5-1 Les PPSE et PPSI

Si le neurotransmetteur provoque la dépolarisation de la membrane post-synaptique, il est excitateur, il


rapproche la cellule de son seuil d’excitation. Il est donc appelé PPSE. Les PPSE résultent de l’ouverture
de canaux à cations (+) chimiquement dépendants. Ces canaux vont permettre l’entrée des ions positifs
(Na+, K+, Ca2+) dans la cellule. Les gradients électriques et chimiques favorisent l’entrée des ions Na+
dans le neurone post-synaptique. Un PPSE ne déclenche pas la formation d’un PA au niveau de la zone
de stimulation du neurone post-synaptique mais il rend ce neurone plus sensible à l’arrivée d’un autre
PPSE.

Si le neurotransmetteur provoque l’hyperpolarisation de la membrane post-synaptique, il est dit


inhibiteur. On parle de PPSI. Il augmente le potentiel de membrane en rendant

l’intérieur de la cellule encore plus négatif. Un PPSI rend plus difficile la production d’un PA.

Les PPSI résultent de l’ouverture de canaux à anions (-) chimiquement dépendants mais aussi en
permettant la sortie d’ions positifs K+ par les canaux ioniques chimiquement dépendants.

Les ions K+ sortent plus vite de la cellule que les ions Cl- ne rentrent. C’est donc la sortie d’ion K+ qui
rend la cellule négative.

II-5-2 La sommation des PPS

Un potentiel post-synaptique excitateur ou inhibiteur ne dure que quelques ms et un neurone du SNC


reçoit de l’information en provenance de 1000 à 10000 synapses simultanément. C’est pourquoi un PA
pré-synaptique n’engendre généralement qu’une dépolarisation locale infra liminaire au niveau post-
synaptique. Un PPS est d’amplitude variable et il va se propager jusqu’au nœud de Ranvier du neurone
post-synaptique où, il y a la sommation des PPS excitateurs et inhibiteurs provoquant ou non la
formation d’un PA. Il existe deux types de sommation :
Si la sommation résulte d’une accumulation de neurotransmetteurs libérés par plusieurs boutons
synaptiques, on parlera alors d’une sommation spatiale.

Si la sommation résulte d’une accumulation de neurotransmetteurs libérés par un seul bouton


synaptique à des intervalles de temps dits très courts, on parlera de sommation temporelle.

Certaines synapses sont inhibitrices, d’autres sont excitatrices et ce sera la somme de toutes ces
influences qui au niveau de la zone de stimulation du neurone post-synaptique va provoquer trois types
de réactions à savoir :

1- Si l’effet excitateur est supérieur à l’effet inhibiteur mais la dépolarisation résultante reste inférieure
au seuil d’excitation du neurone post-synaptique, la sommation ne génère pas de PA, elle générera un
PPSE infraliminaire.

2- Si l’effet excitateur est supérieur à l’effet inhibiteur mais la dépolarisation résultante est égale ou
supérieure au seuil d’excitation du neurone post-synaptique, il en résulte donc un PPSE supraliminaire
ou liminaire qui provoquera la genèse d’un PA.

3- Si l’effet inhibiteur est supérieur à l’effet excitateur, il y a production d’un PPSI qui bloque la genèse
d’un PA.

II-5-3 Facilitation et inhibition présynaptiques

Certaines synapses peuvent modifier la quantité de neurotransmetteurs libérés au niveau d’autres


synapses. La facilitation présynaptique augmente la quantité de

neurotransmetteurs libérés alors que l’inhibition présynaptique la diminue. Dans cette situation, on a
toujours une synapse de type axo-axonale.

Il y a 3 possibilités d’élimination des NT :


1- Diffusion hors de la synapse

2- Inactivation/dégradation par des enzymes spécifiques

3- Recaptage présynaptique

Par exemple : l’acétylcholinestérase dégrade l’acétylcholine de la plaque motrice.

La catécol-O-méthyltransférase dégrade les catécholamines

La cocaïne et les amphétamines diminuent la recapture des catécholamines III- LES


NEUROTRANSMETTEURS

Les neurotransmetteurs excitateurs ou inhibiteurs sont présents dans le SNP et dans le SNC. Un même
neurotransmetteur peut être excitateur à un endroit du SN et inhibiteur à un autre. Un même neurone
peut libérer plusieurs types de neurotransmetteurs.

III-1- CRITERE DE DEFINITION DES NEUROTRANSMETTEURS

Il faut que trois critères soient vérifiés pour qu’une substance soit qualifiée de neurotransmetteur :

— Elle doit être présente dans le neurone présynaptique

— La libération de la substance doit se faire en réponse à une dépolarisation et doit être dépendante du
Ca2+.
— Il faut qu’il y ait dans la cellule post-synaptique des récepteurs spécifiques à la substance.

De nos jours, ces critères ne correspondent plus à l’ensemble des neurotransmetteurs.

Ainsi, le monoxyde d’azote (NO) et les métabolites de l’acide arachidonique sont des
neurotransmetteurs mais ils ne sont pas stockés dans des vésicules.

III-2- REGULATION DE LA NEUROTRANSMISSION

La régulation de la neurotransmission se fait selon 5 possibilités de limitation de la neurotransmission:

=> dégradation enzymatique / recapture

=> fixation sur autorécepteur PRE-synaptique favorisant une inhibition de la synthèse et une inhibition
de la libération du NT

=> désensibilisation des récepteurs POST-syn.

=> inhibition pré-synaptique

=> inhibition récurrente

III-3- TYPES DE NEUROTRANSMETTEURS

Il existe plus d’une centaine de neurotransmetteurs. Ces substances peuvent être classées en deux
grandes catégories :
• les molécules de petites tailles qui interviennent dans les réactions rapides et

• les neuropeptides qui modulent le déroulement de fonctions plus lentes.

Ces neurotransmetteurs appartiennent à quatre groupes ou familles :

 L’acétylcholine (Ach) constitue une famille chimique à elle seule et est libérée par de nombreux
neurones du SNP et certains neurones du SNC (à RCs nicotinique ionotrope et RC muscarinique
métabotrope (RC lié à la prot G))

Ex : à la jonction neuromusculaire, cette substance crée la contraction du muscle. Le contact du 10ème


nerf crânien et du système cardiaque provoquant le ralentissement du rythme cardiaque.

Les acides aminés qui sont les neurotransmetteurs du SNC. Les acides aminés sont très souvent
inhibiteurs comme le GABA (acide gamma-aminobutyrique utilisé par le tiers des synapses inhibitrices
du SNC) et la glycine, ou excitateurs comme le glutamate et l'aspartate.

Les amines biogènes (Noradrénaline, Adrénaline, Dopamine, Mélatonine, Sérotonine etc.), elles peuvent
être soient excitatrices soient inhibitrices.

Les neuropeptides (endorphines, enképhalines, hormones hypothalamiques et hypophysaires,


vasopressine, etc.) sont excitateurs ou inhibiteurs ; ce sont des analgésiques 200 fois plus puissants que
la morphine (anti-douleur) ;
III-4- QUELQUES EFFETS DES NEUROTRANSMETTEURS

Ainsi, la dopamine est impliquée dans le contrôle volontaire des mouvements physiques : son défaut,
dans la maladie de Parkinson par exemple, entraîne des difficultés de coordination.

La mélatonine est libérée dans le corps en fonction de l'influence de la lumière : elle contribue à régler
les horloges biologiques internes, fixant notamment les cycles de veille et de sommeil. Voilà pourquoi
cette substance est vendue dans certains pays pour corriger les décalages horaires ou les insomnies.

La sérotonine joue un rôle régulateur dans l'humeur des individus, mais elle influe aussi sur la douleur, la
faim et la pression artérielle. Le Prozac, "pilule du bien être", augmente la concentration de sérotonine.

Le glutamate et l'acétylcholine sont impliqués dans les processus d'attention, de concentration,


d'apprentissage et de mémorisation à court ou à long terme.

Les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer montrent par exemple un faible taux d'acétylcholine
(normalement présente dans 5 à 10% des synapses centrales).

Les endorphines et les enképhalines sont des drogues naturellement sécrétées par le cerveau,
fonctionnant selon le même principe que les opioïdes : elles atténuent la douleur et la tension nerveuse,
provoquant le "nirvana".

IV- DROGUES ET NEUROTRANSMITION SYNAPTIQUE

C’est au niveau des synapses qu’agissent de nombreuses substances thérapeutiques et de nombreuses


drogues. Certaines drogues ou médicaments peuvent altérer le fonctionnement des neurotransmetteurs
:

la morphine est une substance chimique utilisée pour diminuer la douleur des grands malades. Pour
agir, elle « imite » une substance transmise par certains neurones dont le rôle habituel est d'empêcher
la transmission de messages douloureux ;

le curare est une substance chimique extraite d'une plante d'Amazonie et utilisée par les Indiens pour
chasser et tuer du gibier. Elle est utilisée par les médecins, en anesthésie, pour décontracter certains
muscles. Son action s'effectue au niveau de synapses particulières, situées entre les fibres nerveuses et
les fibres musculaires. Le curare bloque la transmission du message en empêchant l'action du
neurotransmetteur.

Les hypnotiques, les tranquillisants, les anesthésiques réduisent la transmission synaptique en


augmentant le seuil d’excitation des neurones alors que la caféine et la nicotine abaissent le seuil
d’excitation et provoquent la facilitation synaptique.

PARTIE III : LES ORGANES DE SENS

Cette partie du cours sera traitée par les étudiants dans le cadre de TPE (travail personnel de l’étudiant)
suivie à la fin d’un résumé de l’ensemble des sujets traités.

QUELQUES CONSIGNES :

1- Les TP (5 séances) et TD aborderont les sujets vus en cours magistral 2- Les TP sont obligatoires et
notés, de même que le CC en fin de cours magistral.
3- La présence est également obligatoire en TPE, car c’est noté

4- Les examens porteront sur tout le programme, CM, TP, TPE et TD

5- L’évaluation sera sous forme de :

Questions à choix multiples

Questions à réponses ouvertes courtes

Questions rédactionnelles et exploitation des documents

6- La Validation de l’UE est obtenue pour une moyenne d’au moins 50% et tiendra compte de

Contrôle continu (devoir surveillé et TP) : 20%

TPE : 10%

Examen de fin de semestre ; 70%.

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