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PEDPUE-1265; No. of Pages 6 ARTICLE IN PRESS


Journal de pédiatrie et de puériculture (2017) xxx, xxx—xxx

Disponible en ligne sur

ScienceDirect
www.sciencedirect.com

ARTICLE ORIGINAL

Prévention de la transmission mère—enfant


du VIH-1 durant la grossesse et
l’allaitement maternel : expérience du CHU
Sylvanus Olympio au Togo
Prevention of mother-to-child transmission HIV-1 during the pregnancy and
breastfeeding: Experience of Sylvanus Olympio Teaching Hospital in Togo

O.E. Takassi a,∗, E. Djadou a, M. Salou b, K. Akpadza c,


Y. Atakouma a

a
Service de pédiatrie, faculté des sciences de la santé, université de Lomé, CHU Sylvanus
Olympio, BP 57, Lomé, Togo
b
Service de virologie, faculté des sciences de la santé, université de Lomé, CHU Sylvanus
Olympio, BP 57, Lomé, Togo
c
Service de gynécologie et d’obstétrique, faculté des sciences de la santé, université de
Lomé, CHU Sylvanus Olympio, BP 57, Lomé, Togo

Reçu le 29 juillet 2016 ; accepté le 8 septembre 2017

MOTS CLÉS Résumé


VIH ; Introduction. — Les recommandations 2010 de l’OMS ont préconisé l’option B de la PTME avec
Option B ; mise sous trithérapie de la femme enceinte dès la 14e semaine de grossesse et pendant toute
PTME ; la durée de l’allaitement, dans le but d’éliminer la transmission mère—enfant du VIH. Les
Afrique objectifs de cette étude étaient d’évaluer les recommandations OMS 2010 pour la prévention
subsaharienne ; de la transmission mère—enfant (PTME) du VIH.
Togo Méthode. — Il s’est agi d’une étude prospective de type suivi de cohorte dans le site PTME du
CHU Sylvanus Olympio de Lomé du 27 juin 2011 au 27 juin 2015.
Résultats. — Deux cent neuf couples mère—enfants, avec 215 enfants (6 gémellaires) ont été
régulièrement suivis. La charge virale a été dosée au moment de l’inclusion, à 32 semaines
d’aménorrhée, après l’accouchement à 6 mois et à 18 mois de vie de l’enfant chez les patientes.
Durant le suivi pédiatrique 85 % des nourrissons ont été mis sous allaitement maternel protégé.
Le poids moyen des nouveau-nés à la naissance a été de 2963,62 g. Toutes les PCR 1 et 2 étaient

∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : elomtak@gmail.com (O.E. Takassi).

http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
0987-7983/© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
l’allaitement maternel : expérience du CHU Sylvanus Olympio au Togo. Journal de pédiatrie et de puériculture (2017),
http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
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2 O.E. Takassi et al.

revenues négatives ; un seul enfant a eu une sérologie VIH positive à 24 mois malgré que ses
PCR étaient négatives respectivement à 6 semaines et 12 mois, soit un taux de transmission de
0,46 %.
Conclusion. — Les résultats de cette cohorte étaient encourageants et donnaient l’espoir à
l’équipe de recherche d’une possibilité d’éradication du VIH pédiatrique.
© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

KEYWORDS Summary
HIV; Introduction. — The recommendations 2010 of the WHO recommended the B option of the
Option B; prevention of mother-to-child transmission (PMTCT) with setting under HAART of the woman
PMTCT; enclosed since the 14th week of pregnancy and during the whole length of the nursing, in the
Sub-Saharan Africa; goal to eliminate the mother—child transmission of the HIV. The objectives of this study was to
Togo evaluate the recommendations of WHO 2010 for the PMTCT of HIV.
Methods. — It was a question of a cohort type of prospective study in the PMTCT site of Sylvanus
Olympio teaching hospital from 27th June, 2011 to 27th June 2015.
Results. — Two hundred and nine couples mother—child, with 215 children (6 twins) were regu-
larly monitored. Viral load was measured at baseline, at 32 weeks gestation, after birth to
6 months and 18 months of a child’s life of patients. During the pediatric follow-up 85 % of
infants were placed under protected breastfeeding. The average weight of newborns at birth
was 2963.62 g. All PCR 1 and 2 came back negative; one child had a positive HIV serology despite
its PCR were negative, a transmission rate of 0.46 %.
Conclusion. — The results of this cohort were encouraging and gave hope to the Research Team
to eradicate pediatric HIV.
© 2017 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Introduction pour certains sites de référence dont les CHU, l’option B


avec utilisation d’une triple prophylaxie antirétrovirale à
Les femmes représentent plus de la moitié des personnes base d’une association de trois molécules (AZT/3TC/EFV
vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (PVVIH) ou TDF/3TC/EFV) chez la mère pendant la grossesse, le
dans le monde et environ 60 % des PVVIH en Afrique sub- travail et l’accouchement, et pendant toute la durée de
saharienne. La femme enceinte peut transmettre le virus l’allaitement. Le nouveau-né est mis sous monothérapie
de l’immunodéficience humaine (VIH) à son enfant pendant antirétrovirale à base de NVP ou AZT pendant six semaines.
la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. En l’absence Notre travail a pour objectif d’évaluer les recomman-
de toute intervention limitant la transmission du VIH de la dations OMS 2010 pour la prévention de la transmission
mère à l’enfant (TME), le risque de transmission de ce virus mère—enfant (PTME) du VIH et de réduire la mortalité infan-
varie de 25 % à 50 % dans les pays à ressources limitées [1]. tile par la poursuite de l’allaitement jusqu’à 12 mois de vie
En Europe, grâce à des stratégies associant une combinai- du nouveau-né.
son de deux ou trois molécules antirétrovirales (ARV) chez
la mère et le nouveau-né, la césarienne prophylactique et
l’alimentation à base de substitut de lait maternel, des taux Patients et méthodes
de TME inférieurs à 2 % sont observés depuis près de dix ans
dans la population [2,3]. Type et cadre d’étude
Au Togo la prévalence du VIH dans la population géné-
rale est estimée à 2,3 % en 2013 [4]. L’épidémie est de Il s’est agi d’une étude prospective transversale a visé ana-
type généralisé avec des disparités entre les groupes de lytique de type suivi de cohorte. Elle s’est étendue du 1er
population, entre les différentes régions du pays et entre juin 2011 au 30 juin 2015, soit une période de 49 mois, dans
les sexes. Le contexte épidémiologique du Togo est mar- les services de gynécologie obstétrique et de pédiatrie du
qué par une féminisation de l’épidémie avec un sex-ratio CHU Sylvanus Olympio.
H/F de 0,67 [4]. Le Togo fait partie des pays où le taux
d’incidence du VIH a diminué. Un tel constat suggère que les Population d’étude
interventions efficaces dans les programmes de prévention
du VIH dont la prévention de la transmission mère—enfant La population d’étude était constituée de 255 femmes
(PTME) ont donné des résultats significatifs. Avec les nou- enceintes séropositives au VIH 1 ou VIH 1 + 2 ayant accepté
velles recommandations 2010 de l’OMS, le pays a choisi de faire partie du protocole de recherche et leurs enfants.

Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
l’allaitement maternel : expérience du CHU Sylvanus Olympio au Togo. Journal de pédiatrie et de puériculture (2017),
http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
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Prévention de la transmission mère-enfant du VIH-1 au Togo 3

Technique de collecte des données qualitatives. Le test de Chi2 (2 ) a été utilisé pour recher-
cher d’éventuelles différences entre les pourcentages des
Les sources utilisées ont été les cahiers d’observation et de variables qualitatives avec un seuil de signification de 5 %.
suivi des femmes séropositives, les cahiers d’observation et
de suivi de leurs enfants. Les équipes de collecte des don- Considérations éthiques
nées étaient constituées de sages-femmes de la consultation
prénatale, des médecins de la consultation prénatale, des Cette étude a été effectuée après obtention de l’avis
médecins du service de pédiatrie. favorable du Comité national d’éthique du Togo. Ensuite
Pour cette étude, nous avons utilisé un identifiant unique une autorisation administrative a été obtenue auprès des
pour chaque participant afin de garantir l’anonymat de responsables du centre hospitalier universitaire Sylvanus
chaque patient. Le nom et le prénom, le numéro de télé- Olympio. Toutes les réalisations se sont faites dans le strict
phone n’ont été rapportés sur aucun document de l’étude. respect du secret médical.
Un consentement éclairé de chaque participante a été
obtenu avant le début de l’entretien.
Les inclusions des femmes enceintes ont été réalisées Résultats
à la maternité avec suivi jusqu’à l’accouchement. Le suivi
postnatal du nourrisson a été fait en pédiatrie durant vingt- Caractéristiques des mères
quatre mois. Le bilan biologique est demandé le même jour
à la gestante et seul le dosage des CD4, la charge virale Au total, 255 femmes ont été incluses, 46 ont été sorties
VIH, les transaminases, la créatininémie, et la NFS sont pris de l’étude car, 3 ont eu des fausses couches ; 6 enfants
en charge par le projet de recherche. Les rendez-vous sont mort-nés ; 13 enfants décédés ; 6 grossesses arrêtées ; et un
donnés deux semaines après la mise sous ARV pour véri- décès maternel. Les perdus de vue avaient été au nombre
fier l’observance du traitement et les effets secondaires. de 17(7 %). Deux cent neuf couples mère—enfants ont été
Les rendez-vous sont ensuite donnés tous les mois. Les ges- régulièrement suivis au cours de l’étude.
tantes sont renseignées sur les signes d’alarme qui doivent L’âge moyen des mères de notre série était de 30 ans
les faire venir en urgence à l’hôpital. Un deuxième pré- avec des extrêmes de 18 et 45 ans. Près de sept mères sur dix
lèvement pour la charge virale et le taux de CD4 est fait étaient âgées de 25 ans à 35 ans. Les revendeuses ont repré-
après 32 semaines d’aménorrhée ou au plus tard 7 jours senté 38,8 % de notre série, suivies des femmes au foyer
après l’accouchement. Des séances d’éducation thérapeu- (17,6 %). Le taux de séropositivité découverte au cours de
tique ont eu lieu une fois dans le mois sous la direction grossesse était de 63,9 %. Les gestantes ont été incluses au
d’un psychologue, ainsi que des visites à domiciles pour les stade clinique I de l’OMS dans 80,7 % des cas et au stade II
perdues de vue. Les gestantes de la cohorte ont été accou- dans 15 % des cas. Dix-huit gestantes ignoraient le terme de
chées dans la maternité de la clinique. Tous les moyens de la grossesse et 12 inclusions ont été faites à l’accouchement.
prévention de la transmission du VIH sida sont utilisés au Les gestantes ont été incluses au 2e et 3e trimestres de gros-
cours du travail d’accouchement ou au cours de la césa- sesse dans 82,7 % des cas. La charge virale a été réalisée à
rienne. Les nouveau-nés sont directement mis sous ARV en l’inclusion et était indétectable chez 44 % des gestantes.
salle d’accouchement. Après accouchement, la mère et le Au 6e mois du post-partum elle était indétectable chez
nouveau-né ont été envoyés en pédiatrie avec le dossier de 66 %, et au 24e mois de 71 %. Les taux de CD4 médian
maternité et le dossier PTME. Les consultations ont été assu- au cours du suivi des gestantes ont été respectivement de
rées par deux médecins en spécialisation de pédiatrie. Les 348 cellules/mm3 et 381,5 cellules/mm3 au premier et au
rendez-vous ont été donnés au couple mère—enfant selon deuxième prélèvement. La proportion de femmes ayant un
un agenda préétabli. L’enfant a été vu à la naissance, le 8e taux de CD4 > 350 cellules/mm3 a augmenté de 20 %, avec
jour de vie, les 6e , 10e , 14e semaines puis successivement une différence très significative (p < 0,00005) Chi2 = 16,82 ;
les 6e , 9e , 12e , 15e , 18e , 24e mois. Un conseil nutritionnel, p < 0,00005. La prophylaxie ARV était prise par 60,4 % des
en fonction du mode d’alimentation a été fait dès la pre- accouchées contre 39,6 % qui étaient déjà sous traite-
mière visite. Les nourrissons ont bénéficié d’un prélèvement ment ARV à vie. La combinaison antirétrovirale à base de
pour la PCR, la NFS et les transaminases à 6 semaines, d’une l’AZT/3TC/EFV a été la plus utilisée pour la prévention de
deuxième PCR à 12 mois et d’un prélèvement pour la sérolo- la transmission mère—enfant du VIH. Concernant le mode
gie au VIH à 18 mois. Les mères par contre ont bénéficié des d’accouchement, 62,1 % des patientes ont accouché par voie
prélèvements pour la NFS, le taux de CD4, la charge virale basse 7,3 % ont bénéficiées d’une césarienne prophylactique
VIH et les transaminases à 6 mois, 12 mois et 18 ou 24 mois décidée par l’équipe obstétricale pour éviter une éventuelle
postnatal. Des réunions mensuelles ont été organisées par contamination du nouveau-né quand la charge virale mater-
l’investigateur principal et le co-investigateur pour discuter nelle restait élevée au terme de la grossesse et 30,6 % d’une
de l’état d’avancement du protocole de recherche. césarienne en urgence pour les indications suivantes : dysto-
cie mécanique (38,6 %) ; souffrance fœtale aiguë (17,1 %) ;
Analyse statistique pathologies des annexes (13,6 %) ; éclampsie (6,8 %) ; autres
(23,9 %).
Les données que nous avons recueillies ont été saisies et
analysées par traitement informatique. Les logiciels Excel Caractéristiques des enfants
et Epi info 7 version 3.4.3 ont été utilisés à cet effet.
Nous avons calculé les moyennes des variables numériques Deux cent quinze (215) enfants (6 gémellaires) ont été régu-
et les pourcentages des différentes modalités des variables lièrement suivis dont 110 filles (soit 51 %) et 105 garçons

Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
l’allaitement maternel : expérience du CHU Sylvanus Olympio au Togo. Journal de pédiatrie et de puériculture (2017),
http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
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4 O.E. Takassi et al.

(49 %) soit un sex-ratio H/F de 0,95. Aucun enfant n’était à 29 ans était majoritaire. Thomas T.K. [8] lui a retrouvé une
malformé à la naissance. Six enfants sur les 238 naissances tranche d’âge plus basse avec une médiane de 23 ans. Ces
étaient mort-nés macérés. La majorité des enfants (93 %) chiffres traduisent le fait que ce sont les femmes jeunes
étaient nés avec un score d’Apgar normal (supérieur ou égal en pleine activité sexuelle qui sont les plus touchées par
à 7). Le poids moyen des nouveau-nés a été de 2963,62 g l’infection au VIH.
avec des extrêmes de 1200 g et 4200 g. Le poids de naissance La charge virale a connu également des modifications
était normal chez 81 % des enfants et faible chez 17,2 % des notables. En effet, la proportion de gestantes ayant une
enfants. Quatre-vingt-cinq pour cent des enfants étaient mis charge virale indétectable à l’inclusion dans le protocole
sous allaitement maternel et 15 % sous allaitement artificiel. a augmenté tout au long du suivi. Eshelman et al. [9], en
Nous n’avons pas eu d’allaitement mixte. L’ablactation a été Ouganda, dans le cadre de l’étude HIVNET ont montré que
faite à partir du 12e mois. la charge virale maternelle était un facteur prédictif de TME
La première PCR a été réalisée à 6 semaines de vie chez du VIH beaucoup plus important que le taux de CD4, avec
201 nourrissons dont tous les résultats étaient revenus néga- une différence significative en effet, 73,4 % avaient leur
tifs. Une deuxième PCR a été réalisée à 12 mois de vie chez charge virale indétectable au moment de l’accouchement
215 nourrissons et a donné un résultat négatif chez tous les et avaient eu des enfants indemnes du VIH. La réduction de
enfants prélevés. Tous les 215 nourrissons suivis ont béné- la charge virale de nos gestantes a confirmé la réduction
ficié d’une sérologie à 18 mois. Un seul résultat est revenu de la transmission du VIH des mères aux enfants dans notre
positif, alors que les PCR (1 et 2) de ce dernier étaient néga- étude.
tives, soit un taux de transmission mère—enfant du VIH de Nous avons observé une progression du taux de lympho-
0,46 %. cytes CD4 au cours du suivi des mères. Myer et al. [10] en
Au cours du suivi des enfants de l’étude, nous avons 2012 ont rapporté que les gestantes ayant pris la trithéra-
enregistré 13 décès sur les 228 naissances vivantes ; ce qui pie antirétrovirale pendant leur grossesse ont vu leur taux
représente un taux de mortalité de 5,70 %, qui était supé- de CD4 croître de 125 cellules/mm3 à 204 cellules/mm3 .
rieur a taux attendu de 3,92 %. Deux (02) enfants étaient Panyu et al. [11] en 2003, avaient déjà rapporté cette baisse
décédés à la maison de causes inconnues. Onze (11) enfants de la charge virale et cette augmentation des taux de lym-
étaient décédés à l’hôpital ; les causes de décès étaient : phocytes CD4 à Ramathibodi Hospital, 4 semaines après la
1 cas d’hémorragie digestive, 4 cas de détresse respiratoire, mise des gestantes séropositives sous zidovudine et lamivu-
4 cas de paludisme grave et 2 cas de gastro-entérite aiguë. dine. Ceci confirme l’efficacité du traitement antirétroviral
institué.
Dans notre étude beaucoup de gestantes ont bénéficié
Discussion d’accouchement par césarienne. À la maternité d’Issaka
Gazobi au Niger [5] le taux de césarienne n’était que de
Les résultats de notre étude représentent une partie des 11 %. Onah H.E. et al. [12] dans leur série ont trouvé
résultats d’une étude dénommée : « prise en charge pré- 8,3 % de césarienne chez les femmes enceintes infec-
coce de la femme enceinte VIH+ et de son enfant dans un tées par le VIH dont 3,3 % de césarienne prophylactique.
programme d’allaitement protégé au Togo ». Il s’agit d’un Dans l’étude DITRAME Plus, les césariennes pratiquées chez
Protocole de recherche opérationnelle qui a effectivement les femmes, avec traitement préalable de la mère, ont
démarré le 1er juin 2011 au 30 juin 2015 et dont les 2 prin- donné des taux de transmission de 2,1 %, proches de ceux
cipaux objectifs généraux sont de réduire la transmission retrouvés en Europe [13]. La césarienne a été toujours
verticale mère—enfant à moins de 2 % et de réduire la mor- considérée comme faisant partie intégrante des mesures
talité néonatale par la poursuite de l’allaitement jusqu’à un de prévention de la transmission du VIH de la mère à
an. l’enfant. L’association antirétroviraux-césarienne élective-
L’étude a été soumise au comité bioéthique du minis- allaitement artificiel permettait de réduire au maximum le
tère de la santé et validé avant sa mise en œuvre. Elle a risque de transmission verticale du VIH [7,14,15].
bénéficié du soutien financier et de l’appui technique du La proportion des nouveau-nés de faibles poids de nais-
GIP-ESTHER. Grâce à la collaboration de la maternité et sance de notre étude était similaire à celle retrouvée dans
du service de pédiatrie avec deux points focaux (un point l’étude DITRAME Plus où un faible poids de naissance a
focal pour la maternité et un autre pour la pédiatrie), le été retrouvé chez 12,47 % des enfants [13]. Dans la série
recrutement d’un attaché de recherche clinique pour le ren- d’Onah H.E. [12], les faibles poids de naissances repré-
forcement de la mise en œuvre. Les réunions mensuelles de sentaient 14,1 % des cas. Une bonne surveillance et des
suivi ont permis le suivi régulier de l’étude sous la super- soins appropriés de la grossesse, ainsi qu’une alimentation
vision de l’investigateur principal. Toutefois, nous avons saine et équilibrée permettent aux gestantes séropositives
connu quelques difficultés notamment le non-respect des de mener leur grossesse à terme, préservant ainsi le fœtus
rendez-vous par les mères et des perdus de vue. En raison des complications liées au faible poids de naissance. Drey-
de la rigueur méthodologique de ce protocole de recherche, fuss et al. [16] ont également mentionné que le traitement
nous affirmons que cette étude est fiable. ARV, l’amélioration de l’état nutritionnel, une meilleure ges-
La majorité des mères de notre étude étaient jeunes. Une tion du paludisme et des infections parasitaires intestinales
étude similaire réalisée à la maternité d’Issaka Gazobi [5] au sont susceptibles de réduire l’incidence du faible poids à la
Niger en 2011 a montré que la tranche d’âge la plus repré- naissance.
sentée était celle entre 31 ans et 35 ans (34 %). D’autres Dans notre série la majorité des enfants ont été mis
études ont permis de faire le même constat : Doumbia [6], sous allaitement maternel. Au Mali [17], 57 % des enfants
Chama et al. [7] ont rapporté que la tranche d’âge de 25 ans ont été mis sous allaitement maternel. En effet, dans la

Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
l’allaitement maternel : expérience du CHU Sylvanus Olympio au Togo. Journal de pédiatrie et de puériculture (2017),
http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
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Prévention de la transmission mère-enfant du VIH-1 au Togo 5

plupart des pays développés, les enfants nés de mères infec- [2] European Collaborative Study. Mother-to-child transmission of
tés par le VIH reçoivent une préparation pour nourrisson HIV infection in the era of highly active antiretroviral therapy.
depuis la naissance de façon à prévenir la transmission post- Clin Infect Dis 2005;40(3):458—65.
[3] European Collaborative Study. The mother-to-child HIV trans-
partum par l’allaitement maternel [18]. Plusieurs études ont
mission epidemic in Europe: evolving in the East and
été menées et ont démontré la supériorité de l’allaitement
established in the West. AIDS 2006;20:1419—27.
maternel protégé par rapport à l’allaitement artificiel dans [4] CNLS IST Togo. Rapport d’activités de la réponse nationale
les pays en voie de développement. C’est ainsi que Alvarez- contre le VIH et le Sida en 2013. Togo: Lomé CNLS IST; 2013. p.
uria et al. [19] en Inde ont démontré que le risque de décès 62.
infantile était 14 fois plus élevé dans le groupe des enfants [5] Maitournam DFZ, Gaoh Z, Oumarou Z, et al. Prise en charge pré-
sous allaitement artificiel après 12 mois. Ils ont également coce et pluridisciplinaire des gestantes séropositives au VIH à
montré que les enfants nourris au biberon étaient plus à la Maternité Issaka Gazobi. Communications 12e congrès SAGO
risque de développer une malnutrition sévère après l’âge Niamey (NIGER); 2013 [abstract].
de deux mois. [6] Doumbia Y, Menin M, Djanhan L, et al. Bilan de 12 mois
d’activités de PTME a l’hôpital général d’Abobo sud Abidjan
Dans notre étude, toutes les PCR étaient revenues néga-
(RCI). Communications 12e Congrès SAGO Niamey (Niger); 2013
tives. Le même résultat a été trouvé par Sylla [17] au Mali
[abstract].
où toutes les PCR réalisées se sont révélées négatives. À [7] Chama CM, Morrupa JY. The safety of elective caesarean sec-
la maternité d’Issaka Gazobi [5] par contre, un prélève- tion for the prevention of mother-to-child transmission of
ment pour PCR s’est révélé positif (1,1 %). Pour les mères HIV-1. J Obstet Gynaecol 2008;28(2):194—7.
qui sont en bonne santé et n’ont pas besoin de traitement [8] Thomas TK, Masaba R, Borkowf CB, et al. Triple-antiretroviral
antirétroviral pour leur propre santé, des essais contrôlés prophylaxis to prevent mother-to-child HIV transmission
randomisés ont démontré que l’administration d’une tri- through breastfeeding—–The Kisumu Breastfeeding Study,
prophylaxie antirétrovirale (ARV) chez la mère et l’enfant Kenya: a clinical trial. PLoS Med 2011;8(3):e1001015.
peut réduire considérablement le risque de transmission du [9] Toumala RE, Shapiro DE, Moffenson CM. Antiretroviral therapy
during pregnancy and the risk of adverse outcome. N Eng J Med
VIH pendant l’allaitement [20]. Thomas T.K. et al. [8] ont
2002;346:1863—70.
notifié dans leur série que le taux de transmission de VIH de
[10] Eshleman S, Guay LA, Mwatha A, et al. Comparison of mother
la mère à l’enfant a été de 2,5 % à 6 semaines et de 5 % à to child transmission rates in Ugandan women with subtype A
6 mois. Chapanganda I. et al. [21] ont également noté que versus D who received single-dose nevirapine prophylaxis: HIV
le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant était Network for Prevention Trials 012. J Acquir Immune Defic Syndr
bas (2,48 %) si la femme a reçu un traitement ARV à partir 2005;39:593—7.
de la 14e semaine d’aménorrhée. [11] Myer L, Zulliger R, Bekker LG, et al. Systemic delays in the
initiation of antiretroviral therapy during pregnancy do not
improve outcomes of HIV-positive mothers: a cohort study. BMC
Pregnancy Childbirth 2012;12(94):1—8.
Conclusion [12] Onah HE, Obi SN, Agbata TA, et al. Pregnancy outcome
in HIV-positive women in Enugu, Nigeria. J Obstet Gynecol
L’avantage de cette étude a été l’utilisation d’un schéma 2007;27(3):271—4.
simple qui n’exige pas des médicaments différents à des [13] Panyu P, Sirinavin S, Phuapradit W, et al. elective cesarean
moments différents dans le continium des soins pendant delivery plus short-course lamivudine and zidovudine for the
la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, traitement prevention of mother-to-child transmission of human immuno-
pouvant être fourni à toutes les femmes infectées par le deficiency virus type 1. Am J Obstet Gynecol 2004;190:803—8.
VIH, quel que soit le taux de lymphocytes CD4. La tri- [14] Dabis F, Bequet, Ekouevi DK, et al. Field efficacy of zido-
chimioprophylaxie antirétrovirale à partir de la 14e semaine vudine, lamivudine, and single-dose nevirapine to prevent
d’aménorrhée est une bonne intervention en matière de peripartum HIV transmission. J Acquir Immune Defic Syndr
PTME. Elle préservera, d’une part, les femmes d’une 2005;19(3):309—18.
[15] Shaffer N. Combination prophylaxis for prevention of maternal-
césarienne prophylactique pour PTME, d’autre part, elle
infant HIV transmission, Beyond 076. J Am Med Assoc
permettra aux mères démunies, ne pouvant pas offrir à leurs 2001;285:2129—31.
enfants une alimentation artificielle, de les allaiter sans [16] Dreyfuss ML, Msamanga GI, Spiegelman D, et al. Determinant
que ces derniers ne soient contaminés, à condition de bien of low birth weight among HIV-infected pregnant women in
observer le traitement ; ce qui les met ainsi à l’abri de la Tanzania. Am J Clin Nutr 2001;74:814—26.
stigmatisation. [17] Sylla M, Dicko A, Diallo KW, et al. Prise en charge précoce et
pluridisciplinaire de la femme enceinte séropositive et de son
enfant dans à l’hôpital de SIKASSO. Communication 12e Congrès
SAGO Niamey (Niger); 2013 [abstract].
Déclaration de liens d’intérêts [18] Welky TK, Bulterys M, Welty ER, et al. Integrating prevention of
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. mother-to-child HIV transmission into routine antenatal care:
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Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
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http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003
Modele +
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Pour citer cet article : Takassi OE, et al. Prévention de la transmission mère—enfant du VIH-1 durant la grossesse et
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http://dx.doi.org/10.1016/j.jpp.2017.09.003

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