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Les antibiotiques

au naturel
Pascale Gélis-Imbert

Les antibiotiques
au naturel
À mes enfants, Thomas, Lisa et Nicolas,
Que la nature soit, toujours,
un repère pour leur âme.
Sommaire

Préfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Introduction : L
 a résistance aux antibiotiques,
LE défi médical du xxie siècle. 19
Qu’est-­ce que la résistance
aux antibiotiques ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Pourquoi certaines bactéries résistent-­elles
aux antibiotiques ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Enquête sur la résistance aux antibiotiques :
des chiffres alarmants ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Le plan envisagé par les Autorités de santé
face à cette menace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Des solutions simples ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
chapitre  i : 
Les mécanismes de défense
de notre corps. . . . . . . . . . . . . . . 27
Comment se défend notre organisme
face aux agressions extérieures ? . . . . . . . . . . . . 27
Le système immunitaire, une organisation ­clé
de notre santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Quand notre système immunitaire
est affaibli, nos défenses s’amenuisent . . . . . . . . 33
Nos défenses immunitaires se retournent
parfois contre nous . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
En bref… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
chapitre  ii :  Les antibiotiques classiques. . . 51
Les antibiotiques, des tueurs de bactéries . . . . . 51
L’influence du microbiote intestinal
sur notre santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Qu’est-­ce qu’un antibiotique ? . . . . . . . . . . . . . . 60
Les antibiotiques sauvent des vies . . . . . . . . . . . 70
Les antibiotiques classiques
ont-­ils un avenir ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
chapitre  iii :  Les antibiotiques naturels . . . . 77
Le terrain : une notion essentielle
à prendre en compte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
La phytothérapie, une approche
thérapeutique complémentaire . . . . . . . . . . . . . . 142
Les huiles essentielles, de puissantes alliées
contre les bactéries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
Les produits naturels, une solution
contre la résistance aux antibiotiques . . . . . . . . 191
chapitre  iv :  Les traitements naturels pour
combattre les infections virales,
bactériennes et fongiques. . . . . 199
Avant l’hiver, en préventif . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Pendant ou après un traitement . . . . . . . . . . . . . 200
Conseils pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Que faire en cas de grippe pour l’adulte ? . . . . 202
Vaincre naturellement les infections
du système ORL et pulmonaire (adultes) . . . . . 203
Soigner les infections du système digestif
(adultes et enfants) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Soulager les infections urinaires . . . . . . . . . . . . . 212
Traiter les problèmes de la peau
et des muqueuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Conclusion : Les médecines complémentaires
ont de l’avenir !. . . . . . . . . . . . . . 219
Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Table des matières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
Préfaces

En 1975, jeune pharmacien, je me suis essayé à la


vente en officine comme assistant puis comme pro-
priétaire, me permettant ainsi de mieux appréhender
la nouvelle culture pharmaceutique telle que l’on ne
me l’avait pas enseignée durant mon stage de première
année – du temps où celui-­ci durait une année entière.
Ce stage nous donnait l’occasion de « pratiquer »
l’art pharmaceutique consistant à préparer pour
le client toutes sortes de préparations solides ou
liquides incluant les pilules, teintures, pommades et
toutes sortes de préparations traditionnelles. L’on
pouvait personnaliser le remède et l’adapter à la
demande du médecin ou du client lui-­même.
Toutes sortes de maux avaient ainsi l’occasion
d’être éliminés en fonction de l’être humain, dans
une relation de personne à personne, de manière
adaptée et non industrielle. C’était une façon plus
humaine de prendre en compte les besoins de
chacun en ne se contentant donc pas d’une pres-
cription symptomatique générale. Celle-­ci, réputée
valable pour tous –  et parfois nécessaire  –, n’est
pas forcément toujours obligatoire.

11
Face à la non-­possibilité de vivre l’acte pharmaceu-
tique dans toute son honorabilité, je découvris une
voie nouvelle pour moi, plus proche de l’humain
que la simple distribution de remède « tout prêts ».
La voie de la Nature m’ouvrit ainsi ses portes, et
je me tournai alors vers la pratique des plantes
médicinales. Depuis, je ne l’ai jamais quittée  : de
la direction de laboratoires pharmaceutiques de
phytothérapie à l’herboristerie puis à l’enseigne-
ment, de 1973 à maintenant, j’ai pu rencontrer
des milliers de personnes qui m’ont apporté leur
soutien et leur confiance face aux résultats obtenus.
Les enseignants de l’École lyonnaise de plantes
médicinales sont à la fois scientifiques et amoureux
des plantes et œuvrent ensemble depuis de très
nombreuses années. Actuellement, l’école se renou-
velle et se rajeunit dans le choix de ses enseignants.
C’est dans ce cadre que j’ai eu la chance de rencon-
trer Pascale Gélis-­Imbert, docteur en pharmacie,
munie d’une solide base de connaissances et surtout
d’expériences  : sa thèse sur le Phyllantus nuri lui
a permis de terminer brillamment ses études de
pharmacie. Responsable du développement phar-
maceutique chez Arkopharma pendant 12  ans,
elle est aussi spécialiste de médecine traditionnelle
chinoise, approche qu’elle présenta aux Entretiens
de Monaco en 2010. Par la suite, elle se spécialisa
en aromathérapie scientifique et créa la Webflore du
Pays niçois. Auteure de nombreux articles, elle est
aussi conseillère en phyto-­aromathérapie, conféren-
cière, défenseuse de l’écologie environnementale,

12
membre du comité scientifique de Sophia-­Antipolis
(OMNC) pour les médecines non conventionnelles.
Après quelques entretiens avec nos responsables de
l’école, il nous est apparu comme un honneur d’ac-
cueillir Pascale Gélis-Imbert parmi nos enseignants.
Ce livre sur les antibiotiques naturels vient à point à
une époque où l’utilisation abusive de ces merveil-
leux antibiotiques – aussi bien en médecine humaine
que dans bien d’autres domaines  – crée des résis-
tances nombreuses et des allergies parfois mortelles.
Pascale Gélis-­Imbert apporte ici un regard nou-
veau et une réflexion médicale et philosophique
qui doit permettre à chacun de réfléchir et jeter
un regard éclairé sur les dangers encourus dans la
course aveugle contre les microbes. Cette dernière
ne tient pas suffisamment compte des conséquences
perverses et si dangereuses pour notre monde et
les êtres vivants qui le composent.
Le Dr Pascale Gélis-­Imbert apporte des explications
sur la notion de « terrain » et sur l’« immunité »,
qui sont à la base même d’une bonne santé, et
propose des solutions alternatives indispensables
pour qui veut non seulement se protéger et se gué-
rir mais également protéger et guérir la Terre, lieu
et matrice de notre existence. C’est pourquoi en
mon nom et celui de ces futurs lecteurs, je lui dis
merci pour cet ouvrage si bien renseigné.

Patrice de Bonneval
Directeur de l’ELPM, Docteur en pharmacie
et ancien herboriste
« De l’histoire des choses naît la magie ! » me disait
une aromathérapeute avertie. Ni magicien ni méde-
cin, je rappelle à votre bon souvenir que les huiles
essentielles –  et les plantes aromatiques dont elles
sont extraites – ont une histoire avec l’homme, depuis
les temps les plus reculés, qui les a utilisé à des fins
diverses et variées, tantôt dans l’alimentation, souvent
dans la cosmétique, mais surtout dans les soins du
corps… et de l’esprit. L’avènement de la chimie de
synthèse d’où est issue l’antibiothérapie a momentané-
ment détourné l’intérêt pour les essences de plantes.
Pourtant, les Égyptiens utilisaient leurs propriétés
antiputrides et antifermentaires dans leur technique
d’embaumement. Au Moyen Âge, le « vinaigre des
4 voleurs » protégeant les pilleurs de maisons lors
des grandes épidémies de peste n’était autre qu’une
macération de plantes, toutes aromatiques ! Ce fut
une telle révélation à l’époque que la formule de
cette potion magique figura pendant 400 ans dans
la pharmacopée. Aujourd’hui, pourrons-­nous seu-
lement donner la même information à propos des
antibiotiques dont nous savons les jours comptés ?

15
La liste est longue, mais l’important est ce regard
neuf des scientifiques sur les huiles essentielles qui
conquirent le cœur des hommes par leur effica-
cité bluffante sur nombre de pathologies et symp-
tômes les plus variés. La redécouverte, que dis-­je,
la renaissance et la reconnaissance d’une aromathé-
rapie scientifique et médicale ouvrent la porte à de
nombreuses opportunités en infectiologie, que le
germe soit bactérie, virus, champignon ou parasite.
Alors que la recherche scientifique fondamentale
fournit au quotidien de très riches publications
relatant les activités anti-­infectieuses, alors que la
biochimie connue des huiles essentielles livre cha-
cune des molécules pharmacologiquement actives,
alors que les études cliniques évaluant l’efficacité
des huiles essentielles fleurissent dans toutes les
régions du monde, que les risques et les éventuelles
toxicités de ces actifs aromatiques sont clairement
répertoriés, que l’aromathérapie entre dans les
facultés de pharmacie pour y être enseignée, que
le patient demande de plus en plus une alternative
ou un complément naturel aux médications de syn-
thèse régulièrement dévastatrices des fonctions de
l’organisme, alors, alors… qu’attendons-­nous pour
prendre à bras-­le-­corps un chantier innovant qui
viendrait asseoir rationnellement et cartésienne-
ment l’intérêt de l’emploi des huiles essentielles en
infectiologie sur des germes sensibles ou résistants,
en prévention comme en curatif, en complément
ou en alternative, pour l’homme, les animaux ou
les plantes ?

16
Borrelia, HPV, EBV, HSV, MRSA, Plasmodium,
Mycobacterium, Candida, Aspergillus, acariens,
poux, vers intestinaux… sont autant de pathogènes
pour lesquelles la seule chimie de synthèse ne peut
plus garantir une efficacité avérée. C’est que les
pathogènes ont appris à se construire un rempart
ou une carapace pour s’en protéger. Face à un
certain désarroi du patient et du thérapeute, pour-
quoi n’essayerions-­nous pas les belles promesses des
huiles essentielles ? Dans les mains d’un thérapeute
formé, nous ne risquons rien à les utiliser ! Pour-
quoi dès lors s’en priver ? Surtout si la chimie de
synthèse est face à un mur ou en échec. Mais, à
propos, cette résistance développée par les patho-
gènes ne pourrait-­elle pas se trouver aussi vis-­à-­vis
des huiles essentielles ? Si, dans l’état actuel de l’art,
nous ne pouvons pas affirmer que la résistance des
pathogènes aux huiles essentielles est impossible,
celle vis-­à-­vis des antibiotiques s’étend au fil des
années sans que la recherche puisse en bloquer
la progression par quelque nouvelle substance de
synthèse. La lutte contre le monde bactérien rede-
vient une actualité brûlante à la simple lecture des
statistiques du nombre croissant de décès. L’expli-
cation d’une très grande difficulté pour le germe
à créer une résistance reposerait sur le fait que
toute huile essentielle est constituée de centaines
de molécules différentes, alors que le médicament
de synthèse se compose d’une seule molécule, ce
qui offre une réelle opportunité à la bactérie de
développer une résistance efficace.

17
En aromathérapie scientifique, nous parlons d’un
« totum moléculaire », où chacune de ces molécules
possède une action spécifique, propre à elle. Toute
huile essentielle est une synergie d’activités et de
mécanismes d’action souvent très complémentaires.
Une huile essentielle peut ainsi être antivirale et
immunostimulante, tout en étant expectorante et
neurotonique. Autrement dit, une huile essentielle
antivirale (anti-­H1N1, par exemple) est virucide,
mais dans le même temps immunostimulante, tout
en développant une action anticatarrhale. Compre-
nez qu’elle agit sur la cause (virus) et ses symptômes
(catarrhe), mais aussi sur le terrain immunitaire
relevant les défenses naturelles de l’organisme
vivant ! L’approche a de quoi séduire celui qui, en
quête d’une médecine naturelle, aimerait s’ouvrir à
un monde merveilleux : celui des huiles essentielles.
Et si l’infectiologie est le cheval de bataille de cette
aromathérapie scientifique, il faudra encore préci-
ser que la biochimie aromatique côtoie l’énergie
vibratoire et l’information odorante ! Mais cela est
une autre histoire… à suivre !

Dominique Baudoux,
Fondateur et président du Collège international
d’aromathérapie scientifique D. Baudoux,
Président de Pranarôm.
introduction

La résistance aux antibiotiques,


LE défi médical du xxie siècle
Le xxe  siècle fut le siècle de « l’hyper »  : hyper­
spécialisation, hypertension, hyperactif, hyper­
marché, hyperconsommation, hypermédiatisation…
Nous avons créé des besoins sans fin. Actuellement,
nous épuisons nos ressources naturelles, humaines,
économiques et médicales afin de les combler.
Dans le domaine de la santé, la « résistance aux
antibiotiques » est une des conséquences de cette
« boulimie » médicamenteuse, en vue de répondre
à un patient consommateur toujours plus exigeant
et pressé. De nombreux scientifiques décrivent ce
phénomène comme LE défi médical du xxie siècle.
Mais quel est-­il exactement ?

Qu’est-­ce que la résistance


aux antibiotiques ?
La résistance aux antibiotiques est la capacité d’une
bactérie à lutter contre des substances appelées
« antibiotiques », dont le rôle est d’inhiber leur
multiplication (antibiotiques bactériostatiques) ou
de les tuer (antibiotiques bactéricides). La résistance

19
de certaines bactéries aux antibiotiques a donc une
incidence directe sur la guérison de nombreuses
maladies graves d’origine bactérienne, comme la
tuberculose, la pneumonie, la lèpre, la peste, le
choléra, la diphtérie…, ou moins graves, comme
des infections urinaires, pulmonaires ou cutanées.
Les antibiotiques sont, très clairement, les médica-
ments qui ont sauvé le plus grand nombre de vies
dans le monde au cours du dernier siècle.
Comme tous les êtres vivants, les bactéries ou
micro-­organismes s’adaptent afin de résister à des
conditions environnementales hostiles et à certaines
molécules toxiques, dans le seul but de perpétuer
leur espèce. Cette faculté d’adaptation du vivant
explique « l’impuissance » de certains antibio-
tiques vis-­à-­vis de bactéries autrefois « sensibles ».
Elle pourrait être comparée à un phénomène de
« désensibilisation » des micro-­organismes vis-à-vis
des antibiotiques, que les scientifiques ont appelé
« résistance ».

Pourquoi certaines bactéries résistent-­elles


aux antibiotiques ?
La « résistance » des bactéries est donc un phéno-
mène naturel classique qu’elles utilisent, depuis la
nuit des temps, pour lutter contre des molécules
toxiques présentes dans leur environnement. Les
antibiotiques de synthèse ou d’hémisynthèse sont
des « poisons » pour les micro-­organismes. Ils se
sont donc adaptés et modifiés, très certainement par

20
mutations génétiques, pour s’en protéger. Comme
Charles Darwin l’avait exposé en son temps pour
les animaux, la résistance aux antibiotiques est,
assurément, l’œuvre d’une évolution par sélection
naturelle, les médicaments antibiotiques éliminant
toutes les bactéries « sensibles », autrement dit
« faibles ». Les plus « fortes », celles ayant acquis
un « gène de résistance », se sont reproduites en
transmettant ce gène à leur descendance. Natu-
rellement, ces populations de « superbactéries »
supplantent, petit à petit, les populations les plus
« fragiles ».
Cependant depuis quelques années, un recours
abusif, systématique et inapproprié aux antibio­
tiques a accéléré ce phénomène. Diverses études
ont montré que leur utilisation massive sur l’être
humain, les plantes et les animaux influencent for-
tement le nombre d’organismes résistants qui ne
cesse de croître. C’est l’avènement des « hyperbac-
téries » ! L’élevage intensif de porcins, de bovins,
de poissons… est pointé du doigt. Les conditions
déplorables dans lesquelles sont détenus les ani-
maux entraînent un affaiblissement de leur sys-
tème immunitaire. Cette diminution des défenses
de l’organisme est palliée par une surconsommation
d’antibiotiques dont les résidus se retrouvent, a
fortiori, dans la viande, les sols, les nappes phréa-
tiques, les rivières, les océans… Cette contamina-
tion est un désastre sanitaire et écologique sans
précédent.

21
Enquête sur la résistance
aux antibiotiques : des chiffres alarmants !
Constatant l’ampleur du problème et craignant une
« impasse thérapeutique », les Autorités de santé
nationales et internationales s’intéressent, depuis
peu, à l’« antibiorésistance ». Des rapports sont
demandés, des commissions organisées, la résis-
tance aux antibiotiques compromettant la pré-
vention et la guérison d’un nombre croissant de
maladies graves (tuberculose, gonorrhée…), mais
aussi mineures, plus courantes, comme la cystite,
l’angine à streptocoque, la vaginose bactérienne…
De nombreuses infections nosocomiales (contrac-
tées en milieu hospitalier) sont provoquées par
des bactéries devenues très résistantes comme
Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa ou
encore Acinetobacter baumanii, particulièrement
virulentes. On estime qu’actuellement, en France,
plus de 12 500 décès par an sont dus à ce fléau,
ce qui entraîne un « surcoût » de plus de 1,5 mil-
liard d’euros pour les collectivités. Si les pouvoirs
publics ne font rien, l’European Society of Clinical
Microbiology and Infectious Diseases (ESCMID/
Société européenne pour la microbiologie clinique
et les maladies infectieuses) prédit une « apoca-
lypse » d’ici 2025, avec 1 million de morts par an,
en Europe. Tandis que l’Organisation mondiale
de la santé (OMS) annonce qu’en 2050 la résis-
tance aux antibiotiques tuera plus 10  millions de
personnes dans le monde.

22
Selon le Dr  Marc Sprenger, directeur de l’Euro-
pean Center for Disease Prevention and Control
(Centre européen pour la prévention et le contrôle
des maladies) : « la résistance aux antibiotiques est
l’un des défis les plus graves auxquels nous sommes
confrontés ». Dans quelques années, ce fléau fera
plus de ravages que les maladies cardio-­vasculaires,
le cancer, la pollution ou les accidents de la route.
L’OMS signale aussi qu’indirectement ce sont tous
les acquis de la médecine conventionnelle qui pour-
raient être impactés. Les interventions chirurgicales,
les chimiothérapies anticancéreuses, les greffes d’or-
ganes… pourraient voir diminuer considérablement
leurs taux de réussite du fait d’une contamination
bactérienne postopératoire ou post-­thérapeutique
sur des organismes affaiblis. Beaucoup de traite-
ments médicaux classiques pourraient devenir ris-
qués, faute d’une antibiothérapie efficace.
Tous ces effets combinés augmenteront de manière
significative le taux de mortalité dans le monde. Les
pays en voie de développement et les pays indus-
trialisés sont, d’ores et déjà, sur un pied d’égalité
face à cette menace.

Le plan envisagé par les Autorités de santé


face à cette menace
L’apparition constante de nouvelles résistances
dans le monde incite l’OMS à réagir. Elle en appelle
à la responsabilisation de chacun, celle des pou-
voirs publics, du personnel médical, des citoyens et

23
des industries pharmaceutiques. Elle leur demande
de mener des actions concertées et de s’impliquer
de manière significative dans ce combat. Le ren-
forcement de la vigilance, la sensibilisation et la
diffusion de l’information grâce à des campagnes
de publicité telles que « Les antibiotiques, ce n’est
pas automatique », la mise en place de mesures
préventives simples (lavage des mains, aération
régulière des pièces, suivi des protocoles médi-
caux…), l’innovation et la recherche scientifiques
sont autant de facteurs qui peuvent aider à lutter
contre les infections bactériennes.
Toutefois, l’inertie des laboratoires pharmaceu-
tiques, frileux face une diminution annoncée de la
prescription de ces médicaments, donc des profits
financiers, entraîne l’exploration d’autres ressources
scientifiques. L’Innovative Medicine Initiative (Ini-
tiative médicale innovante) a lancé, en mai  2012,
un programme européen de 223  millions d’euros
pour la recherche et le développement de nouvelles
molécules.
L’OMS vient de rédiger un premier rapport qui
propose un plan d’action mondial pour combattre
la résistance aux antibiotiques ; elle l’a présenté, fin
avril 2015, à Genève, à la 68e Assemblée mondiale
de la santé afin de rallier le monde à sa cause, en
annonçant sévèrement « que cette grave menace
n’était plus une prévision mais bien une réalité ».

24
Des solutions simples ?
Peut-­être pas si simples ! Le docteur en biologie,
Xavier Duportet, qui a été récemment élu « inno-
vateur de l’année » par la MIT Technology Review
pour ses travaux sur les antibiotiques de nouvelles
générations, aime rappeler que « la résistance aux
antibiotiques causera 10  millions de morts dans
le monde à l’horizon 2050, soit bien plus que le
cancer. Pour lutter contre ce fléau, nous travail-
lons à mettre au point un antibiotique intelligent,
capable de séquencer le génome de la bactérie pour
la détruire ou bloquer l’expression de certains com-
portements. Nous voulons être les tireurs d’élites
de la microbiologie, là où les antibiotiques actuels
sont des bombes nucléaires qui éradiquent toutes
les bactéries présentes dans le corps, même celles
qui sont utiles… Nous savons aujourd’hui que cer-
taines bactéries jouent un rôle prépondérant dans la
rapidité de croissance d’une tumeur, et aussi dans
le développement de l’autisme chez l’enfant ». Lau-
réat du concours mondial de l’innovation en 2013,
ce scientifique entrepreneur ambitionne de mettre
sur le marché son premier antibiotique d’ici huit
ans, les premiers essais sur la souris ayant donné
des résultats satisfaisants.
Cependant, une démarche préventive pour limiter
la contamination bactérienne est essentielle. Cha-
cun doit être acteur de sa santé en essayant de se
prémunir contre les différents agents pathogènes.
De nombreux scientifiques s’accordent à dire qu’un

25
organisme sain et en bonne santé est à même de
lutter, seul, contre les infections. Toutefois, certains
facteurs extrinsèques et intrinsèques tels que des
conditions atmosphériques rudes, une alimentation
inadaptée ou un état de stress chronique peuvent
l’affaiblir et créer, en son sein, un véritable désé-
quilibre favorable aux attaques bactériennes.
En phytothérapie, on désigne par le terme terrain
(voir chapitre 3) l’ensemble des mécanismes physio-
logiques de rééquilibrage et de régulation du corps.
Quand il est déficient, il faut en prendre soin afin
de soutenir, entre autres, le système immunitaire
(voir chapitre 1).
Les plantes et les huiles essentielles, grâce à leurs
propriétés thérapeutiques, peuvent agir sur le ter-
rain mais aussi directement sur l’immunité en la
stimulant ou sur les agents pathogènes en les détrui-
sant (voir chapitre  3). La phytothérapie et l’aro-
mathérapie sont donc des alternatives intéressantes
à l’antibiothérapie. Elles peuvent être utilisées en
traitement préventif, complémentaire ou parfois
substitutif (voir chapitre 4).
chapitre 1

Les mécanismes de défense


de notre corps

Comment se défend notre organisme


face aux agressions extérieures ?
Le corps humain génère des échanges constants,
qui peuvent être vitaux comme la digestion, la
respiration, ou au contraire pathologiques. Car,
de sa naissance à sa mort, l’être vivant est agressé
en permanence par les assaillants potentiellement
dangereux que sont les virus, les bactéries ou les
parasites… Il a donc développé de véritables straté-
gies de défense afin de lutter contre tout intrus. Il
a mis en place des barrières physiques protectrices
qui sont la peau, les muqueuses, les poils, ainsi
qu’une armée de soldats, des cellules spécifiques
qui vont agir de manière ciblée  : c’est le système
immunitaire.

Le corps, une forteresse


Sous certains aspects, le corps humain peut ressem-
bler à une véritable forteresse aux multiples pièges.

27
Toutes les surfaces en contact avec l’extérieur sont
protégées. La peau et les muqueuses – lorsqu’elles
sont saines  – constituent une excellente bar-
rière physique et chimique  : le sébum, la sueur
et les liquides physiologiques qui les recouvrent
contiennent des substances anti­bactériennes et
antifongiques.
Au niveau du système respiratoire, les poils du
nez agissent comme un filtre grossier ; le mucus
sécrété au niveau des poumons piège la plupart
des pathogènes qui sont ensuite expulsés par les
nombreux cils vibratils présents dans les bronches.
C’est le phénomène d’expectoration.
Le tube digestif contient aussi son lot de guets-­apens.
Par exemple, la salive et l’acide chlorhydrique gas-
trique tuent la majorité des microbes ingérés tout
en préservant les bactéries commensales.
Au niveau du système génito-­urinaire, le pH acide
du vagin, sa flore et ses sécrétions font partie d’un
arsenal de défense contre les infections. Le flux
de l’urine, de la vessie au méat urinaire, dimi-
nue le risque de pénétration de microbes dans
l’organisme.

Jusqu’à la réaction inflammatoire…


Tous les accès, de l’extérieur vers l’intérieur de
l’organisme, sont donc naturellement sécurisés,
protégés. Cependant, la peau peut être lésée, et le
corps affaibli à cause d’agents physiques rigoureux
(le froid, la chaleur, le vent…), d’agents chimiques

28
toxiques (des toxines, certaines molécules médica-
menteuses, des pesticides…). C’est à ce moment-­là
qu’intervient le « SAMU » de l’organisme qu’est
la réaction inflammatoire.
La réaction inflammatoire est une réponse physio-
logique visant à isoler, à inactiver et à éliminer un
agent pathogène. Elle a pour but de restaurer un
tissu abîmé, préparant le terrain de la guérison.
Elle est caractérisée par quatre symptômes qui
apparaissent simultanément –  la rougeur, la cha-
leur, la tuméfaction et la douleur – et par la pré-
sence de soldats « gloutons » que sont les cellules
phagocytaires de défense – les macrophages et les
neutrophiles – qui « avalent » tous les corps étran-
gers à l’organisme. Ces quatre réactions ont toutes
un intérêt physiologique important au niveau de
l’asepsie et de la réparation du système cutanéo-­
muqueux. La rougeur est due à une augmenta-
tion du flux sanguin ; le sang apporte l’oxygène
et les nutriments indispensables à la multiplication
rapide des cellules afin de réparer le tissu lésé.
La chaleur inhibe la croissance des pathogènes
et favorise l’activité des cellules phagocytaires.
L’œdème, ou tuméfaction, permet le drainage et
l’évacuation des cellules mortes et des toxines ; il
protège le site inflammatoire. La douleur quoique
désagréable est une alarme. Elle a aussi un rôle
protecteur au niveau de la plaie. Le phénomène
inflammatoire peut être aigu, de courte durée ou
chronique. Sa chronicité peut entraîner de véri-
tables traumatismes à long terme. L’inflammation

29
est un mécanisme de défense superficiel et non
spécifique car elle est déclenchée par des menaces
extrêmement diverses. Quand son action n’est pas
suffisante, que les macrophages sont débordés,
c’est le puissant système immunitaire qui prend
le relai.
La réponse immunitaire est, elle, spécifique, c’est-­à-­
dire qu’elle répond uniquement à la présence d’un
antigène dans l’organisme. Les antigènes sont des
molécules, de nature protéique, reconnues comme
étrangères par des cellules ; on peut dire que ce
sont des marqueurs d’agents étrangers. Ils sont
présents lors de toute contamination, qu’elle soit
microbienne, toxique ou pathologique de type can-
cer. La grande différence entre les mécanismes de
défense généraux et la réponse immunitaire est que
cette dernière développe une mémoire immuno­
logique permettant une réponse plus rapide et plus
puissante lors d’expositions répétées à un même
antigène.

Le système immunitaire,
une organisation clé de notre santé
Le système immunitaire est caractérisé par la
présence d’un type de cellules particulier que
sont les leucocytes. Ces globules blancs naissent
dans la moelle rouge des os. Une fois libérés, ils
se transforment en granulocytes, en monocytes
(macrophages) et en lymphocytes NK, T ou B.

30
Les lymphocytes NK, appelés « cellules tueuses
naturelles » ou encore cellules « NK » (natural
killer cells), surveillent tout le corps humain en le
parcourant à la recherche de cellules anormales,
infectées ou cancéreuses, afin de les tuer.
La maturation des lymphocytes T s’effectue dans
le thymus, glande située à la base du cou entre les
deux poumons, tandis que celle des lymphocytes B
a lieu dans la moelle osseuse. Ces cellules immu-
nitaires matures ne sont programmées que pour
reconnaître un seul type d’antigène. Par exemple,
le lymphocyte T produit pour reconnaître l’anti-
gène de la tuberculose ne réagira pas à celui de
la varicelle. Il s’agit de cellules très spécifiques.
Quand un antigène pénètre dans le corps, il est
phagocyté par des macrophages qui le digèrent et
le présentent aux lymphocytes T. Dès le premier
« contact », les lymphocytes T se multiplient et se
différencient, dans la circulation générale, en quatre
types de cellules :
•• les lymphocytes T cytotoxiques – ils se lient à
l’antigène et détruisent les macrophages por-
teurs de l’antigène en libérant de puissantes
toxines ;
•• les lymphocytes T auxiliaires – ils produisent
des cytokines qui stimulent les macrophages,
les lymphocytes T cytotoxiques et les lympho-
cytes B ;
•• les lymphocytes T suppresseurs – ils mettent
fin à la réponse immunitaire quand le danger
est passé ;

31
•• les lymphocytes T à mémoire – ils survivent
après l’arrêt de la réponse immunitaire et
alimentent l’immunité en ayant une longue
durée de vie.
On dit que les lymphocytes T sont responsables
de l’immunité à médiation cellulaire car ils ne
réagissent qu’à un antigène présenté par l’inter-
médiaire d’une cellule. Les lymphocytes B, eux,
gèrent l’immunité à médiation humorale ; ils se
lient directement aux antigènes par l’intermédiaire
d’anticorps encore appelés « immunoglobulines »
(Ig). Puis ils grossissent et se divisent en deux types
de cellules :
•• les plasmocytes – ils sécrètent des anticorps
ou immunoglobulines (Ig) en grande quantité
qui se lient aux antigènes et les neutralisent
en formant un complexe antigène-­anticorps
appelé « complexe immun » ; les immuno-
globulines sont de 5 types (IgA, IgD, IgE,
IgG et IgM) ;
•• les lymphocytes B à mémoire – elles survivent
longtemps après leur rencontre initiale avec
l’antigène et répondent rapidement à une
nouvelle attaque, comme les lymphocytes T
à mémoire.

32
En résumé
Lorsqu’un antigène pénètre dans l’organisme, les
lymphocytes T cytotoxiques se multiplient et tuent
les macrophages (voir définition p.  226) porteurs
de cet antigène, tandis que les lymphocytes T auxi-
liaires libèrent des cytokines qui stimulent à la fois
la prolifération de lymphocytes T cytotoxiques et
de lymphocytes B. Les lymphocytes B se transfor-
ment en plasmocytes qui sécrètent des anticorps. Les
anticorps se lient aux antigènes et les neutralisent.
L’action combinée des lymphocytes T cytotoxiques
et des anticorps permet l’éradication de l’antigène,
donc de l’infection. La réponse immunitaire est un
phénomène physiologique complexe, efficace et
spécifique.

Quand notre système immunitaire


est affaibli, nos défenses s’amenuisent
Le cas des maladies infectieuses
Comme nous l’avons vu précédemment, le corps
humain possède un puissant dispositif pour se
défendre contre toutes les attaques, qu’elles soient
bactériennes, virales, fongiques, parasitaires…
Lorsque l’organisme fonctionne correctement, il
est à même de lutter, seul, contre la plupart des
agents microbiens. Cependant, il peut être affaibli,
lésé et laisser la porte ouverte aux agents infectieux.
Les pathogènes pénètrent alors dans l’organisme,
s’y multiplient : c’est l’état pathologique.

33
Depuis de nombreuses années, la recherche scienti-
fique et l’industrie pharmaceutique ont mis au point
des médicaments capables de soigner les infections
bactériennes et fongiques ; ce sont respectivement
les antibiotiques et les antifongiques. Mais à l’heure
actuelle, aucun principe actif n’éradique un virus,
aucun médicament ne soigne une maladie d’ori-
gine virale comme la grippe, la majorité des gastro-­
entérites, les hépatites, le sida… Seuls les vaccins
permettent de s’en prémunir.
Les maladies infectieuses sont plus ou moins
contagieuses, transmissibles. Elles se propagent de
manière directe par contact entre deux individus ou
de manière indirecte. La contamination directe se
fait essentiellement par voie aérienne, par l’intermé-
diaire de postillons (grippe, rougeole…), mais aussi
par voie sanguine, sexuelle (sida, hépatites…) ou
cutanée (scarlatine, herpès…). Les contaminations
indirectes se font par la présence d’un intermédiaire
jouant le rôle de transporteur de germes ; ce vec-
teur peut être un vêtement, un aliment (toxoplas-
mose…), des eaux usées (choléra…), ou encore un
animal (paludisme).

Une question de prévention


La contagion, plus ou moins facile, de certaines
maladies incite à penser que la prévention est pri-
mordiale dans ce type de pathologies. Des actions
simples peuvent sauver des vies, comme « mettre
sa main devant la bouche » en cas de toux ou

34
d’éternuement, le lavage systématique des mains,
l’emploi de matériel aseptisé en cas d’injection ou
d’intervention chirurgicale, l’utilisation de préser-
vatifs lors de rapports sexuels, l’aération d’une
pièce, l’assainissement de l’air grâce à des huiles
essentielles, la collecte des eaux usées, la mise à
l’égout, l’élimination des vecteurs (moustiques pour
le paludisme…).
Cependant, il est aussi important de réaliser que la
majorité des personnes en contact avec un microbe
ne développeront pas la maladie car leur organisme
peut lutter grâce à un « terrain » physiologique sain.
Les médecins s’accordent sur le fait qu’une per-
sonne est malade quand sa résistance physique est
affaiblie, que son système immunitaire est déficient
à cause d’une pathologie grave comme le sida, le
cancer, ou d’un traitement médicamenteux, mais
aussi en raison d’un mode de vie à risque comme
l’alcoolisme, la toxicomanie, la malnutrition, ou de
l’âge (les enfants et les personnes âgées étant plus
sensibles que la moyenne de la population). On
peut ajouter à ces facteurs à risque la fatigue, le
stress chronique ou encore un déséquilibre éner-
gétique de l’organisme.

En conclusion, pour lutter contre les maladies


infectieuses, il faut, avant tout, avoir une démarche
préventive en respectant certaines consignes
simples, en prenant soin de soi, de son « ter-
rain » et en pensant, au besoin, à stimuler son
système immunitaire grâce à des plantes ou des

35
huiles essentielles (voir chapitre 4). Toutefois, si
comme nous l’avons vu un individu est vraiment
affaibli et que son organisme ne peut pas résister
à une contamination bactérienne, un traitement
antibiotique sera nécessaire… Et pourquoi pas
naturel (voir chapitre 4) ?

Le sida
Le sida (syndrome d’immunodéficience acquise) est
dû à la contamination d’un organisme par le virus
de l’immunodéficience humaine (VIH). Le VIH
est un rétrovirus à ARN (acide ribonucléique), ce
qui en fait un virus particulièrement complexe et
virulent.

À savoir
La plupart des micro-­organismes possèdent une
molécule d’ADN (acide désoxyribonucléique) sur
laquelle est inscrit leur génome, qui sera transcrit
sous la forme d’une molécule d’ARN pour, entre
autres, synthétiser des protéines. Le virus du sida,
lui, a ses gènes inscrits sur une molécule d’ARN, et
grâce à la présence d’une enzyme appelée « trans-
criptase inverse », il peut « rétrotranscrire » son
ARN en ADN et l’incorporer à l’ADN des cellules
hôtes que sont, principalement, les cellules du sys-
tème immunitaire. Cependant, lors de ce type de
transcription « ARN-­ADN », les mutations géné-
tiques sont fréquentes, ce qui rend l’élaboration
d’un vaccin particulièrement difficile.

36
La contamination par ce virus se fait principa-
lement par voies sanguines et sexuelles. Il est
transmis, d’un individu à l’autre, par l’intermé-
diaire d’aiguilles contaminées, notamment chez
les toxicomanes, lors de rapports sexuels, mais
aussi de la mère à l’enfant par voie placentaire
ou pendant l’accouchement. Ce virus est présent
dans de nombreux liquides physiologiques tels
que le sang, le plasma, le liquide cérébrospinal, le
lait maternel, les larmes, le sperme, les sécrétions
utérines, l’urine…
Quand le virus du sida pénètre dans l’organisme, il
infecte les cellules du système immunitaire présen-
tant dans leur membrane un récepteur protéique
appelé « CD4 ». Ces cellules sont principalement
les lymphocytes T, mais également les monocytes,
les macrophages et certains lymphocytes B. Quand
il y a contamination, tout le système immunitaire est
altéré, affaibli, d’où le développement d’infections
opportunistes diffuses et récurrentes dues à des
microbes pouvant, pourtant, avoir un faible pou-
voir pathogène. Leurs manifestations apparentes
sont souvent des pneumonies, des méningites,
des infections digestives (nausées, diarrhées…),
des affections cutanées (eczéma, psoriasis, impé-
tigo, verrues…), des adénopathies, mais aussi le
développement de tumeurs malignes telles que les
lymphomes et le sarcome de Kaposi.

37
À savoir
La maladie de Kaposi est caractérisée par l’appa-
rition de tumeurs cutanées violacées ou brunâtres
qui peuvent atteindre les muqueuses et les viscères,
ce qui en fait une pathologie grave.

Le sida est une maladie virale complexe. Les


malades n’en meurent pas directement. Ils décèdent
des infections contractées à cause de la déficience
de leur système immunitaire.
Cette maladie ne se soigne pas. Les médicaments
anti-­HIV ne tuent pas le virus, ils l’empêchent de
proliférer, et en diminuent le taux dans le sang.
Tous les porteurs du virus sont donc contagieux.
Seule la prévention est efficace pour ne pas tom-
ber malade. Pour éradiquer cette maladie virale,
on peut uniquement espérer la mise sur le marché
d’un vaccin. À l’heure actuelle, il est en cours
de développement, les premiers essais cliniques
de phase I (test d’innocuité) doivent être réalisés
sur 400 volontaires sains. Notons que la prescrip-
tion d’un « médicament préventif », la « Prep »,
commercialisé aux États-­Unis depuis juillet 2012,
vient d’être autorisée en France comme « pro-
phylaxie de pré-­exposition ». C’est une méthode
médicale qui consiste à donner un traitement
connu à des personnes saines dans un but pré-
ventif. On agit de la sorte avec le paludisme.
En attendant un vaccin, seules les méthodes
prophylactiques sont efficaces  : l’utilisation de

38
préservatifs, de seringues stériles… reste la meil-
leure protection anti-­HIV.

Le cancer
Le cancer (ou tumeur maligne) est une prolifération
anarchique de cellules dont le matériel génétique
a subi des altérations ou des mutations. Les plus
gros risques liés à la présence de tumeurs cancé-
reuses sont qu’elles peuvent endommager les tissus
voisins ou disséminer leurs cellules « hyperactives »
dans tout le corps ; c’est ce qu’on appelle des
« métastases ».
Beaucoup de causes peuvent être à l’origine d’un
cancer  : des facteurs génétiques, hormonaux,
environnementaux, physiques, chimiques, alimen-
taires… soit des agents externes assez puissants
pour pouvoir pénétrer dans l’organisme, puis dans
les cellules et causer des dommages irréversibles
sur leur matériel génétique.

Un traitement ?
La stimulation du système immunitaire
Quand on réalise que les cellules cancéreuses sont
des cellules mutantes, donc différenciées, on pense
immédiatement à l’intervention du système immu-
nitaire et de son armée de soldats très spécialisés.
Car ces cellules mutantes présentent souvent, à leur
surface, des marqueurs inhabituels : des antigènes
du « non-­soi ». Elles sont donc reconnues par les

39
lymphocytes NK qui les tuent. Cependant, de nom-
breuses cellules cancéreuses parviennent à échapper
à la surveillance du système immunitaire et à se
développer. Elles deviennent totalement invisibles.
Le principal mécanisme à l’origine de ce phéno-
mène est la « non-­reconnaissance » de ces cellules
mutantes par les lymphocytes. Dans certains cas,
pour différentes raisons, elles ne présentent pas
d’antigène du « non-­soi » à leur surface, ou pas
assez pour activer le système immunitaire. Nous
sommes, là aussi, devant un mécanisme de sélection
naturelle. Ces cellules différenciées « hyperactives »
se développent plus rapidement, aux dépens des
cellules saines, et deviennent vite plus nombreuses,
submergeant les défenses de l’organisme.
Dans d’autres cas, un phénomène digne d’un film
de science-­fiction peut se produire  : la tumeur
génère, autour d’elle, un micro-­environnement
immunosuppresseur, une bulle de non-­droit pour
les cellules du système immunitaire qui les empêche
d’agir. Toutes ces « superstratégies » permettent à
la tumeur de se développer en toute illégitimité.
Dans le cas du cancer, nous sommes les témoins
impuissants de la « diabolisation » d’un des phé-
nomènes physiologiques les plus classiques qu’est
la division cellulaire : la tumeur cancéreuse est due
à une hypermultiplication des cellules de notre
organisme. Fort heureusement, des traitements
existent : la chirurgie, la chimiothérapie, la radio-
thérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie…
Cette dernière consistant à stimuler le système

40
immunitaire pour qu’il joue son rôle de défenseur
de l’organisme. Ce traitement est notamment utilisé,
avec succès, dans des cas de cancers de la peau
(mélanome). Les premiers résultats encourageants
de cette thérapeutique ont totalement modifié
la perception de la maladie  : elle est désormais
appréhendée comme une maladie de l’organisme
et du système immunitaire et non plus uniquement
comme un dysfonctionnement génétique.
Comme dans toute maladie immunitaire, la pré-
vention est essentielle, les traitements anticancé-
reux étant très lourds et leurs effets secondaires
dévastateurs. De nombreux facteurs sont propices
au déclenchement de la maladie (substances can-
cérogènes). Nous en citerons quelques-­uns que
l’on peut éviter ou limiter facilement  : « l’hyper­
consommation » d’alcool, de tabac, de viande
rouge, « l’hyperexposition » au soleil, aux pesti-
cides, sans parler de l’amiante, du benzène, de la
radioactivité… Le cancer est très certainement l’une
des maladies qui symbolise le mieux notre société
de « l’hyper ».
La phytothérapie et l’aromathérapie peuvent aider
les patients atteints d’un cancer, en complément
d’un traitement classique, pour en diminuer les
effets secondaires ou gérer l’anxiété, l’insomnie, les
nausées que génèrent la maladie ou les traitements…
Par exemple, les huiles essentielles de Melaleuca,
comme l’arbre à thé ou le niaouli, peuvent prévenir
des lésions cutanées dues à la radiothérapie. Cer-
taines plantes hépato-­protectrices peuvent soutenir

41
le foie. Cependant, avant de prendre des produits
naturels, il est vivement conseillé d’en parler à
son médecin oncologue, l’automédication pouvant
s’avérer dangereuse en cas de pathologies graves.
En effet, certaines plantes peuvent avoir des inter­
actions avec des médicaments ou autres, et sont
donc à proscrire. On peut citer le curcuma, le gin-
seng, le pamplemousse. Pour les cancers hormono-­
dépendants, comme certains cancers du sein, les
plantes ou les huiles essentielles « oestrogen-­like »
(le soja, le trèfle rouge, l’huile essentielle de sauge
officinale ou sclarée) ne pourront être prescrites
que sous la responsabilité d’un médecin oncologue
ou d’un gynécologue.

Nos défenses immunitaires


se retournent parfois contre nous
Les allergies
L’allergie est une réponse puissante, excessive,
du système immunitaire, due à la présence, dans
l’organisme d’un antigène appelé « allergène »,
habituellement inoffensif (pollen, squames
d’animaux, acariens…). Le système immunitaire
détecte un allergène tandis que les « cellules
mémoires » l’identifient et le mémorisent. Lors
d’expositions ultérieures, l’individu « sensibilisé »
édifie une réponse immunitaire totalement dis-
proportionnée avec libération d’histamine par les
globules blancs basophiles. Ce neuromédiateur

42
entraîne une série de symptômes souvent bénins
comme l’écoulement de nez, le picotement des
yeux, le prurit… mais parfois mortels comme le
choc anaphylactique (constriction des bronches,
vasodilatation, augmentation de la perméabilité
membranaire).

Il existe quatre mécanismes de réaction


d’hy­persensibilité1 :
•• anaphylactique de type I – les individus ont,
« génétiquement », un taux d’IgE particuliè-
rement élevé qui les rend « hyperréactifs » ;
•• cytotoxique de type II –  les anticorps ou
immunoglobulines (Ig) sont dirigés contre des
antigènes appartenant à l’individu ; ce sont les
maladies auto-­immunes  ;
•• par l’intermédiaire de complexe immun de
type III –  les complexes antigène-­anticorps
(complexes immuns) n’étant pas éliminés effi-
cacement dans le sang par « phagocytose » (ce
qui signifie qu’aucune cellule ne les « mange »),
ils se concentrent dans les reins, la peau, les
articulations… et y déclenchent une réaction
inflammatoire ;
•• retardée de type IV – les lymphocytes T cyto-
toxiques sont produits en trop grande quantité
et lèsent les tissus normaux ; c’est le cas de
l’eczéma de contact.

1.  Anne Waugh et Allison Grant, Anatomie et physiologie nor­


males et pathologiques, éd. Elsevier Masson.

43
Que faire en cas d’allergie ?
La première démarche à mettre en place en cas
d’allergie est d’identifier l’allergène et d’éviter tout
contact avec lui quand cela est possible. Ensuite,
si besoin est, des traitements préventifs et des
traitements symptomatiques sont proposés. La
désensibilisation – appelée aussi « immunothérapie
spécifique » ou « vaccinothérapie des allergies » –
s’attaque à la cause du problème qui est « l’hyper-
sensibilisation » de l’organisme. Elle consiste donc
à le rendre moins sensible à un allergène donné en
inoculant celui-­ci sous forme très purifiée et par
doses croissantes. Le patient « désensibilisé » pré-
sentera alors des réactions allergiques beaucoup plus
modérées en présence du ou des allergènes auxquels
il était hypersensible. Ce traitement fait appel à la
mémoire immunologique de l’organisme, une carac-
téristique essentielle de notre système immunitaire.
Il existe des médicaments qui permettent de
soulager les symptômes de l’allergie tels que les
corticoïdes ou anti-­inflammatoires stéroïdiens, les
antihistaminiques et, parfois, en cas d’urgence,
l’adrénaline. Mais hélas, ils présentent des effets
secondaires non négligeables.
Le phyto-­aromathérapeute aura une approche
différente de l’allergie. Il y voit, principalement,
un déséquilibre du système digestif et du système
immunitaire. Il travaillera de concert avec un nutri-
tionniste. Il conseillera des feuilles de plantain lan-
céolé, des bourgeons de cassis, de la fumeterre, du

44
romarin, des huiles essentielles de ciste ladanifère,
de thym à feuilles, de sarriette, mais aussi d’estra-
gon, de tanaisie, de matricaire (voir chapitre  3),
jusqu’à trouver un équilibre qui permettra de sou-
lager le patient.

Les maladies auto-­immunes


Le fait que l’organisme ne développe pas d’immu-
nité contre ses propres cellules est dû à un équilibre
délicat entre l’expression de la réaction immuni-
taire et sa suppression. La perturbation de cet
équilibre peut entraîner l’apparition de maladies
auto-­immunes. Parfois l’organisme ne reconnaît
pas ses propres tissus et les détruit, c’est la réaction
d’hypersensibilité de type II vue précédemment.
Le corps agit contre lui-­même.
Les affections auto-­immunes sont relativement fré-
quentes et nombreuses. Nous n’en citerons que
quelques-­unes :
•• l’arthrite rhumatoïde –  l’organisme produit
des anticorps contre la membrane synoviale,
ce qui entraîne une inflammation des articu-
lations de la main, des poignets, des genoux,
qui se déforment ;
•• la spondylarthrite ankylosante – il s’agit d’une
inflammation chronique qui atteint surtout la
colonne vertébrale et le bas du dos ;
•• la maladie d’Hashimoto – l’organisme produit
des anticorps contre les cellules de la thyroïde
(hypothyroïdie) ;

45
•• la maladie de Basedow –  l’organisme pro-
duit des anticorps qui stimulent la thyroïde
(hyperthyroïdie) ;
•• l’anémie hémolytique auto-­immune –  l’orga-
nisme produit des anticorps contre ses propres
globules rouges conduisant à une anémie
hémolytique ;
•• la myasthénie –  l’organisme produit des anti-
corps qui se lient aux récepteurs de l’acétylcho-
line situés à la jonction des nerfs et des muscles ;
la transmission des informations aux muscles
via le système nerveux est alors bloquée ;
•• le diabète de type I ;
•• les maladies cœliaques ;
•• le lupus érythémateux…

Comment traiter le phénomène inflammatoire ?


Ces maladies dites « auto-­immunes » ont pour point
commun le phénomène inflammatoire. Toutefois,
les scientifiques ne savent pas, avec certitude, com-
ment et pourquoi elles apparaissent. Différentes
pistes sont étudiées très sérieusement  : une pré-
disposition génétique, la chronicité d’infections,
des déséquilibres hormonaux, l’alimentation, le
stress, le sommeil, les polluants (pesticides, métaux
lourds…).
Dans ce cas aussi, des mesures préventives peuvent
être envisagées, le terrain doit être avant tout choyé.
Notre alimentation, notre sommeil, notre stress
doivent être gérés avec soin (voir chapitre 4).

46
Les médecins désemparés face à ce type de patho-
logies ont recours à des médicaments qui soulagent
les symptômes de la maladie tels que les corticoïdes,
les anti-­inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les
antirhumatismaux…
Le phyto-­aromathérapeute va, avant tout, s’occu­
per du terrain. Il sollicitera l’aide d’un nutrition-
niste, et parfois celle d’un kinésithérapeute, d’un
ostéopathe ou d’un psychologue. Son protocole
de soin sera donc systémique et local. Il agira en
rééquilibrant l’organisme et en soulageant les symp-
tômes du patient.
Il est intéressant de rappeler que l’aspirine (acide
acétylsalicylique) est d’origine végétale comme 70
à 80 % des médicaments. L’écorce de saule blanc
(Salix alba L.) et les sommités fleuries de la reine-­
des-­prés (Spirea ulmaria L.) contiennent des dérivés
salicylés tels que l’alcool salicylique, le salicylate de
méthyle… Il en est de même pour l’huile essentielle
de gaulthérie couchée. Le thérapeute pourra ainsi
soulager la douleur grâce à des massages et des
bains aromatiques. Dans ce cas précis, la synergie
de l’alimentation, des plantes et des huiles essen-
tielles donne de bons résultats au niveau du « bien-­
être global » du patient.

Le cas particulier des prothèses


Au vu du système de protection perfectionné de
l’organisme, on peut se poser la question du cas
particulier des prothèses. Qu’elles soient situées au

47
niveau de la hanche, de la trachée ou des seins, les
prothèses en acier inoxydable, en alliage à base de
titane, en céramique ou les implants mammaires
en silicone ne sont pas rejetés par l’organisme
comme c’est le cas des organes greffés. Leur « invi-
sibilité immunitaire » est due au fait qu’elles sont
faites en matériaux inertes, très bien tolérés par
l’organisme. Cependant, des études scientifiques
commencent à révéler que certaines prothèses de
mauvaise qualité relarguent des micro-­ou nano-
particules qui peuvent entraîner des réactions
de l’organisme comparables à des intoxications,
des allergies, voire des réactions auto-­immunes…
Des recherches épidémiologiques sont en cours
afin de confirmer ou d’infirmer l’impact de ces
prothèses dans certaines réactions systémiques de
l’organisme.

En bref…
Le corps humain a été conçu pour résister à l’at-
taque et à l’invasion de toutes sortes d’éléments
étrangers. Il est doté de barrières physiques,
d’agents chimiques, de cellules spécifiques, afin
de tuer tous les micro-­organismes venus l’importu-
ner. Dans ce panel impressionnant de défenses, le
système immunitaire joue un rôle particulièrement
important. Il est capable de garder en mémoire
l’empreinte du passage d’un antigène pour réagir
le plus rapidement possible, défendre l’organisme
et le maintenir en vie.

48
Toutefois, comme nous le verrons ultérieurement,
il est intimement lié au système nerveux, au sys-
tème hormonal et à la disposition psychologique du
patient. Il est donc très sensible à toutes les varia-
tions physiologiques, qu’elles soient stimulantes
ou, au contraire, calmantes, ainsi qu’aux variations
ou aux contaminations environnementales. Il peut
aussi être « déficient » ou « hyperactif », d’où l’ap-
parition de nombreuses maladies directement liées
à son état. Une équipe de chercheurs de l’Univer-
sité de Chicago conduite par le professeur John
Cacioppo vient de mettre en évidence un lien entre
l’isolement social d’un individu et l’affaiblissement
de son système immunitaire, notamment chez les
personnes âgées.
Tout cela met en exergue la « sensibilité », la « fra-
gilité » des défenses de l’organisme, même si elles
se révèlent, dans bien des cas, exceptionnellement
performantes. Cette vulnérabilité ouvre la porte aux
bactéries, aux virus et autres agents pathogènes qui
peuvent tuer un organisme vivant. Fort heureuse-
ment, de nombreuses substances antibactériennes
existent, on les appelle des « antibiotiques ».
chapitre ii

Les antibiotiques classiques

Les antibiotiques, des tueurs de bactéries


Qu’est-­ce qu’une bactérie ?
Les bactéries sont des êtres vivants, unicellulaires,
microscopiques, qui évoluent dans tous les bio-
topes terrestres, tels que les sols, les eaux douces,
marines ou saumâtres, l’air… mais aussi au sein de
notre organisme. Elles ont la particularité de pou-
voir coloniser des milieux extrêmes, par exemple
riches en soufre, très froids ou très chauds… Cer-
taines ont besoin d’oxygène pour se développer,
on les nomme « bactéries aérobies », tandis que
d’autres peuvent s’en passer, ce sont les « bactéries
anaérobies ».
Les bactéries sont constituées d’une cellule qui
se présente sous différentes formes  : sphériques
(coques ou cocci), en bâtonnets (bacilles), plus
ou moins spiralées… Elles ont une structure très
simple. Elles sont composées principalement d’une
paroi qui définit leur forme, d’une membrane cyto-
plasmique permettant de préserver le milieu inté-
rieur de la cellule (ou cytoplasme), d’une molécule

51
d’ADN support du génome (pas de noyau) et de
ribosomes, organites intracellulaires indispensables
à la synthèse des protéines. Elles peuvent parfois
posséder une capsule ou un flagelle… Malgré cette
simplicité morphologique apparente, elles pos-
sèdent une certaine autonomie et un métabolisme
qui leur est propre. Comme tous les êtres vivants,
elles « naissent », se reproduisent, se nourrissent
et meurent.
Partout sur Terre, il existe de « bonnes » bacté-
ries, utiles à l’homme et indispensables à sa vie,
et de « mauvaises » bactéries, qui sont précurseurs
de pathologies. L’être humain a appris à se servir de
certains micro-­organismes comme les levures pour
fabriquer du vin, de la bière, du pain, ou comme
les bactéries lactiques utilisées dans les produits
laitiers, carnés… Les levures sont responsables d’un
phénomène physico-­chimique bien connu : la fer-
mentation, mise en évidence au xixe siècle par Louis
Pasteur, et utilisée couramment de nos jours par
l’industrie agroalimentaire. Chacun d’entre nous
abrite des millions de bactéries. La plupart d’entre
elles colonisent, en toute quiétude, tous nos sys-
tèmes organiques, mais elles peuvent, dans certains
cas, engendrer une pathologie. En revanche, les
« mauvaises bactéries » ou « bactéries pathogènes »
génèrent, systématiquement, des maladies infec-
tieuses qui peuvent être plus ou moins graves.
L’étude des bactéries s’appelle « la bactériologie »
et fait partie d’une matière plus générale, la micro-
biologie, conçue par Louis Pasteur. Il est important

52
de s’y intéresser car chacun de nous vit en contact
permanent avec des bactéries commensales, des
bactéries saprophytes et des bactéries pathogènes.
Mais que sont-­elles exactement ?

Les bactéries commensales


Ce sont des bactéries qui se nourrissent des mêmes
aliments que leur hôte. Elles colonisent la peau et
les muqueuses de tous les organismes sains. Ces
colonies de bactéries constituent la « flore rési-
dente » de l’être humain ; on a donc une flore
cutanée, une flore du système respiratoire supé-
rieur, une flore digestive et une flore génitale. Ces
bactéries sont extrêmement nombreuses  : on en
dénombrerait environ 10 000 par centimètre carré
de peau, 100  millions par millilitre de sécrétions
pharyngées, et on estime que 100 000 millions (1011)
de bactéries par gramme – soit 100 000 milliards de
bactéries – peuplent notre tube digestif… Sachant
que le corps contient 10 000 milliards de cellules,
nous aurions 10 fois plus de cellules bactériennes
que de cellules humaines… Ces données datent
des années 1970. Une étude très récente réalisée
par deux chercheurs, Ron Milo et Ron Sender, de
l’Institut des sciences Weiman, tendrait à diminuer
ce ratio qui serait désormais de l’ordre de 1. Nous
aurions donc autant de cellules bactériennes que de
cellules humaines. Ces chercheurs émettent l’hypo-
thèse que la quasi-­totalité des bactéries intestinales
se trouvent dans le côlon ; la densité de population

53
bactérienne de 1011 ne concernerait, donc, que
cette partie de notre tube digestif. Toutefois, ces
chiffres laissent rêveur… Nous pouvons presque
dire que nous sommes des « hôtels » à bactéries
avec lesquelles nous vivons, la plupart du temps,
en parfaite symbiose. Le vivant rappelle toujours le
principe des poupées russes. Tout microcosme vit
en parfaite harmonie à l’intérieur d’un macrocosme,
en respectant un équilibre fragile propre à chacun.
Dans notre corps, les bactéries commensales
jouent un rôle très important que les scientifiques
découvrent petit à petit. Elles participent au maintien
de notre état de santé, en préservant une certaine
stabilité physiologique et physico-­chimique de l’orga-
nisme. Elles synthétisent des vitamines, participent à
la décomposition des aliments et à l’absorption des
nutriments, empêchent la prolifération anarchique
de toutes sortes de bactéries, dont des bactéries
opportunistes potentiellement dangereuses comme
le staphylocoque doré ou les streptocoques…

Les bactéries saprophytes


Ce sont des bactéries qui se nourrissent de matières
organiques en décomposition. On les trouve le plus
souvent dans la nature, l’air, l’eau, le sol… Leur
vie est indépendante d’une présence animale ou
humaine. Cependant, leur rôle est vital : elles parti-
cipent au cycle de dégradation de la matière. Elles
peuvent être présentes, transitoirement, à la surface
de la peau et des muqueuses des êtres humains

54
chez lesquels elles n’induisent normalement aucune
pathologie.

Les bactéries pathogènes


Ces bactéries engendrent des maladies dites « infec-
tieuses ». Il existe des bactéries pathogènes spéci-
fiques et des bactéries pathogènes opportunistes.
Les premières sont toujours « nocives ». Nous cite-
rons celles qui engendrent la peste, la tuberculose,
la syphilis, le tétanos, la diphtérie… Les secondes,
opportunistes, sont souvent commensales, et parfois
saprophytes. Elles n’engendreront une maladie que
si les défenses immunitaires de leur hôte s’affai-
blissent. Nous citerons les Proteus, l’Escherichia
coli, l’Haemophilus influenzae, les staphylocoques…

L’influence du microbiote intestinal


sur notre santé
Le système digestif est divisé en trois éléments  :
la cavité buccale, les glandes digestives (glandes
salivaires, foie, vésicule biliaire, pancréas) et le tube
digestif.
Le tube digestif est, lui, composé de trois éléments :
l’œsophage, l’estomac et les intestins, comprenant
l’intestin grêle (duodénum, jéjunum et iléon) et le
gros intestin ou côlon (caecum, côlon et rectum).
Le « microbiote intestinal » désigne l’ensemble
des bactéries qui vivent dans nos intestins. De nos
jours, on considère que le microbiote intestinal est

55
un organe à part entière tant son rôle au sein de
l’organisme est important.
Comme nous l’avons dit précédemment,
100 000 milliards de bactéries coloniseraient le tube
digestif (principalement, le côlon) dont la plupart,
logiquement, sont anaérobies, c’est-­à-­dire qu’elles
n’ont pas besoin d’oxygène pour vivre. Elles repré-
sentent 2 à 4 kg de notre masse corporelle. On
dénombre 500 à 1 000 espèces différentes de bac-
téries. Toutefois, chaque individu n’en possède
environ que 200, ce qui signifie que le microbiote
est spécifique à chacun. On pourrait imaginer, avec
humour, que dans un futur très lointain notre iden-
tité soit authentifiée en fonction de la composition
de notre flore intestinale et non plus grâce à notre
empreinte digitale !
À la naissance, notre tube digestif est stérile, puis
sa composition bactérienne se diversifie et se com-
plexifie avec l’âge… jusqu’à arriver à un état de
stabilité. Cependant, il peut varier, transitoirement,
en fonction de différents facteurs, environnemen-
taux et nutritionnels, mais aussi à cause de la prise
de certains médicaments comme les antibiotiques.
Ces variations, même minimes, entraînent des
déséquilibres du microbiote ainsi qu’une poro-
sité de la paroi intestinale ; elles provoquent des
perturbations plus ou moins graves de notre état
de santé (diarrhées, constipations, inflammations,
maladies auto-­immunes…). Quand la paroi intes-
tinale devient perméable, des toxines pénètrent
dans l’organisme, stimulent le système immunitaire,

56
provoquant un état inflammatoire généralisé ou des
maladies auto-­immunes. Les récentes études réali-
sées sur notre flore intestinale mettent en exergue
la délicate harmonie qui règne au sein de notre
appareil digestif. Les scientifiques prouvent, petit à
petit, qu’elle a une influence, non négligeable, sur
de nombreux systèmes, dont le système immuni-
taire, le système nerveux et le système endocrinien.

Un rôle complexe au sein de l’organisme


Au vu de sa diversité, de sa complexité et de sa
taille, on peut comprendre que le microbiote joue
un rôle important au sein de notre organisme. Les
scientifiques ont répertorié ses fonctions qui sont
au nombre de quatre :
•• les fonctions trophiques – le microbiote agit
sur la maturation du tube digestif, notamment
sur l’épaisseur de la muqueuse intestinale, la
taille des villosités qui la composent, la pro-
duction de mucus, l’activité enzymatique…
mais aussi sur celle du système immunitaire
local.
•• les fonctions métaboliques essentielles à la
digestion telles que les processus de fermen-
tation qui engendrent de nombreux métabo-
lites, mais aussi des fonctions de synthèse ; le
microbiote permet l’élaboration de vitamines
comme les vitamines K, B12, B9…
•• les fonctions de défense –  le microbiote
assure un « effet barrière » en empêchant

57
l’implantation et la multiplication de bactéries
exogènes souvent pathogènes.
•• les fonctions émergentes –  certaines bacté-
ries du microbiote auraient un rôle dans les
maladies inflammatoires, auto-­immunes, méta-
boliques, et même dans certains troubles du
comportement. Mais beaucoup d’observations,
d’hypothèses restent à valider scientifiquement.
Comme nous venons de le voir, le microbiote est
un écosystème qui s’autorégule en permanence afin
d’atteindre un état d’équilibre salutaire à notre
santé. Cependant, il peut subir différentes agres-
sions qui le perturbent ; c’est ce qu’on appelle le
phénomène de « dysbiose », qui peut être engendré
par un excès ou une insuffisance de bactéries pré-
sentes dans notre tube digestif. Les causes d’une
dysbiose sont nombreuses et variées  : infections
microbiennes, pollutions environnementales, mau-
vaise alimentation, déficit immunitaire, traitement
médicamenteux (comme l’antibiothérapie)…
Différentes études scientifiques et médicales ont
prouvé qu’un déséquilibre du microbiote ou une
altération de la membrane intestinale engendrent
des pathologies graves et invalidantes tels que le
syndrome de l’intestin irritable ou la maladie de
Crohn (l’inflammation chronique de l’intestin).
Récemment, un accord a été signé entre un
laboratoire pharmaceutique, pionnier dans le
développement thérapeutique fondé sur le micro-
biote intestinal, et le centre Gustave-­Roussy, pre-
mier centre européen de lutte contre le cancer.

58
Leur  objectif, ambitieux, est le développement
d’une nouvelle génération de médicaments et
d’outils de surveillance non invasifs du microbiote
intestinal. La compréhension de ce dernier et le
développement de l’immuno-­oncologie concourent
à la possibilité de développer une nouvelle géné-
ration de médicaments anticancéreux.
La recherche s’intéresse de plus en plus à tous ces
microcosmes qui peuplent notre organisme mais
aussi nos océans, nos sols, notre planète… La tota-
lité de leurs rôles reste encore à élucider. Toutefois,
une chose est sûre  : ils participent activement à
l’état d’équilibre grâce auquel tout macrocosme
fonctionne normalement.
De nos jours, les polluants chimiques, de quelque
nature qu’ils soient, alimentaires, médicamenteux
ou environnementaux, perturbent fortement ces
merveilleux écosystèmes indispensables à la vie sur
la Terre.

Les probiotiques
Les probiotiques sont des micro-­organismes vivants
qui, absorbés en quantité suffisante, entraînent
un effet bénéfique sur la santé de celui qui les a
ingérés. Ils exercent sur l’organisme des fonctions
physiologiques et pharmacologiques s’apparentant
à celles du microbiote qu’ils réensemencent. Ils
permettent de prévenir ou de traiter un état de
dysbiose (déséquilibre du microbiote intestinal)
et donc de réparer une flore intestinale abîmée.

59
Les prébiotiques
Les prébiotiques sont des sources de nourriture,
donc d’énergie, pour les bactéries intestinales. Ils
favorisent leur croissance et leur activité. Ce sont
des sucres ou tout simplement des fibres comme la
cellulose, la lignine ou l’inuline, que l’on retrouve
dans de nombreux végétaux tels que la racine de
chicorée ou de bardane, ou encore l’artichaut, les
asperges, les endives, le pissenlit, l’échinacée…

Qu’est-­ce qu’un antibiotique ?


Le mot antibiotique vient de l’association des mots
grecs anti, signifiant « contre », et bios, signifiant
« la vie ». Un antibiotique est ainsi une substance
d’origine naturelle ou synthétique qui tue des
bactéries –  on dit alors qu’il est « bactéricide »
– ou qui en inhibe la prolifération –  il est alors
« bactériostatique ».
De nombreux antibiotiques sont produits par des
micro-­organismes comme des levures (champignons)
ou d’autres bactéries. Prenons comme exemple la
pénicilline, le premier antibiotique découvert ; elle
est synthétisée par le champignon Penicillium nota­
tum. Tout le monde connaît le Penicillium roqueforti
qui est ensemencé dans du lait de brebis pour don-
ner le fameux fromage aveyronnais, le roquefort,
si cher à notre tradition fromagère française et nos
papilles gustatives… Comme son nom l’indique, le
Penicillium roqueforti est de la même famille et de

60
la même espèce que le champignon synthétiseur de
pénicilline. Ce sont là de parfaits exemples d’une
sage et respectueuse collaboration entre l’homme
et la nature ! D’autres antibiotiques, en revanche,
sont synthétisés chimiquement.
Selon leur spectre d’activité et leur mode d’action,
ils sont divisés en différentes classes dont les prin-
cipales sont :
•• les aminosides,
•• les bêtalactamines dont font partie les péni-
cillines et les céphalosporines,
•• les cyclines,
•• les macrolides,
•• les quinolones.
Chaque antibiotique possède une toxicité sélective,
c’est-­à-­dire spécifique d’une ou de plusieurs espèces
de bactéries. Cette sélectivité sera définie par le
spectre d’activité de l’antibiotique. On parlera d’un
antibiotique « à large spectre », quand un grand
nombre d’espèces de bactéries seront détruites, et
d’un antibiotique « à spectre étroit », quand cer-
taines bactéries seront véritablement ciblées.

Un peu d’histoire
La découverte du premier antibiotique revient à
deux hommes  : un Français, Ernest Duchesne,
médecin, et un Anglais, Alexander Flemming,
médecin, biologiste et pharmacologue.
À la fin du xixe  siècle, Ernest Duchesne étudie
l’interaction entre une bactérie, Escherichia coli,

61
et un champignon, Penicillium glaucum. Dans un
premier temps, il remarque une concurrence vitale
entre les bactéries et les moisissures cultivées sur
un même milieu nutritif. Puis, il prouve que ces
dernières peuvent éliminer les premières et teste
sa découverte sur l’animal. En 1949, l’Académie
nationale de médecine a reconnu Duchesne comme
le précurseur de la thérapie antibiotique.
Quelques années auparavant, en 1928, A ­ lexander
Flemming avait, par hasard, au cours de ses
expériences, redécouvert, compris et surtout fait
­comprendre l’intérêt médical des moisissures sur
les bactéries. Il appela « pénicilline » la substance
« tueuse de bactéries » isolée à partir du champi-
gnon Penicillium notatum.
Vers 1940, une équipe, constituée de Howard
Walter Florey et Ernst Boris Chain, mit au point
une forme stable et facilement utilisable de cette
molécule. En 1945, A. Flemming, H. W. Florey et
E. B.  Chain reçurent le prix Nobel de physiolo-
gie ou médecine pour leurs travaux sur le premier
antibiotique découvert : la pénicilline.
En 1932, un bactériologiste allemand, Gerhard
Domagk, synthétise pour la première fois un anti-
biotique de la famille des sulfamides. Puis, en 1944,
deux Américains, Selman A. Wakman et A. Schatz,
découvrent la streptomycine. Suit alors le dévelop-
pement de l’érythromycine, de la vancomycine, des
quinolones, des fluoroquinolones…
Comme le disait Pasteur  : « Dans les champs
de l’observation, le hasard ne favorise que les

62
esprits préparés ». De nombreuses découvertes sont
le fait du hasard. Cependant, pour les entériner,
les hommes témoins de ces phénomènes ne cessent
d’observer, de réfléchir et de chercher à interpréter
ce qu’ils voient. C’est là toute la démarche de la
recherche scientifique ! Puis vient le stade du déve-
loppement du médicament avec le principe actif
trouvé. Car, pour être administré à un patient, l’actif
–  par exemple, la pénicilline  – doit être présenté
sous la forme d’un produit fini stable et adapté
– comme un comprimé, une gélule, une pommade,
un collyre ou une solution injectable. C’est le médi-
cament. La mise au point d’un médicament est
laborieuse, longue et coûteuse. Elle nécessite la vali-
dation de nombreuses étapes incontournables afin
d’assurer sa qualité, son innocuité et son efficacité.
Le xxe siècle fut donc marqué par le développement
des nombreuses spécialités antibiotiques. Grâce
à elles, beaucoup de morts ont pu être évitées,
et l’espérance de vie des patients a augmenté de
plus de dix ans. Un vrai record dans l’industrie
de la santé !

Le mécanisme d’action de
l’antibiothérapie
De nos jours, plus de 10 000 molécules d’anti-
biotiques ont été découvertes. Nombreuses sont
celles qui sont synthétisées naturellement par des
procaryotes, des champignons, des végétaux ou des
animaux. Certaines sont synthétisées mais surtout

63
« hémisynthétisées » lors de processus industriels
(l’hémisynthèse étant la modification chimique
d’une molécule naturelle).
Les chercheurs et les médecins exigent des médica-
ments antibiotiques de posséder différentes qualités
essentielles à la sauvegarde de la santé des patients :
•• tuer la bactérie ou empêcher sa prolifération
•• agir spécifiquement sur les bactéries
« pathogènes »
•• présenter le moins d’effets secondaires
possibles
•• contourner les problèmes de résistance.
Grâce notamment à l’hémisynthèse, certaines de
ces exigences ont pu être atteintes.

L’action des antibiotiques est spécifique. Ils


n’agissent que sur les bactéries, en bloquant leur
multiplication ou en les tuant ; ils ne sont pas actifs
sur les autres micro-­organismes tels que les virus et
les champignons. De plus, certaines bactéries seront
sensibles à un antibiotique donné et pas à un autre
car leur action est ciblée. Selon la famille d’anti-
biotiques utilisée, ils interfèrent de cinq manières
différentes avec les bactéries :
•• En agissant sur la paroi bactérienne –  les
bactéries sont entourées d’une paroi qui les
protège et leur donne leur forme. Ces anti-
biotiques agissent en bloquant la fabrication
de cette paroi. La bactérie devient vulnérable
et très sensible à différents facteurs physio-
logiques tels que la pression osmotique, une

64
force due à la différence de concentration
entre le milieu intracellulaire et le milieu
extracellulaire qui peut la faire éclater, mais
aussi la température, les stress mécaniques…
Les bêtalactamines procèdent selon ce méca-
nisme ; elles sont bactéricides.
•• En agissant sur la membrane des cellules – ces
antibiotiques perturbent la perméabilité de
la membrane cytoplasmique des bactéries.
Le contenu de la bactérie fuit dans le milieu
extracellulaire et elle en meurt. De nombreux
antibiotiques agissent selon ce processus.
•• En agissant sur les acides nucléiques formant
la molécule d’ADN – toutes les cellules pos-
sèdent une molécule d’ADN qui est le sup-
port de l’information génétique. Les molécules
d’ADN sont formées de macromolécules appe-
lées « acides nucléiques ». Des antibiotiques
comme la rifampicine, les quinolones et les
fluoroquinolones opèrent à ce niveau.
•• En agissant sur la synthèse des protéines – les
bactéries synthétisent des protéines grâce aux
molécules d’ADN et d’ARN messager, mais
aussi grâce à la présence de ribosomes dans
leur cytoplasme. Les antibiotiques vont agir
au niveau du ribosome en l’empêchant de
« travailler ». Ils vont être très spécifiques, les
ribosomes bactériens étant différents des ribo-
somes humains. Les aminosides, les cyclines,
les macrolides (différentes classes d’antibio-
tique) vont agir de la sorte.

65
•• En agissant sur le métabolisme des folates
–  les cellules bactériennes synthétisent de
la vitamine B9 (folate), laquelle joue, entre
autres, un rôle essentiel dans la production
du matériel génétique (ADN et ARN). Les
antibiotiques agissant à ce niveau sont les sul-
famides ; grâce à des mécanismes complexes,
certains sont spécifiques des bactéries.

Au vu de la complexité et de la spécificité d’action


des antibiotiques, il est important de comprendre
que l’antibiothérapie doit être ciblée pour être
efficace. La réalisation d’un antibiogramme per-
met de déterminer précisément l’antibiotique qui
tuera ou empêchera la prolifération de la bactérie
responsable d’une infection déclarée. Cet examen
consiste à prélever du pus, du mucus, du liquide
physiologique contaminés par la bactérie, à ense-
mencer celle-­ci et à la cultiver dans une boîte de
Petri (milieu nutritif), puis à la mettre en contact
avec différents antibiotiques de façon à déterminer
lequel est le plus actif. De nos jours, il est donc
indispensable de pratiquer un antibiogramme avant
toute prescription d’antibiotique afin de cibler au
mieux la molécule efficace et de préserver, dans la
mesure du possible, les bactéries non pathogènes.
Cet examen est communément réalisé lors d’une
cystite afin de déterminer la bactérie responsable
de cette infection urinaire. Dans 60 à 90 % des cas,
il s’agit d’Eschericha coli, mais on peut en trouver
du groupe Klebsiella, Enterobacter et Serratia.

66
Les antibiotiques actuels
Sur des milliers de molécules à activité antibiotique
recensées, seules quelques-­unes sont utilisées en
thérapeutique sous la forme d’un médicament.
En effet, la plupart présentent, soit une trop forte
toxicité, soit une certaine instabilité, soit une effi-
cacité, et une biodisponibilité insuffisante chez
l’homme…
La biodisponibilité d’une molécule est sa faculté
à atteindre la circulation sanguine sans avoir subi
de dommages. C’est un facteur très important en
pharmacologie, car il est directement lié au dosage
en actif d’un médicament et donc à sa posologie.
Si un principe actif n’est biodisponible qu’à 40 %,
il en faudra une quantité trop importante pour
atteindre l’effet thérapeutique désiré. Ce médica-
ment ne sera donc pas viable d’un point de vue
thérapeutique et commercial.
La moitié des antibiotiques commercialisés ciblent
le ribosome, tandis qu’environ un quart sont des
bêtalactamines (pénicillines et céphalosporines)
qui inhibent la synthèse de la paroi bactérienne
et présentent un large spectre d’activité. Depuis
peu, certaines bactéries présentent une résistance
à cette classe d’antibiotiques.
Nous venons de voir que les médicaments antibio-
tiques sont spécifiques des cellules bactériennes ;
ils n’agissent donc que sur les bactéries. Mais n’ou-
blions pas que notre corps contiendrait davantage
de cellules bactériennes que de cellules humaines

67
et que ces bactéries participent, activement, au bon
équilibre de notre état de santé.
Les antibiotiques tuent les « mauvaises » bactéries
pour le plus grand bonheur des patients infectés,
mais ils peuvent aussi tuer nos « bonnes » bactéries.
Par exemple, les bêtalactamines agissent sur les sta-
phylocoques, les streptocoques, les entérocoques…
présents dans notre « flore commensale ».

La nature produit-­elle
des « antibiotiques » ?
De nombreuses molécules antibiotiques sont d’ori-
gine naturelle. L’une des plus connues, la pénicilline,
est fabriquée par un champignon, le Penicillium
notatum. La plupart des molécules antibiotiques sont
donc produites par des micro-­organismes vivants.
Mais certaines peuvent être le fruit d’une hémisyn-
thèse ou d’une synthèse chimique totale. Le sulfa-
nilamide (un sulfamidé) fut le premier antibiotique
à être entièrement synthétisé par Gerhard Domagk
(un bactériologiste allemand) dans les années 1930.
Il permit de soigner de nombreuses maladies long-
temps considérées comme incurables, comme la
fièvre puerpérale, une infection bactérienne des
organes génitaux de la femme après l’accouchement.
La molécule active est ensuite mise sous la forme
d’un produit fini  : c’est le médicament. Celui-­ci
est composé d’un principe actif – dans ce cas, de
la molécule antibiotique  – et de plusieurs exci-
pients qui diffèrent selon la forme galénique  :

68
liquide  (sirop, injectable…), solide (comprimés,
gélules…) ou pâteuse (pommade, onguent…). Elle
a pour but de faciliter la prise du médicament donc
l’observance du traitement. Plus un patient respecte
la posologie et la durée du traitement prescrit par
le médecin, plus ses chances de guérison seront
augmentées. La forme galénique accroît aussi la
biodisponibilité du principe actif dans l’organisme
et sa stabilité dans le temps.

Dans un tout autre registre, la nature produit des


plantes qui ont des activités antibiotiques. Tous
les végétaux sont constitués d’une multitude de
molécules chimiques que les scientifiques ont clas-
sées en différentes familles selon les groupements
moléculaires qui les caractérisent. On trouve des
glucides, des lipides, des protéines, mais aussi des
composés phénoliques, des terpènes ou des alca-
loïdes. Certaines de ces molécules chimiques ont
des activités physiologiques très importantes. Les
alcaloïdes sont connus pour être « puissants ». Tout
le monde a entendu parler de la nicotine extraite du
tabac (Nicotiana tabacum L.), de la morphine et de
la codéine du pavot somnifère (Papaver somniferum
L.), de la cocaïne extraite de la coca (Erythroxylum
coca Lam.)… Certains alcaloïdes ont des activités
bactériostatiques ou bactéricides comme ceux pré-
sents dans l’hydrastis, la chélidoine ou la sanguinaire.
Deux autres groupes de molécules sont connus pour
leurs propriétés antimicrobiennes : celui des phénols
et celui des terpènes (alcools, oxydes, aldéhydes)

69
que l’on retrouve en grande quantité dans les huiles
essentielles, extraits lipophiles de plantes dites « aro-
matiques » (voir chapitre 3).

Les antibiotiques sauvent des vies


Depuis leur découverte, dans la première moitié
du xxe siècle, les antibiotiques ont sauvé de nom-
breuses vies. Dans les pays développés, combinés
à la vaccination et au développement de « l’hy-
giène » et de l’asepsie , ils ont permis d’éradiquer
de grandes maladies épidémiques comme la tuber-
culose, la peste, la lèpre…
Au début du xixe  siècle, le baron Joseph Lister,
chirurgien britannique, énonce dans un mémoire
« Les grands principes de l’antisepsie ». Dans cet
ouvrage, il rend hommage à Louis Pasteur, son
ami, grâce auquel il comprit le phénomène bacté-
riologique de la putréfaction des plaies. Avant une
opération chirurgicale, il pulvérise donc une solu-
tion d’acide phénique ou phénol officinal dans l’air
ambiant pour tuer les microbes et nettoie les ins-
truments chirurgicaux. Grâce à ces deux méthodes
« antiseptiques », il diminue le taux de mortalité des
opérés de 40 % à 15 %. Fort de ces expériences et
grâce à ses études sur les micro-­organismes, Louis
Pasteur prône, devant l’Académie nationale de
médecine, l’assainissement des salles de chirurgie, la
désinfection des instruments et le lavage des mains.
Longtemps décriées par le corps médical, ces notions
essentielles d’hygiène permirent de faire d’énormes

70
progrès dans la lutte contre les maladies infectieuses.
Comme dans toute pathologie, les méthodes préven-
tives associées aux traitements curatifs éradiquèrent
de nombreuses bactéries pathogènes. Toutes ces
découvertes et ces moyens mis en place en amont
et en aval de la maladie diminuèrent grandement le
nombre de décès au cours du xxe siècle. Cependant,
l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques
remet désormais en cause un certain nombre d’acquis.

Les effets secondaires des antibiotiques


Les antibiotiques s’attaquent spécifiquement aux
bactéries. Ils n’ont aucune activité sur les virus, les
champignons ou d’autres micro-­organismes. Cepen-
dant, nous avons vu que notre intestin contenait
100 000  milliards de bactéries commensales vivant
en totale harmonie avec leur hôte, donc avec chacun
d’entre nous. Même si les biologistes ont coutume de
dire qu’une molécule qui n’a pas d’effets secondaires
n’a certainement pas d’effets primaires, nous aimerions
rappeler –  non sans humour  – que pour de nom-
breuses plantes ou extraits végétaux les effets secon-
daires ne sont, en fait, que des effets primaires multi-
pliant par deux ou cinq leurs intérêts thérapeutiques.
En juin 2015, l’institut IPSOS a réalisé une enquête
dont l’objectif était de collecter des données sur les
effets indésirables dus à la prise d’antibiotiques ainsi
que sur le comportement des patients présentant ces
effets. L’investigation a montré que 27 % des per-
sonnes sous antibiothérapie présentaient des troubles

71
digestifs, 22 % des mycoses, et que 18 % des patients
présentant ces troubles avaient diminué ou arrêté
l’antibiothérapie de leur propre initiative. Le profes-
seur Philippe Marteau, chef de l’unité fonctionnelle
d’hépato-­gastro-­entérologie à l’hôpital Saint-­Antoine
à Paris, a interprété cette enquête en mettant l’accent
sur l’importance du microbiote et les conséquences
d’une dysbiose (un déséquilibre du microbiote intesti-
nal). Il explique aussi les conséquences dues à un arrêt
du traitement. Le premier risque est celui d’une infec-
tion mal soignée qui perdure, avec tous les dangers
que cela peut entraîner pour la santé. Le second est
une dissémination de la résistance aux antibiotiques.
Les antibiotiques ont donc des effets indésirables
directement liés à leurs activités bactériostatiques
ou bactéricides, mais également à leur structure
moléculaire. La prise de tétracyclines ou de macro-
lides, à long terme, peut entraîner la destruction
d’une partie de notre flore intestinale et déclencher
des dysbioses ; mais elle peut aussi engendrer des
désordres physiologiques tels que des œsophagites
(inflammation de l’œsophage) ou des diarrhées,
tandis que les pénicillines et les céphalosporines
peuvent provoquer des réactions allergiques chez
les sujets sensibles. D’autres peuvent entraîner une
toxicité cellulaire engendrant des troubles au niveau
des poumons, du cœur, du foie, des reins, du sang…
Comme pour l’ensemble des médicaments, la
consommation d’antibiotiques n’est jamais anodine.
Certaines règles de bon usage sont à respecter  :
cibler le bon antibiotique en faisant, au préalable,

72
un antibiogramme, respecter la posologie et la
durée du traitement prescrit par le médecin, ne
pas « s’automédiquer » avec un antibiotique resté
dans la pharmacie familiale…

Les antibiotiques classiques


ont-­ils un avenir ?
Malheureusement, de nombreuses bactéries sont
devenues de « superbactéries » résistantes à la
plupart des antibiotiques actuels. Certains pneu-
mocoques responsables de pneumopathies, de
méningites et d’otites, mais aussi des souches de
staphylocoque doré provoquant des abcès puru-
lents ou des infections du sang (désignées sous le
terme de septicémie) sont devenus résistants. Il en
est de même pour les entérocoques qui sont à l’ori-
gine d’endocardites graves et pour les Escherichia
coli responsables de septicémies…

Le désintérêt de l’industrie pharmaceutique


pour le marché des antibiotiques
Certains antibiotiques classiques ne soignent donc
plus les pathologies courantes qui se développent
en ville ou à l’hôpital. Il est urgent et nécessaire
de trouver de nouvelles molécules. Cependant, la
mise sur le marché d’un nouveau médicament est
un parcours long, difficile et très coûteux pour
un laboratoire pharmaceutique. La molécule doit
être sélectionnée, identifiée, son innocuité et son

73
activité thérapeutique validées… Sans évoquer les
écueils réglementaires rencontrés avant d’obtenir
une autorisation de commercialisation. Générale-
ment, il s’écoule de 10 à 15 ans entre la découverte
d’une molécule et sa mise sur le marché.
L’industrie pharmaceutique s’est, petit à petit,
désengagée de cette recherche car les profits liés à
la commercialisation de ces médicaments ne sont
pas attrayants. Les traitements sont courts, car les
antibiotiques agissent rapidement sur des maladies
dites « aiguës », et la mise en place d’une politique
de limitation de leur usage tend à en freiner la
vente. Les laboratoires préfèrent donc s’intéresser
à des pathologies longues et chroniques qui leur
rapporteront davantage. Le médicament antibio-
tique décourage les industriels qui ne voient pas en
ce produit un retour sur investissement rapide et
conséquent, une rentabilité intéressante. Pour pallier
cette disparité financière, l’industrie pharmaceutique
a désormais tendance à faire appel à des sociétés
externes pour la recherche de nouveaux principes
actifs. Cette « sous-­traitance » leur permet d’avoir
accès à un plus grand nombre de molécules inno-
vantes. C’est dans cet esprit que, depuis le début des
années 1990, des sociétés de bio­technologie s’inté-
ressent au marché des antibiotiques. Elles exploitent
d’autres pistes dont les technologies les plus récentes
de biologie moléculaire, de chimie combinatoire…
Dans ce contexte, à l’Université de Boston (É.-­U.),
l’équipe des professeurs Losee Ling et Kim Lewis a
identifié un nouvel antibiotique, la teixobactine, qui

74
agit en empêchant la synthèse de la paroi cellulaire
des bactéries. Les deux scientifiques ont écrit dans
la prestigieuse revue Nature : « La teixobactine est
incroyablement efficace contre Clostridium difficile
et Bacillus anthracis […] et a un excellent pouvoir
bactéricide contre le staphylocoque doré. »
Testée sur la souris, cette molécule devra confirmer
ses résultats chez l’homme. Cependant, nous savons
qu’il faudra de 10 à 15  ans avant une éventuelle
commercialisation de la teixobactine sous la forme
d’un médicament.

Le rôle précurseur des plantes


Mais pourquoi toujours vouloir créer, innover et
non pas exploiter ce que nous connaissons déjà ?
Depuis la nuit des temps, les hommes utilisent les
plantes à différentes fins, notamment lors de cultes
religieux. Dans l’Égypte ancienne, les plantes aro-
matiques servaient à embaumer les morts et per-
mettaient d’éviter la putréfaction des corps. Leur
pouvoir antibiotique était connu et utilisé. De nos
jours, les extraits lipophiles de ces végétaux, les
huiles essentielles, possèdent des pouvoirs antibac-
tériens, antiviraux et antifongiques, que des études
scientifiques sérieuses ont validés. La phytothérapie
et l’aromathérapie pourraient donc, très certaine-
ment, trouver leur place en infectiologie comme
compléments de traitements médicamenteux exis-
tants mais devenus beaucoup moins efficaces…
chapitre iii

Les antibiotiques naturels

Le terrain : une notion essentielle


à prendre en compte
La notion de terrain est essentielle en phyto­
thérapie. Elle permet de soigner ou de soulager
un patient en s’intéressant à l’origine des maux,
grâce à une vision globale de l’être humain ; le
corps et l’esprit ne sont pas séparés, ils sont gérés
comme un tout. Pour ce faire, elle replace l’individu
dans son environnement naturel, familial, profes-
sionnel… Car la phytothérapie et l’aromathérapie
considèrent que les symptômes d’une maladie sont
la traduction d’un déséquilibre physiologique et/
ou psychologique plus ou moins profond contre
lequel lutte l’organisme.

Qu’est-­ce que le terrain ?


La médecine conventionnelle a scindé le corps en
différentes parties. Les médecins se sont spécialisés
dans un domaine précis : le cardiologue s’occupe du
cœur, le gastro-­entérologue intervient au niveau du
système digestif, l’oto-­rhino-­laryngologiste soigne

77
la sphère ORL… Nous vivons dans une époque
d’hyperspécialisation des connaissances. L’homme
du xxe  siècle et maintenant celui du xxie veulent
tout comprendre, tout expliquer, parfois aux
dépens d’une observation simple et pragmatique.
Pourtant, le fait de privilégier une vision globale
de l’individu permet d’appréhender un problème
dans son ensemble, de prendre du recul face à une
situation nouvelle et spécifique, et donc d’intervenir
de manière « intégrale » et individuelle. Chaque
personne est unique ; elle agit et réagit selon son
propre état physique, psychologique et émotionnel.
C’est ce que la médecine dite « occidentale » a
tendance à négliger. La plus remarquable manifes-
tation de cette volonté d’uniformisation de l’être
humain est la validation de l’effet thérapeutique
d’un médicament par des études cliniques dites
« en double aveugle versus placebo ». Un médi-
cament est donné à un groupe de patients tandis
qu’un autre groupe reçoit un placebo, c’est-­à-­dire
un produit ne contenant pas de molécule active. Ni
le médecin ni le malade ne savent qui prend quoi,
c’est ce qu’on appelle « le double aveugle ». Si le
médicament obtient, statistiquement, davantage de
résultats positifs que le placebo, cela signifie qu’il
est efficace. Le laboratoire pharmaceutique qui
développe le produit obtient alors une « autorisa-
tion de mise sur le marché » (AMM) indispensable
à l’exploitation commerciale du médicament. Dans
ce cas précis, nous assistons à une standardisation
du profil des patients qui montre, bien souvent, ses

78
limites. D’ailleurs, la mise en place d’une pharma-
covigilance, après la commercialisation d’une spé-
cialité pharmaceutique, met en exergue toutes les
lacunes que peuvent présenter ces études cliniques
plébiscitées par l’ensemble du corps médical et qui
font office de panacée. Elle permet de recenser un
certain nombre d’effets secondaires mis au jour
selon la sensibilité du patient.
Il est important de souligner que rares sont les
« médecines complémentaires » qui ont réussi « à
passer » ces tests statistiques. La phytothérapie,
l’homéopathie ou l’acupuncture basées sur la
notion de terrain s’adressent à la spécificité de
chaque individu et n’entrent, en aucun cas, dans les
cadres réglementaires élaborés sur les seuls critères
de la médecine conventionnelle. Ces échecs ne sont
donc pas dus à l’inefficacité des traitements mais à
une méthodologie mathématique inadaptée à leur
approche médicale dite « intégrative ».

Petit historique
La notion de terrain existe depuis l’Antiquité. Le
médecin et philosophe grec, Hippocrate de Cos,
considéré comme le père de la médecine conven-
tionnelle, fut le premier à défendre l’idée que les
maladies n’avaient aucune origine divine ou surna-
turelle, ce qui était révolutionnaire pour l’époque.
Il a toujours pensé que l’altération de l’état de santé
n’était pas une punition des dieux mais la consé-
quence de différents facteurs environnementaux

79
ou alimentaires ou d’habitudes de vie malsaines.
Là, apparaît bien la notion de terrain si chère à la
phytothérapie.
Hippocrate va encore plus loin avec la « théorie des
humeurs », en définissant quatre tempéraments en
lien direct avec les différents terrains : le lympha-
tique, le mélancolique, le sanguin et le colérique,
correspondant aux quatre éléments – l’eau, la terre,
l’air et le feu – qui ne sont pas sans rappeler certains
concepts de la médecine traditionnelle chinoise
(MTC) et de l’aromathérapie.
Quelques siècles plus tard, le médecin physiologiste
français Claude Bernard revient sur ce concept
et développe la notion d’équilibre physiologique :
« Tous les mécanismes vitaux, aussi variés soient-­ils,
n’ont toujours qu’un but, celui de maintenir l’unité
des conditions de la vie dans le milieu intérieur. »
Au même moment, Louis Pasteur montre grâce à
différentes expériences que les bactéries ne peuvent
se développer que sur un terrain déficient, fragile.
Vers 1915, le physiologiste américain W. B. Can-
non crée le terme homéostasie pour définir scien-
tifiquement cette notion de terrain, par association
de deux mots grecs  : homoios, signifiant « égal,
semblable à », et stasis, « l’état ». Soit « l’état qui
ne change pas ». Mais en pratique, il désigne une
situation dynamique, constamment changeante,
maintenue dans des limites étroites. Voici comment
ce grand scientifique l’explique : « Les êtres vivants
supérieurs constituent un système ouvert présen-
tant de nombreuses relations avec l’environnement.

80
Les modifications de l’environnement déclenchent
des réactions dans le système ou l’affectent direc-
tement, aboutissant à des perturbations internes
de celui-­ci. De telles perturbations sont normale-
ment maintenues dans des limites étroites parce
que des ajustements automatiques, à l’intérieur du
système, entrent en action et que de cette façon
sont évitées des oscillations amples, les conditions
internes étant maintenues à peu près constantes
[…]. Les réactions physiologiques coordonnées qui
maintiennent la plupart des équilibres dynamiques
du corps sont si complexes et si particulières aux
organismes vivants qu’il a été suggéré qu’une dési-
gnation particulière soit employée pour ces réac-
tions : celle d’homéostasie. »

L’équilibre physiologique,
le principe clé d’une bonne santé
L’homéostasie est donc un processus physiologique,
permettant de stabiliser, en permanence, certaines
constantes de l’organisme nécessaires à son bon
fonctionnement. En 1977, un endocrinologue fran-
çais, Roger Guillemin, reçut le prix Nobel de méde-
cine pour ses travaux sur les neurohormones. Il a
ouvert la voie à un nouveau domaine de recherche,
encore méconnue, la psycho-­neuro-­endocrino-­
immunologie (PNEI), qui met en exergue le rôle
des émotions sur le corps physiologique. En méde-
cine, on désigne cette spécialité, développée outre-­
Atlantique mais non encore considérée en Europe,

81
par les « neurosciences ». Globalement, on pourrait
dire que les neurosciences désignent différentes
notions regroupées sous le terme banal de « mala-
dies psychosomatiques », fort mal usité en France
et qui engendre souvent un certain scepticisme de
la part du corps médical.
Toutefois, de nos jours, de nombreux scientifiques
s’accordent à penser que cette notion importante
appelée communément « terrain » est le résultat
de l’équilibre entre trois systèmes physiologiques
étroitement liés  : le système nerveux (central et
périphérique), le système endocrinien et le sys-
tème immunitaire, le tout en rapport étroit avec
nos émotions et notre sensibilité psychoaffective.
L’état de bonne santé est conservé ou atteint quand
une interrégulation est maintenue entre ces trois
systèmes fondamentaux.
Cet état « de grâce » de l’organisme existe quand
l’individu respecte six principes simples et essen-
tiels au bon fonctionnement de son organisme :
1.  une alimentation équilibrée et équilibrante,
2.  un foie sain,
3.  un bon équilibre énergétique,
4.  une bonne gestion du stress,
5.  un sommeil réparateur,
6.  une activité physique régulière.
Nous allons détailler ces six principes afin que
chacun d’entre nous puisse (re)trouver un « état
de santé » permettant à son organisme de lutter
contre de nombreuses perturbations, que celles-­ci
soient environnementales ou émotionnelles.

82
Une alimentation équilibrée
et équilibrante
Nous connaissons tous des adages qui relient notre
alimentation ou notre système digestif à notre bien-­
être : « ne pas être dans son assiette », « en avoir la
nausée », « en avoir gros sur l’estomac » ou encore
« se faire de la bile »… Et comme le souligne le
neuropsychiatre Boris Cyrulnik  : « La nourriture
est avant tout affective. » C’est dire l’importance
accordée, de tout temps, à la sphère digestive et à
ce que nous absorbons.
Tout le monde a entendu parler de glucides, de
lipides et de protides, mais aussi de calories, de
régime dissocié, hyperprotéiné ou méditerranéen…
sans parfois réfléchir au véritable impact de notre
alimentation sur notre santé. Car il faut, avant tout,
réaliser qu’une bonne alimentation est la base d’un
bon état de santé. Essayer de soigner, de soula-
ger une personne qui se nourrit mal, c’est un peu
comme construire une maison sans fondations.
Tout s’écroulera rapidement !

Se nourrir a différents objectifs essentiels au bon


fonctionnement de notre corps :
•• apporter à notre organisme l’énergie et les
nutriments dont il a besoin pour fonctionner
normalement
•• maintenir le pH de nos liquides organiques
proche de 7, la neutralité
•• protéger et nourrir notre flore intestinale

83
•• créer du plaisir et de la convivialité autour
d’une belle table.
Devant l’ampleur de l’émergence des maladies liées
à la « malbouffe », telles que l’obésité, les mala-
dies cardio-­vasculaires, le diabète…, les pouvoirs
publics nous assènent de slogans comme « Manger
cinq fruits et légumes par jour ».

Quoi qu’il en soit, l’alimentation devrait toujours


suivre deux règles essentielles :
•• éviter, dans la mesure du possible, d’apporter
à l’organisme des substances qui l’intoxiquent
•• faire en sorte que l’organisme ne soit jamais
en manque de certains nutriments afin d’éviter
les carences qui lui sont néfastes.
Cependant, les sodas, les bonbons, les hambur-
gers… ont raison de la volonté des plus jeunes
et se consomment abondamment aux dépens du
respect des deux principes énoncés précédemment.
Pourtant, il est simple et agréable de manger sai-
nement. Voici quelques conseils :
1. Mangez « bio » le plus fréquemment possible,
pour vous et pour l’environnement.
2. Évitez la viande ou les œufs des animaux éle-
vés dans des univers concentrationnaires : ils
sont gorgés d’hormones et d’antibiotiques.
3. Mangez de la viande d’animaux élevés en
liberté et en plein air 2 ou 3 fois par semaine,
pas plus.
4. Évitez les farines et les sucres raffinés. Préférez
les céréales complètes (blé, riz…).

84
5.  Diminuez vos apports en sucres.
6. Limitez fortement la consommation d’ali-
ments trop gras, surtout ceux riches à la fois
en lipides et en glucides, comme les frites.
7. Préférez un apport en graisses insaturées issues
d’une première pression à froid (huile de noix,
d’olive, de colza, de tournesol, de nigelle…).
8. Augmentez l’apport en acides gras polyinsa-
turés de la série oméga 3. Mangez au moins
3  fois par semaine des petits poissons dits
« gras » comme les harengs, les maquereaux,
les sardines…
9. Augmentez l’apport en fibres en consommant
des légumes et des fruits de saison, « bio », le
plus fréquemment possible, notamment du
radis noir, de l’avocat, des salades de cresson
et de roquette, des choux, des épinards, des
blettes, des haricots verts, des courges, des arti-
chauts, des carottes, des myrtilles, des pommes,
des poires, des framboises, du raisin…
10. Consommez régulièrement des légumineuses
(lentilles, pois…).
11. Mangez des noix, des amandes, des
pistaches…
12. Assaisonnez vos plats avec du curcuma et
du poivre noir, du gingembre, des feuilles
de laurier, du cumin, du thym, mettez de
l’ail et de l’oignon dans vos salades et de la
cannelle dans vos desserts.
13. Prenez le temps de bien mastiquer, de man-
ger au calme, sereinement.

85
14. Évitez de manger souvent trop épicé (mou-
tarde, piment…).
15. Buvez de 1 à 1,5 litre d’eau par jour et du
jus de citron dilué de temps en temps.
16. Évitez la surconsommation d’alcool, de café,
de boissons gazeuses, de sodas.
17. Buvez un petit verre de vin rouge tous les
2 ou 3 jours.
L’ensemble de ces recommandations permet de
donner à l’organisme les vitamines, les minéraux,
les polyphénols, les acides gras dont il a besoin et,
notamment, d’éviter la consommation de « toxines »
qui l’affaiblissent et le détériorent.
Tout notre tube digestif est conçu pour digérer
les aliments que nous consommons. La digestion
commence dans la bouche, c’est pour cette raison
qu’il est essentiel de bien mastiquer, de scinder les
denrées alimentaires en minuscules particules absor-
bables par nos muqueuses digestives afin qu’elles
atteignent la circulation sanguine générale et « nour-
rissent » tous nos organes. Il faut donc comprendre
que tout ce que nous ingérons a un impact direct sur
l’ensemble de notre corps. Les aliments sains auront
un impact bénéfique tandis que ceux contaminés
par des pesticides, des engrais chimiques ou des
métaux lourds sont de véritables poisons.

Manger « bio »
Notre planète est extrêmement polluée par différentes
substances chimiques créées par l’homme. Ces agents

86
toxiques contaminent l’air, les sols, les cultures, les
animaux, les rivières, les océans, les poissons et, a
fortiori l’organisme des êtres humains. Cet état de
fait est alarmant car notre santé est intimement liée
à celle de notre environnement. Cet empoisonne-
ment à l’échelle planétaire, effectué jour après jour
par des industries, a un impact néfaste à tous les
niveaux. C’est très certainement là le plus gros scan-
dale humain, environnemental et économique, de
tous les temps. Toutefois, la conscience collective
se réveille et commence à comprendre l’ampleur du
problème. Dans le monde, des « colibris » sont à
l’œuvre ; chaque action aussi simple et petite soit-­
elle, réalisée en faveur de notre mère Nature, a un
impact direct sur notre qualité de vie et sur notre
santé. Tous ces gestes écocitoyens, toutes ces gouttes
d’eau, tendent à former des ruisseaux, puis des fleuves
et bientôt des océans. C’est la légende du colibri1 !
L’agriculture biologique interdit l’usage de substances
chimiques, utilisées classiquement en grande quantité
pour protéger nos cultures des insectes, des parasites,
des mauvaises herbes… L’avènement de la perma-
culture, depuis les années 1970, prouve que lorsque
les végétaux, les animaux et les humains sont à leur
place et vivent en symbiose, l’agriculture se porte à
merveille sans pesticides ni OGM, sans substances
toxiques en tout genre. Comme le dit si bien Pierre
Rabhi : « L’agriculture devrait être la première activité
de santé. Le paysan devrait précéder le médecin. ».

1.  Denis Kormann, La Légende du colibri, éd. Actes Sud Junior.

87
Le fait de manger bio permet donc à notre corps
d’éviter certains toxiques et donc un certain nombre
de maladies ; cela aide la terre à se régénérer en
profondeur ; cela préserve la vie des abeilles et
autres pollinisateurs ; cela sauve des peuples de la
famine en leur garantissant le renouvellement de
leurs cultures par l’ensemencement des graines ;
c’est dire « non » à l’argent et à la mort ; c’est dire
« oui » à la nature et à la vie…

L’équilibre acido-­basique
Comme tout milieu liquide, l’organisme a un pH,
c’est-­à-­dire qu’il peut être acide, neutre ou basique.
La neutralité est atteinte lorsque le pH est égal
à 7 ; s’il est inférieur à 7, il sera acide et s’il est
supérieur, il sera basique.

Le pH ou « potentiel Hydrogène » est une unité de


mesure de l’acidité, de la neutralité ou de l’alcalinité
d’un milieu liquide.
Le pH varie de 0 à 14 ; de 0 à 6,9 il est considéré
comme acide, à 7,0 il est neutre et de 7,1 à 14 il
est alcalin. Le pH du sang et de la lymphe est très
légèrement supérieur à 7. Quand il baisse et devient
inférieur à 7, on dit que le corps est en légère « aci-
dose », ce qui peut entraîner des désordres, notam-
ment inflammatoires.

Actuellement, les scientifiques réalisent l’importance


de cette valeur pour notre santé ; ses variations ont

88
des conséquences non négligeables sur notre orga-
nisme. Différents facteurs modifient le pH, dont
l’alimentation, le stress, la respiration, le sport… Il
est important de le maintenir à 7, tout en sachant
qu’il n’existe aucun lien entre un goût acide et la
propriété acidifiante d’un aliment. Par exemple,
le citron a un goût acide mais il est basifiant. Il
n’existe pas non plus de lien entre une acidité gas-
trique et une acidose des liquides organiques.
Le docteur Michel Lallement et Virginie Parée
expliquent très clairement, dans leurs différents
ouvrages1, ce qu’est l’équilibre acido-­basique, quels
sont les facteurs qui l’influencent, quelles sont les
conséquences d’une acidose sur notre état de santé
et comment la rectifier.
L’alimentation n’est pas qu’une question de calo-
ries, de lipides ou de glucides. C’est un équilibre
subtil qu’il faut respecter en comprenant, avec
précision, les bases physiologiques qui le régissent.

Le microbiote
Nous l’avons vu, le microbiote est la flore com-
mensale (voir définition p. 226) qui vit, en perma-
nence, dans notre intestin. Des études scientifiques
mettent en évidence, de jour en jour, ses nom-
breuses fonctions et son influence grandissante au
sein de notre organisme, tant au niveau physique

1.  Michel Lallement, Les Trois Clés de la santé, éd. Mosaïque


Santé.
Virginie Parée, L’Alimentation santé, éd. Mosaïque Santé.

89
que psychique. Il interviendrait, notamment, dans le
processus des allergies, des maladies auto-­immunes,
de certains cancers, dans de nombreuses maladies
émergentes et peut-­être dans certaines dépressions.
Car le microbiote défend notre organisme et pro-
tège notre muqueuse intestinale, véritable barrière
vis-­à-­vis des agents pathogènes ou toxiques. Des
études scientifiques récentes prouvent que flore et
porosité intestinales sont étroitement liées, et que
leur état interfère directement avec notre santé.
Toutefois, pour être actives et en « bonne santé »,
les bactéries ont un certain nombre d’exigences.
Elles ont besoin d’un milieu au pH neutre, de
« manger » des fibres (prébiotiques), de ne pas
être assaillies par des « bactéries nuisibles », de ne
pas être détruites par des antibiotiques et autres
molécules médicamenteuses…
Comme tout microcosme, le microbiote a besoin
de vivre, en toute quiétude, dans son macrocosme,
dans le plus grand respect de l’environnement de
chacun.
Comme le dit souvent Virginie Parée  : « Vouloir
une silhouette agréable, c’est bien, mais pas au
détriment des équilibres de santé. Maigrir avec
pour seul objectif la minceur est voué à l’échec
à court ou moyen terme. Bien se nourrir est un
acte de santé. Une bonne énergie et une silhouette
harmonieuse en sont les conséquences. Opter pour
une alimentation équilibrée n’est pas synonyme de
privation, de disette, de substituts de repas ou de
légumes bouillis. Manger doit rester un plaisir ! ».

90
Bien manger n’implique pas, systématiquement, des
restrictions ou des privations, bien au contraire.
Bien manger, c’est découvrir ou redécouvrir des
saveurs parfois oubliées !
La culture et l’élevage intensifs ont fait perdre aux
fruits, aux légumes, aux viandes, aux œufs leur
valeur nutritive mais aussi leur goût. Leur « hyper­
uniformisation » visuelle, qui se veut esthétique et
rassurante, s’est faite au détriment de leurs qualités
nutritionnelles et gustatives. Le plaisir de manger
une bonne tomate poussant sous un beau soleil
n’existe que pour quelques rares privilégiés qui en
font la culture dans leur jardin, sans pesticides, ni
engrais chimiques. C’est fort dommage !

Un foie sain
Le foie : le plus gros organe interne
de notre organisme
Il pèse environ 1,5 kg. Il est situé au niveau du
flanc droit sous le diaphragme et il est divisé en
quatre lobes. C’est un organe incroyablement actif.
Il draine environ 1,5 litre de sang par minute. Il
intervient dans différentes fonctions vitales et com-
plexes comme le métabolisme des protides, des
lipides et des glucides, dans la synthèse de la bile,
le stockage des vitamines liposolubles (A, D, E et
K) et du glycogène. Il participe à la détoxification
de l’organisme… Ses trois grandes fonctions sont
donc la synthèse, le stockage et l’épuration ; c’est

91
un acteur incontournable de la préservation de
l’équilibre de notre organisme.
Le foie draine tout le sang transportant les nutri-
ments issus des aliments dégradés puis absorbés au
cours de la digestion intestinale. Il joue alors un
rôle de filtre. Il trie, stocke ou rejette les molécules
qu’il reçoit, celles qui sont bonnes pour la santé,
mais aussi celles qui sont toxiques. Ses cellules, les
hépatocytes, métabolisent ces substances pour en
retirer de l’énergie ou pour les éliminer dans les
matières fécales et les urines.
Cependant, comme tout filtre, cet organe précieux
peut saturer et s’engorger quand il est trop sollicité.
Car le foie n’aime pas l’alcool, les graisses hydrogé-
nées, les excès en tout genre, certaines substances
chimiques comme les phénols, les métaux lourds…
Quand il sature, il laisse passer ces « toxiques »
dans la circulation sanguine générale, avec tous
les effets délétères que ceux-­ci peuvent engendrer.
Le foie est aussi une glande. Il intervient dans la pro-
duction de la bile qu’il sécrète, en continu, à raison
d’environ 1 litre par jour. La bile est un liquide bio-
logique amer, jaune-­vert, qui participe à la digestion,
et plus particulièrement à celle des graisses. Elle est
déversée dans le duodénum, qui est une partie de
l’intestin, ou stockée dans la vésicule biliaire où elle
est concentrée. La bile a différentes fonctions. Elle
permet la digestion et l’absorption des acides gras
par l’intestin mais aussi l’excrétion de « déchets »
toxiques ou métaboliques comme la bilirubine ou le
cholestérol, qui sont éliminés dans les matières fécales.

92
Symbolisme et émotions liés au foie
Certains adages relient directement notre foie à nos
angoisses, nos peurs. Les anciens avaient compris l’im-
portance de cet organe au sein de notre organisme,
ainsi que sa sensibilité et sa fragilité. En médecine
traditionnelle chinoise, le foie est rattaché à l’élément
« bois » et à la saison « printemps », clin d’œil à notre
mère Nature et à sa renaissance ; il est aussi associé à
la « colère ». Ce ressenti violent peut influer sur cet
organe et créer d’importantes douleurs lombaires, des
malaises, des désordres physiologiques dont il faut
tenir compte dans notre équilibre général. Notons
que le foie est l’un des rares organes à avoir la faculté
de se régénérer. La nature a bien fait les choses en
lui donnant toute la puissance qu’il mérite !

Le foie : l’organe « détox » par excellence


Il est important de souligner que le foie ne tra-
vaille pas seul ; il ne peut pas être performant sans
l’aide des autres organes émonctoires que sont les
intestins, les reins, la peau et les poumons. Pour
atteindre un bon équilibre de notre état de santé,
il faut prendre soin de notre foie et des organes
qui le soutiennent dans son activité de purificateur,
car il a beaucoup de travail. Le fait d’absorber, à
longueur de temps, des substances synthétiques
ou transformées, plus ou moins toxiques, comme
certains additifs alimentaires, des pesticides, des
métaux lourds, des substances médicamenteuses
(polymédication)…, fait travailler notre foie plus

93
que de raison et le fatigue. Il en résulte des réactions
inflammatoires pouvant évoluer vers la chronicité.
Ces troubles peuvent avoir un penchant pour un
organe donné et s’exprimer à différents endroits de
notre corps. La peau est souvent affectée (des irrita-
tions cutanées comme l’eczéma en sont la preuve),
les poumons (avec les bronchites chroniques et les
bronchites asthmatiformes…) ou la sphère ORL
(avec les otites, les pharyngites…).

Les plantes hépato-­protectrices


Au vu de l’importance de cet organe dans notre orga-
nisme, il est souhaitable de le soutenir régulièrement.
Chez un individu en bonne santé, faisant attention à
son alimentation et ne prenant que peu de médica-
ments, une détoxication hépatique peut être réalisée
1 à 2 fois par an, au printemps ou à l’automne.
De nombreuses plantes ont un tropisme pour
le foie. Certaines sont hépato-­protectrices ; elles
le protègent et l’aident à se régénérer comme le
chardon-­marie, le desmodium… D’autres per­
mettent son drainage : ce sont les plantes choléré­
tiques et cholagogues. Elles agissent en augmentant
la production de bile et en stimulant son évacuation
dans le duodénum, par la vésicule biliaire. Elles faci-
litent la digestion, notamment celle des graisses. Ces
plantes sont l’artichaut, le boldo, le romarin, mais
aussi le radis noir, que l’on peut manger en salade,
le curcuma associé au poivre noir pour épicer nos
plats. À consommer sans modération !

94
Nous pouvons aussi citer quelques huiles essen-
tielles comme celles de menthe poivrée (Mentha
x piperita), de livèche (Levisticum officinale) ou de
carotte cultivée (Daucus carota var. sativa).

Les plantes possèdent de nombreux constituants


chimiques qui leur confèrent plusieurs proprié-
tés thérapeutiques comme le montrent les fiches
ci-­après. Les posologies conseillées entraînent,
dans la majorité des cas, une multitude d’effets
thérapeutiques « positifs » recensés. Pour une
posologie conseillée, la plante délivrera tous ses
secrets !
Attention ! Il est toujours important de choisir des
produits de bonne qualité afin de garantir leur effi-
cacité et leur innocuité.

Où trouver les plantes médicinales ?


On trouve de très belles plantes médicinales chez des
petits producteurs locaux « bio ». De nombreux pro-
duits « naturels » sont vendus dans les pharmacies,
les « herboristeries » ou les magasins bio.
Les mélanges de plantes conseillés dans le chapitre 4
peuvent être réalisés par des « herboristes » ou des
pharmaciens.

Où trouver les huiles essentielles (HE) ?


Il est impératif que soit mentionné sur l’étiquette
du flacon contenant une huile essentielle un certain
nombre de données qui vont garantir la qualité du
produit :

95
—  le nom de la plante, le genre et l’espèce botanique
(nom latin) ;
—  le chémotype quand il existe ; par exemple, l’huile
essentielle de romarin présente de nombreux ché-
motypes (CT), ce qui signifie que la molécule active
majoritaire peut varier en fonction de l’écosystème
de la plante  : il existe ainsi l’HE de romarin CT
verbénone, CT camphre ou encore CT 1,8-­cinéole ;
chacune a des propriétés différentes selon son ché-
motype et sera donc conseillée dans différentes indi-
cations thérapeutiques ;
— la partie distillée de la plante (la feuille,
l’écorce…) ;
—  l’HE doit être 100 % pure et naturelle.
Des petits producteurs ou des laboratoires indus-
triels fournissent des huiles essentielles d’excellente
qualité que l’on trouve sur les exploitations, dans les
pharmacies, les magasins bio…

96
1. Les plantes hépato-­protectrices

Chardon-­marie
Silybum marianum L.
Famille des Asteraceae
Fruit dépourvu de pappus (aigrette)

Noms vernaculaires : Lait de Notre-­Dame, chardon


argenté, silybe de Marie…
Origine de la plante  : La plante pousse commu­
nément sur tout le pourtour méditerranéen. Elle aime
le soleil, les sols acides et rocailleux. On la trouve aussi
en Amérique du Nord, au Canada, au Mexique…
Description botanique : Le chardon-­marie est une plante
herbacée avec une tige robuste. Ses grandes feuilles pour-
vues d’épines sont caractérisées par des nervures blanches
que la légende associée à Marie. Fuyant Hérode, elle
aurait donné le sein à son fils, Jésus, sous un bouquet
de chardons. Une goutte de son lait serait tombée sur
ces feuilles et les aurait marquées à jamais. Les fleurons
de couleur pourpre sont entourés de bractées acérées.
Les fruits sont des akènes noirs marbrés de blanc.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes
(quercétol, kaempférol…), flavonolignanes (silychris-
tine, silydianine et silybine regroupées en silymarine),
stérols, lipides…
Propriétés thérapeutiques : Puissant protecteur et régé-
nérant du foie, augmente la production de bile et sti-
mule son évacuation, antispasmodique, antioxydant…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
hépatiques (hépatites, cirrhoses). Aide les digestions
difficiles, notamment celle des graisses, grâce à ses

97
activités cholérétiques et cholagogues qui facilitent
respectivement la production et l’expulsion de la bile
vers le duodénum.
Posologie :
En gélules ou comprimés  : prendre 140 à 210 mg
d’extrait de chardon-­marie standardisé à 70‑80 % en
silymarine, 1 à 3  fois par jour, 30 minutes avant les
repas, selon les conseils du thérapeute.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions normales
d’utilisation. Contre-­indications  : Déconseillé en cas
d’obstruction des voies biliaires ainsi qu’aux personnes
allergiques aux astéracées (famille du pissenlit, des camo-
milles…). Demander un avis médical pour la femme
enceinte ou allaitante, ainsi que pour les diabétiques.
Remarque  : Le chardon-­marie augmente la capacité
« détox » du foie. Il sera utilisé en préventif (en com-
plément de traitements médicamenteux lourds comme
les chimiothérapies) et en curatif.

Desmodium
Desmodium adscendens SW (D. procumbens)
Famille des Fabaceae
Partie aérienne fleurie

Noms vernaculaires : Gros trèfle, trèfle de la savane…


Origine de la plante : La plante est originaire d’Afrique
équatoriale, on la trouve aussi en Amérique du Sud.
Description botanique  : Le desmodium peut être
rampant ou grimpant, d’où sa grande adaptabilité
aux zones équatoriales. Les feuilles sont trifoliées,
elles présentent des stipules. Les fleurs blanchâtres

98
à violacées ressemblent à des papillons. Les fruits sont
des gousses.
Pincipaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
alcaloïdes d’isoquinoline, triterpènes, acides gras…
Propriétés thérapeutiques : Protecteur et régénérant
du foie, détoxifiant et dépuratif hépatique, antis-
pasmodique, anti-­allergique, anti-­inflammatoire…
Indications thérapeutiques : Traitement des inflam-
mations et des agressions hépatiques d’origine virales
(hépatites), médicamenteuses ou chimiques (alcool,
substances toxiques).
Posologie :
En infusion  : mettre 8 à 10 g de parties aériennes
fleuries de desmodium dans 1 litre d’eau frémissante.
Laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire l’infusion
au cours de la journée.
En extrait fluide glycériné (EPS) : prendre 2 à 4 cuil-
lerées à café par jour, à diluer dans un grand verre
d’eau.
En gélules : prendre 2 gélules d’extrait sec titré (6/1)
dosées à 300 mg, 3 fois par jour avant chaque repas,
avec un grand verre d’eau.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Possibilités de diarrhées et de
nausées à très fortes doses.
Contre-­indications  : Demander un avis médical en
cas de grossesse et d’allaitement, ainsi que pour les
personnes souffrant d’hypotension.
Remarque : Le desmodium est conseillé en complé-
ment des traitements de chimiothérapie. Il protège
le foie en augmentant la résistance des hépatocytes.
Il en réduit efficacement les effets secondaires.

99
2. Les plantes de la vésicule biliaire

Artichaut
Cynara scolymus L.
Famille des Asteraceae
Feuille

Noms vernaculaires : Artichaut commun, barigoule…


Origine de la plante : Inconnu à l’état sauvage, l’arti-
chaut est originaire du Bassin méditerranéen. Il pousse
sous les climats chauds ou tempérés, en Espagne, en
Italie, mais aussi en France, plus particulièrement
en Bretagne. La partie comestible, le « cœur d’arti-
chaut », est le réceptacle floral avant la floraison.
Description botanique : L’artichaut est un chardon
non épineux, domestiqué. Sa tige est robuste, ses
feuilles sont divisées. Les fleurs tubuleuses de cou-
leur pourpre sont réparties sur un gros réceptacle
entouré de bractées charnues à la base que l’on
déguste. Ses fruits sont des akènes.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
acides alcools, acides phénols (acide dicaféylquinique
ou cynarine), lactones sesquiterpéniques, triterpènes,
sels minéraux…
Propriétés thérapeutiques  : Augmente la produc-
tion de bile et stimule son évacuation (cholérétique
et cholagogue), protecteur du foie, antinauséeux,
diminue les gaz intestinaux, diminue le taux de
triglycérides et de cholestérol dans le sang, anti­
spasmodique…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
du foie et des douleurs digestives. Aide les digestions

100
difficiles, notamment celle des graisses, grâce à ses
activités cholérétiques et cholagogues qui facilitent
respectivement la production et l’expulsion de la
bile vers le duodénum. Soulage les symptômes dus
au syndrome de l’intestin irritable.
Posologie :
En infusion : mettre 10 à 15 g de feuilles d’artichaut
dans 1 litre d’eau frémissante. Laisser infuser de 10 à
15 minutes. Boire 1 tasse avant chaque repas. L’infu-
sion est très amère.
En extrait liquide  : diluer 30 à 40 gouttes dans un
grand verre d’eau et le boire avant chaque repas, soit
3 fois dans la journée.
En gélules ou en comprimés : prendre 200 à 300 mg
d’extrait sec standardisé à 3 à 5 % en cynarine, 2 fois
par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Déconseillé en cas d’obstruc-
tion des voies biliaires, ainsi qu’aux personnes
allergiques aux astéracées (famille du pissenlit, des
camomilles…). Demander un avis médical en cas de
grossesse ou d’allaitement.
Remarque : La tradition veut qu’il soulage les effets
dus à la « gueule de bois ».

101
Boldo
Pneumus boldus Mol.
Famille des Monimiaceae
Feuille

Noms vernaculaires : Arbre du Chili.


Origine de la plante : Originaire du Chili, il est très
répandu en Amérique du Sud. Il pousse autour du
Bassin méditerranéen.
Description botanique  : Le boldo est un arbuste
dioïque. Ses feuilles aromatiques sont simples, oppo-
sées et coriaces. Les fleurs mâles, jaune très pâle, ont
la forme d’une cloche. Les fleurs femelles sont plus
petites. Les fruits sont des drupes noires.
Principaux constituants chimiques  : Alcaloïdes
(boldine…), flavonoïdes, essence aromatique (1 à
3 %)…
Propriétés thérapeutiques : Augmente la production
de bile et stimule son évacuation (cholérétique et
cholagogue), antispasmodique, anti-­ballonnements,
anti-­inflammatoire, antioxydant, diurétique, antisep-
tique des voies urinaires…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
mineurs du foie et les troubles gastro-­intestinaux.
Aide les digestions difficiles, notamment celle des
graisses, grâce à ses activités cholérétiques et cho-
lagogues qui facilitent respectivement la production
et l’expulsion de la bile vers le duodénum. Prévient
la lithiase biliaire.
Posologie :
En infusion : mettre 1 à 2 g de feuilles de boldo dans
1 litre d’eau frémissante. Couvrir et laisser infuser de

102
10 à 15 minutes. Boire 1 tasse avant chaque repas,
soit 3 fois par jour, pendant 15 jours.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. À forte dose, possibilité de vomis-
sements, de diarrhées et d’effet neuroleptique. Rare
cas d’allergie. L’huile essentielle est toxique.
Contre-­indications : Déconseillé en cas d’obstruction
des voies biliaires. Contre-­indiqué chez la femme
enceinte ou allaitante, ainsi que chez l’enfant de
moins de 8 ans et les personnes allergiques à la bol-
dine. Le boldo interagirait avec les diurétiques, les
antihypertenseurs et les hypokaliénants.
Remarque  : La Boldoflorine® ne contient pas de
feuilles de boldo.

Fumeterre
Fumaria officinalis L.
Famille des Papaveraceae
Partie aérienne fleurie

Noms vernaculaires  : Fumée de terre, fiel de terre,


herbe à la jaunisse…
Origine de la plante  : La plante pousse communé-
ment partout en Europe et en Asie. Elle aime les
terres incultes, le bord des chemins…
Description botanique : La fumeterre est une petite
plante herbacée à la tige plus ou moins dressée. Ses
feuilles sont très découpées. Ses petites fleurs, rose
violacé, zygomorphes, sont regroupées en grappes.
Le fruit est une silicule ovoïde.

103
Principaux constituants chimiques : Alcaloïdes (fuma-
rine, protopine…), flavonoïdes, acides phénols, miné-
raux…
Propriétés thérapeutiques : Régule le fonctionnement
du foie en intervenant sur la vésicule biliaire, dépura-
tive avec un tropisme pour la peau, antispasmodique,
antinauséeuse…
Indications thérapeutiques : Traitement les troubles
hépatiques et des troubles intestinaux chroniques.
Prévient les calculs biliaires. Facilite la digestion et le
drainage des toxines. Fait disparaître le teint brouillé,
apaise l’eczéma.
Posologie :
En infusion  : mettre 5 à 8 g de parties aériennes
fleuries de fumeterre dans 1 litre d’eau frémissante.
Laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire 1 tasse
avant chaque repas, soit 3  fois par jour, pendant
10 jours.
En teinture mère : prendre 30 gouttes dans un grand
verre d’eau avant chaque repas, soit 3 fois par jour,
pendant 10 jours.
En gélules  : prendre 300 mg d’extrait sec de fume-
terre, avec un grand verre d’eau, avant chaque repas,
soit 3 fois par jour, pendant 10 jours.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. À forte dose, peut entraîner des
diarrhées et des difficultés respiratoires.
Contre-­indications  : Déconseillée en cas d’obstruc-
tion des voies biliaires ou d’insuffisance hépatique
importante. Déconseillée aux personnes souffrant
d’hypertension. Demander un avis médical en cas
de grossesse ou d’allaitement.

104
Remarque  : La fumeterre modifie la composition
de la bile ; elle aura un effet bénéfique sur la
lithiase biliaire ainsi que sur les états migraineux
d’origine hépatique ou nerveuse. Tout traitement
se fera sous contrôle médical et ne durera jamais
longtemps.

Romarin
Rosmarinus officinalis L.
Famille des Lamiaceae
Partie aérienne fleurie

Noms vernaculaires  : Rosemarine, herbe aux cou-


ronnes…
Origine de la plante  : La plante est originaire du
sud de l’Europe où elle pousse communément
partout.
Description botanique : Le romarin est un arbrisseau
aromatique aux feuilles étroites lancéolées, dures et
coriaces. Les petites fleurs bilabiées, bleu pâle, sont
situées en grappes à l’aisselle des feuilles. Le fruit
est un tétrakène.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
acides phénols (acide rosmarinique…), essence aro-
matique, di-­et triterpènes…
Propriétés thérapeutiques : Augmente la production
de bile (cholérétique), antispasmodique, antioxydant,
anti-­inflammatoire, dépuratif, stimulant cérébral…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
hépatiques et gastro-­intestinaux. Traitement des

105
migraines et des vertiges. Favorise un certain tonus
lors des convalescences.
Posologie :
En infusion  : mettre 10 à 15 g de parties aériennes
fleuries de romarin dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrir et laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire
1 tasse 2 heures avant chaque repas, soit 3 fois par
jour, pendant 10 jours.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Déconseillé en cas d’obstruction
des voies biliaires ou d’insuffisance hépatique impor-
tante.
Contre-­indications : Déconseillé aux femmes enceintes
et aux jeunes enfants. Demander un avis médical en
cas d’allaitement.
Remarque : Par voie externe, le romarin soulage les
douleurs rhumatismales.

Un bon équilibre énergétique


Le corps humain est un ensemble d’organes fai-
sant partie de différents systèmes –  respiratoire,
nerveux, cardio-­vasculaire… Il est aussi composé
d’une sphère psychoémotionnelle et énergétique
importante que nous connaissons peu mais que
nous tendons à découvrir.
Près de 500 ans av. J.-­C., les Chinois mettaient en
place les nombreux aspects du diagnostic et des
traitements de la médecine traditionnelle chinoise
(MTC). Depuis, cette pratique médicale n’a cessé de
se développer à travers le monde. Il serait fastidieux

106
de refaire l’historique de ses découvertes même s’il a
son importance. Nous allons, principalement, nous
attarder sur les concepts qui ont fait de la MTC un
« art de guérir » d’une incroyable richesse.

L’apport de la médecine traditionnelle


chinoise
La médecine chinoise est basée sur l’équilibre
énergétique du corps. Elle ne reconnaît pas les
différents systèmes classiques définis en médecine
conventionnelle (cardio-­vasculaire, digestif, immu-
nitaire…). En MTC, on considère que l’être humain
est un microcosme en perpétuelle interaction avec
le macrocosme qui l’entoure. Cette notion d’inter-
dépendance « des poupées russes » a été vue lors
de la description du microbiote. Elle est très cer-
tainement universelle. En MTC, il est d’usage de
dire que « l’Homme et l’Univers se correspondent
mutuellement », ce qui signifie que, pour être en
bonne santé, il est théoriquement nécessaire que
notre corps se soit adapté à son environnement,
soit à toutes les influences du monde extérieur
– le vent, le froid, la chaleur, l’humidité, la séche-
resse et la canicule. L’homme et la nature doivent
communiquer, se correspondre et interagir afin de
trouver le bon équilibre énergétique ; l’homme est
donc responsable de sa santé mais aussi de son envi-
ronnement. Les fondements de l’écologie ont ainsi
plus de 2 000  ans, mais à cette époque ils étaient
évidents, leur appréhension était presque innée.

107
De nos jours nous essayons de les comprendre à
nouveau.
Nous venons de voir l’importance de l’unité entre
l’homme et la nature ; il ne faut pas oublier celle de
l’unité intrinsèque à l’organisme. Les cinq organes
(le foie, le cœur, la rate, les poumons, les reins) et
les cinq viscères (la vésicule biliaire, l’intestin grêle,
l’estomac, le gros intestin et la vessie) sont reliés
entre eux et communiquent avec le reste du corps
grâce aux méridiens et aux vaisseaux dans lesquels
circulent le Qi (l’énergie), le Shen (l’esprit) et le
Jing (l’essence vitale).
Un autre concept important en médecine tradition-
nelle chinoise est la notion de globalité, qui met
en évidence l’interdépendance entre les facteurs
psychologiques et physiques. Elle signifie que les
cinq émotions que sont la joie, la colère, l’amour,
la tristesse et la peur peuvent causer des désordres
pathologiques dans le corps, chaque émotion ayant
un organe cible. La colère est associée au foie, la
joie au cœur, la tristesse aux poumons… Au-­delà
du but de soigner, guérir ou soulager, la MTC
tend à restaurer un équilibre énergétique au sein de
l’organisme, en tenant compte de tous les facteurs
environnementaux ayant une influence directe sur
le corps ou le mental.
Comme l’écrit Éric Marié, professeur à la Faculté
de médecine traditionnelle chinoise du Jiangxi
(Chine)1 : « La médecine chinoise est le fruit d’une

1.  Éric Marié, Précis de médecine chinoise, éd. Dangles.

108
philosophie naturaliste dans laquelle les activités
mentales, émotionnelles, physiologiques ou sociales
sont les multiples expressions d’un même principe
vital. »
Plus simplement, les concepts de la médecine
chinoise reposent avant tout sur le taoïsme et sur
un subtil et savant équilibre énergétique entre notre
environnement et notre corps, entre nos différents
organes, et entre nos organes et notre sphère psy-
choémotionnelle. C’est de ces notions que découle
la théorie du Yin-­Yang et celle des cinq éléments.
Les manuels chinois décrivent le Yin-­Yang comme
« l’unité qui engendre la dualité », ce qui signifie
qu’en tout être et toute chose il existe un côté noir
et un côté blanc, un pôle positif et un pôle négatif
ou, pour rappeler la très célèbre saga américaine
Star Wars, un côté obscur et un côté lumineux.
Pour notre état de bien-­être et notre santé, il est
important de trouver le juste équilibre entre ces
deux forces qui coexistent et qui s’opposent, le tout
reposant sur la permanence de l’impermanence, le
perpétuel changement…
Revenons-­en aux méridiens et au Qi, l’énergie qui
les parcourt. La médecine chinoise est, en ce sens,
différente de la médecine occidentale. Elle s’appuie
sur l’existence de « canaux » qui parcourraient
notre corps et dans lesquels circulerait l’énergie
vitale, appelée « Qi ». Selon ce concept, une per-
sonne tombe malade quand le Qi ne circule plus
librement, qu’il est bloqué à un endroit de l’orga-
nisme. La médecine occidentale émet de sérieux

109
doutes quant à l’existence même de ces méridiens
car, à l’heure actuelle, aucune expérience scienti-
fique n’a permis de les mettre en évidence.

La médecine chinoise est avant tout une médecine


préventive. La légende dit que quand l’empereur
tombait malade il tuait son médecin. C’est com-
prendre l’importance du caractère préventif de
cette pratique médicale. Son but est de veiller à
la libre circulation de l’énergie dans notre corps.
Pour se faire, elle dispose de quatre thérapeutiques,
toutes basées sur l’équilibre énergétique du corps,
sur le Yin-­Yang :
•• La diététique – selon le déséquilibre constaté,
un excès ou une insuffisance, un froid ou une
chaleur, le thérapeute va conseiller de manger
des légumes, des fruits yin ou yang…
•• L’acupuncture – elle va permettre d’atteindre
un organe lésé, de libérer une stagnation
d’énergie, grâce à des aiguilles plantées en
des points situés sur le trajet des méridiens.
•• La pharmacopée –  avec toutes ses subs-
tances naturelles, c’est l’une des plus riches
au monde ; de nombreuses plantes qui en sont
issues sont utilisées en Occident : on ne citera
ici que le gingembre (Zingiber officinale Ros-
coe) et le ginseng (Panax ginseng C.A. Mey.).
En 2015, le prix Nobel de médecine a été
décerné à Youyou Tu, âgée de 84  ans, pour
sa découverte de l’artémisinine, une substance
active contre le paludisme issue de la plante

110
chinoise Artemisia annua, dont les propriétés
médicinales sont connues depuis des millé-
naires en Chine.
•• Le qi gong et le taï-­chi sont des gymnastiques
énergétiques basées sur le souffle.

En Occident, nous redécouvrons certains principes


de base comme « manger sain, faire de l’exer-
cice… » que les Chinois mettent en pratique depuis
des siècles. Les quatre thérapeutiques énoncées
précédemment s’inscrivent dans un mode de vie
et de pensée en totale harmonie avec notre envi-
ronnement. C’est cette communion avec l’Univers,
cette interdépendance des êtres et des choses, cette
corrélation entre le microcosme et le macrocosme
qui font la richesse de la médecine traditionnelle
chinoise, la beauté de la vie en général.
La MTC est la seule thérapeutique qui ait plus de
deux milles ans d’existence, et qui soit aujourd’hui
une médecine soutenue par le pouvoir politique
faisant partie intégrale de l’arsenal médical dans son
pays d’origine. Sa cohérence et sa justesse peuvent
en surprendre plus d’un. Éric Marié précise que
« le fait que la recherche moderne puisse, avec des
résultats probants, exploiter des théories ou des
systèmes complexes, énoncés plus de vingt siècles
auparavant, reste aujourd’hui une cause légitime
d’étonnement pour tous ceux qui ont pénétré la
connaissance de la médecine chinoise ».
Malheureusement, la pratique de cette médecine en
tant que telle est interdite en France. Cependant,

111
on commence à voir apparaître des services entiers
ouverts à cet « art de guérir » dans certains hôpi-
taux de l’Hexagone. À la Pitié-­Salpêtrière (AP-­
HP) à Paris, un centre dédié à cette pratique a
été ouvert afin de lutter contre les effets secon-
daires des médicaments anticancéreux, les dou-
leurs ostéo-­articulaires… Pas moins de neuf études
devraient voir le jour dans les prochaines années.
Le Pr  Alain Baumelou explique : « L’une d’entre
elles concerne l’efficacité de la médecine chinoise
sur les douleurs lombo-­pelviennes pendant la gros-
sesse. Près de 400 patientes y participent… Nous
n’en sommes qu’aux balbutiements, il nous faut
élaborer une feuille de route permettant l’évalua-
tion de ces soins. Seule une véritable évaluation de
son efficacité lui conférera toute sa légitimité. ».
C’est un grand pas pour le bien-­être et la santé
de nombreux patients.

Une bonne gestion du stress


Qui n’a jamais ressenti un état de stress ? Le stress
fait partie de notre vie pour le meilleur comme
pour le pire : l’enfant perdu dans une foule qui ne
voit plus ses parents, l’étudiant qui passe un exa-
men, l’amoureux lors de son premier rendez-­vous
avec  l’être aimé, le comédien avant d’entrer sur
scène, le conférencier devant une salle comble…
Le stress n’est pas considéré comme une émotion ;
c’est un ensemble de réponses physiologiques
que l’organisme met en place pour réagir, à bon

112
escient, à des contraintes, des pressions issues de
son environnement.
C’est au début du xxe siècle que Hans Selye, endo-
crinologue canadien d’origine autrichienne, étudia
le stress. Il le définit comme l’ensemble des moyens
physiologiques et psychologiques mis en œuvre par
le corps humain pour s’adapter à un événement
donné. Il a montré comment le système endocrinien
réagit en cas de stress, comment l’organisme répond
de manière non spécifique à différents stimuli afin
de réagir au mieux à des événements perturbants.
L’état de stress est bien connu ; il est caractérisé
par différents éléments et plusieurs phases ou phé-
nomènes physiologiques. Généralement, sa source
est identifiable. L’agent qui le crée peut être d’ordre
physique (le froid, la chaleur…), mental (un conflit,
un examen…), social (le travail, l’argent, un chef…)
ou émotionnel (un décès, un mariage…). Il est
important de comprendre qu’il peut être positif ou
négatif, mineur ou important, prévu ou inattendu,
exceptionnel mais aussi constant. La réaction du
corps est immédiate grâce à la sécrétion d’adréna-
line et de cortisol par les corticosurrénales, glandes
endocrines situées au-­dessus des reins.
C’est l’histoire de l’homme préhistorique qui ren-
contre un ours énorme et dangereux. Il s’agit d’un
stress imprévu, exceptionnel et important car sa vie
en dépend. Son organisme libère de l’adrénaline
et du cortisol, son rythme cardiaque s’accélère, ses
vaisseaux sanguins se contractent, ses bronches
pulmonaires et ses pupilles se dilatent. Son taux de

113
glucose sanguin augmente tandis que son système
digestif dont il n’a pas besoin se met au repos.
Tout son corps réagit pour faire face au danger,
pour fuir, en apportant un maximum d’oxygène
et d’énergie aux muscles. L’expression « prendre
ses jambes à son cou » n’est pas dénuée de sens.
Elle met en exergue qu’il existe un lien direct et
rapide entre la perception au niveau du système
nerveux central (stimulus) et l’action au niveau du
système nerveux périphérique. Les anciens ne se
doutaient pas que ce duo « stimulus-­réaction » était
le résultat de la sécrétion de nombreuses hormones
à tous les niveaux de notre organisme. Il ne faut
donc pas perdre de vue que le stress est bénéfique
pour l’homme, mais à petite dose. Dans la majorité
des cas, il permet de se « surpasser », d’aller de
l’avant, de donner le meilleur de soi-­même. Dans
d’autres cas, lorsqu’il est répétitif, stérile et « sub-
mersif », il devient chronique et peut engendrer des
désordres au sein de notre organisme, des lésions
dangereuses. C’est dans ce cadre que l’OMS a
déclaré le stress chronique comme un « fléau du
monde occidental ».
Force est de constater que le mode de vie des
sociétés modernes, leur éloignement des milieux
naturels, de la faune et de la flore sauvages, et le
non-­respect de certaines valeurs engendrent des
états psychiques et physiologiques traumatiques.

114
Apprivoiser le stress grâce aux plantes
Il est devenu urgent pour tout individu d’appri-
voiser l’état de stress et de le faire sien. Il lui est
vital de s’adapter à son environnement quel qu’il
soit. Certaines disciplines psychocorporelles telles
que la sophrologie, le yoga, la méditation, l’auto-
hypnose, ou tout simplement la marche dans la
nature en respirant profondément1 sont des aides
précieuses.
La phytothérapie ou l’aromathérapie sont pion-
nières dans ce domaine. Nous l’avons dit précédem-
ment, le stress permet à l’organisme de s’adapter
à une situation exceptionnelle, un environnement
difficile. Comme leur nom l’indique, les plantes
dites « adaptogènes » sont conseillées pour aider
le corps à réagir, à bon escient, en cas de stress
prolongé. Elles permettent de rééquilibrer le ter-
rain en soutenant le corps de manière non spéci-
fique et en lui garantissant une normalisation des
effets physiologiques (augmentation de la résis-
tance ou diminution de l’énergie consommée par
l’organisme, action sur le système immunitaire).
Il existe différentes plantes adaptogènes dont les
plus connues sont :
—  le ginseng (Panax ginseng L.),
— l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus
L.),

1.  Frumkin H., Beyond toxicity: « Human Health and the natural
environment », American Journal of Preventive Medicine, n° 20 (3),
2001, p. 234‑240.

115
—  la rhodiole (Rhodiola rosea L.),
—  l’ashwagandha (Withania somnifera L.).
Toutes ont une utilisation ancestrale appartenant,
souvent, aux pharmacopées asiatiques (chinoise,
tibétaine ou ayurvédique).
Les parties de ces plantes utilisées sont les racines.
En botanique, cet organe a des fonctions impor-
tantes et très particulières. Les racines pourraient
être comparées au cœur du végétal, car sans elles, il
meurt. Elles permettent son ancrage puissant dans
le sol. Quand on réalise la force qu’elles doivent
générer afin de maintenir droit un arbre de plus
de 30 mètres, il y a là une prouesse technique qui
défie certaines lois physiques. Ces organes souvent
souterrains permettent à la plante de se nourrir.
Ils puisent dans la terre tout ce dont le végétal a
besoin pour se développer, l’eau et les minéraux.
L’hiver, les racines sont un organe de réserve. Elles
ont un lien très fort avec la terre, dans laquelle elles
puisent la chaleur et une grande partie de l’énergie
nécessaire à la vie de la plante.
Ainsi, le fait de consommer une racine, en phyto-
thérapie, n’est pas dénué de sens. Les racines des
plantes adaptogènes vont s’adapter aux besoins de
la personne qui en consomme. Elles vont l’aider à
trouver un équilibre au niveau psychoémotionnel
et physiologique ; elles vont renforcer sa robustesse
physique.
Le ginseng est tonique mais pas excitant comme le
café ou le kola ; il est utilisé en cas d’épuisement
général.

116
L’éleuthérocoque, appelé aussi « ginseng sibérien »,
a un peu les mêmes effets que son cousin, mais elle
agira avec davantage de finesse.
La rhodiola, ou l’orpin rose, beaucoup moins
connue, est certainement la plus discrète car son
activité est douce et profonde. Elle permettra une
bonne gestion du stress, notamment en cas d’exa-
mens ou d’entretien d’embauche, car elle augmente
les capacités cognitives. En y ajoutant 1 goutte
d’huile essentielle de romarin à cinéole au cours
du traitement et 1 goutte d’huile essentielle de
laurier noble au moment de l’épreuve, le succès
est assuré !
L’ashwagandha, désignée souvent comme le gin-
seng indien, sera conseillée lors de troubles du
sommeil induits par un état de stress chronique.
Toutes ces plantes doivent être prises pendant un
laps de temps plus ou moins long, selon l’effet
recherché et l’état du patient. Le phytothérapeute
pourra aussi associer d’autres plantes en complé-
ments des précédentes – anxiolytiques, reminéra-
lisantes, « hypnotiques » ou antidépressives – afin
d’obtenir un bel état d’« équilibre » du patient
stressé.

En aromathérapie, nous citerons plus particuliè-


rement l’huile essentielle de camomille romaine,
qui est celle du « lâcher-­prise ». Quelle que soit
notre condition physique ou sociale, la vie nous
offre de nombreux choix. Pour beaucoup d’entre
nous, c’est un torrent tumultueux et non pas un

117
long fleuve tranquille. Mais plusieurs possibilités
s’offrent à nous. Nous pouvons être le saumon
qui remonte le courant au prix d’une grande perte
d’énergie et d’une grande fatigue. Nous pouvons
aussi être la truite dissimulée sous un rocher qui
attend que ça passe ou alors la feuille de platane
qui se laisse dériver au gré de l’eau. Mais nous
pouvons aussi choisir d’être un peu des trois, selon
nos envies. Parfois, il est opportun de rester attentif
et d’attendre le « bon moment », notion si chère
à la pensée chinoise. Dans certaines circonstances,
il faut savoir se laisser aller au gré du flux qui
nous portera vers des contrées intéressantes, parfois
inconnues et un peu stressantes, mais sûrement
épanouissantes et tellement passionnantes. On peut
définir ce choix comme « opportuniste », mais s’il
est réalisé en toute simplicité, en toute sincérité, on
le désignera comme un « lâcher-­prise ». Le premier
terme a, dans notre société, une connotation très
négative, tandis que le second reflète une certaine
positivité, une grande fluidité, une réelle liberté.
Le lâcher-­prise est l’absence de contrôle ; le besoin
incessant de vouloir tout contrôler épuise un indi-
vidu aussi bien physiquement que psychologique-
ment. L’inhalation d’huile essentielle de camomille
romaine permettra de se laisser dériver au gré des
courants porteurs de notre vie… la tête hors de
l’eau, en suivant la voie qui est la nôtre ! Elle per-
mettra l’acceptation des erreurs, des échecs, des
déceptions, elle aidera aussi au renoncement de
relations toxiques.

118
Dans ce même ordre d’idée de « détachement »,
la méditation est un excellent allié. Elle permet
une concentration sur soi afin de mieux s’ouvrir à
l’autre, au monde qui nous entoure tout en se déta-
chant des biens matériels. Certains sages, comme
Matthieu Ricard, sont à même d’en parler plus
longuement, car leur expérience en la matière est
grande et profonde1.
Pour gérer son stress, il est nécessaire de chercher
à avoir une meilleure qualité de vie mais aussi une
meilleure qualité de sommeil. On diminue ainsi un
« état général de tension » dans la journée afin de
mieux dormir la nuit.

1.  Matthieu Ricard, L’Art de la méditation, éd. NiL.

119
HE de camomille romaine
Chamaemelum nobile L.
Famille des Asteraceae
Fleur
Noms vernaculaires  : Camomille noble, camomille
double…
Origine de la plante : La camomille noble est origi-
naire de la façade atlantique de l’Europe.
Principaux constituants chimiques  : Esters terpé-
niques, cétones terpéniques.
Propriétés thérapeutiques  : Calmante du système
nerveux central, apaisante, antispasmodique, anti-
douleur, anti-­inflammatoire…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’hyper­
sensibilité, de traumatismes affectifs. Diminue le
stress, l’anxiété, l’agitation. Conseillée en cas de crises
de nerfs, de crises d’angoisse…
Posologie :
En diffusion : mettre 4 à 8 gouttes dans un diffuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 3 fois au cours
de la journée, dont une au moment du coucher.
En massage : mettre un peu d’huile végétale de noyaux
d’abricot dans le creux de la main et ajouter 1 à 2
gouttes d’HE de camomille romaine. Masser le plexus
solaire, le ventre ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque  : C’est l’huile essentielle du « lâcher-­
prise », de la « confiance » en l’autre, en la vie.

120
HE de néroli
Citrus aurantium ssp. amara
Famille des Rutaceae
Fleur

Noms vernaculaires : Bigaradier, oranger amer…


Origine de la plante  : Le bigaradier est un arbre
originaire d’Asie ; il est présent sur tout le pourtour
du Bassin méditerranéen.
Principaux constituants chimiques  : Alcools terpé-
niques, esters terpéniques, sesquiterpénols, monoter-
pènes, composés azotés. Propriétés thérapeutiques :
Rééquilibrante nerveuse, antidépressive (régule la
tension artérielle).
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas de
grande fatigue physique et mentale, ainsi qu’en cas
de dépression nerveuse.
Posologie :
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 3 fois au cours
de la journée dont une au moment du coucher.
En massage  : mettre un peu d’huile végétale de
noyaux d’abricot dans le creux de la main et ajou-
ter 1 à 2 gouttes d’HE de néroli. Masser le plexus
solaire ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Aucune.
Remarque : L’huile essentielle de néroli est très pré-
cieuse ; elle ne sera pas utilisée en diffusion.

121
Un sommeil réparateur
Dormir fait partie de l’hygiène de vie. Nous pas-
sons un tiers de notre vie à dormir, soit environ
huit heures par nuit. Une nuit est, généralement,
divisée en quatre cycles de sommeil, qui chacun
comporte cinq états successifs  : le sommeil lent
léger de stade 1, le sommeil lent léger de stade
2, le sommeil lent profond de stade 1, le som-
meil lent profond de stade 2, et le sommeil para-
doxal. Le sommeil présente donc une véritable
architecture dont il faut avoir conscience. Chaque
stade est caractérisé par un état physique qui lui
est propre, marqué par un relâchement ou une
tonicité musculaire, une baisse de la température
corporelle, une variation du rythme cardiaque et,
surtout, une activité cérébrale bien particulière. Si
nous passons autant de temps à dormir, c’est que
cette « activité » est vitale.
Comme le dit Karine Spiegel, chercheuse au Centre
de recherche en neurosciences de Lyon : « Négli-
ger son sommeil expose à des dérèglements phy-
siopathologiques au même titre qu’une mauvaise
alimentation ou un manque d’activité physique ».
Une étude a mis en évidence qu’une durée de som-
meil inférieure à six heures par nuit augmente les
risques d’avoir une maladie cardio-­vasculaire, de
mourir d’un AVC, d’un cancer ou d’une septicémie.
Cette étude montre, une fois de plus, que tout est
lié, et elle met l’accent sur la notion de terrain. La
privation de sommeil, répétée de façon chronique,

122
a un impact direct sur le système hormonal ; elle
peut entraîner une prise de poids, un diabète ou
un ralentissement de la croissance.
Durant le sommeil, le cerveau se développe, crée
des connexions neuronales, d’où son impact impor-
tant sur les phénomènes de mémorisation et d’ap-
prentissages. Dormir est vital et indispensable à
notre « état de santé » !

Les troubles du sommeil sont banalisés


En 2010, l’Institut national de prévention et d’édu-
cation pour la santé (INPES) révèle que 47 % des
Français souffrent de troubles du sommeil, dont 16 %
avec de fréquentes insomnies. En 2012, 69 % des
Français déclaraient se réveiller entre 1 et 4 fois par
nuit. Pourtant, seulement 16 % des personnes souf-
frant de troubles du sommeil sont prises en charge
médicalement ; 10 % prennent des somnifères et
6 % suivent une thérapie cognitivo-­comportementale
(TCC). Ces chiffres signifient qu’environ la moitié des
personnes dormant mal ou peu acceptent cet état de
fait et les conséquences qui en découlent.
Le manque de sommeil mais aussi la prise de som-
nifères génèrent de nombreux risques tels que des
chutes, des accidents de la route ou du travail…
Il serait intéressant de chiffrer les dépenses de
santé liées au manque de sommeil et aux effets
secondaires des hypnotiques. La Caisse d’assurance
maladie, la première concernée par ce fléau, serait
certainement soulagée qu’on y remédie.

123
Comment retrouver un sommeil de qualité ?
Certaines règles simples sont à mettre en place
avant d’aller dormir…
•• Le soir, faites un repas léger, 2 à 3  heures
avant de vous coucher.
•• Évitez de manger des plats trop gras et des
protéines.
•• Évitez de boire du thé, du café, des boissons
excitantes pendant l’heure précédant le coucher.
•• Évitez l’exposition à des écrans plats, car ils
émettent de la lumière bleue qui diminue la
sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.
•• Éloignez les téléphones portables.
•• Optez pour l’obscurité totale.
•• Veillez à ce que la température de la chambre
ne dépasse pas 19 °C.
•• Essayez de ritualiser le moment du coucher en
faisant, tous les soirs, la même chose comme
prendre une tisane de tilleul ou de mélisse
1 heure avant le coucher.
•• Mettez des chaussettes si vous avez les extré-
mités froides.
•• Essayez de vous endormir sur le côté droit.

Les plantes et les huiles essentielles bénéfiques


au sommeil
Elles représentent d’excellentes alternatives aux
problèmes de sommeil. Elles sont nombreuses
à avoir des activités prouvées scientifiquement
dans ce domaine, sans avoir les effets secondaires

124
des somnifères de synthèse qui sont nombreux
et variés.
Nous verrons, en détail, les principales, celles
que l’on utilise fréquemment dans l’indication
de « troubles du sommeil » comme l’aubépine,
l’eschscholtzia, la mélisse, la passiflore et la valé-
riane. Je citerai, simplement, l’aspérule odorante,
la ballote, le houblon, le tilleul et la marjolaine,
que j’affectionne particulièrement. Cette dernière
présente deux aspects pouvant sembler opposés :
le yin et le yang ; elle est puissante par son activité
antibactérienne mais douce par à son activité apai-
sante sur le système nerveux central (SNC). Elle
représente parfaitement toute la complexité et la
richesse de la médecine par les plantes.
En aromathérapie, et plus particulièrement en
olfactothérapie, certaines huiles essentielles ont
des propriétés sédatives, ce qui signifie qu’elles
ont une activité dépressive sur le système nerveux
central, entraînant un apaisement, une relaxation
et une réduction de l’anxiété… Ces huiles essen-
tielles sont extraites de plantes aromatiques comme
la lavande officinale, la marjolaine, le bigaradier,
la verveine citronnée ou l’ylang-­ylang. On peut
aussi mentionner l’essence de mandarinier. Dans
la plupart des cas, ces fragrances peuvent être uti-
lisées pour diminuer le stress, et donc permettre
un meilleur endormissement.

125
Aubépine
Crataegus monogyna Jacq.
et Crataegus laevigata DC.
Famille des Rosaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Épine blanche, épine de mai…


Origine de la plante  : La plante est très commune
en Europe et en Afrique du Nord. On la trouve
aussi en Amérique du Nord.Description botanique :
L’aubépine est un arbrisseau de 2 à 5 m de haut,
dont les branches sont couvertes d’épines acérées.
Les petites fleurs à cinq pétales blancs apparaissent
après les feuilles pennées (en forme de plume). Les
fruits sont des drupes rouges appelées « cénelles ».
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
procyanidines oligomères, triterpènes, amines…
Propriétés thérapeutiques : Activité cardio-­vasculaire
(régule le rythme du cœur), sédative sur le système
nerveux central, modératrice du système sympa-
thique.
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
cardio-­vasculaires tels que l’insuffisance cardiaque
légère et l’hypertension artérielle d’origine nerveuse
en augmentant la force de contraction du cœur et
en diminuant sa fréquence. Protège de l’arythmie.
Traitement des troubles mineurs du sommeil.
Posologie :
En infusion, en prévention  : mettre 10 à 15 g de
sommités fleuries d’aubépine dans 1 litre d’eau
­frémissante. Laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire
1 tasse, 3 à 4 fois par jour.

126
En teinture, en prévention : diluer 1 à 2 ml dans un
grand verre d’eau. Boire 3 verres par jour.
En gélules pour le traitement de l’insuffisance car-
diaque : prendre 160 à 900 mg d’extrait sec standar-
disé à 18 à 20 % en procyanidine ou de 2 à 3 % en
flavonoïdes, par jour, en 2 ou 3 prises, pendant au
moins 6 semaines.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : L’aubépine est conseillée pour les sujets
émotifs, anxieux et souffrant à la fois de palpitations
et de troubles du sommeil. Son action est régulatrice
et légèrement sédative. Elle sera associée à d’autres
plantes, telle la passiflore, pour un effet bénéfique
à tous les niveaux.

Escholtzia
Eschscholtzia californica Cham.
Famille des Papaveraceae
Partie aérienne fleurie

Noms vernaculaires : Pavot de Californie…


Origine de la plante  : Originaire d’Amérique du
Nord, le pavot de Californie a été introduit en Europe
en tant que plante ornementale.
Description botanique : L’escholtzia est une plante her-
bacée qui apprécie l’exposition au soleil. Elle ressemble
beaucoup au coquelicot, mais ses fleurs à quatre pétales
sont jaune orangé. Ses feuilles sont très découpées. Le
fruit est une capsule contenant de nombreuses graines.

127
Principaux constituants chimiques  : Alcaloïdes iso-
quinoléiques (eschscholtzine, californidine…), flavo-
noïdes, caroténoïdes, stérols…
Propriétés thérapeutiques : Hypnotique léger, anxio-
lytique, sédatif, antispasmodique…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
du sommeil, des cauchemars, de l’anxiété, de la ner-
vosité, des céphalées d’origine nerveuse.
Aide à l’endormissement et prévient les réveils noc-
turnes. Aide au sevrage des neuroleptiques.
Posologie :
En infusion  : mettre 10 à 15 g de parties aériennes
fleuries d’escholtzia dans 1 litre d’eau frémissante.
Laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire 2 à 3 tasses
par jour, dont une 1 heure avant le coucher.
En teinture mère (TM) : diluer 5 à 8 ml dans un verre
d’eau et le boire 1 heure avant le coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Attention aux risques de somno-
lence, de torpeur matinale.
Contre-­indications  : Déconseillé aux conducteurs
d’engins ou de machines. Le pavot de Californie ne
doit pas être associé à la prise de boissons alcoolisées.
Contre-­indiqué en cas d’intervention chirurgicale et
de glaucome. Déconseillé chez la femme enceinte ou
allaitante, ainsi que chez l’enfant de moins de 6 ans.
Remarque  : Il est intéressant de l’associer à des
plantes adaptogènes ou autres ayant une activité sur
le système nerveux.

128
Mélisse
Melissa officinalis L.
Famille des Lamiaceae
Feuilles

Noms vernaculaires : Herbe au citron, thé de France…


Origine de la plante  : La plante est originaire de
l’est du Bassin méditerranéen. Elle est désormais
commune dans toute l’Europe.
Description botanique  : La mélisse est une plante
aromatique herbacée, aux feuilles entières, aux
fleurs blanchâtres zygomorphes. Le fruit est un
tétrakène. Elle dégage une agréable odeur de citron.
Principaux constituants chimiques : Acides phénols,
flavonoïdes, essence aromatique, tanins…
Propriétés thérapeutiques : Sédative du système ner-
veux central, équilibrante, antispasmodique, hypoten-
sive, régulatrice thyroïdienne, antivirale…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
du sommeil, de tension, d’agitation et de confusion.
Traitement des troubles digestifs d’origine nerveuse,
des migraines et des céphalées de tension.
Posologie :
En infusion : mettre 20 à 30 g de feuilles de mélisse
dans 1 litre d’eau frémissante. Couvrir et laisser infu-
ser de 10 à 15 minutes. Boire 2 à 3 tasses par jour,
dont une 1 heure avant le coucher.
En teinture mère (TM) : diluer 30 à 40 gouttes dans
un grand verre d’eau. Boire 1 verre, 3 fois par jour,
dont un 1 heure avant le coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.

129
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : La mélisse entre dans la composition de
la célèbre Eau de Mélisse des Carmes® avec la noix
de muscade, la coriandre… Elle sera conseillée pen-
dant les états grippaux lorsque la maladie empêche
de s’endormir.

Passiflore
Passiflora incarnata L.
Famille des Passifloraceae
Partie aérienne

Noms vernaculaires  : Fleur de la Passion, grena-


dille…
Origine de la plante  : La plante est originaire du
Brésil et du Pérou. C’est une espèce tropicale et sub-
tropicale. On trouve certaines espèces ornementales
dans le sud de l’Europe.
Description botanique : La passiflore est une plante
grimpante présentant une tige creuse, avec des feuilles
trilobées. Les fleurs sont très reconnaissables avec
leurs cinq pétales rouge clair, leurs couronnes fili-
formes et leurs trois stigmates élargis. Au xviie siècle,
les missionnaires espagnols disaient de cette fleur
évoquait la Passion du Christ. Le fruit est une baie
verdâtre à brunâtre.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
alcaloïdes en faible quantité, acides phénols, cou-
marines, maltol…

130
Propriétés thérapeutiques : Sédative, tranquillisante,
anxiolytique, antispasmodique…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
du sommeil, de l’anxiété, de la nervosité, de l’agita-
tion, de l’irritabilité de l’adulte et de l’enfant. Dimi-
nue l’instabilité nerveuse et traite les états irritables
dus à la ménopause.
Posologie :
En infusion  : mettre 10 à 15 g de parties aériennes
séchées de passiflore dans 1 litre d’eau frémissante.
Laisser infuser de 10 à 15 minutes. Boire 2 à 3 tasses
par jour, dont une 1 heure avant le coucher.
En gélules : prendre 3 à 4 gélules par jour, dont une
1 heure avant le coucher.
En teinture mère (TM) : diluer 30 à 40 gouttes dans
un grand verre d’eau. Prendre 1 verre 3 fois par jour,
dont un 1 heure avant le coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Très rares cas d’allergie.
Contre-­indications  : Demander un avis médical en
cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : La passiflore est un excellent neurosédatif
conseillé aux personnes hypersensibles. Elle peut être
utilisée seule ou associée à d’autres plantes comme
la mélisse ou l’aubépine…

131
Valériane
Valeriana officinalis L.
Famille des Valerianaceae
Organes souterrains

Noms vernaculaires : Herbe-­au-­chat, petite valériane…


Origine de la plante  : La plante est originaire des
zones tempérées de l’Europe et de l’Asie. On la
trouve dans de nombreux pays sauf sur le pourtour
méditerranéen.
Description botanique : La valériane est une plante
herbacée. Ses feuilles très découpées sont en forme
de plumes. Les fleurs sont petites, blanches ou roses,
regroupées en corymbe. Le fruit est un akène sur-
monté d’une aigrette.
Principaux constituants chimiques : Esters d’iridoïdes
(valépotriates), mono-­et sesquiterpènes, essence aro-
matique…
Propriétés thérapeutiques : Sédative du système ner-
veux central, anxiolytique, myorelaxante, antispasmo-
dique, hypnotique à forte dose (soit 400 mg d’extrait
sec de valériane par jour)…
Indications thérapeutiques : Traitement des troubles
du sommeil dus à un épuisement nerveux et/ou à
un surmenage intellectuel. Traitement des problèmes
de concentration, de l’anxiété, de l’irritabilité. Effet
relaxant important.
Posologie :
En décoction  : mettre 10 à 15 g de parties souter-
raines de valériane dans 1 litre d’eau frémissante.
Faire bouillir 5 minutes, puis laisser infuser de 10
à 15 minutes. Boire 2 à 3 tasses par jour, dont une

132
1 heure avant le coucher. L’odeur et le goût de la
valériane sont assez désagréables.
En teinture mère (TM) : diluer 30 à 40 gouttes dans
un grand verre d’eau. Boire 1 verre 2 fois par jour,
dont un 1 heure avant le coucher.
En gélules ou en comprimés  : prendre 2 à 4 gélules
par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Déconseillée à la femme enceinte
ou allaitante.
Remarque  : La valériane ne convient pas à tous les
tempéraments. Selon les patients, des effets inverses
peuvent être remarqués.

HE de lavande officinale
Lavandula officinalis L. ou Lavandula vera L.
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Lavande, lavande vraie, lavande


fine…
Origine de la plante  : La lavande est originaire du
Bassin méditerranéen.
Principaux constituants chimiques  : Esters terpé-
niques (acétate de linalyle), alcools terpéniques (lina-
lol).
Propriétés thérapeutiques  : Calmante, apaisante,
sédative, antispasmodique puissante, cicatrisante,
antidouleur…

133
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
somnie. Diminue le stress, l’anxiété, l’agitation, la
dépression. Traitement des troubles d’origine nerveuse
comme l’asthme, les spasmes digestifs, les nausées…
Posologie :
En diffusion : mettre 4 à 8 gouttes dans un diffuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 4 fois par jour,
dont une au moment du coucher.
En massage : dans le creux de la main, mettre de l’huile
végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à 2 gouttes
d’HE de lavande officinale. Masser le plexus solaire
ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : L’HE de lavande officinale est une huile
essentielle remarquable à avoir toujours sous la main.

Essence de mandarinier
Citrus reticulata L.
Famille des Rutaceae
Zeste

Noms vernaculaires : Mandarinier.


Origine de la plante  : Le mandarinier est un arbre
originaire du Sud-­Est asiatique ; il est présent dans
tout le Bassin méditerranéen.

134
Principaux constituants chimiques : Terpènes (limo-
nène…), coumarines.
Propriétés thérapeutiques  : Calmante, relaxante,
sédative, modératrice du système nerveux central.
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
somnie. Diminue les angoisses et le stress. Traite-
ment des troubles d’origine nerveuse. Traitement
des troubles psychoaffectifs.
Posologie :
En diffusion : mettre 4 à 8 gouttes dans un diffuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 4 fois par jour,
dont une au moment du coucher.
En massage : dans le creux de la main, mettre de l’huile
végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à 2 gouttes
d’essence de mandarinier. Masser le plexus solaire ou
le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Photosensibilisante, augmente la
sensibilité de la peau au soleil.
Contre-­indications  : Pas d’exposition au soleil
durant les 6  heures qui suivent son application.
Demander un avis médical en cas de grossesse ou
d’allaitement.
Remarques : C’est l’essence des enfants stressés !

135
HE de marjolaine
Origanum majorana L.
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Marjolaine à coquilles, marjo-


laine officinale, marjolaine des jardins…
Origine de la plante  : La marjolaine est originaire
du Sud-­Ouest asiatique, mais elle est présente dans
tout le Bassin méditerranéen.
Principaux constituants chimiques : Alcools terpéniques
(thujanol, linalol), terpènes (sabinène, myrcène…).
Propriétés thérapeutiques : Calmante, rééquilibrante,
antispasmodique, antidouleur, antibactérienne.
Indications thérapeutiques : Diminue le stress, l’anxié-
té, les oppressions. Traitement des troubles d’origine
nerveuse, les tachycardies, les ulcères, les colites…
Posologie :
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 4 fois par jour,
dont une au moment du coucher.
En massage  : dans le creux de la main, mettre de
l’huile végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à
2  gouttes d’HE de marjolaine. Masser le plexus
solaire ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque  : L’huile essentielle de marjolaine régule
le système nerveux végétatif.

136
HE de petit-­grain bigarade
Citrus aurantium ssp. amara
Famille des Rutaceae
Feuille et petit fruit

Noms vernaculaires : Bigaradier, oranger amer…


Origine de la plante  : Le bigaradier est un arbre
originaire d’Asie ; il est présent dans tout le Bassin
méditerranéen.
Principaux constituants chimiques  : Esters terpé-
niques, alcools terpéniques, terpènes.
Propriétés thérapeutiques  : Rééquilibrante ner-
veuse, relaxante, antispasmodique puissante, anti-­
inflammatoire.
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’an-
goisses, de stress. Traitement des troubles d’origine
nerveuse.
Posologie :
En diffusion : mettre 4 à 8 gouttes dans un diffuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 4 fois par jour,
dont une au moment du coucher.
En massage  : dans le creux de la main, mettre de
l’huile végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à
2 gouttes d’HE de petit-­grain bigarade. Masser
le plexus solaire ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun.
Contre-­indications : Aucune.
Remarque : L’huile essentielle de petit-­grain bigarade
réharmonise toute communication. Elle est conseil-
lée, notamment pour les enfants, quand il y a un
problème de désadaptation.

137
HE de verveine citronnée
Lippia citriodora L.
Famille des Verbenaceae
Feuille

Noms vernaculaires  : Verveine odorante, verveine


citronnelle, verveine du Pérou…
Origine de la plante : La verveine citronnée est ori-
ginaire des Andes d’Amérique du Sud.
Principaux constituants chimiques : Terpènes, sesqui-
terpènes, alcools terpéniques, sesquiterpénols, esters
terpéniques, aldéhydes terpéniques.
Propriétés thérapeutiques  : Sédative puissante,
équilibrante, régule le système nerveux central,
antidépressive, anti-­inflammatoire, régulatrice endo-
crinienne…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
somnie, de dépression. Diminue le stress, l’anxiété,
les angoisses.
Posologie :
En diffusion  : mettre 4 à 8 gouttes dans un dif-
fuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 goutte sur un mouchoir
et inhaler la fragrance au cours de la journée et au
moment du coucher.
En massage  : dans le creux de la main, mettre de
l’huile végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à
2  gouttes d’HE de verveine citronnée. Masser le
plexus solaire ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Irritante à l’état pur.

138
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque  : C’est l’huile essentielle « zen » par
excellence.

HE d’ylang-­ylang
Cananga odorata (Lam.) Hook et Thomson, 1855
Famille des Annonaceae
Fleur

Noms vernaculaires : Ilang-­ilang (la fleur des fleurs)…


Origine de la plante : L’ylang-­ylang est originaire du
Sud-­Est asiatique.
Principaux constituants chimiques : Sesquiterpènes,
alcools terpéniques, esters terpéniques, phénols aro-
matiques, phénols méthylether.
Propriétés thérapeutiques  : Équilibrante nerveuse,
antispasmodique puissante, relaxante, apaisante,
antalgique…
Indications thérapeutiques  : Diminue le stress, les
angoisses, l’anxiété. Diminue les douleurs sourdes
et profondes.
Posologie :
En diffusion : mettre 4 à 8 gouttes dans un diffuseur.
En inhalation sèche : mettre 1 à 2 gouttes à l’intérieur
du poignet. Frotter les 2 poignets entre eux et inhaler
la fragrance. Répéter l’opération 2 à 4 fois par jour,
dont une au moment du coucher.
En massage  : dans le creux de la main, mettre de
l’huile végétale de noyaux d’abricot, ajouter 1 à

139
2 gouttes d’HE d’ylang-­ylang. Masser le plexus solaire
ou le dos au moment du coucher.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : C’est l’huile essentielle qui fait voyager.
Elle serait même aphrodisiaque !

Une activité physique régulière


Pratiquer régulièrement une activité physique est
essentiel pour le corps et l’esprit. Cette activité
doit être adaptée à la personne afin de lui procurer
bien-­être, santé et plaisir !
Mais le fait de bouger conduit plus loin encore !
En 2012, une note de l’Institut national du cancer
affirmait que l’activité physique engendrait une
diminution de 25 à 30 % de la survenue des cancers
du côlon, du sein (surtout après la ménopause) et
de l’endomètre.
En avril  2015, Valérie Fourneyron, ex-­ministre
des Sports, a proposé à l’Assemblée nationale un
amendement visant à prescrire le sport sur ordon-
nance. Car si la pratique sportive est adaptée à la
condition et à la pathologie d’un patient, elle amé-
liore sa forme générale et, surtout, elle permet une
diminution de la prise de médicaments. Le sport
serait prescrit dans les cas de diabète de type II,
d’obésité, de maladies cardio-­vasculaires, mais aussi
de maladies chroniques et de cancers stabilisés.

140
En tant que médecin, Valérie Fourneyron sou-
ligne aussi le retard de la France en matière de
thérapies non médicamenteuses, retard déjà poin-
té du doigt, dès 2011, par la Haute Autorité de
santé. Certaines mutuelles ont pris les devants
et se chargent désormais des dépenses liées à la
pratique d’une activité physique en rapport avec
une pathologie avérée.
Quoi qu’il en soit, bouger n’implique pas forcément
de grandes dépenses. Marcher régulièrement dans
la nature avec des chaussures adaptées reste à la
portée de tous. Le « sport santé » doit être plébis-
cité chez les jeunes et les moins jeunes, il est garant
de notre bien-­être physique et moral.

L’équilibre physiologique, en bref


Un organisme en bon « état de santé » peut plus
facilement se défendre contre les virus, les bacté-
ries… Il est donc important de respecter les « six
grands principes de santé » suivants :
1.  Manger sain et équilibré
2.  Prendre soin de notre foie
3.  Privilégier un bon équilibre énergétique
4.  Savoir gérer son stress
5.  Dormir d’un sommeil réparateur
6.  Pratiquer une activité physique régulière.
Ces six principes sont à la portée de tous. Ces
méthodes simples sont nos alliées dans une
démarche pour un « mieux-­être ». L’avenir de la
médecine est très certainement dans la prévention.

141
Les médecins se rendent compte que les médica-
ments ont leurs limites et que la balance bénéfices/
risques est toujours fragile. De plus en plus de
cancérologues ou de cardiologues recommandent
une alimentation équilibrée, la pratique d’exercice
physique…
À ce jour, les manipulations génétiques en tout genre
n’ont pas donné les résultats escomptés. Toucher
au vivant reste une gageure dangereuse, dont les
conséquences n’ont jamais été réellement envisa-
gées. Le xxie  siècle sera certainement un siècle de
défis vis-­à-­vis de nombreuses maladies incurables ou
émergentes. Les êtres humains doivent se préparer à
affronter un environnement parfois hostile, contami-
né ou pollué, en mettant en place des règles d’hygiène
et de prévention simples qui leur procureront un réel
bien-­être ou mieux-­être, ainsi qu’une résistance aux
différents agents néfastes pour leur santé.

La phytothérapie, une approche


thérapeutique complémentaire
Qu’est-­ce que la phytothérapie ?
Le mot phytothérapie est formé de deux mots
grecs  : phyton, signifiant « végétal », et therapeia,
« cure, soin ». La phytothérapie est le fait de soi-
gner par les plantes. Cette discipline « médicale »
est connue et utilisée, à travers le monde, depuis
la nuit des temps. On a découvert dans certaines
grottes, des graines et des plantes dont l’aspect et

142
la conservation supposent qu’elles furent utilisées à
des fins médicales par les hommes de Cro-­Magnon.
Dans l’Antiquité, de nombreux hommes de sciences
et de lettres, grecs ou romains, ont marqué l’histoire
de la médecine par les plantes : Hippocrate de Cos,
Aristote, Dioscoride, Pline l’Ancien, Galien… les
préconisaient pour guérir de nombreux maux. À
la même époque, les Chinois écrivaient leurs très
célèbres textes de la pharmacopée.
En Europe, au Moyen Âge, les plantes médici-
nales envahirent les monastères. Les jardins des
simples, ou jardins médicinaux, étaient l’apanage
des hommes d’Église. Par le capitulaire de Villis,
acte législatif, Charlemagne ordonna la culture
d’une centaine de végétaux dans les jardins royaux.
Hildegarde de Bingen, bénédictine rhénane, mar-
qua son époque grâce à ses écrits ; elle fut cano-
nisée, et son accès au statut de docteur de l’Église
contribua à son rayonnement international.
On peut également citer Paracelse, médecin
suisse du xvie siècle qui travailla sur la « Théorie
des signatures ». Rudolf Steiner, au xixe  siècle,
disciple de Goethe et penseur autrichien, fut
le père de l’anthroposophie ; il défendait l’idée
que l’observation et l’interprétation étaient les
deux piliers de toute connaissance. Pendant long-
temps, en France, la connaissance des plantes et
leur commerce furent le privilège des herboristes.
Ce diplôme fut abrogé, en 1941, par le maréchal
Pétain afin de développer l’industrie chimique
et celle du médicament. Depuis, les plantes

143
médicinales sont la propriété du secteur phar-
maceutique ; seuls les pharmaciens sont habilités
à vendre les plantes dites « médicinales ». À la
fin du xxe et au début du xxie  siècle, de grands
noms ont marqué et marquent encore la phytothé-
rapie tels que M­ aurice Mességué, les professeurs
Jean-­Marie Pelt, Jean Bruneton, Robert Anton,
ainsi que Jacques Fleurentin, Jean-Michel Morel,
Patrice de Bonneval et bien d’autres…
La phytothérapie se définit par l’utilisation de
plantes ou de parties de plantes à des fins médi-
cales. La partie utilisée est fondamentale, c’est elle
qui contient l’actif, le composé chimique majo-
ritaire qui induit l’activité thérapeutique prédo-
minante. Il peut s’agir de la fleur, de la  feuille,
de la racine, de l’écorce, du fruit, de la graine…
Comme  pour tout médicament, la forme phar-
maceutique (galénique) est importante. Cela
peut être une infusion, une décoction, un extrait
hydroalcoolique, une gélule, un comprimé… Il est
nécessaire de réaliser que ces préparations à base
de plante contiennent des centaines de molécules
chimiques, ce qui induit un panel d’indications
thérapeutiques. Elles peuvent rééquilibrer un ter-
rain, soigner des pathologies bénignes comme un
rhume, une indigestion…, agir en complément
d’un traitement médicamenteux lourd, soulager
des maux incommodants au quotidien comme des
maux de tête, des inflammations…
Si la phytothérapie est encore aujourd’hui la méde-
cine la plus utilisée dans le monde, elle connut

144
toutefois, en Occident, vers la fin du xixe  siècle,
un net déclin en raison de la synthèse chimique de
certains actifs tels que l’aspirine, les antibiotiques,
la cortisone… Depuis les années 1970, la popu-
lation se tourne à nouveau vers le naturel. Au vu
de cet engouement, les pouvoirs publics se sont
organisés. L’OMS et la Communauté européenne
ont créé des organismes tels que la Commission E
et l’ESCOP visant à recenser les usages tradition-
nels des plantes, à les valider scientifiquement et
à comprendre leurs mécanismes d’action.

Les plantes immunostimulantes


Comme le célèbre médecin Claude Bernard le souli-
gnait : « Le microbe n’est rien, le terrain est tout ».
Des plantes aident à soutenir le terrain, notamment
à stimuler l’organisme et les défenses immunitaires.
Ce sont des plantes dites « immunostimulantes ».
Elles agissent au niveau des cellules immunitaires
en renforçant leur activité ou en augmentant leur
nombre. Il s’agit de :
1. L’acérola
2. L’andrographis
3. L’argousier
4. L’astragale
5. L’échinacée
6.  Le ginseng
7.  La griffe de chat
8.  Le sureau noir
(liste non exhaustive)

145
De nombreuses plantes aromatiques et leurs huiles
essentielles sont à la fois antimicrobiennes – ce qui
signifie qu’elles tuent ou limitent la prolifération
des microbes – et immunostimulantes. Pour savoir
comment les utiliser, reportez-­vous aux fiches des
huiles essentielles ci-­après et au chapitre 4.

Il est important de mentionner que toutes ces plantes


peuvent être prises en automédication, notamment
en cure préventive avant l’hiver. Cependant, pour les
femmes enceintes, allaitantes, et toutes les personnes
sous traitement médicamenteux, un avis médical est
vivement recommandé.

146
Acérola
Malpighia emarginata (Sessé & Moc. Ex DC.)
Famille des Malpighiaceae
Fruit

Noms vernaculaires : Le fruit est appelé communé-


ment « cerise de la Barbane », « cerise des Antilles »…
Origine de la plante  : La plante pousse dans les
régions tropicales d’Amérique du Sud, au Pérou,
au Brésil et au Venezuela. Elle est aussi présente
aux Antilles.
Description botanique  : Arbuste à feuillage persis-
tant dont les feuilles, ovales, sont terminées par une
pointe aiguë. Les fleurs, groupées en inflorescences,
se déclinent du blanc au rouge en passant par le rose.
Le fruit est une drupe de couleur rouge.
Principaux constituants chimiques : Vitamine C (quan-
tité 10 à 40 fois plus importante que dans l’orange),
vitamines B1, B2, B3, B5, A, magnésium, potassium,
fer, phosphore, calcium, bêtacarotène, polyphénols.
Propriétés thérapeutiques  : Anti-­infectieuse, toni-
fiante, stimulante, anti-­inflammatoire, antioxydante,
reminéralisante…
Indications thérapeutiques  : Soigne les infections
bactériennes et fongiques. Soigne les asthénies fonc-
tionnelles et aide à la reprise de poids lors d’une
convalescence. Soulage les inflammations.
Posologie :
En gélules ou comprimés : prendre 1 à 3 g d’acérola
par jour pendant 3 semaines, arrêter 1 semaine, et
reprendre durant 3 semaines. L’acérola se trouve
facilement en pharmacie ou dans les magasins bio.

147
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Demander un avis médical en
cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : Vérifier ou exiger que la concentration
en vitamine C du produit acheté soit comprise entre
18 et 25 %. Elle doit être impérativement mentionnée
sur le conditionnement. La vitamine C naturelle serait
plus assimilable par l’organisme que celle de synthèse.

Andrographis
Andrographis paniculata
Famille des Acanthaceae
Partie aérienne

Noms vernaculaires  : Échinacée d’Inde, chuan xin


lian…
Origine de la plante  : La plante pousse communé-
ment en Asie, dans les plaines de l’Inde, au Sri Lanka,
en Chine. Elle a été introduite en Afrique de l’Ouest.
Description botanique : Cette plante herbacée pos-
sède des tiges quadrangulaires. Les feuilles sont lan-
céolées. Les fleurs possèdent des pétales tachés de
pourpre violacé. Les fruits sont des capsules.
Principaux constituants chimiques : Lactones diter-
péniques (andrographolide)…
Propriétés thérapeutiques : Stimulante des défenses
immunitaires, anti-­infectieuse…
Indications thérapeutiques : Stimule le système immu-
nitaire, permet de prévenir les infections hivernales…

148
Soigne les infections respiratoires sans complications
telles que les rhinites, les sinusites, les pharyngites
et les bronchites.
Posologie :
En gélules ou comprimés :
En préventif : prendre 400 à 1 200 mg d’androgra-
phis par jour, pendant 2 à 3 semaines, ou 200 mg
d’extrait standardisé à 5 à 8 % en andrographolide
par jour.
En curatif  : 600 mg d’extrait standardisé à 5 à 8 %
en andrographolide par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Troubles digestifs à forte dose.
Contre-­indications  : Déconseillé aux femmes
enceintes, et en cas d’obstruction des voies biliaires.
Remarque  : Attention aux extraits contenant plus
de 10 % d’andrographolide. Ils peuvent induire des
effets secondaires.

Argousier
Hippophae rhamnoides L.
Famille des Eleagnaceae
Fruit et graine

Noms vernaculaires  : Saule épineux, olivier de


­Sibérie…
Origine de la plante  : L’argousier est originaire
d’Eurasie. On le trouve en Europe centrale, en Asie
Mineure, en Chine, en Russie, en Amérique du Nord.
Il pousse aussi en France, dans les Alpes du Sud.

149
Description botanique : Cet arbuste est dioïque. Les
feuilles sont lancéolées, argentées. Les fleurs, mâles
ou femelles, sont petites. Les fruits (fausses drupes)
sont des akènes.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
caroténoïdes, acides organiques, minéraux, tanins,
vitamines A et E, huile…
Propriétés thérapeutiques : Tonique, reminéralisant,
antioxydant…
Indications thérapeutiques : Aide les convalescents à
retrouver de l’énergie. Conseillé en cas de surmenage.
Posologie :
En gélules ou comprimés : prendre 2 à 4 gélules ou
comprimés par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Demander un avis médical en
cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarques : L’argousier est un excellent tonique ! En
application locale, l’huile d’argousier est utilisée pour
régénérer la peau en cas de brûlures, de blessures
cutanées, d’eczéma… L’argousier serait considéré,
par certains, comme une plante adaptogène (qui per-
met de s’adapter à différentes situations de stress).

150
Astragale
Astragalus membranaceus
Famille des Fabaceae
Racine

Noms vernaculaires : Astragale.


Origine de la plante : L’astragale est originaire d’Asie,
plus particulièrement du nord de la Chine.
Description botanique : Arbuste dont les feuilles sont
pennées. Les fleurs, regroupées en grappes, possèdent
des pétales violacés. Les fruits sont des gousses.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
glycosides terpéniques, acides aminés, minéraux…
Propriétés thérapeutiques  : Stimulant des défenses
immunitaires, anti-­infectieux, tonique général…
Indications thérapeutiques  : Stimule le système
immunitaire. Soigne les infections respiratoires sans
complications telles que les rhinites, les sinusites, les
pharyngites et les bronchites.
Posologie :
En gélules ou comprimés, en préventif : prendre 4 à
7 g gélules d’astragale, en poudre, en 2 à 3 prises,
ou 250 mg d’extrait sec, 2 à 3 fois par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Déconseillé aux personnes souf-
frant de maladies auto-­immunes ou aux personnes
ayant subi une greffe d’organe. Demander un avis
médical en cas de grossesse ou d’allaitement.
Remarque : En médecine chinoise, l’astragale est un
tonique de l’énergie « Yang », l’énergie active. Elle
est surtout conseillée en préventif.

151
Échinacée
Echinaceae purpurea (L.) Moench
et Echinacea angustifolia DC.
Famille des Asteraceae
Racine ou partie aérienne

Noms vernaculaires : Tête de hérisson.


Origine de la plante  : L’échinacée est originaire
d’Amérique du Nord.
Description botanique : Plante herbacée robuste aux
feuilles vert foncé lancéolées. L’inflorescence est un
grand capitule bombé, dont les fleurons sont de
couleur orange ou rouge. Les fruits sont des akènes.
Principaux constituants chimiques : Flavonoïdes, alky-
lamides, acides phénols, polysaccharides, acides gras…
Propriétés thérapeutiques  : Stimulant des défenses
immunitaires, anti-­infectieuse, antioxydante, anti-­
inflammatoire, fortifiante…
Indications thérapeutiques  : Stimule ou module
le système immunitaire. Soigne les infections bac-
tériennes ou virales. Soigne l’herpès. Prévient les
allergies saisonnières.
Posologie :
En gélules ou comprimés  : prendre 1 g d’échinacée
en poudre, 3 fois par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Déconseillé aux personnes aller-
giques aux astéracées, ainsi qu’aux personnes souffrant
de maladies auto-­immunes et aux femmes enceintes.
Remarque  : Une plante à prendre en prévention de
la grippe.

152
Ginseng
Panax ginseng C.A. Meyer
Famille des Araliaceae
Racine

Noms vernaculaires  : Ginseng asiatique, ginseng


chinois…
Origine de la plante  : Le ginseng est originaire de
Corée et du nord de la Chine.
Description botanique : Plante herbacée dont la tige
dressée est rouge foncé. Les feuilles vert foncé sont
palmées. Les fleurs sont blanchâtres. Les fruits sont
des baies rouge clair.
Principaux constituants chimiques : Saponosides tri-
terpéniques (ginsénosides), polysaccharides, essence
aromatique, stérols, vitamines, minéraux, acides ami-
nés…
Propriétés thérapeutiques  : Adaptogène, tonique,
stimulant des défenses immunitaires et des fonctions
cognitives, diminue le taux de glucose dans le sang
(hypoglycémiant)…
Indications thérapeutiques  : Stimule et renforce le
système immunitaire. Protège le cœur. Augmente la
résistance du corps aux agressions.
Posologie :
En gélules ou comprimés, en préventif : prendre 100
à 200 mg d’extrait standardisé à 4 à 7 % en ginsé-
nosides, 2 fois par jour.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.

153
Contre-­indications : Déconseillé aux personnes sous
anxiolytiques et sous anticoagulants. Déconseillé aux
femmes enceintes et aux enfants prépubères. Décon-
seillé en cas d’hypertension artérielle.
Remarque  : Le ginseng est, avant tout, une plante
adaptogène, qui aide l’organisme à s’adapter à toutes
les situations « stressantes ».

Griffe de chat
Uncaria tomentosa (Willd. Ex. Schult) DC.
Famille des Rubiaceae
Écorce de tige et de racine

Noms vernaculaires : Liane du Pérou…


Origine de la plante  : La griffe de chat est origi-
naire d’Amérique du Sud, des forêts humides de
l’Amazonie.
Description botanique  : Liane grimpante, robuste,
dont les feuilles sont grandes et brillantes à épines
acérées. Les fleurs sont petites, jaunes ou blanches.
Les fruits sont des capsules.
Principaux constituants chimiques : Alcaloïdes, fla-
vonoïdes, tanins, triterpènes…
Propriétés thérapeutiques  : Stimulant des défenses
immunitaires, anti-­inflammatoire…
Indications thérapeutiques  : Traitement adjuvant
du cancer, du sida, des maladies du système immu-
nitaire.
Posologie :
En gélules ou comprimés : prendre 250 mg à 1 g de
poudre de griffe de chat, 2 à 3 fois par jour.

154
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Possibilité de légers troubles
gastro-­intestinaux.
Contre-­indications  : Déconseillé chez la femme
enceinte. Déconseillé aux personnes ayant une mala-
die auto-­immune et à celles ayant subi une greffe
d’organe.
Remarque  : Les études scientifiques réalisées sur la
griffe de chat donnent des résultats prometteurs dans
de nombreuses indications (douleurs rhumatismales,
immunité, cancer…).

Sureau noir
Sambucus nigra L.
Famille des Adoxaceae
Fleur et fruit

Noms vernaculaires : Grand sureau.


Origine de la plante : Le sureau noir pousse dans la
plupart des régions tempérées, en Europe, en Amé-
rique du Nord…
Description botanique  : Arbuste rustique dont les
feuilles imparipennées ont une odeur désagréable.
Les fleurs sont petites, blanchâtres, parfumées,
regroupées en corymbes ombelliformes. Elles appa-
raissent après les feuilles. Les fruits sont des petites
baies noires.
Principaux constituants chimiques :
Fleur : Flavonoïdes, acides phénols, essence aroma-
tique, triterpènes…

155
Fruit : Vitamines A, C et B6, flavonoïdes, fer, caro-
ténoïdes, acides aminés, tanins, minéraux…
Propriétés thérapeutiques :
Fleur : Provoque la sudation (diaphorétique), expec-
torante, anti-­inflammatoire, diurétique…
Fruit  : Stimulant des défenses immunitaires, anti-
viral…
Indications thérapeutiques :
Fleur : Traitement des affections respiratoires.
Fruit : Renforce le système immunitaire.
Posologie :
En tisane  : mettre 15 à 25 g de fleurs de sureau
dans 1 litre d’eau frémissante. Couvrir et laisser
infuser de 10 à 15 minutes. Prendre 1 tasse, 3 fois
par jour.
En jus  : pour le jus de baies de sureau, suivre les
recommandations du fabricant.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications  : Déconseillé aux femmes
enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux enfants de moins
de 12 ans, aux diabétiques, aux personnes souffrant
d’anémie ou prenant des diurétiques.
Remarque : Des études scientifiques ont été réalisées
sur le jus de fruits de sureau. Les résultats ont montré
qu’il enrayait rapidement le syndrome grippal en cas
d’épidémie.

Les plantes antimicrobiennes


Il n’existe que quelques plantes aux forts pouvoirs
antimicrobiens (voir ci-­dessous).

156
La plupart de celles ayant ces propriétés sont
notamment des plantes aromatiques comme le thym
(Thymus vulgaris L.), le romarin (Rosmarinus offici­
nalis L.), la marjolaine (Origanum majorana L.)…
Cependant, pour davantage d’efficacité, seuls les
extraits lipophiles de ces végétaux appelés « huiles
essentielles » seront présentés (voir p.  167). Ces
plantes ont en effet la capacité de tuer ou de limi-
ter la prolifération des microbes (bactéries, virus,
champignons, parasites). Les trois principales
plantes antimicrobiennes, communément utilisées,
sont :
1. L’ail
2.  Le buchu
3.  La busserole
(liste non exhaustive)

Nous pouvons aussi citer une renonculacée, l’hy-


drastis (Hydrastis canadensis L.), dont la racine
contient de la berbérine, alcaloïde présentant une
activité bactériostatique à faible dose et bactéricide
à forte dose ; il en est de même pour l’épine-­vinette
(Berberis vulgaris L.), une berberidacée. La ché-
lidoine (Chelidonium majus L.), de la famille des
papavéracées, possède un latex jaune, remède contre
les verrues mais dont l’extrait est antibactérien et
antiviral. N’oublions pas de citer la sanguinaire
(Sanguinaria canadensis L.), une papavéracée  : ses
alcaloïdes concentrés dans la partie souterraine,
dont la sanguinarine, possèdent des propriétés
antimicrobiennes et anti-­inflammatoires.

157
Toutes ces plantes ont la particularité de contenir
des alcaloïdes, composés chimiques particulièrement
puissants. Elles sont donc difficiles à utiliser, notam-
ment en automédication1.

Ail
Allium sativum L.
Famille des Alliaceae
Bulbe

Noms vernaculaires : Ail commun, ail cultivé…


Origine de la plante : L’ail est certainement originaire
d’Asie centrale.
Description botanique  : Plante herbacée dont la
tige est robuste et creuse. Les feuilles sont linéaires,
engainant la tige. Les fleurs blanches ou rosées sont
généralement stériles. La plante exhale une forte
odeur après froissement.
Principaux constituants chimiques  : Flavonoïdes,
sels minéraux, polysaccharides, composés volatils
soufrés…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérien, tue les
champignons (antifongique) et les vers intestinaux
(antihelminthique), diminue la tension artérielle
(hypotensif), diminue les lipides et le glucose dans
le sang (hypolipémiant et hypoglycémian), antioxy-
dant…

1.  Jean Bruneton, Pharmacognosie, phytochimie, plantes médi­


cinales, éd. Tec Doc.

158
Indications thérapeutiques  : Soigne les infections
bactériennes et fongiques, tue les vers intestinaux,
traite les troubles circulatoires artériels.
Posologie :
Macérat huileux : prendre 1 cuillerée à café par jour,
pendant 2 semaines.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Aucune dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Remarque  : L’ail est excellent dans une salade ou
un mesclun. Il faut le manger cru. Il pourrait être
considéré comme une panacée, cependant la forte
odeur soufrée qui émane de la personne qui l’ingère
le rend difficilement utilisable.

Buchu
Agathosma betulina (P.J. Bergius) Pillans ou
Barosma betulina Barth. et HL Wendl
Famille des Rutaceae
Feuille

Noms vernaculaires : Buchu court, buchu doux…


Origine de la plante  : La plante est originaire
d’Afrique du Sud (région du Cap).
Description botanique  : Petit arbuste aux feuilles
petites, vert clair, et ponctuées de poches à essence.
Les fleurs sont petites, blanches ou roses. Les fruits
sont des capsules.

159
Principaux constituants chimiques : Essence aroma-
tique, flavonoïdes, mucilages…
Propriétés thérapeutiques  : Antiseptique urinaire,
diurétique, antispasmodique…
Indications thérapeutiques : Traitement des infections
urinaires comme la cystite ou l’urétrite.
Posologie :
En infusion : mettre 1 à 2 g de buchu dans 1 litre d’eau
frémissante. Couvrir et laisser infuser 10  minutes.
Boire l’infusion au cours de la journée.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation.
Contre-­indications : Déconseillé aux femmes enceintes
ou allaitantes.
Remarque  : L’huile essentielle de buchu est utilisée
pour soigner les pathologies respiratoires. Elle est rare.

Busserole
Arctostaphylos uva-­ursi (L.) Spreng
Famille des Ericaceae
Feuille

Noms vernaculaires : Raisin d’ours, cerise d’ours…


Origine de la plante  : La plante pousse communé-
ment dans les régions circumpolaires, dans les lati-
tudes nord, en haute altitude.
Description botanique : Arbuste à feuillage persistant
dont les feuilles, ovales, sont vert foncé, brillantes. Les
petites fleurs en forme de grelots sont blanches ou
roses. Le fruit est une baie écarlate.

160
Principaux constituants chimiques  : Arbutoside,
tanins, flavonoïdes, acide ursolique, iridoïdes…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne, anti-
septique urinaire, diurétique, anti-­inflammatoire,
astringente…
Indications thérapeutiques  : Traitement des infec-
tions bactériennes de la sphère uro-­génitale et de
l’hypertrophie de la prostate.
Posologie :
En gélules ou comprimés : prendre 2 à 8 g de feuilles
de busserole par jour, pendant 10 jours. Se limiter à
4 ou 5 cures par an.
Effets secondaires : Aucun dans les conditions nor-
males d’utilisation. Possibilité d’irritation gastrique,
de nausées…
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes, en cas d’infection ou d’insuffisance rénale
et aux enfants de moins de 12 ans. Ne pas prendre
de jus d’agrumes pendant le traitement.
Remarque  : La busserole est souvent associée à la
bruyère et au buchu, également antiseptiques des
voies urinaires.

Les huiles essentielles,


de puissantes alliées contre les bactéries
Qu’est-­ce que l’aromathérapie
et les huiles essentielles ?
Le mot aromathérapie vient de l’association de
deux mots grecs  : aroma, signifiant « arôme », et
therapeia, signifiant « cure ». L’aromathérapie est
le soin par les essences et les huiles essentielles.

161
Certaines plantes, dites « aromatiques », synthé-
tisent des essences contenant des composés vola-
tils. Elles sont reconnaissables à l’odeur qu’elles
dégagent. Le maquis corse en est un excellent
exemple ; en été, son atmosphère est saturée par
les fragrances des hélichryses italiennes, des len-
tisques pistachiers et des myrtes.
L’utilisation des plantes aromatiques est née avec
les premières civilisations. Il y a 40 000 ans en Aus-
tralie, les aborigènes faisaient infuser des feuilles
de Melaleuca alternifolia, le fameux tea tree, pour
soulager de nombreux maux.
En Asie (Inde et Chine) et sur tout le pourtour
du Bassin méditerranéen, les hommes se servaient
de ces plantes non seulement pour agrémenter
leurs plats tout en facilitant leur digestion, mais
également à des fins cosmétiques, médicales ou
religieuses. Les Égyptiens employaient fréquem-
ment les plantes aromatiques, notamment pour
embaumer leurs morts. L’état de conservation
des momies retrouvées démontre l’importance du
pouvoir antiseptique de ces végétaux.
Mille ans avant notre ère, en Perse, Avicenne (Ibn
Sina) inventa l’alambic et le procédé de distillation
qui permet l’obtention d’une huile essentielle à
partir d’une plante aromatique. Dans son ouvrage
le plus connu, Le Canon de la médecine, le « prince
des savants » fait référence à l’utilisation de nom-
breuses huiles essentielles. Hippocrate de Cos,
Dioscoride, Pline l’Ancien utilisaient les plantes
aromatiques sous formes d’onguents, de bains pour

162
traiter certaines maladies, mais aussi en fumigations
pour lutter contre les épidémies qui sévissaient
alors. Théophraste, auteur du Traité des odeurs,
y décrit l’importance des parfums sur l’humeur et
les organes. Les plantes aromatiques et les huiles
essentielles firent longtemps partie de l’arsenal
thérapeutique des médecins jusqu’à la révolution
industrielle, où le chimique l’emporta sur le naturel.
De nos jours, on assiste à un renouveau de l’aroma­
thérapie. Des scientifiques en tissent encore son
histoire comme René-Maurice Gattefossé, Jean
­Valnet, Daniel Penoël, Pierre Franchomme, Michel
Faucon, Dominique Baudoux, Pr.  Anne-Lise
Leb­stein, Danièle Festy, Aude Maillard et bien
d’autres…

De la plante aromatique à l’huile essentielle


Pour obtenir une huile essentielle, on utilise uni-
quement des plantes aromatiques, des plantes qui
produisent une essence. La composition de cette
dernière est caractérisée par la présence d’une multi­
tude de molécules volatiles, odorantes et hydro-
phobes, ce que signifie qu’elles n’aiment pas l’eau
dans laquelle elles ne sont donc pas solubles.
L’extraction de l’essence à partir d’une plante aro-
matique se fait par deux moyens distincts : soit par
expression mécanique en pressant les zestes des
agrumes ; on obtient alors une essence de citron,
de mandarine… soit par distillation par entraî-
nement à la vapeur d’eau grâce à un alambic. Ce

163
second procédé est plus complexe et mérite qu’on
s’y attarde un peu. La plante aromatique, stockée
dans une cuve, est traversée par un courant ascen-
dant de vapeur d’eau qui entraîne les molécules
volatiles du végétal. À la sortie de la cuve, la vapeur
d’eau chargée en ces molécules odorantes traverse
un serpentin qui la refroidit et la transforme en
eau. Cette opération a pour but de séparer l’eau
des molécules aromatiques qu’elle transportait. À
la sortie de l’alambic, on obtient d’un côté une
grande quantité d’eau riche d’une multitude de
molécules végétales hydrosolubles, c’est ce qu’on
appelle « hydrolat » ou « eau florale », et de l’autre
côté l’huile essentielle de la plante, qui est présente
à sa surface.
Les essences et les huiles essentielles ont des acti-
vités thérapeutiques que l’on utilise en aromathé-
rapie. Contrairement à ce que leur appellation
suggère, elles ne sont pas grasses mais lipophiles,
ce qui signifie qu’elles sont solubles dans des huiles
ou des corps gras.
Elles peuvent être administrées de trois manières
différentes  : par inhalation, par voie locale ou par
voie orale. Selon l’activité désirée et la sensibilité
du patient, une voie sera privilégiée. La diffusion
atmosphérique soigne ou soulage une personne
(activité anti-­infectieuse, sédative…), assainit l’air
ambiant et/ou masque une odeur désagréable. La
voie cutanée permet d’agir localement (activité anti-­
inflammatoire, antiprurigineuse (calme les déman-
geaisons) et de façon systémique en atteignant la

164
circulation sanguine. Quand elles sont prises ora-
lement, les huiles essentielles agissent dans tout le
corps.
Les essences et les huiles essentielles présentent
différentes activités thérapeutiques en lien direct
avec leur composition chimique. Il est important
de mentionner qu’elles agissent à deux niveaux  :
physiologique et psychologique. Elles ont une
activité sur les organes, mais également sur l’état
émotionnel. Par exemple, l’huile essentielle de
lavande officinale (Lavandula angustifolia Miller)
est antiseptique, cicatrisante, mais aussi un puis-
sant sédatif. Un mélange de deux à cinq huiles
essentielles entraîne la synergie de leurs activités
thérapeutiques respectives. Le mélange agit sur de
nombreux paramètres et symptômes, ce qui permet
d’induire une thérapie très globale pour chaque
patient et de le soulager efficacement.
Les essences et les huiles essentielles sont actives
sur de nombreux systèmes organiques et domaines
thérapeutiques. Elles sont utilisées en pneumologie,
gastro-­entérologie, urologie, rhumatologie, derma-
tologie… Elles sont antibactériennes, antivirales,
antifongiques, immunostimulantes, expectorantes,
hypotensives, digestives, anti-­inflammatoires, antal-
giques, sédatives, toniques, cicatrisantes…
Les essences et les huiles essentielles sont des
concentrés naturels d’activités extrêmement effi-
caces. Cependant, comme tout principe actif ou
mélange d’actifs, certaines peuvent présenter des
effets indésirables.

165
On recense sept inconvénients principaux :
1. l’effet caustique et irritant pour la peau et les
muqueuses,
2.  l’effet allergisant (hypersensibilisant),
3. l’effet photosensibilisant (augmente la sensi-
bilité de la peau au soleil),
4. l’effet nocif pour le système nerveux
(neurotoxique),
5. l’effet nocif pour les reins (néphrotoxique),
6. l’effet nocif pour le foie (hépatotoxique),
7. l’effet abortif (il génère des contractions chez
la femme enceinte).

Pour éviter tout problème, l’automédication est


déconseillée et un avis médical vivement recomman-
dé aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux
jeunes enfants.
Comme pour toute substance à activité thérapeu-
tique puissante, la dose et la durée du traitement
induisent son efficacité et sa toxicité. Il est donc
très important de respecter la posologie conseillée
par une personne compétente et formée en aro-
mathérapie.

Les huiles essentielles sont à la fois connues et


méconnues du grand public et du personnel médi-
cal ; c’est là toute l’ambiguïté qui les caractérise.
Elles sont parfois réduites à une image très réduc-
trice de substances désodorisantes (pour sentir bon
dans la maison !) ou sont tout simplement mal
utilisées. Les huiles essentielles sont, avant tout,

166
un don très précieux de la nature. Elles ont leur
place dans l’arsenal thérapeutique et dans votre
trousse à pharmacie ! Les soins aromatiques com-
mencent d’ailleurs à se développer, en France et
à l’étranger, dans les cliniques, les hôpitaux et les
EHPAD… pour le plus grand bien des patients et
du personnel soignant. Il faut continuer à les faire
connaître afin de rendre leur utilisation beaucoup
plus systématique.

15 huiles essentielles aux puissantes


vertus anti-­infectieuses
De nombreuses huiles essentielles possèdent des
vertus antibactériennes puissantes. Ces activi-
tés visant à limiter la prolifération des bactéries
ont été démontrées scientifiquement à plusieurs
reprises. De plus, la complexité de leur compo-
sition chimique rendrait les huiles essentielles
invulnérables vis-­à-­vis d’une quelconque résis-
tance bactérienne. Celles qui sont présentées
sont toutes antibactériennes, parfois antivirales et
souvent immunostimulantes, c’est-­à-­dire qu’elles
stimulent le système immunitaire afin de le rendre
plus « fort » vis-­à-­vis des agents pathogènes. Cer-
taines, cependant, ont des effets secondaires qu’il
faut connaître afin de pouvoir les utiliser en toute
sécurité.
Le classement des huiles essentielles ­adopté ci-­
après est fonction de leur composition chimique,
de leurs activités thérapeutiques et de leur

167
tropisme (digestion, système nerveux, système
immunitaire…) :
1.  La cannelle de Ceylan, l’Attila de l’aroma
2.  L’origan compact, stimulant
3.  La sarriette des montagnes, aphrodisiaque
4.  Le thym à thymol, tonique
5.  Le giroflier, pour la bouche
6.  Le tea tree, immunostimulant
7.  Le niaouli, pour les poumons
8.  Le thym à thujanol, réchauffant
9.  La marjolaine, rééquilibrante
10.  Le palmarosa, antidouleur
11. L’eucalyptus globuleux, décongestionnant
pulmonaire
12. L’eucalyptus radié, décongestionnant pul-
monaire doux
13.  Le myrte vert, expectorant
14.  Le laurier noble, l’arbre des Césars
15.  Le ravintsara, un antiviral

5 huiles essentielles ou essences


anti-­infectieuses douces
Ces huiles essentielles ou essences possèdent des
activités antibactériennes douces, qui les rendent
faciles d’utilisation. Elles présentent aussi des activi-
tés « complémentaires » très intéressantes que l’on
peut utiliser pour créer une synergie aromatique,
c’est-­à-­dire un mélange de plusieurs huiles essen-
tielles permettant « d’embrasser » totalement une
pathologie, soit la cause et les symptômes.

168
1.  Le bois de Hô, contre le « burn-­out »
2.  Le géranium rosat, pour la peau
3.  La lavande officinale, sédative et tranquillisante
4.  Le citron, hépato-­protecteur
5.  La citronnelle, contre les obstructions.

  Avertissement : Avant d’utiliser une huile essen-


tielle, déposez 1 goutte dans le creux de votre coude.
Si aucune rougeur n’apparaît après 30 minutes, c’est
qu’elle vous convient. Évitez tout contact avec les
yeux. Respectez les posologies recommandées.

HE de cannelle de Ceylan
Cinnamomum zeylanicum ou C. verum
Famille des Lauraceae
Écorce

Noms vernaculaires : Cannelier vrai, cannelle…


Origine de la plante  : Le cannelier de Ceylan est,
comme son nom l’indique, un arbre originaire de
cette île.
Principaux constituants chimiques : Aldéhydes aro-
matiques (cinnamaldéhyde), phénols aromatiques…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne très
puissante, antifermentaire, tue les champignons
(antifongique) et les parasites, antiseptique, tonique
général…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes respiratoires, digestives, urinaires,
buccales… et en cas de fatigue générale.

169
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
2 gouttes d’HE de cannelle de Ceylan dans 1 cuillerée
à café de miel, 3 fois par jour, au moment des repas,
pendant 4 à 6 jours.
Pour les infections cutanées : diluer 1 à 2 gouttes d’HE
de cannelle de Ceylan dans 5 ml d’huile végétale de
jojoba. Bien mélanger. Appliquer sur les lésions
infectées.
Effets secondaires : Brûle la peau (dermocaustique).
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux enfants de
moins de 6 ans.
Remarque : L’huile essentielle de cannelle de Ceylan
est très puissante. Elle tue presque tous les microbes.

HE d’origan compact
Origanum compactum
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Origan, origan à inflorescences


compactes…
Origine de la plante  : L’origan est originaire du
Maroc, d’Afrique du Nord.
Principaux constituants chimiques : Phénols aroma-
tiques (carvacrol, thymol), monoterpènes…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne très
puissante, antiparasitaire, stimulante des défenses
immunitaires, tonique général…

170
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes ORL, respiratoires et urinaires
(cystites)…
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : 2 capsules
d’origan (laboratoire Pranarôm), 3 fois par jour, au
moment des repas, pendant 4 jours.
Pour les infections cutanées  : diluer 1 à 2 gouttes
d’HE d’origan dans 5 ml d’huile végétale de jojoba.
Bien mélanger. Appliquer sur les lésions infectées.
Effets secondaires : Brûle la peau (dermocaustique),
nocive pour le foie (hépatotoxique).
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux enfants de moins
de 6 ans et aux personnes ayant des problèmes hépa-
tiques.
Remarque  : L’huile essentielle d’origan est réputée
pour ne pas détruire la flore intestinale (on dit qu’elle
est eubiotique).

171
HE de sarriette des montagnes
Satureja montana
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Sarriette, sarriette d’hiver…


Origine de la plante  : La sarriette est originaire de
France.
Principaux constituants chimiques : Monoterpènes,
phénols aromatiques (carvacrol, thymol, eugénol),
monoterpénols, sesquiterpènes…
Propriétés thérapeutiques : Antibactérienne puissante,
antiparasitaire, tue les champignons (antifongique),
diminue la douleur (antalgique), stimule l’immunité,
tonique général, aphrodisiaque…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes ORL, urinaires (cystites, prosta-
tites), de diarrhées infectieuses, d’asthénie…
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
2 gouttes d’HE de sarriette dans 1 cuillerée à café de
miel, 3 fois par jour, au moment des repas, pendant
4 à 6 jours.
Pour les infections cutanées : diluer 1 à 2 gouttes d’HE
de sarriette dans 5 ml d’huile végétale de jojoba. Bien
mélanger. Appliquer sur les lésions infectées.
Effets secondaires : Brûle la peau (dermocaustique),
nocive pour le foie (hépatotoxique).
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux enfants de moins
de 5 ans et aux personnes ayant des problèmes hépa-
tiques.

172
Remarque  : L’huile essentielle de sarriette est une
grande « stimulante ». La légende antique veut qu’elle
ait été utilisée par les satyres afin de leur permettre
de réaliser leurs exploits sexuels, d’où son nom latin :
satureja.

HE de thym à thymol
Thymus vulgaris CT thymol
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Noms vernaculaires : Thym.


Origine de la plante : Le thym est originaire du sud
de la France.
Principaux constituants chimiques : Phénols aro-
matiques (thymol), monoterpènes, monoterpé-
nols…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne puis-
sante, tue les champignons (antifongique), diminue
la douleur (antalgique). Stimule les défenses immu-
nitaires. Tonique général, expectorante. Diminue les
spasmes pulmonaires.
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes ORL, pulmonaires et digestives,
et en cas de fatigue générale.
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
2 gouttes d’HE de thym à thymol dans 1 cuillerée à
café de miel, 3 fois par jour, au moment des repas,
pendant 4 à 6 jours.

173
Pour les infections cutanées  : Diluer 1 à 3 gouttes
d’HE de thym à thymol dans 5 ml d’huile végétale
de jojoba. Bien mélanger. Appliquer sur les lésions
infectées.
Effets secondaires : Brûle la peau (dermocaustique),
nocive pour le foie (hépatotoxique).
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux enfants de
moins de 6 ans et aux personnes ayant des p ­ roblèmes
­hépatiques.
Remarque  : L’huile essentielle de thym à thymol
n’aurait aucune incidence sur la flore intestinale (elle
est eubiotique).

HE de giroflier
Eugenia caryophyllus ou Syzygium aromaticum
Famille des Myrtaceae
Bouton floral

Noms vernaculaires : Clou de girofle…


Origine de la plante  : Le giroflier est originaire de
Madagascar, de La Réunion, des Antilles.
Principaux constituants chimiques : Phénols aroma-
tiques (eugénol), sesquiterpènes, esters terpéniques,
oxydes terpéniques…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne puis-
sante, antivirale, tue les champignons (antifongique)
et les parasites, stimulante des défenses immunitaires,
tonique général, désinfectante des muqueuses. Ren-
force le travail lors de l’accouchement. Antioxydante…

174
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes, buccales, dentaires, ORL,
pulmonaires, digestives (hépatites, dysenteries…),
ainsi qu’en cas d’asthénie et d’accouchement difficile
(déclenche les contractions)…
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
2 gouttes d’HE de giroflier dans 1 cuillerée à café de
miel, 3 fois par jour, au moment des repas, pendant
5 à 7 jours.
En bain de bouche contre les plaies buccales et les dou-
leurs dentaires : dans une grande tasse, mettre 1 cuil-
lerée à café de miel de thym, y diluer 1 à 2 gouttes
d’HE de giroflier et 2 gouttes d’HE de laurier noble.
Bien mélanger. Verser dans la tasse une tisane de
thym (20 g de thym dans 1 litre d’eau frémissante,
couvrir et laisser infuser 20 minutes). Bien mélanger.
Se rincer la bouche avec cette préparation 5 à 6 fois
par jour, pendant 4 à 6 jours.
Effets secondaires : Brûle la peau (dermocaustique),
effets légèrement nocifs pour le foie.
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux enfants de
moins de 6 ans.
Remarque  : Le giroflier est la plante des « sages-­
femmes », Eugénie étant leur patronne.

175
HE de tea tree
Melaleuca alternifolia
Famille des Myrtaceae
Feuille

Noms vernaculaires  : Arbre à thé, mélaleuque à


feuilles alternes…
Origine de la plante : L’arbre à thé est originaire de
Nouvelle-­Calédonie et de Madagascar, mais le premier
producteur est l’Australie.
Principaux constituants chimiques : Alcools terpéniques,
monoterpènes, sesquiterpènes, oxydes terpéniques…
Propriétés thérapeutiques : Anti-­infectieuse polyvalente :
antibactérienne, antivirale, tue les champignons (anti-
fongique) et les parasites, stimule l’immunité, protège
la peau lors d’une radiothérapie (radioprotectrice)…
Indications thérapeutiques  : Conseillée pour toutes
les infections bactériennes ou virales, notamment
cutanées (herpès buccal, acné…). Prévention des
lésions cutanées en cas de radiothérapie.
Posologie :
Par voie orale  : mettre 2 gouttes d’HE de tea tree
dans 1 cuillerée à café de miel, 3 fois par jour, pen-
dant 3 à 5 jours.
Effets secondaires  : Aucun aux posologies recom-
mandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante, ainsi que pour l’en-
fant de moins de 3 ans.
Remarque : C’est une huile essentielle largement uti-
lisée, car elle ne présente aucune toxicité aux doses
recommandées.

176
HE de niaouli
Melaleuca quinquenervia CT cinéole
Famille des Myrtaceae
Feuille

Nom vernaculaire : Niaouli.


Origine de la plante  : Le niaouli, originaire de
Nouvelle-­Calédonie, fut introduit à Madagascar et
en Australie.
Principaux constituants chimiques : Oxydes terpéniques,
monoterpènes, monoterpénols, sesquiterpénols…
Propriétés thérapeutiques : Tue les bactéries (bactéri-
cide), diminue les sécrétions de mucus (anticatarrhale),
expectorante, stimule l’immunité, décongestionnante
veineuse et lymphatique, protège la peau lors d’une
radiothérapie (radioprotectrice)…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes ou virales des voies respiratoires
hautes. Prévention des lésions cutanées en cas de
radiothérapie.
Posologie :
Par voie orale : mettre 2 gouttes d’HE de niaouli dans
1 cuillerée à café de miel, 3  fois par jour, pendant
3 à 5 jours.
Effets secondaires  : Aucun aux posologies recom-
mandées.
Contre-­indications  : Déconseillée en cas de cancer
œstrogénodépendant. Demander un avis médical
pour la femme enceinte ou allaitante, ainsi que pour
l’enfant de moins de 3 ans.
Remarque : C’est une huile essentielle antibactérienne
très sûre.

177
HE de thym à thujanol
Thymus vulgaris CT thujanol
Famille des Lamiaceae
Sommité fleurie

Nom vernaculaire : Thym.


Origine de la plante : Le thym est originaire du sud
de la France.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols
(thujanol), monoterpènes…
Propriétés thérapeutiques : Antibactérienne et anti-
virale puissante, tue les champignons (antifongique),
régénère les cellules du foie, stimule les défenses
immunitaires, tonique nerveux, équilibrante…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes ORL, (angines, laryngites, tra-
chéites, pharyngites, bronchites, otites, sinusites…),
gynécologiques et urinaires… mais aussi en cas
d’hépatites virales.
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
3 gouttes d’HE de thym à thujanol dans 1 cuillerée
à café de miel, 3 fois par jour, pendant 3 à 6 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante, ainsi que pour l’en-
fant de moins de 3 ans.
Remarque  : L’huile essentielle de thym à thujanol
est très rare ! On ne la trouve pas facilement dans
le commerce, ce qui explique son prix élevé.

178
HE de marjolaine à coquilles
Origanum majorana
Famille des Lamiaceae
Partie aérienne fleurie

Noms vernaculaires  : Marjolaine des jardins, mar-


jolaine…
Origine de la plante  : La marjolaine est originaire
du Bassin méditerranéen.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols,
monoterpènes…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne puis-
sante, tue les champignons (antifongique), antalgique,
équilibrante…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes ORL, (angines, laryngites, tra-
chéites, pharyngites, bronchites, otites, sinusites…),
gynécologiques et urinaires.
Posologie :
Par voie orale comme « antibiotique »  : mettre 1 à
2 gouttes d’HE de marjolaine dans 1 cuillerée à café
de miel, 3 fois par jour, pendant 4 à 6 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante, ainsi que pour l’en-
fant de moins de 3 ans.
Remarques  : L’huile essentielle de marjolaine est
magnifique, car elle agit à la fois sur le système
immunitaire et sur le système nerveux !

179
HE de palmarosa
Cymbopogon martinii var. motia
Famille des Poaceae
Herbe

Noms vernaculaires  : Lemon-­grass, géranium des


Indes…
Origine de la plante : Le palmarosa pousse au Gua-
temala, en Inde et au Vietnam.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols
(géraniol), esters terpéniques…
Propriétés thérapeutiques : Antibactérienne et anti-
virale, antifongique puissante, antalgique, immunos-
timulante, tonique…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes ORL, (angines, laryngites, tra-
chéites, pharyngites, bronchites, otites, sinusites…),
gynécologiques et urinaires. Conseillée en cas de
mycoses au niveau des pieds ou du cuir chevelu.
Stimule le travail lors de l’accouchement.
Posologie :
Par voie locale : diluer 10 gouttes dans 5 ml d’huile
végétale de jojoba. Bien mélanger. Appliquer sur
les lésions infectées, 4 à 5  fois par jour, pendant 4
à 6 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications  : Déconseillée aux femmes
enceintes.
Remarque : L’huile essentielle de palmarosa est très
polyvalente vis-­à-­vis des différents agents infectieux.

180
HE d’eucalyptus globuleux
Eucalyptus globulus
Famille des Myrtaceae
Feuille

Nom vernaculaire : Gommier bleu de Tasmanie…


Origine de la plante  : L’eucalyptus globuleux est
originaire d’Australie, mais on le trouve en Espagne,
en Chine et dans le sud de la France.
Principaux constituants chimiques  : Oxydes ter-
péniques, monoterpènes, sesquiterpénols, esters,
cétones…
Propriétés thérapeutiques  : Antibactérienne, anti-
virale, antifongique, anticatarrhale (diminue les
sécrétions bronchiques), expectorante, mucolytique,
positivante…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes (laryngites, rhino-­pharyngites,
bronchites, otites, sinusites…) et cutanées.
Posologie :
Par voie locale : diluer 4 à 8 gouttes dans 5 ml d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Bien mélanger. Mas-
ser le thorax ou le haut du dos, 3 à 4 fois par jour,
pendant 4 à 6 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications  : Déconseillée aux enfants de
moins de 6  ans. Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante. Déconseillée aux
asthmatiques.
Remarque : Pour davantage de douceur et éviter les
contre-­indications, utiliser l’eucalyptus radié.

181
HE d’eucalyptus radié
Eucalyptus radiata
Famille des Myrtaceae
Feuille

Nom vernaculaire : Eucalyptus radié.


Origine de la plante : L’eucalyptus radié est originaire
d’Australie.
Principaux constituants chimiques  : Oxydes terpé-
niques, monoterpènes, monoterpénols…
Propriétés thérapeutiques  : Antivirale, antibacté-
rienne, diminue les sécrétions bronchiques (antica-
tarrhale), expectorante, soulage la toux (antitussive),
énergisante…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes (sinusites, laryngites, trachéites,
pharyngites, bronchites…). Conseillée en cas de
fatigue chronique.
Posologie :
Par voie locale  : Diluer 8 à 10 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de noyaux d’abricot. Bien mélanger.
Masser le thorax ou le haut du dos, 4 à 5  fois par
jour, pendant 5 à 7 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante.
Remarque : Recommandée pour les enfants à partir
de 5 ans.

182
HE de myrte vert
Myrtus communis CT cinéole
Famille des Myrtaceae
Rameau feuillé

Noms vernaculaires  : Myrte commun, myrte à


cinéole…
Origine de la plante  : Le myrte vert est originaire
de Corse.
Principaux constituants chimiques : Monoterpènes,
oxydes terpéniques, sesquiterpènes…
Propriétés thérapeutiques : Antibactérienne, diminue
les sécrétions bronchiques (anticatarrhale), expecto-
rante, tonique cutané. Favorise le sommeil…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes pulmonaires.
Posologie :
Par voie locale  : Diluer 10 à 15 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de noyaux d’abricot. Bien mélanger.
Se masser le thorax, 4 à 5  fois par jour, pendant 4
à 7 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante.
Remarque : Ne pas confondre avec le myrte rouge du
Maroc (Myrtus communis CT acétate de myrtényle)
qui est davantage antispasmodique.

183
HE de laurier noble
Laurus nobilis
Famille des Lauraceae
Feuille

Noms vernaculaires : Laurier d’Apollon, laurier-­sauce…


Origine de la plante  : Le laurier est originaire du
Maroc et de France (Provence).
Principaux constituants chimiques  : Oxydes ter-
péniques, monoterpènes, monoterpénols, esters
­terpéniques…
Propriétés thérapeutiques : Antibactérienne, ­antivirale,
antifongique, diminue les sécrétions (anticatarrhale),
expectorante, tonique cutané, antiputride, antalgique
puissante, stimulante cérébrale…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes et d’inflammations buccales.
Conseillée en cas de douleur au niveau des articula-
tions et des muscles (arthrose, crampes…).
Posologie :
Par voie orale  : mettre 2 gouttes d’HE de laurier
noble dans 1 cuillerée à café de miel, 3 fois par jour,
pendant 4 à 6 jours.
Par voie locale  : diluer 15 à 20 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de noyaux d’abricot. Bien mélanger.
Se masser le thorax ou les membres endoloris 4 à
5 fois par jour, pendant 1 à 2 semaines.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante.
Remarque : Ne pas confondre le laurier noble avec le
laurier-­rose et le laurier-­cerise qui sont très toxiques.

184
HE de ravintsara
Cinnamomum camphora CT cinéole
Famille des Lauraceae
Feuille

Nom vernaculaire : Faux camphrier de Madagascar.


Origine de la plante : Le ravintsara est originaire de
Madagascar et de Bornéo.
Principaux constituants chimiques  : Oxydes terpé-
niques, monoterpènes, monoterpénols…
Propriétés thérapeutiques  : Antivirale, diminue les
sécrétions de mucus (anticatarrhale), expectorante,
énergisante, anti-­infectieuse, favorise le sommeil (hyp-
notique)…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions virales (grippe, herpès…).
Posologie :
Par voie orale comme « antivirale » : mettre 2 gouttes
d’HE de ravintsara dans 1 cuillerée à café de miel,
3 fois par jour, pendant 4 à 6 jours.
Effets secondaires  : Aucun aux posologies recom-
mandées.
Contre-­indications : Demander un avis médical pour
la femme enceinte ou allaitante.
Remarque  : « Ravintsara » signifie en malgache
« feuille bonne à tout ». Ne pas confondre avec le
Ravensara aromatica aux propriétés antiseptiques,
anti-­inflammatoires, antalgiques.

185
HE de bois de Hô
Cinnamomum camphora CT linalol
Famille des Lauraceae
Bois

Nom vernaculaire : Bois de Hô.


Origine de la plante  : Le bois de Hô est originaire
de Chine.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols
(linalol).
Propriétés thérapeutiques : Tue les bactéries, les virus
et les champignons, excellent tonique général…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes ORL, (angines, laryngites, tra-
chéites, pharyngites, bronchites, otites, sinusites…),
gynécologiques et urinaires, ainsi qu’en cas de grippe
et dépression nerveuse.
Posologie :
Par voie orale  : mettre 2 gouttes d’HE de bois de
Hô dans 1 cuillerée à café de miel, 3  fois par jour,
pendant 4 à 6 jours.
Par voie locale  : diluer 15 à 20 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de noyaux d’abricot. Se masser le
thorax, 4 à 5 fois par jour, pendant 5 à 8 jours.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical pour la femme enceinte ou allaitante, ainsi
que pour l’enfant de moins de 3 ans.
Remarque : L’huile essentielle de bois de Hô, comme
celle de bois de rose, est l’une des meilleures HE
contre le burn-­out.

186
HE de géranium rosat
Pelargonium x asperum cv Égypte,
Chine ou Madagascar
Famille des Geraniaceae
Feuille, rameau

Nom vernaculaire : Géranium odorant.


Origine de la plante  : Le géranium est originaire
d’Égypte et de Chine.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols,
esters terpéniques, cétones terpéniques…
Propriétés thérapeutiques : Tue les bactéries, les virus
et les champignons, arrête les saignements (hémos-
tatique), tonique général, astringente et régénérante
cutanée…
Indications thérapeutiques : Conseillée en cas d’infec-
tions bactériennes et d’inflammations cutanées, et en
prévention des rides.
Posologie :
Par voie locale  : diluer 15 à 20 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de jojoba. Bien mélanger. Appliquer
sur les lésions infectées, 4 à 5 fois par jour, pendant
2 à 4 semaines si nécessaire.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical pour la femme enceinte ou allaitante, ainsi
que pour l’enfant de moins de 3 ans.
Remarque  : C’est l’huile essentielle majeure de la
peau.

187
HE de lavande officinale
Lavandula angustifolia ou L. vera ou L. officinalis
Famille des Lamiaceae
Feuille, rameau

Noms vernaculaires : Lavande vraie, lavande fine…


Origine de la plante  : La lavande est originaire du
sud de la France.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols,
esters terpéniques…
Propriétés thérapeutiques : Tue les bactéries, les virus
et les champignons, antispasmodique puissante, cica-
trisante, calmante, sédative, repousse les poux…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en cas d’in-
fections bactériennes et d’inflammations cutanées.
Conseillée en cas de stress et d’anxiété.
Posologie :
Par voie locale  : diluer 15 à 20 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de jojoba. Bien mélanger. Appliquer
sur les lésions infectées, 4 à 5 fois par jour, pendant
1 à 2 semaines si nécessaire.
Effets secondaires : Aucun aux doses recommandées.
Contre-­indications  : Aucune. Demander un avis
médical pour la femme enceinte ou allaitante, ainsi
que pour l’enfant de moins de 3 ans.
Remarque  : C’est une huile essentielle polyvalente,
à avoir toujours sous la main.

188
Essence de citron
Citrus lemon
Famille des Rutaceae
Zeste

Nom vernaculaire : Citronnier.


Origine de la plante : Le citronnier est originaire du
Bassin méditerranéen.
Principaux constituants chimiques : Monoterpènes,
coumarines…
Propriétés thérapeutiques  : Tue les bactéries, les
virus et les champignons, dissout les calculs (litho-
lytique), augmente la résistance des capillaires (vita-
mine P-­like), stimule les fonctions du foie, fluidifie
le sang…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en périodes
d’épidémies, en désinfection de l’air ambiant.
Posologie :
Par diffusion : mettre 4 à 6 gouttes d’essence de citron
dans un diffuseur.
Effets secondaires  : Rend la peau plus sensible au
soleil (photosensibilisation par voie cutanée).
Contre-­indications  : De manière générale, par voie
locale, ne pas s’exposer au soleil pendant les 6 heures
qui suivent l’application. Par voie orale, demander un
avis médical pour les personnes sous anticoagulants.
Remarque : Très douce, c’est l’essence de la femme
et de l’enfant.

189
HE de citronnelle
Cymbopogon giganteus
Famille des Poaceae
Herbe

Nom vernaculaire : Citronnelle de Madagascar.


Origine de la plante : La citronnelle de Madagascar est,
comme son nom l’indique, originaire de Madagascar.
Principaux constituants chimiques : Monoterpénols…
Propriétés thérapeutiques : Tue les bactéries, les virus
et les champignons, astringente cutanée…
Indications thérapeutiques  : Conseillée en périodes
d’épidémies, en désinfection de l’air et en cas d’infec-
tions de la peau et des muqueuses.
Posologie :
Par diffusion : mettre 4 à 6 gouttes d’HE de citron-
nelle dans un diffuseur.
Par voie locale  : diluer 10 à 15 gouttes dans 5 ml
d’huile végétale de jojoba. Bien mélanger. Appliquer
sur les lésions infectées, 4 à 5 fois par jour, pendant
1 à 2 semaines au besoin.
Effets secondaires : Aucun.
Contre-­indications : Aucune.
Remarque : Les citronnelles donnent de belles huiles
essentielles aux propriétés variées.

190
Les produits naturels, une solution
contre la résistance aux antibiotiques
Au début de ce livre, nous avons vu que la résis-
tance aux antibiotiques était en passe de devenir
un problème majeur de santé. Cette résistance est
induite par une hyperutilisation de ce type de médi-
caments chez l’homme et les animaux. Un retour à
des conditions normales d’utilisation, à une vision
préventive de la santé est nécessaire et urgent.
Les plantes et les huiles essentielles ont leur place
dans ce « challenge ».

Les plantes et les huiles essentielles


pour les hommes et les animaux
Nombreux sont les docteurs en médecine humaine
ou vétérinaire qui commencent à s’informer sur
l’utilisation des plantes médicinales et des huiles
essentielles pour soigner leurs patients. Toutefois,
rappelons que le mode de vie des hommes et des
animaux a une influence directe sur leur « état de
santé » ; l’alimentation, le stress, le sommeil ont un
impact sur le système immunitaire. Le retour à des
conditions « normales » de vie, notamment pour
tous les animaux d’élevage, permettrait d’éviter le
recours systématique à des molécules chimiques en
tout genre (vitamines, hormones, antibiotiques…)
et favoriserait une approche naturelle des soins.
Une étude récente, réalisée par l’IFOP, révèle que
39 % des Français ont recours aux médecines

191
alternatives ; un chiffre en perpétuelle augmenta-
tion. Le milieu médical, conscient de cette demande
accrue, se tourne petit à petit vers des techniques
plus douces, telles que l’hypnose, la phytothérapie,
l’aromathérapie, la médecine chinoise…

Huiles essentielles et antibiotiques :


une association efficace et prometteuse
Au cours des cinquante dernières années, les anti-
biotiques ont sauvé de nombreuses vies. Cependant,
des usages inadéquats entraînent leur perte. Face à
ce problème de résistance des bactéries, de nom-
breuses solutions sont envisagées, dont l’association
des antibiotiques et des huiles essentielles.
Des études scientifiques ont été publiées1 ; elles
prouvent qu’associer une huile essentielle à un
antibiotique permet de potentialiser l’effet de ce
dernier. On en diminue donc la dose et les effets
secondaires. Les résultats obtenus par une équipe
indienne et une équipe serbe, respectivement en
2011 et 2014, sont très prometteurs et encoura-
geants. Cette synergie, entre le synthétique et le
naturel, pourrait être une alternative très intéres-
sante ; elle permettrait de pallier, simplement, le

1.  « Potentiation of Antimicrobial Activity of Ciprofloxacin by


Pelargonium graveolens Essential Oil against Selected Uropa-
thogens » dans Phytotherapy Research, 2011 ou « An In Vitro
Synergistic Interaction of Combinations of Thymus glabrescens
Essential Oil and Its Main Constituents with Chloramphenicol »
dans The Scientific World Journal en 2014.

192
problème de la résistance de certaines bactéries
aux antibiotiques.

Pourquoi les produits naturels


ne sont-­ils pas davantage étudiés ni
exploités ?
Quand on s’intéresse à la phytothérapie et à l’aro-
mathérapie, on se rend rapidement compte que
les plantes et les huiles essentielles font l’objet
de nombreuses études scientifiques en laboratoire
in vitro ou chez l’animal, mais qu’il y en a très
peu concernant l’homme. Leurs effets thérapeu-
tiques sont démontrés expérimentalement mais
leur utilisation fait souvent référence à la tradition.
Pourquoi ?

La complexité de la matière première naturelle


La première raison est chimique. Comme nous
l’avons vu, tous les extraits végétaux, que ce soit
une infusion, une macération ou une huile essen-
tielle, sont composés d’une multitude de molécules
chimiques actives. Un comprimé de Doliprane® ne
contient, lui, qu’un actif, une molécule de paracé-
tamol. Étudier chimiquement une matière première
végétale est très complexe et nécessite des moyens
techniques très performants que peu de petits labo-
ratoires peuvent s’offrir.
De plus, la réglementation n’est pas vraiment
adaptée aux végétaux. Pour commercialiser un

193
médicament, il faut qu’un laboratoire pharma-
ceutique obtienne une autorisation de mise sur le
marché (AMM), laquelle nécessite de nombreuses
études en laboratoire, sur l’animal et sur l’homme
pour connaître la composition chimique exacte de
l’actif et son mécanisme d’action dans l’organisme.
On peut imaginer qu’un extrait végétal composé
de centaines de molécules est très difficile à ana-
lyser et son activité pharmacologique à valider.
Les études chimiques, toxicologiques et cliniques
mises en place par les pouvoirs publics pour les
médicaments classiques ne sont pas adaptées aux
plantes. Elles sont trop complexes et coûteuses,
ce qui décourage la plupart des laboratoires de
phytothérapie.

Le coût exorbitant des études cliniques


Un actif, quel qu’il soit, ne peut pas être com-
mercialisé sans la réalisation d’études cliniques sur
l’homme sain et sur l’homme malade. Ces études,
réalisées en double aveugle versus placebo, ont
lieu, généralement, en milieu hospitalier et ont la
particularité de coûter très cher… Des millions !
Elles doivent permettre de prouver qu’un nou-
veau médicament a une activité thérapeutique plus
importante que ses effets secondaires (le rapport
bénéfique/risque doit être supérieur à 1) et que
celle d’un placebo. Elles doivent montrer que les
résultats trouvés sont reproductibles d’un individu
à l’autre. Comme nous l’avons dit précédemment,

194
les médecines complémentaires individualisent la
plupart du temps leurs traitements. Ces études
cliniques sont donc très souvent inadaptées à la
médecine par les plantes, et leur coût élevé dissuade
les plus téméraires.
Faisant suite à la publication de nombreuses
études scientifiques américaines et anglaises
mettant en doute la validité de la reproductibi-
lité des études cliniques, un rapport réalisé par
un consortium scientifique anglais sur ce sujet a
été publié en octobre  2015. Ce rapport nommé
« Reproducibility and reliability of biomedical
research: improving research practice1 » montre
que plus de 50 % des essais cliniques réalisés
par les industries pharmaceutiques ne sont pas
reproductibles. En 2005, John P. A.  Loannidis,
professeur de médecine à l’Université de Stanford
(É.-­U.), avait déjà tiré la sonnette d’alarme avec
sa publication « Why Most Published Research
Finding Are False2 ». Les laboratoires pharma-
ceutiques auraient donc une fâcheuse tendance
à falsifier leurs résultats, à embellir les données
ou à en cacher certaines. Les conséquences de
ce constat sont importantes ; les Autorités de
santé autoriseraient ainsi la commercialisation de

1.  The Academy of Medicinal Sciences, « Reproducibility and


reliability of biomedical research: improving research practice »,
Symposium report, oct. 2015.
2.  John P. A. loannidis, « Why Most Published Research Fin-
ding Are False », PLoS Medicine 2 (8), 2005, http://dx.doi.
org/10.1371/journal.pmed.0020124.

195
médicaments sur les bases de données souvent
erronées. La conclusion semble sans appel. L’acti-
vité d’un médicament serait, dans la plupart des
cas, non reproductible d’un patient à un autre,
ce qui signifierait qu’elle dépend directement de
son terrain. Indirectement, ce rapport donnerait
raison à toutes les médecines qui prônent l’indi-
vidualisation des traitements afin d’obtenir de
meilleurs résultats.

L’industrie pharmaceutique face aux produits


naturels
L’industrie pharmaceutique et les produits naturels
vivent une grande histoire d’amour passionnelle et
passionnante depuis de nombreuses années. Les
laboratoires pharmaceutiques éprouvent de l’en-
vie, de la jalousie et globalement beaucoup d’inté-
rêt vis-­à-­vis du règne végétal. De 70 à 80 % des
molécules actives utilisées dans le domaine phar-
maceutique sont d’origine végétale  : la digitaline,
superbe tonique cardiaque, est extraite des feuilles
de la digitale pourpre (Digitalis purpurea  L.) ; la
morphine, le plus puissant antidouleur, est issu du
latex de la capsule du pavot somnifère (Papaver
somniferum L.) ; la molécule d’acide acétylsalicy-
lique, la fameuse aspirine, a été synthétisée grâce
à l’écorce du saule blanc (Salix alba  L.) ou des
fleurs de la reine-­des-­prés (Spirea ulmaria  L.) ; le
taxol, un redoutable anticancéreux, de l’écorce de
l’if (Taxus baccata L.)…

196
Chaque année, des centaines de molécules végétales
sont analysées, en secret, par des laboratoires phar-
maceutiques. Ce travail de screening, en recherche
et développement, est très long et fastidieux. Sur
le très grand nombre de molécules étudiées et syn-
thétisées très peu atteindront le statut de « médi-
caments » et seront commercialisées.
Le business des plantes est très lucratif ; on appelle
parfois les plantes médicinales, « l’or vert ». Mais
malheureusement, pour l’industrie pharmaceutique,
le vivant ne se brevette pas. Fort heureusement
pour la nature et les peuples qui en vivent, la loi
interdit de breveter une plante, donc de se l’ap-
proprier. Par définition, le vivant n’appartient à
personne.
Nous l’avons vu, les études permettant de com-
mercialiser un médicament à base d’une plante
« originale » sont extrêmement chères pour un
résultat qui reste aléatoire. Le fait de ne pas pou-
voir s’approprier une plante –  et donc de ne pas
pouvoir « protéger » une expertise la concernant –
limite la recherche de l’industrie pharmaceutique
dans le domaine de la phytothérapie ; elle prône
et défend l’usage du « chimique » – souvent d’une
origine lointaine naturelle – plus simple d’accès.
Les plantes et les huiles essentielles ont des activités
thérapeutiques éprouvées et prouvées scientifique-
ment durant des siècles d’utilisation. Plus personne
ne doute de leur efficacité !
Quel bonheur que de pouvoir cueillir un brin de
thym ou de romarin pour se faire une tisane en

197
cas d’état grippal ! Face à cette liberté de soin,
l’industrie pharmaceutique assiste, impuissante, à
la free-­medecine. La nature nous offre des plantes
afin de nous soigner gratuitement… À nous de les
observer, de les connaître et de les reconnaître1 !

1.  L’application « WebFlore » de Pascale Gélis-­Imbert est dis-


ponible pour Mac OS ou Android.
chapitre iv

Les traitements naturels


pour combattre les infections
virales, bactériennes
et fongiques
Tout au long de ces pages, nous n’avons cessé
d’aborder la notion, si importante, de terrain et
de prôner l’individualisation des traitements. Les
conseils qui suivent pourraient sembler antino-
miques avec ce qui a été exposé précédemment.
Cependant, la vie que nous menons ne nous per-
met pas toujours de nous assurer un bon « état
de santé », nous protégeant de tout ou presque !
Pour certaines pathologies, il est impératif d’agir
vite, très vite, dès les premiers symptômes. Les
infections bactériennes et virales font partie de ces
maladies qu’il faut soigner rapidement pour éviter
la prolifération des microbes. Nous allons donc
voir quelques traitements naturels pour vaincre
certains microbes que sont les bactéries, les virus,
les champignons…

199
Avant l’hiver, en préventif
Il est conseillé de prendre 1 g d’échinacée par jour,
pendant 3 semaines, afin de booster le système
immunitaire qui sera alors prêt à subir les assauts
des microbes, nos plus petits mais certainement
plus puissants ennemis.

Pendant ou après un traitement


Après la prise de capsules Oléocaps® contenant de
l’origan, de la sarriette des montagnes, du giroflier
ou de thym à thymol, il est recommandé de prendre
des gélules de chardon-­marie, 2 gélules le matin et
2 gélules le soir pendant 10 à 15 jours, ou une tisane
de romarin, afin de protéger ou soutenir le foie qui
peut être affaibli par un traitement médicamenteux
ou par la prise d’huiles essentielles contenant des
phénols comme celles citées précédemment.

Conseils pratiques
Achetez une bouteille Thermos de 1 litre afin
d’emporter facilement les infusions conseillées et
de les boire facilement au cours de la journée sur
votre lieu de travail.

Avertissement
Seul un médecin est en mesure de faire un diagnostic
médical. Pour toutes les maladies infectieuses, un
suivi médical est fortement recommandé ; il devient

200
impératif si les symptômes persistent ou augmentent
après 2 jours de traitement phyto-­aromatique, ainsi
que pour les enfants de moins de 12 ans.
Les huiles essentielles sont des concentrés puissants
d’actifs. Il faut les utiliser à bon escient afin d’éviter
tout désagrément. Demandez toujours l’avis médical
d’un professionnel de santé compétent si vous êtes
enceinte, si vous allaitez, si vous êtes sous traitement
médical, ainsi que pour les enfants de moins de 6 ans.
Avant d’utiliser une huile essentielle, déposez 1 goutte
dans le creux de votre coude. Si aucune rougeur
n’apparaît après 20 à 30 minutes, c’est qu’elle vous
convient. Évitez tout contact avec les yeux. Avant
de réaliser les préparations aromatiques, lavez-­vous
les mains avec une solution antiseptique. Respectez
les posologies recommandées.
Pour être efficaces, les huiles essentielles doivent être
de bonne qualité et chémotypées (HECT), ce qui
signifie que pour certaines comme celles de thym, de
romarin, de myrte… le composant majoritaire doit
être déterminé et mentionné sur l’étiquette (HE de
romarin CT verbénone).
Pour les personnes ayant un foie fragile, remplacez les
capsules Oléocaps 2® ou d’origan par 2 gouttes d’HE
de thym à thujanol dans 1 cuillerée à café de miel.

201
Que faire en cas de grippe pour l’adulte ?

Attention  : un diagnostic médical est impératif,


et un suivi médical vivement recommandé.

Dès les premiers symptômes


(fièvre, frissons, fatigue, courbatures)…
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 4®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 4 fois par jour au moment
des repas, pendant 2 jours, avec un grand verre
d’eau ou de jus de sureau noir, puis 2 capsules,
3 fois par jour, pendant 3 jours.
•• Infusion : mélangez 5 g de sommités fleuries
de marjolaine et 8 g de sommités fleuries de
romarin dans 150 ml d’eau frémissante. Cou-
vrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes. Fil-
trez. Buvez cette tisane, le matin (si possible)
et le soir, pendant 8 à 10 jours.

Voie locale
Déposez dans le creux de votre main un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 4 gouttes
d’HE de myrte vert, 2 gouttes d’HE de tea tree et
2 gouttes d’HE de laurier noble. Massez le thorax
ou le haut du dos, 2 à 4  fois par jour, pendant 6
jours.

202
Vaincre naturellement les infections
du système ORL et pulmonaire (adultes)

Attention  : un diagnostic médical est impératif,


et un suivi médical vivement recommandé.

Angine bactérienne
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 1®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 4 fois par jour au moment
des repas, avec un grand verre d’eau, pen-
dant 2 jours, puis 2 capsules, 3 fois par jour,
pendant 3 jours.
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 6 jours.
•• Infusion : mélangez 15 g de sommités fleuries
de marjolaine, 10 g de sommités fleuries de
thym et 20 g de sommités fleuries de roma-
rin dans 1 litre d’eau frémissante. Couvrez et
laissez infuser de 10 à 15 minutes. Filtrez. À
part, dans une grande tasse, mettez une grosse
cuillerée à dessert de miel de thym et ajoutez
1 à 2 gouttes d’HE de cannelle de Ceylan.
Mélangez. Versez dans la tasse un peu d’infu-
sion. Mélangez à nouveau. Puis remplissez la
tasse avec l’infusion. Buvez cette tisane, matin
et soir, pendant 6 à 7 jours.

203
Vous pouvez utiliser cette infusion pour faire
des gargarismes.

Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 2 gouttes
d’HE de tea tree, 2 gouttes d’HE de laurier noble
et 2 gouttes d’HE de camomille romaine. Massez
la gorge et le haut du thorax, 3 à 5 fois par jour,
pendant 6 à 7 jours.

Bronchite
Voie orale
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 6 jours.
•• Infusion  : mélangez 10 g de sommités fleu-
ries de thym, 10 g de fleurs de mauve, 10 g
de feuilles ou de fleurs de bouillon-­blanc dans
1  litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez
infuser de 10 à 15 minutes. Filtrez. À part, dans
une tasse, mettez une grosse cuillerée à dessert
de miel de thym et ajoutez 1 à 2 gouttes d’HE
de cannelle de Ceylan. Mélangez. Versez dans
la tasse un peu d’infusion. Mélangez à nou­
veau. Prenez une grande bouteille Thermos,
versez le mélange avec le miel et remplissez-­la
avec l’infusion. Buvez 3 à 5 tasses par jour,
jusqu’à amélioration des symptômes.

204
Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, de l’huile végétale
de noyaux d’abricot. Ajoutez 3 gouttes d’HE d’euca-
lyptus radié, 2 gouttes d’HE de palmarosa, 2 gouttes
d’HE de myrte rouge. Massez le thorax ou le haut
du dos, 3 à 5 fois par jour, pendant 5 à 6 jours.

Laryngite et rhino-­pharyngite
Voie orale
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 6 jours.
•• Infusion  : mélangez 30 g de sommités fleu-
ries de thym dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Dans une tasse, mettez une grosse cuil-
lerée à dessert de miel de thym et ajoutez 1 à
2 gouttes d’HE de cannelle de Ceylan. Mélan­
gez. Versez dans la tasse un peu de tisane
de thym. Mélangez à nouveau. Prenez une
bouteille Thermos, versez le mélange avec le
miel et remplissez-­la avec l’infusion. Buvez 3
à 5 tasses par jour, pendant 5 à 7 jours.

Voie locale
•• Déposez, dans le creux de la main, un peu
d’huile végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez
3 gouttes d’HE de ravintsara, 2 gouttes d’HE

205
d’eucalyptus citronné et 2 gouttes d’HE de
camomille romaine. Massez le cou et le haut
du thorax, 3 à 5  fois par jour, pendant 5 à
6 jours.
•• Gargarisme avec la tisane de thym préparée
précédemment : mettez 30 g de sommités fleu-
ries de thym dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Faites un gargarisme 3 à 4  fois par
jour, pendant 4 à 6 jours.

Otite
Notez qu’un avis médical est impératif en cas d’otite.
Néanmoins, un traitement naturel peut soulager en
attendant la consultation.

Voie orale
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 7 jours.
•• Huile essentielle  : mettez 2 gouttes d’HE de
thym à thujanol dans 1 cuillerée à café de miel
ou directement sous la langue, 3 à 4 fois par
jour, pendant 5 jours.

Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 2 gouttes
d’HE de tea tree, 2 gouttes d’HE de menthe

206
poivrée, 2 gouttes d’HE de lavande aspic. Massez
le pourtour de l’oreille, 3 à 5 fois par jour, pendant
4 à 6 jours.

Attention ! Pour les enfants, divisez toutes les


quantités par deux : au lieu de 2 gouttes d’HE, met-
tez 1 goutte, 3  fois par jour, et remplacez l’HE de
menthe poivrée par de l’HE de camomille romaine.

Rhume (dès les premiers symptômes  :


fatigue, nez qui coule…)
Voie orale
•• Infusion : mélangez 20 g de sommités fleuries
de thym, 15 g de sommités fleuries de marjo-
laine à coquilles, 10 g de fleurs de tilleul dans
1 litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez
infuser de 15 à 20 minutes. Filtrez. Dans une
grande tasse, mettez une grosse cuillerée à des-
sert de miel de thym et ajoutez 1 à 2 gouttes
d’HE de cannelle de Ceylan. Mélangez. Versez
dans la tasse un peu d’infusion. Mélangez à
nouveau. Versez le mélange avec le miel dans
une bouteille Thermos et remplissez-­la avec
l’infusion. Buvez 3 à 5 tasses par jour, pendant
5 à 7 jours.
•• Huile essentielle  : mettez 2  gouttes d’HE de
ravintsara ou de tea tree dans 1  cuillerée à
café de miel ou directement sous la langue,
3 fois par jour, pendant 4 jours.

207
Voie locale
Mettez, au bord de votre nez, 1 goutte d’HE de
gaulthérie et/ou 1 goutte d’HE d’eucalyptus radié,
3 à 4 fois par jour, pendant 5 jours.

Sinusite
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 2®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 3 fois par jour au moment
des repas, avec un grand verre d’eau, pen-
dant 3 jours, puis 1 capsule, 4  fois par jour
au moment des repas, pendant 3 jours.
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 7 jours.
•• Infusion : mélangez 8 g de sommités fleuries
de romarin dans 150 ml d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Buvez une tasse de cette tisane, tous
les soirs, pendant 7 à 10 jours.

Voie locale
En inhalation : déposez dans un inhalateur 2 gouttes
d’HE de tea tree, 2 gouttes d’HE de ravintsara,
2 gouttes d’HE d’inule odorante, 2 gouttes d’HE de
laurier noble et 2 gouttes de camomille allemande.
Respirez profondément le mélange, 3 à 4 fois par
jour, pendant 5 à 6 jours.

208
En application locale, lorsque la sinusite est dou-
loureuse  : mettez dans le creux de votre main,
2 gouttes d’HE de menthe poivrée, 2 gouttes d’HE
de lavande aspic et 1 goutte d’HE de camomille
romaine. Massez le front, au-­dessus des sourcils,
et les tempes (loin des yeux, au risque d’une irri-
tation !), 2 à 4 fois par jour, pendant 4 à 6 jours.

Soigner les infections du système digestif


(adultes et enfants)

Attention : un diagnostic médical est impératif et


un suivi médical vivement recommandé.

Colique gastro-­intestinale (douleurs,


spasmes)
Pour les adultes
Voie orale
•• Infusion : mélangez 15 g de feuilles d’estragon,
15 g semences de fenouil et 20 g de pétales
de coquelicot dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Buvez cette tisane 4 à 5 fois par jour,
pendant 4 à 5 jours.
•• Macérat glycériné de bourgeons de cassis Her-
balGem  : prenez 5 gouttes, 3  fois par jour,
pendant 6 jours.

209
Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 2 gouttes
d’HE d’estragon, 2 gouttes d’HE de camomille
romaine et 2 gouttes d’HE de lavande officinale.
Massez le ventre, de manière circulaire, en tournant
dans le sens des aiguilles d’une montre, 3 à 5 fois
par jour, pendant 5 jours.
Pour les enfants (de 3 à 8  ans)
Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 1 goutte
d’HE de camomille romaine et 1 goutte d’HE de
lavande officinale. Massez le ventre, en douceur, en
tournant dans le sens des aiguilles d’une montre,
3 à 5 fois par jour, pendant 5 jours. Si la douleur
persiste, consultez un médecin.

Diarrhée infectieuse (gastro-­entérite,


tourista)
Pour les adultes
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 2®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 4 fois par jour au moment
des repas, avec un grand verre d’eau, pendant
2 jours, puis 2 capsules, 3  fois par jour au
moment des repas, pendant 3 jours.

210
•• Infusion  : mettez 15 g de sommités fleuries
de marjolaine à coquilles, 15 g de feuilles de
verveine citronnée et 3 ou 4 tranches fines de
gingembre frais dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 15 à 20 minutes.
Filtrez. Buvez 3 à 5 tasses par jour, pendant
4 à 6 jours.

Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 3 gouttes
d’HE de tea tree, 2 gouttes d’HE d’estragon, 2
gouttes d’HE de camomille romaine et 2 gouttes
d’HE de lavande officinale. Massez le ventre, en
formant des cercles, dans le sens des aiguilles d’une
montre, 6 à 8 fois par jour, pendant 2 jours, puis
3 à 5 fois les 4 jours suivants.
Pour les enfants (8 à 12  ans)
en complément d’un traitement
médicamenteux
Voie orale
•• Infusion  : mélangez 15 g de sommités fleu-
ries de marjolaine à coquilles, 15 g de pétales
de coquelicot et 15 g de fleurs de tilleul dans
1 litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez
infuser de 15 à 20 minutes. Filtrez. Dans une
grande tasse, mettez une grosse cuillerée à
dessert de miel de thym et ajoutez 1 goutte

211
d’huile essentielle de thym à thujanol. Mélan­
gez. Versez dans la tasse, un peu de tisane.
Mélangez à nouveau. Versez le mélange avec
le miel dans la tisane. Faites boire à l’enfant
3 à 5 petites tasses par jour, pendant 3 jours.

Voie locale
Déposez dans le creux de la main un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 2 gouttes
d’HE de tea tree, 1 goutte d’HE de camomille
romaine et 2  gouttes d’HE de lavande officinale.
Massez le ventre de manière circulaire, en tournant
dans le sens des aiguilles d’une montre, 4 à 6 fois
par jour, pendant 2 jours, puis 2 à 3 fois les 4 jours
suivants. Si les symptômes persistent, consultez un
médecin.

Soulager les infections urinaires

Attention : un diagnostic médical est impératif et


un suivi médical vivement recommandé.

Cystite aiguë
Pour les adultes
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 2®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 3 fois par jour au moment
des repas, avec un grand verre d’eau, pen-
dant 4 jours. Si amélioration des symptômes,

212
continuez avec 1 capsule, 4 fois par jour pen-
dant 3 jours.
•• Gélules de canneberge dosées en proanthocya-
nidols, Cys-­Control Médical® des laboratoires
Arkopharma  : prenez 2 gélules matin et soir
pendant 10 jours avec une grande tasse d’infu-
sion décrite ci-­après.
•• Infusion  : mélangez 15 g de feuilles d’ortho-
siphon, 15 g de racines d’ortie, 15 g de fleurs
de camomille romaine et 10 g de sommités
fleuries de thym dans 1 litre d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Buvez cette tisane 3 à 6 fois par jour,
pendant 10 jours.

Voie locale
Déposez, dans le creux de la main, un peu d’huile
végétale de noyaux d’abricot. Ajoutez 2 gouttes
d’HE d’estragon, 2 gouttes d’HE de camomille
romaine et 2 gouttes d’HE de lavande officinale.
Massez le ventre, en formant des cercles, dans le
sens des aiguilles d’une montre, 6 à 8 fois par jour,
pendant 2 jours, puis 3 à 5 fois les 4 jours suivants.

Traiter les problèmes de la peau


et des muqueuses
Pour la majorité des problèmes de peau, la notion
de terrain est primordiale. Les conseils préconisés
ci-­après seront donnés en première intention pour
des problèmes bénins.

213
Attention : un diagnostic médical est impératif et
un suivi médical vivement recommandé.
Lavez-­vous les mains avec une solution antiseptique
avant et après toute application locale.

Abcès dentaire
Pour les adultes
Voie orale
•• Capsules Oléocaps 1®, laboratoire Pranarôm :
prenez 2 capsules, 3 fois par jour au moment
de repas, pendant 3 jours, puis 1 capsule 3 fois
par jour, pendant 3 jours.

Voie locale
Bain de bouche  : mettez, dans une grande tasse,
1 cuillerée à dessert de miel de thym. Ajoutez
1  goutte d’HE de giroflier et 1 goutte d’HE de
laurier noble. Mélangez. En même temps, met-
tez 30 g de sommités fleuries de thym dans 1 litre
d’eau frémissante. Couvrez et laissez infuser de 10 à
15 minutes. Filtrez. Versez l’infusion de thym dans
la tasse. Mélangez à nouveau. Faites des bains de
bouche, 3 à 4 fois par jour, pendant 4 à 5 jours.

Acné
Voie orale
•• Infusion  : mélangez 15 g de racines de bar-
dane, 15 g de fleurs de pensée sauvage, 10 g

214
de parties aériennes fleuries de fumeterre offi-
cinale et 15 g de marjolaine dans 1 litre d’eau
frémissante. Couvrez et laissez infuser de 10
à 15 minutes. Filtrez. Buvez cette tisane 2 à
4 fois par jour, pendant 10 à 15 jours.

Voie locale
Mettez 3 cuillerées à soupe d’argile verte dans
un récipient en verre. Ajoutez 5 gouttes d’HE
de palmarosa, 3 gouttes d’HE de laurier noble
et 3  gouttes d’HE de géranium rosat. Mélangez
avec un ustensile en bois. Ajoutez de l’hydrolat
ou de l’eau florale de romarin à verbénone jusqu’à
l’obtention d’une pâte homogène. Appliquez la pré-
paration sur le visage en évitant tout contact avec
les yeux et laissez agir 15 minutes. Réalisez ce soin
1 à 3 fois par semaine, jusqu’à nette amélioration
de l’état de votre peau.
Si la peau est très abîmée, remplacez l’argile par
du miel de thym.

Herpès labial
Pour les adultes et les adolescents
Voie orale
•• Huile essentielle  : prenez 1 goutte d’HE de
tea tree et 1 goutte d’HE de ravintsara dans
1 cuillerée à café de miel, 4 à 5 fois par jour,
pendant 3 jours.

215
Voie locale
Déposez dans le creux de la main 2 gouttes d’HE
de tea tree, 2 gouttes d’HE de ravintsara, 2 gouttes
d’HE de menthe poivrée ou 2 gouttes d’HE de
verveine citronnée et 2 gouttes d’HE de géranium
rosat. Appliquez le mélange dès l’apparition des
démangeaisons puis sur le bouton, 4 à 6  fois par
jour, pendant 3 jours.
Le 4e  jour, cicatrisez la plaie en mettant une noi-
sette de beurre de karité dans le creux de votre
main, ajoutez 1 goutte d’HE de ciste ladanifère et
1 goutte d’HE de myrrhe. Mélangez et appliquez le
mélange sur le bouton 3 à 4 fois par jour, pendant
2 à 4 jours.

Gingivite
Pour les adultes et les adolescents
Voie locale
Bain de bouche  : mettez dans une grande tasse
1 cuillerée à café de miel de thym. Ajoutez 1 goutte
d’HE de giroflier et 1 goutte d’HE de laurier noble.
Mélangez. En même temps, mettez 30 g de som-
mités fleuries de thym dans 1 litre d’eau frémis-
sante. Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Filtrez. Versez l’infusion de thym dans la tasse.
Mélangez à nouveau. Faites des bains de bouche
3 à 4 fois par jour, pendant 5 à 6 jours.

216
Mycose cutanée

Attention ! Les mycoses peuvent être très conta-


gieuses. Lavez-­vous les mains avec une solution
­antiseptique avant et après les applications locales.

Voie orale
•• Infusion : mélangez 15 g de racines de bardane,
15 g de fleurs de pensée sauvage et 10 g de
parties aériennes de fumeterre officinale dans
1 litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez
infuser de 10 à 15 minutes. Filtrez. Buvez cette
tisane 2 à 3 fois par jour, pendant 15 jours.

Voie locale
Déposez dans le creux de la main 2 gouttes d’HE
de palmarosa, 2 gouttes d’HE de tea tree, 2 gouttes
d’HE de géranium rosat, 2 gouttes d’HE de matri-
caire et 2 gouttes d’HE de lavande aspic. Appliquez
le mélange sur la peau lésée, 3 à 6  fois par jour,
pendant 3 à 4 semaines.

Mycose de l’ongle
Voie orale
•• Infusion : mélangez 15 g de racines de bardane,
15 g de fleurs de pensée sauvage et 10 g de
parties aériennes de fumeterre officinale dans

217
1 litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez
infuser de 10 à 15 minutes. Filtrez. Buvez cette
tisane 2 à 3 fois par jour, pendant 15 jours.

Voie locale
Déposez dans le creux de la main 2 gouttes d’HE
de palmarosa, 1 goutte d’HE de tea tree, 1 goutte
de laurier noble. Appliquez le mélange sur l’ongle,
3 à 6 fois par jour, pendant 6 à 8 semaines (le limer
régulièrement).

Verrues
Voie locale
Appliquez délicatement 1 goutte d’HE de cannelle
de Ceylan précisément sur la verrue à l’aide d’un
Coton-­Tige, jusqu’à sa disparition complète.
Conclusion
Les médecines complémentaires
ont de l’avenir !

Au fil de ces pages, nous avons tenté d’expliquer


pourquoi certaines maladies qui, autrefois, étaient
soignées demeurées désormais incurables. Au cours
du xxe  siècle, les antibiotiques ont certainement
sauvé plus de vies qu’aucun médicament ne pourra
sans doute jamais le faire. Forte de ces nombreuses
et belles découvertes scientifiques, notre société a
rapidement vu en elles une panacée thérapeutique
permettant de tout soigner, ou presque. Comme
tout produit consommable, elle en a abusé, parfois
au détriment d’une hygiène de vie permettant de
prévenir certaines infections. L’antibiothérapie a
été, dès lors, hyperutilisée. Elle a été prescrite non
seulement pour guérir de nombreuses maladies
bactériennes mais aussi, en préventif, chez l’animal,
afin de protéger le bétail. Car très vite certains éle-
veurs, mal informés, ont donné systématiquement
des antibiotiques à leurs animaux en vue d’éviter
toute infection du cheptel. Ces médicaments se sont

219
retrouvés dans la viande, le lait, les urines… conta-
minant les consommateurs, les sols, les rivières et
les océans. L’ingestion d’antibiotiques est devenue
directe par prescription médicale et indirecte par
consommation de produits alimentaires en conte-
nant. Le développement de fermes-­usines n’a fait
qu’amplifier ce phénomène désastreux. À elles
seules, elles sont le reflet d’une société dénaturée
qui a perdu ses repères. Dans ces prisons pour
bovins, ovins, volailles ou porcins, les animaux
n’ont plus aucun contact avec la nature. Le soleil,
l’herbe, la terre leur sont inconnus. Sans aucun jeu
de mots, ces privations sont évidemment contre-­
nature et génèrent des carences que l’on tente de
pallier en leur donnant, entre autres, de la farine
de poissons contenant des vitamines et des anti-
biotiques. Une partie de la pêche industrielle sert
donc d’aliments pour les élevages intensifs « ter-
restres ». Quel non-­sens ! Si nous appréhendons
ce processus dans son ensemble, nous réalisons
que notre hyperconsommation de viande entraîne
une surpêche et participe alors, indirectement,
au dépeuplement des océans. Tout est lié ! Cet
exemple très concret nous invite à réfléchir à toutes
les conséquences sanitaires et environnementales
que peut entraîner un déséquilibre, un « hyper »,
de quelque nature qu’il soit !
Mais revenons à nos moutons : les antibiotiques, les
sauveurs de l’humanité, ont malheureusement subi
le même sort en étant hyperconsommés. Leur abus
a entraîné leur perte en développant la résistance

220
de certaines bactéries à ces molécules. Face à
tous ces phénomènes destructeurs, l’homme doit
prendre conscience de ses erreurs et changer son
comportement vis-­à-­vis de son environnement, de
la faune et de la flore qui le peuplent. Le respect
de la vie, quelle qu’elle soit, doit désormais guider
nos choix, au détriment du seul et unique « Dieu
Consommation » dont l’excès détruit.
Le début du xxie siècle est marqué par l’émergence
d’une phytothérapie « moderne », qui fait le lien
entre les traditions séculaires et les preuves scienti-
fiques de son efficacité thérapeutique. Les plantes
et les extraits végétaux sont désormais analysés par
des moyens et des appareillages de haute techni-
cité, garantissant l’efficacité, la qualité et la sécurité
des produits. Ces démarches scientifiques vis-­à-­vis
de la « médecine par les plantes » ont permis de
rendre celle-­ci plus accessible au milieu médical,
notamment aux médecins qui ne voient plus en
elle qu’une vieille thérapeutique basée sur des
croyances aveugles ; ils la présentent, désormais,
comme une véritable approche de santé.
Les mentalités évoluent ! Les professionnels réa-
lisent que le soin ne doit pas être réalisé dans le
seul but de soigner, mais qu’il peut aussi soulager
et améliorer la qualité de vie des patients. À travers
le monde, en Europe, les universités, les hôpitaux
ouvrent leurs portent à différentes médecines com-
plémentaires. La ville de Barcelone va accueillir le
plus grand centre européen de médecine tradition-
nelle chinoise. À Nice, le professeur de médecine

221
Marc Raucoules-­Aimé vient de créer, sous l’égide
du doyen de la faculté de médecine, le professeur
Patrick Baqué, un observatoire des médecines non
conventionnelles (OMNC). En décembre  2015,
un congrès a été organisé afin de sensibiliser les
médecins, les pharmaciens, les infirmières, les sages-­
femmes et les étudiants à cette autre approche du
soin. Avec plus de 400 participants, ce premier
colloque fut un véritable succès. Dans cet esprit,
le Dr  Véronique Mondain, infectiologue dans le
service des maladies infectieuses du CHU de Nice,
s’intéresse à la possibilité de traiter les cystites réci-
divantes par phyto-­aromathérapie.
À travers le monde, aux États-­Unis, en Australie,
des centres de médecine intégrative se développent.
Cette vision ancestrale de la santé, si chère à la
médecine chinoise ou hippocratique, pénètre, petit
à petit, les universités de médecine.
Les moyens techniques les plus modernes se
mettent au service de la tradition démontrant que
les « théories » issues de démarches empiriques
basées sur l’observation n’étaient pas dénuées de
sens ; ces méthodes restent les premiers outils d’une
réflexion scientifique valide.
Les médecines complémentaires ont de l’avenir,
soutenues désormais par le grand public et par le
corps médical. Mais cet engouement ne doit pas
faire perdre de vue qu’elles doivent être pratiquées
par un personnel compétent. La rentabilité de ce
marché attire les charlatans et autres vendeurs de
bonheur qui décrédibilisent parfois cette approche.

222
En l’état actuel des choses, il serait important que
les pouvoirs publics reconnaissent officiellement
certaines médecines non conventionnelles comme
la médecine traditionnelle chinoise, la phytothéra-
pie, l’aromathérapie… Aspect non négligeable dans
notre société, leur approche, à la fois préventive et
curative, permettrait de faire d’importantes écono-
mies financières. Il est grand temps qu’un ministre
de la Santé français ait le courage de leur redonner
leurs lettres de noblesse, de leur formation à leur
pratique, comme c’est le cas en Suisse, afin que
chacun d’entre nous ait la liberté et la possibilité
de se soigner, en toute sécurité, avec des méthodes
« douces », efficaces mais non conventionnelles.
On peut comprendre qu’adopter une façon « natu-
relle » de se soigner est une manière totalement
différente d’appréhender sa santé. La médecine
intégrative ou la vision holistique du corps humain
est, a fortiori, associée à un mode de vie qui res-
pecte l’homme et la nature. Cette approche qui
fait le lien entre des notions ancestrales et des
concepts modernes n’a rien d’ésotérique, elle s’ins-
crit dans une philosophie de vie à la fois humaine
et écologique.
Glossaire

Aminosides : famille d’antibiotiques.


Anaphylactique : réaction allergique ; le choc ana-
phylactique est une réaction allergique extrême-
ment violente.
Bactéries : petits organismes microscopiques consti-
tués d’une seule cellule et vivant en colonies ;
cette cellule est un amas de matière biologique
entouré d’une membrane contenant un chromo-
some unique qui constitue son matériel géné-
tique. Les bactéries sont les organismes vivants
les plus abondants qui existent sur Terre, elles
sont présentes quasiment partout.
Bêtalactamines : famille d’antibiotiques.
Céphalosporines : famille d’antibiotiques.
Cyclines : famille d’antibiotiques.
Cytotoxique : agent chimique ou biologique ayant
la propriété d’altérer des cellules.
Dysbiose : déséquilibre du microbiote.
Équilibre acido-­basique : ou homéostasie du pH ;
une des fonctions essentielles de l’organisme.

225
Flore commensale  : ensemble complexe de bacté-
ries et de protozoaires présents sur la peau et les
muqueuses.
Folates  : désignent une forme dérivée de l’acide
folique appelé « vitamine B9 », indispensable à la
fabrication de l’ADN, support de l’information
génétique.
Lymphocytes : types de globules blancs qui exercent
des fonctions immunitaires.
Macrolides : famille d’antibiotiques.
Macrophages : cellules du système immunitaires d’ori-
gine sanguine qui provient de la transforma­tion
d’un monocyte ; ce sont des cellules phago­cytaires
(ingestion de corps étrangers à l’organisme).
Microbiote : ensemble de micro-­organismes vivant
dans un environnement spécifique.
Pénicillines : antibiotiques appartenant à la famille
des bêtalactamines.
Plasmocytes : lymphocytes B différenciés produi-
sant des anticorps (immunoglobulines : Ig).
Prébiotiques : oligosaccharides ou polysaccharides
qui favorisent la croissance ou l’activité des bac-
téries intestinales.
Probiotiques  : micro-­organismes vivants, ajoutés
comme « compléments » à certains produits
alimentaires.
Bibliographie

Jean-­Claude Ameisen, Patrick Berche et Yvan


Brohard, Une histoire de la médecine, éd. de La
Martinière, 2011.
Dominique Baudoux, Les Cahiers d’aromathérapie,
coll. « L’aromathérapie professionnellement »,
éd. Amyris, 2008.
Patrice de Bonneval, L’Herboristerie, éd. Déslris,
2013.
Jean Bruneton, Pharmacognosie, phytochimie, plantes
médicinales, éd. Tec Doc, 2016.
Jean-Michel Morel, Traité pratique de phytothérapie,
éd. Grancher, 2008.
Gauthier Chapelle, Le Vivant comme modèle,
éd. Albin Michel, 2015.
Gilles Corjon, Se soigner par les plantes, éd. Jean
Paul Gisserot, 1999.
Giulia Enders, Le Charme discret de l’intestin,
éd. Actes Sud, 2015.
Michel Faucon, Traité d’aromathérapie scientifique
et médicale, éd. Sang de la Terre et Médial, 2015.
Denis Kormann, La Légende du colibri, éd. Actes
Sud Junior, 2016.

227
Michel Lallement, Les Trois Clés de la santé,
éd. Mosaïque Santé ou Pocket, 2014.
Frédéric Lenoir, L’Âme du monde, éd. Pocket,
2014.
Éric Marié, Précis de médecine chinoise, éd. Dangles,
2008.
Virginie Parée, L’Alimentation santé, éd. Mosaïque
Santé ou Pocket, 2016.
Jean-­Marie Pelt, La Médecine par les plantes, éd.
Fayard, 1981.
Daniel P. Reid, La Médecine chinoise par les herbes,
éd. Olizane, 1996.
Maurice Reille, Dictionnaire visuel de botanique,
éd. Ulmer, 2014.
Matthieu Ricard, L’Art de la méditation, éd. NiL,
2010.
Max Rombi et Dominique Robert, 120 plantes
médicinales, éd. Alpen, 2006.
Anne Waugh et Allison Grant, Anatomie et phy­
siologie normales et pathologiques, éd. Elsevier
Masson, 2015.
Remerciements

Un grand merci…

Aux éditions Solar, à Suyapa Hammje et Juliette


Collonge, pour m’avoir fait confiance et m’avoir
permis de m’exprimer, librement, sur des sujets
qui me tiennent particulièrement à cœur.

À mes maîtres :
Dominique Baudoux, pharmacien, aromatologue,
enseignant et directeur du laboratoire Pranarôm,
un homme d’affaires d’une grande disponibilité et
d’une belle humanité.
Patrice de Bonneval, pharmacien et directeur de
l’ELPM, pour sa vision « intégrative » de la phy-
tothérapie et la confiance qu’il m’accorde.
Weiguo Hu, médecin en médecine traditionnelle
chinoise, qui m’a initiée à la philosophie chinoise
avec toute l’intelligence, l’ouverture d’esprit et la
sensibilité qui le caractérisent.
Nicolas Hulot, créateur de la Fondation pour la
nature et l’homme, pour avoir su nous sensibiliser
à l’impressionnante beauté de notre monde.

229
Jean-­Marie Pelt, professeur de pharmacognosie
et écrivain, que j’ai eu la chance de rencontrer.
Un homme d’une grande simplicité dont les livres
m’ont appris à appréhender le monde des plantes
avec subtilité et respect. Il me manque.

Aux personnes que j’ai rencontrées et croisées sur


ma voie :
Gilles Corjon, pharmacien herboriste et directeur
des études à l’ELPM, pour toutes ses passions.
Frédéric Fillon, gestionnaire de projet chez Webs-
tore.fr, pour sa patience et ses encouragements.
Bernard Fontanille, médecin urgentiste et concep-
teur de Médecines d’ailleurs, pour son humanité
et ses reportages passionnants.
Marie Juston, médecin radiologue et coordinatrice
de l’OMNC, pour sa grande ouverture d’esprit,
son courage et sa gentillesse.
Véronique Mondain, médecin infectiologue au
CHU de Nice, pour sa saine curiosité, sa sensibi-
lité et sa compréhension du vivant.
Virginie Parée, conseil en nutrition, pour sa déter-
mination et la pratique visionnaire de son métier.
Ambre Pelletier, coach psychoémotionnel, pour son
écoute, sa gaieté et sa confiance en l’autre.
Françoise Pillet, sous-­directrice de l’ELPM, pour
sa sincérité et sa bienveillance… Merci à toute son
équipe.
Marie-­Christine Rolland, hôtesse de la Maison
Bleue à Saint-­Jeannet (06640), pour son authen-
ticité et son accueil.

230
Pascale Schembri, créatrice du site « Bio dans nos
vies », pour sa confiance et son énorme cœur.
Aleksandra Sobol, artiste à Olalarte, pour son talent
et tous nos beaux projets à venir.

À Marie Beltrando, Geneviève Bossy, Stéphane


Dellazzeri, Adeline Gadenne, René Philippe Halm,
Emmanuel Laraque, Emmanuelle Latour, Béatrice
Leloutre, Pascale Pallanca, Colette et Dominique
Robert, Caroline Turpin…

Merci à ma famille, à mes amis et à mes fidèles


compagnons (chiens, chats, chevaux…).
Table des matières

Préfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Introduction  : La résistance aux antibiotiques,
LE défi médical du xxie siècle . . . . . . . . . . 19
Qu’est-­ce que la résistance
aux antibiotiques ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Pourquoi certaines bactéries résistent-­elles
aux antibiotiques ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Enquête sur la résistance aux antibiotiques :
des chiffres alarmants ! . . . . . . . . . . . . . . 22
Le plan envisagé par les Autorités
de santé face à cette menace . . . . . . . . . . 23
Des solutions simples ? . . . . . . . . . . . . . . 25
chapitre i  :
Les mécanismes de défense
de notre corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Comment se défend notre organisme
face aux agressions extérieures ? . . . . . . . 27
Le corps, une forteresse . . . . . . . . . . . . . . . 27
Jusqu’à la réaction inflammatoire… . . . . . . 28

233
Le système immunitaire, une organisation
clé de notre santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Quand notre système immunitaire
est affaibli, nos défenses s’amenuisent . . 33
Le cas des maladies infectieuses . . . . . . . . . 33
Le sida . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Le cancer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Nos défenses immunitaires se retournent
parfois contre nous . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
42
Les allergies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les maladies auto-­immunes . . . . . . . . . . . . . 45
Le cas particulier des prothèses . . . . . . . . . 47
En bref… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
chapitre ii  : Les antibiotiques classiques . 51
Les antibiotiques, des tueurs de bactéries 51
Qu’est-­ce qu’une bactérie ? . . . . . . . . . . . . . 51
L’influence du microbiote  intestinal
sur notre santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Un rôle complexe au sein de l’organisme . . . 57
Les probiotiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Les prébiotiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Qu’est-­ce qu’un antibiotique ? . . . . . . . . 60
Un peu d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Le mécanisme d’action de l’antibiothérapie . 63
Les antibiotiques actuels . . . . . . . . . . . . . . . 67

234
La nature produit-­elle des « antibiotiques » ? 68
Les antibiotiques sauvent des vies . . . . . 70
Les effets secondaires des antibiotiques . . . 71
Les antibiotiques classiques
ont-­ils un avenir ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Le désintérêt de l’industrie pharmaceutique
pour le marché des antibiotiques . . . . . . . . 73
Le rôle précurseur des plantes . . . . . . . . . . 75
chapitre iii : Les  antibiotiques naturels . . 77
Le terrain  : une notion essentielle
à prendre en compte . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Qu’est-­ce que le terrain ? . . . . . . . . . . . . . . 77
Petit historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
L’équilibre physiologique, le principe clé
81
d’une bonne santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’équilibre physiologique, en bref… . . . . . 141
La phytothérapie, une approche
thérapeutique complémentaire . . . . . . . . 142
Qu’est-­ce que la phytothérapie ? . . . . . . . . 142
Les plantes immunostimulantes . . . . . . . . . 145
Les plantes antimicrobiennes . . . . . . . . . . . 156
Les huiles essentielles, de puissantes
alliées contre les bactéries . . . . . . . . . . . . 161
Qu’est-­ce que l’aromathérapie
et les huiles essentielles ? . . . . . . . . . . . . . . . 161
De la plante aromatique à l’huile
essentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163

235
15 huiles essentielles aux puissantes
vertus anti-­infectieuses . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
5 huiles essentielles ou essences
anti-­infectieuses douces . . . . . . . . . . . . . . . . 168
Les produits naturels, une solution
contre la résistance aux antibiotiques . . . 191
Les plantes et les huiles essentielles
pour les hommes et les animaux . . . . . . . . 191
Huiles essentielles et antibiotiques  :
une association efficace et prometteuse . . . 192
Pourquoi les produits naturels ne sont-­ils
pas davantage étudiés ni exploités ? . . . . . . 193
chapitre iv  :
Les traitements naturels
pour combattre les infections virales,
bactériennes et fongiques . . . . . . . . . . . . . . 199
Avant l’hiver, en préventif . . . . . . . . . . . . 200
Pendant ou après un traitement . . . . . . . . . . . . . 200
Conseils pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Que faire en cas de grippe pour l’adulte ? 202
Dès les premiers symptômes
(fièvre, frissons, fatigue, courbatures)… . . . 202
Vaincre naturellement les infections
du système ORL et pulmonaire (adultes) 203
Angine bactérienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
Bronchite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
Laryngite et rhino-­pharyngite . . . . . . . . . . . 205
Otite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

236
Rhume (dès les premiers symptômes  :
fatigue, nez qui coule…) . . . . . . . . . . . . . . . 207
Sinusite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Soigner les infections du système digestif
(adultes et enfants) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Colique gastro-­intestinale
(douleurs-­spasmes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Diarrhée infectieuse
(gastro-­entérite, tourista) . . . . . . . . . . . . . . . 210
Soulager les infections urinaires . . . . . . . 212
Cystite aiguë . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
Traiter les problèmes de la peau
et des muqueuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Abcès dentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
Acné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
Herpès labial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Gingivite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
Mycose cutanée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
Mycose de l’ongle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
Verrues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218

Conclusion  : Les médecines


complémentaires ont de l’avenir ! . . . . . . . 219

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227

Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Direction éditoriale  : Suyapa Hammje
Direction de collection  : Juliette Collonge
Édition  : Marion Vasseur
Conception graphique de la couverture  : Stephanie Brepson
Illustrations de couverture  : Stephanie Brepson
Mise en pages  : Nord Compo
Fabrication  : Céline Premel-Cabic

© Éditions Solar, 2016, Paris


Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction
par tous procédés,
réservés pour tous pays.

Ouvrage exclusivement destiné aux abonnés


au programme « Les Rendez-vous de la Santé Naturelle ».
Droits réservés.

ISBN  : 978-­2-263-07310-6
Code éditeur  : S07310
Dépôt légal : septembre 2016
Imprimé en Espagne par Libèrduplex

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