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2021

Unité d'Enseignement
Etude des appareils respiratoires
et cardio-vasculaire
1ère Année – S5

AUTEUR: DZVET 360


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UE : S5 - ETUDE DES APPAREILS RESPIRATOIRES ET
CARDIO- VASCULAIRE

OBJECTIFS D'ENSEIGNEMENT

Acquérir les connaissances anatomiques, histologiques et physiologiques


nécessaires à la mise en œuvre des examens cliniques et
complémentaires permettant d'évaluer ces appareils en vue d'une
thérapeutique appropriée.

SOMMAIRE

1. RCV - Anatomie - CM1 - Le cœur des mammifères domestiques


2. RCV - Anatomie - CM2-3 - Irrigation et drainage du tronc
3. RCV - Anatomie - CM4- La cavité nasale et ses annexes
4. RCV - Anatomie - CM05 - Le pharynx
5. RCV - Anatomie - CM6- Le larynx
6. RCV - Anatomie - TD1 -Anatomie du cœur
7. RCV - Anatomie - TD2 - L'arbre aérifère et les poumons
8. RCV - Anatomie - TD3 - Radio-anatomie du thorax
9. RCV - Histologie - CM1 - Appareil cardio-vasculaire
10. RCV - Histologie - CM2 - Appareil respiratoire
11. RCV - Histologie - TD1 - Appareil respiratoire et cardio-vasculaire
12. RCV - Physiologie - CM1 - L'homéostasie de l'eau
13. RCV - Physiologie - CM2-3-4-5-6 - Le cœur
14. RCV - Physiologie - CM7-8-9-10-11-12 - La circulation
15. RCV - Physiologie - CM13-14-15-16 - La mécanique respiratoire
16. RCV - Physiologie - CM17-18 - Le contrôle de la respiration
17. RCV - Physiologie - TD1 - Hémodynamique intracardiaque
18. RCV - Physiologie - TD2 - Régulation extrinsèque de l'activité cardiaque
19. RCV - Physiologie - TD3 - Régulation de la pression artérielle
20. RCV - Physiologie - TD4 - La respiration
21. RCV - Physiologie - TD5 - Echanges gazeux chez le fœtus et les oiseaux

© DZVET 360
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR
REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM
Module RCV Anatomie


CM n°1



Objectifs :
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La connaissance de l’anatomie descriptive, fonctionnelle et topographique du cœur est la
base absolument indispensable et nécessaire à l’examen clinique (auscultation, imagerie
médicale) et à la compréhension des affections cardiaques.

v Savoir parfaitement le schéma général de la circulation sanguine, et les circuits de la


« petite » circulation et de la « grande » circulation. 

v Savoir parfaitement la conformation extérieure du cœur : disposition des différentes
cavités, troncs vasculaires, sillons. Savoir et pouvoir les identifier sur des
radiographies de face et de profil. 

v Savoir parfaitement la conformation interne du cœur : septums, cavités atriales et
cavités ventriculaires, les reliefs et les ostiums (leur conformation, nombre de
cuspides et leur disposition). Toutes ces structures sont parfaitement visualisables
lors d’un examen échocardiographique. 

v Savoir les principes du fonctionnement de ces ostiums (à compléter par les
connaissances acquises en physiologie cardiaque) – Comprendre ce qu’est un
rétrécissement ou une insuffisance valvulaire. 

v Comprendre la charpente fibreuse et la disposition du myocarde banal, connaître le
tissu nodal (définition, disposition des nœuds faisceaux et réseaux), 

v Savoir l’irrigation artérielle du cœur, comprendre le schéma général du drainage
veineux, connaître les nœuds lymphatiques (NL) qui drainent le cœur, et leur
emplacement. 

v Connaître le péricarde : sa disposition, ses rôles, 

v Savoir parfaitement : la topographie du cœur au sens général, c'est-à-dire :
1. La situation, la disposition et les rapports du cœur dans le thorax, 

2. L’aire de projection du cœur sur le thorax, et les points d’écoute optimale des
ostiums du cœur sur les parois du thorax chez le chien et le cheval.

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360
Sommaire :

Introduction

ETUDE DU CŒUR ISOLE


I. Conformation externe : p.4
A. Aspect général
B. La base du cœur
C. La face auriculaire
D. La face atriale
E. Les bords
F. L’apex

® Conformation externe et examen du cœur

II. Conformation interne : p.10


A. Les cloisons du cœur
B. Les atriums
C. Les ventricules
D. Les ostiums du cœur
a) Ostiums atrio-ventriculaires :
Conformation générale - L’ostium atrio-ventriculaire droit (tricuspide) -
L’ostium atrio- ventriculaire gauche (mitrale) - Fonctionnement des ostiums
atrio-ventriculaires
b) Ostiums artériels :
Conformation générale - L’ostium pulmonaire (artériel droit) - L’ostium
aortique (artériel gauche) - Fonctionnement des ostiums artériels

® Notions sur les bruits du cœur, les valvulopathies et les souffles cardiaques en médecine
vétérinaire

® Conformation interne et examen échographique du cœur

III. Structure : p.24


A. Architecture des tissus cardiaques :
a) Organisation générale
b) Etude du myocarde :
Charpente fibreuse - Myocarde « banal » - Tissu nodal
B. Vascularisation du cœur :
a) Irrigation du cœur : Les artères coronaires
Type coronarien gauche - type coronarien bilatéral

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b) Drainage veineux
c) Drainage lymphatique

C. Innervation du cœur : les nerfs cardiaques


a) Innervation parasympathique
b) Innervation orthosympathique

ETUDE DU CŒUR EN PLACE


I. Situation et rapports dans le thorax : p.31
A. Situation et disposition
B. Rapports anatomiques
C. Moyens de fixité :
a) Les gros vaisseaux de la base du cœur
b) Le péricarde
II. Topographie : projection des valves cardiaques sur la paroi thoracique : p .35

A. Chez le chien :
a) Repères anatomiques
b) Côté gauche : OP, OA, OM
c) Côté droit : OA, OT
B. Chez le cheval

PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES ET ELEMENTS DE DIAGNOSE


I. Cœurs d’espèces de grande taille : p.40
® Cœur de bœuf – Cœur de cheval
II. Cœurs d’espèces de taille moyenne : p.42
® Cœur de petit ruminant – Cœur de Porc – Cœur de grand chien
III. Cœurs de (très) petite taille : p.44
® Cœur de chat – Cœur de lapin


Conclusion


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Introduction
Organe central de la circulation, le cœur est l’organe vital par excellence. En effet, ce muscle
creux et strié, situé dans le thorax, fonctionne de façon rythmique et involontaire comme
une pompe aspirant puis refoulant le sang qu’il renvoie chargé de l’oxygène nécessaire au
métabolisme de tous les tissus de tous les organes du corps. Le cœur est enveloppé par le
péricarde (chaque organe à son enveloppe - exemple : Plèvres des poumons-) et il est
étroitement solidarisé aux poumons. Son fonctionnement peut être apprécié par
auscultation cardiaque.

® Rappel sur la circulation sanguine :


Le cœur des Mammifères adultes est cloisonné en deux compartiments
indépendants, séparés par le septum cardiaque : le cœur droit et le cœur gauche. Chaque
compartiment se trouve lui-même divisé en deux cavités communicantes entre elles :

• L’atrium (ex « oreillette ») qui reçoit le sang des veines


• Le ventricule qui renvoie le sang dans les artères

Le sang vicié (désoxygéné) provenant de tous les organes, sauf des poumons, arrive
par les veines caves crâniale et caudale dans l’atrium droit. Il passe dans le ventricule droit
qui l’éjecte dans le tronc pulmonaire en direction des poumons où il sera oxygéné.
Le sang oxygéné revient dans le cœur, en empruntant le chemin des veines
pulmonaires qui débouchent dans l’atrium gauche. Il passe dans le ventricule gauche qui
l’envoie dans l’ensemble du corps (sauf les poumons) par l’intermédiaire de l’aorte.
Chaque contraction permettant d’envoyer le sang dans les artères est appelée
SYSTOLE. Entre deux systoles, c’est le temps de remplissage du cœur ou DIASTOLE.

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Ce schéma général de la circulation sanguine suscite deux observations :

1. Le sang parcourt deux circuits indépendants :


è La petite circulation (« circulation pulmonaire ») : ventricule droit - poumons -
atrium gauche.
è La grande circulation, (« circulation systémique ») : ventricule gauche - reste des
organes - atrium droit.

2. Le cœur droit fonctionne uniquement avec du sang vicié alors que le cœur gauche
fonctionne uniquement avec du sang hématosé.


Normalement, chez les mammifères adultes il n’y a jamais de mélange entre ces
deux types de sang. Ceci peut arriver dans le cas d’anomalies du cloisonnement du cœur au
cours de son développement embryonnaire. Ces malformations sont à l’origine des
cardiopathies congénitales (rares chez nos mammifères domestiques).

® Très bref aperçu sur le développement embryonnaire du cœur :


Le cœur se développe à partir du tube vasculaire primitif du fœtus. Le cœur primitif
est un simple tube cardiaque, parcouru par un seul courant sanguin : les veines rejoignent le
sinus veineux situé à l’extrémité caudale de ce tube, les artères partent de son extrémité
crâniale (cône artériel). Les poumons ne sont pas fonctionnels et l’oxygénation du sang a lieu
au niveau du placenta.

Le cœur subit ensuite une migration caudale et s’infléchit sur lui-même. Des sillons se
creusent, délimitant des cavités. Il se cloisonne progressivement et il y a mise en place des
valves cardiaques.

è Quelques jours avant la naissance, les poumons ne sont toujours pas


fonctionnels, et la petite circulation est « court-circuitée » par une
communication inter-atriale d’une part, et par le canal artériel qui fait passer
le sang du tronc pulmonaire vers l’aorte d’autre part.

© DZVET 360 2
è Dès la naissance la respiration pulmonaire devient fonctionnelle, et la petite
circulation est mise en route. Le canal artériel et la communication inter-
atriale se ferment alors dans les jours qui suivent la naissance.

Remarque : Les cardiopathies congénitales ne sont pas forcément mortelles. Les plus rares,
celles qui empêchent totalement le sang d’aller vers les poumons, donc empêchent
l’oxygénation du sang peuvent être mortelles (morts-nés, ou dans les jours qui suivent la
naissance si on n’intervient pas rapidement). Les plus fréquentes sont viables, mais à la longue,
fatiguent le cœur, ce qui conduit généralement à une insuffisance cardiaque.

(Pour en savoir plus sur le développement embryonnaire et ses anomalies, voir le polycopié
du Pr. E. Chatelain).

© DZVET 360 3
ETUDE DU CŒUR ISOLE
Nous prendrons comme exemple le cœur du chien

I. Conformation externe :

1. Aspect général :
a) Quelques caractères physiques :
Sa couleur est rouge à rouge-brun. (Comme tout muscle qui travaille en
aérobiose). Son format et son poids varient selon :

• L’espèce : certaines espèces ont un cœur relativement volumineux comme le cheval


(animal « sportif ») chez lequel il représente, en moyenne, 0,77% du poids du corps,
ou chez le chien (en moyenne : 0,75% du poids du corps). D’autres ont un cœur
relativement « petit » : tel le bœuf (en moyenne : 0,46% du poids du corps) ou l’homme
(en moyenne. : 0,43% du poids du corps).
• La race : en particulier chez le chien : 15g chez un pinscher nain, 250g chez un berger
allemand, 450 à 500g chez un dogue allemand ; chez les équidés : 1,5 Kg chez un poney,
5Kg voire plus chez les chevaux de grand format et les chevaux de trait.
• Le sexe : le poids du cœur est, en général, un peu plus élevé chez le mâle. Ce
dimorphisme sexuel est très marqué chez le chat.
• Il existe enfin des variations individuelles. En particulier, chez nos MD, celles qui sont
liées à l’activité sportive : les cœurs des chevaux à hautes performances sportives sont
nettement plus volumineux et plus lourds que la moyenne.

b) Morphologie générale :
Le cœur a une forme générale de cône plus ou moins aplati, à base dorsale et à
pointe ventrale.

Chez l’homme, le cœur est aplati dans le même sens que le thorax, c’est-à-dire dorso-
ventralement. Ainsi, le cœur droit est « vraiment » à droite, et le cœur gauche « vraiment » à
gauche.

Chez les mammifères quadrupèdes, l’aplatissement du thorax d’un côté à l’autre


(latéro- latéral) entraîne une rotation du cœur dans le sens anti-horaire : le cœur droit se
retrouve en position « crâniale » et le cœur gauche en position « caudale » (® Par conséquent,
l’auscultation du cœur au stéthoscope se fait sur la face ventrale du thorax chez l’Homme,
alors que chez les animaux, elle se fera sur les faces latérales du thorax).

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Face auriculaire (gauche) Face atriale (droite)

Conformation externe du cœur d’un chien

Le sillon coronaire, sillon transversal faisant le pourtour du cœur, le divise en deux


parties très inégales :

è Dorsalement : la masse des atriums et des gros vaisseaux représente 1/5ème de


l’ensemble
è Ventralement : la masse ventriculaire représente, elle, 4/5ème de l’ensemble.

Le sillon coronaire marque extérieurement le cloisonnement transversal incomplet du


cœur qui sépare l’étage dorsal ou atrial (base) de l’étage ventral, ventriculaire.

La masse ventriculaire est elle-même divisée par un sillon inter-ventriculaire sur


chacune de ses deux faces, délimitant extérieurement le cloisonnement vertical (ou
longitudinal) du cœur, et marquant le territoire de chaque ventricule. Le ventricule gauche est
proéminent sur le ventricule droit.

Dans les sillons coronaire et inter-ventriculaires circulent des vaisseaux et des nerfs
recouverts par du tissu adipeux plus ou moins abondant.

La forme générale du cœur et son inclinaison sur le sternum (30° à 40° chez les
carnivores) permettent de décrire :

• Une base dorso-crâniale


• Un apex ventro-caudal
• Deux faces : droite et gauche
• Deux bords : crânio-ventral et dorso-caudal

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Face auriculaire (gauche) Face atriale (droite)

2. La base du cœur :
Elle est constituée par les atriums qui reçoivent les grosses veines et les gros troncs
artériels qui partent du cœur.

a) Les troncs artériels :


è Surplombant la face gauche du cœur, on distingue le départ du tronc
pulmonaire. Son trajet est court (10-15cm) et il se termine au-dessus de l’atrium gauche par
les 2 artères pulmonaires qui s’enfoncent dans les poumons.

è Au centre de la base du cœur, c’est le départ de l’aorte. Elle se dirige vers le


plafond de la cavité thoracique formant la crosse aortique. Vers l’avant se détache le tronc
brachiocéphalique (qui donnera les vaisseaux destinés aux membres et à la tête).

Quelques centimètres après leur départ, tronc pulmonaire et aorte sont réunis par le
ligament artériel. Celui-ci correspond au canal artériel du fœtus, fibrosé et fermé après la
naissance de l’animal.

Remarque : La persistance du canal artériel après la naissance est une des cardiopathies
congénitales les plus fréquentes en médecine vétérinaire (elle représente environ 30% de ces
cardiopathies congénitales). Elle est assez bien tolérée, et se caractérise par un souffle systolo-
diastolique dû au passage du sang de l’aorte vers le tronc pulmonaire (pression dans l’aorte
plus forte). Mais à la longue, ceci fatigue le cœur qui doit travailler plus pour assurer une bonne
oxygénation du sang, et se met en place progressivement une insuffisance cardiaque droite.

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Le traitement chirurgical est possible et consiste à ligaturer le canal artériel (la base du coeur
est une zone chirurgicale très délicate).

La paroi de ces grosses artères est très musculeuse et très élastique. Ceci permet de
transformer le flux pulsatile (forte pression) du sang en flux continu de façon à protéger les
petits vaisseaux et les capillaires qui risquent de rompre si le sang y arrive sous forte pression.

b) Les atriums :
La masse des atriums forme un croissant ouvert du côté gauche et dont les pointes
« embrassent » la racine des gros troncs artériels. Crânialement c’est l’atrium droit,
caudalement, l’atrium gauche.

A chaque atrium on peut reconnaître 2 parties :

è L’une correspond à « la pointe » du croissant. Epaisse et ferme à la palpation du cœur


isolé, elle surplombe la face gauche du cœur : c’est l’auricule (l’auricule droite
crânialement, et l’auricule gauche caudalement).
è L’autre, aux parois lisses et fines, surplombe la face droite du cœur. C’est la partie de
l’atrium qui reçoit les veines, ou « corps » de l’atrium. Crânialement, les veines caves
crâniale et caudale arrivent dans l’atrium droit. Caudalement, 6 à 8 veines pulmonaires
rejoignent l’atrium gauche.

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3. La face auriculaire :
C’est la face gauche du cœur, c’est-à-dire la face où l’on voit les auricules.
On distingue l’auricule droite crânialement, et l’auricule gauche, beaucoup plus
étendue, caudalement.
Le sillon coronaire est interrompu par le départ du tronc pulmonaire.
La masse ventriculaire est divisée (inégalement) en 2 par le sillon inter-ventriculaire
paraconal :
• En avant du sillon : c’est le ventricule droit, à paroi dépressible (1/3 de la
surface)
• Caudalement au sillon, c’est le ventricule gauche à paroi ferme (2/3 de la
surface)


4. La face atriale :
C’est la face droite du cœur, c’est-à-dire la face où l’on voit les « corps » atriaux
recevant les veines.

Crânialement, on distingue le corps de l’atrium droit, vaste et très étendu, avec


l’arrivée des veines caves. Caudalement, le corps de l’atrium gauche avec la terminaison des
veines pulmonaires.

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Le sillon coronaire est continu sur cette face. Dans ce sillon, juste sous la veine cave
caudale, l’atrium droit présente un petit diverticule canaliculaire (3-4cm chez le chien) : c’est
le sinus coronaire, vestige du développement fœtal du sinus veineux du cœur. Il n’existe pas
chez toutes les espèces. Quand il est présent, il sert à l’abouchement des veines drainant le
cœur.

La masse ventriculaire est divisée par le sillon inter-ventriculaire sous-sinusal :

è Crânialement au sillon, le ventricule droit occupe les 2/3 de la surface


è Caudalement au sillon, le ventricule gauche occupe le 1/3 de la surface


5. Les bords :
Le bord crânial (crânio-ventral) est appelé le bord ventriculaire droit. Il appartient en
grande partie au ventricule droit. Le bord caudal (caudo-dorsal) est le bord ventriculaire
gauche. Il appartient entièrement au ventricule gauche.

6. L’apex :
C’est le sommet du cœur, il appartient au ventricule gauche. Il se situe près du
sternum à hauteur de la pointe du coude. En mettant la main contre la paroi du thorax en
regard de l’apex du cœur, on peut percevoir le « choc précordial », dû à la transmission de
l’onde de choc depuis la base vers l’apex, à chaque systole.

Remarque : cet aspect de l’anatomie cardiaque est fondamental pour l’analyse des silhouettes
cardiaques sur des radiographies du thorax.

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II. Conformation interne :


1. Les cloisons du cœur :
Chez tous les Mammifères le cœur est divisé en 4 cavités par deux cloisons :

è Une cloison complète longitudinale, le septum cardiaque, qui sépare complètement


le cœur gauche du cœur droit. Il présente deux parties : une partie inter-atriale fine,
et une partie inter-ventriculaire beaucoup plus épaisse.

Du côté de l’atrium droit, le septum inter-atrial présente la cicatrice du foramen ovale


(ou trou de Botal) qui correspond à la communication inter-atriale du fœtus avant la
naissance.
Le septum inter-ventriculaire est très épais. Il est convexe du côté droit.

Remarque : La subsistance d’une communication inter-atriale, ou d’une communication inter-
ventriculaire (= Maladie de Roger chez l’homme), sont deux cardiopathies congénitales que
l’on peut rencontrer chez le chien (très rares). Elles sont viables, et conduisent à la longue à
une insuffisance cardiaque droite sévère.

è Une cloison transversale (ou horizontale), incomplète. Elle laisse deux larges trous
permettant la communication, de chaque côté, entre l’atrium et le ventricule : ce sont
les ostiums atrio-ventriculaires. Ils s’ouvrent et se ferment grâce à un système de
valves.

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2. Les atriums :
La cavité de l’atrium présente deux zones bien nettes, correspondant à ce qui a été
décrit en conformation externe :

è L’une présente une paroi charnue, épaisse et d’aspect aréolaire à cause de la présence
des muscles pectinés : elle correspond à l’auricule (la « pointe du croissant »)
è L’autre à paroi lisse où s’abouchent les veines : elle correspond au « corps » de
l’atrium.

Dans l’atrium droit, la limite entre ces deux zones est marquée par un fort relief de
la paroi atriale : la crête terminale. Sous le sinus des veines caves (le débouché des veines
caves), s’ouvre, chez le chien, le sinus coronaire (avec une petite valvule).

© DZVET 360 11

La conformation interne de l’atrium gauche est comparable à celle de l’atrium droit:
zone auriculaire pectinée d’une part, sinus des veines pulmonaires aux parois lisses d’autre
part.

© DZVET 360 12
De nombreux petits orifices parsèment les parois des deux atriums (surtout l’atrium
droit) : ils correspondent aux ostiums des veines minimes du cœur (cf. plus loin, drainage
veineux du cœur).

3. Les ventricules :
Chaque ventricule est délimité par une paroi externe, la paroi marginale, et une paroi
interne, la paroi septale, convexe du côté du ventricule droit.

a) Le ventricule droit :
Sa paroi marginale est mince. Sa paroi septale est convexe. Le plafond du
ventricule droit présente deux ostiums : l’ostium atrio-ventriculaire droit et l’ostium
pulmonaire.

La cavité du ventricule présente deux zones bien nettes :

• L’une située sous l’ostium atrio-ventriculaire et présentant de nombreux


reliefs charnus : c’est la chambre d’entrée du sang
• L’autre située juste sous l’ostium pulmonaire, en forme d’entonnoir et à
paroi lisse : c’est la chambre de sortie du sang.

© DZVET 360 13
Ø Les reliefs charnus du ventricule droit :

• Les muscles papillaires : Ils forment des cônes saillants dans la lumière du
ventricule. Dans le ventricule droit, on en distingue 3 :
ü Le muscle papillaire sous-artériel : situé sur la paroi septale, juste en
dessous du cône artériel
ü Le muscle grand papillaire : chez le chien, il est situé en position crâniale
et sur la paroi septale (chez les autres espèces, il est sur la paroi marginale)
ü Le muscle petit papillaire : forme de petites bosses situées toujours sur la
paroi septale, mais plus caudalement
Des cordages tendineux relient les muscles papillaires aux valvules de l’ostium atrio-
ventriculaire. La contraction des muscles papillaires lors de la systole, permet de maintenir la
valve atrio-ventriculaire fermée (empêchant le reflux du sang vers l’atrium).

• Les trabécules charnues : Ce sont des bandes musculaires aux extrémités attachées
à la paroi ventriculaire alors que leur corps est libre. La trabécule septo-marginale
en est une forme particulière. Comme son nom l’indique, elle relie la paroi septale
à la paroi marginale (il peut en exister 1 ou 2).
• Les muscles pectiniformes : Ils occupent le fond de la cavité ventriculaire. Ce sont
de petits reliefs aréolés ressemblant aux muscles pectinés des auricules (d’où leur
nom).

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b) Le ventricule gauche :
Sa paroi marginale est très épaisse (2 à 3 fois plus épaisse que celle du ventricule
droit). Sa paroi septale est concave. Son plafond est percé par l’ostium atrio-ventriculaire
gauche, et l’ostium aortique.

La cavité du ventricule gauche présente la même organisation que celle du


ventricule droit (chambre d’entrée et chambre de sortie du sang, mêmes types de reliefs
charnus). Toutefois, il ne possède que deux muscles papillaires, énormes : le muscle papillaire
sous- auriculaire (sur la paroi gauche), et le muscle papillaire sous-atrial (sur la paroi droite).
La trabécule septo-marginale est beaucoup plus fine et bifurquée.

4. Les ostiums du cœur :


Il y en a quatre : 2 ostiums atrio-ventriculaires (droit et gauche), et 2 ostiums
artériels (pulmonaire et aortique). Pour les voir, il faut réaliser une section transversale du
cœur passant par le sillon coronaire.

è Deux appartiennent au cœur droit : ils sont situés dans la moitié crâniale de la coupe :
ce sont l’ostium atrio-ventriculaire droit et l’ostium pulmonaire.
è Les deux autres, appartiennent au cœur gauche : l’ostium aortique, en position
pratiquement centrale, et l’ostium atrio-ventriculaire gauche, plus caudal.

Les ostiums s’ouvrent et se ferment grâce à des systèmes de valves formées de


valvules (= « cuspides »).

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a) Les ostiums atrio-ventriculaires :
Chaque ostium est délimité par un anneau fibreux qui donne attache aux cuspides
de la valve. Une valvule est une membrane très mince. Elle présente :

è Un bord adhérent à l’anneau fibreux, et un bord libre faisant saillie dans la lumière du
ventricule.
è Une face atriale (dorsale, qui regarde l’atrium) et une face ventriculaire (ventrale,
regarde le ventricule). Elles sont tapissées par l’endocarde.

Le bord libre et la face ventrale de chaque cuspide donnent attachent aux


cordages tendineux qui les amarrent aux muscles papillaires. Chaque cuspide est reliée à deux
muscles papillaires à la fois.

• La valve de l’ostium atrio-ventriculaire droit est tricuspide = formée de 3 valvules


principales : une cuspide septale (située du côté du septum), une cuspide pariétale ou
marginale (du côté de la paroi marginale) et une cuspide angulaire (entre les deux autres). Les
petits espaces qui restent sont complétés par une ou deux toutes petites cuspides accessoires.
• La valve de l’ostium atrio-ventriculaire gauche est bicuspide. Les deux cuspides
principales sont l’une septale, l’autre pariétale. Elles sont complétées par une ou deux petites
cuspides accessoires. La valve atrio-ventriculaire gauche est aussi appelée : valve mitrale du
cœur.

Ø Fonctionnement des valves atrio-ventriculaires :
Elles s’ouvrent en début de diastole pour laisser passer le sang dans le ventricule.
Elles se ferment en début de systole, empêchant le reflux du sang dans l’atrium.
er
La fermeture simultanée des valves tricuspide et mitrale est concomitante du 1 bruit
du cœur : son long, mat et sourd, le « BOUM ».

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Remarque : Les dysfonctionnements des valves atrio-ventriculaires sont à l’origine de certains


souffles cardiaques

ü Si pendant la diastole, l’ouverture de la valve est incomplète, on parle de rétrécissement


valvulaire. Le sang va buter contre la paroi des valvules, et passe, sous pression dans
un trou plus petit que la normale ® turbulences ® souffle audible au stéthoscope
pendant la diastole : on parle de souffle diastolique.
ü Si pendant la systole, l’ostium est insuffisamment fermé, c’est une insuffisance
valvulaire. Une partie du sang éjecté sous forte pression reflue vers l’atrium. Son
passage à travers la petite ouverture de l’ostium est à l’origine d’un souffle systolique.

b) Les ostiums artériels :


Les valves des ostiums artériels sont constituées chacune de 3 valvules semi-
lunaires ou « sigmoïdes ». Chaque cuspide présente un bord adhérent à l’anneau fibreux
périphérique, et un bord libre faisant saillie dans la lumière de l’artère.

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L’aspect semi-lunaire est donné par un nodule fibreux situé dans l’épaisseur de la
valvule, constituant en quelque sorte son « squelette ». Ainsi la face artérielle de la cuspide
reste concave, et détermine avec la paroi artérielle une sorte de cuvette située à la base de
l’artère : le sinus artériel.
La valve pulmonaire est formée de 3 cuspides : droite (en position crâniale), gauche
(en position caudale), intermédiaire.
La valve aortique est également tricuspide : cuspides droite, gauche et septale.

Ø Fonctionnement des valves artérielles :


Les valves artérielles s’ouvrent en début de systole lors du passage du sang dans les
artères et se ferment en début de diastole lors du remplissage du cœur.
La fermeture
simultanée des ostiums aortique et pulmonaire est concomitante du deuxième bruit du cœur,
un son court, sec et claquant, le « ta ».

Le mécanisme d’ouverture et de fermeture des valvules sigmoïdes est passif. Lors de


la systole, la pression du sang pousse les valvules et provoque leur ouverture. Après la systole,
le reflux du sang passé dans l’artère repousse les cuspides et referme l’ostium. A présence du
nodule fibreux permet d’éviter l’éversion des valvules et le risque de reflux artério-
ventriculaire.

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Remarque : Dysfonctionnement des valves artérielles et souffles cardiaques Selon le même
principe que pour les valves atrio-ventriculaires :

ü Si lors de la systole, l’ouverture des sigmoïdes est incomplète (= rétrécissement) on aura


un souffle systolique
ü Si, lors de la diastole, la fermeture des sigmoïdes est incomplète (= insuffisance), on
aura un souffle diastolique

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Applications : Quelques notions sur les bruits du cœur, les valvulopathies et les souffles
cardiaques en médecine vétérinaire

A l’auscultation, deux 2 bruits cardiaques normaux peuvent être entendus chez le


chien (et le chat) :

• B1, le « Boum », est concomitant de la fermeture des valvules atrio-ventriculaires. Il

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est suivi d’un petit silence ® B1 + petit silence = systole.
• B2 ; le « ta », est simultané à la fermeture des valvules sigmoïdes. Il est suivi d’un long
silence ® B2 + grand silence = diastole.

Un souffle surajouté est presque toujours pathologique. Dans la grande majorité des
cas il est la conséquence d’une lésion valvulaire : insuffisance (= fermeture incomplète), ou
rétrécissement (= ouverture incomplète)

Ces dysfonctionnements peuvent être dus à des malformations cardiaques, mais, le


plus souvent ce sont des lésions de l’endocarde (endocardite valvulaire). Les causes les plus
fréquentes sont infectieuses (strepto- ou staphylocoques), auto-immunes ou dégénératives.

Les rétrécissements valvulaires, fréquents chez l’homme (notamment le


rétrécissement mitral) sont très rares en cardiologie vétérinaire.

Les insuffisances valvulaires sont par contre fréquentes en cardiologie canine et


équine. Elles touchent plus particulièrement les valves atrio-ventriculaires chez le chien.
L’atteinte des sigmoïdes est plus rare, sauf pour l’insuffisance aortique relativement fréquente
chez le cheval.

Ces gênes à la circulation sanguine fatiguent le cœur qui doit travailler plus pour
assurer un bon débit sanguin. Il « essaye » de s’adapter (« de compenser ») : ses parois
s’hypertrophient, ses cavités se dilatent : c’est l’insuffisance cardiaque (droite ou gauche selon
la valve incriminée). A la longue, si le problème n’est pas traité par le vétérinaire, le cœur
atteint ses limites et ne peut plus compenser, et évolue vers une insuffisance cardiaque
globale décompensée, avec un risque, à tout moment, de défaillance et arrêt cardiaque

Remarque : L’examen avec un phonocardiogramme révèle en fait 2 autres bruits tout à fait
normaux, mais inaudibles au stéthoscope chez les carnivores :

ü B3, correspond à l’arrivée du sang dans les ventricules


ü B4 correspond à la contraction des auricules

Par contre, en plus de B1 et B2, il arrive chez certains chevaux d’entendre à l’auscultation, B3
ou B4 ou les deux ® Il ne pas les prendre pour des souffles ou autres bruits anormaux !!

Remarque : Conformation interne et imagerie du cœur

L’échographie du cœur permet d’explorer les cavités cardiaques. Selon la position de la


sonde (coupes grand axe ou coupes petit axe) il est possible de visualiser et d’examiner
pratiquement toutes les structures cardiaques décrites plus haut : muscles papillaires,
cordages tendineux, valves cardiaques (et en plus de les examiner en dynamique).

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III. Structure du cœur :

A. Architecture des tissus cardiaques :

a) Organisation générale :
Trois tuniques constituent les parois du cœur. De l’intérieur vers l’extérieur, on
distingue l’épicarde, le myocarde et l’endocarde.

L’épicarde est une lame fibreuse très fine, qui tapisse intimement la face externe du
cœur. Il correspond au feuillet viscéral du péricarde. Les vaisseaux et le tissu adipeux qu’on
voit à la surface du cœur sont sous-épicardiques.

L’endocarde tapisse intimement la face interne de la cavité cardiaque. C’est la partie


en contact avec le sang. Il est en continuité avec l’endothélium des veines et des artères et
tapisse les valvules. Les endocardites sont dues à des inflammations de cet endocarde.

Entre les deux, le myocarde est le muscle cardiaque, constituant principal du cœur

b) Etude du myocarde :
C’est une musculature striée formée de deux types de tissus musculaires : le
myocarde banal et le tissu nodal. L’ensemble s’appuie sur une charpente fibreuse qui
constitue, en quelque sorte, le « squelette » du cœur.

è Charpente fibreuse

Elle est représentée par les 4 anneaux fibreux qui délimitent les ostiums cardiaques.
Les anneaux sont solidarisés entre eux par des trousseaux de fibres ou trigones fibreux. De
façon schématique, ces trigones fibreux rayonnent à partir de l’anneau fibreux aortique vers
les trois autres ostiums.

Chez le cheval, les trigones fibreux peuvent subir une chondrification aboutissant à la
formation des cartilages cardiaques droit et gauche. Chez les bovins, l’ossification des trigones
est constante (à partir de 2 ans), et il se forme deux os cardiaques : un droit, et un gauche.

è Myocarde « banal »

C’est un muscle strié « classique » identique au muscle strié squelettique. Cellules


musculaires striées plus courtes, plurinucléés et ramifiées (cf. cours d’histologie). Les faisceaux
musculaires du myocarde banal s’insèrent sur les anneaux fibreux et se disposent en trois
couches superposées. Ils s’organisent en faisceaux atriaux et en faisceaux ventriculaires :

Fibres atriales propres (gauches, droites) et unitives (= inter-atriales, c’est-à-dire


unissant les deux atriums)

Fibres ventriculaires propres (gauches, droites) et unitives (inter-ventriculaires)

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Mais, surtout, il n’existe pas de faisceaux musculaires reliant les atriums aux
ventricules. La propagation de contraction cardiaque des atriums aux ventricules se fait grâce
au tissu nodal.

è Tissu nodal

Ce tissu musculaire, spécifique au cœur, semble avoir gardé un caractère


embryonnaire. Il a la singulière capacité de pouvoir « s’auto-stimuler » : c’est le tissu
automatique du cœur, lieu où naît la stimulation cardiaque qui diffuse et provoque, à son tour,
la contraction du myocarde banal.

Les cellules du tissu nodal s’organisent :

• En amas, au niveau des nœuds (d’où la dénomination « nodal ») qui donnent naissance
aux stimulis : nœud sinu-atrial et nœud atrio-ventriculaire.
• En faisceaux qui permettent la propagation de la contraction vers les parois des
ventricules (faisceau de His)
• Et en réseaux situés dans les parois marginales des ventricules (réseaux de Purkinje).

L’onde de dépolarisation naît d’abord dans le nœud sinu-atrial, situé au niveau de la


crête terminale à côté du sinus des veines caves, dans l’atrium droit.

La contraction se propage à l’ensemble des parois atriales, puis au nœud atrio-

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ventriculaire.

La diffusion de l’influx dans les parois ventriculaires est assurée par le faisceau de His,
situé dans le septum inter-ventriculaire, et qui est le seul lien entre la musculature atriale et
la musculature ventriculaire. Les branches du faisceau de His empruntent les trabécules
septo-marginales.


C’est donc le nœud sinu-atrial qui impose le rythme cardiaque. C’est pourquoi il est
qualifié de « pacemaker » du cœur. Ce rythme, qui est le rythme physiologique du cœur, est
appelé « rythme sinusal ». Il est contrôlé par le système nerveux autonome (para et
orthosympathiques)

Remarque : En cas de lésion du nœud atrio-ventriculaire, ou du faisceau de His, le battement


cardiaque n’atteint plus les ventricules. On parle de « bloc auriculo-ventriculaire ». Les cellules
nodales situées dans les parois des ventricules se mettent alors à battre selon leur propre
rythme, beaucoup plus lent que le rythme sinusal, et insuffisant pour maintenir une circulation
sanguine adéquate. En cardiologie humaine, on pallie à cela en implantant chirurgicalement
un stimulateur, le « pacemaker », qui va commander artificiellement les contractions
cardiaques.

Remarque : Cœur et électrocardiographie : Comme tout tissu qui possède une activité
électrique, celle du muscle cardiaque peut être enregistrée et constitue un moyen d’exploration
de l’activité cardiaque. L’ECG (ou EKG) est indispensable pour un diagnostic précis des troubles
du rythme (« arythmies » ou « dysrythmies »), ainsi que pour certaines myocardites.

B. Vascularisation du cœur :
Le cœur est un organe qui « travaille » continuellement, toute la vie de l’animal. Il
nécessite donc un approvisionnement constant et important en O2. Sa vascularisation est
intense.

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a) Irrigation du cœur : les artères coronaires
Les artères du cœur sont les artères coronaires. Elles sont au nombre de 2 : l’artère
coronaire gauche et l’artère coronaire droite.

Elles naissent de l’aorte immédiatement au-dessus de l’ostium aortique. A chaque


systole, elles reçoivent 10% du sang qui passe dans l’aorte (ce qui est énorme pour un organe
qui fait moins de 1% du poids du corps). Lors d’un effort physique intense, ce débit des artères
coronaires peut être multiplié par 5 ou 6.

Leur calibre et l’importance de leurs territoires d’irrigation respectifs varient selon


les espèces. On distingue deux principaux types d’irrigation coronarienne :

• Le système coronarien gauche : L’artère coronaire gauche est nettement plus


volumineuse, et son territoire d’irrigation est beaucoup plus étendu que l’artère
coronaire droite c’est celui du chien et des ruminants
• Le système bilatéral : Les deux artères coronaires ont pratiquement le même calibre,
et leur territoire de distribution est équivalent. C’est celui du cheval, du porc et de
l’homme.

Ø Type coronarien gauche
L’artère coronaire gauche naît perpendiculairement à l’aorte. Elle se dirige vers la face
gauche, passant entre le tronc pulmonaire et l’auricule gauche. A l’aplomb du sillon
interventriculaire paraconal, elle se divise en 2 branches :

• Le rameau inter-ventriculaire paraconal emprunte le sillon du même nom et donne


des rameaux crâniaux (pour le VD), des rameaux caudaux (pour le VG) et des rameaux
septaux. 


• Le rameau circonflexe gauche chemine dans le sillon coronaire, contourne le bord


caudal du cœur (donc se retrouve sur la face atriale du cœur) et atteint le sillon inter-
ventriculaire sous-sinusal. Là, il donne le rameau inter-ventriculaire sous-sinusal qui
se distribue en rameaux crâniaux, caudaux et septaux. 
L’artère coronaire droite est
beaucoup plus grêle. Elle se dirige crânialement, passe sous l’auricule droite et atteint
le bord ventriculaire droit du cœur. Elle emprunte alors le sillon coronaire et s’épuise
en petits rameaux à la face atriale du cœur.

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Ø Type coronarien bilatéral


L’artère coronaire droite est pratiquement aussi volumineuse que la gauche. C’est elle
qui donne le rameau inter-ventriculaire sous-sinusal (alors qu’il provient de l’artère coronaire
gauche dans le type gauche).


Remarque : Chez le chat, on a un type coronarien intermédiaire : selon l’individu, c’est l’artère

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coronaire gauche ou l’artère coronaire droite qui est la plus volumineuse et qui va donner le
rameau inter-ventriculaire sous-sinusal.


Remarque : L’infarctus du myocarde est la nécrose d’une petite zone du myocarde suite à
l’oblitération d’une des branches des artères coronaires, en général par une plaque
d’athérome. Ceci est favorisé par le fait que l’arborescence artérielle du cœur est terminale,
c’est-à-dire qu’il n’existe pas d’anastomoses artério-artérielles ou artério-veineuses. Il est
fréquent chez l’homme, (une des principales causes de l’arrêt cardiaque), mais extrêmement
rare chez le chien (en général ; « trouvaille d’autopsie »). Ceci serait peut-être dû à la plus
grande densité de la distribution terminale des rameaux des coronaires chez le chien. Mais ce
qui est sûr, c’est que la fréquence de l’infarctus chez l’homme est surtout liée à l’hérédité et/ou
à son hygiène de vie : tabac, alcool, cholestérol, obésité, sédentarité, excès culinaires ...

b) Drainage veineux du cœur :


Il est très dense et complexe. De façon très schématique, on peut considérer qu’on
a 4 systèmes de veines : les veines minimes, les petites veines, la veine moyenne et la grande
veine du cœur. Elles aboutissent toutes, directement ou indirectement (via le sinus
coronaire), dans l’atrium droit.

• Les veines minimes du cœur sont nombreuses et très petites. Après un bref trajet dans
l’épaisseur de la paroi cardiaque, elles s’ouvrent directement dans les 4 cavités
cardiaques, par de tous petits orifices, très nombreux dans l’atrium droit.
• Les petites veines (ou veines droites) du cœur drainent la paroi marginale du
ventricule droit et se jettent directement dans l’atrium droit.

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• La veine moyenne naît à l’extrémité du sillon inter-ventriculaire sous-sinusal à la face
atriale du cœur. Elle remonte le sillon et se jette dans le sinus coronaire ou directement
dans l’atrium droit.
• La grande veine naît à la face auriculaire du cœur à l’extrémité du sillon inter-
ventriculaire paraconal. Elle remonte ce sillon, puis se place dans le sillon coronaire,
contourne le bord caudal du cœur et se termine dans l’atrium droit (ou dans sinus
coronaire).


Remarque : La veine azygos « n’a rien à voir avec le cœur ». C’est une veine impaire issue des
veines cardinales de l’embryon. Elle draine les espaces inter-costaux les plus caudaux et les
premiers espaces inter-lombaires. Chez les ruminants et le porc seule persiste la v. azygos
gauche. Chez le chien et le cheval, c’est la v. azygos droite qui se termine dans la veine cave
crâniale.

c) Drainage lymphatique :
Il est également très dense. Plusieurs réseaux lymphatiques sont drainés par les
nœuds lymphatiques médiastinaux crâniaux et par les nœuds lymphatiques trachéo-
bronchiques.

Remarque : Ces nœuds lymphatiques drainent également tous les organes et les parois du
thorax. Ils sont absolument à examiner à chaque autopsie, ainsi que sur la « fressure » à
l’abattoir (= ensemble cœur- poumons-trachée).

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C. Innervation du cœur : les nerfs cardiaques
La contraction cardiaque est involontaire. Elle est contrôlée par le système nerveux
autonome :

a) Innervation parasympathique :

Les grêles nerfs cardiaques crâniaux et caudaux procèdent du nerf vague (Xème paire
crânienne). Ils sont cardio-modérateurs, c’est-à-dire qu’ils diminuent la fréquence cardiaque
(bradycardie).

b) Innervation orthosympathique :
Les très fins nerfs cardiaques cervicaux proviennent du ganglion cervico-thoracique,
tandis que les nerfs cardiaques thoraciques sont issus des ganglions de la chaîne sympathique
thoracique. Leur rôle est cardio-accélérateur, autrement dit, ils augmentent la fréquence
cardiaque (tachycardie).

Les filets nerveux parasympathiques et sympathiques s’emmêlent constituant des


plexus cardiaques situés à la base du cœur.

ETUDE DU CŒUR EN PLACE


I. Situation et rapports dans le thorax :



A. Situation et disposition :
Le cœur est situé́ dans le thorax, entre les 2 poumons, dans le médiastin moyen (formé
par les plèvres). Il est enveloppé dans sa propre séreuse : le péricarde.

L’aire cardiaque se projette sur le thorax, en général, entre la 3° et la 6° côte. Le cœur


ne dépasse pas la moitié inférieure du thorax.

Vu de profil, le grand axe du cœur est oblique, il forme un angle avec le sternum de
30° à 40° chez les carnivores (il est beaucoup plus redressé chez les ongulés ± 10°).

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La hauteur maximale du cœur doit être inférieure au 2/3 de la hauteur totale du
thorax et la largeur maximale du cœur doit être inférieure à 2/3 de la largeur maximale du
thorax.

L’étendue où le cœur est en contact direct avec le sternum se nomme contact sternal
moyen, il varie suivant l’espèce, la race, la taille et la morphologie de l’animal (médioligne,
bréviligne ou longiligne). Exemple : il est plus important chez le bouledogue que chez le lévrier.

Il est orienté vers la gauche par rapport au plan médian : sa plus grande masse (3/5
environ) se trouve à gauche de ce plan.

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B. Rapports anatomiques :
A travers le péricarde, le cœur se trouve en rapport :

• A gauche : avec le poumon (empreinte cardiaque) et le nerf phrénique


gauches (nerf du diaphragme).
• A droite, avec le poumon et le nerf phrénique droits.
• Dorsalement avec la trachée qui se termine juste au-dessus de l’atrium
gauche (bifurcation trachéale). L’axe de la trachée forme un angle aigu avec
l’atrium droit.


Remarque : Ces rapports avec la trachée sont importants à examiner sur une radiographie. Ils
peuvent être modifiés lors d’insuffisance cardiaque.

C. Moyens de fixité :
Ils sont représentés par les gros vaisseaux de la base du cœur d’une part, et par sa séreuse,
le péricarde d’autre part.

a) Les gros vaisseaux de la base du cœur :



• L’aorte forme l’arc aortique qui suspend le cœur au plafond de la cavité́ du
thorax.

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• Les veines caves crâniale et caudale forment un axe qui suspend le cœur dans le
sens longitudinal.
• Le tronc pulmonaire et les artères pulmonaires fixent le cœur aux poumons.

b) Le péricarde :
Il assure la contention (évite sa trop grande dilatation), la fixation du cœur (limite ses
mouvements lors de la systole) et joue également un « rôle d’amortisseur hydraulique ».

Il est formé de 2 feuillets :

• Le péricarde fibreux, le plus externe. C’est un sac épais s’attachant autour de la racine
des gros vaisseaux de la base du cœur.
• Le péricarde séreux est composé d’une lame viscérale qui tapisse intimement la face
externe du cœur (c’est l’épicarde), et d’une lame pariétale accolée à la face interne du
péricarde fibreux. Ces deux lames délimitent la cavité́ péricardique qui contient
quelques ml (0,5 à 5-6 ml chez le chien) de liquide péricardique assurant le flottement
du cœur dans ses enveloppes (« amortisseur hydraulique »).


Chez le chien, le péricarde est attaché au diaphragme par le ligament phrénico-
péricardique. Chez le bœuf, le péricarde est fixé au sternum par le ligament sterno-
péricardique. Ce dernier est, chez le cheval, remplacé par une forte zone d’adhérence.

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Notions sur les péricardites : La cavité ́ péricardique peut se trouver distendue lors de certaines
affections. Lors de péricardites chroniques, la sécrétion du liquide péricardique est augmentée
(« épanchement péricardique ») ou sa résorption entravée. Comme le sac fibreux est peu
extensible, le cœur va se trouver comprimé et son fonctionnement perturbé. L’augmentation
de volume de la cavité péricardique peut être visualisé sur des clichés radiographiques ou par
échocardiographie.

II. Topographie : Projections des valves cardiaques sur la paroi


thoracique :
Remarque : Pour l’examen du cœur au stéthoscope, il est impératif de connaître les
aires de projection du cœur et de ses ostiums sur le thorax.

L’aire de projection cardiaque se situe, chez la plupart des mammifères domestiques


entre la 3ème et la 6ème côte, dans le tiers ventral du thorax.

La pointe du cœur (l’apex) se place juste au-dessus du sternum, en regard du 5° espace


intercostal, en arrière de la pointe du coude. Il est à l’origine du choc précordial qu’on peut
percevoir en posant la main, à ce niveau, contre le thorax (examen important chez le cheval).

A. Chez le chien :

Ø Les repères anatomiques sont :

• Les côtes, et les articulations costo-chondrales (facilement palpables sous la peau). On
est pratiquement sur une ligne passant par le tiers ventral du thorax.
• Les aires d’auscultation des valves, correspondent à leur zone d’écoute optimale (et
non pas à leur projection géométrique sur le thorax, puisque le son se propage...)

Ø Du côté gauche on peut ausculter :

• L’ostium pulmonaire, c’est le plus crânial, sa projection acoustique optimale se fait
dans le 3ème espace intercostal (EIC) à hauteur de la ligne des articulations costo-
chondrales.
• L’ostium aortique : dans le 4ème EIC, légèrement plus haut que la ligne des articulations
costo-chondrales.
• L’ostium atrio-ventriculaire gauche (valve mitrale), dans le 5ème EIC à hauteur des
articulations costo-chondrales.

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Ø Du côté droit on peut ausculter :

• L’ostium aortique (position centrale et forte pression peut être écouté des deux côtés)
dans le 4ème EIC au tiers ventral du thorax.
• L’ostium atrio-ventriculaire droit (valve tricuspide) dans le 5ème EIC, à hauteur des
articulations costo-chondrales.

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B. Chez le cheval :
Chez les grands ongulés, le cœur est beaucoup plus redressé que chez les carnivores
(presque vertical), et l’aire de projection cardiaque est cachée par la masse importante des
muscles de l’épaule et du bras qui se trouvent plaqués contre le thorax. L’auscultation du
cœur est donc plus difficile. Il faut tirer le membre le plus en avant possible.

è Le choc précordial est perçu en plaçant la paume de la main en regard du 5ème ou


6ème EIC, juste au-dessus du sternum légèrement en arrière de la pointe du coude.
è Les ostiums sont écoutés de part et d’autre d’une ligne horizontale passant par la
pointe de l’épaule (à peu près au 1/3 ventral du thorax)


Ø Du côté gauche :

• L’ostium pulmonaire : dans le 3ème EIC et sur la 4ème côte.s
• L’ostium aortique : dans le 4ème EIC et débordant sur les 4 et 5ème côtes. Valve mitrale
: dans le 5ème EIC débordant sur les 5ème et 6ème côtes.


Ø Du côté droit :

• La valve tricuspide : dans le 4ème EIC (débordant sur la 4ème et 5ème Côtes).

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Remarque : L’auscultation du cœur du cheval et son interprétation se distinguent par leur


difficulté. En effet, à côté des bruits classiques (le Boum et le Ta), il est possible d’écouter les
3ème et/ou le 4ème bruit, mais également d’autres bruits, appelés « souffles ». La difficulté étant
de déterminer si ces souffles sont physiologiques ou pathologiques à l’origine de baisse de
performance ou d’intolérance à l’effort. C’est tout l’intérêt, pour un diagnostic complet et
efficace chez cette espèce, des tests d’efforts et des examens complémentaires (échographie
Doppler, ECG).

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QUELQUES PARTICULARITÉS SPÉCIFIQUES ET ÉLÉMENTS DE
DIAGNOSE

Dans sa conformation générale, le cœur présente peu de particularités spécifiques


ayant vraiment une répercussion sur sa physiologie.
Dans le cas d’une diagnose (Problème qui ne se posera sûrement pas en pratique
médicale, mais peut-être, éventuellement, pour les pièces de boucherie) :

Ø Toujours comparer :
• Des organes de grande taille : bœuf, cheval
• Des organes de taille moyenne : porc, petits ruminants, grands chiens
• Des organes de petite taille : chat, lapin, chiens toys …

Ø En gardant toujours dans l'esprit que :
• Les jeunes animaux d'une espèce de grande taille, auront des organes de taille
comparable à celle des animaux de taille moyenne …
• Qu'il peut exister des variations raciales chez le cheval et, surtout, chez le chien.
• Qu'on peut avoir des variations individuelles selon l'activité physique de l'animal.
• Enfin, ne pas oublier que les pathologies cardiaques (Insuffisances cardiaques
droite, gauche ou globale) peuvent modifier le volume et, surtout, la forme du
coeur.























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CRITERES DE DIAGNOSE SUR PIECES ANATOMIQUES

N.B: (**) = Caractères très nets.
(*) = Caractères plus relatifs.

I. Cœurs de grande taille :


Cœur de bœuf Cœur de cheval
1) Conformation externe
Poids 3-4 kg 2-3 kg
Cône arrondi à l’apex
Cône allongé, plus
Forme (**) pointu, souvent
aplati. Apex arrondi
légèrement recourbé.
Graisse sous- Blanche, ferme et
Jaune et molle
épicardique (**) friable
Ventricule gauche Sillon ventriculaire

(bord gauche) (**) caudal avec veine
Auricule gauche (bord Lisse ou légèrement
Très festonné
ventral) (*) crénelé
Vascularisation (visible Type coronaire Type coronaire
après dissection) bilatéral gauche
2) Conformation interne
Ventricule droit :
Très fine (« mine de Epaisse (« taille d’un
trabécule septo-
crayon ») crayon »)
marginale (**)

ü Chez les deux espèces, le cœur a une position assez verticale par rapport au sternum (85°
- 90° avec le plan sternal).
ü L’aire cardiaque se projette entre la 3ème et la 6ème côte.
ü Moyens de fixité :
• Boeuf : ligament sterno-péricardique
• Cheval : zone d’adhérence sterno-péricardique.

Ø Le cœur du cheval, est un cœur de « sportif ». Il est proportionnellement beaucoup

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plus volumineux que chez les autres espèces : il pèse en moyenne 3 à 4 kg, soit entre 0,75 et
0,9% du poids du corps (homme : 0,33 % ; bœuf : 0,46%, chien : 0,75%). Le cœur de certains
grands champions dépasse parfois les 6kg et peut atteindre 1 à 1,1% du poids du corps.

L’entraînement influe également sur ces caractères physiques : Ainsi le cœur d’un pur-
sang se situe en moyenne entre 4 et 5 Kg (0,8 à 1% poids du corps), tandis que chez les chevaux
non entraînés, le cœur est nettement moins volumineux (3 à 4 Kg soit 0,7 à 0,8%).
L’entraînement augmente le poids du cœur par hypertrophie des parois d’une part et par
augmentation du volume des cavités cardiaques d’autre part.

® Quelques notions de cardiologie sportive du cheval


Comme chez les sportifs humains de bon niveau, la fréquence cardiaque du cheval de
sport au repos est faible (25-40 battements par minute). Mais, contrairement à l’homme,
l’entraînement ne semble pas du tout influer sur cette fréquence au repos. Lors d’un effort
intense, cette fréquence cardiaque peut atteindre 200, voire 240 battements par minute !

Mais ce qui est surtout le plus important c’est :


• Le temps nécessaire pour atteindre cette fréquence cardiaque maximale, d’une part
(plus il est long, et plus le cheval est performant) ;
• Le temps de récupération de la fréquence de base après l’effort, d’autre part (plus
il est faible, et plus le cheval est performant).
Ces deux paramètres, caractérisant les capacités aérobies du cheval (son aptitude à
utiliser de façon optimale l’oxygène) sont améliorés par l’entraînement.
Bien que les causes majeures d’intolérance à l’effort chez le cheval soient les affections
respiratoires ou locomotrices, il ne faut pas exclure d’éventuels problèmes cardiaques. Les «
anomalies » cardiaques les plus fréquentes sont la présence d’une arythmie ou d’un souffle
détectables à l’examen au repos. Mais la majorité de ces « anomalies » sont sans répercussion
sur les capacités sportives.
v Le tonus vagal élevé au repos (accentué chez les chevaux en très bonne condition
physique ou au tempérament très calme) prédispose le cheval à développer des
arythmies physiologiques.
v Des souffles et autres bruits cardiaques sont fréquents à l’auscultation du cœur de
cheval. Mais la majorité sont physiologiques et ne semblent pas avoir de répercussions
significatives sur les capacités sportives (rappel : chez certains chevaux, il arrive parfois
d’entendre le 3ème et/ou le 4ème bruit du cœur à l’auscultation. Le 3ème bruit
correspond à l’arrivée du sang dans les ventricules, et le 4ème à la contraction
auriculaire).
Les cardiopathies congénitales du poulain existent, mais sont très rares. Parmi les
cardiopathies acquises, les plus fréquentes concernent le cœur gauche et sont dues à des
insuffisances valvulaires : si l’insuffisance aortique est assez bien tolérée, l’insuffisance mitrale
est par contre la plus fréquemment associée à une intolérance à l’effort. Enfin, les
myocardites, rares, mais souvent sous diagnostiquées peuvent être le résultat d’un

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surmenage ou d’une fatigue cardiaque (efforts intenses et soutenus) et conduisent à des
troubles du rythme.

La différenciation entre les « anomalies physiologiques » et les anomalies à l’origine


d’une intolérance à l’effort est assez difficile, et nécessite un examen clinique très précis,
très attentif et approfondi, débouchant sur des examens complémentaires (Tests d’Effort,
ECG, échocardiographie).


II. Espèces de taille moyenne :

On peut classer dans cette catégorie le cœur des petits ruminants, du porc et des grands
chiens
La différenciation entre un cœur de petit ruminant et celui d’un porc ne pose pas vraiment
de problème particulier tant leur morphologie est différente.
Le problème de diagnose anatomique peut se poser plus nettement entre le porc et le chien.
En effet, les cœurs de porcs charcutiers, abattus jeunes, ont une taille équivalente à celle d'un
grand chien de type berger allemand.

A) Les petits ruminants :
® Poids 200 à 250 grammes.

® Forme d'un cône beaucoup plus arrondi, plus allongé et plus pointu que chez le
bœuf, avec les mêmes caractéristiques (graisse blanche et friable, veine ventriculaire caudale,
veine azygos gauche, trabécule septo-marginale du ventricule droit …).

B) Cœur de porc :
Voir le tableau comparatif avec le chien

C) Cœur de chien :
Voir cours sur le cœur. Voir le tableau comparatif avec le porc.

Ø Il est également important de noter, qu’en plus des variations raciales liées au poids et
au volume, il existe des variations liées au type morphologique, dont il faudrait tenir compte
lors d’un examen des silhouettes cardiaques en radiologie Ainsi par exemple :

• La silhouette cardiaque des chiens de races médiolignes (« format moyen ») a une


largeur de 3 espaces intercostaux sur une radiologie de profil et présente un contact
sternal moyen.

• Chez des races brévilignes, le thorax est relativement plus large et de hauteur réduite.
Le cœur apparaît très large (largeur de 3 à 31/2 espaces intercostaux), très arrondi, et
semble très couché sur le sternum (contact sternal long) : à ne pas prendre pour une
insuffisance cardiaque !

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• A l’opposé, les races longilignes ont une cage thoracique étroite et allongée. Leur cœur
apparaît plus redressé par rapport au sternum (contact sternal plu bref) et plus étroit
(21/2 espaces intercostaux environ) sur une radio de profil.

Ø Enfin certaines races présentent des cœurs morphologiquement particuliers : Ainsi, la


silhouette cardiaque normale du Yorkshire ressemble à celle d’un chien de race bréviligne,
tandis que chez le Teckel (plus proche des races longilignes) le cœur apparaît quand même
assez large et très couché sur le thorax comme chez les brévilignes.

PRINCIPAUX CRITÈRES DE DIAGNOSE DES CŒURS DU PORC ET DU


CHIEN

Cœur de porc Cœur de chien


1) Conformation externe
100-300g chez le
200 à 300g à 6 mois Berger allemand
Poids
500g chez le verrat 500g chez le Dogue
allemand
Globuleux, apex plus Globuleux, apex
Forme (*)
pointu plutôt émoussé
Saindoux = graisse Graisse jaunâtre et
Graisse sous-
blanche molle, très molle, moins
épicardique (*)
abondante abondante
Festonné : trilobé, Sillon ventriculaire
Auricule gauche (bord
voire parfois En général lisse,
gauche) (*)
plurilobé ou crénelé mais parfois crénelé
Très oblique, atteint
Très oblique, rejoint
Sillon interventriculaire le 1/3 ventral, ou le
le milieu du bord
paraconal milieu du bord
ventriculaire droit
ventriculaire droit
Dédoublées : triade
Veines Idem, mais de façon
avec l’artère
interventriculaires moins constante
coronaire

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Artères coronaires
(visibles après Type bilatéral Type gauche
dissection) (**)
2) Conformation interne
Ventricule droit :
Très épaisse (1cm de Très fine (1-2mm de
trabécule septo-
diamètre) diamètre)
marginale (**)

III. Coeurs de (très) petite taille :

Cœurs de chiens nains, chat, lapin, …

A) Cœur du chat :
Coeur globuleux, ayant les mêmes caractéristiques que celui du chien.
Il est beaucoup plus couché sur le sternum que chez le CN (25 ̊-30 ̊), et plus caudal :
Aire de projection entre la 4ème et la 7ème côte L'aire d'auscultation se trouve entièrement
en arrière du membre thoracique.
Pas d'attache du péricarde ni sur le sternum, ni sur le diaphragme. Vascularisation
coronaire de type intermédiaire.

B) Cœur du lapin :
Cœur en forme de cône arrondi, très allongé et pointu.
Il est très couché sur le sternum, comme chez le chat, mais est beaucoup plus crânial
dans le thorax (2ème --> 5ème côte).
Présence de deux veines caves crâniales, l'une gauche, l'autre droite.
Prédominance de l'artère coronaire droite.











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Conclusion
La fonction du cœur en tant qu’organe central de la circulation fait que toute
pathologie cardiaque peut se répercuter sérieusement sur les organes importants situés sur
les grandes voies circulatoires tels que les poumons, le foie ou les reins. A l’inverse, toute
pathologie de ces organes peut se répercuter sur le fonctionnement cardiaque.

Le diagnostic précis des pathologies cardiaques nécessite une connaissance parfaite


de son anatomie fonctionnelle et topographique :
• L’interprétation de l’imagerie médicale du cœur requiert une connaissance
précise de ses conformations externe, interne et de sa topographie,
• L’interprétation des souffles cardiaques nécessite une bonne compréhension de
la mécanique cardiaque et du fonctionnement des ses différentes valves.

C’est les seuls moyens de mettre en place un traitement adéquat : efficace et, surtout,
non nocif.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Anatomie


CM n°2‐3

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Sommaire :

Introduction

I. Généralités de la circulation sanguine : p.2
A. Structure des vaisseaux :
a) L’intima
b) La média
c) L’adventice
B. Diversité des vaisseaux :
a) Les artères
b) Les capillaires
c) Les vaisseaux lymphatiques
d) Les veines
C. Distribution :
a) Les artères
b) Les veines
D. Variations
E. Organisation en deux circulations :
a) La circulation pulmonaire
b) La grande circulation
II. Système artériel et irrigation : p…7
A. Tronc pulmonaire
B. Aorte :
a) Aorte thoracique
b) Aorte abdominale
c) Terminales de l’aorte


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III. Drainage veineux : p.20
A. Système veineux de la petite circulation
B. Système veineux de la grande circulation
C. Veines cardiaques
D. Retour sanguin général :
a) Veine cave crâniale
b) Veine cave caudale
c) Veine porte
IV. Drainage lymphatique : p.25
A. Organisation générale du système lymphatique :
a) Drainage des membres pelviens, de l’abdomen et du thorax
b) Drainage des éléments crâniaux (tête, encolure et membres thoraciques)
B. Quelques particularités :
a) L’absence d’éléments de vasomotricité
b) La présence de nœuds lymphatiques


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Introduction

La vascularisation prend à la fois en compte :

• Les vaisseaux sanguins, qui assurent l'apport de nutriments, de gaz et d'informations
(hormones) aux cellules de l'organisme ainsi que l'élimination des déchets métaboliques
produits.
• Les vaisseaux lymphatiques, qui réalisent la filtration de la lymphe et le drainage des
déchets des tissus. Ils prennent en charge 1/10e du retour sanguin au cœur.

Le cœur est l’organe centrale de la circulation car il permet a mise en mouvement du
sang dans les vaisseaux. On distingue les artères, qui partent du cœur et apportent le sang au
reste de l’organisme en formant un système d’irrigation, et les veines qui font le chemin
inverse en formant un système de drainage qui assure les 9/10èmes du retour sanguin.
Entre les deux se situent les capillaires, où ont lieu les échanges avec les tissus. La
distinction ne porte donc pas sur la nature du sang transporté mais sur le sens de circulation du
sang par rapport au cœur. Cette circulation sanguine très dense se découpe en deux systèmes :
la petite et la grande circulation.

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I. Généralités de la circulation sanguine :

A. Structure des vaisseaux :
Tous les vaisseaux, sanguins et lymphatiques, présentent une base commune. Ils sont
constitués de trois couches appelées tuniques qui ont chacune leur spécificité :

v L’intima : Couche la plus interne du vaisseau qui
se trouve au contact du sang. Elle forme un épithélium Lors d’une chirurgie, les vaisseaux
unistratifié (endothélium vasculaire) qui tapisse la sanguins sont à manipuler avec une
lumière du vaisseau, il est composé de cellules aplaties grande délicatesse. En effet, l’intima
reposant sur une lame basale appelée limitante est très fragile : on peut en provoquer
élastique interne. Elle s’oppose à l’adhésion des la rupture sans hémorragie visible de
plaquettes donc à la formation de caillots. L’intima est l’extérieur. Ces lésions peuvent
extrêmement fine et peut donc être facilement lésée. conduire à une hémostase par
C’est l’élément le moins résistant physiquement mais le adhérence des plaquettes, ce qui
plus résistant chimiquement. provoque alors des thrombus (= masse
sanguine coagulée dans un vaisseau
v La média : Couche intermédiaire du vaisseau qui et amenant à la formation d’un
caillot), voire des œdèmes. Cette
présente une forte teneur en fibres élastiques et
propriété est utilisée avant la section
cellules musculaires lisses assurant la vasomotricité
d’un vaisseau pour éviter
sous contrôle local, nerveux (sympathique) et hormonal l’hémorragie : on enroule le vaisseau
(endocrinien : prostaglandines). Au niveau de la crosse sur lui-même pour fissurer l’intima et
aortique et des vaisseaux ombilicaux, la média joue déclencher la coagulation en aval du
aussi un rôle d’amortisseur face aux pressions point de section (technique du
sanguines élevées grâce à sa richesse en fibres bistournage). On peut également
élastiques : l’aorte reçoit l’onde systolique et les élonger les vaisseaux jusqu’à
vaisseaux ombilicaux amortissent la circulation formation de l’hémostase..
placentaire. La média permet de différencier les
vaisseaux (artères, veines, capillaires) selon son
épaisseur et si elle est présente ou absente. Réduite
chez les veines, permettant une certaine déformation
et plus épaisses chez les artères, donc peu
déformables, ce qui explique les différences de
coloration entre les veines et les artères. Elle est
absente sur les capillaires.

v L’adventice : C’est la couche la plus externe du


vaisseau. Elle forme le squelette du vaisseau. Elle
constitue un cadre conjonctif mécanique assurant la
solidarisation aux tissus avoisinants. C’est la couche la
plus résistante mécaniquement. Elle est elle-même
irriguée dans les grosses veines. Elle fait le lien avec le
tissu conjonctif avoisinant, et peut souder la veine à
l’artère avoisinante (ex : artère et veine fémorale). La
constitution et l’importance de ces trois couches
varient selon la nature du vaisseau.

Structure générale et tuniques d’un vaisseau


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B. Diversité des vaisseaux :
La diversité fonctionnelle des structures vasculaires les soumet à des conditions
différentes ce qui se traduit par une adaptation structurale.

a) Les artères :
Elles assurent l’irrigation, apport sanguin à une région donnée de l’organisme, et
présentent une structure adaptée aux fortes pressions auxquelles elles sont soumises. Elles
forment un système résistif et possèdent donc une paroi épaisse avec une média bien
développée, riche en fibres musculaires. De ce fait, elles sont rondes, peu déformables et à
calibre relativement constant (lors d’un garrot, seules les veines sont comprimées). Les
artères sont rectilignes et de couleur relativement claire en raison de leur épaisseur (le sang
transparaît peu) ainsi que la coloration blanchâtre des fibres musculaires.


b) Les capillaires :
Ils assurent les échanges transpariétaux entre tissus et sang. Ils ne présentent
pas de média et leur paroi est très fine ce qui facilite la diffusion.


c) Les vaisseaux lymphatiques :
Ils ont une structure similaire à celle des capillaires (pas de média ni de fibres
musculaires). L’écoulement de la lymphe dans le système vasculaire est réalisé suite à
l’écrasement des vaisseaux par l’environnement musculaire.


d) Les veines :
Ce sont des vaisseaux qui assurent le retour du sang à la pompe cardiaque formant
une partie du système de drainage parallèle au système d’irrigation. Elles sont soumises à de
faibles pressions et possèdent peu de fibres musculaires ce qui les rend déformables. Les
veines constituent un système capacitif qui peut contenir le double du volume artériel. Cette
capacité à se déformer est utilisée pour les prises de sang : la compression en aval d’une veine
entraîne une accumulation de sang en amont.
Les veines (hormis les veines caves et portes) possèdent des valvules qui permettent
d’éviter le reflux sanguin, notamment dans les membres, où le sang veineux doit circuler dans
le sens inverse de la pesanteur. Les veines sont beaucoup plus colorées que les artères car
leur paroi est généralement plus fine (média très peu développée) et laisse apparaître le sang
carbonaté plus foncé.

Remarque : Une artère a toujours une veine satellite mais l’inverse n’est pas toujours vrai (en
général les plus superficielles n’en ont pas).

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C. Distribution :
Le système vasculaire est assimilé à un arbre dont l’origine est le tronc pulmonaire. Il
se prolonge ensuite par :

a) Les artères :
Elles constituent la partie aérienne du système d’irrigation. Elles forment d’abord
des troncs artériels qui se divisent en branches puis en rameaux, et enfin en capillaires. Un
rameau est dit collatéral lorsque l’artère dont il est issu reste identifiable. S’il est issu de la
division d’une artère qui perd son individualité (bifurcation, trifurcation), le rameau est dit
terminal. Le territoire irrigué ou territoire cible détermine le nom de l’artère qui le nourrit.

b) Les veines :
Elles constituent la partie souterraine de l’arbre : les racines sont l’équivalent des
rameaux terminaux et les affluents des rameaux collatéraux. Ces éléments convergent pour
former des troncs veineux. Le sens est l’inverse de celui des artères : les éléments les plus
petits alimentent les plus gros. Par ailleurs, c’est le territoire d’origine qui détermine le nom
de la veine.


Remarque : A la différence des nerfs, les veines et les artères émettent des rameaux
secondaires pour desservir les territoires qu’elles traversent. Tous ces rameaux innomés ne
seront pas décrits, seuls les principaux seront envisagés.


Distribution et ramifications du réseau sanguin

1
Amas de tissu vasculaire et nerveux ayant l'aspect d'une petite pelote et qui se situe à la bifurcation de la carotide
primitive. (Larousse médical).


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D. Variations :
Il existe des variations interspécifiques et même interindividuelles dans l’organisation
du réseau sanguin : le départ des vaisseaux peut être bien individualisé ou au contraire
commun à partir de troncs artériels ou veineux.












Exemples de variations dans l’insertion des vaisseaux (artère bronchio-oesphagienne)


Exemple : Les collatérales peuvent avoir plusieurs dispositions à partir d’un tronc artériel. Les
espaces entre les branches peuvent ne pas se mettre en place (fusion de collatérales). Il faut
donc faire attention lorsqu’on identifie un vaisseau.



De plus, au sein d’un même individu, les réseaux droit et gauche ne sont pas
exactement symétriques. Cette variabilité s’explique par des différences de vitesse de
croissance de l’axe principal (qui donne les collatérales) durant l’embryogénèse. Elle n’a pas
d’incidence fonctionnelle. L’ordre d’émergence, n’a lui, pas de différences.

Ø Il ne s’agit donc pas de connaître toutes les formes de variations possibles
puisque cela n’a aucune incidence clinique, mais de connaître la destination des
artères, et l’origine des veines afin de pouvoir les identifier.

E. Organisation en deux circulations :
La vie en milieu aérien a nécessité le développement d’une double circulation du sang
dans l’organisme :
• La circulation pulmonaire (petite)
• La circulation générale (grande ou systémique)

En effet, la faible densité de l’air fait qu’une circulation unique à forte pression en-
traînerait un déchirement du tissu pulmonaire, d’où le sang s’échapperait à la manière d’un

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geyser. Cette circulation à pression réduite dans les poumons (pour favoriser les échanges) et
à forte pression (pour irriguer tous les organes) dans le reste de l’organisme a imposé une
spécialisation cardiaque : le cœur droit, peu contractile, propulse le sang dans les poumons
tandis que le cœur gauche, très musculeux, est chargé de la circulation systémique.

Remarque : La forte densité de l’eau a permis le maintien d’une circulation simple chez les
poissons.

a) La circulation pulmonaire :
Le sang carbonaté émerge du ventricule droit dans
l’artère pulmonaire initiale qui se sépare en artères pulmonaires
droite et gauche qui rejoignent chacune un poumon. Au niveau de
l’appareil pulmonaire a lieu l’hématose, c’est-à-dire le
renouvellement des gaz (rejet de CO2 et apport d’O2). Puis le sang
oxygéné est drainé par les veines pulmonaires qui rejoignent le
cœur au niveau de l’oreillette gauche.



b) La grande circulation :
Le sang oxygéné est expulsé du ventricule gauche dans
l’aorte qui se ramifie en artères assurant l’irrigation du reste de
l’organisme (nutrition des tissus). Le drainage des déchets
métaboliques est réalisé par les veines caves crâniale et caudale
qui ramènent ensuite le sang carbonaté est au cœur.



Ø Il ne faut pas associer artère à rouge et veine à bleu mais plutôt sang
carbonaté à bleu et sang oxygéné à rouge. Ainsi, dans la grande circulation, les
artères seront rouges et les veines bleues mais ce sera l’inverse dans la petite
circulation.

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La circulation pulmonaire


II. Système artériel et irrigation :

A. Tronc pulmonaire :
Il est issu du ventricule droit et est le précurseur du système artériel de la petite
circulation. Chez les Mammifères, le départ du tronc pulmonaire est situé du côté crânial
gauche. Une auscultation est possible en regard du troisième espace intercostal (EIC).

Le tronc pulmonaire présente une convexité crâniale et un trajet court : il croise le
départ de l’aorte, puis la crosse aortique à l’aplomb de laquelle il se divise en deux artères
pulmonaires (droite et gauche). Elles sont ventrales vis-à-vis de l’œsophage et de la trachée,
et pénètrent chacune à la face médiale d’un poumon au niveau du hile. Ces deux artères
pulmonaires longent les bronches puis suivent les ramifications bronchiques, se divise en
artères lobaires en parvenant aux lobules pulmonaires et pour finir, en milliers de capillaires
au niveau des alvéoles où se déroule l’hématose.

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C’est une zone favorable aux échanges par diffusion en raison de la faible épaisseur de
la barrière alvéolo-capillaire. Le retour sanguin se fait par plusieurs veines pulmonaires
(généralement au nombre de 6). Au cours du développement, l’oreillette gagne du terrain sur
ce qui était le tronc pulmonaire, pour ne laisser apparaitre que des veines pulmonaires.

Remarques :
ü Les veines pulmonaires sont plus ou moins englobées dans l’atrium gauche car
la masse cardiaque croit jusqu'à annexer le tronc veineux. Le trajet entre le poumon
et l'oreillette gauche est donc « virtuel ». Les veines n’ont donc pas de trajet dans la
cavité thoracique, elles intègrent directement le cœur. Ainsi à l’abattoir, en retirant les
poumons on emporte une partie de l’oreillette.
ü Le tronc pulmonaire est lié à l’aorte par le biais du ligament artériel, vestige du
canal artériel.
ü La petite circulation permet le renouvellement des gaz dissous dans le sang
mais pas la nutrition de l’appareil pulmonaire qui est assurée par la grande
circulation.


Ramifications du tronc pulmonaire

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Détails du hile pulmonaire

B. Aorte :
Source unique de la grande circulation, elle naît du ventricule gauche par l’ostium
aortique situé au centre du cœur (comme elle est en position centrale, un souffle aortique
s’entend à la fois à gauche et à droite).
Elle s’avance dorso-crânialement en décrivant une courbe ascendante. A mi-hauteur
du thorax, elle change d’orientation en formant une crosse aortique pour se prolonger
caudalement légèrement à gauche du plan médian lors de sa descente.
Elle passe alors par le hiatus aortique du diaphragme (entre les piliers gauches du
diaphragme) pour déboucher dans l’abdomen où elle va longer les corps vertébraux
thoraciques puis lombaires. Elle se termine à la charnière lombo-sacrée pour donner deux
artères iliaques paires (à gauche et à droite), une interne et une externe, ainsi qu’une artère
sacrale médiane impaire (absente chez le cheval).

• Aorte ascendante et collatérales : apports crâniaux, tête, encolure et membres


thoraciques.
• Aorte descendante, thoracique puis abdominale, et collatérales : apports caudaux,
thorax et cavité pelvienne.

Remarque : les termes « descendante » et « ascendante » sont issus de l’anatomie humaine.

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S’accole au corps vertébral


Représentation schématique des segments aortiques


a) Aorte thoracique :
L’aorte thoracique comprend : l’aorte ascendante, la crosse aortique et le
segment thoracique de l’aorte ascendante.
Au-dessus des valvules sigmoïdes, l’aorte présente une dilatation correspondant
aux sinus de l’aorte desquels partent les premières collatérales : les deux artères coronaires
(droite et gauche), dont le rôle est d’irriguer le cœur. Puis l’aorte se poursuit vers l’avant en
s’enfonçant dans le médiastin crânial.

1. Tronc brachio-céphalique :
Le tronc brachiocéphalique commun prend naissance au niveau de la crosse
aortique (« brachio » pour les deux artères sous-clavières et « céphalique » pour l’artère
carotide commune qui irrigue l’encéphale). Il donne à son tour les troncs sous-claviers gauche
et droit et les deux carotides communes (réunies à leur base en un tronc bicarotidien chez le

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porc et les grands ongulés). Ces collatérales assurent l’irrigation de l’encolure, de la tête et
des membres thoraciques.

Remarques :
ü Chez les carnivores et les ongulés, le tronc est « imparfait » car il permet uniquement
l’irrigation de la tête, de l’encolure et du membre droit mais pas du gauche (ceci n’a que très
peu d’intérêt clinique). Du côté gauche, on trouve seulement un tronc sous-clavier.
ü La conformation du tronc brachio-céphalique est plus ou moins visible et varie selon les
espèces.

2. Trajet des artères carotides communes :
Les carotides communes parcourent le médiastin crânial et assurent l’irrigation
de la tête et de l’encolure. Dans la région cervicale ventrale, elles donnent quelques rameaux
irrigant la trachée, l’œsophage et les muscles qui les entourent. Les artères les plus
importantes à ce niveau sont les artères thyroïdes. L’artère thyroïde caudale irrigue seulement
la glande thyroïde, la crâniale irrigue à la fois le larynx et la thyroïde. Elles sont recouvertes
par la veine jugulaire externe et sont en relation avec le nerf vague. La jugulaire interne est
quant à elle satellite de la carotide.

A l’angle de la mandibule, la carotide se divise en :


• Carotide interne qui irrigue l’encéphale et les yeux, elle régresse chez les
ruminants.
• Carotide externe qui se prolonge au niveau de la mandibule en artère faciale
(sur laquelle on peut prendre le pouls chez le cheval), qui irrigue les cavités nasales et buccales
ainsi que la face.

En général, cette division n’existe pas chez les ruminants : la carotide interne involue,
et la carotide externe prend en charge l’irrigation de l’encéphale et de la face.

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Irrigation de la tête et ramifications des carotides



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3. Artères sous-clavières :
Elles sont destinées à l’irrigation des membres thoraciques. De chaque côté,
l’artère sous-clavière part de la poitrine, contourne la première côte avant de rejoindre le
membre thoracique au niveau de l’ars. Excepté chez les carnivores, les artères sous-clavières
forment dorso-crânialement un tronc costo-cervical d’où partent six vaisseaux.

DORSALEMENT
Ø L’artère intercostale suprême qui rejoint la face ventrale du corps des vertèbres et
donne les premières artères intercostales.
Ø L’artère scapulaire dorsale qui atteint la région du garrot et irrigue le plan musculaire
moyen au niveau de l’encolure sur la face externe du muscle semi- épineux.
Ø L’artère cervicale profonde, source d’irrigation des muscles cervicaux profonds.
Ø L’artère vertébrale qui longe l’axe vertébral en irriguant les muscles
juxtavertébraux. Elle passe par des foramens transversaires au cours d’un trajet intra-
osseux et irrigue la moelle épinière et l’encéphale.

VENTRALEMENT
Ø L’artère cervicale superficielle irrigue les muscles de l’entrée de la poitrine dont les
muscles pectoraux.
Ø L’artère thoracique interne descend le long de la première côte et se poursuit
ventralement sous le muscle transverse du thorax pour irriguer les muscles
intercostaux. Elle se termine au niveau du 7ème espace intercostal en une artère
épigastrique crâniale qui participe à l’irrigation des mamelles thoraciques, et en une
artère musculo-phrénique, principale source d’irrigation du diaphragme et de la partie
ventrale des parois thoraciques. Cette dernière remonte ensuite à la face interne du
cercle de l’hypochondre.


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A partir du moment où elles passent la première côte et quittent la cavité thoracique
(après la clavicule), les artères sous-clavières se prolongent en artères axillaires qui donnent
ensuite les artères brachiales (au niveau du bras).

Remarque : Ce tronc commun costo-cervical est plus ou moins marqué selon les espèces et ne
donne pas toujours naissance à toutes les artères citées.


Collatérales des artères sous-clavières et brachiales


4. Collatérales pariétales :
L’irrigation des parois thoraciques se fait par les artères intercostales qui sont
situées entre les côtes sur leur bord caudal. Elles sont paires, segmentaires et bilatérales. Ces
artères ont un double système d’apport.
Ø DORSALEMENT : L’aorte, qui donne naissance aux artères intercostales dorsales.
Ø VENTRALEMENT : L’artère thoracique interne (issue de l’artère subclavière) qui longe
les articulations condro-sternales et donne naissance aux artères intercostales
ventrales.
Ces deux types d’artères s’anastomosent à leur terminaison. Toute une série de rameaux
assure l’irrigation plus superficiellement des muscles et de la peau. La pression à la jonction
est quasiment nulle.
Remarques :
ü La numérotation des artères intercostales se fait en fonction des côtes. La dernière
artère est qualifiée d’artère costo-abdominale car elle n’est encadrée que par une côte.
ü Il faut faire attention lors des costotomies à ne pas couper les veines et artères ou à
faire des doubles ligatures pour supprimer l’apport dorsal et l’apport ventral.

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5. Collatérales viscérales :
L’aorte donne également des collatérales latérales paires et ventrales impaires
qui irriguent les viscères. Ce sont :
Ø Les deux artères coronaires, qui irriguent le myocarde.
Ø L’artère broncho-œsophagienne qui irrigue l’arbre bronchique et la partie
intrathoracique de l’œsophage. Elle est très variable selon les espèces et selon les
individus.

b) Aorte abdominale :
L’aorte pénètre dans la cavité abdominale en traversant le diaphragme par le
hiatus aortique situé entre les piliers gauches et forme à ce niveau l’artère phrénique qui
irrigue le diaphragme. Elle longe ensuite les corps vertébraux et délègue de nombreuses
artères collatérales pour se terminer au niveau du sacrum.
On distingue trois types de collatérales au niveau abdominal : les collatérales
pariétales, les collatérales latérales et les collatérales viscérales.



1. Artères collatérales pariétales (segmentaires dorsales) :
Elles sont représentées par les artères lombaires qui irriguent les parois. Elles
sont paires et segmentaires, en nombre égal à celui des vertèbres lombaires.


2. Artères collatérales latérales (glandulaires) :
Elles irriguent essentiellement l’appareil uro-génital (viscères pairs). On
distingue :
Ø Les artères rénales sont fonctionnelles et nourricières pour les reins, d’où leur calibre
important. Elles sont paires et donnent souvent des artères surrénales.
Ø Les artères testiculaires irriguent chacune chez le mâle un testicule, un épididyme et
un canal déférent.
Ø Les artères ovariques irriguent chacune chez la femelle un ovaire et une trompe
utérine.

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3. Artères collatérales viscérales (ou ventrales) :
Elles assurent l’irrigation de la majeure partie du tube digestif et plus
généralement, les viscères impairs : foie, intestins... On distingue, du plus crânial au plus
caudal :
Ø L’artère cœliaque se divise en trois branches.
• L’artère splénique (ou liénale) irrigue la rate et coiffe l’estomac sur sa gauche.
Elle donne des artères ruminales chez les ruminants.
• L’artère gastrique gauche va au grand omentum et irrigue la petite courbure
de l’estomac.
• L’artère hépatique donne des rameaux hépatiques, des rameaux
pancréatiques et une artère gastrique droite, qui longe la petite courbure de
l’estomac et une importante artère gastro-duodénale. Celle-ci passe de la
petite à la grande courbure de l’estomac et se divise en une artère gastro-
épiploïque droite et une artère pancréatico-duodénale crâniale qui vont
irriguer l’estomac, le grand omentum et le duodénum.


Ramifications de l’artère coeliaque du chien

Ø L’artère mésentérique crâniale irrigue l’intestin grêle, le caecum et une grande partie
du côlon. Elle longe le duodénum en donnant des rameaux pancréatiques puis de
nombreuses artères jéjunales, une artère iléale, et trois artères coliques : l’iléo-caecale
qui irrigue principalement le caecum, l’artère colique droite qui irrigue le côlon droit
(ascendant) et l’artère colique moyenne qui irrigue le côlon transverse.
Ø L’artère mésentérique caudale irrigue le côlon gauche (descendant) et la plus grande
partie du rectum. Elle donne l’artère colique gauche et l’artère rectale crâniale.
Ø L’artère thoracique interne se prolonge au niveau de l’abdomen par l’artère
épigastrique qui assure l’irrigation de la paroi abdominale ventrale et du droit de
l’abdomen pour les quadrupèdes (qui supporte l’essentiel du poids des viscères, donc
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représente un élément majeur contre l’éventration). Enfin ventralement, la chaine
mammaire est irriguée par l’artère thoracique interne abdominale et pelvienne.




c) Terminales de l’aorte :
Elles sont au nombre de cinq et assurent la continuité de l’aorte abdominale à
partir de la jonction lombo-sacrale :
Ø L’artère sacrale médiane, (la plus petite) se prolonge par l’artère coccygienne
médiane. Elle est absente chez le cheval, l’irrigation étant assurée par l’iliaque interne.
Ø Deux artères iliaques internes assurent l’irrigation du bassin (le contenant et le
contenu). Elles donnent des branches viscérales, représentées par l’artère honteuse,
destinées à la vessie, au rectum et aux organes génitaux et des branches pariétales, les
artères glutéales caudale et crâniale, qui irriguent les parois du bassin avec l’artère ilio-
lombaire.
Ø Deux artères iliaques externes irriguent les membres pelviens. Elles distribuent des
collatérales qui irriguent la partie ventrale de l’abdomen (artère circonflexe iliaque
profonde et artère abdominale caudale) et les organes génitaux (artères crémastiques
chez le mâle et utérines chez la femelle). Elles se dirigent vers le membre pelvien où
elles donnent l’artère profonde de la cuisse (ou artère fémorale), qui participe
également à l’irrigation des organes génitaux et des mamelles.

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III. Drainage veineux :
Le sang, amené aux organes via les artères, est ensuite drainé par deux systèmes. Les veines
restituent au niveau de la grande circulation un peu plus de 9/10ème du volume circulant, le
dixième restant est restitué par le réseau lymphatique. Les veines sont, la plupart du temps,
satellites des artères, mais on peut retrouver des veines qui ne sont plus satellites d’artères.
Elles peuvent se regrouper en tronc veineux.



A. Système veineux de la petite circulation :
Ce drainage est assuré par les veines pulmonaires qui ramènent à l’atrium gauche le
sang hématosé lors de son passage dans les poumons. Du fait de la faible distance entre cœur
et poumons, les veines pulmonaires sont pratiquement virtuelles : elles correspondent plutôt
à des ostiums.
Au niveau des bronches lobaires, les veines suivent exactement le même chemin que
les artères. En revanche, au niveau des lobes, les veines sont périphériques tandis que les
artères sont centro-lobulaires.


B. Système veineux de la grande circulation :
Ce système ramène le sang carboxylé de tout l’organisme dans l’atrium droit. Ce sang
sera ensuite éjecté vers les poumons grâce à la contraction du ventricule droit. Les veines les
plus profondes sont satellites des artères dont elles portent le même nom, les plus
superficielles sont par contre sans équivalent artériel.
La connaissance de ce système de restitution permet la compréhension de
phénomènes tumoraux. On peut savoir dans quelle région se trouve la tumeur selon le niveau
de la veine où l’on trouve des métastases.


C. Veines cardiaques :
Les veines cardiaques (grande, moyenne et petite) drainent le sang du cœur et se
rejoignent pour former le sinus coronaire.


D. Retour sanguin général :
Le retour du sang au cœur est assuré à 90% par les veines caves crâniale et caudale.

a) Veine cave crâniale :



La veine cave crâniale est un tronc volumineux qui draine les membres
thoraciques, la tête (face et crâne) et l’encolure. C’est un système double, présent à droite et

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à gauche de l’animal. Elle se constitue à la base de l’encolure, légèrement à l’avant de la
première côte et s’immisce par le médiastin crânial pour rejoindre l’atrium droit.

• Les veines mandibulaires à l’origine, qui rejoignent les deux veines jugulaires, interne
et externe, assignées au drainage de la tête et de l’encolure, et qui cheminent
parallèlement jusqu’à l’entrée de la poitrine.
• La veine jugulaire externe est le pendant de l’aorte carotide externe et draine la face,
via les veines faciale et rétro-mandibulaire.
• La veine jugulaire interne est le pendant de l’aorte carotide interne et draine
l’encéphale et la boite crânienne.

Cette dernière veine est inexistante chez les petits ruminants, le cheval et le porc, le
drainage ne s’effectue alors que par la jugulaire externe. Chez l’homme, la situation est
inversée et c’est la jugulaire interne qui est très développée en liaison avec le développement
des capacités cognitives (notre encéphale pèse 1,5 kg, d’où la nécessité d’un drainage
important). La jugulaire externe chemine sous la peau elle passe à l’angle de la mandibule et
s’enfonce à mi-hauteur de l’entrée de la poitrine : c’est la plus accessible les prises de sang.

Remarque : un système de drainage veineux n’ayant pas d’équivalent dans le système


d'irrigation artériel est toujours superficiel.

• Les veines axillaires et subclaviaires qui drainent les membres thoraciques avant de
rejoindre la veine cave crâniale. La confluence entre la veine jugulaire et subclavaire
se fait au niveau de l'épaule.

Abord des veines chez les mammifères : La veine rétro-mandibulaire (cavité faciale)
et la veine faciale convergent pour donner la veine jugulaire externe juste derrière la
mandibule. C’est la veine la plus volumineuse. Chez les ruminants cette veine est
directement sous la peau, un point de compression à cet endroit entraine un une
turgescence très visible.
En revanche chez autres espèces (les carnivores domestiques notamment), la
présence de muscles cutanés de l’encolure rend la turgescence de la veine plus délicate :
l’abord se fait plutôt au niveau de la veine céphalique de l’avant-bras.

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• La veine costo-cervicale, confluence des veines scapulaire dorsale, cervicale pro-
fonde et vertébrale
• La veine thoracique interne
• La veine azygos : elle n’a pas d’équivalent artériel car la veine cave caudale s’infléchit
avant le diaphragme. Elle constitue un système de drainage intercostal et est en
général impaire, située à droite ou à gauche selon les espèces. Lorsqu’elle est à droite,
elle rejoint la veine cave crâniale alors que lorsqu’elle est à gauche, elle rejoint
directement le cœur. Elle est paire chez les bovins.

Remarque : La veine cave crâniale (équivalent de la veine cave crâniale droite de l’homme) est
unique chez les mammifères domestiques sauf le lapin qui en possède deux : la droite et la
gauche (surnuméraire).

b) Veine cave caudale :
C’est le vaisseau sanguin le plus gros de l’organisme. Il se charge de drainer toute
la partie post-diaphragmatique du tronc et les membres pelviens, soit tous les territoires
irrigués par l’aorte après qu’elle ait longé les vertèbres lombaires. Tout du long de son
parcours, la veine cave caudale reste satellite de l’aorte abdominale (située légèrement à
gauche) et court sous les corps vertébraux lombaires dans le plan sagittal. Ses racines
correspondent aux extrémités de l’aorte :
• La veine sacrale médiane qui draine l’appareil caudal (dont la queue) pour les espèces
chez qui elle existe.
• Les deux veines iliaques internes qui drainent le contenu et les parois du bassin, et les
deux veines iliaques externes qui drainent les membres pelviens.

La veine cave caudale chemine ensuite en recevant un certain nombre de collatérales :


• Les latérales paires, collatérales transversales qui irriguent l’appareil urogénital : les
testicules et les ovaires (veine glandulo-génitale) ainsi que les reins (veines rénales).
• Les éléments dorsaux, collatérales paires qui drainent la paroi abdominale.

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Remarque : A la différence du système aortique, la veine cave caudale ne prend pas en charge
le drainage du sang du tractus digestif qui est réservé à la veine porte.

Le passage de la veine cave caudale par le diaphragme diffère de celui de l’aorte : elle
épouse d’abord la convexité du diaphragme (direction ventrale et crâniale) puis passe par le
hiatus qui porte son nom. Une fois dans la cavité thoracique elle passe non pas par le
médiastin (région du thorax située entre les deux poumons) mais par le pli de la veine cave
caudale, dans l’hémithorax droit. Elle est donc comme prise en sandwich entre la coupole
diaphragmatique et le foie auxquels elle est intimement liée. Une greffe de foie ne sera donc
que partielle dans la mesure où, si on prélevait entièrement le foie, on prélèverait aussi de la
veine cave caudal et du diaphragme.

c) Veine porte :
Les drainages mésentériques et cœliaques sont assurés par la veine porte. C’est
un vaisseau très important qui ramène au foie la totalité du sang venant de l’appareil digestif.
Ses racines se trouvent au niveau des veines du rectum et du côlon descendant.
• La veine mésentérique caudale, qui draine le colon descendant et l’origine du rectum,
et la veine crâniale, qui draine le reste de l’intestin en passant par la petite courbure
dorsale de l’estomac avant de revenir au foie
• Les affluents des veines mésentériques crâniales : les deux veines gastriques (gauche
et droite) qui drainent l’estomac et la veine splénique qui draine la rate.

C’est la seule veine de l’organisme qui présente un réseau capillaire à son origine
et à sa terminaison dans le foie, où elle plonge dans la veine cave caudale. La quasi-totalité du
sang drainé depuis l’appareil digestif (le rectum moyen et le colon terminal sont drainés par
la veine iliaque interne) est apporté au foie qui récupère les nutriments. Le système porte n’a
pas d’équivalent artériel.

Remarque : La connaissance du retour veineux par les veines caves et la veine porte joue un
rôle important dans la propagation des tumeurs intestinales. C’est le phénomène de
généralisation des tumeurs. Par exemple, un cancer du côlon terminal peut donner des
métastases pulmonaires puisque le drainage se fait par la veine cave caudale, tandis qu’un
cancer du jéjunum donnera des métastases hépatiques puisque le drainage se fait par la veine
porte.

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IV. Drainage lymphatique :


A. Organisation générale du système lymphatique :
Des vaisseaux lymphatiques partent de la périphérie et se rassemblent pour
constituer des troncs de plus en plus gros (conduits thoraciques, jugulaires…). Ils aboutissent
à la veine cave crâniale où la lymphe est de nouveau mélangée au sang qui est réinjecté dans
le cœur droit.

Il existe deux collecteurs terminaux de la lymphe :


• Le conduit thoracique (le plus volumineux) : il draine les parties caudales du
corps et la moitié gauche de la tête, du cou et du thorax ainsi que le membre thoracique
gauche.
• Le conduit lymphatique droit : draine la moitié droite de la tête, du cou et du
thorax ainsi que le membre thoracique droit.

Diagramme des voies lymphatiques du cheval

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a) Drainage des membres pelviens, de l’abdomen et du thorax :
Au niveau des gros connecteurs finaux de l’entrée du bassin, un conduit
thoracique se forme à partir des troncs lombaires et draine le bassin et les membres pelviens.
Il est en lien avec la citerne du chyle, où il y a convergence de plusieurs vaisseaux du drainage
abdominal avec :
• Un groupe caudal : deux troncs lombaires qui drainent bassin et membres pelviens.
• Un groupe ventral : le tronc intestinal.
• Un groupe crânial : le tronc cœliaque issu de la région post-diaphragmatique.

Le conduit chemine ensuite entre l’aorte et la veine cave caudale et aboutit suite à une
inflexion à la veine cave crâniale.

Remarque : La moitié droite du thorax n’est pas drainée par le conduit thoracique mais par le
conduit lymphatique droit.

b) Drainage des éléments crâniaux (tête, encolure et membres


thoraciques) :
Un ensemble de vaisseaux converge à la racine du membre thoracique pour
constituer le tronc thoracique. Le membre thoracique est drainé à gauche et à droite par des
racines du conduit lymphatique droit.

Le drainage de la tête et de l’encolure est assuré par des vaisseaux lymphatiques


qui convergent dans les troncs jugulaires (trachéaux) gauche (affluent du conduit thoracique)
et droit (racine du tronc lymphatique droit).

B. Quelques particularités :
a) L’absence d’éléments de vasomotricité :
Dans la paroi des vaisseaux lymphatiques, il n’y a pas d’élément de vasomotricité
(absence de média) donc pas de contraction possible. Ce sont les muscles qui en se
comprimant écrasent les vaisseaux lymphatiques et assurent le drainage. Pour que la lymphe
circule de la périphérie vers le centre on trouve des petites valvules qui permettent une
circulation unidirectionnelle vers le cœur. On trouve aussi des valvules dans les veines, mais
elles sont moins développées.

b) La présence de nœuds lymphatiques :


Les agents infectieux et les cellules tumorales circulent par systèmes de drainage
veineux et lymphatique. A la convergence des vaisseaux, on trouve des nœuds ou ganglions
lymphatiques dont la trame conjonctive constitue un véritable filtre à maillage fin qui piège
les éléments volumineux de la lymphe. Ils contiennent des lymphocytes T et B qui dégradent
les éventuelles substances étrangères.

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Ce système de filtration se présente uniquement sur les premières voies de
drainage du trajet des vaisseaux jusqu’au tronc collecteur (conduit thoracique). Ainsi, si un
agent infectieux ou tumoral arrive à passer les différents « fronts de combats » que
représentent les nœuds et dépasse le conduit thoracique alors plus rien ne le freine et il
pourra se retrouver dans le système veineux.

Les nœuds lymphatiques présentent une topographie variée selon les espèces.
Pour s’affranchir de cette variabilité interspécifique, on utilise la notion de lymphocentre :
ensemble des nœuds d’un territoire anatomique drainé par un certain nombre de vaisseaux
lymphatiques. Cet outil permet de déterminer dans quelles régions du corps s’est propagé un
processus pathologique par les voies lymphatiques.

Les nœuds lymphatiques et les lymphocentres peuvent être exploités


cliniquement :

• En boucherie, on observe les nœuds les plus


repérables pour savoir si d’éventuelles parties de la
carcasse sont à retirer de la consommation. Par
exemple, si les ilio-fémoraux sont atteints, on va
retirer de la circulation toutes les pièces de
boucherie situées en amont car elles auront sans
doute été contaminées aussi.
• Lors de l’examen clinique, certains nœuds
lymphatiques palpables en surface sont inspectés.
Par exemple sur les carnivores domestiques, le
lymphocentre poplité présente un ganglion
palpable au niveau du pli du genou. S’il est détecté
réactif, on peut suspecter un phénomène au niveau
de la racine du membre. Dans ce cas on regardera
ensuite si les nœuds lymphatiques fémoraux (au
niveau de la région de l’aine) sont eux aussi réactifs.
Nœuds lymphatiques de la
carcasse de bœuf

Remarque : On en a aussi au niveau de la tête dans les centres parotidiens et mandibulaire,


mais attention à ne pas les confondre avec la glande salivaire lors de l’examen clinique.

Certains nœuds lymphatiques sont beaucoup plus délicats à observer : par exemple, le
drainage des mamelles se fait depuis les vaisseaux épigastriques vers l’avant, et il y a
convergence de vaisseaux lymphatiques au niveau du lymphocentre axillaire, non palpable
chez les quadrupèdes car le membre est collé au tronc. On ne pourrait donc pas détecter lors
d’un examen clinique classique une tumeur mammaire qui se disséminerait à cet endroit.

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Nœuds lymphatiques palpables ou explorables chez le chien

En fonction des espèces, il existe des différences de localisation et de taille des nœuds
lymphatiques :

• Chez le cheval il y a des dizaines et des centaines de nœuds par lymphocentre, ce qui
complique l’examen clinique.
• Chez les grands ruminants et les carnivores domestiques, les nœuds sont moins
nombreux et plutôt gros. L’examen est donc plus facile.
• Le cas du porc est intermédiaire aux deux précédents.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Anatomie


CM n° 4


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Objectifs
v Connaître la conformation extérieure du nez et des narines (et leurs particularités
spécifiques).
v Conformation interne : savoir ce que sont le vestibule nasal, le diverticule nasal du
cheval, le seuil nasal et l’ostium naso-lacrymal.
v Connaître la conformation des cavités nasales proprement dites et de leur contenu
(les cornets nasaux et leurs principales différences spécifiques).


Sommaire
Introduction
Nez et cavités nasales

I. Le nez et les narines : p.2
A. Conformation extérieure
B. Conformation interne des narines : le vestibule nasal
C. Structure :
a) La charpente cartilagineuse
b) La musculature
c) Revêtement
II. Les cavités nasales « proprement dîtes » : p.9
A. Disposition et conformation générale
B. Les cornets nasaux
C. Les méats nasaux
D. Structure


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Les sinus paranasaux



I. Définition et rôles p.16
II. Les différents groupes de sinus p.16
III. Etude des sinus du cheval p.17
IV. Principales particularités spécifiques : p.21
A. Les sinus du bœuf
B. Les sinus du porc
C. Chez le chien


Conclusion

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Introduction
Ø Appareil respiratoire
• Ensemble organes permettant hématose sanguine (restauration gazeuse du sang)
• Anatomiquement : 3 étages
ü Voies ou cavités respiratoires supérieures
ü Arbre aérifère : trachée et bronches
ü Poumons, siège de l’hématose
• Physiologiquement
ü Respiration
ü Olfaction
ü Phonation,régulation thermique
• Cliniquement
ü Intérêts sémiologique, pathologique, chirurgical



Les cavités nasales occupent l’étage dorsal de la face. Il en existe deux séparées par un
septum cartilagineux plus ou moins complet selon les espèces. Elles sont tapissées par la
muqueuse nasale. Leur rôle est de :
Ø Réchauffer l’air (vascularisation intense de la muqueuse).
Ø L’humidifier (glandes nasales).
Ø Le filtrer et purifier (cellules ciliées de la muqueuse).

Elles participent également à la défense de la partie initiale de l’appareil respiratoire,


grâce à un réflexe violent et incoercible, l’éternuement. Celui-ci peut résulter d’une irritation
de la muqueuse ou d’une inflammation de type allergique (auto-immune). Elles sont le lieu
de l’olfaction.

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Enfin, elles jouent également un rôle dans la phonation en servant de caisse de


résonance. Chaque cavité nasale s’ouvre à l’extérieur par une narine, et communique,
caudalement avec le rhino-pharynx par une choane.

Nez et cavités nasales

I. Le nez et les narines :


A. Conformation extérieure :
Chez l’homme, les cavités nasales (« fosses nasales ») sont portées par une forte
saillie des os nasaux de la face formant le nez. Chez les animaux, le relief du nez est absorbé
par le développement de la face. Au sein même d’une espèce on assiste à des variations de
structure notamment avec le marquage plus ou moins prononcé du stop.
Ø La racine du nez, située entre les orbites, correspond à la jonction entre l’os nasal et
l’os frontal, c’est à dire à la limite de la face et du crâne. Chez les animaux, elle est
nettement plus large et, le plus souvent, effacée (cheval, ruminants). Chez le chien,
elle correspond au « stop », plus ou moins marqué selon les races (marquée chez le
boxer, estompée chez les lévriers).
Ø Le dos du nez correspond au chanfrein des animaux. Il est porté par les os nasaux, et
il est complètement effacé.
Ø Le bout du nez est bien saillant et bien séparé de la lèvre supérieure chez l’homme.
Par contre, chez les animaux, l’extrémité du nez a plus ou moins tendance à se
confondre avec la lèvre supérieure. L’ensemble constitue le rostrum, c’est à dire le
sommet de la face. Il porte une narine de chaque côté.
Ø Les narines (appelées naseaux chez le cheval) correspondent aux ouvertures des
cavités nasales sur l’extérieur. Elles sont maintenues béantes par une charpente
cartilagineuse qui complète rostralement les os nasaux.

Chaque narine a une forme en virgule et présente deux bords : l’un dorso-médial,
convexe, l’autre ventro-latéral, concave. Les bords s’unissent au niveau des commissures :
l’une médiale large, l’autre latérale étroite.

Le bord dorso-médial est saillant et porté par le relief du cartilage alaire. Il constitue
l’aile du nez qui est la partie la plus mobile des narines.

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Conformation extérieure des narines du cheval

B. Conformation interne des narines : le vestibule nasal :


La paroi interne de la narine délimite le vestibule nasal. C’est « l’anti-chambre » de la
cavité nasale. Très limité et simple chez l’homme, le vestibule nasal est bien développé et de
conformation plus complexe chez les animaux (Sa paroi est soulevée par de gros plis
correspondant aux prolongements des cornets nasaux).
Ø Chez le cheval dont les narines sont larges et très mobiles, on peut bien voir le
vestibule nasal. Tapissé par une peau modifiée fine et pigmentée (couleur marron ou
noire) sa limite avec la cavité nasale recouverte par une muqueuse rose-rouge est
très nette et correspond au seuil nasal ou lymen nasi.
Ø Juste en avant du seuil nasal, on observe un petit orifice « taillé à l’emporte-pièce » :
l’ostium naso-lacrymal. Il correspond à l’ouverture du canal lacrymal. C’est un canal
intra-osseux qui débute au niveau de l’angle médial de l’orbite, et débouche dans le
vestibule nasal. Chez le chien, on a souvent, en plus, un deuxième ostium s’ouvrant
dans la cavité nasale.

Remarque : Lors de l’examen de l’œil en clinique, le test à la fluoriscéïne permet d’explorer


l’intégrité du canal lacrymal. Quelques gouttes de ce colorant orangé sont instillées dans
l’œil. Puis, l’œil est rincé à l’eau. La fluoriscéïne vire au vert. Ce test permet d’examiner la
cornée (visualiser des ulcères), mais aussi de voir si le canal lacrymal n’est pas bouché :
normalement, le colorant doit également s’écouler par les narines.

Ø Le vestibule nasal du cheval présente une particularité spécifique : la «fausse narine»


ou diverticule nasal. C’est un cul-de-sac auquel on accède en pénétrant par la
commissure latérale du naseau en direction de l’angle naso-incisif (c’est un lieu

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d’accumulation secrétions et de jetages, ce qui favorise le développement des


microbes. C’est donc un lieu intéressant pour réaliser un écouvillonnage).


Conformation intérieure des narines : le vestibule nasal

C. Structure :
a) La charpente cartilagineuse :
Les narines sont maintenues béantes par une charpente formée de plusieurs
cartilages. Le nombre de cartilages est variable selon les espèces et avec la mobilité du nez.
Ils complètent les os nasaux pour former la paroi des narines. Deux de ces cartilages sont
constants chez tous les mammifères domestiques (M.D.) :
Ø Le septum nasal, impair, et médian, se prolonge jusqu’au bout du nez.
Ø Le cartilage alaire, pair, qui est le cartilage du bout du nez. Particulièrement
développé chez le cheval, il a une forme en virgule et donne sa conformation à la
narine. Sa partie dorsale, large, est la lame du cartilage alaire, base anatomique de
l’aile du nez. Il se prolonge ventralement par la corne du cartilage alaire qui porte le
bord ventro- latéral de la narine.

Les autres cartilages ne sont pas toujours présents chez tous les M.D. Ils sont tous pairs
et complètent les os nasal et incisif au niveau de l’angle naso-incisif. Ce sont :
Ø Les cartilages latéraux : le cartilage latéral dorsal complète dorsalement l’os nasal
pour constituer le plafond du vestibule nasal (il n’existe pas chez le chien). Le
cartilage latéral ventral complète l’os incisif pour constituer la paroi latérale du
vestibule (il n’existe pas chez le cheval).
Ø Les cartilages accessoires : le cartilage accessoire latéral, en forme d’ancre de
marine, se soude à l’extrémité de la corne du cartilage alaire (il n’existe pas chez le
cheval). Le cartilage accessoire médial, prolonge le cornet nasal ventral et forme un

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relief contre la paroi latérale du vestibule nasal. Il est bien développé chez le cheval.


Modélisation des cartilages nasaux des mammifères domestiques


Charpente ostéo-cartilagineuse des narines du cheval

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Cartilages du nez de bœuf

Chez le porc, les cartilages sont peu développés. Ceux du bout de nez sont soudés et
s’ossifient pour former l’os du groin (fouissage).

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Cartilages du nez du chien

b) La musculature :
On a essentiellement des muscles qui dilatent les narines. Le plus puissant est le
muscle dilatateur des narines, qui joint les lames des 2 cartilages alaires. Le muscle releveur
naso-labial et le muscle canin interviennent également en tant que dilatateurs des narines.

Le seul muscle constricteur des narines est le faible muscle nasal latéral, qui forme,
chez le cheval, la paroi latérale du diverticule nasal (par contre, il est bien développé chez les
Mammifères marins).

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c) Revêtement :
Le tégument qui revêt les narines varie en fonction de l’espèce :
Ø Chez le cheval, la peau des narines est très fine, couverte de poils courts et fins ;
Ø Chez le bœuf, le mufle, ou « planum naso-labial » est rigide et englobe le bout du nez
et la lèvre supérieure. La peau qui le recouvre est très modifiée très kératinisée. Elle
est constamment humidifiée par les glandes naso- labiales.
Ø Chez le chien, la truffe est très kératinisée et toujours pigmentée (une
dépigmentation est souvent liée à des problèmes dermatologiques, voire à certaines
tumeurs ou maladies auto-immunes). Chez le chat, la truffe est naturellement
dépigmentée. Elle est humidifiée par les glandes nasales (situées à l’intérieur des
cavités nasales).

Le revêtement du vestibule nasal est une peau modifiée, qui porte, selon les espèces,
des poils, des glandes sébacées ou des glandes sudoripares.

Exemple d’affection des narines : la sténose des narines est


une malformation congénitale qui peut toucher toutes les
espèces. Les consultations concernent surtout les chevaux
et les chiens (surtout les races brachycéphales). Les causes
sont, en général, soit un cartilage alaire trop flasque, soit
une peau des narines trop longue. Le traitement le plus
simple consiste à exciser la partie flasque de l'aile du nez.
On peut également intervenir sur le cartilage alaire (après
incision latérale, on raccourcit le cartilage en enlevant un morceau en forme de côte de
melon de la lame alaire, puis on recoud les abouts). Enfin, il est également possible de
réaliser une excision cunéïforme du muscle releveur naso-labial puis d’en suturer les abouts
restants.

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II. Les cavités nasales « proprement dîtes » :


A. Disposition et conformation générale :
Les parois des cavités nasales sont représentées :
Ø Dorsalement (plafond) par les os nasaux.
Ø Ventralement (plancher) par le palais osseux.
Ø Latéralement par les os maxillaires (+ processus nasaux des os incisifs).
Ø Médialement par le septum nasal qui sépare les cavités nasales droite et
gauche.

La limite rostrale de chaque cavité nasale est le seuil nasal. Sa limite caudale est
constituée dorsalement par le labyrinthe ethmoïdal, et ventralement par les choanes.

Les cavités nasales contiennent des éléments osseux, fins et enroulés : les cornets
nasaux.

Le rôle des cavités nasales est de modifier qualitativement l’air inspiré : le rechauffer,
l’humidifier, le purifier…

B. Les cornets nasaux :


Les cornets nasaux sont des lames osseuses très
fines, qui prennent attache sur la paroi latérale de la
cavité nasale et s’enroulent sur elles-mêmes. Elles sont
tapissées par la muqueuse nasale ce qui augmente
considérablement la surface de contact air/muqueuse.

On distingue 3 cornets nasaux : dorsal, ventral et

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moyen.

Chaque cornet s’insère sur une crête qui court tout le long de la face interne de la
paroi latérale de la cavité nasale par sa lame basale, puis s’enroule par sa lame spirale. Si le
bord de la lame spirale rejoint la lame basale, elle délimite une cavité appelée bulle. Celle-ci
peut être divisée par de petites cloisons secondaires pour constituer des cellules. Si le bord
de la lame spirale rejoint la paroi de la cavité nasale, elle délimite un sinus conchal.

L’attache du bord de la lame spirale n’est pas la même tout le long du cornet nasal.
En général, celui-ci présente des bulles et cellules dans sa partie rostrale et forme un sinus
conchal dans sa partie caudale. Un septum sépare la partie bulleuse de la partie sinusale.
Tous ces espaces (bulles, cellules, sinus) sont toujours en communication avec la cavité
générale du nez.

A leurs extrémités rostrales les cornets dorsal et ventral deviennent beaucoup plus
étroits et se terminent par un fibro-cartilage rejoignant les cartilages nasaux. A ce niveau la
muqueuse forme des plis déformant les parois du vestibule nasal.

Le cornet nasal dorsal est souvent moins développé que le cornet ventral. Il s’attache
sur la crête ethmoïdale le long de la face interne de l’os nasal. Caudalement, il forme un
sinus conchal dorsal souvent communicant avec le sinus frontal (« sinus concho-frontal »).
Rostralement, le cornet dorsal se prolonge dans le vestibule nasal par le pli droit.
Ø Le cornet nasal ventral est le plus développé et présente de grandes variations
spécifiques. Il s’attache sur la crête conchale le long de la face interne de l’os
maxillaire.
Ø Le cornet ventral se prolonge dans le vestibule où il forme deux plis : le pli alaire
dorsalement (il est constitué par le cartilage accessoire médial et rejoint la lame du
cartilage alaire) et le pli basal dirigé ventralement vers le plancher du vestibule. Il
forme caudalement le sinus conchal ventral.
Ø Le cornet nasal moyen correspond à une des volutes de l’ethmoïde (1ère ou 2ème). Elle
délimite le sinus conchal moyen. Le cornet moyen est tapissé par de la muqueuse de
type olfactif (le bulbe olfactif du cerveau est tout contre la lame criblée de l’os
ethmoïde).

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Ø Cornets nasaux du cheval :

Le cornet nasal dorsal est formé d’une lame spirale à enroulement simple ventral (ne se
ramifie pas). Il délimite caudalement un sinus conchal dorsal qui communique largement
avec le sinus frontal.

Le cornet nasal ventral du cheval, a un enroulement simple dirigé dorsalement. Il


délimite un sinus conchal ventral. Il se prolonge rostralement dans le vestibule où il forme
deux plis : le pli alaire dorsalement (il est constitué par le cartilage accessoire médial et
rejoint la lame du cartilage alaire) et le pli basal dirigé ventralement.

Le cornet nasal moyen est très peu développé chez le cheval et correspond la 1ère ou
ème
2 volute de l’éthmoïde. Elle délimite le sinus conchal moyen.

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Ø Cornets nasaux du boeuf :

Le cornet dorsal est peu développé : c’est une petite lame osseuse qui rejoint tout de
suite la paroi, délimitant un tout petit sinus conchal dorsal communiquant caudalement avec
le sinus frontal rostral. Le cornet ventral est beaucoup plus développé avec un enroulement
double (une branche s’enroule vers le haut l’autre s’enroule vers le bas). Le cornet moyen
est plus étendu chez les ruminants que chez le cheval.


Ø Cornets nasaux du chien (des carnivores en général) :

Le cornet dorsal est presque vestigial, formant à peine une lame simple qui ne s’enroule
pas rostralement.

En revanche, le cornet ventral est très développé, complexe et très ramifié, occupant
toute la largeur de la cavité nasale.

Le cornet nasal moyen acquiert son maximum de développement chez le chien : il


atteint presque la moitié de la cavité nasale, et envahit le sinus frontal (or, nous avons vu
qu’il était tapissé par la muqueuse olfactive ® grandes capacités olfactives chez cette
espèce).

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C. Les méats nasaux :
Ce sont les espaces délimités par les cornets et les parois des cavités nasales. On
distingue :
Ø Le méat dorsal : Entre le plafond de la cavité et le cornet dorsal, c’est le plus étroit.
Ø Le méat moyen, entre les cornets dorsal et ventral, il aboutit au labyrinthe de
l’ethmoïde et correspond à
la voie des molécules
olfactives.
Ø Le méat ventral, entre le
cornet ventral et le
plancher de la cavité nasale.
C’est le plus vaste, et
aboutit au rhinopharynx,
c’est la voie de l’air
respiratoire.
Ø Le méat commun : placé
médialement contre le
septum transverse. Il fait
communiquer les autres
méats entre eux.

Remarque : La largeur du méat ventral fait qu’il est possible de


faire passer des sondes dans cet espace pour réaliser un examen
rhinoscopique ou endoscopique ou des poches gutturales, ou pour
mettre en place une naso-oesophagienne, ou naso-trachéale
(lavage broncho-alvéolaire). La sonde naso-oesophagienne est
particulièrement intéressante dans le cas des animaux très affaiblis

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et n’arrivant pas à se nourrir seuls.

D. Structure :
Il existe deux types de muqueuses nasales :
Ø La muqueuse respiratoire occupe la plus grande partie de la cavité nasale. Très
vascularisée, elle est de couleur rose-rouge, et comporte des cellules ciliées et des
cellules glandulaires (glandes nasales).
Ø La muqueuse olfactive tapisse la partie la plus caudale, c’est-à-dire le cornet moyen et
le labyrinthe ethmoïdal. De couleur jaune grisâtre, on n’y trouve ni cellules ciliées, ni
cellules à mucus, mais on a des glandes olfactives.
Ø Associé à ces muqueuses, on a l’organe de Jacobson ou organe voméro-nasal. Il est
situé rostralement, sous la muqueuse du plancher nasal, protégé par une baguette
cartilagineuse. Il se prolonge par le conduit voméro-nasal qui, théoriquement, débouche
dans le conduit incisif. Ce dernier fait communiquer la cavité nasale avec la cavité
buccale. Chez le cheval, ce conduit est aveugle. De plus, le conduit voméro-nasal ne
s’ouvre pas toujours dans le conduit incisif. L’organe voméro-nasal, bien développé chez
les reptiles (et chez le fœtus mammifère) régresse chez les mammifères adultes. C’est
un organe peu connu car difficile d’accès. On pense qu’il sert à l’association des sens
olfactif et gustatif, ainsi qu’à la détection des phérormones.

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Examen des cavités nasales : Seules les narines (et le vestibule nasal chez le cheval) sont
vraiment accessibles à l’examen direct des cavités nasales (écoulements, jetages, croûtes,
déformations, dépigmentations ...). La percussion peut donner une idée de l’encombrement
des cavités nasales (si vraiment cet encombrement est important : grosse tumeur,
aspergillose, grosse collection de pus). Les moyens complémentaires sont les seuls qui
permettent d’examiner les cavités nasales : radiographie, rhinoscopie. L’accès chirurgical aux
cavités nasales peut se faire sous endoscopie ou, plus classiquement, par trépanation. Chez le
chien, les os nasaux grossièrement rectangulaires sont relativement faciles à désinsérer et à
récliner. On peut également les sectionner pour réaliser des volets.

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Les sinus paranasaux

I. Définition et rôles :
Les sinus sont des cavités anfractueuses
creusées dans certains os du crâne et de la face.
Elles peuvent présenter de nombreuses cloisons,
plus ou moins complètes, qui les divisent en
plusieurs compartiments.

Ils présentent de grandes variations de taille, de


cloisonnement, en fonction de l’âge (peu
développés à la naissance, puis prennent de
l’ampleur avec la croissance du crâne), de l’espèce
et de l’individu (chez un même animal, les sinus ne
sont pas toujours parfaitement symétriques).

Comme les cavités nasales, ils sont tapissés par


une muqueuse de type respiratoire. Cependant, ils
ne semblent pas intervenir ni dans le
réchauffement, ni dans l’épuration de l’air.

Leur rôle principal semble être d’ordre mécanique :


Ø Allègement du poids de la tête (les sinus sont
particulièrement développés chez les grands ongulés).
Ø Amortissement et augmentation de la résistance aux chocs
et aux vibrations : Ils sont surtout développés dans les os
protégeant la cavité cérébrale en particulier chez les espèces
à cornes (sinus frontaux → amortissement des chocs lors des
combats). Il en est de même pour les sinus des os maxillaires
(→ chocs et vibrations des mâchoires).

Les sinusites, qui sont les inflammations des muqueuses des sinus correspondent à une
réaction de défense contre une agression (microbienne, corps étranger, allergique) des voies
respiratoires supérieures.

II. Les différents groupes de sinus :


On décrit deux groupes de sinus :
Ø Le groupe conchal : correspond à ceux délimités par les cornets nasaux. Ce sont les
sinus conchaux dorsal, ventral et moyen (éthmoïdaux). Les cellules formées par les
volutes de l’éthmoïde peuvent être considérées comme autant de petits sinus
ethmoïdaux
Ø Le groupe des sinus paranasaux = sinus « vrais » creusés par pneumatisation dans les
os de la tête, auxquels on s’intéressera ici :
• Les sinus les plus étendus et qui sont présents chez pratiquement tous les

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mammifères sont le(s) sinus frontal (aux) et le(s) sinus maxillaire(s).


• Certains sinus, peu étendus, ne sont pas représentés chez toutes les espèces :
ü Le sinus sphénoïdal est surtout développé chez le cheval.
ü Le sinus palatin est bien développé chez les bovins, mais absent chez le chien
et le cheval.
ü Le sinus lacrymal existe chez les ruminants, mais pas chez les équidés ni les
carnivores.

® Tous ces sinus communiquent toujours, directement ou indirectement avec les cavités
nasales. Ils peuvent également communiquer entre eux.

III. Etude des sinus du cheval :


Le cheval possède : Un sinus frontal étendu, deux larges sinus maxillaires et un sinus
sphénoïdal.
Ø Le sinus sphénoïdal : en fait, chez le cheval c’est un sinus sphéno-palatin : il est
creusé dans le corps du pré- sphénoïde, mais s’étend également aux lames
perpendiculaires des os palatins ainsi qu’ au corps du vomer.
Ø Le sinus frontal : le cheval présente, de chaque côté, un seul sinus frontal très
étendu. Il est divisé en 3 compartiments largement communicants : un caudal, un
médial et un rostral. Le compartiment rostral communique largement avec le
sinus du cornet nasal dorsal (l’ensemble formant le sinus « concho-frontal »). Ce
sinus concho- frontal ne communique pas directement avec la cavité nasale, mais
avec le sinus maxillaire caudal, par une large ouverture, l’ostium fronto-maxillaire,
spécifique au cheval, ⇒ les affections des sinus frontaux peuvent se transmettre
au sinus maxillaire, et inversement.
Ø Les sinus maxillaires : le cheval possède (de chaque côté) deux sinus maxillaires :
un rostral et un caudal. Ils sont complètement séparés par une cloison osseuse. Un
canal osseux, le canal infra-orbitaire, traverse dans le sens de la longueur les deux
sinus maxillaires et s’ouvre à l’extérieur par le foramen infra-orbitaire. Dans ce
canal passent l’artère la veine et le nerf infra-orbitaires (irrigation et innervation
sensitive de toute la région rostrale de la face). Ce canal est porté par une sorte de
mur osseux, qui divise chaque sinus maxillaire en deux compartiments, l’un latéral,
l’autre médial.

Le sinus maxillaire caudal communique dorsalement avec le sinus frontal (ouverture


fronto-maxillaire), caudalement avec le sinus sphénoïdal et médialement avec le méat
moyen de la cavité nasale (orifice naso-maxillaire commun). Le sinus maxillaire rostral
communique avec le sinus du cornet nasal ventral

Les sinus maxillaires sont en rapport avec les alvéoles des prémolaires et des molaires.
Souvent les sinusites maxillaires sont dues à des affections dentaires (abcès, mal occlusions,
développement anormal des racines...). Chez les chevaux, du fait de la communication
fronto-maxillaire, des sinusites frontales peuvent avoir comme origine un problème
dentaire.

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Notions de chirurgie des sinus : les trépanations


Il est possible de réaliser une trépanation du sinus frontal du cheval, soit pour un
examen endoscopique ses sinus, soit pour la mise en place d’un traitement. Les indications
les plus courantes sont : corps étranger, traumatismes pénétrants, aspergillose, empyème....
Il est alors nécessaire de connaître leurs projections. Les principaux repères sont la tangente
au bord inférieur des orbites, et la ligne des salières. Il existe 3 voies possibles : haute,
moyenne et basse. Deux ouvertures au minimum sont conseillées pour assurer un drainage
efficace du sinus.

Pour les sinus maxillaires : deux points sont à prendre en compte :



Ø Les sinus maxillaires présentent de grandes variations
topographiques en fonction de l’âge. Peu développés à la
naissance, ils s’étendent progressivement vers l’avant :
ainsi par exemple, vers 2 ans l’alvéole de la 4ème
prémolaire supérieure se situe à hauteur du sinus
maxillaire rostral, alors que vers 5 ans, la 1ère prémolaire
se situe à hauteur de ce même sinus ⇒ il faut bien
déterminer (par des radios éventuellement) l’étendue des
sinus et leur projection sur la face externe de l’os
maxillaire.
Ø Il ne faut surtout pas léser les canaux infra-orbitaire et lacrymo-nasaux. Pour cela il
faut éviter le « triangle interdit » délimité par la caroncule lacrymale (angle médial de
l’œil), l’angle naso-incisif et le foramen infra-orbitaire (sous le relief du muscle canin).

Une fois ces précautions prises, les sites


d’intervention se situent sur un segment d’une ligne
tangente au bord inférieur de l’œil et parallèle à la
crête faciale. Ce segment est compris entre le bord
inférieur de l’orbite et la projection du tubercule
facial sur cette ligne. La trépanation du sinus
maxillaire caudal se fait au 1/3 caudal de ce
segment. Celle du sinus maxillaire rostral, se fait
entre 0,5 et 1cm en arrière de l’extrémité rostrale de
ce segment.

IV. Principales particularités spécifiques :


A. Les sinus du bœuf :
Le bœuf possède plusieurs sinus frontaux, un seul et large sinus maxillaire, un sinus
palatin, un sinus lacrymal et un étroit sinus sphénoïdal inconstant.
Ø Sinus frontaux du bœuf sont complexes et extrêmement développés, enveloppant
presque complètement le crâne. On décrit deux groupes de sinus frontaux, l’un rostral,

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l’autre caudal divisés chacun en plusieurs compartiments plus ou moins indépendants.


Il est classiquement décrit 4 sinus frontaux : sinus rostraux médial, latéral et
intermédiaire, et un sinus frontal caudal. Le sinus frontal caudal est le plus vaste, il
envahit également les os pariétaux, l’os occipital et l’écaille du temporal. Il envoie
également un diverticule plus ou moins étendu dans le processus cornual (Lors d’un
écornage, du fait des variations individuelles, il est possible « d’ouvrir » ce sinus. Dans
ce cas, il faut faire une antibiothérapie préventive, puisqu’il y a communication du
sinus avec l’extérieur). Les sinus frontaux communiquent avec le labyrinthe éthmoïdal
Ø Un seul sinus maxillaire, très vaste, séparé en deux compartiments par le passage du
canal infra- orbitaire (comme chez le cheval). Il s’étend dans l’os lacrymal d’une part
formant le « sinus lacrymal », ainsi que dans le palais osseux, formant un vaste et
allongé « sinus palatin ».

Remarque : Les sinus frontaux des petits ruminants sont beaucoup moins étendus que chez
les bovins. On décrit un sinus frontal latéral, et un sinus frontal médial chacun communiquant
séparément avec les cavités nasales. Comme chez le bœuf, le sinus maxillaire s’étend dans
l’os lacrymal, ainsi que dans le palais osseux, mais ce sinus palatin est beaucoup moins
développé que chez la vache. Le sinus sphénoïdal est absent.

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B. Les sinus du porc :


Ø Les sinus frontaux (il y en a 3) sont encore
plus développés, ils s’étendent en arrière
envahissant l’os occipital, et sont très
réticulés. (A l’abattoir, il est impossible
d’assommer le porc avec un pistolet à piston
comme c’est le cas pour le bœuf ou le
mouton. Il faut recourir à l’électronarcose).
Ø Le sinus maxillaire unique comparable à
celui du bœuf, et s’étend dans l’os lacrymal.
Ø Le sinus sphénoïdal est vaste et
communique avec le sinus frontal.

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C. Chez le chien :
Ø Trois sinus frontaux (latéral, médial et
rostral) peu étendus. Le sinus latéral
est le plus vaste, et en partie envahi
par les volutes de l’éthmoïde (c’est
pourquoi on pense que chez le chien,
le sinus frontal aurait un rôle olfactif).
Les trépanations sont possibles chez le
chien (aspergillose, traumatismes,
empyème), et il faut également réaliser
au moins 2 ouvertures pour assurer un
bon drainage des sinus frontaux. Le
chat présente un seul sinus frontal.
Ø Le sinus maxillaire n’est en fait qu’un «
récessus », un cul de sac. Mais surtout,
il est en rapport avec l’alvéole dentaire
de la 4ème prémolaire supérieure qui
est la carnassière. Les abcès dentaires
mal traités, ou non traités, peuvent se
compliquer par une sinusite du
maxillaire.
Ø Le sinus sphénoïdal est absent.

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Conclusions concernant les cavités nasales et les sinus :


Premières portions de l’appareil respiratoire en contact avec l’air, les cavités nasales
peuvent être aussi des voies d’accès pour les microbes, champignons et autres corps
étrangers. Leur examen clinique reste limité et nécessite des moyens complémentaires
(radio, rhinoscopie). Dotés d’une muqueuse très sensible, qui réagit très vite (congestion et
inflammation), on comprend bien que toute affection des cavités nasales et des sinus va
constituer un obstacle au passage de l’air, et être à l’origine de difficultés respiratoires.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Anatomie


CM n°5







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Objectifs
v Savoir définir le pharynx, le situer, décrire sa disposition. Comprendre sa conformation
externe, et ses rapports.
v Connaître parfaitement : la conformation interne du pharynx : le palais mou,
l’oropharynx et le rhino-pharynx :
• Palais mou : Savoir le définir, le situer et sa disposition particulière divisant la
cavité du pharynx - Connaître sa disposition normale au repos chez le cheval et
chez le chien et les conséquences physiologiques - Savoir à quoi correspondent les
arcs palato glosses et palatopharyngiens
ü Comprendre sa musculature et leur rôle dans la mobilité du voile du palais
(connaître au moins les muscles élévateur et tenseur du voile du palais)
• Le rhinopharynx : Savoir le définir, et connaître sa disposition, ses
communications avec les cavités nasales et le larynx, qu’est-ce que la bourse
pharyngienne, qu’est-ce que l’ostium de la trompe auditive (la particularité de ce
dernier chez le cheval) 

• L’oropharynx : Savoir le définir et le situer, ses communications. Qu’est-ce que
l’isthme du gosier.
v Comprendre la disposition de la musculature du pharynx, et savoir quels sont les nerfs
du pharynx.
v Connaître parfaitement le rôle et le fonctionnement du pharynx - Les principaux
évènements se déroulant au cours des différentes phases de la déglutition et leurs
conséquences - Comprendre les problèmes que pourraient poser des dysfonctions
dans les mécanismes de la déglutition.
v Connaître les principales particularités spécifiques du pharynx (et leurs conséquences
sur la physiologie ou sur l’examen de cet organe) - Savoir quelles sont les parties du
pharynx qui sont visibles à l’examen direct de la cavité buccale chez les carnivores et
chez le cheval ; sinon comprendre comment on peut les visualiser avec d’autres
moyens tels que la rhinoscopie.
v Savoir ce que sont les poches gutturales du cheval, leur conformation générale et leur
topographie - Comprendre leurs rapports anatomiques avec les nombreux éléments
vasculaires et nerveux de la région gutturale, en connaître les principaux.

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Sommaire
Introduction
I. Conformation externe et rapport p.1
II. Conformation interne p.4
A. Le voile du palais :
a) Conformation
b) Position au repos
c) Structure
B. Le rhinopharynx
C. L’oropharynx
III. Structure : p.14
A. La charpente fibreuse
B. La tunique musculaire du pharynx
C. La muqueuse pharyngée
D. Vascularisation et innervation du pharynx
IV. Rôle et fonctionnement du pharynx : p.17
A. Rôle respiratoire
B. Rôle digestif : la déglutition
V. Les particularités spécifiques : p.19
A. Pharynx du cheval
B. Pharynx du bœuf
C. Pharynx du porc
D. Pharynx des carnivores


Conclusion

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Introduction
Le pharynx est la cavité située en arrière de la cavité buccale (« l’arrière bouche »).

Du point de vue anatomique, il constitue un carrefour où se croisent les voies digestives (de
la bouche vers l’œsophage) et respiratoires (des cavités nasales vers le larynx) supérieures.

Du point de vue fonctionnel, le rôle du pharynx est passif dans la respiration (simple admission
de l’air). Par contre son rôle digestif est actif puisqu’il intervient de façon décisive dans la
déglutition. Ce phénomène met en jeu des mécanismes réflexes synchronisés et coordonnés
impliquant la langue, le voile du palais et le larynx, de façon à protéger l’arbre aérifère au
moment du transit du bol alimentaire vers l’œsophage. Toute affection perturbant ces
mécanismes peut avoir des conséquences graves.

En outre, le pharynx participe à la défense des premières voies respiratoires et digestives grâce
aux nombreux éléments lymphoïdes qui parsèment sa muqueuse (les tonsilles), et dont les
plus connues sont les “ amygdales ”.

I. Conformation externe et rapports :


Le pharynx est un large conduit aux parois musculaires, tapissé intérieurement par une
muqueuse. Suspendu à l’appareil hyoïde, il se place entre les branches des mandibules et
s’attache au plancher du crâne (os sphénoïde). Il a grossièrement la forme d’un entonnoir :
large vers l’avant, il se rétrécit progressivement vers l’arrière pour se continuer par
l’oesophage.

On lui décrit 4 faces et 2 extrémités :


Ø Son extrémité rostrale large, communique dorsalement avec les cavités nasales par
les choanes, et ventralement, avec la cavité buccale par l’isthme du gosier. 

Ø Son extrémité caudale se rétrécit fortement et se continue, sans démarcation nette,
avec l’œsophage. Elle s’étend plus ou moins loin dans le cou selon les espèces. 

Ø Sa face dorsale présente un raphé fibreux, le fascia pharyngo-basilaire, charpente
fibreuse du pharynx sur laquelle se portent symétriquement, de part et d’autre, les
muscles pharyngiens. Ce fascia permet l’attache du pharynx à l’os sphénoïde. Cette
face est en rapport dorsalement, avec les muscles longs du cou et long de la tête (sauf
chez le cheval où les poches gutturales séparent ces muscles du pharynx). 

Ø Ses faces latérales sont constituées par les muscles pharyngiens. Elles sont en rapport:
• De chaque côté, avec la trompe auditive (« trompe d’Eustache »), tube
cartilagineux faisant communiquer l’oreille moyenne avec le pharynx.
• L’appareil hyoïde, les muscles ptérygoïdiens médiaux.
• Ainsi qu’avec de nombreux éléments vasculo-nerveux de cette région de la tête
(divisions de l’artère carotide externe, nerfs glosso-pharyngien (IX), vague (X),
accessoire (XI), et hypoglosse (XII), noeuds lymphatiques rétro-pharyngiens...).

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Ø Sa face ventrale est virtuelle (aucun véritable plancher), puisque constituée d’organes
qui ne lui appartiennent pas au propre : la racine de la langue et l’ouverture du larynx.

Remarque : Chez le cheval, les poches gutturales viennent couvrir la face dorsale et une partie
des faces latérales du pharynx.

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II. Conformation interne :
La cavité du pharynx est divisée anatomiquement et fonctionnellement en 2 étages
séparés par le voile du palais ou palais mou :
• L’étage dorsal est la partie respiratoire du pharynx : le rhinopharynx (ou nasopharynx).
C’est la partie la plus développée chez les mammifères domestiques.
• L’étage ventral, à rôle uniquement digestif, est la partie digestive ou orale :
l’oropharynx.

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A. Le voile du palais (palais mou) :

a) Conformation :
C’est une cloison entièrement charnue qui prolonge caudalement le palais dur. De
forme grossièrement quadrilatère, il présente 4 bords et 2 faces :
• Sa face dorsale, qui regarde le rhinopharynx, est la face pharyngée.
• Sa face ventrale, qui regarde l’oropharynx, est la face orale. Chez le cheval elle est
parsemée d’amas de tissu lymphoïde, les tonsilles vélaires.
• Le bord libre du palais mou est son bord caudo-ventral.

Remarque : Chez l’homme ce bord libre présente un fort prolongement médian de forme
grossièrement conique : c’est la “ luette ” ou uvule palatine. Elle est rudimentaire mais
reconnaissable chez les ruminants et le porc, et absente chez les autres M.D.

Ø Rostralement au bord libre, et de chaque côté, un fort pli relie le palais mou à la racine
de la langue : c’est l’arc palato-glosse. Avec la racine de la langue, les deux arcs
palatoglosses délimitent l’isthme du gosier. Caudalement à l’arc palato-glosse, dans
une petite dépression, se placent les tonsilles palatines (= « amygdales ») 

Ø De chaque côté, le bord libre du palais mou se prolonge par un autre pli fort et épais
qui se porte latéralement et caudalement pour rejoindre son contro-latéral au-dessus
de l’entrée de l’oesophage : c’est l’arc palato-pharyngien.
Ø Les deux arcs palato-pharyngiens et le bord libre du voile du palais délimitent l’ostium

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intra-pharyngien, sorte de diaphragme faisant communiquer l’oropharynx et le
rhinopharynx.

b) Position au repos :
Normalement, ce n’est qu’au cours de la déglutition que le voile du palais se
soulève et bouche les choanes. En dehors de la déglutition, il est au repos, et présente une
disposition différente chez le cheval par rapport aux carnivores (différence qui est à
connaître).

Ø Chez le cheval

Le palais mou du cheval est long, et relativement peu mobile. Il se positionne entre la
racine de la langue et la face rostrale de l’épiglotte, son bord libre venant se placer au fond de
la « vallécule » épiglottique. Les arcs palato-pharyngiens sont forts et très toniques et l’ostium
intra-pharyngien forme une sorte de « boutonnière » autour de l’entrée du larynx. Dans cette
situation, le palais mou bouche la communication entre oro- et rhino-pharynx.

Conséquences :
ü La respiration buccale est impossible chez le cheval.
ü Lors de dysphagies ou d’affections de l’œsophage, les aliments régurgités sortent par
les narines.

v Notions sur le déplacement dorsal du voile du palais chez le cheval. Au cours de la


déglutition, le voile du palais s’élève pour laisser passer la nourriture puis revient à sa
position initiale. Le déplacement dorsal du voile du palais est assurément la condition

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d’obstruction des voies respiratoires supérieures la plus fréquente chez les chevaux de
course. Le voile du palais vient alors recouvrir l’épiglotte en dehors des déglutitions et
obstrue l’entrée du larynx. Cette affection est en général diagnostiquée au moment de
la mise à l’entraînement des jeunes chevaux. Ce déplacement peut être permanent
(au repos) ou intermittent, se produisant lors d’un exercice ou juste après l’arrêt de
l’exercice. Il se manifeste par un bruit ronflant et saccadé inspiratoire et expiratoire,
l’animal essaye de respirer par la bouche en tirant la langue en arrière ou en la passant
au-dessus du mors. Les causes sont diverses et mal connues : quand le voile du palais
est trop long, suite à une paralysie avec atteinte des nerfs IX et X, un oedème du voile
du palais, ou une infection du pharynx, etc.

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Photo prise lors
d’une endoscopie
par le nez

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Ø Chez le chien

Au repos, son bord libre vient reposer sur l’apex de l’épiglotte, recouvrant très légèrement sa
face dorsale. Le palais mou du chien est souple et très mobile, ce qui lui permet une respiration
orale.

Position du palais mou chez le chien

v Notions sur les affections du voile du palais chez le chien : Chez les races
mésocéphales comme le berger allemand, le palais dur est pratiquement deux fois plus
long que le palais mou. Par contre, chez les races brachycéphales, comme le boxer ou
le bouledogue, le palais dur et le palais mou sont à peu près d’égale longueur. Chez ces
races, du fait du raccourcissement de la face, il existe une affection congénitale se
caractérisant par une hypertrophie et une longueur excessive du voile du palais
(parfois 4-5 cm en trop chez certains boxers). Le palais mou vient obstruer l’entrée du
larynx, faisant obstacle à la pénétration de l’air. Cette affection, particulièrement
fréquente chez les bouledogues, se manifeste par des ronflements souvent associés à
une toux chronique et des difficultés respiratoires à l’effort. Le traitement est
chirurgical et consiste en une résection du bord libre du palais mou (palatoplastie).

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c) Structure :
Ø Les muscles du voile du palais :

Cinq paires de mobilisent le voile du palais. Ils s’appuient sur une charpente fibreuse,
l’aponévrose palatine, qui prolonge caudalement le palais dur.
• Les muscles élévateur et tenseur du voile du palais prennent origine sur le processus
musculaire de l’os temporal. Ils tirent caudalement et dorsalement le palais mou pour
boucher les choanes lors de la déglutition.
• Le muscle palato-glosse (de l’arc du même nom) abaisse le voile du palais.
• Le muscle palato-pharyngien (support de l’arc de même nom) tire le voile du palais
caudalement.
• Le muscle palatin forme la masse charnue du voile du palais. Sa contraction raccourcit
le palais mou.

Tous les muscles du palais mou sont innervés par les nerfs IX (glosso-pharyngien) et X
(Vague) sauf le muscle tenseur qui est innervé par une branche du trijumeau (V).

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Ø La muqueuse du palais mou :

Elle est de type nasal sur la face dorsale et de type buccal sur sa face ventrale.

B. Le rhinopharynx :
C’est la partie la plus vaste du pharynx chez les mammifères domestiques. Elle
communique rostralement avec les cavités nasales via les choanes, et caudalement avec le
larynx.
Ø Sa paroi dorsale s’insère sur l’os sphénoïde. Elle forme caudalement un cul-de-sac, le
récessus du pharynx (encore appelé « bourse pharyngienne ») surtout développé et
profond chez le jeune, et au fond duquel se trouvent les tonsilles pharyngiennes.
Ø Chaque paroi latérale présente l’ostium pharyngé de la trompe auditive. Chez le
cheval, cette ouverture est protégée par un large clapet cartilagineux, la protubérance
tubaire. La muqueuse y est chargée en amas lymphoïdes formant la tonsille tubaire.

A quoi sert cet orifice ?

La trompe auditive, ou trompe d’Eustache est un conduit cartilagineux qui met en relation la
caisse du tympan (oreille moyenne) avec le rhinopharynx, donc avec l’extérieur. Ceci permet le
renouvellement de l’air à l’intérieur de l’oreille moyenne et, surtout, d’égaliser les pressions de
part et d’autre de la membrane du tympan afin que celle-ci reste toujours sensible aux
vibrations sonores. Chez le Cheval, des diverticules de la muqueuse des trompes d’Eustache
constituent les poches gutturales, organes spécifiques aux solipèdes (voir particularités
spécifiques).

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C. L’oropharynx :
C’est la partie du pharynx qui se trouve au contact du bol alimentaire au moment de la
déglutition. Etroit et beaucoup moins vaste que le rhinopharynx, on lui reconnaît deux parties:
Ø Une partie orale : elle correspond à l’isthme du gosier. C’est un canal étroit compris
entre le voile du palais et la racine de la langue. C’est la seule partie du pharynx visible
à l’examen direct, bouche ouverte chez les carnivores (Examen direct impossible chez
les grands ongulés). De chaque côté, il est délimité par les arcs palato-glosses, et porte
les tonsilles palatines.
Ø Une partie laryngée (caudale) qui s’organise tout autour de l’entrée du larynx : On
l’appelle encore « laryngo-pharynx ». On y décrit : la « vallécule » épiglottique (fosse
profonde entre l’épiglotte et la racine de la langue), le récessus piriforme (profond
sillon de part et d’autre de l’entrée du larynx) et le vestibule de l’oesophage,
dorsalement et juste caudalement à l’entrée du larynx.

® En définitive, la cavité du pharynx est un véritable « carrefour » : elle présente au total,


pas moins de 7 orifices : les 2 choanes, les 2 orifices tubaires, les entrées de l’oesophage, et
du larynx, et l’isthme du gosier.

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III. Structure :
A. La charpente fibreuse :
Le fascia pharyngo-basilaire, sert à suspendre le pharynx au plancher du crâne, et
forme dorsalement le raphé fibreux sur lequel s’insèrent les muscles pharyngiens. Sa face
interne est tapissée par la muqueuse pharyngienne.

B. La tunique musculaire du pharynx :


Elle est constituée de 7 paires de muscles. Ils prennent origine sur l’appareil hyoïde,
l’os ptérygoïde, le palais mou ou les cartilages du larynx. Ils se terminent tous sur le raphé
médian à la face dorsale du pharynx.

Dans leur grande majorité (6 paires), ce sont des muscles constricteurs du pharynx.
(Les muscles constricteurs prennent le nom des deux organes qu’ils unissent.) Ils sont groupés
en constricteurs rostraux, moyens et caudaux. Une seule paire possède un rôle dilatateur
(stylo- pharyngien caudal).

Pendant la déglutition, l’activation d’un de ces groupes de muscles inhibe le groupe


précédent, d’avant en arrière. Ce fonctionnement séquentiel est sous le contrôle des nerfs IX
et X et permet le transfert du bol alimentaire vers l’entrée de l’œsophage.

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C. La muqueuse pharyngée :
De couleur grisâtre chez les grands ongulés, rosée chez les carnivores et l’homme, la
muqueuse du pharynx est continue, sans démarcation nette avec celles de la bouche et de
l’œsophage d’une part, et celles des cavités nasales, trompes auditives et du larynx d’autre
part. Elle est de type digestif dans l’oropharynx, de type respiratoire dans le rhinopharynx.

Elle est parsemée par de nombreux amas lymphoïdes : les tonsilles :


• Dans le rhinopharynx : tonsille pharyngienne sur le toit du pharynx, et les tonsilles
tubaires sur les parois latérales.
• Dans l’oropharynx : tonsilles palatines dans l’isthme du gosier, tonsille liguale sur la
racine de la langue, et tonsille vélaire sur le palais mou.

Leur disposition forme une sorte de double couronne et constitue « l’anneau


lymphoïde de Waldeyer », 1ère ligne de défense immunitaire des voies respiratoires et
digestives supérieures.

Remarque : La disposition décrite est celle rencontrée chez le cheval, mais il existe des
variations spécifiques : La tonsille vélaire n’est bien développée que chez le cheval et le porc,
elle est rudimentaire chez les autres MD 3⁄4 les tonsilles tubaires sont absentes chez les
carnivores 3⁄4 le porc ne possède pas de tonsilles palatines 3⁄4 le chat, le porc et les petits
ruminants, possèdent des tonsilles para-épiglottiques situées de chaque côté de l’ouverture du
larynx, à la base du cartilage épiglottique.

Cette muqueuse est richement vascularisée.

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D. Vascularisation et innervation du pharynx :
a) Vascularisation :
Ø L’irrigation du pharynx est assurée par l’artère pharyngienne ascendante.
Ø Le réseau veineux est riche et drainé par les veines pharyngiennes qui se jettent dans
la veine jugulaire externe ramenant le sang vers le coeur.
Ø Le système lymphatique est très dense et aboutit aux noeuds lymphatiques
rétropharyngiens.

b) Innervation :
Ø L’innervation sensitive et motrice du pharynx est assurée par :

• Le nerf IX (glosso-pharyngien), responsable de la sensibilité du palais mou et


moteur pour le muscle dilatateur du pharynx ainsi que pour les muscles palato- et
ptérygopharyngiens (constricteurs rostraux).
• Le nerf X (vague) qui assure la sensibilité de la plus grande partie des parois du
pharynx et la motricité de la majorité des muscles constricteurs. Il est à l’origine
du réflexe de déglutition (chez les carnivores, ce réflexe peut être facilement
exploré en clinique par palpation-pression des parois du pharynx).
Ø Le système sympathique contrôle les phénomènes vasculaires et sécrétoires de la
muqueuse.

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IV. Rôle et fonctionnement du pharynx :

A. Rôle respiratoire :

Il s’agit d’une simple admission passive de l’air. En effet, en dehors des déglutitions,
le palais mou est au repos. L’air va des cavités nasales au rhino-pharynx en passant par les

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choanes, puis rejoint la trachée via le larynx.

B. Rôle digestif : la déglutition :


Le pharynx intervient activement dans la déglutition. La déglutition est le mécanisme
qui permet le transit du bol alimentaire de la cavité buccale vers l’œsophage. Elle s’effectue
en 3 phases :
Ø 1ère phase : la phase orale. C’est la seule phase volontaire. La contraction des muscles
de la langue et des muscles supra-hyoïdiens permet le soulèvement de la langue qui
pousse le bol alimentaire vers l’isthme du gosier.
Ø 2nde phase : la phase pharyngienne. C’est une phase réflexe mettant en jeu trois
évènements majeurs, synchronisés et coordonnées de façon à faire avancer le bol
alimentaire vers l’entrée de l’oesophage tout en protégeant les voies respiratoires :
1) La contraction des muscles élévateur et tenseur du voile du palais soulève le
voile du palais qui vient s’appliquer contre le plafond du pharynx bouchant ainsi
les choanes ;
2) L’épiglotte se rabat caudalement et ferme complètement l’entrée du larynx.
3) La contraction séquentielle des muscles constricteurs du pharynx entraîne
l’avancée du bol alimentaire jusqu’à l’entrée de l’œsophage.

Les évènements 1 et 2 impliquent une fermeture complète des voies respiratoires ®


lors de la déglutition la respiration est impossible.

Ø 3ème phase : la phase œsophagienne. Il s’agit, là aussi, d’une phase réflexe. La


contraction du muscle œsophagien permet le passage du bol alimentaire dans
l’œsophage.

On peut comprendre que toute affection venant affecter le déroulement de la


déglutition peut avoir des conséquences graves.

Les troubles de la déglutition sont appelées « dysphagies ». Elles peuvent avoir comme
origine des inflammations du pharynx (rhinopharyngites, angines) ou, plus gravement, une
tumeur (rare), une paralysie du voile du palais ou des problèmes neuro-musculaires.

® Lors de dysfonction du voile du palais (palais mou trop long, déplacement dorsal) des
débris alimentaires peuvent passer par les choanes et compliquer l’affection par une rhinite

® Un mauvais fonctionnement du réflexe épiglottique (affections du larynx, gêne par un


déplacement dorsal du voile du palais, ou un palais mou trop long) peut être à l’origine de
fausses déglutitions (passage de débris alimentaires dans l’arbre aérifère) avec des risques
de pneumonies, voire, plus gravement, d’asphyxies pouvant être mortelles.

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V. Les particularités spécifiques :
A. Pharynx du cheval :
Ø Pharynx très rostral, situé entre les branches des mandibules et ne dépasse pas
caudalement le niveau de l’articulation atlanto-occipitaleàDifficilement palpable en
clinique.
Ø Il se trouve en rapport dorsalement et latéralement avec les poches gutturales (Les
2/3 supérieurs sont couverts par ces diverticules). 

Ø Le cartilage tubaire est très développé formant un véritable clapet protégeant l’ostium
tubaire. Ce dernier se trouve dans le prolongement exact du plancher des cavités
nasales ® catétherisme possible des poches gutturales en passant par le méat nasal
ventral.
Ø Le voile du palais est très développé et peu mobile, sa position au repos :
• Respiration buccale impossible chez le cheval.
• Avec des choanes larges, sondages naso-oesophagien et naso-trachéal
relativement aisés.
• Lors de pathologies du pharynx, ou de l’oesophage, quand il y a régurgitation de
fragments alimentaires, ceux-ci sont rejetés par les naseaux.
Ø L’oropharynx est très allongé et étroit.

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v Quelques notions d’anatomie des poches gutturales :

Ces organes propres aux solipèdes résultent de la hernie de la muqueuse de la trompe


auditive à travers la fente (physiologique) de la paroi cartilagineuse du conduit. Ils forment
deux diverticules aux parois membraneuses très minces accolées dans le plan médian. Elles
couvrent la face dorsale et une grande partie des faces latérales du pharynx occupant tout
l’espace libre entre la base du crâne et la face ventrale de l’atlas, dorsalement au larynx.

Ø Conformation et rapports :
Chacune des poches gutturales, d’un volume moyen de


200 ml se trouve séparée en deux compartiments par le stylohyal, à la façon “ d’une
main fermée sur une réglette ” :
• Le compartiment latéral, le plus petit, se situe entièrement dans la région
intermandibulaire.
• Le compartiment médial (2/3 volume total) s’étend caudalement jusqu’à la
région sous-parotidienne et communique avec le pharynx par l’ostium pharyngé
de la trompe auditive.

En raison de la minceur de leur paroi et de leur extensibilité relative, la conformation


des poches gutturales est irrégulière, car elles se moulent étroitement sur tous les organes
voisins.

Les rapports anatomiques de ces diverticules sont nombreux et complexes, ils sont
essentiels à la compréhension de la pathogénie des affections des poches gutturales. Nous ne
les verrons ici que de façon très simplifiée (voir cours de pathologie des poches gutturales en
médecine équine) :

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Ø Rapports osseux : Dorsalement, avec la base du crâne (os sphénoïde, os temporal et
partie basilaire de l’os occipital _ avec le foramen lacérum d’où émergent les nerfs IX,
X et XI). Latéralement, avec le stylohyal. 

Ø Rapports musculaires : Dorsalement, avec les muscles longs de la tête et du cou;
médialement, muscles du pharynx, latéralement, les m. ptérygoïdien médial,
digastrique et, surtout, la face interne du muscle occipito-hyoïdien à laquelle elle
adhère.

Remarque : Cette adhérence est mise à profit dans l’opération de ponction de la poche
gutturale à travers le m. occipito-hyoïdien après réclinaison du bord caudal de la glande
parotide (“ procédé Chabert ”) pour la mise en place d’un drain permettant un traitement par
irrigations lors d’empyèmes ou de mycoses des poches gutturales. 


Ø Rapports vasculaires : Latéralement, carotide externe et ses divisions terminales (a.


maxillaire, tronc linguo-facial) ; caudalement, artère carotide interne et artère
occipitale.
Ø Rapports nerveux : Le nerf facial (VII) dans son trajet sous-parotidien se trouve en
rapport avec la face latérale du compartiment latéral des poches gutturales. Les nerfs
glosso-pharyngien (IX), vague (X), accessoire (XI) et hypoglosse (XII) longent
obliquement la face latérale du compartiment médial. (Remarque : Il est important de
connaître les fonctions de ces nerfs pour comprendre les divers signes cliniques pouvant
accompagner les affections des poches gutturales).

Enfin, dans sa partie moyenne, la face externe de la poche gutturale se trouve en rapport
avec la glande parotide.

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Ø Rôle des poches gutturales :

Encore mal connu. Depuis sa première description par Bourgelat C (1756), de


nombreuses hypothèses ont été émises : “ caisse de résonance ”, “ coussins d’air ”, “ aide à la
déglutition ”, “ aide à l’audition ”etc.

On s’oriente actuellement vers un rôle de système de refroidissement du sang de


l’artère carotide interne destiné au cerveau pendant l’effort (Baptiste K.E. 1998).

v Quelques notions sur les affections des poches gutturales : Depuis que l’endoscopie
est devenue presque un examen de routine en médecine équine, le diagnostic
d’affections des poches gutturales est devenu relativement fréquent. Elles sont
dominées par les mycoses (surtout des aspergilloses) et les empyèmes (collection de
pus, le plus souvent secondaire à une infection chronique des voies aériennes
supérieures). Plus rarement, on a affaire à une tympanite (accumulation d’air dans la
poche gutturale) suite à une malformation congénitale de l’ostium pharyngé qui
permet l’entrée d’air mais pas sa sortie. Ces affections se manifestent par des
symptômes très variés souvent dominés par de l’épistaxis (saignements du nez) qui
peut être rapidement mortel, de la dysphagie, du cornage etc. Souvent le diagnostic
nécessite la mise en jeu de moyens complémentaires tels que l’endoscopie ou
l’angiographie. Le traitement des affections des poches gutturales est avant tout
chirurgical. De par leur topographie et les nombreux rapports qu’ils entretiennent avec
les organes voisins, leur abord chirurgical est délicat et nécessite une bonne
compréhension de l’anatomie de cette région.

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B. Pharynx du bœuf :
Ø Le pharynx est court et très rostral _ palpation clinique difficile.
Ø Le plafond du pharynx est clivé en deux par un fort septum pharyngien.
Ø Le voile du palais s’élève lors de la déglutition, mais aussi lors de la régurgitation du
bol mérycique (pour la rumination). Il est nettement plus court et plus mobile que chez
le cheval (avec la brièveté du pharynx ® sondage oesophagien relativement aisé chez
les bovins).

C. Pharynx du porc :
Ø Pharynx long et étroit atteint caudalement le niveau de l’axis.
Ø Présence d’un diverticule pharyngien (3-4cm de profondeur) situé juste au-dessus de
l’entrée de l’oesophage. Des débris alimentaires s’y accumulent souvent, ce qui
favorise le développement de microbes parfois à l’origine de dysphagies.

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D. Pharynx des carnivores :
Ø Pharynx long atteignant le niveau de l’axis chez le chien, de la C3 chez le chat ®
palpation clinique possible (réflexe de déglutition à la palpation-pression du pharynx).
Ø Voile du palais long, très souple et très mobile _ Respiration de type buccal possible,
en outre, cette mobilité facilite le sondage endo-trachéal en repoussant vers le haut le
voile du palais avec la sonde.
Ø Les tonsilles palatines sont bien développées et facilement accessibles par voie buccale
® l’opération des “ amygdales ” se fait chez ces animaux comme chez l’homme.

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Conclusion :
Ø La topographie du pharynx, sa conformation et les nombreux rapports qu’il entretient
avec les organes avoisinants font que :
• L’exploration clinique de cet organe reste difficile : seule une partie de
l’oropharynx peut être accessible à l’examen direct (et uniquement chez les
carnivores), l’exploration du rhinopharynx nécessite l’utilisation de moyens
complémentaires tels l’endoscopie.
• Son abord chirurgical est délicat, nécessitant une connaissance parfaite de
l’anatomie de la région gutturale.
Ø Infiltration lymphoïde importante : “ carrefour de Waldeyer ” défense des premières
voies digestives et respiratoires. Atteintes fréquentes : “ rhino-pharyngites ” et “
angines ”, souvent conjointes lors d’affections des voies respiratoires supérieures.
Ø Importance anatomique : carrefour des voies respiratoires et digestives : Toute
malformation ou autre affection peut avoir des conséquences gênantes, voire graves,
sur la fonction respiratoire (en particulier chez les animaux de sport), ou/et la fonction
digestive. 

Ø Importance fonctionnelle : temps pharyngien de la déglutition _ toute affection
interférant sur la coordination des mouvements du pharynx lors de la déglutition (ex.
paralysie du voile du palais, paralysie du larynx, œdèmes de la glotte ou du voile du
palais...etc..) peut également avoir des conséquences graves (lors de fausses
déglutitions ® risque d’asphyxie). 


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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Module RCV Anatomie


CM n°6





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Objectifs
v Connaître les différents constituants du larynx : leur forme, principaux reliefs,
disposition. 

v Connaître les articulations et la musculature à la base du fonctionnement du larynx et,
en particulier, tout ce qui concerne la mobilité des cartilages aryténoïdes c’est-à-dire
tout ce qui intervient dans la tension des cordes vocales et l’ouverture de la glotte.
Ø Pour les articulations : Connaître les unions crico-thyroïdienne, crico-
aryténoïdiennes, thyro- aryténoïdienne ; thyro-hyoïdienne, hyo-épiglottique et
crico-trachéale : moyens d’union et rôle.
Ø Pour les muscles : retenir les muscles crico-thyroïdien, crico-aryténoïdien dorsal,
thyro- aryténoidien; hyo-épiglottique, thyro-hyoïdien, sterno-thyroïdien: leur
disposition, insertions, rôle et nerf moteur. 

v Savoir ce que sont les cordes vocales, les ventricules latéraux, la glotte. 

v Connaître la conformation interne du larynx, à quoi correspondent les parties infra- et
supra-glottiques, le vestibule du larynx, 

v Connaître la conformation externe et les rapports des différentes faces du larynx. 

v Connaître parfaitement l’entrée du larynx, c’est-à-dire la façon dont va se présenter à
vous le larynx lors de l’examen direct (carnivores) ou endoscopique (cheval). 

v Connaître parfaitement l’innervation du larynx : le rôle de chacun des nerfs laryngés
et leur corrélations cliniques 

v Connaître la disposition et les principales particularités du larynx chez les différentes
espèces de mammifères domestiques (Bœuf, cheval, porc, petits ruminants et
carnivores), et leurs conséquences sur la physiologie ou/et sur l’examen de cet organe.


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Sommaire
Introduction

I. Etude chez le cheval : p.2
A. Structure du larynx :
a) La charpente cartilagineuse
b) Les articulations du larynx
c) Les muscles du larynx
d) La muqueuse du larynx
e) Vascularisation et innervation
B. Le larynx dans son ensemble :
a) Conformation externe et rapports
b) Conformation interne
c) Topographie du larynx du cheval
II. Principales particularités spécifiques : p.21
A. Chez le bœuf (et les ruminants en général)
B. Chez le porc
C. Chez les carnivores


Conclusion

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Introduction
Base anatomique de la région de la gorge, le larynx est une formation tubulaire unissant le
rhinopharynx à la trachée : c’est la portion initiale de l’arbre aérifère.

Constitué de plusieurs pièces cartilagineuses, articulées entre elles, et mobilisées par une
musculature particulière, le larynx est chargé :
Ø De contrôler et moduler le passage de l’air dans les voies respiratoires (en régulant
le diamètre des voies respiratoires supérieures)
Ø De protéger l’arbre aérifère contre les corps étrangers grâce :
• Au réflexe épiglottique (fermeture de l’entrée du larynx lors de la déglutition) 

• Et à la sensibilité fine de sa muqueuse à l’origine du réflexe de toux permettant le
rejet des corps étrangers.
Ø D’imprimer à l’air des vibrations sonores : c’est l’organe de la phonation.

Cette importance physiologique explique l’importance clinique des affections du larynx : 



• Les laryngites, inflammations du larynx, marquent souvent le début de toute affection
de l’arbre aérifère 

• Une dysfonction du larynx comme lors d’une paralysie ou une hémiplégie est très
handicapante, en particulier quand il s’agit d’une espèce sportive comme le cheval (cas
du « cornage laryngé chronique »). 

• Un œdème aigu de la glotte (cas du chien qui avale une guêpe et qui se fait piquer), ou
un corps étranger dans la glotte peuvent provoquer une asphyxie de l’animal et
constituent des urgences en médecine vétérinaire, pouvant nécessiter le recours à une
trachéotomie.

Remarque : On peut réaliser une évaluation clinique par palpation/pression. 


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I. Etude chez le cheval :


A. Structure du larynx :
C’est la base anatomo-fonctionnelle de l’organe.

a) La charpente cartilagineuse :
Le larynx est formé par l’assemblage de 5 pièces cartilagineuses, quel que soit
l’espèce :
• Trois sont impairs et symétriques. D’arrière en avant : les cartilages cricoïde, thyroïde,
et l’épiglotte. 

• Un seul est pair : le cartilage aryténoïde 


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1. Le cartilage cricoïde :
C’est le plus caudal des cartilages du larynx. Il unit le larynx à la trachée
constituant, en quelque sorte, le soubassement de l’organe.

Il a la forme d’un anneau (du grec, « cricos » = bague) beaucoup plus large que le
premier anneau trachéal.
• Sa partie dorsale, très large, est la lame du cricoïde. Elle présente une crête médiane
saillante (insertions musculaires), ainsi que de petites facettes articulaires répondant
au cartilage thyroïde, et d’autres répondant aux aryténoïdes.
• Sa partie ventrale, beaucoup plus étroite, est l’arc du cricoïde.

2. Le cartilage thyroïde :
Placé en avant du cricoïde, il forme comme un « berceau » (ou « bouclier », du
grec « thyréos »), embrassant ventralement et de chaque côté les autres cartilages du larynx.

Il est formé de 2 lames latérales unies ventralement par le corps du cartilage thyroïde.

Le corps présente une forte saillie ventrale, la proéminence laryngée (correspond à la


« pomme d’Adam » très saillante chez l’homme). Chez le cheval, il est très fortement échancré
caudalement par l’incisure (ou échancrure) thyroïdienne caudale (Cette échancrure marquée
chez le cheval, permet l’accès direct à la cavité du larynx après incision de la membrane qui la

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recouvre).

Les lames thyroïdiennes, de forme losangique, présentent sur leur face externe une
ligne oblique séparant deux surfaces d’insertion musculaire. Leur bord dorsal se prolonge en
avant par une corne rostrale qui délimite la fissure thyroïdienne rostrale (passage des artères
v. et nerfs laryngés crâniaux), et, en arrière, par une corne caudale qui surmonte la fissure
thyroïdienne caudale (entrée du n. laryngé récurrent). La corne rostrale s’articule avec la
grande corne de l’hyoïde. La corne caudale répond au cricoïde.

3. Le cartilage épiglottique ou épiglotte :


C’est le clapet souple qui ferme l’entrée du larynx lors de la déglutition. Il a la
forme d’un pétiole ou d’une « feuille de sauge ». Il présente deux faces, un apex et une base.

L’apex de l’épiglotte est pointu chez le cheval et le chien, arrondi chez le bœuf et le
porc. La face dorsale, regarde l’entrée du larynx : c’est la face laryngée. La face ventrale,
regarde la racine de la langue : c’est la face linguale.

La base présente un petit relief saillant, le pétiole (insertion d’un ligament qui unit
l’épiglotte au cartilage thyroïde). De part et d’autre de ce pétiole, vient se souder, chez le
cheval, un petit cartilage complémentaire, le cartilage cunéïforme.

L’épiglotte délimite ventralement l’entrée du larynx.

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4. Les cartilages aryténoïdes (paire : un droit et un gauche) :


Ils sont situés dorsalement, entre les lames du cartilage thyroïde, et en avant
du cricoïde. Chaque cartilage forme une lame aplatie grossièrement triangulaire :
Ø Sa face latérale est plaquée contre la face interne de la lame thyroïdienne.
Ø Sa face médiale regarde la cavité du larynx ; elle est tapissée par la muqueuse
laryngée.
Ø Son bord dorsal présente un fort processus musculaire, et se prolonge rostralement
par le cartilage corniculé. Ce dernier se soude chez les animaux à l’aryténoïde et forme
le processus corniculé qui lui confère cet aspect caractéristique en crochet renversé
(du grec = « en forme de bec d’aiguière »). Les processus corniculés des deux
aryténoïdes s’adossent dans le plan médian, et surplombent l’entrée du larynx.

Sa pointe ventrale du triangle est le processus vocal, sur lequel s’insèrent les constituants
de la corde vocale.

Remarque concernant les cartilages complémentaires du larynx : Le cartilage cunéïforme


n’existe pas chez le chat ni les ruminants. Par contre, chez le chien il est très développé et
présente une disposition différente de celle du cheval : il vient se placer de chaque côté, entre
le bord de l’épiglotte et le processus corniculé de l’aryténoïde. Il existe également chez le chien
et le porc un tout petit cartilage inter-aryténoïdien.

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b) Les articulations du larynx :


Ø Les articulations intrinsèques unissent les différents cartilages du larynx entre eux.
Ø L’ensemble du larynx est uni à l’os hyoïde d’une part, et à la trachée d’autre part par
les articulations extrinsèques.Certaines de ces articulations sont de véritables
diarthroses (avec capsule articulaire et synoviale). Elles sont complétées par des
ligaments (« membranes ») fibro-élastiques.

1. Principales articulations intrinsèques du larynx :


Ø L’union cricoïde-thyroïde
Les cartilages cricoïde et thyroïde sont unis par :
• Une diarthrose crico-thyroïdienne d’une part 

• Une membrane crico-thyroïdienne d’autre part. Cette membrane comble les espaces
latéraux et ventraux entre ces deux cartilages et clôt l’échancrure thyroïdienne
caudale.

Remarque : l’abord chirurgical le plus classique de la cavité du larynx se fait par incision de
cette membrane crico-thyroïdienne. 


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Ø Union des aryténoïdes aux autres cartilages


Les aryténoïdes sont, avec l’épiglotte, les cartilages les plus mobiles du larynx. Ils sont unis
à tous les autres cartilages, et leurs articulations jouent un rôle fondamental dans le
fonctionnement de cet organe. Nous n’en citerons que les plus importantes :
• L’union crico-aryténoïdienne : C’est une véritable diarthrose. Elle permet le
mouvement de bascule caudale et d’écartement (abduction) de l’aryténoïde par
rapport au cricoïde : elle permet donc de tendre ou de relâcher les cordes vocales. 

• L’union thyroïde-aryténoïde : Elle est assurée par le ligament thyro-aryténoïdien qui
s’étend du processus vocal au corps du thyroïde : c’est le ligament vocal, un des
constituants de la corde vocal (Ce ligament est en position profonde. Pour le voir il faut
réaliser une section sagittale du larynx et enlever sa muqueuse). 

• L’union épiglotte-aryténoïdes : Chaque aryténoïde est uni au bord correspondant de
l’épiglotte par un ligament ary-épiglottique. Ce ligament constitue la base anatomique
du pli ary-épiglottique qui forme la paroi latérale de l’entrée du larynx. Les faisceaux
les plus ventraux du ligament ary-épiglottique sont bien développés chez le cheval et
forment la base anatomique du pli vestibulaire.

2. Les articulations extrinsèques du larynx :


Ø Union du larynx à l’appareil hyoïde
Le larynx est uni à l’appareil hyoïde par deux cartilages : l’épiglotte et le cartilage thyroïde.

• L’union thyro-hyoïdienne est une diarthrose qui joint la corne rostrale du thyroïde à
l’extrémité caudale de la grande corne de l’hyoïde. Cette jonction est complétée par
une membrane thyro-hyoïdienne qui ferme les espaces latéraux et ventraux entre ces
deux éléments.

Cette articulation est fondamentale, car elle conditionne la suspension du larynx à l’appareil
hyoïde.

• L’épiglotte est unie au corps de l’hyoïde par le fort ligament hyo- épiglottique, base
anatomique du pli glosso-épiglottique.

Ø Union du larynx à la trachée


Le cartilage cricoïde est uni au premier anneau trachéal par la membrane crico-trachéale.
C’est une membrane souple et élastique, surtout développée ventralement.

Remarque : si la membrane crico-trachéale est trop lâche, elle peut faire hernie dans la lumière
de la trachée lors de l’inspiration, et obstruer les voies respiratoires.

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c) Les muscles du larynx :


La musculature du larynx est complexe. On décrit classiquement :
• Les muscles intrinsèques qui mobilisent les cartilages du larynx les uns par rapport aux
autres. Ils agissent sur le diamètre de la cavité du larynx et sur la tension des cordes
vocales.
• Les muscles extrinsèques qui mobilisent le larynx par rapport à l’appareil hyoïde d’une
part, et par rapport au cou d’autre part.

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1. Les muscles intrinsèques du larynx :


Du point de vue fonctionnel, on peut distinguer 2 groupes, très inégaux, de
muscles intrinsèques :
Ø Le muscle crico-thyroïdien, seul muscle innervé par le nerf laryngé crânial
Ø Les muscles mobilisateurs des aryténoïdes par rapport aux autres cartilages du larynx,
tous innervés par le nerf laryngé caudal.
• Le muscle crico-thyroïdien : Situé à la face latérale du larynx, il joint l’arc cricoïdien
à la lame du cartilage thyroïde. C’est un muscle constricteur du larynx. En outre,
sa contraction raccourcit le larynx et tend les cordes vocales. Sa paralysie entraîne
une voix grave.
• Les muscles mobilisateurs des cartilages aryténoïdes : Nous n’en décrirons que
les plus importants :
ü Le muscle crico-aryténoïdien dorsal : Ce muscle pair prend origine sur la crête
médiane de la lame cricoïdienne, et se termine sur le processus musculaire de
l’aryténoïde. Sa contraction fait basculer le cartilage aryténoïde
caudalement tout en le portant en « abduction » C’est le principal muscle
dilatateur de la glotte, le plus actif et le plus directement tenseur des cordes
vocales.

★ La paralysie de ce muscle (le plus souvent unilatérale et à gauche) provoque :


Ø Son amyotrophie, d’où un affaissement du cartilage aryténoïde => sa palpation clinique
est modifiée, il présente une mobilité anormale.

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Ø Un affaissement de la corde vocale correspondante qui reste flasque et flotte dans la


cavité du larynx : d’où des troubles respiratoires sérieux caractérisés par des bruits de
ronflements à l’inspiration : c’est le cornage laryngé chronique du cheval.

ü Le muscle thyro-aryténoïdien : Comme le ligament vocal, ce muscle est en


position profonde. Pour le voir, il faut enlever la muqueuse. Il joint le processus
vocal de l’aryténoïde à la face interne de la lame thyroïdienne. Il est formé de
deux faisceaux : l’un crânial, c’est le muscle ventriculaire, l’autre caudal, c’est
le muscle vocal. Ces deux parties sont très nettes chez le cheval et
déterminent entre elles un interstice au fond duquel vient se réfléchir la
muqueuse du larynx : cet interstice est le ventricule latéral du larynx.

Le muscle vocal double le ligament vocal. La corde vocale ou pli vocal correspond au
relief de la muqueuse soulevée par le ligament et le muscle vocaux.

Les muscles vocal et ventriculaires agissent sur la tension des cordes vocales, donc
sur la qualité du son émis.

2. Les muscles extrinsèques du larynx :


Ø Le muscle thyro-hyoïdien : Situé à la face latérale du larynx, il unit la lame du cartilage
thyroïde à la grande corne de l’hyoïde. Sa contraction remonte le larynx entre les cornes
de l’hyoïde 

Ø Le muscle hyo-épiglottique: Il double le ligament homonyme et constitue la base
anatomique du repli glosso-épiglottique. Sa contraction rabat l’épiglotte vers l’avant
après la déglutition. 

Ø Le muscle sterno-thyroïdien : C’est un long muscle fin et plat qui prend origine sur
l’extrémité crâniale du sternum et se termine sur le bord caudal de la lame thyroïdienne.
Il longe la face ventrale de la trachée (voir les mm. infra-hyoïdiens). Il tire le larynx en
direction caudale. 


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En résumé :
Ø Les cartilages cricoïde et thyroïde sont peu mobiles et servent de soutien et d’appui
pour les autres cartilages.
Ø L’épiglotte est mobile et permet l’ouverture/fermeture de l’entrée du larynx pendant
la déglutition.
Ø Les aryténoïdes sont très mobiles. Leurs mouvements permettent, grâce à la
mobilisation des cordes vocales (tension, relâchement) de réguler le débit d’air
(variation du diamètre du larynx) et d’agir sur la qualité des sons émis.

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d) La muqueuse du larynx :
La muqueuse du larynx tapisse toute la cavité de l’organe. Elle est de type
respiratoire et continue, sans démarcation nette, avec la muqueuse du rhinopharynx d’une
part, et avec la muqueuse trachéale d’autre part. Elle contient des glandes muqueuses ainsi
que de nombreux nodules lymphoïdes, surtout au niveau des processus corniculés.

Elle adhère partout à la face interne des cartilages du larynx sauf en deux endroits :
• Au niveau des plis ary-épiglottiques.
• Et au niveau des ventricules latéraux où elle s’infléchit au fond de chaque ventricule
formant un cul-de-sac sans adhérer à la lame du cartilage thyroïde. Les ventricules
latéraux sont larges et profonds chez le cheval.

★ Cette particularité est mise à profit dans la ventriculoectomie qui est une méthode
classique de traitement chirurgical du cornage laryngé chronique. Le principe consiste à
réaliser l’ablation de la muqueuse du ventricule latéral (avec une fraise, ou avec un laser
chirurgical) dans le but de générer une fibrose cicatricielle qui va entraîner l’adhérence de la
face latérale de l’aryténoïde concerné contre la face interne de la lame thyroïdienne. Ceci
permet de fixer les aryténoïdes et de « re-tendre » en quelque sorte la corde vocale, atténuant
la gêne respiratoire et les bruits de cornage. Le plus souvent la ventriculoectomie est associée
à d’autres techniques chirurgicales notamment une cordectomie, ou une pexie de l’aryténoïde
à la lame thyroïdienne.

La muqueuse du larynx est richement vascularisée et innervée.

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e) Vascularisation et innervation :
1. Vascularisation :
Le principal apport sanguin se fait par l’artère laryngée crâniale. Les veines se
jettent dans la veine jugulaire externe. Le réseau lymphatique est très dense, et drainé par
les nœuds lymphatiques rétro-pharyngiens et cervicaux profonds.

2. Innervation :
Elle est issue du nerf vague (Xème paire crânienne). Ce gros nerf est le support
de différents types de fibres (motrices, sensitives, parasympathiques, et même
sympathiques). Il sort de la cavité cérébrale par le foramen jugulaire avec les nerfs IX et XI.

Ø Le nerf laryngé crânial : Il se détache du nerf vague dans la région de la gorge et émet :
• Un rameau moteur pour le muscle crico-thyroïdien 

• Un rameau sensitif qui pénètre dans la cavité du larynx par la fissure
thyroïdienne
rostrale. Il est responsable de la sensibilité fine (« épicritique » = aigue) de la
muqueuse laryngée. Cette sensibilité est à l’origine du réflexe de toux qui assure la
protection contre les corps étrangers.

★ Cette sensibilité diminue et disparaît lors d’une anesthésie générale Danger de passage
de sang ou de sérosités dans la trachée lors d’opérations au niveau du larynx, du pharynx ou
du fond de la cavité buccale ! Dans de telles conditions il faut toujours prévoir une voie
respiratoire de secours : selon le cas, une sonde endo-trachéale ou une sonde de trachéotomie.

★ Une tranquilisation (cheval), voire une pré-anesthésie (carnivores) sont obligatoires pour
pouvoir réaliser un sondage endo-trachéal dans les meilleures conditions, sans provoquer un
spasme ou un œdème du larynx.

★ Le réflexe de toux est explorable lors de l’examen clinique chez les carnivores : la réponse
normale à une palpation-pression du larynx (plus exactement des lames thyroïdiennes) est une
toux.

Ø Le nerf laryngé caudal ou nerf laryngé récurrent se détache dans le thorax, près de la
base du cœur (les trajets thoraciques des nerfs laryngés droit et gauche ne sont pas
symétriques : à droite, il se détache du nerf vague dans le médiastin crânial et contourne
le tronc artériel costo-cervical issu de l’artère sous-clavière ; à gauche il s’en détache dans
le médiastin moyen à la base du cœur et contourne la racine de l’aorte) puis remonte le
long de la face latérale de la trachée pour rejoindre le larynx. 

è Il assure la sensibilité diffuse de la muqueuse du larynx.
è Il est surtout moteur pour tous les muscles mobilisateurs des aryténoïdes.

★ La paralysie du nerf laryngé récurrent (le plus souvent du côté gauche, à cause de ses
rapports avec les nœuds lymphatiques trachéo-bronchiques dans le thorax et suite à une
affection respiratoire ou autre... : les nœuds lymphatiques grossissent et compriment le nerf

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ce qui cause une paralysie) paralysie du m. crico-aryténoïdien dorsal à l’origine du cornage


laryngé chronique.

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II. Le larynx dans son ensemble :


A. Conformation externe et rapports :
Le larynx présente 4 faces et 2 extrémités.

a) L’extrémité crâniale :
C’est l’entrée du larynx ouverte dans le rhino-pharynx. Elle est délimitée :

Ø Dorsalement, par les processus corniculés des aryténoïdes qui se rejoignent dans le
plan médian (formant le « tubercule corniculé ») 

Ø De chaque côté, par les plis ary-épiglottiques 

Ø Ventralement, par la face laryngée de l’épiglotte.

Plus profondément, et de part et d’autre, on aperçoit les cordes vocales et l’entrée


des ventricules latéraux du larynx.

Les plis vocaux droit et gauche, délimitent une fente losangique à grand axe vertical :
c’est la fente de la glotte.

v★ Cet aspect est celui qui se présente au clinicien lors d’un examen bouche ouverte (avec
un laryngoscope) chez les carnivores ; ou lors d’un examen endoscopique chez le cheval)

® En définitive : La glotte constitue une sorte de diaphragme musculaire : par contraction ou


relâchement des muscles des cordes vocales elle permet d’une part de varier le « diamètre »
de la fente glottique et d’autre part de modifier la fréquence des vibrations sonores c’est à ce
niveau qu’a lieu la régulation du débit d’air et le contrôle des sons.

b) L’extrémité caudale :
Elle correspond à la jonction avec la trachée

c) La face dorsale :
D’avant en arrière, on voit : les processus corniculés des aryténoïdes qui
surplombent l’entrée du larynx ; les muscles crico-aryténoïdiens dorsaux couvrant la lame du
cartilage cricoïde et, de part et d’autre, on distingue le bord dorsal des lames thyroïdiennes.

L’ensemble est recouvert par l’œsophage et les muscles pharyngiens.

d) Les faces latérales :


D’avant en arrière : l’épiglotte ventralement et le « bec d’aiguière » de
l’aryténoïde dorsalement, unis par le pli ary-épiglottique ; la lame thyroïdienne unie vers
l’avant à la grande corne de l’hyoïde par le msucle thyro-hyoïdien, et caudalement, à l’arc du
cricoïde par le muscle crico-thyroïdien. Les faces latérales sont en partie recouvertes par les
muscles pharyngiens (ceux qui prennent origine sur les cartilages du larynx). Elles sont en

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rapport avec les muscles masticateurs (ptérygoïdien médial et digastrique) et les divisions de
l’artère carotide externe.

e) La face ventrale :
Rostralement, le corps de l’hyoïde est uni au cartilage thyroïde par la membrane
thyro-hyoïdienne. Ensuite, vient la membrane crico-thyroïdienne qui ferme l’échancrure
caudale du thyroïde. Enfin, caudalement, la membrane crico-trachéale relie le larynx à la
trachée.

Cette face est recouverte par du tissu adipeux et conjonctif plus ou moins abondant
qui la sépare des muscles sterno-hyoïdiens et de la convergence des muscles omo-hyoïdiens.

★ L’espace losangique délimité par les bords des msucles sterno-céphaliques et omo-
hyoïdiens constitue la zone d’intervention dans l’abord chirurgical du larynx ou, un peu plus
bas, de la trachée (pour le larynx : la tête étant bien mise en extension, on incise la peau à une
quinzaine de centimètres en arrière d’une ligne tangente aux bords postérieurs des deux
mandibules).

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B. Conformation interne :
La cavité du larynx paraît irrégulière du fait des plis de la muqueuse laryngée. La glotte
correspond à la partie rétrécie du larynx délimitée par la saillie des cordes vocales. Elle divise
la cavité du larynx en deux parties :
Ø Partie supra-épiglottique : elle comprend l’entrée du larynx et son vestibule délimité
par le relief du pli vestibulaire. Sa muqueuse est dotée d’une sensibilité aigue
(épicritique) véhiculée par le rameau sensitif du nerf laryngé crânial.
Ø Partie infra-épiglottique qui se continue, sans démarcation nette avec la trachée. Elle
est le siège de la sensibilité diffuse du larynx (nerf laryngé récurrent).

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C. Topographie du larynx du cheval :


Le larynx du cheval est placé très haut entre les 2 mandibules : son extrémité caudale
ne dépasse pas le niveau de l’atlas difficile à examiner par palpation.

Mais cette position varie avec celle de la tête :


Ø Quand la tête est en flexion, le larynx s’engage complètement entre les deux
mandibules et devient inexplorable. 

Ø Par contre, quand la tête est en extension, la tension exercée par les muscles sterno-
hyoïdiens et sterno- thyroïdiens tire le larynx caudalement. Pour un examen clinique
par palpation, mettre la tête en extension maximale (idem pour l’abord chirurgical).

a) Chez le bœuf (et les ruminants en général) :


Ø Le larynx est court et situé très rostralement, entièrement engagé dans l’espace inter-
mandibulaire difficilement palpable. 

Ø Incisure thyroïdienne à peine ébauchée. Apex de l’épiglotte arrondi. 

Ø Pas de ventricule latéral (le msucle thyro-aryténoïdien est indivis.).

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b) Chez le porc :
Ø Larynx très long et mobile. Il est situé presque entièrement dans le cou. 

Ø La glotte est très caudale par rapport à l’entrée du larynx, d’où une partie supra-glottique
très allongée. 

Ø L’axe de l’organe est en ligne brisée : parties supra-glottique et infra-glottique ne 
sont
pas alignées.

★ Sondage endotrachéal relativement difficile à réaliser chez les porcins (facilité par
l’utilisation d’un laryngoscope très long et une très bonne pré-anesthésie. Intérêt surtout en
chirurgie expérimentale). 


c) Chez les carnivores :


Ø Le larynx est très large, bref, situé à l’origine du cou et mobile très facilement palpable
en clinique. 

Ø Le vestibule est court et, une fois la tête mise en extension, l’axe de l’organe est
pratiquement rectiligne et se trouve dans le prolongement de celui de la cavité buccale
sondage endo-trachéal relativement aisé. 

Ø Chez le chien, les cordes vocales sont bien développées (il existe une opération d’excision
des cordes vocales du chien pour l’empêcher d’aboyer = opération « d’aphonie de
convenance »).
Ø Le ventricule latéral du larynx est, comme chez le cheval, large et profond.

★ Chez le chien, les affections du larynx se rencontrent surtout chez les races brachycéphales
où ils constituent, en général, des complications du « syndrome obstructif des voies
respiratoires supérieure s». Ces complications peuvent se traduire par une éversion des
ventricules laryngés (La muqueuse ventriculaire fait hernie et obstrue la cavité du larynx) ou
un collapsus laryngé (affaissement des cartilages aryténoïdes et des plis ary-épiglottiques).
Les paralysies ou les hémiplégies avec paralysie des aryténoïdes (comme chez le cheval) ne
sont pas exceptionnelles chez ces races. 


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Conclusion
Le larynx est un organe à l’anatomie et au fonctionnement assez complexes. Sa physiologie
est dominée par celle des cartilages les plus mobiles : l’épiglotte et les aryténoïdes.

Les mouvements de l’épiglotte permettent de clore l’entrée du larynx lors de la déglutition,


ou de la garder béante au repos.

Les mouvements des aryténoïdes permettent de tendre ou relâcher les cordes vocales d’une
part, de rétrécir ou dilater l’ouverture de la glotte d’autre part. Ce qui permet d’agir sur la
qualité du son émis, et de réguler la quantité d’air qui passe dans les voies aérifères.

L’ensemble est contrôlé par une innervation mixte, sensitive et motrice, efficace, permettant
de défendre les voies respiratoires supérieures, notamment grâce au réflexe de toux.

Les affections du larynx peuvent être très invalidantes surtout chez les espèces sportives
comme le cheval. Les lésions de l’épiglotte, des aryténoïdes ou des plis ary-épiglottiques
peuvent être à l’origine de fausses routes gravissimes chez cette espèce.

® L’examen direct du larynx n’est possible que chez les carnivores (mais il faut s’aider d’un
laryngoscope pour visualiser l’entrée du larynx et la glotte). Chez le cheval, le seul moyen de
visualiser le larynx est l’utilisation d’un endoscope introduit par voie nasale.

® L’abord chirurgical classique se fait par la voie ventrale à travers la membrane crico-
thyroïdienne (actuellement développement de la chirurgie laser sous-contrôle
endoscopique). Les interventions au niveau du larynx sont très délicates et nécessitent des
soins et des précautions pré-, per-, et post-opératoires importants.

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Module RCV- Anatomie- TD 1

TD1- Anatomie du cœur- Dissection


fressure de bovin
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Le but de ce TP était d’observer l’anatomie du cœur grâce à la dissection d’une fressure de


bovin, c’est-à-dire de l’ensemble des viscères thoraciques.

P ROTOC OLE DE DISSECTI ON


➢ Avant de disséquer, examiner les poumons pour identifier les différents éléments
présents dans la fressure.

➢ Examiner la face costale (c’est-à-dire latérale) du poumon droit puis du poumon


gauche

Face costale des poumons droit et gauche

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Examiner la face médiastinale du poumon après l’avoir orienté

➢ Saisir et soulever la fressure par la trachée, placer le cœur à droite de la trachée, le


reposer sur la table recouvert par la masse pulmonaire

➢ Disséquer le médiastin dorsal au ras des poumons pour dégager l’aorte descendante.
Eliminer l’œsophage, la plèvre médiastinale avec le gras qui l’infiltre ainsi que les
fragments de diaphragme qui peuvent y adhérer. A partir de l’aorte descendante,
nettoyer la crosse aortique en avant, dégager le tronc brachio-céphalique qui s’en
échappe crânialement. Repérer le tronc pulmonaire qui croise l’aorte ascendante, le
nettoyer en identifiant le ligament artériel qui l’unit à l’aorte.

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Retourner la fressure en plaçant la trachée à gauche, retourner dans le mouvement


le cœur pour faire apparaitre sa face atriale et le poumon droit en projetant son bord
ventral vers le haut, pour faire apparaitre sa face médiale avec le hile pulmonaire.
Repérer les sillons cardiaques infiltrés de graisse pour identifier ventricules et atrium
(oreillette).

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Repérer les veines caves crâniale et caudale qui se jettent dans l’atrium droit. Les
dégager et les couper proprement à quelques centimètres du cœur.

➢ Pour chaque lobe, repérer les vaisseaux pulmonaires (artère et veine) qui vont se
jeter dans l’atrium gauche (veines) ou qui sont issus du tronc pulmonaire (artères).
Sectionner les vaisseaux pulmonaires (artère et veine) du poumon droit en
commençant par les vaisseaux du lobe crânial et du lobe moyen crânial (dégager sans
la couper la bronche trachéale qui les ventile) puis le lobe moyen caudal et le lobe
caudal (dégager la bronche principale droite qui les ventile sans la couper). Quand
tous les vaisseaux pulmonaires (artère et veine) du poumon droit ont été sectionnés,
refouler le poumon droit vers le haut pour dégager le poumon gauche.

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Sectionner les vaisseaux pulmonaires (artère et veines) du poumon gauche suivant la


même procédure que pour le poumon droit en commençant par les veines

➢ Finir de séparer le cœur du poumon en sectionnant l’artère pulmonaire gauche.


Mettre les poumons de côté
o Orienter le cœur isolé : identifier ses extrémités : c’est-à-dire sa base avec le
départ des troncs artériels (aorte et tronc pulmonaire) et son apex, identifier
la face auriculaire (gauche) après avoir reconnu les auricules des atriums,
identifier le cœur droit (crânial sur la face auriculaire) du cœur gauche (caudal
sur cette face) après avoir repéré le départ du tronc pulmonaire (issu du
ventricule droit)
o Identifier les éléments de conformation externe du cœur sur sa face
auriculaire en prenant pour repères les sillons infiltrés de graisse qui
établissent la frontière entre les étages auriculaire et ventriculaire (sillon
coronaire) et entre le cœur droit et le cœur gauche (sillon interventriculaire
paraconal). Etudier le trajet les rapports et les divisions des troncs artériels
issus des ventricules (aorte/cœur gauche et tronc pulmonaire/cœur droit). En
écartant les auricules, dégager à l’origine de l’aorte ses premières collatérales
: les artères coronaires. Suivre leur trajet pour rejoindre le sillon coronaire de
part et d’autre du tronc pulmonaire.

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Après avoir retourné le cœur, identifier les éléments de sa conformation externe sur
sa face atriale en prenant pour repères les sillons infiltrés de graisse qui établissent la
frontière entre les étages auriculaire et ventriculaire (sillon coronaire) et cœur droit
et cœur gauche (sillon interventriculaire sous-sinusal)

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Distinguer l’atrium droit de l’atrium gauche après avoir identifié les veines caves
crâniale et caudale, les distinguer des veines pulmonaires qui aboutissent dans
l’atrium gauche. Introduire le couteau dans l’aorte à partir de l’incision du ventricule
gauche exécutée à l’abattoir; prolonger l’incision jusqu’à l’ouverture de l’aorte sur
toute sa longueur. Etaler le cœur pour étudier les éléments de sa conformation
interne. En prenant comme repère l’épaisseur des parois marginales, identifier les
cavités ventriculaires gauche et droite. Dans les cavités ventriculaires, repérer et
identifier les reliefs : muscles papillaires, trabécules charnues dont la septo-marginale
et muscles pectiniformes.

➢ Etudier plus particulièrement les valves du cœur gauche : valve aortique et valve
atrio-ventriculaire gauche (mitrale)

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Module RCV- Anatomie- TD 1

➢ Etudier la cavité ventriculaire droite et plus particulièrement la valve atrio-


ventriculaire droite (tricuspide). Des trois muscles papillaires, le muscle grand
papillaire est celui qui est le plus volumineux et qui est implanté le plus crânialement.
Ses cordes se distribuent aux cuspides angulaire et pariétale.

Correspondance numéros :
1- Trachée 20- Atrium droit

2- Lobe crânial droit 21- Auricule droit

3- Lobe moyen crânial 22- Ventricule droit

4- Lobe moyen caudal 23- Bronche trachéale

5- Lobe caudal 24- Bronche principale droite

6- Lobe accessoire 25- Bronche principale gauche

7- Lobe pulmonaire crânial gauche (partie crâniale)

8- Lobe pulmonaire crânial gauche (partie caudale)

9- Lobe pulmonaire caudal gauche

13- Médiastin dorsal

14- Aorte descendante

15- Tronc brachio-céphalique

16- Atrium gauche

17- Auricule gauche

18- Ventricule gauche

19- Tronc pulmonaire

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Anatomie


TD n°2



Sommaire
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Introduction
I. La trachée : p.1
A. Disposition générale
B. Conformation
C. Structure
D. Vascularisation et innervation
E. Trajet et rapports topographiques :
a) En partie cervicale
b) En partie thoracique
II. Les bronches : p.7
A. Disposition générale
B. Rapport des bronches :
a) Rapport des bronches principales
b) Après le hile pulmonaire
C. Structure des bronches
III. Les poumons : p.10
A. Caractères généraux :
a) Couleur
b) Consistance
c) Poids et densité
B. Conformation
C. Lobation
D. Moyens de fixité
E. Structure
F. Vascularisation


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IV. Conformation spécifique : p.16
A. Les équidés :
a) Trachée
b) Arbre bronchique
c) Poumons
d) Cavité thoracique
e) Plèvres
f) Zones d’exploration clinique des poumons
g) Médiastin
B. Ruminants :
a) Trachée
b) Arbre bronchique
c) Poumons
d) Cavité thoracique
e) Plèvres
f) Zone d’exploration clinique des poumons
g) Médiastin
C. Porc :
a) Trachée
b) Arbre bronchique
c) Poumons
d) Zone d’exploration clinique des poumons
D. Carnivores :
a) Trachée
b) Arbre bronchique
c) Poumons
d) Cavité thoracique
e) Plèvres
f) Zone d’exploration clinique des poumons
g) Médiastin
E. Lapin

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Introduction
Ce TD est consacré à l’appareil respiratoire profond, à savoir la trachée, qui conduit l’air du
larynx aux poumons lors de l’inspiration (et inversement lors de l’expiration), et les poumons,
véritables organes d’échanges gazeux. Nous étudierons aussi les plèvres, qui sont les séreuses
des poumons dont la disposition explique leur fonctionnement mécanique.

L’appareil respiratoire regroupe l’ensemble des organes qui concourent à l’hématose c’est-à-
dire à la fixation de l'oxygène et à l'élimination du gaz carbonique. Il est divisé en 3 parties :
• La partie supérieure, formée des cavités respiratoires avec le nez, les cavités nasales,
les sinus paranasaux et le rhinopharynx.
• La partie moyenne, formée de l’arbre aérifère constitué du larynx, de la trachée et des
bronches.
• La partie profonde, formée des poumons, lieu des échanges gazeux entre le sang et
l’air alvéolaire.

I. La trachée :
A. Disposition générale :
La trachée constitue avec les bronches la partie moyenne de l’arbre aérifère. C’est un
tube impair flexible et béant qui part de la région de la gorge, en arrière du larynx et se
termine dans le médiastin moyen au-dessus de la base du cœur. Ce tube reste largement
ouvert ce qui permet à l’air de circuler librement jusqu’aux poumons.
B. Conformation :
La trachée est constituée d’une tunique fibro-cartilagineuse constituée d’anneaux
cartilagineux qui la maintienne ouverte, avec entre eux des espaces comblés par des ligaments
annulaires. Son contour est circulaire sauf chez les Ruminants où il est aplati latéro-
latéralement. Elle présente :
• Deux faces latérales et une ventrale formées d’une succession de cartilages trachéaux
séparés par un ligament annulaire.
• Une face dorsale formant une zone plus mince et souple : la paroi membranacée. Elle
présente un éperon chez le bœuf.

La terminaison de la trachée se fait par une bifurcation en deux bronches principales


qui pénètrent dans chacun des poumons par le hile pulmonaire. A cette bifurcation sur la face
interne, un relief vertical bien marqué, appelé éperon ou carène bronchique, permet de
diviser en deux le flux d’air lors de son passage.

Remarque : La carène est un repère important en radiographie et en bronchoscopie.

La dimension de la trachée varie en fonction de l’espèce selon la taille corporelle, la


longueur du cou et la situation du larynx. Par exemple, la trachée est proportionnellement
courte chez le porc qui présente un larynx bas et un cou très court.

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CHEVAL BŒUF CHIEN/PORC CHAT HOMME

LONGUEUR 70 - 80 55 - 65 25 8 10
(EN CM)
DIAMETRE 5 - 6 5 - 6 1,6 - 2,5 6 - 7 1 ,5

La trachée peut s’allonger ou se raccourcir selon :


• Les mouvements de l’encolure 

• Le cycle respiratoire : son diamètre augmente lors de l’expiration
• La phonation, la toux et l’effort (accroissement du diamètre)

Morphologie de la trachée

C. Structure :
De l’extérieur vers l’intérieur, la trachée est constituée de quatre couches :
Ø L’adventice, tissu conjonctif dense, lâche et mince qui entoure complètement
l’extérieure de la trachée. Elle est partiellement doublée par la plèvre médiastinale
dans le thorax. 

Ø Une tunique fibro-cartilagineuse dans laquelle se différencient deux éléments :

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• Des cartilages trachéaux, arcs de cartilage hyalin épaissis ventralement, amincis
latéralement et interrompus dorsalement. Ils donnent à la trachée sa rigidité et
empêchent son effondrement. Ils sont en nombre variable selon l’espèce.
• La membrane fibro-élastique, continue le long de la trachée et recouvre les
anneaux trachéaux. Elle part du bord caudal du cartilage cricoïde où elle forme la
membrane crico-trachéale et se poursuit jusqu’aux bronches. Elle forme les
ligaments annulaires entre les cartilages à l’origine de la flexibilité et l’élasticité de
la trachée. C’est aussi grâce à elle, que la trachée peut s’étendre, se rétrécir, se
dilater ou suivre les torsions du cou.
Ø Une tunique musculeuse formée du muscle trachéal, faisceau de fibres lisses en
position dorsale et interne, sauf chez les carnivores où il est à l’extérieur des anneaux.
Sa contraction diminue le diamètre trachéal. Cette tunique musculeuse maintient le
diamètre de la trachée et s’oppose à sa dilatation lors de toux ou d’efforts
respiratoires.
Ø Une tunique muqueuse qui possède un épithélium pseudostratifié cylindrique et cilié
avec des glandes muqueuses et séro-muqueuses. Ce dispositif permet la remontrée
des mucosités jusqu’au larynx avant d’être expulsées dans le milieu extérieur ou
dégluties. A l’intérieur de cette trachée se trouve la lumière trachéale.

Structure de la trachée en coupe transversale

La section de la trachée est cylindroïde mais presque jamais circulaire, elle est
planiforme sur sa face dorsale qui est dépressible : elle est aplatie légèrement dorso-
ventralement chez l’homme, les carnivores, la chèvre et parfois chez les équidés. Chez le
boeuf au contraire, elle aplatie d’un coté à l’autre et sa face dorsale se relève en une crête
longitudinale et irrégulière. La forme devient plus régulière dans le thorax. Chez les
carnivores, le muscle trachéal s’attache à l’extérieur des anneaux responsables d’un
aplatissement dorsal. Chez le chat, le cartilage se recourbe et les extrémités sont plus
proches.

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D. Vascularisation et innervation :
La trachée est irriguée par de nombreux petits capillaires venant des troncs satellites
du conduit (tronc brachiocéphalique, A subclavières, artères carotides communes) et de leurs
collatérales. Les veines sont satellites des artères et sont surtout drainées par les veines
jugulaires et les affluents de la veine cave crâniale. Les vaisseaux lymphatiques de la partie
cervicale sont drainés par les nœuds lymphatiques cervicaux profonds crâniaux, moyens et
caudaux, ainsi que par les nœuds lymphatiques médiastinaux crâniaux. Ceux de la partie
thoracique vont à ces derniers et aux nœuds lymphatiques trachéo-bronchiques.

Elle est innervée par le nerf vague par l’intermédiaire des nerfs récurrents et du
sympathique. Les fibres sensitives ne donnent à la muqueuse qu’une sensibilité obtuse à l’état
normal.

E. Trajet et rapports topographiques :


La trachée descend d’abord dans l’encolure, elle réalise une légère courbure dorsale en
entrant dans l’ouverture crâniale du thorax, puis se situe dans le médiastin crânial puis moyen.
Sur tout son trajet, elle est longée par l’œsophage.

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Trajet et rapports topographiques de la trachée en vue latérale (1) et dorsale (2)

a) En partie cervicale :
Elle est entourée de conjonctif lâche, ce qui lui confère une grande mobilité. Elle
présente des rapports glandulaires avec la glande thyroïde et le thymus (bien développé
surtout chez le jeune animal), des rapports musculaires et vasculo-nerveux.

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Ø Face ventrale : sur le plan médian la trachée est en rapport avec les muscles sterno-
hyoïdiens et sterno-thyroïdiens (pour les trachéotomies il faut intervenir sur ce plan
médian afin de passer entre les deux muscles). La face ventrale de la trachée est aussi
en rapport avec les muscles sterno-céphaliques qui sont d’abord ventraux et qui
contournent latéralement la trachée selon un angle inverse de celui formé par le corps
du muscle omo-hyoïdien quand il est présent. Ils forment avec les muscles omo-
hyoïdiens, qui convergent vers l’os hyoïde, un losange dans lequel la trachée est
facilement accessible.
Ø Faces latérales : la trachée est en rapport avec les muscles omo-hyoïdiens (ongulés)
ou sterne-céphaliques (Carnivores). A l’entrée de la poitrine, elle est en rapport avec
les muscles scalènes ventraux.
Ø Face dorsale : la trachée est en rapport avec l'œsophage. Elle est d’abord placée sous
l'œsophage puis dans la moitié caudale de l'encolure, l'œsophage se place à sa gauche
(nettement chez Ongulés, légèrement chez les Carnivores et le lapin). La face dorsale
est également en rapport avec des éléments vasculo-nerveux : artère carotide
commune, tronc vagosympathique, veine jugulaire interne, nerf laryngé récurrent,
nœud lymphatique cervicaux profonds.

b) En partie thoracique :
Ø Ouverture crâniale du thorax : la trachée est placée dans l'étage aérifère dorsal.
Dorsalement, elle est en rapport avec le muscle long du cou chez les Ongulés et
ventralement avec les éléments de l’étage vasculaire (départ des gros troncs artériels
et veine cave crâniale). A gauche, la trachée est en rapport avec l’œsophage qui la
longe.

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Ø Médiastin crânial : dorsalement, la trachée est en rapport avec l’œsophage sur la
gauche et la muscle long du cou chez les Ongulés, ventralement elle avec les artères
carotides qui la séparent de la veine cave crâniale.
Ø Médiastin moyen : c’est la zone de bifurcation trachéale en deux bronches. Elle se
place dorsalement à la base du cœur à laquelle elle est unie par un abondant tissu
conjonctif fibreux. L’aorte vient se placer à sa gauche et la veine azygos à sa droite chez
le cheval et les carnivores mais à gauche chez les ruminants et les porcs. La terminaison
de la trachée se situe caudalement à l’arc aortique et dorsalement à la division du tronc
pulmonaire.

II. Les bronches :


A. Disposition générale :
L’arbre bronchique est l’ensemble formé par la trachée et les bronches. Les bronches
sont des conduits issus de la trachée et se ramifiant dans les poumons pour y assurer la
circulation de l’air. Elles portent l’ensemble du parenchyme pulmonaire et déterminent
l’architecture des poumons.

En règle générale, il existe deux bronches principales issues de la bifurcation trachéale


qui passent dans le hile pulmonaire, ouverture par laquelle passent des éléments vasculaires,
nerveux et aérifères. Elles se divisent ensuite en 2 bronches lobaire crâniale et caudale
desservant un lobe pulmonaire. Le recul du diaphragme durant le développement
embryonnaire entraîne la prédominance des lobes caudaux et la disposition du cœur à gauche
fait que le lobe crânial droit est plus développé que le gauche.

Sur chaque bronche lobaire naissent 4 séries de bronches segmentaires dont chacune
dessert un territoire particulier : une latérale, une médiale, une ventrale et une dorsale. Dans
chaque série l'importance des bronches va en décroissant. Du fait de l'aplatissement
transversal du thorax pendant le développement embryonnaire, les séries ventrale et dorsale
sont beaucoup plus développées que les séries latérale et médiale. La bronche segmentaire
caudale ventrale supporte le plus souvent un lobe moyen isolé et la première bronche
segmentaire caudale médiale s'isole également et forme le lobe accessoire. Chaque bronche
segmentaire correspond à un segment broncho-pulmonaire indépendant des territoires
voisins.

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© DZVET 360
Organisation de l’arbre bronchique théorique en vue dorsale

On retiendra que dans chaque poumon, il existe deux lobes fondamentaux, un crânial et un
caudal, et que dans ce dernier la 1ère bronche segmentaire ventrale peut prendre une
organisation lobaire et s’isoler par une scissure et donne ainsi naissance à un lobe
supplémentaire, dit lobe moyen, dont la disposition est variable.

Les ramifications ultimes des bronches forment les bronchioles qui portent les lobules.

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© DZVET 360
B. Rapport des bronches
a) Rapport des bronches principales :
Le trajet extra-pulmonaire dans le conjonctif médiastinal est très court et varie en
fonction des espèces. Dans tous les cas, les bronches sont accompagnées dorsalement par
l’artère bronchique (issue de I'artère bronchooesophagienne), ventro-crânialement par
l'artère pulmonaire et ventro-caudalement par la Veine pulmonaire. Elles sont également en
rapport avec les nœud lymphatique trachéo-bronchiques et les rameaux du système nerveux
autonome.

b) Après le hile pulmonaire :


L'artère pulmonaire se divise en artères satellites des ramifications bronchioles en
se plaçant latéralement à elles. Seules les veines lobaires sont satellites et sont placées ventro-
médialement.

C. Structure des bronches :


La constitution des bronches est comparable à celle de la trachée : une membrane
fibro-élastique soutenue par une charpente cartilagineuse discontinue, revêtue
extérieurement de conjonctif et doublée à sa face interne par une sous muqueuse et une
muqueuse avec une importante composante musculaire. Sa fonction équivaut au muscle
trachéal mais il est plus complet car il est étendu à toute la paroi des bronches. Il se poursuit
jusqu’aux bronchioles terminales. Les plus grosses d’entre elles ont une structure proche de
la trachée, puis elle se simplifie jusqu’aux lobules pulmonaires au fur et à mesure de leur
ramification.
Ø Les cartilages bronchiques sont formés de nombreuses plaques réunies par une
membrane fibro-élastique et constituent la charpente cartilagineuse. Ces cartilages
s'espacent en diminuant puis disparaissent dans les lobules pulmonaires.
Ø La tunique musculeuse est étendue à toute la paroi des bronches et est formée de
faisceaux circulaires de fibres lisses. Elle devient proportionnellement plus importante.
Ø La sous-muqueuse présente des glandes muqueuses plus ou moins nombreuses selon
les espèces. 

Ø La muqueuse est formée d’un épithélium cylindrique et cilié. Elle est mince au niveau
des bronchioles.

L’innervation provient du système nerveux autonome (nerf vague et sympathique).


L’irrigation est assurée par les divisions des artères bronchiques, issues de l’artère broncho-
œsophagienne qui sont satellites des bronches et se placent dorsalement à elles. Elles
alimentent un réseau capillaire sous-muqueux et forment un réseau dense autour des
bronchioles terminales. Les veinules aboutissent aux veines pulmonaires pour les petites
bronches et aux veines broncho-pulmonaires pour les plus grosses. Elles forment un réseau
superficiel sous la plèvre qui aboutit à la veine azygos et un réseau profond qui aboutit aux
veines pulmonaires. 


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III. Les poumons :
Ce sont les organes essentiels de la respiration où s’effectue l’hématose. Ils sont
enveloppés par des séreuses, les plèvres, qui les solidarisent à la cavité thoracique dans
laquelle ils se trouvent. L’adossement des plèvres pariétal dans le plan sagittal forme le
médiastin qui les sépare en un poumon droit et gauche.

A. Caractères généraux :
a) Couleur :
Leur couleur est rouge foncé chez le fœtus mais rosé dès que la respiration est
établie : en fait la nuance dépend de la quantité respective de sang et d'air. Des stries grisâtres
peuvent apparaître par anthracose (charbon, fumées, poussières chez le chien qui vit en ville
par exemple) chez les animaux âgés.

b) Consistance :
Le poumon est spongieux, mais possède une élasticité remarquable. Il se déchire
facilement, ce qui peut entrainer collapsus pulmonaire lors de pneumothorax par disparition
du vide pleural.

c) Poids et densité :
Ils varient en fonction de la quantité de sang retenue dans l’organe. Ainsi, la
densité du poumon fœtal est de l’ordre de 1.06 (coule dans l’eau) et voisine de 0.5 après mise
en place de la respiration (flotte dans l’eau). Cette propriété est utilisée en médecine légale
pour savoir si un nouveau-né a respiré ou non avant sa mort (docimasie).

Sa masse varie d’une espèce à l’autre, de 300g chez la chèvre ou le mouton, à 7 kg


chez le cheval en passant par 4,5 kg chez le bœuf. Chez les carnivores, il représente 1% du
poids du corps.

B. Conformation :
Elle est différente entre un poumon extrait de la cavité thoracique sans préparation et
un poumon en place sur l'animal vivant ou fixé en place sur le cadavre. Chaque poumon
présente :
Ø Une face costale (latérale) moulée contre les côtes (empreinte des côtes parfois
visibles).

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Vue latérale de la face costale

Ø Une face médiale verticale, moins étendue et séparée de son opposée par le
médiastin. Elle est divisée en :
• Une partie vertébrale dorsale réduite appuyée sur les corps vertébraux.

Vue médiale d’un poumon droit de cheval

• Une partie médiastinale ventrale plus vaste, moulée sur les organes
médiastinaux. Au centre de cette partie on trouve le hile par où pénètrent les
bronches et vaisseaux (racine du poumon). Ventralement au hile se trouve
l'empreinte cardiaque. Crânialement se trouvent l’empreinte de la racine de
l’aorte, de l'œsophage et de la veine cave crâniale. Dorso-caudalement on peut

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voir l’empreinte de l'aorte, de l'œsophage et l’insertion du ligament pulmonaire.
Ventro-caudalement sur le poumon droit se trouve le lobe accessoire isolé du lobe
caudal par une profonde scissure avec au fond le sillon de la veine cave caudale.

Remarque : chez le porc et les ruminants, vers le milieu de l’empreinte trachéale, le poumon
droit présente un petit hile accessoire servant à l’attache de la bronche trachéale Chez les
grands ongulés, l’insertion du ligament du poumon qui commence au hile s’étend jusqu’à son
extrémité caudale et se convertit au voisinage du hile en une surface d’adhérence ou les deux
poumons sont accolés sans revêtement pleural.

Ø Le bord dorsal, épais, convexe et long, occupe la gouttière costo-vertébrale.


Ø Le bord ventral, tranchant, court et mince est échancré par l'incisure cardiaque.


Ø La base ou face diaphragmatique, très oblique ventro-caudalement, est moulée sur le
diaphragme. Elle est lisse, concave, délimitée par un bord mince ventral et basal qui
s’insinue dans le récessus costo-diaphragmatique de la plèvre sans jamais atteindre le
fond.
Ø L'apex, crânial, épais et arrondi, occupe la coupole pleurale, dôme de la séreuse à
l'entrée de la poitrine. Chez les ruminants, celui du poumon droit est épais et
volumineux alors qu’il est court et pointu à droite.

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Ø Les faces interlobaires correspondent aux surfaces adjacentes des différents lobes et
permettent les glissements entre les lobes.

C. Lobation :
Les poumons de la plupart des mammifères sont découpés en lobes par des fissures ou
scissures plus ou moins profondes. En fonction de la ramification bronchique, on distingue
fondamentalement un lobe crânial et un lobe caudal, séparés par les scissures intercalaires
crâniale et caudale. Le plus souvent le poumon droit comporte un lobe accessoire placé sur la
face médiale des poumons contre le lobe caudal.

Le nombre et la disposition des lobes présentent de grandes variations spécifiques.


Chez les carnivores et le lapin, ces fissures sont extrêmement profondes puisqu’elles
atteignent le hile ou son voisinage immédiat : chaque lobe est en quelque sorte appendu par
un pédicule court propre. Ces fissures sont bien moins profondes chez le porc et les ruminants,
absentes chez les chevaux dont les poumons sont massifs sans autre marque de division que
l’empreinte et l’incisure cardiaque (en vérité, leur agencement lobaire ne diffère pas de celui
des autres espèces).

D. Moyens de fixité :
Le lobe crânial est toujours libre et placé en avant du hile pulmonaire. Le reste du
poumon est fixé par la racine du poumon composé de la bronche et du pédicule vasculo-
nerveux enveloppés par la plèvre qui se continue caudalement par le ligament pulmonaire. Le
ligament pulmonaire ou mésopulmonum unit la plèvre médiastinale et la plèvre pulmonaire.
Il s'insère depuis le hile jusqu'au bord caudal du poumon.

E. Structure :
Le poumon est composé de :

Ø La séreuse : elle correspond aux plèvres viscérales qui facilitent le glissement contre
les parois de la cavité thoracique pendant les mouvements respiratoires. Chacune
d’elles, droite ou gauche, enveloppe l’organe correspondant d’un vaste sac et présente

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un feuillet pariétal, un feuillet viscéral et un méso (ou ligament pulmonaire).

L’adossement des deux feuillets pariétaux à proximité du plan médian concourt à la


formation du médiastin, cloison qui isole les deux hémithorax. La plèvre gauche, à l’instar du
poumon gauche, est plus petite que la plèvre droite. Le feuillet pariétal est nommé à partir
des régions qu’il recouvre : on décrit donc une plèvre costale, une plèvre médiastinale et enfin
une plèvre viscérale La plèvre costale est appliquée sur la paroi costale par l’intermédiaire du
fascia endothoracique, auquel elle adhère faiblement. Cette plèvre costale se réfléchit sur le
diaphragme et sur le médiastin en formant des récessus pleuraux, dont la disposition doit être
connue pour pouvoir ausculter correctement le poumon. La réflexion de la plèvre costale en
plèvre diaphragmatique forme la ligne de réflexion pleurale, placée caudalement à la ligne de
projection du bord basal du poumon.

Ø Les récessus pleuraux :


• Au niveau de l’ouverture crâniale du thorax, il s’agit d’un cul de sac arrondi, plus
saillant à droite qu’à gauche et qui dépasse la première côte : la coupole pleurale.
• Caudalement, entre la paroi costale et le diaphragme, la partie de la cavité
pleurale placée entre la ligne de réflexion pleurale et la ligne de projection du bord
basal du poumon constitue le récessus costodiaphragmatique, qui ne s’engage pas
jusqu’au fond de l’angle formé par les côtes et de diaphragme. Il ne vient jamais
jusqu’à l’insertion du diaphragme sur les côtes, et il n’est lui-même pas occupé par
le bord basal du poumon, même lors d’inspiration forcée. 

• A son extrémité dorsale, ce récessus se prolonge dans la plupart des espèces
contre le pilier du diaphragme et forme, entre celui-ci et le début de la paroi
lombaire, le récessus lombo-diaphragmatique, visible à la radiographie chez les
carnivores (notamment le chat).
Ø La charpente conjonctivo-élastique à l’origine du cloisonnement en segments
broncho-pulmonaires puis en lobules. Ces systèmes sont jointifs afin d’assurer
l’élasticité du poumon. 

• Conjonctif périphérique : Constitué par des cloisons déléguées par l’enveloppe
conjonctivo-élastique périphérique séparant les segments broncho-pulmonaires.
• Conjonctif axial : Accompagne depuis le hile le pédoncule broncho-vasculaire de
l’organe puis ses subdivisions dans l’axe de chaque lobe et de chaque segment. Il
engaine les bronches les plus fines et forme le conjonctif axial de chaque lobule
pulmonaire.
Ø Les lobules pulmonaires, divisions du parenchyme du poumon. Leur volume est de

l’ordre de quelques mm3 à quelques cm3 selon la taille de l'espèce. Leur forme est
variable : les plus superficiels ont une forme pyramidale avec une base qui répond à la
surface du poumon, les plus profonds sont couchés le long des conduits bronchiques
et vasculaires et sont irrégulièrement polyédrique.

Chaque lobule pulmonaire est appendu à une bronchiole supralobulaire de petit


calibre (2-3 mm dans les grandes espèces) accompagnée de deux artérioles : l’une provenant
de l’artère pulmonaire et l’autre plus grêle, de l’artère bronchique.

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Les bronchioles intralobulaires sont dépourvues de cartilage et de glandes
contrairement aux bronchioles supralobulaires. Dans chaque sublobule, la bronchiole
terminale donne naissance à des conduits plus larges dont la paroi très amincie porte les
bronchioles respiratoires qui fournissent les conduits alvéolaires aboutissant aux alvéoles
pulmonaires.

F. Vascularisation :
Le poumon est l’un des organes les plus richement vascularisés. On classe ses vaisseaux
en deux catégories :
Ø Ceux de la grande circulation, considérés comme nourriciers (ils entretiennent de
remarquables anastomoses avec les branches des précédents). Ce sont les Artères et
le Veines bronchiques.
Ø Ceux de petite circulation, qualifiés de fonctionnels car siège de l’hématose. Ce sont
les plus gros et les plus importants : les artères et les veines pulmonaires.
• Les artères pulmonaires véhiculent le sang veineux non hématosé chassé par le
ventricule droit. Elles se trouvent à la face ventrale de la bronche principale en
direction caudo-latérale puis se placent latéralement et dorsalement à la
bronche.
• Les veines pulmonaires ramènent à l’atrium gauche le sang hématosé. Les veines
intersegmentaires ont une position non satellite ni des artères ni des bronches
tandis que les lobaires ont une position axiale et voisine des bronches (médiale
et ventrale).

Remarque : C’est à la naissance que la circulation fonctionnelle, jusque-là minime, devient très

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active : les poumons se chargent de sang pendant que le cœur et les gros vaisseaux prennent
leurs dispositions définitives. A ce moment, la petite circulation réservée aux poumons et à
l’hématose s’isole complètement de la grande circulation chez les mammifères et les oiseaux.

IV. Conformations spécifiques :

A. Les équidés :
a) Trachée :
La longueur est comprise entre 70 et 80 cm et le diamètre est de 5 à 6 cm (soit 50
cartilages). Les extrémités dorsales des cartilages trachéaux se chevauchent puis sont de plus
en plus écartés, la trachée est donc plutôt cylindroïde. Seul le dernier cartilage constitue la
bifurcation terminale. La bronche droite est plus grosse que la bronche gauche mais plus
courte.

b) Arbre bronchique :
Les deux bronches principales se séparent en formant un angle de 60° de manière
quasi symétrique.
Ø Poumon droit : la bronche principale, de 7 à 8 cm de long, se poursuit en une bronche
lobaire caudale. La bronche lobaire caudale, après avoir donné une première bronche
segmentaire ventrale, se porte dans la partie caudale du poumon (lobe caudal) et
donne 5 séries segmentaires dorsales et ventrales. La bronche lobaire moyenne
(première bronche segmentaire ventrale) ne porte pas de lobe distinct en surface. La

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bronche lobaire crâniale part à 1 ou 2 cm de l'origine de la bronche principale et porte
5 séries segmentaires dorsales et ventrales. La bronche lobaire accessoire part 3 cm
plus loin, du côté médial de la bronche principale, au voisinage du départ de la bronche
caudale.
Ø Poumon gauche : même distribution mais sans bronche lobaire accessoire 


c) Poumons :
Ils sont volumineux et massifs, presque symétriques et dépourvus de scissures
interlobaires : seule l'incisure cardiaque est visible. La lobulation est de surface et très peu
visible.
Ø Le poumon droit (3,9 kg) est trilobé (lobes crânial, caudal et accessoire). L’incisure
cardiaque triangulaire est située principalement en regard du quatrième espace
intercostal.
Ø Le poumon gauche (3,3 kg) est bilobé (crânial et caudal) et possède une incisure
cardiaque quadrilatère plus large, située principalement en regard du troisième au
cinquième espace intercostal.

d) Cavité thoracique :
Elle est étroite et longue, formée de 18 côtes avec les 6 premières cachées par le

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membre thoracique. L’ouverture crâniale du thorax est étroite (15 cm de haut sur 8 cm de
large). Le diaphragme est très oblique ventro-caudalement. Le sommet de sa courbure atteint
dans l'inspiration une ligne transversale unissant les sixièmes côtes droites et gauche, à mi-
hauteur du thorax. Le fascia endothoracique est mince, presque transparent.

e) Plèvres :

La coupole pleurale dépasse à droite le bord crânial de la 1ère paire de côte de 3
cm environ tandis qu’à gauche, elle ne le dépasse que rarement. Le récessus costo-
diaphragmatique suit la moitié dorsale de la dernière côte puis s'infléchit pour croiser
ventro-crânialement la sixième côte à égale distance de son cartilage costal et du muscle ilio-
costal, Il descend ensuite régulièrement pour rejoindre la neuvième articulation costo-
chondrale pour arriver au niveau de la sixième sternèbre.

f) Zone d’exploration clinique des poumons :


C’est une zone triangulaire :
Ø La limite dorsale de cette zone est marquée par l’insertion du muscle ilio-costal.
Ø La limite crâniale est constituée par le bord caudal du triceps brachial (sixième côte).
Ø La limite caudale varie selon le mouvement respiratoire :
• Expiration : ligne convexe caudalement allant du haut de la seizième côte à la

pointe du coude (7ème articulation chondro-costale) et passant en regard de la

13ème côte à mi-distance entre le bord du muscle ilio-costal et l'articulation
chondro- costale correspondante. 

• Inspiration : cette courbe se déplace crânialement d'un espace intercostal.

g) Médiastin :
Ø Le médiastin crânial est mince après la disparition du thymus, sa moitié ventrale est
pratiquement située dans le plan médian. 

Ø Le médiastin moyen :

• Dans sa partie dorsale, la trachée se termine au niveau de la 6ème côte 


• Dans ses 2/3 ventraux, le cœur est étendu de la 3ème à la 6ème côte. La base du
cœur se projette selon une ligne horizontale passant de la pointe de l'épaule à la

mi-hauteur du 4ème espace intercostal. Le bord caudal du cœur suit une ligne

verticale passant par la pointe du coude et le 6ème espace intercostal. 

Ø Le médiastin caudal : sa parie ventrale très mince est perforée chez l'adulte par de
nombreux petits trous, ce qui a comme conséquence l’extension bilatérale des
épanchements pleuraux, pleurésies et pneumothorax bilatéraux.

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B. Ruminants :

a) Trachée :
Ø Bovins

La longueur de la trachée est comprise entre 55 et 65 cm et son diamètre entre 5 et 6


cm (50 cartilages environ). Les extrémités des anneaux se relèvent pour former une crête
trachéale dorsale. Chez tous les ruminants et chez le porc, avant la bifurcation trachéale
(environ 5 à 6 cm avant), il y a émission d’une bronche trachéale. Plusieurs cartilages entrent
dans la constitution de la bifurcation terminale.

Ø Petits ruminants

La trachée mesure 30 à 35 cm de long pour 2 cm de diamètre. Chez le mouton, les


extrémités des anneaux forment une faible crête dorsale, tandis que chez la chèvre, elles sont
également relevées mais restent très distantes et ménagent une gouttière membraneuse
logeant l'œsophage. On a aussi individualisation d’une bronche trachéale quelques cm avant
la terminaison de la trachée.

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b) Arbre bronchique :
Ø Poumon droit : La bronche lobaire crâniale (bronche trachéale) part de la trachée à 5
ou 6 cm de l'origine de la bronche principale droite chez le bœuf. Elle décrit vers la

gauche une large courbe à convexité ventrale (lobe crânial). Sa 1ère bronche
segmentaire ventrale constitue le lobe moyen crânial. La bronche principale de 3 cm
de long est en fait la bronche lobaire caudale. Cette bronche lobaire caudale se divise
en deux : une bronche lobaire moyenne (lobe moyen caudal) et une bronche lobaire
caudale (lobe caudal) qui donne à son origine la bronche lobaire accessoire (lobe
accessoire).
Ø Poumon gauche : La bronche principale de 2 cm de long se bifurque dans le hile du
poumon en deux pour donner un tronc commun ventro-crânial divisé à son tour en
une bronche lobaire crâniale (partie crâniale du lobe crânial ou culmen) et en une

bronche lobaire moyenne (caudale du lobe crânial ou Iingula). La 2ème division de la
bronche principale constitue la bronche lobaire caudale (lobe caudal).

c) Poumons :
Ø Bovins

Les poumons sont dissymétriques, fortement lobés, de couleur rose jaunâtre. La


lobulation en surface est très marquée (cloisons conjonctives interlobulaires épaisses),
donnant par un quadrillage superficiel irrégulier. Les veines sont centro-segmentaires et
centro-lobulaires.
• Le poumon droit a un poids de 2,8 kg, il comporte 5 lobes bien distincts (lobes crânial,
moyen crânial, moyen caudal, caudal et accessoire). Le lobe crânial est très développé

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et présente sur le trajet de l'empreinte trachéale un hile accessoire, lieu de passage de
la bronche trachéale.
• Le poumon gauche a un poids de 1 ,7 kg, et est bilobé (lobes crânien et caudal), le lobe
crânial étant subdivisé en culmen et lingula.

Ø Petits ruminants

Les poumons pèsent 250 à 300 g, sont de teinte orangée chez le Mouton, plus rosé
chez la Chèvre. La lobulation est visible chez la Chèvre, indiscernable chez le Mouton.
• Le poumon droit présente des lobes crânial et moyen confondus, surtout chez la
Chèvre.
• Le poumon gauche possède un lobe crânial est plus nettement divisé en deux, surtout
chez le Mouton.

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d) Cavité thoracique :
Les ruminants possèdent 13 côtes plus larges, plus espacées et moins arquées que
chez les Equidés. Le sommet de la courbure du diaphragme atteint le plan transversal unissant

les 6ème côtes, mais les insertions costales du diaphragme sont très crâniales. Le fascia
endothoracique est épais et de teinte jaunâtre.

e) Plèvres :
La coupole pleurale dépasse à droite le bord crânial de la 1èrecôte de 5 à 8 cm chez
le Bœuf, tandis qu’à gauche elle ne le dépasse que de 1 à 2 cm. Le récessif costo-

diaphragmatique croise le bord ventral du muscle ilio-costal en regard du 12ème espace
intercostal puis la 11ème côte (mi-distance entre le muscle et l'articulation chondro-costale). Il

passe ensuite au 1/3 ventral de la 10ème côte et atteint la 7ème articulation chondro-costale.

Des variations individuelles de 1 à 2 espaces intercostaux, sont possibles.

f) Zone d'exploration clinique des poumons :


Ø La limite caudale des poumons décrit une courbe allant du haut de la 11èmecôte,

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passant à mi-hauteur du 9ème espace et rejoignant la 7ème articulation chondro-costale.

Ø L'apex du poumon droit dépasse la 1ère côte de 3 à 4 cm alors que celui du poumon
gauche ne le dépasse pas. 

Ø La moitié ventrale de la paroi costale gauche répond de la 1ère à la 3ème côte au lobe

cranial du poumon droit et de la 3ème à la 5ème au péricarde (incisure cardiaque gauche).

L'incisure cardiaque droite est réduite en bas du 4ème espace intercostal.

g) Médiastin :
Ø Médiastin crânial : la partie située ventralement à la veine cave crâniale est
fortement déviée à gauche par le développement du lobe crânial du poumon droit.
Ø Médiastin moyen : la projection du cœur est identique à celle décrite chez le Cheval,
toutefois, la projection du membre thoracique est plus crâniale et la pointe du coude
se retrouve en dessous et en avant de la pointe du cœur.
Ø Médiastin caudal : la partie dorsale est courte, presque entièrement occupée par une
dilatation de l'œsophage et de volumineux nœuds lymphatiques médiastinaux
caudaux. La partie ventrale est épaisse et non perforée.

C. Porc :
a) Trachée :
Chez le porc, elle mesure de 25 à 30 cm de long et comporte 35 cartilages environ.
Les extrémités des cartilages se chevauchent comme chez le cheval et le lapin. La section de
la trachée est donc assez circulaire. Il a une bronche trachéale qui est émise à droite, 3 à 4 cm
avant la carène trachéale.

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b) Arbre bronchique :
Sa disposition est semblable à celle des Ruminants.

c) Poumons :
Ils sont légèrement dissymétriques, de couleur rose pâle, avec des scissures
interlobaires profondes. Leur lobation en surface est distincte mais moins que chez le Bœuf.
Ø Le poumon droit pèse 1,1 kg et comporte 4 lobes bien distincts (lobes crânial, moyen,
caudal et accessoire). Le lobe crânial est pourvu d'un hile accessoire. 

Ø Le poumon gauche pèse 0,9 kg et est trilobé, car le culmen et la lingula sont très
distincts. 


d) Zone d’exploration clinique des poumons :


Elle est réduite de l'avant dernière côte à la pointe du coude, avec une large
incisure cardiaque.

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D. Carnivores :

a) Trachée :
Ø Chien

Chez un chien de taille moyenne, elle mesure environ 25 cm de long et comporte 40


anneaux cartilagineux. Le cartilage est très ouvert, mais non relevé : les extrémités sont
éloignées, et il y a une large paroi membranacée. La section de la trachée est donc circulaire.
Le muscle trachéal est inséré à la face externe des cartilages. La bronche droite est plus grosse
que la bronche gauche mais plus courte.

Ø Chat

La trachée mesure 8 cm de long et comporte 40 anneaux environ. Elle est de section


circulaire. Les extrémités des anneaux sont distantes l'une de l'autre, avec une paroi
membranacée large. Le muscle trachéal est sur la face externe des cartilages.

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Paroi membranacée

b) Arbre bronchique :
La trachée se termine par une trifurcation qui donne 2 bronches principales et 1
bronche lobaire crâniale.
Ø Poumon droit : La bronche principale courte (2 cm de long chez le chien) donne une
bronche lobaire caudale (lobe caudal), qui émet peu après son origine une bronche
lobaire accessoire et une bronche lobaire moyenne (lobe moyen) qui est longue. La
bronche lobaire crâniale (lobe crânial) est souvent dédoublée après un court trajet en
2 bronches parallèles qui donnent chacune les 5 ou 6 séries segmentaires (ventrales
et dorsales) correspondantes 

Ø Poumon gauche : La bronche principale courte (2 cm de long chez le chien) donne une
bronche lobaire caudale (lobe caudal) très forte et un tronc commun entre la bronche
lobaire crâniale (culmen) et la bronche lobaire moyenne (lingula).

c) Poumons :
Ø Chien

Ils sont légèrement dissymétriques, avec des scissures interlobaires très profondes
allant pratiquement jusqu'au hile (les lobes semblent alors pédiculés). Ils sont normalement
rosés mais souvent grisâtres en raison de l'anthracose. La lobulation en surface n'est pas
visible.

• Le poumon droit comporte 4 lobes (lobes crânial, moyen, caudal et accessoire),


l'extrémité du lobe crânial se recourbe ventralement (ce lobe est presque aussi
développé que le caudal). 

• Le poumon gauche possède 3 lobes (lobes crânial, moyen et caudal), avec une scissure
profonde (mais qui n'atteint pas le hile) séparant la lingula du culmen. L'extrémité du
lobe crânial est également légèrement recourbée ventralement.

Ø Chat

Le lobe crânial pointu est presque aussi développé que le caudal mais non recourbé

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ventralement. Le lobe accessoire est réduit. 


d) Cavité thoracique :
Elle est plus large en proportion et plus arrondie que chez les Ondulés. L’ouverture
crâniale du thorax fait 7 cm de haut sur 4,5 de large chez un chien de taille moyenne. Le

sommet de la courbure du diaphragme atteint les 6ème côtes. Le fascia endothoracique est
mince.

e) Plèvres :
Chez un chien de taille moyenne, les coupoles pleurales dépassent de 2 à 3 cm la
ère
1 côte de façon plus marquée à droite qu'à gauche. Le récessus costo-diaphragmatique

passe sous le milieu de la 13ème côte puis sous l'extrémité ventrale de la 11ème pour rejoindre

l'extrémité ventrale du 9ème cartilage costal. Le récessus lombo-diaphragmatique s'étend

jusqu'à la 2ème vertèbre lombaire.

f) Zone d’exploration clinique des poumons :


La limite caudale s’étend en inspiration depuis le haut de la 12ème côte jusqu'à la
7ème articulation chondro-costale mais en pratique le bord et mince des poumons ne s'explore

guère au delà de la 9ème côte. En expiration elle s’étend à partir du haut de la 11ème côte. Le

hile pulmonaire placé en regard du 1/3 dorsal du 4ème espace intercostal et peut se voir en
radiographie.

g) Médiastin :
Le médiastin crânial est légèrement dévié à gauche. 


Le médiastin moyen est occupé par l'aire cardiaque de la 3ème ou 4ème côte à la 6ème ou

7ème côte chez le chien et de la 4ème à la 7ème côte chez le chat 


Le médiastin caudal : sa partie ventrale très mince et fragile est souvent finement
perforée chez l'adulte.

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E. Lapin :
La trachée comporte de 45 à 50 anneaux cartilagineux, avec une section pratiquement
circulaire. L’arbre bronchique est caractérisé par la réduction des systèmes crâniaux. Les
poumons présentent une nette dissymétrie et sont de couleur rose vif avec des scissures
profondes mais n'atteignant pas le hile. Le territoire crânial est très réduit du fait de la position
très crâniale du cœur. Le hile pulmonaire est très crânien et les lobes cruciaux ne recouvrent
pas la p. cruciale du péricarde. 


Le poumon droit possède 4 lobes (lobes crânial, moyen, caudal et accessoire), le caudal
représente les 2/3 du poumon. 


Le poumon gauche possède 2 lobes (lobes crânial et caudal), le caudal représente les 3/4 du
poumon.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Module RCV-Anatomie-TD4

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Pourquoi réaliser une radiographie du thorax chez un chien ? Quelques


indications peuvent conduire à la réalisation d’une radiographie (qui reste un
examen couteux:
• Traumatisme : suite à un AVP (Accident de la Voie Publique), mise en évidence de
fractures des côtes, contusion des plèvres, atteinte du muscle cardiaque,…
• Des anomalies de rythme, de fréquence, de bruits cardiaque, des discordances
respiratoires, ou encore une simple toux
• La supposition de la présence de corps étrangers associés à différents problèmes
selon leur localisation dans l’organisme
• Régurgitation peut pousser à une observation de l’œsophage
• Recherche métastases qui pourra être réalisé dans le cadre d’un bilan d’extension

Le thorax est constitué de diverses structures présentant des densités à radiographie


différentes :

• Métal (éventuellement à la suite d’une fracture par exemple)


• Les os des côtes, du sternum et des vertèbres,
• Les tissus musculaires et les liquides,
• La graisse
• L’air qui est radio-transparente

Contraintes de la radiographie du thorax :


• La radio n’offre qu’une vue en deux dimensions
conduisant à une superposition des structures.

• IL existe de plus d’importante variation de


contraste (du fait des différences de densité des
structures) associée à une résolution plus ou
moins bonne.

Les contraintes anatomiques et physiologiques


pourront être palliées par les choix de diff érentes
techniques radiographiques :

• Le choix de paramètres physiques :


➢ Le voltage : La radio sera prise
avec un kilovoltage élevé afin de
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Module RCV-Anatomie-TD4

« gommer les os »

Remarque : Un survoltage entraîne une surexposition. Tout est noir et on


ne parvient plus à distinguer les différentes structures.

➢ Le temps de la prise d’image Exposition


Surexposition : Elle devracorrecte
être rapide (inférieur à la
0,06s) pour obtenir une image la plus nette possible.
➢ L’intensité : De l’ordre du mA. Le choix dépendra alors de l’épaisseur
du thorax.
Remarque : Pour une épaisseur identique, l’intensité sera supérieure
au niveau de l’abdomen par rapport au thorax.
• Le choix du moment de la prise de vue : Le cliché est réalisé en fin d’inspiration, une
fois le parenchyme pulmonaire rempli d’air. L’air étend radio-transparent, les
différentes structures thoraciques apparaissent clairement.
• La réalisation d’une anesthésie ou d’une tranquillisation : Elles permettent une
réduction des mouvements de l’animal. La tranquillisation sera préférée à
l’anesthésie car cette dernier en train une plus forte réduction du volume d’air
inspiré, et donc de la qualité de l’image. De plus elle reste un acte médical non
négligeable.

Combien faut-il réaliser de radios ?

Il est nécessaire de réaliser deux prises de vue différentes, l’une orthogonale à l’autre pour
mettre en évidence les reliefs et les positions relatives des organes les uns par rapport aux
autres.

Le choix du profil et de la face radiographiée dépendra essentiellement d’une décision


personnelle, selon la région thoracique souhaitant être observé. En effet le cadrage sera
toujours le même mais, selon la position du corps (par exemple decubitus latéral droit ou
gauche) les mêmes structures ne seront pas mises en évidence de la même manière, auront
des aspects différents.

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Module RCV-Anatomie-TD4

Les vues latérales gauche ou droit montrent des différences sur l’apparence de certaines
structures (cœur et diaphragme notamment). Il y a notamment moins de déplacement de
l’apex cardiaque sur la latérale droite (-> lgt phréno-péricardique)

La vue ventrodorsale (VD, animal en décubitus dorsal) permet souvent une meilleure
évaluation du diaphragme, mais l’évaluation des lobes et de la vascularisation pulmonaire
caudale est facilitée sur la vue dorsoventrale (DV, animal en décubitus ventral). Moins de
déformation de la silhouette cardiaque sur la DV. De même les Artères pulmonaires caudales
se voient mieux sur cette vue.

Une affection pulmonaire située dans un lobe du poumon droit (lobes crânial et moyen
droits le plus souvent) peut disparaître complètement sur la vue latérale droite, mais
apparaître évidente sur la latérale gauche => parfois il faut faire les 2 vues latérales pour
détecter les métastases ou lésions focales (ex. masse pulmonaire)

Ici présence d’une tumeur sur le bord latéral gauche du cœur, qui ne s’observe quand
decubitus latéral gauche.

Remarque : En décubitus latéral droit, le rein gauche apparaître comme légèrement plus
gros que le rein droit du fait d’un phénomène de perspective.

Point pratique :

L’obtention d’une radio du lateral gauche (resp. droit)= placer le chien en decubitus latéral
gauche (resp. droit)

La position de l’animal dépendra aussi de la pathologie dont il souffre. Dans le cas d’une
détresse respiratoire, un decubitus dorsal est nécessaire à unn bonne visualisation des
poumons. Au contraire, un decubitus ventral est plus adapter lorsque l’animal souffre de
problèmes cardiaques afin de placer le cœur dans sa position physiologique. Enfin chez un
vieux chien la mobilisation des membres peut être douloureuse. Il faudra donc s’adapter.

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Remarques :

• Lorsqu’un animal est placé du côté gauche, son poumon droit est mieux ventilé. Les
structures seront donc mieux visibles de ce même côté.
• Différence de densité entre parties osseuses et parties cartilagineuses. Cette
différence de densité a tendance à s’estomper avec l’âge du fait d’une ossification de
certains cartilages.

Corps vertébral Processus épineux Disque interv

Pilier du diaph (G)

Aorte thoracique
trachée

Base du coeur

Trame du
parenchyme Veine cave caudale
pulmonaire
Coupole du diaph
Apex du coeur

Projection de profil :

Le but est d’obtenir une vision totale de la cavité thoracique et ce quel que soit l’organe que
l’on souhaite observer en particulier. Il faut de plus maintenir l’animal dans une position
particulière afin d’obtenir une disposition standard des organes et éviter les erreurs de
diagnostic…

Position : Généralement l’animal est placé en décubitus latéral droit (standard). Les
membres thoraciques sont en extension vers l’avant pour tirer les masses musculaires
inintéressantes, tandis que le cou est en extension car une flexion entraîne un déplacement
de la trachée qui remonte dorsalement et pourrait laisser supposer la présence d’une masse
(qui n’existe donc pas en réalité).

Les coussinets des animaux sont protégés avec des chaussons

Réglage du faisceau de rayon X : Le centrage s’effectue à l’aide d’une croix sombre au niveau
du bord caudal de la scapula. L’ouverture du champ s’étend de la première vertèbre
lombaire à la pointe de l’épaule.

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Projection de face :

Il s’agit le plus souvent d’une vue dorso-latérale ( cad que le rayon, venant d’au-dessus,
travers d’abord le dos puis le ventre). L’animal est en décubitus sterno-abdominal, le cou
étendu, l’axe vertébral et le sternum bien alignés et superposés.

Comme pour la vue de profil, la radio est centrée sur le bord caudal de la scapula et s’étend
de la pointe de l’épaule à la première vertèbre lombaire.

Par convention :

• Une radio de profil est présentée la tête à gauche quel que soit le décubitus réalisé
• Une radio de face est présentée la tête en haut, la droite à gauche et la gauche à
droite (toi avoir compris ???!!!)

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Critères de qualité :

L’intégralité de la cage thoracique doit être visible, le cliché doit être pris en phase
inspiratoire, avec une absence de flou et sans rotation.

Pas de rotation rotation

En vue de profil, la rotation se traduit par la visualisation du départ des côtes de part et
d’autre d’une même vertèbre thoracique. En vue de face, l’absence de rotation est visible
par l’existence d’une symétrie axiale entre les côtes d’une même vertèbre.

Remarque : La distinction entre un thorax de chien et un de chat se fait par l’observation des
vertèbres. Elles sont plus rectangulaires chez le chat alors qu’elles sont plus carrées chez le
chien.

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Principe général d’interprétation :

Avant tout il faut évaluer la qualité de la radio : une mauvaise qualité nécessité de refaire le
cliché.

Il faut ensuite regarder l’intégralité des structures et ne pas se focaliser sur un organe. Il faut
définir une localisation précise de la lésion et en faire la description : opacité, taille forme,
contour, combien de lésions

Différences entre une radio prise en phase inspiratoire et expiratoire :

En vue de profil, la distinction ce fait en fonction du positionnement de des lombaires par


rapport au diaphragme. En phase inspiratoire, l’angle lombo-diaphragmatique doit être en
regard de la 11ème vertèbre thoracique. Il sera au niveau de la 8èmevertèbre thoracique en
phase expiratoire.

Phase inspiratoire Phase expiratoire

En vue de face, la coupole diaphragmatique arrive vers la 10ème vertèbre thoracique à


l’inspiration. (7eme à l’expiration).

T10
T10

Phase inspiratoire Phase expiratoire

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Lecture :

• Région périphérique : cou, abdomen, membres thoraciques ;


• Thorax avec les structures osseuses, et les parois des tissus mou dont le diaphragme ;
• Trachée et bronches
• Parenchyme pulmonaire
• Plèvres et espaces inter-pleuraux (qui ne sont normalement pas visibles)
• Médiastin dans lequel on retrouve le système cardio-vasculaire et d’autres structures
comme l’œsophage ou des nœuds lymphatiques.

Exemple d’organes :

• Diaphragme et piliers :

Image radiographique : la face crâniale du diaphragme est bien visible grâce à l'air contenu
dans les poumons. La face caudale l’est moins et forme une silhouette positif avec les
viscères abdominaux.

Facteurs variation normale :

▪ Projection radiographique
▪ Phase respiratoire
▪ Conformation raciale

Sémiologie

▪ Position
▪ Continuité de la silhouette
▪ Contour

VC

ca
ud
ale

Les viscères poussent le pilier du côté sur lequel l’animal est couché, celui-ci
remontant alors. La veine cave postérieure passe au niveau du foramen de la veine
cave dans la région tendineuse, du côté gauche du diaphragme, ce qui permet
d’identifier le pilier : la veine cave « épouse » la forme du pilier gauche
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Pilier gauche

Pilier droit
Epouse bien épouse pas bien
Remarque : Sur la vue de profil, le diaphragme a un aspect le plus souvent en Y dont
les deux branches supérieures correspondant aux deux piliers droit et gauche et la
branche verticale à la coupole ventrale. L'hémicoupole la plus crâniale correspond au
côté sur lequel le chien est couché
L’hémicoupole droite est en continuité avec la silhouette de la veine cave caudale. En
décubitus latéral droit, les piliers sont plus ou moins parallèles l'un à l'autre

• Trachée et bronches et l’œsophage: L’œsophage est formé de muscles lisses qui se


fondent dans la masse musculaire de la région du cou. Au contraire la trachée est
bien visible car remplie d’air et relativement large (20% de la largeur de l’entrée de la
poitrine). La trachée bifurque au niveau de la T5 et possède un plafond musculeux, le
muscle trachéal.
Muscle trachéal
(externe CN-CT)

Anneau cartilagineux

Coupe longitudinale en « 3D » Coupe transversale

Remarque : Il existe des problèmes de flaccidité trachéale chez les vieux chiens. Elle
est due à un « ramollissement » de muscle trachéal qui autorise une poussée de
l’œsophage et entraîne une déformation de la trachée.

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Lors de la prise de radio, le cou


doit être en extension car une
flexion entraîne un déplacement
de la trachée qui remonte
dorsalement et pourrait laisser
supposer la présence d’une
masse (qui n’existe donc pas en
réalité).

A= bien

B= pas bien

• Parenchyme pulmonaire : Observation du tissu pulmonaire, des vaisseaux, du tissu


interstitiel et des nerfs. De manière générale, on distingue une trame réticulée fine et
l’organisation d’une triade bronchique avec :
➢ L’artère pulmonaire en position dorsale et latérale de la bronche
➢ La veine pulmonaire en position ventrale et médiale de la bronche.

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Chaque poumon normal est majoritairement composé d’air remplissant ses alvéoles
=>visuellement « gris foncé ». L’espace interstitiel (tissu conjonctif, lymphatiques et
capillaires), les petites bronchioles et les parois alvéolaires sont responsables de la faible
opacité observée. Ces zones homogènes entourent les plus gros vaisseaux et bronches qui
apparaissent distinctement étant donné leur différence d’opacité vis‐à‐vis du poumon.

• Le cœur : La connaissance du profil cardiaque est nécessaire afin de repérer des


anomalies (notamment l’angle entre la trachée et la base du cœur). Il existe de plus
une certaine variabilité selon les espèces et selon les races (cœur plus allongé chez
les races graïoïdes que chez les races brachioïdes) et même selon la position de
l’animal.

Caniche vs Golden

La taille du cœur est de 3 ESPACES INTERCOSTAUX :

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Connaissance de l’analogie du cadran d’horloge. (important, tombe à l’examen)

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Bon Mauvais

« Lecture » de la radiographie :
Ø Régions périphériques : cou, abdomen, membres thoraciques.
Ø Paroi du thorax :
• Structures osseuses : axe vertébral (cervical, thoracique et début lombaire, côtes,
sternum).
• Parois de tissus mous dont le diaphragme.
Ø Trachée et bronches.
Ø Parenchyme pulmonaire.
Ø Plèvres et espaces pleuraux.
Ø Médiastin :
• Système cardio-vasculaire : cœur, (artères et veines pulmonaires).
• Autres éléments du médiastin : nœuds lymphatiques, œsophage.

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Diagramme d’une vue latérale gauche du thorax (poumons retirés)

Orienter une radiographie :


La tête, par convention, est placée à gauche, quel que soit le profil observé.

(Gaz dans le pylore)

Radiographie de la trachée :
On peut observer une flaccidité de la trachée (surtout chez les vieux chiens) due à une
diminution de la tonicité du muscle trachéal.

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Flaccidité trachéale






Remarque : Il est important de connaître l’état de
flexion de l’encolure / cou de l’animal pour ne pas
prendre l’apparition d’une concavité de la trachée
pour un effet masse (lorsqu’un organe n’a pas la
position qu’il devrait occuper).



Flexion normale de

la trachée


Trachées et bronches :
Ø Radiographie peu informative pour l’examen des bronches.
Ø Seules les bronches principales sont bien visibles dans la région du hile pulmonaire.
Ø Bronche lobaire Cr Droite en avant, bronche lobaire Cr Gauche se divise en bronches
secondaires crâniale et caudale.

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Ø Triade bronchique :
• Artère pulmonaire : dorsale et latérale à bronche.
• Veine pulmonaire : ventrale et médiale à bronche

Aspect radiographique des poumons :


Ø Parenchyme pulmonaire :
• Trame réticulée fine
ü Tissus pulmonaire : bronchiole, alvéoles 

ü Vaisseaux : sanguins et lymphatiques 

ü Tissus interstitiel
ü Nerfs
• Variations normales 

ü Expi/ inspiration 

ü +/- Embonpoint 

ü Age 


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Aspect radiographique des plèvres :


• Espace pleural et plèvres non visibles
• Projection « ligne » pleurale

Aspect radiographique du médiastin :


Ø Médiastin :
• Entre les plèvres pariétales dans plan médian accolées ou séparées par viscères
médiastinaux :
ü Cœur, vaisseaux sanguins de la petite et de la grande circulation, 

ü Trachée, œsophage
ü Nerfs
ü Nœuds lymphatiques, canal thoracique, thymus
• Disposition du médiastin (par rapport au cœur) :
ü Crânial/Central/Caudal

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ü Ventral/ Dorsal

Nœuds lymphatiques médiastinaux :

Thymus :
Ø Opacité liquidienne
Ø Crânial au cœur
Ø « Voile de bateau » vue de face

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L’œsophage :

Le cœur :

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Différentes parties du cœur du chien sur une radiographie thoracique de profil

Analogie avec le cadran d’une horloge :

Très important ! Tombe SYSTEMATIQUEMENT à l’examen !

11-1 h tronc aortique (TA)

1-2 h tronc pulmonaire (TP)

2-3 h auricule de l’oreillette gauche


(Aur G)

3-5 h ventricule gauche (VG)

5-9 h ventricule droit (VD)

9-11 h oreillette droite (OD)

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Obésité chez le chat :

Remarque : chez le chat âgé le cœur peut être plus horizontal, le contact entre ventricule
gauche et sternum augmente. L’aorte devient plus ou moins tortueuse.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Histologie

-
CM n°1







Sommaire :
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Introduction

I. Le système circulatoire : p.3
A. La structure de base commune :
a) L’intima – l’endocarde
b) La média – le myocarde
c) L’adventice – l’épicarde
B. Les vaisseaux sanguins :
a) Les artères
b) Les capillaires
c) Les veines
d) Les veines de petit et moyen calibre
e) Les grosses veines
f) Les valvules
g) Les vaisseaux lymphatiques
h) Les capillaires lymphatiques
i) Les petits et moyens vaisseaux lymphatiques
j) Les vaisseaux lymphatiques de grande taille et les canaux collecteurs

II. Le cœur : p.21
A. L’endocarde
B. Le myocarde
C. L’épicarde
D. Le péricarde
E. Les valvules cardiaques
F. Le système cardionecteur
G. Le squelette cardiaque
H. Artères coronaires, vaisseaux lymphatiques et nerfs

A bien connaître


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Introduction

Le système cardio-vasculaire est un système clos formé de vaisseaux situés dans le
tissu conjonctif. Il assure la circulation des fluides extra cellulaires (le sang et la lymphe) par
son action propulsive et les échanges avec les tissus : l’apport de nutriments, l’évacuation de
leurs produits et de leurs déchets. Ce système est nécessaire aux métazoaires (organismes
pluricellulaires) car la diffusion ne permet pas une nutrition suffisante des tissus, surtout en
milieu aérien.

Echanges au niveau de l’appareil circulatoire


Le milieu intérieur est séparé en quatre compartiments semi-perméables :
• Le plasma sanguin 

• La lymphe 

• Le liquide interstitiel 

• Le liquide intra cellulaire
Le plasma et la lymphe circulent dans un seul sens.

Le système cardio-vasculaire, appelé aussi système circulatoire sanguin, comporte : 



• Une pompe musculaire double spécialisée dans la propulsion : le cœur
• Un système de distribution : les artères
• Un système de drainage : les veines
• Un système d’échange : la microcirculation au niveau des capillaires

Les vaisseaux sanguins qui véhiculent le sang du cœur droit vers, et dans, les poumons
constituent la circulation pulmonaire. Ceux qui distribuent et collectent le sang du reste du
cœur forment la circulation générale ou systémique.

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Ainsi, pour chaque circulation, le sang est envoyé successivement :

• Dans des artères de calibre décroissant au fur et à mesure de leurs divisions en


artérioles.
• Celles-ci se résolvent en capillaires, lieu d’échange entre plasma et liquide
interstitiel.
• Le sang retourne au cœur par des veinules qui se réunissent pour former des veines,
dont le calibre augmente et le nombre diminue en le rejoignant.

La circulation lymphatique débute par des capillaires borgnes (en cul de sac), qui
naissent dans le tissu interstitiel et drainent le liquide interstitiel et les lymphocytes. Ils
convergent en vaisseaux lymphatiques, passent par les nœuds lymphatiques, et rejoignent
les gros troncs veineux.

Double circulation du coeur


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Conformation du cœur et circulation du sang


I. Le système circulatoire :
A. La structure de base commune :
Les vaisseaux et le cœur possèdent une structure de base commune, constituée de
trois couches, qui sont :

Cœur Vaisseaux

Couche interne Endocarde Intima

Couche moyenne Myocarde Média

Couche externe Epicarde Adventice


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a) L’intima – l’endocarde :
L’intima et l’endocarde sont en contact avec le sang de part un endothélium qui
repose sur une membrane basale faite de collagène IV. En dessous on retrouve un tissu
conjonctif sous endothélial lâche renfermant des fibres élastiques.

1. Les cellules endothéliales :


L’endothélium est une couche de cellules :
• Plates 

• Polygonales (25 à 50 μm sur 10 à 15 μm) 

• Allongées dans l’axe du vaisseau donc dans le sens de la circulation 

• Leur noyau fait saillie dans la lumière du tube.

Elles reposent sur une lame basale et sont au contact du sang. Ces cellules
endothéliales sont reliées entre elles par des complexes de jonctions gap et serrées.

Dans le cœur et la plupart des vaisseaux sanguins, ces cellules sont jointives et
forment une paroi étanche, on parle d’endothélium continu. Dans les capillaires des
viscères, elles présentent des perforations : endothélium fenêtré. Dans le foie, la rate et la
moelle osseuse, les cellules sont séparées et repose sur de la réticuline : endothélium
discontinu (lame basale absente ou discontinue).

Ces cellules renferment :


• Des corps de Weibel-Palade de 3x0.1 μm (plusieurs tubules dans une matrice dense)
parallèles au grand axe de la cellule, qui stockent le facteur de Willebrand. Libéré
lors de lésions, il favorise l’hémostase primaire c'est-à-dire l’adhérence des
plaquettes entre elles lors de la formation du clou plaquettaire. On en trouve aussi
dans les granules α des plaquettes. 

• Des vésicules de pinocytose, réserves membranaires et échanges de fluide dans les
deux sens, pouvant s’ouvrir en canaux trans-endothéliaux (ou constituer des
fenêtres).

Photographie de cellule endothéliale vue au ME

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Remarque : En microscopie électronique, on peut observer les replis marginaux (réserves


membranaires), les jonctions de communication (gap) et d’union (tight), et les vésicules de
pinocytose.

Tissu conjonctif sous-endothélial


Noyau d’une cellule endothéliale

Observation d’une cellule endothéliale en microscopie électronique et Intima en


microscopie optique

2. La fonction des cellules endothéliales :
La cellule endothéliale et sa lame basale constituent la barrière aux
échanges. Elles permettent la circulation du sang sans coagulation. Elles synthétisent :
• Du collagène et des protéoglycanes servant à la mise en place de la lame basale 

• Des molécules impliquées dans l’hémostase (Facteur de Willebrand) 

• Des molécules qui empêchent la formation de thrombus (caillot anormal)

(prostacycline, NO, thrombomoduline ...) 

• Des facteurs vasoactifs contrôlant le débit sanguin : prostacycline et NO (effet
vasodilatateur), endothéline (effet vasoconstricteur), …

Elles jouent un rôle important dans l’inflammation :


• Les cellules endothéliales ont toutes les organites cellulaires et les filaments qui
permettent la contraction cellulaire, phénomène important dans l’inflammation et
les sécrétions diverses (synthèse du PAF : Platelet Activating Factor). 

• Elles possèdent également des molécules membranaires qui permettent l’adhésion à
des leucocytes (adhésines) lors de l’inflammation.
Remarque : lors de l’inflammation, des médiateurs (histamine, ...) permettent de dévoiler les
P-sélectines pour assurer un meilleur accrochage des leucocytes.

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b) La média – le myocarde :
La média est principalement constituée :

• De fibres musculaires lisses disposées en couches concentriques et en spirale dans


l’axe du vaisseau (artères musculaires et artérioles) ou en paquets longitudinaux
intercalés avec d’autres structures (adventice de tous les vaisseaux et intima des plus
gros vaisseaux). Ces cellules musculaires sont entourées par une lame basale et du
collagène qui les attachent aux structures élastiques et reliées entre elles par des
jonctions communicantes (gap). (Cf. cours tissu musculaire)
• De fibres élastiques en proportions variables :
ü Elles sont nombreuses et disposées en lamelles concentriques dans la média
des grosses artères qui sont alors qualifiées d’artères élastiques. 

ü Dans les artères musculaires, on observe quelques lamelles élastiques.

Le myocarde contient des fibres musculaires striées (cardiomyocyte). (Cf. cours sur
le tissu musculaire)

c) L’adventice – l’épicarde :
Ils sont constitués d’un tissu conjonctif lâche avec des fibres élastiques qui
renferme : 


• Pour les gros vaisseaux : les nerfs de la paroi et leur vascularisation faite de petits
vaisseaux (vasa vasorum) assurant la nutrition de l’adventice et de la partie externe
de la média (pour l’intima, la partie interne de la média et les petits vaisseaux, la
diffusion suffit). 

• Pour le cœur, les coronaires et des nerfs. 



B. Les vaisseaux sanguins :
a) Les artères :
On distingue 3 types d’artères :
• Les artères élastiques (aorte, artère pulmonaire et branches principales)
• Les artères musculaires 

• Les artérioles

1. Les artères élastiques :


Les artères élastiques sont les gros troncs qui partent du cœur (aorte, tronc
pulmonaire...) et se poursuivent par les artères musculaires. Elles contiennent beaucoup

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d’élastine.

• L’intima est composée d’éléments disposés selon une hélice à très grand pas. On
observe du centre vers la périphérie :
ü Cellules endothéliales
ü L’endartère : fibres élastiques longitudinales avec quelques fibroblastes et
cellules musculaires lisses à disposition longitudinale également.
• La média est composée d’éléments disposés selon une hélice à très petit pas ou de
manière presque circulaire. C’est la partie la plus épaisse. Elle est formée de lames
élastiques concentriques et fenêtrées reliées par des fibres élastiques. Ces plaques
sont noyées dans une substance fondamentale dans laquelle se trouvent des cellules
musculaires lisses. Ces cellules musculaires sont courtes et leurs deux extrémités font
le pont entre les surfaces de deux lames élastiques adjacentes. Elles sont reliées aux
lames élastiques par des fibres de collagène. Cet ensemble (lames élastiques et
collagène) fait de l’artère élastique une paroi très résistante. 

• L’adventice est composée d’éléments disposés longitudinalement. C’est une couche
peu organisée, difficile à distinguer du conjonctif voisin et contenant des fibres de
collagène longitudinales, quelques fibres élastiques, et peu de cellules musculaires
lisses disposées longitudinalement. On y retrouve les vasa vasorum (petites veines et
artères) et des terminaisons nerveuses. Elles assurent la régulation de la pression
artérielle et du flot sanguin. Lors de chaque systole, le flot sanguin dissipe de
l’énergie cinétique par dilatation des artères élastiques. Cette énergie est restituée
au courant sanguin quand l’artère revient sur elle-même.

Remarque :
Les vaisseaux lymphatiques se trouvent dans les grosses artères et assurent le
même rôle que les vasa vasorum.
La présence de nombreuses lames élastiques et la disposition des cellules musculaires qui s’y
attachent confèrent une grande solidité et résilience à la paroi de ces artères soumise aux
fortes pulsations rythmiques du cœur.

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• Les lames élastiques (E), colorées en


noir, ne sont pas lisses mais montrent
des petites fibres élastiques qui s’en
détachent et s’insèrent entre les cellules
musculaires acidophiles.
• Les cellules musculaires sont courtes et
leurs deux extrémités font le pont entre
les surfaces de deux lames élastiques
adjacentes.

Remarque : Sur les coupes suivantes la coloration à l’orcéine donne une couleur violette aux
fibres élastiques et une couleur bleue aux cellules musculaires lisses (lumière à droite,
adventice à gauche).

Il existe des pathologies d'accumulation dans les parois (dépôts de calcium, dépôts
de cholestérol avec dégénérescence de la paroi, ...) dues à un mauvais drainage de ces
parois. 


Cellules musculaires lisses Fibres élastiques

La transition entre artères élastiques et artères musculaires est souvent progressive


(ex : artère fémorale) sauf chez le chien où l’on passe directement d’un type à l’autre (ex :
aorte/artère rénale).

2. Les artères musculaires :


Les artères musculaires sont les plus nombreuses de l’organisme. Leur calibre
et leur épaisseur diminue progressivement. Elles sont de plus en plus riches en cellules
musculaires lisses à mesure qu’on s’éloigne du cœur.

• L’intima est séparée de la média par la limitante élastique interne = lame


élastique épaisse, continue et fenêtrée.

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Remarque : la présence de cette limitante élastique interne, facilement reconnaissable


permet de qualifier l’artère d’artère musculaire.

• La média est composée de nombreuses couches circulaires de cellules


musculaires lisses. Ces cellules sont entourées par une lame basale, et reliées par
des fibres de collagène et surtout d’élastine. On y trouve également quelques
plaques élastiques fenêtrées. 


• L’adventice est séparée de la média par la limitante élastique externe (fibres et


lames discontinues d’élastine). Cette structure est discontinue et s’amincit et
disparaît dans les plus petites artères. Elle comporte des faisceaux de collagène,
des fibres d’élastine disposées longitudinalement, de cellules adipeuses et de
quelques cellules musculaires lisses longitudinales. La limitante externe est
moins visible que la limitante interne. Leur relâchement et leur contraction
influent sur la quantité de sang distribuée aux organes. Ces processus sont
régulés par le système sympathique ainsi que sous l’effet de la rénine-
angiotensine.

Limitante élastique interne

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3. Les artérioles :
Ce sont les artères les plus petites. Leur structure est simplifiée.

• L’intima inclut l’endothélium et une fine couche conjonctive composée de fibrilles de


collagène (non-illustrées) et de fibres élastiques orientées longitudinalement. Les
cellules endothéliales sont en contact avec les cellules musculaires lisses de la média
par des pseudopodes empruntant des perforations de la lame élastique interne, très
mince et fenêtrée pour les plus grosses artérioles mais absente des artérioles
terminales. La lame basale est fine et la couche sous endothéliale est constituée de
tissu conjonctif lâche contenant des fibres élastiques. 

• La média ne comporte qu’une ou deux couches de cellules musculaires lisses. 

• L’adventice est composée de fibres ou fibrilles conjonctives et des fibrocytes.

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La partie terminale des artérioles (au niveau de la jonction artériole-capillaire) est
souvent nommée « métartériole » ou « sphincter pré capillaire » et est composé des
cellules musculaires disposées circulairement. Elle peut se fermer car elle est dépourvue de
limitante élastique interne ce qui permet le réglage du flux sanguin dans les réseaux
capillaires qui sont donc protégés.

b) Les capillaires :

La microcirculation est la connexion entre artères et veines assurée par les capillaires.

C’est le lieu d’échanges entre sang et tissus. Les artérioles se résolvent en un fin
réseau de capillaires (le lit capillaire) d’où le sang est collecté par des veinules. Le sang peut
également passer directement dans les veinules par les anastomoses artério-veineuse
(shunt).

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Capillaires

Photo de plèvre avec pleurésie (inflammation) La microcirculation

Le lit capillaire est un réseau en général irrigué par plusieurs artérioles et drainé par
plusieurs veinules (mésentère). Dans certains tissus, une artériole terminale approvisionne
des bouquets de capillaires (ex : le muscle). A côté des anastomoses artério-veineuses, on
trouve des « canaux préférentiels » pouvant court-circuiter le réseau capillaire normal
(capillaire vrai) (ex : le muscle). A côté du circuit habituel « artère capillaire veine », il existe
d’autres types de réseaux existent :

• Le shunt :
artère => anastomose artério-veineuse => veine 



• Le système porte veineux (foie et hypothalamo-hypophyse) : veine => capillaire =>
veine
• Le système porte artériel (glomérule rénal, îlot pancréatique) : artère => capillaire =>
artère

1. Structure :
Comme leur diamètre est réduit (5 à 10 μm), la circulation est très lente. On
remarque une simplification des structures. 


• L’intima est composée de l’endothélium de la lame basale et parfois de péricytes.


Ces cellules périphériques d’origine mésenchymateuse peuvent se transformer en
cellules musculaires lisses ou fibroblastes. Elles sont incluses dans un repli de la lame
basale et jouent un rôle dans le diamètre des capillaires.

• La media est virtuellement absente.


• L’adventice est formée d’un tissu conjonctif lâche en continuité avec celui des tissus
voisins. Dans le système nerveux central, il s’agit des pieds des astrocytes. 


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Photographie d’un capillaire en microscopie électronique



On distingue plusieurs types de capillaires :

• Capillaires continus : Ce sont les


plus fréquents. Les cellules
endothéliales sont jointives et la
membrane basale est continue
formant une paroi étanche sans
interruption. On les trouve dans
le muscle, le système nerveux
central, le pancréas, l’appareil
génital, les poumons ... Ce sont
des cellules ubiquitaires. Les
cellules endothéliales sont
épaisses dans le muscle, plus
plates dans le système nerveux.
On observe de nombreuses
vésicules de pinocytose dans le
muscle, peu ou pas dans le
système nerveux.

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• Capillaires fenêtrés : la cellule
endothéliale est percée de
pores, soit ces pores sont
diaphragmés (accolement des
deux membranes
cytoplasmiques) : tractus
intestinal, glandes endocrines,
thymus, plexus choroïde, … soit
ces pores sont ouverts :
glomérule rénal. Ces pores
permettent les échanges entre
cellules. Les péricytes sont
rares. Il y a tout de même des
jonctions entre les cellules. Au
niveau des pores, il peut y avoir
un diaphragme (accolement de
la membrane plasmique).


• Capillaires discontinus (ou
sinusoïdes) : les cellules sont
disjointes et soit la lame basale
est discontinue (ex : pulpe
rouge de la rate et contient
macrophages fixes) ; soit il n’y a
pas de lame basale et les
cellules s’appuient sur des
fibres de réticuline (moelle
osseuse, foie, ganglions
hématiques, sinus des noeuds
lymphatiques qui contient des
macrophages fixes, cellules de
Kupffer du foie). Il n’y a pas de
péricytes. Selon la taille des
pores, il peut y avoir passage de
cellules (rate) ou seulement de
grosses molécules (foie).

2. Régulation du débit sanguin :


Au niveau des capillaires, la circulation sanguine est lente. Le débit est régulé
par le jeu des sphincters lui-même contrôlé par plusieurs systèmes :

• Nerveux (rougeur émotive). 



• Hormonal : adrénaline et noradrénaline entraînent la fermeture des sphincters dans

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les régions externes du corps ce qui permet la présence du sang dans les régions
profondes de l’organisme.
• Histamine et sérotonine : elles permettent le relâchement des sphincters et des
artérioles, la contraction des veinules et entraînent la congestion lors d'une
inflammation.

3. Echanges sang/tissu :

La pression hydrostatique tend à faire sortir l’eau au niveau des artérioles et des
capillaires et à l’inverse elle tend à la faire rentrer au niveau des veinules. La pression
oncotique est stable, elle est donnée par la teneur en protéines du sang comme l’albumine.
D’après l’équilibre de Starling on est en mesure de calculer des pressions nettes de
filtration/absorption au niveau des artérioles et des veinules et ainsi de prédire les entrées
et sorties d’eau :

Artériole Veinule
Pression hydrostatique du
30 mm Hg 17 mm Hg
plasma
Pression hydrostatique de
8 mm Hg 8 mm Hg
l’interstitium
Pression oncotique du
25 mm Hg 25 mm Hg
plasma
Pression oncotique de
10 mm Hg 10 mm Hg
l’interstitium
Pression nette
Résultat : équilibre de Pression nette de filtration :
d’adsorption : (17-8) - (25-
Starling (30-8) - (25-10) = 7 mm Hg
10) = -6 mm Hg
Remarque : ce tableau n’est pas à savoir

• Les gaz sont échangés par simple diffusion 

• L’eau, les électrolytes et les petites molécules diffusent à travers les jonctions
intercellulaires de l’endothélium suivant les gradients de pression. La lame basale est
un filtre qui laisse passer les molécules de poids moléculaire inférieur à 70000 Da. 

• Les macromolécules sont échangées par les vacuoles de pinocytose 

• Les échanges de cellules se réalisent par margination (accolement des leucocytes aux
parois des vaisseaux) et diapédèse (adhésines) ou entre les cellules endothéliales

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pour la rate et la moelle osseuse.

Il y a une régression des capillaires lorsqu’un organe travaille moins car le courant
sanguin abandonne certaines branches. Il y a disparition de la lumière (capillaire collabé),
disjonction et gonflement des cellules endothéliales, disparition de la lame basale. On a
également :
• Une transformation en artériole : sous l’effet d’une augmentation de pression
artérielle, le péricyte se transforme en cellule musculaire lisse et le capillaire devient
une artériole.
• Une néoformation des capillaires : développement embryonnaire et création de
néo- vaisseaux à partir des capillaires déjà présents autour d’un foyer inflammatoire.
Dans ce cas, un remplacement du tissu touché par un tissu cicatriciel est nécessaire,
ce qui demande un apport sanguin important. On observe donc une prolifération des
cellules endothéliales et, de ce fait, une néoformation de capillaires. Il s’agit
également d’un processus typique lors de la croissance des tumeurs.

c) Les veines :
La structure des veines varie fortement en fonction des conditions mécaniques
locales. A l’inverse des artères, elles ont une paroi fine et une lumière large. Les différentes
couches de la paroi sont souvent inexistantes ou difficiles à voir et à séparer. La classification
est donc délicate :
Ø Veinules : ce sont les plus petites, elles succèdent aux capillaires. Des échanges ont
encre lieu. Leur structure est identique à celles des capillaires mais elles sont plus
larges (leur diamètre peut atteindre 30 μm).
• L’intima possède un endothélium
continu (tight jonctions) sur une lame
basale.
• La couche sous endothéliale est
mince et constituée de fibres de
collagène longitudinales et parfois de
fibroblastes et de péricytes (rares).
Quand le diamètre augmente, on
observe des cellules musculaires
lisses formant un manchon
incomplet.

Les jonctions sont plus perméables que celles des capillaires. Les veinules sont
sensibles à l’histamine et la sérotonine (rôle dans l’inflammation). De plus, leurs cellules
possèdent des récepteurs pour les lymphocytes. En bref, les veinules sont un lieu d’échange
pour les grosses molécules 


Ø Veines de taille moyenne : veines collectrices, elles correspondent aux artères de


distribution.

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Ø Grosses veines : elles correspondent à l’aorte et sont désignées par leur nom
anatomique (veine cave, veine jugulaire).

Remarque importante : La veine jugulaire se situe au-dessus du cœur, elle n’a donc qu’un rôle
de « tuyau » alors que les veines des membres, souvent plus épaisses et muscularisées,
doivent faire remonter le sang vers le cœur. Ce processus est rendu possible grâce à un
système de valvules (détaillé plus loin).

d) Les veines de petit et moyen calibre :


Elles ont une structure en trois couches, les constituants et leur disposition sont
les mêmes que dans les artères. Cependant, les couches sont plus fines (surtout la média) et
l’adventice plus épaisse.


• L’intima est composée d’un
endothélium, d’une lame basale et d’une
couche de collagène fine sous endothéliale.
Dans les plus grosses, on note l’existence
d’une limitante élastique interne et la
présence de valvules (expansion de
l’intima).

• La média est composée de deux à


quatre couches musculaires lisses associées
à un réseau de fibres de collagène et
élastique. Elle est plus mince et moins
compacte comparée à la média de l’artère.
La couche interne est circulaire ou spiralée
et la couche externe est longitudinale. Mais
on note une très grande variabilité de sa
structure selon la place et la fonction de la
veine au sein de l’organisme.

• L’adventice contient des


fibroblastes, des fibres de collagène et
élastiques. Elle est plus épaisse comparée à
l’adventice de l‘artère.

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e) Les grosses veines :



• L’intima est identique à celle des veines
moyennes sauf que la couche sous endothéliale de
tissu conjonctif est plus épaisse et comporte
quelques cellules musculaires lisses.

• La media est fine avec quelques cellules


musculaires lisses séparées par du collagène. Cette
couche peut parfois être absente.

• L’adventice est au contraire épaisse et


formée de paquets de cellules musculaires lisses, à
disposition spiralée ou longitudinale, avec du
collagène et de l’élastine qui maintiennent la
tension de la paroi. L’épaisseur de cette couche
musculaire dépend de la situation anatomique de
la veine (au-dessus ou en-dessous du coeur,
pression dans les autres organes ...). On y retrouve
les vasa vasorum.

f) Les valvules :
Toutes les veines du système circulatoire sont équipées de valvules (veinules,
veines petites et moyennes), en particulier dans les membres. Les valvules semi-lunaires
empêchent le retour du sang. Le sang retenu par les valves est propulsé vers le cœur sous
l’effet de la contraction des muscles squelettiques et des muscles lisses de la paroi. La
structure des valves est identique à celle de l’intima : l’endothélium recouvre un axe fibro-
élastique avec quelques cellules musculaires lisses.

g) Les vaisseaux lymphatiques :


Le système lymphatique appartient au système circulatoire et au système
immunitaire. Il débute dans le tissu conjonctif par un ensemble de capillaires borgnes,
anastomosés et continue par de plus gros vaisseaux qui passent par au moins un nœud
lymphatique et drainent la lymphe dans les veines.

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h) Les capillaires lymphatiques :


Leur diamètre est supérieur à celui des capillaires sanguins. Ils sont de forme
variable, plus irrégulière que celle d’un vaisseau sanguin et leur lame basale est discontinue
voire absente. Ils manquent dans les organes ou le conjonctif est rare ou absent : SNC, œil,
moelle osseuse, cartilage, pulpe rouge de la rate.

i) Les petits et moyens vaisseaux lymphatiques :


Grande variabilité de la paroi selon l’espèce et l’organe. Les vaisseaux post
capillaires ont une lame basale continue du fait de la fusion des capillaires lymphatiques et
sont de grand diamètre. Ce sont des vaisseaux plus grands, avec des valves et à la couche
sous-endothélial s’ajoute 1 à 2 couches de cellules musculaires lisses et de fibres élastiques.
On ne distingue pas d’adventice. Dans les vaisseaux moyens, on commence à voir apparaître
des valves.

j) Les vaisseaux lymphatiques de grande taille et les canaux


collecteurs :
Ils ont 3 couches, pas toujours très bien délimitées :

• L’intima : formée d’un endothélium, d’une lame basale et d’une couche de fibres de
collagènes et élastiques. 

• La media : cellules musculaires lisses, nombreuses fibres élastiques et de collagène
(nombre et orientation variable selon espèce et localisation) 


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• L’adventice : fibres de collagènes et élastiques, et fibres musculaires lisses.
Des


valves sont également présentes. Elles sont faites d’un repli de l’endothélium avec un
axe conjonctif et dans les plus gros vaisseaux de fibres musculaires lisses.



Valve







Lymphocytes


Vaisseau lymphatique

II. Le cœur :
Le cœur correspond à la pompe aspirante-foulante qui fait circuler le sang dans le
système cardio-vasculaire. C’est la partie du système cardio-vasculaire qui possède la paroi
la plus épaisse. Cette paroi est essentiellement musculaire (cellules musculaires striées
cardiaques). C’est le ventricule gauche qui possède la paroi la plus épaisse. Les cellules
cardionectrices sont capables de contractions rythmiques spontanées.

Le cœur est composé de 3 couches tissulaires :


• Couche interne : l’endocarde
• Couche moyenne musculaire : le myocarde
• Couche externe : l’épicarde

Et de 3 structures particulières :
• Squelette du cœur 

• Valves cardiaques 

• Système de conduction 




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A. L’endocarde :
Il tapisse entièrement les cavités cardiaques et les structures associées (valvules,
cordages ...). Il comporte trois couches :
• Un endothélium au contact du sang et reposant sur une lame basale. Les
cellules sont aplaties, de forme polygonale et leur noyau fait saillie à l’intérieur
de la cavité 

• Une couche sous-endothéliale : couche mince de tissu conjonctif fibro-
élastique avec parfois des cellules musculaires lisses. 

• Une couche interne (sous endocardique) : c’est un tissu conjonctif lâche
composé de collagène, de fibres élastiques et de cellules adipeuses. Cette
couche est vascularisée. On y trouve aussi des nerfs. Par endroits, on peut
observer des branches du système d’impulsion (fibres de Purkinje). Ce tissu est
en continuité avec l’épimysium du myocarde.


B. Le myocarde :

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Les cellules musculaires striées cardiaques sont groupées en faisceaux spiralés et en


groupes de faisceaux. Elles sont emballées dans un tissu conjonctif fin et riche en vaisseaux.
Les cardiomyocytes sont :
• Allongées en forme de cylindre
ramifié 

• Entourées d’une membrane
basale 

• Reliées entre elles par des
jonctions intercellulaires =
stries ou traits scalariformes
ou disques intercalaires 

• Leurs myofibrilles sont
identiques à celles du muscle
strié squelettique
• Elles forment un réseau
tridimensionnel
• Elles ont un noyau central
unique

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C. L’épicarde :
L’épicarde recouvre la face externe du myocarde. Il s’agit du feuillet viscéral du sac
péricardique (qui se réfléchit ensuite en feuillet pariétal). Une couche simple de cellules
mésothéliales pavimenteuses recouvre une charpente de tissu fibro-élastique à couches
entrecroisées. La couche sous épicardique est constituée de tissu conjonctif lâche et
adipeux, surtout autour des vaisseaux coronaires.

D. Le péricarde :
L’épicarde est en continuité avec le péricarde qui s’insère sur le cœur autour du
départ et de l’arrivée des vaisseaux sanguins. Le péricarde constitue un sac qui entoure le
cœur. Chaque face du sac est une couche de cellules mésothéliales reposant sur une lame
basale. Entre les deux couches, un tissu conjonctivo-élastique est présent. Leur élasticité
permet à ces deux régions de s’adapter aux variations permanentes du volume cardiaque
(dans une certaine limite).

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E. Les valvules cardiaques :


Elles conditionnent le bon fonctionnement du cœur. La couche centrale est faite de
tissu conjonctif dense et de fibres élastiques recouvertes sur ses deux faces par de
l’endocarde. Le tissu conjonctif rejoint le squelette du cœur. Pour les valves atrio-
ventriculaires, les fibres de collagène et élastiques sont en continuité avec les anneaux
fibreux entourant les ouvertures atrio-ventriculaires. Ce tissu est aussi en continuité avec les
cordages tendineux qui, à l’autre extrémité, se prolongent dans l’endomysium des muscles
papillaires.

Lorsque les valvules sont lésées (principalement la valve mitrale), cela peut aboutir à
des endocardioses chez le chien : déformation du bord libre des valvules ou des nodules de
tissu fibreux entrainant une mauvais fermeture (le sang repasse dans l’atrium gauche) et à
force cela provoque une fibrose que l’on repère par son aspect blanchâtre sur les parois de
l’atrium. On parle de lésion de projection, ou de jet lésion. Cette pathologie est très
fréquente mais elle n’a pas de conséquences cliniques si elle est peu développée. Sinon, on
peut observer des troubles et une dilatation de l’atrium gauche.

Remarque : les endocardites (¹ endocardiose) elles, sont dues à des lésions inflammatoires,
qui peuvent être causées par des bactéries. Il peut là aussi y avoir une mauvaise fermeture.

Endocardiose (chien)

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F. Le système cardionecteur :
C’est un système qui crée et propage l’onde de contraction à tout le muscle
cardiaque. Il n’y a pas de fibres nerveuses mais des cellules cardiaques modifiées appelées
cellules cardionectrices. On trouve deux types de cellules :
Ø Les cellules nodales présentent dans le nœud sino-atrial (NSA) et dans le nœud
atrio- ventriculaire (NAV)
• Le nœud sino-atrial : réseau de
cellules nodales dans une
grande quantité de tissu
conjonctif très vascularisé. Les
cellules sont petites, avec peu
de myofibrilles et beaucoup de
ribosomes et de mitochondries.
Le conjonctif est riche en fibres
sympathiques,
parasympathiques et cellules
ganglionnaires (nerf vague). Les
cellules du NSA sont en
continuité avec les myocytes
ordinaires de l’atrium.
• Le nœud atrio-ventriculaire :
structure identique au nœud
sino-atrial. Ses cellules sont en
continuité avec les cellules
myocardiques de l’atrium et les
cellules de Purkinje du faisceau
de His.

Ø Les cellules de Purkinje présentes dans le faisceau de His qui se divise en 2 branches
au sommet du septum interventriculaire pour former le réseau de Purkinje. Ce sont
de grosses cellules à un ou deux noyaux volumineux en position centrale, rares
myofibrilles situées en périphérie, et centre riche en glycogène. En coupe
longitudinales, elles ont des striations transversales caractéristiques et des stries
scalariformes. Elles sont en contact avec les myocytes ordinaires.

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Cellules de Purkinje

G. Le squelette cardiaque :
La musculature atriale et ventriculaire s’insère sur le squelette cardiaque. On
distingue 3 formations :
• Les anneaux fibreux : ce sont des fibres de collagène denses entremêlées avec
quelques fibres élastiques qui entourent les ouvertures atrio-ventriculaires, de l’aorte
et de l’artère pulmonaire.
• Le trigone (trigonum fibrosum) : c’est un tissu conjonctif dense qui remplit l’espace
entre les ouvertures atrio-ventriculaires et la base de l’aorte. Sa composition varie en
fonction des espèces : pour le chat et le porc c’est du collagène fibreux, pour le chien
c’est du fibrocartilage, pour le cheval c’est du cartilage hyalin et chez les grands
ruminants c’est de l’os. Plus l’animal est âgé, plus les os sont développés. 

• Le septum interventriculaire : il est composé de fibres de collagène.

Os du cœur de bovin

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H. Artères coronaires, vaisseaux lymphatiques et nerfs (peu


développé en cours)
Les artères coronaires sont de grosses artères musculaires avec des paquets de
cellules musculaires lisses dans l’intima (régularisation du flot sanguin). Elles se divisent en
un fin réseau de capillaires dans le myocarde, l’épicarde, le squelette et la partie
périphérique des valvules. Le sang est collecté par des veinules et veines qui s’ouvrent dans
l’auricule droit soit directement, soit en empruntant le sinus coronaire.

Le réseau lymphatique débute par des capillaires borgnes dans le myocarde,


l’épicarde, le squelette cardiaque et l’endocarde. Les plus gros vaisseaux se trouvent dans la
couche sous endocardique et sous épicardique (sillons cardiaques).

Au niveau des nerfs, on trouve :


• Des fibres sympathiques et parasympathiques du système nerveux
autonome, nombreuses dans les atriums, rares dans les ventricules. Elles
forment des plexus autour des noeuds sino-atrial et atrio-ventriculaire.
• Des fibres sensitives : dans le myocarde et l’épicarde.

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® A bien connaître :

Ø La structure de base
Ø Les différences entre veines et artères
Ø L’importance de la microcirculation (dont peuvent découler des lésions :
œdèmes cutanés ou épanchements...)

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Histologie


CM n°2

Sommaire :
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Introduction

I. Les voies aériennes supérieures : p.2
A. La muqueuse des cavités nasales :
a) L’épithélium respiratoire
b) Epithélium malpighien kératinisé
c) Epithélium olfactif
d) Le chorion
e) L’organe voméro-nasal (ou organe de Jacobson)
B. Le rôle des cavités nasales
C. Caractéristiques des principales structures de l’appareil respiratoire :
a) Les sinus paranasaux
b) Le nasopharynx
c) Le larynx
II. Les voies aérophores : p.9
A. La trachée
B. Les bronches
III. Les voies transitionnelles p.14
IV. Le système d’échange gazeux p.17
V. Vascularisation et innervation : p.20
A. Circulation sanguine
B. Circulation lymphatique
C. Innervation
VI. Les plèvres p.22

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Introduction
L'appareil respiratoire est composé :
Ø De voies de conduction de l’air qui se divisent en :
• Voies aériennes supérieures. Elles regroupent les cavités nasales et cornets, les
sinus paranasaux, le nasopharynx et le larynx. 

• Voies aérophores. Elles regroupent la trachée et les bronches intra et extra-
pulmonaires. 

Ø D’un système d’échange gazeux 

Ø Entre les deux, de voies transitionnelles (les bronchioles)

On retrouve également les plèvres, pariétales et viscérales, séparées par le « vide pleural »
(« vide » = pression inférieure à la pression atmosphérique), qui constituent les séreuses des
poumons.

Rappel : de chaque côté, la plèvre pariétale recouvre la paroi thoracique et est réfléchie au
niveau du hile pour donner la plèvre viscérale, contre les poumons.

Ø La fonction principale de l’appareil respiratoire sont les échanges gazeux par


élimination du CO2 et absorption de l’O2 (et accessoirement d’autres gaz). Il assure également
le réchauffement et l’humidification de l’air inspiré, l’élimination de calories et le
refroidissement de l’organisme, la régulation du flux d’air, l’élimination de particules inhalées,
l’olfaction, la phonation ...

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I. Les voies aériennes supérieures :


De façon générale, les voies respiratoires sont revêtues par une muqueuse. Une muqueuse
est toujours constituée :

• D’un épithélium en contact avec le milieu extérieur et reposant sur une lame basale
(collagène IV).
• D’un tissu conjonctivo-vasculaire : la lamina propria ou chorion, sur lequel repose
l’épithélium.
• D'une sous-muqueuse : un tissu conjonctif profond en continuité ou non avec la lamina
propria.

Elle contient beaucoup de cellules de défense de l’organisme car elle est au contact avec
l’extérieur via la lumière des voies respiratoires.

A. La muqueuse des cavités nasales :


Les cavités nasales sont formées de deux cavités séparées par un septum nasal.
Caudalement se situent les cornets nasaux, qui naissent de la paroi latérale des cavités nasales.
La muqueuse des cavités nasales est l’association d’un épithélium reposant sur une lame basale
(principalement de collagène IV) et d’un chorion (ou lamina propria). On distingue plusieurs
types d’épithélium :
• Respiratoire (le plus important) 

• Malpighien kératinisé (à l’entrée des narines) : il est pigmenté (mélanine) et
beaucoup plus solide.
• Transitionnel (entre l’épithélium respiratoire et malpighien kératinisé) 

• Olfactif

Coupe transversale des cavités nasales


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a) L’épithélium respiratoire :
Il s’agit d'un épithélium pseudo-stratifié (les cellules reposent toutes sur une lame
basale mais les noyaux sont à différentes hauteurs) cylindrique (les cellules sont plus hautes que
larges) et avec un pôle apical cilié (côté air).

Il possède des cellules caliciformes (=cellules à mucus) situées entre les cellules
épithéliales et des cellules basales reposant sur la membrane basale, qui pourront se
différencier en cellule épithéliale ou caliciforme permettant ainsi le renouvellement de
l’épithélium.

Sur les deux faces des cornets nasaux, on retrouve également cet épithélium mais il
est moins épais que celui présent dans les cavités nasales (ainsi sur CT des cornets nasaux on
observe de l’os au milieu).

Pôle apical cilié

Epithélium pseudo-
stratifié cylindrique

Lame basale

Epithélium respiratoire

b) Epithélium malpighien kératinisé :


Il s’agit d’un épithélium pluristratifié kératinisé et pavimenteux que l’on trouve à
l’entrée des cavités nasales (narines). Il possède donc plusieurs couches avec des crêtes
épithéliales en surface et des kératinocytes qui élaborent des ponts épineux entre les cellules.
Cet épithélium est souvent pigmenté par de la mélanine (ex : chien). Il ressemble en fait à un
épithélium cutané épais.

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Epithélium malpighien kératinisé


c) Epithélium olfactif :
Il se situe dans la partie caudale ou dorsale des cavités nasales. C’est un épithélium
pseudo- stratifié, plus épais que l’épithélium respiratoire, avec différents types de cellules :

Ø Les cellules olfactives sont des cellules neurosensorielles (neurones bipolaires)


possédant un gros noyau sphérique (ou péricarion). Elles s’étendent à travers tout
l’épithélium et possèdent deux prolongements :
• La partie apicale fine (ou dendrite) se projette dans la lumière des cornets
éthmoïdaux (en contact avec l’extérieur), là où l'épithélium est renflé : c’est le
bulbe dentritique. Depuis le bulbe, des cils olfactifs se projettent dans la lumière et
baignent dans la sécrétion des glandes olfactives. C’est au niveau de ces cils que les
molécules olfactives sont reconnues.
• La partie basale est fine (axone non myélinisé) et entourée par les cellules basales.
Ces cellules percent la lame basale, traversent la lame criblée et se réunissent en
petits faisceaux entourés par des cellules de Schwann jusqu'à l'encéphale où elles
forment des synapses au niveau du bulbe olfactif. 

Ø Les cellules de soutien (=sustentaculaire) recouvrent l'épithélium et ont une organisation
de cellule sécrétante. En effet elles sécrètent du mucus permettant la dissolution des
molécules odorantes. Ces molécules peuvent ainsi être captées par les cellules
olfactives. Dans leur partie apicale, elles contiennent des grains de sécrétion et des
inclusions pigmentaires. La surface apicale possède des microvillosités. Des
desmosomes, hémidesmosomes unissent les cellules de soutien, les cellules basales et
les cellules olfactives. Leur partie basale est très effilée et s’étend à travers la lame
basale.

Remarque : Le mucus sécrété par les cellules de soutien représente une partie seulement du
mucus olfactif total. Ce sont donc majoritairement les glandes qui le fabriquent (Cf. plus loin).

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Ø Les cellules basales sont des cellules coniques qui peuvent se différencier en cellules de
soutien ou en cellules sensorielles.

L’épithélium olfactif contient aussi des glandes de Bowman situées dans le chorion qui sont
des glandes olfactives contenant des granules de pigment de couleur brun-vert. Elles libèrent un
mucus qui permet de dissoudre les molécules odorantes pour qu’elles soient mieux reconnues
par les cellules olfactives.

En plus des fibres non myélinisées olfactives, la muqueuse olfactive présente des fibres
myélinisées provenant du nerf trijumeau. Elles perdent leur myéline en pénétrant entre les
cellules épithéliales où elles se terminent sous forme de fibres nues sensitives.

d) Le chorion :
Le chorion est un tissu conjonctif lâche qui possède des glandes de types muqueuses
(noyau périphérique et cytoplasme clair) ou séreuses (dont la sécrétion est protéique, noyau
central et cytoplasme foncé). Il renferme beaucoup de plexus veineux et est donc chargé en
sang. La présence de ces vaisseaux sanguins permet un réchauffement de l’air.

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e) L’organe voméro-nasal (ou organe de Jacobson) :


On le retrouve chez les


amphibiens, les serpents, les mammifères
etc. mais il est absent chez les hominidés.
C’est un organe pair situé de chaque côté du
septum nasal à sa base. Antérieurement, il
s’ouvre dans la cavité buccale par le canal
incisif sauf chez le cheval où il s’ouvre dans
la cavité nasale.

Localisation de l’organe voméro-nasal


C’est un tube borgne revêtu par un épithélium reposant sur un chorion reposant lui-même
sur une sous-muqueuse (constituée de conjonctif lâche et de glandes muqueuses ou séro-
muqueuses). En périphérie, la charpente conjonctive renferme un cartilage voméro-nasal de
type hyalin.
Dans sa partie rostrale, l’épithélium est de type respiratoire.
Dans sa partie
caudale, sur les faces latérales, l’épithélium est de type respiratoire et sur les faces médiales, de
type olfactif.

Les cellules neurosensorielles sont un peu différentes : leur axone est non myélinisé et se
termine dans le bulbe olfactif accessoire.

Son rôle est encore peu connu. On sait qu’il intervient dans la détection des phéromones
(molécules véhiculant des
signaux innés qui régulent les
comportements sociaux) et
qu’il est à l’origine du
flehmen. Chez le cheval il se
caractérise par un
retroussement des lèvres
supérieures mettant
l’ouverture des cavités
nasales au même niveau que
l’organe voméro-nasal. Le
chat, lui, ouvre la bouche et
inspire l’air.

Organe voméro-nasal

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B. Le rôle des cavités nasales :


Elles permettent :
• Le réchauffement de l’air (grâce aux plexus veineux importants) 

• L’humidification de l’air notamment grâce au mucus 

• La filtration des particules de poussières présentent dans l’air inspiré grâce à
l’appareil
muco-ciliaire 

• L’olfaction

L’appareil muco-ciliaire (on parle aussi d’« escalator muco-ciliaire ») : Il comprend les
cellules caliciformes et les cellules ciliées. Les cellules caliciformes et les glandes du chorion
forment une couche de mucus en surface : 


• Une phase liquide en contact avec les cellules, 



• Une phase plus solide, en contact avec l’extérieur, sur laquelle se déposent les
poussières.

Les cils battent tous en même temps et permettent de faire remonter toutes les
particules présentent dans le mucus et qui étaient auparavant dans l’air. Les poussières sont
alors dégluties ou expectorées sauf si elles passent dans le larynx où elles seront repoussées
alors à l’extérieur (on retrouve ce même phénomène dans les bronches). C’est la première zone
de défense qui limite la taille des particules qui entrent dans le système respiratoire.

Représentation schématique de l’appareil muco-ciliaire


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C. Caractéristique des principales structures de l’appareil respiratoire :


a) Les sinus paranasaux :
Ils ont une muqueuse plus fine, possèdent moins de cellules caliciformes et ont
moins de glandes dans le chorion.

b) Le nasopharynx :
C'est la partie du pharynx située au-dessus du voile du palais, elle est exclusivement
respiratoire. Il est fait d'un épithélium respiratoire pluristratifiée contenant des cellules
caliciformes et de nombreux amas lymphoïde dans le chorion. Il a donc un rôle dans la défense
de l’appareil respiratoire.
Remarque : l’oropharynx a une muqueuse de type buccale.

c) Le larynx :
Le larynx suit le pharynx et se connecte à la trachée. Il comprend l'épiglotte :
structure mobilisée lors de la déglutition (empêche les « fausses-routes » des aliments). Il se
compose de différents épithéliums :
• L’épiglotte, le vestibule et les cordes vocales sont recouvertes d’un épithélium
malpighien pluristratifié non kératinisé avec des bourgeons gustatifs (sauf chez le
cheval). 

• Caudalement et progressivement on passe à un épithélium transitionnel puis
respiratoire.

Le larynx présente des cartilages reliés par des ligaments sur lesquels repose sa
muqueuse. La majorité du cartilage laryngé est de type hyalin sauf pour l’épiglotte qui contient
du cartilage élastique dans lequel on retrouve du tissu adipeux. Ces cartilages sont mobilisés par
des muscles striés squelettiques.


Coupe dans le plan médian du larynx et de la trachée

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Coupe transversale d’épiglotte

Les rôles du larynx sont :


• Le contrôle du volume d’air inspiré ou expiré (grâce aux muscles)
• La protection des voies respiratoires (épiglotte)
• La phonation (grâce aux cordes vocales)
• Il fait aussi office d’organe gustatif (sauf chez le cheval)

Chez le cheval, une pathologie connue associée au larynx est l’hémiplégie laryngée :
lorsque le nerf laryngé récurrent est lésé (souvent à gauche), il ne stimule plus le muscle des
cordes vocales qui s’atrophie. On parle d’atrophie de dénervation. Les cordes vocales sont alors
distendues et vibrent lors du passage de l’air ce qui s’entend par un ronflement du cheval à
l’effort.

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II. Les voies aérophores :


Elles se composent de la trachée et des bronches intra et extra-pulmonaires, à savoir de 2
bronches principales, de bronches lobaires et de bronches segmentaires, le diamètre diminuant
progressivement.
On retrouve la même structure de base qui est :
• Une muqueuse qui se décompose en épithélium respiratoire, membrane basale et
lamina propria ou chorion (=tissu conjonctif lâche avec des fibres élastiques). 

• Une sous-muqueuse qui renferme des glandes mixtes séro-muqueuses (sécrétion de
mucus et de liquide). Elle contient des cellules musculaires lisses et des anneaux
cartilagineux (type hyalin) avec du périchondre en périphérie. 

• Un adventice, tissu conjonctif lâche composé de collagène et de fibres élastiques. (En
contact avec le reste de l’organisme).

Structure de base des voies aérophores















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A. La trachée :
La trachée est un tube flexible formé
d'anneaux cartilagineux incomplets
reliés entre eux par des ligaments
inter-annulaires. Ces anneaux sont
refermés par une membrane trachéale
faite d'élastine et de fibres de
collagène, ainsi que par les cellules
musculaires lisses du muscle trachéal
(contrôlant le diamètre de la trachée)
qui s’attachent sur le périchondre. Le
muscle trachéal s’attache à l’intérieur
des cartilages chez presque tous les
mammifères mais à l’extérieur des
cartilages chez les carnivores.

La trachée est tapissée intérieurement


par une muqueuse respiratoire. La
trachée se ramifie en bronches. Elle
possède un anneau cartilagineux
presque complet (sauf au niveau de la
membrane) alors que dans les
bronches il n’y a que des plaques
cartilagineuses et des muscles en
périphérie.
Coupe transversale de trachée

B. Les bronches :
Les bronches sont des conduits respiratoires qui pénètrent dans les poumons et s’y
subdivisent-en :
• Bronches principales
• Bronches lobaires
• Bronches segmentaires

L’épithélium est pseudo-stratifié, cylindrique, cilié avec des cellules caliciformes à mucus,
donc de type respiratoire. Il est très festonné, devient progressivement cubique et possèdent de
moins en moins de cellules à mucus lorsque le calibre des bronches diminue.

La lamina propria est formée de deux couches :


• Une couche superficielle : tissu conjonctif lâche avec peu de fibres élastiques, de
nombreux leucocytes et un réseau capillaire développé.

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• Une couche profonde : couche épaisse de fibres élastiques orientées


longitudinalement.

A la jonction muqueuse/ sous-muqueuse, il y a une couche épaisse de cellules


musculaires lisses, circulaires dans les grosses bronches, en spirales dans les plus petites. Ces
cellules permettent la contraction des bronches en cas d'irritation. De plus, elles sont sensibles à
l'histamine (allergie).

Une bronche

La sous muqueuse est formée de conjonctif lâche avec fibres élastiques, vaisseaux
sanguins et elle renferme des glandes séro-muqueuses. Souvent, ces glandes sont situées dans
l’adventice à l’extérieur de la couche cartilagineuse. Ces glandes se raréfient avec la diminution
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de la taille des bronches et sont absentes des plus petites subdivisions (sauf chez le chat). La
charpente cartilagineuse non continue (en forme de plaques reliées par du tissu fibro-élastique)
fait aussi partie de la sous-muqueuse.

Remarque : les plaques cartilagineuses seront absentes dans les bronchioles.

L’adventice fibro-élastique contient des formations lymphoïdes et relie la bronche aux


tissus périphériques.

Coupe transversale de bronche colorée à l'Orséine

Cellules épithéliales

Cellules calciformes


Cartilage Muqueuse

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III. Les voies transitionnelles :


Les bronches se divisent en bronchioles de plusieurs ordres quand elles pénètrent dans le
lobule pulmonaire : bronchioles primaires, secondaires, tertiaires et terminales, leur diamètre
diminuant au fur et à mesure (division dichotomique à chaque fois)

Chez les carnivores et le singes il y a en plus des bronchioles respiratoires, c’est-à-dire que
des alvéoles s’ouvrent à l’intérieur des bronchioles.

Les bronchioles terminales assurent la ventilation (et non la respiration !) de l'acinus


pulmonaire.

Les bronchioles sont petites avec une paroi plus mince.

Au début, l’épithélium est simple et cilié et devient progressivement non cilié et cubique, de
hauteur décroissante le long des subdivisions. Les bronchioles n’ont plus de cartilage, plus de
cellules caliciformes et plus de glandes.

Le chorion, riche en fibre élastique est intimement lié à la sous muqueuse (difficile de les
distinguer) et est peu abondant (il se réduit progressivement). Ils renferment le muscle de
Reissessen (muscle lisse).

Remarque : Ces cellules musculaires lisses forment une couche spiralée qui se réduit à une cellule
dans la bronchiole terminale et à quelques cellules isolées dans la bronchiole respiratoire. Cette
couche est à son tour enveloppée par du tissu conjonctivo-élastique en continuité avec celui du

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poumon voisin.

Il y a apparition de nouvelles cellules : les cellules de Clara, cubiques, qui deviennent


majoritaires au fur et à mesure des divisions des bronches. Ces cellules ont un rôle dans la
détoxification des xénobiotiques ( = toutes les substances étrangères qui arrivent aux poumons)
et sécrètent une partie du surfactant. Au MET on distingue un noyau ovalaire et de nombreuses
vésicules de sécrétion.

Cellules de Clara

9 : Epithélium cubique
simple
® Amincissement




Evolution de l’épithélium des bronchioles

Il y a donc une diminution de l’épaisseur des bronchioles et une simplification extrême


au fur et à mesure des divisions.


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L’interruption de la paroi des bronchioles terminales se fait progressivement. La paroi


devient très mince, puis se continue par le système d’échange.

L’innervation par le vague et le sympathique donne des plexus sous épithéliaux qui
émettent des terminaisons libres intra-épithéliales.

Les canaux alvéolaires


sont limités par des bourrelets
alvéolaires (il n’y a donc plus de
parois continues). Ces bourrelets
sont formés de cellules cubiques
avec en dessous, du muscle lisse.

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Bronche

Les bronchioles terminales sont à


l’origine des unités de structures que sont les
lobules pulmonaires qui sont des territoires
d’échange qui dépendent de ces bronchioles. Ils
sont séparés entre eux par du tissu conjonctif.

En fonction des espèces, la lobulation


pulmonaire est plus ou moins visible.

Un acinus quant à lui dépend d’une


bronchiole respiratoire.

Le lobule pulmonaire représente l’unité


de structure.

Les parois interlobulaires ne sont pas toujours visibles. Elles le sont chez les bovins et les
porcins (car épaisses) mais sont invisibles chez chien dont le poumon est alors lisse :

Poumon de chien Poumon de bœuf


IV. Le système d’échange gazeux :


La bronche sus-lobulaire (=supralobulaire) pénètre par le sommet du lobule et devient une
bronchiole terminale. Après cette bronchiole, débute réellement le tissu respiratoire dont
l’ensemble constitue l’acinus pulmonaire. Dans l’acinus, il y a d’abord une bronchiole
respiratoire qui porte des alvéoles pulmonaires au niveau desquelles le sang se recharge en O2.

Remarque : Les bronchioles font aussi partie des voies transitionnelles.

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La bronchiole respiratoire s’ouvre dans des


canaux alvéolaires qui portent un grand nombre
d’alvéoles. Les canaux alvéolaires s’ouvrent dans un
bouquet de sacs alvéolaires dont la paroi n’est faite que
d’alvéoles juxtaposées. Les canaux alvéolaires sont des
conduits où les alvéoles s’ouvrent côte à côte. Au
niveau des septums inter- alvéolaires se situent les
bourrelets alvéolaires qui sont majoritairement
constitués de cellules de Clara, de muscle lisse et de
fibres de collagène et élastiques. Ces bourrelets se
continuent par la paroi des alvéoles. Les sacs
alvéolaires sont constitués des alvéoles s’ouvrant côte à
côte. Celles-ci communiquent entre elles par des pores
(de Khon). Ces pores permettent d’avoir une ventilation
collatérale qui se révèle importante pour les animaux
qui ont peu de paroi inter- alvéolaire comme les chiens
et les chats.
Bronchioles respiratoires et
canaux alvéolaires de chien


Les alvéoles sont des structures
grossièrement sphériques dont l’épithélium est
composé de deux types de cellules reposant sur
une lame basale :
• Le pneumocyte de type I (les plus
nombreux): de forme pavimenteuse avec de
grands prolongements cytoplasmiques (comme
des « œufs sur le plat »). Ce sont les plus
nombreux ils recouvrent 97% de la surface. 

• Le pneumocyte de type II : de forme
cubique, avec des microvillosités en surface et
contenant des corps lamellaires riches en
phospholipides (il est dit multivésiculaire). Ce
produit relâché dans l’alvéole par exocytose
s’appelle le surfactant et permet au poumon de
rester déplié : il empêche le collapsus, abaisse la
tension de surface (sinon l’animal meurt car la
respiration n’est pas possible).
Pneumocyte de type II au MET

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Dans le septum inter-alvéolaire, entre les pneumocytes, se trouve du tissu conjonctif très
mince qui en forme l’armature. Il est composé de fibres de collagène et élastiques (et parfois de
réticuline), de fibrocytes et de quelques macrophages. Les cellules septales ont donc un rôle de
défense et de soutien.
Dans ce septum se trouvent
également les capillaires de l’hématose du sang. En effet,
la circulation sanguine est très riche et comprend un
réseau de capillaires continus reposant sur une lame
basale. L'espace est très réduit entre l'air et le sang ce qui
facilite les échanges gazeux à travers le cytoplasme des
pneumocytes de type I, la lame basale puis les cellules de
la paroi des capillaires. Le tout forme la barrière alvéolo-
capillaire.

Remarque : la lame basale est commune au capillaire et


aux cellules endothéliales.

Dans certaines pathologies, on peut avoir une


barrière épaissie (à cause d’un amas de cellules
inflammatoires par exemple) : les échanges gazeux sont
alors moins favorables. De plus, les pneumocytes I sont
fragiles, en cas de mort ils sont remplacés par les
pneumocytes II qui prolifèrent (les barrières d’échanges
sont donc beaucoup plus épaisses).
Barrière air-sang

Des monocytes passent à travers ces capillaires dans la cloison et tombent dans les
alvéoles. On obtient alors des macrophages alvéolaires libres dans la lumière alvéolaire. Ils sont
aussi appelés cellules à poussières car ils capturent les éléments pathogènes et les poussières
de l'air alvéolaire avant d’être expectorés ou de retourner dans les noeuds lymphatiques
trachéo- bronchiques, ils sont donc le seul moyen de défense avec les cellules de Clara. Ils ont
donc un rôle de défense qui vient en complément de l’appareil muco-ciliaire.

Remarque : Si à l’autopsie un poumon ou un nœud lymphatique de chien a l’aspect noirâtre,


c’est dû à l’anthracose, une lésion due à l’accumulation de particules de charbon, piégées dans
les macrophages.

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Les pores alvéolaires ne


sont pas présents dans
toutes les espèces, ils
permettent le passage de
l’air d’une alvéole à une
autre, c’est la ventilation
collatérale.








Dans l'épithélium des bronchioles terminales, on trouve aussi des cellules non ciliées qui
possèdent des organites de synthèse et des vésicules denses au pôle apical. Ce sont les cellules
de Clara qui produisent notamment une sorte de surfactant permettant aux alvéoles de rester
dépliées et qui les empêche de s'affaisser.

Remarque : Un animal qui tousse a certainement une infection bronchique. Quand l’infection est
alvéolaire, l’animal ne tousse pas.
Plus on va vers le bout du poumon, plus les structures sont
simples.

V. Vascularisation et innervation :

A. Circulation sanguine :
Le poumon est l’un des organes les plus richement vascularisés. Il y a deux catégories de
vaisseaux :
• Ceux de l’hématose, qui appartiennent à la petite circulation : il s’agit des artères et des
veines pulmonaires. Le sang venant du cœur droit par l’artère pulmonaire suit l'arbre
bronchique. A hauteur des bronchioles, les artérioles se divisent en capillaires dans les
cloisons inter-alvéolaires. Ce sont les capillaires de l’hématose (=échanges CO2/O2). Ces
capillaires se réunissent en courtes veinules qui gagnent les parois du lobule et forment
des veines péri-lobulaires. Ces veines rejoignent la veine pulmonaire (ou les veines
bronchiques) qui suivent à leur tour l'arbre bronchique.
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• Les artères et les veines bronchiques qui appartiennent à la grande circulation et qui ont
pour rôle d’assurer la nutrition du tissu pulmonaire.

B. Circulation lymphatique :
Les capillaires lymphatiques se forment dans l’interstitium des bronchioles terminales ou
respiratoires, arrivent dans la paroi interlobulaire puis suivent l’arbre bronchique jusqu’au hile.

La thrombose des vaisseaux lymphatiques est une pathologie possible.

Le drainage lymphatique se fait par deux systèmes anastomosés :


• Un système superficiel pour la plèvre et les cloisons inter-lobulaires.
• Un système profond autour de l'arbre bronchique depuis le canal alvéolaire.

La lymphe arrive le long de l’axe broncho-vasculaire. Elle n’atteint pas les dernières
divisions bronchiques et les cloisons intra-lobulaires. Le drainage se fait en périphérie du lobule
(sacs lymphatiques des bovins).

C. Innervation :
L’innervation est à la fois orthosympathique et parasympathique :
• Les fibres motrices sympathiques (via les ganglions cervicaux) et
parasympathiques (via le nerf vague) vont à la musculature des bronches et des
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vaisseaux.
• Les fibres sensitives innervent uniquement les bronches.

Les nerfs péri-bronchiques à origine :


• Sympathique : sont bronchodilatateurs.
• Parasympathique : sont bronchoconstricteurs.
• Vagale : sont des nerfs myélinisés sensitifs.

VI. Les plèvres :

Elles se composent de plèvres viscérales (qui recouvrent les poumons) et de plèvres


pariétales avec entre les deux le « vide pleural » ou espace pleural dont la pression est
inférieure à la pression atmosphérique.

Les plèvres sont une couche de tissu conjonctivo-élastique. On peut y trouver des cellules
musculaires lisses. Elles sont en continuité avec les cloisons interlobulaires. Du côté de la cavité
pleurale elle est recouverte par un mesothélium typique.
Le mésothélium est un épithélium pavimenteux qui recouvre du tissu conjonctif très
élastique.

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Conclusion
Il est important de comprendre la relation structure-fonction de l’appareil respiratoire.
On peut citer l’escalator muco-ciliaire dont la structure permet la défense de l’appareil
respiratoire. Une pathologie associée est ce que l’on appelle « la toux du fumeur » ou
métaplasie malpighienne: les cils ne sont plus assez nombreux pour faire remonter le mucus et
celui-ci est alors évacué de façon mécanique par la toux. En effet, les toxiques provoquent une
ulcération, une destruction puis une prolifération de cellules d’abord indifférenciées.

Dans le cas de lésions inflammatoires (type pneumonie interstitielle), il peut y avoir des
œdèmes : les échanges gazeux sont alors gênés.

Les échanges gazeux sont également permis grâce à la structure des septums inter
alvéolaires qui constituent une barrière très mince facilitant les échanges entre l’air et le sang.

® Bien connaître la différence entre bronches et bronchioles !


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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Histologie

TD n°1





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Ø Photo 1 : coupe de poumon


Les pneumocytes de type II sécrètent le surfactant, ce sont les seules cellules de forme
légèrement cubique dans une coupe pulmonaire. Les pneumocytes I sont des cellules pour
lesquelles on ne distingue en général que le noyau.
Ø Photo 2 : bronchiole

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Ce n’est pas une bronche car il n’y a pas de cartilage, de glandes et pas de cellules caliciformes.
Différence bronche / bronchiole :
• Bronche : épithélium pseudo stratifié - cellules caliciformes – cartilage – glandes.
• Bronchiole : épithélium uni stratifié – pas de cartilage, de cellules caliciformes ni de
glandes.

Ø Photo 3 : coupe semi-fine de poumon


Ø Photo 4 : épithélium pseudo-stratifié cilié, c’est l’épithélium olfactif

2
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Ø Photo 5 : artère musculaire


Les fibres élastiques sont colorées en noir, on voit la limitante élastique interne typique des
artères musculaires et la limitante élastique externe. Si artères élastiques : la lame élastique
occupe toute la média.
Ø Photo 6 : coupe transversale de cœur

3
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Ø Photo 7 : coupe longitudinale de trachée


Ø Photo 8 : coupe transversale de bronche



Observation de lames :
1. Coupe transversale de trachée : structure respiratoire, épithélium pseudo stratifié
cilié avec cellules caliciformes : respiratoire, muqueuse (chorion) et sous muqueuse
avec glandes et cellules musculaires peu abondantes, cartilage hyalin très développé
entouré du périchondre.
2. Tissu pulmonaire alvéolaire. Présence d’une bronche : épithélium respiratoire pseudo
stratifié cilié avec glandes caliciformes. Muqueuse festonnée contenant des amas de
cellules musculaires lisses et des plaques de cartilage hyalin.
3. Grosse artère élastique : structure vasculaire, lumière ronde de grande taille non
affaissée avec média très épaisse et riche en fibres élastiques. Présence d’un limitante
élastique interne.

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4. Épiglotte : structure se repliant sur elle-même. Présence de tissu adipeux et de
cartilage élastique, fibres musculaires et cellules glandulaires, épithélium pluristratifié
pavimenteux malpighien.
5. Grosse artère élastique : vaisseau a lumière arrondie et média très épaisse et riche en
fibres élastiques, adventice quasi inexistante.
6. Myocarde : cellules musculaires cardiaques abondantes (myofibres et disques
intercalaires), tissu cardiaque. Morceaux de valvules.

Observations de lames pathologiques :


2P1. Lumières des alvéoles rétrécies car septum inter-alvéolaire épaissit par prolifération
cellulaire de pneumocytes II (hyperplasie) et présence de cellules inflammatoires. Présence
de fibres de collagène (fibrose). Pneumonie interstitielle (origine virale).
2P3. Les lumières des alvéoles ne sont plus visibles : complètement bouchées par amas
cellulaires (polynucléaires neutrophiles dégénérés) et une substance rose protéique.
Vaisseaux très visibles et remplies d’hématies (rouge) : vasodilatation. Bronchopneumonie
(bactérienne), lésions très rouges.
2P3. Alvéoles pulmonaires visibles. Territoires normaux associés à la présence d’amas
cellulaires épais. Cellules cubiques tumorales (pneumocytes II) pouvant obstruer la lumière
des alvéoles. La lésion s’étend progressivement => troubles respiratoires. Tumeur virale :
carcinome bronchio-alvéolaire.

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Lame 1 :
On observe une structure respiratoire, avec un épithélium pseudo-stratifié cilié présentant
des cellules calciformes, une
muqueuse (chorion) et sous
muqueuse avec glandes et
cellules musculaires peu
abondantes, puis un
cartilage hyalin très
développé entouré du
périchondre.
L’anneau cartilagineux est
complet au niveau de la
trachée et il y a présence du
muscle trachéal.
è Coupe transversale
de trachée

Lame 2 :
Présence d’une bronche : on
observe un épithélium
respiratoire pseudo stratifié
cilié avec glandes caliciformes.
Muqueuse festonnée
contenant des amas de
cellules musculaires lisses et
des plaques de cartilage
hyalin. On remarque que la
paroi interalvéolaire est très
fine, ce qui favorise les
échanges.
è Tissu pulmonaire
alvéolaire

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Remarque : Il n’y a pas de cartilage autour des bronchioles alors que pour les bronches il est
présent.
Lame 2P1 :
On observe que les lumières des
alvéoles sont rétrécies car le
septum inter-alvéolaire est épaissi
par prolifération cellulaire de
pneumocytes II (hyperplasie) à la
place des pneumocytes I et
présence de cellules
inflammatoires. Il y aussi des fibres
de collagène (fibrose).
è Pneumonie interstitielle
(origine virale).



Lame 2P2 :
Les lumières des alvéoles ne
sont plus visibles.
Les vaisseaux sont très visibles
et remplis d’hématies : il y a
vasodilatation.
L’intérieur des alvéoles
présente des polynucléaires et
du liquide coagulé (= liquide
d’œdème)


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En plus fort grossissement,
on observe une substance
protéique rose dans la
lumière des alvéoles : c’est
un exsudat provenant des
vaisseaux sanguins. Les
amas de polynucléaires
dans la lumière des
alvéoles témoignent d’une
infection bactérienne.
è Bronchopneumonie
(lésions de la partie
crâniale du poumon)



Lame 2P3 :

Les alvéoles
pulmonaires sont
visibles . Les territoires
normaux sont associés à
la présence d’amas
cellulaires épais.


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On observe des
cellules cubiques
tumorales
(pneumocytes II)
pouvant obstruer la
lumière des alvéoles.
La lésion s’étend
progressivement,
engendrant des
troubles respiratoires.
è Tumeur
virale : carcinome
bronchio-alvéolaire.



Lame 3 :
Structure vasculaire,
lumière ronde de
grande taille non
affaissée avec média
très épaisse et riche en
fibres élastiques.

àGrosse artère
élastique



Remarque : Les traits noirs sont dus au plissement de l’échantillon lors de la coupe

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Lame 4 :
On observe une
structure se
repliant sur elle-
même.
Présence de tissu
adipeux et de
cartilage de type
élastique, de
fibres musculaires
striées
squelettiques et
de structures
glandulaires
muqueuses et
séreuses.
L’épithélium est
pluristratifié
(partie rostrale
du larynx)
pavimenteux
malpighien.
è Epiglotte

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Lame 5 :

Cet échantillon a été
coloré à l’orcéine. On
observe un vaisseau
à lumière arrondie et
une média très
épaisse et riche en
fibres élastiques.
L’adventice est quasi
inexistante.

è Grosse
artère élastique


Lame 6 :


On observe des
cellules musculaires
cardiaques
abondantes
(myofibres et disques
intercalaires) ainsi
que des morceaux de
valvules.

à Organe : cœur
à Tissu :Myocarde

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Physiologie


CM n°1







Sommaire : © DZVET 360

Introduction
I. L’eau chez les êtres vivants : p.3
A. Importance et rôles :
a) Importance quantitative – variations
b) Rôles
B. Secteurs hydriques :
a) Répartition par secteurs
b) Composition ionique
c) Méthodes de mesures
II. Mouvements de l’eau : p.9
A. Entrées et sorties de l’organisme
B. Entre les différents compartiments hydriques :
a) Entre les secteurs intra et extracellulaires
b) Entre le plasma et le liquide interstitiel
III. Mécanismes de régulation de l’eau plasmatique : p.15
A. Selon la loi de Starling
B. Rôle du rein
C. Contrôle hormonal (mécanisme indirect) :
a) Rôle du cortex surrénal (aldostérone)
b) Rôle de la neurohypophyse (ADH = vasopressine, Antiduretic hormone)

Conclusion

© DZVET 360
Introduction

Définitions

L’homéostasie et le milieu intérieur


sont deux notions évoquées pour la
première fois par Claude Bernard en 1850.

L’homéostasie est la capacité d’un


système à maintenir constant un certain
nombre de paramètres internes.

Le milieu intérieur est la solution


aqueuse au contact de laquelle vivent les
cellules, on parle aussi de liquide interstitiel.

On l’a aussi appelé humeur, avec une confusion entre l’humeur et la lymphe (d’où le
concept de « bonne humeur »)

En 1855, Claude Bernard appelle « milieu intérieur » le liquide organique dans lequel
vit l'individu tout entier et qui contient toutes les substances qui doivent le nourrir. Ce fluide,
en particulier chez les animaux à sang chaud, permet aux organismes d’être indépendants à
l’égard des conditions extérieures. En effet : c’est un milieu nutritif, mais aussi épurateur,
soumis à des régulations (neurohumorales) qui en ajustent les paramètres en liaison avec le
monde extérieur...

Nécessité d’un milieu intérieur chez les métazoaires


Chez les unicellulaires, les échanges avec le milieu L’évolution :
environnant se font directement, par simple diffusion à travers la des unicellulaires …
membrane.
Chez les pluricellulaires, les cellules sont assemblées et la
plupart ne sont donc plus en contact avec un milieu aquatique
(extérieur) d’où le besoin d’en recréer un. On assiste alors à
l'apparition du milieu intérieur, qu'on nomme aujourd'hui milieu
interstitiel. En effet, à l’origine de la vie, les cellules étaient en
contact avec l’eau (milieu aquatique). Au cours de l’évolution, il a … aux métazoaires
été nécessaire de conserver ce milieu, sous la forme du liquide
interstitiel.
Ce milieu est nécessaire à tous les organismes
pluricellulaires et doit être couplé à un système de convection
(l’appareil circulatoire) pour apporter les nutriments, le
dioxygène... aux cellules.

© DZVET 360 1
Constantes du milieu intérieur - Homéostasie - Constantes sanguines
Ce milieu présente une certaine constance puisque les paramètres physico-chimiques
(volume, composition : glycémie..., pH, température) sont constants chez les Mammifères et
les Oiseaux, c’est la notion d’homéostasie. (Homéo = même et Stasie=immobilité)

Cependant de nombreux facteurs peuvent les faire varier dans une gamme limitée :
l’alimentation, la boisson, l’exercice physique, les déchets métaboliques…
→ des systèmes
régulateurs entrent en jeu : le système digestif, les poumons, les reins…

CLAUDE BERNARD : « la fixité du milieu intérieur est la condition de la vie libre ».


La fixité permet à certains animaux (oiseaux et mammifères uniquement) de coloniser
différents mi- lieux en gardant un milieu intérieur constant (les constantes physico-chimiques:
pH, glycémie...). Ceci est vrai dans certaines limites…
Les unicellulaires, les invertébrés, les poissons et les reptiles sont dépendants du milieu
extérieur.

INTERPRETATION DE BARCROFT (1920) :


• Les homéothermes sont capables de coloniser la terre, par exemple il existe des
renards adaptés à la vie aux pôles et d'autres à la vie dans un désert, et ont en
permanence une activité « normale ».
• Au contraire un poïkilotherme tel qu’une grenouille n’est pas libre d’aller où il veut
puisqu’il dépend des conditions du milieu extérieur (froide sur la glace et chaude ...
dans la casserole !). Ses fonctions sont tout de même satisfaisantes car elle n’est pas
en voie de disparition. Seulement, comme tous les poïkilothermes, elle est en vie
ralentie lorsqu’il fait froid car son activité métabolique est dépendante du milieu
extérieur. Ainsi la constance du milieu intérieur constitue-t-elle un affranchissement
des conditions extérieures ?
Cependant, si les homéothermes sont indépendants des conditions du milieu
extérieur, ils ne le sont pas de leurs mécanismes de régulation : ils doivent maintenir constant
leur milieu intérieur sous peine d’observer des troubles (en général neurologiques).

Exemples :
• Hyperthermie → convulsions, maux de tête.
• Hypothermie → problèmes du fonctionnement cérébral,
coma.
• Glycémie modifiée → problèmes neurologiques.

Le développement du système nerveux a imposé la fixité et autorise une activité mentale


permanente : « la constance du milieu intérieur est la condition de l’activité mentale. »

© DZVET 360 2
I. L’eau chez les êtres vivants :
A. Importance et rôles :
a) Importance quantitative - variations :
L’eau est l’élément majeur de l’organisme, elle représente en moyenne 56% du
poids du corps humain.

On observe des variations de la quantité d'eau selon :


• Le tissu : le plasma et les muscles sont des tissus riches en eau, tandis que les os, les
dents et le tissu adipeux sont pauvres en eau.

Pourcentage d’eau dans les différents tissus

• Le sexe : l'eau représente en moyenne 50%


du poids du corps pour une femelle (car elles
sont moins musclées et plus grasses),
contre 60% pour un mâle (plus musclé donc
riche en eau, et maigre). Les stérilisations,
en favorisant le développement de la
masse graisseuse, peuvent
s'accompagner d'une diminution de la
quantité d'eau corporelle.

• L'âge : un jeune possède 70% d’eau (peu de gras et une masse osseuse moins
importante) avec un turn-over plus important (c'est-à-dire que le passage de l’eau
dans l’organisme est rapide, il boit plus et il urine plus) et donc des besoins en eau plus
importants. Il faut notamment faire attention aux déshydratations par diarrhées chez
les bébés : elles peuvent provoquer de graves troubles si elles dépassent 10% du poids
corporel.

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Teneur du corps en eau en pourcentage du poids vif

Une personne maigre a plus d’eau (65 à 70%), mais les personnes âgées, pourtant
maigres, sont moins musclées, et présentent donc plutôt 50% d’eau. Comme ils ont peu d’eau
à la base, une déshydratation est plus grave pour eux. De plus ils ressentent moins le besoin
de boire car l'hypothalamus qui détecte en temps normal une augmentation de la pression
osmotique (ce qui déclenche la soif) fonctionne moins bien, et ils peuvent présenter une
polyurie causée par une insuffisance rénale.

• L’espèce : ces variations interspécifiques sont liées à la différence d’engraissement.


Par exemple, les porcs n’atteignent pas 60% d’eau car leur poids est essentiellement
dû à du gras et non à du muscle ; les chèvres, plus maigres, ont 60% de teneur en eau
vraie.
• Autres : certaines variations de la teneur en eau peuvent être dues à des affections
comme des œdèmes (accumulation d’eau dans les tissus). Il est alors nécessaire de
déterminer le poids sec afin d’éviter un surdosage de médicaments. On observe aussi
des variations intra-spécifiques (entre un animal gros ou maigre, par exemple).

b) Rôles :
Ø Solvant : l’eau contient des substances en solution (ions, molécules diverses...) et
assure le transport de substances.
Ø Ionisation des molécules (électrolytes) (=Expression de la concentration des ions) : On
peut alors réaliser un ionogramme (pour Na+, K+, Cl- ...) c'est-à-dire que l’on effectue
un prélèvement sanguin dans lequel on dose les différents ions du plasma (avec un
appareil spécial) en mmol/L ou mEq/L.

Rappel :
ü mEq signifie « milli équivalent »
ü 1mmol = « nb de charges » en mEq pour un ion (ex. 1 mmol de Ca2+ = 2 mEq mais 1
mmol = 1 mEq pour Na+ et K+)

Plus généralement :

• Pour les ions monovalents (K+ , ...), 1mmol=1mEq
• Pour les ions divalents (Ca2+, ...) 1mmol=2mEq

© DZVET 360 4

Ø Thermorégulation (rôle important) : car l’eau est un volant thermique :
sa chaleur spécifique est élevée (la quantité d’énergie qu’il faut fournir
pour la vaporiser est élevée, supérieure à
celle de l’air).
De plus, elle joue un rôle dans
la thermolyse : la vaporisation de l’eau
refroidit l’organisme pendant la perspiration
(chez les animaux sans poils, ex : le porc), la
sudation (absorption de calories) et la
polypnée thermique → ce sont des réactions
endothermiques (élimination de calories de
l’organisme). Polypnée thermique
Sudation

B. Secteurs hydriques :
a) Répartition des secteurs :
L'eau se trouve plutôt à l’intérieur des cellules.

Si on considère un individu dont 60% du poids du corps est dû à l’eau :

Ø 40% de son poids est l’eau intracellulaire (les 2/3 de l’eau


donc) que l’on ne pourra donc pas doser.
Ø 20% l’eau extracellulaire (1/3), dont :
• 5% sont dans le plasma à l’intérieur des vaisseaux (un
faible volume certes mais indispensable à la
régulation de la pression artérielle), auquel on aura accès pour effectuer des
dosages. Il y a des échanges avec le compartiment interstitiel au travers des
capillaires. A noter que la volémie fait l’objet d’une régulation.
• 13% dans le secteur interstitiel.
• 2% d’eau transcellulaire : eau dans l’humeur aqueuse, liquide synovial, vessie,
tube digestif, liquide céphalo-rachidien, entre les plèvres... Cette eau est non

mobilisable, immobile, on la dit séquestrée et on parle de 3ème secteur de l’eau
dans le poids vif. Elle ne représente qu’une faible partie de l’eau totale mais
parfois son volume peut devenir très important et provoquer certaines
affections.

© DZVET 360 5
Exemple : le volvulus chez le cheval (torsion du colon ou de l’intestin) provoque un arrêt de la
motricité du bol alimentaire, ce qui crée un appel osmotique (d'eau). L'intestin se remplit de
liquide, ce liquide est alors non mobilisable d’où une déshydratation de l’animal et une baisse
de la pression artérielle et il faut apporter de l’eau même si l’animal n’en a globalement pas
perdu. On ne peut donc pas déceler cette affection par simple pesée de l'animal.

L’organisme essaye toujours de maintenir le volume d’eau du secteur plasmatique


constant de manière à conserver la pression sanguine, indispensable à la perfusion des
organes. Il s’aide pour cela de l’eau contenue dans le secteur interstitiel : la diffusion entre ces
deux compartiments (plasma et vaisseaux sanguins) est libre et rapide (hormis pour les
protéines).

b) Composition ionique :

© DZVET 360 6
L'eau de l'organisme contient des ions et on peut mesurer la composition ionique
intracellulaire ou extracellulaire en effectuant un ionogramme du plasma après prise de sang.
Il est impossible de connaître la composition exacte du milieu cellulaire, on ne connaît que les
ions majoritaires. La composition du plasma est proche de celle du milieu interstitiel
(échanges libres) sauf pour certaines protéines trop grosses qui restent dans le secteur
vasculaire. Il y a en fait très peu de protéines dans le secteur interstitiel et les protéines sont
chargées un peu plus négativement que dans le plasma.

Tout le secteur extracellulaire a la même composition.

Il y a toujours électro-neutralité donc autant de cation que d’anion (attention :


raisonner en mEq). Les ions HCO3- constituent une réserve d’alcalinité capable de capter les
ions H+, c’est le système tampon du plasma. Les anions sont qualifiés d'indosés anioniques.

Remarque : Il existe des affections rénales (normalement le rein élimine les acides, en
particulier chez les carnivores chez qui l'alimentation carnée engendre beaucoup d'acides)
pour lesquelles les acides ne sont plus éliminés. Ils épuisent alors le stock de réserves
anioniques, et l'animal se retrouve en acidose métabolique.

Retenir que :
Ø Dans le secteur extracellulaire : l’ion le plus important est le sodium : 143 mEq/L (en
fait 138 < [Na+] < 150 mmol/L). C’est un ion très échangeable, sa concentration peut
donc être soumise à des variations relativement importantes sans avoir de
conséquences majeures. A l’inverse, le potassium est très peu présent et ses variations

sont très graves : l’injection de K+ entraîne un arrêt cardiaque !

Exemples :
• Lors d’un écrasement musculaire (sous les décombres d’un tremblement de terre par

exemple...) de nombreuses cellules détruites libèrent leur cytoplasme riche en K+ et
HPO3 -d’où une hyperkaliémie et une hyperphosphatémie à l’origine de troubles
cardiaques. C’est le « crush syndrom ».
• Le syndrome de lyse tumorale : lorsque la radiothérapie tue trop de cellules qui libèrent
leur contenu comme précédemment. Il faut donc traiter doucement (valable pour toute
chimiothérapie).

Ø Dans le secteur intracellulaire : c’est le potassium qui est majoritaire : 115 mmol/L. Il y
a également beaucoup de phosphate.
Les autres valeurs intracellulaires ne sont pas à
retenir (sauf pour la recherche), se familiariser avec celles extracellulaires.
Ø Quelques chiffres : retenir les ordres de grandeur pour Na+, Cl-, HCO3- , K+ et HPO4-.

c) Méthodes de mesure :
1. L’eau plasmatique :
On utilise des colorants qui se fixent sur des protéines ou des molécules
volumineuses ou des macromolécules radioactives. Le but est d’injecter des molécules qui ne

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peuvent pas franchir la barrière vasculaire, qui restent donc dans les cellules et diffusent dans
le volume plasmatique (puis prise de sang et réalisation d’un produit en croix).

Remarque : il faut environ 27 systoles pour que le colorant ait fait un tour de circulation (grande
+ petite) donc pour qu’il soit bien dilué.

On fait ensuite une prise de sang en décalé, le temps que le colorant se soit bien
réparti, puis on centrifuge ou on effectue un test colorimétrique pour déterminer la
concentration en colorant (ou autre, en mg/mL) une fois la substance diluée, connaissant la
concentration initiale du colorant on en déduit le volume V du compartiment plasmatique.

Cependant, les résultats nous donnent la concentration à un temps t. Pour avoir la


concentration à t0, il est nécessaire de faire une extrapolation. En effet, pendant le temps qu’a
duré l’expérience, une petite quantité du colorant a pu être éliminée ou fixée (et n’est donc
plus décelable). Pour cela on réalise une courbe étalon en se servant de la densité optique.

2. Eau extracellulaire (plasma et eau interstitielle) :


La substance utilisée doit pouvoir franchir les capillaires mais pas les
membranes cellulaires. On injecte X mg de colorant puis on prélève le sang pour mesurer x.

© DZVET 360 8
Remarque : Il est inutile de retenir le nom des substances.

Cependant, si le colorant franchit les capillaires des reins (où il est filtré) il sera tout de
suite éliminé en partie : l’extrapolation est donc obligatoire pour avoir la concentration à t0
(la courbe de décroissance plasmatique est beaucoup plus pentue à cause de cette élimination
rénale).

3. Eau totale :
La substance doit pouvoir passer la membrane cellulaire (elle est donc
rapidement éliminée).

4. Eau intracellulaire :
On la mesure par le calcul différentiel :

Eau intracellulaire = eau totale – eau extracellulaire

II. Mouvements de l’eau :


A. Entrées et sorties de l’organisme :
Nous ne sommes pas des êtres unicellulaires donc il n’y a pas d’échanges directs entre
la plupart de nos cellules et le milieu extérieur (sauf poumons, tractus digestif...). Les
échanges se font toujours avec le secteur extracellulaire, qui lui est très ouvert sur l'extérieur,
et est donc soumis à certaines variations. (Contrairement au système intracellulaire qui n’est
pas ouvert sur l’extérieur).
Ø Les entrées d’eau : prise de boissons (40mL/kg/jour en moyenne : il existe une

© DZVET 360 9
variation avec l'âge puisque les jeunes boivent plus, et le type d’alimentation
(humide/sèche)).
Ø Les sorties d’eau : elles se font à l'état physiologique, notamment par les urines
(20mL/kg/jour au minimum), les fèces, la perspiration (homme et porc), la sudation et
l’évaporation pulmonaire. Il peut cependant y avoir des gains ou des pertes
surnuméraires : vomissements, diarrhée, évaporation physiologique, fièvre qui
provoque une polypnée pour évacuer des calories et qui fait perdre de l’eau, pertes
lors d’un excès d’insuline rénale. Le rein peut aussi moins bien éliminer (anurie).

B. Entre les différents compartiments hydriques :


a) Entre les secteurs intra et extracellulaires :

C’est la pression osmotique (PO) qui gouverne les échanges : l’eau passe du milieu ayant
la plus faible PO vers celui ayant la plus forte, c’est-à-dire celui contenant le plus de
solutés (électrolytes), jusqu’à l’équilibre des pressions osmotiques.


Na+ est un ion échangeable prépondérant dans la PO (exemple : une quantité

importante d’ions Na+ dans le plasma entraînera une déshydratation du milieu intracellulaire).

C’est le milieu extracellulaire qui gagne ou perd des électrolytes et modifie le


gradient de PO, pas le milieu intracellulaire. Ces pertes ou gains de solutés font varier la PO
et donc font qu’il y a des échanges d’eau avec le milieu intracellulaire ce qui modifie sa
composition.

La PO plasmatique est d’environ 290 mOsm/L (osmolaRité = pression osmotique du plasma).

© DZVET 360 10
Remarque : l’OsmolaLité s’exprime par kg de plasma, mais comme 1L vaut environ 1kg pour le
plasma, l’osmolaLité peut être assimilée à l’osmolaRité.

Rappel : IV = intravasculaire

Le glucose injecté avec de l’insuline traverse les membranes, entre dans les cellules et
ne génère pas de différence de pression osmotique, il ne génère donc pas de mouvement
d’eau inter secteurs.

Lors d’une diffusion transmembranaire (exemple : urée), on a donc une même


augmentation de PO intra et extracellulaire qui n’entraine pas de variation du gradient de
PO, donc pas de mouvements d’eau entre les compartiments.
La solution gagnée ou perdue
par l’organisme peut avoir une concentration :
Ø Identique au liquide extracellulaire (iso-osmolaire, iso-osmotique, isotonique)

Ø Inférieure à celle du liquide extracellulaire (hypo-osmolaire, hypo-osmotique,
hypotonique)
Ø Supérieure à celle du liquide extracellulaire (hyper-osmolaire, hyper-osmotique,
hypertonique)

Exemple : sueur riche en sel

Moyen mnémotechnique : prendre « tonique » comme synonyme de « concentré ».

Conséquences sur l’hydratation intra (IC), et extracellulaire (EC) ?


® Hyperhydratation (H) ou déshydratation (D)

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® Le tableau suivant est maîtriser parfaitement et donc à savoir refaire !

Conséquences sur :
Qualité PO plasmatique Hydratation
Perte de liquide Isotonique = PO DEC1
extracellulaire
Hypertonique ¯ PO HIC (+ DEC)2
Hypotonique ­ PO DIC3
Isotonique = PO HEC4
Gain de liquide
Hypertonique ­ PO DIC5
extracellulaire
Hypotonique ¯ PO HIC6
HIC= hyperhydrata- tion intracellulaire. DEC= déshydrata- tion extra cellulaire.
1
La perte d'eau se répercute au niveau du secteur extracellulaire uniquement (en cas de perte
de liquide isotonique à partir du plasma, il y a une déshydratation extracellulaire on a un pli
de peau).
2
Se produit lors de certaines affections (cas de gros vomissements ou diarrhées...) ou même
lors d’une sudation importante. Ceci explique aussi qu'après avoir couru (et sué !), il faut, pour
se réhydrater, boire de l'eau salée (autre exemple : si on a une perte de sel, il y a baisse de la
PO plasmatique : il y a hyperhydratation de la cellule, entraînant des troubles neurologiques
voire des œdèmes cérébraux).
3
Dans le cas de diabètes insipides notamment (quand on ne perd que de l’eau l’urine n’a pas
de goût, d’où le nom …).
4
Notamment lorsque le rein ne fonctionne pas (pas d'élimination de l'eau ingérée) on observe
un œdème (=HEC).

5 +
Par exemple quand on mange du sel ou de la charcuterie, Na ne franchit pas les membranes
d’où la DIC. On observe ainsi des intoxications au sel.

En revanche le glucose injecté avec de l’insuline rentre dans les cellules, donc pas
de mouvements d’eau.
Normalement, une fois dans les cellules, le glucose est
consommé (pas de mouvements d’eau à terme), sauf dans le cas d’un diabète sucré:
il y a alors déshydratation des cellules.
6
Comme lors de l’injection d’eau distillée, l’HIC affecte en premier les globules rouges qui
éclatent (hé- molyse).

® Il est donc important de connaître la qualité des pertes et des gains de l'organisme.

© DZVET 360 12
b) Entre le plasma et le liquide interstitiel :
Les échanges se font au niveau des
capillaires, seule zone perméable du réseau
vasculaire. Les échanges se font selon :
Ø Les pressions hydrostatiques
Ø La pression oncontique liée aux protéines
plasmatiques (PP)

Ces échanges sont très rapides pour l’eau et les substances dissoutes mais pas pour les
protéines plasmatiques.

Ces échanges se font selon la loi de Starling (à bien retenir).

Ø Au pôle artériolaire des capillaires :


• Le sang arrive avec une pression sanguine (Pa) de 35 mmHg.
• Des protéines du le plasma tendent à retenir l’eau par pouvoir oncotique (Ponc =
25mmHg).
• Enfin, dans le secteur interstitiel, le liquide développe une pression de 1mmHg (qui ne
varie pas et qui s’oppose aux échanges).
Il y a donc une tendance à la sortie d’eau car
Pa>Ponc, ce qui permet l'approvisionnement (par exemple en nutriments) des
cellules, avec une pression nette de sortie de 10 mmHg (35-25), c’est la filtration.

Ø Au pôle veineux des capillaires :


• Le sang arrive avec une pression sanguine Pv = 25mmHg (plus faible qu'au pôle
artériolaire).
• Or la pression oncotique a quelque peu augmenté (suite à la sortie d'eau qui entraîne
une augmentation de la concentration et donc de la pression oncotique),
Ponc=35mmHg.

On constate donc que l’eau réintègre le secteur plasmatique (car Ponc>Pv) avec une
pression nette d’entrée de 10mmHg. C’est la réabsorption.

© DZVET 360 13
On peut noter que le liquide interstitiel est à l’origine d’une très légère pression (qui
joue peu dans ces mécanismes de filtration/réabsorption).

Dans certaines conditions ces échanges sont modifiés :

• Si on se met un garrot trop serré, la


pression veineuse devient
supérieure à la pression oncotique et
l’eau sort des capillaires au pôle
veineux au lieu de réintégrer le
secteur vasculaire ce qui cause des
œdèmes en avant du garrot
(eau qui
s’accumule dans le milieu interstitiel).
De même, dans le cas d’un mauvais retour veineux provoquant une
stase (dû par
exemple à un dysfonctionnement cardiaque),
la pression veineuse peut augmenter
avec les mêmes conséquences.

Remarque : à moins d’être excessivement serré, un garrot n’a pas d’effet sur les artères
(position pro- fonde).

Ø En cas de jeûne prolongé ou de famine, le taux de


protéines plasmatique diminue, et donc la
pression oncotique baisse, l’eau sort alors des
capillaires et il y a formation d’œdèmes. C’est la
maladie de Kwashiorkor (hypoprotéinomie) qu’on
observe chez les enfants souffrant de la famine et
qui ont le ventre gonflé à cause d’un œdème dans
l’abdomen ou ascite.


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III. Mécanismes de régulation de l’eau plasmatique :
L’eau plasmatique a peu d’importance quantitativement mais est très importante
qualitativement. La régulation de l’eau plasmatique est la nécessité de maintenir constante
la volémie ce qui est synonyme de maintien de la pression artérielle.

On rappelle que la volémie correspond au volume ou à la masse sanguine.

Si la volémie est affectée et que la PA diminue, on observera une défaillance des organes
due à une mauvaise perfusion.

Le volume sanguin représente en moyenne 1/10 du poids du corps mais peut beaucoup
varier selon les espèces. Il est important d’avoir une idée de ces variations pour relativiser les
hémorragies ; quand une vache perd 1L de sang lors d’une césarienne, ce n’est pas grave,
alors que pour un chat dont le volume sanguin est inférieur à 1L...

On remarquera la grande variabilité du nombre de mL par kg pour les porcs, qui dépend
en fait de l’engraissement (1/40 = porc très gras !).

A. Selon la loi de Starling :


En cas d’hémorragie, les pressions
hydrostatiques artérielles et veineuses
baissent, il y a donc appel d’eau vasculaire et la
volémie est restaurée. L’hématocrite (taux de
globules rouges dans le sang) est en revanche
plus faible puisque les globules rouges perdus
au cours de l’épanchement ne sont pas
remplacés. Cela provoque une diminution de la
pression oncotique du sang.

B. Rôle du rein :
Mécanisme direct : le rein intervient dans la régulation de l'eau plasmatique, c’est un
émonctoire (organe servant à éliminer) qui élimine la plus grande quantité d’eau et dont le

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débit est variable.

Une augmentation de la volémie entraine une augmentation de la pression dans les


capillaires glomérulaires. La filtration est donc augmentée d’où une diurèse plus importante
et inversement.

Ce mécanisme rénal est donc mécanique, mais il y a aussi un mécanisme hormonal : le


système rénine angiotensine aldostérone (SRAA) : si le rein est mal perfusé, il y a synthèse
de rénine au niveau de l’artériole afférente, provoquant l’apparition d’angiotensine II (suite à
plusieurs réactions enzymatiques) qui déclenche la sécrétion d’aldostérone. Il existe aussi
d’autres systèmes de régulation de l’aldostérone.

C. Contrôle hormonal (mécanisme indirect) :


Celui-ci s’effectue par deux glandes endocrines :
Ø Le cortex surrénal par l’intermédiaire de l’aldostérone (produite au niveau de la zone
glomérulée)
Ø La neurohypophyse (= posthypophyse) par l’intermédiaire de la vasopressine ou ADH
(Hormone Antidiurétique, synthétisée par l’hypothalamus et reçue par l’hypophyse).

Ces deux hormones sont capables d’agir au niveau du rein pour jouer sur la
réabsorption plus ou moins importante d’eau. L'aldostérone permet la réabsorption de Na+
et d'eau alors que l'ADH ne permet que la réabsorption d'eau. Ce sont deux hormones
fondamentales dans l'homéostasie de l'eau.

a) Rôle du cortex surrénal (aldostérone) :


Lors d’une ablation des glandes surrénales (surrénalectomie) ou en cas de lésions
surrénales, on constate :
Ø Une augmentation de l’élimination urinaire d’eau et de Na+ provoquant une
hémoconcentration.
Ø Une baisse de l’élimination urinaire de K+ entrainant une hyperkaliémie et une
hyponatrémie.

Une injection d’aldostérone (minéralocorticoïde) fait disparaître ces troubles.

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Les glandes surrénales, antéropostérieures aux reins, sont constituées d'un cortex (la
corticosurrénale) et d'une partie médullaire (la médullosurrénale). La corticosurrénale (zone
glomérulée) sécrète l'aldostérone qui permet donc la réabsorption d'eau et de Na+ et la fuite
de K+ au niveau du tube contourné distal et du tube collecteur dans le néphron. Ce qui
déclenche la sécrétion d’aldostérone, c’est le système rénine-angiotensine : lors d'une
augmentation de la volémie, de la kaliémie ou lors d'une diminution de la natrémie
(=concentration en Na), des cellules de la paroi de l’artériole afférente du glomérule sécrètent
la rénine qui déclenche une cascade hormonale (rénine, angiotensine, aldostérone).

® Ce mécanisme étant souvent utilisé il est important de le retenir et de


connaître les hormones qui interviennent.

b) Rôle de la neurohypophyse (ADH = vasopressine, Antidiuretic


Hormone) :
Lorsqu’on lèse expérimentalement la posthypophyse, ou en cas de tumeurs ou
d’abcès il y a apparition d’un diabète insipide, on observe :
Ø Une polyurie gigantesque : l'individu urine très fréquemment, et cette urine est très
diluée (« eau de roche », densité de 1005 alors que celle de l’eau est de 1000).
Ø L’urine est sans sucres (différent du diabète sucré) : c’est un diabète insipide.
Ø Une polydipsie (augmentation excessive de la soif).
Un homme peut uriner jusqu’à
7L/jour par exemple, et un chien peut boire plusieurs litres : si l’eau n’est pas
disponible, il se déshydrate (perte d’eau hypotonique) et meurt très vite, en cas de
diabète insipide il ne faut donc surtout pas empêcher l’animal de boire !

Une injection d’extraits de posthypophyse ou d’hormone ADH (=hormone


antidiurétique) ou un analogue hormonal corrige ces troubles mais lorsque c’est le manque
de récepteurs à l’hormone qui fait défaut, l’injection est inefficace.
La vasopressine entraîne
la réabsorption d’eau pure au niveau du tube collecteur.

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Lieux d’actions de l’ADH


et de l’aldostérone sur
le rein

L’aldostérone agit au
niveau du tube
contourné distal et du
tube collecteur, et
l’ADH au niveau du tube
collecteur.

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images et séquences vidéo, animées sonores ou non,
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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Module RCV Physiologie


CM n°2-3-4-5-6

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Objectifs :
v Caractères généraux de l’appareil cardio-vasculaire 

v Mécanique cardiaque : cardiographie intracardiaque – signes de la révolution
cardiaque 

v Muscle cardiaque : automatisme – tissu nodal/électrogenèse – couplage excitation
contraction 

v Excitabilité du muscle cardiaque – électrogenèse – couplage excitation contraction 

v Contrôle de l’activité cardiaque 

v Débit cardiaque : définition, mesure – travail du cœur et son adaptation

→ à connaître parfaitement pour avoir la moyenne.

A noter :

→ permet d’obtenir plus que la moyenne en creusant davantage. 



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Sommaire :

Introduction

I. Le cœur : rappels anatomiques et définitions : p.2
A. Coupe longitudinale de cœur de mammifère
B. Les valvules cardiaques
C. La fréquence cardiaque
D. Le rythme cardiaque
E. Volumes
F. Débit cardiaque
II. Le cycle cardiaque : p.8
A. Notion de charge : précharge et postcharge
B. Définition et description :
a) La systole ventriculaire
b) La diastole ventriculaire
c) Diagramme pression/volume
d) Travail cardiaque et surcharge
e) Les bruits du cœur
f) Echocardiographie
III. L’automatisme cardiaque : p.23
A. Contraction des fibres myocardiques :
a) Relation entre phénomènes électriques et mécaniques ou couplage
excitation/contraction
b) Couplage excitation/contraction : importance du calcium
c) Couplage excitation/contraction « Calcium induced – Calcium released »
d) Couplage excitation/contraction : exemple de régulation
e) Influence de la charge
f) Les conséquences de la période réfractaire
B. Le tissu nodal :
a) Définition
b) Organisation
c) Rôles et caractéristiques
d) Conséquences
e) Conséquences du trouble du rythme : troubles de l’excitabilité
f) Conséquences du trouble du rythme : troubles de la conduction et bloc atrio-
ventriculaire (auriculo-ventriculaire)
g) Période réfractaire et troubles du rythme

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C. L’électrocardiogramme (ECG) :
a) Théorie du dipôle (il faut comprendre l’ECG pour mieux l’analyser)
b) Activité d’une fibre myocardique plongée dans un milieu homogène
c) Hypothèse d’Einthoven
d) Tracé normal d’un ECG
e) Genèse de l’ECG
f) Genèse de l’ECG : conduction entre les oreillettes et les ventricules
g) Etude de l’ECG normal d’une chienne :
IV. Le contrôle de l’activité cardiaque : p.46
A. L’adaptation cardiaque :
a) Eléments de biophysique : Loi de Laplace
b) Adaptation physiologique à long terme
c) Adaptation à court terme
B. L’innervation cardiorégulatrice :
a) Définitions (à maîtriser PARFAITEMENT)
b) Le système parasympathique cardiomodérateur (à connaître parfaitement car
important en pharmaco)
c) Le système orthosympathique, cardioaccélérateur
d) La mise en jeu des innervations para- et orthosympathique est permanente mais
diffère en fonction de l’espèce
e) Origine de la mise en jeu des systèmes ortho- et parasympathiques
f) Les relations intercentrales
g) Les réflexes
h) Interventions humorales
V. Débit cardiaque – travail du cœur et son adaptation : p.77
A. Définition
B. Mesure du débit cardiaque :
a) L’indicateur est constitué par un gaz normalement présent dans le sang. Principe
de Fick
b) Méthode utilisant la courbe de dilution d’un indicateur, méthode de Stewart-
Hamilton
c) Méthode de calcul du débit par thermodilution
d) Méthode échocardiographique (cf. TD)
C. Variations :
a) Index cardiaque
b) Variation du débit cardiaque (à connaître pour la pathologie cardiaque)
D. Adaptation du débit cardiaque


Conclusion

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Introduction

Chez les êtres unicellulaires, la cellule effectue des échanges avec le milieu. La surface
cellulaire est élevée par rapport à son volume donc les substances (gaz, nutriments) diffusent
facilement à travers les membranes.

Echanges chez un unicellulaire

Chez les êtres pluricellulaires, il n’y a que les cellules de surface qui effectuent des
échanges avec l’extérieur. La surface de contact étant faible par rapport au volume, les
substances doivent diffuser à travers les strates cellulaires pour atteindre les cellules
profondes. Or le temps de diffusion est proportionnel au carré de la distance (il faut trois ans
pour diffuser sur un mètre d’épaisseur !!) donc la diffusion limite la croissance en épaisseur
des organismes.

Echanges chez un pluricellulaire

Deux solutions se présentent pour les pluricellulaires :

• Rester très mince : Cnidaires, Planaires, …


• Mettre en place un système circulatoire : concerne la plupart des animaux, dans ce
cours l’étude sera limitée aux Mammifères, Vertébrés Supérieurs.

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Le système circulatoire est formé d’une pompe (le cœur), de veines et d’artères. Les
veines sont des vaisseaux qui conduisent le sang des organes vers le cœur. Les artères
conduisent le sang du cœur aux organes.

Remarque : Les acides gras constituent le substrat énergétique préférentiel du cœur.

L’appareil cardio-vasculaire assure plusieurs fonctions :
- Transporter la matière


première comme le dioxygène, les métabolites, l’énergie (comme pour les échanges chez les
unicellulaires)

• Véhiculer de la chaleur (ne pas oublier que ce ne sont pas forcément des substances
qui sont véhiculées !), nécessaire aux mécanismes métaboliques. 

• Evacuer des déchets azotés (anhydride carbonique), le CO2 respiratoire... 

• Véhiculer des cellules : hématies transportant des gaz, cellules du système
immunitaire, cellules de nettoyage comme les macrophages. 


I. Le cœur : rappels anatomiques et définitions :


On distingue deux boucles circulatoires :

Ø La petite circulation, ou circulation pulmonaire : le sang non oxygéné est évacué du


ventricule droit via les artères pulmonaires, rejoint le poumon où ont lieu les échanges
gazeux et rejoint l‘oreillette gauche grâce aux veines pulmonaires. (Elle est très
localisée au niveau du thorax mais le débit sanguin est le même que celui de la grande
circulation). 

Ø La grande circulation, ou circulation systémique : le sang oxygéné est évacué du cœur
gauche via l’aorte, atteint différents organes où ont lieu des échanges passifs au niveau
des capillaires et rejoint le cœur droit via les veines (caves notamment).

Ces échanges passifs dépendent, au niveau des capillaires, du débit sanguin (qui
dépend lui-même du débit cardiaque) et de la pression artérielle (PA). Il existe une autonomie
locale de régulation des échanges au niveau des tissus.

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Position du cœur dans la


circulation sanguine

Remarque : les débits


cardiaques de la grande et de
la petite circulation sont les
mêmes. 


A. Coupe longitudinale de cœur de mammifère :


Ø Se référer au cours d’anatomie.

Coupe longitudinale de cœur de Mammifère

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B. Les valvules cardiaques :


Les oreillettes sont séparées des ventricules par des valvules.
Les valvules, situées
entre le ventricule et les vaisseaux, sont appelées valvules sigmoïdes pulmonaires (cœur droit)
et aortiques (cœur gauche).
Les valvules entre l’oreillette et le ventricule sont appelées
valvules auriculo-ventriculaires (droite ou gauche). Celle du cœur droit est aussi appelée valve
tricuspide, et celle du cœur gauche valve mitrale.

Les valvules fonctionnent de manière passive, leur ouverture et fermeture est


uniquement mécanique : lorsque le sang passe de l’oreillette au ventricule par exemple, les
valvules sont poussées sur le côté par le flux sanguin et permettent le remplissage du
ventricule. Lorsque la pression ventriculaire devient supérieure à la pression auriculaire, le
sang a tendance à revenir en arrière et se retrouve bloqué dans les petites poches qui gonflent
(valves en nid de pigeon) et ferment l’ostium : le sang ne peut donc pas retourner dans
l’auricule (quand les valvules ne sont pas lésées...).

Remarque : Il n’existe pas de valvules entre les veines et les oreillettes. En effet, le retour du
sang du cœur aux veines est peu probable car la pression veineuse est toujours très basse.

Valvules cardiaques : structure et localisation

C. La fréquence cardiaque :
Il ne faut pas la confondre avec le rythme cardiaque qui est une notion qualitative.
La
fréquence cardiaque (FC) est une notion quantitative : c’est le nombre de cycles cardiaques
par seconde (par unité de temps). Elle est exprimée par un nombre de battements par minute.

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𝟏
𝑭𝑪 =
𝑷é𝒓𝒊𝒐𝒅𝒆
On a une fréquence de repos, différente chez toutes les espèces. Lorsque la fréquence
cardiaque est inférieure à la fréquence habituelle de repos, on parle de bradycardie. La
bradycardie peut être pathologique ou physiologique chez certains animaux très sportifs. En
effet, on considère un chien en bradycardie lorsque FC<60batt/min mais cette valeur peut
être atteinte au repos, sans que cela soit pathologique, par un lévrier de course car son cœur
est adapté à l’exercice sportif.

Lorsque la fréquence cardiaque est supérieure à celle de repos, on parle de


tachycardie. Un animal fiévreux est souvent en tachycardie.

La fréquence cardiaque est inversement corrélée au poids et à la taille et dépend de


l’intensité métabolisme. Celle-ci est en effet basse chez les gros animaux et plutôt élevée chez
les animaux de petite taille au métabolisme plus important.
Elle aussi varie selon :

• Les races : elle est plus élevée pour les chiens de petite taille. 

• L’âge : un jeune a une FC plus élevée qu’un adulte. 

• L’individu : elle est par exemple plus basse chez un individu sportif.

® Conséquence : A la première consultation, il peut être utile de noter la fréquence cardiaque


de base de l’animal. On pourra ainsi déterminer, les fois suivantes, si on a une fréquence
anormale ou s’il s’agit de la fréquence de base (attention toutefois, le stress du cabinet de
vétérinaire peut induire une tachycardie). Par exemple, une hémorragie provoquera une
tachycardie.

Remarque : il est assez difficile de mesurer la FC avec un stéthoscope, chez un lapin par
exemple.
Chez l'homme, la FC est en moyenne de 60 batt/min.

® Il faut connaitre les valeurs pour les bovins, chevaux, chiens, chats et lapin,
mais avoir aussi une idée pour la souris, le rat et les volailles. Les autres valeurs
sont de rang B.

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Variation de la fréquence cardiaque moyenne en fonction des espèces

D. Le rythme cardiaque :
Le rythme cardiaque est une notion qualitative, c’est la description qualitative des
différentes phases d’une révolution ou de la succession de plusieurs cycles (on ne parle donc
pas de vitesse mais de régularité du rythme cardiaque).

On peut distinguer le rythme physiologique et les troubles du rythme pathologiques,


qui correspondent à des rythmes irréguliers. Ce rythme est régulé principalement par le
système nerveux autonome (= système neuro-végétatif ® système nerveux inconscient). Lors
d’une auscultation, il faut noter la fréquence cardiaque et dire si le rythme est régulier ou non.

Ainsi un chien peut avoir une fréquence cardiaque de 70 batt/min avec un rythme
régulier ou irrégulier.

Remarque : une arythmie chez les chiens est fréquente (notamment l’arythmie sinusale
respiratoire).

E. Volumes :
On définit quelques volumes intéressants :
- Le VES (= volume d’éjection systolique),
c’est le volume de sang que le cœur éjecte à chaque systole. Mais ce n'est pas le volume total
du sang contenu dans les ventricules, car ceux-ci ne se vident pas complètement à l’issue
d’une systole.
• Le VTD (= volume télédiastolique), c’est le volume dans le ventricule après une diastole
(fin de remplissage, « télé » = fin).
• Le VTS (= volume télésystolique) ou volume résiduel : lorsque le ventricule se

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contracte, il reste, en fin de systole, un petit espace rempli de sang dans le ventricule:
c’est le volume résiduel.

Une évacuation totale de tout le sang au cours d’une contraction relève d’un trouble
pathologique grave.

Le VES est le reflet de la manière dont se contracte le cœur : si la contraction est forte,
le VES sera élevé (et inversement).

On définit aussi la fraction d’éjection qui correspond au pourcentage de sang éjecté :


VES/VTD qui est environ égale à 40-60%. La variation observée dépend de l’espèce. C’est une
valeur importante car elle représente un index de la fonction ventriculaire et de la fonction de
la contractilité (fraction d’éjection élevée ® bonne contractilité). On peut la mesurer par
échocardiographie. Elle permet de déceler des maladies (comme les cardiomyopathies, très
fréquentes, entre autres chez les chiens et les chats), ou de donner un pronostic.

F. Débit cardiaque :
Il représente la quantité de sang pompée par unité de temps, c'est-à-dire le volume de
sang éjecté du ventricule gauche dans l’aorte à chaque minute. Il est en général quantifié en
L/min. On le note
 𝑸 = 𝑭𝑪×𝑽𝑬𝑺 d’éjection systolique. Le débit s’adapte aux besoins de
l’organisme grâce à une boucle de régulation nerveuse et hormonale (notamment lors d'une
course ce qui permet d'apporter davantage de O2 et de nutriments aux muscles). Ainsi chaque
organe peut contrôler le débit sanguin qu’il reçoit en fonction de ses besoins (ex : hémorragie,
exercice physique...).

La régulation est aussi indirecte via la régulation de la pression artérielle contrôlée par
le système nerveux autonome.

Attention au finalisme : le cœur ne s'adapte pas pour apporter plus de O2. Il réagit via
une boucle de régulation initiée au niveau des tissus consommateurs.

Le débit cardiaque ne peut pas augmenter de façon infinie : il existe un Qmax (débit au-
dessus duquel l'organisme ne peut pas aller) et on appelle réserve cardiaque le rapport
Qmax/Qrepos.. Lors d’un exercice physique, le débit peut être multiplié par 4 ou 5. Chez un
animal malade, la réserve cardiaque n'est pas la même, et il faut donc prendre des précautions

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(limiter les efforts intensifs...). Dans le cas d’un exercice physique, le facteur limitant est le
système cardio-vasculaire. En effet, une augmentation de la fréquence cardiaque entraine une
diminution de la durée de la diastole ce qui raccourcit le temps de perfusion du myocarde via
les artères coronaires (cf. cours sur la circulation).

Les facteurs contrôlant le débit cardiaque sont :


• La fréquence cardiaque
• La contractilité myocardique (influence sur le VES)
• La précharge
• La postcharge

II. Le cycle cardiaque :


A. Notion de charge : précharge et postcharge :
Ces deux notions sont liées à des considérations en termes de pression :
Ø La précharge correspond à la pression de remplissage du ventricule déterminant le degré
d’étirement pariétal avant la systole. C'est la pression correspondant au volume
télédiastolique (en fin de diastole, volume maximal de remplissage du cœur, les fibres
myocardiques sont étirées au maximum). Le cœur peut être assimilé à un élastique, il se
remplit et les parois s’étirent en emmagasinant de l’énergie restituée pendant la systole.
Ainsi, plus il se remplit, plus ses fibres sont tendues, plus il emmagasine de l’énergie et
donc plus il pourra se contracter. (Précharge = pression de l’élastique lorsqu’il est
totalement tendu, soit quand le cœur est totalement rempli : en fin de diastole). Si la
précharge est faible, les fibres sont peu étirées, le cœur est peu rempli. Elle se définit par
rapport aux paramètres qui déterminent le VTD. Elle permet également de savoir si le
retour veineux se fait bien ou pas, le cœur ne pouvant éjecter que ce qu’il reçoit.
Ø La postcharge correspond à la pression à atteindre dans le ventricule pour que l'éjection
ait lieu lors de la systole (déplacement de charge). Lors de la contraction isovolumétrique
du cœur, les valves restent fermées et elles ne s’ouvrent que lorsque la pression dans le
ventricule est supérieure à la pression qui règne ensuite dans l’aorte. La postcharge est
donc la pression aortique au début de la systole (dépendante de l’impédance aortique =
pression aortique).

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Notions de précharge et postcharge

CI = contraction isovolumétrique (le sang n’est pas éjecté dès que le cœur se contracte, on a
d’abord une phase de contraction à volume constant)

Exemple : Lors d’une hypertension artérielle ou dans le cas de l’artériosclérose, la pression dans
les vaisseaux est supérieure à la pression normale, ainsi le travail cardiaque augmente, la post-
charge est plus importante ce qui est délétère pour l’individu.

B. Définition et description :
Le cycle cardiaque est composé d'une systole et d'une diastole :

a) La systole ventriculaire :
Ø La première phase correspond à la contraction isovolumétrique (=CI), c’est la mise sous
tension du cœur (après que celui-ci se soit rempli). Les cellules myocardiques se
contractent mais le volume de sang ne change pas car les valves sigmoïdes restent
fermées. La pression augmente dans le ventricule et le sang ne peut plus repasser dans
les oreillettes à cause des valvules atrio-ventriculaires.
Cette contraction
isovolumétrique a lieu jusqu’à ce que la pression dans le ventricule soit égale à la pression
dans l’aorte (ou dans l’artère pulmonaire), (moment de la postcharge), à ce moment les
valves s’ouvrent et le sang est éjecté.
Ø La deuxième phase correspond à l’éjection systolique (=ES), c’est la chasse ventriculaire,
le sang est chassé dans l’aorte (grande circulation), ou dans l’artère pulmonaire (petite
circulation), suite à l'ouverture des valvules.

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Les différentes phases de la systole ventriculaire

b) La diastole ventriculaire :
1. La première phase correspond à la relaxation isovolumétrique (=RI), c’est la relaxation du
cœur après que le sang soit passé dans l’aorte ou dans l’artère pulmonaire. La pression
dans le ventricule baisse donc les valves sigmoïdes se ferment (et le sang aortique ne
reflue pas) et le volume de sang reste constant (VTS).
2. Ensuite se déroule le remplissage rapide (=RR) (protodiastole = début de la diastole) ;
quand la pression ventriculaire devient inférieure à la pression dans les oreillettes, les
valvules auriculo-ventriculaires s’ouvrent et le cœur continue de se relâcher, donc le sang
afflue passivement dans le cœur. Cette étape correspond à 70% du remplissage
ventriculaire.
3. Puis le remplissage lent (=RL) ou diastasis (= mésodiastole) ; la pression entre ventricule
et oreillette s’égalise, c’est une phase passive qui permet un meilleur remplissage des
oreillettes. Pression et volumes sont peu modifiés.
4. Enfin, la contraction des oreillettes (=CO) (télédiastole ventriculaire) ; phase qui complète
le remplissage des ventricules (fin de la diastole) dans la mesure où le volume apporté
reste très inférieur à celui apporté par le RR et le RL.

RR et RL contribuent le plus au remplissage ventriculaire qui dépend donc très peu de la


contraction des oreillettes (celle-ci complète seulement). Le sang ne stagne pas dans les
oreillettes, il est aspiré dans le ventricule, espace avec une plus faible pression.
La durée de
la diastole est supérieure à celle de la systole.

Remarque : proto= début, méso=milieu, télé=fin.

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Les différentes phases de la diastole ventriculaire

Il est important de faire les liens entre PA, pression ventriculaire, volume sanguin, débit
aortique, bruit du cœur et électrocardiogramme.

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Pression aortique

Fermeture des
Pression dans le valves sigmoïdes
cœur Ouverture des aortiques
valves sigmoïdes Ouverture des
aortiques valves atrio-
Fermeture des
ventriculaire
valves atrio-
ventriculaire

VTD

Volume
ventriculaire

VTS

Variation de pression et volume au cours du cycle cardiaque, relation avec les


différents pics de l'ECG

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c) Diagramme pression/volume :

Diagramme pression/volume

Ce graphe représente la pression à l’intérieur du ventricule gauche en fonction de son


volume au cours d’un cycle cardiaque.

Dans une première étape, la pression augmente dans le ventricule (valves mitrales
fermées (FM)) et son volume reste constant. C’est la contraction isovolumétrique (CI).
Puis,
les valvules aortiques s'ouvrent passivement (OA) quand la pression du sang dans le ventricule
gauche dépasse celle du sang dans l’aorte.

La deuxième étape est une phase d’éjection systolique (ES). Le volume du ventricule
diminue car il y a un départ de sang. La pression augmente d’abord (le ventricule continue de
se contracter), puis diminue (il n’y a plus assez de sang). Lorsque la pression aortique devient
supérieure à celle du ventricule gauche, la valvule aortique se referme. A ce stade, le sang a
été en grande partie évacué mais il reste un volume résiduel (= volume télésystolique) ce qui
se traduit par le fait que la courbe n’atteint pas le zéro de l’axe des abscisses.

La troisième phase est une phase de relaxation isovolumétrique (RI). Le ventricule se


relâche (la pression diminue) mais ne se remplit pas. Lorsque la pression ventriculaire est
inférieure à celle de l'oreillette, les valvules mitrales s’ouvrent (OM) et le sang rentre par
remplissage rapide (RR) puis lent (RL), suivi par la contraction des oreillettes (CO) qui assure
la fin du remplissage.

Remarques :
ü Les diastoles consomment moins d'oxygène que les systoles qui sont des phases de
contraction musculaire, et c'est lors de la contraction isovolumétrique que la

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consommation d'oxygène est maximale. 



ü Le substrat préférentiel du cœur n'est pas le glucose mais les acides gras qui fournissent
70% de l'énergie utilisée par le cœur.
ü Les pathologies cardiaques modifient ce schéma.

d) Travail cardiaque et surcharge :


L'aire délimitée par la courbe représente le travail cardiaque (W) : W = F x L
(déplacement) Or P = F x S d'où W = F x S x L
Or S x L = V (volume) => W = F x V.


Visualisation sur le diagramme P-V du travail cardiaque

Lors d'une hypertension artérielle, la postcharge augmente du fait de la pression


sanguine plus importante dans l'aorte qui empêche l'ouverture de la valvule sigmoïde face à
la pression ventriculaire qui suffirait chez un individu non atteint. Le travail cardiaque
augmente alors (aire plus importante) et la courbe monte « plus haut » en rapport avec la
pression ventriculaire plus grande à fournir pour l'éjection systolique. Le volume d'éjection
systolique est en général moins important. Le cœur augmente alors sa consommation d’O2 et
d’énergie, qui doivent alors être disponibles en plus grande quantité (sinon on a une
insuffisance cardiaque).

Diagramme P-V dans le cas d'une surcharge en pression

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Remarque : Ce mécanisme est nécessaire pour maintenir le débit mais augmente les besoins
en oxygène et entraine une fatigue cardiaque. L’organisme peut mettre en place des
mécanismes compensateurs (augmentation de la taille et de la quantité des cellules), et sinon
il existe des substances pharmacologiques qui normalisent le travail cardiaque.

Ces courbes peuvent être utilisées en recherche pour analyser l'efficacité d'un
médicament.

Chez les petites espèces, les fonctionnements des cœurs droit et gauche sont
synchronisés (la valve mitrale se ferme en même temps que la valve tricuspide), mais ils
peuvent présenter un asynchronisme léger chez les grandes espèces.

Synchronisme du cœur droit et du cœur gauche : variation selon les espèces


Lors de ce décalage chez les grandes espèces, la fermeture de la valve mitrale précède
légèrement la fermeture de la valve tricuspide et dans ce cas, l’ouverture de la valve
pulmonaire précède un peu l’ouverture de la valve aortique. La fermeture de la valve aortique
peut aussi légèrement précéder la fermeture de la valve pulmonaire et dans ce cas,
l’ouverture de la valve tricuspide précède un peu l’ouverture de la valve mitrale.

Rappel : valve sigmoïde = valve artérielle ou pulmonaire donc faire attention de bien distinguer
les deux !

e) Les bruits du cœur :


Ces bruits peuvent s’entendre à l’auscultation avec un stéthoscope. Ils peuvent
donner des indices sur des pathologies et ont donc un rôle diagnostique important. On
distingue des bruits physiologiques et des bruits pathologiques.
Sur un animal de grande
taille, en passant la main sous le thorax, on peut sentir le choc précordial (correspondant au
cœur qui bat). Le stéthoscope doit être correctement placé dans les zones d’écoutes (Cf. CM1-
TD1).

Remarque : pour déceler un bruit anormal, il faut une oreille habituée à un son normal ce qui
nécessite de la pratique.

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Localisation des bruits du cœur

Remarque : Entendre les bruits normalement inaudibles peut être un signe de pathologie.

1. Les bruits physiologiques :


Selon les différentes phases, deux bruits sont audibles :
• Un bruit sourd, fort et long appelé le « BOUM » ou le « TOUM » : c’est le bruit B1 qui
a lieu au début de la systole (protosystolique) = début de la contraction du ventricule.
• Un bruit plus sec et bref appelé le « TA » : c’est le bruit B2 qui a lieu à la fin de la systole
(télésystolique) voire début de la diastole (protodiastolique).

La durée de la systole étant plus courte que celle de la diastole (~2/3 du cycle
cardiaque), on peut distinguer :
• Un petit silence : entre B1 et B2 → systole 

• Un grand silence : entre B2 et B1 → diastole

Remarque : si la fréquence cardiaque augmente, c’est la diastole qui est la plus raccourcie (plus
longue en temps normal) : le cœur risque de ne plus se remplir assez, une tachychardie peut
être délétère.
On a Q = FC×VES. Or VES diminue si FC augmente trop (remplissage incomplet).
Donc Q n’augmente pas forcément en cas de hausse de FC.

Quand on entend des bruits anormaux, il est important de les localiser par rapport à
B1 ou B2 pour savoir si le bruit est diastolique ou systolique.

A ces deux bruits, il faut ajouter un bruit B3 et un bruit B4 que l’on n’entend pas la
plupart du temps au stéthoscope car ils ont une basse fréquence (30 Hz) et une faible
intensité. Pour les entendre, on utilise un phonographe qui amplifie les bruits cardiaques.

Remarque : Les bruits du cœur sont le bruit de l’écoulement du sang et de la fermeture des

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valvules : ils ne correspondent pas directement à la contraction !

Origine des bruits : Tableau à connaître sauf les fréquences

Caractéristiques des bruits physiologiques du cœur

Ø B1 (le BOUM) : Il est dû :


• Au bruit de la fermeture des valvules auriculo-ventriculaires.
• A l’accélération du sang lors de la contraction (mise sous tension). Ce bruit est amplifié
par la cavité cardiaque qui fait caisse de résonance (ce qui produit un bruit plus long
et plus accentué : BOUM).
Remarque : B1 est d’autant plus long que l’espèce est de grande taille.

Ø B2 (le TA) : Ce bruit est dû à la fermeture des valvules sigmoïdes aortique et pulmonaire en
fin de systole.
Ø B3 : Il a lieu lors du remplissage rapide du cœur en début de diastole (protodiastolique). 

Ø B4 : Il a lieu lors de la contraction de l’oreillette qui contribue au remplissage (systole
auriculaire). On l’entend en fin de diastole (télédiastolique).

Chez les animaux de petite taille, il y a une synchronisation entre le cœur gauche et le
cœur droit. Les deux cœurs fonctionnent en même temps et les deux bruits sont fusionnées

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(on entend un seul BOUM pour les deux cœurs et un seul TA). Chez le cheval, il existe un
asynchronisme, c'est-à-dire un petit décalage qui provoque un dédoublement normal de B1.

2. Bruits anormaux : les bruits surajoutés :


Ce sont des bruits qu'on ne devrait normalement pas entendre.

Remarque : distinguer les bruits normaux augmentés (exercice) des bruits anormaux.

On distingue plusieurs cas :


• Variations d'intensité :
En cas d’exercice physique ou d’hypertension artérielle,
l’intensité des bruits augmente. En cas d’anémie (diminution de la concentration en
hémoglobine du sang entrainant une modification de la viscosité du sang) ou
d’insuffisance cardiaque liée à un problème valvulaire, ou d’épanchement pleural, les
bruits sont de plus faible intensité (assourdissement). En effet, la présence de liquide
entre le cœur et la plèvre (pleurésie) ou d’air (pneumothorax) assourdit les bruits du
cœur.

Variation anormale de l'intensité de bruits cardiaques

• Dédoublement :
Normalement, B1 et B2 sont indissociables. Ici les composantes


droites et gauches sont dissociées. On observe parfois un dédoublement de B2 à la
limite du normal chez le jeune. Il faut se demander si l’on entend 3 bruits ou si l’un des
deux bruits (B1 ou B2) est dédoublé.

Dédoublement des bruits cardiaques

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• Bruits de galop :
Ce sont des cycles sonores à 3 bruits (B1, B2 et un autre bruit). Il en
existe trois sortes :
ü Galop protodiastolique : B3 devient audible, très proche de B2. Ce galop peut être
physiologique chez le cheval.
ü Galop télédiastolique : B4 devient audible, en fin de diastole.
ü Galop mésodiastolique : Il correspond à une fusion de B3 et B4, possible si la
diastole est courte.

Bilan : les différents types de galops

3. Les bruits anormaux : les souffles :


On les entend pendant les silences. Ils peuvent être cardiaques ou
vasculaires.
Le sang a un écoulement laminaire, c'est-à-dire qu’il circule sont forme de lames
concentriques dans le vaisseau. La vitesse de l’écoulement est plus importante au centre
qu’au niveau des parois à cause des frottements. Quand le flux est laminaire, il est inaudible.
Les souffles sont dus à des turbulences (trouble de la circulation) du sang qui se propagent
dans la direction du flux qui leur a donné naissance.

Les souffles peuvent avoir 5 origines différentes :


• Lors d'une anémie, il y a un déficit en globules rouges ce qui diminue la viscosité du
sang. On observe alors une augmentation du flux sanguin qui cause la turbulence. C'est
un souffle systolique aortique. Le flux reste laminaire. On peut observer ce type de
souffle chez le chiot (il peut disparaître en grandissant). Un souffle n'est donc pas
forcément d’origine cardiaque, il peut être d’origine sanguine. 

• Lors d'une sténose, il y a rétrécissement du diamètre d'un vaisseau (entrave le flux) et
on observe des tourbillons en avant et en arrière de la sténose, caractérisant un flux
turbulent que l'on entend avec un stéthoscope. 


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• Lors de la dilatation d'une chambre, le flux devient turbulent (lorsqu’il entre dans
cette chambre, ex : aorte dilatée, valve mal fermée...). Ce phénomène est rare chez
l’animal (c'est le cas dans la myopathie dilatée du chien).
• Lors de la vibration d'une membrane : les valves sont maintenues par des éléments
fibreux, muscles et cordages qui peuvent se rompre, laissant la membrane libre. Ex :
rupture de muscle papillaire.
• Lors du passage à une chambre de pression inférieure (écoulement anormal de sang):
d'une manière générale, la pression dans le ventricule gauche est supérieure à la
pression dans le ventricule droit. Si un orifice se forme entre les deux ventricules (au
niveau du septum), du sang passe du ventricule à la pression la plus élevée vers l'autre.
On parle alors de communication interventriculaire (CIV). Elle est à l'origine d'un
souffle. Il peut se produire le même phénomène au niveau des oreillettes : défaut
septale.

Remarque : Les 4 derniers souffles sont dus à des anomalies de structure. 


Bilan : Les origines des souffles cardiaques

En clinique vétérinaire, la plupart des souffles sont d’origine valvulaire : 



• Insuffisance valvulaire : la valve est incomplètement fermée et elle est incapable
d’empêcher le mouvement rétrograde du sang. Le sang revient alors en arrière et on
entend un souffle dit de régurgitation. Toutes les valvules peuvent être atteintes. 

• Sténose valvulaire : la valve est incomplètement ouverte lors du passage du sang.
L’orifice est rétréci et le sang passe mal. On obtient un souffle dit d’éjection.

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Au total, il y a 8 types de souffles valvulaires car il y a 4 valves et 2 types d’anomalie (tableau


à savoir refaire).

Les différents souffles valvulaires

Exemples :
ü Si, pendant la contraction, le sang retourne dans l’oreillette gauche (régurgitation), on
parlera d’insuffisance mitrale. A l’inverse, si pendant la diastole la valve s’ouvre mal,
on parlera de sténose de la valve mitrale.
ü Si on entend un bruit au niveau de l’aorte pendant la systole : on a une sténose (s’ouvre
mal). Si c’est pendant la diastole, on a une insuffisance (se ferme mal).

Bilan :
Lors de l’examen, il faut distinguer :
• Le moment du souffle :
Entre B1 et B2 (le petit silence) le souffle est d'origine
systolique. Entre B2 et B1 (le grand silence) le souffle est d'origine diastolique.
• La localisation du souffle (valves mitrale, tricuspide, aortique, pulmonaire) :
elle se
fait en fonction de l'aire d'auscultation et de l’aire de projection des valves sur la paroi
thoracique. On différencie par exemple les valvules mitrales et tricuspides car on
entend plus la valve tricuspide à droite qu'à gauche, et inversement pour la valve
mitrale. On localisera le souffle à l’endroit où il est le plus fort.

Il existe également des bruits combinés, irradiés (on les entend à un endroit atypique). Cet
examen nécessite d’être très bien entraîné (les Cavalier King Charles ou les caniches sont
idéaux pour se faire l’oreille car ils ont souvent des souffles).

f) Echocardiographie (cf. TD) :


Méthode d'exploration fonctionnelle peu invasive qui permet de visualiser le tissu
cardiaque. Mais le matériel reste cher et n'est donc que peu utilisé en médecine vétérinaire.

Principe : L'échographie repose d'une façon générale sur le passage d'ultrasons. En effet, les
tissus se laissent traverser par des ultrasons avec une vitesse différente. A chaque interface
(changement de milieu) se produit un phénomène de réflexion/réfraction des ultrasons qui
est détecté par une sonde et visualisable. Ainsi, à l'interface muscle/sang, on observe un fin
liserait blanc dû à la différence de densité entre les deux tissus. (Fin trait plus blanc = interface
entre deux « milieux »).

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Il existe plusieurs modes d'observation :

• Mode bidimensionnel :
Il donne une image en deux dimensions. Et on distingue les
différentes interfaces ce qui permet de repérer le septum. Il est également possible de
remarquer si le cœur est en systole ou en diastole.

Remarque : On ne voit pas l'artère pulmonaire car elle n'est pas dans le « plan de coupe ».

Echographie bidimensionnelle

• Mode temps mouvement : Il donne une image à une dimension mais permet de
mesurer la façon dont le cœur se contracte. Le faisceau à ultrason traverse le cœur et
en donne une image en coupe transversale (on distingue le septum, le ventricule et sa
paroi) et on obtient une image au cours du temps (le temps est en abscisse).
Les parois
musculaires se rapprochent lors de la systole (on remarquera, qu'il reste encore un
certain volume de sang résiduel dans la cavité ventriculaire, le contraire traduirait une
cardiomyopathie) et s'éloignent l'une de l'autre lors de la diastole. A partir de ces
mesures on peut effectuer plusieurs calculs, comme la fraction de raccourcissement,
qui permet de repérer des anomalies cardiaques.

Echographie temps mouvement


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• Mode Doppler : Il permet de voir la vitesse du flux sanguin dans le cœur.
La technique
consiste à mesurer les vitesses du sang à un moment donné le long d'une ligne, ce qui
permet de mesurer l'accélération ou la décélération du sang, non déduit du
fonctionnement du cœur.
Il existe différents modes Doppler : couleur ou spectral.

Echographie mode Doppler



III. L’automatisme cardiaque :
Il existe deux types de cellules dans le cœur : les cellules nodales capables de se
dépolariser spontanément et les cellules myocardiques (= cellules contractiles, représentant
la majorité des cellules) qui se contractent.

A. Contraction des fibres myocardiques :


a) Relation entre phénomènes électriques et mécaniques ou
couplage excitation/contraction :
Il existe une relation étroite entre les phénomènes électrique et mécanique à
l’origine du couplage excitation/contraction au niveau des cellules myocardiques. Ces cellules
présentent un potentiel de repos correspondant à une différence de potentiel de -80 à -90
mV, puisque l'intérieur de la cellule est chargé négativement et que l’on calcule Vint-Vext.

Description du potentiel d’action d’une cellule musculaire striée cardiaque :


• Le potentiel de repos : ddp entre -80 -90 mmV s’inverse, c’est le début du potentiel
d’action (1). 

• Dépolarisation rapide liée à l’entrée du Na+ dans la cellule (2). 


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• Début de repolarisation, liée à l'augmentation de la sortie du K+ de la cellule (3). 


Remarque : Dans une cellule musculaire striée squelettique (non myocardique) cette étape de
repolarisation rapide n’est pas suivie par un plateau : le muscle squelettique peut donc être
tétanisable, contrairement au muscle cardiaque.

• On observe ensuite le plateau calcique (4). La repolarisation (toujours liée à la sortie


du K+ de la cellule) est retardée par la mise en jeu de canaux calciques L (pour lents)
qui prolongent la dépolarisation en permettant au niveau des tubules T l’entrée de

Ca2+ dans la cellule. On a donc un PA très long. Ce plateau prolonge la période
réfractaire, phénomène très important dans la physiologie cardiaque car il empêche
une nouvelle contraction. Le cœur est donc un muscle non tétanisable. C’est au cours
de cette phase qu’à lieu la contraction.

• Enfin, la sortie de K+ par les pompes Na/K augmente et les canaux calciques se
ferment (5), ce qui provoque la repolarisation et une légère hyperpolarisation de la
membrane.
• Le retour au potentiel de repos (6) se fait via la sortie du Na+ pompé par les ATPases

Na+/K+ dépendantes. Le REG capture le Ca2+ cellulaire.

Des phénomènes ioniques interviennent dans la formation des potentiels d'action.



Autrement dit, une variation de la concentration sanguine en K+ ou Na+ peuvent avoir des
répercussions importantes.

Aspect et mécanisme du potentiel d'action des cardiomyocytes

Remarque : L’activité électrique du cœur peut être enregistrée sur un électrocardiogramme


(ECG).

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b) Couplage excitation/contraction : importance du calcium :


Le couplage entre le phénomène électrique et la contraction des fibres
myocardiques est assuré par une variation de la concentration en calcium intracellulaire.

Il existe une relation proportionnelle entre la concentration extracellulaire en Ca2+


et l’intensité de la contraction des cardiomyocytes (plus il y a de Ca2+, plus le cardiomyocyte
se contracte).

Cependant, si la concentration en Ca2+ extracellulaire entrant dans la cellule est
nécessaire à la contraction elle n’est pas suffisante pour provoquer cette contraction (en
établissant suffisamment d'interactions entre actine et myosine). Il faut que soit mis en jeu un

mécanisme particulier : le mécanisme « Calcium induced - Calcium released », où le Ca2+

entrant dans la cellule induit un relargage du Ca2+ déjà présent dans la cellule. Ce sont donc
les variations de Ca2+ intracellulaire qui permettent la contraction. Ce mécanisme très
important peut être contrôlé par des substances pharmacologiques.


c) Couplage excitation/contraction : « Calcium induced -
Calcium released » :

Le passage d’un potentiel d’action provoque l’entrée de Ca2+ dans la cellule grâce
aux canaux calciques L (lents). Le calcium entré se fixe sur les récepteurs à la ryanodine
(récepteurs sensibles à la ryanodine) qui s’ouvrent et provoque ainsi la libération du calcium
contenu dans le réticulum endoplasmique. Il est possible d'agir avec des substances
pharmacologiques sur ces récepteurs. Le calcium provenant du milieu extracellulaire sert très

peu à la contraction mais permet la sortie du Ca2+ du RE qui lui est impliqué dans la contraction
par formation des ponts actine-myosine. On a donc un phénomène d’auto- amplification de
Ca2+ nécessaire à la contraction.

Remarque : c’est l’entrée du calcium extra-cellulaire qui va déclencher le passage massif du RE


vers le cytosol.

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Le mécanisme « Ca2+ induced – Ca2+ released » et l'élimination du Ca2+

Après la contraction, le calcium doit être éliminé :


• Il peut être capté par le réticulum endoplasmique grâce à une pompe ATPase (de la
famille des SERCA). Les cellules myocardiques sont riches en mitochondries qui
alimentent le fonctionnement de cette pompe. Les métabolites préférentiels du cœur
sont les acides gras qui fournissent plus d’énergie que le glucose. 

• Une partie du calcium sort de la cellule au niveau de l’échangeur actif sodium/calcium
(en échange de l’entrée de 3 ions sodium). La pompe Na/K ATPase permet d’évacuer
le sodium qui est entré en grande quantité dans la cellule lors du fonctionnement de
l’échangeur et rétablit ainsi le potentiel de repos au prix d’une certaine consommation
d’énergie.

Rappel sur le fonctionnement de la pompe Na/K ATPase : elle crée un gradient négatif de
sodium dans la cellule, et positif pour le potassium. On a 3 Na+ qui sortent pour 2 K+ qui
rentrent.

Ainsi, les deux modalités consistent à évacuer le Ca2+ du cytosol soit vers le réticulum
endoplasmique soit vers l'extérieur de la cellule.

d) Couplage excitation/contraction : exemple de régulation :


1. Contrôle de la concentration en AMPc :
• Facteurs augmentant la contraction : L’ouverture du canal calcium L (lent) est commandée
par un second messager : l’AMPc. Une augmentation de la concentration en AMPc stimule

l‘ouverture des canaux calciques L ce qui augmente la quantité de Ca2+ extracellulaire
entrant ce qui entraîne une augmentation de la force de contraction. L’augmentation du
taux d’AMPc peut se faire sous l’action de substances physiologiques (les catécholamines

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= hormones de stress du système orthosympathique) ou pharmacologiques, ce qui a pour



action de faire entrer le Ca2+ et donc d’augmenter la force de contraction. Les
catécholamines (adrénaline, noradrénaline) sont des neuromédiateurs ayant un rôle
important dans la physiologie cardiovasculaire (cf. activité cardiaque, vasomotricité). En
thérapeutique on utilise des catécholamines « naturelles », synthétiques, ou des analogues
(comme l'isoprotérénol).
Les catécholamines ont donc un effet inotrope positif (d'où
l'utilisation d'isoprotérénol en thérapeutique et en réanimation).

Exemple : en cas de fuite (stress), les contractions cardiaques seront plus fortes.

Il existe des problèmes pathologiques dus à une trop forte contraction cardiaque.

Exemple : en cas d’hypertrophie cardiaque, le travail cardiaque et la contraction augmentent


ce qui entraîne une augmentation de la consommation de substrats énergétiques. On inhibe
alors la production d’AMPc endogène pour permettre le relâchement cardiaque (ex :
phosphodiestérases).

• Facteurs diminuant la contraction : les phosphodiestérases provoquent la dégradation de



l’AMPc intracellulaire donc elles inhibent l’entrée du Ca2+ en défavorisant l’ouverture des
canaux calciques. Ceci correspond à un effet inotrope négatif. Au niveau thérapeutique, si
un animal est insuffisant cardiaque, on utilise des inhibiteurs des phosphodiestérases pour
renforcer les contractions cardiaques.

Il existe d'autres inhibiteurs des canaux calciques. Par exemple, chez le chat qui présente
une cardiomyopathie hypertrophique (maladie du muscle cardiaque qui est due à une paroi
musculaire très épaisse), le cœur se contracte de façon très importante, sans jamais vraiment
se relâcher. Donc la lumière du ventricule devient de plus en plus petite, et le volume diminue
et par conséquent le débit cardiaque. On essaye de diminuer ces contractions en utilisant des
inhibiteurs de canaux calciques pour refavoriser la fonction diastolique du cœur.

Action des phosphodiestérases sur la contraction des cardiomyocytes

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2. Contrôle de la pompe Na+/K+ ATPase :


Les digitaliques inhibent la pompe Na+/K+ ATPase. Elles sont utilisées en
thérapeutique (humaine principalement, peu en vétérinaire) et sont apparentées à la
digitaline, une substance extraite de la digitale (fleur toxique qui provoque des troubles du
rythme cardiaque puis la mort de l’individu par fibrillation cardiaque). Le sodium s’accumule

dans la cellule. L’échangeur passif Ca2+/Na+ s’arrête puisque le gradient de concentration

n’existe plus (Ca2+ sortait grâce au déficit de Na+ dans la cellule). Le calcium reste dans la cellule
qui se contracte plus longtemps, c’est un effet inotrope positif. Ceci explique la fibrillation
ventriculaire chez des animaux sains. Cependant on peut utiliser les digitaliques pour des
insuffisants cardiaques (importance du dosage). La force de contraction augmente.

Remarque : Bien comprendre tous ces mécanismes permet de bien adapter le traitement à
l’animal et à la maladie.

Action des digitaliques sur la contraction des cardiomyocytes

e) Influence de la charge :
La fibre myocardique est un ensemble comportant des éléments contractiles à la
fois en série et en parallèle avec des éléments élastiques susceptibles d’être étirés (en
longueur ou en épaisseur). Quand elle est étirée, elle accumule une force (comme un
élastique) qui tend à la ramener naturellement à sa taille initiale. La contraction du myocarde
est influencée par les forces de distension exercées sur celui-ci.
Ces forces ou charges,
peuvent s’exercer :
• Avant la contraction : il s’agit de la force due à la précharge qui détermine l’étirement
initial du muscle par la pression sanguine du sang qui entre dans le cœur. 

• Pendant la contraction : force due à la postcharge, qui s’oppose au retour à la taille
normale.

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C’est la loi de Franck-Starling (Rang A) (cf. contrôle de l’activité cardiaque) : plus le sang
arrive dans le cœur en grande quantité, plus il sera éjecté dans la circulation en grande
quantité par une contraction plus importante. Cf. le modèle de l’élastique : plus il est étiré,
plus le retour à sa taille d’origine est violent/puissant.

Remarque : Les éléments élastiques comprennent à la fois des fibres de la matrice et des
constituants du cytosquelette.

f) Les conséquences de la période réfractaire :


Suite à l’excitation d’une cellule du muscle cardiaque, aucune excitation de celle-
ci ne peut plus se produire durant une période relativement longue : la période réfractaire.
Elle est due au phénomène dit de « plateau calcique » vu précédemment. La durée de la
période réfractaire est égale à celle de la systole. Elle est relativement longue et évite une
tétanisation ou un spasme du cœur qui interromprait le flux sanguin et provoquerait la mort
de l’individu.

Elle permet également la propagation du potentiel d'action à sens unique à une


vitesse de conduction de 0,5 à 1m/s (un retour en arrière possible favoriserait une fibrillation).

Remarque : si la période réfractaire (PR) était plus courte, on pourrait assister à une nouvelle
dépolarisation à l’origine d’une nouvelle contraction des cellules, normalement en période
réfractaire. Ces phénomènes existent dans certains cas pathologiques comme la fibrillation.

Période réfractaire et conduction à sens unique du message nerveux

Ainsi le cœur se contracte dans un sens bien défini, ce qui empêche sa tétanie. S’il se
contracte un peu partout il y a fibrillation ce qui est inefficace et conduit à la mort de l’individu.

La fréquence cardiaque peut diminuer (bradycardie) ou augmenter (tachycardie) mais


pas au-delà d’une certaine valeur qui dépend de la période réfractaire : Fréq max = 1/PR. La
fréquence maximum est différente selon la topographie du cœur. Les oreillettes peuvent
battre à une fréquence supérieure à celle des ventricules car leur période réfractaire est plus

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courte.

B. Le tissu nodal :

a) Définition :
Le tissu nodal ou tissu cardionecteur est constitué de cellules plus sphériques et
en nombre plus restreint que les cardiomyocytes (qui sont des cellules plus allongées et très
nombreuses) et formant un réseau au sein du tissu myocardique. Bien que quantitativement
peu important, il est qualitativement essentiel. Ces cellules sont peu contractiles car pauvres
en myofibrilles. En revanche, ce sont des cellules auto-excitables c'est-à-dire qu'elles ne
nécessitent pas de stimulation pour être excitées (dépolarisation spontanée, transmise
ensuite aux éléments contractiles). Mais elles fonctionnent dans un ordre bien précis.

b) Organisation :
Les cellules nodales sont regroupées dans le tissu nodal (ou tissu cardionecteur)
au sein du cœur. Il est nécessaire de connaître l’organisation du tissu nodal car il est impliqué
dans les phénomènes électriques et mécaniques du cœur et donc du cycle cardiaque.

Les cellules nodales sont nombreuses dans le nœud sinusal, localisé dans
l'oreillette droite. A partir de ce nœud sinusal, partent des faisceaux de cellules nodales : le
faisceau internodal (ou faisceau X) qui rejoint le nœud atrio-ventriculaire. Elles forment
ensuite le faisceau de His qui se divise en une branche droite et une branche gauche qui se
ramifient en un réseau se situant dans la paroi du ventricule et nommé réseau de Purkinje.

Ce réseau de cellules nodales permet la conduction de l'influx électrique à l'origine


de la contraction. La conduction se fait toujours de haut en bas. Les cellules communiquent
entre elles par des jonctions GAP (jonction communicante formée de nombreux canaux : les
connexons). Entre les oreillettes et les ventricules, il existe un anneau fibreux qui empêche la
communication auriculo-ventriculaire (interdit toute conduction électrique). Le seul moyen
de communication entre oreillettes et ventricules est le nœud atrio-ventriculaire. Si ce nœud
est lésé, oreillette et ventricule se contractent de manière dissociée.

Organisation du tissu nodal

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c) Rôles et caractéristiques :
Les cellules du tissu nodal sont auto-excitables ; elles se dépolarisent
spontanément et de manière rythmique. Le potentiel de repos est instable (partie 1 de la
courbe, pente positive) et déclenche un potentiel d’action lorsqu’il atteint un certain seuil.
Puis la ddp revient au potentiel de repos et la membrane de la cellule recommence à se

dépolariser petit à petit. Celui-ci est dû à la sortie du K+ et à l’entrée du Na+ dans la cellule qui
se dépolarise toute seule. Ainsi quand on enlève un cœur de grenouille, il continue de battre
tout seul grâce à ses cellules nodales qui se dépolarisent spontanément et de manière
rythmique. Les cellules nodales provoquent la contraction des cellules myocardiques.

En fonction de la localisation du tissu nodal la fréquence de dépolarisation varie.


Pour toutes les espèces le nœud sinusal a la fréquence de dépolarisation la plus rapide, suivi
du nœud atrio-ventriculaire puis du réseau de Purkinje. Ceci explique que la conduction se
fasse par le nœud sinusal puis par le nœud atrio-ventriculaire pour finir par le réseau de
Purkinje : on a une hiérarchie de conduction.

/!\ Varie en
fonction des
espèces (ici,
valeur pour
le chien)
Mécanisme de l'auto-excitabilité des cellules nodales

Il suffit qu’une seule cellule se dépolarise pour que l’excitation soit transmise à toutes
les autres, donc la fréquence de dépolarisation spontanée la plus élevée s’impose et fait du
groupe cellulaire présentant la pente de dépolarisation lente la plus élevée le pacemaker du
cœur. En absence de régulation, le cœur bat selon la fréquence de dépolarisation du nœud
sinusal. La dépolarisation précède la contraction.

Le nœud sinusal est donc le pacemaker du cœur : il est à l’origine de la fréquence


cardiaque grâce à ses nombreuses jonctions GAP. Il y a entre le nœud sinusal, le nœud atrio-
ventriculaire et le réseau de Purkinje une vitesse de conduction extrêmement rapide
(beaucoup de jonctions GAP) qui permet aux cellules nodales de commander les cellules

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myocardiques.

d) Conséquences :
Il y a plusieurs conséquences physiologiques :
• Un cœur perfusé isolé de l’organisme continu de battre à la fréquence du nœud sinusal si
on lui fournit des nutriments et de l’O2. 


• Si le tissu nodal est lésé, ce sont les cellules qui ont la 2ème fréquence la plus élevée qui vont
devenir les cellules pacemaker du cœur (nœud atrio-ventriculaire), puis si celles-ci sont
lésées ce sont les 3ème etc. On parle alors de foyer ectopique.

On sait que la vitesse de conduction dans le tissu


nodal est supérieure à celle du tissu myocardique et dépend
de la quantité de jonctions GAP. Il y a beaucoup de jonctions
GAP dans le faisceau de His et encore plus dans le réseau de
Purkinje où la conduction est très rapide. Dans le nœud
sinusal, la conduction est un peu plus rapide que dans le
nœud auriculo- ventriculaire, mais moins que dans le
faisceau de His et le réseau de Purkinje. En revanche, il y a
moins de jonctions dans le nœud atrio-ventriculaire ce qui
provoque un ralentissement de la conduction (répercussions
sur l'ECG). Ce ralentissement dans le nœud atrio-
ventriculaire permet de laisser s’achever la systole
auriculaire avant la transmission aux ventricules, sans quoi
les oreillettes ne pourraient pas contribuer à leur
remplissage : oreillettes et ventricules ne se contractent
donc pas en même temps, les oreillettes avant. Ce
phénomène est favorisé par l’anneau fibreux : l’information
ne peut passer que par le nœud sinusal.
Circulation de l'information
électrique par le tissu nodal

e) Conséquences du trouble du rythme : troubles de


l’excitabilité :
Un fonctionnement anormal du cœur correspond à des troubles de l’excitabilité.
Quand on analyse le rythme cardiaque d’un animal, on regarde si ce rythme est sinusal
(=nœud sinusal qui impose au cœur son rythme et sa fréquence) ou non sinusal.

Rappel : les cellules du nœud sinusal se dépolarisent ce qui entraine la dépolarisation du nœud
auriculo ventriculaire, puis des branches du faisceau de His pour enfin arriver au réseau de
Purkinje. Ceci aboutit à la contraction des oreillettes puis des ventricules grâce à cet ordre bien
précis de dépolarisation.

Il y a différents troubles de l’excitabilité :

• Flutter auriculaire (hypercontraction) : le nœud sinusal peut contenir des cellules

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nodales hyperexcitables. Les oreillettes battent très rapidement et les ventricules ne


peuvent pas suivre le rythme des contractions ce qui entraîne une dissociation entre
le battement des oreillettes et des ventricules. Les oreillettes ne participent plus au
remplissage du ventricule. On repère ce trouble à l'ECG mais il a des conséquences
modérées.

Localisation de la zone responsable du flutter auriculaire



• Rythme atrio-ventriculaire : une lésion du nœud sinusal oblige le nœud auriculo-
ventriculaire à devenir le pacemaker du cœur, or il a une fréquence de dépolarisation
plus faible que celle du nœud sinusal. De plus, le nœud atrio-ventriculaire envoie
l’information à l’oreillette et au ventricule à la même vitesse ce qui entraîne une
dépolarisation simultanée des oreillettes et des ventricules (normalement il y a un
décalage et cela permet aux oreillettes de finir le remplissage des ventricules). La
fréquence cardiaque est donc diminuée par rapport à la fréquence physiologique.

Localisation de la zone responsable du rythme atrio-


ventriculaire

• Extrasystoles : après une systole normale, au lieu d’attendre la durée physiologique


avant l’exécution d’une deuxième systole, le ventricule se recontracte juste après : il
s’agit d’une systole supplémentaire anormale, qui arrive prématurément. Celle-ci est
suivie d’un repos compensateur (visible à l’électrocardiogramme). Les extrasystoles
peuvent être auriculaires, lorsque le foyer d'hyperexcitabilité (qui entraîne une

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systole supplémentaire) se trouve dans les oreillettes (sans grandes conséquences, un


peu comme le flutter auriculaire ou les oreillettes se contractent plus que les
ventricules) ou ventriculaires, quand le foyer d'hyperexcitabilité se trouve dans le
ventricule, ce qui est plus grave. Tant que les extrasystoles restent rares, elles ne
présentent pas un risque pour l'animal, mais si elles deviennent fréquentes, elles
peuvent provoquer une fibrillation ventriculaire. Le cœur n'a alors plus le temps de se
remplir et expulse moins de sang dans le système circulatoire. Plus il y a
d’extrasystoles, plus l’individu a de chances de mourir.
• Fibrillation : l’onde de dépolarisation est anarchique. Il y a perte des battements
cardiaques et de leur synchronisation. La fibrillation des oreillettes n'est pas grave, elle
est très grave si elle atteint les ventricules : ceux-ci ne se remplissent plus et l’individu
meurt rapidement.

Remarque : Il existe un appareil appelé défibrillateur que l’on applique sur le thorax d'un
individu et qui provoque un choc électrique plus fort que les phénomènes électriques au niveau
du cœur ce qui met toutes les cellules en période réfractaire. En faisant cela, on espère que le
foyer nodal à la plus grande fréquence de dépolarisation reprendra le dessus et
resynchronisera les contractions. En aucun cas, il ne permet de faire battre un cœur arrêté
(bien faire la différence entre les phénomènes électrique et mécanique).

f) Conséquences du trouble du rythme : troubles de la


conduction et bloc atrio-ventriculaire (auriculo-
ventriculaire) :
Si le nœud atrio-ventriculaire est lésé totalement, il peut ne plus y avoir de passage
d’information entre l’oreillette et le ventricule (un anneau fibreux entre l’oreillette et le
ventricule oblige l’information à ne passer que par le nœud atrio-ventriculaire). De ce fait, les
oreillettes battent avec la fréquence du nœud sinusal (120 par minute) et les ventricules avec
celle du faisceau de His (50-60 par minute). Ceci a pour conséquence que les ventricules
battent moins vite que les oreillettes (ils adoptent la fréquence du réseau de His, plus lente
que celle du nœud sinusal). C’est visualisable sur ECG car il y a moins de QRS et plus de P. La
fréquence des oreillettes reste normale. Des troubles du même ordre peuvent apparaître en
cas de lésion du faisceau de His.

Localisation de l'origine des troubles de la conduction


cardiaque

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Il existe deux types de blocs :


• Bloc atrio-ventriculaire complet quand les battements des oreillettes et des
ventricules sont complètement indépendants : aucune information électrique ne
passe entre les deux parties du cœur. Ces blocs sont soignés chez l’homme grâce à la
mise en place d’un pacemaker artificiel. En médecine vétérinaire, on ne met pas en
place ce genre de traitement. On parle de bloc de 3ème ordre. 
Rappel : aucun courant
ne passe entre les oreillettes et les ventricules grâce à l’anneau fibreux. 

• Bloc atrio-ventriculaire partiel ou incomplet. Celui-ci est de 2 ordres : 


ü Le 1er ordre c’est lorsque le nœud atrio-ventriculaire ralentit simplement
l’information et le transfert déjà lent entre oreillette et ventricule s’en retrouve
d’autant plus ralenti. On observe alors une disjonction entre la contraction des
oreillettes et celle des ventricules.
ü Le 2nd ordre c’est lorsque le nœud laisse de temps en temps passer le message:
il y a une dissociation ponctuelle entre oreillettes et ventricules.

g) Période réfractaire et troubles du rythme :


L’existence, pour chaque cellule excitable, d’une période réfractaire assure dans
les conditions physiologiques un verrouillage qui élimine les phénomènes de réentrées
globales ou locales. Ces phénomènes sont les amorces de la fibrillation (mortelle si
ventriculaire).

Une période réfractaire trop courte en A autoriserait la réentrée d’un influx (flèche
verte) ayant suivi un cheminement plus long par B. Dans le cas de réentrée, une partie est
constamment excitée et si c'est le cas des ventricules alors ils n'ont pas le temps de se remplir
ce qui provoque une mauvaise circulation du sang (créer une extrasystole). Le phénomène de
réentrée entraîne une contraction non plus synchronisée mais anarchique, donc une arythmie
cardiaque (extra-systole ou fibrillation).

Conduction normale et phénomène de réentrée

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Périodes réfractaires des cellules nodales et musculaires

(Attention à l’échelle : pour les cellules nodales, la PRR est beaucoup plus longue que la PRE)

C. L’électrocardiogramme (ECG) :
C’est le seul examen qui permet de visualiser des troubles du rythme. Il faut bien
connaître les hypothèses d’Einthoven et à quoi correspondent les ondes de l’ECG.

Attention : tous ces phénomènes sont électriques (dépolarisations) et sont suivis de


phénomènes mécaniques (contractions). L’ECG montre uniquement les anomalies
électriques même si cela entraine des conséquences mécaniques (ça c’est le véto qui les
déduit !).

a) Théorie du dipôle (il faut comprendre l’ECG pour mieux


l’analyser) :
Genèse de l’ECG :
Un dipôle génère un champ électrique quand il est placé dans
un milieu conducteur homogène. Les charges électriques ne sont pas réparties uniformément
et génèrent des lignes équipotentielles. Ce champ peut être recueilli en plaçant des électrodes
à distance : on va pouvoir mesurer des différences de potentiel.
• Dérivation bipolaire : on mesure la ddp (différence de potentiel) entre deux électrodes
situées en deux points. Dans l'exemple, la différence de potentiel entre A et B est de 2
mV. 

• Dérivation unipolaire : on mesure la ddp entre une électrode A et une électrode de

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référence (qui calcule la somme des potentiels mesurés, donc son potentiel vaut 0).

Dans l'exemple, la différence de potentiel entre A et V est de - 1 mV ou entre B et V est de


+1 mV, V étant l’électrode neutre.

Mesure du champ électrique par dérivation unipolaire ou bipolaire

Le cœur peut être comparé à un dipôle électrique placé dans un milieu conducteur
homogène (du point de vue de la conduction), le corps, et on peut mesurer à distance (grâces
à des électrodes en surface de la peau, donc sans ouvrir le thorax) la ddp en réalisant une
dérivation dipolaire ou unipolaire.

b) Activité d'une fibre myocardique plongée dans un milieu


homogène :
Prenons l’activité d’une fibre myocardique dans un milieu homogène (sur le
schéma, c’est une portion de fibre qui est représentée).

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Influence des mouvements d'ions sur la ddp d'une fibre myocardique

1/ Quand la fibre est au repos, le milieu extracellulaire est chargé positivement et le milieu
intracellulaire négativement. La ddp entre A et B est nulle : graphiquement, on trace un trait
horizontal. Entre 1/ et 2/, on excite la fibre.

2/ Sur le schéma, la fibre se dépolarise de gauche à droite, mais elle peut techniquement le
faire dans les deux sens. Dans notre exemple, des charges négatives sortent à l'extérieur de la
fibre et des charges positives rentrent : la ddp augmente et devient positive entre A et B. La
fibre continue de se dépolariser et la ddp atteint un maximum lorsque la moitié de la distance
AB est dépolarisée.

Ensuite, la dépolarisation se poursuit et la ddp entre les électrodes A et B diminue


jusqu'à redevenir nulle.

3/ La fibre est totalement dépolarisée : on atteint un plateau et on ne peut donc pas distinguer
une fibre dépolarisée d’une fibre au repos (sur le graphe : 1/ et 3/ dans les deux cas ddp=0).
Sur un ECG le champ mesuré correspond à l'ensemble des fibres myocardiques et l'onde forme
un pic.

Attention : quand on a une onde on ne peut pas savoir si c’est une repolarisation ou une
dépolarisation car cela dépend du sens de repolarisation ou dépolarisation.

4/ Quand la fibre est totalement dépolarisée, elle se repolarise encore une fois aléatoirement
de droite à gauche ou de gauche à droite. Dans l'exemple, elle se repolarise (les charges
positives rentrent, les charges négatives sortent) de la gauche vers la droite : la ddp entre B et
A devient négative avec un maximum lorsque la moitié de la fibre est dépolarisée. On atteint
enfin un nouveau plateau lorsque la fibre est totalement repolarisée.

A l’inverse, si la fibre se repolarise de la droite vers la gauche, la ddp va remonter puis


redescendre.
Finalement, le sens d'un pic ne permet pas de savoir si la cellule se dépolarise

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ou se repolarise, de même qu'un plateau ne permet pas de déterminer si une cellule est au
repos ou bien totalement dépolarisée (sur le graphe : 2/ et 4/).

Remarque : Sur un ECG, on visualise la somme des activités électriques de toutes les fibres.

c) Hypothèses d'Einthoven (à savoir par cœur) :


L’ECG est un examen couramment utilisé car la machine est relativement peu
coûteuse et que l’examen est non invasif, c'est-à-dire qu'il n’agit pas sur l’intégrité corporelle.
Einthoven a émis des hypothèses sans lesquelles il serait impossible d’interpréter un ECG.

1. Le corps est un milieu conducteur homogène qui ne


déforme pas le signal initial :
En fait, le corps n’est pas homogène (les différentes structures sont de densité
différente) mais toutes les structures ont plus ou moins la même conductibilité électrique, ce
qui fait qu'on le considère homogène. On peut donc poser des électrodes sur la peau pour
mesurer des ddp issues du cœur sans être obligé de rentrer en contact avec celui-ci.

2. On considère que les dimensions du cœur sont négligeables


par rapport à celles du corps :
Cette hypothèse est la plus importante car cela veut dire qu’en recueillant le
champ électrique loin du dipôle, les déformations liées à la forme complexe du cœur
s’estompent.

En effet, les fibres du cœur ont une forme spiralée ce qui fait que le cœur bat
en se tordant (la déformation est semblable à la torsion d’un torchon), et en plus il bouge dans
le thorax (par exemple à cause de la respiration). Dans ces conditions le battement est très
complexe et le champ électrique est également complexe. Ainsi, en considérant le cœur
comme petit par rapport au corps, la forme complexe ne modifie pas beaucoup le champ à
grande distance, ce qui permet d’effectuer des mesures interprétables.

3. L’activité cardiaque, à chaque instant, est assimilable à celle


d’un faisceau de fibres isolé :
Si on a compris ce qui se passe au niveau d’une fibre, on a compris ce qui se
passe à l’échelle du cœur entier. Le cœur est ainsi comparable à un dipôle isolé.

On peut représenter le cœur par un vecteur, qui est le champ électrique


généré. On projette ce vecteur dipolaire sur des axes fixes.

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Le cœur est assimilé


à son vecteur
électrique

Projection du vecteur

4. Le dipôle cardiaque est placé au centre d’un triangle


équilatéral :
Ce triangle est composé des épaules droites (R) et gauches (L) et du pubis (F)
(en pratique, les électrodes sont posées chez l’Homme sur les poignets droit et gauche et sur
le pied car les pinces crocodiles font mal). Chez l’animal, les électrodes sont posées sur les
épaules droite et gauche et sur le grasset. On va pouvoir appréhender la projection du vecteur
électrique sur des axes orientés (pôles + ou -).

Les différentes dérivations bipolaires (F=Foot, L=Left, R=Right)

Aide mnémotechnique : le pubis c’est le pied ! donc c’est ++.

Ø Les dérivations bipolaires (projections de l’axe électrique du cœur entre deux


électrodes) sont de trois sortes : D1, D2, D3. Qu’on choisisse l’une ou l’autre, on
observera la même chose, mais avec une morphologie différente sur l’ECG.

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En médecine vétérinaire, les appareils ne peuvent souvent mesurer que D2 car c’est la
plus grande ddp donc la plus visible sur l’ECG. Sa projection est la plus importante car elle est
presque parallèle au vecteur cardiaque, mais cela peut changer avec la taille du cœur ou des
pathologies.

Ø On peut également réaliser une dérivation unipolaire par rapport à une électrode de
référence. On projette ainsi le vecteur sur une bissectrice du triangle équilatéral. Cette
méthode n’est presque plus utilisée.

Cela permet de calculer la dérivation de l’axe électrique du cœur pour déceler des
problèmes cardiaques morphologiques comme une hypertrophie ventriculaire par exemple.
Mais aujourd’hui, on a l’électrocardiographie pour étudier la morphologie cardiaque.

Dérivations unipolaires et bipolaires



Remarque : une déviation des axes de dépolarisation peut être due à un déplacement anormal
du cœur ou à une hypertrophie ventriculaire (utilisation de l’échographie préférable).

6 dérivations sont possibles : D1, D2, D3, AVR, AVL, AVF. Quand on utilise une seule
dérivation, on utilise généralement D2.

d) Tracé normal d'un ECG :


Il faut absolument savoir le nom des ondes de l’ECG :
• P
• Complexe qRs (constitué de 3 ondes qui interviennent dans un temps court,
et peu différenciables l’une de l’autre)
• T

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Segments (S.) et intervalles (I.) sur un ECG

On peut aussi définir des segments et des intervalles (important de comprendre mais
pas à connaître par cœur). Il existe des tables répertoriant leur durée et leur amplitude selon
les espèces : attention à bien les lire : on peut croire qu’il y a une pathologie parfois alors qu’il
n’en n’est rien.

Exemples :
Ø Les segments :

• PR commence à la fin de l’onde P et finit au début du complexe qRs


• ST commence à la fin de S et se termine au milieu de T
Ø Les intervalles :

• PQ commence au début de l’onde P et finit au début de l’onde q
• ST commence à la fin de s et se termine à la fin de T
• RR va du pic de R au pic de R suivant

Les intervalles contiennent toujours au moins un pic alors que les segments n’en
contiennent pas (c’est la seule règle générale).

Détecter une onde anormale permet de localiser le problème dans le cœur.

e) Genèse de l’ECG :
A quoi correspondent les différentes phases de l’ECG ?

Rappelons-nous d’abord qu’il faut différencier les phénomènes électriques


visibles sur les différentes phases de l'ECG des phénomènes mécaniques : il y a couplage entre
les deux mais ils ne sont pas forcément synchrones. L’ECG montre le phénomène électrique.

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Répercussion des phénomènes électriques affectant les cellules myocardiques sur l'ECG

1) Onde P (petite) : les oreillettes se dépolarisent en premier.
Cette dépolarisation est suivie


d’une phase de silence électrique qui est représentée par une droite et qui correspond à
un ralentissement dans le nœud auriculo-ventriculaire. La dépolarisation concerne en fait
un trop faible nombre de cellules pour être perceptible.
2) Onde q (petite) : dépolarisation du septum (His et Purkinje).
Les oreillettes dépolarisées
subissent une repolarisation mais cela ne se voit pas car elle a probablement lieu au
moment de la dépolarisation des ventricules et les appareils ne sont pas assez sensibles
pour la détecter.
3) Onde R (grosse onde) : dépolarisation de l’ensemble de la masse ventriculaire. Elle est
grosse car il y a beaucoup de cellules concernées.
4) Onde s (petite) : la base du ventricule se dépolarise.

On parle du complexe qRs car l’onde totale forme un tout. Elle correspond à l'ensemble des
phénomènes électriques intéressant la dépolarisation des ventricules.

Attention : Ce n’est pas lors du pic qRs qu'a lieu la systole mécanique ventriculaire. Elle a lieu
lors de la phase de silence électrique. En fait, avant que les cellules ne se contractent, il faut
qu’il y ait eu un signal électrique ; qRs précède donc la systole. Donc qRs = dépolarisation des
ventricules et non contraction des ventricules !

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5) Silence électrique : il se passe des phénomènes électriques mais si faibles qu’ils ne sont pas
détectés par l’appareil. Période de contraction des ventricules.
6) Onde T : l’ensemble de la masse ventriculaire se repolarise.
Celle-ci a une morphologie
très différente du complexe qRs (repolarisation modifiée et retardée par la différence de
pression intra-cavitaire).

Remarques :
ü Certaines ondes sont positives, d’autres négatives. En effet, le vecteur électrique varie,
sa projection sur l’axe se fera soit vers le pôle – soit vers le pôle +. Attention : sur un
autre axe, la projection peut varier : on aura une amplitude voire un sens différent.
ü On ne voit pas la repolarisation des oreillettes, qui se fait simultanément à la
dépolarisation des ventricules : même si on retire le complexe qRs, l’appareil n’est pas
assez sensible.

f) Genèse de l’ECG : conduction entre les oreillettes et les


ventricules :
On enregistre les dépolarisations et les repolarisations sur l’ECG. Le nœud sinusal se
dépolarise juste avant l’onde P, mais l'onde associée n'est pas visible (pas assez de cellules).
L'onde P est suivie d’un silence électrique qui est dû à la faible sensibilité des appareils qui
n’enregistrent pas les dépolarisations des cellules nodales (cellules trop petites).

Chronologie des événements affectant le tissu nodal sur un ECG (pas à l'échelle !)

Dans le nœud atrio-ventriculaire, la vitesse de conduction est plus lente donc le silence
électrique 'virtuel' (puisqu'il y a bien une activité électrique des cellules nodales, mais encore
une fois, non détectable) est bien visible. On enregistre ensuite la dépolarisation des cellules
myocardiques, le signal des cellules nodales étant toujours trop faible pour être observé.

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g) Etude de l’ECG normal d’une chienne :


En pratique, pour réaliser un ECG, on rase les poils des zones où seront placées les
électrodes et on passe de l'alcool, tout ceci pour favoriser la conduction électrique.

Le pic QRS est allongé par rapport aux schémas théoriques, ce qui est normal. Le
signal de l’onde T peut être positif ou négatif, tout dépend du sens de repolarisation des fibres,
ce n’est pas pathologique. Parfois, l’onde T est dédoublée et on observe alors une onde U
supplémentaire (ce qui est physiologique chez les Equidés).

ECG normal d’un cycle cardiaque

+
Remarque : Il peut y avoir une anomalie au niveau de la quantité de K qui baigne les cellules

du cœur (donc qui vient du sang). Trop de K+ entraine une trop forte repolarisation (onde T
géante) et cette hyperkaliémie peut être mortelle. En cas de soupçon, une prise de sang et un
dosage de la kaliémie donnent une réponse rapide.

Analyse d’un ECG : (en général)


• On commence par mesurer la FC (attention, il faut mesurer sur une certaine distance
et pas seulement entre 2 complexes qRs, car l’intervalle RR peut varier si le rythme est
irrégulier).
• On vérifie le rythme : régulier ou irrégulier (sachant qu’une arythmie peut être
physiologique, comme chez le chien).
• On regarde si le rythme est sinusal (= une onde P avant chaque qRs et un qRs après
chaque onde P, cela signifie que c’est bien le nœud sinusal qui est le pacemaker) ou
non sinusal (ce qui est toujours anormal).

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Exemple : Interprétons l’ECG de cette chienne :

ECG normal de chienne

• Fréquence l’ECG permet de mesurer la fréquence cardiaque (fréquence de contraction


des ventricules).

Le papier millimétré se déroule à la vitesse de 25mm/s. On compte le nombre de


complexes QRS sur 15cm (ce qui correspond à une période de 6 secondes), puis on multiplie
par 10 pour obtenir la fréquence cardiaque en batt/min.

• Rythme (et troubles) l’ECG nous permet de voir si le rythme est régulier et sinusal ou
non, c'est-à-dire si le nœud sinusal est bien le pacemaker du cœur.
On regarde les
intervalles entre les complexes QRS. Ici, le rythme est irrégulier (il faut regarder
précisément, parfois 3 cases, parfois 2,5). Cette arythmie est habituelle chez le chien
au repos et elle disparaît au cours de l’exercice physique.

Le nœud sinusal constitue le moteur du cœur. Il faut toujours observer un pic QRS
derrière une onde P et inversement (une onde P devant chaque QRS), sinon on peut penser à
un bloc cardiaque.

Attention : il faut bien vérifier les deux conditions !

L’ECG présente une ligne de base peu stable car l’animal peut bouger. Il faut qu’il soit
dans un environnement calme, car s’il tremble la ligne de base ressemblera à une sinusoïde
difficile à analyser. De plus avec le stress, sa fréquence cardiaque peut beaucoup augmenter
ce qui rend plus difficile la lecture des résultats.

Enfin, on peut détecter les BAV (bloc atrio-ventriculaire) partiel ou total qui surviennent
lorsque le nœud atrio-ventriculaire est lésé. S’il est total, on observe moins de complexes QRS
que d’ondes (à noter également que les ondes P et les complexes QRS ne se suivent pas
systématiquement).

Remarque : l’ECG est le seul examen permettant de détecter les troubles du rythme.

IV. Le contrôle de l'activité cardiaque :


L’activité du cœur varie selon différents facteurs (l’activité physique par exemple). Il y a
une régulation intrinsèque et extrinsèque de l’activité cardiaque qui permet des adaptations
à court et long terme. Des changements de morphologie peuvent par exemple être observés
et sont la résultante de phénomènes mécaniques et physiologiques. On recense 2 types de
contrôle de l’activité : l’adaptation physique du cœur, et le contrôle nerveux.

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A. L’adaptation cardiaque :
a) Elément de biophysique : Loi de Laplace :
Le cœur peut s’épaissir ou augmenter de volume. Ceci est lié aux contraintes
physiques qui s’exercent sur le cœur. De cette loi, établie par Laplace, dépend toute la
physiologie cardiaque. Elle permet de comprendre les pathologies cardiaques affectant la
structure du cœur.

Paramètres mis en jeu dans la loi de Laplace

Le sang exerce une pression sur les parois du cœur. Ainsi en assimilant le cœur à un
cercle on peut appliquer la loi de Laplace dont les différents paramètres correspondent à :
• T : Tension pariétale. C'est le paramètre régulé : elle ne varie donc quasiment pas à
l'inverse de P, e et R qui peuvent être modifiés à plus ou moins long terme. (Degré
d’étirement des fibres cardiaques, tension ≠ pression)
• R: Rayon de la cavité cardiaque (approximatif, le cœur est considéré comme une
cavité sphérique)
• P : Pression interne exercée sur la paroi de la cavité cardiaque (pression pariétale) - e:
Epaisseur du ventricule/du myocarde

Remarque : L’organisme va tenter de normaliser (=réguler) T.

b) Adaptation physiologique à long terme :


Elle a lieu chez l’animal sportif. Lors d'un exercice physique, il y a des surcharges
passagères en volume sanguin : plus de sang arrive au cœur. En effet, la contraction des
muscles écrase les veines (= réservoir sanguin dont la paroi est fine), ce qui propulse le sang
et provoque un retour veineux plus important au niveau du cœur droit : on a une hausse de
la pression interne. Cette surcharge aboutit à des modifications structurales qui normalisent
le travail cardiaque : soit e augmente, soit R augmente.

Le cœur est donc élargi et épaissi. Pour une même tension, la pression développée
par le cœur est supérieure quand l'épaisseur de la paroi augmente (ce qui provoque une
diminution du rayon ventriculaire). Cette augmentation de l'épaisseur constitue ainsi une 1ère
adaptation du cœur à l'exercice.

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De plus, chez le sportif, le volume résiduel du cœur (en fin de systole) est plus
élevé et sa fréquence cardiaque au repos est inférieure à celle des sédentaires (il y a une
modification des influx nerveux) ; cela lui permet d’avoir une réserve fonctionnelle de sang
toujours mobilisable car il y a des modifications structurales du cœur et de son environnement
(permettant un apport accru d’O2, nutriments etc.). Exemple : cheval de course, lévrier.

Adaptation du cœur chez un sportif régulier

Remarque : Quand on fait un exercice physique, il y a une adaptation de ce type, et le cœur


(qui est le facteur limitant l'effort) est plus performant. Si l'exercice n'est pas régulier, et que
l'animal est soumis à un exercice intense, le cœur est soumis à une surcharge volumique qui
peut être néfaste (=syncope). Il ne faut donc pas soumettre un cheval à une course intense s’il
n'est pas habitué, puisqu’il risque des problèmes cardiaques, en plus d'une lyse musculaire.

On distingue deux types d’adaptation à long terme selon l’exercice physique :


• L’endurance (cheval d’endurance, marathonien) : c'est surtout le volume de la cavité
cardiaque qui augmente, car R augmente.
• La résistance (cheval de trait, haltérophile) : on observe une hypertrophie de la paroi
musculaire du ventricule gauche (e augmente).

Remarque : Ces adaptations sont réversibles.

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Le cœur est plus


Le cœur est plus
gros car son
gros car son rayon
épaisseur
augmente
augmente

Schéma théorique de ventricules en coupe transversal selon leur adaptation à différents


types d'exercices physiques

Donc à l’examen d’un animal sportif, il faut savoir différencier un cœur gros à cause de
l’adaptation à une activité sportive, ou à cause d'une maladie (cardiomyopathie).

Remarque : Parfois, quand l’endurance et la résistance sont travaillées (comme pour les
cyclistes par exemple), il peut y avoir une pathologie : il faut veiller donc à ce qu’une pathologie
ne soit pas « cachée » derrière ces changements morphologiques. Pour cela, la fréquence
cardiaque est un bon indice. Comme nous l’avons déjà mentionné, un sportif a une fréquence
plus faible que les sédentaires. On considère qu’un chien est en bradycardie en dessous de 60
battements/min ; il faut alors différencier les chiens sportifs de ceux qui ont une pathologie
génétique par exemple. Il ne faut pas non plus oublier que certains chiens peuvent avoir une
fréquence basse du fait de leur race : les lévriers par exemple, sont « naturellement sportifs »
car ils ont été sélectionnés d’abord pour la chasse, puis pour la course : ils ont donc des
prédispositions génétiques à avoir une fréquence cardiaque faible (environ 60 batt/min).

Si la postcharge augmente (hypertension artérielle), on constate une diminution de R


et/ou une augmentation de e qui compense l’augmentation de pression P et normalise T. On
remarque que les paramètres modifiés sont les mêmes que pour un cas physiologique
(comme l'effort). Ce phénomène s’avère bénéfique dans un premier temps : la fraction
d’éjection est conservée et l’effet pathologique est corrigé. Seulement, quand le cœur est trop
épais ou que son rayon est trop petit, la compensation ne se fait plus et on entre dans une
phase dite de décompensation. Le problème est toujours là mais le cœur ne peut plus
s'épaissir (et il est même entouré de cellules fibreuses qui font qu’il se contracte moins bien)
donc la pompe cardiaque est défaillante et des symptômes apparaissent.

Exemple : Lors d’une hypertension artérielle il y a rigidification des vaisseaux sanguins d’où
l’augmentation de la post-charge. Or la tension est normalisée ce qui provoque une
augmentation de e et/ou une diminution de R qui peut conduire à une pathologie.

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© DZVET 360

Adaptation du cœur chez un hypertendu artériel

c) Adaptation à court terme :


1. Loi de Franck-Starling (= loi de Starling) :
Le muscle cardiaque est formé de fibres cardiaques en série et en parallèle qui
sont plus ou moins élastiques. Ainsi, plus l’étirement diastolique des fibres est important (avec
augmentation du rayon R), plus les fibres emmagasinent de l'énergie, et plus l'énergie libérée
en systole est importante. Le cœur éjecte spontanément autant de sang qu’il en reçoit c'est-
à-dire qu’il adapte son volume d’éjection à la précharge qu’il subit (en dehors de toute
innervation par le système nerveux autonome). C’est lié aux propriétés intrinsèques du cœur
: fibres élastiques et cellules musculaires lisses.

Système expérimental

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© DZVET 360

Mots illisibles sur le schéma : Tension, Tension active, Contraction, Tension passive et
Longueur.

Enoncé de la loi : une augmentation du volume télédiastolique induit une contraction


du cœur plus forte. En d’autres termes, une augmentation de la pression due au
retour veineux provoque une augmentation du volume d’éjection systolique. Il s’agit
là d’une adaptation à court terme. On notera que le volume résiduel reste le même
(propriétés intrinsèques). En fait, c'est Frank qui a découvert le premier cette réponse
intrinsèque du cœur, chez les Oiseaux et Starling qui l'a mise en évidence chez les
Mammifères. Attention : cette loi est valable pour les deux ventricules !

Adaptation du cœur à un retour télésystolique plus important : Loi de Frank-Starling

Remarque : On peut comparer le cœur à un élastique : plus on l’étire, plus la force de retour
est importante (donc plus il reçoit de sang, plus il en éjecte).

A partir d’un certain volume, la courbe pression/volume s’infléchit et décroit car le


ventricule est trop étiré. Dans ces conditions, l’actine et la myosine sont trop éloignées et les
ponts actine/myosine ne peuvent plus se faire, il peut même y avoir rupture des filaments ;
d’où une moindre efficacité de l’éjection qui répond d’autant moins bien à l’augmentation du
volume affluant. On parle alors d’insuffisance cardiaque.

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© DZVET 360

Une augmentation de la précharge induit une augmentation de pression qui mobilise


l’excédent de sang entré dans le ventricule : le travail cardiaque augmente. Ceci correspond à
une adaptation physiologique. Dans le cas d’une insuffisance cardiaque, le cœur ne peut plus
s’adapter : la surcharge n’est pas compensée par une éjection systolique plus importante. Il y
a donc modification de l’efficacité de la pompe cardiaque et apparition des symptômes.

Loi de Franck-Starling

Remarque : Le volume sanguin retournant au cœur augmente lors d’un exercice car il y a une
vasoconstriction et certains tissus sont moins irrigués. Par exemple, nous n’avons pas besoin
de notre foie pour courir et celui-ci contient une grande réserve de sang qui est alors redistribué
dans les muscles.

La détermination de la force de contraction du ventricule dépend :


• De facteurs intrinsèques : pression veineuse centrale par loi de Starling 

• De facteurs extrinsèques : système nerveux autonome, hormones, médicaments. Ces
facteurs modifient la force de contraction systolique (= inotropie) et rendent la courbe
plus efficace.

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© DZVET 360

Contrôle de la force d’éjection systolique

2. Loi de Poiseuille et déterminants du retour veineux : (Non


abordé, sera revu en 3A)
Le retour veineux est la quantité de sang qui revient dans le cœur à chaque
cycle. C’est un facteur très important (à bien prendre en compte par exemple lors d’une
anesthésie).

Le retour veineux systémique (débit) obéit à la loi de Poiseuille, ce qui signifie qu’il est
proportionnel au gradient de pression régnant entre les veines périphériques (appelée
pression systémique moyenne ou force motrice de retour veineux, à ne pas confondre avec
pression artérielle) et l’oreillette droite, et est inversement proportionnel à la résistance au
retour veineux.

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© DZVET 360

(essentiellement liée à l’état de dilatation des veines : la résistance sera importante lorsque
les veines seront aplaties)

Courbe de fonction ventriculaire de Sarnoff

On constate sur cette courbe que plus la pression de l’oreillette droite (POD)
augmente, plus le volume d’éjection systolique est grand (reflet de la précharge).

Comme pour la loi de Starling, cette courbe montre que plus le volume de sang affluant
au cœur est grand, plus le volume effluant sera grand.

Remarque : Quand le retour veineux est nul, on a POD=PSM (on peut ainsi calculer PSM).

Attention : une POD « négative » (<0 mmHg) n’augmente pas le retour veineux.

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© DZVET 360

PSM (retour veineux


nul, donc POD=PSM

Courbe du retour veineux : courbe de Guyton

Constat expérimental :

Avec la courbe du retour veineux telle que décrite par Guyton, on voit ce qui se passe
chez des chiens privés de réflexes, c’est-à-dire dont le cœur est dénervé (pression
indépendante de toute régulation nerveuse).

Le retour veineux diminue quand la POD augmente et pour une valeur de POD de
7mmHg, le retour veineux s’annule : on a donc PSM=7 mmHg. Mais chez des patients qui
présentent une ventilation en pression positive et/ou une altération de la fonction
ventriculaire droite, il n’est pas rare de mesurer des POD de 7mmHg sans que le retour veineux
(le débit cardiaque) ne s’annule, ni même ne diminue de façon significative. Ceci est lié à un
accroissement parallèle de la PSM (= pression systolique moyenne) par augmentation réflexe
du tonus veino-constricteur.

En revanche, en deçà de 0mmHg (la pression normale de l’oreillette droite est


d’environ 0mmHg), le débit n’augmente pas du fait du collapsus des veines caves, dont la
pression transmurale devient nulle ou négative. Ceci se traduit par le plateau de la courbe de
retour veineux en deçà de 0mmHg. La POD varie en sens opposé à la résistance au retour
veineux.

Remarque : la résistance au retour veineux est très faible, mais des variations infimes peuvent
avoir des conséquences importantes en termes de débit car le gradient de pression est faible
lui aussi (plus le diamètre de la veine augmente, plus la résistance au retour veineux diminue).

Pour les veines aplaties voire collabées, la résistance devient infinie.

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Pour les veines bien remplies, cylindriques, la résistance est faible.

Résistance au retour veineux et morphologie des veines

L’augmentation du volume contenu dans le réservoir veineux permet de réduire la


résistance à l’écoulement en transformant les veines collabées ou aplaties très résistantes en
vaisseaux cylindriques dont la conductance est maximum.

Courbe de retour veineux et courbe de fonction cardiaque superposée

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La représentation sur un même graphe de la courbe de retour veineux (RV) et de la


courbe de fonction cardiaque montre bien qu’une seule valeur de POD correspond au
croisement des deux courbes (débit cardiaque et RV étant nécessairement équivalents en
moyenne) : c’est le point d’équilibre de l’animal où le fonctionnement du cœur est optimal.

Une hypovolémie (1), due par exemple à une hémorragie, entraîne une baisse de la
PSM (moins de sang dans les veines) et une augmentation de la résistance au retour veineux
(courbe de RV en trait pointillé, pente plus faible en valeur absolue). Cette nouvelle courbe de
RV (avec un plateau plus bas sur le diagramme de Guyton) croise la courbe de la fonction
cardiaque (trait plein) pour une valeur de POD plus basse, correspondant à un débit plus faible.

Une altération de la fonction cardiaque (2) (courbe de la fonction en trait pointillé)


coupe la courbe de RV (trait plein) pour une valeur de POD plus élevée, correspondant à un
débit plus faible. Cas de l’insuffisance cardiaque : le cœur n’arrive pas à éjecter assez de sang
pendant un exercice voire même au repos si la pathologie est grave.

Ainsi, quelle que soit l’altération cardiovasculaire qui se produit, un nouvel équilibre
s’installe autour d’une nouvelle valeur de POD et de débit cardiaque (ce graphe est
particulièrement intéressant pour l’anesthésiologie... en 3ème année).

B. L’innervation cardiorégulatrice :
L’innervation cardiorégulatrice est rapide.

Le cœur présente un rythme et une fréquence de battement qui sont ceux du nœud
sinusal (normalement). En fait, la fréquence cardiaque de l’animal est soit plus faible, soit plus
élevée par rapport à la fréquence du nœud sinusal (selon les espèces).

Le nœud sinusal est sous l'influence de fibres nerveuses qui augmentent ou


diminuent la fréquence cardiaque. Le contrôle de l'activité cardiaque est essentiellement
extrinsèque et est notamment dû au système nerveux autonome (SNA), on ne peut donc pas
l’influencer volontairement. Dans le SNA on distingue le système parasympathique et le
système orthosympathique (ou sympathique).

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La mise en jeu de l’innervation para- et orthosympathique est permanente mais diffère en


fonction de l’espèce

Rappel : le nœud sinusal est le pacemaker du cœur : un cœur isolé continue de battre (cf. mort
cérébrale), à la fréquence du nœud sinusal et en l’absence de toute régulation extérieure. On
pourra l’utiliser pour tester des médicaments.

Certains médicaments peuvent inhiber le parasympathique ou


l’orthosympathique:
chez les grandes espèces, l’atropine (qui abolit la fonction
parasympathique en se fixant sur un récepteur muscarinique M2) a pour effet d’augmenter la
FC. Le parasympathique a donc une action cardiomodératrice.
Si l’on injecte alors des β
bloquants comme le propanolol qui ont pour effet d’inhiber l’orthosympathique, alors la FC
diminue légèrement. L’orthosympathique a donc une action cardioaccélératrice.
Ainsi, chez
les grandes espèces (cheval, chien, porc...) c’est l’activité du parasympathique qui
prédomine: leur fréquence cardiaque est plus basse que celle du nœud sinusal.

Chez les petites espèces (donc la FC est déjà très élevée), l’atropine a pour effet
d’augmenter encore plus cette FC tandis que le propanolol diminue fortement la FC. Ainsi,
chez les petites espèces (lapin...) c’est l’activité de l’orthosympathique qui prédomine. Le
lapin a donc une fréquence plus élevée que celle du nœud sinusal.
Mais dans tous les cas, le
cœur est sous l’influence d’un tonus cardioaccélérateur et modérateur, donc de
l’orthosympathique et du parasympathique.

a) Définitions (à maîtriser PARFAITEMENT) :


L'innervation a un effet sur un certain nombre de paramètres cardiaques. Ces
effets sont très importants à connaître, entre autres parce que les substances
pharmacologiques effectrices sont décrites par le tropisme qu’elles imposent.

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On distingue plusieurs tropismes fondamentaux agissant sur l’activité cardiaque :


Ø L'effet chronotrope (chronos : le temps, pensez à « chronomètre ») :
automatisme/fréquence cardiaque. L'effet chronotrope, c’est le retentissement sur la
fréquence d'émission des potentiels d'action par le nœud sinusal, et donc sur la
fréquence cardiaque.
Il peut donc y avoir des substances chronotropes positives (augmentent la fréquence
cardiaque donc accélèrent le cœur) ou négatives (diminuent la fréquence cardiaque
donc ralentissent le cœur).
Ø L'effet bathmotrope (batterie : le rythme d’un orchestre) : excitabilité/rythme
cardiaque (Attention : pas FC !). C'est le retentissement sur le niveau d'excitabilité, sur
la susceptibilité à l'excitation d'une cellule. L'effet bathmotrope positif rend les
cellules plus faciles à stimuler (plus excitables donc présentent plus de risques
d’arythmies) alors que l’effet bathmotrope négatif diminue l'excitabilité, la
susceptibilité à un stimulus.
Ø L'effet inotrope (et non ionotrope) : contractilité/VES.
L'inotropisme, c'est la capacité
intrinsèque des cellules myocardiques à développer une force de contraction donnée,
à une longueur de fibre donnée, en réponse à un potentiel d'action. Il agit donc sur la
contracTILITÉ (et pas la contractibilité, qui n'existe pas) qui est dépendante du Ca2+.
Un effet inotrope positif augmente la force de contraction. Un effet inotrope négatif
diminue la force de contraction. Il joue sur le volume d’éjection systolique.

Ø L'effet dromotrope (dromos = chemin en grec sinon pensez à des dromadaires qui
avancent lentement en caravane...) : vitesse de conduction ® la vitesse de conduction
des cellules est la rapidité de conduction du potentiel d'action (émis par le nœud
sinusal) jusqu'aux cellules ventriculaires via le réseau nodal.
On parle d'effet dromotrope lorsqu'un stimulus a un effet sur la vitesse de conduction
du potentiel d'action (il est entre autres lié au nombre de jonctions gap entre les
cellules).
Un effet dromotrope négatif peut indiquer un bloc auriculo-ventriculaire.

Remarque : un effet dromotrope positif n’entraine pas forcément un effet chronotrope positif.
En effet, l’effet dromotrope positif correspond à une augmentation de la vitesse de conduction
du potentiel d’action donc finalement à une contraction plus rapprochée des oreillettes et des
ventricules mais cela n’entraine pas forcément une augmentation de la FC.

Ø L'effet tonotrope (le tonus) : distensibilité/tonus myocardique en diastole
En effet, le


muscle a un tonus quand il est au repos. Ce tonus permet, pour les muscles striés
squelettiques, un maintien de la posture même quand les muscles sont au repos. Ce
tonus s'exerce sur le cœur en diastole.
Un effet tonotrope positif est un relâchement moins fort du cœur, alors qu’un effet
tonotrope négatif est un relâchement plus fort du cœur.
Le cœur doit se relâcher
convenablement pour accueillir le sang lors de la diastole : certaines pathologies
cardiaques sont en partie liées à des troubles du relâchement.

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b) Le système parasympathique cardiomodérateur (à connaître


parfaitement car important en pharmaco) :
1. Présentation générale :
On définit les centres cardiomodérateurs par rapport à la fréquence cardiaque
(le centre cardiomodérateur diminue la fréquence cardiaque, à l'inverse du centre
cardioaccélérateur), mais l’innervation ne joue pas uniquement sur cette fréquence.

Rappel : Le système nerveux autonome (SNA), ou système neurovégétatif, ne fait pas intervenir
directement la conscience, il régit les fonctions primitives et vitales.

Les centres du système nerveux autonome parasympathique se situent au niveau du


bulbe rachidien : il s’agit des centres cardio-pneumo-entériques (car ils régulent aussi la
respiration et l’activité motrice du tube digestif, il y a des interactions entre les neurones liés
à ces différents organes : on aura un lien entre le cœur et la respiration par exemple). Les
centres du SN parasympathique sont donc bulbaires. Tous les neurones sont regroupés et ils
émergent par leur axone au niveau du ganglion plexiforme en formant les nerfs X (un nerf X
droit et un nerf X gauche).

Remarque : le coup du lapin peut être mortel car il y a section des centres régulateurs du cœur
et de la respiration.

Le système parasympathique cardiomodérateur

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© DZVET 360

2. Organisation cardiaque du système parasympathique


cardiomodérateur :
Le système parasympathique est composé de neurones préganglionnaires
avec des axones très longs qui sont relayés à proximité ou dans l’organe innervé par
l’intermédiaire d’un relais ganglionnaire contenant le corps des neurones postganglionnaires.
Ceux-ci émettent un axone court qui innerve l’organe. Cette organisation est valable pour tous
les organes innervés par le parasympathique (poumon, vessie, cœur...). C’est le nerf vague qui
est impliqué dans l’innervation parasympathique du cœur.

Pour le cœur, le relais peut se faire à deux endroits : au niveau du plexus péricardique,
mais également dans l’organe (dans l'oreillette). Les nerfs innervent les cellules nodales dans
deux zones :
• Au niveau du nœud sinusal si le neurone pré-ganglionnaire appartient à la branche
droite du nerf vague (X).
• Au niveau du nœud auriculo-ventriculaire si le neurone pré-ganglionnaire appartient
à la branche gauche du nerf vague (X).

Il y a par contre peu d'innervation parasympathique au niveau du ventricule.

Innervation parasympathique du cœur

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© DZVET 360

Remarque : pour trouver un nerf en dissection, on peut se souvenir qu’un nerf accompagne
toujours une artère (ex : on trouve le nerf vague avec la carotide).

3. Les neuromédiateurs du système


parasympathique cardiomodérateur :
Le neuromédiateur du neurone pré-ganglionnaire est l’acétylcholine qui se lie
à des récepteurs nicotiniques N1 au niveau du relais ganglionnaire. Le neuromédiateur du
second neurone est aussi l’acétylcholine, qui se lie cette fois au récepteur muscarinique M2.

Il existe des substances pharmacologiques qui agissent sur ces synapses, et il


faut donc maîtriser leur fonctionnement physiologique.

= 1er neuromédiateur
se fixe sur

= 2ème neuromédiateur
se fixe sur

Neuromédiateurs et récepteurs au niveau des synapses du système parasympathique

Schéma à connaitre ! Il y a toutes les informations dessus !


Remarque : Ces récepteurs ne sont pas spécifiques du cœur. Il existe des récepteurs M1 dans
différentes glandes exocrines (comme dans l'estomac), qui sont elles aussi innervées par le
parasympathique. On trouve également des récepteurs nicotiniques N2 au niveau des
jonctions neuromusculaires.

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© DZVET 360

4. Effets du parasympathique cardiomodérateur :


Les effets du système parasympathique sont liés à la fixation des
neuromédiateurs sur différents récepteurs. Ces effets sont négatifs pour tous les tropismes
(sauf effet bathmotrope) et sont plus ou moins marqués. Le parasympathique a un effet
dromotrope négatif (ralentit la vitesse de conduction) et chronotrope négatif (diminution de
la fréquence cardiaque) bien marqués. Il a également, dans une moindre mesure, des effets
inotrope et tonotrope négatifs. Enfin, il a un effet bathmotrope tantôt positif, tantôt négatif
selon les circonstances.

Effet du système parasympathique sur l'activité cardiaque

5. Mode d’action cellulaire de l’acétylcholine :


L’acétylcholine se lie sur M2 et engendre un second messager GMPc (pour GMP
cyclique) qui intervient à deux niveaux :

• Il inhibe l’ouverture des canaux calciques lents et la sortie de Ca2+ du réticulum

endoplasmique. En conséquence, la concentration en Ca2+ intracellulaire diminue ce

qui se traduit par un effet inotrope négatif (et comme moins de Ca2+ entre, on a un
tonus plus faible : effet tonotrope négatif).
• Il favorise l’entrée de K+ dans la cellule en agissant sur les canaux K+. (effet dromotrope
négatif).

Au niveau du potentiel d’action de la cellule nodale, les effets du GMPc augmentent le


plateau entre deux dépolarisations en retardant l’atteinte du seuil à partir duquel la cellule se
dépolarise.

La pente de dépolarisation spontanée diminuant se traduit par un effet chronotrope


négatif.

L’effet dromotrope est quant à lui visible sur un ECG par une augmentation de l’intervalle
entre P et QRS (élongation du silence électrique correspondant) : la conduction dans le nœud
atrio-ventriculaire est plus lente.

Sur le graphe de la pression artérielle au cours du temps, on repère la pression systolique


au sommet des pics (pression maximale) et la pression diastolique (pression minimale). On

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© DZVET 360

compte les QRS : si l’espace entre les QRS augmente, la fréquence cardiaque diminue.

Mode d'action cellulaire de l'acétylcholine

Quand on stimule le nerf vague (facilement accessible car près de la carotide), on peut
observer les effets du parasympathique sur un ECG ou sur des mesures de pression artérielle,
à savoir :
• L’effet chronotrope négatif : l’intervalle entre les pics R-R s’allonge et donc la
fréquence cardiaque diminue. Ceci se retrouve au niveau de la courbe de pression
artérielle avec un espacement des différents pics de pression. 

• L’effet inotrope négatif : le cœur se contracte moins, il envoie moins de sang : la
différence entre pression artérielle systolique et diastolique diminue. Ceci n’est pas
visible sur l’ECG car c’est un phénomène mécanique.
(Inversement, le différentiel
entre pression maximale et minimale augmente lorsque le cœur se contracte plus
fort.)

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© DZVET 360

Représentation des effets du parasympathique dans le diagramme PV, sur un ECG et


conséquences sur la pression artérielle

• L’effet dromotrope négatif traduit une diminution de la vitesse de conduction, on a


donc une augmentation de l’intervalle PR. 

• L’effet tonotrope négatif correspond à la diminution du tonus du cœur. Il y a deux
conséquences principales : 
Une diminution de la pression diastolique (pas
systématique) 
On remarque également que l’on passe sur une autre courbe pression-
volume quand le système parasympathique est stimulé. En effet, en vertu de la loi de
Frank-Starling, plus le cœur est étiré (pour un tonus fort), plus il est puissant dans
l’éjection du sang.
L’effet tonotrope négatif est la diminution du tonus de base du
cœur. Cela atténue l’effet de Frank-Starling. Pour comprendre cela, on peut imaginer
que le cœur est un élastique qui a une certaine énergie élastique (puissance de retour
à sa forme originelle) d’autant plus importante que le relâchement initial est
faible.
Ainsi, dans le cas d’un effet tonotrope négatif, pour éjecter un même volume il
faudra développer une pression beaucoup plus importante. 

• L’effet bathmotrope n’est pas évident à voir sur l’ECG (positif ou négatif ?) et varie en
fonction des conditions (conséquences compliquées). On ne peut pas l’objectiver sur
des schémas. Finalement, le système parasympathique met en place deux
phénomènes contradictoires : grâce à l'effet chronotrope négatif, la fréquence
cardiaque diminue et le cœur a plus le temps de se remplir et il y a plus de sang qui
arrive au niveau du cœur, donc plus de sang éjecté (loi de Starling). Mais comme le
tonus de base et la contractilité sont diminués respectivement par les effets tonotrope
négatif et inotrope négatif, le cœur tend à éjecter moins de sang. Au bilan, il y a bien
un peu plus de sang éjecté par le cœur, mais cette augmentation est limitée.

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© DZVET 360

c) Le système orthosympathique, cardioaccélérateur :


1. Présentation générale :
Les centres nerveux mis en jeu sont très différents si on compare les systèmes
orthosympathique et parasympathique. En effet, les centres nerveux orthosympathiques
médullaires sont distribués le long de la moelle épinière.

Neurone pré-ganglionnaire court


Neurone post-ganglionnaire long

Le système orthosympathique : cardioaccélérateur

Remarque : L’orthosympathique assure aussi entre autres l’innervation de la vessie depuis


des centres médullaires plus bas : la sortie se fait au niveau des ganglions pelviens. Attention
: Pour un centre bulbaire, si on coupe la moelle épinière, l’information ne passe plus et
l’animal meurt. Tandis que pour un centre médullaire, si on coupe la moelle épinière,
l’information peut potentiellement passer et il y a alors paralysie.

Le système orthosympathique est formé d’un ensemble de nerfs et on ne peut pas


identifier UN nerf orthosympathique comme on identifie le nerf vague du système
parasympathique.

2. Organisation cardiaque du système orthosympathique


cardioaccélérateur :
Ici encore, on retrouve une organisation avec deux neurones et un relais ganglionnaire mais :

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© DZVET 360

• Les neurones préganglionnaires sont courts (les relais se font au niveau de ganglions
situés à proximité de la sortie des nerfs de la moelle épinière). Trois de ces ganglions
médullaires, thoraciques, sont impliqués dans l’innervation cardiaque : le ganglion
cervical crânial, le ganglion cervical caudal et le ganglion stellaire.
• Les neurones postganglionnaires sont longs. Ils innervent les ventricules et les
oreillettes (nous sommes dans un cas très différent du parasympathique puisque
l’innervation a lieu en partie au niveau de l’ensemble de la masse ventriculaire : on a
une innervation directe plus importante du sympathique). Les cellules nodales du
nœud sinusal et du nœud septal sont également innervées par l’orthosympathique.

L’innervation orthosympathique du cœur



3. Les neuromédiateurs du système orthosympathique
cardioaccélérateur :
Au niveau de la première synapse, on retrouve l’acétylcholine qui se fixe sur les
récepteurs nicotiniques N1 (comme pour le système parasympathique).

Au niveau de la deuxième synapse (le relais cardiaque), les neuromédiateurs


postganglionnaires sont à 90% de la noradrénaline et à 10% de l’adrénaline. Les récepteurs
impliqués au niveau du cœur sont des récepteurs adrénergiques b1 (très important pour
connaître l’effet des médicaments). Ces récepteurs sont présents sur les cellules nodales et
les cardiomyocytes. Il existe des récepteurs α (1,2,3) et b(1,2) mais au niveau du cœur, c’est
toujours b1.

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Il existe des médicaments ; les b-bloquants qui bloquent ces récepteurs b.

(court)

se fixe sur

(long) Le propanolol
peut agir dessus

(90 %)
Adrénaline (10%)

Les neuromédiateurs intervenant dans le système orthosympathique et leurs récepteurs

Ce schéma à connaitre, il y a toutes les informations dessus !

4. Effets du système orthosympathique cardioaccélérateur :


Ils ont des effets positifs sur tous les tropismes. Les plus importants sont les
effets inotrope (car il y a une innervation directe des cardiomyocytes), dromotrope et
chronotrope positifs (pas comme le parasympathique !).

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Effets du système orthosympathique sur l'activité cardiaque

5. Mode d’action cellulaire des médiateurs :

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© DZVET 360

Les catécholamines se fixent sur leurs récepteurs adrénergiques ( 1 pour le cœur) et


provoquent la formation d’AMPc qui amplifie l’entrée de Ca2+ dans la cellule ainsi que son
relargage intracellulaire par le réticulum : tout ceci se traduit par des effets inotrope,
bathmotrope et tonotrope positifs.

Remarque : les catécholamines sont synthétisées à la fois par l’orthosympathique et par les
glandes surrénales.

Au niveau des cellules nodales, l’augmentation de la pente de dépolarisation (des


cellules nodales) fait que le seuil de dépolarisation est atteint plus rapidement : c’est l’effet
chronotrope positif (l’intervalle RR diminue).

L’effet dromotrope positif s’observe quant à lui sur l’ECG par une diminution de
l‘intervalle PR.

L’adrénaline et la noradrénaline n’ont pas les mêmes effets, notamment sur le


bathmotropisme. La noradrénaline a un effet bathmotrope positif moins marqué que
l’adrénaline. Si l’effet bathmotrope est trop important, il y a un risque de fibrillation
ventriculaire qui entraîne la mort de l’animal. En réanimation cardiaque, quand la fréquence
cardiaque commence à diminuer, on injecte des substances cardiostimulantes pour la faire
remonter, on a le choix entre adrénaline et noradrénaline. En utilisant l’adrénaline, l'effet
bathmotrope positif est important mais il y a un risque de fibrillation derrière. Le cœur peut
repartir de manière anarchique et dans ce cas on utilise un défibrillateur ou on injecte d’autres
molécules pour réorganiser les battements. La noradrénaline a un effet bathmotrope moins
important (donc elle ne provoque pas de fibrillation) et pourrait paraître moins dangereuse
que l'adrénaline. En fait, elle n’est pas intéressante car elle a des effets supplémentaires sur
le système vasculaire : elle provoque une grosse vasoconstriction délétère.

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© DZVET 360

Représentation des effets de l'orthosympathique dans le diagramme PV, sur un ECG et


conséquences sur la pression artérielle

• La noradrénaline diminue l’espace RR ou rapproche les pics de pression artérielle ce qui


met en évidence son effet chronotrope positif.
Elle augmente la pression systolique et
l'écart entre pression systolique et pression diastolique ce qui démontre son effet
inotrope positif.
• L’effet dromotrope positif se traduit par une diminution de l’intervalle entre P et le
complexe QRS.
L’effet tonotrope positif se traduit par une légère augmentation de la
pression diastolique. De ce fait, la courbe de Frank-Starling est déplacée vers le haut :
pour une pression plus faible, le cœur injecte un même volume de sang.
• L’effet bathmotrope positif se traduit par une arythmie lors d’une injection de
catécholamines à forte concentration.

Finalement, le système orthosympathique met en place deux phénomènes


contradictoires : l’effet inotrope positif augmente la contractilité cardiaque (et tend à expulser
plus de sang dans la circulation) mais comme il y a également une augmentation de la
fréquence cardiaque, le cœur a moins de temps pour se remplir. Ainsi, si l'effet de
l'orthosympathique reste limité, il permet d'augmenter la quantité de sang envoyé dans la
circulation, mais si l'orthosympathique est trop stimulé, la fréquence cardiaque augmente
'trop' et le cœur ne se remplit plus. Ce qui est 'gagné' avec la contractilité, est perdu à cause
de la fréquence cardiaque.

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d) La mise en jeu des innervations para- et orthosympathique


est permanente mais diffère en fonction de l’espèce :
Notion importante : Le parasympathique et l’orthosympathique sont toujours en
activité chez un animal. En général, un système est activé et l’autre inhibé mais les deux
restent en fonctionnement. Leur activité est permanente mais leur importance relative est
différente en fonction de l’espèce. Par exemple, la fréquence cardiaque normale chez les
grandes espèces est basse. D'une façon générale, plus la taille est grande, plus la fréquence
cardiaque est basse.

Ce sont le parasympathique et l’orthosympathique qui font que la fréquence normale


d’un animal est plus ou moins élevée que celle du nœud sinusal.

Pour savoir si la fréquence cardiaque est supérieure ou inférieure à la fréquence


sinusale, on peut utiliser des substances pharmacologiques qui agissent au niveau des
récepteurs comme l’atropine qui bloque les récepteurs muscariniques M2 du
parasympathique. L’atropine est un antagoniste cholinergique. Elle empêche les effets
cardiomodérateurs du système parasympathique donc la fréquence cardiaque augmente.

Avec un b-bloquant cardiosélectif comme l’aténolol, on bloque les récepteurs 1 donc


on abolit les effets de l’orthosympathique : la fréquence cardiaque diminue car
l’orthosympathique est cardioaccélérateur. La différence ici mesurée est le tonus
cardioaccélérateur.

Après ces deux actions, le cœur bat à la fréquence sinusale.

Variation du système cardiorégulateur prédominant entre les petites et les grandes espèces

• Chez les grandes espèces, la fréquence cardiaque est inférieure à la fréquence sinusale
donc l’activité du système parasympathique est prédominante.
• Chez les petites espèces, la fréquence cardiaque est supérieure à la fréquence sinusale.

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Le système orthosympathique est dominant. Le tonus accélérateur est supérieur au


tonus modérateur.

Remarque : Si on fait une chirurgie près du cou, il faut faire attention à ne pas léser le nerf
vague qui est proche de l’artère carotide. (D'une façon générale, lorsqu'on cathétérise une
artère, il faut prendre garde à ne pas léser les nerfs qui sont souvent accolés à ces artères). On
peut le stimuler par simple pincement ce qui provoque une chute de la fréquence cardiaque,
jusqu'à éventuellement atteindre l'arrêt cardiaque. On peut léser des afférences de
l’orthosympathique au niveau du plexus brachial, formé de vaisseaux et de nerfs. Si des nerfs
sont arrachés (cas d'accidents de la route), on aboutit à la perte d’une partie du tonus
sympathique ce qui provoque la diminution de la fréquence cardiaque par rapport à la
fréquence sinusale (orthosympathique cardioaccélérateur).

e) Origine de la mise en jeu des systèmes ortho- et


parasympathiques :
Rappel : ce n’est pas parce qu’un système prédomine que l’autre ne marche pas.

L'activité cardiorégulatrice est mise en jeu par :
- Intervention des centres supérieurs
et des différents stimuli somesthésiques (=qui concerne le corps et ses réactions) extérieurs.
La modulation des systèmes nerveux sympathiques se fait via le système nerveux central (par
exemple, la peur de l’antilope devant un lion active le système nerveux autonome).

Ø Mise en jeu de réflexes (ex : baroréflexe grâce aux barorécepteurs)

Baroréflexe

Facteurs modulant l'activité des systèmes ortho et parasympathiques

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Remarques :
• L’information réticulée modifie le degré de vigilance de l’individu car il inhibe plus ou
moins l’orthosympathique (exemple : au repos degré de vigilance bas d’où inhibition
importante).
• Il existe une interaction entre les « neurones parasympathiques » et les « neurones
inspirateurs » : lors de l’inspiration on a une augmentation de FC et lors de l’expiration
on a une diminution de FC.

f) Les relations intercentrales :


C’est l’intervention des étages supérieurs. On parle aussi des relations
intercentrales car plusieurs éléments sont en connexion :
Ø L’hypothalamus (qui intervient dans beaucoup de régulations neurovégétatives) a un
effet tachycardisant en agissant sur l'ortho- et le parasympathique. Son activité est
liée à la réaction de défense, aux comportements sexuels, à la thermorégulation
(quand la température interne augmente, l'hypothalamus provoque une
augmentation de la fréquence cardiaque).
Ø Le système limbique : c’est une partie du cortex cérébral qui intervient dans les
tachycardies émotionnelles (en plus des hormones de stress). L’émotion agressive et
l’amour font intervenir le même système.
Ø Le cortex cérébral : il est à l’origine du fait qu'un individu est déjà en tachycardie
avant un exercice physique (tachycardie « psychique, émotionnelle » due à la vue
d’un prédateur par exemple), il y a une anticipation.

L’arythmie sinusale respiratoire :


C’est un rythme sinusal irrégulier physiologique lié à la respiration. La fréquence cardiaque
varie en fonction du moment de la respiration (inspiration ou expiration). Il existe au niveau
des centres bulbaires un centre cardio-pneumo-entérique où il existe une association
intercentrale (une interaction) entre les neurones respiratoires et cardiomodérateurs, très
proches les uns des autres. Lors d’une inspiration (inhibition du parasympathique), la
fréquence cardiaque augmente et elle diminue lors de l’expiration (cf. : contrôle de la
respiration). Cette accélération au moment de l’inspiration provoque une augmentation de la
pression artérielle. Le débit augmente aussi. Ceci est à l’origine des oscillations de second
ordre de la pression artérielle (cf. cours sur la pression artérielle).
Chez les espèces où la
fréquence cardiaque est basse, l’arythmie est plus marquée. L’arythmie disparaît lors d’un
exercice physique ou d’émotions fortes. Elle est rare chez l’homme.

g) Les réflexes :
1. Le baroréflexe :
Celui-ci a un rôle primordial pour la régulation de la pression artérielle (cf. cours
sur la pression artérielle).
Il existe des barorécepteurs près du cœur : dans les sinus
carotidiens et dans la crosse aortique. Ces récepteurs sont, comme leur nom l’indique, des
récepteurs de pression : ils captent des variations de pression artérielle. En réalité, leur nom

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n'est pas si judicieux, car ils mesurent plutôt des variations de tension de la paroi des grosses
artères. Mais la pression et la tension sont proportionnelles (loi de Laplace) donc les
récepteurs rendent indirectement compte des variations de pression.

Le baroréflexe

Le barorécepteur exerce son effet sur les systèmes cardiomodérateurs et


accélérateurs. Quand la pression artérielle augmente (par exemple si on appuie sur la
carotide), il y a une excitation du système modérateur et inhibition du système accélérateur,
ce qui provoque par une action synergique des deux systèmes, une diminution de la fréquence
cardiaque et de la force de contraction. Ce contrôle de l’activité cardiaque permet la
régulation de la pression artérielle.

Il existe d'autres réflexes (un peu moins importants) :

2. Les réflexes bradycardisants :


Ø Le réflexe oculo-vagal (d’origine céphalique): Quand on appuie sur le globe oculaire,
on stimule le nerf vague et donc on diminue la fréquence cardiaque. Quand on veut
faire un ECG sur un animal stressé (tachycardie émotionnelle), on peut diminuer la
fréquence cardiaque pour avoir une meilleure lisibilité en appuyant (fort, mais sur
animal gentil car la cornée est richement innervée donc c’est douloureux !) sur les
globes oculaires. (On peut également appuyer sur la carotide pour mettre en jeu les
baroréflexes).
Ø Le réflexe oto-vagal (d’origine céphalique): Avant, on taillait les oreilles des chiens et

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cela stimulait le nerf vague ce qui provoquait une diminution de la fréquence cardiaque
(jusqu'à l'arrêt cardiaque) : il fallait donc surveiller la fréquence cardiaque et il faut
toujours faire très attention lors d’interventions chirurgicales au niveau de l’oreille.
Ø Les réflexes d'origine respiratoire : Ils sont dus à une stimulation des muqueuses par
des agents irritants inhalés. Chez les animaux plongeurs (baleines, dauphins...), lorsque
de l’eau entre en contact avec la muqueuse, cela provoque une bradycardie réflexe.
Le cœur bat moins fort et plus lentement, il y a donc économie du dioxygène et l'animal
peut rester sous l'eau plus longtemps.

Remarque : les fumées toxiques (lors d’incendies par exemple) peuvent aussi être
bradycarsisantes : la mort peut survenir par arrêt cardiaque.

3. Réflexes d’origine viscérale :


Ces réflexes sont déclenchés par la stimulation mécanique d’un organe creux
(réflexe bradychardisant) ou des méso (ligaments suspenseurs), leur effet est variable et peut
aller jusqu’à l’arrêt cardiaque. Il est donc important de prendre des précautions en chirurgie
abdominale (en surveillant l'activité cardiovasculaire et en évitant la stimulation des organes
concernés).

Exemple : Chez les chiennes ou les chattes, il existe des infections de l’utérus avec du pus
(pyomètre). Il faut alors retirer les cornes utérines (hystérectomie) qui peut provoquer un arrêt
cardiaque si la corne est trop distendue (lorsqu'on tire sur les ligaments suspenseurs de
l’utérus).

h) Interventions humorales :
Plusieurs hormones peuvent avoir un effet (essentiellement inotrope positif et
chronotrope positif) sur l'activité cardiaque.

Par exemple :
• La dopamine (qui est aussi un neuromédiateur).
• Le cortisol (effets inotrope et chronotrope positifs).
• Le glucagon. Il faut donc faire attention aux maladies qui affectent la libération du
cortisol ou du glucagon car elles ont un effet sur le cœur.
• L’angiotensine II, qui est une hormone très importante (cf. Cours sur la pression
artérielle). On intervient beaucoup sur sa concentration quand il y a des problèmes
artériels ou cardiaque car elle a un effet inotrope et chronotrope positif sur le cœur.
Donc, si on la supprime, on diminue ses effets ce qui est bénéfique dans les cas
d’insuffisance cardiaque.
• L’adrénaline, qui est également une hormone importante. C’est le neuromédiateur du
système orthosympathique mais aussi une hormone libérée par les glandes surrénales
(ces glandes libèrent des catécholamines : 90% adrénaline et 10% noradrénaline, à
l'inverse des neurones postganglionnaires du système orthosympathique : 90%
noradrénaline et 10% adrénaline). L’adrénaline est l’hormone du stress et a aussi un

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effet inotrope et chronotrope positif sur le cœur.

Il existe aussi le MDF (Myocardial Depression Factor, il est libéré par le pancréas
lorsqu’il est mal irrigué, cf. état de choc) qui intervient sur la dépression cardiaque
(vasoconstriction des territoires splanchniques).

V. Débit cardiaque – travail du cœur et son adaptation



Remarque : très important en pratique car cela permet de savoir si le cœur fonctionne
correctement. Mais peu important pour le partiel (seulement les parties marquées d’un 1
seront éventuellement demandées).

A. Définition :
Le débit cardiaque (Q) est un paramètre très sensible pour déterminer les défaillances
cardiaques. Cependant, il ne permet pas de déterminer la cause du dysfonctionnement.

La fréquence cardiaque est facile à mesurer, mais ce n’est pas le cas du volume d’éjection
systolique. Toutes les méthodes de mesure utilisées sont des méthodes indirectes qui ne
permettent qu’une approximation du débit mais qui rendent compte assez fidèlement des
changements de celui-ci. Il faut connaitre les valeurs de référence en fonction des espèces et
de la race. Ce sont surtout les variations du débit cardiaque qui importent.

® Les méthodes de mesure invasives sont peu utilisées en pratique vétérinaire. Il suffit d'avoir
une idée de leur fonctionnement pour comprendre les articles scientifiques. Il n'y aura pas de
question sur ces méthodes à l'examen.

B. Mesure du débit cardiaque (aucune question à l’examen) :


Ce n’est pas fait couramment en clinique mais en recherche oui. D'une manière
générale, on utilise des indicateurs. Ce sont des gaz présents dans le sang (O2, CO2) ou des
colorants, selon la méthode.

a) L’indicateur est constitué par un gaz normalement présent


dans le sang. Principe de Fick :
Les artères pulmonaires arrivent au niveau d'alvéoles pulmonaires où elles se
ramifient en capillaires. Ici, il existe des échanges gazeux, notamment d’O2, contenu dans le
sang.

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La quantité d’O2 transportée par le sang provenant des capillaires pulmonaires est
égale à :

O2 véhiculé par le sang veineux + Sang mêlé de l’artère pulmonaire
+ La quantité d’O2 prélevée dans les alvéoles

Remarque : L’artère pulmonaire amène le sang non oxygéné aux poumons et on récupère le
sang oxygéné dans les veines pulmonaires puis dans l’aorte.

Ainsi, dans les veines pulmonaires : VaO2 = Q x Cartérielle O2

De plus VaO2 = VO2 + VvO2, ce qui fait que [la consommation en O2 (VO2)] = [le débit] x [Teneur
en O2 du sang artériel – teneur en O2 du sang veineux]. Elle dépend du débit cardiaque et de
la teneur en O2 du sang artériel et veineux. Autrement dit,

VO2 = Q x (CaO2 – CvO2)

Application de la mesure des échanges gazeux pulmonaire à la mesure du débit cardiaque


(v=veineux, a=artériel)

Le débit cardiaque dépend de la concentration en O2. Mais il faut faire la mesure


rapidement car sinon un équilibre entre l’O2 des globules rouges et l’O2 de l’air s’installe et la
mesure est faussée. Cette mesure est invasive car on insère un cathéter dans le ventricule
droit.

En prenant en compte le fait que le débit est mesuré approximativement et que


normalement, on a le même débit dans chaque ventricule, c'est-à-dire que : Débit capillaire
pulmonaire = débit cardiaque = débit de chacun des ventricules, on peut déduire l’expression
suivante :

(1)

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Et en faisant le même raisonnement pour le CO2 :

(2)

En pratique on peut effectuer deux types de mesures :


• Des mesures directes
• Des mesures indirectes, qui font intervenir de mauvais paramètres mal corrélés au
débit cardiaque. On ne les décrira donc pas.

On utilise donc des mesures directes :


• VO2 ou VCO2 mesuré d’après les échanges respiratoires.
• CaO2 ou CaCO2 mesuré après prélèvement de sang dans les artères.
• CvO2 ou CvCO2 mesuré sur du sang prélevé dans le ventricule droit ou l’artère
pulmonaire.

Exemple : VO2 = 300 L/min (on connait très bien cette valeur si l'animal est sous respiration
artificielle par exemple), CaCO2 = 20%, CvO2 = 15%
Soit, en utilisant la formule (1)
précédemment établie :

300
𝑄= ×100 = 600 𝑚𝐿/𝑚𝑖𝑛
20 − 15
Il faut faire attention aux erreurs dues aux approximations :
Ø Certains drainages veineux court-circuitent le ventricule droit, on ne mesure donc plus
le débit cardiaque. C'est le cas de la circulation bronchique. Pour remédier à cela, il
faut étaler les mesures sur plusieurs minutes (car à terme on mesure tout le sang en
circulation) 

Ø La mesure s'étale sur plusieurs minutes, il est impossible de mesurer des changements
de débit ponctuels. C'est un problème, notamment pour les études
pharmacocinétique. 

Ø Enfin, cette méthode reste très invasive puisqu’il faut poser un cathéter au cœur, dans
les artères et réaliser des ponctions artérielles qui sont souvent sous des muscles dans
le plan profond.

Remarques :
ü Ces méthodes sont peu utilisées en cabinet vétérinaire. Le prélèvement du sang artériel
est difficile.
ü Comment prélever du sang dans l’artère pulmonaire ? Il faut ouvrir le thorax et
utiliser un long cathéter que l’on pense dans la veine jugulaire puis la veine cave puis
l’auricule droit puis le ventricule droit pour finir dans l’artère pulmonaire (chez

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l’homme on passe par la veine fémorale.). On peut ainsi mesurer la pression et


prélever de sang.

b) Méthode utilisant la courbe de dilution d’un indicateur,


méthode de Stewart – Hamilton :
Si on injecte une quantité P d’un colorant en amont du cœur droit et qu’on
recueille le sang au niveau de l’artère pulmonaire ou d’une artère périphérique à raison d’un
échantillon par seconde, on voit après un certain temps, appelé temps de circulation (5 à 6
secondes), la coloration du sang s’élever puis s’abaisser.

On a :
• P connue
• p : quantité de colorant recueilli dans les échantillons (mesuré)
• v : volume sang dans lequel on a recueilli cette quantité p
• C : concentration moyenne du colorant (calculable avec p et v)
• V : quantité de sang débitée par le cœur pendant le recueil qui dure t secondes

? A
D’où =
@ B

? @
Or = = 𝐶
A B
?
D’où 𝑉 =
E


• 𝑄 = 𝐹𝐶 × 𝑉𝐸𝑆
IJ A
60 × 𝑉
• 𝑉𝐸𝑆 = 𝑄=
KE L 𝑡

• On prend 𝐹𝐶 = 60 (pour un homme ou un lévrier de course

? ? × IJ
Or 𝑉 = donc 𝑄 =
E E × L

Remarque : (C x t) est une aire que l’on peut dessiner pour remonter à Q cependant il faut faire
une certaine approximation consistant à considérer que la concentration est constante dans le
temps (courbe assimilée à un rectangle comme ci-dessous à gauche). L’aire sous cette courbe
correspond en fait au débit cardiaque Q multiplié par l’hématocrite (pourcentage du volume
des hématies par rapport à celui du sang).

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(similaire au
débit cardiaque)

Méthode de Steward Hamilton et résultat

Exemple pratique : On injecte 1mg de colorant. On trace la concentration plasmatique en


fonction du temps, l’aire sous la courbe nous donne :

C x t (aire du 1er grand pic) = 17,4 mg.s.L-1
D'où, d'après les relations établies précédemment Qplasmatique =3,45L/min. La mesure
correspond au débit plasmatique car elle est effectuée sur le plasma. Donc pour avoir le débit
sanguin, on rajoute la proportion de cellules qui auraient dû être en circulation.

L’hématocrite correspond à la quantité de globules rouges dans le sang d’un individu


normal et représente 45% de la fraction sanguine. Donc la quantité de plasma dans laquelle
ont été effectuées les mesures correspond à

100% - 45% = 55% du volume sanguin

Ainsi, pour obtenir le débit cardiaque à partir du débit plasmatique on divise par 55%
(valeur de la fraction sanguine sur laquelle a été réalisée la mesure) et on obtient un débit
cardiaque de 6,3L/min, ce qui est une valeur normale.

Il faut faire attention aux erreurs dues aux phénomènes de recirculation :

En effet, pour pouvoir utiliser cette méthode, toutes les particules colorées doivent
diffuser de manière homogène. Or il existe un phénomène de recirculation. C'est le cas,
notamment, au travers de la circulation coronaire : elle prend départ à la base de l'aorte et
retourne au cœur, avant de repasser une nouvelle fois dans l'aorte ! Ainsi la même molécule
est comptabilisée plusieurs fois par le détecteur avant que toutes les particules n’aient
effectué leur premier passage ce qui est une source d’erreur car il faut qu’au point
d’échantillonnage chaque particule ne circule qu’une fois pour que cette méthode soit
applicable.

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c) Méthode de calcul du débit par thermodilution :


Pour s'affranchir du problème de recirculation, on peut utiliser le même principe
de calcul du débit en appliquant la méthode par thermodilution : au lieu de regarder la
conservation de masse, on regarde la conservation de la température. On utilise un cathéter
de Swan-Ganz.

Structure d'un cathéter

On introduit le cathéter de sorte à emprunter l'artère pulmonaire et à arriver dans


l'oreillette droite (le cathéter est introduit dans la veine jugulaire et on le fait circuler jusqu’au
ventricule droit puis à l’artère pulmonaire).
Il y a un petit ballonnet qu'on peut gonfler dans
l’artère pulmonaire et qui permet de le garder en place et un capteur de température (le
ballonnet ne bouche pas la circulation, mais il est plus gros que les valves donc évite que la
sonde redescende).

On injecte du sérum physiologique (NaCl, isotonique par rapport au plasma) à 0°C dans
l’oreillette droite et on recueille la température du fluide dans l’artère pulmonaire.
Contrairement au colorant, le froid ne recircule pas une fois qu'un organe a prélevé la chaleur,
elle ne réapparaît pas... On mesure ainsi le débit pulmonaire (calculé par un moniteur), donc
le débit cardiaque, puisque les deux sont égaux chez un animal sain.

Limites : la mesure doit s’étaler sur plusieurs minutes et il est impossible de mesurer les
changements de débit ponctuel. Cette méthode est invasive (cathétérisme du cœur et ponction
artérielle) et ne sert donc que de méthode de référence.

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d) Méthode échocardiographique (cf. TD) :


Cette méthode est la plus utilisée car non invasive et pratique mais en médecine
vétérinaire, on est en retard par rapport à la médecine humaine.

L’échocardiographie permet de mesurer le débit cardiaque Q car on sait que Q = FC x


VES, et l'échocardiographie permet d'avoir accès au VES (volume de sang éjecté à chaque
systole) et à la FC.

Pour mesurer le volume d’éjection systolique on utilise des approximations. On


suppose ainsi que l’aorte est de section sphérique et on mesure le diamètre de cette aorte au
niveau de la chambre de chasse du ventricule gauche, juste avant les valvules (= début de
l’aorte). Cette mesure doit être la plus précise possible et dépend de l’expérience de
l’opérateur. Cette surface S ne suffit pas pour calculer le volume d'éjection systolique.

On utilise ensuite la méthode Doppler pour calculer l’intégrale temps/vitesse au niveau


de l'aorte, c'est-à-dire la quantité de sang qui passe (=aire sous la courbe) au niveau de la valve
aortique. Pour obtenir le VES, on multiplie l’intégrale temps/vitesse (qui correspond donc au
flux sanguin) par la surface de l’aorte. On peut alors trouver Q (en connaissant FC, grâce à un
ECG ou au Doppler).

Attention aux artefacts : il faut être dans la chambre de chasse de l’aorte pour pouvoir en
déduire le VES. Comme le rayon est élevé au carré, une petite erreur de mesure donne de
grandes variations de valeurs lorsqu’on calcule ensuite la surface (S=p.r2) !

Utilisation de l'échographie pour mesurer le débit cardiaque

Avec VTI = Intervalle temps vitesse (=ITV)

On peut aussi avoir la fréquence cardiaque avec le graphe (sur l’image de droite) et donc la
fréquence au moment exacte de la mesure de l’intégrale.
Au bilan, on obtient un résultat
corrélé à celui obtenu par méthode invasive, qui présente l'avantage de déceler des variations
ponctuelles du débit cardiaque.

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Limites : en réalité, l’aorte n’est pas ronde, c’est une approximation. De plus, c’est une méthode
qui nécessite beaucoup d’expérience (il faut bien se placer pour mesurer le diamètre de
l’aorte).

C. Variations :

a) Index cardiaque :
Le débit cardiaque dépend du statut (malade ou pas) et de la corpulence du
patient. Il est donc difficile de parler de valeurs de débits cardiaques dans l'absolu puisque ce
débit varie selon plusieurs facteurs individuels. On parle plutôt d’index cardiaque (IC) qui
rapporte le débit à la surface corporelle (compliqué à estimer mais existence de table en
fonction des espèces).

L’index cardiaque (IC) es