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CORRIGE TYPE

Matière : HG20
Devoir n° : 03

Epreuve de recette du : 29/06/10 statut: 81

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Réponses
1.
L’ensemble documentaire met en évidence trois thèmes principaux : la mise en place d’une communauté villageoise dans
laquelle le travail de la terre est central (documents n°2 et n°5), la place de l’Église dans la société médiévale illustrée dans
l’enluminure (document n°1) et la photographie (document n°4). Enfin la question de la féodalité et des liens d’homme à
homme qu’elle élabore, est évoquée dans le document n°2.

2.
Le document 3 relate la naissance du village d’Ardres vers 1060. On assiste à Ardres, au départ désigné comme un lieu de
pâture et presque désert, au regroupement d’habitants venant d’Hénin, de Douai et de l’Écluse. Un personnage apparaît
central, le seul qui est nommé : le seigneur d’Ardres, Arnoul, perçu comme bienveillant, d’où le souhait des habitants de se
placer sous sa protection. En effet Arnoul lance l’édification d’un donjon et d’une muraille dans un souci de marquer sa
puissance militaire mais aussi apparemment d’accorder protection aux habitants d’Ardres. Il engage également des
constructions utiles aux paysans : des écluses près d’un moulin. Lorsque le village est organisé, les travaux de la terre occupent
majoritairement la population. La tapisserie de Bayeux (doc. 5) évoque deux temps successifs : les labours à la charrue et les
semailles. On remarque pour les labours, un paysan qui guide cette charrue, un animal (sans doute un âne) qui la tire, enfin un
autre paysan pour mener l’animal. La seconde partie de la tapisserie représente, de part et d’autre d’un cheval qui tire une
herse permettant d’aplanir le sol, un homme qui sème, tandis qu’un second personnage conduit le cheval.

3.
La croisade évoquée dans l’enluminure du document n°1 met en scène Saint-Dominique qui, en présence notamment
d’hommes d’Église, et guidé par une main divine qui descend du ciel, laisse tomber dans le feu un livre écrit par des hérétiques.
La fausse foi qui n’est pas enseignée par l’Église romaine, est détruite car dénoncée par Dieu. La photographie montre la nef de
l’abbaye de Fontenay en Côte-d’Or, en Bourgogne, abbaye de style roman qui appartient à l’ordre cistercien. Elle fut fondée en
1118 par Bernard de Clairvaux. On peut observer la manière dont la lumière du jour pénètre largement dans la nef, élément
recherché dans l’architecture cistercienne, comme guide de la prière quotidienne. Ces deux documents évoquent le dynamisme
de l’Église romaine qui, d’une part, souhaite éliminer ceux qui se détournent de son enseignement, d’autre part marquer
l’espace par la multiplication des lieux destinés à défendre cette foi.

4.
La lettre d’Eudes de Blois, en réalité sans doute écrite par Robert de Chartres, au roi Robert le Pieux vers 1022, relate un conflit
qui oppose les deux hommes. Le roi Robert souhaite enlever à Eudes un fief, c’est-à-dire ici des terres, sous le prétexte que ce
dernier n’a pas respecté l’engagement qui les lie. Le texte met en évidence la question de la féodalité. Un seigneur, le roi,
s’engage à concéder un fief à un vassal, Eudes, contre promesse faite devant témoins par celui-ci, de ne pas nuire à son
seigneur, de lui porter assistance et conseil je t’ai servi à la cour et de se soumettre à un service militaire appelé ost ou un
service à l’étranger. Ainsi des liens d’homme à homme s’organisent dans la société médiévale où l’honneur joue un rôle central.
Ici l'engagement revêt un caractère particulier puisque le seigneur est le roi qui, ne devant hommage à personne, se place en
haut de la société féodale. Pourtant le vassal Eudes réfute l’accusation portée contre lui et semble pour cela avoir usé de

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moyens radicaux qu’on peut percevoir éventuellement comme une forme de menace j’ai commis…des actes de nature à te
déplaire. Il cherche cependant ici à discuter avec son seigneur.

Réponse organisée : le texte proposé en gras correspond à l’apport de connaissances


personnelles, hors documents.
La société médiévale prend forme dans les différentes groupes qui la constitue, tout au long des XIe, XIIe et XIIIe siècles.

Les campagnes qui accueillent la très grande majorité de la population se structurent autour des villages, qui se
développent « à l’ombre du château du seigneur ». Celui-ci attire les nouveaux habitants en leur offrant non seulement la
protection derrière des murailles, à l’exemple de certains castelnaux du sud-ouest de la France, mais aussi les moyens
techniques tel le moulin ou encore le four ou le pressoir. Les paysans peuvent aussi exploiter des terres concédées par
le seigneur, les tenures, contre redevances. Ces équipements ne sont cependant mis à la disposition des paysans que
contre un paiement rendu obligatoire surtout quand le seigneur détient le monopole de ces installations. Ces banalités
sont parfois fort contraignantes. De plus la protection offerte par le seigneur entraîne d’autres contraintes telle
l’obligation de fournir des jours de corvées. Une relation de dépendance s’installe alors. Ce rapport seigneur-paysan
s’inscrit dans une hiérarchisation de la société : le seigneur domine la communauté villageoise.
Au-delà du château, les constructions qui marquent également la naissance du village sont le cimetière qui souvent
entoure l’église. Ces deux espaces sont des lieux de rassemblement privilégiés de la communauté paysanne.

L’évocation de la présence de l’église (bâtiment) au cœur du village est importante. Elle reflète la volonté de l’Église
(communauté des croyants) de s’imposer dans la société médiévale, comme premier ordre, devant ceux qui
combattent et ceux qui travaillent. La réforme engagée par la papauté, en vue de libérer l’Église de la tutelle des laïcs
et de moraliser les mœurs du clergé, s’inscrit dans cet objectif. Par ailleurs il faut souligner la multiplication des abbayes
notamment celles de l’ordre cistercien qui se développe à partir de 1098 en se référant à la règle de Saint-Benoît. L’abbaye
de Fontenay en Bourgogne ou d’autres comme l’abbaye de l’Épau dans le Maine traduisent le désir de certains de s’isoler
du monde afin, dans un cadre de vie marqué par la recherche de la simplicité voire de la pauvreté, de s’adonner à la
prière, à la lecture de la Bible, mais aussi au travail manuel. L’architecture des abbatiales illustre l’esprit de l’ordre, de
grandes verrières permettent d’éclairer les lieux de la lumière divine. La recherche de la simplicité est visible à l’intérieur
comme à l’extérieur des bâtiments notamment dans l’architecture du chevet à plat des églises. Mais l’Église use de
moyens plus radicaux contre ceux qui se détournent de la vraie foi comme les hérétiques. Parmi eux, les Albigeois ou
Cathares sont poursuivis et persécutés dans le cadre d’une croisade menée notamment à Toulouse et Carcassonne.
Cette dénonciation peut cependant prendre une forme moins brutale à l’exemple des disputes ou débats engagés par Saint-
Dominique avec des hérétiques. Ceux-ci perdent, au final, toujours la partie et leurs écrits sont destinés à être brûlés. Ainsi
voit-on une Église immergée dans la société médiévale, qui participe à sa réorganisation et s’impose comme le
premier ordre.

Un autre élément central bien que n’affectant qu’une minorité de la population concerne la féodalité. Elle lie un seigneur à son
vassal par des engagements réciproques. Le premier doit remettre un fief (terres, revenus) au second qui, en échange, apporte
assistance, conseil et service. Cette relation est connue notamment grâce à des textes qui décrivent la cérémonie de
l’engagement et de l’investiture (remise du fief). Parmi les auteurs, certains se distinguent à l’exemple de Fulbert de Chartres
considéré comme un spécialiste de ce type de question et lui-même seigneur. Parfois les documents évoquent un
désaccord entre les deux parties. En cas de non respect de l’engagement, le vassal peut voir son fief confisqué. La relation
seigneur-vassal est l’occasion pour les rois, à l’exemple de Robert le Pieux, de se placer en haut de la pyramide féodale
puisqu’il ne doit hommage à personne, et de contrôler ainsi la noblesse. La féodalité est donc elle aussi, agent de
l'organisation et de la hiérarchisation de la société féodale.

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