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Fiche méthode • Procéder à la qualification juridique

Objectif

Comprendre une situation en termes juridiques suppose, avant tout, d’être capable de
procéder à une qualification juridique. Qu’il s’agisse de résoudre un cas pratique ou
d’analyser un cas de jurisprudence, la qualification juridique est un passage obligé. Il
s’agit en effet de dépasser l’approche anecdotique d’une situation pour l’appréhender
dans sa dimension juridique. La qualification est indispensable pour rattacher la
problématique concrète à un cadre juridique abstrait, c’est à dire aux règles de droit
applicables. Sans la qualification, on ne peut pas avancer de solution correctement
justifiée en droit.

Seul, le respect d’une méthodologie maîtrisée permet ce travail de qualification.


Plusieurs exercices peuvent être proposés, et plusieurs étapes dans la mise en
œuvre de la méthode pertinente.
Fiche méthode • Procéder à la qualification juridique
Démarche

1. La qualification des faits et des parties


Dans n’importe quelle situation concrète soumise à l’analyse des élèves, il faut tout à
la fois savoir qualifier les faits, c’est-à-dire les évoquer en termes de droit et qualifier
les parties, c’est-à-dire leur attribuer un « statut » dans la situation étudiée.
Cela suppose une lecture attentive de la situation, afin de repérer la nature
exacte des relations entre les personnes en cause, ainsi que le rôle joué par
chaque partie dans cette situation (bail entre propriétaire et locataire, prêt entre
banquier et emprunteur commerçant, livraison entre vendeur et acheteur, etc.).
La qualification exige le recours à un vocabulaire précis et rigoureux, ainsi que
l’exploitation des références connues, si c’est possible : règles légales, jurisprudence.
2. Les exercices de qualification

a) La traduction en termes juridiques

On peut illustrer cette démarche à partir d’une situation pratique.


Situation pratique décrite en langage
courant Situation qualifiée juridiquement
M. Pernaud habite un appartement, Le propriétaire d’un immeuble
qui lui appartient, au rez-de-chaussée d’habitation subit un préjudice causé
d’une maison. Comme celle-ci est par l’usage qu’un propriétaire voisin
assez mal insonorisée, M. Pernaud fait de son bien. Il s’agit toutefois
souffre des désagréments que lui d’un usage de la chose tout à fait
cause le propriétaire du dessus, M. légitime et non destiné à nuire à
Cappa, qui fait énormément de bruit, autrui. Pourtant ces faits semblent
en exerçant sa profession de entraîner des inconvénients anormaux
professeur de chant dans son de voisinage.
appartement. Outre le va et vient de la
part de ses élèves, M. Pernaud doit
supporter de longues heures de
répétition très … sonores (!), parfois
jusque tard dans la nuit.
A propos de la « traduction en termes juridiques »

On observe combien la problématique juridique découle naturellement de la


qualification des faits et des parties. Ici, la question soulevée par le cas pratique
est celle des suites des inconvénients anormaux du voisinage.
A partir de là, il est indispensable de connaître les règles de droit applicables à
cette problématique pour résoudre les questions qui accompagnent le cas
étudié.
Exemple : la jurisprudence apporte des restrictions au droit de propriété fondées
sur l’obligation de réparer le préjudice subi par les tiers soit :
- en cas d’abus de propriété, si l’usage de la propriété n’a pour but que de créer
un dommage au voisin, en dehors de toute utilité pour le propriétaire ;
- en cas d’inconvénients du voisinage dépassant la norme de ce qui est admis
de façon coutumière ; dans ce cas, même en l’absence de volonté de nuire, le
propriétaire à l’origine du dommage doit réparer, etc.
Dans l’affaire étudiée, le propriétaire exerce une activité légitime, mais
exagérément gênante pour les voisins. Il est possible de le faire
condamner, etc.
b) Le raisonnement a contrario

Il est utile, pour qualifier les rapports juridiques nés d’une situation, de les identifier
avec précision. Cela doit parfois se faire en relevant la spécificité de ces rapports.
Situation pratique décrite en langage Situation qualifiée juridiquement
courant (et a contrario)
Mme Martre a acheté à un Une consommatrice (et non un
représentant de commerce une professionnel) a conclu un achat à
machine à café dont elle attend la domicile (et non en magasin)
livraison. Après discussion avec son constituant un contrat de consommation.
mari, elle décide de revenir sur son Elle décide d’exercer son droit de
achat. rétractation (et non de renégocier son
M. Martre, artisan, lui a expliqué que engagement). Son mari, a lui-même
les affaires vont mal et qu’il va falloir conclu un achat professionnel à crédit
attendre des jours meilleurs. Il estime (non pas crédit à la consommation) et
qu’il serait opportun que lui-même voudrait renégocier ce contrat (et non
parvienne à annuler l’achat opéré à pas décider seul de se rétracter).
crédit hier d’une nouvelle machine.
A propos de la « formulation a contrario »

Elle permet de faciliter l’émergence des problématiques juridiques, en particulier


lorsque des faits apparemment proches constituent des rapports très différents
en droit et appellent l’application de règles divergentes.

Exemple : à la suite d’un contrat de droit privé, la règle est celle de la


force obligatoire du contrat (art.1134 al.1 C.civ.). Seule la volonté
commune des parties peut, en principe, défaire ce que l’accord de
volontés a fait (art. 1134 al.2 C.civ.).

Cependant, en matière de contrat de consommation, le Code de la


consommation instaure, parfois, une règle dérogeant à l’art. 1134 C.civ. :
c’est le cas en matière de contrat conclu à la suite d’un démarchage ; l’art.
L.121-25 donne au consommateur la faculté de rétracter unilatéralement,
sans motif ni pénalités, dans un délai de 7 jours.

Pour ce qui concerne le cas étudié les solutions qui s’offrent à Mme
Martre et à M. Martre ne sont pas identiques, etc.

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