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Méthode d’évaluation du niveau de sécurité incendie d’un bâtiment

Julien Chorier

LOCIE, Université de Savoie, ESIGEC, 73376 Le Bourget du Lac Cedex , France. Dept.
Sécurité structure & feu, CSTB, 84, avenue Jean Jaurès - 77421 Marne la vallée Cedex
02

RESUME. Ce papier présente une méthode d’aide au diagnostic et à la décision des risques incendie d’une construction
pour aider les gestionnaires de patrimoine à protéger les biens et les personnes.
La méthode d’évaluation du risque incendie est basée sur l’utilisation des réseaux de Petri et de modèles simplifiés
d’évaluation des grandeurs physiques liées à l’incendie (température, hauteur libre de fumée). L’évaluation des dommages
aux personnes et aux biens est effectuée par simulation à partir de sources de danger identifiées par les experts. Différentes
actions d’amélioration de la sécurité peuvent être traitées et comparées en vue de retenir les plus efficaces.
MOTS-CLÉS : scénarios de feu, analyse du risque, réseaux de Petri.

ABSTRACT. We intend to develop a method for helping building inspectors or engineers to obtain a given safety level in a
building through a better assessment of fire risks towards the building himself (structure, furniture, equipments) and the
persons. The fire risk evaluation method is based on the use of Petri nets and simplified models of evaluation of physical
parameters related to fire (temperature, height without smoke). Evaluation of damages to people and to the building himself
is carried out by simulation and begin with the identification of the sources of danger by experts. Various improvements of
safety can be treated and compared in order to retain the most effective.

KEYWORDS : fire scenarios, risk assessment, Petri nets.

1. INTRODUCTION
Notre travail a pour objectif de développer les moyens d'apporter une aide au diagnostic et à la
décision vis à vis des risques incendie pour les gestionnaires de patrimoine en vue de la protection des
biens et des personnes (maintien en l'état, réparation, renforcement, démolition). Cette démarche
s’intègre dans le cadre des travaux du projet national ISI (Ingénierie de la Sécurité Incendie) dont nous
sommes membre avec le CSTB, organisme qui soutient ce travail de recherche.
Le diagnostic doit permettre d’évaluer un bâtiment vis à vis du risque incendie, puis de choisir
entre différentes propositions d'amélioration, pour permettre de mieux utiliser et répartir un budget de
mise en sécurité. Notre étude est réalisée sur différents types de bâtiment excluant les bâtiments
industriels dans lesquels les dangers sont trop spécifiques. Il s'agit également de disposer d'une
démarche structurée pour communiquer de façon efficace avec les commissions de sécurité et les
autres acteurs concernés.
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2. METHODE D’EVALUATION DES RISQUES


La méthode est décomposée en quatre étapes présentées sur la Définitions des objectifs
Figure 1.
1. La première étape permet de définir les objectifs à satisfaire en
Description du système bâtiment ;
matière de sécurité incendie dans le bâtiment, cette étape est réalisée Recensement des données

avec le responsable du bâtiment. Les objectifs seront différents selon


que le bâtiment à une vocation tertiaire, scolaire ou de logement ; Définitions des situations
de danger et des scénarios
2. Une description du système permet à travers une visite du
Évaluation des conséquences
bâtiment de recenser toutes les informations nécessaires à notre
étude : surfaces, occupations, équipements de sécurité,… ;
OUI
3. Les principales situations de danger sont ensuite recensées. Elles Objectifs atteints
sont à la base des différents scénarios qui sont l’objet de simulations
NON
numériques ;
4. Les conséquences de chaque scénario vis à vis de nos objectifs
Figure 1 : méthode
sont enfin évaluées.
d’évaluation des risques
Si les objectifs sont atteints, l’étude est terminée. Dans le cas
contraire, des actions de mise en sécurité sont envisagées et de nouvelles simulations sont mises en
œuvre.

3. DEFINITIONS DES OBJECTIFS


Il est nécessaire de concrétiser les objectifs par P
Personnes
P
Biens
l’intermédiaire de grilles « gravité x probabilité » P1
IN A C C E P T A B L E
P1
IN A C C E PT A BL E
P2 P2

(Figure 2). Elles sont construites pour les quatre types P3 P3

P4 P4

d’objectifs de mise en sécurité : les personnes, les ACCE PT AB L E

G1 G2 G3 G4
A CCE PT AB L E

G1 G2 G3 G4
G G

biens, la structure et l’environnement. Le premier P


Structure
P
Environnement
niveau de négociation concerne les deux axes de la P1

P2 IN A C C E P T A B L E
P1

P2 IN A C C E PT A BL E

grille. En principe, on construit des axes avec un P3

P4
P3

P4
ACCE PT AB L E A CCE PT AB L E

nombre pair pour éviter la tendance à se situer dans un G1 G2 G3 G4


G
G1 G2 G3 G4
G

niveau médian. Dans notre étude, nous avons choisi des


axes à quatre niveaux. Le deuxième niveau de
Figure 2 : Négociation de grilles gravité-
négociation consiste à situer ensuite dans la grille la
probabilité pour la définition des scénarios
frontière entre l’acceptable et l’inacceptable.

4. DESCRIPTION DU SYSTEME BATIMENT


La description s’effectue à partir d’un guide d’inspection du bâtiment et de son activité. Il permet
d’identifier les pratiques des usagers, de définir comment le bâtiment est utilisé et organisé. Il est alors
possible de modéliser le système à étudier en différents sous-systèmes.
Le système principal, le bâtiment, est décomposé en deux sous-systèmes en interaction qui
permettent de définir la propagation des fumées (sous-système propagation) tout en suivant les effets
des différents organes de sécurité (sous-système alerte/détection/protection).

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4.1. SOUS-SYSTEME PROPAGATION


Le sous-système propagation est utilisé pour analyser l’évolution de l’incendie depuis son
déclenchement jusqu’à la fin du scénario qui pourra être, soit un temps défini (on étudie le scénario de
feu pendant 20min par exemple), soit l’atteinte d’un événement (feu généralisé, décès multiples).
Pour faire cette étude nous aurons besoin de plusieurs informations : le lieu où s’est déclenché
l’incendie, les caractéristiques du foyer (intensité, loi d’évolution) et les conditions de propagation
d’un local à un autre.

4.2. SOUS-SYSTEME ALERTE/DETECTION/PROTECTION


Le sous-système alerte/détection/protection doit tenir compte des différents éléments de sécurité
installés dans le bâtiment (portes coupe feu, sprinklers, alarmes, …).

4.3. SOUS-SYSTEME OCCUPANTS


Le sous-système occupants permet de représenter le flux des personnes présentes dans le bâtiment
et leurs conditions de survie.
Ce sous-système représente principalement l’évacuation des personnes. Il s’agit de la mise à l'abri
d'un danger imminent, du personnel et du public, en les dirigeant vers une zone de sécurité qui sera
souvent l'extérieur. L'évacuation est l'objectif essentiel de la sécurité des personnes.
Dans le cas d'un incendie, le temps écoulé depuis le début de l'incendie jusqu'à la fin de
l'évacuation ou "délai d'évacuation" doit être inférieur au "délai de survie" des personnes se trouvant
dans le bâtiment. Les délais sont influencés par la conception architecturale des cheminements, les
mesures et moyens de protection en place et l'organisation de la sécurité.

4.4. SOUS-SYSTEME SERVICE D’INTERVENTION


Le sous-système service d’intervention contient tous les éléments de la procédure d’intervention
des services de secours, de l’appel à l’intervention. Le service d’intervention sera prévenu au moment
de l’alerte et pourra intervenir dans un délai de 10-20 minutes.

4.5. SOUS-SYSTEME ENVIRONNEMENT


Le sous-système environnement permet de représenter et d’évaluer l’impact sur le voisinage
extérieur du système analysé, qu’il s’agisse aussi bien de routes, de parkings, de lotissements, de voie
ferrée, de rivière, … et de toutes les contraintes qui sont liées à ces éléments.

5. DEFINITIONS DES SITUATIONS DE DANGER ET DES SCENARIOS


La complexité du système à étudier requiert des méthodes de représentation et des techniques
d’analyse permettant de tenir compte de l’évolution au cours du temps des différents sous-systèmes et
de leurs interactions. Les réseaux de Petri sont utilisés et présentent de nombreux avantages. Ce sont
des graphes dont l'évolution correspond à des marquages successifs des sommets, appelés places
(Figure 3). Les jetons, qui matérialisent l'état du réseau à un instant donné, peuvent passer d'une place
à une autre par franchissement de transitions sous certaines conditions (e.g., Grolleau 1999).
C’est pourquoi les réseaux de Petri sont largement utilisés pour la modélisation et l’analyse de
systèmes à événements discrets. Ils permettent de représenter le bâtiment, les échanges entre les

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différents locaux (énergie, masse de fumée) ainsi que l’état des ouvertures (portes, fenêtres ouvertes
ou fermées).Ils permettent aussi de suivre dans le temps les principaux indicateurs (température et
hauteur de fumée) dont nous avons besoin pour permettre une évaluation correcte des dommages
matériels et humains. Il est ainsi possible d’évaluer différentes actions possibles d’amélioration de la
sécurité et de faciliter le choix de l’une ou plusieurs d’entre elles par un décideur.
Les délais de transition dans les réseaux de Petri sont gérés par la connaissance à chaque instant de
la valeur de la température de la zone de fumée (zone haute : TZH) et la hauteur de cette zone dans
chaque local (hauteur de la discontinuité ZD). L’utilisation de logiciels ou de modèles existants ne
peut être envisagée pour simuler le développement d’un incendie dans un bâtiment (logiciel « Fisba »),
le mouvement des fumées (logiciel « Cifi »), et évaluer la stabilité des structures (logiciel « Nat »), car
le nombre de scénarios est grand. Pour ne pas passer à coté de certains scénarios qui pourraient avoir
des conséquences très importantes, des modèles simplifiés ont été élaborés en collaboration avec le
CSTB sur la base d’hypothèses simplificatrices permettant de déterminer très rapidement les
paramètres physiques et d’évaluer les dommages aux biens et aux personnes.

5.1. LOGICIEL MOCA-RP V12


Place Le logiciel utilisé, MOCA-RP (Monte-Carlo basé sur les Réseaux de
Jeton Petri), est destiné à la simulation du comportement des systèmes
dynamiques complexes dans le but d’obtenir, par un traitement statistique,
Arc orienté
des résultats concernant leur fiabilité, disponibilité, productivité, ainsi que
Transition
tout autre paramètre probabiliste. Le modèle du système à étudier est
Conditions
réalisé sous la forme d’un réseau de Petri stochastique interprété qui sert
de validation
de support à une simulation de Monte-Carlo classique.
Affectations
(messages émis) L'état initial du système est défini par le marquage initial des places
(Figure 3). Certaines places d'entrée sont marquées quel que soit le cas
particulier traité, d'autres places peuvent contenir ou ne pas contenir de
Figure 3 :
jetons. Elles permettent de valider des options de simulation (défaillances
Représentation du
de matériels de détection, pièce vide, ...). Elles sont validées avant le
réseau de Petri
lancement d'une simulation.
Dans la description d'une transition, il est possible de spécifier une liste d'expressions booléennes
qui doivent être nécessairement vérifiées pour que la transition soit valide. Ces expressions sont
séparées par des virgules. Il s’agit des conditions de validation. Les messages émis après transition
permettent d’actualiser la valeur des variables générées par le réseau de Petri. Pour intégrer des
paramètres plus complexes, il est possible d’intégrer des lois spéciales dans ces transitions. Elles sont
définies dans un code en C++ et permettent dans notre cas d’intégrer au réseau de Petri un modèle de
propagation de l’incendie (Figure 6).
Le principe de représentation par les réseaux de Petri est d’utiliser des réseaux restreints à chaque
local. L’ensemble de ces réseaux est géré par un réseau général permettant d’évaluer les paramètres
physiques et de répercuter les modifications de l’état de chaque local ou sous-système grâce à des
messages spécifiques. Pour chaque local, nous définissons plusieurs réseaux. Le premier permet de
connaître l’état du local et de représenter la propagation des fumées d’un local à un autre (Figure 4a).
Des réseaux indépendants sont utilisés pour définir l’état des ouvertures comme les portes (Figure 4b).

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Nous allons détailler la transition Tr24 (Figure 4b). Cette transition permet de faire passer la porte
1 (P1) de l’état ouverte à détruite. Les conditions de validation sont ZD1<ZP1 & TZH1>250, ce qui
correspond à une hauteur libre de fumée (ZD1) inférieur à la hauteur de la porte (ZP1) et une
température de la zone haute qui est enfumée (TZH1) supérieure à 250°C. Une fois ces conditions
validées, le délai de tir permet de définir à quel instant la transition va être passante. Dans cet exemple,
nous avons pris une loi uniforme 300-900 secondes. Quand la transition est passante, le jeton va à la
place 32 (P1_détruite) et le message P1_ouverte = true est émis.
Pour connaître à chaque pas de temps
les conditions dans les locaux nous
faisons appel à un réseau de Petri qui
fonctionne en boucle. La transition Tr1
permet d’initialiser le calcul des
conditions en fonction des paramètres de
l’étude qui ont étés définis dans un
fichier texte (Figure 5).
La transition Tr 31 lit les messages
des différents réseaux de Petri qui
deviennent des variables dans le modèle
physique (Figure 5). En sortie, les
variables du modèle physique sont
(a) (b) affectées aux messages ; les variables
modifiées par le modèle sont uniquement
Figure 4 : représentation des réseaux de Petri de l’état du la température de zone haute par local et
local(a) et de l’état de la porte (b). la hauteur libre de fumée par local. Dans
notre modèle, nous avons comme
objectif de connaître tout au long du scénario la
température de la zone haute ainsi que la hauteur libre
de fumée. Nous devons donc déterminer différentes
variables. Le fonctionnement du modèle est tel qu’on
utilise certains paramètres du pas de temps précédent
pour définir certaines fonctions. L’enchaînement du
calcul des variables est représenté Figure 6.
On évalue les différents termes flux, pour
déterminer les débits sortants par des ouvertures
verticales nous utilisons le théorème de Bernoulli
ainsi que les relations générales de Navier-Stokes
Figure 5 : boucle pour le modèle physique.
(e.g., Curtat 2002). Le débit calorifique produit ainsi
que les paramètres du foyer nous permettent de déterminer le débit de fumées entraîné par le panache.
Pour cela, nous utilisons les formules de Heskestad (e.g., Curtat 2002). Comme la masse de fumée
dans la zone haute et l’énergie accumulée dans cette zone on été déterminées précédemment, il est
possible d’évaluer la température de la zone haute.

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Calcul des termes flux

Débit d’air entraîné


dans le panache Variables d’état Grandeurs recherchées

masse de la zone haute Température


Débits massiques aux ouvertures : de la zone haute
Calcul du débit calorifique
o gaz chauds sortant à l’extérieur
o gaz chauds entre locaux Énergie interne
Hauteur libre
de la zone haute
débits enthalpiques
aux ouvertures

à t=t+dt

Figure 6: Algorithme de résolution.

6. ÉVALUATION DES CONSEQUENCES


Les résultats fournis par notre modélisation permettent de connaître deux paramètres :
• La probabilité du scénario, en fonction de la probabilité de l’événement initiateur qui va
entrainer la situation de danger ;

• Les conséquences qu’il aura sur les différents points analysés (personnes, biens, structure,
environnement). Les scénarios jugés inacceptables (points rouges dans la Figure 10) pourrons
être analysé en détail à travers les courbes de leurs évolutions (Figure 7 : l’évolution de la
température dans trois locaux, local 1 origine de l’incendie et Figure 8 : l’évolution de la
hauteur libre de fumée dans ces trois même locaux).

1600 3,5

1400 3
Température de zone haute ( °C )

Hauteur libre de fumée ( m )

1200
2,5
1000
Tzh1 2 ZD1
800 Tzh2 ZD2
Tzh3 1,5 ZD3
600
1
400
0,5
200

0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps ( s ) Temps ( s )

Figure 7 : évolutions de la température. Figure 8 : évolutions de la hauteur libre de fumée.


P P P P
Personnes Biens Personnes Biens
P1 P1 P1 P1

IN A C C E P T A B L E IN A C C E P T A B L E P2 IN A C C E P T A B L E P2 IN A C C E P T A B L E
P2 P2

P3 P3
P3 P3
P4 P4
P4 P4
A C CEPTA BLE A C CE PT A B L E
A C CE P TA BL E AC CE PTA BL E

G1 G2 G3 G4 G1 G2 G3 G4
G1 G2 G3 G4 G1 G2 G3 G4 G G
G G
P P
P
Structure
P
Environnement Structure Environnement
P1 P1
P1 P1
P2 IN A C C E P T A B L E P2 IN A C C E P T A B L E
P2 IN A C C E P T A B L E P2 IN A C C E P T A B L E

P3 P3
P3 P3
P4 P4
P4 P4 A C CEPTA BLE A C CE PT A B L E
A C CE P TA BL E AC CE PTA BL E
G1 G2 G3 G4 G1 G2 G3 G4
G G
G1 G2 G3 G4 G1 G2 G3 G4
G G

Figure 9 : résultats de l’analyse non satisfaisante. Figure 10 : résultats de l’analyse satisfaisante.

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La connaissance de ces paramètres permet de placer le scénario dans les grilles probabilité/gravité.
Si tous les scénarios sont dans la zone acceptable (Figure 10), les objectifs de sécurité sont atteints et
on a fini l’étude. Dans le cas contraire (Figure 9), des scénarios ne sont pas acceptables. Il faudra
étudier des actions de mise en sécurité du bâtiment pour atteindre nos objectifs.

7. ACTIONS DE MISE EN SECURITE


Comme nous l’avons vu précédemment, si des points représentant
les scénarios sont rouges, donc dans la zone de risque inacceptable, il OUI
Objectifs atteints
faut modifier le système en incluant différentes actions de mise en
sécurité (alarme, sprinklers, portes coupe-feu,…). Différentes actions NON
de mise en sécurité sont étudiées.
Actions de mise
Nous déroulons les même scénarios que précédemment avec un en sécurité A1, A2, A3
système modifié (action A1 : porte coupe-feu ou A2 : détection A1+A2, A1+A3
A1+A2+A3
incendie+alarme ou A3 : sprinklers). Si nous obtenons le résultat
présenté Figure 10, où tous les scénarios sont acceptables, nous Évaluation des
conséquences
n’avons pas à étudier des actions cumulatives. Mais, si après une
action de mise en sécurité (ex. A1), les objectifs ne sont toujours pas NON
Objectifs atteints
atteints, des actions cumulatives (ex. A1+A2) doivent être envisagées
pour atteindre nos objectifs.
OUI

Analyse multicritère pour le


8. CHOIX DES ACTIONS DE MISE EN SECURITE choix des actions de mise en sécurité

La dernière opération consiste à comparer les différentes actions


rendant le niveau de sécurité acceptable en fonction de différents Fin de l’étude

critères (coût d’investissement, de fonctionnement, durée


d’installation, …). C’est la partie aide à la décision de notre travail.
Figure 11: Actions de mise
Compte tenu du fait que le maître d’ouvrage a des limites sécurité.
financières et que le maître d’œuvre est confronté à une multitude de
parades possibles, enfin qu’il est dans un environnement pluridisciplinaire, nous nous trouvons devant
un problème d’aide à la décision classique ; on veut sélectionner les actions présentant le meilleur
compromis ou optimisant le niveau de sécurité.
Dans ce problème d’aide à la décision, seules les connaissances nécessaires à l’élaboration des
choix intéressants font la nouveauté. Mais la quantité de ces connaissances, leur éparpillement en
plusieurs disciplines, leur manque de formalisation augmente considérablement la complexité du
problème. Dans notre étude, nous souhaitons éclairer la décision par un rangement des actions les unes
par rapport aux autres, les actions étant éventuellement regroupées par classes d’équivalence. On
cherche donc à établir un préordre total ou partiel (e.g., Mangin 2004). Pour cela, on a défini différents
critères, expressions qualitatives ou quantitatives. Un critère est doté d’une structure de préférence :
échelle de valeurs, cardinale ou ordinale. Dans notre étude nous avons choisi comme critères : le
pourcentage de scénario acceptable suivant les quatre critères, le délai de mise en œuvre, le coût
d’installation et le coût de fonctionnement par an. L’impact sur l’environnement n’a pas encore été
étudié. La matrice de décision a la forme présentée sur le Tableau 1.

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% de scénarios acceptables Actions


délais investissement fonctionnement
Personnes Biens Structure (en semaines) (en €) (en €/an)
Situation 80 75 95 - - -
initiale
A1 80 90 98 0.5 2000 200
A2 100 70 95 4 17000 500
A3 98 85 100 6 24000 1000
A1+A2 100 90 98 4.5 19000 700
A1+A3 98 85 100 6.5 26000 1200

Tableau 1 : exemple de matrice de décision.

9. CONCLUSION
La méthode mise en place a été validée sur des cas simplifiés (3 pièces en communication) et a
permis d’établir que le travail par simulation sur des scénarios nécessite l’utilisation d’outils
représentant la dynamique des scénarios, que l’utilisation des réseaux de Petri et du logiciel MOCA-
RP est intéressante et que l’évaluation des dommages de chaque scénario s’effectue au travers
d’indicateurs qu’il faut évaluer à tout instant des scénarios. Ceci entraine la nécessité d’utiliser des
modèles simplifiés.
Il semble que l’on soit parvenu à développer des modèles performants intégrables dans la démarche
et notamment dans le générateur de scénarios via les réseaux de Petri (MOCA-RP). Cette étape nous
permet d’automatiser dans des temps raisonnables la recherche des dommages potentiels. Un travail
complémentaire sur ce sujet est en cours pour étendre la validation du modèle à des cas réels,
approfondir précisément les principales sources de dangers et / ou différents événements initiateurs
potentiels de l’incendie qui permettront de déclencher les scénarios les plus pertinents et les
hiérarchiser et affiner la présentation des résultats à travers une analyse multicritère plus complète.

10. REFERENCES
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CSTB, Paris, France, 687 pp.
Grolleau E., Choquet-Geniet A.,Cottet F.(1999). « Modélisation de systèmes temps réel par réseaux
de Petri autonomes en vue de leur analyse hors-ligne, Modélisation des Systèmes Réactifs »,
MSR'99, Hermes, Cachan, France, 17-26 pp.
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Perilhon P. (2001). « L'analyse des risques industriels Une méthode : MOSAR », Grenoble, France,
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Roy B., Bouyssou D. (1993). « Aide multicritère à la décision : méthode et cas », ECONOMICA,
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Thomas P., Hutinet T. (2002). « Manuel utilisateur Moca-RP 12.01 », Total-Fina-Elf et la société IXI
GFI consulting, Paris , France, 71 pp.

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