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L'introduction ("intro") est un moment très important dans une

dissertation : c'est le premier contact entre son rédacteur et le


lecteur/correcteur. Si l'on était au restaurant, on pourrait dire que
l'intro est le menu : s'il paraît pauvre, on a aucune envie de
rester...

Techniquement, l'intro est le moment où l'on accroche le lecteur, où


on l'amène vers le sujet, en lui exposant notre problématique,
avant d'annoncer le plan.

Avant de nous attarder sur chacun des points, lisons l'introduction


rédigée par une élève, dans le cadre de la dissertation sur la classe
ouvrière (cliquez ici pour accéder à l'article correspondant).

La “classe ouvrière” connaissait une hausse de sa


part dans la population active lorsque, à partir de
1975, les statistiques montrent que celle-ci
décline peu à peu. Une classe sociale est un
groupe socio-professionnel dans lequel les
individus ont conscience de leur appartenance, ces
groupes instaurent une hiérarchie. Par exemple, la
“classe ouvrière”, dont il est question, se situe en
bas dans l'échelle hiérarchique du fait du peu de
responsabilité dont elle dispose, du manque de
qualification et des salaires bas qui la caractérise.

Pourquoi la classe ouvrière connaît-elle un déclin


depuis les trente dernières années ? Y aurait-il
l'émergence d'une nouvelle classe ?

Dans un premier temps, nous constaterons et


expliquerons donc le déclin de la “classe ouvrière”
depuis les années 1970, puis dans un second
temps nous montrerons qu'une autre classe
émerge de ce phénomène.
1) On "accroche" le lecteur

C'est la première phrase, celle qui amorce le sujet. Il peut s'agir


d'un fait, d'une statistique, d'une citation (dans ce cas, bien préciser
son auteur, la date et l'intitulé de l'article, de l'ouvrage ou du
discours cité).
Dans cet exemple, l'accroche est celle-ci :

"La “classe ouvrière” connaissait une hausse de sa part dans


la population active lorsque, à partir de 1975, les statistiques
montrent que celle-ci décline peu à peu".

Elle s'appuie sur un fait (apogée des effectifs ouvriers au milieu des
années 70, puis déclin numérique), qui amorce clairement le sujet à
traiter.

2) On "amène" le sujet

Une fois amorcé, le sujet doit être amené, c'est-à-dire reformulé.


On peut en profiter pour définir les concepts centraux (obligatoire
dans une introduction !), ou bien on peut attendre l'énoncé de la
problématique.

"Une classe sociale est un groupe socio-professionnel dans


lequel les individus ont conscience de leur appartenance, ces
groupes instaurent une hiérarchie. Par exemple, la “classe
ouvrière”, dont il est question, se situe en bas dans l'échelle
hiérarchique du fait du peu de responsabilité dont elle
dispose, du manque de qualification et des salaires bas qui la
caractérise".

Ici, on voit que le sujet n'est pas vraiment amené, mais que les
définitions sont "plaquées" dans l'intro, un peu comme un "cheveu
dans la soupe". Il faut dire que placer des définitions finement est
très difficile, et que cette faculté vient avec le travail et l'expérience.

3) On expose la problématique

C'est l'élément le plus important de l'intro, qui doit en


occuper un bon tiers. Rappelons ce qu'est une problématique : un
ensemble de questions qui posent le problème correctement et
entièrement, en délimitant clairement le champ du sujet. Ce
questionnement doit englober tous les aspects du sujet, tout en
excluant ce qui ne relève pas du sujet.

Ici :
Pourquoi la classe ouvrière connaît-elle un déclin depuis les
trente dernières années ? Y aurait-il l'émergence d'une
nouvelle classe ?

Cette problématique est juste et fidèle au sujet. Mais elle aurait dû


être davantage développée, notamment sur la deuxième question
qui aurait pu être déclinée en deux questions (exemple : "Assiste-t-
on à une 'moyennisation' de la société française, ou à l'apparition de
nouvelles 'classes populaire') ?

4) L'annonce du plan

C'est l'élément le plus simple. En une phrase ou deux (courtes !),


on annonce ce que l'on va faire dans les deux ou trois parties du
plan. Celui-ci découle logiquement de la problématique, puisqu'aux
grandes questions que l'on se pose, on apporte une réponse en
deux ou trois temps.www.etab.ac-
caen.fr/gambier/siteses/fichiers/Dissertations/int_diss.html

Ici :

Dans un premier temps, nous constaterons et


expliquerons donc le déclin de la “classe ouvrière”
depuis les années 1970, puis dans un second
temps nous montrerons qu'une autre classe
émerge de ce phénomène.

Attention ! Certains élèves annoncent un plan, puis font ensuite


autre chose dans le développement. Erreur fatale !

Equilibre de l'introduction

Accroche : une phrase ou deux


"Amené" du sujet: deux ou trois phrases
Problématique : trois ou quatre phrases, un bon tiers de l'intro
Annonce du plan : une ou deux phrases

Pour réaliser un exercice interactifà partir d'une intro rédigée par


le professeur, cliquez sur l'image ci-dessous :

Souvent, la conclusion est hâtivement rédigée en fin de parcours et,


il faut le dire, parfois bâclée.
Pourtant, elle est très importante, car elle laisse le dernier goût "en
bouche", à la manière d'un grand millésime (à boire avec
modération et sans alcool pour les mineurs !). Elle permet de
vérifier que l'élève sait faire le point sur le fruit de sa réflexion,
prendre un peu de recul et pourquoi pas entrevoir ce qui pourrait
être le prolongement de cette réflexion.
Une conclusion doit donc être ainsi construite :
D'abord, faire le point sur les résultats de notre réflexion. L'heure
n'est plus aux questions, mais au bilan. Insistez sur ce que vous
avez prouvé et démontré, et employez le conditionnel pour les
arguments ou les démonstrations qui restent fragiles ou l'objet de
débats non tranchés.
Ceci fait, il est temps de finir. Les professeurs vous ont toujours
parlé de la fameuse phrase d'ouverture du sujet. En SES, vous
pouvez, par exemple, vous appuyer sur l'actualité pour attirer
l'attention sur l'un des enjeux à venir du débat, son prolongement
ou bien encore un élément proche du sujet, mais impossible à
traiter dans la dissertation étant donné la problématique.
Voici un exemple de conclusion, rédigée par le professeur pour le
sujet sur la classe ouvrière (voir les articles "apprentissage de la
dissertation").

Les ouvriers n'ont pas disparu, mais ils sont moins visibles. En
trois décennies, après avoir été la première force productive du
pays et la figure centrale de la société salariale, ils ont été
numériquement et sociologiquement laminés par la modernisation
technologique et managériale des entreprises, les délocalisations et
la perte de leurs repères traditionnels.
La classe ouvrière ayant déserté le discours social et politique,
qui la remplace ? Un premier point de vue insiste sur la
« constellation centrale » des classes moyennes, vaste ensemble
assez flou. Un second point de vue voit dans le regroupement des
ouvriers, des employés et des classes moyennes « déclassées »,
une « classe populaire » frappée par la précarité et la vulnérabilité
aux risques socio-économiques. Dans les deux cas se posent le
problème de la conscience de classe qui, selon Karl Marx ou plus
récemment Louis Chauvel, est nécessaire à l'existence d'une classe
sociale.
Les mouvements de grève de février 2008 chez les employés de
la grande distribution augurent peut-être d'une telle prise de
conscience...

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