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Paul Géhin

Stig Frøyshov

Nouvelles découvertes sinaïtiques. À propos de la parution de


l'inventaire des manuscrits grecs
In: Revue des études byzantines, tome 58, 2000. pp. 167-184.

Résumé
REB 58 2000 France p. 167-184
PauL Géhin et Stig Frøysen, Nouvelles découvertes sinaïtiques. A propos de la parution de l'inventaire des manuscrits grecs. —
Cet article rend compte de l'Inventaire des manuscrits grecs découvert au Mont Sinaï en 1975. Il met en valeur l'importance de
ces découvertes pour l'histoire de la liturgie, notamment palestinienne, et apporte des compléments substantiels concernant le
regroupement des fragments et l'identification des textes.

Abstract
The article reviews the recently published Inventory of the Greek manuscripts discovered on Mount Sinaï in 1975. It highlights the
importance of this discovery for liturgical history, especially in Palestine, and offers substantial supplements concerning the
reunification of fragments and the identification of texts.

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Géhin Paul, Frøyshov Stig. Nouvelles découvertes sinaïtiques. À propos de la parution de l'inventaire des manuscrits grecs. In:
Revue des études byzantines, tome 58, 2000. pp. 167-184.

doi : 10.3406/rebyz.2000.1990

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_0766-5598_2000_num_58_1_1990
NOUVELLES DECOUVERTES SINAÏTIQUES :
À PROPOS DE LA PARUTION
DE L'INVENTAIRE
DES MANUSCRITS GRECS l

Paul GÉHIN et Stig FR0YSHOV

Summary : The article reviews the recently published Inventory of the Greek manusc
riptsdiscovered on Mount Sinai" in 1975. It highlights the importance of this discovery
for liturgical history, especially in Palestine, and offers substantial supplements concer
ning the reunification of fragments and the identification of texts.

La découverte d'un dépôt jusqu'alors inconnu de manuscrits au


monastère Sainte-Catherine du Sinaï date de mai 1975. Tenue secrète
jusqu'en 1978, la découverte fut présentée au VIIe Congrès de la FIEC
(Budapest 1979) par le Professeur Linos Politis2, et un peu plus tard, au
XVIe Congrès International des Études Byzantines (Vienne 1981), par
Monseigneur Damianos, archevêque du Sinaï3. Elle intéresse surtout les
cinq domaines linguistiques suivants : grec, arabe, géorgien, syriaque et

1. Monseigneur DAMIANOS, Archimandrite SÔPHRONIOS, Basileios I. Peltikoglou,


Panaghiôtès G. NlKOLOPOULOS, Ta νέα ευρήματα τοϋ Σινά — 'Ιερά Μονή και
'Αρχιεπισκοπή Σινά. 'Υπουργείο Πολιτισμού - "Ιδρυμα "Ορους Σινά, Athènes 1998
— 21 χ 28. α'-ις'+ 288 p. et 240 planches (planches 1-44 en couleur et 45-240 en noir et
blanc).
2. L. POLITIS, Nouveaux manuscrits grecs découverts au Mont Sinaï. Rapport prélimi
naire,Scriptorium 34, 1980, p. 5-17 et planches 1-9. Les planches donnent souvent des
photos partielles, sans indication de cotes, puisqu'elles n'avaient pas encore été attribuées.
Dans les mêmes années ont paru plusieurs articles de J. H. Charlesworth. Nous ne retien
drons que la monographie intitulée : The New Discoveries in St. Catherine's Monastery :
A Preliminary Report on the Manuscripts by J. H. CHARLESWORTH assisted by Georges
Themelis ZERVOS with a foreword by David Noel Freedman, parue en 1981. Cette bro
chure donne 7 planches qui recoupent en partie celles de Politis (voir la table de concor
danceplacée à la fin de cet article).
3. Monseigneur DAMIANOS, Εΐσηγησις έπι των νεωστι ευρεθέντων παλαιών
χειρογράφων έν τΐ) Ίερα Μονΐ) Σινά, JOB 32, 4, 1982, ρ. 105-116.

Revue des Études Byzantines 58, 2000, p. 167-184.


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slave. Aux trois catalogues déjà parus et concernant les fragments


arabes 4, slaves 5 et syriaques 6 vient à présent s'ajouter un nouvel invent
aire, celui des manuscrits grecs. Il précède de peu le catalogue des
manuscrits géorgiens dû à M. Zaza Aleksidzè, dont la publication est
imminente. L'inventaire des fragments grecs était déjà prêt en 1978,
mais diverses difficultés en ont retardé la parution 7.
La description proprement dite est précédée de plusieurs exposés limi
naires : une introduction de l'archevêque du Sinaï, Mgr Damianos (p. 3-
24), un extrait du journal du skévophylax de la bibliothèque, l'archimand
rite Sôphronios, couvrant la période des découvertes (p. 27-49), un
exposé de M. Peltikoglou sur le travail de conservation et de restauration
(p. 53-67), et enfin une introduction du Pr. Nikolopoulos sur les manusc
rits proprement dits, présentant les principes de catalogage et mettant en
valeur les principaux centres d'intérêt de ces découvertes (p. 71-137).
L'inventaire occupe les pages 141-264. Après les index d'usage (p. 269-
288) viennent 240 planches, dont les 44 premières sont en couleur.
Le Pr. Nikolopoulos distingue 836 unités codicologiques 8 ainsi répar
ties: 113 manuscrits en écriture majuscule, signalés par la cote ΜΓ (sur
parchemin, à l'exception de 19 d'entre eux sur papier ; 17 sont des rou
leaux liturgiques), 211 manuscrits en écriture minuscule sur parchemin
(cote M), 432 en minuscule sur papier (cote X) et 80 rouleaux liturgiques
en écriture minuscule (cote Ε ; ceux-ci étant soit sur papier soit sur par
chemin ; on compte dans le lot un imprimé). On note ainsi que le premier
critère de classement est paléographique. Un premier tri a consisté à
séparer les manuscrits écrits en majuscule des manuscrits écrits en
minuscule. Les manuscrits en écriture minuscule, les plus nombreux, ont
été à leur tour divisés en fonction de leur forme (codices ou rouleaux), et
pour les premiers seulement (les codices) selon le support (parchemin ou
papier).

4. I. E. MeïMARÈS, Κατάλογος των νέων αραβικών χειρογράφων τΐίς Ίερας


Μονής 'Αγίας Αικατερίνης του 'Όρους Σινά, Athènes 1985 (en grec et en arabs).
Voir c. r. B. Flusin, REB 45, 1987, p. 234-235.
5. I. X. TARNANIDÈS, The Slavonic Manuscripts discovered in 1975 at the St.
Catherine's Monastery at Mount Sinai, Thessalonique 1988.
6. S. P. BROCK, Catalogue of Syriac Fragments (new finds) in the Library of the
Monastery of Saint Catherine, Mount Sinai, Athènes 1995. Ce catalogue ne traite que les
petits fragments sur parchemin, qu'ils soient en syriaque ou en christo-palestinien. Les
parties de manuscrits plus importantes seront inventoriées par sœur Philothée.
7. Plusieurs savants ont pu consulter les épreuves de cet ouvrage bien avant sa parut
ion. Des travaux récents ont utilisé les ressources de ce nouveau fonds. Citons-en deux
que nous retrouverons à plusieurs reprises dans la suite : D. HARLFINGER, D. R. REINSCH,
J. A. M. SONDERKAMP (in Zusammenarbeit mit G. PRATO), Specimina Sinaitica. Die
datierten griechischen Handschriften des Katharinen-Klosters auf dem Berge Sinai, 9. bis
12. Jahrhundert, Berlin 1983 ; K. ALAND, Kurzgefasste Liste der Griechischen
Handschriften des Neuen Testaments. Zweite neubearbeitete und ergänzte Auflage, Berlin
1994.
8. Cela va du feuillet unique au manuscrit complet.
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 169

La formule retenue est volontairement succincte, et les informations


données présentent, selon les fragments, divers degrés de précision
(signalés par différents jeux typographiques). L'analyse pourra être
menée à son terme lorsque la restauration de tous les fragments sera
achevée. Les indications essentielles sur le document 9 sont suivies d'une
rapide description du contenu, souvent réduite à un titre pour les textes
anonymes ou à un nom d'auteur. Les titres ou les incipits des œuvres
n'apparaissent que de façon exceptionnelle. En revanche, tous les colo
phons sont transcrits 10. Enfin, la présence d'éléments décoratifs fait
l'objet d'une rapide mention. Il va sans dire que les spécialistes du livre
byzantin et les éditeurs de textes resteront souvent sur leur faim. Dans
bien des cas il n'aurait pas été très difficile de donner quelques préci
sions supplémentaires.
Un des grands intérêts de cette publication réside dans le nombre des
planches, en général d'excellente qualité. La plupart (au nombre de 240)
sont hors-texte, mais on en trouve encore plusieurs (32) dans le corps du
texte u. En tenant compte des unes et des autres, on arrive aux chiffres
suivants : pour les onciaux, 87 mss photographiés sur 113 ; pour les mss
en écriture minuscule sur parchemin 47 sur 211 ; pour les mss en écriture
minuscule sur papier 93 sur 432 ; pour les rouleaux en écriture minuscule
28 sur 80. Il est exceptionnel de trouver deux photos d'un même manuscr
it. Les planches reproduisent aussi quelques documents qui sortent du
champ strict de cet inventaire : manuscrits de l'ancien fonds liés aux
nouvelles découvertes (photos 40 et 236), nouvelles découvertes dans les
autres langues (photos 41-44), papyri (photos 45-47), fragments grecs
non numérotés (photos 118 et 237), imprimés (photos 238-240). On relè
vera une omission : pour l'évangéliaire ΜΓ 12 le renvoi aux planches 2
et 53 manque, et deux erreurs : la planche 210 ne reproduit pas le ms. X
337, mais le ms. X 377 ; la photo de la p. 252, censée donner une repro-

9. On regrettera que le nombre de lignes ne soit pas indiqué, car cette précision, combi
née avec celle du format, aurait permis des rapprochements intéressants, voire des regrou
pements.
10. Certains mériteraient d'être complétés, comme celui du ms. X 90, qui est composé
de dodécasyllabes byzantins (le troisième et le dixième vers comportant par erreur plus de
12 syllabes). On peut reconstituer en grande partie les 12 premiers vers :
[Εΐληφ]εν τέρμα, βίβλος ΐδε [συν πό]θω·
ΧειρΙ γραφείσα, [τοΰ παν]αθλϊωτάτου·
Συμε[ών άμαρτ]ωλοΰ, και ξένου τοις [...]·
[Εις τά]ς χειρ(ας) απτοντες, ταύ[την τη]ν βίβλον
Εύχήν [ ...]ισάξατε, τώ γεγραφώτι·
[Ει κ] α! τι έσφάλθη μοι, εξ ά[μαθ]εΐας·
ΚαΙ γαρ τη τέχνη, [άμα]θης είμι λίαν
Των άν[τιστοί]χων, λέγω δη και ττν(ευμάτ)ων
[Τον μ]ακαρισμόν, εκ πόθου [νείμ]ατέ μοι-
"Οπως δϊά τοις εύχας, τύχω της βασιλείας-
Καν της [μερί]δος, τύχω της των έ[ρίφων]·
Της των προβά[των, . ]αξον ώς εύεργέτ[ης]·
11. Nous ne comptabilisons pas les photos données dans l'Introduction.
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duction du rouleau Ε 1, est une partie agrandie de la photo 227 qui repro
duitle rouleau Ε 28.

I. L'importance des découvertes

L'importance de ces découvertes n'est plus à démontrer. Elles ont mis


au jour de nouveaux feuillets du Sinaiticus de la Bible du 4e s. (ΜΓ 1) ou
du Psautier Uspenskij de 862/863 (ΜΓ 33), une paraphrase de l'Iliade
due à l'higoumène Sophronios, futur patriarche d'Alexandrie (ΜΓ 26) 12,
un manuscrit de Jean Climaque de peu postérieur à l'auteur de la célèbre
Scala Paradisi (ΜΓ 71) 13. Les centres d'intérêt sont multiples. Ils
concernent d'abord la fabrication des livres byzantins et la paléographie
grecque, surtout pour la période ancienne mal documentée (avant le
10e s.). On note par exemple, dans toute une série de manuscrits du
9e siècle en écriture «ogivale» penchée, la même façon de numéroter les
cahiers : en haut du premier recto, une croix à l'angle gauche et le
numéro à l'angle droit, et en bas du dernier verso, le numéro dans l'angle
inférieur interne, dans le prolongement des lignes de justification 14.
Cette façon de faire peut correspondre aux habitudes d'une époque ou
bien à des habitudes régionales. Le nombre des rouleaux liturgiques
retrouvés est si important que le Sinaï devient le premier dépôt de ce
type de livres. Nous étions habitués jusqu'à présent à rencontrer sous
cette forme surtout les trois liturgies (Jean Chrysostome, Basile,
Présanctifiés). Nous avons désormais d'autres pièces liturgiques
(Paraclétique, Heirmologion, etc). Certains de ces rouleaux à développe
ment vertical sont complets et exceptionnellement bien conservés. Les
différents kollêmata dont ils sont formés sont cousus ou collés. Plusieurs
rouleaux sont écrits sur les deux faces 15. Les fragments donnent aussi un
large échantillon d'écritures onciales d'époque ancienne (surtout pour la
période 8e-10e s.) et plusieurs spécimens de minuscule primitive. Nous
n'insisterons pas sur ce point déjà bien mis en valeur par le rapport de
Linos Politis et par l'Introduction de P. Nikolopoulos (p. 94-104). Une
des écritures les plus surprenantes, et qui semble d'origine locale, est
cette écriture onciale mixte incorporant le tracé minuscule de certaines
lettres, à cheval sur le 9e et le 10e siècle, pour laquelle P. Nikolopoulos
propose la dénomination de majuscula demotica sinaitica (p. 101).
Vingt-neuf manuscrits comportent une date, quarante-trois un nom de

12. L'édition en est préparée par P. Nikolopoulos. L'étude récente de M. J. APTHORP,


New Light from Mount Sinai on the Text of the Iliad, Zeitschrift fur Papyrologie und
Epigraphik 127, 1999, p. 141-148, repose uniquement sur les photos publiées par Politis
(pi. 8b) et Charlesworth (pi. vi).
13 . Sur ces pièces remarquables, voir Introduction, p. 1 16-128.
14. ΜΓ 5, 7, 10, 18, 51 et 57 (photos 49, 50, 52, 57, 73 et 77).
15. Ils sont presque toujours copiés tête-bêche, si bien que l'écriture portée au dos
apparaît, sur les parties enroulées, dans le même sens que l'écriture du texte qu'on est en
train de lire. Il arrive qu'il y ait changement de copiste d'une face à l'autre (voir ΜΓ 81).
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 171

copiste 16. La datation des manuscrits grecs dépourvus d'indication chro


nologique est un exercice difficile, surtout pour les écritures majuscules.
On notera des divergences d'appréciation entre L. Politis et P.
Nikolopoulos. À plusieurs reprises, nous sommes également en désac
cordavec la date proposée. Voici quelques exemples :
- ΜΓ 97 : ms. arabo-grec des Évangiles. L'onciale grecque semble du même
copiste que celle du fragment ΜΓ 102 ; en revanche pour l'arabe il y a deux
copistes différents. L'utilisation d'une écriture arabe de type naskhi ne permet
pas de proposer une date aussi haute que le 9e s.
- X 231 et Ε 17 ont le même style de décoration. Le premier est daté du 12e-
13e s. et le second du 12e s. Il faudra harmoniser les dates, d'autant plus que le
codex (Psautier) et le rouleau (Liturgie de S. Basile) semblent bien dus à un seul
et même copiste.
- Ε 28, Ε 60 et Ε 68 sont trois rouleaux apparentés à la fois par le contenu
(Liturgie de Chrysostome), le style d'écriture (dérivé du style des Hodèges) et la
décoration. Il se pourrait même qu'ils soient dus au même copiste. La date pro
posée 13e- 14e s. ne peut être retenue ; il faut plutôt penser à la fin du 14e s.
Les palimpsestes, en nombre important, représentent une autre
richesse de ces découvertes (liste, p. 286). L'écriture inférieure est la plu
part du temps grecque (majuscule ou minuscule, dans des proportions
égales). Il arrive que le texte inférieur soit encore suffisamment apparent
pour pouvoir être identifié sans difficulté. On reconnaît par exemple sur
la photo 60, qui reproduit un bifeuillet de ΜΓ 24, le Ps. 17, versets 5-1 la
(sur le recto). Un des manuscrits réutilisés était donc un Psautier, en
onciale biblique. Cinq palimpsestes réutilisent des feuillets de manuscrits
syriaques. Dans les trois cas où la vérification est possible (ΜΓ 32,
M 167 et M 21 1), il s'agit de christo-palestinien (ou araméen melkite), et
non de syriaque édessénien. Dans un manuscrit, le texte inférieur serait
éthiopien.
Pour terminer, nous voudrions attirer l'attention sur les fragments
bilingues, en général arabo-grecs. Là encore certaines précisions manq
uent, et l'absence de photo ne permet pas de se déterminer. Pour nous
en tenir aux manuscrits dont les deux écritures sont strictement contemp
oraines, deux possibilités se présentent : ou bien les textes se font face
sur la même page ou bien ils alternent 17. Comme exemples de la pre-

16. Dans le ms. X 13, il manque le prénom du copiste, ou plus précisément du correct
eur.Le colophon peut être reconstitué comme suit : Τ[έλος των λ]ειτουρ[γιών] του
θείου Χρϋσοστ[όμου και του μεγάλου] Βασιλείου και [των προηγιασμένων]
διορθωθεισών παρ[ά ]ους ιερομόναχου Κυπρίου, Λογαρα. Le prénom de ce per
sonnage, originaire de Chypre, se terminait par -ους au génitif. Seuls deux prénoms
paraissent possibles : Θεοφάνης et Μητροφάνης. Comme il n'y a la place que pour 6
lettres, le second paraît trop long (à moins qu'il n'ait été abrégé).
17. Pour l'alternance, voir par exemple le Lectionnaire du Nouveau Testament Sankt-
Peterburg, BNR, gr. 44 (reproductions dans J. B. THIBAUT, Monuments de la Notation
Ekphonétique et Hagiopolite de l'Eglise Grecque. Exposé documentaire des manuscrits
de Jérusalem, du Sinaï et de l'Athos conservés à la Bibliothèque Impériale de Saint-
Pétersbourg, Saint-Pétersbourg 1913, figures 12-13, p. 18-19).
172 PAUL GÉHIN ET STIG FR0YSHOV

mière pratique, la seule qui soit représentée sur les photos, nous avons le
superbe Praxapostolos ΜΓ 2, le Psautier ΜΓ 9 (Politis, pi. 4a) et les
Évangéliaires ΜΓ 97 et 102 18.

IL Les regroupements

Ces trouvailles ont une valeur inestimable. Il faut pourtant reconnaître


que la part de ce qui est entièrement neuf ne s'élève pas à ce chiffre
impressionnant de 836 unités. D'abord plusieurs fragments ont été sépa
résà tort, et il faut procéder à des regroupements. Ensuite d'autres frag
ments sont des parties détachées de manuscrits de l'ancien fonds ou de
manuscrits sinaïtiques aujourd'hui dispersés 19. Certains manuscrits
onciaux dont on a ici des fragments proviennent aussi de manuscrits
dépecés par les relieurs et dont on retrouve des éléments épars dans les
feuilles de garde des manuscrits de l'ancien fonds. Un travail de récole-
ment avec l'ancien fonds s'impose donc. Aux quelques exemples déjà
signalés 20 nous voudrions ajouter les suivants :
- ΜΓ 5 et ΜΓ 56 : Tropologion (voir ci-dessous Manuscrits liturgiques).
- ΜΓ 9:117 feuillets provenant du Psautier gréco-arabe Sin. gr. 36 21.
- ΜΓ 13 : 29 feuillets provenant de l'Évangéliaire Sin. gr. 215, comme l'a bien
vu Aland (/ 849). Il faut encore lui ajouter 6 feuillets qui se trouvent à Saint-
Pétersbourg (BNR, gr. 43 = Aland, / 248) 22.

18. Il faut aussi déchiffrer les notes arabes de donation et de possession qui intéressent
l'histoire de la bibliothèque sinaïtique. Nous avons ainsi la chance d'avoir parmi les
reproductions de ce volume, à quatre reprises, la note de donation (habs) d'un même per
sonnage, un certain Sâ'id ibn Daniel ibn Bishr : ΜΓ 25 (Grégoire de Nazianze, photo 6),
M 153 (manuscrit juridique, photo 140), X 145 (Évangéliaire, photo 186) et Sin. gr. 497
(Collection homilétique et hagiographique, photo 40). Chaque note comporte trois
parties : indication de contenu, formule de consécration au Sinaï avec le nom du donateur,
formule de malédiction à Γ encontre de celui qui fera sortir le livre hors du Sinaï («Celui
qui l'en fera sortir, que Dieu Très-Haut le condamne et lui fasse partager le sort de Judas
l'Iscariote»). À en juger par la qualité de ces quatre exemplaires, ce personnage devait
avoir une belle bibliothèque. Son nom doit probablement figurer sur d'autres manuscrits
de l'ancien fonds.
19. Beaucoup de ces membra disjecta se trouvent à la BNR de Saint-Pétersbourg, pro
venant des collections Tischendorf et Uspenskij.
20. Regroupements déjà effectués en plus de ceux du Sinaiticus de la Bible et du
Psautier Uspenskij : ΜΓ 12 et Sin. gr. 210 (Specimina Sinaitica, p. 13-14). ΜΓ 23 et
feuilles de garde du Sin. gr. 497, M 17 et Sin. gr. 926 (Inventaire, Introduction, p. 115).
ΜΓ 13 et Sin. gr. 215 (Aland, / 849), ΜΓ 34 et Sin. gr. 214 (Aland, / 848), ΜΓ 70 et
Petropolitanus gr. 9 (Aland, 0285), X 125 et 424 et ff. 233-199 du Sin. ar. 124 (Aland, /
1773), X 285 et Sin. gr. 272 (Aland, / 894).
21. Photo d'un feuillet complet chez Charlesworth, pi. IV, et de la partie supérieure du
même feuillet chez Politis, pi. 4a. On lit sur la photo la deuxième Ode biblique qui
reprend le Cantique de Moïse de Deutéronome 32.
22. Un de ces feuillets est reproduit par THIBAUT, Op. cit., fig. 22, p. 41.
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 173

- ΜΓ 34 : 4 feuillets provenant de l'Evangéliaire Sin. gr. 214, comme l'a déjà


signalé Aland (/ 848). Il faut encore lui ajouter un feuillet de Saint-Pétersbourg
(BNR, gr. 36 = Aland, / 245) 23.
- ΜΓ 61 : Pinax d'un Panégyrikon qui semble bien être le célèbre Sin. gr. 492,
mutilé au début et à la fin (comparer avec l'analyse du contenu donnée par
Ehrhard, Überlieferung I, p. 136) 24.
- ΜΓ 65 et ΜΓ 101 : ces feuillets en majuscule alexandrine proviennent du Sin.
gr. 293, Praxapostolos copié en 1053 par le sous-diacre Basile, à Dalisandos 25.
- ΜΓ 66 et ΜΓ 69 : textes hagiographiques et apocryphes (voir ci-dessous
Identification).
- M 136 et M 156 : Éphrem et Nil (voir ci-dessous Identification).
- M 160 : fragment de Tropologion qui forme le début du Sin. gr. 638.
- M 177 : copié en Italie méridionale, cf. l'initiale omicron en forme de rondelle,
caractéristique de cette région. Ces fragments de Dorothée de Gaza proviennent
de la seconde partie, à pleine page, du Sin. gr. 41626.
- M 186 : fragments d'un lexique du type Etymologicum Gudianum, complétant
le Sin. gr. 1201 et le Petropol. BNR gr. 11427.
- X 38 et X 372 proviennent certainement d'un même manuscrit (voir ci-des
sous).
- X 203 et X 362 proviennent d'un même Prophétologion (même format, même
écriture). Photo 199 = 8e lecture pour Noël (Isaïe) ; 1ère et 2e lectures (Genèse
et Exode) pour l'Epiphanie (éd. Höeg-Zuntz, fasc. 1, p. 47-49 et 57-59) ; photo
209 = 1ère lecture (Isaïe) du lundi de la semaine des Rameaux (éd. Höeg-Zuntz,
fasc. 4, p. 3 12-3 13)28.

23. Feuillet reproduit par THIBAUT, fig. 20, p. 39. Le Sin. gr. 214 est dû à deux
copistes : le premier a copié les ff. l-28r et le second les feuillets restants. Les feuillets
nouvellement découverts et le feuillet de Saint-Pétersbourg sont de la main du premier
copiste.
24. L'invocation qui termine cet index, en partie rongée par les souris, se laisse reconst
ituersans difficulté : ΚΑΤΑ ΤΗΝ ΑΓΑ[ΠΗΝ ΤΟΥ] Χ(ΡΙΣΤΟ)Υ ΕΥΞΑΣΘΑΙ (pro -
σθε) ΥΠ[ΕΡ ΤΟΥ ΓΡΑ]ΦΑΝΤΟΣ ΑΜΑΡΤΩ[ΛΟΥ]. Il est dommage que le copiste n'ait
pas pris la peine de mentionner son nom. Si le pinax est complet, il permettra de connaître
ce que contenaient les parties aujourd'hui disparues. Sur ce ms. transmettant un grand
nombre de textes rares, voir en dernier lieu M. VAN ESBROECK, Deux feuillets du
Sinaiticus 492 (VIIIe-IXe siècle) retrouvés à Leningrad, An. Boll. 96, 1978, p. 51-54.
25. Specimina Sinaitica, p. 30-31 et pi. 60-63. Comme le signalent les auteurs de ce
dernier recueil, deux autres feuillets se trouvent aussi à la BNR de Saint-Pétersbourg
(gr. 318). Faute d'avoir été regroupés, les éléments du même manuscrit figurent sous trois
numéros dans le répertoire d' Aland (1 1443, / 2229 et / 2230).
26. Sur ce représentant de la tradition italo-grecque de Dorothée de Gaza, voir L.
Regnault - J. de Préville, SC 92, p. 99.
27. Voir R. REITZENSTEIN, Geschichte der Griechischen Etymologika, Leipzig 1897,
réimpr. Amsterdam 1964, p. 72 (sigle e). Tous nos remerciements à M. Jean Schneider
qui nous a confirmé qu'il s'agissait bien de l'Etymologicum Gudianum et qui nous a indi
qué la référence au livre de Reitzenstein.
28. Dans plusieurs cas, nous soupçonnons des regroupements, mais nous ne disposons
pas des éléments suffisants pour pouvoir l'affirmer. Voici quelques cas : M 124 et Sin.
gr. 791 (Paraclétique) ; M 133 et Sin. gr. 1096 (Typikon liturgique) ; M 144 et Sin. gr. 784
(Paraclétique) ; X 25 et X 42 (Vie d'Antoine ); Ε 25 et Ε 42 (Liturgie de Saint Marc).
1 74 PAUL GÉHIN ET STIG FR0 YSHOV

III. Identification de quelques textes patristiques et byzantins.

Un certain nombre de textes sont désignés de façon vague (par ex.


λόγοι πατέρων) ou erronée (X 372 λόγος ήσυχαστικός). Nous avons
essayé de poursuivre le travail d'identification tantôt à partir des photos,
tantôt à partir des incipits. Plusieurs textes anonymes vont ainsi retrouver
un nom d'auteur. Ils appartiennent presque tous à la littérature patristique
traditionnelle. Jean Chrysostome se taille comme il se doit la part du
lion. Nous n'avons pas rencontré de textes rares, mais plusieurs frag
ments onciaux représentent une tradition plus ancienne que celle qui était
connue jusqu'alors. Beaucoup d'extraits patristiques proviennent de ces
grandes Collections homilétiques et hagiographiques si bien analysées
par Mgr Ehrhard 29.
- ΜΓ 6 : photo, p. 143 = Éphrem, fin du De festis diebus (ESO III, 12 D-F) et
début des Interrogationes et responsiones (ESO III, 104 Ε).
- ΜΓ 10 : photo 52 = Jean Chrysostome, Horn. 56 sur Matthieu (PG 58, 549,
lignes 19-33)
- ΜΓ 30 : photo 63 = sur le recto du bifeuillet, extrait du Pseudo-Athanase,
Contra Apollinarem I (PG 26, 1105 A14-B4) ; un extrait aux contours voisins se
trouve dans la Doctrina Patrum. Le verso du bifeuillet semble provenir d'une
homélie sur le bon larron (J. Paramelle)
- ΜΓ 43 : photo 69 = Éphrem, fin du De virtutibus et vitiis (ESO I, 18 B5-D) et
début du Ad correctionem eorum qui vitiose vivunt et honores appetunt (ESO I,
111D-E5)
- ΜΓ 46 : photo 70 = Grégoire de Nysse, Encomium in S. Stephanum protomar-
tyrem I (GNO X.l, p. 76, 1. 5 - 77, 1. 2)
- ΜΓ 48 : feuillet isolé, dans cette onciale mixte si caractéristique, donnant un
fragment de l'Échelle de Jean Climaque (photo 71 = gradus XXVIII, PG 88,
1129B5-D1).
- ΜΓ 69 : ce feuillet isolé donne le début de l'Apocalypsis Iohannis apocrypha
altéra (Aldama 439 ; CANT 332), attribuée à Jean Chrysostome, qui traite sous
la forme d'un dialogue entre le Christ et Jean l'Évangéliste de questions litu
rgiques. Il ne fait guère de doute que la suite du texte se trouve dans le fragment
ΜΓ 66 (pour lequel il n'y a pas de reproduction).
- ΜΓ 78 : photo 92 = Jean Chrysostome, Horn. 1 De Davide et Saule (PG 54,
679, lignes 30-47).
- ΜΓ 95 : photo 105 = sur le verso du bifeuillet, fin des dix chapitres sur les ver
tus, attribués selon les cas à Nil, à l'abbé Moïse ou à l'abbé Poimen30 ; sur le
recto, apophtegme Macaire 3 (PG 65, 261 A-B4).
- ΜΓ 103 : photo 14 = Jean Chrysostome, début de l'homélie De salute animae
(PG 60, 735 ; sous le nom d'Éphrem, ESO III, 308).

29. Là encore, nous ne disposons pas des éléments suffisants pour décider à quelle col
lection ils se rattachent.
30. Voir C. GuiLLAUMONT, SC 170, p. 222-223.
NOUVELLES DECOUVERTES SINAÏTIQUES 175

- ΜΓ 1 1 1 : un feuillet isolé, très endommagé, donnant un fragment des Homélies


sur la Genèse de Jean Chrysostome (photo, p. 159 = Horn. 57, PG 54, 499,
lignes 21-44).
- M 102 : Jean Chrysostome, Homilia in sanctum Pascha (photo 131 = PG 52,
765-766).
- M 156 : ces fragments ne transmettent pas seulement des œuvres de Nil
d'Ancyre, mais aussi d'Ephrem. Photo 141 = Éphrem, Paraenesis 50 ad mona-
chos Aegypti (ESO II, 185 A-C6). Ils semblent provenir du même manuscrit que
M 136 (pas de photo).
- M 175 : on reconnaît dans les deux premiers incipits des extraits du Livre VIII
des Constitutions Apostoliques et dans le troisième le traité du Pseudo-Dorothée
sur les 70 disciples (éd. Schermann, p. 132).
- X 7 : Commentaire de Grégoire de Corinthe sur les canons des Fêtes du
Seigneur et de la Vierge. Photo 158 = commentaire du canon de Cosmas pour la
fête de Noël31.
- X 33 : dans l'incipit, on reconnaît le petit traité sur l'étymologie des lettres de
l'alphabet, dont la matière est tirée du Lexique de Zonaras.
- X 118 : dans l'incipit, on reconnaît le traité de Nil/Nathanaël Bertos sur les
prêtres et les spirituels 32.
- X 291 : on reconnaît dans le premier texte le De oratione et attentione de
Calliste Angélicoudès {PG 147, 828).
- X 372 : il ne s'agit pas d'un «discours hésychaste», mais de la fin de l'homélie
LIX In Transfigurationem de Philagathos de Cerami (alias Grégoire/Georges de
Sicile). Photo, p. 241 = PG 132, 1045 Dl-1048 Β (identification J. Paramelle).
Tout indique que ces six feuillets proviennent du même manuscrit que les huit
feuillets X 38 (photo 166). Ces derniers feuillets, d'un format semblable, sont
dus au même copiste, et surtout donnent le début de l'homélie LIX de
Philagathos.
- X 386 : photo 213 = Jean Chrysostome, In natalem Christi diem (PG 56, 385).

IV. Les manuscrits liturgiques

L'apport majeur des nouvelles découvertes concerne la liturgie


grecque. Dans cet inventaire, les manuscrits liturgiques représentent
environ 80 % de l'ensemble. Ils constituent de nouvelles sources pour la
connaissance de la liturgie, dans des formes anciennes ou régionales,
surtout palestiniennes 33. Avant de souligner, livre par livre, l'intérêt de
ces fragments, surtout des plus anciens en majuscule et en minuscule pri
mitive, mais aussi de quelques-uns en minuscule normalisée, nous vou-

31 . Voir codex Vindobonensis Theol. gr. 121, f. lsv. et Theol. gr. 128, f. 8sv.
32. Voir codex Vindobonensis Hist. gr. 91, ff. 136-162. L'auteur, qui écrit après la
prise de Constantinople, dénonce la décadence des mœurs chez les prêtres et les moines.
33. Les biblistes ont déjà isolé dans les nouvelles découvertes un certain nombre de
Lectionnaires hagiopolites du Nouveau Testament (voir Aland, 1 2212-2217).
176 PAUL GÉHIN ET STIG FR0 YSHOV

drions faire quelques remarques sur la méthode adoptée. Il s'avère que le


Pr. Nikolopoulos emploie les termes liturgiques de façon plus ou moins
interchangeable, par ex. stichère, tropaire ou canon liturgique. À vrai
dire, certains termes peuvent avoir un sens large ou un sens strict,
comme tropaire qui peut désigner n'importe quelle strophe ou très préc
isément l'hymne du jour (apolytikion), et d'autres peuvent avoir changé
de sens. Pourtant, les termes employés dans les manuscrits sont déjà le
plus souvent les mêmes que les nôtres. Dans certains cas, les pièces litu
rgiques contenues dans les manuscrits ne sont pas nettement identifiées,
dans d'autres cas, elle sont utilisées abusivement pour caractériser l'e
nsemble du manuscrit. Il est préférable de désigner le type de livre que
représente le manuscrit, plutôt que le type d'hymnes qu'il contient. Dans
plusieurs cas le Pr. Nikolopoulos le fait. Par exemple, il a bien vu que le
ΜΓ 4, mutilé au début, était un Tropologion, titre donné aux hymnaires
palestiniens anciens. Il nous semble que l'on peut à bon droit conjecturer
le même titre pour d'autres manuscrits hymnographiques des 9e -10e s.
(voir plus bas). Il en va de même pour les autres livres (Paraclétique,
Euchologe, Horologion ou Kontakarion). S'il est impossible d'identi
fier le livre liturgique auquel le manuscrit appartient, il faut au moins
énumérer tous les types d'hymnes qu'il contient. Le titre Κανόνες
λειτουργικοί est le plus souvent inexact dans le sens que les canons ne
sont pas les seuls hymnes du manuscrit. Car si les manuscrits ne conte
nantque des canons liturgiques existent bien 34, ils sont rares dans l'his
toire de la liturgie. Les canons sont pratiquement toujours accompagnés,
à distance proche ou lointaine, de stichères, et souvent aussi de
cathismes et de tropaires 35.
Il en résulte qu'il faut utiliser l'index du contenu (p. 271-277) avec
précaution. Si l'on cherche des Menées, par exemple, on sera déçu de ne
trouver sous la rubrique qu'un petit nombre de témoins. En réalité, il fau
dra consulter aussi les rubriques Κανόνες λειτουργικοί et Στιχηρά
(καθίσματα, τροπάρια).

Euchologe de Jérusalem et prières palestiniennes


Un des espoirs donnés par ces découvertes est qu'elles apportent de
nouveaux témoins grecs d'anciennes formes liturgiques qui ne sont plus
connues que dans des versions orientales, géorgienne ou syriaque.
Autant qu'on peut en juger à partir des photos, plusieurs manuscrits ont
des rapports avec l'Euchologe hagiopolite 36. Il en est ainsi du superbe

34. Par ex. les Paraclétiques Sin. gr. 777 et 793.


35. Le ΜΓ 20 est intitulé Κανόνες λειτουργικοί, alors qu'il comprend également des
stichères, comme le montre bien la rubrique qui apparaît sur la photo 4.
36. Jusqu'à présent, à notre connaissance, il n'existe pas d'étude sur l'Euchologe
hagiopolite. Ce qui nous permet de supposer son existence, ce sont les séries de prières
présentes dans deux témoins géorgiens de la liturgie hagiopolite pré-byzantine, les Sin.
iber. 12 et 66 (il y a aussi une section de prières plus petite dans le Sin. iber. 54). Les pho
tos qui reproduisent ces prières hagiopolites ne permettent pas de savoir si les témoins
sont purement hagiopolites ou s'ils représentent des Euchologes byzantins ayant intégré
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 177

Euchologe oncial ΜΓ 53 des 8e-9e s., dont il reste encore 92 fol., et qui
se trouve être un des plus anciens témoins de ce type de livre 37. La pré
sence d'une seule prière pour chaque Heure (sur la photo 75 on voit la
fin de celle de Sexte et le début de celle de None 38) est en effet un trait
de la liturgie hagiopolite 39. Un rituel comme celui du mariage dans le
ΜΓ 67, dont un seul cahier est préservé 40, a la même origine 41.
Outre les véritables Euchologes, l'inventaire indique des séries de
prières dans plusieurs manuscrits hymnographiques (par ex. ΜΓ 15,
ΜΓ 62, ΜΓ 86 et ΜΓ 92). La photo du ΜΓ 81 montre des prières de pré
paration à la communion, suivies de stichères42. Seule une étude plus
poussée pourra déterminer le caractère des prières d'autres manuscrits,
comme celles que présentent par exemple le ΜΓ 109 et le ΜΓ 113.

Euchologe de Constantinople
Les trouvailles du Sinaï apportent un nouveau témoin oncial de
l'Euchologe constantinopolitain, le codex ΜΓ 22, malheureusement très
fragmentaire (il reste seulement deux cahiers, dont l'un porte le
numéro Δ'). Les feuillets préservés ne contiennent que la Liturgie de S.
Jean Chrysostome (CHR) et la Liturgie des Présanctifiés (PRES), les
deux probablement incomplètes, mais leur place en tête du document
original montre que le codex comprenait autrefois une suite, qui était très
certainement le reste d'un Euchologe. PRES, dont on lit le début sur la
photo 59, commence par la première prière des Vêpres, comme le fait
par ex. l'Euchologe Sin. gr. 973 43, et non par la prière des catéchumènes,
comme la plupart des Euchologes grecs. Le ΜΓ 22 a été copié en
Palestine, puisque on y reconnaît la main qui a copié le fragment ΜΓ 67
contenant le rite hagiopolite du mariage (voir plus haut). La datation pro-

un certain nombre d'éléments hagiopolites (comme le mariage hiérosolymitain inséré


dans les Sin. gr. 958 et 973 et les prières des Heures hagiopolites dans les Sin. gr. 958 et
962).
37. L'Euchologe Barberini 336 est daté du 8e s.
38. Le texte de ces deux prières n'a cependant pas été retrouvé dans une autre source
(par ex. les Sin. gr. 962 et 904, ou le Sin. iber. 12).
39. L'Euchologe constantinopolitain comporte plusieurs prières pour chaque Heure. Le
détail des prières donné dans l'Inventaire (pour la sécheresse, pour toute chose polluée,
pour l'habillement du prêtre) ne permet pas d'arriver à une conclusion définitive. La
prière pour la sécheresse se trouve aussi bien dans le Sin. iber. 12 que dans l'Euchologe
Barberini.
40. Le bifeuillet photographié donne pour le prokeimenon le même refrain (ps. 8, 6b-
7a) que celui des mariages des Euchologes Sin. gr. 958 et 973, et les mêmes versets
(ps. 127, 3a et 3b) que ceux de l'Alléluia du Sin. gr. 973. Le caractère hagiopolite de ce
rituel est confirmé par le Sin. iber. 12 qui utilise les mêmes psaumes.
41. C'est probablement aussi le cas du rituel de baptême conservé dans le ΜΓ 93.
42. Le fait que plusieurs de ces manuscrits, dont les prières appartiennent plutôt à la
piété personnelle, soient des rouleaux, indique tout de même un usage liturgique, dans
l'office commun ou dans la prière des cellules.
43 Voir aussi GOAR, Euchologium, p. 163.
178 PAUL GÉHIN ET STIG FR0YSHOV

posée par l'inventaire (le 9e s.) paraît trop haute pour des raisons paléo
graphiques et liturgiques 44.
L'inventaire signale encore une vingtaine d'Euchologes (sans photo),
s 'échelonnant du 10e au 16e siècle, tous plus ou moins fragmentaires et
vraisemblablement constantinopolitains.

Liturgies
Les Liturgies eucharistiques sont transmises tantôt sous forme de
codex, tantôt sous forme de rouleaux. Dans le premier cas, elles sont le
plus souvent l'élément initial d'un Euchologe. Les exemplaires attestés
sont tous en écriture minuscule, à l'exception du ΜΓ 22 que nous venons
d'évoquer. L'identification donnée par l'inventaire pour trois autres fra
gments onciaux semble inexacte. Le fragment de rouleau ΜΓ 86 n'est pas
CHR, mais une prière personnelle à réciter après la communion. Les
fragments ΜΓ 75, en onciale liturgique, n'appartiennent pas à la liturgie
eucharistique, mais transmettent probablement des canons, dont certains
sont alphabétiques 45. Quant au fragment de rouleau ΜΓ 87, ce n'est pas
un extrait de la Liturgie de S. Jacques (JAS), mais un psautier liturgique
de type hagiopolite 46. Le codex M 151 du 10e s. 47, ainsi que le rouleau
complet Ε 24 et le codex X 156, du 11e s., sont de nouveaux témoins
importants de JAS. On signalera encore quatre nouveaux témoins de la
Liturgie de Saint Marc, une liturgie pour laquelle la documentation
manuscrite est réduite : du 12e - 13e s. nous avons le rouleau Ε 66, dont la
moitié est préservée, et le codex X 214, de 10 fol. ; du 14e s. les rouleaux
Ε 25 et le Ε 42 48.

Tropologion
Le Tropologion était l'hymnaire qui contenait l'abondante production
poétique de l'Église de Jérusalem. Au début, tous les stichères, les
canons et les cathismes, appartenant à tous les cycles liturgiques, étaient
rassemblés dans un seul livre. Ensuite, avec la multiplication des
hymnes, le Tropologion global fut divisé en plusieurs parties, une pour
chaque cycle liturgique. A son tour, l'hymnaire de l'année fixe fut séparé

44. La présence en Palestine de CHR ne débute, selon nos connaissances actuelles,


qu'au 10e s.
45. Politis, p. 12, avait déjà noté que ces canons étaient acrostiches. On dispose de trois
photos différentes de ce manuscrit très endommagé : Inventaire photo 89, Politis pi. 7a et
Charlesworth pi. v.
46. La photo est peu lisible. Cependant on reconnaît une partie des psaumes 132 et
133. La stichométrie est celle du Psautier de Jérusalem dont les versets sont plus courts
que ceux du Psautier constantinopolitain (voir H. Schneider, Die biblischen Oden in
Jerusalem und Konstantinopel, Biblica 30, 1949, p. 442-452).
47. Le point d'interrogation de l'inventaire est superflu, puisque son appartenance à la
Liturgie de Saint Jacques ne fait aucun doute.
48. Il se peut que ces deux documents n'en fassent qu'un, car la largeur est identique
dans les deux cas, et l'inventaire indique que le tiers de la Liturgie est conservée dans le
premier et les deux tiers dans le second. En l'absence de reproduction, nous ne pouvons
en avoir la certitude.
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 179

en deux parties (comme le M 160 - Sin. gr. 638 pour les mois de sep
tembre à février), en trois ou plus, jusqu'au nombre des douze mois de
l'année, comme dans les Menées actuels 49.
Le manuscrit liturgique le plus spectaculaire du nouveau fonds est sans
doute un Tropologion du 8e-9e s., que l'inventaire divise en deux unités, le
ΜΓ 5 et le ΜΓ 56. Le regroupement que nous proposons s'effectue à partir
des trois photos disponibles (les photos 11 et 49 de l'Inventaire et la
planche 3 de Politis). Il s'appuie sur des éléments d'ordre codicologique et
paléographique et sur la nature même du contenu. Si notre hypothèse est
juste, il reste encore 245 fol. du manuscrit primitif. Le ΜΓ 5 représente le
début du codex, avec un titre qui indique clairement que c'est un
Tropologion qui suit le kanon de FAnastasis de Jérusalem. L'inventaire
nous fait savoir que l'hymnaire est du type global, puisqu'il contient le
cycle fixe et le cycle pascal 50. Cet hymnaire palestinien, a priori antérieur
à l'influence byzantine (studite), qui n'est connu que dans des traductions
géorgienne et syriaque, permettra sans doute de mieux comprendre le
développement de Fhymnographie grecque.
D'autres fragments, datés des 9e-10e s., viennent de recueils sem
blables : le fragment ΜΓ 37, contenant les fêtes de la Transfiguration et
de la Dormition ; le petit fragment ΜΓ 49, dont la photo montre la fête
de la Nativité du Christ ; le fragment M 167, dont la photo contient la
fête de S. Jean Chrysostome en janvier. Deux de ces Tropologia font
preuve de certaines particularités qui représentent vraisemblablement des
archaïsmes, ou éventuellement des usages régionaux. Le ΜΓ 49 appelle
«tropaires» les strophes aux Laudes que nous appelons habituellement
«stichères» 51. Le M 167 prend encore soin d'indiquer que les quatre pre
miers modes sont «authentes» ; dans les exemplaires postérieurs cette
indication est implicite et il n'y a de mention explicite que pour les
quatre «plagaux».

Paraclétique
Le plus intéressant hymnaire consacré au cycle hebdomadaire est le
rouleau Ε 26 de 6500 mm., écrit dans une minuscule «hagiopolite» des

49. Voir H. HUSMANN, Hymnus und Troparion. Studien zur Geschichte der musikal
ischen Gattungen von Horologion und Tropologion, Jahrbuch des Staatlichen Instituts
für Musikforschung Preussischer Kulturbesitz, 1971 (Berlin 1972), p. 7-86 (sur le
Tropologion en particulier, p. 27-31).
50. Le cycle fixe commence par Noël, conformément au calendrier hagiopolite. Un
cycle hebdomadaire selon les huit modes en faisait peut-être partie à l'origine, comme
dans le Iadgari, version géorgienne du Tropologion.
51. C'est aussi le terme de tropaire qu'utilise pour ces strophes la Narration de Jean et
Sophrone (BHG 1438w), un texte sinaïtique du 7e-8e s. concernant l'agrypnie de l'abbé
Nil (éd. A. LONGO, II testo integrale délia "Narrazione degli abati Giovanni e Sofronio"
attraverso le ΈΡΜΗΝΕΙΑΙ di Nicone, RSBN, n. s. 2-3 [XII-XIII], 1965-1966, p. 223-
267). Cependant le terme actuel «stichère» est ancien, puisque nous le rencontrons dans
des hymnaires onciaux comme le Sin. gr. 1593/776/Londres BL Add. 26113 et le Sin.
gr. 607.
1 80 PAUL GÉHIN ET STIG FR0 YSHO V

9e-10e s. Il est entier, contenant donc 13 m. d'hymnes, puisqu'il est écrit


sur les deux côtés. L'inventaire ne nous renseigne pas beaucoup sur son
contenu : des heirmoi et des tropaires paraclétiques des troisième et qua
trième modes plagaux. Les τροπάρια κατανυκτικά visibles sur la
photo 35 sont alphabétiques ; nous voyons les quatre premières lettres de
l'alphabet (Α-Δ), suivies de deux tropaires hors série. Sur l'autre face, en
haut de la photo, nous lisons la rubrique ΑΛΦΑΒΗΤ[ΟΣ] ; la strophe
qui précède la rubrique et la première strophe alphabétique qui la suit
sont mariales, comme les strophes de la planche 9b de Politis qui repro
duitune autre partie du rouleau. Aucune de ces strophes ne se trouve
dans les recueils d' initia de Follieri52 et de Schiro53. Il s'agit probable
ment d'un livre liturgique hagiopolite pour les offices quotidiens, dont
l'hymnographie n'a subsisté que partiellement dans les livres actuels.
Parmi les autres hymnaires de contenu paraclétique on peut citer : le
rouleau ΜΓ 83, dont il reste en tout environ quatre mètres écrits recto-
verso54, et semble-t-il, le rouleau ΜΓ 91, les codices ΜΓ 20, ΜΓ 24 et
ΜΓ 29, ainsi que le M 96 et le M 211 en minuscule primitive.

Menée et Triode
Les Menées anciens ont été traités plus haut sous la rubrique
«Tropologion». Le nombre de Triodes n'est pas considérable. Outre la
partie du Tropologion ΜΓ 56 - ΜΓ 5 contenant le cycle pascal, nous
avons trois témoins datés du 12e ou du 1 2e- 1 3e s. (M 137, M 142 et
M 194), tous fragmentaires.

Heirmologion
Les trouvailles sinaïtiques nous offrent deux nouveaux témoins de
l'Heirmologion KaO (Kanon Order : arrangé selon les canons) 55, le X 21
et le Ε 62 des 9e- 10e s. Le dernier est un rouleau de 4100 mm., écrit
recto- verso dans la minuscule baptisée «sinaïtique» par Politis. Ces deux
heirmologia, sans notation musicale, doivent même être les plus anciens
témoins connus de ce type 56.

52. H. FOLLIERI, Initia Hymnorum Ecclesiae Graecae. I-V/l-2, Città del Vaticano
1961-1966 (Studi e Testi 21 l-215bis).
53. J. SCHIRÔ, éd., Analecta Hymnica Graeca e codicibus eruta Italiae Inférions, I-
XII, Rome, 1966-1980.
54. On lit sur la photo la 9e ode d'un canon. La troisième strophe de l'ode Δεύτε άπό
θέας γυναίκες est identique à la deuxième strophe des «Stichères de Pâques». Les autres
strophes de l'ode ne figurent pas dans ces stichères.
55. Selon l'appellation donnée par E. KOSCHMIEDER, Die ältesten Novgoroder
Hirmologion-Fragmente, Munich 1952-1958.
56. Il ne faut pas confondre l'Heirmologion avec les collections d'heirmoi qui appa
raissent dans des hymnaires de type paraclétique (par ex. dans ΜΓ 83, M 96, M 211 et
E 26). Dans le M 211, par ex., nous voyons le début de ce qui semble être une série
d'heirmoi. Une certaine imprécision terminologique de la part de l'inventaire nous fait
cependant soupçonner qu'il s'agit parfois de canons plutôt que d'heirmoi (la photo du
ΜΓ 83 montre par ex. des canons).
NOUVELLES DÉCOUVERTES SIN AÏTIQUES 181

Kontakarion
Les nouveaux manuscrits sinaïtiques comptent plusieurs fragments de
kontakaria datés du 11e au 14e s. : M 17, M 49, M 110 et X 204. Comme
le constate le Pr. Nikolopoulos (p. 115), le M 17 fournit onze des qua
torze cahiers qui manquent au début du Sin. gr. 926. D'autres manuscrits
figurent à tort sous la rubrique «Kontakarion» dans l'index, ce sont en
fait des hymnaires contenant des kontakia au sens des livres liturgiques
actuels57. Parmi ceux-ci on compte les manuscrits X 151 et X 341 qui
contiennent le couple tropaire - kontakion (comme dans le supplément
du Grand Horologion actuel).
Bien qu'intitulé «Troparia», le ΜΓ 94 est vraisemblablement un kon
takarion 58. Sur la photo 104, on lit d'abord la fin du premier oikos d'un
kontakion de Romanos le Mélode, aujourd'hui chanté le mercredi de la
quatrième semaine de Carême 59. Viennent ensuite la rubrique «Premier
dimanche du Carême. Plagal 1» et un texte non identifié commençant
par Ει και βρο (sic) πάσης ετέρας ήδυπαθείας. S'il s'agit d'un konta
karion, l'hymne inconnu serait un ancien kontakion, remplacé par celui
du Triomphe de l'Orthodoxie 60.

Horologion
Les trouvailles du Sinaï ne présentent pas d'Horologion exceptionnel
(l'ancien fonds comprend déjà deux onciaux du 9e s.)61. Cependant,
deux témoins figurent parmi les plus anciens Horologia grecs conservés,
le M 1 et le M 46, datés respectivement du 11e- 12e s. et du 12e- 13e s.

Typikon liturgique
II n'y a pas de nouveaux Typika liturgiques entiers, seulement des
fragments. Le M 133 pourrait faire partie du Sin. gr 1096 (mesures simil
aires, mais pas de photo). Le X 157 du 13e-14e s., intitulé Τυπικον
ακολουθιών, ne peut pas être un Typikon liturgique, mais plutôt une col
lection de tropaires - kontakia pour toute l'année. Le X 332 est aussi
rangé à tort sous la rubrique Τυπικόν λειτουργικό ν, il contient en fait
l'office appelé Τυπικά 62.

57. En dehors de l'Hymne Acathiste, la liturgie byzantine n'a retenu pour un grand
nombre de Kontakia que le prooimion et éventuellement un seul oikos.
58. Daté du 9e s. dans l'inventaire, ce serait le plus ancien témoin de ce type de livre
liturgique.
59. C'est la strophe Τό ΐατρείον της μετανοίας (éd. P. MAAS et C. A. Trypanis,
Sancti Romani Melodi Cantica. Cantica genuina, Oxford 1963, p. 447-448).
60. La confusion entre les lettres bêta et pi et la façon de rubriquer les premiers mots
de la strophe trahissent un copiste arabe. La main semble être la même que celle du
ΜΓ80.
61. Le Sin. gr. 863 a été édité par J. MATEOS, Un Horologion inédit de Saint-Sabas. Le
codex sinaïtique grec 863 (ixe siècle), Mélanges E. Tisserant, III (Studi e Testi, 233), Città
del Vaticano 1964, p. AI-16. L'édition du Sin. gr. 864 est préparée par la Soeur
M. Ajjoub, avec la collaboration du P. J. Paramelle, pour la collection des Sources
Chrétiennes.
62. Office journalier intercalé entre Sexte et None.
1 82 PAUL GÉHIN ET STIG FR0 YSHO V

On le voit, il reste encore un travail considérable à accomplir. Il faut


parvenir à des identifications plus précises (la tâche est particulièrement
compliquée pour les pièces liturgiques qui sont majoritaires), établir des
liens avec les manuscrits de l'ancien fonds ou des manuscrits sinaïtiques
à présent dispersés (nous en avons proposé quelques-uns), déchiffrer les
textes inférieurs des palimpsestes. Cela rend nécessaire une bonne colla
boration entre spécialistes des différentes langues et disciplines et la
communication des documents aux chercheurs sous forme de microf
ilms, comme cela a été fait avec une grande générosité pour l'ancien
fonds, après la campagne de microfilmage égypto-américaine. C'est
alors qu'apparaîtra encore avec plus d'éclat la valeur inestimable de la
bibliothèque sinaïtique, véritable «conservatoire de l'Orient chrétien» 63.

Paul Géhin
CNRS-IRHT, Section grecque
S tig FR0YSHOV
Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, Paris 64

63. Voir P. GÉHIN, La bibliothèque de Sainte-Catherine du Sinaï. Fonds ancien et nou


velles découvertes, dans Le Sinaï durant l'Antiquité et le Moyen Age. 4000 ans d'Histoire
pour un désert (éd. D. Valbelle et Ch. Bonnet), Paris 1998, p. 157-164.
64. Dans cet article commun, Stig Fr0yshov s'est tout particulièrement chargé de la
partie liturgique. Il prépare actuellement une thèse sur l'ancienne liturgie de Palestine. La
rédaction de cet article a aussi été l'occasion d'échanges fructueux avec le Père
J. Paramelle et Mme Marie-Thérèse Bavavéas qui avait réalisé une étude (inédite) sur les
Menées sinaïtiques.
NOUVELLES DÉCOUVERTES SINAÏTIQUES 183

APPENDICE

Identification des planches données par


L. Politis et par J. H. Charlesworth

Politis Charlesworth Identification


la I ΜΓ76
lb III 7
le II ΜΓ71
2a peut-être ΜΓ 3 (pas de photo)
2b ΜΓ7
3 ΜΓ 5 et 56
4a IV certainement ΜΓ 9 (pas de photo)
4b ΜΓ2
4c ΜΓ Εΐλητάριον s.n. (photo 118)
5a ΜΓ12
5b peut-être ΜΓ 1 1 (pas de photo)
6a peut-être ΜΓ 4 (pas de photo)
6b ΜΓ80
6c ΜΓ19
6d ΜΓ23
7a V ΜΓ75
7b ΜΓ74
7c peut-être ΜΓ 83 (pas de photo)
8a ΜΓ52
8b VI ΜΓ26
9a Sin. gr. 591
9b Ε 26
9c M211
9d VII M 167

Manuscrits reproduits dans les Specimina Sinaitica


pi. 3-4 = ΜΓ 12
pi. 112-113 =X19

Manuscrits des nouvelles découvertes cités

ΜΓ1 P· 170, 172 n. 20 ΜΓ18 p. 170 n. 14


ΜΓ2 p. 172 ΜΓ20 P· 176 n. 35, 180
ΜΓ4 p. 176 ΜΓ22 P· 177 (bis), 178
ΜΓ5 p. 170 n. 14, 172, 179 (bis), 180 ΜΓ23 p. 172 n. 20
ΜΓ6 p. 174 ΜΓ24 p. 171, 180
ΜΓ7 p. 170 n. 14 ΜΓ25 p. 172 n. 18
ΜΓ9 p. 172 (bis) ΜΓ26 p. 170
ΜΓ10 P· 170 n. 14, 174 ΜΓ29 p. 180
ΜΓ12 P· 169, 172 n. 20 ΜΓ30 p. 174
ΜΓ13 p. 172 et n. 20 ΜΓ32 p. 171
ΜΓ 15 p. 177 ΜΓ33 P· 170, 172 n. 20
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