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NAUFRAGÉ

Vendée Globe : Kevin


Escoffier à bon Port à la
Réunion
Par Laurent Decloitre, correspondant à la
Réunion(https://www.liberation.fr/auteur/2019-laurent-decloitre) — 10
décembre 2020 à 15:42

Kevin Escoffier arrivé à la Réunion, ce jeudi. Photo Richard Bouhet. AFP


Le naufragé a été déposé ce jeudi au Port par le
bateau militaire qui l'avait recueilli après son
sauvetage par Jean Le Cam.

Fatigué mais tout sourire… Habillé d’une combinaison bleu marine de


l’armée, Kevin Escoffier a posé pied à terre ce jeudi matin à 9h45 à la darse
du port militaire de la Réunion, sur la côte ouest de l’île de l’océan Indien.
Dix jours après son naufrage spectaculaire au sud-ouest du Cap de Bonne
Espérance, au large de l’Afrique du sud, le skipper du Vendée Globe a été
accueilli par le préfet, une vingtaine de passionnés de voile et une noria de
journalistes locaux.

«Je sors de dix jours compliqués, avec un sentiment de déception et de


nostalgie d’avoir abandonné la course, pour laquelle j’avais mis beaucoup
d’énergie depuis deux ans. Mais c’est aussi la joie de retrouver la terre
ferme et bientôt ma famille, a déclaré le navigateur en solitaire, depuis la
passerelle de la frégate de surveillance qui l’a récupéré il y a quatre
jours. Merci à la Marine nationale, qui a réalisé de belles manœuvres pas
anodines dans ces mers du sud.» En 2016, le Marion Dufresne, navire
ravitailleur des Terres australes antarctiques françaises, basé à la Réunion,
s’était déjà dérouté pour sauver un autre concurrent, Kito de Pavant.

«C’était Verdun sur l'eau»


Cette fois, le Nivôse, navire des Forces armées de la zone sud de l’océan
Indien, qui était en opération dans la zone des Kerguelen, a fait cap sur
l’archipel des Crozet, à plus de 3000 km au sud de la Réunion. C’est là, au
large de l’île aux Cochons et de l’île de la Possession, que la jonction avec le
YesWeCam! de Jean Le Cam s’est réalisée. Ce dernier, également
participant au Vendée Globe, avait retrouvé Kevin Escoffier en début de
semaine dernière, alors que le naufragé dérivait sur son radeau de survie.
Son monocoque s’était littéralement brisé en deux suite à une déferlante.
«Je n’ai jamais douté d’une issue heureuse. Mais il fallait une bonne forme
physique, car cela n’a pas été simple de monter à bord de YesWeCam!
C’était Verdun sur l’eau, image le rescapé des mers australes. Merci à Jean ;
on se connaissait déjà, aujourd’hui, on est devenu intimes.»
A LIRE AUSSI
Sur le Vendée Globe, Escoffier quitte Le Cam : «Bisou ma
caille !»(https://www.liberation.fr/france/2020/12/06/sur-le-vendee-globe-escoffier-
quitte-le-cam-bisou-ma-caille_1807831)

Plus sérieux, il évoque son accident. «C’est surréaliste ce qui s’est passé, le
bateau s’est replié en deux !» Et de chercher une explication : «Aujourd’hui,
les bateaux à foil ont une surface et une longueur de contact très longues,
on tape un peu plus qu’avant…» Mais le survivant sait que «le Vendée Globe
est une course longue et exigeante, où il y a toujours un nombre important
de casses. On verra à l’arrivée…»

En attendant, Kevin Escoffier savoure les applaudissements d’une petite


vingtaine de supporters venus l’accueillir. Tutoiement de rigueur… «Tu
verras, dans quatre ans, les sponsors te mangeront dans la main», lui
promet une femme. «Ça te va bien, la tenue militaire», lui lance une autre…
Tout le monde rigole, c’est parti pour les selfies, alors que le navigateur
assure avoir «envie de repartir» et de participer à la prochaine édition de la
course autour du monde. Lorsque son monocoque Imoca a coulé, il occupait
la troisième place.

Vendredi, Kevin Escoffier doit faire le tour des clients réunionnais de PRB,
son sponsor officiel (matériaux de construction), avant de prendre l’avion
samedi pour la métropole. Mardi, il rejoindra sa famille. Avant de reprendre
la mer, au plus vite, évidemment…

Laurent Decloitre correspondant à la Réunion(https://www.liberation.fr/auteur/2019-laurent-

decloitre)

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