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TISSER DES LIENS – VOLET « 

ENTREVUES AUDIO »

Retranscription*
Avec commentaires réflexifs de Marie-Frédérique Lemieux-Simard
Date : avril 2020

I – Intervieweuse (Marie-Frédérique Lemieux-Simard)


M – Mercedes DTrinidad

*il reste certainement quelques coquilles et nous nous en excusons…

Légende :
surligné en jaune = thème général
surligné en bleu = illustrations de thèmes généraux

I - Si vous pouviez me décrire un peu votre


rôle ici : qu'est-ce que vous faites au
centre alimentaire puis ça fait combien de
temps par exemple?

M - Oui oui, moi je suis la personne qui est Mme. DTrinidad


un peu disons à la direction de tous les s’assure de mentionner
programmes. On dit souvent «centre « centre alimentaire »
alimentaire» au lieu de «banque plutôt que « banque
alimentaire» pour la raison suivante: ça fait alimentaire » dès le
très longtemps maintenant, c'est plus début de l’entretien.
commun, mais depuis très longtemps, Comme le centre
depuis à-peu-près une dizaine d'année, considère qu’il offre
nous on a une partie qui est, tout ce qui aussi un support
est «sécurité alimentaire» pis l'autre partie psychosocial, c’est
c'est l'accompagnement psychosocial. beaucoup plus qu’un
Donc c'est ça qui faisait un peu la endroit où on passe
différence du centre alimentaire. On a, chercher un panier de
dans la partie «sécurité alimentaire» nourriture ; On sert les
plusieurs programmes d'aide alimentaire femmes, la famille, la
direct d'urgence, dépannage alimentaire. petite enfance. Le
Mais dans la partie psychosociale, on a personnel tentera de
beaucoup de programmes qui vont comprendre
toucher la famille, qui vont toucher juste POURQUOI les
les femmes, vont toucher la p'tites familles se rendent
enfance... On essaye vraiment de faire un jusqu’à aller dans un
tour de tout. Parce que même si le besoin centre alimentaire,
principal de nos familles c'est le besoin quelles en sont les
alimentaire, on va vraiment dire pourquoi causes. Ils sont actifs
est-ce que vous êtes rendus ici, qu'est-ce plutôt que passifs.
qui s'passe, qu'est-ce qu'on peut faire? Là, « Là, on commence à
on commence à faire tout un processus faire tout un processus
d'accompagnement, de référencement. Là d’accompagnement, de
intervient un paquet d'organismes. référencement et c’est
là qu’intervient un
paquet d’organismes. »
Mme. DTrinidad
Mon rôle c'est vraiment de regarder que Le rôle de Mme.
tous les programmes fonctionnent pis DTrinidad, c’est que les
qu'ils soient adaptés à notre clientèle. programmes
Donc, on fait un sondage, des études, des fonctionnent et qu’ils
rencontres, des groupes. Au moins quatre soient adaptés à la
fois par année, les rencontres. Les clientèle. Par le moyen
sondages, on a l'habitude d'en faire deux de sondages, d’études
par année. Donc on essaye vraiment et de rencontres
d'être à jour dans tout ça. C'est ça un p'tit trimestrielles, tout est
peu mon rôle. revu et reconsidéré
annuellement.

1:47 I - Pis au niveau psychosocial, comme


vous dites, vous êtes en lien avec
plusieurs autres organismes, c'est une
liste assez longue j'imagine. Ok! Là voilà!
[rire]

M - C'parce que j'suis en train de faire Le centre alimentaire


aussi un autre travail présentement. Mais est très impliqué au
ça vous dit ici un peu c'que nous on fait. niveau de la recherche
Ici, on a les organismes, puis on a ici les pour des meilleures
secteurs d'interventions directement : approches au sein de
programme 'mettons avec l'Université leur clientèle. Les
d'Ottawa, on fait toujours le Pro Bono, sujets de recherche
recherche sur les droits... pis à chaque reviennent souvent
année au choisi un sujet de recherche pis (appliquées avec
c'est toujours en lien avec toutes les l’uOttawa par exemple)
questions qui ont été posées pendant mais selon les
l'année. C'est un peu cyclique les besoins participants, des
de nos participants parce qu'il y a toujours tendances sont
des sujets qui reviennent, mais à chaque observées et le centre
année il y a une tendance. Donc nous on tente de s’y adapter .
essaye de s'adapter à cette tendance-là.

Cette année, on travaille sur les droits de Cette année, les droits
la femme. Parce qu'on a beaucoup de de la femme sont le
familles immigrantes pis leurs droits, elles sujet choisi.
sont pas certaines, c'est une nouvelle Considérant le nombre
culture, mais en même temps, elles croissant de familles
arrivent avec tous les bagages de leur immigrantes
culture... Donc comment on fait cette fréquentant le centre
transition doucement; comment on alimentaire, les
commence. Pis souvent, c'est que nous on femmes ne
commence par leur dire: «Bon, vous êtes connaissent pas tous
ici, puis ici les lois sont comme ça pis ça leurs droits. La manière
c'est les organismes qui peuvent vous d’éduquer n’est pas
aider. Pis si vous sentez que vous n'êtes toujours évidente, c’est
pas bien dans votre situation, peu importe, délicat. Par des
la famille ou quoi que ce soit.» Donc, on séances d’information
commence toujours par des sujets ou des plus générales, le
sessions d'informations comme ça. centre peut gagner la
Tranquillement, ça va donner une réponse confiance et l’attention
de façon générale, même si on connait des femmes et des
des cas particuliers. C'est un petit peu familles immigrantes.
notre façon de fonctionner.

03:20 I - Et donc, vous servez de ponts en même


temps vers d'autres organismes...

M - Énormément, parce qu'on fait Un défi auquel le


beaucoup de référencement. C'est sûr centre fait face, c’est le
qu'on a certaines limitations alors on suivi qu’ils ne peuvent
travaille au niveau de l'information... pour pas faire “à la place”
que les gens puissent avoir accès aux des personnes qui ont
ressources. Ça c'est un défi immense besoin de
parce qu'on peut référencer, on peut référencement et de
accompagner nos participants; on fait les support. S’il y a un
appels, on va les accompagner au point manque d’autonomie
de prendre rendez-vous quand ils sont quelconque, les
vraiment pas capables, quand il y a un besoins restent
manque d'autonomie, mais c'est difficile insatisfaits, et c’est le
quand on n'a pas l'accès, même si toutes défi du communautaire.
les démarches ont été faites avant. C'est
qu'à un moment donné, la personne perd
la confiance, parce qu'ils se disent: «Bon
ok, on travaille pis ça donne pas grand
chose.» Ça c'est le défi le plus grand qu'on
a au niveau communautaire. Parce qu'on
n'a pas l'accès nécessairement.

04:49 I - Wow! Et eux ils sont là depuis...

M - Ça fait longtemps qu'on avait un Les besoins


partenariat, parce que ça fait partie psychosociaux ont
vraiment du fonctionnement comme tantôt toujours été plus
je disais: le centre alimentaire, la partie grands à Hull et à
psychosociale, référencement... il faut Gatineau
vraiment qu'on aille chercher partout. Donc historiquement, mais
ça fait longtemps qu'il s sont là, mais ces depuis 2018, Aylmer
programmes ont toujours été beaucoup semble vouloir s’y
plus présents à Hull puis à Gatineau. Mais joindre. La croyance
depuis, j'pense, presque de deux ans, il y populaire veut
a une espèce de conscience qu'on dit qu’Aylmer soit un
«Aylmer, oui aussi»... Parce qu'on a un secteur plus privilégié,
grand défi pis je pense que c'est pour tout « mais au centre
l'monde... c'est que le secteur Aylmer a alimentaire, on a
toujours été considéré un secteur travaillé avec 660
privilégié: pas de pauvreté, pas familles en 2018.
d'itinérance. Mais ici, au centre Quand on traduit ça par
alimentaire, on a travaillé en 2018 avec individus, on est dans
presque 660 familles. Quand on traduit ça le millier. C’est pas vrai
par des individus, c'est beaucoup de qu’il n’y a pas de
personnes, on est dans les 1000 pauvreté ! » Mme.
quelques. Donc, c'est pas vrai qu'il n'y a DTrinidad
pas de pauvreté. Donc, au moment de
penser à l'accès des ressources au niveau Un autre défi du Centre
de la santé, au niveau des services alimentaire d’Aylmer
sociaux... on est vraiment limité aussi par c’est la localisation et
la question de distance... tous les les besoins de la
organismes ou la plupart, les plus clientèle, c’est la
importants sont à Hull. Quand quelqu'un distance car la plupart
arrive ici dans une situation d'itinérance, des ressources et
pis ont vraiment eu beaucoup de difficulté organismes sont à Hull.
à se retrouver au centre alimentaire, de L’accès aux transports
venir marcher pendant l'hiver pendant 2-3 n’est pas évidente pour
kilomètres parce qu'ils n'ont pas d'argent, des personnes en
pour moi c'est super difficile de leur dire: situation précaire.
«Allez à Hull.» On a signifié aussi le
transport de distance; qu'on a pas toutes
les ressources ici à Aylmer. Pis cette
vision que c'est un secteur assez bien
nanti, ça limite beaucoup au niveau de
l'aide aux personnes qui sont dans le
besoin.

06:43 I - Ok, donc un des défis c'est la distance,


mais c'est aussi...

M - Le manque de service. On aimerait Manque de service


avoir les services directement ici. Cette localement, dû à la
vision que bon, là-bas ça va très bien, croyance populaire
donc on n’a pas besoin de se déplacer ou qu’Aylmer est un
quoi que ce soit. Mais comme je te disais secteur mieux nanti et
tantôt, tranquillement il y a une certaine privilégié.
prise de conscience que oui il y a un
besoin.

Il y a plusieurs défis. Moi, je peux te parler La problématique de la


au niveau de Aylmer. Au niveau de notre clientèle avec une
clientèle, c'est sûr que c'est une clientèle santé mentale fragile et
très diversifiée avec des problématiques non-diagnostiquée fait
très différentes. Donc nous on doit souvent surface. Le
s'adapter un peu en fonction. Il y a manque de ressources
beaucoup de santé mentale non- ou d’argent pour se
diagnostiquée souvent ou beaucoup qui procurer des
n'ont pas les moyens ou qui ne vont pas médicaments est aussi
prendre leur médication puis ça va créer un aspect qui recréé
une espèce de cercle vicieux qui vont des cercles vicieux.
toujours toujours être dans la même
situation. On a beaucoup de violence, Mme. DTrinidad relève
violence familiale, pis juste pour te donner l’exemple du manque
un exemple très très... : ici il y a seulement de ressource en
un organisme d'accueil pour les femmes donnant l’exemple de
violentées, mais il y a une différence très la violence conjugale
claire entre une femme victime de violence vs la violence familiale.
conjugale et une femme victime de Si un individu ne rentre
violence familiale. Donc, quand cette pas dans l’une ou
personne-là est vraiment victime de l’autre des cases, on
violence au niveau 'mettons: il y a un fils ne peut l’accepter dans
toxicomane qui est violent, qui est l’organisme local ; c’est
agressif, cette personne ici à Aylmer n'est ici que la distance
pas vraiment... parce qu'elle ne rentre pas demeure une
dans la catégorie violence conjugale. problématique
Donc, on doit essayer de trouver une constante.
place à Hull, même à Gatineau, même
plus loin encore. On revient un petit peu C’est souvent une
toujours au même manque de service. clientèle qui se sent
Souvent aussi, c'est une clientèle qui est abandonner par le
un petit peu déçue par le système. Ils se système et ce depuis
sentent discriminés énormément donc, ils des années. Ils n’ont
sentent que s'ils vont frapper à des portes, pas confiance et se
ça marchera pas. sentent discriminés.

Au niveau de la clientèle autochtone, c'est Pour Mme. DTrinidad,


une clientèle qui a est un petit peu, ils ont la clientèle autochtone
tendance, par eux même, selon est particulière par
l'expérience que j'ai eu depuis 7 ans, c'est rapport à la clientèle
une clientèle qui ne cherche pas régulière. D’après son
l'information, pis qui vont essayer vraiment expérience, Ce ne sont
de s'isoler. Ici, au centre, on a quelques pas des groupes qui
familles autochtones: leur fonctionnement reviendront de manière
est tellement différent à la culture disons régulière, ce sera
majoritaire. Pis il y a beaucoup de sporadique aux trois ou
mouvement chez eux: 'mettons on a une quatre mois. Elle note
famille, je connais une famille, qui souvent, beaucoup de cas de
ils vont venir pis ils vont nous ramener des violence conjugale qui
cousins de la tante, de son oncle qui sont demeure au sein de la
chez eux pendant un certain temps. Là, on communauté, qui se ne
les dépanne, on fait un dépannage règle jamais vraiment.
alimentaire... Après 3-4 mois, ils Elle peut cependant
reviennent avec un autre groupe de faire un lien avec une
personnes, pis c'est comme une espèce grande majorité de sa
de roulement constant. Pis j'avais clientèle et la violence
remarqué; parfois on se rencontre, toutes familiale ou conjugale,
les banques alimentaires de la région et pas seulement la
c'est un peu la même chose pour la clientèle autochtone.
plupart. Pis il y a beaucoup de violence
conjugale, on a certaines situations qui
sont très complexes. Avec eux, c'est
encore plus difficile parce qu'ils sont très...
en fait, j'pense que tous nos clients au
niveau de la violence conjugale ou
familiale sont très fermés. Ils vont
demander de l'aide, mais en même temps,
quand on leur dit: «Bon ben ça c'est les
ressources...» Si on appelle, on
commence le processus. Là ils vont
penser que, pis ils vont réfléchir, pis ils
vont continuer dans une relation difficile.
Pis souvent, ils vont finir une relation de
violence pis ils vont en recommencer une
autre. Ça fait partie de la caractéristique
pis c'est très présent dans les familles
autochtones que nous on a ici. Je sais pas
s'il faut généraliser, parce que je ne veux
vraiment pas généraliser, mais je peux te
parler de l'expérience que nous on a ici.

10:30 I- Pis au niveau de l'expérience de


l'accueil par exemple: une nouvelle famille
que vous n'avez pas encore rencontré,
une famille autochtone par exemple.
Comment ça se passe? Les premiers
contacts...?

M - Tout dépendamment si c'est un Selon Mme DTrinidad,


homme ou une femme. C'est très curieux! les femmes
Les femmes sont plus accessibles... dans autochtones sont plus
le sens qu'elles vont tout de suite accessibles lors des
commencer de parler de leur situation... premiers contacts que
parce qu'il faut créer un lien de confiance. les hommes, qui eux
Pis c'est ça seulement une question que la seront très évasifs et
personne soit autochtone ou non, mais renfermés. Avec les
c'est juste une question aussi sa femmes, c’est donc
personnalité. Donc on évalue un petit peu plus facile de créer un
l'approche, pis on s'est rendus compte dialogue et enfin,
qu'avec les femmes autochtones, on peut comprendre la
entrer plus tranquillement dans un situation.
dialogue. Les hommes sont comme très
renfermés. Je peux te donner l'exemple de
quelqu'un qui avait un problème de
toxicomanie pis on a réussi vraiment à lui
dire: «Ok, on a un organisme qui peut
t'aider pis c'est correct, c'est normal.» Mais
ça été vraiment un long processus, parce
qu'il voulait même pas en parler. Pis
quand il a commencé à parler, c'était pas
un problème. Pis il voulait vraiment pas
accepter qu'il avait un problème.

On a d'autres exemples qui n'ont aucun « Il y en a qui sont ici


lien avec la toxicomanie, mais leur façon... pis ils n’ont pas réfléchi
Il y a une personne qui allait perdre son à ça, pis qu’ils ne sont
logement il y a trois mois, pis on lui pas conscients de leurs
expliquait qu'il avait le droit en tant droits et des
qu'Autochtone de demander leur carte pis programmes qui
tout. Parfois, y'en a qui sont ici pis ils n'ont existent pour eux (les
pas réfléchi à ça pis qui ne sont pas autochtones). »
conscients de leurs droits pis des Mercedes DTrinidad.
programmes qui existent pour eux. Ça
c'est quelque chose de très important je
trouve parce que la plupart... y'en a qui
oui, sont conscients, mais y'en a d'autres
qui n'ont aucune idée. Pis c'est des gens
qui n'ont pas 20 ans, c'est des gens qui
sont entre 45 pis 60 ans.
Je pourrais te dire que par rapport à « Mon Dieu, eux ils ont
l'accueil... moi je m'inquiète un peu avec le privilège (les
les Autochtones. Souvent pis immigrants), ils
dernièrement, une des grandes politiques viennent juste d'arriver,
sociales c'est l'immigration, la nouvelle mais nous (les
immigration, les nouveaux arrivants. Pis autochtones) on est là
quand tu mets ça dans la balance, je me depuis très longtemps
dis [à leur place] «Mon Dieu, eux ils ont le pis il y a pas grand-
privilège, ils viennent juste d'arriver, mais chose qui se passe
nous on est là depuis très longtemps pis il pour nous. »
y a pas grand chose qui se passe pour -Mme DTrinidad
nous.» C'est vraiment la sensation que
j'ai... y'a eu certaines rencontres, certaines
conversations avec des personnes
autochtones qui nous disent: «Bah, ben...»

I - Ils sentent qu'il y a moins de


mobilisation...

M - Oui, pis t'entends les nouvelles. Ça Mme DTrinidad dénote


prend aucune formation sociale pour qu’il y a un manque
regarder les nouvelles pis tu vois où est la d’éducation social par
priorité. Ça c'est quelque chose qu'il rapport à la
faudrait regarder et possiblement travailler compréhension des
un petit peu. C'est plus délicat j'imagine, structures sociales, des
c'est les structures, c'est la société politiques et de la
présentement. Il y a beaucoup de compréhension des
politiques qui sont là-dedans, si on veut priorités des
être franc, c'est quelque chose qu'il gouvernements. Ça
faudrait améliorer. prendrait davantage de
sensibilisation au
niveau des politiques
d’immigration, mais
aussi à l’endroit des
communautés des
Premières Nations qui
ont toujours été
présentes.

13:28 I - Donc si on allait de l'avant par exemple


avec des petites vidéos, des petites
capsules: dans quel contexte... supposons
qu'on parle des personnes des Premières
nations par exemple, est-ce que c'est une
petite vidéo que vous aimeriez qui
s'adresse à ces groupes-là ou plutôt aux
gens dans la sphère communautaire?

M - Moi j'suis vraiment quelqu'un qui « Notre philisophie


pense beaucoup à la participation c’est de vraiment sentir
communautaire pis l'effet de santé. Parce que tout le monde est
que nous on est ça ici au centre égal. On va parler
alimentaire. Notre philosophie c'est de d’être humain à être
vraiment sentir que tout le monde est humain. » -Mme.
pareil, que tout le monde est égaux. On a DTrinidad
beaucoup d'employés qui viennent de
partout partout, moi-même, alors on
essaye vraiment de dire: «Écoute, on va
parler d'être humain à être humain.» Pis si
tu fais une vidéo qui veut vraiment attirer
l'attention, c'est vraiment de présenter tout
le monde; dans lequel tout le monde est
représenté. Je trouve que ça peut être ça.
Au moins, que si vous voulez travailler sur
des points pis cibler spécifiquement
quelqu'un — nous aussi on le fait ici parce
qu'on a pas le choix, parfois, on a des
ateliers ou des formations qui sont
vraiment concentrés vers les immigrants.
Parce qu'on a des choses qu'on va
expliquer aux nouveaux arrivants que les
Québécois savent. Donc tout
dépendamment de ce que vous allez
présenter. Si c'est 'mettons «Accès aux
ressources», moi je pense que c'est pour
tout l'monde. Si c'est «Accès à
l'information», c'est pour tout l'monde. Il y
a certaines choses qui peuvent être
vraiment pour tout l'monde. Par contre, il y
a certains points que vous pouvez
vraiment spécifier... pis à ce moment-là,
travailler en fonction de ce que vous
voulez, quelle clientèle vous voulez cibler.

15:17 I - J'pense que ce serait plus ciblé, plus


spécifique à un milieu par exemple: centre
alimentaire... Si on fait une vidéo, ça
s'adresse aux gens qui travaillent ici pour
que tout l'monde soit sur la même égalité
avec leur compréhension d'un certain
problème. Ou ça pourrait être aux
personnes des Premières nations à
justement: «Est-ce que vous avez votre
carte? Est-ce que vous connaissez vos
droits? Est-ce que vous connaissez les
ressources qui sont là pour vous?» Dans
ce contexte-là, qu'est-ce que vous pensez
qui pourrait être le plus profitable pis le
plus effectif, le plus efficace? Est-ce que
c'est aux personnes concernées
directement ou c'est aux personnes qui
travaillent avec ces gens-là?

M - Moi j'pense que ça pourrait être avec Selon Mme DTrinidad,


les personnes qui travaillent directement de la sensibilisation au
parce que ça peut te permettre de: tu fais niveau du personnel
une vidéo où toute l'information est là si tu pourrait être très utile,
veux. Pis cette personne-là est préparée à en ciblant les quartiers
travailler avec toute cette clientèle. Alors où telle clientèle est la
que si tu fais juste quelque chose de cibler plus présente.
c'est quand il y a un grand projet derrière Exemple, le Plateau
tout ça. Moi je dirais que ce serait vraiment avec les familles
avec les personnes qui sont vraiment sur autochtones.
le terrain, qui travaillent avec cette
clientèle-là. Pis surtout, je pense que c'est
vraiment de localiser un petit peu les
endroits qui sont encore les plus
pertinents: 'mettons Plateau, pour nous on
sait qu'il y a une certaine concentration de
familles autochtones, donc ça pourrait être
très intéressant. Il y a d'autres régions où il
y a vraiment une concentration beaucoup
plus grande... Ici au centre alimentaire, je
pourrais te dire qu'on a pas tant une
grosse clientèle [autochtone]. Sur 600
familles quelques, on aurait peut-être une
vingtaine de familles maximum. Il y a
beaucoup de Métis... ils vont s'identifier ou
pas! Donc, une journée ils sont vraiment
autochtones... ils pensent à leurs ancêtres,
mais une autre journée, ils sont très
Québécois. [rire]

17:29 Pis si on prenait un autre groupe par


exemple: les nouveaux arrivants. Est-ce
que c'est la majorité de votre clientèle ou
non?

M - Non, je pourrais te dire qu'on est aux La clientèle des


alentours de 35 à 38% de notre clientèle. nouveaux arrivants et
Malgré qu'ici à Aylmer, selon le portrait réfugiés est très active
communautaire 2016... là j'imagine 2019, parce qu’elle vient
on a pas encore accès, c'est certain qu'il y d’arriver, elle est en
a eu un changement. Mais nous ici, on est recherche active
aux alentours de 37-38%. C'est une d’information et de
clientèle qui est très active parce qu'ils ressources pour être
veulent de l'information. Elle se pose autonome le plus
beaucoup de question... ils vont participer rapidement possible.
à beaucoup d'activités parce qu'ils
viennent d'arriver... Ceux qui ont déjà le Il y a moins de défis de
français ou l'anglais comme langue et qui santé mentale au
sont près à se trouver un emploi, ils vont niveau de la clientèle
être très très actifs. Tu sens vraiment une immigrante
grosse différence par rapport à la clientèle comparativement à la
qui est là, qui est installée ici pis leur clientèle autochtone ou
besoin sont un peu différents. Il y a moins Québécoise au centre
de santé mentale, c'est vraiment plus de alimentaire, c’est plutôt
l'adaptation à leur nouveau milieu. Moi je un défi d’adaptation
pourrais te dire que leur problématique, qu’ils auront à relever.
quand c'est pas une question de langue,
c'est vraiment une adaptation au mode de Adaptation à la culture
travail, à la culture de travail. Souvent, du travail, plutôt que
c'est ça qui va faire qu'il y en a qui vont l’habileté à effectuer le
pas garder longtemps leur emploi même travail.
s'ils s'en ont trouvé rapidement. Leur
entrevue se passe relativement bien, y'en
a une partie, mais une fois qu'ils sont sur
le terrain, en train de vraiment travailler, là
ça dure pas longtemps dans l'[?] de
l'approbation... parce qu'il y a une question
de culture.

Moi je sais qu'on travaille beaucoup avec Le SITO est un bel


SITO, l'organisme qui s'implique au niveau exemple d’adaptation à
de l'emploi, pis sont en train de vraiment la demande et à la
adapter leur façon; tous les ateliers et clientèle.
leurs formations à s'adapter à la réalité
des employeurs. C'est une clientèle qui est Le défi est aussi lié à
à la recherche d'emploi, donc c'est l’éducation des familles
vraiment encadré. Par contre, au niveau immigrantes qui
des relations familiales, il y a beaucoup arrivent ici, par rapport
beaucoup de problèmes, tant relation au système québécois.
homme-femme... parce qu'ici la société
fonctionne différemment de chez eux. Et Le Centre Alimentaire
aussi, au niveau de l'éducation, par réalise de plus en plus
rapport aux enfants. C'est là où on se rend la différence culturelle
compte qu'y'en a qui arrive pis ils me au sein de sa clientèle
disent: «On oblige mon enfant à faire telle et doit s’adapter.
chose pis là j'suis...» Pis je travaille
beaucoup avec des adolescents pis ils
disent: «Ça marche pas comme ça.» Pis
moi, faut je travaille le parent pis l'enfant;
pas juste l'enfant. C'est un défi... au niveau
de la famille, au niveau vraiment de
l'adaptation, du fonctionnement. On a des
programmes pour adolescents pis de plus
en plus, on a une clientèle immigrante
dans nos ateliers pis on est frappé un p'tit
peu par la différence... avant on
fonctionnait pis maintenant on doit
s'adapter. Parce qu'il y a une réalité de
'mettons... c'est [pas] rare de rencontrer
une adolescente de 14 ans qui fait à tous
les soirs le souper chez elle. Pis elle fait
pas juste le souper pour elle, mais pour
toute sa famille, pis quand on dit «famille»,
c'est pas juste maman-enfant. C'est la
tante qui travaille... C'est comme 3-4
familles ensemble, ils vont laisser cette
responsabilité à une enfant de 14 ans.
Donc, elle participe, elle vient ici et elle est
toute stressée de partir parce qu'elle doit
aller faire aussi ça... Donc, c'est des
réalités qu'avant, il y a peut-être 5 ans, on
vivait pas ici au centre alimentaire.
20:54 I - Parce qu'il y a de plus en plus
d'immigration...?

M - ... qui vont participer, qui sont assez La clientèle immigrante


actifs. Nous, ici au centre, ils sont assez a beau ne pas être la
actifs. Parce que 'mettons si tu regardes grande majorité des
les statistiques en comparaison globale de visiteurs du Centre
la population. Eux, ils représentent 35- Alimentaire mais il
38% de notre clientèle, mais au niveau de s’agit de la clientèle la
participation, 'mettons nos cuisines plus active au niveau
collectives, ils vont être à-peu-près 60% des activités, par
de nos participants. Pour les activités pour exemple, cuisines
les enfants, c'est incroyable aussi. J'ai collectives.
juste à te présenter mes photos de toutes
les activités pis tu te dis: «Woah, sont
actifs!»

Pis leur besoin, c'est ça: c'est au niveau


de l'éducation avec les enfants, les
relations homme-femme, adaptation,
surtout au niveau de l'emploi. Pis aussi,
c'est sûr, sans oublier, au centre
alimentaire: alimentation. Donc, on
travaille au niveau des cuisines collectives
pour leur dire: «Ok, ici au Québec, on fait
les choses de cette façon-là.». Questions
d'hygiène ou questions de changements...
il y a des fruits qu'ils vont pas manger
parce qu'ils disent: «Nenon, on connait
pas ça» ou «Ça m'tente pas.»

I - ... changement de diète.

M - C'est un grand défi... il y en a qui vont


le faire graduellement pis ils vont
s'adapter. Pis c'est incroyable, on les a
rencontré quand ils venaient juste juste
d'arriver, pis maintenant c'est vraiment une
autre réalité, ils pensent d'une façon un
peu différente, ils ont réussi à arriver à un
point-milieu. Parce que moi je leur dis:
«Vous, vous avez déjà une culture avec
vous, il y a une grande richesse, il faut
juste faire un pas, connaître la nouvelle
culture. Essayer vraiment de faire une
espèce de médiation; un point-milieu.
C'est pas vraiment de vous transformer
totalement, on vous demande pas ça,
mais non plus, vous pouvez pas rester
comme vous êtes.» On a beaucoup
d'activités qui vont chercher ça. Même la
façon de s'habiller pendant l'hiver. Avant,
on n'avait pas des ateliers de ce genre, de
dire comment vous habiller. C'est année
c'est moins grave, parce que l'hiver est
pas trop pire, mais l'année passée, quand
on a eu des -40˚, tu voyais des enfants
dans les 7-8 mois avec les petites mains
sans gants, sans mitaines, on était «Oh!»
Ou on voit des personnes avec des
sandales pendant notre activité de Noël...
C'est un p'tit travail qu'il faut faire. Mais ça
fait partie un petit peu des défis que nous
on a. Les habitudes alimentaires, leurs
façons de faire, l'éducation...

23:26 I - Pis si on tournait ça, comme la question


que je vous ai posé avec les personnes
des Premières nations, si on avait à créer
un p'tit vidéo, pis qu'on parle des
nouveaux arrivants, est-ce qu'on
s'adresserait encore aux employés ou est-
ce qu'on s'adresserait maintenant aux
nouveaux arrivants?

M - Pour cette clientèle-là, moi je pourrais


te dire que les besoins sont dans les deux
sens. Parce que souvent, je les rencontre
au niveau communautaire pis mes
collègues savent pas quoi faire, pis tu
sens une panique, une insécurité, pis moi
je pense que c'est la vitesse... surtout
l'immigration à Aylmer, vraiment c'est
incroyable. Mais aussi, avec l'expérience
qu'on a au centre alimentaire, ils
participent, ils vont s'engager. Ce serait
dans ce cas-là, les deux possibilités sont
bonnes.

I - Le contexte dans lequel le projet est né


c'est aussi pour ça, parce qu'à Aylmer, il y
a beaucoup beaucoup plus d'immigration
qu'il en avait, il ya beaucoup de nouveaux
arrivants. Comment au niveau des
garderies, des écoles, des centres
communautaires, comment, les personnes
qui interviennent, comment est-ce que
vous pouvez trouver les ressources, où
est-ce qu'on commence, comment on s'y
prend... C'est aussi des vidéos qui peuvent
s'adresse à la population parce qu'il y a
quand même une sensibilisation aussi à
faire avec les gens. Mais c'est sûr que les
gens qui travaillent directement dans le
milieu, qui interviennent avec ces
personnes-là....
Autochtones aussi. C'est incroyable
l'espèce de réseaux sociaux qu'ils ont
entre eux. Parce que parfois, nous on a
quelqu'un, on leur dit: «Écoute, on a telle
activité à telle date...», pis tout à coup, on
reçoit un téléphone, toute cette même
nationalité qui nous dit là il y a une
activité... ou les Autochtones aussi, «Ah!
Ma cousine m'a dit que... ma soeur, m'a dit
que..» Le bouche-à-oreille...

I - Sont très tissés serrés?...

M - Oui très tissés... vraiment des liens


entre eux. Si tu réussis à passer le
message à un groupe, ça fait une chaîne
là... Pis je pense que c'est quelque chose
que tout l'monde nous dit: entre eux ils ont
vraiment des liens très tissés, très
intéressant, mais l'intégration au reste de
la société qui est un p'tit peu plus difficile.

26:08 I - C'est un excellent point.

M - C'est vraiment de trouver des Le bouche à oreille


personnes qui vont vraiment être très demeure une donnée
mobilisantes, qui vont mobiliser, qui vont très importante au sein
parler à leur communauté... des communautés pour
avoir accès aux
différents groupes.

I - Les leaders d'opinion

M - Oui, voilà. Nous on en a ici quelques


uns ici au centre alimentaire pis ça été un
peu notre secret-succès dans le sens
qu'on regardait, on observait pis se disait:
«Oh, cette dame-là est rassembleuse, elle
cherche des gens...» Pis là elle
approchait, on lui parlait, pis
tranquillement, pis un fois qu'on avait
vraiment réussi à travailler avec elle, ça
commençait tranquillement à faire...
I - Wow!

M - Oui, ça c'est un bon point. Au niveau « On a découvert qu'il y


de la communauté africaine, au niveau de avait 2-3 personnes pis
la communauté musulmane, qui dans sa là, la personne parle
culture, j'pense est un petit peu plus arabe pis le fait de les
fermée. Avant on disait: «Non, c'est approcher dans sa
impossible...» Ils participaient pas aux langue... elle fait le
activités, aucune cuisine, rien rien. Pis au pont entre une culture
niveau de l'alimentation, on avait tellement pis l'autre. Ça c'est
de difficultés. Pis là, on a découvert qu'il y disons des personnes,
avait 2-3 personnes pis là, la personne des leaders mais
parle arabe pis le fait de les approcher même plus que ça... »
dans sa langue... elle fait le pont entre une -Mme dTrinidad
culture pis l'autre. Ça c'est disons des
personnes, des leaders mais même plus
que ça...

27:27 I - Des mentors un peu... est-ce que c'est


quelque chose qui pourrait être intéressant
par exemple... si je reviens au p'tit
vidéo...?

M - Oui, si c'est une personne de leur


communauté qui parle, ça aurait un impact
beaucoup plus grand. Tout à fait. Parce
qu'ici, on l'a fait pis ça fonctionne. On a
déjà fait quelques cuisines halal, parce
qu'avant non... Pis ils vont participé à des
ateliers, ils vont posé des questions...
C'est sûr qu'il y a beaucoup de défis,
surtout au niveau de la condition de la
femme. Pour les inviter, y'en a qui nous
disent: «Ok, il faut que je demande à mon
mari...» Donc, on s'habitue, pis on essaye
vraiment de travailler là-dedans.

28:10 I - C'est vraiment super intéressant pis j'ai


plein d'idées en tête, j'ai hâte de soumettre
ça à ma professeure. En terminant, est-ce
que vous avez un exemple concret d'une
famille, soit de réfugiés ou d'immigrants
économiques qui s'est bien déroulé, qui
s'est bien terminé...

M - Moi je vais te donner plusieurs Selon Mme DTrinidad,


exemples parce que ça me touche les femmes
tellement pis nous on pleure beaucoup à immigrantes
Noël! Je vais te donner le premier qu'on a trouveraient des
eu qui était très intéressant: c'est emplois plus
quelqu'un qui venait d'un pays d'Afrique, rapidement que les
un jeune homme dans la vingtaine, puis il hommes, en temps
arrive et il parle quand déjà un très bon normal.
français, mais il trouvait pas d'emploi pis il
était professionnel dans son pays, j'pense
qu'il était journaliste... En tout cas, il avait
une profession pis c'est un peu la réalité
de beaucoup d'immigrants. Il trouvait pas
d'emploi, il était déçu... sa femme, souvent
c'est une autre réalité, les femmes vont
trouver plus rapidement un emploi que les
hommes. Les femmes sont... j'pense par
nature, dit: «Bon ok, c'est pas grave si
j't'infirmière mais en attendant, je vais
travailler dans une garderie.» Tout à coup,
la personne a un emploi.

Lui, il était avec nous pis il s'est impliqué Bel exemple de


dans mes activités par sa vocation de résilience et de support
journaliste. Il faisait vraiment des que le Centre a pu
rédactions et tout. Tout de suite en apporter à un nouvel
arrivant, en tant que participant aussi, il est arrivant.
devenu bénévole. Nous on a beaucoup
cette partie-là, pis c'est ça qui fait pour
nous, c't'un pont qui facilite l'intégration
très rapidement. Souvent même, avant
d'aller en francisation, ils sont souvent
avec nous pendant un mois, un mois et
demi, en attendant. Français... anglais
aussi parce qu'ici tu n'as pas l'choix. Donc,
cette personne-là, j'pense qu'il est resté
avec nous à-peu-près 8 mois, il a trouvé
un emploi, pas dans son domaine, à
Ottawa, j'pense que c'était dans la
restauration. C'était incroyable, c'était
touchant. Son premier chèque qu'il avait, il
l'a vraiment apporté, j'pense que c'était
dans les 150-200$, mais on était tellement
touchés parce qu'on sait que quelqu'un
dans la restauration n'a pas un gros
salaire... mais ça été son première chèque
et on était là «Wohhh wow, c'est vraiment
beau!»

30:35 On a un cas d'une famille qui était très Deuxième bel exemple
intéressant aussi. Une famille d'origine d’histoire à succès,
arabe. La femme est arrivée avait un famille immigrante qui
problème de cancer. Ça fait qu'on la voyait redonne en retour de
souvent dans notre salle d'attente pis elle tout le support qu’ils
feelait pas. Nous, quand on a des cas ont reçu du Centre
particuliers comme ça, on essaye de Alimentaire d’Aylmer.
chercher des protéines, on essaye
vraiment de dire: «Ok, au lieu de donner
une protéine à quelqu'un qui peut-être n'en
a pas vraiment besoin, on va laisser cette
protéine-là pour cette personne qui a le
cancer.» Pis là, on l'a aidé pendant deux
ans. C'est incroyable comme elle avait
souffert... la famille, les enfants, ça été très
difficile, mais entre-temps, le conjoint est
retourné aux études, en pharmacie. À
Noël 2018, ils sont venus, c'était une
famille TOTALEMENT différente! Les
enfants avaient vraiment l'air heureux, en
santé. Elle était très bien parce qu'elle
avait vraiment réussi à passer à travers
tout ça pis lui avec un très bon emploi à
Ottawa, ils sont venus avec j'pense une
dizaine de sacs de nourriture pour nous
dire «Merci pour tout ce que vous avez fait
pour nous. C'est à notre tour de partager.»
On a des dizaines pis des dizaines de cas
comme ça. Sont vraiment très très très
reconnaissants. Ça c'est pour les familles
immigrantes.

Pour les familles québécoises, il y a en


aussi qui vont le faire, qui vont nous
appeler. On a un participant, qui était un
participant très compliqué [rire] parce qu'il
avait été en prison pis sa personnalité... il
devenait en colère facilement, il fallait que
toujours que moi j'sois là pour dire «Woh,
relaxe.» Il a participé à des groupes de
soutien au niveau du contrôle de la
colère.. Il est tombé malade, très malade
pis quand il était dans cette situation très
très malade, il a pris une assurance-vie pis
il a dit: «S'il m'arrive quoi que ce soit, c'est
le centre qui va être bénéficiaire.» Donc,
on a des cas que tu te dis... Pis c'est pas
des gens qui ont beaucoup de choses,
c'est pas des gens riches... donc on en a
plein plein... Très reconnaissant. Pis cette
vision de donner à mon tour, c'est
vraiment incroyable.

On a une personne... écoute on en a plein « On a des gens qui


plein... de témoignages de quelqu'un qui nous aident à Noël,
va te dire: «Écoute, j'ai commencé de comme bénévoles pis
cette façon au centre alimentaire pis y'en a qui sont sur le
maintenant...» On a des gens qui nous marché de l'emploi, pis
aident à Noël, comme bénévoles pis y'en a ils vont prendre cette
qui sont sur le marché de l'emploi, pis ils journée-là de congé
vont prendre cette journée-là de congé pour venir nous aider.
pour venir nous aider. C'est touchant. C'est touchant. »
-Mme DTrinidad

33:15 I - Je comprends pourquoi vous pleurez


beaucoup à Noël! [rire]
M - [rire] Quand tu vois ça, tu te dis: «Mon « On a vraiment nos
dieu!» Y'a des gens que je reconnais. histoires à succès à
Justement, dans le cas d'un jeune homme, chaque mois pis on dit
il est immigrant, il est venu ici, sa mère «Oh mon dieu, on
était très inquiète parce qu'il voulait pas travaille fort, mais il y a
vraiment... il avait de la difficulté avec le de très beaux
français. Parce que sa formation à eux résultats.» C'est ça qui
était vraiment anglophone. Il était timide, il nous aide à
parlait pas, il avait vraiment beaucoup de continuer. » - Mme
problème à l'école, sa mère était là... c'est DTrinidad
le genre de maman qui me dit: «Fais de
quoi avec lui!» Là, j'ai commencé à parler
avec lui. On l'a intégré ici pendant un été
comme bénévole pis il est resté ici
pendant, j'pense un an et demi. Pis à un
moment donné, il a décidé de vraiment... il
a vraiment améliorer son français parce
qu'il était beaucoup plus anglophone. Mais
il a décidé de retourner à l'école, de faire
ses études et se prendre en main pis il est
venu me voir un peu avant Noël pis là il
est rendu à sa 3e année en travail social.
Souvent, il y a des préjugés envers les
gens, qui disent: «Ah non, eux sont sur
l'aide sociale pis ça leur tente pas.» Mais il
y a beaucoup de cas ici au centre
alimentaire. On a vraiment nos histoires à
succès à chaque mois pis on dit «Oh mon
dieu, on travaille fort, mais il y a de très
beaux résultats.» C'est ça qui nous aide à
continuer.

34:26 I - Pis on sait pas ce que les gens vivent...


des fois c'est une partie dans ta vie où t'as
besoin de cette petite poussée-là, d'aide,
de support pis ensuite...

M - Tu sais que nous on a un Le centre alimentaire


programme... c'est pas tous qui font partie est aussi responsable
du centre alimentaire en tant que d’un programme de
participant, mais c'est notre programme de travaux
travaux communautaires, qui vont être communautaires
référés par la cour parce que, souvent ils référés par la Cour. Au
n'ont pas payé leur ticket de stationnement début les participants
ou quoi que ce soit... ou y'en a qui ont des voient leur temps
problèmes de toxicomanie, qui ne vient comme une obligation
pas au centre alimentaire, mais leur et au final, plusieurs s’y
problème, c'est les conséquences. Soit il voient transformés.
vont arriver ici pis ils disent: «Ok, j'vais
faire 50h ou 100h.» pis sont vraiment «Mon dieu! C'est
frustrés, tu sens leur frustration de faire les tellement l'fun d'aider
travaux communautaires. Mais c'est d'monde. Écoute, j'ai
incroyable quand ils partent, leur dernière fait 150h, j'm'en suis
journée (pas tous, y'en a qui veulent rien pas rendu compte. J'ai
savoir du commencement jusqu'à la fin), tellement du plaisir
mais y'en a qui sont transformés. Pis ils d'aider l'autre
disent: «Mon dieu! C'est tellement l'fun personne.» C'est
d'aider d'monde. Écoute, j'ai fait 150h, intéressant! On vit des
j'm'en suis pas rendu compte. J'ai histoires ici! » - Mme
tellement du plaisir d'aider l'autre dTrinidad
personne.» C'est intéressant! On vit des
histoires ici!

35:34 I - Moi j'suis impressionnée à quel point


c'est pas juste un centre alimentaire, vous
êtes beaucoup dans l'aide psychosociale.

M - ... le soutien... Oui oui, incroyable. Tu Mme DTrinidad


sais c'est ça qu'on trouve parfois mentionne que l’aspect
dommage parce qu'il y a beaucoup au de Prévention a tout
niveau des politiques, il y a beaucoup de autant d’importance...
soutien 'mettons à des organismes qui
sont, pis je comprends, qui sont dans des «Rends-toi pas là... on
situations avec des clientèles en crise. est là pour justement
Mais la prévention, ça fait partie être une espèce de
énormément... de dire «Rends-toi pas là... mur de contention pour
on est là pour justement être une espèce que tu tombes pas.» -
de mur de contention pour que tu tombes Mme dTrinidad
pas.» Nous on travaille là-dedans. Il y a Elle mentionne un
des gens qui nous arrivent, qui me disent: support financier
«Mercedes, si je trouve pas de solutions, amoindri pour les
je vais perdre mon logement.» Pis là, on organismes en
essaye vraiment de trouver une solution... prévention.
Donc, c'est beaucoup de prévention. Une
fois qu'ils ont perdu leur logement, c'est « Donc, c'est dommage
très complexe. Il y a des conséquences que parfois les
plus grandes, plus difficile de retourner sur organismes qui
ses pas et tout. Donc, c'est dommage que travaillent au niveau de
parfois les organismes qui travaillent au la prévention sont
niveau de la prévention sont moins moins soutenus, moins
soutenus, moins financés. Pis là on doit financés. Pis là on doit
courir après le financement, après les courir après le
subventions... financement, après les
subventions... » - Mme
DTrinidad

36:46 I - J'ai beaucoup de matériel! [rire] C'est


vraiment super! Est-ce que vous voulez
ajouter quelque chose?

M - Par rapport à tout ce que tu fais, je


trouve, pis ça c'est quelque chose
possiblement très caractéristique d'Aylmer,
pis j'pense qu'il faut toujours tenir compte:
on a quand même une communauté très
très généreuse dans tous les sens. Moi
j'pense que la capacité de mobiliser les
gens pour faire du bénévolat ou pour
s'impliquer dans des activités est vraiment
très importante. C'est vraiment très
incroyable comme il y a beaucoup de
groupes sociaux qui [?], c'est
communiquer, mais aussi pour aider.
Donc, tu travailles avec une clientèle qui
vient juste d'arriver, donc au niveau de
l'intégration... moi j'pense que c'est
quelque chose de très particulier à Aylmer.
Les gens sont généreux, ils vont
s'impliquer facilement. Pendant que
d'autres organismes ont beaucoup de
difficulté à trouver des bénévoles.

I - Ah oui, vous en avez beaucoup, vous


avez un bassin...

M - Oui oui, mais peut-être pas en lien


avec ça, mais moi que j'ai une entrevue ou
quoi que ce soit, je dis: «Mes bénévoles
pis la communauté! Sont vraiment
généreux!»

I - C'est quelque chose, on s'entend, les


bénévoles sont hyper importants.

M - ... sont essentiels.

I - On peut pas dire rien d'autre


qu'essentiels. [rire] C'est le mot, ils sont
essentiels pour le bon fonctionnement, ça
prend des bras pis ça prend des humains.
Ça prend des gens pour faire rouler tout
ça.

M - Oui tout à fait.

I - Juste avec le projet de PSA, on fait des


rencontres aux 3 mois environ pis les gens
autour de la table, on se rend compte qu'il
y a de l'intérêt pour trouver des solutions,
pour mobiliser, pour voir, pour documenter
«quels sont les besoin, qu'est-ce qu'on
fait.»...

M - Ça c'est vraiment important... quand


on a un projet, quand on part un projet pis
on dit: «Ok, on fait, on fait» telle chose.
Même pour tes vidéos. Tu peux trouver
des gens qui pourraient s'impliquer aussi.

I - Vous allez probablement en entendre


parler j'imagine très bientôt. Est-ce que
vous avez reçu un sondage, on a fait
envoyer un sondage…

M - Oui, je l’ai rempli


I - Excellent...

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