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L’égalité entre homme et femme dans le droit malgache

Madagascar a signé et ratifié la majorité des instruments internationaux relatifs à la protection des
droits humains, notamment ceux promouvant la protection des droits de la femme comme la
Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (1988), la
Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (1992), la Déclaration de Beijing et son plan
d’action(1995), et la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies
(ONU) sur les femmes, la paix et la sécurité (2000). Depuis quelques années, de nombreux
engagements ont été pris par la Grande Ile concernant les droits des femmes en adhérant aux
agendas mondiaux sur la non-discrimination envers ces dernières  et leur autonomisation dont entre
autres la Déclaration Politique de la Commission de la Condition de la Femme lors de sa 59 ème session
sur Beijing+20, celle de l’Organisation Internationale de la Francophonie (mars 2015), les Objectifs
mondiaux pour la vision de l’Agenda 2030 (sept. 2015), l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, et la
Politique et Stratégie « genre » de la Commission de l’Océan Indien (janvier 2016).

Madagascar dispose d’une Politique Nationale de Promotion de la Femme depuis l’an 2000. La
Constitution malgache de 2010 prône en son article 6 la non-discrimination en précisant que «  La loi
favorise l’égal accès et la participation des femmes et des hommes aux emplois publics et aux
fonctions dans le domaine de la vie politique, économique et sociale.  » La situation de la femme
malgache par rapport à ses droits a beaucoup amélioré depuis les deux dernières décennies :
augmentation de la majorité matrimoniale pour les deux sexes à 18 ans, responsabilité conjointe des
époux dans l’administration des biens de la communauté et dans la tutelle des enfants (loi n°2007-
022), adoption d’une loi contre la traite condamnant la traite domestique, le mariage forcé (loi n°
2014-040), transmission de la nationalité aux enfants par la mère malgache (loi n° 2016-038 du 25
janvier 2017), respect du choix de la femme sur sa procréation (loi 2017-043).

Malgré ces avancées, des discriminations entre la femme et l’homme subsistent toujours au niveau
juridique. Ainsi, c’est toujours le mari qui reste le « chef de famille » (loi 2007-022) et c’est à lui
qu’est remis le livret de famille dont la femme ne peut obtenir copie conforme qu’en cas de divorce
(loi n°61-025). Les cohéritiers masculins peuvent refuser aux cohéritières leur part d’héritage des
biens immobiliers de la succession contre l’équivalent en argent, renforçant les pratiques
coutumières en la matière (loi n°68-012). La femme malgache ne peut toujours pas transmettre à son
époux étranger ou apatride sa nationalité alors que l’homme malgache peut l’accorder à sa
conjointe. Par ailleurs si une femme malgache se marie avec un étranger et quitte le pays après son
mariage, elle risque de perdre sa nationalité. Pourtant, un homme malgache qui épouse une femme
étrangère et quitte le pays ne s’expose pas à cette perte de la nationalité malgache (Code de la
nationalité). Enfin, l’avortement, même thérapeutique ou en cas de viol ou inceste, reste interdit et
sévèrement puni par le Code pénal malgache en toutes circonstances.

Les coutumes et traditions constituent aussi un frein à l’amélioration du statut et des conditions des
femmes malgaches. Il reste ancré dans la majorité des mentalités que le statut de la femme et de la
fille est inférieur à celui de l’homme et des garçons. La violence envers les femmes reste hélas
courante dans les foyers. Dans la sphère politique, la participation féminine est largement inférieure
à celle des hommes et dans le monde du travail, le harcèlement sexuel, les inégalités de salaires et
d’opportunités sont toujours à déplorer.

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