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PRESENTATION SUCCINCTE DE 7 DOMAINES DE L’ART DE VIVRE 1. L’ART DE LA RESPIRATION Toute
PRESENTATION SUCCINCTE DE 7 DOMAINES DE L’ART
DE VIVRE
1. L’ART DE LA RESPIRATION
Toute vie commence et se termine par un acte respiratoire. La respiration est donc le
besoin le plus fondamental de la vie; plus que l’eau, la nourriture et le repos. En effet, nous
pouvons vivre un temps relativement long sans repos et sans nourriture, plusieurs jours sans
eau, mais à moins d’entraînement extraordinaire, nous ne pouvons pas tenir en vie au delà de
quelques minutes seulement, si nous sommes privés du souffle.
Les recherches médicales ont montré que la respiration correcte affecte très
positivement le corps et l'esprit, en fortifiant tous les systèmes du corps (digestif, circulatoire,
nerveux, immunitaire, etc.), le rendant ainsi fort et résistant contre la maladie. Dans nos pays
traumatisés, sujets à endémies et pandémies, voilà une pratique de santé hautement bénéfique
et qui ne coûte rien…q’un peu de patience pour un apprentissage approprié.
Mieux, l’art de la respiration déborde le physique pour englober toutes les autres
dimensions (émotionnelle, mentale, spirituelle), constituant par là une pièce maîtresse dans l’art
de vivre car il affine le ressenti en activant le fameux corps énergétique. C’est le ressenti qui
permet de passer au-delà du discours et du mental, dans le royaume de l’être d’où l’on revient
pacifié et transformé pour accomplir du neuf dans l’histoire et la société.
Cet art est ainsi comme le nœud des autres car il « ramène dans l’axe », ce qui veut dire
qu’il restaure la correction des autres domaines de l’art de vivre qui sont en fait les fonctions
constitutives de l’être humain. Pratiqué comme il faut, c’est-à-dire avec passion et régularité,
l’art de la respiration mène au pouvoir du moment présent, avec en prime la santé, la paix, la
joie, la lumière, la douceur, la sérénité et l’amour inconditionnel. C’est un exercice qui permet
d’éviter ou alors de se guérir de beaucoup de traumatismes et de rester donc stable et
entreprenant dans le tangage et le roulis de l’histoire.
Voilà pourquoi je (Laurien NTEZIMANA) plaide pour la création d’écoles de la respiration
que j’ai personnellement baptisées « écoles MPINGAGASANI ». Ce néologisme rwandais est
composé d’un verbe, « guhinga », qui signifie « cultiver », et d’un substantif, « agasani » qui
signifie « perfection, bénédiction, force de vivre » et aussi « demeure d’un esprit ».
« MPINGAGASANI » veut dire donc : « Je cultive la perfection, la bénédiction, la force de vivre
dans la demeure de mon esprit, c’est-à-dire dans mon corps ». C’est une pratique énergétique
qui s’inspire des arts corporels de l’orient (yoga, zen, tai ji, arts martiaux) et qui améliore
notablement la santé physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.
Cette pratique énergétique m’a permis de me soigner moi-même de pas mal de
maladies et s’est révélée à moi comme une voie royale pour « incorporer la bonne nouvelle »,
c’est-à-dire donner chair en sa vie à l’amour inconditionnel que prêchent Jésus de Nazareth et
les autres maîtres spirituels de l’humanité. Mpingagasani peut-être considéré comme une voie
pratique de non-violence au sens où il permet d’incorporer l’incroyable stratégie du Nazaréen :
la non-résistance au méchant qui déconcerte les fausses puissances. Grâce à Mpingagasani,
1
j’ai personnellement trouvé la force concrète de rester humain au milieu de l’inhumain qui, en
j’ai personnellement trouvé la force concrète de rester humain au milieu de l’inhumain qui, en
1994, a dominé l’histoire du Rwanda 1 .
2. L’ART DE L’ALIMENTATION
L’alimentation est un sujet qui mérite beaucoup d’attention et dont tout le monde ferait
mieux de s’occuper car, dit-on, « on est ce qu’on mange ». Alors, qui ne veut pas devenir
inconnu à lui-même doit éviter de manger n’importe quoi ! 2 . La qualité de la nutrition dépend
de beaucoup de facteurs : la qualité des aliments, le mode de leur préparation, la personne qui
se nourrit, le moment de l’alimentation, l’ambiance autour du repas et la façon dont on
mastique comptent parmi les facteurs les plus importants.
La qualité de l’aliment dépend de la justesse des traitements qu’il subit à divers niveaux,
notamment au niveau de la production (culture biologique ou industriel ?), de la transformation
(méthodes qui conservent les nutriments, ou qui les dénaturent ?), de la conservation (produits
de conservation naturels ou chimiques ?), et de la préparation (quel mode de cuisson ?). Il est
nécessaire d’éviter les traitements qui dénaturent l’aliment de quelque façon, que ce soit la
manipulation génétique ou l’usage inconsidéré de produits chimiques.
L’aliment n’est pas le seul élément à prendre en compte pour une alimentation saine,
gage de santé et de vie bonne. Il faut prendre en compte également la personne qui se
nourrit : sa constitution, son état physique et émotionnel. L’hérédité, les groupes sanguins, et
les tempéraments, entrent ici en jeu.
Le genre de vie et d’activités physiques ou professionnelles doit être tenu en compte
aussi, car les besoins énergétiques diffèrent selon que le mode de vie est actif ou sédentaire. Le
rythme de la journée compte aussi : le matin, un grand petit déjeuner, à midi un déjeuner
moyen et le soir, un souper léger pour faciliter le repos et le travail d’élimination de
l’organisme 3 . Le rythme des saisons aussi influe sur le choix de notre alimentation.
Les combinaisons alimentaires et la manière de manger doivent être propre à faciliter la
digestion, ainsi que l’ambiance autour du repas : éviter les combinaisons impossibles, bien
mastiquer et pas de discussion tendue, ou d’élément perturbateur comme la radio ou la
télévision.
1 Un jour, pendant les terribles mois d’avril-juillet 1994, je faillis laisser la vie au stade Huye de Butare. On avait
fini par découvrir l'endroit où j'avais caché l'épouse et les cinq enfants de mon regretté Innocent, ainsi que quelques
autres dames et leurs enfants. Après avoir ignoblement massacré les dames et quelques très jeunes enfants, les tueurs
se mirent à ma recherche parce qu'ils avaient appris que c'était moi qui les avais ainsi cachés. Deux soldats et dix
miliciens m'arrêtèrent au stade Huye, parce que visiblement ils avaient mon signalement. Je dus mon salut au fait
que je parvins à exposer mon point de vue sur la défense de la nation, et à démontrer, avec forces citations des
discours des autorités génocidaires elles-mêmes, que l'ennemi n'était pas le Tutsi quelconque, mais bien les soldats
armés de l'autre camp. Que donc s'attaquer à des femmes et des enfants, c'était faire fausse route! Cette conjoncture
me fit éprouver le bien fondé de ce que j'appelle pompeusement mon système d'auto-défense, à savoir que nous
avons deux armes naturelles, non-violentes et très efficaces si on sait les utiliser : le regard et la parole. A
condition de rester calme, c'est-à-dire de savoir respirer pour rester présent sur la scène au lieu de s'absenter à
cause de la panique, le regard et la parole peuvent neutraliser les machettes et les kalachnikovs! Je pense en tout cas
qu'en cette conjoncture, je fus sauvé grâce à mes exercices quotidiens de MPINGAGASANI qui portèrent ce jour-là
leur plus beau fruit!
2 En kinyarwanda, on dirait « Urya ibyo abonye ahinduka icyo ntazi! »
3 Pour le dire avec un grain d’humour, les diététiciens recommandent de manger le matin « comme un roi », à midi
« comme un prince », et le soir « comme un mendiant ».
2
Tout cela fait de l’alimentation un art, et comme tout art elle doit détendre et
Tout cela fait de l’alimentation un art, et comme tout art elle doit détendre et donner de
l’énergie (au lieu d’en prendre). Cet art suppose de développer la conscience du manger, de
façon à cesser d’en faire un acte mécanique.
La pauvreté n’est pas d’abord une question de pénurie de biens, mais de manque
d’intelligence et de présence d’esprit. Avec l’ « intelligence alimentaire » on parvient à « vivre
bien, de peu ». Une des causes les plus fréquentes de la guerre, c’est le contrôle des terres et
des ressources naturelles pour pouvoir trouver de quoi se nourrir précisément. On verra bientôt,
hélas, des guerres d’une violence inouïe pour contrôler l’eau par exemple. En s’entraînant à
temps à utiliser rationnellement les ressources disponibles pour se nourrir de façon intelligente,
en rendant à la terre ce qu’il faut pour l’aider à rester productive, en partageant plutôt qu’en
thésaurisant jalousement les ressources naturelles, en utilisant de préférence des énergies
renouvelables, on court-circuite la logique de la guerre et on améliore la santé de la terre et des
populations 4 qu’elle supporte. Travailler à une alimentation saine est ainsi une activité
hautement productive en matière de bonne puissance.
3.
L’ART DE LA DETENTE.
Le stress tout le monde le connaît. C’est un des maux du siècle. Il affecte mortellement
l’humanité que désoriente la modernité et la mondialisation avec ses changements rapides que
les gens maîtrisent de moins en moins.
Mais qu’est- ce donc que le stress ? Difficile à définir ! Et pourquoi ? Parce que le stress
signifie quelque chose de différent pour chacun d’entre nous. La même descente vertigineuse
sur un sentier touristique peut être terrifiante pour certains et un frisson délicieux pour les
autres ou n’inspirer ni l’un ni l’autre. Le stress peut être le piment de la vie ou le baiser de la
mort. Tout dépend. De quoi ?
De la « tension juste », autrement appelée « normotonie ». Celle-ci doit être la mesure
à laquelle revient le corps-esprit après chaque tension stressante (sympathicotonie). Elle est
donc la fin naturelle de la réaction dé- stressante (parasympathicotonie ou vagotonie). Le stress
commence quand ce « thermostat » se dérègle, et que la réaction vagotonique ne ramène plus
le corps-esprit à la normotonie.
Il faut donc s’entraîner à entretenir consciemment cet équilibre naturel qu’est la tension
juste si on veut retrouver la joie de vivre et garder de l’énergie tout au long de sa vie. Mais d’où
viennent ces rongeuses d’énergies tant psychique que physique (angoisse, colère, frustration,
souci, fatigue,…) ?
On peut dire que c’est de partout ! Des simples nuisances quotidiennes… bruits des
véhicules, bips importuns des téléphones mobiles, etc., jusqu’aux événements hautement
traumatisants qui peuplent l’histoire récente des Grands Lacs Africains.
Plus spécifiquement, on peut en suivre l’origine dans quatre dimensions de la vie à
savoir :
-
Le physique : un mauvais emplacement de la maison peut produire des pollutions
magnétiques, un manque d’espace vital, une aération insuffisante, une mauvaise
disposition des chambres, un éclairage naturel insuffisant, etc.… La discipline appropriée
pour traiter de ces questions est encore au berceau et s’appelle « éco-biologie de
l’habitat ». Il faudrait s’y initier, ainsi qu’au « fengshui », cette discipline de la disposition
énergétique des lieux.
4 Lire C.AUBERT, Onze questions clés sur l’agriculture, la santé et le Tiers Monde.
3
- Le mental : Son dysfonctionnement est la source principale de nos difficultés. Le mental
- Le mental : Son dysfonctionnement est la source principale de nos difficultés. Le mental
dysfonctionne quand il s’attache aux étiquettes, aux formes changeantes. Il reste ainsi
prisonnier du passé en retenant « les fautes » commises contre lui, d’où le non-pardon
et l’irréconciliation. Ou il se projette dans le futur (inquiétude : « ejo nzamera nte ? »),
nous faisant ainsi manquer le seul lieu du véritable pouvoir sur les événements, à savoir
le moment présent 5 .
- Le social : Le défaut de communication et de relation positive au foyer, à l’école et au
travail engendre une colère et de la frustration en permanence, qui finissent par se
transformer en stress.
- Le spirituel : tous les maîtres spirituels ont relevé le fait que nous vivons comme des
somnambules au sein d’interprétations englobantes (constructions mentales,
conventions sociales, idéologies) qui écrivent les scénarios de nos vies. Nous ne vivons
donc pas : nous sommes vécus par des forces que nous ne contrôlons pas. Ce défaut de
liberté, laquelle implique une référence spirituelle ferme et ouverte sur l’amour
inconditionnel, provoque le manque de compassion et d’idéal de vie et ouvre la porte à
un stress diffus et permanent.
Les conséquences du stress sont énormes : maladies simples (migraine, fatigue,
insomnie) et compliquées (hypertension, crise cardiovasculaire, destruction du système
immunitaire), baisse de la productivité, détérioration de la relation professionnelle et sociale,
angoisse, dépression, etc. La liste est inépuisable. Elle s’allonge par des trauma en tous genres
dans les pays sévèrement éprouvés comme le nôtre.
Que faire pour gérer le stress et garder la tension juste ? Plusieurs choix sont à
disposition :
- Modifier l’environnement et le mode de vie. Pour le dire simplement, quand les
araignées vous stressent, vous vous tenez éloigné des araignées !
- Modifier la façon de penser. Car c’est notre façon d’accueillir les choses, notre réaction
qui détermine notre niveau de stress.
- Maîtriser les compétences de l’art de la détente : respiration, relaxation, exercices pour
acquérir la posture correcte du corps, sommeil profond et réparateur, etc. Les écoles
Mpingagasani seraient très efficaces et peu coûteuses dans la lutte contre le stress et les
5 Voici comment un auteur spirituel décrit ce dysfonctionnement à la source de tous nos problèmes : « Vous pensez
en effet que votre souffrance et vos problèmes sont occasionnés par des situations particulières dans votre vie, ce
qui est vrai, si on considère la chose d’un point de vue conventionnel. Mais à moins que vous ne vous attardiez au
dysfonctionnement du mental qui cause tous les problèmes, c’est-à-dire son attachement au passé et au futur ainsi
que sa dénégation du présent, vos problèmes sont en fait interchangeables. Si, par miracle, tous vos problèmes ou
tout ce que vous percevez comme étant la cause de vos souffrances ou de vos malheurs étaient miraculeusement
effacés aujourd’hui, sans que vous soyez devenu plus présent et plus conscient, vous vous retrouveriez tôt ou tard
avec un ensemble semblable de problèmes ou de souffrances, comme si une ombre vous suivait où que vous alliez.
En fin de compte, il n’y a qu’un problème : le mental prisonnier du temps. »
Plus loin il écrit à propos du péché : « Ce n’est pas une question de culpabilité, mais tant que vous êtes contrôlé par
le mental, et donc par l’ego, vous prenez part à la folie collective. Vous n’avez peut-être pas examiné d’assez près la
condition humaine dans son état de domination par le mental. Ouvrez les yeux. Voyez la peur, le désespoir, l’avidité
et la violence qui sont omniprésents. Voyez la cruauté odieuse et la souffrance que, à une échelle inimaginable, des
humains se sont infligées et s’infligent encore les uns aux autres ainsi qu’à d’autres formes de vie sur la planète.
Faites-le sans condamner. Contentez-vous d’observer. C’est cela le péché. C’est cela la folie. C’est cela
l’inconscience. Et par-dessus tout, n’oubliez pas d’observer votre propre mental. Cherchez-y la racine de la folie. »
Eckhart TOLLE, Le pouvoir du moment présent. Guide d’éveil spirituel, Editions Ariane, 2000, pp.58-59.
4
trauma en tous genres que connaissent les pays des Grands Lacs après les génocides et
trauma en tous genres que connaissent les pays des Grands Lacs après les génocides et
les massacres qui s’y sont perpétrés.
-
Enfin, retrouver un esprit vif et garder le sens de l’humour : « Souris et tu auras des
amis, fronces les sourcils et tu n’auras que des rides » ! La bonne puissance ne va
jamais sans une forte dose d’humour pour se moquer gentiment de nos impatiences et
de nos travers. C’est cet humour qui permet de « ne plus tenir compte des fautes des
hommes » comme Dieu lui-même, d’après Paul en 2 Co 5, 17 ! Ne plus tenir compte des
fautes des hommes, c’est battre en brèche le mental et racheter le passé. Voilà ce dont
les Rwandais ont le besoin le plus urgent.
4. L’ART DE L’AUTOGUERISON
«
La santé a sa source en dehors de la sphère de la médecine. Elle dépend du respect
des lois de la vie ». « La parfaite santé et le plein éveil sont en réalité la même chose. » « Le
fait que l’esprit régisse le corps, bien que négligé par la biologie et la médicine, est la
connaissance la plus fondamentale que nous ayons du processus vital ». Cette série de
« citations de mémoire » de différents auteurs nous permet de bien comprendre la maladie et
le processus d’auto guérison.
Chaque maladie a une histoire et on ne peut la comprendre qu’en comprenant le mode
de vie du malade. Car la maladie est toujours la conséquence d’un mode de vie non fonctionnel.
La maladie est le stade terminal d’un désordre beaucoup plus profond dont le corps cherche à
se débarrasser par la maladie précisément. C’est dire que pour assurer un succès complet au
traitement, on ne saurait traiter la conséquence seule sans remonter à la cause fondamentale
pour l’éliminer.
Certains principes s’interpénétrant nous aident à comprendre la dynamique des maladies
et notre responsabilité dans le processus de guérison :
1. Notion de terrain et de germes. Selon le microbiologiste Claude Bernard, « le
germe n’est rien, le terrain est tout. » (Germe= microbe ou virus ; terrain= le corps-
esprit de l’homme).
2. Biographie devient biologie. Selon ce principe de la médicine énergétique, l’histoire
inscrit ses effets dans le corps biologique via le psychique, le corps énergétique,
l’orthosympathique et les glandes endocrines.
3. Nous seuls sommes artisans de notre santé comme de notre maladie. Quoique
dans notre somnambulisme nous en sommes la plupart du temps inconscient, le rôle
que nous jouons dans la genèse de la maladie dont nous souffrons est primordial.
Notre contribution à notre propre guérison est donc elle aussi irremplaçable, mais elle
présuppose notre éveil.
Sens de la maladie
A
partir de ce qui précède, nous comprendrons que la maladie n’est pas une calamité.
C’est d’abord un effort du corps pour nous garder en vie. C’est donc un appel du corps à notre
sagesse pour changer le mode de vie non fonctionnel qui a provoqué la maladie et en adopter un
plus épanouissant. La maladie est ainsi une occasion de grandir en réorientant sa vie. Il s’agit en
fait d’un signal pour éveiller la personne qui en souffre et lui faire comprendre qu’elle ne vivait
plus sa vie, qu’elle était plutôt vécue par des logiques et des énergies incontrôlées. Ce rappel
qu’est la maladie sert à retrouver le chemin de la réalisation de soi. Sur ce chemin, on peut guérir
5
de toutes les maladies, même celles réputées « incurables » comme le SIDA, le Cancer,
de toutes les maladies, même celles réputées « incurables » comme le SIDA, le Cancer, le
diabète, etc., ou à tout le moins les transmuter paradoxalement en force de vivre et faire vivre.
Comme dit le docteur Bernie Siegel, « il n’y a pas de maladie incurable, mais bien des malades
incurables ».
L’Auto guérison comme chemin de réalisation de soi : découvrir le moi profond.
La grande santé ne réfère pas seulement à la santé du corps physique, mais plutôt à
l’équilibre et harmonie dans tous les domaines. Le processus de guérison est en réalité un
processus de remémoration de ce que nous sommes : écouter son corps –esprit et lui obéir,
cela conduit à la paix intérieur, à l’amour inconditionnel, au courage d’être soi-même, à la
maîtrise de son existence et de ses choix, à la capacité d’exprimer ses émotions. On commence
donc à vivre sa vie comme une manifestation de son « être essentiel » ou « moi profond », par
opposition au « moi profane » ou « ego » qui, coupé de l’être essentiel, est la véritable cause
des maladies et autres catastrophes humaines comme les guerres, les génocides et toutes
sortes de violences (cfr Eckhart Tolle dans la note 9).
On peut donc dire, en un paradoxe saisissant, qu’il n’y a pas meilleure introduction à
l’art de vivre qu’ une « bonne » maladie !
Ce qui est vrai pour un individu l’est évidemment pour la collectivité : si l’histoire sert à
nous montrer le niveau de notre « teneur en humanité », alors les catastrophes comme celles
que nous avons connues peuvent être considérées comme la mesure de notre teneur en
humanité et devenir ainsi nos éveilleuses à plus d’humanité. Ce serait la meilleure façon
d’exploiter ces calamités pour grandir en humanité, transformant ainsi ces « maladies
collectives » en bonne introduction à l’ « art de vivre ensemble » !
5.
L’ART DE LA RELATION
L’homme est un nœud de relations : « Kubaho ni ukubana » (= vivre, c’est vivre avec).
Relation avec soi-même, avec ses semblables, avec la nature et avec la Source. La diversité des
formes de la relation devrait - ce n’est pas toujours le cas –concourir à l’épanouissement de
tout homme et de tout l’homme.
La
« relation originaire », la relation à la Source, donne le ton aux autres relations ; elle
débute par une vivante communication qui exige présence de l’homme à l’Etre. Le premier fruit
qu’il goûte est « la souvenance –Renaissance » consistant à se rappeler qu’il est membre uni à
l’ultime réalité, fils ou fille du créateur. Son ultime vérité devient alors « nous sommes Tous
Un ». C’est une évolution intérieure, un changement de regard qui affecte et change ses
valeurs, ses croyances, ses perceptions et ses relations.
A
partir de ce « rappel-réunification » (bien exprimé en anglais par le verbe « to
remember »), qui est le cœur de la réconciliation, la personne vit délibérément, c’est-à-dire en
pleine conscience du but de la vie : fournir des occasions de décider et d’expérimenter qui on
est vraiment. Elle vit conformément aux lois naturelles et en synergie avec tout ce qui est.
Toutes les relations et surtout les relations intimes sont pour elle des « espaces sacrés » de
croissance intérieure, une invitation à exprimer l’amour inconditionnel dans un climat dépourvu
d’obligation, d’attentes et de jugement. Car les obligations, les attentes, les jugements et la
jalousie sont les plus fortes barrières à l’amour inconditionnel, dont l’essence est la liberté.
La
personne humaine vit aussi au milieu de ses pairs, dans des relations médiatisées par
les institutions. Pour que la présence à l’Etre porte ses fruits dans la société globale, il y a
exigence d’éducation du peuple au patrimoine démocratique renvoyant à la fraternité, la liberté,
6
la justice et l’égalité. Cette éducation doit conduire l’habitant à devenir « citoyen », c’est-à-dire
la justice et l’égalité. Cette éducation doit conduire l’habitant à devenir « citoyen », c’est-à-dire
sujet qui participe à la vie de la cité, la vie « politique », en proposant et énonçant du neuf en
harmonie avec le « Nous Tous ».
Le citoyen, acteur de l’espace public (instance symbolique de la société civile) fait
recours aux compétences et intelligences que ladite éducation lui donne. Ainsi, se référant à
l’expérience, aux faits et aux valeurs, il est à même de mener un débat constructif
(intelligence argumentative). Il doit pouvoir raconter publiquement et prêter l’oreille à ce
que l’histoire reconnue 6 a tendance à occulter (intelligence narrative) ; il doit être capable de
bâtir un espace public médiateur et réparateur, permettant de prendre une option sur l’avenir
en se basant sur les valeurs et sur les principes et non sur des statistiques (intelligence
prescriptive) ;il doit enfin aussi être capable de réviser et de déconstruire les structures et les
codes imposés quand ils sortent de leur service à la vie et au bien commun (intelligence
déconstructive). Tout cela, il le fait dans l’intérêt du « Nous Tous » qui rassemble les vivants,
les morts, les hommes et femmes à naître et la nature qui est leur socle et leur habitat 7 .
Cette éducation populaire doit mobiliser les hommes et femmes des différentes
catégories autour d’enjeux sociétaux et permettre des actions solidaires pour une
transformation sociale positive. Ainsi, elle tente de conscientiser tous les citoyens à propos des
défis planétaires tels que les génocides et les massacres, le réchauffement de la planète, la
dégradation de la biodiversité, l’insécurité alimentaire, les manipulations génétiques, les
maladies, endémies, pandémies et épidémies ainsi que la mafia médicale qu’elles alimentent,
etc.
La maîtrise individuelle et collective de ce domaine de la relation est ainsi, de toute
évidence, au cœur du processus d’apprentissage de la bonne puissance pour plus de paix, de
justice et de réconciliation dans la société. Le point ici est de remarquer que quoi qu’essentiel, il
n’est pas isolé des autres domaines et reste donc non maîtrisable en dehors d’une démarche
holistique.
6 L’histoire reconnue est toujours moins étendue que l’histoire connue, elle-même plus étroite que l’histoire
racontée, elle-même plus circonscrite que l’histoire vécue.
7 Voir Majo HANSOTTE, Les intelligences citoyennes : Comment se prend et s’invente la parole collective, éd. De
Boeck Université, Bruxelles, 2002. Voir aussi J.ZIEGLER, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur
résistent, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2002. A la page 18, il écrit : « La démocratie n’existe vraiment que
lorsque tous les êtres qui composent la communauté peuvent exprimer leurs vœux intimes, librement et
collectivement, dans l’autonomie de leurs désirs personnels et la solidarité de leur coexistence avec les autres, et
qu’ils parviennent à transformer en institutions et en lois ce qu’ils perçoivent comme étant le sens individuel et
collectif de leur existence. »
7
6. L’ART DE LA PENSEE. Rien dans le monde des humains ne commence autrement que
6. L’ART DE LA PENSEE.
Rien dans le monde des humains ne commence autrement que par et dans la pensée.
Au commencement est le Logos. Tout ce que l’homme fait commence par être conçu dans sa
pensée. Ce qu’on pense et dont on parle finit par se réaliser. Il importe donc de veiller sur la
pensée, car c’est elle qui concocte notre destinée. On peut dire que nous devenons ce que nous
pensons.
On peut distinguer deux modes de penser, une bonne façon de penser d’une mauvaise.
«
Bon » et « mauvais » n’ont ici aucune connotation morale. Comme dans « bonne » puissance,
bon désigne ici « ce qui fonctionne », et mauvais ce qui « ne fonctionne pas ».
La bonne pensée, c’est-à-dire celle qui fonctionne, commence par l’écoute de la « parole
antérieure », celle portée par toutes les traditions culturelles et religieuses du monde et qui dit
l’ordre premier, ordre appelé « Volonté de Dieu », « Cosmologie » ou « Ordre de l’Univers », selon
les systèmes de référence. Elle commence donc par s’accorder à cette « lumière en amont » que
l’on peut nommer « Sagesse de Dieu » ou « principe d’humanité » pour désigner cette « relation
originaire » qui institue l’homme en son humanité.
La mauvaise pensée, c’est-à-dire celle qui ne nous mène pas où nous voulons aller,-à la
bonne puissance-, commence, elle, par se couper d’abord de cette « lumière en amont » en
prétendant devenir elle-même la source de son entendement. Elle commence par ne plus écouter
«
la parole antérieure », celle qui précède la pensée pour lui ouvrir un chemin qui ne soit fatal 8 .
Elle reste donc prisonnière des formes, puisque elle commence par fermer tout accès au « non-
manifeste », dont les formes ne sont précisément qu’une manifestation multiforme.
Le « non-manifeste », c’est en fait l’Etre ou la Vie. Voilà pourquoi la « mauvaise
pensée » ne peut qu’être meurtrière parce qu’elle s’attache aux formes tout en oubliant la vie qui
les « in-forme ». C’est ainsi qu’elle planifie tout pour « le profit » mais massacre la vie humaine, la
vie de la planète et la biodiversité. Sa logique est celle de la compétition, de la rigueur
malheureuse, de la confrontation et de la guerre.
La bonne pensée commence par nous faire revenir de là en éveillant en nous la
conscience que « Nous sommes tous un ». C'est cette conscience qui nous engage à conclure que
«
notre voie n’est pas la meilleure, c’est simplement une autre voie ». Une des qualités maîtresses
de la bonne pensée, c’est donc l’ouverture, la capacité de pluralisme, c’est-à-dire d’accorder un
espace d’expression et une oreille attentive à la pensée d’autrui. Fin, au commencement, de la
logique de la guerre.
Une autre qualité maîtresse de la bonne pensée consiste à discerner les bons choix,
puisque la vie résulte d’un ensemble de choix conscients ou inconscients. La bonne pensée est
donc critique, mais d’une critique constructive qui, au lieu de démolir son objet, l’élague et
l’émonde pour qu’il porte tous ses fruits. Elle commence donc par le percevoir sous son plus beau
jour et dans sa plus grande force. Elle critique non pour perdre, mais pour sauver de l’entropie.
Toujours dans la même optique, la bonne pensée ne peut être qu’une « pensée
pensante », au sens où elle ne peut se contenter d’avaler les pensées d’autrui. Elle refuse donc les
illusions dogmatiques et exige l'expérience propre. Elle fait appel à la liberté et non à la contrainte.
La bonne pensée enfin « philosophe à coups de marteau », comme disait Nietzsche !
Cela veut dire qu’elle fracture les « englobantes » 9 et n’hésite pas à pratiquer le « soupçon » vis-à-
8 Lire M.BELLET, Critique de la raison sourde, DDB.
9 Une « englobante », ou « interprétation englobante » désigne, chez M.BELLET, une vision du monde où tout a sa
place et qui fournit ainsi à l’homme des repères et « un monde habitable ». Voir dans La théorie du fou, DDB, 1977.
On peut donc dire qu’elle est comme le système stabilisateur de l’être humain au sens où, sans repères, on est
« déboussolé » et on devient fou. L’englobante comporte cependant des faiblesses structurelles, à savoir
8
vis des croyances et des idéologies en comparant le discours et la pratique pour déceler
vis des croyances et des idéologies en comparant le discours et la pratique pour déceler leur
fonction latente, celle qui conduit à dire pour ne pas dire et à montrer pour cacher. C’est
seulement à ce prix qu’elle peut aider à faire la lumière et la vérité, résolvant ainsi par la parole et
non par les armes les conflits qui opposent les frères humains.
7.
L’ART DE LA REALISATION DE SOI
Le but de la vie, c’est de « réaliser », rendre réel, expérimenter qui nous sommes
vraiment. Pour mieux le dire, voici cet excellent texte de Neale Donald Walsch :
« Tu dis qu’il est difficile de suivre la voie du Christ, de suivre les enseignements du
Bouddha, de tenir la lampe de Krishna, d’être un Maître. Mais Je te dis ceci : il est beaucoup
plus difficile de nier Qui Tu Es que de l’accepter. Tu es la bonté, la miséricorde, la compassion
et la compréhension. Tu es la paix, la joie et la lumière. Tu es le pardon et la patience, la force
et le courage, celui qui aide en cas de besoin, celui qui réconforte en cas de chagrin, celui qui
guérit en cas de blessure, celui qui enseigne en période de confusion. Tu es la sagesse la plus
profonde et la vérité la plus élevée ; la plus grande paix et le plus grand amour. Tu es cela. Et à
certains moments de ta vie, tu t’es connu en tant que tel. Choisis, à présent, de toujours te
connaître en tant que tel. » 10
« Se connaître dans son expérience quotidienne comme bonté et gratuité (en
kinyarwanda : kuryoha no gutanga »), c’est-à-dire comme humain au sens plein, c’est « habiter
parmi nous » comme « fils/fille de Dieu, plein de grâce et de vérité » (Evangile de Jean, 1, 14).
C’est cela, la réalisation de soi, tension fondamentale de la vie appelée par la théologie
catholique : ‘appel universel à la sainteté’ ».
Sachant qui on est vraiment (bonté, miséricorde, joie, acceptation, bénédiction,
gratitude, bref, amour inconditionnel comme Dieu -Nyamukundambere 11 ), on prend chaque
circonstance de la vie comme une occasion de manifester son soi dans l’histoire, une « pro-
vocation » (=appel en avant) de son être essentiel. C’est donc le quotidien qui est le lieu propre
de l’exercice de réalisation de soi.
Les circonstances contraires (ce qu’on appelle l’adversité) sont les plus propices à
provoquer notre réalisation, en vertu du principe que « faute de ce que tu n’es pas, ce que tu
es n’est pas » (dixit Dieu, dans les ouvrages de Neale Donald Walsch). Ainsi, ce qu’on appelle la
haine n’est qu’une provocation de l’amour( quand tu rencontres la haine, ton amour est
« appelé en avant »), les ténèbres une provocation de la lumière, le mal une provocation du
bien, la guerre une provocation de la paix, etc.
C’est dire que la réalité, the real stuff comme diraient les Anglais, c’est qui nous sommes
vraiment : bonté, gratuité. Le contraire (tout ce qui est appelé méchanceté et égoïsme dans
l’histoire des hommes) est une illusion destinée à provoquer l’expérience de notre bonté et de
notre gratuité, l’expérience de qui nous sommes vraiment. Quand on sait cela, on vit « dans le
l’enfermement de soi et l’exclusion d’autrui. Faiblesses qu’on ne peut vaincre que par effraction. Le « passage du
Christ » est précisément l’archétype de la fracture des englobantes, et c’est en cela qu’il est « bonne nouvelle pour
tout homme ». Lire ici L.NTEZIMANA, Libres paroles d’un théologien rwandais, p. 87-89.
10 Neale Donald WALSCH, Conversations avec Dieu, tome 1, édition de poche, p.111.
11 C’est le nom que je donne à Dieu et il signifie : « Celui dont la caractéristique est d’aimer le premier ».
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monde sans être du monde », ce qui est la meilleure façon d’y vivre, la
monde sans être du monde », ce qui est la meilleure façon d’y vivre, la seule d’y vivre heureux.
Quand on ne le sait pas on vit « dans l’illusion » au lieu de vivre « avec l’illusion ». On est alors
littéralement « perdu dans l’illusion », et on a besoin d’un « sauveur », quelqu’un qui nous sorte
du cauchemar, qui nous « éveille » en nous rappelant « qui nous sommes vraiment » et quel
est « le sens de la vie ».
Voilà pourquoi la réalisation de soi comporte deux aspects complémentaires comme les
deux faces d’une même monnaie : l’aspect « éveil de soi » et l’aspect « sauveur d’autrui ».
L’acte 1 du « Sauver le monde », c’est donc le « s’éveiller » ! Et « s’éveiller » n’est pas de
l’ordre de l’action, mais de l’ordre de l’être.
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